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MP – Cours de physique

OPTIQUE ONDULATOIRE

Chapitre 1

Formation des images optiques

1.1. La lumière est une onde électromagnétique

Modèle scalaire monochromatique

La lumière correspond à un phénomène vibratoire de nature électromagnétique. Il s’agit


 
fondamentalement d’une onde vectorielle transversale : les champs électrique E et magnétique B qui
constituent cette onde oscillent dans un plan orthogonal à la direction de propagation matérialisée par le
« rayon » lumineux dont la direction et le sens correspondent à la propagation de l’énergie. Les propriétés
de polarisation de la lumière qui en résultent seront étudiées dans le cadre de la théorie de Maxwell des
ondes électromagnétiques. La lumière dite « naturelle » est souvent constituée d’un mélange équiprobable
de toutes les polarisations et c’est alors que le modèle scalaire peut s’avérer satisfaisant.
Un grand nombre de phénomènes d’optique sont la manifestation de la nature ondulatoire de la lumière et
peuvent être modélisés sans prendre en compte le caractère vectoriel transverse de la vibration. C’est le
cas, en particulier, des phénomènes d’interférences (à l’exception des interférences en lumière polarisée)
et de diffraction.
Comme le firent Thomas Young et Augustin Fresnel au début du XIX e siècle, nous décrirons la lumière
dans le cadre d’un modèle ondulatoire scalaire, chaque couleur du spectre lumineux correspondant à une
vibration sinusoïdale, c’est-à-dire à une longueur d’onde précise. L’état vibratoire le long d’un rayon
lumineux monochromatique sera alors décrit par une fonction scalaire de l’abscisse x (comptée
positivement dans le sens de la propagation) et du temps t de la forme :
 t x
s ( x, t ) = s0 cos ( ωt − kx ) = s0 cos  2π − 2π  = s0 cos ( 2πνt − 2πσx )
 T λ
Le spectre visible s’étend depuis les plus courtes longueurs d’onde correspondant à la limite ultra violette
λ UV ≈ 0, 40 µm = 400 nm jusqu’aux plus grandes longueurs d’onde correspondant à la limite infra rouge
λ IR ≈ 0, 75 µm = 750 nm 1.

Ultra Violet Infra Rouge


proche proche

400 500 600 700 800 λ ( nm )

1
Rappelons que 1 nm = 1 nanomètre = 10−9 m

Jean Le Hir, 18 octobre 2009 Page 1 sur 21


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c
Du fait de la relation ν = reliant la fréquence ν d’une onde harmonique, sa longueur d’onde λ et la
λ
vitesse c de propagation de l’onde (pour une onde électromagnétique dans le vide, c = 3, 00 × 108 m ⋅ s −1 ),
nous en déduisons l’intervalle de fréquence correspondant au phénomène lumineux :
ν IR = 4, 0 × 1014 Hz < ν < ν UV = 7, 5 × 1014 Hz

Interprétation quantique

Il est bon d’avoir en tête le modèle quantique de la lumière : l’énergie lumineuse se propage sous forme
quantifiée, chaque « grain de lumière » étant appelé photon. L’énergie des photons est proportionnelle à la
fréquence de l’onde électromagnétique associée, le coefficient de proportionnalité s’appelant constante de
Planck.
ε = hν avec h = 6, 6 × 10−34 J ⋅ s −1
Un ordre de grandeur à connaître : les énergies des photons « optiques » sont de quelques électronvolts
(1 eV = 1, 6 ×10−19 J ) :
hν = 1, 7 eV < hν < 3,1 eV = hν
limite IR visible limite UV

Grandeurs énergétiques

Puissance d’une source de lumière


La lumière est une onde électromagnétique et nous savons à ce titre que la puissance totale émise par une
source de lumière est égale à la valeur moyenne dans le temps du flux du vecteur de Poynting de l’onde à
travers une surface entourant totalement la source. Le vecteur de Poynting a la direction des rayons
lumineux et le sens de propagation de la lumière. Son module est proportionnel au carré de l’amplitude
des champs.
Les fréquences lumineuses étant de l’ordre de grandeur de 1014 Hz , il n’existe aucun capteur, ni l’œil
bien sûr, ni même aucun dispositif électronique, qui soit capable de suivre une oscillation aussi rapide. La
puissance lumineuse sera donc toujours envisagée comme une valeur moyenne dans le temps.
La puissance totale émise par une source de lumière se mesure en watt (symbole : W)
L’expression « flux énergétique » peut être aussi bien utilisée pour caractériser la puissance d’une source
de lumière.

Intensité lumineuse énergétique


La puissance émise par une source lumineuse ponctuelle n’est pas nécessairement émise de façon
isotrope : elle est le plus souvent différente dans différentes directions de l’espace.
Par définition, l’intensité lumineuse énergétique I d’une source ponctuelle de lumière dans un angle
solide élémentaire δΩ autour d’une direction donnée est égale au rapport par δΩ de la puissance
élémentaire δP émise dans cet angle solide :
δP
I=
δΩ
L’intensité lumineuse énergétique se mesure donc dans le Système International d’unités en watt par
stéradian (symbole : W ⋅ sr −1 ).

