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DONALD E.

KEYHOE

LES
ÉTRANGERS
DE
L'ESPACE


ÉDITIONS FRANCE-EMPIRE
Ct~ omrag, a be publié "' '""'lu.
"6
'
u SOU# r~ titre :
THE ALlENS FROM SJ'ACS
REAL STOR y OF UNIDI;."''TIF/ED
I'LYINO OBJECTS
Pâ'' Doub/etfay Con~p(1ny, l nr., N~tw )'or.t
Traduit de l'ongfnls par J. Joba

REMJ.JRCIIZI\li.!NTS

A U corœ.r de mes longue> mquétet sur les


UFOs ', j'ai bénéficié de l'aide de cemdnc.r de pcr·
smrnalités am/ricaines et ~rangrrcs a:~xqueT/es je
voudrais exprimer ici ma gratiJUde.
Cette gratitude va très partlclllièrenrem au •·lcc-
anrl•·al R.H. 1111/enkoeller, 011 contr<Nimiral De/mer
S. Fahmey, au.t colonels Joscplr Brya11 ct Robert
B . Emerson, et au major Dewey Fo<mret, tmcien du
Rell.seignenrentJ des Force~· a él'icmres qui ont con·
jirmé la rtalité des UFO; et l'exhle11c:e d'une cen·
sure destinée à ta cacher. Je suis encore tr~s recon·
nals.rrvzt aux autres offiders et /onctumn.aircs qui,
sa11.s vioii!J· les règles de sécurité, m'ont donné tz<'cèS
aux rot>/JtJrls séquutrés, - dol!s la coulisse -
exploités.
Je dols beaucoup au sénateur Barry Goldwater,
.t foncien pr~s/dent de la Chambré des Repr~·en­
tants Jo/ur W. McCormack, er tl a"otllres membrer
du Congrès. l e ••ottdrais aussi remercier les jour·
tralisres ct chroniquettrs de prerse e1 radio qui ont
su prése/1/er avec sérieux le problème, et très parti·
culièremenr Dave Garrowa), Mike Dougi<Z$, D ema
ID ~ilions Fnmcc-Empirc J9ÎS Clark. Lou Corbi1~ ainsi que Keu W . t>undy, direc-
10 Copyrô~ht 197J by Donald Il. Keyhoe
L Um'dnrfi/l'f'tf FIJirl~ Ob/c:tt: Obj:u V01iot3 non ide~ ­
l.SBN : 2.~00234..1 tifiét .

7.
- ·..--- - - - - -

du pr,•mù:r maga?.ine national qui tJit rét~é/é.


I Cllf dont les cotJtributlons généreuses ont
les faits "' le S<'Cret orgarlisti amour tfes /ails. Pcll· . au NICAP de mener "·' bien ses e11quête.r
tres person11es
permts ~uivre sa lutte po1, la levée du bl~kout.
tlunt les trei<.c anflfe.s oz) j'ai dirigé le NICAP, j'al
béndfic/6 des ltudt!s de nos conseillers spüiaux et et tze ::':este à exprimer ma pro/onde sr;::uud~ t
tles savants et l11g~nieurs qui travalllaiellf avec IIOS mon lditeur Howard Cady, pour sr.d:r coru / m:~s 'S
trente el ma souxomités, d'hommes tels que Clark er ses enco1vag.•ments au cour$ e cet ucrmere
McCielltmd, Robert Srevetu, et autres spldafistes IJIIrtées.
de /'abospatiale ou .tous«>mité du cap Kamedy.
Au sei11 des sout-comirés se trouvaient deux fetrun4s
remarquables. Mr.t. ldabel Epperson et Jane Lor-
SOli. Mrs. ldabel Epperson, présidente du sous-
collùt~ de Lo.r Angeles, a su s'assurer les services
<l'experts, savam.t, techniciens tel le ltU1jor Pmi/
D uich, précldcmment navigateur au Stmtcgic Air
Command, org(mlsateur du réseau tf'it</ormation
SKYNJJT ' coordonné [J((f A1111 Drujfei, Mury/ln
Eppersofl er un spécialiste des trunsml.tsions.
Mrs. l atw l.arson, pl'ésideme du NICAP pour
Seattle a miR sur pied le très compétent. gro11pe
tl'enq11éte chargé tic la discrimitUUion rigotveuse
erure observorlons de témoins sérieux, et illusions
Oll fumisteries qm eu.rsent amoindri le prestige du
~!CAP.
Il tt~ /mil aussi remerder Julian Henncssy, pré-
sident du sous-comité de Londres, organisateur
d'EURO~ET' q11i a drainé les obsenaùons de
centaine;· dt 1101iga11ts des compafJlûes ahienttes
européennes.
Messrs. Sherman Larsen, présidem de Ill Chicago
Affillate et D11VId Branch, président de la Southem
Calilornia Affiliate nous ont assuré pe1tda11t tle.r
années "'' pr·éclcu.t SOI<tlcn de presse et tm prertigc
{Jubile par l e sérieux tles témoiglUtges sélectionnés et
des indices de l'e~·istence tl'zme censure.
Un lrummac<' spécial est dû à Mr·. ct Mrs. M orris
Frost, nu re11rel/é docteur Earl Donglass et à d'au-

t. SKYNI-!T: hU. rt•e:1u du cjel.


2. I:URO!\ET: lill rMer.u européen.

8
AVANT-PROl'OS

D BPUlS la mi-1972, une nouvelle vague mon-


diale d'ob.lervadoos a mis les
d'UF05 For~
aériennes des Etats-Unis en srnnd embarras.
En privé, nombreux sont les officiers et fonc-
tionnllires qui désapprouvent le secret plaqu6 sur
cette affaire. Ils redoutent qu'ici, comme sous d'au-
tres cieux, la fr6quencc de plus en plus grande des
rencontres de cos euglns et des pilotes civils et
militaires ne précipite dans une alerte soudaine des
millions de citO)>ens non prépar6s.
Beaucoup do savants rejettent mllintenant les
dé.o~g,ations de l'état-major de l'nic. L'Institut J'tmé-
ricain de l'Aéronautique et de l'Astronautique pré.
conise à son tour une enquêle vaste, objective,
lib6J'ée de toute CCD$UJ'C.
Cependant, 1'6tat-major des Porces aériCIIJ!eS,
pOW' des raisons de haute politique, pe.a;isto à nier
la r6alité des UFOs, convnincu de •crvir en cela
J'intérêt supérieur du pays. Il n'en a P"' moins
depuis des années la preuve de ce qu'il prétend non
fondé.
Au cours de ma longue enquête sur ces étrangM
1 machines, j'ni vu de nombreux rapports examinés
par les Renseignement~ des Forces aériennes ,des
relations pnlcises de pilotes militllires, d'op<rateurs
radarbtcs et auttcs ob.lervateum entru1nés. 1'outes

11
ces observations concordent sur un point : les
UFOs sont des engiDs à très grande vitesse, disposant Dépouillement serr !
éf
v teun bautctnent qualifiés.
ristes, et autres o~cr 1mination impitoyable des
le respect du législa-
de moyens supérieurs à tout ce qui se fait suc Terre, fumisteries nous avruent va1u
Avant J'apparition de la censure, j'ai reçu les coli(J~t­ tcur et de la P!w;e. bstacle subsistait. De nom~reux
sions secrêtes des Sl!VIlnts et officiers du Rcnscignc- Mais un, séri_eux o les dénégations o~etellc:s,
mcm Technique dca Forces aériennes. savants, egares ~ d'examiner les témmgnages
En diJI~rentes occasions, j'ai reçu de procicuses n'acceptaient pas meme e le scepticisme œda.
indications provenant de collègues de I'Acad~mio
Navale, de cal'WIJ'ades du temps oit j'élais pilote
les plus pr~t<. P~ à l :tuc que te problème
Certains en \'Ullent 'a ~ de collaborer comme
d'avion dans ln marine, puis directeur du Service était sérieu." et .acceptcrc~cicotlliqucs au NICAP.
des lnfo11llntions à l'Aéronautique Civile, aujour- conseillers t~o,qu~s ï~ul a élé illustrée par le
d'hui rebaptisée Admint.rtration de l'Aviation Fédé-
rale (FAA). Au cours de cette période, j'ai eu la
Cette réststance tnt ta E McDonald au cours
regretté docteur James . con r~s sur les UFOs.
chance de mc faire d'intéressantes relations soit
comme alde de camp du colonel, maiDtenant géné-
J
des audiences. do 96~ t:fvors.it~ de
A vcc le souueo c ~ nulvsé des centaines de
l'Arizona, le
11
docteur McD~~~~Par~~al~ alcié à divers~ rcpri~cs.
ral, Charles A. Lindbergh, soit au cours de la
1 Seconde Ouerre mondiale, où j'étals revenu au
service actif. rapports. Le . lé laration. Elle vtent dun
Je cite volontiers sa c. ~ de scepticisme absolu,
En 1957, à l'is.~ue d'une enquête libre sur les bonm1e parti d'onde P1:~~o~vec toute latitude pour
UFOs, j'~tais nommé directeur du NICAP, Comité mi.~ en présence cs
National d'Enqu~te sur les Phénomènes Aériens. les vérifier. ê du 1'\ICAP sérieuse
Le NICAJ>, qui utilisait les services d'officiers sup.> 1,
McDonald disait enqu te faits • une tout autre
rieurs ou ~6néraux à la retraite ou passés dans la et exactement rapporttcd auxF~rces atrienncs ~. n
réserve, de sa,•ants cr d'ingénieurs expérimentu, allaire 9"e. l'e~quet~ d'~~treprendre sa propre crl-
était devenue la plus vaste orgaoi5ation au monde reéonn,aiSSaJt ~u av~ e mes rapports pusse~t
d'lu\oesligalion sor les UFOs. Elle disposait aux tique, tl n'envtSagerut gu~re qu Son opinion avatt
1
Etats-Unis et il l'extérieur de plus de trente sous-
CODlités. avoir quelque aspect ~Ë~ disait au Comité des
changé du tout au .tou .
Le conseil d'administration comprenait des mili- Sciences ~tronaullques d multiples vérifications,
taires parfaitement lnfonnés des problé!mes de sécu-
rité nationale cl de secret, tels Je vice-aroinû
RH. JùllcnkoBitcr, le cnntre-amiraJ O.S. Fnhrney,
r
• Je dOls au terme "e r6cision des synthèses
reconnaître que le, de~ d élevé ... Au cours du
de Keyboe. es~, ~mfor!". ~~ou d'examiner en détail
le cont:r&-amirnl H.B. Koowtes, le. L'Olone! de réserve
RB. Emonon, le colonel en retraite Joseph Bryan, une gcaude qunutt1
J":
dernier motS, J IU e':' dossiers officiels précé-
, , t do mnni~re alar-
ancien des For~-es aériennes. demment classé~ .. ~s ~o~~~cf.Jmportnnce scienti-
Vers l96S, noos avions analysé environ mante l'autb;~t:Ctt ~equel se fonde Kcyhoc... pour
'11 000 rapports d'ohlervation, dont plus de du m~teneSUI
tiquedtSCUSStOOS
les sru;'hi~torique des UFOs. • (Rap-
2 SOO provenant de pilotes confirmés, de savants,
d'opérateurs do tours de contrôle, d'experts rada- port d'audience, p. 35.)
12 13
-~ Depuis, la posi!Jon des scientifiques a subi un
changement notable; beaucoup examinent ;, fond
le probl~me... Cela est dû pour une large part
à la perte de face de l'université du Colorado dont
l'étude, financée par les Forces aériennes, devait
enterrer dtlinitivcmem l'enquête sur les UFOs.
L'approbation donnée par l' université du Colorado
aux dén6gations des Forces aériennes a été dure-
ŒJAPITRE PRBMŒR
ment critiquée par de nombreux experts scientifiques
ct techniques de l'Aérospatiale ou branches con-
nexes. ETRANGE SURVEILLA.."'CE
La controverse ainsi développée devrait débou-
cher spr une large divulgation au public.
s ·OUS couvert du Sl!CRilT, le~ Force~ nérie.nnes
Préparer le public, Je prémunir contre une panique
en ens de développement soudain des opérations
UFQ, est précisément le but de ce Jjvre. Pour venir des Etats-Unis S.ont engagées duos .un ]CU dange-
en nidc à ceux qui con1battent le SECRET-UFO - reu.x. Elles attaquent les UFOs 1 <)ut, en déplt ?es
à l'ln térieur ou à l'extérieur des Forces aériennes Moégaûons de l'état-major, opèrent dans not~e ~el.
- j'ai tenu ~ relater ce que je sais, m'efforçant d'en ED 1972 ces manifestations so sont multlph es.
L'Aerospace ' . J ( 1\Oq
Defense Comm11ru• Comman-
, •d~
exclure des commentaires • de fin du monde>. • •
J'espère vraiment convnlncrc le Congros el l'opinion dement de ta Défense de I'E•pace Aér~en, a ~ecJ
de l'opportunité d'en finir avec le SECRET et do de lancer la chasse, et donn6 au:c pllotc• 1 ordre
p romouvoir un progr~~mmc nouveau apportant une très strict de taire ces intcrvenltons hasardeuses
réponse au problème des UFOs. et leur .-éritable motif. . 'OSAF, a
L'enjeu nous concerne tous. Ce problème est un Redoutant les réactions du •pu bite•. l
des plus graves jamais pos<! à notre monde, il sup- constamment démenti a\•oir f&tl .ouvru !~>.leu sur
poser même qu'il ne s'y mêle aucun dar1ger. les UFOs. Mais un rapport spéctal ~e l Air P~
Academy, l'Académie des Forees a~ncn?cs, détru•t
ce démenti. J'en ai ~té, en tant que dtrec.teur du
NTCAP - NatioMI lnvesrigarions Conmuttee ott
1 UFO . Ullidelttlfied Fly/ne Ob/cet litt. ObJet . Volant
N • Id Îifi, Le sigle fruoçnl> OVNI eSI ruatntenant
on ~na ~m lacé haureuu:ment • aoucoupe vo~.te • ·
~nusAF . u!ttcd Stnlc>S Afr Jlort;IJ, Forces aéncnnes
des .Etn'tS-ur~is. Ne pouvant reprendre conJtnm~nen~ la d~o.­
minndon complète de nomtu·cux orannl.smes que. tee on
l'osa o américain l'auteur dEsip,oo, le P1us souven. Pt\.!'
1 rS! iuiri.ales. nOns ne l'expliclterona qu'aux endrotts ou
.!~ ab5enee pourra tt créer IUle a~e rée!lt, .ct renv())"'t!!
à. ta fin da: l'ouvrO,J;e pour un rupsx=l cxpl~tlf de tou.s
llbtévia!ifi llli!isés.
lS
Aerial Plwrometta - Comité ;s'ational d'Enquêtes Au mêtne moment, les avirita..ç d1intcrceptiotr1 sur
sur les Phénomènes Aériens, personnellement ordres ucrets de I'Acrospace Defense Command,
informé _en octohre 1969. Après avoir révél.: une teillaient d'abat/re ces objets inconnus.
•nterve!ltt~>n de l'artillerie soviéûquc, le rapport Depuis, les poursuites aériennes des UFOs n'~nt
poursuovnot: pas arrêté, à l'insu du Congm coa:nmc du public.
• ... :-lous avons nous au;si tiré sur des UFOs. Je ne veux pas accabler les conseun. Cette façon
Un maton vers 10 h~ures, le radar d' une base de de dissimuler la vérité et de ridiêuliser les témoins
chasse aérienne • d6tecté un UJ•O \'Oiant à près de déplaît à beaucoup d'entre cu~. M~is, pris. dans Il!'
1 100 km/h. L'objet ayant ralenti jusqu'aux envi- cruel dilemme, les hauts foncuoo.oa1res cro1ent pre-
rons de 160 km/h, deux F 80 om décollé pour le forable de difiérer toute rcoonnaissonce de la réalité
prendre en chn>sc. L'un des deux appareils l'a des UFOs.
rcjoi~t ù l'•ltitudc 1 000 mètres. L' UFO a augmcnt6 En dépit de cette sévère censure, quelques ra1 es
de _vatcsse. Cependant notre pilote a pu Je tenir ù intervenûons d'intercepteurs ont 6té connues, récem-
moal$ .do, 500 mètres pendant quelque temps. La ment encore. Aux première~ heure• du '14 septembre
fo~me ctaot bion cell.c d'une soucoupe. Le F 80 ayant 1972, urt engin ne ressemblant Il aucun av!on exis-
pros ~a vltcssc mnxunale, l'lJFO a encore accéléré. tant, était aperçu de l'Aéroport International de
La dtstnnco ayant nttcint 1 000 mètres, le pilote a West. Palm Bcuch. Deux rontrôlcurs de la Federal
~uvc~t le leu !',our abat~re yon~, mais n'a pu Aviatiotl Admittisrrat;on (FAA), Administration
l att.cmdrc. Sa vttesse croJ.Ssatt tres rapidement, ct Fédérale de l'Aviation, C.J. Fox ct A.W. Brown,
il n n pas tardé à disparaître. • suivirent sa trace tandis qu'il mnnœuvroit il quelques
L'incident n'n pM cette fois mis le pilote cn kilomètrtS de là. Brown é tait catégorique : • cela
danger: '!'nts de telles tentatiY.:s ont parfois pris un ne re.o;semblait à rie.n de ce que j' ai jamais vu,,
tour tragtquc. l'lusieors pilotes y ont perdu la vie. A la tour de contrôle, le surveillant œ la FAA,
E!l ~éccmbr: 1969, l'USAI' annonçait qu'une George Morales, braqua ses lunettes ~ur Ill brillar.~
cxphca!lon avaat été donnée à toute observation machine. Sa fonne ellipsofdale, en cJgare, se des:>t·
de phénom~oc aérien classé lJFO. Cependant son nait parfaitement dans la péoombtc précédant l'aube.
propre export. cu la matière, le docteur J. Alleu Il y eut une rapide succession d'a\•is de p~s~ge.
Hrnek ronduot public son désacrord. Selon lui Le capitaine B.F. Fcrgu.son des Eastt:rn A trimes,
I'US~F dé.tcn~il encore 3 000 rapports sur de~ la police de la ville, puis la police d'Etat, de oom·
f~~ts on~xphquc~ dont uno bonne partie pt'ovenant breux citoyens signalaient l'eogl.n. Tl éla:t ?ientôt
d mgénoeurs, pJiotes éprouvés et autres observa- suivi par les opérateurs de ln FAA ~ 1Aeroport
teurs de .qunlito. L 'lJSA F maintint sa position : tç us lntemational de Miami et les radaristes do la base
l~.létuOtS~Iltg~~ repos~llel!t sur des illu.sions d'opti<tue, USAF de Homcstcaù.
d.cs errcuu d mterprotntton ou de smtplcs ftuubtc- A 6 heures du matio, deltX intercepteurs P 106
nos. décollaient de IIomestead sur ordre dn N'ORAD,
, L'on cnvcloppnJt dnus un même ridicule oiH- North American Air Defense Command, Comman-
crel des milliers do personnalités de haute valeur. dement de Défense A6rienno N'orel J\méricaine.
Bn ce mCme communiqué largement diff11•é L'un des jets, pilot~ par le major Oet11ld Smith
l'USAF déelarnit close sott enquête sur les UFOs.' perça tes nuages, vit en pleine lumiêre le brillant
16 17
sone de disque plus gra11d qu' aucun. avion connu.
appareil; mais œlui-ci disparut avant toute approcha. Comme il approchait toujours, le ptlotc du F 94
Les journalistes, venus à la base de Homestead, vira pour éviter une collision. Prestement, le graod
dès l'annonce de la pouiSuite a~rienne, tombère.nt disque 6t volte-face. Cf?yant à une. attaque, , le
SUI un porte-parole de I'USAF. La réponse &tandnrd piloto se préparait à ouvnr le fe u. ).la~> au dcnucr
aux cuJiosilés journalistiques étnît alors : • Nous moment I'UFO bascu la de c6té.
avons démontré une fois poux toutes l'inexistence De nombreux cas, tout aussi troublaots, figurent
des UFO.; nous n'enquêtons donc plus SUI ce aux Dossiers d'Etude USAF 1 à 12 ~vec la men-
sujet. • Mais celte fois, tnute d~oégation ~ût été tion SflCRET rcnforc6~ pur cet ~verl!ssemeut :
inutile. Les journalistes avtûent en main les rapports • ce document conttent des infonnnùon~ tou-
des contrôkuiS de la FAA. Ne pouvant plus se chant ù la Défense Natioo.ate des B~ts-OOI.S aux
dérober, le porte-parole admit qu'une poursuite tenues de la toi sur t'Esptotmage T llre 18 USC,
avait ét6 ordonnée par NORAD. . sections 793 ct 794. La communicaùou ou la révé-
Au cours de cette trG•c de la censure, le major iation de son contenu sous qt~~I<Jue form~ que. ce
Smitb dit aux journalistes quïl y avait c quelque soit à des personnes non hab1htces sont wterdnes
chose de précis dans le ciel • au-dessus de West par la loi. • , . .
l'alm Bcilcb. b oux SLalions militaires radar l'avaient Les peines en cas d infractton peuvent aUer de
confirmé. Un autre port~parole ajouta: • S'il avait cinq ans de prison à 10 000 dollars d'amende.
manifesté des intention.~ hostiles, nous l' aurions Au nombro des témoignages ainsi censur~, se
détruit • 1u;1uvcnt des rapports hnpressionnanL< de•.P•lo\e_s
R~tabli le contrôle des ccust>urs, I'USAF tenta de de l'Année, de la Manne, des Forces aer~enne>,
di!cn!ditcr les 1~111oins. Le brillant UFO n'étuit que d es Grandes Compogni~ nérienn~, et d autres
la pla~te Vénm. Cela ne tenait pa~ debout. Le~ ob;ervateurs compétents, dont un l•eutennnt-colo-
rapports des cont•'Ôieurs de la FAA étaient impec- nel de la Royal Air Force.
cubles. Trois rapports du dossier 4, portant le tim~re
H eureusement pour l'USAP, l'histoire oe devait SECRET traitent de rencontres de bombardt~rs
guère s' ébruiter bors du secteur. L'UFO s'étant A 29 en èorée. L' un des UF'Os était un en~ cylin-
échappé, il n'y avait matière ni à sensation ni à drique LalssllJit une tralnée à pulsations. rap1des. n
panique. Mais en d'autres cas, inconnus du public, avait tourné autour du bombardter, s app~hant
1~ pilo109 ont, à l'approche de certaiiiS UFOs, connu à très grande vitesse pour quelques ango1ssantes
la peur. minutes, puis avait piqué pour passer sous le B 29,
Il existe sur un tel cas 11n rapport secret, cnterr6 et disparu. . . . , .
pendant dc3 ann~ sous le num6ro 10 aux arcbh..:s Selon tes analystes du doSSier, ce1Ul<l n avatt
de I'USAF. Par une nuit d'hi\'cr, un iutorcepteur N lcnu que les témoignages ~e . vi!térans de ~a
l' 94 avec deux pilotes de I'USAF, patrouillai t au- Seconde Gue rre mondiale ou d av1ateurs confinncs
dessus de la station d'énergie atomique de Han- dont les étals de service comportaient de nom-
tord, dans l'Etat de Waslùngton. Il sc ttouvait à breuses missions de combat • en Corée •·
près de 9 000 mètres de haut quand lB radar détecta Au dossier 1. figuraient trente-six cas, tous expo-
un objeJ inconnu s'approchnnt à gronde vitesse. Puis sé~ confidentiellement. F.xcmplcs: Ban de M c Clwrd,
apparut une lueur rouge droit devant, tonnant une
19
18
UJl UFO suivi au théodolite, ttès gran,de vitesse an- Dans un nutte dossier, il était question d'~n UFO
gulaire; quatre F 94, décollés aussitôt, incapables avec des fenetres éclairées, aperçu à Cra1g, dons
de l'interecpter.•. Terre Haute, dans l'lndim:a, un le Montana. Il était à cinq ou six mètres au-<l~us
surveillaot-ebef de la FAA aperçoit un UFO ~ grande du sol et se déplaçait assez lentement pour qu au-
vitesse sur J'aéroport... Base de IArson dan~ le cune erreur ne fut possible. D'aut~es UF'Oll à feniltrcs
Waslùngton, le radar détecte un UfO à près de ont été ~ignalés depuis par des P,ilo~ ?'1 des obscr-
1 600 km/b; un avion dtcoUé, incapable d'inter- vateut'S expérimentés. Un tel dtspos1til présuppose
cepter... Baille Creek, dan~ le MiebJgan, un disque Ja présence d'équipage~ à bo:d, mais n'c~cl~t P.os
volant d'une dizaine de mètres de diam~tre, il swt:ace que d'autres engins pwsscnt etre gouvernes a dis-
mttaltique, fait tête sur un avion privé; le pilote tance quond ils anivent en \'UC de la Terre.
évite de justesse la coHisioo ... En 1967, après quin~ ano~es de SECRET, le
Toutes ces manifestations, conservées secrètes, Comlt6 du Congrès l'reedom o.f J~jormatlo~, • Pour
posent uuc grave qnestion : les UFOs sont-ils la Libre I nformation>, contnusmt le quart1cr géné-
manœuvrés par des êtres vivants présents à bord, ral des Forces aériennes à remettre les rapports
ou soot-üs contrôlés à distance? trop longtemps camouflés pour copi~,au. Pentagone.
· La réponse se trouvait dnns un rapport du dos- Les photocopies dont le N_ICAP •s etwt. assuré la
sier 9 portant le timbre CONFIDENTIEL. La possession étaient notées DECLASSB. Ma•s les dos-
source donnée était uo ol6cier affecté au Centre siers originaux portaient toujours le limbro S~
d'Essai de White Surnis, dans le New Mexico. L'in- ou Je timbre CONFJDENTI'EL avec l'avertisse-
cident étwt su1'1/enu de nuit, alors que l'officier ment invoquant la loi sur l'Espiotlllllge.
conduisait sa voiture en rase campagne. n sc diri- co SECRET a quoique chose de troublant .pour
geait sur White Sands quand d'étranges lumières .ceux qui n'ont pas mis en doute les dément•s de
apparurent devant lui, vors la droite de la route. l'USAF. Et l'énigme ne s'arrêtb pas là.
c J'ai pensé d'abord à quelque artifice nou•-eau Une des pt~ties les pl~ ext~aordinaireJ ~ la
de l'Arm~e • déclarait l'officier. Quelques minutes censure débute à l'interventmn d un chef eroment
plus tard, il observait deR feux s'approchant à uno des Forces aMennes, le lieutenant-général ~nthan
altitude un peu supérieure à 100 mètres. Sur le F. 1\'ining, apr~ de brillants états de serne.e au
moment, li crut a\•oir allaire à un C 119 ou un eours de ta Seconde Guerre mondiale, prena•t en
C 123 veou para~blller une unité. Mols J'objet ayant 1947 la direction do l'Air Material Command
fait demi-wur juste nu-dessus de la roule, il deve- (AMC), le Commandement du Mat~riel de l'Air.
nait impossible de le confondre avec aucun appa- Dù l'apparition mwive des prcm•el'll UFC>s, il
reil eoonu. comprit que l'uftaire pouvait être sérieuse et ordonna
• II avait deux rangées de brillantes lumières, des une enquête complèle ~IUls ~es .se':"'i,CCS. A~ bout
1 fenêtres sons doute ... elles devalent avoir un peu de trois mois de travail mtensif, 1opllliOn de 1AMC
moins de deux mètres de bant, et cela faisait de étant demandée par le Commandement en chef des
si." à bult ~clats dans chaque rangée. • Forces aériennes; Je général Twining rép~mdnit le
Avant qu'il ait pu approcher, ln machine avait 23 septembre 1947 par une lettre au9Sit0t claS>-
viré à quatre-\'Îngt-dix degrés ct s'était perdue da~ séc SECRET.
l'obscuri16.
20 21
« 1. Comme demandé par AC/ AS-2, nous trous- - vitesse en vol horitontul estimée nonnale-
menons l'opinion de ce commandement pour ee ment à plus de 300 nœuds.
qul concerne les objets communément dits c du· 3. Il est recommandé:
qucs volants >... Cette opinion s'est formée au cours
d' une con!él'\lncc entre représentants de l'lnstitut a) Aux états-major.; et aux Forces aériennes de
Aérien de Technologie, le Bureau 1 '-2 de l'lntd/1- donner des directiws a~ignant aux O:tud~ sur <'>
genœ, le dlef de la Di,ision de Haute M6canique sujet Wle priorité, un ci3Ssemcnt sécurité ct un nom
et les Laboratoires d'études des cellules mot~urs de code ...
et héUccs de la Division T 3. '
4. En auente de directive spécifique, I'AMC '
2. L'opinion recueillie est que : poursuivra l'enquête sur ces ressources ordt-
naires... •
a) Les ph6nomènes rapport6s sont réels et non
pas fmits d'une hallucination. N.F. Twlning,
b? JI ?"isre. des objets ~yant la fotme approxi- Lieutenant général USA
Commandant I'AMC.
matove d un dlSque et la laille d'un avion de fubri-
cation .h umnine.
Cornmc suite à la recommnnd~tion de Twining,
c) Il n'e•t pas impossible que certains des ,incl-
dents relatés nient é\é produits par des phénomènes le dossier ;ecret des UFOs (nom de code S IGN)
Jlaturels, tels quo météores. était ouvert. Mais JI se posso bien dix an~ sans que
la moiod(e référence f(ll faite aux conclusions du
<9 Les cara~t.éristiques signalée•, montée trios général et des techniciens anal~-stes de I'AMC con-
rapode, maniabilité, dérobades à Ja vue ou aux
tentatives d'approche par radar on avion SMs maoi- cernant les " disques volants •· Vers la fin d~
feitation d'ltosrilité,. donne~t à ~ser que ces objets
ann6es 60 le premier coordinateur des études sur
les UFOs,' Edward Ruppelt, répandit la "enion de
so~t manœuvr6s sott à mam, son automatiquement, mouvements interplanétaires conforme aux conclu-
sort par commandes à distance.
sions de l'AMC, sans toutefois nommer le général
e) Les caractéristiques les plus couramment rele- Twinillll, ni révéler les principaux éléments. du rap·
vées sont les suivantes :
port. L'affirmation de Ruppel fut lmmédtatement
- surfac& métallique ou de mati~re légèrement déclaré non conforme à la vorit~. Ainsi se renou-
réfléch.is91lntc; ·
velaient d'année en année les memes dllnégations.
- absence de traînée, sauf à de rares instants Déclaration trp<: du lieu.terinnt·colonel L.J. :racket·,
coïncidant DJlpnremment il des rnanœuvres en sur: porte-parole de l'élat-mnjoo· tics Forces a éne~nes :
pui~ancc;
• Il n'y a jamais eu de rapport des Forces aenen-
- forme clrculalr~ ou elliptique - fond plat - nes concluant offociellemeut à ln réalité des sou-
sommet en forme de dôme; coupes volantes. • . .
- e11 général absence de bruit - en trois occn- Dans le même temps, los plus hauts foncttonnatres
siollS a ét<! entendu comme un g..:oodement sourd; des Forces :aériennes affirmaient qu'il n'y avait pas
- VO'ls en formation de trois à neuf objets ·de secret. En 1958, Richard E. Horner, assistant
mentionnés par quelques rapports; du secrétai.re aux Forets aEriennes, par le canal
22 23
de la radio, donnait au démenti valeur de commu- Depuis 1947, les UFOs out ~?Œ"v:fé nu-~ssus
nication nationale : des bas~'S spaûales, des centres d energJc atODli<!Ue,
• Les Fon:es a6rienoes ne cachent aucune infor- de$ aéropons, des cités, des rennes, ~~rvn_nt atten-
mation concernant les UFOs. Et je n'ni aucune tivement le-> di,o.ers aspect! de notre C~>ilisouon, sans
r6serve à fonnuler li ce sujet. • rloule mus par des motifs de la plus haute imponance.
llorner ne bisait qu'exécuter les ordres· mais Au cours de cette longue surveiUance, le• Forces
. du secrétaire, il ne pouvnit ignorer
comme asststnot ' aériennes ont établi deux synthèses complètes des
l'existence des directives secrètes. L'un des ordres observations contrôl~cs. Les savants de l'USAJ7 et
les plus stricts était contenu dans JANA•P-146, pro.. Jes officiers de renseignement ont formul$ c;elle con-
mulgué par Je Coruit6 des chefs d'état-major ct inti- clusion ll'stée secrète:
tulé Commcmfcatioll l!IStruction~ for R~porting V ital • LES UFOs son1 des véhicules spatrau.r venus
ltrtel~gence Sightings from .Airrraft (OlRVIS), Ins- d'tm monde en ova1we jrrr le nôtre et décidé à sur-
tructions pour les communications de rapportS d'im- ••ciu,.,. et observer celui-ci de près. •
ponance vitale d'observations d'avions. Lit directive Dans ta nuit du S mnrs 1967, un objet volant
concernait non seulement les pilotes militaires, mais inconnu était rep6ré à une station radar cie l'USAI'"
c.ncore les commnndunts de bord des lignes aérien- prbs de Minot duns Je Nor·th Dakota, ·Il avnit le cap
nes ct leurs équipugcs. ~ur un de ces' emplacements où les missiles, ~onscr­
L'instruction 102 do JANAP-146 insistait sur la vés en fosses profonde•, pointent vers le etel, en
nécessité d" n'uûliser la rubrique ClRVlS que pour position de lancement. . • • •
des informations d'importance ~-ilale pour la s6cu· r.n quelques secondes l'alerte éta1t donnee a _la
rit6 des !Eta~Unis. L'instruction 201 précise que base aérienne de Minot et à la DSfcn~ des ~1t~
les rapports sur les UFOs doivent être ùnpérntivc- siles, c équipes de cboc • de~ forces néne~nes éqUI-
ment transmis som d61ai, préeMés de l'indicatif in- pées de camions ;trmé~ rnprdes. Une ounutc plus
ternational d'URGENCE, ct en priorité millt&irc ou tnrd, J'UFO ~taiL cu \11e, disque méta)Ji1;uc de plus
proc6dure d'alerte. L'instruction 206 prcscl"it de de trente mètres de cllamètre. . .
transmettre tous les messages CIRVIS au Comman- Les garde-missiles, prêts à l'aCtJon, regard.atcnt
dement de la Défense de l'Espace A~rien, ou secré- intcns6ment la machine qui descendait. Des eclats
Utire à la D6fco.se, et au plus proche Commandement de lumière btillnient sur le dôme, central, .P~b~blc;
militaire américain. Apr~s avoir fortement nppuyé ment compartiment de contrôle. L UFO étatt-II,Pilot_e
sur la nécessité absolue d'une réaction immédiate, ou manœu\Té par quelque robot? Pe"!onne n au~tt
JANAP-146 prévient que toute indiscrétion ou trans- pu le dire. ).cs reRets sur le dôme élatent trop bril-
mission non autori6ée des rapports ClRVIS tombe lant~ pour permettre de regarder à l'intérieur.
sou~ le coup des lois sur l'Espionnage, cl. rappelle Au moment o~ to di,que se dirigemt vct·R le plus
les sanctions prévues. proch& emplacement de. mis,sile, tro!s é9-uipc~ de choc
JANA·P-146 n donc cu pour effet de m\ISCicr des se précipitaient vers lut. L IJFO s arrctu tl un coup,
centaines de pilotes. Aujourd'bui encore, Ils sont suspendu à environ ISO mètres ail-dessus du 50!. Les
tenus au SECRET officiel. S'ils étaient autorisés à gardes-missiles pointèrent leurs, armes, s~r le d~me
révéler leurs ob~rvotion• ct leurs rcneonues, cc serait mais n'ouvrirent pai le feu. ~ordre cl~tt de se~­
un bel apport aux ~moignages déjà contrôlts. parer de la machine intacte SJ elle venatt à atternr.
24 25
1\ la b= do Minot, lïnfel/igence eiiblait d'urgence L'un d'entre CIIX avait ~t6 obse.rv.~ au-dessus d,e
au <.:onunaudcment de la O.ifenso Aérienne de l' Amé- Danang. Cependant la visoon lantastoque f.rappmt los
rique du Nord, NORAO. Les pilot<s de chasse auK homrnc~ de stupeur.
commandes de leurs F 106 se tcnai~nt prêts li décôl- L'VFO semblait vouloir seulement observer. Cc-
Jer au premier ordre d'nnaque du NORAO. Cinq endanl le commandant de l'avion d~manda .par
minutes pass~rcnt. Puis un officier de missile appela ~adio à une base USAF des avions d mtcrcepuon.
la bnse. Le disque volant toumoynit mni.ntennnt au- Pnodemment le cornmnndant virtl vers !'~trange
dessus du PC lancement, cœur de tout le système. macblne. Rien' ne ré~é!ait .la nature de .la for:e
Le bur~au des Op&ations allait lancer les aviooJ sam motrice on du syMème dorceuonnel. Qu~nt aux ~en~
attendre NORAO quand l'UFO s'él:va soudain el tres, hublots, signes quelconques d~. prcsen.ce d êt~
dL\pnrut. anltn6s le temps manqua pour 1utspectlon. DéJa
·Oe telles approches sans indication précise d'in- l'UFO 'virait. Il disparut en quelques secondes.
tentions se sont encore produites sur les emplacements Coouorm6nent à l'instrUction AJ•R 200-2 le' r:tp-
de missiles du Nonh Dakota, du Montana ct du .rts fUrent envoyés d'urgence par m~ss3SGS ehol·
Wyoming. ~s radio au secrétaire de• Forces a6.nen~c.•. ~ la
Au cours de celte· longue périod~. les person nel~ direction des .Rensci.gncmcnts et à la. d'~'7-i.ion de 1~
de• Forces aériennes ont été contraints au >ilence Technologie Etrangere à la base de 'f ng'ht-P:ttter
par un ordre sp..<cial, r AFR 200-2, plus taro reclassé son. L'analyse des rapports fut c!T~_ee secrè~~
80.17. Ces personnels ont interdiction de parler des par les cxper~ techniques ct les set'l!ces de rens\'
UF05 avec des personnes non bnbUitécs < suuf si ncmcnt. Mais en déœmbrc 1969, ol .ét~t .~00 ~ 11
elles ont été envoyées il cet effet, et, dans ce Cils. :elon une coutume désormais bien établie a 1tnanlté
dans ln limite très ex:~cte de ce qu'elles ont besoin de de$ faits relatC'II. • . .,
connaicre • (section B·lO). Mais les rencontres et En dépit de• pression~ o{ficielle~, d anctcn. o~ltor
les observateurs se chiffrant par milliers, il a étô im- taio·cs connaissant la vél'ité ont lanet de~ nvertlss~-
possible d'cmp8cher que u'ak·nt Allré les info,·mntions ments sur les dangers du SECRE.T.
les plus spectaculaires, surtout avant le renforcement D'autres chefs militaires ins~tcnt pour que 1es
de la censure. faits soient livrés au public. .
Une de ces fuites d<vait r~ndrc l'état-major par· Er) 1968, Je House Spnce Canuu~uee, C~oté de
ticuli~,·ement nerveux. •Ut rencontre nvnit eu lieu le rt'.space, était saisi du risque d~ pnn,tqu~. ~Ill pouvait
14 mnrs 1969, et les témoins étaient l'équipage d 'un résulter 'd'un silence pr<>longé JUS<Jll à 1cvtdcnce des
KC-135 de I'USAF, avion-citerne, b.ué en Thaïlande, faits. . • . .t •
son commandant, ct le colonel Roben :-1. Tirman, • Le plus grond risque de panoque ecn~at 1-
chirurgien des Forces aériennes. docteur Robert Hall ''icnJrait d'une ~·~udamc et
· I.e colonel Tirman était à l'arrière de l':tl>parei.l dnunuot'qu•
1 ...
confrontation entre
, ,
les <\'mt eu ntrSrenne
> Gt
quand il entendit dans l'intercom les voh anxicuS<!S un groupe d'hommes non prepares
, .. ·et croya de tel·
des pilotes. Venu au poste de commande, il vit avec sur la loi de leurs diripcants a 1 onexo 51encc >
stupeur un engin do forme cylindrique, plus grand que êtres >. . , UFOs ·ont
l'avion-citerne, sc tenant à ln même ultittlde. t'~qul­ Même àppnrcmmcnt inoccup,s, 1os ·
page savait quo le~ UFOs cylindriques existaient. épouvanté de nombreuses penoun~s.

26 '27
J~ tiens d'~n fonctionnaire du Département de la )'inspecteur. Pourtant un officier de Blaine Je pria
Jusoce un ép1~odc dramatique que les Forces a6rien- de se tenir tranquille. Mai~ par la suite, se souvenant
nes o~t tenté ?" cacher. Son rapport sign~. rnmis oo ce qu'il avait éprou,•é, Kcrringcr s'insurgea. Ayant
a'-eC. 1 nperobato.on de son supérieur dir~, reproduit appris que je m'efforçais de mettre un terme à
ccluo qu il ava1t envoyé aux Forces aériennes n cet insolite SECRET, il ~ussit à convaincre ses
ne mo ~a_rla ~uc plus tard des séquc!IC$ de l'aff;irn. suro'rieurs que son rapport devait m'êtte remis
Le l_ J~Dvter 1965, l~uspect<ur Roben E. Kcrrin- avec son nom, ainsi que le rapport confidentiel du
ger .condu~nnt uoe voiture du Département de la service.
!w.hce 6qutpéc d'un émetteur-récepteur et armée d'un c tes Forces aériennes commettent un~ grave
canoo-re.volver, P•trouilloit nu nord de Lyndcn dnns ernmr en tentant de cacher cette ulfa1rc. me dit-il.
le Waslungton. • Cela risque de leur ;auter ù la figure. Je ne croyais
La nuit était sombre. Les nuages bas formaient à pas à la réalité des UFOs. 11 fallait que je voie pour
six eclll& mètres un plafond continu. Tout en écou- y croire, et, croyez-moi, c'est une rude manière
tant le bnyarduge rudio entre le poste de •Binino et d'apprendre. >
les Autres tn~pooteurs, Kcrringer nùt C<~p A J'ouest su 1· Des témoins ayant ~prouvé celle môme fraye.ur
la l'OUle drom; ·à trois couloirs. one demandent souvent si je s:ûs co que vc~t cacher
~V1111t d'cott·cr '"' ·Département de ln Justice il l'état·major des Forces aériennes. Sait-il Ja raison
3VDJt servi six BliS à·l'Air National Cuard Gnrcle Nu- qui a bit venir ici les UFOs? Nous estitnt..t-U en
ClOnai~ de l'A.ir, et suivi les écoles des F~rces a6ricn· dange!'? Sait- il quel genre d'êtres manœuvrent les
nes. V!n&t·hUJIJlns. Diplômé de J'école de Formation t:FOs? Qu'arrivera-t-il s'ils atterrissent?
du Départctnc.nt. Noté inspecteur efficace • d'un Les réponses peuvent être d'incalculable consé-
grJ~~ sung-~1d dans les situations impré..le& •. quence. -La rencontre entre humains ct é{rang~rs de
• ' otes10 n:~lée à 60 km/h, Kerringer se trouvait l'espace fait frémir. Epoque, sexe, race, rnligion,
a 9uclqucs kilomètres de Lynden quand soudain une tous les éléJJlents de noire vie sont en cause. Sans
bnllnntc lumière éclaira le soL même parler de r6mion! inter-spatiales, la seule
, t 'étrnnge m~chioe était restée trois minutes nu- communication avec une race d'êtres plus avancés
dc"u' de ln VOilure. 1\u centre du disque il y avait peut avoir des résu!latS défiant l'imnsination. Nous
un cercle obscur contrastant avec la resplendissunto pouvons pénétrer dans un domaine de conna.is.•ancc
surrace conc~ntrique. <JUi changerait tout notre 01onde. •F.t cc peut être
. Il revenait il .•on émetteur pour appeler J'état-ma- nussi bieo un progrès trè• étendu, l'accès à une
JOr, CJttnnd le d1squ.c volant s'était r<:mis en mouvc- civilisation infiniment supérieure, ou le trouble pro-
~cnt, k'élcy;mt plus vite <tu'aucuu appareil à réac- duit par ml contact prémat11r6, peut-etre nun exempt
l ion ~our dosp•ra!tre presque llussit~t dans les monges. d'hostilité.
J:>:cux 3\t!res Ull>pccteurs du !Departement de ln A l'apparition des • soncou1lcs ,·olantes • il la
J~s.!Jco avn1cnt. également vu I'UFO, et la buse Une des journaux, en juin 1947, nombreux furent
aerJcnne. de .Oiamo avait !ait connnilre aux •crvlces ceux que la nouvelle divertit. J'étais de ces scep·
do cc Departement que le radar avait détecté l'cnnin tiques. D nous semblait difficile d'imn~:ioer que nous
c~uctcmcnt à l'endroit décrit par Kerringer. " ' pui..ions être observés par une race sup~rieure, du
Les Forcc5 aériennes u'a..·aient pas autorité sur moim, technolo~quement sup6rieure.
28 29
Da nombreux officiers lies Forces a~JieiUles ne de renseignement se fit sur cette conclusion TRES
voulaient pas même prendre cooll)nlssancc dos ••1>- SECRETE : .
ports sur les uros. Quelques-uns seulement, dont - Les OFOs sont des véhicules •J>aUllux venus
le général T"ining, étaient convaincus de la wra- d'un autre monde, et qui observent la terre pour des
cité de ces rappons. On ne notait aucun indice d.cs motifs inconnus;
intentions des étrangers do l'espace; mais ta crainte - Pour ce qui concerne Je cas Man\ell, la mort
d'actes hostiles s'accrut à la suite d'une première du pilote ne doit pas êrre considér~ ,comm~ une
poursuile, tragiquement terminée. preuvo d'intention ù6lib6rémeut hosl,i\o. La pour-
Le 7 janvier l948, une grande machine ronde su.itc pouvait Ctre considérée cp'onme une at)aque
de.ccr.dllit sur le Kentucky. appelant une actio:~ défensive.
• J'ai aperçu la chose... elle est d'aspect métal- Le S août 1948, une synthèse d~ situatioa TRES
lique ct d'une t nille énorme... Elle amorce une SECRETE parvenait à J'état-major dos Forces
osœnsiOJL.. Je grimpe à 7 000 mètres. Si elle gagne aériennes. L a conclusion du groupe ~IG~ pn•a
sur moi, j'abandonne la ch:ISse. ~ sans une seule réserve le cap de la DorechoJt des
Ce lut le dernier message. Le corps de ManteU fut R enseignements, et arriva ain.si che:r. le chel de
o·otrouv6 à côté de son appareil détruit à cent cln· l'état-major, le général Ho}1 Vand7nberç,._
quante kilomètres de la base. D6jà, certains membres du c~rrute ;p~t~t et ~ffi­
Ceptndant, aussitôt après ce drame, le groupe ciers supérieurs ou géo~raux de 1 état-maJor cr~yaoenl
spécial d'études SIGN entrait en fonction à la b:ISe que les étrangers se livraient à une exploratoon de
n~ricnuc militaire de Wright Patterson. Il était com· notre planète. Notre monde pouvait être difficile à
posé de scientifiques et tc=hnlciei\S eu renom, et com;ll'endre, méme pour une race ~vanoée. La
bénéficiait du ooncours de• officiers du Renseigne- crainte des maladies terrestres pouvnol également
ment Technique de l' Ait·. justifier un d61oi. Et il pouvait y avo~ des barriè~es
Pendant six mois, ses membres analysèreat les physiques ou n1entale.\ rendant mal_aosée une prose
témoignages, qucationnèn:nt les pilotes, les contrô· d~ contact 8\'CC les terri.ens..Tels étaient ~~~ a~;
leurs radar, et les t>moins ayant u ne formation m.ents invoqués pmor rnamletur le SECRET JUsqu a
sérieuse. La plupart des UFOs se présentaient comme plus ample informé.
des disques avec un dôme, le diamètre atteignant Mais d'autres membres de l'état-mojor et du
dix fois l'épaisseur au centre. Ils manœu,•raient sou- groupe d'étude p;essaicnt Vandent;erg de préparer
\'ent eu formation ct pouvaien t eu-o suivis i\ la vue le public aux rcvélatoons nécessaorcs. Jls reonon-
ou au mclar. Venaient ousuito des engins de forme IJaient au général qu'il serait bien plus dangereux
elliptique ou c en cigare~. dont certain• à deux de se laisser surprendre par des développements
ponts reconnaissables aux deux rangées de fenêtres. soudains obligeant 11 reconnnître Mt.ive~eot les ·
Les deux types étaient également capables de grandes falls. Vandenberg rejeta sèchement cet avos. ,
vitesses, d'accélérations foudroyantes et de renver- L'exi.,tencc d'une étude TRES SECRETE a éte
sements de marche instantanés. n ~trut évident qu'ils confirmée dans uoe déclaration écrite, sign6e du
disposaient d'une pui;saoce motrice de très loin major Fournet et du lieutcnant·colond George r!·ee-
supél'icure à tout cc que nous pouvloll3 connaltre sur man 30CÎCil pO! tC-(>8ro1e pour les queSUODS
la terre. L'accord unanime de.s savant$ et officiels d'uFOs, attaché au bureau de -.ecrétaire au.~ forces
30 31
aériennes. La lettre de Frceman rappelant les lion d'instrument, quand des lwnières d'un appareil
conclusiOns secrètes et les réactions du pr~sident inconnu se matérialisèrent brusquement à moins
de notre SOIS-comité de Londres, Mr. Julian do 1 500 mètres. Cette apparition soudaine tenait
J.A. HeDJlessy. du mystère.
Après la décision de Vandcnbcrg, le groupe L'étrange •·ais..:au approebnit à une vitesse fan-
d•étudc SIGN fut rebaptisé • ORUDGE 1 • et les tastique. Schemel eut j~Ute le temps de piquer,
Forces aériennes commencèrent le démolissage rUFO passa sur lui dans un broull)ard lumineux.
Ky8tématique des rappor~• sur les UFOs. En 1949 A travers la porte de la cabine, les cris des passa·
l"él~l·~·tajor annonçait que tous le• rapports avaieni gers parvenaient au commandant. Il arrêta le plqu6,
été reJetés ct que son enquête tltait tennittéc pa~sa les commandes au copllote et se précipita
La déclaration de 1969 oc sera que l'éclto do vers l'arrière.
celle de 1949. Et toutes deux ont couvert les opé- C'était un désastre. Le piqué avait swpris les
rations secrètes. passagers sans leurs ceint.urcs, et ils avaient été
Cependant, en 1951 une avalanche d'indiscré- projetés au plafond. A l'arr~ du plongeon, ils
tions contraignjt l'état-major à reconnaître que l'en· étaient retombés les uns sur les autre<; au hasard
quête n'avait jamais été close. des fauteuils et de la coursh·e. Une vieille dame,
Cela ne devait pa.• arrêter ses efforts pour ridi- saignant abondamment, cuir chevelu sérieusement
cu!iser les témoins. Certaines de œs attaques pre· entaillé, gisait sur un amas de chapeaux et -sacs
nwcnt un tour extravagant. Ainsi, le colonel Harold à main. Sept autres passagers et deu.x hôtesses
E. Wnt~~"·· chef du ~rvice de Renseignement à la ttaicnt également blessés. Plusieurs personnes
ba~ rn•lttmre de Wnght Pnttcrson, déclarait: étnieot en proie à des ct·ises de nerfs.
• L'étude de _p resque tous ces rapport$ révèle Le commandant Schemel revint rapidement au
l'existence à l'origine d'uo CÎ1)8lé d'un fanatique poste avant et envoya un message à l'aé~port
religieux, d'wt chien courant do 'ra publicité ou d'Amarillo. Il demanda la procédure d'attemssage
d"un ~impie fumiste. • ' en urgence et l'envol au terrain des untbulances
Au cou~ des années cinquante, l'USAF s'est ct des médecins. Dès le matin, la nouvelle se répan·
efforcée par tous les moyens d'enterrer tous les dait dans tous le pays. L'USAF tenta d'expliquer
rapports sur les UFOs. Mais u rtaùu cas étaient )"affaire... • l'objet myst6rieux n'était qu'un avion
trop spectaculair~ pour être cachés. ordinaire que Scbemel et son copilote n'avaient pas
L'n1~rtc sonna den., ln presse pour l'USAF à su reconnaître •· Mais cela ne powait expliquer
l'occasm~ du rapport d'un commandant de bord la terrifiante vitesse de l'engin. Les enquêteurs do
de la TWA, G.W. Schemel. l'Aéronautique Civile établirent par la suite qu'il
L'o~ion lWA \'01 21 venait de passer à la verti- n'y avait pa$ eu d' « avion ordinaire> à ce moment·
eul~ d Amarillo dans Je Texas, route à l'ouesl 11 là à moins de 80 ldlomètres. Mais I'USAF ne· vou-
é_tatt 22 h 1S. A~titude 6 000 m;,tres. Visibilité voi- lut jamais admeure qu'Il ptJt s'agir d'un UFO.
~•ne de 25 kilometres. Le conHDtllldant Scbeme1 était Les rapports étrangers ajoutaient aux difficultés
uux commandes. Son copilote cfTectuait une vérifies- des détracteurs des rapports américains. Il y avait
eu depuis . 1947 des milliers d'observations répar·
1. SION: Signe, IOOic:e. - GRL"DGB: RM!tnlimeol. ties en soi.unte pay~. Les témoins étaient des pcr-

32 33
sonnalités ·telles que le général Paul Stehlin de du NICAP j'ai vu de l'intérieur hl manière de tra-
l'Armée de· l'Air française, Je maréchal de l'air vailler du gr.oupe cl'étude du Colonulo. ComiJ!e
a~stratie~· S~ George Joaes, le général A.B. Met~ vous pourrez en juger vous-même par la suite, ce
ville de 1 Unaon Sud-1\.frlc.aine, et de très nombreuJt fut une opération bizarre, .Pariais choquante. La
otliciers de düférentes armes dans presque toutes plupart des savants tentèrent d'examiner sérieuse-
los nations civilisées. · ment et impartialement les témoignages. Mais des
. En 'c;erta!Ps pays, !a présence do vaisseaux spa- quelque 15 000 rapports disponibles sur les UFOs,
tanu.'< elra~gers a faat l'obJet de disc.ussions aux dont plusieurs milliers émanaient d'observateurs
départemcn,ts· d~ la défense. Mais aux Etats-Unis, extrêmement honnêtes ct compétents, Condon et
le secret n a faat que se consolider. Low n'en pr6sent:èrent à l'examen qu'une centaine.
En J9~ti.. une nouvelle explosion d'opérations Certains étaient si peu dignes de fo.i que nous avions
UFOs mc~ta1'. les me~b.res du congrès, la ptessc et nous-mêmes prévenu les deux hommes contre eux.
l e publte a eXIger la venté. AUlc rapports d'observa- Très peu de té.moios qualifiés furent interr~és.
tiOn, Se mêlaient évidemment des histoires incon- Sur ces pauvres éléments, Condon batit une
trôlées d'êtres de l'e-space. conclusion de· peri'Oquet. Les mots d'ordre de
,.J3n Calif:?mie, ul!e feuille de cbou disait que I'USAF étaient répétés presque syllabe par syllabe :
d. etranges · ettcs ~vatent enlevé \Ille jeune tllle de aucun secret. Aucun danger UFO. Aucu11e preuve
dax-neuf ans. Le JOUrnal précisait qu'elle était seule de l'existence même de tels objets.
sur u~e plage et qu'un vaisseau spatial. avait atterri Synlbèse du groupe d'étude du Colorado et
à <:ô~ d'elle: Si~ hum~oïdes à peau bleue et pieds conclusions de Condon furent promptement dénon-
palmes e~ étatenç sortas et s'étaient emparés d'e.Ue. cées par l'ancien conseiller de l'USAF, Hynek, to
Neuf m~•s. plus tard, eUe avait, eu un bébé à peau membre du congrès J. Edward Roush qui avait
bleue et pteds pa.lm~s. Des ~toircs fantastiques de présidé les séances de 1968, les techniciens du
tapt; des descnpttons de monstres velus, des NlCAP et autres scientifiques e.t techniciens bien
rumeu~ d~ m~urtres étrange~ commis par 'des informés. Elles étaient dans le même temps dure-
étrangers aJoutatcnt à la tenston générale. ment attaquées par l'Institut Américain de l'Aéro-
, Pour éviter urie iu~crvention précise du congrès, nautique et de l'Astronautique qui compte parmi
1 USAF ·om•rJt un credtt de 523 000 dollars pour sçs 35 000 membres les principaux spécialistes de
une enqu~te • libre de tout préjugé • confiée à l'aérospatiale.
un groupe de l'université du Colorado dirigé par Rendu furieux par ces critiques, Condon se lais-
le docteur E.U. Condon. Aux termes du contrat sait aller à un éclat qui devait détruite en t'0sprit
Condon ct autres membres intéressés de l'Université de ses confrères son · image d'investigateur calme
s:engageaient ii • mener ce travail dans des . condi- et objectif. li s'en prenait très particutièrëmcl).t aux
tion~ ~e stricte objectivité •· Mais, à peine nommé éditeurs qui s'étaient intéressés à la question et
admrmsrratpur dn groupe, Rol:iert J· Low proposa;:t aux enseignants qui permettaient à leurs élèves de
':""~ tout a~tre aprroche. Parma· ses suggestions perdre leur temps sur cette « pseudo science •.
ecntes au \1CC·presadent de l'université du Colo- • Les coupables, déclarait-il, devraient atre fouet-
rado': tés en place publique et bannis à jamais de leurs
Pendant plus d'un an, en tant que directeur professions. •
34 35

1'
Pondant des n1111ées, nous avons dO nous foire
à l'idée q~e nous pouvions être anéantis prCS<JUO
sans avertmemont par des missiles intcrcon!inco-
tau~ ou lancés par sous-marins. Nous avons appris
à Vtvrc sous ceuc menace parce qu'elle nous était
connue. NOU$ poumons vivre en connaissant la
vérité sur, les UF<;Js, d'autant que le danger a toute
chance d êtro mouu pressant que œlui d'une troi- CHAPITRB D
~me guerre mondiale. Du moins, nous serions
nueux prtparés à toute éventualité.
FORCES I NCONNUES
Derri~rc la scène, des pei'$QQQaJités bien placées
opposées au maintien du secret, militent en fave~
d'une large enquête, menée sur une base cnti~re­
ment neuve, à partir de tous les témoignages éludés F ORT Itaipu •, au Brésil, a été le tb6Atre d'un
~u camouOés. Cela peut nous conduire à un reten- de cos incidents avec dommage aux personnes.
tissant programme à grande échelle, tel que le Une grande excimtlon. régnait nloll.l dnns le
projet Manhattan d'où devait sortir la bombe A. A monde. Les Russes venaient de lancer Spoutnik 1,
ce programme seraient associés des milliers de sciou- le premier satellite artificiel plac6 sur orbite. ter-
lifiques ct techniciens dans la perspective d'une restre. Spoutnik 2 allait suivre de pou Spoutnik .1.
technologie avaacée des UFOs.
Comme si ce premier pas dans l'espace eOt susctté
Si nous avions établi la communication au l'intérêt d'étrangotl d'un autre monde, les obser-
moment o~ ln première suggestion en 6tait faite \-ations d'UFOs se multiplièrent.
aux autoritts ofllciclles, nous n'aurions déjà plus ù Au centre d'essai des fusées de White Sands, un
nous inquiéter de certains aspects de cette surveil- disque fit un bref atterrissage. La police militaire
lance spatiale.
l'aperçut, mais il décolla avant qu'elle rut pu
Une quCJtion importante et toujoun; sans réponse l'atteindre. Aussitat après, d'au!l'es !tommes de la
est celle des dommages causés par des UFOs. police militaire de Wlùlc Saods aperçurent un
Daru le rapport d'analyse de l'Académie des second UFO immobile à cinq mè!l'es du sol. Selon
Forces aériennes, se trouvent des indications som- une déclaration officielle de l'nrmoo, c'était un
maire~ de brOiures et antres blessures infligées par engin autonome de plus de soixnoto-dix mètres de
des uro, à des terrions. JI est aussi question
d'effets physiques et mentaux. long. .
Sous le coup de l'émotion, la censure fatllit cra-
quer. De nombreuses observation! étaient signalées, _
vor1nnt de pilotes militairc.q ct civils, d'opérateurs
de tour de contrôle d'un lng6nicur spécialiste des
(usées et d'autres observateurs également ~alillés.
Des rapports similaires d'autorités étr1111gcrcs de

1. L'incident a 616 coofirm6 et relat6 tA délai! au rap-


port à t·A~dênûo des Forces a~ricMcs n.. 4S9.

37
' rlonce en la matière, les officiels brésilien• deman-
l'Amérique du Sud, du Canada, de l'Australie, dèrent li notre ambassade une ooUaboration à
d'Europe et du Sud Afrique, ajoutaient à la tension. J'enquête. Des officieB de l'armée. et des. Fo~
Mais aucun dommage n'était signalé. Du moins Aériennes américaines, venus par a\, on, reJotgnatent
jusqu'au lll.)'stérieux incident de Fort It~ipu le bientôt les enquètcurs de l'armée de l'air bré1ilienoe
4 novembre 1957. ~ur les lieux.
Il. 2 heures du matin, deux sentinelle• avaient Le-s sentinelles atteintes de brûlure> iltoicnt encore
vu au-<lessus d'eux une brillante lumière. dans un état grave, Jllllis pouvaient sc ~rêter à
les ~cntÎncllcs HVaicnt pu voir distlnctement la de brefs entretiens. Après avoir recueilli divers
forme de l'engin à travers la lueur orange qui l'en- d6tails sur J'approche des engins, puis sur cette
tourait. n était circulaire, de di31Rètre supérieur étrange émission de chaleur, les enquêteurs en vm-
il trente mètres, el très exactement gou,·erné. rent à la question cruciale :
Toujoun; s ilencieux, il s'orréta à une cinquantaine Pourquoi cette attaque sur les sentinelles?
de mètres au-<lessus du fort . .Pris sous Je faisceau Ce fut ~lors qu'un officier de I' USAF rappela
orange, les deux homme~ demeuraient, glacés d'épou- !.' étude SION.
vante, sùr la phtc. Chucun avait une mitraillette, • Ces i.\tres pounaient s'être aperçus quo ks
mais aucun ne pensait 11 tirer ou à donner l'alerte. Terriens ont malntcn!Uit la bombe ntomiquc ct
IL y eut un sourd vrombissement, comme d'un font de rapidcij progrès dans la technique des fusées
moteur électrique, venant du disque suspendu au- spatiales. Notre pl~dte dont le passé atteste la
dcs•us, puis un brOlant effluve, soudain, plllssant, présence d'une humanité belliqueuse peul être ~a­
mais sans flamme ni éclat. sidérée oomme un danger pour les autres. ro;ous
ll semblait aux deux ho111.11lc~ <:tre en feu. L'un pou\'Ons donc nous attendre à voir se multiplier ces
d'eux s'écroula sur les genoux et s·~vanouit. L'autre, visites. •
hurlant de peur cL de souffrance, se jet~ SOitS Je Si cette théorie sc trouvait justifi<c, il convien-
précaire abri <j'un CllllOll. Ses ct·is t•ôvcillèrcnL l.a drait d'établir lo lien entre J'attaque d'lloipu et le
garnison, mais avant que personne nit pu sottir, récent lancement des Spoutnik.
toutes les lumières s'dtëignircnt. . A l'intérieur du Mais cela parut déraisonnable à tous les enquê-
fort ne pénétra qu'une chaleu r modérée; mnis, ajou- teurs.
tant ~on clfd à celui de l'obscurit6 totale, elle Notre eoquêtc,u r suggéra que l'intention pou\·ait
déclencha une panique. avoir été de se limiter à une démonstration inoffen-
Une minute passa. La chaleur tomba. Les lampes sive, la foree calorifique ne s'étant accrue que par ac-
se rallumèrent. Quelque:; solda.ts, courant \'Crs leurs cident de manipulation. Mais cela même n'expliquait
postes de combat, purent voir l'UFO s' élever rapi- toujours pas le choix d'un fort éloigné dans un pays
dement, puis disparnitre dans le ciel. n'ayant cntrct>rls nucunc expédition dons l'espace.
Les sentinelles atteintes de brOiures fu rent aus- Toule l'opération paraissait vide do sens.
sitôt soignées. Le comman<jant du fort cnbla en Quand parvint à Washington le rapport secret
urgence au· quartier général de J'arm~o brésilieo))e. sur cette affaire, l'état-major des Forces aériconcs
Immédiatement ét.nicnt lancées de• patrouiUes avait bloqut le flot publicitaire. Les téo1oins étaient
aériennes. Le secret fut d'abord gardé sur l'allaire. des ignorants ou des crétim patentés.
Mais, les Etats-Unis ayant une plus grande expé-
39
38
Lors du premier incident de White Suds, ce que que l'état-major av air commUflÏ'I'!é à la . pcesse.
la w lice militaire avait \"Il alterrir était la planète Il devait en ré$ulter une oolcre a Walcsvtlle.
Vénus. Lors du second incident de White .Sands, J'avais fait ma propre cnquôte sur co cas dès
l'objet demeuré suspendu à cinq mètres du sol 1954. Cepeo:&nt tm aspect' de l'affaire ho devait
était la Lune. Pour d6truire J'effet du rapport d'un m'être révélé qu'en 1968. Colllllle à ~·occasio~ ~'tme
expert en fusée de I'USAF , l'état-ntajor avait publi- autre émission de cbalellf, k-s ser111ces de 1 GSAF
quement parlé de fumisterie. Mais, une rois son réêtudinicnt Wle fois de plus le cas de Wolesville, un
silence nequJs, le fumiste faisait l'objet d'uue bril- officier d'état-major me fournit ee renseignement :
lante promotion. • Le pilote du F 94 a. parl6 d'un autre effet,
Ainsi, la Direction du Renseignement de J'US.~ distinct de l'efiet calorifique. Il avait éprouvé
procédait dans le même telllps à une c démysti- comme un bloc:4ge cérébral, et ne se souvenait pas
fication, S)•stématiquc d u public et à une vériDcatioo même de s'être parachuté. Il avait ressenti la cha-
soignée de centaines d'observations. Dès réception leur soudaine, uvail vu Je radariste s'éjecter de
du d6concertant rapport de Fort Itnipu, les eus anté- l'appareil; puis, il avait eu uu passage ù v~<l.c, total,
rieurs d'émnnatioo de force ealorilique Jurent jusqu'à l'ouverture d u parachute. li avrut alors
rapidement réexaminés dans l'espoir de trouver la porlicllcment repris se!. esprits, mals était demeuré
clef de l'énigme. encore quelque temps sous le choc. .
Le cas le plus extraordinaire concernait un équi- « Les médecins lui avaient dit que cc passage n
page d'avion d'interception américain. Le 1" juillet vide avuit été le r6sultat de l'intense"chaleur, et que
1954, pett avant midi, un objet volnot inconnu était Je choc ultérieur pouvait être l'effel dt la •1sion
repéré au.<fessus de l'Etat de New York par le du jet d~semparé fonçant sur Walesville. Mois lui,
radar de la base miütalre de Gri!fiss. Un jet Starfire ne pou••ait pas les croire. li ~tait certain qu'il y
F 94 éltlit aussitôt expédié. avait eu quelque chose d'autre qu~ la chaleur. •
Le F 94 désemparé fonçait sur Watesvillc. I l J'avais demand6 à mo11 interlocuteur quelles
percuta w1 building, prit feu, continua sa coun;e et observations avaient été raites sur le radariste.
viot exploser sur une voituœ dont les quatre occu- - Il était, me dit-il, certainement trè! troublé,
pants, mari, femme, deux enfants furent tués. n lui au~;.<i, mais il n'avait pas eu œne même sensation
y eut cinq autres personnes blessées, dont deux do passage à vide. J!n fait, il s'6tait éject6 de l'appa·
gravemeot. xeil nettement avant Je pilote.
A peine atterri aux abords de Walcsville, le pilote - Cela n dll être terrible de voir l'appareil
était rejoint par un journal iste, ct, encore tout aba- plonger sur cette ville.
sourdi, lui parlait de cette étrange chaleur. Mais il - Cenainement. Ces deux hom"""' sont P'4Ssés
n'cuL pas le temps de raconter toute l'histoire. Une par un enfer. Le pilote a supplié l'étnt.-major de
voiture des Forces aériennes survenait. Pilote et le laisser parlor en p!'ivé avec les biMsés et les
radariste étaient remonés en vitesse à la base. Toute parents des \'ielimes, de le laisser expliquer cc qui
inter•iew fut interdite, et I'USAF opposa un démenti s'était pas~. L'autorisation lui a été relus~c. L'équi-
formel à l'informaliOI\ publiée par le journaliste de n•ge devait être muselé.
la soudaine émission calorifique. Auetm mystère ... ,.... Aujourd'hui encore, le compte rendu de l'acci-
simple défaillance du moteur ... c'est du moins ce dent de \Valesville est classé SECRET.
40 41
Oc nombreux enquêteurs estiment que ce cag
indiquerait que )C$ étrangers de l'espaœ n'ont pas l'état-major. Quoique portant l'~verûsscmcnt clas-
d'intentions hostiles. sique contre tout usage public, le document n'est
carlos Alejo Rodriguez, piiote et instructeur pa!. fr~ppé des interdictio~ de publication du !ait
parachutiste, a relar6 une rencontre dans le ciel qu tl n est pas porté au cl~sscment officiel USAF.
de l'Uruguo).. l! volait non loin de la base aérona- Un exemplaire m'a été remis à titre personnel en
\•ale de Curbelo quand un UFO à dôme d'en1iron 1970 1•
vingt-cinq mètres de diamètre, vint •-ers l~i. Comroo Sous le label c RAND DOCUMBI\1•, il con-
!1 s'éta!t orr~té .et r..-stait suspendu, rigoureusement firme la réalité des UFOs, les accidents 6Urvenus
•mmobile, kodnguez voulut l approcher pour mieux li des personnes, les interf6rences dans le• circuits
observer. A ~ni-chemio du disque, il fut suffoqué é}ectriques. Affirmant que l'enquEte USAF est pra-
par un soudruo effluve de chaleur. U vira brusque- llquement s.ans •'llleur, il précon4e la création d'un
ment pour se dérober, et l'UFO reprenant de la organtsme central d'information non soumis à la
1i tesse, la temp6·ature redevint normale. censure et chargé de fo urn,ir 11 1~ presse des rensei-
En 1954, un pilote d'essai français des a1•ions gnements sérieux.
E'ougn aperçut un engin de fonne circulaire survo- Cette analyse a été rédigée pou oprês un nouvel
lntlt Pau. ll ntOJitait vers lui quand llne chalcm accident signalé au Comit6 Natioual des Sciences
intense l'cnvaltit. A la limite de I'ovanoulsscmcnt ct de l'Astro.nauûque lors de ses séances cansacrées
il plongett vet·s l'air frais. L ' UI'O ne tenta pas de 1~ awt UFOs en 1968. La vérilication avait été faite
SUIVre, pllr le regretté docteur B. McDonnld qui avait
Mai~ quelle que soit l'intention cette force calo- collaboré avec le NICAP pour des centaines
rifique étrllllgc peut être un dander, et à tempéra- d'enquêtes.
ture plu1 pouss~e, pourrait être ~ne arme monelle. La rencontre avait eu l(eu près de :Beal.lsville, cbns
Une allaque contre le SECRET-UFO est venue l'Ohio, le soir du 14 mars 1968. Oc nombreux
de maniëre tr.O, inallcndue de la Rand Corportrtioll. témoins dignes de foi, placts CD divers points ont
RAI\'D ~st.le sigle de Reseorch and Deve/opmem, pu v~rifier; mais le principul acteur a été un garçon
la comnu>stUn pcnnanente d'érudes de • Recherche de neuf ans, Gregory Wells.
et Développement>, sorte de conseil suprême Le ~ne Wells habitait avec 5CS pn.rents dans
d'experts, ~nvnots et ingénieurs, souvent appcl~e une voJrure-remorque à <Juarnnlc-cinq m~tn!S envi-
• Reserve de Pensée • des Forces aériennes. De ron de la propriété do la grand·mère. Ce soit-là,
par ses lions étroits a•-ec le Pentagone, ta RA:-10 Gregory avait rendu visite à la vi.cillo dame. n
a une position au moins semi-ofl\cielle. faisait presql'e nuit quand il la quitta pour revenir
Pendant dos anoées, la 'RAND a été le grand à la remorque.
inspirateur de la politique générale de l'USAF. En Soltdai~ .la granll-mère l'entendit crier. La mère,
1955, elle avait rédigé pour les Forces aériennes d~ la vott'!re, entendit aussi les cris. Les .deux
un document • Rllpport d'Etude spéciale f'o rccs femmes se , pr&;iritèrcnt ct trouv~rent le jeu ttc . garT
a<iricnncs n• 14 • rejetant l'hypothèse des UFOs. ç?n sc roulant au sol, v8tcmcnt en feu. flUes pnr-
~ne analyse ttouvclle qui constituait un renverse- vmrcnt ensemble à étouffer les Oammcs. L'enfant
ment toini de position a fortement préoccupé J. U eo ex.iste également une pholocople tUJ dossiers
du :NICAP.
42
43
Geiger, d'une caméra, de jumelles, de vtrre$ gros-
souftrait de brùlures de l'avant-bras, ct d'un choc sissants et de bottes spéciales pour échantillons.
sérieux. Il rut aussitôt transporté à l'bôpitaL On Référence était faite aux directives pour la mani-
le soignait quand les adjoints du sberiU, alertés par pulaiion de • matières en provenance d' UFO ou
des voisios de Wells, arrivèrent. Plusieurs témoins suspectées tclloo • rappelées 200-2 des Forces
avaient déjà relaté le passnge d'un UFO. Sans s'être a~ricnnes.
concertés, ils le décrivaient comme un engin de Sans doute, la publicité inquiétait particulière-
forme cylindrique et pr.:cisaicnt qu'il trait venu à meut r~tal-major dans les œs où il y avait eu bles-
trè.l baS$e altitude vers la propriété des Wells. sures. Mais il eOt été possible d'interroger discrète-
Dè3 qu'il eut récupér6 ses esprits, Gregory cxp,li- meut les témoin~. L'occasion ttnit bonne de
<Jna oe qui lui était arrivé. li se trouvait à mi- recueillir des indice~ sur l'origine de cette force
chemin de la remorque quand il avait vu un objet calorifique. Mais l'état-major no voulait pas prendre
~trange, éclairé, suspendu au-dessus des arbres, en de risque. Il se souvenait encore du retour de
travers de la route. Comme il s'arréUût pOur 6amme produit trois ans plus tôt par un cas sem-
regarder, une sorte de tube était sorti du fond de blable.
l'appareil. Pointé sur lui, le tube avait émis un James W. FlyM, fermier c t éleveur de eble os,
éclair ou une flamme. (n•tnntanémcnt son vêtemen t vivuit à Fort Myc rs en Floride. Quoique rapportée
avait pris feu. à l'époque à des membres du NlCI\P, l'interven-
Aucune explication simple n'aurait pu être don· tion de I'USAF en cene aflairc n'est connue que
née à ces Oamrnes soudaines. Gregory n'avait sur de très peu de personnes.
lui aucun ohjet se pretaut à combustion rapide. Le 14 mars 1965, Flynn campait pour la n uit
Comme dans l'affaire du Brésil, il n'y ovuit gu~rc dans les Evergludcs, après une s6ance d'entrai~
d'explication plausible, i1 moins d'admettre que ment de chiens de chasse. Peu après minuit, il vit
les étrangers de l'espace aient attaqué les hommes un objet brillamment éclairé de<ccndre à environ
p<tr pur sadisme. Et les milliers d'inoffcnsi~"CS ren- quin:r.e cems mètre5.
contres antérieures dfmcntaient semblable version. Venu plus près, Flynn vit que l'objet n'était ras
Quoique rapidement inrormée de l'affaire do un avion mais un grand appareil en forme de
Beallsvillc. I'USAF éluda to11te onquêto. Des spé- cône. JI se maintenait sans nucun bnùt à quelques
cialistes sc trouvaient disponibles :tux bases mill· m<ltrcs au-<less11S dn sol, pouvrut avoir viugt-cinq
taires voisines confo rmément à un ordre permanent mètres de diamètre i la base ct une hauteur de
du major général Richard O'Keefe, inspecteur huit à dix m~res. Quatre rangtes de hublots 6taient
aériennes. visibles, laissant passer une lumi~re jaune.
Reconnaissant que le• UFOs posaient un grave S'étnnt encore npproché, le fermier entendit
problème, le général prévoyait que les observations comme un ronflement do moteur, mais ne put dis·
iraient en augmen tant, au risque d'une anxiété tinguer ni équipement, ni équipage.
générale. 11 avait enjoint aux c-ommandants des bases Quelques minuteJ passèrent, puis Flynn reprit
de désigner des offiders l.JFO, connaissant les sa marche en avant. 11 marchait en pleine lumière,
techniques de recherche, et si possible possédant el levait la main espérant manifester par Iii ses
des titres scientifiques ou de haute tecllnique. Chaque intentions amicale~ à d'éventuels veilleurs. lnstan-
officier UFO devait être équipé d'un compteur
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44
tanément jnillis.sait d'un hublot bas un mince pin-
ceau brilhmt. Frappé au front, l'homme g'écroula avait été trouvée à l'en<kolt précis où l' avait signa-
sans counnissoncc. lée Flynn. Memes traces au sommet des arbres
Qunnd il revint à lui, plusieurs beure; s'étaient voisins, à dix mètres environ du sol. De larges
~oulées. 11 était à demi aveugle, et resscnt:Ut uno éraflures sur certains troncs rn3rquaient cnc<>rc le
•wc douleur au point d'impact du rayon lumineux. heurt d'un objet dur, monWII ou descendant
L' UFO était parti. A la verticale du point de sus- JI aurait fallu à Flynn pour parfaire la super-
pension antérieur, le sol était superficiellement cherie, grimper aux arbres, en rôtit les cimes et
brQié. M@mes traces de carbonisation au Jommet ravager l'écorce. Et il n'y D\'ait aucune trace de
des arbres voisins. pas au pied de ces arbres. li aurait fallu encore
Fl)'tul parvint à gagner en voiture Fort Mye!ll. Il que le c mystüicateut • se !rappe le front assez
devnlt y rester cinq jours hospitalisé. En sos du durement pour affecter sa propre vue. Quant à
choc ct de la douleur au front, l'examen révéla un l'aflaibUssement des réflexes, le docteur écartait
ntbibllssement général des réllmc:es musculaires. catégoriquement l'hypothèse d'une simulation.
Les articles de presse relatant cette rencontre A la nouvelle de l'existence d'un tel 111pport,
vennlcnt au mon1ent d'une recrudescence d'appa- l'USAF remisa son plan do c démystification du
rition d' UFOs. public>. Aux joumaJJstes à qui avalent été annon-
Cep<:ndant, les officiers de renseignement de la cées les précisions ultérieures, il fut répondu que
bMe militaire de Homestead, en Floride avaient les déclarations de Flynn avaient ét6 transmises
tél~phoo6 à Flynn alors qu'il était encore 'à l' hôpl- pour véritication à la base de H omestend, mais que
!al. Conforméme!lt. à l'ordre du général O'Kcere, les concluiions n'ét:Uent pas encore parvenues.
lis_ a\'alcnt rec~eilh 1!' première déclaration, puis Quelques-uns téléphonèrent i\ la base de Floride...
avisé Flynn qu il sera1t de nouveau interrog6 à sa Homestead c ignomit tout de l'alfnirc •·
sortie de l'bOpital. En regard des effets caloriJiques et des chocs tels
. AUMit6t informé, l'étal-major fit annuler l'entre- que celui subi par Flynn, les réactions mentales
lien prévu. Mals le plan établi pour discréditer Flynn relevées par l'Académie des Forces aériennes et
subit un templ d'arlit au reçu des nouvelles de la RAND, peuvent paraître d'un moindre int6~t­
Fon Myers. Pli! dizaines intervenaient les persen- Bien entendu, œrtainM do ces réactions ont pu être
nahtés locales, JOurnalistes de News Press de Fort simulées. Mais il en est dont les t6moins sont digne:>
Myers, hommes d'affaires, officiers de police et le de foi. La plupart ont été b6oignes. Mals le danger
p~opre m6dccin trnitant, tous affirmant la vérnclté des potentiel subsiste.
du·cs de F lynn. Mais qu'importait? Ce n'était qu' un Un habitant de Pierre, dtms le Dakoro du Sud,
phénomène locnl. Le plan de « démystific11iion • Russell Carter, a relaté un tel effet, atténué. J'ar
ne su~!t pas plus d'un joar ou deux ete retard. une nuit do 1967, il roulait en voiture avec sa
A 1u~su des Forces aériennes, une enquête paral- femme quand un engin de Jornte ronde, lumineux,
lèle nvau été menée par un groupe hautement qua- obiJqua vers eux. Se maintenant à une quinzaine de
hfié~ ~omprena~t un représentant du NJCAP, le mètres du sol, il suivil les Carter pendant quatre
cap1tatno de vnJSSeau en retraite Cbatles H. Fore- à cinq minutes. Carter raconte ainsi l'nffnire :
man. L'empreinte circulaire carbonisée sur le ~ol • TI était si lumineux que nous pouvions con-
duire sans nos phares... D restait à la même hau-

47

tcur éclairant le secteur... j'a,·ais daus tout le corps au-dessus du sol. JI a r:tlenti, a réglé sa vitesse &ur
une drôle de seusation. Ma femme me dit que son la mienne. Sa forme était ronde.
visage élail. comme engourdi. • « ••. J' ai éprouvé un sacr~ choc quand j'ai com-
Mais des réactions plus pénibles ont été rap- pris que c'était un UFO. Je me souviens enoore
portées par de nombreux t6molns. Elles vont de avoir appuyé sut· l'uccélé(ateur. Alors il est venu
ln nausée à d'insupportables maux de tête, 11 un très bas, et tout il coup mes phares sc sont éteints
épuisement soudain, plus rarement à des trous de et le moteur s'est arrét6 comme si quelqu'un avru1
m~moire, malni.ses qui sc prolongent aussi long· coupé le contact.
temps que les UFOs suivent les témoius. • ... C'est à ce moment-là qu'est 5urvenu ce pas-
Jusqu'aux environs de 1970, ces réactions étaient sage à vide, ou appelez cela .oollllnC vous voudrez.
mises au compte de la peur ou de l'excitation pro- La première chose que j'ai constatte après • cela •
voqu6es par la vue de ces Oltglus inconou.s. Puis on a ét6 que j'avais parcouru ainsi près de dix kilo-
découvrit que la plupart d'entre elles pouvaient mètres. L'UFO avait disparu. Phares et moteur
6tre dues à des ondes inaudibles. fonctionnaient normalement. J'cssaylli de mc sou·
Au cours d'étude$ sur les nuisnn= sonores, les venir de ce qui avait bien pu se passer apru ce
spéciali•tes avaient déjà reconnu que les sons audi- subit plongeon. Je ne. trouni qu'un vide. Pétais si
bles d'intensité supérieure à huit décibels pouv:ùent secoué de cette affaire que je n'ai pu donnir de
en se prolongenuL occasionner des troubles graves, viogl-<tuatre heures. •
et pr-incipalement des troubles cardiaques. Puis, Un semblable rapport envoyé d'Australie au
l'examen de divers types de mécanismes el d'équi· 1\ICAP mentiorutalt des trous de mémoire, mais
pements industriels, a révélé quo les ultrasons, non pas cc passage à vide total. Les dires du témoih.
audibles, peu\-c:nt également occasionner des trou- un entrepreneur local, avaient été recueilfu et trans-
bles, parfois dangereux : fatigue, vertiges, teosion, mis par le Constable Lenard fobn$011 du poste de
nausées, migraines, étourdissements. police de Boyup Brook.
La nature ultrnsonique des effets UFO sur les A la demande du Conrtable, le nom du tétnoln
persoMes n'c>l pas pour autant démontrée. Mais devait iltro gardé confidentiel, quoique 1igurant au
le rapprochement e;,t assez curieux pour justifier un rapport. le Comlable avait manifestement été favo-
r&lxarnen sous cet aspect des cunemc passages à rablement imptç.~sionné par le témoignage.
~ide signal~$ par de nombreux témoins. Cela s'était passé le 30 octobre 1967 à 21 h 3S.
Un habilallt de Wasbington, dont je tiens un rap- L'entrepreneur so rendait à Boyup Droolt par la
port confidentiel, me dit avoir gardé un trou clans route de Kojonum à Mayanup quand sa voiture
la suite de ses souvenirs quoique une année enti~n) s'arr-'ta, moteur coupé. phares éteints; il ne ressen-
se fût écoulée depuis sa rencontre avec un UFO : tit aucune impression de décéloration ou rupture
« ... Il pouvait être 2 heures du matin, m6 dit-il. do frein.
J'étais sur la route 66, direction Washington, quand Presque aussitOt un large pinceau, peut-être
cette vive lueur est apparue dans mon Jétroviseur. soixante centimètres de diam~tre, très brillant, venail
L'objet me rattrapait rapidement J'ai cru d 'abord balayer son pare-brise. Levant les yeux Yers la
à un projecteur de voiture de police. J 'ai ralenti. source de lumière, l'automobiliste, stupéfait, vit un
I l m'a r~joint. Il se tenait à quinze ou vingt mètres objet de forme ovale d'un diamètre moyen d'envi-
48 49
sable d'en concevoir un. Le public ~nterp~é­
roo dix mètres. Une lueur bleue palpitait réguliè- terait cela comme une reconnai~ancc tmphctte
rement tout autour. du caractère d'ensins interplanétaires de ses • sou-
Pendant plusieurs minutes, le témoin effrayé
demeura dans $a voiture, les yeux fi."<és sur le mys- coupes • ·
L.cs craintes de l'USAF quant à ln posst' b'l' 1 11
é
térieux engin. Puis I'UFO s'éloigna et Jo pinceau d'une hystérie collective n'étaient sans doute pa'!
lumineWt disparut. sans fondements.
S'il n'est évidemment pas certain que les ultra- Si I'USAF avait attendu la fin do la confuse
sons aient été A l'origine des effets ressentis, ce vague de 1952, elle aurait pu mettre en. œuvr~ le
ser.ùt une grave erreur que d'écarter l'hypothèse plan de prise de cont_act avec le>. UFÇs,. donner
sans examen. Les études sur les ouisnnccs •onores au public les explications nécessaues, mstster en
ont amené de nombreux scientifiques à penser particulier sur J'absence de maoif:statio~s, hostil~t
que des sons aigus prolong~s peuvent pro,·o- des ~trao&ers. Nous aurions peut-ctrc doJH depms
qucr des hallucinations et mGme de.~ im{)ulsions Jongtemp;' les r6ponscs aux principales questio~s
meurtrl~rcs ou suicidaires. De semblables réactions posées par ces apparitions : motüs de ln surveti-
pourrateot tire attendues d'ultrasons émis à haute Janoe nature et caractères des êtres extra-terrestres,
pWSWJCC. nat~ accidentelle ou volontaire des dommages
D est cxtr!memcnt important de bien connaître physiques aux terriem, possibilités de contacts ~'·ce
toutes les forces inconnues dos UFOs. A cc prix )0$ étrangers. Peut-être même ces conta?!~ ~uratc~t­
sc·ulement nous pourrons tenter de mettre sur pied ils déjà eu lieu. Mais la mise eu appltcutton d uu
une dé(cnsc éventuelle et d'y prépare; Je public. tel plan a toujours été reportée. .
Eo attendlllrt tout programme serait vain. Elle serait difficile à garder secr~te, et 1US.I\r
.En 1952, tandis quo des centaines d'UFOs opé- .craint toujours d' alarmer le public. ,.
r~ent au-d~ssus des Etats-Unis, un groupe d'offi- A diverses reprises, les c~tperts ont ~tltnis i e~onuo
cters supérte\ll'S des Forces aériennes pr6conisait int6rêt que présenterait pour les nauons ternennes
un changement radical de politique : la technologie UFO. .
c Arrlfet la clt4sse aur UFOs et ~tet de com- Lo contre-amiral D.S. Fahmey, anctt!l che[ du
muniquer avec ft~ étrangers de r espace• • d~partement des missiles de Jo. marine: !nsista":t sur
J'étais certain que ce nouveau plan tournerait les Incroyables manœuvres et la prod•g•cusc Vttcs~e
court. Pourtant, une semaine plus tard, le bruit des UFOs, écri~: « De telles manœuvres supposent
courut au Pentagone qu'il était mis en application. une technologie extrao~dinair~, dont . nous n'avons
Quol9'!e incrédule, j'approchai le chargé de presse, actuellement p3s la momdre tdéc... St ces obscr~a­
un aVJI, Albc.r t M. Chop. Et je reçus Je démeuti tions sc multiplient, je crois qu'il y aura un.e pnsc
attendu. J'insistai : de contact el qu'elte nous apportera des reponses
• Etes-vous certain que I'USAF n'a jamnis tenté du plus haut intérêt... •
d'entrer en communication avec un UFO? William Lear, lumière de l'aérospatiale el <;,rén-
• Certain. Oh! sans doute, il a pu se trouver un tcur du jet qui porte son nom, .déclare : .• Les <:Ire~
pilote pour manœuvrer ses projecteurs on tenter qui manœuvrent le_s UFOs d?l\'en! avotr appns ·~
le contact radio; lJ13is il n'y a pas de plan officiel ne\tt..aliser et controler la gravné. S! nous parvenons
pour établir la commWlication. Il n'est pas pen-
51
50
à cette connaissance, nous n'aurons plus besoin de
rccourit aux forces aérodynamiques pour décoller infiucncer tout notre avenir et conditionner jusqu'à
du sol. • notre survie. •
Morton Gerin, ancien président de la s~oo do
New Yor!t de l'American Rocket Society, iosil.te à Ccnditiomrer notre survie... Là est la clef de cette
son tour : • Us UFOs sont capables de perfor· dangereuse chasse à l'UFO poursuivie par les
mances dtpnssant ce que nous permet d'imaginer Forces ~riennes.
notre compétence technologique. •
Dès l'origine, il s'est trou,·é des planificateurs
de recherches. des Forœs aériennes pour vouloir
s'initier ~ la tcoltnologje des UFOs. En fin 53, des
centaines de tcntath•es d 'interception avalent fait
l'objet do rapportS, et trois pilotes y avaient perdu
la vic. En 1957, Je représentant, depuis sénateur,
Lee Metcnlr demandait à l'USAF si ses pilotes
pourstùvaient toujours les UFOs. Répondant au
nom de l'état-major, le major général Joe W . Kelly
admit le fait:
c Les avions d'interception des Forces aériennes
poursuivent encore les objets volants non idcntifl6s,
par raison de &écurité de ce pays et dans un but
d'investigation technique. •
Lors de la revision de la directh•e AFR 200-2
concernant les UFOs, l'état-major des Forees
aériellJICS failnit une communication non moins
significative :
c Les Forces aériennes continueront à recueillir
et anai)>Scr les rapportS sur les UFOs jusqu'à cc
que tous nient été expliqués scientifiquement ou
Lecbniquement, ou que tout le potentiel des observa-
tions ait ét6 exploité. • (Section A-2-b.)
Peu do rtos concitoyens comprennent la grnvit<l
de l'cojcu, Le docteur Bruce A. Rogers, membre
du Conseil de direction du NICAP, eo est parrni
1135 bauts spécialistes des UFOs l'un des plus cons-
cients.
• Un tel pays pourrait devenir le maître du
monde... La possession de cette science pourrait

