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PARIs. –IMPRIMERIE DE CASIMIR,
Rue de la Vieille-Monnaie, n° 12.
A
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G RAMMAIRE
FRANÇAISE,

AUGUSTE BESSIÈRES.

10arig,
AUGUSTE DELALAIN, LIBRAIRE,
RUE DE s MATHURIN s s A INT-JACQUE s, N° 5.

BRUNOT-LABBE, LIBRAIRE DE L'UNIVERSITÉ,


QUAI DEs AUGUSTINs, N" 33.

1854, --
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A MES ÉLÈVES
DE L'INSTITUTION

IDe ſtlab emtoie elle 2llir,


42ae a% %4y, .%*ag.

MESDEMoIsELLEs,

Je vous offre le résumé de nos leçons de


Grammaire; si vous daignez en agréer l'hom
mage, ce sera la plus douce récompense de
mon travail. Je l'offre aussi à Mademoiselle
Alix : vous ne voulez pas que je vous sé
pare de celle qui est pour vous une seconde
mère.

Aº BESSIÈRES.

Paris, le 1er janvier 1834.


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AVERTISSEMENT.

APRÈs tant de Grammaires, encore une Gram


maire ! Celles qui ont paru jusqu'à ce jour ne suffi
saient-elles donc pas aux besoins de la langue ?
n'ont-elles pas suffi à nos meilleurs écrivains ? Les
Grammairiens qui nous ont précédé n'ont-ils pas
dit tout ce qu'il fallait dire, et pouvons-nous
mieux faire que de répéter ce qu'ils ont dit ?
Aussi l'ouvrage que nous offrons aux Écoles
est-il moins notre propre ouvrage que celui de
nos devanciers (1).
Cependant, quoique nous ayons, pour ainsi
parler, copié nos maîtres; quoique nous nous en
soyons rapproché autant qu'il nous a été possible,
nous n'avons pas laissé de mous en écarter toutes
les fois qu'il s'est présenté à nous quelques vues
nouvelles ou que nous avons pu rendre plus clair
et plus facile ce qu'ils nous avaient enseigné.

(1) Entre les grammairiens que nous avons consultés avec


le plus de fruit, nous devons nommer, après Condillac,
Domergue, Wailly, MM. Lemare, Girault-Duvivier, Boni
face, Bescher , Darbois, Darjou , Levi , Marle, Boussi ,
Dessiaux, Pompée.
viij AV E R T IS S E M E N T.

Dans cette Grammaire, les matériaux sont donc


les mêmes que dans les autres Grammaires : eh !
comment en serait-il autrement, puisque depuis
près de deux siècles notre langue n'a varié ni
dans ses élémens ni dans leur disposition ? Mais
peut-être avons-nous présenté ces premiers rudi
mens invariables d'une manière mieux appropriée
à l'intelligence des Élèves. Tel a été notre but ;
telle est notre unique ambition.
Cette Grammaire est divisée en trois parties :
Dans la première se trouvent, avee tous les dé
tails nécessaires ou utiles, toutes les espèces de
ImmOtS. e ' -- ' -- · • -

La seconde, après l'exposition des principales


difficultés de notre orthographe, donne les moyens
de les surmonter; elle contient aussi un exposé suc
cinct des règles de la ponctuation. . , -

La troisième est consacrée à l'application des


principes; elle doit justifier la définition mise en
tête de cet ouvrage : La Grammaire est la science
qui apprend à bien parler et à bien écrire les lan
gues. Cette troisième Partie est donc une sorte de
traité de l'art d'écrire, une étude raisonnée de
ce qu'il y a de plus parfait dans nos grands écri
vains. J'ai cherché à surprendre leur secret pour
le communiquer aux Élèves ; je me suis placé,
si j'ose le dire, entre le génie et ceux que son
flambeau doit éclairer. . · ·•
Et, comme la poésie est la partie la plus bril
AV E R T1 S S EME N T. ix

lante des langues, j'ai dû, en écrivant sur la langue


française, ne pas négliger les règles de sa versi
fication. : , , -

J'ai cru enfin être également utile aux Maîtres


et aux Élèves en terminant par une série de
questions dont chacune trouvât sa réponse dans
quelqu'un des articles déjà expliqués et bien com
pris. Un même numéro précède les questions et
les articles qui leur correspondent. . -

Parmi les Élèves, les uns, très-jeunes, sont en


core étrangers à tout principe de Grammaire ;
d'autres, plus âgés ou d'une intelligence plus soi
gnée, ont déjà une première idée de ces principes ;
d'autres enfin sont non-seulement en état de les
comprendre, mais de sentir et d'apprécier la jus
tesse de leur application.
A ces trois sortes d'Élèves les mêmes questions
ne sauraient convenir. Aux premiers s'adressent
les questions précédées d'un numéro ; aux se
conds, les questions des premiers et celles qui
sont précédées d'un numéro suivi d'un astérisque ;
aux troisièmes, les questions précédées d'un nu
méro suivi de deux astérisques, et toutes celles
qui s'adressent aux premiers et aux seconds.
Si nous avons cité beaucoup d'exemples, c'est
moins pour les Élèves que pour le Professeur.
Celui-ci sera bien aise d'avoir en quelque sorte
sous la main une matière très variée et toute
X
X A VERT IS SEM EN T.

prête pour montrer dans chacun de ces exemples


les règles qui en ont été déduites.
On ne trouvera pas dans ce livre une partie spé
cialement consacrée à la Syntaxe. La Syntaxe est
disséminée dans tous les chapitres. Dans tous, et
à mesure que le besoin s'en fait sentir, nous éta
blissons les règles qui ordonnent le discours.
Extraite d'un ouvrage plus considérable, cette
Grammaire n'eût pas encore vu le jour; mais les
jeunes personnes auxquelles elle est particuliè
rement destinée ont désiré qu'elle parût incessam
ment. Des mères qui s'occupent elles-mêmes de
l'instruction première de leurs enfans ont témoigné
le même désir; et des Professeurs aimés autant
qu'estimés du public, nous ont assuré que cet
ouvrage serait utile, qu'il leur serait utile.
J'ai cédé à ces considérations peut-être avec trop
de facilité. -

Quoi qu'il en soit, j'espère que le public me


tiendra compte de l'intention qui a présidé à mon
travail. ll est bien imparfait, je le sens; j'attends
beaucoup d'une critique éclairée et bienveillante
pour lui donner une partie de ce qui lui manque.
GRAMMAIRE
FRANÇAISE.
#$$ $$$ $$$$$ $#3$#$

NOTIONS PRÉLIMINAIRES.
A

1. ON nomme grammaire la science qui apprend à


bien parler et à bien écrire les langues.
2. La grammaire est générale lorsque ses principes
sont communs à toutes les langues et s'appliquent à
toutes les langues ; elle est particulière lorsque ses
principes ne sont propres qu'à une seule langue et ne
s'appliquent qu'à une seule langue.
5. Pour bien parler une langue, il faut connaître les
mots qui la composent, les règles d'après lesquelles ils
doivent être employés, et la manière dont ils se pro
nOnCent.

4. Pour bien écrire une langue, les deux premières


conditions sont indispensables ; la troisième, la pro
nonciation des mots, ne l'est pas. On peut bien écrire
en français, en anglais, et mal prononcer ces deux
langues.
Mais si, pour bien écrire une langue, il n'est pas né
cessaire de la bien prononcer, il est nécessaire d'en
savoir l'orthographe.
L'orthographe comprend et la connaissance des lettres
I
2

qui forment chaque mot et les changements de termi


naison qu'éprouvent ces mots dans le discours.
5. Le nombre des mots qui entrent dans la compo
sition d'une langue, de la langue même la plus pauvre,
sont en très grand nombre.
Pour se reconnaître au milieu de tant de mots, pour
ne pas confondre ceux qu'il importe de distinguer, on
les a distribués en classes ou espèces.
6. Dans la langue française on compte huit de ces
classes ou espèces de mots : le substantif, l'adjectif,
le pronom, le verbe, l'adverbe, la préposition, la
conjonction, l'exclamation.
7. Le substantif désigne ou une substance réelle,
comme livre, ou une substance fictive, comme vertu.
8. L'adjectif remplit une double fonction : tantôt
il ajoute une qualité au substantif, comme heureux
dans mortel heureux; tantôt il restreint l'étendue de
la signification du substantif en lui donnant une déter
mination précise, comme ce et mon dans ce livre,
mon chapeau.
9. Le pronom remplace dans le discours un ou plu
sieurs autres mots qu'il serait peu élégant de répéter.
Ainsi dans cet exemple : C'est un méchant métier que
celui de médire. Le pronom celui remplace ces mots
le métier.
10. Tout mot qui exprime la manière d'étre ou
d'agir, l'état ou l'action des personnes et des choses
est appelé verbe.Ainsi dans : Il est sage; nous chan
tons, vous dansez. Est, chantons, dansez, sont des
verbes.
11. L'adverbe modifie ou un verbe, comme partir
3

bientôt; ou un adjectif, comme très malade; ou un


autre adverbe, comme très dangereusement malade.
12. La préposition exprime un rapport entre deux
mots, comme : aller à Paris, bonté de Dieu, homme
de génie.
15. La conjonction joint ou deux mots entre eux,
comme : vous et moi ; ou deux membres d'une même
phrase, comme :
A ses tristes sujets elle a fait ses adieux,
Et son âme innocente a monté vers les cieux !

14. L'exclamation s'interjette dans le discours pour


donner plus de vie à l'expression du sentiment dont
l'âme est affectée, comme :
O vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées !

15. Les mots des quatre premières espèces va


rient dans leurs terminaisons : ils sont appelés varia
bles ; ceux des quatre dernières sont invariables.
CHAPITRE PREMIER.

DU SUBSTANTIF.

1. LEs mots qui nomment des substances réelles,


matérielles, c'est-à-dire des substances qui tombent
sous les sens, telles que homme, arbre, maison,
chemin, rivière, sont appelés substantifs.
Sont aussi, par extension, appelés substantifs les
mots sagesse , probité, honneur, vertu, cou
rage, etc., quoique n'exprimant aucune substance
réelle.
2. Il y a trois sortes de substantifs : le substantif
propre, le substantif commun, le substantifpersonnel.
5. SUBsTANTIF PRoPRE. Tous les substantifs n'ont pas
une signification d'égale étendue, ils ne conviennent
pas tous à un égal nombre d'êtres, d'individus; ceux
qui ne conviennent qu'à un seul individu, comme :
Voltaire, Fénelon, Paris, etc., ont été nommés
substantifs propres.
4. SUBsTANTIF coMMUN. Les substantifs qui con
viennent à plusieurs êtres sont appelés communs.
Ces substantifs ont plus ou moins d'étendue dans
leur signification; ils sont communs à un plus grand ou
à un plus petit nombre d'êtres, comme on le voit dans
les exemples suivants : animal, quadrupède, cheval,
5

andalous, où l'étendue va toujours en diminuant de


puis le premier substantif animal jusqu'au dernier
substantif andalous. -

5. SUBSTANTIF PERsoNNEL. Le substantif personnel


désigne des personnes ou des êtres personnifiés.
Ce substantif exige quelques développemens parti
culiers ; il en sera traité bientôt avec détail.

6. Dans les substantifs, on distingue le genre et le


nombre.

DU G EN RE.

7. La nature a fait deux parts de tous les êtres


animés : elle les a divisés en mâles et en femelles.
Cette division naturelle a fourni à la grammaire l'oc
casion d'établir deux genres, le masculin et le fémi
nin. Les substantifs homme, frère, lion, cerf, coq,
ont été du genre masculin : femme, sœur, lionne,
biche, poule, ont été du genre féminin.
8. Pour désigner le mâle et la femelle d'une même
espèce, nous avons souvent un mot unique, variable
dans sa terminaison : cousin, cousine, chat, chatte. .
Souvent aussi nous avons deux mots différents : cerf,
biche; coq, poule ; mais plus souvent encore nous
n'avons qu'un même mot, qui est ou toujours employé
au masculin, comme : un renard, un rossignol, un boa,
un brochet, ou toujours employé au féminin, comme :
une souris, une alouette, une vipère, une baleine. Dans
ce dernier cas, on ajoute au substantif le mot mâle
ou le mot femelle ; et l'on dit : un renard mâle ,
6

un renard femelle; une souris mâle , une souris fe


melle, etc.
9. On en use de même àl'égard des planteset des fleurs
qui, jouissant de la vie, se rapprochent des êtres animés :
ainsi on dit de certaines plantes et de certaines fleurs :
plante mâle, plante femelle; fleur mâle, fleur femelle.
10. Quant aux substantifs qui nomment des sub
stances matérielles, mais non vivantes, non animées,
comme : pierre, crayon, plume, ou des substances
immatérielles, comme plaisir, peine, courage ; l'igno
rance et le caprice, plus que la raison, leur ont im
posé l'un ou l'autre genre.
11. On remarque cependant que ceux de ces substan
tifs qui expriment quelque idée de supériorité, de force,
de grandeur, etc., sont assez généralement du masculin ;
et que ceux qui, comparés aux premiers, expriment
quelque idée d'infériorité, de faiblesse ou de grâce,
de beauté, etc., sont du genre féminin. -

D'après ce qui précède : f' ,

12. Le genre, en grammaire, est un terme qui


exprime la distinction des substantifs en masculins et
en féminins. -• *
· · · · :

DU NoMBRE. • «

15. Quoiqu'il y ait une infinité de nombres, un,


deux, trois, quatre, etc., la grammaire n'en reconnaît
que deux, le singulier et le pluriel. : o Je …
Le singulier se dit d'un seul être, cheval, maison;
le pluriel se dit de plusieurs êtres : chevaux, maisons.
14. Les substantifs ont ordinairement au pluriel une
7

terminaison différente de celle qu'ils ont au singulier :


le livre, les livres; le mal, les maux; le ciel, les
cieux. Cette différence dans les terminaisons suffit pour
faire distinguer les deux nombres.
15. Le nombre, dans les substantifs, consiste dans
l'unité ou la pluralité déterminées, pour la plupart de
ces substantifs, par leurs finales.

16. Formation du pluriel dans les substantifs.


PREMIÈRE RÈGLE. Les substantifs propres n'ont pas
de pluriel, à moins qu'ils ne cessent d'être l'expression
d'un seul individu pour en désigner plusieurs ayant les
mêmes qualités, comme : Grâce aux institutions mo
dernes des peuples civilisés, ni les Alexandres ni
les Nérons n'affligeront plus l'humanité.
Alexandre et Néron sont au pluriel, parce qu'on veut
dire que les conquérants comme Alexandre et les
monstres comme Néron deviendront de plus en plus
l'al'62S, -

IVota. Il serait plus raisonnable de ne jamais écrire


les substantifs propres avec le signe du pluriel.
DEUXIÈME RÈGLE. Les substantifs communs terminés
au singulier par un s, ou un x, ou un z, comme : un
succès, une noix, un nez, s'écrivent de la même ma
nière au pluriel, Les autres substantifs communs
forment leur pluriel en ajoutant un s à la fin du sin
gulier : une table, des tables ; un plaisir, des plai
sirs; une sœur, des sœurs; un gant, des gants; une
dent, des dents.
IVota. Les substantifs qui finissent par ant ou ent,
8

tels que enfant, mouvement, s'ils sont formés de plus


d'une syllabe, ne gardent pas le t au pluriel : ainsi
l'on écrit des enfans, des mouvemens.
EXC E P T I O N S.

I". Les substantifs terminés au singulier par eau ,


eu, comme agneau, feu, ajoutent un x pour former
le pluriel au lieu d'un s; bleu a son pluriel régulier,
bleus. --

II°. Les cinq substantifs chou, genou, caillou,


hibou, pou, sont les seuls terminés en ou qui
prennent encore un x au lieu d'un s pour former le
pluriel.
III°. Les substantifs terminés en al, comme : cheval,
ne conservent pas le l au pluriel ; cette lettre y est
remplacée par ux : cheval, chevaux ; général, gé
méraux. Aval, bal, cal, carnaval, nopal, pal, régal
et les noms d'animaux de cette terminaison s'écrivent
régulièrement au pluriel; ils font : avals, bals, cals,
carnavals, nopals, pals, régals, chacals, servals, etc.
IVe. Ail s'écrit au pluriel aulx, bétails'écrit bestiaux.
Sept autres substantifs terminés en ail, qui sont bail,
corail, émail, plumail, soupirail, ventail, travail, ne
conservent pas le l au pluriel et le remplacent par ux :
baux, coraux, émaux, etc. Tous les autres substantifs
terminés en ail forment leur pluriel régulièrement,
éventail, éventails.
V°. Un grand nombre de substantifs communs of
frent des difficultés dans la formation de leur pluriel :
ce sont les substantifs qui se composent de plusieurs
9

mots unis par un trait d'union, tels que : tête-à-tête,


avant-goût, bain-marie. Les difficultés qu'offrent ces
substantifs proviennent des différentes espèces de mots
dont ils se composent. Voyez, pour la règle à observer,
la Table, article SUBSTANTIFs coMPosÉs.

17. Remarques sur le Genre des Substantifs


suivants.

Aigle signifiant enseigne, armoirie, devise, constel


lation, est féminin; il est aussi féminin s'il exprime la
femelle d'un oiseau de proie. Ces cas exceptés, ce
substantif est toujours masculin.
Les aigles romaines se montrèrent triomphantes dans presque
toutes les parties du monde connu.
L'aigle femelle aime ses petits avec tendresse; elle les protège
et les défend avec la plus grande intrépidité.
L'aigle, fier, courageux, est roi des habitants de l'air.
Il est aisé à un homme habile de passer pour un aigle parmi
les ignorants.

Amour. Ce mot, tant au singulier qu'au pluriel, est


employé dans les deux genres par nos meilleurs auteurs.
Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour. (RACINE.)
Et soudain renonçant à l'amour maternelle,
Sa main avec horreur les repousse loin d'elle. (RACINE.)
Il fallut oublier. .. .. .. .. .

Et mes premiers amours et mes premiers sermens. (VoLTAIRE.)


Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours? (RACINE.)
Cependant quelques grammairiens modernes en
seignent que ce mot n'est plus féminin qu'au pluriel et
dans le sens de passion : ils ont contre eux les exemples
que nous venons de citer, et bien d'autres.
IO

Amour est toujours masculin lorsqu'il exprime les


enfans de Vénus :
Les amours légers et riants sont des tyrans dangereux. (GIRARD,
LÉvIzAC, WAILLY.)

Couple est masculin quand il désigne deux êtres


animés ou supposés tels, unis par la volonté, par un
sentiment quelconque, ou envisagés comme propres à
agir volontairement et de concert.
Certain couple d'amis, en un bourg établi,
Possédait quelque bien. (LA FoNTAINE.)
Pauvres gens! idiots! couple ignorant et rustre! (LA FoNTAINE.)
Le mot couple est féminin quand il désigne seu
lement deux êtres de la même espèce, unis acciden
tellement, sans qu'ils aient volontairement participé à
cette réunion, ou sans qu'ils aient pu y participer vo
lontairement, n'étant pas animés.
Une couple d'œufs.—Une couple de boîtes de confitures.
(ACADÉMIE.)

Délice est masculin au singulier, et féminin au pluriel.


C'est pour un bon cœur, un grand délice, que de pouvoir faire
toujours le bien.
J'ai fait long-temps de la lecture de Robinson Crusoé mes plus
chères délices.

J.-J. Rousseau a fait ce mot masculin au pluriel.


Un de mes plus grands délices était surtout de laisser toujours
mes livres.

Et il a eu raison à cause du masculin un qui com


mence la phrase.
Élève. Ce mot est masculin s'il est employé dans
II

un sens général, ou s'il désigne le genre masculin. Il


est féminin s'il désigne le genre féminin.
Ce professeur forme d'excellents élèves.
Ce jeune élève a fait des progrès très remarquables.
Les élèves les plus instruites sont placees dans la première
salle.

· Enfant. Ce mot est toujours masculin quand il


n'exprime que l'enfance en général. Ainsi l'on dira
d'une troupe d'enfans composée seulement de petits
garçons, ou seulement de petites filles, ou indistincte
ment des uns et des autres :
Voyez ces jolis enfans, comme ils sont gais.

Le mot enfant est encore masculin s'il désigne un


ou plusieurs petits garçons; il est féminin s'il désigne
une ou plusieurs petites filles.
Foudre. Ce mot est des deux genres, soit dans le
sens propre, dans le sens de tonnerre, soit dans le
sens figuré.
Que la foudre en éclats me tombe que sur moi ! (VoLTAIRE.)
Mais du jour importun les regards éblouis
Ne distinguèrent point, au fort de la tempête,
Les foudres menaçans qui grondaient sur sa tête. (VoLTAIRE.)
Songe que je te vois, que je te parle encore, -

, Que ma foudre à ta voix pourra se détourner. (VoLTAIRE.)


Aplanissez ces monts dont les rochers fumants
Tremblaient sous nos foudres guerrières.
(CASIMIR DELAvIGNE.)
Un foudre d'éloquence est un grand orateur.
Un foudre de guerre est un grand capitaine.
Un foudre d'Allemagne est un vaisseau pour renfermer les
liquides.
I2

Garde. Ce mot désignant un ou plusieurs membres


d'un corps armé, appelé garde, est masculin.
Voyez ce garde national —Les gardes nationaux se sont réunis.

Ce mot désignant le corps entier est féminin.


Rien ne résistait à la garde impériale.
Les gardes nationales de France ont toutes la même devise :
Liberté, ordre public.

Gens. Ce mot présente, pour le genre, plusieurs


difficultés. Voyez la Table, article GENs.
Hymne. Exprimant un chant d'église, ce mot est
féminin ; dans tout autre cas, il est masculin.
Nous avons entonné une des belles hymnes de Santeuil.
Que l'hymne guerrier se fasse entendre.
La vie de Turenne est un hymne à la louange de l'humanité.
(MoNTESQUIEU.)

Idole. Ce substantif féminin a été mis au masculin


par La Fontaine.
A la fin se fâchant de n'en obtenir rien,
Il vous prend un levier, met en pièces l'idole,
Le trouve rempli d'or. (Fab. 8, Liv. Iv).

Qffice. Ce mot masculin est seulement féminin,


lorsqu'il signifie garde-manger, préparation des des
serts, lieu où on les prépare. *

Il m'a rendu un véritable office d'ami.—Voilà de belles offices.

OEuvre. Ce mot féminin est masculin s'il désigne un


ouvrage de musique, de gravure.—Il l'est aussi dans
les deux phrases suivantes, et analogues.
Le grand œuvre de la création
13

Travailler au grand œuvre, c'est-à-dire à la recherche du


secret de faire de l'or.

Tout semble concourir au grand œuvre de la régénération


sociale.

Pâque. Ce mot exprimant la fête des Juifs est


féminin; il est, en outre, toujours précédé de la.
Je viens faire chez vous la Pâque avec mes disciples.
(Évangile de la Passion.)
Signifiant une fête chrétienne, ce mot est masculin
au singulier, et il s'écrit Pâque ou Pâques.
Quand Pâques sera venu.

Ce mot au pluriel est féminin.


Je vous paierai aux Pâques fleuries.
Mes pâques sont faites.
Période. Ce mot exprimant la révolution d'un temps
déterminé est féminin. Il est masculin lorsqu'il n'ex
prime qu'une époque de cette révolution.
La terre accomplit sa période, autour du soleil, en 565 jours
'/4 environ.
Cet homme est arrivé au dernier période de sa maladie.
Personne. Ce mot est à la fois masculin et féminin :
il est particulièrement masculin, lorsque les individus
désignés par personne sont indéterminés.
Parlez-moi de monsieur votre frère , voilà une personne bien
élevée, bien instruite. .
Personne encore n'est arrive au rendez-vous.

Sentinelle. Ce mot, généralement employé au fémi


14
nin, doit l'être au masculin, lorsque l'emploi du fé
minin serait trop choquant.
Quand le cap africain sous les traits d'un géant,
Sentinelle hideux du dernier océan.
(PERCEVAL-GRANDMAIsoN.)

La liberté de la presse est la sentinelle avancée de toutes les


autres libertés.

18. Beaucoup d'autres substantifs ont également les


deux genres, parce qu'ils expriment des êtres de genres
différents; en voici les plus usités : -

MAscULINs. FÉMININs.

Aide, celui qui aide. Aide, secours, assistance.


Crépe, étoffe claire et gaufrée. Crépe, pâte mince et frite.
Echo, réflexion et répétition du son ; Echo, nymphe, fille de l'air.
lieu où l'écho est produit.
Exemple, dans tout autre sens que Exemple, modèle d'écriture.
modèle d'écriture.
Guide, conducteur. Guide, courroie, sorte de rêne.
Livre, volume imprimé. Livre, poids; monnaie.
Manche, poignée d'un instrument. Manche, partie des vêtemcnts ou
l'on passe les bras.
Manœuvre , ouvrier qui en sert Manœuvre, manière d'agir d'après
d'autres. certains principes. On dit, la ma
nœuvre d'un vaisseau, d'une armée,
d'une affaire.

Mémoire, écrit, compte-rendu, re Mémoire, exprimant la propriété


lation d'une affaire. que nous avons tous de conserver
dans notre esprit l'idée des objets
qui ont cessé de nous affecter ;
souvenir qui reste de quelqu'un
après sa mort.
Merci, remercîment. Merci, pitié, pardon, etc.
lMode,) manière d'être »; manière d'ex Mode, caprice, inconstance du goût,
primer ce qu'un verbe signifie. entraînement passager à adopter
les nouveautés du jour.
Moule, modèle creusé. Moule, coquillage bivalve et oblong
15

MAscULINs. FÉMININs.

Orgue, au singulier. Orgues, au pluriel.


Page, jeune gentilhomme au service Page, l'un et l'autre côté d'une
des princes, des grands. feuille ; composition contenue dans
UlIl6 page.

Parallèle, comparaison, cercle placé Parallèle, ligne placée dans toute


dans tous ses points à égale dis sa longueur à égale distance d'une
tance de l'équateur. autre; fossé de communication
entre deux tranchées.
Pendule, poids oscillant, régula Pendule, sorte d'horloge.
teur.

Poéle, fourneau à chauffer; drap Poéle à frire, ustensile de cuisine.


mortuaire, voile, dais.
Poste, emploi, fonction, lieu où Poste, administration du port des
des troupes sont postées. lettres ; relais établis.
Relâche, repos. Relâche, lieu où les vaisseaux vien
nent relâcher.

Remise, carrosse qu'on retire dans Remise, endroit ou on met à couvert


une remise. les voitures ; délai, etc.
Satyre, demi-dieu. Satire, pièce de vers, discours mor
dant.

Solde , différence entre le dû et Solde, paie des troupes.


l'avoir dans un compte arrêté.
Somme, sommeil, repos. Somme, total d'objets additionnés ;
quantité d'argent; fardeau ; ri
vière, etc.
Souris, action de sourire. Souris, petit quadrupède rongeur.
Tour, mouvement en rond; instru Tour, bâtiment rond ; pièce du jeu
ment; tour d'adresse, etc. d'échecs.

Trompette, celui qui sonne de la Trompette, instrument de musique.


trompette.
Mague, milieu de l'air; vague des Vague, sommité de la mer agitée
expressions. · par les vents.
Vase, pour contenir des liquides, Vase , bourbe.
pot.
Voile, pièce de toile propre à voiler; Voile, toiles réunies et attachées
prétexte. aux vergues des vaisseaux pour y
recevoir les vents.
16

19. Règles à suivre pour déterminer le Genre


des Substantifs.
SoNT MAscULINs : SoNT FÉMININs :

Ire. Tous les mots rangés dans la Tous les mots rangés dans la classe
classe des mâles : Charlemagne, des femelles : Cléopâtre, une ti
un lion, un ange, un Centaure. gresse, une Nymphe, une Sy
Tene.

II°. Les noms de vertus, de qua Les autres noms de vertus, de qua
lités qui suivent : Le courage, le lités : la valeur, la prudence , la
- génie, l'honneur, le mérite. vertu, la probité, etc.
III°. Les noms des mois, des jours, Les deux substantifs : La demi, la
des saisons, des unités, et de leurs moitié.

décimales : Septembre prochain ;


mardi dernier; un printemps plu
vieux, un bel automne; un franc,
un centime. Sont aussi masculins
les substantifs le tiers, le quart,
le cinquième, etc.
IV°. Les noms des quatre points car Les trois'noms de vents : la bise, la
dinaux, des vents, des gaz : Le brise, la tramontane.
nord, l'ouest, le zéphyr, l'au
tan, l'azote, l'oxigène, l'hydro A

gène, etc.
V°. Les noms de montagnes : Le Les noms de chaînes de montagnes,
Liban, le Saint-Bernard, le Si non précédées du mot mont : Les
nai, etc., et les chaînes de mon Pyrénées, les Vosges, les Cordil
tagnes précédées du mot mont. lières, les Cévennes, etc.
VI°. Les noms d'arbres : Le chêne, Les six noms d'arbres suivants : L'au
le laurier , etc. bépine, l'épine, la bourdaine, la
ronce, la vigne, l'yeuse.
VII°. Les noms d'états, de provinces Les noms d'états, de provinces ter
non terminées par un e muet : Le minés par un e muet : L'Espagne,
Portugal, le Danemarck, le Luxem la Suède, la France, la Suisse,
bourg, le Languedoc, le Berry. la Flandre, la Provence.
VIII°. Les noms de villes, dont la Les noms de villes, dont la dernière
dernière syllabe est sonore : Paris, syllabe est muette : Troie, Rome,
Lyon, Rouen. Toulouse, Marseille, etc., Jéru
salem, Sion, llion, sont aussi fé
minins.
IX°. Les mots diminutifs d'autres Les mots diminutifs d'autres mots
17
SoNT MAscULINs : SoNT rÉMININs :

mots masculins : Monticule de | féminins : Pellicule de peau, fem


mont, globule de globe, animal- melette de femme , etc.
cule d'animal, etc.
X°. Les mots exprimant les diverses
langues : Le français, le russe, le
celte, le japonais, le basque, etc.
XI°. Les noms de métaux : L'or pur,
l'argent monnayé, le cuivre, le
manganèse, le platine, etc.
XII°. Les mots employés accidentel
lement comme substantifs : Le
vrai, le beau, le bon ; le man
ger, le boire, le dormir ; le des
sus , le dessous ; le pour , le
contre , des si , des mais, des
hélas ! etc.

Liste des substantifs communs, masculins et


féminins, sur le Genre desquels on se trompe
quelquefois.
20. SoNT MAsCULINs : Abîme, acabit, acrostiche,
adage, affront, âge, ais, albâtre, alvéole, amadou,
amalgame , ambe, ambre, amiante, amidon, ana
chronisme, anchois, angle, antidote, antipode, antre,
apologue, armistice, atôme, auspice, automate, automne,
chanvre, cigarre, cloporte, concombre, crabe, décom
bres, échange, éclair, ellébore, éloge, emblême,
émétique, emplâtre, empois, entrecôte, épiderme,
épilogue, épisode, épithalame, équinoxe, érysipèle,
esclandre, espace, éventail, évangile, exorde, han
neton, héliotrope, hémisphère, hémistiche, horos
cope, incendie, indice, interligne, interstice, inter
valle, inventaire, isthme, ivoire, jaspe, lange, lé
gume, mânes, minuit, module, monticule, naphte,
2
18

obélisque, obstacle, obus, ongle, orage, orchestre,


orbe, organe, orifice, ouvrage, ovale, paraphe,
pétale, platine, pourpre (maladie), quadrille, quine,
rebours, renne, sarigue (animaux ), socque, ulcère,
ustensile, vivres.
21. SoNT FÉMININs : Aire, alarme, alcove, amorce,
anagramme , ancre, antichambre , apothéose, ara
besques, argile, arrhes, artère, atmosphère, cuil
ler, dartre, drachme, décrottoire, dinde, ébène ,
écaille , échappatoire, écritoire, écume , enclume,
énigme, épigramme, épitaphe, équerre, équivoque,
estampe , étable , fibre , hart , horloge , huile ,
hydre, hypothèque, immondices, insulte, losange,
moule (poisson), nacre, obsèques, ocre, offre, oie,
omoplate, orange, orbite, ouïe, outre, paroi, pa
tère, perce-neige, pédale, stalle, sandaraque, té
nèbres, varice.

Remarques sur le Nombre dans les Substantifs.


22. Il y a des substantifs qui ne sont usités qu'au
singulier, tels sont : faim, soif, candeur, enfance,
courroux, et généralement tous les noms des vertus
et des vices, comme : chasteté, pudeur, paresse,
imprudence, honte, mollesse, obéissance, etc. Il
est d'autres subslantifs qui ne sont employés qu'au
pluriel, voici les plus usités : acquets, aguets, alen
tours, ancêtres, annales, appas, armoiries, arrérages,
assises (séances judiciaires), atours (parure des femmes),
babines, bésicles, bestiaux, broussailles, broutilles,
catacombes, ciseaux, confins, décombres, dépens,
19

doléances, entours, entraves, entrailles, épousailles,


fiançailles, fonds, fredaines, funérailles, hardes,
immondices, instances, mânes, matériaux, matines,
mœurs, mouchettes, nipes, nones, obsèques, pin
cettes, pleurs, prémices, proches, ténèbres, vêpres,
vergettes, vitraux, vivres.
Nota. De bons auteurs ont cependant employé au
singulier, acquêts, ancêtres, broussailles, entraves,
instances, nones, pincettes, vergettes.
25. Certains mots empruntés aux langues étrangères,
comme : un pater, un avé-Maria, un alibi, un aparté,
un déficit, un duplicata, un errata, un exéat, un
ex-voto, un te Deum, un in-quarto, un in-folio, etc.,
s'écrivent en grande partie de la même manière aux
deux nombres. Il serait à désirer qu'ils fussent tous
soumis à la règle générale.
24. D'autres mots de la langue française, invariables
de leur nature, ne sauraient prendre le signe du plu
riel lorsqu'ils sont employés substantivement ; tels sont,
dans les exemples suivants, les mots : savoir, manger,
boire, vrai , trop, oui, non , pourquoi, parceque,
COmment.

Laissez dire les sots, le savoir a son prix. (LA FoNTAINE.)


Le financier se plaignait
Que les soins de la Providence
N'eussent pas, au marché, fait vendre le dormir
Comme le manger et le boire. (LA FoNTAINE.)
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. (BoILEAU.)
Le trop
p d'expédiens
P peut g
peut gâter une affaire. (LA FoNTAINE.
Pour un oui, pour un non, il se met en courroux.
2O

Il lui faut dire toujours le pourquoi, le parceque, le com


mcnt.

25. Les quatre substantifs suivants ont deux pluriels,


l'un régulier et l'autre irrégulier.
Aieul fait aieuls et aïeux ; ciel fait ciels et
cieux; œil fait œils et yeux, travail fait travails et
tra9all3C.

Aieuls signifie le grand-père paternel et maternel.


Aieux signifie ancétres.
Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux. (VoLTAIRE.)
Ciels désigne plusieurs parties du ciel, soit réelles,
soit peintes : on le dit aussi dans le sens de voûte.
Les ciels de Provence ressemblent à ceux d'Italie.
Les ciels de ces tableaux sont bien imités.
Des ciels de carrière, des ciels de lit.

Cieux désigne l'ensemble de la voûte céleste.


Qui pourra mesurer l'immensité des cieux ? (A. B.)

OEils en terme d'art signifie ouverture, trou, vide,


bouton , etc.
Des œils de bœufs, des œils de fromage, des œils de bouillon.
Feux désigne les deux organes de la vue.
Épargne-moi ta vue, ôte-toi de mes yeux. (A. B.)

Travails exprime des rapports, etc., présentés


au prince par un ministre ou par des chefs à un mi
nistre. Ce mot désigne encore une machine de bois
propre à contenir les chevaux fougueux, lorsqu'on les
ferre ou qu'on les panse.
Travaux se dit dans tous les autres cas.
26. Le substantif bienfait est composé de deux
mots, bien et fait réunis : il y a dans notre langue
un grand nombre de substantifs ainsi composés de
plusieurs mots qui ne sont pas encore réunis, et que
pour cette raison on nomme substantifs composés.
Tantôt ces substantifs prennent le signe de pluriel au
premier mot, comme : des hôtels-dieu, des crocs-en
jambe. Tantôt ils ne prennent le signe du pluriel qu'au
dernier mot, comme : des gobe-mouches, des ar
rière-boutiques. Tantôt ils prennent tous le signe du
pluriel, comme : des rouges-gorges, des chats-huants.
Tantôt enfin, ni les uns ni les autres de ces mots
ne prennent le signe du pluriel, comme : des boute
feu, des tête-à-tête.
27. En général, les substantifs composés doivent
s'écrire dans chacune de leurs parties, au singulier ou
au pluriel, selon que le sens des mots partiels qui les
composent appelle l'un ou l'autre nombre.
L'infinitif présent et le participe présent des
verbes, l'adverbe, la préposition, la conjonction,
l'exclamation, et quelques mots empruntés à des
langues étrangères qui sont restés jusqu'ici invariables
dans la nôtre, ne doivent jamais recevoir le signe du
pluriel.

28. Quelle règle il faut suivre pour déterminer le


Nombre d'un Substantifquisuit une Préposition.

Lorsque la préposition de ou toute autre préposition


se trouve placée entre deux substantifs, dont elle
22

exprime le rapport, le substantif qui suit la préposi


tion se met au singulier ou au pluriel. Ainsi l'on écrit :
un bouquet de giroflée et un bouquet de giroflées ;
un fruit à noyau, des fruits à noyaux.
Remarquons d'abord, dans l'exemple, un bouquet
de giroflée, que le mot giroflée n'est qu'une dé
nomination, tandis que dans un bouquet de giroflées,
le mot giroflées, au pluriel , exprime qu'un grand
nombre de fleurs de l'espèce giroflée composent le
bouquet.
Dans l'exemple, un fruit à noyau, outre que
noyau est une dénomination , il indique de plus
que le fruit dont on parle n'a jamais qu'un noyau.
Dans un fruit à noyaux, noyaux fait entendre que
le fruit dont il s'agit n'est pas seulement un de ceux
à noyau, de ceux qui renferment un noyau dans
leur partie charnue, mais qu'il est de l'espèce de ceux
qui contiennent toujours plusieurs noyaux.
On apercevra la même nuance dans les exemples
suivants : -

SINGULIER. PLURIEL.

Des contes de vieille femme. Des histoires de voleurs.


Dix aunes de velours noir. Dix pièces de velours assortis.
De l'essence de rose. Un bouquet de roses.
De la marmelade de pomme. Une corbeille de pommes rainettes.
Gelée de groseille. Gelée de groseilles blanches.
Un lit de plume, à grands frais amas- Une douzaine de plumes.
SCC. -

Un peu de vin la trouble. | Cédez-nous un peu de vos vins d'Es


pagne.
Un homme d'épée. Un fabricant d'épées.
Voilà le talent du peintre. c est traité à la manière des grands
peintres.
23

29. La règle à suivre en pareil cas est donc celle-ci :


Lorsque le substantif qui suit la préposition ne ré
veille qu'une dénomination générale indéfinie, il doit
être mis au singulier; dans les cas contraires, il doit
l'être au pluriel, parceque alors le second substantif
exprime toujours une idée de pluralité, une idée dé
terminée. *- #, :

La même règle doit être observée à l'égard du sub


stantif qui suit la préposition, quoique cette préposi
tion ne soit pas précédée d'un autre substantif, mais
d'un verbe, d'un participe, d'un adjectif.
SINGULIER. PLURIEL.

On me chasse de ville en ville. Je cours de plaisirs en plaisirs.


Je ferai ce voyage à pied. Il saute la barrière à pieds joints.
Il se nourrit de pain et de fromage. | Cet oiseau se nourrit de fourmis.
Un peintre rempli de talent. Une jeune personne remplie de ta
º- lens.

Il est accablé de chagrin. Il est accablé de chagrins.


Ecrivain avide de renommée. Homme avide de richesses.
Sans honneur, sans probité, qui peut | Sans honneurs, l'ambition ne peut
être heureux ? être heureuse.

50. Liste de quelques Substantifs communs que


l'on confond quelquefois, et de quelques autres
dont la prononciation diffère de l'écriture.
Argot, certain langage des filous qui n'est compris
que d'eux ; c'est aussi un terme de jardinage.
Ergot, petit ongle pointu qui vient au derrière des
pieds de quelques animaux. - " ,

Bise, vent sec et froid, qui souffle en hiver.


Brise, vent frais qui règne le soir.
Chameau, animal ruminant; ila deux bosses sur le dos.
24
Dromadaire , animal de l'espèce du précédent; il a
une bosse sur le dos.
Éruption, sortie prompte d'un liquide ; éruption d'un
volcan.
Irruption , entrée soudaine d'ennemis dans une
contrée.

Civet, ragoût fait avec de la viande de lièvre.


Gibelotte, ragoût fait avec de la viande de lapin.
Glissade, c'est l'action involontaire de glisser.
Glissoire, c'est un sentier frayé sur la glace pour
glisser.
Habileté, talent, savoir.
Habilité, qualité requise, aptitude ; et leurs contraires,
inhabileté et inhabilité. - - - -

Ombelle, se dit des fleurs de quelques plantes, telles


que : le panais, le cerfeuil, dont les rameaux s'évasent
comme les bâtons d'un parasol.
Ombrelle, petit parasol.
Ombrette, oiseau du Sénégal.
Pied-de-roi, ou tout simplement pied, mesure de
douze pouces. -

Pied-droit, jambage d'une porte ou d'une fenêtre,


qui comprend le chambranle, le tableau, la feuil
lure, l'embrasure et l'écoinçon.
Poudrier, boîte où l'on enferme la poudre propre à
sécher l'écriture. -

Poudrière, boîte où l'on met de la farine pour blan


chir les cheveux; cornet propre à contenir de la
poudre pour les armes à feu ; maison où l'on fa
brique cette poudre.
25
Souscription, signature mise au bas d'un acte; enga
gement de donner une certaine somme pour une
entreprise.
Suscription, adresse écrite au dos d'une lettre, d'un
paquet, etc.
Écrivez : - Prononcez :

Aiguillon. . . . . . . . aigu-illon.
Aix. . . . - . : . : . . aisse.
Alger. .. .. .. .. : comme dans algér-ien.
Août. . . . . . . . . .. oû.
Asthme. . . . . . . . . asme.
Auxerre.. . . . . . . .. aussère.
Auxonne. .. ... .. aussonne. -

Automne. . . . ... . - autone. · -

Estomac... . . . . . .. estoma.
Faon, laon, paon, paon- fan, lan, pan, panneau,
neall, laon. . . . . . tOn.

Incognito. . . . . . . . comme dans ognon.


Loquacité.. . . . . . . locouacité.
Un nerf . . . , . . . .. un nerfe.
Des nerfs. . . . . . . . des nèr.
Un œuf . . . . . . . . un œufe.
Des œufs. . ... . . . . des œu.
Oignon. . .. . .. . .. ognon.
Poignet, poignard. . .. pognè, pognar.
' Vorez pour les autres substantifs, à la Table, ar

ticle LocUTIoNs.'
- D . - •* . "
26

51. DU SUBsTANTIF PERsoNNEL. On a appelé sub


stantifs personnels les mots qui expriment des per
sonnes ou des êtres personnifiés.
rºm=

# CES SUBSTANTIFS PERSONNELS SONT :


# dp - -

c er -"m-il--m"-,

# #
Qn
SINGULIER.
-
PLURIEL.
»3 - -

# # •- -" *- -, -^-m--

# MAs CULIN. FÉMININ. MAscULIN. FÉMININ.

T# je, moi, nous, | je, moi, nous, | nous, nous ,


•g

: moi - même, moi-même,


## nous-même. . | nous-même. mous-mêmes. | nous-mêmes.

b> - -

0 tu, toi, vous , | tu, toi, vous, | vous, vous ,


# • A • A

# toi-même, toi - mëme,


2
# vous-même. vous-même. vous-mêmes, l vous-mêmes.

il, lui, soi, elle, soi, ils, eux, soi, | elles, soi,
lui - même, elle-même, eux-mêmes, | elles-mêmes,

| soi-même. soi - même. soi - mêmes. l soi-mêmes.

52. Les substantifs personnels de la première per


sonne sont ceux qui expriment, premièrement, qu'une
personne parle d'elle-même, comme : je pars à l'ins
tant; secondement, qu'elle parle de plusieurs personnes
en se comptant avec elles, comme : mes amis, nous
vaincrons ou nous mourrons ensemble ; troisièmement,
27

que plusieurs personnes parlent d'elles-mêmes, comme :


Tous s'écrièrent à la fois, nous le jurons.
55. Les substantifs personnels de la deuxième per
sonne sont ceux qui expriment, premièrement, que l'on
s'adresse à une personne, comme : tu seras sage; se
condement, que l'on s'adresse à plusieurs personnes,
comme : messeigneurs et messieurs, asseyez-vous.
54. Les substantifs personnels de la troisième per
sonne sont ceux qui expriment, premièrement, qu'on
parle d'une personne, comme : il est obéissant; secon
dement, que l'on parle de plusieurs personnes, comme :
elles sont modestes et sages :
CITATIoNs :

Mais je te parle en homme, et sans rien déguiser ;


Je me sens assez grand, pour ne pas t'abuser. (VoLTAIRE.)
Les uns à s'exposer trouvent mille délices, # # ",

Moi (Sosie), j'en trouve à me conserver. (MoLIÈRE. ) .


Nous l'avons dit, pour acquérir de vraies connaissances, ne
vous hâtez pas de juger sur un premier regard.
(LARoMIGUIÈRE.)
Je vais moi-même (Thésée) encore, au pied de ses autels, , .
Le presser d'accomplir ses sermens immortels. (RACINE.)
Il est vrai, nous l'avons enseigné nous-même.
(LARoMIGUIÈRE.)
La vertu consiste à aimer Dieu par-dessus tout, et le prochain
comme nous-mémes.

Je (Phèdre) cédais au remords dont j'étais


- - • ' | tourmentée.
| (RACINE.)'
Moi (Phèdre), régner ! moi, ranger un état sous ma loi, -

Quand ma faible raison ne règne plus sur moi ! (RACINE.)


28 -

. . . . . . . . . . .. Tu connais ce fils de l'Amazone,


Ce prince si long-temps par moi-même (Phèdre) opprimé.
(RACINE.)
Va, mais nous-même allons : précipitons nos pas,
Qu'il me voie attentive aux soins de son trépas. (RACINE.)
Parcequ'on a abusé du mot principe, en l'appliquant à tout
ce qu'il y a de plus général, n'en abusons pas nous-mêmes,
(messieurs) en le restreignant aux seules connaissances qui
viennent immédiatement des sensations. (LARoMIGUIÈRE.)
Tu régnerais encor si tu l'avais voulu !
Fils de la Liberté, tu détrônas ta mère.
Armé contre ses droits d'un pouvoir éphémère,
| Tu croyais l'accabler, tu l'avais résolu ;
Mais le tombeau creusé pour elle
Dévore tôt ou tard le monarque absolu :
Un tyran tombe ou meurt; seule elle est immortelle.
(C. DELAvIGNE. )
O mon souverain roi !
Me voici donc tremblante et seule devant toi. (RACINE.)
. . . .. . . . .. S'il faut partir, ma fille est toute prête.
| Mais vous, n'avez-vous rien, seigneur, qui vous arrête ?
| (RACINE.)
Et toi, son digne fils; après vingt ans d'orage,
Règne sur des sujets par toi-méme ennoblis. (C. DELAvIGNE.)
Seigneur, depuis six mois je l'évite et je l'aime ;
Je venais en tremblant vous le dire à vous-même. (RACINE.)
Quel fruit espères-tu (OEnone) de tant de violence ?
Tu frémiras d'horreur si je romps le silence. (RACINE.)
Toi (Amélie) qui fus sans pitié, souffre sans espérance.
(C. DELAvIGNE.)
Vous avez entendu ce que je vous demande,
Madame : je le veux, et je vous le commande. (RACINE.)
Je reviendrai bientôt par un heureux baptême Y

T'arracher aux enfers et te (Zaïre) rendre à toi-même.


(VoLTAIRE.)
29
Princesse, un songe étrange occupe ma pensée.
Vous-même en leur réponse êtes intéressée. (RACINE.)
· Vous, Romains, seulement consentez d'être heureux.
Ne vous trahissez pas, c'est tout ce que je veux. (VoLTAIRE.)
Vous, filles de Sion, florissante jeunesse,
Joignez-vous à nos chants sacrés. (J.-B. RoUssEAU.)
J'ai vu l'impie adoré sur la terre ;
Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux
Son front audacieux :

Il semblait à son gré gouverner le tonnerre,


Foulait aux pieds ses ennemis vaincus ;
Je n'ai fait que passer, il n'était déjà plus. (RACINE.)
Épouse de Joad, est-ce là votre fils ?
— Qui ? lui, madame ?— Lui. —Je ne suis point sa mère.
(RACINE.)
C'est n'être bon à rien que n'être bon qu'à soi. (VoLTAIRE.)
On marche vers ces lieux, sans doute c'est lui-même.
(VoLTAIRE.)
Un véritable ami est comme un autre soi-méme.
(WAILLY.)
De son époux elle a tranché la vie. —
Elle! la reine ! (VoLTAIRE.)
Ou mon amour me trompe, ou Zaïre aujourd'hui
Pour l'élever à soi descendait jusqu'à lui. (VoLTAIRE.)
Veut-elle s'accuser et se perdre elle-même ? (RACINE.)
Je jure que Zaïre à soi-même rendue
Des rois les plus puissants détesterait la vue. (VoLTAIRE.)
Ils ont été tous deux esclaves dans l'enfance,
Ils ont porté mes fers. (VoLTAIRE.)
Seigneur, entre eux et vous, vous me verriez courir.
(VoLTAIRE.)
Vouloir que les facultés (de l'âme) elles-mêmes dérivent de
la sensation, c'est s'abuser, c'est se tromper.
(LARoMIGUIÈRE.)
3o

Nota. Vorez, plus bas, les remarques sur les sub


stantifs de la première et de la seconde personne ;
quant à ceux de la troisième, on peut les regarder
comme pronoms toutes les fois qu'ils ne sont pas l'ex
pression de personnes ou d'êtres personnifiés. Les sub
stantifs personnels, moi, toi, soi, etc., s'unissent à l'ad
jectif méme, et forment les substantifs composés
moi-même, nous-même, etc. Cet adjectif offre dans
l'emploi du singulier ou du pluriel une difficulté.
Voyez à la table, article MÊME ADJECTIF.
35. D'autres substantifs personnels ne montrant,
comme les précédens, ni les personnes qui parlent,
ni celle à qui l'on parle, ni celle dont on parle, mais
laissant les individus qu'ils expriment dans une sorte
de vague, d'indéfini, ont été nommés substantifs per
sonnels indéfinis. Ils sont simples ou formés d'un seul
mot, composés ou formés de plusieurs mots.
C ES SUBSTANTIFS SON T :

Aucun, aucune, aucuns, aucunes.


Autrui, autre, autres.
Celui, celle, ceux, celles (toujours suivi des pro
noms qui, que, dont.)
Celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci.
Celui-là, celle-là, ceux-là, celles-là.
Chacun, chacune (point de pluriel.)
La plupart (de tout genre, et généralement pluriel.)
L'un, l'une, les uns, les unes.
L'un l'autre, l'une l'autre, les uns les autres, les
unes les autres.
3I

L'un et l'autre, etc., l'un ou l'autre, etc., ni l'un ni


l'autre, etc.
Nul, nulle, nuls, nulles.
On (de tout genre et de tout nombre.)
Personne (de tout genre.)
Plusieurs.
- Quelqu'un, quelqu'une , quelques-uns, quelques
llI16S.

Qui.
Quiconque (de tout genre.) A

Qui que ce soit, quelle que ce soit, etc. ; quels qu'ils


soient, quelles qu'elles soient. -

Tel, telle, tels, telles.


C1TATIoNs.

Phèdre était si succinct qu'aucuns l'en ont blâmé.


(LA FoNTAINE.)
- -

à autrui
Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu'on
vous fît.

Celui, qui met un frein à la fureur des flots,


Sait aussi des méchants arrêter les complots. (RACINE.)
Celui-ci glorieux d'une charge si belle, -

N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé. (LA FoNTAINE.)


Celui-là fait le crime à qui le crime sert. (VoLTAIRE.)
Chacun croit fort aisément
Ce qu'il craint et ce qu'il désire. (LA FoNTAINE.)
C'est étrange de voir comme avec passion
Un chacun est chaussé de son opinion. (MoLIÈRE.)
La plupart, emportés d'une fougue insensée,
Toujours loin du droit sens vont chercher leur pensée.
(BoILEAU.)
32

Chacune avait sa brigue et son puissant suffrage :


L'une d'un sang fameux vantait les avantages ;
L'autre pour se parer de superbes atours,
Des plus adroites mains empruntait les secours. (RACINE.)
Et plus loin des laquais l'un l'autre s'agaçants,
Font aboyer les chiens et jurer les passants. (BoILEAU.)
A suivre ce grand chef l'un et l'autre s'apprête.
- (BoILEAU.)
Ni l'un ni l'autre ne cherchent à exposer leur vie.
(LA BRUYÈRE.)
IVul n'est content de sa fortune,
Ni mécontent de son esprit. (MAD. DESHoULIÈREs.)
L'honneur est comme une île escarpée et sans bords,
On n'y peut plus rentrer dès qu'on en est dehors. (BoILEAU.)
Quand on a tout pour soi, que l'on est fraîche et belle,
S'attrister est bien fou. (MoLIÈRE. )
Personne presque ne s'avise de lui-même du mérite d'un autre.
(LA BRUYÈRE.)
Plusieurs se sont trouvés qui, d'écharpe changeants.
(LA FoNTAINE.)
Quelqu'un me tendra-t-il une main salutaire ? (A. B.)
Qui pourra répondre de la vérité, puisqu'il est si difficile de
la distinguer de l'erreur ?
Exterminez, grand Dieu, de la terre où nous sommes,
Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes.
(VoLTAIRE. )
Qui que ce soit qui me demande, je n'y suis pour personne.
(MoLIÈRE.
Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne :
La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.
(LA FoNTAINE.)
IVota. Plusieurs de ces substantifs se représenteront
comme adjeqtifs et comme pronoms.
33

Remarques sur l'emploi des Substantiſs personnels


je, tu, nous, vous, il, etc.
36. L'urbanité et la délicatesse de notre langue
exigent que je et nous se placent après les autres sub
stantifs de la deuxième et de la troisième personne,
et qu'on dise vous et moi, monsieur et moi; au lieu
de moi et vous; moi et monsieur. Quelquefois ce
pendant la personne qui parle se trouve, par rapport
aux autres personnes, dans une position telle, que
les convenances de cette position exigent que le moi
paraisse le premier comme l'expression de l'individu
le plus à remarquer. • •

Moi et ma famillè, que ce grand peuple a élevés sur le trône


des Français. - (NAPoLÉoN.) !
Pourquoi êtes-vous tous rois ? Pour moi, je vous assure que
ni moi ni Martin ne le sommes. (VoLTAIRE.)

Le mot nous désigne plusieurs individus, il est par


conséquent pluriel; mais il devient singulier lorsque,
par une sorte de modeslie, on l'emploie à la place de
je, comme : -

En rendant à Descartes une si éclatante justice, nous ne faisons


que répéter les acclamations de ses plus illustres contem
porains. (LARoMIGUIÈRE, Leçons de philosophie.)
57. Lorsque vous s'adresse à plusieurs personnes,
il est pluriel ; dans tous les autres cas, vous est sin
gulier. - - - -

Vous, au singulier, s'emploie dans les relations ordi


naires de la vie, et à l'égard des personnes avec les
quelles on n'a pas d'intimité. Kous s'emploie aussi
avec les personnes que l'on tutoie ordinairement,
3
34
lorsqu'on leur fait un reproche, ou qu'on leur parle
ironiquement.
58. Tu, toujours singulier, s'emploie familièrement
entre les amis intimes, les frères, les sœurs, les fils,
les époux , etc. ; certaines personnes tutoient aussi
leurs inférieurs. -

Dans le langage élevé, on peut dire tu à tous les êtres


auxquels on s'adresse, qu'ils soient ou non animés :
Grand roi, cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire.
Tu sais bien que mon style est né pour la satire...
Que si quelquefois, las de forcer des murailles,
Le soin de tes sujets te rappelle à Versailles,
Tu viens m'embarrasser de mille autres vertus ;
Te voyant de plus près, je t'admire encor plus. (BoiLEAU. )
Grand Dieu, tes jugemens sont remplis d'équité : -

Toujours tu prends plaisir à nous être propice.


(DESBARREAUX. )
Tombe, tu me retiens la moitié de moi-même !
| Ouvre-toi pour nous réunir.
Je ne te prîrais pas, si l'on pouvait mourir
En perdant ce qu'on aime. · (A. B. )

Tu, échappé à la passion, à la colère, etc., rend


le discours plus vif, plus énergique.
Vous ne répondez point... perfide, je le voi,
Tu comptes les momens que tu perds avec moi !
Ton cœur, impatient de revoir ta Troyenne,
Ne souffre qu'à regret qu'une autre t'entretienne. (RACINE.)
Connais-tu l'héritier du plus saint des monarques,
Reine ? (RACINE.)

La répétition de ces substantifs personnels donne aussi


au discours, dans certaines circonstances, une énèrgie
et un mouvement qu'il n'aurait pas sans cela.
35

Moi, je voudrais partir aux dépens de ses jours !


Et que m'a fait à moi cette Troie où je cours ? (RACINE.)
Par tes soins à la vie alors je fus rendue ;
C'est toi qui me sauvas, c'est toi qui m'as perdue. (A. B.)
Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser. (RACINE.)
Il s'écoute, il se plaît, il s'adonise, il s'aime.
(J.-B. RoUssEAU.)
Soi, suivi de même, soi-même, ne s'emploie jamais .
que pour les personnes.
Remarque sur l'emploi de on.
, On prend un l euphonique toutes les fois q
que la ren
contre de voyelles ou l'emploi des mêmes consonnes
produiraient un son désagréable, et formeraient une
cacophonie ou un hiatus. -

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement. (BoILEAU.)


(Au lieu de ce qu'on conçoit.)
C'est moins les choses que le temps que l'on considère.
(Au lieu de qu'on considère.) , (LA BRUYÈRE.)
Souvent de ce qu'on a l'on néglige l'usage.
(Au lieu de qu'on a on.) (FRANç. DE NEUFCHATEAU.)
Préférez l'hiatus à la cacophonie; ne mettez jamais
l'on, quand un l doit suivre : dites, par exemple,
si on livre cet homme, il est perdu : et non si l'on
livre ; parce que, dans ce dernier cas, pour éviter
l'hiatus, vous feriez une cacophonie plus désagréable
G1lCOTG. -

IVota. Les remarques à faire sur l'emploi des autres


substantifs personnels indéfinis, étant les mêmes que
les remarques sur l'emploi des pronoms, voyez ces
dernières. -
36

· CHAPITRE II. .

DE L' A D J ECT IF.

1. SI au substantif odeur je joins agréable, dé


licieuse, j'aurai odeur agréable, odeur délicieuse.
Ces mots, agréable, délicieuse, ajoutant chacun une
qualité au substantif odeur, on les nomme adjectifs
qualificatifs. · · · · ·
Si je fais précéder le substantif livre de quelqu'un
des mots suivants : le, ce , mon, j'aurai le livre, ce
livre, mon livre. Ces mots, le, ce, mon, restreignant
l'étendue de la signification du substantif, et lui don
nant une détermination précise, ont été nommés ad
jectifs déterminatifs; donc : "| | |
2. Un adjectif est un mot qui ajoute une qualité
à un substantif, ou qui détermine l'étendue du sub
stantif. " " ' " | | ·
| De là, les deux espèces d'adjectifs l'adjectif qua
:

lificatif et l'adjectif déterminatif • - - -

5. ADJECTIF QUALIFICATIF. Les adjectifs qualificatifs


sont de quatre espèces : - | · · · · · · :'
1". Adjectifs purement qualificatifs,tels que jeune,
37
tranquille, subit, nouveau, témoin, léger, fugitif 7

inconstant, vain, indifférent, fécond. , ..


2.Adjectifs qualificatifs verbaux (ils viennent d'un
verbe), tels que : éclatant, oppressé, glacé, ouvert,
accoutumé, errant, reconnu. Voyez la Table, article
ADJECTIFs vERBAUx. -

3°. Adjectifs qualificatifs ordinaux (ils marquent


l'ordre, le rang, la place qu'on occupe ), tels
que : extrême, suprême, inférieur, supérieur, pre
mier, second, ou deuxième ou deux, troisième ou
trois, etc. • , ., , , : · · · · ·· · · · · ·

4 : Les deux adjectifs qualificatifs pronominaux


(ils font l'office de pronoms) : quelconque et même.
" • • • • | | | * •• • • •

- ! CITAT I o N s. . • • • • • •

' !

Un jeune animal, tranquille habitant des forêts, qui tout-à-


coup entend le son éclatant du cor ou le bruit subit et
nouveau d'une arme à feu. (BUFFoN.) -

Le zéphir fut témoin, l'onde fut attentive,


Quand la nymphe jura de ne changer jamais ; | .° ;
Mais le zéphir leger et l'onde fugitive , : 1 , ; .
Ont bientôt emporté les sermens qu'elle a faits. (QUINAvir)
La mollesse oppressée . , 1iº .

Dans sa bouche à ce mot sent sa langue glacée. " (BoiLEAU.)


• • • r '1 •• # ,

C'est l'inconstante renommée, *

| Qui, sans cesse les yeux ouverts, -

| Fait sa revue accoutumée - · · ,

· Dans tous les coins de l'univers ; . · · · : . : !

Toujours vaine, toujours errante,


Et messagère indifférente
38
Des vérités et de l'erreur,
Sa voix, en merveilles ſeconde, -
-
#
- - •
1

-

Va chez tous les peuples du monde - à •

Semer le bruit et la terreur. (J.-B. RoussEAU.)


- - t, . ) :
Bientôt ils vous diront. .
' Qu'un roi n'a d'autre frein que sa volonté même,
Qu'il doit immoler tout à sa grandeur suprême. (RACINE.)
| . .
Voilà, ce me semble, le meilleur parti à prendre.
Le premier pas vers la vie - . " .
Est le premier pas vers la mort. (J.-B. RoUssEAU.)
L'ennemi, l'œil fixé sur leur face guerrière, - -

Les regarda sans peur pour la première fois. (C. DELAVIGNE.)


Il était les amours et la gloire première
Des bois et des hameaux. (GREssET.)

Il n'y a raison quelconque qui puisse l'y obliger.


(ACADÉMIE.)
· Deux points quelconques étant donnés. (ACADÉMIE.)

4. Remarques sur les Adjectifs qualificatifs.

I". Le plus grand nombre d'adjectifs qualificatifs se


placent avant et après les substantifs auxquels on les
joint sans que le sens de la phrase paraisse en être
altéré, comme :
- - -
· · · · · ·
-
· · · ·
- - - · 211,i !
-

Ma sœur a une bien jolie figure.-Ma sœur a une figure bien jolie.
, , - - _º
Quelquefois la pensée est totalement différente, selon
la place de l'adjectif, comme : , • •• · · · · : 2 j i '.

On peut être à la fois un pauvre homme et un homme pauvre.


Un pauvre homme signifie un homme d'une intel
39
ligence bornée, sans moyens. Un homme pauvre veut
dire un homme sans fortune (1).
II°. Un grand nombre d'adjectifs qualificatifs peuvent
s'employer substantivement : ils sont alors considérés
comme substantifs ; tels sont galant , sage, vrai,
laideron, dans les exemples qui suivent :
Le galant en eût fait volontiers son profit. (LA FoNTAINE.)
La mort ne surprend point le sage. (LA FoNTAINE.)
Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable.
- -- (BoILEAU.)
Voyez cette petite laideron qui fait la coquette. (ACADÉMIE.)
Un substantif peut également être employé adjec

(1) En voici quelques-uns; ils serviront de guide pour les autres :


Un bon homme, est simple, peu avisé.
Un homme bon, est affectueux, compatissant.
Une cruelle personne, fatigue, importune.
Une personne cruelle, aime le sang; elle est barbare, inhumaine.
Une fausse porte, est une porte dérobée, par laquelle on peut s'échapper.
Une porte fausse, n'est que le simulacre d'une porte réelle.
Un galant homme, agit avec noblesse, avec générosité; ses manières
sont polies, agréables, etc.
Un homme galant, est celui qui, par des prévenances, des soins,
cherche à plaire aux dames.
Une honnéte femme, a des mœurs irréprochables.
Une femme honnéte, a des manières agréables, polies.
Une vilaine personne, est désagréable, soit physiquement, soit mora
- lement. --

Une personne vilaine, est avare, vit sordidement.


Avoir mauvais air, c'est être gauche, c'est manquer de noblesse dans
le maintien.

Avoir l'air mauvais, c'est paraître méchant.


On respire un air mauvais, quand il est vicié, contraire à la vitaliº
4o
tivement; il doit être dès-lors considéré comme ad
jectif : tels sont masque et buste dans : º !
Les hommes, la plupart, sont masques de théâtre.
(LA FoNTAINE.)
•• !

Combien de grands seigneurs sont bustes à ce point. * • •

- (LA FoNTAINE. ) º
III°. On a souvent besoin de comparer les objets
entre eux; et alors on se sert des mots plus, moins,
aussi, que l'on fait suivre d'un adjectif qualificatif.
Plus exprime le rapport de supériorité; moins, celui
d'infériorité, aussi, celui d'égalité. - · · , ·o

Je suis plus afflige que vous de ce malheur. -


|
*

Il est moins riche qu'il ne l'a été.


Ce qui charme en lui, c'est qu'il est aussi modeste que savant.
Le mot autant exprime encore un rapport d'égalité;
mais, employé avec un adjectif, il doit suivre cet
adjectif et non le précéder; son usage, moins commun,
plus recherché que aussi, imprime à la phrase plus
d'énergie et d'originalité. . | | |
Peu d'auteurs se montrentjudicieux autant que spirituels.
Voyez la Table, article AUTANT. • · - -

Il y a des adjectifs qui, par eux-mêmes et sans le


secours d'aucun autre mot, expriment une 'compa
raison ; tels sont : meilleur au lieu de plus bon ,
qui n'est pas usité; pire qui se dit pour plus mauvais ;
moindre employé pour plus petit, moins grand ;
supérieur, inférieur, majeur, mineur, etc. .
Lorsqu'on veut exprimer le plus haut ou le plus bas
degré du rapport qu'amène la comparaison, on fait
précéder plus , moins, de le, la, les, comme : º
41
· La vertu est le plus précieux des biens.
La moins agréable des femmes est souvent celle qui se met le
plus en frais pour faire ressortir ses agrémens.
Parmi ces fruits, choisissez les moins gâtés (des fruits).
Les hommes les plus heureux (des hommes) sont ceux dont
- • •- - -- *

l'âme est la plus pure (des âmes).


Les objets qui lui étaient le plus agréables étaient ceux dont la
forme était unie, et la ſigure régulière. (BUFFoN.)
Les passions ont une injustice et un propre intérêt qui fait qu'il
est dangereux de les suivre, et qu'on s'en doit défier lors
même qu'elles paraissent le plus raisonnables. - (PAsCAL. )
Le roi dont la mémoire est le plus révérée. (VoLTAIRE.)
I.

Il s'est baigné dans l'endroit où les eaux sont le moins rapides.


• "º - (LEMARE.)

Observez que le, la, les, qui précède plus, moins,


ne varie pas dans les quatre derniers, parcequ'il forme
avec plus, moins, une expression adverbiale. .
Il y a aussi des adjectifs qui, par eux-mêmes et sans
le secours d'aucun autre mot, expriment le plus haut
ou le plus bas terme d'une comparaison ; tels sont :
extréme, supréme, minime, grandissime, ainsi que
tous les autres terminés en issime, et dont pourra
donner une idée l'exemple suivant : :
- , | · | · · :* 4 /

Puissantissime seigneur, répondit-elle, et vous, bellissime


dame, et vous, illustrissimes auditeurs, je suis bien aise
d'émouvoir vos cœurs obligeantissimes, par le récit de mes
tourmens horribilissimes. Mais, avant tout, daignez m'in
former si vous possédez dans ces lieux l'invinctissime Don
Quichotte et son écuyer excellentissime.
( Florian, traduction de Don Quichotte.)
42
5. ADJECTIFs DÉTERMINATIFs. Les adjectifs détermi
natifs se placent toujours avant les substantifs aux
quels on les joint ; on en compte sept espèces :
Ir°. L' A RT IC L E.

SINGULIER. PLURIEL.

L-^- | -7 --

MlAscUL1N. | FÉMININ. MAscUL IN. FÉMININ.

Le, | la. Les, les.

II°. LE DÉMONSTRATIF.
Ce , cet, cette, Ces, C6ºS.

L'un et l'autre , l'une et l'autre.


L'un ou l'autre , l'une ou l'autre. (Point de pluriel comme adjectifs. )
Ni l'un ni l'autre, ni l'une ni l'autre.

I I Ie. L E P O S S E S S I F.

Mon, mien , ma, mon, micnne.| Mes, IlleS.

Ton, tien, ta, ton, tienne. | Tes, teS.


Son, sien, sa, son, sienne. | Ses, S6S.
Notre , nOtre. Nos, I1OS.
Votre , VOtre. Vos, VOS,
Leur, leur. - Leurs, leurs.

1 Ve. L' IN DE FIN I.

Un, de, du, une, de la. De, des, de , des.


Aucun, :lllCUlI1C . Aucuns, Aucunes.
Autre , aIltre. Autres, Autres.
Chaque, chaque. ( Point de pluriel.)
Quantes, . . . . | . . . . . . . . . . . . .. Usité seul ement au pluriel.
Quelque, quelque. Quelques, quelques.
Certain, Certaine. Certains, Certaines.
Nul, nulle. Nuls, nulles,
(Point de singulier.) Plusieurs, plusieurs.
Maint, mainte. Maints, maintes.
Tout, tOute. Tous, tOuteS,

Ve. L'INTERROGATIF, ADMIRATIF ET DUBITATIF.


Quel, i .
| quelle. | Quels, | quelles.
VIe. LE COMPAR A T I F.
- - +! " -

Même, ( . même. Mêmes, mêmes.


Tel, telle. Tels, 'telles.

VIIe. LES NUMÉRAUX.


Un, | une, Deux, trois, quatre, cinq , six,
sept, huit, etc.
(De tout genre et de tout nombre.)
43
CITAT I o N S.

Le général persan et le général indien s'empressèrent de don


mer bataille. • P (MoNTESQUIEU. )

La génisse, la chèvre et leur sœur la brebis. (LA FoNTAINE.)


Nourri dans le sérail, j'en connais les détours. (RACINE.)
Les femmes dorment huit heures, les hommes sept.
Mais je parle à Brutus, à ce puissant génie,
A ce héros armé contre la tyrannie. (VoLTAIRE.)
Mais cet enfant fatal, Abner, vous l'avez vu. (RAcINE.)
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. (LA FoNTAINE.)
Il est de ces mortels favorisés des cieux, - -

Qui sont tout par eux-même et rien par leurs aïeux. .


(VoLTAIRE.)
Ces deux charmantes sœurs ont bien changé de ton.
(VoLTAIRE.)
C'est cette Rodogune où l'un et l'autre frère %

Trouve encor les appas qu'avait trouvés leur père.


(CoRNEILLE.)
Grâce aux dieux, mon malheur
r:
passe mon espérance.
(RACINE.)
-

Au travers d'un mien pré certain ânon passa. (RACINE.)


Ma vie est mon seul bien, je l'offre à la patrie. , • •

.º, tr > , , , , , (C. DELAvIGNE.)


D'un plaisir puret doux mon âme est possédée. (VoLTAIRE.)
Mon habitude est de me lever au point du jour.
Voilà mes gens frappés comme d'un coup de foudre.
) (LA FoNTAINE.)
Et, sous un front serein déguisant mes alarmes, º, o º
Il fallait bien souvent me priver de mes larmes. (RACINE.)
Chrétien, je suis content de ton noble courage. (VoLTAIRE.)
C'est le seul déplaisir que jamais dans ta vie , . •1 ,

Le ciel aura voulu que ta tendresse essuie. (VoLTAIRE.)


44
Je vois pâlir ton étoile éclipsée. (C. DELAvIGNE.)
Les siècles douteront en lisant ton histoire. (C. DELAvIGNE.)
Ton roi, tous tes chrétiens, apprenant tes malheurs, | • ••

· N'en parleront jamais sans répandre des pleurs.,


| -- " " (VoLTAIRE.)-

Thésée à tes fureurs connaîtra tes ,


bontés., , ,,(RACINE.) .
C'est son intérêt qu'il consultera. .. , , , , , .
Un sien ami voyant ses somptueux repas. (LA FoNTAINE.)
Plus on s'élève et plus on est près de sa chute. ·• · • » -

Il faut à votre fils rendre son innocence. .. (RACINE.) ·


Il touche à son heure dernière. | (VoLTAIRE.)
La fuite est permise à qui fuit ses tyrans. (RACINE.)
J'ai servi, malgré moi, d'interprète à ses larmes. (RACINE.)
Notre bonheur fut grand! nous l'avons expié !
Pour notre liberté va prodiguer ta vie. , (VoLTAiRE.),
IVos mépris l'ont puni.
-
· · ·
-: | :

IVos alarmes étaient heureusement vaines.

Vous êtes morts pour la patrie !


( 1/ 1 · · beau
· · · · est
2 G : 1 destin
| Guerriers,. , votre · · !«\ \ .\ ,( ſ' ! ' (A. B.), - t -

On ne me verra point survivre à votre gloire. .TI •1 , 1 " . " • • • • • • • (RACINE.) . -

Vos yeux ont su dompter ce rebelle courage. (RACINE.)


Pour qui sont ces serpens qui sifflent sur vos têtes ? (• '• • #

- - • • : ºº · · · · · l (RACINE.) \ \!

Sans quitter leur grenier, ils traversent les mers. ºº ilio !*

-: | | ', (VoLTAIRE.)
-

º!
Leur dépense était proportionnée à leur recette. º º !
-·a , º · · · · · · · (MAssILLoN.) |
- -

| - -
-

-
-
- - -

Leurs avides regards semblaient me dévorer. (A. B. ) "


Les mots de morale et d'humanité sont sans cesse dans leurs
bouches. . ºº º º ' ' (CHATEAUBRIAND.) •
45
Un lièvre en son gîte songeait. (LA FoNTAINE.)
Une souris tomba du bec d'un chat-huant. (LA FoNTAINE.)
Je vois du sang partout, partout j'en ai versé.
Ma loi fait des héros. . (VoLTAIRE.)
Temple, renverse-toi! Cèdres, jetez des flammes! !
- - (RACINE.)
Aucun chemin de fleurs ne conduit à la gloire. (LA FoNTAINE.)
Ceux qui n'ont du monde aucune expérience. (LA FoNTAINE.)
Aucuns monstres par moi domptés jusqu'à ce jour. (RACINE.)
Je ne me mêlai plus d'aucunes affaires. (MoNTEsQUIEU.)
Autre temps, autres mœurs. (Prov.)
Chaque âge a ses plaisirs, son esprit et ses mœurs. (BoiLEAU.)
Chaque vertu devient une divinité. (BoIEAU.)
Le prêtre. . ... . quelque Dieu qui l'inspire,
Doit prier pour ses rois et mon pas les maudire. (VoLTAIRE.)
Si quelque affaire t'importe, - ' » )
-

Ne la fais pas par procureur. (LA FoNTAINE.)


