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Pierre-Philippe CORRIGER

Année 2014-2015

Master 1 Sciences Humaines et Sociales - Etudes Européennes, Méditerranéennes et Asiatiques

Mention Antiquité Méditerranéenne et Proche Orientale : Langues, Histoires et Religions

(Sous la direction de Mr. Le professeur Denis ROUSSET)

La loi gymnasiarchique de Béroia

Synthèse de son apport à l’histoire institutionnelle et culturelle hellénistique

École Pratique des Hautes Études — Patios Saint-Jacques, 4-14 rue Ferrus - 75014 Paris
1

Le gymnase était sans doute l’institution la plus caractéristique des sociétés grecques,
l'empreinte même de l'hellénisme au moins depuis l’époque archaïque. A partir du IVe siècle
av. J.-C., les témoignages littéraires, archéologiques et épigraphiques sur les gymnases dans
les cités ne cessent de se multiplier. En plus de l’apport essentiel des fouilles archéologiques,
ce sont aussi et surtout les découvertes épigraphiques, d’une richesse exceptionnelle, qui nous
ont fourni les renseignements les plus éloquents sur le gymnase dont le fonctionnement
connaît une diffusion spectaculaire à partir du début du IIIe siècle av. J.-C. Mais son évolution
institutionnelle dans le monde hellénistique ne s’avère pas être partout la même. Souvent
qualifiée de « grand boulevard de l’hellénisme dans la Grèce du Nord », la Macédoine est le
terrain d’observation d’un particularisme « national », dont le caractère conservateur est
directement perceptible dans ses gymnases. C’est notamment au cœur de ce royaume qu’ont
été découvertes les rares lois gymnasiarchiques et éphébarchiques d’époque hellénistique
connues à ce jour, dont celle de Béroia.

Située au centre de la Macédoine méridionale, Béroia constituait la troisième grande ville de


la Bottiée, une région comprise entre le Mont Bermion à l’Ouest et le fleuve Axios à l’Est, où
demeurent les racines de l’ancien royaume des Argéades et qui devint la troisième méris
romaine. Les premiers témoignages connus sur cette cité datent de l’époque d’Alexandre le
Grand. Durant l’époque hellénistique, elle fut le berceau des rois Antigonides succédant au
légendaire conquérant et joua un rôle important sous le règne de cette dynastie 1. Les
découvertes sur son site archéologique nous ont livré un nombre élevé d’inscriptions, ce qui
facilite le suivi de son histoire locale aussi bien à l’époque de la monarchie que sous
l’Empire2. Aucun texte littéraire ne mentionne le gymnase de Béroia. Son existence ne nous
est signalée que par des inscriptions allant du IIe siècle av. J.-C. jusqu’au milieu du IIIe siècle
ap. J.-C. La première n’est autre que la loi gymnasiarchique3. L’emplacement précis de son
site nous demeure inconnu, comme la majorité des gymnases macédoniens. Mais à partir des
exemples de nombreuses cités, on suppose que celui-ci devait se trouver à proximité des
remparts antiques de la ville et à l’extérieur de ceux-ci, c’est-à-dire vers le lieu même où a été
découverte la grande stèle où jadis la loi fut transcrite. Réemployée comme couvercle d’une
tombe d’époque paléochrétienne, sa mise au jour remonte à 1949 dans le quartier dit de
« Palaiophoros » situé à la sortie sud de la ville moderne de Béroia, plus précisément dans un
1
Cf. F. Papazoglou, Les villes de Macédoine à l’époque romaine, BCH Supp. XVI, 1988, p. 141-48.
2
Cf. L. Gounaropoulou & M.B. Hatzopoulos, Inscriptiones Macedoniae inferioris I : Corpus des inscriptions de
Béroia, 1988.
3
Pour la réunion des documents informant sur ce gymnase : M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi
gymnasiarchique de Béroia, 1993, p. 145-54 ; A.V. Tataki, Ancient Beroea : prosopography and society, 1988.
2

terrain faisant alors parti d’un domaine privé. Ce sont les propriétaires de l’époque qui
trouvèrent la stèle fortuitement. Leur idée d’un réemploi moderne particulièrement
malencontreux et inapproprié aurait grandement pu altérer l’état de conservation de
l’inscription. Heureusement il n’en fut rien, le caractère exceptionnel de cette découverte
suscitant immédiatement l’intérêt des archéologues et responsables locaux. L’inscription,
après avoir été saisie, fut déposée au Musée de Thessalonique, pour être finalement ramenée
plus tard à celui de Béroia où elle est exposée aujourd’hui. L’objet de sa première publication
avait d’abord été la préoccupation des deux auteurs de sa mise en sûreté, à savoir B.G.
Kallipolitis et Ch. Makaronas, respectivement éphores de Béroia et de Thessalonique.
Toutefois, un quart de siècle après la révélation de son existence et la transmission de copies à
quelques chercheurs sollicités, le texte de cette inscription demeurait inédit.

L’ambition de publier ce document fut ensuite nourrie par l’érudit britannique J.M.R.
Cormack, qui en proposa une première édition lors du deuxième colloque d’études
macédoniennes en 1973. Sa restitution du texte, jugée incomplète, fut améliorée peu après par
L. et J. Robert qui disposaient finalement de la copie prise par Ch. Makaronas juste après la
découverte de la stèle. S’ensuivit une republication plus satisfaisante dans le Bulletin
épigraphique (1978), en plus d’une version mêlant ces différents apports dans le
Supplementum Epigraphicum Graecum (1977). Cette inscription avait été pendant longtemps
pratiquement privée de commentaire. Seules quelques analyses ponctuelles se sont contentées
d’expliquer brièvement ou de simplement évoquer tel ou tel passage de son contenu. Cette
situation pour le moins étonnante a été palliée depuis par l’analyse de L. Moretti en 1982, puis
surtout avec l’étude systématique réalisée par M.B. Hatzopoulos en collaboration avec Ph.
Gauthier. Leur travail, bénéficiant de la participation active de L. Gounaropoulou, propose la
meilleure restitution possible et la plus fidèle traduction du texte de la loi, à l’appui d’un
abondant commentaire. Depuis leur désormais célèbre publication de 1993, les informations
que renferme cette inscription n’ont cessé d’attirer l’attention des chercheurs.

