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Composition de français 3e trimestre Classes, 2A .

L
Lycée Houari Boumediemie Ain Agout Le 19/05/09

Durée : 2 heures

Texte :
Féerie du sud algérien

Le sud peut décevoir le voyageur ; il voyage en effet pour voir quelque chose, du sable par exemple, et des
oasis. Or, dans la plus grande partie du sud algérien il n'y a ni sable, ni oasis. Ce sont des terrains rocheux, des
pierres calcinées, le désert, oui, mais tout autre qu'on l'imaginait. On attendait des dunes de sable croulant sous les
pas des dromadaires, un ciel embrasé par un soleil de feu ; et que trouve-t-on ? Des cailloux, des plateaux
monotones, toujours des pierres ; par endroits des bandes de terre limoneuse qui forme le pointillé du cours des
oueds, mais les lauriers roses ont déjà disparu, et à la place d'une féerie de couleurs, une teinte grise uniformément
répandue ; un ciel morne et parfois couleur de cuivre.
Mais dès qu'on a passé cette première impression, dès qu'on s'est incorporé au paysage, quel épanouissement d'une
lumière aussi magnifique et aussi et aussi nuancée que la queue d'un paon. Et quelle majesté que celle de la
descente de Djelfa à Laghouat, la noblesse de ces monts qui gardent un paradis de palmes et le seuil du vrai désert,
difficile aussi de ne pas conserver dans les yeux la vision de Ghardaïa, de ses jardins et de sa blanche pyramide...
Les oasis de M'Zab sont admirables, ne serait-ce que par la nette séparation qu'elles font de ce qui est vivant
et de ce qui est stérile. Ici l'eau, les maisons, les plantes et les hommes au travail de fourmi, là le sable, la mort et
l'oubli. Pas de ces compromis, de ces bavures comme les banlieues autour des villes , les faubourgs indéterminés ou
ces campagnes qui sont tellement habitées que la nature s'y est transformée en un vaste jardin potager.
Evidemment pour traverser de grandes étendues de désert, la fatigue est extrême. Mais on a le temps de
s'imprégner de monotonie et d'une sérénité faite d'abandon. De Ghardaïa à Guerrara, un car, qui roulait par
miracle, se trouvait à mi-route quand tout à coup un roulement assourdi se fit entendre, et l'on vit s'avancer dans
une dépression de terrain une vague d'eau qui grossit, s'enfla et finit par couler sans interruption .La route était
coupée et il fallait attendre. L'on attendit ainsi tout le jour, puis toute la nuit les étoiles répondaient par leur éclat
minéral et celui des pierres éparses sur le sol, et le grondement du fleuve accompagnait les chants gutturaux des
nomades enroulés dans leurs burnous. Au matin le fleuve improvisé disparut et le car put repartir.
Ces incidents n'arrivent que lorsqu'il a plu, c'est-à-dire parfois tous les deux ans. L'immensité du désert est
comme un gouffre pour l'esprit ; il en a peur, s'y refuse. Mais pour peu qu'il ait commencé à se familiariser avec
elle, il en sent l'attirance ; qui lui paraît d'abord un danger à éviter puis une curiosité à satisfaire et enfin une
ivresse dont il ne peut plus se passer. Ces paysages sans pitié comme la première heure du soleil boit la rosée. Le
monde lui apparaît le théâtre d'une agitation vaine ; il n'aspire qu'à s'en retirer. Il s'enfonce et bientôt ne montre
plus aux autres que le fantôme de son véritable moi qui, lui est déjà uni à quelque chose de plus en plus mystérieux
qu'aucune langue humaine ne pourra dire ...

Jean Grenier, « Les iles »(Ed.Gallimard)

Questions
I-Compréhension (14 pts)
1- Quels sont les lieux visités par l'auteur ?
2- Complétez le tableau suivant par des mots et expressions pris du premier paragraphe (trois dans chaque
colonne)

Le désert tel qu'on l'imaginait Le désert réel (la plus grande partie du sud algérien)
3-Relevez dans le troisième paragraphe deux mots qui se rapportent à « ce qui est vivant » et deux mot: qui se
rapportent à « ce qui est stérile »
4- « Ces incidents n'arrivent que lorsqu'il a plu, c'est-à-dire parfois tous les deux ans » De quels
incidents parle l'auteur ?
4- Pourquoi l'auteur utilise-t-il le passé simple dans le quatrième paragraphe ?
6- Relevez du dernier paragraphe une comparaison en précisant le comparé, le comparant et le moyen de
comparaison.

7- Quels sont les sentiments ressentis par l'auteur devant le spectacle de l'immensité du désert ? (Dernier
paragraphe)

II-Expression écrite (6pts)

Choisissez un pays, une ville, ou une région que vous avez visitée et racontez votre voyage.