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3ème TRIMESTRE 2018 - N°71 - JANVIER 2019

TENDANCES FOCUS
Le rebond de la consommation des L’alimentation générale se régénère !
ménages ne suffit toujours pas à relancer
Epiceries traditionnelles et supérettes indépendantes
l’activité dans les TPE.
résistent aux enseignes de proximité de la grande
Au troisième trimestre 2018, l’Indice d’activité des distribution.
petites entreprises retrouve un niveau identique à celui
de l’année précédente à la même période : - 0,3  %. Depuis On les croyait condamnées à la © Jack.F - TLPEP

le premier trimestre, il affiche d’ailleurs des chiffres qua- disparition, dépassées et même
siment stables par rapport à 2017. Si l’heure n’est donc un brin ringardes... Contre toute
toujours pas à la reprise dans les TPE du commerce, de attente, les petites boutiques
l’artisanat et des services, le PIB enregistre quant à lui spécialisées dans l’alimentation
une légère progression : + 0,4 % (après + 0,2 % au tri- générale résistent vaillamment
mestre précédent) selon l’INSEE. Dans le même temps, la aux enseignes de proximité de
consommation des ménages s’accroît également avec des la grande distribution. Au troi-
dépenses en progression de 0,5 % (après + 0,1 %). Mais sième trimestre 2018, elles enre- également en hausse, de près
ce rebond profite surtout, pour le moment, aux grands gistrent un chiffre d’affaires en de 5  %. À l’inverse, l’activité des
opérateurs du transport public (+ 3,7 % après 2,9 %) et progression de 2  %. Soit la plus grandes surfaces, qui représente
aux fournisseurs en énergie (+ 0,4 % après - 2,2 %). forte hausse d’activité du secteur les deux tiers des ventes alimen-
Commerce de détail alimentaire taires, est en berne (-  1,7  % en
- 0,3 % - 0,8  % (- 0,6 % en moyenne) si l’on isole la volume). D’après l’enquête men-
performance exceptionnelle des suelle sur l’activité des grandes
3ème trimestre 2018 /
3ème trimestre 2017
octobre 2017 - sept. 2018 /
octobre 2016 - sept. 2017
détaillants en fruits et légumes surfaces alimentaires (Emagsa),
(+  6  %). En pleine mutation, le les ventes de produits alimen-
marché semble se restructurer taires sont plus dynamiques dans
INDICES SECTORIELS autour d’une offre beaucoup plus
qualitative et à forte valeur ajou-
les supermarchés que dans les
très grandes surfaces en 2017.
tée en termes d’expertise et de Le secteur de l’alimentation géné-
conseil. Selon l’enquête annuelle rale se caractérise aussi par un taux
Secteurs 3T 2 0 18 / 12 derniers de l’INSEE, le commerce alimen- de pénétration élevé des réseaux
d’activités 3T 2017 mois
taire spécialisé a conservé un bon d’enseigne : 56  % des points de
dynamisme en 2017 : +  3,9  % vente sont organisés en réseaux.
Commerces en volume (après +  5,1  %). En
+ 0,1 % - 0,4 % Soit la quasi-totalité des super-
et services particulier, en ce qui concerne marchés et des hypermarchés
les ventes en « autres commerces (respectivement 95  % et 97  %),
Alimentaire - 0,6 % - 0,1 %
de détail alimentaires en maga- 82 % des magasins de surgelés et
Services + 1,5 % + 0,2 % sin spécialisé  » (incluant notam- 36  % des supérettes. A contrario,
ment la plupart des enseignes le pourcentage de magasins sous
Bâtiment - 1,2 % - 1,5 % « bio ») : + 6,1 % (après + 13,3 % enseigne est faible dans l’artisanat
Équipement de en 2016). Les ventes des petites commercial (boucheries, charcu-
la maison et - 3,9 % - 2,6 % surfaces généralistes (supérettes teries, boulangeries et pâtisseries),
de la personne et alimentations générales) sont où il atteint seulement 3 %.

