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PREMIÈNE PANTIE

COI\DT]ITE DU TRAITEA{ENT

Le traitement d'une algie par l'acupunctur'e est d'autant plus


effcace qu'il est plus précoce, car ainsi Ie déséquilibre de l'énergie,
origine réelle de l'algie, r'â pas eu encore le temps de créer une lésion
susceptible d'entretenir la d.ouleur par Ia suite et de rendre le traite-
ment plus long et plus délicat. C'est une règle impérieuse (1), chaque
fois qu'il est possible, d,e commencer !e traitement dès le début des
phénomènes douloureux. Malheureusement, Ie malade se présente
souvent'fort tard et seulement après avoir essayé diverses thérapeu-
tiques.
une algie prise au début, mais aussi une algie plus ancienne
lorsqu'il s'agit d'une algre dite < essentielle r, c'est-à-dire sans substra-
tum anàtomique, seront soulagéeÉ souvent dès la première séance,
et eeci de façon parfois déûnitive. Mais Ia majorité des phénomènes
dôuloureux demande plusieurs séances pour être supprimés.
Le nombre de séances nécessaires est variable. Il 'est fonetion
avant tout de I'importance et du type du déséquilibre de l'énergie
présenté par le malade, de l'existenee ou non d'une lésion et, lorsqu,elle
existe,. d.e son importanee et de son ancienneté. Mais il dépend eneore

Il
_^._^._(-I) exi.ste..cepgn$apt des exc_eptionis peu nombreuses. Ainsi pour certaines algies
sc_ratiques suraiguës, où il faut attendrè trois bu quatre jours après td aeUut de Ia d.oul"eur
pour eosrmencer !e traitement.

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LE TBAITEME}iT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTARE

de bien d'autres facteurs parmi lesquels on peut citer : I'habileté de


I'opérateur, sa connaissance de la palpation des pouls radiaux, son choix
des points, la précision de Ieur lor:alisation, l'état du malade et les
traitements médicaux suivis précédemment.
Lorsque plusieurs séances sont nécessaires, il est habituel de laisser
un intervalle d.e huit jours entre elles. Cet écart peut cependant être
réduit (surtout en été), ou augmenté (surtout en hiver). Certains
conseillent d'attendre pour pratiquer la séance suivante, Ia fin de
I'amélioration obtenue lors de la séance précédente. De toutes manières,
iI n'y a pa,s intérêt à faire un trop grand nombre de séances successives,
cat cela peut créer une acupuncturo-résistanee. Le nombre habituel
de séances varie de cinq à dix au maximum. Il est toujours préférable
d'obtenir une sédation de I'algie par exemple à 90 %, ensuite de
suspendre Ie traitement, même si cela est obtenu à la "t deuxième ou
troisième séance. Très souvent la sédation définitive sutvient malgré
la cessation du traitement. Dans le cas contraire, ou en cas de récidive,
on fera une nouvelle et courte série de séances d'acupuncture.
Toute algie intermittente doit être traitée lorsqu'elle se mani-
feste, pendant les douleurs et non en périod.e d'accalmie; nous insis-
terons sur ce point plus loin.
Mais la question principale dans Le traitement d'une algie sera
toujours son diagnostic et sa classifrcation. Car pour pouvoir être trai-
tée d'une manière rationnelle, toute algie nécessite au préalable un
diagnostic aussi exact que possible.
La médecine classique aetuelle est par rapport à la médecine
chinoise infiniment mieux armée pour l'établissement d'un diagnostic
objectif. Aussi toujours et sans exception, avant de vouloir lutter
contre un phénomène douloureux faudra-t-il effectuer un diagnostic
à la manière occidentale qui précisera Ia nature et l'origine de cette
algie, et permettra de juger si son traitement est bien du domaine de
l'acupuncture. Il serait anti-scientifique et même absurde de vouloir
traiter par les seules aiguilles une céphalée syphilitique ou une algie
d'origine néoplasique. Il faut même exagérer les précautions et ne pas
hésiter, serait-ce devant une algie au premier abord banale, à pratiquer
tous les examens radiologiques et de laboratoire qui sont actuellement

L4
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

classiques. Si I'on a négligé ee premier temps dans le'cas d'une algie


d'apparence banale, il arrive que ce soit l'échec du traitement qui
mette sur la piste d'un processus lésionnel grave. Répétons que ce
diagrrostic avec nos moyens d'investigation modernes est indispensable,
non qu'il soit toujours ou même fréquemment indicateur du sens du
traitement mais en ee qu'il permet d'éviter de traiter uniquement
par I'acupuncture des algies relevant d'une autre thérapeutique.
De plus, il est toujours utile <ie vérifier au préalable s'il n'existe
pas une lésion susceptible d'empêcher I'action de I'acupuncture. Si
elle existe, et qu'elle consiste en un déplacement ou blocage articulaire,
il faudra Ie réduire avant le traitement par les aiguiiles. Cette question
particulièrement importante fera l'objet de la quatrième partie de
cet ouvrage.
C'est seulement ensuite que l'on peut passer à l'examen et à I'inter-
rogatoire chinois. Mais il ne faut surtout pas oublier, et nous venons
d'y insister dans l'introduction, que le traitement de toute algie,
comme de toute maladie, doit toujours débuter par le rétablissement
du déséquilibre de I'énergie qui est I'origine réelle de toutes les affec-
tions. Sans cette étape capitale, Ie résultat clinique ne saurait être
que provisoire et temporaire.
En premier lieu il faut d.onc établir le diagnostic du déséquilibre
de l'énergie en général et le déséquilibre quantitatif et qualitatif au
sein de chaque méridien. Dans l'état actuel de nos connaissances cela
ne peut se faire que par la palpation des pouls radiaux et reste impos-
sible si on ne connaît pas cette technique proprement chinoise (1).
Youloir faire de I'acupuncture sans prendre les pouls, â pu dire un d.e
nos meilleurs élèves, c'est vouloir < naviguer sans boussole >>. La tech-
nique de la palpation des pouls radiaux ne fait pas partie du sujet
de ce présent livr'e et nous renvoyons pour son étude soit aux ouvrages
de Soulié de Morant, soit à notre < Essai sur I'acupuncture chinoise
pratique > et à nos ( Compléments >.
IJne fois ce déséquilibre de l'énergie bien établi et diagnostiqué
par la palpation des pouls il va falloir le rétablir. Four rester dans Ie

(1) Cependant, d.es recherches récentes laissent espèrer que nous pourrons bientôt
complèter et même parfois suppléer à la prise des poulÈ par d.es mesures électroniques.

15
LE TRAITEMENT DES ALGINS PAR L'ACAPANCTANE

cadre de notre sujet nous ne reviendrons pas sur les méthod.es à utiliser
déjà décrites d.ans nos précédents ouvrages. Rappelons cependant
quelques idées générales.
Si un malade présente une pléthore en même temps qu'une algie,
il faut d'aborcl disperser la pléthore et faire Ie moins de points symp-
tomatiques possible (I). A la séance suivante, si la pléthore a nettement
dirninué, on rétablit I'équilibre de I'énergie et I'algie elle-même sera
beaucoup plus faeile à traiter. II en est de même pour les cas de catence,
celle-ci devant être traitée préalablement. Dans la majorité des cas
cependant il ne s'agit ni d.e pléthore ni de carence, mais d'un excès
de fnn ou de Iang en géneral.
Dans cette d.ernière hypothèse, il faut choisir un procédé de réta-
blissement parmi ceux qui semblent indiqués par le déséquilibre en
général: procédé direct ou indirect (2). lVlais iI faut toujours se souvenir
que si la piqûre unique est un idéal, que par d.éfinition on ne peut
atteindre, iI faut s'efforcer néanmoins d'utiliser le minimum d'aiguilles.
Aussi appliquera-t-on de préférence le procédé de rétablissement qui
utilise des points de commandes q.ui sont en même temps points
spécifiques ou de brindilles de I'algie que I'on traite, et ce sera ce fait
qui contribuera aussi à leur cholx. Ainsi pour une arthrite des doigts
avee excès net de Iang en général, plutôt que d'utiliser la tonification
d.es points fnn généraux, il seta préférable d'employer le procédé par
les l\,Ierveilleux Vaisseaux (3). Bn effet, le Merveilleux Vaisseau dont
dépend I'arthrite des doigts est Iang-oe et dans ee procédé il faut piquer
son point maître Oae-koann (5 T.R.) en dispersion. Or il se trouve
que Oae-koann est aussi un point symptomatique pour les algies des
doigts : on traitera ainsi par un seul point le déséquilibre en général
et l'arthrite elle-même.
Une fois Ie rétablissement de I'équilibre de I'énergie en général
aehevé le mieux possible, on procède au rétablissement de I'équilibre d.e

(I) Voir a Pléthores et Carences ), par le Dr Regard (Actes d.es IIf e Journées
Internationales d'Acupuncture).
(2) Voir a Le Choix du procédé de rétablissement )), par le D' I\'Iér;r (Acte des
IIIe Journées Internationales d'r\cupuncture).
(3) Voir page 292.

16
LE TNAIT'EMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTUNE

l'énergie dans chaque méridien. On utilise les procédés habituels, le plus


souvent le procédé Constellation ou la grande piqûre pour les déséqui-
- libres quantitatifs et la règle hôte-invité pour les déséquilibres quali-
tatifs. Ensuite, seulement lorsqu'il s'agit d'algies non viseérales, on
utilise les points assentiments indépendants.
Ce n'est qu'après ces préambules que l'on peut passer au traite-
ment proprement dit de l'algie que présente le malade.
Ce protocole classique de traitement doit être respecté pour que le
résultat du traitement puisse êtrê efÊcace et durable, et montre qu'une
séance d'acupuncture est toujours assez longue surtout si l'on doit
ajouter aux aiguilles des massages ou des techniques articulaires.
La durée d'une séance d'acupuncture (1) ne peut donc pas être comparée
à celle d'une consultation allopathique courante.
Le traitement proprement dit d'une algie varie suivant un certain
nombre de caractères qui sont à la base de la classification chinoise,
caractères dont la recherehe doit être effectuée suivant une technique
déterminée.
Nous étudierons successivement :
Chapitre I. Classifi.cation et diagnostic des algies.
-
Chapitre II. Clr,oix et technique de la piqfrre des points spéci-
-
fiques et de brindilles.
Chapitre III. Causes d'échecs de l'acupuncture ou de la dirni-
-
nution de son efficacité.
Chapitre IV. Incidents pouvant survenir au cours du traite-
-
ment par I'acupuncture

L7
CHAPITRE PREMIER

CLASSIFICATIOI\ ET
DIAGI\OSTIC
DES ALGIES

La classification chinoise des algies est éminemment pratique.


ElIe les divise en algies viscérales et en algies non viscérales, et se base
pour cela sur la différence des procédés que réclame leur traitement.
Cette classifrcation est mise en évidence par l'examen clinique
occidental et I'examen et l'interrogatoire général mené à la manière ehi-
noise. Une algie non viscérale est en général plus ou moins superficielle
et ne semble pas résider dans un viscère : le type en est aussi bien une
névrite qu'une arthrite par exemple. Une algie viscéraler ptrr contre,
semble résider dans un viscère profond ou dans son voisinage eomme
une colite douloureuse, une dysmenorrhée ou une migraine.
Cette classification sépare nettement une entorse d'une eolique
néphrétique; dans certains cas elle est moins affirmée cependant.
Si elle peut paraître artifrcielle et imprécise, elle a pourtant le mérite
sur le plan pratique d'être suffisante dans la majorité des algies rencon-
trées.
ilIais dans tous les cas il est nécessaire de procéder à une étude
plus précise de I'algie et à la reeherche des caractères qui lui sont pro-
pres, tels que le permettent I'examen objectif du territoire de l'algie
et l'interrogatoire mené à la manière chinoise. Les renseignements
qu'ils fournissent permettent d.e préciser la place de l'algie selon une
classiûcation plus détaillée et donnent des indications non seulement
t8
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURD

sur le pronostic mais aussi sur le traitement lui-même. IIs permettent,


par exemple pour les algies non viscérales, de déterminer les procédés
généraux de traitement à utiliser, êt, aussi bien pour les algies
viscérales que les non viscérales, de choisir les points spécifiques et
de brindilles.
Les caractères réunis au cours de l'interrogatoire et de l'examen
permettent aussi de reconnaître si l'algie est de nature Inn ou de nature
fang, et indiquent ainsi s'il faut disperser ou tonifier les points spéei-
fiques et de brindilles. En effet, dans I'absence éventuelle de tensei-
gnements particuliers donnés par la palpation des pouls (car une indi-
cation fournie par le pouls prime toujours une classifrcation et un symp-
tôme), il faudra de préférence disperser ces points dans le cas d'algies
Iang (ce qui représente la grande majorité des cas) soit les tonifier
dans le cas d'algies Inn (l).
Cet examen et cet interrogatoire se font souvent d'une manière
simultanée et sont très voi.sins dans le cas d'algie viscérale ou non
viscérale. Cependant pour bien préciser cette question importante,
nous les étudierons en deux sections :
Section I. Algies non viscérales.
-
Section II. Algies viscérales.
-
Spcrron I
ALGIES NON VISCERALES
Nous envisagerons successivement en deux paragraphes f interro-
gatoire et l'examen.

des caractères, des mo s

Tili'llïlrf,''i1,i:: :
Chaque algie ne présente jamais que des caractères fnn ou que d.es caractères Iang,
mais toujôurs à- la fois des asieets Inn et des aspects lang.
Lorsqu'elle rassemble une maj qualitative de modalités Iang,
elle est dite c algie Iang ); alors qu nn r si les caractéristiques Irur
I'emportent quantitativement ou q pages At, 32 et 33.

l9
LE TNAITEMENT DES ALGIES PzIR L,ACUPUNCTANE

Paragraphe I
INTERROGATOIRE

Celui-ci va s'efforcer de rassembler le maximum de renseignements


sur les éléments de l'algie qui ne sont ni visibies ni objectifs et que
seul le malade peut apporter. Ils peuvent variei à I'infini en fonction
de chaque algie. On retiendra ici seulernent les principaux qui doivent
être recherehés dans toutes les algies non viscérales quelles qu'elles
soient. Ce sont plus particulièrement : l'ancienneté de l'algie, son rythme,
sa période de maximum, ses modalités, I'étiologie du déséquilibte, etc.

1o Ancienneté de l'algie.
Il faut situer l'algie dans le temps et déterminer sa date d'appa-
rition qui permet déjà de classer les algies en :
a) récentes, datant de moins d'un mois;
b) anciennes, datant de plus d'un mois et de moins de six mois;
c) algies très anciennes, datant de plus de six mois.
Du point de vue pronostic, une algie récente correspond le plus
soutzent à ce que I'on appelle en langage occidental une < algie essen-
tielle > où Ie déséquilibre originaire de l'énergie n'a pas provoqué
un processus lésionnel susceptible de créer un nouyeau déséquilibre
capable d'entretenir ia douleur. De ce fait, ces cas, sauf s'il y a une
lésion sous-jacente (ainsi une sciatique provoquée par un blocage
sacro-iliague), permettent d.'espérer un soulagement important dès la
première séance d.'aeupuneture et souvent une sédation définitive.
Par contle, tlne algie ancienne et plus encot'e une algie très ancienne
proviennent d'un déséquilibre de l'énergie en général qui a eu le temps,
bien souvent, de créer une lésion; cette lésion, à son tour, est le point
de départ d'un nouyeau déséquilibre qui entretient I'algie. Il faut donc
obtenir par les aiguilles le renve.rsement cl'un plocessus évolutif. trl
est alols nécessaire de prévoir pour une algie ancienne plusieurs séances
d'acupunetute et pour une algie très ancienne plusieurs séries de
séances sans pouvoir espérer une guérison, une sédation complète de
l'algie err cas de lésion devenue irréversible avec le ternps.
20
LE TRAITEMENT DDS ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Une algie récente est toujours et d.ans tous les eas (les exceptions
sont rarissimes) une algie Iang quels que soient les auires éléments
d'appréciation Inn ou Jaog que l'on pouua recueillir par la suite;
de ce fait, il ne faudra jamais tonifier mais au contraire toujours dis-
perser les points spécifiques ou de brindilles indiqués pour cette algie
récente. Par contre, une algie ancienne et surtout une algie très ancienne
peuvent être de natuie Inn; d'autres éIéments ou caractères Inn ou
fang sont nécessaires pour établir définitivement ce diagnostic.

20 Rythrne de I'algie.
A. Une algie peut être continue ou intermittente et son analyse
donne des renseignements importants.
a) Continue :
Sans être influencée par d'autres éléments : mouvement ou repos;
le jour et lanuit; indépendante des circonstances météorologiques, etc.
Cet élément de permanence est un caractère Inn.
b) Intermittente :
Lorsqu'il existe des périodes d'accalmie complète. Par exemple,
I'algie ne se produit elr'aux mouyements ou à certains mouyements,
ne se manifeste que le jour ou Ia nuit, est dépendante des circonstances
météorologiques, climatiques, ete. L'intermittence est un caractère fang
(sauf pour les algies uniquement nocturnes qui ont, pour cet éIément,
un caractère Inn). Il faut noter qu'il est important et presque impé-
ratif, lorsqu'il s'agit d'une algie intermittente, de la traiter non pas
dans une période d'accalmie ryais lorsqu'elle se manifeste (1). Autre-
ment dit, on doit, lorsque c'est possible, éviter de la traiter pendant
les périodes de rémission mais au contraire pendant qu'elle se mani-
feste, car d'une part, les aiguilles agissent mieux quand le déséquilibre
est mieux diagnostiqué et d'autre part on peut contrôler ainsi l'action
de chaque point de brindilles et noter ceux qui semblent plus parti-
culièrement apporter un soulagement important.

(t) Une algie intermittente non modifiée par les mouvements e5t toujours plus
diffieile à soulager que les autres.
2t
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

B. - Une algre peut être modifiée par des circonstances extérieures.


a) ElIe peut se manifester seulement aux mouvements (caraetère
Iang) t
b) Être modifiée par le froid ou la chaleur. Aggravée par le froid
et soulagée par la chaleur : caractère fnn; aggravée par la chaleur et
soulagée par Ie froid : caractère fang.
c) Être modifiée par la pression. Aggravée par la pression : carac-
tère fang; soulagée par la pression : caractère Inn.
Ainsi une algie ancienne, continue, augmentant la nuit, soulagée
par Ia chaleur et la pression est le plus souvent une algie Inn (il est
cependant nécessaire de tenir compte également des autres éléments
Inn ou fang mis en évidence par la suite de I'investigation).
30 Période de maxirnum de I'algie. Aggravation horaire.
IJne algie peut être plus ou rnoins continue ou intermittente
mais présenter un maximum douloureux à un cettain moment déter-
miné et toujours le même au cours des 24 heures. C'est le plus souvent
un signe que le méridien qui présente sa magnitude (1) à ce même
moment esi en excès. Excès que confirme en général la palpation
du pouls correspôndant. La dispersion de ce méridien (lorsque les
conditions d'efficacité sont réunies) apporte le plus souvent un soula-
gement.

4P Modalités ou Caractères.
IJne algie peut présenter ur-re variété infinie de caractèr:es dont
certains seulement sont importants pour le traitement. n est utile
de s'aider de la liste des modalités, exposée à la fin de la rubrique de
I'algie considérée selon la localisation, pour faire préciser les caractères
par le malade pendant l'interrogatoire. On ne peut envisager ici toutes
ces modalités mais seulement les principales.
IJne algie peut être superficielle (caractère Iang, sauf si elle siège
dans l'épiderme lui-même ce qui est ru] earactère Inn), ou profonde,
siégeant près ou dans les os ou les articulations (caractère Inn).

(1) Voir r Coinpléments d'acupuncture ), pages 45 et 46.

22
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

Sembler siéger en des endroits bien précis sans changement


(caractère fnn), ou au contraite être erratique (caractère lang).
Être limitée ou présenter des irradiations parfois fort éloignées.
Donner au malade unê gamme de sensations subjectives, ainsi :
être pénétrante (caractère Inn), donner une impression de brûlure
(caraetère fnn), de striction (caractère lang), de tiraillements, de pin-
cements, d'élancements (caractères Iang), être lancinante (caractère
fnn), etc.
Au point de vue pronostic, une algie bien localisée est plus aisée
à soulager et les douleurs erratiques passant d'un endroit à un autre
sans raison évidente sont les plus difficiles à traiter.

5o Etiologie du déséquilibre.
L'origine traumatique de I'algie est importante à connaître car
en ce cas il est toujours indiqué d'utiliser Ia règle de la grande piqûre.
De même, si I'on soupçonne que le déséquilibre est provoqué par
un blocage vertébral ou articulaire, il faudra toujours penser à vérifier,
avant le traitement, I'intégrité anatomique et y remédier si nécessaire.

Paragraphe II
EXANIEN DU TERRITOIRE DE L'ALGIE
C'est un temps capital car iI donne des renseignements objectifs,
plus sûrs et moins sujets à caution.
On détermine d'abord s'il s'agit d'algies unilatérales ou bilatérales.
Il faut ensuite réunir les éléments pour classer le phénomène douloureux
en algie en nappe ou algie linéairé, d'une part, et, d'autre part, en réunir
les caractètes objectifs. Nous envisagerons ces questions en deux
alinéas.
Alinéa I. Caractères objectifs de I'algie.
-
L'examen du telritoire cl.ouloureux permet de déterrniner ses
caractères évidents : roligeur (caractère Iang) ou Jividité (caractère
Inn); chaleur (caractère Iang) ou froid (caractère Inn); enflure ou
gonflement (caractère Inn) ou absence de gonflement et d'épanchement
(car'actère fang).
oa
Èa)
LE 'IILAI'IEMEN" D-lq,S ALGIES PAR L'zICUPUNCTA&E

S'il s'agit d'une articulation, il faut évaluer sa faculté (en d.ehors


de la douleur que le mouvement peut provoquer) de fonctionner plus
ou moins librement. II faut.rechercher l'ankylose (caraetère Inn) et
aussi I'atrophie possible des masses musculaires environnantes (carac-
tère Inn).

Alinéa II. Topographie de l'algie.


-
II est essentiel, du poirrt de vue thérapeutique dans le cas d'une
algie non viscérale, d'établir s'il s'agit d'une algie en nappe ou d'une
algie linéaire. Les premières s'étendent sur un territoire qui peut être
de superficie très variable mais qui est toujours grossièrement ovalaire
ou arrondi; les secondes, au contraire, semblent prendre I'aspect plus
ou moins précis de bandes (ainsi dans les algies sciatiques). En pratique
un bon procédé pour classer ainsi les algies est d'utiliser ur) crayon
dermographique ou à mine grasse et de dessiner sur la peau du malade
les contours d.e Ia zone douloureuse. Généralement la distinction entre
ces deux types d'algies est évidente. Parfois la classification est moins
précise. En cas de difficulté pour établir ce diagnostic, il faudra se
baset, lorsque c'est possible, sur les renseignements fournis par I'intet-
rogatoire et par la prise des pouls. Si I'on trouve un excès d'un flanc (1)
à un pouls colrespondant à uu méridien qui traverse la zone doulou-
reuse, on peut classer l'algie dans les algies iinéaires.
a) Algies en nclppe.
IJne algie est dite en nappe lorsque Ie tenitoire douloureux
qu'elle occupe est cle forme arrondie ou ovalaire. Le plus souvent il
s'agit d'un territoire ramassé et court.
Il faut cependant distinguer entre les algies étendues et les algies
réduites (de la valeur d'un écu) centrées sur une saillie osseuse, car
leur traitement est très différent.
Une fois la zone douloureuse bien délimitée, et si possible dessinée
sut'le corps, il faut rechercher et notet sur ce territoire le ou les méri-
diens de même natute (c'est-à-dire uniquement des méridiens Inn ou
uniquement des méridiens lang) ou de nature différente, ou encore

(l) Voir page 86, note l.


24
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPUNCTUNE

le ou les Merveilleux Vaisseaux (ou une de leurs branches aberrantes)


qui le traversent. C'est un point primordial et il faut toujours faire cet
examen très soigneusement.
b) Algi,es linéaires.
Il s'agit d.'algies dont la topographie est toujours en band.es qui
semblent plus longues que larges, généralement longitudinales par
rapport à I'axe du corps. Le type en est par exemple les algies sciatiques.
On classe cependant parmi elles les algies transversales ou plus exacte-
ment circulaires qui semblent enserrer un membre soit en bande étroite,
ce sont les algies en anneaux, soit en bandes plus larges, ce sont les
algies en brassards.
Autant que pour les algies en nappe, il est indispensable, pour les
algies linéaires, de répérer soigneusement le ou les méridiens qui siègent
sur le trajet douloureux ou à son voisinage immédiat, et vérifier s'ils
sont de même nature ou non et surtout si le territoire douloureux
n'englobe pas une partie du trajet d'un Merveilleux Vaisseau. Pour
effectuer cette recherche, et surtout lorsqu'on n'est pas irès fami-
liarisé avec l'aeupuncture et les trajets exacts de l'énergie périphé-
rique, il est indispensable d'avoir sous les yeux des planches anatomiques
qui donnent les trajets des méridiens et des Merveilleux Vaisseaux.
Si cette distinction entte algies en nappe et algies linéaires n'est
que secondaire pour les classer en algies fnn ou en algies fang, elle
est primordiale, par contre, pour le choix des procédés généraux de
traitement des algies non viscérales que I'on trouvera exposé au
chapitre Ier de la deuxième partie. A tel point qu'il serait illusoire
de bien connaître et mêrne d.e' savoir appliquer correctement les pro-
cédés généraux de traitement si le diagnostic qui est à leur base était
défectueux.

SucrroN If
LES ALGIES VISCÉRALES
Comme dans le cas des algies non viscérales, il faut effectuer un
diagnostic étiologique et clinique précis à la manière occidentale avant
25
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUI\CTARE
de procéder à la palpation des pouls radiaux, puis à l'interrogatoire
et à I'examen chinois.

Paragraphe I
INTERROGATOIRE

L'interrogatoire est plus irnportant encole que dans le cas des


algies non viscérales. Les symptômes objectifs sont en effet peu nom-
breux, et le plus souvent on ell est réduit aux données subjectives
fournies par le malade. Ce sont avant tout les modalités d.e I'algie
et son ancienneté qui permettent de Ia classer en algie fnn ou en algie
fang. Mais les renseignements donnés par le malade sont parfois peu
précis, parfois même erronés et I'on n'arrive pas à la même certitude
dans cette distinction. Et c'est une règle capitale dans le traitement
des algies viscérales, dans le doute et en soupçonnant toujours une
erreur de diagnostic par suite de renseignements qui peuvent ne pas
être exacts, que de devoir toujours cousidérer une algie viscérale, à
la première séance, comme une algie fang. Même si l'on soupçonne
fortement qu'elle est Inn, on doit d.onc à la première séance toujours
disperser une algie viscérale (1). Ce n'est qu'en cas d'échec, celui-ci
confirmant le diagnostic d'algie fnn, que I'on sera en droit de tonifier
I'algie. L'expérience prouve que disperser une algie Inn n'entraîne
qu'un échec, sans aggravation, alors que la tonification d'une algie
Iang peut entraùrer des aggravations.

1o Ancienneté.
Comme pour les non viscérales, une algie viseérale ancienne est
souvent Inn et demande toujours un certain nombre de séances
d'acupuncture pour céder définitivement. Une algie viscérale réeente
se soulage toujours plus rapidement mais n'est pas comme Ies non
viscérales forcément Iang : elle peut être aussi Inn.

(1) Lorsque l'on dit que I'on tonifie ou disperse une algie, cela s'applique uniquement
au sens de la piqfrre des pôints spécifiques et d.e brindiiles, et bien enténdu ne s'applique
pas au retablissèment de l'équilibre de l'énergie.