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Exemple : le phare d’Eckmühl, situé


à la pointe de Penmarc’h dans le
Pays bigouden, est équipé de deux
lampes d’une puissance P = 650 W .
Cela paraît bien peu, mais le
faisceau très directionnel balaye
l’horizon et l’intensité lumineuse
énergétique atteint la valeur
maximale I max = 4 000 W ⋅ sr −1 dans
l’axe du cône de lumière.

Éclairement énergétique
On appelle éclairement énergétique E d’une surface élémentaire δS orthogonale à un rayon lumineux
incident, le rapport par δS de la puissance lumineuse élémentaire δP interceptée :
δP
E=
δS
L’éclairement énergétique se mesure dans le Système International d’unités en watt par mètre carré
(symbole : W ⋅ m −2 ).

Note : grandeurs photométriques visuelles


Dans le domaine de l’optique « visible », le Système International d’unités définit un ensemble d’unités
spécifiques caractérisant les grandeurs énergétiques du point de vue de leur efficacité au regard de la
sensibilité de l’œil humain. Alors, au lieu de parler de puissance qui se mesure en watt, parle-t-on de
« flux lumineux » qui se mesure en lumen. Au lieu de parler d’intensité énergétique qui se mesure en watt
par stéradian, parle-t-on d’« intensité lumineuse » qui se mesure en candela. Au lieu de parler
d’éclairement énergétique qui se mesure en watt par mètre carré, parle-t-on d’ « éclairement lumineux »
qui se mesure en lux.
Ces unités photométriques visuelles ont un grand intérêt pratique quand on considère la lumière dans le
but tout à fait commun de s’éclairer dans le sens très pragmatique d’y voir clair, de pouvoir lire et, de
façon plus générale, de pouvoir se servir efficacement de ses yeux.
Ces unités anthropomorphiques n’apportent rien du point de vue de la connaissance physique du
phénomène lumineux. Nous ne les utiliserons pas. Aussi, dans la suite de ce cours, lorsque l’on parlera
d’intensité ou d’éclairement faudra-t-il comprendre implicitement qu’il s’agit d’intensité énergétique ou
d’éclairement énergétique.

1.2. Chemin optique et surface d’onde

Chemin optique

Indice d’un milieu transparent homogène isotrope


Nous définissons l’indice n d’un milieu transparent homogène isotrope comme le rapport de la vitesse c
de propagation des ondes électromagnétiques dans le vide (on dit aussi « vitesse de la lumière dans le
vide ») sur la vitesse v de propagation de la lumière dans le milieu. La vitesse c des ondes
électromagnétiques dans le vide est une constante universelle et aucune propagation d’énergie ne peut se
faire à une vitesse supérieure. En conséquence, l’indice n est toujours nécessairement supérieur à 1.
c
n=
v

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On appelle chemin optique L AB ( )


 associé à un parcours AB
 , la distance qu’aurait parcourue la lumière

dans le vide dans le même temps. Le chemin optique est donc toujours plus grand que la longueur du
 , sauf bien sûr dans le vide où il s’identifie, par définition, à la longueur du parcours.
parcours AB
Dans le cas d’un milieu transparent homogène d’indice n, la lumière se propage en ligne droite d’un
point A à un point B et le chemin optique L ( AB ) est égal au produit de la longueur du segment AB par
l’indice du milieu :
L ( AB ) = n AB

Principe de Fermat
Le principe de Fermat (Hors programme de MP) énonce que le chemin réellement suivi par la lumière
pour aller d’un point A à un point B est tel que le chemin optique L ( AB ) est stationnaire par rapport aux
chemins immédiatement voisins.

Lois de Snell-Descartes
Du principe de Fermat découlent les lois de Snell-Descartes que nous admettrons sans démonstration.
On appelle dioptre une surface séparant deux milieux d’indices différents. Les lois de Snell-Descartes
énoncent les caractéristiques de la réflexion de la lumière sur un dioptre ou sur un miroir métallique et de
la réfraction de la lumière sur un dioptre.
La première loi de Snell -Descartes traduit la symétrie des phénomènes de réflexion et de réfraction. On
appelle plan d’incidence le plan défini par la direction du rayon incident et la normale au dioptre au point
d’incidence.

Première loi de Snell –Descartes


Le rayon réfléchi et le rayon réfracté sont tous deux dans le plan d’incidence.

La deuxième loi de Snell-Descartes est relative au phénomène de réflexion. Cette loi concerne non
seulement la réflexion dioptrique, mais aussi la réflexion sur un miroir métallique.

Deuxième loi de Snell-Descartes


L’angle de réflexion (angle que fait le rayon réfléchi avec la normale) est égal à l’angle d’incidence
(angle que fait le rayon incident avec la normale).

Remarque : dans le cas de la réflexion dioptrique, le phénomène de réflexion s’accompagne le plus


souvent d’un phénomène de réfraction. En conséquence, seule une partie de l’énergie incidente est
réfléchie. Dans le cas de la lumière non polarisée, la proportion d’énergie réfléchie croît avec l’angle
d’incidence. Sous incidence normale, la proportion d’énergie réfléchie est assez faible (2 % pour le
dioptre air -eau, de l’ordre de 4 % pour le dioptre air-verre). Par contre, pour tous les dioptres, à la limite
de l’incidence de π 2 (incidence rasante), la réflexion est totale.
La troisième loi de Snell-Descartes, que l’on appelle encore « loi des sinus », décrit le phénomène de
réfraction.