Étude réalisée auprès des petites entreprises adhérentes


des Centres de Gestion Agréés, membres de la FCGA.
TENDANCES
Taux d’accroissement du chiffre d’affaires : 3ème trimestre 2018 / 3ème trimestre 2017

AGRICULTURE SYLVICULTURE OSTREICULTURE CULTURE & LOISIRS


Parcs et jardins + 3,7 % + 3,7 % Librairie - papeterie - presse + 1,5 %

AUTOMOBILE - MOTO Articles sport, pêche et chasse - 6,1 %

Carrosserie automobile + 6,0 % Tabac - journaux - jeux + 5,7 %


+ 1,3 %
Auto, vente et réparation + 1,7 % + 2,0 % Studio photographique - 1,5 %

Moto vente et réparation - 1,6 % Commerce - réparation cycles - 4,7 %

BAR - HÔTELLERIE - RESTAURATION Jouets et Jeux - 1,6 %

Hôtel - restaurant + 0,6 % ÉQUIPEMENT DE LA MAISON


Hôtellerie de plein air + 0,9 % Electroménager - TV - HIFI - 3,9 %
+ 1,7 %
Restauration + 1,7 % Magasins de bricolage - 1,4 %

Café + 3,1 % Fleuriste - 1,5 %


- 2,4 %
BÂTIMENT Vaisselle, verrerie, faïence,luminaire - 2,7 %

Couverture - 1,3 % Meuble - 2,4 %

Maçonnerie - 2,6 % Ebénisterie - 2,4 %

Electricité - 0,3 % ÉQUIPEMENT DE LA PERSONNE


Plomberie, chauffage, sanitaire + 0,2 % Mercerie - lingerie - laine - 5,4 %

Plâtrerie - staff - décoration - 0,3 % - 1,2 % Vêtements enfants - 9,2 %

Menuiserie - 1,5 % Prêt-à-porter - 6,0 %


- 5,8 %
Carrelage, faïence - 1,5% Chaussures - 7,2 %

Peinture bâtiment - 0,9 % Maroquinerie et articles de voyage - 5,2 %

Terrassements, travaux publics + 0,1 % Horlogerie - bijouterie - 1,8 %

BEAUTÉ - ESTHÉTIQUE SANTÉ


Parfumerie - 2,9 % Pharmacie + 0,8 %
+ 0,9 %
Coiffure - 2,1 % - 1,8 % Optique - lunetterie + 0,9 %

Esthétique - 0,1 % SERVICES


COMMERCE DE DÉTAIL ALIMENTAIRE Laverie pressing + 2,1 %

Charcuterie - 0,2 % Entreprise de nettoyage - 1,4 %


+ 2,3 %
Boulangerie - pâtisserie - 0,5 % Agence immobilière + 19,9 %

Pâtisserie - 1,5 % Surveillance Gardiennage - 2,6 %

Alimentation générale + 2,0 % Pompes funèbres - 0,7 %

Fruits et légumes + 6,0 % - 0,6 % Réparation, retouche vêtements + 4,5 %

Boucherie - charcuterie - 2,2 % TRANSPORTS


Poissonnerie - primeurs - 3,6 % Taxis - ambulances - 1,1 %
+ 3,2 %
Vins, spiritueux, boissons diverses + 0,9 % Transport de marchandises + 5,6 %

Crèmerie - 3,1 %
Les flèches indiquent la tendance du taux d’activité trimestriel par rapport à
la même période de l’année précédente.

À LA HAUSSE LE TRANSPORT DE MARCHANDISES À LA BAISSE L’ARTISANAT DU BÂTIMENT


La progression de + 5,6 % du chiffre d’affaires des entreprises spécia- A l’exception des entreprises de plomberie-chauffage-sanitaire
lisées dans le transport routier de marchandises (TRM), au troisième (+  0,2  %) et des professionnels du terrassement-travaux publics
trimestre 2018, ne traduit pas forcément un vrai regain d’activité. (+ 0,1 %) qui affichent une timide progression de leur activité, tous
Ainsi que le rappelle une note de conjoncture récente de la Fédéra- les autres corps de métiers de l’artisanat du bâtiment sont en recul
tion nationale des transports routiers (FNTR), la flambée du coût du au troisième trimestre 2018. En moyenne, le secteur enregistre
gazole (+  17,5  % sur la même période) a eu un impact significatif une baisse de chiffre d’affaires de - 1,2 %. Parmi les professions les
sur les prix de revient. Le marché retrouve, tout au mieux, un certain plus affaiblies, on peut citer la maçonnerie (- 2,6 %), la menuiserie
équilibre. « Au troisième trimestre 2018, l’activité du TRM se stabilise, (- 1,5 %) ou encore la couverture (- 1,3 %). Pour Patrick Liébus, le
à l’image des principaux marchés de débouchés. Les chefs d’entre- président de la Confédération de l’artisanat et des petites entre-
prises du TRM, dont l’optimisme fléchit nettement, jugent négative- prises du bâtiment (CAPEB), ce ralentissement de l’activité s’explique
ment les perspectives de leur activité... », déclare Jean-Christophe Pic, notamment par les restrictions imposées par le gouvernement au
président de la FNTR. crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE).
- 3ème TRIMESTRE 2018 - N°71 - JANVIER 2019
BAROMÈTRE LE RGPD DANS LES TPE
Niveau d’information, freins à l’action, risques encourus... Six mois après l’entrée en vigueur du
Règlement général sur la protection des données (RGPD), l’étude de la FCGA dresse un premier bilan
d’étape chiffré dans les petites entreprises.
LES FREINS À L’ACTION
LE NIVEAU D’INFORMATION GÉNÉRAL