Retenez bien de moi ce salutaire avis ;
Pour savoir quelque chose, il faut l'avoir appris.
- - (ANDRIEUX.) ,
Quelques rayons de miel sans maître se trouvèrent. .
: 1- -
(LA FoNTAINE.) **

Quelques découvertes que l'on ait faites dans le pays de l'amour


propre, il y reste encore bien des terres inconnues.
, " (LA RoCHEFoUCAULD.)
Certain renard gascon. (LA FoNTAINE.)
Certaine fille un peu trop fière. (LA FoNTAINE.)
esprits qu'il faut prendre de biais..
Il est certains - - -

(LA FoNTAINE.)
Ainsi certaines gens faisant les empressés. (LA FoNTAINE.)
Nul accident ne troubla mon voyage. (J.-J. RoUssEAU. )
46
L'homme me trouve nulle part son bonheur sur la terre.
(MASSILLoN.)
Parmi plusieurs auteurs qu'au palais on révère. (MoLIÈRE.)
J'obéirai, toutes et quantes fois qu'il vous plaira d'ordonner.
Je pense avoir été mainte fois agréable. (RÉGNIER.)
Les bergers de leur peau se faisaient maints habits. (LA FoNTAINE.)
Il était là maintes filles savantes. (GREssET.)
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. : (LA FoNTAINE. )
Toute puissance est faible à moins que d'être unie.
(LA FoNTAINE.)
On vous voit en tous lieux vous déchaîner sur moi. (MoLIÈRE.)
Le poète s'égaie en mille inventions, - - -

Orne, élève, embellit, agrandit toutes choses. (BoILEAU. )


Quel Français n'a répandu des larmes -- . -

Sur nos défenseurs expirants? (C. DELAvIGNE.)


Quelle main, en un jour, t'a ravi tous tes charmes? (RACINE,)
Quels lauriers vois-tu croître au pied de leurs autels ? .
(VoLTAIRE.)
Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin ?
(RACINE.)
Quel souvenir amer revient à ma pensée ! (CHÉNIER.)
Mais quelle épaisse nuit tout-à-coup m'environne! (RACINE.)
Dieux ! quels regards affreux elle jette sur moi! (RACINE.)
De quelles misères toute notre vie n'est-elle pas traversée !
Ma plume t'apprendra quel homme je puis être. (MoLIÈRE.)

Je ne sais vraiment quelle satisfaction il trouve à ne s'en pro


Cul'er allCllI16.

J'ai vu ce même enfant dont je suis menacée,


Tel qu'un songe effrayant l'a peint à ma pensée;
Je l'ai vu : son méme air, son méme habit de lin. (RACINE.)
Il faudrait qu'on sentît même ardeur, méme flamme.
(TH. CoRNEILLE.)
\
4
Tel père, tels enſans. (Proverbe.)
On juge bien qu'étant à telle école. (GREssET.)
J'aime mieux vingt procès qu'un fat dans ma maison.
(REGNARD. )

6. Remarques sur les Adjectifs déterminatifs.


PREMIÈRE REMARQUE. Nous avons dit que les adjectifs
déterminatifs se placent toujours avant les substantifs
auxquels on les joint. Il en est cependant qui se placent
après; alors ils perdent le caractère d'adjectifs déter
minatifs , et deviennent qualificatifs : les exemples
suivants en donneront une idée.
DÉTERMINATIF. QUALIFICATIF.

J'ai sur les bras certain procès qui Quand le mal est certain,
me donne bien du souci. La plainte ni la peur ne changent le
destin.

Il s'adressa aux mémes personnes. Ses parens mémes lui furent con
traires.

Tel nom qu'on puisse donner à la Je plains le triste sort d'un enfant tel
méfiance, elle est toujours le vice que vous. (RAcINE.)
des âmes basses et des esprits mé
diocres. (MAD. DE GENLIs. )
Wulle paix pour l'impie, il la cherche, Cette convention est nulle et sans
elle fuit. (RACINE.) effet.

J'adore un dieu et non plusieurs. Dieu est un; on ne saurait le con


cevoir divisé.
La France a eu quatre rois du nom Henri quatre fut le meilleur des rois
de Henri. de ce nom.

Voici un autre homme qui arrive. C'est une personne autre que celle-là
que je désirerais.

Nota. Les adjectifs qualificatifs peuvent aussi être


employés comme déterminatifs, ainsi qu'on le voit dans :
Jeune enfant, répondez. (RACINE.)
DEUXIÈME REMARQUE. Lorsque le, la, précèdent im
48
médiatement un mot commençant par une voyelle ou
un h muet, e, a, se retranchent et se remplacent par
l'apostrophe. Ainsi, au lieu de le amour-propre, le
honneur, la amitié, la histoire, on écrit et on pro
nonce l'amour-propre, l'honneur, l'amitié, l'histoire,
excepté devant onze, onzième. On dit le onze du
mois, j'étais inscrit le onzième. .. ) . .
Le, la, éprouvent encore un autre changement :
lorsqu'ils doivent être précédés de l'une des deux pré
positions de ou à, ils se combinent avec ces prépo
sitions devant les mots qui commencent par une con
sonne ou par un h aspiré.Ainsi on n'écrira ni ne dira :
Les droits de le peuple, la gloire de le héros, jurer
fidélité à le roi, plusieurs pensent que tout ce qui arrive
est dû à le hasard ; mais on écrira et dira : Les droits
du peuple, la gloire du héros, jurer fidélité au roi,
plusieurs pensent que tout ce qui arrive est dû au
hasard. - -

Le pluriel les se combine également avec les mêmes


prépositions, et cela devant tous les mots. On dit : Il
est triste de voir l'injustice des hommes, pour de les
hommes; il faut obéir aux lois, pour à les lois. Ces
exemples font voir que de le, à le, de les, à les, se
contractent en du, au, des, aux. -

TRoIsIÈME REMARQUE. L'adjectif le, la, les précède


presque toujours les substantifs, et semble, pour ainsi
dire, faire corps avec eux; il doit néanmoins être sup
primé lorsque les sûbstantifs, employés dans un sens
général, forment une sorte d'énumération. :

· citoyens, étrangers, ennemis, peuples, rois, empereurs, le


· plaignent et le révèrent. - (FLÉCHIER.)
49
Le gibier du lion, ce ne sont point moineaux,
Mais beaux et bons sangliers, daims et cerfs bons et beaux.
(LA FoNTAINE. )
Lorsque le substantif est employé adjectivement.
Sera-t-il Dieu, table ou cuvette ?
Il sera Dieu. - (LA FoNTAINE.)
Lorsque le substantif est précédé de en.
Mais je te parle en homme et sans rien déguiser;
Je me sens assez grand pour ne pas t'abuser. (VoLTAIRE.)
Combien de fois on a vu la louange se changer en critique,
l'indulgence en séverité. (LARoMIGUIÈRE.)
Lorsque le substantif doit être précédé de soit ou deni.
Soit instinct, soit reconnaissance,
L'homme, par un penchant secret,
Chérit le lieu de sa naissance
Et ne le quitte qu'à regret. (GRESSET.)
Chacun de ces deux ordres ne pouvait souffrir ni magistrats,
ni autorité dans le parti contraire. . (VERToT.)
Lorsque plusieurs substantifs sont suivis d'un der
nier qui les résume tous.
Femmes, moine, vieillard, tout était descendu. (LA FoNTAINE.)
Remords, crainte, périls, rien ne m'a retenue. (RACINE.)
Lorsque le substantif vient immédiatement après un
verbe, et qu'il ne forme, en quelque sorte, avec ce
dernier, qu'une même expression.
J'ai fait sentinelle une partie de la journée.
Il pourrait bien avoir raison.

Lorsque le substantif est le nom d'un être inanimé


que l'on personnifie.
Temple, renverse-toi; cèdres, jetez des flammes.
Jérusalem, objet de ma douleur,
Quelle main en un jour t'a ravi tous tes charmes ? (RACINE.)
- 4
5o

Lorsque le substantif est propre et ne peut être pris


pour un autre.
Minerve est la prudence, et Vénus, la beauté. (BoILEAU )
David, David triomphe; Achab seul est détruit. (RACINE.)
On dit cependant, le Vésuve, le Rhône, le Tasse, etc.
Pour bien appliquer ce dernier paragraphe, il faut se
garder de confondre des expressions semblables aux sui
vantes : une carte de France et une carte de la France,
une coutume d'Italie et une coutume de l'Italie, etc. ;
une carte de France est celle où la France est repré
sentée tout entière, mais sans développemens; une carte
de la France est celle où toutes les localités de la France
sont représentées avec détail : une coutume d'Italie
est commune à plusieurs parties de ce pays; une cou
tume de l'Italie est une coutume commune à tous
les habitans de cette péninsule, etc.
IVota. Les cas précédents sont les principaux du
non-emploi de l'article; cet adjectif s'omet encore
dans quelques autres circonstances où l'analogie seule
guiderait très sûrement, quand même on n'aurait pas
cette règle infaillible :
Le, la, les, ne doit point s'exprimer devant les
substantifs employés dans un sens général.
Il est presque inutile de prévenir que le, la, les
ne doit être jamais employé lorsque les substantifs sont
déjà précédés d'un autre adjectif déterminatif.
QUATRIÈME REMARQUE. L'adjectif masculin ce prend
un t de plus, lorsqu'il doit précéder un mot commençant
par une voyelle ou le h muet : cet individu, cet in
digne procédé, cet honneur.
51

CINQUIÈME REMARQUE. L'adjectif masculin mon, ton,


son , est aussi féminin, et s'emploie à la place de ma,
ta, sa, devant les mots féminins commençant par une
voyelle ou le h muet. Ainsi l'on dira : mon incon
stance, ton incroyable témérité, son humeur farouche,
au lieu de ma inconstance, ta incroyable témérité,
sa humeur farouche.
Ce serait faire une faute que d'employer un adjectif
possessif lorsque déjà un substantif personnel corres
pondant est employé pour rendre la même idée. Il
ne faudrait donc pas dire : J'ai mal à mon bras, j'ai
mal à ma jambe, pour j'ai mal au bras, j'ai mal à la
jambe ; à moins, cependant, qu'on ne voulût parler d'une
partie habituellement souffrante , comme dans cet
exemple de M" de Sévigné :
Quoiqu'il soit toujours incommodé de son bras.
Il ne faut pas confondre les adjectifs notre, votre,
avec les pronoms le nôtre, le vôtre : le o dans notre,
votre,lorsque
flexe adjectifs, n'a point
notre, votre,d'accent; il en a un circon
sont pronoms. •

Leur, placé immédiatement devant un verbe ou


immédiatement après un verbe, et uni avec lui par
un trait d'union, n'est pas non plus adjectif, comme :
Va, dis-leur qu'à ce prix je leur permets de vivre.
(VoLTAIRE.)

Dans ce cas, leur est pronom, et ne prend jamais le


signe du pluriel ; on dira et on écrira :
Je leur ai dit, et non je leurs ai dit.

SIXIÈME REMARQUE. Il faut aussi se garder de con


fondre les adjectifs du, de, de la, des, avec le, les,
52

combinés à la préposition de, et formant l'article com


posé du, des.
EX EMP L E S :

- sANs PRÉPosITIoN. AvEc LA PRÉPosITIoN sEULE oU


JoINTE A L'ADJECTIF.

du fond des noirs abîmes.


S'élancent jusqu'à moi des fantômes
sanglants ;
Ils jettent dans mon sein des flam
beaux, des serpens. (RACINE.)
Eh quoi ! vous n'avez point de passe
temps plus doux ? (RACINE.)
L'autre jour il interrogeait des petits
enfans. (MAD. DE SÉvIGNÉ.)
J'entends des cris de guerre. . . . . au milieu des naufrages. (LAHARPE.)
Est-il pour son bûcher d'appareil assez
beau ?
Pour le pleurer est-il assez de lar
mes ? (C. DELAvIGNE.)
Condamne-toi, ma muse, à de stériles
voeux ;
Mais refuse tes chants aux oppresseurs
heureux.
Que de la vérité tes vers soient les
esclaves ;
De ses chastes faveurs faisons nos seuls
aIIlOlll'S.
Sans orgueil préférons toujours
Une pauvreté libre à de riches en
tTaVeS. (C. DELAvIGNE.)
Règne sur des sujets par toi-même en
noblis. (C. DELAv1GNE.)
Les Juifs n'adorèrent plus de divinités Des citoyens ravis la foule au loin se
étrangères. (VoLTAIRE.) presse. (C. DELAvIGNE. )
Et (la foule) laisse après soi dans la
plaine
Du sang, des débris et des morts.
(C. DELAvIGNE.)
On n'a rien à répondre à de telles
maximes. (GREssET.)
Sont-ce des hommes que de jeunes
blondins ? (MoLIÈRE.)
Heureux si, de son temps, pour de
bonnes raisons ,
La Macédoine eût eu des petites
maisons. (BoILEAU.)
J'ai acheté de la toile fort belle.
Je vous prêterai de l'argenterie.
53

Les exemples cités à la première colonne, et ceux


qui suivent, prouvent que l'adjectif de ou des peut
précéder indifféremment un substantif ou un adjectif,
selon que l'oreille est plus ou moins flattée par l'em
ploi de l'un ou de l'autre :
Proposons-nous de grands exemples à imiter plutôt que de vains
systêmes à suivre. (J-J. RoUssEAU.)
Nous voulons trouver des honnêtes gens. (MoNTESQUIEU.)
Combien je versai de larmes à mon réveil ! (FÉNELoN.)
J'entends des cris de guerre. (LAHARPE.)
Vota. L'emploi de l'article joint à la préposition
de, et l'emploi de cette préposition seule, pouvant em
barrasser un jeune élève, le professeur lui en fera re
marquer la différence.
Ex E M P LES

oU de GÉNÉRAL1sE L'oBJET. oU du, de la , PARTICULARIsEN r


L'oBJET.

Si j'étais fils de roi ! Si j'étais fils du roi !


La meilleure forme de gouvernement | Le système du gouvernement anglais
est celle qui procure la plus grande | est de servir l'Angleterre aux dé
somme de bonheur. pens de tous les autres pays.
Cette fabrique de fromage prospère. | La fabrication du fromage se pro
page beaucoup en France.
Point d'argent, point de suisse, et ma | Je n'ai pu me procurer cet objet
porte était close. (RACINE.) qu'avec de l'argent comptant.
Voici un bel échantillon d'étoffe. C'est de l'étoffe rouge que j'ai choisie.

SEPTIÈME REMARQUE. Tout, toute, tous, toutes.


Cet adjectif au pluriel masculin abandonne le t; à
moins qu'il ne soit employé substantivement : Les
mots sont des touts composés d'une ou de plusieurs
syllabes. -

Tout, placé devant un mot commençant par une


voyelle, ne prend point le e s'il est employé dans le
54

sens des adverbes totalement, entièrement. Dans les


autres cas, tout prend l'accord, quelle que soit la
lettre qui commence le mot suivant.
Ex E M P L E S :
oU tout EsT ADJECTIF. AccoRD. OU tout EsT ADvE RD E. NoN ACCoRD.

Cette portion de terre a été toute ar La paresse, tout engourdie qu'elle


rosée par moi. est, fait plus de ravages chez nous
Votre âme en m'écoutant paraît toute que toutes les autres passions en
interdite. (RAcINE.) semble. (LA RocHEFoUcAULD, note
d'Amelot.)
Et de tant de mortels à toute heure
empressés. (RACINE.)
Nous fûmes toutes effrayées de cette Nous ne sommes arrivées que tout es
soudaine apparition. soufflées.
Tout austère qu'elle est (la vertu),
Le même tribunal devait connaître de nous admirons ses charmes. .
1Ollte entreprise et de tout attentat (RACINE fils. )
contre la souveraineté du peuple. Ma jeune sœur est tout inconsolable
(Hist. d'Anquetil, continuée de la perte de sa poupée.
par Gallais.)
Ici comme ailleurs il faut se com Les Français sont tout feu pour en
prendre, et toute erreur devient treprendre. (J.-J. RoUssEAU. )
impossible. (LEMARE.)
Cette gravure coûte soixante francs Celle-ci fit un choix qu'on n'aurait
toute encadrée. (J.-J. RoUssEAU.) jamais cru ,
Se trouvant à la fin tout aise et tout
Cette jeune personme est toute hon heureuse
teuse de s'être exprimée comme De rencontrer un malotru.
elle l'a fait. (MoLiÈRE. )
(LA FoNTAINE.)
De toute autre victime il refuse l'of Il broute, il se repose,
frande. (RAcINE.) Il s'amuse à tont autre chose.
( LA FoNTAINE.)
Toute autre place qu'un trône eût Voici bien de tout autres affaires.
été indigne de lui. (BossUET.) (J.-J. RoUssEAU.)
La liberté de l'Inde est toute entre mes Elle est tout en eau, tout en sueur.
mains. (RACINE.) (TH. CoRNEILLE.)
Rome n'est plus dans Rome, elle est Ces fleurs sont tout aussi fraîches
toute ou je suis. (CoRNEILLE. ) qu'hier. (MÉNAGE.)
Ils furent tous étonnés. Ils furent tout étonnés. (AcADÉMIE.)

Vota. La majeure partie des grammairiens modernes


pensent que si l'adjectif féminin entière vient après le
mot tout, ce dernier mot ne doit jamais s'accorder,
prendre un e. Deux auteurs, que je cite plus bas,
55

écrivent toute entière pour donner plus de force à


leur expression; ils croient que toute ne modifie pas
entière, mais bien le substantif, qui se trouve ainsi
modifié par les deux adjectifs.
Ex EM PL E S :

ou tout EsT ADJEcTIF. AccoRD. oU tout EsT A DvERBE. NoN ACCoRD.

Je volais toute entière au secours de Les éditeurs modernes ont imprimé


son fils. (RACINE.) sans e ces trois exemples écrit,
C'est Vénus toute entière à sa proie avec l'accord , par Racine.
attachée. (RACINE.)
Mon âme à ma grandeur toute entière Sont-ils morts tout entiers avec leurs
attachée. (RACINE.) grands desseins ? (CoRNEILLE. )
( Édition des Libraires la plus
estimée, 1721.)
On doit la donner (la dénomination
d'interjection) à tout mot qui ex
prime une proposition toute en
tière. (DEsT UTT DE TRAcY.)
Quant à l'idéologie de ces grammai Un torrent de plaisirs, une mer de clarté
riens, nous l'avons laissée toute D'un bonheur inconnu m'inondent tout
entière dans leurs livres. (LEMARE, entière. (DELILLE.)
Cours de lang.franç., 2° édit.,
pag. 1o7o.)
La France jamais ne périt toute en La nature tout entière se trouve dans
tière. (C. DELAvIGNE.) les grands poèmes épiques.
La difficulté restait toute entière. (DELILLE.)
(J.-J. RoUssEAU.)
Voilà ma profession de foi toute en Je vous invite donc à me faire con
tière sur cette grande question. naître votre pensée tout entière.
(CHAMroLLioN le jeune.) (N AroLÉoN. )
Et s'il est rare de trouver la vérité
toute entière. (LA RouIcUIÈRE.)
Je veux en citer une toute entière et
en faire un objet d'étude.
(F.-N. BoUssY.)
Tu sais qu'à mon devoir toute entière
attachée,
J'étouffai de mes sens larévolte cachée.
(VoLTAIRE.)
56

HUITIÈME REMARQUE. L'adjectif quel, suivi de que,


précédant le verbe étre, ne doit jamais se réunir avec
que , mais s'accorder avec le substantif qui suit,
COIIlIIle :

Quels que soient les humains, il faut vivre avec eux. (GREssET.)
Quelle que soit votre beaute, n'en soyez pas trop orgueilleuse :
les roses ne durent qu'une matinée.
NEUVIÈME REMARQUE. Toutes les fois que les adjectifs
numéraux ne servent pas à compter, mais à marquer
le rang (nous l'avons dit pages 37 et 47), comme :
Henri quatre ou quatrième; j'ai obtenu la troisième place, etc.,
ils sont adjectifs qualificatifs; dans tout autre cas,
ils sont adjectifs déterminatifs.
Ces adjectifs déterminatifs cardinaux sont invariables;
vingt et cent prennent cependant le signe du pluriel,
lorsqu'ils sont précédés d'un adjectif numéral autre
que un, qu'ils sont suivis d'un substantif, ou qu'eux
mêmes sont employés substantivement. Suivis d'un
autre adjectif numéral, ils ne varient pas :
La pièce est faite depuis six-vingts ans. (VoLTAIRE.)
J'ai payé quatre-vingts franes pour cela.
Bientôt on leur demanda trois cents de leurs principaux conci
toyens. (MoNTESQUIEU.)
Je vois Léonidas, ô courage ! ô patrie !
Trois cents héros sont morts dans ce détroit fameux ;
Trois cents ! quel souvenir ! . . . . (C. DELAvIGNE.)
On assure que les porte-faix ou crocheteurs de Constantinople
portent des fardeaux de neuf cents livres pesant.
(BUFFoN.)
Paris n'a pas tout-à-fait huit cent mille habitans.
57
IVota. On écrit vingt et un, trente et un, quarante
et un, cinquante et un, soixante et un, soixante et
onze ; tous les autres de ces adjectifs cardinaux, réunis
pour exprimer un seul nombre, s'écrivent aujourd'hui
sans conjonction ; ils sont liés seulement par le trait
d'union, comme : vingt-deux, trente-cinq, quatre
vingt-quatorze.

7. Formation du féminin dans les Adjectifs.

PREMIÈRE RÈGLE. Les adjectifs qui, au masculin, sont


terminés par un e muet, s'écrivent de la même ma
nière au féminin, comme : un homme habile, une
femme habile.
Observation. Parmi les adjectifs terminés aux deux
genres par un e muet, les suivants : âne, borgne,
chanoine, comte, diable, drôle, hôte, maître, mu
lâtre, pauvre, poète, prêtre, prince, prophète, suisse,
tigre, traître, vicomte, sont employés assez ordinai
rement comme substantifs ; alors leurs féminins sont :
une ânesse , une borgnesse , une chanoinesse, une
comtesse, une diablesse, une drôlesse, une hôtesse, une
maîtresse, une mulâtresse, une pauvresse, une poétesse,
une prêtresse, une princesse, une prophétesse, une
suissesse, une tigresse, une vicomtesse.
Il n'est personne qui ne voie aisément dans : un
homme pauvre, une femme pauvre; un homme drôle,
une femme drôle; un homme prophète, une femme
prophète; un village suisse, une loi suisse, etc. ; que
pauvre, drôle, prophète, suisse, sont adjectifs. Il n'est
personne qui ne voie aussi que ces mêmes mots dans :
58

secourez ce pauvre, cette pauvresse, c'est un drôle,


une drôlesse; voyez ce prophète, cette femme res
semble à une prophétesse; cet homme est un suisse,
voici une suissesse; ont une tout autre signification,
et qu'ils sont substantifs.
DEUxIÈME RÈGLE. Les adjectifs qui ne sont pas ter
minés au masculin par un e muet, en prennent un au
féminin, comme : charmant, charmante; supérieur,
supérieure ; absolu, absolue ; meurtri, meurtrie; damné,
damnée; perclus fait cependant perclue.
Les adjectifs qui, ainsi que les suivants, sont terminés
el, paternel,
eil, pareil,
ol, fol,
par ul, COlllII1G : nul,
en, ancien ,
et, muet,
\ Ot, vieillot ,

· doublent la dernière consonne avant le e muet,


pour former le féminin. Paternelle, pareille, folle,
nulle, ancienne, muette, vieillotte. Bas, épais, ex
près, gras, gros, paysan, suivent la même règle : ils
font basse, épaisse, expresse, grasse, grosse, pay
sanne. Ce dernier mot devrait s'écrire avec un seul n,
comme tous les autres de la même terminaison : sul
tane, musulmane.
Complet, concret, discret, inquiet, replet, secret,
ne redoublent pas le t au féminin ; seulement, le e
F
99

qui précède cette lettre se marque d'un accent grave :


complète, concrète, discrète, inquiète, replète, secrète.
TRoIsIÈME RÈGLE. Les adjectifs beau, jumeau, nou
veau, changent au en lle au féminin, belle, jumelle,
nouvelle.
Observation. Beau, nouveau, fou, mou, sont les mas
culins irréguliers de belle, nouvelle, folle, molle, et ne
s'emploient ainsi que devant les substantifs commençant
par une consonne. Les masculins réguliers sont bel,
nouvel, fol, mol, et ne s'écrivent ainsi que devant les
mots commençant par une voyelle ou par le h muet :
bel arbre, bel homme, nouvel instrument, nouvel
habit, fol espoir, fol hommage.
L'innocence dort et se repose sur la dure, le crime veille et
s'agite sur le mol édredon. (GAILLARD.)

QUATRIÈME RÈGLE. Les adjectifs terminés par un f


remplacent cette lettre par un v avant le e du fé
minin : neuf, vif, bref, naïf, font neuve, vive ,
brève, naïve.
CINQUIÈME RÈGLE. Les adjectifs terminés en gu,
comme : aigu, ambigu, exigu, ont un tréma sur l'e du
féminin : aiguë, ambiguë, exiguë. -

SIXIÈME RÈGLE. Les adjectifs terminés en er, comme :


étranger, amer, berger, marquent d'un accent grave
l'e qui précède le r au féminin : étrangère, amère,
bergère.
SEPTIÈME RÈGLE. Les adjectifs terminés au masculin
en eur, comme : meilleur, vengeur, protecteur, dan
seur, auteur, forment leur féminin de cinq manières
différentes :
6o

PREMIÈRE MANIÈRE. Les adjectifs suivants : meilleur,


majeur , mineur, et tous ceux terminés en érieur,
comme : supérieur, inférieur, ont leur féminin ré
gulier, meilleure, majeure, mineure, supérieure, in
férieure.
DEUxIÈME MANIÈRE. Les adjectifs suivants changent
ur en resse : bailleur (de fonds), chasseur, demandeur,
défendeur (terme de palais), devineur, enchanteur,
pécheur, vengeur; ils font bailleresse, chasseresse (dans
le style élevé et poétique; chasseuse, dans le style or
dinaire) , demanderesse, défenderesse, devineresse,
enchanteresse, pécheresse, vengeresse.
TRoIsIÈME MANIÈRE. Les adjectifs suivants changent
eur en rice : accusateur, acteur, adulateur, 2 II13l

teur , appréciateur , auditeur , calculateur , conduc


teur , consolateur , curateur , délateur , directeur ,
dispensateur, dominateur, donateur, exécuteur, ex
terminateur, générateur, improvisateur, inspecteur,
inspirateur, instituteur, inventeur, lecteur, moteur,
persécuteur, producteur, protecteur, restaurateur,
spéculateur, spoliateur, tuteur, versificateur ; ils font
au féminin : accusatrice, actrice, conductrice, restau
ratrice (dans le sens de celle qui restaure, qui répare);
dans le sens de qui donne à manger, cet adjectif ne
change pas : on dit un homme restaurateur, une femme
restaurateur); empereur fait impératrice.
QUATRIÈME MANIÈRE. Ceux de ces adjectifs qui peuvent,
par le changement de eur en ant, former le participe
présent d'un verbe, retranchent le r du masculin et le
remplacent au féminin par se. Menteur, mentant,
menteuse; grondeur, grondant, grondeuse; flatteur ,
61

flattant, flatteuse, chanteur, chantant, chanteuse. On


dit aussi cantatrice, pour exprimer une personne ha
bile dans l'art du chant. Il faut excepter débiteur,
devineur, exécuteur, inspecteur, inventeur, per
sécuteur, dont nous avons fait connaître le féminin ;
gouverneur, serviteur, qui au féminin font gouver
nante, servante, et quelques autres compris dans le
paragraphe suivant.
CINQUIÈME MANIÈRE. Les autres de ces adjectifs ter
minés en eur, qui expriment des états, des qualités
qu'on regarde, en général, comme ne convenant qu'à
des hommes, ne changent pas au féminin. Ainsi l'on
dit : une femme auteur, professeur, imprimeur,
graveur, etc.
HUITIÈME RÈGLE. Les adjectifs terminés au masculin
par x, comme : heureux, jaloux, suppriment le x
au féminin, et le remplacent par se : heureux , heu
reuse; jaloux, jalouse. Doux, roux, faux , vieux,
sont très irréguliers ; ils font au féminin : douce ,
rousse, fausse, vieille.
Observation. Le masculin régulier de vieille est vieil,
qui ne s'emploie que devant les mots commençant par
une voyelle ou par le h muet. Vieux se place aussi
devant ces derniers mots; ainsi l'on dit : mon vieux ami
et mon vieil ami; mon vieux habit et mon vieil habit;
il y a pourtant une différence. Vieil exprime une idée
d'attachement avec l'idée d'ancienneté; vieux n'exprime
que l'idée d'ancienneté.Un vieil ami est celui avec lequel
on est, de longue date, étroitement lié; un vieux ami
est bien celui avec lequel on est lié, mais c'est l'idée
de vieillesse qui domine ; un vieil habit est celui que
62

l'on a porté long-temps et auquel on est attaché; un


vieux habit est l'habit usé par un long service. Cette
double idée est exprimée dans les deux exemples
suivants :

Sois-moi fidèle, ô pauvre habit que j'aime !


Ensemble nous devenons vieux.
Depuis dix ans je te brosse moi-même,
Et Socrate n'eût pas fait mieux.
Quand le sort à ta mince étoffe
Livrerait de nouveaux combats,
Imite-moi, résiste en philosophe :
Mon vieil ami, ne mous séparons pas. (BÉRANGER. )

On ne doit pas dans l'austère vieillesse


Tout condamner, tout traiter de chansons ;
On ne doit pas, dans la folle jeunesse,
D'un vieux ami dédaigner les leçons. (A. B.)

NEUVIÈME RÈGLE. Les adjectifs absous, dissous, résous,


ammoniac, bénin, blanc, caduc, coi, favori, frais,
franc, grec, hébreu, long, malin, muscat, oblong,
public, sec, tiers, turc, font au féminin : absoute,
dissoute, résoute, ammoniaque, bénigne, blanche,
caduque, coite, favorite, fraîche, franche, grecque,
hébreuse et hébraïque, longue, maligne, muscade,
oblongue, publique, sèche, tierce, turque.
Hébreu a deux féminins ; on dit : une femme, une
fille hébreuse ; une grammaire , une coutume hé
braïque.
DIxIÈME RÈGLE. Les adjectifs suivants et quelques
autres s'écrivent au féminin de la même manière qu'au
masculin, comme : une chevelure châtain , de la soie
ponceau, une petite laideron, elle est demeurée
63

capot, une femme peintre, témoin, écrivain. D'autres,


tels que : chicanier, dispos, fat, grognon, ne sont pas
usités au féminin.

8. Formation du Pluriel dans les Adjectifs.


RÈGLE. Les adjectifs prennent aux deux genres un s
au pluriel : acteur, acteurs, actrice, actrices; bleu,
bleus, bleue, bleues, puni, punis; punie, punies ;
médisant, médisants, médisante, médisantes, prudent,
prudents; prudente, prudentes.
Nota. Plusieurs , dans les adjectifs pluriels mas
culins terminés au singulier par ant et ent, négligent
le t; ils écrivent médisans, prudens, etc., au lieu de
médisants, prudents, etc.
Ex C E PT I oN s :

I". Les adjectifs terminés au singulier masculin par


un x, conservent cette lettre au masculin pluriel : un
homme heureux, des hommes heureux, quant aux
féminins, ils forment le pluriel régulièrement, ils
ajoutent un s au singulier féminin : une femme heu
reuse, des femmes heureuses.
Remarque. Les adjectifs terminés en oux, tels que :
époux, jaloux , conservent le x, lorsqu'ils sont em
ployés substantivement : voilà un bon époux; vous
êtes un jaloux. L'adjectif hébreu, quoique non ter
miné au singulier masculin par x, prend cette lettre
au pluriel masculin ; les hébreux.
II°. Les adjectifs terminés en al au masculin sin
gulier, suppriment le l au pluriel, et remplacent cette
lettre par ux. Il n'est rien changé à la règle de leur
64
féminin, comme : royal, royaux, royale , royales :
égal, égaux, égale, égales.
Les adjectifs suivants, terminés en al, ne sont guère
usités au masculin pluriel : si, toutefois, on les joint
à des substantifs pluriels masculins, on est libre de
terminer ces adjectifs en als ou en aux, selon que
l'oreille est plus ou moins flattée de l'une ou de l'autre
de ces deux terminaisons : diagonal, diamétral, ex
périmental, instrumental , jovial, lustral, magistral,
matinal, mental, médical, médicinal, monacal, mu
sical, paroissial, patronal, pénal, quadragésimal, vir
ginal, vocal, zodiacal.
9. Accord de l'Adjectif avec le Substantif.
Les adjectifs ont, pour la plupart, les deux genres
et les deux nombres.
PREMIÈRE RÈGLE. L'adjectif que l'on joint à un sub
stantif doit s'accorder avec lui, c'est-à-dire que si
le substantif est masculin, l'adjectif qu'on lui joint
doit être au masculin : si le substantif est féminin,
l'adjectif doit être au féminin ; si le substantif est
singulier, l'adjectif sera au singulier ; si enfin le sub
stantif est pluriel, on mettra l'adjectif au pluriel ;
ainsi l'on dira : un homme savant, une femme ins
truite, j'ai visité ces pays heureux, ces terres pro
ductives.
DEUxIÈME RÈGLE. L'adjectif que l'on joint à plusieurs
substantifs de même genre, se met au pluriel et au
genre des deux substantifs :
Mon père et mon frère se sont retirés à la campagne.
Cette histoire et cette fable m'ont paru très-divertissantes.
65

Néanmoins, quoiqu'il soit joint à plusieurs substantifs,


l'adjectif ne s'accorde qu'avec le dernier, si réellement
il ne modifie que celui-là :
Je n'ai trouvé à la cave qu'un morceau de bois, un bouchon et
un clou rouillé.

TRoISIÈME RÈGLE. L'adjectif joint à plusieurs substan


tifs de différent genre se met au pluriel et au mas
culin :
Mon ami et sa sœur sont si gais, qu'ils réjouissent tout le
monde.

Cependant si l'adjectif employé au pluriel était trop


choquant, on ne ferait accorder cet adjectif qu'avec le
dernier substantif :
Armez-vous d'un courage et d'une foi nouvelle. (RACINE.)
On ne ferait également accorder l'adjectif qu'avec le
dernier substantif, si ce substantif exprimait une plus
grande idée que les précédents : -

Fénelon avait un talent, une vertu et une grandeur d'âme


admirable.

Qui peut sans un effroi, sans une horreur profonde,


Voir les lauriers sanglants des conquérans du monde ?
Toute sa vie n'a été qu'un travail, qu'une occupation conti
nuelle. (MAssILLoN.)
Ce songe, ce rapport, tout me semble effroyable. (RACINE.)
Si, au contraire, c'était le premier substantif qui
exprimât l'idée la plus étendue, la plus forte, ce serait
avec lui qu'on devrait faire accorder l'adjectif.
, Quelle était en secret ma honte et mes chagrins! (RACINE.)
10. L'accord de l'adjectif présente quelques diſſi
66

cultés encore; nous allons, par l'explication des exem


ples suivants, chercher à les faire disparaître.
ExEMPLEs : ExPLIcATIoNs :

On demande un homme ou une Agés est au pluriel, parceque l'une


.femme âgés. et l'autre des deux personnes de
mandées doit être âgée.
On demande un homme ou une Ici dgée est au singulier, parce
ſemme âgée. que ce n'est que la femme que l'on
demande âgée.
J'ai acheté des bonnets de soie noirs. Ce sont les bonnets que l'esprit con
sidère : noirs doit s'accorder avec
CllX.

J'ai acheté des bonnets de soie noire. C'est sur la soie dont les bonnets sont
faits que l'esprit se porte : noire
doit donc alors s'accorder avec
elle.
Peu de gens savent être vieux. L'idée principale est celle de gens ;
(LA RocHEFoUcAULD.) ce n'est pas le peu qui peut être
vieux, ce sont les gens : c'est donc
avec ce mot que doit s'accorder
vieux.
Ce peu de mots est vrai, simple et C'est l'idée de peu, l'idée de quantité
noble. (VoLTAIRE.) qui domine ici : vrai, simple, noble,
doivent s'accorder avec peu.
On est heureuse d'être mère. On est ici féminin et singulier.
On est égaux quand on s'aime. On est ici masculin et pluriel.
Cette femme a l'air content. Cette femme peut n'être pas contente,
mais elle a su prendre l'air du con
tentement : c'est avec air que doit
s'accorder l'adjectif.
Cette femme a l'air contente. Non-seulement cette femme a l'air
content, mais en effet elle est con
tente ; toute sa personne respire la
satisfaction. C'est donc avec femme
que s'accordera l'adjectif.
Ces poires ont l'air d'être bonnes. Après cette expression avoir l'air, si
le substantif précédent est un nom
d'êtres sans vie, l'adjectif s'accorde
toujours avec lui ; mais on met
avant cet adjectif, le verbe étre.
Mademoiselle, marchez drcite. C'est-à-dire ayant le corps droit.
. ExEMPLEs : ExPLICATIoNs :

Mademoiselle, marchez droit. Droit n'est plus ici adjectif, mais ad


verbe, et veut dire en droite ligne,
sans dévier, droitement. Cette ex
pression, marchez droit, signifie
aussi figurément, conduisez-vous
bien.

Dieu méme ordonne qu'on aime. Méme, lorsqu'il est adjectif, suit les
(BÉRANGER.) personnatifs moi, toi, nous, vous,
Les Romains n'ont vaincu les Grecs lui, elle, eux, elles, soi, et se lie
à eux par un trait d'union. Moi
que par les Grecs mémes. même, toi-même, nous-même, nous
(MABLY.)
mêmes, vous-même, vous-mêmes,
Le riche et l'indigent, l'imprudent et lui-même, elle-même, eux-mêmes,
le sage, elles-mêmes, soi-même. Les per
Sujets à méme loi, subissent méme sonnatifs moi, toi, etc. , se sous
sOrt. (J.-B. RoUssEAU. ) entendent fréquemment, comme :
Les peuples se ressemblent; partout Dieu méme, les Grecs mémes,
mémes vices, mémes vertus. pour Dieu lui-même, les Grecs eux
(LEMARE.) mêmes. Dans ce cas, comme dans
celui ou l'adjectif méme précède le
substantif, même s'accorde avec ce
substantif.
On fait souvent vanité des passions, Toutes les fois que méme n'est point
méme les plus criminelles. adjectif, il est adverbe et peut
(LA RocHEFoUCAULD.) être traduit par mémement. Dans
J'enlèverais ma femme à ce temple, à , les premiers exemples cités, méme
vos bras, est adjectif; dans les deux derniers,
Aux dieux méme, à nos dieux, s'ils ne il est adverbe.
m'exauçaient pas. (VoLTAIRE.)
1. Vous êtes, ma foi, de bien heu Avec le mot gens, les adjectifs se
reuses gens. -
mettent tantôt au masculin et tantôt
2.Les gens heureux ne se corrigent au féminin.
guère. (LA RocHEFoUGAULD.)
3. Que de sottes gens il y a dans le Si l'adjectif suit le mot gens, il est
monde. toujours au masculin (exemples 2°
4. Les bonnes gens sont tous ba et 7°) ; si l'adjectif précède le mot
vards. (GREssET.) gens, et que cet adjectif ait pour
5. Les vieilles gens sont soupçon les deux genres la même termi
Im6llX. naison, il est encore au masculin
6. Tous les honnêtes gens ne sont (exemples 6° et 8°.)
pas connus.
7. Les gens vraiment instruits sont
modestes.
68
ExEMPLEs : ExPLICATIoNs :

8. Les plus utiles gens ne sont pas


toujours les plus appréciés.
vilaines Les adjectifs qui ont deux terminai
singulières sons pour les deux genres, se met
petites tent au féminin lorsqu'ils précèdent
9. Ce sont de méchantes gens. le mot gens : surte at, lorsque
bonnes l'adjectif réveille une idée d'ironie,
grandes de blâme, ou toute autre qui se
excellentes puisse prendre en mauvaise part
Nota. Si les trois derniers étaient (exemples 1", 3°, 4°, 5° et 9°).
pris en bonne part, on dirait : Ce sont
des gens grands, bons, excellents.
Quatre animaux divers, le chat grippe Lorsque le mot gens est immédia
fromage, tement précédé de l'un des adjectifs
Triste oiseau le hibou, ronge-maille le déterminatifs, tout, certain, quel,
rat, tel, il faut que cet adjectif soit mis
Dame belette au long corsage, au féminin (exemples 1", 2°, 3°,
1. Toutes gens d'esprit scélérat, 4° ).
Hantaient le tronc pourri d'un pin
, vieux et sauvage.
(LA FoNTAINE.)
2. Ainsi certaines gens faisant les
empresses
S'introduisent dans les affaires.
(LA FoNTAINE.) .
3. . Quelles gens êtes-vous ?
(RACINE.)
4. Plus telles gens sont pleins.
- (LA FoNTAINE.)
5. Tous ces gens-là sont sottement Si ces adjectifs ne précèdent pas
ingénieux. (J.-J. RoUssEAU.) immédiatement le mot gens, ils
6. Certains honnêtes gens s'en sont s'emploient au masculin ( exem
scandalisés. -

ples 5°, 6°, 7°, 8°, 9°, 11°), à


7. Quels sont les gens qui m'ont moins que le mot gens ne soit déjà
· 1 demandé ? précédé d'un adjectif qualificatif,
8. Tels sont les gens que vous fré pris en mauvaise part, etc. (exem
- quentez ! ples 1o°, 12°.)
9. Quels braves gens ! · · · · , • • • ••
1o. Quelles viles gens !
11. Tous les gens d'affaires vous
blâmeront.
12. Toutes les sottes &ens
69
ExEMPLEs : ExPLICATIoNs :

Je viendrai dans demi-heure. Demi et mi, son diminutif, restent


La mi-août, la mi-septembre. invariables devant un substantif, et
s'unissent à lui par le trait d'union.
Je viendrai à une heure et demie. Placé après un substantif, demi est
adjectif et s'accorde.
J'ai ouï dire à feu ma sœur, à feu la | Feu reste invariable, précédant un
reine, à feu votre mère. adjectif déterminatif; feu est adjec
J'ai oui dire à ma feue sœur, à la | tif et s'accorde lorsqu'il est entre
feue reine, à votre feue mère. l'adjectif déterminatif et le sub
stantif.
Cet homme va nu-pieds, nu-tête. IVu, précédant un substantif, se joint
Cet homme va pieds nus, tête nue. à lui par le trait d'union, et reste
Il était nu-tête et nu-jambes. invariable ; il varie cependant lors
(VoLTAIRE. ) qu'il ne forme pas avec lui une seule
Tête nue, pieds nus, jambes nues. expression, comme : il ne possède
que la nue propriété de son bien. .
WAILLY.
(WAILLY.) IVu, suivant le substantif qu'il mo
difie, s'accorde toujours avec lui.

11. De quelques Adjectifs qui veulent étre suivis


de Prépositions spéciales.
| | -
Si l'on dit : - -
Cette personne est vertueuse, aimable, humble, nullement
dédaigneuse, , , . -
-

les adjectifs , vertueuse , aimable, humble, dédai


gneuse, expriment seuls, et d'une manière absolue,
les qualités qu'on a reconnues dans cette personne,
ou qu'on lui attribue. · · · ·

Dans les exemples suivants :


Telle aimable en son air, mais humble dans son style, º -
Doit éclater sans pompe une élégante idylle. . (BoiLEAU.)
Tout monarque indolent, dédaigneux de s'instruire, , !
Est le jouet honteux de qui veut le séduire. (VoLTAIRE.)
les adjectifs aimable , humble , dédaigneux , pré
/
7o

cèdent immédiatement des mots énonçant une idée


secondaire, qui particularise, fixe la signification trop
étendue et vague de l'adjectif. - -

· Entre ces deux idées, il faut une préposition qui les


lie et en exprime le rapport : cette préposition varie,
et avec l'adjectif et avec l'idée secondaire.
| La lecture assidue des ouvrages bien écrits peut
seule nous éclairer dans le choix des prépositions. Voici
cependant trois listes d'adjectifs suivis des prépositions
que chacun d'eux affectionne, et dont les meilleurs
auteurs ont consacré l'usage : -

Accessible, agréable, antérieur, âpre, ardent,


attentif, cher, conforme, contraire, convenable,
docile, enclin, exact, favorable, fidèle, formi
-
dable, hardi, impénétrable, inabordable, inac
# cessible, inconcevable, indocile, inexplicable,
infatigable, inexorable, infidèle, insensible, in
: e»

vincible, nuisible, odieux, précieux, préférable,


i redoutable,
préjudiciable, prêt, prompt, propice, rebelle,
réfractaire, respectable, sensible,
-
supportable, tardif, terrible, vif. . -

##c,. -
· Absent, amoureux, avide, capable, chéri, com
| plice, confus, conlent, coupable, dédaigneux,
· désireux, différent, digne, envieux, exempt, fier,
fort, fou, furieux , glorieux, gros, honteux,
impatient, indigne, incapable, insatiable, insé
parable, ivre, jaloux, las, libre, mécontent,
ménager, orgueilleux , plein, prodigue, rede
vable, soigneux, sûr, tributaire, vide.
71

VEULENT VEULENT

ADJECTIFS. on»isAinEnEsr ADJECTIFS. oºpisaneurs,


E T R E SUIVIS
ET RE SUIVIS

DEs PRÉPosITIoNs DEs PRÉPosITIoNs

-->- G> E ----

Adroit à, de. Ignorant en, de, sur.


Affable à, envers. Incertain de.
Aimable en, auprès de. Incompatible aVCC.

Alarmant pour. Inconciliable :lV62C.

Assidu à, auprès de. Inconnu à, de.


Aveugle sur, dans. Inconsolable de, sur.
Célèbre en, par. Indulgent à, pour.
Civil envers, à l'égard Inébranlable à, dans.
de. Inférieur à, en.
Commun à, avec. Inquiet de, sur.
Comparable à, avec. Ingénieux pour, a.
Comptable à, envers. Ingrat envers, à.
Constant en, dans. Insolent dans, en, en
Cruel à, envers. vers, de, avec.
Curieux de, en. Juste " SllT.

Dangereux pour, à. Lent dans, à.


Difficile à, de. Miséricordieux envers.

Dissolu dans. Nécessaire à, de.


Dur de, à. Officieux à, envers.
Endurci dans,aux,contre. Paresseux à, de.
Étranger à, en, dans. Pénible à, de.
Expert 62Il . Propre à, de, pour.
Fâcheux à, de. Reconnaissant envers, de.
Facile à, de. Responsable envers, de.
Fécond CI1 . Riche en, de, par.
Fertile Cll, Sage en, dans.
Fidèle à, en. Sévère pour, envers,
Habile , dans, en, à. à l'égard de, à.
Heureux de, en. -
Stérile CIl.

Humble en, dans. Sujet à, de.

12. Remarques.

I". Lorsque vous employez plusieurs de ces adjec


72

tifs, donnez a chacun d'eux la préposition qu'il exige ;


ne dites pas :
Ce musicien est connu et cher à tous les amateurs.
Dites :
Ce musicien est connu des amateurs et cher à tous.

II°. Ne joignez point une idée secondaire à un adjectif


qui ne saurait en recevoir, tels que : incomparable,
indicible, unique, etc. Ne dites pas comme Corneille :
Je cherche à l'arrêter, parcequ'il m'est unique (à moi).

15. Réflexions particulières sur quelques Adjectifs.


CAPABLE, sUsCEPTIBLE. L'emploi de ces adjectifs est
assez déterminé par les exemples suivants :
L'homme ingrat est capable de tout.
Le Champ-de-Mars est capable de contenir trois cent cinquante
mille soldats.
La jeunesse est susceptible de recevoir toutes les impressions.
Cet homme a un bon caractère; cependant, il me semble un
peu trop susceptible.
CoNSÉQUENT, CoNSIDÉRABLE, IMPoRTANT. L'emploi de
ces adjectifs est encore assez déterminé par le sens
qu'ils ont dans les trois exemples suivants :
Il faut être conséquent avec soi-même, ne pas prêcher le bien
et faire le mal.
ll est tombé une quantité considérable de neige.
Cette affaire est trop importante pour que je n'y donne pas tous
mes soins.

DIGNE, INDIGNE. Digne peut être suivi de mots pris


en bonne et en mauvaise part :
On est digne de louange, de blâme. -

Indigne ne peut être suivi que de mots pris en


bonne part : -

Votre ami est indigne de pardon.


73
ÉnoNTÉ, EFFRoNTÉ, DéHoNTÉ. Éhonté exprime la
corruption du cœur :
Voilà une femme bien éhontee.

Effronté exprime la légèreté de caractère, l'im


pudence :
Voilà un jeune homme bien effronté.
Déhonté n'est plus français.
ÉMINENT, IMMINENT. Un personnage éminent est un
homme élevé en dignité, honorable.
Un danger éminent est un grand danger.
Un danger imminent est présent, pressant, inévitable.
ENNUYANT, ENNUYEUx. Un homme ennuyant est
celui qui vous cause un ennui momentané.
· Un homme ennuyeux est celui qui ennuie toujours.
EssoUFFLÉ, HoRs D'HALEINE, HALETANT. On est essouf
flé après une longue course ou un exercice très violent.
| On est hors d'haleine quand, après cette course,
cet exercice, on peut à peine respirer.
On est haletant lorsque les flancs se contractent
avec rapidité par une respiration fréquente.
ExCUSABLE, PARDoNNABLE. Excusable ne se dit que
des personnes : -

Votre frère est excusable.

Pardonnable ne se dit que des choses :


Cette faute est pardonnable.
Inexcusable , impardonnable, sont soumis à la
même règle.
FoRTUNÉ, RICHE. Fortuné veut dire heureux, il ne
faut pas le confondre avec riche, qui a de la fortune.
INFINI, MINIME. Il ne faut jamais faire précéder ces
/
74

deux adjectifs des mots le plus, le moins; ils ex


priment seuls tout ce qu'ils peuvent exprimer.
MATINIER, MATINAL, MATINEUx. Matinier n'est guère
usité que pour désigner la planète Vénus, l'étoile ma
tinière.
Matinal exprime qu'on s'est levé matin :
La déesse des bois n'est pas si matinale. (LA FoNTAINE.)

Matineux indique l'habitude de se lever matin :


Les coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin,
Je suis plus matineux encore. (LA FoNTAINE.)
MEMBRÉ, MEMBRU. Membré, terme de blason, se dit
des membres d'animaux émaillés autrement que le
reste du corps.
Membru exprime la grosseur des membres :
Cet homme est membru comme un Hercule.

MoUssEUx, MoUssU. Vin de Champagne mousseux


( mousse, écume).
Écorce moussue (mousse, végétation).
On dit donc à tort, rose mousseuse pour moussue.
OMBRAGEUx, oMBREUx. Ombrageux signifie qui est
facile à éprouver de la peur : cheval ombrageux.
Ombreux veut dire, qui a de l'ombre : vallée om
breuse.
OUTRAGEUx, oUTRAGEANT. Outrageant ne se dit que
des choses : paroles outrageantes.
Outrageux se dit des personnes et des choses :
Les femmes de la Halle sont souvent outrageuses; discours
outrageux.
OUvRABLE, oUvRIER. Ouvrable s'applique à la ma
tière dont on peut faire un ouvrage.
75
Ouvrier désigne celui qui met en œuvre la matière.
On dit cependant jour ouvrier, jour ouvrable : l'un
et l'autre est faute ; il faudrait dire jour de travail,
comme on dit jour de repos.
PAssANT, PAssAGER. Passant désigne des lieux où
l'on passe fréquemment.
Une rue est passante.
Passager exprime le peu de durée :
La beauté est passagère.
RUSTAUD, RUsTRE. On dit d'un homme, c'est un rus
taud, pour marquer le peu de culture de son esprit,
le peu de finesse de sa figure, de ses formes, etc.
Cette personne a la mine rustaude.
Rustre, exprime la rudesse du caractère, des ma
nières, etc. Cet adjectif est synonyme de grossier :
Couple ignorant et rustre. (LA FoNTAINE.)
SECoND, DEUxIÈME. Second peut s'employer toujours
pour désigner ce qui suit le premier.
Deuxième exprime la même idée; seulement il ne
saurait être employé dans tous les cas où l'on emploie
second; on ne dirait pas :
J'ai vu aujourd'hui monsieur le deuxième président, mais bien,
monsieur le second président. -

SoURD-MUET, soURD ET MUET. Un sourd-muet est


celai qui est sourd et muet de naissance. ·
Un homme sourd et muet est celui qui est devenu
tel par l'âge, les maladies, etc., ou qui feint de l'être.
Voyez, pour les autres Adjectifs, la Table, article
LocUTIoNs. -
CHAPITRE III.

DU PRONOM.

1. AU lieu de répéter un ou plusieurs mots déjà


employés dans le discours, on se sert d'autres mots
qui en tiennent la place : ce sont ces derniers que l'on
nomme pronoms; donc :
2. Un pronom est un mot qui remplace dans le dis
cours un ou plusieurs autres mots.

TABLEAU DES PRONOMS.


^\
,-"-" N-m--

SING U LIE R. PLURIEL. - .

•- -^- - - —^- "R.

MAscULIN. FÉMININ. MAscULIN, FÉMININ.

mc , nOus , me, nous , nous , IlOl1S.


tC , te , vous, VOl1S.

Se , SC , se, SC.

il, elle , ils, eux, clles.


lui , lui, leur, leur.
l'un, l'une, les uns, les unes.
l'autre, l'autre, les autres , les autres.
le, la, les, les.
CC , ce , ce , CC,

celui, celle, - ceux , celles.


celui-ci, celle-ci, ceux ci, celles-ci.
ceci, ceci,
cela, cela,
77
Suite du Tableau des Pronoms.

A-"m-N-m--
SINGULIE R. P L U R IE L.

-^- r -^- -

MAscULIN. FÉMININ. MAscULIN. FÉMININ.

ça,
qu1, qui, quu, qui.
que, que, que, que.
lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
celui qui, celle qui, ceux qui, celles qui.
celui que, celle que, ceux que, celles que.
quoi, quoi, quoi, quoi.
quoi que ce soit,
dont, dont, dont, dont.
le mien, la mienne, les miens, les miennes.
le tien, la tienne, les tiens, les tiennes.
le sien, la sienne, les siens, les siennes.
le nôtre, la nôtre, les nôtres, les nôtres.
le vôtre, la vôtre, les vôtres, les vôtres.
le leur, la leur, les leurs, les leurs.
tout,
rien,
en ,
où,
y, —
IVota. Nous n'avons pas donné à ces pronoms de dénomina
tion particulière. Me, te, se, lui, leur, etc., exprimant des per
sonnes, on pourra , en faisant l'analyse, les appeler personnels.
Ce, celui, celle, ceci, cela, etc., montrant les objets, seront
nommés démonstratifs. Qui, que, dont, etc., servant à expri
mer la relation des mots qui les précèdent et des mots qui les
suivent, seront appelés relatifs. Tout, rien n'offrant à l'esprit
qu'une idée indéfinie, seront nommés indéfinis. Enfin, on pourra
appeler pronoms adverbiaux ceux qui, tels que : en, où, y, rem
plissent, dans le discours, le rôle de pronoms, et parfois le rôle
d'adverbes.
78

C IT A T I O NS. LE PRONOMI TIENT LA PLACE DE

Je me flatte. Ime , moi.


Tu te contredis. te , toi.
Elles se promènent. Se , soi.
" Je lui accorderai sa demande. lui, à lui ou à elle.
Exprimez leur toute ma reconnaissance. leur, à eux ou à elles.
Si Dieu est juste, il est aussi clément. lDieu.

La vertu est si aimable par elle-même,


qu'elle n'a pas besoin de parure pour elle , la vertu.
se faire aimer.
Achetez ces fruits, ils sont bons. ils, ces fruits.
Grâces au ciel, mes mains ne sont point
criminelles :

Plût aux dieux que mon cœur fût in


nocent comme elles ! (RACINE.) elles, mes mains. :
Osons opposer Socrate même à Caton : l'un, Socrate.
l'un était plus philosophe, l'autre l'autre, Caton.
plus citoyen.
Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'in Dieu.
Venter, (VoLTAIRE.)
L'esclave vainement lutte contre sa chaîne;
L'intrépide la porte, et le lâche la traîne. la, la, sa chaîne.
(CoLLARDEAU.)
On a déposé chez vous plusieurs objets
qui m'appartiennent; je les enverrai les, ces objets.
prendre.
Ces peintures ont paru vous plaire, soyez
assez bonne pour les accepter. les, ces peintures.
C'est un méchant métier que celui de mé celui, le métier.
dire. (BoILEAU.)
Il me prive de ma plus grande satisfaction,
celle de voir ma fille. celle, la satisfaction.
Renvoyez moi les papiers que je vous ai
confiés, ceux de mon frère exceptés. CeuX , les papiers.
Emportez toutes celles de ces plumes celles, les plumes.
dont vous avez fantaisie.
Ce que je sais le mieux, c'est que je ne ce , l'objet.
S8l1S T1ºHº .
79

CITATIO NS. LE PRONOM TIENT LA PLACE DE

Laisser le crime en paix, c'est s'en rendre C » cette action est, etc.
complice. (CRÉBILLoN.)
Ce furent les Phéniciens qui, les premiers, CC , Les Phéniciens fu
rent les hommes
inventèrent l'écriture. (BossUET.)
qui, etc.
Ce sont leurs vertus qui m'ont séduit. ce , Leurs vertus sont
Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine les choses qui, etc.
chargé ;
L'autre portant l'argent de la gabelle ;
Celui-ci glorieux d'une charge si belle. celui - ci , ce mulet-ci.
(LA FoNTAINE.)
Celui-là fait le crime à qui le crime sert. celui-là, cet homme-là.
(VoLTAIRE.)
Mais qu'il soit une amour plus forte celle-là, cette amour-là.
Que celle-là que je vous porte,
Cela ne se peut nullement.
(MALHERBE.)
Ceci soit dit en passant, je vous prie. ceci , cet objet-ci.
Cela ne vous regarde pas. cela, cette chose-là.
C'est toujours ça. (LEMARE.) Ça » cette chose-là.
La manie de conquérir est une espèce
d'avarice qui ne s'assouvit jamais. qui, laquelle avarice.
(MARMoNTEL.)
Soutiendrez-vous un faix sous qui Rome qui, lequel faix.
succombe ? (CoRNEILLE.)
Songiez-vous aux douleurs que vous m'al que, lesquelles douleurs.
liez coûter ? (RACINE.)
Que me voulez-vous ? que, quelle chose.
Voilà quel trouble ici me force à m'arrêter,
Et sur quoi j'ai voulu tous deux vous con quoi, quel objet.
sulter. (RACINE.)
Quoi que vous désiriez, vous l'obtien quoi, quel objet.
drez.

Celuiquimetunfrein à lafureur des flots. celui, Dieu.


(RACINE.)
Elle est souvent malheureuse, celle qui se celle, la femme.
laisse trop allerau penchant de son cœur.
8o

CITATIONS. LE PRONOM TIENT LA PLACE DE

Ceux qui emploient mal leur temps sont ceux , les gens.
les premiers à se plaindre de sa briè
veté. (LA BRUYÈRE.)
Les moins agréables de toutes les femmes
sont souvent celles qui mettent le plus celles, les femmes.
de soins à faire valoir leurs agrémens.
De ces deux étoffes laquelle préférez-vous? laquelle, quelle étoffe.
J'ai mon Dieu que je sers; vous servirez
le vôtre :
Ce sont deux puissants Dieux.-Il faut
servir le mien : le mien, mon Dieu ,
Lui seul est Dieu, madame, et le vôtre le vôtre, votre Dieu.
n'est rien. (RACINE.)
Celle que je prendrais, voudrait qu'à sa
façon
Je vécusse, et non à la mienne. la mienne, ma façon.
(LA FoNTAINE.)
On est maître de la vie d'autrui quand on
la sienne, sa vie.
compte pour rien la sienne.
(FÉNELoN.)
Je dis du bien de toi,
Tu dis du mal de moi,
le nôtre, notre malheur.
Damon, quel malheur est le nôtre !
On ne nous croit ni l'un ni l'autre
(Exemple cité par Wailly.)
soyez le seul témoin de ses pleurs et des des miens, de mes pleurs.
miens. (RACINE.)
Qui convoite le bien d'autrui, perd jus
tement le sien. le sien, son bien.
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère ?
—Je n'en aipoint.-C'est doncquelqu'un
des tiens ? (LA FoNTAINE.) des tiens, de tes parens.
Nous n'écoutons d'instincts que ceux qui
sont les nôtres. (LA FoNTAINE.) les nôtres , nos instincts.
8I

CITATIONS. LE PRONOM. |TIENT LA PLACE DE.

Voyageur dont l'âme intéresse, dont, duquel voyageur.


Quel chagrin flétrit tes beaux jours.
(BÉRANGER.)
Tout viendra désormais lui parler de mon tout, chaque objet.
feu. (A. B.)
Rien n'est si dangereux qu'un ignorant rien , aucun objet.
ami,
Mieux vaudrait un sage ennemi.
(LA FoNTAINE.)
Quoi que ce soit qu'on vous dise, ré- | quoi que ce | quelle chose, etc.
pétez-le-moi. soit ,
Aimez donc la vertu, nourrissez-en votre en, de la vertu.
âme. (BoiLEAU.)
Le moment où je parle est déjà loin de où, dans lequel mo
moi. (BoiLEAU.) Iment.

Je vais au spectacle, y viendrez-vous ? y, au spectacle.

Remarques sur les Pronoms.

3. Le, la, les. Si ce pronom remplace un sub


stantif déterminé, il faut employer le, la, les, au
même genre et au même nombre que ce substantif.
Dans tous les autres cas, ce pronom remplaçant le mot
cela, ou un adjectif qualificatif, doit s'écrire au mas
culin singulier.
EXEMPLEs :

où le REMPLACE UN sUBsTANTIF l où le REMPLAcE LE MoT cela oU


r
UN
DÉTERMINÉ. ADJECTIF QUALIFICATIF.

Êtes-vous la mariée ?—Je la suis. Êtes-vous mariée ?— Je le suis.

Seriez-vous les médecins du roi ?- | Seriez - vous médecin-?.— Nous le


Nous les sommes. SOIIlIIt6S.

6
82

Ex EM P L E s :
ou le : REMPLAcE UN sUBsTANTIF où le REMPLAcE LE MoT cela oU I »
DÉTERMINÉ. ADJECTIF QUALIFIcATIF.

Depuis trente ans et plus, n'êtes-vous S'il vous a accordé sa confiance, vous
pas ma femme ?— Oui, je la suis. le devez à votre bonne conduite.
(LA CHAUssÉE.) (FLoR1AN.)
(Dans cet exemple, on pourrait aussi
mettre la.)
Ne me trompé-je point, êtes-vous Il faut obliger les autres autant qu'on
bien ma nièce ?— Oui, monsieur , le peut. (FÉNELoN.)
je la suis. (LA CHAUssÉE.)
Miracle ! criait-on, venez voir dans La plupart des savans le sont à la ma
les nues nière des enfans. (VoLTAIRE.)
Passer la reine des tortues. - Il est des grands hommes qui ne le
La reine ! vraiment oui, je la suis en sont que par les vertus.
effet. (LA FoNTAINE.) (THoMAs.)
Va, je ne te hais point.—Tu le dois.
— Je ne puis. (P. CoRNEILLE.)
Instruisez - le comme vous voudriez
que le fût l'ami d'un monarque.
(MARMoNTEL.)

4. Le, la, les s'emploie presque toujours pour


lui, elle, eux, elles, quand on parle d'objets inanimés.
Ce carrosse parut être celui de mon fils, ce l'était en effet.
(Mº° DE SÉvIGNÉ.)
5. Le, la, les ne doit jamais être omis devant les
mots lui, leur.
Vous savez ce que je vous ai dit pour votre sœur, n'oubliez pas
de le lui répéter. N'oubliez pas de lui répéter, serait faute.
6. Ce s'emploie au lieu de cela, dans ce me semble,
et devant le verbe étre ou un autre verbe suivi du
verbe être. C'est probable; ce ne peut être. Mais si on
veut donner plus d'énergie à la phrase, on emploiera
cela, et non pas ce. Cela est vrai, est plus affirmatif
que c'est vrai.
83

7. L'un, l'autre, employés séparément dans une


phrase, désignent : l'un, le substantifle premier énoncé,
l'autre, le second substantif.
Charles XII, roi de Suède, éprouva ce que LA PRosPÉRITÉ a de
plus grand, et ce que l'adversité a de plus cruel, sans avoir
été amolli par L'UNE, ni ébranlé par l'autre. (VoLTAIRE.)
Le PAssÉ et l'avenir se voilent à nos regards; mais L'UN porte
le voile des veuves, l'autre celui des vierges.
Osons opposer SocRATE même à Caton; L'UN était plus philo
sophe, l'autre plus citoyen. (J.-J. RoUssEAU.)

8. Celui-ci, celle-ci, etc., désignent les substantifs


dont on a parlé les derniers : celui-là, celle-là, etc.,
désignent les substantifs dont on a parlé les premiers,
COIIlII16 :

CICÉRoN se voyait toujours le premier, Caton s'oubliait toujours ;


celui-ci voulait sauver la république pour elle-même, CELUI
LA pour s'en vanter. (MoNTESQUIEU.)
Dans une ménagerie
De volatille remplie,
Vivaient le cygne et L'oIsoN ;
CELUI-LA destiné pour les regards du maître,
Celui-ci pour son goût. (LA FoNTAINE.)

Celui-ci peut être suivi du pronom l'autre, au


lieu de l'être du pronom celui-là. Celui-ci désigne le
dernier objet énoncé, l'autre désigne le premier.
LA sCULPTURE ÉGYPTIENNE, en reproduisant l'image d'un dieu
ou d'un monarque, ne dut jamais arriver à cette élégance
et à cette pureté qu'atteignit bientôt la sculpture grecque,
parceque les plus beaux modèles se montraient de toute
part à celle-ci, tandis qu'ils manquèrent souvent à L'AUTRE.
(CHAMPoLLIoN le jeune.)
84
9. Celui, celle , etc., peuvent être employés suivis
d'un adjectif verbal.
Je joins à ma dernière lettre celle écrite par le prince.
(RACINE.) (Sous-entendu qui a ete.)
Il ne faudrait pas user trop de cette licence ; il
ne faudrait pas surtout faire suivre celui, celle, ceux,
celles d'un adjectif purement qualificatif, comme :
Le comte d'Orvilliers, commandant la flotte française, força
celle anglaise à fuir.
Il faudrait prendre une autre tournure, dire :
Força la flotte anglaise, ou força celle des Anglais à prendre
la fuite.

Lorsque celui-là n'est pas mis, comme dans les


exemples précédents, en rapport avec celui-ci, son
emploi ajoute beaucoup d'énergie à l'expression de la
pensée. Ainsi, au lieu de dire :
Celui à qui le crime sert fait le crime,
Boileau a dit :
Celui-là fait le crime à qui le crime sert.
Dans les palais l'orgueil habite ;
L'orgueil est l'eſſroi du bonheur :
Celui-là que le chaume abrite
Connaît seul les plaisirs du cœur. (A. B.)

10. Ceci, cela. Ceci désigne les objets présents


ou les plus proches; cela désigne les objets absents
ou les plus éloignés.
Ça est le diminutif de cela, dont on a retranché
el; ce diminutif s'emploie au lieu de cela dans le
langage familier : c'est ça, il ne s'agit pas de ça.
85

Celui, celle, etc., suivi de ci ou de là, veut être


uni avec eux par un trait d'union.
Celui, celle, etc., suivi de qui ou de que, s'écrit
séparément et sans trait d'union.
11: C'est une faute d'emplcyer, dans la même
phrase, un pronom personnel et un substantif per
sonnel, pour exprimer le même objet...On ne devra
donc pas écrire comme Boileau :
C'est à vous, mon esprit, à qui je veux parler; .
Mais bien comme Racine :

Est-ce à moi que l'on parle, et connaît-on Achille ?


On écrit lequel, laquelle, duquel, de laquelle,
auquel, à laquelle, lesquels, lesquelles, desquels,
desquelles, auxquels , auxquelles.
Je crois que c'est à tort ; on devrait écrire : le quel,
la quelle, du quel, de la quelle, au quel, à la quelle,
les quels, les quelles, aux quels, aux quelles.
*12.Le e de me, te, se, que, s'élide et se remplace
par l'apostrophe devant les mots commençant par
une voyelle.
Il m'inspire le respect; on t'en interdira l'entrée; on s'indigne
de voir toujours le mal.
86

CHAPITRE IV.

DU VER BE.

1. NoUs avons dit (notions préliminaires) : tout


mot qui exprime la manière d'être ou d'agir, l'état
ou l'action des personnes et des choses, est appelé
verbe.
2. Ajoutons quelques développemens.
Dans cette petite phrase ou proposition : Dieu est
bon, est signifie que la qualité bonté exprimée par
l'adjectif bon, fait partie du substantif Dieu, ou, ce
qui revient au même, le mot est exprime que Dieu
possède la bonté. Le mot est, est ce qu'on nomme le
verbe : le substantif Dieu est appelé sujet du verbe ;
l'adjectif bon se nomme attribut (nous reviendrons
au mot sujet).
5. Le verbe est est seul, unique, et, à la rigueur,
il ne serait pas nécessaire d'en avoir d'autres : cepen
dant on donne encore le nom de verbe à un très grand
nombre de mots qui sont la réunion du verbe et d'un
adjectif, comme : il rit, il chante, il danse, pour il
est riant, il est chantant, il est dansant.
Le verbe est, exprimant simplement la manière d'être,
l'état du sujet, est appelé verbe d'état.
Les autres verbes, exprimant chacun une action
plus ou moins déterminée, plus ou moins énergique,
87
faite par le sujet, ont été appelés verbes actifs (1).
4. Tous les verbes prennent diverses terminaisons
suivant le temps, les modes, le nombre, et les per
SO727262S.

DU TEMPS.

5. Le temps se divise en passé, présent et futur :


je lus, je lis, je lirai.
DES MODES.

6. Les modes sont les différentes manières d'ex


primer ce que le verbe signifie.
On compte sept modes dans les verbes français :
l'infinitif, l'affirmatif, le conditionnel, l'impératif
et rogatif, le subjonctif, le participe, l'interro
gatif.
7. L'infinitif désigne seulement un état ou une
action, sans définir ni le temps, ni les nombres, ni les
personnes, comme : étre, avoir, briller, dormir, re
cevoir, écrire.
8. L'affirmatif affirme une manière d'être ou une
action, comme : je suis, j'avais, je brillai, je dor
mirai.

9. Le conditionnel est toujours suivi d'une condi


tion, comme :
Je serais sage, si on me récompensait.

(1) Nous n'avons pas cru devoir séparer des vertes qui marquent une
action bien déterminée, comme : danser, nager, rire, le petit nombre
de ceux qui expriment une action moins énergique, tels que : succéder,
déplaire, convenir, etc.
88

10. L'impératif ou rogatif, ainsi appelé parce


qu'à ce mode, on commande ou on prie. On com
mande, comme : Porte vite cette lettre. On prie,
comme : Parlez en ma faveur; exprimez-lui, s'il vous
plaît, toute ma reconnaissance.
11. Le subjonctif signifie que le verbe à ce mode
ne vient qu'après un autre verbe exprimé ou sous
entendu, auquel il est joint ordinairement par le mot
que :
Dites à votre ami qu'il m'instruise de ses projets. L'heure presse,
appelez Jean, qu'il parte. (Sous-entendu, il faut.)
12. Le participe. Ce mode a reçu le nom de parti
cipe, parcequ'aux qualités du verbe il unit les formes
de l'adjectif. Il participe, pour ainsi dire, de l'un et de
l'autre, comme :
Avoir servi; brillant d'un vif éclat : ma sœur s'est rendue cé
lèbre par son esprit : on m'a écrit une lettre charmante.
15. L'interrogatif, ainsi nommé, parcequ'il ex
prime une interrogation : ce mode est le même que
l'affirmatif et le conditionnel ; seulement, à l'interro
gatif, le sujet se place après le verbe, et se joint à lui
par un trait d'union :
Suis-je bien ? Avais-je tort ou raison ? Après une journée si
agitée, passâtes-vous une nuit paisible, dormîtes-vous bien ?

Des Formes du Temps et des Modes.

14. La combinaison du temps et des modes a pro


duit certaines formes qui expriment chacune d'une
manière différente la signification du verbe.
89
Ces formes ont été nommées :

1". Passé indéfini de l'Affirmatif.

Pour le Passé.
2°. Passé indéfini du Subjonctif.
3°. Passé défini de l'Affirmatif.
4°. Passé du Participe.
5°. Présent Affirmatif.
6°. Présent Impératif.
Pour le Présent. 7°. Présent du Subjonctif.
8°. Présent de l'Infinitif.
9'. Présent du Participe.
Io°. Futur de l'Affirmatif.
Pour le Futur. | 11°. Futur du Conditionnel.
12°. Futur de l'Impératif.

15. Outre ces formes, les indéfinis de l'affirmatif


et du subjonctif, le défini de l'affirmatif, le présent
de l'affirmatif, le futur de l'affirmatif, et le futur du
conditionnel, sont employés au mode interrogatif.
Voir plus bas les Tableaux des conjugaisons où les
numéros correspondants aux précédents, indiquent le
nom de chaque forme et l'ordre dans lequel on doit
les réciter. -

DU NOMBRE.

16. A l'exception du présent de l'infinitif et du


présent du participe, toutes les manières précédentes
d'exprimer les trois époques du temps ont les deux
nombres singulier et pluriel :
Monsieur e'crit, ces demoiselles écrivent.
PERSONNES.

17. Les manières précédentes de marquer les trois


époques du temps ont chacune six terminaisons diffé
rentes, que l'on nomme personnes, parceque leur sujet
9o

est ou de la première, ou de la seconde, ou de la


troisième personne, comme :
Ire PERsoNNE. Je suis
Pour le Singulier. 2° PERsoNNE. Tu 62S habile.

3° PERsoNNE. ll, elle est

| Ire PERsoNNE. Nous SO77277765

Pour le Pluriel. 2° PERsoNNE. Vous étes habiles.


3° PERsoNNE. Ils, elles sont

Nota. Il faut excepter l'impératif, qui n'a pas de


première personne singulière. L'indéfini du subjonctif,
employé interrogativement, manque également de la
première personne du singulier; elle n'est usitée que
dans étre et avoir. L'infinitif et les deux participes
n'ont aucune personne.
CONJUGAISONS.

