Vous êtes sur la page 1sur 9

STHENDAL

Principales oeuvres: Correspondance, 1800-1842; Journal, 1801-1823;


Pensées. Filosofia Nova, 1802-1803 ; De l’Amour, 1822 ; Racine et
Shakespeare, 1823, 1825 ; Armance, 1827 ; Le Rouge et le Noir, 1830 ;
Souvenirs d’Egotisme, 1832 ; Lucien Leuwen, 1834-1835 ; Vie de Henry
Brulard, 1835-1836 ; Mémoires d’un touriste, 1836 ; La Chartreuse de
Parme, 1839 ; Chroniques italiennes, 1839 ; Lamiel, 1839-1842

Stendhal et le roman psychologique

- Les romans de Stendal impliquent une expérience

L’action de chacun tourne autour d’un jeune homme qui ressemble plus au
moins à l’auteur, mais qui évolue dans un autre milieu et qui a un autre sort.
Autour de ce personnage central gravitent quelques figures vivantes
inspirées de ses connaissances mais jamais copiées.

Armance- le thème de l’impuissance physique séparant deux amoureux.


Fidèle à son idée de réalisme subjectif, il cherchait une certaine vision du
monde, l’image de la société parisienne donnée par un infirme. L’intrigue
était le contraire d’une idylle. Elle débute par l’amour, continue par l’amitié
et la séparation définitive.

Si Armance est le roman de la faiblesse, le rouge et le noir est le roman de


l’énergie et de la volonté.

- la matière du roman- la France de 1830, la province et Paris

Julien Sorel- illustre l’énergie provinciale, les classes pauvres en ascension.


Sous Napoléon il aurait été rouge, c’est-à-dire soldat. Sous la Restauration,
ce sera le noir qui l’aidera à parvenir.
- il est séminariste. Ensuite, c’est la conquête par les femmes. Madame de
Rênal, Mathilde de la Mole mêlent leurs destinées à celle du héros.

- Au fait divers et à l’expérience personnelle, Stendal ajoute des


évènements historiques réels empruntés à la société de 1830.

- Les luttes de l’opposition libérale et de la congrégation donnent à ce livre


un accent de vérité

Julien Sorel qui veut réussir doit très bien connaître le contexte social et se
plier à ses exigences.

- Le Rouge et le Noir est un des premiers roman du XIXe siècle dont le


héros est âprement confronté au monde réel.

- le réalisme de Stendal s’ajoute à ses vertus de psychologue et de


moraliste.

Le Rouge et le Noir= l’histoire d’une âme noble, d’un passionne qui souffre
de ce décalage qu’il constate entre son génie et sa condition

Lucien Leuwen- sur les 3 parties que comprend le pan, Stendal n’en a réalisé
que 2. Dans la première – l’amour de Lucien pour madame Chasteller, dans
la deuxième envisage l’expérience politique du héros de même que sa liaison
avec madame Grandet.

- le roman de l’initiation. A travers des expériences diverses, le héros


connaît le monde réel et se découvre soi-même.

La chartreuse de Parme nous plonge dans l’atmosphère chargée de la Cour


de Parme en 1815, la duchesse Sansévérina veut pousser son neveu Fabrice
et en faire une archevêque. Apres avoir lutter à Waterloo Fabrice del Dongo
change le rouge par le noir.

- Le héros de ce roman est un autre Julien Sorel

- Jeune passionné et intelligent, il vit dans un monde qu’il déteste.


Admirateur de Napoléon, Fabrice doit tricher pour réaliser ses rêves de
grandeur.

- A la différence de Julien qui est un solitaire, Fabrice est toujours entouré


de monde.

- Habitue à la société, il fait du mensonge un savoir-vivre

- Il a une merveilleuse aptitude au bonheur ce qui l’approche de son auteur

Lamiel – l’héroïne de ce roman inachevé est la réplique féminine du Julien


Sorel. Tout aussi énergique et forte que celui-ci, Lamiel ne finit pas sur
l’échafaud, mais ne peut trouver l’amour qu’auprès d’un forçat.