L’objectif de cette synthèse consiste ainsi à exposer la loi gymnasiarchique de Béroia comme
une source fondamentale pour notre connaissance de l’histoire institutionnelle et culturelle
hellénistique. Pour l’organisation de ce travail, il est apparu opportun de réserver une
première partie à une présentation sommaire de l’inscription revenant sur les traits généraux
de la loi et sur la conjoncture se rapportant à sa datation. Ce prélude de l’analyse sera ensuite
suivi par l’examen de son apport institutionnel au sein d’un deuxième chapitre, son intérêt
culturel se retrouvant enfin traité dans un troisième temps.
3

I) Une première approche de la loi gymnasiarchique de Béroia

Chaque cité avait ses lois et ses usages. Il apparaît à ce titre fort probable que la plupart des
cités ont dû disposer durant l’époque hellénistique d’un gymnase et partant d’une loi
gymnasiarchique, élaborée plus ou moins tôt, ici et là, selon les circonstances4.

a. L’ordonnance de la stèle et l’objet de la loi

Celle de Béroia comporte 216 lignes gravées sur les deux faces d’une stèle opisthographe de
marbre blanc et bien conservées dans l’ensemble. Seule la face antérieure pose des difficultés
de déchiffrement. Elle constitue la face qui fut en contact avec la stratigraphie lorsque la stèle
recouvrait la tombe. Gravement endommagée par l’érosion des eaux, la lecture de plus de la
moitié de cette face est ainsi demeurée partielle. L’inscription est en fait divisée en trois
parties : la loi proprement dite est d’abord précédée du décret par lequel elle fut en amont
adoptée. Sur la face postérieure, se distingue à la dernière ligne ce qui constitue le bordereau
d’envoi du décret et de la loi. Il mentionne la transmission par les autorités d’une copie de
l’ensemble des décisions au gymnase, ainsi que l’issue d’un vote favorable à la résolution de
la loi. Célèbre car unique à tant d’égards, cette inscription nous livre pour la première fois le
texte presque complet d’une loi gymnasiarchique. Les autres sources disponibles à ce sujet
font seulement allusion à l’usage d’une loi similaire dans telle cité à tel moment, ainsi l’extrait
d’un diagramma royal de Philippe V sur les concours stéphanites daté de 183 av. J.-C.5. Sinon,
nos connaissances sur les gymnasiarques se sont longtemps fondées sur la lecture de décrets
honorifiques. La finalité de la loi est de rompre avec une situation antérieure jugée parfois
problématique concernant le gymnase de la cité, qui devait sans doute auparavant fonctionner
en tant qu’association de droit privé. Devant le désordre et l’indiscipline, il s’agit d’introduire
un changement qui considère prioritairement les récents dysfonctionnements. Les modalités
de cette remise en ordre sont établies avec l’agrément préalable de la cité. La loi définit les
droits et les devoirs du gymnasiarque au sein du lieu où il exerce son office. Elle demeure
valable pour tous les futurs gymnasiarques qui se succèderont à cette charge. Ses clauses
entendent couvrir un large éventail de situations pour les différents évènements qui ont trait à
la vie du gymnase, donc à l’attention de ceux qui l’animent et qui relèvent de l’autorité du

4
Les considérants du décret de la loi rappellent en outre que partout où l’onction est pratiquée, les autres
gymnasiarques (d’ailleurs appelés « magistrats ») exercent déjà leurs fonctions conformément à des lois.
5
L’extrait intéressant le gymnase (gravé sur stèle et retrouvé à Amphipolis) révèle que la majorité des cités
macédoniennes disposaient alors de gymnases dirigés par des gymnasiarques selon des lois ou des règlements.
(Cf. BullEpigr. 1987, 704 ; SEG 43, 1993, 369 ; M.B. Hatzopoulos, Macedonian institutions under the kings II :
epigraphic Appendix, 1996, 16, p. 40-41).
4

maître du lieu. L’image donnée de la fonction de gymnasiarque- resituée dans un contexte


avec des obligations et des pouvoirs qui lui sont propres- n’en est que plus originale. Les
prescriptions de la loi s’expliquent en outre parce qu’elles innovent en la matière ou qu’elles
expriment le besoin d’un rappel ou d’une modification. En revanche, le silence de la loi sur
certains points (c’est-à-dire les imprécisions, voire les lacunes dans les formules employées)
semble se justifier par le simple fait qu’elle n’introduit alors aucune nouveauté par rapport à
ce que les Béroiens sont, à l’évidence, déjà censés connaître. Les obscurités qui en résultent
dans l’interprétation de son apport ne le sont donc que pour nous.

b) Le problème de la datation

Selon les critères paléographiques, cette inscription remonte au cours du IIe siècle av. J.-C.,
environ entre 175 et 1256. N’étant pas datée de l’ère macédonienne, elle ne peut être
postérieure à 148 av. J.-C7. En revanche, l’absence d’une année de règne d’un roi ne
représente pas un critère déterminant pour la situer nécessairement après la fin de la
monarchie Antigonide, car cette règle n’est pas systématique pour tous les documents
d’époque royale. Il est d’autre part regrettable que la double datation mensuelle de l’année du
stratège éponyme- mentionné au début du décret au nom d’Hippokratès fils de Nikokratès- ne
puisse constituer une preuve décisive, ce dernier n’étant pas connu par ailleurs. Reste alors la
nomination dans le décret des trois rogatores, ainsi que les deux mentions des politarques
dans la loi et dans son bordereau d’envoi. Le problème de la datation de la loi a ainsi rejoint la
question controversée de l’introduction des politarques en Macédoine avant ou après
l’indépendance de 168 av. J.-C. La thèse sur l’origine préromaine de ces magistrats suprêmes
des cités semble être la plus probante, mais elle ne résout qu’en partie les difficultés pour
dater cette inscription litigieuse. Le manque de repères chronologiques incontestables incite
donc à la prudence. Nous pourrions au demeurant avancer une date relativement fiable entre
175 (voire un peu avant) et 148 av. J.-C. Mais il convient de prêter une sérieuse attention à la
judicieuse hypothèse énoncée par M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier8. Celle-ci tend à
assimiler deux des trois rogatores de la loi avec les politarques de Béroia (à savoir
Asklépiados fils d’Héras et Kallipos fils d’Hippostratos- le troisième, Zopyros fils d’Amintas,

6
Cf. J.M.R. Cormack, « The gymnasiarchical Law of Beroea », 1977, p. 140-41. La plupart des études
postérieures à 1993 préfèrent remonter le terminus post quem plutôt vers 180 av. J.-C. Une autre possibilité de
datation plus basse (entre 140-120 av. J.-C.) avait été proposée par B. Helly, sans toutefois susciter une grande
approbation. (Cf. B. Helly, « Politarques, poliarques et politohylaque», 1977, p. 544).
7
Cet usage de datation vaut pour tous les documents officiels postérieurs à cette année-ci. (Cf. M.B.
Hatzopoulos & L.D. Loukopoulou, Morrylos, cité de Crétonie 1989, p. 20-21).
8
Cf. M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi gymnasiarchique…., p. 35-41, 43-45.
5

étant présenté comme le gymnasiarque)9. Leur discours se fonde notamment sur la copie
d’une lettre de Philippe V datée de 215 av. J.-C. et adressée aux Bottéattes10. Ce parallèle
autoriserait à présenter le second rogator susmentionné non seulement comme un politarque
de sa cité, mais aussi comme un hégémon de premier plan du roi Persée, à l’instar de son père
avec Philippe V et probablement avec Antigone III Doson avant lui. En tenant compte de la
déportation massive décrétée par les Romains en 167 av. J.-C. (qui affecta les grandes familles
macédoniennes traditionnellement attachées au service des rois), un tel raisonnement rendrait
difficilement concevable la présence de son nom dans le décret après le désastre de Pydna et
l’abolition de la royauté11. L’aboutissement de l’enquête permet ainsi d’estimer avec plus de
précisions la date de la loi gymnasiarchique, qui pourrait être entrée en vigueur à Béroia vers
180 av. J.-C. et dans tous les cas avant 16712.

