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Cérémonie des vœux de Roissy-en-France

Allocution de M. André Toulouse, Maire

A l’Orangerie, le vendredi 4 janvier 2019

Madame la Députée,

Madame et messieurs les Conseillers Départementaux,

Monsieur le Président de la Communauté d’agglomération « Roissy Pays de
France »,

Mes Chers collègues Maires et Elus,

Messieurs les Présidents de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat et de la
Chambre de Commerce et d’Industrie,

Monsieur le Directeur des Aéroports,

Monsieur le Trésorier Général,

Messieurs les Officiers des corps constitués – de la gendarmerie, des sapeurs-
pompiers, et de la police intercommunale,

Monsieur le Président de Roissy Entreprises,

Madame la Directrice de Roissy Développement,

Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprises et commerçants,

Mesdames et messieurs les enseignants,

Mesdames et Messieurs les dirigeants de nos Clubs, Associations et Comités,

Mesdames, messieurs,

Chers amis…

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Il me faut excuser des invités m’ayant signalé, qu’avec regret, ils ne

peuvent présents à cette date. Il m’était difficile de retarder cette soirée de

vœux, ne voulant pas entraîner un décalage pour tous mes collègues du secteur.

Ce soir, avec mon conseil municipal, nous sommes heureux de vous

accueillir pour cette tradition de la cérémonie des vœux, et particulièrement

notre Députée, nos Délégués Départementaux et les maires présents ce soir,

appartenant majoritairement à notre grande et belle communauté

d’agglomération « Roissy Pays de France ».

En mon nom et au nom de mon équipe municipale, il m’est très agréable

de vous présenter tous nos meilleurs vœux de réussite et de bonheur, pour

vous-même et pour tous ceux que vous représentez.

Je vous invite à présent à visionner le film traditionnel relatant les faits

marquants, de 2018, pour notre commune.

Diffusion du film bilan

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Il ne m’est pas possible d’ouvrir cette nouvelle année sans évoquer ce que

nous avons profondément gravé dans nos esprits de cette fin d’année 2018, avec

toutes ces manifestations accompagnées de violences, dégradations et même de

haine, sans oublier les graves conséquences qui ont émergé au cours de cette

tragique période.

Cela nous donne l’occasion de renouveler notre reconnaissance envers nos

Gendarmes, la Police Nationale, Sapeurs-Pompiers, nos Polices

Intercommunales et communales, à rendre hommage aux interventions

solidaires de l’ensemble de ces corps constitués, qui opèrent en permanence, au

péril de leur vie, pour nous sécuriser.

Ces dernières semaines l’ont malheureusement démontré, le 1er décembre

et encore le samedi 22 décembre derniers notamment où 3 policiers motorisés

ont été violemment agressés par une meute, humaine, prête à les lyncher. Nous

sommes profondément choqués que de telles agressions puissent avoir lieu dans

notre pays, soi-disant civilisé. Après la profanation du monument de l’Arc de

Triomphe, nous atteignons là les limites de l’impensable, de l’insupportable. En

effet, comment supporter ces actes inadmissibles dans un Etat de droits qui font

mal à l’image de la France.

Nous pouvons être fiers de notre beau pays, mais, en ces circonstances,

nous avons le droit d’être honteux d’être Français, même si cela ne concerne que

quelques individus, c’est sur notre sol, sur notre territoire,

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que cela s’est produit ; alors que notre gouvernement souvent veut donner la

leçon à nos voisins, ou à nos alliés.

Aujourd’hui, avec ce que nous venons de vivre, ce gouvernement doit

mesurer les dégâts catastrophiques qu’il a engendrés, se remettre complétement

en question, pour ne pas avoir évalué plus tôt la gravité de la situation, pour ne

pas avoir entendu les appels désespérés des premiers gilets jaunes, affichant

même de l’arrogance et du mépris, ce qui aura provoqué enchaînement et

propagation de la colère, puis, une violence inouïe sur tout le territoire.

Ne nous leurrons pas, cette politique met en lumière une grave fracture des

territoires mais aussi, entre les catégories de citoyens français, avec ceux qui ne

parviennent plus à boucler leur fin de mois, ceux qui n’ont plus le droit aux

aides mais qui par leurs revenus sont assujettis à des ponctions multiples, des

retraités qui sont sanctionnés financièrement, des entrepreneurs accablés de

taxes, et enfin, des nantis qui sont honteusement protégés fiscalement.