L’originalité de Stendhal

- roman de la condition humaine, le roman stendhalien part à la recherche


de l’homme supérieur

- Stendhal étudie la psychologie amoureuse, mais ne perd pas de vue la


volonté et l’énergie

- Il explore la sensation. Les mystères de l’âme sensible le préoccupent


dans le plus haut degré.

- De l’observation du soi, il arrive à l’observation des autres


- Ses romans brossent un vaste tableau de la société française et italienne

- Le Rouge et le Noir dévoile la Restauration à travers la perspective


intérieure de Julien Sorel

- l’accommodation du personnage suppose une leçon d’hypocrisie et de


faux-semblant

- à la différence de Balzac, Stendhal s’intéresse à l’analyse du cœur


humain

Le personnage

Auerbach dans Mimesis considère Stendhal le fondateur du réalisme dans ce


sens qu’il a lié l’individu au milieu qui l’avait produit.

- L’opposition entre la volonté et une destinée assez souvent tragique,


confère à l’individu un statut héroïque.

- Le héros stendhalien est un individu actif qui va à la rencontre de


l’aventure

- Il refuse l’hypocrisie comme ennemi de la spontanéité et adopte la


provocation.

- Il commence par se cherche un modèle qui pour Julien Sorel ou Fabrice


del Dongo est Napoléon Bonaparte.

- Entre le héros et son désire intervient un médiateur qui est de nature


interne parce qu’il appartient au monde réel

- Le héros stendhalien s’oppose au héros romantique qui ne reconnaît


jamais son modèle
- le personnage offre des hypostases diverses.

- Si Julien Sorel s’efforce d’étouffer en lui la voix d’une sensibilité folle,


Fabrice del Dongo ne s’intéresse qu’à son bonheur. Entièrement détaché
du contingent, Fabrice promène dans les salons une indifférence à l’égard
du monde qui est l’expression d’une suprême sagesse.

- Individualiste et épicurien, Fabrice illustre dans le plus haut degré le


beylisme (double attitude devant la vie) propre au personnage de
Stendhal : le culte du moi (l’égotisme), l’art de découvrir le bonheur par
l’affinement de l’intelligence et de la sensibilité.

- Le culte du l’énergie nous dévoile un être fort, toujours préoccupe a


étouffer ses passions.

- Le combat avec soi-même, le rend imprévisible, redoutable, mais


également vulnérable.

- Etre d’élection, ambitieux et orgueilleux, le personnage stendhalien sera


moins la victime d’une fatalité sociale, mais plutôt d’une fatalité
biologique.

L’art narratif

- N’adopte pas le modèle de Walter Scott, sa structure romanesque ne


réside pas dans cette longue exposition et cette action dramatique qui se
précipite vers le dénouement.

- La composition procède d’une succession d’épisodes qui suivent les


étapes d’une vie.
- L’ordre est donné par l’enchaînement temporel des événements et le
retour en arrière n’apparait que très rarement chez Stendhal, prêt surtout à
accélérer qu’à ralentir.

- Dans « Le Rouge et le Noir » seul le récit d’enfance de Julien transfère le


lecteur au passé. Dans le reste on se trouve dans un présent continu ou
l’analyse est tout aussi rapide que l’action.

- A l’intérieur du roman, les descriptions sont assez courtes, d’un seul trait,
Stendhal évoquant un vaste paysage. Lorsque les descriptions sont faites
par les personnages eux-mêmes, elles sont fragmentaires, à mesure que
ceux-ci découvrent la réalité extérieure.

- Une restriction du champ narratif aux perceptions et aux pensées d’un


seul personnage. L’image de la totalité est réalisée par le changement de
foyer et par l’instruition de l’auteur.

- On a accès à la pensée des personnages par le monologue intérieur. Le


récit de l’auteur est lie à celui-ci par le discours indirect libre. Le lecteur
saisit donc le personnage d’une perspective complexe, de l’intérieur et de
l’extérieur ce qui conduit à la transparence totale du livre. Le lecteur vise
donc a l’omniscience

- La présence de l’auteur dans ses romans est d’habitude ambiguë

Les épisodes d’une vie

Dans Le Rouge et le Noir, Lucien Leuwen, Stendhal échappait au schéma


balzacien : la division en chapitres est parfois hasardeuse, l’auteur adopte le
principe d’une simple succession d’épisodes pour suivre les étapes d’une vie
- Assure à son récit, même s’il prétend que l’idée de faire un plan le
paralyse, une forte structure par un jeu de contrastes et de symétries

