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7CI01 – Série « Mécanique des structures » TP3 - Structure triangulée en bois V1

Série « Mécanique»

TP n° 3 : Structure triangulée en bois


7CI01 – Série « Mécanique des structures » TP3 - Structure triangulée en bois V1

1 Présentation du TP

1.1 Objectif

Lors de la réalisation d’une construction, les conceptions cherchent à rendre les structures rigides
pour supporter les chargements souhaités, tout en utilisant le moins de matière possible. C’est la
raison pour laquelle sont choisies les poutres creuses, en I ou en L, plutôt que des sections pleines.
C’est aussi une des raisons pour laquelle sont réalisées des structures triangulées comme celle étudiée
dans ce TP.

1.2 Les structures en bois

1.2.1 Le matériau bois

La croissance d’un tronc d’arbre correspond à la multiplication de celules suivant :


- la direction longitudinale pour cherche la lumière nécessaire à la photosynthèse,
- la direction tranversale pour augmenter sa section et supporter le poids du houppier (branches
et feuilles).
Ainsi les caractéristiques mécaniques du bois sont localement orthotropes (Fig. 1). Le module
d’élasticité du bois suivant l’axe du tronc EL est environ dix fois plus important que suivant les
directions transversales. L’utilisation du bois sous forme de poutres taillées suivant l’axe du tronc fait
que EL sera le seul module d’élasticité pris en compte pour les calculs des structures en bois
classiques. Il sera plus simplement noter E.
Modules Coefficients
(MPa) (-)
Er 1115 tr 0.30
Et 732 Lt 0.43
EL 15185 rL 0.03
GtL 794 rt 0.50
GLr 965 tL 0.02
Grt 95 Lr 0.39

Figure 1 : Caractéristiques élastique moyennes d’un résineux de masse volumique 500 kg/m3

Le bois a un comportement élasto-plastique. En raison de sa nature cellulaire, sa résistance en traction


est souvent deux fois celle en compression (la perte de résistance en compression correspond à un
flambage des cellules). L’orthotropie locale explique également les grandes différences qui existent
entre les résistances suivant les directions longitudinale, radiale et transversale (Fig. 2). Pour les
calculs des structures en bois, on tient compte des limites en traction et compression suivant la

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direction longitudinale et de la résistance en traction transverse pour le dimensionnement des


assemblages.
Le bois étant un matériau naturel, ses caractéristiques sont très variables ; elles sont malgré tout bien
corrélées avec la masse volumique. La présence de défauts locaux (nœuds) peut altérer notablement
ces valeurs. Le dimensionnement des structures en bois est normalisé et s’appuie sur des valeurs de
résistance et de modules d’élasticité répertoriées dans des classes de résistance. Le classement des
bois se fait visuellement (prise en compte de la proportion de nœuds) ou avec des procédés
automatisés.
Résistances
(MPa)
LL 80
RR 5
TT 5
RT 4.5
LR 14
LT 8

Figure 2 : Ordre de grandeur des résistances en traction du chêne sans défaut selon ses directions
d’orthotropie

Les cellules du bois sont constituées de cellulose, de lignine et d’hémicellulose ; certains de ses
constituants sont très hydrophiles. Un bois sec a un taux d’humidité d’environ 10% à l’état d’équilibre
dans une atmosphère à 20°C et 60% d’humidité.

1.2.2 Assemblage des poutres en bois

Les structures en bois sont constituées de poutres assemblées entre elles. Pour ce faire, sont utilisés
des pointes, des boulons ou des broches pour maintenir la structure. La zone d’assemblage est une
partie sensible de la structure en raison des trous percés pour faire passer les parties métalliques et
des actions qui peuvent s’exercer dans la direction transversale de la poutre. Le dimensionnement
d’une structure en bois comporte donc une partie importante consacrée à la tenue de la zone
d’assemblage (Fig. 3).

Figure 3 : Assemblage de pièces en bois (sources : www.Robobat.com, www.glulam.org, www.cndb.org)

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1.2.3 Les structures en bois

Les poutres constituant les structures en bois proviennent directement du sciage ou sont réalisées avec
des planches purgées de leurs nœuds et assemblées par collage (lamellé-collé). Les poutres issues
directement du sciage sont utilisées dans la construction des charpentes des maisons individuelles,
alors que les poutres en lamellé-collé sont destinées à la réalisation de structures dont la portée est
supérieure à 12 m (Fig. 4).

Figure 4 : Structures réalisées en bois (sources : www.cwc.ca, www.ecf.utoronto.ca, www.cndb.org)

2 Etude d’une structure triangulée


2.1 Description de la structure

La structure étudiée dans ce TP est représentée sur la figure suivante :

Figure 5 : Structure triangulée étudiée

Cette structure est constituée de poutres en résineux de section 20*50 mm² reliées par des assemblages
constitués de plaques métalliques et de boulons construits spécifiquement pour ce TP. Pour limiter

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l’action des efforts s’exerçant transversalement, une plaque de tôle a été collée de part et d’autre de
la poutre, au niveau du passage des boulons (sur des structures réelles sont utilisés des crampons
métalliques dits « Bulldog » dont la mise en place est moins coûteuse). La structure constituée ici de
triangles n’est soumise qu’à des efforts de traction-compression en raison de l’assemblage des poutres
par des liaisons pivots. Pour des liaisons plus rigides, un moment fléchissant apparait mais sa
contribution au niveau des contraintes axiales peut souvent être négligée. Dans un cas réel, les liaisons
peuvent être considérées comme semi-rigides, mais sont le plus souvent assimilées à des liaisons
pivots.