26
LE TNAITEMENT DES ALGIDS PAR L'ACUPANCTANE

20 Rythme de la douleur.
Continue ou intermittente. Comme une algie non viscérale, I'algie
viscérale doit être de préférenee traitée pendant qu'elle se manifeste
et non pendant une période d'acealmie (1).

3o Période de maximum de la douleur.


Plus encore que pour les algies non viscérales, il faut noter si
l'algie présente un maximum lloraire toujours le même au cours
des 24 heures. Car en pareil cas, Ia dispersion d,u méridien qui présente
au même moment sa période de magnitude est très souvent efficace
et confirme le diagnostic aux pouis.

40 Type de la d,ouleur.
Les modalités des algies viscérales sont beaucoup plus importantes
que pour les non viscérales, par suite de I'absence de procédés généraux
de traitement et de l'irnprécision des éIéments objectifs de diagnostic.
Comme ces modalités peuvent être fort variées et que le malade peut
oublier ur] symptôme essentiel, il est toujor.lrs utile de s'aider du
lexique au cours de l'interrogatoire. On détermine le type de I'algie,
par exemple céphalée, maux d'estomac, dysménorrhée, etc., et on
ouvre le lexique à la rubrique conespondante; puis l'on demande au
malade s'il présente l'une'des modalités qui s'y trouvent énumérées.

Paragraphe II
EXAMEN
on examine ensuite le siège de l'algie ou la partie du corps où
elle semble se projeter. On n'obtient jamais de renseignements aussi,

(l) hez la fentme, d'une


algre se , on ne doit jumais
faire d'a autre mtrnifejtation
douloure

sP'"
être Ë:L*:Ît
r:indilles,
sans 213.

27
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTARE
préeis que pour les algies non viscérales car il s'agit par d.éfrnition
d.'algies profondes et dont les manifestations cutanées visibles ou pal-
pables sont Tares.
Pour toutes les algies viscérales iI faut donc déterminer leur
localisation large, les ramener chaque fois que c'est possible à I'organe
dont elles proviennent et rechercher soigneusement les irradiations
possibles de la douleur et plus encore ses territoires anormaux. Ainsi
une cystalgie qui inadie au-dessus de I'ombiiic, une migraine vraie
qui donne une algie d'apparence non viscérale d.e la nuque et de
l'épaule, etc.
Pour les algies abdominales, Ie palpet donne des renseignements
supplémentaires et plus objectifs. Il existe deux manières de palper
l'abdomen à la manière chinoise :
a) Ie palper pro/ond.
Il est semblable à l'exanlen occidental et permet par exemple de
déceler et de délimiter les tenitoires . douloureux, les iiradiations et
les contractures ou spasmes profonds (appelées par les Chinois contrac-
tures vraies). Il diffère cepenclant lors du palper du foie qui s'effectue
sur le malade assis et non pas allongé, le médecin étant placé derrière
lui.
b) Ie palper superficiel.
C'est un procédé d'examen spécifiquement chinois. Les rensei-
gnements qu'il donne ont également leur importance en dehors des
algies. On divise I'abdomen en quatre quadrants déIimités par deux
Iignes droites se croisant à angle.droit à l'ombilic et dont la verticale
passe par la ligne verticale médiane de I'abdomen. L'examen s'effectue,
sur le malade allongé étendu sur le dos, les jambes écartées sufF.sam-
ment pour que les cuisses ne se touchent pas, avec les trois cloigts
médians d.e la main droite. Ces trois doigts médians sont étendus
en mettant le médius légèrement soulevé au-dessus du niveau où
se trouvent I'index et l'annulaire. La main bien à plat, I'index et
l'annulaire ont pour seul but de déprimer très légèrement la partie
de I'abdomen examiné et c'est le seul médius qui effectue la recherche
et le diagnostie. On recherche sous le médius, au niveau de la partie
examinée q.ui a été isolée par les deux autres doigts, Ia sensation de
28
LD TNALTEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURD

contractures superficielles, d'augmentation ou de diminution locale de


tonus musculaire, que l'on rencontre éventuellement. Pour rechercher
cette sensation, il faut mettre Ia main bien à plat, à peine appuyée,
en lui faisant décrire de petits mouvements d.e circumduction succes-
sivement dans les quatre quadlants. Avec un peu d'habitude on sent
par cette manceuvre soit des contractures superficielles, soit une augmen-
tation locale de tonus musculaire (qui n'ont aucurr rapport avec les
contractures vraies trouvées par le palper profond) souvent courtes
et même arrondies qu'il est diffieile du reste d'attribuer uniquement
à des spasmes des muscles superfi.ciels. En ce qui concerne les algies,
on considère l'état des deux quadrants supérieurs d'une part et des
deux quaclrants inférieurs d'autre part.
Ces contractures donnent des renseignements :
a) sur les méridiens sur lesquels eiles siègent, ce qui est en dehors
de notre sujet;
b) s'il existe d.es contractures superficielles ou des augmentations
de tonus localisées, I'algie que l'on doit traiter est presque toujours
une algie Iang et non une algie Inn; s'il n';z a pas de contractures,
ce peut être soit une algie Inn, soit une algie Iang;
c) I'existence de contractures peut indiquer de piquer (à moins
qu'ils ne soient contre-indiqués par I'examen des pouls) des points
particuliers (1).
it
*-*

(l) Lcrs de I'exarnen abdominal, on doit également étudier plus particulièrcmeut


certains points qui siègent sur cette irartie du corps. Cet'ue étude se fait :
lo Par lrr pression pour étudier les points spontanément douloureux : ainsi les
points Hérauts siègeant suf le ventre corune le 25 E, Ie 14 F, mais aussi le 16 R,le 27 E, etc.
. 20 Par le palper superficiel qui pernet cie déceler des différences de tonieité à leur
nlveall,
On obtient ainsi des rensei.qnements sur lcs méridiens correspondants, strr leur
équilibre approché qualitatif eb q"uantitatif. ilIais ces renseignement's doiveni toujours
être confiunés :
a) pour les Chinois, par la palpation des pouls;
ô) pour certarins Japonais modernes par le test d'Akabané.
Cette question étant en dehors de noire sujet, on ne fera que Ia citer.

29
LE TRAITDMDNT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

En résumé, I'interrogatoire, I'examen et la palpation des pouls


vont permettre :
d'abord de cliagnostiquer le déséquilibre de l'énergie en
-
général et dans chaque méridien, et d,e le rétablir par les procédés
habituels.
ensuite, et seulement pour les algies non viscérales, de choisir
-
le procédé de traitement général qui coûespond à I'algie que I'on a
à traiter.
de choisir les points spécifiques et de brindilles en fotction
-
des modalités.
Si l'on a une indicatiou partieulière donnée par la palpation des
pouls, on connaîtra parfois Ie sens selon lequel il faudra piquer ces
points, soit en tonification (ce qui est assez rare) soit en dispersion.
En l'absence de renseignements donnés par la palpation des pouls,
c'est le caractère Inn ou Iang de I'algie qui indiquera si ces points
doivent être tonifiés ou dispersés. C'est pour ces deux raisons que dans
le lexique qui constitue le traitement des algies selon leurs localisations,
nous n'indiquerons pas (sauf exeeption impérieuse) à la suite des points
eonseillés le sens selon lequel il faut les piquer.
Au sujet de la classification des algies en algies de nature Iang et
de nature fnn, il faut noter :
a) un rnalade présentant une algie de uature manifestement
Iang peut montrer à la palpation des pouls un excès de Iang général
mais aussi bien un excès général de Inn. Dans ce dernier eas, I'algie
Iang n'est qu'un déséquilibre .local en sens inverse du déséquilibre
général et cela n'empêchera pas de disperser le Inn général et de toni-
fier Ie Iang général. De même une algie hrn peut coïncider avec un
excès de Inn général, mais aussi bien avec un excès de Iang général,
ce qui n'empêchera pas non plus dans ce dernier cas de disperser le
fang général et de tonifier le fnn général;
à) toute algie, quelle qu'elle soit, ne présente jamais q.ue des
caractères faug ou que des caractères Inn, mais au contraire toujours
à la fois des caractères Inn et cles caractères fang. Car, dans l'organisme,
comme dans tout I'univers, le fnn ou le Iang abs olu n'existe pas et
ne peut pas exister : il y a toujours une certaine proportion de chacune

30
LE TRAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCT'URD

de ces formes (fnn ou lang) de la même énergie (1). Pour cataloguer


et classer une algie, il faut ehaque fois rassembler les différents éléments
ou caractères à tendance fnn ou Iang, en faire la synthèse et juger
si les symptômes Inn l'emportent, et alors il s'agit d'une algie Inn;
ou si les symptômes fang I'emportent, et il s'agit alors d'une algie lang.
Notons qu'en pratique journalière, on se trouve en présence
d'une grande majorité d'algies fang, surtout dans les algies non viscé-
rales où leur proportion dépasse souvent 8 sur 10. Cette proportion
est légèrement inférieure dans les algies viscérales.

TABLEAU RÉCAPITULATIF DES ÉT-,ÉiTNNTS INN ET IANG


PERI}IETTANT D'ÉTABLIR
LE TYPE INN OU IANG D'UNE ALGIE
Le caractère fnn ou fang d'une algie se détermine en recherchant
d'abord les différents éléments fnn et Iang qu'elle comporte et qui
figurent dans le tableau ci-dessous. On examine ensuite le nombre des
éléments de nature fnn par rapport aux éléments de nature Iang et
c'est d'abord l'avantage numérique de la catégorie Inn sur la catégorie
fang ou vice versa qui donne le type Inn ou fang de I'algie. Par contre,
si les nombres d'éléments fnn et fang sont voisins, c'est la qualité de
ces éléments qui prévaudra. Par exemple si une algie a trois éléments
Inn très importants contré sept éléments Iang de moindre valeur
cette algie sera de nature Iang; alors qu'une algie qui aura quatre élé-
ments fnn eontre cinq éléments fang, mais où les éléments fnn sont
de valeur plus importante parce que plus rares et plus caractéristiques,
c'est le earactère Inn qui I'emportera. C'est pourquoi il nous a paru
utile de donner un tableau des principaux éIéments Inn et Iang en
tant que earactère d'une algie en signalant par un nombre de f autant
plus élevé, le caractère plus important de l'algie.

(1) Voir r Compléments d'Acupuncture r, page 18.

31
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTANE
ALGIES
non viscérales
Iang

++
++
+
++
++
+
TI

+
++
+++
++
++
++
+++
++
++
+++
++
+++
+++
++
+++

++
+
++
+
++
+++
+++
+
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTUNE
La natute Inn ou Iang d.'un caractère ne figura4t pas dans ce
tableau peut être facilement déterminée selon la loi :
a) Inn : dilatation, froid,. vide, expansion;
Iang : contractiori, chaud, plein.
b) que le Inn produit le Iang et vice versa; par exemPle une dou-
ler:r soulagée par la pression (la pression est lang) sera de ce fait Inn.
c) la valeur du symptôme d.épendra de son importance et de sa
rareté. Un même élément peut avoir une importance différente selon
qu'il s'agit d'une douleur viscérale ou non viscérale.

33
CHAPITRE II

CHOTX ET TECHNTQTJE DE LA PIQURE


DES POINTS SPECIFIQT]ES
ET DE BRII\DILLES
L'examen, la palpation des pouls radiaux et l'interrogatoire
permettent de passer après le rétablissement de I'équilibre de l'éner-
gie (1) à I'utilisation des points spécifiques et de brindilles. Nous
envisagerons deux sections, comment choisir les points spécifrques et
de brindilles < possibles > et déterminer le sens (c'est-à-dire tonification
ou dispersion) selon lequel on devra les exciter, et cornment les piquer
selon la technique chinoise.

SnctroN I
CHOIX T]T SENS SELON LEQUEL ON DOIT
PIQUER CES POINTS
En quoi consistent les points spécifrques et de brindilles, et com-
ment les choisir ? Une fois choisis, dans quel sens faut-il les exciter?
Nous examinerons séparément le problème dans chacune cle ces deux
catégories de points.

(l) Et utilisation pour les aigies non viscérales des procéclés généraux C.e traitement.

84
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTARE

Paragraphe I
LES POINTS SPECIFIQUES
Définition et utilisation.

Alinéa I. Définition d,es points spécifiques.


-
On appelle < Point Spécifique ))r lorsqu'il s'agit du traitement
des algies, un point qui n'est pas indiqué par la palpation d.es pouls
radiaux, mais uniquement par l'expérience et la tradition chinoise.
Ce sont des points qui chacun ont une action sédative régionale sur
un type d'algie assez large et quelles qu'en soient les modalités parti-
culières. L'efficacité des points spécifiques ne dépend donc pas étroite-
ment, comme on va le voir pour les points de brindilles, d'une variété
très précise de symptômes ou d'un déséquilibre particulier; et se trouve
être de ce fait beaucoup plus constante. Ti-tsi (S R.P.), par exemple,
est un point spécifique pour toutes les algies à point de départ intestinal;
il est indiqué quelles que soient les modalités de la douleur et donne
en général un résultat si probant et immédiat qu'en cas d'échec il
faut touj ours soupçonner une erreur de localisation.
Alinéa II. Utilisation des points spécifiques.
Les points spéeifiques'sont en général très peu nombreux pour
chaque type d'algie. De ce fait, Iors du traitement, il faut en principe
piquer tous ceux qui sont cités dans la liste de la rubrique d.u <r traite-
ment selon Ia localisation ) comespondant à l'algie à traiter. Avec la
réserve de suspendre le traitement dès que le résultat est obtenu.
Le sens de leur piqûre, c'est-à-dire en tonification ou en disper-
sion, varie en principe suivant qu'il s'agit d'une algie Inn ou d'une
algie lang. Cependant un autre facteur de ehoix du sens de la piqûre
dépend de la nature propre du point spéciflque considéré et du désé-
quilibre indiqué par la palpation des pouls. fl faut distinguer deux
hypothèses suivant que le point spéciflque considéré est ou n'est pas
en même temps < point de commande , (1) t

(f ) Pour la définition et la liste des rr Points de commande r, voir < Compléments


d'Acupuncture ), page 82.

ôc
LE TNAITEMENT D.E,S ALGIES PAN L'ACUPANCTURE

A) Les points spécifiques qui sont des points de commande;


B) I,es points spécifiques qui r:,e sont pas d.es points de commande.
L) Les poi,nts spéci,fiques qui sont des < points de comm,ande >
Le choix des points parmi la liste donnée à la rubrique corres-
pondante à l'algie considérée et le sens de leur piqûre est déterminé
par la palpation d.es pouls. Deux cas sont à distinguer :
a) Le ou les méridiens dont ils sont points de command.e ne pré-
sentent pas de perturbations à la palpation des pouls correspondants;
b) Le ou les mér'idiens dont ils sont points de eommande pré-
sentent une perturbation à Ia palpation des pouls correspondants.
a) Le ou les mérid,iens d,ont ils sont points de cornmande ne pré-
sentent pas de pertzubation ù Ia palpatiom des pouls.
IJn point de commande possèd.e plusieurs actions, en particulier
une aetion directe sut le méridien corresponclant et aussi une action
de brindilles (1). Lorsque les mérid,iens correspondants à ces points de
commande ne sont pas perturbés c'est presque uniquement leur action
de brindilles qui se rnanifeste. De ce fait, on les assimile, dans ce cas,
aux autres points spécifiques (ceux qui ne sont pas en même temps
points de commande). Il faudra donc piquer successivement tous ceux
de la liste portée à la rubrique correspondant à l'algie considérée
(en s'artêtant si la sédation de l'algie est obtenue) et le faire en toni-
fication s'il s'agit d'une algie rnn et en dispersion s'il s'agit d'une algie
Iang.
b) Le ou les nzéricliens domt 'ils sont l,es points cle corntnanile pré-
sentent une p erturbation.
Il faut dans ce cas éviter les points dont I'action pourrait augmen-
ter le déséquilibre du méridien et choisir et piquer uniquement ceux
qui peuvent au contraire y rétablir l'équilibre. Le sens de la piqûre
dépend du déséquilibre existant dans le méridien dont ils sont points
de commande et non plus du caractère fnn ou fang de I'algie. Plusieurs
eas peuvent être envisagés en fonction des déséquilibres quantitatif

(f) Voir note page précédente.

86
LE TRAITEMENT DES ALGIDS PAR L'ACUPUNCTABE

et qualitatif. Pour la simplicité de I'exposé nous ne tetiendrons que le


déséquilibre quantitatif et donc seulement deux éventualités.
Si le méridien correspondant (dont les points envisagés sont
à Ia -
fois points de commande et points spécifiques) est en excès, on
éIimine les points qui pourraient augmenter cet excès, ainsi si le point
spécifique est en même temps point de tonification de ce méridien
ou encore point héraut. Par contre, on pique les points qui diminuent
cet excès. Par exemple si le point spécifique est également point de
dispersion du méridien on Ie choisit et on le pique en dispersion qu'il
s'agisse d'une algie fnn ou d'une algie fang.
Si le méridien correspondant est par contre insuffisant on éli-
mine-les points spécifiques qui, étant en mêrne temps points de comman-
des, pourraient aggraver cette insuffi.sance. Ainsi on élimine un point
spécifique qui serait aussi point de dispersion; par contre si Ie point
spécifique est pal exemple le point de tonification on le choisit et on
le pique en tonification, bien entendu si les conditions d'efficacité sont
réunies (1).
Prenons rln exernple. Pour une algie déterminée, on trouve dans
la liste des points spécifiques de la rubrique correspondant à cette
algie le point fang-fou (38 V.B.). C" point fang-fou, point spécifique
de l'algie en question, est également point de commande, puisque
point de dispersion du méridien de la Yésicule Biliaire. Avant de le
piquer il faut palper le pouls corlespondant au méridien de la Yésicule
Biliaire. Si le méridien est trouvé en excès on le choisit et on Ie pique
en dispersion qu'il s'agisse d'une algie fnn ou d'une algie lang; on
traite ainsi en même temps Ie déséquilibre de l'énergie dans ie
mériclien et l'algie elle-même; ce point aura pu être ainsi intégré
dans Ie r'établissement proprement dit. Par contre, si on trouve le
méridien cle la Yésicule Biliaile en insuffisarlce, la piqûre de fang-fou
aggrayerait le déséqriilibre; et on se gardera bien de le faire.

(f) Voir < Complérnerrts d'Acupuncture >, page I37.

37
LE TRAITEIVIENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURD
B) Les points spécifi'ques
qui ne sont pas en tnême temps des points de cotnmand,e.
En principe la palpation des pouls ne les concerne pas. Il faut piquer
successivement tous les points spécifiques compris dans la liste de la
rubrique correspondante à l'algie. Cependant si I'un de ceux-ci apporte
une sédation complète de l'algie, on ne pique pas les autres points,
ni les points de brindilles, et on arrête Ie traitement.
Le sens de la piqûre de ces points dépend de la nature de I'algie.
On les piquera en dispersion dans les cas d'algies Iang et en tonification
dans le cas d'algies fnn.

Paragraphe II
LES POINTS DE BRINDILLES
Alinéa I. Définition des Points de Brindilles.
-
Dans le traitement des algies, on appelle < points de brindilles > des
points qui ne sont pas indiqués par la palpation des pouls mais transmis
par l'expérience millénaire chinoise. Leur piqûre apporte un soula-
gement aux algies qui présentent des modalités bien précises; ils sont
donc étroitement spécialisés sur un plan local ou sur un plan symptô-
matique. Ainsi pour une algie de la cuisse, Sia-tou (31 V.B.) est
efficace s'il s'agit d'une algie de la face externe, et sans action s'il s'agit
de la face interne. De même Reou-ting (18 T.lU.) est (bien localisé
évidemment) d'une efficacité souvent immédiate dans une céphalée
associée à une douleur de la gorge ou à une sensation de striction du
cou, mais est totalement inefficace dans les céphalées qui ne présentent
pas ce symptôme caractéristique.

Alinéa II. Utilisation des Points de Brindilles.


-
Le choix des points de brindilles dépend donc uniquement des
modalités de I'algie. Ils sont indiqués par I'interrogatoire, l'examen et
la lecture de la rubrique de I'algie dans le u traiternent selon la locali-
sation >. Il ne faut donc jamais piquer tous ceux que I'on trouvera à
la rubrique correspondant à i'algie, mais uniquement ceux que les
symptômes d.u malade indiquent.
38
LE TRAITEIUIENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTUNE

Cependant, comme pour les points spéeifrques (et d'une manière


identique), lorsqu'il s'agit de points de brindilles qui sont en même
temps points de command.e, on doit tenir compte de la palpation des
pouls pour éliminer ceux gui, bien qu'indiqués par les modalités,
risqueraient d'aggraver un déséquilibre éventuel d'un méridien
eorrespondant. Dans ce cas le sens de la piqûre du point choisi dépend
également de I'indication fournie par la palpation des pouls et non du
caractère Inn ou Iang de l'algie.
Par contre, lorsqu'il s'agit de points de brindiltes qui ne sont pas
en même temps points de commande, le sens de leur piqûre dépend
uniquement de la nature de I'algie. On piquera en tonification dans le
cas cl'une algie fnn et en dispersion dans le cas d'algie lang.
Comme pour les points spécifiques, dès que la piqûre d'un point
de brindilles produit la sédation complète de l'algie, il faut arrêter
immédiatement le traitement.

Snc'rrox ff
TECHNIQUE DE LA PIQURE
DtrS POINTS SPÉCIF'IQUES ET DE BRINDILLES
La piqûre des points spéeifiques et de brindilles ne différe pas de
celle des autres points. Cependant, il faut insister sur deux questions :
Paragraphe I. Localisation des points.
-
Paragraphe II. Teehnique proprement dite des piqrires.
-
Paragraphe I
LOCALISATION DES POINTS

C'est la localisation inexacte des points qui est le plus souvent


responsable des échecs immédiats et des récidives. Car si l'on pique
un point à quelques millimètres près, on obtient :
soit un résultat très atténué si la piqûre est cependant faite
- trajet exact du méridien
sur le qui porte le point;
39
LP 'IRAITE]UIENT DES ALGIES PAB L'ACAPUNCTUNE
soit aucun résultat si la piqûre est faite en dehors de ce méridien.
-
En conséquence, il irnporte de très bien localiser le point choisi
et ensuite de très bien le piquer. Nous décrirons en deux alinéas, la
recherche du point, puis sa piqûre.

.A.Iinéa I. Recherche du point.


-
Celle-ci doit se décomposel en deux temps : a) recherche appro-
ximative; b) loealisation exacte.
a) Recherche a7t'proæimatiae.
On doit en premier }ieu situer approximativement le point que
I'on a choisi grâce aux descriptions classiques, à des repères osseux ou
musculaires, grâce aussi aux mesures en pouce chinois et aux planches
anatomiques qui portent les emplacements des points. A propos des
planches anatomiques, il faut insister sur le fait que tous les schémas,
si bien faits soient-ils, ne sont et ne peuvent être jamais qu'approxi-
matifs. C'est Ia raison de I'imprécision voulue des planches chinoises.
Car sur les planches ne peuvent figurer que l'emplacement type des
points. Chez l'être vivant les points chinois ne sont invariables que dans
certaines limites d'un individu à I'autre et même chez un même sujet.
Ainsi un point peut avoir une localisation exaete modifiée selon les
saisons et à un même moment un point peut ne pas être exactement
symétrique sur les deux branches d'un même mérldien.
b'1 Localisat'i,on eæacte.
Le premier temps permet de localiser approxirnativement le
point dans un cercle inférieur à un centimètre de diamètre. lVlais si
I'on se contentait d.e cette précision aléatoire, comme le point n'a qu'une
fraction de millimètre de diamètre, oD aurait de grand,es chances cle
le manquer. I1 faut donc ensuite en préciser l'emplacement exact.
Pour cela, on peut utiliser les procédés chinois qui sont bien connus,
par exemple Ia recherche de la cupule qui porte le point, I'impression
d.e meurtrissure, de rugosité qu'il donne sous le doigt qui palpe, etc.
Mais il est infi.niment plus sûr d'utiliser un détecteur éIectrique qui,
lorsque l'on sait s'en servir, permet, après seulement localisation appro-
ximative, de situer le point avee une grande précision.
40
LE TRAITEMEN" DE,S' ALGIES PAR L'A.CUPUNCTUNE

Alinéa II. Piqure du point.


-
Lorsque Ie point a été exactement localisé, il suffit de le piquer
à la profondeur convenable, selon la teehnique décrite au paragraphe
suivant.
l\fais il ne faut pas Ie manquer et c'est ce qui se produit sûrement
si on le pique en prenant de I'élan. Pour piquer exactement le point,
il faut mettre la pointe de l'aiguille très doucement au contact de la
peau, au centre du point choisi et bien repéré (au milieu de Ia trace
de la pointe exploratrice lorsqu'on utilise un clétecteur électrique),
puis pousser pour faire pénétrer l'aiguille dans le tégument, ce qui
n'est presque pas plus douloureux à condition de ne pas avoir des
aiguilles épointées.
Une autre manière semble encore préférable. Dans la trace laissée
sur la peau (.tr appuyant légèrement après avoir détecté le point)
par Ia pointe du détecteur, on chetche, avant de piquer, en picotant
Iégèrement avec l'aiguille (mais sans percer Ia peau) Ia partie de cette
trace ou la sensibilité est soit nulle, soit la plus faible. On enfonce
ensuite l'aiguille à cet endroit de sensibilité minimum. Ce procédé
présente deux avantages :
a) on pique ainsi le centre exact du point;
b) on dirninue la douleur provoquée par la piqtrre.

Parag'aplte II
TECHNIQUE PROPITEMENT DITE DI]S PIQURES

Lorsqu'il s'agit du traitement des algies, les points spécifiques


et de brindilles doivent être piqués selon une technique un peu plus
complète que dans d'autres cas. Cette technique esi légèrement
différente selon qu'il s'agit de les tonifier ou de les disperser (1).
(J) Cependant, dans tous les cas, qu'il s'agisse de ciispcrsion ou de tonification,
et quel que soit du reste les points envisagés, il est parfois une maneuvre de base indispen-
sal:ie pour obtenir le résultat désiré.

4I
LE 'TNAITEMEN? D,ES ALGIES PAB L'ACUPUNCTANE

Nous décrirons ces deux cas en deux alinéas :


Alinéa I. Technique de la piqûre en dispersion.
Aiinéa II.
- Technique de la piqûre en tonification.
-
Alinéa I. Technique de la piqure en dispersion de ces points.
-
a) On utilise des aiguilles d'argent. De préférence des aiguilles
de 12 à rS/fo" qui ne sont pas plus douloureuses que les plus fines et
donnent de meilleuts résultats. II faut cependant employer des aiguilles
plus'tnes :
lorsqu'il faut enfoncer profondément l'aiguille car Ia péné-
- profonde des 15/10e est difficile. On utilise alors des l0/fOe.
tration
lorsque le point à piquer se trouve d.ans une zone très contrac-
-
turée. On utilise alors également des 10/10e.
pour les doigts et les orteils, ou ehez les enfants, on peut
- des 6/tOe.
utiliser
b) On doit piquer le malade pendant la phase inspiratoire de sa
respiration et enfoncer d'un seul trait jusqu'à la profondeur désirée.
Cette profond.eur (sauf Iorsque c'est anatomiqrr"m.r,,i impossible comme
pour les doigts) varie en général de 5 à 10 millimètres.
c) Une fois l'aiguille en place, or la prend par la tête entre les
doigts et en retirant très légèrement, on la tourne sur place, d'abord
dans Ie sens des aiguilles d'une montre, puis en sens inverse. On demande
chaque fois au malade de signaler (ce qu'il fait souvent sans difficulté,
tant la sensation est nette) le sens qui iui apporte le plus de soulage-
ment. On continue à toulner I'aiguille dans ce sens. II faut tourner par
degré, très doucement et s'arrêter lorsque le soulagement est maximum.
Parfois on est allé un peu trop loin et le soulagement diminue; il faut
alols revenir de quelques degrés en arrière. En particulier dans les
algies cardiaques ce mod.e opératoire est indispensable et c'est à quel-
ques degrés près, dans Ie meilleur sens, que le soulagement est Ie plus
accentué.
Si la sédation de l'aigie n.'est pas complète, on utilise successive-
ment les autres points indiqués en fonction des modalités. Mais rappe-
ions, et cela est impératif, que lorsqu'un point spéci-fique ou un point
de brindilles a apporté une sédation complète de la douleur (puisque
lL9.
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTURE

l'on doit traiter un malade pendant que l'algie se manifeste) il faut


s'arrêter et ne plus piquer d'autres points, même ceux qui semblent
particulièrement indiqués. < A peu près c'est suffisant > disent les Chinois
et il faut suspendre la séance dès que I'algie a cédé.
d) Une fois I'aiguille mise en place et tournée, ainsi qu'on I'a
indiqué, il faut la laisser en place environ un quart d'heure, ou en
pratique jusqu'à la fin de la séance.
e) On retire l'aiguille en plusieurs plans successifs.