52
Récu~ré intact, il donnerait l'occasion si long-
temps espérée de surprendre les secrets technique•
de ces vols spatiaux.
T el était l'objectif exaltant de la mission de
Redmoud.
Le premier témoin connu était l'offk:icr de police
urbaine Robert Dickerson. Il patrouillait aux abords
CHAPITRE Ill do la ville q uand le disque brillant plongea du del.
Sur lo moment, il crut qu'un avion s'écrasait en
L'ENJEU OCCULTE 11ammcs. Mais l'objet s'arrêta brusquement ii. envi·
ron soixante~ix mètres d11 sol. Pendant quelques
minutes, devant Dickerson éberlué, il resta ainsi,
Ln2~dtSCJUC
gram!
septembre 1959, peu avant l'aurore, un
volnot de$cendait près de Redmond
absolument immobile. P uis il remonUI, fila vers
l'aéroport et do nouvean reprit son immobilité au
nord-ouest du terrain. Dickerson écrasa le champî-
dans l'Oregon. Ce fut le point de départ de la ch~ gJ>On, fut d'un trait à l'aéroport, et bondit chez le
1~ !!lus e~énéc jamais lancée par J'USAP. Et la contrôleur de \'OI Laveme Wcrtt.
VICbme fatllit en ètre la censure. Jumelles ault yeux, Wcrtz et d' autres a~:cnts de
5 heures. Aéro~ort de Rcwnond - Un objet la FAA observèrent fixement le disque pendant
en a!Utude ,sans. vttcsse aux abords nord-ouest du plusieurs minutes. L'éclat s'éluil un peu assombri.
t~rra:n.- 'I~m?tns : agents trafic aérien rele\·ant de Sur tout le pourtour, des Oammes bizarres, rouges,
1 Av•atJon Fédcrale. jaunes, ,·enes, sortaient, rentraient, telles des lang11es
5 h 10. Messag~ _urgent FAA à USAF. haletantes.
5 h 18. Base mrhtaire Portland - Six intcrcep A 5 h 10, Wortz avait donc signM6 la chose au
teurs F .102 décollent, cap sur Re.dmond -
b?mbarclier B 47 et un intercepteur F 89 contac-
u,; Centre de Contrôle du Traflc Aérien à Seattle. Son
rapport avait été aussitôt transmis au Service de Vol
tes - Ordre de se joindre aux F 102 en mission Militaire à la base de Hamilton en Californie.
secr~to. .. Quelques minute.\ plus tard, I'US.-\F avait inform6
quelle mission secrète?... capturer I'UFO ct son Seottle que les jets de Portland décollaie•lt, ct quu
éqwpuge, le radar de Klamath Falls, dans l'Oregon, Sltivait
Tous les pilotes avaient cu connaissance des pré-
l'UFO.
~~"~·mortels ct des difficile& C!quives antérieures. A Redmonù, les observateurs de la F Ai\ sur·
'·baiS •?tportaoce de la mission présente ne leur veillaient toujours l'engin <Juand ils entendirent le
"" ap!'M pas. rugls~ement des jets. Au moment où c<:ux-ci pi·
!
5 'UFO restait immobile 11 basse al ti tude ils quaient s ur l'objectif, les langues de leu disparurent.
avn•en~ des ch~ces de l'obliscr à se poser ;ans Puis un prodigieux soufOe sortit du fond du vais-
encounr e?"~m~mca de grnvcs dommages. Mais seau spatial qui bondit aussitôt pres.quc sur la tta·
œla g~rannran-il 1~ succès de. l'entrepri~? L'engin jectoire des chasseurs.
pournl;Jl €1re délrurt par son èquipage; ou par une Le plus p••ocl1e avion virn sur l'aile pour éviter
exploston commandée à distnucc.
ss
S4
la collision. Le suivant, pris dans le remous d'air, Spéculation sur l'ignornnce du public, mais aussi
se ~ouva un moment désemparé. Trois autres purent d61l au simple bon sens.
oorlir de leurs piqués, et remonter. Mais rien ne Quant aux bommes dans le SECRET, ils étaient
leur servit de donner toute leur puissance. Ils pa.ss~s par une rude épreuve. Oe nouveau s'exerçait
furent rapidement distancés. durement contre e11X la critiq11e.
Un seul intercepteur guidé par son radar de bord, l:!nfin, la fièvre do Rcdmond tomba: ct l'état-
put suivre I'UFO qui, maintenant, s'enfonçait dans major put souffler. Il ne restait qu'à bien sceller
tes nuages à cinq mille mètres. Son approche dut la pierre sur la tombe.
être enregistrée, car le disque changea de cap, tou- Mais à l'insu des Forces aériennes, le NICAP
jours suivi par le radar de Klamath Falls. avait obtoou des copies certifiées conformes des
Aussitôt atterris, et encore sous la tension do la journaux d'opération de la FAA. Dans les pte-
terrible aventure, les pilotes furent dépêchés nu miers temps, et de nouveau plus tard, ta FAA s'est
bureau. des renReigncmeots militaires pour compte vu imposer le silence. Mais il l'époque, aucun ordre
rendu uuruédiot. Le compte rendu fait, ils reçurent rigoureux ne pesait sur elle; et nombre de ses agents
l'ordre de ne plus parler de l'affaire. supportaient mal d'être muselés.
~ais de$ centaines de citoyens de Rcdroond Le• documents pa'I$L'S su N!CAP donnaient une
avruent entendu le vacarme des piqués d'avions. description fort pckise de l'UFO, de ses manœu·
Redoutant la divulgation de sa tentative d'inter- vres, des étranges langues de feu sur son pourtour,
ception, I'USAP pnrln de contrôle de routine ~ur un du bond soudain eu allitudc et de l'asccn•ion verti-
écho radar. Quant à l'éclat vu duns le ciel, il de,•ait cale du disque au moment de l'atlaquc des avions.
6Jre fantaisie d'obscn•ateur imaginatif. Ils mentionnaient encore les conllrmntions données
L 'USAF n'était pus au bout de ses peines Avnnt par les Forces aérienne.~ à la d~teetion par Red-
noté le lx;>nd en hauteur du disque, l'éœ't-m"ajor mond, à la poursuite par l<:s avions de Portland, el
soupçollllaJt un recours à la force nuc.léaire. Il à la tenue de I'UFO au radar do Klamath Falls,
prescrivit donc à la FAA de Caire effectuer par 1~ ninsi qu'à toutes le• mana:uvres de dérobade du
contrôleur de vol Wcrtz un vol de contrôle de mystérieux engin.
radioactivité. Wottz ct un pilote do Tri Paccr, anné• Quand J'USAF d~ouvrit qoe le NICAP était
d'un compteur Ocigcr, tournèrent à des altitudes en possession des journau.x de la FAA, ce fut la
variées, autour de lo verticale du point où I'UFO consternation. Lo PAA est irréprochable.
a:était. maintenu immobile. Les r~sultats, aussitôt Menacé de voir lever le secret, !'~tot-major joua
Stgnalcs par télét)'pe am< Forc<:ll aériennes n'ont la seule carte qui lui restait : il OOCI11B la FAA de
jamais été divulgués. Mais un journali•te e~t vent diffuser de fausses informations, rejeta en bloc
de cette vérification et en p.arla. son témoignage. Il maintint encore quelque temps
La (uite alnnna sérieusement l'état-major. la versi<ln du ballon-sonde, puis, pousw dans ses
li fallait • dégonner • le mystère. Ayant vainc- derniers retrancl1emcnts pat· Je NJCAP et divers
ment cherché une astuce, l'état-major risqua celle- rcrréscntants au congrès, il l'abandonna et lui en
ci : substitua aussitot une autre :
l'objet aperçu près de Redmond étAit probable- lC$ observateurs de la FAA el les témoins de
ment une sonde météorologique. Rcdmond avaient pris la plan~te V~nus pour un
56 57
vaict.'!Cau aérien manœuvrant près de fa Terre.
L'histoire était aussi ridicule que celle du ballon- pas au rapport. A emiron cinquante kiloro~tres de
sonde, sinon davantage. Oo voit mal ta FAA maio- Tampa, ils aperçurent un grand UFO faisant route
tcni~ à leurs postes des contrôleurs capables d'erreurs inverse à grande vitc9iio. Le capitaine Pucken
a~>>~ grotesqu~s. Et ses ~nuts resp~:msables per>is- raconte:
t~tent à garatl!tr la parfatte correctton des inscrip- • A environ mille mètre..., il a \1r6 pour nous
I!Ons aux JOUrnaux d'opérations. L'USAF refusa croiser. n avait la forme d'un long cigare, ct deux
toute di1cussion. La version Vénus demeura la fois la taille d'un bombardier B 29. •
vers ion officielle. L'engif\ paraissait propulsé par !usée. Une trnin6o
, L'Idée de capture d'un vai<<cau spatial est venue de feu de la moitié de sa longueur le suivait. 11 dis-
a ht Défense Aérienne dès les premières appa- parut à une vitesse estimée de 3 000 à 4 000 kilo-
ritiollS d'UFOs. mètres à l'beure.
. La ~rcmlère nnn6e où il fu t queostion d'appati- Mais œ qui devait le plui étonne r les analystes
t•nns d ~FOs un peu partout, les prodigieuses vites- de. Forces aériennes était .que l'étrange vaisseau
ses menllonnécs par les témoins faisaient s'esclaffer avait une rnngéo de hublots.
savnnts ct ingénieurs. De telles vitesses sont incon- Quelques analystes pcns~rent que l'observateur
œ\'ablcs dans l'atmosphère terrestre. N'importe pouvait avoir été viclime d'une illusion · d'optique
qu~l oùjet serait brûlé, dé;agrégé par la chaleur. due ~ la grande vitesse. M~tis, bientôt, étaient rela-
P tus les radars ayant confirmé ln chose les tées d'autres rencontres d'UFOs avec hublots ou
consei llers !"<'hniques de !'air émirent l'hyp~thèso fcnêLres. Certaines étaient notées au ropport d'étude
du recours a un c super mL'Ial • capable de suppor- GRUDGE.
ter aussi bien la chaleur intense que les terribles Le dossier GRUDGE contenait, en sus des rap-
efforts subis au cours des manœuvres extrùmement ports établi$sant la présence de hublots, un rapport
brutolcs. officiel qui détruisait l'hypo~tèse du recours à un
, Sur un ~oi!lt, état-major et conseillers des Forces c super métal >.
ac~tcnncs ~latent d'accord : l'impossibilité pour WJO En 1952, il y eut une nouvelle vasue d'appnri-
c!llature \'!Vante de supporter cene chaleur ct ces tioru à basse altitude. Craiyuwt une attaque, le
vttessos angulaires. commandement ordonna aux pilotes de tirer sur les
Pui~, l'état-major eut connaissattce d'uu rnpporl machines étrangères selon le processus adopté par
stupéfiOJH, ~on. IJ'ansmis en •son temps par la base ln Défense A6rlcnne du T erritoire.
a~r~cno! mdtlatre de :Mac Dili en F loride. Le priu- Mais le Haut Commandement, comprit vite que
CJ~I tcmo•n était le capitaioz Jack E. Puckett. l'ordre de tirer était une erreur. Il l'annula et l'effort
veteran de la Seconde Guerre mondiale et depuis rut de nouveau porté ·sur la capture.
che~ ndjo~t . de ln sécurité des vols, CL>m;,Hndemeni Le l" aoflt 1953, un groupe de cbn~so pntrouilluit
taet1~uc uenen à Langley Field. au-dessus du parc national de Sequoia Kings, en
Le 1 ~ aoOt 1946, Je capitaine Pud:cll pilotait Californie. Trois nuits do suite, un grnnd disque
un. transport C 47 de Langley à Mac Dili. Se trou- élail descendu au-dessus du parc. Le surintendant
V~JCnt li son bord, le lieutenant Heory F. Glass eo- B.T. Scoyen et plusieurs de = collaborateurs
pliotl•, ct un ingénicut· de l'air dont le nom ne IÎgure l' avaient vu passer une rois à faible portée. L'ine-
té~l des étrangers pour le parc surprenait l'USAF,
58
59
Tertio : nous ne sommes pus totalement désnr·
mais elle ordoolna de lancer la chasse en cas de m~s. . 1 . ut .
retour do l'UFO. Quarto : les étrangers ont a p ust~ s repnses
Peu uvant minuit, les pilotes •irent le disque des- tenté d'é,·iter des dommages aux tcrnens. .
cendre en pente douce, •ituse réduite. lis attendi· En 1953, une escadrille de AD-35 cllectu:ut des
rent qu'il fût largement en dessoll! d'cU.<, puis pi- manœuvr<s de combat quand ~ne gr~de !usée vmt
quèrent sur lui, dépaS5311t largement sa vitesse. Il vers elle. Apr~ une dWélérauon rapld7>. 1~ rome-
leur partùssait impoosible que le vaisseau spatial pût nant à Ja vitesse des avions, elle se st~b•hsout à en·
grimper sans heurter l'un ou l'autre d'entre eux viron trois œnll! mètres au..<Je ..us d eux. .
et s'endommager sérieusement. A œ risque, les Le coromattdanl de J'escadrille don~a par .radio
étrangers prél~rera.ient cenainement celui d'atter- ordre aux appareils de se mettre à meme altitude.
rir au plus pr~. fnst.autanément, I'UFO bascula de telle sorte ,ue ton
Tout à coup, sans avoir ralenti, I'UFO s'arretait arri~re vint pointer en dehors de~ tlXCS ~ attaqu.e
en plein ciel. Puis cntœ res jets incapables d'arrêter des avions. Une 6normc llanunc JSilhl. L uppareil
le piqué, il prit son essor et disparUJ:. prit aussitôt une vitesse considérable. ~ans ee mou-
Les journaux parlèrent Les témoins avaient \'U vement de bascule, lo puissant Jet nu~u!t sans auct:n
des jets piquer sur un UFO. Mais la preuve mat6· dou~c tué une partie, sinon la totalite des ptl~tcs.
rielle manquait. L'affaire fut vite oubJJée. Le cas n'est pas unique; il y n cu des . ccntames
La tentative de Sequoia Kings parut ouvrir un de rencontres où les étrangers ont marufcstemcnt
nouveau chapitre d'inquiétantes rencontres. Pr~s de voulu éviter de ble$Scr des Terrico.s.
Moscou, d30S l'Idaho, Je 9 aoOt, un disque de Pendant des années, les ~ensei&ne:ncnt.s des For·
70 mètres de diamètre piquait sur trois chasseurs ces aériennes ont cu connaossnncc d cs&n•s fo!ceoés
F 86. Le~ pilotes connurent un instant de panique. des aviations étraog~res pour meure la maon sur
Au dernier moment, l'engin fit un ~art et p3SSa. un vai.s&eau spatial. L'une des plus eno;at:ées eSt
Trois nuits plus tard, le pilote d'un chasseur F 84, l'aviation soviétiquo. Dev~nt les ~hecq repe.tês des
eftaré de ce qu'il découvrait demandait l'autorila· pilotes, ordre a été donné ault artolleurs de nrer sur
tion d'arréter la poursuite. La tension montait. Cer- les rn)'l'térieux engjlls. n semble quo le Haut Co!D·
tains pilotes VO)'llient dans le comportement plus mattdemeot russe espère les do!semparer, les contram·
agressif d~ UFOs une riposte à la tentati•·e d~ dre à atterrir sans détruire leurs systèmes de propul·
Sequoia Kings. sion, leurs équipen1ents ct leurs nrmcments. Un.e
Mais pour les éminents censeurs, il n'y avait (lBS telle attaque a été confirmée dans. uoc commuru-
là grand danger. cation à l'Académie des Forces aéuenoes en 1968.
Primo : eettu surveillance étendue, sans hosli· . Citons un extrait de ce rapport : . , .
lité ouverte, doit sign.ifior que les étraugcl'll out • Le 24 juillet 1957, les batteries ~nll-nencnnes
quelque vaste projet requérant des contacts pacl- russes des îles Kou riles ont ouvert le fou su.r fle~
liquos n.•cc les tcrricm et nécessitant une période UFOs. Tous tes canons des Iles .ont pnrtic•P! a
tranquUJe d'adaptation. l'action mais sans aucun tésultnt. t:es Uf10s étaJent
Secundo : les UFOs en observation autour de lumine~x et extrêmement rnpides. • ,
notre monde ne !Ont pas assez nombreux pour Ces actions ne se limitent pas aux U.S.A. ou à
tenter des attaques à grnndc échelle.
61
60
l'U.R.S.S. Les pilotes militaires ont t~nt6 d'obli- Les années cinquante s'écoul~rent en vaines po':'f·
ger les UFOs à atterrir, en A,ngleterre, en Fr1111ce, 'tes Peu à peu !'imposait à nos aviateurs la
au Brésil, au Canada, im Sud-Afrique, en Nor"ège, ~~~yr~cc en l'invuln6rabilité des UFOs au:t obus et
aux Pay~-Bas, ailleurs encore. En certains pays, la fusées Pour l<:s analystes du Rensetgnemcnt T~~
consigne est de tenter le contact radio, d'ordonner nique,' le secret de cette invulnérabilit6 pouvrut
à l'UFO d'atterrir, et d'essayer de l'abattre, s'il être dans le recours à une forœ de répul$too•. de
n'obtempère pas. Un pilote de la Force a~rienne type antigravitation. Mais le groupe de coordma-
royale néerlandaise a vécu l'expérience le 29 janvier tion su1>érieur oo partageait pas cette opil?IO?· De
1962. ses examens comparés des rapports am6ncams cl
Croisant un objet inconnu à l'est de la Hollande, étrangers, il tirait lo conclusion .que le~ OF?!
il lui commanda do d~scendre, sur plusieurs ffi. n'étaient pas invulnlrables. Ccrtams avatent éte
quenccs radio. L'UFO n'ayant donn6 aucune vus en difficulté. Défaillanoe des l!'oteur~? Ou des
reponse, il se. prépara à J'attaque. Son F 86, Sabre, commandes? Quel<tucs autres avatent btzar~el?ent
était nnnG de quatre canol't3 do 20 mm ct d'une explosé. Explosion interne? Missile?. Roc~ct d. avton?
fusée. Cnnons annés, fusée en position de lance- Les causes étaient sans doute moms bten etablies
ment, il fonça, pleine puissance. Mais il n'eut pas que les faits eux-mêmes. . .
le temps d'approcher assez pour rectifier la visée. Le 13 novembre 1957, un objet non tdentifié
L'UFO, d'un trait, s'était mis bors de portlio. explosait au-dessns de )"hôpital d'Etat de CroWJlS·
La méthode la plus courante pour cas essais do ville dMS le Maryland. .
capture est sans doute la poursuite par avions de Pill$ieurs explooons analogu~s ont été stgnalées
chasse il réaction. Cependant, un pays au moins a en divers eadroits des Etats-Urus. . ,
tenté de recourir à une autre méthode. En 1953, le Consfable Florian Gtabo~ de .la
En 1954, nos Renseignements de l'Air appre- police provinciale ùe l'Ontario aperœvatt un vals-
naient qu'à la suite des déboires de sa chnsse, le seau a~rien de forme ovale. S'arrêtant pour l'l!bser-
Canada, espérant inciter les UFOs à atterrir, avait ver, 11 le vit se désintégrer soudain en part•cules
chargé son B'l!J'eau de Recbercbe de la Défense de brillantes. .
disposer dans le (>lus grand secret un terrain d'atter- Uo étonnant rapport m'a t té ~ par 1e ~~­
rissage à prollirrut6 de sa station expérimenlule de mandant William Cali, des Eastern AJTlln_,s.. L met-
SnfTicfd dans l'Alberta. Cette aire, étaJt interdite dent avait eu lieu de nuit en 195~. Trots Jets des
à tout pilote, qu'li Cût de la Force aérienne royale Forces aériennes américaines &\'1ltcnt é~ lancées
canadienne ou d'une compagnie commerciale. sur un grand UFO survolant le Conncc\JCUI.
Les ?eSpoosablcs du service pens~rent d'abord c Nous tournions au-dessus de l'aéroport, à Hart·
attirer le• étrangers de l'espace par émissions radio ford. me dit Cali, nous étions à pou pr.ès de
ou signaux optiques. Mais on dut y renoncer, cer- 3 000 mètres dans les nuages, les ycult aux mstru·
tain;; officiers supérieurs ayant fait observer que ments, attendant notre tour d'atterrir. Tout il c?up,
ce serait attirer l'attention du public et rlvéler le U y a eu un terrible éclat, COJJ!lllC ve~! d une
projet de capture. elt~o)•able explosion..un èollrt mstaot, J a• pensé
Les avion.s militaires canadien~ croisaient souvent qtl'nJ.te bombe A venatt de 5&uter. > • •
des UFO& au-dessus de l'Alberta. • La. tour nous appela et nous d1t avotr eu de
62 63
graves inquiétudes. Un avion des American Air· interne! La situation est assez mauvaise comme
fines é~it à l'étage en dessous, ct elle avait cru que cela...
nous éuons entrés en collision. • C'était la preml~re fois que, de source USAF,
· Aprh avoir v6riflé le rapport de l'aéroport de j'entendais mentionner l'emploi de missile contre un
Hatlford auprès de la FAA, je pris Wl contact per· UFO. J'avais reçu plusieul'$ rapports en ce sens;
sonne! au Pentagone, avec un o!tl.c!er avimur qui mais la plupart mc parai5saient. sujets à cautio~.
m'avait aidé toutes le.• fois qu'il po.uvait Je faire Un seul valait d'être retenu; mats la preuve fa1sa1t
saus violer les règles de sécurité. Quand j'évoquais défaut. Je Je tenais du regretté Frank Edwards,
le mystérieux éclut au-demu; du Connecticut, ü conseiller cu relations publiques au NICAP.
m'arrêta brusquement: Je connaissais Edward3 depui• tics années. LI
- Uxcusez-moi, je suis pris ... je vous rappellerai ajoutait foi à cc rappon et sa caution était certai-
plus tnrd. nement excellente. Mais l'officier avait lnsi>té pour
Une heure après il était au téléphone : quo son nom no CGt pas donné.
- Jo vous rappolle de l'extérieur. 'Désolé d'avoir Cependaot, ven 1960, la décevante chasse ù
coupé tout à l'heure. Mais j'Di déjà été écllaudé l'tJFO se trouva éclipsée au tableau des pré«cu·
avec cene atfaire d'UFO. patioos prioritnlrcs par les progrès du Prosramme O.
Je protestai : Certains chercheurs crureot que nous seri<>ns bien·
- J 'nttrais dù attendre el vous appeler cbcz tllt capitl>les de produire des tJFOs. WQ!ter Dorn·
YOUS. bergor, président de Bell Aerospace, prévoyait des
Pui1 je lui parlai des pr~cislons contenues daos ,i tesses d'au moins 15 000 kilomètres à l'heure.
le rapport du commandant CaU : G.S. Trimble, cbef du Programme G de la puissante
- le pensais que vous pourriez mc donner Martin Aircra/1, lançait le chiffre de 22 000 km/b.
qu~lqucs tuyaux sans enfreindre les règles de sécu- Alexnndrc de Scvcrsky annonçait la Lune à trois
nte. JI y a eu une chasse à l'UFO cette nuit au- heures et demie, Vénus à trente-six beures, Mars
de.s.ms dll Co~necticut. J'ai là-dessus un rapport à quarnnte-huit, Jupiter à six jours.
pnvé. ~ temble explosion est survenue environ Eo 1964, sept compagnies atriennes avalent le~r
douze mtnutes plus tard. Programme G T.RES SECRET.
- Vous pensez qu'il y a un lien1 Un tableau incroyable émergeait des d6eouvertcs
. - Je ne sais pas. Mais cela pourrait Ctre. Un des eberchcws, des anticipations de s~vants et de
pilot7 peut avoir finalement touché un UFO qui l'é,-idence ~cquise de la p~nœ des UFOs.
aura1t explosé, Mais en 1966, U fallait déchanter. Les chercheurs
• - SI jamais. quelque chose de la sorte arri\·ai~ s'~chnrnaient toujo11rs sur les programmes. Mais on
Je ne le saurrus probablement pas. J'ai accès au était loin d\1 contrôle do la gravité. Quand les
TRES SECRET, vous le savez... Mais un tel inci- savant~ les plus en vue avouèrent leur déœption,
dent recevrait immédiatement une cla~Sifieatioo I'USAF revinl à ses tentatives pour mettre la main
~ECRETE supérieure. T rès bonn<:tement, je ne sais sur des UFOs.
nen. Cola pcnt avoir ~té. Un pilote peut l'avoir Assez curieusement, co d~pit de toutes poursuite.1
eu ~vec un r~ker. Un missile sol-air peut J'avoir et ottaquos, les UFOs avaient fait do brefs atterris·
alfeuu. Le etel fnsso que ce soit une explosion S!lgos aux Etats-Unis et en d'autres pays.
64 6S
En juillet 1962, un UFO était repéré en approche Les témoins effarés, virent l'engin approcher,
de Camba Punta en Argentine. Le directeur de !rGicr ks grands arores. B~s, vétéran de la
l'aéroport, L~ Jlan·ey fit dégager la piste. Quel- Seconde Guerre mondiale voulut prendre un Eu$11
ques instants plus tard, un vaisseau aérien « par- et tirer sur lui pendant qu'il descendait, mais 'filso
faitement rond • art·ivait à gronde vitesse. IL s'arrêta, l'cm dissuada.
s'immobilisa trois minutes. Les Forces aériennes L'UFO resta au sol environ trente minutes. Au
argentines avaient été alertées, mais ne tent~rent d~collage, les témoins purent voir nettement un
aucWle poursuite. Malheureusement, des témoins tripode d'atterrissage, rapidement relevé. L'accé!O:·
au comble de I'&Xcitation voulurent voir de plu.• ration fut très rapide, et l'engin disparut.
près l'étrange machine et se mirent à courir d:ms • Ces histoires m'avaient toujours amusé, avouait
sa direction. Le disque ''olant s'~clipsa en toute un peu plus tard Tilse, mais nous l'avons tous vu.
hâte. . Il était manœuvr6 par une inte!ligonce, et ne pou-
Le 22 décembre de cette même année 1962, iL vait être aucun appareil connu. •
y eut un att.crrbsage à l'aéroport international de Rapport el témotgnages furent vérifiés ct confir-
I!uiza près de Buenos Aires. Au poiut du jour, més par l'enqu~teur du NICAP, Paul Normann,
un OC 8 de la Panagta était co approche. Les ingénieur américai.o résidant en Australie.
lumières de l'aéroport étaient en vue. Le pilote Plusieurs atterrissages ont été constatés aux Etats-
s'aperçut avec stupeur qu' un grand disque était Unis. En 1964, à quelques .kilomètres de Socorro
tranquillement posé en bout de piste. Il appeln dans lo New Mexico, l'officier de police Lonnio
la tour, d'oll. un contrôleur do trn(lc lui répondit Zamora donnait la chasse à un chaullard quand il
que I'Uioonuu venait tout jÙste d 'atterrir. Le com- distingua une forme ovale dans un ravin PM de la
mandant, constatant que la piste n'était pa$ libre, grand-route. Laissant là sa poursuite, il s'appro-
se remit en position d'at1ente. Le disque avait été cha; mais, au moment où il arrêtait sa voiture, une
une minute dans la pleine lumière des projecteurs. llamme semblable à ceUe d'une fUsée jaillit et
Le commandant de bord du OC 8 s'attendait ii l'engin s'éclipsa. .
voir se ruer nu terrain les voltures de l'néropol·t, Conseillers du NJCAP et autres enquêteurs sérieux
mais rien ne vint. Le disque s'61cva doucement et ont longtemps insi.st~ pour que le public fût pr~pbr.:
disparut bientôt. à d'éventuels contacts avec des migrateurs do
Jusqu'il ce jour, de telles prises de terrain ont mondes inconnus. La même insistanoe a été mani-
~16 signalées de divers pays. festée par le docteur Magotcb Maruyana, dont on
Le 24 mai 1965, peu après minuit, un ensin sait la grande exptrience d'anthropologue, psycho-
rond, brillant, descendait vers Eton Range, à envi- logue et spécialiste de~ communications psychiques .
TOu soixante-dix kilomètres do Mackay. Trois Jusqu' à ce jour, campagnes de démystification,
lémoins le virent d'un hôtet de touristes, J.W. Tilse, chnsso à l'UFO, reléguaient au domaine de l'utopie
Eric Judin ct John Burgess. Tllse était un pilote tout programme de préparation psychologique des
de ligne chevronné, comptant 11 500 beures de vol. Terriens. Mais oombrcu.~ sont aujourd'hui les offi-
Selon lui l'UFO était d'aspect métallique et d'un ciers des Forces aériennes qui tirent du fiasco de
diamètre d'au moins ~ mètres. Sous la plate-forme la chasse et de la multiplication des atterrissages
ciroulaire, ny avait une rang~e de projectcun. de vaisseaux de l'espace de solides arguments en

66 67
faveur d'une politique fondée sru· de nouveaux. dans l'expectative, ou voués à de tragiques malen-
'Principes : tendus?
1• Au cours des · dernRrcs années, les poursuites · Nous aurions pu tenter plus tôt d'établ.ir la co~­
n:ont rieTl d?nné; 2 • A supposer même que · les municatioo d'apprendre ce que nous voulions savo1r
VISltcurs de 1Espace veutllent aboutir à des eu!.re- ct en particulier • de quoi ont l'air • les etres
tiens et arrangements pacifiques; d'inctssantes atta- de l'espace, physiqueme!lt et !llentalem;nt. .
ques pouwoicut conduire à des· hostilités ouvertes; Mais un pas peut de.~ wamtennut cire francho.
3" Pourquoi ne pas suivre une autre ligne de Nous devops tenter de voir notre monde ct nous-
conduite, donner aux étrangers la possibiUté d'atter- mêmes tels que les voient les étrangers de l'Espace.
rir en toute sécurité'/ Arrêter toutes les chasses'!
OrdorUler aux pilotes de s'écarter de la route des
UFOs? lnterdirc à toutes les bases mi.litnires et
navales, à tous les aéroports, <.le tendre de quel-
conques piège.~'! ll y a ou trop d'attaque.s pour que
. les choses évoluent rapidement. ·Mais il est pro-
bable qu'ayant déjà essayé d'at.terrir, les étran-
gers ~alslraient ru1e nouvelle chance. L'accès à la
technologie UFO serait plus facile en l'absence
d'agressions.
J usqu'icl les grands planificateurs ont résisté à
ces invites.
Cepend!IJlt 111 capture d'un UFO par no~ Forces
aérieDIIes, pourrait être un désastre, surtout si des
étrangers de l'espace se tl'Ottvaicnt à bord. Pour
(enir secrète la capture, l'USI\F devrait établir un
<:ordon, interdire la 2one, co111.tne elle dut le faire
quand vint la nouvelle· de J'atterxisst!"e d~uu vaisseau
spatial volant à basse altitude en Pe~nsylvanie, puis
au New Mexico. Il n'y a pas de dispositions pré-
vues pour ce qui concerne des êtres d'autres mondes.
Avant de savoir ce qu'ils peuvent être, comment
concevoir nn plan réatistc?
Certains expefiS en communications - tant de~
Forc~s aériennes q~e. du NICA.P :- pensent que
les VlS!teurs our ~wv1 et enregistre nos émissions
de !3dio et téhhision au cours de leur longue obser-
vntton de la Terre. Us seraient donc en possession
dlun aruas colossal d'informations. Mais peuvent-ils
comprendre ce qu'ils volent et entendent'/ Sont-ils
68
de l'Espace. Selon les déclaratiOJ~s ~u ~énéral, telles
9ue reproduites dans la presse, 1ObJeCtJ( de ~t\lNT
etait J'approche des engins inconnus en orb1tc _ter-
restre, et, en cas de r~action hostile, leur dcstrucLJon .
.Deux ans plLLs tard, le séuôral Dougl~ Mac
Arthu'r déclarait à West Point que les nauons de
la Terre devraient un jour s'unir contre les peuple•
CHAPITRE lV (l' autres planètes. .
En contrepartie, ct toujours à la r"1io, d~ sc!on·
Œ QU'ILS VOlE,l\T F.T EN'J'til\O.UNT tifiques associés a~ pr_ogrammc sp~hal ex~sa1ent
de vastes plans d'etablissement temen sur d autres
planètes, sans se soucier en rien de leurs é•entutllcs
C E que les étrangers de l'Espace p.;u•~oL tirer
populatio ns.
En 1965 tandis que se multipliaienl les ob~cr­
des émissions terriL-noes? ... une image peu Halleuse vaùons en 'Amérique, un long vaisseau ovale des-
de leurs personnes... uue id~c inquittante de nos cendait à quelques kilomètres d'EJ<eter, dans Jo
réactions... parfois de meurtrières résonances... New Hampshire. Des offic~rs de police purent
En 1963, Larry Br)•anl, membre du :Sl CAP, l'observer à courte distanœ. L'engin sc tenait immo-
apprend par la presse que des citoyens ont liré bile à faible altitude. Il présentait cinq feux rouges
~ur des UFOs. 11 pose ausshôc ln question au Dépar- très brillants, par éclats successifs, de gauche .à
temenl de la J ustice. EL voici la réponse de l'Anor- droite, puis de droite à gauche. Cela ressemblait
ney général adjoinl, Norberl A. Sclllci : à un signal. Mais les policiers b'abstinn:nl cie répon·
' • Si l'on considôrc les lois en toute rigueur, il dre en pointant selon leur habitude des l~mpes·
esl douleux que ln législation réprimunt l'homicide torches allumées. Au bout de quelques mumtes,
soit applicable au meurlre de créoturcx inlclligentes, J'engin se leva el disparut.
d'aspect humain, élrung~res à cette planète, à lllOÎnS Dev:ljlt l'abondance des essais de signalisation
qu'elles ne soient reconnue• comme app:u1cnant à des UFOs le Bureau de la Recherche scicoJiftque
une espèce humaine définie. Pour cc qui est de des Force; aériennes tint une réunion pour étude
savoir si Je mcl!Ilrc de telles cr6atures constitue des communications avec les êtres d'autres mondes.
une violation d'nulrCll lofs criminelle~, telles que Etaient présents : le docteur William O. D~ vi•,
loi sur l'mconduite, lois réprimant los s~viccs n physicien anciennement lltlllché aux Force• aér~cn­
1:égard d'onimau,<, la question relève de la législu- ncs ct analyste disliugué des témoignages sur les
tion de l'Etat dnns lequel uurait été commis l' neto UPOs; le docteur John C. Lily que ses expéricuccs
considéré... • de conmmnications avec les Dauphins pour le
Imaginons l'effet de cette rnisc au point s ur d•-s compte de la marine avaient rendu cillèbro; le
êlrCs capables d3 l'intercepter Ct de la COmprendre! docteur Paul Oarvin, linguiste de la Btmk(Jt"·R nmo
En 1960, le lieutenant g~nérnl Roscoc C. Wilson, Corporation el un crvptologue travaillant pour le
-chef d'éult·majo•· n<ljulnt des l'orees aériennes gouvernement, LambrÔs D.P. Callimuhos.
a,nnonçait le progranJJue SAIN"!' pour la Défense Par recoupements de rapports de renCQ.Jitl'e
'
70 71
d'UFOs, le docteUI' Davis avait recherché les pos- pouvez-vous comprendre ce que vous voyez et
sibilités de communicatiol\S avec les Terriens. entendez? Pottvez-vous ex.traire la réalité de œs
Peu de temps auparavant, la RAND Corporation fictions, faire la part de la satire et de l'humour,
avait étudié un tel plan pour ta NASA, Ulle sorte de suivre les 1\at.ions de la terre à travers leurs contra-
guide pour les astronautes appelés à explorer dos dictions.? En un mot pouvez-vous Lirer de ces visions
planètes habitées. ta suite des opérations devait confuses une image authentique de notre monde?
comporter J'enregistrement systématique des émis- Une chose me frappe. Ayant au cours de mes tra-
sions radiophoniques ou de télévision, et sans doute vaux en ces dernières anuécs distingué s.ix phases
la mise sur ordinateur des traduclions ùc langue d'observation dans les mouvements d'UFOs, je
ii langue, tecl11ùquc déjà en voie de r€alisation. constate que celle progression est semblable à celle
Représentants d'une espèce supérieure, les créa- que nous imaginons pour nos proptcs explorations
teurs des UFQs ét~icnt à n'en pas douter eopables ftltures de l'espace.
d'iruagiuer et réaliser :tu> tel programme avec des Selon certaines données historiques prudemment
moyens plus perfectionnés. · retenues, les UFOs, auraient pu commencer leur
Mais comprendraienHls poul' autant fa pleine observation de la Tene depuis plus de deux siècles.
signification de ce qu'ils entendraient et verraient? L'Académie des Forces aériennes fait état da us son
Imaginez-vous un instant eu position d'obser- rapport : , • de nombreuses apparitions au cours
vateur d'un · monde en. avance sur nous de siècle.~, du Moyen Age et par la suite, tell'UFO aperçu dans
voire de millénaires. Vous vous trouvez en surveil- le ciel de Londreos le 16 décembre 1742 >. Ce pou-
lance sur un vaisseau spatial, dominant immobile vait n' être qu' une sorte d'inspection de routine d'une
notre côte Atlantique, largement hors de portée des planète considérée comme en voie de leute évo-
intercepteur§. JI fait 1111lt En bas, brillent les cités lution.
éclairées. Le docteur Carl Sagan, astronome et conseiller
Vous êtes assis dans une cabine entouJé d'appa- de la NASA, croit que la Terre a été s 0 ns surveil-
reils élecLroniqucs recevant, enregistrant émissions lance • de routi!le • dès les temps pl'éhistoriques.
radio et spectacles téJé,isés. tes traducteurs auto- L'Académie des Forc~s aériennes reconnaît de>.l
matiques et autres super-ordinateurs vous restituent indices de visites datant de millénaires.
les messages et discouo·s anglais, français, rosses, Le docteur Carl Sagan estime que nous devl'ions
espagnols ct autres. Tout un programme varié de nous abstenir de toute transmission • ... car nous
nouvelles, commentaires de politique ù1ternatiouale, ne pouvons connaitre les intentions d'une société
films anciens s'o:Jire à vous. galaxique supérieure • .
Puis viennent les nouvelles du monde... la misère Mais déjà, des signaux sont venus de l'espace,
e.n Afghanistan... évidemtnent destinés à la teHe. Ils témoignent de
Et sans fin défilent les guerres : Corée, Vietnam, l'exacte information des civilisés d'autres mondes
Afrique, Amérique du Sud, Asie. sur l'état des progrès techniques du 11ôtre. Le refus
JI y a là de quoi épouvanter n'importe qni. Cep~n­ de répondre oc découragera pas les visiteurs de
dant ùcs milliers ùc telles images ont défilé devant l'Espace. Certains analystes croient que la ~urveil­
nous sans troubler apparemment notre quiétude. lance par les UFOs pourrait n 'être qu'w1e suite de
Observateur pétri d'une civilisation plus · haute, tentati\'es pour entt·cr en contact.

73
Le premier message ùau: de 1889. Nikolo Tesla étudié trente ans le problème. Sou intervention fut
intcrccpwit alors à son laboratoire du Colorado donc prise au sérieux.
d'ttranges signaux dénotant la présence d'une intel- Le direc1eur du prognmme OZMA était le doc-
ligence cxtra-tcrrieooe. En 1921, Guglielmo :Mar· teur Frank Drake. Dès 1960, Il insistait publique-
eoni, l'invcuteur de la TSF, interceptait des signaux ment ~ur les gands avantages que nous tirerions
apparemment codés de l'Espace. Eo 1924, au de nos coDiacts 8\•Cc de.• mondaJ tccllniquemeot
moment d~ plus grand rapprochement de Mars, plus avancés ... Nouveau recul des lllllladics, durre
le docteur David Todd, professeur d 'aslrooomie au de ,;e p rolongée, arrêt des guerre.s, extension des
collège 1\mherst, enregistrait des signaux radio d'ori- '-oyages spatiaux, acoès aux IICCI'Cts de J'univers. •
gine non identifiée. D'autres signaux inexplicublcs Drake tir ,peu après coonnitrc que l'ou était en
étaient encore reçus en 1927, 1928 et 1964, selon mesure d'iote~pUor des messages entee vaisseaux
le docteur Ronald Bracewell de l'Institut de Rad io spatiaux. Mais Struve et lui évitèrent toute discos-
Astronomie de l' université de Stanford. sion sur les UFOs ... Les Forces a6rieoncs voyaient
En 1959, lu NASA interceptait des signaux d' un d~jà d'un mauvais œil leur progrnrru:ne, il était inu-
satellite inconnu orbitnnt autour de la Terre. Cott~ tile de les provoquer.
même année, la N afiollltl Science Foundarion met- Au début -de 1961, Drake el ses collaborateurs
tait sur pied un programme d'écoutes des mcs~nge.1 faisaient "" pas décisif. l is avaient étudié avec
spatiaux. Et l'effroi s'emparait bientôt de certuios une particulière, attention TAU CETI l'un des plus
scientifiques devant J'abondante récolte de messages. proches soleils susceptibles d'avoir des planètes.
L..e premier programme ne comportait au départ Aucun cependant ue s'allendail à oc qui allait
aucune publicité. Les écoutes étaient centralisées à arnver.
Green Bank en Virginie de l'Ouest, où la Fon- lis étaient en observation depuis moin.s de deux
dation disposait d'un observatoire de radio astro- minutes quand leur parvinrent des ~it,'llaux, forts,
logie dirigé par le docteur Otto Struve, astronome tllitincts, ordonnés selon un code précis. Un tel
de réputation mondiale. ~~ultat stupéfia _les,cxpériment:ateun. Ils ?'e_n pou-
En 1960, le docteur Struve étonnait le monde \ aJeot douter: ils el.D.Jent su r une ooùc cmose par
S<:icnti6que et le grand public par l'annonce de de• étres civilisés d'une planète du système Tau Ccli.
son progrnlllllle : OZMA. Dans un bref commu- Au bout de quelques instan~, les ~i$naux devin-
niqué à ta presse, il affirmait qu'il devait y avoir rent inaudibles, laissant les sn>attls il leur étonne-
au moins un millio n de planètes habitées dans ~cn.t. Décrivant plus tard la scimc, Jo docteur D rake
notre galnxie. Les populations les plus civilisées dtsmt que Jes fantomatiquo• messages avaient eu
devaient au moins soupçonner, peut-être savoir un effet inattendu : • Tous levèrent los bras au
l'existence de la Tcnc. ri devenait vital d'établir le ciel... • .
contact, ou tout nu moins d'écouter les signaux et Redoutant des r6actlon.~ h)'l•tél'lques dans le
messnges intelligeuts. L'on en était encore à l'épo- publi_c, les a~sistanrs voulurent garder pour eux cette
que oà par peur du ridicule, de nombreux astro- hJStolfe. Mats elle avait cré6 ll'op c.J'~motion pour
nomes po·ofcssionncls évitaient de parler de la ~ie demeurer cachée. Des fuites la liront bientôt con-
d'autres mondes. Les titr~s. la réputation de Stru•c naltre. Alors, une fois de pluS; entra co fonction
le mettaient au-dessus de cette faiblesse. Il avait la 01açhine à • démystifier • du Pentagone :

74 75
U!s signaux dont on avait pu penser qu'ils teur John C. Ully, le doet.eur Frank Drake, .le doc-
venaient de l'Espace, avaient, selon les autorités teur Carl Sagan, et pluscenrs autres parf81tement
officielles, été émis par un poste militaire secret qui informés de l'urgence du problème.
pour de hautes raisons de défense ne devait pas Au terme de longues discussions et de calcuù
être identifié. serrés, le groupe entier approuva se~teroent la
Si cela avait ét6, OZMA aurait coutinu6 sans fom•ule de Green Bank: .
fracas. On s'exp!iquc mn! la suite des événements. 1/ y 11 entre 40 ct SO mt/lions de mondes q111, ,rosi
Uue déclaration abrupte du docteur Struve met- terllent de pre/ldre co~ttnct avec nous par radio, soit
tai t fin au programme OUfA. A la stupeur des som à t'écoute des mmages de la. Terre.
journalis.tes qui l'avaient entendu annoncer les L'éloignement de tous ces .lU()D~ atténue le
recherches, le docteur ne leur accordait plus d'im- fantastique de la formule. Sa divulgation ne provo-
pomnee. C'était folio, disait-il Ndemcnt, que qua aucune panique. Depuis, le prog~ammo OZJ1:1A
d'attendre des messages d'autres mondes. Puis, de veille radio de l'Espace se poursuu d'une stat•on
sans se préoccuper do 1'6trange contradiction, il de Porto-Rico. L'activité du. groupe œl sous le
ajoutait que si l'ou t·ccevait de tels signaux, il pour- contrôle du Bureau de Recherche scientifique des
rait être déraisonnable d'y répondre. Quand les Forces aériennes. Et il est probable que les mes-
journalistes demundèrent si le programme 6crait sages véritablement ioquiétants seraient gardés
repris, il les congédia d'un goguenard c revenez t~ccrets.
dans mille am •l La \'indique histoi re du message de Tau Cetl
Qui, ou quoi avait bien pu amener no savant ne sera sans doute jamais divulguée. Il semble cer-
renommé à se ridiculiser ainsi? En attendant, cou- tain que le doeteur Struve se soit laissé convaincre
rait le bruit que le message de Tau Ccti, décbitrré, de cacher les faits dans l'intérêt général, acceptant
plongeait les initi~s dflns l'épouvante. ainsi une humiliante épreuve. .
J'essayai de contl'ôler cette version dans les C'est de cet incident que date la peur endém1que
milieux hien informés do Washington. Pour autant des spécialistes de l'Espace. Pour certains, le seul
que je le sache, il no s'est agi quo d 'un bruit. Mais fait d'écouter les me!Jsages de l'Espace peut être
lu soudaine volte-face de Struve ne s'expliquait pas dangereux. Arthur C. Cl.nrke qui_ fait , autorité en
sans un c quelque chose • de très !ort. Les déve- matière de \"Oyages spahaux crot! qu nne espèce
loppements ultérieuro, plus surpren:mts encore, ne supérieure mal intentionnée peut distiller à tra•-ers
peuvent que mc rcnforcu dans cctie opioion. les ondes assez d'angoisse pour nous acculer ~ une
En novembre 1961, alors que OZMA s'enfonçait sorte de suicide colleetif. .
dans l'oubli, une réunion secrète de savants se Cette crainte du contact avec une roe& techm-
tenait à Green nanlc. Thème de la r6uni.on : esti- quement avancée s'est étendue aux communication~
lnation du. nombre de mondes capabl~s de commu- :wcc les passagers des UFOs. <::ertains scientifiques
niquer avec la Terre? connaissent les nombreux témmgnages, les conclu-
L'homme qui présidait celte assemblée 6tait celui- sions 6ecrètes de l'USAF, les tentatives faites pour
là même qui avait tenté de noyer la question sous caprurcr des vaisseaux spatiau:~. Mal~ l'absence
Jo ridicule, le docteur Otto Struve, Et autour de d'actes hostiles, quelques savants ont formulé des
lui se trouvaient le docteur Melvin Calvin, le doc- nW.es en garde. Ils maintiennent que nous ne
76 77
devons pas attendre de lous les extra-terriens des utilisent ce système ou quelque autre similaire. Telle
~lspositions. amicales, que nous pourrions très bien serait la raison pour laqueUo nous n'avons pas sur·
ctrc anéantiS par eux ou r6duits en esclavage. Pour pris de messages cnlrc eux au cou.rs de leur looguo
!~ docteur Thomas Oo!d now pourrions être comes- surveillance.
tibles. L'ultracom à peine reconnu réfractaùe aux inter-
. Quoi qu:u en soi~ de ces apoenlyptiq= prévisio!l.l, ceptions, J'USAF voulut en faire équiper plusieurs
JI urge d en savo•r le plus possible sur les êtres avions. Mais, par crainte des fuites, et mal&ré
venu.\ par les UFOs. L'fnstitution 8rool<i11gs en l'iDSÎSt30Ce qe plusiell!S OfOcicr~ 8Upéricurs Ct géné·
son ~apport i't 1~ NASA sur la conjoncture de l'Age raux de l'état-major, le comité de contrôle a fait
Spattn!, r~servaJt une étude de cinq pages au>t visi· .
rejeter le projet. Des etforts répétés n'ont pu vaincre
. '
teurs de l'Espace, iuitiallvo contrastant curieuse- cette opposrua,n,
ment avec son silence sur les UFOs. L'apparition JI semble extraordinaire que le mur n'ait pas été
de ces atrœ aurait, selon le ra.pport, de sévères effets jeté bas, le SECRET levé, la censure proscrite.
sur le publ.ù: : Mais I'USAF n'est pas seule à vouloir le mystère.
~ Des sociétés trop sûres d'd!es-m.êmes se sont La puissance qui l'impose est en fait le CIA, Cert-
d~smtégrées au contact d'une société supérieure. tra/ ltrtelligence Agency. Quoique relativement peu
D autres ont survécu mais après de profonds chan- connu, le CIA a autorité sur les servioes des armées.
gements. En clair, nous serions d'autant mieu.-.: Son in~uence ost considérable sur les chefs de
p~parés à de tell~s éventt1alit~s que nou" connat- l'Armée de la Marine, des Forces aérieones et du
tr•o~s mJeux !~s divers facteurs de la rencontre. • Corps des M~rlnes., S'li n'a pas le contrôle de
L argument nwoqué par l'Etat-Major des For<:es l'Aviation Fédérale, de la Garde des Côtes, de . la
aériennes pour refuser le contact avec les UFOs Com~T~ission Fédérale des COlrulJunications et autres
est <IU'un tel contact ne pourrait être caché au organismes gouvernementaux il a sur eux dœ
public ct qu'il en résulterait une peur générale moye!l.l de pression importants. Seul lui échappe
Mais deJ?uis 19?1 existe un système .sp6eial d~ Jo FBJ.
t,ra!l.lnussron qu• peut être utlUsé secrètemeruj: L'intervention du CIA dlllls les enquetes de
Ju/tracorn. Créé par Westinghouse l'ultraccm est I'USAF date de 1953. Cela s'est passé en dchon
un ~olsceau dirigé, ne se prêtant ' pas aux inter· du vice-amiral Hillenkoetter qui n'en était déjà plus
ceptrons. Le docteur Patrick Conley de !a direction directeur. DepUÎ.$, le ClA a constamment utilisé
~e Westinghouse classe l'rdtracnm dans les radia- sa puissance pour imposer et •outenir les argu·
ti?Os ultta-violctlcs presque !mpoosible à déœcter. mcnts fallacieux de I'USAF devant le congrès, la
l utmnspbère absorbe les ondes y~s courtes, empê· presse et le public.
chant wt contact dJrect entre wh1cules spatiaux et li ne s'~gi.t pas, ici d'nccnblcr le CrA. Ayant uno
la Terre. L'!'lt_racom se prête à la télévi.:;ioo comme grave décision, à prendre, il a choisi celle qu'il
à la transmtS'SlOO des messages. Le docteur Conley croyait la plus sage en regard de !' intérêt nation(l)..
?bsCr\'c que !'utt;aoom pourrait etre utilisé pour des MnÏ$ laissons de côté les bonnes intention"- CIA
r~tcrcom:numcatrons· entre véhicules spatiaux S8!1.1 ct USAP ont men6 la nation dans une dangereuse
nsque d être eotehdu de la Terre. imp•ssc. Ils n'auraient pu Caire mieux s'ils l'a\'llient
Il c.t très probable que les équi.(l38es des UFOs fait de propos délibéré.
78 79
Caire remettre toutes les 8.11ljlllations dé$ rapports
sans laisser à la Marine le temps d'une enquête
préliminaire. Et dans tous les ens, I'USAF avait
refusé de r~pondre à toutes les quœtions sur ces
rencontres, sauf pour c d6mystificatioo • quand des
fuites avaient alerté la presse.
Edilié, le secrétaire à la Marine s'cntreti.ot avec
CHAPJTRE V le contre-amiral Calvin Dolstcr, chef de l'ONR,
Office of N a·.-ol Re.rearch, le Service de Renseigne-
L'lNTERVE.'ITION OU CIA ment de la Marine.
c J'entends que I'ONR fasse désormais ~e
enquête complète sur. tou..~ les rapports do la M!'nne

CE fut en conclusion d'une rude attaque contre


le SECRET UFO que le CJA prit le contrôle des
et du Corps des Marmes. Il devra également s·atta-
clter à récupérer les doubles des t6mo\gnages reçus
antérieurement sur des incidents non expliqués'.
enquêtes do l'USAF. Peu do personnes ont connu co Ceci ne doit pas préj ugcr des opérations propres
drame de couJis$e. nux Forces aériennes 1 •
· Tout n commencé par ua rapport du Socnllalrc L'état-major de I'USAF inlormé de cette prise
à la Marine Dun Kimball. de position tint une conlérenoc sur-lc-cbo.mp. 11
En nvrU 1 9~2, Kimball volait vers les Hawaii était déjà sur la sellette. Lo grand cirque de 1952
quand dewt •·aisseaux eu fonnc de disques mirent était en route. Les rapports sur las UFOs venaient
cap sur son avion de commandemenL de tout le pays. Presse et Capitole exigeaient des
A I'~Uerrissago, le secrétaire Kimball envoyait explicatiOtlS. Si l'algarade avec Kimball venait à
par radto son rapport à l'USAF, toujours officiclle- être connue oc serait cinq colonnC$ à la une et la
meot charg~e des enquêtes sw: les UFOs Re,oeou p311ique ch.:Z les censeun. D'11J1 autre côt6, parta-
à :Woshi~gton, il tit demander à ses servicts <Juellc ger le secret avec le secrétaire de la Marine pouvait
sw.~e ~v~tt été do_nnéc à l'affaire. lJ lui fut répondu être pire. Il pourrait divulguer la rencontre du
9u ~l etrut contraire aux ordres de discuter de teh Pacifique et d'autres incidents rapportés par les
mctdents, même avec les témoins de qui l'on tcnuil marins. L'état-major se ballait les flnncs en quête
les rapports. de solution quand survint uue nouvelle péripétie.
C'étolt une erreur que devait regretter bientôt De source Forces aériennes, il apprit qu'un pho-
l'~tat-major. l<imbnll n'était pas homme à se h1isser tographe de l'Aviation Nuvulc avait photographié
c~aquer la porte !lu nez. Il savait d'ailleurs que les une lormation d'UFOs. Su l' los ordres do Kimball,
Pl!Otcs de ln Maflne et du Corps de Marine avalent la bande avait été envoyée pour cxnmen nu labo-
fa1t de nombreux rapports dont les éléments avuicnt ratoire de la Marine près do Washington. A pre-
été \'érifi~s, ct quo d'autres observations proveoaleut mière ana lyse il s'agissait bien do vaisseaux spa-
de contrôleurs do vol et personnels au sol qua1Ul6s. tiaux. La menace s'aggravait.
Ayant fait une rapide enquête personnelle, il aprrit 1. L'.incidcot a 61é conflrm' A l'auteur par le contre-
quo les Forces aériennes avaient insisté pour se amiral Bolster on 1953.
80 81
L'état-major de l'USAF s'adressant directement 't été de 525 84 ktn à l'heure, dépassant tres lar-
au chef du laboratoire photographique, et sc téférant :~ment toute ~itessc connue de dérive des ba\lon5
aux ordres réglementant les enquêtes sur les UFOs, nu vent •· · ·n< b'
eJcigea la livraison immédiate dn film à ses propres .
OJSearvc.' nucun oi~au n'a de pouvoJr re ,c ·~­
• . 1 fil ·si fo rte·
services d'analyse. Pr~vcnu, Kimball donnait à ses sant ,;uffi~ant pour impressronncr ~ m. au; ,.
experts l'ordre de poursuivre l'étude sur le film ment n'il l'a été •· Les experts a]Outa•cnt. qua de
original et de laire parvenir une copie à I' USAF. telles qvitesse$, il eût ét6 simplement ndrculc de
Entre-temps, rnpport et film avaient été scru- s'nrrêter à l'hypothèse oi>JCaux. .
puleusement vériliés. L'b.istoite était la suivant~: Toutes explications par des phtnom~es cou-
le 2 juillet 1952, Delbert C. Newhouso, maître rants étnnt éliminées, les experts de la Mnnne adop-
principal de ln llUlrÎno rejoignait en voiture avec taient unanimement l'opinion : .
sa femme nne nouvelle aJiectation. ~~ de T re- c Les objets inconnus se t'rouvent >"OilS conrr6/e
monton, dans l'Uthh, ils virent un groupe de douze d' etres Intelligents. • , _, la
à quatorze objets volants manœu\'rant à grande A la fin de l'année 1952, les concluSlons ~c
vitesse. JS'cwhouse était un photographe expfri· Mnrine lurent communiquées aux Forces aencn-
ménté de l'aviation na\'ale. Ces objets ne ressem- ne.~ Les ceœcurs furent moins surpris que conster-
blaieut à rien de ce qu'li avait po voir au coun de nés. Leurs propres experts 3 vaient été .trop : ten!s
son activité professionnelle. La con1paraison ~ui dat;s la mise su r pied du plan de • d~mysl.ilicnuon. •,
lui venait à l'esprit était ceUe de cuvettes i.o.versees Maintenant ceWt de la Marine en bloquruent 111 mo~e
et aècolées deux par deux. en o:u\'re. Pas d'échappatoire, sauf au pnx de men-
Ulilis~t une caméra Bell et Howell de 8 à téll!- 50nges grossiers. nd · • 1
objectif, Newhouse put prendre quinze mètr&J de Pour gagner du temps, I'USAF dema aot ~ a
film a\·ant la disparition des UFOs. . d ne donner auctone suite avant quelle
M arme e , A • • lie ne
Au laboratoire de la Marine, les experts photo· . 1 acllevé ses propres etudes. ssure que
graphes passèrent trois mois, soit six cents heures ~oumoit. trouver d'explîention valable autre ~~~~
de travail ;, examiner la bande colorée. Le Rlm celle de ses services, 'Kimbnli accorda un re
résista à tollS les tests. ù:s experts reconnurent
qu'il eut été impossible d'obtenir frauduleusement délai. . . ·
Cc'pcndant, le C[.o\ uv ml suovt
1
ce pres
, depu'• un
. •,
une reproduction de manœuvres d'UFOs. leurs · ta-n< les enquêtes des Forces aénennes.
L'Crtatn ~..,.. 'USAF t d la
conclUsions étaient pncises. E 1952 à l'insu meme de 1 c . e
Avion? c avec les lentilles utilisées, uo avion au- M !' e · le ' CIA voulait ù tout prix le stl.ence.
rait pu être identilié nettement à huit kilomètre.•. A a~,;llnt l'enqu~te de la :Marine c.t con,natsSD?,t
La vit<Sse à ccllo di$!ance wt été de 1 OS 1,36 km à
l'heure ... A l'époque, il n'y avait pas de formation
1J~.onclt~Sions sur l'affaire de .l'Utah, 11 décid~ qu Il
fallait muscler Kimba\1. C'étrut prend~e un ns~uc.
aérienne capable de donner cette vitesse, et encore Kimball pouvait le déOer, rendre pubhcs en même
moins de Jtlanœu\'fCf à cette vitesse •. temps que les conclusion~ de ses experts, tous le~
BallollS? c avec le modèle de téléobjectif utilisé, témoignage• recueillis P:U: la Marmc. l!n scu
des ballons auraient pu être identifiés jusqu'à 8 kilo- !
ntoyell : persuader le présrrlcnt \rurnall, ame-n~!
mètres. En les estimant à 4 kilomètres,. la vitesse à user de 400 autorité pour rédurre au silence
gz 83
s~crétairo à la Marine. Mais quelle sentit la réoo- saut totalement la position réelle du CIA, ils ~ru·
toon do Truman? rent l'occasion bonne do présenter les preuves mé·
Le CIA décida de surseoir ct d'attendre J'élec- futables de la réalité des UFOs, et de se joindre
tion prtqdeDiiello de novembre. La 'VictOire de au.'t hommes du renseignement et aux savants pour
Eisenhower permit de souffler. discul6r des bases d'une action qui mettrait un terme
';-ts cbcfs du CIA avaient vu josre. Lancer une à la prétendue c démystification • du public.
actoon con~ la cc~re serait une optrarion de A l'insu du CIA, le major Fournet ct plusie~s
longue hale10e, et KimbuU le savait. Au lendemain o!.6.cicrs de l'état-major aVlÛcnl secrètement pre·
de l'election, c.'était, pour un ministre partant, pres- paré un plan de divulgation des obscr.-ations conlrô-
que .sans espoar. Ma1s ses efforts n'avaient pas tté lées. Cela s'était passé six semaine$ avant ,la ~ate
absolume.nt vains. A supposer qu~ Je nouveau secrt- prévue par le CLA pour la conf6r!nce. J avrus à
taarc -:euollc aller de l'avant, l'amiral Bolster aurait titre personnel travaillé avec plustcurs membres
eu maon tous les é16meuts. de ·ce groupe. Chop, puü Fouo;net ~t Ruppe!t
La menace KimbnU était écartée. Mais le CIA m'avaient mis au courant de leur llltentlOn. C'etrul
n'ignorait pus le danger d'nne nouvelle épreuve une hru:diesse dont je n'attendais guère la réussite.
de force avec la Marine. Et l'USAF ne semblait Au cours de cette période tendue de 1952, Four-
pas de taille à y faire face seule. La soluLion était net avait eu un. rôle clef. Il avait eu entre les mains
de prcudre lo contrôle des enquêtes à commencer des centaines t.lc rapports et avait dQ en faire la
par ecllos des Forces aériennes et de durcir la cen- critique. D connaissait touoo l'allaire et estimait
sure. Il fallait à tout prix tuer dans l'esprit des gens qu'il était temps de meure un terme au SECRET.
la croynuco aux UFOs. Se6 fonctions Je mellaieut en relation constante a\'CC
l'our parvenir à son but, le CV\ organisa une les grands chefs de l'état-major. p a"ait pu_ cons·
réu~ion de savants er de représentants des Forces tatcr que nombre d'entre eux desapprouvatent Je
aéne~nes au Pent'lllone. Ordre du jour : état des silence rait autour des v'FOs. Les ayant pmdem-
tém01gnagcs Gur les UFOs. n était dit que ce serail ment mis au courant de ses intentions, il en avait
un .examen sem, . objectif des rappolls les plus reçu une aide appréciable pour la mise au point
pertoncnts Cl 1.:.~ moeux contrôlés. Mais la sélection de son plan. • . . • ,
du CIA porto sur quelques scientifiques connus Premier acte prévu : convocauoo mopmee d une
J?OU:: leur sccpti~ismo. La plupart n'avaient pas m~me conférence de presse; toute opposition ainsi prise
etudo6 la questJOn, ta considérant a priori comme de court. pr~senration aux journuli;tcs du Jilm do
absu.rde. Los représeu.lants du Cf/\ ayant ete toute J'Utah. Puis viendrait J'expcf'lise de la ~:tarine, sans
manoère pleine uutorné, le résultat ne pnrais•ait allusion .à la poiliLion négative de l'USAI'. Rapports
pas douteux : la barque des spécialistes serait menée de lémoins faisant autorilé, enresistrcmeuts radar
d'une main sOre ven un verdict négatif. commentés par les profes~lonnels, et, pour finir le
J?e nombreux représentants des Forces aériennes major Fournet prescntemit une synthèse Inédite de
étruent cepeotdant hostiles à cette politique de crunou- renseignements sur les UFOs, fondée sur les cen-
flagc, du moins en pri,.6. Délibérément ou non on taines de rapports analysés par lui en collaboration
leur fit croire que Je CIA s'inquiétait des risque~ dè avec les sa\•ants du groupe d'dtudc el les officiers
cette censure de plus en plus lourde. M~connais- de la division tccltniquc du Rensoiguemcnt. Conclu·
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sion : ijDe surveillance est exercée sur notre monde de vaisseaux interplanétaires. Ruppelt, de son cmé
par les étrangers de l'Espace. Aucune mention des avait apporté tm programme pour la. m~se en œ~wre
tentatives dœ Forces aériennes pour capturer leurs d'un système de repérage. JI a été reJelu .san~ dc~at.
vaosseaux. Je sais bien que ces agents ~u CIA. ag1ss.~r~nt ~u~
. Avant la réunion du C fA, Fournet décidait de ne ordre, mais à deux ou tro1s re)'rtses, J a1 fa!lh
pas démasquer son plan bnmédiatemcnt, et d'atten- exploser.>
dre que les principaux points à l'ordre du jour aient Heureusement pour eux, Fournet ct son groupe
été discutés. A la vérité, il croyait toujours les spé- n'avaient pas révélé leur plan secret. Eu février, i!s
cialistes 'dispo,sés à accepter les conclusi9ns des firent une habile tentative pout r·assembler la conte-
Forces aérie11nes et à reconnaître la nécessité de renee de presse. lis scmblaie'!t sur le po.int de ré'!S-
préparer Je pays. sir quand le CIA iotervmt a nouw:au. Un ~pre~­
La coofé.rence débuta le 12 janvier 1953, sous la midi, au Pentagone, Chop me raconta ce qm éta1t
férule des trois représentants du CIA, les agents .
arnve' :
Philip G. Strong et Ralph L. Clark et l'expert • Ils ont démoli tout le programme. Nous avons
scientitiqne du OA, le docteur Manshall ChadweU. reçu l'ordre d~ mettre sur pied une cnmp~gn~ d.c
Au 1erme de cette épreuve de cinq jours, lin colonel • démvstiflcation >, de truffer les revues d·mtcles,
des Renseignements m'apportait avec uu visage de saturer la radio d'émissions pour faire apparaître
sinistre, les ma1tvaises nouvelles que devai~nt me tous les rapports sur Jes UFOs comme autàot d'inep-
confirmer un peu plus tard Fournet, Ruppelt et ties. •
Chop. _ · Quelques jours plus tard, Chop démissionnait de
<.Nous avons G.té eus. Le CfA ne veut prus que le son poste nu• Forces aériennes. Mais je. devais
public soit préparé. Il ne veut pas même que l'on apprendre bien d'autres -choses sur le contrôle CL<\
parle de cette questio~. Ses agents ont mené tout par le capitaine Ruppolt : .
le débat et les. scientifiquM ont emboîté le pas. Ils • Ce que vous a dit Chop tî'e.st pas le pue. Nous
ont fichu en l'air le film sur l'affaire de l'Utah, pro- avous ordre de cacher les oruerva'tions toutes les
clamé .J'incomp<ltence des experts dè la Marine. fois. que la chose est pos~lblc. Si .l'it~ormat!?n n'a
Nous avions une centaine de rapports choisis parmi pu être arrêtée, une rapide exphcal!on dOl! être
ceux qui avaient. été le plus sévèrement contrôlés. immédiatement publiée pour diser6diter le" rapport
Les plus convaincants ont été retirés par les agents et ridiculiser Je témoin, surtout si nous ne trouvons
du CfA. Les scientifi<tues n'ont pu examiner qu'une rien d'autre à dire. Nous devons rendre grotes-
quinzaine de dossiers où les age.nts ont tenté de ques nos propres pilotes. Uu sale travail, rnais quo
creuser des tranchées. Fournet exhibait les obser- faire contre le CIA? 'l'out çela mc rend malade. Je
vations de bmrtcs autorités militaires, de comman- pense demander ma rnise en disponibilité. •
dants d'avions de ligne, et même dè savan!G. Les Mis en disponibilité, le major Fournet l'était déjà,
hommes du CfA man::euvraient pour faire appa- avec ordre de ne rien révéler de ses conclustoos
raître ces témoins comme autant de fumiste~. Ce que sur les UFOs. Son rapport secret fut cta>Sé à
voyant, les scientifiques ame.oés par eux ont balayé l'état-rnajnr « document Forces aériennes - sans
toutes les co~cl usions de Fournet, ct affirmé qu'il suite». .
n'avait pas npJ)Orté le moindre indice de l'existence En vertu du diktat CIA, les aviateurs les plus

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réputés étaient sans méoasemcnt tratnés dans la Tous les officiers des Fon:es aériennes ne de-
boue. Tel fut le son du lieutenanH:olooel 0.1. vaient pas déférer un.s heurt au• diktats du ClA.
Blakeslee, l'un <les plus grands a.~ de la Seconde Un bea11 tapage devait être soulevé par un rapport
Guerre mondlolo. Blakœlee survolait uno nuit le du professeur Henry Carlo~ chef du Dé!l8rte'!'c~t
!~ron av~c Wl "PP31"Cil de oombat il réaction, quand dos Sciences physiques l\ l'un1verslt6. du Mt9StSSJppl,
Il entendit les pJlotos do deux uulres a•ious ~it;nar et colonel de réserve des Forces a~ncnncs. .
1er un UFO 11 une base des Forces aériennes amé· l'ar une nuit de 1957, Carl oct observ3Jt un
rieaioes. Guidé J'<'lr le radar au sol, il apercevait UFO au-des= de Jackson avec un pUÜ5aot t~IC­
bientôt l'objcL ~ feux rouges, verts, blancs de scope. Il fit part publiquement de ~ttc obsem~oon.
l'cngm tournaient régulièrement. Etei!lllant se.~ pr<>- A Washin.:ton, un agent du CIA vmt pner un offi·
pres feux, BJakc~lee essaya de s'approcher. Tl sem· cier chargé de l'iofonnation du public pour les For-
ble n'avoir pas été repéré imm~diatement. L'UFO ces a6rlonnes de procéder à la « démystification •.
n~ se dér~ba. qu'au bout d'un lnsta1ll ct réapparut L'officier conn aissait Carloek. li so rebiffa: .
b1~ntôt. L av1on alluma ses feux et mit plein gaz. - Le colonel est un bon astronome. Ce seratt
L'tnconnu pnt alun une vitej,"Se extraordinaire cl une honte de le ridiculiser. Je sais qu'il a vu ce
en moins de cinq secondes, s'évanouiL qu'il a dit.
Au rapport de vol, un lieutenant-colonel du Ren- - Nous nous en moquons. Vous êtes prié de
seignement insistA sur le fait que .Biakeslee avait dire qu'il s'agit d'une iUuslon d'optique. .
ex.ercé, d'importants commandements, était pnr· Après un~ âpre di~eu~ion, l'o~llcicr écriv•! un
faltcment 6quilib1·é. et devait être cru. Il n'était pas communiqué ùe presse, qut ne pamnt pas amr Jour·
douteux que l'cog111 aperçu Cùt un c objet volant nalistes. .
non identifié >. Quant aux pilotes des lignes commercial~, ils de·
~and le CJA eut coooaissanc:e du rapport, il vaient être suumii il d~ attaques p3rtlculi~rement
&f'Pnt en même temps que la transmission à mon vicieuse>. JI en fut ainsi en particnlier pour un co~­
bureau avait éli! autorisée. Sur ordre, l'USAI' expli- mandant de bord expérimenté des American Air·
qua en toute hitte que I'UFO en question 6tait ta lineR. Tl avait rendu compte d't1no rencontre avec
planète Jupiter. Le radar qui avait détecté l'objet trois UFOs. Ceux-cl avaient été vus également par
n'~vaît qu'une portée de quelques cenUtines de le copilote, des pa•sagers, et les éqtûpages de ciuq
mdlc!. ~tte nuit-lit, Jupiter était à 588,9 millions autres avions de ligne. Un porte-parole de l'état·
de kilometres de la terre. Qu'importait au CIA? major, couvert do l'anonymat, mit publiquement
P~ur lui le lieutenant-colonel .Biakeslee, tes autres l'affaire au compte d'un excès d'alcool du comman-
pilotes et les experts radar des Pnrces aérienne< dant. Le commandant voulu1 protester à la r.adio.
n'étaient que des imbéciles et JI tenait à ce quo cela So11 honneur, celui de .sa famille, étaien~ _en jeu.
rm dit publiquement. La compagnie fut mise en demeure de lut Imposer
En 1953, la vérité -~ur le film de l'Utah fut ren- silence.
d~e pu~Jique par Walter Karig, assistAnt du 5e<:réo- Certaines de ces hâtives c démystincations • sont
talrc d Etat à la Marine. Ignorant déb'bérémcnt non seulement pénibles, mais incroyablement st~­
l'analyse de la Marine, l'USAF s'empressa de ripos· pidcs. En a fait l'expérience Ernest Stad,•ec, tapi·
ter : les UFOs n'ét3ient que des goélands. tai11e de bombardier au cours de la Seconde Guerre
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mondinlc, et maintenant propr!;ltaire d'un service li l'usage de. la presse et du Congrès. Cette insulte
aérien. délib~rée extrêmement pénible uux <Brésiliens, devai.l
Stadvcc voluîl de nuit au~essus de l'Ohio. Ses motiver beaucoup plus tard I'Cilvoi d'excuses. Mais
deux passagers étaient également pilotes. Soudain sous la pression conjointe du. C lA ct de l'USAF,
un brillant UPO plongea ,·er.; lui Au moment où l'incident est toujours classé aux supercheries.
la colli.!ion parabsait inévitable, l'engin s•arreta Les membre6 du Congrès ne sont pas à r abri de
brusquement Puis, ù une vitesse de fusée il s'éleva ces manœuvres.
ct disparut, laissant les trois hommes encore stupé- Le sénateur Richard B. Ru~ll, aujourd'hui dé-
faits d'avoir échappé à une catastrophe.
Dès que l'histoire fut connue, un poctc-parole
..
céd' avait observé un UFO au. cour& d'un séjour
en Europe. Quelqu'un en ayant toucb~ un mot a
-
de l'USAF convoqua hâtivement fa presse, sans un joll!llatiste spécialisé duos les chroniques aérien-
même nvoir pris la peine dlinterroger los témoins. nes Tom Towers, celui-ci ~crivit nu sénateur pour
Pass~t sous silence Jo fait que Stadvec n'était pas lui 'demander des détails. Le sénateur répondit :
seul, d affirma que lo vétéran s'était laissé effrayer • J'en ni parlé aux services compétents do gouver·
par l'étoile fa Chèvre. nement. lls estimeraient peu sage de publier l'affaire
Su1dvec fit ~clater sa colère en public. en ce mome.nt »
Jnmai.~ l'USAI" no voulut rétracter cette absur- L'affaire était gro~sc. Le sénateur Russell était
dité. l'un des leaders du Congrès, président de la Com-
Il s'est trouv6 une occasion au moins, où la cen- mission des Services Armés au SéouL Tower publia
sure s'est étendue à une communication d'un gou- la lettre comme établissant l'existence d'une cen-
verl_lement étmnger. Un objet volant de forme ronde sure. Hâtivement le C[A prit contact avec le séna-
ava1t été photographié en plein jour d'un navire hy- teur el depuis, celui-ci de.va.it garder le silence.
drographe brisllien. Officiers de marine et marins P~jdant de6 années, CIA ct USAf ont fait montn:
b~iliens ~voient pu suivre les évolutions du mys- d'un étonnant d <dain peur l'autorité du Congrès.
tcncux eng•n. Après avoir subi tom les te6ts en labo- Des démentis sans nuances de toute apparition effec-
ratoire, sous le contrôle du gouvernement, la pfto- tive de vaisseau spatial ont été envoyés à nos
togra.phlo avait été déclarée authentique par le se- législatelll'5, sous la signature de conseillers juri-
crétBJre d 'Etat à la Marine brésilien, l'amiral Oar- diques dont la mission premi~re serait do donner
son de Maccdo Soares et d'autr09 olticiers de des réponses rigoureuses nu congrès. A ce groupe
marine de haut roug. Rapport en avait alors été se trouvaient associés plusleur$ s~néraux, dont les
adress6 au président du Brésil. majors généraux Joe W .• KoUy, et W.P. Fi~l:ler:
. La photographie ayant été transmise par télévi- Les législateurs eux-memes, dont lck allnbuhons
Sion aux Otats-Unis, le Ccn,tre de Remeignemont impliqucut une absolue rcctituo.lc, ne peuvent obte-
technique de I'Alr parla aussitôt ùc truquage. Le nir de réponse honnête. John McCormack du temps
'!~n lenant-colonel L ..f . Tacker, porte-parole de où il était cbef do lu mnjorlté ~ la Chambre doo
1 etat-major affirma que la Marine des Etats-Unis Représentants, a~ait insisté pour counai,t.re le6 co[l:
nvrut la. preuve qu'il s'agissait d'une supercheûo. clusions authtnuques des Forces aénennes. I m
La Manne eut beau démentir cette déclaration de eu a\'tc Jni un entretien personnel, et il m'a écrit.
l'USAI". Ces J'tOpos furent repris pendant des mois Jamais ü n'a pu connaîtro les faio., même au cours
90 91
de séanœ6 non publiques où il pouvait rencontrer son opioion sur cette chape de plomb et m~ }urait
des officiers de haut rang de I'USAF. Quant au qu'il ne • s'alignerait • jamais. Il m'apportait un
sénateur Keating, général de réserve, non seulement prùcieux conoours et quand je devins directeur du
l'accès lui a été refusé aux conclusions secrètes des NICAJ?· sa coopération os'accrut encore. n appré-
Forces aériennes, mais une version falsifiée lui a été ciait notre combat contre le maintien du SECRET.
fournie des observations de 1952 à Washington. Mais en 1959, son comportement changea du
Le sénateur Barry Oolctwater, m'a dit qu'il avait t9 ut au tout. Ruppelt travaillait alors avec Olle finn;e
à plusieurs reprises tenté de savoir la vérité sur les aérospatiale. Snudain, il cessa d'auaque.r les post-
UFOs. En tant que général de ré>en•e des Forces lions de l'USAF . Une explication -:- sa!!" p~u­
aériennes, il avait accês au TRES SECRET. Mais vcs - po111rait être que sa coopérattOn rut eté le
~insi qu'il d~vait le . découvrir plus tard, les plus prix des contra~ poosés- par l'l.!SAF avec sa fume.
unportantes Jnformat•ons sur les UFOs sont à un Peut-être y eut-tl un.e ·autre raJSon : quelque chos~
degré supérieur du SECRET. d'assez terrible pe1ur l'amener à abandonner? Quot
Laissant nos législateurs dans l'ignorance des qu'il en soit il dut se ~eoier sur toute .1~ !igne.
conclusions très scctètes de 1948, l'état-major de Ell trois chapitres &Joutés au texte tnttial de son
I'USAF voulut nier jus.q u'à l'existence de ces con- ouvrage, Ruppelt prenait le contrepied de IO!Jt. ce
clt~ious. Nombreux sont les membres du Congrès qu'il avait dit, démolissait 1~ tém~ignages ct '!'dtcu·
qut ont reçu des communications semblables à lisait les témoins, dont certatns étrucot des arms !'er-
aelle 9ui fut envoyée à' leur collègue Thomas N. sonnets. Les observations d'UFOs n'étai~nt q.u'tllu-
Downmg: sioos, bourdes, supercheries. Bref... le refrato des
. ~ li n'y a jarnois eu à l'état-major des Forces F orces aériennes.
aenenncs ou au Centre de Renseignement tecbwque Je connai.ssais bien Ruppelt. Il a~~it mon~ré beau-
de l'Air une synth~se concluant à la nature de véhi- coup de courage e.o révél(lllt œ qu tl .croyrut que l,e
cule interplanétaire des objets volants non identi- public devait savoir. Ce brusque revm:ment devatl
fiés. • le heurter profondé~ent. C'é:Sit au.ss! ,un homme
Cette commuuicalion pottait la signature du sensible et la paruJtOJl du lnTe revtsc provoqua
colonel Gordon .!}. Knigbt, chef de ta division d'en- de vive~ atlaqnes, touch~t à .son intégri:é. Cer-
quête du Congrês. Cinq nutres colonels, au moins, taines venaient d'amis qut aurlllent pu dev1n.er son
ont envoyé des démentis analogues à d'autres mem- drame. Comme beaucoup de ceux quj ont appr~cié
bres du Congrès. Ruppelt, j'ai toujours ~'!sé que ~~ r~tracta~Jon
L'un des aspects les plus troublants de cette imposée et les dures cnttques qut 1avatent swvte
c~nsure est la lourde pression exercée sur les indi- ont été pour beaucoup dans la crise cardiaque qui
VJdus. ~o~r les iuiti6s, le capitaine Edward Ruppclt devait l'emporter prématurément.
a été Vtcbme du procédé. La dureté de l'action entreprise contre Ruppclt
.Mis eu disponibilité, Ruppelt avait écrit un livre amait pu constituer pour le NlCAP un avertisse-
sur les UFOs. La masse des témoignages cxposé>s, ment. :Mais au cours de nos tro0s années de travaux,
les entorses au SECRET dont abondait l'ouvrage il n'v avait pa's eu d'interférence sérieuse avec le
uc pouvaient qu'enspérer les censeurs. Dans les ciA: Nous savions cependant qt•e nou.• étions sur-
lettres que Ruppelt m'adressait, il donnait crûment veillés. A plusieurs repriseos, le CIA avait tenté de
92 93
circonvenir des tém?i~•· En 1957, deux agenu
du CIA nvn1ent oblige le conseiller au NICAP
Ralph Mayber à leur remettre un film représeot~nÎ
uu UFO. Ils avaient promis que I'USAF renverrait
le Jl1m ~pr~ une analyse tccbnique. Mayber n'avait
rcç_u qu ~ne b,al}de tronqute d'oil les meilleurs cU-
ches avrucnt clé enl~v6s. Aucune analyse. Auame
note des Forces. aénennes. Une enveloppe simple. CHAPITRE VI
Une autre foiS, un agent du OIA était venu à
nos bureaux de Washington pendant' une de mes CONTROLE lNVISlBLB
abse:"~es, chercb~t apparcffi!llent à savoir de quel
~atcnel confidentiel nous disposions pour le& au-
d~tnces du Congr~. Le ~rsonoel élalt rompu à
ce g~a de tentative, ct nen d'important n'avait
été hvré à l'homme du CIA.
C Bfut au début de 1962 que 1& CfA frappa Je
NTCAP, pour arretcr une révélation qui cilt mis fin
Le !'JICAP ~tait. une organisation privée. Mais il nu Secret. L.es détails de cette in~"Toyable opérntion
Y. avrut , tant d ancrens généraux ou ofdciers supé- n'avaient jamais ét6 exposés jusqu'ici.
n~ re!'utts, de citoyens influents au conseil d'ad- La situation était devenue explosive du fait de
IIWUS1Iat~on, parmi les conseillers spécialisés, et à l'action entreprise au Capitole en 1961. Le NICAP
travers 1eose~ble de notre association nationale, avait envoyé au Congrès au ccurs de la précédente
que nous pouv1ons nous croire à l'abri d'une action .cssion un rapport confidentiel sur les preuves de
de force. Nous ne nous tonions donc plus sur nos la réalité des UFO, l'existence de la censt.rc, le
gardes. danger d11 SECRET.
L'attaque jaillit ccmme l'éclair d'un t~ ba t ·- Ce rapport confidentiel avait l'approbation du
veau. L'e~ct fut imméd!at et <fésasttcu~. Au upe~t Conseil dCK directeurs du NfCAP ct en particulier
no.mbre d oot.re nous qw comprenaient ce qui arri- des anciens militaires : le viœ-lunlral R.H. Hillen-
vait, CCÙl 3VIIIt d'abord paru impossible meme pour koetter, ancien directeur du CTA; Je contre-amiral
le tout-puissant C!A. ' H.B. 'Knowles el Jo colonel de réserve de l'armée
Robert B. Emerson qui avaient personncllcnlout
analysé de nombreux rappor1S; l'ancien ingénieur de
l'air Dewey Fournet et JJ3. Hartranft Jr, Ueutcnant-
coloncl de l'air au cours de la Seconde Guerre mon-
diale, et depuis, pr~sident de la pui>sante association
des pilotes et propriétaires d'avions.
En mars 1961, McCormaclc, leader de la majorité
à la Chambre de• Reprtseotaot• avait reeoounandé
l'ouvenure d'une enquête du comité des Sciences et
Astronautique que dirigeait le membre du Congru
' averton Brooks.
95
Aprês éwcle du rappon confidentiel du NlCAP aériennes, à la ruit.e de Fisher, s'elforçaient de sabo-
de nombreux législateurs s'~taient dressés cont~ ter l'enquête. Mais le char maintenant roulait uop
le maintien du SECRET-UFO. Panni eux, se trou- vile. 1

vaient les sénat~urs Dodd, Oolctwater, Keatillg, En août, le président de la Commission de


Kefauve~, Pro=, Smathers et los repr6sentants l'E.•pacc, Brooks, portait à I'USAF un coup fort
Addonlsio, Bawnhart, Downing, Hardy, Mctcalf, rude. Jusqu'alors, il ne s'était pas moolfé t~s favo-
Scberer, L.T. Johnson. rable aw: audiences et n'avait approuvé qu'ovec
Le repr~entaut Hiestaud prcs~it le secrétaire beaucoup de r~ticencc et sur l'expresse recom-
d'Etat aux Forces aériennes de révéler les faits. mandation du lcuder de·la majorité McCormack, Jo
Le représentant Lind•ay, <JUÎ devait devenir mru.-e oréllllon du sous-comité UFO. Mais il avait main-
~e ~ew York, estimait que le>s observations d'UFOs tenu son opposition aux réunions ouvertes ct n'avait
e.tll!t une matière d'importance vitale : c La sécu- pas même examiné eu privé les documents du
nte des Etats-Unù, disait-il, n'exige pas toujours un NICAP.
secret absolu ... le peuple américain est parfaitement Mais en ces premiers jours du mois d'aoClt, il y
capable de comprendre ces problèmes. • nvait eu un COtlp de théâtre. Snns en donner les
Le •·epr6sentant ù:onard Wolf, membre de Ja misons, le président Brooks prcnuit. date pour un
Commi!!!:lon de l'Espace déclarait à la Chambre : entretien privé avec l'amiral HiUcntkoetter et moi.
c Je _crois que la publication du rapport du :1\'ICAP Il nous demandait d'apporter des exuaits de noue
- ~~ l,'oa en excepte un cbapitre confidentiel sur dossier, cboisis parmi les plus convaincants et les
les mctdcnccs c'Uang~res - limiterait les dangers mieux document~s. ainsi "'ue ln preu~<e de l'exis-
exposés par l'umiral Hillenkoetter et les outres mem- tence de la censure et un exposé des dangers do
bres do l'aSIIociation. • Wolf insistait sur le con- SBCRET-UFO. J'al appris depuis que Brooks avait
traste entre les estimations sérieuses du NICAP ct 1111 profond J'éSpect pour l'amiral depuis qu'il l'avait
1~ truquages e_t supercheries dénoncés par ailleurs. vu organiser le ClA et !e diriger pendant trois ans;
U teCOfDJIIandrut fortement des audicoccs publiques. ccci san.~ oublier ses brillants états de service dans
En. mai 1961 était annoncée une enquête, confiée là Marine. Il ignornit ou début que Hillenkoctter
~ trots membres de la Commission de l'Espace à était de fondation membre du conseil d'administra-
la Chambre des Représentants. Cette sous-commis- tion dès Je début du NlCAP, d'oi\ 6on pc11 d'em-
sion serait p~sidéo par le représentant Joseph pressement à prendre conoaissnncc de notre rapport
E. Kart~ _du Minnesota. Kruth avait d6jll publique- conftdentiel.
ment cnttqué la censure, et insistait pour que les L'entretien étDit prévu pOur le 24 ao(Jt, mais
audiences soient publiques. notre espoir fut de courte du~. Brooks tombait
_Une contro-attaque de~ Forces aériennes démar- gravement malad& et mourait pau après, Sou suc-
rait sous l'impulsion du g6néral major W.P. Fisher OC9SCur devait être George P. Mllller qui, bientôt,
duecteur de la liaison législative. JI multipliait annonçait sèclacmcnt qu'il n'y aurait pas d'audience. _
l~ttres ct entretiens pour assener l'arsument clas- Les chances d'en finir avec le secret semblaient
Stque : • Ces audiences ne bénéficieront qu'aux retomber à zéro. Mais en février 62, un membre
chercheurs de sensations et atJX éditeurs de -scicn()C) du congrès qui avait fortement appuyé Xnrth me
fiction. • D'auues officicn; de nmg élevé des Forces priuit de pas~cr à son bureau.
96 97
. ""';"' 1~, ~ n u~ autre moyen d'arranger cela, mc Brent 1, pilote de M:~rine depuis dix ans, au~ com-
d,>t->1, J ao Jl~rlc. avec que!qoes-11os de me-s col· mandes. iBrent avait traversé !'•Atlantique plus d~
legues. Je SUJ~ sur que nous pouvons compter sur dcllX cents fois. Celte fois-là, il ramenait deux
Kartll, Downmg, Moss, Korncgay et autant de équipages d'a,•ion qui avaient effectué des mi$sions
rep~ntont~ qu'il sera nécessaire à la Chambre. en Europe. En y comprenant son propre l!qmpage,
Peut~tre aurons-noliS McCormack si je parviens cela faisait pius de vingt-doq pilotes, navigateurs,
à metrre en. jeu ~ poùtion de leader de la majorité. ingénieurs, mé<:aoiciens pments à bord.
~u SénBt, JC .suos $Gr de l'appui de Keating, Go!d- L'appareil était ~ environ quatl't)ovinsts IJlomètres
water, ProJUnue, Dodd ct deux ou trois autres déjà de l'aéroport de Gaodcr, Il T crrc·Neu•"· quand
engagés dom la lutte contre Je SECRET-UFO. Brent aperçut un groupe d'objet.:~ éclair~ droit
.~Maintenant, cc q11'il nous faut en toute prOo devant. lis semblaient pos63 sur l'océan, ou très près
nucrc urgence, c'est un cas parmi les plus écra- de sa surface.
sants d~ tool'S ceux exposés par'lc NICAP, avec tous Le commandant fit un cercle pour mieux voir.
!ès d~ta! IS. Il le faut spectaculaire, avec des témoins Alors toutes les lumières s'obscurcirent soudain.
u~>pr~"''"l'nants et des experts réputés, eofln une Et tous les objets disparurent, à l'exception d'un
lûstotre capable de couvrir toute~ les premieres seul qui vint droit .s ur l' nvion. En quelques secondes,
pngoo do journaux ct de déclencher toutes le~ radios l'objet atteignait la même altitude. Il était parfai-
· ' Je r.JpDndis aussitôt: ' · tement visible. C'était un grand· disque au pourtour
1
éclairé. Au cockpit du quadrimoteur, les hommes
- J' ni ce qu ''1 1 vous faut. Un cu extraordinaire
stupéfaits attendaient ln collision. Mais l'UFO s'in-
:\olais sous audience, comment ...? '
clina brusquement et vira de c6ti!, puis, réduisant sa
-;- Je vovs Jo dirai dans une minute. Mais diteS· vitesse, lit volto-faoc et revint derrière. P·o ur les
mo• d'abord.. , '
vingt-cinq Américains, c'était un spectacle extra·
.- Je dois l'affaire à l'amiral Del Fahmey. n a ordinaire. Le vaisseau ~tait énom1e : plus de cent
~~ mem~ du !"'lCAP après avoir pris sa ~traite mètres. Dans la lueur répondue sur toul le pour-
d~ !• Manne ou, dans les derniers temps, il diri- tour, l'on pouvait voir les surfaœs réfléchissant"",
geo>t le département des Missiles. D \'OUS confir- apparemment lisses et métalliques.
mera .les fnits •i je le lui demande. Le capitaine JI sui,·it aimi l'avion pendnnt une dizaine de
de. va>sseau James Taylor avait obtenu COD11Jluni- secondes, puis bascula, pri t une vitesse fnntastique,
cnhoa du ru~ro;t détaillé par le principal témoin, que les témoins apprécièrent à plus de 3 500 km/h.
ct 17nhm?y s état! employé à vérifier toute l'niTn iro ct disp3IIIt.
pour mOJ. Vous pouvez avoir une seconde vérifi Dreut ayant appelé 1~ tour de contrôle de Oaudcr,
cation pn! 'l'nylor si vous voulez. Il o.>t maintenon; un opérateur lui dit que l'engin nvuit .Sté repéré au
:\ la rctrn>tc ct m'a nutori~é à donner son nom.' radar. A l'atterrissage do l'avion, tout l'équipage
- OK... Raconre~·ruoi... fut interrogé par les officiers elu Rcoscigucment
des Forces ·aériennes. A leur destination. ln base
... Cc~tc nuit-là, un quadJ'imoteur de Lransr>ort de
la . M~~nno survolait l'Athmtique, cap à l'ouest, 1. Le nom a été changé pour ne p:tl oompromt:UI'e cet
alhtude 6 000 otèlres, captt:ame de frégate George <>fiicier c;. de l'A.).