Troisième loi de Snell-Descartes


Les sinus de l’angle d’incidence i1 et de l’angle de réfraction i2 sont dans le rapport inverse des
indices n1 et n2 des deux milieux.

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i1 n1

sin i1 n2
=
sin i2 n1
n2 > n1
i2

Réfraction totale
Dans le cas où le deuxième milieu est plus réfringent que le milieu incident, le phénomène de réfraction
est toujours possible. Le rayon réfracté se rapproche de la normale et l’on a :
n 
i2 = arcsin  1 sin i1 
 n2 
Si, au contraire, le second milieu est moins réfringent que le milieu incident, il existe un angle limite i1max
pour lequel le rayon réfracté s’écarte de la normale d’un angle i2 égal à π 2 , tel que :

n1 n 
sin i2 max = 1 = sin i1max soit i1max = arcsin  2 
n2  n1 
C’est le phénomène de réfraction totale.
Exemple : pour le dioptre eau-air, le rapport neau nair est égal à 1,33 et l’angle limite a pour valeur
i1max = 48, 6° . La figure suivante représente ce qu’il advient d’un cône de lumière émis sous l’eau, en
direction de la surface. Lorsque l’angle d’incidence augmente, la proportion de lumière réfractée diminue
progressivement jusqu’à devenir nulle pour i1 = i1max . De façon complémentaire, la proportion de lumière
réfléchie augmente. Pour des valeurs de l’angle d’incidence supérieures à i1max , la totalité de la lumière
est réfléchie : le dioptre eau-air se comporte alors comme un parfait miroir.

proportion d’énergie
réfractée décroissante

air

eau

réflexion
totale
i1max

proportion d’énergie
réfléchie croissante

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Principe du retour inverse de la lumière


Dans l’expression des lois de Snell-Descartes, les deux milieux interviennent de façon parfaitement
symétrique. Cela implique que le trajet suivi par la lumière ne dépend pas du sens de propagation : deux
rayons lumineux se propageant en sens inverse entre deux points A et B, suivront les mêmes parcours
dans l’espace. Cette affirmation, qui est vraie quel que soit le nombre de dioptres traversés et quel que
soit le nombre de miroirs rencontrés, s’appelle le « principe du retour inverse de la lumière ».

Surface d’onde

Théorème de Malus
Nous admettrons, sous l’appellation de théorème de Malus, cette propriété fondamentale des ondes
associées à la propagation de la lumière : les surfaces d’ondes sont orthogonales aux rayons lumineux.

Construction de Huygens
Le Hollandais Christiaan Huygens propose dans son Traité de la lumière en 1690 une interprétation des
lois de Snell-Descartes basée sur une théorie ondulatoire. Huygens considère la lumière comme un
phénomène vibratoire dont l’aspect alternatif nous échappe du fait de la fréquence trop élevée de la
vibration.
Il propose une méthode de construction géométrique du rayon réfracté basée sur le principe suivant, tout à
fait équivalent au théorème de Malus : un plan perpendiculaire au rayon lumineux doit être un plan de
phase ou surface d’onde. Cela veut dire qu’à un même instant, la vibration doit avoir la même valeur en
tout point d’un tel plan.

Cela doit être vrai pour le rayon incident aussi bien que pour le rayon réfracté, aussi les distances
supplémentaires parcourues du fait de l’obliquité des rayons ( H1I1 et I 2 H 2 ) doivent-elles introduire un
retard de phase identique.
Cela revient à dire que ces distances doivent être parcourues dans le même temps, elles doivent donc être
dans le rapport des vitesses de propagation de la lumière dans les deux milieux, c’est-à-dire dans le
rapport inverse des indices :
H1I1 v1 n2
= =
I2 H 2 v2 n1

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1.3. Cohérence spatiale

Faisceau de lumière spatialement cohérent

Les sources lumineuses sont généralement très complexes. Elles font intervenir des phénomènes
physiques et chimiques divers et variés et ont, nécessairement, une certaine extension spatiale. Dans cette
première approche de l’optique, nous ne considérerons que des sources lumineuses ponctuelles à partir
desquelles sont émis des faisceaux de lumière divergents que l’on qualifiera de spatialement cohérents.
Les surfaces d’ondes sont des sphères et les ondes associées sont qualifiées d’ondes sphériques
convergentes.
Ainsi, une source ponctuelle émet-elle un faisceau conique de lumière dont l’énergie lumineuse se dilue
indéfiniment dans l’espace du fait de la divergence. Si l’on se place très loin d’une telle source, les rayons
lumineux seront pratiquement parallèles entre eux : on parlera alors de faisceau de lumière parallèle. Les
surfaces d’ondes sont alors des plans parallèles entre eux. La lumière émise par les lasers se rapproche
assez de ce cas de figure.

Enfin, en utilisant des dispositifs optiques que l’on qualifiera de systèmes stigmatiques convergents, nous
savons transformer un faisceau conique divergent de lumière en un faisceau conique convergent. Les
surfaces d’onde sont donc des sphères et l’onde associée est une onde sphérique convergente. Le point de
convergence sera alors qualifié de point image. L’énergie lumineuse émise par une source de lumière,
après s’être propagée dans l’espace par différents chemins, est ainsi reconstituée au point image.