Dans ce système, où sont l’Egalité et la Fraternité affichées aux frontons de

nos mairies ?

Pour avoir ignoré les conditions de vie des Français, le Président et son

escouade de technocrates mettront beaucoup trop de temps avant de réagir face à

certaines demandes légitimes. Ce trop long silence favorisera des infiltrations,

provoquant des drames puis de véritables émeutes. Après Mai 68, Décembre

2018 aura été une triste page de notre actuelle histoire de France.

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Aussi, nous, nous sommes très inquiets pour l’avenir de nos enfants.

Concernant la communication : le 1er Ministre lui-même avait démontré

une flagrante défaillance en ce domaine lorsque les 12 et 25 octobre 2017, 200

Elus du Val-d’Oise, de Seine et Marne et de Seine-Saint-Denis, accompagnés du

monde économique, ont marché sur Matignon pour être reçus, entendus, et pour

défendre le maintien de la ligne 17. Vous le savez, nous ne serons ni reçus, ni

entendus, et apprendrons plus tard que le métro s’arrêtera au Bourget, avec une

liaison pour Roissy par bus. Idée géniale pour soulager la circulation sur l’A1…

Quel mépris, et quelle méconnaissance du terrain pour faire une telle

proposition ! Faut-il rappeler que pour ce même dossier, nous avions entrepris la

même démarche auprès du précédent gouvernement, qui, lui au moins, nous

avait reçus ; et reconnaissant le bien-fondé de nos arguments avait convenu non

seulement de rajouter la liaison jusqu’à Roissy CDG, mais également jusqu’au

Mesnil-Amelot.

Le gouvernement actuel, par ce volte-face, nous a fait subir humiliation et

exaspération, sans tenir compte des conditions de transport déplorables, subies

par les voyageurs du RER B, mais aussi sans accorder de l’intérêt à notre

territoire devenu l’un des Pôles les plus dynamiques pour notre Région,

comprenant de plus un aéroport qui ambitionne de devenir le 1er en Europe.

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Dans cette affaire, il aurait mieux valu être bardés de gilets jaunes que de

nos écharpes tricolores.

Alors que nous l’avons sans cesse répété, l’amélioration des déplacements

et le renforcement des réseaux de transports franciliens est l’une des attentes

majeures des habitants et des élus. Rappelons qu’il nous est toujours refusé le

barreau de Gonesse qui pourrait ô combien faciliter la vie des Val - d’Oisiens et

des Picards. Liant la ligne D à la ligne B des RER, il permettrait en effet aux

Val-d’Oisiens notamment d’être reliés par voie ferroviaire aux emplois du pôle

de Roissy, et ainsi de ne plus être contraints de prendre leurs véhicules

quotidiennement.

Et après, on nous parle d’écologie ! Où est la cohérence ?

Pour tenter de suppléer à ce manque, nous continuons d’agir en soutenant

notamment le projet du Roissyphérique, qui pourrait relier la gare de

Goussainville (ligne D) à la gare de Villepinte (ligne B).

Il nous faut toujours convaincre, nous battre. Nous avions voulu nous aussi

être écoutés.

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Mais rien. Rien d’étonnant que le Président, dans le même esprit, n’ait pas

daigné entendre, et donc ne pas comprendre la détresse des premiers gilets

jaunes.

Le même Président qui se sera permis de ne pas honorer le traditionnel

rendez-vous Républicain clôturant le Congrès de l’association des Maires de

France en novembre dernier. Après avoir malmené les Régions et les

Départements, c’est donc là une coupure voulue par l’Etat envers le peuple et

ses représentants. Cette recentralisation à grande échelle est bloquante,

étouffante pour notre pays, mais aussi pour notre Démocratie.

Et de plus, pendant que le train de vie de l’Elysée donne effrontément le

mauvais exemple et que l’Etat se décharge de plus en plus de ses obligations

régaliennes sans compensations, les communes sont accusées d’être dépensières.

Elles en ont assez de l’entendre !

Alors que les créateurs de « taxes » sont secondés par les créateurs de

« normes », s’ajoutant les unes aux autres, pour alourdir les coûts de réalisations

pour les communes. Et ceux là-même veulent que nos entreprises soient

compétitives pour exporter ? Que Bercy et les Ministères créateurs, inventeurs

de tous ces handicaps pour notre économie trouvent la formule pour sortir la

France de ce marasme.