Un tiers (33,54 %) des dirigeants de TPE estiment, à


Seulement un peu plus de la moitié des n’être toujours pas au courant de cette
tort ou à raison, ne pas être concernés par le nouveau
dirigeants de TPE interrogés (55,7  %) nouvelle réglementation. Rappelons que
Règlement européen sur la protection des données
déclarent être informés de l’existence le RGPD s’inscrit dans la continuité de la
personnelles. Pour expliquer le retard pris dans la
du Règlement général sur la protection Loi française «  Informatique et Libertés »
mise en conformité de leurs entreprises (en interne
des données (RGPD). Six mois après de 1978 et qu’il renforce le contrôle par
ou vis-à-vis des sous-traitants), les dirigeants de TPE
l’entrée en vigueur du texte qui encadre les citoyens de l’utilisation qui peut être
évoquent d’abord le « manque de temps » (35,33 %).
le traitement des données personnelles faite de leurs données. Désormais, le dis-
Clairement, le RGPD n’est pas considéré comme une
sur le territoire de l’Union européenne, positif harmonise les règles en Europe
priorité par la plupart d’entre eux. Pour un quart des
une large part des entrepreneurs indi- en offrant un cadre juridique unique aux
entrepreneurs sondés (25,90  %), c’est surtout l’ab-
viduels questionnés (42,1  %) affirment professionnels.
sence d’interlocuteurs de proximité qui constitue le
2,2 % principal frein à l’action. Enfin, un professionnel sur
cinq déclare ne pas avoir encore engagé de démarche
de mise en conformité « faute de moyens ».
42,1 %
Manque de moyens 20,06 %
Manque interlocuteur 25,90 %
55,7 % Manque temps 35,53 %
Pas concerné 33,54 %

Oui Non Sans réponse


Si non Pourquoi ?
Etes-vous informé sur le RGPD ?

LES RISQUES ENCOURUS


LE NIVEAU D’INFORMATION SELON LES PROFESSIONS
Une grande majorité des dirigeants de TPE inter-
Sans surprise, ce sont les commerçants d’activité enregistrent un niveau d’infor- rogés (68,0  %) méconnaît totalement les risques
exerçant un métier en lien avec la santé mation compris entre 53,20  % (métiers encourus en cas de non-respect des obligations
de leurs clients (pharmaciens et opti- de l’automobile) et 59,30  % (équipe- légales comprises dans le RGPD. Seul un large quart
ciens) qui affichent le plus haut niveau ment de la maison). Dans l’artisanat du d’entre eux (27 %) affirme connaître les différentes
d’information sur le RGPD (86,00  %). bâtiment, seul un entrepreneur sur deux sanctions auxquelles ils s’exposeraient dans un tel
Ces professionnels traitent quotidienne- (50,60  %) déclare être informé sur le cas. Ces dernières varient selon la gravité des viola-
ment des données confidentielles et sont RGPD. Les détaillants du commerce ali- tions constatées par les agents de la Commission
déjà largement sensibilisés aux obliga- mentaire (45,60 %) et les professionnels nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).
tions légales qui s’imposent à eux en la des transports (40,20  %) sont les moins Du simple rappel à l’ordre en passant par la sus-
matière. La plupart des autres secteurs bien informés. pension des flux de données, la mise en demeure,
la limitation temporaire ou définitive d’un traite-
ment de données, l’obligation de satisfaire aux
Santé 86,00 %
demandes d’exercice des droits des personnes,
Equipement de la maison 59,30 % jusqu’à l’amende administrative.
Culture et loisirs 58,30 %
Services 58,00 % 5,0 %
Café,hôtellerie,restauration 56,70 %
27,0 %
Beauté, esthétique 54,70 %
Equipement de la personne 54,10 %
Automobile 53,20 %
Bâtiment 50,60 %
68,0 %
Commerce de détail alimentaire 45,60 %
Transports 40,20 %
Oui Non Sans réponse

Connaissez-vous les risques encourus ?