'98 99
aéronav~le de Patuxcot dans le Maryland, Brent,
son équopage et les passagers furent encore inter- prh-éc, sans lien avec aucun comité, ct qui sera
rogés par le Renseignement de la Marine. On gardée secrète. Il y aura l'amiral HiUcnkoeuer, vous,
~eur de~~oda ~e rédJger des rapports contplets et deux ou trois membres du directoire du NICAP.
e cc qu !ls ~vrueOL vu. Quelque te01p5 après, un Nous nous réunirons dès quo nous aurons regroupé
expert scocntiftque gouvernemental, probablement ces t~moins de la !VIarine. Nous entendrons en
envoyé par le CIA montrait à Brent contldentiel- premier ce capitaine de frégate, puis les outres
leptent ,des photos d'UFOs conservée~ secrètes. témoins. Nous pourrons enstoitc examiner deux ou
L une d emre elles ntontrait un disque exactement trois <111lrcs cas p1·obants dont vous el les autres
semblable à <7!~ rcncon,tr~ sur l'Atlantique. Fina- membres du directoire du NICAP pourriez garantir
lemem, le_ captlalne de ûégarc dut , 0 présenter pour l'auUlcnticité. Et \'OUS pourriez doiUler de nouvelles
un eo!retien a•;c; des officiers du Renseignement preu•c• de l'exercice d'une censure depuis votre
Tec;hnoquo de 1Aor à la base do Wright-Patterson rapport au Congrès.
Ma1s pen;o~ne, ni de la Marine, ui des Force~ J'ajototnis à cet instant :
aériennes, no des experts scieuû1iqucs du gouve~­ - Une chose ferait une grosse impression. Vers
nement, ne voulut répondre à aucune question sur la fin do 1961, nous avons pu nous procurer une
les UFO$. photocopie d'un croquis de disque <Oiaut exécuté
par le Service de Renseignement de I'USAF. n a
-.C'est en effet un cas du pins grand inti! rê!, été pris du manuel «à DiiTu•ion Restreinte > aux
me dtl le membre du Congr~ cxactemenl ce qu'il officiers du Renseignement de l'Air, porlant le
nous faut. ' numéro AFM 200-3. Nous I>Ouvons l'utili,cr, car
- ~ témoins craindraient probablement des quelqu'un a commis la gaffe d'oublier de le reclas-
rcprésadle~- lls pourraient ne pas Consentir a témoi- ser dans les c confidentiels • quand a été supprimée
gner publtquement. la chtssiûcation • Diffusion Restreinte •·
. -:--- ~itcs-lcur que nous leur garantissons l'immu- - Que montre le croquis?
"'lé· ~· !lOla vou• paratt difficile, je sul! certain - Il y a un bombardier en premier plan, ct au-
que 1 OJ!!oral Hillenlcoeucr pourrait les convaincre deisus, un disque volanl typique, avec son dôme
de se presenter. au centre. Le di•que vient sur le bombardier. Mais
- Vous voulez elire qu'il est au courant? voilà o~ l'affaire se corse. Cc croquis est là pour
:-:- Pas encore. Mals cela vu venir. Maintenant iliuslrer l'un dos principes·clcls exposés dans le
VOICI le programme. Nous allons donner une confé- manuel : < Le Centre de Renseignement Technique
rence de presse_ n n'y a rien qui puisse emp<lc:her de !'.<\ir est chargé de la prévention de route sur-
des membres du Congrès de sc raso;embler et de prise technologique. • Aimi dons ce manne! réservé
P~rler m•cc les jourMiistes. Il faut que l'amiral à sott personnel, le Renseignement de l'USI\F admet
Hill~nkocu~r soit la vedette de cette dé•nonstration. la possibilité d'une surprise ccchnologlquc prove-
Ses mtpres:.ooonanL~ 6tar~ de se.rvice dans la Marine nant des UFOs, alors qu'il on nic l'exi<lcnce. Et
ct son tilro d'ancien directeur du CIA souligneront pour conclure, nous avons cette précision au Rap-
pour la. pr.'Sse l'importance de l'affaire. pml n• 14 du Projet Spécial des Forces aériennes,
• Maos, auparavant, nous aurons une ~union page 93 : • Il n'c•t pas encore possible de donner
une description exacte de cc qu'est une soucoupe
100
101
volante... Des 4 000 pc .-.onnes qui disent en avoir qu'à l'h)·;térie. Je compte bien sur Hillenkoctter
,.., une, !2 seulement out donné des description pour cela. Vous ne doutez pas qu' ü se prête à ceue
suffisamment détaillées ... C'est insulfuJant pour pcr: présentation, n'est-.ce pas?
meure :me reconstitution exacte ... • - Non, je suiN presque sOr qu' il sera d'accord.
- C est excellent, lit le membre du Con<rrès 11 n d6jà porté de •·udes cour» au SECRET. Je le
N_ous r:rons des copies de cette photo et d~ connais depuis que uotr; étions ensemble ~ I'Aca·
0

declarahons de I'USAF, et les remettrons à 1 démie 1:\avale. s·u prend rafTaire en main, il Je fera
presse. Comme je vnis les chœes, nous demande~ sans brusquerie.
rans à McCormack ou Karth d'ouvrir ln con!Orcnce - C'est pourquoi nous voudrions qu'il vienne.
de presse, uvee Goldwnter ou quelque autre séna- I'Olli'CZ·VOUS le lQleJ'7
teur pour p~cnt.er lé thème principal. Ils feront - Certainement. Son bure~u est à New York.
part d!!S sérieuses préoccupations de ce groupe du n dirige une compagnie de navigation. Je prendrai
Congres ,~t a!l problème 00; UFOd et à la cen- t'avion si nécessaire. Je préfère ne pas porter de
sure. PuiS 1amual llillcnkoetter interviendra.. n cela au téléphone. Mais nous l'attendons dam quel·
renouvellera ~a déclaration selon laquelle les UFOs qucs jours.
~ont . des· Objets réols IJlaoœu vrés par des etrcs - Ce sera parfait. Prévenez-moi dès que vous
mt~ll•.gents, et. précisera <1ue J'USAF cache la vérité. Jo pourrez.
Pu1s ol produu;a le.s témoio'! de la Marine pour 00 Plus je pensais nu scénario imaginé par le membre
cas de 1Atlantique. Leurs rocol.> terminés, nous pn> du Congrès, plus il me paraissait heureusement
, sentcrons encore quelques autres exemples percu- conçu. La plupart des repré•cntants de 5;0n. groupe
tants contrôlés par lo NICAP, cl llillcnkoerccr étaient ouvertement hostiles au nuunuen du
pourra ~énoncer !• secret, et les dangers <JU' il coon· SllCRET. Je ne pouvais domer que McCo;mack,
porte. l o~r ter~oner: 1~ groupe du Congrès àffir- Karlh et Goldwuter se battrarent. Je savoos que
?'era son onten.oon d exrser qu'il ~oit mis un terme Knrlb avait tablé sur le témoignage ct le soutien
a la œn•nre. • So tout • marche bien> ave•• la t'-lé · ·
~ VJSlOD
du NICAP nux audiences publiques. Apri:s une
t l d
e a ra 10 alertees ce sera la fin de cette coifTe erreur de procédure.• vite n:etiliêe, Karth m'écrivit
. de. r;omb .. Si l'USAJ7 ne veut pas céder, le Congrès qu'il comptait ferme sur les preuves apport~es par
dcvr~ déculcr une large enquête - une enquête Je NICAP des manifestations interplanétaires. ll
publique. · était convaincu 9.ue nous pourrions produire la
--: Si vous pouvez faire cela sans heurter Je preuve de la réaloté des uros au cours de l'au-
pu~hc, ce l!Cl'ait. un bon départ pour une prépa- dience - c'est-à-dire • la preuve que les UFOs
ration psy<:bologtqne de la nation. étaient des vaisseaux 1•enus d'outres planètes •· sans
~. J;'foua, ut\ liserons le même système d'approche quoi, il n'aurait jamais n1arqué son intérêt pour
qu a~aJL prc1•u le groupa Fournet. Vouos disiez qu'tl de telles audiences. Ayant reçu les élémollls de
devaJI Insister su r l'ahsence de manifcstMioos hos· prouve disponibles, il acceptait l'offre de _coopé-
IJles. ~ons fe~ns de même. L'amiral li.illenkoetter ration d\l NlCAP. Mattifestant s a détermmatooo
poumut ouvnr le débat sur cet a<pcct particulier P!"=:
d e résister à toute pre$Sion, il soulignait la
Naturelle".'cnt il .Y aura des gens etlroyés, mais si Je ne suis pas tm prisontJicr tles Forces a~nemzes.
nous Y ve1llons, Je ne pense pas que cola aille jus- Si Hilleokoetter acceptai t de sc mettre en nvant,
; l ùZ 103
cela a~•smcmerah ln porrée de la conférence dons téléphoner au personnel de la Marine pour con-
la nat '?"· D~s le début, ses états de service dans naître son allcctalion eût été une erreur. Pour
1~ Manne . avalent été ~iugulii':rement briUants. Sorti éviter tout rapprochement avec nos pr6occupalioos,
d Ann~pohs numéro 20 sur une promotion de 457 j'usai d'un intermédiaire, un ami qui traitait diver-
JJ avan ~ervj ll\lec distinction sur les sous-marins: ses affaires avec les m.iaistères en tAnt que spécia-
les d~tro)•ero et les croÎJieun; de bataille. Tri.. tôt liste des questions de penonncl. Quoique lui-même
d avaa été chargé de missions diplomatiques ~ fort intéressé par l'énigme des objets. voi~IS,. il
Eu~o~ et en Amorique du Sud. Comme attacltê n'en soufllerait mol Je savaiS pouvulf Ju1 faue
m•l!ta.r~ à Paris, Madrid, Li!bonne et Rome il confiance. Nous a•·ions plusieur. fois écllangé des
ava1~ .reçu de haut~s dé~orations étrangères. Il était informations escamoléc~ par la censure, et il n'en
ortic1cr .d e ln LégJon d honneur française. était résulté aucune luite. Il travniUc maintenant
li éta1t commandant en second du WtiSI Yirflltrla dans l' industrie. Jo peux sans inconvénient parler
au mo~ncnt où éclatait la Seconde Guerre mondiale de son rôle dans celle affaire, mais non donner
ct ~va1t été blessé lors de la destruction de ce son "Dom. Nous l'nppèllerons donc Jack Morton.
cro1seu~ de bntaille par les Japonais. Après one J'avais des raisons très particulières pour choisir
nllcctn.llon c?"'"'~ chef du Renseignement dans Morton. En 1959, il avait rencontré un pilote de
le Pac'O'Iue, 11 6tn1t revenu en. opérations aux Salo- )a Marine en service à Washinston. S'étant lié d'ami-
mons, et. aux Nouvelles-Hébrides, pui• avait été tié avec lui Morton lui avait parlé de son intérêt
nomm6 cl~rocteur au Progranuue de Guerre. Il était pour les UFOs. Plus tard ce pi lote lui dit avoir
pro$~entà 1~ reddition japonaise sur le Missouri dont observé d.e près un UFO au cours d'un transport
11 deva1t par la suite prendre le commandement pour la Marine. Morton m'uyant dono6 confiden-
En 19·~7, le président Truman nommait Hillen: tiellement les détails de l'afl:aire, il me 5Cmbla q11e
koet!cr voec-am~tal ct en faisait le premier direc- le rapprochement s'impo~~ait ovec .la reu~ntre atl~­
teur de l'Agence Centrale de Renseignement le tique dont nous avons parlé. ::'-ta1s le pilote rcfusatt
CTA ~o'!''Cllcmc~t fondé. Trois ans plus tard, il tout contact avec le NlCAP, craignant qu'une fuite
revena1t a la Manne &\'ec les fonctions d'in•pecteu se produise vers les Forces aériennes.
g~néral. En (957, il prenait sa retraite ct devenal~ Avant rejoint Morton chez lui, je Je mi.; au cou-
d~rccteur d'une compagnie de navigation de New rant· de la situation. 11 promit de i'occuper de
York. retrouver l'atlectatinn de Jlrent. Jo hu demandai
Au. ~our~ de< dnq années pas.o;ées comme membre s'il pensait que la Marine nvnit une fiche spéciale
du dorcctou·o du NfCAP, il avait joué un grand pour le cornntandant, mentionnant l'obligation de
rôle dons lrt lmte entreprise pour aboutir à la lovée refuser de répondre il toutes questions ct de rendre
du •ceret ~lll' le; uros. Qu'il accepte de jouer le compte.
rôle soul•uoté par le ~troupe du Congrès, ct ce serait - Je ne pense paR, me téponclit Morton. Le
le coup le plus dur a l'appareil de camouflage. temps a passé depuis l'locidenr. Mais pour être
plus sûr. je dirai seulement quo je cotutais le com-
., Avant. d'entrer en contact avec HillenkoeUer manùani et que j'ai entendu du·e qu'il avait été
J entrcpro~ de , rctr~ve_r le capitaine de frégat~ muté. Je demanderai son adresse pour lui écrire.
• Brent>. Je connao9saos son véritable nom, mais C'est de la routine.
104 105
Je Je remerciai :
-. Mais, dites-moi, à propos de ce pilote de la en vous appelant. Ces deux agents. .. J'ai eu droit
Manne ~uc vous connaisse-. et qui n pu voir UJl au troisième degré. Ils m'ont f&il dire qui voulait
UFO. S'tl sc trouvnit qu'il ait été un des témoins J'odresse du cnpitaine de fr6gatc et pourquoi? Je
de r.a renco~t~ atlantique, pensez-vous qu'il acœp- pou1·ruis diro quo la ·réunion nu C<m&"ès les met-
tcrat~ de se JOindre au capitaine de frégate pour cette tait bor~ d'eux. Ils m'ont cuisin~ jusqu'à ce que
conference de presse? je leur aie donn6 tout le plan avec le rôle prévu
.-:- J'en doute. li lui a fallu huit mois pour se pour l'amiral. C'eat tour ce qui...
dectder à m'en pader. Morton s'arr~ta un i.Dstant. Sa voix mc pan·inl
, - Pourtnut s'il était l'un des témoins ir serait indistincte, puis se fit plus nclle :
d un grand secours. Il pourrait entrer c~ contact - Ma femme Cbt morte .d'inquiétude, Je pour-
avec ~·autn:s témoins connus de lui cl les inviter rais avoir des ennuis pour vous avoir appel~. Il~
~ ""'!" avec l~i. Le membre du Congrè3 qui monte m'ont interdit de vous voir, de vous raconter quot
1 affa.tre mc. dll que lOU$ le$ témoins bénéficieront qiJC ce soit. Mais je vous ai vu venir à la maison
de l'wmumté. cc ;oir, et j'ai compris que vous iosisterie2 jusqu'à
, - ~~m"!ent P_Ourrnicnt-ils en être sOrs? Peut- co que vous m'nrèrL vu. Je) vous en prie. Pour
être, SI 1a!'ma! Hillenkoetter promettait de res pro- l';!mour d\1 ciel, n essayez plus ù'uppe.ler ou· <le me
téger, seraJcut-ds moi~s réticents. Je ''ais cependant rendre visite.
~emandcr à . mon aDlJ au procbain week-cnd, s'il Morton avait raccroché. Maintenant, je me sen-
s est b1en agt de la ~mc allain:. En auendant, je tais coupable de l'avoir amené dans œtte optraûoo.
che_rche le po1ot de chute du capitaine de frégate Nous n'avions pourtant pas de raison de nous
et JC vous télépboJJe demain. m6ficr. Morton avait de1JX fois d~jà servi d'inter-
. . Le lendçmain. pas~o. P~s d'appel. ta secrétaire médiaire pour retrouver de• nd!esses de témoins
de Mor!on me dtt .q~ d ét<ut parti chez lui; mais les mili.,ircs pour des cas déjà iJnpo!taoL•. Il n'y avait
appels • '0~ do!l'•c~e !~rent vains. Le soir, après pas eu de conséquences graves. Par ailleurs, Je
des appels fçptlcs, JC pns mo voiture Ct vins frap- CIA el l'USAF savaient que j'avais le rapport sur
per à sa porto. Personne ne m'ouvrit, mais j'étais la rencontre de l'Atlantique; mais je n'avais fait
à peme rcnlr6 que le téléphone sonnait C"ta"t aucune tentative pour prendre contact nvec les
Morton. Il haletait : · c 1 t6moin•. La rnison principale 011 6tait quo, sur Je
- J'~i m~lu faire vite. Cette visite à la :MatiJJe conseil de l'amiral Fahrney, nous avions, dès 1959,
a d~ha•né 1 enfer. 11 y ovait un interdit sur cel projet6 de ré<erver cette affaire cl les témoignages
Offi<:Jer. Une ~ecrétairc m'a dit qu'elle vérilierait «>rre•pondants pour le jour où IIOUS serions reçus
son poste. Mn•s ellè n'a pa. rnppe.lé. Moino d'une en audience du Congrès. Nous pensions alors que
~eure plus tard, deux agents du CrA ont fait irrup- le Département de la Marine d6férerait aux requêtes
uon dans• mOII. bu~au
'"" · li•'' lll'ont obi"1g..:
-' u' renvover d'une commission du Congrès, et produirait les
ma ~ecrcta1rc. • ll!moignages demandés.
Je voulus l"orr€ter. Apparemment, CIA et US.4J> n'avaien1 pas pour
- Un ilutant, Jack .. amant perdu de vue le dàngcr, e1 continuaient leur
- Ne m'interrompez pn~. J'ai pris un gros risque veille en silence.
Le mal était lait. Averti du plan du groupe du
lOG
tô7
Congrès, le CCA mc:ltrait tout co œuvre pour le Lisant et reli.'<!lnt cette lettre incompréhensible, je
bluquer. ~. r~tait une chance. Si l'amiral Hlllcn- retrou~ai~ en pens~e les déclarations publiques de
lcoc:ttc:f. dcc1datt d'aller de: l'avant, sans égard aux Hillcnkoetter.
opposttiOns, les congressistes le soutiendraient à c Les UFOs sont des engins inconnus manœuvrés
vmag; dé~ouvert. Il était d'autant plus nécessnltc pnr des €tres intelligents... ·L'USAF Ollerce une cen-
do 1avertar d'une action possible des agents du suN sur les observations. D es cent~ines de rapports
CIA qu'il n'était pas encore au courant du plan provenant de pilotes chevronnés et autres observa-
du ~n~~ ~our éviter de mctlrc en danger Mor- teur~ qualiliés ont été ridiculisés, pr~sentés comme
ton, JC: deada1 de prc:ndre l'a\iOII pour Kew York autant d'aberration~ ou de fumisteries... Il est d'une
en vue: d'un entretien p•rsonnel. ' impérieuse néœssité d'apprendre d'oil viennent les
Le, lendemain matin, je ~él~phonal de l'aéroport UFOs et à quelles intentions ils répondent. Le public
de \\ nshm~ton à ma secretatre, Mrs. Lclia Day : a le droit de savoir... >
- Je vats à New York. Si nécessaire vous pou- La déclaratio11 la plus importante de toutes, était
vez appeler à... ' celle ~igJJéc par l'amiral en date du 22 août 1961,
- ~ltcndez, fit-elle hâtivement, il y a ici une envoyée au Congr~ après la mort du président de
let!re unportaotc dont il faut que vous a~ coo- la Commission de l'Espace, Overton Brooks :
natssanœ. Personne encore n'est au courant. Je • En .accord a~..:c la majorité du Conseil du
peu.\ vous la li re, mais ... NlCAP, je dem:u>de instamment une action immf>.
- Gardez-ln. J'arrive. dinte du Congrès pour conjurer les dangers prove-
nant du SECR'ET· nmi11tenu autour des Objets Vp·
•• ~ l'?xpression c.lc Mrs. Day, je compris qu'il lants Non Identifiés. Deux de ces dangers vont
s agtssaJt ~e mauvtUses nouvelles. Elle me tendit 1a actuellem.mt croissunt:
lettre en SL~enee, sortit ct ferma ln poele.
1• Risque d'une guerre accidentelle résultant
Comme JC le pensais, la lettre 6tait de Hillcn-
koctter. d'une confusion enue une vague d'UFOs et uno
attaque soviétique brusquée.
Cher Dou, z• Risque d'une intimidation soviétique massive
en une conjonctLJte critique, les UFOs étant présen-
D7 ~on ~~tnt do vue, l'enquête NICAP a été tés subitement comme une anno secrète russe ren-
ausst lo~ qu il é~t possi~le: Je sais que les UFOs dant inutile toute r~sistance. •
~e 10111 111 des eug~n> améncams, ni des c:ngins sovié- l:ne troisi~me rois, je relus la lettre de démissiOD
t•quesd,· Tout cc que nous pouvons faire maintenant de l'amiral. li n'y avait pas d'indice qu'il eut
Cil attendre une action des UFOs connaissance du plan des membres du Coogrès.
Lex Force$ aériennes ne peuvent foire plus dans Pourtant c'étai t ln soule explication plausible. Hilhm-
les. clrcons!•?ces actuelles. C'est uno charge difficil~ kocttor étai.t absolumurot convaincu de la nécessité
((Ul leur a ete confi.é~, et je crois que nous ne devons de révéler la ccnstlte. Comment avait-il pu changer
pas conlinller à cnhqucr leurs enquêtes. aussi totalement d'nvis7 Quelles pr0$sions s'étaient
, 1e d~nne . ma démission de mcmbro du conseil exercées sur lui?
d adnumstrabOn du NI CM.

108
109
LaiSSOI\S au ClA et à I'USAF le bénéfice de la liaient. Ce fut bi~ntôt l'avalanche. Au. fu! .et à
pureté d'intention. JI n'en reste pas moios que cc ~sure que les mo•s s'écoulaient, des hist?Jics de
long camouflage de la vérité sur les UFOs est la v.islteurs étranges circulaient dans Je P?bhc. Vers
plus énorme tromperie de l'histoire de notre pays. ta fin de l'année les censeurs se lrouvruent devant
Le 29 octobre 1962, le secrétaire d'Etat adjoint une situation pl~s srave qu' au débu.t de la grande
à la DéfCI\SC, Arthur Sylvester admettait que l'in- surveillance llFO. Et l'on ne voya1t guère la fin
formation était soustraite au public. Et il ajoutait de ta crise.
que si la fin le justifiait, il n'était pas mauvais de
laisser le publie dans l'ignorance. Au règlement
11-30 des Forces aérienn.es, la non·eonuuunica-
tlon de !''information • dans l'intérêt public • est
admise officiellèment. Au règlement 11-7 il est dit
que, parfois, l'information requise par le Congrès
peut ne pas être fourn,ie • même coufident.icllc·
ment•.
Pour cc qui concerne les UFOs, le OTA et
I'US.AF ont compris qu'il était impossible de trom-
per constamment le congrès cl le public. Leur
.objectif a toujours été de maintenir dans la majorité
la conviction qu' aucun des rapports n'est digne de
foi.
Cette politique les obligeait à recourir à la tech-
nique du <mensonge énorme>. Et le procédé a
réussi. M ais en procédant ailiSi, les deux orga-
nismes ont jeté les bases d'une dangereuse panique
pour le jour où des opérations massives d'UFOs
feraient voler en éclats tout leur bel é.difice de
< d~mystifications •·
A la suite de révélations de presse sur les at~r­
rissages survenus en 1964, les fonctionnaires res·
pensables de la censure avaient été avertis de ce
que la manifestatioll 'soudaine et irré(utable de la
réalité des UFOs pourrait causer une vague d'épou-
vante incontrôlable. Plusieurs des comités ae notre
~lat-major s'étaient mis ~ ~tudier un peu tardive-
ment les mesures à prendre dans une telle éven-
tualité, quand survint w1e nouvelle crise.
Dès la première semaine de l'année 1965, les
rapports de rencontres avec les UFOs se multi-

llO
entre erreurs et fumisteries les rapports qui s'abat-
taient par douzaines.
Puis on eut l'idée de répandre par t'adio des récits
fantastiques d'êtres étranges, plus ou moins gto-
tesqnes, que persotmc t\C pourrait croire.
Le 25 janvier, deux UFOs atterrissaient séparé-
mcnl près de Williamsburg dans la Virginie, blo-
' CHAPITRE VII quant les voitures de~ témoins. Les rapports Lurent
. confirmés par la police de l'Etat. Deux jours plus
GERMES DE PANTQUE tard, un autre apparèll étrànger descendait près de
' Hampton eu Virginie. Au nombre des témoins, il
., y avait deux ingénieurs de recherche do la NASA .
LE 3 janvier 1965, m1 avion de ligne Electra,
approchait de Washington à la tombée de la uuit,
A.O. Grimm.ins et Je .major John Nayadley, pilote
à réaction de i'USAF en retraite. • Je l'ai observ~
à travers mes jullleltes, préeisaii Grimmius. Il zig-
quand un étrange objet volunt se rua vers lui. zaguait comme s' il cherchait un point poil!' sc poser.
L'équipage terrifié s'attendait à une collision d'un Je pouvais voir des feux à éclats sur le pourtour
instant à l'autre. Mais l'engin subitement vira . . d'un disque qui tournait rapidement. •
C'était le début du grand festival de 65 qui devait L'UFO efOeura le sol, puis remonta comme une
amener la crise la plus terrible jamais aJJrontée flèçlte et dispanrt. L'état-major de l'USAF jugea
par les censeurs de l'USAF. encore inutile de vérifier. Il s' agissait pour lui d'un
Le 5 janvier, de nouveaux rapports atlluaient à hélicoptère que dans leur excitation les ingénieurs
l'état-major. Dans l'après-midi, un grand d.i~quc de la NASA n'avaient pas reconnu. JI ne sut qu'un
avait survolé d'un trait la station NASA de Wal· peu après que la base aérienne de Langley avait
lops Island dans la Vil'girtic. Le chef contrôleur fait connattre qu'aucun hélicoptère n'avait opéré
de trajectoire des sateJUtes, Dempsey Broton, esti- dans le secteur.
mait sa vitesse à 160 ldlomètreos;mlnute. Le même Pour déférer aux consignes du CIA, les Forces
jour, la Marine h1formait que deux UFOs avaient aérienne,, devaient • dégotlfier • les rapports d'ob-
été suivis par radar au centre d'essai de J'aviation servations dans les plus brefs délais.
navale dans le Maryland. L'un d'entre eux avait Un porte-parole tl'op pressé niait que les Forces
été vu prenant uu virage à la vitesse de 9 600 km/b. aél'ienues aient reçu des rapports d'atterrissage de
Prise de court par ce délu$e, I'USAF improvisa Virginie. Au cours du m8me après- midi, les enquê-
d'incroyables explications : teurs des Forces aériennes procédaient a11x véri-
Dempsey Bruton et autres observateurs de la fications des observations de W.illiamsburg. La
NASA étalent absolument incompétents. Les radars presse ne .l\1anquait pas de stigmatiser le dé.mcnti.
de la Marine étaient dé.fectuenx. Pas la peine de Pour f6par.cr la maladresse, l'état-major envoyait
s'en assurer, D'ailleurs les ~adarlstes de la Marine hâtivement le chef du groupé d'élude UFO, le
ne connaissaient pas leur métier. major Hector Quintanella, à Richmond pour une
Quarante-huit heures passèrent ainsi à répartir- séance de démystification. Quintanclla dit au~ jour-
nalistes que pas un seul rappoit · sur les UFÙS industrielle, il utilisait pour ses liaisons d'affaire$
n'avait de valeur. 11 n'y avait dans ·tout cela qu'illu- son avion per~onnel, un Cessnà J70.
sions ou supercheJies. Cette tentative pour ridicu- Le 13 aofit J959, il volait au-dess\tS du Nouveau
liser les témoins atteignaient des notables Virgi- Mexique quand son compas se mit à dévier sans
nicns si respectables que son numéro tomba à raison apparente. Alors il. vit trois objets ronds et
plat. • gris venir à lui à toute vitesse. Avant qu'il ait pu
11 y eut pire galie dans le Vermont. Panui les piq\ter pour sc dérober, ils étaient là, tournant
témoins . se trouvaient le docteur · · patl1ologiste autour dè lui à petite distance. Nerfs tendus, il
R.S. Woodrull, et un haut fonctionnaire de la p(mrsuivait sa route. Tenter de se dérober eOt
police do J'Etat. Les deux hommes circulaient d-ans amené une collision. Ayant fait p lusieurs cercles
une voiture de police près de Bethe! quand passa autour de J'avion, les UFOs prirent de la vitesse et
1 au-dessus d'eux. un UFO tel un éclair rougeâtre. disparurent. Le compas du Cessna revint au cap.
Deux autres suivirent à intervalles réguliers, au Le· pilote avait appelé l'aéroport le plus proche
même cap et à la même altitude. Le;s motoristes pour lui signaler cette rcl)contre, mais un opéra·
qui suivaient la voiture de police les virent éga- teur de la F AA l'avait brusquement interrompu
lement. Selon Je policier, la '~tesse des inconnus pour lui dire ù'obscrvcr le silence radio.
approchait 3 000 km/h. Dans un rapport signé, récupéré plus tard par
Deva:nt ce J1ot de rapports, deux ou trois offt. le président' d'un sous-comité du l\''JCAP; Paul
ciers d'état-major voulurent venir en aide ault Cerny, le pilote, .disait que l'éventualité d'effet$
« démyslilleateurs de ·service • ; et l'un de ces porte- radioactifs sérieux l'avait tourmenté et tour~menté sa
parole improvisés · Ulchn devant les journalistes du femme pendant plusieors semaine.~.
Pentagone: , Des centaines de Terriens circulant en avion
• Les UFOs du Vermont n'étaient que des ou en voiture, ont pu se trouver tt-ès près d'UFOs
météores. > sans effets nocifs. Cependant (m Clmn•ît un petit
MoitiS de vingt-quatre he~res plus iard, le pla- nombre de cas de vais~eaux spatiaux radioactifs.
fond s'écroulait sur l'infortuné commentateur. Les En 1956, le capil<line Ruppelt révéla qu'un terr~in
.météores rombent au hasard à une vitesse très supé- d'essai des Forces aériennes avait accu~é des radia-
rieure à 3 000 km/11, bnlle.o t ou s'écrasent sur la tions anormales après passages d'UFOs.
terre. Les journalistœ insistaient lourdement sur les En décembre 1964, un atterrissage près de
précisions. Imaginait-on des météores en (orm.ation Grottoes, dans la Virginie, apportait de nouveaux
régulière, descendant à relativel)lent faible vitesse, éléments . Horace Burns, armurier, circulait en voi-
puis venant en palier avant de s'élever à nouveau? ture dans la campagne quand un grand vaisseau
:Mais l'épreuve ùc• Forces aériennes ne faisait métallique était descendu pour se poser à environ
que commencer. Encour:tgés par la publicité, des cent mètres de la route. Avant son départ, Burns
témoins sortaient d.c l'ombre où les avaient maja- avrut noté une bande bleue lluorescente à la base.
tenus 1(\ peur du r;dicule. Tel ce pilote chevronné L'emplacement fut inspecté. par (m professeur
qui se taisait depuis 1959. Pilote de la Marine
de Harrisonburg. Ernest Cehman de Madison Col·
pendant la Seconde Guerre mondiale, devenu en
lege. Le compteur Gcig6r accusa d"a radiations .
.1965 chef de servièe dans une grande ·compagnie
Une contrc-t!preuve fa!te pJr deux ingénieuTS de

'
p4
. · ils
Dupont venus de l'établissement de la compagnie Un copilote d'avion de ligne remettait un rap-
à Wayoesboro dnns le Virginie confirma le premi<r port longtemps caché d'une rencon~e avec deux
résultat. UFOs qui avait bien failli se t:rnuner par une
Cependant, malgré cet1e fone radioactivité, les collision. PlusieuN pat;,~agcrs avatent ~t6 brutale-
ing~nicurs ne ressentirent pas d'effet~ nocif,, L~ ment éjectés de !cutS fauteuils par les rudes maoœu-
radiations de.; Uf.Os ne sout pas connues. les v1'08 de dérobade du commandant de bord. Dave
enquêteurs cxpé1·imcntés, parfaitement nvertis du Gnrroway braqua le projecteur sur la censure au
Nccret, ne parvionnont pas à croire qu'il y ait là cours d'un programm,c radio. Un membre du
une menace sérieuse. Au cours de cette longue Congrès fit un exposo .sur les efforts fa1ls par
période, très peu de gens ont fait étnt de lég~res J'USAF pour cacher ses mst~ctions con~crniUlt les
brûlures à la suite de rencontres rapprochées avec UFOs, avec les mes~rcs ~nses pour lmj)OSer. le
des UFOs. Et lt-\ enquêteS ~CA l' n'ont pas élab:i secret. Plusieurs oallons . etran~èrcs. conftrmatenl
de relation certnine avec des radiations. Tl n'c1t publ iquement les observauons stgnalees. Bn Nou-
d'ailleurs pas ponsnble que Jo CIA ct l'USAP velle-Zélande, le directeur adjoint des op~mtions
exposent des gens au risque de radiations monclles aériennes déclarait à la presse _q~c son gouverne-
pour ne pas avoir ù 11dmettre la ro•lilé des UFOs. ment prenait l'affaire trh au seneux. .
Il semble que cette conviction était celle du Jusqu'en juin la pression sur les Forces néncnncs
publfc. Quand le, récit du pil?tc du Cossnn parut, ~e poursuivait. ..
d n y eut pas d alarme. Mrus par lu suite deux Le 4 juin, l'astronaute Jantes Mc~tvllt pho~~
cl!as~u.rs do nouvelles, reprenant le rapport des graphiait un engin inconnu de son vatSSeau spattal
•ngénteo.rs de DuJ>Ont, en exagérèrent les indications Oenrini IY. Peu après, J'amonau~ Fr~ 8onnan
sur Je,; radiations dangereuses. Un journal il s~ apercevait un autre cng•n spallal tnconnu au
5ation rappela un article hallucinant paru sous le m01nenL où son Gl!lnlnl VI/ passait au-dessus d'An-
titre: « J'ai été ma!trisé par une Soucoupe Volante • tlsua . La NASA rendait rapidement ces rapports
où un correspondn111 anonyme disait se mourir de p11bllcs. .
bnîlures par des radiations émises pnr un UFO. L'USAF sc préparait à e~p!1quer que Oorman
Malheureusement pour l' US.-\F, cette diversion n'avait rien vu quand une émtsston _de A!thur God-
redonnait _de l'actuaUté à l'incident des E>ergladc.s. frey vint •secouer rudement les • demyshficatcun •·
Et le réc1t du choc qui avait rendu inconscient Au cours de son programme quoti~icu, Godfr~y
l'imprudent James Flynn trop pr~sé de s'approcher révélait pour la première fois à la radto. une ~qute­
d'un UFO pa... a à la radio. tante renconttc avec u.n UFO. EUe ava1t ~u heu de
Quoiqu'il n'y eut dans le public aucnn signe d~ nuit u.ndis qu'il vola•t daM son apporell person-
panique, celle publicité inquiéta l'USAF. L'état- nel avec Frank Munciollo comme cnpil?lc. l.ls
major était acculé. Tl n'avait pas le choix. 11 rejeta approcl1aient do l?hllndclpbic qunnd un ob,et bnl-
donc tou,; les rapports, ùémentit avoir c11 connais· lamment éclair~ était venu par la droite, à y:~ucher
~Ance de radiations des UFOs, et la publicité tomba l'aile. Godfrey avait viré à gaucl~e pour C\1tcr la
d'elle-même. collision. D'un brusque crochet, 1engtn ~taJt venu
Mais de nouveaux d~•-eloppemcnts sans cesse '"' placer près de l'aile gauche. Chaque mao<et,"'.re
relançaient l'alerte. de dérobade de Godfrey était immédiatement suiVIe.
116 117
Au bout de quelques angoissantes minutes, la ba•c antarctique. Savants et personnel de la station
machine inconnue virait et dispnraissait. Au concs avaient pu le suivre à loisir dans leurs jumelle$. Des
de l'é.®ssion, ~odf~cy ne cachait pas la pe11r que photographies en couleur avuicnt été pri$CS mou·
~func1cllo et lu1 .avruc~t éprouvée de celle approche trant I'UFO au cours de ses manœ~wes puis dans
SI SOUd(IJlle et SI serree. la position immobile au-dessus du terrain. On avait
Le rapport de God(rey fit passer aux cern;eurs noté de fortes perturbation• li la radio el aux instru·
une bien mau,·n.isc nuit Outre Ja réputation natio-. menis mesurant le champ magnétique terrestre. (;ne
nale, Je commentateur avait de beaux titres d'a,ia- autre base a11tarctlque, cl1 ilicn11c celle-lb, avait
te.u~. li avait volé pour la Marine, pour les Forces également aperçu l'UJ-10. Le secrétaire ù la Marine
acncnnc.s, pour lc.s compagnies .commerciales sur argentine, et le ministre de la Défen<c Chilien
ayïons à hélices ou à réacteurs. Il pasosait pour un cautio1mnient les deux rapports après examen
pilote très expérimenté. Et il était co1onel de resem: Quelques heures plus tard, la no~tveUe était dif·
d'cs Forces atricnncs ... fusée dam le monde elllier. Ln qualit6 des observa-
· Appels téléphoniques, lettres venues de partout teurs, presque tous savants arsonlins ct cltilicns, la
el meme du Congrès, c'était uue véritable nille en snncrion o!frciellc donnée en haut lieu firent que
demeure pour I'USAF de donner •a position ... pres~ et opinion prirent l'affaire tr~ au ~rieux.
A~cep~ait-<llle le . rapport de God(rcy? Sinon, Au meme moment, les opérations UFO 5e multi-
qu avo1erlt-elle à dire? Le ferait-on passer pour un pl iaien t à nouveau sur toute la terre, et la presse
iv~ogne'/ f.~~ ~orrcspondant< du Pentagone y met- leur do11nnit de plus en plus de relief, au>C E tats·
talent une ms1stanco goguenarde : Unis et ailleurs.
- Alors... le refrain habituel... ironisait l'un Vers la mi-juillet, let services de l'USAF sont
d'eu•, ... observateur incompétent. .. . plaisantin... submergés de rapports venus de tout le pays.
pcut~trc une hall udnation, .. L'appareil à démystifier bafouille.
De quoi faire frémir même 1111 'général aviateur. Le JS juillet, 1'/Zvcning Posr de Cbal'lestoo lui
Godfrey était connu pour son humeur vive et envole tm sérieux coup de parte : « Dès qu'il a
ombral\cusc. La moindre insinuation amènerait une entr~ le~ mains un témoignage sur uo UFO, le
réplique - sur les ondes - qui ne scrnit pas vite serv1ce mtéressé recommence à faire grincer sa
OUbliée. rengaine de vingt ans : laissez tomber, écrasez, le~
M11is l'émotion suscitée par les rapports des Forces a6ricnncs n'ont aucune preuve, laissez tom·
astronautes et l'émission de Oodlrey lut de courte ber, lai&Sez tomber... •
durée. La <>aguc des UFOs semblait décroilre. Les Puis, le 31 juillet, les dén~y•tificateurs épuisés
porte·pnrole de l'tJSAF commençaient à ~oufller se trouvèrent pris de court. Le ciel du Midwest
qunn_d un flash do l'Antarctique vint ruiner leur s'animait. Dans .l'Oklahoma, le )(nnsas, le Nebraska,
espotr. 1~ Tc•:1s, en ,c.nq outres Elnll'l, astronomes, poli·
Le 3 juil!et 1965, un énorme disque volant était c•ers, JOurnobstcs, et, par milliers, les notables
repér~. SUIVI au radar et photographié d 'une station locauJt, signalaient des UFOs. Au début de l'Inten-
~CICOII~que a.r_gcntinc sur l'ile de la Déœptiuo. Pen· dance, à Sydney dans le Nebrask11, plusieurs témoins
daot vtngt mmutcs, le grand vaisseau spatial avait dont un capitaine signalent un erand engin entouré
manœuvré à une vitesse terrillnnte au-dessus de la de quatre pcti~s. disposés en losange. A Wichita,

118
Je radar de ln station mét~o détecte les véhicules ont renc.outré des Ul'Os dont les caraetMstiques de
inconnus par diz•incs. Les télétypes cliqueUeJlt a vol sont slupéJianl$. Cc~ of6ciers ne soul pas des
l'état-major, et, soudnin, au d.Sscspoir des c<.-nscurs, farceurs. •
ct co violation de la fameuse 200·2, cc sont deux Richmoud, Je News Leader: « Les tonUlûvœ
bru;es milltoir"'', Tinkcr duns l'Oklahoma et Cars- pour récupérer les observations faites... ne font
weil dans le Texas qui confirment publiquement que qu'accroîue la méfiance. L'impression est que nous
les radars suivent des formations d'UJ'Os. Eommes devant quelque chose que les Forces
QueUe avait été la cause de eettc stupéfiante aériennes ne veulent pas que nous sachions. •
indiscrétion'/ Cela ne devnlt jamai$ être oxpliqué. Dallas, le Morning News: c L'USAI' vient de
La rétractation oe devait en tout ca~ pa\ tarder. dire que, pour toutes les ob•ervations, une expliœ-
Le Pentagone y mit la colère néccl!Sairc. Pour tion peut être donnéo par des phénomènes con-
remédier à la galle, on s'empressa de remettre nus ..... et le journal cite une étude de I'USAF
à la presse une étonnante •-cl'llion. Les objets lumi- reconnaissant que 633 cas d'apparitions d'UFOs
neux apcrçu_s dans . Jo~ Midwest étaient la planète demeurent ine.~pliqués.
Jupiter, ct les étoiles Betelgeuse, Rigel, Aldebarnn, Seaftle, le Times : • N'avez-vous pas le senti-
La Cb~vre. Cette m~e ou point ~lmyait encore les ment que... Les démenti; des Force:s aériennes oont
journaux que le; astronomes ouvraient le feu ... fabriqués six mois à l'a••wce? •
ArtCime des éloi/es nommi&r n'étnft vi$/b/c aux Quelques journaux étrangers sc joignaient à ce
Ettus-Utùs au jour el <1 l'lieure des obsn'l!ations. concert. Ainsi au Caoada, l'&/IIÏ()I de Sbawville
Pour les voir d eût fallu se trouver do l'outre côté dans le Québec : • Il est Con probable que les
de la planète. chef~ militaires en sa\•eot beaucoup plus qu'ib no
• Il eût été dilficilo d'imaginer plus loin de la · ·culent le dire sur les UFOs, Ct que, •'ils sardent
v~rité •, déclarait le directeur du l'lanetarium de la si jalousement le secret, c'est qu'ils redoutent une
Fondation pour les Sciences do l'Oklahoma. panique dans le public. •
L'état-major de l'USAI' nvoit déjà ét~ l'objet Fin juillet, Je ton montait encore. Ceuc levée
de quelques critiques, mai> ~ lu ~uitc de cette • mi~e de boucliers déconcertait l'USAF. Auparavant, les
au point • les llt1aques do la presse tO}llb~rent en journalistes avaient aœepté ses dénégations. CeUes·
avalanche. ci, sans eux, n'auraient pu tenir longtemps. Au
J;ort Worth, Je Star Te/.egram: • Ils pourraient début de 65, selon les sondages, moins <.le 20 %
cesser de trouver des arguments de béb6 pour nous du public ajOIItait foi aux observations d'UFOs.
foire croire qu'il no peut s'agir de «soucoupes Sur ce point, les estimations des Forces aériennes
volantes>. Assez do ~:en~ d'esprit sain ont vu cl eL celles du NfCAP sc rejoignaient. La proportion
témoigné librement. » dépa~snit maintenant 33 % ct nugmentuit rnpiùe·
Cascade, dnns l'I<.luho, le News: • Ln politique ment.
du gouvemement consiste ... il nier l'existence de Jamais depuis lu chaude alerte de 1952, les cen-
tout cc qu'il ne peul oxpliq11er... • seurs n'avaient eu à redouter un tel mouvement.
Meride''• dans Je Connecticut, le Joul'llal: c De Maintenant, à chaque nouvelle, se r6trécl~sult lu
nornbrcu.~ rapports existent aux dossiers des Forces
aérienues. Il> proviennent de pilotes qualifié~ qui majorité d'incrédules. Ou se trouvait devant une
ma9Se d'observations sans préct-dcnt. L'USA~ csti·
120
121
mait jusque-là à 10 % le pourcentage d'observa· illustrée par · plusieurs incidenl's connus du public.
lions effectivemenL signalées pour tous les Etats Deux shériffs adjoints du Texas en furent ainsi
de l'Uni.on. Le NICAP était encore d'aœord sur victimes, B.E. McCoy et Robert Goode. Dans la
ce chiffre. Vers la mi-juillet, l'état-major se trouvait nuit du 3 septc~mbre, ils apë.rcevaien:t de leur voi-
devant 9 000 rapports. A supposer la proportion ture de patrouil'le un grand UFO. Sous l'éclat
de 10 % toujours exacte, cela eût représe~tté lunaire, il paraissait avoir 70 mètres de diamècye
90 000 observations effectives. avec une (orme ovaJe.. Mais au fur et à mesure qu'il
Aucune accalmie ne s'annonçait pour le mois descendait, son ombre grandissait dans la lumière
d'août. Pis! Au Ilot des témoignages vinrent s'ajou- blafarde el semblait vouloir engloutir la voiture
ter des ra,p ports des Forces aériennes elles-mêmes. de police, ~ deru: hommes avaient eu plus d'une
Par une indiscrétion surprenante, l'agence United occasion de matiifester leur courage. Mai5 cette
Press lniernational se voyait communiquer deru: - vision de l'étrange machine qui les dominait de
incidents 5pectaculaires aussitôt passés sur les 15 m~tres··avait quelque chose de tcuibte, ('lia voi·
ondes: ture ~e mit à foncer à l'allure de panique de 170 ki·
• Aujourd'hui, Je personnel de la base radar de lomètres à l'heure.
la péninsule de l,(eeweenaw a rendu compte du , Cette panique, ou plutôt la crainte de la voir
repérage d~ dix objclll non idcntlliés volant en for- se g~nératiser expliquai~ ·encore aux yeüx des jour-
màtion en, V sur le lac Supérieur, route au nor.d · nalistes le SECRET voulu par l'état-major. Le
to~st, vitesse environ 15 000 km/h. Mail Tribune de ').1è<J.ford, dans l'Oregon, écrivait
• ... Sept autres objets ont été repérés a~-dessus alors que les Force-.; aériennes pouvaient re<touter
de Duluth. Les chasseurs à réaction les ont pris en • les effets · émotionnels d'une révélation sou-
chasse, mais ne pouvant maintenir la vitesse 5uffi· daine •· · .
sante ont été rapidement distancés. > En (évricr 1966, les opérations des UFOs · sem·
. La radio signalait en même temps qu'un engin blaient revenues au point bas. Des apparitions
de forme ovale, avait été photographié par Robert dig~les d'intérêt ~e produisaient encore de-ci de-là;
Campbell, journaliste de Sherman dans le Texas. mais la grande crise .semblait· passée; l'état-major
Le Christiall Science Monitor, après avoir examiné reprenait son souffle.
les négatifs, publiait le commentaire ~u.ivant : Et -tout à coup, sans préavis, la phase deux
• De nombreux Texans ont aperçu quelque s.'ouvrait.
chose que les enquêteurs les plus expérimentés Le gtand événement deva.it se produire à Dexter,
considèrent actuellemenl comme défiant toute expli- dans le Michigan, au cours de la nuit dn 20 mars.
cation ... C'était une sorte de lumière éclatante. dans M:)is des dizaines d'officiers de police en avaiènt
le. ciel entourée d'objets de moindre éclat. Des pho· .eu )ln avant-goût six jours pl\1s tôt sans qne la ptesse
tographies ont été prises. Une étude précise des en pnrle... · ·
négatifs permet d'affirmer leur authenticité. La Le 14 mars à 3' h 50 du matin; • les shériffs
caméra était correctement centrée .. . C'est un docu- adjoints B. Busluoc et J.. Fustex avaient. vu plu·
ment de premier ordre au dossier da mystère des sieurs disques manœmTer nu-dessus · de Dexter.
soucoupes. • Puis, il y avait eu quatre UFOs en formaQ.on. Trois
. Au cours de l'année 1.965, la peur des UFOs fut autres postes de police avaient signalé de sembla-

122 '·i23
lets du Michigan déferla sur toute l'Amérique.
bles observations, et la base de Selfridgc confir- Jamais e~plicatioo ne connut plus furieuse réaction .
mait que son radar suivait les objets. •
Rusht·oe, après nvoir précisé en son rapport les LES FORCES AERIENNBS SB MOQUENT
observation.\ faites, ajoutait: . DU PUBLIC titrait en première page la Tribune
• C'est la chose la plus étrange que FOSlcr et mOl de South Beml. Le N~s Leader de Richmond
ayons jamais vue ... Ces o~jets JlO.nvaient. se dépl~­ accusait l'état-major de faire bon march6 des
cer à des vitesses fa nlasttques, vuer, gnmper, pt- témoignages et do tenter de discrédif~r lfl>l 1trooins.
quer, s'immobiliser datt\ les alr~ avec une incroya- Le Clu·mùcle de Houston couvnüt de sarcasmes
ble 3ÎIS3nce de manœuvre. > I'USAF pour ses vain! essais de ramener los ÙFOs
Curiemement, les incidents du 14 mars avaient à des phantasmes. Le News d'lttdiMopoli' estimait
(ait peu de bruit. Mais le 20, deux ou trois que, seule, une eoquêœ du Congrès pourrait apai-
lumi~res étranges étaient signalées au-dessus de ser le~ inquiétudes publiques.
marécages près do Dexter. Ln oult suivante, Si ridicule paruLssnit la tépoose imaginée pal'
même phénomène près de Hillsdale, dans le Micbi· Hynek que l'on en revenait aux pires heures de
1965. Pour que rien oe manquât &IL' dilficultés de
gan. · · de 1965 reapparoLSsat
En une nuit, l'er.c•tahon · · 't, l'état-major, les upens en leux folle)S 1entraient
Les journalistes a!Ouèrcnt 1i Der.ter. Au Capitole, en lice. Le docteur Albert l:libbs de I'J~stitut de
le /e(ldcr de la minorité, Gerald Ford réclamait Tech nologie de Californie dén\olissait J'explication.
une enqu~te du Congrès. De nombreuses voill: s'éle- Les commentateurs de presse et télévision citaient
vaient dans Je meme sens. Es~rant aill$i apaiser Mt. l>iiooaert, l'auteur de The Namre of Ligllt (IJ!d
les esprits, l'USAF dépêchait au Michigan le doc- Cclour i11 the O~n Air.
teur Hynek. Son enquête débutait à peine quand 1\>finnoert rappelait que la décomposition des
du t61éphone de l'état-major jaillit un ordre planto~ dans les mnroj;; peut r roduire du méthane.
péremptoire : En se dégageant, le méthane forme cie petites
• T enir une conférence de presse demain maûn. flammes de 10 centimètres au plus de haut sur à
Ptéaentcr une eAl)licalion pour toutes ces obser- peine 4 de large. Parfois elles sortent du sol, par-
\•atiousl • fois elles brillent il quelques centimètre.< ~u-dessus.
Au cours des deux nuits des 20 et 21, des dis- Il urrive que Jo vent les emporte à quelque~ pieds
ques avaient été signalés et l'observation v6rillée. avant de les éteindre.
Il s'agissait fà de tout autre chose que de lueurs Hynelc se fai;ait ai.n:oi houspiller injustement:
moova.otcs an ras du sol. Pour les UFOs manœu mais la cible principale demeurait l'USAP. Le grand
vrant en hauteur à grande vitesse, Hynek n'avait journaliste Roscoo Drummond revenait i1 Jo charge,
pas d'explication. Harcelé par l'état-major, il cboi- réclamant une nouvelle ct vnRIC enquête. Les rédac-
sit de concentrer l'attention osur les vagues lumières teurs en chd des grauds journaux, des mernlll'es du
rôdant par les mar~c.1ges. Devant les journalistes, Congrès, tant républicains quo démocrotci, entraient
il CJ<pou que de la vég6tation des marais pou· dans la danse. Le• earicaturi<tes et cbansonniers sc
vaient émaner des gaz de décomposition combus- régalaient d'histoires de feux follets. Time, Life,
tible~. Sans attendre davantage, les journaliste'> Ne•v:;week, et nutrcs revues développaient le
coururent au téléphone, et l'histoire des feux fol·
J2S
124
thème. Et les réseaux de pres~e charriaient jour- sion~ avec un .modèle essayé pendant plusieurs
nellement d'une côte à l'autre les témoigllages de annees. D nt·avau pas autrement insisté', 'à vouloir
pilotes, contrôleurs de' vol, et autres profcssionoels être trop llffirmatif on etît côtoyé l'ilnposture.
de l'aviation. . L'AVRO avait été une faillite totale. Le '24 juin
Le problème se compliqunit. Presse et radio dit- 1960, l'Armée devait officiellement reconnaître
fusaient des .. histoirell à faire peur •· Le 23 m.ars qu'il pouvait s'élever de quelques mètres seulement
un certain John T. "King disait a\•oit· tiré sur un et ~ans grande possibilit6 de contrôle. Sa vitesse de
UFO qui s'était approché de sa voiture. [1 condui· pomte ne dépassait pas 50 liilomètres à l'heure.
sak près de Bangor, dans le Maine, quand - selon Armée, Mari1_1e, et 'Forces aériennes, ap.rès avoir
sa déclaratioJt à la police - il avait aperçu un jeté dans· t'a.l{aire dix mi·llions de dollars avaient
disque volant à dôme, posé sur le sol, près de ta dû suspeJ\dre le CGntrat canadien. ' ' ·
route. Comme il approchait. ses lanternes s'étaient Plusieurs journaux reproduisirent• la silhouette de
obscurcies et sa radio assourdie. Se croyant eu l'iuf~1't11116 AVRO.. Mais cette photo périmée ne
danger, King aurait saisi son pistolet Mag11um. Il devrut pas lDlprc~siOnner le · pubiJc.
aurait ouvert le feu au moinent où le disque était L~ brève aùdience de la com:mission ne fm pas
à moins de 15 mètres. Au ti'Gisième coup de feu. la_Sllltple farce attendue. Le pn)•ic.lent, E. Mendel
le disque .aurait décollé • à ùnc vitcs$e terrifiante •. Rtvers, fit conn>tître que, de soo point d,è n•e les
Tout le moi~, se multiplièrent les hlstoires UFOs n'étaient pa~ à rejeter d'un trait 11le pl~me.
d'UFOs percutant des voiture.s et des remorques. Mais les représentants de I'USAF s'en ' tinrent à
L'on n'y croyait guère, mais l'épreuve de I'USAF leur ·système de « démystification >.
en était aggravée. La situation devenait pour elle Divers membres de la comnuss•on déclar~rent
si difficile que, non sans réticence, elle donna SOli ~riJment ne pouvoir accepter eo bloc les dénéga-
accord il une brève. audience de la Commission du ti:OOS des Forces aériennes. .Mais le pré.<ideot Rivers
Service armé de l'Intérieur. statua q·u'il n'y avait pas de preùve formelle et
La veille de l'audience, elle romit ù la presse une c!ôtu~a l'audience. L'état-major attendait de cette
p.h otographic de véhicule en forme de disque. vtotol~e une chute soudaine du pourcerr.age de gen•
C'était l' utt des deux modèle's expérimeotaux cons- convawcus de la réalité des UFOs. Un nouveau
truits sur contrat par I'AVRO Corporation cana- sondage Gallup tomba comme un pavé dans la
dienne pour les services de l'Année des E tats-Unis. mare au~ censeurs. Le pOUrcentage atteignait main-
Les Forces aériennes avaient dès 1955 annoncé que tenant 46 %, ·près de Ja moitié des Américains.
la machine de l.'AVRO '6erait un intercepteur révo- · Le coup 6tait dur, Je désastre en perspective.
lutionnaire, capable de voler à 2 300 km/h ei de Q~e survint une nou~clle vague d'UFOs, et 't 'appa-
manœuvrer à des. vitesses stupéfiantes. Le public reil à démystifier bafouillerait défutitivcmeut les
était prévepu qu'on le prendrait pour une soucoupe j?~rnaux s~ feraient pllts acerbes, tll1c l,a rge .;.ajo-
volante aussi longtemps qu'il ne serait pas bien nte populane forcerait les portes de la ~cnsure.
connu. Il_ n'y aura,it yeut-être pas de paniq4e; mais les
Ce rappel de l'affalro de I'AVRO était évirlcm- · oJiicte~ de 1 Atr seraient durement attaqués pour
ment destiné à laisser entendre qu'un grand nombre cette · longue cachotterie, mSme s'il devait être re-
de rapport•!< sur les UPOs. pouvait Tésulter d e con!u- connu que la prudence, le souci de ménager le public
• 1
126 '12'7.
les avaient inspires. T oute révélntion limitée pourrait contres dcpui~ "uthcntlflée<. Celle masse de rnpports
amener un désastre. I mproviser un programme de avaor amené Kurt llummar~kjold à penser que les
pr6puration du public était impo-.ible. Le seul c<~poir UFOs étaient bien dC> appareils d'observation venu~
de maintenir le SECRET était en un changement de l' Espace.
radical de la conduite des opérations. Interrogée par la presse, I'USAF sc refusail :\ toue
Au cour< de l'audience de ln Commission. avait commentaire. Toucc tcnlnci•·e pour discréditer le di-
été évoquée· la possibililo d" doférer la question il dos recteur de l'lAT/\ eut 'anlcné le déballage d'un
scientifiques des unh·crsitôs. L'étot-major y vit toul fo rmidable Ù<>S~ier.
ii coup une issue à ses diJilcullés. L'important était ~'USAF chet·chai't loujours l'unîvcn;ité qui tlo·cn-
de Lrouvcr le collège univ•rscllement respecté à qui .dratt son contrat quand ho presse mit ln ou;lin sur un
sentit cou fiée l'éLude, lnqu4.:11c ~crHÎL annoncée '-=<>mme rap1;10rt d'~n ingénleuo· du projet Apollo, pilolc ct
cntièt·ement neuve et liWrôe de tout contrôle d•~ anc1en navigateur des Forces Doriennes. Le 23 juin
Forces aériennes. J966, l'ingénieur Julian Snndoval et plusieurs autres
L'(;tat-major avant même de mettre sur pied un personnes apercevaient un L:Fo d'environ lOO mè-
programme precis, se pr<occupa de placer le contrat. tres de long près d'Albuquerque dans le l'ou,cau-
Oue les univc"itaircs aient ••'<Ioulé le ridicule tou- Mexique.
jours attaché à la recherche des • soucoupe; vo- Mais le coup le plus d ur pour I'USAF fut la rév6-
lantes •. qu'il; sc soient méflés des proc.:dés de dô- l~tion publique du docteur H)•nck:. Le docteur, prin-
mystillc:ttion de l'état-majo r. toujours est-il qu'un copal consc•llcr pour les UFOs, contredisait ouverte-
mois passa sans qu'aucune université se montrât in L-é· ment les démentis préc~demmem opposés à la Com -
ress~c. Et de nouveaux é\'éllCJncnts ~u rvinrent aJour· mission des Services Armés, aflirmait que les Forees
cllss~ntle fardeau des • ùémvst ificateurs ». nérlennes avaient èn main des rapports mdar ct des
Le 25 avril. de son Convolr, Jo gouverneur de Fln· P!'otograptu;s UFOs. auxquels aucune explication
ride Ha}tlon Burns en touo·n~e avec 1111 groupe <le n avaot f?U ctre fourn.'c•. enfin reconnaissait que les
journalistes VO)'ait sui\' rc à relativement courte dis· ob;ervatouns se multlplonocnt depuis les débuts de
tcomce un objet volant inconnu. n ûcmanda au corn· 1.9~5. _Réclaonant la lin des campagnes destinées a
mnnd•oll de bord de s'approcher, mais, a~ito>t. ndtcubser les témoins, il precisait que les rapports
l'UFO prit de la hauteu r. Une large publicito otait les plus LTonblams venaient de personnes seMées
faite à l'incident. éq uilibrées, instruites et som·cnt de solide fonnatio1;
Vers la même époque, intervenait au dése-spoir sciencifique.
de l'USAF, un grand expert nérnnn utique, Kun Ham- La pr;,mière l'l!aetion du Pentagone fut violente.
marskjold en personne. Le dorcctcur général de Le docteur Hynck fut mis à pied. Puis l'USA F com-
l'l/\1'A. l'Association lntcromtionale du Transport p'rit qu'il serait Lemps de prévoir un nouvc.au bUI'noge
Aérien, au cours d'une o·éu nion cie chroniqueurs de de presse.
l'aviation el des activités ~patinlc~. cli~ait avoir reçu Cependant, sur co (olld de faux mystères et vraies
ù son entrée en fonctions 1111 g rand nombre de rap- manifestations, C011101cnçuit à se répandre le bruit
potts d'observation d'Uf'Os. Des centaine> de pilotes d'actes boslilcs des étrange!'> de l'espace.
et équipages do> compagnie\ américaines ou autre>. On racontait en part!culier l'hisloirc d' un jeune
membres de I"Associatiuo. a\·aienr signalé d~ rem.. couple du New Hampshore, Betty et Burney Hill. On

128 f 29
disait qu'~ la suite d 'une rencontre a\'ee • ''"' UFO vu Collills n'était qu'u n des vaisseaux d'une tlolle
ils avaient fHit sous hypnose une étrl!oge révélation; dïnvosinn \'Cnue prendre possession de la Tcn-e.
des passagers ù' UFO les auraient enlevés de leur Ces. histo ires peuvent rejoindre celles des géants
voiture, alors qu'ils s'étaient an-ètés sur une route d e tro1s mèt res. de nains \'elus cl griffus, de la femme
désenc pour observer l'étrange machine. De fah de deux mètres cinquante à pcnu l>as~n.:e avec un œil
rcmiJI SOU$ état hypnotique en présence d'un élnineo; à reflet d'or au milieu du fronr.
psychiatre, ils décrivirent d'embarrassants' examens Mais il n'y avait pBS que C'OCa'!Series en tout ce
rhy&iques •ubiS> entre les mains des ''"itchrs <patlau~ b~it. Ouelqu~ TC\'UÎStes notoires multirliaient les
avant retour à leur \'Oirure. ' arlldes. ;!larm1ste~: les visiteurs ~patiuux étaient des
D 'enqu4tct distinctes, dont une du NICAP' résul- meurtners en pui.o;sancc... notre monde était en
tait que cet enlèvement ét~it probablement~ ilnagi- danger de mort.
naire. La terreur éprouvée en présence de là fantas- . En d'autres temps, de tels rapports eussent été
tique machine d evait nvoir déclenché · une réaction l>ten accueilli_s p~r . l'USAF. Ils avuicn t jtrsqu'ici en-
psy4hique intense, La réputation 'des Hill, bons 'ct sé- tret~nll le d1scrcdll sur toute l'affaire des UFOs.
riçux dtoycns, exeluait l'hypothèSe d'uné fumrstciic Mms . en 66. mieux vatnit garder le silence que
d élibérée. L'affaire uyant été smmnairelnent mtonl6c d 'exc1tcr cette publicité clongcrcu,c.
dans un• journal de Boston, l'intérêt susdté surprit Poul'lant cc• hi<toires cie lo ups·gurous laissaient
d e la pnrt de lecteurs qui, naguère, se ·fussent moqué. le public froid. ·
Loo sondages Gallup suivaient résulièrcmcnt cette Début 66, los mo tifs de pnniquc p<>uvaicnt être
évolution. · moins .mal fondés, et pourtant ou ne pouvait par-
Malheureusement, l'histoire ëlcs Hill redonnait une ler véntablement d 'hystérie. Au mois d'aoùt sculc-
actualité à deux ou trois épisodes singulicril. en 65, me~~t, les Forets a~r;enncs commencèrent à s"in-
à Renton dans le Washiugtoo, !rois jeunes tilles qull!ler des réactions du public. Une no uvelle série
avaient pBrl6 d'une rencontré avec des ~r~atuus Il d'orérations L"FO p~ de WMhington venait de
têtes surmont~es d e calottes ô lanchcs, yeux globuleux relancer les attaques contre la ce~~~urc.
et races ~· marbre gris. Pour corser le récit, certains D ans la nuit du l'' aoùt. les objets mnn<ruvraot
prétcndo1cnt q ue les jeunes filles avaient échoppé de à grande vitesse étalent aperçu; au-dessus de Prince
p~u à ~n rapt. De l'~nérique du ~ud parvenait l'his- George, dan< le Maryland. T~mnm< : cles officier;
toire d un groupe d'etres avec un seul œil, puissnm· de police, des soldats.
ment bâtis, qui avaient tenté d'entraîner un T errien . Le d?c.teur Ba>il Uzunoglu, physicien ct expe rt
dans ·leur vaisseau. D es voisins 6taient venus i\ la clcctron•c•cn rendait compte ~ peu pri:s au même
reseoussô. ,11 ~ avait ~u. une lutte sévè~c. puis, les moment ùc son expéri~ncc pcJSonucllc. A 11 heures
étrtll1gers s ét&ent enfu1s. dans leur engin. , dv soir. il çonduisait $R voilure nux cnvil·ons immé-
. Au coùrn do !n mission de Geminl X en juillet, di~ts ~c W~shington quand tout à coup il aperçut un
1 astrona~tc Coll!ns apertevmt un ob]ft iiJConnu par· ObJet mconnu. à environ ~ix mille mèlrc'\ tm-dessus
~ouront une orb1te polaire. Le Centre de lancement de 1~ route. L'objet descendait . ct Je docteur le
des engins spatiaux confirmait .l e fait publiquement. perd1t de vue un in;;tant, mai~ à ~n Sl'llndo stupeur
Un chroniqueur en mal de copie s'emparà do 1~ no u- lo vit réappara1tre immobile nu-dcssu• d'une mai-
velle ... il s'agissait d'un avertissement. .. ce qu'avait son à environ soixante-di x m~tres de la toute. JI

130 131

1
lut •ur le point de s'~rrêter, dc~cendre de ''Oiturc, d~s cetltnines de rapports documentés des Forees
cr o!Tcr voi r l'engin do pJus près. M ais il se rtl\•isn aériennes. Pui~ JI nvait été rédacte ur en che( de la
ct appuya sur l'accélérateur. Rendant compl<: peu revue des Forces aériennes d'Extrême-Orient oll, d<:
après il. la base militaire d'Andrew;, il reconnut 4uc nouveau, venaient à l'cAamen des centaines de ren-
celte rencontre lui avait causé !,ln choc. contres authcntiliées.
Au cours de lu m~me nuit, un" jeune ni lo de Le 7 août, le Star de Washingloo publiait sur
J~mcstown, dans l'Etal de New York, faisait à la une page emière une ~tude du colonel Cooke.
police le u~cit d'une rencontre avec un êt re Spa· Après avoir rkurné les nrgumetm ma~slfs établis-
ti•l effrayanl. E lle faisait pnrtiç <l'un groupe de sant lu nature d'engins interplanétnires des UFOS
jeunes gens vebus pique-niquer' sur ln péninsule le colonel ironisait durement su r les thèmes de
Brie. Ils allaient partir quand un objet \'Oiant peu • dém)•stification • des censeun : étoiles, planètes,
familier apparut, cherchant apparemment à se météores, oiseaux, mirngcs, (eux follets, hallucina·
po~cr dans le voisinage. Tandis que ses enmpa· tioos, supercheries, montages publicitairos... .
gnon< a11endaient s.~ réapparition, la jeune fille Résultat : des membres du Congrès rcpartaoent
était re\'enue à ~o voiture. Q uelques minutes ~ l'attaque contre la censure.
plus tard, selon son récit à ln poilee, une créature Peu après, j'avais u11 cn1re1icn pri\'é uvc.c un. o!fi·
éir~ngc, toute velue, avait tenté de pénétrer dans cier des Forces aérienne.• très opposé au mamto~n
la vniture, puis était grimptc sur le toit. Elle avait du SECRET. Pendant des années, san~ violer les
alors actionné le kl~xon pour appeler ses amis. Le r~glemcnts do sécurité, il m'avait donné d'excel-
mùnstre avait sauté à terre et disparu. lents conseils pmor n1es propros enqu8tes.
Quelle qu'en fût la cause. la terreur de la jeune - Cela va on ne peut plus m~l. me dit-il, je suis
fille, nu dire de la police. n'était absolument pas toujou~ hostile au SECRE'P; mais le moment est
simulée. Le choc nerveux était incontestable. Au mal choisi pnu r y meure un terme. Depuis 'l"e
cours de l'enquete menée pnr le Nl CAI', des contra· Hynek a exposé lcg mcnsonses de la censure, la
dictions apparurent dans les déclarations des jeunes prt&.'iion monte au Congrès. Maintenant, c'est
gens, et il fallut renoncer il rétablir exactement les Cooke qui jelle de l'huile sur le fe u. Un jour, les
faits. :'.iais l'hhtoire fit uno vivo impression dMS le Forces aériennes peuvent avoir ~ faire face ù une
secteur, ct \int s'ajouter aux observations du tvlar)'- enquête à tout cass;:r du Congre:;, ct cc sera le
land pour donner un nouvel élan il la pubticit6. désespoir chez les grands chefs.
Six jours plus tard on nouveau coup t braolait le - Ils oni été suffisamment prévenus!
SECRET. 11 venait d'une hnute autol'ité des J'orees - Oui... mais co n'est pu\ entièrement leur
aérirnnts en matière d'enqu.:!tc sur les \'.ü.Î~eaux faute. Vous le savez. Le CJA nous n mis dans le
spatiaux: le lieutenant-colonel Charles Cookc, pétrin. Et mainlena111 il se met sur la touche lun-
alors à la retraite. Offid cr de Renscignemoni nu d is quo I'USAF affron te J'E nlor...
cour< de l.t Seconde Guerre mondiale, il avait à - Rt à propos, I'Univcr~ité? J e croyais que le
cc titre examiné les comptes rendus de première Colorado avaiL finalement signé le contrat.
mnin de pilotes mi1itaire~; sur )cs rencontres - Ouelque chose n'a pas marché. JI n')' a pa$
d'UFOs. A u lendemain de ln guerre, il avait fondé <moore de contrat Cela vicndmit trop tard, si le
ct dirigé l'Air Intelligence Digest, où aboutissaient Congrès pas.w à l'action.
132 133
Une enquête serait déjà un désastre, a\·ec toutes Sur le sol, il y avait des bouts de papier portant
ces preuve:; bien cachées qui, subitement~ vien- des notes en portugais. Sur l'un d'entre eux. - l'on
draiçnl ù ln lumière. Mais mainleMnl nous uvons en pouvait lire :
plus ces bistoires de fou sur les monstres de l'es- • A 16 h 30 nous prendrons les cnpsules ... Une
pace ct les ntallteureux terriens enle\'és. fois l'effet produit. sc protéger la moitié du vis~gc
- Il n')· a pourlùnl aucun ~igne de panique. 3\'ec les masques de plomb. Attendre le signal
- N'o11bliez pus la rameu;e émi•sion d'Ornon convenu. •
~ \Veiii.)R 'Sufl JrinVasion mahfcnn4.!. L'enquête de police fut conduite pnr lïnspeclctll'
Celte conversation nl'incirait à examiner le§ plus José Venancio Bitteoco un des services de Rio do
récent' rapports "" de po<sibles mout~j!tS de Janeiro.
paniqu.:. Il y avait uu rapport d' Amérique du Sud, c Il n'y a pas de raison médicalemtnt décelable...
non pliblié,-•sor un cnl~vement surveou nu début Les hypothi!$es _pois?" · violence, asphyxie ont été
de 65 . Ln victime disuit uvoir êté emmenée sur une succCt.oi,SJVcmcnt ccartées. •
autrè planète par 1111 UFO èlt for me· de disque. Les médecins donnaient pour dale du décès le
' !Jurant sun ~êjou1· forcé, elle aurait pu voir une 17 aoOt, jour où deux témoins af6rm.aient avoir
' fltJtt~ immense tfestinfe à une inva~t,ion de lu Terre. v~ un UFO s·arrêtcr au-dc~us de l'emplacement
· Puis on raurait ratnl.!née chet elle san~ dommage. ou les deux cadavres é taient retrouvés trois jours
·' D'autres récits ~c fondaient sur le tlésir prêté plus tard. Le drame fm connu aux nrats-Unis, nu
aux érmngers de sc d'o cumcntcr stu· notre planète dobut, sall's mention d'UFO. Mai.• un peu plus tard
Cl se< habitunls uvan1 de tenter des déblrqucments le ~ru il se répandit, accrédité par diverses . stations
en force. Telle était s..ns doute l'explication - rad10, que les deux bommes a vaient vo ulu ren-
suggérait un auteur Connu - de~ millier< de dis- contrtr les étrangers de I'El.paœ, el que ceux-ci les
parilions ,mystérieuses enreglmécs chaque année. a-.·nicnl tués pour une raison inconnue.
1 Les disparus étaient ccrlalncinent' vivants~ sur tlucl- ,Cc . soh'-lil, l' offlcier de< Forces aériennes qui
tque planète inconnue. m nv;ut parlé de ce>> montages de récits d'épou-
En dépit <k ces rumeurs sini>h'es, nul ne cher- vante m'appelait ou téléphone :
chait •ncore refuge duns les montagnes. Une seule c Dieu merci! Ces meurtres dlu>mmes au masque
~ffairc en celté trouble période devait reten ir quel- de plomb ne sont pas arrivés ici! Nous n'avons pus
' que peu l'attention du public. Mnis c~tte fois, il cu u·op de di fficultés ... Quelques !etires et très peu
s'agissait d'un fait, dûment con>talé par ln police de ooups de téléphone. Quelle salade •si l'affaire
de Rio de Janeiro. :l\'llit cu lieu ch<:'~; nous! • '
Le 20 août, des officiers de rx>licc gravi<•mient Fin septembre la police faisait connaître ses
tlllC colline à Niteroi dao> les faubourgs de l{io, o ù conclusions :
une femme disait avoir vu li ll uro sc ruser peu « la mort a .:t~ p.rovoqu..!c par l'oclion d'èt rc~
de tem ps nuparavant. Les policiers étaient scep- venus de l'inconnu... •
tiquts. Pourtant un macabre spectacle les alten- Au cours des ,·iogt derniers mois, le SECRET
d rut. des Forces. aériennes avait été maintes fois publi-
Près du sommet !!isaienl le• corps de deux quem:n! denonc6 .. preuv~s à J'appui. Les préten-
homrnes, visages CôftVcrts de mnsques de plomb. dues m1ses au JlOtnt ava1ent été démontées el l~s

( 134
' 1:35
Î1npr:.:$sion1ta1' fs témoignag.c.":: d'observateurs · haute-
Jlleot qualifiés largement répandus. TouL scmbhJit
oublié, l'ardoise effacée. lnvraisemblable, mais vrai.
L'l~SAF pouvait soumer. Condon était à l'œ uvre.
Je ne Je connaissais pas alors. Mais je devais être
longuement mf:)é à cette • étude, nouvelle, indé-
penclaJtte ». Ce fut Ja période la plt1s cxtraordinnire
de mes longues investigations. CH.<\.'PITRE Vlll

llATAll.LE A BOULDER

L E 7 octobre 966, entrait en fonction à Boulder


J
Je groupe d'étude de l'univecsité du Colorado. Dans
l'annonce officielle, l'état-major insistait sur la
garantie 4 ùc sérii.iu:<, ~fobjectivité, d'esprit vérita-
uk>tuent scientifique • que constituait la nomination
à sa tête du docteur Edwa rd Condon.
Vingt-quatre heures oc s' étaient pas écoulées que
le docteur Condon s'emplo}•ait à effacer de sa per-
sonne cette rassurante jmagc. De nombreux Jour-
nau~. do11t le New York Time·s, donnaient à ses
dénégations tout le relie( voulu :
• Il y a bien peu de chances .pour quo ces engins
existent.. . Nmre enquête portera plutôt sur 1~ causes
de ce que je considère comme pures l•allucinations. •
Quatre jours plus tôt, Condon s'était engagé à
mener une enquête impartiale. Et l'engagement était
inscrit au contrat où figumit sa signature à côté de
celles de deu.x des principaux dirigeants de l'univer-
sité du Colorado :
« Les travaux Sêront conduits dans des conditions
de stricte objectivité par des enquêteurs qui -
autane q1te possible - n'auront sur la question des
UFOs aucune iùée préconçue. Cette neutralité est
absolument nécessaire si l'on veut que l'étude
réponde à la confiance du public, du Congrès, du
gouvernement et du monde scientifique.
137
le 9 octobre, le docteur Condoo déclarait au J'insistai :
Dt:nver Po.<t, journal du Colorado, que les Forœs - Notre accord reposait sur votre engagement
aériennes avaient fait une bonne affaire. de mener une enquête sans idoo pr~eonçue.
Ce même jour, le memo Denver Post reproduisait .t\ son tour, Lo'~ insist..ùit :
un propos de l'adminhtrntcur du programme d'élude, - <.:es nouveaux incidents sont très rcgréttnbles.
Robort J. Low : < Les conditions faites pM les ForcC$ f\oul nvons cu plus de ein(lunnle :~pptls de repo~ters
aériennes étaient presque inacceptuble$... mais on el d'éditorialistes. On se seraiL cru dans Ulle matson
ne dit pas : Non aux Forces aériennes... Nous trou· de fous. , , .
\'erons probablement plus de données intéressantes Que trois jours C!c suit.e les. journa_ux ruent pcr-
sur les témoins que do nouveau té scieotlflquc dans sis'é ~ citer ' de trnve1·s · d~ eommcntrures dérogennt
leurs témoignages... • ne~tot~cnt du bnnnl comrnulli<lu~ d'atteJ\tC ~tait
Antérieurement, Condon ct Low avnient demandé dircicile à avaler. J'acceptai cependant de venll' à
au 1\ICAP !On témoignnge ct son aide pout les Boulder. ,, . •. des
enquêtes. Maintien du SECRET, • démystific3· L'un des principaux écueils .,an 1~mportance
tions • systématiques, r~ndaient sans doute presque dos~icrs du NlCi\P. , · .
inconccvuhlc une enquete libérée de toute pression. Plus d'un sceptique avliiL été convamcu par ce
Mais un rer us de collaboration de notre part eût été dos~ier. On aurait donc pu craindre que . l'état·
interprété comme le s igne d'une carence. J'avais major fît l'impossible pour éviter la <>;>rnmumca\ton
donc répondu que nous roomirioos notre assistance, d<: ces dossiers aux savants rassembles à Boulder.
étant entendu qu'il scrnit procC'<lé à une vaste inves- Il n'en avait rieo été. . ,
tigation ~Ms aucune interférence do l'état-major. Ln première [a usse note vint ~ l'occaston dune
Condon ct Low m'avnknL tons deux assuré que telle abscnt:c momentanée du docteur Co1~don,. pris ce
était bkn leur interitiou. jour-là par un autre rendez-vous. J aura1s voulu
Aussitôt lu leurs déclarations dan~ la presse, donner à oJ..ow numéro Z du groupe d'étude, on
j'appelais chacun des deux hommes : ape<Çu de cc q~e nous pourriODS fournir aux enquê-
- Docteur Condon, comment avez..•'Ous pu dire teurs : · .
à la pres~e que vous avez déjà formulé vos conclu· - ... dans cette prcmii!rc s~lcchon, vous 1:~u­
sions, avant meme d'avoir étudié lu dos~ler'l vcrcz des cas tr~s intéressants, telle cette appanuon
- C'est absolument contraire à ln vérité. Les duns l'Oregon d'u n UFO que la chasse u tonlé de
journaux n'en feront jamais d'autres - ma pensée contraindre à sc poser. U sc tenrut au-dessus de
a été complètement déformée. l'a~roport de Redmond, et...
Low s'en prit également aux journaux : Low interrompit brusquement :
- l\ous serions trop bêtes de nous mettre à dos - A quelle dutc?
le · NIC!\ P. Nous comptons ubsolument sur votre - Le 24 septembre 1959.
collaboration. 1\ous ne savons môme pas très bien Low secoua la t!te :
commen t débuter. Naturellement votre témoignage a _ C'esi trop toia. 'Les témoins ne pourront se
son impottuncc. Mais l't>xpérience de vos •ous· souvenir d:s détails.
contit~ est indispensable pour 1~ formation de nos - les services de l'Aviation Fédêrale onL un
propres enquêteurs en mission. rapport complet.
138
formation de 00.0 ct que nous collaboreriOll$ à ses
Je donnai à Low tous les détails. :maly~e~ des faits. . .
- Vous aurez là non seulement les prouves que J'aUnis partir quand le docteur Saunders wc rejOl·
vous cherchez, mais les démcutis de l"USAF. nnit :
- Nous n'avons pas de temps à perdre S\Jr de o _ Vou• pouve1 comp:er sur beaucoup de ces
vieux rapports... hommes. Nous nous battrons pour que l'enquête soit
- Cbcrcbcz..voos la vérité? bonnStc 01r111nt que le permet le conlrtlt.
- N•tureUemeutl. .. mais nous avons il peine un Low ~qus rejoignit avant que jo puiss~e demander
an devant nous. Nous devons Jtous concentrer sur à Saunders ce qu'il e ntendait·par-là. Mars, re~enu •.u
les rapports actuels ... NTC.<\P, je repri> 1~ texte du contrat et y ùocouvros
- Mr. Low, ce cas est d'un intérêt très parti- ee pa!agraphe troublant :
culier. Ln date imponc peu. I..es premiers rappons • J:ln raison du maintien du programme Blue
concernent des raits sérieuJ<, parf~is graves: des Book, nous .comprenons que I'Universi~6 o'cst en
interventions de la chasse. des pilotes tués, des colli· a11cune mnnière obligée d'eoquôter. s~r les obser·
sions 6vit6es de justesse, passagers blessés par les votions autres que celles que les pnncrpaux cnquê·
manœuvres désespérées des commandants d~ bord. teurs ont sé\eGtionnéC" pour eette étude. •
- Je n'avais pas saisi cela. Cette disposition permettait d'él~der tous !~ té-
Low paraissait préoccupé., il ajouta : moignages gênants. Que telle eCit éte ou non 1.mteo·
tion de l'ét<~t·rnajl'>r, aucun caA ne pourrart être
- J'en paderai il Ed. Condon. En attendant. analysé par les spécialistes du groupe s31\s l'acc?rd
alloos do l'avant. .Envoyez-nous un récapitulatiL préalable de Condon et Low. La documeotatoon
Le reste de la conférence fut comacré à des discm- 1\"'CAP ne serait mentionnée que pour donner le
sions d'ordre général. change. . •
Le docteur Condon était un honune d'environ ·La meilleure solution était d~ foumu a Co~don ~~
soixant~·Cinq an~. Rolideoueot bfiLi. Le plus souvent, Low les documents sur les fntts demeurés tnexph·
il écoutait on silenc~. ne laissant rien percevoir de ses qués, mai~ d'en informe~ ~rsonnellcmcnt Saun·
réactions intimes. Il ne fit exception qu'une •eule dcrs et quelques autres scoentoli<!u~ Cette commu~
foi.~ eo ma présence à ce compnrt~ment liaé. La nication entamerait-elle le sceptoc1sme de Condon.
question ~ l'ordre du jour était : les livres consacrés Préférorait·il ignorer? De toute onnnière on ne
aux UfOs, la plup11rt ouvrages à scnsuLions metrant tarderait pas à le savoir.
en scène des visiteurs de l'espace plus ou moins Je vérifiais le contenu d'un premier envoi quand
fantasmagoriques. Gordon Lore, un de mes collaborateurs, m'appona
Beaucoup de panicipants semblaient réellement des extraits de déclarations de Condon dans l~ presse :
iot~resso!s. Mais lo seul au courant du problème - Peut-être n'ov~z-vous pns vu cela? . ,
était le docteur <David Saunders, professeur de psy· n me montrait du doigt un passage souhgue.
chologio li J'universitû du ·Colorado, qui nous avait · Condon disait :
d'ailleurs r..:ndu visite au KJCAP. • 1..4 plupart des rapports a~~iens sont trop vagues
A la fin de ces conférences préliminaires, mes pour nous être d: quelque utilit~. ,• . .
doutes n'étaient certes pas levés, mais je promis à Je remerciai Gordon, ct aprcs avo1r range à
Low <JUC nous donnerions ·li ses vérificateurs une
141
140
mait jusque-là à 10 % le pourcentage d'observa· illustrée par · plusieurs incidenl's connus du public.
lions effectivemenL signalées pour tous les Etats Deux shériffs adjoints du Texas en furent ainsi
de l'Uni.on. Le NICAP était encore d'aœord sur victimes, B.E. McCoy et Robert Goode. Dans la
ce chiffre. Vers la mi-juillet, l'état-major se trouvait nuit du 3 septc~mbre, ils apë.rcevaien:t de leur voi-
devant 9 000 rapports. A supposer la proportion ture de patrouil'le un grand UFO. Sous l'éclat
de 10 % toujours exacte, cela eût représe~tté lunaire, il paraissait avoir 70 mètres de diamècye
90 000 observations effectives. avec une (orme ovaJe.. Mais au fur et à mesure qu'il
Aucune accalmie ne s'annonçait pour le mois descendait, son ombre grandissait dans la lumière
d'août. Pis! Au Ilot des témoignages vinrent s'ajou- blafarde el semblait vouloir engloutir la voiture
ter des ra,p ports des Forces aériennes elles-mêmes. de police, ~ deru: hommes avaient eu plus d'une
Par une indiscrétion surprenante, l'agence United occasion de matiifester leur courage. Mai5 cette
Press lniernational se voyait communiquer deru: - vision de l'étrange machine qui les dominait de
incidents 5pectaculaires aussitôt passés sur les 15 m~tres··avait quelque chose de tcuibte, ('lia voi·
ondes: ture ~e mit à foncer à l'allure de panique de 170 ki·
• Aujourd'hui, Je personnel de la base radar de lomètres à l'heure.
la péninsule de l,(eeweenaw a rendu compte du , Cette panique, ou plutôt la crainte de la voir
repérage d~ dix objclll non idcntlliés volant en for- se g~nératiser expliquai~ ·encore aux yeüx des jour-
màtion en, V sur le lac Supérieur, route au nor.d · nalistes le SECRET voulu par l'état-major. Le
to~st, vitesse environ 15 000 km/h. Mail Tribune de ').1è<J.ford, dans l'Oregon, écrivait
• ... Sept autres objets ont été repérés a~-dessus alors que les Force-.; aériennes pouvaient re<touter
de Duluth. Les chasseurs à réaction les ont pris en • les effets · émotionnels d'une révélation sou-
chasse, mais ne pouvant maintenir la vitesse 5uffi· daine •· · .
sante ont été rapidement distancés. > En (évricr 1966, les opérations des UFOs · sem·
. La radio signalait en même temps qu'un engin blaient revenues au point bas. Des apparitions
de forme ovale, avait été photographié par Robert dig~les d'intérêt ~e produisaient encore de-ci de-là;
Campbell, journaliste de Sherman dans le Texas. mais la grande crise .semblait· passée; l'état-major
Le Christiall Science Monitor, après avoir examiné reprenait son souffle.
les négatifs, publiait le commentaire ~u.ivant : Et -tout à coup, sans préavis, la phase deux
• De nombreux Texans ont aperçu quelque s.'ouvrait.
chose que les enquêteurs les plus expérimentés Le gtand événement deva.it se produire à Dexter,
considèrent actuellemenl comme défiant toute expli- dans le Michigan, au cours de la nuit dn 20 mars.
cation ... C'était une sorte de lumière éclatante. dans M:)is des dizaines d'officiers de police en avaiènt
le. ciel entourée d'objets de moindre éclat. Des pho· .eu )ln avant-goût six jours pl\1s tôt sans qne la ptesse
tographies ont été prises. Une étude précise des en pnrle... · ·
négatifs permet d'affirmer leur authenticité. La Le 14 mars à 3' h 50 du matin; • les shériffs
caméra était correctement centrée .. . C'est un docu- adjoints B. Busluoc et J.. Fustex avaient. vu plu·
ment de premier ordre au dossier da mystère des sieurs disques manœmTer nu-dessus · de Dexter.
soucoupes. • Puis, il y avait eu quatre UFOs en formaQ.on. Trois
. Au cours de l'année 1.965, la peur des UFOs fut autres postes de police avaient signalé de sembla-

122 '·i23
lets du Michigan déferla sur toute l'Amérique.
bles observations, et la base de Selfridgc confir- Jamais e~plicatioo ne connut plus furieuse réaction .
mait que son radar suivait les objets. •
Rusht·oe, après nvoir précisé en son rapport les LES FORCES AERIENNBS SB MOQUENT
observation.\ faites, ajoutait: . DU PUBLIC titrait en première page la Tribune
• C'est la chose la plus étrange que FOSlcr et mOl de South Beml. Le N~s Leader de Richmond
ayons jamais vue ... Ces o~jets JlO.nvaient. se dépl~­ accusait l'état-major de faire bon march6 des
cer à des vitesses fa nlasttques, vuer, gnmper, pt- témoignages et do tenter de discrédif~r lfl>l 1trooins.
quer, s'immobiliser datt\ les alr~ avec une incroya- Le Clu·mùcle de Houston couvnüt de sarcasmes
ble 3ÎIS3nce de manœuvre. > I'USAF pour ses vain! essais de ramener los ÙFOs
Curiemement, les incidents du 14 mars avaient à des phantasmes. Le News d'lttdiMopoli' estimait
(ait peu de bruit. Mais le 20, deux ou trois que, seule, une eoquêœ du Congrès pourrait apai-
lumi~res étranges étaient signalées au-dessus de ser le~ inquiétudes publiques.
marécages près do Dexter. Ln oult suivante, Si ridicule paruLssnit la tépoose imaginée pal'
même phénomène près de Hillsdale, dans le Micbi· Hynek que l'on en revenait aux pires heures de
1965. Pour que rien oe manquât &IL' dilficultés de
gan. · · de 1965 reapparoLSsat
En une nuit, l'er.c•tahon · · 't, l'état-major, les upens en leux folle)S 1entraient
Les journalistes a!Ouèrcnt 1i Der.ter. Au Capitole, en lice. Le docteur Albert l:libbs de I'J~stitut de
le /e(ldcr de la minorité, Gerald Ford réclamait Tech nologie de Californie dén\olissait J'explication.
une enqu~te du Congrès. De nombreuses voill: s'éle- Les commentateurs de presse et télévision citaient
vaient dans Je meme sens. Es~rant aill$i apaiser Mt. l>iiooaert, l'auteur de The Namre of Ligllt (IJ!d
les esprits, l'USAF dépêchait au Michigan le doc- Cclour i11 the O~n Air.
teur Hynek. Son enquête débutait à peine quand 1\>finnoert rappelait que la décomposition des
du t61éphone de l'état-major jaillit un ordre planto~ dans les mnroj;; peut r roduire du méthane.
péremptoire : En se dégageant, le méthane forme cie petites
• T enir une conférence de presse demain maûn. flammes de 10 centimètres au plus de haut sur à
Ptéaentcr une eAl)licalion pour toutes ces obser- peine 4 de large. Parfois elles sortent du sol, par-
\•atiousl • fois elles brillent il quelques centimètre.< ~u-dessus.
Au cours des deux nuits des 20 et 21, des dis- Il urrive que Jo vent les emporte à quelque~ pieds
ques avaient été signalés et l'observation v6rillée. avant de les éteindre.
Il s'agissait fà de tout autre chose que de lueurs Hynelc se fai;ait ai.n:oi houspiller injustement:
moova.otcs an ras du sol. Pour les UFOs manœu mais la cible principale demeurait l'USAP. Le grand
vrant en hauteur à grande vitesse, Hynek n'avait journaliste Roscoo Drummond revenait i1 Jo charge,
pas d'explication. Harcelé par l'état-major, il cboi- réclamant une nouvelle ct vnRIC enquête. Les rédac-
sit de concentrer l'attention osur les vagues lumières teurs en chd des grauds journaux, des mernlll'es du
rôdant par les mar~c.1ges. Devant les journalistes, Congrès, tant républicains quo démocrotci, entraient
il CJ<pou que de la vég6tation des marais pou· dans la danse. Le• earicaturi<tes et cbansonniers sc
vaient émaner des gaz de décomposition combus- régalaient d'histoires de feux follets. Time, Life,
tible~. Sans attendre davantage, les journaliste'> Ne•v:;week, et nutrcs revues développaient le
coururent au téléphone, et l'histoire des feux fol·
J2S
124
thème. Et les réseaux de pres~e charriaient jour- sion~ avec un .modèle essayé pendant plusieurs
nellement d'une côte à l'autre les témoigllages de annees. D nt·avau pas autrement insisté', 'à vouloir
pilotes, contrôleurs de' vol, et autres profcssionoels être trop llffirmatif on etît côtoyé l'ilnposture.
de l'aviation. . L'AVRO avait été une faillite totale. Le '24 juin
Le problème se compliqunit. Presse et radio dit- 1960, l'Armée devait officiellement reconnaître
fusaient des .. histoirell à faire peur •· Le 23 m.ars qu'il pouvait s'élever de quelques mètres seulement
un certain John T. "King disait a\•oit· tiré sur un et ~ans grande possibilit6 de contrôle. Sa vitesse de
UFO qui s'était approché de sa voiture. [1 condui· pomte ne dépassait pas 50 liilomètres à l'heure.
sak près de Bangor, dans le Maine, quand - selon Armée, Mari1_1e, et 'Forces aériennes, ap.rès avoir
sa déclaratioJt à la police - il avait aperçu un jeté dans· t'a.l{aire dix mi·llions de dollars avaient
disque volant à dôme, posé sur le sol, près de ta dû suspeJ\dre le CGntrat canadien. ' ' ·
route. Comme il approchait. ses lanternes s'étaient Plusieurs journaux reproduisirent• la silhouette de
obscurcies et sa radio assourdie. Se croyant eu l'iuf~1't11116 AVRO.. Mais cette photo périmée ne
danger, King aurait saisi son pistolet Mag11um. Il devrut pas lDlprc~siOnner le · pubiJc.
aurait ouvert le feu au moinent où le disque était L~ brève aùdience de la com:mission ne fm pas
à moins de 15 mètres. Au ti'Gisième coup de feu. la_Sllltple farce attendue. Le pn)•ic.lent, E. Mendel
le disque .aurait décollé • à ùnc vitcs$e terrifiante •. Rtvers, fit conn>tître que, de soo point d,è n•e les
Tout le moi~, se multiplièrent les hlstoires UFOs n'étaient pa~ à rejeter d'un trait 11le pl~me.
d'UFOs percutant des voiture.s et des remorques. Mais les représentants de I'USAF s'en ' tinrent à
L'on n'y croyait guère, mais l'épreuve de I'USAF leur ·système de « démystification >.
en était aggravée. La situation devenait pour elle Divers membres de la comnuss•on déclar~rent
si difficile que, non sans réticence, elle donna SOli ~riJment ne pouvoir accepter eo bloc les dénéga-
accord il une brève. audience de la Commission du ti:OOS des Forces aériennes. .Mais le pré.<ideot Rivers
Service armé de l'Intérieur. statua q·u'il n'y avait pas de preùve formelle et
La veille de l'audience, elle romit ù la presse une c!ôtu~a l'audience. L'état-major attendait de cette
p.h otographic de véhicule en forme de disque. vtotol~e une chute soudaine du pourcerr.age de gen•
C'était l' utt des deux modèle's expérimeotaux cons- convawcus de la réalité des UFOs. Un nouveau
truits sur contrat par I'AVRO Corporation cana- sondage Gallup tomba comme un pavé dans la
dienne pour les services de l'Année des E tats-Unis. mare au~ censeurs. Le pOUrcentage atteignait main-
Les Forces aériennes avaient dès 1955 annoncé que tenant 46 %, ·près de Ja moitié des Américains.
la machine de l.'AVRO '6erait un intercepteur révo- · Le coup 6tait dur, Je désastre en perspective.
lutionnaire, capable de voler à 2 300 km/h ei de Q~e survint une nou~clle vague d'UFOs, et 't 'appa-
manœuvrer à des. vitesses stupéfiantes. Le public reil à démystifier bafouillerait défutitivcmeut les
était prévepu qu'on le prendrait pour une soucoupe j?~rnaux s~ feraient pllts acerbes, tll1c l,a rge .;.ajo-
volante aussi longtemps qu'il ne serait pas bien nte populane forcerait les portes de la ~cnsure.
connu. Il_ n'y aura,it yeut-être pas de paniq4e; mais les
Ce rappel de l'affalro de I'AVRO était évirlcm- · oJiicte~ de 1 Atr seraient durement attaqués pour
ment destiné à laisser entendre qu'un grand nombre cette · longue cachotterie, mSme s'il devait être re-
de rapport•!< sur les UPOs. pouvait Tésulter d e con!u- connu que la prudence, le souci de ménager le public
• 1
126 '12'7.
les avaient inspires. T oute révélntion limitée pourrait contres dcpui~ "uthcntlflée<. Celle masse de rnpports
amener un désastre. I mproviser un programme de avaor amené Kurt llummar~kjold à penser que les
pr6puration du public était impo-.ible. Le seul c<~poir UFOs étaient bien dC> appareils d'observation venu~
de maintenir le SECRET était en un changement de l' Espace.
radical de la conduite des opérations. Interrogée par la presse, I'USAF sc refusail :\ toue
Au cour< de l'audience de ln Commission. avait commentaire. Toucc tcnlnci•·e pour discréditer le di-
été évoquée· la possibililo d" doférer la question il dos recteur de l'lAT/\ eut 'anlcné le déballage d'un
scientifiques des unh·crsitôs. L'étot-major y vit toul fo rmidable Ù<>S~ier.
ii coup une issue à ses diJilcullés. L'important était ~'USAF chet·chai't loujours l'unîvcn;ité qui tlo·cn-
de Lrouvcr le collège univ•rscllement respecté à qui .dratt son contrat quand ho presse mit ln ou;lin sur un
sentit cou fiée l'éLude, lnqu4.:11c ~crHÎL annoncée '-=<>mme rap1;10rt d'~n ingénleuo· du projet Apollo, pilolc ct
cntièt·ement neuve et liWrôe de tout contrôle d•~ anc1en navigateur des Forces Doriennes. Le 23 juin
Forces aériennes. J966, l'ingénieur Julian Snndoval et plusieurs autres
L'(;tat-major avant même de mettre sur pied un personnes apercevaient un L:Fo d'environ lOO mè-
programme precis, se pr<occupa de placer le contrat. tres de long près d'Albuquerque dans le l'ou,cau-
Oue les univc"itaircs aient ••'<Ioulé le ridicule tou- Mexique.
jours attaché à la recherche des • soucoupe; vo- Mais le coup le plus d ur pour I'USAF fut la rév6-
lantes •. qu'il; sc soient méflés des proc.:dés de dô- l~tion publique du docteur H)•nck:. Le docteur, prin-
mystillc:ttion de l'état-majo r. toujours est-il qu'un copal consc•llcr pour les UFOs, contredisait ouverte-
mois passa sans qu'aucune université se montrât in L-é· ment les démentis préc~demmem opposés à la Com -
ress~c. Et de nouveaux é\'éllCJncnts ~u rvinrent aJour· mission des Services Armés, aflirmait que les Forees
cllss~ntle fardeau des • ùémvst ificateurs ». nérlennes avaient èn main des rapports mdar ct des
Le 25 avril. de son Convolr, Jo gouverneur de Fln· P!'otograptu;s UFOs. auxquels aucune explication
ride Ha}tlon Burns en touo·n~e avec 1111 groupe <le n avaot f?U ctre fourn.'c•. enfin reconnaissait que les
journalistes VO)'ait sui\' rc à relativement courte dis· ob;ervatouns se multlplonocnt depuis les débuts de
tcomce un objet volant inconnu. n ûcmanda au corn· 1.9~5. _Réclaonant la lin des campagnes destinées a
mnnd•oll de bord de s'approcher, mais, a~ito>t. ndtcubser les témoins, il precisait que les rapports
l'UFO prit de la hauteu r. Une large publicito otait les plus LTonblams venaient de personnes seMées
faite à l'incident. éq uilibrées, instruites et som·cnt de solide fonnatio1;
Vers la même époque, intervenait au dése-spoir sciencifique.
de l'USAF, un grand expert nérnnn utique, Kun Ham- La pr;,mière l'l!aetion du Pentagone fut violente.
marskjold en personne. Le dorcctcur général de Le docteur Hynck fut mis à pied. Puis l'USA F com-
l'l/\1'A. l'Association lntcromtionale du Transport p'rit qu'il serait Lemps de prévoir un nouvc.au bUI'noge
Aérien, au cours d'une o·éu nion cie chroniqueurs de de presse.
l'aviation el des activités ~patinlc~. cli~ait avoir reçu Cependant, sur co (olld de faux mystères et vraies
ù son entrée en fonctions 1111 g rand nombre de rap- manifestations, C011101cnçuit à se répandre le bruit
potts d'observation d'Uf'Os. Des centaine> de pilotes d'actes boslilcs des étrange!'> de l'espace.
et équipages do> compagnie\ américaines ou autre>. On racontait en part!culier l'hisloirc d' un jeune
membres de I"Associatiuo. a\·aienr signalé d~ rem.. couple du New Hampshore, Betty et Burney Hill. On

