Vous êtes sur la page 1sur 399
A propos de ce livre Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des

A propos de ce livre

Ceci est une copie numérique d’un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d’une bibliothèque avant d’être numérisé avec précaution par Google dans le cadre d’un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l’ensemble du patrimoine littéraire mondial en ligne.

Ce livre étant relativement ancien, il n’est plus protégé par la loi sur les droits d’auteur et appartient à présent au domaine public. L’expression “appartenir au domaine public” signifie que le livre en question n’a jamais été soumis aux droits d’auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à expiration. Les conditions requises pour qu’un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d’un pays à l’autre. Les livres libres de droit sont autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont trop souvent difficilement accessibles au public.

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir du long chemin parcouru par l’ouvrage depuis la maison d’édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains.

Consignes d’utilisation

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. Il s’agit toutefois d’un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées.

Nous vous demandons également de:

+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l’usage des particuliers. Nous vous demandons donc d’utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un quelconque but commercial.

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N’envoyez aucune requête automatisée quelle qu’elle soit au système Google. Si vous effectuez des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer d’importantes quantités de texte, n’hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l’utilisation des ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile.

+ Ne pas supprimer l’attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet et leur permettre d’accéder à davantage de documents par l’intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en aucun cas.

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l’utilisation que vous comptez faire des fichiers, n’oubliez pas qu’il est de votre responsabilité de veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n’en déduisez pas pour autant qu’il en va de même dans les autres pays. La durée légale des droits d’auteur d’un livre varie d’un pays à l’autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier les ouvrages dont l’utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l’est pas. Ne croyez pas que le simple fait d’afficher un livre sur Google Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous vous exposeriez en cas de violation des droits d’auteur peut être sévère.

À propos du service Google Recherche de Livres

En favorisant la recherche et l’accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le fran¸oais, Google souhaite contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l’adresse http://books.google.com

|

| | |
|

|

-

| | | | | | -

|-----

|-

--*-------|--

·-|- -

ww -*·# v··-'

|-|-·-|-|-

, *·-

-

·

, v * , * · ·\|--|-· 4.

|--,|×-
|-|-
|-

----º

, -|-|-'

|,

º ,'',//

, , ·|--|--·|-* ?·| '!|-\ ?-· || ~ 1,\|-|- -} *|-|----- ·| ~|-|--

/\

· , ,

.· , , z- !|×}}, , ·/|-·|-|-- , |-|-\ Å.|-+ \----|-|-',*

·|-
----|-

!

, '';|

,·\\

|-|--|-·

:'

' |·~^Å

a- ~ ···.: ·-\,

,·|-------

|-· ||-|-.^·

|-

*||-|-}-··*

!|-|-ae|-·|-|-;

,'a',,

----\;·\|-!

, *·\

" |-- ----|-----

· |-

|- |-

= ---- -----------~--~--~==---

7

*, |-|- |-_2 ,

,~ ~~~~

|----- ----.

|-|-

----|-·

|-\|-*

----

|- -_- ----

-

|-.---

, --

|-* · :-

· *~~

, -**

· : -|-~~

~~~~ --

|-~ - :.---*

~~·

---*-

·|-

~ ~~~~~

-----

· ·,·

~ - ~ :

- ~

~ ~~~~ ~ ;

~~ ---- -

----

~ ~

- :.---* ~~· ---*- ·|- ~ ~~~~~ ----- · ·,· ~ - ~ : - ~

-^_

- :.---* ~~· ---*- ·|- ~ ~~~~~ ----- · ·,· ~ - ~ : - ~

1|·
----*-|-|--
-~|-|-~·|-----·|-

N.|--}-|-----·

|-|-\|·-;

|- |- ··4·|--|-

* |-\

· .|- ae~·-|-

* * ·--/·\|- ~

·

-/ · · w*

|-|-·|-|-\

, ~*W··

\\~

,

, -|-

\\kº|^

-· |-· - ·---- |- -{

;: |-v ;|-|-- | ,-' · -+ 1yº|- |-+-

.-· ·

+.' \|-

**|*---- ~\,**

|-*

·* ,* \,§ \! ff.

~~~~

|-* * * -- *** *

··|-1

|-\|-··----

! |-···#

·-·-

-*·.

-

*_-- --

, º.{|-*

·· ·i

' ';^

*|- · ·

|-
|-|-|-

.----

---------

ae··----

'

|-*

|-|-|-

' ', ·, /

*~~~~

|-·\,

^\|-^

,|

· *

\ / ' _

----*

º|-

***-----

|-

|- ----|-

.·+ -*

----|-|-

-

\,---- »

