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Electronique de puissance

__________
Chapitre 4 PHASEURS SPATIAUX

(0,UE,0) (UE,UE,0)
60
3 2 2

40 4
3
20
1
Î
(0,UE,UE) 5 (UE,0,0)
ω i1(t1)
0 2
4 i3(t1) is(t1) 1 α
π/6
-20 i2(t1)
6 1
-40 -π/6

5 3 6
-60
(0,0,UE) (UE,0,UE)

-60 -40 -20 0 20 40 60

CD:\ELP\Cours\Chap4 M. Correvon
T A B L E D E S M A T I E R E S

PAGE

4. PHASEURS SPATIAUX ..............................................................................................................................................1


4.1 INTRODUCTION........................................................................................................................................................1
4.2 DÉFINITION DES PHASEURS SPATIAUX ....................................................................................................................3
4.2.1 Définition...........................................................................................................................................................3
4.2.2 Composantes des phaseurs spatiaux................................................................................................................5
4.2.3 Composante homopolaire.................................................................................................................................7
4.2.4 Reconstitution des grandeurs triphasées..........................................................................................................7
4.2.5 Définition de la puissance apparente...............................................................................................................9
4.2.6 Transformation de coordonnées.....................................................................................................................12
4.3 TRANSFORMATION DIRECTE .................................................................................................................................14
4.4 EXEMPLE DE PHASEURS SPATIAUX EN RÉGIME STATIONNAIRE ............................................................................15
4.4.1 Régime stationnaire sinusoïdal.......................................................................................................................17
4.4.2 Régime stationnaire rectangulaire .................................................................................................................19
4.4.3 Régime stationnaire triangulaire....................................................................................................................21
4.4.4 Transformation inverse...................................................................................................................................23
4.5 PHASEURS SPATIAUX APPLIQUÉS AUX CIRCUITS TRIPHASÉS ................................................................................24
4.5.1 Circuit équivalent pour les phaseurs spatiaux...............................................................................................25
4.5.2 Circuit équivalent pour les composantes homopolaires................................................................................27
4.5.3 Transformation de coordonnées.....................................................................................................................28
4.6 PHASEURS SPATIAUX EN RÉGIME TRANSITOIRE....................................................................................................30
4.6.1 Généralités ......................................................................................................................................................30
4.6.2 Structure de la charge.....................................................................................................................................30
4.6.3 Solution analytique de l'équation différentielle..............................................................................................32
4.6.4 Transformation de coordonnées.....................................................................................................................35
4.6.5 Trajectoire et allure temporelle dans le système de coordonnées fixe..........................................................35
4.6.6 Reconstitution des courants de phase ............................................................................................................36

Bibliographie
PHASEURS SPATIAUX Page 1

4. PHASEURS SPATIAUX

4.1 INTRODUCTION
Les systèmes électroniques de puissance sont presque toujours liés à des circuits triphasés, soit
au niveau réseau d'alimentation, soit au niveau de la charge (moteur synchrone ou asynchrone
par exemple). Pour la description des phénomènes stationnaires (qui sont le plus souvent non-
sinusoïdaux) et transitoires, on fait appel à des phaseurs spatiaux. Ces derniers sont donc
amplement utilisés pour la modélisation des convertisseurs statiques. Ces mêmes phaseurs
spatiaux se prêtent particulièrement bien au traitement de circuits de réglage triphasés.
Ce sont aussi des grandeurs complexes, mais qui représentent de manière plus générale des
phénomènes stationnaires et transitoires dans les circuits triphasés. Les phaseurs spatiaux
peuvent être soumis à une transformation de coordonnées, ce qui conduit souvent à un
traitement simplifié.
Réseau triphasé

(1)

(2)
(12)
uh

(9) (10) (11) (3)


k k s d1
icα uαcm uαcm ucm1 di d2
α ,β
k k
αs,βs ucm2 d3
Régulateur 6x d4 Onduleur
βk βk βs d5
ic ucm αs ,
βs ucm 3 ucm3
d6

k k
imβ imα (13)

s Mesure de courant
imα im1
αk,βk αs,βs im2 (4)
s

αs,βs imβ 3 im3

(8) (7) (6) (5)

Capteur de position
Moteur synchrone

Figure 4-1 : Exemple d'asservissement de couple d'un moteur synchrone à aimants permanents

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La Figure 4-1 illustre un cas classique de l'utilisation des phaseurs spatiaux pour
l'asservissement du couple (courant) d'un moteur synchrone à aimants permanents. On peut
séparer les divers blocs en trois parties distinctes :
1. Électronique de puissance : blocs (1), (2) et (3).
1.1 Bloc (1)
Ce bloc représente le dispositif électronique permettant de transformer le réseau
alternatif triphasé en une tension continue avec possibilité de travailler dans les
quatre quadrants.
1.2 Bloc (2)
Après redressement la tension continue ainsi obtenue est filtrée afin d'éviter la
génération d'harmoniques de rang élevé sur le réseau alternatif.
1.3 Bloc (3)
Ce bloc n'est rien d'autre que la partie onduleur (à trois branches) permettant la
transformation de la source de tension continue en une source de tension triphasée
alternative dont il est possible de contrôler la tension de sortie ainsi que sa
fréquence.
2. Charge et système de mesure : bloc (4), (5) et (6).
2.1 Bloc (4)
Dans le cas de l'asservissement du couple (courant) d'un moteur synchrone, il est
nécessaire de mesurer le courant dans chaque phase. En général, pour des systèmes
symétriques, le courant dans la troisième phase peut être déduit du courant dans les
deux autres phases.
2.2 Bloc (5)
Ce bloc représente la charge sous la forme, c'est un exemple, d'un moteur
synchrone à aimants permanents.
2.3 Bloc (6)
A un moteur du type défini par le bloc (5), il est nécessaire d'y adjoindre un capteur
de position permettant de connaître en tout temps la position relative rotor – stator.
3. Électronique de commande : blocs (12) et (13).
3.1 Bloc (12)
Que la commande soit analogique ou numérique, le principe reste le même.
Comme pour tout modulateur PWM, il est nécessaire de comparer un signal de
commande à un signal de référence sous la forme d'un triangle ou d'une dent de
scie. Le résultat de cette comparaison est un signal rectangulaire de fréquence fixe
mais de rapport cyclique variable.
3.2 Bloc (13)
Ce bloc correspond à la comparaison du signal de référence du bloc (12) avec
chaque tension de commande provenant du calculateur de processus, ou de
l'électronique analogique d'asservissement. La sortie fournit les six commandes
d'ouverture / fermeture des contacteurs de puissance, ceci en tenant compte du
temps d'antichevauchement propre au choix de la technologie des composants de
puissance sélectionnés.

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4. L'asservissement (7), (8), (9), (10) et (11).


4.1 Bloc (7)
Correspond à la transformation de coordonnées permettant de passer du système
triphasé à un phaseur spatial complexe dont le référentiel est fixe (par exemple
stator du moteur synchrone).
4.2 Bloc (8)
Correspond à la transformation de coordonnées permettant de passer du phaseur
spatial complexe dont le référentiel est fixe à un référentiel tournant à la pulsation
électrique du moteur (dépend de la vitesse de rotation du moteur et du nombre de
paires) de pôles.
4.3 Bloc (9)
Le régulateur est un organe analogue ou numérique permettant d'exécuter
l'algorithme de réglage propre à l'application. Il s'agit donc soit d'un calculateur,
soit d'une carte analogique. Vu la complexité du système et les progrès
technologiques en matière de vitesse d'exécution, en général les algorithmes de
calcul des blocs (7) à (13) sont implantés dans un calculateur numérique.
4.4 Bloc (10)
Après traitement par le régulateur, les sorties de ce dernier, correspondant à un
référentiel tournant selon la définition du point 4.2, sont converties afin d'être
compatibles au phaseur spatial lié à un référentiel fixe.
4.5 Bloc (11)
{ }
Des composantes du vecteur spatial uαs , u βs , il est nécessaire de déduire les
tensions de phase {u1 , u 2 , u3 } puis de branche {u10 , u 20 , u30 } (moyenne glissante
sur une période de pulsation) et enfin d'en déduire les grandeurs de commande
{ucm1 , ucm 2 , ucm3 } qui définissent les temps d'enclenchement et de déclenchement
des contacteurs statiques de chaque de branche de l'onduleur.

s
ucm1=f1(u1(t),u2(t),u3(t))
ucm2=f2(u1(t),u2(t),u3(t))
ucm3=f3(u1(t),u2(t),u3(t))

uα(t) u1(t) ucm1(t)


αs,βs u2(t) ucm2(t)
s
uβ(t) 3 u3(t) ucm3(t)

(11)
Figure 4-2 : Transformation du phaseur spatial (référence fixe) aux tensions de branches

4.2 DÉFINITION DES PHASEURS SPATIAUX

4.2.1 Définition
Pour les systèmes triphasés symétriques, les variables d'états ({u1, u2, u3}, {i1, i2, i3}, …) ne
sont pas linéairement indépendantes. IL est donc possible de transformer ce système en un
système biphasé de représentation équivalente. Sous forme matricielle, cette transformation
s'exprime sous la forme suivante