Alinéa II. Technique de la piqure en tonification de ces points.


-
a) On utilise des aiguilles d'or. I1 en est de même que pour les
aiguilles d'argent en ce qui concerne leur diamètre et Ia profondeur
des points.
b) On doit piquer le malade pendant la phase expiratoire de sa
respiration et enfoncer l'aiguille en deux ou trois plans successifs
avant d'arriver à la profondeur désirée.
c) On tourne de la même manière que pour les aiguilles d'argent,
mais en enfonçant au contraire Iégèrement I'aiguille.
d) II est un adjuvant fbrt précieux et parfois indispensable (par
exemple pour traiter une algie Inn profonde d'une articulation) : la
chaleur. Comment utiliser les aiguilles chauffées ?
La technique chinoise, est de faire chauffer l'aiguille (légèrement
ou jusqu'au rouge) et de I'enfoncer ensuite dans la peau, au point
choisi. Technique très efficace mais fort désagréable pour le médecin
et pour le patient.
Aussi est-il plus commode de planter I'aiguille dans la peau et
de ne la chauffer qu'ensuite. Pour la chauffer sur place on peut :
soit selon la méthode japonaise y adapter une armature
-
ressemblant à la garde cl'une épée or\ l'on brûle de l'arrnoise.
soit la chauffer avec un briquet, ce qui semble particulièrement
- mais d.'un maniement
efficace délicat.
soit utiliser la pointe rougie d'un thermocautère mis au contact
-
cle l'aiguille. Aetuellement nous sommes en train d'établir un < ehauffe-

48
LE TNAITEMENT DDS ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

aiguille > électrique sans feu visible pour d'une part ne pas impressionner
le malade et surtout éviter des brûlures toujours possibles par un
mouvement maladroit (I).
e) L la fin de la séance on retire I'aiguille d'un seul coup, d'un seul
trait et non en plusieurs paliers comme pour la dispersion.
CHAPITRE III

cAIJSES o'ÉctlEc ou DE DlMilvurlot\


DE L,EFFICACITÉ DE L,ACUPIII\CTURE

A côté de brillants succès, l'acupuncture, comme toute méthode


thérapeutigue, tencontre parfois aussi des échecs. La recherche et
l'étude de leurs causes sont intéressantes car leur suppression peut
permettre d'augmenter la proportion de résultats favorables.
En dehors d.e l'échec proprement dit, on constate parfois une
diminution de I'activité des aiguilles et de l'efficacité du traitement.
Dans des cas semblables en apparenee, certains sujets sont guéris
(c'est-à-dire que dans le cas des algies on obtient une disparition de la
douleur) et d'autres seulement améliorés en partie.
il faut distinguet deux sortes d'échecs :
a) L'échec imméd,iat et total.
En fin de séance, le malade se ttouve dans le même état qu'avant
son début; ou bien le soulagement obtenu est insignifiant. Notons
que dans les algies il est bien rare que les aiguilles n'apportent pas un
soulagement plus ou moins important et au moins momentané. Il faut
une lésion importante pour que l'on tencontre un échec total, à moins
que I'inexpérience de l'acupuncteur ne soit en cause, inexpérience qui
se traduit surtout par un choix défectueux des points ou par leur
localisation inexaete.
45
LE ?RAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARE
b) L'échec secondaire.
Après un soulagernent plus ou moins important (et même souvent
total), le malade présente une récidive après un intervalle de quelques
instants, quelques heures ou quelques jours. Cela peut être normal
suivant l'algie et après les premières séances. Ainsi, il est habituel,
sauf pour une algie non lésionnelle très récente, qu'il y ait une récidive
(il serait plus exact de dire un tetour de l'algie après un soulagement
momentané) après la première et même les trois premières séances,
et ce n'est qu'au-delà, pour les algies courantes, que I'ori peut parler
d'échec ou de diminution de l'activité des aiguilles. II faut aussi noter
Iorsqu'il s'agit d'une algie articulaire datant de plus d'un mois qu'il
existe toujours un élément d'ankylose, cause normale de la persistance
de l'algie.

***

Nous rappellerons pour mémoire les causes d'échec dues soit à


I'inexpérience, soit à I'inattention de I'opérateur, parmi lesquelles on
peut citer : application défectueuse de l'acupuncture, rétablissement
insuffi.sant de l'équilibre de I'énergie, erreur de classification de l'algie,
erreur dans le choix des procédés généraux du traitement ou des
points spécifiques et de brindilles, non respect des rythmes de l'éner-
gie (1), insuffrsance de la technique de la piqûre des points, localisation
inexacte des points, etc.
Ce sont les autres causes d.'échec ou de diminution de l'activité
de I'aeupuncture que nous examinerons ici. On peut les ramener à
deux catégories : les causes extérieures au malade et les causes tenant
au malade lui-même. Elles feront I'objet de deux paragraphes.

46
LE TNAITDT/IENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

Paragraphe I
CAUSES EXTERIEURES AU MALADE

Ces causes peuvent être diverses. Les principales sont les causes
extérieures entretenant ou eréant un déséquilibre, et aussi un traitement
médical préalable.

Alinéa I. ou créant un déséquilibre.


Gauses extérieures entretenant
-
Le déséquilibre de l'énergie, étiologie de toutes les algies, peut
avoir de multiples causes qu'il faut connaître et déceler (1). S'il existe
une cause extérieure, il faut la supprimer car elle reproduirait le désé-
quilibre après traitement par les aiguilles : ainsi une infection persis-
tante, un régime alimentaire défectueux. Il est bien évident qu'un
malade présentar:t un excès de Iang, s'il conserve un régime alimentaire
trop riche en aliments lang, conservera, ou verra réapparaître, malgré
Ie traitement par les aiguilles, son déséquilibre (c'est-à-dire son excès
de fang) si ce régime n'est pas modifié.

Alinéa II. Traitement médical préalable.


-
Les traitements médicaux précédemment suivis par le patient
peuvent parfois être une cause d'échec et surtout une cause de dimi-
nution d'activité de I'acupuncture. Plusieurs cas peuvent être mis en
évidence.
a) Les ra7ons X sont un empêchement majeur à I'efficacité d.e
l'acupuncture pendant environ six mois après la fin de l'irradiation.
Il s'agit évidemment de radiothérapie et non de la simple prise de
clichés. La radiothérapie n'annule pas complètement l'efficacité, mais
la diminue considérablement; rnême plusieurs mois après la fin d.e
l'irradiation il faut, toutes choses égales d'ailleurs, compter trois fois
plus de séances pour un même résultat clinique. Cela du reste aussi bien
dans le traitement des algies que dans celui des autres affections
televant du domaine de l'acupunctute. Il faut noter que les rayons X
ne diminuent pas seulement I'action des points localisés sur la partie
du corps directement soumise à l'irradiation, mais aussi celle des points

(1) Voir a Cornpléments d'Acupunctur:e r, page 57.

47
LE TRzTITEMENT DES ALGIES PAR L,ACAPUNCTARE
situés très loin de la partie irradiée, et l'on peut dire I'action de l'acu-
puncture en général (1).
b) L' admini,stration ile certains médicam,ents dimirnce, directement
par eux-mêmes, l'efficacité de I'acupuneture. Ainsi la morphine
(aussi bien en base qu'en sels); Ia chlorpromazine; les barbituriques
et en général les calmants puissants.
c) De toutes manières, I'acupuncture est moins efficace chez les
sujets qui sont sous l'influence ou q.ui ont abusé des médicaments.
Cela par deux mécanismes principaux :
d'abord. par intoxication de l'organisme. L'acupuncture est
moins - efficace chez les intoxiqués que ce soit par abus de médicaments,
par I'alcool, le tabac, etc.
mais ensuite et surtout parce que les médicaneents rnodifient
-
artificiellement les pouls radiaux et de ce fait leur palpation ne permet
plus un diagnostic exact du déséquilibre que présente le malade. C'est
là une des raisons majeutes des échecs qu'éprouvent les bons acupunc-
teurs qui prennent convenablement les pouls et qui sont déroutés ou
trompés dans le choix des points lorsque les pouls sont artificiellement
modifiés par les médicaments. C'est pourquoi avant de palper le pouls
d'un malade iI faut toujours demander quels sont les médicaments qu'il
prend actuellement.

Paragrct,phe II
CAUSES TENANT AU IVIALADE LUI.]\{ÊUN
La principale cause est évidemrnent la présence d'une lésion. Nous
avons suffisamment insisté par ailleurs sur ce point pour ne pas avoir
à y revenir.
i\'Iais il faut remarquer aussi que certains malades paraissent
spontanément et pour des raisons inconnues ( acupuncturo-résistants >,

des situées loin cependant du


mis .A.) et ses collaborateur-q.
les Etance, ont une influence
de I pileux.
Dans I l'activité mitoticrue est d'abord réduite si.x
heules après semaine. ùIais dô nltrs. dens les surfaces non
irradiéesl le prend lui aussi uh ryttrme différent.

48
LE TITAITEMEN'T DES ALGIES PAN L'ACAPUNC'TANE

c'est-à-dire que l'acupuncture n'a pas d'action ou n'a plus d'action


sur eux. II faut distinguer deux cas :
Alinéa I. Aeupuncturo-résistanee d'emblée.
Alinéa II.
- Acupuncturo-résistance secondaire.
-
Alinéa I. Acupuncturo-résistance d'emblée.
-
On tencontre des malades qui, sans raisons apparentes, et pour des
troubles qui pourtant rentrent complètement dans le cadre de I'acu-
puncture, ne semblent absolument pas influencés par les aiguilles. Ils
paraissent spontanément acupuncturo-résistants, c'est-à-dire que
l'acupuncture semble sans effet chez eux et ne manifeste aucune action,
ou seulement très atténuée. Il est bien difficile d'en expliquer et d'en
connaître la raison. On a mis cependant en avant :
a) L'intoaication d,e l'organisme.
Il est indiscutable que les effets de I'acupuncture sont plus faibles
chez les alcooliques, les grands buveuts, les gros fumeuls, ceux qui
sont intoxiqués par I'abus des médicaments et les sédentaires avérés.
b) L'alcalose.
C'est sans doute le Docteur Bonnet-Blanc qui a le premier formulé
cette hypothèse. Il semblé souvent se confi.rmer que l'on obtient de
moins bons résultats chez les alcalosiques. Est-ce I'alcalose qui est
I'empêehement rnajeur à I'efficacité de I'acupuncture ou un autre
facteur qui serait concomitant ? Il est difficile d'avoir une opinion
précise et il faudrait pratiquer une expérimentation systématique.
Il faut noter eu€, chez les sujets alcalosiques où l'acupuncture semble
diminuer d'effieacité, un traitement médicamenteux aeidifiant ne
semble pas modifier beaucoup le résultat des aiguilles.
c) Eléments psychiques.
L'acupuncture agit parfois très bien, en suivant une technique
particulière, sut les éléments proprement psychiques et sur certains
symptômes mentaux lorsqu'ils sont pris au début. Mais lorsqu'à ces
éléments psychiques se sont mêlés des éléments physiques qui, après
avoir prédominés, reviennent au second plan, I'acupuncture semble
49
LE TR,AITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTUNE

diminuer d'efficacité. C'est pourquoi on obtient en règle générale cle


meilleurs résultats chez les jeunes enfants ou chez les animaux.

Alinéa II. Acupuncturo-résistance secondairé.


-
C'est une résistance qui se développe et s'affirme seulement après
un certain nombre de séances d'acupunetrue. II faut distinguer deux
cas :

a) Au cours d'une prent'i,ère série d,e séances.


Un malade réagit bien aux premières séances qui donnent un
résultat satisfaisant, puis les suivantes sont sans effet : le malade
devient résistant. CeIa se voit, en ce qui concerne les algies, surtout dans
les arthrites. Il semble que le principal éIément soit Ie trop grand
nombre de séances, ou des séances trop rapprochées. Aussi faut-il,
en règle générale, faire de préférence plusieurs séries d'un petit nombre
de séances. I\'Iais, selon toute vraisemblance, iI existe un certain
nombre d'autres éléments qui créent cette acupuncturo-résistance et
qui nous échappent encore.
b) Lors
de réci,rJiaes.
IJne première série de séances a apporté un résultat effectif; puis
une rechute se prod.uit ce qui est, pour certaines affections, tout à fait
normal. Habituellement, de nouvelles séances donnent d'aussi bons
résultats que les premières et même en règle générale des résultats
meilleurs et plus rapides. Parfois, au contraire, I'acupuncture semble
ne plus agir : le malade est devenu résistant. Cela se voit, peut-être
plus souvent lorsqu'il s'agit de névralgies cervico-brachiales. On ne
connaît pas les raisons de cette acupullcturo-résistance secondaire (1).

(l) Pour lutter contre l'acupuncturo-tésistance, on peut essayer une technique


qui esi'simple en théorie, mais milheureusement assez incônstante dans ses résultats.
a) Dans un premier temps, il faut déterminer à l-a pllpqLion des pouls radiaux
quel esi le méridieir le plus fort, quel est le méridien le plus fafuie et sur cé dernier quel
est le flanc le plus faible.
isnerse les deu-x noints Assentiment du rnéridien
H'éraut, soit le pbint cle tonification du méridien
e séance et renvoyer le malade à htrit jours pour

50
CHAPITRE IV

II\CIDENTS POUVA}{T ST]RVTJI{XR


EN COTJRS DB TRAITEMBNT

Les incidents qui peuvent se produire au cours d'un traitement


par l'acupuncture sont loin cl'être courants ou même fréquents. Rares
lors du traitement d'affections générales, ils sont plus rares encore
dans celui des algies.
Ces incidents consistent essentiellement dans l'aggravation tem-
poraire des symptômes, ou dans les lipothymies et les syncopes. Nous
négligerons en effet les ecchymoses dues à la piqûre maiadroite d'un
vaisseau sanguin ou les troubles qui succècLent au bris d'une aiguille,
par exemple.
Nous envisagerorls en deux sections :
Section I. Les aggravations.
Section II.
- Les lipothymies et les pertes de connaissance.
-

LES
":::;:i')"o*'
La notion d'aggravation au cours d'un traitement cependant
bien compris se retrouve à peu près dans toute méthode thérapeutique.
Si elle ne semble pas avoir été partieulièrement retenue par la médecine
51
LE T&AIT'EÙ'IENT DES ALGIES PAR L'ACaPUI\CTU&E
classique occidentale, elle a par contre été abondamment décrite par
Ies homoéopathes (1). Pour la doctrine d'I-fahnemann, il semble que
cette aggravation, dite thérapeutique, soit un éIément tle pronostic
favorable. L'acupuncture n'est pas à I'abri des aggravations en cours
de traitement, mais celles-ci paraissent moins fréquentes q.ue d.ans
drautres méthodes. Par contre elles ne sont pas obligatoirement un
éIément de pronostic favorable,

1o Déiinition et caractères.
En acupuncture, I'aggravation thérapeutique n'est que I'augmen-
tation des symptômes présentés par le malade, symptômes dont I'origine
réside toujours, et d.ans tous les cas, dans un déséquilibre de I'énergie.
lVlais, pal comparaison avec les aggravations provoquées par d'autres
méthodes, ee n'est que tout-à-fait exceptionnellement que I'on assiste,
au cours d'une aggravation, à l'apparition de symptômes nouveaux.
Cette aggravation est toujours passagère. Sa durée dépasse très
rarernent une semaine. Dans le cas d'échec complet du traitement,
le malade se rettouve à la frn de celui-ci dans l?état où iI était au début.
C'est powquoi on peut conclure à I'innocuité presque constante de
l'acupuncture.

20 Mornent des aggravations.


Il n'y a pratiquement jamais d'aggravation pendant la séance
d'acupuncture. Au contraire, dans Ie traitement des algies en parti-
culier, un soulagement immécliat sous les aiguilles, même partiel et
passager, est Ia règle habituelle.
L'aggravation est donc un phénomène relativement taldif. Lors-
qu'elle a lieu, elle se produit entre quelques heures et quatre jours
après la séance, en général dans les douze heures qui Ia suivent. Pour
les Chinois, une aggravation qui se produit plus de quatre jours après
une séance d'acupuncture, n'est pas produite par le traitement mais
par une cause occasionnelle indépendante surajoutée.

(1) Hahnemann : Doctrine homoéopathique, S 155-Iô1. Vigot, érliteur, Paris, 1952.


RO
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

3o Fréquence.
Les aggravations qui se produisent au cours des traitements par
I'acupuncture ne sont pas fréquentes. Plus rares, semble-t-il, qu'avec
les autres méthodes thérapeutiques. Elles ne se produisent en général
qu'au début du traitement, très rarement après la quatrième séance.
Elles se rencontrent plus fréquemment au cours du traitement de
certaines affections, comme l'asthme par exemple, que dans le traite-
ment des algies où elles sont bien plus rares, voire même exception-
nelles, et lorsqu'elles se produisent, toujours modérées et brèves. La
seule exception notable se tencontre dans le cas des algies d'origine
tumorale.

4P Causes.
La cause des aggravations, lorsqu'elles se produisent, est bien
difficile à déterminer et nous échappe le plus souvent. C'est pourquoi
elles sont pratiquement imprévisibles. Deux éléments peuvent se
retrouver parfois à leur origine. Ce sont soit une eneur certaine dans
la conduite du traitement, soit i'ancienneté de I'affection en cause.
A) Erceur d,ans la co,,?,iluite du h'a'itement.

L'origine des symptôn1es que présente le malade réside dans un


déséquilibre de l'énergie. Logiquement, I'aggravation devrait survenir
lorsque ce déséquilibre a été négligé, insuffisamment rétabli ou surtout
augmenté par un traitement inopportun.
Il est des cas où l'aggravation semble bien être causée par une
eneur de traitement €t, lorsqu'à une séance ultérieure cette erreur
est évitée, l'aggravation ne se produit plus. L'aggravation peut cepen-
dant sutvenir de façon inopinée, même après un rétablissement
correct cLe l'équilibre de I'énergie, pour des raisons qui nous échappent.
Les fautes les plus fréquentes qui peuvent oecasionner une aggrâ-
vation sont :
a) Le plus souvent un rétablissement incorrect de l'équilibre de
l'énergie. Ainsi dans le cas des algies, les aggravations se produisent
si on a utilisé uniquement des points spécifiques ou de brindilles sans
se soucier au préalable de rétablir I'équilibre de l'énergie ou encore
53
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPUNCTURE

si ce rétablissement a été insuf;fi.sant, -ou fait à contre-temps à la suite


d'une eneur de diagnostic.
b) Parfois les aggravations surviennent lorsqu'on a utilisé unique-
ment des points situés trop près clu lieu de l'affeetion que i'on traite.
Ainsi, iI est classique, dans le traitement de l'asthme, de rencontrer
plus souvent des aggravations chaque fois que l'on pique uniquement
des points situés à la partie haute du corps et non aussi des points
situés à la partie inférieure du corps.
II en est de même parfois dans les algies. Ainsi, une algie eervico-
brachiale, qui aurait été traitée, et même spectaculairement améliorée
uniquement par des points locaux, peut présenter par la suite une
aggravation; alots que cela ne se produit qu'exceptionnellement si
on a utilisé, dans le rétablissement de l'équilibre, des points situés
à la partie inférieure du corps. Et vice versa pour une algie basse où
la fréquence des aggravations est diminuée en adjoignant des points
situés sur la partie haute du corps. C'est pourquoi les Chinois recom-
mandent toujours de traiter le haut par le bas et le bas par le haut (1).

B) Ancienneté.
IJn autre élément que I'on retrouve souvent dans les aggravations
est l'aneienneté du trouble que I'on traite. Plus un trouble est ancien,
plus les aggravations peuvent être fréquentes. C'est encole une des
raisons, avec l'augmentation de l'e{ficaeité, de cette règle générale qui
est de traiter un trouble le plus près possible de son apparition.
Il y a cependant une exception dans le traitement des algies. Une
algie non viscérale suraiguë, srlrvenant brusquement, si elle est traitée
immédiatement peut être suivie d'une aggravation passagère mais
forte. Dans ces cas, et ceci est vrai surtout pour les sciatiques suraiguës,
il faut attendre trois ou quatre jours avant de commencer le traite-
ment.

_ (I) La tonification des points spécifiques ou i,e brindiiles da.ns le cas d'une algie
Iang ôti plus exceptionnellemènt leur^dispeision dans une aigie fnn petit être aussi une
cause d''aggravatron.

54
LE TRAITEMENT DDS ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

LES LIP.THYTâIES ;, DE C^NT,IAISSANCE


";"ï;î
Un incident qui n'est pas exceptionnel au corrrs d'un traitement
par l'acupuncture est I'évanouissement du sujet sous les aiguilles.
C'est un accident ptesque toujours sans gravité, mais qui peut sur-
prendre un praticien non averti. D'après les Chinois, c'est un incident
très rare. Soulié de Morant rapporte que I'auteur du I-Sio signale
16 évanouissements pour trois mille malades. Sou1ié de illorant lui-
même admet une proportion d.e 5 évanouissements pour trois mille
malades.
Notre observation pelsonnelle et celle d,e nos éIèves semble donner
une proportion plus importante; elle paraît être de I'ordte de deux à
trois pour cent. La différ'ence provient sans doute cle ce que les Chinois
et Soulié de lVlorant ne font état que des évanouissements graves et
prolongés, qui sont tout-à-fait exceptionnels, tandis que nous comptons
toutes les lipothymies même peu marquées.
Ces évanouissements beaucoup plus spectaculaires que dangereux
se produisent pendant la séance, sous les aiguilles, et pratiquement
jamais après. Ils se rencontrent aussi bieir chez l'homme que ehez la
femme, plus sorivent peut-être chez l'homme; autant chez l'adulte
que chez l'enfant ou le vieillard et plus fréquemment chez les individus
de forte constitution. L'élément émotif ne semble pas être uniquement
à l'origine de ces lipothymies puisqu'elles se produisent le plus souvent
apr'ès Ia piqûre de certains points, comme par exemple Lie-tsiue (7 P.).
Pour Soulié de lt'Iorant, la pius grande proportion de ces lipo-
thymies se produirait lorsque le sujet est à jeun, ou lorsqu'on le pique
debout. Il est donc pruc'Lent d'éviter ces Ceux écueils. Cependant,
la cause véritable de ces lipothymies n'a pas encore été élucidée. Elles
sont imprévisibles et en particulier ne semblent absolument pas liées
à une faute ou. à une en:eur de l'opérateur.
La lipothymie peut être plus ou moins importante et aller d'un
simple malaise à une pelte complète cle connaissance d'une durée plus
ou moins longue. Il arrive exceptionneilement que surviennent des
vomisserneirts à Ia fin de l'incident. Il faut noter que si l'évanouissement
55
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPUNCTANE

sous les aiguilles esttoujours extrêmemeirt désagréable pour le médecin


et le patient, I'expérience montre, sans que l'on puisse se l'expliquer', que
ce phénomène est presque toujours d'un très bon pronostic quant
au succès d.u traitement.
Quelle est la conduite à tenir en présenee d'un tel accident ?
Plusieurs manoeuwes ont été conseillées.
Pour certains, il ne faut pas enlever la dernière aiguille placée,
ni les précédentes, mais piquer une autre aiguille à côté de la dernière,
ou piquer un point antagoniste. En effet, à chaque point suseeptible
d.e causer une perte de connaissance, correspondrait un point ayant la
propriété de Ia faire cesser. La liste des points antagonistes est cepen-
dant si longue qu'il est bien diffi.cile de l'avoir en tête; et lorsqu'un
accident se produit, on n'a guère le temps de consulter eette liste. De
plus c'est très souvent un point inhabituel et non prévu dans les listes
qui semble être la eause de I'incident.
Aussi croyolls-nous qu'en cas de perte de connaissance, même
légère, l'essentiel est de suspendre immédiatement Ia séance, de faire
allonger Ie malade, la tête le plus bas possible, et de retirer les aiguilles.
Enfin de le faire revenir à lui par des manceuvres particulières qui
consistent :
a) soit à pratiquer des kuat-su japonais que l'on trouve décrits
dans tous les manuels de judo;
b) soit à enfoncer simultanément les ongles des deux rnains à
deux millimètres de la naissance des ongles du patient;
c) soit à enfoncer I'ongle du pouce et en massant le point Choe-
lieou (25 T.M.) à la base du labre sous le nez;
d) soit à masser le point Sann-li (10 G.I.), dans le sens des aiguilles
d'une montre;
e) soit, et suttout, à masser simplement le point Trann-tchong
(fZ J.IW.) fortement, dans le sens des aiguilles d'une montre;
f) en dernier ressort, dans le cas d'échee de ees manceuyres, cas
que nous n'avons jamais encore observ'é, il faudrait alors avoir recours
aux traitements classiques de réanimation.