-

!*
|-
·

·
·

--

·
|-

----

- ----

^^ ~~

~~~ .-

4

|-

-

*

G R A MMA IR E

FRANÇAISE.

------

- » - !* |- · · · - - · |- ---- - ---- ^

PARIs. IMPRIMERIE DE

CASIMIR,

12.

Rue de la Vieille-Monnaie, n°

A

PARIs. IMPRIMERIE DE CASIMIR, 12. Rue de la Vieille-Monnaie, n° A | |, | |

|

|,

|

|

z2z

G RAMMAIRE

FRANÇAISE,

AUGUSTE BESSIÈRES.

10arig,

AUGUSTE DELALAIN, LIBRAIRE,

RUE DE s MATHURIN s s A INT-JACQUE s, N° 5.

BRUNOT-LABBE, LIBRAIRE DE L'UNIVERSITÉ,

QUAI DEs AUGUSTINs, N" 33.

º

V,

#e

V.

1854,

,

º

--

-

|

f

.

|

, ^

---

\

» , 2 3 3 .
» , 2
3 3 .

|-

|-----
|-
|-

^

* *
·|-

* ----·

~

----

|-

-

^sae

*

-


|-

· *

|-

--~~~~ .

----- -*----

- - ----

R

--

4 , 4º

.

es *#
-

-

º,

, -

-

' A : -

~ ---- | - - ^sae * - |- · * |- --~~~~ . ----- -*----

A MES ÉLÈVES

DE L'INSTITUTION

IDe tlab emtoie elle 2llir,

42ae a% %4y, .%*ag.

MESDEMoIsELLEs,

Je vous offre le résumé de nos leçons de

Grammaire; si vous daignez en agréer l'hom mage, ce sera la plus douce récompense de

mon travail. Je l'offre aussi à Mademoiselle

Alix : vous ne voulez pas que je vous sé pare de celle qui est pour vous une seconde

mère.

Paris, le 1er janvier 1834.

Aº BESSIÈRES.

voulez pas que je vous sé pare de celle qui est pour vous une seconde mère.

* ·*

--

wi----

* -ae

***

*-----*

* : -

= |-·
|-

* *

*

* :

*|-

"*

- --

º----

|-----|-

|-|-****

-------------

|-|-

-|-

ae

----

|-

-

----

|-

* : *|- "* - - - º---- |-----|- |-|-**** - - - - - -

AVERTISSEMENT.

APRÈs tant de Grammaires, encore une Gram

maire ! Celles qui ont paru jusqu'à ce jour

saient-elles donc pas aux besoins de la

ne suffi

langue ?

n'ont-elles pas suffi à nos meilleurs écrivains? Les Grammairiens qui nous ont précédé n'ont-ils pas

dit tout ce qu'il fallait dire, et pouvons-nous

mieux faire que de répéter ce qu'ils ont dit ?

Aussi l'ouvrage que nous offrons aux Écoles

est-il moins notre propre ouvrage que celui de

nos devanciers (1).

Cependant, quoique nous ayons, pour ainsi

parler, copié nos maîtres; quoique nous nous en

soyons rapproché autant qu'il nous a été possible,

nous n'avons pas laissé de mous en écarter toutes les fois qu'il s'est présenté à nous quelques vues

nouvelles ou que nous avons pu rendre plus clair

et plus facile ce qu'ils nous avaient enseigné.

(1) Entre les grammairiens que nous avons consultés avec le plus de fruit, nous devons nommer, après Condillac,

Domergue, Wailly, MM. Lemare, Girault-Duvivier, Boni

face, Bescher , Darbois, Darjou , Levi , Marle, Boussi , Dessiaux, Pompée.

Wailly, MM. Lemare, Girault-Duvivier, Boni face, Bescher , Darbois, Darjou , Levi , Marle, Boussi ,

viij

AV E R T IS S E M E N T.

Dans cette Grammaire, les matériaux

sont donc

Grammaires : eh !

les mêmes que dans les autres

comment en serait-il autrement,

puisque depuis

n'a varié ni

près de deux siècles notre langue

dans ses élémens ni dans leur

disposition? Mais

peut-être avons-nous présenté ces premiers rudi

mens invariables d'une manière mieux

appropriée

à l'intelligence des

telle est notre unique ambition.

Élèves. Tel a été notre

but ;

Cette Grammaire est divisée en trois parties :

Dans la première se trouvent,

avee tous les dé

tails nécessaires ou utiles, toutes les espèces

ImmOtS.

e

'

-- '

--

·

La seconde, après l'exposition des

de

-

principales

difficultés de notre orthographe,

de les surmonter; elle contient aussi un exposé

donne les moyens

suc

cinct des règles de la ponctuation.

.

, -

La troisième est consacrée à l'application

des

en

principes; elle doit justifier la définition mise

tête de cet ouvrage : La Grammaire

est la science

qui apprend à bien parler et à bien écrire les

gues. Cette troisième Partie est donc

lan

une sorte de

traité de l'art d'écrire, une

étude raisonnée de

ce qu'il y a de plus parfait dans vains. J'ai cherché à surprendre

nos grands écri

leur secret pour

Élèves ; je me suis placé,

le communiquer aux

si j'ose le dire, entre le génie et ceux

que son

flambeau doit éclairer.

.

·

·

Et, comme la poésie est la partie la plus

bril

le dire, entre le génie et ceux que son flambeau doit éclairer. . · · Et,

AV E R T1 S S EME N T.

ix

lante des langues, j'ai dû, en écrivant sur la langue

française, ne pas négliger les règles de sa versi

fication. : ,

,

-

J'ai cru enfin être également utile aux Maîtres

et aux Élèves en terminant par une série de

questions dont chacune trouvât sa réponse dans

quelqu'un des articles déjà expliqués et bien com

pris. Un même numéro précède les questions et les articles qui leur

-

Parmi les Élèves, les uns, très-jeunes, sont en

core étrangers à tout principe de Grammaire ;

d'autres, plus âgés ou d'une intelligence plus soi

gnée, ont déjà

une première idée de ces principes ;

d'autres enfin sont non-seulement en état de les

comprendre, mais de sentir et d'apprécier la jus

tesse de leur application.

A ces trois sortes d'Élèves les mêmes questions

ne sauraient convenir. Aux premiers s'adressent

les questions précédées d'un numéro ; aux se conds, les questions des premiers et celles qui sont précédées d'un numéro suivi d'un astérisque ;

aux troisièmes, les questions précédées d'un nu

méro suivi de deux astérisques, et toutes celles

qui s'adressent aux premiers et aux seconds.

Si nous avons cité beaucoup d'exemples, c'est

moins pour les Élèves que pour le Professeur.

Celui-ci sera bien aise d'avoir en quelque sorte

sous la main une matière très variée et toute

X

le Professeur. Celui-ci sera bien aise d'avoir en quelque sorte sous la main une matière très

X

A VERT IS SEM EN T.

prête pour montrer dans chacun de ces exemples

les règles qui en ont été déduites.

On ne trouvera pas dans ce livre une partie spé cialement consacrée à la Syntaxe. La Syntaxe est disséminée dans tous les chapitres. Dans tous, et

à mesure que le besoin s'en fait sentir, nous éta blissons les règles qui ordonnent le discours.

Extraite d'un ouvrage plus considérable, cette Grammaire n'eût pas encore vu le jour; mais les

jeunes personnes auxquelles elle est particuliè

rement destinée ont désiré qu'elle parût incessam ment. Des mères qui s'occupent elles-mêmes de l'instruction première de leurs enfans ont témoigné

le même désir; et des Professeurs aimés autant

qu'estimés du public, nous ont assuré que cet ouvrage serait utile, qu'il leur serait utile. J'ai cédé à ces considérations peut-être avec trop

de facilité.

-

Quoi qu'il en soit, j'espère que le public me

tiendra compte de l'intention qui a présidé à mon

travail. ll est bien imparfait, je le sens; j'attends

beaucoup d'une critique éclairée et bienveillante pour lui donner une partie de ce qui lui manque.

t t e n d s beaucoup d'une critique éclairée et bienveillante pour lui donner une

GRAMMAIRE

FRANÇAISE.

#$$ $$$ $$$$$ $#3$#$

NOTIONS PRÉLIMINAIRES.

A

1. ON nomme grammaire la science qui apprend à

bien parler et à bien écrire les langues.

2. La grammaire est générale lorsque ses principes

sont communs à toutes les langues et s'appliquent à toutes les langues ; elle est particulière lorsque ses

principes ne sont propres qu'à une seule langue et ne s'appliquent qu'à une seule langue.

5. Pour bien parler une langue, il faut connaître les

mots qui la composent, les règles d'après lesquelles ils doivent être employés, et la manière dont ils se pro

nOnCent.

4. Pour bien écrire une langue, les deux premières

conditions sont indispensables ; la troisième, la pro

nonciation des mots, ne l'est pas. On peut bien écrire en français, en anglais, et mal prononcer ces deux

langues.

Mais si, pour bien écrire une langue, il n'est pas né cessaire de la bien prononcer, il est nécessaire d'en savoir l'orthographe. L'orthographe comprend et la connaissance des lettres

I

il est nécessaire d'en savoir l'orthographe. L'orthographe comprend et la connaissance des lettres I

2

qui forment chaque mot et les changements de termi naison qu'éprouvent ces mots dans le discours.

5. Le nombre des mots qui entrent dans la compo

sition d'une langue, de la langue même la plus pauvre, sont en très grand nombre.

Pour se reconnaître au milieu de tant de mots, pour ne pas confondre ceux qu'il importe de distinguer, on

les a distribués en classes ou espèces.