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⎡u1 (t ) ⎤
⎡uαs (t ) ⎤ 2 ⎡ 1 cos(2π 3) cos(4π 3)⎤ ⎢
u (t ) = ⎢ s ⎥ = ⋅ ⎢
s
⎥ ⋅ ⎢u 2 (t )⎥⎥ 4.1
⎢⎣u β (t )⎥⎦ 3 ⎣ 0 sin (2π 3) sin (4π 3)⎦
⎢⎣u 3 (t ) ⎥⎦

Le phaseur spatial de tension est également représenté de manière complexe sous la forme

s
u (t ) = uαs (t ) + j ⋅ u βs (t ) 4.2

ou encore

s 2 2
u (t ) = ⋅ (u1 (t ) + a ⋅ u 2 (t ) + a ⋅ u3 (t )) 4.3
3

avec
2 ⋅π
2π ⎞ + j sin⎛ 2π ⎞ = − 1 + j ⋅ 3
= cos⎛⎜
j⋅
a=e 3
⎟ ⎜ 3 ⎟
⎝ 3 ⎠ ⎝ ⎠ 2 2
4 ⋅π
4.4
4π ⎞ 4π ⎞
= a = cos⎛⎜ + j sin⎛⎜
2 j⋅
* 1 3
a =e 3
⎟ ⎟ = − − j⋅
⎝ 3 ⎠ ⎝ 3 ⎠ 2 2

2 βs

a1
a0
1
αs

a2

Figure 4-3 : Représentation vectorielle de a0, a1 et a2

Les Figure 4-4 et Figure 4-5 montrent la construction du phaseur spatial d'un système triphasé
en régime stationnaire sinusoïdal. Les valeurs instantanées aux temps t0 et t1 sont reportées sur
s
trois axes déphasés d'un angle de 2π/3. Par addition géométrique, on trace 3u /2 et le phaseur
s
spatial u .
L'indice supérieur s indique que ces grandeurs sont exprimées dans le système de coordonnées
fixe (par rapport au stator d'une machine triphasée par exemple). Cette distinction est
importante puisque les phaseurs spatiaux peuvent être soumis à une transformation de
coordonnées.

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u1 u2 u3

t0 t1
Figure 4-4 : Représentation temporelle d’un système triphasé symétrique

βs 2 βs
2 3 us(t )
1
2

us(t1)

au2(t1) a2u3(t1)
u1(t0) ωt1
1 1
a2u3(t0) us(t0) αs u1(t1) αs

ωt0
3 us(t )
0
au2(t0) 2

3 3

Représentation correspondant au temps t0 Représentation correspondant au temps t1


Figure 4-5 : Représentation vectorielle du phaseur de tension pour un système triphasé symétrique

4.2.2 Composantes des phaseurs spatiaux


s
Un phaseur spatial u peut-être exprimé soit en coordonnées polaires

u (t ) = u ⋅ e jρ s ( t )
s
4.5

soit en coordonnées cartésiennes

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s
u (t ) = uαs (t ) + j ⋅ u βs (t ) 4.6

Dans le premier cas, l'angle ρs est en général variable en fonction du temps. Par contre, le
module u reste constant pour un phénomène stationnaire sinusoïdal. Sa valeur correspond à la
valeur de crête des tensions de phases (tensions simples). Lors de phénomènes non
sinusoïdaux ou transitoires, le module u varie en fonction du temps.
s s
Dans le deuxième cas, les composantes uα (t) et uβ (t) correspondent respectivement à la
s
valeur réelle et imaginaire du phaseur spatial u (t).
s s
Les composantes uα (t) et uβ (t) peuvent être exprimées directement à l'aide des trois tensions
de phases u1(t), u2(t), u3(t). De la relation 4.3, on obtient après décomposition en valeur réelle
et imaginaire
1
uαs (t ) = ⋅ ( 2 ⋅ u1 (t ) − u2 (t ) − u3 (t )) 4.7
3
1
u βs (t ) = ⋅ (u2 (t ) − u3 (t )) 4.8
3

Dans les circuits triphasés symétriques, il existe la condition

u1 (t ) + u 2 (t ) + u3 (t ) = 0 4.9

s
même en régime transitoire. L'expression pour uα (t) se simplifie et on a

uαs (t ) = u1 (t ) . 4.10

s s
La composante uα (t) est égale à la tension de phase u1(t) et la composante uβ (t) correspond,
au facteur 1 / 3 près à la valeur instantanée de la tension composée entre les phases 2 et 3.
On peut monter que le second terme de la relation 4.8 à pour module une valeur identique à
u1(t) mais à une phase décalée de -90° par rapport à l'axe supportant u1.
En régime stationnaire sinusoïdal, ces composantes varient sinusoïdalement en fonction du
temps avec une amplitude égale à celle des tensions de phases.
s s
En effet les composantes uα (t) et uβ (t) peuvent être exprimées directement à l'aide des trois
tensions de phases u1(t), u2(t), u3(t). A l'aide de la relation 4.3, et après décomposition en
valeurs réelle et imaginaire, on obtient

s 1
u (t ) = u1 (t ) + ⋅ j ⋅ (u 2 (t ) − u3 (t )) 4.11
3

or pour un système symétrique et sinusoïdal, on a

u1 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t )
π
u 2 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 2 ⋅ )
3 4.12
π
u3 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 4 ⋅ )
3

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et par conséquent
1 π π
u (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t ) + ⋅ j ⋅ (Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 2 ⋅ ) − Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 4 ⋅ ))
s
4.13
3 3 3

Dans la partie imaginaire on a la relation trigonométrique suivante


π π π
cos(ω ⋅ t − 2 ⋅ ) − cos(ω ⋅ t − 4 ⋅ ) = 2 ⋅ sin(ω ⋅ t ) ⋅ sin( 2 ⋅ ) = 3 ⋅ sin(ω ⋅ t ) 4.14
3 3 3

par conséquent, la relation 4.13 devient

u (t ) = Û ⋅ (cos(ω ⋅ t ) + j ⋅ sin(ω ⋅ t ) )
s
4.15

ou en coordonnées polaires

u (t ) = Û ⋅ e j⋅ω ⋅t
s
4.16

s
Comme le montre la Figure 4-6, il suffit de projeter le phaseur spatial u sur les trois axes 1, 2,
3
pour obtenir les tensions de phases u1(t), u2(t), u3(t)

4.2.3 Composante homopolaire


Lorsque le point neutre n'est pas flottant dans un circuit triphasé ou pour des tensions non
sinusoïdales, il est possible que la relation 4.9 ne soit pas vérifiée. Dans un tel cas, il existe une
composante homopolaire définie par
1
u0 (t ) = ⋅ (u1 (t ) + u2 (t ) + u3 (t )) 4.17
3
s
La composante uα devient, à l'aide des relations 4.7 et 4.17

uαs (t ) = u1 (t ) − u0 (t ) 4.18

4.2.4 Reconstitution des grandeurs triphasées


s
A partir du phaseur spatial u , il est possible de reconstituer les valeurs instantanées des
grandeurs triphasées. Cette transformation inverse, sous forme matricielle prend la forme
suivante

⎡u1 (t ) ⎤ ⎡ 1 0 ⎤ ⎡u 0 (t )⎤
⎢u (t )⎥ = ⎢cos(2π 3) sin (2π 3)⎥ ⋅ ⎡uα (t ) ⎤ + ⎢u (t )⎥
s

⎢ 2 ⎥ ⎢ ⎥ ⎢u s (t )⎥ ⎢ 0 ⎥ 4.19
⎢⎣u 3 (t ) ⎥⎦ ⎢⎣cos(4π 3) sin (4π 3)⎥⎦ ⎣⎢ β ⎦⎥ ⎢⎣u 0 (t )⎥⎦

Lorsqu'il y a une composante homopolaire, cette dernière doit être ajoutée à chaque tension de
phase reconstituée. Cette opération conduit aux relations analytiques 4.20.

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s
u1 (t ) = ℜe{u (t )} + u 0 (t )
−1 s
u 2 (t ) = ℜe{a u (t )} + u 0 (t ) 4.20
−2 s
u3 (t ) = ℜe{a u (t )} + u 0 (t )

En effet, sachant que

−1 ⎛ 2π ⎞ ⎛ 2π ⎞ 1 3
a = e − j 2π / 3 = cos⎜ ⎟ − j sin ⎜ ⎟ = − − j
⎝ 3 ⎠ ⎝ 3 ⎠ 2 2
4.21
−2 − j 4π / 3 ⎛ 4π ⎞ ⎛ 4π ⎞ 1 3
a =e = cos⎜ ⎟ − j sin ⎜ ⎟ = − + j
⎝ 3 ⎠ ⎝ 3 ⎠ 2 2

on peut écrire pour la première ligne de 4.20

s 2 2
ℜe{u (t )} = ℜe{ ⋅ (u1 (t ) + a ⋅ u 2 (t ) + a ⋅ u3 (t ))}
3
1
= ℜe{ ⋅ (2 ⋅ u1 (t ) − u 2 (t ) − u3 (t )) + j ⋅ 3 ⋅ (u 2 (t ) − u3 (t ))} 4.22
3
1
= ⋅ (2 ⋅ u1 (t ) − u 2 (t ) − u3 (t )) = u1 (t ) − u 0 (t )
3
puis pour la deuxième ligne de 4.20