128 f 29
disait qu'~ la suite d 'une rencontre a\'ee • ''"' UFO vu Collills n'était qu'u n des vaisseaux d'une tlolle
ils avaient fHit sous hypnose une étrl!oge révélation; dïnvosinn \'Cnue prendre possession de la Tcn-e.
des passagers ù' UFO les auraient enlevés de leur Ces. histo ires peuvent rejoindre celles des géants
voiture, alors qu'ils s'étaient an-ètés sur une route d e tro1s mèt res. de nains \'elus cl griffus, de la femme
désenc pour observer l'étrange machine. De fah de deux mètres cinquante à pcnu l>as~n.:e avec un œil
rcmiJI SOU$ état hypnotique en présence d'un élnineo; à reflet d'or au milieu du fronr.
psychiatre, ils décrivirent d'embarrassants' examens Mais il n'y avait pBS que C'OCa'!Series en tout ce
rhy&iques •ubiS> entre les mains des ''"itchrs <patlau~ b~it. Ouelqu~ TC\'UÎStes notoires multirliaient les
avant retour à leur \'Oirure. ' arlldes. ;!larm1ste~: les visiteurs ~patiuux étaient des
D 'enqu4tct distinctes, dont une du NICAP' résul- meurtners en pui.o;sancc... notre monde était en
tait que cet enlèvement ét~it probablement~ ilnagi- danger de mort.
naire. La terreur éprouvée en présence de là fantas- . En d'autres temps, de tels rapports eussent été
tique machine d evait nvoir déclenché · une réaction l>ten accueilli_s p~r . l'USAF. Ils avuicn t jtrsqu'ici en-
psy4hique intense, La réputation 'des Hill, bons 'ct sé- tret~nll le d1scrcdll sur toute l'affaire des UFOs.
riçux dtoycns, exeluait l'hypothèSe d'uné fumrstciic Mms . en 66. mieux vatnit garder le silence que
d élibérée. L'affaire uyant été smmnairelnent mtonl6c d 'exc1tcr cette publicité clongcrcu,c.
dans un• journal de Boston, l'intérêt susdté surprit Poul'lant cc• hi<toires cie lo ups·gurous laissaient
d e la pnrt de lecteurs qui, naguère, se ·fussent moqué. le public froid. ·
Loo sondages Gallup suivaient résulièrcmcnt cette Début 66, los mo tifs de pnniquc p<>uvaicnt être
évolution. · moins .mal fondés, et pourtant ou ne pouvait par-
Malheureusement, l'histoire ëlcs Hill redonnait une ler véntablement d 'hystérie. Au mois d'aoùt sculc-
actualité à deux ou trois épisodes singulicril. en 65, me~~t, les Forets a~r;enncs commencèrent à s"in-
à Renton dans le Washiugtoo, !rois jeunes tilles qull!ler des réactions du public. Une no uvelle série
avaient pBrl6 d'une rencontré avec des ~r~atuus Il d'orérations L"FO p~ de WMhington venait de
têtes surmont~es d e calottes ô lanchcs, yeux globuleux relancer les attaques contre la ce~~~urc.
et races ~· marbre gris. Pour corser le récit, certains D ans la nuit du l'' aoùt. les objets mnn<ruvraot
prétcndo1cnt q ue les jeunes filles avaient échoppé de à grande vitesse étalent aperçu; au-dessus de Prince
p~u à ~n rapt. De l'~nérique du ~ud parvenait l'his- George, dan< le Maryland. T~mnm< : cles officier;
toire d un groupe d'etres avec un seul œil, puissnm· de police, des soldats.
ment bâtis, qui avaient tenté d'entraîner un T errien . Le d?c.teur Ba>il Uzunoglu, physicien ct expe rt
dans ·leur vaisseau. D es voisins 6taient venus i\ la clcctron•c•cn rendait compte ~ peu pri:s au même
reseoussô. ,11 ~ avait ~u. une lutte sévè~c. puis, les moment ùc son expéri~ncc pcJSonucllc. A 11 heures
étrtll1gers s ét&ent enfu1s. dans leur engin. , dv soir. il çonduisait $R voilure nux cnvil·ons immé-
. Au coùrn do !n mission de Geminl X en juillet, di~ts ~c W~shington quand tout à coup il aperçut un
1 astrona~tc Coll!ns apertevmt un ob]ft iiJConnu par· ObJet mconnu. à environ ~ix mille mèlrc'\ tm-dessus
~ouront une orb1te polaire. Le Centre de lancement de 1~ route. L'objet descendait . ct Je docteur le
des engins spatiaux confirmait .l e fait publiquement. perd1t de vue un in;;tant, mai~ à ~n Sl'llndo stupeur
Un chroniqueur en mal de copie s'emparà do 1~ no u- lo vit réappara1tre immobile nu-dcssu• d'une mai-
velle ... il s'agissait d'un avertissement. .. ce qu'avait son à environ soixante-di x m~tres de la toute. JI

130 131

1
lut •ur le point de s'~rrêter, dc~cendre de ''Oiturc, d~s cetltnines de rapports documentés des Forees
cr o!Tcr voi r l'engin do pJus près. M ais il se rtl\•isn aériennes. Pui~ JI nvait été rédacte ur en che( de la
ct appuya sur l'accélérateur. Rendant compl<: peu revue des Forces aériennes d'Extrême-Orient oll, d<:
après il. la base militaire d'Andrew;, il reconnut 4uc nouveau, venaient à l'cAamen des centaines de ren-
celte rencontre lui avait causé !,ln choc. contres authcntiliées.
Au cours de lu m~me nuit, un" jeune ni lo de Le 7 août, le Star de Washingloo publiait sur
J~mcstown, dans l'Etal de New York, faisait à la une page emière une ~tude du colonel Cooke.
police le u~cit d'une rencontre avec un êt re Spa· Après avoir rkurné les nrgumetm ma~slfs établis-
ti•l effrayanl. E lle faisait pnrtiç <l'un groupe de sant lu nature d'engins interplanétnires des UFOS
jeunes gens vebus pique-niquer' sur ln péninsule le colonel ironisait durement su r les thèmes de
Brie. Ils allaient partir quand un objet \'Oiant peu • dém)•stification • des censeun : étoiles, planètes,
familier apparut, cherchant apparemment à se météores, oiseaux, mirngcs, (eux follets, hallucina·
po~cr dans le voisinage. Tandis que ses enmpa· tioos, supercheries, montages publicitairos... .
gnon< a11endaient s.~ réapparition, la jeune fille Résultat : des membres du Congrès rcpartaoent
était re\'enue à ~o voiture. Q uelques minutes ~ l'attaque contre la censure.
plus tard, selon son récit à ln poilee, une créature Peu après, j'avais u11 cn1re1icn pri\'é uvc.c un. o!fi·
éir~ngc, toute velue, avait tenté de pénétrer dans cier des Forces aérienne.• très opposé au mamto~n
la vniture, puis était grimptc sur le toit. Elle avait du SECRET. Pendant des années, san~ violer les
alors actionné le kl~xon pour appeler ses amis. Le r~glemcnts do sécurité, il m'avait donné d'excel-
mùnstre avait sauté à terre et disparu. lents conseils pmor n1es propros enqu8tes.
Quelle qu'en fût la cause. la terreur de la jeune - Cela va on ne peut plus m~l. me dit-il, je suis
fille, nu dire de la police. n'était absolument pas toujou~ hostile au SECRE'P; mais le moment est
simulée. Le choc nerveux était incontestable. Au mal choisi pnu r y meure un terme. Depuis 'l"e
cours de l'enquete menée pnr le Nl CAI', des contra· Hynek a exposé lcg mcnsonses de la censure, la
dictions apparurent dans les déclarations des jeunes prt&.'iion monte au Congrès. Maintenant, c'est
gens, et il fallut renoncer il rétablir exactement les Cooke qui jelle de l'huile sur le fe u. Un jour, les
faits. :'.iais l'hhtoire fit uno vivo impression dMS le Forces aériennes peuvent avoir ~ faire face ù une
secteur, ct \int s'ajouter aux observations du tvlar)'- enquête à tout cass;:r du Congre:;, ct cc sera le
land pour donner un nouvel élan il la pubticit6. désespoir chez les grands chefs.
Six jours plus tard on nouveau coup t braolait le - Ils oni été suffisamment prévenus!
SECRET. 11 venait d'une hnute autol'ité des J'orees - Oui... mais co n'est pu\ entièrement leur
aérirnnts en matière d'enqu.:!tc sur les \'.ü.Î~eaux faute. Vous le savez. Le CJA nous n mis dans le
spatiaux: le lieutenant-colonel Charles Cookc, pétrin. Et mainlena111 il se met sur la touche lun-
alors à la retraite. Offid cr de Renscignemoni nu d is quo I'USAF affron te J'E nlor...
cour< de l.t Seconde Guerre mondiale, il avait à - Rt à propos, I'Univcr~ité? J e croyais que le
cc titre examiné les comptes rendus de première Colorado avaiL finalement signé le contrat.
mnin de pilotes mi1itaire~; sur )cs rencontres - Ouelque chose n'a pas marché. JI n')' a pa$
d'UFOs. A u lendemain de ln guerre, il avait fondé <moore de contrat Cela vicndmit trop tard, si le
ct dirigé l'Air Intelligence Digest, où aboutissaient Congrès pas.w à l'action.
132 133
Une enquête serait déjà un désastre, a\·ec toutes Sur le sol, il y avait des bouts de papier portant
ces preuve:; bien cachées qui, subitement~ vien- des notes en portugais. Sur l'un d'entre eux. - l'on
draiçnl ù ln lumière. Mais mainleMnl nous uvons en pouvait lire :
plus ces bistoires de fou sur les monstres de l'es- • A 16 h 30 nous prendrons les cnpsules ... Une
pace ct les ntallteureux terriens enle\'és. fois l'effet produit. sc protéger la moitié du vis~gc
- Il n')· a pourlùnl aucun ~igne de panique. 3\'ec les masques de plomb. Attendre le signal
- N'o11bliez pus la rameu;e émi•sion d'Ornon convenu. •
~ \Veiii.)R 'Sufl JrinVasion mahfcnn4.!. L'enquête de police fut conduite pnr lïnspeclctll'
Celte conversation nl'incirait à examiner le§ plus José Venancio Bitteoco un des services de Rio do
récent' rapports "" de po<sibles mout~j!tS de Janeiro.
paniqu.:. Il y avait uu rapport d' Amérique du Sud, c Il n'y a pas de raison médicalemtnt décelable...
non pliblié,-•sor un cnl~vement surveou nu début Les hypothi!$es _pois?" · violence, asphyxie ont été
de 65 . Ln victime disuit uvoir êté emmenée sur une succCt.oi,SJVcmcnt ccartées. •
autrè planète par 1111 UFO èlt for me· de disque. Les médecins donnaient pour dale du décès le
' !Jurant sun ~êjou1· forcé, elle aurait pu voir une 17 aoOt, jour où deux témoins af6rm.aient avoir
' fltJtt~ immense tfestinfe à une inva~t,ion de lu Terre. v~ un UFO s·arrêtcr au-dc~us de l'emplacement
· Puis on raurait ratnl.!née chet elle san~ dommage. ou les deux cadavres é taient retrouvés trois jours
·' D'autres récits ~c fondaient sur le tlésir prêté plus tard. Le drame fm connu aux nrats-Unis, nu
aux érmngers de sc d'o cumcntcr stu· notre planète dobut, sall's mention d'UFO. Mai.• un peu plus tard
Cl se< habitunls uvan1 de tenter des déblrqucments le ~ru il se répandit, accrédité par diverses . stations
en force. Telle était s..ns doute l'explication - rad10, que les deux bommes a vaient vo ulu ren-
suggérait un auteur Connu - de~ millier< de dis- contrtr les étrangers de I'El.paœ, el que ceux-ci les
parilions ,mystérieuses enreglmécs chaque année. a-.·nicnl tués pour une raison inconnue.
1 Les disparus étaient ccrlalncinent' vivants~ sur tlucl- ,Cc . soh'-lil, l' offlcier de< Forces aériennes qui
tque planète inconnue. m nv;ut parlé de ce>> montages de récits d'épou-
En dépit <k ces rumeurs sini>h'es, nul ne cher- vante m'appelait ou téléphone :
chait •ncore refuge duns les montagnes. Une seule c Dieu merci! Ces meurtres dlu>mmes au masque
~ffairc en celté trouble période devait reten ir quel- de plomb ne sont pas arrivés ici! Nous n'avons pus
' que peu l'attention du public. Mnis c~tte fois, il cu u·op de di fficultés ... Quelques !etires et très peu
s'agissait d'un fait, dûment con>talé par ln police de ooups de téléphone. Quelle salade •si l'affaire
de Rio de Janeiro. :l\'llit cu lieu ch<:'~; nous! • '
Le 20 août, des officiers de rx>licc gravi<•mient Fin septembre la police faisait connaître ses
tlllC colline à Niteroi dao> les faubourgs de l{io, o ù conclusions :
une femme disait avoir vu li ll uro sc ruser peu « la mort a .:t~ p.rovoqu..!c par l'oclion d'èt rc~
de tem ps nuparavant. Les policiers étaient scep- venus de l'inconnu... •
tiquts. Pourtant un macabre spectacle les alten- Au cours des ,·iogt derniers mois, le SECRET
d rut. des Forces. aériennes avait été maintes fois publi-
Près du sommet !!isaienl le• corps de deux quem:n! denonc6 .. preuv~s à J'appui. Les préten-
homrnes, visages CôftVcrts de mnsques de plomb. dues m1ses au JlOtnt ava1ent été démontées el l~s

( 134
' 1:35
Î1npr:.:$sion1ta1' fs témoignag.c.":: d'observateurs · haute-
Jlleot qualifiés largement répandus. TouL scmbhJit
oublié, l'ardoise effacée. lnvraisemblable, mais vrai.
L'l~SAF pouvait soumer. Condon était à l'œ uvre.
Je ne Je connaissais pas alors. Mais je devais être
longuement mf:)é à cette • étude, nouvelle, indé-
penclaJtte ». Ce fut Ja période la plt1s cxtraordinnire
de mes longues investigations. CH.<\.'PITRE Vlll

llATAll.LE A BOULDER

L E 7 octobre 966, entrait en fonction à Boulder


J
Je groupe d'étude de l'univecsité du Colorado. Dans
l'annonce officielle, l'état-major insistait sur la
garantie 4 ùc sérii.iu:<, ~fobjectivité, d'esprit vérita-
uk>tuent scientifique • que constituait la nomination
à sa tête du docteur Edwa rd Condon.
Vingt-quatre heures oc s' étaient pas écoulées que
le docteur Condon s'emplo}•ait à effacer de sa per-
sonne cette rassurante jmagc. De nombreux Jour-
nau~. do11t le New York Time·s, donnaient à ses
dénégations tout le relie( voulu :
• Il y a bien peu de chances .pour quo ces engins
existent.. . Nmre enquête portera plutôt sur 1~ causes
de ce que je considère comme pures l•allucinations. •
Quatre jours plus tôt, Condon s'était engagé à
mener une enquête impartiale. Et l'engagement était
inscrit au contrat où figumit sa signature à côté de
celles de deu.x des principaux dirigeants de l'univer-
sité du Colorado :
« Les travaux Sêront conduits dans des conditions
de stricte objectivité par des enquêteurs qui -
autane q1te possible - n'auront sur la question des
UFOs aucune iùée préconçue. Cette neutralité est
absolument nécessaire si l'on veut que l'étude
réponde à la confiance du public, du Congrès, du
gouvernement et du monde scientifique.
137
le 9 octobre, le docteur Condoo déclarait au J'insistai :
Dt:nver Po.<t, journal du Colorado, que les Forœs - Notre accord reposait sur votre engagement
aériennes avaient fait une bonne affaire. de mener une enquête sans idoo pr~eonçue.
Ce même jour, le memo Denver Post reproduisait .t\ son tour, Lo'~ insist..ùit :
un propos de l'adminhtrntcur du programme d'élude, - <.:es nouveaux incidents sont très rcgréttnbles.
Robort J. Low : < Les conditions faites pM les ForcC$ f\oul nvons cu plus de ein(lunnle :~pptls de repo~ters
aériennes étaient presque inacceptuble$... mais on el d'éditorialistes. On se seraiL cru dans Ulle matson
ne dit pas : Non aux Forces aériennes... Nous trou· de fous. , , .
\'erons probablement plus de données intéressantes Que trois jours C!c suit.e les. journa_ux ruent pcr-
sur les témoins que do nouveau té scieotlflquc dans sis'é ~ citer ' de trnve1·s · d~ eommcntrures dérogennt
leurs témoignages... • ne~tot~cnt du bnnnl comrnulli<lu~ d'atteJ\tC ~tait
Antérieurement, Condon ct Low avnient demandé dircicile à avaler. J'acceptai cependant de venll' à
au 1\ICAP !On témoignnge ct son aide pout les Boulder. ,, . •. des
enquêtes. Maintien du SECRET, • démystific3· L'un des principaux écueils .,an 1~mportance
tions • systématiques, r~ndaient sans doute presque dos~icrs du NlCi\P. , · .
inconccvuhlc une enquete libérée de toute pression. Plus d'un sceptique avliiL été convamcu par ce
Mais un rer us de collaboration de notre part eût été dos~ier. On aurait donc pu craindre que . l'état·
interprété comme le s igne d'une carence. J'avais major fît l'impossible pour éviter la <>;>rnmumca\ton
donc répondu que nous roomirioos notre assistance, d<: ces dossiers aux savants rassembles à Boulder.
étant entendu qu'il scrnit procC'<lé à une vaste inves- Il n'en avait rieo été. . ,
tigation ~Ms aucune interférence do l'état-major. Ln première [a usse note vint ~ l'occaston dune
Condon ct Low m'avnknL tons deux assuré que telle abscnt:c momentanée du docteur Co1~don,. pris ce
était bkn leur interitiou. jour-là par un autre rendez-vous. J aura1s voulu
Aussitôt lu leurs déclarations dan~ la presse, donner à oJ..ow numéro Z du groupe d'étude, on
j'appelais chacun des deux hommes : ape<Çu de cc q~e nous pourriODS fournir aux enquê-
- Docteur Condon, comment avez..•'Ous pu dire teurs : · .
à la pres~e que vous avez déjà formulé vos conclu· - ... dans cette prcmii!rc s~lcchon, vous 1:~u­
sions, avant meme d'avoir étudié lu dos~ler'l vcrcz des cas tr~s intéressants, telle cette appanuon
- C'est absolument contraire à ln vérité. Les duns l'Oregon d'u n UFO que la chasse u tonlé de
journaux n'en feront jamais d'autres - ma pensée contraindre à sc poser. U sc tenrut au-dessus de
a été complètement déformée. l'a~roport de Redmond, et...
Low s'en prit également aux journaux : Low interrompit brusquement :
- l\ous serions trop bêtes de nous mettre à dos - A quelle dutc?
le · NIC!\ P. Nous comptons ubsolument sur votre - Le 24 septembre 1959.
collaboration. 1\ous ne savons môme pas très bien Low secoua la t!te :
commen t débuter. Naturellement votre témoignage a _ C'esi trop toia. 'Les témoins ne pourront se
son impottuncc. Mais l't>xpérience de vos •ous· souvenir d:s détails.
contit~ est indispensable pour 1~ formation de nos - les services de l'Aviation Fédêrale onL un
propres enquêteurs en mission. rapport complet.
138
formation de 00.0 ct que nous collaboreriOll$ à ses
Je donnai à Low tous les détails. :maly~e~ des faits. . .
- Vous aurez là non seulement les prouves que J'aUnis partir quand le docteur Saunders wc rejOl·
vous cherchez, mais les démcutis de l"USAF. nnit :
- Nous n'avons pas de temps à perdre S\Jr de o _ Vou• pouve1 comp:er sur beaucoup de ces
vieux rapports... hommes. Nous nous battrons pour que l'enquête soit
- Cbcrcbcz..voos la vérité? bonnStc 01r111nt que le permet le conlrtlt.
- N•tureUemeutl. .. mais nous avons il peine un Low ~qus rejoignit avant que jo puiss~e demander
an devant nous. Nous devons Jtous concentrer sur à Saunders ce qu'il e ntendait·par-là. Mars, re~enu •.u
les rapports actuels ... NTC.<\P, je repri> 1~ texte du contrat et y ùocouvros
- Mr. Low, ce cas est d'un intérêt très parti- ee pa!agraphe troublant :
culier. Ln date imponc peu. I..es premiers rappons • J:ln raison du maintien du programme Blue
concernent des raits sérieuJ<, parf~is graves: des Book, nous .comprenons que I'Universi~6 o'cst en
interventions de la chasse. des pilotes tués, des colli· a11cune mnnière obligée d'eoquôter. s~r les obser·
sions 6vit6es de justesse, passagers blessés par les votions autres que celles que les pnncrpaux cnquê·
manœuvres désespérées des commandants d~ bord. teurs ont sé\eGtionnéC" pour eette étude. •
- Je n'avais pas saisi cela. Cette disposition permettait d'él~der tous !~ té-
Low paraissait préoccupé., il ajouta : moignages gênants. Que telle eCit éte ou non 1.mteo·
tion de l'ét<~t·rnajl'>r, aucun caA ne pourrart être
- J'en paderai il Ed. Condon. En attendant. analysé par les spécialistes du groupe s31\s l'acc?rd
alloos do l'avant. .Envoyez-nous un récapitulatiL préalable de Condon et Low. La documeotatoon
Le reste de la conférence fut comacré à des discm- 1\"'CAP ne serait mentionnée que pour donner le
sions d'ordre général. change. . •
Le docteur Condon était un honune d'environ ·La meilleure solution était d~ foumu a Co~don ~~
soixant~·Cinq an~. Rolideoueot bfiLi. Le plus souvent, Low les documents sur les fntts demeurés tnexph·
il écoutait on silenc~. ne laissant rien percevoir de ses qués, mai~ d'en informe~ ~rsonnellcmcnt Saun·
réactions intimes. Il ne fit exception qu'une •eule dcrs et quelques autres scoentoli<!u~ Cette commu~
foi.~ eo ma présence à ce compnrt~ment liaé. La nication entamerait-elle le sceptoc1sme de Condon.
question ~ l'ordre du jour était : les livres consacrés Préférorait·il ignorer? De toute onnnière on ne
aux UfOs, la plup11rt ouvrages à scnsuLions metrant tarderait pas à le savoir.
en scène des visiteurs de l'espace plus ou moins Je vérifiais le contenu d'un premier envoi quand
fantasmagoriques. Gordon Lore, un de mes collaborateurs, m'appona
Beaucoup de panicipants semblaient réellement des extraits de déclarations de Condon dans l~ presse :
iot~resso!s. Mais lo seul au courant du problème - Peut-être n'ov~z-vous pns vu cela? . ,
était le docteur <David Saunders, professeur de psy· n me montrait du doigt un passage souhgue.
chologio li J'universitû du ·Colorado, qui nous avait · Condon disait :
d'ailleurs r..:ndu visite au KJCAP. • 1..4 plupart des rapports a~~iens sont trop vagues
A la fin de ces conférences préliminaires, mes pour nous être d: quelque utilit~. ,• . .
doutes n'étaient certes pas levés, mais je promis à Je remerciai Gordon, ct aprcs avo1r range à
Low <JUC nous donnerions ·li ses vérificateurs une
141
140
port<:c de main ces extraits. lui rnconlai mon enu·c· encore 6tudié en d'autres pnys les rapports les plus
tien avec l':ulministrateur Low : di~es d 'artcnrion. Les l!Cicntifoquc• d-~ l'université
- Je vuis maintenant pourquoi il veut laisser ok du Colorado r<ÇUn:nt aussi copie d'une étude du
co)té l'affait~ de Redmond. NICAP cLes UFOs - P reuves et Témoigna~>,
document de J84 pages exposant plus de sept cents
. ca.~ certifiés ct analys,~. Aucune nouvelle d,une
A titre d'=ai, nous mettrions dans le premier
quelcqnque réaction .de Condon ne parvint de Boul-
envoi Je rapport du capitaine Alvah Rieda, datant ok
ln Seconde Guerre mondiale, puis l'affaire Mantcll, der. . ·
0QCtqu6s semaines plus tnrd, Low ~codait vtsJt~
la disparitio n d'un jer ile-• FOI'cc• aérienne~ nu-do:;- nu NJCAI' • .J'co profimi pour lui tljrc que nous
s us du lac Supér kur, la tragédie ~c Wales~tlle, deu.x n'avions rieti' reçu dé Condon. ·
ens de collision 6vitée avec des nvtons de bgne, ma"' - Nous voudrions savoir cc qu'il a décidé puur
comportant des accidents Je personne, l'nflaire de Redmond ...
Cette première expédition à Condon et Low; f~t - Il ne m'a encore rien dit.
bientôt suivie d'une seconde, portant sur les lllCJ- - Et, à propos! cette première expédition de
dcnts caractéristiques de 6S ct 66. Au cours du . ?
doss1ers. .
second semestre de 66, il y avait eu deux ou trois t.m.· eut un moment d'hésitation :
approches extrêmes, fort angoi33llntcs pour ceux qui - Ed dii que nous devons concentrer nos efforts
les avalent vécues. L'une d'entre elles avait été signa- sur l'exa.men des affaires les plus récentes. Tl
lée au 1\'ICAP et aux Forces a6rietu1es par tm ancien n'ignore pas les autres ...
chnrg6 d'enquêtes de la Sécurlt6 de I'Arm6e, devenu - ' Ils sont trop anciens ct 1rop vagues, n'est-co
juriste en Floride, 1..1. O'Connor.
l Le 20 septembre 1966, O'Connor pilotnit son
nvion personnel prês de Sebring, en Floride. Il
volnit à 3 200 mètres quand un grand UFO descen-
pas'/ . . .
Je lui tendis les extraits des déclarations de Con-
don dans la ' presse. Low parut de plu~ en plus
embarrassé.
dit ditcctçment sur lui. Pris dans l'ombre de l'engin, - Très bien. J'admets que U!l est bien Je point
O'Connor réduisit, piqun, rcdre5sn à 1 200 mèues. de vue d'Ed. U est convaincu que tous les rapports
L'objet avait suivi. Sérieusement inquiet, O'Connor a.nciens sont sans valeur.
chercha Je revolver qu'il a,·ait toujours aow:c lui - Comment Je sauruit-il? Il m'a dit à Boulder
dans Je cockpit. Mais l'~nonnit6 de l'ndverwrc le n'avoir pris connais~nce d'aucu n de ces rapports.
a
fit reculer. Tirer dessus eOt été coup sûr inutile, ct Trois semaines avant, il a dit ~ la presse que ni l;s
peut-être dangereux. Enfin, l'UFO fil un tour ct, n•tronomes, ni les contr(,)cu1'11 de l'Aviation FédO.
rapidement, se mit hors de vue. r~lc, ni ceux de ln ;:.M$1\, jamais n'avaient rendu
Les Cas soumis .au groupe de Buult.lcr avaient ét.; corn pte d'observations d'UFOs.
véri•fiés par les enqu~tcurs cxpé•·imcntés dont dis- Low paraissait de plu~ en plus malheureux:
posait le NIOAP aux sous-comités de Los Angeles, - Je suis désolé. Mals Je n'y peux r ien. Ln
cap Kennedy, Seattle, d u M u'l:!achusclts. du Texas, décision finale appartient ;) Rd.
de la zon<! de San Francisco el de vingt autres - Je ne vous fais pas de reproche. Mais boau-
secteurs de notre pays. Ces enquêteurs avaient coup de ces affaires out une imporemce vitale. l ..:s

142 143
rapports ne laissent rien dan; le V3gue. U faudrait - Accepteriez-vous d:~ réserver une attention
que quelqu"un fit comprendre au docteur Condon pnrticulièru à des témoignages que signeraient des
qu'il escamote la vérité ... il risque de sérieux chocs personnalités indiscuté.:s?
en re1our ... Condon, laconique, fit:
l e m'arrêtai subitement. •Low s'inquiéta : - N on!
- Qu'y u-t-il? , Un éditorialiste do Washington rapprocha ces
- Si vous n'analysez aucun de ces rappons, pour- propos de ceux tenus au News des Montagnes
quoi donc voulez-vous avoir communication d~ toute Roeheu•cs te S nnvembn: 1966.
ln documentation du NICAP? Faisant suite a toutes tes prises de po;ition
- Oh!. c'est une autre affaire. D nous faut un négatives de Condon, Sl d&h.ration de Corning était
tableau complet. El plus. tard, il se peut que nous de trop. J'appelai ,J3oulder, et, ne pou,•ant atteindre
revenions •ur quelque~ vieilles nf! aires... le docteur, annonçai à Saunders:
- Mr. Low, nous n'allons pas préparer la - Il est inutile que le NICAP continue. Je vais
transmission de milliers de cas s'ils ne doivem pas le câbler à Condon.
être exam inés. Voyez-vous, ici vous nve<: une seconde - Je vous en prie, attendez. Cc sernit la fin de
llste. Elle comprend les prindpales manifestations de ~ travaux. <Doonct-moi deux heures.
65 et 66. Voulez-voos dire au doctrur Condon que J'appris plus trud que tout le group.: des scicn·
nous voulons de lui une réponse définitive. Veut-il, tiflques s'était décla~ dans l'impossibilité de pour-
oui ou non, los o~amioer? J e pense qu'elles sont toul suivre les travaux sans l'nide du NIOAP. Le docteur
de même assez récentes: Alors nous pourrons voir n'était pas homme à cMer. D avoit la ténacité du
si nous continuons ou si nous nous retirons. bouledogue. Mais il accepta finalement de m'appe-
1
Low s'e,.clam:t : ler. le lui dis que .&es déclarations publiques nous
- Voos rolircr1 Vous ne pouvez pas faire cela! avaient mis dans une fûeheusc position :
Très bien ... je parlerai à Ed Condon dès mon retour. - Nous pouvons être taxés d'aveuglement ou do
stupidité. Déjà des tncmbres de notre comité direc-
lin changement au programme paraissait exclu. teur m\ ml averti qu~; nous risquions do nous discré-
Pourtant, au dtbut de 67, Saundc~ nous dit que dite r.
le groupe abordait • l'hypothèse E.T . >, l'hypoth~'e Condort se plaignit encore des journalistes. Je lui
des axtra-terrestrcs. Un miracle s'était-il produit? fas observer qu'aucun~ rectification n'avait paru. Au
L'espoir fut de courte dur.:-e. bout d'une demi-heure de conversation pnrfois acerbe,
Le 2S janvier, devant deux soeiétés de Coming, n mo promit de n~ plus discourir sur lu question :
dans I'E tàt de New York, le docteur Condon prt>- - Ainsi, t'on ne me citera plus ... J'arpréde votre
ncmçait une allocution. S~lon les jottrnaux, il y cl.liJ;~boration et je ~ouhaite la conserver.
d~clnrait les UFOs. affaire ridicule, indigne ·de retenir Je revins alors sur l'affaire des rappo~ls fournis
l'attention des Forces •érienncs : par· nous et laissés de côté à -Boulder.
Le SECRET-UFO? Seuls ùcs paranoïaques pou-
vaient imaginer que l'état-major des Forœs Ln docwnentntioo fournie par notre comité fut
aériennes camouftait les faits ... alors complétée par des copies des ordres concer-
A la que\tion d'un membre du N1CAP, p~sent : nant lo SECRET: JANA P 146 et /\FR 200-2 et
144 L4S
par des indicnrions permeuanl d'accéder ;1ux dncu· colonel Bryan, l'ancien conseiller Fournet ct tous
ment$ ufficicl.s mnin1cm..1l) sous le boh.scuu. Au nontbr.; les autres membres du comité de directiOlt du
de ceux-ci sc lrouvnienl : l'nnalyse et lu cOtnllleutaire N"lCAP. L'avertissement était prtci•:
du commandemenl du matériel de l'air signés du « En 1958, les Force; aériennes onl reconnu U\'Oir
lieutcuanl-gén~rul Nulhan Twining, cÎ datés de a plusieurs reprises 13ncé des bombal'diers sur 13
1947; les conclusions ultra-secrètes du groupe SIGN Russie, comme suile il la dé1ection par les radars
selon lcsqudlos ks UFOs ~taient des vaisseaux spa· d'objets, apparemment en formation, cl qui n'ont
tiaux inlcrrlnnétaircs. et de~ dirccrivcl!l Secrète~. dont jamais été identifiés. L'erreur a été wc à temps.
ceUes du 15 août 1960 du sccrétnrim d'Etat aux MalS le nsquc est plus grand aujourd'hui. •
Forces aéri~nnes à J'intention des commandants Cet aveu était reçu par le pré,idcnt de r U11it~d
d'unil~s, incluant un pnr~craphe intitulé c VeiUe Pr<'SS Frank Bartholome"' à l'issue d'une conlérence
al.tc:_nrive de !'Esp~cc Aérien par les Force~ au sommet à 1'6tat-major du SAC. La dl\'\llgation
aenennes • où 11 éta1t dit : étail autorisée par les Forces aërirnnl:$. Le but
• La surveillance de l'cspac:;: aérien ct la \'cille initial était de faire connaître aux Soviets par lt tru·
cominue de la zorM: atmosphérique circum terr4:Nrc chemenl de I'UP que nous disro•ions d'un puissnnt
doivent être coordonnée• en \'UC d~ la dft•-ction d~s système d'alerte gtnérale capablo d" délecter tout
Objets Volams Notr ldemi/iôr. • indice d'attaqll<: ct de déclencher une rapide action
Les semaines pas~renl . La démon<:ralion du de représailles. On s'explique mal que eeue commu-
camouflage de• faits ne ~mbluit a•oir f;~it aucune nication indirecte ait pu implicitcml!nt fnin.: état
impression sur Condon et Low. li~> trFOs.
Il falloit cependant pa"-•cr par I.Qw. Selon Snun· Lo,.,_. hésitait t nêOr.! :
ders, Condon secrètement, '"' décolérait pas d'a•oir - ~fais. si le.; erreurs Ont ~té reconnues à temps,
eu à s'excuser pour l'incident de Cornins ct affecte· c"est qu'il n'y a pas d~ dang;:r réel.
rait d'ignorer tout cc qui lui 'dcndrnit d~ moi. - Aucun système d'ale1·te n'e;t parlait.
l \ ln première •isile de Low nu NICAP je l'en- Et je montrai à Low deux avertisseme nts oificicls.
tralMi donc 1t part : ' N:marquabfes en leur concision. 'Le premier H:nnil
- fi y a un ~;r:1ve prohlèrrtc que fe doc:eur de Lyndon Johnson :
Condon et vous dwcz connaltr~... Un pussug" 4 Les alliés occidentaux doi Y~nl !C tenir t>rêls à
ci'UFOs cu forma1ion gr0\1 1)00 p~ut ètre p•·ise pour toute éventualité - d~libéréc ou acddtmtcflt. :.
une attaque-surprise soviétique. La Troisième {iuen-e Le se.,ond nvertisse111ent ven~il du docteur Mnr·
moud iulc pot~rruit alors éclater... tin Stern, .directeur adjoint pour ln recherche cl k
- Avec toutes les sécurités cfu Plon d'Alerte? ... développement au Département de la Déf~nsc :
C'est presque inconcevable. < N'ous ne prenons pas assez en cunsidémtion des
- Non! l_e comrnmHh:ant.lnL slru tégiquc u plu- facteurs lels que l'angoisse génér;,Je, " " une si.nr lc
sieurs t'ois cnvoy6 des bombardiers H en pareil coi nc·ic!cnce-, qui pourrHicnt conduire ù b guerre,
cas. ptu· ttccident. »
- Vous en nvcz ln preuve? tt L'accident -» n'était pa~ explicité, mt•is lou~
Je lui mont rai nOire rapport confidentiel au comprenaient que Je plus plausible serait l'nppnri-
Congrès. npprouvé pur l'u~nirul Hillcnkocttcr, le tion d.'UFOs.

146 147
Low reprit:
- Rien! Admettons quo tc dnngcr soit r~el ... principaux membres du groupe de Boulder sc ren·
not!!: contmt ne nous donne pns compét~ncc en !;1 contrent avec ceux du NICA~P, au moins avec
matJcre. Bryau, Emerson ct Foumet. Ce rut peine perdu&.
- Les Forces aériennes ont artirn16 votre indé- J'envoyai alors à Low une déclaration d'un illustre
pendance Mr. <Low. Et cc point c•t pout-être le plus savant grec, le docteur Santorini, physicien ct ingé-
important de votro enquete. Pour beaucoup de nieur. Au couts de la Seconde Guerre mondiale, le
rndaristes du plan d'alerte, le SECRET UFO des docteur Paul Santorini avait participé aux travaux
Forces aériennes est une source de conrusion. On sur Je radar, les fusées pour la bombe atomique, cl
leur a dil que les UFO> n'exi, lent plus. Si donc ils le systè1nc de guidage des NTKE. Depuis 1964, il
~ctent. des . objets ~olant vers nous 1i grande était directeur du laboratoire de physique cxpéri·
v•tesse, •ls do1vent logtqucroent penser qu'il s'agit menrale.
d'une: attaque-surprise, En mars 57, Santorini avait rendu publiques ses
- Si ,·otrc rapport exposait cela, les Forces cxpfriences en matière d'UFOs. Le docteur SantO·
aériennes seraient obligées d'entraîner spé<:lalement rini raconte :
Je pet30nnel du plan d'alerte pour le prémunir - ~ous avons en vite rait d'~tablir qu'il oc
contre semblables erreurs. Les UFOs ont des carne· s'agissait pas de missiles ... mais quand les chefs de
técistique$ très particulières. Les veillcun uppren· l'armée grecque interrogèrent le Département de la
draient vite à les reconnattrc. Si les Etats-Unis pro- Défense sur les my-stérieux engins, ils furent presto-
naient= précaution<, Il est probable que le Krem· ment invités à n'en plus parler. Le sa1•nnt gree ajou·
tait que. peu après. il avait été prcss6 do questions
lin suivrait. Les Soviets ont aussi détecté les UFOs,
et il reste à peu près certain qu'ils ont commis les par des confrères américains venu• de Washington.
mêmes erreuu. Vous pourriez rendre un g.rand sor· Par la suite, ses recherches personnelles l'avalent
vice à notre pays. Et je pcn•e lJU'il scruit bon que amené à penser que les UFOs surveillaient la terre,
le docteur Condon Je 'Ol peut-être en prévision d'une invasion. Le SECRET,
- Si la chose est vrnimcnt aussi stricuse, selon lui. avait été imposé en raison de l'effroi de
conclut Low, il faut ~vidcmmcnt qu'il le sache. Ic nos dirigeants devant la perspective d'une attaque
lui montrcrui votre rapport secret au Congrès. avec des moyens tellement supéricor~ qu'liS ne lais·
Mais, un mois plus tnrd, j'nppri.s quo cette tenta· seraient aucune possibilité de défense.
tive avnit échoué. La réputation de Sanlorini dans le monde scicnû·
Certain• de mc~ collaborateurs ont à l'époque fiquc était considérable et je ne pensai~ pns que
pensé que les Forces nêrlennes nvnicnt chambré le Condon pûi récuser son témoignage. 11 ne l'cxmninn
docteur Co~do~, le l?rcssunt nu non. de lu patrie de pas; j'en fus in form6 discr~temcnt pnr un membre
cacher h1 vente ntJSSI longtcmp~ qu'elles n~.: Séi'~Jicut <lu groupe d'études.
pas. p~êtcs it fuire Cuce aux UFOs. C'est possibl~; Quolques jours plus !<ml, le coni'mcntatcur de
télévi~ion, Frank Edwards, étoit dans mon bureau.
ma•~ JC ne le pense pas. Condon êtnil sceptique à
100 %, absolument convaincu de l'i ncomp~tcnce et A l'époque il travaillait à Indianapolis, m<~is faisnit
de ln stupidité des témoins. de fréquentes apparitions sur des chntncs plus
Au début des travoox, j'avais lnsisté· pour qu" les import,mtes. Quand il venait à Washington, il pas·
sait géoéralement nu ,NJCAP. Membre du comit6
148 149
de direction, il avait directement accès aux lout~• un 11."-<ez joli; il est tiré d'un r~pport d'étude sur les
dernières infonn allons, et, parfob;, en profltnlt pour L'FOs eO\'oyé aux membres du Congrès el à la
les diiTuscr par radio. Ce jour-là, il me lança d~s presse au début de 65 :
rentrée: ... Les personnes qui soumettent un rapport UFO
- Alon~: C'est toujours la pagaille il Boulder? nux Forces aériennes peuvent Ubremcot en discuter
- Pire que eelo, Front... n'importe quel aspect a..:c n'importe qui. L'USAF
Et je lui brossai le tableau ·sommairement. ne cherche pas à limiter la discu>sion ni à détourner
- C"c:$1 une histoire d: fou. Pourquoi ne les ou censurer une information relatiw à œ sujet non
envoycz-,·ous pas promener? réservé.
- Saunders se cr:unponne à moi. il semble nvoir Frank fit la grima~:
de oolides rni\nn~ de croire poMibl! ~vec l'appui de - La bonne soupe, ils sc sont ea,·alés avec!
quelques sp~cialistcs d: faire changer d'opinion le Ave?:-vous fourni la preuv: du SIJC~ET au groupe
docteu r Condon. Je ne peux pru; le croire. Je pei1se d'étude?
que hous devrions tenir une conférence· de presse et Je lui montrai le sommaire, nvec JANAP-146 et
tout raconter. les mmes consignes de Sl!CRET, le rappel des
- Puurl(uui ~us à ln radio? J'ai toujocirs · nccas observations passée$ sous silence, los noJns des
aux grondes c hnines. Vous m'aidez à préparer l'ex· témoins priés de se taire, le manuel de renseigne-
pose'/ ments des Forces aériennes avec son croquis repré-
Finulcrncnt, j'acceptai. '· sentant un U FO en forme de disquo, etc. ·
- Si l'expos6 est assez percutant, U secouera les - Maintenant, je ne sais pui <'C qu'a pu en voir
patrons il Doulder. Pour ne pas perdre la face, ils Condon? Peut-être rien? Il laisse pratiquement à
devront pr~voi r des chang.:mcnts. U en est cnoort Low la direction des opérations.
temps, puisqLoe le programme, d'après le contrat, se - li n·en est pas moins rt<ponsable. Il est b
poun;uit jusqu'au 31 jamier 1968. numéro un du groupe, objecta Frank, dites, pour-
F rnnk prit un bloc : quoi ne pas écrire à Condon et le presser d'appro-
- Voil~ eonunent nous allons faire. Je vous pré· cher le sénatour Goldwatcr et le représentant
sente con1me le directeur du NICAP. Je p récise qnc McCormack? Ne sont-ils pas au courant du SE-
vous nvc2 été ~ Boulder. Vous pouvez dire qu'il n'y CRET? Et aussi le colonel ·Bryan ct le lieutenant-
uvuit uucunu raison de procéder à celle étude sous colonel Cooke. Celui-ci a bien ~venté la mèçhe dans
contrat. J'intenico§ à nouvemt pour dire que c'est l'article du Star de Washington'!
une mise en scène pour détourner J'attention, et que - J't::ssaicrai, .mais ccJa no mun.:hccu pas. Nuus
l' étut·major u COmplètement fourvoyé Contklll cl avons envoyé à Condon le$ noms de plus de· cent
Lmv, lc$-qtrcl~ sont mnintenant convninC·l1S que témoins hautement qualifiés, cl il n'a ~~s r~u•i.
toute~ lés observations son t autanr de mystifica- - Très bien! S'il veut ignorc1· lous ces l1; mmcs,
tions. Au fait, quel est le démenti le plus catégo- nous le dirons it la mdio. Pcut-Ctre pourrons-nous
rique opposé por l'éto.t-major à l'existence d'Une falro apparaître McCormnck ou Ooldwatcr, ou
censure? obtenir des interviews d'eux su1· bnnde ...
Je tendis il Frank un épais dossier: Frank. regarda sa montre :
- Il doit y en avoir une centaine ici. En voilà - C'est assez pour un début. Eo\'oyez-moi de

150 151
nouveaux tuyaux sur Boulder. Je ue pourrni pns d'aujourd'hui sont plus bi osés. Je ne croi' pus
combiner ecln avant quelque cbose comme un moi:;. qu' une histoir" d'UFOs puisse déclencher une
Mois cela nous donnera dnvnntnt::e de tomps pour panique. .
accumuler l•s pr.uv"~· - Trè~ hien... Pendant que vous y êtes, je vou·
drai> savoir quelque chose. Combien d'cxplientions
frank disparut. Je pcnsni :\ son projet d'émission données pru- les Forces aériennes avez-vous analy·
raùiu. Je ne doutais guère du résultat. rrnnk con- sées?
naissait son métier. C'otnil urt rude jouteur avec c~ - Que voulez-vous dire?
qu'il fallait d'hurnour pD\Ir donner plus de force ù - Le 8 novembre 1966. le docteur Condon m'a
ses révélations. écrit une lettre m'exposam les lisn~s dlrtctrices de
~· Quelquo; jours plus tnnl, Low m'appelait. Cc
n'était qu'un téléphone de routine, mais j'éprou\-ai
·'"" enquête. li y disait que le premier princtpe ~ernit
que tout ce qui paraît de,·oir servir l'int<::r<t natio-
L. tout à coup la tentation de tâter sa réaction au
risque de panique.
nal... faits, rapports d'observation, serait nnolysé
aussi complètement que possible.
- C'est prévu au contrat, me dit-il. Nous ferons - Je me souviens.
une étude paniculi~re. Il s'agit de déterminer pour-
- Il disait ausi qu'aucun véritable enquêteur ne
quoi les ~;en' réagisscnt aux UI'Os comme ils Je dovrait agir autrement. Et •oici où je veux en >-.:nir.
font.
Le do<:teur Condon promettait ~ue le CM préscnt6s
- Avez-vous brsoin d'une étude pour cela? Je
par l'état-major comme expliques seraient réexami-
gage que vous scrie:r. aussi effrayé qu'eux, et le doc- nés s'il demeurait le moindre doute quant à la vali-
teur Condon a•ec vous si un UFO venait soudain
dit.S de !'cxplicalioo. Dans la documentation que
sur votre voiture ou l'avion où vous seriez embar-
nous vous avons fait parvenir, il y a plus d'une cen-
qué... taine de cas auxquels ont été apportée& des expll-
- Sons doute, :>ans doute, mais les gens ont tou-
catiol!s absolument sans valeur - Je ens Rcdmond
jours tendance à exagérer. Vous admettez vous-
qne vous avez laissé de côté, mais aussi le ens
même que beaucoup d'hl~toire~ ~ont fnusses.
WalcsviUe, et nous pourrions en produire des con·
- Bien sûrl mais pas celles que nous vou! avons
laines du même ordre. Alors! ... Je pose la que»tion.
communiquées. On n laissé sc créer les buscs d'une
Combien de cas avez-vous réexrunin~?
crise soudaine d'hystérie collective. Quo malntenont
une nouvelle à scn•ation soit .radiodiffusée, qu'une - Jusqu'à ce jour, aucun ...
simple rumeur sauvage sc répondo sun~ que J'on La voix de 'l.ow ~tait calme :
sache comment, et ln punique peut exploset·. - ... Le docteur Condon n'a trouvé aucune
Demandez donc ;) l'état-major dDs Forces aériennes explication de> Forces aériennes qui lui paraisse
de vous communiquer son tlnolysc confidentielle de inexacte.
la fameuse émission d'Orson Welles on 1938. Votts - Merci!
verrez cc qu'il peut advenir d'une mnsso do citoyens Je raccrochai ct appelai Frank Edwards.
moyens absoiUlncnt normaux quund la panique les - Toujours cette satanée affaire, fit-il.
prend. - J'étais prêl à exploser ... Mais, après tout, celn
- Cela s'est pas.s6 Il y a vingt·ltcuf ans. Les gens ne dépend pas de Low.

152 153
- Vous a·t·il dl~ combien de rapports NICAP - · Sîlrément. Quand?
ils ont c:<am inés? - Je vous appellerai. Apportez vos pro\1Stons.
- Je ne le lui ai pas d~mandé. Pour œ ta, j'ut· Je vous promets du vacarme.
tends d'cltr~ face à f:~ee nve.c lui. Ce furent les derniers mots que j'entendis de
Il ~c passa pl~ieurs semaines avant qu'apparaisse Fraok. Le 23 juin, il mourait d'une crise cardiaque.
Low. ~ que nous fûmes seuls, je lui lançai à La mort de Frank mettait fUJ nu projet d'exposé à
btille-pourpoint : la radio si bien préparé. Sans doute, je connaissais
- Cela fait plus de mille rapports que nous vous d es commentateurs qui auraient ac:cepté de s'en
avons remis. Combien en aurez-vous examinés ~ 13 charger. Mois aucun n'aurait pu donner à l'émission
fin de vos tmvaux1 le rdief nécessaire. F'rank a>ait suivi toute l'allaite
- Bien, je ne sais pas. Je vous ai dit que nous ne depUiS diX•SCpl ans. fi la VO)'IlÎl dè l'intérièur et Y
pouvions pas en examiner un grand nombre... faisait autorité.
J'attendis. Finalement il se décida : L'inconfortable trêve avec le ddctc~r Condon sc
- Peut~trc quau·o ou cinq. poursuiVit tout l'été 1967. .
Il dut distinguer dans mon expression comme une Jusqu'au 17 septembre, Condon n~nlt .tenu. parole
•uenace, et ajouta très vite : sur un point: il ne discourait plus. Mals cp JOUr-là,
- Nous ferons de notre mieux. son süence prit lill. Au cours d'une al!ocut10n à une
- Quel sera le total des ens exnmin~s en y com- com mi!l.<rlon d'ênèrgic atomique, Condon 'sc moqua
prenant ceux présentés par le NIC.>\P? ouvertemelll des rapports sur los UFOs, qu'il assi·
- Il y aurn quatre-•ingt-cinq à quatre-vingt·dix milait en bloc aux extrnvagantcs histoireg de pré-
enquêtes, entre enquêtes sur plaœ ct analyses à tendus contacts. Selon le docteur William S. Bickel
l'Université. Nous jouons serré, vous save-z, nous de l'université de 1\~rizona, le d~eours ne manquait
avons très peu d'argent... pa' de sav<:ur, mais doon:tit une piètre idée du
Dix jours plus tard, nous apprenions que l'uni ver· sérieux de renquête.
sit6 du Colorado demandait une rallonge de J'appelai Boulder, ~ mon interlocuteur me d.~a
210 000 dollars. J'avais fait part à Frank Edwo.rds cW; nau•-elles plus sirustrell encore. Ignorant dé!tbé-
des chiffres don~s par Low, si bien qu'à J'annonce rén!ent les proteStations de la majorité des scienti·
de cette demande d'argent, il eut un mouvement do tiques, les cbcf du groupe d'étude UFOs a\•aient
dégoût : donné pour instruction de rechercher des preuves
- Don, je ne vois pas comment ils om pu négatives. .
avoir ce culot! Avis immédiat du NTCAt' à lloulder : lrunsm•s·
- Ln roquCtc porte sur la né'CCssité d'une pro- sion des rapports UF'OS nrrêtoo.
longation de cinq mois eu vue d'une éiudo plus Condon e( Lo\y (urent rC-cllemcnt consternés. Le
approfopdio. Et - tenez-vous bicnl - il s'agirait premier envoya le second ~ur pince nvcc un message
en particulier d'examiner une plus large tranche de urgent nous demandant de rcconsidétct notre posi-
la documcntntion du NlCAP.
- C'est comme çal Alors on va: accélérer le pro-
.
t1on. ",
La discussion fut presque lncroyahlc. L'attitude
gramme. Pouve7.-vous prendre J'avion ct venir de •Low m'avait toujours mi• mal ù l'aise. Mais en
m'alder1 d6pit de nos diverg<:llces d'opinion et de noo pwpos
154 ' 155
parr~is ao:erbes, l:ho"!me ne me déplaisait pas. formulé d~s conclw.ions sans avoir uarniné votre
L ~ntrettcn eut heu o mon bureau. Richard Hall documentation.
vcnat.t de démissionner, Gordon Lore do prendre los - On vous reprocl,lem bien · d'autres chose~, si
fon.et~n~ de directeur adjoint. ISur ma demande iJ vous portez un verdict négatif tout en prétendant
a$Sulalt a la conversation. ' avoir ~tndié la documentation du NICAP...
Dès 1~ début, jo dis il Low que nous avions ét6 Low lit un mouvement, mais je l'nrrêtai :
trop patients : - Ccnains do nos C<lllaborateurs et con•cillers
- Vou~ nous a1·cz fait marcher. Nous ne pou. estiment que le groupe d'études n'est pas 'à la ltau-
vom conttoucr que si vous nous donnez de$ teur de...
réponses précl'les? - Un instant... ''
. - Tr~ bien. Vou• parlez franchement. J'essaie- Low coupait brusquement:
rao de faire do même. - ... Jc ne crois pas que ce 8oit votre affaire
- Pr~o•.te docteur Condon a-t-il jamais inter- d'estimer si ce groupe est ~ la hauteur ou non. Je
rogé un tcmom? crois qu'elle serait de soumeure vos rneiUetml docu·
Low secoua la tête. J 'ajoutai aussitôt : mcnts et de tenter de fnire revenir ·Je doètcur
- A·t·il l'Intention de Je faire? Condon de son scepticlsnw.
- Pas actuellement. Lore ct moi nous regardions abasourdis. Je
- ·Le seul dl!placcmcut effectué, à notre connais· repris:
sance, ~"!1 ét6 ii l'instigation d'un c contacté • qui - Apr~s tout, pour ce qui concerne Condon,
prétcndnot qu'un UFO allait atterrir près d'une base c'est un aveu ... Alors, il n'y a plus qu'un seul moyen
des Forces aériennes. Condon y est allé, je ne sais de nous entendre. Que le docteur Condon nous
trop pourquoi. envoie l'engagement signé d'enquêter sur certains
-;- Ces • contact~ • le. fa~incnt, expliqua Low. cas sélectionnés, et par • eoqutter >, j'entends
Maos vous avez raoson, d o a fait aucune autre quelque chose de ~érieux, avec appel aux témoins,
enqu&te sur les lie~x. _Et il n'a aucun projet en ee et trarumi$sion au KICAP de copies de vœ com-
sen~. Je peux IIIJSSI b1on vous dire que s'il devait mentaires. Nous serions d'accord pour garder ceux·
fonn~ler une conclusion maintenant, elle serait là secrets jusqu'à la fin de vos travau< ct: la parution
négatove. du rapport du docteur Condon.
Stupéfait, Gordon Lore intervint : - :Bien, fit Low, mau'ISade, je tenterai de le
- Sans me~e exa~1iner la documentation. convaincre. Qla irait mieux sl vons précisiez par
Low fit u11 stgne d approbation : t-c rit
- Il est ~lncèrement convaincu qu'il n'y a rien J'allais partir quand soudain me revint à l'esprit
dans tout celo. un autn: aspect de la question :
Je repris : - On m'a dit que l'état-major des Forces
..- Mr. i.ow, le docteur Condon \'OUS 4 envoyé aériennes vous avait consulté avant ln signature du
ICI pour nous presser do poursuivre J'envoi de nœ contrat. Comment au juste préscntait·il le pro-
rapports. Pourquoi cela, s'il ne veut en eKaminer blème?
aucun? J c n'attendais guère do réponse, et en tO\tl cas
- Porœ que l'on pourrait nous reprocher d'avoir pas celle que mc fit Low :
156 157
- lis ont dit qu'ils ne savaient pns comment huit scientifiques et de nombreux officier~ des Forces
prépar"r le public... aériennes soviétiques. Les rapports seraient transmis
L'énorme pavé, lâché en toute innoœnœ, mc laissa à Moscou par un T<sc•u de deux cents observateurs.
un instnnt stupéfait. Puis je pressai Low de me doo· Des milliers de cas seraient Maly...:S.
ncr quelques d~tails. Mais déjà, il pensait en avoir Le 14 novembre, j'écrivis au docteur Condon. Je
trop dit: lui demandai s'il serait d' accord pour analyser la
- ... Je ne sais plus s"!ls ont ajouté grand·cl!os~ i documentatiOn NICAP selon le proccssu~ dont nous
cela... avion' parié avec Low. Je prkisai :
Trois StiDJlines passèrent sans que j'écrive l • Nous ne demandons pas d'engagement de \'Otee
Condon. Je voulais d'abord savoir si la lransmission part quant aux conclusions. Nous voulons une garan-
!ni te par Low nu rait son effet. tie d'enquête impartiale et d'analyse honn~tc des té·
Par une bizarre coïncidence, les rapports d'obser· moignages honnates. Jt
vativns d'UFOs, de nouveau, se multipliaient. Au J'envoyai à l'administrateur Low, à la même date,
début d'octobre, les Forces aériennes royales du une lettre analogue, mais distincte.
Canada cooflrmnient l'«pp.arition d'un UFO brillam· Je reçus des réponses daté~~ tlu 1" décembre. Mes
rncpl <cl• ir6, paraissant glisser sur les eau~ nu lnrgc deux correspondants renouveJaicnl' l'cxpr~ssion · de
de Shog Hno·bour, en Nouvelle·Ecosse. De nombreux leurs estimc:pour le 1\'ICAP, mals 61uduie'nt'les ques-
hnbitnnls de la côte l'avaient vu. Puis un bouillon- tions posées. '
nement d'eau s'était produit accompagné d'écume • Nous apprécio!ISI graudeuoeut·VOlrC coll uborntion,
jaunâtre. La marine canadienne avait envoy6 sur les écrivaille docteur, votre aide a été d'une' import&ncc
lieux quelques petits bâtiments; mais I'UFO s'était capitale. •
apparemment dérobé. A peu pr~ au même moment, Et Low allait plus loin :
près de Denver, le juge de la Cour Supérieure, • L'aide du NlCAP a tté d'woc valeur inesti-
C harles E. Bennett, obStrvait trois UFOs. A Dalla.•. mable. .. Vos dossiers du fait de lA perfection des
l'astronaute James Mc.Divitt, conlirmant ses ob$tr· enquêtes sur place menées par le 1\,CAP ront d'une
valions déclarait dans un journal : c Les UFOs sont exceptionnelle qualité. .. Nos relations de tra•ail unt
là. • A la base militaire de Vandenberg, le journal été excellentes ... Il serait na\'Tant qu'elles prissent
d'opérations enregistnoit le passage d'UFOs, re~rês fin ... Le docteur Condon vous a dit que nos travaux
au radar et à we, ainsi qu'une tentative d'interception seront conduits avec objectivité. Il~ le sont. •
par la chasse. Le 20 ct 22 octobre, onze observa- C'était l'impasse. Je m'apprêt3is à 1>rendre l'epi·
tions étaient rapportées en Géorgie. nion du conseil de direction du NJCAP quam il
D'auu·es faits auraient dû attirer l'attention de l'évcntualit~ d'un communiquo au public, quand je
Condon. Le 17 octobre, Louis Wyman, rcpr~sentonl. reçus la visite de Dave Saunders. Il étnit mo courant
soumcuait au Congrès une résolution qui instituerait de la visite antérieure de Low Cl du œ jet - bien
une enquête compl~te sur les IJFOs sans nltendre le• enfariné - du modus vivcrodi propos6. Il 1110 tendit
conclusions de Boulder. Le 11 novembre, l'URSS un doèument : ·+
annonçait une vaste enquête qui serait dirigée par le - Avant que vous lassiez quoi que ce soit, il faut
g6néral major Anatoly Stolyerov. Selon une d6clara· que je vous dise une chose. Mnis d'abord, jetez les
lion du g.!néral, les travaux seraient menés par dix· yeux.tà-dessus.

l S8 IS9
C'était une photocopie d'un memo,ralldum de deux déjà à noqs lasse.r de eettè <echerche systématique
pages sigoé de Low, daté du 9 août 1966, et adressé d'arsuments pour étayèr une dénégation · globale. Et,
aux hauL~ cadres do l'université du Colorado, E. Ja- voilà gue nous découvrons ce documel'lt. L'effet a été
mes Archer, doyen de l'école du premier degré, et immédiat. .Plus personne n'est disposé à ignorer les
Thurston B. Manning, vice-président de l'lloivcrsité. témoignages positifs.
Donnant certains aperçus des travaux projet&;, le - Condon ~st-il au courant?
memorandum disait : - 1Kous n'en sommes pas sûrs.
« Pour mener à biéh une telle étude, il faudrait - .Et qu'allez-vous faire?
l'entreprendre objectivement. ·ce qui signifie qu'il - Nous n·avons encore rien décid~. Jc vous le
faudrait'admettre la possibilité de ta réatlté des UFOs. ferai savoir.
Il ne paraît guère c.onvenabfe de considérer sérieuse- Au dlner, je demandai à .Saundcrs si, selon lui, la
ment cette possibilité... Ceux qui y croient se disqua- majorité des scientifiques du groupe d'étude croyàicnt
lifient... Les suivre nous mettrait au ban du mond~ que les UFOs étaient des vai~ea~U< spatiaux.
scientifique... Nous perdrions davantage en prestige - ll y a de bonnes chances, me dit-il. JI y aura cot
que nous n'aurions à gagne-r en menant l'enquête... » tout cas une forte oppo:;ilion à toute conclush>n for-
Et, sous te titre de paragraplle : comri1entaires, mclJemen~ négative.
Low formulait, pour le cas où l'universifé prendrait à - Et si ta majorité opinait pour l'hypothèse ù'èn-
charge l'étude, les propositions suivantes: gins inlcrplanCiaires, qu,arr.iverait-il?
«Notre étude devrait ôtre poursuivie presque - Je pense q_ue nous devrions convaincre te doc-
excloSÏ\1cmcnt par des sceptiques, qui, au cas même teur Condon d'envoyer un rapport secret au Président
où ils ne poul'raicnt fonder ~ur des preuves solides avec un plan de préparation du public.
leurs conclusions négatives, rassembleraient sans trop - Ce n'e~t pas dans votre cyntrat. L'état-major
de difficultés une documentation massive donnam à poussera tes hauts cris.1. 1 .. '
penser qu'il n'y a .den de silri.eux à retenir des obser- - Je snis... , ~ , . .
vations. 'L'astuce serait, je pense, de prGsentcr l'étude Obstiné, Saunders pp~rsuivi( : 1 • ,.
au publi<> comme un travail purement objectif tout - ... Rien ne peut ·empê.cber la majorité •de faire
en ta taisant apparaltre ii la communauté scientifique connaître au Présjdent ~ conclusions, .si les Forces
comme l'œuvre d'uo gtoupe de sceptique$ faisant un aériennes veulent tes camoufler. Le PrésidenL peut
grand eliort d'objectivité, mais sans le moindre espoir décider seul de la )evéc immédiate du SECRET ou de
de trouver quelque part une quelconque soucoupe. soo maintien temporaire.
Un boo moyen serait d'insister moi.ns sur tes phéno- - J'espère que cela marcberait. Au moins, le Pré-
mènes observés que sur la personnalité des observa- sident aurait entre tes mains une ébatlcbe de pro-
teurs, leur psychisme et leur milieu social. » gramme de préparaLiun <.lu pubtic.
Tandis que je tisais, Saundcrs scrutait mon visage. - Même ainsi, ce · serait une décision · diftlcile à
- Incroyable, n'est-ce pas? pl'entlrc, Je ne voudrais paS· me trouver dans ses sou ..
- Cela me donne un coup... J'aurais dû pourtant liers. J'ai déjà ébauché lllf programme. Ctesl On pro-
m'y attendre. Je .te savais sceptique. Mais ça ... blème. angoissant..
- Cela m~a donné aussi un gund choc. Et, parmi Cetq aurait dû être fait depuis toogtenlps. Le
les .scientifiques, pas à moi seul. Nous commencions
160 161
choc eûL été moù1s terril>le en cas de développement
soudain.
Au même moment, les Forces aériennes se trou- 1
vaient deYant une situation difficile. Mais je ne devais
le savoir que plus tard.
Leur grand sujet de préoccttpation était l'annonce
faite par les Soviets le 11 novembre, d'une vaste en-
quête sur les UFOs. C'étoit la première manifestation CHAPITRE JX
d'une inquiétude soviétiq11e en la matière. Il devait y
avoir une grave raison à cc revirement subit portant VAISSEAUX GEANTS
à un haul niveau les investigations.
L'état-major cherchait to11jours cette raison quand
une troublante rumeur lui parvint. Celle d'une décou·
verte ·SQViétiquc déterminante appuyée · de preuves J OUR mémorable que ce 8 juillet 1967. •Pour la
scientifiques il'féfutables. station astronomique soviéti<1uc des environs de Ka-
Pc~d•wt des années, I'USi\F avait jalousement zan, il n'owait été qu'un jour comme les au1rcs jus ..
gardé SO» SECRET, un SECRET dont elle ·aurait qu'au soir. Le crépuscule venait, et les deux astro-
bien voulu qu'il n'existe pas. Les fuites avaient été nomes de service commençaient les observations de
rapidèment colmatées. • Démystification • et un peu routine.
de chance ·lui avalent permis de.garder l'histoire bien Tout à coup un immens,c objet volant, glissa silen-
empaquetée. cieusement dans le ciel .
. La déclaration du général Stolyerov selon laquelle Vola-nt à une vites.sc extraordinaire, le vaisseau
d'import.ap!~$ réyélatiorys seraient bientôt faites s ur géant était hors de \'\le quelques secondes plus tard.
les UFQs ,6t ,régner l'inquiétude au .Pentagon·e. Les deux astronomes, très impressionnés, ne firent sur
1t l ' 1 •1 1 !! le moment aucun rapport, craignant de n'être crus
't •• de personne. Mais bientôt d'atltrcs llstronomes confir·
' . • ' maient l'existence des vuisseaux géants.
Le 8 aotît, UJt autre croissant gigantesque survolait
la station d'astrophysique de Kislovdsk dépendant. de
·.. l'Académie des sciences soyiétique. !) observation
fut enregistrée par l'un des douze tél)1oi.ns, l'astro-
nome Anatoli Sazanov. Puis, en divers points de
Russie du Sud, le même vaiss~au ou tlll autre iden-
tique, fut signalé et suivi par des astronomes, les
4 septembre, 18 octobre, ct quelques autres j 0 urs
en fin 67.
En février 1968, plusieurs de ces observations fu·
rent confumées à Moscou dans une déclaration offi·
ciellc. Plus étonnantes encore étaient les révélations

-., 163
"ion montait. Puis la formotion, d'un coup, se cobta~
des ~str!)Mmes de Ka10nn qui sur plu1icurs ob6ervo. prit une accélération fant:lstiq ue, fut bientôt à
tioll.\ a•-aient pu établir des mesures approchées : 2 000 krn/ h et disparut.
Le diamètre des croissants était compris entre 500 A l'anerrissagc de t'avion, le Renseignement de
et 6(lO mètTes. Leur vitesse était d'environ 5 km/sec. l'Air envoya un message è"Odo au Pentagone. L'effet
sott près de 18 000 km/h. rut extraordinaire.
Cette communicatio n autoris~c était faite par le L'(rat-major pensa q ue l'allaire pour rait demeurer
docteur Z igel, membre du comité c~nnmauti quc de inconnue. Mais un mois plus tarù, mc parvenait au
l'Union, et notabilité de l'Lnsti tut d'aviatio n de Mos· 1\lCAP un rapport signé d\m cnpi1aine des Forces
eou. aériennes en service nu Japon. Apr~s analyse, le cas
Ln décla rntioo de Zigel ne oontcnait pas de réfé- lut exposé dans Je bulletin réservé aux membres du
rence précise à la docomentntlo n soviétique. Mais NICAP, mais, sur Jo suggestio n d' un psychologue,
ks inq uiétudes de l'état-major américain ne s'en l'estimntion de la taiiiG ét:ût réduite h 250 mètres. Au
tt•ouvoient pas apaisées. mom ent où parut cette commtmication, les observa·
Au poste où il venait d'eu-e nommé Je conseiller tions étaient presque quotidiennes, eL la {encontre
du s.!néral Stolyerov, le docteur Z igel pouvait repré· du Flying Tigcr passa inaperçue.
sentcr un danger pour la politique am~ricaiœ d e :\fais il était dit que le Renseignement dés Porces
SECRET. lléricnnes n'au.rail jamdis la pai·<. FJ1 première page
Ce même dangu s'était pr~enté deu• ans plus l<Ît, des journaux paraissait maintenant l'histoire d'un
comme c~>n~uence d"uoe fuite d'un rapport sur un enorme disque volant, aperçu dans l'Antarctique.
va is~cuu géant. l'o ur les Forces aériennes, l'allaire ét"it beaucoup
Dans la nuit du 15 lévrier 1965, un avion de Hgoe plus inquiétante qu'on aurait pu le croire. Depuis
des Flying Tiger, offrété pur le D~partcment de la 1953, J"état- major savait que des vaisseaux spatiaux
0 6fcnsc croisait au-dessus du PnciRque, transportant géants opéraient au voisinage de notre planète.
des soldnts et aviateurs n!J Japo n. Il était à environ Au cours de l'aonée 1953, les Forces aériennes
une heure de T okyo quand le rudar du cockpit cnrc.- avaient procédé à des c~püiences avtc un nouveau
gistr• les échos de trois grands objets se déplaçant matériel radar à lo ngue portée. Dès les premiers
rnpidcment. essais, les opératcun eurent la surprise de repérer un
Le commandant, hâtivement, amorça un tour puis objet gigantesque suivant une orbite voisine de l'équa-
l'interrompit Les trois g~ants • iront d'un bord, teur. Sa vitesse était proche de 28 000 km à l'heure.
ovftient brusquement réduit leur vitesse. Maintenant, 1)e,; ,·érifications successives confirmaient les pre-
ils ~c trOll\'aicnt· à la même altit ude que J' avion. mières données. Un objet inconnu faisait le to ur de
toujours en formation serrée. tn Ten·e à mille kilomètres d' nltltude.
Selo n le. radar, ils étaient il 8 000 mètres du Flyi11g Peu de temps après, un second objet, nussi énorme,
T/gt!r. Même à cette distance, ils paraissaient gigan- nr prochnit de la Terre. Les experts . radaristes de
tesq ucs. Pl usieurs minutes pu;s~nlnl pendant les- l'USAF le suivirent. Il sc 111it en orbite à l'altitude c.lc
q uelles l'équipage regarda intensément les trois vais· 6011 km.
seaux bri liants. Alertés, les chefs d u Département de la D~fen.se
Q uelques minutes encore, les colo~<e• de l'Espace lancèrent en urgence un projet pour la détection des
poursui>ircot leur route parallt:le. Au cockpit, la ten-
16S
164
$3tellites à :w hite Snnds, dons le Nouveau·.Meltiquc. redouter un tel épilogue. L'article existait So~ a~tcur
L'expert scientiliquc chargé de cette recherche 6ectète était t'un des chefs du Renseignement de 1 A~r, le
étai! le docteur Clyde Tombaugh. le savant qui avait colonel W.C. Odell.
découvert la planète Pluton, le seul astronome connu Il avait pour titre: Planet Eartlt - 1-/osr ro Extra·
qui ~it reoonou avoir "" un UFO. terrcsrri.al Life '. . <
lin février 1954 de~ plans pour ln recherche des Le colonel Odell 6vitait de donner dans le molo.
satellites avaient été exposé.; dans un arùclc ùe la L<: ton était calme, et n'en portait que ml~ux. Une
Société Astronomique du Pacifique. Citant Jo docteur planète so mour•it, ct ses hnbita?l~ observn!cnt ~vec
'l'omhaugh, le r~dactcu r annonçait le recours à un ntlcntion ta nôtre si semblable, ou ils fX)IlrtaiCUt VIvre
<lquipement télescopique nouveau. Ecrivant bien ct sc perpétuer. ri n'était pas question ~ans l'ouvrn_ge
avnnt le lancement du programme du ministère de la d'occupation brutale. M~s on. pou,·a.~ en dédum:
~fense, il n'avait fait aucune mention de vaisseaux que la planète Terre dev1endra1t de gre ou de force
11ennL~ rie l'Espace. L'opérntion était présentée comme • J'hôtel d'une vie extra-terrestre • ·
devnm ê~. une recherche d'objets naturels. Mnis les Quand l'article m'avait été montré au Pentagone,
journali~lès subodoroicnt un mystère. j'avais été extrêmement surpris de ce qt•e l'autorisa-
Les cè~seurs voulurent nu début t toulfc.r l'uiYairc, linn de paraître eût été donnée. A la demande du
nif'i' le éloçteur Tombnugh parvinl à les convaincre porte-parole des Forces nériennes sur la quesllon des
de l'inopportunité de la démarche. Le 3 ma~. une UFOs Albert Mr. Chop, j'avais fait lire le manuscrit
c~plication officielle était, avec l'approbation du Pen- par u~ éditeur ami de New York. Mais les conditions
tagone, pré.sentC-c à White Sands: il s'ngissail de imposées pac l'état-major ra\'aient rebuté. Odcll ne
cherche~ des objets naturels venus de l'Espace, son e devait pas être pr&enté avec son gxade. L'approba-
de • pel!tc~ lunes • , c mini-lunes > qui s'étuient pla- tion des senices de sécurité ne devait pas f trc men-
cées en orbite autour de la Terre. tionnée. .
Aucu ne,,mentjon n'était faite de la posslbilit~ d'un Puis le manuscrit nvait été proposé à des redac-
contrô(e iote.lrigont exe1·cé sur ces satellitl'l! ittconnus. tcun d(tment sélectionné.~ de la pres>e de Wnshing-
l is étaietil pn:~entés implicitement co1umc des asté- ton. Apparemment les exigences de l'état-moj~r les
roi'des. Sàns plus. avaient également inquiétés. Pour autant que JC pus
L'explication était ub,nrde. Que des astéroïdes Je savoir, J'article n•a,•ait jamais paru, du moins d ans
venus de l'espace en nombre, puissent tOus, sans aucun journal ni aucune revue d'audience nationale.
•uc~n controle, prendre le cap précis les plaçant en Tout au long de l'ann6o !9S4, les F orces aériennes
orblle ter~estre, '::'t impensable. Aussi bien, quelques (urent en alerte. Les rapports s'accun1ulaient. Le
jours passe rent ou le Pentagone redouta un camouRet 5 mai deux grands objets manœuvrant à haute alti-
dans lu presse. Il so sentait d'autant plus incontor- tude ~u-dessus de Washington, étaient repérés de
tublo que si la version des mini-lunes ne prenait pas Notio~~al Airport. Le lendemain, un r adur de In ma-
li n~ rai~ ~e lui-meme ouvcrl la ~rte à la seul~ rine détectait un énorme engin faisant des cercles
c_xphcal"'": pla~s,blc : ln présence de vaiS$enux spa- à 30 000 mètres au-dessus de la capitale. Le 12 juin,
haux. ·Et le momdre article à sensation relancerait la un autre vaisseau, ou peut-être le même, stationnait
crainte d'Une migration spatiale, vers notre Terre.
Les Forces ~érH:nnes ~valent de bonnes raisons de J, Uu.: Plao~c
.
Tcm -ll61e-d•une Vic cx1rt·tcncstrc.

166 167


de nuit à 27 000 mètres d'altitude entre Wasbin•ton Je moindre iltdice d'intentions hostiles la faisaient
et Baltim()te. La Défense aérienne mettait immédia- paraître improbable.
tement eu alerte des avions d'interception, prêts à Malheureusement, la politique du silence aggravait
entrer en action au cas où tes intrus clesceoclraicnt à le risque de panique. .
portée de tir. Pendant une heure, le géant maintint En 1955, Je fameux journaliste Stewart Alsop att.t·
son altitude, tandis que les jet.s menaient sous lui quait vigoureusement les ce.nseurs. Tr~s introduit dans
~eur r.onde inuti!•· Puis il grimpa et disparut. Deux les milieux gouvernementaux, et en particulier au
JOurs plus t:~rd Il revenait ou un autre venait à son NSC (National Se<.,rity Co11ncil), Conseil National de
tour dans le ciel de Washington, ct manœuvrait pen- Sécurité, Alsop aYait eu connaissance du véritabl~
dant wès de deux heures entre la capitale et Balti- mobile du programme d'urgence· de détection des
more. satellites. Un l)ouveau groupe d'étude à Mount Wil-
Pendant près d'un mois, l'afl'aire fut !Mue secrète. son doublait depuis peu celui de White Sa.nds. Sur
O.u~nd elle eut filtré vers la presse, la Défense toute la chaîne de p(essc dont il disposait, Alsop
aer•eu n~ rcconmtt Je fait de l'alerte, mais prétendit ré,•éla l'intense activité de recherche de satelJites arti-
que ~es 1ntercepteu.rs n'avaient rien vu. Uu de.~ pilotes ficiels. Ce dégonflage de mini-lunes déchalna les fu-
devatt plus tard mc raconter ces dovx heures d'an· reurs elu Pentagone et du ·NSC. Alsop ~écidivuit
gotsse: bientôt, dépeignant la colè.re du secrétaire du NSC,
•. C'étai.t u~c vision cauchemardesque. Cc que nOU$ une colère telle que ses meilleurs amis au sein de
aunons f<11t SI le géant était venu sur nous? Je ne sais l'organisme u'osaien~ plus se montrer avec lui.
pas. La se~le idée de partir à l' attaque me donne La censure du ciel fut renforcée, les rapportS sur
e~1~re le fr~sso,n. Les deu~ cam.arades que je •·etrou- les colosses spatiaux mis au réfrigérateur. Vaines
V<~J au tenam eta1ent auss1 secoués que moi. » précautions. ·E ntre les mailles du Alet protecteur filait
Oclobre 1954. Nouvelle alerte. La NASA déclare c•t 1960 une affaire caractéristique.
à la P!;css.e avoir intercepté d'étranges signaux d'un Le 25 aoOt de cette aiUlée-là, un mystérieux sa-
ObJet !nco!mu sur orbito. Peu après un astronome tellite é.tait détecté, puis suivi au radar pendant plu·
f~an:~•s r~vèle av01r égnlement perçu des signauJC sieur.s jours.
d. ongmc mc?nnue. le point d'émission semble se Le 18 mai 1961, nouvelle d6couvcrte d'un objet
Situer sur o.rb1te. mystérieux sur orbite terrestre. L'annonce surprend
Ces ~é~nts préoccupaient parliculièrcmen t tes d'autant plus qu'elle proYient du Smithsonian Obscr-
Forces acnennes. va:ory, l'Observatoire de Cambridge dans le Massa-
Pour l'l plupart des analystes, tant des Forces chusetts, lequel participe -activement au ré-seau mon. .
aénen~cs que du NICAP, les actes d'hostilité parais- dial de détection des Forces aérieru1es. Le Smithso-
satent tillprobables. Au cours de cette longue surveil- niJm précisait à la presse :
lance, la plupart des rencontres n'avaient causé aucun • Le satellite a été vu d'abord à Jupiter, en Flo-
do~ma~e. Et les grands vaisseaux, lors de leurs ride... Jusqu'ici imprévu et insoupÇ()nné, ji est ttès
~·s•te~ s ~,t.u~nt abstenus de toute agression. Si une brillant et peut, dans cenaines conditions, être vu
I~VasJon p_ta1t en préparation, pourquoi cette discré- à l' œil nu... les diverses stations d'obserhtion sur
tto.n dcpu1s , la grande vague de 1947? L'exclure a toute la terre ont été priées de nous aider à le
Prum eût eté absurde. Mais sept ans passés sans suivre .. »
168
169
ment~ire olficiel du rapl>OT\ des Forces aériennes
L'ob$crvatoire alertait également tO,Ut son diJipo· reconnaissait l'absence d'explications par des ph6no-
sitif de taméras télescopiques. ·
mènes connus. . l' b' ·r
Quelques années plus tard, le Dureau des Sdcnœs Mais en dépit de tous les témo•gnagcs, o JOCII
de I"Espnce annonçait un programme do recherche poursuivi par les étrang_ors de l'Espace n'a pas été
des mauifcstatioll$ de vic c•tra-torrestres. Et la NASA
entreprenait la préparation d'un lancement de vais- Pour certains de noR chercheurs, l'h )'J)OIb'~-
découvert. ""':' 1a
seau spatial équipé d'un observateur robot et d'analy- plus plausible reste la nécessité où. se trouvenut la
seurs des observatious p()ur un voyage tl~ onze annéC'l population d'une autre planète d'émtgrer. l,es savants
à travers Je système solaire. ont démontré que les Terri~s aurni~nt ~ r~oudrc u".
Bien avant la mise sur pied de ce projet, certains tel problème à quelque écheancc lomtamc. ~ T~r~"
de nos chercheurs pensaient que les vaisseaux géants perdrait alors :;on oxygèn~. ~a chaleur solau~ dum-
pouvaient être des explorateurs de l'Espace. Mais nnant, te froid s'appes3Dh ratt. Ou peut-~tre 1 expan,-
le programme NASA redonnait vie à l'hypothèse sion sotnire brfilerait la planète. L' homme :;POUl:rrut
ct relançnitl'étudc. L'avance technique des créateurs tenter de survivre en bàtissant des cttés ~outcrram~s
do ces engins donnait à penser qu'ils devaient dis- oll l'atmosphère et la température seratent oontro-
poser d'un équipement photographique, car1ographi- Jées. Il pourrait aussi tenter de ~·évader vers une
ttue, cin~matographique, de moyens de transmi•sions autre planète, aussi semblable <tu~ po~ible à 1~ nOtre.
par radio et radiotélévision extrêmement perfection- Déjà la perspective d'une m•&,"auon masstvo. est
nés et sans doute aussi de moyens inconnus de nous. sonie des réve& de science fictton. Des planiStes
Presque certainement, ils devaient ~tre en liaison séri'~u~ croient que la surpopulati()n la rendra i~ê­
constante avec de super-ordinateurs capables d'ana- vitable . .le temps prévu par Andrew Hnley, anct~n
lyser rapidement toutes les informations el p1lotogra- dirigeant dé I'America11 Rock<'l ~ociely, peut venu,
pbies recueillies. où de giL'êmtesqucs vaisseaux spnhaux tn~n.spottcront
On voyait mt~l de tels colosses lan~s pour des des holnQmes sur la ptailète Mors ou quelque outre
missions importt~ntcs sans un équipage capable de propice à des ~tablissements do Terriens.
contrôler tous les dispositifs d'observations et de faire Si nous pouvons déjà concevoir cela, une race
face aux situations d'urgooce, L'équipage devait être de l'Espace, plus civilisée que la oôtro, oc pour-
formé d'~tres expériment6s ayant pouvoir de pren- rait-elle le réaliser dès maintenant au = ou :;on
dre sur place des d6cïsioos, et non seulement de existence sur la planète serait menacée?
transmettre leurs découvertes à leur plan~te d'origine. n n'y a cependant pas de preuve. formelle. que. le
S'ils devaient sc contenter de recommandations et but de cette longue surveillance so~t une 011~ahon
auendre les décisions, les délais requis pour leurs massive. Serait-il tel que se poseratt la question de
opérations seraient en effet très longs. l'origine des étrnn•crs. LA encore nous ne pouvons
En 1952, J'équipage d'un bombardier améric nin formuler que d~ 11)-pothèllu. Cert::ùns snvants
repérait une formation d'UFOs au cours d'un vol pensent qu'ils viendraient d'autres sys~~mcs .que le
d'entraînement au-dessus du golie du Mexique. système solaire. D' autres croient ~u tls .,vtenn~nt
Le rapport du golfe du Mexique me fut remis en bien d'une des planètes de notre soleJ!, ou au motos
1953. le CIA n'avait pM encore pris les cbœes en qu'ils en utilisent une oomme ba•c.
main. Et la œnsure en était à ses débuts. Le corn-
171
170
En 48, tes scientifiques du programme SIGN Ill ne se pour~ait concevoir avec une lune oat\ITelle.
avalent étudi6 de près ce problème. 'Leurs opinions tcln ne ~e pouvnlt expliquer que pnr sa ~tru.cture.
avaient été gru-décs secrètes jusqu'au 27 avril 1949, Phobos étnit une sphère creuse, un én<:>rme vn~sseau
date à l.aquelle l'état-major des Forces aériennes s hérique pouvant ob6ter une colonie ~vadce de
avait remis ce communiqué à la presse: ~ars au moment où la planète conuncnçatt ~ perdre
• Les soucoupes volontes ayant d6frayé la clu<>- son atmospltère. ù' '
nique depuis près de deux ans, certains out pu penser En {ait, Phobos a quinze kilomètres de t8moue.
que ce phénomène aérien pouvait être un prélude à llt ce fut ~an~ doute ce q\li choqua de nombreu~
une tentative d'invasion par la population d'une •"""nts daflS l'analyse de leur coufrèr~ russe, et .pro-
autre planète. oqua de farouches controverses. Mats les obsor'?l
c A l'heure actuelle, les astronomes sont dan~ une ~ions recueillies sur lesquelles devaient être ro~dees
large majorit6 convaincus qu'nue seule plan~to de les décisions de la NASA devaient convmncre
système solaire en dehors de la Terre est capublc d'autres savants et experts de l'Espace. . •
d'abriter la vie. Il s'agit de Mars. Cependant, Mars La décision de l'adn\inistrntion de 1 espace den·
apparaîl comme relativement désolée ct ioiJOSpita- quêter sur Phobos était donc fondée sur les btzar-
Jièrc. Les Martiens pourraien.t donc étro plus inquiets rcrics de SOli orbJle.
de leur survie que nous ne Je sommes sur la T~'!re. S'il se vérifie que Phobos est creuse, les ast~onaut~s
Déjà carientuJCa, bandes illusldes, présentaient de venus de la Terre devront l'aborder ct y pénotrer des
monstrueux ou comiques Martiens. q uc la chose sera possible. .. .
En 1963 un haut fonctionnaire de la NAS!\ P hobos a été observé. pou! la prcmtere f01s en
étonna fort les membres de l'Institut des Sciences 1871. il y a donc près d un SJècle. Selon le ~~eur
Aérospatiales en leur parlant du satellite de Mars, Shklovski sa con1.truclion doit être bten antor•:_ure~
Phobo_s. Le fonctionnaire eo question était Raymond tc qui réduirait les chances d'y tr?uvcr des etrcs
H. W1lson }r, chef de la Division des Mathéma- vivants. Mais 'le$ colons onl pu fnlfe _de lréquen:s
tiques Appliquées. aller er retour sur Man> tl Y. cons trun·~. des, a~fl~
Selon Wilson, Phobos pourrai1 être une énorme pcnnanon!S où vivre. èn sécunté. A~llSI l.on rovlen
base spatiale plac<!e sur l'orbite de Mars. En révé- droit à l'hypothèse de cil~$ soutcrruutes evoqu6e en
lant que la NASA étudiait très sérieusement cette 1949 par l'état-ma_jo~ des Forees n~nenne• qm •. c~
hypothèse, le conférencier ajoutait que l'Adminis- 1'occurrcncc, sc rércrrut aux travaux des e~pcrts sctel\
tration de l'Espace avait établl un plan d'ex~rienœs tifiqucs du programma SIGN. On pnurra•t également
q ui permettrait d'en d6terruinor ou non l'exactitude. ima•incr de grandes base• en founc de dOrnes à ln
D •
Phobos était depuis longtemps une énigme. Son surface de la planct.c. .
ornite semblait en effet violer les lois naturelles. E t 962 ·une découverte qui donnerait conststaJlC_o
En 1959, 1111 savant soviétique, le docteur I.S. il ce7te toute dernière )1ypnthose était rendue publi-
Shklovski annonçait que Phobos était un satellite arti- que par un éminent astrophysicien, le docteur Em~t
ficiel. n rondait SC$ conclusions sur les calculs de
J. Opik. _, d • à· bs•rvn
l'Observatoire de la Marine Américaine. Le mouve- Cc qu'avaient décollvert Apn;S cs mo~> o c •
';l'ent de Pho~os éwit ralenti par une double action tiotts les atsronomes Trumpler, ~tuiler ct sep~ émi-
electromagnét•que et gravitationnelle d'une mnnière nent~ oonrrèrcs, était un éoorme renflement, d appa-

172 173
~nee. Con J?CU .naturelle, à I"EqlUlteur de Mar.. à l'ttat-major clos Forces aériennes. Il ne pou\'ait
L ~9u1pe a.\'lllt <<ligneusement vérifié les observatioos, exercer- du moins officiellement - aucun contrôle
Ullltsant diVerses méthodes pour éliminer toute illu· sur le Comité Internatio nal c.le Mors. Et en avril, le
sion optique. Rendors Digest, connu pour sn tendance conser-
«On peut 1.\ bon droit penser, disnit Je docteur vatrice, aggravait Jo tension par un articl~: « Y a-t-il
Opik, que ce rcnOement équatorial de Mars est creux une Vle sur Mars? • ·
qu'il s'agit d'une sorte de toit con~ruit par h..-s Mar: Le Dlgesr ne pr(\.'ICntnlt pas les Martiens comme
liens qui ont vécu ou peut-être vivent encore cachk du êtres étranges. \lOire monstreux. maitt comme des
dc'"fOUs, bénéficiant d'un dimnt et d'une at11105pMr< cn;uturcs intelligentes. semblables à !"homme.
condilionnéx. » Rappelant les lo ngue' recherches de Percival
Les photographies de Mars uausmises par Mm·il1er Lowell, fo ndateur de l'Observatoire L9weU, J'arricle
ont ~té prises ?<> trop _)oin pour qu'y apparaisse le adopt~it ses conclusions selon lesquelles, Mars, per-
reuOement. M:us s• Op1k et le< neuf astronomes ont dant lcutcmcut ses réserves d'eau, était une plao~te
vu juste, nos iUtrooautes peuvent s'attendre à trou· moribl)uc.le.
ver tout un monde caché sous la gigantesque super- Le Olêroe mois, les joumaUJt américains citaient un
structure ceinturant Mars à l'Equateur. En atten· expert français de Mors fort connu, le docteur
dant, des photographies prisco de plus près seraient Gérard de Vaucouleurs, l'un des astronomes cJc la
pco~ablement insuffisantes pour résoudre l'énigme. • patrouille de Mars •• chargé-S d'observer ln pla-
D autre.< phénomènes ont été ol>serv~s qui allen• nète de )'Observatoire du rnont Stromlo, en Australie.
dent encore explie.ation. En 1949, le docteur Tsuneo I.e docteur de Vaucouleurs déclarait dans une inter-
Sabeki, éminent spécialiste japonais de la planète view à l'A riStralifm Post :
rouge, apercevnit une terrible explosion sur Mars. • :\{ars présente un intérêt très particulier. Si nous
Son bypothè.•e, retenue par d'autres astronomes · pouviom établir un jour qu'une activit6 s'est déve-
réputés était. <fU'tmc ~orobe atomique y a•·ait explosé, loppée su~ eUe sous l'impulsion d'esprit' doués de
SO~[ _par ncc1dent, soit au cours d'c.1périences pour.. rnLson, . quel prodigi~UI< sursaut dons la pensée
SlliVICS par des êtres d'une civilisntioi• avancée. bumalnol ~. 1 •
Tous' les vinJ!L-six lnois', Mnrs passe à sa plus
courte distance do la Terre.
~c chef du Comité de Mars était re docteur
E.C. Slipber de l'Observatoire Lowell, le plu~ grand
Lors d'une de ces approches extrêmes de Mars, e.xpert au monde de la planète Mars. Ce grand ras-
~n .1954, un Comité International de Mars fut semblement d'astrophysiciens, astronomes, météo-
mstnu6, nvec la coUaboratio n de la revue Notio11al rologues, représentant soixnnte·di.x pays, préoccupait
Geographie. l'état-major. Au cours cie la conférence de clôture à
~docteur. Rubcrl S. Richardson, expert de Mar·~ Washington, le docteur Sliphcr devait dire uux jour-
à 1 Observatorrc .Palomar. annonça que les nouvelles nall~tcs que les membres de la < patrouille • effectue-
photograplnes peunettraJent de déterminer si les raient une veille continue ùc Mars par relais autour
can~ux ex.is!alent véritablement S'ils e>.istaient, ils de la Terre pendant JI)$ ••ingtrquatre heures de sa
avruent du. ct re creusés selon les grands ~rcles de r otation. Des bulletins seraient diffusé•, au jour
la sphère, lieux des plus courts chemins en s11 rfaoe. le jou r en cas d'imponantes découvertes.
Toute cette publ icité créait de nouvelle difficultés - Et si vous trouvez lo preuve qu'une vie existe

174 175
sur Man.? demanda un journaliste au docteur Sli·
pher :
- J• r annoncerai au monde, répondit le docteur.
•Che< les censeurs, ces propos jetèrent Je désar-
rot. ~s bullc!ins quolidieos pouvaient dévcloprtr
une fievre; Cl elle viendrait à un bien mnu•ai•
"_10n!cnt. A chaque approche de M a6, depuis 1948. CHAPrrRE X '
s ~ta1t produi!e une nouvelle vague d'obscrvation 1
d ~FOs. Les bu!letins quotidiens sur Mars compor- FIASCO
taient trop de r~sques. Le plan Slipher devait être
bloqué.
C?mmctll s'y pdt l'état-major, demeure un secret
T ouJours est-tl <ill aucun bulletin sur Mnrs no pnnu
Conformément nux craintes des censeurs, les obscr:
ET nous arrivons en 1968. L'~tnt-mt~or des Forces
armées ne se remet pas du choc causé par l'intérêt
VlltlOns d'IJFOs se nllll!ipliaient au fur et à mesure soudain porté par l'Union Soviétique aux UI'Os. Le
CJuc \4nrs npf>rochnit. Renseignement de l'Air cherche toujours Iii solution
• J'nJ>p;is cependant par le National Gcographil' sn nu problème. Et voici que I';.!T"ire vn encore se
conclus•on, commu•\iquée par le docteur Slipher: compliquer.
- .Les canu.ux su. vent de grands cercles. L'Académie des Science~ so•i~liquc a fait con·
Mn·~ 1~ public devait J'ignorer. nnitre qu'elle se préparait à rendre publiques ses
Un JUille! l96S, Mariner IV prit des vues des conclusions sur la réalité des UFOs. Evéncmcnt
~~1ux rc~t ilignes de Mars. Le IPL, J~t Prop11r,;011 incro)•able pour qui conna!t la po<ition antérieure de
. oraJory, laboratoire de Propulsion à Réaction. l'Académie, dont dignitaires et hauts fonctionnaire.~
qu, controle pour la NASA les opérations de Ma ·• ont n~uère lourdement ironisé sur les roucoupcs
~er démcnllt tout .d:abord. Mais par la suite, S:,'n volantes. Pourtant l'annonce c~t explicite. Analyses
_her, le doc1eur Wllham Pickering reconnut que les et démonstration doivCflt ê tre présentées en uo cha-
éannu.\ lll'a!e~t été p~otograpbiés. L'existence des ritrc ~pécial d'un ouvrage officiel intitul~ • L'Espace
preuves n ~tc c;<>nfirm;e PS: Je docteur Clyde Tom- e.térieur habité • et rédigé ~ou~ la direction du 'lee-
baugh, er certutnes m·ont cté montrées " " NICAP président de l'Académie, Boris Konstnntioov.
par un autrc expert de Mars fe doctetu· Frank S• J,·· !!trange affai re! M ais cc qui g~nc le pl us l'état-
bury. ' " , .. major américain des FMce~ aériennes est un petit
~ftli~ ln COIIlroverse suit son cours. additif i\ l'annonce officiel!~. Il y est dit que le livre
inclura des témoignages et Cotnmcntai res de trois
spécialistes améd cnins des UJ"IOs: le docteur James
E . McDona!d, le docteur J. Allen Hynel< et Je doc·
tcur Frank Salisbury, spécialiste bien connu de bio-
logie spatiale qui a fail des conférences à l'Académie_
des Forces aériennCJ; sur les indices de l'existence de
la vie sur Mars.

