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EXPLICATION DE VOTE

Loi du pays portant régulation des marchés


(rapport n° 138/GNC)

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Monsieur le président,

Mes chers collègues,

Le principe même des protections de marché ne fait pas débat. Il existe un consensus
historique pour favoriser le développement d’une industrie locale bénéficiant de mesures de
protection et les Républicains Calédoniens participent à ce consensus. Mais ce consensus ne
peut justifier tous les abus.

Tout au long des débats qui se sont déroulés en commission lors de l’examen de cette loi du
pays, quelque chose s’est dessiné très clairement derrière la présentation du gouvernement :
derrière le prétexte de l’encadrement des protections de marché, assorti de sanctions en cas de
non-respect des engagements, il s’agit en réalité d’obliger les entreprises à se conformer à une
doctrine de fermeture du marché calédonien.

Cette loi du pays sacralise en effet une économie repliée sur elle-même, à travers la mise en
place de rentes de situation par des protections excessives qui portent atteinte au libre choix
des consommateurs. Une économie fermée qui deviendrait en quelque sorte, la norme.

Nous, Républicains Calédoniens, ne pouvons adhérer à pareille vision de modèle


économique !

Toute atteinte à la concurrence porte en elle, à plus ou moins long terme, les ferments d’une
baisse de qualité au détriment du consommateur. Il n’est pas cohérent d’affirmer d’un côté
vouloir se battre pour faire baisser les prix ; et de l’autre côté, vouloir mettre en place un
système qui porte atteinte mécaniquement au pouvoir d’achat des Calédoniens.

Ce qui nous chaque dans cette loi, c’est le verrouillage total des marchés protégés qui, en plus
de la mise en place de taxes pour favoriser la production locale, va généraliser les
interdictions d’importations, comme venez de le faire sur les yaourts, au mépris de la liberté
de choix du consommateur.
Ce qui heurte également dans ce projet de loi, c’est la manière dont le gouvernement s’arroge
les pleins pouvoirs en matière d’instruction et de délivrance des protections de marchés ;
puisqu’il ne reconnaît pas à l’Autorité de la concurrence sa légitimité à se prononcer sur un
domaine qui relève pourtant de son strict domaine de compétence, et exclut les chambres
consulaires du processus d’instruction.

Il s’appuie pour cela sur un avis politique du Conseil d’Etat, qui ne tient pas compte de la
valeur ajoutée des travaux très documentés de l’Autorité de la concurrence, seule à même
d’analyser la légitimité d’une protection de marché en fonction des intérêts des
consommateurs.

Ce projet est très choquant, Monsieur le président Germain, parce qu’il est tout à fait
représentatif de votre système. Le système de Calédonie Ensemble : celui d’une économie où
le dirigisme et le favoritisme sont les deux piliers d’une politique qui privilégie les intérêts
particuliers au détriment de l’intérêt général.

En conséquence, les Républicains calédoniens s’opposeront fermement à ce texte malsain


pour l’économie, contraire aux intérêts des consommateurs, et qui prend les Calédoniens en
otages d’une politique clientéliste.

Vous l’aurez compris, notre groupe votera contre ce texte.

Je vous remercie.

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14 janvier 2019