−1 s 2 2
ℜe{a u (t )} = ℜe{ ⋅ (a ⋅ u1 (t ) + u 2 (t ) + a ⋅ u3 (t ))}
3
1
= ℜe{ ⋅ (−u1 (t ) + 2 ⋅ u 2 (t ) − u3 (t )) + j ⋅ 3 ⋅ (u3 (t ) − u1 (t ))} 4.23
3
1
= ⋅ (−u1 (t ) + 2 ⋅ u 2 (t ) − u3 (t )) = u 2 (t ) − u 0 (t )
3
et enfin pour la troisième ligne de 4.20

−2 s 2 −2 −1
ℜe{a u (t )} = ℜe{ ⋅ (a ⋅ u1 (t ) + a ⋅ u 2 (t ) + u3 (t ))}
3
2 2
= ℜe{ ⋅ (a ⋅ u1 (t ) + a ⋅ u 2 (t ) + u 3 (t ))}
3
4.24
1
= ℜe{ ⋅ (−u1 (t ) − u 2 (t ) + 2 ⋅ u3 (t )) + j ⋅ 3 ⋅ (u1 (t ) − u 2 (t ))}
3
1
= ⋅ (−u1 (t ) − u 2 (t ) − 2 ⋅ u 3 (t )) = u3 (t ) − u 0 (t )
3
s s s
Si le phaseur spatial u est exprimée par les composantes uα et uβ , on trouve

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u1 (t ) = uαs (t ) + u 0 (t )
1 3 s
u 2 (t ) = cos(2π 3) ⋅ uαs (t ) + sin (2π 3) ⋅ u βs (t ) + u 0 (t ) = − ⋅ uαs (t ) + u β (t ) + u 0 (t )
2 2 4.25
1 3 s
u3 (t ) = cos(4π 3) ⋅ uαs (t ) + sin (4π 3) ⋅ u βs (t ) + u0 (t ) = − ⋅ uαs (t ) − u β (t ) + u0 (t )
2 2

βs
Phase 2

/3 - ωt

/3- ωt

u 2(
t) =
Ûc
/3)

o s(
t-4 π

/3)

ω t-2
t-4 π
o s( ω

π /3)
o s( ω
ωt))
Ûc

ω t+j sin(

Ûc
t) =

( co s ωt
us =Û

t) =
u3 (

u3 (
u 2(t

Phase 1
)=Û

u1(t)=Ûcos(wt)
αs
cos
( ω t-2
π /3)

Phase 3

Figure 4-6 : Reconstitution des tensions de phases

4.2.5 Définition de la puissance apparente


A l'aide des phaseurs spatiaux pour tensions et courants, on peut définir la valeur instantanée
de la puissance apparente comme grandeur complexe selon la relation
3 *s s
s = p + j ⋅ q = u ⋅ i + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0 4.26
2
us* est la valeur complexe conjuguée du phaseur spatial de la tension. Cette relation est valable
lorsque les courants et les tensions possèdent des composantes homopolaires. Seule la
puissance active est modifiée par le terme p0 = 3⋅u0⋅i0 dû à la composante homopolaire. Par
contre, la composante homopolaire ne donne aucune contribution à la puissance réactive. La
partie réelle de la relation 4.26 est la valeur instantanée de la puissance active,

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3 *s s
p = ℜ{u ⋅ i } + 3 ⋅ u0 ⋅ i0 4.27
2
tandis que la partie imaginaire correspond à la valeur instantanée de la puissance réactive.
3 *s s
q = ℑ{u ⋅ i } 4.28
2
Pour démonstration, on remplace dans 4.26 les phaseurs spatiaux par leur définition donnée
par la relation générale 4.5.

3 ⎡2 * *2 2 2 ⎤
s= ⋅ ⎢ ⋅ (u1 + a ⋅ u 2 + a ⋅ u3 ) ⋅ ⋅ (i1 + a ⋅ i2 + a ⋅ i3 )⎥ + 3 ⋅ u0 ⋅ i0
2 ⎣3 3 ⎦
2
[ 2
]
= ⋅ u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u3 ⋅ i3 + a ⋅ (u1 ⋅ i2 + u 2 ⋅ i3 + u3 ⋅ i1 ) + a ⋅ (u1 ⋅ i3 + u 2 ⋅ i1 + u3 ⋅ i2 ) + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0
3
2⎧ 1
= ⎨u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u3 ⋅ i3 − ⋅ [u1 ⋅ (i2 + i3 ) + u 2 ⋅ (i1 + i3 ) + u3 ⋅ (i1 + i2 )]
3⎩ 2
3 ⎫
+ j⋅ ⋅ [u1 ⋅ (i2 − i3 ) + u 2 ⋅ (i3 − i1 ) + u3 ⋅ (i1 − i2 )]⎬ + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0
2 ⎭

2⎧ 1
s = ⎨u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u 3 ⋅ i3 − ⋅ [u1 ⋅ ( −i1 + 3 ⋅ i0 ) + u 2 ⋅ (−i2 + 3 ⋅ i0 ) + u3 ⋅ (−i3 + 3 ⋅ i0 )]
3⎩ 2
3 ⎫
j⋅ ⋅ [u1 ⋅ (i2 − i3 ) + u 2 ⋅ (i3 − i1 ) + u3 ⋅ (i1 − i2 )]⎬ + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0
2 ⎭
2 ⎧3 3
= ⎨ ⋅ (u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u3 ⋅ i3 ) − ⋅ (u1 + u 2 + u3 ) ⋅ i0 4.29
3 ⎩2 2
3 ⎫
+ j⋅ ⋅ [i1 ⋅ (u3 − u 2 ) + i2 ⋅ (u1 − u3 ) + i3 ⋅ (u 2 − u1 )]⎬ + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0
2 ⎭
1
= u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u 3 ⋅ i3 + j ⋅ ⋅ [(u3 − u 2 ) ⋅ i1 + (u1 − u3 ) ⋅ i2 + (u 2 − u1 ) ⋅ i3 ]
3

Dans ces transformations, on a tenu compte que

* −1 2 1 3
a =a =a = − − j⋅
2 2
4.30
*2 −2 1 3
a =a =a = − + j⋅
2 2
En résumé, on peut écrire
1
s = u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u 3 ⋅ i3 + j ⋅ ⋅ [(u3 − u 2 ) ⋅ i1 + (u1 − u3 ) ⋅ i2 + (u 2 − u1 ) ⋅ i3 ] 4.31
3

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où la partie réelle est la somme des valeurs instantanées du produit tension de phase par
courant de phase, ce qui donne la puissance active instantanée. En régime sinusoïdal
permanent, cette puissance active est constante.
Démonstration
u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i2 + u3 ⋅ i3
⎛ 2π 2π 4π 4π ⎞
= ÛÎ ⋅ ⎜ cos(ωt ) ⋅ cos(ωt + ϕ ) + cos(ωt − ) ⋅ cos(ωt − + ϕ ) + cos(ωt − ) ⋅ cos(ωt − + ϕ)⎟
⎝ 3 3 3 3 ⎠

sachant que cos(α + β ) = cos(α ) cos( β ) − sin(α ) sin( β ) , on obtient

cos(ωt ) ⋅ cos(ωt + ϕ ) = cos 2 (ωt ) ⋅ cos(ϕ ) − cos(ωt ) ⋅ sin(ωt ) ⋅ sin(ϕ )


2π 2π 2π 2π 2π
cos(ωt − ) ⋅ cos(ωt − + ϕ ) = cos 2 (ωt − ) ⋅ cos(ϕ ) − cos(ωt − ) ⋅ sin(ωt − ) ⋅ sin(ϕ )
3 3 3 3 3
4π 4π 4π 4π 4π
cos(ωt − ) ⋅ cos(ωt − + ϕ ) = cos 2 (ωt − ) ⋅ cos(ϕ ) − cos(ωt − ) ⋅ sin(ωt − ) ⋅ sin(ϕ )
3 3 1444234443 14444 3 442444 3 444 3
1) 2)

et finalement

⎧ 2 1 ⎫
⎪cos (ωt ) ⋅ cos(ϕ ) = (1 − cos(2ωt )) ⋅ cos(ϕ )
2 ⎪
⎪ ⎪
⎪ 2 2π 1 4π ⎪ 3
1) ⎨cos (ωt − ) ⋅ cos(ϕ ) = (1 − cos(2ωt − )) ⋅ cos(ϕ )⎬ + = ⋅ cos(ϕ )
⎪ 3 2 3 ⎪ 2
⎪ 2 4π 1 2π ⎪
⎪cos (ωt − 3 ) ⋅ cos(ϕ ) = 2 (1 − cos(2ωt − 3 )) ⋅ cos(ϕ )⎪
⎩ ⎭

⎧ 1 ⎫
⎪cos(ωt ) ⋅ sin(ωt ) ⋅ sin(ϕ ) = sin( 2ωt )) ⋅ sin(ϕ )
2 ⎪
⎪ ⎪
⎪ 2π 2π 1 4π ⎪
2) ⎨cos(ωt − ) ⋅ sin(ωt − ) ⋅ sin(ϕ ) = sin( 2ωt − ) ⋅ sin(ϕ )⎬ + = 0
⎪ 3 3 2 3 ⎪
⎪ 4 π 4π 1 2π ⎪
⎪cos(ωt − 3 ) ⋅ sin(ωt − 3 ) ⋅ sin(ϕ ) = 2 sin( 2ωt − 3 ) ⋅ sin(ϕ )⎪
⎩ ⎭

3
p = u1 ⋅ i1 + u 2 ⋅ i 2 + u 3 ⋅ i3 = ÛÎ cos(ϕ ) 4.32
2

où ϕ est le déphasage entre la tension et le courant pour chaque phase.


