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Introduction :

Avec la mondialisation et le libre-échange, les contrats commerciaux


constituent un maillon fort de toute économie de marché, toutefois la
conclusion d’un tel contrat est une opération point anodine dans le sens ou les
parties géographiquement éloignés peuvent voir leur confiance s’altérer ce qui
peut conduire au désengagement des parties au contrat.
En effet une opération de commerce international peut revêtir la forme d’une
importation ou d’une exportation, ainsi la qualification est en fonction de
l’intérêt des parties à la transaction.
Dans une opération de vente internationale, des obligations sont à honorer
notamment la disposition de documents concourant à la réalisation de ladite
opération puisque le paiement y dépend.
Toute opération de vente international suppose une phase ou les parties
s’accordent sur les modalités de paiement de la marchandise , sa livraison ,son
stockage , son transport , la police d’assurance , le transit s’il Ya lieu , le
dédouanement ….A cet égard , afin de prévoir une meilleur logistique de ce
processus ainsi qu’une meilleur harmonisation du commerce international , la
cci a prévu les INCOTERMS qui permettent une meilleur répartition des
tâches entre le vendeur et l’acheteur toutefois les parties peuvent déroger à
une des stipulation prévu par l’incoterm choisi.
Par ailleurs, les ventes internationales ont été renforcées par un corpus
juridique dense et diversifié dont la pièce maitresse est la convention de vienne
sur la vente de marchandises régissant ainsi les principaux droits et obligations
des parties au contrat tout en prévoyant des issues en cas d’inexécution.
Le paiement s’avère complexe lorsque l’opération de vente et d’achat n’est pas
effectué sur le même territoire en raison des aléas du commerce international
pouvant ainsi impacté l’opération en plus de la différence des usages et
coutumes des états.
En outre le paiement au niveau international est réalisable par le biais d’un
mécanisme spécial celui de l’activation d’un instrument cambiaire représentant
la créance telle que la lettre de change, la traite par une technique de paiement
du commerce inttel que le Credoc, ce dernier constitue l’objet de notre sujet
tout en représentantun engagement fermesubordonné à la conformité des
documents de paiement que prend la banque de l’acheteur à la demande de
son client en faveur du bénéficiaire. En effet le Credoc met en présence au
moins 3 banques ainsià côté du Credoc on distingue également d’autres
techniques concourant à la même toutefois différent du crédit document ces
techniques sont relatives à l’encaissement, la remise documentaire et la lettre
crédit standby néanmoins moins convoité dans le commerce international en
raison du souci de sécurité et de confiance entre les parties
éloignéesgéographiquement.
Par ailleurs le choix de tel ou de tel mode de règlement dépend du rapport de
force en présence.
L’intérêt de notre sujet est de mettre en exergue la pertinence du crédit
documentaire étant la technique de paiement la plus convoité même lorsque la
confiance fait défaut à cet effet il convient de répondre à la problématique
suivante :
Dans quelle mesure peut-on parler de sécurité de paiement lors d’un
règlement par crédit documentaire, autrement dit, le crédit documentaire
assure-t-il cette sécurité à travers ses différents modes malgré l’existence de
limites pouvant impacter sa portée ? ainsi qu’en est till de sa nature juridique ?
Développement :
Une convexité tributaire à un encadrement juridique vigoureux :
Etant le produit de la cci dont le rôle a été capital dans la pour fixer et codifier
ainsi que faire évoluer les REGLES ET USANCES UNIFORMES dites RUU , le
crédit documentaire occupe une place prépondérante dans les opérations
bancaires également s’est avéré d’une grande utilité pratique pour les
opérateurs et ceci en étant d’une part un instrument incontournable pour la
sécurisation des moyens de paiement à l’international, et d’autre part la
souplesse et la grande faculté d’adaptation des RUU grâce aux prévisions
périodiques de la cci rendant ce mode encore plus attractif plus performant
et facilement accessible pour les utilisateurs.
En effet le crédit documentaire est né dans l’incertitude du commerce
international pour répondre à un besoin de sécurité éprouvé par les
négociants géographiquement éloignés se connaissant peu et soucieux de la
bonne fin de leurs transactions.
L’acheteur souhaite recevoir la marchandise qu’il a commandée avant de la
payer et le vendeur de son côté souhaite en recevoir le paiement avant de
prendre le risque d’expédier chose rarement réalisable dans la pratique de
tous les jours
Ainsi de tous les procédés de règlement utilisable seul le crédit documentaire
permet de réaliser ce compromis (vocation d’apporter une parfaite réponse
au conflit d’intérêts entre v et a) écrire la phrase
Parailleur concernant sa nature juridique, le crédoc est un engagement ferme
de paiement, un engagement abstrait et autonome par rapport au contrat
commercial à la marchandise services ou prestations aux quels les documents
peuvent se rapporter

