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Chapitre II : L’inconscient

I-Définition de l’inconscient ; intérêt philosophique de l’inconscient

A)Définition (à connaître par coeur)

D’après Freud, l’inconscient est une instance de notre psychisme qui


indépendamment de notre volonté consciente et plus ou moins à notre insu
intervient dans notre conduite effective.

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Instance : synonyme de « parti », à utiliser dans un contexte abstrait.

Psychisme : plus ou moins synonyme « d’esprit » ; disons que le psychisme regroupe notre
pensée, nos sentiments, émotions...

Conduite : en psychologie, l’ensemble de nos actes et de nos pensées. En psychologie on


distingue le mot « conduite » et le mot « comportement ». Ce dernier terme étant réservé
aux actes directement observables.

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D’une manière plus intuitive, cette définition veut dire que nous avons quelque chose en
nous qui choisit à notre place ce que nous faisons et ce que nous pensons.

________________________________________________________Attention : ne jamais
confondre « l’inconscient » et « l’inconscience ».

« L’inconscience » a deux synonymes différents : c’est le synonyme de coma. C’est aussi la


conduite irresponsable de quelqu’un ne se rendant pas compte de ce qu’il fait.

« L’inconscient », comme sa définition figurant ci-dessus l’atteste, signifie tout autre


chose.

Mais attention : l’adjectif qualificatif « inconscient » s’applique simultanément à


l’inconscient selon Freud et aux deux sens du terme « inconscience » (il y a quelques
années, un sujet de dissertation avait joué sur ce point)

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B) Intérêt philosophique

De toute évidence, la définition de l’inconscient selon Freud s’oppose -du moins jusqu’à
un certain point- à la conception du libre arbitre développé dans le chapitre 1.
A titre de rappel, le libre arbitre dénote la conception philosophique selon laquelle j’ai le
libre choix de mes actes, sachant que c’est également à moi d’assumer l’entière
responsabilité de mes choix et de leurs conséquences.

Cette conception est évidemment contredite par l’idée que nous ayons en nous « quelque
chose » choisissant à notre place.

A ce propos, Freud laisse la célèbre citation suivante : « la découverte de


l’inconscient représente la troisième blessure narcissique et terminée de l’Humanité ».
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Narcissisme : amour propre exagéré

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Après avoir appris avec Copernic qu’il n’habite pas pas le centre de l’univers, avec Darwin
qu’il appartient à une espèce parmi d’autres ayant juste évoluée plus rapidement,
l’humain sait désormais qu’il n’est pas le maître dans sa propre maison.

Toutefois, d’après Freud lui-même, ces propos doivent être relativisés.

En effet, si l’inconscient intervient indépendamment de notre volonté consciente dans


notre conduite, cela ne veut pas dire que nous soyons dans tous les cas de figures les
marionnettes impuissantes de l’inconscient.

Bien au contraire, d’après Freud lui-même, l’inconscient peut certes nous compliquer la
vie, par exemple, en nous poussant à commettre un lapsus ridicule ou même
embarrassant (nous reviendrons sur ce point). Mais, cela ne veut pas dire que
l’inconscient nous dicte notre conduite en tout et pour tout. En ce qui concerne nos choix,
engageant notre responsabilité personnelle, nous verrons que la grande majorité des
humains conservent à ce niveau l’entière maîtrise de leurs actes. Seuls les psychotiques,
c’est à dire des patients atteints de maladies mentales que nous définirons plus tard,
peuvent éventuellement être comparés à des « marionnettes de leur inconsient ».

Ce qui précède nous mène à la problématique de départ de ce chapitre : « jusqu’à quel


point, l’inconscient représente t-il une négation du libre arbitre ?

Nous verrons que cette question exige une approche très nuancée

II-Un petit aperçu de la découverte de l’inconscient

Freud (né vers le milieu du XIXème siècle-mort à la veille de la seconde Guerre mondiale)
est au départ médecin, spécialisé en neurologie. A ce titre, il est amené à s’occuper d’un
grand nombre de patients – surtout de patientes – atteints d’hystérie.
Attention : le sens psychatrique du terme « hystérie » n’a rien à voir avec ce que le grand
public entend par là. En psychatrie, « hystérie » désigne une maladie assez grave, parfois
très grave dévellopant des symptomes tantôt psychiques, tantôt physiques, mais sans qu’il
yait de cause organique.