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PAROLE À...
Isabelle FALQUE-PIERROTIN, présidente de la CNIL

Le respect des droits et de la vie privée des personnes


par une entreprise lui permet de valoriser une image
de sérieux et de responsabilité.
© Frédérique PLAS

Pouvez-vous nous rappeler, en en oeuvre du RGPD et organise de manière et les personnes concernées des atteintes
quelques mots, en quoi consiste le simple les actions à initier pour se confor- à leurs données. Le respect de la vie privée
RGPD ? mer au règlement européen. Avec ce guide, des clients et collaborateurs est également
nous voulons montrer aux TPE-PME que un facteur de différenciation concurren-
Le Règlement Général sur la Protection des
se mettre en conformité c’est facile, en tielle car cela répond à une demande
Données encadre le traitement des données
adoptant simplement de bons réflexes. sociétale forte.
personnelles sur le territoire de l’Union euro- Les TPE et les PME, pour lesquelles les
péenne. Ce nouveau règlement européen données personnelles ne sont pas au coeur Quels conseils pouvez-vous donner
s’inscrit dans la continuité de la Loi française de l’activité, n’auront à déployer que des aux dirigeants de petites entreprises
Informatique et Libertés de 1978 et renforce moyens limités. pour mener à bien ce « chantier » du
le contrôle par les citoyens de l’utilisation qui RGPD ?
peut être faite des données les concernant. Derrière l’obligation réglementaire,
De façon très concrète, nous engageons les
Il harmonise les règles en Europe en offrant le RGPD est-il aussi, selon vous, une
entreprises à mener quatre actions princi-
un cadre juridique unique aux profession- opportunité de développement pour
pales qui doivent perdurer dans le temps
nels. Il permet de développer leurs activités les entreprises qui exploitent des
pour une mise en conformité efficace. Il
numériques au sein de l’UE en se fondant données nominatives ?
faut tout d’abord constituer un registre
sur la confiance des utilisateurs.
Bien sûr, et cela pour plusieurs raisons. des données traitées par l’entreprise afin
Une part importante des TPE, selon Tout d’abord, le respect des droits et de la de recenser tous les fichiers et d’avoir une
nos données, reconnaît n’avoir pas vie privée des personnes par une entre- vision d’ensemble. La constitution de ce
encore eu le temps d’engager les prise lui permet de valoriser une image de fichier doit ensuite permettre à l’entre-
actions de mise en conformité, faute sérieux et de responsabilité. L’impératif de prise de s’interroger sur les données dont
de temps notamment. Comment les gestion rigoureuse des données recueillies elle a réellement besoin. Il est également
inciter à passer à l’action ? et traitées par une entreprise, induit par primordial de respecter les droits des per-
le RGPD, lui permet également de gagner sonnes en les informant de la collecte et du
La France compte près de 4 millions d’entre- en efficacité et en productivité. Ensuite, le traitement de leurs données et en leur per-
prises dont la grande majorité sont des principe de minimisation des données mettant d’exercer facilement leurs droits.
très petites entreprises et leurs dirigeants doit conduire l’entreprise à s’interroger sur Enfin, il faut sécuriser les données en
peuvent se sentir assez démunis face à la les données qu’elle collecte et d’identifier ayant à l’esprit que les mesures à prendre
réglementation. C’est pourquoi la CNIL et ses besoins réels ce qui permet d’optimiser dépendent de la sensibilité des données
Bpifrance ont élaboré un guide pratique ses investissements. Le RGPD permet aussi qui sont traitées et des risques qui pèsent
qui met l’entrepreneur au centre de la mise de protéger son patrimoine informationnel sur les personnes en cas d’incident.

Propos recueillis par Nasser NEGROUCHE

3ème TRIMESTRE 2018 - N°71 - JANVIER 2019

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proviennent de l’exploitation, par la FCGA, de données communiquées volontairement par les adhé- Yves MARMONT • Directeur de rédaction : Bertrand MAGNIN • Rédaction en chef : Nasser NEGROUCHE
rents des CGA répartis sur l’ensemble du territoire. • Maquette création : créateurs2pixels / Réalisation : VE design • Impression : IMPRIMERIE JULIEN
• Crédit photos : Jack. F - TLPEP - Frédérique PLAS • Tirage 15 307 exemplaires • Périodicité tri-
Les indices d’activité sont calculés chaque trimestre, à partir des chiffres d’affaires d’un échantillon de
17 000 petites entreprises de l’artisanat, du commerce et des services. Pour toute demande d’infor- mestrielle • Cible : acteurs économiques, organisations professionnelles et consulaires, collectivités ter-
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