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Maintenant, Messieurs, nous vous invitons à montrer la même ingéniosité

pour redresser la situation ! Mais là, nous souhaiterions que vous soyez aussi

brillants et efficaces.

Nous, sur le terrain, vivons au quotidien les dégâts autant moraux que

matériels, lesquels s’amoncèlent depuis 40 ans. Ce ne sont pas les plus de 4000

Maires qui ont démissionné entre 2014 et 2018 qui nous contrediront. Et ce n’est

pas avec un gouvernement affaibli comme jamais, avec un Président et des

ministres inaudibles, que nous pouvons reprendre confiance ! Au moment où

notre pays aurait besoin d’un peuple uni pour aborder un redressement qui

s’annonce bien périlleux…

Et pourtant, quelle que soit la vivacité du dépit éprouvé, pour nos

communes, pour nos concitoyens déboussolés, pour notre Pays, les Maires

seront toujours là pour tenter d’atténuer l’empilement des contraintes et les

manques de l’Etat.

Il est beaucoup question de concertation, de référendum, de débat national.

J’ai toujours été pour ce mode de fonctionnement, et je ne suis pas le seul. Sur le

terrain, nous, nous sommes en concertation permanente.

Il est quand même paradoxal, mais aussi très significatif, que se soit le

peuple qui soit demandeur. C’est bien là la preuve d’une coupure entre l’Etat et

la Nation.

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Que pouvons-nous espérer de l’exploitation qui sera faite à l’issue de cette

concertation ? Nous attendrons, non pas de beaux discours, mais des orientations

claires, précises, avec un « cap » lisible par toutes les boussoles.

En fait, toute cette période aura mis en évidence ce que nous subissons

particulièrement depuis ce mandat présidentiel, à savoir la démonstration d’un

manque de considération à notre égard, de la part du 1er Ministre, mais aussi du

Président de la République, qui pour se rattraper, annoncera, le 10 décembre, le

souhait de rencontrer les Maires pour se concerter ! Quelle mascarade ! Après

nous avoir rejetés, il nous est lancé une bouée de sauvetage… Mais qui a besoin

d’une bouée en l’occurrence ?

Maintenant, revenons sur notre terrain intercommunal, où il nous faudra

accompagner le très ambitieux projet du 4e Terminal porté par Paris Aéroport.

Sur le plan économique, faire de Roissy le premier aéroport d’Europe constitue

une ambition que nous pouvons bien sûr que partager. Priver notre région et

notre pays d’une telle opportunité serait une aberration.

Mais il reste légitime d’avoir des craintes concernant l’accès à la plate-

forme aéroportuaire.

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Il faudra bien trouver les moyens et des solutions d’accès et de transport à

la hauteur d’un tel projet pour Roissy CDG. Une réflexion nous est demandée au

sein de l’Agglomération et se trouve actuellement menée ; réflexion qui nous

fait évoquer aussi l’accès aux emplois qui seront proposés et à la formation hélas

inexistante dans le secteur.

Il ne faut donc pas s’étonner d’enregistrer un taux de chômage bien trop

élevé par rapport aux très nombreux emplois que nous avons contribué à créer,

en dehors de la plateforme.

Problèmes de transports, problèmes de formation non adaptés aux emplois

proposés, reviennent en permanence dans nos débats.

C’est bien pour cela, qu’à Roissy-en-France, nous avons toujours en

projet, et ce depuis plusieurs années, sur les terrains dits du «Trapèze », d’édifier

une Université des Métiers de l’Aérien et de l’Aviation, à la porte même de

Roissy CDG ; université qui pourrait aussi intégrer les métiers du commerce et

du tourisme.

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Ce projet est conforme aux besoins du SDRIF, Schéma Directeur de l’Ile-

de-France, et donc accepté par tous les services concernés. Exceptée de

l’Agence des espaces verts pour qui ce projet n’est pas compatible avec la

Ceinture verte de la Région Ile-de-France, et en conséquence s’oppose au

SDRIF. Une telle position et cette réglementation pénalisent ainsi ce projet

pourtant tellement nécessaire sur le pôle de Roissy.

Où sont les priorités ?