Par contre, la partie imaginaire est la somme des valeurs instantanées du produit tension
composée par courant de phase, ce qui donne la valeur instantanée de la puissance réactive,
compte tenu du facteur 1 / 3 et du déphasage de ϕ − π / 2 entre le courant et la tension d'un
même produit.

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PHASEURS SPATIAUX Page 12

Démonstration
1
⋅ [(u3 − u 2 ) ⋅ i1 + (u1 − u3 ) ⋅ i2 + (u 2 − u1 ) ⋅ i3 ]
3

α −β α+β
sachant que cos(α ) − cos( β ) = −2 sin( ) ⋅ sin( )
2 2

⎛ 4π 2π ⎞ π
(u3 − u 2 ) = Û ⋅ ⎜ cos(ωt − ) − cos(ωt − ) ⎟ = −2Û ⋅ sin(− ) ⋅ sin(ωt − π )
⎝ 3 3 ⎠ 3
π
= − 3 ⋅ Û ⋅ sin(ωt ) = 3 ⋅Û ⋅ cos(ωt + )
14442444 2
3
=u1 en avance de π / 2

⎛ 4π ⎞ 2π 2π
(u1 − u3 ) = Û ⋅ ⎜ cos(ωt ) − cos(ωt − ) ⎟ = −2Û ⋅ sin( ) ⋅ sin(ωt − )
⎝ 3 ⎠ 3 3
2π π
= 3 ⋅Û ⋅ cos(ωt − + )
14444244344 32
u 2 en avance de π / 2

⎛ 2π ⎞ π π
(u 2 − u1 ) = Û ⋅ ⎜ cos(ωt − ) − cos(ωt ) ⎟ = −2Û ⋅ sin(− ) ⋅ sin(ωt − )
⎝ 3 ⎠ 3 3
4π π
= 3 ⋅ Û ⋅ cos(ωt − + )
14444244344 2
3
u3 en avance de π / 2

en se référent à la démonstration précédente ou l'on remplace ϕ par ϕ − π / 2 , on obtient

1 3 π 3
q= ⋅ [(u 3 − u 2 ) ⋅ i1 + (u1 − u3 ) ⋅ i2 + (u 2 − u1 ) ⋅ i3 ] = ÛÎ cos(ϕ − ) = ÛÎ sin(ϕ ) 4.33
3 2 2 2

On peut exprimer les phaseurs spatiaux dans 4.26 par leurs composantes α et β, ainsi on
obtient

3 s* s 3
s = p + jq = ⋅ u ⋅ i + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0 = (uαs − j ⋅ u βs ) ⋅ (iαs + j ⋅ iβs ) + 3 ⋅ u0 ⋅ i0
2 2
4.34
3 s s 3
= (uα ⋅ iα + u βs ⋅ iβs ) + 3 ⋅ u 0 ⋅ i0 + j ⋅ (uαs ⋅ iβs − u βs iαs )
2 2

En reprenant la relation 4.16, on peut écrire pour un système sinusoïdal u = Uˆ ⋅ e jωt et


s

i = Iˆ ⋅ e jωt +ϕ . La puissance apparente résultante deviendra


s

3 s* s 3 ˆ ˆ jϕ 3 ˆ ˆ 3
s= ⋅ u ⋅ i = ⋅U ⋅ I ⋅ e = ⋅U ⋅ I ⋅ cos(ϕ ) + j ⋅ ⋅Uˆ ⋅ Iˆ ⋅ sin(ϕ ) 4.35
2 2 2 2

4.2.6 Transformation de coordonnées


Il est souvent judicieux de soumettre les phaseurs spatiaux à une transformée de coordonnées.
Le choix du système de coordonnées dépend de l’application, le but général étant une
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PHASEURS SPATIAUX Page 13

simplification des équations. En général cette transformation est utilisée dans le cas des
entraînements réglés lors de la modélisation des machines à champ tournant. La Figure 4-7
s s k k
présente deux systèmes de coordonnées, soit {α , β } et {α , β }. Étant donné le décalage
positif (θk>0) du système de coordonnée k par rapport au système de coordonnées s, on a

u (t) = u(t) ⋅ e jρ s
s
4.36

u (t) = u(t) ⋅ e jρk


k
4.37

ρ s = ρ k + ϑs −k 4.38

Et donc, sous forme complexe

u (t) = u(t) ⋅ e j ( ρs −ϑs −k ) = u(t) ⋅ e jρs ⋅ e − jϑs − k


k

4.39
= u (t) ⋅ e − jϑs − k
s

βk βs

αk

u
usβ
k
u
ρk α
k

ρs θs-k

usα αs

Figure 4-7 : Transformation de coordonnées

Pour des systèmes de coordonnées cartésiennes

u (t) = (uαs (t) + j ⋅ u βs (t)) ⋅ (cos(−ϑs −k ) + j ⋅ sin(−ϑs −k ))


k

= (uαs (t) ⋅ cos(ϑs − k ) + u βs (t) ⋅ sin(ϑs −k )) + j ⋅ (u βs (t) ⋅ cos(ϑs −k ) − uαs (t) ⋅ sin(ϑs −k )) 4.40
= uαk (t) + j ⋅ u βk (t)

ou sous forme matricielle

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k
⎡uαk (t)⎤ ⎡ cos(ϑs −k ) sin(ϑs −k ) ⎤ ⎡uα (t)⎤
s

u (t) = ⎢ k ⎥ = ⎢ ⋅⎢ ⎥
cos(ϑs −k ) ⎥⎦ ⎢⎣u βs (t)⎥⎦
4.41
⎢⎣u β (t)⎥⎦ ⎣− sin(ϑs −k )

Pour le traitement des circuits triphasés, il est judicieux de choisir un système de coordonnées
qui tourne à la vitesse angulaire ω=2πf selon la fréquence imposée aux tensions du circuit
triphasé. Si cette fréquence est constante, on a

ϑs −k (t ) = ω ⋅ t + ϑs −k (0) 4.42

Où θs-k(0) est la position initiale de l’axe αk à t=0. La relation 4.39 devient

u (t) = u (t) ⋅ e − j (ωt +ϑs − k ( 0 ))


k s
4.43

Évidemment, il est possible de passer du système de coordonnées k au système de


coordonnées s par une transformation de coordonnées inverses

u (t) = u (t) ⋅ e jϑs − k


s k
4.44

Et pour les coordonnées cartésiennes

u = (uαk (t) + j ⋅ u βk (t)) ⋅ (cos(ϑs −k ) + j ⋅ sin(ϑs −k ))


s

= (uαk (t) ⋅ cos(ϑs − k ) − u βk (t) ⋅ sin(ϑs −k )) + j ⋅ (u βk (t) ⋅ cos(ϑs −k ) + uαk (t) ⋅ sin(ϑs −k )) 4.45
= uαs (t) + j ⋅ u βs (t)

ou sous forme matricielle

⎡uαs (t)⎤ ⎡ cos(ϑs −k ) − sin(ϑs −k )⎤ ⎡uα (t)⎤


k

u (t) = ⎢ s ⎥ = ⎢
s
⋅⎢ ⎥
cos(ϑs −k ) ⎥⎦ ⎣⎢u βk (t)⎦⎥
4.46
⎣⎢u β (t)⎦⎥ ⎣ sin(ϑs −k )

4.3 TRANSFORMATION DIRECTE


Il est possible de passer directement du système triphasé au vecteur spatial dans le référentiel
tournant et inversement.

⎡u1 (t ) ⎤
⎡uαk (t ) ⎤ 2 ⎡ cos(ϑs − k ) cos(ϑs −k − 2π 3) cos(ϑs −k − 4π 3) ⎤ ⎢
u (t ) = ⎢ k ⎥ = ⋅ ⎢
k
⎥ ⋅ ⎢u 2 (t )⎥⎥ 4.47
⎢⎣u β (t )⎥⎦ 3 ⎣ − sin(ϑs − k ) − sin (ϑs −k − 2π 3) − sin (ϑs −k − 4π 3)⎦
⎢⎣u3 (t ) ⎥⎦

⎡u1 (t ) ⎤ ⎡ cos(ϑs −k ) − sin(ϑs −k ) ⎤


⎢u (t )⎥ = ⎢cos(ϑ − 2π 3) − sin (ϑ − 2π 3)⎥ ⋅ ⎡uα (t ) ⎤
k

⎢ 2 ⎥ ⎢ s −k s−k ⎥ ⎢u k (t )⎥ 4.48
⎢⎣u 3 (t ) ⎥⎦ ⎢⎣cos(ϑs −k − 4π 3) − sin (ϑs −k − 4π 3)⎥⎦ ⎢⎣ β ⎥⎦

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PHASEURS SPATIAUX Page 15

4.4 EXEMPLE DE PHASEURS SPATIAUX EN RÉGIME STATIONNAIRE


A titre d’exemple, on traitera dans ce paragraphe quelques cas de régime stationnaire. Dans
chaque cas, on montrera d’une part l’allure temporelle des composantes α et β et d’autre part
l’allure du phaseur spatial dans le plan complexe et cela dans les systèmes de coordonnées fixe
et tournant à la vitesse de rotation angulaire ω. Cette analyse est réalisée à l’aide de simulink,
la Figure 4-8 illustre le schéma bloc à réaliser