La structure est appuyée à ses deux extrémités et peut être soumise en deux de ses nœuds à des efforts
verticaux. Des comparateurs permettent de mesurer les déplacements de ces nœuds alors que des
jauges d’extensométrie permettent de mesurer les déformations axiales sur les faces supérieures et
inférieures des poutres. Ceci permet de distinguer la contribution des efforts normaux et des moments
fléchissants.

2.2 Caractéristiques du bois utilisé

Le bois étant un matériau naturel, ses caractéristiques varient beaucoup, même pour une essence
donnée. En effectuant un grand nombre de mesures, une distribution gaussienne apparaitra pour
chaque caractéristique. Pour utiliser le bois en structures, des classes de résistance sont établies. C’est
une façon de discrétiser en lots de qualité statiquement équivalente la ressource et de pouvoir fiabiliser
le dimensionnement de ces structures. La construction en bois est donc régie par des normes
européennes (Eurocode 5), d’une façon comparable aux autres « Eurocode » établis pour les autres
types de construction en génie civil (béton, acier).
La masse volumique est un bon indicateur des caractéristiques mécaniques. Le résineux utilisé ici a
une masse volumique de 490 kg/m3. En se référant aux classes de résistance définies pour les résineux
par l’Eurocode 5, ce matériau appartiendrait à la classe la plus élevée dont les caractéristiques sont
les suivantes :

Classe de résistance C40 Traction Compression


Flexion Cisaillement
moyen = 400 kg/m 3
L T L T
Rk (MPa) 24 0.4 26 6.3 40 3.8
EL (GPa) 14

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2.3 Notion de treillis

La notion de treillis désigne un assemblage de barres articulées entre elles, de manière à ce que
chacune des barres ne soit sollicitée qu’en traction-compression. Cette hypothèse est validée si :
- le poids des barres est négligeable devant les autres sollicitations,
- les sollicitations extérieures ne sont que des efforts appliqués sur les nœuds,
- les liaisons avec l’extérieur sont des appuis fixes ou mobiles.
Un nœud représenté une articulation entre plusieurs barres. Lorsque toute la géométrie de la structure
est dans un même plan (au décalage près entre les barres due à la réalisation pratique des nœuds) et
que les efforts appliqués sont dans ce plan, le treillis est dit plan.

2.3.1 Equilibre global d’un treillis

Dans certaines situations, les réactions aux appuis (ou inconnues de liaison p) peuvent être
déterminées facilement en écrivant l’équilibre global du treillis (forces et moments) :

Figure 6 : Equilibre global d’une structure simple

2.3.2 Equilibre des nœuds

Cependant, la complexité d’un treillis provient de la complexité de l’arrangement des barres entre
elles. C’est pourquoi, pour étudier l’équilibre d’un treillis, il est souvent nécessaire d’observer
l’équilibre de chacun de ses nœuds. Cet équilibre fait intervenir m inconnues d’efforts intérieurs ou
efforts normaux ⃗⃗⃗
𝑁𝑖 (orientés du nœud vers la barre i) de chacune des barres connectées au nœud isolé.

B B

Figure 7 : Equilibre d’un nœud A simple et d’un nœud B soumis à un effort

En exemple sur la Figure 7, l’équilibre en A donne ⃗⃗⃗⃗


𝑁1 + ⃗⃗⃗⃗
𝑁2 + ⃗⃗⃗⃗
𝑁3 + ⃗⃗⃗⃗
𝑁4 + ⃗⃗⃗⃗
𝑁5 = 0. En fonction de
l’orientation des barres sur la structure, cet équilibre peut être projeté sur les axes du repère tel que :

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√2 √2
−𝑁1 − 𝑁2 + 𝑁 + 𝑁5 = 0
2 2 4
√2 √2
𝑁2 − 𝑁3 − 𝑁 =0
{ 2 2 4
De la même manière, pour le nœud B qui est soumis à un effort extérieur 𝐹 , l’équilibre fait intervenir
les composantes de cet effort, ce qui donne⃗⃗⃗⃗⃗
𝑁1 + ⃗⃗⃗⃗
𝑁2 + ⃗⃗⃗⃗
𝑁3 + 𝐹 = 0. Et donc par projection :

√2
−𝑁1 − 𝑁 + 𝐹𝑥 = 0
2 2
√2
𝑁2 − 𝑁3 − 𝐹𝑦 = 0
{ 2
Si un nœud est en appui fixe (Fig. 8), les deux inconnues de liaison interviennent dans les équations
d’équilibre. Mais si le nœud est en appui mobile (Fig. 7), une seule inconnue intervient dans la
direction correspond au blocage. Ces équations permettent de calculer les réactions aux appuis si
celles-ci n’ont pas été obtenues par l’équilibre global du treillis.

