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TEODORA CRISTEA EMILIA BONDREA

ÉLÉMENTS DE GRAMMAIRE FRANÇAISE


Ediţia a II-a
Descrierea CIP a Bibliotecii Naţionale a României
CRISTEA, TEODORA
Éléments de grammaire française / Teodora Cristea,
Emilia Bondrea – Ed. a II-a. – Bucureşti:
Editura Fundaţiei România de Mâine, 2004.
132 p.; 20,5 cm.
ISBN 973-725-133-4
I. Bondrea, Emilia

811.133.1’36

© Editura Fundaţiei România de Mâine, 2004


UNIVERSITATEA SPIRU HARET

TEODORA CRISTEA EMILIA BONDREA

ÉLÉMENTS
DE GRAMMAIRE FRANÇAISE
Ediţia a II-a

EDITURA FUNDAŢIEI ROMÂNIA DE MÂINE


Bucureşti, 2004
AUTORI:
TEODORA CRISTEA
Le groupe nominal et le nom
Le verbe et le groupe verbal
EMILIA BONDREA
L’adverbe
Tableaux de conjugaison des verbes types
SOMMAIRE

Avant propos …………………………………………………... 9


LE GROUPE NOMINAL ET LE NOM
1. Le groupe nominal ………………………………………….. 11
2. Le nom ……………………………………………………… 12
2.1. Le genre des noms …………………………………. 13
2.2. Le nombre des noms ………………………………. 16
3. Les déterminants du nom …………………………………… 20
3.1. Les articles …………………………………………. 20
3.1.1. L’article défini ……………………………… 20
3.1.2. L’article indéfini discontinu ………………... 22
3.1.3. L’article indéfini massif (partitif) ………….. 24
3.1.4. L’article zéro (absence d’article) …………… 35
3.2. Les possessifs ……………………………………… 27
3.2.1. Les prédéterminants possessifs ……………... 27
3.2.2. Les pronoms possessifs …………………….. 29
3.3. Les démonstratifs ………………………………….. 30
3.3.1. Les prédéterminants démonstratifs …………. 30
3.3.2. Les pronoms démonstratifs …………………. 31
3.4. Détérminants et substituts d’identité ………………. 33
3.4.1. Les détérminants même, autre, tel ………….. 33
3.5. Détérminants et pronoms indéfinis ………………… 34
3.6. Détérminants et substituts quantitatif indéfinis ……. 36
3.6.1. Indéfinis totalitaires ………………………… 36
3.6.2. Indéfinis partiels ……………………………. 39
3.7. Détérminants et substituts de quantité définis ……... 41
3.7.1. Numéraux cardinaux ………………………... 41
3.7.2. Numéraux ordinaux ………………………… 42
5
4. Les caractérisants du nom …………………………………... 43
4.1. La structure du groupe nominal complexe ………… 43
4.2. L’adjectif épithète ………………………………….. 43
4.2.1. Classes d’adjectifs qualificatifs …………….. 44
4.2.2. Caractéristiques morphologiques de l’adjectif
épithète ……………………………………… 46
4.2.3. La place de l’adjectif épithète ………………. 50
4.2.4. Le groupe de l’adjectif qualificatif …………. 52
4.3. L’épithète détachée ……………………….……….. 56
4.4. La proposition relative …………………………….. 57
4.4.1. La relativisation …………………………….. 57
4.4.2. Les instruments de la relativisation ………… 57
4.4.3. Types de propositions relatives …………….. 61
4.5. Le nom en apposition ……………………………… 63
4.6. Le complément du nom ……………………………. 64
4.7. Le complément conjonctionnel ……………………. 66
LE VERBE ET LE GROUPE VERBAL
1. Le verbe …………………………………………………….. 67
1.1. Le système verbal français ………………………… 67
1.1.1. Le sous-système fondamental:
modes et temps ………………..……………. 67
2. Modes et temps ……………………………………………... 69
2.1. Aspect – temps – mode ……………………………. 69
2.2. Les formes verbales du mode indicatif ……………. 70
2.2.1. Le présent …………………………………... 70
2.2.2. Les temps du passé …………………………. 72
2.2.2.1. L’imparfait ………………………… 72
2.2.2.2. Le passé composé ………………….. 74
2.2.2.3. Le passé simple ……………………. 77
2.2.2.4. Les temps relatifs ………………… 77
2.2.3. Le futur ……………………………………... 78
2.2.4. La concordance des temps: subordonnée
à l’indicatif ………………………………….. 79
2.3. Les formes verbales du mode conditionnel ……… 79
2.3.1. Emploi des formes verbales après le si
conditionnel ………………………………… 79
6
2.4. Les formes verbales du subjonctif …………………. 80
2.4.1. Emploi du subjonctif dans les propositions
principales ou indépendantes (avec ou sans
que) …………………………………………. 81
2.4.2. Emploi du subjonctif dans les propositions
subordonnées ……………………………….. 82
2.4.3. La concordance des temps: subordonnées au
subjonctif …………………………………... 84
2.5. L’infinitif complément …………………………….. 84
2.6. Le système périphrastique ……………………….… 85
3. L’adverbe …………………………………………………… 86
3.1. Formation des adverbs en „-ment” ………………… 86
3.2. Place de l’adverbe …………………………………. 87
TABLEAUX DE CONJUGAISON DES VERBES TYPES …………….. 94
Bibliographie ………………………………………………….. 131

7
AVANT-PROPOS

Ce petit livre s’adresse aux étudiants de la première année


et il vise à rafraîchir leurs connaissances supposées acquises.
Nous nous sommes proposé aussi de réaliser une transgression
progressive avec les acquisitions antérieures, tout en les réor-
ganisant selon les principes d’une grammaire systématique à
base structurale.
En présentant les deux principales classes de mots, le nom
et le verbe, dans les ensembles dont ils font partie, le nom et ses
déterminants, le verbe et l’adverbe, nous avons insisté sur les
points essentiels prévus au programme. Ajoutons qu’il sera
nécessaire de revoir avec toute l’attention requise les conju-
gaisons verbales et d’étudier les verbes irréguliers dont nous
donnons des tableaux détaillés.
Notre souci primordial a été de faire comprendre les
mécanismes grammaticaux et les valeurs sémantiques attachées
aux structures, afin d’épauler un maniement sûr d’un français
clair et correct.

Les auteurs

9
10
LE GROUPE NOMINAL ET LE NOM

1. LE GROUPE NOMINAL

Définition: le Groupe Nominal (GN) est une unité syntac-


tique sous-phrastique dont le centre est un nom ou un élément
nominal.
La structure du GN peut être simple ou complexe.
Réduit à sa plus simple expression le GN est un nom:
Marie este partie hier.
Paris est la capitale de la France.
Il est ingénieur.
Le plus souvent le nom est accompagné d’un prédétermi-
nant (article, démonstratif, possessif, indéfini, quantitatif, etc.):
un jardin, mon jardin, ce jardin
quelques personnes, plusieurs personnes
Le GN complexe est constitué d’un nom centre (le déter-
miné) et d’un adjoint (ou déterminant) qui peut être:
– un adjectif:
un beau soleil
les dernières feuilles mortes
– un autre nom de construction directe ou prépositionnelle:
Bucarest, la capitale de la Roumanie
les murs du jardin
les feuilles d’or
– une proposition relative:
les rochers qui dominent la mer
le soleil qui monte
– un infinitif:
le sentiment d’avoir réussi
11
– une proposition conjonctionelle:
Il n’aimait pas l’idée qu’il s’était trompé.
Le GN, qu’il soit simple ou complexe, peut occuper dans la
phrase différentes positions correspondant aux différentes posi-
tions syntactiques caractéristiques:
– sujet: Le paysage est magnifique.
– objet direct: Il admire le paysage.
– objet prépositionnel: Il parle de ce magnifique paysage.
Ils reviendront à la ferme.
– complément d’un autre nom: la beauté du paysage.

2. LE NOM

Définition: syntaxiquement le nom est le centre du GN


sémantiquement, le nom est un mot qui exprime: des êtres (enfant,
chat), des choses (maison, crayon), des actions (arrivée, départ),
des sentiments (amour, fidélité), des idées (imagination, pensée),
des qualités (beauté, intelligence), des phénomènes (orage, pluie).
Le nom est caractérisé par certains traits inhérents de nature
oppositionnelle:
– noms propres / noms communs
Les noms propres désignent des personnes (Jean, Durand,
Balzac, etc.), des œuvres littéraires ou artistiques (un Balzac, un
Picasso) des produits (une Renault, une Caravelle), des pays, des
régions géographiques, etc. (la France, la Seine, Paris, etc.).
Les noms communs désignent un être vivant (homme,
femme, habitant), un objet matériel concret (pierre, marteau) ou
abstrait (courage, faiblesse). Les noms communs se divisent en
noms dénombrables (trois soldats, deux maisons) et indénom-
brables (sable, beurre, honte, courage). Les noms concrets peuvent
être conçus comme des individus /– Collectif/ (garçon, crayon)
ou comme des collectivités /+ Collectif / (foule, forêt).
12
2.1. LE GENRE DES NOMS

Les noms /– Animé/ ont un genre fixe.


Certains regroupements sémantiques peuvent faciliter
l’acquisition correcte du genre des mots français:
– sont du masculin:
– les noms obtenus par le changement de la catégorie
grammaticale: le vrai, le devenir, le pourquoi;
– les noms des saisons de l’année: un été pluvieux, un
hiver rigoureux;
– les noms des mois, des jours de la semaine: un octo-
bre pluvieux, un dimanche très triste;
– les noms indiquant des chiffres, des lettres, des notes
de musique: le trois gagne, effacer le B, un do;
– les noms des arbres: le pommier, le sapin;
– les noms des métaux, des produits chimiques: le cuivre,
le sulfure;
– sont du féminin:
– les noms des sciences: la chimie, la biologie;
– les noms de fêtes: la Saint-Jean, la Toussaint.
Dans la classe des noms/– Animé/ le groupe sert à la dis-
tinction des paires homonymique:
le livre/la livre; le manche/la manche; le mode/la mode;
le poêle/la poêle; le tour/la tour; le vague/la vague;
le vase/la vase; le voile/la voile, etc.;
un aide/une aide; le garde/la garde; le manœuvre/
la manœuvre.
Les noms qui connaissent une opposition de genre appar-
tiennent à la classe des animés; en général, cette opposition
grammaticale correspond à la distinction naturelle de sexe et
c’est pourquoi on parle dans ce cas de genre naturel. Mais la
variation de genre ne recouvre qu’une partie de la classe des
animés, car il existe un grand nombre de noms animés qui n’ont
qu’un seul genre:
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– les noms génériques: un crocodile, un phoque, un serpent, etc.;
– certains noms d’agent, parmi lesquels un grand nombre
de noms qui désignent des professions ou des activités exercées
en exclusivité par des hommes ou par des femmes:
auteur, bandit, chef, déserteur, écrivain, ingénieur,
médecin, peintre, professeur, sculpteur, témoin, etc.
nourrice, etc.
Pour désigner une personne de sexe féminin on se sert
d’une étiquette telle que: une femme auteur, une femme magis-
trat, etc.
Il y a genre antinaturel lorsqu’un nom féminin est employé
pour désigner une personne de sexe masculin ou inversement:
une sentinelle, une recrue, un souillon, etc.
La plupart de ces noms sont: employés avec une valeur
expressive, soit dépréciative (une crapule, une fripouille, etc.), soit
affective (ma vieille, mon petit, etc.).

Les marques du genre dans la classe des noms /+Animé/


Il existe plusieurs types de modifications formantielles de
genre suivant le code oral ou le code écrit qui est employé:

Code oral Code écrit


– sans marque adjonction du
orale graphème -e
ami/amie
filleul/filleule
– Ø / consonne
marchand/marchande
étudiant/étudiante

avec redoublement
chat/chatte de la consonne
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Code oral Code écrit
avec changement du
dernier graphème
époux/épouse
loup/louve
– variation changement de
consonantique l’avant-dernier
+ changement graphème
de timbre berger/bergère
vocalique fermier/fermière

sot/sotte avec redoublement


– voyelle nasale/ de la consonne
voyelle orale
+ consonne nasale partisan/partisane
souverain/souveraine
voisin/voisine

paysan/paysanne avec redoublement


baron/baronne de la consonne
patron/patronne
lycéen/lycéenne
– alternance alternance vocalique
vocalique + redoublement de
+ consonne la consonne
chevreau/chevrette -eau/-ette
jumeau/jumelle -eau/-elle

– alternance changement de
consonantique veuf/veuve graphème
serveur/serveuse consonantique
vendeur/vendeuse -eur/-euse

15
Code oral Code écrit
– variation Ø /-esse
suffixale
comte/comtesse
tigre/tigresse
– variation à
l’intérieur de la
base
duc/duchesse
acteur/actrice
-teur/-trice
directeur/directrice

héros/héroïne Ø /-ine
speaker/speakerine
– retranchement
d’une syllabe
mulet/mule
compagnon/compagne
canard/cane
dindon/dinde

2.2. LE NOMBRE DES NOMS

Le système du nombre repose sur une opposition binaire


singulier/pluriel que l’on retrouve dans la grande majorité des
noms français. Les noms défectifs de nombre sont relativement
peu nombreux:
a) Les noms qui ne se combinent qu’avec le singulier:
– les noms des points cardinaux: le nord, le sud, l’est,
l’ouest, le sud-est, etc.
– les noms obtenus par conversion: le vrai, le beau, le de-
venir, etc.
– les noms qui expriment des sens: l’ouïe, l’odorat, la vue,
le toucher
– les noms des sciences: la chimie, la biologie (exception:
les mathématiques)
16
b) les noms qui ne se combinent qu’avec le pluriel:
affres, agissements, alentours, appas, archives, con-
fins, débris, décombres, doléances, entrailles, envi-
rons, fiançailles, frais, funérailles, gens, hardes, mœurs,
obsèques, ossements, pincettes, pleurs, pourparlers,
représailles, semailles, ténèbres, vivres, etc.
Certains noms qui indiquent des objets bipartites peuvent
s’employer indifféremment pour le sens au singulier ou au pluriel:
le pantalon – les pantalons, la moustache – les mous-
taches, une culotte – des culottes, un caleçon – des
caleçons.
Code oral Code écrit
–Ø –Ø
Les noms terminés dans le code écrit
en -s, -z, -x:
une souris/des souris
le nez / les nez
la voix / les voix
–Ø -s
orange(s), pneu(s), bal(s), festival(s),
récital(s), chacal(s), régal(s),
cérémonial(s), choral(s), central(s),
attirail(s), bercail(s), chandail(s),
détail(s), épouvantail(s), éventail(s),
gouvernail(s), poitrail(s), portail(s),
rail(s), etc.
cou(s), clou(s), trou(s), etc.
–Ø -x
bijou(x), caillou(x), chou(x),
genou(x), hibou(x), joujou(x), pou(x)
bateau(x), carreau(x) drapeau(x),
marteau(x), rideau(x), ruisseau(x), etc.
cheveu(x), feu(x), tuyau(x), etc.
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Code oral Code écrit
- /al/ - /o/ -al / -aux
animal/animaux, cheval/chevaux,
local/locaux, mal/maux,
rival/rivaux, etc.
- /aj/ - /o/ -ail / -aux
bail/baux, corail/coraux,
émail/émaux, travail/travaux,
vitrail/vitraux, etc.