9
La forme des lettres du monument funéraire de ce dernier renvoie au style de l’écriture monumentale sous le
règne de Persée, un argument venant étayer cette hypothèse. (Cf. Corpus des inscriptions de Béroia, 155).
10
Cette copie contient une liste d’officiers de l’armée macédonienne où figurent parmi les trois premiers noms
de la liste le père et l’oncle de Kallipos fils d’Hippostratos. (Cf. E. Voutiras & V. Allamani-Souri, « New
Documents from the Sanctuary of Herakles Kynagidas at Béroia », Έπιγραφὲς τῆς Μακεδονία, 1996, p. 13-39 ;
BullEpigr. 1997, 370 ; 1998, 247 ; M.B. Hatzopoulos, Macedonian institutions… I : a historical and epigraphic
study, 1996, p. 402-03, 452-59 ; II : epigraphic Appendix, 31, n° 10 ; L’organisation de l’armée macédonienne
sous les Antigonides, 2001, p. 121, 165-66, n° 5).
11
L’obligation de satisfaire au quotidien un entraînement militaire pour les éphèbes et les jeunes gens serait
également significative, dans la mesure où celui-ci ne serait plus envisageable après l’interdiction par les
Romains d’entretenir toute force armée. (Cf. M.B. Hatzopoulos, « Les politarques de Philippopolis », 1984, p.
137-49).
12
Cette suggestion a été remise en doute par D. Kah (cf. Das hellenistische Gymnasion, 2004, p. 82) et par A.
Giovannini (cf. « L’éducation physique des citoyens macédoniens selon la loi gymnasiarchique de Béroia »,
2004, p. 474-90), dont les argumentations tendent à resituer davantage la loi après la conquête romaine. M.B.
Hatzopoulos campe toutefois sur ses positions en démontrant la fragilité des remises en causes de son confrère
allemand (cf. « La formation militaire dans les gymnases hellénistiques », Das hellenistische Gym…, 2004, p. 95-
96) et de l’érudit suisse (cf. « Quaestiones macedonicae : Lois, décrets et épistates dans les cités
macédoniennes », 2004, p. 28-37).
6

II) Le fonctionnement d’un gymnase institué dans une cité en démocratie

Durant ces dernières décennies, la terre macédonienne nous a livré des dizaines de documents
civiques et royaux, lesquels nous ont permis comme cette inscription de Béroia de rééquilibrer
notre vision de l'État macédonien et de ses composantes.

a. Un reflet partiel des institutions civiques de Béroia

Dans le débat de longue date sur les statuts des « villes » au sein du royaume de Macédoine13,
la loi gymnasiarchique permet de démontrer la réelle autonomie civique des cités à l’échelle
locale en renversant l’idée de simples circonscriptions administratives gouvernées par des
intendants royaux. Mais son intérêt reste limité sur le plan institutionnel. Dans la démarche
des rogatores qui sont à l’origine de sa rédaction, n’ont été logiquement pris en comptes que
les organes de gouvernement ou les exécutants officiels jugés utiles, tant pour la procédure
nécessaire à sa résolution, que pour le respect de son application effective par la suite. En
dehors de leurs compétences fixées pour le seul cadre du gymnase, l’inscription ne nous
fournit aucune autre information sur les diverses fonctions- probablement connues, du reste,
de tout un chacun parmi les citoyens- que devaient respectivement jouer ces derniers pour la
cité. Mais les renseignements contenus dans la loi et son décret illustrent néanmoins une vie
civique intense et complexe. Les Béroiens vivaient dans un Etat de droit, dont le bien-fondé
reposait sur le fonctionnement démocratique de ses institutions. En témoignent les références
aux « lois communes », qui sont conservées dans des « archives civiques » et appliquées par
des « tribunaux civiques » (peut-être formés de magistrats ou plus vraisemblablement de
simples citoyens). Cette législation propre à Béroia est le fruit des votes d’une assemblée
populaire détentrice de la souveraineté. La procédure de l'adoption de la loi exposée dans le
décret est démonstrative. Le principe d’une telle loi a d’abord été défendu par ses trois
initiateurs devant les citoyens, lors d’une première réunion en Apellaios, pour tenter de
susciter un peu plus tard leur approbation, une fois que ces derniers auraient eu tout loisir d’en
mesurer l’opportunité et les avantages. Le bordereau d'envoi de la loi en fournit la preuve.
Lors d’une deuxième assemblée en Péritios (ainsi espacée de la précédente par un laps de
13
Le développement systématique du processus d’urbanisation en Macédoine, accompagné de la diffusion du
modèle de la cité grecque, est un phénomène historique aujourd’hui bien connu et notamment visible à partir
du règne de Philippe II. Le degré d’autonomie des cités reste toutefois un sujet de controverses, mails il semble
avoir varié selon les cas et s’être accentué à la fin du règne de Philippe V. (Cf. U. Kahrstedt, « Städte in
Makedonien », Hermes 81, 1953, p. 85-111 ; A. Giovannini, « Le statut des cités de Macédoine sous les
Antigonides », Ancient Macedonia I, 1977, p. 465-72 ; M.B. Hatzopoulos, Macedonian institutions…, I : p. 125-
65, 371-429 ; « L'État macédonien antique : un nouveau visage », 1997, p. 17-22 ; « Cités en Macédoine », La
naissance de la ville dans l’Antiquité, 2003, p. 133).
7

temps de plus d’un mois), le peuple vota pour adopter la loi à l'unanimité à l'exception d'une
seule voix14. Le bon fonctionnement de la loi requiert par ailleurs l’action de certaines
magistratures présentées comme éligibles à une même date et annuelles. Responsables des
pouvoirs confiés, ceux qui les incarnent sont soumis à une reddition des comptes au terme de
leur mandat. En plus des politarques déjà évoqués15, l’inscription mentionne la présence
d’autres magistrats importants à Béroia, les exétastes (contrôleurs de la légalité des lois et
administrateurs des finances publiques), à côté de celle d’un praktor (percepteur civique des
amendes). Elle nous a aussi révélé en premier l’existence des stratèges16. La loi
gymnasiarchique nous apparaît donc comme le produit d’un régime démocratique, qui se
montre alors soucieux de règlementer l’insertion du gymnase au sein de ses institutions.

b. Une réglementation sur la vie du lieu

La vie du gymnase est méticuleusement codifiée point par point en fonction des pouvoirs
octroyés au gymnasiarque et des éventuelles sanctions définies à son encontre. Il y a fort à
parier que l’essentiel de la loi s’inspire en fait de règles antérieures connues par l’usage qui
caractérisait la vie du lieu. Mais celles-ci ne suffisant plus pour y maintenir le bon ordre, la loi
exprime une reconsidération générale de la question.