18. Conjuguer un verbe, c'est en réciter ou en écrire


les temps, les modes, les nombres et les personnes.
19. Tous les verbes à l'infinitiffinissent de l'une des
quatre manières suivantes : er, ir, oir, re, ce qui les
a fait ranger en quatre classes, que l'on nomme con
jugaisons.
20. Les verbes de la première conjugaison ont tous
l'infinitif terminé en er, comme : dépenser.
21. Les verbes de la deuxième conjugaison ont
tous l'infinitif terminé en ir, comme : finir.
22. Les verbes de la troisième conjugaison ont
tous l'infinitif terminé en oir, comme : recevoir.
25. Les verbes de la quatrième conjugaison ont tous
l'infinitif terminé en re, comme : rompre.
9I

24. Les verbes que nous donnerons pour modèles


de ces quatre conjugaisons sont appelés réguliers ;
ceux qui, dans quelques unes de leurs formes ou de
leurs personnes, ne seraient pas en tout semblables à
ceux-ci, sont appelés irréguliers.
Nota. On doit apprendre et réciter ces verbes en
commençant par le passé, et en allant de gauche à
droite, comme l'indiquent les numéros des tableaux ;
on peut aussi les réciter en allant de haut en bas, et
commencer par l'affirmatif, continuer par le condi
tionnel, l'impératif, etc. Alors on énoncerait les formes
des temps de la manière suivante :
AFFIRMATIF. PAssÉ INDÉFINI; PAssÉ DÉFIN1; PRÉsENT ; FUTUR.
CONDITIONNEL. FUTUR.

IMPÉRATIF. PRÉsENT ; FUTUR.


SUBJONCTIF. PAssÉ INDÉFINI ; PRÉsENT.
INFINITIF. PRÉsENT.

PARTICIPE. PAssÉ ; PRÉsENT.


INTERROGATIF. INDÉFINI DE L'AFFIRMATIF ; INDÉFINI DU SUBJoNcTIr ;
DÉFINI DE L'AFFIRMATIF; PRÉsENT ; FUTUR DE L'AF
FIRMATIF ; FUTUR DU CoNDITIoNNEL.
92

PREMIÈ E

- MO DE —,—MO D E —1— MODE


»-
: IMPÉRATIF
NoMeREs. | # | AFFIRMATIF. | coNDITIoNNEL. ET

# R O G ATIF.
º

( 1re. ) -

1re lJe dépens ais.


•- SINGULIER. 2e lTu dépens ais.
z
#-
| 3e | Il , elle dépens ait.
# 1re | Nous dépens ions.
# PLURIEL. 2e | Vous dépens iez.
# | 3e | Ils, elles dépens aient. •

# ( 3e. )
1re | Je dépens ai.
ſa-
-

:
SINGULIER. | 2e

3e
|Tu dépens as.
|Il, elle dépens a.
#.
# |
(

PLURIEL.
1re | Nous
2e | Vous
dépens âmes.
dépens âtes.
| 3e |Ils, elles dépens èrent.

( 5e. ) ( 6e. )
1re lJe dépens e. (Point de première Personne.)
E- SINGULIER. 2e lTu dépens es. dépens e.
# 3e |Il, elle dépens e. Qu'il, qu'elle dépens e.

# 1re | Nous dépens ons. dépens ons.


p- PLURIEL. 2e |Vous dépens ez. dépens ez.
ſ-4 3e | Ils, elles dépens ent. Qu'ils, qu'elles dépens ent. ,

( 1oe. ) ( 11e. ) ( 12e. )


1re | Je dépens erai. |Je dépens erais. |(Point de première Personne.)
- StNGULIER. 2e | Tu dépens eras. |Tu dépens erais. |Tu dépens eras.
# 3° |Il, elle dépens era. |Il, elle dépens erait. |II, elle dépens era.

s 1re | Nous dépens erons.|Nous dépens erions. |Nous dépens erons.


#s PLuRIEL. 2e | Vous dépens erez. | Vous dépens eriez. |Vous dépens erez.
3° |Ils, elles dépens eront.|Ils, clles dépens eraient.|Ils, elles dépens eront.
-T- -
=

oNJUGAIsoN.

MODE -MOD MODE MODE

SUB JONCTIF. INFINITIF.| PARTICIPE. INTER R O G ATIF.

r"-º-m-, -
|
INDÉFINI DE L'Asrº RMAT. IN DEF1N 1 DU SUBJONCTIF .

( 2e. ) ( 1re bis. ) ( 2e bis. )


Que je dépens asse. Dépensais-je ? (Point de 1re personne.)
Que tu dépens asses. Dépensais-tu ? Dépensasses-tu ?
Qu'il, qu'elle dépens ât. Dépensait-il?. elle ? Dépensât-il ? -elle ?

Que nous dépens assions. Dépensions-nous ? Dépensassions-nous ?


Que vous dépens assiez. Dépensiez-vous ? Dépensassiez-vous ?
"|Qu'ils,qu'elles dépens assent. Dépensaient-ils?-elles ? Dépensassent-ils ?-elles ?
-

( 3e bis. )
( 4°. )
Dépensai-je ?
Dépensas-tu ?
Dépensa-t-il?-t-elle ?
Dépens é. -

Dépens ée. Dépensâmes-nous ? : -

Dépensâtes-vous ? ,
Dépensèrent-ils ?-elles ?
-

-|! -

5e bis.
( 7e. ) ( 8e. )
Oue i
Que je dé
epens e. ( 9°. ) •- ? )
Que tu dépens es. Dépenses-tu ? -

Qu'il, qu'elle dépens e. Dépense-t-il ?-t-elle ? -

Dépens er. Dépens ant.


Que nous dépens ions. •| Dépensons-nous ?
Que VOL1S dépens iez. Dépensez-vous ? |

Qu'ils, qu'elles dépens ent. : Dépensent-ils?-elles ? | rvruR-coNDITIoNNEL.


|
-

- ( 1oe bis. ) ( 1 1 bis. )


-
Dépenserai-je ? Dépenserais-je ?
|
Dépenseras-tu ? Dépenserais-tu ?
Dépensera-t-il ?-t-elle ? Depenserait-il ? -elle ?

Dépenserons-nous ? Dépenserions-nous ?
| -
Dépenserez-vous ? Dépenseriez-vous ? "
· | Dépenseront-ils?-elles ? Dépenseraient-il.ºellesº
• |
94

DEUXIÈM1

| # MoDE-I─Moor- MOD

# - IMPÉRATIF
- NoMBREs. | # | AFFIRMATIF. | CoNDITIoNNEL. ET

, # R O G AT IF.
-
· · | · · · · · - º

• ( 1re. ) |
1re |Je fin issais. |
2 SINGULIER. 2e |Tu fin issais. -

, 3e | Il, elle ſin issait.


NH
C) ·- * •
2. 1 re | Nous fin issions.
- PLUR 1 EL. 2e | Vous ſin issiez.
-2 ) - 3e | Ils, elles ſin issaient.

| --
# -

( 3e. )
-

| e- 1re | Je fin is.


SINGULIER. 2e lTu fin is.

z , 3e | Il, elle fin it. -

# 1re | Nous ſin îmes.


C PLURIEL. 2e | Vous fin îtes.

3e | Ils, elles fin irent.

- ( 5e ) ( 6e. ) -

1re | Je ſin is, (Point de première Personne.)|


E- SINGULIER. 2e lTu fin is. fin is. -

# 3e |Il, elle fin it, Qu'il, qu'elle fin isse.

# 1re | Nous fin issons. fin issons. l'


# Prunist. 2e | Vous fin issez. fin issez.

3e | Ils, elles fin issent. Qu'ils, qu'elles fin issent.

( 1oe ) ( 11e. ) ( 12e. )


1re |Je ſin irai. Je ſin irais. (Point de première Personne.)
- SINGULIER. 2e |Tu ſin iras. Tu fin irais. Tu fin iras.

# 3e | Il, elle , fin ira. Il, elle ſin irait. Il, elle fin ira.

5 1re | Nous ſin irons. Nous fin irions. Nous fin irons.
# PLURIEL. 2e lVous ſin irez. Vous fin iriez. Vous fin irez.
- 3e |Ils, elles fin iront. Ils, elles fin iraient. Ils, elles fin iront.
º

l='
NJUGAISON.

MODE
-MoDE-I-MoDE
SUBJONCTIF. INFINITIF. PARTICIPE. INTER R O G AT IF.

1NDkrINI DE L'Arr1RM Ar 1NDkFINI DU sUBJONCTIF.

( 2e. ) | ( 1re bis. ) ( 2° bis. )


Que je fin isse. Finissais-je ? (Point de 1re Personne.)
1Que tu ſin Finissais-tu ? Finisses-tu ? ,
Qu'il, qu'elle fin ît. Finissait-il ? - elle ? Finît-il ?

Que nous fin issions. Finissions-nous ? Finissions-nous ? |


Que vous fin issiez. Finissiez-vous ? Finissiez-vous ?
Qu'ils, qu'elles fin issent. Finissaient-ils ? -elles ? Finissent-ils ?-elles ? |

( 4°. ) ( 3e bis. ) -

Finis-je ?
Finis-tu ?
|
Finit-il ? -elle ? |
Fiu i, fin ie.
Finîmes-nous ? |

Finîtes-vous ?
Finirent-ils ? -elles ?

Que je
( 7e. )
fin isse.
( 8e. ) (9 ) -
|r .#"" )
1nis-Je -

Que tu fin isses. Finis-tu ?


| |Qu'il, qu'elle fin isse. Finit-il ? -elle ?
Fin ir. Fin issant.
Que nous fin issions. Finissons-nous ? -

Que vous fin issiez. Finissez-vous ? —

Qu'ils, qu'elles fin issent. Finissent-ils ? -elles ? | vuTuR-coNDIrIoNNEL.

|
- ( 1o° bis. )
Finirai-je ?
( 11° bis. )
Finirais-je ?
Finiras-tu ? Finirais-tu ? !
Finira-t-il ? -t-elle ? Finirait-il? -elle ? |
-

Finirons-nous ? Finirions-nous ? | |
-
-

Finirez-vous ? Finiriez-vous ?
Finiront-ils ? -elles ? Finiraient-ils ? -elles ? |
· · · · · , · · · · · · -

TRoISIÈME
|
l– •- -

— MoDE-T─Mo DE-MODE
|| »e

- QD
IMPÉRATIF.
|| NoMBREs. | 22 | AFFIRMATIF. | coNDITIoNNEL. ET - * -

| R O G AT IF.
#
|— •

| ( 1re. )
| - 1re | Je recev ais.
| | -- l siNovLixx. 2e | Tu recev ais.

|| #
L- - -
3e | Il, elle recev ait.

| # Ire | Nous recev ions.


| # PLURIEL. 2e | Vous recev iez.

# 3e | Ils, elles recev aient.


|
,| un
-, / - ( 3e. )
| ſaº 1re | Je reç us.
, - SINGULIER. 2e Tu reç us.

# | # 3° | Il, elle reç ut.


|
-

-
: |
|
E
ºſx
Q PLURIEL.
1re | Nous
2e | Vous ,
reç ûmes.
reç ûtes.
| - 1 -

-
-

| 3° | Ils, elles reç urent.


-

- | ( 5e. ) | | ( 6e. )
1re | Je reç ois. -
(Point de première personne.)
E- SINGULIER. 2e | Tu reç ois. , , reç ois. |!

# 3e | Il, elle reç oit. Qu'il, qu'elle reç oive.


# 1re | Nous recev ons. • recev on5 .
# PLuRIEL. 2e | Vous T6C62V 62Z. recev ez.

j 3e | Ils, elles reç oivent. - Qu'ils, qu'elles reç oivent.

- |. | ( 1oe. ) ( 11e. ) ( 12°. )


| 1re | Je recev rai. Je recev rais.
(Point de première Personne.)
• SINGULIER. 2e | Tu recev ras. | Tu recev rais. Tu receV ras.

# 3° | Il, elle recev ra. Il, elle recev rait. Il , elle recev ra .

E-1
+P 1re | Nous recev rons. | Nous recev rions. Nous recev rons.
ſ+t PLURIEL. 2° | Vous , recev rez. | Vous recevriez. Vous recev rez.

- 3° | Ils, elles recevront. | Ils, elles recevraient. Ils, elles reCev ront.

i -= -*-
-
-
CoNJUGAIsoN.

MODE
|

SUBJO N CTIF. | " ,, , , INTERRoGATIF.


-
-

|
l
"-^-
INDÉFINI DE L'AFFIRMAT. INDÉFINI DU sUBJoNcTIF.

( 2e. ) | , , ( 1re bis. ) ( 2e bis. ) |


Que je reç usse. Recevais-je ? (Point de 1re Personne.)
, | Que tu reç usses. Recevais-tu ? Reçusses-tu ?
Qu'il, qu'elle reç ût. Recevait-il ? -elle ?
-
Reçût-il ? -elle ?

Que nous reç ussions. Recevions-nous ? Reçussions-nous ?


Que vous reç ussiez. Receviez-vous ?
- - Reçussiez-vous ?
Qu'ils, qu'elles reç ussent. Recevaient-ils ?-elles ? Reçussent-ils ? -elles ?
-
( 3e bis. )
Reçus-je ? ,
Reçus-tu ? .
Reçut-il?-elle ? .
Reçûmes-nous ? -

Reçûtes-vous ?
Reçurent-ils? -elles?

- ( 7e. ) | ( 5e bis. )
Que je reç oive. | Reçois-je ? .
* | Que tu reç oives. | | Reçois-tu ? * -

Qu'il, qu'elle reç oive. Reçoit-il? -elle ? . ! t -

Recev oir. Recev ant. - - :


Que nous recev ions. - | Recevons-nous ? , : !
| | Que vous recev iez. - - Recevez-vous ? —

| | Qu'ils, qu'elles reç oivent. * ; Reçoivent-ils? -elles ? | FUTUR-coNDITIoNNEL.


' :
-1- — -

-
| -
| , , -

-
- - -

| |
:
|
| |
( o bi,.
Recevrai-je ? " .
) ( 1 bis.
Recevrais-je ?
)
| | - - n ' - | Recevras-tu ? . Recevrais-tu ? -

- - » | | | | Recevra-t-il? -elle ? Recevrait-il? -elle ?


| -
| - •* ! - - t. | | | Recevrons-nous ? : Recevrions-nous ? -

| , ' · ·· , • ' • ! | Recevrez-vous ? , " | Recevriez-vous ? -


| . . ' ' 1 ºi , | · | | -'i i . " Recevront-ils t-elle ? Recevraient-ils ?-elles ?
-
| -

*-==-=-
#
QUATRIÈME

MODE-T
»o
b
# -
IMPÉRATIF
NoMBREs. | # | AFFIRMATIF. | coNDITIoNNEL. - ET -

# ROG ATIF.
- -
2º - - -
- -

( 1re. ) -

- 1re | Je romp ais.


-
2, SINGULIER. 2e | Tu | romp ais.
# 3° | Il, elle romp ait. -

C) \
romp ions.

& » -
CD . 3° l
2.
-
- -

PLURIEL. | 1re | Nous


2° | Vous
Ils,» elles
.
romp iez.
romp
p aient. · - -
-

- -

-
--
# ( 3e. ) -

ſºs 1re l Je romp is.


|
| »-
2.
SINGULIER.
-
| 2e | Tu

3° | Il, elle romp it.


romp is.


N2 ! 1*° | Nous romp îmes.
^ l PlusII. 2° | Vous romp îtes.
| 3° | Ils, elles romp irent. :
-


| ( 5e. ) T#
1re | Je romp s. (Point de première Personne.)
E- SINGULIER. 2e | Tu romp s. romp s. •
Z 3° ln, elle romp t. Qu'il, qu'elle romp e. |
ſ, à
- -
(/)
-- - 1re | Nous romp ons. romp ons.
# PLURIEL. 2e | Vous romp ez. romp ez. à
- 3° | Ils, elles romp ent. Qu'ils, qu'elles romp ent. º
à
—|— Ioe. ) —
· ( I Ie. ) ( 12e. ) -
-- -Ire Je romp rai. Je romp rais. (Point de première Personne.)
- ' SINGULIER. 2e | Tu · romp ras. Tu romp rais. Tu romp ras.
# • º , 3e | Il, elle •r ra. Il, elle romp rait.
Il, elle romp ra,
E-1 - !
:-) 1re | Nous ' romp rons. | Nous romp rions. Nous romp rons.
[ K4 PLURIEL. . 2° | Vous romprez. | vous romp riez. Vous romp rez.
3e -
Ils, elles romp ront. Ils, elles romp raient. Ils, elles romp ront.

$
99
- -
· -
-

-
. ! . |
·
|
- - -
-

ONJUGAISON. | - -;
-
| | | | -
: |
- • - ! |
|
-
|
-
! |
-
-
: , : -
! |
- -
- -
|
|
- |
- ,
- -

MOD MODE MOD

-
- -
SUBJONCTIF. INFINITIF.| PARTICIPE. INT ERR o GATIF.

| - -
-
4

INDÉFINI DE L'AFFIRMAT. Isneris DU •v»soserir !


( 2e. ) | ( 1re bis. )
Que je
----
romp isse. Rompais-je ? (Point de 1re Personne.)
Que tu romp isses. Rompais-tu ? Rompisses-tu ?
Qu'il, qu'elle romp ît. Romp-it- il ? -elle ? Rompît-il ? -elle ? .
| - -
- -

Que nous romp issions. i , | , Rompions-nous ? Rompissions-nous ?


Que vous romp issiez. • · | · - | 1 Rompiez-vous ? Rompîtes-vous ?
Qu'ils, qu'elles romp issent. ! - - : - : | Rompaient-ils? -elles? Rompirent-ils ?-elles ?
-
-
-
- -
-
– -

- - º ( 4° ) ( 3e bis. ) -

- - - Rompis-je ? : /

- - - Rompis-tu ?
:
-
Romp u, Rompit-il? -elle ?
: - Romp * - | Rompîmes-nous ?
- | · · · · - Rompîtes-vous ? -

. . !
- -
- º !
- Rompirent-il ? -elles?
-
|
| ! ·, -

| - |
— -
|
(i7°. ) ( 8e. )
-

- ( 9°. ) -| ; · - |
|
|
-

Que je romp e. ,
- -

-
-

|
Que tu romp es.
Qu'il, qu'elle romp e.
Romp re. | - Romp ant. - - |
Que nous romp ions.
Que vous romp iez. -
|Qu'ils, qu'elles romp ent. —

- ( I oe bis. ) ( 11e bis. )


Romprai-je ? Romprais-je ?
Rompras-tu ? Romprais-tu ?
Rompra-t-il? -elle ? Romprait-il ? -elle ?
| -

Romprons-nous ? Romprions-nous ?
Romprez-vous ? Rompriez-vous ?
Rompront-ils ? -elles ? Rompraient-ils?-elles?
1 - . ·|

-
RÉGULIERS.
VERBES
DES
FORMES
DOUZE
TERMINAIS
DES
TABLEAU ONS
=
g?-
==
=-=
--
- ·.- -
-

-
-
SINGULIER.
| .PLURIEL.
R.
:
SINGULIE PLURIEL.
SINGULIER.
PLURIEL.
: -
# -- -
– - - -
:-•-
- -
-
- ·P ERSONNES..
PERsoNNEs
;-
4
- ENS.
ON
- PERS
5: -

2e
1re
1r
2e
1re
||| || |3e1re2e•3e3e3e3e ee
+2
1re
2e
Ire

|grº)
L'AFFIRMATIF.
DE
PRÉSENT
(5e.)
|)F UTUR
(1oe
L'AFFIRMATIF.
DE
INDEF.
PASSE
- —
- - - -

-
era,
aient.
iez,
ions,ent.
eras,
erai,
ez,
o|e,ns,
,e
erez
es,
erons,
ait,
ais,
ais,
eront.
11
|ºent
iis,
i,iras ra,
rai,
iront.
irez,
issez,
irons,
issons,t,
s,
'issaient
issiez,
issait,
issions,
-
issais,2e
eviez evras
oevait, 3e vrai,
ivent
vrez,
|e:oevez,
evrons
evons,
oit,
vaient.
evions,
|e,|evront.Ols
vra
,eis,
ra,
evais,
ras,
|,ez
rai, ons,
aient.
4e
e,ions
iait,
ais, t,
,r
rez nt.
ont.
•ez,
S
,srons
,als |

INDÉF.
PASSÉ
(2e.) SUBJONCTIF.
DU
D
PRÉSENT
(6e.) L
E'IMPÉRATIF. CONDITIONNEL.
DU
FUTUR
(11e.)

-
·.' -
-
-
A
-
-
ent.
º,
ºns
º,
e, raient.
,eeriez
erions,
erait,
erais,
assent.
eraus,
»
assez,
#t,
assions,
asses,
Ire
asse, »
irions
issez,
irait
issons,
rais,
iriez
iraient
,iirais
1sse,
,1s
iissent.
,issiezssent.
tssions,
,îisses
- 2e
,lsse)
evrais,
vrais,
|eoivent
evez,
evons,
|evraient.
ouve,
evriez,
ussent.
vrions,
,O1s
eevrait,
ussiez,
ussions,
ut,3e
rait, ent.
iez #usses,
usse, »

>-
ez,
rions
,rrais ais,
raient
ons,
issent.
,4e
issiez,
issions,
it
,1sses,
isse,
,se-
•-

L'IMPÉRATIF
SUBJONCTIF.
DU
PRESENT
DE
(7e.)
FUTUR
L'AFFIRMATIF.
(12e)
DE
DEFINI
PASSE
(3e.)
-
-
-
A es,
èrent.
e, ent. ez,
- eront.
,ions
erez,
ieras,
#tes,
ames, erons,
e,
a,era,N
as, ,al
Ire »
iront
issent.
irez,
issiez,
irons,
issions,
iisse,
irent.
iras
isses,
î,îmes,i1s ra
tes,
t
,1s2e
»
evra
oivent.
|eoive, vras,
,|uoives,
-ûtes,
ûmes,viez,
vions
rent.
evrez,
evrons,
u,"-evront.
us, st,
3e7»
ront.
rez,
ent.
irent.
iez,
rons,
îtes,
ra,
4e ions,
ras,
îmes,
e e
,,it
,1s, s
1s
7
— ·- –

-
-
-
-
- L'INFINITIF.
PARTICIPE.
DU
DE
T
A- PASSE
PRESENT
(4e.)
(8e.)
-
-

- -
- -
--- -- - - |
|
- - FÉMININ.
l AscULIN.
| MFkMININ.
MAscULIN.
--
| -
-
-
- -
-
-
-
-
---
º-
-
-
- -
-
-
s,
|*-:|é|ées.
ée er.
,1re
-'
|-ir.
ài|is es.
--
,|ie,
2e
-
- -|
-us,
"oir.
|3e
- t'S.
,Il
ue
4e
.-ues.
•-us,T8,
-:- e
,",u
-

- - - - |
-
-
- ^,-
: - --
- PARTICIPE.
DU
PRESENT
(9e.)
|
- :
+ - - -
-
- - -
-- -
ant.
".
•, •
·,:Ire



-
- -
#-issant.
:•.. -•--
•*-
-
|.-··l°evant.
l•"
-
-
-
-


|ant.
•• -



"i

lIOI

- L'inspecti e-tableau nous apprend : - --- --- --


1° Que les premières personnes singulières sont terminées par s,
, , , , excepté ; - -

Au passé indéfini du subjonctif dans les quatre conjugaisons.


Au passé défini de l'affirmatif dans la première conjugaison.
| Au présent de l'affirmatif dans la première conjugaison.
Au présent du subjonctif dans la première et dans la quatrième
conjugaison, où elles se † par e. -

Au passe défini de l'affirmatif dans la première conjugaison.


Au futur de l'affirmatif daus les quatre conjugaisons, où elles se
, , , terminent par ai. | * .

2° Que les secondes personnes singulières se terminent par s.


-5° Que les troisièmes personnes singulières se terminent par t,
excepté : ! |
Au passé défini de l'affirmatif dans la première conjugaison.
Au futur de l'affirmatif et de l'impératif dans les quatre conju
gaisons, où elles sont terminées par a. |
Au présent de l'affirmatif dans la première conjugaison. |
Au présent du subjonctif dans la première et quatrième con
jugaisons, où elles sont terminées en e. - -

4° Que les premières personnes plurielles sont terminées par ons,


excepté : ! -

T Au passé défini de l'affirmatif, où elles sont terminées par mes.


5o ð les secondes personnes plurielles sont terminées par ez,
excepté : , •' • , . - |
Au passé défini de l'affirmatif, où elles sont terminées par tes.
5° ð les troisièmes personnes plurielles sont terminces par ent,
excepté : ; -

Au futur de l'affirmatif et de l'impératif, où elles sont terminées


par ont.
- ---- • -- ,
—-Récapitulations-des Terminaisons.
• • ! · -
-
-
-
-
- SINGULI
: ER. PLURIEL.
-
i

, | Premières Personnes, s, e, ai. , , ons , mes. -

Secondes Personnes, s. ez, tes.


· .. rrc Troisième Personnes , t , a , e. " ent , ont.
· Infinitif présent, er, ir, oir, re.
º º Participe passé, é, ée; i, ie ; u, ue. és, ées; is, ies; us, ues.
_ - Participe présent, - .ant.

., , Wota. Dans les premières personnes plurielles en ions : nous


affections, nous intentions, nous portions, le t se prononce dur :
tandis que dans les substantifs qui s'écrivent de même, comme :
nos affections, nos intentions , nos portions, le t se prononce doux
comme un ci et dans les troisièmes personnes plurielles en ent,
ils content, ils excellent, ils négligent, le e ne se prononce presque
pas, tandis que dans il est content, il est excellent, il est né
- i - g\gent
--- --- e se •prononce comme un a.
, le --*-
| . : | -- . -- · • · • • • ; - || ' •

· · - - • • • • · ··· · ··· · CoNJUGAIsoN


- - l - - :
- · · · · · · · , · - l . *! ) -

| | | i , : º ! l -

- - - | iſi ; l ,i ! -
-
-

- -
- -

! ) :- | |
' ,' . ' ..

»5 - - -

bs - * - -

- - -- # - - - - , IMPERATIF
| NoMBREs. | # | AFFIRMATIF. · ' * ' xT
# - -
-
i , ROG
- : · ·
ATI F.
!
-
-

" , - , º
- -
-
| -

, • ( 1re. )
1re | J' , , étais. -

z SINCULIER. 2e | Tu étais. io - 2::e :


# 3e | Il, elle , était. - ; · · - º : i ^.
N. - - - - • *
C 1re | Nous é tions.
# PLURIEL. | 2e | Vous étiez. º 1

-, 3e | Ils, elles étaient.


U) — - - – -

Q/D · · · · · · | · | ( 3e. )
<:
ſa« - > | ! , 1re
1 | Je - , , -, ,, fIuS. - -

- SINGULIER. 2e | Tu fus.

2 .. . | | 3e | Il, elle fut.


- -
»
»- - -

t. W . " - º . · - - : |
^º. - 1re | Nous fûmes.
ſ>
PLURIEL. 2e | Vous fûtes. -

3e | Ils, elles furent.

1re | Je suis. (Point de première Personne.)


- - 1. .. i
SINGULIER. 2e | Tu 65, - sois.
"- -- 2-!
3e | Il, elle est. --

, , , | | 11
1 )
Qº'n, qu'elle soit. •• • -

1re | Nous som Imes. • • • •• • || :,ir ,.a , : '' soyons.


A
PLURIEL. 2e Vous êtes. -
: Q ::
-
: * : ! soyez.
- -

-
3e | Ils, elles sont. -
- -
- -

·- - - —l—-l---
( 1oe. ) ( 11e. ) - ( 12e. )
1re | Je '' serai. Je º') serais. ! (Point de première Personne.)
''
SINGULIER. 2e | Tu Seras. Tu serais. , º | Tu . * , seras.
3e | Il, elle sera. Il, elle serait. | | | Il elle . - ' sera. - |
- - - - · • • • (, 1 ' , ' , !

-- - - 1re | Nous serons. Nous serions. , : | Nous : serons.


PLURIEL. 2e | Vous serez. Vous , seriez. - | Vous - serez.
3e | Ils, elles seront. Ils, elles seraient " |
elles } , seront.
· l ) , o | e | | | | ::
|
1o3

M| DU VERBE ÉTRE.

MOD MODE-MODE

SUBJONCTIF. INFINITIF.| PARTI C IPE. | INTER R O G AT1F.

INDiFINI DE L' ArriamAT. INokFINI DU sUnIoNcTIF.


-
( 2°. ) | ( 1re bis. ) ( 2° bis.)
Que je fusse. Étais-je ? . Fussé-je ?
Que tu fusses. Étais-tu ? - Fusses-tu ?

Était-il7 - elle ? Fût-il ? - elle ?


| Qu'il, qu'elle fût.
|
| Que nous fussions. Étions-nous ? Fussions-nous ?
- Que vous fussiez. Étiez-vous ? Fussiez-vous ?

Qu'ils, qu'elles fussent. Étaient-ils ? - elles ? Fussent-ils? - elles ?


-

. ) |— ( 3° bis. )
Fus-je ?
Fus-tu ? -

Fut-il ? - elle ?

Fûmes-nous ?
| Fûtes-vous ?
• | Furent-ils ? - elles ?

.
• je
( 7 sois.
) º, ! '' || ( 8°. ) | | ( 5e bis. )
Suis-je ?
Que tu sois. Es-tu ?

Qu'il, qu'elle soit. . Est-il ? - elle ?


'. Être.
| Que nous soyons. mes-nous ? 4
Que vous .. soyez. Êtes-vous ?
| Qu'ils, qu'elles soient. . Sont-ils? - elles ? FUTULA CONDITIONNEL.

* - |. · ( 1oe bis. )
-

( 11e bis. )
| Serai-je ? '
Seras-tu ? | Serais-je ?
Serais-tu ?
Sera-t-il ? - elle ? ! Serait-il ? la . ?
º
Serons-nous ? Serions-nous ?
Serez-vous ? - Seriez-vous ?
Seront-ils? - elles ? Seraient-ils ? - elles ?

-
CONJUGAISON

MODE--MODE-T-MOD

IMPÉRATIF
, AFFIRMATIF. CONDITIONNEL. ET

| - -

R O G ATI F.

( 1re. )
Ire J' avais.
-
SINGULIER. 2e Tu " avals.

3e Il , elle avait.

-
; PLURIEL. .
-
Ire

2e

3e
Nous
Vous
avions.
aviez.

| Ils, elles avaient.


-
-

-
|
1re | J'
| ( 3e. )
cus. !

- SINGULIER. 2e | Tu eus. '


2 3e l Il, elle eut.
, | i
"EL ! , 1re | Nous eûmes.
C PLURIEL. 2e | Vous eates.
3e | Ils, elles eurent.

-
— -

( 5e. ) , :: ( 6e. )
1re | J" ai. (Point de pvemière Personnel
E- SINGULIER. 2e lTu as. . ·º aies. º º

# - 3° | Il, elle a. . Qu'il, qu'elle ait. ' . '


-2 !
Cº)
- 1re | Nous aVOnS.
| |
: -- , ayons.
# PLURIEL. 2e Vous , avez. · · ayez.
• • :n - 3e | Ils, elles ont. ! i Qu'ils, qu'elles aient. -
- - |-

- -

( . ) | | | ( 1oe.) ( 11e. ) - ( 12e. )


" i - 1re | J' aurai. J' aurais. |(Point de première Personne)
- *SINGULIER. 2e | Tu , , auras. Tu aurais. | Tu ſlU1Ta8.

# - | | º 3e | Il, elle aura. Il, elle aurait. | Il, elle aUITa .

E
-> -l - 1re | Nous AllT0I1S. Nous aurions. | Nous a III'OIlS.
A PLURIEL. 2e | Vous allTºZ, Vous auriez. | Vous aureZ.

· · -- · 3e | Ils, elles auront. Ils, elles auraient. | Ils , elles auront.


- - --
- -

DU VERBE AproIR. -
-
-
-
- -
-

r;

SUBJONCTIF. )

· · , | " , "i
- •

• •, - INDÉFINI DE L'Arv1RMAT,|INDÉFINI Du sUBJoNcTIF.


( 2º . ), º :j ( 1re bis. ) : - - , 2e bis. )
-

Que j' eusse. . Avais-je ? Eussé-je ? ,


Que tu , easses. Avais-itu ? . : Eusses-tu ? º

Qu'il, qu'elle eût. . Avait-ilº - le - : |º-º


- • "» - .. ! -

Que mous eussions.


Avions-nous ? , º Avions-nous ?
Que vous eussiez. Aviez-vous ? - Aviez-vous ? "
Qu'ils, qu'elles eussent. ! . l Avaient-ils? •elle ? - Avaient-ils ? -elles ?

| | f ( 3e bis. ) |
Eus-je ? . • .

Eus-tu ?
Eut-il? -elle ?
- -
, l Eussions-nous ? ' .

Eussiez-vous ? : - -

l Eussent-ils ? -elles ?
- -

-• • • • • • • • : ,
•:, '1 ' il,
( 7°. ) .
A j ^( "5º bis )
- -

Que j' -- " aie. ! 1 ; ' - - «,! '


-
:
Que tu ·ales. · · · · } .
Qu'il, qu'elle ait.
| ii'º | a |As tu ? .
- u ... ſſi ,

-- • *
-
A-t-il
· · · ·
?· ·-t-elle
·
?
Ayant. '!
| | Que nous - •• •
ayons.
- • • • Avons-nous ? . -

- - -/l . | (;
Que vous · ayez. ' - • • ; Avez-vous ?
Qu'ils, qu'elles aient. |z ol, : 3 b ont-ils ? -elles ? , , , | EUTUR-coNDITIoNNEL.
- »
-
-

( 1oe bis. ) - º( 11e bis.)


Aurai-je ? ! . •4. ,! Aurais-ie ?
Auras-tu ? -
Aurais-tu ?
| ^1 - • "
l, ") ^ i ſtii , Aura-t-il? -t-elle ? ! Aurait-il ? -elle ?
| - - - -
- -
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Aurons-nous ? . -- -

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Aurez-vous ? Auriez-vous ?
Auront-ils ? -elles ? - Auraient il ? - elles ?
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1
1 o6

Observations sur les Verbes des quatre conjugai


sons, et sur les deux Verbes Étre et Avoir.

| 25. Lorsque je dis : Je frappe quelqu'un, je frappe


quelque chose, c'est moi qui fais l'action de frapper une
personne, une chose. Le verbe frapper exprimant
· une action, est appelé verbe actif Après le verbe frap
· per, suivent ces mots quelqu'un, quelque chose, sur
· lesquels s'arrête l'action du verbe, et qui sont les com
plémens de son action. Le verbe frapper, appelé déjà
actif, ayant un complément à son action, devra être
appelé verbe actif complétif · · ·
26. Tous les verbes actifs ne sont pas complétifs,
| car tous n'ont pas la propriété de recevoir un complé
ment à leur action.Après le verbe nager, par exemple,
on ne peut mettre ni quelqu'un, ni quelque chose : le
verbe nager est donc simplement actif, puisqu'il
marque simplement une action.
- 27. Cette différence établie, observons premiè
rement que le verbe être , dans sa conjugaison, ne
saurait être suivi d'aucun participe, mais seulement
d'adjectifs verbaux dérivés de verbes actifs complé
tifs. Ainsi on ne dit pas : Je suis nagé, elle est
· nagée, tandis que l'on dit : Je suis frappé, elle est
frappée. - - --
·: · · · · · | - A - -

Secondement, que le verbe


avoir peut être suivi du
: participe passé de presque tous les verbes, comme :
J'ai frappé, ils auront frappé; j'ai nagé, ils auront
uagé.º • * -- * 4 , |
, , !
| Nota.Il est peu de verbes qui ne se combinent pas
1o7

avec le verbe avoir : naître, mourir, sont de ce petit


nombre ; on ne dit pas : J'ai né, j'ai mort; mais je suis
né, je suis mort; la liste de ces verbes est quelques
pages plus loin. · · · · · ·

28. Dans ces phrases : Il est confus, elle est polie; il


est soumis, elle est parée; confus, polie, sont des ad
jectifs purement qualificatifs. Soumis, parée, sont des
participes passés, qui, employés avec le verbe étre,
deviennent des adjectifs qualificatifs verbaux; les uns
et les autres sont attributs du sujet et s'accordent
avec lui. , ' • ' • . · -

29. Le verbe être peut, dans toute sa conjugaison,


être suivi d'un adjectif qualificatif ou d'un adjectif
verbal dérivé, à un petit nombre d'exceptions près,
d'un verbe actif complétif.
)

: SINGULIER. .. . , PLURIEL. .. t :

Je suis
-
| pruſdent.
n Nous sommes | prudents.
SOllIIllSe. SOllIIllSCS.

Tu es | pru dent.
en Vous êtes A
| prudents.
SOU1IIl1Sº. - SOllIIl1SeS,

Il, elle est


- | e
pru dent.
t Ils, elles sont prudents
dents.
SOl1IIl1SC• ' ! S0l1II1lSCS,

50. Le verbe avoirpeut, dans toute sa conjugaison,


être suivi : , ' ' : · 4 .. - -

Premièrement, de son participe : J'ai eu, tu as eu, etc.


- Secondement, du participe, du verbe étre : J'ai été,
tu as été, etc. * •* • *•• • • # # # # # }

Troisièmement, du participe d'un autre verbe : J'ai


aimé, tu as aimé, etc. · -

Quatrièmement, du participe du verbe étre et


Io8

d'un adjectif verbal : J'ai été aimé, elle a été ai


mée, etc.t(1). | | | | | | | | · · · ·· · · ·
• On voit que les adjectifs verbaux varient avec le
sujet, ce que ne font pas les participes qui ne s'ac
cordent jamais avec lui.s : · · · · ·
- Nota. Le professeur fera construire à ses élèves
toutes ces formes composées, mais sans leur imposer
aucun nom. Il n'est pas d'esprit juste qui ne trouvât
barbare d'appeler cette forme composée, : Je suis
reçu, j'ai reçu, un présent passé, comme il a trouvé,
barbare d'appeler celle : Je serai reçu, j'aurai reçu,
un futur passé. Ces monstrueuses alliances de mots
ne sont propres qu'à donner à l'enfance des idées
fausses. Quel nom raisonnable, en effet, trouver à une
forme aussi composée que celle-ci : J'ai eu été aimé?,
Lorsque l'élève saura parfaitement la conjugaison des
verbes étre et avoir, deux ou trois exercices lui suf
firont pour connaître toutes les combinaisons que la
conjugaison du verbe étre et du verbe avoir, suivis
d'adjectifs verbaux ou de participes, peuvent amener.
Voici à peu près de quelle manière je demande à mes
élèves ces formes composées.
DEM. Récitez le futur de l'affirmatif du verbe avoir,
suivi de son participe. . .
RÉP. J'aurai eu, tu auras eu, il aura eu, nous aurons
eu, etc. ti , , , : , : , ( · , 2 ' :: . :: , , ;'|

DEM. Récitez l'indéfini de l'affirmatif suivi


cipe du verbe étre. . '
du
.
parti
, • ::, , ,

RÉP. J'avais été, tu avais été, il avait été, etc.


-- IT-T-I - '• • •

(1) Les formes suivantes qu'on peut encore combiner : J'ai eu été; j'ai
cu aimé; j'ai eu été aimé , ne sont pas en usage. r, ;,
1o9

, DEM. Récitez le présent du subjonctif du verbe avoir,


suivi du participe du verbe écrire. ,

RÉP. Que j'aie écrit, que tu aies écrit, qu'il ait


écrit, etc. -

DEM. Récitez, au mode interrogatif, le futur condi


tionnel du verbe avoir, suivi du participe du verbe étre
et de l'adjectif verbal récompensé. - * "

RÉP. Aurais-je été récompensé? aurais-tu été récom


pensé ? aurait-elle été récompensée ? etc.
Ou bien, variant la manière, je leur demande : Ré
citez le verbe avoir selon la première composition.
RÉP. J'ai eu, tu as eu, etc.
DEM. Selon la deuxième. .
RÉP. J'ai été, tu as été, etc.

51. Remarques sur l'emploi de quelques Formes


du temps.
1". On emploie le défini de l'affirmatif, lorsque le
temps dans lequel l'action a été faite, est entière
ment passé. - - - -
|! - -

Ex EMPLEs :

Je perdis hier beaucoup d'argent


Je le vis; je sentis expirer ma colère. (RACINE.)
2°. Le présent affirmatif du verbe avoir, suivi du par
ticipe passé d'un verbe, doit s'employer lorsque le temps
dans lequel l'action a été faite dure encore, ne vient
que de s'écouler ou va finir.
ExEMPLEs : º ! ' .

J'ai dépensé aujourd'hui plus que je n'aurais dû. ' . "


J'ai envoyé tout à l'heure chez vous. · · · ··
J'ai fini dans un instant. , ... · · · . '.
I IO

3°. Le défini de l'affirmatif du verbe avoir, suivi du


participe passé d'un verbe, s'emploie lorsque le temps
de l'action désignée a précédé une autre action dont
l'époque est tout-à-fait passée.
- ExEMPLE :

' Aussitôt que j'eus reperdu ce que j'avais gagné, je me retirai.


4°. Le présent peut exprimer le passé ou le futur.
- EXEMPLES : -

J'arrive, je l'appelle, et, me tendant la main, •

Il ouvre un œil mourant qu'il referme soudain. (RACINE.)


Mais hier il m'aborde, et, me serrant la main : -

Ah ! monsieur, m'a-t-il dit, je vous attends demain. (BoILEAU.)


5°. L'indéfini du subjonctif, le présent de l'impé
ratif, le présent du subjonctif et le futur de l'affirmatif
peuvent, comme le futur du conditionnel, exprimer
une condition. - • !

ExEMPLEs :
Si j'eusse été vaincu , j'eusse été criminel.
Travaille, si tu veux que l'on te récompense.
Il faut que vous dépensiez moins de votre revenu, si vous
voulez augmenter votre capital.
Je lirai votre ouvrage, si je puis me le procurer.

Accord du Verbe avec son sujet.

32. Nous avons vu dans la phrase, je frappe quel


, qu'un, je frappe quelque chose, que ces mots quel
qu'un, quelque chose, étaient complémens du verbe
Jrapper. Nous n'avons pas parlé du mot je, qui désigne
celui qui fait l'action de frapper. Tout mot qui,
comme je, désigne l'auteur de l'action ou la manière
I I I

d'être exprimée par un verbe, est, et se nomme le


sujet de ce verbe.
35. RÈGLE. Tout verbe doit s'accorder avec son
sujet en nombre et en personne, c'est-à-dire être mis
au singulier si le sujet est singulier, être mis au plu
riel si le sujet est pluriel.
Je chante les moissons, je dirai sous quel signe. (DELILLE.)
Tu sais que je mourais; que le cœur déchiré,
Tu m'arrachas des bras de mon père expiré. (A. B.)
Vous méritiez, ma fille, un père plus heureux. (RACINE.)
Après un long silence, il ajouta : Je vais mourir. (BALLANCHE.)
Légère et court vêtue, elle allait à grands pas. (LA FoNTAINE.)
L'Éternel est son nom, le monde est son ouvrage. (RAcINE.)
IVous admirons l'éclat, vains juges que nous sommes !
Le véritable honneur est d'être utile aux hommes.
Lâches, où fuyez-vous ? quelle peur vous abat ?
Aux cris d'un vil oiseau vous cédez sans combat ! (BoILEAU.)
Approchez, mes enfans. (Sous-entendu vous.) (RACINE.)
Combien s'abusent ceux qui placent la suprême félicité dans les
sensations! Ils peuvent connaître le plaisir, ils n'ont pas idée
du bonheur. (LARoMIGUIÈRE.)
Elles prirent la fuite à notre approche.
Les Juifs à d'autres dieux osèrent s'adresser. (RACINE.)
IVota. Lorsque le verbe a pour sujet les substantifs
personnels singuliers nous ou vous (pag. 33), les formes
plurielles de ce verbe se rapportant à des sujets sin
guliers sont aussi au singulier. -

Eh bien ! à tes conseils je me laisse entraîner :


Vivons, si vers la vie on peut me ramener. (RACINE.)
Nous aimons à nous rendre cette justice, que jamais nous n'avons
I I2

rien dit, ni rien écrit dont notre conscience puisse nous faire
un reproche.
Vous ne me parlez point, seigneur, de la victime. (RACINE.)
Venez, venez, ma fille : on n'attend plus que vous. (RACINE.)

54. Remarques et règles particulières sur l'accord


du Verbe, lorsqu'il a plusieurs sujets.
PREMIÈRE REMARQUE. Dans :
Albert et moi sommes tombes d'accord.

Le verbe sommes est au pluriel et à la première


personne. Ce verbe a deux sujets, dont un de la pre
mière personne. -

Dans :
C'est vous ou lui qui porterez ma lettre.
Le verbe porterez est au pluriel et à la seconde per
sonne. Ce verbe a deux sujets, dont un est de la
deuxième personne.
Dans :
La génisse, la chèvre et leur sœur la brebis,
Avec un fier lion, seigneur du voisinage,
Firent société, dit-on, au temps jadis,
Et mirent en commun le gain et le dommage.
Les verbes firent, mirent, sont au pluriel et à la troi
sième personne. Ces verbes ont trois sujets, tous trois
de la troisième personne.
PREMIÈRE RÈGLE. Lorsque le verbe est précédé de
plusieurs sujets, il se met au pluriel et à la première
personne, si dans ces sujets il y en a un de la pre
mière. Il se met à la seconde personne, si dans ces
sujets il y en a un de la seconde, sans qu'il y en ait
de la première. Enfin, il se met à la troisième per
1 13

sonne, si, dans ses sujets, il n'y en a ni de la première,


ni de la seconde.
Albert et moi sommes tombés d'accord. (MoLIÈRE.)
Le roi, l'âne ou moi nous mourrons. (LA FoNTAINE.)
C'est vous ou lui qui porterez ma lettre.
La génisse, la chèvre et leur sœur la brebis,
Avec un fier lion, seigneur du voisinage,
Firent société, dit-on, au temps jadis,
-
Et mirent en commun le gain et le dommage. (LA FoNTAINE.)
DEUXIÈME REMARQUE. Dans :
La douzaine d'oranges nous a moins coûté cette année que
l'année dernière.

Le verbe a est au singulier : il a pour sujets deux


substantifs séparés par la préposition de; le premier
de ces substantifs, douzaine, est singulier, il exprime
la quantité; le second substantif, oranges, est pluriel,
il exprime les objets dont on parle. C'est la quan
tité, la douzaine, qui a coûté cette année plus que
l'année dernière ; le verbe, quoique ayant deux sujets,
n'est pas au pluriel : il se rapporte seulement à douzaine.
Dans :

Une douzaine d'enfans furent tués le même jour.


Cette phrase est semblable à la précédente : et cepen
dant le verbe est au pluriel, furent. C'est que le verbe
s'y rapporte à enfans et non à douzaine : car ce n'est
pas la douzaine qui fut tuée, ce sont les enfans qu'on
tua. Enfans étant pluriel, exige que le verbe soit au
pluriel. -

DEUxIÈME RÈGLE. Lorsque le verbe est précédé de


deux substantifs entre lesquels est la préposition de,
8
114
le premier exprimant la quantité, et le second les
objets dont on parle, il importe de bien examiner, si
l'attention doit être arrêtée sur la quantité, ou sur
les objets qui suivent. Dans le premier cas, il faut
mettre le verbe au singulier; dans le second, le verbe
devra être au pluriel.
CITAT I o Ns.
ACCORD AVEC LE SECOND sUBsTANTIF,
AccoRD AvEC LE PREMIER sUBsTANTIF,
VERBE AU PLURIEL .
VERBE AU SINGULIER •

Une armée d'infidèles a été détruite. Il se trouve enveloppé par un corps


(VAILLY.) de Spartiates qui font tomber sur
lui une grêle de traits.
( BARTHÉLEMY.)
La douzaine d'oranges nous a moins Une douzaine d'enfans furent tués
coûté cette année que l'année der le même jour.
nière. (FABRE.)
Un grand nombre d'hommes peut être D'abord il aperçut un grand nombre
nuisible à l'état. d'hommes qui avaient vécu dans
(MARMoNTEL.) les plus basses conditions.
(FÉNELoN.)
Une troupe de gens armés a paru Une troupe de nymphes couronnées
tout à coup. (FLoRIAN. ) de fleurs nageaient en foule der
rière le char. (FÉNELoN.)
Un long amas d'aieux que vous dif
Un long amas d'honneurs rend Thé
famez tous,
sée excusable. (RACINE.)
Sont autant de témoins qui parlent
COntre VOuS. (BoILEAU.)
Si une foule d'autres peintres font
La foule des affaires l'accable.
(AcADÉMIE.) honneur à son génie. (DELILLE.)
Un peuple de vainqueurs armés de Un peuple de beautés, un peuple de
son tonnerre , vaunqueurs,
A-t-il le droit affreux de dépeupler Foulant d'un pied léger les gazons et
la terre ? (VoLTAIRE.) les fleurs,
Entrelacent leurs pas dans un riant
dédale. (THoMAs.)
Une nuée de barbares désolèrent
Une nuée de critiques s'est élevée.
(VoLTAIRE.) tout le pays. (AcADÉMIE.)
La multitude des hommes qui envi Une multitude d'animaux placés dans
I 15
AccoRD AN Ec LE PREMIER sUBsTANTIF, AccoRD AvEc LE sEcoND sUBsTANTIF,
V E RBE Au SINGULIER • vERBE AU PLURIEL.

ronnent les princes est cause qu'ils ces belles retraites, y répandent
n'en remarquent aucun. l'enchantement et la vie.
(MARMoNTEL.) - (FÉNELoN.)
C'est la quantité de ces expressions Quantité de gens ont dit cela.
qui révolte. (VoLTAIRE.) (ACADÉMIE.)
Une partie des citoyens s'occupe La meilleure partie de ces soldats
sans cesse à accuser l'autre. étaient sujets naturels de la répu
(VoLTAIRE.) blique. (SAINT-RÉAL.)
La moitié des enfans qui naissent La moitié des arbres que j'ai fait
périt dans l'année. planter sont morts. (SICARD. )
(J.-J. RoUssEAU.)
Ce peu de mots est vrai. Peu de gens savent être vieux.
(VoLTAIRE.) (LA FoNTAINE.)
Le trop d'expédiens peut gâter une Trop de talens, trop de succès flat
affaire. (LA FoNTAINE.) teurs traînent souvent la ruine
des mœurs. (GREssET.)

TRoIsIÈME REMARQUE. Femmes, moine, vieillard,


tout était descendu. Dans cet exemple, le verbe était
est au singulier, il a cependant pour sujets quatre
substantifs; mais tout, le dernier de ces substantifs,
exprime une idée plus grande que les autres, il résume
les trois autres sujets, il les contient, pour ainsi dire ;
dès-lors c'est avec tout que le verbe s'accorde.
Dans : - / .

Un seul mot, un soupir, un coup d'œil nous trahit.


Un seul mot nous trahit, un soupir nous trahit, un
coup d'œil nous trahit; donc un soupir, un seul mot,
un coup d'œil nous trahissent. : A … ! -

Pourquoi Racine a-t-il mis trahit au lieu de tra


hissent, que semblent appeler les trois sujets ? * ·
C'est qu'entre ces sujets il en est un, le dernier, qui
1 16

seul mot, dit moins qu'un soupir; coup d'œil est le sujet
dominant, c'est avec lui que trahit a dû s'accorder.
Dans :

Quelle était en secret ma honte et mes chagrins.


Le verbe était a deux sujets, honte et chagrins ;
mais la honte dit plus que les chagrins, c'est avec
honte, premier sujet, que le verbe s'accorde.
TRoISIÈME RÈGLE. Lorsque le verbe a plusieurs su
jets, nous avons vu, à la première règle, qu'il se met
au pluriel : cependant si, parmi les sujets de ce
verbe, il y a une sorte de gradation dans l'étendue de
leur signification, et si cette gradation est telle, que
le dernier substantif dise plus ou moins que tous
ceux qui le précèdent, le verbe s'accordera avec ce
dernier; il s'accordera avec le premier, si le premier
dit plus, s'il arrête plus particulièrement l'esprit du
lecteur. -

CITATIoNs où le dernier sujet dit plus que tous les précédents ;


accord du verbe avec ce sujet.

Femmes, moine, vieillard, tout etait descendu.


(LA FoNTAINE.)
Remords, crainte, péril, rien ne m'a retenue. (RACINE.)
J'ai pour aïeul le père et le maître des dieux ;
Le ciel, tout l'univers est plein de mes aïeux. (RACINE.)
La trahison, le meurtre est le sceau du mensonge.
(VoLTAIRE.)
Mais le fer, le bandeau, la flamme est toute prête. (RACINE.) ,
Quel rempart, quelle autre barrière
Pourra défendre l'innocent. (J.-B. RoUssEAU.)
1 17
Chaque jour, chaque instant, pour rehausser sa gloire,
Met laurier sur laurier, victoire sur victoire.
(P. CoRNEILLE.)
L'agrément et l'avantage que nous trouvons dans un pareil
commerce, doit nous porter, etc. (MAssiLLoN.)
C'est un imposteur et un traître qui nous annonce les malheurs
et la ruine de Jérusalem. (MAssILLoN.)

CITATIoNs où le dernier sujet dit moins que tous les précé


dents; accord du verbe avec ce sujet.

Un seul mot, un soupir, un coup d'œil nous trahit.


(VoLTAIRE.)
Cette fausse douceur, cette ombre d'amitié
Vient de la politique et non de la pitié. (P. CoRNEILLE.)
Le besoin, la raison, l'instinct doit nous porter
A faire nos moissons plutôt qu'à les chanter. (VoLTAIRE.)
Que te dirai-je enfin, c'est le Ciel qui m'appelle.
Une église, un prélat m'engage en sa querelle. (BoILEAU.)
La joie et le plaisir de tous les conviés
Attend pour éclater que vous vous embrassiez. (RACINE.) .
Le noir venin, lefiel de leurs écrits
N'excite en moi que le plus froid mépris. (VoLTAIRE.)
Il ne faut aux princes et aux grands ni effort, ni étude pour se
concilier les cœurs; une parole, un sourire gracieux, un
seul regard suffit. (DAGUESSEAU.)
Je sais que chaque science et chaque art a ses termes propres.
(FLEURY.)
Si motre être, si notre substance n'est rien, tout ce que nous
bâtissons dessus, que peut-il être? (BossUET.)-
I 18
-

CITATIoNs où le verbe s'accorde avec le premier sujet, parce


que ce premier sujet dit plus, ou parceque c'est celui sur
lequel on a voulu arréter l'esprit.
Quelle était en secret ma honte et mes chagrins ! (RACINE.)
Mais pourquoi, dira-t-on, cet exemple odieux ? '
Que peut servir ici l'Égypte et ses faux dieux ? (BoILEAU.)
Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable, -

D'où te bannit ton sexe et ton impiété. (RACINE.)


Ah! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie. (LAMARTINE.)
D'où peut venir alors cet ennui, ce dégoût ?
(CoLIN D'HARLEVILLE.)
Meurent plutôt les Grecs, moi, toi-même et Cassandre ! '
(LEMERCIER.)
QUATRIÈME REMARQUE. - - , , ,

Étudiez la cour et connaissez la ville, ' ' * )


L'une et l'autre est toujours en modèles fertile. , : , o ' º.;

Boileau a mis est au singulier après l'un et l'autre,


qui semblent demander le pluriel; BoiLEAU, en mettant
le verbe au singulier, a voulu que l'attention se portât
séparément et sur la couret sur la ville; de là le verbe
au singulier.
L'un et l'autre à la reine ont-ils osé prétendre p

Si Racine a mis le verbe au pluriel, c'est qu'il a


voulu exprimer que lesdeux fils de Mithridate faisaienten
même temps l'action de prétendre à la main de la reine,
c'est qu'il a voulu que l'attention se portât à la fois sur les
deux princes, et non sur chacun d'eux en particulier.
QUATRIÈME RÈGLE. Lorsque le verbe a plusieurs sujets
liés par une des conjonctions et, ni, ou, surtout si
cette conjonction se trouve placée entre l'un l'autre,
le verbe prend le singulier ou le pluriel, selon que
1 19

l'on veut porter l'attention sur un de ces sujets en par


ticulier ou sur tous à la fois.

CITATIoNS AVEC ET.

vERBE AU singulier. vERBE AU pluriel.


L'un et l'autre de ces deux condamnés L'un et l'autre avant lui s'étaient
s'est pourvu en cassation. plaints de la rime. (BoILEAU.)
L'un et l'autre s'arréta. Prétez - moi, l'un et l'autre, une
(BoILEAU.) oreille attentive. (RAcINE.)
Ces deux dames ont eu de nombreux Hâtons-nous l'un et l'autre
enfans qu'elles regardent comme D'assurer à la fois mon bonheur et le
leurs bijoux, et dontl'une et l'autre vôtre. (RACINE.)
aime à se parer.
Ce qu'à la fin l'une et l'autre devint, L'un et l'autre à la reine ont-ils osé
je ne le sais. (LA FoNTAINE.) prétendre ? (RACINE.)
A cette voix, toutes pleines d'effroi, Comme ils s'attendrissaient l'un et
Se blottissant, l'une et l'autre est en l'autre à ce souvenir.
trance. (LA FoNTAINE.) (VoLTAIRE.)
La nuit revient, et l'un et l'autre
était au premier somme.
(LA FoNTAINE.)
C'est cette Rodogune où l'un et l'au
tre frère
Trouve encor les appas qu'avait trou
vés leur père. (CoRNEILLE.)
Étudiez la cour et connaissez la ville,
L'une etl'autre est toujours en mo
dèles fertile. (BoILEAU.)
A suivre ce grand chef l'un et l'autre
s'appréte. (BoILEAU.)

CITATIoNs AvEc Nr.

vERBE AU singulier. vERBE AU pluriel.

Nil'une nil'autre de ces deux femmes | Ni l'un ni l'autre n'ont eu la moindre


n'est ma mère. part au grand changement qui va
se faire. (VoLTAIRE.)
Ni l'un nil'autre de ces deux hommes | Ni l'un ni l'autre ne cherchent à ex
ne m'épousera. poser leur vie. (LA BRUYÈRE.)
l 20

CITATIoNs AvEc NI.

vERBE AU singulier. vERBE AU pluriel.


Ni l'un ni l'autre de ces deux titres | Ni le bonheur ni le mérite ne font
ne donnait du talent. l'élévation des hommes.
(VoLTAIRE.) (VAUvENARGUEs. )
Ni son cœur mi le mien ne peut être | Ni cet asile même où je le fais garder,
perfide. (VoLTAIRE. ) Ni mon juste courroux n'ont pu l'in
timider. (RACINE.).
Le soleil ni la mort ne peuvent se
regarder fixement.
(LA RocHEFoUCAULD.)
CITATIoNS AVEC o U.

vERBE AU singulier. vERBE AU pluriel.

La vivacité ou la langueur des yeux L'enthousiasme ou la haine des sots

fait un des principaux caractères sont les deux malheurs du génie.


de la physionomie. (BUFFoN.) (DoRAT.)
Supposons que la guerre, la maladie Le temps ou la mort sont nos re
ou la vieillesse m'eût privé de la mèdes. (J.-J. RoUssEAU.)
Vll6, (MARMoNTEL.)
Sa perte ou son salut dépend de sa La peur ou le besoin font tous les
réponse. (RACINE.) mouvemens de la souris.
(BUFFoN.)
-

Une grande naissance ou une grande Le bonheur ou la vertu ont pu faire


fortune annonce le mérite, et le des héros; mais la vertu toute seule
fait plutôt remarquer. peut former les grands hommes.
(LA BRUYÈRE.) (MAssILLoN.)
C'est le goût, la vanité ou l'intérét Démétrius éprouva un sort bizarre,
qui les lie. (MAssILLoN.) il fut souvent relâché, et autant
Que m'importe, en effet, leur vie ou de fois retenu, suivant que la
leur trépas. (VoLTAIRE.) crainte ou l'espérance préva
laient dans le cœur de son beau
père. (BoIssoNNADE.)

CINQUIÈME REMARQUE. Fénelon a écrit :


Vous étes un Protée qui prenez indifféremment les formes les
plus contraires :
12 1

Vous êtes toujours ce modeste Virgile qui eut tant de peine à se


produire à la cour d'Auguste.

Dans le premier de ces exemples, c'est sur vous,


sur la personne que Fénelon a voulu que l'attention
se portât; il a mis le verbe à la même personne que
vous, à la deuxième. Dans le second exemple, c'est
le modeste Virgile, c'est le poète qui dominait la pen
sée de l'écrivain, ce n'est pas le vous. Le verbe a
donc dû s'accorder avec Virgile, être mis à la même
personne, à la troisième.
Remarquons encore dans ces deux exemples que
le verbe précédé du pronom qui, vient après un sub
stantif de la troisième personne, substantif précédé
du verbe être ayant lui-même pour sujet un substantif
de la première ou de la deuxième personne.
Ainsi, pour toutes les phrases semblables, nous
aurons la règle suivante :
CINQUIÈME RÈGLE. Le verbe qui suit le pronom qui,
devra s'accorder avec le substantif personnel, si c'est
la personne que l'on veut particulièrement désigner :
si c'est le nom de la personne, sa qualité, pour
ainsi dire, que l'on veut surtout faire remarquer, le
verbe devra s'accorder avec le substantif qui exprime
ce nom, cette qualité, et se mettre à la troisième per
SOIlI1G.

(L'un et l'autre sujets remplacés par qui, sont reproduits dans


les exemples suivants entre parenthèse. )
I22

CITAT IO N S.

où LE vERBE s'AccoRDE AvEc LE PRE où LE vERBE s'AccoRDE AvEc LE SE

MIER sUBsTANTIF QUI EST PER CoND sUBsTANTIF QUI EsT PRoPRE
SONNE L • OU COMMUN.

Je suis ce Diomède qui (lequel je) Je suis ce Tancrède qui (lequel Tan
blessai Vénus au siége de Troie. crède) a ceint l'épée de Jésus
(FÉNELoN.) Christ.
( Trad. de la Jérusalem délivrée.)
Je suis, dit-on, un orphelin Je suis ce Grec enfin,
Entre les bras de Dieu, jeté dès mon Qui (lequel Grec) dans ces mêmes
enfance, - murs balança ton destin.
Et qui (lequel je) de mes parens ( LANoUE.)
N'eus jamais connaissance.
(RAcINE.)
Oui, c'est moi qui (lequel moi)m'in O Richard ! ô mon roi !
téressai à votre malheur, et qui L'univers t'abandonne,
(lequel moi) m'intéresserai tou Et sur la terre il n'est que moi (ton
jours à votre sort. - · ami) qui (lequel ami) s'inté
Filie d'Agamemnon , c'est moi qui resse à ta personne. (SEDAINE.)
(laquelle moi) la première (de S'il vous souvient pourtant que je suis
vos filles), la première (de vos filles) qui
Seigneur, vous appelai de ce doux ' (laquelle fille) vous ait appelé de
nom de père. (RACINE.) ce doux nom de père. (RoTRoU.):
Vous êtes un Protée qui (lequel vous) Vous êtes toujours ce modeste Virgile
prenez indifféremment les formes qui (lequel Virgile) eut tant de
les plus contraires. , . peine à se produire à la cour d'Au
. !

(FÉNELoN.) guste. (FÉNELoN.)


Paris ne veut pour maître, | Vous êtes le premier (homme) qui
Ni moi qui suis son roi, ni vous qui (lequel homme) a commandé son
· (lequel vous) devez l'être. souper chez moi. (WALPoLE.)
(VoLTAIRE.) Tu étais le seul (ami) qui (lequel
ami) put me dédommager de la
perte de Rica. (MoNTEsQUIEU.),
Je suis la vérité qu'on invoque toujours,
Et qui (laquelle vérité) pourtant n'a
point d'asile.
Sitôt qu'on m'appelle j'accours,
Soudain on me renvoie, on me craint
dans les cours.
On me chasse de ville en ville.
( FRANç. DE NEUFCHATEAU. )
1 23
·· · i · CITATioNs. • ,• • •• •

- _ -
· · ,
où LE vERnE s'AccoRDE AvEc LE PRE-l où LE vERnE s'AccoRDE AvEc LE sE
MIER sUBsTANTIF QUI EsT PER- : coND sUBsTANTIE QUI EsT PRoPRE
SONNEL . OU COMMUN.
.: etc. • • • • •

Nous sommes deux religieux de saint | Nous sommes les deux religieux qui
Bernard, qui (lesquels nous)| qui (lesquels religieux) voyagent
voyageons pour nos affaires. pour leurs affaires.
(FLoRIAN.)
Nota. En général, le verbe s'accorde mieux avec le
substantif personnel, si les substantifs propres ou com
muns qui les suivent ne sont pas précédés d'un adjectif
déterminatif, et il s'accorde mieux avec ces derniers,
s'ils sont précédés d'un adjectif déterminatif.
(Le professeur devra, sur les exemples donnés à l'appui des

six règles précédentes, s'assurer si les élèves retrouvent chaque


règle tout entière dans chaque exemple, et, s'ils voient bien
les motifs qui ont déterminé les auteurs à écrire comme ils l'ont
fait. ) ! :: · · · · · · · - - , , , }
- , • • • • · ' !, , ,!

35. Règles sur le verbe Étre, lorsqu'il a pour sujet


| le pronom ce.
PREMIÈRE RÈGLE. Lorsque le verbe étre a pour sujet
le pronom ce, mettez ce verbe au singulier; º
· 1° Si le substantif pluriel qui le suit attire moins l'at
tention qu'un autre substantif singulier. -

Ce n'est pas les Troyens, c'est Hector qu'on poursuit

,, i °, . - (RACINE.)
Les dieux décident de tout, c'est donc les dieux, et non pas la
mer qu'il faut craindre. (On craint la mer.) (FÉNELoN.) -

L'occasion prochaine de la pauvreté , c'est de grandes richesses.


(LA BRUYÈRE.) .
Dans cent ans le monde subsistera encore, ce sera le même
théâtre et les mêmes décorations. (VoLTAIRE. )
124
Ah ! ce n'est pas des pleurs qu'il s'agit de répandre.
(Il s'agit d'une autre chose.) (CHÉNIER.)
2° Si le verbe est suivi de nous, vous.
C'est nous qui serons choisis. -
- -

--
---

C'est vous, braves amis, que l'univers contemple.


(VoLTAIRE.) •

3° Si le verbe est suivi d'une préposition exprimée


ou sous-entendue ayant son complément dans la phrase.
C'est par de faux bruits qu'on sème l'alarme parmi le peuple.
C'est avec des soins et des prévenances qu'on se fait aimer. *
C'était (sous-entendu pendant) tous les jours de nouvelles.ac
cusations. -
(VoLTAIRE.) ,

4° Si le verbe, employé au présent de l'affirmatif, est


suivi de plusieurs substantifs au singulier.
C'est l'orgueil et la mollesse de certains hommes qui en mettent
tant d'autres dans une affreuse pauvreté. (FÉNELoN.)
" C'est la pluie et la chaleur qui fécondent la terre.
(DEsCARTEs.)

Ce fut le courage et la fierté d'un seul esprit qui causèrent


dans les sciences cette heureuse et mémorable révolution
dont nous goûtons aujourd'hui les avantages avec une si su
perbe indifférence.
(Le père GUINARD, jésuite, Éloge de Descartes.)
DEUxIÈME RÈGLE. Lorsque le verbe être a pour sujet
le pronom ce, mettez ce verbe au pluriel,
1° S'il est suivi d'un substantif pluriel.
Ah! ne nous formons pas ces indignes obstacles,
L'honneur parle, il suffit; ce sont là nos oracles.
(RACINE.)
125

Ce ne sont point les louanges,


C'est la vertu que je chéris. (J.-B. RoUssEAU.)
Ce ne furent plus les soldats de la république.
(MoNTEsQUIEU.)
Tous les discours sont des sottises,
Partant d'un homme sans éclat ;
Ce seraient paroles exquises,
Si c'était un grand qui parlât. (MoLIÈRE.)
2° S'il est suivi de plusieurs substantifs dont l'un
soit pluriel.
Ce n'etaient ni le même homme ni les mêmes juges.
(MIRABEAU.)
3° S'il est suivi de plusieurs substantifs au singulier,
et que ce verbe doive être employé à l'indéfini ou au
défini de l'affirmatif.
Les juges se placèrent :
C'etaient le linot, le serin,
Le rouge-gorge et le tarin. (FLoRIAN.)
4° Si la phrase est interrogative, et que le verbe étre
soit suivi d'un substantif pluriel.
Sont-ce des religieux ou des prêtres qui parlent de cette sorte ?
Sont-ce des chretiens ? Sont - ce des Turcs ? Sont-ce des
hommes ? Sont-ce des démons ? (PAsCAL.)
N'etaient-ce pas les mêmes hommes ?
(CHATEAUBRIAND.)
Seraient-ce les mêmes raisons qui vous déterminèrent ?
Nota. Quoique la phrase soit interrogative, et le
verbe suivi d'un substantif pluriel, l'euphonie ne per
met pas d'employer furent-ce, et même seront-ce. On
fait alors usage du singulier : Fut-ce des avis à dédai
gner ? sera-ce vos frères que l'on choisira ?
126

56 Règles sur l'emploi du Temps, des Modes et de


leurs Formes.

Dans chacun de ces deux exemples :


Quel conseil, cher Abner, croyez-vous qu'on doit suivre ?
Il ordonna qu'on le laissât aller.
On remarque deux verbes (soulignés). Le dernier
de ces verbes employé séparément n'exprimerait rien
de précis, il est dépendant du premier avec lequel il
forme un sens complet.
Ces deux verbes s'aident mutuellement et concourent,
dans des proportions différentes, à exprimer une pensée
entière. La grammaire veut que ces deux verbes ainsi
dépendants l'un de l'autre, et se prêtant un mutuel
appui, soient employés dans un accord parfait de
temps, de modes, et de formes.
ACCORD DU TEMPS.

, 57. PREMIÈRE RÈGLE. Si le premier verbe, le prin


cipal, exprime le PAssÉ, le second verbe devra également
être mis au PASSÉ, comme :
Il ordonna qu'on le laissât aller. (RoLLIN.)
Je l'ai vu dans le malheur et je l'ai secouru.
Si j'eusse été vaincu j'eusse été criminel.
Il m'aurait sans doute abandonné, si je n'eusse été contraint
de m'enfuir. (LEMARE.)
Ils voulurent que tout leur cedât. (VoLTAIRE.)
Il faudrait que je fusse dans vos cœurs pour le savoir.
(VoLTAIRE.)
| Trajan avait pour maxime qu'il fallait que ses concitoyens le
trouvassent tel qu'il eût voulu trouver l'empereur s'il eût été
simple citoyen. - (BossUET. )
127
Dieu a permis que les irruptions des Barbares renversassent
l'Empire romain. (BossUET.)
DEUxIÈME RÈGLE. Si le principal verbe exprime le
présent ou le futur, le second verbe devra être mis
également au présent ou au futur, comme :
Je pense qu'il reussit.
J'espère qu'il réussira.
Je ne crois pas qu'il réussisse.
La gloire est le seul bien qui nous puisse tenter. (RACINE.)
On sera ridicule et je n'oserai rire ! (BoILEAU.)
Quand j'aurai reçu de vos lettres, la parole me reviendra.
(MAD. DE SÉvIGNÉ.)
C'est la moindre des choses que je lui dois. (BoILEAU.)
Je fais la meilleure contenance que je puis.
(MAD. DE SÉvIGNÉ.)
Le plus grand des maux qu'il conçoit est la servitude.
(La servitude est le plus grand, etc.)
(J-J. RoUssEAU.)
Je me réjouis que vous soyez guéri. (MAD. DE SÉvIGNÉ.)
Et sur quoi jugez-vous que je perds la mémoire? (RACINE.)
Il est juste, grand roi, qu'un meurtrier périsse. (CoRNEILLE.)
ACCORD DES MODES.

58. PREMIÈRE RÈGLE. Si le premier verbe, le verbe


principal, exprime une chose positive, certaine, ou re
gardée comme telle, le second verbe devra être mis à
l'affirmatif.
Je vois que votre cœur m'applaudit en secret. (Racist.)
Ne vous suffit-il pas que je l'ai condamné ? (RACINE.)
C'est le moindre secret qu'il pouvait nous apprendre.
(RACINE.)
128

Je fais la meilleure contenance que je puis.


(MAD. DE SÉvIGNÉ.)
Quoi! tu crois, cher Osmin, que ma gloire passée
Flatte encor leur mémoire, et vit en leur pensée ? (RACINE.)
Songez qu'on veut vous perdre. (TH. CoRNEILLE.)
DEUXIÈME RÈGLE. Si le premier verbe, le verbe prin
cipal, n'exprime pas une chose positive, mais bien le
doute, la crainte, l'indécision, le souhait, l'espérance,
l'admiration, la surprise, ou, s'il est précédé d'une
négation, etc., le second verbe se met au subjonctif,
COIIlII16 :

Eh quoi! te semble-t-il que la triste Éryphille


Doive être de leur joie un témoin si tranquille ? (RACINE.)
Je consens que mes yeux soient toujours abusés. (RACINE.)
Vous voulez que je fuie et que je vous évite. (RACINE.)
Est-il possible que vous vouliez être malade ? (MoLIÈRE.)
ACCORD DES FORMES.

59. PREMIÈRE RÈGLE. Le présent et le futur de l'af


firmatif du verbe principal appellent le présent de
l'affirmatif ou du subjonctif selon qu'il y a ou non
certitude : -

Je cRoIs. . . . .. que tu Es sage.


Je cRAINs. . - . . que tu ne soIs souffrant.
Je DÉsIRE
Je DÉsIRERAI que tu vIENNEs me voir.
J'AI désiré que tu soIs venu me voir.
J'AURAI désire
Je ne PUIs aller à la campagne quelque envie que j'en AIE.
Il n'EsT point de serpent ni de monstre odieux,
Qui par l'art imité ne PUISSE plaire aux yeux. (BoILEAU.)
Je ne vous QUITTE point,
Seigneur, que mon amour n'AIT mérité ce point. (CoRNEILLE.)
129
Je n'AI employé aucune fiction qui ne soiT une image de la
1, vérité. - (VoLTAIRE.)
1 C'était une maison opulente : Dieu A permis qu'elle soIT tombée
, tout d'un coup dans la misère. (VoLTAIRE.)
Ne vous sUFFIT-il pas que je l'AI condamne ? (RACINE.)
- DEUxIÈME RÈGLE. Le passé indéfini, le passé défini
de l'affirmatif, le futur conditionnel et le présent de
l'affirmatif appellent le conditionnel , l'indéfini de
l'affirmatif ou du subjonctif, selon qu'il y a ou non
certitude :
º -
•• ;
Je cRoYAIs q ue tu serais sage.
6
que tu aurais été sage.
J'AI su. .. . - . . . que tu avais été sage.
Je DÉsIRAIs

, , , Je DÉsIRAI que tu vINssEs me voir. -

Je DÉsIRERAIs

' : J'AvAIs désiré |

:1 J'EUs désiré -

J'AI désiré que tu FUssEs venu me voir.