Nature des sources lumineuses réelles

Les sources lumineuses réelles sont toujours étendues et les divers points sources émettent des ondes dont
les phases ne sont pas corrélées. Nous dirons que les sources étendues sont incohérentes spatialement.
Pour nous rapprocher des meilleures conditions de cohérence spatiale, nous seront amenés à diaphragmer
les faisceaux émis par les sources réelles pour nous rapprocher du cas idéal de la source ponctuelle.

1.4. Optique géométrique

Stigmatisme rigoureux

Définition
Deux points A et B seront dit rigoureusement stigmatique pour un système optique donné si une source
ponctuelle (et donc spatialement cohérente) émettant de la lumière en A, celle-ci émerge après avoir
traversé le système optique en convergeant au point B sous forme d’onde sphérique de centre B. Tous les
chemins optique L ( AB ) sont alors identiques. Nous dirons que A et B sont des points conjugués.

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Le miroir plan
La construction géométrique des rayons réfléchis par un miroir plan montre que tous les rayons issus
d’une même source ponctuelle de lumière semblent, après réflexion, provenir d’une source virtuelle
située derrière le miroir, à une position symétrique de par rapport au plan du miroir.
L’adjectif « virtuel » signifie très clairement que cette source de lumière n’existe pas. Il est inutile
d’essayer de saisir l’image derrière le miroir, comme le font les singes qui se voient pour la première fois
dans une glace : cette image est irréelle, on ne peut pas la saisir, on ne peut pas la projeter sur un écran, il
s’agit bien d’une illusion. Si le miroir est parfait, l’illusion est parfaite.
On dit que le miroir plan est rigoureusement stigmatique : il produit une image virtuelle parfaitement
conforme à l’objet original, quelle que soit la position de cet objet, quelle que soit l’inclinaison des rayons
lumineux.

Le miroir parabolique
Le miroir parabolique est rigoureusement stigmatique de l’infini en son foyer. Cette propriété
remarquable en fait un élément optique privilégié pour les applications astronomiques.

Une façon tout à fait équivalente d’énoncer cette propriété de stigmatisme est de dire que le miroir
parabolique transforme une onde plane incidente parallèle à son axe en une onde sphérique convergent
vers son foyer. Le foyer de la parabole au sens géométrique est aussi le foyer du miroir au sens optique.

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Stigmatisme approché, conditions de Gauss

Le stigmatisme entre deux points A et B à travers un système optique, sans être rigoureux, peut être
considéré comme satisfaisant si les différents chemins optiques qui conduisent de A vers B diffèrent de
bien moins qu’une demi longueur d’onde : on parle alors de stigmatisme approché. Le critère de
satisfaction est très pragmatique, c’est l’usager qui en décide en fonction de ses exigences.
On démontre que tous les systèmes centrés deviennent stigmatiques dans la double limite où l’on réduit
de façon importante leur pupille d’entrée et où les rayons pénétrant dans le système optique sont peu
inclinés par rapport à l’axe optique. Cette double restriction définit les conditions de Gauss.

Conditions de Gauss
Tout système centré obéit à une loi de stigmatisme approché d’autant mieux satisfaite que :
— Le système est fortement diaphragmé (i.e. les rayons s’éloignent peu de l’axe optique).
— Seuls pénètrent dans le système des rayons para axiaux (i.e. peu inclinés par rapport à l’axe
optique).
Lorsque les conditions de Gauss sont vérifiées, les systèmes optiques centrés sont aplanétiques, c’est-à-
dire que ces systèmes restent approximativement stigmatiques dans le voisinage d’axes peu inclinés par
rapport à l’axe optique. L’image d’un objet perpendiculaire à l’axe optique est alors perpendiculaire à
l’axe optique.

Miroirs sphériques

Définitions
Un miroir sphérique est constitué d’une calotte sphérique recouverte d’un métal réfléchissant. Un miroir
creux est qualifié de concave, un miroir bombé est qualifié de convexe.
On appelle centre du miroir le centre de courbure de la surface réfléchissante, c’est-à-dire, dans le cas
d’un miroir sphérique, le centre de la sphère.
On appelle axe optique du miroir l’axe de symétrie de la calotte sphérique constituant le miroir. L’axe
optique passe par le centre du miroir et par le sommet du miroir qui est le point de symétrie de la calotte
sphérique.

Astigmatisme du miroir sphérique


Si l’on fait exception du centre de courbure du miroir et des points situés sur la surface du miroir qui sont
leur propre image, le miroir sphérique n’est pas rigoureusement stigmatique.

(Sommet
du miroir)
(Centre de
courbure
du miroir)

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La figure précédente représente le tracé des rayons lumineux issus d’une source ponctuelle se
réfléchissant sur un miroir sphérique concave. Ce schéma, ainsi que tous ceux qui suivent, est réalisé à
l’aide d’un grapheur : il s’agit de dessins calculés en appliquant précisément les lois simples de Snell-
Descartes.
Sur cette figure, il apparaît clairement que les rayons issus d’une même source ponctuelle P ne convergent
pas, et loin s’en faut, en un même point. Ces rayons ne semblent pas non plus être issus d’une source
ponctuelle virtuelle. Il n’y a donc pas en général formation d’image, ni réelle, ni virtuelle : nous dirons
que le miroir sphérique est astigmate.