. Sur la gymnasiarchie. Les Béroiens ne veulent avoir affaire pour seul intermédiaire qu’au
gymnasiarque. Ce dernier devient un magistrat de la cité. Sa fonction est annuelle et sa
légitimité est basée sur son élection. Au vu de la méthode pour désigner ses assistants, celle-ci
consiste peut-être en la proposition de candidatures, suivie d’un vote à main levée, lors d’une
assemblée électorale annuelle. La validité de l’élection repose sur des principes communs aux
cités à propos de la magistrature en général. Le premier renvoie aux conditions d’âges avec

14
L. Moretti constatait ainsi que « la démocratie fonctionnait parfaitement à Béroia (...) non seulement au
moyen de l'ecclésia (…), mais aussi de la riche articulation du processus démocratique de la formation de la loi,
[en plus du] fait qu'il y eût opposition à la loi (…) ». (Cf. « Sulla legge gimnasiarchica di Berea », 1982, p. 55 ;
M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi gymnasiarchique…, p. 45-48).
15
Probablement issus d'une réforme des derniers Antigonides visant à alléger la tutelle royale incarnée par
l'épistate, les politarques se situent au sommet des magistratures civiques des cités. Leurs collèges semblent
alors être composés de deux magistrats, avant de passer à cinq suite à l’instauration des mérides en 167. (Cf.
M.B. Hatzopoulos & L.D. Loukopoulou, Recherches sur les marches orientales des Téménides I, 1992, p. 75 ;
M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, op.cit., p. 31-33).
16
La Stratégie consiste en une magistrature éponyme, annuelle et élective, dont les responsabilités
s’inscriraient dans des unités administratives plus vastes que les cités, selon l’interprétation défendue par M.B.
Hatzopoulos eu égard à la division à la fois administrative et militaire de la Macédoine des rois déjà en quatre
grands districts disposant d’une large autonomie. Cela permettrait l’identification du magistrat mentionné dans
la loi comme le stratège de la Bottiée. (Cf. M.B. Hatzopoulos & L.D. Loukopoulou, op.cit., p. 17-18, 24-25 ; M.B.
Hatzopoulos, Macedonian institutions…, I : p. 237-45, 257-58 ; « L'État macédonien antique… », p. 21-23). La
théorie du savant grec a été systématiquement remise en doute dans : P. O. Juhel, « Un fantôme de l’histoire
hellénistique: le ‘district’ macédonien », Greek, Roman, and Byzantine Studies 5, 2011, p. 579-612.
8

une limite usuellement inférieure à 30 ans et une autre, plus rarement mentionnée, supérieure
à 60. Le second invoque la prestation d’un serment au moment de l’entrée en fonction.
Comme pour tous les autres magistrats, celle-ci a lieu au début de l’année civique (le premier
du mois Dios, environ octobre) à l’occasion d’une grande réunion au sein du gymnase. La
formule ordinaire du serment du gymnasiarque est le seul texte pratiquement complet dont
nous disposons concernant le serment d’un magistrat civique lors de sa prise de fonction. On
connaît alors la teneur du « serment légal » à Béroia. Sa pratique valait sans doute chaque
année pour tous les nouveaux magistrats, afin de symboliser le contrat solennel passé avec la
cité quant à la prise de conscience de la responsabilité endossée. L’importance de cette
prestation sacrée se justifie en outre car elle concerne l’ensemble de la gestion du gymnase.
L’organisation interne du lieu repose sur une hiérarchie des rôles. Le gymnasiarque est placé à
la tête de la structure. Il est secondé par trois adjoints qui sont chargés de l’assister dans les
diverses tâches confiées, sans que l’on précise lesquelles. Ces derniers sont probablement des
anciens habitués du lieu. Ils sont aussi élus en début d’année, mais au gymnase et sans
pouvoir jouir de titulatures civiques. Le magistrat désigne de plus le « chef », c’est-à-dire son
représentant officiel parmi ceux du lieu chargé de transmettre ses consignes. Il incarne ici un
équivalent de l’hypogymnasiarque, qui fait habituellement parti des neoi, en étant souvent de
surcroît un parent du magistrat en fonction. Enfin, figure le gardien de la palestre. C’est un
esclave qui a pu racheter ce poste destiné à l’accompagnement des besognes ordinaires pour
l’entretien du lieu, comme l’indique notamment son humble privilège de vendre le gloios
(eaux usées ou résidus de sueur des corps enduits d’huile : un indice explicite sur la présence
de bains, aussi indiquée par la fourniture du bois). Pour tous ces derniers, ainsi que pour les
maîtres d’activités ou les accompagnateurs des garçons, la loi fait de l’assiduité une obligation
(un motif d’éloges fréquent dans les décrets honorant les gymnasiarques vertueux).

. Sur le plan social. L’objectif avoué de la loi est en effet d’imposer le maintien d’une
discipline approuvée par la cité. En plus des exigences sur la fréquentation du lieu (voir infra),
la loi prévoit en conséquence une alternative face à la dissipation un peu trop excessive parmi
ceux du lieu. Cette contre-mesure est définie dans les prérogatives du gymnasiarque, qui
l’autorisent à exercer des pouvoirs de coercition et de sanction dans l’enceinte du gymnase.
La loi envisage ainsi l’éventualité d’un certain nombre de cas au quotidien où seul ce
magistrat peut infliger soit des punitions corporelles (pour les mineurs ou les esclaves présents
parmi les pédotribes et les pédagogues), soit des amendes (pour tous les hommes libres et
majeurs). Sont ainsi considérés divers degrés de désobéissance, l’indécence, l’absentéisme et
9

la négligence, mais aussi l’injure, voire l’agression physique envers le gymnasiarque et le


manque d’assistance en pareil moment. Le nombre de coups (fouet ou bâton) ou le montant de
l’amende sont proportionnels à la gravité de la faute commise. Parmi celles dont le montant
est précisé, l’amende la plus forte est de 100 drachmes et la plus fréquente de 50. Leur
recouvrement est l’office du précepteur civique, qui en remet ensuite le produit au
gymnasiarque. La procédure préalable oblige le magistrat à faire proclamer et à afficher dans
le gymnase la liste de ceux qui sont frappés d’amendes avec les motifs correspondants. Les
peines prononcées par le gymnasiarque sont ainsi connues de tous parmi les habitués du lieu.

. Sur le plan juridique. La loi nous donne matière à réfléchir sur la pensée juridique à Béroia.
Les infractions à ses prescriptions sont répréhensibles en ce qui concerne les cas de flagrants
délits, mais aussi au travers d’accusations ou de témoignages portés après coup à la
connaissance du gymnasiarque, du moment qu’ils sont recevables. Comme toute clause
pénale, celles de la loi sont formulées de façon à englober tous les cas possibles de
transgressions, en lien avec tel évènement ou tel autre, sans que l’on éprouve la nécessité de
les définir intégralement. Les lacunes sont comblées le cas échéant, en laissant sans doute le
soin au gymnasiarque d’évaluer alors lui-même la punition la plus appropriée selon le modèle
fourni par la loi. Mais pour les délits dont la condamnation dépasse le simple cadre du
gymnase, elle stipule la saisie du « tribunal approprié », sans davantage de précisions. Outre
les coups et blessures contre le magistrat (qui doit lui-même porter plainte conformément aux
« lois communes »), cela concerne aussi le vol commis au sein du lieu. Un tel acte est assimilé
à un sacrilège, car le gymnase est, à Béroia comme ailleurs, consacré aux dieux et avant tout à
Hermès et à Héraclès17. L’équité de la loi se soucie également de prévenir les limites de
pouvoirs du gymnasiarque. Elle définit les actions légalement possibles contre lui dans la
mesure où il n’appliquerait pas la loi ou s’il le faisait à tort. Ce magistrat n’est pas à l’abri
d’une dénonciation, durant ou après l’exercice de ses fonctions, de la part de n’importe quel
habitué du lieu ou d’un quelconque citoyen. Un recours est ainsi possible pour ceux qui
s’estimeraient injustement frappés d’amendes. Ils peuvent faire opposition vraisemblablement
dans une affaire privée devant les « magistrats compétents » (une variante de vocabulaire
nous laissant perplexes quant à sa signification institutionnelle). Mais la loi se révèle soudain
plus loquace en matière de détails sur la démarche à respecter en cas de culpabilité avérée du
gymnasiarque. Ce dernier est soumis à la peine classique de l’ἡμιόλιον (soit le versement du