DO
DDaXIÈruN PANTIE

LES ALGTES l\ÛN VTSCÉNAT_,ES


DEUXIÈME PARTIE

LES ALGTES i\oN vIScÉnALES


Les algies nou viscérales, et les algies des membres, diffèrent des
algies viscérales en ce qu'elles sont généralement périphériques et
superficielles. Elles n'atteignent q.ue les plans cutanés, rnusculo-
tendineux, osseux et articulaires, alors que les algies viscérales sont
toujours plus profondes et traduisent la souffrance ou le dysfonction-
nement d'un organe profond.
Le traitement de ces deux types d'algies comporte un temps
commun : celui du rétablissement de l'équilibre de l'énergie. Le trai-
tement diffère ensuite, car si dans les eas àes algies viscérales on passe
directement à I'emploi des points spécifiques et des points de brindilles,
ce que l'on appelle traitement selon la localisation, il est toujours
indispensable dans le cas des algies non viscérales de le faire précéder
par les < Procédés généraux de traitement >. Aussi partagerons-nous
l'étude du traitement des algies non viscérales en deux chapitres :
Chapitre f. Les procédés généraux de traitement des algies
non viscérales. -
Chapitre II. Traitement selon la locaiisation des algies non
viscérales. -

ct
CHAPITRE PREMIER

LES PROCÉuÉS CÉXÉRA{JX


DE TRAITEhfBNT DES ALGTES
i\ON VTSCÉRAIES

Les procédés généraux de traitement constituent une étape


importante du traitement des algies non viscérales. On les utilise après
rétablissement de l'équilibre en général et dans les méridiens et,
Iorsque c'est possible, on les intègre urême dans ce rétablissement.
Lorsqu'il existe un point d'assentiment indépendant (I) colres-
pondant à la partie du corps où siège l'algie, on doit cependant toujours
le disperser après le rétablissement et avant d'appliquer les procédés
généraux. Les cas où ces points assentiments indépendants peuvent
être utilisés sont relativement peu nombreux, sans doute parce qu'on
en ignore encore beaucoup.
Les procédés généraux de traitement varient suivant Ie type
et les caraetères de l'algie. Afin d.'être plus pratique nous les classerons

(l) n ne faut 'pus confondre les points assentiments indépendants uvec les points
assentiÉents véritaËles, ni avec les poiirts spécitques. Ils se disLtnguent de ces derniers
par un certain nombre de caractères dont les deux principnux sont :
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPUNCTURE

en fonction du type de I'algie tel que l'interrogatoire et I'examen


permettent de le définir. En deux subdivisions, nous envisagerons
successivement le cas des algies unilatérales, puis celui des algies
bilatérales.
Subdivision I. Les procédés généraux de traitement concer-
-
nant les algies non viscérales unilatérales.
Subdivision II. Les procédés généraux de traitement concer-
-
nant les algies non viscérales bilatérales.

b) Les points spécifit1ues donnent s


immédirr,tslolsqu'ils sont à la fois incliqués
assentiments indépend.ants ne scuiageni q
long, et tarement imméd.iatement. (Pour
puncture r, p. 98.)
Voici la liste des pcints assentirnen.bs principaux :
Nao-iu (10 I.G.). Assentiment du bras et assentiment de la pa.rtie postérieure de
I'épaule.
Tsienn-iu (15 G.I.). Assentirnent du milieu de i'épaule et de la partie antérieure
de i'épaule.
Tsienn-oae (1,{ I.G.). Assentiment de la partie externe de l'épaule.
Iao-iu (2 T.I'I.). Assentiment de la région d-es reins.
Roang-iu (16 R.). Asseutimenb de la région ciu cccur.
Iic-iu (17 V-). Asseuiiment du diapluagme.
Tchong-iiu-iu (29 V.). Assentirnent du milieu du rachis.
Pac-roanu-iu (30 V.). Assen[inent de l'anneau blanc (voir p. 95).
Koann-iuann-iu (26 V.). r\ssentiment c1e Ia région du point lioann-iuann (4 J.I\{.).
Tsri-rae-iu (24 V.). Assentiment de la iégion du point Tsd-rae (6 J.M.).
KO
SIIBDIVISION I

LES PROCÉnÉS CÉxÉRAUX


DE TRAITEMENT COI\CBRI\ANT LES
ALGIES NOI\ vlscÉRALES Ui\InTÉNALES

Les algies unilatérales ne siègent que d'un seul côté (droit ou


gauche) et n'atteignent le plus couramment qu'une seule région du
eorps. Elles constituent la majorité des cas que I'on tencontre en pra-
tique journalière; c'est pourquoi nous insisterons particulièrement
sur elles (1).
Deux grandes classes doivent être distinguées, et ceci en fonetion
de leur topographie : les algies en nappe et les algies linéaires. Parmi
ces dernières, une place à part sera faite aux algies de topographie
circulaire, en braeelet ou en bandeau, autoul d'un membre ou d?une
artieulation. Nous verrons donc :
Section I. Les algies en nappe.
-
Section II. Les algies linéaires.
-

à la fois des deux eôtés du corps n'est pas forcément, selon la


termi algie bilatérale. Voir page gZ les cônd.itions poui' qu'une
algre e bilatérale.

60
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTUNE

Sncr:ox I
ALGIES EN NAPPE
Il est classique de distinguer les algies en nappe de surface rela-
tivement étendue (supérieures au moins à un ou deux écus) des algies
en nappe de taille réduite (inférieure à un ou d.eux écus) qui sont
centrées sur une saillie osseuse (exemple tennis elbow). Nous les étu-
dierons done en deux sous-sections, car leur traitement est différent.
Sous-section f. Algies en nappe étendue.
Sous-section II.
- Algies en nappe de petite surface centrées
slrr une saillie osseuse.-

Sous-snctroN I

Lesalgie,".::i;,:J'..i:::::^::::::scourammen'
rencontrés. Elles peuvent siéger sur n'importe quelle partie du corps.
En général assez aisées à soulager, elles sont facilement récidivantes.
Du point de vue théorique, elles sont proyoquées plus par une mauvaise
conduction de l'énerg{e dans une seule branehe d'un méridien ou par
une stase de I'énergie, que par un déséquilibre de l'énergie entre les
deux branches d'un même méridien. Le déséquilibre dont elles témoi-
gnent est surtout d'ordre quantitatif; le déséquilibre qualitatif est
secondaire. Nous avons détaillé dans de précédents ouvrages, ou dans
des conférences, cet aspect théorique que nous citons ici sans y insister
pour nous étendre surtout sur le point de vue pratique
Le traitement de ces algies, en dehors des règles communes qui
s'y rapportent, dépend cependant de l'étendue du territoire douloureux,
c'est-à-dire qu'il est fonction du ou des méridiens qui traversent la
zorre douloureuse, ou encore d'un Merveilleux Vaisseau ou d'une de
leurs branches aberrantes. Ainsi dans le cas des algies de I'épaule
dont l'origine peut être un trouble de conduction de l'énergie dans une
branche aberrante de Tae-mo ou plus rarement de Tou-mo (1).

(l) L: diagnostic dilférentiel entre algie provoquée par un trouble d'un ùIerveilleux
Vaisseaû ou par-le trouble d'un méridien eit four ld corrimodité de I'exposé reporté plus
loiu. Voir pages 69 et 70.

6l
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTARE
En palpant les pouls, l'attention doit particulièrement porter
sur les pouls correspondants à celui ou à ceux des méridiens qui tra-
versent le territoire de I'algie puisque la douleur peut être provoquée
par le trouble d'un ou de plusieurs de ces méridiens. En règle générale,
le ou les méridiens déréglés, cause de I'algie, sont trouvés plus forts
que les autres méridiens, et même que ceux qui non déréglés traversent
cependant le territoire de l'algie. Il faut donc noter en palpant les pouls
ceux d'entre eux qui correspondent aux méridiens qui traversent la
zor:re de l'algie et, parmi eux, ceux qui sont en excès.

Plusieurs eas peuvent alors se piésenter :


le territoire douloureux est travelsé par un seul méridien ou
-
par plusieurs méridiens, de même nature, c'est-à-dire des méridiens
Inn ou des méridiens lang;
le territoire douloureux est traversé par plusieurs méridiens
-
de nature différente, c'est-à-dire à la fois par ur ou des méridiens
Inn et un ou des méridiens Iang;
le territoire douloureux est traversé par un Merveilleux Vais-
-
seau ou une de ses branehes aberrantes.
Nous envisagerons ces différentes possibilités en trois paragraphes:
Paragraphe f. Les méridiens qui ttaversent ia zot:,e douloureuse
sont de même nature. -
Paragraphe If. Les méridiens qui traversent la zotte doulou-
reuse ne sont pas de- même nature.
Paragraphe III. La zorLe douloureuse est traversée par un
Merveilleux Vaisseau -ou par une de ses branches aberrantes.

Paragraphe I
LES UENTUENS QUI TRAVERSENT LA ZONE DOULOUREUSE
SONT DE }IÊME NATURE

Lorsque plusieurs méridiens traversent la zone douloureuse on


doit en premier lieu déterminer celui ou ceux qui par leur déséquilibre
sont à l'origine de l'algie, et ensr.rite pratiquer Ie traitement corres-
pondant. Voyons donc Ie diagnostic et ensuite Ie traitement.
62
LE TRAITEÙIENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTURE

Sous-Paragraphe I
DIAGNOSTIC

Lorsque la zone douloureuse est suffisamment réduite pour ne


comprendre que le trajet d'un seul méridien, le problème est en général
simple. Le plus souvent c'est en ce méridien que réside la cause de
l'algie, et la palpation du pouls correspondant à ce méridien le confirme
en le montrant perturbé.
Le problème est plus difficile lorsque du fait de son étendue, la
zone douloureuse est traversée par plusieurs mérid.iens, ici, par hypo-
thèse, de même nature, c'est-à-dire uniquement par des méridiens Inn
ou des méridiens fang.
Deux cas peuyent se présenter. Le plus courant est celui où un
seul, parmi tous ces mérid.iens qui travetsent la zorre douloureuse,
est déréglé, Ies autres restant normaux, donc étrangers à I'algie. Par
contre, parfois, mais cela est assez rare, plusieurs de ces méridiens
sont simultanément perturbés. Nous n'envisagerons que le premier
cas, car dans la seconde hypothèse on opère de manière identique en
intervenant suecessivement sur chaque méridien déréglé.
Comment déterminer le ou les méridiens dont le dérèglernent
contribue à I'étiologie de l'algie? La règle générale est d'admettre qu'un
seul méridien est pertulbé, et c'est lui qu'il faut déterminer parmi tous
ceux qui travelsent le territoire douloureux. On le déùermine par la
palpation des pouls radiaux et l'examen du territoire douloureux.

a) Palpation des pouls.


Parmi les différents méridiens d.e même nature qui traversent
Ie territoire de l'algie, on détermine par Ia palpation des pouls corres-
poncl.ant à ces méridiens, celui qui est déréglé. C'est en principe celui
q.ui est en excès par rapport aux autres méridiens intéressés. Par
exemple, dans une aigie de l'épaule dont le territoire est traversé par
les méridiens des Tlois RéchaufTeurs, Intestin grêle, Vésicule biliaire,
si c'est le pouls conespondant au méridien d'Intestin grêle qui est
trouvé en excès par rapport aux autres, c'est en prineipe lui qui est
perturbé et sur lequel il faudra intervenir.
63
LD TRAITE&UIDNT DES ALGIDS PAN L'ACUPANCTARD

b) Eæarnen, de I'algie.

On détermine Ia topographie de I'algie et son axe par rapport au


point a centre-douleur >, lorsqu'il existe. Le plus souvent, c'est le méri-
dien qui coïncide ou qui se rapproche le plus de cet axe qui est le méri-
dien perturbé. En pratique, c'est aussi celui qui est en excès à la palpa-
tion des pouls. Dans l'hypothèse contraire, le renseignement donné
par les pouls prime celui donné par I'examen et ce n'est qu'en cas
d.'échee que l'on intervient sut ce d.eruier méridien.

S ous -P ql'a g' a'p h,e II


TRAITEi\{ENT

On agit sur le mér'idien ainsi cléterminé par deux procédés prin-


cipaux : ceux de la t< Petite piqûre r et d.u < Point Symétrique r. Ce n'est
que dans le cas des algies traumatiques que l'on doit commencer par
le procédé cLe la < Grancle piqûre r (1).

Alinéa I. Procédé dit de la << Petite piqûre >.


-
C'est Ie procédé de choix du traitement des algies en nappe. On
I'applique sur le méridien que I'on. a déterminé comme étant perturbé.
Il devra être répété sur le ou les autres méridiens qui traversent l'algie,
avant d.'utiliser Ie procédé par le < Point Symétrique ) en cas de soula-
gement insuffisant. Ce procédé comprencl plusieurs temps.
Prernier temps :
On détermine sur le méridien pertulbé le point chinois Ie plus
proehe en amont (par rappori au sens du courant cle l'énergie dans ee
méridien) du point < centre-douleur r et on le pique en dispersion.
S'il n'existe pas de point < centre-clouleur )), or1 prend comme repère
le centre de la zorre douloureuse. Souvent il se trouve que le point
chinois ainsi déterminé se eonfonde avec le point ( centte-douleur >;
dans ce cas on le pique de la même manière en dispelsion et parfois
la douleur disparaît immédiatement. Si le point chinois et le point

(r) Voir page 86.


64
LD TRAITEXIDNT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTARE
( centre-douleur ) ne se confondent pas, ou s'il I'algie persiste, on passe
au deuxième temps.
Deuæième tem,ps :
On disperse le point chinois de ce même méridien situé en aval
de la zorre douloureuse. Si le soulagement obtenu n'est pas suffisant,
on passe au temps suivant.
Trois'ième tetnps :
On clisperse en dernier lieu Ie point < centre-douleur , (1) de la
zone douloureuse lorsqu'il en existe un (2).
Si la douleur disparaît, le traitement doit être arrêté. On n'utili-
sera ni le procédé du Point Symétrique, ni les points spécifrques ou
d.e brindilles. En cas d.'échec, on doit recommencer ce procédé sur un
autre méridien, ou passer au procédé suivant, ou encore utiliser les
points spécifiques ou de brindilles (3).

(l) Si I'algie est profonde, il faut utiliser !a technique de piqûre dite q en étoile )).

(2) Le point r centre-douleur l


est cependant préeisé ptrr le patient
existe donc véritablement, mais avec

Rappelons que les méridiens, outre leu.r


daires et cles branches aberrantes, c'est-à
en un endroit déterminé. Les vaisseaux seco
permanentes assurerâient, selon certaines tr
profonde, certains autres méridiens e'b les
mêmes. D'autres branches aberrcutes sont

(3) Le procédé de la a Petite Piqûre u donne plus souvent des aggravations que
de boài résuliats dlns les névralgies faciales. Il faut'le proscrire pour eÏ[es.

65
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTUP"E

;\Iinéa II. Procédé dit ilu << Point Symétrique >r.


-
Lorsque le procédé par la < Petite piqûre > n'a pas donné de soula-
gement, ou lorsqu'il est absolument contre-indiqué (comme dans le
cas des névralgies faciales), on utilise Ie procédé dit du < Point Symé-
trique >. Ifne école chinoise conseillait même de commencer par lui
et de n'employer qu'ensuite la < Petite piqûre ) en cas d'échee. Les
résultats semblent cependant très nettement supérieurs lorsqu'on
applique Ia théorie classique en cornnençant par Ia < Petite piqûre r.
Ce procédé cornprend plusieurs temps et s'effectue sur le méri-
dien que l'on a diagnostiqué comme perturbé.
Premier temps
On repère le point chinois du méridien intéressé, situé Ie plus près
du point <t centre-douleur >, mais on ne le pique pas.
Deuæième temps :
On pique en tonification avec une aiguille d.'or, sur I'autre branche
du méridien, c'est-à-dire du côté opposé à la douleur, le point qui lui
est symétrique.
Troisième teinps :
On pique également à I'or le point symétrique au point t centre-
douleur >.

Le pius souvent, ces deux proeédés réunis apportent un soulage-


ment que l'on complète seulement si nécessaire par des points spéci-
fiques ou de brindilles. Si l'on n'obtient pas au rnoins un début de séda-
tion, cela provient :
soit d'une lésion empêchant I'action de I'acupuncture qui peut
être -importante ou résider seulement dans un déplacement articulaire
le plus souvent vertébral. On a dû, pendant le temps du diagnostic,
vérifier cette hypothèse; mais il est bon de recommencer I'examen et,
si on trouve alors une anomalie, de Ia corriger.
soit d'une erreur de diagnostic :
-a) cette erreur peut porter soit sur le diagnostic du méridien
66
LE TNAITEMENT DDS ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

déréglé lorsque plusieurs peuvent être mis en cause. Il faut recommen-


cer sur un autre méridien;
b) il se peut aussi que le méridien perturbé soit resté trop en excès :
on a mal rétabli I'équilibre dan.s le méridien; il faut alors, si les condi-
tions d'efficacité sont téunies, disperser le méridien par son point de
dispersion ou par son point source (si important trouble qualitatif);
c) on peut avoir diagnostiqué à tort une algie en nappe alors
qu'il s'agissait d'une algie en bande courte (cause de I'erreur) donc
linéaire. fl faut alors utiliserles procédés généraux de traitement des algies
linéaires. L'expérience semble prouver que dans ce cas (diagnostic
diffieile enire algie en nappe et linéaire) la règle < Leou-tcheou des
méridiens > donne de bons résultats (1).

Paragraphe II
LES nnÉnruENs QUI TnAVERSENT r-,A ZONE DOULOUREUSE
SONT DE NATURE DIFFÉRENTE,
LES UNS INN ET LES AUTRES IANG

Certaines aigies en nappe englobent, du fait de leur étendue,


un ou plusieurs méridiens fnn et un ou plusieurs méridiens fang.
C'est, par exemple, le cas des algies en nappe qui siègent à la fois sur
la face externe et la face interne d'un membre.
L'origine de ces algies réside toujours dans le dérèglement de
plusieurs méricliens. A l'examen des pouls, on décèle le dérèglement
d'au moins un méridien Inn et un méridien lang, passant pa.r la zorue
douloureuse. Avant Ie traitement il faut, comme nous I'indicluons au
paragraphe précédent, déterminer les méridiens perturbés par la pal-
pation des pouls et par leur proximité du ou cles points < centre-douleur >.
Pour le traitement, plusieurs cas sont à envisager :
a) Les deu,æ m.éricliens pertutbés (l'u,n Inn et l,'autre lang) sont
des mérid,i,ens couTtlés.
C'est le cas le plus fréquent. fl s'agit, par exemple, cl.'une algie

(1) Voir page 90.

67
LE TR,AITEMENT DES ALGIES PAR L'ACï]PT]NCTARE

en nappe siégeant sur le bras dont le territoire est traversé par une
partie du trajet d.e plusieurs méridiens de nature différente et dont
I'examen a montré que c'était ceux de Gros fntestin et de Poumons
(qui sont des méridiens couplés) (1), qui étaient déréglés. Notons qu'il
s'agit rarement d'une algie pénétrante et profonde, mais presque tou-
jours d'une algie superfi.cielle (une cLouleur pénétrante se rattaehe le
plus souvent aux algies iinéaires). Le traitement consiste à utiliser
le point < lo >. On détermine par la palpation des pouls quel est eelui
de ces méridiens couplés qui est en excès par lapport à I'autre. On
disperse le pqint < lo > du..méridien en excès. Ainsi, dans l'exemple
précédent, si ie méridien des Poumons est en excès sur celui du Gros
Intestin, on piquera son point < lo > Lie-tsiue (7 P.) en dispersion
du côté douloureux. Si cette manæuvre ne donne pas de résultat, le
plus souvent par suite cL'une eneur de diagnostic, on passe au temps
suivant, c'est-à-dire on agit-comme si les deux méridiens n'étaient
pas couplés.
b) Les deuæ mérid,iens 'perturbés
ne sont pas d,es 'méridiens cou,plés.
Dans cette hypothèse (par exemple algie du bras où les méridiens
intéressés sont Gros Intestin et I'Iaître-du-Cæur), le point a lo > est
inefficace. La conduite à tenir est la suivante :
1o On pique en dispersion les points sources des méridiens pertur-
bés du côté douloureux. Dans l'exemple envisagé, oD disperserait
Ta-ling (7 NI.-du-C.) et Ro-kou (4 G. I.) en dispersion du côté de l'algJe.
2o IJne école chinoise eonseille de rechercher s'il n'existe pas un
point < centte-réunion ) correspondant aux méridiens intéressés et
s'il existe de le piquer du côté doulouteux. Ce procédé semble parfois
e{ficace lorsqu'il s'agit d'algie Inn qu'il faut tonifier. ilIais son effet
est moins marqué lorsqu'il doit êbre dispersé.
Si le soulagement n'est pas obtenu, on peut soit utitiser directe-
ment les points spéciûques et les points de blindilles, soit employel
le procédé de la < Petite piqûre r et du a Point Symétrique ) successi-
vement sur chacun des deux méridiens perturbés en commengant
par celui dont le pouls est le plus fort.

(1) Voir r Compléur.enbs d'Acupuncture r, page 38.

68
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNC'TARE

Pa.ragraphe III
UN MERVEILLEUX VAISSEAU EST INTERESSÉ
DANS LA ZONE DOULOUREUSE
En principe, un trouble d'un i\{erveilleux Vaisseau provoque
rarement une algie en nappe, mais le plus souvent une algie linéaire.
Cependant, si un trouble sur le trajet lui-même d'un Merveilleux
Vaisseau n'est c1u'exceptionnellement à I'origine d'une algie en nappe,
par contre les branches aberrantes de certains d'entre eux, en pratique
toujours Tae-mo et Tou-mo, peuvent être en cause. Le problème est
donc de diagnostiquer si l'algie provient d'un ou de plusieurs méri-
diens ou au contraire d'un Merveilleux Vaisseau ou de ses branches
aberrantes. IJn Melveilleux Vaisseau, et donc ses branches aberrantes,
ne peut être mis en cause que dans certaines circonstances. Ainsi un
Merveilleux Vaisseau lang, de mêrne que ses branches aberrantes, ne
prend naissance et ne peut être une cause d'algie qu'en cas d.'excès
de fang en général (puisque dans le cas d'exeès de Inn il reste virtuel) (r).
Si le malade présente un excès de fnn il ne s'agit certainement pas d'un
trorrble de Merveilleux Vaisseaux mais seulement de méridiens. De
même un Merveilleux Vaisseau Inn, et ses branches aberrantes, ne
prend naissance qu'en cas. d'excès de Inn et ne peut être une cause
d'algie qu'en cas d'excès de fnn en général.
Cependant même dans l'hypothèse d.'un excès de même nature
que le l\[erveilleux Vaisseau et même si celui-ci ou ses branches aber-
tantes traversent le territoire douloureux, il est seulement possible
mais pas certain qu'il soit la cause de I'algie; ce peut être aussi un
méridien. Il faut donc encore diagnostiquer et distinguer s'il s'agit
d'un trouble de méridien ou de Merveilleux Vaisseaux.
On fait le diagnostic, pour rattacher l'étiologie de l'algie soit à
un lVlerveiileux Vaisseau (ou à ses branches aberrantes) ou au contraire
à un méridien, par I'examen du siège de l'algie et par la palpation
d.es pouls.
Étudions d.onc le diagnostic puis le traitement.

(1) Voir appendice, page 279 et suivantes.

69
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAE L'ACUPANCTUITE

Alinéa I. .- Diagnostic

Celui-ci se fait par l'examen du territoire de l'algie et par Ia pal-


pation des pouls.
10 Le siège de i'algie.
Pour que I'algie puisse piovenir d'un Merveilleux Vaisseau ou
d'une de ses branches aberrantes, elle doit siégel sur ou au voisinage
immédiat, soit d.u trajet, soit d'une branche abenante d'un lVlerveilleux
Vaisseau. En pratique les algies en nappe de cette étiologie proyiennent
presque toujours de Tou-mo ou de Tae-mo.
Tou-mo est ou peut être en cause dans les dorsalgies jusqu'à la
douzième côte et Tae-mo surtout pour l'épaule, Ia eeinture pelvienne,
la hanche et plus rarement le genou. Si l'algie siège en dehors de ees
régions, on considère en pratique qu'un Merveilleux Vaisseau n'est
PAS en Cause.
Palpation des pouls.
2P
Comme il s'agit toujours de Tae-mo et de Tou-mo, (1) s'il n'y a
pas d'excès de Iang en général, on élimine les Merveilleux Vaisseaux
et leurs branches aberrantes. Si il y a excès de Iang en général, on
soupçonnera qu'ils sont intéressés si les pouls correspondants aux
méridiens qui traversent I'algie ne sont pas perturbés.

Alinéa II. Traitement


-
1o L'algie provient d'un trouble de Tae-mo.
Il s'agit soit d'algie de l'épaule, soit d.e la ceinture pelvienne ou
de la hanche, soit du genou.
On commence par piquel son point maître Linn-tsri (41 V. B.) en
tonification à I'or du côté opposé à la douleur; car l'algie vient le plus
souvent du mauvais fonctionnement de la branche aberrante du côté
opposé à la douleur. En cas d'échec, on pique en dispersion à I'argent
le Linn-tsri du côté de la douleur.

(1) Qui sont des Merveilleux Vaisseaux de nature lang. Yoir apDendice pages 26o
et suivantes.

70
LE TRAITEMENT D,ES ALGIES PAR L'ACAPUNCTUNE

20 L'algie Provient d'un Érouble de lou-mo.


On opèr'e de la même façon, en dispersant son point rnaître
Reou-tsri (3 I. G.). n est souvent bon de piquel aussi en dispersion
son point d'entrée Tchrang-tsiang (1 T. M.).
Si on n'obtient pas de résultat, c'est que l'on a commis une erleul
d.e diagnostic et qu'il ne s'agissait pas d'un trouble de Merveilleux
Vaisseau. il faut alors utiliser les procédés indiqués dans les deux
paragraphes précédents au sujet des méridiens.

Sous-SBcrroN II
ALGIES EN NAPPE, DE PETITE SUNFACE,
CENTRNNS SUR UNE SAILLIE OSSEUSE
Les algies envisagées ici sont bien moins étend.ues que les précé-
dentes, et d'une superficie inférieure à deux écus, plus arrondies, et
surtout elles présentent le calactère particulier d'être centrées sur une
saitlie osseuse. Nous pouvons citer comme exemple de ce type d'algies,
le tennis elbolv ou épicondylite. La saillie osseuse qui permet d.e classer
ces algies peut être apparente normalement comme l'olécrane ou l'épi-
trochlée, ou bien n'être mise en évidence que par la flexion d'une arti-
culation, telle la flexion de l'articulation interphalangienne d'un doigt.
Le diagnostic par Ia palpation des pouls n'a pas ici d'intérêt
primordial, sinon pour rétablir I'équilibre de I'énergie en général qui
est toujours nécessaire. Les caractères de l'algie su.ûlsent à donner
I'indication thérapeutique.
Le traitement comprend deux temps (I)-
Prem'i,er tem,Tls :
On cornmence par déterminer Ie point < centre-douleur I qui le
plus souvent siège sur, ou très près de la saillie osseuse. On disperse

(l) a) Ici, comrne ailleurs, si i'algie est d'origine traumatique, il faut préalablement
utilisei'leprocédé de la Grande Piqtrle sur le méridi.cn intéressé.
b) Ce plocéclé, en par-ticulier son deuxième temp_s, 1 é_té pa-rfois étendu à.des algies
no.r càâtré"ô urie saiflie osseuse et plus étenCue.^Iviais hort le cas envisagé ici, il ne
".,"
semble pas donner d.e bons résuitats.

7l
LE TRAIT'EMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

ce point avec une aiguille d'argent et comme toujours on la toutne


avec les doigts selon la technique habituelle.
Deuæième tem,ps :
On délirnite ensuite exactement avec un crayon dermographique
la zone douloureuse, que I'on eneerele alors avee des aiguilles d'argent,
placées à petite distance Les unes des autres à la périphérie de cette
zone. On compte Ie nombre d'aiguilles utilisées, et si le résultat théra-
peutique n'a pas été définitivernent obtenu, à la séance suivante on
recorrunencera la même mânceuyre en utilisant pour I'encerclement
une aiguille de plus.
Si ce procédé n'a pas donné de résultat, c'est qu'il existe une lésion
relativement importante, ou que le rétablissement de l'équilibre de
I'énergie en général a été insuffisant. Il faudra faire un rétablissement
plus soigneux à la séance suivante. On peut aussi essayer de piquer
à l'or en tonification le point symétrique (situé sur le côté non doulou-
reux) du point < centre-douleur > situé sur Ia saillie osserlse, mais le
résultat est toujours aléatoire (1).

SncrroN II
LES ALGIES LINÉAIRES
Les algies linéaires se distinguent des algies en nappe par leur
forme topographique et par leur traitement. Elles sont plus longues
et moins larges, leur territoire figure toujours plus ou moins grossière-
ment ce qu'il est convenu d'appelet d.es band.es. Leur longueur est très
variable et peut s'étager de quelques centimètres à toute Ia longueur
d'un membre ou même d'un côté du corps. Leur largeur peut ne pas
dépasser quelques millimètres, mais généralement elle est de l'ordre
de deux ou trois travers de doigt; parfois, ellespeuventêtre plus larges,
ainsi lorsqu'elles euglobent les deux faces d'un membre.
Ces algies peuvent avoir un trajet longitudinal, c'est le cas Ie
plus courant, elles siègent aiors, par exemple, le long d'un membre;

. .(1)^ Dans les algies en nappe perr étenclues, centrées sur une saillie osseuse, il ne faut
Jarnars taue de massage.

