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Faculté de Mathématiques Janvier 2019

2ème année Lic.RO /Proba-Stat


Algèbre 3

Corrigé de l’examen final


Exercice 1 (5 pts)
Soient A et B deux matrices de Mn (R).

1. (1pt) On suppose A inversible.


Les matrices A−1 B et BA−1 sont semblables car A−1 B = A−1 (BA−1 )A.

2. On suppose A et B semblables. Donc ∃P inversible tq B = P −1 AP .

(a) (1,5 pts) Montrons par récurrence que Ak et B k sont semblables pour tout k ∈ N.
Pour k = 0, A0 = B 0 = In et In = In−1 In In .
Pour k = 1, A1 et B 1 sont semblables par hypothèse. Donc il existe une matrice inversible
P ∈ Mn (R) telle que B = P −1 AP.
Supposons, à l’ordre k, que B k = P −1 Ak P. Il s’ensuit que

B k+1 = BB k = (P −1 AP )(P −1 Ak P ) = P −1 A(P P −1 )Ak P = P −1 Ak+1 P.

Donc Ak+1 et B k+1 sont semblables. On déduit que Ak et B k sont semblables ∀k ∈ N.


(b) (1 pt) Montrons que A est inversible si et seulement si B est inversible. On a
B inversible ⇔ det B 6= 0 ⇔ det(P −1 AP ) 6= 0 ⇔ det(P −1 ) det A det P 6= 0 ⇔ det A 6= 0 ⇔
A inversible.
Dans ce cas, montrons que Ak et B k sont semblables pour tout k ∈ Z.
D’après (a), il suffit de considérer k < 0. Posons alors k 0 = −k (k 0 ∈ N∗ ), A0 = A−1 et
B 0 = B −1 .
On a A et B semblables donc il existe une matrice inversible P telle que B = P −1 AP. Par suite
B −1 = (P −1 AP )−1 = P −1 A−1 P. Donc A0 et B 0 sont semblables. On déduit de la question (a),
0 0 0 0 0 0
que A0k et B 0k sont semblables pour tout k 0 ∈ N∗ . Or A0k = (A−1 )k = A−k = Ak et B 0k = B k .
Donc Ak et B k sont semblables. (1,5 pts)

Exercice 2 (7 pts)
Soit m ∈ R. On considère la matrice Am ∈ M3 (R) suivante:
 
1 + m 1 + m −1
Am =  −m 0 1−m 
−m −m 1
1. Polynôme caractéristique de Am : (1,5 pts)



1+m−X 1+m −1
PAm (X) = det(Am − XI3 ) = −m −X 1 − m
−m −m 1 − X


1−X 1+m −1
= X − 1 −X 1 − m en faisant C1 := C1 − C2 − C3
X − 1 −m 1 − X

1


1 1+m −1

= (1 − X) −1 −X 1 − m

−1 −m 1 − X


1 1+m −1
= (1 − X) 0 1 + m − X −m en faisant L2 ← L2 + L1 , L3 ← L3 + L1
0 1 −X

1 + m − X −m
= (1 − X)
1−X −X

1 − X −m
= (1 − X) en faisant C1 ← C1 + C2 ,
1 − X −X

2 1 −m

= (1 − X)
1 −X
= (1 − X)2 (m − X)

On déduit quele spectre de Am est:


{1, m} si m 6= 1
Sp (Am ) =
{1} si m = 1
Pour m = 1, A1 a une seule valeur propre triple λ = 1
Pour m 6= 1, Am a deux valeurs propres λ1 = m simple et λ2 = 1 double.
2. (1 pt) 1ère méthode:
Si A1 était diagonalisable, elle serait semblable à la matrice diagonale I3 . Donc il existerait une matrice
inversible P telle que A1 = P −1 I3 P = I3 . Ce qui n’est pas le cas. Donc A1 n’est pas diagonalisable.
2ème méthode:
Si A1 était diagonalisable, le sous-espace propre E1 = ker(A1 − I3 ) serait de dimension 3. Par suite
rg(A1 − I3 ) = 0 et donc la matrice A1 − I3 serait nulle. Ce qui est faux.
3. (1,5 pts) On sait que pour m = 1, la matrice Am n’est pas diagonalisable.
Pour m 6= 1, Am est diagonalisable si et seulement si la dimension de E1 = ker(Am − I3 ) est 2. Ce qui
équivaut à rg(Am −I3 ) = 1.   
m 1 + m −1 m 1 + m −1
Or Am − I3 =  −m −1 1 − m  →  0 m −m 
−m −m 0 0 1 −1
0 1 −1
Si m = 0 alors rg(A0 − I3 ) = rg  0 0 0  = 1. Donc A0 est diagonalisable.
 0 1 −1 
m 1 + m −1
Si m 6= 0 alors rg(Am − I3 ) = rg  0 m −m  = 2. Donc Am n’est pas diagonalisable.
0 0 0
On conclut que Am est diagonalisable si et seulement si m = 0.
4. (2 pts) Pour m = 0, Sp (A0 ) = {0, 1}.
λ1 = 0 est simple et λ2 = 1 double.
 Sous-espace propre Eλ1 = E0 associé à la valeur propre 0.

   
 x 0 
3
Eλ1 = E0 = ker(A0 ) = (x, y, z) ∈ R / (A0 ) y
  =  0 
z 0
 

= {(x, y, z) ∈ R3 / x + y − z = 0, z = 0}
= {(x, y, z) ∈ R3 / y = −x, z = 0}
= {(x, −x, 0) / x ∈ R}

2
Donc E0 = hv1 = (1, −1, 0)i et {v1 } est une base de E0 .
 Sous-espace propre Eλ2 = E1 associé à la valeur propre 1.

    
 x 0 
Eλ1 = E1 = ker(A0 − I3 ) = (x, y, z) ∈ R3 / (A1 − I3 )  y  =  0 
z 0
 
     
 0 1 −1 x 0 
3
= (x, y, z) ∈ R /  0 −1 1   y = 0 
0 0 0 z 0
 

= {(x, y, z) ∈ R3 / y − z = 0}
= {(x, y, y) / x, y ∈ R}
= {x(1, 0, 0) + y(0, 1, 1) / x, y ∈ R}.

Donc E1 = hv2 = (1, 0, 0), v3 = (0, 1, 1)i et {v2 , v3 } est une base de E1 .
3
B = {v1 , v2 ,v3 } est une base de R .
On vérifie que la famille
1 1 0
Soit P = pass(E, B) =  −1 0 1  la matrice de passage de la base canonique E de R3 à la base B.
0 0 1  
0 −1 1
P est inversible et son inverse est P −1 =  1 1 −1 .
  0 0 1
0 0 0
De plus D = P −1 A0 P =  0 1 0  est une matrice diagonale.
0 0 1
5. (1 pt) Résolution du système différentiel X 0 (t) = A0 X(t).
   0   
X1 (t) X1 (t) X1 (t)
Posons X(t) =  X2 (t)  alors  X20 (t)  = A0  X2 (t) .
X3 (t) X30 (t) X3 (t)
Donc
X10 (t)
  
X1 (t)
 X20 (t)  = P DP −1  X2 (t) .
X30 (t)   X3 (t)
 
Y1 (t) X1 (t)
Posons Y (t) =  Y2 (t)  = P −1  X2 (t)  = P −1 X(t)
 Y0 3 (t)  X0 3 (t)
Y1 (t) X1 (t)
Donc Y 0 (t) =  Y20 (t)  = P −1  X20 (t)  = P −1 X 0 (t)
Y30 (t) X30 (t)
C’est à dire Y 0 (t) = P −1 X 0 (t) = P −1 A0 X(t).
Mais X(t) = P Y (t) donc Y 0 (t) = P −1 A0 P Y (t) = DY (t) ie