A l’époque qui nous intéresse ici, les années 1890 puis 80, la médecine ne peut rien contre
cette maladie : en effet, à cette époque, les médecins sont convaincus qu’une maladie
développant des symptômes physiques doit avoir une cause organique : infection
bactérienne ou les ions (les virus ne seront découvert que beaucoup plus tard). Puisque
l’hystérie n’a pas de cause organique, les médecins n’arrivent pas à l’expliquer. Ils
considérent donc l’hystérie systématiquement comme de la simulation ou de
l’hypocondrie. Pourtant, la gravité des symptômes – on va lister quelques cas
particulièrement graves de fausses grossesses, des paralysies caractérisés résistantes aux
tests de débusquage, hydrophobies caractérisées... – dénote clairement que l’hystérie ne
relève ni de l’hypocondrie, ni de la simulation.

Freud figure parmi les premiers médecins de son époque a réalisé que l’hystérie
représente une maladie très particulière dont l’origine reste à être découverte. Il entame
alors des recherches qui peu à peu l’amèneront à la découverte de l’inconscient.

Voici les principales étapes de la découverte de l’inconscient :

-Travaillant momentanèment avec le Docteur Charcot à la Salpêtrière, Freud constate que


Charcot soigne l’hystérie par l’hypnose, avec des résultats éphémères. Or l’hypnose est
une méthode purement psychique. Freud en tire la conclusion suivante : puisqu’une
méthode purement psychique tel que l’hypnose a un impact certes éphémère mais réel
sur les symptômes physiques de l’hystérie, ces derniers doivent avoir une origine
psychique. C’est la découverte des maladies psychosomatiques. De nos jours, ce concept
nous est familier mais à l’époque, il s’agit d’une découverte révolutionnaire.

- Analysant le dossier médical d’une patiente hystérique auparavant soignée grâce à


l’hypnose par le docteur Breuer, un confrère de Freud, ce dernier –aidé par Breuer- fait un
constat déterminant : sous hypnose, la patiente –Anna O.- se souvient de certains
épisodes de sa vie qu’elle ignorent à l’état de veille normale. Ces épisodes, remontant
souvent à la prime enfance de la patiente, représentent des liens avec ces symptômes.

Prime enfance : l’enfance précédant l’apparition de l’acquisition de la conscience au


second degré.

Ce qui précède nous donne déjà une première idée de l’inconscient : nous avons en nous
quelque chose que nous ignorons habituellement ; pourtant ces facteurs jouent un rôle
effectif quant à notre conduite, sachant que ce rôle est le plus souvent perturbateur.
-Pratiquant lui-même l’hypnose, avant de la remplaçer par une approche plus efficace –
l’association libre ; ce terme sera précisé durant la préparation de l’oral – Freud,
progressivement fait des découvertes supplémentaires concernant l’inconscient.

En simplfiant : chaque fois que notre conscience ne parvient pas à assumer quelque
élément insupportable concernant souvent sinon le plus souvent des problèmes d’ordre
sexuel, elle les refoulent. C’est à dire elle les éjectent tout en empêchant leur retour.
Pourtant, les élèments refoulés, même éjéctés de la conscience reste cachés en notre for
intérieur. Ainsi, l’inconscient se forme progressivement dès l’émergence de la conscience
au second degré vers l’âge de 2 ans et demi. C’est le fameux « complexe d’Oedipe » que
nous aborderons d’une manière plus détaillée pendant la préparation de l’oral

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Toute cette séquence II anticipe un peu sur la préparation de l’oral, tout en nous donnant
une certaine idée de la découverte de l’inconscient. Dans une dissertation, nous n’avons
pas besoin de cette séquence II ; ne pas surcharger inutilement une dissertation par ce qui
précède

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III-Jusqu’à quel point l’inconscient représente-t-il une remise en cause du libre arbitre

Problématique de départ

Dans la séquence I, nous avions vu que l’inconscient représentait une instance psychique
prennant des décisions à la place de notre volonté consciente mais nous avions également
précisé que nous n’étions pas pour autant les maionnettes impuissantes de notre
inconscient.

De manière plus intuitive, disons que l’inconscient peut nous compliquer la vie, dans
certains cas de figure de manière très sérieuses. Mais, cela ne veut pas dire que
l’inconscient tire dans toutes les circonstances tous les fils de notre existence.