Le pluriel des noms composés


L’orthographe des noms composés dépend:
– du sens
– de la nature des éléments composants (seuls les noms
variables peuvent prendre, en fonction du sens, la marque du
pluriel).
Plusieurs cas sont à prendre en considération:
– le nom reste invariable: des abat-jour, des compte-gouttes,
des grille-pain, des porte-monnaie, des porte-bonheur, des
passe-partout, des laissez-passer, des mille-pattes, etc.
– le deuxième élément prend la marque du pluriel: des
haut-parleurs, des avant-postes, des couvre-feux, etc.
– le premier élément prend la marque du pluriel: des chefs
d’œuvre, des arcs-en-ciel, des clins d’œil, des pommes de terre,
des timbres-poste, etc.
– les deux éléments peuvent prendre la marque du pluriel:
des clairs-obscurs, des coffres-forts, des courts-circuits, etc.
Les fonctions de l’opposition de nombre
Dans la classe des noms dénombrables l’opposition de
nombre correspond à l’opposition sémantique: un seul objet
(individu) / plusieurs objets (individus): un avion / des avions,
un homme / des hommes.
18
Pour certains noms /-Animé/, l’opposition de nombre cor-
respond à une double opposition:
objet unique / plusieurs objets: un crayon / des crayons
deux objets différents: un ciseau/des ciseaux, une lunette
/des lunettes, une menotte/des menottes, une vacance/des va-
cances, etc.
Il existe des noms qui ont un double pluriel lexicalisé:
ciel/ciels „climat”, partie d’un tableau qui représente le ciel;
cieux «firmament»
travails „machine pour ferrer les chevaux”
travail
travaux
œils, dans des composés: œils-de-boeuf,
œil œils de chat
yeux
aïeuls „grands parents”
aïeul
aïeux „ancêtres”
Les noms propres de personnes employés au pluriel
changent de sens; ils désignent dans ce cas:
– plusieurs représentants de la même famille: les Curie, les
Goncourt, les deux Corneille;
– les dynasties royales et princières: les Bourbons, les Tudors;
– le type représentatif: Les Corneille, les Racine, les Bossuet
ont illustré le siècle classique;
– les œuvres d’art, les produits, les exemplaires d’un au-
teur: des Picasso(s), des Littré, des Simca, etc.
Les noms indénombrables connaissant une opposition de
nombre qui correspond à une opposition de sens:
– matière / objets fabriqués dans cette matière ou divisions
de cette matière: le cuivre/des cuivres, le sucre/un sucre/des
sucres, etc.
– matière / diversité de la matière: les tabacs, les soies, etc.
– matière / grande quantité de cette matière: les sables mou-
vants, les neiges, etc.
19
– qualité / manifestations concrètes de la qualité; la bonté/
les bontés, la politesse, de vaines politesses, etc.
– qualité / objets ou personnes qui ont cette qualité: la
beauté/les beautés de la ville.

3. LES DÉTERMINANTS DU NOM

Dans la grande majorité des cas le nom est accompagné


d’un déterminant (ou adjectif déterminatif), qui occupe une posi-
tion anténominale (prédéterminant); article, possessifs, démons-
tratif, identificateur, quantitatif. Il forme avec ses déterminants
un groupe de forte cohésion.
3.1. LES ARTICLES

Il existe en français trois types d’articles:


– l’article défini;
– l’article indéfini (quantitatif discontinu et massif);
– l’article zéro.
3.1.1. L’ARTICLE DÉFINI

Formes et emplois des articles définis


Genre
Masculin Féminin
Nombre
le la
le garçon, le jardin la femme
article contracté:
du: le livre du garçon
Sing. Il sort du magasin.
au: Il donne un livre
au garçon
l’ (forme élidée)
l’employé, l’avion l’actrice, l’aile

20
Genre
Masculin Féminin
Nombre
les
les garçons, les avions les femmes, les actrices
Plur. articles contractés: des, aux
– les livres des garçon – l’activité des femmes
– s’adresser aux – envoyer des fleurs
employés aux actrices
Remarques
– Il ne faut pas confondre l’article défini contracté et
l’article indéfini: Des forêts (art. défini contracté) montaient des
cris. (article indéfini).
– La forme contractée ès ne s’emploie plus que dans quel-
ques expressions figées: licencié ès lettres, docteurs ès lettres, etc.
– En français, l’article s’emploie devant les dates chiffrées:
le 3 novembre, le 7 décembre.
Valeurs de l’article défini
– L’article défini indique la notoriété de l’être ou de la chose:
Il arriva au même endroit que la veille.
– Dans les expressions temporelles il exprime:
– le moment ou la période: le matin, le soir, dans la
matinée;
– la répétition: Les magasins sont fermés le samedi.
– au pluriel il exprime l’approximation: vers/sur les
une heures, vers/sur les midi, la viande vaut dans les cinquante
francs.
– Il peut exprimer la totalité dans la circonstance ou en général:
Qui nous a apporté le lait et la viande?
Il regardait les bouteilles vides.
– L’article peut conférer au nom une valeur générique:
L’arbre est le frère immobile de l’homme.
– L’article défini peut avoir une valeur démonstrative:
L’idée plaira peut-être à nos amis.
la jolie robe
21
– L’article défini a une valeur possessive lorsqu’il accom-
pagne un nom objet possédé inaliénable (partie du corps humain,
vêtement porté).
Elle baissa les yeux.
Il haussa les épaules.
Il lui mit la main sur l’épaule.
Il se tenait les bras croisés.
Il lui devait la vie.
3.1.2. L’ARTICLE INDÉFINI DISCONTINU

Formes et emplois de l’article indéfini discontinu


Genre
Masculin Féminin
Nombre
un une
Sing. un garçon, un avion une femme, une aile,
une hélice
des
Plur. des garçons, des des femmes, des ailes
avions
de
Sing.
ou de grands garçons de grosses femmes
Plur. beaucoup de garçons beaucoup de femmes
il n’a pas de livre(s)
Remarques
– L’article préposition de s’emploie dans les contextes
suivants:
– de + adjectif + nom: Vous avez de bons yeux.
La forme pleine de l’article peut apparaître devant les
adjectifs usuels en français courant: des petits points lumineux.
Elle apparaît également dans des noms composés: des
petits pains, des petits pois, des petits fours, des jeunes gens, des
faux pas, etc.
– quantitatif + de + nom (plur.)
Il avait fait beaucoup de fautes dans sa dictée.
22
Il avait traversé trop d’événements.
Je n’ai jamais vu autant de bijoux.
Avec le quantitatif bien on se sert de la forme pleine de l’article
Elle vous envoie bien des salutations.
Mais on dit bien d’autres.
– verbe négatif + de + nom (objet direct)
Il n’avait plus de cigarettes.
Je ne vois plus de questions à vous poser.
Avec un nom au singulier, l’article-préposition se trouve en
variation avec l’article indéfini un, une:
Personne ne trouvera une/d’explication à cette attitude.
Je n’ai pas un/de poste de radio.
Dans les phrases à négation restrictive on emploie la forme
un(e) ou des:
La guerre n’apporte que des larmes.
Vous n’êtes que des enfants.
Dans une phrase où le nom est attribut du sujet (prédicat
nominal) on se sert de la forme pleine de l’article:
Vous n’êtes plus des gosses.
Valeurs de l’article indéfini
– Au singulier, l’article indéfini désigne un spécimen isolé
(valeur proche du numéral):
Un homme vient s’asseoir à ma table.
Il avait tiré un dossier de sa serviette.
– Il désigne un nom auquel on confère une valeur générique:
Il marchait comme un aveugle.
– Dans les énoncés exclamatifs il exprime l’intensité:
J’ai une (de ces) faim(s)!
Il est d’une adresse!
– Au pluriel, l’article indéfini a une valeur quantitative partielle:
Des caisses étaient empilées dans la cour.
Il peut exprimer la grande quantité surtout avec des noms
qui indiquent des divisions temporelles:
Il y a des années que ça dure.
23
Il a travaillé des jours et des nuits.
Il en sait des choses.
Il gagne des mille et des mille.
3.1.3. L’ARTICLE INDÉFINI MASSIF (PARTITIF)

Formants et emplois de l’article massif (+ nom indénom-


brable)
Genre
Masculin Féminin
Nombre
du de la
du beurre, du courage de la viande, de la patience
de l’
Sing. de l’argent de l’eau
de
beaucoup d’argent beaucoup d’eau
pas d’argent pas d’eau
Remarques
– L’article indéfini massif s’emploie devant un nom indé-
nombrable:
• concret:
Le repas était frugal: du fromage, du lait frais, de la
confiture.
Il vous faudrait du bon air pour vous revigorer.
• abstrait:
On me témoignait de la bonté.
Nous avons de la chance.
– L’article massif a une forme réduite qui s’emploie dans
les cas suivants:
• devant un adverbe quantitatif:
Je vous souhaite beaucoup de bonheur.
Il eut moins de chance cette fois-ci.
24
Avec l’adverbe bien on emploie la forme pleine de l’article:
Il se fait bien du souci pour toi.
Vous avez bien de la chance.
• dans une phrase négative:
Il n’y a pas de chauffage central, il n’y a pas d’eau
courante.
Il n’a jamais fait de mal à personne.
Si l’on insiste sur l’idée de qualité et non sur celle de quan-
tité on emploie la forme pleine de l’article:
Ce n’était pas de la méfiance, c’était de la prudence.
Valeurs de l’article massif
– Devant les noms indénombrables concrets, l’article mas-
sif a une valeur quantitative (partitive):
Il achète du beurre et du lait.
– Devant un nom abstrait c’est un indéfini:
Elle me cause du souci.
– Devant un nom (+ Humain/ il peut indiquer le trait carac-
téristique:
Il avait de la paysanne en elle.
– Devant les noms propres d’auteurs ou d’artistes du
indique une partie de l’œuvre: jouer du Mozart, lire du Colette.
3.1.4. L’ARTICLE ZÉRO (ABSENCE D’ARTICLE)

– L’article zéro peut conférer au nom une valeur générale,


dans les contextes suivants:
– des sentences, des proverbes, des comparaisons figées:
Petite pluie abat grand vent.
vivre comme chien et chat
croire dur comme fer
– des groupes de coordination:
jeter feu et flammes
suer sang et eau
– des phrases négatives:
Il n’avait pas grand chemin à faire.
25
– L’article zéro exprime le défini dans la circonstance:
– dans les titres
Dictionnaire du français – langue étrangère
– dans les enseignes:
Pharmacie
– dans des avis au public:
Défense de fumer
– des énumérations:
Nom, prénom, qualités, profession des parents
– des vocatifs:
Et toi, fripon, tais-toi!
– L’article zéro apparaît dans des groupes nominaux lorsque
le nom a une valeur de caractérisant:
un ciel d’été
un feu de bois
L’article est en variation avec l’article segmental si le nom
déterminé est précédé de l’article indéfini:
un bruit de moteur – le bruit du moteur
une robe de mariée – la robe de la mariée
On dit: l’histoire de France mais la géographie de la France
la reine d’Angleterre
– Dans les groupes verbaux, l’article zéro apparaît dans les
cas suivants:
– comme prédicat nominal:
Il est ingénieur.
– comme objet direct dans des locutions verbales figées:
faire attention
lâcher prise
plier bagages etc.
La présence d’un déterminant attire automatiquement l’emploi
de l’article segmental:
avoir faim – avoir une faim de loup
avoir peur – avoir une peur bleue
avoir besoin – avoir un pressant besoin de…
26
– comme complément circonstanciel:
aller en prison
rouler en auto
mettre en fuite
voyager par avion
3.2. LES POSSESSIFS
3.2.1. LES PRÉDÉTERMINANTS POSSESSIFS