J'AURAIs désiré

Les Romains ne voulaient point de batailles qui coâtassent


trop de sang. (BossUET.)
Il ordonna qu'on le laissât aller. (RoLLIN.)
Il faudrait que je fusse dans vos cœurs pour le savoir.
- (VoLTAIRE.)
, Si les Titans AvAIENT chassé du ciel Jupiter, les poètes EUssENT
· chante les Titans. (VoLTAIRE.)
Il est vrai, s'il m'Eût cru, qu'il n'EûT point fait de vers.
- (BoiLEAU.)
· La bonté de Dieu vous A sauvé du péril le plus grand que vous
· AYEz encore couru.
Je sERAIs venu à bout de mon entreprise, s'ils ne m'en EUssENT
enlevé les moyens.
Q
13o

Telles sont à peu près les règles que la plupart des


grammairiens ont introduites sur l'accord des temps et
des modes. Il faut avouer que les bons écrivains s'en
sont écartés très souvent, et qu'ils ont dû s'en écarter.
Ils ont, soit à l'affirmatif, soit au subjonctif, employé
le verbe secondaire au présent, lorsque le verbe prin
cipal l'était au passé : ::

Il concluait que la sagesse vaut mieux que l'éloquence.


(VoLTAIRE.)
C'était là une des plus belles fêtes qu'on puisse imaginer.
(MAD. DE SÉvIGNÉ.)

Ils ont employé le verbe secondaire au passé, lorsque


le verbe principal l'était au présent : -

On craint qu'il n'essuydt les larmes de sa mère. (RACINE.)


Les exemples qui suivent, et les explications qui y
sont jointes, montreront les cas où les auteurs se sont
éloignés de l'application de ces règles pour se conformer
à celle-ci : - - -

RÈGLE. Faites accorder le temps et les modes des deux


verbes toutes les fois que leur accord rend exactement
votre pensée; dans le cas contraire , ne craignez pas de
violer cet accord, vous souvenant, avant tout, que c'est
avec la penséé à exprimer que les verbes employés
pour l'exprimer, doivent être dans un accord parfait.
Ainsi donc, si vous mettez le premier verbe au
présent, mettez le second au passé, si l'action dont
vous parlez, en dernier lieu, est passée. Employez le
second verbe au présent, si l'action dont vous par GZ
a trait au moment présent, si elle est une vérité de
tous les temps, une qualité permanente. .
13l
r.irca , Jº , º • .
, , , , , , , i«ti• ººººº r i ºº °
, , re'i ... !
·is. .. , : º .1 Ex EM P L Es : ; , ºr :: # t. .
• !
| Les deux Verbes employés à l Affirmati
, ... t 1 , • • » * , *** *

"• • • NoN AccoRD.


· · · l AccoRD. º
, ,.ººº •,! "
J'ai su que vous étiez à la campagne. J'ai su que vous êtes à la campagne.
(Il n'est pas certain qu'on l'ait quittée.) (On a la certitude que vous y êtes eucore.)
M. de Coulanges m'a mandé que vous Madame de Gué a mandé à M. de
m'aimiez et que vous parliez de Coulanges que vous êtes belle
moi. V - - COlIlIIlC llIl ange.
(MAD. DE SévIGNÉ.) (MAD. DE SÉvIGNÉ.)
(Que vous m'aimiez n'exprime pas la même (Que vous êtes belle, signifie que non-seu
certitude que vous m'aimez. Que vous par lement sa fille était belle quand madame de
liez de moi, dit seulement : De temps à autre Gué la vit , mais qu'elle l'est maintenant,
vous vons occupez de moi, vous me mêlez à qu'elle l'est toujours. Si madame de Sévigné
vos conversations. Que vous parlez de moi, eût écrit que vous étiez belle, elle eût seu -
ferait entendre : Tous les jours mon souvenix lement dit que sa fille était belle et avait
vous est présent, je suis l'objet de vos entre été trouvée belle au moment ou madame de
tiens.) Gué la vit.)
Il croyait que les lois étaient faites Il concluait que la sagesse vaut en
pour secourir les citoyens autant core mieux que l'éloquence. | #
· que pour les intimider. (VoLTAIRE.) ,
(VoLTAIRE.) (L'auteur exprime la certitude qu'il a que
(Il croyait que les lois étaient faites pour, etc. la sagesse l'emporte sur l'éloquence : c'est une
C'éuait pour lui une sorte de croyance non vérité de tous les temps.) )

fondée, et que les événemens ont détruite.)


N'avez-vous pas soupçonné que nous N'avez-vous jamais fait réflexion qué
étions trompés ? , e ,'» nous sommes de pures machines ?
. ( Ici on n'est pas sûr qu'on ait été trompé, (VoLTAIRE.)-
on le soupçonne seulement.) sºrt • • • ! (Il regarde comme certain que nous sommes
• • - • •• • •• • •• , * des machines.) -

Crois-tu que toujours ferme ' aux Crois-tu que toujours ferme aux bords
bords du précipice, ' " du précipice, -

Elle pourrn marcher sans que le pied Elle puisse marcher sans que le pied
lui glisse ? (BoILEAU. ) lui glisse ? (BoILEAU.)
(On n'est pas certain qu'elle marchera sans (Si Boileau eût écrit puisse au lieu de
glisser , on croit même qu'elle glissera. ) pourra, il eût fait entendre qu'il me doute
pas que la femme dont il parle ne marche
Madame de La Fayette m'a mandé sans glisser.)
qu'elle allait vous écrire. . . . . Mais que sa migraine l'en empêche.
(MAD. DE SÉvIGNÉ.) -

Cette phrase réunit l'accord et le non accord du temps : si ma


dame de Sévigné eût mis l'en a empêchée, elle eût exprimé seu
132
lement qu'à l'instant où madame de La Fayette allait écrire, elle
avait eu la migraine, qui, en ce moment, ne lui avait pas permis
d'écrire; mais cela ne dit point que cette migraine ne soit pas
maintenant passée, tandis qu'en écrivant l'en empêche, madame
de Sévigné exprime que l'intention de madame de La Fayette
est toujours d'écrire, qu'elle le fera aussitôt que la cause qui • •• • • - ,
, , it ! "
persiste aura cessé. · · ·i - · · · · •· • i -

ExEMPLEs : · • ' • , , , , ,
· r , , -
c ..v '

Le Verbe principal est emploré à l'Affirmatif, et le secon



daire au Subjonctif. * 1) -1 -- )

" --

· · · · •

ACCORD. | NoN AccoRD. • • •trº*


- • •º -

J'ai écrit à mon fils que je voulais J'ai écrit à mon fils que je voulais
qu'il se présentât chez vous. qu'il se présente chez vous.
( Il doit se présenter ; mais le moment ne (Il doit se présenter sans aucun retard. ) fr
• r - - • 1 , .
lui en est point fixé. )
C'était la plus belle décoration qu'on C'était làune des plus belles fêtes
put imaginer. -
qu'on puisse voir.
u» . '' (MAD. DE SÉvIGNÉ.) •, (MAD. DE SévicNé.)
(on ne put alors imaginer une plus belle , ( Il est impossible, même aujourd'hui, d'en
voir de plus belles. ) • -- -

décoration. )

La gloire est le seul bien qui nous On craint qu'il n'essuyât les larmes
puisse tenter. (RACINE.) de sa mère. (RAcINE.)
(Si Racine eût écrit qui nous püt tenter, ( Je n'espère pas que mcn fils essuie les
il n'eût écrit que pour la circonstance ou il larmes de sa mère, mais on craint qu'un jour
a fait parler son personnage ; en naet.tant il ne puisse les essuyer. Si Andromaque eût
puisse, il annonce cela comme une vérité de été certaine que son fils essuierait ses larmes,
tous les temps. ) Racine eût écrit essuie, au lieu de essurât.)

Il y a plus de quarante ans que je fais Il y a plus de quarante ans que je


de la prose sans que j'en sache .fais de la prose sans que j'en susse
rien. rien. (MoLIÈRE.)
(si Molière avait écrit sache, et mis le se (Je ne savais pas jusqu'à ce moment, que
cond temps d'accord avec le premier, il aurait ce que j'avais fait s'appelât de la prose )
écrit une chose absurde, car la phrase vou
drait dire alors : Je ne sais pas même , en ce
moment, que ce que j'ai fait pendant plus de
quarante ans est de la prose, quoique je
vienne de l'apprendre.)
133
* - • • • •
* • • • • • • -

-
ExEMPLE s :
LEs DEUx vERBEs soNT A L'AFFIR- | LE DEUxIÈME vERBE EsT Au sUB
MATIF. JONCTIF.

Avec ou sans concordance du Temps.


J'épouserai un homme qui me plaît. J'épouserai un homme qui me plaise.
(Cet homme m'est connu, il me plaît.) (Cet homme m'est inconnu, je n'épouserai
que celui qui parviendra à me plaire. )
Vous figurez-vous que c'est un jeu? Ne vous figurez pas que ce soit un
(C'en est un, j'en suis certaine.) jeu. (MAD. DE SéviGNé.)
(Ce n'est pas un jeu en effet; mais on se
l'était figuré.)
Pensez-vous qu'il s'agit d'un forfait Pensez-vous qu'il s'agisse de m'en
exécrable. (CHÉNIER.) voyer en exil ?
(Ce forfait est réel, on en est sûr. ) (Je le crains, mais je n'en suis pas sûr.)
Est-il possible que vous serez tou Est-il possible que vous vouliez être
jours embéguiné de vos apothi malade en dépit de vos gens et de
caires et de vos médecins ? la nature ?
(MoLIÈRE.) (MoLIÈRE.)
(Je suis certain que vous serez toujours em ( C'est une chose que je ne saurais croire.)
béguiné, etc., et je le déplore.)
Il semble qu'une passion vive et tendre Il semble que ce soit par plaisir que
est morne et silencieuse. nous vous ayons mis à deux cents
(LA BRUYÈRE.) lieues d'elle. (J.-J. RoussEAu.)
(Je suis sûr que cette passion est morne, etc.) (Ce n'est pas par plaisir que nous vous
avons mis, etc. ; il le semble seulement-)
Il me semble que Corneille a donné Il me semble que mon cœur veuille se
des modèles de tous les genres. fendre en deux.

(VoLTAIRE-) (MAD. DE SÉvIGNÉ.)


(J'en suis sûr.) (Mon cour ne se fendra pas en deux ; seu
lement il me semble qu'il va le faire.)

REMARQUE. On voit par les exemples qui précèdent,


et par les explications qui les suivent, qu'il faut, dans
certains cas, ne point se conformer à la règle sur la
concordance du temps et des modes. Avant donc que
d'écrire, il faut bien se demander quelle nuance de sa
pensée on veut faire entendre et se décider alors pour ou
contre l'accord. Cette demande préalable que l'on doit
134
·se faire est d'une grande importance; sans cela, il
pourrait arriver qu'on dît précisément le contraire de
ce qu'on aurait voulu faire entendre.
Nota. Il est un certain nombre d'expressions après
lesquelles le verbe doit être toujours mis au subjonctif :
alors point de difficulté. .
Ces expressions sont :
Afin que, que mis pour jusqu'à ce que, quel que.
afin que,
A moins que, que mis loin que, quelque que.
pour à moins que, "
Au cas que, - malgré que, , quoi que.
Avant que 2
n'importe que, , quoique que.
Bien que, non que, à quoi que.
De crainte que, nonobstant que, de quoi que.
Craindre que, et sem non pas que, sans que.
blables.

De peur que, où que, si tant est que.


En cas que, posé que, · soit que.
Encore que, pour que, supposé que.
Il faut que, . pourvu que ,

REMARQUE. Il est des cas où le subjonctif s'emploie,


quoique non précédé d'un autre verbe; ces cas sont ceux
où l'on manifeste particulièrement un désir, un vœu.
CITAT IO NS :

Ne plaise aux dieux que je couche


Avec vous sous même toit ! .
Arrière ceux dont la bouche .
Souffle le chaud et le froid ! (LA FoNTAINE. )
(Sous-entendu, je fais le vœu qu'il.)
+

Plût aux Dieux qu'on réglât ainsi tous les procès! ! º .

- - (LA FoNTAiNE.) 4

(Sous-entendu, je fais le vœu qu'il.) -- " '


135

Périsse le Troyen, auteur de nos alarmes ! (RACINE.)


(Sous-entendu, je desire que.)
Tombe sur moi le ciel, pourvu que je me venge ! (CoRNEILLE.)
(Sous-entendu, je fais le vœu que.)
Je ne sache pas d'homme méchant qui ait été véritablement
homme d'esprit. r

(Sous-entendu, je suis arrivé à ce point de connaissance que )


DE L'IMPÉRATIF OU ROGATIF.

40. Ou l'on donne un ordre impérativement, ou le ton


avec lequel on donne cet ordre, le transforme en une
invitation, en une prière; l'emploi de ce mode n'offre
aucune difficulté.
C1TATIoNs :

Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable. (RACINE.)


Presse, pleure, gémis, peins-lui Phèdre mourante;
Ne rougis point de prendre une voix suppliante. (RACINE.)
Va, vole, Corasmin, montre-lui cet écrit. (VoLTAIRE.)
Faisons plus, mes amis, jurons d'exterminer
Quiconque, ainsi que lui, prétendra gouverner. .! A
(VoLTAIRE. ) .
Jurezpar tous les Dieux, vengeurs de la patrie, -

Que César sous vos coups va terminer sa vie. (VoLTAIRE.)


Cieux, écoutez ma voix; terre, prête l'oreille ; -

Ne dis plus, ô Jacob, que ton Seigneur sommeille : (RACINE.)


Que l'univers se taise et m'ecoute parler... (J.-B. RoUssEAU.)
Comètes, que l'on craint à l'égal du tonnerre ;
Cessez d'épouvanter les peuples de la terre ;
Dans une ellipse immense achevez votre cours ;
Remontez, descendez près de l'astre des jours ;
Lancez vos feux, volez, et, revenant sans cesse,
Des mondes épuisés ranimez la vieillesse. (VoLTAIRE. )
136

REMARQUE. Lorsque l'impératif n'est point terminé


par s à la deuxième personne singulière, et qu'elle doit
être immédiatement suivie de l'un des pronoms en, y,
on ajoutes à cette personne que l'on joint avec le pro
nom par le trait d'union : Dépenses-y; donnes-en; vas-y
voir; vas-en prendre.
Va, quoique suivi de r et de en, peut ne pas
prendre s en arrêtant un peu la voix après va. Va. ..
y voir; va. .. en prendre. Il en est de même de veuille :
Veuille. .. y aller; veuille. .. en apporter. "
Lorsque l'impératif est suivi d'un substantif per
sonnel, ou d'un pronom , son complément, ou de
deux pronoms, dont le dernier est complément d'une
préposition sous - entendue, le verbe se joint avec
ces mots par le trait d'union : Parle-moi, promène
toi, promenons- nous, promenez-vous ; parlez-lui,
promenez-le, versez-en, versez-lui-en, portez-le-lui.
DE L'INTERRoGATIF.
41. Au mode interrogatif, le verbe est toujours suivi
de son sujet : on les unit par le trait d'union : Reçois-je?
reçois-tu ? reçoit-il ? recevons-nous ? recevez-vous? re
çoivent-ils ? - - + • , !

Lorsque la première personne singulière est terminée


par un e muet, on met un accent aigu sur cet e :
Parlé-je ? veillé-je ? chanté-je ? , - ·
Lorsque la troisième personne singulière est ter
minée par un e muet ou un a, on met un t entre le
verbe et le sujet, fesant précéder et suivre eette lettre
du trait d'union : Dépense-t-il ? danse-t-on ? · ·
On a vu (page 9o) que l'indéfini simple et Pindéfini
137
composé du subjonctif sont employés interrogative
ment, qu'alors ils manquent de la première personne
singulière, excepté dans étre et avoir. A cette forme,
ils ne sont précédés ni du pronom conjonctif que, ni
d'un premier verbe.
|
Fusses-tu par de là les colonnes d'Alcide, -

Je me croirais encor trop voisin d'un perfide. (RACINE.)


Dussiez-vous périr dans cette entreprise, vous ne pouvez
reculer.

Un fils eût-il cent fois merite ma colère,


Un léger repentir suffit au cœur d'un père.
Eussé-je péri, si je n'eusse été secouru?
Fusse-je mort, sans de prompts secours ?

DE L' INFINITIF. -

| 42. L'infinitif des verbes est toujours complément d'un


autre verbe qui précède ou d'une préposition exprimée
ou sous-entendue, comme : |
º,

Pourra-t-il contenir l'horreur qu'il a pour moi ? (RACINE.)


Mais l'offrande à vos yeux en doit étre plus belle. , (RACINE.)
A vaincre sans péril on triomphe sans gloire. (CoRNEILLE.)
Est-ce un si grand malheur que de cesser de vivre ?!
/ (RACINE.)
i (Que l'action de) vouloir tromper le Ciel, c'est ſolie à la terre.
- (LA FoNTAINE.)
' (Que l'action de) manger l'herbe d'autrui, quel crime abomi
nable ! (LA FoNTAINE.) :
| (L'action de) hair est un tourment; (l'action d') aimer est un
besoin de l'âne. . . / (MARMoNTEL.) · · ·
138

DU PARTICIPE. -

45. L'accord des participes offrant quelques difli


cultés, la règle qui suit les fera disparaître.
Le verbe à ce mode exprime le passé et le présent.
Le présent est toujours terminé par ant, comme :
dépensant , finissant , recevant , rompant, et ne
varie pas.
Le participe passé varie dans certains cas.
Il est terminé au masculin des quatorze manières
suivantes : -

é, º\ º dépensé.
i, - - fini.
u, reçu.
is, surpris.
OS , | | || . éclos.
OuS, - absous.

en us,
alt,
COIIlIIlC : perclus.
fait.
| ,;
:º-

it, prédit.
uit, · conduit.
aint, · craint.
eint, peint.
oint, joint.
Ort , - ImOI't.

44. DU PARTIcIPE PAssÉ. Avant de donner la règle qui


doit servir de guide pour l'emploi du participe passé,
je répéterai ce que j'ai déjà dit en d'autres termes : Ne
confondez pas un adjectif verbal avec un participe
passé, car le premier s'accorde toujours avec le sub
stantif auquel il se rapporte, et le second ne s'accorde
139
jamais qu'avec son complément, et encore lorsque ce
complément est placé avant lui. . · · · · . '
Les adjectifs verbaux sont faciles à reconnaître, qu'ils
soient ou non précédés d'un verbe.
On sait que dans : Je suis sage; tu es bonne, nous
paraissons raisonnables; sage, bonne, raisonnables,
sont des adjectifs qualificatifs.
Elle est punie; tu sembles affligée; ils ont été vus;
punie, affligée, vus, sont des adjectifs verbaux, qui,
de la même manière que les précédents, s'accordent
avec les substantifs auxquels ils se rapportent.
Dans : -

Je vois ma perte certaine. .


Je lui connais l'âme généreuse.
Je n'en ai obtenu qu'une lumière douteuse.
Certaine, généreuse, douteuse, sont des adjectifs
qualificatifs. -

| Dans ses yeux insolents je vois ma perte ecrite. (RACINE.)


D'un fort vilain soupçon je me sens l'âme émue. (MoLIÈRE.)
J'ai senti dans mes yeux la lumière obscurcie. (VoLTAIRE.)
Écrite, émue, obscurcie, sont des adjectifs verbaux,
qui s'accordent, comme les précédents, avec les sub
stantifs auxquels ils se rapportent. Tandis que dans :
La porte du sérail à mes yeux s'est ouverte. (RACINE.)
Ces personnages ne se sont jamais ressemble. (D'OLivET.)
Télémaque a fait quelques imitateurs. (VoLTAIRE.)
Allez, dis-je, et sachez quel lieu les a vus naître. (VoLTAIRE.)
Ouverte, ressemblé, fait, vus, sont des participes
passés. -

Le participe passé, comme le participe présent, ne


14o
devrait jamais varier : surtout il ne devrait jamais s'ac
corder avec son complément. ll faudrait écrire avec
Voltaire : - - - - -

La haine qu'entre nous nos pères ont transmis, au lieu de


transmise. - -

*
Comme on dit :
Nos pères nous ont transmis leur haine.
Mais l'usage en a décidé autrement. . ·
La bizarrerie d'accorder le participe passé avec son
complément, et seulement lorsque son complément le
précède, a été sans doute peu à peu introduite par
d'anciennes façons de parler, auxquelles il ne manque,
il faut bien l'avouer, quoiqu'elles aient tout-à-fait
vieilli, ni une certaine grâce, ni de la naïveté, ,
Il a par sa valeur cent provinces conquises. (MALHERBE,)
Ce moment où je vous ai quittée, - - \v» »
D'un trouble bien plus grand a mon âme agitée (CoRNEiLLE)
| Et de son grand fracas surprenant l'assemblée, -
| |
Dans le plus bel endroit a la pièce troublee.
- -
(MoLiÈRE.)t, - | !,

La valeur d'Alexandre a la terre conquise. (RACINE.)


Il avait dans la terre une somme enfouie. (LA FoNTAINE.)
- La noble épée 4 - - -

Qui d'Holopherne a la tête coupée. (VoLTAIRE.)


J'arrive, après ces remarques, à l'unique règle à suivre
pour bien écrire, d'après l'usage, le participe passé.
45. RÈGLE. Tout participe passé d'un verbe complétif
prend le genre et le nombre du complément de son
action, lorsque ce complément est placé avant lui ; à
moins cependant que ce complément ne soit représenté,
ou par le tenant la place de cela, ou par en. Le parti
141
cipe passé s'écrit toujours au masculin et au singulier,
lorsqu'il n'a point de complément; lorsque, ayant un
complément, ce complément est placé après lui, ou
lorsque ce complément, placé avant lui, est représenté
ou par le (1), tenant la place de, par cela, ou par en.
REMARQUE. Le participe est constamment précédé du
verbe avoir ou du verbe étre, employé pour le verbe
avoir Dans ce dernier cas, et pour ne pas faire de
faute, il est prudent de rétablir, par la pensée, le verbe
avour, comme : 1 ." · · · · ,i

A quel tourment nouveau je me suis réservée, c'est-à-dire à


quel tourment nouveau j'ai réservé moi. -

Ils se sont déchire leurs vêtemens, c'est-à-dire ils ont déchiré


à eux leurs vêtemens. .
Mota. On ne trouvera point ici les divisions établies
par le plus grand nombre des grammairiens, telles que :
Participe passé suivi du sujet de la phrase; suivi
d'un adjectifou d'un participe, suivi d'un verbe à
l'infinitif, suivi non immédiatement d'un verbe à
l'infinitif, etc. De telles distinctions embarrassent le
jeune élève, qui, prenant ces difficultés fictives pour
autant de difficultés réelles, se fait un monstre de la
chose la plus aisée. Nous avons cru ne devoir lui pré
senter qu'une règle unique, et dans les citations, lui
marquer en caractères italiques le participe et son
complément, lorsque le participe a un complément."
(1) Lorsque le pronom le tient la place de cela, et qu'il précède le par
ticipe, ce participe s'accorde avec le ou cela, puisqu'il se met comme cela
au masculin singulier; si donc, nous faisons après lui le participe invariable,
c'est pour éviter la confusion qui pourrait naître de la valeur de ce le dans
d'autres phrases ou le participe varie, prenant le genre et le nombre des mots
que le remplace.
142
· · · · · , · º .
CITAT I o Ns
• • * • •• • ••
- -
- • -- ,
-
• ro . t, t ' : - : !
- · • | -

où LE PARTIcIPE PAssé v ARIE ET où LE PARrrcIrE PAssé est INvARixrik


s'AccoRDE AvEc soN coMrLÉMENT ET s'ÉoRIT ToUJoURs AU MAscULik
PLACÉ AvANT LuI. ET AU sisouLIER. -

-
1 ) · \ ºº ! )
A quel tourment nouveau je me suis Moi-même je me suis dérobéma ºen
réservée ! (VoLTAIRE.) geance. , , (Th. CoRNEiLLE.),
Rien ne rompra mes fers, je me les Les Français s'étaient ouvert une re
suis donnés. (VoLTAIRE.). traite glorieuse par la bataille de
Ah ! que vos yeux sur moi se sont Fornoue. (VoLTAIRE. )
bien exercés. (RACINE.)
Ils se sont déchiré leurs vétemens.
Sans doute à cet objet sa rage s'est
émue. (RACINE.) | (BEscHER.)
La porte du sérail à mes yeux s'est Tes femmes se sont imaginé que ton
ouverte. (RACINE.) départ leur laissait une liberté en
tière. ' (MoNTEsQUIEU.)
Dis-leur que dans son sang cette main
s'est plongée. ' (VoLTAIRE.) Tous, excepté les sages, se sont re
Ces généreux rivaux au temple se sont présenté Dieu comme un prince
" , " , lJllS, . (CoRNEILLE.) rempli de vanité. (VoLTAIRE.) - -

La vengeance s'est tue, et le sang a Ils se sont donné l'un à l'autre une
' parlé. (DE LILLE.)' promesse de mariage. .
Mais sa haine sur vous autrefois at (MoLIÈRE.)
•,i tachée, . - ! -

Elle s'est donné bien des peines qui


Ou s'est évanouie ou bien s'est re ont été inutiles. -

lâchée. (RACINE.) - (LEMARE.) .


--
f, · ·· · ·· , ' !t ''' ' , '. . ' .
A ces mots, des transports de joie se Les cavaliers qui ont succombé sous
- sont emparés de mon cœur. vos coups se sont eux-mêmes attiré
- i . ::: \ º !
r• •
)* .
(VoLTAIRE.) ' leur malheur. - (LE SAGE.) "
Les femmes ont coloré leur visage Elle s'est fait aimer, elle m'a fait
lorsque les roses de leur te1Int - S6 "
, hair.. . (CoRNEILLE.) º»
sont flétries. - (Burros.) -

Deux fois à mon oreille ils se sont fait


Ah l comment s'est éclipsée tant de entendre. .. (VoLTAIRE.)
, gloire ? , 1 * ,* • ' • -- ,
• --
41 - " " . • •

Comment se sont anéantis tant de Deux fois mes tristes yeux se sont vu
•n travaux ? n (VoLNEY.) , . 1º ; retracer. , - º * : 1.4

| " Je me suis faite comédienne. Ce même enfant toujours tout prêt à


(LE SAGE.) me percer. (RA ciNE.)
143
C1TAT I O NS

où LE PARTIcIPE PAssÉ vARIE ET ou LE PARTIcIPE PAssE EsT INvARIABLE


, s'AccoRDE AvEc soN coMPLÉMENT ET s'ÉCRIT ToUJoURs AU MAscULIN
PLACÉ AvANT LUI. ET A I7 SING UL IER • ,

Ils se sont faits dévots de peur de Les poètes épiques se sont toujours plu
.,, n'être rien. (VoLTAIRE.) à décrire des batailles. (DELILLE.)
Les Espagnols s'étaient rendus maî Ce ne sont pas les Français que je me
tres des Philippines. (VoLTAIRE.) suis proposé d'observer.
Ma tendresse un moment s'est sentie (J.-J. RoUssEAU.)
alarmée. (VoLTAIRE.)
· Elles se sont trouvées aux Carmélites.
Ils se sont ri de nos projets.
(VoLTAIRE.)
(MAD. DE SÉvicNÉ.)
Nous nous sommes vus depuis quatre Il est vrai qu'elle et moi nous nous
ans ensemble. (MoLIÈRE.) sommes souvent parlé des yeux.
Ma langue s'est attachée à mon palais. " (MoLiÈRE.)
f:
(VoLTAIRE.) Ces personnages ne se sont jamais res
Elle s'en est vantée assez publique semble. :(THoMAs,)
Inent. (RACINE,)
Elles se sont nui mutuellement.
Les corps et les âmes s'en sont res
sentis (VoLTAIRE.) Ils se sont aplani toute difficulté. /
º • (BEscHER.)
Ce sont des soupiraux que le feu sou Elle s'était attribué ce bon mot.
terrain s'est ouverts. (MARMoNTEL.) * · 1 .'«!
• • -

Les folies qu'ils se sont imaginées les • • t • # •• . *

tourmentent. (LEMARE.)
Elle s'est sentie mourir. Elle s'est senti dépouiller sans pou
voirappeler quelqu'unàson secours.
Elles se sont laissées mourir de faim. Nos pères se seraient-ils laissé assom
Elle s'est vue renaître dans ce jeune mer comme des victimes ?
prince. (BossUET.) (VoLTAIRE.) , .
Ils s'en sont servis pour écouter. .2 ' !
séduire,
(VoLTAIRE.) f ,Elle s'est laissé(DUcLos.)
• • • • •
Ils se sont bornés à enseigner une • 4

" morale naturelle. (VoLTAIRE.)


J'ai fait un peu de bien, c'est mon
On le condamne lui et les deux domi
, plus bel ouvrage. : . * l ! *
nicains à mourir dans les flammes
(VoLTAIRE.) ! "
qu'ils s'étaient vantés d'affronter.
(VoLTAIRE.) Le glaive a tué bien des hommes,
Un nuage de poussière s'est élevé. La langue en
-
a tué bien plus.
*** ( 1" , , ! )

(BEscHER.) (FRANç. DE NEUFCHATEAU.)


144

C1TAT Io N s

où LE PARTICIPE PAssé vARIE ET où LE PARTICIPE PAssÉ EsT INvARIABLE


s'AccoRDE AvEc soN coMPLÉMENT ET s'ÉcRIT ToUJoURs AU »IAscULIN
PLACÉ AvANT LUI. ET AU SING U L IER .

Une foule d'écrivains se sont égarés Télémaque a fait quelques imita


dans un style recherché. teurs, les caractères de La Bruyère
· ·· , · ) - (VoLTAIRE.) en ont fait davantage.
- (VoLTAIRE.)
Ces yeux que n'ont émus ni soupirs, Il s'est fait beaucoup de choses, il
ni terreurs. (RACINE.) en a inventé quelques-unes.
- - - º i '
(VoLTAIRE.)
-

Hélas! quel Dieu cruel nous a perdus Je n'en ai vu aucun qui n'eût plus de
tous deux. (DELILLE. ) désirs que de vrais besoins.
- . -5 • (VoLTAIRE.)
. Oui, je sais, Acomat, Tout le monde m'a offert des services.
Jusqu'où les a portés l'intérêt de (MAD. DE MAINTENoN.)
' l'État. ° • ° (RAcINE :) !
Vous avez cru des bruits que j'ai se Vous avez fait une faute, vous aurez
més moi+même. .. (RACINE.) le courage de la réparer.
Nous rentrons dans les, droits qu'ont (FÉNELoN.)
perdus nos ancêtres. J'ai retenu les chants, les vers m'ont
- (VoLTAIRE.) échappé. (J.-J. RoUssEAU.)
S'assure-t-on sur l'alliance Quelle main en un jour t'a ravi tous
Qu'a faite la nécessité? tes charmes ? . (RACINE.)
(LA FoNTAINE.) Quel pouvoir a rompu des nœuds ja
H passa par des chemins qu'on avait dis si saints ? (VoLTAIRE.)
. crus impraticables. (MAssiLLoN.) J'ai vu la mort de près, et je l'ai vue
Le long usage des plaisirs les leur a horrible. (VoLTAIRE.)
rendus inutiles. (MassILLoN.) Cette querelle fut, comme nous l'avons
J'ai vu la mort de près, et je l'ai vue vu, la cause de la mort de Henri IV.
horrible. (VoLTAIRE. ) (Le est employé pour cela.)
(VoLTAIRE,
Hélas l je vous ai vus ennemis dès Ce n'est pas ainsi que la chose s'est
l'enfance. (VoLTAiRE.) passée, vous l'avez avoué vous
Ainsi ont raisonné des hommes que des même. (BEscHER.)
siècles de fanatime ont rendus puis ( Le est employé pour cela.) | #

sants. (VoLTAIRE.) Ils étaient punis pour les maux qu'ils


, avaient laissé faire sous leur au
Je les ai trouvés tous sans force et torité. , . (FÉNELoN.)
sans vertu. (VoLTAIRE. )
Une personne s'est présentée à la porte,
Quel droit vous a rendus juges de je l'ai laissé passer.
votre maître. (VoLTAIRE.) (WAILLY.)
145

C IT A T I O N S

où LE PARTICIPE PAssé vARIE ET ou LE PARTICIPE PAssE EsT INvARIARLE


s'AccoRDE AvEc soN coMPLÉMENT ET s'ÉcRIT ToUJoURs AU MAscULIN
PLACÉ AvANT LUI. ET AU SlNGULIER .

Un peu d'émotion L'affaire paraissait plus sérieuse qu'on


A votre aspect m'a rendue interdite. ne l'avait pensé d'abord. (VERToT.)
(MoNvEL.) (Le est employé pour cela.)
O Julie ! sile destin t'eût laissée vivre. Cepen
dant la famine arriva comme Jo
(J.-J. RoUssEAU.) seph l'avait prédit. (VoLTAIRE.)
Et je vous ai laissés tout le long que (Le est employé pour cela.)
reller,
La médec
ine l'a échappé belle.
Pour voir où tout cela pourrait enfin
aller. (MoLIÈRE.) (MoLIÈRE.)
( Le est employé pour cela, ce danger. Belle
Cette nuit je l'ai vue arriver en ces est ici adverbe et employé pour d'une ma
lieux. (RACINE.) nière belle, bellement. )

A peine l'avons-nous entendue parler. Quand les rois n'étaient pas encore
(J.-J. RoUssEAU.) parvenus au degré de puissance
Pour être sûr de la vérité de ces choses,
qu'ils ont eu depuis. (VoLTAIRE.)
il faut les avoir vues s'accomplir (Lequel degré ils ont eu.)
réellement. (J.-J. RoUssEAU.)
Il crut avoir vu des miracles et même
Allez, dis-je, et sachez quel lieu les
a vus naître. (VoLTAIRE.) en avoir fait. (VoLTAIRE.)
Croyez-le comme lui malgré les rail Il a des troupes et il en a demandé
leries qu'on en a faites. aux autres peuples de la Grèce.
(VoLTAIRE.) (BARTHÉLEMY.)
Déjà la renommée, Tout le monde m'a offert des services,
Par d'étonnants récits, m'en avait in
et personne ne m'en a rendu.
formée. (RACINE.)
La traduction que j'en ai faite est (MAD. DE MAINTENoN.)
loin d'atteindre à la force et à la Pour de vrais soupçons, non, mon
† de l'original. ami, je n'en ai point eu.
(VoLTAIRE.)
Des pleurs ! ah ! ma faiblesse en a trop (CoLLÉ,)
(de pleurs) répandus. Il n'est que trop vrai qu'il y a eu des
anthropophages ; nous en avons
(VoLTAIRE.)
Combien (d'hommes) Dieu en a-t-il trouvé en Amérique. (VoLTAIRE.)
exaucés. (MAssILLoN.) Croyez-moi, les humains que j'ai trop
Il a fait à lui seul plus d'exploits que su connaître. (VoLTAIRE.)
les autres n'en ont lus.
J'ai refait tous les vers que vous avez
(BoILEAU.) voulu reprendre. (VoLTAIRE.)
IO
146

CITAT I o Ns

où LE PARTICIPE PAssÉ vARIE ET ou LE PARTIcIPE PAssÉ EsT INvARIABLE


s'AccoRDE AvEc soN coMPLÉMENT ET s'ÉcRIT ToUJoURs AU MAscULIN
ET AU SINGULIER.
PLACÉ AvANT LUI.

La France eut, dès l'année qui suivit Pour être sûr de la vérité, il faut
l'avoir entendu annoncer d'une
la disgrâce de la Hogue, des flottes
aussi nombreuses qu'elle en avait manière claire et positive.
eues déjà. (VoLTAIRE.) (J.-J. RoUssEAU.)
C'est un des plus célèbres médecins Des corsaires se sont saisis de la pièce
que (le médecin que) vous avez et l'ont fait imprimer.
consulté. (BEscHER.) (VoLTAIRE.)
s s
C'est un des meilleur médecin que Moi, je la trahirais , moi qui l'ai su
(lesquels médecins) vous ayez con défendre ! (VoLTAIRE.)
sultés. (BoURso N.) Je lui ai lu mon Épître très posément,
jetant dans ma lecture toute la
Cette tragédie unique dans son genre,
dédiée à un des plus vertueux papes force et tout l'agrément que j'ai pu.
que (lesquels papes) l'Église ait (Jeter, sous-entendu.)
(BoILEAU.)
6LlS,
Il a été libre de mettre à cet abandon
Une foule de spectateurs, que (les
la condition qu'il a voulu.(Mettre,
quels spectateurs) la curiosité avait
attirés, accoururent à Rome. sous-entendu.) (SIREY.)
(DE SÉGUR.) Il a eu de la cour toutes les grâces
Toutes les dignités que tu m'as de qu'il a voulu. (Avoir, sous-en
tendu.) (WAILLY.)
mandées,
C'est une fortification que je lui ai
Je te les ai sans peine et sur l'heure
accordées. (CoRNEILLE. ) appris à faire. (VAUGELAs.)
Je lui ai offert ma main, qu'elle a re
A ce propos, voici l'histoire qu'il m'a
dite. (MoLIÈRE.) fusé d'accepter. (MoLIÈRE.)
Va lui jurer la foi que tu m'avais jurée. Ne faites rien qui ne soit digne des
(RACINE.) maximes que j'ai tâché de vous
inspirer. (FÉNELoN.)
Tu as joui de tous les biens que lana
ture t'avait dennés La vérité qu'ils ont craint de voir
(J.-J. RoussEAU.) fait leur supplice. (FÉNELoN.)
Les Dieux qui m'inspiraient et que j'ai Il entra dans l'Italie qu'il avait résolu
mal suivis. (RACINE.) de rendre le théâtre de la guerre.
depuis, grands (RoLLIN,)
Quelles peines Dieux,
n'ai-je souffertes ! (CoRNEILLE.) Je ne révèle pas même ni tant de gran
des actions qu'elle a lâché de rendre
Quels courages Vénus n'a-t-elle pas secrètes. . , (FLÉCHIER.)
· domptés ! (RACINE.)
147
CI TATIoNs

ou LE PARTIcIPE PAssÉ vARIE ET


où LE PARTICIPE PAssÉ EsT INvARIABLE
s'AccoRDE AvEc soN coMPLÉMENT
ET s'ÉcRIT ToUJoURs AU MAscULIN
PLACÉ AvANT LUI.
ET AU SING ULIER .

Burrhus, avez-vous vu quels regards Elle était tournée sans cesse du côté
.furieux ou le vaisseau d'Ulysse, fendant les
Néron, en me quittant, m'a laissés ondes, avait disparu à ses yeux.
pour adieux ? (RACINE.)
(FÉNELoN.)
Que de vertus en vous un seul vice
a détruites ! (SAURIN.) La Discorde a toujours régné dans
l'univers. (MoLIÈRE.)
Les femmes vous savent bon gré du peu
de défiance que (lequel peu) vous Le Dieu qui vous inspire a marché
avez montré pour les artifices du devant moi. (VoLTAIRE.)
S6XC. (Mlle DE LAUNAY.)
Le peu de troupes qu'il (lesquelles Oui, c'est moi qui voudrais effacer de
ma vie
troupes) a rassemblées, ont tenu
ferme dans leur poste. Les jours que (pendant lesquels) j'ai
(MARMoNTEL.) vécu sans vous avoir servie.

Tout cela ne put réparer la faute qu'il (RACINE.)


avait faite de garder trop de places.
(VoLTAIRE.)

46. Remarques sur le Participe passé.


PREMIÈRE REMARQUE. La règle du participe passé
nous a appris qu'il s'accordait avec son complément
placé avant lui, à moins que ce complément ne fût
représenté par le tenant la place de cela, ou par en.
Il est cependant quelques exemples d'écrivains précé
demment cités qui font accorder le participe avec en,
lorsque les mots que en remplace sont le complément
du participe.
· · ·
Vous critiquez nos pièces de théâtre avec l'avantage non-seu
lement d'en avoir vues, mais encore d'en avoir faites.
(D'ALEMBERT.)
148
L'usage des cloches est chez les Chinois de la plus haute anti
quité; nous n'en avons eues en France qu'au sixième siècle
de notre ère. (VoLTAIRE.)
Les mêmes auteurs ont aussi fait accorder avec en le
participe, lorsqu'il était précédé de l'un des adverbes
de quantité plus, moins, aussi, combien, trop, etc.,
ou plutôt ils l'ont fait accorder avec ces mêmes mots
qu'ils ont considérés comme des substantifs.
Des pleurs ! ah ! ma faiblesse en a trop (en remplace de pleurs)
repandus. (VoLTAIRE.)
Combien (en remplace d'hommes) Dieu en a-t-il exaucés.
(MAssILLoN.)

DEUxIÈME REMARQUE. ll est des verbes, tels que s'en


aller, s'écrier, s'emparer, s'évanouir, se moquer, se
repentir, se souvenir, s'exercer, s'ouvrir, qui sont,
toujours, comme les sept premiers, ou accidentellement
comme les deux derniers, précédés d'un pronom com
plément de leur action et avec lequel leur participe
doit s'accorder, comme :
Ma fille s'en est allee avec ces demoiselles. (VoLTAIRE.)
Si nous n'avons rien de mieux à dire, se sont ecries les parleurs.
(VoLTAIRE.)
A ces mots, des transports de joie se sont emparés de mon cœur.
(VoLTAIRE.)
Mais sa haine sur vous autrefois attachée,
Ou s'est évanouie ou bien s'est relâchée. (RACINE.)
J'ai fait autrefois des fautes dont je me suis repentie.
(MAD. DE SÉvIGNÉ.)
Ah! que vos yeux sur moi se sont bien exerces ! (RACINE.)
La porte du sérail à mes yeux s'est ouverte. (RACINE.)
Il est d'autres de ces verbes qui s'emploient de la
149
même manière, c'est-à-dire précédés d'un pronom ;
cependant ce pronom n'étant jamais complément de l'ac
tion qu'ils expriment, mais bien d'une préposition sous
entendue, les participes de ces verbes ne sauraient va
rier. Au nombre de ces verbes sont : nuire , plaire,
rire, succéder, etc.
Ils se sont nui mutuellement. (Ils ont nui à soi, etc.)
Ils se sont plu à me persécuter (Il a plu à soi, etc.) (ACADÉMIE.)
Ils se sont ri de mes projets (Ils ont ri entre soi, etc.)(VoLTAIRE.)
TRoISIÈME REMARQUE. Dans :
Dormir toute la nuit, durer long-temps,
Regner dix ans, marcher tout le jour, -

les verbes dormir, durer, régner, marcher, paraissent


avoir chacun pour complément les mots qui les suivent,
tandis que ces mots sont complémens de prépositions
sous-entendues. Le participe de ces verbes doit donc
rester invariable, comme : -

Toutes les heures que (pendant lesquelles, etc.) vous avez


dormi, je les ai passées à écrire. (BEsCHER.)
Il est resté caché les deux années que (pendant lesquelles, etc.)
la guerre a duré. (BEsCHER.)
Oui, c'est moi qui voudrais effacer de ma vie
Les jours que (pendant lesquels j'ai vécu, etc. ) j'ai vecu sans
vous avoir servie. (CoRNEILLE.)

Trois de ces verbes : coüter, valoir, courir, doi


vent cependant être exceptés, les auteurs ayant quelque
fois donné un complément à leur participe :
Que de soins m'eût coütés cette tête charmante! (RACINE,).
(Dans le sens de qui s'achète au prix de, couté ne prend jamais l'accord.)
Voilà la charmante réception que mon costume brillant m'a
value, (JACQUEMART.)
15o

emoiselle, combien de périls j'ai courus dans un


(VoLTAIRE.)
ME REMARQUE. Lorsque le verbe est employé
l- v - »

sième personne du singulier, et dans un sens


f
, il doit rester invariable.
Les aleurs qu'il a fait cette année ont été très vives.
Lorsque le gouvernement fut devenu monarchique, on laissa
cet abus à cause des inconvéniens qu'il y aurait eu à le
changer. (VERToT.)
| CINQUIÈME REMARQUE. Les phrases semblables aux
suivantes pourraient, à cause d'une certaine similitude
d'expression ou de tournure, induire d'abord en erreur ;
un peu d'attention suffira pour prévenir toute méprise,
en fesant trouver le véritable complément du par
ticipe.
Voici la femme que j'ai vue peindre. Voici la femme que j'ai vu peindre.'
, , ( Elle peignait. ) ( On la peignait. )

C'est un des meilleurs tableaux que C'est un des meilleurs tableaux que
j'aie achetés. j'ai acheté.
(Entre ceux que j'ai achetés, celui-ci est (J'ai acheté un tableau , il est des meilleurs
un des meilleurs. ) parmi ceux que l'on peut acheter.)
Une foule d'écrivains se sont égarés. Un nuage de sauterelles s'est abattu
' (Ce sont les écrivains qui se sont égarés, sur nos moissons. . '
et non la foule. ) - (C'est nuage qui est le substantif dominant ;
c'est avec s" que doit s'accorder le participe.)
Le peu de troupes qu'il a rassemblées, Le peu de sûreté que j'ai vu de retour
ont tenu ferme dans leur poste. ner à Naples, m'y a fait renoncer
pour toujours.
(Ce sont les troupes qui ont tenu ferme et (Ici le participe s'accorde avec peu et non
non le peu.) avec sûreté, parceque c'est la petite quantité,
le peu que l'esprit désigne et non la sûreté. )

47. DU PARTICIPÉ PRÉsENT ET DE L'ADJECTIF vERBAL. Le


participe présent est aujourd'hui invariable (1), il se
termine toujours par ant.•: ' - / º• • •

(1) Il variait autrefois :


Si vos yeux pénétrans jusqu'aux choses futures. ( MALHERBE,)
151

L'adjectif verbal, semblable au participe présent,


varie ; il s'accorde avec le substantif ou le pronom
auquel il se rapporte, - -

Le participe présent et l'adjectif verbal ne peuvent


être confondus ; car le participe présent n'exprime
qu'une action de courte durée, momentanée; tandis
que l'adjectif verbal exprime une action qui dure un
certain temps, ou même qui est habituelle.
Le participe présent se reconnaît encore avec faci
lité, et ne saurait être considéré comme adjectif, lors
qu'il a un complément dans la phrase, lorsqu'il peut
être ou qu'il est précédé de la préposition en.
C1TAT 1oNs.

NON ACCORD, ACCORD.

Le Participe n'exprimant qu'une action mo L'Adjectif verbal exprimant 1a durée, la per


mentanée. manence de l'action.

Un moment elle est gaie, un moment Éclairés par la lumière toujours crois
serieuse , sante des sciences.

Riant, pleurant, jasant, se taisant (REGNAULT DE WARIN.)


tour à tour, N'avez-vous pas dans vos besoins,
sans cesse renaissants, assez d'en
Enfin changeant d'humeur mille fois nemis ? (RAYNAL. )
en un jour. (DEsToUcHEs.)
On honore leurs cendres encore fu
Point d'importuns laquais épiant nos mantes d'un reste d'éloges.
discours, critiquant tout bas nos | (MAssILLoN.)
maintiens, comptant nos morceaux Dans les plis du cerveau la mémoire
d'un œil avide, s'amusant à nous habitante
faire attendre à boire et murmurant Y peint de la nature une image vi
d'um trop long diner. 4'a n te. (VoLTAIRE.)
(J.-J. RoUssEAU.) Songe aux cris des vainqueurs, songe
aux cris des mourants,
Dans l'agitation consumant leurs Dans la flamme étouffés, sous le fer
beaux jours,
expirants. (RACINE.)
Poursuivant la fortune et rampant Maman toujours projetante et tou
dans les cours.
jours agissante ne nous laissait
(VoLTAIRE.) guère oisifs. (J.-J. RoUssEAU.)
1 52
NON ACCU R D. ACCORD.

Le Participe n'exprimant qu'une action mo L'Adjectif verbal exprimant la durée, la per


mentanée. manence de l'action.

Les grenouilles se lassant de l'état Tous les êtres sentants nés sous la
démocratique. même loi. (VoLTAIRE.)
(LA FoNTAINE.) Les pampres voltigeants s'ouvrent,
s'unissent au lierre.

Nos braves s'accrochant, se prennent (CoLARDEAU.) . ?


aux cheveux. Phèdre dans ce palais tremblante pour
(BoILEAU.) son fils. (RACINE.)
Corsaires à corsaires,
L'un l'autre s'attaquant, ne font pas
leurs affaires.
(LA FoNTAINE.)
Ce n'est pas en battant les enfans Je suis loin de parler pour les maris
battants. -
qu'on les corrige. -
-

Aux fêtes bocagères, (FRANç. DE NEUFCHATEAU.)


On nous peint les bergers et les jeunes
bergères,
Les bras entrelacés, dansant sous les On peignait les grâces dansantes et
OTIllGallX. (DELILLE.) se tenant par la main.
(VoLTAIRE.)
Ces spectres affamés outrageant la Léon supporte leurs dédains, leurs
nature. (VoLTAIRE.) railleries outrageantes. " !
(DE SÉGUR.) .
Vous qui m'appartenez par le droit de
l'épée,
Rampants sous Marius, esclaves sous
Pompée. (VoLTAIRE.)
Les Maures descendant de leurs mon Il obtient la main de Memmia, des
tagnes parcouraient et pillaient cendante de Catulus et fille de
l'Afrique. (DE SÉGUR.) Sulpicius. (DE SÉGUR.)
Ainsi notre amitié triomphant à son Et moi, qui l'amenai triomphante,
tOuT. (CoRNEILLE.) adorée,
Je m'en retournerai seule et déses
pérée ! (RACINE.)

Quelquefois les poètes ont violé cette règle de l'in


variabilité du participe présent, et, pour le besoin de la
rime, ont fait accorder le participe avec le substantif ;
153

c'est une licence qu'on ne peut imiter qu'en vers :


Et plus loin des laquais l'un l'autre s'agaçants,
Font aboyer les chiens et jurer les passants. (BoILEAU.)
N'écrivez pas de la même manière les participes sui
vants et les adjectifs qualificatifs qui se prononcent de
la même manière.
Adhérant, adhérent; affluant, affluent ; coïncidant,
coïncident; confisquant, confiscant; différant, différent;
dolant, dolent; excédant, excédent; excellant, excel
lent ; expédiant, expédient ; fabriquant, fabricant ;
fatiguant, fatigant; négligeant, négligent; précédant,
précédent; présidant, président ; résidant, résident;
vaquant, vacant ; violant, violent.

48. Verbes qui se combinent avec Étre et Avoir.'


" ! )

Nous avons remarqué (page 1o6) que les adjectifs


verbaux dérivés de verbes actifs complétifs pouvaieiit
suivre seuls le verbe étre. Quelques adjectifs verbaux,
quoique dérivés des verbes non complétifs, peuvent
le suivre cependant, et ne peuvent même suivre que lui.
Ces adjectifs verbaux sont ceux des verbes aller, ar
river, mésarriver, avenir, choir, décéder, convenir,
éclore, écouler, émaner, entrer, épier (monter en
épi), mourir, nattre, venir, devenir, intervenir,
parvenir, provenir, rabougrir, ramender, redevenir,
revenir, ressortir (sortir de nouveau), survenir, re
tourner dans le sens de revenir; partir, repartir,
tomber, retomber.Ainsi on dit : Je suis allé, et non
j'ai allé; elle est éclose, et non elle a éclose, etc.
Quelques autres verbes seulement actifs peuvent
154
suivre à la fois le verbe être et le verbe avoir. Ils suivent
le verbe étre lorsqu'on veut exprimer l'état dans
lequel se trouve l'action faite par le sujet ; ils suivent
le verbe avoir lorsqu'on veut exprimer l'action elle
méme.

Ces Verbes sont :


AVEC ÉTRE. AVEC AVOIR.

AccoUCHER. Cette dame est accou Cette dame a accouché vers deux
chée. ' heures.
AccoURIR. Je suis vite accourue. J'ai vainement accouru.
APPARAîTRE. Son image consolante Le spectre nous a souvent apparu.
m'est apparue trois
fois dans mon som
meil. -

AvoRTER. Mes espérances de ré Ma plus belle vache a avorté par un


coltes sont avortées. accident.
CoNTREvENIR. Elle est contrevenue à Elle a contrevenu à nos ordres.
- nos ordres.
CoNvENIR. Nous nous sommes con Nous avons convenu du prix.
- · · venus.
CaoîTRE. , Cette plante est crûe de Cette plante a cru de deux pieds en
| • • • • • • • deux pieds. huit jours.
Dénoºra · Le fleuve est débordé. Le fleuve a débordé tout à coup.
DÉcRoiTRE. La rivière est décrue. La rivière a décrui subitement.
DécHoIR. ,... Ils sont déchus de leurs Depuis ce moment il a déchu de jour
priviléges. en jour. (ACADÉMIE.)
· ··A(AcADÉMIE.) » .

DÉsÉNÉRzR. Cette race est dégé Elle a dégénéré de ses ancêtres.


nérée.
DEMEURER. ' Ces horribles secrets Ma langue embarrassée,
e Sontencor demeurés Dans ma bouche vingt fois a demeuré
dans une nuit pro glacée. (RACINE.)
fonde. (VoLTAIRE.)
DIsPARAîTRE. La foi de tous les cœurs Le vaisseau d'Ulysse avait disparu à
est pour moi dispa ses yeux.
- -
• I'll6. (RACINE.)
ÉnoULER. - Cette montagne est pres Les neiges ont éboulé cette nuit.
que toute éboulée.
155

AvEC ÉTRE. AVEC AVOIR.

ÉcuAPPER. Ce prisonnier s'est fort J'ai échappé à toutes les poursuites.


adroitement échap
pé.
EcHoIR. Ce billet est échu de Ce billet a échu le trois de ce mois.
puis trois jours.
ExPIRER. Le terme est expiré.- La trève avait expiré seulement deux
Camille est expiree. heures avant le combat. - Jésus7
(DELILLE.) Christ a expiré sur la croix..
OBÉIR. C'en est fait, j'ai parlé, Elle a obéi; mais de bien mauvaise
vous étes obéie. grâce.
(RACINE.)
PÉRIR. Voici ceux qu'on a sau Le vaisseau a fait naufrage, tout a
vés, tout le reste est péri. ,
péri.
RANcIR. Tout notre lard est Ce lard a ranci bien vite.
ranci.
REsTER. Elle donnerait pour J'ai resté plus d'un an en Italie.
vous sa vie, le seul , (MoNTEsQUIEU.)
bien qui lui soit resté.
(MoNTEsQUIEU.)
RésULTER. Il est résulté du bien Il en a résulté de grands avantages.
de cette mesure.

, 49. Les verbes actifs qui peuvent recevoir un complé


ment et devenir complétifs peuvent, comme nous l'avons
vu, être suivis, dans leurs temps composés, du verbe étre
ou du verbe avoir Nous citons quelques-uns de ces
verbes, dont l'emploi avec l'auxiliaire offre moins de
facilité que les autres : on se servira de étre si on
veut exprimer le résultat de l'action, son état actuel,
et de avoir si on veut exprimer cette action elle-même.
vERBEs AVEC ÉTRE. VERBES AVEC AVOIR.

ABoRDER Nous sommes heureu- | Nous avons abordé en Italie.


un vaisseau. · sement abordés.
AccRoîTRE. Ses maux sont accrus.
BAIssER La rivière est baissée. | Sa réputation a baissé.
la tête,
156
VERBES AvEC ÉTRE. VERBES AVEC AVOIR.

CEssER Et du Dieu d'Israël les Sire, il n'était plus temps; les chants
ses fonctions. fêtes sont cessées.
avaient cessé. .(RAYNoUARD.)
(RACINE.)
CHANGER Cette personne est Par moi-même en secret mon cœur in
ses habitudes. changée à son avan
terrogé
tage. Soupçonne à peine encor comment il a
changé. (CHÉNIER.)
CoURIR Ce prédicateur est fort Pour lui porter les soins d'une amitié
un lièvre. COll /"ll,
fidèle, -

J'ai couru, mais trop tard... son cœur


était glacé. (A. B.)
DEscENDRE Il était monté, il est C'est dans ces mêmes lieux,
l'escalier. ' descendu.
Dans ce temple où jadis ont descendu
(AcADÉMIE.) nos dieux. (VoLTAIRE.)
DIMINUER Cet objet était fort cher, La fièvre a peu à peu diminué.
S65 rcVcnus. le prix en est dimi
nué.
EMBELLIR Cette jeune personne Elle a beaucoup embelli cet été.
sa demeure. est embellie.
GRANDIR Votre demoiselle est votre demoiselle a fort grandi cette
sa réputation. fort grandie. année. -

MoNTER ! Je suis monté au plus Un jour qu'ennuyé des sots colloques


ba IIlOIltre. haut de l'échelle.
du commis, elle avait monté dans -
sa chambre. (J.-J. RoUssEAU.)
PAssER : Ses beaux jours sont Il me semble que la belle saison a
la rivière. passés.
passé bien vite cette année. :: rſi
RAJEUNIR | Ma tante est rajeunie Nous avons tous rajeuni ce prin
sa ſigure. de dix ans.
temps. «

REMoNTER Il est remonté à la Il a avec peine remonté. , , · -

un fardeau. source de ce bruit.


RENTRER Le torrent est rentré Ce malade a rentré de bonne heure.
la récolte . dans son lit. - º
REPAssER Ils sont repassés tous Il était passé, il a repassé de nouveau.
sa leçon, du linge. à la fois,
REssoRTIR Il était entré, il est res Il était rentré, il a ressorti.
ce qu'on a rentré. sorti.
SoNNER Minuit est sonné.
L'horloge a sonné minuit.
une Son nette .

SoRTIR Elle est sortie ce matin, Ce malade a sorti un moment au plus


son mouchoir. et ne rentrera que ce beau de la journée.
soir.
V1E1LLIR Cette dame est bien
Cette personne a vieilli beaucoup en
sa ſigure. vieillie.
peu de temps,
157

Les quatre Verbes suivants ne prennent le verbe Avoir qu'avec


un complément.

AccRoîTRE. Ses maux sont accrus. l Il a accru sa fortune.


RAssEoIR. Sa raison est rassise. | Il a rassis sa fortune ébranlée.
REPAîTRE. Ils sont tous repus. Ils ont repu leur esprit de chimères.
RÉsoUDRE. Ce problême est ré-| Nous avons résolu ce problême.
solu.

50. CONJUGAISON DES VERBES IRRÉGULIERS.


Nota. Toutes les formes et toutes les personnes après lesquelles il n'y a
point etc., ou dont il n'est rien dit sont régulières.
PREMIÈRE CONJUGAISON.

ALLER. (5°.) Je vais, tu vas, il va, ils vont.—(6°.) Va.—


(7°.) Que j'aille, que tu ailles, qu'il aille, que nous
allions, etc. —(1 o°.) J'irai, tu iras, il ira, etc. —
(11°.) J'irais, tu irais, etc. — (12°.) tu iras, etc.
Le verbe s'en aller s'écrit à l'impératif : vas-y, va-t-il?
va-t-elle ? va-t-en, allons-nous-en, allez-vous-en. Son
participe passé joint au verbe étre, doit le suivre immé
diatement, comme : Je m'en suis allé, tu t'en es allé, il
s'en est allé, nous nous en sommes allés, etc. Il ne serait
pas français de dire, je me suis en allé, etc.
APPELER. (5°.) J'appelle, tu appelles, il appelle, ils appellent.
—(7°.) Que j'appelle, que tu appelles, qu'il appelle,
qu'ils appellent.—(1o°.) J'appellerai, tu appel
leras, etc.—(1 1°.)J'appellerais, tu appellerais, etc.
— (12°.) Tu appelleras, etc.
Les verbes terminés par eler à l'infinitif, comme appeler,
et en eter, comme rejeter, doublent la consonne l ou t,
lorsque le e muet, qui les précède à l'infinitif, se change en
e grave, comme : nous appelons, nous rejetons, nous
appellerons, nous rejetterons.
Les verbes acheter, bourreler, déceler, geler, har
158

celer, peler, et ceux de la même famille ne redoublent


pas la consonne, seulement le e se marque de l'accent grave
toutes les fois qu'il se prononce grave, comme : il achète,
je bourrèlerai, il gèlera. Il serait infiniment mieux, et
l'usage commence à s'en introduire, de ne redoubler ja
mais dans ces verbes les consonnes l, t, ayant soin de mar
quer le e d'un accent grave. La suppression de ces lettres
devrait s'étendre aussi aux autres mots où elles se trouvent
doublées et écrire ficèle, alouète, paternèle, muète,
comme on écrit clientèle, planète, fidèle, secrète.
La consonne n'est pas non plus redoublée dans les verbes
terminés en emer, ener, eser, ever, comme : semer,
je sème ; promener, je promène; peser, je pèse ; élever,
j'élève.
Les verbes terminés en écer, éder, eger, égler,
egner, érer, éter, comme : dépecer, céder, abréger,
régler, régner, accélérer, décréter, changent cet avant
dernier é en un è grave toutes les fois que de aigu il se
prononce grave, comme : Je dépèce, je cède, j'abrège,
je règle, je règne, j'accélère, je décrète.
APPUYER, (5°.) J'appuie, tu appuies, il appuie, ils appuient.
-(6°.) Appuie, qu'il appuie, qu'ils appuient. —
(7°.) Que j'appuie, que tu appuies, qu'il appuie,
qu'ils appuient.—(1o°.) J'appuierai, etc. — (11°.)
J'appuierais, etc.—(12°.) Tu appuieras, etc.
Les verbes terminés à l'infinitif en ayer, oyer, uyer,
comme : effrayer, employer, appuyer, changent l'y en
i toutes les fois qu'il suit immédiatement après un e muet,
comme : Vous effrayons, ils effraient; j'employais, il
emploie; il appuyait, il appuiera.
Le verbe payer est le seul qui ne soit pas soumis à cette
règle ; encore n'est-ce qu'en poésie : la mesure du vers
exige quelquefois qu'on fasse le verbe payer d'une syl
labe de plus aux formes où il devrait suivre la règle, alors
s *** • • • on l'écrit avec l'y. Si on n'a pas besoin de cette syllabe de
plus, on l'écrira par un i : Tantôt vous payerez (pai-ye
-- * • • • , rez) de quelque maladie. (MoLIÈRE.) Mon père te paiera
159
(paie-ra), l'article est au mémoire. (REGNARD.) (On
écrit paye des soldats, faire un paiement. )
Rayer, plancheyer et les autres terminés en eyer
gardent l'y à toutes leurs formes.
Nota. Quel esprit juste, partisan des progrès, ami de
l'enfance et de lui-même, n'a point désiré de voir dispa
raître tant de bizarreries, de complications. Généraliser,
simplifier serait pourtant si facile !
(7°.) Que nous contribuions, que vous contribuïez.
Cosrºuvre
Les verbes terminés à l'infinitif en uer, comme contri
buer; en ouer, comme jouer, ont un tréma sur l'i de
l'indéfini de l'affirmatif et du présent du subjonctif aux
premières et deuxièmes personnes plurielles, comme : nous
jouions, vous jouiez; que nous contribuions, que vous
contribuiez. Sont exceptés les verbes terminés en uer,
lorsque cette terminaison forme une seule syllabe, comme :
fatiguer, intriguer.
Le verbe argiier prend un tréma dans toute sa conju
gaison. Le tréma se place sur l'u lorsque cette voyelle
n'est point suivie d'un e muet ou d'un i : nous argüons,
vous argiiez.

Lorsque l'u est suivi d'un e muet ou d'un i, c'est sur ces
deux voyelles que doit être le tréma : J'arguèrai, tu ar
guérais, que nous arguions.
DÉFIER. (7°.) Que nous défiions, que vous défiiez.
Les verbes terminés à l'infinitif en ier, comme défier,
ont deux i aux premières et deuxièmes personnes plurielles
de l'indéfini de l'affirmatif et du présent du subjonctif,
comme : nous défiions, vous défiez; que nous défiions,
que vous défiez.

DEUXIÈME CONJUGAISON.

AcQUÉRIR. (2".) Que j'acquisse, etc.-(5°.) J'acquis, etc. —


(4°.)Acquis, acquise.-(5°.)J'acquiers, tu acquiers,
il acquiert, ils acquièrent.-(1o°.)J'acquerrai, etc.
-(1 1°.) J'acquerrais, etc.-(12°.) Tu acquerras, etc.
16o

BOUILLIR. (5°.) Je bous, tu bous, il bout, nous bouillons, etc.


—(6°.) Bous, qu'il bouille, bouillons, etc.—(7°.)
Que je bouille, que tu bouilles, etc.
COURIR. (1"°.) Je courais, etc. —(2°.) Que je courusse, etc.
—(3°.) Je courus, etc. -(4°.) Couru, courue. —
(5°.) Je cours, etc. —(6°.) Cours, etc. — (7 ) Que
je coure, etc. -(9°.) Courant. — (1o°) Je cour
rai, etc. - (1 1°.) Je courrais, etc. — (12°.) Tu
courras, etc. -

Courir, recourir, secourir, vétir, dévétir, revétir


ont les mêmes terminaisons que accourir.
CUEILLIR. (1r°.) Je cueillais, etc. — (5°.) Je cueille, tu cueil
lais, etc.-(6°.)Cueille, etc.—(7°.) Que je cueille, etc.
(8°.) Cueillant. — (1o°.) Je cueillerai, etc. —(11°.)
Je cueillerais, etc. — (12°.) Tu cueilleras, etc.
Accueillir, recueillir se conjuguent de même.
DORMIR. (5°.) Je dors, tu dors, il dort, nous dormons,
vous dormez, ils dorment. —(6°.) Dors, etc. —
(7°.) Que je dorme, etc. —(8°.) Dormant.
Se conjuguent de même, endormir, s'endormir,
redormir.

DÉFAILLIR. (1°.) Je défaillais, etc. — (5°.) Je défaille, etc. —


(6°.) Défaille. — (7°.) Que je défaille.—(9".) Dé
faillant.
Faillir n'est guère en usage qu'à la (3°.) Je faillis, etc. ;
à la (4°.) failli ; à la (5°.) faut; et seulement dans cette
phrase : le cœur me faut.
FÉRIR. Ce verbe n'est employé qu'au présent de l'infinitif et dans
cette phrase : Sans coup férir.
FUIR. (2°.) Je fuyais, tu fuyais, il fuyait, nous fuyions,
vous fuyiez, ils fuyaient.—(5°.) Nous fuyons, vous
fuyez, ils fuient, etc. —(6°.) fuyons, fuyez, qu'ils
fuient, etc. — (7°.) Que je fuie, que tu fuies, qu'il
fuie, que nous fuyions, que vous fuyez, qu'ils
fuient. -
161
GÉSIR n'est usité que dans : (1*.) Il gisait, ils gisaient.—
(5°.) Il gît, ils gisent. - (9°.) gisant.
Il gisait, ils gisaient, ils gisent, gisant, se prononcent
comme s'il y avait deux ss; il gissait, ils gissaient, etc.
HAiR. (5°.) Je hais, tu hais, il hait.—(6°.) Hais.
Ce verbe ne prend l'accent circonflexe ni à la troisième
personne singulière de l'indéfini du subjonctif ni aux pre
mières et secondes personnes plurielles du défini de l'af
firmatif.

MENTIR. (1".) Je mentais, etc. —(5°.) Je mens, tu mens, il


ment, etc.—(6°.)Mens, etc.—(7°.) Que je mente, etc.
— (9°.) Mentant.
Se conjugue de même : démentir.
MoURIR. (1r°.) Je mourais, etc.—(2°.) Que je mourusse, etc.
—(3°.) Je mourus, etc. -(4°.) Mort, morte. —
(5°.) Je meurs, tu meurs, il meurt, nous mourons,
vous mourez, ils meurent.—(6°.) Meurs, qu'il
meure, mourons, mourez, qu'ils meurent. —(7°.)
Que je meure, que tu meures, qu'il meure, que
nous mourions, que vous mouriez, qu'ils meurent.
(9°.) Mourant. —(1o°.) Je mourrai, etc. Je mour
rais, etc. –(12°.) Tu mourras.
OUiR n'est plus usité que dans : (3°.) J'ouïs, tu ouïs, etc.
— (4°.) Ouï, ne s'emploie que précédé du verbe
avoir : J'ai oui dire.

OUVRIR. (1".) J'ouvrais, etc. — (4°.) Ouvert, ouverte. —


(5°.) J'ouvre, etc. — (6°.) Ouvre, ete. —(7°.) Que
j'ouvre. —(9°.) Ouvrant.
Se conjuguent de même : couvrir, découvrir, recouvrir.
60FFRIR. (1º.) J'offrais, etc. —(4°.) Offert, offerte.—(5-.)
J'offre, etc.—(6°)Offre, etc.—(7°.) Que j'offre, etc.,
— (9°.) Offrant.
Se conjugue de même : mésoffrir.
PARTIR, (1".) Je partais, ete. -(5°.) Je pars, tu pars, il
I I
162

part, etc.-(6°.) Pars, qu'il parte, etc.—(7°.) Que


je parte, etc. -(9°.) partant.
SE l\ EPENTIR, toujours précédé d'un pronom personnel, son complément.
(1".) Je me repentais, tu te repentais, il se repen
tait, etc. -(5°.) Je me repens, etc. — (6°.) Repens
toi, etc. - (7°.) Que je me repente, etc.—(9°.) Se
repentant.
SAILLIR, régulier dans le sens de s'élancer sur, de sortir, jaillir
avec force, n'est irrégulier que lorsqu'il signifie dépasser,
déborder.

(1".) Il saillait, ils saillaient. — (5°.) Il saille, ils


saillent. — (9°.) Saillant. – (1o°.) Il saillera, ils
sailleront. — (1 1°.) Il saillerait, ils sailleraient.
Se conjugue de même : tressaillir.
SENTIR. (1".) Je sentais, tu sentais, etc. — (5°.) Je sens,
tu sens, il sent, nous sentons, etc. —(6°.) Sens,
qu'il sente, sentons, etc. —(9".) Sentant.
Se conjuguent de même : consentir, pressentir, res
sentir.

SERvIR. (1".) Je servais, etc. — (5°.) Je sers, tu sers, il


sert, nous servons, vous servez, ils servent. —
(6".) Sers, etc. —(7".) Que je serve, etc. —(9°.)
Servant.

Se conjuguent de même : desservir, reservir.


SoRTIR. (1"°.) Je sortais, etc.-(5°.) Je sors, tu sors, il sort,
nous sortons, etc. -(6°.) Sors, etc.—(7°.) Que je
sorte, etc. — (9°.) Sortant.
Se conjuguent de même : Mésassortir, ressortir.
SoUFFRI R. (1".) Je souffrais, etc. —(4°.) Souffert, soufferte.
— (5°.) Je souffre, etc. — (6°.) Souffre, etc. —
(7°.) Que je souffre, etc. —(9°.) Souffrant.
TENIR. (1".) Je tenais, etc. —(2°.) Que je tinsse, etc. —
(3") Je tins, tu tins, il tint, nous tînmes, vous
tîntes, ils tinrent.—(4°.) Tenu, tenue. —(5°.) Je
tiens, tu tiens , il tient, nous tenons, vous tenez,
163

ils tiennent. — (6°.) Tiens, qu'il tienne, etc. —


(7°.) Que je tienne, etc. —(9°.) Tenant.—(1o-.)Je
tiendrai, tu tiendras, etc.-(1 1°.) Je tiendrais, tu
tiendrais, etc. —(12°.) Tu tiendras, etc.
Se conjuguent de même : contenir, détenir, maintenir,
retenir, soutenir.
VENIR. Les mêmes finales que les précédentes; il n'y a qu'à
changer le T en V, Tenir, Venir. Conjuguez de même :
advenir, convenir, devenir, intervenir, parvenir, re
venir, se souvenir, survenir.
VÊTIR. (1".) Je vêtais, etc. –(4°.) Vêtu, vêtue.—(5°.)Je
vêts, tu vêts, il vêt, nous vêtons, vous vêtez, ils
vêtent. —(6°.) Vêts, qu'il vête, etc. —(7°.) Que
je vête, etc. — (9°.) Vêtant.
Se conjuguent de même : dévétir, revétir.

TROISIÈME CONJUGAISON.
-
\-

APPARoIR, Usité seulement dans : (5°.) Il appert.


AssEoIR et S'AssEoIR. (1".) Je m'asseyais, tu t'asseyais, etc. —
(2°.) Que je m'assisse, etc. —(3°.) Je m'assis, etc.
– (4°.) Assis, assise. -(5°.) Je m'assieds, tu t'as
sieds, il s'assied, nous nous asseyons, vous vous
asseyez, ils s'asseient. —(6°.) Assieds-toi, qu'il
s'asseie, etc., que je m'asseie, que tu t'asseies,
que nous nous asseyons, que vous vous asseyez,
qu'ils s'asseient. — (9°.) Asseyant. — (1 o°.) Je
m'assiérai, etc. —(11°.) Je m'assiérais, etc.—(12°.)
Tu t'assiéras, etc.
Rasseoir, surseoir, se conjuguent de même.
AVOIR. On a vu sa conjugaison entière page 1o4.
CHoIR n'est •its qu'à l'infinitif.
DÉCHOIR. (2°.) Que je déchusse, etc. — (5°.) Je déchus, etc.
· (4 ) Déchu, déchue.—(5.)Je déchois, tu déchois,
il déchoit, nous déchoyons, vous déchoyez, ils
déchoient.—(7".) Que je déchoie, que tu déchoies,
1G4
qu'il déchoie, que nous déchoyions, que vous dé
choyiez, qu'ils déchoient.—(1o°.)Je décherrai, ete.
— (1 1°.) Je décherrais, etc.
Ce verbe est inusité dans tout le reste.

ÉCHoIR. Plus particulièrement usité aux troisièmes personnes sin


gulières, et aux suivantes :
(1r°.) Il échoyait. —(2°.) Qu'il échût. — (5°.) Il
échut. —(4°.) Échu, échue. —(5°.) Il échoit.—
(7°.) Qu'il échoie. —(9'.) Échéant. — (1o°.) Il
écherra.