6. Dans la langue française on compte huit de ces

classes ou espèces de mots : le substantif, l'adjectif,

le pronom, le verbe, l'adverbe, la préposition, la conjonction, l'exclamation.

7. Le substantif désigne ou une substance réelle,

comme livre, ou une substance fictive, comme vertu.

8. L'adjectif remplit une double fonction : tantôt

il ajoute une qualité au substantif, comme heureux

dans mortel heureux; tantôt il restreint l'étendue de la signification du substantif en lui donnant une déter

mination précise, comme ce et mon dans ce livre, mon chapeau.

9. Le pronom remplace dans le discours un ou plu

sieurs autres mots qu'il serait peu élégant de répéter.

Ainsi dans cet exemple : C'est un méchant métier que celui de médire. Le pronom celui remplace ces mots

le métier.

10. Tout mot qui exprime la manière d'étre ou d'agir, l'état ou l'action des personnes et des choses est appelé verbe.Ainsi dans : Il est sage; nous chan tons, vous dansez. Est, chantons, dansez, sont des

verbes.

11. L'adverbe modifie ou un verbe, comme partir

nous chan tons, vous dansez. Est, chantons, dansez, sont des verbes. 11. L'adverbe modifie ou un

3

bientôt; ou un adjectif, comme très malade; ou un

autre adverbe, comme très dangereusement malade.

12. La préposition exprime un rapport entre deux

mots, comme : aller à Paris, bonté de Dieu, homme de génie.

15. La conjonction joint ou deux mots entre eux,

comme : vous et moi ; ou deux membres d'une même

phrase, comme :

A ses tristes sujets elle a fait ses adieux,

Et son âme innocente a monté vers les cieux !

14. L'exclamation s'interjette dans le discours pour

donner plus de vie à l'expression du sentiment dont

l'âme est affectée, comme :

O vanité! ô néant ! ô mortels ignorants de leurs destinées !

15. Les mots des quatre premières espèces va rient dans leurs terminaisons : ils sont appelés varia

bles ; ceux des quatre dernières sont invariables.

espèces va rient dans leurs terminaisons : ils sont appelés varia bles ; ceux des quatre

CHAPITRE PREMIER.

DU SUBSTANTIF.

1. LEs mots qui nomment des substances réelles,

matérielles, c'est-à-dire des substances qui tombent

sous les sens, telles que homme, arbre, maison,

chemin, rivière, sont appelés substantifs.

Sont aussi, par extension, appelés substantifs les mots sagesse , probité, honneur, vertu, cou rage, etc., quoique n'exprimant aucune substance

réelle.

2. Il y a trois sortes de substantifs : le substantif

propre, le substantif commun, le substantifpersonnel.

5. SUBsTANTIF PRoPRE. Tous les substantifs n'ont pas

une signification d'égale étendue, ils ne conviennent

pas tous à un égal nombre d'êtres, d'individus; ceux

qui ne conviennent qu'à un seul individu, comme :

Voltaire, Fénelon, Paris, etc., ont été nommés

substantifs propres.

4. SUBsTANTIF coMMUN. Les substantifs qui con

viennent à plusieurs êtres sont appelés communs. Ces substantifs ont plus ou moins d'étendue dans leur signification; ils sont communs à un plus grand ou à un plus petit nombre d'êtres, comme on le voit dans

les exemples suivants : animal, quadrupède, cheval,

un plus petit nombre d'êtres, comme on le voit dans les exemples suivants : animal, quadrupède,

5

andalous, où l'étendue va toujours en diminuant de

puis le premier substantif animal jusqu'au dernier

substantif andalous.

-

5. SUBSTANTIF PERsoNNEL. Le substantif personnel

désigne des personnes ou des êtres personnifiés. Ce substantif exige quelques développemens parti culiers ; il en sera traité bientôt avec détail.

6. Dans les substantifs, on distingue le genre et le

nombre.

DU G EN RE.

7.

La nature a fait deux parts de tous les êtres

animés : elle les a divisés en mâles et en femelles.

Cette division naturelle a fourni à la grammaire l'oc

casion d'établir deux genres, le masculin et le fémi

nin. Les substantifs homme, frère, lion, cerf, coq, ont été du genre masculin : femme, s ur, lionne,

biche, poule, ont été du genre féminin.

8. Pour désigner le mâle et la femelle d'une même

espèce, nous avons souvent un mot unique, variable

dans sa terminaison : cousin, cousine, chat,

Souvent aussi nous avons deux mots différents : cerf, biche; coq, poule ; mais plus souvent encore nous n'avons qu'un même mot, qui est ou toujours employé au masculin, comme : un renard, un rossignol, un boa, un brochet, ou toujours employé au féminin, comme :

une souris, une alouette, une vipère, une baleine. Dans ce dernier cas, on ajoute au substantif le mot mâle

ou le mot femelle ; et l'on dit : un renard mâle ,

baleine. Dans ce dernier cas, on ajoute au substantif le mot mâle ou le mot femelle

6

un renard femelle; une souris mâle , une souris fe melle, etc.

9. On en use de même àl'égard des planteset des fleurs

qui, jouissant de la vie, se rapprochent des êtres animés

ainsi on dit de certaines plantes et de certaines fleurs :

plante mâle, plante femelle; fleur mâle, fleur femelle.

10. Quant aux substantifs qui nomment des sub

stances matérielles, mais non vivantes, non animées,

comme : pierre, crayon, plume, ou des substances

immatérielles, comme plaisir, peine, courage ; l'igno rance et le caprice, plus que la raison, leur ont im

posé l'un ou l'autre genre.

On remarque cependant que ceux de ces substan

:

11.

tifs qui expriment quelque idée de supériorité, de force,

de grandeur, etc., sont assez généralement du masculin ;

et que ceux qui, comparés aux premiers, expriment

quelque idée d'infériorité, de faiblesse ou de grâce, de beauté, etc., sont du genre féminin. D'après ce qui précède :

Le genre, en grammaire, est un terme qui

-

f

'

,

12.

exprime la distinction des substantifs en masculins et

en féminins.

DU NoMBRE.

-

·

*

·

·

·

:

«

15. Quoiqu'il y ait une infinité de nombres, un,

deux, trois, quatre, etc., la grammaire n'en reconnaît

que deux, le singulier et le pluriel. : o Je

Le singulier se dit d'un seul être, cheval, maison;

le pluriel se dit de plusieurs êtres : chevaux, maisons.

14. Les substantifs ont ordinairement au pluriel une

maison; le pluriel se dit de plusieurs êtres : chevaux, maisons. 14. Les substantifs ont ordinairement

7

terminaison différente de celle qu'ils ont au singulier :

le livre, les livres; le mal, les maux; le ciel, les cieux. Cette différence dans les terminaisons suffit pour faire distinguer les deux nombres.

15. Le nombre, dans les substantifs, consiste dans

l'unité ou la pluralité déterminées, pour la plupart de

ces substantifs, par leurs finales.

16. Formation du pluriel dans les substantifs.

PREMIÈRE RÈGLE. Les substantifs propres n'ont pas de pluriel, à moins qu'ils ne cessent d'être l'expression d'un seul individu pour en désigner plusieurs ayant les mêmes qualités, comme : Grâce aux institutions mo dernes des peuples civilisés, ni les Alexandres ni les Nérons n'affligeront plus l'humanité. Alexandre et Néron sont au pluriel, parce qu'on veut dire que les conquérants comme Alexandre et les monstres comme Néron deviendront de plus en plus

l'al'62S,

-

IVota. Il serait plus raisonnable de ne jamais écrire les substantifs propres avec le signe du pluriel.

DEUXIÈME RÈGLE. Les substantifs communs terminés

au singulier par un s, ou un x, ou un z, comme : un

succès, une noix, un nez, s'écrivent de la même ma

nière au pluriel, Les autres substantifs communs forment leur pluriel en ajoutant un s à la fin du sin gulier : une table, des tables ; un plaisir, des plai

sirs; une s ur, des s urs; un gant, des gants; une dent, des dents.

IVota. Les substantifs qui finissent par ant ou ent,

une s ur, des s urs; un gant, des gants; une dent, des dents. IVota. Les

8

mouvement,

tels que enfant,

s'ils sont formés

de plus

d'une syllabe,

ne gardent pas

le t au pluriel

: ainsi

mouvemens.

enfans, des

l'on écrit des

EXC E

P T I O N S.

I". Les substantifs

terminés au

singulier par

eau ,

agneau, feu, lieu d'un s;

eu, comme

ajoutent un

x pour former

le pluriel au

régulier,

bleu a son pluriel

bleus.

--

cinq substantifs

II°. Les

chou, genou,

caillou,

hibou, pou,

terminés en

sont les seuls

ou qui

former le

lieu d'un s pour

prennent encore

un x au

pluriel.

Les substantifs

terminés en al,

III°.

comme cheval,

:

ne conservent

pluriel ; cette

pas le l au ux : cheval,

lettre y est

remplacée par