Stigmatisme approché sur l’axe optique


Nous allons étudier le tracé d’un rayon lumineux issu d’un point P de l’axe optique du miroir. Nous
noterons P′ le point d’intersection du rayon lumineux avec l’axe optique après réflexion sur le miroir en
M, sans préjuger a priori du stigmatisme du miroir, c’est-à-dire sans préjuger du fait que P′ soit ou non
l’image de P.
Nous allons montrer, au contraire, que le point P′ est fonction non seulement de P, mais aussi de la
direction du rayon incident, c’est-à-dire du point de réflexion M que nous identifierons par l’angle au
centre ω .

Dans les triangles MPC et MP′C , écrivons les relations traduisant la proportionnalité entre les longueurs
des côtés et les sinus des angles opposés.
sin i sin ( ω − i ) sin i sin ( ω + i )
=− − =−
CP CS CP′ CS
Ces relations sont algébriques. Sur le cas de figure, nous avons CP > 0 , CP′ < 0 et CS < 0 .
En faisant la différence de ces égalités membre à membre et en divisant par sin i , nous obtenons la
relation algébrique de conjugaison entre CP et CP′ :
1 1 2
+ = cos ω
CP CP′ CS
Cette formule nous montre que, dans le cas général, tous les rayons issus d’un point P de l’axe optique ne
convergent pas au même point P′ de l’axe après réflexion sur le miroir sphérique. Cependant, si l’angle
au centre ω est suffisamment petit — nous dirons aussi bien « si le miroir est suffisamment
diaphragmé » —, cos ω peut être assimilé à l’unité et nous aurons une quasi-convergence en un point de
l’axe, donné par la relation de conjugaison caractérisant le stigmatisme approché du miroir sphérique :
1 1 2
+ =
CP CP′ CS
Cette formule est algébrique. Elle est parfaitement symétrique entre P et P′ que nous qualifierons de
couple de points conjugués. C’est un bon exercice que de démontrer qu’elle est toujours vraie dans le cas
d’un miroir convexe, avec CS > 0 .

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Foyer, distance focale


La formule de conjugaison montre qu’une source ponctuelle de lumière placée en un point F à égale
distance entre le centre et le sommet du miroir produit, après réflexion, un faisceau de lumière parallèle
dans la direction de l’axe optique. Ce point s’appelle le foyer du miroir.

D’après le principe du retour inverse de la lumière, nous observons réciproquement qu’un faisceau de
lumière parallèle à l’axe optique, se réfléchissant sur le miroir, converge vers le foyer.
La distance algébrique f = SF s’appelle la distance focale du miroir sphérique. Elle sera
conventionnellement considérée comme positive pour un miroir concave et négative pour un miroir
convexe.

Aplanétisme
La condition de stigmatisme approché étant vérifiée sur l’axe optique, nous pouvons affirmer qu’elle l’est
aussi au voisinage de l’axe optique. En effet, le problème est invariant par rotation autour du centre du
miroir.

Considérons un couple de points conjugués P et P′ sur l’axe optique. Par rotation d’un angle α, nous
obtenons un deuxième couple de points conjugués Q et Q′ , à condition que l’angle α soit suffisamment
petit pour que la condition de stigmatisme approché ( cos ω ≃ 1) soit toujours vérifiée.
Nous dirons que le miroir sphérique est aplanétique. Ce terme sera utilisé pour tout système centré
stigmatique sur l’axe optique qui reste stigmatique au voisinage de l’axe optique.
Cette condition d’aplanétisme est vraie en particulier pour des points situés dans le plan focal, plan
orthogonal à l’axe optique passant par le foyer. Ces foyers secondaires sont des points de convergence de
faisceaux de lumière parallèle inclinés par rapport à l’axe optique.

Formules de conjugaison et grandissement


Les formules de conjugaison avec origine au centre de courbure du miroir sont assez peu souvent
utilisées. On leur préfère les formules de conjugaison avec origine au sommet que l’on obtient très
simplement en appliquant la relation de Chasles.
1
+
1
=
CP CP′ CS
2

1
+
1
SP − 2SF SP′ − 2SF
=−
1
SF
(
⇔ SP + SP′ SF = SPSP′ ⇔
1
)
+
1
=
SP′ SP SF
1

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P′Q′
Le grandissement est défini comme le rapport algébrique de la hauteur de l’image et de l’objet : γ =
PQ

1 1 1 P′Q′ SP′
+ = γ= =−
SP′ SP SF PQ SP

La formule de conjugaison avec origine foyer (dite formule de Newton) est également très intéressante,
parce que très facile à mémoriser. On l’obtient de même en appliquant la relation de Chasles :
1
+
1
=
SP′ SP SF
1

1
+
1
FP′ − FS FP − FS
=−
1
FS
( )
⇔ FP − FS + FP′ − FS FS = − FP′ − FS FP − FS ( )( )
Soit finalement :