Phaseur
référentiel fixe

sinusoidale :Type de fonction = 1 Tensions Mux


triphasées
carrée : Type de fonction = 2
Mux
triangle : Type de fonction = 3

Phaseur référentiel fixe


(plan complese)

u1(t) us[alpha]
uk[alpha]
3 Phaseur référence
tournante
Type de fonction
u2(t) us[beta]
U 3/2 2 / A,B Mux

u3(t) uo
uk[beta]

Générateur Transformation Transformation


de tensions de coordonnées de coordonnées
3~ ==> 2~ 2~ ==> A, B
omega

Pulsation

Figure 4-8 : Schéma bloc simulink

1 tri1

cos1 f(u)

f(u) 1
u1

1 tri2

cos2 f(u)

f(u) 2
u2

1 tri3

cos3 f(u)

f(u) 3
u3

Product Clock

pulsation Choix de la forme de tension:


2 1 REF=1 Sinusoidale
REF
REF=2 Carré
e

REF=3 Triangulaire

Figure 4-9 : Bloc U

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1 2
u1 us[alpha]
1/3 1
us[alpha]

2
u2
-K- 2
us[beta]
3 Gain : 1/sqrt(3)
u3

FIXE

1/3 3
u0

FIXE

Figure 4-10 : Bloc 3 / 2

1
us[alpha]
theta
3 1/s cos(u)
omega Integrator
1
uk[alpha
sin(u)

2 TOURNANT
us[beta]

FIXE 2
uk[beta]

Figure 4-11 : Bloc 2 / A,B

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PHASEURS SPATIAUX Page 17

4.4.1 Régime stationnaire sinusoïdal


Soit les trois tensions de phases :

u1 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t + ϕ )
π
u 2 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 2 ⋅ +ϕ)
3
π
u3 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 4 ⋅ +ϕ)
3

Pour le phaseur spatial, on obtient

uαs (t ) = u1 (t ) = Û ⋅ cos(ω ⋅ t + ϕ )

1
u βs (t ) = ⋅ (u 2 (t ) − u3 (t ))
3
1 π π
= ⋅ Û ⋅ (cos(ω ⋅ t − 2 ⋅ + ϕ ) − Û ⋅ cos(ω ⋅ t − 4 ⋅ + ϕ ))
3 3 3
= Û ⋅ sin(ω ⋅ t + ϕ )

u (t ) = uαs + j ⋅ u βs = Û ⋅ cos(ω ⋅ t + ϕ ) + j ⋅Û ⋅ sin(ω ⋅ t + ϕ )


s

= Û ⋅ e j (ωt +ϕ )

Transformation de coordonnées

u (t ) = u (t ) ⋅ e − jωt
k s

= Uˆ ⋅ e jϕ

Pour la simulation, il a été posé :


− Pour les paramètres

phi = 0
omega = 2 ⋅ pi ⋅ 50

− Pour les fonctions

cos1 = cos(omega ⋅ u + phi )


cos 2 = cos(omega ⋅ u − 2 ⋅ pi / 3 + phi )
cos 3 = cos(omega ⋅ u − 4 ⋅ pi / 3 + phi )

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Tensions de phases u1, u2, u3 [1]


1
u1(t) u2(t) u3(t)
0.8

0.6

0.4

0.2

-0.2

-0.4

-0.6

-0.8

-1

t [s]
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

Tensions triphasées
s s
Phaseurs uα , uβ [1]
βs
1
us
0.8

0.6
uαs(t) uβs(t)
0.4

0.2
u0 (t) ωt+ϕ
0
t=0
-0.2 αs
-0.4

-0.6

-0.8

-1
t [s]
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

Phaseur spatial dans le systéme de coordonnées fixe


Phaseurs uαk, uβk [1]
βk
1.2

uαk(t)
1

0.8

0.6
uk

αk
0.4

0.2

uβk(t)
0

-0.2 t [s]
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

Phaseur spatial dans le systéme de coordonnées tournant à la vitesse de rotation angulaire ω

Figure 4-12 : Régime stationnaire sinusoïdal

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4.4.2 Régime stationnaire rectangulaire


Soit les trois tensions de phases :
(1) (2) (3) (4) (5) (6) (1)

3π/2.. 11π/6
5π/6.. 7π/6

7π/6.. 3π/2

11π/6.. 2π
π/2.. 5π/6
π/6.. π/2
0 ..π/6

u1(t) U U -U -U -U U U
u2(t) -U U U U -U -U -U
u3(t) -U -U -U U U U -U
u0(t) -U/3 U/3 -U/3 U/3 -U/3 U/3 -U/3

Pour le phaseur spatial, on obtient

(1) (2) (3) (4) (5) (6) (1)

3π/2.. 11π/6
5π/6.. 7π/6

7π/6.. 3π/2

11π/6.. 2π
π/2.. 5π/6
π/6.. π/2
0 ..π/6

uαs(t) 4Uˆ 3 2Uˆ 3 − 2Uˆ 3 − 4Uˆ 3 − 2Uˆ 3 2Uˆ 3 4Uˆ 3


uβs(t) 0 2Uˆ 3 2Uˆ 3 0 − 2Uˆ 3 − 2Uˆ 3 0

Transformation de coordonnées

(1) (2) (3) (4)


π/2.. 5π/6
π/6.. π/2
0 ..π/6

5π/6..
7π/6

….

4 4 π 4 2π 4
uαk(t) 3
U cos(ωt )
3
U cos(ωt − )
3 3
U cos(ωt −
3
)
3
U cos(ωt − π ) …
4 4 π 4 2π 4
uβk(t) − U sin(ωt ) − U sin(ωt − )
3 3
− U sin(ωt −
3 3
) − U sin(ωt − π )
3

3

Pour la simulation, il a été posé :


− Pour les paramètres
phi = 0
omega = 2 ⋅ pi ⋅ 50

− Pour les fonctions


rect1 = sign(cos(omega ⋅ u + phi ))
rect 2 = sign(cos(omega ⋅ u − 2 ⋅ pi / 3 + phi ))
rect 3 = sign(cos(omega ⋅ u − 4 ⋅ pi / 3 + phi ))

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1.5 Tensions de phases u1, u2, u3 [1]

u1(t)
0.5
u2(t)
u3(t)
0

-0.5

-1

1 2 3 4 5 6 1 2 3 4
-1.5 t [s]
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

Tensions triphasées
1.5 Phaseurs uαs, uβs [1] βs
3 2
1
uαs(t) s
uβ (t) 4Û/3
0.5 u0(t) us

0 4 1

-0.5 αs

-1

1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 t [s]
-1.5
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03
5 6

Phaseur spatial dans le système de coordonnées fixe


k k
1.5 Phaseurs uα , uβ [1] βk

1 uαk(t)

0.5
uk 4Û/3

0
π/3
αk
-0.5

uβk(t)
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4 t [s]
-1
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

Phaseur spatial dans le systéme de coordonnées tournant à la vitesse de rotation angulaire ω

Figure 4-13 : Régime stationnaire rectangulaire

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PHASEURS SPATIAUX Page 21

4.4.3 Régime stationnaire triangulaire


Dans ce cas il existe également une composante homopolaire d’amplitude U/9 et de fréquence
triple par rapport aux tensions de phases. On renonce ici à détailler les diverses courbes par
des relations mathématiques. On peut simplement affirmer que le phaseur us se déplace sur un
hexagone à une vitesse angulaire non constante. L’amplitude maximum du vecteur est donné
par la relation au temps t=0

s s 1
u = u (0) = ⋅ (2 ⋅ u1 (0) − u 2 (0) − u3 (0))
3
1 1 1 8
= ⋅Uˆ ⋅ (2 − (− ) − (− )) = ⋅Uˆ
3 3 3 9

La non constance de la vitesse de rotation du phaseur us est apportée par la position non
constante du phaseur uk correspondant au référentiel tournant à une vitesse angulaire constante
ω.

Pour la simulation, il a été posé :


− Pour les paramètres

phi = π / 2
omega = 2 ⋅ pi ⋅ 50

− Pour les fonctions

tri1 = U ⋅ 2 ⋅ pi ⋅ arcsin(sin(omega ⋅ u + phi ))


tri 2 = U ⋅ 2 ⋅ pi ⋅ arcsin(sin(omega ⋅ u − 2 ⋅ pi / 3 + phi ))
tri3 = U ⋅ 2 ⋅ pi ⋅ arcsin(sin(omega ⋅ u − 4 ⋅ pi / 3 + phi ))

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Tensions de phases u1, u2, u3 [1]


1

0.8 u1(t) u2(t) u3(t)


0.6

0.4

0.2

-0.2

-0.4

-0.6

-0.8

-1
t [s]
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

1 2 3 4 5 6 1 2 3 4

Tensions triphasées
Phaseurs uαs, uβs [1]
1
βs
0.8
uβs(t)
0.6 3 2
0.4 uαs(t)
us
0.2 u0(t)

0 8Û/9
-0.2 4
1 αs
-0.4

-0.6

-0.8

t [s]
-1
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 5 6
1 2 3 4 5 6 1 2 3 4

Phaseur spatial dans le systéme de coordonnées fixe


Phaseurs uαr, r
uβ [1]
0.9 βk
0.8

0.7 uαk(t)

0.6

0.5

0.4 uk 8Û/9
0.3
αk
0.2

0.1
uβk(t)
0

-0.1 t [s]
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03

Phaseur spatial dans le systéme de coordonnées tournant à la vitesse de rotation ω