17
Nous ignorons quelles étaient les peines liées au chef d’accusation de hiérosylia à Béroia, mais « le sacrilège
même n’est qu’un mot dont la cité seule connaît la signification » (cf. J.-M. BERTRAND «De la fiction en droit
grec. Quelques réflexions », 2003, p. 404).
10

montant de l’amende et de la moitié en sus à la victime). Il est en outre astreint à acquitter à la


cité les sommes versées à titre de consignation par l’« accusateur », qui s’en trouve dès lors
remboursé (en l’occurrence du cinquième et du dixième de l’amende). De même, la dernière
clause prévoit que « celui qui le veut » peut intenter publiquement une action judiciaire contre
le magistrat dans un délai étonnamment long de 24 mois après la fin de son mandat. Une telle
durée est sans doute démonstrative de la volonté intransigeante de la loi de ne laisser impunie
aucune erreur antérieurement commise. Mais la procédure judiciaire à suivre n’est que
brièvement évoquée, avec pour seule instruction, le jugement de ces affaires devant les
« tribunaux appropriés ». Le gymnasiarque possède au demeurant le droit de faire appel pour
se justifier de son attitude ou de sa décision dont le bien-fondé est remis en cause.

. Sur le plan financier. L’autre priorité et nouveauté essentielle de la loi est de légaliser le
contrôle de la cité sur l’administration financière du gymnase. Celle-ci est apparemment
devenue une source de complications naissantes, selon les termes du décret, qui parlent
notamment de dilapidation des revenus. A Béroia, le gymnase est géré grâce aux « revenus
appartenant aux neoi ». On ignore quelle en est la (ou les) source(s) de provenance, à part le
fait que le produit des amendes infligées au sein du gymnase vient s’ajouter au « revenu
annuel des fonds réservés aux neoi ». Ceux-ci n’ont donc pas changé avec le passage de la loi.
Même si elle n’apporte nulle précision en ce sens, on ne peut exclure l’idée de fondation(s)
des rois, « grands bienfaiteurs intéressés des gymnases »18. Quoi qu’il en soit, le gymnase
garde ses fonds et ses revenus qui restent distincts de ceux de la cité. Pourtant, le
gymnasiarque, qui remplit les impératifs de trésorier du gymnase, fait désormais l’objet d’un
contrôle comparable à celui des autres magistrats disposant de fonds publics. Une fois par
quadrimestre, il est soumis à une séance publique d’euthynai devant les « contrôleurs » de la
cité, à laquelle peuvent prendre part facultativement « ceux qui le désirent » (sans doute
principalement les habitués du lieu et les anciens). La loi ne s’étend pas davantage sur les
conséquences en cas de preuves de malversations (la réponse est peut-être apportée par la
dernière clause). Le gymnasiarque doit aussi, après être sorti de charge, afficher le détail des
recettes et des dépenses de l’année, puis transmettre le reliquat de la caisse à son successeur.
Une lourde amende de 1000 drachmes, qui doit être reversée aux habitués du gymnase, peut
potentiellement frapper le gymnasiarque négligent ou malhonnête (au même titre que les
autres magistrats fautifs impliqués dans la procédure). C’est donc uniquement comme agent

18
Cf. M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi gymnasiarchique…, p. 126 ; Ph. Gauthier, Nouvelles inscriptions
de Sardes II, 1989, p. 92-95. L. Moretti a émis à ce sujet toutes les hypothèses plausibles. (Cf. « Sulla legge…», p.
58-59).
11

d’exécution- par l’intermédiaire des exétastes et du praktor- que la cité intervient sur le plan
important des finances entre le gymnasiarque et ceux du lieu. En fin de compte, la loi entend
déterminer de la meilleure façon possible la bonne conduite droite et respectueuse qu’est
censé adopter le gymnasiarque en fonction, en sachant que la concession de ses droits et de
ses devoirs le rend garant devant la cité de celle des habitués qui incarnent la vie du lieu.
12

III) Le témoignage sur un mode de vie et sur ses valeurs idéales

Au fil des siècles, la cohésion patriotique des Grecs des cités et des royaumes a reposé sur
l’éducation des jeunes gens. Le gymnase jouait un rôle socio-politique fondamental, étant le
lieu destiné à rassembler les dignes héritiers de la société de demain afin de leur inculquer les
principes et les valeurs d’antan.

a. La formation militaire d’une jeunesse aristocratique,…

Cette perspective de préparation des futurs citoyens se retrouvait évidemment au cœur de


l’instruction des jeunes Macédoniens du début du IIe siècle avant notre ère. Mais elle se voyait
particulièrement conditionnée par une tradition ancestrale unique en son genre. La loi
gymnasiarchique de Béroia nous en a livré un remarquable témoignage.

. L’identification de « ceux du lieu ». Le gymnase de Béroia est présenté comme le domaine


exclusif des individus de moins de trente ans. Comme partout dans le monde grec, cette limite
d’âge symbolise moralement et politiquement le passage à une vie adulte et à une citoyenneté
pleine et entière, signifiant partant la fin de l’entraînement au gymnase. Les usagers réguliers
du lieu sont essentiellement des neoi. Si la loi nous fait part de l’existence d’autres palestres-
certainement privées- au sein de la cité, c’est dans le seul but de définir le gymnase
« officiel » comme le lieu désormais réservé et obligé pour leur entraînement. En fait, elle
confirme qu’il n’existe à l’époque qu’un seul gymnase à Béroia, d’où l’insistance particulière
sur la bienséance collective et sur la différenciation des punitions pour les différentes
catégories des individus qui le fréquentent. Celles-ci regroupent les παῖδες (âgés de moins de
18 ans)19, les ἔφηβοι (âgés de 18 à 20 ans) et enfin les νέοι (âgés de 20 à 30 ans, avec la
distinction d’un sous-groupe pour les jeunes âgés de 20 à 22 ans, voir infra)20. Le gymnase est
uniquement considéré comme le patrimoine des libres. Mais sa vocation est plus
particulièrement pressentie pour satisfaire le genre de vie d’une élite aristocratique. Seuls des
citadins21 de cette condition (qu’ils soient des citoyens de Béroia ou des libres d’origines
diverses en Macédoine), disposant de loisirs et de revenus suffisants, peuvent
vraisemblablement fréquenter le gymnase avec assiduité jusqu’à l’âge de se consacrer