177
Les trois savants ont durement critiqué le, camou· UI'O en forme de di,quc. Et la même nuoée, le
Rage des preuves et le componeme11t général des chef des contrôles de l'air pour la Lettonie,
Foro:s aériennes dans l'affaire des UFI)s. Roben Vitolnick, enregistrait la confirmation pat
l'lus importun encore est Je zèle déployé par le les radars des apparitions d'UFOs.
docteur Zigel, manife,tement soutenu par le général Certains aaalyste~ du Pentagone peru~èrent que
mnjor Stolyerov, chef do ln Commission des I,.IFOs. M<lscou préparait une divulgation méthodique de
Des . premiers rapports sur les grands croi>sants la rénlité des UFOs, les r·opporls de I'Ouline ouvr~nt
volnnts, le docteur Zlgel passe aux rencontres da- progressivement la voie aux révélations sur les géants
ment vérifiées avec de~ UFOs, puis donne de plus de I'E\pace. On attendait donc de nouvclh:s décla-
amples démils sur les géants de l'Espace. rations du docteur Zigcl. Contre toute allente, ce
Fin 1964, un Tupolev 104 survolant Bologoye, lut l' accalmie. Plus de nou,•eaux communiqués. La
avait ér~ soudain approché par un large disque. commission eUe-meme semblait s'être évanouie. La
Le diiquc était d'abord passé sous lui, puis avait décision d'étouffer l'affaire était-elle intervenue?
fnit demi·tour pour Jo suivre pendant plusieurs Moscou s'enferma dans un énigmatique silence.
minutes. . Peu de temps auparnvflnt, en janvier 1968, l'nni-
).c 26 juillet 1965, 1111 autre grand disque était vcrt'ité du Colorado passait par une çrise. J\u cou~s
aporçu pnr des ostrouorncs en Lelloruc: Son dia· d'un entretien avec le docteur lame~ McDonnld, JC
mètre, estimé au télescope, était de 100 mètr~s. lui avais confidentiellement parlé du memorandum
Troi~ objets plus petits l'nccompag,naienl. On les vit Low. McDonald était très choqué ct sc disait cer·
tourner pendant quinze 111inutes autour de lui, puis tain que beaucoup d'autres expens scientifique<,
il~ s'éloi&~~èrent en trois directions différentes.. sans parler du Congrès et du public, ne le seraient
Toujuuo; au cours de 1'616 65, un as~nome géo· pas moins. 11 ajouta :
désiste, Lyqr;lrnilll T•ckhl19ovic~, ap~ce]o!ait un• engin - C cst ùc la dynnmite... Nous pourrions en
~tl'anger près'de SukhW)lÎ dans le Çau~.,,c,. l,'~nsin user pour obliger l'ur\iversilé du Colonodu . ;, s'en
étnellnit d~s éclals p 11 r ~cs hublots. , 11 , 11, tenir aux termes de ~on t.:ontrat. Elle uc déstrc. ccr·
1

t.e chef ll!lVigoteur de I'Hvi&tion .polairq ~ovié· tnincmcnt pas que cela soit rendu public.
tique, Valentin A~llurstov, relatait ulli! observa· - Snunder~ le sait, mais je ne pense p:ls qu'il
lion à courte distance IOI'li d'une (econuaissance wrait d'accord sur un chantage ...
aérienne de l'état des glaces vers la fin do 65 : - Je ne pense pas à un chantage, ni même à
• Nous sommes descendus en dessous des nuag~s. 11ne pression. Saunrlcrs n'aurai! pas à parairre. Je
et avons 'oudain noté la 1>rêsence d'un objet volant peux écrire à Low une Jellre avec ampliation 11 Con·
inconnu. , Le pilote avait essayé de s'approcher, don disant que j'ni la photocopie du memorandum.
mnls I'UFO avail effectué un virage rétablissant .la J'ajoute nu.sitôt que c'c~r en flagrante contrndiclioo
diM;mce première, puis suivi l'avion pendant pr~< uvee cc qu'ils ont ùil publiquement ct je le.~ presse
de vingt minutes avant de s'élever à tr~s gronde de changer de comportement et de revenir 11 leurA
vitesse et de 4isparaltrc. eng~gem!nl~. 11 ne serail pas nécessaire d'envoyer
En 1966, c'était le directeur de l'école d'Hydre· des copies de celle lcllrc aux gran<ls patrons de
météorologie de Kherson. V.1. P tJ&Ïnov, et qua· l'Université, du moins pas immé<liatemcnt. Condon
rnnte-tinq autres témoins qui pouvaient observer un et Low seraient saru; donte assez traumatisé• pour

178 179
Le 5 r.;vrier 1968 la lc!lre fatale de MeDonald
laisser, Sauoders et le~ autres scientifiques nwncr les pnrvennil à Low. A sa lectme Condon Cl Low
choses comme ils le désirent. devinrent furieux. Saund~n m'a dit plus ta~d, et
- Je souhaite que vous oyez raison. ~fais vous devait le raconter dans son livre UFOsr Yts., ~c
devriez voir cela avec Saunders, Il m'a fourni cette Condon lui lancn rnlsant allusion il la '"QIIllflllrliCQ•
copie très confideoticlkmcnt. Mais je sais qu'il ne
verra pas dïnconvtnieut à cc que je vous l'aie mon-
tion à McDouald du memorandum de ~:ow :•
un tel acte vous deVIiez être prolessoonnellem~mt
Pour

ltéc, voue appui lui a)·ant déjà été précieux. disquali66. • Quant au docteur Lcvi!'e, son acuoo
- Je verrai la chose avec lui et serai prudent. solo n Sannders rut qualili6c de • trattme •· iDès le
McDonold me quitta sur cette promesse. Deux lendemain les deux experts étaient expulsés du
jouN> plus lard, il s'ouvrait de son projet à Saun· groupe d'étude. Dans l'exposé ~es motifs, Condon
ders, et aussi au docteur Norman Levine dont pa riait d' • incrun pétence >, mats selon Je IOurn~­
l't1charnemcnt n'avait pas élé moindre p OOl' center li&te R.R. Harkins, il dcv!ùt dire ~eu après qu'tl
d'ouvrir largement le cbamp d'iuvc•tigation. Les avait voulu parler d' c insubordinn~on •· .
deux homme.• firent quelque• difficultés, mais fina- Trois jours plus tard, UJ? bulleun apportait de
lement donnèrent leur accord. Et ils donnèrent en- mn\tvaises nom•clles de Russte. . .
core à McOonald leur accord pour qu'il informe Opérant un brutal revirement, 1 Ac_:td~mte des
s'il l'estimait oécess:~ire la direction de I'Ac.1démîe Science~ soviétique désavouatt la COfn!WSSton UFO,
1\atinnale des Sciences. Il était en effet prévu par dénonçait • ses. tendances ~u ~cnsattonnel et son
le contrat entre les Forces néliennc; ct l'université C§prit non scientt~que > ct CCJetnn également tous. les
du Colorado qu'une commission do l'Académie rapports sur les grands croissants volanL•. meme
contrôlerait le rappon de Condon. ceux provenant d'astrono~c~ émérites. ~ne vir.ule~te
Si quelq u'un pouvait mener à bien ce plan, c'était nltaquc d u jo umul du ~aru, la P~(lvda, mdiquatt bre.n
cer·tnin'erncnt McOon~ld. JI ~toit diplômé de chi· que le revirement avatl été décrdé . au~ plus ~~utes
mie, physlquc et météoroloa;ic. n avait effectué des instances et excluait toute c:ommumcabon ulteneure
recherches dans le domaine des sciences physiques de la Commission, soit qu'elle !Ot suppnmée, sott
à l'universilé de Chicago. Au cours de Ja :îeconde que ses travaux fussent dorénavant couverts par
Gucr~e· ·mondiale, il avait >ervi dans le Renseigne- le secret. .
ment de ln Marine. Il avait par la suite effectué Les censeurs du Pentagone pouval~n.l . soumer.
comme membre de groupes scientifiques des travaux Les Soviets tournaient à nouveau en d~rtston l~urs
pour la Fondation Nationale des Sciences ct l'Aca- géants de l'Espace et les savants qut l_es avate~t
démie des Sciences. Et à l'époque doat nous par- délectés à contretemps. La chance servaol une loos
lon,, il étail le principal physicien de l'université encore les Forces aériennes. .
de J'Arizona. Depuis deux ans, il poursuivait pour Le renvoi des deux experts eonteslolairj)S était
le compte cfe cette université une enquête scienti- aussi pour l'état-major un heureux coup d~ sort.
fique sur les UFOs. JI avait fait des con!érenCC$ dans Les autres membres du groupe abandonoate.nt la
de nt>mbreu~cs sociétés scientifiques ct industriell~s lutlc. L'affaire n'avait fait auct:n .bruit . . Mms un
et enlreteMit de très bonnes relations clans les brûlol menaçait Boulder. L'écnvatn John Fuller
forces armées y compris dans le groupe d'~htde avait été mis au comant par McDona!d. Et un
UFOs dépendant des Forct1 a~riet1ues.
181
180
article devait révéler da"-' le numéro d'avril œ la
rewe Lopk toutes ces iptrigues intéri.eurc,1, Je ml·
vol des dcu< sa\'ants el la C011troverse O\'CC le
avait demandé au premier pilote de contacter les
Forces aériennes pour obtenir l'envoi d'un intercep-
teur. Mais le pilote l'avait supplié de n'en rien
rtl
NICAP. laire, craignant d'avoir .à supporter les snrcnsmcs
M6prisant ces contingcnoc.s, les Forces aériennes orchc,tr&. par l'état-mnjor.
poursuivaien t leur • démystification • S}l!témntique. Qunnd l'histoire tut connue, les correspondants
Plusieurs cas spectaculaires avaient déjà été som- accrédités au Pe ntagone, descendirent à 1'6tat-
mairement rejet6s. A Columbus, dans l'Ohio, deux majo•· des Forces oél'lemtes. Dil~mme cruel P?ur
Ut'Os avaient été vu mnnteuvrer par la pol.iœ de le porte-parole. L'une des exphcatwns fuvnntcs
ln ville, des journalistes, des adjoints au sb6rill, des des démystificateur.; : 1~ ballon-sond~ avait été Il!'
photographes de pi'CSSe ct aurres témoins \'alables. imtant retenue, puis rc1et~ par les pilotes. li $U31t
L 'élllt·mnjor expédia prestement l'affaire : il s' agis- difficile d'v recourir il nouveau. Parler de super-
sait probablement d'ttoiles filantes... cherie, pritendre que les dirigeants de Ford el les
Vers la mi-avril, la plupart des témoins nvai~nt pilotes avaient été victimes d'ballucmallons eussent
reuoncé à eovoyer des rnpports sur CG ~u'ils avaient ét6 le comble de la stupidito. Il ne restait qu'une
vu. MMis, il se trouv,n tm i:)ioyen américaio) bien solution, , ct l'état-major l'~dopta : No Comment.
connu ct, peu au courant des tactiques do 1'\ISi\F, Pas do commentaires!
pour meil\"' en échec les dém)'Stitlcatcurs de l'état- Les Forces aérie1ine• -~e dépérraient à peine des
mnjor. séquelles du rapport Ford quand soitit l'article
Cc citoyen était Henri Ford TI. Le 16 n'Til 68, de T.onk. Les travaux de Boulder étaient stigmatisés
il se trom·ait à bord d' un avion de la compagnie d 'un mot : c Fiasco •, les motifs du renvoi des
qui porte son nom, un Jtl Star. Plusieurs dirigeants deux experts scientifiques révélés et la rupture com-
de ln ti,rme l 'accompagnQicnl. Ils volaient 1à Rrvlron plète du NICAP avec l'université du Colorado
12 000 mÇ,,res mètre$, c~ll ~~~r ~troit. P,rès ~'Au>lin, mise en relief. Divers' J•lllrllaux et r6seaux radio
dons le Texas, les pilote~ ~p~çure\lt au,~es,sus .d'eux attaquèrent le groupe d'études, Mais les critiquc.1
un grun,d ol,ljet rond. Sa t~illc lepr fit d'abo,rd penser · les plu& acerbes vinrent du Capitole. J . 'Edward
à quelque S'?Jlde anormalement volumineuse. Mais Roush, William F. Ryan, d'autres membres .du
l'objet les suivait r~t:ulièrement réglant sa vitess~ sur , Congrès réclamaient une enquête parlemcnta~rc.
ln leur, soit environ 1 000 km/h. Le premier pilote Roush attaquait l'université du Colorado eu aa
racontait aux envoyés du ~CAP dans les bureaux qualité de président de ln Commission des Sciences
de Mr. Ford: et de l'Astronautique de la Chambre. Selon le
c Il paraissait avoir deux fois la taille d'un DC 8. D611ver Post du 2 mRI 1968 il avait déclnr6 à son
Nous lui donnions de ISO à 200 mètres de dia- burcnu de Washington que l'étude de Do11lcler
mètre. Il ne présentait ni ouvertures ni saillies. n'uvait été dès le début (Ju'un montage de l'étal-
T ous ,les passagers l'ont vu, mais aucun n'n pu major des Forces nél'iennes. Rousll était a~si mem-
l'idcnlilicr. • bre de la Commission des Opératio1ts gouverne·
De son côté, 1\<lr. Ford confirmait l'observation mentales, chargée de '-ciller à l'emploi des fonds
nu Detroit News. Selon son récit, I'UFO avait fédéraux. Romh demandait que le Contrôleur
suivi le l et Stat pendant nu moins une heure. Il Général des Comptes enquête sur cette allaire.
182 183
Au cot~rs d'une conférence de presse à Washing· Rien ne pourrait mieux révéler la grande duperie
ton, le NICAP tint à préciser qu'il n'accusait pas qu' tme vaste enquête du Congrès. Nous a'lions déjà
Condon ou Low do malhonnêtèté. tenté de l'obtenir, et n'avions pu y réussir. Mats
Avec l'approbation du comité directeur du l'article de Look et les révélations faites à notre
NICAP, j'envoyai au P'ré~ident Johnson le memo- conférence de presse avaient ébranlé le Capitole.
randum Low et quelques autre& preuves du manque Quoique ce fût une année d'élection, les encoura·
d'objectivité du groupe de Boulder. gc.mcnts ne nous étalent pas ménagés .
. Du temps où il éUtit leader de la majorité au Déjà nous commencions à r;c;scmbler sur les
Senat,-I9hnson avait manifesté un réel intérêt pour indications de Rm.ash notre documentahon la plus
le problème des UFOs et pour les tra\•aux du percutante. La nouvelle en parvint à J'état-major
NICAP. En 1961, il avait étudié notre rapport qui, comme précédemment, réagit très vite. Il
confidcnttcl au C:O!!&rès ct avait chargé la sous- s'agissait pouc lui de bloquer la procédure, et nous
commossmn de Vtgtlance du Sénat de donner un pfimes craindre un moment qu'il y avait réu"i.
avis sur ce ùoçument qui mottait en relief un risque tvlals un heureux message nous vint du Capitole.
de guerre accidentelle. li 11'étair pa; homme à négli· Le président George P. Miller avait donné son
ger une mise en garde sur 1'6trange érude de Boul- accord à la tenue d'audiencets à la Commi~sion
der. Tout le problème était que la lettre lui parvînt. des Sciences et de l'Astronautique de la Chambre
La réponse ùu Secrétariat d'Etat aux Forces des Représentant~. Rousb serait char~é de l'org~­
aéri~nn~. Le signataire, colonel B.M. Etten~on, nisation, et d'éminents savants, connaissant b•en le
dtsatt œpondre à la demande du Prés.i.dent, mai> problème seraient invit6s à témoigner. Les doc-
c'est la (onnule commode pour couvrir les aiguil- teurs Hy~ek et James McDonald venaient en tête
lage.' très divers du coucrier de la Maison Blanche. de la liste. Les audiences seraient publiques e.t
En l'occurrence. l'aviateur du cabinet prê&dcuticl d!ibuteraicnt le 29 juin J 968, à 10 heures du
pouvait fort bien avoir envové la lettre du NICAP matin. ·
directement au Pentagone. Ignorant tous nos argn· Dans l'euphorie de ces bonnes nouvelles, nous
rnents, lo colonel écrivo.it : décidions de compléter la documentation prdvue
• Les Fo!'CC$ aériennes ont passé .contrat pour pour les audiences. Ainsi que nous l'avons dit au
l'étude des objets volants non identifiés... , couvain· premier chapitre de cet ouvrage, les Forces aériennes
eue~ qu'il ~n s?rtlr~it nn rapport scientifique objec- avaient escamoté los dossiers numérologiques 1 à
tif, tmparttal, etabh dans un esprit ouvert et indé- t2 portant sur quinze années, et nié jusqu'à leur
pendan.t et nous comptons sur le docteur Condon ex1stence. A la suite d'une pression du Comité
pour honorer les termes de l'accord. > Moss elles avaient finalement admis que des mem·
€eue abrupte fin de non-recevoir durcit la d~ter­ bresdu N)CAP prennent des photocopies des rap-
ntinalion du NICAP. Le rapport· Condon ne devait ports originaux, enoore smchargés des timbres
pas sortir nvru:ll six mois. Nous avions encore le SECRET ou CONFIDENTŒL, preuve matérielle
temps d'exposer publiq1.1ement la censure exerc6e de l'existeRce d'une censure des UFOs.
par l'état-major df!l Forces· aériennes, et de détruire On y trouvait le récit d'une rencontre faite par
ainsi l'effet des conclusions négatives attendues de UJl B29 en Corée. Le bombardier effectuait une
Boulder. missiOJ\ de routine quand il s 'était ttouvé devant
184 185
un étrange objet volant dont les gaz. d'évacuation nature d<; ~es audiences, et la bombe pulvérisa
formaient une tralnée de trois fois sa longueur.
L'eJ181n se rapprochait l grande vitesse ct, à la limite
notre optunwnc :
' .
d'une collision, avait soudain piqué. Attcune critique du Forets tJérienncs ou du
Plus serrée encore nvnit été une rencontre dans Groupe d'études tlu Colorado ne serait admise... '
le Mlcbigan. Le pilote volait à mille m~trcs. Un
disque était venu droiL sur lui comme- s'il cherchait Telles étaient les inSirtiCtioJu du présldem Miller.
la collision, puis avait basculé d'un bord. Il était Elles émient adress~cs au représentant Roush et à
si près que, de l'avion, on distinguait nettement tous les autres membres de la Commission .tes
oses formes. n était en métal poli et son diamhre ~ienccs. et. de I'A~tronautique. Les experts scieu-
pouvait ~tre de di...: à douze mW'es. tidques mvttés avwent été avertis en conséquence.
Pnnni tous ces témoignages mis au rancarl, il y Cela revenait à interdire toute déclaration non
avait meme des rapports de radaristes des Forees co'!ronniste au sujet des enquêtes des Forces
aériennes. A la base de Larson, un UFO nvait été aénenncs ou du groupe de Boulder.
repéré et suivi. Sa vite&sc - environ 1 500 km/h Ql1oique l'initiative cOt appartenu au N!CAP il
- dépassait ccllc de tous les avions connus à n'aurait à l'ournir nucunc infom,ation. Il n'uu;ait
l'époque. Ailleurs, un autre radar avait suivi un p&.s, davantage d'aviS à donner. Sfis •ObS(>I'VDtCUfS
engin aérien inconnu lancé à une vitesse de près ne pounai~l poser aucune question, même si les
de 6 000 km/b. C'est en possession de ces rapports Forces aénonnes et le groupe de Boulder n'étaient
qu'à l'époque, les Forces aériennes affirmaient qu'il pas en cause. Il nous était seulement permis de
n'existait aucun témoignage sur les UFOs. JOUer les spectateur, muets. La d~nomination
D'autres docu.ments établissaient que J'état-major « audiences • .restait officiellement mais elle était
était parfaitement conscient de l'eiiet de ses prooé- étrongem~nt mêlée dans le progrimme, à celle de
dés pour ridiculiser les témoins. Dans l'un de ces •. sympos1unt •· .~ur les, !J110s, jeu 5\lr lo,s . mots des-
documents était mention.néc la démonstration d'un t!n~. à Jll/r.e 4isparaitrç ta~tc idée quliJ RO\Irraic
groupe de pilotes, dont certains appartenant. à s ag11 ~ une epquête réelle. . l'
I'USAP. Ils étaient \'enns dire c qu'il ne fallait plus L~ presse. ~lait in~itte, mais les 'journuJîstes
compter sur eu.x pour rendre compte de rencontres aunuent ausst mterd1cllon de poser des questions.
avec des objets non idcntill6s >. Et l'un d'eux ajou· Plust~urs. d'entre eux connaissaient les dC9;ou'
tait : • Si un vaisseau spatial volait en fonnation de 1 nffaue, et auraient pu penurber la séance.
avec moi, je ne le dirais pos. .. • Un correspondant, que je connaissais depuis des
l'our frapper un grand ooup, nous décidions de annte~, me dit qu'il s'attendait à un beau chat\ut :
publie1· un rapport spécial d u NICAP sur cette ~ L état:major a mnnœuvr6 Miller, me dit-il,
documentation, et d'y faire figurer les pl•otogrophies mats certarns membres de la Comnlission le digèrent 1
des rupporiS des Forces aériennes avec les timbres mal. lis étaient tous décidés à secouer ruclement
SECRET et CONFlDEJ'ITIJ:lL. Rédaction et impre$· I'USAF .et l'univ~ilé du Colorado. J'en connais
sion furent accélérées, ct nous étions fin prats bien ~eux qw vor:t "-'"")•êr de passer outre aux . instruc-
avllllt la date prévue pour les audiences. llons du préstdent. Je ne les nommerai pas... •
Mois bientôt nous apprenions la vérité sur la - Ie pense que je les eonnaL•c
186 187
- Bien! Cela peut faire une bagarre, et niort, pns do' la ie'rire de ){cDo.nuld à l' Ac~démie nationale
quelle histoire! C'est po\rr cela que j'y vl\is... Ce
que dira McDonald n· est plus nouveau pour moi, des Sciences $ur le memornndurn Low :
et le rc..te sera publié. - Vou's nve:z écrit... au sujet de l'étude de
Le symposium n'était pas ouvert depuis plus de
Boulder...
- Oui. Et j'ai reçu une r6poosc... disant qu'il
quelques minutes, que déjà, le président Miller fallait laisser les travaux suivre leur cours...
renouvelail .son avertissement : De nouveau, Roush interrompit :
c Je veux insister sur le fait que votre présence - J'aimerais que nous laissions cela ...
ici ne saurait constituer un désa\'Cu du travail pour· Cette foi,, Ryan iruista :
suivi par les Force> aériennes... Malheureusement, - Je propose qoe ln commisJion enquête sur
il est .des hommes qui ont adopté vis-à-vis des l'Etude de l'université du Colorado.
Forces aériennes une position critique, qui leur Le président de la Commission intenint aussi-
reprochent de n'avoir pas étudié le problème convc· tôt:
nablentent. Je veux que vous sachiez que nous - Nous n'avons pas autorité pout· cela...
n'avons nullement la prétcn!ion d'inten•enir dnns En dépit des directives, les pro?~S·vor~aux d:au-
un domaine quj est leur de par la loi... dience devaient reprendre ccr·tamcs dcclarauoos
• Nous pouvons considérer le problème sous préparées pour le symposium, mais dont lu constgne
tous ses aspects... Je n'insiste que sur ce point : de silence a'•ait empêché la lecture cu séan~. •
not!S ne sommes pas ici pour critiquer les Forces Un commentaire particull~rement sév~rc avall eté
aénennos. • émis par le docteur Garry C. 1lenderson, de la
La premi~re tentative pour rejeter le bâillon •iat recherche scientifique à la Gettcml Dylt(unlcs de
du représentant Ken HecJ,Icr, S'adressant au do•~ Fort Worth dans le Texas. Le docteur Henderson
teur Hynek, il lança : disait que d::S savan~ éminents avaient pour l'étude
- Vous avez la coO\>iction... que l<!s Forces <les UF05 négligé de recourir aux 1n.:tbodes d'inves-
aériennes n'on t pas procédé à une noalyse ~denti- tigation scieotiftquc coosncn!es ...
flquc du problème? · Une autre pièce, incluso au procè<-verbal des
llynelc fit observer s~hement : audiences par le représentant _J~mes 0 : Fulton,
- Notre invitation porte qu'il nous tst interdit de avait été préparée par le phystcten !'lpécm\~e d_c
discuter du rôle joué par les Forces aériennes... l'énergie nucléaire Scan ton T. Friedman qut avatt
Le répréscntant William F. Ryan ess~ya d'arra- travaillé à la Gen~rnl Motors à Wcslillglwusc et à
cher au docteur McDonald une opinion sur les l'Aerojet .Corporation. Friedman écrivait que . de
travaux de Doulder. Mais Roush, qui présidait ln lougues études et les résuhat~ d'enquate _l'av~~enl
s6ance, sc ccmformant à se-s instn1ctions> intcrrom.. amené- à la conviction .que la Terre étatt vtsttéc
pit : par des. véhicules spatiaux sous contrôle intelligent..:
- Il n été emendu qu'il ne serair pas question « Si le pourccnta•e des fnlts Inexpliqués est st
réduit, nous le de~·ons à une tromperie de J'é tat-
ici de cela... Je suis ' ûr que le docteur McDonn!(l
s'en cntrcticndrn très volontiers en privé avec vous.
.
maJor... • ' •
Rya n revint un peu pins tard à la charge, ~ pro- Une autre allusion à cette • 1rompcric • vena•l
du docteur Robert M.L. 'Baker Junior, spéciali~te
188
!89
connu de ln rccheccbc scientifique il la f._ASA, les Forces aériennes avait été fait par 1~ d11oteur
ayant aussi lravaillé pow· la Marine ct les Forcca James MqDonalcl. U. ne comportait aucune attaque
aérie1111es. venioneuse. C'-était un long mémoire, trente pages
_Le _docteur Baker réclamait une véritable enquête consacrées aux rapports d'observation.. w!rifiés et
s~cntofique, a•ec Je concours de personnalités qua· JUX preuves de l'inexactitude des interprétations de
tillées, assez mobiles pour aller recueillir sur place l't:SAP. Aucun aspect du problème des UF<X
lous compléments d'information sur les observations o·avait été laissé de côté.
sisnnlées, disposant d'importants moyens de détec- Le docteur Carl Sagan lui-même, Je pltli réti·
tion des objc1s, d'enregistrement de leurs trajeo- cent des savants pr~sentS au symposium, faisait d'im·
toires, el d'écoute d'éventuels messages de l'Espace. portantes concessions. Aux membres du symposium,
- . ~i nous parvenons à nous comprendre, con· Je docteuc Sagan, rappetnit qu~ le vol interstellaire·
cl_uml·ll, cc peul être d'une importance sans pré· à une 'itesse voisine de celle de lu lumière n'est
cedent. pas, même dans l'état actuel do ln science, inconce·
S'inscrivait encore en faux contre les dénégatioM vnble: 1 •

des Force~ n6ricnnes, le docteur James A. Harder, • Si nous reœ.vions lu visi(C ùc r"pr6sentant d'une
professeur de Haute M6canique à l'université de vio extra-terrestre, nous enfouir ln tète dans le S$blc
Calirornio. Le docteur ne doutait pas de la réalité serait de très mauvaise' polit'iquc ... S'Il existe <Îe .par
des Ul'<X ct insistait très particulièrement sur la l:univers d'autres civilisnti(m, lccbniqucs, il peu.!
nécessité d'apr,rendre les secrets techniques de ces ~cp trouver une tr~s en avarree sur la 1\Ôirc. •
vaosseawc de 1 Espace. Le seul scientifique (arnuchoment oppo!lé à la réa·
Les fdcheux effets de la crainte du ridiC\1Ie lité des üFOs était Je docteur Oonald H. Menzel,
avaient retenu l'attention du docteur Robert L . Hall, nucien <lirccleur ~ l'Observatoire ~ Harvard.
chef du dépattement de Sociologie à l'université de Menzel expliquait le.• observations recueUii~s par
l'Illinois, et ancien psychologue des Forces aériennes. des mirages, des rel)etS de fenêvcs, ant~n~,1 voi-
Il cilait à titre d'exemple, le cas d'un colonel d'anîl· !qrc$, dt:$ illusions d'optique•.. Les pilotc;s ct ,autres
lerie américain en Corée. Volant dans son avion témoins entcaû1és étaient sujets il de graves erreufi.
d'observation, il avait rencontré un UFO trœ cnrac· BeauGoup, d'objets ooo identifiés s'étaient ré,·éÙS
!éristique à petite distance. n'être qu'oiseaux. nuages en rorftle de soucoupes,
• C'était un observateur expérimenté, disait le chapeaux arrachés par le vent, toiles d'araignée.
docteur Jlall, pourtant à son retour il fut tellement plumes diverses... Et le docteur Mcnzct concluait •
ridiculis6 qu'il abandonna la partie pour •e recom- c Le temps est venu pQnr Je; Forces aériennes de
poser un personnage d'officier sérieux. • s"enrcrrncr dans le ·programme Blue Rook. de mettre
Le docteur Hall attirait l'attention sur le risque un tenne à la chasse aux fantômes, rnrfactcts, et
de panique !'éc d' un. contact avec les étrangers r>hanlllsmes de toute sorte.•
sans préparauon antér~cure. Ce n'est pas de propos Aucun des autres e"ports scicn lillques n'accepta
r~ssur~nts qu'a ùcsoio Je public, affinnait-il, mais les explications de Mcnzcl.
d une. mformation solide et d'un programme de pré- Le docteur E. Leo SRrinklc, p o"Ofcsscur de P"ycho·
paration cohérent. logle à l'université du Wyoming, se dlsnit convaincu
L'exposé le plus détaillé de la censure Cltcrcéc par de l'origine e~tra-tcrrestre des vaisseaux de l'Es·

190 191
r>n-:c. J?SI!•>llllt au terme d ' une longue inves!is~>rion commission s'étaient laissé convaincre d'éviter toute
qu' ils èlment Je produit· d'une haute civilisation il divulgation. . .• .
nnnonçait l'ère « la plus passionnante de notre l;[s. Un soir, peu de temps après le s~,nposiUro, J ava1s
lOire ». Il recommaudait la création d'un centre un entretien privé avec un officier ùcs Forces
national de recherche ayant pour bill d'étudier les aériennes ayaot précédemment servi au Pentagone.
raisons et conséquences de la suJVCillance des Au cours des enquêtes du début de 65 sur les UFOs,
UFO>. il avait compris le danger croissant du SECRET.
Les deux derniers e<perts consultés, Je docteur L'avant rencontré par u n autre officier, ju parlai
Roger N. Shcpard, prof~seur de psych<>logie à confidcnûellement avec lui de l'étm de la question.
l'université Stnndford. el le d octeur Frank B. Salh· Il e>l encore eo service actif. Je l'appellerai donc
bury, astrobiologiste à l'université de I'Utall récJa. simplement Johnson.
1~1èren1 ~vec la m~mc vigueur une cnquêt; scicn· - Je sais que I'USAF cl 1~ OIA sont dans uoo
11tlquc ngourcusc. situation très inconfortable. Mais, en voulant à
.'! semble surrrcmmt que cc contraste entre les tout prix cacher les choses, ils nssruvcnt leur ·cas
cnt>Qucs. s~vère~ du comportement de l'état·major de jour en jour.
Cl do 1 lllliVCrslté el l' In terd it qui leur avait été - Je pense qu'il n'y n <Jtt' unc réponse, ·fit
oppos6 par le p•·ésident Miller, ait pu se tai re jour Johnson, ils ne savenl réellement q11e faire.
dan~ Je procès-verbal officiel d es audiences. - C'est la seconde fois que j'entends cela.
. s, ln p~cs~c e:• avait cu connajsance, Je s)'mpo- J'évoquai l'aveu que m'en nvait fait 1..ow au cours
Sitllll aura1t eu 1honneur des premières pages. ùc notre entretien d'octobre 1967 au NJCA:P :
Dans l~s jours qui su ivirel\t, plusieurs membres - Low me disait qu'ils ne savent comment pré-
du COOEJrcs devaient s'évertuer à promouvoir une parer le public.
nut henuque invc~tigation. Ryan, cité par Je Denver )ohnson me regarda surpris:
Post, u.ffirmail q uïl faudrait p rocéder à un contrôle - Ces! étrange. L'ét~t-majnr COJl11llail sur ~·
1mméd1a1 des travaux de Doulder. Antérieurement, scepticisme naturel d7 Low et Con~n pour obterut"
Lou"' Wyman avait dépo~ une résolution exigeant $CS conclusions négatives... Pourquoi ont-ils d•t ttla
une t nquéte par la Commission des Sciences et de à low7
l':"<rro,nnuliqu;. Certains de nos légis lateurs, mal - Je ne comprends moi non .plus ni q u'ils l'aient
d1s!""'"' 11 1égar~ du SECR-ET , se référaient d it à Low ni que Low mc l'ait dit. Il me l'a dit,
ma1~tcnunr pour 1attaquer au compte rendu des avec une ; o rle d'étourderie, et je penso qu'il disait
"'!"'cnces. ~n pouvait espérer que tous ·ces efforts la v~rit~. Naturellement. il a pu mal comprendre cc
cleoo~>ehera1ent sur une action positive. Mais ln q ui lui avait été raconté.
pres<>on elu Pentagone était encore trop forte. - J c ne comprends toujours pas comment ils
Une fols d~ ~lu s, les Forces aériennes soutenues ont pu le lui dire. Mais je pcnso que telle est bien
pnr. le C'IA nva1Cnt déto urné de leur SECRET ' les ln vérité ...
p roJecteurs du Conp,rès. Comment ils y 61aient 1>Br· Joflnson mc regardait cl sa voix 6tait grave.
vcnus. est difficile ;\ comprendre. Les hommes de - C'est ce que croit aussi le OJ A. Il ne pense
earactêre ne manquaient pas au C<>ngrès. Pourtant pas que l'on puisse jamais préparer le 'JlUb!ic.
les représentants, o u du moins les présidents do Je rarrêtai :
192
193
- Jamais? Pourquoi?... Je vcu~ dire, conunent
le savt:z~vol.l.\? TRES SECRET. Celte bar ril:rc avait arrêré ju,qu'il
- Un agent du CIA ra dit au COU!"$ d'uoe réu- des membres d u Congrh, oniciers de r éserve de
nion. il l'é~al-major. Ils étaient Iii 1rois agents, et haut rang, tel le sénareur Ooldwater, major général
celu&-là éto&t le. chef. C'était.au moment où les jour- de réserve des ForcCll aériennes, tel le s~natcur
nau~ nous fmsatent coonamc l'en/cr avec cette Kenneth Keatiog, g~néral du ré>orve d:ms l'année.
histoire de feux follets . Un colonel d~ chez nous Le 28 juin 1963, le sénateur Keating, ayant éclloué
d&~a&t que nous ferions •mieux •de prépar-er le public dans sa tentative pour obtenir des renseignements
nvnnt qu'il ne soit tror tarer. Alors, l'homme du sous couvert de ~a (IUUiificution pour le TRES
CIA est intervenu : « Nous devons garder la chose Sl'lCRET, écrivait au NIC/\1'. Il n'avait pas, disait-
s~c~~tc umsi J~ngtcmps <rue nous le pourrons. Ce il, à se laisser intimider par des officiers sp6cinlisés
n C>l pas po~;& ble de préparer Je public. • JI était dans les cnquètcs sur h:s UFOs, ni à se laisser
c"'!'"'c fou et le colonel s'est cnbré ct lui a jeté: impressionner par leurs déclarations :
• J adm'ct.' que c'est une mauvaise surprise à lui - ... Aiosi que vous le snvct, je n'hésiterai pns
~aire; ma&s le ~upie américain r.ait •• durcir quand ~ prendre contact ll\'CC d'autres départements pour
&1 le faut. Au JUSte, 'JlOUTquoi ne peut-il être pré- parer au.x dangers qui menacent notre pays ...
paré? Donnez-moi une raio;on st!rieusc/ • L'homme Mais - j'en suis navre - il semble que je ne
du .Olt\ ~ eu un drôle de regard, puis s'est calmé puisse rieu ajouter pour cc qui concerne actuelle-
et •l n drt : • Excoscz-moi, colonel, je crois être ment le probl~me des UFOs.
un peu ù cran aujourd'hui. Ccln m'arrive quand les A dcu:< roprises, j'avais essayé d'en savoir davan-
ch?s~s vont mal. Oubliez ccln... cc n'est qu'une tage sur le degré sup6rieur du SEOltET par des
01>mron personnelle ... ~ ' relations au Pentagone. Doux fois, j\ m'avait été
Johnson ~~couait ta 'tète, il conclut son récit: .. répondu que ce Se<:ret était réservé à .la 'Défense
:-: Je M cro1s pa.< que c'était sculcm\:ni une contre une ~ventuelle ngrcssioo des UFOs.
OJ~IIHOD personnelle. Les deux autres agents parais- Les Forces aériennes considérant tout engin
S31~UI bo~l;:versés. Je pense qu'li exprimait réelle- inconnu comme ennemi jusqu' à preuve du contraire,
ment l'opm!on du ClA . • l'explication paraissait plausible. Je ne l'acceptai
-;- Cela peut eapliqucr cet ach~mem.nt à main- pas cependant saos réticence. Le super SECRET
1e
'~"" SECRET. 'llfais je ne peux -pas croire qu'olt
•••.d.c~u~ert q uelque chose d '8>SC1; horrible pour
pouvait cacher des informations assez graves pour
que mes informateurs hahiruch cherchent à me
qu d su&! •mpossiblc ù'y prépnrcr le public. tromper. Mais je ne .pouvais non plus imaginer
- Je ne le crois pns non plus, reprit Johnson. quelque cJf.rayante découverte. J ohnson disait vrai,
I.e C'!A no ~urrait le cache&" aux f'orces aériennes. quelque avertissement Jln&dcnt nu quelque i~dice
J e su.•s q ual&lté pour le 11RëS SECRET. Je l'aurais d•une grave menace mc se •·n•t ' pnrveuu.
ccrtiHnomcnt su. Dt de 'otrc côté, avec to us les J'en étais sûr. M:ùs, si je me trompais?
COI!tactsl que vous avez, vous ourier. recueilli au Je décidai de revoir les incidents les plus trou-
moms qllclques indices. hlants. J e les avais déjà examinés avec certains de
!_'npprou~a~ mais, après son départ, me souvin.• mes collaborateurs du NfCAP, sans distinguer
QU 11 Y 8\'3&1 un degré de SECRET •upérkur au d'intentions perverses des étrangers de l'Espace.
Mais une révision pourrait mettre au jour une clef
194
195
ant~rie.urcmcnt négligée. De toute manière, il en
•ontr81t quelque cilosc.
JI f•gissuit de considérer les rencontres les plu 1
angoossantes a•cc les yeux des citoyens moyens.
Alors le. problème d'une panique de masse serait
plus d~or. Je ne doutai~ guère qo'apparaîtrait co
eotoclll!oon ln nécessit6 d'une •'éritab!e initiation CHAFITTRE XI
pou~ combattre la frayeur causée par les visiteur.
de 1f!spacc ct prép<uer des millions de citoyens n LA QUES'NON CRUOA:ùE
toute éventualüé.

Au plus fort de la crise de t966, alors que la


censure paraissait sombrer. F.orces aériennes et CIA
ont été sur le p,oint d'admettre los d eux faits dont
ils avaient tant redouté hl rlivulgatifm:
- Je maintien .prolongé elu SECRET, jugé d'inW.
rêt national;
- l'existence de oondusions secrètes de• Forces
aériennes selon lesquelles les UFOs t taienl des vals-
seaux de l'Espace venus d'autres mondes, mantl'n·
vrés par des êues intelligent$, et poursuivant une
reconnaissance détaillée de notre planète à des fins
inconnu~.
La menace écartée, les ccnseun demeuraient en
nl~ne. Qu'uue nouvelle crise se produisit, et le
SEORET ne pourrait plus être preserv6. lis devraient
alors résoudre l'angoissant problème de la prépa-
ration du public.
En un moment aus•i critique, le se>ul fait d'ad·
mettre la réalité des UFOs eût suffi à déclencher
une vague de panique, qu'eOr encore aggra,'ée la
divu1galion des b1ti)surcs ct nccidcnh~ causés par les
mystérieux engins. La solution pour les res.ponsnhles
1
pouvait être de divulguer en premier lieu les inci-
J dents les plus anodins . .Le choix était va;lc. Les inci-
dents sc comptaient par milliers. Pour les cas plus
troublants, ils •eraient rendu• publics flnldemment,

197
un par un. Ainsi, l'alarme serait progressive. Mai~
cela suppo,•it que la presse ne vînt pas étaler les iucüce d'une possible corrélation entre la dispari·
plus S'J)ectaculair"s des cas précédemment renvoyés tion du DC 6 et la présence d'UFOs.
à l'oubli. En 1948, des UFOs d'un nouveuu type avaient
Pour éviter une hystérie collective, il faudrait dif- intrigué les aviateurs et a$!rouomes. Pendant plu-
férer - pcut-ètre siM die - certaines révélations. sieurs nuit$, des objets inconnus avaient sillonné le
l! .n·~ a qu'un. >~ul moyen d'amener le peuple ciel du Nouveau-Mexique, ptm explosé silencieuse-
amcncatn à con<oderer sans crainte excessive œJ ment, émettant un éclat vert aveuglant. Un savant
visites interplanétaires, c'est de loi dire la vérité la éminent de l'Institut de New .Mexico, spécialisé dans
vérité

avec ce qu'elle peut avoir de rassurant• ~ais l'étude des Météores, déclara que ce <levait être
auss1 ce •1u'elle a d'inquiétant, la vérité .ans fard quelque extraordinaire modèle de missile. Eo 1953,
~tootelavéri~. ' plus aucune observation do cc genre n'avait été
Le réeKnmen que nous prO(lQsons ne doit donc signalée. Aucun rapport antérieur ne mentionnait de
pas seulement révéler des dangers non encore dommages, ni même d'indices do danger. Jusqu'au
reconnu~i Il n'y a pa$ d'efficacité à attendre d'un jour oit disparrussait l'avion de ligne do la Trans-
pl'ogn:llllmc qui. ne tnenlionnerait pas accidents et ocean.
don11!1ages llW<>1 crOment que nous allons ici les Au b<mt de pluxicurs heures de recherche, le
mcnttonncr... vapeur Barllett trouvait vingt-cinq corps llottant
Juillet 1953. Le OC 6 des Transocean Air! ines parmi les débris de l'a:ppareil. ·Leur état indiquait
part de Guarn avec cinquante pa!>Sagcrs et huit que la mort avait été instantanée.
hommes d'équipngcs. Dostination : Oakland en Cali- La calastr()phc ne ·pouvait être attribuée à une
fornie; premier arrêt : ne de Wake. A 1 heures du défaillance de moteur.
matin, ayant fait le plein à Wake l'avion décolle, Or, l'examen des débris rév~lait un th()c terrible,
direction Honolulu. 8 b 30, le com:nandant de bord comme si l'avion avait décroché d'un coup, ou
signale à Wake que les conditions de vol sont nor- éclaté eu l'air.
~ales. L'avion vole 1 S 000 m~tres. Ce sera le der- Il n'y a pas de prco\'C certaine que les engins
mer me$$age du DC 6. verts avaient causé la perte de l'avion de la Trans-
A la •·•cation &uivante, opas de signal. <Les opéra- ocean. Mais on n'a jamais pu trouver une explica-
teurs de Wnkc &ppcllent. Sans succès. Aussitôt les tion plausible.
recherches sont lancée.• par la Marine, la Garde dos Le 29 septembre 1959, le quadrimoteur ·E ieetra
côtes ~~. le• Forces aériennes sur requête de l'Avia- de la Braniff, vol 542, quittait Houston pour New
tiOn CIVIle fédérulc. York avec vingt-huit passagers et un équipage de
Peu upr.ès les op~rntcurs radio de Wake perçoi- six perwnnes. Altitude imJ>Osée: 5 000 m~tres.
vent des s•gnaux mystétieux sur la fréquence intcr- Il .passait au-dessus de Bull'alo, dans le Texas,
•tationnlo de détrossc. Personne ne pourra jan1ais quand des témoins au sol virent comme un embra-
les déchiffrer. et l'origine demeurera inconnue. sement dans le <:ici. Puis ils entendirent une explo-
Au ~oul'S des recherches, d'étranges objets mobiles sion. Pendant quelques secondes l'air s'emplit de
~~ rap1des portunt des feux verts très •brillants ont sifflement tandis que des milliers de frngments tom-
e1é vus 'J)ar les aviateurs et les marins. Premier baient sur le sol : tout cc qui restait de l'avion et
de ses passagers.
198
199
I amais les enquêteurs ne s'étaient trouvés en pré" longtemps. Pourquoi cette décision subite de œrap-
scnœ d 'une catastrophe aussi troublante. p<:r? Sans doute, l'attaque la <plos serrée jamais
Aucun des t6molns n'avait vu l'avion au moment entreprise par les avions militaires, la tentative de
où il se désintégrait. Au début J'on pensa que 1'6elat capture d' un U<FO à Redmond, avait eu lieu cinq
dont ils parlaient tous avait ·PU les nvcugl~.r. Mais, nuits plus tôt. Mais poutquoi avoir ohoisi un avion
très rapidement, les enquêteurs renoncèrent à cette de ligne pour un si terrible avertissement. Pourquoi
explication. · pas un appareil militaire? .
En fait, la mystérieuse explosion s' était produite Pour l'aviation -civile comme pour la compagruc,
la pre~ère. li faut vingt secandcs .au son .pour l'enquête sur le désastre de I'Blectra avait été une
franclur 5 000 mètres. V emi>ras<>ment, lui, .pouvait cruelle épreuve. La plus ·petite allu~ion à. l'action
être vu instantanément. possible d'un UFO, nlo~s que le pubhc avatt encor~
Un :b.abitant de Buffalo, W.S. Webi>, disait avoir à l'esprit les macabres 1mages de l'a~Cl~Cnt, .e~t été
vu un JX:tit objet brillant se déplace!' rapidement une erreur grave. <Le rapport de 1'Avtaloon ctvile ne
dans le coel. Deux ou trois autres t6moins avaient parut que des mois ·plus tard, alors que l'affaire, ou
également vu cet Objet ou un autre similaire. S'agis- du moins ses plus tristes aspects, étaient tombés
sait-il d'un aérolithe? Il était évident qu'une foree daus l'oubli.
e~terne avait déchiqueté I'Eiectra, mais un tel é<par- Mais le personnel navigant, 11ùeux au courant,
plilement des fragments ne pouvait être l'œuvre n'ollbli•it pas. Les pressions. la menace du ridicule
d'un aérolithe, à supposer un heurt déjà haut6))1ent avaient pu bloquer la transmission de certains rap-
improbable. ports; il se trouvait cependant des commandants de
. Les enquêteurs s'a.vouaient ·bre-douilles quand uo bord au caradète assez ·b ien trempé i)our braver
PJlote des Forces aeneorn.os, le major R.O. Bras- pressions et menace du ridicule .e t révéler leurs ter-
weil, vint déposer un stup~fiant rappoo·L Au moment ribles rencontres.
où le malheureux avion de ligne approchait de Buf- C'e!it co· que fit· le commandant Edward Bachner
falo, le major Braswell conduisait à .Lulkin dans le en un rapport officiel à l' A'•i:uion ·civile. n pilotait
Texas uu C 47 des Forces aériennes. Il se trouvait u11 avion où avaient pris place quatre-vingt-cinq pas-
à environ 2 200 mètres quand la lueur rou•e de sagers, quand un UFO descendit et d'un b~usque
l'e10plosion lui apparut. • Cela ressemblait à un crochet, vint sur ll!i. Bachner piqua .pour évotcr la
nuage atomique • • disait-il. • La base deyajt se collision. Catapultés de leurs sièges, dix •personnes
trouver à quatre ou cioq mille mètres et le som- furent blessées et plusiccurs autres contusionnées.
met à près de six mille. • ' Pendant plus d'une minute, ce fut la ·panique à
. Si 1:an~ogi~ avec un nuage atomique C1ait véri- bord. Puis l'équipage parvint à rassurer les <passa-
fi~, 1expbcahon de la cala.ltrophe pouvait être !1t. gers. Pendant qu'on donnait aux ·blessés les pre-
Meme une petite bombe A utilisée comme tête mier~ soin!l, Bnchner se mettait en communication
nucléaire ·pouvait mettre en pièce l'avion <le !inne. avec le plus proche aéroport et e!Iectuait un atter-
De T;>rirne abord cela paraissait trop lugubren~ent rissage en .pmcédure d'mgcnce.
fanrasto~ue, même en admettant l'hypothèse de Le 9 mars 1957, l'Aviation civile recevait un mes-
représadles <pour les attaques des Forces aérienne.~ sage du Contrôle du Trafic aérieot de Mi~:
sur les UFOs. La chasse aux UFOs durait depuis • Douglas 6 A l'AA Vol 257. Pour éviter objet
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commamlaniS -de bord n'ont jamais pu obtenir des
vola1tt non identifié faisant route ouest pilote fait Forces aériennes une réponse à leurs questions sur
m!\llœuvre brutale. Objet semble a,voir éclat central les procédures d'urgence adopt~es. L'ul? d'entre
blanc verdâtre avec ceinture réfléchissant l'éclat. .. eux rapportait l'entretien clôtu.rant son mle:·r'?ga;
Description confirmée par sept autres avions de toirc par les officiers de Renseignement de 1Au a
ligne... Miami fait savoir activité missile néant. .. la suite d'mie rencontre avec un UFO:
Activité j ets sans interférences. • - Pois-je laire un atterrisage d'urgence ou
Dans son rapport au CAB sur cet incident, le ' wppeler par radio les jets'/ Ou quoi?
commandant de bord de la Pan Am, Matthew Van - Nous ne pouvons répondre. à cette ~uestion.
Winkle, précisait qu'i.l avait d'aOOrd pensé avoir - Pourquoi? Vous .m'avez fa11 verur tel pour
affaire à un jet. Pour éviter un orage, il avait en vous parler de cet J.!FO. .1~ me suis mont~~ ~pé­
~ffet dévié de •a route, ct il était normal qu'un ratif. J'ai à vous dJre mamtcnant que c cta1t une
mtercepteur des Forces aériennes vint l'identifier. rude épreuve. Mon copilote et moi étions . séricu-
Mais l'éclat .était trop vif. Il semblait réllécbi par Je soment secou6s. Heureusement, les passagers dor-
pourtou,r br1Uan1 de quelque objet volant inconnu. maient. Sans cela, c'eflt été !'·enfer. Et vous 'me
Pour éviter la collision, Van Winkle, avait tiré répondez que vous n'avez pas de conseil à me
ù lui le volant, mis J'avion en ohandelle. Puis il éLait donner! Même à titre personnel!...
revenu eu palier, après une ascension de pr~ de Les officiers restèrent de glace. Evoquant pour
500 mètres. Dans ce coup de raquette, plusieurs moi cette scè11e quelques mois plus tard, le com-
passagers se trouvèrent éjectés de leurs fauteuils. mandant fulmiuait em:·o re:
Certains étaient blessés. Epilogue devenu courant - On devrait bien le dite aux passagers... Je
dans ce gen~e de rencootr.cs : le commandant le ferais rn.oi·mêm.e, si je 1 ne craignais de -perdre
demanda par radio les ambulances et le docteur... ma pace.1 • '1
L'histoire ayant été racontée dans les journaux, . - S',il , voùs arrive encore dé croiser un UFO,
l'état-major des Forces aériennes tenta de discré- vous pourriez essayer une chose... ·
diter le co~maudant, un vétéran de la Pan Am. Et je lui racontai l'aventure s~rveriue. a~ rom-
Affectant ~·xgnorer les. confirmations de sept équi- mandant William Bruen des Natoonal A~rlones. Il
p~ges .de llgn~, il déc1da que Yan Winkle s'était <\tait eo arproche de nuit sur Wnshinl)ton quand,
la1ssé J.mpress,onner par une étoile filante passant soudain, s'éLait présenté il côté <le 11.11 un UFO.
à plusieurs kilomètres de là. Bruen avait éteint ses feux. L'objet était resté tout
Des cas semblables ont été mis sous ·le boisseau. proche, vagnement visible à trav.ers .les té~èbres.
Certains sont parûculiècement troublants. Pilotes, Alors Brucn avait eu une soudame •m·pulsmn. 11
passagers, g~rderont longtemps Je souvenir dé ces avait allumé tous ses feu:<., y c(Jmpris les puissants
~ngoissantes rencontres. •Les rapports sur ces affaires projecteurs d'atterrissage. Instantanément, l'intrus
mquiêle11t don.c: particulièrement J'étal-major. Quant s'était élevé, avait pris de la vitesse et dtspatu: .
aux Compagntes de Transport aérien elles ont été «Très bien condut mon interlocuteur, JO me
rcla1iveJTlent faciles à convaincre du ' mauvais effet sotwie1îdnü; .n;ais j'cspèl'e bjen ne plus vojr 1·une
produit sur les clients et done de la nécessité de de ces choses. ~
museler leu•s ·personnels navigants. Il fut uno 6poque où l'A,ialion civile fédérale
En dépit du danger de ces approches serrées, les
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. 202
ne -pouvait être d'aucun secours aux pilotes pour
tout cc qui concernait les UFOs . j'obtins était manifestement il cran. Il me dit que
. Eo février 1959, trois objets \'Oianu inconnus la FAA ne ferait pas d'cnqu\:tc à partir des rapports
étaoent vus au-dessus de la Pennsylvanie et de J'Ohio Ic m'étonnai:
fC'fUS.
par les ~quipag<"s de six avions cJc ligne. Par deu.~ -- Pourquoi? Killian travaille sur une ligne
fois, l'un d<'S UFOs se détachait de la formation et aérienne fédérale. L'UFO à ln seconde approche
descendait vers l'avion des American Airlines vol était assez près .pour le mcllrc en danger. Si l'avion
713 . A la première approche, le commandant Peter ct l'engin avaient cJlccnoô co même temps des
W. Killluo s'apprêtait à faire un rapide demi-tour. manœuvJes oppo<~es. ln collision était certaine.
Mais l'objet s'arrêta à distance de s~curité comme l'os de réponse. J 'insistni :
s'il voulait seulement observer. Après avo{r rejoim - La FA."- est censée voilier à la sécurité des
sc~ comp~g~ons, il fit une seconde approche. Cette passagers des avions de ligne ct des équipages. N'a-
fots-lil, Kilhan conserva ~on c.1p. A en juger par t-elle vraiment aucune directive à donner pour de
son écJflt, l'objet devait être grand, nettement plus telles éovcntualités? •
grand que l'avion. Les passagers avaient été avertis - La responsabilité de la FAA s'arrête quand
O}. u.n seul avait '!'on tré des signes de panique; mais elle a transmis un rapport d'ob>untion d'UFO aux
~olhn'! ~~prenmt. que la panique sc généraliserait
vue, so 1etrange vrusse<tu venait ·plus près. Il se pré-
Forces aériennes. Pour le reste~ pas de commen-
taires! ~j,'
parnit à une brusque dérobade quand I'UFO mon-
tant rapidement rejoignit fa fonnntion. Si le rapport .de Klllinn avait été amplement
Kllllnn ayant signalé la rencontre ~nr radio, deux co11firmé J>8T les nutros observateurs, la publicité
autres commandants des Amerlcan 1\irlincs confir- avait su~tout .mis en relioP sos tléclarali"ons. Le cas UP
m.no~nt nv~i r vu trois objets. L'un des passagen de devenait sérieux. L'étai mnjor des Forces aériennes
Kilhan étrul un expert de l'aviation N.O. Puncas CJ.pliqua que Killian avait o,pcrçu trois étoiles au
directeur d'un des établissements do Curtiss Wright: défaut des nuascs. Le Cl'lmmaodant frt prestement
!'- son. arrivée à Detroit, il pas<a la nouvelle aux savoir que les nuages se trouvai~nl alors au-dessous
JOUCDIIIistcs : d e lui. ct qu'au-dessus, le ciel était parfaitement daiJ'.
:- J'ai vu ces trois objet~ dans un ciel clair... Ils Qu'à cela ne tienne, Killian n'avait pas su re<:oo-
é!~c~t ro_nds. et tenaient une formation exacte... Je nattre une opération de rD\'Ïiaillcment en l'air. D'ail-
n ao ,1~ma!s ncn vn de semblable. lcul"$, il était saoul. Cc lut du moins cc qu'o.sa
L hogtoore étant connue, l'observation rut encore déclarer sous le manteau de l'anonymat un ·pOrte-
co.nfl rnt6c par un commandant de bord des United parole de l'état-major.
Asr Lil1cs, A.D. Yates, et son m6canicien en vol Du jour au lendemain la machine à ridiculis~r
L.E. B11 ney. Les équ ipages do doux outres avions oltuit déclenchée sur Kil liM. Bile no devait pas épar-
des UA;L, Vols 937 et ~2 1 confimtalcnt a ussi point sner sa famille. Sa femme fut accàblée de sarcasmes
par .P~>nt les obscrvatoons de Killlao. Pour eux pur Je~ voisins, ses cnfMH$ touJ'll~S en déi'l~ion à
ausso, ol ne pouvalt s'agir que d'objets inconnu•. l'école. Dans un acc~s de rogo froide, Killian parut
Les Forces aériennes s'étant refus~ à tout com- ~ la radio et vitupéra le~ 'Force,. aér!enne~. Vinztw
mentaire, j'appelai la FAA. Lo fonctionnaire que quatre heures oc s'étaient pos .~oulées que les Ame-
ric."ln Airlines. pressées l'épée dans ks. reins par
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20S
des UFOs a pu être ignorée en dchon du ~eu
l'état major• ..: chargeaient de réduire au silence militaire. Mais il re5te assez de cas d uns les 'llosstcrs
leur commandant de bord. Celui-co en quinze ann~i de I'USAF pour un programme de préparation d u
ne leur avait apporté q ue satisfactions. Il lui lut public. •
interdi t de dél'end re son honneur à la radio, dàm Le l"'' avril 1959, peu avant 7 heures du so1r,
fa presse, ct même dans des réuni ons amicales. un C 118 de tr ansport décollait de ln bnse militaire
Cependant fe; basses calomn ies auxqucllc1 do MeCho rd, dans le Washington, pour un vol
s'était livrée I'USAF curent pour effet d'amener eer· d'entraînement. Vers 8 h 19, la tour de McChord
tains fonctionnaires de l'Aviation Civile à se rebel· recevait un message anaoissé <lu pilote:
1er. Au plus haut niveau, on sc sentait coupable c ~ous avons heurté quelque chose, ou q uelque
pour avoir assez làchement abandonné Killian. La chose nous a heurtés. •
révolte coutre ln hotelle des Forces a~rieones attei- Le .piJolc ajoutait qu' il allait tenter de revenir au
gnit son parOX)'Sme sept mois .plu• tard. Elle se tra· terrain. Mais peu après, le C 118 s:6crusait dans
d uisit par la di vulgatio n officielle des journaux les -parages accidentés d u lac Rhodes. Le pilote et
d'opération du Contrôle Aérien Ci,il à Retlmond. lc5 trois autres hommes de l'équip3gc étaient tués.
Les attaques de l'état-major contre la FAA d urcirent Peu avant la catastrophe, des témoins avaient
encore les positions; et au cours dCJ. années 60, la aperçu les feux d'objets volants inconnus. !=ertaios
F,\A fit connaître un certain nombre ùc rapports d6tails étaient confirmés par le chef de la pohce F red
percutants sur les UFOs que les F orces aériennes Emnrd, cl' Orting dnns le \Vashington. Ces témoins
s'étaient employées à dissimuler. diso ient avoir v u deux o bjets bri·JJants suivre l'actio.n
Il n'en restait pas moins que l' action en treprise avant sa chute.
par le Pentagone pour abattre Killian avait été une Sans perdre de temps, l'état-major fit établir un
grande victoire pour les censeurs. De nombreux cordon autour du secteur de l'accident. Les journa-
pilo tes, redoutant le même traitement, ont, depuis, listes furent prévenu• q ue l'ét.a t-major était. seul
cessé de signaler les rencontre< avec les UFOs. Des habilité ~ leur d onner des infol'lllalion~. Mais à la
centaines d'observations ont cu lieu, que les com· barc de McChord, Je colonel lto berl Booth, com-
mandants de bo rd gardent po ur eux. Avec leur ruumlunt le groupe d'entra1ncmcnt 1 705, avait déjà
amertume. fail connaître le message de ·détresse d u pilote.
Et cette amertume complique la tâche des cen- c C'était évidemmen t une collision •, disait-il au•
seurs. USAF et CfA savent pertinemment que œ:s journalistes. :\i:ais il ne formulait aucune hypotbèse
hommes réduits au silence n'auendent qu'une occa- quant à la nature de la rollisio:1.
sion de p.'lrler. On redoute l'avalanche des témoi· Au l'entagt)ne, l'étnt-major prépnra hâtivement
gnages. Personnels navigants commerciaux, obser· lllte version q ue l'on put o pposer h l'lmpntdentc
vateu.rs. ho nnêtes actuellement musclés •par la peur l'évél ntion du colonel. 'Pour une raison inconnuo, le
du ndJcule, pal'icraoent. Alor;, on diffère le pro- pi lo to avait vo16 trop bas et heurté de r Jc_in fo uet
gramme de di vulgation. une crêLe. A ~cChord, J'explication indigna les a mis
du mort. a•iateur expérimenté. spécinliste du vol de
L~ Force. aériennes n'ont pas été épargnée.s rar nuit, ct qui connaissait très bien le terrain. Si quel·
l'actoon des UFO>. Ici la discipline m ilitaire prot~ge que chose f'a,·ait obligé à descendre, il aurait allum6
le secreL Et po ur de nombreux occidents, l'actio n
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~s feux_ d'atterris.~age pour éviter de se trouver à équipés de gilets de sauvetag~ ct ùè radeaux ~Oll­
1'?tprovtste deyant le~ bQ$ses du secteur. JI a·~rait en fiables, et, même en cau glacee, pourrment tcmr le
meme temps s_,~oal~ a ~fcChord r;~u'il était -en diffi- · coup un certaiil temps.
cuité de rnamere a fall'e envoyer les équrpes de Toute la nuit, avioris américains ct canadiens
secours.
patrouillèrent à basse alti~ude su~ le lac, lançant ~~s
, Le rapport d'enqu~te des Forces aériennes sur fusées éclairantes. Au pomt du JOUr, de pehts bali-
1 acc1d~nt du Cf 18 a été gardé secret depuis 1959. ment$ vinrent se joindre a\lx recherches, ta.ndis que
Il serlllt une p1ece essentielle pour tut authentique les aviatcu"' ratissaient sur cent cinquante kilo-
progra,mmc de ·préparation du public. Si l'état major mètres. On ne put trouver aucu~e trace, ni -~·
a sccretement conclu à une action - offensive ou l'avion ni de l'UPO, ni des deux lieutenants. De,a,
accrdentelle - d'un UFO, il faut le elire. Si l'état- la ba~~ de Truax avait communiqué officiellement
maJor a la preuve qu'en d6pit des rapports d'obser- à I'Associatcd Press:
v;te.urs les UFOs ~·y sont pour rien, il faut encore • L'avion a été suivi au radar. Il a été vu entrer
1~ du~. Tl est essenllel de faire en sorte que le jlublic e.n coJiision avec un objet à cent dix kilomètres au
11 atmbue pas au_~ étrangers de l'Espac-e des acci- large de la pointe Kcwccnaw, dans le Haut Michi-
d?nt~ q:u ~e seratent ya> de l~ut fait. Et cette juste gan. > .
dis~n~unatt?n ~cvrrut être ngourcu~ement appli· C'était déjà, en regard de la cons1gne de s~cret,
q':ee _à tou• accident~ et domma•cs JUSqu'Ici incx- un étrange communiqué. fi parm dans le Clucago
piJques. " · Tribune sous le titre « UN A VION D'JNTERCEP·
• En tête -~~ l(s!o, devrai_ent venir les. contrecoups 1'10N AVEC DEUX HOII-fMES A BORD PTS-
de, la obassc ~ J UFO pratiquée par les mterceptcurs PARAIT AU-DESSUS DU LAC SUPER!IEUR >.
des l"orces a;:nennes, J'ai conservé photo~r,ie de la déc)ar~tlon., L'é!aJ-
11 est aiJJsi un cas élrange dont il fut beaucoup major des Forces aénennes deva1t etouffer 1·uffaue.
par}~ Cil son temps, mais dont les -développements Selon lui, Jes radaristeS avaient mat vu oU mal
ultcneurs son~ généralement -peu connus. . interprété les Îlldications de J'écran. Il n'y avait pas
Dans la mut du, 23 novembre 1953, un chasseur eu de collision, Le prétendu UFO était un avion de
lous t~mps F 89 ela!! lancé de ln base de Kinross ligne canadien momentanément dé1·outé que Je ·F 89
avec miss~on de v~rillcr le passage d'un UFO. A bord avait été reconna~tre; Je pilote, pris d'un malaise
sc t~ouvaient le lieUtenant Fe.lix Moncla, pilote, et avait perdu le contrôle de l'avion, lequel était venu
~ -~:utenam R.R. Wilson, obscrvatCllf radariste. ~'abîmer dans le lac,
."' . par le radar ~e. la base, Moncla partit en Les compagniës canadiennes démentirent aussi-
d~rect.iOn du Tac Supencur. Sa vistessc était alors tôt qu•t,n quelconque de !cnrs avions eût iraversé
d envtron 800 ktn/b, le sect-~ur, Quant aux pilotes, ils haussaient les
_Quelques minutes plus tanl, le contrôleur au ter- épaules; Moncla aurait enclenché le pilotage automa·
rain Vil a~ec horrcu.r se rejoindre sur l'écran les tique en attendant que passe son malaise, ct Wllso,n
traces du Jet et de 1 UFO. Puis les taches confon- était parfaitement capable de Je relayer momentane-
dues.
1
dJ~arurent. En toute hâte le contrôleur alerta· ment.
~ _<hspo~rhf d5: "'~herche. Mo11cla et Wilson pou- Comme de coutume. les Forces a6riennes envoyè-
~ nient s·etre eJectes avant la collision. Ils étaient rent deux officiers aux familles des v)climcs pour
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exprimer leur sympathie. Et les ténèbres, \'Ont s'épais·
sir. Voici ce qu'exposent deuil lettres dun parent do paz·ei!. Le commandant de bord a décidé de répliquer.
Moncla : premier officier... ~. ve'!ve de . Monel~ Un rocket. RépOnse immédiate : uoe bizarre 6ma·
demande comment s'est prod~rt 1 accrd~nL Répo;ase. · nation. roug~ suivie d'un second éclair bleu verdâtre
pour identifier J'avion canadren, le p~Jote a ~cdurt et, de nouveau, cette vapeur rouge. L'affaire s'a~ ·
excessivement, s'est mis en perte de v1tcsse, . n ~ pu rête là. Aucun dommage. L'UFO a disparu de l'écran.
rodresser et s'est écrasé dans le lac. Second officoer ... L'équipage restera en alerte toute la nuit.
Mme Mdncla demande si Je corps de son mari pou,rr.a Une copie du compte rendu du commandant du
être retrouvé et identifier. R éponse : aucu~e possrbr· transport au Renseignement de l'US.-\F m'a été
lité._. t'avion a explosé à b~?te. altitude; ol n'en est remise confidentiellement. L'officier était formel:
rien resté• et rien resté de 1equtpnge. <on lui avait tiré dessus> . Plus grave encore était
Pendant plu~ d'une an.née, en dépit de to~s }es cette précision appprtée par le colonel qui l'avait
ioterrogt:
démentis, l'état •major mamtoendra la fable qe 1. a~ ron
de ligne caoadie!J. Puis un porre-parole essrue '!ne • Tout l'équipage, à commencer par le comman·
nouveHe version. Il s'agira'it cette fois d'un av10n dant était au courant de la disparition de multimo·
des Forces a~ricnncs canadiennes - la Royal Çam>· tours militaires de transport àu cours de vols de .. ,
diotl Air Force - effectuant un vol d e ~outine d:_nts iL. Ces hommes penseut qu'il existe un lien entre
la nuit de l'accident. •Le Chef d'état·maJor cana~hen leur aventure et ces disparitions. •
devait affirmer au NICAP qu'aucun de ~·~ avooos Plusieurs avions des Forces aériennes ont ainsi
n'avait voler eu ce se<:teur cette nuit·là. . disparu entre le Japon et Guam; les noms laissés en
Une !.elire me parvint un •peu plus tard de la 1!1è(C blanc s1.1r la pièce en ma possession devaient être
de Moncla : · " ' ·· · . . ceux-là. L'état-major s'est. refusé à tout commen-
• Je suppose que les Forces .aé;oe~n7'' ont le•!r taire sur cette rencontre r,le 1958. Mais dans le
raison pour nous caclter la vérite, ecnvru't-dle, ll)&JS cadre d'un progl'8mme de ·préparation d'u public, il
c'est dur pour une mère. D•eu vous· béhosse pou1 devrait non seulement révéler ce qu'il sait de l'affaire,
c-c que vous faites. » + 1 ' , • . ~-. mais s'expliquer sur les avions évaporés sur la route
CI.nssé en 1953, le rapport d'accident na Jamaos du Japon.
été divulgué. ·· , , Mystérieuses lueuo:s vertes. émanations rouges ...
Autre épj)pgue tragique d'une chasse a 1 UFO : problèmes dont la solution si elle est connue doit
en janvier 1956, le colonel Lê~ Merkel, comman· être révélée.
1 dant l'aviation de la 'Garde Nahonale du Kentucky En 1949, un nou\•eau type d'UFO descendait de
s'écrasait peu après qu'un objet .!~connu eut été nuit près de l'aéroport d'Albuquerque, dans le !Nou·
signalé. Le rapport des Forces a~neomes dcmc_u~a
1
veau-Mexique. II était à environ deux cents mètres
secret. Comme restait secret cehn sur la traged1e quand, d'un seul coup, il tomba aux environs de
de Wa!esvil(e de 1954. cinquante et explosa répandant une pluie de pous-
Et nou., arrivons à 1958. Un avion de transport sière rouge. Sur le moment on craignit que ce fût un
de I'USAF volo des Hawaifau Japon, Dans la nuit, gaz toxique. Mais aucun effet nocif ne fut obsecvé.
une lueur aveuglante, tout près. Sur l'écran du cadar, L'incident se répéta trois fois à la même hcu(C, au
apparaît un objet même cap, même vitesse que l'ap- même endroit. L'on no pouvait douter que les UFOs
à émanations rouges ne fussent très exactement
210
2ft
Etrange coïncidence : deux Sabre des Fol\:eS aérien-
contrôlés. L'afiaire fut consignée au rapport du nes canadiennes s'~crasaicnt à peu près au mëme
groupe d'études Grudg«. Sans aucun commentaire. moment près de Cbatham dans le Nouveau-Bruns-
O~ux ans plus tard, l'aventure d'un OC 4 des Ame- wick. Cause inconnue. Les deux pilotes tués. Le len-
rican Airlmes écluirait Jlnr analogie cette tén&brcuse d:mnin, deux avions de combat Starfire de l'USAF
histoire. •L e 2 novemhro 1951, ce DC 4 volait à s'~crasaient à leur tour pr~s de la base militnirc de
1 500 mètres d'altitude, dans l'est d'Ahilc110 au Goose Bay dans le Lllbl'lldor. -Un porte-parole de
Texas. A 7 J1 15 du mat.in, un objet d'un •beau 'ven l'état major déclara nu Pentagone qu'ils étaient
bril.lnnt dépassa l'oppureil. Il était passé très vite. entrés en collil;ion. Mais le commandement des
ma1s sn forme caractéristique de projectile balistique Forces aériennes secteur nord démentait immMiatc-
n'avnit pas échapré au commandant de boni et à ment ectre version :
son copilote. Il émettait une traînée blanclle comme c Les avions sont tombEs à cinq DlÎllutes d'inter-
une vapeur d'échappement. Son cap et son altitude valle, et à près de 12 kilomètres l'un d& l'autre. •
étalent ceux du OC 4. Presque aussitôt après l'avoir Le 12, c'était tm Strttlojet, bombardier à rôaction
u~pnssé, l'engin explosait, projetant des boules de des Forces aériennes, qtti explosait au cours d'un
feu rouges dans toutes les directions. vol nrctiqllc d'entraînement. Il était à 12 000 mètre•
• Un feu d'artifice ùc 14 juillet>, décla1·ait le quand se produisit la catastrophe. Deux membres
com~a~daJH de ?ord. Mais il ne s'agissait pas d'un de l'équipage furent tués sur le coup. Les autres,
JC~I. g, 1 ~ngm avatt explosé un instant plus tOt, l'appa- le lieutenant-colonel K.G. McGrew, et le capitaine
reil DU!'llll pu être touché par l'une des boulc.~ rouge3. L B. Epton furent éjectés inconscients, tandis que
Il e•l 1mpossible de savoir d'ol'l \'Cnait cc missile et l'appareil se dtsint6grnit. Ils reprirent conscience
si son hut avait bien ~t~ de détruire Je OC 4. Mais à temps pour ouvrir leurs parachutes. Aucun d'eux
un~ chose c;.'t certaine : les • émanations rouges > ne peut donner d'explication. Tout avait sauté autour
étalent plus dangereuses que ne l'avaient pensé les d'eux ~ans qu'aucun signe <le danger les eOt mis en
ob~orvareurs d'Albuquerque. Cc qu'ils avaient vu alerte.
étart le produit d' une désintégration au-dessus du J'ai cherché en vain une preuve matérielle d'une
sol. interven tion d'UFO. f1 n'y en a pas. Mais ces mvs-
Malheu:eusement, plu•ieurs accidents incxpliqllés t~res tragiques accumulés en si peu de temps nous
ont ~té ml5 au compte d'une hostilité des étrangers valurent quelques écrit'! de style apocalyptique sor
de l'Espace sans que l~ur responsabilité ait toujours une probable agression cosmique. Une autre décon-
été établie. cenantc histoire vtnnit raviver l'int!rét de la presse.
Ce fut le cas pour trois catastrophes, demeurée• I!lle remontait au 12 octobre 1954. Cc jour-lA le
myst6nou~es qui se succéùèrent du 8 uu 12 f6vrier pilote d'essai de la Nartlt American Aviation Com-
1955. pany. George Welsh, procédait aux dernières véri-
Le 8, un pilme de Glem Martin essayait un nou- Rcntlon• sur un Super Sabre F 100. JI volait au-
veau bombardier, t~n B 57 construit 'Par la firme dcssu• de la Californie quand l'appareil fut soudain
nour. les Fn:ces aéflcnnes. Il était parti directement totalement détruit. Trois mois passèrent sans Que les
des l?stnllahons Gleen 'vlanin de DaltiDlore. Quol- ennu~teurs de la Compagnie et ceux des Forces
aucs mstants plu. lard. l'appareil .,.;plœait au-dessus aériennes pussent trouver les causes du sinistre. 11
de Bel A1t dans le Maryland. Le pilote ~tait tué.
213
212
paraîssllir évident que Jo pilote avait éti tué instan.
tanémeut par lu même lorme mystérieuse qui avait
disloqué l'a vion. • des arrêts il moindre échelle, .tel celui de fin
note · · vaca au Mexaque.
l e 9 février 1955, nu moment oil, sur les pre- ~eptembre, à C~crn~ 965 ' dans la ~oirée,un grand
mi~res pages des journaux, s'étalait la terrible série 0: 23 septem re '-s nit r~s de la ville. De
dont nous avons parlé plus haut, ha North American disque rougcn~ont opparna _s. f.oir cl, parmi eux,
lit suvoir à la pre.se que le F J00 avait ét6 frappé nombreux habttnnt~. P~~~~ ~alaci;. Dès qu'il sur-
par uue terrible force, toralelt!Cnt inconnue. le com. Je gouverneur Emalieà basse altitude, I";U"i~~es ct
muniqué adnptoit un style solenoel : vola ~~ faubourgs . . t Et qu·and tl s amano·
• Un phénoanè11e ;aérodynamique dont l'homme appareil• électriques frublt1i~~~ ·cent.-ou~, les ténè~res
n'avnit jamais encore éprouvé l'effet est à rorigine bilisa nu~essus ;!~r ~~;a quelques minutes. Pu.'~ le
de la perte dn F 100... • •'appesanhrent. '-"'a d' arut ct les lunueres
disque s'éleva p~ste:;'e~ucr~~vac~, Valentin Oon·
Si j'ni rappelé ces tragiques el étranges occidenL•, revinrent. Le mnare e Ttaire Jo général Rnofnel
ce n'est pas du tout daals •l'intention d'en rendre zalès, et le chef de l_n
Enrique Vega avaaen , , zto "~o~;~,e te' gouverneur, ob-
respollJablcs les tlFû:l. Mai~ que journalistes et com·
mentotcurs radio aien t pu mettre eo cause serait une • uvre de 1 UP0 · · t
ser.-e la maoct . . d t. analogues nvoaen
raison supplé mentaire de ne rien CUcher au public. En d':tutrts pays, d~s anc~a~~e~ Etors-Unis s'était
Nou• y trouverions plus de crédit oquand nous pou- été signalés. Le prcma~ r.;llinois. Le J4 nov~mbre
vo"' et devons dire qu'il o'y a aucune preu\'Ç d'agres- produit ù T3ll1aro,n, ~: tru,obilisé à basse alhtud~,
sion délibérée des visiteurs. Mathcureusel)1cnt, les 1957, un UFO s état . à Cuernavaca, et svaat
preuves permettant de mottrc hors de cause les comme il dey~it le f~~resecteur de six kilomè!l"c~.
UF'Os snnt au~si difficiles il trouver que des preuves coup6 l'é!ectnctté sur 1 hénomèoe se reoouvelrut
pem1et1ant <le Je;s mettre en cause. E t lit, sans Onze jours plus lard, • ':' P . eette fois avec trois
doute, est noe des raist>ns qui font crâindro aux à Mogi Miri~, au Br;s~~~a;s958,tout un 9uorûer
rc.~ponsables de notre d~f.cuse une divulgntion, en UFOs co ac!JOO. t.e, nuit par un obJet rond
leur esprit, prématurée. de Rome éta1t plon.sc ~a0s 10 black out encore,
' a~ pa'ISagc d'un UFO
lumineux. le 22en IAro 1959
nvae!tine
Depuis 1957, les Forces aériennes ont pu constater produit à Salta, ge
l'efficacité ;n-ec laquelle les visiteurs de l'Espace
agissent sur les circuits électriques, évidemment par m~me !YP•l%S les rapports se succéder?"' ~ur
ru~qu
de
ondes électromagnétiques dirigées. Muteurs et phares Et en • Jectromagnétiqucs. Ma1s nen
de \'Oitures éteints, inslrumcnts de navigation ct aides ces cuneux effet~ é, rdinaire black out du
radio d'nvions perturbés, ces intcrf~rences peuvent ne laissait p~év?" ~x~~~ndit sur tm secteur de
1
être dangereuses, suo·tout pour les avions naviguant nord~st nmencarn QUI sl~t do J6 millions do per-
200 000 km carrés peup
sans visib ilité. Mois un danger menace la collectivité:
l'arrêt de toute distribution ~lectrique sur de larges sonnes. 1 "'lions d'êtres surpris à New
secteurs. comprenant do grandes villes. Par bonheur, . C1S ma. . t rien des précédents
Avant même le grand blttck out du nord-est sur- York et autres villes ~e tsav;;e~avantogc qu'avant et
venu d•ns la nuit du 9 novembre 1965, l'on avait incidents. l is ne snvaae~ ~FOs étaient dans le ciel
214 pendant
du grandleNewbw~ky"'~:
or... ~:ils l'avaient 51,, il est peu