D’où la problématique de départ concernant tout sujet de dissertation du type « Sommes-


nous maîtres de nos actes ? »

A)Psychopathologie de la vie quotidienne et psychopathologie proprement dite

D’après Freud, notre inconscient nous pose toujours des problèmes. Mais il distingue des
problèmes ponctuels qui parfois peuvent entraîner des conséquences fâcheuses mais sans
s’inscrire dans la durée et les problèmes chroniques. L’auteur, en revanche, désigne par
« la psychopathologie de la vie quotidienne » l’ensemble des problèmes provenant de
l’inconscient restant ponctuels.
Ces problèmes peuvent avoir des conséquences extrêmement graves, mais n’affectent en
rien notre libre arbitre ni notre sens des responsabilités.

Dans cette séquence A consacré à la psychopathologie de la vie quotidienne (c’est


également le titre d’un ouvrage majeur de Freud), nous étudions essentiellement les trois
phénomènes nommés « lapsus révélateur », « mots d’esprit » et « actes manqués ».

Pour simplifier, nous y ajoutons un quatrième phénomène, le rêve.

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Une étude plus approfondie de l’inconscient exigerait une séquence exclusivement


consacrée au rêve. Mais en terminale, cela nous ménerait trop loin.

Notons toutefois que Freud traite le rêve, non pas dans la psychopathologie de la vie
quotidienne mais dans un ouvrage à part, l’interprétation des rêves, un autre grand
classique de la psychanalyse.

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1) Lapsus et lapsus révélateur

En tant que phénomène langagier, le lapsus est connu et décrit depuis l’Antiquité : ils
s’agit d’une légère déformation d’un mot effectivement enoncé.

Traditionnellement, on explique le lapsus par la distraction, l’inattention, le stress..., ou


simplement par le hasard. Freud ne nie pas le rôle joué par ces facteurs, mais estime que
ces derniers ne suffisent pas pour expliquer le phénomène dans toute son ampleur. En
effet, si le lapsus était uniquement une question de distraction, de stress, bref de hasard, il
n’aurait aucuns sens dans l’immense majorité des cas.

Exemple : dire « laison » à la place de « maison » transforme un mot ayant un sens en


simple sonorité dépourvue de sens.

Mais très souvent, le lapsus a un sens et de surcroît, un sens embarassant pour


l’énonciateur et/ou son entourage, fréquemment un sens à connotation sexuelle.

Selon Freud, ce type de lapsus embarassant constitue une preuve indirecte, mais très
convaincante de l’existence de l’inconscient. D’un côté, de toute évidence, l’énonciateur
ne fait pas le choix de se ridiculiser, peut-être à tout jamais. « Quelque chose » a donc fait
ce choix à la place de l’énonciateur. Puisque ce « quelque chose » appartient au monde
intérieur de l’énonciateur, il s’agit de son inconscient. D’autre part, nous avons vu plus
haut que l’inconscient était essentiellement peuplé par des éléments à caractère sexuel
insupportable pour la conscience qui de son côté refoulait ce qu’elle ne pouvait pas
supporter. La connotation embarrasante/sexuelle d’un nombre important de lapsus
indique ainsi que c’est l’inconscient qui s’exprime par cette voie étant donné que ce
phénomène exprime quelque chose de caché dans notre inconscient, Freud le qualifie de
« lapsus révélateur ».

Très important pour la dissertation : bien que le lapsus révélateur se produise


indépendament de notre volonté, ce phénomène en tant que tel ne remet pas en cause
notre sens des responsabilités, ni le libre arbitre.

2)« le mot d’esprit »

Bien entendu, « avoir de la répartie » est en principe un atout. C’est la capacité de


retourner une moquerie, mettant les rieurs de son propre côté. Pourtant, la répartie au
sens habituel du terme reste un phénomène contrôlée lorsque l’énonciateur sait que sa
répartie serait déplacé, il est parfaitement en mesure de se retenir. Mais comme nous
venons de le dire, le « mot d’esprit » selon Freud se produit malgré l’énonciateur :
quelque chose en lui prend donc cette décision à sa place. Aux yeux de Freud, ce point
représente une autre preuve indirecte mais convaincante de l’existence de l’inconscient.