chevaux ; général,

méraux. Aval,

carnaval, nopal, cette terminaison

bal, cal,

pal, régal

d'animaux de

et les noms

s'écrivent

régulièrement

au pluriel;

ils font : avals,

bals, cals,

carnavals, nopals, IVe. Ail s'écritau

chacals, servals,

pals, régals,

etc.

bétails'écrit

pluriel aulx,

bestiaux.

Sept autres substantifs

terminés en

ail, qui sont

bail,

plumail,

corail, émail,

soupirail, ventail,

travail, ne

conservent

et le remplacent

pas le l au pluriel

par ux :

baux, coraux,

émaux, etc.

substantifs

Tous les autres

régulièrement,

terminés en

ail forment

leur pluriel

éventail,

éventails.

substantifs communs

nombre de

V°. Un grand

of

frent des difficultés

dans la formation

de leur pluriel

:

ce sont les substantifs

qui se composent

de plusieurs

grand of frent des difficultés dans la formation de leur pluriel : ce sont les substantifs

9

mots unis par un trait d'union, tels que : tête-à-tête, avant-goût, bain-marie. Les difficultés qu'offrent ces substantifs proviennent des différentes espèces de mots dont ils se composent. Voyez, pour la règle à observer,

la Table, article SUBSTANTIFs coMPosÉs.

17. Remarques sur le Genre des Substantifs

suivants.

Aigle signifiant enseigne, armoirie, devise, constel lation, est féminin; il est aussi féminin s'il exprime la femelle d'un oiseau de proie. Ces cas exceptés, ce

substantif est toujours masculin.

Les aigles romaines se montrèrent triomphantes dans presque toutes les parties du monde connu. L'aigle femelle aime ses petits avec tendresse; elle les protège et les défend avec la plus grande intrépidité. L'aigle, fier, courageux, est roi des habitants de l'air. Il est aisé à un homme habile de passer pour un aigle parmi

les ignorants.

Amour. Ce mot, tant au singulier qu'au pluriel, est employé dans les deux genres par nos meilleurs auteurs.

Venge-toi, punis-moi d'un odieux amour. (RACINE.) Et soudain renonçant à l'amour maternelle, Sa main avec horreur les repousse loin d'elle. (RACINE.)

Il fallut

Et mes premiers amours et mes premiers sermens. (VoLTAIRE.)

Quel fruit recevront-ils de leurs vaines amours? (RACINE.)

Cependant quelques grammairiens modernes en

seignent que ce mot n'est plus féminin qu'au pluriel et

contre eux les exemples

dans le sens de passion : ils ont

que nous venons de citer, et bien d'autres.

pluriel et contre eux les exemples dans le sens de passion : ils ont que nous

I O

Amour est toujours masculin lorsqu'il exprime les

enfans de Vénus :

Les amours légers et riants sont des tyrans dangereux. (GIRARD,

LÉvIzAC, WAILLY.)

Couple est masculin quand il désigne deux êtres animés ou supposés tels, unis par la volonté, par un sentiment quelconque, ou envisagés comme propres à

agir volontairement et de concert.

Certain couple d'amis, en un bourg établi,

Possédait quelque bien.

(LA FoNTAINE.)

Pauvres gens! idiots! couple ignorant et rustre! (LA FoNTAINE.)

Le mot couple est féminin quand il désigne seu

lement deux êtres de la même espèce, unis acciden tellement, sans qu'ils aient volontairement participé à cette réunion, ou sans qu'ils aient pu y participer vo lontairement, n'étant pas animés.

Une couple d' ufs. Une couple de boîtes de confitures.

(ACADÉMIE.)

Délice est masculin au singulier, et féminin au pluriel.

C'est pour un bon c ur, un grand délice, que de pouvoir faire

toujours le bien. J'ai fait long-temps de la lecture de Robinson Crusoé mes plus

chères délices.

J.-J. Rousseau a fait ce mot masculin au pluriel.

Un de mes plus grands délices était surtout de laisser toujours

mes livres.

Et il a eu raison à cause du masculin un qui com mence la phrase.

Élève. Ce mot est masculin s'il est employé dans

Et il a eu raison à cause du masculin un qui com mence la phrase. Élève.

I I

un sens général, ou s'il désigne le genre masculin. Il est féminin s'il désigne le genre féminin.

Ce professeur forme d'excellents élèves.

Ce jeune élève a fait des progrès très remarquables.

Les élèves les plus instruites sont placees dans la première

salle.

· Enfant. Ce mot est toujours masculin quand il n'exprime que l'enfance en général. Ainsi l'on dira

d'une troupe d'enfans composée seulement de petits garçons, ou seulement de petites filles, ou indistincte ment des uns et des autres :

Voyez ces jolis enfans, comme ils sont gais.

Le mot enfant est encore masculin s'il désigne un

ou plusieurs petits garçons; il est féminin s'il désigne une ou plusieurs petites filles. Foudre. Ce mot est des deux genres, soit dans le sens propre, dans le sens de tonnerre, soit dans le sens figuré.

Que la foudre en éclats me tombe que sur moi ! (VoLTAIRE.) Mais du jour importun les regards éblouis Ne distinguèrent point, au fort de la tempête,

Les foudres menaçans qui grondaient sur sa tête. (VoLTAIRE.) Songe que je te vois, que je te parle encore,

-

, Que ma foudre à ta voix pourra se détourner.

(VoLTAIRE.)

Aplanissez ces monts dont les rochers fumants

Tremblaient sous nos foudres guerrières.

(CASIMIR DELAvIGNE.)

Un foudre d'éloquence est un grand orateur. Un foudre de guerre est un grand capitaine.

Un foudre d'Allemagne est un vaisseau pour renfermer les

liquides.

Un foudre de guerre est un grand capitaine. Un foudre d'Allemagne est un vaisseau pour renfermer

I 2

Garde. Ce mot désignant un ou plusieurs membres d'un corps armé, appelé garde, est masculin.

Voyez ce garde national Les gardes nationaux se sont réunis.

Ce mot désignant le corps entier est féminin.

Rien ne résistait à la garde impériale.

Les gardes nationales de France ont toutes la même devise :

Liberté, ordre public.

Gens. Ce mot présente, pour le genre, plusieurs difficultés. Voyez la Table, article GENs. Hymne. Exprimant un chant d'église, ce mot est féminin ; dans tout autre cas, il est masculin.

Nous avons entonné une des belles hymnes de Santeuil. Que l'hymne guerrier se fasse entendre. La vie de Turenne est un hymne à la louange de l'humanité.

(MoNTESQUIEU.)

Idole. Ce substantif féminin a été mis au masculin

par La Fontaine.

A la fin se fâchant de n'en obtenir rien,

Il vous prend un levier, met en pièces l'idole,

Le trouve rempli d'or.

(Fab. 8, Liv. Iv).

Qffice. Ce mot masculin est seulement féminin, lorsqu'il signifie garde-manger, préparation des des serts, lieu où on les prépare.

*

Il m'a rendu un véritable office d'ami. Voilà de belles offices.

OEuvre. Ce mot féminin est masculin s'il désigne un

ouvrage de musique, de gravure. Il l'est aussi dans

les deux phrases suivantes, et analogues.

Le grand uvre de la création

musique, de gravure. Il l'est aussi dans les deux phrases suivantes, et analogues. Le grand uvre

13

Travailler au grand uvre, c'est-à-dire à la recherche du

secret de faire de l'or.

Tout semble concourir au grand uvre de la régénération

sociale.

Pâque. Ce mot exprimant la fête des Juifs est féminin; il est, en outre, toujours précédé de la.

Je viens faire chez vous la Pâque avec mes disciples.

(Évangile de la Passion.)

Signifiant une fête chrétienne, ce mot est masculin au singulier, et il s'écrit Pâque ou Pâques.

Quand Pâques sera venu.

Ce mot au pluriel est féminin.

Je vous paierai aux Pâques fleuries. Mes pâques sont faites.

Période. Ce mot exprimant la révolution d'un temps

déterminé est féminin. Il est masculin lorsqu'il n'ex prime qu'une époque de cette révolution.

La terre accomplit sa période, autour du soleil, en 565 jours

'/4 environ.

Cet homme est arrivé au dernier période de sa maladie.

Personne. Ce mot est à la fois masculin et féminin :

il est particulièrement masculin, lorsque les individus désignés par personne sont indéterminés.

Parlez-moi de monsieur votre frère, voilà une personne bien

élevée, bien

Personne encore n'est arrive au rendez-vous.

Sentinelle. Ce mot, généralement employé au fémi

bien élevée, bien Personne encore n'est arrive au rendez-vous. Sentinelle. Ce mot, généralement employé au fémi

14

nin, doit l'être au masculin, lorsque l'emploi du fé minin serait trop choquant.

Quand le cap africain sous les traits d'un géant,

Sentinelle hideux du dernier océan. (PERCEVAL-GRANDMAIsoN.)

La liberté de la presse est la sentinelle avancée de toutes les

autres libertés.

18. Beaucoup d'autres substantifs ont également les

deux genres, parce qu'ils expriment des êtres de genres