2 15
Il
1

probruble que leurs Téactious eussent été ce qu'elles A peu près au même mom.ent, du buildiltg de 1ïme
furent. Les passages d'(}FOs ont été établis posté- a11d Li/e, plusieurs témoins voyaient à ttavcn> les
rieurement 'par l'analyse des rapp.orts ct exan1cn ténèbres qui recouvraient Manhattan un étrange
d'une photographie prise du bl(i/ding de la revue objet rougeoyant, apparemment immobile au-dessus
Ti1ne. La documentation a été remise aux Forces èle la ville. Il y avait déjà vingt minutes que toutes
aériénues et à la Commission Fédérale de 1'Energie. 1 les lumières s'étaient éteintes. Un photographe de.
Le premier à signaler la présence d'un objet Time prit plusiours .photogra,phie.s. L'une d'elles parut
inconnu an début du black out fut le _çommissairo au numéro du 19 novernbie.
adjoint de l'Aviation à Syracuse, Robért C. Walsh. De New York, du New Jersey, de Pennsylvanie,
La chute de tension venait de sc produire, quand un affinèrent d~s rapports qui, dans les grandes -lignes,
engin, rond, incandescent, fut a~rçu de l'aéroport se confirmaient les \ms par les antres. L'un d'eux
de Hancock pàr plusieurs témoins, dont Wal~h qui provenait du pilote Jerry Whitaker et de son passa·
venait d'attenir. Pour Ja forme, cela auraiL pu être ger, George Croniger. ·Environ quarante-cinq mi-
un aérolithe de forte taille. Mais les mouvements nutes avant le début du black out, tous deux avaient
" 'ôtaient pas ceux (l'un aérolithe. Au moment où les été témoins d'u.ne chasse à l'UFO au-dessus de
témoins l'aperçurent, il était i\ très hasse altitude et Tidioute, en Penn$ylvanic. < Des • objets b.~:illants "•
suivait. un parcours ascendant à vitesse modérée. On volaient à une altitude supérieure à celle de J'appa-
ne conçoJt guère un aérolithe qui, de oette position reil de Witaker. Derrière eux venaient des avions de
initiale, n'eüt pas rapidemeut percuté le sol. Quel- combat. Selon Wbitaker, l'un des UFOs accéléra
ques minutes passèrent, er Walsh ct les autres obser- brusquement, se dégageant en beauté de la roooe
vateurs nu terrain virent un second objet· aussi grand des intercepteurs. TMdis que les deu.x hommes
que le premier, lequel entre·temps avait disparu. l'observaient, le second avait <lispam - sans doute
Cependant, un instructeur en vol, Weldon Ross de la rniîmo manière.
était en approche de l'aéroporL l..è second objet in- A peine tombées sur :'.1anhattan, les ténèbres . se
candescent était si près du tcrr4in qu'il ·POUVait eu'o répandirent sur six états, débordanr sur Je Canada.
pris pour un ·bâtiment en ftanlJnes. Mais bientôt Ross New York f ut le plus durement (rappé. Cotait
et son passager James Brooking, un cybeméticieo, l'heure de la grande rué.e vers les banlieues. 600
virent que ce « globe couleur de braise> se déta- trains, près de 600 000 voyageurs se trouvaient blo-
chait du sol. Il pouvait avoir trente mètres de dia- qués dans les souterrains. Il y avait encore. des nul-
mètre. Son accélération dut être foudro}·ante. 1l liers de personnes enfermées dans ·les ascenseLu·s,
<lispal"\lt en un insiàllt. quelque part entre terre et ciel. Fonts et tunnels
t\!près s'être posé sur le terrain non éclairé, Ross étajeJft embouteillé:s-, \•oiturcs serrées les unes contre
informa la tour ét le commi,;saire adjoint Walsh. Jes autres. tous feux éteints, el dans l'obscurité (a
Selon ses calculs, la ·position de Ta chose devait plus totale.
être à lu verti<;_alc de 1:~ sous-station d'énergie 'Clay, A l'aéroport La Guardia, il y avait enc<lre quelques
umté de controle automatique sur l'arrivée de cou- vols, mais à ~etmedy 1nternational, il avait fallu
rant de Niagara-Fa Us 1 ?t New York. annuler tou• les départs et détourner ·les appareils
1. N1ngata .f 'alls: ici, H s'3git d~ lu V'ill~ üont le nom indi· attendus sur d•autrcs aéroports.
que: d'ailleurs d::.ircment la position (les «.chutes du Nütgara 1>). Dès New York éteint, un messnge était parti pour
216 217
tion. Il y eut des cas û rieux de cboc 6motionnel.
Wu~hington et à • la :1-lnison Blanche Te~a.nc • du Selon un càb!e d'agence, la cathéùrale Sainl-l'a-
pré$idenl J ohnson. Pour éviter une panique, le rrick 6tait p!eine à craquer de gens affolés, croyant à
président interdit au o.!partemenl du Plan d' Urgence une attaque ennemie. voir l une interveneion sum3·
de décréter J'alerte nationale. Toute la nuit, il ~e turene.
fit communiquer l'état de la situation de cinq LM hôpitaux no disposant pas d'équipements d'ur·
miltute& cil cinq minutilS. Les experts de l'Energie ne gence suffisants devnicntutiliser des bou,cle~ ou faire
pouvnient toujours foumir aucune explication. Il braquer sur les fenéttCll du premier étage les phares
ét•it impossible que .le sy~tème de contrôle le plus do voiture. Privés de radar et d'aides à la navigation,
JlCrfcclionné qui cxi~tûl, pOt avoir une défaillance. les bateaux de servitude du port de Kcw York. " "
Pourtant, défaiiJance il y avait. l'Hudson, ou ~·East River, étaient livrés aux ha~ards
Cela tient sans doute du miracle, m:m il n'y eut de l'o b5Cllrité.
pas de paruque. Dans IC.i <outcrrains on vit bien des Toute la nuit. une population rongée par la fai m
nerfs craqu~r. Mais ce ne furent que ph~nomène.• et la fatigue, au.eodlt la ftn de l'épreuve, cs;ayanl de
indi\•iùucls. La ph1parl des New-yorkais se COillrÔ· dormir dans les trains, ·les saue.s d'attente, tes cou-
lèrent parfaitement mnlgré lo tension de ces longues loir.< ries building.,, ou bimplemeot sur les trottoirs.
heures. A minuit les derniers passagers des trains Peu nUèrent jusqu'ù ln crise d'hyst.éri~. Des ccn-
~'écoulaient des ObS<.·ure< galeries par les stations taines de milliers observèrent une méritoire disci-
los plus proches. pline. Et il en fut de même dans les autres villes
Les ebaînes radio ~ettaient toujours, utm;ant des privées cie oournot. Huit états étaient atteint• au
équi)lCmeots élccliiquo< d'urgence. Le t~lc!pllone moins en partie : le Connectltul, le Massacltussetts,
restait le plus sûr moyen de communication avec les le Maine, le New Ham)lllhirc, le New Je~y, le New
villes épargnées. Presque tous les commentateurs York, ln Ponnsylvanie et le Vermout. ll y eut quel-
s'entendaient poui constater qu'il n'y avait pas de qu'cR désordres .et mêlne dM 'pillilges. Dah$ le Mas-
panique à Manhallan. De Washington, Edward snobussetts, le gouvcmcuJ· 'Volpe, l'al' rnc,.urc de pré-
l'. Morg:tn de l'A IIC, relayant }lew York, affinnait caution, lit appel au.x unittls de la Gardb' Nntionnle.
que le comportement des New Yorkais était un Mal~. dnns l'ensemble. Jo public garda son calme.
modMe de sang-froid ct d'esprit coopüatil. C'était La plupart ne voyaient Aans doute en cet événe-
peut-être sage de Je dire, mais pas tout à f ait conforme rneot que défaillance m<-caoiquc. Peu aV'.ùeor en-
A la vérité. tendu les déclarations oflicteUes antérieures sur
'
Parmi les milliers de personnes bouclées dans les l'infaillibilité du nouveau 6ystème de contrôle de
cabines d'ascenseur dans le noir le plus absulu, il l'énergie électrique. Ce vnblc r~cau qui mettait en
en étnit beauCOUJ> de terrorisées. Pour ceux des connexion vingt-neuf compagnies d'e~ploitation, dis-
Hs<cnseurs qui s'arrêrnienr à chaque étage, Il était J>Osait de centaines do co11trôles automatiques et
encore possible d'envoyer de.~ équipes qui clesccn- dispositifs de sécurité. Les experts avaient répété
dnient par des échelles. o uvrllicnt le toit de la eRbine au congrès et dans la presse qu'une déf(UUance
ct C>tr~yaient les passngcrs un à un. Mais avec sérieuse serait à l'a•"Cnir exclue. Le grand black
les aveugles ascenseurs express, la manœuvre ~lait our du nord-est €tait pour eux Wl désastre.
im)'K)!;<ible. n aurait fallu JlCrcer les murs. Cer- L<:< dirigeants des eompagrues d'exploitation
taines personnes attendirent des beures leur lib6ra-
1.
219
218
avouaie.nt déjà que la cause de ectlC gigantesque
perturbation dépassait leur entendement. Et la
radio faisait immédiatemelll êclto à ces déclarations.
A Manhattan, ct en diverses cités frappées, les
conducteurs de voilotcs immobilisées écoutaient
sur leurs postes les dernières nouvelles. On ima-
gine le choc sur la foule des rapports d'observations
s'ils étaient passés sur les ondes.
A Washington, ces déclarations de hauts respon- CHAPITRE XII
sables de la distribution d'énergie avaient agité les
permanences d'état-major des Forces aériennes. DERRIERE LB <BLACK OUT>
Il y eut cbe:z les grands chefs quelqMs soupirs de
soulagement quand Je black out prit fin, sans
qu'elit été entendu d'allusion plus directe aux UFOs.
Mais le soulagement (ut de courte durée.
La nuit même, Je président Johnson avait ordonné
LE Hera/<1 Joumal de Syracuse fut le premier à
divulguer noir sur blanc les observations recueiUies
une enquête complète de la Commission . féderale au cours de la fameuse nuit <lu 9 novembre 1965.
de l'Energie. A l'état-major, on voulut se bercer Puis vint Je SIM d'Indianapolis, qui rappela les
de l'espoir que l'\ Commission s'intéresserait exclu- précédentes I'uptures de courant sous l'influx des
sivement aux ~spects techniques du problème. Mais UFOs.
la presse du matin parlait déjà d 'UFOs \'US avant et C'était ·bien le rapport de Syracuse qui donnait
pendant Jo black out. le plus d'appui à ~Lvf. les censems. Touté la puis-
Les dénégations de l'état-major des Force., aérien- Satlce é!ectli'quc alimentant l.a cité de Ncv.- York
nes parviment rapidement aux journaux. Beau- vt.nait de$ génératrices de ·Niagara Falls .pal' la sous-
coup les acceptèrent sans difficulté. Mais certains 'lation de Clay. Le 9 novembre, le secrétaire à la
éditorialistes, se souvemmt de J'absence d'explica- Défense Cyrus Vance, le Département i!u Plan
tions à toutes les observations de 1965, opposèrent d'Urgence Ill la plwparl des ~xperts ùu réseau s'aCC<>r·
leur scepticisme ~ la • démystification • . Dès le len- daient à pla~r en ce secteur le point de ruptme
demain soir, l'idée que les UFOs pouvaient être à probable. Les 10 et Il novembre les commentateurs
l'~rigine de la. défaillance soudaine de tout l'appa- firent écho au rapport de Syracuse, appuyant •de ph•s
reillage électTJque de la zone s'était largement en plus sur l'hypothèse UFO. Quallt aux experts de,s
répandue. Développement inattendu, qui coutrru:iait compagAics d'exploitation, en plaçant le black out
viv~ment l'état-major. Pareille publicit~ rendait im· sous le signe du mystère ils ne faisaient qu'orienter
possible l'escamotage des rapports d'observation les esprits clans le meme sens.
avant l'entrée en action de la Commission fé.dérale. Pour le porte-parole du grou pe Edison, cette
Si l'ordre du président Johnson était exécuté à la n1pturc 6tait -au~i f:IOtnstique que l'eOt 6té c.elle
letlrc~ t?us les rapports de l'angoissante nuit seraient d'lmc énorme conduite d'eau prindpale.
cxanunes. Non moins d~.oscmparé sc trouvajt ê.tre Joseph C.
Cela pouvait être la 6n du SECRET. Swidler, le président de la Federal Power Commis-
.vi<m (Fl'C ), Commission Fédérale de l'Energie. Au
220·
221
rapport UFO. Immédiatement avant ~c black our,
bout de deux jours, il déclarai! sombrement : • Il •• disait-il, un piluLe avait vu un objet rond, incan-
peut que l'on ne trouve jamais d'explication au descent, près des installati<HJS de N iagara Palis.
black out du uord-<SI. ct nou~ ne pouvons ub•olu- L'As><x:iared Prc:;s s'empara do l'histoire qui d6boula
meot •pas garantir qu'il ne se renouvellera pu.> aussitôt sur de nombreux journaux.
L' allaire élait grave pour les diri~ants des com- Le lendemain matin, 15 novembre, le Jmmuû
pagnie•. Au lemps où le nou\'cau r6s~au force élait American de New York publiait leut un long article
en projet, l'on avait vanté ses méntes, toni nux sur le rapport do Syracuse.
consommaleurs qu'aux scfviccs publics ... Les inter- E l ,oudaiu, toute cotte éffervcscencc tnmbn. Un
COI)Jleclions entre stations d'énergie permetlrnicnt de .l!ash tombait de Washington. ·La FPC annonçait
régulari~r le débit... La Commis~ion Fédérale de que le grand m}'Uère était rillotu : un relais brisé
l'Energie et la commission inl~ressée du Congrès dans une <tatioo force canadienne.. .
avaient' roçu l'assurance que les innombrables dis- Un milliard de dollars, des centaines de dispositifs
posicirs automatiques de sécurité empêcheraient ces de sécul'ité, au dire même de la FPC ... le colosse
eiTels de réaction en chaine qui provoquaient anté- technique avait été mis kno,·k 0111 par un simple coup
rieurement les ruptures de proche en proche ... tt à un rclni! ... Si cela n'avait été dil plus tôt, c'est que
e"étail 10u1 le réseau qui s'étuit lrou,~é en panne. A l'avarie s'était produite aux in<lallalions d'Adam
l'échéance des prnmes<es, les compngnies ne rcclleil- J3eck, dans I'Ontnrio, point assez excentrique pour
leraient que déceptio•l, suspici(Jn, peut-êt•·e mise au qu'url cC.t négl ig~ pendant cinq jours d'y enquêter...
pilori. C'était incroyable.
La FPC n' élait pas moins ennuyée. Elle avait tout C,écail, aussi, faux.
vérifié, plans d"onstallalion, équipements, et s'était Le relais d'Adan• Bec.k'étail intocl. JI •'était ouvert
pot1ée garante auprl:s de la Maison Blanche et du par suito d'une subite suYi\liO\lSit6. La ·pieuvc de son
1
Capitole de l'efficacit~ du système de protootion. f'6ncli<111nemerit eonect dc\.aii Ctre a.p pb/;lée pAr· la
Maintenant elle rbquuit une mise en cau~c pour publication techrliquo Polvtr, ' publication ayan\ des
impéritie ou négligence. liens étroits avec Je. services publics. L'article était
Pour la FPC, l'insislance mise pnr certains édito- du rédacteur en che! et fai~uit suite à une sérieuse
rialisles à imputer le grand black out aux UFOs enquête de la revue. Je possède encore copie -du
n'arrangcoit rien. L'un des commentateurs citait le rapporl de ladite enquête.
diagnostic d'un expert canadien: c dépression ner- H donne de l'événement un impressionnant ta-
veuse atteignant le cerveau électronique de l'immense bleau :
réseau •· Le 9 novembre, en fin d'après-ntidi, Adom Bock
Le 14 novembre. le premier Canadien informait numérn 2 fonction nait normalement. Ses générateurs,
la FPC qu' il envisageait de sc retirer de la CANUSE, par cinq lignes, alimentaient T01·on(o. La charge
la Canallian-United Sttlles Eastcm, interconnection étail très en dessous des maximn. Cependant, comme
Canada - •Etats-Uni~ de l'est, son pays devan t se sous l'effet d 'une •urcharge, un relais vint à sauler.
prémunir contre les défaillances du "}'Sièmc énergé- L'une cles éinq lignes sc trouvait coup6e.
tique américain. En <oi, cela n'annonçait qu'une op6ration de
Ce même jour, le commentateur de ln NBC. routine. En fair. le cauchemar commençait.
Frank McGec divulguait à la radio un nouveau
223
222
Tout le réseau CatUlda-Erau·UI!is al/ail re désifl- en quatre secondes • · Si cela .!tait vrai, il faudrait
tigru en exactement QIIUIYt secondes. <Onclurc que tolll le S}m' mP n'cirait que catastro-
phique ncroquerie.
Presque sur-le-champ, le~ autres lign.es de Toronto L-e réseau fonctionnait depuis un certain temps.
éwient coupées à leur lOU l', Conmte s'_il n'y ava1t cu Au cours des précédentes nnntes, il y avait eu des
auc 1u1 dispo,itil de sécul'i lé, une terrrble su~charge black ow. Conformément uux prévisions, les dis-
sc I'OI>OI'tait sur ·les ligne< du sud. Bn un lliStant, positif> de sécurilé avalent pno,faitemCIJl fonctionné.
la stnlion de Clay ct une installation su1: la rivière Les panne> avaient été Jmmédiatemeot localis6es, ct
Saint•LIUrent étaient h<>r~ d'usage. Put~ wut le rapidement réparées. Cc• mémes dispositifs auraient
ré•cau Ci\NUSB éclatait. en qu~tre ~ra~uoos. . es limite! à un très petit secteur l'arrèt de couranl du
11 ce jour, vingt-oeuf tnstallahons et:ucnt. ~ehé 9 novembre sïl avai1 été uniquement dû à une
011 réseau. Pour quelques-unes, les dospo<otif~ ~e surcharge accidentelle au rèlais d' Adam Dcclc nu-
sécurité automatiques firent leur office, ~~~.les •n&e· méro 2.
nicurn cie garde ovrirent o ~pidement.les d•SJO~Cteurs. Il n'y avait qu'une C>JlliCnlion pos•ible : J'iotel'-
Ailleurn, l'énorme surchnrge s'établit trop vot~. venlion d'une force ~lcctromagnO:tiquc c"pablc do
Nu l, jn n1ais, en macuu réscn~.~ n'avait vu tel chaos. produire subitement 11110 surcharge pour luqucllc
l!n cl! vers poinls, le cournot s mversa. JI fallut cou- les dispositifs de s.!curité n'avaient pas été calculés.
per les génératrice< i\ ,·apeur. Des geyse~s se for· Le harcèlement de ln pre~~c sur le thème des
maicnt aux soupapes de sûreté des cbaudoèrC:S, tan- UFO:< préoccupait sO:ricu•ement J'état-major des
di< que pompes, compteS$eur. d'air! tombaocnt en Fort-cs aériennes quand lui parvint par la Commis.
botte. Les installations privée• d'équopernent de for- ~ion<iOfl
FédO:rale de l13nergie llnforrnatiou con<-er-
tune ne pur~t fonclionncr pendant pl,usieu,... heu.res. naot Adam Beek.
lit , duns cet enfer, les malheureux opcrate.urs étao~nt Le message officiel du Canada à la FPC donnait
hHrcelés de.s plainlcs ct r~clamatoons onceS$1\nles totos les détails <jue MilS retrouvons. au compte
des t;CCfeurs plongé~ dnn~ la nuit. , rendu de Power. ,Cela prorut rcprésell[cr 1111 grave
Le tableau de la o~v~c T'ower est pour 1 essen- pél'il p<mr l'état-major, en ce que <la porte était
tiel con forme à la vérité. Mai~ certaines inf.ormati?ns ouverte à toutes sortes de spéculations sur l'cxtrl!Or-
manquent. Il n'est pas lait mention ~~. l'onvulncrn· ôinuire el inexplicable ~urcharge. Pour s'en sortir,
biïté tant vantée du sy<tème. Power e\1le de parler il inventa l'histoire du relais brisé. C'était raire
de~ di~positifs de séctorité. Et s~ curiosité ne "~ P~ porter au Canada la responsabilité d'une grave né&li-
ju~qu'll poser la grand~ quc<toon: Quelle étaot la gence. On peut donc penser que le Premier se laissa
cnusc du black our? convaincre de la nécessité de cacher la vérité • dans
Selon la revue. il n'y n pas d'intervention _exté- f'lnlérêl commun .:les deux pays>.
rieu re. Le désastre tire son origine du ~ so~1plc Celle version ne faisait s nère l'affaire des chefs
relais • sntoté à Adllm Beek num~ro 2. IIICICient de services publics aux Ewts-Unis.
t>anal. <uivi cie «développements lmpr~vu~ • · Et Quoique n'ayant en définitive rien à sc reprocher,
c'c•t ln mème Power qui nous :tffirme q~e • la charge ils étudièrent les moyens de renforcer les di>positifs
de ligne était très en des'IOo• <!os max,omn •· ~t P~ <le •écurité du réseau pour Je cas où un tel accident
cise plus loin que c tout le reseau s est désontc!gr~ sc rcnou•ellerait Et de leur côté, l'Aviation Civile
224 225
Ttmt le réseau Cmzada-lilats-Uuis allait se tlisin· en quatre secondes>. Si cela ~tait vrai, il faudrait
tégr~r t il exactement quatre stt.cmdes. conclur~ que lOtit le sy•t•me n'ttait que caul!tro-
pllique ncroquerie. . . . .i
Presque ~ur-le-champ. le< aulre~ lig~.es ~e Tor~olo Le réseau fooctionoa•t d.:puts un certam temps.
é1aient coup~cs à leur tour. Comme s _d n y 3\'aJI eu Au cours des précédentes années, ~~ .Y. avait eu d.cs
aucun dispositif de s6curil6, un e temble su~cbarge 11/a ck ottt. Conformément aux prcvt>oons, les d1s·
l
se rcporhtil sur 1« ligne.' du sud; E n un '":'l~nt, pomils de sécurité avaient por!Rilement fon.<t!onné.
la slolion de Clay et une inslaii31IOD sur la nvoère Les pannes avaient été immédiatement localtsees, el
1 Salni-Lnurcnl élaient hors d'u"JUC· P uis tout le rapidement réparées. Ces m8t11C~ di~posili.Cs auraient
réseau CANUSE éclatait Cil quatre frnctlons. limité à un tTi:S petjt sccLc\lr t'n1•rè1 de courant du
A co jour, vingt-neuf installalions ét~lent. ~elites 9 novembre sïl avait él~ 1111iquement d(l à une
nu réseau. l'our quelquzs-unes, les d•>pmttof~ de !Urchnrge accidentelle au reluis d' Adam 'Beek nu-
sécu rilé automatiques firent ·leur office, uu les lllg~­ méro 2.
nicurs ùc gunle ovrirent rapidemenl les disjoncteurs. 11 n'y av:ùl qu'une rxplicntion possible: l'inter-
Ailleurs, l'énorme surcbarge s'établit trop vite. \'CDiion d'une force élcctm mar.nétiquc capable de
Nul, jamais. en aucun réseau, n'avail vu tel chaos. produire ~ubitcmenl une surchatge pour laquelle
En di''" " po:n:s, le courant ~ïnver<a. JI fallut cou- les dispositifs de sécurité n'avaient pas été calculés.
p~r les générotriec< il va~ur. Des geysers se for- Le harcèlement de la pre<<c sur le thème des
maient aux soupapes de sureté des chaudoères, tan- tJF01 préoccupait sérieusement l'état-major des
dis que pompes, compresseurs d'oir, tombaient en Force\ aériennes quand lu i pnrvint pur la Conunis-
boUe. I..os inSI~IIation~ Jlrivées d'6quipcment de for- sionsion Fédérale de I'Enersie l'informa1ion concer-
lune ne purent fonctionner pcncJunL pluslcui'S heure.s. nant Adam Beek. ' .
El. dans cel enfer, les malheureux opérateurs étaîent Le message offi~icl du, Canada à la :FPC donnait
harcelés des plaintes et réclnmations incesl\.antcs lou< les détails que 1\0I\S retrouvons au compte
des seclcurs !)longés dans la nuit. rendu de l'ower. Cela parut représenter un grave
Le tableau de la revue Pow~r est pour l'essen- péril pour l'état-major, en co que la ·porte était
tiel confo rme à la vérité. Mais certaines infonnations ouverte à toutes sortes de spéculations sur l'exu aor- i
manquent. JI n'est pas fait m entioo de l'invulnéra- dmaire et inexplicable !'ttrcharge. Pour s'en sortir,
bilité tMI vantée du système. Pqw~r évite de parlçr il inventa l'histoire du relais brisé. C'étail laire
des dispositifs de sécurité. et ~a curi05ité ne va pas porter au Canada la responubilit6 d'une grave négli-
julqu'[t poser la grande question : Quelle était la ccncc. On peul donc pcn<cr que le Premier se laissa
cause du hlnck nut? convaincre de la nécessité de cacher la v~rité • dans
Selon lu revue. il n'y a PliS d'intervention exté- l' intérêt commun de.s deux pays • ·
rieure. 1...o désastre ti re ·son origino elu • simple Cette version ne fai~:tit gu~re l'affaire des .chefs
relai~ • ~:mté à A dam Beek numéro 2 . incident de <ervices pu blics aux Etai;-Unis.
IJano.l. :-.uivi de 4 d6 :cloppcmcnl1' imrrévus. :. . Et Quoique n'ayan l en définitive rien à se reprocher,
c'e<t ln même Power qui nous affinne que • ln charge ils étudièrent les moyens de rt nlorcer les dispositifs
de licne é lail très en dessous des maxima • . et pré- de sécurité du réseau pour le cas où un tel accident
cise plus loin que • 1out le r~<cau s"e•t rlésinlégré sc renouvd lcraiL Et de leur côtf, l' Aviation Civile
224 225
Fédérale, les . usines, hôpitaux, centres d'affaires, certains secte ors du Wyoming, de I'Utnl1, · du Ne·'
immeubles l)ublic.\ et privés mirent rapidement sur bmsklr, du Colorado. La fréquence de ces incidents
pied de.\' plnns d'équipements de secours avec géné· suit ! peu près celle des obser,ateurs d'UFOs, en
ratricc;s dicM:I ou moteurs ù essence. L'attention se croissance trl.-s nene au cours de rann~e. Mais on
porta très spécialement sur t'nlimcntation des ascen· ne peut parler de coïncidence que sur l'ensemble,
seurs oil $'étaient trouvées bloquées des mill.iers de pas sur des cas 11articuliers. Id , 'les preuves d' une
pcrsonoos. corrélation manquent. Mais l'abondance des échos
Le relief donn6 ~ l'annonce de ces améliorations mettra mal à l'aise la censure.
fit passer au second plan les spéculations sur les Il apparaissait maiotenant_claireme~l que la Com·
UFOs. Mais l'occolmic fut de courte durée. Bientôt mission Fédérale de I'Energ•e calqurut son compor-
de nouveaux black out étaient signalés ... tement en la matière ~ur celui des Forces aérieones.
26 novembre 1965. Dans Jo nuit. cxtin<.1ion des Cela mc fut d'ailleurs confirmé par le docteur
lumières. panoe génërale de courant en deux sec· James McDonald, lequel avait pc,..onnellement
teurs de Saint-Paul, au Minnesota. étudié de près le blark out du 11ord-est. Sn réputation
2 décembre. l'anne dans le Texas, le Nquveau· de grand savant lui uvail valu de ·pouvoir s'entretenir
Mexique et Je Mexique. avec d es membres de la Commission. '
5 décembre. Panne dans le Texas oriental. Quand fut annoncée J'ét~de de l'un.iversité du
Le nombre total des ruptures de cournot du mois Colorado, le black out disparut des conversations.
de décembre excédait nettement les normes aùmiscs. Mais qu~Jques membres du Congr~s réclamaieot
En cc même mois de. d~cembre tm surcroît de loujour~ une enquête. Parmi eux, William D. Ryan.
défaill ances de la di>tribution électrique lut noté en Au cours des audiences du Congr~ en 1968, il
d'autres pays. Panne à Zwolle, co Hollande. Panne de\•ait mettre le docteur McDona!d sur la qoestion
e~ Arabie Saoudite. {.e .26 dêoernbre, panne à Il el- d'une action électromagn~tique des UFOs ct de
sin ki, et en trois ~utrcs villes de· Finla~de. ;l.A •mème l'éventunllté d'une telle illtervention dans J~ grand
jour, panne · partielle à Buenos Aires lmmobilisqnt black om du !lord·est.
les rame, sur cinq lignes souterraineJ. Encore des Dans sa réponse, Je docteur McDonald insistait
milliers de personne• bloquées daos les ascenseurs. sur la gravité du problème. JI y avait déjà eu trop
Extinction d; s lumières dan• tous les granits buil· de black out provoqués par ces engins pour qu'on
dings. Ajoutant ~ la tensiou, toutes ,communications affectât l'ignorance. Et il mit en cause la Commis·
coupées. laissant des milJioos de pe rsonnes à l'an· sion Fédérale de I'I!nergie pour avoir éludé ·les
goisse de l'interminable attente. Le lendemain, un itranges coincidences relevées ·enlre les passages
reporter rap()CIIera le grand black out du nord-est d'UFOs cl lM brusques ruptures de courant. S'adres·
américain. Il év.o11uera )a possibilité d'une action ~ant aux mcn1bres du comit6 du congrès, il affirma :
des uros. Sans preuve, mHiS au fur et à mesure que • La FPC a des dizaines de rapports pour cette
se multiplient les incidents du genre, on parle de mémorable nuit de novembre 65. Les tén~es cou·
plus en plus ouvertement des UFOs. vraient encore la 1one que les rapports affluaient de
1\ous sommes en 1966; el les black out inexpli· toute la Nouvelle-Angleterre. •
qués continpent il défrayer ln chronique, en ltnlic, Puis, McDonald revenait sur le fait que le relais
au l'érou, en Angleterre et enc.o rc che~ nous, en d'Adam Beek avait fonctionné normalement sur

226 227
Mais que faire? Tôt ou tard, le SECRET ne tien-
une surchng~ a\}ormàle ... Il était difficile de ne pas dra plus. L'initiation du public serait encore pré-
faire le rnppiochement avec la présence d'un UFO férable à la manifestation subite, brutale, massive
exactetnent au-dessus de la sous-station de Clay. de la réalité. Le peuple américain a bien supporté
au eours de son histoire ·les crises nationale~. Selon
Depuis les audiences œ 1968 au Congrès, 'Ryan toute probabilité, il supporterait tont aussi bien la
ct quelques autres rcpr~scntan';S ont tenté ~·arracher révélation, présentée comme uno épreuve, de la réa-
l'ouverture d'une enquête. Mrus des presstons à un lité des UFOs. li y avait au début une atmosphère
très haut niveau ont permis de déjouer toute' leurs d'alerte, quelques jours pénibles: mais la grande
tentative.,, majorit~ des Américain~ sauraient se garder de toute
En tout programme de ptéparatioo du publio; panique pour peu que la •·érité ~ui fût intégralement
devrait fillurer un exposé des preuves de l'interven- dite, que l'étal-major des Forces aériennes dise les
tion des UfOs dans le grand black Ollt du 9 1\0· raisons do la longue surveillance exercée pnr les
vembre 1965. Les démentis précédents rendraient étrangers de l'Espace.
la chose difficile. Et rn\'CU de notre ig)lornoee des Mais ces raisons, l'état-major ne peut 1., dire.
buts poursuivis par tes visiteurs ln rendrait 'fllus dif- Simplentent paree qu'il les ig)lore. Des années d'ana-
ficile encore. Alors on continue & cacher la vérité. lyse ne les lui ont pas révélé<:$.
La détermination des censeurs est fondée sur le•trs Nnus les saurions probablement, si toute com-
incertitudes. munication n'avait été bloquée. Comme l'avait fait
Vue et re•11e vérifiée sous toutes les angles, notre le général MacArthur, le ·lieutenant-général lames
documentation ' ne recèle rien de si horrible, de si M. Ga,in a lancé une mise en garde publique. Je
menaçant qu'il faille s'atte~dre à ce qu~ sa div~­ cite :
gation provoque une pantque démenllelle. Mats • n est possible quo nnus nous trouvions un jour
quand •èroit exclue celle crainte, il rc~tc as~cz,. d.c devant des êtres qui en veuillent 1\ l'existence même
problèm~s à résoudre dans la perspecttve de !tm· de la Terre. •
tiation des millions de citoyens. Plusieur.< s.waots réputés se trouvent d'accord
Comme .. d'autres invc•tigateuu
• •
penchés depuis
•1 • •
avec les généraux <ur ee point : prendre contact
tant d'annees sur les lemotgnalles, 1 at progt·esstve- avec les visiteurs d'autres mondes serait aller au-
ment appris ce que pouvaient être certa!nes devant d'un désastre. Dans ce groupe, nous retrou·
ré3ctions. Je tes ai détectées à travers des centnmes vons quaue sommités du monde scientifique: le
de rapports de rencontres sans menaces rtl dom- docteur Albert Hibl" du Laboratoire de Propulsion
mages. Maintenant, je les perçois dans un ensCll!lble. de Caltech's Jet, le docteur Otto Struve, ancien
ct je crnis mietiX comprendre ce qui inquète tant directeur du projet Otmn, le docteur Thomas Oold,
les censeurs. professeur d'astronomie io l'université Coroell, et le
le long camouflage Mbouchc sur la pcrstnctivc docteur Carl Sagan, conseiller occasionnel de la
d'un s<'rielll: choc en retour. Les aveux tardifs de NASA. le rapporl de l'Institution Brookings, 6ta-
l'~tat-majnr pourraient ruiner la confiance du public bli pour la NASA, déconseillait également tout
en lui. Le cumul des risques parait ·~i formidable au essai de prise de contact. A son exposé sur l'impact
OJA et il·l'USAF qu'ils estiment aet11ellement hn1)()S- de l'Age de l'Espaoo, le rédacteur avait ajouté ce
sihle de préparer lo public.
229
228
1 bref rappel d'histoire : • Les soc,iétés trop s,Ores sans doute baucoup d'impressions à corriger, d'idées
d'elles se sont désintégrées au contact do socoétés à réformer.
supérieures, Tel fut le sort des rndiens d'Jl,m<Îrique, • Nous pourrons aussi tenter d~ nous préparer aux
Des années sc so,n l é<:oulées depuis la présen- événements que l'on pourrait raisonnablement pré-
tation de ce rapport, Et, d'année en année, devient voir.
plus vitale la néeessit6 d 'apprendre tout ce que nous Nous allons maintenant procéder à un tour
1 pouvons ~ur la surycillance exercée par les IJ FOs, d'horizon rapide au cours duquel les spécialistes
sans négliger la perspective d' une invasion, . nous exposeront leurs opinions sur. les pr~blèm~s
La censure de fait s'exe rce toujours sur la rad•o de la vie en d'autres mondes. Un débat à 1 Acade-
et la t~JévisK>n. Mais il eJtiste un autre moyen de mie des Forœs a6rieones nous (era connaiue une
percer ce mystère des intentions. Il faut un p)an el curieuse hypothèse sur les visiteurs de J'Espace,
la collaboration à ce plan de linguistes, anthropo- étayée de faits d 'un grand intérêt. E t nous ferons
i
1 logues, , pédagogues, psychologues, spécialistes odes
communications, ct autre.• experts. Un tel plan peut
un tour parmi les comcurs d'aùmirablcs cl bi~arres
histoires de rencontres avec des hommes - ct des
~Ire imaginé qui (asse faire l'économie de dange- femmes - de l'Espace... Promenade utile pour
reuses transmissions par radio ou télévision. Nous apprendre à démêl~r la vêrit6 do;s affa~~ations.
pourrions uinsi obtenir des informations détoillé~s Quoique aucune unage aut•hentoque n cxoste encore
sur les êtres qui ·mauœuvrent les UFOs, sans avolf d'un do ces étrangers, nous apprendrons, avec l'aide
à · prendre dos comportements hostiles cl san• courir des spécialistes, à les imaginer.
le risque de manifestations agressives de leur part. A moins de nouveau et radical changement dans
Aucune publicité ne devrait être faite autour de ce leur comportement, nous devrons sans doute atten-
plan, n faut éviter les interceptions, toujours pO$- dre notre op6ration spéciale pour les connaître.
siblcs è[ M11ér~irices 'de malentendus. Mais, du moins, ce tour d'horizon pourra être de
' Ob~è;vcr 1es visiteurs smis qu'ils 1~: saphent. quelq11c utilité au ens oil les inconnus débarque-
Nous devons sa,·oir d'urgence à quoi ils rc.o•~cm­ raient ~u r notre planète.
blent. Sont-ils semblables aux Terriens? Viennent-
ils d'une de ces nombreuses planètes, où selon .cer-
tains savants, les conditions de vie sont identiques
à celles de la Terre? Ou bien sont-ils si di!>lem-
blables que tout contact avec eux ne puisse engen-
drer que peur ct répulsion de part et d'autre et
rendre vaine toute tcntati9e d'accommodement?
L'opération que nous préconisons er ex1>0serons
eu détail \ise à révéler les raisons de la longue sur-
veillance, cl nous renseigner sur les penpectivcs de
débarquement et leurs suites éventuelles. Jllous
pourrons connaître ln vérité sur les black 0111. les
suites tragiques de la cha•~e à l' VFO, les dommages
subis et autres faits extraordiuah-cs. Nous aurons

2.30
1 bref rappel d'histoire : • Les soc,iétés trop s,Ores sans doute baucoup d'impressions à corriger, d'idées
d'elles se sont désintégrées au contact do socoétés à réformer.
supérieures, Tel fut le sort des rndiens d'Jl,m<Îrique, • Nous pourrons aussi tenter d~ nous préparer aux
Des années sc so,n l é<:oulées depuis la présen- événements que l'on pourrait raisonnablement pré-
tation de ce rapport, Et, d'année en année, devient voir.
plus vitale la néeessit6 d 'apprendre tout ce que nous Nous allons maintenant procéder à un tour
1 pouvons ~ur la surycillance exercée par les IJ FOs, d'horizon rapide au cours duquel les spécialistes
sans négliger la perspective d' une invasion, . nous exposeront leurs opinions sur. les pr~blèm~s
La censure de fait s'exe rce toujours sur la rad•o de la vie en d'autres mondes. Un débat à 1 Acade-
et la t~JévisK>n. Mais il eJtiste un autre moyen de mie des Forœs a6rieones nous (era connaiue une
percer ce mystère des intentions. Il faut un p)an el curieuse hypothèse sur les visiteurs de J'Espace,
la collaboration à ce plan de linguistes, anthropo- étayée de faits d 'un grand intérêt. E t nous ferons
i
1 logues, , pédagogues, psychologues, spécialistes odes
communications, ct autre.• experts. Un tel plan peut
un tour parmi les comcurs d'aùmirablcs cl bi~arres
histoires de rencontres avec des hommes - ct des
~Ire imaginé qui (asse faire l'économie de dange- femmes - de l'Espace... Promenade utile pour
reuses transmissions par radio ou télévision. Nous apprendre à démêl~r la vêrit6 do;s affa~~ations.
pourrions uinsi obtenir des informations détoillé~s Quoique aucune unage aut•hentoque n cxoste encore
sur les êtres qui ·mauœuvrent les UFOs, sans avolf d'un do ces étrangers, nous apprendrons, avec l'aide
à · prendre dos comportements hostiles cl san• courir des spécialistes, à les imaginer.
le risque de manifestations agressives de leur part. A moins de nouveau et radical changement dans
Aucune publicité ne devrait être faite autour de ce leur comportement, nous devrons sans doute atten-
plan, n faut éviter les interceptions, toujours pO$- dre notre op6ration spéciale pour les connaître.
siblcs è[ M11ér~irices 'de malentendus. Mais, du moins, ce tour d'horizon pourra être de
' Ob~è;vcr 1es visiteurs smis qu'ils 1~: saphent. quelq11c utilité au ens oil les inconnus débarque-
Nous devons sa,·oir d'urgence à quoi ils rc.o•~cm­ raient ~u r notre planète.
blent. Sont-ils semblables aux Terriens? Viennent-
ils d'une de ces nombreuses planètes, où selon .cer-
tains savants, les conditions de vie sont identiques
à celles de la Terre? Ou bien sont-ils si di!>lem-
blables que tout contact avec eux ne puisse engen-
drer que peur ct répulsion de part et d'autre et
rendre vaine toute tcntati9e d'accommodement?
L'opération que nous préconisons er ex1>0serons
eu détail \ise à révéler les raisons de la longue sur-
veillance, cl nous renseigner sur les penpectivcs de
débarquement et leurs suites éventuelles. Jllous
pourrons connaître ln vérité sur les black 0111. les
suites tragiques de la cha•~e à l' VFO, les dommages
subis et autres faits extraordiuah-cs. Nous aurons

2.30
NASA, rndari~tcs des aéroports reconnaissent u.nn-
oimemcnt la précision des manœuvres de ces cngm•,
parfois à des vitesses très élevées.
L'une des démonstrations les plus édatantes de
cette habileté technique a été donnée lors d'une
rencontre sur Jo golfe du Mexique, dont nous avons
déjà cu l'occasion de parler. Selon un r3pport ofli~iel
CHAPITRE XIII des Forces -aériennes, trois groupes d'UFOs avruent
é~ aperçus par l'équipage d'un bombardier B 29
LES ETRES DB L'ESPACE au cours d'un vol de nuit pour exercice au-des•us
du golfe.
Les deux premiers groupes. vus par plusieurs mem-
bres de l'équipage, passèrent tel l'klair. Les trois
« } L y a au moins cent millions de plan~tes b abi- radars de bord indiquilrcnt une vitesse cje 8 440
t~es. Sur un grand nombre d'entre cllcij, nous ·devons km/h. Le ll'oisi~me jlrOUJlC prit instantanément la
nous attendre à trouver des êtres incomparablement vitesse du B 29 pour le suivre pendant dix secondes.
supérieurs à nous. • Tout ~ coup apparut sur les écrans radar un vais-
seau •patial géant. C'était de toute évidence un trans-
Quand le docteur Harlow Shapley, ancien direc- port venu au rendez-vous. Les UFO's qui avaient
teur de l'Observatoire de Hnl'vard fit cette déclarn- suivi le bombardier foncèrent vers lui, nocél61'ant
tion, ce fut de la stupeur chez la plupart de ses collè- jusqu'à atteindre sa \Ît"''SC. Suivies au radar, leurs
gues comme dans le public. traces so fondirent dans celles du grand vaisseau
Depuis, de nombreux astronomes réputés ont qui, un instant plus tard, prenait une vitesse de
d6pass~ de loin l'appréciation présentée comme mini- 4 500 km/h ct. bientôt, disparaissait de l'éemn
male par le savant d'Harvard. Le docteur Otto radar.
Struve pense que notre seule galaxie peut contenir us UFOs avaicnt é~ repris à une vitesse 5upé-
un milliard de planètes habitées. D'autres savants. rieurc à 8 000 km/h. Une telle opération dénotait
également nombrcu~. S<l rallient à une autre hypo- "une précision extraordinaire ct de parfaits synch.ro·
thèse du docteur Shapley ct de son équipe de cher· nismo~. Il est bors de doute que les commandes
cheurs. Ces êtres d'autres mondes S<lraieot ù diviser étaient automatiques, mals la mise au point ct le
en trois catégories. La première, celle des mondes contrôle d'un équipement ~videmment très complexe
a)•ant bénéficié d'une plus longue période de déve· supposaient un haut degré d'intelligence et de
loppement que le nôtre, connaitrait une civilisation technicité.
beaucoup plus ~vancée que la terrienne. La •econde Dans le rapport qui me fut remis avant toute inter-
serait de niveau comparable au nôtre. La troisi~mc vention du CIA, tes Forces aériennes confirmuient
serait en retard sur nous. tous ces détails et admettaient qu'aucune explicatio•t
Les opératloJlS UFOs attesteraient l'a ppartenance ne pouvait êtro tirée des techniques usuelles.
de leu~ créateurs ct opérateurs au premier groupe. La construction et la mise en œuvt'C des UFOs et
Pilote$ militaires ct commerciaux, contrôleurs de la en p3rticulier du \'aisseau-rohe géant attestent chez

232 233
terrain était superficiellement brûlé su.r un cercle
leurs Cl>nstructcurs ct êquipages une avan•c >ur nou~ de si)( mètres do diamètre. L'officier admettait aussi
de plusieurs siècles. Le gJlniol spécinUste de l'aéro- que les témoins avaient été surpris et etl'rayés par
spatiale William Lear nprès avoir observé \ln U:FO ces doux silhouettes mouvântes aux gestes d'auto-
de son avion directorial, parlait de millénaires mate$.
d'a\ ance. Le document de la RM'D sur les UFOs Ces descripiioœ de créature& mécaniques reve-
admet que de telles civilisations ont du fait de naient da113 piWIÎcurs rapports. n s'y mêlait sans
leur ancienne!~ une avance extraordinaire. L'USAF doute beaucoup de simples faroes, mais pas SSSC'L
elle-même admet la théorie ;elon laquelle le Terrien pour que l'on pOt écm1er sans autre forme de pr~ès
c~t à un stndo moyen de développement et cér- l>~ possibilité de robots venus sur terre. Sous peu, la
taines race; sp:lliales lui sont tecbnique•ne•lt très NASA disposera de wbots d'exploration perfec-
supérieures (extrait d' une communication d'état- tionnés. n est difficile d'admctue que ce qui nous
major du 27 avril 1949}. sera bientôt possible ne le serait pas 11 un monde
Mais quant à l'apparence des vbitcurs, l'accor<l plus évolué.
se fait rarement La controverse s'agrémente de Cependant une autre pos.~ibilité est à cnvl$agcr,
dessins humoristiques représentant d'étronges créa- plus troublante encore. Ce qt•e les têmoin; auraient
tures et s'alimente d'articles et commentaires radio vu pourrait être des exemplaires a•une esp~ce spa-
' .
sur de prC1cndus • contacts • plus ou mo10s extra- tiale relie que le formidable c Cyborg •, cybernetic
vagants. Ln plupart de$ bistoÏie$ sur les passagers organism mis à J'étude sous contrat NASA en \'tiC de
des UFOs sont autant de mauvaises plaisanteries. voyages spatiaux au long cours. Sous l'action de
Mnis il y a tout de même un petit nombre do rapports « modificateurs men laux> chimiques et avec l'in-
venus de citoyens de bonne réputation, et que les tervention d'une ch irurgie· appropriée, certains OSfro-
enquêteurs n'ont pas rejetés a pricri, sans cependant nnutcs de r ..vcnir ser~ient transformés 'e n semi-
leur attribuer valeur probatoire. robots. les organismes ~méliques, ·· Cyborg •· A
Le 24 mai 1962, le gouven1ement argentin commu- ce plan fantastique s'opposent énergiquement quel-
niquait officiellement qu'un UFO avait atterri à La qu~-s , ~avants el 11\édeqns, · tel lo ~pcteur T<;>bY
Pampa. La nouvelle venait à la suite de centaines Frccdmnn de la North {llnerican A vialtçm. ,
d' observations dans cinq provinces, observations cau- • Ce tt:ii\Cmoot chirurglcol,' dit le docteur, pro-
tionnées par les administrations et polices locales. duiniit un être monstrueu.~ dont le système physio-
Pour ce qui concernerait celle de La Pampa, le logique serait P"rtiellement remplac~ pot un système
communiqué de la radio du gDU\'emcment préci$ait électronique, dont la bouche serait scellée, les pou-
que des témoins dignes de foi avaient vu un grand mons atrophiés, les excrétions recyclées à l'intérieur
disque se poser près d'une ferme. Deux silhouettes en de st>n corps, les nerfs partiellement sectionnés,
avutenl émergé, apparemment des robots. Cependant l'émotivité détruite. Le changement sernît si extra-
après avoir fait quelques pas, et comme s'ils se ren- ordinaire que jamais uo tel être ne pou.rrait se réin-
daient compte d'étre obserns, les robots s'étai~-nt tégrer dans la race hwnaine. •
repliés rapidement vers leur engin qui avait aussitôt Ces astronautes do type circuit fermé lieraient des
décollé et rapidement disparu. hybrides de l'homme et do la machine. A la place
Après cnquétc, u.n officier ùcs Forces aériennes de leurs cœ\'rs ct d'a1.1tres organes, seraient placées
argentines confirmait J' allcrrissage d'un UFO. Le
235
234
des machines pcrfectionn~. Us n'au~icnt plu~ aon imagination féconde, un sommet dans I'Univen ,
bl:!l<'lin ni de nourriture ni d'cau, des producteurs Beaucoup de gcll5, dont certains SO\'ants rcspect~s
d'énergie leur seraient incorporés. Eventuellement on rép~tent gue les étrangers n'approehcrom jamais de
procéderait au rcm~laccme~t de leu!'S cervea~~'· . cc haut degré de développement. Le regretteS docteur
C>•borg, le seml· rllbOt macccsStble à 1cmOlton, Willy Ley, dont les écri ts sur le thème de l'Espace
serait utilisé pour les longs voyage~ auxquels , ne ont connu un grnnd succès, lt\'ait soulevé une petite
pou rraient résister des astronautc~ no~maux. ]1 n est tempête en déclarant publiquement quo les hommes
pas douteux que cela puisse être fatt un JOUI - de l'Espace ne de,•aient pas être trè$ dilf~rents de
par nous ~u par une autre race plan~aire. Tl est ceux de la maison d'en face.
même tout à fait possible que. t.-s ct;angers de Les savants rejetaient alors, presque unanimement,
!'.Espace aie11t dép~ssé Cyborg, mtS nu poJRt ~uelq~•c l' idée que les explorateurs spatiaux pussent être tous
horreur bio-mécanique beaucoup plus perfect1onnce. des humanoldes. Mais depuis mtgmente chaque jour
Si de tel~ semi-robots venaient sur Terre, l'alarme se le nombre de ceux qui croient que sur les mijlioos de
doublerait d'une méprise possible sur la :éritable planètes habitées vivent <ks hommes semblables à
nature de leurs mandataires, lesquels pourr:uent fort nous avec qui une rencontre serait possible. D'autres
hien êrre de• humanoïdes. Imagine-t-on l'effet ~ur savants, pourtant, apr~~ étude du problème de la vie
des hommes d'une autre planète de l'apparition de extra-terrestre, oc voient pas beaucoup de chances
nos Cyborgs? , . de telles rencontres. .
l' A Cyborg, le docteur Freedmnn ct son eqUipe. vou·
draient opposer • Optima11 » un surhomme mJS au
Un homme peut faire autorité en ln matière, le
professeur Zdenek Kopal. Né en Tchécoslovaquie,
point par surcxcitntion des f~nctions. d'un homme devenu citoyen américain, le professeur a travaillé
normal. le docteur F recdman s·en explique : . comme associé aux re<:bercbes de l'université H arvard
" Optiman aurait une apparence normale. Mat~ de 1940 à , 1946, puis professeur adjoint à l'Institut
il supporterait le rationnement d'o~yt,ène d'un Sherpa de Technologie du M•ssru:bussetts de 1947 à 1951,
Himalayen, aurait acquis la resistat.'ce au feu, d' un enfin profes$<)ur d'astronon;tic à l'uni~~rsi~ d~ Mnn-
fa kir la sobriété d' un ermite. Il uurutt Ill force d Her· chcslc!r cn Angleterre. Au cours de~ qix dernières
cule,' courrait le mille en trois mioutes, résoudrait ann~es, il a, comme membre de la Commission Lune-
mentalement n'importe quel problème. • P lanètes du Burenu National de l'Espace aux ;Etals·
Moins effrayant que Cyborg, Optiman n'en don· t:nis, joué un grand rôl(} daos les préparations d'atter-
ncrait pas moins une fausse image de notre huma· rissages sut la Lune.
ni té. Le doetèur Kopol, en complet accord avec
Cenains no sentent pas le besoin de Cyborgs 0\1 Shapley, Melvin Calvin et d'autres SAVAnts connus,
tl'Oplimans es timant que l'homme est un sommet crOJt qu'il existe l i ll grand nombre de planètes habi-
dans l'évol~tion ou croyant que, créé à l'image de tées. Dans un livre réce11t, Matt cmd His U11iverse ' ,
Oieu il est bien lo cher-d'œuvre de la Création. il expose cette tMsc er évoque les fascinantes pers-
L'H~mo Sapit:ll$ est pour eux, avec sa silhouette ver- pectives des explorations spatiales. Il donne ttpen·
ticale, ses dewc bras, ses deux jambes, sa vision bino- <bnt les raisons qui pourraient emp&her toute
culaire, son entendement bi-auriculaire, son agili16
digilak, sans parler de son esprit curieux el de 1. I:HomJOO et •on lJnlvcrs.

236 23 7
rapport UFO. Immédiatement avant ~c black our,
bout de deux jours, il déclarai! sombrement : • Il •• disait-il, un piluLe avait vu un objet rond, incan-
peut que l'on ne trouve jamais d'explication au descent, près des installati<HJS de N iagara Palis.
black out du uord-<SI. ct nou~ ne pouvons ub•olu- L'As><x:iared Prc:;s s'empara do l'histoire qui d6boula
meot •pas garantir qu'il ne se renouvellera pu.> aussitôt sur de nombreux journaux.
L' allaire élait grave pour les diri~ants des com- Le lendemain matin, 15 novembre, le Jmmuû
pagnie•. Au lemps où le nou\'cau r6s~au force élait American de New York publiait leut un long article
en projet, l'on avait vanté ses méntes, toni nux sur le rapport do Syracuse.
consommaleurs qu'aux scfviccs publics ... Les inter- E l ,oudaiu, toute cotte éffervcscencc tnmbn. Un
COI)Jleclions entre stations d'énergie permetlrnicnt de .l!ash tombait de Washington. ·La FPC annonçait
régulari~r le débit... La Commis~ion Fédérale de que le grand m}'Uère était rillotu : un relais brisé
l'Energie et la commission inl~ressée du Congrès dans une <tatioo force canadienne.. .
avaient' roçu l'assurance que les innombrables dis- Un milliard de dollars, des centaines de dispositifs
posicirs automatiques de sécurité empêcheraient ces de sécul'ité, au dire même de la FPC ... le colosse
eiTels de réaction en chaine qui provoquaient anté- technique avait été mis kno,·k 0111 par un simple coup
rieurement les ruptures de proche en proche ... tt à un rclni! ... Si cela n'avait été dil plus tôt, c'est que
e"étail 10u1 le réseau qui s'étuit lrou,~é en panne. A l'avarie s'était produite aux in<lallalions d'Adam
l'échéance des prnmes<es, les compngnies ne rcclleil- J3eck, dans I'Ontnrio, point assez excentrique pour
leraient que déceptio•l, suspici(Jn, peut-êt•·e mise au qu'url cC.t négl ig~ pendant cinq jours d'y enquêter...
pilori. C'était incroyable.
La FPC n' élait pas moins ennuyée. Elle avait tout C,écail, aussi, faux.
vérifié, plans d"onstallalion, équipements, et s'était Le relais d'Adan• Bec.k'étail intocl. JI •'était ouvert
pot1ée garante auprl:s de la Maison Blanche et du par suito d'une subite suYi\liO\lSit6. La ·pieuvc de son
1
Capitole de l'efficacit~ du système de protootion. f'6ncli<111nemerit eonect dc\.aii Ctre a.p pb/;lée pAr· la
Maintenant elle rbquuit une mise en cau~c pour publication techrliquo Polvtr, ' publication ayan\ des
impéritie ou négligence. liens étroits avec Je. services publics. L'article était
Pour la FPC, l'insislance mise pnr certains édito- du rédacteur en che! et fai~uit suite à une sérieuse
rialisles à imputer le grand black out aux UFOs enquête de la revue. Je possède encore copie -du
n'arrangcoit rien. L'un des commentateurs citait le rapporl de ladite enquête.
diagnostic d'un expert canadien: c dépression ner- H donne de l'événement un impressionnant ta-
veuse atteignant le cerveau électronique de l'immense bleau :
réseau •· Le 9 novembre, en fin d'après-ntidi, Adom Bock
Le 14 novembre. le premier Canadien informait numérn 2 fonction nait normalement. Ses générateurs,
la FPC qu' il envisageait de sc retirer de la CANUSE, par cinq lignes, alimentaient T01·on(o. La charge
la Canallian-United Sttlles Eastcm, interconnection étail très en dessous des maximn. Cependant, comme
Canada - •Etats-Uni~ de l'est, son pays devan t se sous l'effet d 'une •urcharge, un relais vint à sauler.
prémunir contre les défaillances du "}'Sièmc énergé- L'une cles éinq lignes sc trouvait coup6e.
tique américain. En <oi, cela n'annonçait qu'une op6ration de
Ce même jour, le commentateur de ln NBC. routine. En fair. le cauchemar commençait.
Frank McGec divulguait à la radio un nouveau
223
222
Tout le réseau CatUlda-Erau·UI!is al/ail re désifl- en quatre secondes • · Si cela .!tait vrai, il faudrait
tigru en exactement QIIUIYt secondes. <Onclurc que tolll le S}m' mP n'cirait que catastro-
phique ncroquerie.
Presque sur-le-champ, le~ autres lign.es de Toronto L-e réseau fonctionnait depuis un certain temps.
éwient coupées à leur lOU l', Conmte s'_il n'y ava1t cu Au cours des précédentes nnntes, il y avait eu des
auc 1u1 dispo,itil de sécul'i lé, une terrrble su~charge black ow. Conformément uux prévisions, les dis-
sc I'OI>OI'tait sur ·les ligne< du sud. Bn un lliStant, positif> de sécurilé avalent pno,faitemCIJl fonctionné.
la stnlion de Clay ct une installation su1: la rivière Les panne> avaient été Jmmédiatemeot localis6es, ct
Saint•LIUrent étaient h<>r~ d'usage. Put~ wut le rapidement réparées. Cc• mémes dispositifs auraient
ré•cau Ci\NUSB éclatait. en qu~tre ~ra~uoos. . es limite! à un très petit secteur l'arrèt de couranl du
11 ce jour, vingt-oeuf tnstallahons et:ucnt. ~ehé 9 novembre sïl avai1 été uniquement dû à une
011 réseau. Pour quelques-unes, les dospo<otif~ ~e surcharge accidentelle au rèlais d' Adam Dcclc nu-
sécurité automatiques firent leur office, ~~~.les •n&e· méro 2.
nicurn cie garde ovrirent o ~pidement.les d•SJO~Cteurs. Il n'y avait qu'une C>JlliCnlion pos•ible : J'iotel'-
Ailleurn, l'énorme surchnrge s'établit trop vot~. venlion d'une force ~lcctromagnO:tiquc c"pablc do
Nu l, jn n1ais, en macuu réscn~.~ n'avait vu tel chaos. produire subitement 11110 surcharge pour luqucllc
l!n cl! vers poinls, le cournot s mversa. JI fallut cou- les dispositifs de s.!curité n'avaient pas été calculés.
per les génératrice< i\ ,·apeur. Des geyse~s se for· Le harcèlement de ln pre~~c sur le thème des
maicnt aux soupapes de sûreté des cbaudoèrC:S, tan- UFO:< préoccupait sO:ricu•ement J'état-major des
di< que pompes, compteS$eur. d'air! tombaocnt en Fort-cs aériennes quand lui parvint par la Commis.
botte. Les installations privée• d'équopernent de for- ~ion<iOfl
FédO:rale de l13nergie llnforrnatiou con<-er-
tune ne pur~t fonclionncr pendant pl,usieu,... heu.res. naot Adam Beek.
lit , duns cet enfer, les malheureux opcrate.urs étao~nt Le message officiel du Canada à la FPC donnait
hHrcelés de.s plainlcs ct r~clamatoons onceS$1\nles totos les détails <jue MilS retrouvons. au compte
des t;CCfeurs plongé~ dnn~ la nuit. , rendu de Power. ,Cela prorut rcprésell[cr 1111 grave
Le tableau de la o~v~c T'ower est pour 1 essen- pél'il p<mr l'état-major, en ce que <la porte était
tiel con forme à la vérité. Mai~ certaines inf.ormati?ns ouverte à toutes sortes de spéculations sur l'cxtrl!Or-
manquent. Il n'est pas lait mention ~~. l'onvulncrn· ôinuire el inexplicable ~urcharge. Pour s'en sortir,
biïté tant vantée du sy<tème. Power e\1le de parler il inventa l'histoire du relais brisé. C'était raire
de~ di~positifs de séctorité. Et s~ curiosité ne "~ P~ porter au Canada la responsabilité d'une grave né&li-
ju~qu'll poser la grand~ quc<toon: Quelle étaot la gence. On peut donc penser que le Premier se laissa
cnusc du black our? convaincre de la nécessité de cacher la vérité • dans
Selon la revue. il n'y n pas d'intervention _exté- f'lnlérêl commun .:les deux pays>.
rieu re. Le désastre tire son origine du ~ so~1plc Celle version ne faisait s nère l'affaire des chefs
relais • sntoté à Adllm Beek num~ro 2. IIICICient de services publics aux Ewts-Unis.
t>anal. <uivi cie «développements lmpr~vu~ • · Et Quoique n'ayant en définitive rien à sc reprocher,
c'c•t ln mème Power qui nous :tffirme q~e • la charge ils étudièrent les moyens de renforcer les di>positifs
de ligne était très en des'IOo• <!os max,omn •· ~t P~ <le •écurité du réseau pour Je cas où un tel accident
cise plus loin que c tout le reseau s est désontc!gr~ sc rcnou•ellerait Et de leur côté, l'Aviation Civile
224 225
Ttmt le réseau Cmzada-lilats-Uuis allait se tlisin· en quatre secondes>. Si cela ~tait vrai, il faudrait
tégr~r t il exactement quatre stt.cmdes. conclur~ que lOtit le sy•t•me n'ttait que caul!tro-
pllique ncroquerie. . . . .i
Presque ~ur-le-champ. le< aulre~ lig~.es ~e Tor~olo Le réseau fooctionoa•t d.:puts un certam temps.
é1aient coup~cs à leur tour. Comme s _d n y 3\'aJI eu Au cours des précédentes années, ~~ .Y. avait eu d.cs
aucun dispositif de s6curil6, un e temble su~cbarge 11/a ck ottt. Conformément aux prcvt>oons, les d1s·
l
se rcporhtil sur 1« ligne.' du sud; E n un '":'l~nt, pomils de sécurité avaient por!Rilement fon.<t!onné.
la slolion de Clay et une inslaii31IOD sur la nvoère Les pannes avaient été immédiatement localtsees, el
1 Salni-Lnurcnl élaient hors d'u"JUC· P uis tout le rapidement réparées. Ces m8t11C~ di~posili.Cs auraient
réseau CANUSE éclatait Cil quatre frnctlons. limité à un tTi:S petjt sccLc\lr t'n1•rè1 de courant du
A co jour, vingt-neuf installalions ét~lent. ~elites 9 novembre sïl avait él~ 1111iquement d(l à une
nu réseau. l'our quelquzs-unes, les d•>pmttof~ de !Urchnrge accidentelle au reluis d' Adam 'Beek nu-
sécu rilé automatiques firent ·leur office, uu les lllg~­ méro 2.
nicurs ùc gunle ovrirent rapidemenl les disjoncteurs. 11 n'y av:ùl qu'une rxplicntion possible: l'inter-
Ailleurs, l'énorme surcbarge s'établit trop vite. \'CDiion d'une force élcctm mar.nétiquc capable de
Nul, jamais. en aucun réseau, n'avail vu tel chaos. produire ~ubitcmenl une surchatge pour laquelle
En di''" " po:n:s, le courant ~ïnver<a. JI fallut cou- les dispositifs de sécurité n'avaient pas été calculés.
p~r les générotriec< il va~ur. Des geysers se for- Le harcèlement de la pre<<c sur le thème des
maient aux soupapes de sureté des chaudoères, tan- tJF01 préoccupait sérieusement l'état-major des
dis que pompes, compresseurs d'oir, tombaient en Force\ aériennes quand lu i pnrvint pur la Conunis-
boUe. I..os inSI~IIation~ Jlrivées d'6quipcment de for- sionsion Fédérale de I'Enersie l'informa1ion concer-
lune ne purent fonctionner pcncJunL pluslcui'S heure.s. nant Adam Beek. ' .
El. dans cel enfer, les malheureux opérateurs étaîent Le message offi~icl du, Canada à la :FPC donnait
harcelés des plaintes et réclnmations incesl\.antcs lou< les détails que 1\0I\S retrouvons au compte
des seclcurs !)longés dans la nuit. rendu de l'ower. Cela parut représenter un grave
Le tableau de la revue Pow~r est pour l'essen- péril pour l'état-major, en co que la ·porte était
tiel confo rme à la vérité. Mais certaines infonnations ouverte à toutes sortes de spéculations sur l'exu aor- i
manquent. JI n'est pas fait m entioo de l'invulnéra- dmaire et inexplicable !'ttrcharge. Pour s'en sortir,
bilité tMI vantée du système. Pqw~r évite de parlçr il inventa l'histoire du relais brisé. C'étail laire
des dispositifs de sécurité. et ~a curi05ité ne va pas porter au Canada la responubilit6 d'une grave négli-
julqu'[t poser la grande question : Quelle était la ccncc. On peul donc pcn<cr que le Premier se laissa
cause du hlnck nut? convaincre de la nécessité de cacher la v~rité • dans
Selon lu revue. il n'y a PliS d'intervention exté- l' intérêt commun de.s deux pays • ·
rieure. 1...o désastre ti re ·son origino elu • simple Cette version ne fai~:tit gu~re l'affaire des .chefs
relai~ • ~:mté à A dam Beek numéro 2 . incident de <ervices pu blics aux Etai;-Unis.
IJano.l. :-.uivi de 4 d6 :cloppcmcnl1' imrrévus. :. . Et Quoique n'ayan l en définitive rien à se reprocher,
c'e<t ln même Power qui nous affinne que • ln charge ils étudièrent les moyens de rt nlorcer les dispositifs
de licne é lail très en dessous des maxima • . et pré- de sécurité du réseau pour le cas où un tel accident
cise plus loin que • 1out le r~<cau s"e•t rlésinlégré sc renouvd lcraiL Et de leur côtf, l' Aviation Civile
224 225
Fédérale, les . usines, hôpitaux, centres d'affaires, certains secte ors du Wyoming, de I'Utnl1, · du Ne·'
immeubles l)ublic.\ et privés mirent rapidement sur bmsklr, du Colorado. La fréquence de ces incidents
pied de.\' plnns d'équipements de secours avec géné· suit ! peu près celle des obser,ateurs d'UFOs, en
ratricc;s dicM:I ou moteurs ù essence. L'attention se croissance trl.-s nene au cours de rann~e. Mais on
porta très spécialement sur t'nlimcntation des ascen· ne peut parler de coïncidence que sur l'ensemble,
seurs oil $'étaient trouvées bloquées des mill.iers de pas sur des cas 11articuliers. Id , 'les preuves d' une
pcrsonoos. corrélation manquent. Mais l'abondance des échos
Le relief donn6 ~ l'annonce de ces améliorations mettra mal à l'aise la censure.
fit passer au second plan les spéculations sur les Il apparaissait maiotenant_claireme~l que la Com·
UFOs. Mais l'occolmic fut de courte durée. Bientôt mission Fédérale de I'Energ•e calqurut son compor-
de nouveaux black out étaient signalés ... tement en la matière ~ur celui des Forces aérieones.
26 novembre 1965. Dans Jo nuit. cxtin<.1ion des Cela mc fut d'ailleurs confirmé par le docteur
lumières. panoe génërale de courant en deux sec· James McDonald, lequel avait pc,..onnellement
teurs de Saint-Paul, au Minnesota. étudié de près le blark out du 11ord-est. Sn réputation
2 décembre. l'anne dans le Texas, le Nquveau· de grand savant lui uvail valu de ·pouvoir s'entretenir
Mexique et Je Mexique. avec d es membres de la Commission. '
5 décembre. Panne dans le Texas oriental. Quand fut annoncée J'ét~de de l'un.iversité du
Le nombre total des ruptures de cournot du mois Colorado, le black out disparut des conversations.
de décembre excédait nettement les normes aùmiscs. Mais qu~Jques membres du Congr~s réclamaieot
En cc même mois de. d~cembre tm surcroît de loujour~ une enquête. Parmi eux, William D. Ryan.
défaill ances de la di>tribution électrique lut noté en Au cours des audiences du Congr~ en 1968, il
d'autres pays. Panne à Zwolle, co Hollande. Panne de\•ait mettre le docteur McDona!d sur la qoestion
e~ Arabie Saoudite. {.e .26 dêoernbre, panne à Il el- d'une action électromagn~tique des UFOs ct de
sin ki, et en trois ~utrcs villes de· Finla~de. ;l.A •mème l'éventunllté d'une telle illtervention dans J~ grand
jour, panne · partielle à Buenos Aires lmmobilisqnt black om du !lord·est.
les rame, sur cinq lignes souterraineJ. Encore des Dans sa réponse, Je docteur McDonald insistait
milliers de personne• bloquées daos les ascenseurs. sur la gravité du problème. JI y avait déjà eu trop
Extinction d; s lumières dan• tous les granits buil· de black out provoqués par ces engins pour qu'on
dings. Ajoutant ~ la tensiou, toutes ,communications affectât l'ignorance. Et il mit en cause la Commis·
coupées. laissant des milJioos de pe rsonnes à l'an· sion Fédérale de I'I!nergie pour avoir éludé ·les
goisse de l'interminable attente. Le lendemain, un itranges coincidences relevées ·enlre les passages
reporter rap()CIIera le grand black out du nord-est d'UFOs cl lM brusques ruptures de courant. S'adres·
américain. Il év.o11uera )a possibilité d'une action ~ant aux mcn1bres du comit6 du congrès, il affirma :
des uros. Sans preuve, mHiS au fur et à mesure que • La FPC a des dizaines de rapports pour cette
se multiplient les incidents du genre, on parle de mémorable nuit de novembre 65. Les tén~es cou·
plus en plus ouvertement des UFOs. vraient encore la 1one que les rapports affluaient de
1\ous sommes en 1966; el les black out inexpli· toute la Nouvelle-Angleterre. •
qués continpent il défrayer ln chronique, en ltnlic, Puis, McDonald revenait sur le fait que le relais
au l'érou, en Angleterre et enc.o rc che~ nous, en d'Adam Beek avait fonctionné normalement sur

226 227
Mais que faire? Tôt ou tard, le SECRET ne tien-
une surchng~ a\}ormàle ... Il était difficile de ne pas dra plus. L'initiation du public serait encore pré-
faire le rnppiochement avec la présence d'un UFO férable à la manifestation subite, brutale, massive
exactetnent au-dessus de la sous-station de Clay. de la réalité. Le peuple américain a bien supporté
au eours de son histoire ·les crises nationale~. Selon
Depuis les audiences œ 1968 au Congrès, 'Ryan toute probabilité, il supporterait tont aussi bien la
ct quelques autres rcpr~scntan';S ont tenté ~·arracher révélation, présentée comme uno épreuve, de la réa-
l'ouverture d'une enquête. Mrus des presstons à un lité des UFOs. li y avait au début une atmosphère
très haut niveau ont permis de déjouer toute' leurs d'alerte, quelques jours pénibles: mais la grande
tentative.,, majorit~ des Américain~ sauraient se garder de toute
En tout programme de ptéparatioo du publio; panique pour peu que la •·érité ~ui fût intégralement
devrait fillurer un exposé des preuves de l'interven- dite, que l'étal-major des Forces aériennes dise les
tion des UfOs dans le grand black Ollt du 9 1\0· raisons do la longue surveillance exercée pnr les
vembre 1965. Les démentis précédents rendraient étrangers de l'Espace.
la chose difficile. Et rn\'CU de notre ig)lornoee des Mais ces raisons, l'état-major ne peut 1., dire.
buts poursuivis par tes visiteurs ln rendrait 'fllus dif- Simplentent paree qu'il les ig)lore. Des années d'ana-
ficile encore. Alors on continue & cacher la vérité. lyse ne les lui ont pas révélé<:$.
La détermination des censeurs est fondée sur le•trs Nnus les saurions probablement, si toute com-
incertitudes. munication n'avait été bloquée. Comme l'avait fait
Vue et re•11e vérifiée sous toutes les angles, notre le général MacArthur, le ·lieutenant-général lames
documentation ' ne recèle rien de si horrible, de si M. Ga,in a lancé une mise en garde publique. Je
menaçant qu'il faille s'atte~dre à ce qu~ sa div~­ cite :
gation provoque une pantque démenllelle. Mats • n est possible quo nnus nous trouvions un jour
quand •èroit exclue celle crainte, il rc~tc as~cz,. d.c devant des êtres qui en veuillent 1\ l'existence même
problèm~s à résoudre dans la perspecttve de !tm· de la Terre. •
tiation des millions de citoyens. Plusieur.< s.waots réputés se trouvent d'accord
Comme .. d'autres invc•tigateuu
• •
penchés depuis
•1 • •
avec les généraux <ur ee point : prendre contact
tant d'annees sur les lemotgnalles, 1 at progt·esstve- avec les visiteurs d'autres mondes serait aller au-
ment appris ce que pouvaient être certa!nes devant d'un désastre. Dans ce groupe, nous retrou·
ré3ctions. Je tes ai détectées à travers des centnmes vons quaue sommités du monde scientifique: le
de rapports de rencontres sans menaces rtl dom- docteur Albert Hibl" du Laboratoire de Propulsion
mages. Maintenant, je les perçois dans un ensCll!lble. de Caltech's Jet, le docteur Otto Struve, ancien
ct je crnis mietiX comprendre ce qui inquète tant directeur du projet Otmn, le docteur Thomas Oold,
les censeurs. professeur d'astronomie io l'université Coroell, et le
le long camouflage Mbouchc sur la pcrstnctivc docteur Carl Sagan, conseiller occasionnel de la
d'un s<'rielll: choc en retour. Les aveux tardifs de NASA. le rapporl de l'Institution Brookings, 6ta-
l'~tat-majnr pourraient ruiner la confiance du public bli pour la NASA, déconseillait également tout
en lui. Le cumul des risques parait ·~i formidable au essai de prise de contact. A son exposé sur l'impact
OJA et il·l'USAF qu'ils estiment aet11ellement hn1)()S- de l'Age de l'Espaoo, le rédacteur avait ajouté ce
sihle de préparer lo public.
229
228
1 bref rappel d'histoire : • Les soc,iétés trop s,Ores sans doute baucoup d'impressions à corriger, d'idées
d'elles se sont désintégrées au contact do socoétés à réformer.
supérieures, Tel fut le sort des rndiens d'Jl,m<Îrique, • Nous pourrons aussi tenter d~ nous préparer aux
Des années sc so,n l é<:oulées depuis la présen- événements que l'on pourrait raisonnablement pré-
tation de ce rapport, Et, d'année en année, devient voir.
plus vitale la néeessit6 d 'apprendre tout ce que nous Nous allons maintenant procéder à un tour
1 pouvons ~ur la surycillance exercée par les IJ FOs, d'horizon rapide au cours duquel les spécialistes
sans négliger la perspective d' une invasion, . nous exposeront leurs opinions sur. les pr~blèm~s
La censure de fait s'exe rce toujours sur la rad•o de la vie en d'autres mondes. Un débat à 1 Acade-
et la t~JévisK>n. Mais il eJtiste un autre moyen de mie des Forœs a6rieones nous (era connaiue une
percer ce mystère des intentions. Il faut un p)an el curieuse hypothèse sur les visiteurs de J'Espace,
la collaboration à ce plan de linguistes, anthropo- étayée de faits d 'un grand intérêt. E t nous ferons
i
1 logues, , pédagogues, psychologues, spécialistes odes
communications, ct autre.• experts. Un tel plan peut
un tour parmi les comcurs d'aùmirablcs cl bi~arres
histoires de rencontres avec des hommes - ct des
~Ire imaginé qui (asse faire l'économie de dange- femmes - de l'Espace... Promenade utile pour
reuses transmissions par radio ou télévision. Nous apprendre à démêl~r la vêrit6 do;s affa~~ations.
pourrions uinsi obtenir des informations détoillé~s Quoique aucune unage aut•hentoque n cxoste encore
sur les êtres qui ·mauœuvrent les UFOs, sans avolf d'un do ces étrangers, nous apprendrons, avec l'aide
à · prendre dos comportements hostiles cl san• courir des spécialistes, à les imaginer.
le risque de manifestations agressives de leur part. A moins de nouveau et radical changement dans
Aucune publicité ne devrait être faite autour de ce leur comportement, nous devrons sans doute atten-
plan, n faut éviter les interceptions, toujours pO$- dre notre op6ration spéciale pour les connaître.
siblcs è[ M11ér~irices 'de malentendus. Mais, du moins, ce tour d'horizon pourra être de
' Ob~è;vcr 1es visiteurs smis qu'ils 1~: saphent. quelq11c utilité au ens oil les inconnus débarque-
Nous devons sa,·oir d'urgence à quoi ils rc.o•~cm­ raient ~u r notre planète.
blent. Sont-ils semblables aux Terriens? Viennent-
ils d'une de ces nombreuses planètes, où selon .cer-
tains savants, les conditions de vie sont identiques
à celles de la Terre? Ou bien sont-ils si di!>lem-
blables que tout contact avec eux ne puisse engen-
drer que peur ct répulsion de part et d'autre et
rendre vaine toute tcntati9e d'accommodement?
L'opération que nous préconisons er ex1>0serons
eu détail \ise à révéler les raisons de la longue sur-
veillance, cl nous renseigner sur les penpectivcs de
débarquement et leurs suites éventuelles. Jllous
pourrons connaître ln vérité sur les black 0111. les
suites tragiques de la cha•~e à l' VFO, les dommages
subis et autres faits extraordiuah-cs. Nous aurons

2.30
NASA, rndari~tcs des aéroports reconnaissent u.nn-
oimemcnt la précision des manœuvres de ces cngm•,
parfois à des vitesses très élevées.
L'une des démonstrations les plus édatantes de
cette habileté technique a été donnée lors d'une
rencontre sur Jo golfe du Mexique, dont nous avons
déjà cu l'occasion de parler. Selon un r3pport ofli~iel
CHAPITRE XIII des Forces -aériennes, trois groupes d'UFOs avruent
é~ aperçus par l'équipage d'un bombardier B 29
LES ETRES DB L'ESPACE au cours d'un vol de nuit pour exercice au-des•us
du golfe.
Les deux premiers groupes. vus par plusieurs mem-
bres de l'équipage, passèrent tel l'klair. Les trois
« } L y a au moins cent millions de plan~tes b abi- radars de bord indiquilrcnt une vitesse cje 8 440
t~es. Sur un grand nombre d'entre cllcij, nous ·devons km/h. Le ll'oisi~me jlrOUJlC prit instantanément la
nous attendre à trouver des êtres incomparablement vitesse du B 29 pour le suivre pendant dix secondes.
supérieurs à nous. • Tout ~ coup apparut sur les écrans radar un vais-
seau •patial géant. C'était de toute évidence un trans-
Quand le docteur Harlow Shapley, ancien direc- port venu au rendez-vous. Les UFO's qui avaient
teur de l'Observatoire de Hnl'vard fit cette déclarn- suivi le bombardier foncèrent vers lui, nocél61'ant
tion, ce fut de la stupeur chez la plupart de ses collè- jusqu'à atteindre sa \Ît"''SC. Suivies au radar, leurs
gues comme dans le public. traces so fondirent dans celles du grand vaisseau
Depuis, de nombreux astronomes réputés ont qui, un instant plus tard, prenait une vitesse de
d6pass~ de loin l'appréciation présentée comme mini- 4 500 km/h ct. bientôt, disparaissait de l'éemn
male par le savant d'Harvard. Le docteur Otto radar.
Struve pense que notre seule galaxie peut contenir us UFOs avaicnt é~ repris à une vitesse 5upé-
un milliard de planètes habitées. D'autres savants. rieurc à 8 000 km/h. Une telle opération dénotait
également nombrcu~. S<l rallient à une autre hypo- "une précision extraordinaire ct de parfaits synch.ro·
thèse du docteur Shapley ct de son équipe de cher· nismo~. Il est bors de doute que les commandes
cheurs. Ces êtres d'autres mondes S<lraieot ù diviser étaient automatiques, mals la mise au point ct le
en trois catégories. La première, celle des mondes contrôle d'un équipement ~videmment très complexe
a)•ant bénéficié d'une plus longue période de déve· supposaient un haut degré d'intelligence et de
loppement que le nôtre, connaitrait une civilisation technicité.
beaucoup plus ~vancée que la terrienne. La •econde Dans le rapport qui me fut remis avant toute inter-
serait de niveau comparable au nôtre. La troisi~mc vention du CIA, tes Forces aériennes confirmuient
serait en retard sur nous. tous ces détails et admettaient qu'aucune explicatio•t
Les opératloJlS UFOs attesteraient l'a ppartenance ne pouvait êtro tirée des techniques usuelles.
de leu~ créateurs ct opérateurs au premier groupe. La construction et la mise en œuvt'C des UFOs et
Pilote$ militaires ct commerciaux, contrôleurs de la en p3rticulier du \'aisseau-rohe géant attestent chez

232 233
terrain était superficiellement brûlé su.r un cercle
leurs Cl>nstructcurs ct êquipages une avan•c >ur nou~ de si)( mètres do diamètre. L'officier admettait aussi
de plusieurs siècles. Le gJlniol spécinUste de l'aéro- que les témoins avaient été surpris et etl'rayés par
spatiale William Lear nprès avoir observé \ln U:FO ces doux silhouettes mouvântes aux gestes d'auto-
de son avion directorial, parlait de millénaires mate$.
d'a\ ance. Le document de la RM'D sur les UFOs Ces descripiioœ de créature& mécaniques reve-
admet que de telles civilisations ont du fait de naient da113 piWIÎcurs rapports. n s'y mêlait sans
leur ancienne!~ une avance extraordinaire. L'USAF doute beaucoup de simples faroes, mais pas SSSC'L
elle-même admet la théorie ;elon laquelle le Terrien pour que l'on pOt écm1er sans autre forme de pr~ès
c~t à un stndo moyen de développement et cér- l>~ possibilité de robots venus sur terre. Sous peu, la
taines race; sp:lliales lui sont tecbnique•ne•lt très NASA disposera de wbots d'exploration perfec-
supérieures (extrait d' une communication d'état- tionnés. n est difficile d'admctue que ce qui nous
major du 27 avril 1949}. sera bientôt possible ne le serait pas 11 un monde
Mais quant à l'apparence des vbitcurs, l'accor<l plus évolué.
se fait rarement La controverse s'agrémente de Cependant une autre pos.~ibilité est à cnvl$agcr,
dessins humoristiques représentant d'étronges créa- plus troublante encore. Ce qt•e les têmoin; auraient
tures et s'alimente d'articles et commentaires radio vu pourrait être des exemplaires a•une esp~ce spa-
' .
sur de prC1cndus • contacts • plus ou mo10s extra- tiale relie que le formidable c Cyborg •, cybernetic
vagants. Ln plupart de$ bistoÏie$ sur les passagers organism mis à J'étude sous contrat NASA en \'tiC de
des UFOs sont autant de mauvaises plaisanteries. voyages spatiaux au long cours. Sous l'action de
Mnis il y a tout de même un petit nombre do rapports « modificateurs men laux> chimiques et avec l'in-
venus de citoyens de bonne réputation, et que les tervention d'une ch irurgie· appropriée, certains OSfro-
enquêteurs n'ont pas rejetés a pricri, sans cependant nnutcs de r ..vcnir ser~ient transformés 'e n semi-
leur attribuer valeur probatoire. robots. les organismes ~méliques, ·· Cyborg •· A
Le 24 mai 1962, le gouven1ement argentin commu- ce plan fantastique s'opposent énergiquement quel-
niquait officiellement qu'un UFO avait atterri à La qu~-s , ~avants el 11\édeqns, · tel lo ~pcteur T<;>bY
Pampa. La nouvelle venait à la suite de centaines Frccdmnn de la North {llnerican A vialtçm. ,
d' observations dans cinq provinces, observations cau- • Ce tt:ii\Cmoot chirurglcol,' dit le docteur, pro-
tionnées par les administrations et polices locales. duiniit un être monstrueu.~ dont le système physio-
Pour ce qui concernerait celle de La Pampa, le logique serait P"rtiellement remplac~ pot un système
communiqué de la radio du gDU\'emcment préci$ait électronique, dont la bouche serait scellée, les pou-
que des témoins dignes de foi avaient vu un grand mons atrophiés, les excrétions recyclées à l'intérieur
disque se poser près d'une ferme. Deux silhouettes en de st>n corps, les nerfs partiellement sectionnés,
avutenl émergé, apparemment des robots. Cependant l'émotivité détruite. Le changement sernît si extra-
après avoir fait quelques pas, et comme s'ils se ren- ordinaire que jamais uo tel être ne pou.rrait se réin-
daient compte d'étre obserns, les robots s'étai~-nt tégrer dans la race hwnaine. •
repliés rapidement vers leur engin qui avait aussitôt Ces astronautes do type circuit fermé lieraient des
décollé et rapidement disparu. hybrides de l'homme et do la machine. A la place
Après cnquétc, u.n officier ùcs Forces aériennes de leurs cœ\'rs ct d'a1.1tres organes, seraient placées
argentines confirmait J' allcrrissage d'un UFO. Le
235
234
des machines pcrfectionn~. Us n'au~icnt plu~ aon imagination féconde, un sommet dans I'Univen ,
bl:!l<'lin ni de nourriture ni d'cau, des producteurs Beaucoup de gcll5, dont certains SO\'ants rcspect~s
d'énergie leur seraient incorporés. Eventuellement on rép~tent gue les étrangers n'approehcrom jamais de
procéderait au rcm~laccme~t de leu!'S cervea~~'· . cc haut degré de développement. Le regretteS docteur
C>•borg, le seml· rllbOt macccsStble à 1cmOlton, Willy Ley, dont les écri ts sur le thème de l'Espace
serait utilisé pour les longs voyage~ auxquels , ne ont connu un grnnd succès, lt\'ait soulevé une petite
pou rraient résister des astronautc~ no~maux. ]1 n est tempête en déclarant publiquement quo les hommes
pas douteux que cela puisse être fatt un JOUI - de l'Espace ne de,•aient pas être trè$ dilf~rents de
par nous ~u par une autre race plan~aire. Tl est ceux de la maison d'en face.
même tout à fait possible que. t.-s ct;angers de Les savants rejetaient alors, presque unanimement,
!'.Espace aie11t dép~ssé Cyborg, mtS nu poJRt ~uelq~•c l' idée que les explorateurs spatiaux pussent être tous
horreur bio-mécanique beaucoup plus perfect1onnce. des humanoldes. Mais depuis mtgmente chaque jour
Si de tel~ semi-robots venaient sur Terre, l'alarme se le nombre de ceux qui croient que sur les mijlioos de
doublerait d'une méprise possible sur la :éritable planètes habitées vivent <ks hommes semblables à
nature de leurs mandataires, lesquels pourr:uent fort nous avec qui une rencontre serait possible. D'autres
hien êrre de• humanoïdes. Imagine-t-on l'effet ~ur savants, pourtant, apr~~ étude du problème de la vie
des hommes d'une autre planète de l'apparition de extra-terrestre, oc voient pas beaucoup de chances
nos Cyborgs? , . de telles rencontres. .
l' A Cyborg, le docteur Freedmnn ct son eqUipe. vou·
draient opposer • Optima11 » un surhomme mJS au
Un homme peut faire autorité en ln matière, le
professeur Zdenek Kopal. Né en Tchécoslovaquie,
point par surcxcitntion des f~nctions. d'un homme devenu citoyen américain, le professeur a travaillé
normal. le docteur F recdman s·en explique : . comme associé aux re<:bercbes de l'université H arvard
" Optiman aurait une apparence normale. Mat~ de 1940 à , 1946, puis professeur adjoint à l'Institut
il supporterait le rationnement d'o~yt,ène d'un Sherpa de Technologie du M•ssru:bussetts de 1947 à 1951,
Himalayen, aurait acquis la resistat.'ce au feu, d' un enfin profes$<)ur d'astronon;tic à l'uni~~rsi~ d~ Mnn-
fa kir la sobriété d' un ermite. Il uurutt Ill force d Her· chcslc!r cn Angleterre. Au cours de~ qix dernières
cule,' courrait le mille en trois mioutes, résoudrait ann~es, il a, comme membre de la Commission Lune-
mentalement n'importe quel problème. • P lanètes du Burenu National de l'Espace aux ;Etals·
Moins effrayant que Cyborg, Optiman n'en don· t:nis, joué un grand rôl(} daos les préparations d'atter-
ncrait pas moins une fausse image de notre huma· rissages sut la Lune.
ni té. Le doetèur Kopol, en complet accord avec
Cenains no sentent pas le besoin de Cyborgs 0\1 Shapley, Melvin Calvin et d'autres SAVAnts connus,
tl'Oplimans es timant que l'homme est un sommet crOJt qu'il existe l i ll grand nombre de planètes habi-
dans l'évol~tion ou croyant que, créé à l'image de tées. Dans un livre réce11t, Matt cmd His U11iverse ' ,
Oieu il est bien lo cher-d'œuvre de la Création. il expose cette tMsc er évoque les fascinantes pers-
L'H~mo Sapit:ll$ est pour eux, avec sa silhouette ver- pectives des explorations spatiales. Il donne ttpen·
ticale, ses dewc bras, ses deux jambes, sa vision bino- <bnt les raisons qui pourraient emp&her toute
culaire, son entendement bi-auriculaire, son agili16
digilak, sans parler de son esprit curieux el de 1. I:HomJOO et •on lJnlvcrs.

236 23 7
danger. Mais de récenls élémenl\ d'information per-
conununication avec les èlres d'autres mondes, même mettent d'affirmer que notre planète a déjà é.té visitée
sïl~ sc trouvent ~u mc;t'J?C niveau de civHisation que san• dommage pour ses habitants par des ~Ires

nous : technologiquement supérieurs.
• Dans notre galaxie, nous pourrions trouver toute La preuve se présente en trois volets. Le premier
une gamme de vies planétaires à différents sladC$ est venu à ma connaissance par le Service des Recher-
d'é"olution en a"ancc ou èn retard sur nous d'inter- ches Navales au cours d'une cun,·cr~ation confiden-
valles pou;•nnt alteindre des centnines de millions tielle avec un cnpilaine de vaisseau et un capitaine
d'"nnées. Oue représentent à l'échelle cosmique mille de frégnle nméricnins. ·Depuis, leur expœé s'est trouvé
ou dL• mille ans d'écart dall$ l'évolution des cunfi~ par Je Serviœ ll)•drograpbique de la
mondes?» Marine.
Partaul de là, le profc>seur ne voit guère comment 1\u d~but du xv1' siècle, l'Amiral turc Piri Rois
la reneontro pourrait s'effectuer avec un monùc au entrait en possession, d'une c11rle utilisée par Chris·
mi:me stade de civilisation que nous, et avec qui nous topho Colomb au cours de son voyage de 1492 vers
pourrions donc établir des échanges intellectuels. l'Amérique. En 1S 13 l'amiral éUtblissail une carte
El comme nous alliions peu à gagner de contacts du monde à part ir de ce document et de cartes
avec une civili~ation trop avancée ou lrop en retard,
il n'y a guère de. raison de tenlcr un rapprochement.
Mais que faire, si nous recevions la visilc d'ihres
.
grecques datant d'Alexandre le Grand.
-
Evidemment la sim1ification de la carte de Chns·
lopbè Colomb devait échapper aux hommes de son
.'