Les formes du crédit documentaire :


On distingue entre les formes classiques du credoc et les formes particulières
du credoc
A- Les formes classiques :
Sont relative au credoc irrévocable ou le credoc irrévocable confirmé. Par
ailleurs, la nouvelle version des règles et usances RUI a mis fin du crédit
documentaire révocable. En effet, faite annulation de la révocabilité du
credoc a permis de cerner toute ambigüité puisque uncredoc révocable
peut non seulement être amendée a tout moment sans avis préalable
aux bénéficiaires mais il ne constitue en aucun cas un engagement lient
juridiquement les banques intéressées envers le bénéficiaire. Concernant
le credoc irrévocable il constitue un engagement ferme du paiement de
la banque émettrice en faveur du bénéficiaire. Ce dernier est sure d’être
payé par une banque et non par l’acheteur qui lui est peut-être inconnu.
Ce type de crédit permet d’éliminer le risque commercial de l’acheteur
ainsi le banquier émetteur et non seulement tenu de payer à vue ou à
terme, le bénéficiaire contre présentation de document conforme mais il
se doit également de rembourser la banque désigné qui a honoré la
présentation conforme et qui lui a transmit les documents. Celui-ci ne
peut être ni amendé ni annulé sans l’accord explicite de la banque
émettrice de la banque confirmante, s’il y en a un, et du bénéficiaire.
Le credoc irrévocable et confirmé : il apporte au bénéficiaire une sécurité
totale dans le règlement de sa créance et ceci en raison de sa
confirmation par une banque qui se trouve au territoire du bénéficiaire.
A cet égard, le banquier confirmateur prendra un engagement ferme
s’ajoutant a celui de la banque émettrice (comme la banque émettrice, le
banquier confirmateur prend à l’égard du vendeur un engagement ferme
de paiement contre présentation du document conforme).

B- Les formes particulières du crédit documentaire :


Ces formes sont le fruit d’une pratique bancaire moderne. On distingue
entre les crédits transférables et le crédit adossable. En plus des formes
répondues dans les pays anglo-saxon notamment le crédit revolving
étant un crédit renouvelable couvrant une importation étalée sur
plusieurs livraisons, le montant de celui-ci est renouvelé
automatiquement sans qu’il soit nécessaire pour l’émetteur d’ouvrir
plusieurs Credoc.
La lettre de crédit standby également d’origine anglo-saxon, elle n’est
autre qu’une caution sur le support du crédit documentaire.

