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GUIDE

AU CONTRAT
Comment a été pensé ce contrat ?
Le Comité Professionnel des Galeries d’Art (cpga) a souhaité mettre à la
disposition de l’ensemble de ses adhérents cet outil indispensable pour fa-
ciliter et rendre plus transparente la collaboration entre les artistes et les
galeries d’art.

La rédaction proposée pour ce mandat de représentation résulte d’un im-


portant travail de réflexion et de négociations.

Sous le contrôle de Maîtres Olivier de Baecque et Hélène Dupin, tous deux


mandatés par le cpga pour défendre respectivement les intérêts des gale-
ries et des artistes et en étroite collaboration avec le président du cpga,
Georges-Philippe Vallois, la responsable des affaires juridiques et fiscales,
Laurène Henry accompagnée par Simon Rolin, juriste, ce modèle de
contrat a été conçu de manière équilibrée pour préserver les intérêts de
chacune des Parties, les artistes et les galeries d’art.

Le mandat de représentation est une base contractuelle minimale que nous


recommandons de mettre en place lors de toute collaboration.

Pourquoi mettre en place un contrat pour


formaliser la collaboration entre un Artiste
et une Galerie?
En l’absence d’un contrat écrit entre l’Artiste et la Galerie, les rapports des
Parties sont régis par le droit commun, la jurisprudence et les usages (par
exemple le code de déontologie des galeries d’art). Or, il existe peu de dis-
positions légales spécifiques et claires.

De plus, pour déterminer les contours des engagements réciproques, il fau-


dra interpréter des éléments factuels tels que les échanges de courriels, les
factures, les usages des parties, etc.

Certaines incertitudes compliquent la relation entre les parties au cours


de l’exécution du contrat, empêchent des négociations de fin de contrat
simples et sont source d’insécurité juridique et judiciaire en cas de conten-
tieux.
Afin d’établir une situation contractuelle équilibrée et transparente entre
les parties, il est vivement recommandé de formaliser un contrat écrit
pour asseoir la collaboration avec les artistes représentés par la galerie.
Le contrat permet ainsi de travailler sur une base claire et empreinte de
confiance réciproque.

Que contient le modèle de contrat proposé ?


Le mandat de représentation proposé par le CPGA a pour objet de régir
les points essentiels d’une relation entre un Artiste et sa Galerie et ainsi
réduire les éventuelles difficultés (fixation des prix, répartition, rédaction
des fiches de dépôt, suivi des comptes, remise des œuvres, préavis de fin
de contrat, etc.).

Le contrat constitue donc un modèle adaptable aux besoins spécifiques


des Parties.

Pour des situations particulières, ce guide comporte également des clauses


additionnelles qui peuvent être ajoutées au mandat de représentation, no-
tamment pour les questions d’exclusivité et de financement des productions.

Par ailleurs, un contrat peut être évolutif. Les Parties disposent de la faculté
de mettre en place des avenants lorsque les circonstances l’exigent. Ces ave-
nants nécessitent le consentement préalable et la signature des deux Parties.

Quelles sont les conséquences en cas de fin


de collaboration ?
L’investissement affectif entre Artiste et Galerie rend parfois les ruptures
tumultueuses. Le contrat permet de restreindre les sources de tension
en prévoyant les conditions de la fin de la collaboration, évitant ainsi un
contentieux.

Le contrat prévoit des modalités de fin de collaboration entre l’artiste et la


galerie. Il prévoit donc les délais dans lesquels la remise des œuvres doit
intervenir et selon quelles modalités (apurement des comptes entre les par-
ties, annonce des opérations en cours pour ne pas entraver les négociations
déjà entamées ou les expositions déjà annoncées et programmées …).
Précisions sur certaines clauses au mandat
de représentation
Les points développés ci-après contextualisent les clauses suivantes :

Sur la clause d’exclusivité – article 2-1

Le principe d’exclusivité est une notion essentielle dans la collaboration


entre un artiste et sa galerie. Le travail de promotion et de développement
de carrière de l’artiste effectué par la galerie ne peut s’opérer efficacement et
légitimement qu’à (la) condition que l’artiste lui garantisse une exclusivité
et, selon la pratique, a minima sur le territoire français.