Formes et emplois
Possesseur Objet
possédé
Genre
Masculin Féminin
Nombre
mon, ton, son ma, ta, sa
Singulier Sing. mon frère, ma sœur, ma chemise
mon ami mon, ton, son
mon amie, mon activité
mes, tes, ses
Plur. mes frères, mes amis mes sœurs,
mes amies
Genre
Masculin Féminin
Nombre
notre, votre, leur
Sing.
notre produit notre fabrique
Pluriel
nos, vos, leurs
Plur.
nos produits nos fabriques
Remarques
– La forme mon, ton, son est employée devant un nom
féminin commençant par une voyelle ou un h muet: mon amie,
son habileté.
– Article et possessif. Pour exprimer le rapport de pos-
session, on emploie l’article défini si le rapport de possession est
évident:
Il avait la tête ailleurs.
27
Le prédéterminant possessif apparaît dans les cas suivants:
– si l’objet possédé est une possession + aliénable:
Il retira son veston, se lava les mains et le visage.
Il m’a déchiré mon cahier.
– si le nom est accompagné d’un déterminant:
Il frotta ses poignets endoloris.
Il ouvrit ses grands yeux noirs.
– avec certains verbes qui ne peuvent pas avoir un objet
indirect:
Ses mains tremblaient.
Il écouta son cœur.
– la variante pronominale + article défini est seule pos-
sible avec les verbes réciproques:
Ils se serrent la main.
– le possessif est en variation avec l’article défini:
– variation libre:
Il s’abîme les yeux = Il abîme ses yeux.
Il se cache le visage = Il cache son visage.
Il s’essuie les mains = Il essuie ses mains.
– variation sémantique:
(le possessif exprime une insistance):
Elle enfonce son visage dans ses mains.
(le possessif marque le sens propre):
faire sa valise / se faire la valise (sens figuré)
arracher ses cheveux / s’arracher les cheveux
– le possessif apparaît fréquemment avec un objet possédé
en position de circonstant:
Il porta le verre à ses lèvres.
Il pivota sur ses talons.
Valeurs de l’adjectif possessif
Le possessif peut exprimer:
– le trait permanent:
Il s’éloigna de son pas léger (d’un pas léger).
28
– l’habitude:
Il a encore manqué son train.
– la contiguïté spatiale
Il lança un coup d’œil de mon côté.
– l’affectivité:
Mon pauvre garçon
Ma jolie
Mon petit
– l’intérêt:
Et voilà notre héros dans de beaux draps.
3.2.2. LES PRONOMS POSSESSIFS
Les pronoms possessifs représentent un nom déterminé par
un prédéterminant possessif.
Formes du pronom possessif
Possesseur Objet possédé
Singulier Pluriel
Masculin Féminin Masculin Féminin
Singulier le mien la mienne les miens les miennes
le tien la tienne les tiens les tiennes
le sien la sienne les siens les siennes
le nôtre la nôtre les nôtres
Pluriel le vôtre la vôtre les vôtres
le leur la leur les leurs
Le pronom possessif peut désigner les parents ou les proches:
Je suis heureux de revoir bientôt les miens.
Ce sont les nôtres qui ont gagné.
Serez-vous des nôtres dimanche prochain?
Le pronom possessif apparaît dans des expressions figées:
Il a encore fait des siennes.
Chacun doit y mettre du sien.
A la bonne vôtre!
29
3.3. LES DÉMONSTRATIFS
3.3.1. LES PRÉDÉTERMINANTS DÉMONSTRATIFS

Formes et emplois des prédéterminants démonstratifs

Genre
Masculin Féminin
Nombre
ce cet cette
Singulier ce garçon cette femme
cet acteur cette actrice
cet homme cette harmonie
ces
Pluriel ces garçons ces femmes
ces hommes ces actrices
Remarques
– La forme cet est utilisée pour le masculin devant un nom
qui commence par une voyelle ou un h muet:
Cet endroit ne plaît.
Cet homme est suspect.
– Les prédéterminants démonstratifs peuvent être accom-
pagné des particules adverbiales -ci (pour la proximité) et -là
(pour l’éloignement) qui s’attachent après le nom:
ce livre-ci/ce livre-là
Les particules adverbiales sont exclues avec les noms à
référent temporel de 24 heures: ce midi, ce matin, ce soir, cette
nuit, cet après-midi.
L’emploi de -ci est obligatoire pour la référence au moment
présent avec des noms de sens temporel indéterminé: à cette
heure-ci, ces jours-ci, en ces temps-ci, ce mois-ci, cette fois-ci.
Les formes simples et composées sont en variation libre
avec les noms suivants: cette semaine (-ci), cette année (-ci), en
30
ce moment (-ci) et avec les noms de division temporelle déter-
minés par tous: tous ces temps (-ci), tous ces mois (-ci).
Dans le récit, l’emploi de la particule -là est obligatoire
avec les noms exprimant des divisions temporelles:
Les pêcheurs n’étaient pas en mer cette nuit-là à
cause de la tempête.
Valeurs de l’adjectif démonstratif
La valeur fondamentale de l’adjectif démonstratif est la
valeur déictique; dans ce cas il peut s’accompagner du geste:
Suivez ce sentier.
Il peut fonctionner aussi comme un évocateur (il évoque un
élément linguistique antérieur):
Il retrouva courage. Sur cette pensée réconfortante
il s’endormit.
L’adjectif démonstratif peut avoir aussi des valeurs
– affectives:
Ah! Cet enfant!
Cet homme est insupportable!
– intensive:
J’ai un de ces tracs!
3.3.2. LES PRONOMS DÉMONSTRATIFS

Le pronom démonstratif est l’équivalent d’un nom déter-


miné par un adjectif démonstratif.
Formes du pronom démonstratif

Singulier Pluriel
Masculin Féminin Neutre Masculin Féminin
celui celle ce ceux celles
celui-ci celle-ci ceci ceux-ci celles-ci
celui-là celle-là cela ceux-là celles-là
31
Les formes simples sont ordinairement suivies de l’un des
éléments suivants:
– un complément introduit par la préposition de:
Prend la voiture de ton oncle, celle de ton père est
en panne.
J’ai reçu ta lettre mais je n’ai jamais reçu celle de
ton frère.
Plus rarement, le démonstratif peut être suivi d’un complé-
ment introduit par une préposition autre que de:
Il a pris le train pour Paris, moi j’ai pris celui pour
Lyon.
– une proposition relative:
La route la plus courte est celle qui passe par Vienne.
Ceux qui arriveront les premiers attendront les autres.
– par un participe passé:
Avec ma lettre je vous adresse celle écrite par mon fils.
Les formes composées sont constituées du démonstratif
simple suivi d’une particule adverbiale, -ci pour la proximité, -là
pour l’éloignement:
Je ne sais pas quelle robe choisir. Celle-ci est moins
chère, celle-là est plus élégante.
En français courant, -là tend à devenir l’unique particule de
renforcement.
Le pronom neutre ce (ceci, cela) ne s’emploie que pour des
choses ou pour des notions:
Retenez bien ceci: il ne peut jamais se laisser décou-
rager.
Je viendrai vous chercher à huit heures, cela vous
convient-il?
Le pronom ça appartient au registre familier de la langue:
Regardez-moi ça!
Je n’aime pas ça du tout.
Les bains de soleil, j’adore ça.
32
3.4. DÉTERMINANTS ET SUBSTITUTS D’IDENTITÉ
3.4.1. LES DÉTERMINANTS MÊME, AUTRE, TEL ne sont pas, en
général, des déterminants premiers; ils se combinent le plus sou-
vent avec un autre indice nominal ayant le statut de déterminants
seconds.
Même qui exprime la similitude ou l’identité, est en réalité
un comparatif:
Il lui posait toujours les mêmes questions.
J’ai acheté le même livre que toi.
Dans certains contextes il fonctionne comme un identifiant
intensif:
Il devait, à cette même heure, se trouver déjà loin.
Il peut apparaître sans un autre déterminant nominal:
Nous avons même peines.
(apud Mauger, Grammaire pratique
du français d’aujourd’hui)
Même forme avec les pronoms personnels toniques des
suites qui expriment l’identité intensive:
Il a téléphoné lui-même.
Placé avant le déterminant nominal ou après le verbe, même
est adverbe et en tant que tel il est invariable:
Même les résultats qu’ils ont obtenus me paraissent
peu sûrs.
Même ses enfants ne l’auraient plus reconnu.
Il a même voulu me faire accepter cette invitation.
Il a la même fonction d’isolant intensif (adverbe inva-
riable) lorsqu’il est placé après un nom abstrait:
Il est la prudence même.
Employé sans nominal, le même est un substitut d’identité:
J’ai l’impression qu’il n’est plus le même.
Autre annule l’identité (il exprime la non similitude); le
plus souvent il s’emploie comme déterminant second:
33
– après l’article indéfini:
Je voudrais un autre dictionnaire.
Il a d’autres soucis.
– après l’article défini:
Prenez l’autre dictionnaire.
Dans certaines expressions temporelles il indique un passé
récent: l’autre fois/jour/soir/année.
– après le démonstratif ou le possessif:
Ecoutez cette autre chanson.
Ses autres livres étaient plus intéressants.
– après le pronom personnel:
Venez vous autres.
Tel exprime la ressemblance, c’est un comparatif synthétique:
Tel maître tel valet
Tel père tel fils
Tel peut être déterminant second:
Une telle naïveté est impardonnable à son âge.
De tels accidents peuvent se produire.
Dans certains contextes, tel opère comme un déterminant
de l’indéfini:
Tel élève égare fréquemment ses cahiers.
Il rencontre tel ou tel ami, tel ou tel voisin qui le met
en retard.
Tel est un pronom qui apparaît souvent dans des structures
comparatives:
Il est revenu tel qu’il est parti.
Il faut décrire les choses telles qu’elles sont.
Une robe telle que la vôtre coûte très cher.
3.5. DÉTERMINANTS ET PRONOMS INDÉFINIS

Ces unités s’emploient avec des noms/ + Singulier/ +


/Dénombrable/ pour exprimer l’indéfinitude.
quelque:
N’as-tu pas quelque film à me recommander?
34
Ils veulent trouver quelque maison de campagne à
louer.
Remarque
Quelque + N pluriel ou + /Indénombrable/ est un quan-
titatif indéfini (v. ci-dessus):
Il a eu quelque difficulté à trouver la maison.
J’ai apporté quelques fruits.
Quelque entre dans la composition des pronoms indéfinis
quelqu’un et quelque chose.
Quelqu’un a téléphoné mais il n’a pas laissé de numéro.
J’ai vu quelqu’un dans le couloir.
Quelque chose s’emploie pour des choses ou des phénomènes:
Tout le monde a l’impression qu’il se passe quelque
chose mais personne ne sait quoi.
Certain s’emploie si l’on ne veut pas préciser la personne
ou la chose dont on parle:
Un certain Monsieur Dubois a téléphoné.
Je connais dans cette ville certain restaurant où l’on
mange très bien.
Certains soirs il se sent seul et triste.
Le pronom pluriel certain signifie „certaines personnes”
Certains le disent.
Il existe des déterminants composés avec quel qui ex-
priment l’ignorance ou l’indifférence: je ne sais quel, Dieu sait
quel, n’importe quel:
Il m’a raconté je ne sais quelle histoire de lettres de
menace.
Tu peux venir à n’importe quelle heure du jour et de
la nuit.
Les pronoms indéfinis correspondants sont n’importe qui
(pour les personnes) et n’importe quoi (pour les choses):
Ils pouvaient être au service de n’importe qui.
C’est un hâbleur, il raconte n’importe quoi.
35
Quelconque est un déterminant indéfini qui exprime l’indé-
termination absolue:
Un voiture roulait vers une destination quelconque.
Remarque
Quelconque peut être un qualifiant; il signifie alors „insig-
nifiant”, „ordinaire”:
C’est un acteur très quelconque.
3.6. DÉTERMINANTS ET SUBSTITUTS QUANTITATIFS
INDÉFINIS

Les quantitatifs indéfinis s’organisent en un système struc-


turé autour des oppositions suivantes:
totalitaire / partiel
positif / négatif
3.6.1. INDÉFINIS TOTALITAIRES

Les totalitaires positifs sont:


• tout (totalitaire global et intégral)
Accompagné d’un article défini ou indéfini il signifie
„entier”, „complet”:
Tout le monde était parti.
Tout la ville était dehors.
Toutes les portes étaient fermées.
Ça a été toute une histoire.
Sans article, il signifie
– „chaque”:
Tout travail mérite salaire.
Il peut pleuvoir à tout moment.
– „unique”:
Il avait pour tout revenu son maigre salaire.
– „tout le monde”:
Tout Paris était là.
36
Il existe un grand nombre de locutions formées avec le mot
tout:
– à toute allure/vitesse (în goana mare), à tout bout de
champ (la orice pas), à tout hasard (la noroc), à tout propos
(toată ziua bună ziua), de tout cœur (din toată inima), de tout
temps (din totdeauna), en tout cas (în orice caz), en tout état de
cause (în orice împrejurare), en toute hâte (în graba mare), en
toute liberté (în deplină libertate);
– à tous égards (în toate privinţele), à tous (les) coups (de
fiecare dată), s’enfuir à toutes jambes (a fugi cât îl ţin picioa-
rele), toutes affaires / choses cessantes (lăsând totul la o parte),
toutes réflexions faites (după matură chibzuinţă);
– à tout moment/à tous moments (în orice clipă), de toute(s)
façon(s) (oricum), de tout côté/de tous cotés (din toate părţile)
de toute(s) sorte(s) (de toate felurile) etc.
Remarque
L’article défini est facultatif devant les quatre premiers
chiffres: tous (les) deux, tous (les) trois, tous (les) quatre; à
partir de cinq l’article est obligatoire: tous les cinq, tous les six,
tous les huit, etc.
Remarque
Tout s’accorde devant un titre qui commence par un article:
Il lira toute La légende des siècles.
Elle a lu toutes Les fleurs du mal.
Il a lu tout Phèdre.
Tout peut être aussi pronom:
Il l’a répété à tous.
Elles sont toutes là.
Remarque
Tout peut être adverbe; il détermine alors un verbe ou un
adjectif. S’il accompagne un adjectif, il s’accorde en genre et en
37
nombre avec les adjectifs féminins qui commencent par une
consonne ou un h aspiré:
Elle est toute contente, toute honteuse.
mais:
Elle est tout aimable, tout heureuse.
Devant un nom féminin qui commence par une consonne
ou un h aspiré tout prend la marque du féminin:
Elle était toute douceur.
mais:
Elle était tout amabilité.
• chaque est un totalitaire singulier distributif:
Chaque âge a ses plaisirs.
Chaque matin il part à l’usine à sept heures.
On trouve un poêle dans chaque chambre.
Remarque
Devant un nom pluriel on emploie tous les:
Il part tous les matins à sept heures.
Tout comme le déterminant chaque, le pronom chacun(e)
ne connaît que la forme du singulier:
Il faut donner sa part à chacun.
Les livres de poche coûte 30 francs chacun.
Elles ont acheté chacune un dictionnaire.
Les totalitaires négatifs sont les suivants:
• nul (totalitaire négatif global)
Comme prédéterminant de la quantité nulle, nul est réservé
à quelques tournures de la langue littéraire:
Sans nul doute, il ne sera pas d’accord avec cette
solution.
Je n’ai nulle envie de le revoir.
Nul pronom indéfini est un synonyme littéraire personne.
Nul n’était à l’abri du soupçon.
38
Remarque
Nul peut être qualifiant; dans ce cas il est postposé au nom
qu’il qualifie:
une réponse nulle
un élève nul en histoire
• pas un est un totalitaire négatif qui appartient à la langue
courante:
Il n’y avait pas un chat.
• aucun est un totalitaire distributif:
Cela ne présentait aucun intérêt.
Il n’y avait aucune issue.
Cela n’avait aucune importance.
Il ne manifesta aucune surprise.
Ce déterminant ne s’emploie au pluriel que devant les
noms pluralia tantum:
aucuns frais
Aucun pronom indéfini singulier est le plus souvent suivi
d’un déterminant introduit par la préposition de marquant l’en-
semble des personnes ou des choses impliquées:
Elle refusa net de se séparer d’aucun de ses enfants.
Ils sortirent de la cour sans rencontrer aucun de leur
voisins.
Le pronom pluriel d’aucuns „quelques uns” appartient au
style recherché:
D’aucuns considèrent que dans ces conditions tout
devient possible.
3.6.2. INDÉFINIS PARTIELS
Les déterminants et les substituts de quantité partielle se
divisent en deux catégories sémantiques:
– les déterminants et les substituts de petite quantité:
• quelque
Au singulier il détermine un nom /Indénombrable/:
Pourriez-vous me prêter quelque argent?
Auriez-vous quelque doute?
On roula quelque temps sur la route.
Ils virent briller des lumières à quelque distance.
39
Remarque. Quelque suivi d’un nom chiffré est un adverbe
invariable; il indique la quantité approximative:
Il y avait là quelque cinquante personnes.
Au pluriel quelques détermine un nom /Dénombrable/:
Quelques jours après cette soirée, elle lui demanda
de l’accompagner chez son frère.
Il peut être déterminant second:
Les quelques voyageurs qui étaient descendus du car
se dirigèrent vers la place de la mairie.
Ses quelques livres étaient déchirés et sales.
Le pronom pluriel quelques uns signifie „un petit nombre
indéterminé”; il est le plus souvent suivi d’un nominal introduit
par de:
Quelques uns de ses amis l’avaient visité à l’hôpital.
• un certain, quantitatif indéfini est déterminant second:
Il attendait depuis un certain temps.
C’était une femme d’un certain âge.
Il faut une certaine attention pour résoudre ce problème.
• plusieurs „un certain nombre” peut être déterminant:
J’ai acheté plusieurs journaux.
ou pronom:
Plusieurs étaient déjà partis.
• différents et divers sont toujours déterminants premiers:
Divers témoins l’ont aperçu.
Différents personnes ont répondu à ce questionnaire.
Différents et divers peuvent fonctionner comme des qualifiants:
Ces livres étaient très divers comme prix.
– les déterminants de grande quantité:
• maint figure surtout dans des expressions automatisées:
Je vous ai dit cela maintes et maintes fois.
Il est venu maintes fois me voir.
à maintes reprises
en maintes circonstances
en maints endroits
40
• force, élément invariable est toujours suivi d’un nom pluriel:
Il se retira en faisant force révérences.
3.7. DÉTERMINANTS ET SUBSTITUTS DE QUANTITÉ DÉFINIS