19
La limite d’âge minimale à Béroia n’est pas indiquée, mais les garçons rentraient généralement au gymnase à
14 ans (Cf. M.B. Hatzopoulos, Cultes et rites de passages en Macédoine, 1994, p. 99).
20
L’emploi de différents termes dans la loi pour qualifier les jeunes gens (νέοι, νεώτεροι ou νεανίσκοι) dépend
du contexte syntaxique et du sens suggéré. Ces termes seraient en fait rigoureusement synonymes. (Cf. M.B.
Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi gymnasiarchique…, p. 177).
21
Il semble difficile d’imaginer que des « citoyens-paysans », dispersés sur le territoire civique, puissent venir
tous les jours en ville pour s’entraîner au gymnase en laissant vacante la priorité de leurs occupations.
13

activement aux affaires de la cité. Et c’est certainement parce que « le gymnase reste avant
tout (…) l’école du citoyen »22, que la loi nous livre un chapitre singulier sur les exclus du
lieu. Leur présence est à la fois jugée comme une potentielle source de désordre et comme
vile (ou inapte) de figurer parmi ceux qui en sont dignes23. Les interdictions sont définies
selon des critères sociaux et moraux réunissant la décence, les capacités physiques, la liberté
et le mode de vie. Sont ainsi exclus le prostitué, l’apalaistros, l’esclave et l’affranchi, et
« ceux exerçant un métier d’agora »24. En dehors de ces indésirables, les neoi continuent à
former, après l’adoption de la loi, une entité que la cité reconnaît et contrôle tout à la fois. Le
passage obligatoire par le gymnase et la sélection sociale qui s’y opère à l’entrée expriment
donc chez les Béroiens une inclination vers un certain type d’éducation et de culture, dont les
valeurs communes se manifestent dans un entraînement quotidien.

. La pratique de leurs activités. Le gymnase est exclusivement envisagé dans la loi comme le
lieu où se pratique un entraînement aux exercices physiques (d’où les termes de nudité et
d’onction dans la clause sur le signal d’ouverture). Le programme énoncé ne comporte plus
précisément que des disciplines athlétiques axées sur la guerre (tir à l’arc, lancé de javelot ou
« autres disciplines nécessaires »)25. En aucune façon la loi ne nous livre des informations
connexes sur les activités de l’esprit, pourtant toutes aussi importantes que la vie gymnique
dans la παιδέια en général. Pas plus que des conférences, aucun autre maître d’activité n’est
mentionné mis à part les pédotribes pour les paides (dont on ne sait d’ailleurs ici pratiquement
rien). Ce sont là les principales limites de la loi, qui nous renseigne seulement sur une partie
de l’éducation dans cette cité, celle relevant logiquement des compétences du gymnasiarque.
Mais l’abondance des détails qu’elle procure doit nous inciter à ne pas négliger l’importance

22
Cf. Ph. Gauthier, « les cités hellénistiques », The Ancient Greek city-state, 1993, p. 226.
23
Cf. L. Moretti, «Sulla legge…», p. 49-54 ; A.V. Tataki., Ancient Beroea…, p. 426-29.
24
Ces exclusions sont à l’origine d’un certain nombre de suppositions sur la société de Béroia. La présence des
apalaistroi est ici jugée inutile car ils présentent des handicaps physiques inappropriés pour l’entraînement au
gymnase. Si la prohibition du prostitué ne pose pas de problème, celle des autres catégories a pu susciter une
analyse plus précautionneuse. A côté du gardien de la palestre, dont la relative indépendance sème le doute
sur sa condition, le fait d’interdire l’esclave en pareil endroit est naturel dans l’attitude d’un Grec. Mais là où
ailleurs dans nos sources, l’affranchi ou son fils peuvent avoir accès au gymnase et à l’éphébie, la loi de Béroia
est le seul document qui stipule clairement leur interdiction. Ce particularisme discriminatoire est peut-être
révélateur d’un statut encore apparenté à un état de dépendance, en droit ou en fait, pour les affranchis à
Béroia. On a pu soutenir que si la même sentence frappait les « métiers de l’agora », c’est peut-être (outre le
manque de loisirs et une mentalité depuis longtemps défavorable aux pénètes) que ceux qui en vivent
présentent une citoyenneté de rang inférieur. Mais nous ignorons toujours quels étaient exactement les
critères de la citoyenneté à Béroia comme dans chacune des cités macédoniennes.
25
Cf. notamment : Ph. Gauthier, « Notes sur le rôle du gymnase dans les cités hellénistiques », 1995, p. 4 ; M.B.
Hatzopoulos, L’organisation de l’armée macédonienne sous les Antigonides, 2001, p. 135.
14

de cette formation, encore à cette époque, à Béroia comme partout en Macédoine26. Le fait
que les neoi et les paides doivent satisfaire un entraînement journalier au gymnase s’avère
plus que significatif. Mais pour qu’une séparation stricte soit respectée entre les deux classes
d’âges, il fallait harmoniser l’organisation en quelque sorte paramilitaire du lieu. On apprend
ainsi que les garçons viennent en fait s’entraîner deux fois par jour à des moments distincts de
ceux des jeunes gens. Les termes de « chef » ou de « commandant » pour qualifier le
gymnasiarque et son représentant ne sont pas anodins au sein d’un tel contexte, au même titre
que le signalement de la place des éphèbes dans le lieu. A Béroia, l’institution éphébique
comporte deux années de service, une durée ordinaire dans le monde hellénistique. Mais le
cursus intellectuel qui complète généralement l’entraînement physique des éphèbes n’est
nullement attesté dans la loi27. Celle-ci n’est d’ailleurs pas exhaustive sur les modalités de leur
parcours, car elle n’informe que sur leurs activités qui touchent à la gestion interne du
gymnase28. Mais elle est porteuse d’une précision inédite sur leur avenir immédiat. Les neoi
sortis de l’éphébie doivent poursuivre pendant deux années supplémentaires le même
entraînement au côté des éphèbes les remplaçant.