72
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

mais elles peuvent aussi être circulaires et, d.ans ce cas, enserrer un
membre eomme par un bracelet.
Nous étudierons en deux sous-sections :
Sous-section I. Les algies linéaires longitudinales.
Sous-section If.
- Les algies linéaires eirculaires.
-
Sous-SncrroN I
LES ALGIES LINÉAIRES LONGITT]DIN ALES
Les algies linéaires longitudinales, qu'il faut distinguer des algies
linéaires circulaires qui sont transversales, peuvent siéger sut n'importe
quelle partie du corps. Leur territoire douloureux, sous forme de bande,
épouse dans la majorité des cas le trajet (ou son voisinage immédiat)
d'un ou de plusieurs méridiens ou d'un Merveilleux Vaisseau, et est
toujours plus ou moins vertical. Il n'y a qu'une exception pour les algies
de la ceinture pelvienne (lorsqu'elles proviennent d'ul trouble d.e Tae-
mo) gui, circulaires et transversales, sont cependant assimilées aux
algies longitudinales.
Hormis le cas, courant d'ailleurs, d.'une lésion, c'est le trouble
de l'équilibre de I'énergie dans le ou les rnéridiens ou encore les Merveil-
leux Vaisseaux, sur le trajet desquels siège I'algie, qui en est I'origine.
Le but du traitement est de rétablir eet équilibre perturbé, ce qui
supprime I'algie. Dans le cas d'une lésion, on doit, lorsque c'est possible,
la supprimer ou Ia réduire (par des massages ou des manceuvres, s'il
s'agit par exemple d'un déplacement articulaire) ou pratiquer un nom-
bre suffisant de séances pour essayer, en renversant le processus évo-
lutif, de diminuer, puis de supprimer la lésion (ainsi dans une atthrite).
Le tlaitement des algies linéaires longitudinales est fonction du
déséquilibre de I'énergie. II n'est pas le même s'il s'agit du trouble d'un
seul méridien, de plusieurs méridiens, ou d'un Merveilleux Vaisseau.
Paragraphe I. Algies linéaires longitudinales dépendant d'un
-
trouble d'un Merveilleux Vaisseau.
Paragraphe II. Algies linéaires longitudinales dépendant d'un
-
trouble dans un ou plusieurs méridiens.
,18
LN TRAITEMEN" D.ES ALGTES PAR L'ACAPUNCTURE

Paragraphe I
ALGIES LINÉAIRES LONGITUDINALES DÉPENDANT
D'UN TRO{IALE D'UN N,IERVEILLEUX VAISSEAU
Lorsqu'une algie linéaire longitudinale siège sur le trajet d'un
Nlerveilleux Yaisseau ou sur une de ses branches aberrantes (1), il
n'est pas eertain mais possible que son origine réside, au moins en partie,
dans un trouble d-e l'éirergie de ce illerveilleux Vaisseau. Pour le trai-
tement de ces algies, on doit donc en premier lieu préciser le plus
exactement possible si l'algie provient bien du trouble cLu Merveilleux
Vaisseau sur le trajet duquel elle semble résider, ou au contraite d'un
ou de plusieurs méridiens voisins.
Sous-Paragraphe I. Dia.gnostie.
Sous-Paragraphe II.- Traitement.
-
Sous-Paragraphe I
DIAGNOSTIC
Poul qu'un Merveilleux Vaisseau puisse être à I'origine d'une
algie, il faut que physiologiquement le Merveilleux Vaisseau ait pu
prendre naissance (2). Donc, on lle peut envisager qu'une algie soit
provoquée par le trouble d.'un Merveilleux Vaisseau Iang que si on
diagnostique aux pouls un excès de fang, car en cas contraile, comme
il n'a pas pu prendre naissance, iI ne peut pas être le siège de trouble,
ni cause d'algie. De même, on ne peut envisager qu'une algie soit pro-
voquée par le trouble d'un Merveilleux Vaisseau Inn que s'il y a excès
de fnn. C'est-à-dire qu'ici encore le diagnostic par les pouls est abso-
lument essentiel.
En premier lieu, on doit donc poser comme axiome (car les excep-
tions qui existent, dans le cas notamment de déséquilibres polymorptres,

linéaire provoquée pilr* rln troubie i'un [Ierveill


son trajet normal ef exeeptionnellenent sur ses b
gie en nappe siège plus souvent sur les branches

(2) Voir appendice, pâges 280 et 281.

74
LE TI}AITEXIEN? DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTANE

sont rares) qu'un Merveilleux Vaisseau ne peut être incriminé comme


cause d'algie que si celle-ci siège sur son trajet et si ce Nferveilleux
Vaisseau est de même nature que le sens du déséquilibre général
constaté aux pouls. tr'Iais dans I'hypothèse la plus eourante le trajet
de I'algie qui recouvre le Merveilleux Vaisseau ineriminé, englobe aussi
le trajet d'un ou de plusieurs méridiens. Il faut donc préciser le diagnos-
tic et'établir si e'est bien Ie l'ferveiileux Vaisseau qui a pris effective-
ment naissance qui est Ia cause de l'algie, ou si I'origine de celle-ci
ne réside pas dans un trouble d'un ou de plusieurs de ces méridiens.
Rappelons que si les points symptôinatiques ont une aetion, au moins
passagère, dans les algies causées par un trouble de méridiens, ils
n'agissent presque plus quand un trouble d'un Merveilleux Vaisseau est
en cause.
Le diagnostic se fait par l'étude des pouls, par l'examen de la topo-
graphie du territoire cLouloureux, et par la recherche de l' < onde >.
10 Etude des pouls.
Pour qu'un Merveilleux Vaisseau puisse être cause d'algie, l'excès
(de Inn ou de Iang) présenté doit être de même sens que sa nature.
Pat conséquent, si cet excès est en sens inverse, on élimine le },Ierveil-
leux Vaisseau des vecteurs à traiter. Dans le cas contraire où l'excès
est de même nature il faut préciser le diagnostic différentiel. On doit
alors étudier soigneusement les pouls eorrespondants aux méridiens
dont le trajet est voisin de celui du Merveilleux Vaisseau intéressé
et du territoire douloureux. En particulier, il faut apprécier à chacun
des pouls correspond.ants à ces méridiens, outre leur force et leur
tension, la présence éventuelle d'un flanc en excès sur I'autre (1).
Car si un pouls eorresponclant à un méridien voisin du trajet doulou-
reux présente un flanc en excès du côté de la douleur, il y a de grandes
chances pour que la cause de I'algie résid.e dans un trouble cle ce méri-
dien et non dans le lVlerveilleux Vaisseau. Par contre, si tous les pouls
correspondants aux méridiens voisins ne présentent aucune anomalie,
c'est le plus souvent le l\{erveilleux Vaisseau qui est en cause. Ce dia-
gnostic aux pouls sera confirmé par l'étude du trajet de la douleur.

(f) Voir page 80, note I.


'tc
LD TRAITE]YIENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTURE

2o Etude du trajet de la douleur.


On trace sur le patient a.rec un crayon dermographique la totalité
du territoire douloureux et on remarque s'il n'existe pas une fraction
de ce territoire où le trajet du i\ferveilleux Vaisseau et celui des méri-
diens soient nettement dictincts. Si la douleur abandonne en un endroit
quelconque le trajet des méridiens pour suivre uniquement celui du
Merveilleux Yaisseau, on doit rapporter I'algie au l\fervei]Ieux Vaisseau
et non aux méridiens. Par contre, si le territoire douloureux en un
endroit quelconque abandonne le trajet du l\ferveilleux Vaisseau pour
suivre uniquement celui d'un méridien, c'est celui-ci qui est en cause
et non pas le iVlerveilleux Vaisseau. Prenons l'exemple d'une algie
du type seiatique recouvrant à la fois une partie du trajet cle fang-
tsiao-mo et du méridien de la Vessie chez un malade présentant un
exeès net de Iang. On recherche si le territoire douloureux ne remonte
pas légèrement sur le flanc. Dans I'affirmative et comme, en cet endroit,
seul se trouve le trajet de lang-tsiao-mo (Ie méridien de la Vessie se
rapprochant de la colonne vertébrale), il est bien évident que I'algie
provient d'un trouble du I'Ierveilleux Vaisseau et non pas du méridien
de la Vessie. Par contre, si l'algie se continue dans la fesse et dans les
lombes où ne passe pas le trajet de fang-tsiao-mo, mais seulement le
mériclien de la Vessie, c'est à ce dernier qu'il faut rattacher la douleur.

3o Recherche de I'ond.e.
Un troisième critère permet encore de savoir si I'algie provient
d'un trouble d'un Merveilleux Vaisseau ou au contraire d'un méridien :
c'est la recherche, par Ie massage d.u trajet douloureux, de ce qu'on
appelle l'onde < douloureuse r. Lorsqu'une onde est présente, I'algie
provient toujours, ou presque, d'un trouble d'un Merveilleux Vais-
seau (1).
IIest nécessaire de posséder un certain entraînement poul recon-
naître Ie phénomène de I'onde. D'autant plus que celle-ci n'apparaît
parfois c1u'après la piqûre en dispersion du point d'entrée du Merveil-
leux Vaisseau correspondant.

(1) Cependant, la présence d'nne ond.e n'est pas un phénornène constant et rnalgré
I'absenee d'onde une algiè peut pourtant provenir d'un trouble d'un il{erveilleux Yaisseau.

76
LE TRAITEMD.I,TT DES ALGIES PAR T.'ACUPANCTUNE

Lorsque Ie méd.ecin suit arrec son pouce, dans le sens de la circu-


lation de l'énergie, la partie douloureuse du Merveilleux Vaisseau,
il voit (si Ie trouble vient du Merveilleux Vaisseau) une onde, le plus
souvent douloureuse par elle-même, qui précède le doigt qui masse.
Cette onde est très différente du sirnple plissement ou de I'affaissement
d.evant le doigt lorsque, par exemple, on suit un trajet cellulitique.
Le médecin, non seulement voit I'onde qui précède son doigt, mais
éprouve une sensation subjective de gonflement, diffi.cile à expliquer,
mais qu'il pergoit et distingue avec un peu ti'habitude. Pour bien
mettre cette onde en évidence lorsqu'on est néophyte, on masse de la
même manière la branche non douloureuse et I'on voit et sent la diffé-
rence. De même, après le traitement, lorsque la douleur a disparu
sous les aiguilles, un nouveau md,ssage ne rencontre plus I'onde qui
a disparu a\ree la douleur elle-même.
Cette onde, souvent discrète, ,est parfois importante et I'on voit
corrrme une vague qui fuit devant le pouce qui masse. La perception
de cette onde est comme dans tout massage fonction d.e la pression
du pouce. Cette pression doit être différente de la remontée d'un pli
de la peau qui se forrne au-dessus du pouce lorsqu'on déprime en remon-
tant. Mais si I'on appuie trop, on masque Ie phénomène qui devient
banal, et si on n'appuie pas assez, on ne remonte pas I'onde qui reste
inapparente.

Sou,s-Paragt'aphe II
TRAITEMEI{T

Ces différents moyens permettent de préciser Ie diagnostic et


d'estimer que I'origine de l'algie à traiter réside bien dans un trouble
d'un iVlerveilleux Vaisseau et non dans celui de méridiens.
Ce trouble de l'énergie au niveau d.'un l\,Ierveilleux Yaisseau
peut avoir deux causes :
a) La branche du I\[erveilleux Vaisseau peut être doulouteuse
parce qu'elle présente un excès. ElIe a trop d'énergie à transporter.
Cet excès vient du fait que l'autre branche du Merveilleux Vaisseau
n'a pas pris naissanee; c'est-à-dire qu'au lieu de devenir réelle elle
77
LN !trTAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

est restée pathologiquement virtuelle, ou du mojns qu'elle remplit


insuffisamment son rôle. Le plus souvent, il s'agit d'un trouble de
conduction de l'énergie au point d'entrée ou au point maître du Mer-
veilieux Vaisseau du côté correspondant à Ia branche non douloureuse.
b) Soit il peut s'agir d'une mauvaise conduction ou d.'une stase
de l'énergie dans la branche douloureuse du i\'Ierveilleux Vaisseau,
l'autre, la branche indemne, fonetionnant normalement. L'énergie au
niveau de la zorte douloureuse est corrune bloquée, et crée ainsi un
excès, un épanchement local responsable de la douleur.
Il faut noter que parfois les deux étiologies peuvent se rencontrer
simultanément; il y a à la fois perméabilité insuffi.sante de la branche
non douloureuse et conduction défectueuse dans Ia branche doulou-
reuse. C'est pourquoi, bien que le traitement soit différent dans ces
deux hypothèses, et comme Ie diagnostic est diffieile à établir entre les
deux, il faut appliquer successivement les deux procédés de traitement.
Comme la première hypothèse est la plus courante (non perméabilité
ou pelméabilité insufHsante de la branche non cl.ouloureuse), on appli-
que d'abord le traitement qui y correspond et ee n'est qu'en cas d'échec
ou de résultat insuffi.sant qu'on applique le traitement correspondant
à la deuxième hypothèse (1).
Voyons donc Ie traitement premièrement dans le cas de non
perméabilité de la branche douloureuse, et ensuite dans I'irypotirèse
d'une mauvaise conduction dans la branche douloureuse.

Alinéa I. lraitement dans le cas de non perméabilité


- ou de perméabilité
insuffisante Ce la branche non douloureuse.
Règle de la (( Grande Piqûre des Merveilleux Vaisseaux ).
D'après les théories chinoises, lorsqu'une branche d.'un l\ferveilleux
Vaisseau n'est pas perméable et reste virtuelle malgré la présence
d'un excès d'énergie, l'autre brancire se trouve obligée d'entraîner à
elle seule une quantité d'énergie dispropoitionnée d'avec ses facuités

.(1).Sauf lorsqu'on a constaté Ia présencg d'une ond.e. Dans ceti;e irypothèsc', on


doit toujours cornmencer par la règle Leou-tcheou des À{erveilletrx Vaisseaux.

78
LE TRAI'TEMENT L)ES ALGIES PAR L'ACAPUNCTLTRE

d'absorption. Et c'est cet exeès qui provoque I'algie. C'est aussi ce


qui explique pourquoi ces algies sont toujours relativement étendues.
Pour supprimer I'algie et libérer Ja branche d.ouloureuse de son excès,
le moyen le plus simple et le plus physiologique consiste à < ouvrir l
la branche non douloureuse. C'est donc sur elle qu'il faut intervenir
par les aiguiiles et non sur la branche douloureuse. Le procédé pour
ie réaliser comprend deux temps.
Prem'ier tem,ps :
On détermine exaetement par la localisation du territoire dou-
loureux quel est Ie Merveilleux Yaisseau cause de l'algie et on pique
à l'or en tonification le point d'entrée (qui fait en même temps fonction
d.e point o lo o) de Ia branche opposée au côté douloureux. C'est donc
la règle de Ia < Grand.e piqfrre > appliquée à un Merveilleux Vaisseau.
Si cette manæuvre n'a pas réussi, on peut passer directement
au deuxième procédé, ce qui semble Ie plus judicieux, ou, si l'on est
bien certain du diagnostic, continuer les deux autres temps de celui-ci.
Deuæième temps :
On excite ensuite en tonification avec une aiguille d'or le point
maître de ce Merveilleux Vaisseau, toujours du côté non douloureux.
Troisième tem,ps :
En cas d'échec, on peut essayer de compléter la règle par une
imitation de Ia < Grande piqûre couplée Minuit-Mid.i D, ici en utilisant
la branche, située du même côté non douloureux, du Merveilleux
Yaisseau couplé (1). On pique à I'or son point d'entrée et éventuelle-
ment son poirrt maître du côté non douloureux.
S'il s'agit, par exemple, d'une algie droite siégeant sur le terri-
toire de fang-tsiao-mo, ot eommenee par piquer son point d'entrée
Chenn-mo (62 V.) sur le côté non d,ouloureux, c'est-à-dire au pied
gauche. Si cette manæuvre ne su{fit pas, on n'a pas à intervenir sur
un autre point, puisque Chenn-mo est en même temps point maître
et point d'entrée, mais on passe au troisième temps du procédé. Pour
cela on pique d'abord Tchrang-tsiang (1 T. 1\{.), point d'entrée de

(1) Voir : < Compléments cl'Acupuncture r, pages 128 et 172. Appendice page 2B2.

79
LB 'I'RAI1'EMEN'T' DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

Tou-mo qui est son Merveilleux Vaisseau couplé, et ensuite Reou-tsri


(3 I.G.) à l'or du côté gauche.
Si cela ne suffit pas, il faut traiter Ia branche gauche de Iang-
tsiao-mo, comme il est indiqué ci-après.

Alinéa II. Traitement direct de la branche douloureuse.


- des algies appliquée aux Merveilleux Vaisseaux.
RègIe Leou-tchoou
Dans cette seconde hypothèse, la branche non douloureuse du
Merveilleux Yaisseau fonctionne normalement. Le trouble réside avant
tout dans la branche douloureuse elle-même. Il s'agirait plus d'une
mauvaise circulation de l'énergie dans cette branche que cL'une stase, cat
une stase provoque plutôt une douleur en nappe qu'une algie linéaire.
Le procédé de choix pour traiter ces douleurs est la règle Leou-
tcheou des algies appliquée aux Merveilleux Vaisseaux. Il donne, lors-
qu'il est bien indiqué et bien appliqué, d'excellents résultats, à la fois
réguliers et durables (I).
On envisagera successivenrent :

a) Définition;
b) Technique;
c) Application pratique.
a) Définiti,on.
La règle Leou-tcheou englobe, sous le même nom, deux techniques
différentes.
La première, qui est la véritable règle Leou-tcheou, s'applique
au rétablissement de l'éguilibre de l'énergie, et utilise prineipalement
les points d'entrée et de sortie des méridiens, en favorisant le passage
de I'énergie d'un méridien à I'autre en suivant le sens de la grande
circulation de l'énergie.
La seconde, elle anssi, a pour but de favoriser la circulation de
l'énergie dans un de ses vecteurs, c'est pourquoi elle polte le même
nom. l\[ais en fait, elle est fort différente et ne s'applique guère qu'au
traiterrrent des algies. C'est celle que nous étudierons ici.

(1) Voir a Exposé et Vérificatiorr de la Règle Leou-tcireou d.es l\'Ierveilleux Vais-


seaux D,par le Dr René Casez. (Bulletin de la Société d'Acupuneture, no 22).
80
LE TRATTEMEN? D]qS ALGIES PAR L'ACUPUNCTUNE

La technique de la règle < Leou-tcheou des algies r est un peu


différente suivani qu'elle s'applique à un méridien ou à un lVlerveilleux
Vaisseau. L'application de la règle aux méridiens est envisagée plus
loin (1).

b) Technique.
Nous n'étudierons ici que la règle Leou-teheou des l\'Ierveilleux
Vaisseaux. ElIe utilise la piqûre de points maîtres et de points consti-
tutifs des i\'Ierveilleux Vaisseaux, et de points < centre-douleur >, et
y ajoute une technique particulière de massage. Cette règle s'applique
en plusieurs temps :
Prenzier tentps :
Le premier temps de la règle Leou-tcheou des illerveilleux \rais-
seaux consiste à piquer en dispersion à Ia fois le point maître et Ie
point d'entrée du lVlerveilleux Vaisseau intéressé, uniquement du côté
de I'algie. Lorsque le point maître et le point cl.'entrée se confondent,
c'est-à-dire qu'un seul point joue ce double rôIe, comrne c'est le cas
poul lang-tsiao-mo et pour Inn-tsiao-mo, on ne pique évidemment
qu'rin seul point.
Pour certaines écoles, la règle est simplifiée en ce sens qu'elle
n'utiiise que la piqûre du point d'entrée, en négligeant la piqûre du
point maître, mais ceci au détrirnent de I'efËcacité, sernble-t-il.
Deu.tv'ième temps :
Sur le trajet de la branche douloureuse et Ie plus près possible
du point d'entrée, on reeherche le premier point douloureux reneontré
qui peut être soit uu point constitutif du Merveilleux Vaisseau, soit
un simple point < centre-douleur > situé sul le trajet même de Ia branche
du Merveilleux Vaisseau intéressé. On pique ce point avec une aiguiile
d'argent (2).
Troisième ternps :
Au dessus de cette aiguille, on recherche un deuxième point
également douloureux. Ce peut être également soit un point chinois

(l) Voir page 90.


(z) En appliquant la technique de dispersion des points spécifiques et de brindilles.
I)e même pour les suivants.
8I
LE TRAITENIENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNC'IARE

du i\'ïerveilleux Vaisseau, soit un point < centre-d.ouleur r. On pique


aussi ce point alree une aiguille d'argent.

Quatrième temps :
Ce temps est facultatif suivant les écoles. Pour les unes, avant
d'aller plus loin cn retire les aiguilles plantées au point maître et
au point d'entrée. Pour les autres, on laisse ees aiguilles en place jus-
qu'à Ia fin du traitement, ce qui nous semble préférable.
Cinqu'ième temps :
C'est un temps de rrrassage. Ce massage s'effectue entre les deux
aiguilles précédemment plantées. On applique Ie bord externe de l'extré-
mité du pouce au contact de l'aiguille la plus basse sur le trajet doulou-
reux, et on masse en remontant avec le pouce jusqu'au contact de
I'aiguille supérieure. On retire le pouce et on recommence la même
manæuvre. Chacun de ces massages, toujours fait dans le sens de Ia
circulation physiologique de l'énergie, est appelé ( passage >. On effectue
le nombre de passages nécessaires, les premiers très légers, les suivants
de plus en plus appuyés, jusqu'à la disparition totale de Ia douleur
dans le segment limité par les deux aig'uilles. Si la douleur ne disparaît
pas, cela provient soit d'une erreru cle diagnostic (l'algie ne provient
pas d'un trouble de la circulation dans Ie vecteur intéressé) soit, et
c'est Ie cas le plus fréquent, d'une eneur dans la localisation des points
piqués.

Siæième tetnps :
On recherche de nouveau, au dessus de l'aiguille supérieure, le
prernier point douloureux, point constitutif du Merveilleux Vaisseau
ou point < centre-clouleur >, et on le disperse avec une aiguille d'argent.
Cette aiguille mise en plaee, on tetire la première aiguille du premier
point douloureux rencontré. Ensuite entre les deux aiguilles qui res-
tent en plaee, on effeetue sur Ie trajet douloureux un massage identique
avec Ie pouee et on pratique le nombre de pessages nécessaires.

Septième temps et su,iaants :


On continue ainsi en suivant les points douloureux et on alterne
piqûres et massages jusqu'à l'extrémité de la zorle douloureuse.
82
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTARE

c) Application pratique.
Prenons un exemple : une algie de la face externe de la jambe
et de Ia cuisse droites sur Ie trajet du Merveilleux Vaisseau fang-
tsiao-mo et provenant effectivement d'un trouble de ce i\{erveilleux
Vaisseau.
Prem'ier temps :
On disperse Ie point maî'bre et le point d'entrée de Iang-tsiao-mo
qui, pour ce Merveilleux Yaisseau, se confondent. On pique en disper-
sion le point Chenn-mo (62 V.), à d.roite seulement.
Deun'ième temps :
On recherche Ie premier point douloureux rencontré au-dessus
de Chenl-mo. Admettons qu'il s'agisse du troisième point de Iang-
tsiao-mo, soit trang-fou (38 V. B.). On pique ce point avec une aiguille
d'argent (1).
Troisième temps :
On cherche ensuite Ie premier point douloureux situé au-dessus,
soit un point <r centre-douleur ) par exemple, situé simplement sur le
trajet de lang-tsiao-mo. On pique ce point < centre-douleur )) avec urre
aiguille d'argent. Parfois la douleur peut disparaître dans le segment
délimité par ces deux aiguilles.
Quatrième tem,ps :
On peut ensuite, selon certaines écoles, enlever l'aiguille placée
au point d'entrée. II semble cependant plus efficace de la laisser à
Chenn-mo et de continuer.
Cinqzdème temps :
C'est le premier temps de massage. On place le bord. externe de
l'extrémité du pouce contre l'aiguille placée à Iang-fou. On masse en
lemontant jusqu'à I'aiguille située au-dessus d'elle. On effectue le
nombre de < passages > nécessaires jusqu'à la disparition complète de
la douleur entre les deux aiguiiles.

(l) Cette aiguille comme les suivantes doivent bien enLendu être toutnées entre
les doigts selon la technique habituelle.

83
LE TRAITDMENI' DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Si,æième temps :
On recherche Ie point douloureux suivant, situé au-dessus de l'ai-
guille la plus élevée. Admettons qu'il s'agisse encore d'un point < centre-
douleur >. On y pique une aiguille d'argent. fci, avant d'aller plus loin,
on enlève I'aiguille placée à lang-fou. Par Ia suite, en continuant
I'application du procédé, on enlèvera, au fur et à mesure que l'on
plante une aiguille de plus, I'aiguille la plus ancienne, e'est-à-dire située
le plus bas.
Une fois I'aiguille la plus basse enlevée, on effectue à nouveau
un temps de massage entre les deux aiguilles supérieures, selon la tech-
nique exposée au cinquième temps.
Septième temps et suioants :
On continue ainsi en remontant le long de la zone douloureuse
en reeherchant les points douloureux reneontrés et en appliquant
pour chacun la technique que l'on vient d'exposer.

Paragraphe II
LES ALGIES LINEAIR^ES
OEPnNDANT D,UN SEUL oU DE PLUSIEURS MIIRIDIENS
IJne algie linéaire qui ne dépen d pas d'un Merveilleux Vaisseau
est provoquée par un trouble de méridiens. Il peut s'agir d'un seul
méridien ou d.e plusieurs, et dans ce cas les méridiens perturbés peuvent
être de même nature (tous fnn ou tous fang) ou de nature différente
(les uns fnn et les autres lang). Le traitementestdifférent dans chacune
de ces hypothèses. Pour la clarté de I'exposé nous adopterons une
classification basée sur le nombre et la nature des méridiens qui
traversent Ie territoire douloureux.
Sous-Paragraphe I. Algies linéaires siégeant sur le trajet d'un
seul rnéridien. -
Sous-Paragraphe II. Algies linéaires siégeant sur le trajet de
plusieurs méridiens de même - nature.
Sous-Paragraphe III. Algies linéaires siégeant sur le trajet
-
de plusieurs méridiens de nature différente.
84
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Sous-Paragraphe I
ALGIES LINÉAIRES SIÉGEANT SUR LE TRAJET
D'UN SEUL MÉRIDIEN

Le trouble d'un méridien, cause d'algie linéaire, peut revêtir deux


aspects; il peut s'agir :
soit d'une mauvaise conduction de l'énergie dans la branche
-
douloureuse elle-même;
soit d'un déséquilibre entre les deux branches d'un même
- ce qui est Ie plus courant. La branche douloureuse se trouve
méridien,
en excès par rapport à la branche non douloureuse; mais notons qu'ici
la branehe indemne, non douloureuse, est cependant toujours réelle
bien qu'elle puisse être considérablement affaiblie.
Dans les deux cas, le déséquilibre de l'énergie est surtout d'ordre
quantitatif, c'est-à-dire que le trouble quantitatif est primordial, et
le déséquilibre qualitatif qui I'accompagne reste &u second plan. De
ce fait, en général, on ne tient pas compte du trouble qualitatif.
L'algie, comme toute algie linéaire, occupe un territoire plus ou
moins grossièrement en bande et ici n'est que rarement pénétrante.
Elle se distingue des autres algies linéaires provoquées par le trouble
de plusieurs méridiens par :
. a) son étroitesse; de largeur inférieure à deux ttavers de doigt.
à) par une longueur réduite du territoire douloureux (rnais il y a
des exceptions, en particulier lorsqu'il s'agit du méridien de la Vessie
ou de la Vésicule Biliaire).
c) et plus inconstamment par son siège, en général éloigné d'une
articulation.
Les indications du'braitement sont fourniqs par l'étude du pouls
correspondant au méridien sur le trajet duquel siège l'algie. La palpa-
tion clu pouls permet de reconnaître :
a) la présence d'un flanc du pouls en excès par rapport à I'autre
85
LE TRAITETUTENT DES ALGIES PAhI L,ACUPANCTARE

du côté de Ia douleur (pai exemple un flanc droit pour une algie du


côté droit (1).
b) la présence d'un flanc eTI excès situé du côté opposé au côté
douloureux.
c) pas d'excès d'un flauc sur i'autre.
Le traitement n'est pas le même d.ans chacune de ces hypothèses.
Nous les étudierons suecessivement en trois alinéas. Puis en un qua-
trième, nous exposerons la règle Leou-tcheou des méridiens que l'on
peut utiiiser à titre curatif, soit isolément et directement, soit après
éehec des procédés des trois premiers alinéas.

