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‘TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE D) ILLE ORDONNANCE DE REFERE N° 18/.4S9 Référés Cabinet 1 ORDONNANCE DU F 29 Octobre 2018 Président Monsieur GORINI, Premier Vice Président Greffier Madame LAFONT, Débats en audience publique I 17 Septembre 2018 EXPEDITION Le.. GROSSE ;, pa hele N° RG 18/2814 - N° Portalis DBW3-W-B7C-UYBB PARTIES : DEMANDERESSE LA FEDERATION DIVERSITE et PROXIMITE MUTUALISTE (FDPM), dont le sigge social est sis 32 Avenue Georges Clémenceau - 34000 MONTPELLIER prise en la personne de son représentant légal représentée par Maitre Christian HOMASSEL de la SELAS AUDREA AVOCATS, avocats au. barreau de LYON DERENDERESSE 8.4.8, COMPASSU, dont le siege social est sis 32 Avenue Roussin - Immeuble Phytéas 3000 - 13016 MARSEILLE prise en la personne de son représentant légal représentée par Maitres Richard GHUELDRE et Charles-Eric DELAMARE-DEBOUTTEVILLE, du Cabinet GIDE LOYRETTE NOUEL AARPI, avocats au barreau de PARIS ORDONNANCE EXPOSE DU LITIGE Attendu que suivant acte d’huissier en date du 19 juin 2018 la Fédération Diversité Proximité Mutualiste ( FDPM) a assigné en référé la Société Compassu, requérant au visa des articles 809 alinéa I" du CPC, ensemble des articles L 110-1, L 110-4, 1 114-53 du code de la mutualité, L 520-1 du code des assurances et L. 121-2 et L 121-3 du code de la consommation qu’il soit jugé que l'utilisation du terme * mutuelle ” par la Société Compassu dans le site internet ‘Mutuelle Conseil de cette derniére et ses supports de communication constitue un trouble manifestement illicite en raison du risque de confusion avec les mutuelles régies par le code de la mutualité, gu’elle requiert qu’il soit fait défense A lassignée et ce sous astreinte de 5.000 € pour chaque jour oi il sera constaté une utilisation irréguliére par celle-ci du terme * mutuelle” dans tout support de communication, écrit, oral ou sous forme numérique, dans les deux mois suivant la signification de l’ordonnance a intervenir, ¢’ utiliser le terme “‘mutuelle” ou les termes qui en sont dérivés “mutuel” “mutualité”, “mutualiste” dans ses contrats, documents, supports publicitaires quelle qu’en soit la forme ou tout site internet dont elle est éditeur, das lors que Pemploi de ces termes qualifie des entités juridiques ou des contrats de remboursement de frais de santé qui ne relévent pas du code de la mutualité, quelle demande qu’il soit ordonné a l’assignée de remplacer le terme “mutuelle” par expression “ assurance complémentaire santé” ou toute autre expression synonyme dans le site Mutuelle-Conseil-com et ceux référencés dans ce site avec le terme “ mutuelle” ainsi que tout nom de domaine ou mots-clés servant au référencement du site dans les moteurs de recherche internet comportant le terme “ mutuelle”, qu'elle sollicite la publication de Vordonnance a intevernir dans le mois suivant sa signification d’une part sur la page daccueil du site “ Mutuelle-Conseil-Com” ou du site qui Jui sera le cas échéant substitué et d’autre part par voie de presse dans trois publicati nationales au choix de la requérante et aux frais de I’assignée, qu’elle demande 5.000 € au titre de l'article 700 du CPC, qu’au soutien de ses demandes elle expose étre un groupement mutualiste régi par le livre I du code de la mutualité, qu’elle a été créée le 11 juin 2009 en vue de défendre les intéréts collectifs, moraux et matériels des petites et moyennes mutuelles, d’en assurer la représentation ct de faciliter leurs activités, que Putilisation du terme “inutuelle” est protéfée par l'article L 110-4 du code de la mutualité qui interdit de donner toute appellation comportant les termes “mutuel”, “mutuelle” “mutualité”, ou * mutualiste” a des organismes qui ne sont pas régis par le code de la mutualité, que la Société Compasu, courtier en assurance, édite un site intemet www. MUTUELLE- CONSEIL.COM qui s’affiche comme un comparateur de mutuelles santé, qu’elle ne peut se prévaloir d’un statut mutualiste et n’est done pas autorisée a utiliser appellation “ mutuelle” pour des sitrs internet ou toute autre forme d’action commerciale ou publicitaire, qu’elle lui a done adressé le 12 avril 2018 une premiere lettre de mise en demeure, puis une seconde le 28 mai 2018, que Passignée s'est réfusée a toute modification, qu'il échet de mettre un terme a ce trouble manifestement illicite, Attendu que la Société Compassu conclut a titre principal a irecevabilité de la demande, soutenant que Ia FDPM n’est habilitée par ses statuts a représenter que les intéréts collectif’ des mutuelles et unions qui la composent, et non les adhérents de celles- qu'elle fait valoir ensuite qu’elle est régie par les dispositions du code de la mutualité, si bien que les alingas 2 et 3 de l'article L 110-4 du Code de la mutualité ne ui sont pas opposables, qu'elle fait observer titre subsidiaire qu’elle ne fait pas apparaitre un terme de la famille “mutuelle” dans son appellation, qu'elle estime que utilisation du terme “mutuelle” sur son site mutuelle-conseil.com ne saurait manifester une volonté de se faire passer pour une mutuelle, dés lors qu’elle revendique sa qualité de courtier comparateur sur la quasi-totalité des pages du site, qu’aucune pratique commerciale trompeuse n'est dés lors caractérisée a son encontre, que V'illicéité reprochée n’est en tout état de cause pas manifeste, ‘que l'usage par elle du terme “mutuelle” ne cause aucun trouble manifestement illicite & la FDPM ni aux adhérents des mutuelles qui la composent, ‘qwelle conclut au rejet des demandes de la FDPM, qu’ titre subsidiaire elle demande que la mesure d’astreinte soit ramenée a 100 € ou subsidiairement & 500 € pour chaque infraction et qu'elle ne sappliquera qu’a compter d'un délai de six mois & compter de la signification de ordonnance & intervenir, qu'elle demande en tout état de cause 5.000 € au titre de l'article 700 du CPC, ‘Vu les conclusions récapitulatives de la FDPM, SUR QUOI, NOUS, JUGE DES REFERES, ‘Vu Passignation délivrée, les pidces versées aux débats et les conclusions échangées entre les parties, Attendu, sur la recevabilité de la demande, que la FDPM est une fédération mutualiste régic par le code de la mutualité ayant selon ses statuts pour objet de promouvoir et défendre les intéréts des petites et moyennes mutuelles, de défendre les intéréts collectifs, moraux et