différents; en voici les plus usités :

MAscULINs.

-

FÉMININs.

Aide, celui qui aide.

Crépe, étoffe claire et gaufrée.

Echo, réflexion et répétition du son ; lieu où l'écho est produit. Exemple, dans tout autre sens que

modèle d'écriture.

Guide, conducteur. Livre, volume imprimé. Manche, poignée d'un instrument.

Man uvre , ouvrier qui en sert

d'autres.

Mémoire, écrit, compte-rendu, re

lation d'une affaire.

Merci, remercîment.

lMode, manière d'être ; manière d'ex

)

»

primer ce qu'un verbe signifie.

Moule, modèle creusé.

Aide, secours, assistance. Crépe, pâte mince et frite. Echo, nymphe, fille de l'air.

Exemple, modèle d'écriture.

Guide, courroie, sorte de rêne. Livre, poids; monnaie. Manche, partie des vêtemcnts ou l'on passe les bras.

Man uvre, manière d'agir d'après

certains principes. On dit, la ma n uvre d'un vaisseau, d'une armée,

d'une affaire.

Mémoire, exprimant la propriété

que nous avons tous de conserver

dans notre esprit l'idée des objets

cessé de nous affecter ;

souvenir qui reste de quelqu'un après sa mort.

Merci, pitié, pardon, etc.

Mode, caprice,inconstance du goût,

entraînement passager à adopter les nouveautés du jour.

Moule, coquillage bivalve et oblong

qui ont

du goût, entraînement passager à adopter les nouveautés du jour. Moule, coquillage bivalve et oblong qui

MAscULINs.

15

FÉMININs.

Orgue, au singulier. Page, jeune gentilhomme au service des princes, des grands.

Orgues, au pluriel. Page, l'un et l'autre côté d'une

feuille ; composition contenue dans

UlIl6 page.

Parallèle, comparaison, cercle placé Parallèle, ligne placée dans toute

sa longueur à égale distance d'une

autre; fossé de communication

dans tous ses points à égale dis

tance de l'équateur.

Pendule, poids oscillant, régula

entre deux tranchées.

Pendule, sorte d'horloge.

teur.

Poéle, fourneau à chauffer; drap mortuaire, voile, dais. Poste, emploi, fonction, lieu où des troupes sont postées. Relâche, repos.

Poéle à frire, ustensile de cuisine.

Poste, administration du port des

lettres ; relais établis.

Relâche, lieu où les vaisseaux vien

nent relâcher.

Remise, carrosse qu'on retire dans

une remise.

Satyre, demi-dieu.

Remise, endroit ou on met à couvert les voitures ; délai, etc. Satire, pièce de vers, discours mor

dant.

Solde , différence entre le dû et l'avoir dans un compte arrêté. Somme, sommeil, repos.

Souris, action de sourire. Tour, mouvement en rond; instru ment; tour d'adresse, etc.

Trompette, celui qui sonne de la

trompette.

Mague, milieu de l'air; vague des

expressions.

Vase, pour contenir des liquides,

pot.

Voile, pièce de toile propre à voiler; prétexte.

Solde, paie des troupes.

Somme, total d'objets additionnés;

quantité d'argent; fardeau ; ri

vière, etc.

Souris, petit quadrupède rongeur. Tour, bâtiment rond ; pièce du jeu

d'échecs.

Trompette, instrument de musique.

Vague, sommité de la mer agitée · par les vents.

Vase , bourbe.

Voile, toiles réunies et attachées

aux vergues des vaisseaux pour y

recevoir les vents.

· par les vents. Vase , bourbe. Voile, toiles réunies et attachées aux vergues des vaisseaux

16

19. Règles à suivre pour

déterminer le Genre

des Substantifs.

SoNT MAscULINs :

SoNT FÉMININs :

Ire. Tous les mots rangés

dans la Tous les mots rangés

dans la classe

ti

classe des mâles : Charlemagne,

un lion, un ange, un Centaure.

des femelles : Cléopâtre, une

gresse, une Nymphe,

une Sy

Tene.

Les autres noms de vertus,

de qua

lités : la valeur, la prudence

vertu, la probité, etc.

, la

Les deux substantifs :

La demi, la

moitié.

II°. Les noms de

-

III°. Les noms des

vertus, de qua

le

mois, des jours,

et de leurs

lités qui suivent : Le courage,

génie, l'honneur, le mérite.

des saisons, des unités,

décimales : Septembre prochain

mardi dernier; un printemps

;

plu

vieux, un bel automne;

un centime. Sont aussi

les substantifs le le cinquième, etc.

un franc,

masculins

tiers, le quart,

IV°. Les noms des quatre

points car

dinaux, des vents,

nord, l'ouest, le zéphyr,

tan, l'azote, l'oxigène,

des gaz : Le

l'au

l'hydro

Les trois'noms de vents brise, la tramontane.

: la bise, la

gène, etc.

A

Les noms de chaînes de

V°. Les noms de montagnes

Le

le Si

de mon

:

mont.

Liban, le Saint-Bernard, nai, etc., et les chaînes

tagnes précédées du mot

VI°. Les noms d'arbres

le laurier , etc.

VII°. Les noms d'états,

non terminées par un e Portugal, le Danemarck,

bourg, le Languedoc, le Berry.

muet : Le le Luxem

VIII°. Les noms de villes,

dont la

dernière syllabe est sonore Lyon, Rouen.

: Paris,

montagnes,

: Les

Cordil

non précédées du mot mont

Pyrénées, les Vosges, les

lières, les Cévennes,

etc.

Les six noms d'arbres

: Le chêne,

la

ronce, la vigne, l'yeuse. de provinces Les noms d'états, de provinces ter

suivants : L'au

bépine, l'épine, la bourdaine,

minés par un e muet : L'Espagne,

la Suède, la France, la

la Flandre, la Provence.

Suisse,

Les noms de villes, dont la dernière

syllabe est muette : Troie, Toulouse, Marseille, etc.,

salem, Sion, llion, sont

minins.

Rome,

Jéru

aussi fé

IX°. Les

mots

diminutifs

d'autres

Les

mots diminutifs

d'autres mots

llion, sont minins. Rome, Jéru aussi fé IX°. Les mots diminutifs d'autres Les mots diminutifs d'autres

SoNT MAscULINs :

17

SoNT rÉMININs :

mots masculins : Monticule de | féminins : Pellicule de peau, fem

mont, globule de globe, animal-

melette de femme , etc.

cule d'animal, etc.

X°. Les mots exprimant les diverses langues : Le français, le russe, le celte, le japonais, le basque, etc. XI°. Les noms de métaux : L'or pur,

l'argent monnayé, le cuivre, le

manganèse, le platine, etc. XII°. Les mots employés accidentel

lement comme substantifs : Le

man

ger, le boire, le dormir ; le des

sus , le dessous ; le pour , le

mais, des

vrai, le beau, le bon ; le

contre , des si , des

hélas ! etc.

Liste des substantifs communs, masculins et

féminins, sur le Genre desquels on se trompe

quelquefois.

20. SoNT MAsCULINs : Abîme, acabit, acrostiche, adage, affront, âge, ais, albâtre, alvéole, amadou, amalgame , ambe, ambre, amiante, amidon, ana chronisme, anchois, angle, antidote, antipode, antre, apologue, armistice, atôme, auspice, automate, automne, chanvre, cigarre, cloporte, concombre, crabe, décom bres, échange, éclair, ellébore, éloge, emblême, émétique, emplâtre, empois, entrecôte, épiderme, épilogue, épisode, épithalame, équinoxe, érysipèle, esclandre, espace, éventail, évangile, exorde, han neton, héliotrope, hémisphère, hémistiche, horos cope, incendie, indice, interligne, interstice, inter valle, inventaire, isthme, ivoire, jaspe, lange, lé

gume, mânes, minuit, module, monticule, naphte,

2

interstice, inter valle, inventaire, isthme, ivoire, jaspe, lange, lé gume, mânes, minuit, module, monticule, naphte, 2

18

obélisque, obstacle,

obus, ongle, orage, orchestre,

orbe, organe, orifice,

pétale, platine, pourpre (maladie),

ouvrage, ovale, paraphe,

quadrille, quine,

rebours, renne, sarigue (animaux

), socque, ulcère,

ustensile, vivres.

21. SoNT FÉMININs : Aire,

alarme, alcove, amorce,

anagramme , ancre, antichambre

besques, argile, arrhes,

ler, dartre,

, apothéose, ara

artère, atmosphère, cuil

dinde, ébène ,

écritoire, écume , enclume,

drachme, décrottoire,

écaille , échappatoire,

énigme, épigramme, épitaphe,

fibre , hart ,

hydre, hypothèque, immondices,

moule (poisson), nacre,

omoplate, orange, orbite, tère, perce-neige, pédale,

nèbres, varice.

équerre, équivoque,

horloge , huile ,

losange,

oie,

estampe ,

étable ,

insulte,

obsèques, ocre, offre,

ouïe, outre, paroi, pa

stalle, sandaraque, té

Remarques sur le Nombre

22. Il y a des substantifs

dans les Substantifs.

qui ne sont usités qu'au

singulier, tels sont :

courroux, et généralement

et des vices, comme

faim, soif, candeur, enfance,

tous les noms des vertus

: chasteté, pudeur, paresse,

imprudence, honte, mollesse,

est d'autres subslantifs pluriel, voici les plus

tours, ancêtres, annales,

assises(séances judiciaires),atours

obéissance, etc. Il

qu'au

usités : acquets, aguets, alen

qui ne sont employés

appas, armoiries, arrérages,

(parure des femmes),

broussailles, broutilles,

décombres, dépens,

babines, bésicles, bestiaux,