ÊTRE. On a vu sa conjugaison entière, page 1o2.


fALLOIR. Usité seulement aux troisièmes personnes singulières.
(1°.) Il fallait. —(2°.) Qu'il fallût.—(5°.) Il fallut.
—(4°.) Fallu. —(5°.) Il ſaut.—(7°.) Qu'il faille, etc.
— (1o°.) Il faudra. —(1 1°.) Il faudrait.
MoUVOIR. (1".) Je mouvais, etc. -(2°.) Que je musse, etc.
— (5°.) Je mus, etc. —(4°.) Mu, mue. — (5°.) Je
meus, tu meus, il meut, nous mouvons, etc. —
(6°.) Meus, qu'il meuve, etc. —(7°.) Que je
meuve, etc. – (9°.) Mouvant.
Émouvoir se conjugue de la même manière ; Promou
voir n'est usité qu'à l'infinitif et au participe passé ,
promu , promue.
PLEUVOIR. Usité aux troisièmes personnes singulières; dans le sens
figuré, on l'emploie aussi aux troisièmes personnes plurielles.
(1re.) Il pleuvait. — (2°.) Qu'il plût.—(5°.) Il plut.
—(4°.) Plu. — (5°.) Il pleut. —(7°.) Qu'il pleuve.
— (9°.) Pleuvant. — (1o°.) Il pleuvra. —(11°.) Il
pleuvrait.
PoURVOIR. (1".) Je pourvoyais, etc., nous pourvoyions, etc.
— (5°.) Je pourvois, tu pourvois, il pourvoit,
nous pourvoyons, vous pourvoyez , ils pour
voient. — (6°.) Pourvois, qu'il pourvoie, etc. —
(7°.) Que je pourvoie, que tu pourvoies, qu'il pour
voie, que nous pourvoyions, que vous pourveyiez,
165
qu'ils pourvoient. -(9.) Pourvoyant -(to'.) Je
pourvoirai, etc. — (11°.) Je pourvoirais, etc. -
(13-.) Tu pourvoiras, etc.
PoUvOIR. (1r°.) Je pouvais, etc.—(2°.) Que je pusse, etc. —
(5°.) Je pus, tu pus, il put, nous pûmes, vous
pûtes, ils purent.—(4".) Pu. -(5°.) Je peux ou
je puis, tu peux, il peut, nous pouvons, vous
· pouvez, ils peuvent. -(7°.) Que je puisse, etc.
— (9°.) Pouvant.—(1o°.) Je pourrai, etc. —(1 1°.)
Je pourrais, etc. – (12°.) Tu pourras, etc.
RAvoIR, Usité seulement à l'infinitif.

SAvoIR, - (º) Je savais, etc.-(2°.) Que je susse, etc. —


v .
(3.) Je sus, etc.—(4°.)Su, sue.-(5°.) Je sais, tu
sais, il sait, nous savons, etc. –(6°.) Sais, qu'il
sache, sachons, sachez, qu'ils sachent.-(7°.) Que
je sache, que tu saches, qu'il sache, que nous sa
chions, etc. — (9°.) Sachant -(1 o°.) Je saurai, etc.
—(1 1•.) Je saurais, etc. -(12°.) Tu sauras, etc.
SEo1R inusité, Ce verbe n'est guère usité qu'aux formes et aux personnes
suivantes :

(1r°.) Il seyait, ils seyaient. — (5°.) Il sied, ils


siéent. —(7°.) Qu'il siée. —(9°.) Seyant. — (1o°.) Il
siéra, ils siéront. — (1 1°.) Il siérait, ils siéraient.
Messeoir se conjugue de même.

SURsEoIE. (1"°.) Je sursoyais, tu sursoyais, il sursoyait, nous


sursoyions, etc. - (2°.) Que je sursisse, etc.-(5°.)
Je sursis, etc. —(4°.) Sursis. -(5°.) Je sursois , tu
sursois, il sursoit, nous sursoyons, vous sursoyez,
ils sursoient. —(6°.) Sursois, qu'il sursoie, sur
soyons, etc.-(7°.) Que je sursoie, que tu sursoies,
qu'il sursoie , que nous sursoyions, que vous sur
soyiez, qu'ils sursoient. -(9°.) Sursoyant. —(1o°.)
Je surseoirai, etc. – (I 1°.) Je surseoirais, etc. —
(12°.) Tu surseoiras, etc.
166
VALoIR. (1".) Je valais, etc. -(2°.) Que je valusse, etc. —
(3°.) Je valus, etc. - (4°.) Valu, value. —(5°.) Je
vaux, tu vaux, il vaut, nous valons, vous valez,
ils valent. —(7".) Que je vaille, que tu vailles,
qu'il vaille, que nous valions, que vous valiez,
qu'ils vaillent. — (9°.) Valant.
Se conjuguent de même : Équivaloir, prévaloir, re -
valoir. Prévaloir fait cependant au présent du subjonctif,
que je prévale, etc. .. , , ,
VoIR, (1r°.) Je voyais, tu voyais, il voyait, nous voyions,
vous voyiez, ils voyaient. -(2°.) Que je visse, etc,
— (5°.) Je vis, tu vis, il vit, nous vîmes, vous
vîtes, ils virent. -(4°.)Vu, vue.—(5.)Je vois,
· tu vois, etc. —(6°.) Vois, qu'il voie, etc. — (7°.)
· Que je voie, que tu voies, qu'il voie, que nous
voyions, que vous voyiez, qu'ils voient. - (9°.)
Voyant. - º ) • •
· Entrevoir, pourvoir, prévoir , revoir, se conjuguent
de même, - -

VoULOIR . " (5°.) Je veux, tu veux, il veut... ils veulent.—


(6°.) Veux et veuille, qu'il veuille, voulons, voulez
et veuillez, qu'ils veuillent. -(7°.) Que je veuille,
que tu veuilles, qu'il veuille... qu'ils veuillent.
" !

QUATRIÈME CONJUGAISON.
ABSoUDRE. (1re.) J'absolvais ' etc. Inusité aux 2 et 5 formes.
2

— (4°.) Absous, absoute.— (5°.) J'absous, tu ab


sous, il absout, nous absolvons, vous absolvez, ils
absolvent. —(6.) Absous, qu'il absolve, etc. —

(7°.) Que j'absolve, etc. —(9°.) Absolvant. —(1o°.)


J'absoudrai, elc.—(11°) J'absoudrais, etc. —(12°.)
Tu absoudras, etc. -

Se conjuguent de même : dissoudre et résoudre , ce


dernier fait au participe passé résolu, résolue, et résous.
167
BATTRE, (5°.) Je bats, tu bats, il bat. — (6°.) Bats.
1t : • « v Se conjuguent de même : abattre, combattre, dé
-- . .. » bature, s'ébattre, rabattre, rebattre.
BoIRE. (1".) Je buvais, etc. —(2°.) Que je busse, etc. —
,', (3°.)Je bus, etc.—(4°.) Bu, bue. —(5".) Buvons,
• • •

buvez.—(6".) Buvons, buvez. — (7°.) Que nous


· : buvions, que vous buviez. — (9°.) Buvant.
BRAIRE. : Usité seulement aux troisièmes personnes suivantes :
(º) Il brayait, ils brayaient. Manque des 2°, 5°
• , •• ºt »

-
. . · , · · · ,
et 4° formes.—(5°.) Brayant.
BRUIRE 2 ** n'est usité qu'aux troisièmes personnes suivantes :

, , " " :«
(1".) Il bruyait, ils bruyaient. Point de (4 ) forme.
- -- | -(7".) Bruyez.—(9.) Bruyant.
Cincoscii E. (1º.) Je circoncisais , etc.—(2 ) Que je circon
#•• - cisse, etc.-(4°.) Circoncis, circoncise.—(7°.) Cir
- -
' concis, etc. —(8.) Que je circoncise, etc. – (9°.)
Circoncisant. • • - º * º * - -

CioRE. (4 ) Clos , close. —(5°.) ii clôt. - (r) Que je close


- ' — (1o°.) Je 'clôrai, etc. Je clôrºis, etc. — (12°.)
- • • " •"
* .. - - -•
Tu cloras, etc. Inusité aux autres formes.
- , • , »

· Ainsi se conjuguent : éclore, enclore.


CoNcLURE. - (2°.) queje cºncluse, etc. - (5°.) Je conclus, etc.
- : -- , \ \ (4°.) Conclu *, conclue., - · y :"

· · · · · · ,, , Exclure de conjugue de même. v»ºº


CoNnUtrr. (º-) Je conduisais, ete.- (à°.) Que je condui
sisse, etc. -(5.) Je conduis, etc. –(4°.) Conduit,
- ºº , ºeº > conduite. --(5°.) Nous conduisons, etc. — (6-)
º - , c) - Conduis, qu'il conduise, etc.-(9°.) Conduisant.
· · · · · · , - º se conjuguent de même tous les autres verbes terminés
io 12 • • • *) par uire : déduire, éconduire, enduire, induire, ins
oºº . "t , . truire, intºoditère, rédaire, séduire. Les trois verbes
luire, reluire, nuire, diffèrent cependant au participe
passé : ils font lui, relui, nui, sans féminin.
CoNFIRE. (lº) Je confisais, etc.— (2°.) Que je confisse, etc.
168

— (3°.) Je confis, etc. – (4°.) Confit, confite. —


(5°.) Je confis, tu confis, il confit, nous confi
sons, etc. -(6°.) Confis, qu'il confise, etc. — (7°.)
Que je confise, etc. — (9°.) Confisant.
Suffire se conjugue de même, mais il fait au passé dé
fini, suffi.
CoNNAîTRE. (1*°.) Je connaissais, etc. — (2°.) Que je con
musse, etc. - (3°.) Je connus, etc. —(4°.) Connu,
connue. — (5°.) Je connais, etc. —(6°.) Connais,
qu'il connaisse, etc. —(7°.) Que je connaisse, etc.
— (9°.) Connaissant. . '
Méconnaître, reconnattre, se conjuguent de même.
CoUDRE. (1re.) Je cousais, etc.-(2°.) Que je cousisse, etc.-
(3°.)Je cousis, etc.-(4°.) Cousu, cousue.—(5°.) Il
coud, nous cousons, etc.—(6°.) Qu'il couse, cou
sons, etc.-(7 ) Que je couse, etc.-(9.) Cousant.
Découdre recoudre, se conjuguent
2 - de même.

CRAINDRE. (1º.) Je craignais, etc. — (2°.) Que je craignisse.


| —(5°.) Je craignis, etc. - (4°.) Craint, crainte.–
)4 * - - • • , , , , - -

| (5°.) Je crains, tu crains, il craint, nous crai


gnons, etc. —(6.) Crains, qu'il craigne, crai
gnons, etc. — (7°.) Que je craigne, etc.
Se conjuguent de la même manière les verbes terminés
par aindre et par eindre : contraindre, plaindre ; at
teindre, astreindre, ceindre, dépeindre, empreindre,
enceindre, enfreindre, épreindre, éteindre, feindre,
| geindre, peindre, teindre.,v» ,· · e
(1".) Je croyais, etc.- (2º.) Que je crusse, etc. —
(5°.) Je crus, etc. -- (4°.) Cru, crue. — (5°.) Vous
croyons, vous croyez, ils croient. — (6°.) Crois,
qu'il croie , croyons, etc. - (7°.) Que je croie,
que tu croies, qu'il croie, que nous croyions, etc.
—(8°.) Croyant. , , . ) ,
Accroire n'a que l'infinitif.
CRoîTRE. . (1".) Je croissais, etc, —(2 :) Que je crûsse, etc. |
169
— (5°.)Je crûs, etc. — (4°.) Crû, crûe. —(5°.) Je
croîs, tu croîs, il croît, nous croissons, etc. -
(6°.)Croîs, qu'il croisse, etc.-(7°.) Queje croisse, etc.
— (9°.) Croissant.
Se conjuguent de même : accrottre, décroître, qui ne
conservent plus l'accent circonflexe que dans (5°.) il ac
croft, il décrott.

DIRE. (1".) Je disais, etc. -(2°.) Que je disse, etc.-


(3.) Dis, etc. —(4°.) Dit, dite.—(5°.) Nous di
sons, vous dites, ils disent. — (6°.) Dis, qu'il
dise, etc. — (7°:) Que jé dise, etc. — (9°.) Disant.
Se conjuguent de même : redire, contredire, dédire,
interdire, médire, prédire.Ces cinq derniers font cepen
dant à la deuxième personne plurielle du présent de l'af
firmatif : Vous contredisez, vous médisez, etc. Maudire
prend deux ss dans : je maudissais, etc., nous maudis
sons, etc., que je maudisse, ete , maudissant. Entredire
n'est usité qu'à l'infinitif. • • \ # 1!

ÉCRIRE. (1*.) J'écrivais, etc.-(2 ) Que j'écrivisse, etc.


— (3°.) Écris, etc.-(4-) Écrit, écrite. — (5°.)
J'écris, tu écris, il écrit, nous éerivons, etc. —
, (6.) Écris, qu'il écrive, etc.-(7º.) Que j'écrive, etc.
• Se conjuguent de même les verbes terminés par crire :
circonscrire, décrire, inscrire, prescrire, proscrire,
récrire, souscrire, transcrire. - -
-

On- a\ vu sa conjugaison entière page 1o2. -



- -
• •• • •
-

(1*.) Je fesais, etc.- (2°.) Que je fisse, etc. —


(3°.) Je fis, etc. — (4°.) Fait, faite. — (5°.) Nous
: fesons, vous faites, ils font. —(6°.) Fais, qu'il
fasse, fesons, faites, qu'ils fassent. — (7°.) Que je
fasse, etc. – (9°.) Fesant. — (1o°.) Je ferai, etc. —
(11°.) Je ferais, etc. – (12°.) Tu feras, etc.
Se •juguent de même : contrefaire, défaire, for

faire, parfaire, refaire, satisfaire, surfaire. Mal


faire n'a que l'infinitif º º
| 7o
FRIRE., -- Ce verbe manque des 1", 2 , 3 formes. (4°.) Frit, frite.
- . » . ' Il est régulier dans tout le reste; seulement on le con
· ,· r \ jugue avec le verbe faire, aux formes qui manquent et aux
personnes où ce verbe serait le même que le verbe friser,
comme : Je fris, tu fris, il frit, nous fesons frire, vous
.11 .. · · · ·i . faites frire, ils font frire. " "
-» . .. • • •' - - - • * • °•. .
L1HE. (1"°.) Je lisais, etc. –(2°.) Que je lusse, etc. —
— . ,' » , --
(5°.) Je lus, etc. —(4°.) Lu, lue.— (5°.) Je lis, tu
- ,f .. | lis, il lit, nous lisons, ete-ſº) Lis, qu'il lise, etc.
| ' º (7 .) oué ie lise, etc. — (o .) Lisant.
\ :\ . * 'i | g9 ? eu º-, … (9 ) , 2 , ')º.
,.. rt
(. () - · Se
• -- • • - conjuguentde même : élire, relire, réélire.
METTRE. , (2 ) Que je misse, etc. -(4 ) Mis, mise. — (5°.)
-• •qº , t i , Je mets,. fu, mets,.il met. - (6°.) Mets.
· ' º ! " se conjuguent ainsi : admettre, commettre, démettre,
ººº º º - émettre, entremettre, omettre, permettre, promettre
- bt … : - soumettre, transmettre. ' * , , ! ... » 1 !
> ", , ' J :: 2 : ' : ': _.ººº • 2-1/, , , ,s -
" • ."
( . ,º : * |
MoRDRE. " (5°.) Il mord ; régulier dans tout le reste.
., , , ... i Ainsi
º se cºnjuguent demordre, remºrdre . .. ,
(MoUDRE. i º , «-)2 -- o -- moulusse, etc.
— , en vi - (3°.) Je moulus, etc.-(4°.) Moulu, moulue. —
o, , , , , i , \ » (5º.) Il-moud , nous · moulons , etc.—(6°.) Qu'il
, • vr irq , moule, moulons, etc.-(7*.) Que je moule, etc.-
· · · , , , (9°.) Moulant. - rvo • · yvoo vº »

Se conjuguent de même : émoudre, remoudre. -

NAîTRE. * ' (rº.) Je naissais, etc. -(2°)'Que je naquisse, etc.


— ,, , , - º - (3°.] Jè naquîs, etc. - (4°.), Né) mée. – (5e.) Je
2x ( ) -- nais, tu hais, ïl naît, nous naissons, etc. — (6°.)
\s . : º ( Nais, qu'il naisse, etc.-(7° ) Que je naisse, etc.
º 9 (. ) -- (9°.) Naïsautº . - l .. ººº !

- nenaire , l
oiNoRr. (rº) J'oignais, etc -(2 ) Que j'oignisse, ete
| (3 )J'oignis, etc.-(4.) Oint, ointe.—(5°.) J'oins,
tu oins, il oint, nous oignons, etc. — (6°.) Oins,

-
17 I
, , ... qu'il oigne, oignons, etc. -- (7".) Que j'oigne, etc.
• | - (9°.) Oignant. • \ • , • , :-

Se conjuguent de même : .. disjoindre, enjoindre ,


· · · · joindre, rejoindre. Poindre, n'est usité que dans : Le
- * -".
jour point, . • • , , ' vº , , , , ,
PAîTRE. (1r°.) Je paissais, etc. Les 2° et 5°formes manquent.
- ' *, (4°.) Pu. —(5°.)Je pais, tu pais, il paît, nous pais
· I · sons, etc. -(6".) Pais, qu'il paisse, paissons, etc.
- • - · Se conjugue de même repattre : il possède les 2° et 3°
formes. (2°-) Que je repusse, ete, – (3°.)Je repus, etc.
PARAîTRE. (1".)Je paraissais, etc. -(2°.) Que je parusse, etc.
··1 \, -- (3".)Je parus, etc. -(4') Paru. -(5°.)Je pa
rais, tu parais, il paraît t nous paraissons , etc. –
(6°.) Parais, qu'il paraisse, paraissons, etc.–(7".)
Que je paraisse, etc.-(9 ) Paraissant.
Se conjuguent de même : apparattre, comparattre,
· an ... disparaître, reparaître; connaître, méconnaître, re
•,ºv
, connattre. Ces verbes ont le participe passé féminin.
,
· • · •• • \• ' ,
T , !
PENDRE. e (5".) Il pend. .. | | - »" ' « º 1 , .. ! .

· · · · De mêtne ses composés : dépendre, rependre, sus


· · ··· · A pendre ( )- .,uºi , As . , ..
PERDRE. (5°.) Il perd. , º\ º9 ( ) -
" , " Reperdre se conjugue de"même. "
PLAIRE. (iº) Je plaisais, etc. - (3 ) Que je plusse, etc. —
(3°.) Je plus, etc. —(4°) Plu. - (5°.) Je plais, tu
· · · · ººi plais, il plaît, nous plaisons) etc.-(6°.) Plais, etc.
··· · · - (7°.) Que je plaise, etc.'- (9-.) Plaisant.
º( | | Complaire, déptaire , taire, se conjuguent de même.
º º : 9 Taire fait, au passé défini, tu, tue. '
PoNDRE. (5°.) Elle pond ( C) -- . » -

º º º 8e conjuguent ainsi repondre ; correspondre, re :

· · · · · pondre , fondre, confondre, morfondre. •, /

PRENDRE. . (rr°.) Je prenais, etc.— (2°.) Que je prisse, etc. —


(3".) Je pris, etc. -(4".) Pris, prise. —(5-.) Il
172
prend, nous prenons, etc. —(6°.) Qu'il prenne,
prenons, etc. —(7°.) Que je prenne, etc. —(9°.)
Prenant.
Se conjuguent de même : apprendre, comprendre,

désapprendre, entreprendre, se méprendre, rap


• * prendre, reprendre, surprendre.
RIRE. : (1*.) Je riais, tu riais, il riait, nous riions, etc. —
• • • • • (2°.) Que je risse, etc.—(5°.)Je ris, etc. —(4°.)Ri.
• • • • • • -(5°.) Je ris, etc.-(6°.) Ris, qu'il rie, rions, etc.
· · · · — (7°.) Que je rie, etc. —(9°.) Riant.
º ` º | Sourire se conjugue de même.
SUIvRE. | (4°.) Suivi, suivie. — (5°.) Je suis , tu suis, il suit.
- !
—(6°.) Suis.
- , , ! - • ! - ,º -

- --
Poursuivre
· ·
se
\ ' )- º
conjugue de même. -
· · · ,
,
ToRDRE. , (5°.) Il tord. , ., · · ,, -

-" • • • • • • Détordre, retordre se conjuguent de même.


TRAIRE.
.11 · l (1º.) Je trayais , tu trayais , il trayait , nous

trayions, etc. — Les 2° et 3e formes manquent. —


-yºz . » , (4°.) Trait, traite. — (5°.) Nous trayons, vous
trayez, ils traient. —(6°.) Trais, qu'il traie, etc.
— (7°.) Que je traie, que tu traies,)qu'il traie, que
nous trayions, que vous trayiez, etc.-(9°.)Trayant.
-- , , , , · · · . Se conjuguent de même : abstraire, distraire, ex

, , traire, rentraire, soustraire .


VAINCRE. . ) (iº)Je vainquais, etc.-(2° ) Queje vainquisse, etc.
- —(3e.) Je vainquis, etc,-(4°.)Vaincu, vaincue.
- * i ***) 44 i
*
•:•

.. ,
-(5 ) Il vainc, nous vainquons, etc.-(6°.) Qu'il
-vainque vainquons , etc. - (7°.) Que je vain
» .

que, etc. -(9.) Vainquant, ( * )


revaincre se conjuguent de même.
Convaincre,
VIVRE. (2°.) Que je vécusse, etc. —(5°.) Je vécus, etc. —
(4°.) Vécu, —(5".) Je vis, tu vis, il vit.—(6°.) Vis,
• ( , , - Se conjuguent de même : revivre, survivre.
173

51. Verbes qui veulent étre suivis de la Préposition


à, lorsqu'ils doivent précéder un autre Verbe à
l'Infinitif.
S'abaisser , s'abandonner, aboutir, accoutumer,
s'acharner, s'adonner, aider, aimer, s'animer, s'ap
pliquer, apprendre, apprêter, aspirer, assigner, as
sujétir, s'attacher, s'attendre, autoriser, avilir, avoir,
balancer, se borner, chercher, concourir, condamner,
consentir, consister, conspirer, décider, demander,
donner, désapprendre, déterminer, dévouer, disposer,
donner, dresser, employer, s'empresser, encourager,
s'enhardir, enseigner, s'étudier, exceller, exciter, exhor
ter, exposer, former, habituer, hésiter, inviter, laisser,
manquer, mettre, montrer, nécessiter, obliger, s'obsti
ner, offrir, participer, parvenir, penser, persévérer,
persister, se plier, porter, se prendre, prétendre, provo
quer, renoncer, répugner, résigner, se résoudre, rester,
servir, souffrir, se soumettre , s'en tenir, tendre,
tenir, travailler, trouver, veiller, venir, viser, voir.

52. Verbes qui veulent être suivis de la Prépo


sition de, lorsqu'ils doivent précéder un autre
Verbe à l'Infinitif.
S'abstenir, accuser, achever, affecter, s'affliger,
ambitionner, il vous appartient, appréhender, avertir,
s'aviser, blâmer, brûler, cesser, charger, commander,
conjurer, conseiller, se contenter, convenir, craindre,
décesser, dédaigner, se dédire, défendre, défier, dé
libérer, se dépêcher, désaccoutumer, désespérer, se
174
déshabituer, désirer (de souvent ne s'exprime pas),
se désister, détester , détourner, différer, dire, discon
tinuer, disconvenir, dispenser, dissuader, se douter,
échapper , s'édifier, s'effrayer, éluder, empêcher,
s'empresser, s'engouer, enjoindre, s'enorgueillir, en
rager, entreprendre, épargner, ne pas espérer, essayer,
s'étonner, s'excuser, s'exempter, éviter, feindre, se
féliciter, frémir, gager, se garder, se garer, gémir,
se glorifier, se hâter, hésiter, s'indigner, s'ingérer,
s'inquiéter, inspirer, interdire, jouir, juger, jurer,
languir, se lasser, mander, ne pas manquer, méditer,
se mêler, menacer, mériter, négliger, nier, notifier,
obtenir, offrir, ordonner, parler, permettre, persua
der, pétiller, pleurer, prendre garde, prescrire, pré
server, se presser, priver, projeter, promettre, pro
tester , se rappeler , recommander, regretter, se
réjouir, remercier, se repentir, reprendre, réprimander,
se ressouvenir, retarder, rire, risquer, rougir, se scan
daliser, sécher, sommer, se soucier, souffrir, souhaiter,
soupçonner, se souvenir, suffire, suggérer, supplier,
tâcher, tenter, trembler, triompher, se vanter.
55. Verbes qui veulent être suivis des Prépositions
' à ou de, lorsqu'ils doivent précéder un autre
Verbe à l'Infinitif.
Commencer, consentir , continuer, contraindre,
coûter, s'efforcer, engager, essayer, fatiguer, finir,
forcer, se hasarder, obliger, s'occuper, oublier, se
passer, se plaire, prendre garde, prier, refuser, se
réserver, se résoudre, s'ennuyer, solliciter, tâcher,
tarder, taxer, trembler, se tuer, venir.
175
Écrire, se proposer, veulent être suivis de de ou de
pour. Se flatter, se plaindre, veulent être suivis de de
ou de que; prendre garde veut aussi être suivi de que.
Nota. Les adjectifs verbaux qui viennent de ces
verbes doivent également être suivis des mêmes pré
positions. -

54. Signification différente de certains Verbes, selon


qu'ils sont suivis du complément de leur action
ou d'une Préposition avec son complément.
AIDER, signifie assister.
Aider un malheureux de sa bourse.

AIDER à, c'est partager la fatigue, les efforts, le tra


vail de quelqu'un.
Aidez à cet homme à se relever. (ACADÉMIE.)
AssURER, signifie chercher à persuader.
Celui qui assure le plus un bienfaiteur de sa reconnaissance,
n'est pas toujours le plus reconnaissant. (AcADÉMIE.)
AssURER à, signifie donner la certitude.
Assurez à vos amis que je les défendrai. (Cité par M. LEFRANC.)
AssURER sur, signifie avoir confiance.
· Ne vous assurez point sur ma faible puissance. (RACINE.)
ATTEINDRE, signifie égaler, toucher : qu'il y ait ou
non difficulté à vaincre.
Il est difficile d'atteindre La Fontaine dans l'Apologue.
(ACADÉMIE.)
J'ai atteint ma douzième année.

ATTEINDRE à, suppose toujours un obstacle à surmonter.


Il n'est pas donné à l'homme d'atteindre à la divinité.
(VoLTAIRE.)
AvoIR A FAIRE à, signifie avoir des affaires avec quel
176
u'un ;) et avoir besoin de se trouver en quelque lieu.
On a affaire à tant de gens, qu'il faut savoir se ployer au ca
ractère de tous.

J'ai affaire à Paris, je ne tarderai pas à m'y rendre.


AvoIR A FAIRE de, c'est avoir besoin. :
Ce n'est pas de vos cris que nous avons à faire. (LA FoNTAINE.)
AvoIR RAPPoRT à, exprime un rapport de liaison.
Les effets ont rapport aux causes.
Les portraits ont rapport aux personnes peintes. *.
AvoIR RAPPoRT avec, exprime une ressemblance.
La langue italienne a un grand rapport avec la langue latine.
(LEFRANC.)
CHANGER.
Changer son plan; changer son or; changer sa manière de
vivre, etc.

CHANGER de, c'est quitter.


Changer d'habits, de place, de langage. (ACADÉMIE.)
CHANGER en , c'est transformer une chose en une autre.
Aux noces de Cana, Jésus-Christ changea l'eau en vin.
CHANGER contre, c'est troquer un objet contre un autre,
sans nécessité ou désir du second.
Il a changé ses tableaux contre des meubles. (ACADÉMIE.)
CHANGER pour. Pour exprime le désir, l'avantage de
l'échange.
Il a changé sa vieille vaisselle pour de la neuve. (ACADÉMIE.)
Se CoIFFER de, marque une habitude.
Les Turcs se coiffent d'un turban.
Se CoIFFER avec, exprime l'idée de se parer.
Elle s'est aujourd'hui coiffée avec son bonnet neuf.
CoMPARER, c'est chercher un rapport entre deux êtres
\
177

pour saisir en quoi ils se ressemblent ou en quoi ils


diffèrent.
CoMPARER à, se dit lorsque le rapport de la compa
raison doit être un rapport de ressemblance.
Comparons les œuvres de la Nature aux ouvrages de l'homme
(BUFFoN.)
CoMPARER avec, lorsque le rapport de la comparaison
doit être un rapport de différence.
Que l'on compare la docilité, la soumission du chien avec la
fierté et la férocité du tigre. (BUFFoN.)
CoMPLIMENTER, c'est faire une harangue d'apparat.
On complimente les rois, les princes.
FAIRE DEs coMPLIMENs à, c'est adresser de simples féli
citations.
Il m'a chargé de vous faire (de faire à vous) ses complimens.
(ACADÉMIE.)
CoNFIER à; c'est remettre un objet aux soins de quelqu'un.
Confier un secret à un ami. (ACADÉMIE.)
Se CoNFIER à ou en; c'est mettre sa confiance.
- • - - - • - - . Gaîment je me confie
Au Dieu des bonnes gens. (BÉRANGER.)
Je me confie en la providence de Dieu. (ACADÉMIE. )
CRoIRE une chose, c'est l'estimer véritable.
Impie ! tu ne croyais pas la religion. (FÉNELoN.)
CRoIRE à quelque chose, c'est y ajouter foi.
- - - . . O ciel! qu'on doit peu croire
- - -

Aux dehors imposants des humaines vertus ! (GRESSET.)


CRoIRE quelqu'un, c'est ajouter foi à ce qu'il dit.
Je vous crois sans peine.
CRoIRE à quelqu'un; c'est être persuadé qu'il existe.
On ne doit pas croire aux revenants.
I2
178
CRoIRE en quelqu'un. C'est avoir confiance en ses
promesses.
Je crois en Dieu, le Père tout-puissant.
DÉJEUNER, DîNER, soUPER, etc., veulent après eux la pré
position avec, s'il doit suivre un nom de personne,
et la préposition de, s'il doit suivre un nom de chose.
J'ai déjeûné avec mon ami; j'ai déjeûné de café.
DISTINGUER d'avec, c'est apercevoir les différences de
deux objets qui paraissent se ressembler.
Il faut distinguer l'ami d'avec le flatteur. (ACADÉMIE.)
DISTINGUER de; c'est saisir des nuances non communes
à deux objets se ressemblant.
Distinguons la sensation du sentiment. (BUFFoN.)
ÉcLAIRER quelqu'un, ÉcLAIRER à quelqu'un. Éclairer à
n'est pas français. Qu'on porte une lumière devant
quelqu'un pour éclairer un endroit obscur par lequel
il doit passer, ou qu'on éclaire son esprit par l'ins
truction, le verbe éclairer ne doit pas être suivi de
la préposition à.
Éclairez ces dames dans l'escalier. (LEBRUN.)
Un fallot e'clairait ces dames dans leur marche. (VoLTAIRE.)
Le cours des lumières a éclaire les législateurs modernes.
+ (CoNDILLAC.)
EMPRUNTER à.
On emprunte à ses amis, on emprunte à usure.

EMPRUNTER de, signifie extraire, recevoir.


Cette pensée est empruntée d'Homère.
La lune emprunte sa lumière du soleil. (ACADÉMIE.)

Il s'en FAUT beaucoup, exprime une idée de quantité


plus grande que :
179

Il s'en FAUT de beaucoup, qui n'exprime qu'une partie


de la quantité.
Il s'en faut beaucoup que chaque être à deux mains et à deux
pieds possède un fonds de cent-vingt livres de revenu.
(VoLTAIRE.)
Il s'en faut de beaucoup qu'ils rapportent le passage de la même
manière. (VoLTAIRE.)
GoUTER une chose, c'est chercher à en reconnaître le
goût, etc.
GoUTER à une chose, c'est en manger un peu.
INsULTER quelqu'un, c'est lui dire des paroles insultantes.
INsULTER à, c'est manquer aux égards dus, etc.
Il ne faut pas insulter aux malheureux.
JoINDRE à, signifie unir.
Je vous prie de joindre vos prières aux miennes. (FÉRAUD. )
, JoINDRE avec, signifie allier.
Zénobie, reine de Palmyre, se rendit célèbre par toute la
terre pour avoir joint la chasteté avec la beauté, et le savoir
avec la valeur. (BossUET.)

MÊLER à, c'est unir, joindre, ce n'est pas mélanger.


Dieu mêle sagement aux douceurs de ce monde des amertumes
salutaires. (FLÉCHIER.)

MÊLER avec, c'est brouiller, mélanger.


La Marne mêle ses eaux avec celles de la Seine. (ACADÉMIE.)
OUBLIER à, c'est ne plus savoir.
J'ai oublié à danser.

OUBLIER de, c'est ne plus se rappeler.


J'ai oublié de vous écrire.

PARTAGER avec, on garde pour soi une partie de l'objet


partagé.
Chez les Indiens, c'est une loi invariable, parmi les parens,
18o
-
de partager le peu qu'ils ont avec ceux qui sont dans le
besoin. (Lettres édifiantes.)
PARTAGER entre, on ne conserve rien pour soi de l'objet
partagé.
Le reste, il le partageait entre les premiers pauvres qu'il trou
vait. (Lettres edifiantes.)
PARTICIPER à, c'est avoir part.
Participe à ma gloire au lieu de la souiller. (CoRNEILLE.)
PARTICIPER de, c'est tenir de la nature de, etc.
Plusieurs des défauts que l'on rencontre dans La Fontaine,
participent quelquefois des qualités aimables qui les avaient
fait naître. (CHAMPFoRT.)

PRENDRE à témoin, signifie invoquer le témoignage de


quelqu'un. -

PRENDRE pour témoin, c'est appeler quelqu'un en jus


tice pour y témoigner.
Se RANGER à, c'est adopter l'opinion, l'avis de quelqu'un.
Tous les opinans se rangèrent à l'avis de Darius. (RoLLIN.)
Se RANGER de, c'est embrasser la cause de quelqu'un.
Je ne murmure point qu'une amitié commune
Se range du parti que flatte la fortune. (RACINE.)
RETRANCHER à, c'est imposer une privation..
On a retranché le vin à ce malade.

RETRANCHER de, c'est ôter.


Retranchez de votre ouvrage cette peinture, elle ne peut que
lui nuire. - - , c1 ! - -

SERvIR à rien, marque l'inutilité de l'objet.


Cela ne sert à rien. , * , , 4

SERvIR de rien, exprime le peu d'usage qu'on peut


faire de l'objet. . , • ' .
181

Il met toute sa gloire et son souverain bien -

A grossir un trésor qui ne lui sert de rien. (BoILEAU.)


SAIGNER au, désigne l'action de saigner conformément
à l'art du chirurgien.
On a saigné cette personne aux deux bras, à la jambe.
SAIGNER du, désigne que le sang coule naturellement
d'une partie.
Il saigne du doigt, de l'oreille.
SAIGNER du nez, exprime à la fois l'écoulement du
sang, et la lâcheté d'une personne.
SUcCoMBER à, c'est se laisser aller, séduire.
Ne nous laissez pas succomber à la tentation.
SUccoMBER sous, c'est ployer, périr.
Je succombe sous le ſaix.
Rome succomba sous les efforts des barbares.

SUPPLÉER quelqu'un, c'est le remplacer. · ',


SUPPLÉER quelque chose, c'est la remplacer, ou bien
ajouter ce qui lui manque.
Rien ne peut entièrement suppléer ce genre d'exercice.
- - - - , , J . · (LEMARE.) ,
Ce sac doit être de mille francs; ce qu'il y a de moins, je le
suppléerai. (ACADÉMIE.)

SUPPLÉER à quelque chose, c'est la remplacer par un


équivalent. - - ,

L'audace supplée à la faiblesse. (THoMAs.)


ToMBER à terre, se dit lorsque l'objet qui tombe ne
| touche point à la terre.
- - » -
· ·· )
• • ••
/ !

Les javelots se rencontraient et s'entrechoquaient, de sorte


que la plupart tombaien 1 à terre sans effet.
(VAUGELAs.)
|
182 s
ToMBER par terre. L'objet touche à terre, mais il est
renversé de toute sa hauteur. -

Lors donc que Jésus leur dit : C'est moi, ils furent renversés,
et tombèrent par terre. (Wouveau Testament.)
TRAITER une affaire , c'est l'examiner à fond.
TRAITER d'une affaire, c'est la discuter; d'une charge,
c'est la négocier.
TRAITER quelqu'un d'ami, c'est lui en donner seule
ment le nom.
TRAITER quelqu'un en ami; c'est agir à son égard,
comme on le fait avec un ami.

55. Liste de quelques Verbes que l'on confond quel


quefois, et de quelques autres dont la pronon
ciation diffère de l'écriture. - *
| 2 .

AMENER , par opposition à emmener , signifie faire


venir au lieu où l'on est.
Qu'on amène mon fils, qu'il paraisse à mes yeux.
(DELILLE.)
EMMENER, c'est mener quelqu'un avec soi du lieu où l'on
est dans un autre lieu. i ſa -

Il l'a emmené dans son carrosse. - (ACADÉMIE.)

ANoBLIR, c'est rendre noble, accorder des lettres de


noblesse. -

Les monarques seuls anoblissent.


ENNoBLIR, c'est rendre plus illustre, plus noble, plus
considérable. -

• • • • -

Le cœur voudrait toujours ennoblir ce qu'il aime.


(DELILLE.)
183

ENSEIGNER, signifie montrer aux autres ce qu'on sait.


La nature nous enseigne que tous les excès sont pernicieux.
(ACADÉMIE.)
APPRENDRE, signifie à la fois s'instruire par soi-même ,
et recevoir l'instruction des autres.

Tous les jours on apprend quelque chose.


J'adore le Seigneur; on m'explique sa loi ;
Dans son livre divin om m'apprend à la lire. (RACINE.)

AvoiR ÉTÉ, ÊTRE ALLÉ. Il faut employer étre allé toutes


les fois qu'on veut marquer l'action de se trans
porter d'un lieu dans un autre, que le retour soit
ou non effectué. Et lorsqu'on a l'intention d'exprimer
le séjour, il faut se servir de avoir été.
Le public de Paris ne va plus guère au Tartufe, pourquoi ?
Parcequ'il y est alle souvent. (VoLTAIRE.)
L'auteur des tableaux de Clytemnestre et de Didon vient de
mourir à Rome où il avait ete passer quelque temps.
BossELER, signifie travailler en bosse.
BossUER, c'est faire une bosse à la vaisselle en la laissant
tomber.
CALQUER, c'est prendre le trait d'un dessin à l'aide d'un
papier transparent et d'une pointe ou d'un crayon.
DÉCALQUER, c'est reporter les traits du dessin calqué
sur un autre papier, sur une autre toile, etc.
CoLoRER, c'est donner de la couleur.
Le soleil colore les fruits; le sang colore les joues.
CoLoRIER, c'est donner de la couleur artificiellement.
Ce peintre-là colorie mieux qu'il ne dessine. (ACADÉMIE.)
CoNsoMMER, c'est accomplir, perfectionner.
184
CoNsUMER, c'est détruire, anéantir, perdre.
Un homme consommé dans les sciences n'a certainement pas
consume tout son temps dans l'inaction ou dans les frivo
lités. (BEAUzÉE.)

DÉPERsUADER quelqu'un, c'est le faire changer d'opi


nion, de sentiment. -

DIssUADER quelqu'un, c'est le détourner d'une résolu


tion, l'empêcher de prendre le parti pour lequel il
penchait.
ÉBoULER : la terre s'éboule.
ÉcRoULER : un mur, un édifice s'écroule ou croule.
Vois l'Empire romain croulant de toutes parts. (VoLTAIRE.)
ÉcoUTER, c'est prêter l'oreille, c'est donner son atten
tion aux sons.
ENTENDRE, signifie recevoir la sensation du son , et
comprendre.
J'ecoute vainement, je n'entends rien.
Je vous entends déjà mieux que vous ne pensez. (RACINE.)
ÉGALER, c'est rendre égal, atteindre la même hauteur.
Corneille ne peut être égalé dans les endroits où il excelle.
(LA BRUYÈRE.)
ÉGALIsER, c'est rendre plein, uni, semblable.
On égalise les lots d'un héritage; on égalise un terrain.
ENTENDRE raillerie, plaisanterie, c'est ne pas se fâcher
de s'entendre plaisanter.
ENTENDRE la raillerie, c'est savoir plaisanter, railler
les autres sans les fâcher.
Peu de gens entendent la fine et innocente plaisanterie.
(BoUHoURs. )
ExcusER, c'est recevoir les excuses que quelqu'un vous
fait. - - - - -
185

FAIRE excuse, c'est offrir la réparation d'une offense,


d'une faute.
DEMANDER excuse, ne doit pas se dire; cette expression
ne signifie rien. -

FAIRE commettre, etc., UNE FAUTE d'inattention, et


FAIRE UNE FAUTE d'attention. L'une et l'autre expres
sion s'emploie, la première est la meilleure, la seule
bonne peut-être.
Il y a une faute que l'inattention fait souvent commettre.
(GIRAULT-DUvIvIER.)
Mais pour commencer à réparer cette faute d'attention, je te
donne une ordonnance de quinze cents ducats. (LE SAGE.)
On dit : c'est faute d'attention que, etc., parceque
faute est employé prépositivement sans être précédé
d'un adjectif déterminatif.
FIxER, signifie rendre fixe, stable, solide. Fixer quel
qu'un, c'est le rendre moins volage. Il ne faut pas
employer ce verbe dans le sens de :
REGARDER fixement.
Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement.
(LA RoCHEFoUCAULD.)
FLAIRER, c'est chercher à recevoir une odeur : flairez
ce bouquet. - -

FLEURER, c'est répandre une odeur : ce bouquet fleure


bon.
IMITER une exemple, c'est copier un modèle d'écriture,
de dessin. :

lMITER ou SUIvRE un exemple, c'est agir de la même


manière qu'un autre a agi.
Trop fortunés époux ! oui, mon âme attendrie -

Imite votre exemple et chérit sa patrie. (VoLTAIRE )


Il faut suivre l'exemple des gens de bien.
- 186

IMPosER, c'est inspirer, commander le respect.


Ils demandent un chef digne de leur courage,
Dont le nom seul impose à ce peuple volage. (VoLTAIRE.)
En IMPosER, c'est tromper, mentir.
Je sens avec effroi, dans le rang où nous sommes,
Combien il est affreux d'en imposer aux hommes. (GUYMoNT.)
INFECTER, c'est répandre une mauvaise odeur, c'est
corrompre.
Cette eau est corrompue, elle infecte. L'idolâtrie infecta tout
le genre humain.
INFESTER, c'est ravager.
La contrée est infestée de voleurs.
JAILLIR, signifie saillir, sortir avec force.
Moïse fit jaillir l'eau d'un rocher.
REJAILLIR, signifie saillir, et retomber sur.
Quand on lui ouvrit la veine, son sangrejaillitjusqu'au pied du lit.
La honte de cette action rejaillira sur son auteur.
OBsERvER, veut dire regarder. On observe quelqu'un,
quelque chose.
FAIRE oBsERvER, c'est ramener l'attention de quelqu'un
sur quelque chose.
PARLER MAL et MAL PARLER, signifient, l'un et l'autre,
faire des fautes contre la pureté, contre la correction
du langage : parler mal, signifie aussi médire.
Je ne dis rien, de peur de mal parler. (MoLIÈRE.)
C'est mal parler sa langue, etc. (GIRAULT-DUVIVIER.)
Il ne faut ni mal parler des absents, ni parler mal devant les
SaVant.S. (BEAUZÉE.)
Ce qui PLAîT, veut dire tout ce qui est plaisant,
agréable.
Qui peut ce qui lui plaît commande alors qu'il prie. (CoRNEILLE.)
187
Ce qu'il PLAîT, veut dire tout ce qui est conforme à la
volonté de quelqu'un.
Je vous rendrai tous les honneurs qu'il vous plaira.
(VAUGELAs.)
PLIER, c'est assujettir à des plis, c'est courber sans effort.
On plie une robe, une serviette, une lettre.
L'arbre tient bon, le roseau plie. (LA FoNTAINE.)
PLoYER, c'est faire fléchir, courber avec effort, soumettre.
Que tout ploie, et que tout soit souple quand Dieu commande.
(BossUET.)
Le vendangeur ravi de ployer sous le faix. (BoILEAU.)
RAPIÉCER, c'est mettre des pièces.
RAPIÉCETER, c'est rapiécer souvent, sans cesse.
RAPETAssER, c'est racommoder grossièrement de vieilles
hardes.
SEMER, c'est répandre le grain.
ENsEMENCER, se dit de la terre : ensemencer un champ.
VoIR, c'est recevoir dans l'œil, dans le cerveau, l'im
pression des objets.
REGARDER, c'est diriger son œil vers les objets afin de
les bien voir, de les connaître.
Ne VoIR goutte, c'est ne voir pas clair.
N'y VoIR goutte, c'est ne voir pas clair dans une chose.
ECRIvEz : PRoNoNcEz :
Aiguiser. - . : . . . . . . , . . Ai-gu-isé.
Ayant eu, eue. . . - . . - . . . Eian, u.
Baptiser. . . . . . . . . . . . . . Batisé.
Compter.. . . . . . . . . . . . . Conté.
Emmagasiner. . . . . . . . . , . Anmagasiné.
Emmaigrir. .. . . . . . . . . . . Amègrir.
Enivrer, enivrant. .. , . . . , .. Annivré.
Ennoblir. .. .. . . . . . . . . . Annoblir.
Enorgueillir.. . . . . . . . . . . Annorgueillir.
Blennir.. . . . . - - - - - - - - - Hanir.
Osciller. . . . . . . . . . . . . . Osci-llé.
AVota. Prononcez em, en, suivis d'une consonne, soit au commencement,
soit au milieu, soit à la fin des mots par an, lorsque e ne forme pas seul une
syllabe. Le r final des verbes de la première conjugaison ne se prononce que
suivi d'une voyelle.
188

CHAPITRE V.

DE L' ADV E R B E.

1. DANs les exemples :


Je partirai bientôt; il a été fort content; il est très-dange
reusement malade.

Bientôt, modifie le sens du verbe partirai.


Fort, modifie celui de l'adjectif content.
Très, modifie celui de l'adverbe dangereusement :
bientôt, fort, très, appartiennent à cette classe de mots
appelés adverbes. Donc : |
2. Un adverbe est un mot qui modifie, on un
verbe, ou un adjectif, ou un autre adverbe.
5. Les adverbes sont ou d'un seul mot, comme :
hier, toujours, parfois , ou ils sont formés de plu
sieurs mots séparés, comme : sans cesse, péle-méle,
vis-à-vis. Dans ce dernier cas, on les nomme expres
sions adverbiales. |
4. Les adverbes expriment particulièrement • le
temps, le lieu, la qualité, la quantité, la négation ,
l'affirmation, le doute, l'interrogation, etc.
189

Liste des Adverbes et des principales expressions


adverbiales.
Ailleurs. Encore. Plus.
Ainsi. Enfin. Plutôt.
Alentour. Ensemble. Pourtant.
Alors. Ensuite. Présentement. '
Arrière. Environ. Presque.
Assez. Exprès. Près.
Assurément. Fort. Proche.
Aujourd'hui. Gratis. Puis.

Auparavant. Guère. Quasi.


Auprès. Hier. Que.
Aussi. Ici. Quelquefois.
Aussitôt. Incessamment. Sciemment.
Autant. Incognito. Si.
Autrefois. Incontinent. Sinon.
Autrement. Instamment. Sitôt.

Beaucoup. Jadis. Soudain.


Bientôt. Jamais. Souvent.
Ca. Jusque. Surtout.
Certainement. Là. Tant.
Certes. Loin. Tantôt. -

Céant. Lors. Tard.

Cependant. Maintenant. Tellement.


Ci. Même. Tôt.

Conjointement. Moins. Toujours. |

Continuellement. Naguère. Tout.

Davantage. Ne. Toutefois. t,

Dedans. Néanmoins. Très. •

Dehors. Non, Trop.


Déjà. Notamment. Vite.
Demain. Nuitamment. Volontiers. -

Dernièrement. Nullement. Vraiment.


Désormais. Ou. Véritablement , ainsi
Dessous. Oui. que tous les autres
Dessus. Parfois. terminés en ment, et
Dorénavant. Partant. formés par des ad
En. Pis. jectifs.

:
19o
À demi. D'ailleurs. La veille.
À jamais. De çà, de là. Le lendemain.
À la fois. De çà et de là. Long-temps.
À la hâte. De même. Ne pas.
À l'envi. De nouveau. Ne point.
À la fin. De plus. Ni plus ni moins.
À la vérité. De suite. Nulle part.
À part. De nuit, de jour, etc. Par hasard.

À peine. De bonne heure. Pêle-mêle.

À près-demain. Dès-lors. Peut-être.

À présent. ' De temps en temps. Plus tôt, plus tard.


À regret. D'ici. Plus vite, etc.
À tort, à travers, etc. D'ordinaire. Point du tout.

Au moins, au plus, au D'ou. Quelque part.


net, etc. Du reste, du moins. Sans cesse.

Au travers, au haut, au En arrière, en avant. Sans doute.

bas, etc. En vain. Tôt ou tard.


Avant hier. En sus, en travers, etc. Tour à tour.

Avec soin, avec raison, En deçà. Tout à coup.


etC. Une fois. Tout-à-fait.

Jusqu'ici. Tout de suite.


Gà et là.
Ci-après. Jusque là. Tout d'un coup.
Ci-inclus. Là dedans. Toutefois.

Ci-joint. Là-dessus, là-dessous, Un jour.


etc. Vis-à-vis.
D'abord.

5. Remarques sur les Adverbes.

PREMIÈRE REMARQUE. Les substantifs, les adjectifs,


les prépositions, peuvent devenir accidentellement ad
verbes, comme :
Elle s'est trouvée mal, mon frère va mieux.

Frappez fort, visez juste; ces fleurs sentent bon; il a vendu


cher sa vie.

Elle ira loin, tout aimable qu'est cette personne.


191
Passez devant, je viendrai après, placez-vous derrière.
La compagnie arrivera de bonne heure, soyez ici un peu avant.
DEUxIÈME REMARQUE. Les adjectifs qualificatifs for
ment la plupart des adverbes terminés en ment. Lorsque
l'adjectif est terminé par e, é, i, u, comme utile ,
sensé, joli, goulu, on les fait suivre de ment pour former
l'adverbe, utilement, sensément, joliment, goulument.
Il faut mettre un accent aigu sur le é final des
adjectifs aveugle, commode, incommode, conforme,
uniforme, énorme, opiniâtre, lorsque on en veut faire
l'adverbe. Aveuglément, commodément, incommo
dément, conformément, etc. Impuni s'écrit à l'adverbe
impunément.
Les adjectifs terminés par une consonne au masculin
forment l'adverbe en ajoutant ment à leur féminin.
Blanc, blanche, blanchement, nouvel, nouvelle, nou
vellement , fol, folle, follement; mol, molle, mol
lement; lent, lente, lentement, présent, présente,
présentement; véhément, véhémente, véhémentement.
Il faut mettre un accent aigu sur le e final des adjec
tifs féminins suivants dont on forme l'adverbe terminé
en ment : confuse, diffuse, expresse, importune,
obscure, précise, profonde, qui font : confusément,
expressément, etc. Gentil fait gentiment.
Quoique terminés par une consonne, les adjectifs
qui finissent par ant ou ent, moins les trois, lent,
présent, véhément, changent nt en mment, comme :
savant , savamment, prudent, prudemment.
Nota. Ces adverbes formés d'adjectifs qualificatifs
sont, comme eux, propres à exprimer les divers degrés
d'une comparaison. Ainsi l'on dira : sagement, plus
r92

sagement, moins sagement, aussi sagement, très-sage


ment, fort sagement, le plus sagement, comme on
dit : sage, plus sage, moins sage, aussi sage, etc.
TRoISIÈME REMARQUE. Un grand nombre de ces mots,
qu'en général on range dans la classe des adverbes,
font, en même temps, l'office de pronoms ; ils rem
placent d'autres mots qu'il serait peu élégant d'em
ployer ou de répéter. Nous nommerons ces mots, à
cause de leur double propriété, adverbes pronominaux,
ou comme nous les avons appelés (page 77) pronoms
adverbiaux.

IVous citerons les suivants :

CE MoT EsT EMPLoYÉ PoUR

Alors j'ai fait pour fuir des efforts impuissants. | dans ce moment.
(RACINE.)
Vous verrez à Paris ce qu'on ne voit point ail- | dans aucun autre endroit.
leurs.

Le monde est ainsi fait. de cette manière.


Un autre la suivit, une autre en fit autant. de la même manière.
(LA FoNTAINE.)
Vous ne pensez pas autrement que vous dites. | d'une autre façon.
(BAUzÉE.)
On fait beaucoup de bruit, et puis on se con- | Une grande quantité.
sole. (LA FoNTAINE.)
Je l'aperçus bientôt porté par des soldats. à peu d'instans de là.
(VoLTAIRE.)
Cependant sur le dos de la plaine liquide. pendant ce temps.
(RACINE.)
Vers nous il vole en secouant ses ailes,
Comme l'oiseau que l'orage a mouillé. de la même manière que.
(BÉRANGER.)
Comment en un vil plomb l'or pur s'est-il | de quelle manière.
changé ? (RACINE.)
193
CE MoT EsT EMPLoYÉ PoUR
-

Dans les champs de l'honneur il nous faut du


courage,

Mais je vois qu'en ces lieux il en faut davan une plus grande quantité.
tage. (RAYNoUARD.)
Il ne s'en faut guère que le verre ne soit plein. pas d'une grande quantité.
(AcADÉMIE.)
Il n'y aguère de gens tout-à-fait désintéressés. pas une grande quantité.
(AcADÉMIE.)
Voilà quel trouble ici me force à m'arrêter. dans ce lieu-ci.
(RACINE.)
C'est dans les champs qu'on trouve une mâle
jeunesse,
C'est là qu'on sert les dieux, qu'on chérit la dans ce lieu-là.
vieillesse. (DELILLE.)

Mais lorsque revenant de mon trouble funeste. au moment que.


(RACINE.)
Le moment où je parle est déjà loin de moi. dans lequel moment.
(BoILEAU.)
Que l'on cherche partout mes tablettes per en tous lieux.
dues. (BoILEAU.)

L'aimant disait au fer : Pourquoi me cherchez pour quel motif.


vous ? (ARNAULT.)
Depuis quand avez-vous appris cette nouvelle? quel moment.
Un loup n'avait que les os et la peau. rien autre chose si ce n'est.
(LA FoNTAINE.)
Il ne se faut jamais moquer des misérables, en aucun temps.
Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux. tous les jours.
(LA FoNTAINE.)

QUATRIÈME REMARQUE. Pas et point, dont on fait


suivre pour l'ordinaire ne et non , ne s'emploient
pas indifféremment l'un pour l'autre. L'harmonie dé
cide souvent de la préférence qu'on leur accorde dans
les phrases affirmatives; pas est moins expressif que
I3
- 194 -

point : je ne veux pas dit la même chose que je ne


veux point, mais d'une manière moins énergique.
Dans les phrases interrogatives, point suppose qu'on
a quelque doute sur l'objet de la demande, et fait pré
sumer une réponse négative; pas, au contraire, marque &

la certitude, et appelle une réponse affirmative.


N'auriez-vous point dit la vérité ? Celui qui fait cette question
soupçonne que la vérité n'a point été dite.
Ne me connaissez-vous pas ? Celui à qui la question est adressée
connaît l'auteur de la demande.

La suppression ou l'emploi de pas, dans les phrases


à peu près semblables, changent quelquefois totalement
le sens de ces phrases. Je ne sais, je ne sais pas,
ont, à une très faible différence le même sens ; mais
dans, il ne cesse d'être aimé, il ne cesse pas d'être
aimé, l'expression est différente ; il ne cesse d'être aimé,
veut dire : On l'aime toujours ; il ne cesse pas d'être
aimé, signifie : Il est aimé encore en ce moment.
Il appréhende qu'on ne le voie, signifie : Il ne désire pas être vu.
Il appréhende qu'on ne le voie pas, signifie : Il désire être vu.
Pas et point doivent souvent ne pas s'exprimer ;
l'usage, la lecture des bons auteurs, peuvent, bien mieux
que toutes les règles, apprendre les cas où cette sup
pression doit avoir lieu. Observons seulement que si ne
est suivi de aucun, guère, nul, jamais, rien, pas et
point doivent être omis.
L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer
Que cette horloge existe, et n'ait point d'horloger. (VoLTAIRE.)
Depuis l'invention de la poudre, les batailles sont beaucoup
moins sanglantes qu'elles ne l'étaient, parcequ'il n'y a presque
plus de mêlée. (MoNTEsQUIEU.)
Peu s'en faut que Mathan ne m'ait nommé son père. (RACINE.)
195

6. Emploi de NE dans une phrase comparative.


CINQUIÈME REMARQUE. Le résultat de toute compa
raison est un rapport d'égalité ou d'inégalité, il faut
ne pas perdre ceci de vue pour bien comprendre et
appliquer la règle suivante :
RÈGLE. Lorsqu'une phrase comparative donne pour
résultat un rapport d'égalité, il ne faut pas employer
NE après le que dans le second membre de la phrase.
Dans cas contraire, c'est-à-dire lorsque la phrase
comparative donne pour résultat un rapport d'iné
galité, il faut exprimer NE après que dans le second
membre de la phrase.
Ex E M P L E s :

ou ne N'EsT PAs EMPLoYÉ APRÈs que ; ou ne EsT EMPLoYÉ APRÈs que ;


RAPPoRT D'égalité. RAPPoRT D'inégalité.

Vous n'écrivez pas mieux que vous Vous écrivez mieux que vous ne parlez.
parlez. (ACADÉMIE.) (BEAUzÉE.)
On n'en peut pas mieux user que je Je conçois vos raisons mieux que vous
fais. (MoLIÈRE.) ne pensez. (RACINE.)
Il est aussi riche qu'il était. Il est plus riche qu'il n'était.
On se voit d'un autre œil qu'on ne voit
son prochain. (LA FoNTAINE. )
Vous ne pensez pas autrement que Te voilà immortel, mais autrement
vous dites. (BEAUzÉE.) que tu ne l'avais prétendu.
(FÉNELoN.)
Assurez-vous qu'on ne peut vous aimer Objet infortuné des vengeances cé
plus tendrement que je le fais. lestes,
(RACINE.) Je m'abhorre encor plus que tu ne me
détestes. (RACINE.)
Puis-je être plus malheureux que je le
suis. (ACADÉMIE.)
Croyez-vous qu'un homme puisse être
plus malheureux que vous l'êtes ?
(J.-J. RoussEAU. )
196
ou ne N'EsT PAs EMPLoYÉ APRÈs que ; ou ne EsT EMrLoyÉ APRÈs que ;
RAPPoRT D'égalité. RAPPoRT D'inégalité.

Cette guerre ne fut pas moins heu Les batailles sont moins sanglantes
reuse qu'elle était juste. qu'elles ne l'étaient.
(AcADÉMIE.) (MoNTEsQUIEU.)
Je pense, sire, qu'on ne peut perdre On n'est pas plus maître de toujours
son royaume plus gaîment que vous aimer qu'on ne l'a été de ne pas
le faites. (BUssY-RABUTIN.) aimer. (LA BRUYÈRE.)

7. Emploi de ne lorsque la phrase exprime ou n'ex


prime pas une certitude.

RÈGLE. Lorsque le premier verbe d'une phrase, ou


le sens général de cette phrase, exprime la certitude,
il ne faut pas employer NE avant le deuxième verbe et
dans le second membre de la phrase ; mais il faut
employer NE devant le second verbe toutes les fois que
le premier n'exprime pas la certitude.
EXEMPLES :

ou ne N'EsT PAs EMPLovÉ, PARCEQU'IL où ne EsT EMPLoYÉ, PARCEQU'IL N'Y


Y A certitude. A PAs certitude, MAIs doute.

Ce n'est pas à nous à penser aux règles ; A moins que ses parents n'approuvent
C'est à elles à nous conduire sans que son dessein. (DEsToUcHEs.)
nous y pensions. (CoNDILLAC.) (Il n'est pas sûr qu'ils approuvent.)
(Il est certain qu'elles doivent nous conduire. )
Je ne sortirai pas avant que le soleil Fermez la cage avant que l'oiseau ne
se couche. SOrte.

(Il est certain qu'il se couchera.) (Il pourrait sortir : il y a doute.)


Avant que son destin s'explique par Lorsque le tigre fend et déchire le
ma voix. (VoLTAIRE.) corps des animaux, c'est pour y
Il est certain que son destin s'expliquera par plonger la tête et pour y sucer à
ma voix. ) longs traits le sang dont il vient
d'ouvrir la source, qui tarit presque
toujours avant que sa soif ne s'é-
teigne. (BUFroN.)
(Et sa soif ne s'éteint pas.)
197
ou ne N'EsT PAs EMPLoYÉ, PARcE Qu'IL ou ne EsT EMPLoYÉ, PARCEQU'IL N'Y
Y A certitude. A PAs certitude, MAIs doute.

Peut-on nier que cette partie du monde Peut-on nier que la santé ne soit pré
doive suffire à M. Simon ? férable aux richesses ?
(BossUET.) (CoLLIN D'AMBLY.)
(On ne peut pas le nier; car cette partie du (Il y a des gens qui peuvent le nier. )
monde suffit. )

Nier que la puissance divine s'étend Vous ne pouvez nier qu'il ne soit le
à toute chose, est un blasphême. plus généreux des hommes.
(FÉRAUD.) (VoLTAIRE.)
( On ne peut le nier.) (Il peut s'en trouver de plus généreux. )

Les fautes d'Homère n'ont jamais


empêché (2) qu'il ne fût sublime.
(VoLTAIRE.)
La pluie continuelle empêche (2)qu'on
ne se promène. (RACINE.)

Mais il me semble, Agnès, si ma mé Je ne désespère (3) pas que nous


moire est bonne, n'ayons du beau temps.
Que j'avais défendu (1) que vous vis (CoLLIN D'AMBLY.)
siez personne. (MoLIÈRE.)

Il défendit (1) qu'aucun étranger en Vous ne sauriez disconvenir (4) que


trât dans la ville. (VoLTAIRE.) ce remède ne soit meilleur que tous
les autres. (MAD. DE SÉvIGNÉ.)

Prends garde (5) que jamais le ciel


qui nous éclaire,
Ne te voie en ces lieux mettre un nicd
téméraire. (RACING.)

Gardez (5) qu'une voyelle, à courir


trop hâtée,
Ne soit d'une voyelle en son chemin
heurtée. (BoiLEAU.)

(1) Le verbe défendre exprime une volonté non douteuse , après ce verbe il ne faut jamais
employer ne.
(2, 3, 4, 5) Après les verbes empêcher, désespérer, disconvenir , prendre garde, garder
(en poésie et dans le sens de prendre garde), le ne s'emploie également toujours , Parceque
ces verbes expriment par eux-mêmes une sorte de négation, de non-certitude.
198
ou ne N'EsT PAs EMPLoYÉ, PARCEQU'IL où ne EsT EMPLoYÉ, PARCEQU'IL N'Y
Y A certitude. A PAs certitude, MAIs doute.

On ne doute (6) pas qu'il n'arrive.


(AcADÉMIE.)
Je doute qu'il vienne. Ne doutez (6) point, Seigneur, que
(MARMoNTEL.) ce coup ne la frappe,
Je doute que cela soit. Qu'en reproches bientôt sa douleur ne
(AcADÉMIE.) s'échappe. (RACINE.)
Doutez-vous (7) que l'Euxin ne me
porte en deux jours
Aux lieux où le Danube y vient finir
son cours ? (RACINE.)
Doutez-vous (7) qu'il ne vienne.
(MARMoNTEL.)
Hélas ! on ne craint (13) pas qu'il On craint (8) qu'il n'essuyât les larmes
venge un jour son père. de sa mère. (RACINE.)
(RACINE.) (Il pourrait essuyer : il y a doute.)
(On est sûr qu'il ne le vengera pas.)

Je crains peu (13) qu'un grand roi Quoi! craignez-vous (9) déjà qu'ils ne
puisse en être jaloux. soient écoutés ? (RACINE.)
(CRÉBILLoN.) Ne craignez-vous (9) pas qu'il ne
Il est positif
p que p cela.
que je ne crains pas
vienne ? (MARMoNTEL.)
Le laboureur charmé Vous souffrez qu'il vous parle ? et vous
Ne craint plus (15) désormais qu'une ne craignez (9) pas .
main étrangère Que, du fond de l'abîme entr'ouvert
Moissonne avant le temps le champ sous vos pas,
qu'il a semé. (RACINE.) Il ne sorte à l'instant des feux qui vous
-
(Toute crainte a cessé.) embrasent,
4
Ou qu'en tombant sur lui, ces murs ne
vous écrasent ? (RACINE.)
Je tremble (1o) que cela n'arrive.
(ACADÉMIE.)
J'appréhende (11)un peu qu'il ne vous
retienne. (RACINE.)

(6, 7) Lorsque le verbe douter n'est pas employé affirmativement, comme dans : Je doute
qu'il vienne, mais bien employé interrogativement ou précédé de ne, le second verbe doit
être précédé de ne.
(8, 9, 1o, 11, 12) Les verbes craindre, trembler, appréhender, avoir peur, redou
ter, etc., employés ou non interrogativement, expriment le peu dc confiance, la non-certi
l 99
ou ne N'EsT PAs EMPLoYé, PARcE Qu'IL 1 où ne EsT EMPLoYÉ, PARcE QU'IL N'Y
Y A certitude. A PAs certitude, MAIs doute.

Le soleil, étonné de tant d'effets divers,


Eut peur (12) de se voir inutile,
Et qu'un autre que lui n'éclairât l'u-
nivers. (RACINE.)
J'ai peur (12) que cela ne vous fasse de
la peine. (AcADÉMIE.)
Il s'en faut beaucoup(16)que l'un soit | Peu s'en faut que Mathan ne m'ait
du mérite de l'autre. nommé son père. (RACINE.)
(AcADÉMIE.) Il ne s'en fallut guère qu'il n'en vînt
Je puis vous assurer qu'il s'en faut à bout. (BEAUzÉE.)
bien qu'on y meure de faim.
(RACINE.)
SIXIÈME REMARQUE. Ne confondez pas alentour, au
paravant, dedans, dehors, dessus, dessous, avec
autour de, avant, dans, hors, sur, sous. Les six pre
miers mots sont adverbes et ne doivent jamais recevoir
un complément. AUssITôT ne reçoit pas non plus de
complément ; dites :
Aussitôt après son départ, et non aussitôt son départ.

8. Observations particulières sur quelques Adverbes


et sur quelques expressions adverbiales.
AU DÉFAUT DE, A DÉFAUT DE. Au défaut de signifie
à la place de :
Le style de Fénelon, qui n'est jamais impétueux ni chaud, est
du moins toujours élégant; au défaut de la force, il a du
moins de la correction. (THoMAs.)

tude ; ils doivent être suivis de ne, à moins cependant qu'ils ne soient précédés de ne ou d'une
expression négative, comme dans les exemples (13, 14, 15), auquel cas, le sens de la phrase
se change en certitude.
(16) Après le verbe il s'en faut, s'il suit les expressions beaucoup , bien, etc., le sens
devient positif, et le ne doit être supprimé; si, au contraire, il suit un des mots guère, peu,
rien, presque, etc., le sens devient négatif, et l'emploi de ne est indispensable devant le
second verbe.
2OO

A défaut de signifie faute de :


Il se trouvait appelé à la succession de ce fief, à défaut d'hé
ritier légitime. (MoREAU.)
AUPARAvANT ne peut être suivi ni d'un complément,
ni de que; il serait donc faute de dire : -

Je suis arrivé auparavant lui; je vous verrai auparavant que


vous partiez.
Cet adverbe se place, selon le sens, ou au milieu,
ou à la fin d'une phrase.
Louis XII, auparavant duc d'Orléans. (LARoMIGUIÈRE.)
Alexandre donna à Porus un empire plus grand que celui qu'il
avait auparavant.
AUssI, sI. Ces deux adverbes de comparaison expriment
tous deux la même chose ; le goût seul et l'usage peuvent
apprendre les cas où l'on doit préférer l'un à l'autre.
Ce loup rencontre un dogue aussi puissant que beau.
(LA FoNTAINE.)
Il n'est rien, je le vois, si poltron sur la terre,
Qui ne puisse trouver un plus poltron que soi. (LA FoNTAINE.)
Aussi, autant (voyez page 4o). Nous avons vu que ces
adverbes expriment un rapport d'égalité; ils peuvent
modifier tous deux un adjectif verbal : dans ce cas on
emploie aussi pour désigner une qualité du sujet, et on
emploie autant pour marquer une action faite en faveur ,
du sujet.
Je ne connais pas d'homme aussi distingué que celui dont je
vous parle. -

Il n'y a personne autant admiré que lui.


Ces deux adverbes ne doivent jamais être suivis de
comme, mais de que. Il y a faute dans les exemples
suivants :
Je suis aussi instruit comme vous.

Qu'il fasse autant pour moi comme je fais pour lui. (CoRNEILLE.)
2O I

Aussi, non plus, s'emploient l'un et l'autre pour


rendre une idée de similitude; et le plus souvent on
se sert du premier lorsqu'il n'y a point négation dans
la phrase, et du second, lorsque la phrase est négative.
On vous a distingué dans cette affaire, on m'a distingué aussi.
On ne vous a pas nommé dans cette affaire, on ne m'a pas
nommé non plus. -

Autant, tant. Le goût et l'usage doivent encore


être les seuls guides dans l'emploi de ces deux ad
verbes, surtout dans les phrases où le choix de l'un ou
de l'autre semble indifférent : on doit alors, autant que
possible, rappeler les mots que autant et tant rem
placent; ces mots, bien mieux que toutes les règles,
feront voir lequel de ces deux adverbes il convient
d'employer dans chaque circonstance.
Chacun d'eux fit même réponse,
Autant le grand que le petit. (LA FoNTAINE.)
Monsieur le mort, j'aurai de vous
Tant en argent et tant en cire,
Et tant en autres menus coûts. (LA FoNTAINE.)

Beaucoup de, bien de. Ces deux adverbes de quan


tité peuvent être quelquefois employés l'un pour l'autre,
sans que l'expression de la phrase en paraisse sensi
blement différente. Cependant beaucoup de n'exprime
que l'idée de quantité, et bien de exprime de plus
une idée accessoire de reproche, de mécontentement,
de blâme, etc. , etc.
Cette femme m'a causé beaucoup de chagrin.
(Il n'y a que l'idée de quantité.)
Cette femme m'a causé bien des chagrins !
(Avcc l'idée de quantité, il y a aussi celle de reproche.)
202

Il est des cas où beaucoup et bien ne sauraient être


employés l'un pour l'autre ; car iïs expriment des idées
totalement différentes, comme :
Parler bien, écrire beaucoup.
Je vous ai bien entendu, je vous ai beaucoup admiré.
Davantage. Cet adverbe, qui se met toujours après
le verbe qu'il modifie, ne saurait jamais être employé
à la place du comparatif plus, c'est-à-dire qu'on ne
peut le faire suivre ni d'un adjectif, ni d'un de, ni
d'un que, à moins pourtant que ces mots ne se lient
au verbe qui précède davantage, ainsi on ne dira pas :
Elle est davantage aimée ; j'ai davantage de fortune ; il en est
qui estiment davantage les richesses que la vertu.
Mais on pourra dire :
Je suis flatté de plaire à un homme comme vous ;
Je le suis(flatté)encore davantage de la bonté que vous avez, etc.
(VoLTAIRE.)
Je crains qu'il
q ne vienne 2: mais ]ie crains davantage qu'il ne
ge q
parle.
Davantage peut cependant s'employer pour plus;
il doit alors être placé à la fin de la phrase :
Les bonnes lois sont rares, mais leur exécution l'est davantage.
x

(VoLTAIRE.)
Davantage ne s'emploie jamais pour le plus; il peut
néanmoins être précédé, comme plus, des mots bien,
beaucoup, un peu :
La langue paraît s'altérer tous les jours, mais le style se cor
rompt bien davantage. (VoLTAIRE.)
Thérésias en dit beaucoup davantage. (LAHARPE. )
Encore un peu davantage. (MoLIÈRE.)
2o3

De suite, tout de suite. De suite signifie sans in


terruption, et tout de suite signifie à l'instant.
Il ne saurait dire deux mots de suite. (AcADÉMIE.)
Je crois que si l'on pouvait oublier que l'on est malade, on
serait tout de suite guéri. (FLoRIAN.)
Du moins, au moins. Du moins est un correctif
de l'idée qui le précède.
Si cet ouvrage n'a pas le mérite de la perfection, il a du moins
celui de la nouveauté. (GIRARD.)
Au moins est synonyme de pour le moins.
L'ironie par elle-même n'a rien de tragique; il faudrait au moins
qu'elle fût noble. (VoLTAIRE.)
ENvIRoN ne peut être suivi de de ni de ou.
Il est environ deux heures; et non de deux heures.
Il a été tué environ cinq à six cents hommes; et non, cinq ou
six cents.

GUÈRE, que l'on écrit aussi GUÈREs, veut être tou


jours précédé de ne. -

On ne trouve guère d'ingrats tant qu'on est en état de faire du


bien. (LA RoCHEFoUCAULD.)

IcI, LA, s'emploient : le premier, pour désigner un


objet rapproché; le second, pour désigner un objet
plus éloigné.
Là, désignant le lieu, peut être suivi de que, de
où, selon que l'un ou l'autre mot convient le mieux :
C'est là que je demeure.
C'est là qu'on sert les dieux, qu'on chérit la vieillesse.
(DELILLE.)
Avec cette loi plus sage et plus profonde que le ministère ne l'a
soupçonné, la puissance mationale est là où elle doit être.
(BENJAMIN CoNsTANT.)
2o4
Où, QUE, peuvent suivre également bien l'expression
Clll InOIneIlt.

Au moment où je parle, je reçois par la vue une foule de


sensations. (LARoMIGUIÈRE.)
Au moment que je parle, ah ! mortelle pensée ! (RACINE.)
Quand est-ce que Boileau aperçut sa faute ? au moment qu'il
en fut averti, au moment où il donna son attention.
(LARoMIGUIÈRE.)
PLUs TôT ne doit pas être confondu avec plutôt, qui
signifie préférablement; plus tôt est le contraire de
plus tard, et s'écrit en deux mots.
QUAND ne doit pas être confondu non plus avec QUANT;
ce dernier est toujours suivi de à. -

Le plaisir est un mal, quand il faut l'acheter par des regrets.


(ACADÉMIE.)
Quant aux plantes stériles qui bordent son petit enclos, le jar
dinier les connaît à peine. (LARoMIGUIÈRE.)
ToUT. Rappelez-vous ce qui a été dit de ce mot aux
pages 42, 53, 54, 55, où il est montré successivement
substantif, adjectif et adverbe.
Tout est encore adverbe lorsqu'il précède un nom
propre de ville : Tout Lyon, tout Marseille.
ToUT A coUP signifie soudainement; ToUT D'UN CoUP
veut dire d'une seule fois :

Tout à coup le soleil s'obscurcit.


C'était une maison opulente; Dieu a permis qu'elle soit tombée
tout d'un coup dans la misère. (VoLTAIRE.)
ÉoRIvEz : PRoNoNcEz :

Prudemment , Prudament,
et de même tous les autres adverbes venant d'un adjectif terminé
au masculin par ent, comme : prudent.
2o5

CHAPITRE VI.

DE LA PRÉPOSITION.

1. La préposition établit et exprime un rapport


entre deux mots : aller à Paris ; la bonté de Dieu ;
dîner avec ses amis.