Tant d’exigences et d’indices sur le caractère rigoureusement militaire de l’éducation dans la


loi gymnasiarchique font penser en réalité à la préparation d’une armée quasiment
professionnelle, telle qu’elle n’a pu exister que sous la royauté 29. Cette observation prend tout
son sens si on la resitue dans son contexte séculier. Vers 171 av. J.-C., au moment où Persée se
préoccupe de la mobilisation de l’armée et de sa concentration à Kyrrhos, la conjoncture
induit plus que jamais un entraînement guerrier des plus poussés en Macédoine, surtout
depuis le redressement militaire opéré sous Antigone Doson. A l’image de celui de Béroia, les
gymnases constituent certainement des réservoirs pourvoyeurs de soldats bien entraînés et
prêts à tout moment à servir au recrutement de l’« armée nationale », dont le rôle reste
prépondérant dans la Macédoine des Antigonides30. Le recensement de l’armée semble
d’ailleurs s’inscrire dans le cadre local des cités, si l’on admet une interprétation suggérée

26
Cf. M.B. Hatzopoulos, L’organisation de l’armée…, p. 129-46.
27
«The ephebia was a school that provided military, gymnastic, and intellectual education for young men of 18-
20 years of age ». (Cf. E. Albanidis, « The Ephebia in the ancient hellenistic world and its role in the making of
masculinity », Making European Masculinities, 2000, p. 4).
28
Cet aperçu de l’éphébie est notamment complété par la loi éphébarchique d’Amphipolis trouvée en 1982.
(Cf. en premier : Ergon 1984, p. 22-24 ; BullEpigr. 1987, 704 ; M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi
gymnasiarchique…, p. 161-63).
29
Cf. N.V Sekunda, « The Macedonian Army », A Companion to Ancient Macedonia, 2011, p. 46-71.
30
Cf. M.B. Hatzopoulos, L’organisation de l’armée…, p. 15-19 ; A. Noguera Borel, « Le recrutement de l’armée
macédonienne sous la royauté », Rois, cités et nécropoles: institutions, rites et monuments en Macédoine,
2006, p. 227-36.
15

pour le décret de conscription de l’armée sous Philippe V31. Un tel recoupement


d’informations nous autoriserait-il à soupçonner qu'à l'origine de la proposition de la loi
gymnasiarchique de Béroia, se trouvait une incitation royale qui entendait faire rattraper à
cette cité le retard institutionnel et législatif qu’elle avait prise ? A défaut de pouvoir l’assurer,
il y aurait, semble-t-il, de bonnes raisons de le penser32. Ainsi, à une époque où les cités et les
royaumes des autres régions du monde hellénistique font plutôt appel à des mercenaires, ce
gymnase témoigne, à travers sa loi, que la société macédonienne est restée attachée à sa
tradition militaire dans l’éducation des jeunes gens. Cet idéal de valeurs trouve en outre toute
sa symbolique dans la célébration des Hermaia.

b. …, dont les Hermaia consacrent l’entraînement annuel

Destinés à honorer Hermès, le dieu par excellence du gymnase, les Ἑμαῖα se présentent
comme « une fête qui existe en tout gymnase, en chaque ville » et étant parfois accompagnée
des Ἡράκλεια33. Ils constituent aussi à Béroia la grande fête annuelle du lieu célébrée en
Hyperbérétaios (environ septembre). Le chapitre de la loi sur les Hermaia est le plus long de
tous. Il nous offre pour la première fois un exposé suivi et détaillé de cette fête dans une cité
déterminée. Son déroulement, occupant ici au moins deux journées, est relaté en fonction des
devoirs du gymnasiarque chargé de l’organiser et de la présider.

. Ouverture, prix et concours individuels. L’ouverture officielle des Hermaia s’accompagne


d’un sacrifice initial à Hermès. C’est certainement à cette occasion que le serment des juges
devait être prêté. La loi nous renseigne sur quatre épreuves individuelles, pour lesquelles le
magistrat doit proposer des prix (en armes) aux vainqueurs, qui sont eux-mêmes dans
l’obligation de les consacrer dans le gymnase au cours de l’année suivante. Elles sont
réservées au moins de trente ans, donc, semble-t-il, aux seuls neoi et non aux paides. Il s’agit
de l’εὐεξία (prestance), de l’εὐταξία (discipline), de la φιλοπονία (endurance) et de la course
longue (sous réserve)34, autant de termes se rapportant à la formation de parfaits soldats. Deux
des trois épreuves clairement citées (discipline et endurance) sont jugées par le gymnasiarque,
car il s’agit de proclamer l’évaluation des efforts accomplis durant l’année. La troisième
(prestance) se déroule qu’au moment des Hermaia et nécessite la constitution d’un jury de

31
Voir supra note 10. (Cf. M.B. Hatzopoulos, op.cit., p. 85-91).
32
Voir supra notes 4 & 5. A. Giovannini a cependant considéré qu’une telle interprétation est erronée parce
qu’enracinée de préjugés sur l’armée royale. (Cf. « L’éducation physique des citoyens… », p. 477-90).
33
Cf. L. Robert, BullEpigr. 1962, 248.
34
Voir la conjecture sur la probable lacune du lapicide à cet endroit de l’inscription. (Cf. M.B. Hatzopoulos &
Ph. Gauthier, La loi gymnasiarchique…, p. 98-99).
16

trois membres. Ces derniers sont des habitués du lieu, sans doute parmi les plus âgés, et sont
tirés au hasard d’une liste de sept noms dressée par le gymnasiarque. La loi prévoit avec
grands soins les éventuels désistements des personnes choisies pour incapacité ou quelque
autre raison justifiable sous l’ἐξωμοσία, le serment d’excuse. Sont ainsi mentionnés seulement
quelques-uns des concours individuels qui ont lieu probablement pour le premier jour. Au
même titre que l’entraînement durant l’année, la célébration de cette fête ne comporte aucune
trace d’épreuves plus intellectuelles ou musicales dans la loi, mais uniquement des disciplines
récompensant les compétences gymniques. On note aussi que la loi n’apporte en fait guère de
précisions ni sur leurs déroulements respectifs, ni sur les modalités de leurs jugements. Son
but n’est pas d’en changer les usages ordinaires (idem pour les sacrifices et le banquet). Le
réel objectif exprimé dans la loi touche davantage à réglementer le financement de leurs
préparations, une question nouvelle pour les étapes d’un supposé deuxième jour. Comme tout
ce qui dépend du gymnase à Béroia, les dépenses que les Hermaia génèrent sont puisées dans
les « revenus des neoi » et non sur les frais personnels du gymnasiarque comme il l’est attesté
ailleurs (ainsi pour la confection des prix, le choix des victimes immolées, etc.).

. De la course aux flambeaux au banquet final. Pour la question des détails, la loi laisse
souvent une grande initiative au gymnasiarque. Arrivé au point fort des Hermaia, c’est à lui
que revient la charge de désigner les lampadarques, les coureurs et les juges en vue de la
course aux flambeaux. Si la clause sur le choix du jury reste assez vague35, celles sur les
obligations de la lampadarchie sont plus instructives, quoiqu’assez complexes. Cette liturgie
concerne six individus figurant parmi les habitués du lieu (trois pour les neoi et autant pour
les paides). Elle consiste à assumer sur leurs fonds privés la fourniture de l’huile nécessaire
pour l’entraînement préalable des coureurs sélectionnés36. La loi prévoit à nouveau la
possibilité de forfaits, validés ou non par le serment d’excuse, avec une série de détails tout à
fait inédits pour la lampadarchie37. On peut comprendre en fait que derrière la contrainte de
l’aspect financier, les lampadarques jouent aussi le rôle de chefs d’équipes chargés d’entraîner
et de diriger ceux qui en font partie, en pouvant par conséquent jouir du prestige dû à la