Figure 4-14 : Régime stationnaire triangulaire

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PHASEURS SPATIAUX Page 23

4.4.4 Transformation inverse


En réalisant la transformation directe suivie d'une transformation inverse, il est possible de
mettre en évidence l'importance de la composante homopolaire lors de la transformation
inverse si l'on veut une reconstitution sans perte d'information

Phaseur
referentiel fixe
sinusoidale :Type de fonction = 1

carrée : Type de fonction = 2 Tensions Mux


triphasées
triangle : Type de fonction = 3
Mux

Phaseur référentiel fixe


Phaseur référence
(plan complexe)
u1(t) us[alpha] tournante
uk[alpha]
3
Mux
Type de fonction
u2(t) us[beta]
U 3/2 2 / A,B

uk[beta]
u3(t) uo

Générateur Transformation Transformation


de tensions de coordonnées de coordonnées
3~ ==> 2~ 2~ ==> A, B
2*pi*50
Pulsation
Tensions
triphasées
reconstituées (A,B) / 2
Phaseur référentiel tournant
Mux 2/3 (plan compexe)
Phaseur
référentiel fixe Transformation
reconstitué de coordonnées
A, B ==> 2~
Mux
Transformation
de coordonnées
2~ ==> 3~

Figure 4-15 : Schéma bloc simulink

Les deux blocs de transformation inverses sont représentés par les deux figures qui suivent. La
transformation de coordonnées 2/3 montrent la nécessité de l'utilisation de la composante
homopolaire.

uk[alpha]

THs
3 1/s cos(u)
omega Integrator
1

sin(u) us[alpha]

2 FIXE
uk[beta]

TOURNANT
2

us[beta]

Figure 4-16 : Bloc A,B / 2

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PHASEURS SPATIAUX Page 24

us[alpha]
1
1
us[alpha]
u1

1/2

us[beta]
2 -K- 2
us[beta] u2

FIXE

1/2

-K- 3
u3

3 FIXE

u0

Figure 4-17 : Bloc 2 / 3

4.5 PHASEURS SPATIAUX APPLIQUÉS AUX CIRCUITS TRIPHASÉS


Circuit triphasé
Soit le système triphasé dont la seule contrainte est le neutre flottant. Les tensions u10, u20 et
u30 correspondent aux tensions de branches de l’onduleur triphasé. Les tension u1, u2 et u3
sont les tensions de phases du système triphasé. La Figure 4-18 illustre la topologie du circuit
ui1
L R

u1 ui2
L R
N

u2 ui3
u10 L R

u20 uN
u3
u30

(-)

Figure 4-18 : Système triphasé

Pour les trois tensions de phases du circuit, on a les équations


d
u1 (t ) = L ⋅ i1 (t ) + R ⋅ i1 (t ) + ui1 (t ) 4.49
dt
d
u 2 (t ) = L ⋅ i2 (t ) + R ⋅ i2 (t ) + ui 2 (t ) 4.50
dt
d
u3 (t ) = L ⋅ i3 (t ) + R ⋅ i3 (t ) + ui 3 (t ) 4.51
dt
Le neutre flottant impose une somme des courants de phases nulle
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PHASEURS SPATIAUX Page 25

i1 (t ) + i2 (t ) + i3 (t ) = 0 4.52

On peut également écrire les relations liant les tensions de branches, les tensions de phases et
la tension du point neutre

u10 (t ) − u1 (t ) = u N (t ) 4.53

u 20 (t ) − u 2 (t ) = u N (t ) 4.54

u30 (t ) − u3 (t ) = u N (t ) 4.55

4.5.1 Circuit équivalent pour les phaseurs spatiaux


En multipliant u2(t) par a et u3(t) par a2, on obtient
d
u1 (t ) = L ⋅ i1 (t ) + R ⋅ i1 (t ) + ui1 (t )
dt
d
a ⋅ u 2 (t ) = L ⋅ (a ⋅ i2 (t )) + R ⋅ a ⋅ i2 (t ) + a ⋅ u i 2 (t ) 4.56
dt
2 d 2 2 2
a ⋅ u3 (t ) = L ⋅ (a ⋅ i2 (t )) + R ⋅ a ⋅ i2 (t ) + a ⋅ ui 3 (t )
dt
Soit, en utilisant la définition du phaseur spatial

s 2 2 2 d 2
u (t ) = ⋅ (u1 (t ) + a ⋅ u 2 (t ) + a ⋅ u3 (t )) = ⋅ ( L ⋅ (i1 (t ) + a ⋅ i2 (t ) + a ⋅ i3 (t ))
3 3 dt
2 2
+ ⋅ R ⋅ (i1 (t ) + a ⋅ i2 (t ) + a ⋅ i3 (t )) 4.57
3
2 2
+ ⋅ (ui1 (t ) + a ⋅ u i 2 (t ) + a ⋅ ui 3 (t ))
3
Sachant que

s 2 2
u (t ) = ⋅ (u1 (t ) + a ⋅ u 2 (t ) + a ⋅ u3 (t )) 4.58
3
s 2 2
u i (t ) = ⋅ (ui1 (t ) + a ⋅ ui 2 (t ) + a ⋅ ui 3 (t )) 4.59
3
s 2 2
i (t ) = ⋅ (i1 (t ) + a ⋅ i2 (t ) + a ⋅ i3 (t )) 4.60
3
On peut écrire la relation générale

s d s s s
u (t ) = L ⋅ i (t ) + R ⋅ i (t ) + u i (t ) 4.61
dt
En pratique de même avec les relations 4.53, 4.54 et 4.55, on obtient

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PHASEURS SPATIAUX Page 26

u10 (t ) − u1 (t ) = u N (t )
a ⋅ u 20 (t ) − a ⋅ u 2 (t ) = a ⋅ u N (t ) 4.62
2 2 2
a ⋅ u30 (t ) − a ⋅ u3 (t ) = a ⋅ u N (t )

et sachant que

s 2 2
u 0 (t ) = ⋅ (u10 (t ) + a ⋅ u 20 (t ) + a ⋅ u 30 (t )) 4.63
3
2
1+ a + a = 0 4.64

on a la relation
s s
u 0 (t ) − u (t ) = 0 4.65

La Figure 4-19 donne le schéma équivalent valable pour les phaseurs spatiaux. On voit que ce
circuit équivalent correspond formellement à celui d’une phase

uis
L R
N

us
u0s

(-)

Figure 4-19 : Schéma équivalent pour les phaseurs spatiaux

Pour le traitement numérique, il est possible de décomposer le schéma équivalent de la Figure


4-19 en une représentation cartésienne composée des tensions et courants selon les axes αet β
s
uiα
isα L R

usα uiβs
s
s
iβ L R
N
u0α
s
u0β usβ

Figure 4-20 : Schéma équivalent pour les phaseurs spatiaux, représentation cartésienne

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d s
uαs (t ) = L ⋅ iα (t ) + R ⋅ iαs (t ) + uisα (t )
dt
4.66
d
u βs (t ) = L ⋅ iβs (t ) + R ⋅ iβs (t ) + uisβ (t )
dt
La Figure 4-21 illustre le diagramme structurel d’une telle représentation. En effet, on peut
écrire la relation 4.67 sous la forme

d s
dt
1
(
iα (t ) = ⋅ uαs (t ) − uisα (t ) − R ⋅ iαs (t ) ⎯⎯→
L
L
) 1
(
iαs = ⋅ uαs − uisα − R ⋅ iαs
sL
)
4.67
d s
dt
1
(
iβ (t ) = ⋅ u βs (t ) − uisβ (t ) − R ⋅ iβs (t ) ⎯⎯→
L
L
) 1
(
iβs = ⋅ u βs − uisβ − R ⋅ iβs
sL
)
iαs iβs
1 1
uαs sL uβs sL

s
uiα s
uiβ
R R

Figure 4-21 : Diagramme structurel pour les axes α et β

4.5.2 Circuit équivalent pour les composantes homopolaires


En additionnant les relations 4.49, 4.50, 4.51 et en tenant compte de la relation 4.52, on peut
écrire la relation
1
u 0 (t ) = ui 0 (t ) = ⋅ (ui1 (t ) + ui 2 (t ) + ui 3 (t )) 4.68
3
où u0(t) est la composante homopolaire des tensions de phases et ui0(t) la composante
homopolaire des tensions internes. Par sommation des relations 4.53, 4.54, 4.55 on obtient

u N (t ) = u 00 (t ) − u0 (t ) = u 00 (t ) − ui 0 (t ) 4.69

où u00(t) est la composante homopolaire des tensions de branches.