1- Les modalités d’utilisation de credoc : le crédit peut être réalisé par un


paiement à vue, paiement déféré, par acceptation ou par négociation

Crédit documentaire éléctronique SWIFT


La fraude documentaire un obstacle au commerce international :
Une délimitation de responsabilité quant au banquier :
La mission de vérification reposant sur le banquier se caractérise par
l’application d’un principe essentiel celui du formalisme. Toutefois il convient
de rappeler un autre principe qui régit le crédit documentaire celui de son
autonomie dans le sens ou le contrat commercial demeure indépendant du
crédit documentaire.
En effet en vertu de l’article 13 des RUU les banques doivent examiner avec un
soin raisonnable tous les documents stipulés dans le crédit afin de vérifier s’ils
présentent ou non l’apparence de conformité avec les termes et conditions du
crédit ». Mais la conséquence la plus importante du formalisme est
l’exonération de la responsabilité bancaire quant à l’authenticité des
documents. En fait, d’après l’article 15 des RUU, les banques n’assument aucun
engagement ni responsabilité quant à la forme, la suffisance, l’exactitude,
l’authenticité, la falsification ou l’effet juridique du/des document(s), ni quant
aux conditions générales et/ou particulières stipulées dans le/les document(s)
ou y surajoutées. Elles n’assument également aucun engagement ni
responsabilité quant à la désignation, la quantité, l’état, l’emballage, la
livraison, la valeur ou l’existence des marchandises représentées par un
document quelconque ou encore quant à la bonne foi ou aux actes et/ou
omissions, à la solvabilité, à la prestation ou à la réputation des expéditeurs,
transporteurs, transitaires, destinataires ou assureurs
Au regard de ces dispositions, la vérification effectuée par la banque ne peut
donc porter que sur les éléments formels et extérieurs des documents et non
sur leur véracité et leur authenticité.
Conséquences :
Toutefois, la sécurité que les principes du formalisme et de l’autonomie offrent
à l’institution du crédit documentaire risque d’être ruinée par l’existence d’une
fraude. De plus, la fraude a été, de tout temps une réalité malheureuse du
commerce international. Ses effets néfastes sur le crédit documentaire sont
alarmants. Entrainant ainsi une insécurité
Celle-ci peut prendre plusieurs formes notamment les faux documents de toute
nature, ainsi que les fausses lettres de crédit
Ainsi d’une part, la prédominance de la fraude documentaire est due à
l’augmentation du nombre des opérations commerciales effectuées dans le
monde. D’autre part, le développement remarquable de technologie qui
rendant plus facile l’œuvre du fraudeur est une autre cause de ce phénomène.
Formes de la fraude dans le crédit documentaire :
Dans le cas de la fraude dans le crédit documentaire, implique une altération
de la vérité véhiculée par les documents remis au banquier. La première
technique menaçant les intérêts des exportateurs consiste en l’émission d’un
faux crédit documentaire ou d’une fausse lettre de crédit.
Dans cette hypothèse, le fraudeur fait imprimer des fausses lettres de crédit,
soit au nom de banques qui n’existent pas soit en contrefaisant des formulaires
de banques qui existent bel et bien.
C’est l’exportateur qui sera la victime de cette technique frauduleuse.
Hormis ces cas extrêmes, il y a une autre technique de fraude dont la victime
est l’importateur. Cette fois, le crédit documentaire sera vrai, mais la fraude
portera sur un ou plusieurs documents présentés par l’exportateur pour
obtenir le paiement, qui sont faux ou qui contiennent des énonciations
mensongères.
Ainsi A l’instar du droit pénal, il est traditionnel de distinguer deux types de
fraude dans les documents, la fraude matérielle. et la fraude intellectuelle .
D’ailleurs, certaines fraudes peuvent cumuler les deux qualificatifs.
Fraude matérielle : se traduit principalement par la contrefaçon d’un
document existant ou la création d’un document nouveau. Il aboutit à la
falsification d’un document qui n’est pas un document « authentique », à titre
d’exemple de la fraude matérielle aux faux certificats d’origine ou à la
contrefaçon des certificats d’inspection. On rencontre aussi de fausses polices
ou de faux certificats d’assurance. Mais c’est en matière de documents de
transport que ladite fraude trouve son terrain d’élection. Les contrefaçons de
lettres de voiture ferroviaires, de lettres de voiture routières41 ou de lettres de
transport aérien ou notamment les connaissements qui n’émaneraient pas de
transporteurs ou de transitaires sont les cas de fraude matérielle les plus
envisageables. Avec les connaissements, on pénètre dans le vaste et complexe
domaine de la fraude maritime. Pendant les années 80, déjà, la fraude
maritime constituait une véritable industrie, représentant une perte annuelle
mondiale de plusieurs de millions de dollars. En effet, en 1983, M. TINAYRE
dénonçait dans son rapport, présenté devant l’Association Française du Droit
Maritime, des cas de fraude matérielle tant à l’embarquement par le biais de
connaissements falsifiés attestant une marchandise réellement inexistante
qu’au débarquement à l’aide de faux documents (faux connaissements et
fausses factures) aboutissant à la livraison de la marchandise à un tiers et non
au vrai acheteur. Plus récemment, les Services pour la Prévention des Délits
(SPD) de la Chambre de Commerce International ont recommandé aux banques
d’être particulièrement vigilantes quant à la vérification de l’authenticité des
connaissements présentés. Le Directeur des SPD a ainsi donné une liste de
mentions que le connaissement doit comporter et dont le défaut devrait
soupçonner les banques d’une fraude éventuelle
Le faux intellectuel : le faux intellectuel implique une altération de sa
substance. Le document auquel ladite fraude s’applique émane bien de son
auteur et est irréprochable dans son apparence matérielle. Or, malgré son
apparence de conformité, il contient toutefois des énoncés contraires à la
vérité. « il dénature la pensée qu’il est destiné à exprimer»46. D’où son défaut
de sincérité. La jurisprudence française a déjà admis depuis longtemps ce type
de fraude. Tel était le cas dans l’affaire SOCIETE ANONYME STANDING
MEUBLES contre CREDIT DU NORD.
En l’espèce, la quantité de la marchandise embarquée ne correspondait pas à
ce qui était mentionné dans les documents remis par le vendeur, puisque ce
dernier n’avait pas livré et effectivement embarqué la totalité des
marchandises.
Par ailleurs la fraude documentaire n’est pas tributaire de sa typologie. Quelle
que soit la variante employée, la fraude tend toujours à cacher la violation du
crédit encore faut-il que l’intention frauduleuse soit présente.