 Y10 (t) = 0 ⇒ Y1 (t) = α, α ∈ R
0
Y (t) = Y2 (t) ⇒ Y2 (t) = βet , β ∈ R
 20
Y3 (t) = Y3 (t) ⇒ Y3 (t) = γet , γ ∈ R
   
α α + βet
D’où X(t) = P  βet  =  −α + γet  .
γet γet

Exercice 3 (8 pts)

3
1. E un K−e.v. de dimension n et f ∈ End(E).
(a) Montrons que
(1 pt) λ est une valeur propre de f si et seulement si f − λIdE n’est pas injectif.
λvaleur propre def ⇔ ∃v 6= 0 tq f (v) = λv
⇔ ∃v 6= 0 tq f (v) − λIdE (v) = 0
⇔ ∃v 6= 0 tq (f − λIdE )(v) = 0
⇔ ∃v 6= 0 tq v ∈ ker(f − λIdE )
⇔ ker(f − λIdE ) 6= {0E }
⇔ f − λIdE n’est pas injectif
(b) (1 pt) D’après (a), si α n’est pas valeur propre de f alors f − αIdE est injectif donc bijectif
(car E est de dimension finie).
Comme le nombre de valeurs propres est inférieur ou égal à n alors il existe α ∈ K tel que α
n’est pas une valeur propre de f et donc f − αIdE est bijectif.
2. Soit A une matrice de rang 1 de Mn (R) avec n ≥ 2.
(a) (0,5 pt) A étant de rang 1 et n ≥ 2 alors ker A est de dimension ≥ 1. Donc λ = 0 est une
valeur propre de A.
(b) (0,5 pt) dim(E0 ) = dim(ker A) = n − rgA = n − 1.
(c) (1 pt) On sait que 1 ≤ dim E0 ≤ multiplicité de λ = 0 dans le polynôme caractéristique de A.
Donc la multiplicité de λ ≥ n − 1.
(d) (1 pt) De (c), on déduit que X n−1 divise le polynôme caractéristique PA (X).
PA (X) étant de degré n et le coefficient de X n étant égal à (−1)n , on déduit que PA (X) =
(−1)n X n−1 (X − a), où a ∈ R, est une valeur propre de A.
Comme T r(A) est égale à la somme des valeurs propres de A alors T r(A) = a.
(e) (1 pt) Si a 6= 0, alors a est une valeur propre de A de multiplicité 1 donc la dimension du sous-
espace propre Ea associé à la valeur propre a est égale à 1 et la dimension du sous-espace propre
E0 associé à la valeur propre 0 est égale à n − 1 =multiplicité de 0. Donc A est diagonalisable.
Si a = 0, alors a est de multiplicité n et dim E0 = n − 1 donc A n’est pas diagonalisable.
Inversement, si A est diagonalisable alors dim E0 =multiplicité de 0 = n − 1. Donc a 6= 0.
Conclusion: A est diagonalisable si et seulement si T r(A) = a 6= 0.
(f ) (1 pt) Montrons qu’au moins une des matrices A + In et A − In est inversible.
Supposons, par l’absurde, que A + In et A − In ne sont pas inversibles. Soit f l’endomorphisme
de Rn ayant A comme matrice relativement à la base canonique. Donc f + IdE et f − IdE ne
sont pas bijectifs et donc ne sont pas injectifs (car dim(Rn ) finie).
D’après la question 1.(a), −1 et 1 sont des valeurs propres de f donc de A. On déduit que
(X − 1)(X + 1) divise PA (X) = (−1)n X n−1 (X − a). Ce qui est impossible. Donc au moins une
des matrices A + In ou A − In est inversible.
Application: (1 pt)
   
1 ... 1 1 − n 1 ... 1
A =  ... .. ..  B =  ... .. 
 
. .  . 
1 ... 1 1 − n 1 ... 1
On a rg(A) = rg(B) = 1
T r(A) = n − 1 + 1 − n = 0 donc A n’est pas diagonalisable.
 
n ... 0 0
 .. .... 
T r(B) = n 6= 0 donc B est diagonalisable. B est semblable à la matrice  . . . 
0 ... 0 0

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