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La tournure « mot d’esprit » est une création plutôt artificielle due aux deux principaux
traducteurs de Freud : Pontalis et Laplanche afin de transcrire tant bien que mal le terme
allemand « Witz » intraduisible dans notre conscience.

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Avant de passer à l’exemple de « mot d’esprit » fourni par Freud lui-même, considérons
d’abord le cas de figure suivant : un jeune cadre vient de débuter dans une entreprise ;
pour l’instant, il se trouve donc en période d’essai, autrement dit peut-être licencié à tout
moment sans que l’entreprise n’ait à se justifier.

Convié à une soirée du PDG, ce cadre est la victime d’une plaisanterie quelque peu
déplaçé que le PDG se permet à son égard. Sans parvenir à se contrôler, le jeune cadre
lâche alors des propos mettant les rieurs de son côté. Il a maintenant toutes les chances
d’être licencié sans d’autres procédures.

Freud avance un autre exemple qu’il vaut mieux connaître en vue de la dissertation et
surtout dans la préparation de l’oral de rattrapage.

De nouveaux riches – en fait Freud suggère indirectement qu’il s’agit plutôt de deux
gangsters, de toute façon, de personnes dangereuses – veulent se faire admettre par la
bonne société viennoise. Contrairement à ce qu’on pourrait attendre, la bonne société,
dans l’ensemble accepte les invitations venant de ces deux personnages douteux.
Manifestement, ces derniers inspirent une certaine crainte ; mieux vaut ne pas attirer leur
colère.
Lors d’une réception organisée par les deux gangsters, un critique d’art aperçoit leurs
portraits accrochés côte à côte. Le critique d’art laisse alors échapper l’exclamation « Mais
où est donc le Christ ? ».

De nos jours, cette exclamation doit être expliquée : d’après la tradition chrétienne, le
personnage historique Jésus/Le Christ a été crucifié entre deux criminels de droit
commun. A travers son exclamation, « mais où est donc le Christ », le critique d’art traite
donc ses hôtes de criminels (notons qu’à l’époque de l’épisode, entre 1900 et 1910, le
catholicisme est la religion d’Etat de l’Autriche où le catéchisme est donc obligatoire dans
les écoles). Ainsi, l’assistance comprend spontanément le sens caché de cette
exclamation.

Selon Freud, il s’agit une fois de plus d’une expression de l’inconscient. Tout d’abord, le
critique d’art, en tant qu’invité, sait qu’il doit un minimum de respect à ses hôtes. Mais
surtout, répétons qu’il vaut mieux éviter la colère de ces deux gangsters. L’exclamation
s’est donc produite à l’encontre de la volonté du critique d’art. Autrement dit, quelque
chose en lui a pris cette décision à sa place.

3)L’acte manqué

L’acte manqué est une omission se produisant de manière absolument innatendue, au


plus mauvais moment possible.

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Omission : Oubli de faire quelque chose

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L’exemple standard est l’élève modèle ne sortant jamais sans sa carte d’identité mais qui
l’oublie juste le jour du bac.

L’acte manqué est la modalité d’expression de l’inconscient la plus connue du grand


public. Pourtant, c’est le cas de figure le moins convaincant. Contrairement au lapsus
révélateur et aux mots d’esprit – phénomènes que l’on ne pourrait pas expliquer sans
présupposer l’existence de l’inconscient-, l’acte manqué ne permet pas de faire la part
exacte de l’inconscient et d’autres facteurs tels que la distraction, le stress...

4) Le rêve en tant que « voie royale de l’exploration de l’inconscient

Selon Freud, le phénomène absolument courant du rêve représente une voie privilégiée
pour l’investigation non seulement de l’inconscient en tant que tel, mais encore et surtout
de sa structure

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Structure de l’inconscient : à sa manière, l’inconscient est organisée mais cette
organisation est très différente de ce que nous entendons habituellement par là. D’après
Freud, le rêve fourni des renseignements très précieux concernant cet état d’organisation
très spécial.

D’une manière très simplifiée, l’étude de la structure de l’inconscient à partir du rêve nous
permet notamment de mieux comprendre certaines maladies mentales regroupées sous
le généric psychose. Nous reviendrons brièvement sur ce point

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Tout d’abord, l’inconscient représente une preuve indirecte mais particulièrement


convaincante de l’existence de l’inconscient. En effet, lorsque nous faisons un rêve, nous
ne l’avons pas décider. Quelque chose en nous a donc pris cette décision à notre place. Il
en est de même pour le contenu du rêve. Nous ne décidons pas de quoi nous allons rêver.
Donc là encore, la décision vient d’une instance intérieure agissant indépendamment de
notre volonté.