AIinéa I. Lo pouls tlu méridien intéressé


présente un-flanc en excès du côté douloureux.
Règle de la grande piqûre.
Le procédé d.e choix de traitement de ces algies est celui d.e la
< Grande Piqûre >. La < Grande Piqure > constitue une des règles les

En palpant ainsi le flanc d'un pouls, on peut ttouver :


soit les flancs égaux;
- soit un flanc en excès sur I'autle I
-_ soit I'absetce de flanc.
Ces renseignements scnt indispensables pour le diagnosiic et le traiternent du
déséquilibre d.es -cleux brancb.es des méridiens.

86
LE TRAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

plus importantes du traiternent des algies, et e'est ici qu'elle semble don-
ner les nreilleurs résultats, comme dans le cas des algies traumatiques.
Son principe est basé sur l'hypothèse (et son efËcacité semble le
confitmer du reste) que I'algie est avant tout produite par une répar-
tition inégale de Ia quantité d'énergie entre les deux branches d'un
même méridien. IJne branche présente un excès, l'autre une insuffi-
sance. Cela provient de ce qu'une branche est insu{fisamment per-
méable à I'énergie (et bien qu'elle ne soit pas douloureuse, c'est elle en
fait qui est la cause de I'algie, et non Ia douloureuse qui, de ce fait,
est obligée de transporter le surplus d'énergie). C'est aussi eet excès
qui se reflète atr pouls correspondant et provoque la présence d'un
flanc en excès du côté douloureux.
Pour soulager ou supprimer l'algie, Ie but du traitement est d.e
vider la branche en excès pour rétablir ainsi l'équilibre. Plusieurs
procédés sont possibles. Le plus simple et le plus efficace, puisqu'il
permet à la fois de disperser l'excès de la branche douloureuse et
d'augmenter la quantité d'énergie dans la branche non douloureuse,
est d'exciter le point < lo > du méridien (qui réunit les deux branches)
en tonification du côté non douloureux : c'est le procédé ou règle de la
< Grande Piqûre D. Si Ie résultat est insuffisant, on complète la règle
en ajoutant Ie rapport Minuit-Midi, en tonifiant également le point < lo >
du méridien couplé Minuit-I'iidi.
Nous ne reviendrons pas et nous ne nous étendrons pas plus
longuement sur la théorie de ce proeédé que nous avons ailleurs déjà
abondamment traité (1). Nous en indiquerons simplement la technique.
Premier temps :
On pique en tonification le point < Io > du méridien intéressé sur
la branche opposée à la branche douloureuse (ainsi douleur au bras
droit sur le méridien de l'fntestin Grêle, on pique à I'or son point < lo >
Tehe-tcheng (7 I.G.) sur le bras gauche).
(f) Voir : rCompléments d'Acupunctnr€ Dr page 232;
Bulletins de la Société d'Acupuncture, na l3 ( n Vériflcation de la Règle
de la Grande Piqirre dans le traitement des algies ),, pàr Ie Dr ùIauriès)
et no 20 ( c Dérègiement de l'équilibre de l'énergie dans un méridien
considéré comme l'étiologie de certains t1'pes d'algies n, par le D'Niboyet.
q La Grande Piqûre,', par le Dr Pierre Schmidt de Genève ( cActes
des fIIe Journées Internationales d'Aeupuncture, page 80).

87
LE X'RAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUI{CTURE

Deunième temps :
Si le résultat est insuf;ûsant, on pique en tonification avec une
aiguille d'or le point < Io r du méridien en rapport, par Minuit-i\[idi,
sur la branche opposée au eôté douloureux (dans I'exemple précédent,
on pique à I'or le point < lo r situé sur la branche gauche du foie Li-keou
(5 F.) (1).
Dans le cas d'échec, avant de passer aux points de brindilles, il
faut utiliser la règle Leou-tcheou des méridiens (2).

Alinéa II. Le pouls correspondant au méridien intéressé


présente un-flanc en excès situé du côté opposé à la douleur.
Cette hypothèse est rare mais se rencontre parfois. Du point de
vue théorique, la douleur n'est pas proyoquée par un excès, mais au
contraire par I'insuffisance de la quantité d'énergie qui traverse la
branche douloureuse, ou par la non perméabilité du point cr lo r de la
branche non douloureuse. C'est ce qui explique que ce type d'algie
provoque une douleur parfois brûlante, mais plus souvent aceompagnée
de fourmillements.
Le premier temps d.u traitement consiste à appliquer la règie de
la < Grande Piqûre )) en sens invetse de I'alinéa précédent : on pique en
dispersion le point < lo r du méridien intéressé sur la branche non dou-
loureuse. Si le résultat est insuffisant, on passe au deuxième temps
qui lui est différer.rt. On tonifie le méridien en rapport arrec le méridien
intéressé par Époux-Epouse, mais uniquement sur la branche opposée
au côté douloureux. En cas d'insuccès, on disperse le méridien couplé
avec le méridien intéressé.
Prenons l'exemple d'une algie siégeant sur une partie du trajet
droit du méridien des Trois Réchauffeurs, arrec son pouls conespondant
(III superfieiel droit) présentant un flanc gauche en excès. Le premier
temps du traitement consiste à piquer en dispersion le point < lo >
d.u méridien des Trois Réchauffeurs seulement sur Ia branche non

(f ) Parfois, il faut ajouter la piqfrre de ces mêmes points c lo > en dispersion du


côté malade. Cette hypothèse se rencôntre lorsque le troublè provieni de la non perméabi-
Iité du point c lo u d.è la branche douloureuse.
(2) Voir alinéo IV, page 90.

88
LE TNAITEMENT D.OS ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

douloureuse, c'est-à-dire à gauche. Si le résultat est insuffi.sant, on


tonifie le méridien en rapport par Époux-Épouse, c'est-à-dire le méridien
de la Vessie : on pique Tche-inn (67 Y.) à I'or uniquement sur la branehe
d.u côté opposé à la douleur, c'est-à-dire à gauche. Si le résultat n'est
pas suffisant, on dispetse Ie méridien couplé, celui du ilIaître du Cæur
sur la branehe opposée à Ia douleur : on pique en dispersion le Ta-ling
(7 NI. du C.) gaucb,e.

Alinéa III. Le pouls correspondant au méridien intéressé


-ne présente pas de flanc en excès.
Cette hypothèse est relativement rare, aussi est-il toujours sage
de soupçonner une erreur de diagnostie lors de la prise des pouls et
d'agir comme s'il existait un flanc en excès : donc commencer par le
procédé de la Grande Piqûre. Si un soulagement, même minime, est
acquis, c'est que I'on avait bien commis une erreur de diagnostic, et
I'on tetombe dans les hypothèses précédentes. Par contre, si I'on
n'obtient pas de sédation d.e la douleur, c'est que le diagnostic était
cotreet et que Ie méridien ne présente réellement pas de cléséquilibre
quantitatif entre ses deux branches. On peut alors utiliser quelques
points de brindilles pour soulager momentanément le malade et ren-
voyer à huit jours la suite du traitement, ou poursuivre immédiatement.
Si la palpation des pouls montte un déséquilibre qualitatif du
pouls eor espondant au méridien intéressé, on applique la règle < Hôte-
invité , (1). Une école conseille de commencer par piquer en dispersion
le point source du méridien intéressé, ce qui suffit parfois à apporter
un soulagement.
Si la palpation du pouls correspondant au méridien intéressé ne
montte pas de trouble qualitatif, il s'agit presque toujours d'une
douleur à type au moins Iégèrement pénétrant. C'est alors souvent le
début d'un déséquilibre entre plusieurs méridiens de natute différente
et I'expérience montre que, non traitées, ces algies s'étendent rapide-
ment aux cLeux faces du membre atteint. Le traitement consiste à
disperser le point < lo de groupe ) correspondant (2). S'il s'agit d'une

(I) Yoir < Le Rétablissement qualitatif de l'énergie dans ies méridiens r, par le
Dr Casez (Bulletins de la Société d'Acupuncture, nos 29 eb B0).
(2.) Yoir < Compléments d'Acupuncture r, page i09.

89
LE TRAIT'DMENT DES ALGIES PAB L'ACUPANCTURE

algie d'un méridien fnn du bras, on dispersera Tienn-che (5 I\{. du C.);


s'il s'agit d'un méridien Iang du bras, on dispersera Sann-iang-lo
(S T. R.). Si l'aigie siégeait à la pariie inférieure d.u corps, on utiliserait
de même Sann-inn-isiao (6 R. P.) ou Siuann-tchrong (89 V. B.).

Alinéa IV. La règle Leou-tcheou d,es rnéridiens.


-
La règle Leou-tcheou des méridiens est une variété de la règle
< I-,eou-tcheou des algies >. Elle est très voisine de Ia règle r< Leou-
tcheou des I'Ierveilleux Vaisseaux r (1) et nécessite la piqûre de points
chinois proprement d.its, de points < centre-douleur > et des massages.
Elle eomprend piusieurs temps.
Premier temps :
Dans la règle Leou-tcheou des Merveilleux Vaisseaux, il faut
débuter par la piqûre du point maître et du point d'entrée. C'est un
temps indispensable et les résultats sont moins bons si on I'omet.
Pour la règle Leou-tcheou des méridiens, une éeole conseille d.e même de
corunencer par piquer en dispersion Ie point source situé sur la branche
douloureuse du méridien intéressé. ilIais cela semble moins important
que pour les Merveilleux Vaisseaux et les résultats semblent aussi
favorables si on omet la piqûre préalable du point source en dispersion
du côté douloureux.
Deuæième temps :
On délimite le premier point constitutif du méridien intéressé,
ou le premier point a centre-douleur :r situé en aval (par rapport à la
circulation de l'énergie dans le vecteur intéressé) au début de la zone
douloureuse. On disperse ee premier point avec une aiguille d'argent (2).
Troisièrne temps :
On recherehe au-dessus de cette aiguille Ie premier point de
méridien ou ( centre-douleur )) que l'on pique aussi avec une aiguille
d'argent.

(1) Voir page 80.


(2) Cette aiguille, comme les suivantes, doit être tournée entre les d.oigts selon
la technique habituelle.
90
LN TRAtr'TNMDNT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Quatrième temps :
On applique le pouce au ras de la première aiguille et on masse
vers l'aiguille suivante dans le sens de Ia circulation de I'énergie,
en appliquant exacternent la même technique que pour la règle Leou-
tcheou des Merveilleux Vaisseaux (1).

Cinquième temps :
On reehercb,e le point douloureux suivant, on y plante uue aiguille
d'argent. On retire alors l'aiguille que l'on avait placée au premier
point, c'est-à-dire I'aiguille la plus basse. Puis ou masse entre les deux
dernières aiguiiles selon la technique habituelle.
On continue la même technique dans les temps suivants jusqu'à
I'extrémité de la zone douloureuse.
I1 faut remarquer qu'une école japonaise remplace le massage entre
Ies points par le passage d'un petit balai métallique. Les résultats
semblent iufininent inférieurs à ceux que donnent les massages.

Sous-ParagraTthe II
ALGIES LINEAIRES SIEGEANT SUR LE TRAJET
DE PI-,USIEURS MT1RIDIENS DE XIÊME NATT]RE
Intéressant un tenitoire parcoruu par le trajet de plusieurs méri-
diens de même nature, les algies de ce type sont toujours plus larges.
Pour elles, deux cas sont à envisager :
a) l'algie empiète sur plusieurs méridiens, mais un seul est déréglé.
Le diagnostic se fait aisément, car d'une part, le méridien déréglé
oecupe en général I'axe de la bande clouloureuse, et d'autre part, ce
méridien déréglé présente le plus souvent un flane en excès au pouls
corresponclant. On retombe dans Ie cas préeédent.
b) I'algie est provoquée par le dérèglement de plusieurs méridiens
de même nature : c'est i'hypothèse que nous envisagelons ici.

(1) Voir page 80.

91
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTANE

Lo Diagnostic.
Le diagnostic se fait par ia palpation d.es pouls. Cet examen ne
montre pas de fi.anc en excès sur un seul méridien, mais un excès des
pouls correspond.ant aux méridiens situés sur le trajet doulouteux par
rapport aux autres. Par exemple, dans une algie.large de la face externe
du bras, on trouve les pouls des méridiens qui tlaversent le tenitoire
douloureux (il s'agit des méridiens Iang de Gros Intestin, Intestin
Grêle, Trois Réchauffeurs) en excès par rapport aux pouls d.es méridiens
fnn situés à I'autre face (il s'agit des méridiens de ilIaître du Cæur,
Poumons, Cæur). De plus, ces douleurs ne sont jamais très superfi-
cielles, elles sont même le plus souvent profondes, et ont aussi parfois
un caractère pénétrant.

20 Traitement.
Le traitement de ces algies utilise les propriétés des points < lo
de groupe , (1). Leur emploi est différent suivant les écoles.

Prent'i,er Ttrocéd,é :
On tonifie Ie point <r lo de groupe r des méridiens situés sur la faee
non douloureuse, puis on disperse le point < lo de groupe r situé du côté
douloureux. Ainsi, pour une douleur siégeant sur la face externe du
bras sur le trajet de Trois Réchauffeurs, Gros Intestin, Intestin Grêle,
on pique à l'or le point <r lo de groupe > Inn qui est Tienn-che (5 M. du C.),
puis le point < lo de groupe > Iang en dispersion qui est Sann-iang-lo
(8 T.R.). Et vice versa en cas de douleur sur Ia faee interne.

Dezcæième procéclé :
On utilise une variété de la règle de la < Grande Piqûre > sur les
points < lo de groupe >. Au lieu de piquer sur Ie côté douloureux, on
pique le point < lo de groupe ) sur la branche située du côté non dou-
loureux. Ainsi, pour une algie de la face externe du bras droit, on
piquera d'abord le point a lo > Sann-iang-lo en tonifieation sur Ie bras
gauche, et ensuite on dispersera Tienn-ehe aussi sur le bras gauche.

(1) Voir < Courpléments d'Acupuncture r, page 1Og.

o9
LE TRAITEMENT DES ALGII]S PAR L'ACAPUNCTARE

Il est parfois bon d'unir les deux proeédés, car le premiet est actif
si I'algie provient d'un déséquilibre entre les deux groupes Inn et Iang
d'un même membre, et le second si l'algie provient d'un déséquilibre
entre les trois branches gauches et les trois branches droites des méri-
diens intéressés.

Sous-Paragraphe III
ALGIES LINI1AIRES SIEGEANT SUR LE TRAJET
DE PLUSIEURS UPNTUENS DE NATURE DIFFÉRENTE
Les algies linéaires siégeant sur le trajet de plusieurs méridiens de
nature différente sont toujours de ce fait particulièrement larges;
elles siègent le plus souvent sur les membres dont elles englobent une
partie au moins à la fois de la face extelne et de la face interne. Bien
qu'assez longues, elles sont surtout très larges, ce qui les fait parfois
confondre, lots d'un examen insuffisant avec les algies en nappe. Elles
se distinguent par contre plus facilement des algies linéaires circulaires,
qui ne sont jamais aussi larges et épaisses (pas plus d'un travers de
main); au contraire, elles sont toujours très larges, revêtant la forme
de guêtres ou de manchons étendus, mais les bandes douloureuses
qu'elles forment ne se rejoignent pas ou seulement imparfaitement;
enfin, elles ne donnent pas de sensation de striction.
Elles sont provoquées par un trouble de l'énergie dans plusieurs
méridiens de nature différente. Ce trouble, s'il comporte un élément
quantitatif, est avant tout d'ordre qualitatif. Les pouls correspondant
aux méridiens perturbés présentent surtout des modifications morpho-
logiques. Dans leur eas, du reste, le simple examen de la topographie
cle la douleur suffit en général pour porter le diagnostic.
Le traiternent de ces algies se fait par I'utilisation de la règle, ou
plutôt d'une yariété de la règle a Hôte-invité n.
Pretnier tentps ;
On détermine par I'examen direct de la topographie de la douleur
quel est le méridien fnn ou Iang dont le trajet coïncide avec le maximum
de douleur. C'est sur ce méridien que I'on doit intervenir en premier
93
LE TRAIT'NMEN? D.ES ALGIES PAR L'ACAPANCTURE

lieu, puis ensuite le méridien couplé qui le suit dans la grande cireu-
lation de l'énergie. Le premier méridien est appelé par les Chinois,
le < méridien Hôte r et le second le < méridien fnvité >. Le premier temps
consiste à disperser le point < lo r du premier méridien (Hôte), celui qui
présente le maximum de douleur sur la branche douloureuse.
Deuæième temps :
On disperse ensuite le point solrrce du méridien couplé (Inr-ité)
également sur la branehe douloureuse.
Ainsi, pour une douleur en guêtre des deux faces (externe et
interne) de la cuisse droite avec maximum de douleur sur une partie
du trajet du mérid.ien de Ia Vésicule Biliaire, on commencera par
disperser son point < Io > I(oang-ming (37 V. B.) sur la jambe droite,
puis ensuite le point source de son méridien couplé (le Foie) Trae-
tchrong (3 F.) sur le pied droit.
Ce procédé n'applique donc pas exactement La règ'le < Hôte-
invité r classique qui demande I'utilisation de métaux différents et
l'exeitation des points sur des branches différentes. Il est évidemment
possible d'appliquer ici Ia règle classique, mais les résultats semblent
plus fa-'rorables en appliquant la technique que nons venons d'exposer.
En eas d'échee, avant d'utiliser des points spécifiques et de brin-
dilles, on peut traiter séparément les deux d.ouleurs (de la face externe
et de la face interne) par les procédés précédents.

Sous-Sncrrorv II
LES ALGIES CIRCALAIRES
Les algies circulaires siègent le plus souvent sur les membres qu'elles
enseuent sur une de leurs parties. Elles se distinguent des algies précé-
dentes en guêtres ou en manchon car elles sont toujours pius étroites
et ne sont pas constituées par des bandes longitudinales. Elles revêtent
la forme de biacelets, ou d'anneaux, ou, au maximum de leur largeur,
d'un brassard, e'r, donnent souvent au malade une sensation de strietion.
Leur traitement varie suivant Ia largeur de la zone douloureuse,
suivant l'épaisseur d.u bracelet que figure leur trajet. On les elasse de
ce fait en : algies en anneaux et algies en brassard.
94
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

Paragraphe I : Algies circulaires en anneaux.


Paragraphe II : Algies circulaires en brassards.

Paragraphe I
LES ALGIES CIRCULAIRES EN ANNEAUX

Il s'agit toujours cle douleurs particulièrement étroites (environ


un travers de doigt d'épaisseur) qtri enserrent le membre, dont elles
font le tour presque toujours complètement, et donnent une sensation
d.e striction plus marquée que les algies en brassard. Elles siègent le
plus sonvent aux extrémités plus particulièrement : cheville, poignet,
avant-bras, jambe, ou mêrne cuisse ou btas. Les algies de ce type sont
appelées par les Chinois < algies de l'anneau blanc > sans que I'on
connaisse la raison de cette appeiiation.
Le traitement de ces algies est très sirnple; il consiste à piquer en
dispersion un point spécialisé qui est appelé a Assentiment de I'anneau
blane r, le Pae-roang-iu (30 V.), A condition de bien localiser le point,
cette piqûre généralement suffit. On pourrait ne le faire que d'un côté,
mais en pratique on le pique toujours bilatéraiement. En général son
action est plus nette lorsque I'on tourne I'aiguille sur place entre les
doigts, selon la technique habituelle.

Paragraphe II
LES ALGIES CIRCULAIRES EN BRASSARDS
Ces algies se distinguent des algies en anneaux par leur'largeur qui
est toujours supérieure à un travers de doigt, et qui atteint souvent
celle de trois ou quatre travers de doigt. EIIes siègent sur les membres
et très souvent au voisinage d'une articulation. Elles peuvent ne pas
être absolument continues, et leul trajet circulaire peut n'être pas
tout-à-fait complet, surtout sur ia face postérieure du membre. L'inten-
sité cle la douleur est alors généralement plus forte err certains endroits
d.u brassard qu'à d'autres; ainsi elle peut être plus forte sur la face
externe que sur la face interne, pour citer I'exemple le plus courant.
95
LE TRAITEMENT DES ALGTES PAR L'ACUPUNCTURE

Le traitement consiste en premier lieu à déterminer la partie du


brassard. otr l'algie est maximum, et quels sont les méridiens Inn ou
Iang qui y sont situés. On palpe les pouls correspondants à ces méridiens
et l'on note celui qui est le plus en excès par rapport aux autres. Ensuite,
on applique les deux temps du procédé.
Premier temps :
On pique en tonifi.cation avec une aiguille d'or le point < lo > de
ce méridien ttouvé aux pouls en excès et dont Ie trajet passe par la zorre
la plus douloureuse. On le pique uniquement du côté douloureux (1).
Deu,æième tem,ps :
Si le résultat est insuffisant, on pique en dispersion avec une aiguille
d'argent sur le côté douloureux le point source du méridien qui suit
(d'après la grande circulation de l'énergie) Ie méridien dont on a utilisé
le point < lo >.
Envisageons le cas d.'une algie circulaire en brassard siégeant à la
cheville droite et dont la zone maximum de douleur recouvre le trajet
des méridiens du Foie, Rate, Pancréas et Reins. On palpe les pouls et
on formule I'hypothèse que le méridien le plus en excès est celui du
Foie.
Le premier temps consistera à piquer le point < lo > du Foie en
tonification sut la jambe où siège la douleur' : on piquera le Li-keou
(5 F.) en tonification sul la branche droite uniquement.
Le deuxième temps consistera à piquer le point souree clu méridien
qui suit celui du Foie d.ans la grande circulation d.e l'énergie, c'est-à-dire-
le méridien d.es Poumons, en dispersion du côté de la douleur : on
piquera en dispersion Trae-iuann (9 P.) uniquement sur la branche
droite.

--
(f ) n s'".gil: pour emprurrter une figure à l'hydraulique, de créer une hyperpression,
corûne pour débioquer le méridien.
96
SIJBDIVISION II

LES PRoCÉnÉs cÉxÉRAUX


DE TRAITEMEI\TS DES ALGIES
Nor\ vrscÉRALES eil,trrÉRAtEs
Comrne leur classification l'indique, ces algies siègent à la fois
sur les parties droites et gauches du colps. Parmi elles on distingue
celles qui siègent sul des parties soit symétriques ou traversées par les
mêmes méridiens, et celles qui siègent sur deux parties non symétriques
ou traversées par d.es méridiens différents.
Ces dernières ne sont pas considérées corrune des algies bilatérales,
mais comme d.eux algies indépendantes qui doivent être traitées sépa-
rément, selon le processus indiqué au chapitre précédent. Il s'agit
en effet dans ce cas, non pas d'une algie bilatérale, mais de deux algies
séparées.
Seules sont de véritables algies bilatérales celles qui siègent à la
fois sur la partie droite et la partie gauche du corps et dont la zone
douloureuse est traversée de chaque côté par le trajet des deux branches
du même ou des mêmes méridiens.
Ainsi un sujet, présentant à la fois une douleur au bras droit et
à la cuisse gauche, n'a pas une véritable algie bilatérale puisque les
deux territoires douloureux ne sont pas traversés par les mêmes
méridiens. Par eontre, une algie du mollet droit englobant une partie
du trajet du méridien de la Vessie et une douleur de cuisse gauche
97
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

englobant aussi une partie d.u trajet du rnéridien de la Vessie sont


considérées comme faisant une r-éritable algie bilatérale. II faut
cependant noter que, du point de vue thérapeutique, les résultats les
plus favorables sont obtenus lorsque les deux parties de l'algie siègent
sur des parties du corps grossièrement symétriques.
Du point de vue théorique, ces algies sont toujours provoquées
par un trouble de I'énergie portant à la fois sur les deux branches du
vecteut intéressé. Ce trouble peut porter soit sur un ou plusieurs
méridiens, soit sur un iVlerveilleux Vaisseau.
Section I. Les algies bilatérales siégeant sur le trajet d'un
-
I'Ierveilleux Vaisseau ou de ses branches aberrantes.
Section If. Les algies bilatérales siègeant sut le trajet d'un
seul méridien. -
Section III. Les algies bilatérales siégeant sur le trajet de
- de même nature.
plusieurs méridiens
Section IV. Les algies bilatérales siégeant sur Ie trajet de
- de nature différente.
plusieurs méridiens

Spc'r'rorv I
LES ALGIES BILATÉRALES SIÉGEANT SUR LE TRAJET
D'UN MERVEILLEUX VAISSEAU
OU DE SES BRANCHES ABERRANTES
Ces algies sont assez rares. Elles proviennent d'un trouble d'une
portion même du Merveilleux Vaisseau, ou de ses branches abertantes.
Le plus souvent, iI s'agit d'algies linéaires, mais elles peuvent être en
nappe, surtout lorsque Ie trouble siège non sur le trajet lui-même mais
sur les branches aberrantes.
Leur diagnostic est assez aisé. En premier lieu (1), une algie ne
peut provenir d.'un Merveilleux Vaisseau que si un excès important
a pu lui faire prendre naissance. Un Hlerveilleux Vaisseau Iang ne peut

(1) Voir appendice, pages 280 et 281.

98
LE TRAITEMENT' DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTURE

prendre naissance qu'en câs d'excès de Iang en général, et un l\{erveil-


leux Vaisseau fnn qu'en cas d'excès de fnn. Il faut donc que le déséqui-
Iibre présenté par le malade soit de même sens que la nature du Mer-
veilleux Yaisseau dont le trajet ou les branches aberrantes traversent
le territoire douloureux. De plus, une algie bilatérale provoquée par
le trouble d'un I'Ierveilleux Yaisseau a le plus souvent un caractère
particulier. Chaque partie de I'algie (au lieu de siéger séparément en
deux points distincts du corps, comlne cela se produit toujours lorsque
un ou plusieurs méridiens sont cause d.e I'algie) semble se réunir en
un point quelconque plus ou moins médian du corps. Ces algies siègent
de préférence uniquement sut Ie tronc et n'intéressent qu'exception-
nellement les membres. Si on peut les voir suÏ la partie antérieure
du corps ou sur les flancs, ce sont surtout les épaules et la région
lombaire qui sont leur siège d'éIection.
Leur traitement comporte toujouts deux temps dont un d.e massage.

Premier temps :
On disperse les deux points maîtres et les deux points d'entrée
(à moins qu'ils ne se confondent, ainsi Chenn-mo (62 V.) qui est à la
fois point maître et point d'entrée de fang-tsiao-mo) du lVlerveilleux
Vaisseau dont le trajet ou les branches aberrantes travetsent le terri-
toire douloureux.
Dettæièrne temps :
On masse le trajet du Merveilleux Vaisseau et de ses branches
aberrantes, lorsqu'il en existe, qui traversent le territoire douloureux.
Lorsqu'il s'agit de lang-oe, on masse en remontant; pour Tae-mo
Ie massage se fait en ceinture; pour Tou-mo on remonte des deux côtés
de la colonne ver'téblale, et ensuite on redescend le long des branches
aberrantes (1).

(l) Voir iupoendice, page 261.