35
Outre cette épreuve collective, le magistrat doit aussi établir des juges pour la course longue et « pour tous
les autres concours » parmi « ceux qui lui paraissent être qualifiés ». On peut supposer que ce choix obéit aux
mêmes critères que ceux avancés pour les juges de l’εὐεξία.
36
Pour les mineurs, cette obligation est remplie par ceux qui en ont la garde (famille ou gardiens des
orphelins). Durant l’année, cette tâche qui consiste à assurer la fourniture de l’huile aux habitués du lieu est
sinon la préoccupation ordinaire du gymnasiarque selon des modalités aujourd’hui indéchiffrables. On ignore
par ailleurs quelles sont les méthodes de sélection et de répartition des coureurs, ainsi que leur nombre dans
les équipes.
37
Cf. M.B. Hatzopoulos & Ph. Gauthier, La loi gymnasiarchique…, p. 121-22.
17

victoire. On peut regretter à l’inverse le manque d’informations sur la course aux flambeaux
en dehors de sa simple allusion. Mais la précision sur la durée de dix jours pour
l’entraînement qui la précède, associée au nombre de lampadarques, laisse présumer que les
garçons et les jeunes concourent séparément. Dans chaque catégorie, il se pourrait donc que
trois équipes s’opposent dans ce qui est une course de relais rapprochée au culte d’Hermès,
qui met fin aux épreuves des Hermaia. Vient ensuite le sacrifice final qui procure de quoi
satisfaire un banquet dans l’enceinte du gymnase. Comme pour le reste de l’année, garçons et
jeunes gens doivent rester séparés38. Le financement et le bon déroulement du sacrifice et du
banquet des neoi sont du ressort des hiéropes, lesquels sont choisis parmi les jeunes sans être
des magistrats. Ceux des paides concernent leurs pédotribes. La loi fournit en outre des
précisions sur la distribution des parts de viandes issues du sacrifice ou encore sur
l’interdiction d’introduire un quelconque « divertissement » chez les neoi (autant de détails
qui devaient auparavant être une source de complications). De plus, on anticipe tout
particulièrement la crainte de tricheries et de corruptions avérées, ainsi que les défaillances et
les dérogations insuffisantes, aussi bien chez les participants que chez les juges ou pour tous
ceux qui disposent d’un quelconque rôle d’organisateur. La loi définit partant les amendes et
autres châtiments adéquats qui relèvent de l’autorité du gymnasiarque39. Grand évènement
attendu dans la vie du gymnase, est ainsi exprimée dans la loi la volonté des Béroiens de ne
rien laisser au hasard pour les Hermaia, qui viennent solennellement clôturer la fin d’une
année d’entraînement pour les habitués du lieu et la fin d’un mandat pour le gymnasiarque.

38
Si la loi n’en dit mot, cette séparation semble pourtant évidente par le rappel d’une éventuelle beuverie, qui
ne peut logiquement être tolérée que chez les neoi.
39
Son intégrité offre en outre une possibilité nouvelle pour les neoi qui s’estimeraient lésés parmi les
participants d’entreprendre une action judiciaire contre un juge soupçonné de partialité. La procédure à suivre
se fait encore une fois selon les « lois communes » et devant un tribunal non précisé.
18

Conclusion

Au terme de cette analyse, il nous est possible de parler de la loi gymnasiarchique de Béroia
comme d’une source exceptionnelle pour l’histoire hellénistique. Son principal intérêt est de
nous livrer une réglementation des plus instructives sur le fonctionnement d’un gymnase en
tant que nouvelle institution. En revenant soigneusement sur les droits et les devoirs du
gymnasiarque, la loi est porteuse d’une vision neuve et des plus profitables pour nos
connaissances sur la gymnasiarchie en tant que magistrature dans le monde grec. Elle a
également contribué à renforcer notre interprétation sur la conjoncture caractérisant les
derniers temps de la Macédoine des rois. Il faut convenir, du reste, qu’elle nous fournit
seulement quelques indices- somme toute assez épars, bien que capitaux-, autant sur la réalité
administrative à l’échelle « nationale », que sur l’ordinaire du fonctionnement des instances
civiques à l’échelle de Béroia. Mais elle nous a donné la preuve incontestable pour la
Macédoine d’un authentique mode de vie en cité avec la démocratie pour fondement politique
local. Le passage de la loi est motivé à l’origine par l’intention d’instituer le contrôle (pour
ainsi dire intégral) de la cité sur l’administration de son gymnase. La teneur de ses
prescriptions se limite donc au seul cadre de ce lieu et s’applique uniquement à ceux qui le
fréquentent et aux activités qui se déroulent en son sein ou sous son égide, en touchant par
conséquent à la responsabilité du magistrat en fonction. Cependant, on est souvent tenté de
restituer dans les détails la marque de l’hellénisme le plus classique (ainsi pour les modalités
de l’élection et les pouvoirs du gymnasiarque, la gestion financière du gymnase, les classes
d’âges, le déroulement des concours, etc.).

Sa générosité nous autorise aussi à nous faire une idée plus concrète sur la vie à la fois
institutionnelle et culturelle des paides et des neoi (outre les éphèbes parmi eux), facilitant par
la même notre compréhension des institutions militaires. L’ensemble de ces considérations
revêt alors un caractère spécifiquement macédonien. La loi souligne à maints égards
l’importance d’un entraînement physique qui ne doit pas être sous-estimé encore à la basse
époque hellénistique. Celui-ci est manifestement réservé à une élite partageant un idéal de vie
commun basé sur un quotidien fait de loisirs. Les buts prioritaires sont d’organiser la
socialisation des jeunes gens et de favoriser leur assimilation des vertus d’une formation
paramilitaire au sein d’une société très attachée aux valeurs de ses traditions. Le contexte ainsi
énoncé à Béroia vaut sans aucun doute pour la plupart des cités macédoniennes disposant
d’un gymnase. Il est fort probable que des lois gymnasiarchiques doivent y être instituées
19

depuis déjà un certain temps ou bien faire l’objet d’une adoption prochaine. En fait, outre le
prétexte d’une remise en ordre indispensable, le nouvel intérêt tout particulier que les
Béroiens portent sur la vie de leur gymnase pourrait bien traduire les effets d’une décision
plus large émanant du pouvoir central. Son dessein semble avoir consisté à davantage mêler le
pouvoir royal à l’éducation des jeunes Macédoniens par l’intermédiaire de la législation des
cités, afin de mieux l’adapter à ses besoins selon un phénomène politique très tôt attesté dans
ce royaume. Comme rappelé plus haut, il est notoire que la Macédoine favorise jusqu’à la fin
de son indépendance une primauté absolue à ses politikoi stratiotai. Les cités macédoniennes
nous apparaîtraient ainsi plus que jamais comme les unités de bases du recrutement des
soldats, dont les gymnases constituent les centres de formation locaux. Le passage d’une loi
gymnasiarchique à Béroia nous renseigne donc sur le plein essor d’un processus institutionnel
relatif au rôle du gymnase et à l’encadrement de la jeunesse macédonienne quelques années
avant la troisième Guerre macédonienne (172-168 av. J.-C.) dont l’issue désastreuse du côté
grec marque l’effondrement de la Macédoine des Antigonides et l’avènement de la suprématie
de Rome désormais libre d’établir progressivement son impérialisme en Orient.
20

Bibliographie

. Les études portant exclusivement sur la loi gymnasiarchique

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