catacombes, ciseaux, confins,

des femmes), broussailles, broutilles, décombres, dépens, babines, bésicles, bestiaux, catacombes, ciseaux, confins,

19

doléances, entours, entraves, entrailles, épousailles,

fiançailles, fonds, fredaines, funérailles, hardes,

immondices, instances, mânes, matériaux, matines,

m urs, mouchettes, nipes, nones, obsèques, pin cettes, pleurs, prémices, proches, ténèbres, vêpres, vergettes, vitraux, vivres. Nota. De bons auteurs ont cependant employé au singulier, acquêts, ancêtres, broussailles, entraves,

instances, nones, pincettes, vergettes.

25. Certains mots empruntés aux langues étrangères,

comme : un pater, un avé-Maria, un alibi, un aparté,

un déficit, un duplicata, un errata, un exéat, un

ex-voto, un te Deum, un in-quarto, un in-folio, etc., s'écrivent en grande partie de la même manière aux deux nombres. Il serait à désirer qu'ils fussent tous

soumis à la règle générale.

24. D'autres mots de la langue française, invariables

de leur nature, ne sauraient prendre le signe du plu riel lorsqu'ilssont employés substantivement ; tels sont,

dans les exemples suivants, les mots : savoir, manger, boire, vrai , trop, oui, non , pourquoi, parceque,

COmment.

Laissez dire les sots, le savoir a son prix.

Le financier se plaignait

(LA FoNTAINE.)

Que les soins de la Providence N'eussent pas, au marché, fait vendre le dormir

Comme le manger et le boire.

(LA FoNTAINE.)

Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable. (BoILEAU.)

Le trop d'expédiens peut gâter une affaire. (LA FoNTAINE.

p

P

peut g

Pour un oui, pour un non, il se met en courroux.

trop d'expédiens peut gâter une affaire. (LA FoNTAINE. p P peut g Pour un oui, pour

2O

Il lui faut dire toujours le pourquoi, le parceque, le com

mcnt.

25. Les quatre substantifs suivants ont deux pluriels,

l'un régulier et l'autre irrégulier.

Aieul fait aieuls et aïeux ; ciel fait ciels et

cieux; il fait ils et yeux, travail fait travails et

tra9all3C.

Aieuls signifie le grand-père paternel et maternel.

Aieux signifie ancétres.

Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aïeux.

(VoLTAIRE.)

Ciels désigne plusieurs parties du ciel, soit réelles, soit peintes : on le dit aussi dans le sens de voûte.

Les ciels de Provence ressemblent à ceux d'Italie. Les ciels de ces tableaux sont bien imités.

Des ciels de carrière, des ciels de lit.

Cieux désigne l'ensemble de la voûte céleste.

Qui pourra mesurer l'immensité des cieux?

(A. B.)

OEils en terme d'art signifie ouverture, trou, vide,

bouton , etc.

Des ils de b ufs, des ils de fromage, des ils de bouillon.

Feux désigne les deux organes de la vue.

Épargne-moi ta vue, ôte-toi de mes yeux.

(A. B.)

Travails exprime des rapports, etc., présentés au prince par un ministre ou par des chefs à un mi

nistre. Ce mot désigne encore une machine de bois

propre à contenir les chevaux fougueux, lorsqu'on les ferre ou qu'on les panse.

Travaux se dit dans tous les autres cas.

à contenir les chevaux fougueux, lorsqu'on les ferre ou qu'on les panse. Travaux se dit dans

26.

Le substantif bienfait est composé de deux

mots, bien et fait réunis : il y a dans notre langue

un grand nombre de substantifs ainsi composés de plusieurs mots qui ne sont pas encore réunis, et que

pour cette raison on nomme substantifs composés.

Tantôt ces substantifs prennent le signe de pluriel au premier mot, comme : des hôtels-dieu, des crocs-en jambe. Tantôt ils ne prennent le signe du pluriel qu'au

dernier mot, comme : des gobe-mouches, des ar

rière-boutiques. Tantôt ils prennent tous le signe du

pluriel, comme

: des rouges-gorges, des chats-huants.

Tantôt enfin, ni les uns ni les autres de ces mots

ne prennent le signe du pluriel, comme : des boute

feu, des tête-à-tête.

27. En général, les substantifs composés doivent

s'écrire dans chacune de leurs parties, au singulier ou au pluriel, selon que le sens des mots partiels qui les composent appelle l'un ou l'autre nombre. L'infinitif présent et le participe présent des verbes, l'adverbe, la préposition, la conjonction, l'exclamation, et quelques mots empruntés à des langues étrangères qui sont restés jusqu'ici invariables dans la nôtre, ne doivent jamais recevoir le signe du pluriel.

28. Quelle règle il faut suivre pour déterminer le

Nombre d'unSubstantifquisuit une Préposition.

Lorsque la préposition de ou toute autre préposition

se trouve placée entre deux substantifs, dont elle

Préposition. Lorsque la préposition de ou toute autre préposition se trouve placée entre deux substantifs, dont

22

exprime le rapport, le substantif qui suit la préposi tion se met au singulier ou au pluriel. Ainsi l'on écrit :

bouquet de giroflée et un bouquet de giroflées ;

un

un fruit à noyau, des fruits à noyaux. Remarquons d'abord, dans l'exemple, un bouquet de giroflée, que le mot giroflée n'est qu'une dé nomination, tandis que dans un bouquet de giroflées, le mot giroflées, au pluriel , exprime qu'un grand

nombre de fleurs de l'espèce giroflée composent le

bouquet.

Dans l'exemple, un fruit à noyau, outre que noyau est une dénomination , il indique de plus que le fruit dont on parle n'a jamais qu'un noyau. Dans un fruit à noyaux, noyaux fait entendre que

le fruit dont il s'agit n'est pas seulement un de ceux

à noyau, de ceux qui renferment un noyau dans leur partie charnue, mais qu'il est de l'espèce de ceux qui contiennent toujours plusieurs noyaux. On apercevra la même nuance dans les exemples

suivants :

SINGULIER.

-

Des contes de vieille femme.

PLURIEL.

Des histoires de voleurs.

Dix

aunes de

velours noir.

Dix

pièces de velours assortis.

De

l'essence de rose.

Un bouquet de roses.

De la marmelade de pomme.

Une corbeille de pommes rainettes.

Gelée de groseille. Un lit de plume, à

Gelée de groseilles blanches.

grands frais amas- Une douzaine de plumes.

SCC.

Un peu de vin la trouble.

- | Cédez-nous un peu de vos

vins d'Es

pagne.

Un homme d'épée.

Voilà le talent du peintre. c

Un fabricant d'épées.

est traité à la manière des grands peintres.

le talent du peintre. c U n fabricant d'épées. est t r a i t é

23

29. La règle à suivre en pareil cas est donc celle-ci :

Lorsque le substantif qui suit la préposition ne ré veille qu'une dénomination générale indéfinie, il doit être mis au singulier; dans les cas contraires, il doit l'être au pluriel, parceque alors le second substantif exprime toujours une idée de pluralité, une idée dé

terminée.

* -

#,

:

La même règle doit être observée à l'égard du sub

stantif qui suit la préposition, quoique cette préposi

tion ne soit pas précédée d'un autre substantif, mais d'un verbe, d'un participe, d'un adjectif.

SINGULIER.

PLURIEL.

On me chasse de ville en ville.

Je ferai ce voyage à pied.

Je cours de plaisirs en plaisirs. Il saute la barrière à pieds joints.

Il se nourrit de pain et de fromage. | Cet oiseau se nourrit de fourmis.

Un peintre rempli de talent.

Une jeune personne remplie de ta

º-

lens.

Il est accablé de chagrin.

Ecrivain avide de renommée.

Il est accablé de chagrins.

Homme avide de richesses.

Sans honneur, sans probité, qui peut | Sans honneurs, l'ambition ne peut

être heureux ?

être heureuse.

50. Liste de quelques Substantifs communs que l'on confond quelquefois, et de quelques autres dont la prononciation diffère de l'écriture.

Argot, certain langage des filous qui n'est compris que d'eux ; c'est aussi un terme de jardinage. Ergot, petit ongle pointu qui vient au derrière des pieds de quelques animaux. Bise, vent sec et froid, qui souffle en hiver.

-

"

,

Brise, vent frais qui règne le soir.

Chameau, animal ruminant; ila deux bosses sur le dos.

souffle en hiver. - " , Brise, vent frais qui règne le soir. Chameau, animal ruminant;

24

Dromadaire , animal de l'espèce du précédent; il a

une bosse sur le dos.

Éruption, sortie prompte d'un liquide; éruption d'un

volcan.

Irruption , entrée soudaine d'ennemis dans une

contrée.

Civet, ragoût fait avec de la viande de lièvre.

Gibelotte, ragoût fait avec de la viande de lapin.

Glissade,

Glissoire, c'est un sentier frayé sur la glace pour

glisser. Habileté, talent, savoir.

Habilité, qualité requise, aptitude ; et leurs contraires,

c'est l'action involontaire de glisser.

inhabileté et inhabilité.

-

-

- -