2. Le second mot ou terme du rapport, mot qui suit


toujours immédiatement la préposition, a été appelé
complément de la préposition.
3. Les prépositions sont ou exprimées par un seul
mot à, de, sur, vers, ou par plusieurs : à travers,
auprès de, vis-à-vis de; dans ce dernier cas, on les
nomme prépositions composées.
4. Quoique les prépositions soient peu nombreuses,
elles suffisent à l'expression d'une infinité de rapports,
dont les principaux sont ceux de lieu, d'ordre, d'u-
nion, de séparation, d'opposition, de but, de ma
nière, etc.
2o6

TABLEAU DES PRÉPOSITIONS SIMPLES

DES PRINCIPAL ES PR É POSITIoNs CoMpoS ÉES.

à 2 hormis, Sur, au tour de ,


après, hors, touchant, au travers de,
attendu, joignant, vers, de là ,
avant, jusque, voici , dessus et dessous,
avec, malgré, voilà, en-deçà de,
chez, moyennant, vu , en face de,
concernant , nonobstant, en sus de ,
contre, outre, à côté de, faute de,
dans, par , à cause de, hors de,
de, parmi, à force de, jusque dans,
depuis, pendant, à l'égard de, jusqu'à,ici,où, etc.
derrière, plein, à l'insu de, loin de ,
dès, pour, à même, par delà, etc.
devant, proche, à moins de, par dessus, etc.
devers , Sans , à raison de, près de,
durant, sauf, à travers de, proche de,
cn , selon , au-deçà de, etc. quant à,
entre, SOuS , au-dedans de, etc. vis-à-vis de,
envers, suivant, auprès de, non compris,
excepté, supposé, au prix de , y compris.
fors,
EiET

CITATIoNs :

Tout homme à son état doit plier son courage. (VoLTAIRE.)


C'est à vous à choisir, vous êtes encor maître. (RACINE.)
Au bon goût comme aux mœurs soyons toujours fidèles.
(JoBEz.)
Je crains Dieu, et, après Dieu, je crains principalement celui
qui ne le craint pas. (Pensée de Sadi.)
2o7
César, après avoir défait les lieutenans de Pompée, en Espagne,
alla en Grèce le chercher lui-même. (MoNTESQUIEU.)
Il a été exempté des charges publiques, attendu son infirmité.
(ACADÉMIE.)
Avant l'âge de raison, l'enfant ne reçoit pas des idées, mais des
images. (LA RoCHEFoUCAULD.)
Avec notre existence,
De la femme pour nous le dévoûment commence.
(LEGoUvÉ.)
· Les arbres et les plantes
Sont devenus chez nous créatures parlantes. (LA FoNTAINE.)
J'ai à vous dire quelque chose concernant cette affaire-là.
(ACADÉMIE.)
Que vouliez-vous qu'il fît contre trois ?—Qu'il mourût.
(CoRNEILLE.)
Dans ces prés fleuris
Qu'arrose la Seine,
Cherchez qui vous mène,
Mes chères brebis. (MAD. DESHoULIÈREs.)
L'esprit de la satire est né de la vertu. (JoBEz.)
C'est un méchant métier que celui de médire. (BoILEAU.)
Depuis cinq ans entiers, chaque jour je la vois,
Et crois toujours la voir pour la première fois. (RACINE.)
Qu'as-tu fait de mon fils ?
Je te l'ai confié dès l'âge le plus tendre. (RACINE.)
Ma mère Jésabel devant moi s'est montrée. (RACINE.)
C'est ainsi devers Caen que tout Normand raisonne.
(BoILEAU.)
Pendant ces jours, durant ces tristes scènes. (GREssET.)
En toute chose il faut considérer la fin. (LA FoNTAINE.)

J'adore en périssant la raison qui t'aigrit. (DESBARREAUx.


2O8

Entre le pauvre et vous, vous prendrez Dieu pour juge.


(RAcINE.)
Tout est perdu, fors l'honneur. (FRANçoIs Ier.)
La mode du jour est d'apprendre aux enfans
Tout, hormis ce qu'on doit aux parents. (ÉTIENNE.)
Nul n'aura de l'esprit hors nous et nos amis. (MoLIÈRE.)
J'ai servi, malgré moi, d'interprète à ses larmes. (RACINE.)
Quand l'eau courbe un bâton, ma raison le redresse ;
Mes yeux, moyennant ce secours,
Ne me trompent jamais en me mentant toujours.
(LA FoNTAINE.)
La vérité, nonobstant le préjugé, l'erreur et le mensonge,
se fait jour et perce à la fin. (MARMoNTEL.)
L'ennui est entré dans le monde par la paresse. (MARMoNTEL.)
Le mérite de la bonté est d'être bon parmi les méchants.
(MARMoNTEL.)
Dieu fit pour nos défauts la poche de derrière,
Et celle de devant pour les défauts d'autrui. (LA FoNTAINE.)
Les rois, pour effrayer, ont la toute-puissance ;
Mais, pour gagner les cœurs, ils n'ont que la clémence.
(LANoUE.)
J'étais sans bien, sans métier, sans génie. (VoLTAIRE.)
Il y serait couché sans manger et sans boire.
Je viens selon l'usage antique et solennel. (RACINE.)
J'aime à voir le bon sens sous le masque des ris. (VoLTAIRE.)
La cour permet aux médecins de ladite faculté de rendre,
suivant leur méthode ordinaire, la fièvre aux malades.
(MoLIÈRE.)
Volontaire instrument de vos propres douleurs,
C'est vous qui sur vous-même attirez vos malheurs. (A. B.)
2o9
Dieu ne déclare pas tous les jours ses volontés par ses prophètes
touchant les rois et les monarchies. (BossUET.)
Vers nous il vole, en secouant ses ailes,
Comme l'oiseau que l'orage a mouillé. (BÉRANGER.)
Voici l'heure fatale où l'arrêt se prononce. (PIRoN.)
L'amour du nom français, le mépris du danger,
Voilà sa magie et ses charmes. (C. DELAvIGNE.)
A travers les rochers la peur les précipite. (RACINE.)
Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière,
Suivre de l'œil un char fuyant dans la carrière. (RACINE.)
Nous portons tous au-dedans de nous des principes naturels
d'équité, de pudeur et de droiture. (MAssILLoN.)
Au-delà du besoin le reste est superflu. (VILLEFRÉ.)
Que dis-je ? sur ce trône assis auprès de vous,
Des astres ennemis je crains moins le courroux. (VoLTAIRE.)
La terre n'est qu'un point auprès du reste de l'univers.
(ACADÉMIE.)
L'intérêt n'est rien au prix du devoir. (MARMoNTEL.)
Ses gardes affligés
Imitaient son silence autour de lui rangés. (RACINE.)
D'après Chaulieu je vantais la mollesse. (VoLTAIRE.)
On l'a cherché dessus et dessous le lit. (ACADÉMIE.)
Hors de son caractère on ne fait rien de bon. (VoLTAIRE.)
Libre ou chargé de fers,
Je prétends te haïr jusque dans les enfers. (Cité par LEMARE.)
Ou mon amour me trompe, ou Zaïre aujourd'hui,
Pour l'élever à soi, descendait jusqu'à lui. (VoLTAIRE.)
Jusques à quand, trompeuse idole. (J.-B. RoUssEAU. )
Vous devez voir pour lui jusqu'où va ma faiblesse. (RACINE.)
Ah! loin des fiers combats, loin d'un luxe imposteur,
Heureux l'homme des champs s'il connaît son bonheur !
(DELILLE.)
14
2 IO

Par delà tous les cieux, le Dieu des cieux réside. (VoLTAIRE.)

5. Remarques sur quelques Prépositions.


1". On ne doit pas donner le même complément à
deux prépositions qui en veulent un différent; on doit
dire : parler pour ou contre quelqu'un, et non, parler
en faveur ou contre quelqu'un ; parceque en faveur
veut être suivi de de, et contre veut l'être de son com
plément. r

2°. On doit répéter les prépositions à, de, en, avant


chacun de leurs complémens.
Il dut la vie à la clémence et à la magnanimité du vainqueur.
On trouve les mêmes préjugés en Europe, en Asie, en Afrique,
et jusqu'en Amérique. -

Contemplez ces armets, ces casques, ces cuissards,


Des Nemours, des Clissons, des Coucis, des Bayards ;
J'aime à les revêtir de ces armes antiques :
J'y replace leurs corps, leurs âmes héroïques.
Je crois les voir encore, et rêve tour à tour
De joutes, de tournois, de férie et d'amour. (DELILLE.)

3°. On répète les prépositions avant chacun des com


plémens, lorsque ces complémens n'ont point d'ana
logie entre eux, et qu'ils présentent un sens différent :
Chaque peuple, à son tour, a brillé sur la terre,
PAR les lois, PAR les arts, et surtout PAR la guerre.
• • • • º (VoLTAIRE.)
L'homme est sous les yeux et soUs la main de la Providence.
J'étais sANs biens, sANs métier, sANs génie. (VoLTAiRE.)
4". Lorsque ces complémens ont de l'analogie , et
sont presque synonymes, il est rare qu'on répète la
préposition avant chacun d'eux.
2II

Elle charme tout le monde PAR sa bonté et sa douceur.


Il faut être indulgent ENvERs l'enfance et la faiblesse.
5°. On ne répète pas non plus la préposition devant
le verbe avoir, lorsque ce verbe doit être suivi de deux
participes liés par une conjonction, à moins cependant
que le dernier participe n'ait un complément, auquel
cas on répète la préposition et le verbe.
On ne doit condamner personne sANs l'avoir entendu et
622C(Z/7lIJl62.

On ne doit condamner personne sANs l'avoir entendu et sANs


avoir examiné scrupuleusement ses actions.
6°. C'est plus qu'une négligence d'employer dans une
phrase une même préposition exprimant des rapports
différents, et de dire :
Il passa la nuit à rêver à ce qu'il avait à faire.
7°. DEssUs et DEssoUs est une préposition composée
qu'il ne faut pas confondre avec les adverbes dessus ,
dessous, auxquels, nous l'avons dit, il faut se garder
de donner un complément.
8°. JUsQUE, s'écrit aussi JUsQUEs, lorsque l'euphonie
l'exige ; cette préposition est toujours suivie d'une autre
préposition ou de l'un des adverbes ici, là, où.
Jusque dans, jusqu'à, jusqu'en, jusqu'ici, jusqu'où, jusque là.
(Où, là, ici, contiennent la préposition à.)
Voyez les exemples précédents.
9". MALGRÉ ne veut jamais être suivi de que.
1o°. La préposition PARMI exige que son complément
soit un substantif au pluriel ou un substantif commun
exprimant, quoique au singulier, une réunion , une
collection d'individus.
Le mérite de la bonté est d'être bon parmi les me chants.
(MARMoNTEL.)
2 I2

C'est par de faux bruits que l'on sème l'alarme parmi le peuple.
11°. PoUR, comme certaines autres prépositions, ne
veut pour complément un verbe à l'infinitif que lorsque
l'action exprimée par ce verbe est faite par le sujet du
premier.
Il faut, dans la douleur, que vous vous abaissiez ;
PoUR me tirer des pleurs, il faut que vous pleuriez. (BomLEAU.)
Je leur suis trop suspect PoUR s'en ouvrir à moi. (CoRNEILLE.)
(Il fallait pour qu'ils s'en ouvrent.)
12°. La préposition sANs peut être suivie de ni ou de
et. Suivie de ni, elle ne se répète pas devant chaque
complément; suivie de et, elle se répète.
Je reçus et je vois le jour que je respire,
SANs que père ni mère ait daigné me sourire. (RACINE.)
Hippolyte étendu sANs forme et sANs couleur. (RACINE.)
Il se serait couché sANs manger et SANS boire. (RACINE.)
13°. A TRAvERs n'est jamais suivi de de, au travers est
toujours suivi de de. La première de ces prépositions
à travers s'emploie, d'après quelques grammairiens,
lorsqu'il n'y a point d'obstacle à vaincre; et la seconde,
au travers de, lorsqu'il y a obstacle. Les bons écrivains
se sont rarement conformés à cette distinction.
A travers les rochers la peur les précipite. (RACINE.)
Au travers des périls un grand cœur se fait jour. (RACINE.)
14°. VoIcI, voILA. Ces deux prépositions expriment
à peu près la même chose ; mais ordinairement la pre
mière sert à montrer ou à indiquer les objets plus
proches de celui qui parle, la seconde les objets plus
éloignés.
Voilà les Apennins et voici le Caucase. (LA FoNTAINE.)
2 13

15°. VIs-A-vIs DE, ne peut être employé dans le sens


d'envers, et ne doit jamais avoir pour complément un
nom de personne.
16°. A, préposition, est toujours marqué d'un accent
grave; cette lettre est aussi marquée d'un accent grave,
lorsqu'elle termine d'autres prépositions : en deçà,
au-delà.
17°. ENTRE. Le e de entre peut se retrancher devant
elle, elles, eux; il se retranche devant les verbes com
mençant par une voyelle, et se remplace par l'apostrophe.
La préposition se joint alors aux verbes et forme avec
eux un même mot.
Il se faut entr'aider, c'est la loi de nature. (LA FoNTAINE.)
La foule s'entr'ouvre, me fait place, et lentement s'écoule.
(CHÉNIER.)
18°. PRÈs DE, AUPRÈs DE. Il est mieux d'employer
auprès de lorsque l'ensemble de la phrase exprime
un sentiment d'affection, de pitié, etc., et près de,
lorsque c'est tout simplement un rapport de lieu que
l'on veut exprimer.
Que dis-je ? sur ce trône assis auprès de vous,
Des astres ennemis je crains moins le courroux. (VoLTAIRE.)
Quand on est si près du diadème, on est quelquefois tenté de
le prendre, plutôt que de l'attendre.
(Imité de TACITE, cité par LEMARE.)
Auprès de s'emploie encore dans le sens de en com
paraison de :
Dites, dites plutôt, cœur ingrat et farouche,
Qu'auprès du diadème il n'est rien qui vous touche. (RACINE.)
Concernant, durant, excepté,joignant, moyenant,
pendant, suivant, supposé, touchant, vu, etc., ne
sont qu'accidentellement prépositions.
2 14

6. Autres Prépositions.
Outre les prépositions dont nous avons vu le tableau,
il en est d'autres, comme la plupart des premières,
venues du grec ou du latin, qui ne s'emploient que
dans la composition des mots : voici quelques-unes de
ces prépositions.

| - TRADUCTION | MOTS DANS LESQUELS ELLES SONT


PREPosiTioNs |EN FRANçAIs. EMPLOYÉES.

à, abs, de, abattre, abstraire.


ad, à, adjoindre.
antè, antéchrist.
CuI7l , avec , composition, confondre.
de, de, défaire.
ex , de, extraire.
extrà, delà, hors, | extrà-muros.
in, dans, non, | innover, incroyable, impossible.
inter, intra, intro, entre, dans, interposer, intra-muros, introduire.
per, à travers, parvenir.
pré, avant,devant, prédire, prévenir.
sub, Sous, subvenir.

super, sur, superposer.


trans, au-delà, transposer.
àupt (amphi), autour de, amphithéâtre.
àvri (anti), contre, àl'op antichambre, antipodes.
posé,
àv (en), à, en, dans, enfermer.
ë# (èx), de, exporter.
Trept (péri), autour de, périphrase.
Trpà (pro). devant, proposer.
2 15

CHAPITRE VII.

DE LA CONJONCTION.

1. LA conjonction joint ou deux mots entre eux,


comme : vous et moi, ou deux membres d'une même
phrase, comme :
A ses tristes sujets elle a ſait ses adieux,
Et son âme innocente a monté vers les cieux. (CHÉNIER.)

2. Les conjonctions sont simples ou composées :


simples, elles sont exprimées par un seul mot, et,
mais, or; composées, elles sont formées de plusieurs
mots, ou bien, afin que, pourvu que.
5. Les conjonctions simples sont les suivantes : car,
et, mais, ni, or, donc, puisque, que, quoique,
si, sinon. Les composées sont plus nombreuses, et à
l'exception de ou bien, elles sont toutes terminées par
que, pourvu que, bien que, aussitôt que, tant que,
pendant que, tandis que, attendu que, vu que, etc.
4. Des verbes partant, savoir, soit, etc.; des ad
verbes tantôt, comme, etc.; des prépositions com
posées au reste, quant à, sont très-souvent employées
comme conjonctions, et doivent alors être regardées
comme telles.
2 16

CITAT Io N S :

On ne se doit jamais moquer des misérables,


Car qui peut s'assurer d'être toujours heureux ?
(LA FoNTAINE.)
Je pense, donc Dieu existe; car ce qui pense en moi, je ne le
dois point à moi-même. (MARMoNTEL.)
Le sage est ménager du temps et des paroles. (LA FoNTAINE.)
Qu'importe, quand on est dans la nuit du tombeau,
D'avoir porté le sceptre ou traîné le rateau. (CoRNEILLE.)
Le gibier du lion, ce ne sont point moineaux,
Mais beaux et bons sangliers, daims et cerfs bons et beaux.
(LA FoNTAINE.)
Bientôt ils défendront de peindre la prudence,
De donner à Thémis ni bandeau, ni balance. (BoILEAU.)
Ni l'or, ni la grandeur ne nous rendent heureux.
(LA FoNTAINE.)
Le sage est heureux, or Socrate fut un sage, donc Socrate fut
heureux.

Mithridate haïssait si fort les Romains, qu'il en fit égorger cent


mille en un jour.
Honore tes parens, si tu veux être honoré à ton tour par tes
enfans.

Puisqu'on plaide et qu'on meurt, et qu'on devient malade,


Il faut des médecins, il faut des avocats. (LA FoNTAINE.)

Quoique à peine à mes maux je puisse résister,


J'aime mieux les souffrir que de les mériter. (CoRNEILLE.)
Bien des gens s'embarrassent peu de la route, pour vu qu'elle
les mène à la source des richesses. (J.-J. RoUSSEAU. )
Dieu accorde le sommeil aux méchants, afin que les bons soient
tranquilles. (Pensée de SADI.)
2 17
L'amitié 1.e subsiste guère, dès que l'estime réciproque est dé
truite. (MARMoNTEL.)

Les tourterelles se fuyaient,


Plus d'amour, partant plus de joie. (LA FoNTAINE.)
Il y a trois choses à consulter, savoir : le juste, l'honnête et
l'utile. (MARMoNTEL.)
Soit instinct, soit reconnaissance,
L'homme, par un penchant secret,
Chérit le lieu de sa naissance
Et ne le quitte qu'à regret. (GREssET.)
La reconnaissance est le plus doux, comme le plus saint des
devoirs. (THoMAs.)
L'homme est incertain dans ses résolutions, tantôt il veut une
chose, tantôt il en veut une autre. (RESTAUT.)
Je doute que vous réussissiez; au reste, faites ce que vous
jugerez convenable.

5. Remarques sur les Conjonctions.


1". La conjonction et, tantôt s'exprime et tantôt
se sous-entend ; elle s'exprime et se place avant le der
nier objet énoncé, lorsqu'il y a une sorte d'addition :
Votre sœur, mon père et moi, reviendrons ensemble.
La conjonction se répète entre les mots lorsqu'on
a l'intention de faire remarquer chacun d'eux :
Et le riche, et le pauvre, et le faible, et le fort,
Vont tous également des douleurs à la mort.
(VoLTAIRE.)

La conjonction et ne s'exprime pas, ne se répète pas


entre chaque mot, afin de rendre l'énumération des objets
plus rapide; elle ne se répète pas non plus lorsqu'il y
2 18

a gradation dans l'expression des mots, ou que le der


nier résume, contient, pour ainsi dire, toutes les autres :
Il avait votre port, vos yeux, votre langage. (RACINE.)
Il a l'esprit, le cœur, le mérite, le rang,
La vertu, la valeur, la dignité, le sang. (BoILEAU.)
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. (RACINE.)
L'attelage suait, soufflait, était rendu. (LA FoNTAINE.)
Remords, crainte, périls, rien ne m'a retenue. (RACINE.)
Femmes, moines, vieillards, tout était descendu.
(LA FoNTAINE.)
2°. La conjonction ni se répète souvent; alors il
faut se garder d'employer après elle pas ou point.
3°. La conjonction ou ne doit pas être immédia
tement suivie de la préposition de, à moins que cette
préposition ne soit impérieusement demandée par le
verbe.
On ne savait ce qu'il fallait admirer le plus dans Champfort,
ou sa vie ou son âme. (LA HARPE.)
Je ne sais, dans mon funeste sort,
Qui m'afflige le plus ou sa vie ou sa mort. (CoRNEILLE.)
De qui donc entendez-vous parler ? De moi ou de mon père ?
4°. Que, si, suivis d'un mot commençant par une
voyelle, s'unissent à lui en élidant e, i, que l'on rem
place par l'apostrophe : qu'il vienne, s'il vient, quoi
qu'il arrive.
2 19

CHAPITRE VIII.

DE L' EXCLAMATION.

1. L'ExCLAMATIoN s'interjette dans le discours pour


donner plus de vie à l'expression du sentiment dont
l'âme est affectée, comme :
O vanité ! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées !
(BossUET.)

2. Les exclamations sont ou exprimées par un seul


mot ah ! chut ! fi l ou par plusieurs, hé bien ! oui dà !
ſi donc ! ce qui les fait distinguer en simples et en
composées.
-

TABLEAU DES EXCLAMATIONS SIMPLES

ET

DES PRINCIPALES EXCLAMATIoNS COMPOSÉES.

ah ! hai ! ô! sus ! ô Dieu ! dam !


ahi ! hé ! oh ! zest ! oui dà ! diantre !
bah ! hélas ! ouais ! - or ça ! dieu ! dieux !
chut ! heu ! ouf ! fi donc ! | tout beau ! | ferme !
crac ! holà ! paf ! ha ha ! allons ! gare !
dà ! ho ! parbleu ! | hi hi ! bon ! miséricorde !
eh ! hem ! pouah ! ho ho ! | ça ! paix !
fi ! hein ! pouf! hé bien ! | ciel! cieux ! | peste !
ha ! hé ! st ! hé quoi! | courage ! | quoi !
-I-I-ImiIiIiIIii
220

5.Les mots allons l-gare !—paix !—ciell—quoi !


-ferme !-bon ! etc., placés dans la dernière partie du
tableau, montrent que les verbes, les substantifs, les
adjectifs, les pronoms, peuvent devenir accidentel
lement exclamations.
CITATIoN s :

Ah! que de la vertu les charmes sont puissants !


(TH. CoRNEILLE.)
Ah ! l'homme en vain se rejette en arrière,
Lorsque son pied sent le froid du cercueil. (BÉRANGER.)
Ha! vous êtes dévôt, et vous vous emportez! (MoLIÈRE.)
Ha ! vous voilà. (ACADÉMIE.)
Eh! qui n'a pas pleuré quelque perte cruelle ! (DELILLE.)
He ! se peut-il qu'un roi, craint de la terre entière,
Jette sur son esclave un regard si serein ? (RACINE.)

4. Remarques.
1". Nous bornons ici les exemples : on remarquera
que l'exclamation ah ! s'écrit aussi ha ! que l'excla
mation eh ! s'écrit aussi hé! mais selon qu'elles sont
écrites, elles ont un sens différent : ah ! exprime un
sentiment profond de l'âme, une vive émotion ; ha !
exprime la surprise, l'étonnement. Eh ! hé! ont été
employées bien souvent l'une pour l'autre par les au
teurs, parcequ'il est difficile de saisir la nuance qui
les différencie; néanmoins eh ! exprime mieux que hé !
l'admiration, la surprise; tandis que hé! doit s'em
ployer quand on appelle, quand on avertit; hé ! a plus
de force, plus d'énergie que eh !
2°. Çà ! dà! or çà ! oui dà ! marquent le à final d'un
accent grave.
22 1

LOCUTIONS.

Sous ce titre nous donnons une liste des manières vicieuses


de parler les plus ordinaires.
SUBSTANTIFS.

D 1T E s : N E D1T E s PAs :

Eau d'arquebuse. Eau d'arquebusade.


Les babouines d'un singe. Les babines.
Bords du pavé. Débords.
Prendre à bras le corps. Prendre à brasse corps.
Bravo ! bravo ! Bravà ! bravà ! (1)
Un cabanon. Un gabanon.
Le cahot d'une voiture. Le cahotement.
De la cassonade. De la castonade.
La causerie. La causette.
Une cliquette. Une claquette.
Jouer à cloche-pied. Croche-pied.
De la colophane. Colaphane.
La corpulence. Corporance.
Un corridor. Colidor.
Le cou-du-pied. Coude-pied.
Une cuillère ou une cuiller. Un cuiller ou une cuyère.
Donner le denier à Dieu. Dernier adieu.
Disparition. Disparution (2).
Avoir dispute. Avoir des raisons.
Des écales de noix. Cales.
Un écureur. Un récureur.
Un érysipèle. Erésipèle.
Crisocale.
Montre en chrysocole.
Un évier. Levier.
Un freluquet. Ferluquet.
La faim-valle. Fringale.
De la frangipane. Franchipane.
Une géante. Une géanne.
Le gésier. Gisier.
Des honchets. Jonchets.
Un hurluberlu. Hustuberlu.

(1) Comme certaines personnes le font lorsqu'elles assistent à des concerts, qu'elles sont
aux Italiens, etc., pour se donner un air d'étrangeté bien ridicule, puisqu'elle n'est qu'une
affectation.

(2) Plusieurs bons auteurs s'en sont cependant servis.


222

DITEs : NE D1TEs P As :

Une laideron. Une laidron..


Faire l'important. Faire son embarras.
Avoir la tête couverte de lentes. Lendes. -

Faire une levée, deux levées. Une plie, deux plies.


Lanterne magique. Lanterne magie.
Serviettes à liteaux. A linteaux.
Marée en carême. Mars en carême.
Fleur d'oranger. Fleur d'orange.
Une pantomime. Pantomine.
Une patraque. Patracle.
Une pleurésie. Plurésie.
Avoir bon poignet. Bonne pogne.
Un pupttre. Un pepître ou pipître.
Un remboursement. Rembours.
Une souquenille. Souguenille ou sequenille.
Voix de stentor. Centaure.
Une taie d'oreiller. Téte.
Des tendrons de veau. Tendons.
Un vasistas. Vasistras.

A DJE CTIFS.

Un apprenti, une apprentie. Un apprentif, une apprentive.


Liqueur potable. Buvable.
Un homme cacochyme. Cacochisme.
Objet cassant, fragile. Casuel.
Poire calville. Calvine ou calvi.
Un homme chipotier. Chipoteur.
Un homme corpulent. Corporent.
Une poire crassane. Crezane.
Un homme farceur. Farce.

Vin frelaté. Ferlaté.

Pied fourché. Fourchu.


C'est malheureux, déplorable. Guignolant, ou guinonant, OUI

fichant.
Sur le minuit, le midi. Sur les minuit; les midi.
A Noël. A la Noël.
Aller à vêpres. Aux vêpres.
Poires de messire Jean. De mi-sergent.
L'an mille-huit-cent-seize. L'an mil (1). ,

(1) Cette abréviation, tolérée dans certains cas, est une inutile difficulté dont on doit
condamner l'usage.
223
D1TEs : NE D1 T Es PA s :

Un homme mort-ivre. Ivre-mort.


Une femme ivre-morte. Morte-ivre.
Nain, naine. IVine.
Un testament olographe. Autographe.
Semaine, année prochaine. Qui vient.
Qui ne possède rien. Minable.
Un homme rancunier. Rancuneux.
Sucrez votre café, etc. Sucrez-vous.

PRO N OMS.

Aller se promener, se baigner, se Aller promener, baigner, coucher.


coucher.
Cette étoffe se déteint, , Cette étoffe déleint.

VER B E S.

Allumerla bougie, la chandelle, etc. Allumer la lumière.


Faire du feu. - -
Allumer du feu.
Il bruine. Il brouine.

Il ne cesse de parler, ou il ne dé Il ne décesse pas de parler.


parle pas.
Changer de linge, d'habits. Changez-vous.
Contremander une chose. Décommander.
Dégrafer. Désagrafer.
Desensorceler. Désorceler.
Encrasser une chose. Crasser.
Enrager, pester. Bisquer.
Épargner une peine à quelqu'un. Eviter une peine.
Si j'étais vous, ou si j'étais à votre Si j'étais que de vous.
place.
Faire Ol1 présenter SeS eXCllSeS à Demander excuse.
quelqu'un.
Frapper quelqu'un. Cogner.
Refroidir. Froidir.
Thésauriser. • •i ,: º . : |
Trésauriser.
Je viens d'être malade. . Je sors.

ADVERBES OU EXPRESSIONS ADVERBIALES.

A rebours, au rebours. A la rebours.


De bonne heure. A bonne heure.
Cette maison-ci, ce jour-ci. Cette maison ici, ce jour ici.
Bien au contraire. Bien du contraire.
· 224
DIT Es : NE DITEs P As :

Comme il est juste ou comme de | Comme de juste.


raison.
D'un jour à l'autre. D'un jour au lendemain.
Extrémement faim, soif. Très-faim, très-soif.
Jusqu'à aujourd'hui. Jusqu'aujourd'hui (1).
A l'envi. A l'envie.
Quoique. - Malgré que.
De manière que. De manière à ce que.
A mesure. A fur et à mesure, ou au fur et à
mesure (2).
Tant pis, il va pis. Tant pire, il va pire.
PRÉPOSITION S.
Barque de Caron. Barque à Caron.
Les cheveux se dressent à ia tête. Sur la tête.
Invectiver contre quelqu'un. Invectiver quelqu'un.
Unir une chose à une autre. Unir une chose et une autre.
Réunir une chose et une autre. Réunir à une autre.

Supplément au n° 3o, page 23.


Amnistie, pardon accordé par un prince à des rebelles.
Armistice, suspension d'armes.
Dessein, résolution.
Dessin, objet dessiné.
Jet-d'eau, eau jaillissante.
Jeu d'eau , jets d'eau que l'art a combinés et qu'il fait jouer pour qu'ils
servent de spectacle.
Liteaux, raies colorées qu'on met aux serviettes, aux napes, etc., gîte
du loup.
Linteau, support de maçonnerie.
Martyr, celui qui a souffert le martyre.
Martyre, tourment, supplice.
Métal, le fer, l'or, l'argent, sont des métaux. · s
Métail, est un composé de plusieurs métaux fondus ensemble.
Soc, fer tranchant d'une charrue. · · · 1

Socle, piedestal, base.


Socque, sorte de chaussure.! ·3 : .
Souci, chagrin , peine. --

Sourcils, poils disposés en deux arcs au bas du front et au-dessus des yeux.

(1) Jusqu'au est cependant toléré.


(2) On s'en sert encore, quoique cette expression ne dise pas autre chose que à mesure.
225

ANALYSE. .

Il ne suffit pas aux jeunes Élèves de connaître un à


un, et dans un état d'isolement, les mots de la langue
française que nous avons ramenés tous à huit classes.
Il faut pour l'intelligence de cette langue, comme pour
l'intelligence de toutes les langues, pouvoir assigner
à chacun des mots, qui entrent dans une phrase, la classe
à laquelle il appartient, et indiquer les rapports qui
lient entre eux les mots dont elle se compose. -

Ce travail de l'esprit qui assigne à un mot la classe


à laquelle il appartient, et qui nous montre les rap
ports qui le lient aux autres mots, se nomme Analyse.
Lorsque l'analyse a pour objet de reconnaître à la
quelle des huit espèces de mots appartient , chaque
mot de la phrase qu'on examine, cette analyse a été
appelée Grammaticale.
L'analyse reçoit le nom de Logique, c'est-à-dire
Raisonnée, lorsqu'elle a pour objet d'exposer les rap
ports des mots entre eux, de faire voir séparément le
sujet du verbe et tout ce qui se rapporte à ce sujet, le
verbe et ce qui le modifie, le complément du verbe et
tout ce qui se rapporte à ce complément, le complé
ment d'une préposition exprimée ou sous-entendue, et
ce qui se rapporte à ce complément. |
Nota. Nous allons donner trois modèles d'analyse : le premier,
d'Analyse grammaticale; le second, d'Analyse logique; le troi
sième, d'Analyse grammaticale et logique réunies. Ne pouvant
écrire, dans les colonnes resserrées de ces tableaux, les mots tout
entiers, nous ferons usage des abréviations suivantes : " -- --
15
226

LISTE DES ABRÉVIATIONS


EMPLOYÉES DANS LES TABLEAUX D'ANALYSE.

LA LETTRE REPRÉSENTE SELON LA CoLoNNE oU ELLE EST PLACÉE.

S Substantif.
A. Adjectif.
P. Pronom.
V. Verbe.
Ad. Adverbe.
Pr. Préposition.
C. Conjonction.
E. Exclamation.
a. Article, admiratif, actif, affirmatif.
C• Commun, comparatif, cardinal, conjonctif, com
plétif, conditionnel.
d. Déterminatif, dubitatif, défini.
f. Féminin, futur.
i. Indéfini, impératif, infinitif, interrogatif,irrégulier.
IIl. Masculin.
O• Ordinal.
P. Propre, personnel, pluriel, pronominal, possessif,
passé, présent, participe.
q|. Qualificatif.
1'. Relatif, rogatif, régulier.
S• Singulier, subjonctif.
V, Verbal.

Iyota. Les parenthèses ( ) indiquent des mots sous-entendus ou des


mots que les pronoms remplacent.
Les caractères italiques indiquent les conjonctions, les exclama
tions placées dans la même colonne que le sujet.
Les GRos cARAcTÈREs indiquent les mots des PHRAsEs PRINCIPALEs
qu'on doit apprendre aux élèves à bien distinguer des phrases
subordonnées.

-R-IN-RE
227

ANALYSE GRAMMAT1CALE.

MOTS - TEMPS MANIERE


1 l,

ESPECE - ET MODES DONT LES ELEVES


DE LA DEs - OT- ,|PERSONN. o U DOIVENT L1AE -

PHRASE - F O R M1 ES. CES ABRÉVIATIONS. |

Rome S. p. - - 3° (1). singulier,propre;


Substantif 3° personne.
féminin -
soumit -
lV. a.c,r. 3e. gulier,
Verbe singulier,
actif, 3e per
complétif, ré:
sonne, passé, affirmatif,
4° conjugaison.
presque | Ad. Adverbe.

tOut A. d. i. - Adjectif masculin , 'siin-|


défini ;déterminatif, - -

le A. d. a gulier.
- Adjectif déterminatif, ar-|
- - - ticle; masculin, singulier.
monde | S.-c - Substantif commun; mas :
- - culin, singulier. --

connu ;- | A • q• V, Adjectifqualificatif .verbali


masculin , singulier.
mais C. Conjonction.
les A. d. a. - ticle; masculin,
Adjectif pluriel.
déterminatif, ar
peuples |S. c. culin , pluriel.
Substantif commun ; mas
asservis A v - Adjectif qualificatif, ver
- . q. v. l;masculin, pluriel.
Tetenu
I1I1S A q° v
- -- - - bal
J ; masculin,
Adiectif q pluriel
qualificatif. ver

dans Pr. Préposition.


l- A. d. a. - - ticle ; féminin,
Adjectif si§uliar.,
déterminatif,

obéissance |S. c f Substantif commun; fémi-|!


- - - nin , singulier.
Pr. Préposition.
A. d. a. - - Adjectif déterminatif, ar
- - ticle ; féminin, singulier.
seule A. q. - Adjectif qualificatif; fémi
nin, singulier.
terreur | S. c Substantif commun ; fémi
- - nin , singulier.
qu' P. Pronom ; féminin, singu
lier. -

inspiraient | V. a.c.r. Verbe actif, complétif, ré


gulier, plurieſ, 3e per
sonne, passé-indéfini, af
A. d. P. p ſirmatif, 1re conjugaison.
Adjectif déterminatif, pos
sessif, féminin, pluriel.
S. c. p Substantif commun; fémi
nin , pIuriel.

(1) Il n'est pas nécessaire de répéter ce chiffre qui indique la troisième personne pour chaque substantif propre
ou commun, tous étant de la troisième perronne.
228

PHRAsE A ANALYsER. Rome soumit presque tout le monde connu ; mais


les peuples asservis, retenus dans l'obéissance par la seule terreur qu'ins
piraient ses armes, secouèrent, lorsqu'elle se fut affaiblie, le joug qui
pesait sur eux, et, à leur tour, portèrent aux Romains tous les maux
qu'ils en avaient soufferts.

ANALYSE LOGIQUE, LE PLUS SIMPLEMENT FAITE.


C O M P L ÉM E N T
Co MPLÉMENT L A
DE
SUJET, VERBE,
DU VERBE, PREPOSITION,
Er ToUT cE QU1 s'Y ET ToUT cE QUI LE Mo
ET ToUT cE QUI sE RAPPoRTE
» APPoRTE (1). DIFIE. ET ToUT cE QUI s'r RAP
A cE coMPLÉMENT. P0RTE.

RoME SOUMIT presque tout LE


MoNDE connu ;
mais LEs PEUPLEs sEcoIÈRENT, LE JOUG
asservis , retenus lorsqu'elle se fut qui pesait sur eux,
dans l'obéissance , affaiblie,
par la terreur que ses
armes inspiraient,
PoRTERENT TOUS LES MAUX AUx RoMAINs.
et ( LEs PEUPLEs,
sous-entendu ) qu'ils en avaient
soufferts.

ſota. La manière suivante est la meilleure, parcequ'elle analyse en détail et les


phrases principales et les phrases subordonnées.

A NALYSE L O G IQU E
DEs PHRAsEs PrINCIPALEs ET DEs PHRASEs sUBoRDoNNÉES.

RoME SOUMIT presque tout LE


MONDE COIlIlll .

mais LEs PEUPLEs dans l'obéissance,


asservis, retenus par la terreur
SeS aTII168 inspiraient que (laquelle ter
reur)
sEcoUÈRENT

lorsqu'elle (Rome) fut affaiblie (employé se (soi)


pour) eut affaibli,
LE JOUC
Sl1T CllX.
qui (lequel joug) pesait
et (LEs PEUPLEs, PoRTÈRENT tOuS LES MAUX AUx RoMAINs
sous-entendu)
ils (les peuples) avaient soufferts que (lesquels maux) en (des Romains).

(1) on met également à la colonne du sujet, les conjonctions, les exclamations qui précèdent les sujets,
ainsi que les mots qui désignent les objets auxquels on s'adresse et que l'on personnifie.
229
-

ANALYSE GRAMMATICALE ET LOGIQUE.

P HRASE - | TEMPs RAPPORT


ESPECE E
A. GENRE.|NoMB.pERSONN.| ET MonEs | CoNJUG.|DEs Mors ENTRE EUx ,
DE5 MQTs, 0 U OU

ANALYSER . F O R M E S. ANALYSE LOGIQUE.

Rome S. P. f. S. 3e. Sujet de soumit.

soumit lV.a.c. r. 8. 3e. p. - a 4°. Se rapportant à son sujet


- 0II16,

presque | Ad. Modifiant tout.

tout A. d. i. l m. S. Se rapportant à monde.

le A. d. a. l m. S. Se rapportant à monde.

monde 1S. c. - S. Complément de soumit.


connu ; A. q. V. | m. S. Se rapportant à monde.
mais C. Joignant lc premier mem
bre de § avec le
second.
les A. d. a. | m. p. Se rapportant à peuples.

peuples | S. c. IIl. p. Sujet de portèrent.

asservis, | A. q. v. | m. P. Se rapportant à peuples.


Se rapportant à peuples,
retenus | A. q. v. | m. p.
|
dans Pr. Exprimant un rapport (de
position) entre retenus
> et obéissance.
l A. d. a. | f. S. Se rapportant à obéissance.
obéissance | S. c. f. S. Complément de la préposi
tion dans.
par Pr. Exprimant un rapport (de
manière) entre retenus
et terretar.
la A. d. a. l f. S. Se rapportant à terreur.

seule A. q. f. 8. Se rapportant à terreur.


terreur | S. c. f. S. Complément de la prépo
sition par.
qu' P. f. S. (Tenant la place de laquelle
terreur) complément du
- - - verbe inspiraient.
inspiraient V.a.c. r. p. 3e. p.-i.-à. 1 re Se rapportant à son sujet
aTII168 •

SCS A. d. p. f. p- Se rapportant à armes.

armes, S. c, f. p. Sujet du verbe inspiraient.

secouèrent,| V.a.c. i. p. 3e . p.-d.-a. 1re Se rapportant à son sujet


peuples.
23o
-

Suite de l'Analyse grammaticale et logique.

| PHRASE • TEMPS RAPPORT


- A ESPECE GENRE,|NOMB,|PERSoNN.| ET MoDEs | CONJUG,|DEs Mors ENTR* EUx ,
- DES MOT5 . OU OU
ANALYSE R. FORMES. ANALYSE LOGIQUE.

lorsqu' C. Joignant la phrase inci


dente qui la suit à la
elle P. p. f. S. 3e. phraselaprincipale.
(Tenant place de Rome),
sujet de fut.
86 P. p
n. † pour
( Employé soi),
de ſut, com
é,ployé
fut 3e . p.-d.-a. 4°.
† pour eut.
(Employé pour eut), se
V. i. S•

rapportant à son suJet


- -- elle.
affaiblie, V.a. c.r. | f. 8• •"|J• 6 Se rapportant à son com
p.-p 2°. pp
- le A. d. a. | m.
-

8. Seplément se. à joug


rapportant
Joug S. c. II1. St Complément de secouè
- rent.
qu1 P. r. II), 8. 3e : (Tenant la place de lequel
joug), sujet de pesait.
pesait -

V. a. S. 3e . p.-i.-a. Ire. Se rapportant à son sujet

SllT Pr. qu1.


Exprimant un rapport (de
position) entre pesait et
6ºU1X •
eux ; P. p. Ill, p. "|(Tenant la place de ces
peuples ), complément
et , C. de la préposition
Joignant sur. et
ce qui précède
suit.
ce qui un adverbe com
à leur tour,| Pr. P.S.
-
Formant
posé,
tèrent.
qui modifie por
A

portèrent | V. a.c.r. p. 3°. p.-d.-a. 1re. | Se rapportant à peuples ,


A - son sujet sous-entendu.
{l Pr. Exprimant un rapport (de
3lllX - lieu ou de position) entre
les
A. d. a. | m. - - P. -
rapportant
Seportèrent Romains.
et àRomains.
Romains | S. c. IIl. P. Complément de la prépo
sition à.
tous A. d. i. l m. p. Se rapportant à maux.
les A. d. a. l m. p. Se rapportant à maux.
ImallX S. c. , m. P. Complément de portèrent.
qu' P. r. IIl. P- (Tenant la place de lesquels
p . | | maux ), complément de
soufferts.
ils P. P- IIl. p. |(Tenant la place de les peu
# sujet de avaient.
( Remplaçant de les Ro
mains ), complément du
participe soufferts.
-
avaient | V. a. i. -
P. 3e . p.-i.-a. 3e. Suivi du participe soufferts,
avec lequel il forme un
temps composé, le passé
de l'affirmatif.
soufferts. l V. a. c. | m. p. p.-p. 2e. Seindéfini
rapportant à maux, son
complément.
E-ET-Ti

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE.


G RAMMAIRE.

DEUXIÈME PARTIE.
-

'|

| | | , ORTHOGRAPHE.
AV I S.

L'oRTHoGRAPHE française est hérissée de difficultés :

il est peu de personnes qui ne fassent des fautes d'or


thographe, ou qui ne soient obligées, pour les éviter,
de recourir souvent au Dictionnaire, Remédier à cet
inconvénient a été notre but : pour y parvenir, ou du
moins pour en approcher, nous nous sommes vu obligé
de multiplier les règles, et malheureusement ces règles
souffrent elles-mêmes beaucoup d'exceptions.
Afin de diminuer le nombre des exceptions, nous
n'avons ordinairement compris dans nos règles, ni les
substantifs propres, ni les mots dont le Dictionnaire
de l'Académie n'a pas consacré l'usage, ni ceux où
se trouve la lettre h (1), ni ceux enfin que l'honnêteté
ordonne de négliger.
Les Élèves ne se laisseront pas rebuter ; tout cède à
un peu de bon vouloir et de persévérance.

(1) Parceque nous donnerons la liste de tous les mots où cette lettre se
trOuv€.
GRAMMAIRE.
#

DEUXIÈME PARTIE.

oRTHoGRAPHE. .

L'oRTHoGRAPHE comprend la connaissance des lettres qui


forment les mots, et celle des changemens de terminaison
que certains mots éprouvent dans le discours.
De là, deux sortes d'orthographes : l'une consiste à écrire
les mots comme ils sont écrits dans le Dictionnaire ; l'autre ,
à écrire les quatre premières espèces, les mots variables, avec
les changemens qu'éprouvent leurs terminaisons : ces chan
gemens sont occasionés par les genres, par les nombres, par
les personnes, par les modes, etc. Dans ce que nous avons
appris jusqu'ici, ont été résolues, pour la plupart, les diffi
cultés de cette seconde orthographe ; quant à celles que pré
sente la première, nous allons chercher à les faire disparaître.
Si l'écriture était l'expression fidèle de la prononciation,
les difficultés de l'orthographe seraient bien amoindries, mais
il n'en est pas ainsi ; les mots écrits sont une représentation
souvent très inexacte de la parole. Avant donc de poser des
règles sur la manière d'écrire les mots, jetons un coup-d'œil
sur les lettres qui les forment.
DES LETTRES.

Nous fesons usage de deux sortes de lettres : les voyelles


et les consonnes. Les voyelles expriment chacune un seul son
de la voix : cinq de ces sons s'écrivent par une seule lettre
A - 234

a , e, i, o, u (1); deux lettres sont nécessaires pour écrire


les deux voyelles eu, ou.
Les consonnes ne peuvent se prononcer que précédées ou
suivies de voyelles dont elles articulent les sons; deux de ces
consonnes sont formées de deux lettres : b, o, d, f, g, h,
j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z, ch, gn (2).
DES VOYELLE S.

Les sons de la voix, que traduisent les seules voyelles, se


modifient, selon le besoin, se prononcent plus ou moins lents,
graves, aigus, doux. Pour régler, autant que possible, ces
modifications d'un même son, on a accentué les voyelles dif
féremment, c'est-à-dire qu'on les a couronnées de petits
signes ou accents qui ont varié sur la même voyelle, selon
que le son devait être ou lent, ou grave, ou aigu. ' º .
Une voyelle qui a dû être prononcée avec un peu de lenteur,
a été surmontée d'un accent appelé circonflexe ( " ) : pâte,
féte, gîte, trône, flûte, août. - • ••

La voyelle a et la voyelle e, lorsqu'elles ont dû être pro


(1) Le son a se rend aussi par e : Femme, éloquence, etc.; par ai dans
douairière. | -

Le son é se rend aussi par ai : J'aimerai; le son à par ai : maître.


Le son i se rend aussi par y : Mystère, hymen. - - -

Le son o se rend aussi par u : Opium, géranium.


Le son eu se rend aussi par œu : OEuf, œuvre.
(2) La consonne fse rend aussi par ph : Philosophie.
La consonne r se rend aussi par rh : Rhume.
La consonne t se rend aussi par th : Thémistocle.
Les consonnes k, q, pourraient être remplacées par c, lorsqu'elles ne
sont que la répétition de c : Capitaine, kabak, quatre. " .

La consonne g devant e, i, devant e suivi de a ou o, se prononce


comme j, et pourrait être remplacée par j : geler, jeter; giron,
j'irai ; vengea, déjà ; pigeon, jonc.
W, le dobliou des Anglais, semble se naturaliser chez nous; cette
double lettre se trouve conservée dans le peu de mots que nous
avons adoptés ; Wigh, Wisk, Wiski.
235

noncées graves, ont été surmontées de l'accent appelé grave (') :


holà, bergère. (Le son grave se prononce la bouche presque
tout ouverte. )
La voyelle e se prononce souvent aiguë, alors on la marque
d'un accent appelé aigu ( ) : bonté, cécité. (Le son aigu se
prononce la bouche presque fermée. )
Le son e tient parfois le milieu entre le è grave et le é aigu
(comme dans mer, guerre); il se nomme e moyen, il n'est
alors surmonté d'aucun accent.
Très souvent le son e se trouve tellement adouci, qu'il est
à peine sensible (comme dans fenouil, rose); dans ce cas,
cette voyelle est appelée muette.
Quelquefois encore cette voyelle, ainsi que a, i, o, u, ne se
prononce pas du tout; elle est alors, comme a, i, o, u, appelée
nulle (1); toutes ces voyelles sont nulles dans : Saône, août,
oignon, poignard, douairière, dévouement, gaieté, Jean, Caen,
paon, Laon, quignon, quotient, quiconque, choquant, élo
quence.
La voyelle i s'écrit y dans certains mots : yeux, mystère,
physique (2). Souvent on surmonte cette voyelle, ainsi que
e, u, d'un accent que l'on nomme tréma (-) : ciguë, aieul,
Saül. Cet i tréma est parfois aussi remplacé par r, comme :
parsan, tuyau (3).
DES CONSON N ES.

Ne pouvant se faire entendre que précédées ou suivies de


voyelles, les consonnes forment avec elles des sons composés
que l'on prononce d'une seule émission de voix ; ces sons

(1) L'inutilité de ces lettres nulles, l'avantage qu'il y aurait à en sup


primer la plupart, ont été sentis : on ne craint plus d'écrire gaîté, dévoû
ment, paîment, paîrai, dévoûrai, etc.
(2) Dans les mots où y exprime le son i, on devrait écrire par i : phi
sique, mistère, etc.
(3) On devrait aussi écrire paisan, tuiau, etc., ieux, ieuse.
236

composés se nomment syllabes. Les mots suc, moi, seul,


sont d'une seule syllabe ; les mots plai-sir, si-gnal, sont
formés de deux syllabes ; les mots obs-ta-cle, frot-te-ment,
de trois, etc. (1).
La réunion de plusieurs voyelles, dont le son particulier de

(1) A l'occasion des voyelles, des consonnes et des syllabes, qu'il me soit
permis de rappeler aux personnes qui enseignent à lire, combien sont vi
cieuses les méthodes généralement suivies ; je n'excepte pas celles qui, dans
ces derniers temps, ont fait le plus de bruit. Il n'y a qu'une seule bonne
méthode, elle n'est pas nouvelle ; des esprits éclairés l'avaient déjà indiquée,
et appliquée avec succès. Elle consiste : 1° à apprendre aux enfans la forme
et la valeur des voyelles et des principales diphthongues ; 2° à leur montrer
la forme des consonnes, et à leur en apprendre la valeur, en ne les séparant
jamais des voyelles, comme : ab, ba, ad, da; aub, beau, aud, dau, etc. ,
sons articulés, qu'on leur fait retrouver dans les mots absent, badiner,
adorer, dame, aube, tombeau, audace, daube , etc. Lorsque ce premier
exercice leur est devenu familier, on le leur fait recommencer, mais légè
rement modifié, en employant, au lieu des consonnes simples, des con
sonnes doubles, triples, comme : abbé, affaire, opprobre. Ce second exercice
terminé, on fait prononcer aux enfans des mots d'une seule syllabe, ensuite
de deux syllabes, de trois, de quatre, etc. Dans les mots de plus d'une
syllabe, les enfans devront prononcer chaque syllabe d'abord lentement,
et comme si elle était séparée des autres, puis moins lentement, puis moins
lentement encore, enfin le mot entier, comme : non... cha... la... mment
non.. cha... la.. mment-non. cha. la. mment-nonchalamment. Parvenus
ainsi à bien prononcer un mot, puis deux mots, puis trois mots, etc., à la
suite les uns des autres, les enfans savent lire : il ne faut plus, pour
qu'ils lisent couramment, que leur donner des livres à la portée de leur âge, à
la fois amusants et instructifs. Le travail long, fatigant et inutile de l'épel
lation mis ainsi de côté, on obtient, par la méthode que nous recom
mandons, des progrès rapides rendus plus sensibles par une infinité de
petits moyens d'émulation qu'il est toujours si facile de créer; par elle ,
on épargne à l'enfance bien du temps, bien des dégoûts et les larmes (').
(º) M. LEBRUN, directeur de l'école Normale primaire de l'Académie de Paris, dont l'ami

tié m'honore et m'est chère, a fait l'application de cette méthode avec un plein succès La
note qui précède est de beaucoup trop succincte pour en donner une idée complète : on la trou
vera parfaitement développée par M. LEBRUN lui-même, dans le journal des écoles primaires ,
qui a pour titre : L'INsTITUTEUR , pag- 5o9, neuvième Numéro.
237
chacune se fait sentir dans le son général de toutes, se nomme
diphthongue; on nomme aussi diphthongue la réunion d'une ou
de plusieurs voyelles avec une ou plusieurs consonnes, lorsque
le son qui résulte de cette réunion forme un son composé dans
lequell'oreille distingue toutes les parties.Voici les plus usitées :
AI. .. . . . .. maillot. IN (4). . . . .. fin.
IA. .. . - . - diacre. oN (5).. . . .. sermon.
IÉ (I). . . . .. pitié. UN (6).. . . .. aucun.
Io. .. . . . . pioche. IAN (7). . . .. viande.
oI (2). . . . . poire. IEN. . . . . . tien.

UÉ. . . . . .. équestre. Ios . .. .. portion.


UI. .. . . . .. luire. - oIN (8). . . .. besoin.
IEU. . . . . .. Dieu. UIN. . . . . .. juin.
AN (3) . . . .. maman.
Les consonnes, à l'exception de ch, gn, sont simples et
représentées par un seul caractère; les suivantes sont nommées
composées, parcequ'elles sont la réunion de deux ou de trois
lettres qui très souvent se trouvent ensemble dans les mots.
Ces consonnes doubles sont : bl, br : cl, cr : dr : fl , fr :
phr : gl, gr : pl, pr : sc, scr, sl, sp, sph, spl, st, str :
tr : vr : blanchir, double : breton, sombre : claire, oncle :

(1) IÉ a le même son à peu près dans : balbutier, deuxième, biaiser, etc.
(2) o1 a le même son à peu près dans : moelle, moellon, bourgeois, ils
croient, etc.
(3) AN. Ce même son se reproduit dans : bambou, empire, enfin, hampe,
hanche, appréhender, etc.
(4) IN. Ce même son se reproduit dans : impie, symbole, syncope,
sein, pain, faim, etc. -

(5) oN. Ce même son se reproduit dans : ombre, pigeon, honte.


(6) UN. Ce même son se reproduit dans : parfum, être à jeun, humble.
(7) 1AN. Ce même son se reproduit dans : iambe, patient.
(8) oIN a le même son, se trouve reproduit dans : baragouin, etc.
Les diphthongues an, in, on, un, ont été comptées, et ont pu être
comptées au nombre des voyelles ; car de toutes les diphthongues, ce sont
celles dont le son composé se rapproche le plus du son simple des voyelles.
238

crier, encre : dragée, ordre : flotter, nèfle : friture, phrase,


camphre, goufre : grand, aigre : plaine, peuple, propre :
scarolle, scrutin, inscription : slave, spirale, sphère, splen
deur, stimuler, strophe, structure : travail, montre : vrai
semblance, couvrir.
La même consonne se répète aussi, se double souvent ;
mais alors, il est assez ordinaire de ne prononcer les deux
que comme une seule; ces consonnes sont : bb, cc, cq, ff,
gg, ll, mm, nn, pp, rr, ss ; a-bbé, a-ccabler, a-cquérir,
a-ffaire, a-ggraver, vi-llage, nonchala-mment, couro-nne,
a-ppel, te-rrain, a-ssignation. Dans fille, veille, etc., les
deux ll se prononcent d'une façon particulière ; elles se pro
noncent mouillées.
On écrit souvent à la fin des mots une consonne (quelquefois
deux) qui ne se prononce pas : on a cru devoir conserver cette
consonne muette, pour indiquer que les mots qu'elle termine
viennent des langues anciennes, ou qu'elle sert de lien entre
les lettres qui la précèdent et des lettres dont on la fait suivre
pour former un nouveau mot de notre langue (1) : dans ce

(1) Les consonnes finales qui terminent certains mots et que l'on doit
écrire, quoiqu'elles ne se prononcent pas, et quoiqu'on ne puisse trouver la
raison de leur emploi dans des mots de la même famille, sont : c, ch, d,
g, l, p, s, t, x, z, dans les mots suivants : cotignac, cric, almanach,
tabac, flanc. Boulevard, brancard, brouillard, égard, épinard, étendard,
vieillard, tisserand, différend (contestation), lord, nord, muid, nid,
nœud, pied, plafond. Étang, doigt, vingt, orang-outang. Nombril.
Beaucoup, loup. Ananas, appas, canevas, cervelas, chasselas, coutelas,
fatras, frimas, galetas , galimatias, hélas, lilas, plâtras, repas, taffetas,
verglas : dais, désormais, frais, harnais, jais, jamais, laquais, mais,
marais, palais, panais, rais (rayon) , relais : abcès, après, auprès, con
grès, décès, près, un legs, un mets, volontiers : brebis, buis, cassis,
cambouis, chenevis, cliquetis, débris, devis, logis, panaris, paradis,
parvis, pilotis, puis, radis, ris (rire), une souris, sursis, treillis, torti
colis (") : carquois, empois, anchois, minois, mois, pois, poids ; fonds ;
(º) Ainsi que tous les autres substantifs masculins dont on peut former le participe présent
d'un verbe en changeant is en ant : coloris, colorant; croquis, croquant; hachis , hachant ;
abattis, abattant, etc.
239
dernier cas, cette consomne, de muette qu'elle était, sonne
fortement; elle appartient à la syllabe qui la suit, et dont
elle est la première lettre ; ce second mot est de la même fa
mille que le premier, qui est sa racine.
B. . . Plomb, plom-ber, etc.
. . Blanc, blan-chir, etc.
. . Lard, lar-don, etc.
. . Long, lon-gueur, etc.
. Fusil, fusi-ller, etc.
. Cinq, cin-quième, etc. º

. Tapis, tapi-sserie, etc. -

. Chocolat, chocola-tière, etc.


. Riz, ri-zière, etc.
. Flux, flu-xion, etc.
. Instinct, instin-ctivement.
Ds. .. Fonds, vient du latin fondus, dont on a ôté u.
Gs. .. Legs, léguer.

un mors, remords; à rebours, velours ; chaos, héros; jus, pus, talus ;


ailleurs. Achat, apostat, apparat, appât, contrat, dégât, électorat, état,
goujat, odorat, pensionnat, plagiat, potentat, résultat et autres de la ter
minaison at ajoutée à des mots qui sont leur racine : orge, orgeat; consul »
consulat, etc. ; fait, forfait, trait, attrait, portrait,retrait ; banquet, bosquet,
cabinet, filet, hoquet, et généralement tous les mots terminés par et, où
cette terminaison ne se prononce pas fortement. Acabit, appétit, bandit,
biscuit, circuit, conflit, dédit, délit, édit, habit, répit. Détroit, endroit,
surcroit. Billot, cachot, camelot, canot, chariot, chicot, dépôt, écot,
entrepôt, escargot, javelot, loriot, minot, mot, paquebot, pavot, suppôt,
turbot. Effort, renfort, ressort, tort.Artichaut, assaut, boucaut, défaut,
héraut (d'armes), levraut, quartaut; marabout. Poix, voix ; crucifix,
perdrix ; faix, paix ; chaux, faux, taux, courroux, ainsi que d'autres
mots où x ne se prononce pas, mots que l'on doit cependant terminer par x
si après les sons oi, ou, eu, on entend le son du z dans des mots de la
même famille : choix, choisir; époux, épouser; heureux, heureusement.
Nez, assez, chez.
24o
GT. . Vingt, vin-gtième.
Ls. . Pouls, de l'ancien mot pou-lser, venant du latin
pulsare. -

Lx. . Faulx, vient du latin falx. , º,


Ns. . Est le signe de la première personne plurielle dans
une grande partie des verbes. .
NT. . Est le signe du pluriel dans les troisièmes personnes
des verbes.
Ps. . Corps vient du latin corpus, dont on a retranché u,
conservé dans corpuscule, petit corps.
Pr. .. Exempt, exem-pter. -

ST. . Jésus-Christ, formé du latin Jesus-Christus.


Il arrive aussi qu'une ou plusieurs consonnes précédant ou
suivant une ou plusieurs voyelles, se prononcent d'une façon
et s'écrivent de l'autre, telles sont : Balsamine, gangrène,
portion, drachme, chaos, Metz, soleil, qu'il faut pro
noncer balzamine, cangrène, porsion, dragme, caos, mès,
soleill.

Observations sur quelques Consonnes.


Qui n'a pas remarqué la similitude de b et p dans bécher,
pécher; de g et c dans garde, carde; de d et t dans donner,
tonner ; de v et f dans vole, folle ; de z et s dans horizon,
poison. -

Ces consonnes sont, en effet, les mêmes : ce qui diffé


rencie b, g, d, v, z de P, c, t, f, s, c'est que ces dernières
se prononcent un peu plus fortement que les autres.
La consonne c se prononce de deux manières, ou douce
ou forte : douce, lorsqu'elle est suivie d'un e ou d'un i : ce, ci;
elle se prononce à la fois douce et forte devant les voyelles
a, o, u ; français, reçoit, reçus ; canon, corail, cure.
Toutes les fois que le c doit être prononcé doux devant a, o, u,
on l'indique en plaçant au-dessous du c un petit accent qui
241
porte le nom de cédille (,) : c suivi de e, i, au commen
cement et à la fin des mots, a le son de s, comme : cepen
dant, secret; citoyen, situation ; menace, chasse ; pièce,
adresse; vice, écrevisse; négoce, fosse. (Voyez, pour chacune
de ces Terminaisons, page 255, lettre s. )
G. La prononciation de cette consonne est douce et forte ;
elle a le son doux, le son du J, devant e, i : genou, gibier.
( Voyez plus bas, à la lettre J.) Elle a le son fort devant cha
cune des lettres du mot urola : régulateur, grandeur, gobelet,
glace, garantie (1); lorsqu'elle a le son dur devant e, i,
cette consonne est immédiatement suivie d'un u : guérir,
guirlande, vaguement, fatigue (2).
GN. Cette double articulation se prononce également douce
et forte : douce comme dans magnanime, agneau ; forte dans
les mots agnat, agnation agnatique , agnus, cognat ,
J>

diagnostique, expugnable, gnome, gnostique, igné, igni


cole, ignition, inexpugnable, récognitif, régnicole, stagnant,
stagnation, stagner (3).
H. Cette consonne se prononce tantôt douce et tantôt forte,
comme dans une heure, se heurter. Dans le mot heure, le
h ne se prononçant pas, ou presque pas, est appelé muet :
dans heurter, le h est chassé fortement par le souffle ; on
nomme, par cette raison, cette consonne aspirée; c'est expirée
qu'il faudrait dire, ce semble.
Nota. Le h muet ne sert qu'à une chose, à augmenter les difficultés de
l'orthographe : nous aurions grande obligation à l'Académie française si elle
pouvait faire disparaître cette inutilité et bien d'autres encore.
J. Cette consonne précédant a, o, u : jamais, jour, jurer ;

(1) Il faut y joindre les verbes terminés à l'infinitif par uer, ou ces trois
lettres forment une seule syllabe, comme : fatiguer, intriguer, qui conservent
le u, lors même qu'il est suivi d'un a ou d'un o : nous fatiguons, il intrigua.
(2) Excepté dans zig-zag.
(3) Le g est nul dans signet, qui se prononce sinè.
1O
242
déjà, joujou, jujube, s'écrit par j. Précédant un e ou un i,
cette consonne s'écrit par g : genou , gésier, gingembre,
image (I).
M, se prononce comme n devant b et p : ambre, impie,
humble, combattre, comprendre. Suivie de toute autre con
sonne que b ou p, la consonne n doit seule être écrite : antre ,
indigne, contrée.
P ne se prononce ni dans baptéme ni dans ses dérivés.
Q. Cette consonne se prononce toujours forte; elle est rem
placée par c à la fin des substantifs masculins, lorsque cette
lettre n'y est suivie d'aucune voyelle (2), comme : bouc,
bloc, public.Au commencement ou au milieu des mots, q est
remplacé par c s'il est suivi de a, o, u, ou : corde, cucurbite,
course, mascarade ; mais cette consonne s'écrit q si elle est
suivie d'un u qui ne se prononce pas, et qui lui-même est
suivi d'un e ou d'un i, comme : quelquefois, équivoque.
R, qui s'écrit toujours r, est suivi de h dans : rhabiller,
rhéteur, rhingrave, rhinocéros, rhombe, Rhône, rhubarbe,
rhume, rhus, rhythme et leurs dérivés.
, S. Cette consonne se prononce douce et forte; elle se pro
nonce douce et comme un z, lorsqu'elle est entre deux voyelles :
magasin, misère (3). Elle se prononce forte, 1° au commen
cement des mots : savoir, situer, sûreté; 2° au milieu des
mots, lorsqu'elle est précédée ou suivie d'une autre consonne :
morsure, puisque, assez (4).

(1) Il faut en excepter : je, Jésus , jet, jeu, jeudi,jeune, jeune, abject,
adjectif, majesté, majeur, et leurs dérivés et composés. ,
(2) Excepté, cinq , coq.
(3) Sont exceptés les mots suivants : Nous gisons, ils gisent, il gisait,
gisant; coquesigrue, désuétude, entresol, parasol, méséance, pré
séance, monosyllabe et autres formés de syllabe, présupposer, resucrer,
vraisemblance, vraisemblable, etc. , où s doit être prononcée forte et
comme si elle était redoublée. • • • .
(4) Sont exceptés les mots suivants où s doit se prononcer comme 2 : Al
243
T. Cette consonne se prononce comme c ou s dans les sub
stantifs terminés en tion où elle se trouve employée : nous
portions des portions. - -

X ne se prononce pas à la fin des mots flux, reflux, deux ;


a se prononce comme s dans dix , six. Dans les mots com
posés : deuxième, dixième, sixième, x se prononce comme z.
Dans soixante et ses dérivés, x se prononce comme deux ss.
X s'écrit de différentes manières : si, au commencement ou
au milieu des mots, on entend acs ou ocs suivis d'une voyelle,
on écrit le son x par deux cc : accès, Occident (1). Si on
entend ecs suivi d'une voyelle, on écrit x, c, exception ; dans
les autres cas on écrit avec un x : anxiété, Ixion.
Z. Cette consonne s'écrit z, c'est-à-dire comme elle se pro
nonce, au commencement et au milieu des mots; mais em
ployée entre deux consonnes, nous avons vu qu'elle était
remplacée par s : cependant z est conservé dans les mots
alezan, alèze, alize, alizé, alizier, amazone, azamoglan,
azédarac, azerole, azime, azimuth, azote, azur, bizarre ,
diapazon, dizaine, dizain, douze, bouze, bronze, donzelle,
épizootie, ézan, ézoterique, eztéri, horizon, lazaret, lézard,
mazette, onze, quatorze, quinze, rizière, seize, suzerain,
topaze, trapèze, treize, zig-zag, zizanie, et quelques
noms géographiques.
Orthographe des Voyelles.
RÈGLE. Le son a s'écrit par a au commencement et au milieu
des mots : ami, arbre ; battre, chapelle (2).
RÈGLE. Ecrivez par a les mots qui se terminent par ce son :

sace, alsacien, balsamine, balsamique, balsamite, transaction, tran


siger, transit, transitif, intransitif, transitoire, presbytère, Asdrabal,
et autres mots où s est suivi de b ou d. - # "

(1) Excepté axe, axiome, et leurs dérivés.


(2) Cette règle ne s'applique pas aux mots où le son a est uni à m, n ,
le son an étant l'objet d'une règle spéciale, page 248.
244
acacia, alinéa, cela, holà, Opéra, pacha, sopha; à moins
que ces mots terminés par le son a, ne doivent prendre,
après cette voyelle, une des trois consonnes c, s, t, selon
que l'indique, pour chaque mot, un mot de leur famille :
estomac, stomacal; trépas, trépasser ; soldat, soldatesque.
RÈGLE. Terminez par e muet les substantifs et adjectifs
féminins, les adjectifs masculins qui n'ont qu'une même
terminaison pour les deux genres (1), ainsi que plusieurs
personnes des verbes, et l'infinitif de ceux de la quatrième
conjugaison : inquiétude, inquiète, fertile, je demeure, qu'il
frappe, rompre. On met aussi un e muet à la fin des substantifs
masculins suivants : apogée, athée, athénée, Borée, caducée,
camée , Colisée, coryphée , élysée, empyrée, hyménée,
hypogée, lrcée, mausolée, musée, périgée, Protée, pry
tanée, pygmée, scarabée, trophée, 7yrtée.
RÈGLE. È doit être marqué d'un accent grave dans l'avant
dernière syllabe des mots qui finissent par e, s, ent, toutes les
fois que e muet ou é aigu se trouvent à la même place dans
un autre mot de leur famille : caractère, caractériser; ébène,
ébéniste; il désespère, désespérer; tu mènes, mener; ils chan
tèrent, chanté; puissè-je, je puisse.
RÈGLE. Le son aigu é doit être écrit par e sans accent au
commencement des mots, lorsque cette voyelle est suivie de
deux consonnes et forme, avec celle qui la suit, une syllabe :
ef-frayer, er-reur, es-prit. Le même son doit être écrit par er
à la dernière syllabe de l'infinitif des verbes de la première
conjugaison : aimer, fermer; et dans les substantifs masculins

(1) Il faut en excepter tous les substantifs et adjectifs féminins terminés ou


par eur : candeur, femme auteur (moins heure, demeure), ou par é aigu,
lorsque cet é est précédé de l ou de ti : la sagacité, la pitié; cependant si ces
derniers mots marquent la contenance, la capacité, le nombre, ils ont après
le é aigu un e muet : brouettée, charretée, chattée, hottée, jattée, nuitée,
pelletée, potée, Les deux substantifs beurre , leurre sont les seuls de la
terminaison eur qui doublent le r et qui finissent par e.
245
où la voyelle e se trouve précédée de i, g, ch , ill : cahier,
danger, archer, oreiller; sont seuls exceptés : âgé, clergé,
congé, duché, évéché, et les dérivés de ceux-là.
RÈGLE. Le son i s'écrit toujours par i au commencement
des mots : irascible, iris. Il est quelquefois alors précédé de h :
hier (1). Le son i, au milieu des mots, s'écrit par i : audience,
auspice (2) ; à moins qu'on n'entende deux ii, auquel cas
(comme il est dit page 235) le son double ii s'écrit par i tréma,
comme : faience, paien, hair, ou par i et j réunis, par y :
moren, payer.
RÈGLE. Le son i s'écrit à la fin des mots par i : charivari,
midi, à moins qu'un mot de la même famille n'indique la
consonne qui doit suivre le i (3) : fusil, fusiller; débit, dé
biter ; tamis, tamiser; surpris, surprise ; maudit, maudite.
Il faut excepter abri et favori qui ne prennent pas le t de
abriter, favorite; et fourmi qui ne prend ni le l de four

(1) Le son i s'écrit aussi au commencement des mots par hy. C'est
lorsqu'après ce son, il suit un seul p : hypothèque, hyperbole; car si deux
pp suivaient le son hy, il s'écrirait par hi : Hippolyte, Hippias.
(2) Voici la liste des mots où le son i est écrit par y; ceux écrits par hy,
objets de la remarque précédente, se trouvent à la liste de tous ceux où
entre la lettre h : analyse, anonyme, amygdales, apocryphe, chyle, clep
sydre, clystère, cycle, cygne, cylindre, cyprès, Cythère, Dryade,
dynastie, dyssenterie, Élysée, emphytéotique, érysipèle, étymologie,
gymnase, hiéroglyphe, homonyme, idylle, martyr, martyre, my
riagramme, myriamètre, myrte, mystère, panégyrique, paralysie,
péristyle , physique , polygamie , polype, polysyllabe , polytech
nique, polythéisme, porphyre, presbytère, prytanée, pygmée, py
ramide, style, sycomore, sycophante, syllabe, symbole, symétrie,
sympathie, symphonie, symptôme, synagogue, syndic, syndicat,
synode, syntaxe, système, tympan, tyran, yeuse, yeux , zéphyr,
et les dérivés de ces mots.

(3) Dans les adjectifs, dans les substantifs employés adjectivement, dans
les participes, c'est le féminin qu'il importe de considérer pour se fixer sur
la consonne finale.
246
milière, ni le e muet qu'ont tous les mots féminins de la
terminaison i.
RÈGLE. Le son o, soit au commencement (1), soit au mi
lieu (2), soit à la fin des mots (3), s'écrit par o : odeur,

- (1) Le son o, au commencement des mots suivants, s'écrit au : au (à le),


aux (à les), aubade, aubaine, aube, aubépine, aubère, auberge, aubergine,
auberon, aubier, aubifoin, aubin, aucun, audace, audience, auge,
augmenter, augure , auguste , aujourd'hui , aulique, aumailles, aumône,
aumusse, aune, auparavant, auprès, auréole, aurone, aurore, auspice,
aussi, austère, austral, autan, autant, autel, auteur, authentique,
autocéphale, autocrate, autodafé, autographe, automate, automne, au
tonome, autopsie, autorisation, autour, autre, autruche, auvent, auvernat,
auxiliaire et leurs dérivés.
(2) Le son o s'écrit par a, u, 1° lorsqu'il est précédé d'une voyelle : fléau,
miauler, gluau ; 2° lorsqu'il est suivi d'un v : mauve, sauver (alcôve est
excepté ); 3° lorsque ce son o est long : chaudière, baudet, etc. ; 4° dans
les mots : cauchemar, hareng-saur; baume, épaule, faune, gaule, jaune,
paume, saule, cause, clause, nausée, pause.
IVota. Il faut remarquer surtout les onze derniers mots placés ici à des
sein, parceque ce sont les seuls où le son o suivi de le, me, ne, ne s'y
écrive point par 6, comme : drôle, dôme, trône, et ou le même son, suivi
d'un s prononcé z, ne s'y écrive point par o, comme : rose, je suppose.
Dans la plupart des mots ou o s'écrit par au, c'est que dans les mots de la
même famille on trouve un a, comme : étau, étaler; faux, falsifier ;
chaux, calcaire ; chaud, chaleur ; chaume, chalumeau ; faute, faillir, etc.
(3) Le son o, à la fin des mots, s'écrit 1° par au lorsque a se trouve
dans les mots de la famille de celui qu'on écrit, comme : étau, étaler. Le
son o s'écrit 2° par eau lorsque dans les mots de la famille de celui qu'on
écrit se trouve un e à la même place, comme : museau, museler ; couteau,
coutelier ; rideau, rider; tombeau, tombe, tomber. Le son o est suivi ou
d'un x, ou d'un d, ou d'un t; il est suivi d'un x dans le pluriel des mots
où au est précédé d'une voyelle, dans le pluriel irrégulier des mots terminés
au singulier en al et ail, comme : des couteaux, rideaux ; fabliaux,fléaux,
tuyaux ; maux, coraux, enfin, dans chaux, faux, taux. Le son o est
suivi d'un d lorsque cette consonne est dans les mots de la famille de celui
qu'on écrit, comme : chaud, chaudière ; échafaud, échafaudage. Il est suivi
d'un t dans artichaut et autres compris à la note de la page 238.
247
orange, dévotion; indigo, piano; à moins qu'après le o final,
il ne faille faire suivre cette voyelle de l'une des consonnes c,
p, s, t, indiquée, pour chaque mot, par un mot de la même
famille : roc, rocailleux ; escroc, escroquer; galop, galoper ;
propos, proposer; trot, trotter (1).
RÈGLE. Le son u s'écrit par u au commencement (2), au
milieu et à la fin des mots : universel, cruel, impromptu,
venu (3); à moins qu'une consonne finale ne soit demandée
après u par un mot de la famille de celui qu'on écrit : abus,
abuser ; début, débuter.
RÈGLE. Le son eu s'écrit e, u au commencement, au milieu,
et à la fin des mots : Europe, meuble, bleu (4). Si ceux de
ces mots qui finissent en eu sont des adjectifs masculins, sin
guliers ou pluriels, ils veulent x après eu : heureux, fâcheux.
Les substantifs féminins ont un e après eu : une lieue.
RÈGLE. Le son ou s'écrit o, u au commencement, au milieu et
à la fin des mots : oubli, mouvoir, bijou. Les mots qui finissent
par le son ou, peuvent recevoir une des consonnes finales p, s, t,
selon qu'elle est indiquée par les mots de la même famille :
coup, couper ; pouls, poulser, pulsation ; égout, égoutter (5).