FP′ ⋅ FP = FS2 = f 2

Construction des images dans l’approximation de Gauss


Les trois règles suivantes permettent de construire géométriquement n’importe quel faisceau de rayons
réfléchis par le miroir sphérique dans l’approximation de Gauss, c’est-à-dire lorsque le miroir est
fortement diaphragmé et que les rayons lumineux sont très peu inclinés par rapport à l’axe optique.
— Tout rayon passant par le centre du miroir sphérique revient précisément sur ses pas après
réflexion (rayon 1).
— Tout rayon passant par le sommet du miroir sphérique se réfléchit symétriquement par rapport
à l’axe optique du miroir (rayon 2).
— Tout rayon parallèle à l’axe optique passe par le foyer après réflexion (rayon 3) et
réciproquement (rayon 4).
Ces règles de construction permettent de tracer quatre rayons. Deux rayons suffisent pour représenter
l’image d’un point.

Remarque : dans les conditions de l’approximation de Gauss, le miroir sphérique sera symboliquement
représenté par un segment rectiligne dont les extrémités sont repliées dans le sens de la concavité. La face
métallisée est indiquée de façon explicite par des hachures.

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OPTIQUE ONDULATOIRE Chapitre 1 Formation des images optiques

En particulier, dans le cas d’un objet situé dans le plan focal — plan perpendiculaire à l’axe optique
passant par le foyer —, l’image est rejetée à l’infini. Réciproquement, dans le cas d’un objet à l’infini,
observé dans une direction faisant un angle θ par rapport à l’axe optique, l’image est formée dans le plan
focal du miroir à une distance f θ de l’axe optique, en un point que l’on qualifie de foyer secondaire
d’inclinaison θ. Cette image est réelle dans le cas d’un miroir concave, virtuelle dans le cas d’un miroir
convexe.

miroir concave : image à l’infini miroir convexe : image virtuelle dans le plan focal
d’un objet réel situé dans le plan focal d’un objet à l’infini
Tous les rayons lumineux passant par un même foyer secondaire ont même inclinaison après réflexion sur
le miroir. Nous en déduisons une méthode générale de construction du rayon réfléchi, correspondant au
théorème suivant.

Théorème
Un rayon lumineux se réfléchit sur un miroir
sphérique en passant (réellement dans le cas d’un
miroir concave, virtuellement dans le cas d’un
miroir convexe) par le foyer secondaire Fθ
correspondant à son inclinaison θ. Fθ

Miroir principal sphérique


de focale f = 1,00 m
(télescope Schmidt-Cassegrain
de diamètre objectif D = 400 mm)

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Lentilles minces

Définitions
Une lentille est un bloc homogène de matière transparente délimité par deux surfaces dont l’une au moins
est sphérique. Nous allons admettre, sans démonstration, que de tels systèmes sont toujours stigmatiques
et aplanétiques au voisinage de leur axe optique.

Les lentilles plus épaisses au centre que sur les bords sont convergentes, elles transforment un faisceau de
lumière parallèle en un faisceau convergent, tandis que les lentilles plus épaisses sur les bords qu’au
centre sont au contraire divergentes.
Nous nous intéresserons exclusivement aux lentilles minces, dont l’épaisseur est très petite par rapport
aux rayons de courbure des dioptres. Ces lentilles seront représentées par des segments sans épaisseur.
Des flèches placées aux extrémités indiquent la convergence ou la divergence de la lentille.

Centre optique
Pour toute lentille, il existe un point O de l’axe optique que l’on appelle centre optique de la lentille tel
qu’un rayon passant par ce point ne soit pas dévié par la lentille. Dans le cas des lentilles minces, nous
considérerons qu’un tel rayon n’est pas non plus décalé.
Il s’agit bien sûr d’une approximation qui sera d’autant mieux vérifiée que l’on reste bien dans le cadre de
l’approximation de Gauss, c’est-à-dire, pour le centre optique, que l’on considère des rayons très peu
inclinés par rapport à l’axe optique.

Foyers, distance focale image


Une lentille convergente transforme un faisceau incident parallèle à l’axe optique en faisceau convergent
en un point F′ de l’axe que l’on appelle foyer réel image. La distance du centre optique au foyer image,
comptée algébriquement dans le sens de propagation de la lumière, s’appelle distance focale image
f ′ = OF′ . Elle est positive dans le cas d’une lentille convergente.
Au contraire, une lentille divergente transforme un faisceau incident de lumière parallèle à l’axe optique
en un faisceau divergent semblant issu d’un point F′ de l’axe que l’on appelle foyer virtuel image. La
distance focale image f ′ = OF′ sera alors conventionnellement négative.
Les lentilles minces ont un fonctionnement parfaitement symétrique, il existe donc deux foyers, situés de
part et d’autre du centre optique. Selon le principe de retour inverse de la lumière, un faisceau divergent
issu d’un foyer d’une lentille convergente — que l’on appelle alors foyer objet — est transformé en
faisceau de lumière parallèle à l’axe optique.
De la même façon, un faisceau convergent intercepté par une lentille divergente tandis qu’il convergeait
vers un foyer, est transformé en faisceau de lumière parallèle. Les plans perpendiculaires à l’axe optique
passant par les foyers image et objet s’appellent respectivement plan focal image et plan focal objet.