99
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Sncrrorv ff
ALGIES BILATÉRALES SIÉGEANT SUR LE TRAJET
D'UN SEUL MÉRIDIEN
Ce sont des algies bilatérales qui siègent en général aux membres
ou près de leurs attaches, sur des parties grossièrement symétriques du
corps et dont les deux territoires sont nettement séparés I'un de l'autre
sans zone commune. Leur topographie est variable, le plus souvent en
band.es, mais parfois assez ramassées sur elles-mêmes. Le pouls corres-
pond.ant au méridien dont les deux branches traversent l'algie est
pratiquement toujours en excès, d'autant plus tendu que la douleur
est plus intense; pour une forte algie, il est crispé et traduit un excès
de Iang dans Ie méridien intéressé.
Le traitement de ces algies est simple. On disperse les deux
points sources du méridien intéressé, et éventuellement les deux points
de clispersion. Avant d'utiliser des points de brindilles, si le soulagement
est insu{fisant, on peut disperser, lorsqu'ils existent nettement défrnis,
les points < centre-d.ouleur >.

SncrroN III
LES ALGIES BILATÉRALES SII1GEANT SUR LE TRAJET
DE PLUSIEURS iVTENTOIEI{S DE MEME NATURE
Ces algies sont identiques aux précédentes, mais oecupent un
territoire plus vaste. Deux cas sont à envisager :
a) Un seul de ces méridiens est déréglé, et la douleur déborde sur
les autres qui ne sont pas perturbés. Dans cette hypothèse, la palpatiou
des pouls correspondant aux méridiens qui traversent la zone doulou-
reuse montre qu'un seul d'entre eux est en exeès, les autres restant
normaux. On applique le traitement de la section préeédente.
b) Plusieurs des méridiens de même nature qui traversent l'algie
sont déréglés. A la palpation des pouls on trouve ceux qui corres-
pondent à ces méridiens nettement en excès. Par contre, Ies méridiens
de signe contraire sont en insuffi.sance. I1 s'agit d'un cas semblable à
100
LE TRAI'TEfuIENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTANE

celui envisagé plus haut pour les algies unilatérales (1). Leur traitement
est alors identique, mais sera fait des deux côtés. On disperse de chaque
côté le point < lo de groupe ) correspondant aux méridiens intéressés,
et ensuite on tonifie des deux côtés le point < lo de groupe r anta-
goniste.

SE,crroN IV
LES ALGIES BILATERALES SIEGEANT SUR LE TRAJET
DE PLUSIEURS UÉNTOIENS DE NATURE DIFFÉRENTB.
Ces algies bilatéra1es se rencontrent presque uniquement aux
articulations; elles sont le plus souvent accompagnées de lésions
importantes et les résultats thérapeutiques ne sont que rarement
favorables. Il n'existe pas pour elles de procédés gén.éraux de trai-
tement. Il s'agit avant tout de rétablir l'équilibre de l'énergie en
général, puis de traiter ensuite ces algies séparément. Pour elles il
faudra surtout utiliser des points spécifiques et des points de brindilles.
C'est ce traitement selon la localisation et les modalités que nous allons
aborder dans le deuxième chapitre.

--

(I) Voir page 92.


r0l
nÉsuuiÉ

Les procédés généraux de tra,iternent des algies non viscérales peuvent


être résumés ainsi :

I. ALGIES UNILATÉTTET,NS
-
A) Ar,erns EN NAPpE :
a) Algies étendues:
1o Les méridiens qui Ia traversent sont de même nature :
soit petite piqûre sur le ou les méridiens intéressés;
- soit point symétrique (en tonification) du point d.e méridien
- le plus près du < centre-douleur >;
du point symétrique du point a centre-douleur :r.
2o Les méridiens sont de nature différente :

ils sont des inéridiens couplés : dispersion du point a lo >


- du méridien couplé le plus fort, du côté douloureux; si insuf-
fisant, faire comme pour .des méridiens non couplés;
- : iË""T:rff' ff' #rït::î::ï*' àu,ou,"ns inréressés du
côté douloureux;
point centre-réunion des méridiens intéressés;
petite piqûre sur chaque mérid.ien;
point symétrique.
3o Un Merveilleux Vaisseau ou ses branches traverse la zone dou-
loureuse et son trouble est responsable de I'algie :
tonification de son point maître du côté opposé à la douleur;
- (pour Tou-mo, Tchfang-tsiang en dispersiôn en plus).
b) Algies d,e pet'ite s,urface centrée sur une saillie osseu,se :
point < eentre-douleur >;
- puis encgrclement;
- jamais de massage.
-
t02
LE TRAITEMENT DES ALGIES PITR L'ACAPUNCTUNE

ts) Arercs LrNÉarRES :

a) Algies un seul aecteur il'ûterg,i,e :


étro'i,tes su,'t'
lo Sur un }ferveilleux Vaisseau :
piquer son point maître et son point d'entrée en tonification
- du côté non d.ouloureux;
on trourre une onde : Léou-tchéou du Merveilleux Vaisseau.
-
2o Sur un mér'idien :

- I"J;Tti. ;T#:lc en excès du eôté de ra doureur :

- Grande Piqûre Minuit-Midi;


- Point Lo en dispersion du côté cloulorireux;
- Léou-tchéou du méridien.

- IïTï::.il" ff1*,'uLï'nJJ"J,:' i:Tt;oureux ;


puis, si nécessaire, successivement :
tonifier Ie méridien Xlpoux-épouse au point de tonifr-
- cation clu côté non douloureux;
disperser le point Lo du méridien couplé;
- Léou-tchéou du méridien.
-
- 1".Tïï, ïî,'ri: i:,i"Xmencer ;
. Règle Hôte-invité, si nécessaire;
- Dispersion , du point Lo de groupe cluquel dépend ce
méridien.
. Léou-tchéou du méridien.
b) Algies en bande sur plusieurs méridiens :
lo Méridiens de même nature :
Dispersion du point Lo de groupe de ces méridiens en premier
- lieu, du côté douloureux, puis :
Si insuffi.sance des méridiens couplés :
- . point Lo de groupe en tonification, des nréridiens couplés
du côté douloureux;
. point Lo Ce groupe en tonifi.eation, des méridiens inté-
ressés, du côté opposé;
point Lo de groupe en cl.ispersion, cles méridiens couplés
du côté opposé à la douleur;
Si insuffisance des méridiens opposés du. haut ou du bas :
- . points Lo cle gioupe de ces méridiens en tonification.

103
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTUNE

20 Méridiens de nature différente :


soit clisperser le point Lo du méridien dont le trajet est le
- plus proche de célui de la douleul, et, éventuellement, dis-
perser le point source du méridien qui suit, Ie tout du
côté de la douleur;
soit traiter la partie Inn et la partie lang, chacune pour leur
- propre compte, selon les techniques déjà citées.
c) Algies ci,rculqi,res :
lo En anneau :
point d'assentiment de l'anneau blane, en dispersion :
-
2o En brassard :
point Lo du méridien le plus en excès parmi les méridiens
- intéressés, en tonifi.cation, du côté douloureux;
point source du méridien qui Ie suit, en dispersion, du côté
- de la douleur.

II. ALGIES BILATÉRALES


-
a) Sur un Nlerveilleux Vaisseau ou ses branches aberrantes :

1o Disperser son point maître et son point d'eutrée;


2o Massage cle son trajet en rernontant si nécessaire.

b) Sur un seul méridien :

Disperser les deux points source.

c) Sur plusieurs rnéridiens de même nature :


Io Disperser les points Lo de groupes comespondants;
20 Si besoin, tonifier les points Lo de groupe des méridiens en insuf-
fisance.

d) Sur plusieurs rnéridiens de nature différente :


Il n'y a pas d.e procédé général; il faut faire simplement le réta-
blissement général de l'énergie.

--

104
CHAPITRE II

TRAITEMENT DES ALGIES


NOI\ VISCÉRAIBS
SELON LA LOCALISATIOI\

Le traitement de toute algie, pour être efficace et durable, doit


comprendre d'abord le rétablissement de l'équilibre perturbé de
l'énergie, rétablissement eui, dans tous les cas, est nécessaire à la
suppression des phénomènes douloureux. Puis il est nécessaire d'y
ajouter I'utilisation des procédés généraux de traitement et de certains
points qui ne sont pas indiqués par la palpation des pouls mais par la
tradition et l'expérience.
Notre premier chapitre a envisagé les procédés généraux de trai-
tement. L'étude des points spécifiques et de brindilles selon la locali-
sation fera I'objet du deuxième.
Parmi ces derniers points, il faut distinguer deux classes. La
première eomprend des points dits r< spécifiques r. Ils sont toujours
très peu nombreux pour chaque algie et particulièrement efficaces.
Il faudra les pratiquer quelles que soient les modalités de l'algie. La
deuxième classe comprend. les véritables points de brindilles. Pour
chaque type d'algie, il existe toujotus de très nombreux points de
brindilles. Nous ne donnerons pas tous les points de brindilles possibles
car pour certaines algies les ouwages chinois en donnent parfois plus
de cinquante. Au risque d'être incomplet, et pour ne pas dérouter le
105
LE T,NAITEMEJY? D.ES ALGIES PAR L,ACUPANCTURE

lecteur, nous nous bornerons aux points principaux dont I'elficacité


est certaine et reconnue lorsqu'ils sont localisés exactement.
Ils n'ont pas l'action relativement large des points spéciûques et
sont inefficaces en dehors de leurs modalités propres. Il ne faut donc
jamais piquer tous les points de brindilles indiqués, mais faire un choix
parmi eux. Ce choix sera guidé d'abord par les modalités auxquelles ils
correspondent, mais si I'on hésite entre plusieurs qui semblent d'action
voisine, par Ia palpation des pouls. On choisira, et, par hypothèse, on
dispersera plus volontiers un point de brindilles indiqué par lesmodalités
si Ie pouls conespondant au méridien qui le porte est en excès.
Dans les listes de points, lorsqu'il s'agit de points de conr.mande,
le sens de leur excitation (et même leur usage) est fonction de la palpa-
tion des pouls; il est bien évident que si l'on conseille un point de
tonification d'un méridien et que la palpation des pouls le montre en
excès, on ne le piquera pas. Les points spécifiques et de brindilles
doivent être piqués en fonction de la palpation des pouls et de la nature
fnn ou Iang de l'algie (1). Rappelons aussi que Ia manière de piquer
les points est capitale et qu'il faut respecter la technique indiquée plus
haut .(2).
L'exposé des points (3) spécifi.ques et de brindilles à piquer
éventuellement pour chaque algie est précédé en tête de chaque

(r) Voir pages 3l et 32.


(2) Yoir 1>age 41.

unilatérales.
Pour le nrrmérotage des points et leur appartenanee à leur méridien, llous ilvolls
adopté les abréviations suivantes :
C. pour le méridien du Ceun.
I. G. pour le méridien de l'LvrasrrN GnÊr,r.
V. pour le méridien de lrr, Vnssrs.
R. pour le méridien dcs Rnn,-s.
l'I. du C. pour le méridien du NIriîrnE DrJ Ceun.
T. R. pour le méridien des Tnors RÉcsaurrpuns.
V. B. pour le méridien de la VÉsrcur,n Brr,rannn.
Ir. pour le méridien du Forn.
P. pour le méridien des Por:rroNs.
G. I. pour le méridien clu Gnos lNrnstrx.

106
LE TRAITEMEN'I DES ALGIDS PAR L'ACAPUNCTURE

rubrique de I'indication du Merveilleux Vaisseau qui doit être utilisé


pour le rétablissement de l'équilibre de l'énergie en général lorsque les
conditions d.'efficacité sont réunies (1).
Avant d'exposer les points du traitement selon Ia localisation
des différentes algies non viscérales, rappelons quelques données
générales.
1o Les algies d'origine traumatique, quelle que soit ler:r locali-
sation, doivent toujours être traitées d'abord par la règle de la < Grande
Piqûre n (2).
2o Avant d'appliquer les aiguilles, il est toujours utile de vérifier
le libre jeu des articulations et de Ie rétablir si nécessaire (3).
3o L'utilisation des points spéeifiques et des points de brindilles
d.oit toujours être précédée de I'application des procédés généraux
de traitement (4).
40 Les douleurs erratiques légères et récentes sont souvent amé-
liorées par la tonification de Tche-inn (67 V.). Les douleurs sans locali-
sation précise par la dispersion de fang-tsiao (S5 V. B.) et de Linn-tsri
(4r v. B.).
50 La tonifrcation de Tsri-rae (6 J.M.) ne supprime pas les douleurs
mais leur enlève parfois leur caractète insupportable quelque soit
leur siège.
6o La dispersion de Trae-po (3 R.P.) et Sing-tsienn (2 F.) est
d.e
toujours indiquée dans les douleurs accompagnées de contractures ou
de spasmes.

E. pour le méridien de I'EsT oùrac.


R. P. pour le méritlien de Rern-Prr.xcnÉ.*s.
T. il(. pour le méridien de Tou-l\'Io (ou VarssnEu Gouvp,nNnun).
J. ùI. pour le mériclien de JnNx-I\{o (ou Versspau or Corscnrr:oN).
H. M. pour les Ponrrs Hons n'IÉnrorsxs.
Ainsi pour Chenn-mo (02 V.), on doit lire : Cherur-mo, soixante deuxième point
du néridien de la VBssrc.
Pour Lienn-tsiuann (23 J. M.), on doit lire : Liem-tsiua.Dir, vingt-troisième point
du méridien cle Jenn-mo ou eneol'e du Varsspau DE Coxcprrrox.
La d.escription de la localisation des di{férents points chinois a été exposée dans
notre < Essai sur I'Acupuncture ehinoise n, auquel on pourra se reporter.
(l) Yoir appendice, page 292 et aussi c Compléments d'Acnpuncture r, page 165.
(2) Voir page 80.
(3) Voir page 230.
(a) Voir page 58.

107
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAn L,ACUPUNCTaR.E

70 La dispersion de Chang-tsiou (5 R. P.) est indiquée pour les

douleurs d.e plusieuts articulations'


go La dispersion de Roann-tiao (30 V. B.) est indiquée pour les
d.ouleurs que le malade localise dans les os'
90 La dispersion de Lie-tsiue (7 P.) est indiquée pour
les algies
accomPagnées de sensation d'e brûlures'
10o La dispersion de lang-ling-tsiuann (34 v.B.)
est souvent
d.,un bon appoiirt pour les d.ouleurs Purement musculaires.
l1o En cas d,échec du traitement pour une algie sans substratum
la
anatomique et que I'on peut attribuer à une origine psychique,
tonification de Tienn-tchrou (25 E.) ou Ia dispersion de Tienn-tehou
(10 V.) apportent une aide certaine'
Nous diviserons l'étude du traitement des algies non viscérales
selon la localisation en plusieurs subdivisions.
Subdivision I. Les algies du membre supérieur.
- Les algies du membre inférieur.
subdivision II.
- Les algies non viscérales de la tête'
subdivision III.
- Les algies du cou et de la nuque.
subdivision IV.
-
Subdivision V- __ Les algies du d-os'
subdivision vI. Les algies lombo-sacrées et coccydiennes'
- Les algies thoraciques antérieures'
subdivision vII.
- Les algies de la paroi abdominale'
subdivision VIII.
-

108
SUBDIVISION I

LES ATGIES DU MEMBRE SUPERIEUR


Section I. Les algies de l'épaule.
Seetion II. - Les algies du bras.
Section III. - Les algies du coud.e.
Section IV.
- Les algies de I'avant-bras.
Section V.
- Les algies du poignet.
Section VI.
- Les algies de la main.
Section VII.- Les algies des doigts.
-

--

109
LE TNAITEMENT DES ALGIDS PAR L'ACUPUNCTURE

I Sr,ctroN
LES ALGTES DE L'ÉPAULE (1)

1o Merveilleux Vaisseau.
Tae-mo.

2o Points spécifiques.
Ta-tchong (4 R.) en T d.u côté opposé à l'algie.
Tsienn-tchou-lçorr (H.M. 3 bras).
Tchre-tsre (5 P.).
3o Points de brind,illes.
a) Selon Ia localisatioru :
région antérieure d.e l'épaule :
- Tsienn-iu (15 G. I.).
région supéro-externe :
- Tsienn-oae (14 I. G.).
région postérieure :
- Nao-iu (10 I. G-).
douleur profonde de l'articulation :
- Pi-nao (14 G. I.).
b) Selon les irridiat:ions :
vers I'aisselle :
- Tcheou-iang (20 R. P.).
vers aisselle et bras :
- Ti-ou-roe (42 Y.B.).
vers le dos :
- I{ao-roang (38 V.).
Fei-iu (1S Y.) surtout aecompagné de sensation
de poumons congestionnés.
LE TNA-IT'EMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTARE

Yers la nuque :
- Koang-ming (87 V.B.) à l'or du côté non
douloureux, puis ajouter :
Fong-tchre (20 V.B.).
Oann-kou (17 V.B.).
vers I'omoplate :
- Chenn-mo (62 V.).
Tsiu-prenn (12 E.).

c) Selon les modalités :


non aggravées par le mouvement :
- Tsiu-kou (16 G, I.).
Tienn-tsing (10 T. R.).
âggravées par le mouvement :
-
vers la tête :

oarur-tchrong (1 T. R.)
en avant ou de côté:
unn-menn (2 P.).
Tsienn-iu (15 G. I.).
Ou-li (ls G. I.).
Tchrong-fong (12 I. G.).
Sann-tsienn (3 G. I.) surtout aggravées en levant
e bras.
ou-lang (22 R.).
en arrière vers Ie dos :
Tsienn-tchen (9 I. G.).
unn-menn (2 P.).
en alrière vers la nuque :
oang-min g (87 V. B.) à l'or du côté n-on
ouloureux.
Tsienn-tchenn (9 I. G.).
par circumduction :

Tsienn-tsing (21 V. B.).


Tienn-tsing (r0 T. R.).
111
I.E TNAITNMDNT DES ALGIES PAR, L'ACAPUNCTARD

en s'habillant :

Tsring-leng-iuann (ll T. R.).


Koann-tchrong (1 T. R.).
avec élancement, fourmillement :
- Nao-iu (10 I; G.).
changements de temps :
Tsienn-tsiao (15 T. R.).
avec boubles hépato-vésiculaires.
- Tsienn-tsiao (15 T. R.).
bretelles :
Iang-fou (SS V. B.).
en collier :
- Chang-iang (1 G. I.).

---

tLz
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPT]NCTUNE

SncrroN If
LES ALGTES DU BR 4S (1)

10 Merveilleux Vaisseau.
fang-oe.

20 Foints spéoifiques.
Tsienn-tchou-kou (H. lU. 3 bras).
Tsienn-iu (15 G. I.).

3o Points de brindilles.
a) Selon la localisation :
face antérieure du bras :
- Ou-li (13 G. I.).
face extelne ou face postérieure :
- Nao-roe (13 T. R.).
au voisinage du coude :
- Tsiou-tchre (11 G. I.).
Tchre-tsre (5 P.).
f,sus les muscles :
- Siao-rae (8 I. G.).
b) Selon les ircad,iations :
remontant dans l'aisselle :
- Ti-ou-roe (a2 V.B.).
Tsi-tsiuann (f. C.).
Chao-rae (3 C.).
c) Selon les modalités :
avec fourmillement :
- \Tao-iu (10 I. G.).

_ (1) Lorsqrlg I'algie atteint l'é_paule, utiliser en fonction des moclalités les points de
la secbiorr précéd.ente concernant l-épariie.

113
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTANE
avec engourdissement la nuit :.
- Trae-tsri (3 R.).
Linn tsri (41 V.B.).
avec contractures du biceps :
- lsienn-iu (15 G. I.).
s'habillant :
Koann-tchrong (1 T. R.).

--

11,4
LE TNAITE]UIENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTUR,E

Sncrrow flf
ALGIES DU COUDE
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.
2o Points spécifiques.
Tsiou-tchre (11 G. I.) (I).
Tchre-tsre (5 P.).
Tsiou-tsre (3 il[. du C.).
3o Points de brindilles.
a) Selon la localisation :
face postérieure :
- Tcheou-tsienn (H. M ).
Tienn-tsing (10 T. R.).
face interne, surtout avec sensation de bane :
- Chao-rae (S C.).
Tchre-tsre (5 P.).
b) Selon les imadiations :
lsmenf,ant le long du bras :
- Nao-iu (10 I. G.) (surtout avec fourmillement).
Trong-li (5 C.).
c) Selon les moilalités :
douleur bloquant Ie coud.e ;
- Ti-ou-roe (42 V.B.).
ne peut ni étendre ni fléchir :
- Nao-roe (13 T. R.).
fourmillement ou douleur intermittente :
Nao-iu (10 I. G.).
avec contracture du coude :
- Tsiou-tchre (11 G. I.).
non améIioré par points précédents :
- El-pae (H. M. 2 bras) extetne.
(I) Étant donné son activité, ce point pourrait presque être cousidéré comme un
point d'assentiment indépendant de la régioh du coude. Il ne faut jamois I'omettre.
115
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTAND

SucrroN I\z

LES ALGIES DE L'AVANT-BRAS


1o Merveilleux Vaisseau.
Iang-oe.

20 Point spécifique.
Oae-koann (5 T. R.).

3o Points de brindilles.
a) Selon la localisation :
face antérieure :
- Lie-tsiue (7 P.).
face postérieure :
- Sann-li (10 G. I.).
b) Selon les ,i,rrad,iations :
remontant jusqu'au coud.e :
- Oann-kou (* I. G.).
Tsiou-tchre (11 G. I.).
El-pae (H.M. 2 bras).
vers le poignet :
- Sann-li (10 G. I.).
c) Selon les modali,tés :
aggravées par mouvement de pronation et supination :
- Tche-tcheng (7 I. G.).
Tienn-tsing (10 T. R.).
étau :
Oae-koann (5 T.R.).
avec fourmillement :
- Nao-iu (10 I. G.).

1I6
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTUNE

SpcrroN V
LES ALGIES DU POIGNET
1o lVlerveilleux Vaisseau.
fnn-oe.

2o Point spéoifique.
Oann-kou (4 I.G.).
Krong-tsoe (6 P.).

3o Points de brindilles.
a,) Selon la localisation :
face antérieure :
- Nei-koann (6 M. du C.).
face postérieure :
- Oae-koann (5 T. R.).
b) Selon les ircad,iations :
remontant le long de la face dorsale de l'avant-bras :
- Sann-li (10 G. I.).
_- vers la main :

Ie-menn (2 T. R.).
c) Selon les mod,alités :
sensation de batre côté paume :
- Trae-iuann (9 P.).
Ta-ling (7 M. du C.).
sensation de barre dorsale :
- fang-tchre (a T. R.).
avec élancement :
- Tienn-tsing (10 T. R.).

--
117
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTARE

VI
SnctroN
LES ALGIES DE I.A MAIN
Merveilleux Vaisseau.
Iang-oe (1).

L) Les algi,es ile la lace ilorsale de la main-


10 Points spécifiques.
Oae-lao-kong (H. M. 9 main).
Ta-tou de main (H.M. 8 main).
2o Points de brindilles.
Ce sont les mêmes que ceux des algies d.es d.oigts; voir plus loin.
en plus : Oann-kou (4 I. G.).
- Kroe-krou (H.M. 6 main) (douleur côté du pouce).
Chong-tsiuann (H. M. 11 main) (douleur près du
poignet).

B) Les algies dn la lace palmaire de Ia ma'i,n.

10 Foinûs spéciffques.
fu-tsi (10 P.).
Lao-kong (8 M. du C.).
2P Points de brindilles.
Ce sont les mêmes que ceux des algies des doigts. En plus :

avec mains chaudes :


- Ta-ling (7 M. du C.).
avec mains fi'oides :
- Trae-tsri (3 R.).
Chao-rae (8 C.).
aYec crampes t
- (8 M. du c.).
""o-r{ong
Oann-Kou (4 I.G.).

(l) Coneernant les algies de la main, qu'il s'agisse de la face palmaire ou dorsale.

118
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ÀCUPUNCTANE

Sncuou VII
LES ALGIES DES DOIGTS

1o Merveilleux Vaisseau.
fang-oe.

2o Points spécifiques.
a) I{rong-tsoe (6 P.).
b) Les < cinq tigres r.
sur le premier doigt :
- Ta-kou-krong (H. M. 7 main).
deuxième d oigt :
- Ou-rou (H.M. 3 main) d'index.
troisième doigt :
- Tchong-kroe (H. il{. 2 main).
quatrième doigt :
- Ou-rou d'annulaire (H. M. 3 main).
cinquième doigt :
- Siao-kou-tr<r'ong (H. M. 4 main) (1).

3o Points de brindilles.
a) Selon les inailiations :
irradiant à la face dorsale de la main :
- Sann-li (10 G. I.).
irradiant sur la face palmaire de la main :
- Trae-iuann (9 P.).
Iu-tsi (10 P.).

(1) Lorsque I'algie siège sur un seul cloigt, quel qu'il soit, on pique d'abord. Tchong-
kroe sur ie troisième doigt-et ensuite le point tigre du doigt intéréssé. Lorsque I'algie
siège sur les cinq doigts, on pique les cinq tigres dans I'ordre suivant : 3-2-4-5-1.

119
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTUNE

b) Selon les modalités :


sensation de doigt mort :
- Chao-chang (11 P.).
Che-tsiuann (H. M. 1 main).
avee modification de la sensibilité :
- Chao-chang (11 P.).
Che-tsiuann (H. M. I main).
Ti-ou-roe (42 V.B.).
douleur du doigt écrasé :
- Oae-tao (28 V. B.).
avec fourmillement :
- Chao-rae (s C.).
en écartant les doigts :
- fang-tchre (4 T.R.).
à la flexion :
- Oann-kou (4 f. G.).
avec difÊculté à fléchir le doigt en dehors de la douleur :
- Tchong-tchou (3 T. R.).
douleur en étendant Ie doigt :
- Nei-ting (44 E.).
Tchong-tchou (3 T. R.).

--

120
SIIBDIVISION II

LES ALGIES DU ]\{EMBRE INFÉRIEUR

Seetion I. La seiatique.
-
Section I. Algies de la hanche.
-
Section III. Algies de la cuisse.
Section IV.
- Algies du genou.
Section V.
- Algies de la jambe.
Section VI.
- Algies du cou de pied et cheville.
Seetion VII.
- Algies du pied.
Section VIII.
- Algies des orteils.
-

--

121
LE TRAITDMEIV? D-O,g ALGIES PAR L'ACUPUNCTUNE

SeclroN I
LA SCIATIQU E

Sous cette dénomination les Chinois entendent toute une variété


de douleurs dont la caractéristique est d'être en bandes, remontant
du pied à la face postérieure ou postéro-externe de la jambe et de la
cuisse et aboutissant à la fesse. Ce trajet peut se continuer plus haut,
son traitement nécessite alors I'emploi des points des algies lombailes.
Le traitement d'une algie sciatique d.emande d'abord un diagnostic
exact et une radiographie est toujours nécessaire. Il ne faut pas mécon-
naître une lésion osseuse importante dont le traitement par I'acupune-
ture serait illusoire. Il faut de plus rechercher les déplacements sacro-
lombaires ou sacro-iliaques dont la réduction d.oit être effectuée au
préalable.
Lorsque ceux-ci sont minimes, le traitement par les aiguilles permet
à ces déplaeements de se réduire spontanément pal les seuls mouve-
ments habituels et spontanés du malade, grâce au relâchement musculo-
ligamentaire qu'elles permettent d'obtenir. I'Iais si les blocages sont
plus importants, il faut effectuer des manæuvres vertébrales classiques
ou chinoises, associées aux massages (1). Le traitement doit être entre-
pris, lorsque c'est possible, le plus près possible du début de l'algie.
La seule exception admise concerne les cas très aigus où les aiguilles
ne doivent être appliquées qu'après un laps de temps de trois ou quatre
jours.
Les résultats sont en général bons dans Ies algies du type sciatique
unilatérale; ils sont rnoins bons dans les sciatiques bilatéra1es.
L'utilisation des procédés généraux de traitements est ici impé-
ratif. Le plus souvent on utilisera Ia règle de la grande piqûre sur Ie
méridien de la vessie ou de la vésicule biliaire selon le trajet douloureux.
Il peut aussi s'agir d'un trouble de Iang-tsiao-mo. La règle Leou-tcheou
des I'Ierveilleux Vaisseaux ou des méridiens est toujours un procédé
utile (2).