(1) Il faut excepter agio, coco, indigo, numéro, qui n'ont pas la con
sonne finale des mots de leur famille : agiotage, cocotier, indigotier,
numéroter.

(2) U est précédé de e dans eu, eue, j'eus, tu eus, etc.


(3) On ajoute un e muet à tous les mots féminins terminés par le son u,
excepté aux quatre suivants : bru, glu, tribu, vertu.
(4) Le son eu est écrit oeu dans bœuf, chœur, cœur, mœurs, oeuf,
œuvre, sœur, vœu. Le o qui est joint à l'e, a été conservé parcequ'il se
trouve dans les mots de leur famille : bouvier, choriste, cordial, moralité,
ovale, ouvrier,Isororial, voter. Le son eu s'écrit encore par œ lorsqu'il doit
être suivi de il mouillé : œil, œillet; mais quoique suivi de il mouillé, le son
eu s'écrit par ue dans les mots où il est précédé de c ou g : écueil, orgueil.
(5) Il faut y joindre le substantif toux, et les adjectifs doux, roux ,
jaloux, époux, etc., lorsqu'on entend le son du s à la place de x dans les
mots de la même famille : tousser, douce, rousse, etc.
248
Dans les mots féminins terminés en ou, cette diphthongue
est toujours suivie de l'e muet : joue, moue, roue.
AVota. Sont quelquefois précédées de h les voyelles et diphthongues dont
les difficultés ont été soumises aux règles précédentes, comme : brouhaha,
herbe, héritier, hirondelle, homme, humidité, heure, houblon, haine, haut
bois, etc. ; tous ces mots, que nous avons omis, se trouvent à la liste des
mots ou entre la lettre h. Nous n'avons pas parlé non plus des voyelles mar
quées de l'accent circonflexe, parceque nous verrons plus bas, page 259,
une règle spéciale pour les mots ou il faut employer cet accent.
Orthographe de an, in, on, un.
RÈGLE. Le son an, au commencement des mots, ne s'écrit
par a, m ou a, n que dans les mots suivants : ambages,
ambassade, ambe, ambiant, ambidextre, ambigu, ambi
tion, amble, ambre , ambroisie, ambulant, amphibologie
et autres commençant par amphi, amphore, ample , am
poule, amputation; an, ancétres, anche, anchois, ancien,
anciles, ancolie, ancre, andabate, andain, andanté, an
delle , andouille , androgyne , androide, andromède, an
drosace, anfractuosité, ange, angelot, angine, angiotomie,
angle, anglais, angoisse, angon, anguille, ankyloglosse,
ankrlose, anse, anspessade, antagoniste, antan, antanaclase,
antécédent, antéchrist, antenne, antépénultième, anthère,
anthologie, anthrax, anthropomorphite, antérieur, antidate
et autres commençant par anti (1), antre, antonomase, ClntOre
ou antitore, antoxa, anthropophage, anxiété. Il faut aussi
comprendre dans les mots qui s'écrivent par an ceux où n se
trouve redoublée (2), ainsi que tous les dérivés de ces mots.
Dans tous les autres mots, le son an s'écrit e, m Ou e, n ,
embrasser, emprunter, ensevelir, entourer (3).

(1) Excepté enticher, entier, entité et leurs dérivés.


(2) Excepté ennoblir, ennuyer et leurs dérivés.
(3) Deux autres moyens faciles et d'une application presque générale,
sont donnés pour reconnaître s'il faut écrire au commencement des mots le
son an par em, en. Premier moyen : Si le son an précède un mot racinc, qui
249
RÈGLE. Le son an s'écrit dans l'intérieur des mots par en,
1° devant les finales sion, tion : pension, prétention, men
tion (1); 2° dans les verbes qui se prononcent andre à l'infi
nitif : prendre, défendre (2) ; 3° aux avant-dernières syllabes
des participes présents : contentant (3); dans les substantifs de
la terminaison ance, lorsque ces mots ne sont pas formés d'un
participe présent, en changeant ant en ance, comme : pré
sence, innocence (4).
RÈGLE. Le son an s'écrit dans les mots a, n : 1° dans la der
nière syllabe des participes présents et des adjectifs verbaux
venus de participes présents; 2° dans les substantifs terminés par
ance, substantifs que l'on reconnaît facilement devoir s'écrire
par ance et non ence, parcequ'on peut former le présent d'un
verbe en changeant ance en ant : abondance, abondant (5).

serve à en former d'autres, le son an s'écrit em ou en, comme : bras,


em brasser; geler, en gelure; hardi, en hardir. Deuxième moyen : On écrit
en si à la même place on entend un des sons e, i, in, dans un mot de la
même famille, comme : écrire, encre; cinéraire, cendre ; inclination, enclin.
Dans les mots commençant par em, on met deux mm, si em est placé avant
un mot racine pour faire un nouveau mot : ménage, em ménager; manche,
em mancher.

(1) Excepté expansion et ses dérivés.


(2) Excepté répandre.
(3) Il est entendu que si dans le son an de cette avant-dernière syllabe,
le a était déterminé par l'emploi de cette lettre dans les mots de la même
famille, on écrirait par an cette avant-dernière syllabe des participes,
comme : sangle, sanglant ; plante , plantant.
(4) Il faut en excepter les suivants ou an s'écrit par a, quoique en chan
geant la terminaison ance par ant on n'en puisse former un participe présent :
aisance, balance, bombance, chance, circonstance, constance, distance,
doléance, élégance, enfance, finance, garance, inadvertance, ins
tance, intendance, lance, manigance, nonchalance, nuance , panse,
pétulance, pitance, prestance, protubérance, puissance, romance,
stance, vaillance, vigilance.
(5) Les cinq mots déférence, existence, préférence, semence, sentence
s'écrivent par e, quoiqu'ils puissent former le participe présent d'un verbe.
25o

RÈGLE. Lorsque le son an termine les mots, il s'écrit par


a, n, si dans les mots dérivés de ceux qu'on écrit an se re
trouve : trépan, trépaner ; van, vanner (1).
RÈGLE. Le son an s'écrit par a, n; e, n, à la fin des mots,
où, à l'exception de ceux de la règle précédente, il est suivi
d'une consonne. Cette consonne finale est ou la lettre t qui ter
mine tous les participes présents, tous lesadjectifs verbaux venus
de participes présents(2), et cinq substantifs primitivement par
ticipes : un aimant, un calmant, un dormant, un fermant, un
gérant; ou cette consonne finale est toute autre lettre que t,
indiquée toujours par les dérivations, comme : blanc, blan
cheur; brigand, brigandage ; sang, sanguinaire; champ, cham
pêtre : il faut y joindre orang-outang qui n'a pas de dérivés.
RÈGLE. Le son an est écrit par ent à la fin des substantifs,
des adjectifs qui ne viennent pas de participes présents et des
adverbes : testament, mouvement ; absent, présent; sa
gement, vainement, excepté hareng , encens , exempt, sens,
temps. Ces mots ont au reste, pour la plupart, la raison de
leurs lettres finales dans ceux dont ils sont racines (3).
RÈole. Écrivez le son in au commencement des mots par

(1) On écrit encore an, quoique sans raison de dérivation, la finale des
mots suivants : alcoran, alezan, artisan, ban, bilan, bosseman, drog
man, brelan, cabestan, cadran, caiman, cancan, carcan, chambellan,
cran, écran, doliman, élan, encan, faisan, flan, iman, maman, merlan,
ouragan, pan, partisan, safran, Satan, talisman, turban, vétéran.
(2) Les quatorze adjectifs : adhérent, affluent, antécédent, différent,
équivalent, excédent, excellent, expédient, indifférent, négligent ,
précédent, président, résident, violent, s'écrivent par un e, quoiqu'ils
aient des participes correspondants. Ce sont ces adjectifs et non les participes
qui devront guider pour écrire le son an dans les mots de la même famille,
comme : excellence, présidence, violemment, etc.
(3) Quoiqu'ils ne puissent former un participe présent, les substantifs et
adjectifs qui suivent s'écrivent par ant : adjudant, amant, ambulant ,
appétissant, ascendant, béant, chant, clinquant, constant, diamant ,
distant, élégant, éléphant, exorbitant, fainéant, flamant, fringant,
25 I

in ou par im (par im devant b, p) : infini, impérieux. Ainsi


est seul excepté. -

RÈGLE. Le son in s'écrit au milieu des mots par in : prince,


province. Il faut en excepter maintien et ses dérivés, sain
foin, ainsi que les verbes terminés en indre où le son in
s'écrit par ein : feindre, teindre et leurs dérivés (1).
RÈGLE. 1° Le son in s'écrit à la fin des mots par in, par
ein, par ain, selon qu'un i, un a ou un e se font entendre
dans les mots de même famille : divin, divine ; chagrin, cha
griner; pain, panade; humain, humanité (2); plein, pléni
tude ; frein, effréné (3).
2° Le son in s'écrit à la fin des mots par en, lorsque ce son
est précédé du son e ou du son i : Européen, tragédien,
paien, biscayen. -

RÈGLE. Le son on s'écrit au commencement (4), au mi


lieu (5), à la fin (6) des mots, par on ou par om : ongle,

galant, garant, géant, instant, manant, méchant, néant, noncha


lant, odorant, odoriférant, pédant, pétulant, pimpant, plant, poi
gnant, puissant, suffragant, transcendant, vigilant.
(1) Les verbes contraindre, craindre, plaindre, vaincre et leurs dé
rivés s'écrivent cependant par ain.
(2) Il y a aussi un autre motif pour écrire la finale in par ain ; c'est lors
qu'on peut, en ajoutant la terminaison aine, former un nouveau mot : vain 9

vaine; grain, graine; le train, il entraîne. Il faut faire attention que sien,
ancien, serein, plein, peine, reine, verveine, quoique ayant ou pouvant
avoir la terminaison aine, ne doivent pas être écrits par ain.
(3) Quoique la règle ne s'applique point aux mots suivants, ils doivent être
écrits 1° par ain : airain, andain , bain , dédain , demain , levain,
parrain, plantain, poulain, quatrain , refrain, sacristain, sixain,
tain (de glace), train ; 2° par ein : dessein (projet), sein, seing ; 3°par aim :
daim, faim. Un petit nombre de mots ont une ou deux consonnes après
le son in ; ces consonnes sont indiquées dans les mots par ceux de même
famille, comme : suint, suinter ; instinct, instinctivement. -

(4) Excepté unguis (os, coquillage).


(5) Excepté punch.
(6) Excepté dictum.
252

once, ombrageux , ombelle ; renoncer, réponse, colombe,


tombe ; bon , ballon, dom, surnom (1).
Nota. Dans tous les autres mots où la terminaison on doit être suivie
d'une ou de deux consonnes, ia raison en est donnée par les mots de la fa
mille de ceux que l'on écrit, comme : plomb, plomber ; tronc, troncature ;
profond, profondeur; long, longueur; nous avons (1" pers. plur. des
verbes); front, frontispice ; ils feront (3° pers. plur. des verbes) ; prompt,
promptitude; je fonds (d, parcequ'il est dans fondre, s parceque c'est la
1*° pers. du prés. de l'affirmat., 4° conj.).
RÈGLE. Le son un s'écrit par u, n ou par u, m : aucun, tri
bun (2), parfum (de parfumer), humble.
Redoublement des Consonnes.

Les consonnes qui se répètent dans les mots sont : b, c,


d, f, g, l, m, n, p, r, s, t, z.
B ne se redouble que dans : abbé, rabbin, sabbat et dérivés.
C se redouble dans les mots commençant par ac : accusa
tion, accueillir. Excepté dans : acabit, acacia, académie ,
acagnarder, acajou, acoutreur, acariâtre, acoquiner, et tous
les autres mots où la voyelle a fait à elle seule une syllabe ;
c se double aussi dans l'intérieur des mots où la prononciation
le demande : suc-cès, suc-comber (nous donnerons plus bas
une autre raison de ce redoublement).
D ne se redouble que dans addition, reddition et dérivés.
F se redouble 1° dans les mots qui commencent par af,
ef, of, dif(3), comme : affaire, effort, offense, difficulté ;
2° à la fin des substantifs féminins (4), comme : griffe,
étoffe, pataraffe.

(1) Dans ces deux derniers substantifs, on est écrit par o, m par raison
de famille ; dom, dominer ; surnom, surnommer, nominal, etc.
(2) On met un t à défunt, emprunt, parceque cette lettre se trouve dans
défunte, emprunter. On met aussi un e dans étre à jeun, parceque cette
lettre se trouve dans jeune, jeuner.
(3) Excepté dans afin, Afrique, et dérivés ; éfaufiler, éfourceau.
(4) Excepté dans clef (f ne se prononce pas), nef, soif, et dans agrafe,
253

G ne se redouble que dans agglomérer, agglutiner, ag


graver, suggérer et leurs dérivés. -

L se double dans les mots 1° lorsque cette lettre se prononce


mouillée : aiguille, papillon; 2° lorsque ne se prononçant pas
mouillée, le mot commence par al, il, col, et qu'après
ces sons, il doit suivre immédiatement une voyelle : aller,
allégorie; illégitime, illuminer; collation, collecte (1), ainsi
que dans les mots : elle, ellébore, ellipse, ollaire, ollure.
L, à la fin des mots, se double, 1° lorsqu'elle est mouillée,
dans les substantifs et adjectifs féminins et dans les verbes :
médaille, béquille, vermeille, je travaille; 2° dans les mots
suivants, terminés en ale : balle, dalle, faim-valle, noix de
galle, halle, malle, salle, stalle, talle, j'emballe, j'installe;
3° dans les substantifs (2) et adjectifs féminins de la termi
maison ele (excepté gréle), ainsi que dans les verbes terminés
à l'infinitif par eler, lorsque e, qui précède l, devient grave,
ou dans ceux terminés par eller (3), comme : ficelle, elle,
nouvelle; j'appelle, je chancelle; 4° dans les mots suivants
de la terminaison ile : codicille, gille, imbécille, mille, pu
pille, sibylle, tranquille, vaudeville, ville, je distille, il

carafe, estafe, girafe, parafe, les seuls terminés en afe, qui me prennent
point deux ff, ou dans lesquels la terminaison afe ne s'écrive point par aphe.
(1) Excepté : Alaise, alambic, alarguer, alarme, alaterne, alègre,
alène, alentour, alérion, alerte, alevin, alexandrin, alexipharmaque
ou alexitère, alezan, alèze, alibi, aliboron, aliéner, aligner, ali
ment, alinéa, aliquante, aliquote, aliter, alize, alizier, aloès, aloi,
alors, alose, alouette, alourdir, aloyau, alude, aludel, alumelle,
alumineux, alun , et dérivés. Ile, iléon, iliaque, ilion, ilote, et dé
rivés. Colarin, colature , coléra, colère , colin , coliou, colibri,
colifichet, colimaçon, colin-maillard, colique, colir, colisée, colombe,
colombin , colon, côlon, colonne, colophane, coloquinte, colorer,
colosse, colostre, colure, et leurs dérivés.
(2) Et aussi dans les masculins suivants : Granitelle, libelle, polichi
nelle, rebelle, spinelle, vermicelle, vio'on celle. -

(3) Ces verbes sont : Emmieller, exceller, flageller, interpeller,


quereller, rebeller, sceller, et leurs dérivés. Voy. page 157.
254
oscille, je vacille, idylle, sibylle; 5° dans les mots suivants
de la terminaison ole : bouterolle, colle; folle, molle; je
colle; 6° dans les mots suivants de la terminaison ule : bulle,
nulle, j'annulle, et leurs dérivés.
M se redouble dans les mots qui commencent par com et
par im, lorsqu'après le son de cette lettre il suit une voyelle :
commencer, commotion , immatériel , immuable (1). On
écrit aussi avec deux mm les mots suivants : femme, flamme,
gomme, grammaire, hommage, pommade, sommaire,
sommeil, et les composés de gramme, épigramme, etc.
M se répète dans tous les adverbes, dont la finale se prononce
ament, comme : nonchalamment, prudemment.
N. Cette lettre se redouble 1° dans les adjectifs féminins
dont le masculin est terminé par ien , et dans les dérivés des
mots terminés en on (2), comme : ancien, ancienne; son,
sonner; 2° dans les mots suivants : banne, canne, dame
jeanne, manne, panne; je tanne; je vanne; faonne, paonne ;
3° dans toutes les personnes des verbes prendre, tenir, venir,
où n est suivi d'un e muet : que je prenne, qu'il tienne, que
tu viennes, et tous les dérivés de ces mots.
P. Cette consonne se redouble dans les mots qui com
mencent par ap, op, opr, sup, lorsqu'il doit immédiatement
suivre une voyelle : appui, opposant, oppression, supprimer(3).

(1) Sont exceptés : Coma, comédie, comestible, comète, comices,


cominge, comite, comité, image, imiter, et leurs dérivés.
(2) Sont exceptés : Donation , intonation, national, démoniaque,
limonade, patronal, septentrional, saumoneau, sonore, colonie, parce
que le n appartient à la syllabe suivante dans la prononciation.
(3) Sont exceptés : Apaiser, apanage, aparté, apathie, guet-apens,
apercevoir, et des lérivés; apéritif, apetisser, api, apitoyer, apoca
lypse, apocryphe, apogée, apologie, apologue, apoplexie, apostasie,
aposter, apostiller, apostrophe, apothéose, apothicaire, apôtre,
dpre, après, âpreté, apurer, superbe, supérieur, superstition, supin,
suprématie, supréme, et les mots qui commencent par super, et ou su-per
forme deux syllabes.
255

Q. Cette consonne n'est pas comprise au nombre de celles


qui se redoublent; mais elle est précédée d'un c dans ac
quérir, acquiescer, acquitter, et dans leurs dérivés.
R se redouble dans les mots 1° qui commencent par ar,
cor, ir, lorsqu'il doit suivre immédiatement après une
voyelle, comme : arroser, corrompre, irriter (1); 2° aux
futurs affirmatifs et conditionnels des verbes courir, mourir,
pouvoir, envoyer, voir, je courrai, je verrai, etc. ; 3° dans
les mots suivants de la terminaison are : amarre, bagarre,
barre, bécarre, bigarre, bizarre, simarre, tintamarre ;
je chamarre, je narre, et dérivés; 4° dans les mots suivants
de la terminaison ère : cimeterre, desserre, équerre, lierre,
pierre, serre, terre, tonnerre, verre, j'erre, et dérivés ;
5° dans les mots de la terminaison ore , j'abhorre; 6° dans les
mots terminés par oure, je bourre, je fourre, et dérivés ;
7° dans les mots terminés en eure : beurre, leurre, et dérivés.
S. Cette consonne doit être répétée : 1° dans les mots
qui commencent par as fortement prononcé, et lorsqu'après
il doit suivre une voyelle : assassin, asservir, assidu ,
assortir, assurer; 2° au milieu des mots et entre deux
voyelles, lorsque la prononciation l'indique suffisamment,
comme : passage , jouissance. A la fin des mots , s se
prononçant comme c se redouble dans les terminaisons sui
vantes et dans les mots suivants : Brasse, carcasse, chasse,
classe, crasse, crevasse, cuirasse, échasse, masse, Par
masse, paperasse, terrasse, cocasse, mollasse (2).-Gaisse,
graisse; j'abaisse, je laisse, j'affaisse, et leurs dérivés ;
tendresse, caresse, presse (3). Coulisse, écrevisse, esquisse,
(1) Arabe, araignée, aratoire, arc, aréte, arène, aréomètre,
aréopage, aréostat, aride, ariette, arithmétique, aromate; corail,
coraline, coriace, corollaire; irasoible, ire, iris, ironie, iroquois.
(2) Ace termine les autres mots : face, trace, etc.
(3) Et tous les autres mots de cette terminaison, excepté espèce, nièce,
pièce, écrits par c.
256

génisse, jaunisse, mélisse, palisse, réglisse, saucisse, lisse,


Suisse, et tous les verbes en isse : je glisse , je plisse, etc. (1).
— Chausse , hausse , fausse , gausse (2) ; bosse, rosse,
brosse (3). — Gargousse, gousse, housse, mousse, rousse,
secousse, trousse, et tous les verbes en ousse; il pousse ,
il tousse (4).—Aumusse, Russe ; que j'eusse, que je fusse (5).
Tous les autres mots où la terminaison se se fait entendre,
doivent être écrits par c (6).
T. Cette consonne se redouble 1° dans les mots qui com
mencent par at, lorsqu'il doit suivre immédiatement une voyelle
ou la consonne r : attaque, attention, attirer, attraction (7);
2° dans l'intérieur des mots suivants : lettre, littéral, nettoyer,
pittoresque, sagittaire, sottise, et dérivés; 3° dans les verbes
suivants qui, à l'infinitif, ont deux tt : acquitter, baisotter,
balotter, baratter, botter, brouetter, butter, buvotter, carotter,
chatter, crotter, dégoutter, égoutter, émietter, emmenotter,
émotter, édenter, fautter, flatter, flotter, fouetter, flotter,
gigotter, gobelotter, gratter, grelotter, gringotter, guetter,
hutter, jabotter, latter, lutter, marcotter, marmotter, motter,
natter, quitter, regretter, et dérivés. Les verbes terminés
en èter, comme cacheter, doublent aussi le t, comme nous

(1) Tous les autres mots de cette terminaison sont terminés par ice :
justice, sacrifice, nourrice, etc.
(2) Auce termine sauce, j'exauce.
(3) Et tous les autres mots de cette terminaison, excepté : négoce,
noce, sacerdoce, atroce, féroce, précoce, véloce.
(4) Excepté : douce, pouce, et le verbe je me courrouce.
(5) Cette terminaison est écrite par c dans : astuce, capuce, puce, suce.
(6) Excepté : averse, controverse, diverse, traverse, entorse, éparse,
bourse, course, réponse, torse, valse.
(7) Excepté : ataraxie, atelier, atellanes, atermoyer, et dérivés ;
athanor, athée, athéisme, athlète, et dérivés ; atinter, atôme, atonie,
atour, et leurs dérivés; atout, atrabilaire, atrabile, âtre, atroce, et
leurs dérivés; atrophie , Atropos.
257
l'avons vu page 157, lorsque le e muet, qui précède le t au
présent de l'infinitif, se change en un è grave : il cachette.
T, dans les terminaisons ate, ète, ote, ute, oute, se redouble
dans les mots suivants : batte, datte, jatte, matte, patte;
coquette, muette, banquette, emplette; flotte, carotte (1);
butte, lutte, hutte (2) ; goutte (3).
V se double et s'écrit w dans les trois mots : wigh, wisk, wiski.
Z ne se redouble que dans lazzi, mezzo.
Nous terminons cet aperçu du redoublement des com
sonnes par la règle suivante, qui est à peu près générale, et
qui contient, pour ainsi dire, les précédentes. -

RÈGLE. Lorsqu'un mot qui sert à en former d'autres, un


mot racine, est précédé d'une syllabe (ordinairement ac, af,
al, ap, ar, at, com, con, cor, ef, il, im, in, ir, of, suc,
sup), la consonne dernière de cette syllabe se redouble, lors
qu'après ce redoublement doit suivre une voyelle ou deux,
comme : courir, accourir; faire, affaire; lier, allier; prendre,
apprendre ; rivage, arrivage ; toucher, attouchement; mo
tion, commotion , naissance, connaissance ; rompre, cor
rompre; frayer, effrayer; légalité, illégalité; matériel, im
matériel ; nocence (nocens coupable), innocence; réparable,
irréparable ; céder, succéder; poser, supposer.
Grandes Lettres.
4** ? • • , ,, - - - .

Les lettres dont on fait usage sont petites ou grandes; les


grandes diffèrent des petites par leur forme et par leur emploi.
!

(1) Ainsi que tous les autres féminins de la terminaison ote, excepté :
anecdote, antidote, bergamote, capote, compote, côte, cote, galiote »

griote, huguenote, marcote, matelote, note, papillote, pelote, redin


gote, bigote, dévote, idiote, nabote. Les masculins de cette terminaison
ne s'écrivent non plus qu'avec un t : patriote, prote, etc.
(2) Sont les seuls de la terminaison ute qui aient deux tt.
(3) Est le seul de la terminaison oute, qui ait deux tt.
17
258

Les substantifs propres, les substantifs communs exprimant


des êtres fictifs que l'on personnifie, les noms de tribunaux,
d'assemblées, de sciences, d'arts, que l'on veut distinguer
d'autres tribunaux, d'autres assemblées, etc. ; les objets aux
quels on adresse la parole, doivent avoir pour première lettre
une grande lettre ; les premiers mots de chaque phrase ,
de chaque vers, de chaque citation doivent aussi commencer
par une grande lettre. ' . 1* , - 1 ,
Dans les cas suivants on abrége des mots entiers par de
grandes lettres. · · · , ·

J.-C. Jésus-Christ. S. A. I. Son Altesse Impériale.


N. S. Notre Seigneur. S. A. R. Son Altesse Royale.
N. S. J.-C. Notre Seigneur Jésus- | S. A. Son Altesse. . v , 1:

. Christ. , * S. Ex. Son Excellence. • , • '*

S. S. Sa Sainteté. S. Émi. Son Éminence. , , a


S. M. Sa Majesté. Mº. Monseigneuri, , , , 2 : 1 .
S. M. I. Sa Majesté Impériale. , ,! M . Madame. ': 1 1 , j ( , , : , ! .. • • •
S. M. B. Sa Majesté Britannique. Mlle. Mademoiselle. • • • •

S. M. C. Sa Majesté Catholique. · M. Monsieur. · · · · · · . ·


•;:
S. M. T. C. Sa Majesté Très Chré- | Md. Marchand. | | |' -

" tienne. - Nègt. Négociant.- ' :º ,


S. M. S. Sa Majesté Suédoise. . .. o ) : ºoº ' -
!
.
"-
ºº ) , , , , , , · · · · ··
Accens.
, \ , . . )
Nous avons parlé, pages 234, 235, 24o et 241, des accens
grave, aigu, circonflexé, tréma, cédille ;il nous reste à
parler de l'apostrophe, qui est semblable à une virgule, et que
l'on place à la droite et à la partie supérieure d'une consomme
pour tenir la place d'une voyelle qu'on retranche afin de
rendre le langage plus doux, plus harmonieux, comme : il
m'honore, il t'aime, s'il vient, s'entr'aider, pour il me honore,
il te aime, si il vient, se entre aider , | •) •

Quant aux autres signes dont on fait usage, il en est traité


plus bas à l'article Ponctuation. - - - - : º! .
259
Il n'existe point d'autres règles que celles que nous avons
données pour se guider sûrement dans l'emploi des accens
aigu et grave. Quant à l'accent circonflexe, dont la majeure
partie des mots où on le place devraient être débarrassés,
nous allons faire connaître les cas où il en est fait usage.
On met un accent circonflexe :

1° Dans les mots terminés par âtre (1) : albâtre, pâtre,


jaunâtre.
2° Dans les mots terminés par éme : méme, diadéme,
systéme. -

3° Sur i dans les verbes terminés à l'infinitif par aître et


par oître : il reconnaitra, il accroîtra, ainsi que sur les sub
stantifs et adjectifs de la terminaison aître : maître, traître.
. 4° Sur â long dans les mots où a est suivi de ch ou de t :
lâcheté, tâcher, empâter, gâter.
5° Sur 6 précédant à la fin des mots le, me, ne : drôle,
contrôle; fantôme; aumône, trône. -

6° Sur les voyelles longues, quelles que soient les consonnes


qui les suivent : côte, grâce, clôture, hâbleur, quéte, frat
cheur, ragoût, voûte, piqûre. -

- 7° Sur les voyelles qui autrefois, ou récemment encore, en


précédaient d'autres que l'on a supprimées : dévoitment, dé
vouement; tutoîment,- tutoiement; gaîté, gaieté; bâiller,
baailler; je prîrai, je prierai. -

" 8 Sur l'avant-dernière voyelle des premières et secondes


personnes plurielles du passé défini de l'affirmatif, et sur la
dernière voyelle de la troisième personne singulière de l'in
défini du subjonctif : nous reçûmes, vous aimâtes, qu'il
vécût, . • ' , '.

• 9°. Dans mûr, sûr adjectifs, cru participe du verbe croftre,


-",

» ,

(1) Excepté quatre, battre et leurs dérivés. • : *


26o

dit participe (1), jeûne substantif, appât (amorce) substantif,


mât substantif, le nôtre, etc., pronom, afin de distinguer ces
mots de mur (muraille) substantif, sur préposition, cru (qui
n'est pas euit) adjectif, du, de le, article et préposition,
jeune adjectif, appas substantif pluriel, mat adjectif, notre
adjectif.
1o° Sur la voyelle qui précédait dans les mots un s qui
a été supprimé, et que l'on retrouve dans des mots de la
même famille : pâque , pascal ; téte, tester; féte, festin ;
forét, forestier; épître, épistolaire ; embûche, embuscade (2).

Mots qui commencent par le H muet.


Habile, habileté, habit, habitude, hagiographe, haleine,
harmonie, hast, hebdomadaire, héberger, hébêter, hébreu,
hécatombe, hectare, hectolitre, hectogramme, hectomètre,
hédypnois, hédisarum , hégire, heiduque , hélas! hélian
thème, héliaque, héliastes, hélice, hélicon, hélioscope, hélio
trope, helléniste, hélose, hématite, hématocèle, hématose,
hémérocalle, hémi, hémicycle, hémine, hémiplégie ou hémi
plexie, hémisphère, hémistiche, hémoptysie, hémorragie,
hendécagone, hendécasyllabe, hépar, hépatique, heptamé
ron, heptarchie, héraldique, herbe, herco-tectonique, Her

(1) Seulement au masculin singulier. : ,, , ,, .


(2) On met enfin un accent circonflexe sur les mots suivants, et leurs
dérivés, auxquels ne s'appliquent aucun des paragraphes qui précèdent :
Tôt et tous les adverbes de cette terminaison : âcre, âge, blâme, dégât,
pâle. — Ancétres, apprét, aréne, aréte, béche, béler, champêtre ,
chéne, crépe, créte, dépéche, empéchement, étre, évéque, arche
véque, fenétre, fréle, fréne, géne, gréle, hétre, honnête, intérêt,
méler, péche, péle-méle, prét, prétre, rénes, revéche, réve, sal
pétre, tempéte, vépres, véler, vétir.—Abîme, atné, dtner, fatte,
tle, tratnée, vîte. — Clôture , côte, côté, maltôte, ôter, rôder. —
Aout, joute, piqure, voute.
261

cule, hérésie, héritage, hermétique, hermin, hermine, her


modacte ou hermodate, hérodiens, héroi-comique, et tous
les composés de HÉRoï, herpes marines, hésitation, hétéro
clite, hétérodoxe, hétérogène, hétérosciens, heur, heure,
heureux, hexaèdre, hexagone, hexamètre, hexaples, hiatus,
hicard, hidalgo, hièble, hier, hiéracium, hiéroglyphe, hié
ronique, hiérophante, hilarité, hippiatrique, hippocentaure,
Hippocrène, hippodrome, hippoglosse, hippogriffe, hippo
lithe pierre, hippopotame, hirondelle, histiodromie, his
toire, histrion, hiver , hoir , hoirie , holocauste , hologra
phie, holothuries, hombre, homélie, homicide, homiose,
hommage , homme , homocentrique , homogène , homo
logue , homonyme , homophonie , hongroyeur , honnête,
honneur, honorer, hôpital, horizon, horloge, hormis, horo
graphie , horoscope , horreur , hortolage , hospice, hospo
dar, hostie, hostilité, hôte, hui , huile , huis , huissier,
huître, humanité, humble, humecter, humérus, humeur,
humidité, humilité, hurluberlu, hyacinthe, hyades , hy
bride, hydatide, hydragogue, hydrargyre, hydraulique,
hydre, hydrocéphale, hydrocotyle, hydrodynamique, hydro
graphie, hydromel, hydrophillum, hydrophobe, hydro
phtalmie, hydropisie, hydrosarque, hydroscopie, hydrosta
tique, hydrotique, hyène, hygiène, hygromètre, hymen,
hymne, hyoide, hypallage, hypécoon, hyperbate, hyperbole,
hyperborée, hyperdulie, hypètre , hypnotique, hypocole ,
hypocondre, hypocras, hypocrisie , hypogastre, hypogée ,
hypoglosses , hypomochlion, hypophore, hypostase, hypo
thénar , hypoténuse , hypothèque , hypothèse , hypoty
pose, hysope, hystérique, et les dérivés ou composés des
précédents.
262

Mots dans lesquels se trouve le H muet.


Abhorrer, achores, achromatique, achronique, adhérer,
ah ! ahan, ahi ! ahurir, almanach, anachorète, anachro
nisme, appréhender, archaïsme, archange, archonte, arrhes,
aujourd'hui. — Bacchanal, bonheur, bréhaigne, brouhaha.
— Cahin-caha, cahier, cahot, catachrèse, catarrhe, char
cite, chalcographie, chaldéen , chat-huant, chirographaire,
chlorose, chlorure, cholagogue, cholédologie, cholédoque 7

chorège , chorégraphie ou choréographie , choriste, choro


graphie, choroïde, chorus, saint-chrême, Christ, chroma
tique, chrome, chromique, chronique, chronographie, chro
nologie, chronomètre, chrysalide, chrysanthémum, chrysocolle,
chrysocome, chrysolithe, chrysoprase, cochléaria, cohésion,
cohibition, cohorte, compréhension. — Diarrhée, dichorée,
dichotome.—Ébahir, écho, eh ! envahir, eucharistie, exhaler,
exarchat, exhiber, exhortation, exhorter, exhumer.—Ichneu
mon, ichnographie,ichoreux, ichtyolithes, ichtyologie, ichtyo
phage, incohérence, inhiber, inhumer, ipécacuanha, iso

chrone.— Jehovah.— Lichen. — Machabée, Melchisédech ,


myrrhe. — Nabuchodonosor. — Polytechnique, prohiber,
pyrotechnie, pyrrhonisme. — Rédhibition, réhabiliter, ré
préhensible , rhapontic , rhapsodie , rhéteur, rhingrave ,
rhinocéros, rhombe, rhubarbe, rhumatisme, rhus. — Scho
lastique, souhait, squirrhe, synchondrose, synchrone. -
Terpsichore, trahison. — Véhémence, véhicule, et tous les
composés ou dérivés de ceux-là. -

Mots où la consonne initiale F est représentée


par PH. : · ·· :

Phaéton phagédénique phalange, Phalaris phalène,


7 2 2

phaleuque ou phaleuce, Pharaon, phare, pharisien, pharmacie,


pharynx, phase, phébus, phénicoptère, phénigme, phénix ;
phénomène, philantropie, philippique, phillyrée, Philistin,
263

philologie, philosophie, philtre, phlébotomie, phlogose,


phaenicure, pholade , phosphore, phrase , phthisie, phu ,
phylactère, phylarque, phyllitis , physicien, physiologie ,
physionomie, physique, et tous leurs dérivés ou composés.

Mots dans lesquels la consonne F est représentée


par PH.
Acéphale, alphabet, amphibie, et tous les mots commençant
par AMPHI. Amphore, anaphore, anthropomorphisme, anthro
pophage, aphélie, aphérèse, aphonie, aphorisme, aphte ,
apocryphe, apographe, et tous ceux qui sont terminés par
oRAPHE, excepté agrafe. Apophlegmatisme, apophthegme,
apophyse, asphalte, asphodèle, asphyxie. — Bibliographe,
bibliophile, blasphême, Bosphore, Bucéphale.—Cacographie,
cacophonie, camphre, cénotaphe, céphalique, Céphée, chi
rographaire, colophane, coryphée, crotaphite. — Daphné,
dauphin, diaphane, diaphénie, diaphorétique, diaphragme,
diphthongue. — Éléphant, emphase, emphractique, emphy
sème, emphytéose, encéphale, éphèbe, éphèdre, éphélides,
éphémère , éphémérides , éphestrie, éphestes , éphialte,
éphad, éphores, épiphanie, épiphonème, épiphore, épiphyse,
épitaphe, euphémie , euphonie , euphorbe, exomphale ou
emphalocèle. — Graphie , hiéroglyphe , hiérophante, Holo
pherne, homonyme, homophonie, hydrocéphale, hydromel,
hydromphale, hydromphillum, hydrophobie, hydrophtalmie.
—Limitrophe, lithophage, lithophyte, logogriphe, lymphe,—
Méphitique, métamorphose, métaphore, monophylle, Mor
phée, morphine.—Naphte, néophyte, néphrétique, nymphe.
- OEsophage, ophisure, ophite, ophtalmie, et tous les mots
commençant par oPHTAL, dont aucun ne s'écrit par oF ,
Orphée, orphelin. — Pamphlet, paraphernaux, paraphraste,
périphérie, philosophe, phosphate , phosphore, porphyre,
prophète, pyrophore. — Saphène, saphique, saphir, sarco
264
phage, séraphin, siphon, sophisme, sphacèle, sphénoïde,
sphère, sphincter, sphinx, staphylome, strophe, sycophante,
· sylphe, symphyse , symphonie, synalèphe. — Triomphe ,
triphthongue, trophée, typhon, typhus. — Xérophagie, xi
phias, xiphoïde. - Zéphyr, zéphyre, zooglyphite, zoophore,
zoophyte, ainsi que tous leurs dérivés et composés.
Mots où la consonne initiale T est représentée
par TH.
Thalictron, thaumaturge, thé, théâtre, théisme, thême ,
Thémis, théocratie, et tous les mots qui commencent par
THÉo, excepté TÉoRBE ; thérapeutes, thériaque, thermes,
thermidor, thermomètre, Thersite, thésauriser, thèse, théurgie,
thlaspi, thlaspidium, tholus, thon, thorax, Thrace, thrum
bus, thuriféraire, thym, Thymbrée, thymélée, thyrse, ainsi
que tous leurs dérivés et composés.
Mots dans lesquels la consonne T est représentée
par TH.
Absinthe, acanthe, amaranthe , améthyste , anathême ,
anthère, anthologie, anthrax, anthropologie, anthropomor
phisme, anthropophage, antipathie, apathie , apothéose,
apophthegme, apothicaire, Aréthuse, arithmétique, arthri
tique, asthme, athanor, athée, athénée, athlète, authenticité,
autocéphale, autocthone. — Bibliothèque, bismuth. — Ca
coèthe , cacophonie , cantharides, carthame, cathartique ,
cathédrale, cathérétique, catholicité, catholicon, Corinthe,
cothurne, cytise, Cythérée. - Diarrhée, diphthongue, di
thyrambe. — Élisabeth , enthousiasme, épithalame, épithète,
éréthisme, éther, Ethiopie, éthiops, éthique, ethnarchie,
ethnique , éthologie , éthopie. — Galimathias, gothique. —
Hyacinthe, hypothèque. — Isthme.— Labyrinthe, léthargie,
Léthé, lipothymie, litharge, lithiasie, lithographie, et tous
ceux qui commencent par LITHo, excepté : LITEAU, LiToME,
265

LIToTE, LITToRAL, logarithme, luthérien, luth, lycanthrope.—


Mathématiques, menthe, méthode, misanthrope, mythologie.
— Ophtalmie, ornithologie, orthodoxe, orthrodomie, ortho
nogal, orthographe, orthopédie, orthopnée, othonne — Pan
théon, panthère, pathétique, pathognomonique, pathologie,
pathos, phthisie, pléthore, plinthe, polyanthée, pythie, py
thonisse. Rhythme.—Scythe, spath, stathouder, sympathie,
synarthrose.—Tithymale, tithymaloide, tithone, triphthongue,
turbith. — Zénith , zoolithe.

Mots commençant par H aspiré.


Ha !, habe, hâbleur, hache, hagard, haha, hahé, haie,
haie, haïr, haine, haire, halage , halbran, hâle, hale
ter, halle, hallebarde, hallebreda, hallier, haloir, halot,
halotechnie, halte, hamac, hameau, hampe, han, hanche,
hanebane, hangar, hanneton, hanscrit, hanséatique, hansière,
hanter, happer, happelourde, haquenée, haquet, harangue,
haras, harasser, harceler, harde, hardelle, hardiesse, hare,
hareng, hargneux, haricot, haridelle, harnais, haro, se har
piller, harpe, harpie, harpon, hart, hasard, hase, hâte,
hâtille, haubans, haubert, haut, havir, havre, he !, heaume,
hennir, Henriade, héraut, hère, hérisson, hernie, héron,
héros, herse, hêtre, heurter, hibou, hic, hideux, hie, hié
rarchie, hobereau, hoc, hoca, hoche, hochepied, hochepot,
hochet, holà ! hollander, homard, honnir, honte, hoqueton,
hotte, Hottentot, houblon, houe, houille, houle, houlette,
houppe, hourdage, houret, houri, hourque, hourvari, hou
seaux, houssage, houssaie, houssard , housse, houssine,
houx, huard, huche, huer, huette, huguenot, huit, humer,
hune , ho : , hochequeue , hogner , hom !, hue , huppe,
hure , hurhaut, hurlement, hutin, hutte, ainsi que les
mots dérivés : quant aux mots composés, H s y trouvant à
l'intérieur, l'aspiration disparaît.
266

MoTs que l'on prononce de méme ou à peu près de méme,


et que l'on écrit différemment.
A, 3° pers. du prés. de l'affir. du AcHoREs, ulcères.
verbe Avoir. AccoRD, convention, harmonie.
A, préposition. AccoRT, complaisant, adroit.
As-tu, tu as, 2° pers. du prés. de A coR et A cRI, expression adver
l'affir. de Avoir. biale.
AH ! HA ! exclamations. A coRPs PERDU , expression adver
HAHA , ouverture au mur d'un biale. -

jardin.
AH ! AH ! HA, HA! exclamations.
HA, HA, HA, etc., rire bruyant. AFFAIRE, occupation, procès.
A FAIRE, prépos. et verbe.

ABAIssE, pâte. AFFLUANT, verbe Affluer. -

ABAIssE-t-il, verbe Abaisser. AFFLUENT, jonction de deux cou


ABBEssE , supérieure d'un ordre rants d'eau.

religieux de femmes.

A1-je ? verbe Avoir.


Que tu AIEs, verbe Avoir.
ABAT-jour. AIs, planche de clôture.
ABATs-tu ? verbe Abattre. HAIE, clôture d'arbustes épineux.
A BAs, expression adverbiale. Je HA1s, verbe Hair.
EH ! HÉ ! exclamations.
HÉ , HÉ , HÉ, rire niais.
Es, préposition, docteur ès-lettres.
ABo1, aboîment. Es-tu ? verbe Étre.
ABois, être aux abois.
ET, conjonction.
Il ABoIE, verbe Aboyer.

ABoRD, accès.
AIGUILLÉE,
longueur de fil pour
l'aiguille.
A BoRD , être à bord d'un bâti AIGUILLER,
ôter la cataracte de l'œil.
ment.
AIGUILLIER, étui à aiguilles.
AIGUILLIÈRE, filet entre deux eaux.
AccoMPLIE s, adj. fémin. plur.
A coMPLIEs, être... dernier office AHIE ! exclamation.
après Vêpres.
AïE, cri des charretiers.
267
AILE, bras des oiseaux; sorte de ALLIER, rivière et département.
bière anglaise. HALLIER, buisson.
ELLE, pronom personnel. A LIER, prépos. et verbe.
ALLIÉ, ALLIÉE, adj. et partic.
ALLIEz, verbe Aller.
AIMÉ, AIMÉE, adjectif et participc. HALIEz, verbe Haler.
AIMÉs, adject. et partic. pluriels. HALIEz, verbe Hâler.
AIMEz-vous, verbe Aimer.

AMANDE , fruit de l'amandier.


AtNe, joint de la cuisse et du bas . AMENDE, peine pécunière.
Ventre.

AIsNE, rivière et département.


HAINE, aversion. AMENER , faire venir où l'on est.
EMMENER, mener du lieu où l'on
est dans un autre.
AIR, fluide, chant.
AIRE, côté d'où vient le vent, nid
d'oiseau de proie, place à battre AMI, AMIE, celui ou celle qui aime.
le blé. AMICT, linge mis sur la tête du
ÈRE, époque fixe d'où l'on part prêtre.
pour compter les années. A M1-septembre.
ERRE, train, errement. Il A MIs, verbe Mettre.
ll ERRE, verbe Errer. .
HAIRE, chemisette de crin.
AN, espace de douze mois.
HÈRE, terme de mépris ; pauvre
EN, préposition et pronom.
hère.
HAN, sorte de caravanserai.

AissELLE, joint du bras et de l'é-


paule. ANALYsTE, versé dans l'analyse.
EsT cE ELLE ? interrogation. ANNALIsTE , celui qui fait les an
nales. /
L'ALÈNE, un outil de cordonnier. ANCHE, languette de plusieurs ins
L'HALEINE, l'air qu'on expire des truments à vent.
poumons.
- • 4 ! HANCHE, partie où tient la cuisse.
LA LAINE, toison.

ANCRE, pièce de fer pour arrêter


ALLÉ, ALLÉE, part. de aller. les vaisseaux, pour consolider
ALLÉE, chemin. les murs.
HALÉ, verbe Haler. -
ENCRE, liquide pour écrire, impri
HALER, verbe Hâler. . IIle T.
268

ANNULAIRE, doigt à côté du petit. ARE , mesure.


ANNULER, rendre nul. ART, talent.
HART, outil de gantier.
HART, lien.
ARRHEs, gages.
ANoBLIR, donner des lettres de
noblesse.
ENNoBLIR, rendre illustre. AÉRoMÈTRE , instrument qui in
dique la densité de l'air.
ARÉoMÈTRE, instrument propre à
peser les liqueurs.
ANTRE, caverne.
ENTRE, prépos. et verbe.
ARÊTE, os de poisson.
ARRÊTE, verbe Arréter.
ANvERs, ville belge.
ENvERs, prép. et substantif.
EN vERs, le contraire de la prose. ARMET, casque.
EN vERT , couleur. Il ARMAIT, verbe Armer.
EN vERRE, matière transparente.

ARRANGER, mettre en ordre.


A RANGER, prép. et verbe.
A PAREIL, prép. et adject.
APPAREIL, préparation.
APPAREILLE, verbe Appareiller.
AssAUT, attaque, lutte.
A sEAUx, prép. et substantif.

A PAs de loup, express. adverbiale.


APPAs, charmes. A-T-ELLE fait ? interrogation.
APPAT , amorce. A TELLE, prépos. et adject.
ATTELLE, verbe Atteler et subst.

APPRIs, APPRIsE, adj. et part. ATELIER, lieu où on travaille.


A PRIx, prép. et subst. ATTELIEz, verbe Atteler.
Il A PRIs, verbes Avoir et Prendre.

ATHÉE, qui ne croit pas à l'exis


AQUILoN , vent. tence de Dieu.
Celui A QUI L'oN parle, HATÉ, HATÉE, verbe Háter..
269
Au, Aux, à le, à les. AUTRErois, adverbe.
AUTRE vois, adject. et subst.
AuLx, pluriel de ail.
HAUT, adjectif et substantif. -

EAU, liquide. AuvENT, sorte de volet, saillie.


O, oH ! Ho ! exclamations.
Os, partie la plus dure du corps AU vENT, prép., article et subst.
des animaux
AUvERGNAT , qui est d'Auvergne
AUvERNAT, gros vin d'Orléans.
AUPARAvANT, adverbe.
AU PARAvENT, prépos. , article et
substantif. AvAL, en descendant.
AvALE, verbe Avaler.

AUsP1cE, divination.
AUsr1cEs, protection, Présage. AvANT, préposition.
HosPicE, hôpital. L'AvENT, temps avant Noël.
A vENT, prép. et subs., moulin à
1'ent, , ! . • * " :.

AusrER, vent du midi.


AUsTÈRE, adjectif. AvENIR, passé, présent, avenir. a

-
A vENIR, prép. et verbe.

AuTANT, adverbe. * :*

AurAN, vent orageux du midi | AvoIR, verbe.


Au TEMPs, prép., article et subst. A voIR, préposit. et verbe.
OTANT, verbe Oter. B. - _
· -
· · ·a
o TEurs, ô mœurs ! exclamation.
-
- º • - • -
BA1, couleur rouge-brun. , , • • • • •
AUTEL, où l'on dit la messe, etc. BAIE, golfe. ' ' '
BÉE,gueule ouverte, cri'del'agneau.
HôTEL, lieu où on loge, demeure,
palais. \ . -
BEY, chef parmi les Musulmans.
, ,,.. | ---- . r: • 1 , , .

AUTEUR , d'un ouvrage , d'une BEIGNET, tranche de fruit entourée


action. de pâte frite. 7 ! ! " , ... ,

HAUTEUR, élévation, arrogance. Je BAIGNAIs, verbe Baigner.


HoTTEUR, qui porte la hotte. • -- iº , 1 rT , !
, i 4 *: . -1 ° :, or !
BAIL, contrat d'une location,.,
AUToMNE, saison. .., ., -
BAILLE, verbe Bailler.zrr 1a · 9
OrnoNNE, arbrisseau toujoursVert BAILLE, verbe Bdiller, , , ar • * i !
—--
27o
BAIN , prendre un bain. BAToN, sorte de canne,
BEN, arbre. BATToNs, verbe Battre. 4 -
BAToNs, verbe Bâter. • · ·
BAL, lieu où l'on danse. -
:
, , ! -

BALLE, boule, paquet. .'.



BALE, ville. - BAUD, chien courant de Barbarié.
BEAU, adjectif. .
BALAi, pour balayer. BoT , pied-bot, contrefait.
BALAIs, rubis-balais. •

BALLET, sorte de danse.


Bars-LEs, verbe et pronom. • • • •
' BEAUcoUp, adverbe.
BEAU coUP , adj. et subst. •
BEAU coU, col, adj. et subst.
BAN, proclamation.
-
:::: ; '
BANC, siége. -

* º* º *
BANs, lits de chiens de chasse.
' , º ,, ': j - • • . '
-

BEAUTÉ, belles formes. | | |


• v' , | -- , : , .1 / .
- ! BoTTÉ, qui a mis des bottes.º
BARDEAU, planche à couvrir les -

cabanes. : ... , , º. : . *** #


BARDoT , petit mulet.
BELLE , adjectif féminin. n is ie , /
• - H : •.3 , !
Il BÉLE, verbe Béler.
— • * ' . .

BAs, chaussure-----
BAs, BAssE, adjectif. BÉNI , BÉNIE, protégé, ée de Dieu.
BATs, verbe Battre. • 1, y , ' or :
BÉNrr, BÉNITE, pain bénit, eau
bénite.' ' ' | | : ".l ' s-
BAT, sorte dé selle. | e - H 1 ) • --
• \ · · · , · · (,
BAH ! exclamation º , ººo . : o . . «i a , ! '

BÊTE, animal, sot.


- ſi· ·· · · · · · ·· ·· ,
BAsILIc, plante, serpent fabuleux.| | BETTE, plante.
·· ·i : io : º , · · ·A
Bºsºopº, temple, grande église. - -

, :

| j | : ...
-

" .;
t :
-

ººº —ºº : t o r
BIAIs, travers, prendre de biais.
BAssINET, partie des armes à feu où BIEz, canal qui conduit l'eau au
7 17
rC moulin.
, l'o met ! amorce -

, , 1 # : 1 ſ" , n , 1 r A. º ! • •• • :

AssINAIT-elle, verbe Bassiner.


.v , ------ , 2 , no s •
BATTE, maillet, sabre de bois, BIEN FAIr, adv. ét participe. *
BIENrArr, substantif : º
banc de blanchisseuse , bâton *-
pour baratter le beurre. ' • º *
BIÈRE, boisson. · ,· ·-2 .., 117 toi
tors !
Qu'il BATTE , verbe Battre. º : - -

Il BATE, verbe Bâter.º ' * ' * BIERRE ou arèRE, cercueil " º


271

BILE, humeur. BoURG, bourgade.


B1LL, projet de loi. BoURRE, je BoURRE, substantif et
verbe.

BILLIoN, nom de nombre. BRA1, sorte de goudron pour cal


BILLoN, monnaie de cuivre. fater.
BRAIE , linge pour envelopper les
enfans.
B1sE, vent du nord. Qu'il BRAIE, verbe Braire.
B1sE, adjectif féminin, brune.
Bis, deux fois, adverbe.
BRAILLER , crier, verbe.
BRAYER , enduire de brai, verbe.
BoîTE , coffre. BRAYER, sorte de bandage.
Il BoITE, verbe Boiter.
BRÉvETAIRE, porteur d'un brevet.
BRÉvETER, donner un brevet,
BoN, bonne, adjectif.
BoND , saut.
BRIGAND , celui qui s'adonne au
brigandage. *

BoNAcE, calme de la mer.


BRIGUANT, verbe Briguer.
BoNAssE, simple, sans malice ,
• trop bon.
BRocARD, raillerie.
BRocART, tissu. - -

BoUcHÉ, BoucHEz, adject. et verbe, BRoQUART, jeune sanglier. • •


BoucHER, celui qui vent la viande.

BRoU , écorce verte des noix. -

BoUE, fange. BRoUT, sommités des branches de


BoUs, verbe Bouillir. taillis. º :

BoUT , extrémité.
*, *

BRET, qui n'est pas façonné.


BoULAIE, lieu planté de bouleaux. BRUTE, animal, homme sans raison.
BoULET, projectile, balle de canon.
- * º *l ; |

BU, BuE, adject. et partic. * ,


'Il BuT , verbe. - 1 • !
BoUiLL1, BoUILLIs, adj. et verbe.
BouILLIE, substantif. "" " |Bur, lieu où l'on tend, où l'on vise.
- * " * a

|
272
BUTE, outil de maréchal. CALANDRE, presse cylindrique.
BUTTE , monticule. CALENDEs, le premier jour du mois
Il BUTE, verbe Buter. chez les Romains.

C.

QA, pronom , adverbe. CALAMBoUR, bois des Indes.


Q'A, pronom et verbe Avoir. CALEMBoUR, jeu de mots à double
S6I18.
SA, adj. déterm. poss. ſémin.
SAs, tissu pour tamiser la farine.
CALENDRIER, tableau des jours et
CABRIoLET , sorte de voiture. des mois de l'année.
Il cABRIoLAIT, faisait des cabrioles, Vous CALANDRIEz, verbe Calandrer.
verbe.

CACHÉ , CACHAI , CACHAIs , etc. , CALEPIN, recueil de notes.


, '
verbe. CANEPIN, peau de mouton très fine.
CACHET, petit sceau. –

CALQUER, contre-tirer un dessein.


CAD1, juge turc. CALCAIRE, qui est combiné avec de
CADIs, drap grossier. la chaux.

QU'A DIT ton frère ? pronom, verbes ſi . *


Avoir et Dire.
CAMP, lieu où s'arrête une armée.
CAEN, ville de France.
CAHoT, saut d'une voiture. 9 KAN, chef de Tartares.
CHAos, confusion. | | 4»,
QUAND, adverbe pronominal.
QUANT , adverbe pron. toujours
suivi de à.
CAILLÉ, substant. et adject. QU'EN pense-t-on ? pronoms que
et er2 .
CAHIER, assemblage de feuille de -

papier.
CANAux, pluriel de Canal.
CAIssE, coffre, tambour. | CANoT, petit bateau.
Qu'Esr-cE ? pronom, verbe Étre et |
" , . .. t , o{!
pronom. -

CANE , femelle du canard. ra , º


CANNE, roseau sucré, bâton.
CAL, durillon. - -

CALE, fond d'un navire, châtiment, 1 , 1a , - | | | : - • • • •

. suPport. , CAP, tête, promontoire. . , n


Il cALE, verbe Caler. 1CAPE, vêtement, grand voile.
-
273
CAPITAL, adjectif. CAssIE, arbre.
CAPITALE, chef-lieu, grande lettre. CACIs, sorte de groseillier.

· CAR, conjonction. Qu'A-T-oN fait ?


CARRE, verbe Carrer. Qu'A ToN frère ?
QUART, quatrième partie.
CAUsE, substant., verbe Causer.
CARDEUR, celui qui carde. Qu'osE-t-il?pronom et verbe Oser.
Un QUART D'HEURE, quatrième par
tie de l'heure.
CE, adject., pronom démonstrat.
SE, pronom personnel.
CEUx, pronom démonstratif.
CARIER, verbe Gâter.
CARRIER, ouvrier d'une carrière.
CARRIÈRE, lieu d'où l'on extrait
des pierres; lice. CÉANs, adverbe.
SÉANT, convenable, siégeant, si
tuation d'une personne assise
dans son lit.
CARQUoIs, étui à flèches.
CAR, QUo1 de plus beau, conjonct. -

et pronom.
CÉDER, verbe.
S'AIDER, pronom et verbe.
CARTE de jeu, de restaurateur.
QUARTE, mesure, nom d'une fièvre.
CEINT, cEINTE, qui est entouré
d'une ceinture.
CARTIER , fabricant de cartes à SAINT, sAINTE, consacré à Dieu, à
Jouer. la religion, respectable.
QuARTIER, quart, partie d'un tout, CINQ, nombre.
d'une ville, d'un soulier; grâce
aUl X Va1nCIlS.

CEIGNANT, verbe C eindre.


SAIGNANT, verbe Saigner.
CAs, occasion, estime.
Qu'A, pronom et préposition.
Qu'A , QU'As, pronom et verbe
Avoir. CÉLANT, verbe Cé'er.
CasE, lieu de retraite, cabane ; SCELLANT, verbe Sceller.
verbe Caser. SELLANT, verbe S'eller.
274
CÉLERI, plante. CENsUEL, droit du cens.
SELLERIE, commerce de sellier, SENsUEL, voluptueux.
lieu où on dépose les harnais.

CENT ANs, nom de nombre et année.


CELLE, pronom personnel fémin. SENTANT, verbe Sentir.
CÈLE, verbe Céler. SANs TANT, prép. et adv. pronom.
ScEL, sceau, empreinte. SANs-T'EN, prépos., pron. pers.
SCELLE, verbe Sceller. et pron. en.
SEL, acide cristallisé. Cela s'ENTEND, pron. pers. et verbe
Entendre,
SELLE, substantif, verbe.

CELIER, sorte de caveau.


CEP, pied de vigne, lien.
. CEs, adjectif.
SELLIER , celui qui fait des selles. SEs, pronom.
CET, adjectif masculin.
C'EsT, CE et EsT.
C'EN ; ce et en pronoms. S'EsT, sE et EsT.
CENs, imposition ; payer le cens. SEPT, nombre.
CENT, deux cENTs, nom de nombre.
SANG, liqueur qui coule dans les
veines. CERF , quadrupède herbivore.
SANs, préposition. SERF, paysan asservi.
S'EN, se et en pronoms.
SENs, verbe Sentir, substantif.
CENsE, ferme. CEssIoN, abandon.
Nous cEssIoNs, verbe Cesser.
SEssIoN, réunion des Chambres.
CÈNE, dernier repas de Jésus
Christ avec ses disciples.
SAINE, adjectif féminin. CÉTAcÉ, grand poisson.
SEINE, fleuve; filet qu'on traîne. C'EsT AssEz, ce, est, assez.
ScÈNE, partie du théâtre où jouent
les acteurs; querelle.
CHAîNE, suite d'anneaux entrelacés.
CHÊNE, arbre.
CENsÉ, adjectif, participe.
SENsÉ, qui a du sens. CHAIR, substance, aliment.
-
CHAIRE, siége à prêcher, à professer.
CHER, adject., adv., rivière, dé
CENsÉMENT, probablement. partement.
SENsÉMENT, d'une manière sensée. CHÈRE, adject., qualif., fém.
275
CHANcELIER, garde des sceaux. CHÊNAIE, lieu planté de chênes.
Vous cHANCE LIEz, verbe Chan CHENET, ustensile de cheminée.
celer.

CHoc, heurt.
CHANT, inflexions musicales de la CnoQUE, verbe Choquer.
voix.
• • • • i• !
CHAMP, pièce de terre.
CHRÊME, huile consacrée.
CRÊME, partie la plus grasse du lait,
CHANTIER, magasin de bois. liqueur.
' ,
Vous cHANTIEz, verbe Chanter. -

CHUT ! exclamation.
CHUTE, action de choir.
CHA, étoffe chinoise de soie.
CHAs, trou d'aiguille.
CHAT, animal domestique. CI, adverbe. -

S1, conjonct.; septième note de la


gamme.

CuAssIE, humeur des yeux. ScIE, substantif, verbe.


CHAssIs, encadrement. S1s, adjectif situé.
Six, nom de nombre.
- #
S'r, pron. pers., et pron. ad
verbial.
CHATIER, verbe. -

CHATIÈRE, passage pour les chats.


1
CYGNE , oiseau.
SIGNE , marque, constellation,
CHAUD, adjectif.
verbe Signer.
CHAUx, terre alcaline.

CIL, poil des paupières.


S'IL, s1 et IL.
CuAUMER, couper le chaume. SIL, ocre des anciens.
CuôMER, fêter, se reposer. ScILLE , plante.

-
" ! -

CHAUssÉE, adjectif féminin, , par CI-APRÈs, express. adverb. ! '


ticipe. Sr PaÈs, tellement près. -

CuAUssÉE, chemin élevé en digue. CYPRÈs, arbre,


276
CIRÉ, Tun des produits des abeilles, CoI, adjectif.
composition qui sert à cacheter. QUoI, pronom , exclamation.
SIRE, seigneur. -

CIRRHE, ſilament de la vigne.


QUoIQUE, conjonction.
) QUoI QUE, pronom et adverbe.
CIRoN, insecte.
CIRoNs, verbe Cirer.
ScIERoNs, verbe Scier.
CoEUR, partie interne, siége prin
cipal du sang; courage ; centre.
CHoEUR, troupe de musiciens, par
CITE, verbe Citer. tie d'une église.
SITE , situation, lieu.
ScYTHE, habitant de la Scythie.
CoïNcIBANT, verbe Coïncider.
CITEAUx, village et ancienne ab CoïNCIDENT, adjectif.
baye.
S1TôT, adverbe.
S1 TôT, sI et TôT. CoL, collet de chemise, d'habit.
CoLLE , substantif et verbe.

CIvIL, poli, qui regarde les ci


toyens. CoMMAND, celui qui fait acheter.
SI v IL , sI et vIL. CoMMENT , adverb.
SIx vILLEs.

CoMMENTAIRE, narration, éclair


CLAIR, adject. et adverbe. cissement.
CLERc, ecclésiastique, apprenti CoMMENTER, expliquer, amplifier
avoué, apprenti notaire, etc. un récit.

CLAUsE, condition. CoMPLET, adjectif. -

CLosE , fermée. Il coMPLAIT, verbe Complaire.

CLINcAILLIER, marchand de clin CoMPTE, substantif et verbe.


quant. CoMTE, dignité.
QUINCAILLIER, marchand d'ou CoNTE , récit fabuleux , verbe
tils, en acier, en fer. Conter.
277
CoNTUMACE , défaut de comparaître CRoIx, lignes formant quatre an
en justice. gles, peine.
CoNTUMAx, condamné étant absent. CRoIs, verbe Croire.
CRoîs, verbe Croître.

CoNvExE , opposé à concave.


QU'oN vExE, que, on , vexe.
CRU, CRUE, adjectif.
CRU, cRUE , verbe Crottre.
CoQ, oiseau. Je CRUs, verbe Croire.
CoQUE, coquille.

CoR, durillon ; instrument de mu CUIR, peau des animaux.


CUIRE , verbe. ®
sique.
CoRPs, substance, corps animé.
CoRs, cornes du cerf.
Qu'oR, que et or. CULIÈRE, sangle de derrière.
CUILLÈRE ou CUILLER, ustensile.

CoTE, marque d'ordre, impôt. D.


CôTE, os, pente, rive.
CoTTE, jupe, poisson. DAIs, poèle en ciel-de-lit.
Qu'oTE-t-il ? pron. que, et verbe Dé, instrument propre à jouer,
Oter. à coudre.
DEs, DE et LEs.
Dès, préposition.
CoU, partie du corps. DE Y, dignité en Afrique.
CoUT, ce qu'une chose coûte.
CoUP, choc, action, fois.
CoUDs, verbe Coudre.
DAM, dommage.
DANs, préposition.
D'EN ; DE, prép., et EN, pronom.
CREUsET, vase à fondre les métaux.
DENT, os de la mâchoire qui sert
Il cREUsAIT, verbe Creuser.
à broyer les alimens.

CRI, l'action de crier.


CRIE, verbe Crier. DANsE , substantif et verbe.
CRIC, levier. DENsE, adject., pressé, épais.

CRoc, crochet. DATE, subst., verbe.


DATTE, fruit.
CRoQUE, verbe Croquer.

278
DAvANTAGE, adverbe. DEssEIN, résolution.
D'AvANTAGE, DE et AvANTAGE. DEssIN, objet dessiné.
Je me DÉCEINs, verbe Déceindre,
ôter la ceinture.

DEçA, adverbe.
DE sA, prép. et adject. possessif.
DEUIL, affliction.
Coup D'oEIL, regard.

DÉcENT , modeste.
DEsCENDs, verbe Descendre.
DEUx , nom de nombre.
D'EUx, préposit. et pronom.
D'oEUFs, préposit. et subst.
'DÉcENTE, adject. féminin.
DEscENTE, pente, action de des
cendre. DIFFÉREND, démêlé, querelle.
DIFFÉRENT, adject, qui n'est pas
semblable.
DIFFÉRANT, verbe Différer.
DÉFAIRE, ôter, détruire.
DÉFÈRE, verbe Déférer.
- •º • /*

DÉFERRE, verbe Déferrer. D'r, préposit. et adverbe, pron.


DIs, verbe Dire.

DÉGoUTANT, rebutant.
DÉcouTTANT, qui tombe goutte à DîNÉ, DîNER, DîNEz, verbe Dtner.
goutte. DîNÉE, substantif. -

Dix NEz, nom de nombre et subst.

Au-DELA, par delà, adv. et prép.


DE LA, préposit., de et adv. là. DIx ANs, nom de nombre et subst.
DE LA, préposit. de, et adject., DIsANT, verbe Dire,
démonst., article fémin. sing.

DIsPENsAIRE, livre de formules


médicinales.
DÉLIT, infraction à une loi.
DÉLIE, verbe Délier. DIsPENsER, verbe.

DÉs1R, envie d'un objet. Divens, adjectif.


DÉsIRE, verbe Désirer. D'HIvER, préposit. et subst.
279

DoLANT, unissant avec la doloire , ÉCLAIR, éclat subit de lumière ,


verbe Doler. causé par l'électricité.
DoLENT, adj., souffrant, triste. ÉcLAIRE, verbe Eclairer, plante.

ENCHÈRE, offre supérieure à une


DoM et DoN, seigneur, qualification
espagnole et portugaise.
autre, pour obtenir un objet.
EN CHAIR et en os, locution
DoN, présent, cadeau.
DoNc, conjonction. EN cHAIRE, siége, monter en chaire
DoNT, pronom relatif, duquel, de
laquelle, etc.
EMPEsER, verbe.
EN PEsER, pron. adverb. et verbe.
D'oR, préposit. et substant. pron.
DoRE, verbe Dorer. EMPLATRE, onguent étendu.
DoRs, verbe Dormir. EN PLATRE, préposit. et substant.

D'où, prépos. et adverbe pron. ENcoRE, adverbe.


DoUE, verbe Douer. EN CoR, tourné en cor de chasse. .
DoUx, adjectif. EN coRPs et en âme (locution).

Du, préposit. de, et article le. ENFER, substantif.


Dû, DUE, DUs, verbe Devoir. EN FER, préposit. et substantif.
ENFERRE, verbe Enferrer.
EN FAIRE, préposit. et verbe.
DUNE, rocher près de la mer.
D'UNE, prép. de, et une adject.
ENTER, verbe Greffer.
E. ANTHÈRE, petite loge qui contientº
le pollen des fleurs.
É, È, Ê, voyelle e accentuée dif HANTER, verbe Fréquenter.
féremment.
Eh ! hé !, exclamat. HÉ, HÉ, Hé,
I'lr6 Il1a1S, A l'ENv1, expression adverb.
ET, conjonct. ENvIE, subst. et verbe Envier.
EN vIE, prépos. en, et subst, vie.
47

Écho, son répété, nymphe.


EcoT, la part que chacun paie Ér1, tête du blé, etc.
du prix d'un repas. ÉrIE, verbe Épier.
A
28o

EssE, crochet en fer, qui a la forme F.


d'un s.
EsT-CE ? verbe Etre, et pronom ce. FABRICANT, adjectif.
FABRIQUANT, verbe Fabriquer.

ÉTAI , bois pour soutenir, gros


câble. FAcE, visage, façade, situation.
ÉTAIE, verbe Étayer. FAscE, bande du milieu (terme de
ÉTÉ, ÉTAIs, verbe Étre. blason ).
Que je FAssE, qu'ils FAssENT, etc.,
verbe Faire.
ÉrAIM, laine ſine.
ETAIN, métal.
TEINs, ÉTEINT, verbe Eteindre. FAIM, besoin et désir de manger.
FEINs, verbe Feindre.
FIN, adj. rusé, subst. but, terme.
ÉTANc, étendue d'eau stagnante.
ETANT, verbe Etre.
ÉTENDs, verbe Étendre. FAIs, verbe Faire.
FAIT, substantif, partic.
FAIx, fardeau.
ÊTRE, subst. et verbe.
HÊTRE, arbre.

FAîTE, sommet.
CEUF, substantif. FAITE, adject., fémin., partic.
FAITEs , verbe Faire.
EUx, pronom.
FÊTE, réjouissance, solennité.

ExAUCER, c'est satisfaire.


ExHAUssER, c'est élever. FAoN, petit d'une biche.
FENDs, verbe Fendre.

ExcÉDANT, verbe Excéder.


ExCÉDENT, adjectif.
FARD, pâte rouge artificielle, feinte
PHARE, grand appareil d'éclairage
pour les vaisseaux ; tour sur
ExcELLANT, verbe Exceller.
ExcELLENT, adjectif. montée de cet appareil ; détroit.

ExPÉDIANT , verbe Expédier. FATIGANT, adj., pénible, ennuyeux.


ExrÉDIENT , substantif. FATIGUANT , verbe Fatiguer.
28I

FAU , arbre. FLAMAND, né en Flandre.


FAUx, substant., adject. FLAMANT, oiseau.
Il FAUT, verbe Falloir.

FLAN, tartre, métal en rond.


FÉRIE, jour de fête. FLANc, le côté.
FÉERIE, enchantement.

FoI, croyance, fidélité.


FERMANT, verbe Fermer et subst. FoIE , viscère.
FERMENT, levain. FoIs, substantif.
FoIx, ville de France.

FÉTU, brin de paille.


FoETUs, animal à demi-formé. FoND, partie la plus basse, la plus
CreUlSG.
FAIs-TU ? verbe Faire, suivi de
FoNDs, substant. et verbe Fondre.
son sujet tu.
Ils FoNT, verbe Faire.
FoNTs, vaisseau pour baptiser.

FILs, garçons.
Je F1s, verbe Faire. FoR, conscience.
FoRT, substant. , adject.
FoRs, adverbe, préposition.
FICTIoN, invention fabuleuse.
FixIoNs, verbe Fixer.
FoRET, outil de fer pour forer.
FoRÊT , grande étendue de bois.
Il FoRAIT, verbe Forer.
FIL, brin délié de soie, de coton, FoREz, ancienne province.
de chanvre, etc. : tranchant d'un
instrument ; suite.
FILE, subst., verbe Filer. FoURNIL, lieu ou est le four.
FoURNI, FoURNIs, verbe Fournir.

FILET, réseau ; petit courant, etc.


FILAIT-il ? verbe Filer.
FRAI, fécondation des œufs de pois
sons, petits poissons; altération
des monaies par le frottement.
FRAIE, verbe Frayer, tracer.
FILTRE , papier, chausse-pierre, FRAIs, substantif, adjectif.
machine à filtrer, verbe. FRÈT, louage et action d'équiper
PIIILTRE, breuvage aphrodisiaque. un vaisseau.
282

FUsILIER , soldat armé de fusil. GouTTE, petite partie d'un liquide,


FUsILLÉ, rUsILLER, verbe. maladie.
GoUTE, verbe Gouter.

Fur, subst., verbe Etre, troi


sième personne sing. de l'indéf. GRAINIER, marchand de grains,
du subjonct. qu'il ne faut pas confondre avec
FUT, verbe Etre, défini de l'affirm. GRÉNETIER, marchand de graines.
GRENIER, lieu où on renferme les
G.
grains.
GAI , adjectif.
GUÉ, endroit de rivière qu'on passe
à pied.
GRAIssE, substance grasse, verbe
Graisser.
GUÉ, GUÉE , verbe Guéer.
GUET, action de guetter; soldats
GRÈCE, contrée d'Europe.
qui guettent.
GRAMMAIRE, science du langage.
GRAND'-MÈRE , aïeule.
GAîTÉ, bonne humeur.
GUETTÉ, GUETTÉE, GUETTER, verbe
Guetter.
GRÉ, volonté , bon plaisir.
GRÈs, sable, pierre de sable.
GALE, maladie. GRETz et GRAY, localités.
GALLE, excroissance végétale. -

GRILLoN , insecte.
GRILLoNs , verbe Griller.
GAzE, subst., verbe. -

GAz, fluide.

GUIGNER, verbe, regarder de côté.


GELÉ, GELÉE, verbe Geler. GUIGNIER, espèce de cerisier.
GELÉE, froid qui glace, suc, jus
H.
glacé.
JE L'AI, substantif pers., pron., HALE, impression de l'air.
verbe Avoir.
HALLE , marché couvert.

GENs, substantif, pluriel.


GENT, subst. fémin. singul. HALo, cercle lumineux autour d'un
JEAN, nom d'homme. aStre. -

J'EN ai, subst. personnel et pron. HALor, terrier de garenne.


adverbial. -
A L'EAU, prép... artic., subst.
283

HAuTEssE , titre du sultan. IMAGINAIRE , adjectif.


HôTEssE , celle qui loge. IMAGINÈRENT , verbe Imaginer.

HÉ Ros, militaire illustré par ses


faits d'armes.
INTENsIoN, force, intensité.
INTENTIoN, dessein, projet.
HÉRAUT , celui qui proclame.
HÉRAULT , rivière et département.
-

INvENTAIRE, subst. état des biens.