Enfin, les « images » défilant devant nous pendant le rêve ne viennent certainement pas
de l’extérieur. Elles sont donc stockées quelque part en nous. Ainsi, le rêve, par sa seule
existence prouve indirectement l’existence de l’inconscient.

D’autre part, le rêve – à l’exception du cauchemar ; ce phénomène diffère essentiellement


du rêve en sa forme habituelle qui nous intéresse ici ; dans une dissertation, ne pas
évoquer le cauchemar – ne ressemble pour ainsi dire jamais à une sorte de film réaliste.
Au premier abord, nous dirions que le rêve n’observe aucune logique. En fait, des analyses
plus poussées du phénomène indiquent que le rêve suit une logique, sachant toutefois
que cette logique est très différente de ce que nous entendons par là. En effet, dans le
rêve, les « images » se condensent, se superposent, s’associent et se dissocient selon des
schémas récurrents que notre conscience ne pourrait pas considérer comme logique.

Par conséquent, le rêve nous indique clairement que dans l’inconscient, les élèments
refoulés s’embrouillent, autement dit forment des complexes.

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Au départ, l’adjectif qualificatif « complexe » est tout simplement synonyme


d’ « embrouillé ». Ce n’est que suite à la psycanalyse freudienne que cet adjectif
« complexe » donne naissance au nom commun « un complexe ».

En psychanalyse, le nom commun complexe, comme nous venons de le remarquer plus


haut, désigne un agglomérat embrouillé/inextricable d’élèments refoulés. En raison de l’
aspect embrouillé/inextricable du complexe, des notions telles que complexe de
supériorité, complexe d’infériorité, avoir des complexes... véhiculés par le langage/le
grand public représentent un contresens (Freud n’a jamais utilisé des tournures telles que
complexe de supériorité/d’infériorité... ; ces formulations proviennent d’Adler, un disciple
de Freud entré en dissidence et dont l’oeuvre n’a pour ainsi dire rien à voir avec celle de
Freud).

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Dans notre contexte, retenons juste qu’un inconscient peuplé de complexes tels que nous
venons de les définir joue nécessairement un rôle perturbateur.

Notons enfin que le rêve nous fournit une certaine idée concernant l’univers des patients
psychotiques (la psychose, une famille de maladies mentales extrêmement graves sera
définie plus tard).

En effet, les dessins qu’on demande à des psychotiques d’effectuer pour des raisons
essentiellement thérapeutiques ressemblent de très près au rêve des personnes
normales. La seule différence est que les personnes normales savent qu’un rêve est un
rêve, tandis que pour les psychotiques, cette expression de l’inconscient représente la
réalité.

B) Psychopathologie proprement dite

Les problèmes psychiques, en rapport avec l’inconscient, que nous abordons maintenant
sont inscrits dans la durée. On doit donc les considérer comme des pathologies à part
entière, et non pas comme des troubles ponctuels.

Les pathologies psychiques liées à l’inconscient comportent deux niveaux de gravité, on


distingue ainsi la névrose (handicapante mais moins grave) et la psychose (gravissime).

1)La névrose

En première approximation, on explique la névrose par une pression accentuée de


l’inconscient sur la conscience, sachant toutefois que le patient névrosé 1) reste
parfaitement conscient de sa propre identité, 2) vit dans la réalité communément admise
et 3) conserve entièrement le sens de ses responsabilités.

La névrose s’exprime notamment par une conduite compulsive (le patient ne peut pas
s’empêcher à commettre des actes allant à l’encontre du bon sens) et par des phobies
caractérisées (c’est-à-dire des peurs à la fois démesurées et parfaitement injustifiées).

Considérons les deux exemples d’agoraphobie et de phobie des ascenseurs.

Le premier cas de figure empêche le patient de traverser des places publiques d’une
certaine étendue. Ces patients déclarent qu’ils ne ressentent aucune difficulté pour
traverser une rue, même si cela représente un certain danger. En revanche, une peur
inexpliquable mais insurmontable les empêche de traverser une place, même si cette fois-
ci, il s’agit d’une zone piétonne ne représentant aucun danger.
Les patients atteints de la phobie des ascenseurs savent que l’utilisation de ce dispositif
est infiniment moins dangereuse qu’un simple déplacement en voiture. Et pourtant, ces
patients, si ils prennent le volant, sans appréhension particulière, sont tout simplement
incapables de monter dans un ascenseur.