Ombelle, se dit des fleurs de quelques plantes, telles que : le panais, le cerfeuil, dont les rameaux s'évasent comme les bâtons d'un parasol. Ombrelle, petit parasol. Ombrette, oiseau du Sénégal. Pied-de-roi, ou tout simplement pied, mesure de

douze pouces.

-

Pied-droit, jambage d'une porte ou d'une fenêtre, qui comprend le chambranle, le tableau, la feuil lure, l'embrasure et l'écoinçon.

Poudrier, boîte où l'on enferme la poudre propre à

sécher l'écriture.

-

Poudrière, boîte où l'on met de la farine pour blan chir les cheveux; cornet propre à contenir de la

poudre pour les armes à feu ; maison où l'on fa

brique cette poudre.

les cheveux; cornet propre à contenir de la poudre pour les armes à feu ; maison

25

Souscription,

acte; enga

signature

bas d'un

mise au

une certaine

somme

pour une

de donner

gement

Suscription, entreprise.

lettre, d'un

adresse

dos d'une

écrite au

paquet,

etc.

Écrivez :

- Prononcez :

aigu-illon.

Aiguillon.

. .

. .

.

aisse.

. .

. :

:

- .

.

.

algér-ien.

: comme dans

Août.

. oû.

.

. .

.

. .

.

. asme.

Asthme.

.

. aussère.

Auxerre

. .

. .

.

aussonne.

Auxonne.

-

autone.

Automne.

. -

.

-

·

estoma.

Estomac

.

pan, panneau,

paon, paon-

fan, lan,

Faon, laon,

neall,

laon.

. .

.

tOn.

ognon.

Incognito.

comme dans

.

. .

.

.

. locouacité.

Loquacité

. .

un nerfe.

Un nerf

, .

. .

.

. des nèr.

Des nerfs.

. .

.

un ufe.

Un uf

.

. .

.

des u. ognon.

Des ufs.

. .

.

Oignon.

poignard.

pognar.

. pognè,

Poignet,

autres substantifs,

à la Table,

'Vorez

pour les

ar

ticle LocUTIoNs.'

- D .

"

- * .

. pognè, Poignet, autres substantifs, à la Table, 'Vorez pour les ar ticle LocUTIoNs.' - D

26

51. DU SUBsTANTIF PERsoNNEL. On a appelé sub stantifs personnels les mots qui expriment des per sonnes ou des êtres personnifiés.

rºm=

# CES SUBSTANTIFS PERSONNELS SONT :

# c dp er -"m-il--m"-,

-

-

# #

SINGULIER.

PLURIEL.

Qn

»3

 

-

-

-

# -

#

-" *-

-,

-^-m--

# MAs CULIN.

 

FÉMININ.

MAscULIN.

FÉMININ.

 

T#

je, moi, nous, | je, moi, nous, | nous,

nous ,

g

:

moi - même,

moi-même,

 

# #

| nous-même.

mous-mêmes. | nous-mêmes.

b>

0

#

#

2

#

|

tu, toi, vous , | tu, toi, vous, | vous,

-

-

vous ,

toi-même, toi - mëme,

vous-même. vous-même. vous-mêmes, l vous-mêmes.

A

A

il, lui, soi,

lui - même, elle-même, eux-mêmes, | elles-mêmes,

elle, soi,

ils, eux, soi, | elles, soi,

soi-même.

soi - même.

soi - mêmes. l soi-mêmes.

52. Les substantifs personnels de la première per sonne sont ceux qui expriment, premièrement, qu'une

personne parle d'elle-même, comme :je pars à l'ins

tant; secondement, qu'elle parle de plusieurs personnes

en se comptant avec elles, comme : mes amis, nous

vaincrons ou nous mourrons ensemble ; troisièmement,

personnes en se comptant avec elles, comme : mes amis, nous vaincrons ou nous mourrons ensemble

27

que plusieurs personnes parlent d'elles-mêmes, comme :

Tous s'écrièrent à la fois, nous le jurons.

55. Les substantifs personnels de la deuxième per

sonne sont ceux qui expriment, premièrement, que l'on

s'adresse à une personne, comme : tu seras sage; se condement, que l'on s'adresse à plusieurs personnes, comme : messeigneurs et messieurs, asseyez-vous.

54. Les substantifs personnels de la troisième per

sonne sont ceux qui expriment, premièrement, qu'on parle d'une personne, comme : il est obéissant; secon dement, que l'on parle de plusieurs personnes, comme :

elles sont modestes et sages :

CITATIoNs :

Mais je te parle en homme, et sans rien

Je me sens assez grand, pour ne pas t'abuser. (VoLTAIRE.)

Les uns à s'exposer trouvent mille délices, # # ",

déguiser ;

Moi (Sosie), j'en trouve à me conserver.

(MoLIÈRE. ) .

Nous l'avons dit, pour acquérir de vraies connaissances, ne vous hâtez pas de juger sur un premier regard.

(LARoMIGUIÈRE.)

Je vais moi-même (Thésée) encore, au pied de ses autels, , .

Le presser d'accomplir ses sermens immortels.

Il est vrai, nous l'avons enseigné nous-même.

(RACINE.)

(LARoMIGUIÈRE.)

La vertu consiste à aimer Dieu par-dessus tout, et le prochain

comme nous-mémes.

Je (Phèdre) cédais au remords dont j'étais tourmentée. '

- -

'

|

| (RACINE.)

Moi (Phèdre), régner! moi, ranger un état sous ma loi,

-

Quand ma faible raison ne règne plus sur moi !

(RACINE.)

Moi (Phèdre), régner! moi, ranger un état sous ma loi, - Quand ma faible raison ne

28

-

.

.

.

.

.

.

.

.

.

.

Tu connais ce fils de l'Amazone,

Ce prince si long-temps par moi-même

(Phèdre) opprimé.

(RACINE.)

Va, mais nous-même allons précipitons

Qu'il me voie attentive aux soins de son

:

nos pas,

trépas.

(RACINE.)

Parcequ'on a abusé du mot

principe, en l'appliquant à

tout

ce qu'il y a de plus

(messieurs) en le restreignant aux

général, n'en abusons pas nous-mêmes,

seules connaissances qui

viennent immédiatement des sensations.

(LARoMIGUIÈRE.)

Tu régnerais encor si tu l'avais

Fils de la Liberté, tu détrônas

Armé contre ses droits d'un

voulu !

ta mère.

pouvoir éphémère,

| Tu croyais l'accabler, tu l'avais

résolu ;

Mais le tombeau creusé pour

elle

Dévore tôt ou tard le monarque

absolu :

Un tyran tombe ou meurt;

seule elle est immortelle.

O mon souverain roi !

(C. DELAvIGNE. )

Me voici donc tremblante et

seule devant toi.

(RACINE.)

S'il faut

partir, ma fille est toute prête.

|Mais vous, n'avez-vous rien,

seigneur, qui vous arrête?

| (RACINE.)

Et toi, son digne fils;

Règne sur des sujets par toi-méme

Seigneur, depuis six mois je l'évite et

après vingt ans d'orage,

ennoblis.

je l'aime ;

(C. DELAvIGNE.)

Je venais en tremblant vous le

dire à vous-même.

(RACINE.)

Quel fruit espères-tu (OEnone) de tant de

Tu frémiras d'horreur si je romps le

violence ?

silence.

(RACINE.)

Toi (Amélie) qui fus sans pitié,

souffre sans espérance. (C. DELAvIGNE.)

Vous avez entendu ce que je vous Madame : je le veux, et je vous le

Je reviendrai bientôt par un heureux

demande,

commande.

baptême

(RACINE.)

Y

T'arracher aux enfers et te (Zaïre)

rendre à toi-même.

(VoLTAIRE.)

heureux demande, commande. baptême (RACINE.) Y T'arracher aux enfers et te (Zaïre) rendre à toi-même. (VoLTAIRE.)

29

Princesse, un songe étrange occupe ma pensée. Vous-même en leur réponse êtes intéressée. (RACINE.)

·Vous, Romains, seulement consentez d'être heureux.

Ne vous trahissez pas, c'est tout ce que je veux. (VoLTAIRE.)

Vous, filles de Sion, florissante jeunesse,

Joignez-vous à nos chants sacrés.

(J.-B. RoUssEAU.)

J'ai vu l'impie adoré sur la terre ; Pareil au cèdre, il cachait dans les cieux

Son front audacieux :

Il semblait à son gré gouverner le tonnerre, Foulait aux pieds ses ennemis vaincus ; Je n'ai fait que passer, il n'était déjà plus.

(RACINE.)

Épouse de Joad, est-ce là votre fils ?

Qui ? lui, madame ? Lui. Je ne suis point sa mère. (RACINE.)

C'est n'être bon à rien que n'être bon qu'à soi. (VoLTAIRE.)

On

Un

marche vers ces lieux, sans doute c'est lui-même. (VoLTAIRE.)

véritable ami est comme un autre soi-méme.

(WAILLY.)

De son époux elle a tranché la vie.

Elle! la reine !

(VoLTAIRE.)

Ou mon amour me trompe, ou Zaïre aujourd'hui Pour l'élever à soi descendait jusqu'à lui. (VoLTAIRE.) Veut-elle s'accuser et se perdre elle-même ? (RACINE.) Je jure que Zaïre à soi-même rendue Des rois les plus puissants détesterait la vue. (VoLTAIRE.)

Ils ont été tous deux esclaves dans l'enfance,

Ils ont porté mes fers.

Seigneur, entre eux et vous, vous me verriez courir. (VoLTAIRE.)

Vouloir que les facultés (de l'âme) elles-mêmes dérivent de la sensation, c'est s'abuser, c'est se tromper.

(VoLTAIRE.)

(LARoMIGUIÈRE.)

elles-mêmes dérivent de la sensation, c'est s'abuser, c'est se tromper. (VoLTAIRE.) (LARoMIGUIÈRE.)

3o

Nota. Vorez, plus bas, les remarques sur les sub stantifs de la première et de la seconde personne ;

quant à ceux de la troisième, on peut les regarder comme pronoms toutes les fois qu'ils ne sont pas l'ex pression de personnes ou d'êtres personnifiés. Les sub stantifs personnels, moi, toi, soi, etc., s'unissent à l'ad jectif méme, et forment les substantifs composés

moi-même, nous-même, etc. Cet adjectif offre dans