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OPTIQUE ONDULATOIRE Chapitre 1 Formation des images optiques

Construction des images dans l’approximation de Gauss


Les propriétés de définition du centre optique et des foyers des lentilles minces utilisées dans les
conditions de Gauss permettent dans tous les cas de tracer trois rayons lumineux particuliers définissant la
conjugaison optique réalisée par la lentille.
Retenons les trois règles simples suivantes.
— Tout rayon passant par le centre optique traverse la lentille mince sans déviation.
— Tout rayon incident parallèle à l’axe optique passe par le foyer image (ou semble issu du foyer
image) après avoir traversé une lentille mince.
— Tout rayon incident passant par un foyer (ou intercepté tandis qu’il allait passer par un foyer)
est parallèle à l’axe optique après avoir traversé une lentille mince.
Les figures suivantes représentent, à titre d’exemples, deux constructions d’images réalisées selon ces
principes.

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OPTIQUE ONDULATOIRE Chapitre 1 Formation des images optiques

En particulier, dans le cas d’un objet situé dans le plan focal objet — plan perpendiculaire à l’axe optique
passant par le foyer objet —, l’image est rejetée à l’infini.
Réciproquement, dans le cas d’un objet à l’infini, observé dans une direction faisant un angle θ par
rapport à l’axe optique, l’image est formée dans le plan focal image de la lentille à une distance f ′θ de
l’axe optique, en un point Fθ′ que l’on qualifie de foyer secondaire d’inclinaison θ. Cette image est réelle
dans le cas d’une lentille convergente, virtuelle dans le cas d’une lentille divergente.

Tous les rayons lumineux passant par un même foyer secondaire ont même inclinaison après réfraction
par la lentille. Nous en déduisons une méthode générale de construction du rayon réfracté, correspondant
au théorème suivant.

Théorème
Un rayon lumineux émergeant d'une lentille mince
passe (réellement dans le cas d'une lentille
convergente, virtuellement dans le cas d'une lentille
divergente) par le foyer secondaire image Fθ′
Fθ′
correspondant à son inclinaison θ.

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Grandissement et formules de conjugaison

Nous voulons déterminer la relation algébrique entre OP et OP′ . Pour cela, il suffit d’écrire de plusieurs
façons le grandissement γ de l’objet, rapport algébrique de la dimension P′Q′ de l’image sur la dimension
PQ de l’objet :

P′Q′ OP′ F′P′ OP′ − OF′ FO


γ= = = =− =
PQ OP F′O OF′ FP

Nous obtenons ainsi la formule de


conjugaison avec origine au centre optique
de la lentille, ainsi que la formule de
Newton avec origines aux foyers :

1 1 1
− = F′P′ ⋅ FP = OF ⋅ OF′ = f ⋅ f ′ = − f ′2
OP′ OP OF′

Attention ! Si l’axe optique est orienté dans le sens de propagation de la lumière, la distance
focale image est définie par la relation f ′ = OF′ , mais si le sens algébrique choisi est opposé
alors f ′ = −OF′ . Dans tous les cas, par convention, la distance focale image f ′ doit être
positive pour une lentille convergente et négative pour une lentille divergente.

1.5. Cohérence temporelle

Nature des sources lumineuses réelles

Spectre en fréquence d’une source lumineuse


Les sources lumineuses réelles ne sont jamais rigoureusement monochromatiques. Nous dirons qu’elle
présente un degré d’incohérence temporelle d’autant plus grand que leur spectre en fréquence est étendu.
Pour définir le spectre en fréquence d’un faisceau lumineux, on considère la puissance lumineuse
élémentaire d I = Iν ( ν ) d ν émise dans la bande de fréquence [ ν, ν + d ν ] . La fonction Iν ( ν ) s’appelle
alors l’intensité différentielle par bande de fréquence.
On peut aussi bien définir un spectre en puissance Pν ( ν ) ou en éclairement énergétique Eν ( ν ) : toute
grandeur proportionnelle à Iν ( ν ) peut représenter le spectre en fréquence de la source lumineuse.

Sources lasers
La lumière produite par les sources lasers est quasi
monochromatique. Nous pourrons considérer dans bien des cas qu’il
s’agit de sources lumineuses idéalement cohérentes du point de vue
temporel. Dans ce cas, le modèle vibratoire sinusoïdal (on dit aussi
bien « harmonique ») est parfaitement adapté pour représenter le
phénomène lumineux. Il existe des lasers de différentes couleurs et
dans des gammes de puissance très larges. Rappelons que les sources
lasers présentent également une excellente cohérence spatiale,
d’autant meilleure que les faisceaux sont larges.

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Lampes spectrales
Nous utilisons en laboratoire d’optique des lampes spectrales qui sont des tubes contenant un gaz d’un
élément sous diverses pressions. Dès lors que l’on provoque un arc électrique en introduisant une
différence de potentiel entre deux électrodes métalliques, ces lampes émettent un spectre de raies
lumineuses dont les longueurs d’onde sont caractéristiques de l’élément. La puissance émise est d’autant
plus importante que la pression de remplissage de la lampe est élevée, mais en contrepartie les raies sont
d’autant plus larges.