[[Très important pour la dissertation]] Mais attention, ces patients sont parfaitement
conscients de leur handicap. Certes, ce handicap n’est pas de leur faute. Mais si ces
patients font le choix de ne pas tenir compte de leur handicap dont ils sont parfaitement
conscients, ils assument l’entière responsabilité de ce choix et de ses éventuelles
conséquences.

Exemple : Admettons qu’un commercial soit atteint de la phobie des ascenseurs. Au cas
où sa société l’envoie négocier au 30ème étage d’une tour de la Défense, ce commercial,
cachant son handicap à sa direction, assumerai la responsabilité de son choix et de ses
conséquences : la perte du contrat escompté par la société.

Le cas de ce commercial ressemblerai à celui d’un pilote de ligne soudainement atteint de


vertiges et qui cacherai à son tour son handicap à sa direction. Bien entendu, ce n’est pas
la faute du pilote d’avoir des vertiges. L’apparition de ce problème, bien au contraire
représente une tragédie personnelle pour le pilote mais, au cas où son choix de cacher son
handicap entraînera 180 passagers et membres d’équipages dans sa mort, il en porterait
l’entière responsabilité.

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Dans une dissertation, utiliser systématiquement cet exemple du commercial pour


montrer que l’inconscient, certes fait des choix à notre place, mais sans que cela veuille
dire « que nous ne sommes pas responsables de nos actes ».

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2)La psychose

En première approximation, on considère la névrose comme une conscience entièrement


envahie par l’inconscient. Le patient vit donc dans une sorte de rêve chronique qu’il prend
pour la réalité.

Dans une perspective freudienne, la psychose comprend notamment la schizophrénie, la


paranoïa aïgue et la mélancolie caractérisée.

En simplifiant, la schizophrénie consiste en une alternance d’apparentes normalités et


d’états hallucinatoires et délirants

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Hallucination : Perception de quelque chose d’inexistant.


Attention, dans une dissertation, ne pas réduire l’hallucination à la seule vision. Le
phénomène concerne tous les canaux sensoriels (la vue, l’odorat, l’ouïe, le toucher, à
l’exception peut-être du goût).

Les patients, certes voient des personnes ou objets inexistants mais entendent aussi des
voix, sont convaincus que quelqu’un d’inexistant leur a tapé sur l’épaule...

Délire : Raisonnement/Stratégie impeccable dédié à la résolution d’un problème


inexistant, provenant souvent, mais pas toujours d’hallucinations.

Exemple : voir l’explication de la paranoïa aïgue

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La paranoïa aïgue consiste en la conviction intime du patient d’être persécuté.

L’exemple classique reste la personne « persécuté par le KGB », bien que ce service secret
de l’ex-U.R.S.S soit dissolu depuis plus de 25 ans.

Cette forme de psychose s’exprime à son tour par un mélange d’hallucinations et de


délires. D’un côté, le patient « voit » les agents secrets qui le persécutent, « entend » les
détonations de leurs revolvers... D’autre part, le patient développe des stratégies très
pertinentes en soi pour contrer la persécution : convaincu par exemple que les écrans de
télévision ont été inventés pour y camoufler des caméras de surveillance, le patient
réfléchit si il doit rester à l’écart de son écran. « Réalisant » que ce comportement
atypique pourrait attirer l’attention et les soupçons du KGB, il décide alors de se montrer
très naturel devant l’écran, tout en évitant tout ce qui pourrait le compromettre.

Ce qui précède représente un exemple type de délire.

Enfin, la mélancolie caractérisée, si elle n’est pas soignée aboutie fatalement au fait divers
suivant que nous trouvons régulièrement dans la presse : le patient tue son entourage,
notamment ses proches avant de se suicider, génèralement sans se rater. En effet, à
travers ces hallucinations, et/ou délires, le patient perçoit le monde comme une sorte
d’enfer. Ne supportant plus cet enfer, le patient ne veut pas y abandonner ses proches
d’où ce meurtre collectif, suivi d’un suicide.

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Par monsieur R Dubreuil