Le circuit équivalent pour les composantes homopolaires prend la forme suivante

u0=ui0
N

u00 uN
(-)

Figure 4-22 : Schéma équivalent pour les composants homopolaires

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4.5.3 Transformation de coordonnées


Il est possible de soumettre la relation 4.61 à une transformation de coordonnées, en particulier
dans le système de coordonnées tournant à vitesse de rotation angulaire ω en concordance
avec la pulsation ω=2πf des tensions d'alimentation. Dans ce but, on doit remplacer us et is par

u (t ) = u (t ) ⋅ e jωt
s k

4.70
i (t ) = i (t ) ⋅ e jωt
s k

ou l'on a posé ϑk 0 = 0 . A partir de la relation 4.61, il est possible de faire les transformations
suivantes :

u (t ) ⋅ e jωt = L ⋅
k d k
dt
( )
i (t ) ⋅ e jωt + R ⋅ i (t ) ⋅ e jωt + u i (t ) ⋅ e jωt
k k

4.71
d k
dt
( )
= L ⋅ i (t ) ⋅ e jωt + jωL ⋅ i (t ) ⋅ e jωt + R ⋅ i (t ) ⋅ e jωt + u i (t ) ⋅ e jωt
k k k

après division par e jωt , il reste


d k
i (t ) + jωL ⋅ i (t ) + R ⋅ i (t ) + u i (t )
k k k k
u (t ) = L ⋅ 4.72
dt

A noter que le troisième terme jωL⋅ik(t) est dû à la rotation du système de coordonnées. Il


correspond en principe à la chute de tension inductive lors du calcul complexe avec les
phaseurs. Cependant, dans le cas présent, ce terme est valable non seulement pour le régime
établi, mais aussi pour le régime transitoire. On rappelle qu'en régime stationnaire sinusoïdal,
d k
le phaseur spatial ik est constant. Par conséquent la dérivée i (t ) est nulle. Pour la relation
dt
4.72 il n'existe pas de circuit équivalent. Par contre, il est possible d'établir un schéma
structurel. En effet cette relation peut être décomposée en parties réelle et imaginaire. On
obtient alors

d k
uαk (t ) = L ⋅ iα (t ) − ωL ⋅ iβk (t ) + R ⋅ iαk (t ) + uikα (t )
dt
4.73
d
u βk (t ) = L ⋅ iβk (t ) + ωL ⋅ iαk (t ) + R ⋅ iβk (t ) + uikβ (t )
dt

Comme le montre la relation 4.73, il y a un couplage entre les axes α et β par les termes
− ωL ⋅ iβk (t ) et ωL ⋅ iαk (t ) . Ce couplage est dû au système de coordonnées tournant.
Apparemment, il s'agit d'un inconvénient pour le traitement des circuits triphasés. Cependant
cet inconvénient est largement compensé par le fait que les composantes α et β sont constantes
en régime stationnaire et sinusoïdal.

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PHASEURS SPATIAUX Page 29

4.5.3.1 Diagramme structurel


Afin d'établir un diagramme structurel pour les relations du circuit triphasé exprimé dans le
d k
système de coordonnées tournant, on va mettre en évidence la dérivée i dans la relation
dt
4.72.

d k
dt
1 k
L
(
i (t ) = ⋅ u (t ) − R ⋅ i (t ) − u i (t ) − jωLi ⎯⎯→
k k k L
)k 1
sL
k k
(
i = ⋅ u − R ⋅ i − u i − jωLi
k k
) 4.74

De cette relation, il en résulte le diagramme structurel suivant

jωL
uik
uk 1 ik
sL

Figure 4-23 : Diagramme structurel du circuit triphasé dans le système de coordonnées tournant

k k
Le phaseur spatial u des tensions de phase forme la grandeur d'entrée tandis que u i peut-être
considéré comme grandeur de perturbation. La grandeur de sortie est donnée par le phaseur
k
spatial i des courants. Sur le bloc d'intégration 1/sL, il y a deux contre-réactions. La
première, réelle, est due à la résistance ohmique R, tandis que la deuxième, imaginaire, est liée
à la chute de tension inductive, représentée par le facteur jωL. Grâce à l'emploi de phaseurs
spatiaux pour les variables, le diagramme structurel se présente sous une forme très compacte.
Il est également possible d'établir un diagramme structurel pour les relations décomposées en
parties réelle et imaginaire. Dans ce but on écrit les équations sous la forme

d k
dt
iα (t ) =
1 k
L
( )
⋅ uα (t ) − R ⋅ iαk (t ) − uikα (t ) + ωLiβk (t ) ⎯⎯→L 1
(
iαk = ⋅ uαk − R ⋅ iαk − uikα + ωLiβk
sL
)
4.75
d k
dt
iβ (t ) =
1 k
L
( )
⋅ u β (t ) − R ⋅ iβk (t ) − uikβ (t ) − ωLiαk (t ) ⎯⎯→
L 1
(
iβk = ⋅ u βk − R ⋅ iβk − uikβ − ωLiαk
sL
)
On obtient alors le diagramme structurel suivant

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R
uiαk
uαk iαk
1
sL

ωL

ωL

uβk i βk
1
sL
uiβk
R

Figure 4-24 : Diagramme structurel dans le système de coordonnées tournant par les composantes α et β

De cette figure apparaît clairement le couplage entre les axes α et β dû au terme inductif ωL.
A noter que l'intervention réciproque à lieu avec un signe opposé. Lors de la décomposition en
partie réelle et imaginaire la structure devient plus complexe.

4.6 PHASEURS SPATIAUX EN RÉGIME TRANSITOIRE

4.6.1 Généralités
L'utilisation de phaseur spatiaux convient particulièrement bien pour traiter des phénomènes
en régime transitoire. Il est possible d'intégrer les équations différentielles exprimées à l'aide
des phaseurs spatiaux (forme complexe), soit de manière analytique ou de manière numérique.
Dans le second cas, il est nécessaire de disposer d'un programme qui permet l'intégration de
variables complexes (Matlab par exemple). Le cas échéant, on doit effectuer une
décomposition en parties réelle et imaginaire, afin d'intégrer des variables réelles.. La structure
devient évidemment plus compliquée, mais elle peut être traitée à l'aide de programmes de
simulation standard. Dans cette section, on traitera, à titre d'exemple, les phénomènes
transitoires lors de l'enclenchement d'un circuit triphasé dont la structure de chaque phase est
identique au cas monophasé étudié dans le chapitre 3 (Variateur de courant continu à
pulsation).

4.6.2 Structure de la charge.


Par la suite on déterminera les phénomènes transitoires lors de l'enclenchement d'un circuit
triphasé donc la structure est rappelée à la Figure 4-25

On déduit l'équation différentielle suivante

s
s s d i (t ) s
u (t ) = Ri (t ) + L + u i (t ) 4.76
dt

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On peut soumettre cette équation différentielle à une transformation de coordonnées dont le


référentiel tourne à une vitesse angulaire ω en concordance avec la pulsation ω=2πf des
tensions d'alimentation

u (t ) = u (t ) ⋅ e j (ωt +ϑ0 )
s k

4.77
i (t ) = i (t ) ⋅ e j (ωt +ϑ0 )
s k

pour simplifier les calculs, nous admettrons que le déphasage initial est nul ϑ0=0

u (t ) = u (t ) ⋅ e jωt
s k

4.78
i (t ) = i (t ) ⋅ e jωt
s k

ui1
L R

u1 ui2
L R
N

u2 ui3
u10 L R

u20 uN
u3
u30

(-)
(a) : Charge triphasée symétrique

s
uiα
isα L R uis
i
s L R

usα uiβs
s
s iβ L R
N us
u0α N
s
u0s
s
u0β uβ
(-)

(b) Charge équivalent pour phaseurs spatiaux

Figure 4-25 : Système triphasé

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4.6.3 Solution analytique de l'équation différentielle


Tenant compte de ce qui a été dit au paragraphe précédent et à l'aide de la condition suivante

u (t ) = 0 pour t < 0 ⎫⎪
k

⎬ 4.79
u (t ) = Û pour t > 0⎪⎭
k

et sachant que le système de coordonnées tournant est orienté sur le phaseur spatial de la
tension d'alimentation (ϑ0=0) de sorte que ce dernier est purement réel et égal à la tension de
crête Û, on trouve
k
d i (t )
+ jωLi (t ) + u i (t )
k k k k
u (t ) = Ri (t ) + L 4.80
dt
Lorsque l'on soumet cette équation différentielle à une transformation de Laplace, et en posant
une condition initiale nulle pour le courant, on obtient

u ( s ) = Ri ( s ) + sLi ( s) + jωLi + u i ( s )
k k k k k
4.81

et enfin pour un saut indiciel de la tension u(s)

Û Û
= R + L (s + jω ) ⋅ i ( s ) + i ⋅ e j ϕ
k k
u (s) = 4.82
s s
On peut mettre en évidence le phaseur spatial de courant, à savoir

Û Ûi
⋅ e jϕ
k
i (s) = − 4.83
s ⋅ (R + L ⋅ (s + jω )) s ⋅ (R + L ⋅ (s + jω ))

Pour déterminer la transformation de Laplace inverse, il faut décomposer les quotients en


fraction simple

⎛ ⎞
1 ⎜ 1 1 ⎟ 1
=⎜ − ⎟ 4.84
s ⋅ (R + L ⋅ (s + jω )) ⎜ s R R + jω L
⎜ s + + jω ⎟⎟
⎝ L ⎠
Ce qui permet d'écrire à l'aide du dictionnaire des transformées
1 L
⎯⎯→1 4.85
s
et
⎛R ⎞
1 −⎜ + jω ⎟⋅t
⎯⎯→
L
e ⎝L ⎠
R 4.86
s + + jω
L
Finalement on obtient

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⎛ − ⎜ + jω ⎟ t ⎞ Û − Û e jϕ
⎛R ⎞
k ⎜
i (t ) = 1 − e ⎝L ⎠ ⎟
⋅ i
4.87
⎜ ⎟ R + jω L
⎝ ⎠