l'emploi du singulier ou du pluriel une difficulté. Voyez à la table, article MÊME ADJECTIF. 35. D'autres substantifs personnels ne montrant, comme les précédens, ni les personnes qui parlent, ni celle à qui l'on parle, ni celle dont on parle, mais laissant les individus qu'ils expriment dans une sorte de vague, d'indéfini, ont été nommés substantifs per sonnels indéfinis. Ils sont simples ou formés d'un seul mot, composés ou formés de plusieurs mots.

C ES SUBSTANTIFS SON T :

Aucun, aucune, aucuns, aucunes.

Autrui, autre, autres.

Celui, celle, ceux, celles (toujours suivi des pro

noms qui, que, dont.)

Celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci. Celui-là, celle-là, ceux-là, celles-là. Chacun, chacune (point de pluriel.)

La plupart (de tout genre, et généralement pluriel.)

L'un, l'une, les uns, les unes. L'un l'autre, l'une l'autre, les uns les autres, les

unes les autres.

l'une, les uns, les unes. L'un l'autre, l'une l'autre, les uns les autres, l e s

3 I

L'un et l'autre, etc., l'un ou l'autre, etc., ni l'un ni

l'autre, etc.

Nul, nulle, nuls, nulles.

On (de tout genre et de tout nombre.) Personne (de tout genre.)

Plusieurs.

- Quelqu'un, quelqu'une , quelques-uns, quelques

llI16S.

Qui.

Quiconque (de tout genre.)

A

Qui que ce soit, quelle que ce soit, etc. ; quels qu'ils

soient, quelles qu'elles soient.

Tel, telle, tels, telles.

C1TATIoNs.

-

Phèdre était si succinct qu'aucuns l'en ont blâmé. (LA FoNTAINE.)

-

Ne faites pas aux

à autrui

-

autres ce que vous ne voudriez pas qu'on

vous fît.

Celui, qui met un frein à la fureur des flots, Sait aussi des méchants arrêter les complots.

Celui-ci glorieux d'une charge si belle, -

N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé. (LA FoNTAINE.)

(RACINE.)

Celui-là fait le crime à qui le crime sert.

(VoLTAIRE.)

Chacun croit fort aisément

Ce qu'il craint et ce qu'il désire.

(LA FoNTAINE.)

C'est étrange de voir comme avec passion Un chacun est chaussé de son opinion. La plupart, emportés d'une fougue insensée,

Toujours loin du droit sens vont chercher leur pensée.

(MoLIÈRE.)

(BoILEAU.)

emportés d'une fougue insensée, Toujours loin du droit sens vont chercher leur pensée. (MoLIÈRE.) (BoILEAU.)

32

Chacune avait sa brigue et son puissant suffrage :

L'une d'un sang fameux vantait les avantages ; L'autre pour se parer de superbes atours, Des plus adroites mains empruntait les secours. (RACINE.)

Et plus loin des laquais l'un l'autre s'agaçants, Font aboyer les chiens et jurer les passants. (BoILEAU.)

A suivre ce grand chef l'un et l'autre s'apprête.

-

(BoILEAU.)

Ni l'un ni l'autre ne cherchent à exposer leur vie.

(LA BRUYÈRE.)

IVul n'est content de sa fortune,

Ni mécontent de son esprit.

(MAD. DESHoULIÈREs.)

L'honneur est comme une île escarpée et sans bords, On n'y peut plus rentrer dès qu'on en est dehors. (BoILEAU.)

Quand on a tout pour soi, que l'on est fraîche et belle,

S'attrister est bien fou.

(MoLIÈRE. )

Personne presque ne s'avise de lui-même du mérite d'un autre.

(LA BRUYÈRE.)

Plusieurs se sont trouvés qui, d'écharpe changeants.

(LA FoNTAINE.)

Quelqu'un me tendra-t-il une main salutaire? (A. B.)

Qui pourra répondre de la vérité, puisqu'il est si difficile de la distinguer de l'erreur ?

Exterminez, grand Dieu, de la terre où nous sommes, Quiconque avec plaisir répand le sang des hommes.

(VoLTAIRE. )

Qui que ce soit qui me demande, je n'y suis pour personne.

(MoLIÈRE.

Tel donne à pleines mains qui n'oblige personne :

La façon de donner vaut mieux que ce qu'on donne.

(LA FoNTAINE.)

IVota. Plusieurs de ces substantifs se représenteront comme adjeqtifs et comme pronoms.

qu'on donne. (LA FoNTAINE.) IVota. Plusieurs de ces substantifs se représenteront comme adjeqtifs et comme pronoms.

33

Remarques sur l'emploi des Substanti s personnels

je, tu, nous, vous, il, etc.

36. L'urbanité et la délicatesse de notre langue exigent que je et nous se placent après les autres sub

stantifs de la deuxième et de la troisième personne, et qu'on dise vous et moi, monsieur et moi; au lieu de moi et vous; moi et monsieur. Quelquefois ce

pendant la personne qui parle se trouve, par rapport aux autres personnes, dans une position telle, que

les convenances de cette position exigent que le moi paraisse le plus à le remarquer. premier comme l'expression de l'individu

Moi et ma famillè, que ce grand peuple a élevés sur le trône

des Français.

-

(NAPoLÉoN.) !

Pourquoi êtes-vous tous rois ? Pour moi, je vous assure que

ni moi ni Martin ne le sommes.

(VoLTAIRE.)

Le mot nous désigne plusieurs individus, il est par conséquent pluriel; mais il devient singulier lorsque, par une sorte de modeslie, on l'emploie à la place de

je, comme :

-

En rendant à Descartes une si éclatante justice, nous ne faisons

que répéter les acclamations de ses plus illustres contem

porains.

(LARoMIGUIÈRE, Leçons de philosophie.)

57. Lorsque vous s'adresse à plusieurs

personnes,

il est pluriel ; dans tous les autres cas, vous est sin gulier. Vous, au singulier, s'emploie dans les relations ordi naires de la vie, et à l'égard des personnes avec les quelles on n'a pas d'intimité. Kous s'emploie aussi

-

avec les personnes

-

-

-

que l'on tutoie ordinairement,

3

o u s s ' e m p l o i e a u s s

34

lorsqu'on leur fait un reproche, ou qu'on leur parle

ironiquement.

58. Tu, toujours singulier, s'emploie familièrement

entre les amis intimes, les frères, les s urs, les fils, les époux , etc. ; certaines personnes tutoient aussi

leurs inférieurs.

-

Dans le langage élevé, on peut dire tu à tous les êtres auxquels on s'adresse, qu'ils soient ou non animés :

Grand roi, cesse de vaincre, ou je cesse d'écrire. Tu sais bien que mon style est né pour la satire Que si quelquefois, las de forcer des murailles, Le soin de tes sujets te rappelle à Versailles,

Tu

Te voyant de plus près, je t'admire encor plus. (BoiLEAU. )

Grand Dieu, tes jugemens sont remplis d'équité : - Toujours tu prends plaisir à nous être propice.

viens m'embarrasser de mille autres vertus ;

(DESBARREAUX. ) Tombe, tu me retiens la moitié de moi-même !

| Ouvre-toi pour nous réunir. Je ne te prîrais pas, si l'on pouvait mourir En perdant ce qu'on aime.

(A. B. )

·

Tu, échappé à la passion, à la colère, etc., rend le discours plus vif, plus énergique.

Vous ne répondez point

Tu comptes les momens que tu perds avec moi ! Ton c ur, impatient de revoir ta Troyenne, Ne souffre qu'à regret qu'une autre t'entretienne. (RACINE.)

Connais-tu l'héritier du plus saint des monarques,

perfide, je le voi,

Reine ?

(RACINE.)

La répétition de ces substantifs personnels donne aussi au discours, dans certaines circonstances, une énèrgie et un mouvement qu'il n'aurait pas sans cela.

donne aussi au discours, dans certaines circonstances, une énèrgie et un mouvement qu'il n'aurait pas sans

35

Moi, je voudrais partir aux dépens de ses jours ! Et que m'a fait à moi cette Troie où je cours ? (RACINE.) Par tes soins à la vie alors je fus rendue ; C'est toi qui me sauvas, c'est toi qui m'as perdue. (A. B.)

Et moi, je lui tendais les mains pour l'embrasser. (RACINE.)

Il s'écoute, il se plaît, il s'adonise, il s'aime.

(J.-B. RoUssEAU.)

Soi, suivi de même, soi-même, ne s'emploie jamais . que pour les personnes.

Remarque sur l'emploi de on.

, On prend un l euphonique toutes les fois

q que la ren

contre de voyelles ou l'emploi des mêmes consonnes produiraient un son désagréable, et formeraient une

cacophonie ou un hiatus.

-

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement.

(Au lieu de ce qu'on conçoit.)

(BoILEAU.)

C'est moins les choses que le temps que l'on considère.

(Au lieu de qu'on considère.)

,

(LA BRUYÈRE.)

Souvent de ce qu'on a l'on néglige l'usage.

(Au lieu de qu'on a on.)

(FRANç. DE NEUFCHATEAU.)

Préférez l'hiatus à la cacophonie; ne mettez jamais

l'on, quand un l doit suivre : dites, par exemple,

si on livre cet homme, il est perdu : et non si l'on

livre ; parce que, dans ce dernier cas, pour éviter

l'hiatus, vous feriez une cacophonie plus désagréable

G1lCOTG.

-

IVota. Les remarques à faire sur l'emploi des autres substantifs personnels indéfinis, étant les mêmes que les remarques sur l'emploi des pronoms, voyez ces

dernières.

-

indéfinis, étant les mêmes que l e s remarques s u r l'emploi des pronoms, voyez

36

· CHAPITRE II.

.

DE L' A D ECT IF.

J

1.