Ce principe d’exclusivité territoriale peut toutefois faire l’objet d’aménage-


ments. Il peut être développé ou restreint en fonction des cas.

Ainsi, l’exclusivité peut avoir un territoire donné plus important ou porter


sur des œuvres identifiées.

Si les Parties souhaitent préciser certaines contreparties à l’exclusivité, alors


il peut être prévu au sein du mandat de représentation les précisions sui-
vantes :

La Galerie s’engage à rendre visibles les œuvres de l’Artiste dans son local
commercial et lors des différentes manifestations auxquelles elle souhaite par-
ticiper selon un calendrier prévisionnel annuel établi d’un commun accord.

Ce calendrier devra notamment prévoir un nombre minimum d’expositions


(personnelles et/ou collectives) dans la Galerie.

La Galerie s’engage à établir une liste précise des outils de communication


dont elle dispose (réseaux sociaux, site internet, titres de presse dans laquelle
la Galerie prend des encarts publicitaires…). Sur cette base et en fonction du
calendrier prévisionnel établi, la Galerie s’engage à rendre visible le travail
de l’Artiste et les évènements/opérations qui lui seront dédiés.

La Galerie s’engage à informer l’Artiste des relations qu’elle a établies avec


des tiers (institutions culturelles, sociétés d’édition, autres galeries, agences de
communication …)

Il peut être prévu que la Galerie garantisse un chiffre d’affaires minimal


revenant à l’Artiste soit par l’achat/revente d’œuvres à des tiers ou d’achat
par la Galerie elle-même.

Sur la clause de médiation préalable obligatoire – article 9-2

Une clause de médiation préalable obligatoire est une solution, de plus en


plus répandue en pratique, qui peut être apportées lorsque les Parties se
trouvent confrontées à un différend sur l’exécution et/ou la résiliation du
contrat.

La médiation consiste en la désignation d’un tiers impartial et indépendant


formé à la médiation.  Le médiateur a pour objectif de réintroduire le dia-
logue entre les parties afin de construire une solution commune aboutissant
à la conclusion d’un protocole d’accord confidentiel mettant fin au litige.

Les juridictions ont pour habitude, en cas de litige complexe, de renvoyer


les parties à une médiation préalable même si aucune obligation n’est pré-
vue au contrat.

La médiation présente de multiples avantages pour les professionnels  du


marché de l’art :

- la procédure et le protocole d’accord sont confidentiels, évitant ainsi


toute publicité du litige ;

- les coûts de la médiation sont moins élevés que ceux d’une action en
justice (frais d’avocats, d’huissier, d’expert…) ;

- il s’agit d’une procédure rapide (en moyenne six mois) ;

- l’accord trouvé reste équilibré entre les parties.

En cas d’échec, la médiation ne prive pas les parties de saisir la juridiction


compétente.

Sur une clause relative à la traçabilité des œuvres


Sur la possibilité de prévoir une clause relative à la communication
de l’identité (noms / adresse) de l’acheteur

Aujourd’hui, le marché réclame plus de transparence sur la provenance des


œuvres pour les protéger ou pour favoriser leur valorisation.

La Galerie, durant et après la résiliation de son mandat de représentation,


devra effectuer toutes les diligences nécessaires pour faire connaître aux
intéressés (artiste, ayants droit, institutions …) l’identité des clients à qui
elle a vendu les œuvres précisées, et ce durant l’exercice de son mandat de
représentation.

À ce titre, la clause suivante peut être insérée au mandat de représentation :

La Galerie s’engage, à la demande de l’Artiste ou sur mandat de sa part,


à contacter l’acheteur des pièces visées lorsque les circonstances l’exigent (par
exemple en cas de rétrospective proposée par une institution, une édition d’un
catalogue raisonné…).