Les déterminants et les substituts quantitatifs définis sont


des numéraux et des noms de nombre qui indiquent une quantité
mesurée.
3.7.1. NUMÉRAUX CARDINAUX

Les déterminants peuvent être des déterminants premiers:


deux amis
ou seconds:
les deux amis, ses deux amis, ces trois personnes.
Seuls un, vingt, cent sont variables:
une ou deux fois
les Mille et une Nuits
trois voix contre une (pronom)
Vingt et cent peuvent prendre la marque du pluriel s’ils
sont multipliés et s’ils terminent le nombre (s’ils ne sont pas
suivis par un autre nombre):
cent vingt personnes
mais:
cent quatre-vingts
Cent connaît les même règles d’accord:
J’ai lu sept cents pages.
Il a lu cent pages.
Il a écrit trois cent vingt-sept pages.
quatre cents milliers de francs
Certains adjectifs numéraux n’indiquent pas un nombre
précis; ils sont employés pour marquer:
– soit la petite quantité:
Il habite à deux pas d’ici.
régler une affaire en deux temps trois mouvements
41
– soit la grande quantité:
Je vous l’ai déjà dit vingt/cent fois.
Je n’irai pas par quatre chemins.
Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche
avant de parler.
Je ne vais pas attendre cent sept ans.
C’est un enfant gâté, ses parents font ses trente-six
volontés.
voir cent mille chandelles
en voir trente-six chandelles
Il n’y a pas trente-six solutions.
3.7.2. NUMÉRAUX ORDINAUX

Les numéraux ordinaux indiquent le rang:


• (le) premier:
le premier jour du mois
en premier lieu
le premier de l’an
Ils sont arrivés bons premiers („bien avant les autres”).
• (le) second (ce numéral s’emploie quand il n’y a que deux
choses):
Le Second Empire
en second lieu
la seconde moitié
billet de seconde classe
d’une seconde main („qui vient d’un intermédiaire”)
L’habitude est une seconde nature.
Les autres numéraux ordinaux sont formés à l’aide du
suffixe -ième:
le deuxième candidat
Il habite au troisième.
C’est le onzième voyage.
les cinquièmes pages
42
Les numéraux cardinaux peuvent s’employer avec une va-
leur de numéral ordinal; dans ce cas ils sont invariables:
page trois cent
Ouvrez à la page un.

4. LES CARACTÉRISANTS DU NOM

4.1. LA STRUCTURE DU GROUPE NOMINAL COMPLEXE

Le nom centre peut être déterminé par des caractérisants


plus ou moins complexes:
– un adjectif qualificatif (une épithète):
des murs immenses
– une épithète détachée (adjectif en apposition)
Fatigué, il s’arrêta un instant.
– un nom en apposition:
son frère, l’ingénieur
– une proposition relative:
un homme que l’on admire
– un complément du nom:
la route du village
un sac en papier
– un infinitif prépositionnel:
le désir d’agir
– une proposition conjonctionnelle:
L’impression qu’il s’était trompé l’obsédait.
4.2. L’ADJECTIF ÉPITHÈTE

L’adjectif a un double statut suivant que l’on prend en compte


ses caractéristiques morphologiques ou syntaxiques:
– morphologiquement il est intégré à la classe du nom car
il présente les mêmes marques de genre et de nombre;
– syntaxiquement, c’est un élément verbal, étant intégré à
un groupe prédicatif comme attribut.
43
4.2.1. CLASSES D’ADJECTIFS QUALIFICATIFS

Grammaticalement, il existe deux grandes classes d’adjectifs:


– les épithètes de nature:
une jeune fille coquette
un petit village
un enfant sage
– les adjectifs d’origine verbale, participes passés ou parti-
cipes en -ant:
une fenêtre ouverte
un roman bien écrit
une saleté repoussante
L’adjectif verbal en -ant se caractérise par certains traits
grammaticaux:
– il peut être attribut, tout comme l’adjectif épithète:
Elle était tremblante de fièvre.
– il peut être coordonné à un autre adjectif de nature:
une activité intense et fatigante
– il peut être accompagné d’un déterminant prépositionnel:
une maison toute rutilante de peinture fraîche
– il ne peut jamais être suivi d’un complément d’objet direct:
des touristes payants
des touristes payant leur voyage en devises
– il peut être quantifié par un adverbe:
Elle était très vibrante
– il n’est jamais employé à la forme pronominale:
– il s’accorde en genre et en nombre:
un départ à la nuit tombante
– de nombreux adjectifs verbaux ont des orthographes dif-
férentes de celles du participe présent (verbe):

verbe: communiquant adjectif: communicant


convainquant convaincant
44
verbe: différant adjectif: différent
équivalant équivalent
excellant excellent
fatiguant fatigant
négligeant négligent
précédant précédent
provoquant provocant
suffoquant suffocant

Sémantiquement, les qualifiants se répartissent en deux


grandes classes:
– les adjectifs objectifs (descriptifs)
Ils indiquent des traits objectifs tels que: la forme (carré,
rond, etc.), la couleur (rouge, bleu, etc.), le goût (aigre, amer, etc.),
le mouvement (immobile, clignotant, etc.), la position, le lieu
(vertical, voisin, etc.), la forme de relief (plat, montagneux, etc.),
la dimension (long, court, grand, petit, etc.), la quantité (lourd,
léger, etc.), la nationalité, l’appartenance (français, parisien, etc.);
– les adjectifs subjectifs (évaluatifs, affectifs):
Ces adjectifs expriment un jugement de valeur de la part du
sujet parlant, appréciatif (bon, joli, etc.) ou dépréciatif (laid,
méchant, etc.).
Des glissements d’une classe à l’autre peuvent s’opérer:
un refus carré „tranchant”
un esprit tortueux
des démarches sinueuses
L’opposition entre évaluatif/descriptif se manifeste dans la
position de l’adjectif:
des lunettes noires/ de noirs pressentiments
Les adjectifs affectifs expriment l’expérience subjective du
sujet: gai, content, satisfait, triste, malheureux, etc.

45
4.2.2. CARACTERISTIQUES MORPHOLOGIQUES
DE L’ADJECTIF ÉPITHÈTE

Les marques de genre


La majorité des adjectifs se combinent avec les deux
termes du morphème de genre. Il existe pourtant des adjectifs
défectifs de genre. Sont exclusivement:
– du masculin: vainqueur, fat, dispos, etc.
– du féminin: prude, canine (dent, race, faim), pie (œuvre),
philosophale (pierre)
Les marques du genre sont:
Code oral Code écrit
–Ø –Ø
adjectifs invariables
rouge, utile, sage
chic, kaki, snob
gris bleu, vert doré
–Ø -e
joli(e), ardu(e), raffiné(e)
aigu(ë), ambigu(ë),
exigu(ë)
contigu(ë)
vermeil(le), universel(le)
grec(grecque), turc (turque) avec changement de
public (publique) graphème
Ø / cons. Ø / cons. + -e
suspect(e), distinct(e)
gris(e), ras(e)
petit(e), grand(e)
bas(se), las(se), gros(se) avec redoublement
épais(se), gras(se) de consonne
blanc(he), frais (fraîche) avec changement de
doux (douce) graphème + -e
ambitieux/ambitieuse -eux / -euse
délicieux/délicieuse
peureux/peureuse
46
Code oral Code écrit
Ø / cons. Ø / cons. + -e
avec changement de
voyelle leger/légère
l’avant-dernier
fermée/ inquiet/inquiète
graphème
voyelle secret/secrète
consonantique + -e
ouverte + sot/sotte, palot/palotte
avec redoublement
consonne coquet/coquette
de la consonne + -e
voyelle
nasale/ avec redoublement
bon(ne), ancien(ne)
voyelle orale de la consonne + -e
+ cons
avec
modification
fin(e), commun(e)
de la base
d’articulation
avec changement de
malin/maligne, graphème
bénin/bénigne consonantique + -e

alternance nouveau/nouvelle -eau/-elle


vocalique + beau/belle, fou/folle alternance de
Ø/ consonne mou/molle graphème vocalique
vieux/vieille + redoublement de
consonne + -e
Les adjectifs de cette classe présentent au masculin singu-
lier une variante antévocalique:
un bel enfant, un bel habit
un bel et charmant enfant
un beau et charmant garçon
un enfant beau et charmant
un nouvel immeuble
un vieil ami
un mol oreiller
47
Au pluriel il n’y a qu’une seule forme:
de beaux appartements
de beaux habits
consonne/consonne vif/vive, bref/brève consonne/
sauf/sauve consonne
trompeur/trompeuse -eur/-euse
variation suffixale vengeur/vengeresse -eur/-eresse
enchanteur/enchanteresse
évocateur/évocatrice -teur/-trice
Les marques de nombre
Ø -s
agréable(s), rose(s)
important(s)
bancal(s), fatal(s)
final(s), naval(s)
al/Ø oral/oraux, social/sociaux al/aux
racial/raciaux
glacial(s) ou glaciaux

Adjectifs invariables
Certains adjectifs sont invariables:
– des adjectifs obtenus par conversion (noms pris adjec-
tivement):
des robes orange, citron, marron, tabac, kaki
une jeune fille chic
des yeux noisette
– des adjectifs de couleur composés:
des robes jaune vert
des yeux brun clair
des vestes bleu foncé
des feuilles vert tendre
48
– le premier segment de certains adjectifs est invariable:
des langues extrême-orientales
des enfants nouveau-nés
des étiquettes auto-collantes
des méthodes audio-visuelles
l’avant-dernière syllabe
les relations franco-allemandes
nu-tête, nu-pieds
des dictateurs tout-puissants
mais:
des fenêtres larges-ouvertes
des personnes toutes puissantes

L’accord de l’adjectif épithète


L’adjectif épithète s’accorde en genre et en nombre avec le
nom auquel il se rapporte (le nom centre):
Il avait de bons amis là-bas.
La photo est assez nette.
L’adjectif épithète se rapportant à plusieurs noms se met au
pluriel et si ces noms sont de genre différent, le masculin l’em-
porte sur le féminin:
une attention et un intérêt passionnés
L’accord des adjectifs composés dépend de la nature des
éléments constitutifs (v. ci-dessous):
des paroles aigres-douces
l’avant-dernière ligne
L’accord avec le nom gens.
L’adjectif postposé se met au masculin:
des gens raffinés
L’adjectif antéposé se met au féminin pluriel:
de bonnes gens
de vieilles gens du pays
certaines gens
49
Si le nom est précédé d’un adjectif (qualificatif ou détermi-
natif) qui a une forme unique pour les deux genres, l’accord se
fait au masculin:
tous ces gens
quels honnêtes gens
mais:
toutes ces bonnes gens-là
Les noms composés avec le substantif gens sont toujours
accordés au masculin:
de nombreux gens de lettres
les vrais gens de loi
tous les gens de bien

4.2.3. LA PLACE DE L’ADJECTIF ÉPITHÈTE

Se placent après le nom:


– obligatoirement:
– les adjectifs qui ne sont pas des épithètes de nature,
adjectifs-participes ou adjectifs obtenus par conversion:
un jardin fleuri
une tenue négligée
un film épatant
un pont chancelant
un homme bien
– les adjectifs descriptifs:
une robe blanche
un corps difforme
– les adjectifs qui ont une expansion prépositionnelle:
une rue pleine de monde
un travail facile à faire
– les adjectifs juxtaposés ou coordonnés:
une descente rapide et dangereuse
un appartement spacieux et confortable
des fruits savoureux, délicieux
50
Se placent avant le nom:
– un certain nombre d’adjectifs d’une ou deux syllabes,
très fréquemment employés: bon, beau, long, petit, gros, grand,
mauvais, vieux:
une bonne nouvelle
une petite pluie
un vieux monsieur
une grosse femme
– des adjectifs descriptifs employés comme des appréciatifs:
un charmant accueil
une prodigieuse aventure
une remarquable conduite
– des adjectifs intégrés à des locutions figées:
une verte vieillesse
faire grise mine
un fin limier, une fine lame, un fin connaisseur
de fines herbes
par forte mer
Différences de sens attachées à la modification de l’ordre
séquentiel:
– quantitatif/qualitatif:
différents cas / des cas différents
divers livres / des livres divers
certaines information / des informations certaines
– quantitatif/intensif:
deux verres pleins / deux pleins verres
– descriptif/évaluatif:
un homme grand / un grand homme
un pays pauvre / un pauvre pays
un homme brave / un brave homme
un repas maigre / un maigre repas
un enfant curieux / un curieux enfant
51
Cette différence de sens est fonction aussi de la nature
inhérente du nom qualifié, avec les noms abstraits, l’adjectif
peut être antéposé:
une femme heureuse / une heureuse idée
un homme faible / une faible nature
un regard fier / un fier imbécile
un chemin rude / un rude métier
des couloirs sombres / de sombres desseins

4.2.4. LE GROUPE DE L’ADJECTIF QUALIFICATIF

L’adjectif qualificatif peut être déterminé par un élément


avec lequel il constitue un groupe syntaxique intégré à un groupe
nominal ou figurant en position d’attribut. Ces différentes expan-
sions peuvent être réalisées par:
– un adverbe exprimant les degrés de signification de
l’adjectif:
– degré absolu:
– le bas degré:
un individu peu recommandable
une allusion à peine voilée
– le moyen degré:
un film assez intéressant
– le haut degré:
une très riche héritière
une toute petite quantité
un homme fort occupé
un paquet trop lourd
une jeune fille extrêmement jolie
des joies bien douces
(fam.) un travail diablement difficile
– degré relatif

52
Parmi les degrés de signification relatifs on distingue le
comparatif et le superlatif:
degré relatif

comparatif superlatif

d’infériorité d’égalité de supériorité d’infériorité de supériorité

moins (tout) plus utile le moins le plus utile


utile aussi utile
utile

– le comparatif d’infériorité:
un film moins intéressant que le roman
– le comparatif d’égalité
un film (tout) aussi intéressant que le roman
Remarque
Dans les phrases négatives, l’adverbe aussi est en variation
avec si:
Le film n’est pas aussi/si intéressant que le roman
Remarque
Si le terme avec lequel on compare est un adjectif, on peut
employer l’adverbe autant en postposition par rapport à l’adjectif:
Il est tout aussi bon que généreux.
Il est bon autant que généreux.
– le comparatif de supériorité:
Le roman est plus intéressant que le film.
– le superlatif d’infériorité:
le moins intéressant de tous ses romans
– le superlatif de supériorité:
le plus intéressant de tous
53
Remarque
Trois adjectifs ont des comparatifs et des superlatifs syn-
thétiques:
• bon: meilleur, le meilleur
Elle est meilleure traductrice que vous.
C’est le meilleur joueur de toute l’équipe.
• mauvais: plus mauvais, pire, le plus mauvais, le pire
La forme pire s’emploie avec une valeur appréciative:
Le café est pire que le thé („plus nuisible”)
Ce café est encore plus mauvais que l’autre.
Ce supplice est pire que la mort.
Vous avez choisi la pire solution.
Il commit la pire imprudence.
• petit: (le) plus petit, (le) moindre
Le comparatif et le superlatif (le) moindre est un appré-
ciatif „plus petit en quantité, en importance”:
Entre ces deux villages la distance est moindre.
Je n’ai pas la moindre idée de ce qui se passe.
L’avion atterrit sans la moindre difficulté à l’heure
prévue.
Il n’y a pas le moindre doute.
Remarques
Le sens de certains adjectifs interdit d’appliquer, les degrés
d’intensité: carré, circulaire, double, triple, etc.; aîné, cadet,
excellent, excessif, infini, infime, parfait, extrême, etc.; premier,
dernier, ultime, etc.
L’adverbe qui détermine l’adjectif peut être corrélatif d’une
proposition de conséquence:
Je suis trop fatigué pour pouvoir dormir.
Cette ville est si belle qu’elle attire un grand nombre
de touristes.
54
Ce texte est trop difficile pour que tu puisses le traduire
sans dictionnaire.
Une situation assez inquiétante pour imposer des
mesures exceptionnelles.
– un déterminant nominal
– introduit par la préposition de: capable, content, dé-
pourvu, digne, désireux, ennemi, épris, fier, heureux, issu, sûr,
originaire, plein, privé, proche, satisfait, voisin, etc.
Il est content de cette nouvelle acquisition.
un jeune homme dépourvu de ressources
une réalisation digne d’attention
une rue pleine de monde
un jeune homme large d’épaules
une chambre haute de plafond
– introduit par la préposition à: antérieur, apte, agréa-
ble, égal, enclin, hostile, propre, pareil, postérieur, prêt, sen-
sible, sujet, utile, etc.
un livre utile aux enfants
une jeune fille encline à la mélancolie
un homme sensible à la flatterie
– introduit par comme (comparaison):
clair comme l’eau de roche
blanc comme neige
joli comme un cœur
maigre comme un clou/un cent de clous
bête comme un âne, un pied, une oie
malheureux comme les pierres
sale comme un peigne
propre comme un sou neuf
– introduit par la préposition envers suivi d’un nominal
(+Humain): agréable, aimable, disposé, généreux, ingrat, rude, etc.:
Le directeur est bien disposé envers toi.
un enfant ingrat envers ses parents
55
– introduit par la préposition en: confiant, fécond, fort,
nul, riche, etc.:
un élève nul en histoire
un petit livre riche en renseignements
– introduit par la préposition contre: fâché, furieux, etc.
Il est furieux contre son voisin.
– introduit par la préposition pour: agréable, difficile,
facile, important, nécessaire, bon, etc.
un détail important pour la suite des événements
– un infinitif:
Il est capable d’avoir oublie notre rendez-vous.
un livre passionnant à lire
un malheureux incapable de regarder la vérité en face
Un infinitif introduit par la préposition à peut marquer
l’intensité par la conséquence:
laid à faire peur
fou à lier
jolie à croquer
bête à manger du foin, etc.
– une proposition conjonctionnelle:
Elle a l’air déçu qu’il ne soit pas venu.
Je suis content qu’il ait réussi son examen.
4.3. L’ÉPITHÈTE DÉTACHÉE

L’épithète détachée est isolée du nom auquel elle se rap-


porte par une pause, rendue graphiquement par une virgule; elle
est plus indépendante et peut occuper différentes positions dans
la phrase:
Froid, cinglant, le vent sifflait dans les branches des
arbres.
Le vent sifflait dans les branches des arbres, froid,
cinglant.
Le vent, froid, cinglant, sifflait dans les branches des
arbres.
56
4.4. LA PROPOSITION RELATIVE

4.4.1. LA RELATIVISATION

L’opération de relativisation implique l’identité référen-


tielle d’un élément redondant réduit, représenté par le pronom
relatif:
Ce livre m’amuse beaucoup (phrase matrice).
Je lis maintenant ce livre (phrase enchâssée).
Ce livre que je lis maintenant m’amuse beaucoup.
L’antécédent peut être réalisé:
– par un nom:
Il a acheté le livre dont il avait envie.
– par un démonstratif, un indéfini:
Ils sont capables de tout pour obtenir ce dont ils ont
besoin.
– par un pronom tonique:
C’est lui que je voudrais voir.
Le choix du relatif est dicté par la fonction du nominal
réduit dans la phrase enchâssée et par le trait inhérent de ce nom.
La préposition est replace à gauche du relatif.
Je ne voudrais pas être celui par qui le scandale
arrive.
Si le nominal réduit est objet direct, il y a accord du parti-
cipe passé avec l’antécédent:
Les livres que j’ai lus ces derniers temps n’étaient
pas très intéressants.

4.4.2. LES INSTRUMENTS DE LA RELATIVISATION

Les instruments de la relativisation sont les pronoms rela-


tifs qui ont une double fonction:
– ce sont des substituts représentants
– ce sont des relateurs (des mots de liaison)
57
Le choix du relatif est dicté par les facteurs suivants:
– la fonction syntaxique du nominal réduit
– la nature inhérente du nominal antécédent (humain/non
humain)
– la structure de l’antécédent (prépositionnelle ou non)
Il existe en français deux systèmes de pronoms relatifs:
– les relatifs simples (invariables)
– les relatifs composés (variables en genre et en nombre)
antécédent substitut neutre
+ Humain – Humain ce, rien, qq
fonction chose
sujet qui, lequel qui
attribut que –
objet direct que
objet indirect à qui, auquel auquel à quoi
complément du
nom ou du verbe dont, de qui dont, duquel dont
introduit par de
circonstant
– où, que –
temporel
circonstant
– où où
spatial
circonstant par, pour, chez pour, par lequel, par, pour, a
prépositionnel qui/lequel, à cause duquel, cause de quoi
à cause de qui etc.
Sujet:
La personne qui vous attend s’impatiente.
J’entends l’automobile qui klaxonne.
Il n’y a rien qui puisse le sauver.
Remarques
Le qui distributif caractéristique de la langue littéraire ren-
voie toujours à un référent personnel:
Tous prenaient comme arme l’objet qui leur tombait sous
la main, qui une fourche, qui une bêche, qui un râteau.
58
Le relatif qui peut apparaître comme sujet d’une relative
dite sans antécédent, auquel cas il a le statut d’un nominal per-
sonnel de sens indéterminé:
Qui vivra verra.
Rira bien qui rira le dernier.
Qui a bu boira.
Qui va à la chasse perd sa place.
Jouer à qui perd gagne.
Lequel ne s’emploie plus comme sujet en langue courante.
Il apparaît dans certains contextes pour lever toute ambiguïté:
la mise en scène de ce spectacle lequel/laquelle est
très réussi(e)
ou dans le style juridique:
Il y a plusieurs témoins lesquels ont déclaré avoir vu
l’accusé sortir de la maison.
Objet direct:
L’enfant que l’on a bercé vient de s’endormir.
Vous ne savez sans doute pas la tournure que
prennent les choses.
Ce que je veux c’est partir le plus tôt possible.
Lequel ne peut jamais être objet direct.
Attribut:
L’adolescent que j’étais alors était épris de justice.
Ce loisir forcé qu’est le chômage...
Objet indirect:
J’allais voir mon professeur à qui j’exposai mon projet.
L’homme à qui/auquel j’ai parlé était un inconnu.
La date de l’examen auquel il ne cessait de penser
approchait.
Ce coffret contient ce à quoi je tiens le plus.
Complément introduit par de:
Il rencontra un voyageur dont un homme de peine
portait la malle.
Il lui posa une question dont il connaissait déjà la
réponse.
59
Lorsque la relative détermine un nom prépositionnel et le
nominal réduit est introduit par de, le relatif est duquel (et var.).
Il résulte que dont ne peut déterminer un nom prépositionnel:
Le banc sur le bord duquel je me repose est fraî-
chement peint.
Ce quartier près duquel tu habites est très calme.
La foule au milieu de laquelle je me trouvais était
immense.
Il allume une lanterne à la clarté de laquelle il dé-
chiffra les lignes écrites par une main tremblante.
Pour les noms (+ Humain) on peut employer le relatif
prépositionnel de qui:
C’est une personne sur la discrétion de laquelle/de
qui on peut compter.
Dont peut introduire aussi un complément du verbe ou de
l’adjectif:
Je me sers des données dont je dispose.
J’ai là des livres dont je peux vous prêter quelques
uns (sens partitif).
Je me faisais un plaisir de revenir dans cette région
dont je suis originaire.
C’est un plat délicieux dont je suis très friand.
Complément temporel:
Racontez-nous des histoires du temps où vous étiez
en Afrique.
Juste le temps que l’on termine ce qu’on a à faire.
L’été où/qu’il a fait si chaud...
Circonstant prépositionnel:
L’ami chez qui/lequel je me suis rendu était absent.
Cet homme en qui il avait eu une confiance aveugle
l’avait trahi.
La porte par laquelle on accédait au jardin était
ouverte.
60
Le relatif quoi prépositionnel représente toute une proposition:
Vous ferez bien de partir tout de suite sans quoi vous
manquerez le train.
Ils eurent tôt fait de tout ranger. Après quoi ils se
mirent en route.
Il suivait un régime très sévère grâce à quoi il avait
une santé florissante.
Ils travaillaient ensemble depuis plus de vingt ans,
de quoi forger des habitudes.

4.4.3. TYPES DE PROPOSITIONS RELATIVES

On peut distinguer deux types de propositions relatives:


– les relatives explicatives (non restrictives):
Les étudiants, qui étaient absents, n’ont pas parti-
cipé à cette réunion („tous les étudiants”).
Les relatives explicatives ont un caractère parenthétique
(elles figurent entre deux virgules dans le code écrit). Elles
peuvent modifier un nom propre, des noms précédés d’un pos-
sessif ou d’un démonstratif:
Lucien, qui était inquiet, arpentait la chambre com-
me un loup en cage.
J’accompagnais mon frère, qui allait en visite chez
des amis.
Cette maison, qui n’était pas trop grande, était
pourtant très confortable.
Le pronom sujet lequel ne s’emploie que dans les relatives
explicatives; il est alors adjectif relatif:
Il a reconnu vous devoir la somme de trois mille
francs, laquelle somme vous sera remboursée sous
peu. (DICO)
La forme modale des explicatives ne peut jamais être le
subjonctif.
61
Les relatives explicatives expriment des rapports logico-
sémantiques de cause, de conséquence, de concession, etc.
– les relatives déterminatives (ou restrictives) limitent la
sphère de l’antécédent:
Les étudiants qui étaient absents ont dû ajourner
leur examen („seuls les étudiants qui étaient absents
ont dû ajourner leur examen”).
Les relatives restrictives se caractérisent par les traits suivants:
– elles ne présentent pas de pause (virgule) entre le relatif
et l’antécédent:
Il regarda la jeune fille qui était assise près de la
porte.
– elle peuvent présenter une variation de forme modale. Le
subjonctif s’emploie dans les cas suivants:
– si le prédéterminant de l’antécédent est zéro ou un indéfini
(un, quelque, un des, du, de) pour exprimer la qualité requise (on
ne sait si la personne ou l’objet existe):
Je cherche un livre qui soit plus amusant.
Je cherche un chemin qui conduise directement au
village.
Pour exprimer la qualité requise on peut se servir aussi de
l’infinitif:
Il cherchait une place où se garer.
Il cherche un lieu où s’asseoir.
– si le nom antécédent est accompagné d’un prédéterminant
négatif (aucun, pas, nul) ou s’il est réalisé par un substitut de sens
négatif (rien, personne) ou indéfini (quelqu’un, quelque chose) ou
bien s’il fait partie d’une phrase négative:
Il n’y avait rien à quoi il puisse s’accrocher.
Il n’y a personne qui se mette en travers de vos projets.
Il n’y a pas d’excuse qui tienne.