HEUR , bonheur.
INvENTÈRENT, verbe Inventer.
HEURE, vingt-quatrième partie du
Jour.
HEURT , choc.
EURE, rivière et département. IvoIRE, dent d'éléphant ouvrée.
Y voIR, adverbe et verbe.

HocHET , jouet d'enfant.


Il HocHAIT , verbe Hocher.
J'AI, pour je, ai.
Que J'AIE, pour je, aie.
JAIs, bitume, verre très noir.
HoRs, préposition.
JET, action de jeter, de jaillir.
Oa, substantif, conjonction.
GEAI, oiseau.
ORT, substantif, objet pesé avec
l'emballage.

JANTE, partie du cercle d'une roue.


HôTE, celui qui loge, celui qui J'ENTE, pour je ente, je greffe.
est logé.
HoTTE, sorte de panier.
HAUTE, adject. féminin.
OTE , verbe Oter. JE, subst. pers.
JEU, amusement.
I.

l, î, voyelle accentuée différem


ment. J'ENvoIE, pour je envoie.
J'EN vois , subst. pers. , pronom
Y , voyelle grecque, adv. pron.
adv., verbe Voir.

IL, ILs, pronom personnel.


ILE, terre environnée d'eaux. JEUNE, qui n'est pas vieux.
ILLE, rivière et ville. JEûNE, subst., verbe Jeuner.
284
JE T'AI dit, pour je te ai. LAc, grand amas d'eau dormante.
JETÉ, JETEz, JETER, verbe. LAQUE, résine, vernis.
JETÉE, subst. , partic. féminin.

LACER, serrer avec un lacet.


JEToN, pièce pour compter. LAssER , fatiguer.
JEToNs, verbe Jeter. /
JE ToNDs, je et verbe Tondre.
LACET, piége, cordon pour lacer.
LAçAIT, verbe Lacer.
verbe Lasser.
JoAILLIER, qui travaille en joyaux. LAssAIT,
JoUAILLER, jouer à petit jeu.

LA1, adject.; laïque, un frère lai,


substantif complainte.
JoNcHAIs , JoNcHÉ , JoNcHEz, JoN LAID, LAIDE, adjectif.
cHER, verbe. LAIE, femelle du sanglier; sentier
JoNcHÉE, herbes dont on jonche, de forêt.
participe féminin. LAIT, liqueur naturelle, et pre
JoNcHETs, bâtons pour jouer. mière nourriture que les qua
drupèdes femelles donnent à
leurs petits.
JUDA, trappe à un plancher. L'Ais, LE et AIs, planche.
JUDAs, traître. Que je 1'AIE , etc.; pronom le, et
verbe Avoir.

K. LÉ, largeur d'une étoffe.


LEGs, don fait par testament.
LEs, adject. déterm., artic. plur.
KERMÈs, insecte rouge, qui s'at Tu L'Es, pron. le, et verbe Étre.
tache aux feuilles du chêne.
LEz, prép., à côté de, Plessis-lez
KERMEssE , fête villageoise en T'ours.
Flandre.

L.
LAIDE, adject. féminin.
L'AIDE , L'AIDEs, pronom le, et
LA, adject. déterm., artic. fémin. verbe Aider.
singul., sixième note de musique. LEYDE, ville de Hollande, bou
Là, adverbe pronom. teille de Leyde.
Il L'A, L'As-tu, pronom le, et verbe
Avoir.
LAcs, lacets, cordons déliés. LAINÉ, LAINÉE, adjectif.
LAs, adjectif, fatigué. L'AîNÉ, le premier né.
285

LAITE, laitance. LETTRE, épître.


Vous l'ÊTEs, pron. le, et verbe L'ÉTRE, pour le et être, existence.
Etre.

LEUR, LEURs, pron. et adj. déter.


L'AMER, ce qui est amer. LEURRE , tromperie.
LA MER, l'Océan. L'HEURE, pour la et heure.
LA MÈRE, la maman. L'EURE, pour la et Eure, rivière.

L'AN, le et an. LEvIER, machine propre à sou


lever.
LAoN, ville de France.
LEvIEz-vous, verbe Lever.
L'EN, pronoms.
LENT, adjectif. L'ÉvIER, pour le et évier.

LIcE, lieu pour les courses, bar


LANcE, arme; verbe Lancer.
L'ANsE, le et anse, arc d'un vase, rière, sorte de tapisserie, chienne
de chasse.
d'un panier pour le porter; petit LIssE, adject. uni, doux.
golfe. L1s ou LYs, fleur.

LARD, chair graisseuse ou huileuse


de certains animaux. LIE, dépôt d'une liqueur; lie, lies,
verbe Lier. #

L'ART, pour le et art, industrie. LIT, meuble pour coucher, objet


étendu par couches; canal d'une
rivière.
LA TENsIoN, la et tension, état de L'Y, pour le et y.
ce qui est tendu. .
L'ATTENTIoN, la et attention, pre
mière faculté intellectuelle de
LIEU , LIEUx, endroit.
l'homme.
LIEUE, mesure itinéraire.

LAvIs, manière de laver un dessin. LIoN, quadrupède carnivore.


L'AvIs, pour le et avis. LIoNs, LIIoNs, verbe Lier.
Tu LA vIs, pour tu vis elle. LYoN, ville de France.
LA vIE, adject. la et subst. vie.

LIRE, verbe.
LÉGAT, envoyé du pape. LYRE, instrument de musique.
LÉGUA, LÉGUAT, verbe Léguer. L'1RE, pour la et ire, colère.
286

Lissé, participe du verbe Lisser. MAIL, jeu, maillet, allée.


LYcÉE, collége, école. MAILLE, anneau de tissu, annelet
de fer.

LoNc, adjectif.
L'oN, pour le et on. MAIN, partie extrême du bras où
L'oNT, le et ont, verbe. sont les doigts; réunion de vingt
cinq feuilles de papier.
\
MAINT, adject. déterm. indéf.
L'oR, pour le et or. MEIN, rivière d'Allemagne.
LoRD, titre de certains grands per
sonnages anglais.
LoRs, adverbe. MAîTRE, celui qui commande, qui
, º , .. :
enseigne. -

MÈTRE, mesure équivalente à la


LUNE, satellite d'une planète. dix-millionnième partie du quart
L'UNE, la et une. -
du méridien terrestre, ou à
3 pieds 1 1 lignes et "/,. .
LUT, mastic propre à luter, bou
M'ÊTRE, pour me et étre.
METTRE , verbe.
cher. ·
LUTH, instrument de musique.
LUTTE, sorte de combat
LUTE, verbe Luter. MAL, subst. contraire du bien ;
adverbe. -- #
LUTTE, verbe Lutter.
MALE, fort, du sexe le plus fort.
M. MALLE , coffre ; voiture des dé
pêches.
MA, adject. déterm. Poss. fém. 4* * • • • •

singulier.
M'A, m'As, pour me et a, aº -

MAT, tronc, arbre dépouillé qui , MANIÈRE, façon.


porte les voiles. MANIER, toucher avec les mains ;
:

-
conduire une affaire, l'admi
nistrer.
MAI, cinquième mois de l'année,
· · ·
arbre orné de rubans sur une
place, devant une poste.
MAis, conjonction . MANTE, voile noir, habit claustral ;
M'AIT, pour me et ait coléoptère.
MEs, adject. déterm. poss. plur. . MANTEs, ville de France.
M'Es, n'EsT, pour me, es et est : Que je MENTE, verbe Mentir.
METs, verbe Mettre, subst. ! MENTHE, plante.
-
287
MARcHAND, commerçant. MILLIARD, dix fois cent millions.
MARcHANT , verbe Marcher. MILLIARE, mesure; la millième
partie de l'are.

MARTYR, celui qui souffre le mar


tyre. MIRE , signe placé au bout des
MARTYRE, tourment, supplice. canons de fusil pour mirer, vi
ser, verbe Mirer.
MYRRHE, sorte d'encens.
MATIN, temps compris entre mi
nuit et midi.
MATIN, gros chien de basse-cour.
Mo1, subst. person. prem. pers.
Mois, douzième partie de l'année.
MER , amas d'eaux salées.
MÈRE, celle qui a un ou plusieurs
enfans. MôLE, jetée des pierres, digue.
MoLLE, adject. féminin.
MAIRE, magistrat civil.

MoEURs , habitudes, vertus. MoN, adject. déterm. pass., masc.


et fémin.
MEURs, verbe Mourir.
MoNT, montagne.
M'oNT, pour me et ont.
M1, troisième note de la gam
me ; diminutif de demi , la MoRT, adject. et subst.
mni-aout.
MoRs, frein d'une bride.
MIE, ce qui dans le pain est en MoRD, MoRDs, verbe Mordre.
fermé dans la croûte; diminutif MAURE, né en Mauritanie.
de amie; ma mie.
MIs, verbe Mettre.
M'y, pour me et y pronom, MoU, adjectif.
MoUE, grimace que la mauvaise
humeur fait faire.
MIL, graine; diminutif de mille. MoUr, vin doux.
MILLE, nombre de cent dixaines ; MoUD, verbe Moudre.
distance de mille pas.

MILIAIRE, fièvre, pustule qui res MU, je mus, tu mus, il mut, verbe
semble au millet. Mouvoir.

MILLAIRE, borne qui marque les MUE, subst. et verbe Muer.


milles. M'EUs-tu ? M'EUT-il?pour me et eut.
288

MUR, muraille. NEUF , nombre.


MuR, adject. parvenu à la matu NoEUD, enlacement de fil; excrois
rité. sence , etc.
MURE, fruit du mûrier.
MURE, MUREs, MURENT, verbe Murer.
Ils MURENT, verbe Mouvoir. NIAIs-tu ? etc., verbe IVier.
NIAIs, NIAIsE, adjectif.
N. N'Y AIT , pour ne y ait.
N'y EsT, pour ne y est.
NAîTRE, commencer à vivre; pous
Sel".

N'ÊTRE, pour ne et étre. N1, conjonction.


NID, logement que se font les
oiseaux.

NIE, NIEs, etc., verbe Wier.


NÉ, NÉE, tu nais, il naît, etc., N'Y, pour ne et y.
vePbe lVattre.
Tu N'Es, il N'EsT, pour ne et étre,
es, est. NoIx, fruit du noyer.
N'AIE, qu'il N'AIT, etc., pour ne NoUET, linge noué, dans lequel
et aie, ait. on a mis quelque drogue.
NET, adjectif. NoIE-toi, etc., verbe IVoyer.
Il NoUA, etc., verbe /Vouer.

NAGUÈRE , adverbe. NoM, mot qui nomme les objets.


Il N'A GUÈRE, pour ne a guère. NoN, adverbe.
N'oNT, pour ne et ont.
f · •

NÉGLIGENT, adjectif. NoURRIcE, celle qui allaite, nourrit.


NÉGLIGEANT, verbe Végliger. Que je NoURRIssE, verbe Vourrir.

NU, adjectif masculin.


NEIGE, subst. , verbe Weiger. NUE, NUÉE, adjectif féminin.
N'AI-JE ? pour ne ai-je ?
N'EUs, N'EUT, N'EûT, pour ne,
et eus, eut, eut.

N'ÊTEs, pour ne et étes.


NETTE, adject. fémin. NUI, NUIs, etc., verbe IVuire.
NÈTHEs, deux rivières, dépar NUIT, moitié du jour, obscurité.
teImenS. NUITs, ville de France.
289
, O. P.

O. (Voir page 269.) PADou, ruban de fil et de soie,


PADoUE, ville.
OING, graisse de porc.
OINT, adjectif.
Saint-OUEN, village près de Paris. PAIN, aliment de farine, etc.
PIN, arbre.
PEINT, tu PEINs, il PEINT, etc.,
OMBRE, obscurité, simulacre des verbe Peindre.
mOrtS.

HoMBRE, sorte de jeu de cartes.


PAIR, adjectif, dignité.
ON, subst. personnel ou pronom. PAIRE, couple.
Ils oNT, verbe Avoir. PÈRE, celui qui a un ou plusieurs
enfans.
PERDs, il PERD, etc., verbe Perdre.
ONGLÉ, adject., qui a des ongles.
ONGLÉE, froid aux doigts; adj. fém.
ONGLET , bande pour coller des
cartes géographiques ; assem Il PAIRIE, nom de la dignité du pair.
a PÉRI, il PÉRIT , etc., verbe
blage de menuiserie. Périr. -

Où, adverbe pronominal.


OU, conjonction. PAIE, solde.
HoUE , sorte de bêche. PAIx, concorde.
HoUx, arbre. PAIs, etc., verbe Pattre.
AoUT , huitième mois de l'année.

PALAIs, édifice; partie supérieure


OUBLI, manque de souvenir.
et interne de la bouche.
OUBLIE, sorte de pâtisserie légère, PALET, pierre plate, jeu.
façonnée en cornet; verbe Ou
blier.

OUI, adverbe. PANsER, etc., verbe; faire un pan


OUi, oUïs, etc., verbe Ouïr. sement, soigner.
OuïE , sens qui reçoit les sons ; PENsER, etc., verbe; réfléchir,
participe féminin. songer, croire, imaginer.
OuïEs, organes de la respiration PENsÉE, opération de l'intelligence ;
dans les poissons. participe féminin. -

19
29o
PAR, préposition. PAUsE, repos, suspension, halte.
PARs, etc., verbe Partir. PosE, verbe Poser.
PART, portion.
PARE, etc., verbe Parer.
PÉCHÉ, faute ; participe du verbe
Pécher.
PARANT, verbe Parer. PÊcHÉ, partic. du verbe Pécher.
PARENT, allié par le sang. PÊcHER, verbe, chercher à prendre
PAR AN, par année. le poisson ; arbre.

PAREssE, fainéantise. PÉcHEUR, celui qui pèche.


Qu'il PARAIssE, verbe Parattre. PÊCHEUR, celui qui cherche à pren
dre le poisson.

PARI, gageure.
PARIEs-tu ? verbe Parier. PEINTE, adject. et partic. féminin.
PINTE , mesure ancienne.
PARIs, la capitale de la France.

PARToUT, adverbe pronominal. PEIGNER, PEIGNÉ, etc., verbe.


PEIGNIE R, fabricant et marchand
PAR ToUT, préposit. et pronom.
de peignes.

PATTE, pied d'animaux ; sorte de


clou. PÊNE, verrou d'une serrure.
PATE, farine pétrie. PEINE, affliction, verbe Peiner.
PENNE , grosse plume d'oiseau de
proie.

PAT ER, oraison dominicale, gros


grains d'un chapelet; père. PERçANT, verbe Percer.
PATÈRE , vase pour les sacrifices. PERsAN, né en Perse.

PATÉ , pâtisserie renfermant de la PEU, adverbe.


viande.
Tu PEux, il PEUT, verbe Pouvoir.
PATÉE, bouillie pâteuse.

PEUT-ÊTRE, adverbe.
PAUME, dedans de la main, jeu. PEUT ÊTRE , verbes Pouvoir et
PoMME, fruit du pommier. Etre.
9I
PIE, oiseau. PLAN, dessin, projet.
PIs, subst. et adverbe. PLANT, rejeton flexible, jeune vi
gne, jeune bois, etc., propres
à être plantés.
PIEU, bois long et pointu par un
bout.

PIEUx, adject., qui a de la piété. PLI, double fait à une étoffe.


PLIE, poisson, verbe Plier.

PINçoN, marque à la peau pincée.


PINçoNs, verbe Pincer.
PINsoN, oiseau. PLU, tu plus, il plut, etc. , verbe
Plaire.
PLUs, adverbe.
PELU, PELUE, couvert de poils.
PIQUÉ, PIQUÉE, PIQUAIs, PIQUAIT,
verbe Piquer.
PIQUET, jeu de carte; petit pieu ;
réunion d'hommes armés. PLUME r, touffe de plumes.
Il PLUMAIT, verbe Plumer.

PLACET, pétition.
PLAçAIs , PLAçA1T , etc. , verbe
Placer. PLUTôT, adverbe, préférablement.
PLUs TôT, de meilleure heure; op
posé de plus tard.
PLAID, plaidoyer, audience.
PLAIE, blessure, mal.
PLAIs, PLAîT, etc., verbe Plaire. PLUvIEUx, adjectif.
PLus vIEUx, adverbe plus et adj.
vieux.
PLAIN, adject., uni, plat.
PLEIN, adjectif, rempli.
PLAINs, PLAIN r, verbe Plaindre. PoIDs, pesanteur, masse, autorité.
Pois, légume.
Poix, résine brûlée, gomme jau
PLAINE, étendue de terre plate en nâtre.

tourée de montagnes. PoUAH ! exclamation.


PLEINE, adject. fémin., remplie.
-

PoING, main fermée.


PLAINTE, action de se plaindre. PoINT, verbe Poindre, substantif
PLINTHE, socle; plate-bande. et adverbe.
PoIRÉ, cidre de poires PoURvoIR, verbe.
PoIRÉE, plante. PoUR voIR, préposit. et verbe.

PoLIcE, administration, verbe Po PRÉcÉDANT, verbe Précéder.


licer. PRÉcÉDENT, substantif, adject.
Que je PoLIssE, verbe Polir, unir.

PRÉMIcEs, premiers fruits.


PoLIssoIR, outil pour Polir. PREMIssEs, les deux premières pro
PoLIssoIRE, décrottoire douce. positions d'un syllogisme.

Elle PoND, verbe Pondre PREssANT, verbe Presser.


PoNT, construction sur l'eau, Par Il PREssENT, verbe Pressentir.
tie d'un vaisseau.
-

PRÊTANT, verbe Préter.


Pô, fleuve d'Italie. Il PRÉTEND, etc., verbe Prétendre.
Por, vase.
PAu, ville de France.
PEAu , enveloppe, cuir. PRÉTEUR, magistrat.
PRÊTEUR , celui qui préte.

PoU, insecte.
PouLs, battement des artères PREssIs, jus exprimé en pressant.
PRÉcIs, adjectif et substantif.

PoUcE, le gros doigt; mesure de PRIE, etc. , verbe Prier.


douze lignes. PRIs, verbe Prendre.
PoussE, PoussEs, etc., verbe Pous PRIx, récompense; estime; valeur
S€ /".
d'une chose.

PoUPARD, enfant au maillot; grosse


PRoU, adverbe, assez.
poupée.
PouPART, sorte de crabe PRoUE, tête du navire.

PouRTANT, conjonct., adverbe. PUCE, insecte.


PoUR TANT, préposit. et adverbe. Que je PUssE, verbe Pouvoir.
293
PuIs, verbe Pouvoir, et adverbe. RAINETTE ou REINETTE, pomme.
PuITs, trou profond où l'on puise RAINETTE ou RAINE , grenouille
verte.
de l'eau, trou des mines.
PUY, nom de plusieurs localités RÉNETTE, instrument de maréchal.
élevées.

RAIPoNCE, plante.
RÉPoNs, partie de l'office.
PYRIQUE, adject., feu d'artiſice. RÉPoNsE, ce qu'on répond.
PYRRHIQUEs, jeux militaires an
tiques.
RAIsoNNEMENT, résultat d'une dou
Q. ble comparaison.
RÉsoNNEMENT, retentissement.
QUE, pron., adverbe pron. et
conjonct.
QuEUE, prolongement de l'épine RAMENER, amener de nouveau.
dorsale des bêtes ; fin, etc.. REMMENER, emmener de nouveau.
QU'EUx, pour que et eux.

RANG, place, ordre.


REND, etc., verbe Rendre.
QuELQUE FoIs, adverbe.
QUELQUEs FoIs, plusieurs fois
RÉCENT, adject., arrivé nouvel
R. lement.
REssENT, etc., verbe Ressentir,
RADEAU, plancher mobile sur l'eau.
-
RAT D'EAU, pour rat de eau.
REFLux, retrait des eaux de la mer.
REFLUE, verbe Refluer.
RADoUB, réparation faite à un
vaisseau.
RADoUBE, verbe Radouber. RELIE, verbe Relier.
RELIs, verbe Relire.

RAIE, trace; poisson plat. RAINE ou RAINETTE , grenouille


RAIs, rayon de roue. Verte.
RETs, filets. RÊNE, courroie, guide.
RÉ, deuxième note de la gamme. RENNE, quadrupède.
RHÉ , île. -
RENNEs, ville de France.
REz, préposit., tout contre. REINE, la femme d'un roi.
-

294
RÉMoLABE, remède pour les che RoT, vent sortant involontaire
VaUX • ment de l'estomac.
RÉMoULADE, sauce piquante. RôT, rôti.

RÉPANDRE, verser, étendre.


REPENDRE, pendre une seconde fois. RoUAN, adject., qui a le poil blanc,
gris et bai.
)-
RouANT, qui étend sa queue; partic.
du verbe Rouer. - ,
REPARTIR, partir de mouveau.
RÉPARTIR, distribuer. RoUEN, ville de France.

S
RÉsIDANT, verbe Résider.
RÉsIDENT, envoyé d'un souverain SA. ( Voir page 272.)
à une autre cour pour y résider. •-e-

RÉvÉRANT, verbe Révérer. SAIGNEUR, celui qui saigne, qui est


partisan de la saignée.
RÉvÉREND, digne d'être Révéré. SEIGNEUR, titre, maître d'une terre
seigneuriale.
RICH, loup-eervier; lapin bleuâtre. SéNIEUR, doyen de Sorbonne.
RICHE, adjectif.

SAIN, sAINE, adjectif.


RHoMBE, losange. SEIN, milieu ; mamelles.
RUM, eau-de-vie de sucre.
· SEING, signature. ( Voir CEINT ,
RUMB, aire du vent. sAINT, CINQ , page 273.)

RI, RIs, RIT, etc., verbe Rire.


RIs ou RIRE, substantif; glande SALAIRE, paiement d'un travail.
sous la gorge du veau. SALÈRENT, verbe Saler.
Riz, plante, grain de cette plante.

SALE, adject., verbe Saler.


RoB, suc épaissi d'un végétal , · SALLE, pièce d'appartement.
remède.
RoBE , vêtement.

SANTÉ, état de celui qui se porte


RoND, adjectif. bien.

RoMrs, etc., verbe Rompre. SENTEz, verbe Sentir. -


295
SAIT-oN ? verbe Savoir et on. SELoN, préposition.
S'EsT-oN ? pour se, est, on. CE LoNG, adject. détermin., et
SiToN, cordon passé entre la peau adject. qualificatif.
et la chair.

SEMI ou DEMI.

SATAN, démon. SEMIs, semences qui lèvent.


S'ATTEND, pour se et attend.
SERMoNNAIRE, auteur, recueil de
SeTImOI18.

SATIRE, ouvrage critique, censure. SERMoNNÈRENT, sERMoNNER, verbe.


SATYRE, demi-dieu des païens.
S'ATTIRE, se et attire.
SErTIQUE, qui fait pourrir les chairs.
ScEPTIQUE, incrédule, qui doute
de tout.
SAUMUR, ville de France.
SAUMURE , liqueur de sel fondu. *

SEREIN, adjectif.
SERIN, oiseau des Canaries.
SAUT, action de sauter.
ScEAU, empreinte d'un cachet.
SEAU, vase. SERPENTAIRE, constellation.
SoT, adjectif. SERPENTÈRENT, sERPENTER, verbe.

SERvIcE, office ; état militaire.


SAUTE , etc., verbe Sauter.
Que je sERvIssE, verbe Servir.
S'ôTE, pour se et ôte.
SoTTE, fémin. de sot.
SICLE, poids et monnaie des Juifs.
CYCLE, cercle, période.
ScIERIE, moulin à scier.
SYRIE, contrée d'Asie.
SIEUR, dernière partie du mot mon
sieur.
ScIEUR, celui qui scie.
ScYTALE, serpent.
ScYTALE, rouleau pour écrire dont
se servaient les généraux grecs. So1, substant. personn.
SoIE, produit d'une certaine che
nille; poils du porc, du sanglier.
SEcoNDAIRE, adjectif. SoIs, verbe Etre.
SEcoNDÈRENT, sEcoNDER, verbe. Soir, conjonction, verbe Étre.
296
SoL, terrain ; cinquième note de la SoUFRE, minéral, verbe Soufrer,
gamme. SoUFFRE, verbe Souffrir.
SoLE, poisson.
SAULE, arbre.
–. SoULIER, chaussure.
SoUILLÉ, etc., verbe Souiller.
SoMMAIRE , bref, succinct; sorte
d'extrait.
SoMMÈRENT, soMMER, verbe. SoUPm, respiration pénible; amour.
•e SoUPIRE, verbe Soupirer.

SoMMET, partie la plus élevée d'un


édifice, etc. SoURI, verbe Sourire.
SoMMAIT, verbe Sommer. SouRIs, petit quadrupède rongeur ;
S'oMET, se et omet. rire doux.
SouRIs, souRrr, etc., verbeSourire.

SoN, adject. poss.; air agité qui SrécuLAIRE, pierre diaphane; adj.,
frappe l'ouïe; pellicule du grain art de faire des miroirs.
qui enveloppe la farine.
SoNT, verbe Etre.
SrécuLÈRENT, sPécuLER, verbe.
-r•:

SrATioNNAIRE, adject., qui fait sta


SoNNERIE, son de plusieurs cloches; tion, qui n'avance pas.
appareil qui fait sonner. STATIoNNÈRENT, sTATioNNER, verbe.
SAUNERIE, fabrique de sel.

STATuE, figure de marbre, de plâtre,


d'airain, etc.
SoNNET, petit poème de 14 vers.
SoNNAIT, verbe Sonner. STATUENT, verbe Statuer.
STATUT, règle pour une compagnie;
lois anglaises.
Sou, valeur de cinq centimes. Le sTATU quo, action de rester,
SoUL, adject., rassasié, ivre. de se maintenir dans l'état pré
Sent.
SoUs, préposition.

SriL de grain, couleur jaune pour


SoUFFLET, instrument pour souf peindre.
fler; coup sur la joue; sorte de SrYLE, manière d'écrire propre à
calèche.
chaque auteur ; poinçon , ai
SoUFFLAIT , etc., verbe Souffler. guille; partie du pistil.
-
297
T'.
STATUAIRE, celui qui fait les sta
tueS. -

STATUÈRENT, sTATUER, verbe. TA, adject. déterm. poss. fémin.


singulier. -

T'A , pour te a.
TAs, amas, monceau.
Su, suE, je sus, etc., verbe Sa -y-p•
voir. - -

Je sUE, tu suEs, verbe Suer. TAc, épizootie des moutons.


SUs, adverbe ; Courir sus. TAc-TAc, TIC-TAc; bruit répété à
temps égaux.
TACT , discernement.
SUAIRE, linceul.
SUÈRENT, sUER, verbe.
TAcHE, souillure, verbe Tacher.
: ".
TACHE, travail fixé pour un temps.

SUBsTITUT, suppléant.
SUBsTITUE, etc., verbe Substituer. T'A1, pour te ai.
TAIE, enveloppe d'oreiller; tache
sur l'œil.
SUccIN, ambre jaune. TAIs-toi, etc., verbe Taire.
SUccINCT , adjectif, bref. TEs, adject. déterm. poss. plur. .
TÊT, crâne ; taie d'oreiller; mor
ceau d'un pot cassé; toit à porc.
SUIE, noir de la fumée.
THÉ, feuilles d'un arbrisseau chi
I1O1S .
SuIs, verbes Etre et Suivre. r *
F'Es, pour te es.

SUR, préposition. TALIoN, punition pareille à l'offense.


SUR , sURE, adjectif, aigrelet, TAILLoN, ancien impôt.
acide. TAILLoNs, TAILLIoNs, verbe Tailler.
SUR , sURE , adject., certain.

TANTE, sœur du père ou de la


SURFAIT, adject. et verbe Surfaire. mère, femme de l'oncle. -
SURFAIx, sangle de cheval. TENTE, sorte de pavillon; verbe
Tenter.

SusPENs, prêtre interdit; étre en TAPI, TAPIE, adj., caché, blotti.


suspens, c'est hésiter. TAPIs, tapisserie sur laquelle on
SusrENDs, verbe Suspendre. marche. -
298
TAUPE, petit animal. TarMBRE, plante odoriférante.
ToPE, verbe, consentir; je tope TIMBRE, son; marque.
dans sa main, il tope dans la
mienne.
TIR, action de tirer une arme à
feu; lieu où l'on apprend à tirer
TEINTE, degré de couleur, verbe les armes à feu.
Teindre. T'IRE, verbe Tirer.
TîNTEs-vous parole ? verbe Tenir. TYR, ancienne ville, capitale de
TINTE, etc., verbe Tinter. la Phénicie.

TEMPs ou TEMs, mesure de la durée, TIRANT, cordon, tresse ; nerf; cou


époque, température. rant d'une rivière; verbe Tirer.
T"EN, pour te en. TYRAN, celui qui a usurpé l'auto
TENDs, verbe Tendre. rité ou qui en abuse.
TAN, écorce de chêne dont on tanne
les cuirs.
TANT, adverbe pronominal. ToI , subst. personn. ou pronom.
ToIT, couverture d'une maison, etc.

TENsIoN, état de ce qui est tendu.


Nous fANcIoNs, verbe Tancer. ToN, adject. déterm. poss. masc.
et fémin. ; inflexion de la voix.
THoN, gros poisson.
ToND, ToNDs, etc., verbe Tondre..
TERRE, planète; sol; verbe Terrer. T'oNT, pour te ont.
TAIRE, verbe.

ToRs, etc., adj. et verbe Tordre.


TÊTU, TÊTUE, adjectif. T'oRT, dommage.
T"Es-TU amusé, pour te es-tu. | TAURE, génisse; signe du Zodiaque.

THÊME, sujet, matière d'un dis ToRTU, adject., qui n'est pas droit.
COl11'S• - -

ToRTUE, animal ; adject. fémin.


Je T'AIME, pour te aime. ToRDs-tu ? verbe Tordre et tu.

THÈsE , proposition à discuter. TôT, adverbe.


Que je me TAIsE, verbe Taire. TAUx, taxe.
299
ToUx, bateau; action de Touer. , U.
Tour, subst. , adject., pron. et
adverbe. UN, adjectif, unité.
ToUx, action de tousser. HuNs, anciens Scythes et Sarmates.

TRAcE, vestige, marque; verbe UNE, adject. fémin. ; unité.


Tracer. HUNE, guérite au haut d'un mât.
THRAcE, pays, aujourd'hui la Ro
manie.
UNIssoN, accord de deux voix.
UNIssoNs, verbe Unir.
TRAIs, il trait, etc., verbe Traire.
V.
TRAIT, ligne.
TRès, adverbe.
VAcANT , adject., qui n'est pas
occupé.
VAQUANT, verbe Vaquer.
TRANcHET, outil du cordonnier.
TRANcHAIT, etc., verbe Trancher.
VAIN, adject., vaniteux, inutile.
VAINCs, verbe Vaincre.
TRIBU, peuplade; classe du peuple. VIN, suc fermenté du raisin.
TRIBUT, contribution. Tu vINs, verbe Venir.
VINGT, nom de nombre.

TRIcoLoR, plante.
TRicoLoRE, qui a trois couleurs. VAINE, adjectif.
VEINE, canal où circule le sang ;
couche de terre; raie du bois,
TRor, adverbe. du marbre, etc.
TRoT, action de trotter.
Je vAIs, verbe Aller.
Je vÊTs, verbe Vétir.
TU, subst. pers. ; partic. du verbe
Taire.

TUE, part. ſém. du verbe Taire ; VAN, instrument d'osier pour van
verbe Tuer. ner les grains.
Je TUs, verbe Taire. VENDE, vENDs, etc., verbe Vendre.
Je T'EUs, pour te eus. VENT, air agité.
-
3oo.

VANTE, verbe Vanter. violasr, verbe Violer,


VENTE, action de vendre. VIoLENT, adject., impétueux..

VAUD , pays. -

iVIoLET, couleur.
VAUx, vallées; verbe Valoir. VIoLAIT , verbe Violer.
VEAU, petit de la vache. .
Vos, adj. déterm. poss. plur.
VeuE, mesure.
VER, animal. VoIs, etc., verbe Voir.
VAIR, fourrure. VoIx, son vocal; suffrage.
VERT, subst.; le vert, la verdure. Il voUA, verbe Vouer.
VERRE, matière transparente, tasse
de cette matière, son contenu.
VERs, préposit.; mots mesurés et VoILA, préposition.
cadencés. VoILA, etc., verbe Voiler.
VERT, vERTE, adject. VoIs LA, verbe Voir, et adv. là.
Vois-LA, verbe Voir, et prou.. la.

VERRIER, ouvrier qui fait le verre.


VERRIEz, verbe Voir. VoIR, verbe.
| VoIRE, adverbe.

VERsEAu, signe du Zodiaque. .


VERso, deuxième page d'un feuillet. VoTRE, adjectif.
Le vôTRE , pronom.
VERsEr, passage de l'Écriture VAUTRE , verbe vautrer.
Sainte.
VERsAIT, etc., verbe Verser.
VoUs, subst. personnel.
VoUE, etc., verbe Vouer.
VoEU, promesse faite à Dieu ;
souhait. -

VEUx, verbe Vouloir. Z.

ZÉPHIR , vent doux.


VICE, défaut ; libertinage. — Ce ZÉPHYRE , dieu de la Fable.
mot s'emploie aussi devant d'au
tres, et veut dire qui supplée :
vice-amiral, vice-roi.
V1s, pièce de bois ou de métal ZEsT ! exclamation. -

cannelée en spirale. ZEsTE, cloison de noix ; peau d'o-


VIssE, verbes Visser et Voir. range, de citron,
-
-
3o I

PONCTUATION.

Distinguer les phrases entre elles, distinguer les principales


des subordonnées, marquer ces distinctions par des signes
adoptés, afin de rendre le discours écrit plus intelligible, tel
est le but de la ponctuation. -

Les signes de la ponctuation française sont les suivants : La


virgule (,). Le point virgule ( ; ). Les deux points ( : ). Le
point (. ). Le point admiratif ou exclamatif ( ! ). Le point
interrogatif(?). Les points suspensifs (.... ). Le tréma (" ).
L'apostrophe ('). L'accent aigu ('). L'accent grave (" ).
L'accent circonflexe (*). La cédille (,). Le tiret (—). Le
trait d'union (-). Les parenthèses (). Les guillemets (« » ).
Les astérisques ou étoiles (****).
Nous avons déjà parlé des accents grave, aigu, circonflexe,
du tréma, de l'apostrophe, de la cédille; nous allons succes
sivement indiquer l'usage des autres signes de la ponctuation,
en commençant par les moins importants.
AsTÉRIsQUEs. Ces signes ne s'emploient guère qu'après la pre
mière lettre d'un substantif propre quand on ne veut pas
nommer la personne, qui d'ailleurs est connue; dans ce cas,
on met ordinairement autant d'astérisques qu'il y a de syllabes
au mot. Ainsi, M. de V" pourrait signifier M. de Voltaire.
On se contente même aujourd'hui de marquer ces abrévia
tions par des points. Les astérisques, concurremment avec les
chiffres, sont aussi en usage pour indiquer des notes, des
renvois placés au bas des pages.
GUILLEMETs. Ce signe est composé de deux signes : l'un se
nomme guillemet ouvrant («), l'autre guillemet fermant (»).
Ce double signe sert à faire distinguer, dans un écrit, ce
que l'auteur a emprunté à d'autres écrits. On place le guil
lemet ouvrant avant le premier mot de la citation; après le
dernier mot, on place le guillemet fermant. Lorsque la cita
3o2

tion est longue, le lecteur pourrait peut-être oublier, un


moment, que ce qu'il lit est une citation; pour lui épargner
cette erreur, on place un guillemet fermant au devant de
chacune des lignes de la citation. Lorsque dans un ouvrage
écrit en prose on cite des vers, on ne fait pas usage des
guillemets. Exemples :

Ruse d'un sergent écossais aux Américains sauvages, dont


il est prisonnier, pour se soustraire aux tortures de la
772Ort.

« Héros et patriarches du monde occidental, vous n'étiez


pas les ennemis que je cherchais ; mais enfin , vous avez
vaincu. Le sort de la guerre m'a mis dans vos mains; usez à
votre gré du droit de la victoire, je ne vous la dispute pas ;
mais, puisque c'est un usage de mon pays d'offrir une rançon
pour sa vie, écoutez une proposition qui n'est pas à rejeter.
« Sachez donc, braves Américains, que dans le pays où je
suis né, certains hommes ont des connaissances surnaturelles.
Un de ces sages qui m'était allié par le sang, me donna,
quand je me fis soldat, un charme qui devait me rendre
invulnérable. Vous avez vu comme j'ai échappé à tous vos
traits ; sans cet enchantement, aurais-je pu survivre à tous
les traits dont vous m'avez assailli ? car j'en appelle à votre
valeur, la mienne n'a ni cherché le repos, ni fui le danger.
C'est moins la vie que je vous demande aujourd'hui que la
gloire de vous révéler un secret important à votre conserva
tion, et de rendre invincible la plus vaillante nation du
monde. Laissez-moi seulement une main libre pour les céré
monies de l'enchantement dont je veux faire l'épreuve moi
même en votre présence. »
Les Indiens saisirent avec avidité ce discours, qui flattait
en même temps et leur caractère belliqueux et leur penchant
pour les merveilles. Après une courte délibération, ils délient
3o3

un bras au prisonnier. L'Écossais pria qu'on remît son sabre


au plus adroit, au plus vigoureux de l'assemblée; et, dé
pouillant son cou, après l'avoir frotté en balbutiant quelques
paroles avec des signes magiques, il cria d'une voix haute et
d'un air gai :
« Voyez maintenant, sages Indiens, une preuve incontes
« table de ma bonne foi. Vous, guerrier, qui tenez mon
« arme tranchante, frappez de toute votre force : loin de
« séparer ma tête de mon corps, vous n'entamerez pas seu
((
lement la peau de mon cou. »
A peine eut-il prononcé ces mots, que l'Indien, déchar
geant un coup terrible, fit sauter à vingt pas la tête du sergent.
Les sauvages étonnés restèrent immobiles, regardant le corps
sanglant de l'étranger, puis tournant leurs regards sur eux
mêmes, comme pour se reprocher les uns aux autres leur
stupide crédulité.Cependant, admirant la ruse qu'avait em
ployée le prisonnier pour se dérober aux tourmens en abré
geant sa mort, ils accordèrent à son cadavre les honneurs
funèbres de leur pays. (RAYNAL.)
Je songeais cette nuit que, de mal consumé,
Côte à côte d'un pauvre on m'avait inhumé,
Et que n'en pouvant pas souffrir le voisinage,
En mort de qualité je lui tins ce langage :
« Retire-toi, coquin ! va pourrir loin d'ici ;
« Il ne t'appartient pas de m'approcher ainsi.
« - Coquin (ce me dit-il d'une arrogance extrême),
« Va chercher tes coquins ailleurs, coquin toi-même !
« Ici tous sont égaux : je ne te dois plus rien ;
« Je suis sur mon fumier comme toi sur le tien. »
(P. PATRIx.)

PARENTHÈsEs. Ce signe est double : il se compose d'une


parenthèse ouvrante [(]et d'une parenthèse fermante [)]. Ces
crochets servent à clore une pensée courte et vive que l'on
interjette dans le discours pour qu'elle y soit un trait de lumière,
3o4
sans cependant être liée en rien aux autres idées exprimées
dont elle rompt la continuité. Exemples :
Infortunée (car je puis mêler ici mes propres malheurs ) !
quel est ton destin déplorable ? Dieux ! où menez-vous la
triste Cassandre ? Où ?... si ce n'est à la mort.
(EscHYLE, Tragéd. d'Agamemnon, traduite par
DE LA PoRTE-DUTHEIL.)
Je croyais, moi (jugez de ma simplicité),
Que l'on devait rougir de la duplicité. · (DEsToUcHEs.)

Un mal qui répand la terreur,


Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom ),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron,
Faisait aux animaux la guerre. (LA FoNTAINE.)
TIRET. Le tiret s'emploie particulièrement pour séparer,
dans le discours, les demandes et les réponses de deux inter
locuteurs , afin que la personne qui lit puisse facilement
distinguer les unes des autres. Exemples : -

Dialogue entre un gentilhomme et un barbier gascon


qui le rasait.
De temps en temps il (le Gascon) levait les yeux au ciel,
comme s'il voulait demander à Dieu une grâce particulière.
Que signifie cela ? lui demanda le gentilhomme. — Je prie
Dieu, lui dit le Gascon.—Est-ce qu'on prie quand on rase?—
La prière est bonne en tous temps. — Eh bien ! je veux que
vous remettiez la prière à une autre fois. — Je ne puis pas.—
Pourquoi ne le pouvez-vous pas ?— Parcequ'on prie Dieu
quand on en a besoin.—Mais quelle nécessité pressante avez
vous de prier Dieu ?— Puisque vous voulez que je vous le
dise, j'ai une violente tentation de vous couper le cou, et je
prie Dieu de me la faire surmonter. — Comment, me couper
3o5

la gorge ! je vais vous faire sauter par la fenêtre. — Remettez


vous, monsieur, j'ai vaincu la tentation ; je puis à présent
vous raser tranquillement.
L'homme sourd à ma voix comme à celle du sage,
Ne dira-t-il jamais : C'est assez, jouissons ?
Hâte-toi, mon ami, tu n'as pas tant à vivre ;
Je te rebats ce mot, car il vaut tout un livre :
Jouis.—Je le ferai.—Mais quand donc ?-Dès demain.—
Eh ! mon ami, la mort peut te prendre en chemin :
Jouis dès aujourd'hui. (LA FoNTAINE.)

TRAIT D'UNIoN. Ce signe ne diffère du tiret que par la lon


gueur qui est ordinairement tenue trois fois moindre environ ;
il s'emploie 1° entre des mots qui unis par lui expriment un
seul objet ou forment des substantifs composés : vis-à-vis,
peut-être, celui-ci, celui-là, dix-sept, dix-huit; arc-en
ciel, couvre-feu, moi-méme, le très-haut (1); 2° entre un
verbe et son sujet placé immédiatement après lui : Suis-je ?
étes-vous ? dorment-ils ? finiras-tu ? (2)
Nota. Si le sujet du verbe est l'un des trois mots il, elle, on, et que
le verbe soit terminé par e, on met un t euphonique entre le verbe et son
sujet, en faisant précéder et suivre cette consonne du trait d'union; ainsi,

(1) Je crois que c'est à tort que certaines personnes font encore usage du
trait d'union entre très et un adjectif, ce signe doit être supprimé toutes
les fois que cet adjectif ne forme pas avec très un substantif composé,
comme le Très-Haut. On écrira donc sans trait d'union, cet arbre est très
haut; je suis votre très humble et très obéissant serviteur.
(2) Je crois aussi que c'est à tort que l'on joint, par le trait d'union, le
verbe au complément qui le suit, lorsque ce complément est un pronom ; je
crois encore que c'est à tort que l'on joint au sujet du verbe, par le trait
d'union, le pronom qui suit ce sujet et qui est complément d'une préposition ;
on écrit : accordez-le-lui, donnez-nous-en, fiez-vous-y; il nous semble
· qu'on devrait écrire : accordez le lui, donnez nous en, fiez-vous y.
2O
3o6

an lieu d'écrire : Parle-il? aime-elle ? épargne-on ? On écrit : Parle


t-il? aime-t-elle ? épargne-t-on ?

PoiNTs sUsPENsIFs. Ces points marquent une interruption


dans la phrase commencée pour passer à une phrase nouvelle :
c'est à la passion, c'est à un sentiment violent que cette in
terruption est due le plus souvent. Le passage rapide d'une
idée commencée et non finie d'exprimer à une idée nouvelle
interrompue elle-même par une autre idée, cette sorte de
désordre dans la pensée, doit être traduit, pour ainsi dire,
par un semblable désordre dans l'expression ; mais dans ce
désordre, qui n'est étranger à aucun genre de style, on doit
toujours pouvoir se retrouver ; c'est à quoi servent les points
suspensifs. On les emploie encore dans le discours pour mar
quer qu'on retient un secret qu'on allait dévoiler et qu'il est
prudent ou utile de taire. Ils s'emploient aussi pour marquer
ces interruptions qui ont lieu si souvent dans les entretiens
ordinaires, exemples :

Cassandre, à Argos, dans le palais d'Agamemnon, annonce


le sort de ce prince et le sien. -

O Apollon conducteur ! ô Apollon ! dieu trop bien nommé


pour moi, où m'as-tu conduite ? Dans quels lieux ?.... dans
un palais abhorré des dieux, réceptacle de sang, complice
de forfaits parricides, des apprêts de la mort et du massacre
d'un époux.
Ah dieux ! que prépare-t-on? quel crime nouveau, quel
forfait horrible on médite dans ce palais! Attentat odieux à
des sujets fidèles, irréparable.... le secours est éloigné. Ah !
malheureuse, tu l'oses !.... après avoir servi ton époux dans
le bain.... Achèverai-je ? l'instant approche.... les coups se
redoublent et se pressent. (

Ciel! ô ciel! que vois-je *… est-ce le filet de l'enfer ...


3o7
Quel piége !.... l'assassin, c'est l'épouse elle-même.... Furies
insatiables du sang de Pélops, réjouissez-vous sur ce san
glant sacrifice.
Voyez, voyez !.... elle le surprend enveloppé dans un
vêtement artificieux; elle le frappe, il tombe dans son bain....,
dans le vase de la ruse et de la mort.
Infortunée (car je puis mêler ici mes propres malheurs)!
quel est ton destin déplorable ! Dieux ! où menez-vous la triste
Cassandre ? Où.... si ce n'est à la mort.

( EscHYLE, Tragéd. d'Agamemnon, traduite par


DE LA PoRTE-DUTHEIL. )

Montre-lui cet écrit.... qu'elle tremble.... et soudain


De cent coups de poignard que l'infidèle meure.
Mais avant de frapper.... Ah ! cher ami, demeure ;
Demeure, il n'est pas temps. Je veux que ce chrétien
Devant elle amené.... Non.... je ne veux plus rien....
Je me meurs.... je succombe à l'excès de ma rage.
(VoLTAIRE, imprimé par Dmor.)

Ah ! que vous saviez bien, cruelle.... Mais, madame,


Chacun peut à son choix disposer de son âme ;
La vôtre était à vous. J'espérais.... mais enfin
Vous l'avez pu donner sans me faire un larcin. (RAcINE.)

Prenez garde, seigneur. Vos invincibles mains


Ont de monstres sans nombre affranchi les humains ;
Mais tout n'est pas détruit, et vous en laissez vivre
Un.... Votre fils, seigneur, me défend de poursuivre.

Instruite du respect qu'il veut vous conserver,


Je l'affligerais trop si j'osais achever, (RACINE.)

.... Ah! madame, est-il vrai qu'une fois,


Oreste, en vous cherchant, obéisse à vos lois ?
3o8

Ne m'a-t-on point flatté d'une fausse espérance ?


Avez-vous, en effet, souhaité ma présence ?
Croirai-je que vos yeux, à la fin désarmés,
Veulent.....
H E R M I O N E.

Je veux savoir, seigneur, si vous m'aimez.


(RACINE.)
PoINT INTERRoGATIF. Ce signe se place à la fin de toute pro
position interrogative, exemples :
Pourquoi voyons-nous le soleil changer tous les jours le
moment et le lieu de son lever ? D'où viennent les couleurs
de cet arc brillant qui se peint dans les airs ? Comment se
fait-il que, sans cesse agité, l'Océan se soulève et retombe
alternativement sur lui-même ? Quelle est la cause de ce mou
vement ? Quels sont les principes de la vie ? Où se cache
l'origine du sentiment, l'origine de la pensée ? Qu'est-ce que
l'esprit, la matière, le temps, l'espace, l'infini, l'éternité ?
Qui nous dira la raison de l'existence du mal sur la terre ?
Pourquoi y a-t-il une terre ? Pourquoi y a-t-il quelque chose ?
(LARoMIGUIÈRE. )
Ou suis-je ? qu'ai-je fait ? que dois-je faire encore ?
Quel transport me poursuit ? quel chagrin me dévore ? (RAciNE.)
Barbare, qu'as-tu fait ? Avec quelle furie
As-tu tranché le cours d'une si belle vie ?

Avez-vous pu, cruels, l'immoler aujourd'hui,


Sans que tout votre sang se soulevât pour lui ?
Mais, parle : de son sort qui t'a rendu l'arbitre ?
Pourquoi l'assassiner ? qu'a-t-il fait ? à quel titre ?
Qui te l'a dit ? (RA CINE.)
PoiNT ExCLAMATIF. Ce signe est d'un usage très varié, il se
met après tous les mots, toutes les phrases qui expriment
avec quelque énergie un sentiment de l'âme, exemples :
Conscience : conscience ! Instinct divin ; immortelle et cé
leste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais
3o9
intelligent et libre; juge infaillible du bien et du mal, qui
rends l'homme semblable à Dieu ! (J.-J. RoUssEAU. )
Qu'un ami véritable est une douce chose ! (LA FoNTAINE.)
Salut, champs que j'aimais, et vous douce verdure,
Et vous, riant exil des bois !
Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature,.
Salut pour la dernière fois ! (GILBERT.)
O ciel ! en ce moment l'astre qui nous éclaire,
Ne refusera point sa clarté salutaire !'
Tout se renverse-t-il ? En quel temps sommes-nous ?
Les timides agneaux s'uniraient-ils aux loups?
Je combats pour un Dieu que votre cœur renie !
O justice éternelle ! ô puissance infinie !
Suspends, pour la punir, ton foudre redouté ;.
Pardonne ; montre encor ta divine bonté : .
Bientôt elle verra, par l'excès de mon zèle,
Qu'elle a trahi le sang que tu versas pour elle ! (A. B. )

PoINT. Le point doit clore toute phrase terminée, c'est


à-dire tout assemblage de mots ayant un sens complet, quoique
le plus souvent lié à ce qui précède et à ce qui suit. Si l'em
ploi de ce signe offrait quelques difficultés, les exemples
qui suivent les feraient disparaître.
Les deux rives du Meschacebé présentent le tableau le plus
extraordinaire. Sur le bord occidental des savanes se déroulent
à perte de vue; leurs flots de verdure, en s'éloignant, semblent
monter dans l'azur du ciel, où ils s'évanouissent. On voit,
dans ces prairies sans bornes, errer à l'aventure des trou
peaux de trois ou quatre mille buffles sauvages. Quelquefois
un bison chargé d'années, fendant les flots à la nage, se
vient coucher parmi les hautes herbes dans une île du Mescha
cebé.A son front orné de deux croissans, à sa barbe antique
et limoneuse, vous le prendriez pour le dieu mugissant du
fleuve, qui jette un regard satisfait sur la grandeur de ses
ondes et la sauvage abondance de ses rives. (CHATEAUBRIAND.)
31o

S'il n'est pas mérité le bienfait humilie. (A. B.) .

Le bonheur des méchants est un malheur de plus. (A. B.)


Les gens sans bruit sont dangereux :
Il n'en est pas ainsi des autres. (LA FoNTAINE.)
Tenez toujours divisés les méchants :
La sûreté du reste de la terre

Dépend de là. Semez entre eux la guerre,


Ou vous n'aurez avec eux nulle paix.
Ceci soit dit en passant. Je me tais.. (LA FoNTAINE .)
Quand vous me haïriez, je ne m'en plaindrais pas,
Seigneur. Vous m'avez vue attachée à vous nuire ;
Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire.
A votre inimitié j'ai pris soin de m'offrir :
Aux bords que j'habitais je n'ai pu vous souffrir.
En public, en secret, contre vous déclarée,
J'ai voulu, par des mers, en être séparée.
J'ai même défendu, par une expresse loi,
Qu'on osât prononcer votre nom devant moi.
Si pourtant à l'offense on mesure la peine,
Si la haine peut seule enfanter votre haine,
Jamais femme ne fut plus digne de pitié,
Et moins digne, seigneur, de votre inimitié. (RACINE.)

DEUx PoINTs. Les deux points se placent généralement


1° à la fin d'une phrase après laquelle il suit une phrase
explicative; 2° lorsqu'on va annoncer une chose qui est le
développement de ce qu'on a dit ; 3° lorsqu'on va répéter les
paroles d'un autre, exemples :
Un homme sage envisagera toujours la cour et les postes
éminens comme dangereux pour le salut : c'est à la cour,
c'est dans les postes éminents que sont tendus, pour l'ordi
naire, les plus grands piéges à la vertu ; c'est là que l'on
s'abandonne, pour l'ordinaire, à ses passions, par la facilité
que l'on trouve à les satisfaire; c'est là qu'on est tenté de se
regarder comme un être d'une espèce particulière, et infini
31 1

ment supérieure au vulgaire ; c'est là du moins que chacun


devient tyran à son tour, et que le courtisan, pour se dédom
mager de l'esclavage où le prince le réduit, rend esclave
l'homme qui lui est soumis; c'est là que se forment ces in
trigues secrètes, ces menées clandestines, ces trames san
guinaires, ces complots criminels dont l'innocence est si
souvent la victime ; c'est là que chacun souffle le venin de
la flatterie, et que chacun aime à le recevoir; c'est là que
l'imagination se prosterne devant de frivoles divinités, et que
d'indignes idoles reçoivent ces hommages suprêmes qui ne
sont dus qu'au Dieu souverain ; c'est là que l'âme frappée
d'images séduisantes se trouve livrée, comme malgré elle,
à d'importuns souvenirs lorsqu'elle veut se nourrir de ces
méditations, seules dignes d'une intelligence immortelle ;
c'est là, enfin, que l'on se sent entraîné par le torrent, et
que des exemples que l'on croit illustres autorisent les démar
ches les plus criminelles, et font perdre insensiblement cette
délicatesse de conscience, et cette horreur pour le crime qui
étaient de si puissantes barrières pour nous retenir dans les
bornes de la vertu. (SAURIN. )

Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles,


Ni les mains à celle de l'or :
Peu de gens gardent un trésor
Avec des soins assez fidèles. (LA FoNTAINE.)

Le serpent en sa langue,
Répond du mieux qu'il put : S'il fallait condamner

Tous les ingrats qui sont au monde, " '

A qui pourrait-on pardonner ? (LA FoNTAINE.)

PoiNT-vIRGULE. L'emploi de ce signe est le plus facile de


tous : on s'en sert plus particulièrement lorsque la virgule
est déjà employée dans une phrase pour en séparer les divers
membres, et qu'il devient nécessaire de marquer un repos
plus grand que ne le ferait la virgule qui, employée déjà,
3 12

pourrait jeter quelque confusion. L'emploi de ce signe est


aussi assez fréquent devant les conjonctions et, car, mais,
exemples :
Voyez, pour l'exemple en prose, l'exemple donné aux
deux points.
L'étalon généreux a le port plein d'audace ;
Sur ses jarrets pliants se balance avec grace ;
Aucun bruit ne l'émeut; le premier du troupeau,
Il fend l'onde écumeuse, affronte un pont nouveau.
Il a le ventre court, l'encolure hardie,
Une tête effilée, une croupe arrondie ;
On voit sur son poitrail ses muscles se gonfler,
Et ses nerfs tressaillir et ses veines s'enfler.

Que du clairon bruyant le son guerrier l'éveille,


Je le vois s'agiter, trembler, dresser l'oreille ; - · -
Son épine se double et frémit sur son dos ; -- •

D'une épaisse crinière il fait bondir les flots ;


De ses naseaux brûlants il respire la guerre ;
Ses yeux roulent du feu, son pied creuse la terre.
(DELILLE, traduct. des Géorgiques de VIRGILE.)
... J'aime à voir comme vous l'instruisez.
Enfin, Éliacin, vous avez su me plaire ;
Vous n'êtes point sans doute un enfant ordinaire.
Vous voyez, je suis reine, et n'ai point d'héritier :
Laissez là cet habit, quittez ce vil métier ;
Je veux vous faire part de toutes mes richesses.
Essayez dès ce jour l'effet de mes promesses ;
A ma table, partout, à mes côtés assis,
Je prétends vous traiter comme mon propre fils. (RACINE.)
VIRGULE. La virgule offre seule quelques difficultés dans
son emploi : je crois même impossible de préciser tous les
cas où on doit faire usage de ce signe. La manière de sentir
d'un auteur, lorsqu'il écrit, lui sert le plus souvent de règle
pour placer la virgule; tantôt elle est le plus important des
signes, tantôt le moins nécessaire : car, dans le premier cas,
le sens d'une phrase peut être totalement changé par le dépla
313

cement d'une virgule, dans le second elle n'est que l'indica


tion d'un simple repos de la voix, pour aider celui qui lit à
reprendre haleine.
Quelque impossible qu'il soit de ramener à des règles tous
les cas de l'emploi de la virgule, nous allons parcourir ceux
qu'il importe le plus d'observer.
On fait usage de la virgule :
1° Entre chaque partie d'une phrase, lorsqu'il y en a plu
sieurs que l'on énumère, que l'on additionne pour ainsi dire :
La génisse, la chèvre et la brebis, en société avec le lion.
(Titre d'une Fable de LA FoNTAINE.)
Moines, femmes, vieillards, tout était descendu.
(LA FoNTAINE.)
Loin derrière elle étaient trois assistants,
Secs, décharnés, pâles, et chancelants. (VoLTAIRE.)

Un nuage confus se répand sur ma vue.


Je n'entends plus : je tombe en de douces langueurs,
Et pâle, sans haleine, interdite, éperdue,
Un frisson me saisit, je tremble, je me meurs.
(BoILEAU, trad. de SAPHo.)

Les énormes serpens tracent de larges sillons sur cette terre


bourbeuse, les crocodiles, les crapauds, les lézards, et mille
autres reptiles à larges pattes en pétrissent la fange.
(BUFFoN. )
2° Pour séparer les phrases incidentes, subordonnées, que
l'on intercale dans les phrases
principales pour leur servir de
développement.
Vorez, pour exemple de prose, l'exemple donné au point.
....Le sort, qui toujours change,
Ne vous a point promis un bonheur sans mélange. (RACINE.)

Le temps, qui change tout, change aussi nos humeurs.


(LA FoNTAINE.)
314
Le peuple, aveugle et faible, est né pour les grands hommes.
(VoLTAIRE.)

Un jeune homme, toujours bouillant en ses caprices,


Est prompt à recevoir l'impression des vices. (BoILEAU.).

Les Parques à ma mère, il est vrai, l'ont prédit. (RACINE.)


Oui, ma juste fureur, et j'en fais vanité,
A vengé mes parens sur ma postérité. (RACINE.)

Sortons, a-t-elle dit, sortons d'inquiétude. (RAcINE.)

3° Pour séparer les objets auxquels on s'adresse,


Méchant, c'est bien à vous d'oser ainsi nommer
Un Dieu que votre bouche enseigne à blasphémer ! (RACINE.)
Cieux, écoutez ma voix; terre, prête l'oreille !
Ne dis plus, ô Jacob ! que ton Seigneur sommeille.
Pécheurs, disparaissez : le Seigneur se réveille. (RACINE.)

Peuples, et vous, Abner, reconnaissez Joas. (RACINE.)


ZWota. Avec les conjonctions ou, ni, et, lorsqu'elles servent à unir deux
mots ou deux membres d'une même phrase, on n'emploie pas la virgule,
mais on l'emploie avant la conjonction, lorsque cette union de mots ou de
membres d'une même phrase n'a pas lieu, exemples :

C'est le goût, la vanité ou l'intérêt qui les lie. (MAssiLLoN.)


Le soleil ni la mort ne se peuvent regarder fixement.
(LA RocHEFoUCAULD.)
Tantôt sur un gazon, tantôt sous un vieux chêne,
Au doux chant des oiseaux, au bruit d'une fontaine,
Il cherche le repos, s'assied, rêve et s'endort....
Chargé de son butin, revient-il de la chasse,
Il retrouve une épouse et des enfans chéris. (ANDRIEUx. )

Le rapide Zéphyr, et les fiers Aquilons,


Et les vents de l'Afrique, en naufrages féconds,
Tous bouleversent l'onde, et des mers turbulentes
Roulent les vastes flots sur leurs rives tremblantes. (DELILLE.)

--
315

Règles particulières d'orthographe (1).


INITIALEs ab, cab, rab; aborder, cabaler, rabotter.
RÈGLE. Les mots qui commencent par ab, par cab, par
rab n'ont qu'un seul b, comme : abeille, abolir; cabestan,
cabas ; rabais, raboter; il faut excepter abbé, rabbin, et
leurs dérivés.

INITIALEs ac, acc, acq, aq, ach; acacia, accident,


acquérir, aquilon, achromatique.
RÈGLE. Dans les mots qui commencent par ac : acariâtre,
acide, accoutrer, accaparer, accord, accuser, ne mettez
qu'un seul c, si la voyelle a forme elle seule une syllabe :
écrivez avec deux cc tous les autres mots dans lesquels a, c
forment la première syllabe, ordinairement ajoutée à un
autre mot, à moins cependant que a, c ne soient immédia
tement suivis d'un t. :

AWota. Acquérir, acquitter, acquiescer, et tous les mots de la même


famille doivent être écrits par acq : doivent être écrits par aq les mots ou
après ac on entend le son u ; si, en même temps, la voyelle initiale a
forme elle seule une syllabe : quant aux mots écrits par ach, voyez la
liste des mots ou h se trouve.

(2) Académie, acajou, acier, accoutrer, action; accéder,

(1) Les jeunes élèves auxquels il ne suffirait pas d'avoir porté une atten
tion assez soutenue à ce que nous avons dit sur le redoublement des con
sonnes, soit au commencement, soit au milieu, soit à la fin des mots,
trouveront, dans ces nouvelles remarques auxquelles nous avons donné le
nom de RÈGLEs, un nouveau guide dans les difficultés de l'orthographe.
(2) Ces règles, on le sent bien, ne doivent pas être apprises toutes mot
pour mot : on ne peut attendre d'un élève, si studieux qu'il soit, ni un zèle
assez soutenu, ni une volonté assez ferme. Parviendrait-il même à tout :
apprendre, il ne pourrait tout retenir; et il aurait, en pure perte, fatigué
sa mémoire et dépensé son temps. Que doit-il donc faire ? ou plutôt que
doit faire pour lui le professeur ? Voici ce que j'ai pratiqué, ce qui m'a
316

accueil, accident, accroire, accumuler; acquisition, acqué


reur, acquittement, acquiescement ; aquatique, aquilin,
activer.

INITIALEs aci, asci, assi ; acide, asciens, asisster.


RÈGLE. Les mots qui commencent par aci doivent être
écrits par deux ss : assidu, assis, assimiler.
Il faut en excepter : acide, acier et composés; ainsi que
asciens, ascite. -

Assiette, assiéger, assistance, assignation.

plusieurs fois pleinement réussi. Je prends pour exemple l'initiale ac, acc,
acq, aq, ach, des mots acacia, accident, acquérir, aquilon, achroma
tique. La première chose est de faire remarquer à l'élève que le son articulé
ac s'écrit au commencement des mots de cinq manières différentes : la
deuxième chose est de lui faire lire la règle, de la lui expliquer, et de
s'assurer qu'il l'a comprise par le moyen suivant :
DEMANDE. Comment écrivez-vous le mot Académie ?

RÉPoNsE. J'écris le mot Académie par un seul c, parceque a, qui pré


cède c, fait à lui seul une syllabe : A-ca-dé-mie.
DEM. Comment écrivez-vous le mot accroire ?

RÉP. J'écris accroire par deux ce, parceque a, c forment une seule
syllabe dont on a fait précéder le verbe croire pour former le nouveau
verbe ac-croi-re.
DEM. Comment écrivez-vous le mot activité ?
RÉP. J'écris activité par un seul c, quoique a, c forment une syllabe,
parceque dans activité le c est suivi de t.
DEM. Comment écrivez-vous le mot acquisition ?
RÉP. J'écris acquisition par a, c, q, parceque ce mot est de la fa
mille d'acquérir, que la règle m'apprend à écrire par a, c, q.
DEM. Comment écrivez-vous le mot aquilin ?
RÉP. J'écris le mot aquilin par a, q, parceque dans ce mot, 1° le a
initial fait à lui seul une syllabe ; 2° le q y est suivi d'un u.
DEM. Comment écrivez-vous le mot achromatique ?
RÉP. J'écris le mot achromatique par a, c, h, parceque ce mot est à
la liste de ceux ou entre la lettre h,
317
- INITIALEs ad, add; adulateur, additionner
RÈGLE. Les mots addition, adduction, et leurs dérivés,
s'écrivent par deux dd; tous les autres qui commencent par
· ad n'ont qu'un d.
Adage, adepte, adieu, adorateur, adoucir, adresser,
adustion, Adonis.

INITIALEs af, aff, aph ; afin, affaire, aphélie.— Off,


officier.—Diff, difficulté.—Ef, eff ; éfaufiler, effort.—Caf,
cafetière. — Déſ, déférence. — Méf, méfiance.
g RÈGLE. Tous les mots qui commencent par af, comme
affaire; par dif, comme difficulté; par ef, comme effort ;
par of, comme offrande, doivent être écrits par deux ff ; et
tous ceux qui commencent par caf, comme cafard, par déf,
comme déférence, par méf, comme méfiance, doivent être
écrits par un seul f.
Les mots afin, Afrique et leurs dérivés; éfaufiler, éfour •

ceau, qui commencent par afet ef sont les seuls qui s'écrivent
avec un seul f.
Affaisser, affermir, affaiblir, affluer, affranchir, affubler ;
cafetan, cafetier, cafier, cafre ; diffamer, différence, difforme,
diffus; défiance, déferrer, déficit, défoncer, défricher; effa
roucher, effet, efficacité , effiler, effroi, effusion; méfait,
méfier.
#.

INITIALEs ag, agg; agent, agglomération.


RÈGLE. Les mots agglomérer, agglutiner, aggraver, et
leurs dérivés sont les seuls qui s'écrivent par deux gg.
Agenda, agiter, agonie, agrafer, agrandir, agréger, aguerrir.
3 18

INITIALEs ai, ay, hai, hé, é, œ; aigre, ayant, haine,


héritier, érésie, œsophage.
RÈGLE. Ai-je? aide, aigle, aigre, aigu, aiguade, ai
guille, aiguiser, aile, aimer, aine, aîné, ainsi, airain,
aire, ais, aisance, aisselle, et leurs dérivés sont les seuls qui
s'écrivent par a, i : tous les autres, à l'exception de ceux qui
commencent par la lettre h et les suivants : œcuménique,
œdème , OEdipe, œnanthe, œnas, œnéléum, œsophage,
s'écrivent par e : écueil, épanouir, évidence, éhonté, etc.

INITIALEs al, all, hal, hall, alarme, allégorie, haleine,


halle.
RÈGLE. Écrivez par deux ll les mots suivants et leurs dé
rivés : allaiter, aller, allécher, alléguer, alléger, allégorie,
allégresse, allemand, franc-alleu, alliaire, allier, Allobroge,
allocution, allonger, allouer, alluchon, allumer, allure,
allusion, alluvion. Tous les autres mots commençant par al
n'ont qu'un seul l : alouette, aloès, alose, alphabet, alu
mine, etc.
Voyez les autres à la lettre h.

INITIALEs ain, en, in, im, hain, hen; ainsi, ennemi,


invincible, impossible, haine, hendécasyllable.
RÈGLE. Écrivez par ain, ainsi; par en, ennemi, ennéagone.
Tous les autres mots qui commencent par le son in, écrivez
les par in ou par im s'il suit un b ou un p.
Insensé, indéfini, instructif, inviolable , imbus , imbé
cile, imprenable.

· INITIALEs asc, ass; ascendant, assurer.


RÈGLE. Les mots ascendant, ascension, ascète, asciens
319
et dérivés s'écrivent par asc, tous les autres où le son as est
suivi d'une voyelle s'écrivent par a et deux ss.
Assemblée, assainir, assujettir, assigner, etc.

INITIALEs at, att, ath; atelier, attacher, athlète.


RÈGLE. Écrivez par a et deux tt, 1° les cinq substantifs,
atticisme, attirail, attitude, attombisseur, attrition ; 2° tous
les verbes et les mots qui en sont dérivés, à l'exception des
trois verbes atermorer, atinter, atourner. Tous les autres
mots qui commencent par at, doivent être écrits par un seul t.
Atonie, âtre, atroce, atrabilaire, attention, atterrir, attri
buer, attenter, etc.

INITIALEs op, opp; opération, opposer.


RÈGLE. Les mots suivants et leurs dérivés doivent être écrits
par deux pp; opportunité, opposition, oppression, opprobre,
tous les autres mots commençant par op n'ont qu'un seul P.
Opaque, opérateur, opinion, opulent, etc.

INITIALEs bai, bé, baigner, béjaune.


RÈGLE. S'écrivent par a, i les mots bai, baie, bain, baiser,
baisser et leurs dérivés, tous les autres s'écrivent par b, é.
, Béfroi, bégayer, bégueule, bêler, bélître, bémol, etc., joi
gnez-y : beige, beignet, ber.

INITIALEs bar, barr, bat, batt, baril, barrière, bateau,


battre.
RÈGLE. Les mots qui commencent par bar ou par bat ne
doivent être écrits qu'avec un seul r ou un seul t, les suivants
seuls et leurs dérivés en ont deux.
Barre, barrioler, barrique, battre, batterie.
32o

INITIALEs bour, bourr, bouracan, bourreau.


RÈGLE. Ecrivez par bourr, comme bourrache, bourrasque,
bourrique, tous les mots qui commencent par bour; excepté
bouracan et les mots où après bour il suit une consonne.

INITIALEs ca, ka, qua; capitaine , kan, quatorze.


RÈcLE. Écrivez par ka; kabak, kabin, kan; par qua,
quadrat, quatrin, quadrature, quadrille, qualité, quand,
quant , quantité, quarante, quartier, quasi, quatorze ,
quatre et leurs dérivés; tous les autres doivent être écrits
par c, a.
Caresse, cachemire, cadeau, cahot, cathédrale, cavité, etc.

INITIALEs car, carr, quar; carguaison, carrière, quartier.


RÈGLE. Écrivez avec deux rr les mots suivants et leurs
dérivés : carrare, carré, carrière, carrik, carriole, car
rousel; tous les autres mots qui commencent par car n'ont
qu'un r. -

Caracoler, caractère, carder.


Ecrivez par quar tous les mots formés de quart.

INITIALEs ce, cé, se, sé; ci, si, cy, sy : celui, céleste ,
secret, séditieux ; citoyen, signe, çyprès, symétrie.
RÈGLE. Les mots qui suivent, et leurs dérivés, s'écrivent
par c; tous ceux des initiales précédentes qui ne se trouvent
pas compris dans cette liste s'écrivent par s.
· Ce, céans , ceci, cécité, céder, cédille, cèdre, cédrat,
cédule, ceinture, céladon, célébrité, céler, celéri, célérité,
céleste, céliaque, célibat, cellier, cellule, celtique, cément,
cénacle, cendre, cène, cenelle, cénobite, cénotaphe, cens,
censure, cent , centaure , centaurée, centinode, centon ,
centre, cep, céphalagraphie, céphalalogie, céphalique, céphée,
cérat, cerbère, cercle, cercueil, cérébral, cérémonie, Cérès,
32 1

cerf, cerise, cerner, certitude, cérumen, céruse, cerveau,


cervoise, césarienne, cesser, ceste, césure, cétacé, cétérac.
Ci, ciboire, ciboule , cicatrice, cicerole, cicutaire , cid ,
cidre, ciel, cierge, cigale, cigogne, cigué, cil, cilice, ciller,
cimbalaire , cime, ciment , cimeterre , cimetière , cimier ,
cimolie, cinabre, cinéraire, cingler, cinnamome, cinq, cintre,
cioutat, cipolin, cippe, cirage, circateur, circée, circompolaire,
circonflexe, et tous les mots commençant par CIRcoN, circula
tion, cire, ciroene, ciron, cirque, ciseau, ciste, cistophore,
citation, citérieur, citerne, citron, civadière, civet, civette,
civil. Tous les autres mots qui commencent par les sons cé
ou ci, doivent être écrits par s au lieu de c. -

Nota. Ne sont pas compris ici les mots qui s'écrivent par cy ou sy.
Remarquez les mots suivants et leurs dérivés dans lesquels
s est suivie d'un c : sceau, scélérat, scène, scepticisme,
sceptre, schelling, schène, schisme, sciamancie, sciatique,
scie, science, scille, scinque, scintiller, scion, scissile,

INITIALEs char, charr; charité, charrier.


RÈGLE. A l'exception de chariot, les mots formés de
char (voiture) s'écrivent avec deux rr : charrue, charretée.
On ne met qu'un rà tous les autres mots commençant par char.
· Charmer, charnu, charivari, charte, charade, charançon, etc.
• • • ** *

INITIALEs col, coll; colère, coller.


RÈGLE. Tous les mots qui commencent par col, comme
colère, colorer, colonie, ne doivent être écrits qu'avec un l.
Les suivants et leurs dérivés doivent seuls en prendre deux :
collaborateur, colle, collatéral, collation, collection, collége,
collègue, collet, colliger, colline, colliquation, collision,
colloquer, collusion, collrre.

21
322

INITIALEs com, comm ; comédie, commencer.


RÈGLE. La syllabe com s'écrit avec un seul m, lorsque
après com il suit une consonne : comparer, combiner, comté.
S'il suit une voyelle , il faut écrire avec deux mm : comman
der, commerce, commode, communiquer. Il faut excepter
cependant les mots suivants et leurs dérivés, qui n'ont qu'un
seul m quoique une voyelle suive cette consonne : coma,
comédie, comestible, comète, comices, cominge, comique,
comité.

INITIALEs con, conn; conique, connaître.


RÈGLE. Les mots connétable, connexion, connil, conni
vence, connaissance et leurs dérivés, sont les seuls com
mençant par con, qui s'écrivent avec deux nn; tous les
autres n'en ont qu'un.

INITIALEs cor, corr; corail, corridor.


RÈGLE. Les mots suivants et leurs dérivés sont les seuls
qui s'écrivent avec deux rr : correction, corrégidor, corré
lation, correspondre, corridor, corriger, corroborer, cor
roder, corrompre, corrorer.

INITIALEs cour, courr; couronne, courrier.


RÈGLE. Les mots courre, courrier, courroie, courroucer,
courroux, sont les seuls de tous les mots qui commencent par
cour qui aient deux rr.

INITIALEs disc, diss; disciple, dissimuler.


, RÈGLE. Les mots qui commencent par dis doivent recevoir
un c après s dans les mots suivants et leurs dérivés : dis
oernement, diseiple, où le e a le son de s. Dans tous les
autres mots il faut mettre deux ss.
Disséminer, disséquer, dissimuler, ete.
323

INITIALEs dom, domm; domaine, dommage.


RÈGLE. Les mots qui commencent par dom, comme domi
cile, dôme, n'ont qu'un seul m. Dommage et ses dérivés en
ont deux.

INITIALEs éc, esc, ess ; écervelé, escient, essieu.


RÈGLE. De tous les mots qui commencent par la conson
nance ess, les deux mots écervelé, escient, sont les seuls qui
ne s'écrivent pas par deux ss.

INITIALEs fai, ſé, fœ, phé; fainéant, fécondité, fœtus,


phénix. -

RÈGLE. Le son f, é doit s'écrire f, œ dans fœne, fœtus; il