De nombreux métiers indispensables sur, et autour, de la plate-forme

aéroportuaire échappent à nos jeunes, parce que trop éloignés des centres de

formations adaptés. Nous ne pouvons accepter que tous nos efforts ne soient pas

récompensés comme ils le méritent, surtout pour les habitants de

l’Agglomération qui sont loin d’être les plus favorisés de l’Ile-de-France. Ces

derniers ont bien besoin d’un peu plus de soutien et de reconnaissance pour se

sentir franciliens au même titre que tous les résidents de notre Région Ile-de-

France.

Nous sommes sur un site déconsidéré, alors que tous les acteurs du terrain,

Elus, et chefs d’entreprises sont solidaires pour soutenir tous les projets

d’évolution du secteur ; tous éprouvent les pires difficultés pour enrôler du

personnel de proximité. C’est un gâchis qui dure depuis bien trop longtemps et

qui coûte très cher à tout le monde.

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La Municipalité de Roissy-en-France, à son modeste niveau, n’a jamais

cessé de se soucier de la formation et mène depuis de très nombreuses années

une politique d’apprentissage dans ses services, tout en accompagnant

également sa jeunesse à persévérer en fonction des opportunités qui leur sont

offertes.

Ce qui m’amène à remercier nos enseignants et nos animateurs Jeunesse

lesquels s’investissent avec beaucoup de professionnalisme et d’enthousiasme.

Je les remercie également pour leur partenariat auprès de nos actions liées au

sein de l’Observatoire de la Réussite Scolaire et de la Socialisation.

Tout naturellement, nous pouvons aussi compter sur nos agents

communaux, menés par des cadres aguerris et très investis à nos côtés, ayant le

sens du service public. L’ensemble nous permet d’assurer la bonne marche de

tous nos services et mérite nos sincères remerciements.

En parallèle, je salue la parfaite harmonie régnant avec l’agglomération

« Roissy Pays de France ». Il m’est agréable de remercier son Président Patrick

Renaud, pour l’efficacité de son management, bien épaulé par ses principaux

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Directeurs. Notre Président a la faculté de troubler la surdité et la raideur dans

les rangs de l’Administration. Voilà encore un vrai chantier à mettre en œuvre

par le Président de la République. Patrick Renaud a préparé le terrain…

Notre surclassement de 10 à 20 000 habitants, ajouté au classement de la

commune en « Station de Tourisme », entraîne des exigences et une gestion

rigoureuse, tant pour la commune que pour l’Office de Tourisme, lequel a pris

un nouvel essor en affichant son esprit d’ouverture, à la hauteur de ce qui nous

entoure. C’est dans ces conditions que l’équipe municipale doit assumer ses

responsabilités, respectueuse de ses engagements, soutenue par des

Roisséennes et Roisséens dans les Commissions. L’ensemble mené par des

Adjoints et Conseillers municipaux délégués, présents sur tous les fronts.

Toutes et tous s’attèlent à rendre la vie agréable aux habitants, tout en veillant à

la rendre plus supportable aux plus défavorisés.

En cela, nous pouvons compter sur une vie associative dynamique et

variée, animée par des bénévoles toujours aussi dévoués, et des Dirigeants

méritants, que ce soit dans nos clubs, associations, comités, ou Office.

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Ces personnes font preuve d’une patience, d’une volonté et d’une

motivation exemplaires face à des adhérents de plus en plus exigeants.

Je tiens aussi à réitérer la dévotion et le travail discret, mais ô combien

efficace de notre gendarmerie, de nos policiers intercommunaux et locaux,

mais aussi de nos sapeurs-pompiers, pour nous assurer une tranquillité

contrastée par rapport à tout ce qu’ils doivent gérer autour de nous. Qu’il me

soit permis d’apporter notre soutien moral, à tous ces hommes et femmes en

uniforme. Qu’ils soient assurés de notre totale considération.

A tous, celles et ceux, qui contribuent ainsi à la vie locale, permettez-moi

de vous adresser mes très sincères félicitations et remerciements.

En mon nom et au nom de mon équipe municipale, qu’il me soit permis

de vous renouveler tous nos meilleurs vœux de réussite et de bonheur, pour

vous-même et pour tous ceux que vous représentez.

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Souhaitons-nous pour 2019 de franchir « le Cap de bonne Espérance ».

Que 2019 accomplisse l’ensemble de vos vœux et redonne à tous les

concitoyens le respect de l’autre, le sens des responsabilités qui incombe à

chacun, pour redonner espoir à notre pays, dans la fraternité.

Je vous remercie.

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