62
– si l’antécédent est déterminé par un superlatif relatif, par
un restrictif (le seul, l’unique) ou un classificateur d’ordre (le pre-
mier, le dernier):
J’ai assisté au plus beau spectacle dont tu puisses
rêver.
C’est la chose la plus importante que nous ayons à
faire.
Vous êtes le seul traducteur que je connaisse.
Ce bruit était le seul qui rompît le silence.
Si le sujet de la principale et celui de la relative est le même,
on peut employer aussi l’infinitif (introduit par la préposition à):
C’est le dernier à avoir compris la gravité de la
situation.
Il fut le premier à se réveiller le lendemain matin.
Remarque
Le subjonctif n’est pas obligatoire; il s’emploie pour insis-
ter sur l’idée de virtualité ou d’appréciation subjective.
4.5. LE NOM EN APPOSITION

L’apposition est un déterminant qui peut être exprimé par


un nom. Un nom mis en apposition a le même référent que le
nom central (il désigne la même personne ou le même objet). Il
peut être:
– de construction directe:
le poète Baudelaire
un roman feuilleton
– séparé par une virgule (pause):
le lion, roi des animaux
– introduit par la préposition de:
la ville de Paris
le mois de décembre
ce coquin de Scapin
63
4.6. LE COMPLÉMENT DU NOM

Le complément du nom est dans la plupart des cas un nominal


– de construction prépositionnelle:
une montre en or
un soir d’été
une lettre de toi
– de construction directe:
une tarte maison
un café crème
Il peut être réalisé aussi par:
– un infinitif:
le désir de voyager
son projet de lancer une nouvelle affaire
un fer à repasser
– un adverbe:
la mode d’hier
La détermination apportée par le complément du nom est
de nature très diverse:
– une détermination qualitative (caractérisante):
un agent en civil
un roman de cape et d’épée
– une détermination quantitative:
une table de trois mètres
un colis de dix kilos
– une détermination spatiale:
le départ pour Paris
une promenade en forêt
du travail à domicile
– une détermination temporelle:
un départ à l’aube
un soir d’hiver
– le contenu:
une pincée de sel
64
une gorgée de vin
un seau d’eau
une tasse de thé
– l’association (possession, appartenance, etc.):
les fils de mon voisin
les circonstances du drame
les vestiges de l’ancien château
– l’instrument:
un voyage en chemin de fer
le chauffage au charbon
un coup de téléphone
une attaque à la grenade
– le moyen:
une attaque par surprise
– la matière:
un matelas de laine
une toque en fourrure
un sac en papier
– le thème (le propos):
des livres de voyage
des histoires de chasse
un discours sur la lutte contre la drogue
– la cause:
des larmes de joie
– la conséquence:
des contes à dormir debout
– le but (la destination, la fonction):
un dé à coudre
la chasse à l’or
– le sujet de l’action:
le départ des troupes (les troupes partent)
– l’objet de l’action:
la vente des livres (les livres sont vendus)
la révélation du secret (le secret est révélé)
65
4.7. LE COMPLÉMENT CONJONCTIONNEL

Certains noms abstraits peuvent régir une proposition intro-


duite par la conjonction que. Ces noms se répartissent en trois
catégories distinctes suivant la forme modale du déterminant
conjonctionnel:
– noms qui régissent l’indicatif:
la certitude, la conviction, l’espoir, l’impression, la nou-
velle, l’option, la sensation, le sentiment, etc.:
Elle avait la certitude qu’il acceptera la proposition.
J’ai la conviction qu’il réussira son examen.
Il avait l’impression qu’on le surveillait de près.
Le sentiment qu’il se passait quelque chose de grave
ne le quittait plus.
– noms qui régissent le subjonctif:
la crainte, le désir, l’ordre, la permission, la peur, le regret,
le souhait, etc.:
Je forme le souhait qu’il revienne le plus tôt possible.
La crainte que ses voisins puissent le voir le hantait.
– noms qui régissent l’indicatif ou le subjonctif suivant que
l’on veut exprimer la réalité ou la virtualité:
l’idée, le fait, la pensée, etc.
A la seule pensée que les autres puissent l’aban-
donner il se sentait inquiet.
A l’idée que les enfants seront seuls, elle s’inquiétait
déjà. (DICO)
L’infinitif s’emploie si les deux sujets, celui de la propo-
sition principale et celui de la proposition déterminant du nom,
sont identiques:
Il avait l’impression d’être surveillé jour et nuit.

66
LE VERBE ET LE GROUPE VERBAL

1. LE VERBE

Définition: Sémantiquement le verbe est une unité linguis-


tique qui exprime un procès déroulé dans le temps; un état (Les
paroles s’envolent, les écrits restent), un état ambiant (Il fait
terriblement chaud), un processus qui marque un changement
d’état (Elle vieillit), une action (Il marchait à pas pesants), une
action-processus (La nouvelle de la catastrophe bouleversa
l’assistance), une action ambiante (Il pleut).
Morphologiquement, le verbe est défini comme la partie du
discours variable dont les formes changent en fonction des catégo-
ries de temps, d’aspect, de mode, de voix, de personne et de nombre.
Syntaxiquement, le verbe est le centre du Groupe Verbal,
et peut régir divers compléments ou circonstants.
Ce n’est que par la conjonction de ces trois caractéristiques
que l’on peut délimiter et individualiser la classe du verbe.
1.1. LE SYSTÈME VERBAL FRANÇAIS

Le système verbal français est constitué de deux sous-


systèmes:
• le sous-système fondamental:
Il parle, il a parlé, il parlera, etc.
• le sous-système périphrastique:
Il est en train de parler, il va parler, etc.
1.1.1. LE SOUS-SYSTÈME FONDAMENTAL: MODES ET TEMPS

Le sous-système fondamental est constitué de formes ver-


bales qui s’organisent en modes et temps. Les modes se divisent
en deux grandes catégories suivant qu’ils se combinent ou non
67
avec une personne; on distingue ainsi des modes personnels et
des modes non personnels.
Les modes personnels se caractérisent par une organisation
plus différenciée du point de vue temporel et aspectuel, le mode
le plus analytique étant l’indicatif qui connaît l’opposition tri-
partite présent, passé, futur.
Le sous-système fondamental oppose les temps simples au
temps composés formés d’un auxiliaire (être ou avoir) et du par-
ticipe passé du verbe à conjuguer.
Cette structuration se présente de la manière suivante:

Modes Temps
simples composés
présent passé composé
imparfait plus-que-parfait
Indicatif
passé simple passé antérieur
futur simple futur antérieur
Modes
passé
personnels Conditionnel présent
passé 2-ème forme
présent passé (parfait)
Subjonctif
imparfait plus-que-parfait
Impératif présent passé
Infinitif présent parfait
Modes
Gérondif présent passé (parfait)
non
présent,
personnels Participe
passé

La classification des verbes français. Les conjugaisons.


Bases et désinences
• Toute forme verbale est constituée d’une base (un radi-
cal) qui porte le sens lexical du verbe et d’une désinence qui
informe sur les catégories de mode, de temps-aspect, de per-
sonne et de nombre. La désinence de l’infinitif et les modifi-
68
cations subies par la base sont les principaux critères de clas-
sification morphologique des verbes français.
L’infinitif présente les désinences suivantes:
I -er: chant-er, parl-er conjugaisons vivantes
qui s’enrichissent de
II -ir: fin-ir, chois-ir
nouvelles unités

III -ir: ouvr-ir, part-ir


-oir: recev-oir, sav-oir conjugaisons mortes
-re: mett-re, prend-re

2. MODES ET TEMPS
2.1. ASPECT – TEMPS – MODE

Les formes verbales se caractérisent par certaines valeurs


des catégories spécifiquement verbales:
• des valeurs aspectuelles structurées autour des oppositions
procès accompli (achevé, perfectif) / procès inaccompli (inachevé,
imperfectif); il existe également des valeurs aspectuelles qui in-
diquent la manière dont le procès se déroule: répétition (itération
habitude, continuité, caractère ponctuel, résultat du procès, etc.);
• des valeurs temporelles résultant de la position du procès
sur l’axe du temps: présent/passé/futur (ou simultanéité/non
simultanéité) par rapport à un point de repère chronologique, le
moment de la parole ou un moment passé.
Les valeurs aspectuelles et temporelles sont solidaires,
elles ne s’expriment pas par des marqueurs différents.
• des valeurs modales qui expriment l’attitude subjective
ou objective du locuteur ou du sujet; le procès est présenté ainsi
comme réel (certain) ou irréel, avec diverses nuances de l’incer-
titude: probabilité, éventualité, possibilité, supposition, etc.
Chaque forme verbale est un faisceau de valeurs aspec-
tuelles, temporelles et modales. Entre la forme verbale et ces
valeurs il n’existe pas une relation constante, chaque forme
69
verbale du système fondamental pouvant exprimer, en fonction
de la nature inhérente du verbe, du contexte linguistique ou
extralinguistique diverses valeurs modales. Par contexte linguis-
tique on entend dans ce cas les déterminants circonstanciels qui
orientent l’interprétation des valeurs modales.

2.2. LES FORMES VERBALES DU MODE INDICATIF

2.2.1. LE PRÉSENT

Le présent de l’indicatif peut exprimer différentes valeurs


temporelles et aspectuelles qui se laissent identifier par les divers
éléments de la constellation du verbe (adverbes ou circonstants)
ou par le contexte extralinguistique.
Il existe, du point de voie des relations temporelles plusi-
eurs types de présent:
1. un présent actuel, qui exprime un procès contemporain
du moment de la parole:
Il n’est pas là pour l’instant.
– Que fais-tu là? – J’écris une lettre.
Le voilà qui vient.
2. un présent étendu, qui dépasse les limites du moment de
la parole:
– le présent qui indique un moment (ou une période) passé(e),
plus ou moins éloigné(é):
– le présent narratif (historique):
Cette nuit de décembre tout le monde est dans la
rue.
– le présent du passé récent:
J’arrive il y a à peine une demi-heure.
– le présent de l’avenir proche:
Il est bientôt six heures.
Je vous envoie tout de suite une voiture.
Nous partons dans trois quarts d’heure.
70
– le présent inclusif; qui indique un procès qui s’étend sur
une période passée plus longue et qui inclut le moment présent:
Je le connais de longue date.
Il habite Paris depuis trois ans.
Voilà six mois qu’il est au chômage.
Ça fait quinze jours qu’on attend son retour.
– le présent omnitemporel (général) indiquant un procès ayant
un caractère permanent ou de longue durée; ce présent apparaît:
• dans des descriptions:
L’immeuble ne possède pas d’escalier de service.
• dans des définitions:
Un satellite artificiel est un engin placé par une
fusée dans l’orbite d’une planète
• dans des instructions, des indications techniques, scé-
niques:
Ici on ne fume pas.
Un aérage important est nécessaire pour évacuer les
gaz.
• dans des proverbes, maximes, sentences:
Abondance de biens ne nuit pas.
Les jeunes sont l’avenir de notre pays.
(S. de Beauvoir)
Par sa nature, le présent est une forme verbale qui n’in-
dique pas les limites du procès et c’est pourquoi il est suscep-
tible d’exprimer différentes valeurs aspectuelles de l’inaccompli:
• la continuité:
L’homme ne bouge toujours pas.
• le déclenchement du procès:
De gros flocons de neige tombent déjà.
• la répétition ou l’habitude:
La scène se renouvelle chaque soir.
En fonction de la nature lexicale du verbe, le présent peut
exprimer aussi le résultat d’un procès:
Il sait maintenant à quoi s’en tenir.
71
2.2.2. LES TEMPS DU PASSÉ

Le système verbal français comporte deux séries de temps


passés:
• les temps passés absolus, qui expriment en général des
procès rapportés au moment présent: l’imparfait, le passé com-
posé, le passé simple;
• les temps passés relatifs (décalés) rapportés à un moment
du passé: le plus-que-parfait, le passé antérieur, les temps sur-
composés.
A leur tour, les temps absolus se divisent en:
• temps descriptifs (ce sont les temps des circonstances, des
caractéristiques permanentes, des commentaires, etc.): l’imparfait;
• temps narratifs (ce sont les temps des événements): le
passé composé, le passé simple.
Les temps décalés expriment, comme tous les temps
composés, un procès antérieur et accompli (perfectif).
Le système des temps du passé se présente comme suit:

Temps du passé

absolus relatifs
(décalés)
descriptifs narratifs

imparfait passé composé plus-que-parfait


passé simple passé antérieur
passés surcomposés
2.2.2.1. L’IMPARFAIT

Du point de vue temporel, l’imparfait a été défini comme


„un présent du passé” du fait de sa capacité d’exprimer des procès
qui pour un observateur du passé se présentent comme des faits
contemporains. Cette valeur apparaît surtout dans l’imparfait de
72
concordance en relation de simultanéité avec un autre procès
passé:
Il savait ce qu’il fallait faire.
Je pensais quelquefois que je prenais les choses trop
au sérieux.
Dans certains contextes, l’imparfait peut évoquer des procès
• ayant lieu peu avant un moment déterminé du passé; il
exprime donc un passé récent rapporté à un autre moment passé:
A peine nous sortions de la ville qu’une formidable
explosion se produit.
Tout comme le présent, l’imparfait peut avoir la valeur
d’un futur du passé, pour indiquer des procès décidés d’avance:
La conférence avait lieu dans une heure.
Du point de vue aspectuel, l’imparfait sert principalement à
présenter le procès dans son déroulement indéfini, dans son
inachèvement à l’intérieur d’une période passée. La continuité
du procès peut se réaliser:
– sans spécification des limites:
Le vent soufflait avec une violence inouïe.
Si je n’étais pas passé par là tu restais toute la nuit
dehors.
– avec spécification de la limite
– initiale (imparfait inclusif):
Il l’attendait depuis deux heures.
– finale (imparfait „pittoresque” exprimant une action
unique, en présence de déterminations temporelles le plus sou-
vent accompagnées d’adverbes tels que après, plus tard:
Deux ans après il se remariait.
Une semaine plus tard, les deux garçons étaient de
retour.
L’imparfait, tout comme le présent, peut évoquer des pro-
cès qui se répètent:
Il se levait toujours à sept heures du matin.
73
L’imparfait apparaît aussi dans des séquences alternatives,
constituées de deux verbes, souvent un verbe simple et son pré-
fixé, pour exprimer l’intensité avec laquelle se répète le procès:
Il sassait et ressassait les moindres mots de cette
conversation.
Il lisait et relisait la lettre.
Il se tournait et se retournait dans son lit sans pou-
voir fermer l’œil.
Dans les narrations, l’imparfait peut apparaître en alternance
avec le passé simple, s’opposant comme une forme verbale de la
continuité à la forme verbale exprimant des procès ponctuels:
Il rentra dans sa chambre pendant que je me diri-
geais vers l’ascenseur.
Elle s’engagea dans une longue rue droite, tous les
magasins étaient fermés.
L’imparfait se prête à la description des circonstances, du
décor; c’est le temps des caractéristiques permanentes, la toile
de fond sur laquelle se déroulent les actions:
Toutes les rues se croisaient à angle droit et les
maisons ressemblaient à des casernes.
(S. de Beauvoir)
Il se tenait immobile sur le pas de la porte.
Dans le contexte de déterminations temporelles spéci-
fiques, l’imparfait présente le procès dans sa durée mais en op-
position avec l’état présent:
A cette époque il habitait Paris. („Aujourd’hui il
n’habite plus Paris”)
Tout l’intéressait alors. Il attendait tout de la vie.
(Chamson)
2.2.2.2. LE PASSÉ COMPOSÉ

Le passé composé s’inscrit dans le système verbal fonda-


mental comme une forme verbale ayant une valeur aspectuelle
d’accompli et une double valeur temporelle: de présent résul-
74
tatif, exprimant un procès ayant des conséquences sur le mo-
ment présent, et de passé servant à situer le procès dans le passé
par rapport au moment de l’énonciation (de la parole).
L’opposition entre le présent résultatif et le passé (parfait)
est marqué dans le cas de certains verbes intransitifs par l’op-
position de l’auxiliaire: avoir pour le procès passé (parfait) être
pour le présent résultatif; c’est le cas de verbes tels que: atterrir,
augmenter, baisser, changer, croître (accroître, décroître), des-
cendre, diminuer, disparaître, divorcer, échouer, embellir, em-
pirer, enlaidir, expirer, grandir, grossir, maigrir, monter, pa-
raître, passer, rajeunir, résulter, vieillir, etc.:
– Les prix ont baissés brusquent. / Les prix sont
baissés.
– Elle a bien changé en quelques jours. / Elle est
bien changée.
– Les eaux du fleuve ont crû fortement en quelques
heures. / La rivière est crue.
– Le thermomètre a descendu de quatre degrés depuis
hier. / Il est descendu par l’escalier de service.
– Il a disparu à l’horizon. / On ne le voit plus, il est
disparu.
– L’état du malade a empiré subitement. / Le mal est
empiré.
– Elle a enlaidi ces derniers temps. / Elle est très en-
laidie.
– Le délai a expiré aujourd’hui. / Le délai est main-
tenant expiré.
– Il a grandi de cinq centimètres en trois mois. /
Comme il est grandi!
– Ses actions ont monté. / Il est monté à sa chambre.
– Le livre a paru récemment. / Le livre est main-
tenant paru.
– Il a passé dans le camp ennemi. / Il est passé par
Lyon.
75
– Nous avons tous passé par là. / Le facteur est déjà
passé.
– Plusieurs années ont passé depuis. / Cette mode
est passée.
– La loi a passé. / Il est passé un film policier à la
télé.
– Elle a rajeuni pendant ces vacances. / Elle est
vraiment rajeunie.
Le passé composé ayant la valeur d’un parfait montre un
procès accompli antérieur rapporté:
– au présent (dans le contexte d’une détermination tempo-
relle spécifique du moment de la parole):
Je ne t’ai pas dit la vérité tout à l’heure.
J’ai renouvelé l’ordonnance la semaine dernière.
Je crois que ma femme a envoyé la bonne, oui, jeudi
ou vendredi.
(Simenon)
– au passé:
J’ai lu à douze ans le Petit Prince.
Tout ce qui s’est passé, ce jour-là, s’est embrouillé
dans ma mémoire.
(Chamson)
Le passé composé peut exprimer, dans le contexte d’un
circonstant temporel montrant la postériorité, un futur proche
(perfectif):
Attendez-moi, j’ai bientôt fini.
Si d’ici là il n’a pas donné signe de vie, prévenez-moi.
Employé dans des énoncés ayant la valeur d’une maxime,
d’une sentence exprimant une vérité générale, le passé composé
exprime un procès éternellement valable, s’opposant au présent
uniquement par son caractère perfectif:
Les faits divers ont banalisé la violence.
Les gens ont vite fait de classer un comportement.
76
Du point de vue aspectuel, le passé composé exprime, dans
les limites de sa valeur fondamentale de perfectivité, des nuances
telles que:
– une action ponctuelle (instantanée):
Le vase s’est brisé.
– l’habitude:
Quand il a fumé, il se sent plus calme.
– la répétition:
Il a appelé au moins six fois au téléphone.
– un aspect global (en intervalle fermé):
Nous avons dansé toute la nuit.
Il a plu pendant deux jours.
Pendant tout l’après-midi je me suis promené dans
le jardin.
2.2.2.3. LE PASSÉ SIMPLE

Le passé simple occupe une place à part dans le système


verbal français: il appartient à la seule langue littéraire, étant
remplacé en français courant par le passé composé.
Sur le plan aspectuel, il exprime la globalité du procès,
celui-ci étant conçu dans son déroulement et sa perfectivité. Sur
le plan temporel c’est un prétérit, constituant dans la grande ma-
jorité des textes une forme verbale caractéristique des évé-
nements. Autour de cette valeur aspectuelle et temporelle fonda-
mentale s’organisent les différents emplois du passé simple; on
peut distinguer ainsi:
• un passé simple du procès durable:
Ils dansèrent toute la nuit.
• un passé simple des procès répétitifs:
Elle se rendit tous les matins à l’agence d’emploi.
2.2.2.4. LES TEMPS RELATIFS

Le plus-que-parfait exprime l’antériorité dans le passé.


C’est un temps descriptif:
Les prés avaient reverdi.
77
ou narratif:
Il ne l’avait pas revu depuis six semaines.
Le plus souvent il est mis en relation avec un autre temps
du passé (passé composé, imparfait, passé simple):
J’ai retrouvé le livre que j’avais égaré.
Je savais que tu avais réussi.
Le passé antérieur exprime un fait isolé qui a eu lieu à un
moment précis du passé. Il s’emploie:
• dans des propositions subordonnées temporelles:
A peine l’eut-il aperçu qu’il se mit à courir.
Quand il se fut un peu remis, il s’en retourna chez lui.
• dans le contexte de certains adverbes ou compléments
circonstanciels de temps et d’aspect:
Ils eurent vite disparu.
En quelques mois il eut ruiné ces parents.

2.2.3. LE FUTUR

Le futur simple exprime une action postérieure rapportée au


moment présent:
Demain il fera froid.
Le futur antérieur s’emploie lorsque l’on veut exprimer un
procès postérieur:
Quand tu seras rentré tu me feras signe.
Il peut avoir des nuances modales (la supposition, la politesse):
Je n’ai jamais dit ça. Vous aurez mal entendu.
Le futur du passé (le conditionnel temps) s’emploie pour
exprimer une action future rapportée à une action passée:
J’espérais qu’il reviendrait plus tôt.

78
2.2.4. LA CONCORDANCE DES TEMPS: SUBORDONNÉE
À L’INDICATIF

Verbe principal au présent


Action simultanée Action antérieure Action postérieure
Vr. présent passé composé, imparf. futur
J’espère qu’il J’espère qu’il a compris J’espère qu’il
comprend la situation Je crois qu’il comprenait comprendra
Verbe principal au passé
futur du passé
Vr. imparfait plus-que-parfait
(conditionnel)
Je croyais qu’il Je croyais qu’il avait Je croyais qu’il
comprenait la compris la situation comprendrait la
situation. situation

2.3. LES FORMES VERBALES DU MODE CONDITIONNEL

Le conditionnel a trois formes temporelles:


– le présent: je devrais
– le passé: j’aurais dû
– le passé (deuxième forme): j’eusse dû
Le conditionnel est le mode de l’éventualité, de la sup-
position, de la prudence:
Au cas où je jugerais que c’est nécessaire, je pour-
rais vous prévenir.
Pensez-vous aux conséquences que pourrait avoir
une telle mesure?
Un grave accident s’est produit, il y aurait plusieurs
morts.
2.3.1. EMPLOI DES FORMES VERBALES
APRÈS LE SI CONDITIONNEL

Règle générale: Après le si conditionnel on ne peut pas em-


ployer les formes verbales en - r - (futur et conditionnel présent et
passé première forme):
79
Si je trouve le livre je te le prêterai.
(Subordonnée au présent – principale au futur)
Si je trouvais le livre je te le prêterais.
(Subordonnée à l’imparfait – principale au condi-
tionnel présent)
Si j’avais trouvé le livre, je te l’aurais prêté.
(Subordonnée au plus-que-parfait – principale au
conditionnel passé première forme)
Remarque
Dans les interrogatives indirectes introduites par un si dubi-
tatif on peut employer une forme verbale en -r-; les interrogatives
indirectes dépendent d’un des verbes: savoir (à la forme néga-
tive), ignorer, vouloir savoir, dire (à l’impératif), etc.:
Je ne sais pas
Dites-moi s’il pourra venir.
Je voudrais savoir
2.4. LES FORMES VERBALES DU SUBJONCTIF

le présent
le passé
Le subjonctif a quatre temps:
l’imparfait
le plus-que-parfait
– le subjonctif présent est formé à partir de la troisième per-
sonne de l’indicatif présent:
que je chante que je finisse
que tu chantes que tu finisses
qu’il chante qu’il finisse
chantent finissent
que nous chantions que nous finissions
imparf.
que vous chantiez que vous finissiez
qu’ils chantent qu’ils finissent
80
recevoir: que je reçoive; écrire: que j’écrive; lire: que je
lise; dire: que je dise; prendre: que je prenne; mettre: que je
mette, etc.
Les verbes suivants forment leur subjonctif d’une manière
irrégulière:
aller: que j’aille – que nous allions
faire: que je fasse – que nous fassions
pouvoir: que je puisse – que nous puissions
savoir: que je sache – que nous sachions
vouloir: que je veuille – que nous voulions
avoir: que j’aie – que nous ayons
être: que je sois – que nous soyons
2.4.1. EMPLOI DU SUBJONCTIF DANS LES PROPOSITIONS
PRINCIPALES OU INDÉPENDANTES (AVEC OU SANS QUE)

Le subjonctif exprime:
a) l’ordre ou l’interdiction
(Le plus souvent à la troisième personne):
Qu’on leur serve un repas chaud!
Que personne ne bouge!
b) le souhait, le vœu, le désir:
Que le nouvelle année vous apporte beaucoup de
bonheur!
Ainsi soit-il!
Pourvu que le train n’ait pas de retard.
Que Dieu vous entende!
Qu’à cela ne tienne!
c) l’imprécation, la malédiction:
Le diable vous emporte!
d) la supposition, l’éventualité, l’hypothèse:
Que j’abandonne si près du but!
Qu’ils tardent encore quelques minutes, ils man-
queront leur avion.
Vienne une période de grand froid et tous nos ceri-
siers seront perdus.
81
e) la concession:
On trouve le subjonctif imparfait dans des expressions
concessives du type: fût-il, eût-il, fût-ce, dussé-je, dussions-nous:
Fût-ce le directeur en personne je ne me déran-
gerais pas.
Dussions-nous périr d’insolation, nous assisterons à
ce tournoi de tennis.
Dussé-je succomber, je continuerai la lutte.
Ces constructions sont équivalentes d’une proposition intro-
duite par même si + indicatif.
2.4.2. EMPLOI DU SUBJONCTIF DANS LES PROPOSITIONS
SUBORDONNÉES

Subordonnée complétives et sujet introduites par que


– après les verbes et les expressions verbales qui expriment:
• l’ordre, l’obligation, la nécessité: demander, exiger,
ordonner, prier, il faut, il est nécessaire, il est bon, il est juste, etc.
Je demande que vous fassiez votre devoir.
Il faut que vous sachiez la vérité.
J’exige qu’il me fasse des excuses.
• la volonté, le désir, la préférence, le but: aimer
(mieux), désirer, souhaiter, préférer, vouloir, etc.
Il n’aime pas qu’on lui fasse la morale.
J’aurais désiré que vous répondiez à quelques ques-
tions.
• la permission, l’interdiction: consentir, permettre, dé-
fendre, interdire, etc.
Vous permettez que je fasse marcher le ventilateur?
Il ne permet pas qu’on le contredise.
• le sentiment, le doute: avoir peur, craindre, douter, être
content, être heureux, être étonné, regretter, il vaut mieux, etc.
Je doute que vos conseils soient suivis.
Je regrette qu’il ne soit pas venu.
Je suis heureux que vous ayez réussi votre examen.
82
• la possibilité: il se peut, il est (im)possible, il est im-
probable, etc.
Il est possible que le train ait du retard.
Il est peu probable que quelqu’un soit venu pendant
votre absence.
– après les verbes de déclaration à la forme négative ou
interrogative:
Je ne crois pas qu’il soit d’accord avec vous.
Croyez-vous que je sois trop jeune, que je ne puisse
rien faire?
Subordonnées circonstancielles
Le subjonctif s’emploie dans les subordonnées exprimant:
• le temps (avant que, jusqu’à ce que)
Étudiez ce phénomène avant qu’il ne disparaisse.
Attendez-le jusqu’à ce qu’il revienne.
• le but (pour que, afin que)
Ils ont barré la route pour qu’un accident ne se pro-
duise pas.
• la concession (bien que, quoique):
Bien que les pompiers soient intervenus rapidement
l’incendie avait déjà gagné les derniers étages.
• la condition (à condition que, à moins que, pourvu que)
Je vous prête ce livre à condition que vous me le
rendiez demain.