Figure 8 : Equilibre d’un nœud A en appui fixe et d’un nœud D en appui mobile

Pour un treillis 2D, l’étude de l’équilibre sur n nœuds donne 2n équations. Trois situations peuvent
être observées :
• m + p = 2n : le treillis est isostatique, donc les efforts intérieurs ⃗⃗⃗
𝑁𝑖 peuvent être calculés et ne
dépendent pas du comportement des barres.
• m + p < 2n : le treillis possède des mobilités internes : il ne peut pas être en équilibre.
• m + p > 2n : le treillis est hyperstatique, donc les efforts intérieurs ne pourront être calculés
qu’après prise en compte de la déformation des barres.

2.3.3 Déformations des barres

Compte tenu du mode de sollicitation des barres, la contrainte est homogène (constante) dans chaque
barre. Si la barre i à un comportement élastique, caractérisé par le module d’Young Ei, une section Si
et une longueur initiale Li alors son allongement s’écrit :
𝑁𝑖 . 𝐿𝑖
∆𝐿𝑖 =
𝐸𝑖 . 𝑆𝑖

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2.3.4 Déplacement des nœuds

Il est admis que l’allongement d’une barre est lié aux déplacements ⃗⃗⃗
𝑢𝑖 . 𝑛⃗ de ses extrémités tel que :

⃗⃗⃗⃗⃗
𝐴𝐵
∆𝐿𝐴𝐵 = (𝑢 𝑢𝐴 ). ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
⃗⃗⃗⃗𝐵 − ⃗⃗⃗⃗ 𝑛𝐴𝐵 avec ⃗⃗⃗⃗⃗⃗
𝑛𝐴𝐵 =
⃗⃗⃗⃗⃗ ‖
‖𝐴𝐵

Figure 9 : Allongement d’une barre

2.3.5 Systèmes hyperstatiques

Pour des structures simples, les efforts de liaison et les efforts normaux de chaque barre peuvent
facilement être obtenus à l’aide des équations d’équilibre citées précédemment. Cependant dans le
cas d’un treillis hyperstatique (m + p > 2n), il est nécessaire d’ajouter des équations ou bien de
supprimer des inconnues pour rendre le système isostatique. En RDM, les équations de déformations
sont souvent utilisées comme équations supplémentaires. Un système peut ainsi être rendu isostatique
en remplaçant une inconnue de liaison par un effort F’ supposé connu en un point fixe tel que ⃗⃗⃗
𝑢𝑖 . 𝑛⃗ =
0 . La résolution du problème passe alors par la détermination de cet effort F’ à travers le
développement des équations de déformation.

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3 Travail à effectuer
Le travail à effectuer consiste à comparer trois démarches de résolution du comportement du treillis
en chargement :
- une démarche expérimentale,
- une démarche numérique,
- une démarche analytique.

3.1 Résolution analytique RDM :

Pour étudier le comportement du treillis, des efforts compris entre 0 et 2500 N avec des incréments
de 500 N seront appliqués sous trois configurations :

- au niveau du nœud A en laissant B libre,


- au niveau du nœud B en laissant A libre,
- simultanément aux deux nœuds A et B.
La structure du treillis peut être schématisée ainsi :
F E D C

A B
y

z
Figure 10 : Schéma de la structure

Ce système est-il isostatique ?


En supposant que les poutres sont reliées uniquement par des liaisons pivots : écrire les relations qui
permettent de calculer les efforts de liaison et les efforts normaux dans chaque barre.
En déduire les contraintes axiales et les déformations qui seront obtenu avec cette hypothèse au niveau
des jauges.

3.2 Travail expérimental :

Pour chacune des configurations présentées ci-dessus : relever les déformations des jauges ainsi que
les déplacements au niveau des nœuds A et B en fonction des efforts appliqués.

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3.3 Modélisation par éléments finis :

L’hypothèse des liaisons pivots sera reprise ici. Pour ce travail, une modélisation numérique de la
sollicitation de la structure en bois sera effectuée avec le logiciel Abaqus sous les configurations
suivantes :
- charge de 2500 N en A (FA = 2500 N ; FB =0),
- charge de 2500 N en B (FA = 0 ; FB =2500 N),
- charge de 2500 N en A et B (FA = 2500 N ; FB =2500 N).
En tenant compte des conditions aux limites, faire le calcul par éléments finis et relever :
- le déplacement des nœuds libres,
- les efforts intérieurs et les contraintes dans les barres
En déduire les déformations à l’emplacement des jauges, qui seront utilisées pour la comparaison
avec les précédentes méthodes.

3.4 Comparaison :
Pour chacune des démarches, montrer :
- la proportionnalité entre les efforts appliqués, les déformations et les déplacements
mesurés,
- le principe de superposition,
- l’importance des contraintes dues aux efforts normaux par rapport à celles dues au moment
fléchissant.

Comparer les résultats obtenus par les trois méthodes de résolution :


- les déformations obtenues à l’emplacement des jauges,
- les déplacements mesurés au nœuds A et B.

Quels sont les écarts observés et quelles en sont les origines possibles ?

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