CXtr3·tCrCCSifCS a5SCL inlelligcOIS pour 3V0Ît d6cOU• temps. Après la mort de l'amiral, elle tomba ~
vert notre existence? Le professeur répond : J'oubli. Mais en 1933, un aulre officier de manno
• 11 y a tomes chances que nous nous retroU\·ions turc, i~trig)Jé par certains d~lails de !a carte du
dans leurs lfJboraloircs nussi bien traités q~te dans momie de Piri Rci~ en fourmt une copte en même
les nôlres l'es souris ct cobayes. Peut-être, oprès temps qu'ooe copie :de la carle de Colomb au
tout, se conttnternient·ils de nous ignorer? Mais ·Service Hydrograpltique de ln Mar1ne des Etats·
alocs quel ser•it le but de cc long ~o)'age? ~ Unis. Le cbef du service en confia l'cxtliTien à un
Comme Hibbs, Oold, et d'autres savants réputés, capilaine 'd e vaisseau c,n rctrailc, A.H. Mallery, dont
le docteu( Kopa! met l'acce.nt sur le dnnger d'une l'avis en mati~rc de cartes ànclennes faisait nutorilé.
••
rencontre nvcc une race supeneure : Ayunt irnmé<llatement saisi toute J'importance de
• Il a été amplement démontré que l'impact d'une la découverte, le commandant Mallery pressa la
ci•ilisation avancée sur une autre demeurée à la traîne Marine de faire procéder A une expertise complète.
se 1raduit toujours pour celle-ci par de grands Au terme d 'une longue étude et de nombreuses véri-
malheurs. !.'Histoire de I'Humauilé en porte lémoi· fication~. les ing6nieurs hydrographes qu'avait assistés
gnagc, ct très particulièrement la colonisation par les M allery tiraient les conclusions suivantes :
Européens de l'Amérique et d'au lres parties du Pour son voyage vers l'Amérique, Colomb avait
monde du xv1• au XIX' siècles. • dis)».>.! d'une corte où 6gurnient dC$ fragments de
Les 3\'crtissements du doclcur Kopal et d'autres la côle de l'Amérique du Sud, dont la cOle anlarcti-
snvanls sonl parfaitement sincères. Ils sont convain- que. La carle ori{\inatc devait remonter au moins à
cus de la réalité et de la gravil6 du danger. Mais de S 0()0 ans, peut-être davanl1lgo. La précision en
récenls éléments de la réalité ct de la grnvi1é du
239
238
était !elle qu'elïe supposait des cartographes extrême- d'usines, installations pétrolières ou laboratoires. Il
mont eutraînés ·et un retours à l'observation aérienne. n'y a jamais cu av,Îint nous d'.équipement industrie!
Par endroits, les côtes représentées sur h carte de< du type ,moderne, •
Pitj Reis se trouvaient recouvertes de glaec depuis Dans ces conditions, la seulo explication possible
plusieurs siècles. Pour en vérifier Je tracé original, la reste l'inlervenliou d'un vaisseau spatial étranger.
Matine s'assura Je ~oncours d'un expert en prospec-
tion séismique, le rolvércnd Daniel Linehan, direc- Deuxième volet de notre démonstration : l'analyse
teur de l'Observatoire de Westou, Collegc de Boston. de l'Académie des Forces aérienne.~, établie en 1968.
Au tenue d~ ·nombreux sondages à t.ravers l'épaisse Les vieilles hlgcndes ont saus doute alimenté la
couche glaci:lire, le sismologue retrouvait exacte' controverse à l'USAF. .Mais les a11alystes avaient
me.11 fe tracé de côte de la carte de Piri Reis. On de bonnes raisons de ne pas les négliger. Il y a
tenait ainsi fa preuve d'Ùne ancienneté de fa carte de curieuses similitudes entre les prGtet\dUes légendes
supérieure à vingt siècles. de pays éloignés, d'Europe et d'Asie, sans grands
Plus tard, la fameu.~c carte fut comparée aux pho- contacts entre eux aux temps où elles prirent nais-
togr~phies transmises des satellites. Le même effel de sance.
courbure tert'eslre accusant une distorsion croi~sante L' Acudémie insisütit sur le fait que les narrateurs
selon la distance des secteurs se retrouvait sur l'en- n'avaient atnr& pas la science suffisante, ni même .les
semble des documents. mots pour décrire de façon précise les nouveauté.&
Une seule explication êta)! acceptable. La ·carte technique~ offertes à leurs yeux.
ancienne sur laquelle s'était basé Piri Reis provenait Ayant ainsi écarté une C:\use de malentendus,
de photographies prises à très haute alltitude, l'alti· l'Académie poursuivait:
lude de nos actuels satellites artificiels. Une telle • ... Q:d dit, empruntons un curieux récit à
opératkm ne pouvait être le fait que d' un vaisseau J'une ·des plus vidlles chroniques de f'fode: ·le-
spat.iâ! extra-terrestre, ou. d'un engin placé , par des Livre dc Dl'Yft'l·" Ces légeJ,IIIes ont ét~ J'assemblées
Terrien~ appattc·nanl à une civilisatiott très avancée, dans un manuscrit dês <que !'-homme ·eu~·appris. à
disparue sans laisser de traces. écrire.
Reparlant de l'affaire avec les deux officiers des Le récit en question est celui de l'arrivée sur la
Recherche;; Navales, j'évoquai l' hypothèse d'une civi- Terre d'un petit grôupc d'êtres · extra-terrestres, il y
lisation terrienne disparue. _ a des milliers et des milliers d' années. Ils seraient
-,. ·Impossible, me- dit Je capitaine de vaisseau, veo.m s dans un vaisseau de méUtl qui .aurait fait plu·
le meilleur de nos appareils d'aujourd~IUÎ ne pourr·ait sieur-s fois le tour de· la Terre avant d'atterrir ... Le
même pas approcher cette altitude. Il faudrait doliC livre raconte ! « Ces êtres vivaient à part. fis étaient
admettre que lc.s .hommes de l'époque aient au. moins tenus .en grand respect· par les hommes au . milieu
~ris ~c départ dans le domaine des opérations spa- · desquels ils s'éUticnt établis. Mais il arriva que des
tJales. Or1 construire et eotretenk le plus petit engin différends s'élevèrent entre eux et ils se séparèreni.
spatial cJCige un équipement industriel "considérable: Pt usieu rs hommes, ·femmes Cl enfants vinrent s'établir
Et l'existence d'un tel équipement se éonœvrait mal dans une autre ville où la populace, frappée de
isolé. Il supposerait lill développement industriel égaf terreur, les prit pour maîtres.
au nôtre. Et oous- ne trouvons nulle part trace « Ln Sép<lration n'avait d'ailleurs pas ramen·é la
240 241
poix encre eux. L'irritation devint telle que le chef wnt que roiuai;ies de conteurs, er il. n'y a pao~' 11 ~'in­
de la première colonie, emmenant avec lui un petit quiét~r de leurs analogies à 113\:crs di~é~utes nauons.
nombre de guerriers s'éleva dans les airs dans un Ccpend~nt le ··~pporl de J·Acac)emte des forces
grand v3isseau de métal brülant:. A plusieurs lieues aériennes n·apporte pas que ~~gendes ~ l'a~puo de 1~
de la cité ennemie, ils en,-oyèrent une grande lanœ croyance aux visiteurs spauaux préhlSionq~cs. Ico
éclatante sur un ravon de lumière. :Bile éclata sur la s'oune tc troisi<me volet de la déononstrallon. Je
ville en une go·:mde boule do flamme qui montait cite le rapport : .• .
jusqu'au ciel et presque jusq11'aux étoiles. TollS les Tschi Pen Lao, de l'universote de Péklll, arp~rl~
habitanL' furent hoiT·iblement brûlés, ct ceux m6me une preuve de contacts extrêmement anciens. li s agot
'lili étaient sortis de la ville ct se tenaient dans le de relie!s tnillés dans le granit sur une montugne. de
voisinage, furent au~i brûlés. Ceux qui avaient la province du Honan, et sur une ile du lac Tungtong.
regardé la lance et la boule de (eu devinrent n\·eugles Ces sculptures dont l'nncienneté n été évnhoée à
pour toujours. Ceux qui ento·èrent dans la ville' à 47.000 ans montrent des êtres av~c de grandes
pied, tombèrent malades ct moururent. La pollSsièn: trompes. S'agirait-il d'appareils resplt11torres?... Sur
Ile la ville ét.ait du poison, et de m~mc les rivières le plateau du Tassili, dan$ Je Sahara, l~s roelres
qui la traversaient. Les hommes n'osaient plus ont été S(."Ulptécs il y a huit mille ans. Les solhoue!.tes
s~"approeher. L a ville devint pous~ière et fut oubliée sont celles d'humains, mais avec d'~tranges tetes
pur les hommes. rondes. S'agit-il de casques? » .
• Ayunt vu ce qu'il avait fait à' son propre peuple, De telles sculptures sc rctrouvcn.t en diverses ~ar·
le chef sc relira dans son palais et ne voulut plus ties du monde. Et l'on trouve 3U$Sl de grandes a~res
voir personne. Puis il rassentbla les guerriers qui lui do terrain aplanies dont l'apparence est celle de ba~s
restaient, leurs femmes et leurs enfants. l ls 'entrèrcnt d·auerrissage ou de lnnœment. L'une d'elle.• a cté
dans leur.< vaisseaux, s"élevêrent danS le ciel e\ dispa· reconnue dans la vallée Palpa, près de l'antique cité
rurenl. Et plus jamais ne rfvinrent. • ' de Nazca, au Pérou. Elle a 60 kilomètr~s ~e lo~g
« Cctté ·antiqolc légende scrllit-clle : sin1plcmeot ct 1 600 mètres de large. Auc•me expücatoon na
relation véridique d'une colooisatîon dramatiquement pu être donnée ~ cet énonnc travail de terra.ssement..
interrompue par les missile• à tête n~c(~aire allX Le journal conservateur Swr de Was~ngton n
tOJ'I'ifiunts effets radiorlctifs? JI est sans doute difficile donné la ckl8Cription d'une autre ?ase spatoal~ pœ·
de l'affirmer... comme il est di!licile 'd'expUquer pour· sible à ln suite de la découverte recente en As!e pu
quoi les mythologies grecque, romaitto, nordlqJJe font un archéologue soviétique d'une gravure de l'age de
toutes place oux guerres entre les dieux ... Chaque la pierre qui suggère un cosmonaute. Le Stm écnt :
groupe humain aurait-il ramené A l'échelle de $OS « Le personnage représenté porte quelque chose
querelles de clocher une guerre totale entre colo- 1·cssernblnnt à urt casque étanche avec des antennes.
nisateurs venus d'autres mondes?». Sur le dos est fixé une sorte d·équipement de vol.
Plu• formels encore sont des s:~vants tels que • Les dessins trouvés dans le Tassili aux confins
Thomas C.old et Carl Sagan. Selon ce dcrni.er, notre sud de l'Algérie reprodttiscnt les mêmes détails : do
planète uurail été visitée dix mille fois au cou"' gronds casques entourant la tête, des équipements de
de sa longue existence. :.tais pour d'aurres person- vol, des antennes.
nalités du monde scientifique, toutes ces légendes ne • Que représentent ces dessins? Pourq'!9i ces
242 243
accoutrements à une t u ' • manœuvres, telles que les estiment les observatellrs,
pas encore inventé la f:~?e ou DU$ ancetres n'avaicm \ioleroiem toute& les lois de la ph)siquc. us rap·
• Il peut ~Ire ins!ructif d porteurs écrivent et soulignent :

.min, se II.'Olii'C Je b .
Moyen-Orient...
" · ont ete
... ..., ,, teconuu r ·
u cappe1er. qu'à mi-che·
erçeau de IIQS covillsatinos, le

plates~formcs dressées par slc.:sh soggurats, ces va>tes


• Nous ne sauriom nier la possibilit<l d'un contr6/e
des UFOs par des itres cl'tur alltrc rnonde, m IIOilt
basa~/ sur d~s rwtions préconçrœs qui tl' ont pllS été
lrablie.s en tenant compte des faio• ob:retvés, refatifs
la P!lllno. Etaient-eUes destinécJ ~":t:~ au-dessUJ de ti res engins. »
seraot vexant de pense 'à , anocments? ll L'exorrn:n du Livre de Dzyar. re~êt une importance
l'élite de J'humanité a~ qu 1aube de notre hi.ltoire, particuli~re. Les \'iSiteurs de l'Espace y apparaissent
portant son savoir ave~ e~l~. qnuter cette planète, cm. comme de forme humaine. Et il n'est fait mention
• Une autre hypoth' • d'aucun signe particulier. Les analystes de l'Académie
Elle serait qu'co cescs:ene sc~art ~uèro plus Jlutteuse. n'out pas voulu établir un lien p~écis entre c~s
sup~rieures, venues d'a '{!'s ancrens, des créatures éventuels visiteurs et les équipages des UFOs. Maos
aient découven DOire u :s sc~t:uJS de ta l!lllaxic, il semble que des repr~sentants d'une humanité av!ln·
rendcc finalement planetc, IIUent explorée pour cée aient, au moins une fois, visité notre plarn:re.
coi(){Jisée. • compte qu'elle ne valait pas d'ftrc S i cela a été, cela peut être encore. Nous ne pouvons
. Au nord de Damas uno . évidemment savoir dans quelle mesure des explora-
tion pounnit bleu avoÎr é au_tre cuneuse con~truc- teurs de l'Espace chercheraient à retrouver des êtres
tions spatiales. Il s'agit d 116 uhlr~ée pour des op6ra· de leur espèce. Mais si lu légende du l.lvre de DzyM
d'énormes blocs de pie':r," t~rrassc de ~aalbelt, fuite est conforme à l'Histoire, de teUes rctruuvrulles ne
mètres de IOnJI cl pèsent e, rè CU:: CCMll!DS ont vingt sont pas exclues. . . .
encore le mode d.: const.;:ct.s c 2 000 tonnes. Lil U:s rnoouments anciens, les mysréneux ~esugcs,
qué. · · ron ne peut ttrc cxpli- ne constituent pas une preuve suftlsante de visites
On ne lrbuyc pas d' . r . à des époques reculées. Mais avant de rejeter J'IJypo·
_!cs Ùrod]gi~hses coni~;~c:~;~i"é plu~ Vqlables pour thèse, il serait bon do voir qu'elle. r~pond seule ~
avec les équipements 3 1 · 1 &Yptoennes. Même l'énigme relevée par l'analyse tcchn!qt)e la plus
lemeot reproduire ~ cccue,s, ?u~ pourrions dilllci-
11
sérieuse.
r-d. - os ruchon~ génn•- L'Académie des Forces aériennes évoque à la
w ependamment de 1 - ·
mes trois volets ~ complèt~~~: valeurs particulières, suite des vieilles lêgendes, les histoires êtranges d'épn-
La carte de Ptri Reis tém · • ques plus proches de la nûlte :
de la Terre à pnr1ir d'u .OJ8l1c dune observation «Des observations précises ont ét~ raites pendant
<rues millénaires. n varssoau •érien il y a quel- tout Je Moyen Age... En Fmncc, à Lyon, trois
Le rapport de I'Acadén . d hommes et une femme que l'on disait des(endus
relè.v~ des énigmes auxquelf~ l'~s Forces aéri~l.l!tcs d'un vaisseall aérien, furent saisis par la populace
anteneure d'Etr'CS de l'Es }'JlOtltèse de voslles et massacrés. • L'expression employée - • trois
P<ln.se cohérente n redu· pace apponerait une ré- hommes el une femme • - donne clairement à
selon lequel les· UFOs :eencore ~ néant l'argument penser que !es étrangers étaient au moins très sem·
seaux spatiiiUX du !a't polurrntco~ être des vais- blables aux Terriens.
' que ours VItesses el leurs
244 245
Evidemment, nombreJLt sont ceux qui refusent de
prendre en considération ces relations · anciennes. véhicule. En ·<Jue.lques sccontles, l'objet sortait. du
Mals l'analyse de l'Acndtmle fait place à.des rapports mvin en un · g..ondemetit .strident. Presque; _aussatôt,;
officiels ooncunant les opérations UFO au cours de il se perdait par-delà les .mo~tagnes vo;swes. Le
l'actuelle mise sous sum:illance de la Terre. Elle ne sergent Zamora prenait la d1tectaon opposee presque
retient d'ailleurs que les moins contestables. Elle aussi vite quand survint le sergent Sam Chavez venu
reprend en pn!liculier un cas où deux êtres extra- à ~on premier uppcl. Ils inspectèrent ensembl~ le
terrestres ont ét6 observés. Ceux qui ont déjà entendu ravin. Les buisson~ étaietlt calcinés et fumnaent
parler de l'incident seront intéressés par la oonlirma- encore ~ J'endroit précis où avait jailli la flamme
tion apportée par les Forces aériennes : bleue. La surface calcinée ~tait encadrée de qu~tre
• Nous examinerons maintenant un cas particulier. marques profondes correspondant aux quatre paeds
Il s'agit de l'obser\'ation ruitc ù Socorro, dans le Nou- de l'engin. Cb.aque marque avait envi~on <l_ix cca.1ti·
veau-Mexique, par le serge11t de police Lonnie mètres de profondeur avec une secuon c•rculaare.
Zamora. Le sergent étal! en patrouille le 24 avril Le sable du ravin était très tassé, si bien qu'aucune
i964 quand il vit un objet brillant s'abattre sur des empreinte de pas ne put O:tre relev.Sc. Une enquête
fondri~res on bordw:e de lu ville. Au menie moment, officielle fut lancée Je jour u•ême. Tous les él~ments
il entendit un srondement sourd comme d'une charge recueillîs corroboraient les récits de Zamora et
de dynamite oubliée là et qui serait \'Cnue à exploser. Chavez... •
Il sigunla aussitôt l'incident par radio uu colllJ!Uinde- L'état-major dérogea bizarrement :a sa politique de
mcnt de la police ct se dirigea \'ers le point d'impact. • démystification •· 11 admit en effet un peu plus tord
Mais il dut s'arrêter ù ISO mètre$ d'un ra\in où que le sergent Zamora avait ellectlvcment vu ~n
semblait avoir capoté une voiture. li SÎ8Dala qu'il se vébi<;ule non identifié. Mais il n'alla pas plus lom,
trouvait probablement en présence d'un accident, ct ne fit aucune réf~~enœ aux deux humanoïdes entre-
puis co,ndl!lsit tant bien· que m.a l ·sa voiture< au bord vus. Le procès-verbal orfici~l reconnaissant partiel-
du ravin. Descendant de vointre; il s'apprbcba encore lement los faits signalés par les deux policiers ~taH
d~ quelques pas. Mals à $tl yande st&Jpeur, -ce qu'il signé du major M.M. Jaèks, porte-parole attache au
VIt Cut, non pas une auto, , mais un bizarre engin Bureau du secn!taire d'Etat aux Forces aériennes.
ovoïde d'eo,iron cinq mètres de long, de• couleur Faisant une nouvelle entone à sa politique
blanche, bien assis sur de courtes jambes do moltnl. constante, 1'6tat-mujor• admettait biomtôt la véracité
Tout à côté, apparemment indifférentt à sa présence, du rapport d'un citoyen du Kansas, William Squyrcs
se tenaient deux bumanoi'dcs revêtus de combinai- qui a'•ait observé un engin ovoïde immobilisé au·
sons argentées. lis semblaient travailler au flanc de dessus ct assez près du sol. Selon le témoin, les herbes
l~appf\rcil. Zamora se 'tenait là, immobile, hébété, s'inclinaient sous le sou(Jlc du propulseur. Cet effet
quand les deux !tres s'aperçurent de sa présence. lut pur la suite vérifié par les officiers de 11JSAF.
Iostantanémeot. ils sc jetèrent de côté comme pour Squyres dit qu'il avait pu apercevoir une sillioucttc
se cacher derrière leur engin. Zamora em le même humaine dans Ja lueur bleue du poste avant de
réflexe de dérobade ct revint à sa voiture. A peine se l'appareil, juste avant le dtpart de celui-ci. Ce
retournait-il pour observer /t nouveau, qu'unD écla- rapport reçut le numéro 14 au dossier spécial des
tante damme bleue jaillissait du Jood de l'étrange Forces aériennes.
Qpclqucs autres témoins de bonne réputation ont
246
247
affirmé avoir aperçu des ~tres d'apparence humaine comptait 80 millions d'habitants, tous gt'llllds, près
près d'UFOs ullcrm ou à l'intérieur d'appareils de deux mètres, aimables, nvcc une peau à reflets de
manœuvrant il b~c altitude. Un tel cas a été étudié platine, et des cheveux roses. 11 nvait été choisi pour
par le président du sous-comité pour le North aider à l'organisation de missions de contact avec des
Dakota du NICAP. Des témoins placés en des poinB représentant$ qualifiés du Département d'Etat et
a~ez distants avaient vu des silbouenes humaines du ministère de la Défense qui voudraient étudier
il l'intErieur d' un t.'FO é<:laité, assez distinctement les mesures à prendre pour préparer Je public. On
pour en donner une description. Pour les obscn.u- m'a dit que j'ét.1is sur la liste. mais quelque duJ&e
~ions de nuit ou A distance trop grande, il y a tou· a dû ne pa.< marcher, et je n'ai pas été contaeré ...
JOlltS de; chances d'erreurs, même avec des témoin! Si je m'attarde un peu à ces histoires, c'est qu'il
1 dignes de foi. Certain:; rapports peuvent être véri- coovicnt de se dégager des in~vilables sornettes ct 1
dique~. mals il s'en fnut de beaucoup que l'on puisse de ne voir que les fait• authentiques. Trop de jour-
conclure. Co qui est certain c'est que de teh tumoi· nalistes ont malheureusement fuit une salade de
gnages ne doivent pas être classés dans la masse <le~ tous les raJ)pOrts, des plus extmvngants aux plus
contes à dormir debout et ~les vantardises de pré- sérieux. Rien ~o•a n111ant ju~tiOé le scepticisme. Qu'il
tendus • contactés •. sufftse d'évoquer quelques exemples <.le l'abracada-
Le plus notoh·c de ces • contactés • fut George brante série :
Adamski, aujourd'hui décédé. Il disait avoir ren- Un être à peau de z~hre changeant de cou leur
contré dos étres laits comme des roeux avec de; oomrue le caméléon ... L' homme de I1Espaco placé
che\'eux d'or. Ils avaient débarqué de leurs vals· en incubateur pour y apprendre l'anglais ... le géant
seaux aérien~ dans le désert. Il s'était lié d'amitié vêtu de caoutchouc ct parlant lntin ...
a,·ec l'un d'e-ntre eux, l'a"ait amené à son restaurant Sonises qui seraient inoffensives si elles n'éga·
la\o'ori, o~ U s'était régalé de hamburgers et de tarte raient le public. Un danger peut naitrc ccpcn<.lant de
aux pomme~. Il y avait aussi à Sih'e r Spring. dans le cca récits. l..e géant de quatre m~tres à six bras, avec
Maryland, une femme qui racontait à qul \'CUlait l'en- des yeux qui paralysent peut impressionner les ima-
tendre quo des hommes de l'Espace atterrissaient ginatifs. L'on a vu danJ certain district d'Amérique
fréquc.mmc}lt près de sa maison et venaient prendre du Sud des gens terrorisés à la nouvelle que des
le peht déJeuner avec eUe. Un certain Sid P:ttrick monstres velus comme des ours uvaient attaqué et
disait nux journnlistcs qu'il avait eu une longue tenté d'enlever des Terriens.
com"Crsation avec un gentleman extrn-terrest•·o Au cours des années soixante, il y eut une fameuse
nomn:té Ziena q11i parlait un excellent a nglais et histoire qui défraya la chronique américuine. Les
portail _un complet bleu d'une sobre élégance. Zlcn11 héros de l'affaire ·étaicut Betty et Darney Hill. Nous
afftrm~1t q~c ~ur su planète, il n'y avait ni mulaclîc avons là un exemple de ln por~ do contrôle psychique
111 pohce, "'. v1cc ni école. c l'lous vivons en parraiLe qui peut résulter de ln J>Cttr des UFOs. Cinq nns
communaute uvee un comrl>lc des naissances tr~s avant que l'histoire ne fût C(>nnuc, je reçus au
srrlct... » NlCAP une lettre de M rs. Hill. L'ayant lue, je pris
Il y avait un c contacté • qui se faisait appeler toutes les dispositions pour une cnquê~ conli.den·
Mel Noel et <tui, au cours de fréquents voyages sur tieUe. Mais avant d'y revenir, je crois pré[érablc
Mars, avait rcncontr6 beaucoup de gens. Mnrs de cilcr le bref rùumé établi 1>ar l'Académie
248 249
évidence tm conseil. Rien dans son coml'!>rtemeut
•k., Forces acnennes de cene troublante alfaire; ne rappelait les myslilicotiolls dont nous a' ro~s uop
• i\u cours d'un voyasc à 1111vers la 1'\ouvelle- l'habnude peut en être dupes. Je confoar donc
Angletcrre, Mr. et Mrs. Hill perdirent le contrôle l'alfoire à Walter Webb, professeur d'astronomie nu
d'eux-mêmes pendant deux heures dans la nuit du l'lan6tarium Haydcn à lloston. Pour Webb, ln bonne
19 SCJ>Iemhrc 1961. Ils ne s'en rl!ndirent pus immé- r6pul<~lion des Hill étall jtostifiée; ils avaient dO , rcn-
diatement compte. Mais bientôt tous deux ressen- coootrcr de près 1111 ur-o. Ln SUI~C pouvnot iltrc 1eifel
taient des troubles psychiques assœ graves pour se eumulatll' de la peur ct de la tensoon nerveus.e .• .
soumettre à un examen puis à un traitement psychia- r.es entretien~ de \\'cbb et de deux mg..:cucurs
trique. Le trnitemcm comportant recours à l'hypnose, av~c le~ Hlll nous détermin:rcnt à consulter un
Bell)' et BIUlley fuent des récits rigoureusement iden- médecin praticien qui recommanda de soumeure le
tiques en tous les détails. Pour l'essentiel, l'histoire cas au docteur Bcnjanun Simon, neurologue et JY.-Y:
était la suivante ; ils avaiem été hypnotisés, enlevés, chiulre rO:puté à Boston. Recourant encore n
nmcn~s à bord d'un uro, soumis à deux heures l'hypnose, le docteur Simon .•• mit ù f~uillcr ks
d'examens physiolo~;iques, puis relâchés sous com- t6nèbrc~ de ces deux heures dosparues. Pcllt à pcnt.
mandement post-byp)lOtiquc d'oublier l'incident. Il 6mcrgcait 1:1 tcrTifiante histoire qu[, pour les Hill,
ne paraît pas douteux que la croyance en une telle était évidemment la v~ritG. Quoique prcs!tntunt un
mésaventure avait pénétré les subconscients des de\IX arrière-plan de réaction• p<)!Chologiqucs peu cou-
époux. Et il est très important de constater que ce rante<. le docteur Simon se trouvait d'accord avèc
blocage post-hypnotique levé, les troubles psychiques Wehh peur estimer qu~ les _HiU av3ie~t dû ~tre
des Hill cessèrent. » témoins d" un ph.!nornène inhabttuel ao;sez tmprcSSton·
Ln description faite par les Hill des ~trangers rejoi- nant pour détermine!' en leut suboonscicnt u11e. cons-
gnait celles faites en d'autres cas. 1ruction émotive. Voici cl'.aillcurs utl 1 somrmure <Je
Le résumé de l' Académie est fondamentalement J'hist'i>ire 1cllc ttu'cllc a ~té racontée à' Walter Webb
correct. Mais le traitement hypnotique n'avait pas mis ct ,:cçohsrittoêe en,détnll ~· couis de,.S,êilrlcès I.•YJlno-
un terme aux problèmes parfois terrifiants des :Hill. tiquc\',l~ docteut Simon enrcgostraut ~as ()\IC~~rooo~ ci
A l'époque où Mrs. 1:-Jill m'écrivait, le 25 septem- les réponse.< de Betty cl 'Barney. 1 •
bre 1961, ni elle, ni son mari ne savaient ou juste Duns ln nuit du 19 !kptcmbre 196 1, le• Hrtl reve-
cc qui leur était arrivé pendant ces deux heures sonies naient d'un congé au C~nada. Vers 11 heures . du
de leurs souvenirs conscients. Tous deux sc souve- ~ir, 1ls se tmuvaicn1 ~ur la route n• 3 en direcuon
naient qu'un UFO était descendu vers la route, et de Portsmouth quand ils virent dcsctndre un grand
que quelque chose à son projet les avait poussés à objet brillant. Quelques minutes plus hml, il• "?nsta~
fuir la scène au plus vite. Arrivés chez eux à talent que l'objet éhoil une ~orle de ~;rond vnrsseau
Portsmouth, dans le New Hampshire, ils n'avaient p11 uéricn émettant de,; éclats lumineux. Il dc>cendait
remettre de l'ordre dans leurs esprits. Mais dans les 1•srs eux. Burney arrNu ja voiture, prit ses jumelle~
nuits qui suivirent, Betty Hill eut des rêves ~tranges, et fit qtoelques pas dans un champ pour mieux
apparemment liés à des laits survenus pendant ces voir. La machine approchait vile. On la <li~tinguait
deux heures disparues de sa mémoire. nettement, ronde ct plui grnnde qu'aucun avion de
Aucun des deux épeux ne voulait de publicité. ligne. E!le avait dcu ~ rangées de fenétres éclairées,
Ce que Mrs. liill attendait du NJCAP était de toute
251
250
<1 quand il les fi.xa à tra\·crs ses jumelle,;, il éprouva
un choc. Des personnages en uniforme noir l'obser- reconstitué avaient paru dans un journal de Boston.
vaient, des personnages avec des yenx étranges . Résultat f:âcheux : les histoires d'enlèvement repar·
Le disque n'était phi$ qu'à une trent.1lne de mètres taicut. Le psychiatre et ses patients avaient bien é>ité
du sol. Barney eut soudain peur que Detty et lui n e toute publicité, onuis les versions parues dans la
russem capturés. Dans un réOexc panique il sc rua prCllse étaient si catastrophiques que le mieux leur
•ers sa voiture et se mit à dévaler à to~te vitesse parut ~ue de rendre publique toute l' histoire. Un
la route déserle. Quelques minutes 'plus tard, les jour nnliste bien connu, John Fuller, en avait cu
deux époux clllcndaient un bruit bizane comme si connaissance pur un entretien conRdcntiel du
la grêle s'ubattalt sur le couvercle du coffre. Une N(CAP. O n convint avec lui de la relation qu'il
s~rte. d'eng?urdisseme;tt les Cl~vahissait. Leurs esprits pré~cnterait au pubUc sur la bru;c de; demandes du
s eo~tenébr~ocnt. Les détails quo suivaient n'étaient pas dockur Sin1on et de.~ réponse~ des Hill.
claors. Ma~s sous hypnoses répétées, certains réappa· Le li\Te de lùllcr, The lnttrrut)led !OlJrnty, le
rurent. Ils s~ souvinrent quo la voiture était arrêtée • Voyage inte rrompu • fut repris pa r de nombreux
et que plu•icurs des êtres en uniforme noir les entou- joutnuu>t ct bl\néficia d'un intérêt qui contrastait
ndeut. ~iugulièremeut avec l'accueil réservé aux histoires de
De corps, les 6trangers p~raissaient des hommes. prises de contact avec des êtres d'autres mondes.
~~ais leurs •i•a~:es étaient e1frayaots. Les tètes étaient Les conclusions du docteur Sin1on étaient clairement
b!larremeni structurée,;. Les oreilles se limitaient à exposées. n disait les ffiU parfaitement con•aincus
deux trous. Bouches et nez étaient si comp rimés que d 'avoir vécu cc qu' Il&racontaient, mais estimait pour
le profil semblai! inexistant. Le pire était cependant sa part que le récit de l'enlèvement d~vait être mis
les longues fente~ des yeux étirées sur les joues qui a u compte d'une reaction psychique provoquée pur
leur donnaient un aspect sinistre. la manifestation de quelque pbi!J~oonènc <nconnu.
Au cours des séances d'hypnose, aussi bien Betty Cepe.nd3I1t, il y eut plus de gens qu'on ne l'eat
que Darney disaient que ces étres leur avaient assuré pensé pour estimer l'cnlè>-ement authentique, ou du
qu'il ne leur scnoit fait aucun mal. M ais il 6tait é\ideot moill> vraisemblable.
que la peur ne les avnit pa. quittés. Chaque fois !,cs \rnitements hypnotiques pururcnt réduire pouc
que Je docteur Simon commençait à parler de ces un temps la tension émotionnelle des HjU. Mais l'effet
~tres, réels ou imaginaires, les Hill donnaient des sur Darney a\•uit sans doute été trop profond. Les
signes de soudaine terreur ou de tension nerveuse. • troubles reprirent, plus graves. En fév rier 1969, il
. Be~ et Bamey, sur demande du docteur, avaient mourait d'une M morragie cérébrale. li y a•11it pro·
dot ~voor ~té menés à bord du vaisseau spnti al et y bablemcnt à cela d' autres raisons. Mais de revivre
avoor . subo de l<lngs examens physiologi<lues. Ils sans cc•se cc qu' il croyait avoir vécu réellement, a
n' nva1:nt pa.s été maltraité~: Mais l'épreuve était san• doute bâté sa fin survenue 11 l'âge de quarante-
cruelle. Apres ces examens ols avaient été ramenés six nos.
<~r la ro~t.c ct libéris sous contrainte post-hypno- U resle dans IC$ comportements des Hill un (ait
toque ann•holant leurs sou~nirs de la més.1venturc qui n'a pas été véritablement expliqué. Sur demande
Avant même ln fin des exumens du docteur Si~on <lu doolcur Simon, Betty et llnrney avaient chacun
des fuites s'6taicnt produites, et des bribes du récit de leur côté el sous bypnQse dessiné un ~TO<Iuis
représentant l'un des ravisseurs. Selon l'avis - qu<l
252
2 53
je p~rtaee - du docteur Simon, ces croquis étaient Frecman Dyson de J'Institut de Prin~eton pour les
une représentation dïmagc• Mlb::onscieotes. Cepen- Etudes d:A•-enir pense que nous de,'Tt.ons rester sur
dant, à la \11C de ces croquis au réveil, mari er nos gardes. Nous pouvons tout ausst bten renonntrer
femme Curent lous deux boule• ersés d'horreur. des repti-sentants d'une race $allguinaire que des êtres
En 196ll, un artiste, David Dakcr, put leur parler remplis de sages-~ et de sérénité. Le pro~esscur
longuement. lJ e~écura plusieurs croquis sur les indi· Jerem · Demstein de I'IIllotitut de Tecbnologtc Ste·
cations donnéo:s par Barney sous hypnose. Les visages vcns c~time qu'il serait de ln dernière naïveté d'atten-

~1
.;luicm hlc[eux, ct de nouveau les Hill manifestèrent dre d'autre.s mottdcs un progrès dans la douceur.
un grand trouble à la vue des dessins. Comment leurs « Plus 11otre 'civilisation verse dans la technologie,
Subconscients pouvaient créer ces images, n'a jamais plus s'accusent kc< mnu.vais pencha!l!S .... No~ pou-
1 ét6 bfcn expliqué. Une chose est sOre. Si de tels êtres vons parfaitement imng1110r des CIVIh~tions atroces
devaient débarquer sur la terre, quelles que fussent parvenues à un haut dcs•·6 de technologte. »
Jeun intentions, leur vue <eule jeuernil J'épouvante. .Eu 1963, Je Bureau ucs Sciences de, l'Espace met-
Le~ savant> ont parfois cherché à imaginer J'appa- tait J'accent sur Je grand C'ltoc que seratt pour n~us la
ren<'C des etres de l'Espace. Certaines de leurs hypo- découverte de la vie d'autres moodes. • ~ decou-
thèses sont aussi déroutantes que les déclarations '"'"c de ta ,;e sur d'autre~ planètes auratt un eiTct
des plus fantaisistes témoin~. Le docteur Sagan ima· intense ct durable sur n'importe quel peuple, qu~lle;s
,gine une créature de l'espace dotee d'une ~ pupille- q~ soient sa race et sa culture: • Il préc~rusatt
radar •, lui permettant de distinguer les objets à encore de faire de la découverte ~:at!tres mantf~ta­
travers les brumes épaisses de sa planète. l i est tion~ de vie intelligente. no.trc pnn~•J?al. obtccur. •
cncot•c question d'êtres à quatre jambes... ou qua- Au cou rs des années qut ont sum, Ji 1) y n eu
tre bras.. , ou quatre jambes et quatre bras... Le qu'un très petit pas tlu~s lu voie d~~ COJUDlUJ!IflltlOJIS
docteur Herm~nn, Muller croit les organes des étran- extrq-hui•1ainfls. Il s'agit do )'e~s~ de. .-la ~1~nne sur
~erç assez différents des nôtres pour que nous en1 le~ 'dauphi~·~. programme dont, é~a\t ~gé le docteur
éprouvions de l'effroi et eux de la consternation: 1oh!t c. J.,:i\ly. !ra marine . ~~~·~t ,lllfme en,·o~é un
~ Ils peuvent être stupHaits de notre systtme sen- dauphin à l'école pour Je (anùlianset avec de.!eu nes
soriel... • enfants. n n'y a rien de risible en cette affa~c. JI
Le docteur Richard S. Young, de la l'ASA estime s'agi~ d'un pro•rammc sérieux, el Je docteur Ltlly a
à sept les diver~ phases d'évolution : vie primitive, d<jà obtenll des r6ultal• intéressa;tts: s.elon le
vie intelligente, vie chimiquemen t différente de la savant, J'expérience peut donner des tndtcattons sur
n6trc, vie présentant de l~gères différences de méta- la méthooe à suivre pour établir des contacts avec des
bolisme, systèllte énergétique ct structure physi- ètrcs ùc l'E.,paee.
que, etc. Dans celle voie, certains S<lvants estùnent 11 nous faut do Jouto urgence un progtammc tlo
quo nous pourrions rencontrer des êtres avec lesquels cotitmuttication à grnnde échelle pour nous adnjltcr
nouç ne pourrions absolument pas eommunJquer, aux faits et réparer nQS !'6vues antéric~res. Ma s à
1 toutes les communications entre eux s'effectuant par ce programme, fonl tOUJOurs obstructions des sn·
télépalltic. vants réputés tels que Hibbs, Gold, K~pal... , !'~os
De l'apparence des êtres des UFOs certains passent L'Homme et so11 U11i1•us Kopa! nous p.d]ure d evtter
à l'examen des motifs de leurs opérations. Le docteur tout contaci :

2SS
• U\ risques encouru1 dans une rencon1rc avec
une aulrc civilisatiOJI cxcédeiaienl de beaucoup ~on
possible inlérêt. Tout bénl fice .c5t exclu, mais non une
issue fatale. Pour l'amour de Dieu, tai<sez sonner le
1éléphone de l'Espace! Ne répondons pas! Faisons-
nous le plus petit possible! Evilons d'altirer ratten- CHAPITRE XlV
rion sur nousl... »
Mais il est déjà lrOp lard. Des êtres d'une civili- TêNTATI VE D'ENl'E.RRBMENT
sation plus avancée que ln oôtrc •ont déjà ici. l'\ous
ne pouvon~ nous cacher. JI n'y a qu'une solulion:
nous fixer un programme prudctfl, mais efficace, pouT
apprendre lout ce que nous pouvons sur le$ visiteurs
spatiaux, puis entrer on comnumiClltion avec eux.
LA clef du problème était Ricbarù M. Nixon,
candiùnt désigné du Parti Républicain.
Le plan spécial, dojà menlionnl!, ne compone de Dcpui~ des ann~c,, exb>tait une mésentente entre
recours ni à la radio ni à la 1élé\•ision au cours de sa Nixon Cl Condon. Au temps où Nixon ~iégeait à
prcmihe phase. Aussi longtemps qu'il n'aura pas élé la Commission de la Chambre des R eprésentants
olliciellcmcnl adoplé je lui donnerai le nom qui pour le• Menées anti-américaines, Condon avail été
semble Je mieux h1i couvenit' : OPSRATION interrogé. Au ~ours de la séance, il y avilit cu des
LEURRE. échanges extrêmement vifs cotre les deux hommes.
En lin 1968, le plan initial de Operation Leurre Quand plus tard le savant se \ ' Ît contester sa qua·
élail assez avancé pour élne pmcnté aux membres lification Sécurilé, il devait évidemment y voir
du Conyrès qu' indisposai! la politique du silence l'action de Nixon. Et .. J'animosité réciproque ne
sur les UFOs. Mais 1 9(j~ 6tait année d'élections. devait pas cesser.
La plupart des légishlteu'r~ ' d~~iraient é~itcr une En 1968, peu de ge.ns se souvena!ent de l'!nci-
controverse sur œ sujcl. Il était plus sage. d'ouendre dent. Mais fUSAP ne l'avail pas oublié. Que NIXOn
l'accalmie politique et l'ins!allolion du nouveaù fùt tlu, et les membres du . Conj:rès qui avaient la
Congrès. ' preuve de l'exi~lenoe d'un secrel officiel, les McCor-
Mais dans les demiers jo,ors d'oclobre, la situation mack, Kartb, , Goldwater lui rnconternicnl toute
changeait tout à coup. Une chance s'offrait d'enfon- l'allaire. En tant que commandant en chef · des
cer les bnrrières. Force> armées, Nixon pourrait donner l'ordre d'a~
L'USAF avai1 élé pendant deux mo~ aux prises ur Je rapport Condon, el de reprendre l'élude sur
a•ec une gr:we men nec pour son Sê€RET. Pour s'en d'aulres bases.
lirer, elle avait élaboré 1111 plan ù partir do l'élude du D ès la désignalion de Nixon Gomme candidat
.Colorado. Et le plan se retournait contre ses auteurs. républicain, l~s Forces aériennes avaiellt pressé
La censure fut en danger de disparaître. l'université du Colorado de Mter l'itudc de telle
Si la presse avai1 connu les faits, ses première• son.e que le rappon pùt ètre terminé avant l'élec-
pages leur aQraient é16 consacrée~. c.~en eOt 6té Mt tion présidentielle. Mais forocr la cadence au-delà
du r" pporl Condon. de ccrh1ines limites était impossible.
257
L'administrateur Robert J. Low était ~osé avoir Les exemples reten\os, loin d'illùstrer les alArma-
établi le rapport, mais, depuis la parution dans lions a prio;-i de Condon, apportaient la quasi-
Look du < memornndum pour une tricherie >, il ccnitude de la réalité des UFOs. Les analystes scien-
s'était vu assigner d'autres fonctions. Son rem- tifiques admettaient que 30 % des ph~nom~nes
plaçant connaissait peu la question des UFOs, et ohservés ne pouvaient s'expliquer par des causes
1noinN encore le Lravnil du groupe. .De 15 000 rap· connqes. Les tit.rcs des observateurs, dGment mcJt-
ports fournis, les cnqullteurs de Boulder en av;uc.nt tionn<~, aggravaient le coup porté à la these Chl
examinés moins de cent. Cependant, aualyscs, dts- rédacteur. Tous étaient ùcs spl)cialistes qualifiés, la
cu~:')ions constituaient une énorme m3.Ss.e confuse, plupart astronautes, pilotes militaires et civils.
tout encombrée de ~ndages d'opinion publi~ue Le c cas n• 2 • provoqua un sursaut chez les
et considérations sans grund rapport avec ln mnher!l officiers de I'USAF. A Lakenheath, en An&leterre,
propre de l'enquête. Le nou-.eau. patron devrut avait cu lieu uoe poursuite dramatique d'un UFO
tirer de cette documentation, bermeltque pour lut, suivie au radar par les centres de contrôle de
une sy~tltèse de 1 500 pages en un temps record. I'USAF et de la RAF. L'incident survenu en 1957,
J'appris celte course contre la montru dans les était toujours soigneusement caché en rnison de sa
po·emicrs jours d'octobre, de solU'ce Peutn~one, gravité. ·
évidcnuneot hostile au maintien du rsccret. Puos les Selon Je contrat de l'université du Colorado,
i11formalions me parvinrent régulièrement sur les 1'6tnt-ma)or ne devait soustraire à l'cnquôte aucune
développements de l'o(laire. Information. Et ce cas particulier n'al!llil pas été
Le 31 octobre 1968, le grand rapport de l'uni- signalé aux cnquetcurs, à qui était parvenu par une
\'eiSité du Colorado était remis à l'état-major des toute autre voie le rapport complet d'un des princi·
Forces a.:ricnnes qui en prenait hjtiveme(\t connais· poux témoins, un sergent américain qui s'était
sance. 1 ' t l '
1 • trouvé à l'un des centres de contrôle rndar lors de
Dès 1es''pxemior8 para~:raphcs, le docteur <;:ondon l'incident. Le sergent, depuis à la ~et(aitc, avait
nlnit absbtunlcnl' que les UFOs fussent autre cb.ose servi au contrôle rfldnr du trafic aérien pendant
qu'illusiol'ls, objets courants mal identifiés ~ar les seize ans.
observateurs, ou fruits de quelque supcrchcr>c. Les Boulder ayant eu connaissance de ce cas, les
nombreux témoins étaient des simple$ d'esprit, des Porces aériennes avaient cependant reconnu le fait
excités ou autres individus de a-édibilité nulle. Le et CD\'O}'é un compte rendu détaillé confirmant le
docteur démentait toul aussi catégoriquement qu'il récit du sergent.
y eût là une menace quelconque pour la sécurité Le 13 aoflt 1956 ven, 10 lteures et demie du
nationale, un quelconque problème de défense, un soir, un objet éclair6 inconnu était apcrÇll de la
quclcnnquc secret do~ Forces ~ériennes. Le sce~; tour d'une base de ln Royal Air Force. Il était
ticlsmc invétéré do Condon en cc domnit~c éta1t aussitôt suivi par trois centres de contrôle. Un
assez connu pour que ce~ conclus~oo~ ne causel!t intercepteur à réactio11 Venom était d6p<!ché avec
aucune surprise aux officiers. Ma1s 1on affirmait mission de le prendre en chasse. Gnidé par radar,
;i bien l'accord unanime des membres du groupe le pilote vint rapidement sur I'UFO.
d'études qu'arrivés nux analyses = p3r cas, les Quelques secondes plus tard, il signalai! que $tS
représentants de 1'6tat-major eurent un choc. canons pointaient sur l'objectif.
258 259
était !elle qu'elïe supposait des cartographes extrême- d'usines, installations pétrolières ou laboratoires. Il
mont eutraînés ·et un retours à l'observation aérienne. n'y a jamais cu av,Îint nous d'.équipement industrie!
Par endroits, les côtes représentées sur h carte de< du type ,moderne, •
Pitj Reis se trouvaient recouvertes de glaec depuis Dans ces conditions, la seulo explication possible
plusieurs siècles. Pour en vérifier Je tracé original, la reste l'inlervenliou d'un vaisseau spatial étranger.
Matine s'assura Je ~oncours d'un expert en prospec-
tion séismique, le rolvércnd Daniel Linehan, direc- Deuxième volet de notre démonstration : l'analyse
teur de l'Observatoire de Westou, Collegc de Boston. de l'Académie des Forces aérienne.~, établie en 1968.
Au tenue d~ ·nombreux sondages à t.ravers l'épaisse Les vieilles hlgcndes ont saus doute alimenté la
couche glaci:lire, le sismologue retrouvait exacte' controverse à l'USAF. .Mais les a11alystes avaient
me.11 fe tracé de côte de la carte de Piri Reis. On de bonnes raisons de ne pas les négliger. Il y a
tenait ainsi fa preuve d'Ùne ancienneté de fa carte de curieuses similitudes entre les prGtet\dUes légendes
supérieure à vingt siècles. de pays éloignés, d'Europe et d'Asie, sans grands
Plus tard, la fameu.~c carte fut comparée aux pho- contacts entre eux aux temps où elles prirent nais-
togr~phies transmises des satellites. Le même effel de sance.
courbure tert'eslre accusant une distorsion croi~sante L' Acudémie insisütit sur le fait que les narrateurs
selon la distance des secteurs se retrouvait sur l'en- n'avaient atnr& pas la science suffisante, ni même .les
semble des documents. mots pour décrire de façon précise les nouveauté.&
Une seule explication êta)! acceptable. La ·carte technique~ offertes à leurs yeux.
ancienne sur laquelle s'était basé Piri Reis provenait Ayant ainsi écarté une C:\use de malentendus,
de photographies prises à très haute alltitude, l'alti· l'Académie poursuivait:
lude de nos actuels satellites artificiels. Une telle • ... Q:d dit, empruntons un curieux récit à
opératkm ne pouvait être le fait que d' un vaisseau J'une ·des plus vidlles chroniques de f'fode: ·le-
spat.iâ! extra-terrestre, ou. d'un engin placé , par des Livre dc Dl'Yft'l·" Ces légeJ,IIIes ont ét~ J'assemblées
Terrien~ appattc·nanl à une civilisatiott très avancée, dans un manuscrit dês <que !'-homme ·eu~·appris. à
disparue sans laisser de traces. écrire.
Reparlant de l'affaire avec les deux officiers des Le récit en question est celui de l'arrivée sur la
Recherche;; Navales, j'évoquai l' hypothèse d'une civi- Terre d'un petit grôupc d'êtres · extra-terrestres, il y
lisation terrienne disparue. _ a des milliers et des milliers d' années. Ils seraient
-,. ·Impossible, me- dit Je capitaine de vaisseau, veo.m s dans un vaisseau de méUtl qui .aurait fait plu·
le meilleur de nos appareils d'aujourd~IUÎ ne pourr·ait sieur-s fois le tour de· la Terre avant d'atterrir ... Le
même pas approcher cette altitude. Il faudrait doliC livre raconte ! « Ces êtres vivaient à part. fis étaient
admettre que lc.s .hommes de l'époque aient au. moins tenus .en grand respect· par les hommes au . milieu
~ris ~c départ dans le domaine des opérations spa- · desquels ils s'éUticnt établis. Mais il arriva que des
tJales. Or1 construire et eotretenk le plus petit engin différends s'élevèrent entre eux et ils se séparèreni.
spatial cJCige un équipement industriel "considérable: Pt usieu rs hommes, ·femmes Cl enfants vinrent s'établir
Et l'existence d'un tel équipement se éonœvrait mal dans une autre ville où la populace, frappée de
isolé. Il supposerait lill développement industriel égaf terreur, les prit pour maîtres.
au nôtre. Et oous- ne trouvons nulle part trace « Ln Sép<lration n'avait d'ailleurs pas ramen·é la
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poix encre eux. L'irritation devint telle que le chef wnt que roiuai;ies de conteurs, er il. n'y a pao~' 11 ~'in­
de la première colonie, emmenant avec lui un petit quiét~r de leurs analogies à 113\:crs di~é~utes nauons.
nombre de guerriers s'éleva dans les airs dans un Ccpend~nt le ··~pporl de J·Acac)emte des forces
grand v3isseau de métal brülant:. A plusieurs lieues aériennes n·apporte pas que ~~gendes ~ l'a~puo de 1~
de la cité ennemie, ils en,-oyèrent une grande lanœ croyance aux visiteurs spauaux préhlSionq~cs. Ico
éclatante sur un ravon de lumière. :Bile éclata sur la s'oune tc troisi<me volet de la déononstrallon. Je
ville en une go·:mde boule do flamme qui montait cite le rapport : .• .
jusqu'au ciel et presque jusq11'aux étoiles. TollS les Tschi Pen Lao, de l'universote de Péklll, arp~rl~
habitanL' furent hoiT·iblement brûlés, ct ceux m6me une preuve de contacts extrêmement anciens. li s agot
'lili étaient sortis de la ville ct se tenaient dans le de relie!s tnillés dans le granit sur une montugne. de
voisinage, furent au~i brûlés. Ceux qui avaient la province du Honan, et sur une ile du lac Tungtong.
regardé la lance et la boule de (eu devinrent n\·eugles Ces sculptures dont l'nncienneté n été évnhoée à
pour toujours. Ceux qui ento·èrent dans la ville' à 47.000 ans montrent des êtres av~c de grandes
pied, tombèrent malades ct moururent. La pollSsièn: trompes. S'agirait-il d'appareils resplt11torres?... Sur
Ile la ville ét.ait du poison, et de m~mc les rivières le plateau du Tassili, dan$ Je Sahara, l~s roelres
qui la traversaient. Les hommes n'osaient plus ont été S(."Ulptécs il y a huit mille ans. Les solhoue!.tes
s~"approeher. L a ville devint pous~ière et fut oubliée sont celles d'humains, mais avec d'~tranges tetes
pur les hommes. rondes. S'agit-il de casques? » .
• Ayunt vu ce qu'il avait fait à' son propre peuple, De telles sculptures sc rctrouvcn.t en diverses ~ar·
le chef sc relira dans son palais et ne voulut plus ties du monde. Et l'on trouve 3U$Sl de grandes a~res
voir personne. Puis il rassentbla les guerriers qui lui do terrain aplanies dont l'apparence est celle de ba~s
restaient, leurs femmes et leurs enfants. l ls 'entrèrcnt d·auerrissage ou de lnnœment. L'une d'elle.• a cté
dans leur.< vaisseaux, s"élevêrent danS le ciel e\ dispa· reconnue dans la vallée Palpa, près de l'antique cité
rurenl. Et plus jamais ne rfvinrent. • ' de Nazca, au Pérou. Elle a 60 kilomètr~s ~e lo~g
« Cctté ·antiqolc légende scrllit-clle : sin1plcmeot ct 1 600 mètres de large. Auc•me expücatoon na
relation véridique d'une colooisatîon dramatiquement pu être donnée ~ cet énonnc travail de terra.ssement..
interrompue par les missile• à tête n~c(~aire allX Le journal conservateur Swr de Was~ngton n
tOJ'I'ifiunts effets radiorlctifs? JI est sans doute difficile donné la ckl8Cription d'une autre ?ase spatoal~ pœ·
de l'affirmer... comme il est di!licile 'd'expUquer pour· sible à ln suite de la découverte recente en As!e pu
quoi les mythologies grecque, romaitto, nordlqJJe font un archéologue soviétique d'une gravure de l'age de
toutes place oux guerres entre les dieux ... Chaque la pierre qui suggère un cosmonaute. Le Stm écnt :
groupe humain aurait-il ramené A l'échelle de $OS « Le personnage représenté porte quelque chose
querelles de clocher une guerre totale entre colo- 1·cssernblnnt à urt casque étanche avec des antennes.
nisateurs venus d'autres mondes?». Sur le dos est fixé une sorte d·équipement de vol.
Plu• formels encore sont des s:~vants tels que • Les dessins trouvés dans le Tassili aux confins
Thomas C.old et Carl Sagan. Selon ce dcrni.er, notre sud de l'Algérie reprodttiscnt les mêmes détails : do
planète uurail été visitée dix mille fois au cou"' gronds casques entourant la tête, des équipements de
de sa longue existence. :.tais pour d'aurres person- vol, des antennes.
nalités du monde scientifique, toutes ces légendes ne • Que représentent ces dessins? Pourq'!9i ces
242 243
accoutrements à une t u ' • manœuvres, telles que les estiment les observatellrs,
pas encore inventé la f:~?e ou DU$ ancetres n'avaicm \ioleroiem toute& les lois de la ph)siquc. us rap·
• Il peut ~Ire ins!ructif d porteurs écrivent et soulignent :

.min, se II.'Olii'C Je b .
Moyen-Orient...
" · ont ete
... ..., ,, teconuu r ·
u cappe1er. qu'à mi-che·
erçeau de IIQS covillsatinos, le

plates~formcs dressées par slc.:sh soggurats, ces va>tes


• Nous ne sauriom nier la possibilit<l d'un contr6/e
des UFOs par des itres cl'tur alltrc rnonde, m IIOilt
basa~/ sur d~s rwtions préconçrœs qui tl' ont pllS été
lrablie.s en tenant compte des faio• ob:retvés, refatifs
la P!lllno. Etaient-eUes destinécJ ~":t:~ au-dessUJ de ti res engins. »
seraot vexant de pense 'à , anocments? ll L'exorrn:n du Livre de Dzyar. re~êt une importance
l'élite de J'humanité a~ qu 1aube de notre hi.ltoire, particuli~re. Les \'iSiteurs de l'Espace y apparaissent
portant son savoir ave~ e~l~. qnuter cette planète, cm. comme de forme humaine. Et il n'est fait mention
• Une autre hypoth' • d'aucun signe particulier. Les analystes de l'Académie
Elle serait qu'co cescs:ene sc~art ~uèro plus Jlutteuse. n'out pas voulu établir un lien p~écis entre c~s
sup~rieures, venues d'a '{!'s ancrens, des créatures éventuels visiteurs et les équipages des UFOs. Maos
aient découven DOire u :s sc~t:uJS de ta l!lllaxic, il semble que des repr~sentants d'une humanité av!ln·
rendcc finalement planetc, IIUent explorée pour cée aient, au moins une fois, visité notre plarn:re.
coi(){Jisée. • compte qu'elle ne valait pas d'ftrc S i cela a été, cela peut être encore. Nous ne pouvons
. Au nord de Damas uno . évidemment savoir dans quelle mesure des explora-
tion pounnit bleu avoÎr é au_tre cuneuse con~truc- teurs de l'Espace chercheraient à retrouver des êtres
tions spatiales. Il s'agit d 116 uhlr~ée pour des op6ra· de leur espèce. Mais si lu légende du l.lvre de DzyM
d'énormes blocs de pie':r," t~rrassc de ~aalbelt, fuite est conforme à l'Histoire, de teUes rctruuvrulles ne
mètres de IOnJI cl pèsent e, rè CU:: CCMll!DS ont vingt sont pas exclues. . . .
encore le mode d.: const.;:ct.s c 2 000 tonnes. Lil U:s rnoouments anciens, les mysréneux ~esugcs,
qué. · · ron ne peut ttrc cxpli- ne constituent pas une preuve suftlsante de visites
On ne lrbuyc pas d' . r . à des époques reculées. Mais avant de rejeter J'IJypo·
_!cs Ùrod]gi~hses coni~;~c:~;~i"é plu~ Vqlables pour thèse, il serait bon do voir qu'elle. r~pond seule ~
avec les équipements 3 1 · 1 &Yptoennes. Même l'énigme relevée par l'analyse tcchn!qt)e la plus
lemeot reproduire ~ cccue,s, ?u~ pourrions dilllci-
11
sérieuse.
r-d. - os ruchon~ génn•- L'Académie des Forces aériennes évoque à la
w ependamment de 1 - ·
mes trois volets ~ complèt~~~: valeurs particulières, suite des vieilles lêgendes, les histoires êtranges d'épn-
La carte de Ptri Reis tém · • ques plus proches de la nûlte :
de la Terre à pnr1ir d'u .OJ8l1c dune observation «Des observations précises ont ét~ raites pendant
<rues millénaires. n varssoau •érien il y a quel- tout Je Moyen Age... En Fmncc, à Lyon, trois
Le rapport de I'Acadén . d hommes et une femme que l'on disait des(endus
relè.v~ des énigmes auxquelf~ l'~s Forces aéri~l.l!tcs d'un vaisseall aérien, furent saisis par la populace
anteneure d'Etr'CS de l'Es }'JlOtltèse de voslles et massacrés. • L'expression employée - • trois
P<ln.se cohérente n redu· pace apponerait une ré- hommes el une femme • - donne clairement à
selon lequel les· UFOs :eencore ~ néant l'argument penser que !es étrangers étaient au moins très sem·
seaux spatiiiUX du !a't polurrntco~ être des vais- blables aux Terriens.
' que ours VItesses el leurs
244 245
Evidemment, nombreJLt sont ceux qui refusent de
prendre en considération ces relations · anciennes. véhicule. En ·<Jue.lques sccontles, l'objet sortait. du
Mals l'analyse de l'Acndtmle fait place à.des rapports mvin en un · g..ondemetit .strident. Presque; _aussatôt,;
officiels ooncunant les opérations UFO au cours de il se perdait par-delà les .mo~tagnes vo;swes. Le
l'actuelle mise sous sum:illance de la Terre. Elle ne sergent Zamora prenait la d1tectaon opposee presque
retient d'ailleurs que les moins contestables. Elle aussi vite quand survint le sergent Sam Chavez venu
reprend en pn!liculier un cas où deux êtres extra- à ~on premier uppcl. Ils inspectèrent ensembl~ le
terrestres ont ét6 observés. Ceux qui ont déjà entendu ravin. Les buisson~ étaietlt calcinés et fumnaent
parler de l'incident seront intéressés par la oonlirma- encore ~ J'endroit précis où avait jailli la flamme
tion apportée par les Forces aériennes : bleue. La surface calcinée ~tait encadrée de qu~tre
• Nous examinerons maintenant un cas particulier. marques profondes correspondant aux quatre paeds
Il s'agit de l'obser\'ation ruitc ù Socorro, dans le Nou- de l'engin. Cb.aque marque avait envi~on <l_ix cca.1ti·
veau-Mexique, par le serge11t de police Lonnie mètres de profondeur avec une secuon c•rculaare.
Zamora. Le sergent étal! en patrouille le 24 avril Le sable du ravin était très tassé, si bien qu'aucune
i964 quand il vit un objet brillant s'abattre sur des empreinte de pas ne put O:tre relev.Sc. Une enquête
fondri~res on bordw:e de lu ville. Au menie moment, officielle fut lancée Je jour u•ême. Tous les él~ments
il entendit un srondement sourd comme d'une charge recueillîs corroboraient les récits de Zamora et
de dynamite oubliée là et qui serait \'Cnue à exploser. Chavez... •
Il sigunla aussitôt l'incident par radio uu colllJ!Uinde- L'état-major dérogea bizarrement :a sa politique de
mcnt de la police ct se dirigea \'ers le point d'impact. • démystification •· 11 admit en effet un peu plus tord
Mais il dut s'arrêter ù ISO mètre$ d'un ra\in où que le sergent Zamora avait ellectlvcment vu ~n
semblait avoir capoté une voiture. li SÎ8Dala qu'il se vébi<;ule non identifié. Mais il n'alla pas plus lom,
trouvait probablement en présence d'un accident, ct ne fit aucune réf~~enœ aux deux humanoïdes entre-
puis co,ndl!lsit tant bien· que m.a l ·sa voiture< au bord vus. Le procès-verbal orfici~l reconnaissant partiel-
du ravin. Descendant de vointre; il s'apprbcba encore lement los faits signalés par les deux policiers ~taH
d~ quelques pas. Mals à $tl yande st&Jpeur, -ce qu'il signé du major M.M. Jaèks, porte-parole attache au
VIt Cut, non pas une auto, , mais un bizarre engin Bureau du secn!taire d'Etat aux Forces aériennes.
ovoïde d'eo,iron cinq mètres de long, de• couleur Faisant une nouvelle entone à sa politique
blanche, bien assis sur de courtes jambes do moltnl. constante, 1'6tat-mujor• admettait biomtôt la véracité
Tout à côté, apparemment indifférentt à sa présence, du rapport d'un citoyen du Kansas, William Squyrcs
se tenaient deux bumanoi'dcs revêtus de combinai- qui a'•ait observé un engin ovoïde immobilisé au·
sons argentées. lis semblaient travailler au flanc de dessus ct assez près du sol. Selon le témoin, les herbes
l~appf\rcil. Zamora se 'tenait là, immobile, hébété, s'inclinaient sous le sou(Jlc du propulseur. Cet effet
quand les deux !tres s'aperçurent de sa présence. lut pur la suite vérifié par les officiers de 11JSAF.
Iostantanémeot. ils sc jetèrent de côté comme pour Squyres dit qu'il avait pu apercevoir une sillioucttc
se cacher derrière leur engin. Zamora em le même humaine dans Ja lueur bleue du poste avant de
réflexe de dérobade ct revint à sa voiture. A peine se l'appareil, juste avant le dtpart de celui-ci. Ce
retournait-il pour observer /t nouveau, qu'unD écla- rapport reçut le numéro 14 au dossier spécial des
tante damme bleue jaillissait du Jood de l'étrange Forces aériennes.
Qpclqucs autres témoins de bonne réputation ont
246
247
affirmé avoir aperçu des ~tres d'apparence humaine comptait 80 millions d'habitants, tous gt'llllds, près
près d'UFOs ullcrm ou à l'intérieur d'appareils de deux mètres, aimables, nvcc une peau à reflets de
manœuvrant il b~c altitude. Un tel cas a été étudié platine, et des cheveux roses. 11 nvait été choisi pour
par le président du sous-comité pour le North aider à l'organisation de missions de contact avec des
Dakota du NICAP. Des témoins placés en des poinB représentant$ qualifiés du Département d'Etat et
a~ez distants avaient vu des silbouenes humaines du ministère de la Défense qui voudraient étudier
il l'intErieur d' un t.'FO é<:laité, assez distinctement les mesures à prendre pour préparer Je public. On
pour en donner une description. Pour les obscn.u- m'a dit que j'ét.1is sur la liste. mais quelque duJ&e
~ions de nuit ou A distance trop grande, il y a tou· a dû ne pa.< marcher, et je n'ai pas été contaeré ...
JOlltS de; chances d'erreurs, même avec des témoin! Si je m'attarde un peu à ces histoires, c'est qu'il
1 dignes de foi. Certain:; rapports peuvent être véri- coovicnt de se dégager des in~vilables sornettes ct 1
dique~. mals il s'en fnut de beaucoup que l'on puisse de ne voir que les fait• authentiques. Trop de jour-
conclure. Co qui est certain c'est que de teh tumoi· nalistes ont malheureusement fuit une salade de
gnages ne doivent pas être classés dans la masse <le~ tous les raJ)pOrts, des plus extmvngants aux plus
contes à dormir debout et ~les vantardises de pré- sérieux. Rien ~o•a n111ant ju~tiOé le scepticisme. Qu'il
tendus • contactés •. sufftse d'évoquer quelques exemples <.le l'abracada-
Le plus notoh·c de ces • contactés • fut George brante série :
Adamski, aujourd'hui décédé. Il disait avoir ren- Un être à peau de z~hre changeant de cou leur
contré dos étres laits comme des roeux avec de; oomrue le caméléon ... L' homme de I1Espaco placé
che\'eux d'or. Ils avaient débarqué de leurs vals· en incubateur pour y apprendre l'anglais ... le géant
seaux aérien~ dans le désert. Il s'était lié d'amitié vêtu de caoutchouc ct parlant lntin ...
a,·ec l'un d'e-ntre eux, l'a"ait amené à son restaurant Sonises qui seraient inoffensives si elles n'éga·
la\o'ori, o~ U s'était régalé de hamburgers et de tarte raient le public. Un danger peut naitrc ccpcn<.lant de
aux pomme~. Il y avait aussi à Sih'e r Spring. dans le cca récits. l..e géant de quatre m~tres à six bras, avec
Maryland, une femme qui racontait à qul \'CUlait l'en- des yeux qui paralysent peut impressionner les ima-
tendre quo des hommes de l'Espace atterrissaient ginatifs. L'on a vu danJ certain district d'Amérique
fréquc.mmc}lt près de sa maison et venaient prendre du Sud des gens terrorisés à la nouvelle que des
le peht déJeuner avec eUe. Un certain Sid P:ttrick monstres velus comme des ours uvaient attaqué et
disait nux journnlistcs qu'il avait eu une longue tenté d'enlever des Terriens.
com"Crsation avec un gentleman extrn-terrest•·o Au cours des années soixante, il y eut une fameuse
nomn:té Ziena q11i parlait un excellent a nglais et histoire qui défraya la chronique américuine. Les
portail _un complet bleu d'une sobre élégance. Zlcn11 héros de l'affaire ·étaicut Betty et Darney Hill. Nous
afftrm~1t q~c ~ur su planète, il n'y avait ni mulaclîc avons là un exemple de ln por~ do contrôle psychique
111 pohce, "'. v1cc ni école. c l'lous vivons en parraiLe qui peut résulter de ln J>Cttr des UFOs. Cinq nns
communaute uvee un comrl>lc des naissances tr~s avant que l'histoire ne fût C(>nnuc, je reçus au
srrlct... » NlCAP une lettre de M rs. Hill. L'ayant lue, je pris
Il y avait un c contacté • qui se faisait appeler toutes les dispositions pour une cnquê~ conli.den·
Mel Noel et <tui, au cours de fréquents voyages sur tieUe. Mais avant d'y revenir, je crois pré[érablc
Mars, avait rcncontr6 beaucoup de gens. Mnrs de cilcr le bref rùumé établi 1>ar l'Académie
248 249
évidence tm conseil. Rien dans son coml'!>rtemeut
•k., Forces acnennes de cene troublante alfaire; ne rappelait les myslilicotiolls dont nous a' ro~s uop
• i\u cours d'un voyasc à 1111vers la 1'\ouvelle- l'habnude peut en être dupes. Je confoar donc
Angletcrre, Mr. et Mrs. Hill perdirent le contrôle l'alfoire à Walter Webb, professeur d'astronomie nu
d'eux-mêmes pendant deux heures dans la nuit du l'lan6tarium Haydcn à lloston. Pour Webb, ln bonne
19 SCJ>Iemhrc 1961. Ils ne s'en rl!ndirent pus immé- r6pul<~lion des Hill étall jtostifiée; ils avaient dO , rcn-
diatement compte. Mais bientôt tous deux ressen- coootrcr de près 1111 ur-o. Ln SUI~C pouvnot iltrc 1eifel
taient des troubles psychiques assœ graves pour se eumulatll' de la peur ct de la tensoon nerveus.e .• .
soumettre à un examen puis à un traitement psychia- r.es entretien~ de \\'cbb et de deux mg..:cucurs
trique. Le trnitemcm comportant recours à l'hypnose, av~c le~ Hlll nous détermin:rcnt à consulter un
Bell)' et BIUlley fuent des récits rigoureusement iden- médecin praticien qui recommanda de soumeure le
tiques en tous les détails. Pour l'essentiel, l'histoire cas au docteur Bcnjanun Simon, neurologue et JY.-Y:
était la suivante ; ils avaiem été hypnotisés, enlevés, chiulre rO:puté à Boston. Recourant encore n
nmcn~s à bord d'un uro, soumis à deux heures l'hypnose, le docteur Simon .•• mit ù f~uillcr ks
d'examens physiolo~;iques, puis relâchés sous com- t6nèbrc~ de ces deux heures dosparues. Pcllt à pcnt.
mandement post-byp)lOtiquc d'oublier l'incident. Il 6mcrgcait 1:1 tcrTifiante histoire qu[, pour les Hill,
ne paraît pas douteux que la croyance en une telle était évidemment la v~ritG. Quoique prcs!tntunt un
mésaventure avait pénétré les subconscients des de\IX arrière-plan de réaction• p<)!Chologiqucs peu cou-
époux. Et il est très important de constater que ce rante<. le docteur Simon se trouvait d'accord avèc
blocage post-hypnotique levé, les troubles psychiques Wehh peur estimer qu~ les _HiU av3ie~t dû ~tre
des Hill cessèrent. » témoins d" un ph.!nornène inhabttuel ao;sez tmprcSSton·
Ln description faite par les Hill des ~trangers rejoi- nant pour détermine!' en leut suboonscicnt u11e. cons-
gnait celles faites en d'autres cas. 1ruction émotive. Voici cl'.aillcurs utl 1 somrmure <Je
Le résumé de l' Académie est fondamentalement J'hist'i>ire 1cllc ttu'cllc a ~té racontée à' Walter Webb
correct. Mais le traitement hypnotique n'avait pas mis ct ,:cçohsrittoêe en,détnll ~· couis de,.S,êilrlcès I.•YJlno-
un terme aux problèmes parfois terrifiants des :Hill. tiquc\',l~ docteut Simon enrcgostraut ~as ()\IC~~rooo~ ci
A l'époque où Mrs. 1:-Jill m'écrivait, le 25 septem- les réponse.< de Betty cl 'Barney. 1 •
bre 1961, ni elle, ni son mari ne savaient ou juste Duns ln nuit du 19 !kptcmbre 196 1, le• Hrtl reve-
cc qui leur était arrivé pendant ces deux heures sonies naient d'un congé au C~nada. Vers 11 heures . du
de leurs souvenirs conscients. Tous deux sc souve- ~ir, 1ls se tmuvaicn1 ~ur la route n• 3 en direcuon
naient qu'un UFO était descendu vers la route, et de Portsmouth quand ils virent dcsctndre un grand
que quelque chose à son projet les avait poussés à objet brillant. Quelques minutes plus hml, il• "?nsta~
fuir la scène au plus vite. Arrivés chez eux à talent que l'objet éhoil une ~orle de ~;rond vnrsseau
Portsmouth, dans le New Hampshire, ils n'avaient p11 uéricn émettant de,; éclats lumineux. Il dc>cendait
remettre de l'ordre dans leurs esprits. Mais dans les 1•srs eux. Burney arrNu ja voiture, prit ses jumelle~
nuits qui suivirent, Betty Hill eut des rêves ~tranges, et fit qtoelques pas dans un champ pour mieux
apparemment liés à des laits survenus pendant ces voir. La machine approchait vile. On la <li~tinguait
deux heures disparues de sa mémoire. nettement, ronde ct plui grnnde qu'aucun avion de
Aucun des deux épeux ne voulait de publicité. ligne. E!le avait dcu ~ rangées de fenétres éclairées,
Ce que Mrs. liill attendait du NJCAP était de toute
251
250
<1 quand il les fi.xa à tra\·crs ses jumelle,;, il éprouva
un choc. Des personnages en uniforme noir l'obser- reconstitué avaient paru dans un journal de Boston.
vaient, des personnages avec des yenx étranges . Résultat f:âcheux : les histoires d'enlèvement repar·
Le disque n'était phi$ qu'à une trent.1lne de mètres taicut. Le psychiatre et ses patients avaient bien é>ité
du sol. Barney eut soudain peur que Detty et lui n e toute publicité, onuis les versions parues dans la
russem capturés. Dans un réOexc panique il sc rua prCllse étaient si catastrophiques que le mieux leur
•ers sa voiture et se mit à dévaler à to~te vitesse parut ~ue de rendre publique toute l' histoire. Un
la route déserle. Quelques minutes 'plus tard, les jour nnliste bien connu, John Fuller, en avait cu
deux époux clllcndaient un bruit bizane comme si connaissance pur un entretien conRdcntiel du
la grêle s'ubattalt sur le couvercle du coffre. Une N(CAP. O n convint avec lui de la relation qu'il
s~rte. d'eng?urdisseme;tt les Cl~vahissait. Leurs esprits pré~cnterait au pubUc sur la bru;c de; demandes du
s eo~tenébr~ocnt. Les détails quo suivaient n'étaient pas dockur Sin1on et de.~ réponse~ des Hill.
claors. Ma~s sous hypnoses répétées, certains réappa· Le li\Te de lùllcr, The lnttrrut)led !OlJrnty, le
rurent. Ils s~ souvinrent quo la voiture était arrêtée • Voyage inte rrompu • fut repris pa r de nombreux
et que plu•icurs des êtres en uniforme noir les entou- joutnuu>t ct bl\néficia d'un intérêt qui contrastait
ndeut. ~iugulièremeut avec l'accueil réservé aux histoires de
De corps, les 6trangers p~raissaient des hommes. prises de contact avec des êtres d'autres mondes.
~~ais leurs •i•a~:es étaient e1frayaots. Les tètes étaient Les conclusions du docteur Sin1on étaient clairement
b!larremeni structurée,;. Les oreilles se limitaient à exposées. n disait les ffiU parfaitement con•aincus
deux trous. Bouches et nez étaient si comp rimés que d 'avoir vécu cc qu' Il&racontaient, mais estimait pour
le profil semblai! inexistant. Le pire était cependant sa part que le récit de l'enlèvement d~vait être mis
les longues fente~ des yeux étirées sur les joues qui a u compte d'une reaction psychique provoquée pur
leur donnaient un aspect sinistre. la manifestation de quelque pbi!J~oonènc <nconnu.
Au cours des séances d'hypnose, aussi bien Betty Cepe.nd3I1t, il y eut plus de gens qu'on ne l'eat
que Darney disaient que ces étres leur avaient assuré pensé pour estimer l'cnlè>-ement authentique, ou du
qu'il ne leur scnoit fait aucun mal. M ais il 6tait é\ideot moill> vraisemblable.
que la peur ne les avnit pa. quittés. Chaque fois !,cs \rnitements hypnotiques pururcnt réduire pouc
que Je docteur Simon commençait à parler de ces un temps la tension émotionnelle des HjU. Mais l'effet
~tres, réels ou imaginaires, les Hill donnaient des sur Darney a\•uit sans doute été trop profond. Les
signes de soudaine terreur ou de tension nerveuse. • troubles reprirent, plus graves. En fév rier 1969, il
. Be~ et Bamey, sur demande du docteur, avaient mourait d'une M morragie cérébrale. li y a•11it pro·
dot ~voor ~té menés à bord du vaisseau spnti al et y bablemcnt à cela d' autres raisons. Mais de revivre
avoor . subo de l<lngs examens physiologi<lues. Ils sans cc•se cc qu' il croyait avoir vécu réellement, a
n' nva1:nt pa.s été maltraité~: Mais l'épreuve était san• doute bâté sa fin survenue 11 l'âge de quarante-
cruelle. Apres ces examens ols avaient été ramenés six nos.
<~r la ro~t.c ct libéris sous contrainte post-hypno- U resle dans IC$ comportements des Hill un (ait
toque ann•holant leurs sou~nirs de la més.1venturc qui n'a pas été véritablement expliqué. Sur demande
Avant même ln fin des exumens du docteur Si~on <lu doolcur Simon, Betty et llnrney avaient chacun
des fuites s'6taicnt produites, et des bribes du récit de leur côté el sous bypnQse dessiné un ~TO<Iuis
représentant l'un des ravisseurs. Selon l'avis - qu<l
252
2 53
je p~rtaee - du docteur Simon, ces croquis étaient Frecman Dyson de J'Institut de Prin~eton pour les
une représentation dïmagc• Mlb::onscieotes. Cepen- Etudes d:A•-enir pense que nous de,'Tt.ons rester sur
dant, à la \11C de ces croquis au réveil, mari er nos gardes. Nous pouvons tout ausst bten renonntrer
femme Curent lous deux boule• ersés d'horreur. des repti-sentants d'une race $allguinaire que des êtres
En 196ll, un artiste, David Dakcr, put leur parler remplis de sages-~ et de sérénité. Le pro~esscur
longuement. lJ e~écura plusieurs croquis sur les indi· Jerem · Demstein de I'IIllotitut de Tecbnologtc Ste·
cations donnéo:s par Barney sous hypnose. Les visages vcns c~time qu'il serait de ln dernière naïveté d'atten-

~1
.;luicm hlc[eux, ct de nouveau les Hill manifestèrent dre d'autre.s mottdcs un progrès dans la douceur.
un grand trouble à la vue des dessins. Comment leurs « Plus 11otre 'civilisation verse dans la technologie,
Subconscients pouvaient créer ces images, n'a jamais plus s'accusent kc< mnu.vais pencha!l!S .... No~ pou-
1 ét6 bfcn expliqué. Une chose est sOre. Si de tels êtres vons parfaitement imng1110r des CIVIh~tions atroces
devaient débarquer sur la terre, quelles que fussent parvenues à un haut dcs•·6 de technologte. »
Jeun intentions, leur vue <eule jeuernil J'épouvante. .Eu 1963, Je Bureau ucs Sciences de, l'Espace met-
Le~ savant> ont parfois cherché à imaginer J'appa- tait J'accent sur Je grand C'ltoc que seratt pour n~us la
ren<'C des etres de l'Espace. Certaines de leurs hypo- découverte de la vie d'autres moodes. • ~ decou-
thèses sont aussi déroutantes que les déclarations '"'"c de ta ,;e sur d'autre~ planètes auratt un eiTct
des plus fantaisistes témoin~. Le docteur Sagan ima· intense ct durable sur n'importe quel peuple, qu~lle;s
,gine une créature de l'espace dotee d'une ~ pupille- q~ soient sa race et sa culture: • Il préc~rusatt
radar •, lui permettant de distinguer les objets à encore de faire de la découverte ~:at!tres mantf~ta­
travers les brumes épaisses de sa planète. l i est tion~ de vie intelligente. no.trc pnn~•J?al. obtccur. •
cncot•c question d'êtres à quatre jambes... ou qua- Au cou rs des années qut ont sum, Ji 1) y n eu
tre bras.. , ou quatre jambes et quatre bras... Le qu'un très petit pas tlu~s lu voie d~~ COJUDlUJ!IflltlOJIS
docteur Herm~nn, Muller croit les organes des étran- extrq-hui•1ainfls. Il s'agit do )'e~s~ de. .-la ~1~nne sur
~erç assez différents des nôtres pour que nous en1 le~ 'dauphi~·~. programme dont, é~a\t ~gé le docteur
éprouvions de l'effroi et eux de la consternation: 1oh!t c. J.,:i\ly. !ra marine . ~~~·~t ,lllfme en,·o~é un
~ Ils peuvent être stupHaits de notre systtme sen- dauphin à l'école pour Je (anùlianset avec de.!eu nes
soriel... • enfants. n n'y a rien de risible en cette affa~c. JI
Le docteur Richard S. Young, de la l'ASA estime s'agi~ d'un pro•rammc sérieux, el Je docteur Ltlly a
à sept les diver~ phases d'évolution : vie primitive, d<jà obtenll des r6ultal• intéressa;tts: s.elon le
vie intelligente, vie chimiquemen t différente de la savant, J'expérience peut donner des tndtcattons sur
n6trc, vie présentant de l~gères différences de méta- la méthooe à suivre pour établir des contacts avec des
bolisme, systèllte énergétique ct structure physi- ètrcs ùc l'E.,paee.
que, etc. Dans celle voie, certains S<lvants estùnent 11 nous faut do Jouto urgence un progtammc tlo
quo nous pourrions rencontrer des êtres avec lesquels cotitmuttication à grnnde échelle pour nous adnjltcr
nouç ne pourrions absolument pas eommunJquer, aux faits et réparer nQS !'6vues antéric~res. Ma s à
1 toutes les communications entre eux s'effectuant par ce programme, fonl tOUJOurs obstructions des sn·
télépalltic. vants réputés tels que Hibbs, Gold, K~pal... , !'~os
De l'apparence des êtres des UFOs certains passent L'Homme et so11 U11i1•us Kopa! nous p.d]ure d evtter
à l'examen des motifs de leurs opérations. Le docteur tout contaci :

2SS
• U\ risques encouru1 dans une rencon1rc avec
une aulrc civilisatiOJI cxcédeiaienl de beaucoup ~on
possible inlérêt. Tout bénl fice .c5t exclu, mais non une
issue fatale. Pour l'amour de Dieu, tai<sez sonner le
1éléphone de l'Espace! Ne répondons pas! Faisons-
nous le plus petit possible! Evilons d'altirer ratten- CHAPITRE XlV
rion sur nousl... »
Mais il est déjà lrOp lard. Des êtres d'une civili- TêNTATI VE D'ENl'E.RRBMENT
sation plus avancée que ln oôtrc •ont déjà ici. l'\ous
ne pouvon~ nous cacher. JI n'y a qu'une solulion:
nous fixer un programme prudctfl, mais efficace, pouT
apprendre lout ce que nous pouvons sur le$ visiteurs
spatiaux, puis entrer on comnumiClltion avec eux.
LA clef du problème était Ricbarù M. Nixon,
candiùnt désigné du Parti Républicain.
Le plan spécial, dojà menlionnl!, ne compone de Dcpui~ des ann~c,, exb>tait une mésentente entre
recours ni à la radio ni à la 1élé\•ision au cours de sa Nixon Cl Condon. Au temps où Nixon ~iégeait à
prcmihe phase. Aussi longtemps qu'il n'aura pas élé la Commission de la Chambre des R eprésentants
olliciellcmcnl adoplé je lui donnerai le nom qui pour le• Menées anti-américaines, Condon avail été
semble Je mieux h1i couvenit' : OPSRATION interrogé. Au ~ours de la séance, il y avilit cu des
LEURRE. échanges extrêmement vifs cotre les deux hommes.
En lin 1968, le plan initial de Operation Leurre Quand plus tard le savant se \ ' Ît contester sa qua·
élail assez avancé pour élne pmcnté aux membres lification Sécurilé, il devait évidemment y voir
du Conyrès qu' indisposai! la politique du silence l'action de Nixon. Et .. J'animosité réciproque ne
sur les UFOs. Mais 1 9(j~ 6tait année d'élections. devait pas cesser.
La plupart des légishlteu'r~ ' d~~iraient é~itcr une En 1968, peu de ge.ns se souvena!ent de l'!nci-
controverse sur œ sujcl. Il était plus sage. d'ouendre dent. Mais fUSAP ne l'avail pas oublié. Que NIXOn
l'accalmie politique et l'ins!allolion du nouveaù fùt tlu, et les membres du . Conj:rès qui avaient la
Congrès. ' preuve de l'exi~lenoe d'un secrel officiel, les McCor-
Mais dans les demiers jo,ors d'oclobre, la situation mack, Kartb, , Goldwater lui rnconternicnl toute
changeait tout à coup. Une chance s'offrait d'enfon- l'allaire. En tant que commandant en chef · des
cer les bnrrières. Force> armées, Nixon pourrait donner l'ordre d'a~
L'USAF avai1 élé pendant deux mo~ aux prises ur Je rapport Condon, el de reprendre l'élude sur
a•ec une gr:we men nec pour son Sê€RET. Pour s'en d'aulres bases.
lirer, elle avait élaboré 1111 plan ù partir do l'élude du D ès la désignalion de Nixon Gomme candidat
.Colorado. Et le plan se retournait contre ses auteurs. républicain, l~s Forces aériennes avaiellt pressé
La censure fut en danger de disparaître. l'université du Colorado de Mter l'itudc de telle
Si la presse avai1 connu les faits, ses première• son.e que le rappon pùt ètre terminé avant l'élec-
pages leur aQraient é16 consacrée~. c.~en eOt 6té Mt tion présidentielle. Mais forocr la cadence au-delà
du r" pporl Condon. de ccrh1ines limites était impossible.
257
L'administrateur Robert J. Low était ~osé avoir Les exemples reten\os, loin d'illùstrer les alArma-
établi le rapport, mais, depuis la parution dans lions a prio;-i de Condon, apportaient la quasi-
Look du < memornndum pour une tricherie >, il ccnitude de la réalité des UFOs. Les analystes scien-
s'était vu assigner d'autres fonctions. Son rem- tifiques admettaient que 30 % des ph~nom~nes
plaçant connaissait peu la question des UFOs, et ohservés ne pouvaient s'expliquer par des causes
1noinN encore le Lravnil du groupe. .De 15 000 rap· connqes. Les tit.rcs des observateurs, dGment mcJt-
ports fournis, les cnqullteurs de Boulder en av;uc.nt tionn<~, aggravaient le coup porté à la these Chl
examinés moins de cent. Cependant, aualyscs, dts- rédacteur. Tous étaient ùcs spl)cialistes qualifiés, la
cu~:')ions constituaient une énorme m3.Ss.e confuse, plupart astronautes, pilotes militaires et civils.
tout encombrée de ~ndages d'opinion publi~ue Le c cas n• 2 • provoqua un sursaut chez les
et considérations sans grund rapport avec ln mnher!l officiers de I'USAF. A Lakenheath, en An&leterre,
propre de l'enquête. Le nou-.eau. patron devrut avait cu lieu uoe poursuite dramatique d'un UFO
tirer de cette documentation, bermeltque pour lut, suivie au radar par les centres de contrôle de
une sy~tltèse de 1 500 pages en un temps record. I'USAF et de la RAF. L'incident survenu en 1957,
J'appris celte course contre la montru dans les était toujours soigneusement caché en rnison de sa
po·emicrs jours d'octobre, de solU'ce Peutn~one, gravité. ·
évidcnuneot hostile au maintien du rsccret. Puos les Selon Je contrat de l'université du Colorado,
i11formalions me parvinrent régulièrement sur les 1'6tnt-ma)or ne devait soustraire à l'cnquôte aucune
développements de l'o(laire. Information. Et ce cas particulier n'al!llil pas été
Le 31 octobre 1968, le grand rapport de l'uni- signalé aux cnquetcurs, à qui était parvenu par une
\'eiSité du Colorado était remis à l'état-major des toute autre voie le rapport complet d'un des princi·
Forces a.:ricnnes qui en prenait hjtiveme(\t connais· poux témoins, un sergent américain qui s'était
sance. 1 ' t l '
1 • trouvé à l'un des centres de contrôle rndar lors de
Dès 1es''pxemior8 para~:raphcs, le docteur <;:ondon l'incident. Le sergent, depuis à la ~et(aitc, avait
nlnit absbtunlcnl' que les UFOs fussent autre cb.ose servi au contrôle rfldnr du trafic aérien pendant
qu'illusiol'ls, objets courants mal identifiés ~ar les seize ans.
observateurs, ou fruits de quelque supcrchcr>c. Les Boulder ayant eu connaissance de ce cas, les
nombreux témoins étaient des simple$ d'esprit, des Porces aériennes avaient cependant reconnu le fait
excités ou autres individus de a-édibilité nulle. Le et CD\'O}'é un compte rendu détaillé confirmant le
docteur démentait toul aussi catégoriquement qu'il récit du sergent.
y eût là une menace quelconque pour la sécurité Le 13 aoflt 1956 ven, 10 lteures et demie du
nationale, un quelconque problème de défense, un soir, un objet éclair6 inconnu était apcrÇll de la
quclcnnquc secret do~ Forces ~ériennes. Le sce~; tour d'une base de ln Royal Air Force. Il était
ticlsmc invétéré do Condon en cc domnit~c éta1t aussitôt suivi par trois centres de contrôle. Un
assez connu pour que ce~ conclus~oo~ ne causel!t intercepteur à réactio11 Venom était d6p<!ché avec
aucune surprise aux officiers. Ma1s 1on affirmait mission de le prendre en chasse. Gnidé par radar,
;i bien l'accord unanime des membres du groupe le pilote vint rapidement sur I'UFO.
d'études qu'arrivés nux analyses = p3r cas, les Quelques secondes plus tard, il signalai! que $tS
représentants de 1'6tat-major eurent un choc. canons pointaient sur l'objectif.
258 259
s'exerçant par le moyen d'équipements inconnus.
A l'instânt ~e, ·J'UFO se retrouvai~ derrière le Il était presque impensable que de telles conclu·
V enom. Cette stupéfiante manœuvre était conlinnée sions pussent figurer au rappon de l'unîversh~ du
par le sergeo.t américain de veille radar au eentrc Colorado. Et ~ n'était qu'un début. Il y avait le
œuc nuit-là. Ce même sergent décri•ait les etlom c cas n• 46 >, plus troublant encore que le « cas
dilsœpérés du pilote pour se dérober. n• 2 • · C'éta.it un cas déjà ancien. Il avait ùouné
Quoique .!il l'avion, l'UFO se tenait derrière lui d'inhabituels tracas à l'état-major. Mais la c démys·
et tout près, imitant tous ses mouvementll. tification • avait opéré; et l'on pouvait <;oire l'afl~i~c
Le Venom menaçant d'êl.rc à court d'essence, oubliée. La retrouver au rapport du Colorado etu1t
u.u autre avion de meme type fut envoyé pour. tenir une désagréable surprise.
le contact, Comme 'le second pi lote décollait, le Le soir du Il ruui 1950, un objet métallique
premier signalait qu'il ne pouvait rien tenter ' contre brillant était aperçu d'une ferme à l6 km au s~d­
I'UFO. oucst de ~IcMinnville, dans l' Oregon. Les témoms
Le second V-enom, à peine d~coll6, eut des ennui. étaient Mr. et Mn. Paul Trent, propriétaires de la
techolques et dut revenir au sol. Un T 33 américain ferme. (Les enquêteurs du Colorado taisaient géné-
à son tour tenta de prendre l1UFO en chasse, man ralement les noms; mais celui des Trent àvait déjà
celui-ô força· l'allure et disparut bientôL Une été dom1é par certains journaux.)
minute plus tard, un pilote de C 47 signalait que L'objet approohnit lentement. Trent courut
l'inconnu était passé sous lui. Les contrôleurs de prendre sa caméra. Le sommet en dôme de I'UFO
la tour de la Royal Air Force notèrenl une trace 6tait nettement visible quand il prit la premi~ro
fugitive. Les· appr6ciations à vue donnaient une photo. Quelques secondes plus tard, l'étrange véhi·
vitesse •s11pérleure à 3 000 km/h et une altitude cule s'inclina légèrement. T rent eut le temps de
d'cnvi(on. ~5QO ·mètres. prendre une seconde photo avant qu'il o'accélèro
Au rnpport de l'univcr~ité do Colorado figuraient ct sc perde vers l'ouest.
les appréciations ·de deux. scientîfiquo~, familiers des Très judicieusement l'enquêteur notait que Trent
, opéra!.lons , rada>. Se référaqt aux jou mau:< d'qpé· ne cherchait pas la publicité. Tout d'abord, tl avait
rations, lo premie~ insistait sur les accélérations pensé à quelque appareil américain secret, et redout~
61ov6es, et ~ évolutioœ à grande ,;tesse. Le fait d'nvoir des ennuis avec le gouvernement. 11 ava.1t
que trol! Sllllions radar CUS$Cllt repéré simultané- montré les photos à des amis, et c'était ainsi qu'un
ment l'objet inconnu ne laissait pas de doute sur la journal de McMinnvillc avait appris l'incident el,
~lit6 de cclui.-cL La conclusion de l'analyste du après un examen sérieux des négatifs, publié les
Colotado émit de nature ù taire exploser le lecteur photos. Peu apr~. les journaux de Los Angeles et
de l'éUtt..rqajor : Portland faisatent de m~mc, ainsi que Life. Cer·
tains détails ·de l'aiTaire ont été portés à ma connais-
11 esl inmntenallt profJQb/e cju'il s'est agi d'un sance à l'époque, ct conArmés plus tard au NTCAP.
atultcntique .UFO. · En 1967, je devais recommander à Low d'examiner
lv13is plus dure à cncais.<er étaie encore la conclu· de pr~s cette aJiaire.
sion du second cornmeolateur. Considérant ce cas L 'expert photographe du groupe vérifia une lois
comme le plus eltraordinnirc enregistré par radar, de plus les photo>. Quant à l'analyste, il ét:oit
il estimait l'UFO sous un contrôle intelligent,
261
260
· impressionné par l'évidente sincérité de Ttent, et l' analyste. C'eùt é,t6 miracl~ que quelque Journaliste
·devait Je mentionner dans son rapport. n'exige à 13 première conférence de presse tles
L'intégrité des Trent .était garantie . par de nom- éclaircissements sur pareille contrndiction. Nixon
breux résidents de Mclvlinnvillc, dont plus1eurs ban- président, les censcuo·s seraient dans de beaux
quiers. Cependant, par acquit de conscience, l'cxpç-~t draps ...
dtL Colorado procéda à de nombreuses épreuves Jusqu'alors, on avait pu espérer en effet que le
rendues possibles par la netteté des photo~raplùes : nouveau président serait trop occupé à son entrée
aualyse photomé.triquc complète, é,tude des formes, à la Maison-Blanche pom intervenir dans Je pro·
p·erspe.clive, intensité .lumineuse, arrière-plaQs, etc. blême des U J"Os. Peut-être aussi hésiterait-il devant
Les détails de l'analyse figuraient en termes tech- la perspective d'une opposition brandissant l'arme
niques au rapport général. Ai~si les lecteurs. ~~peris du • ridicule qui tue •. Toute autre pourrait être
pourraient vérifier par eux-memes Pautbent1C1té des la réaction de Nixon si le tollé suscité par la mons-
documents. trueuse bévue de Condon atteignait Je grand public.
Eu copclusioo, l'enquêl'eur observait la ~randc n aurait aton toute raison d'intervenir, ct trouverait
cohérenc~ entr,c te; détails des photog~aplues . et un soutien dans les deux partis, où l'existence de la
les précisoons donnees par les té moon s. I:. hypothese censure était connue. _ •·
d'one supercherie ne tenait guère. La seule solution était de supprimer les analyses
Selon l'e* pcrt, les phoLOgraphie.s montraient un gênantes. Il y f1\udrait l'accord du docteur et peut-
objet brillant,;,. une distance ap)'réciable ,des. t~moios, être celui des grands patroos de· l'Université. La
ct dont le diamètre devait , être de l' ordre, de .quei- tentative était risquée. Les Forces aériennes ne
<]Ues dizaines de mètreli.. . ., . . . s'étaiellt~elles pas engagées à n'exercer aucune. pres-
Ce ferme, « q~qlQues d11!a\I\CS de .•metrj:~ », ~~gn•­ sion sur les enquêteurs' de Boulder?
fie~ait a1.1 lllO.illS deux d•.zames, qup1que 1,o n ,tnter- Condon n'avait .:ertainement pas pris connais-
prète pll!S ,~O.t\Yent Je ~.•quelques ~ . par .rtr01s o~ sance de 1'analyse du cas de McMinnvillc, non plus
Ql!~tj'e. !1o'c~r 4>as unpoS§oble que I'UFp ~~~ d~pme que de rappréciation portée ·sur celui de Laken-
cette tatUe. . . . , ., . .. , , heath : • probablement uo authentique UFO >. On
E n définitive, l'analyste <;J e l umvers!lé i\t~ , Co1~­ conce.vrait mal autrement q\t'il eût émis au même
rado lais.~ait cl'airemeot çntendre q~e l'UFO 4eva•t documeht de telles dénégati()ns.
être tlll vaisseau spatial venu d'un. autre monde. La • course contre la montre > explique seule
Mais · pire épreuve attendait les représentants de pareille erreur. Condon, poussé l'épée dans les
l'état-Jllajor. : . reins, n'avait évidemment pas eu le temps de
Dans la deüxième partie de ~on rapport, ie docteur compulser son énorme dossier.
Condon mentionnant les photos de tvicMinn,•iile, Il e.st cependant difficile d'imaginer que des scien-
assurait que le groupe d'étude avait examiné tou~cs tifiques aient pris avantage de la hâte et de la
les photograplùes d'UFOs avec le plus gr~nd som, confusion pour glisser à l'insu du docteur Condon
mais que, Jes images .étaient trop ffotles pour qu'une leurs propres conclusions. Aucun enquêteur n'au-
évaluation . pbotogi·amntétriqlle fût possible. .. rait prl$ ce risque. On se souvenait trop. bien du
Pour J 1~tat-nlajor, ' les dénégations de , ~ondon renvoi brutal de Saunders et Le,•ine à ln suite de
étaient plus dangereuses que les .affirm~toons de la publication du memorandum Low.
262 263
les nnRiystes étaient convaincus de la rectitude chait, et . McDivitt pensa un moment qu'il devrait
de leurs conclusions, ct, en présentant les cas modili.er sa propre trajectoire pour é•iter une col-
gènanls, entendaient plaider pour leur inclusion dans lision. Puis constatant l'absence de danger, il prit
le rapport dé6nilif. Quoique nommé cnquéteur prin- une photo, puis plusieurs bandes en blanc et noir.
cipal au contrat, Condon n'avait jamais participé Par la suite, la NASA laissa publier une photo
à une ljUclconquc enquête sur un cas concret. T ous montrant un objet de forme ovale avee une légère
les rapport$ d'enquête et analyses étaient aigoilléc trainée. La Défense aérienne - secteur nord -
\'ers L<>w, et nombre de scientifiques se plaignaient tenta d'upliquer l'alfaire. Mais son hy pothèse d'un
amèrement de n'a>'Oir que bien rarement l'occa- engin spatial de constrUction humaine ne fut pas
sion d'en discuter avec Condon. Inclure au dossier retenae.
les cas les plus évocateurs était pour eux la carte Quant à l'enquêteur du Colo•·auo, il ne perdait
de la dornièro chnncc. fis ne comptaient guère que pas son temps à démontrer qu'il ne s'agissait pas
les positions en seraient modifiées; mais il~ pour- d'un UFO. Il notait simplement que McDivitt avait
raient au moins 011 d~battrc et faire connaître leur vu quelque chose qui paraissait être un vais.seau
opinion. En duccmbre 1967, Je · docteur Condon spatial avec antenne.
m'avait d'ailleurs écl'it qu'il' ne récuserait aucune Le deuxième objet vu pnr McDivitt était trop
opinion discordante, quoiqu'il espérât fermement loin pour permettre d'ob~crvcr lex clétails. Quant
un accord unanime. à la troisième observation, elle étnit rapportée par
Toujours est-il que les délégués de l'état-major l'astronaute Frank Borman. Ce que Borman avait
étaient dans l'impasse. Ne parvenant pas à so vu de son Gemini VU était une formation complète
résoutlrc au renvo• du ropport à Boulder, ils scru- d'objets volants.
t<rcnt ses profondeurs. Plus ils s'enfonçaient, plus L'anai)'Ste de Boulder insistait sur la haute com-
s'accumulaient les t.énèbrcs. pétence <k:s astronautes, leur cxcellento vue, leur
Au chapitre 6 de la troisi~me partie, l'un des sens aigu de l'observation, leur prudcoœ dans la
principaux enquêteurs universitaires analysait trois reconnaissance d es objets. Toutes ces qualités
observations d'astronautes demeuree.s incxpHqrrecs. requises par leurs fonctions, mclloient Jeun rap-
Il avait lui-même collaboré au programme astro- ports au plus haut niveau de crédibilit~. Les trois
n.nu!iquc, ct ccci donnait du poids à \'IOn appré- observations de McDivitt et Dormon ne pouvaient
CJauon. être négligées.
JI présentait deux rapports de James McDivitt, Un autre ca.s troublant était le • cas n• H • ·
sur des observations faites de Gemînî IV en orbite Un commandant de bord cJnadien exposait comment
terrestre. Je con unlssais ces rapports. Ils figuraient son DC 8 avait été suivi peodant deux minutes par
à mes dossiers bien avant i'ouv~rture de l'étude un appareil inconnu. Dans la nuit ùu 2f) décembre
du Colorodo. E n 1967, le NICAP avait attir-é très 1966, le DC 8 de la Canodian Pacifie, vol 42i,
spécialement l'attention sur les observation3 de faisait route de !Lima à Mexico, altitude :
McOivilt. 12 000 mètres .. Au sud do J'~quateur, un objet
le 4 juin 1965, l'astronaute avait vu un étrange portant deux Ceux blancs descendit ven lui. • Il
objet cylindrique. Deux longs bras, semblables à devait y avoir entre les deux reux un solide baquet,
des antennes point3ient à l'ext6rienr. L'objet appro- disait le commandant Robert Millbank avec toute

