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Etat délirant aigu : conduite à tenir


Introduction Prise en charge
= Psychose délirante aigue ou bouffée délirante aigue (BDA) La phase aigue : urgence psychiatrique+++
Etat délirant riche et polymorphe, à début brutal, dont évolution Hospitalisation nécessaire dans la majorité des cas.
est rapidement résolutive, avec retour à l’état psychiq antérieur.  Isolement lorsque l’agitation est importante.
Survient surtout chez des sujets jeunes (18-35 ans).  Environnement institutionnel calme, ferme et rassurant.
Urgence psychiatrique  Protéger malade : enlever tous ce qi peut utiliser pr se tuer
 Surveillance stricte des ctes hémodynamique du malade.
Diagnostic positif
En général facile devant l’apparition brutale d’une délire Traitement symptomatique :
polymorphe chez un sujet jeune contrastant totalement avec Vise à réduire l’agitation, le délire et les troubles de l’humeur.
son vécu habituel récent et svt sans cause organique ou toxique Traitement médicamenteux
Critères diagnostics  Neuroleptique incisif (action sur délire et hallucination) :
 Début le plus souvent brutal. o Haldol* (Halopéridol) amp 5mg 1 à 4 x/jours IM
 Délire d’emblée +++ : o Zyprexa* poudre pour sol inj IM à 10mg (5 à 20mg/j)
o Thèmes polymorphe et variables dans le temps. o Zeldox*
o Mécanismes multiples : hallucinations, interprétations  Si agitation importante, associer un neuroleptique sédatif :
erronées, intuitions subites, débordements imaginaires. o Largactil*amp 25mg (25 à 50mg/inj max 150mg/j)
o Non structuré – Vécu affectif intense. o Nozinan* amp 25mg IM (25 à 200mg/j)
 Comportement désorganisé ou catatonique.  ± BZD en cas d’anxiété associée ou d’agitation.
 Incohérence du discours  Voie IM préférée en phase aigue pour son action + rapide
 Oscillations rapides de l’humeur (exaltation - dépression)  On passe à la VO dès que l’agitation, agressivité ↓ (3-4jrs).
 Anxiété omniprésente.  Associer au besoin : correcteurs extrapyramidaux (Artan*)
 Qualité de la conscience perturbée. et végétatifs (Effortil*, Heptamyl*)
Sismothérapie : exceptionnelle (résistance > 3 semaines)
Diagnostic étiologique
 Le plus souvent, sans relation patente avec un agent causal Psychothérapie
« Expérience délirante primaire »  Consiste d’abord à rassurer le délirant en lui offrant des
 Franchement réactionnelle à un traumatisme émotionnel références et des informations cohérentes.
 Secondaire à une agression cérébrale (inf, toxiq, trauma…)  Ensuite, lorsque l'effet des NL le permet, elle s'oriente vers
 Post-partum immédiat. l'examen des conflits passés et actuels.
L’enquête étio se fait sur anamnèse et examen approfondis.
Bilan organique clinique et paraclinique
Diagnostic différentiel  Eliminer pathologie organique sous jacente ou associée.
 Confusion mentale+++urgence médicale (cause organique)  Eliminer une prise de toxiques.
 Accès maniaque (manie délirante)  Corriger la déshydratation.
 épisodes évolutifs aigus lors d’une schizophrénie.  TDM si 1er épisode ou confusion importante.
 Ivresses pathologiques
 Conversion psychique délirante de l’hystérie. Traitement ultérieur :
 Maintenir le traitement 6 à 12 mois après la rémission +++
 Réduction progressive des doses jusqu’à la dose minimale
Evolution – Pronostic efficace en monothérapie (et en s’assurant de l’absence de
Evolution à court terme : récurrence et en traitant la survenue d’un sd dépressif IIaire)
 « Sans conséquences, sinon sans lendemain » (Magnan)  Prise en charge au long cours en ambulatoire.
 Résolution en qlq jours à qlq semaines (< 1mois)  Mesures de réinsertion sociale et professionnelle.
 Fin brusque ou progressive (ttt raccourcit durée évolution)
Evolution à long terme : Conclusion
 Episode unique qui guérit sans séquelles (25-45 %)  Urgence psychiatrique (symptomatologie bruyante, sujet
 Evolution intermittente (30-50%): il s’agit soit de récidives dangereux pour lui-même ou autrui)
d’accès du même type, soit survenue ultérieurs d’épisodes  Hospitalisation sans délai en milieu spécialisé.
+ nettement dysthymiques psychose maniaco-dépressive  Le traitement de l'accès délirant repose surtout sur les NL
 Evolution vers la chronicité (20-60%), soit d’un seul tenant  Pronostic à court terme le plus souvent favorable.
soit après répétition de plusieurs accès. Chez le sujet jeune,  Récidives fréquentes, parfois évolution vers schizophrénie
l'évolution se fait vers schizophrénie / le + âgé, vers délire ou PMD qui sont des indicateurs pronostiques.
chronique (psychose hallucinatoire, délire paranoïaque....)
Le pronostic est donc lié au risque d'évolution schizophrénique.

Eléments de bon pronostic Eléments mauvais pronostic


Absence de personnalité schizoïde ant. Personnalité schizoïde
Facteurs de stress précipitants Absence de facteurs précipitants
Début très brutal Début moins brutal
Pas d’ATCD familiaux schizophrénie ATCD familiaux de schizophrénie
Affectivités très engagé, confusion ou Affectivités ± émoussé
perplexité lors de l’épisode