Spectre d’une lampe spectrale au néon

En associant un filtre large bande à une telle lampe, il est possible d’isoler une raie d’émission et
d’obtenir ainsi une meilleure cohérence temporelle.

Lumière blanche
Les ampoules à incandescence émettent des spectres lumineux très larges s’étendant de
l’infra rouge au bleu. Le principe consiste à porter un filament métallique de tungstène
à haute température de telle sorte que celui-ci émette le rayonnement thermique
correspondant : pour l’œil, cela se traduit par l’impression de couleur « blanche ».
Le rendement de ces ampoules à incandescence est particulièrement mauvais : en ordre
de grandeur, seulement 10% de la puissance électrique se retrouve en rayonnement
visible et 90% en rayonnement infra rouge.
L’œil est un organe adapté à la lumière solaire. Le Soleil émet un spectre continu de lumière ressemblant
fort au spectre d’un corps noir à 5700 K. La lumière qui constitue notre environnement quotidien naturel
est donc particulièrement incohérente du point de vue temporel.

Iν ( ν ) Spectre d’émission du Soleil


reçu hors atmosphère terrestre

Spectre reçu au niveau du sol terrestre


après absorption par l’atmosphère

Visible
Ultra Infra
violet rouge λ ( nm )

200 600 1000 1400 1800 2200 2600 3000

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Dispersion de la lumière

Le prisme
Un prisme est un bloc de verre homogène prismatique à section triangulaire. Un rayon lumineux
monochromatique incident sur une face du prisme peut subir deux réfractions successives avant
d’émerger sur la face opposée. Le rayon est ainsi dévié de sa direction initiale et l’angle de déviation est
fonction de l’indice du verre et, par conséquent, de la longueur d’onde. Si l’on éclaire un prisme avec
pinceau de lumière blanche, la lumière est dispersée et les couleurs de l’arc-en-ciel se manifestent le
rouge étant toujours moins dévié que le violet.

Pour une longueur d’onde donnée, la déviation est minimale lorsque le prisme est éclairé de façon
symétrique. La mesure de l’angle de déviation Dm ( λ ) , connaissant l’angle au sommet du prisme A, nous
permet de déterminer l’indice du verre n ( λ ) .

Dm
i
r
A

Lorsque nous observons la déviation minimale, nous avons A = 2r et Dm = 2 ( i − r ) .

A + Dm ( λ )
sin
La loi de Snell-Descartes, qui s’écrit ici sin i = n sin r , nous conduit à : n (λ ) = 2
A
sin
2
L’expérience montre que pour tous les verres, l’indice est une fonction décroissante de la longueur
d’onde.
Note. La loi de dispersion des verres est relativement bien décrite par la relation de Cauchy :
b
n(λ) = a + 2
λ
où a et b sont deux constantes dont on ajuste les valeurs expérimentalement.

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Aberrations chromatiques
Le même phénomène de dispersion se produit avec les lentilles, si bien que tous les instruments d’optique
présentent des défauts de fonctionnement que l’on nomme aberrations chromatiques.

Les concepteurs de lunettes, d’oculaires, de paires de jumelles, de microscopes et autres systèmes


réfracteurs rivalisent d’ingéniosité pour diminuer autant que faire se peut les irisations produites en
lumière blanche par la dispersion.

Modèle de train d’onde

La limitation de cohérence temporelle est liée à la largeur spectrale ∆ν des sources. Nous pouvons aussi
bien en donner une interprétation temporelle : la limitation de cohérence est due au fait que la lumière est
constituée non pas d’une onde sinusoïdale continue illimitée dans le temps, mais d’une succession de
trains d’ondes de durées limitées, sans cohérence de phase entre eux.
La durée temporelle τc de ces trains d’onde n’est définie de cette façon qu’en ordre de grandeur et
s’appelle la durée de cohérence temporelle de la source. Lors de l’étude des phénomènes d’interférences,
nous serons en mesure de définir plus précisément cette durée de cohérence.

τc = N T

Iν ( ν ) s (t )

0
∆ν t

0
ν0 ν
1
T=
ν0

τc
Le nombre d’oscillation dans cette durée τc a pour valeur N = = ν τc . Ce nombre ne peut être défini à
T
mieux d’une unité près ce qui signifie que le produit de l’incertitude ∆ν sur fréquence ν par la durée de
cohérence τc est de l’ordre de grandeur de l’unité.

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L’incertitude ∆ν représente, en ordre de grandeur, la largeur spectrale de la raie observée. Nous avons
donc montré que la durée de cohérence temporelle est de l’ordre de grandeur de l’inverse de la largeur
spectrale :

1
τc ≈
∆ν

Note. Quelques ordres de grandeur :


Laser Helium-Néon τc ≈ 10−9 s soit N ≈ 5 ×105 périodes dans un train d’onde
Raie d’émission H α τc ≈ 10−11 s soit N ≈ 5 ×103 périodes dans un train d’onde
Lumière blanche τc ≈ 10−15 s soit N ≈ 1 période dans un train d’onde
Dans ce dernier cas, il est un peu abusif de continuer à parler de train d’onde. Cependant, le concept de
temps de cohérence garde sa signification, nous le verrons à l’occasion de l’étude des interférences
lumineuses.

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