Subordonnées relatives
Le subjonctif apparaît dans les relatives ayant un antécé-
dent négatif ou déterminé par un superlatif relatif ou une déter-
mination équivalente:
Il n’y a rien qui puisse l’arrêter.
C’est le meilleur livre que nous ayons lu ces der-
niers temps.
83
2.4.3. LA CONCORDANCE DES TEMPS: SUBORDONNÉES
AU SUBJONCTIF

Verbe principal au présent


Action simultanée ou
Action antérieure
postérieure
Vr. Subjonctif présent Subjonctif passé
Je crains qu’il ne soit malade. Je crains qu’il n’ait eu un
Je crains que le temps ne se accident.
gâte.
Verbe principal au passé
Action simultanée ou
Action antérieure
postérieure
Je craignais qu’il ne soit Je craignais qu’il n’ait eu
malade/qu’il ne fût malade. un accident/qu’il n’eût eu
un accident.

2.5. L’INFINITIF COMPLÉMENT


Infinitif de construction directe (sans préposition introductive):
Je désire
J’espère
Je veux
Je préfère
Je peux écrire des poésies
Je dois
Je sais
J’aime
J’ose
Infinitif introduit par la préposition à
Je commence Je m’habitue
Je continue Je réussis
Je me prépare à lui J’hésite à lire la nuit
Je me décide téléphoner Je cherche
Je renonce Je parviens
84
Infinitif complément introduit par la préposition de:
Je cesse
Je finis
Je termine
Je continue
J’accepte
J’essaie
Je tâche
Je lui permets
Je lui défends
Je l’empêche de lui écrire
Je refuse
J’oublie
Je propose
J’ai besoin
Je me contente
Je me dépêche
J’évite
Je souhaite
Je regrette d’être venu
2.6. LE SYSTÈME PÉRIPHRASTIQUE

• Action future proche du : Je vais sortir


présent
• Action future proche du passé : J’allais sortir quand il est
venu.
• Action passé récente : Je viens de rentrer du
rapportée au présent voyage.
• Action passé récente : Je venais de rentrer de voyage
rapportée au passé quand j’ai reçu sa lettre
• Action imminente rapportée : Je suis sur le point de
au présent sortir.
• Action imminente rapportée : J’étais sur le point de
au passé sortir quand il est entré.
• Action en cours présente : Je suis en train de parler.
• Action en cours passée : J’étais en train de parler.
85
3. L’ADVERBE

Définition
• L’adverbe est un mot invariable qui peut être complément:
– d’un verbe
– d’un adjectif
– d’un autre adverbe
• Les adverbes peuvent exprimer:
la manière: ainsi, exprès, lentement…
la quantité: beaucoup, assez, peu…
l’intensité: très, tellement, tant, si…
la comparaison: autant, plus, moins…
le temps: autrefois, désormais, ensuite…
le lieu: ailleurs, avant, nulle part…
l’affirmation: oui, si, assurément…
la négation: non, non plus, pas du tout…
l’option: heureusement, apparemment, sans doute…
l’interrogation: quand? oú? combien?…
3.1. FORMATION DES ADVERBS EN „-MENT”

Si l’adjectif se termine par une consonne:


adjectif + e + ment
clair → claire → clairement
lent → lente → lentement
frais → fraîche → fraîchement
Si l’adjectif se termine par -e:
adjectif + ment
rapide → rapidement
faible → faiblement
juste → justement
Mais: intensément, profondément, expressément,
commodément…
86
Si l’adjectif se termine par une voyelle autre que -e:
adjectif + ment
vrai → vraiment
poli → poliment
aisé → aisément
Les adjectifs qui se terminent en «-ent» et en «-ant»
prudent → prudemment
fréquent → fréquemment
abondant → abondamment
puissant → puissamment
Remarque. gentil donne gentiment
impuni donne impunément
lent donne lentement
3.2. PLACE DE L’ADVERBE

Lorsque l’adverbe porte sur un adjectif ou un autre adverbe,


il est toujours placé avant.
 Vous êtes très aimable
 Ils marchaient très lentement
Lorsque l’adverbe porte sur l’ensemble de la phrase (lieu,
temps, opinion...), sa place est variable.
 Hier, je suis arrivé à 7 heures.
 Je suis arrivé à 7 heure, hier.
 Je suis arrivé hier, à 7 heures.
 Malheureusement, je ne peux pas vous répondre.
 Je ne peux malheureusement pas vous répondre.
 Je ne peux pas vous répondre, malheureusement.
Lorsque l’adverbe porte sur un verbe, il se place:
– Après, lorsque ce verbe est à un temps simple.
 Il chante bien.
 Elle travaille énormément.
– Le plus souvent entre l’auxiliaire et le participe aux
temps composés.
87
 Il a mal dormi.
 J’ai bien compris.
Toutefois, il peut se placer après le participe (en particulier
loesqu’il s’agit d’un adverbe polysyllabique):
 J’ai trouvé facilement ce que je cherchais.
Cette postposition est même obligatorie dans le cas des ad-
verbes de lieu.
 Il est allé ailleurs.
 Il a cherché ses papiers partout.
Remarque: sans doute, à peine, ainsi, peut-être entraînent
l’inversion du sujet lorsqu’ils sont placés en tête de phrase.
 Il a peut-être été retardé.
 Peut-être a-t-il été retardé.

Expressions adverbiales figées


• à bâtons rompus = alandala, fără şir, fără plan
parler, causer à bâtons rompus
Ils parlent à bâtons rompus de leur jeunesse, de leurs
aventures et de leur situation actuelle.
• à bon escient = sincer, cinstit, de bună credinţă
agir, parler à bon escient
Il accorde ses éloges à bon escient.
• à brûle-pourpoint = pe nepusă masă, pe negândite, brusc
poser une question à brûle-pourpoint, demander, dire,
interroger à brûle-pourpoint
Il s’est arrêté et à brûle-pourpoint lui a dit qu’il
n’avait plus envie de travailler.
• à cœur ouvert = sincer, cu inima deschisă
parler à cœur ouvert
J’aimerais pouvoir parle à coeur ouvert.
• à chaudes larmes = (a plânge) în hohote
Elle pleure à chaudes larmes.
88
• à contrecœur = în silă, fără tragere de inimă
faire une chose à contrecœur
Il a accepté ta proposition à contrecœur.
• à dessein = cu un scop anume
faire une chose à dessein
C’est à dessein que ce travail a été laissé inachevé.
• à foison = din belşug
Il y avait là des livres à foison.
• à grand-peine = cu mare greutate, cu chiu cu vai
se déplacer à grand-peine
On sent manœuvrer à grand-peine ce levier avec la
main.
• à jeun = pe nemâncate, pe stomacul gol
être à jeun, rester à jeun
Il part à jeun à son travail.
• à gorges déployées = (a râde) în hohote
Nous rions à gorges déployées.
• à haute voix = cu voce tare
dire, parler à haute voix
Il a donné toutes les explications à haute voix.
• à la dérobée = pe furiş, pe ascuns
Il l’a regardée à la dérobée.
• à l’aventure = la nimereală, la noroc, la întâmplare
Il marche à l’aventure dans la ville.
• à l’endroit = pe faţă
Il a posé le livre à l’endroit.
• à l’envers = pe dos
Il a posé le livre à l’envers.
• à l’improviste = pe neaşteptate, pe nepregătite, subit,
brusc, deodată, dintr-odată
Il l’a attaqué à l’improviste.
• à loisir = pe îndelete
J’y penserai à loisir quand je serai seul.
89
• à l’unisson = în acord, în armonie
se mettre à l’unisson
Nos cœurs sont à l’unisson.
• à merveille = de minune, admirabil
Ils se sont entendus à merveille.
• à mon insu = fără ştirea mea
Tout s’est passé à mon insu.
• à rebours = pe dos, invers, împotriva, de-a-ndoaselea,
de-a-ndăratelea
lire à rebours aller à rebours, comprendre à rebours
Il tourne les pages à rebours.
• à regret = cu părere de rău, fără voie, silit
Quand il donne quelque chose, c’est toujours à regret.
• à souhait = după dorinţă, după pofta inimii
Tout lui réussit à souhait.
• à tâtons = pe dibuite
Il marche à tâtons dans cette pièce obscure.
• à tête reposée = cu mintea clară, la rece, după o matură
chibzuinţă
Nous examinerons cette affaire à tête reposée.
• à tort et à travers = pe drept sau pe nedrept
Il se plaint toujours à tort et à travers.
• à voix basse = pe şoptite
Il parle à voix basse.
• au dépourvu = pe nepusă masă, pe nepregătite, pe neaşteptate
Votre question me prend au dépourvu.
• au hasard = la întâmplare
aller au hasard
Il donne ce conseil un peu au hasard.
• au pis aller = în cel mai rău caz, în ultimă instanţă, ca
ultimă soluţie
Au pis aller nous arriverons dans deux heures.
• bel et bien = realmente, de tot, cu totul
Il a bel et bien disparu.
90
• bon gré, mal gré = de voie, de nevoie
Bon gré, mal gré il faut y aller.
• comme ça = în felul ăsta, aşa
Par un temps comme ça on a envie de sortir.
• de biais = pieziş, pe ocolite
Il traverse la rue en biais pour le retrouver.
• de but en blanc = din senin, nitam-nisam
Je lui ai demandé de but en blanc pourquoi il me
haïssait.
• de bon cœur = din toată inima, bucuros, cu plăcere
Je vous l’offre de bon cœur.
• de gaieté de cœur = de bunăvoie, nesilit de nimeni
Ce n’est pas de gaieté de cœur que j’ai accepté cela.
• de main de maître = de o mână de maestru, remarcabil
C’est une peinture executée de main de maître.
• de mieux en mieux = din ce în ce mai bine
Il se porte de mieux en mieux.
• de mal en pis = din rău în mai rău, din lac în puţ
La situation va de mal en pis.
• de propos délibéré = într-adins
Il a abandonné ce projet de propos délibéré.
• en cachette = pe ascuns, pe furiş
Il lit cette revue en cachette.
• n’importe comment = oricum
Il travaille n’importe comment.
• n’importe quand = oricând
Venez n’importe quand, je suis chez moi.
• n’importe qui = oricine
N’importe qui pourrait le faire.
• n’importe quoi = orice
N’importe quoi, plutôt que de manger encore des
haricots.
• par cœur = pe de rost, din memorie, pe dinafară
réciter, savoir, apprendre par cœur
Il a appris la leçon par cœur.
91
• par hasard = întâmplător, din întâmplare
Nous avons par hasard la même idée.
• par mégarde = din neatenţie, din greşeală
Il a brisé ce vase par mégarde.
• pêle-mêle = talmeş-balmeş
Tous ses papiers sont pêle-mêle sur son bureau.
• petit à petit = puţin câte puţin, încetul cu încetul
Petit à petit, il a aménagé sa maison.
• plus ou moins = mai mult sau mai puţin
Il est plus ou moins adroit.
• sain et sauf = teafăr şi nevătămat
Ils sont sortis sains et sauf de leur accident de voiture.
• sans cesse = fără încetare, neîntrerupt, tot timpul
La pluie tombe sans cesse depuis le matin.
• sans détour = fără subterfugii, direct, pe faţă
Il s’explique sans détour.
• sans doute = fără îndoială, cu siguranţă, sigur
Il est sans doute au courant.
• sans façons = fără etichetă, simplu, fără ceremonie
Il a accepté sans façon mon invitation.
• sans vouloir = din nebăgare de seamă
Il a, sans le vouloir, bousculé son voisin.
• sans rime ni raison = fără nici o noimă, fără nici un rost
Tout ce qu’il dit c’est sans rime ni raison.
• sans sourciller = fără a clinti
Il écoute des reproches sans sourciller.
• sens dessus dessous = talmeş balmeş, alandala, cu susul
în jos
renverser un objet sens dessus dessous
Sa bibliothèque est sens dessus dessous.
• sur le bout du doigt = (a şti ceva) perfect, la perfecţie
savoir/connaître sur le bout du doigt
Cet étudiant sait sa leçon sur le bout du doigt.
92
• tant bien que mal = de bine, de rău
Il a réussi tant bien que mal à réparer sa voiture.
• tête à tête = întrevedere (particulară) între două persoane
rester tête à tête avec quelqu’un
On les laisse tête à tête.
• tête-bêche = unul cu capul la picioarele celuilalt
Ils dorment tête-bêche.
• tôt ou tard = mai curând sau mai târziu
Tôt ou tard on découvrira la vérité.
• tour à tour = pe rând, unul după altul, rând pe rând
Ils lisent à deux voix, chacun tour à tour.
• tout court = (şi) nimic mai mult
On l’appelle Pierre tout court.

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TABLEAUX DE CONJUGAISON DES VERBES TYPES

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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Riegel, M., Pellat, J.C., Rioul, R., Grammaire méthodique du français,
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Redactor: Georgeta MITRAN
Tehnoredactare: Brînduşa DINESCU
Coperta: Marilena GURLUI – BĂLAN
Bun de tipar: 05.11.2004; Coli tipar: 8,25
Format: 16/61x86
Editura şi Tipografia Fundaţiei România de Mâine
Splaiul Independenţei, nr. 313, Bucureşti, Sector 6, O. P. 83
Tel / Fax: 410.43.80; www.SpiruHaret.ro
e-mail: contact@edituraromaniademaine.ro

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