Stendhal et le souci de l’exactitude

Ce gout de la vérité fondée sur l’observation intime écartera même Stendhal


du roman en le conduisant à l’autobiographie

- Il s’opère dans son œuvre une circulation entre l’autobiographie et le


roman ; il entend bien pénétrer ses fictions de la vérité qu’il avait pu
observer en lui-même

- L’image du miroir revient volontiers sous sa plume. « Un roman : c’est


un miroir qu’on promène le long du chemin. »- met en évidence le
caractère réaliste de son art. Si chez Balzac on peut parler d’un miroir
concentrique, captant les multiples facettes de la réalité, chez Stendhal
« le miroir qu’on promène » se rapporte à la fois à une réalité intérieure
(de l’individu) et à une réalité extérieure ce qui confère une double forme
au roman stendhalien : la forme biographique et la forme chronique.

- Il y a dans Le Rouge et le Noir, à côté des souvenirs personnels et des


faits divers trouvés dans La Gazette des Tribunaux, des éléments qui sont
empruntés à la chronique de 1830. Ces « pilotis » historiques donnent au
roman son accent de « vérité, d’âpre vérité ».

- Julien, est contraint, s’il veut réussir, de se plier aux exigences des forces
dominantes. C’est par là que Stendhal montre son souci de la vérité et
qu’il fait faire au roman moderne un progrès décisif : le héros doit
affronter les rigueurs du monde véritable.
Le Rouge et le Noir, Lucien Leuwen présentent une image vivante des mœurs
du temps et des forces qui s’affrontent. Avec Lucien Leuwen, Stendhal est
encore allé plus loin dans le souci d’exactitude.

L’exacte représentation des mœurs du temps, la peinture d’un héros qui


éprouve sa valeur au contact du monde nous fait assister, avec Le Rouge et
le Noir à la naissance du roman moderne.

- Ce roman dresse le personnage de Julien dans toute sa stature de


d’ambitieux : s’il échoue, ce n’est point par sa faiblesse, mais par celle
d’une femme qui l’a aimé. L’auteur met en relief la noblesse du héros
vaincu.

Lucien Leuwen- le roman comporte moins de netteté dans sa progression et


dans sa construction. Lucien est hésitant, indécis, critique de lui-même, plus
inquiet que ne l’était Julien. Il a des contours flous, quand le caractère de
Julien présentait des arrêtes vives.

L’actualité nourrit le roman de références constantes. L’amour du héros pour


Mme Chasteller est la seule valeur qui soit préservée, il fait contraste avec la
misérable horreur au sein de laquelle Lucien est oblige de vivre, à laquelle
même il lui faut participer s’il veut sortir de soi et devenir quelqu’un.

Stendhal ne veut pas se parer des dons du narrateur omniscient de type


balzacien, qui prend en charge la présentation des événements et des
personnages. Il fait de ses héros- le centre de perspectives.

On a affaire dans le récit stendhalien à plusieurs types de perspectives ou de


« visions ». Stendhal investit ce héros du don de voir les choses et puisque
ce héros est toujours tourné vers l’intérieur, prêt à analyser ce qui se passe
autour de lui en fonction de ses pensées et de ses sentiments, on peut parler
« d’une vision intérieure »

- Vision extérieure, agrémentée par une infinité de tons- ironique, espiègle,


familier, tendre

- Vision complice lorsque le narrateur regarde son héros par les yeux d’un
autre personnage

- Stendhal sait allier le général au particulier, le subjectif à l’objectif, le


concret à l’abstrait, la clarté à l’ambiguïté

Julien, Fabrice, Lucien, Lamiel- leur vie intérieure est faite de débats
incessants, tout est expérience et découverte pour eux.

- agissent au nom de leur propre éthique, ils ne se soucient pas de plaire


aux autres.

Poursuivant la trajectoire d’une existence, Stendhal présente le déroulement


chronologique du temps, ce qui assure la cohésion de l’intrigue.

On distingue 2 niveaux temporels :

- celui de la narration (exprime par le passé)

- celui du personnage qui vit au présent