Les conditions aux limites sont définies de la manière suivante

⎛⎛ −⎜ + jω ⎟ t ⎞ Û − Û e jϕ
⎛R ⎞ ⎞
t →0
( )
Lim i (t ) = Lim⎜ ⎜1 − e ⎝ L ⎠ ⎟ ⋅
k
t →0 ⎜ ⎜
i
⎟ R + jω L
⎟=0
⎟ 4.88
⎝⎝ ⎠ ⎠
⎛⎛ − ⎜ + jω ⎟ t ⎞ Û − Û e jϕ
⎛R ⎞ ⎞ Û − Û e jϕ
t →∞
k
( )
Lim i (t ) = Lim⎜ ⎜1 − e ⎝ L ⎠ ⎟ ⋅
t →ω ⎜ ⎜
i
⎟ R + jωL
⎟= i
⎟ R + jωL 4.89
⎝⎝ ⎠ ⎠

En remplaçant dans 4.87 e jx = cos( x) + j sin( x) , on peut écrire

⎛ ⎞ ⎛ Û Û (cos(ϕ ) + j sin(ϕ ) ) ⎞
R
− t
i (t ) = ⎜⎜1 − e L (cos(ωt ) − j sin(ωt ) )⎟⎟ ⋅ ⎜⎜
k
− i ⎟⎟ 4.90
⎝ ⎠ ⎝ R + j ω L R + j ωL ⎠

ou sous une autre forme

⎛ R
⎞ R − j ωL
⋅ (Û − Û i (cos(ϕ ) + j sin(ϕ ) ))
− t
i (t ) = ⎜1 − e L (cos(ωt ) − j sin(ωt ) )⎟⎟ 2

k
4.91
⎠ R + (ωL )
2

⎡⎛ R
⎞ ⎤
cos(ωt ) ⎟⎟(ÛR − Û i (R cos(ϕ ) + ωL sin(ϕ ) )) ⎥
− t
⎢⎜⎜ 1 − e L

⎢⎝ ⎠ ⎥
⎢ −Rt ⎥
⎢+ e L sin(ωt )(ÛωL − Û i (ωL cos(ϕ ) − R sin(ϕ ) )) ⎥
k ⎡iα (t ) ⎤ 1 ⎢ ⎥
i (t ) = ⎢ ⎥ = 2 2 ⎢ ⎥ 4.92
⎣iβ (t )⎦ R + (ωL ) ⎢ ⎥
⎢− ⎛⎜1 − e − L t cos(ωt ) ⎞⎟(ÛωL − Û (ωL cos(ϕ ) − R sin(ϕ ) ))⎥
R

⎢ ⎜⎝ ⎟

i

⎢ ⎥
⎢ − RL t ⎥
⎢⎣+ e sin(ωt )(ÛR − Û i (R cos(ϕ ) + ωL sin(ϕ ) )) ⎥⎦

Si le programme de calcul utilisé traite les fonctions complexes, on utilisera la relation 4.87, si
ce n'est pas le cas, on prendra la relation 4.92. Dans les deux cas, on obtiendra la trajectoire du
phaseur spatial de courant dans le système de coordonnées tournant à la vitesse angulaire ω
illustré à la Figure 4-26. Dans cet exemple, on a choisi les valeurs numériques suivantes

− Û=311V (U=220V)
− R=12.5Ω
− L=50mH
− Ûi=150V
− ϕ=-π/6
− ω=100π (f=50Hz)

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En régime stationnaire, on a Î= 9.76A et φ= -29°. On voit bien que la trajectoire s'approche du


point de fonctionnement stationnaire sur une spirale. Le phaseur spatial du courant est retardé
par rapport à l'axe réel sur lequel est orienté le phaseur spatial de la tension d'alimentation

iβ [A]
1

0
iα [A]
φ
-1

-2
I

-3

-4

-5

-6
0 2 4 6 8 10 12

Figure 4-26 Trajectoire du phaseur spatial de courant i(t) dans le systéme de coordonnées tournant

L'allure temporelle des composantes iα et iβ est représenté à la Figure 4-27. On voit bien sur
cette figure l'oscillation amortie des réponses indicielles

iα , iβ [A]
12

10

8

-2

-4
t [s]
-6
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035

Figure 4-27 Allure temporelle des composantes iα et iβ dans le systéme de coordonnées tournant

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PHASEURS SPATIAUX Page 35

4.6.4 Transformation de coordonnées


La solution obtenue dans le système de coordonnées tournant à la vitesse angulaire ω peut être
soumise à une transformation de coordonnées. On obtient alors facilement la trajectoire de
s
phaseur spatial i (t ) du courant dans le système de coordonnées fixe. A l'aide de la relation
4.78
et 4.87, on peut écrire

⎛ j ωt − t ⎞ Û −Û e
R jϕ
s
⎜ L ⎟
i (t ) = ⎜ e − e ⎟ ⋅ i
4.93
⎝ ⎠ R + jω L

puis utilisant la relation e jx = cos( x) + j sin( x)

⎛ − t ⎞
R
R − jω L
i (t ) = ⎜ cos(ωt ) + j sin(ωt ) − e L ⎟⎟ ⋅ 2
⎜ ⋅ (Û − Û i (cos(ϕ ) + j sin(ϕ ) ))
s
4.94
⎝ ⎠ R + (ω L ) 2

et enfin en séparant les parties réelle et imaginaire

⎡⎛ − t ⎞
R

⎢⎜⎜ cos(ωt ) − e L ⎟⎟(ÛR − Û i (R cos(ϕ ) + ωL sin(ϕ ) )) ⎥
⎢⎝ ⎠ ⎥
⎢+ sin(ωt )(ÛωL − Û i (ωL cos(ϕ ) − R sin(ϕ ) ))
⎢ ⎥
⎡iαs (t ) ⎤ 1 ⎥
s
i (t ) = ⎢ s ⎥ = 2 ⎢ ⎥ 4.95
⎢⎣i β (t )⎥⎦ R + (ωL ) ⎢ ⎥
2

⎢ ⎛ − t ⎞
R

⎢− ⎜⎜ cos(ωt ) − e ⎟⎟(ÛωL − Û i (ωL cos(ϕ ) − R sin(ϕ ) ))⎥
L

⎢ ⎝ ⎠ ⎥
⎢+ sin(ωt )(ÛR − Û (R cos(ϕ ) + ωL sin(ϕ ) )) ⎥
⎣ i ⎦

4.6.5 Trajectoire et allure temporelle dans le système de coordonnées fixe


s
En utilisant les relations 4.93 ou 4.95, on peut tracer la trajectoire du phaseur spatial i dans le
plan complexe (iαs , iβs ) , on obtient la Figure 4-28

Dans cet exemple, les tensions d'alimentation triphasées sont enclenchées à l'instant où la
tension de la première phase u1 a atteint la valeur de crête. On voit que la trajectoire s'approche
d'un cercle avec un retard qui est accumulé tout de suite après l'enclenchement. Le cercle est
déterminé par le régime stationnaire et possède un rayon égal à Î= 9.76A .

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i βs [ A]

10

is(t)

0
Îs iαs [ A]

-5

-10

-10 -5 0 5 10

s
Figure 4-28 Trajectoire du phaseur spatial i dans le systéme de coordonnées fixe

4.6.6 Reconstitution des courants de phase


Comme on l'a démontré au paragraphe 4.2.4, il est possible de reconstruire les courants
triphasés i1(t), i2(t) et i3(t) à partir des composantes iαs et iβs . On peut donc écrire

⎡i1 (t ) ⎤ ⎡ 1 0 ⎤ s ⎡i0 (t )⎤
⎢i (t )⎥ = ⎢cos(2π 3) sin (2π 3)⎥ ⋅ ⎡iα (t ) ⎤ + ⎢i (t )⎥
⎢2 ⎥ ⎢ ⎥ ⎢i s (t )⎥ ⎢ 0 ⎥ 4.96
⎢⎣i3 (t ) ⎥⎦ ⎢⎣cos(4π 3) sin (4π 3)⎥⎦ ⎢⎣ β ⎥⎦ ⎢⎣i0 (t )⎥⎦

en sachant que i0(t)=0. Sous forme algébrique, la relation matricielle 4.96 devient

i1 (t ) = iαs (t )
1 3 s
i2 (t ) = − iαs (t ) + iβ (t )
2 2 4.97
1 3 s
i3 (t ) = − iαs (t ) − iβ (t )
2 2

La Figure 4-29 montre l'allure temporelle des trois courants de phase i1(t), i2(t) et i3(t). On y
voit le phénomème transitoire après enclenchement. Une fois le régime stationnaire établi, les
courat évolue de manière sinusoïdale.

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i1(t), i2(t), i3(t)


15

i1(t)
i2(t) i3(t)
10

-5

-10

t [s]
-15
0 0.005 0.01 0.015 0.02 0.025 0.03 0.035

Figure 4-29 Allure temporelle des courants de phase i1(t), i2(t) et i3(t)

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PHASEURS SPATIAUX Page 38

BIBLIOGRAPHIE

[1] CONVERTISSEURS STATIQUES


Auteur : Hansruedi Bühler
Chapitre 1
Presses Polytechniques et Universitaires Romandes
ISBN : 2-88074-230-7

[2] Réglage de systèmes d’électronique de puissance


VOLUME 1 : THÉORIE
Auteur : Hansruedi Bühler
Annexe
ISBN : 2-88074-341-9

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