264 265
témoisn~ges de \•aleur si exœp~on.nelle qu'il_pourrait
l'autorité de ~es vinJ:t·six ans de pratique, JI Y bien ue rester qu'une exphcauon plau~1ble: la
a\'ait aussi une ceinrure de lumières, très semblable présence davs .notre ciel de véhicules inconnus. Il
ù une rangée de hublots éclairés sur un avion de citait en exemple le • cas n' 6 • du rapport de
ligne.• l'université du Colorado. Ce cas avait antérieurement
Pendant deux minutes, I'L'FO avait consené sa fait l'objet d'une enquête du NICAP et nous était
position un peu en arrière de l'aile gauche. d~ donc bien coonu.
OC 8. Tout l'équi'pnge avait. pu l'observ~r. ~~~ JI ·11 s'ngissait là d'une rencontre terrifiante par
s'était laissé glisser en amère, et avaJt bJClltôt l'extrême rapprochement de l'engin inconnu. Un
disparu. soir de printemps 1966, plusieurs lumières étaient
Les détnils fournis à l'université du Colorado, apcrÇ\!tS au-dessus d'une école secondaire de
répétaient ceux d'un rapport antérieur du comman· Beverly, dans Je lMassacltussctts. Trois lemmes qui
dant, transmi~ au NICAP. , • attendaient au voi~inage virent descendre sur elles
L'analyste chargé du ens à Boulder ava•t tente un étrange objet. Il avait la f?rme ,d' un d isque, des
cette fois une explication : une retombé~ de .ftag· reflets de duralumin, ct la tadlo d une a!llomobtle.
ment de Oemini. C'était aller chercher lom. P1lotcs Au sommet brillllit une lumière.
et équipages avaient su(6sBmment d'expérience pour Deux des femmes, terrifiées, se mirent à courir
y penser s'il y a'•ait eu matière. Mais, en ce context~, pour oç pas rester sous l'engin. La dernière, para·
l'hypothèse était simplement ridicule. L'UF~ ét~t~ )ysée par la peur, ne bougea pas. Qunnd ses
resté en vue pendant sept mmutes. Il ava1t SUIVI compJgnes regardèrent en arrière, le disque s'é~t
une trajectoire parallèle à celle du OC 8, à la immobilisé à dix mètres au-<leMus d'elle. Les mru.ns
même altilude pendilllt deux minutes. Peudan1 tout de la ma! heureuse étaient. croisées sur sa tete. Elle
oo laps de temps, relativement long: l'équipa~e racontera peu après qu'elle s'attendait à êtro 6erasée.
l'avait obscrv6 attentivement. Tous ava1cnt pu vo1r · Cc\l<lnilant, l'engin après,~'être inclin,é l~gèrernent,
cele mngte de lumières semblables à des rcnêtres remontait pour survoler 1<'<:Ole. Us• tro'' femmes
ou hublots éclairés. appelèrent les voisitl$, Plusieurs desceodirenl d~
L'analyste, d'ailleurs, en son appréciation finale, la rue ct la police vint à son tour. Dans leur exet-
donnait un tout autre son de cloche : ce pas à pas \atiotl: les nouveaux \'enns voyn.ient nut~nt d' UFOs
de deux minutes demeurait une énigme; le croquis que d'étoiles de première .grandeur. Ma1a J~ dc;que
de l'UFO dessiné par Millbank suggérait un oppn· avait d i,lparu. L'analyst~ de Boulder arrivait à ~a
reil structuré et non quelque informe débris; l'opi· même conclusion que le l\'lCAI' : le cas des tro1s
nioo. du commandant était qu'il s'agissait d'un v.o~s· femmes devait être distingué de celui de la foule
seau aérien d'une rapidité et d 'une manœuvrabilité excitée. En un autre chapitre, il ajoutait ce eom·
inconcevables dans l'état acruel de nos techniques. mcncni re : dans lu 111esure où le réçit des témoins
Cette opinion, surtout, impressionnait l'enquêteur qui peut ~trc accepté ù la lettre, l'incident de fleverly
y reconnaissait un argument de poids en faveur de ne sernit c"plicable que par une rencontre a'-ec un
J'hypothèse d'un contrOle par des êtres intelligents. véhicule non identifiable. ..l
Au chapitre l " de la troisième partie, une nou· La publicité donnée . à des cas comportant des
-.rclle surpri9C attendait l'~tat-major. Tant de cas, domninges - matérie!s ou physiques - aux . per-
observait encore u.n autre enquêteur, comportent des
267
266
wnocs contrariait toujours vivement l'USAF. JI lui dure normale pour une approche sans atlerris.sagc
dJplaisait donc particulièrement que celui-ci demeure effectif. L 'engi.Q pa~sa à quelque 2 500 mètres de
ou rapport de Boulder. L'analyste plaçrut une la tour toujours invisible, même avec des jumelles.
ambiance de peur qui no manquerait pas d' lmpres· L'expert de Doulder reixlnnalssait que c'était bien
•ionner les lecteurs. là le plus extraordinaire dcs cas m'élés par radar,
A ces cas troublants, se mêlaient les cas coosi- et il oc voyait aucune explication par UJl quelconque
d~rés comme normalement explicables. Certains phénomène connu.
r~pétaieut les thèmes de démystification de I' USAF, Pour l'état-m•ljor, J'énigme était plus troublante
certains étaient justifiés. Mais la position de J'état· encore. Les spécialistes militaires des radars étaient
major n'en était guère renforcée. La . sévérité d~s parvenus aux mêmes eonclusion.s : un engin incoonu
critiques pour les ons ne faisait que m1eu.'! rcssnrhr avait manœuvré à grande vitesse, absolument in\'Ï-
l'absence d'explication puur les autres. siblo au-d~ssus de l'aéroport. Les étrangers de J'el~·
Les représentants de J'USt\F constntèreJH encore pace étnicnt-ils arrivés à ce degré de techulcité leur
avec humeur qu'un cas jusque-là réservé figurait au pennettant de rendre invisible un vaisseau spatial;?
paragn1phc 21 du ch•pitr~ 5 de la troisième ~artie< Cela paraissait fantastique; mois quelle uulre expli·
Dans la nuit du 13 ma1 1967, un UFO avwt étc cation donner? Si cela était, quelle pourrait ~trc la
rçpéré au radar alors qu'il approchait de l'aéroport riposte en cas d'att.nques par les UFOs? Quand bieo
de Colorado Springs. Le quartier géoérul du même les cbasscu,·s p<lurnûcnt être menés sur l'ob-
NOR.<\0, Commandement de lu D~lonse aérienne jectif par radar, leurs canoos ~ointés auto~at!'lue­
de l'Amérique du Nord, est daos le secteur; il est ment, la tension morale de l'act10n contre lonvlSJole
donc impo;sible qu'un objet non identifié puis<() y eompromeltrait toure opération. Et si l'aoai)·Ste de
passer sans unirer l'attention. Et le• intercepteurs Bouldçr se gardait de fo rmuler ces inquiétude.~~, pour-
sont toujours sur le qui vive, pr!ts à reêonnaitre rail'- on attendre pareille réserve de {a part dus jour·
de près toul intrus. nali~tC$? 1
1
Iln dépit d'une petite pluie neigeuse intermittente, D'autres .cas inc•pl\qués, dans l'immédiat moins
la vi!tibilité était excellente. Or, rien n'apparaissait à graves, mais non sar)S intén."t à échéance, étaient
la vue directe, tandis que les fcrans dénonçaient rcpri$ nu. rapport de J'univcr1it6 du. Colorado,
le rapide mouvement d'un objet volumineux. Les Tel ~tait le c c~s n• 8 •· Au cours de !'~té (i6,
op6ratcurs étaient trop entraînés pour confondre un fonctionnaire fédéral honorablement ooonu était
un écho · avec un objet réel. Les carnctéristiquu de témoin d'un atterris.sage d'l-"f'O sur une colline entre
rol pouvaient être celles d'un cha.sseur à réaction Mi.nnt, au North Dakola et la fronlière canadienne.
de type F 100 ou F 104. Un moment, l'objet fut à quelque soix•nte mètres.
De la tour de l'aéroport les contrôleurs de vol de sa vniture dont il perttu·bn Je circuit électrique.
tentaient toujours de voir le mystérieux objet quand ll faisnit jour; le fonctionnaire pouvait distinguer
un avio11 do ligne de 1~ Branili Otl~rrit. _P Ns9uc nettement la {omle ronde aux reflets ~talliqu.es,
instantanément, le mystérteux objet toujours wvlS1ble sunnonté~ d'un dôme. A l'atterrissage el uu <Mcol-
à l'œil ou , ·int sur la droite. lage, ù~s pierres avaient été chassées sur Je pour·
Maintenant, selon le radar, il survolait le terrain tour. L'enq11ête, menée plU' les services d& l' USAF
ù moins de soixante-di x mètres. C'~t une procé- ct par l'université du Colorado, ne permettait au-

268 269
blanche droit devant. Le maj~r avertit l'tq~ge
eune explica1ion. Dwx autres rapports restaient saos de se tenir prêt pour le cas o\) il devnut se derober
conclusion. Un incident ciass~ « cas n• Hh était brusquement. L'UFO arrivait. ~ur l'avion, de f~·on\•
relaté par uo physicien atomiste. Il nvait observé un plus rapide qu'aucun appareil connu. 11 pnra<ssatt
UFO incaudcsœnt ct uttribuait ~on ttlat à l'énergie énonno. . .
nucléaire. Peu après, l'UFO se ntrouvrul devant. D avall
Je fus rapidement informé par mes amis du P~n­ maintenant l'll!pect d' une grande masse rougeo)'anlo.
tagone de la réaction des délégués de l'état-mnjor Le pilote donna ln pleine puissance pour passer au-
quand ils en eurent Oui avec les années 1966 et dessus. L'L'FO disparut aton; .mais, _le B 47 ayant
1967. Le docteur Condon ayalll indiqué •1uc les fait demi-tour, il réapparut dernère lu<. Aprè5 accord
rapports anciens étaient pratiquement saœ vllfeur, du contrôle au terrain, le major G. plongea tur le
les ofti.ciers pensaient qu'il ne serait plus pari~ des c but • · Mais avant qu'il ait pu l'appr~her! r~_FO
observations recueillies de 1947 à 1965. Et voilà que disparaissait de nouveau, et, cette lots, HtVIJtble
certaines réapparaissaient dans la compilation finale. pour le radar comme pour le.~ yeux. Le B 47 etant
La plus intéressante provenait d'un équipage de à court d'c:;scnce, la chasse (ut abaadonnée.
bombardier de l' Aviation Stratégique. Comme dans L'impor1anœ de l'incident n'avait pas C-cbappé à
l'affaire de Lakenhcath, le groupe d'étude de Boul- renquëteur du Colorado qui m·~~~~ sur lui à deux
der avait appris la ebosc par hasard. Au couts d'one reprises, "au chapitre I de fa trO<SJeme parne, et ~U
conférence faite devant les otiiciers, précisément de paragraphe 5 du chapitre 1 de la .quatfiilm.c parhe.
la base de Doulder, un colonel révélait une trou- Insistilot sur Je fait que pilotes et men:bres
blante expérience personnelle remontant à lin 1957. de f'~uipage étaient des observateurs t~ entramés,
Le groupe d'étude tenta d' obtenir les précisions au- n' ayapt par ailleurs jamais rieu yu qw te$Sernblllt
près des Forces aériennes. Celles-ci répondirent à un" QFO, l'analyste reconnniss~it ,ne trouver ou-
qu'elles n'avaient pas connaissance d'tm tel inci- C)Jne ' explication d>ms. ,un phénomè~e ~un y.
dent. Les enquêteurs interrogèrent alors NORAD, Gtt autre cas, le c 1482-N • , assez ancte?• ~~por­
Je commanden~ent de la Défense de l' Espace Aérien tail un ~olide argument à la thèse de la n:ahté d?S
et le commandement de l'A\'Ïation Stratégique. l~ UFOs. Le 23 juin 1955, au cours ~·un vo,l de nmt,
trois commandements r6pondirent qu'aucun cas de le commandant de bord et lo co-pilote d un ~ppa­
l'espèce n' avait été signalé. L'un des enquêteurs per- reil des Moltawk Air/ines apercevaient, les dpmmant
sista et obtint les renseignements directement du do quelque 150 mètres, un '-!f'O_ toutes fenêtr~
pilote mêlé à l'affaire, de son co-pilo te ct d' un troi- éclairées. 11 était de forme cllipsotdalc ct. pouvrut
siême of6cier, spécialiste radar. Tous trois avaient a\'Oir 50 mètres de long. JI disparut rap tdement,
été fortement impressiO•lnés; et le temps n'avait pas mais fut observé ph1s Joln par deux gtlotes ,_des
compromis la précision de leurs souvenirs. Co/(mial Airllne.• ct l'équipage d'un troistcmc ~\1ou.
Aux pt•crnièrcs heures dtt 19 septembre 1957, 11 de\·ait encore être aperçu par les controleurs
le B 47 reotriÙt ù la base du commandement de de vol de l'aéropon d'i\lbany, et a_Pparaîue sur
l'Aviation Stratégique au TeJtas, apr~s un vol d'en- J'écran radar de Boston. De ses poslllons succ7•-
traînement. Au moment où il survolait Je ~cctcur sives, l'on pouvait déduire une vitesse compnse
Da.llas-Fort Worth, le major - que j'appellerai cnu·o 6 500 c1 7 500 km/Il.
G. - et son copilote apercevaient une lumière
271
270
L'aÙalystc, pour1nn1 · pro.mpl ù décider ,1uc I<'S d'un.e bande montrant les mouvements de$ .;lJFOs.
autres cas' ne méritaient jlns un examen déloiUé, Mais à la base aérienne, le Central Opération:~
recommandait J'étude do celui-ci, estimant qù'tlucuoe démentait- l'aff,aire. Cependant, un employé de Jo
explication normale né pouvait lui être donnée. base, que nous appellerons A, confirmait q)le des
Là encore, le NICAP avait été informé par l'un liFOs avaient été vug par des pilotes et des contrO-
des pilotes bien avant le groupe do Boulder. 11 Ieurs de vol. Les soupçons de l'existence d'un
en avait été de meme pour l'incident survenu au SECRET officiel prenaient corps.
comm.nnd.ant W.J. Hull des Capital Air/ines que je Econduitli par le directeur dD l'information de
conna•.sa•s personueUement. la base, les enquêlcurs de Boulder appelèrent Je
Le 14 novembre 1956, IJuJI el son copilote Peotagone. Le directeur fut prié c d'éclaircir la
apercevaient un uro évoluant rapidcm:nt à en- situalioo •; mais le seul résultat fut que son adjoint
~iron cent kilomètres de Mobile. Pendnm quelques démentit catégoriquement l'existence d'un quel-
minutes, les pilotes purent contempler chandelles, conque rapport sur J'incident A la requ~te des in-
arrêts $0udains, doubles boucles au ralenti. Puis, vestigateurs de Boulder, 1\f.A. e~saya d'en savoir
I'UFO disparut à une vitesse fantastique. Hull me .da,·aotage. Mais, ainsl qu'il devait le dire à uo
lit part d'une outre rencontre suncnuc le 30 ooOt membre du groupe d'étude, le direc1eur de l'infor-
1957 au-dessus de la 01esapcake. Le cas, dit c cas mation lui donna ordre de • rester en dehors de
14-N • était porlé au rapport comme inexpliqué. ç:l>.
Parvenus au • cas n• 47 • les délégués de l'état- L 'analyste mentionnait crûment au rapport que
major sentirent s'aggraver leur inconfort. L 'ana- les efforts du groupe pour éclaircir ce cas s'étaient
lyste de l'Université rejetait slmplcment la version heurtés à une fin de non-rece,oir des Forces
de l'USAF. n s'agi,.ail de la rftmcuse observation de aériennes.
Great Falls, dans 1~ Montana, avec film rcprésCI1- Lo secÔndc d~robade élait é\'Oquée au chapitre 1
taot deux t'FOs, pns par le mmuzgcr d'une équipe de la ttqisième partie. Le groupe d'étude nvoit été
de. baseb.a/1. L~SA!' 'avail déclaré que les deux informé que des avions de combat avaienl été
ObJets bnllant~ o étalent que rcOcts sur dell)( inter- mis en alerte sur une base militaire en wc d'une
cepteurs, L'e'nquêteur estimant l'intcrpr61alion trop cb.ass~ à !'UFO. Mul)is de rocket~. ils ~taicnt déjà
alamb~<1née, concluait à un < incident inexpliqué •. en piste quand l'ordre .d e déeoUcr lut annulé. Se!Qn
Telle avait d'ailleurs été (onl~ricurcmcnt 1:~ conclu- un olficicr de la base, il y avait eu effectivement
sion du NlCAP. ' une alerte, mais il n'était pas certain que la raison
Tout ceci cependant n'était rien à c6t6 de ln en fût la présence d'UFOs. Boulder interrogea
mention au rapport de Boulder de deux tentai ives donc l'état-J,najor. Celui-ci démc•Jiit tout, y com-
d'élouf!einent du fait de I'USAF. pris l'alerte. Les enquêteurs étaient dans l'hnpasso.
En fin 1967, le groupe de Boulder ~tait inrormé Ces allusions au SECRET s'aggravaient de com·
que six UFOs avaient suivi un X 15, nppnreil expéri- mentaires sur, les raisoiT~ qui découragcnicnt .les
mental à haule altitude, an cours d'un vol ~ par- témoins: peur· du ridicule, peur de s'immiscer dMs
lir d'une base militaire de la côte ouesl. L'inronna- les secrets militaires, peur des sanctions prévues
tc·u r, ~tim6 digne de f?i par les enquêteurs, ajou- lt JANAP-146.
t ;ut que les Forces aér~ennes étaient eo posse-ssion Les réviseurs de l'élat-major ne savaient plus

212 273
à quel saint oc vouer. Dc)Ilaoder à Boulder de
bazarder tout cc matériel gênant eût été Jlrcndre till retournent 1e ,rapport à l'ét::u-major avec des corn-
gros risque.
mentaires sévères. . . . uès strictes avaient été
Si le docteur Condon avait i&noré cet 6talage dea
Cep;ndant des l;m·~~oËn~ excluaient la reprise
analystes, il risquait d'e~plo.;er. Procéderait-il à une
amposecs il cette fC\1SIO • L KAS était un orga-
épuration du groupe? La presse le saurait vite et des analyses particulières. ï a du gouvernement, et
cc seraît un beau vacanne.
nismc quasi .olficl[I•. ';;;";~• plus souvent pay6s sur
Les réviseu~ en étaient toujoun au ml!me point ·taa~a révision ~rait libre ... La
de leurs tergiversations quand survint l'élection p~~­ dont les scrytdo;es
les fonds fe craux. .
NAS en a':ait acce~t~ .•~ a~~é~ies~mpétent qu'en
sidentklle. Nixon étuit élu. Renvoyer le rapport 1
pouvait étre dangereux. Un éclat à Boulder sc
Le conuté de r \ISI? uvail approuver ou
répercuterait immédiatement à Washington. N'&Xon matière de métbodolog~e. 11 po. · 11 ne pouvait
ne manquerait pas de décréter une enquête à , les processus surviS. • ,
niveau plus élevé. desapprouver ' . Il ne poU\'Ull pas meme
interroger aucun tomor~c milliers de cas négligés.
Quant à mettre le dossier sous le coude gauche, 9
examiner quelquc~·~nsde ln NAS savaient pourtant
à Boulder. ~s c c " 'alions ~taient disponibles
il n'y fallait pas songer. L'état-major avait annoncé 5

que les dossters d~ <;>bs~rs n' étaient pas davantage


qu'il -serait communiqu6 à la presse apll)s révi-
~ion pur l'Académie Notionalo des Sciences. . au NICAP. Les r VJ.se mbres du Congrès au
Jusqu'à la r~"'Cption du rapport, il s'était à autorisés à consulter les ~~aient entrer en contact
vrai dire 3SS01: peu soucié de couc Académie, la 6
courant des faits. Us !' po d l'univel'$ité du Colo-
NAS - National Acadcmy of Sciencc.r. La plu- aucun des cnqueteul'$ c , 'bi . le
part des ac~d~rniciens ignoraient tout des obser- avec . débat ne seran !''-'''' e,
rado. Erl fatt, aucu? . à rendre ou à laisser.
vation~ d'UFOs et semblaient les consid6rer a rapport de Boulder ctaa\ /si les nc~démicicns se
w iori comme des fumisteries. Si les conclusions
de Doulder a•·aicnt été Particulièrement n~gatives,
Mais que sc p_asser:u: vis du ublic? Après tout,
sentaient des d~vo•rs VIS-~- ' tl ~ls ow:raient cout
comme on J'avait espéré, il n'y aurait , cu aucun c'était lo contrrbuablc quJ payaJ ·, ~p pour leurs
problème. Mnis les éclatantes contradictions du . b' . di!Térents au con reco
aussa ren, m d s rebeller conlre cette
rapport final ne pouvaient échapper i des
savanrs. confrères ~u Color~. o, t e efuscr d'appr0\1\'Cr le
réglementatton abus"e e r
Le docteur McDonald avait informé le docteur
Frederick Seltz, pr~ident de la NAS du rejet à
rapport. . . me semaine. Puis,
L'état-major hésJta encore ' d.' utre issue il
Boulder de preuves éclatantes. A l'appui de ~s le 15 novembre, ne ,:'~';:~~/~~ill.• Tandis '!~ïl
dires il remettait des témoignages vl!rifi~s provenant envoya le rappon a • . de nouvelles observahons
de personnes hautement qunlifiéos. II avait également attendait la suite, une ser:ela radio vint brouiller les
envoyé une copie du memorandum de Low. Que diffusées par la presse e
Seitz donne se> ioformatioru à la COmmi5!ion de
carte~. . pe-
d équlpa!!es de chaloUCI'$ '
l'Académie chnrMe de ln révision du rapport, et Le 22 novembre, c~lexi ue\irent approcher un
celui-ci ferait l'objet d' un examen plus atlcntif. A dtnot dans le golfe du PLq Mallette dev<oit. décln-
la limite on pouvait s'attendre à œ que les savants UFO.
rer L'un dedse pdatro~iïrr~
qu'avant "Pa d'un trait, l'engin avait
274
275
. n!alité des ur:o~. tant d~ contradictio?s dans les
dardé sur l'équipage un pinceau de lumière écla- déné&ations, a•ent échappe ~u cours dune le~re
tante. approfondie. du rapport enuer. Les sa\~Ois,_ •&n?-
Le 26 novembre, nouveaux incidents - vérift<s rant délibérément toutes les analyses n ava•ent-~ls
- daO$ le North Dakota ct la Floride. A Bismarck, lu que Je préambule de Condon?
dans le North Dakota, deux UPOs de forme ronde
sont aperçus par des contrôleurs appartenant à la Le premier obstuck litait en tout cas franchi. Mais
P AA et par <m pilote instructeur de Capital Av/a. Je plus dur attcnd11it encore les censc~rs. Le rap-
tion. I. e contrôleu r de traBe Jack Wilbcm précise port de !'Wliversité du Colorado, devatt. €1re. com·
que les manœuvres à grande vitesse do r un des mUlliqué à ta pres;e nvont rentr<e en lonchon_ de
deux engins ne pourr~icnt être imitées par aucun Ni•on. La corporation joumalistiq_uo de \~a>~•n_g­
apJ>&rcil connu. ton comprend des centaines de véterans, ~d•tonal!s­
1\u soir de ce même 26 novembre, les pilotes tes, correspondants, conunen.ta,te~~ radio. Le reid
de deux Cessna croisent au-dessus du lac Cyprus meme, antérieurement donne. a 1~tud~ de Boulder,
quatre UFOs de la taille des transports eénnts de excluait la possibilité de traJl~r 1 a~aHc li ln sou-
l'USAF. T rois d'entre eux suh•ent les Cessna, ce velle. Les journalistes vou~ra•cnt fife le roppml.
que voyant, l'un cles deux pilotes nllume ses feux Et il n'avait.pos moins de t ~00 pages. Cela nppet:ut
c.l'ntterri~sage "' vient rnpidement ver> un uro. un délai de plusieul'll jours. Et ceux do~ll ln cuno·
L'étrange objet .s'élève exactement à la wrticate sité avait déjà étô piquée ne manquera1c~t pns de
ct disparaît Sa vitesse peut être estimée à plus de noter les conclusions de cenames. analy,cs, ~3iS
3 SOO km/ b. Enquêteront sur ce cos deux ingé- aus.\i l'omission curieuse de cas d~ll c~nus d euJC:
nieurs spécialisés dans l'aérospatiale, membrc3 du et la faiblesse de certains arguments ""-oqués a
sous-comité dq cap Kennedy pour le NICAP. l'appui du rejet de témoignages honnêtes. , _
Les rapports d'observ~tions oontinuaient à nfOucr, Avaient été omis: le Crash. du Transoc~an , la
.quand 1~ document Cunde n revint de la NAS. l'our catastropllc de hl Bronifl' Cil 1959; la t~n1nhv; des
•les censeni:.s de I' US/\F qui pensaiont inévitubles fo rces aériennes pour abattre un Vl•O pros de
quelques critiqu~s. lo verdict rut une extraordinaire Redmond, dans l'Oregon, parfaitement ôtnblie par
~urprise. les journaux d'op~rations et les ropp~rts ~cs cont.rô-
A. l'~animité, le comltô scientifique ndoptoit les leurs de trafic aérien ; la rencontre frute par un avto~
c~nclusoons du docteur Condon et félicitait le groupe de transport mititoirc dont le . commandant ~'s.l!t
d étude pour son remarquable travail. Le• uro. avoir été pour.uiv! par u~ UFO, ct d'a~trcs mel-
n'étaient pas des cncins inconnus disposnnt de dents non moins stgmficahfs et b~<n éUthh>. Pas un
moyens supérieurs à lous ceux connus sur terre. Du mol des dommage• aux personnes, même pour
nJ(Iins aucune preuve n'en nvait tllé app011ée. La plu- ceux survcn.us dans les brusques dérobadc_s des
p:trt des rapports d'observations provenaient d'er- pilote> devant tlll risque. iJn~é~iat ~,e colllsoon.
reurs grossières ou de l'ignorance d'effets connus La tragédie d~ Wnlesv•llo etait bn;vcn_Jcnt , m~!'­
depuis longtemps. JI n'y avait pas de SECRET ofR- tionnée, mais non pas à la pla~a qm hu re\Cnaot.
cicl. 11 ~t~it inutile de prévoir des ~tl•des plus 11 fallait la chercher d:~n> la hste: • cJa,sc 2 .-
approfondies sur les UF'Os. écho• radar • où elle êtait simplement répertonée
U était inconcevable que tant de preuves de la
277
27(i


sans explication ni commentaire. Do111der a\'llit nue O:taif l'étendue des !ails certains ct de consé-
acœpté s3DS eoquotc complémentaire c l'explica- quences vitales à écbéancc, <!ue l'univcrsit~ d~ C::olo-
tion • fournie par I'USAF de la m)'Stérieuse, terri- rado tentait d~ camoufler, mer, enrober d~ ndicule.
linn te émission de chaleur signalée par le pilote du La solution 6toit (l'escamoter ln conference de
F 94. Citant un rapport d'acciùent, l'analyste pré- presse, de minuter la. sénnc~ de telle sorte que la
tendait expliquer l'intense chaleur pnr une délail- communicmion aux JOUrnalistes prenne _pour euK
lunce du moteur provoquant J'allumage du signal la forme d'une rapide lecture entre les hgnes. Les
d'alarme, au vu duquel... c le3 deux hommes de officiers de relation publique déci~~rc~t donc d'at-
l'~quipagc ~'étaient ~Îinultanémcot éjectés >. Le fait tendre quelques jours, pensant q~ a 1 approche ~
que l'avion se soit écrasé ~ans JIVair pris feu était l'intronisation du président, les !ournahsres,. deJ~
simplement négligé. Le commentaire final contras- bousculés par les événements, seratcot plus faciles a
tait par sa concision - à peine une demi-page - manœuvrer tambour bnttnnt.I;-e 8.Janvter, POU:f pré-
uvee les intcrmin!lbles considémtions s'étalant sur parc1· le terrain, ils commumqumenl le verdtct de
plusieurs pages pour de.• cas fort peu intéressants : l'Académie Nationale des Sciences présenté ?:>~e
• l.'atvion s'est écrasé au carrefour de Walèsvillc ct une caution des plus grands. savants amcncalllS
a été détruit Il a heuné une maison cl une automo- apri;s revision sertéc des travaux de Boulder. Apr~
bile> causant la mort de quatre personnes ... L"acci- ce rappel des fteUN décernées a~ doete~r Co~doo
dent ne peut pas être nttribué à un objet non iûcn- ct 11 ses collaborateurs, l'on re"!ll aux JOUr~alistes
tiflé. • (<Cas n• J9 B. •) pou~ etre rendues le lendemrun des cop1eS de
Des milliers de cos signalés uvuicnt été . rejetés l'énorme document do l'université du Col,orado•.
en bloc sans que le docteur Condon daignât don- L'cfTc! devait répondre à l'attente de 1~tai-maJOr.
ner autre explication que la néècssilé de ne pas Devant l'impossibilité de prendre connatssan~ en
perdre de temps sur des 'incidents déjà a"nciens. une nuit de cette prose indigeste, lc.s joum,alist~
Et c'est aîmi que 98 % des témoignages les plus demandèrent aux officiers de leu~ en fatre un res~.
probants de la realité des t..'l'Os avalent tfté passt"'s Ceux-ci leur donn~rent le conseil de se référer pnn-
sous silohœ. Aucun de ceux recueillis au ~ficWgan cipalemcnt aux deux cjlapit:reS de la sy_nthèsc de
on ' mars 11966 ne tut examiné, niors q ue la ëoOJ,t.ro, Condon·. ·• Ils trouveraient là tout cc quo leur fal-
verse à leur sujet avait été la raison déterrnin~ote lait ... L'essentiel y 6tait... • ..
du recours à l'université du Colorado. Des centaines La journée passa. Et les censeurs. resporercn~. Cela
d'oMervations de J96S, trois seulement avaient élé pourra.i t marcher. Pourtant un accr~ent ~estrut pos-
retenues. La gmode vague de 19S2 était entièrement sible Un journaliste connu pournut tOUJOUrs éplll-
oubliée. Oubliée aussi, la spectaculaire reprise de cbc; dan.s la nuit Je rapport, y piquer désaccords
1!>57. et contradictions ct faire éclater une bombe. Mals
Ayant omis tant de preuves, le rfoppon de l'uni- c'était Mscz pe~ probable. Même un éd!tori~liste
vcrsit6 du Colorado Ignorait les risques de guenc réputé ou un commentateur écouté hé<srterart à
aeciden.tellement déclenchée pur les UFOs, leur rî.squer sa réputation sarL~ avoir eu le temps de
action sur les circuits électriques, ct leur très pro- peser tous les termes du rapport. En tout cas, les
bable intervention dans l'affaire des • black ow • dés étaient jet&.
inexpliqués. Les vingt-quatre procl1aines heures décideraient

278 279
de Nixon vis-à-vis du ùocteuc, avait fait diligence
pour publie·r le rapport avant la tra~Umission des
pouvoits présidentiels.
Si l'état-major avait connu en ttmp$ utile cene
.- livélation ~ de SuUivan, nul doute qu'il l'eût cen-
sur\:'1:, et avec eUe une autre naïveté de l'éditoria-
CHAPITRE XV liste.
Sulli•<tn allait en effet beau.."'up plus loin. TI
CHOC EN RETOUR raconlait comment l'êtat-rnajor redoutant que la
similitude des c-onclusion$ du rapport d~ Boulder
et de ses propres positions ne fit accuJer les universi-
taires de connivence , nvuit soumis tous les travaux
9 janvier. Soir. L'état-major a gagné, Le rouleau à l' Acâdémie nationale des Sciences pour sc couvrir
oompre9seur a écrasé l'affaire. Journaux et radlos do son autorité auprès du put>lie.
mêlant les conolusioos de Condon et les louange~ llnc erreur grave au moins pou valt être imputée
de la NAS, 8()Jlrcnuent nu pays que de distingués ù Sullivan. Il parlait de • c.:ntaines de cas exami·
savmus ont .établi la non-réalité des UFOs. ln· n6s , . Clnquantc-neuf seulement l'avaient été, dout
croyable, UlllJS vrai : pas une contradiction n'a été quarante des plus sommairement . .
relevée, pa~ uo seul incident spectaculaire rappel6. Minimisant l'Importance des tétno1gnages, le JOur·
Cepen~ant, tandis que le rapport Condon s'adjugo naliste disait que le rappon do l'univcrsil~ du Colo-
les premo~res pagea, dca voix discordantes s'élèvent rado démontrait la fniUibllité des pilotes d'av;ons d•
.~evenus _do leur SlllJlrise, nombre de jolU'Ilaux ligne, des opérateurs. radnr ct • autres ob~r.:atcurs
cnüCJI!ent rusremeot le rapport. sérieux ,, 11 rappchut les croy31lCCl! de J&dos aux
MalS auam critique n'a I'id.X - ni le temps - fantômes ct pensait que cenaim ténooios avaient pu
de. reehcrcbec daoJ ces 1 500 pages les arguments être obnubilés p3r une croyance a.euglc aux UFOs .
. qm tuem 1011 conclusions. Journau>: et chatnes radio Or au début du rapport, Condon avait reconnu
Y prêteront donc peu atœntioo. que 1~ plupart des témoins parais;~aicot parfaitement
9oclques jours plus tard sortira une édition bro. équUibrés.
ch~. eu 965 pages du rapport Condon. Certains analystes forçaient encore ln note. Le
•L ontroductton, de la plume de Walter Su Ilh-an témoit!llaec oculaire 6tnit d'oilico suspect. Les faits
. du .New York Times, contenait des aveux pour lo rapportés- par un seul observateur étalent !)OUt ln
moons surprenants : plupart rejetés : 'J'estis IIIIIIS ~~~tls llltllus... Selon l'un.
·:·Le docteur Condon avait cu naguère de.~ ditl'l- des membres du groupe de Boulder, plusieurs
eultés nvee Je Comité des Activités anti-américaincs t6moins pouvaient avoir chcroh6 la notoriété ou ...
à ln Chambre des. Représentants, el Nixon, alors l'urgent.
membre de ~ conmé, était pour beaucoup dnos le Sur le moment des témoins honorublcs voulurent
refu• du QUIL1JS WCurit6 qui lui avait été Opposé. protester, mais ils compl'irent vite que devant un .
~yant r~ppel6 cet~ affaire, Sullivan ajoutait quo tcl montage. ils ne pouvaient que se ridiculiser. Ils
1état-maJor, eoonatssant les mauvaises dispositioll$ choisirent le silence. USAF et OLA crurent avoir 1
280 281
S~llll\:. La qu~tion de~ UFOs scmbl,til définitive- ria. L'engin avait suivi l'appareil de Majorque à la
ment entenic, ~ais le cadavre devait sortir de terre côte continentale d1Espagoc. U était descendu très
ct narguer les _fossoyeurs. Il suffisait sans doute que près du sol, puis $'était élevé el av;ùt disparu. La
quelques témo•ns brawnt les rieurs. mono:uvre était conlirmée par le commnndant Jaime
L'un des premiers fut le chef de police tLavem Ordovas, I.e copilote Augustin Bnrvajnl ot le méca-
.lanzen1 de Westhopc, dans le North Dakot~. Le nicien .Tosé Cuenco. ·
10 m~· J 969, à 1~ heures, Janzen patrouillait ùans Au cours dos trois mois qui suivirent, les rapport~
sa ~onure. de .ser~·•oe quand soudain une brillante s'accumulèrent. Un pilote de ligne obs.:rvait un UFO
lum~re"'.'l' eclatrcr le terrain alentour. c Tome en Californie, un agent de la FAA, un autre au-
ccu~ sacree machine s'est allumée • , dinvt-il au dessus de l'aéroport de Knoxville. On signalait de
pr6s1den! du souHomité du NfCAP pour le No1 tlt nouveau des engin< inconnus en Floride, dans le
~a~otn_, D~nnl<l .E. , Flickcnger. L'UFO à dôme, Kentucky, le Michiglln, le Missouri, le Tenn~ssee,
•,m~tO~tle a 250 metres au-dessus do sa voiture, la Virginie el autres ét'nts. Parallèlement arrivuient
<~~!<ILau une lueur bleu verdâtre. 11 était comme liéS mpports de rencontres au Cannùa, en IS'ouvclle-
ce!ot~é d'une b~nde rouge el paraissait tourner sur Zélnndc et en Austmliè.
hu-meme. Un pmceau de lumière blanche, presque Eo mai, on apprenait aux Erats-Unis la rencontre
msouteoablc, venait de la base de l'objet. fuitt dons le sud-est asiatique par un équipage
«At! ?~but, ~acontnit Janzen, j'ni eu r~ellcment d'avion-citerne I<Ç-135 de l'USAF. L'état-major
p~ur. J a1 pensé a mc servir de mon revolver de scr- lntensiAa ses efforts pour ;ousrrajre et camoufler les
vocc! pul• Y ai rcnoucé. A quoi oeln m'aurail-il rapports, aussi bion ceux de ses personnels et ceux
serv1? ~ co provenance des Autres armes, de l'aviation civile
Ouan~ à la radio de la \'Oiture de police, c'était ou de~ avions de ligne.. , ,
~ b!">"!Uage. Au bout ùc dix à quinze minutes, Un SP.CCtaculnire i.ncideot devait éi1c ~nsi caché
1engm '!'connu panit comme une trombe, direction nu public pendant,ckux ans ct àeroi. Il avai't eù pour
sud et dosparut. témoin le contrôleur de trafic de la '.t AA;,J ~es
, D<tns l'après-midi du 17 mars, survolant V. ~enrdsley, et les ,éfJUiRnges de tr<i(~, av'iol)s. Le
1 Arl~ona, le Cessna f 50 des pi)otcs Herman Slatcr rapport ét.ait dé't~rré ,par le N1CA1> en J9(2. ·
c! Ocn. Ripler croiSllil au-dessus du mont Buckslin, Le S ' juin 1969, dans l'après-nticli, ·B~ardsley Je
Vtngt-em'l obJelS o•alcs, chacun de la taille de trois rendait de PJ•oenix /l Washington par I.e 707,
automobil~ moycnneJ. les UFOs évoluaient avec vol 112, des American Airliner. Le but dq voyage
une parfaite simultanéité comme s'ils étaient télé- étant pour lui de se familiariser avec les piOcéduns
c?mmandéJ. ,V~Iaot lt ~nviton 480 km/h JJs pas- de vol on li::tison avec le contrôle au &al. Il occupait
sèrent sous 1avton Cl cltsparurent entre Phoenix et le si~ge derrière le commandant. A cOté <)ç Jùi, · ct
Lnko Hnvasu City. dorrlôre le copilote, sc tenait le mécnnicicu.
Très peu de temps après, parvennir de LondJes ·Le 707 volait ·à 13 000 mètres, cap à ,l'est, A
un rapport du pr~sidcnt du sous-comité du NlCAP 12 000 mètres suivait uu appareil de ligne des Uni·
en Ang~eterre: Julian Hennessey. Da11s la nuit du led Alrlin~.s. et plu• loin, à que!ques kilomètres, un
25 !~vner, un UF9, r~marquab!e par sa puissante avion de la Garde Nationale. Les trois avions
lum•crc rouge, ava•t ~t6 vu par un équipage d'lbe- tenaient le même cap. ·
282 283
. Le commandant du premier était parti vers l'ar- 1 ' •'

nèrc, . quan~ quatre engins illconnus · apparurent ment basses, .mais qui se' montraien1 eq, .revanche
souda1)1 cfro•t devant. capables de manœuvres extrêmement rapid,esl. ..
'!--e copilote, hâtivement, appela le contrôle de Mie!IX eû~ valu avouer qu'il s'agissait d'un phéno-
Srunt•Louls. Il lut fut répondu que J-'on suivait des mène inexpliqué...
~pparetl~ non identifiés dans leur voisinag<>. Les Au milieu de. 1969, le rapport de l'université du
o/Os vena!ent toujours droit sur le 707 sans Colorado avait perdu beaucoup do sa to~icité. Cette
VJtcsse e;fagerée, mais à la limite de la collisi~n. perte de prestige était due aux sévères critiques du
• 11s étaient en formation carré, devait dire docteur Hynek, de l'AIAA ct du docteur l ames
~eardsley au NfCAP. Le plus grand avait environ McDooald, mais aussi au rapport, maintenant
s•x à sept mètre~ ~e long, deux à trois d'épaisseur conn11, de la RAND, q11i intéressait \1vement Jo.
au centre, ct trotS a quatre de large à J'arrière iLe-s monde scientifique.
autres étaient plus pelits, et, de face, parais;aient Au cours des mois précédents, la plupart des
d~s Jlècb~. Tous quatre avaient des rel!ets d'alumi- saYants avaient adopté tes· conclusions de Condon.
nmm poli. PUis, certains s~étant aventurés à travers Jes témoi-
~ Cel.ui de l'angle inférieur droit 11euait sur nOb:<> gnages étaient passés de surprise en surprise.
traJectOlte. Tout soudain, les trois flècl1es ~c rap- Condon s'était longuement appesanti sur une pré-
prochèrent de leur massif compagnon. • tendue rencontre sexueUe entre une femme >de l'cs-
~ette ra~d~ l_llanœuvre <;ft"ectuée, les UFOs pace et un jeune fci:Illicr brésilien, Antonio ViUas
étalent passes a distance de sccnrité. Boas.
• Ils se tenaient al<>rs à sept ou huit mètres les Selon Coral Lorenzen (F!ying Saucers : The
uns des autres. > Startling Evidence of 1"/ie lnva.fÜ>.I l from Outer
Qt!elques sec~ndes plus tard, se faisait ente!ldre Space, '), V~las Boas labourait son champ 11uand nn
un pilote de l'avion d'United Air/ines. UFO atterrit i\ . p_roxi!Dité. Des,, ,ll)lluaooïdes , en
- Nous. l'avons vu! étaient sonis, s'étaient saisis \lu , j-eune • boinme,
Tres excité, le pilote de la Garde Nationale à ·son . l'a~ruenLemmeJ!,é à,:·bo~d, désh;lbill.é c~ lui .avalent
tour, s'exclamait : ' fait subir un examen physique. ·Lai~ons la suite au
- Au diable! lis ont failli me rentrer dedans! docoour Condon et à ses citations du li\'te :
Comme devant l'avion de l'American., les objets en <..•..A ce l!lOment".entr.e une jeune femme, petite,
formation. carrée s'étaient brusquement rapprochés mais bien faiic ct complètement llUC... L'intention
poid le lrusser passer. de la femme était é:vidente, .. L'acte se passa norma-
•La peur du ridicule incita les témoins à garder lement, et elle répondit au." caresses... ·Mais pour
pour eux l'étrange rencontre. Le rapport de Bcafds- Villas Boas, le pliiisir fut gâché par ses hurlements
ley passa aux a~chi~es ~~s FAA ct jusq!•'en 1972, de feutelle animale... •
!'e fut, ~mmun.'que qu .•ux Forces aéncnnes. ·Le Pt1is le jeune Brésilien avait éto$ .conduit hors de
l.~.ur o~ il dcvm! pubhc, les • démystificateurs > L'appareil qui àv~it aussitÇt décollé et disparn.
• ~ll'orcerenr de_faltc passer les.~~ aperçus pour Selon .Mme .Lorenzen, disait tc docteur. Condon,
des météores dturncs. ll y avrut amst des centaines 1~, étrangérs cherchaient .à savoir s'ils pourraient se
de météores dont les vitesses demeuraient étonnam- l. Soucoupes Volantes: l'Ao.goissa.ntè Cc;rLitudc ·do
l'Invasion d'une Puissance de l'&pacc.
284
285
le docteur Condon avait eu vent de ces brocards, pourtour était éclairé d'une faible lueur rougco-
'a fur<nr cOt ~clipsé le souvenir de celle déehal11ée yatlle. .
contre Giordano l3runo, ce philosophe du xvt• siècle • Je rr~onnais avuir cu un choc. Mais pas de
qui osnit écrire : panique. La chose ac s'approchait pas davantage.
• Il y a dall$ l'espace de3 constellmions sali$ Je dis au copilote d'allumer les feliX d'atterrissuge.
n~llnbn:, d'innombrables soleils, d'innombrables pla- Je voulais mieux voir. Une seconde plus tard, un
nctcs ... • jet d~s Forces aériennes upparaissait dans les pin-
L'Inquisition fit b<Gier Bruno. T.o docteur Condon ceaux lumi neux. Il piquait sur nous.
n'allnit pas jusqu'au bûeher. Il se scruit cuntcnté du • L'enfer passait. Je n'osois faire un mouvement.
pilori et du fouet pour les professeurs qui pennet- Nous étions -à ta limite d'une triple collision. Heu-
tnlcnt à leurs ~lèves de s'intéresser ~ux UFOs, et reusement, I'UFO gicla vers Je haut, bientôt suivi
aussi .pour les éditeurs qui di!Tusaicnt des ouvrages du 'jet qui s'acharonit. Je ne sais pas ce qui est arrivé.
et a.rllclcs de pseudo science u(ologiquc. Cette sug- Je ne les ai plus revus.
gestton que, dall$ sa colère, le docteur rendait • Mais, rinstant d'après, j'écumais de rage. Ce
publique, ne devait · qu'inciter les scicnlifiques à pilote des Forces aériennes aurait pu nous avertir.
rcgnrder de plus près Je rapport de Boulder. Il connaissait notre fréquence radio. C'était un peu
A dn.tc~ de 1969, entre UFOs ct avions de ligne, fort. J'alerterai les j<>onoaux... je parlerai à la
se mulapllèrcnt les ren<:ontres il terriblement courte radio ... Mais je fus rapidclllEot ~adé de toute
distance. Certains pilotes ont 8uivi ln recommanda· manifestation de ln sorte dès moo atterrissage. La
lion do l'Académie d es Forces aériennes : compagnie pouvait être aucintc par la publicité
• Il est d'un haut intérêt que lo NICAP continue autour de cette affaire. MIl cardère était en jeu... llt
il recevoir les rapports des pilotes commerciaux qui les Forces aériennes, de toute maniè~;e, démenti-
préfèrent ne rien notifier aux Forces aériennes ou à rnieot. •
leurs propres compagnies.'•
ll arriva qu' un iet des Forœs n6rie11nes voulut En novembre 69, les censeurs de J'OSAF curent
poursuiv~e un UFO qui' em\>oîieil le pa.' à un 72'1 à faire faœ à une nouvelle et sérieuse menace.
commercJel. u commandant de l'avion de ligne L'l\ssociation Américaine pour l'Avancement de Ta
m'a donné l•$ détail.s de l'incident : Science, impressionné.:: par les attaques déclenchées
• Ccln s'est p3Ssé après minuit. Nous étions 11 diX dans le mond.;: scientifique contre le rapport de
mille m~tres quand cette chose nous est tombée du l'unh-crsité du Colorado, annonçait pour son
ci.:l. Enc u t venue à environ 70 mètres de notre congrès annuel un symposiunl sur les UFOs.
aile droit~> ct n réglé son allure ~ur Jo nôtre. Elfe Ce projet ùc l'AAAS jetnlt l'alarme dans les
était ronde, nvec un dôme en son centre, et son Force~ aériennes, au Cll\ , et aussi parmi les g.rnnds
. ' pntt•ons de l'untversité du Colorado. Il était il peu
liv•·c· cn ~:u tkulier, ftU~h:c~sité du Colorado csL co.nstarn~ près certain que Je rapport de Boulder ser.ait dure-
mc~11 <.l~stinéc par !es Jnallales CU. L~ rupport de cette ment traité, et Jo prestige de l'Association était tel
Unt,\'tfStt6 ,e st appele rnpport CU. Le s:.vant en question
décJdC de 1appcJ~:r rapport CUR; le nlOt Cur, uJrêmement que toute.s les enquêtes de J' USAF étalent menncécs
ltoni~de d .m~sanJ, es-t lt peu près l'équh·atent- de do discrédit définitil.
• C'\u'lrt •. u docteur Condon tent:t d'intervenir auprès des
288 289
patrons de l'AAAS, puis, sans plus de suœês, pressa nommer. Mais ils étaient connus de. leurs' milieW<
le vice-président Agnew d'user de son inlluenc:c 504:iaux. Certains a...nient une notonét~ ntJ.ttOn~le.
pour faÎJJ) décQmmnndcr le symposium. En dehors des foree§ :~rmC-es ou dos servtces pubhc•,
L'USAF,, de son côté, s'était rendu compte do ln il y avait tous cc~ juristeS1 ~octcurs~ ~nse1g~unts,
gravité de l'affaire. Elle n'nuroit pas seulemcnç il (<lnctionnaires urbAlUS ... que 1étnl-010)01 vouatt .nu
déjouer les plaos de I'AA!AS; eUe devrait prévenir ridicule, cl qui ont subi de ~c fmi un grave pré)u-
d'autres attaques de même ordre. Il fallait se pré-
parer à une actlon plus dure que toutes celles .du dlc~cpcndant ks adversaires du SF.CRET ~ l'exté-
pw6. rieur cr à l'intérieur du Pentagone, obst~t';l'enr,
Jusqu'alors, le Bureau de la Recherche scienti- re•ennient à la charge. Parmi eux, au mcpns du
fique des Forces aériennes n'avait pas enr~rioé le risqtle encouru, sc tt•ouvaicnt de~ officic~s des, Forces
rapport de l'université du Colorado, ayant reconnu aéncnnes. Lentement s'cnfonça.ll le com. Çà et là,
trop de lacuneR ou a(feurs d 'uppr6ciation. Cela des témoins s'enhardissaient à rendre J1ubhques
devait changer. fit eda changea. leurs observations. •
Le .17 décembre, neuf jour.; exactement avnnt le Dans la seconde partie de rann~e 70, le choc en
con~.de l'MAS, l'état-major ponail un coup ter- retour commençait à se fain: sentir. L'anlllyse de
rible à ses instigateurs et aux milliers de t~moins l'Académie des .Forces aériennes sur.les !JFOs rédt-
nlenés. 1Les cha!nes raclio entérinant sans discussion gée en 68 venait d'être largement d1fl'us~e. Son but
les affirmp)ions do I'USAF, les diiTusaient à toute la ttait de donner aux cadets un aperçu sohde du pto-
nation:• 1 •
·• blèmc. Preuves ct enntre-prcu~c~ étaiet!t .I:ugemeot
. '7 LJ:s , résyhats ct conclusions d'enquête de débattues dans un chapitre spectal de Sc~eoce Spa-
l un•versile du Colorado ont reçu une plciae appro- tiale. RéféJt:n<:c était faite au rapport dt.: NICAP s~r
bation. les UFOs et à deux de mes ouvrages ou se uouv:ut
- teS' Forocs aériennes n'ont jamais trouvé k: exposée en particulier l'existence d'une ~ensure.
mq~ .!.~d}ee ~rmettant d'.affirmer qqc les objets Si ce matériel explosif avait été prcala)>lemen!
non tdenli!\es ét~tcnt des vatsscnux Qu,engins spn- soumis à l'état-major, les contre-feux aurm.ent éte
tiuux. , . , , 1 ilnmédiatement mis en action. Mols le chapme sut·
- Auèun vllisseau spati.al extra-terrestre ,, •• les UFOs n'avait pns été envoyé nu Pcnt.lg~nc. Le
jamais été aperçu. Toutes les pen;onncs ayant temps pour l'état-major d'co prt:ndre. connaJ$Sance,
d~claré avoir vu un UFO ont été soit victimes d'hal- ct les cadets avaient déjà entre les matns ces dange-
lucination, illusion d'optique ou erreur d'apprécia- reWI aveux : chas>C engagée contre des J.!FOs, réac-
tion, soit purs el simples fumistes. tions meurtrières de Fort It~'ipu ... Effares, les cen-
- 'L'enquête des Forœs aériennes sur les U'F'O$ seurs ordonnèrent que cc chapitre Cût remplacé par
était définitivement close. . une démystification tou~ azimuts, pulvér!sanl tout~s
Ainsi ~c .symposium était vou6 à l'échec. les preuves et les témOignages les plus •.rréCu~abks.
·Les stratèges do I'USAF avaieot bien joué. De Dans le meme temps de.s mesures ~i!ttves eta•~nt
OOU\..,au1 la peur du ridicule arretait les témoins. prises pour éviter que ne v.tnt ~ troasptr~r. la vetsmn
·Coup bas à des obsen•ateur.; parfaitement honora- originale. ~iais un~ photoCOpie avalt etc rem~>c .l
bles. L'état-maJor avait sans doute rcnonoé, à 'le.~ titre persoMel au président d'un tp'OIIpcment affilit
290 291
patrons de l'AAAS, puis, sans plus de suœês, pressa nommer. Mais ils étaient connus de. leurs' milieW<
le vice-président Agnew d'user de son inlluenc:c 504:iaux. Certains a...nient une notonét~ ntJ.ttOn~le.
pour faÎJJ) décQmmnndcr le symposium. En dehors des foree§ :~rmC-es ou dos servtces pubhc•,
L'USAF,, de son côté, s'était rendu compte do ln il y avait tous cc~ juristeS1 ~octcurs~ ~nse1g~unts,
gravité de l'affaire. Elle n'nuroit pas seulemcnç il (<lnctionnaires urbAlUS ... que 1étnl-010)01 vouatt .nu
déjouer les plaos de I'AA!AS; eUe devrait prévenir ridicule, cl qui ont subi de ~c fmi un grave pré)u-
d'autres attaques de même ordre. Il fallait se pré-
parer à une actlon plus dure que toutes celles .du dlc~cpcndant ks adversaires du SF.CRET ~ l'exté-
pw6. rieur cr à l'intérieur du Pentagone, obst~t';l'enr,
Jusqu'alors, le Bureau de la Recherche scienti- re•ennient à la charge. Parmi eux, au mcpns du
fique des Forces aériennes n'avait pas enr~rioé le risqtle encouru, sc tt•ouvaicnt de~ officic~s des, Forces
rapport de l'université du Colorado, ayant reconnu aéncnnes. Lentement s'cnfonça.ll le com. Çà et là,
trop de lacuneR ou a(feurs d 'uppr6ciation. Cela des témoins s'enhardissaient à rendre J1ubhques
devait changer. fit eda changea. leurs observations. •
Le .17 décembre, neuf jour.; exactement avnnt le Dans la seconde partie de rann~e 70, le choc en
con~.de l'MAS, l'état-major ponail un coup ter- retour commençait à se fain: sentir. L'anlllyse de
rible à ses instigateurs et aux milliers de t~moins l'Académie des .Forces aériennes sur.les !JFOs rédt-
nlenés. 1Les cha!nes raclio entérinant sans discussion gée en 68 venait d'être largement d1fl'us~e. Son but
les affirmp)ions do I'USAF, les diiTusaient à toute la ttait de donner aux cadets un aperçu sohde du pto-
nation:• 1 •
·• blèmc. Preuves ct enntre-prcu~c~ étaiet!t .I:ugemeot
. '7 LJ:s , résyhats ct conclusions d'enquête de débattues dans un chapitre spectal de Sc~eoce Spa-
l un•versile du Colorado ont reçu une plciae appro- tiale. RéféJt:n<:c était faite au rapport dt.: NICAP s~r
bation. les UFOs et à deux de mes ouvrages ou se uouv:ut
- teS' Forocs aériennes n'ont jamais trouvé k: exposée en particulier l'existence d'une ~ensure.
mq~ .!.~d}ee ~rmettant d'.affirmer qqc les objets Si ce matériel explosif avait été prcala)>lemen!
non tdenli!\es ét~tcnt des vatsscnux Qu,engins spn- soumis à l'état-major, les contre-feux aurm.ent éte
tiuux. , . , , 1 ilnmédiatement mis en action. Mols le chapme sut·
- Auèun vllisseau spati.al extra-terrestre ,, •• les UFOs n'avait pns été envoyé nu Pcnt.lg~nc. Le
jamais été aperçu. Toutes les pen;onncs ayant temps pour l'état-major d'co prt:ndre. connaJ$Sance,
d~claré avoir vu un UFO ont été soit victimes d'hal- ct les cadets avaient déjà entre les matns ces dange-
lucination, illusion d'optique ou erreur d'apprécia- reWI aveux : chas>C engagée contre des J.!FOs, réac-
tion, soit purs el simples fumistes. tions meurtrières de Fort It~'ipu ... Effares, les cen-
- 'L'enquête des Forœs aériennes sur les U'F'O$ seurs ordonnèrent que cc chapitre Cût remplacé par
était définitivement close. . une démystification tou~ azimuts, pulvér!sanl tout~s
Ainsi ~c .symposium était vou6 à l'échec. les preuves et les témOignages les plus •.rréCu~abks.
·Les stratèges do I'USAF avaieot bien joué. De Dans le meme temps de.s mesures ~i!ttves eta•~nt
OOU\..,au1 la peur du ridicule arretait les témoins. prises pour éviter que ne v.tnt ~ troasptr~r. la vetsmn
·Coup bas à des obsen•ateur.; parfaitement honora- originale. ~iais un~ photoCOpie avalt etc rem~>c .l
bles. L'état-maJor avait sans doute rcnonoé, à 'le.~ titre persoMel au président d'un tp'OIIpcment affilit
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au :'f~. tandis ~u·~ne outre copi~ n1~ par•i:nail jamais mise au point. .. cl pour l'astror.ome britan-
à Wasblllglon. Ce n etau pns la première rois CJ,Ue.les nique Royal, parler en 1957 de 'O)'age S{'-~ti11l éta.i t
advc{Saues du ~ECRET d~flaient les luroud' du d'une ~ott ise sons nom ...
c01nmandcmcnr, allant jusqu'il risquer Je .con:;eil .dc Deux ~ommunications >t la rndio suivaient de peu
guerre pour nous nider à en finir avec cc dangereux l'alerte AAAS. Lu première cOtlccrnait une mesure
mystère. de rétorsion prise pnr les Forces aériennes contre Je
.'":u jour~.al qui publiai~ des fragments de l'étude docteur Hyn~k. Payant ses courageuses critiques du
o~ogmalc, 1etui-maJor~ hilnvement opposait sn c dcr- rnppon de Boulder, le docteur ét.tit évincé du poste
noère rooumre •· Ma1s l'o!Tct cu fut détntit par de de consemcr de I'USf\F pour les UFOs qu'il avait
nouvelles p6rip6ties. • occup~ pendant vingt ans. F.t l'on apprennit pdC la
Cc l'u t d'abord une dure attaque du rappott de mamc occasion que l'état-major avait 6crit au
Boulder par I'Ajsocialion Américaine pour I'Avnn- RAND une lenrc incendiaire nu sujet des experts
ctmrnt dt la Sciel~C<'. L'in>lilution prc.'<S;lit fe .gou- re<ponsables du document CFO. Pour arracher l'ex-
vcrn~m~nl de faire procéder à de nouvelles cn- pulsion de H}nek, on te présentait comme un dés-
quêt~s;; amJtcntiquemenr ~cicntlliques. ·Elle faisait honneur pour le monde scientifique. Le Ri\NO ne
,.aJou· que 30 % des cas examinés par l'univecsit6 s·~tnit pas laissé intimider. Et Hynck conservait son
du Colorado demeuraient inexpliqués. Elle insisl1lil autorité parmi ses coofrèros.
é~cme'!t sur .l'importance des témoignages .an- Ccl incident à peine clos, c'était au tour de la
coens qu,t, por principe, avaient été reje1és. Elle rel~ KAS. l'Académie Nationale des Sciences, d'être
vait 7nfin ln contcodiction cxi>tant emre le.< opinions prise il partie pnr l'ancien Secrétaire à l'Intérieur,
· cxprunées par de nombreux; nnnlysrcs cl tes collclo- Stewart Udall. A une réunion de J'AAAS, Udall
sions' peysonnelles de Col\don. L'Al<AA rcj•t.ait l!uitQit la )lAS d' • orgunisnllon gouvernementale
' encore Jçs pr~dieJions à ldngue écbéaneo du ~oc­ fantoche> ct demandait qu'elle mt récu$éc co tant
leur. sél!>n lesquelles il n'y uurhlt pas de visites que soumise inconditionpellemcnl à la politiquo offi-
Cxtra-tcrrcstn;s di: la planètê ~vant dix mille àns. cielle. D ne mentionnait pas le rapport de l'uoi,-er-
Reprenant d'uulr~s- critiqu es, JlinstltQtion affirmait sité du Colorado. Mais les commcmateurs ne se pri-
9u'il étai! impossible de po·,k oiê lei< action< de ràèes vaient pas de rnpp<ler l'approbation donnée par la
mcunnues de l'cspade. Certillns journnli~tcs ct com- N AS uux conclusions de Condon.
mentateurs radio s'emparèrent de l'argument De En 1971 les critiques sc multiplièrent dans la
grands s.àvaots n'avaient-ils pas été puni.< de sem- presse. L'une des aUaques les plus dures venait de
bluhk suffisance? Pour l'éminrot physicien britnn- J'un des principaux rédacteurs du Christian Scienu
nique !ord Kelvin, le~ rayons X n'étaient que le pro- Monitor, Peter Henniker Heaton.
d u~t d une sup~roherte, le vol humai~ u11e impossi- • Lu dans son ensemble, le rapport ne peut ca-
blllt~. >t la rnd•o une amuse!te sans uveni r... Pour Je cher l'aJllas de pt'Cuvcs de la réalité d' un phénomène
do?t~ur Vannevar Bush, conseiller scientifique du inexplicable. Mais l'introduction est uo unvail il ta
pre>J~en.t au COU!i de la Seconde Guerre mondiala, cognée, rarement égalé dans cc domaine dcç études
les !l''ssUes à longue porté.: IOBM ne verraient pas scicnutiqucs où chacun s.~it que maître ~~ disciple
le JOUr avant longtemps... Pour le contr"-umiral mnnicnt lïnsuument avec une efficacité et une féro-
Leahy, expert en explosifs, la bombe A ne semit cité sans pMeillcs. •
292 293
r
En avril 1971, c'était autour d'une revue d'ingé- rés sérieux avaient r6tabli le czédit des tém.oins.
nieW'S réputée pour son s~rietu, lntlu.rtrial }(~setfl'Cit, Peu après, le docteur 1. ADen Hynek venal! .a~
d'allaquer l'étud;; des rorces aériennes' Cl de l'uni- procès un livre: Tite UFO Exptritt~c~: A Stttfllt/tc
versité du Colorado. Un référendum effectué pnrmi /n4uiry 1, n s'absten~il de tou~c cntxque acerbe de
ses ubonnés montrrut que 80 % d'entre eux désap- l'USAF mais révélaot le man1ement des enquêt~s
prouvaient ,le rapport, 76 % croyaient que Jo sou- sur les UFOs et la mystification délibérée du pubhe
\'Crnclll~llt cachait ,les faits, ct 32 % pensaient que et do la presse: le groupe d'étude de Boulder nva!t
les UFOs venaient c.l'uutrcs mondes. escamoté les t~moignagc• les plus probants... 11
Tout nu long de l'aiUiéc 1971, la critique -se lit s'était éearté des .méthode~ ~cienti!i'lucs ,u.,uelles~ ·
plus •iv~. tandis q11c croissait le nombre des obser- sn prétendue enquete n'nvn•t et~ qu une tnste pony-
vations. Puis, en 1972, un nouveau pas fut franchi. tion sur le portefeuille du contnbuabl~.
Une imporlante ré\•élation était faite à uoe réunion De la mi-juin ~ septembre, pluswurs rappom
de I'Asspciation des officiers eu retraite, à B3ltimore. d'observation vinrent" ajouter. au.~ embarras . ~es
D'anciens grands chefs de l'Armé~, de la Matine, Forces aériennes. Dans _la nutt ~ ~ ~ au 18 JUin,
r.lu Cnrp$ des Mru·inCJ>, ct des Forces ~éricnnes deux agents d0 ln police de ~ccun~e dtf Forces
étnicut, préscn1s. Ln COinlll\mication v'ennjL d'un aériennes apercevaient • un ObJet bnllanl, ~e ~ou­
ancien otncier de renseignement de I'!A:nnée, devenu leur orange • de prês de 125 mètres de ()lametre,
principal commentateur à la WFSR de iBaHiroorc. au voisinage de la bnsc militaire de George. La
le lieutenant-colonel lou Corbin. Pendant quin1.è presse l'apprit, on ne sait trop comment, et le ;ap-
années, cet officier av:Ut étalé publiquement les procbement fut \1te fait avec d'autres obscrvauous
prCU\'CS de la réalité de$ t,; FOs et d~ J'exiatenœ cie concomitantes, dont uoe a$stz éprouvante. . .
la ccn>urc, preuves qu'il devait en grande partie à Vers la fin juin, un rapport relatant ~s fat~ tcrn-
de hautes re1ations au PeJltag,one. Aux oj)lciers pré- fianL, parvenait de Bcaufor:t, en ACr•quc du Sud.
sents, Corbin décla·ra : , , ·. · · Selon les journaux, ln pohce ~e Beaufort e.t un
«L'état-major . dFS ll oi'C<:S miricnn~ - démonti1~. • 1 fermier nommé Bennie Smit ava1ent tlrt au fust! sur
Mai$' il enljuête toujours sur' lo.• LT-Os1.. li cxixle un UFO. Le 8 juillet suivant, deux .e>tplo,ioots ~
_deux programmes d'lnvestigntion: Old New Moon produisaient un .instant après que Sm•t cul obser.:e
et Blue Papcr '· les UrOs ne sont pas une fiction. • un UFO au-dessus de sa ferme. Un ~and r.œervorr
Selon ce que me dit Corbin peu après, plusieurs en brique était démoli. Selon un JOuroallstc, on
oflicicr.s, dont certains appartenant aux Forces avait voulu réduire au ·silence Smit et 'a femme.
aériennes, confirmèrent que tes enquêtes ~: poursui- L'incident s'était produit en terre étrangère. Pour-
vaient dans le plus grand secret. tant, la publication njoutait à la gêne de l'~&~F...
L'intervention de Corbin uvait été aussitôt coonuc D'autant que, Je 23 aoüt, paraissait le réc1t .dune
de 1'6tat-mnjor. •Mais la crainte de l'entendre tél, cbasse à l'UFO resté sous le boisseau depuis tro•s ans.
téror à ln radio ses ùécl:.rntlons incita les ccrucurs Le Registu de Santa Ana, en Cali!ornic, .n-:ant de
au silence. la publicité croissante leur causait de publier, avait soumis les faits à 1 appr~c1at1o?. de
vives préoccupations. De nombreu• journaux répu- David Brancb, président d'un groupement affilie au
l. VieW.e nou\"ellc lu:llo... P&&picr b~u. 1. L'Expérienœ UFO. Une Eaquéte Sei<otifiq<!e.

294 295
NlCAP ct d'un enquêteur anocié, Robert B. Kliun. affaire l'United Press révélait une spectaculaire rcn-
Le Il mai, un objet brillant était apparu au nord c.onl.Ie d'UFO dans le Wiscomin. .
de Yucca Valley, en Californie. Les cémoins élaient Aux premières heures du 25 août, un automob•·
un cbcrcbcur scientifique tl quacre voisins. Tout à liste a•·ait aperçu un UFO immobile à hauteur du
coup, I"UFO avail projeté sur Je sol une grande mcbe sommet des arbres. L'uutomobilisce avait brUia~
de h1mière. Aus.sitôt éteint cet intcn!o éclat, les cinq ment freiné· mais l'objet qui pouvait avoir dix r!Wtre~
homme< ••oient entendu le hurlcnwu cnractori~tique de diamètr~ s'était élevé presque aussitôt. Phares,
des i~ts. Bienllit •urvcnnienl trois intercepteurs qui avertisseur et radio de lu voiture ne fonctionnoienl
Jl!CnnJCJ\1 l' l;lFO en chasse. •Mni> celui-ci prenait une plus. La police, venue cnquf ter, nvait trouvé les mar..
vJtc•sc con>~dérable ct disparaissait. quet. de patins. Tous les fusibles de ln voiture R\•aicnt
t\ vont de publier dans les colonnes do son jou mal sauté ct le moteur subi une surchauffe inexplicable.
1~ récit de cette affaire si longtemps tenue 6ecrète, le Celle réapparition ùcs UFOs dans la presse devait
rcd"ctcur en chef Bob Kirkpntrick demandait aux inciter quelques journalistes à reprendre la to:cturc
Forces aériennes si la chasse était toujours lancée du rapport de l"univer~ité d u Colorado. A mJ-cbe·
sur les L'FOs. La réponse vint du lieutcoant<O!ooel min de ctlle lecture, un commentateur de la T .V. de
George (.. Salem, chef du bureau de> informations Wnsbington, mc dit son éconncment devanr l'abon-
des l'orees aérieones à Los Angeles : dance des preuves dis\éminécs ddns le texte cl
•.Le Corumnndcmcnt d~ la 'Défense de l'Espace passées sous silence aux conclusions. . . .. .
~~rJc n preud toutes mesures nécessaire. pour iden- M•tis quinze jours plus tard. 11 me d1sa1t quel"eml$·
hfier les objets déteclés par les radun; de veille... >; ~ion avait été bloquée pnr un veto en haut !Jeu.
le colonel précisait alors que cette survcillanoo • Ils ont prétendu que nous passerions pour des
po~vait Impliquer l'envoi d'avions d'inte,·ception, imbéciles, ayant npf>rUJJv6 un rapport san• savoir cc
ma1s se gardait bien d'indiquer l~:S limites de la mis- qu'il y avait dedan•. Cc serait lllt beau tapage. E n
sion d'intcJ'Ccption... Au surplus, c l'<ltude Blue dehors de rétat-mnjor, il y " des millions de gens
Book· est terminée • et il n'y avait plus mMière à qui ne veulent pas croire qu'iii sont observés pnr des
rapport sur les interceptions. .. • Les Forces aériennes l!lre.s dtune race supérieur\!. :.
des ~tau-Unis ne prooMent plus à oc jour à aucune C'élail la v.!rité. El je le savais. Des millions de
enquete sur les UFOs... » n n'y avait d'ailleurs eu pe~onncs, siocèremenl, cCO)IlÎenl impossible la pr~·
aucune requete Cll ce sens, et aucune directive nou- I!Cnce dans notre cid de vi6iteu~ d'autres mondes.
\'C IIe, ct le colonel ne mentionnait .ni le CIRVIS L'un des apôtres de celle foi négative ét:tit sir John
- • lnstruccioos pour les communieatio11s de Rap· Eccles, pbysiologue britannique réputé, séjournant
ports d'fmportance Vitale d'Obsc,·vmions d 'Avions • alors aux Etats-Unis.
- n_i le IANAP-146, déetitaot les plus s6vères Il y avait aussi des • démystlficatcurs > volo~taircs
sanctiOnS contre quiconque r6véiCI'Uit un rapport qui sc donnaient mission .de rassurer , le-~ h~s11nnts.
CIRV!S. Tel, le docteur Menzcl qut dans sa declaranon nux
Je possède photocopie de cerro lcttro, tirée à mon audiences du Congr~s sur la question des UFOs en
intenHoorpar le sous-comité du N!CAP à 'Los Auge- 1968, avait déclaré que les vaisseaux spatiau~t étron·
les. gers à la Terre étaient à classer avec • .les sorcières,
•Deux jours après la di>-ulgalion dl! œuc vieille les fées, les elfes, les fnrfadets, ou le d1able •·
296 297
A l'arrière-plan de ces dénégatioqs frénétiques, il Terre par ·radio j\l$qu'à la funtastique di$tance oll
fa~t voir une situation qui, de jour en joui:, s'nggrnve. il ne serait plus audible. O:Ja laissait quelques
C rA ct USAP ne •e ront plus d'Illusion.' •ur la ~unécs aw, savants à l'<X.-out.c pour d6couvrir les
réussite de leu r coup de force du 17 déc-embre !969. mysttres de notre galaxie ct de l'espace infini q~i
Certains de leurs dirigeants s'accrochent à l'~poir J'entou_rc.
qu·un blocage - physique ou meo.l':\1 - s'oppose On a•·air fixé ault enll1:10bes des antenn~ une
à la renconrre des étrangers avec les Terrien,, ct plnquc dorée sur lnqudle ~laient repré&eo.tés un
que ceux-hl_ s~cn rtnditnl vite compte, abandonne· homme nu, une (emme nue, notre système planétaire
root la pnrllc et se décideront à rester chez. eux. Si et quelques symboles techniques. 'Le but était de ' 1
cela n'est pas, du moins l'on aurn gagné du temf>', montrer d'où venait cet en$in non piloté, quand Il
le ccmps, peut-être, d~ perf('Ctionncr nos armes avait ~té lancé, et quel étBJt Je type d'êtres de la
spatiales ou d'en créer de neuves pour repousser plan~te d'origine.
toute agression. Celte sonde spatiale n'avnit pas du destination
. Mais, en :!Uendant , la chasse à l'Uf'O, les tenta- précise. Seul nvnll été fixé l'il~1éraire initiol : Mars à
lives pour _capturer des v~eau.~ spatiaux aug- boiiJ1e distance, puis boucle nu tour de Jnpïler, puL•
mentent le rosque de mesures de rétorsion. Et il n'a passa~ à proximité de Pluton. Ensuite, il s'cnfoo-
été donné suite à aucun projet de prise de contact. ccrait au.' profondeurs .d e la Voie <Lactée. <Le voyase
,Des savoms hautement respectés ont recounu de Pioneer JO sc prolongerait pendant des millions
que le principal obstacle pourrait être notre peur de d'~1111écs1 à moins d'intetccpt:lon par un vaisseau
ce contact ~vee des être.~ beaucoup plus av3ncts spatial venu .d'un monde techniquement tJ:è$ avaocé,
dans la \"Oie des connaissances sctentiliqucs. Tel, ou d'aucrrissage de hasard sur quelque plan~re éloi-
le docteur George Wald, biologiste de Harvard et gnée.
prix Nobel qui, au syn1posium do l'universil6 de Mo is Jes ~Ires capables de l'inlcrccp(l!( , seraient-
Boston sur le tb.ème: • La Vie extra-terrestre el ils assoz pri)cb~· ,~ç. nous pour int~iprétc~ nos &ym-
la Pensée humaine >, avouera que la perspective boles? Mellon.~ nu.t mieux qu'ils Je.s déclù.ffrent. ..
d'une reqcontre a•-,c une race supériwre d~ns Je quel cu sera.it l'intérél?... il faudrait d~ milliers de
domaine des techniques lui • cause une indicible sièel~ pour que la reponse atteigne ln Terre. Et
fr~ycur • · Tel, le professeur Z. l<opak qui, avec la Terre existerait-eUe encore?
lur et beaucoup d'autres, redoute que do telles ren- · Si l'on considèro cet(e chance si réduite, même
contres se résolvent en cauchemar ct aboutissent à pour nos de,cendants à naître dans quelques tnllions
la destruction de uo!Tc civilisation. d'annru, on ne voit guère l'iatérê.t de la plaque
Au cours de c.es anntcs de surveillance de notre symbolique portée par Pioneer JO.
plnnète, il n'y a eu qu'une seule d6marcbe orfocicllo Il scr;ût . ù'un tout autre intérêt de pr~pru:qr 1~
bien timide, pour communiquer avec d'autres mondes: public ù toute éventualité.
avec une chance de réussite sur mille milliards. Des équipes scientifiques comme I'AI,\A offrent
En man 1972, Piolll'er 10, un petit engin spatial leur concours. Au groupe du docteur Hynck c lnvi-
d'e~viron 300 kg était lancé du cap Kennedy. Il .tihle Co/lege • de grands savants attendent la fin
ava1t reçu un équipement ultra-pcrfocûonné pour d'un ostracisme pour apporter le fruit de leurs
souder les secrets de l'Univers et les signaler ù ln études.
298 299
C'est maintenant qu'il faut agir.
iles voies et moycos de rompre le SEORET sont
aus~ nombreux que les raisons d'en finir avec lui.
Les risques do coUision entre avions et UFOs, de
blessures gaves suffiraient -à le justifier. Le danger
reconnu dès J'orig:ino n'a lait que croître av~~
l'apparition des /tts.
• C'était déjl\ llès désagréable avec les avions à CHAPITR~ XVI
hélices, mc disait récemment un commandant de
bord. Souvenez-vous de l'avion de la TWA que le OPERATI0:-1 LEUR~E
commandant Schemel dut faire plonger sous un
UFO! 11 volait à moins de 450 km/h et le piqué
n'était pas particulièrement accentué. Pourtant, une
douzaine do pnsagcrs furent blessés. B JEN organisée, ln première rcuc~ntre ~ntre
Terriens er 6trangcrs de l'Espace PO\lrraot ouvror la
• Pensez à cc que ce serait avec un 747... 350 pas-
sagers, vingt hôtcsso• colll>tamment en mouvement. voie à de fructueux nccommodomenL,, ~t à de
Et les passngem eux-mêmes ont-ils tous leurs cein- grands progrès pour notre monde.
tures? l'\on, . n'est-ce pas'l Alors, imagine~ l'UFO Pour acctoitce les chances de succès d'u11c pre·
venant SUl' la même trajectoire, route exactement mièrc rencontre, il conviendrait que les rcpréscn-
oppos~e. Le jet dépnsse les 800 :km/b. Le comman- tlllltS de notre planète connaissent bien t.lcu.x facteurs
da_nt a devant lui deux secondes. Qu'il pique ou détennina.nts :
grll!lpe• ce seront dcu~ cents ou trois c~ts personnes - L'apparence physique des étrOJlgcrs..
projetées les unts sur le.< aulres. n y aura de nom- - Leurs. réactions à l'égnrd des Temens.
breux blessés, prob~lement des tués. Avee ta sou- Acquérir cette · conn~ssancc. avan~ tout contact
daine panique, on no sait ce qui peut arriver. Si le o"e.st nullement impossoble. L opt~abon UiL~
commandant parvient à reprendre le contrôle et i\ élimine les mal!lntcndus de la radiO et de la tele-
des~ndrc sans autce incident, qui pourra cacher vision. .
l'affauc? Une heure nprês l'atterris-sage tout le pays •La première idée en a ét~ émi~c par un conseiller
le sau.ra. Voilà cc qu'il faut voir. • technique du NlCA•P, Robert Spencer Cnrr.
Une telle CllhiStropbe peut ne pas arri\'cr. Mais J'ai personnellement tmvaill~ à ln r6alisation de
de quelque manière quu soit rompu le SECRET les l'idée de Carr, avec son concours, ct celui de
gens ont ~té trop lotlgtcmps abusés et l'on n'évitera linguistes, psychologues ct autres expco·ts. .
pas des scêncs d'hystérie. ll ne faut voir aucun mystère en cette opé_r:tl.lon,
li n'est qu'un moyen pratique, sûr sain d'éviter .même si la . méthOde d'approche peut p<~r·foos sur-
le pire : en finir nvco la chasse à l'UFÛ. ,pu'is mettre prendre.
en œuvre un pro~ranune de prise de contact et com- l;&lJRRE sera une base Jso16c, de structure
mencer li préparco· le public. ' assez inhabituelle pour intriguer les ~<Ju.ipages
Cela peut Etro fait. Le plan est prêt. La clef? d'UFOs.
Opération LEURRE. L'expérience avait été tent~ par le Bureau des
300 301
l'
Pointant une lampe-torche, Storcy, à tout hasard,
Recherches <le la Déletue cnnaruenne e1 1958. fit !rois éclats d'une seconde.chacun. I~tantonûnen~,
LeURRE- BASE aura trois faux L'FOs du t)pe t'objet rcvillt sur lui el répéta les trots écla~• .. Mois
<lisquc avec dôme, en aluminium. ovonl que Store) ait pu renou,·~lcr l'upénence,
Près des faux UFOs, ~ront édifiés des sunds 6ursis•aicnt deux jets; d'u•l •bond, ~-UFO (ut bors de
d'exposition dom toits ct murs en sécurit permct-
vue. · 1' ·
LtOIH aux visitt-Llrs hésjtru1tS de vérifier l'ab))ttncc de I l n'y a pas eu que cc& tentatives de s1~a 1~al10n,
piègei. dont certalncs ont ôt6 notées pa·r ~es p1lotcs; des
Tous les postès sccondn ircs d'observation devront attcrris>ages .vérifiés semblent md1quer UJ\ d6~·~
être enttrrés, le sommet seul émcr&'<:.mt a.cc de d'entrer en contact avoc les terriens, contrebalance
pui,.amcs caméras ~ ttltobjectifs et des t~kllcOp.:s, par des préoccupaùons de sé01rité. •L'arrêt total
le tout dûment c.amouflé, et reli~ à l:EL"RRE- diU chasses à rUFO augmentera~! considérablement
CO~ROLE. te.~ chances d'atterri~~aees il LEuRRE.
0~~ rélétype> ct téléphones mettront LEUR RE- On peut imaginer 1è scénario. LEU:RRI:;R EL;Al
CONTROLE on communication avec LEC'RRB donne l'alerte: un. rndor vient de SJ[,'I1Uic.r qu un
RELA I, n 40 km de là. UFO tou rne "" altitude au-dessus de LaURRB-
I.e< faux UFOs seraient placés en tout dcrnieJ' 'BASE. Les observateurs le voient de leur~ post.c_S
lieu, de mnnièrc à ne pas nttircr prématurémcnl cmnouné:> deScendre lentement. A basse nlt•tudc, il
J'auention des étrangers de I'F.<pace sur la base en s'immobilise. Le• étrangers, sans ~oute, scrut~t
construction. Celle-ci achevée, le.< po<tes d'observa- les faux UFOs ct nutn:s constructtons aux to1ts
tion seraient garnis, le> stands é<lucatifs illuminés repart snns- a\'oir touch.: h!ne.
du crépuscule à r~urorc. L'opération LEURRE Quelques jours passeront en prudentes approches.
c-ommencerait ... Et, tôt ou .tar<!, ,ufl UFO se posera. ,
Quelques j<>ûrs pa>so• •iont probablement <nns Cc ne sera. \ltai!eniblahlement qulà ! un des All~r­
réaction des étrangers, mais il y a de solides rui$ons rlssnges suh'•1nr's' .que 1?-q o~rv,a~~"\ t;ouJ;ron~ d!s·
de p.;nsèr quë LEUR.RG serait ·uh suce<>. Si li:~ . linguer des sllf\ouellt!$ mobiles a 1!n.tone~~ du vats-
~trnntcrs avaient voulu nllnqucr ootré plnu~tc ou scau spatial avant son dtcollngc. Qu01quc UlSuffis.ll~te
l'eovnhir, ils aurai~nt pu le fBirc il y a bien long· pour juger' de l'aspect des étrangers, cette vmon
temps. ~~<.-croîtra la tension duns le réseau d'obscrvat;u_r~
Nous en trouvon; un.: indication po$itive dans leurs Pc~ue cenaincmctlt, cet ~ttet;~ge est u'\ préb-
essais, mentionnés en nombre de rapports, pour minaire commandé por un Imperatif <le séounté. On
répondre aux signaux. En !967 un tel essai étai! cxamin~ attentivement les imtallatîons de WUR~
obseJ·vl! à Newton, d~1ns lo Now Hampshire. Au BASE. La perspective d'une app~rition pr~hn~ne
cours de la nuit elu 26 juille!, un ancien rndnl'istc do ces êtTes ()'un tlutr.e 11\0nde invltC 'à ln rcOexton
des Forees aériennc5, Onry M. Storcy, son benu- ct peut-être gtaco d'effroi nos veilleurs.
fr~rc c t sa sœur. M. et Mme Francis fr11ppicr Comment seront raits ces etres?
npetcevnient à faibc hauteur un engin qui piWn De nombreux anolystes ont tenté de répondre à
plusieurs foi> au-des.us d'eux. Cinq feux brillaient cetlc question. Selon l'humaine logique, les étran;-
par ùuermittence, semblant former des séquence$ &Crs dc\'raient nous n:S»Cmbter. Dans la mesure ou
précises.
303
302
ils recherchent des contacts p.a~i1l~ues et des installations; faux UFOs et stands éduèiltifs.
1
accommodements avec des pommes d'autres pla- Enfin viendra pour nos veilleurs la seconde dra-
nètes, il doit leuc paraître très important de les

~
matique ôù le ptemler être ùe l'Espace émergera
trouver semi>IHbles, sinon identiques à eux. Toute du vaisseau. Homme? ... ou mon•tre... à nos yèm(/
différence susceptible d'effrayer rendrnit difficiles Si la logique humaine sc vérifie, les observateurs
sinon impossible$ des accommodements. Les visi- terriens éprouveront sans doute un grand soolage-
teurs spatiaux comprendraient sans doute très vite ment. 11 re-stera de petites différences. Le ,.;siteur
que ni eux ni les Te1.Tiens ne pourraient sc rencontrer pourra être plus grand ou plus petit que le Terrien
sans épwuver ùe part ct d'autre peur et répulsion. lls moyen. Ses bras poummt être plus .courts, ses
n.)auraicnt le choix qu'entre une invasion de vive jambes plus longues, sa poitrine plus resserrée, .ses
force, ou , l'abandon de leurs projets terrestres. Une yeux, sa bouche, ses oreilles plu~ ou moins dévelop"
surveillance aussi étendue et prolongée, sans aucune pé$ sans atteindre les limites d~ l'horrible. L'essen-
agression, semble indiquer q11'ils n'ont pas constaté tiel de la forme humaine ~era préservé. Nos vcillc,urs
de différences CS$entlc!Jcs entre les Terriens Cl eux- rassurGs a\JJ'ont devant eux w1e version arrangéç,
mêmes. mais acceptable de l'Homo Sapiens.
C'est une intlication, mat. non pas une pr&•ve. Vraisemblablement, les étrangers voudront d'abord
La logique humaine n'est pas infaillible' ct l'homme examiner les faux UFOs. Ils tourneront autoUJ' des
croit volontiers ce qu'il ùésirc. Les observateurs stands, regarderont à travtrs le nlUr de ...~erre, s~
terriens de LEURRE c.o nnaîtront donc un \Tai décideront enfin à entrer, peut-être à deux ou
:tt'tiSpense. trois pour commencer, les autres épiant à l'exté-
Les atterrissage$ sans débarquement pourront se rieur l'aniv6e de terriens ou Je rush des intercep-
renouveler quelque temps. Si cela dure trop !ong- teurs. ' ·
tC11Jps, f.oEU.RRE-CONTROLE .fera une tentative D.e LEURRE-CONT-ROLE, les opérateu~ déclèn-
pour convaincre les é,tia.ngcrs de l'absence de dan- cheroiJt le~ can'lùas de télévision. Les réactiohS ·
ger\ · . ·' des visiteurs seront dès lofs enregistrées devant lês
Su_r.une plat~-foânè, .à pwl(imit~ d'url faux UFO~ tablemix du dé\feloppeéllenl de ·notre pays, de l'éta-
on d1sposera un large écra11 horizontal et derrière" blissement à l'âge spatial, <! 1ravers le :Xlli' siècle,
.
un proJecteur '
co.mmandé à distance. A: LEURRE' ' ses Vieilles voitures et ses premiers avionS; Enre-
<?ONTROLE, un op~rateur déclenchera la projec• gistrée aussi 'l'impression 'produite par notre civili-
t•o_n d'un film montrant un disque volant serré de sation aux stands d'exposition culturelle.
pre~ par des avions d'interception. Tout à coup, Toujours à LEURRE-CONTROLE, des méde-
les mterceptcurs changeront de cap, laissant l'UFO cins, des psychologues, des anthropologues, 9bse.r •
se~J. Cette :séquence ayant , été répété-e plusieurs veront chaque mouvement, apprécieront la force,
fo,s; la dcm1ère montrera les feux des jets s'allumer les réllexes,>et autres caractéristiques particulières
et ~·éteindre au moment de leur départ comme des étrangers.
pour U\l signal de « bomte route •· ' Dans l'ordre de priorité des observations, vien-
Que l'expérience soit ou non décisive, il ~cmble dront aussitôt après, celles concernant les moyens
_que, ~~dus ù ce, point, les étrangers ne pour- de communication - Jang~ge aFticulé ou 11on -
ront res1.ster au dcs•r d'observer de plus près· les des étrangers entee eux. Au cas où ils ne conlDlU•

305
niqueraient pas par ..ons, les linguistes et spécialistes alors craindre de voir ~urgir de~ homm~~ en arrr:es,
de~ moyens visuels auraient à imaginer des moyens ou de se trouver Qloqués au .sol pur 1 m.tcrvcnhon
d'échang" iJduptés, symiX>les, dessins, gcstC\l. IJne so~duinc d'avions d'i11lercephOII. Une cvcntuahté
cboso est probable : les équipages dos UFOs euteu- à considérer serait qu'ils mettent fin très brusquc-
dcnt ce que nous disons et le comprennent. m~nt à eeue visite. Mais si LEURRE-CO~OLE
Lors de la grande alerte de 19S2 à Wu hin!:lon empêche toute uction agressive, la cuno~lte,_ un
Aéroport National, plusieurs UFOs fment repérés désir évident d'emrer en contact avec les 1ernens,
au radar nu-dessus du terrain. L'un d'entre eux fut ramèneront au terrain les visiteurs de l'Epuce.
bientôt aperçu par un pilote des Capital Air/ines, Au bout de Jeux ou trois visites, LEURRE-
le commandant Cascv Pierman. Le commandant, CONTROLE passera à une seconde phase de
qui sc trouvait en approche, sit:nala aussitôt la l'approche. A p.1rtir des images ~nrcgistrécs. par les
rencontre à la tour. Le contrôleur du trafic a~rien, caméra~ dissimulées, les spécialistes reconsutueront
lui demanda de différer la présentMion ct de se IJOC rencontre entre deux OU trois des atres de
dirige!' ve(s l'objet po~r l'examiner de plus près. l'Espace et 110 même nombre de terrien•. Le ter-
Au moment même, I'UFO llt un bond en altitude, rain de•·ra être nu et en dehors de LEURRE-BASE.
prenant une accélétatioo phénom$nnle, ct disparut. On verra les d