(1) Voir page 230.


(2) Voir pages B0 et 90.

122
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

Une école chinoise conseille avant le début du traitement d'une


sciatique unilatérale de toujours piquer au début du côté non doulou-
rerLy Kroun-loun (60 V.) pour éviter que la douleur ne passe à la jambe
saine.

1o Merveilleux Vaissgau.
fang-tsiao-mo.

20 Points spécifiques.
dans tous les cas :
- Roann-tiao (30 V.B.).
sciatique haute :
- Chang-tsiao (SI V.).
sciatique basse :
- I(roun-Ioun (60 V.).

3o Points de brindilles.

a) Selon la locali,sation :
face postérieure de la cuisse :
- Oe-tchong (5a V.). -,1) ir''
fnn-menn (51 V.). S y.,l
face extetne de la cuisse :
- Sia-tou (s2 V. B.).
Iang-koann (83 V.B.).
dans le mollet :
- Iang-ling-tsiuarur (s4 V. B.).
_ genou :
Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
Oe-tchong (5a V.).

b) Selon les irradiations :


dans la fesse :
- Tche-prenn (a9 V.). 5 Lr U/
r23
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTUNE
vers la face interne de Ia cuisse :
- Tchreng-fou (50 V.). 86 f
rrers le pied et Ie talon :
- Prou-chenn (61 V.).

c) Selon les modalités :


avec cramPes :
- Tcb.reng-charur (57 V.).
avec contracture des muscles lombailes :
- Ta-ling (7 M. du C.).
avec fourmillement :
- Fou-trou (S2 E.).
points précéderrts sans résultats :
- les deux Lann-menn (H.M.I jambe).

L24
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTUNE

II
Sncrrox
LES ALGIES DE LA HANCHE
1o Merveilleux Vaisseau.
Iang-tsiao-mo ou Tae-mo.
20 Points spécifiques.
Roann-tiao (80 V.B.).
Sann-li (86 E.).
3o Points d.e brindilles.
a) Selon la localisation :
postérieute :
- Oe-tchong (sa V.).
externe :
- Iang-ling-ts'iuann (S4 V. B.).
profonde :
- Chang-tsiou (5 R. P.).
superficielle :
- Tae-mo (2G V. B.).
Tsiu-tsiao (2e Y.B.).
à l'aine :
- Ta-tou (2 R. P.).
Tsri-menn (f I R. P.) (avec enflure).
b) Selon les irradi,ations :
Yers la face interne de la cuisse :
- Tsiou-tsiuann (8 F.).
fnn-kou (10 R.).
c) Selon les moilalités :
en se penchant :
- Chou-kou (65 V.).
par circumd.uction :
- Inn-pao (e F.).
diff.culté pour plier :
- Tsing-kou (04 V.).
125
LE TNAITEMENT DES ALGLES PAR L'ACUPUNCTARE

SnctroN IIf
LES ALGIES DE LA CUISSE
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.
2o Points spéciliques.
Non déterminés.
30 Points de brindilles.
a) Selon la locali,sation :
face externe (femoro-cutané) :
- Roann-tiao (30 V. B.).
Sia-tou (32 V. B.) (surtout d,ouleur en raquette).
Oe-tchong (54 V.).
fang-ling-ts'iuann (34 V. B.).
Fou-trou (32 E.).
face interne (génito-crural) :
- Inn-kou (10 R.).
Tsiou-tsiuann (8 F.).
fong-tsiuann (I R.).
Tsiao-sinn (8 R.).
face postérieure :
- Oe-tchong (5a V.).
Tchreng-fou (50 V.).
Roann-tiao (30 V. B.).
fnn-men (51 V.).
face antérieure :
- Inn-l<ou (10 R.).
Les deux jumeaux du genolr (H. M.).
b) Selon les irrad,iations :
vers la fesse :
- Ming-menn (4 T. hI.).
L26
LE TBAITEMENT DDS ALGIES PAR L'ACAPANCTANE

le genou :
Inn-che (Sg E.).

e) Selon les modalités :


avec contractgres :
- Trae-po (8 R. P.).
fnn-kou (f0 R.).
enflure :.

fnn-menn (5f V.).

L27
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTURD

SBcrroN IY

LES ALGIES DU GENOU


10 Merveilleux Vaisseau.
Tae-mo.

2o Points spécifiques.
Ts'iou-ts'iuann (8 F.).
Oe-tchong (sa V.).
Roanntiao (30 V.B.).

3o Points de brindilles.
a) Selon la localisation :
face antérieure :
- Sann-li (36 E.).
(Eil de la rotule (H.M. jambe).
atc de cerele au-dessus de la rotule :
Les deux jumeaux (H. lVI. jambe).
arc de cercle au-dessous de la rotule :
Les d,eux points latéral extetne et latéral
interne (H. IvI. jambe).
face postérieure :
- Oe-tchong (sA V.).
Ts'iou-ts'iuann (S F.).
Roann-tiao (30 Y.B.).
face interne :
- Ts'iou-ts'iuann (8 F.) suffit le plus souvent.
fnn-kou (10 R.).
Si-l<oann (7 F.).
Le point latéral interne (H.M. jambe).
dans la profondeur de I'articulation :
- Tou-pi (35 E.).
128
LE TR,AITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTURE

face externe :
- Tou-pi (35 E.).
Le point latéral externe (H. M. jambe).
Lann-menn du haut (H. M. jambe).
(Eil de la rotule (H.M. jambe).
rotule :
- Li-toe (45 E.).
b) Selon les irrad,iations :
remontant vers la cuisse :
- fnn-ehe (33 E.).
vers le pied :
- Sann-li (36 E.).
Tchreng-chann (57 V.).
c) Selon les modalités :
douleur limitant Ia flexion :
- Ts'iou-ts'iuann (S F.).
Oe-tchong (5a V.).
fle11lsuy limitant l'extension :
- Les points latéral interne et Iatéral extelne
selon siège de la douleur (H. ÛI. jambe).
à la flexion et I'extension :
- Ta-tchrou (fl V.).
douleur à la circumduction :
- fang-koann (8s V. B.).
aYec épanchement ou enflure :
- Tou-pi (35 E.).
Li-toe (45 E.).
avec contracture :
- Tsiou-tsiuann (S F.).
Trae-po (8 R. P.).
Sann-li (so E.).
evec picotement ou élancement :
- fnn-kou (10 R.).
129
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURD
avec faiblesse du genou :
- Tienn-ting (17 G. I.) en tonification.
Tienn-iou (16 T. R.) en tonifieation.
aYec douleur à la marche :
- Iang-ling-tsiuann (S4 V. B )
fru:-ling-tsiuann (9 R. P.).
avec craquements :
- Les deux Lann-menn (H.M. jambe).
en descendant un escalier :
- Sia-lienn (3e E.).
avec claudication intermittente ou la jambe u qui manque ) :
- Sann-li (SO E.) en D et aiguille chauffée.
avee algie concomitante aux membres supérieurs :
- Krong-tsoe (6 P.).

180
LE TRAITEMENI' DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARE

u"n
LES ALcr:;:;î ,n*"u
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.

2ù Points spécifiques.
Fei-iang (58 V.).
Sann-li (36 E.).
Iang-ling-tsiuann (S4 V. B.).

3o Points de brindilles.

a) Selon la localisation :
sur le tibia ou le péroné :
- Ta-tou (2 R. P.).
Trae-po (3 R. P.).
Chang-tsiou (5 R.P.).
face latérale externe :
- Tchreng-chann (57 V.).
Fei-iang (58 V.).
faee postérieure (algie du mollet) :
- Tchreng-chann (57 V.).
Tchreng-tsinn (56 V.).
Tso-pinn (9 R.).
tendon d'Achille :
- Tchreng-tsinn (56 V.).
b) Selon les irrad,iations :
vers Ie pied :
- I(roun-loun (60 V.).
vels le genou :
- Sann-li (36 E.).
131
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTARE

e) Selon les modali,tls :


avee enflure :
- Sann-li (36 E.).
Kroun-loun (oo V.).
parésie :
Tchreng-tsinn (56 V.).
algie des amputés et trémulations du moignon :
- Sia-lienn (8e E.).
impression de jambe lourde :
- Chang-tsiou (5 R. P.).

--

\82
LE TRAITEMENT DES ALGIBS PAN L'ACAPUNCTARE

SncrroN VI
LES ALGIES DA COU DE PIED
10 Merveilleux Vaisseau.
Tae-mo.

20 Points spécifiques.
Nei-koua-tsienn (H. M. 2 jambe).
Oae-koua-tsienn (If. M. 3 jambe).

30 Points de brindilles.
a) Selon la localisat'ion :
sur l'articulation tibio-tarsienne :
- Chang-tsiou (5 R. P.).
Sann-li (s6 E.).
Tsie-tsri (41 E.).
Kroun-loun (60 V.).
Chenn-mo (62 V.).
au voisinage de la malléole externe :
- Oae-koua-tsienn (I{. M. S jambe).
Kroun-loun (60 V.).
Tchao-rae (6 R.).
au voisinage de la malléole interne :
- Nei-koua-tsienn (H.M. 2 jambe).
Trae-tsri (8 R.).
b) Selon les irradiations :
vers le pied :
- Sie-tsri (43 Y. B.).
la jambe :
Kroun-loun (60 V.).
e) Selon les modalités :
en bandeau
- uniquerrrent les procéciés généraux.
138
LE TNAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTUNE
ayec en"flure :
- Jenn-kou (2 R.).

4p Entorses (t).

A) Points spécifiques.
Chang-tsiou (5 R. P.).

B) Points de brindilles.
entorse externe :
- Chenn-mo (62 V.).
Kroun-loun (60 V.).
Tsiou-tsiu (a0 V.B.).
Nei-ting (44 E.).
entotse interne .'
- Tchao-rae (0 R.).
Ta-tchong (4 R.).

--

(1) Toujours débuter par des rnassages (voir p. 250) et procéd.és généraux.

lE4
LE TRAITEMDNI' DNS ALGIES PAN L'ACUPUNCTARE

Sncrror.r VfI
LES ALGIES DU PIED
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.

2o Point spécifique.
Trae-tchong (3 F.).

3o Points d.e brindilles.

a) Selon Ia locali,sation :
dos du pied :
- Chang-tsiou (5 R.P.).
Tchao-rae (6 R.).
Nei-ting (44 E.).
Tsiou-tsiu (40 V.B.).
face extetne du pied :
- Tsinn-menn (63 V.).
Tsing-kou (6a V.).
Chou-kou (65 V.).
face inter'ne :
- Ta-tou (2 R. P.).
Trae-po (3 R. P.).
talon et sous le talon :
- Prou-chenn (61 V.).
Choe-tsiuann (5 R.).
Ta-tchong (4 R.).
Nei-ting (aa E.).
Oae-l<oann (5 T.R.) surtout avec enflure.
plante du pied :
- Fong-cire (31 V.B.).
Kroun-loun (60 V.).
Nei-ting (44 E.).
135
LE TRAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARE
b) Selon les ,i,rrad,iati,ons :
vers la jambe :
- Kroun-loun (60 V.).
vers la plante :
- Iong-tsiuann (1 R.).
les orteils :
Sie-tsri (43 V. B.).
Kroun-loun (60 V.).

c) Selon les mod,ali,tés :


dans la goutte :
- Oe-tehong (sa V.).
enflute, ou pied.s froids :
Trae-tsri (3 R.).
avec æd.ème .rnai :
- Chenn-mo (62 V.).
Jenn-kou (z R.).
avee contractures :
- Trae-po (s R. P.).
Fei-iang (58 V.).
Chenn-mo (62 V.).
ne peut pas mettre le pied par terre :
- Sia-lienn (se E.).

4P Entorses médio-tarsiennes (1).

Points de brindilles.
Chang-tsiou (5 R. P.).
Tehao-rae (0 R.).
Tsiou-siu (40 V. B.).
Chenn-rno (62 V.).

(f) Toujours débuter par màssages et procédés généraux.

186
LD TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Srcrrox VIII
LES ALGIES DES ORTEILS

Paragraphe I
LES ALGIES DES ORTEILS NON GOUTTEUSES

10 Merveilloux Vaisseau.
Iang-oe.

2o Points spécifiques.
Tchreng-chann (57 V.).
Sing-tsienn (2 F.).

3o Points de brindilles.

a) Selon Ia localisat'i,on :
Les points comparables aux tigres des doigts situés sur les orteils.
- Chacun en fonction du ou des doigts douloureux.
Pa-fong (H. M. 2 pied). Il y en a quatre. A faire selon localisation.
-
premier orteil :
- Ta-tou (2 R. P.).
Kouei-yen (H. M. I pied).
deuxième orteil :
- Tou-yen (H. M. I pied).
ssnf,1é sur une articulation :
- Nei-ting (44 E.).
Trae-tchong (3 F.).

b) Selon les irrad,iations :


vers le pied, :
- Sie-tsri (43 V. B.).
Lg'T
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARD

c) Selon les modalités :


enfl.ure :
Kroun-loun (60 V.).
Chenn-mo (62 V.).
avec pied :
- .glacé Trae-tsri (3 R.).
à I'extension ou la flexion :
- Siuann-tchong (Sg V. B.).
Fei-iang (58 V.).
sensation de brûlure :
Nei-ting (44 E.).

Paragra'phe II
LES ALGIES GOUTTEUSES DU PIED
1o Merveilleux Vaisseau.
Tchrong-mo.

2o Points spécifiques.
Trae-tchong (3 F.).
Oe-tchong (54 V.).

3o Points de brindilles.
Ta-tou (2 R. P.).
Trae-po (3 R. P.).
Sing-tsienn (2 F.).
Neiting (44 E.).
Iong-tsiuann (1 R.) avec irradiation à la plante-
Prou-chenn (61 V.).

138
LE TNA-IT'EMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTARE

Yers la nuque :
- Koang-ming (87 V.B.) à l'or du côté non
douloureux, puis ajouter :
Fong-tchre (20 V.B.).
Oann-kou (17 V.B.).
vers I'omoplate :
- Chenn-mo (62 V.).
Tsiu-prenn (12 E.).

c) Selon les modalités :


non aggravées par le mouvement :
- Tsiu-kou (16 G, I.).
Tienn-tsing (10 T. R.).
âggravées par le mouvement :
-
vers la tête :

oarur-tchrong (1 T. R.)
en avant ou de côté:
unn-menn (2 P.).
Tsienn-iu (15 G. I.).
Ou-li (ls G. I.).
Tchrong-fong (12 I. G.).
Sann-tsienn (3 G. I.) surtout aggravées en levant
e bras.
ou-lang (22 R.).
en arrière vers Ie dos :
Tsienn-tchen (9 I. G.).
unn-menn (2 P.).
en alrière vers la nuque :
oang-min g (87 V. B.) à l'or du côté n-on
ouloureux.
Tsienn-tchenn (9 I. G.).
par circumduction :

Tsienn-tsing (21 V. B.).


Tienn-tsing (r0 T. R.).
111
SUBDIVISION III

LES ALGIES I\ON VISCÉRAI,ES


DE LA rÊrn
Il est souvent particuliètement difficile, dans les algies dont le
siège est céphalique, de faire une distinction nette entre les douleurs
viscérales et non viseérales. Du point de rrue pratique, nous âvons
classé arbitrairement les céphalées d.ans les algies viscérales (pour
lesquelles on voudra bien se reporter à la deuxième partie (1), alors que
certaines sont cependant non viscérales. Nous traiterons ici les algies
de la tête autres que les migraines.
Section I. Les algies de la face.
Seetion II. - Les otalgies.
Section III. - Les od.ontalgies.
-

(l) Voir page 175.


139
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARE

I SucnoN
LES ALGIES DE LA FACE
Sous cette rubrique on envisagera successivement :

Paragraphe L Les algies de Ia région oculaire.


Paragraphe If. - Les algies du rtez et les douleurs dans la
sinusite. -
Paragraphe III. La névralgie faciale.
Paragraphe IV.
-
Les algies des maxillaires.
Paragraphe V.
- Les algies de la langue.
Paragraphe VI.
- Les algies des gencives.
-
Paragraphe I
LES ALGIES DD LA REGION OCULAIBE
ET DE ,S1?,S ANNEXES
1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

2P Points de brindilles.

A) Les algies paraissant siéger aux globes oculaires.


douleurs profondes :
- Tienn-iou (16 T. R.),
Tsi-menn (11 R.P.).
fang-pae (10 V. B.).
superfieielles et conjonctivite :
- Oae-koann (5 T.R.).
Tsroann-tchou (2 V.).
Trae-iuann (9 P.).
Ting-roe (2 V. B.).
Fong-tchre (20 V. B.).
Tienn-tsing (21 V.B.).
I4[0
LE TRAITDMENT DDS ALGIDS PAR L'ACAPUNCTARE

avec yeux rouges :


- Sie-tsri (4s V. B.).
avec éblouissement :
- Sie-tsri (4s V. B.).
Fong-long (ao E.).
Kroun-loun (60 V.).
avec prgrit :
- Koang-ming (Sz V.B.).
Iang-fou (s8 V. B.).
Tsing-ming (1 V.).
Iang-pae (10 V. B.).
aYec sPasmes :
- Sing-tsienn (z F.).
Tienn-tsing (10 T. R.).
I(roun-loun (60 V.).
avec enflure :
- Trae-tsri (3 R.).
Trong-li (5 C.).
Ro-kou (4 G. I.).

B) Les algies des annexes de l'æil.


douleur d.e I'orbite :
- Rann-ia (4 V. B.).
des sourcils et des paupières :
- Se-pae (5 E.).
Tsi-menn (11 R.P.).
Tsie-tsri (41 E.).
en lunettes :
- Choe-keou (25 T. M.).
Tsiou-oe (15 J. M.).
du coin interne de l'æil :
- Tche-inn (67 V.).
Sann-tsienn (3 G. I.).
Tsing-kou (6a V.).
141
LE TRAITEMENT DDS ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

d.u coin externe de l'æil :


- fang-fou (38 V. B.).
Tsiou-oe (15 J. M.).
des deu-x coins de l'æil :

Tienn-tsing (1O T.R.).


ss1f,6ut artérielles avec douleur insupportable :
- Iu-tchenn (o V.).
Traumatisme direct sul le globe oculaire, par exemPle doigt dans
- I'æil douleur quelle qu'elle soit mais surtout piquante :
- Tsiu-kou (16 G. I.).
douleur larmoyante et brûlante :
- Lie-tsiue (7 P.).

Paragraphe II
LES ALGIES DU NEZ
ET LES DOULEURS DANS LA SINUSITE

1o Merveilleux Vaisseau.
Jenn-mo.

2o Point spécifique.
Ro-kou (4 G. I.).

3o Points de brindilles.
douleurs profondes :
- Siou-tsiao (2a 'I. M.).
Inn-tsiao (27 T. II.) (empiétant sur le front).
Kann-iu (18 V.).
douleurs superficielles :
- Siuann-tchong (Sg V. B.) (surtout avec nez sec)'
douleurs aYec furoncles :
- Chenn-mo (62 Y.).
Inn-tsiao (27 T. M.).
L42
LE TNAITEMENSI' DE^S ALGIES PAR L'ACAPUNCTUNE

douleurs avec écoulements purulents :


- Chang-sing (2s T.M.).
Trae-tchong (S F.).
Chenn-mo (62 V.).

Paragraphe III
LA }IEVRALGIE FACIALE
Cette affection est une indication rnajeure de I'acupuncture qui la
soulage et I'améliore dans un pourcentage imposant des cas et qui la
supprime souvent définitivement, soit après une seule série de séances,
soit après plusieuls séries de séances en cas de récidives. Les résultats
sont intéressauts et fréquents mais moins bons lorsque le malade a été
préalablement traité par alcoolisation et surtout par section nerveuse.
Les résultats sont beaucoup rnoins bons dans les cas de névralgies
bilatérales. Dans le traitement de la névralgie faciale il faut PROS-
CRIRE ABSOLUIIENT toute acupuncture locale dans la région
d.ouloureuse.

10 Merveilleux Vaisseau.
Jenn-mo (1).
2o Points spéciftques.
a) Fong-long (40 E.) en tonification UNIQUEMENT sur la jambe
située du côté opposé à la douleur (2).
b) fang-fou (S8 V. B.) en dispersion, si, ce qui est habituel, le
pouls correspondant au méridien de la vésicule biliaire est en excès (3).

aître de Jenir-rno du côté


doulo re de l'énergie en général
chez excès de Inn en général.
Si le -tsiue sur I'autre bras, du
côté non douloureux.
(2) Ainsi pour une névralgie faciale siégeant sur le côté droit, on tonifre Fong-long
sur le côté gauche etr picc-aersa.

143
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARE

8o Points de brindilles.
d.ouleur surtout d.ans la région du maxillaire supérieur :
- Tsiu-tsiao (6 E.) en tonifieation du côté non
douloureux.
Ti-tsrang (7 E.) en tonification du côté non
douloureux.
douleur surtout dans la région du maxillaire inférieur :
- I-fong (17 T. R.) en tonification du côté non
douloureux.
Tsiuann-tsiao (18 I. G.) en tonification du côté
non douloureux.
douleur surtout aux pommettes :
- Sing-tsien (2 F.).
Trong-li (5 C.).
Tsiao-iu (44 V. B.).
Oann-kou (17 V.B.).
douleur à la lèvre supérieure :
- Ro-kou (4 G. I.).

Paragraphe IV
LES ALGIES DES MAXILLAIRES
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.
20 Point spécifique.
Sie-tsri (48 V. B.).
3o Points de brindilles.
douleurs prédominant au maxillaire supérieur :
- Choe-keou (25 T. M-).
Ro-tsiao (22 T. R.).
douleurs prédominant au maxillaire inférieur :
- Tchreng-tsing (24 J. NI.) (surtout au menton).
Tsienn-tchenn (9 I. G.).
144
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTUNE

Paragraphe V
LES ALGIES DE LA LANGUE
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.
2o Points spécifiques.
Tchre-tsre (5 P.).
Lienn-tsiuann (2S J. i\t.).
3o Points de brindilles.
avee difficulté pour parler ou avec bouche sèche :
- Oae-koann (5 T.R.).
avec enfl.ure :
- Lienn-tsiuann (23 J. 1U.).
aYee sensation de gorge serrée :
- Reou-ting (18 T.M.).
avec morsure de la langue :
- Tsie-tsri (4r E.).
morsure de la joue :
Koang-ming (37 V.B.).
fang-fou (88 V. B.).
avec langue fendillée :
- Trae-tchong (3 F.).
Oae-koann (5 T. R.).

Paragraphe VI
ALGIES DES GENCIVES
1o Merveilleux Vaisseau.
Non déterminé.
20 Point spécifique.
Ie-menn (2 T. R.).
3o Point de brinclille.
avec saignements de gencives :
- Trae-iuann (9 P.).
145
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPUNC'TAND

SnctroN II
LES OTALGIES
10 Merveilleux Vaisseau.
fang-oe.
2o Points spécifiques.
Ro-kou (4 G. I.).
El-menn (23 T. R.).
Ting-roe (2 V. B.).
30 Points de brindilles.
a) Selon Ia localisati,on :
devant I'oreille :
- Ro-tsiao (22 T. R.).
Chao-chang (11 P.).
Tsiou-tehre (11 G. I.).
derrière I'oreille :
- Oann-kou (17 V.B.).
Tienn-tsing (10 T. R.).
b) Selon les irrad,iations :
vers le haut :
- Sia-koann (z E.).
le bas :
Ti-tsrang (7 E.).
c) Selon les modalités :
après un choc :
- Ta-tchong (4 R.).
dans l'otite :
- Chenn-mo (62 V.).
Ro-kou (4 G. I.).
et les autres points de localisation.
aYec écoulement :
- Ting-roe (2 V. B.).
Sia-koann (2 E.).
f-fong (17 T. R.).
146
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTURE

SncnoN III
LES ODONTALGIES
1o Merveilleux Vaisseau.
fang-oe ou Tou-mo.

2o Points spécifiques.
Kroun-loun (60 V.).
Chang-iang (r G. I.).
Lie-tsiue (7 P.).
Ro-kou (4 G. I.).

3o Points de brindilles.
a) Selon la localisation :
dents supérieures :
- Tsia-tchre (3 E.).
Tsie-tsri (41 E.).
Trae-tsri (3 R.).
flsnf,s inférieures :
-^ Tsiq-kou (16 G. f.). (I)
Sing-tsienn (2 F.).
El-tsienn (2 G. I.).
Tchreng-tsiang (24 J. M.).
névralgies des alvéoles dentaires :
- Tsia-tchre (8 E.).
molaires :
- Tsiue-inn-iu (Ia V.).
ineisives :
- Pienn-Ii (6 G. I.).
Se-tou (e T. R.).

_ (f) Ce point est particulièrernent indiqué dans les algies des dents du maxillaire
inférieui; sa iiqtre préàlable peut permettre'Ieur extraction-avec une dose d'analgésique
mornclfe.

147
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTAND

b) Selnn les irrad,iati,ons :


irradiant vers I'oreille :
- El-menn (2s T. R.).
e) Selon les modalùtés :
avec earie :
- I-fong (17 T. R.)
avee pyorrhée :
- Tsiou-tehre (rl G. I.).
Tchc-tcheng (7 I. G.).
Sann-li (r0 G. I.).
f-fong (17 T. R.).
en buvant froid :
- El-tsienn (z G. I.).
Sann-tsienn (8 G. I.).
Ro-kou (4 G. I.).
buvant froid et à la mastieation :
Ting-roe (2 V. B.).
buvant chaud :

Tsia-tchre (S E.).
Tsie-tsri (4I E.).
Nei-ting (44 E.).
avec enflure :
- Linn-tsri (4I V. B.).
avec mauvaise haleine
- Ta-ling (7 M. du C.).
avec abeès :
- Chenn-mo (62 V.).
dents branlantes :
Tsiou-oe (15 J. M.). T.
Chenn-tchou (11 T. M.). T.
r48
SIIBDIVISION IV

LES ALGIES DU COU ET DB LA NUQUE (1)

On envisagera successivement :

Section I. Les algies siégeant au-dessus de la septième vertèbre


cervicale -
Section If. Les algies centrées sur Ia septième vertèbre
cervicale. -
Section III. Le torticolis.
-

(1) Ces algies sont souvent provoqué


radioqraphie et la palpation permèttent -de
iI fauâ.rd les réduirê pàr des fnanæuvres ou
149
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACT]PT]NCTURE

Spctrou I
LNS ALGIES SIÉGEANT AU DES^SU^S DE C 7
1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo, si le maximum de la douleur siège au dessus de C 3.
Tchrong-mo ou fang-oe, si le maximum de la douleur se situe
au dessous de C s.

2PPoint sp6cifique.
Reou-tsri (8 I. G.).

3o Points do brindilles.

a) Selm, la locali,sation :
prédominance antérieure (le devant du cqu)
- Lienn-tsiuann (23 J. M.).
Tchre-tsre (5 P.).
Ta-ing (s E.).
Nao-iu (10 I. G.).
Fou-fenn (So V.).
prédominance postérieure (nuque) :
- Tienn-tchou (ro V.).
Fong-tcbre (20 V.B.).
Oann-kou (17 V.B.).
Fong-fou (r5 T. M.).
fe-menn (2 T. R.).
b) Selon les imadiations :
allant de I'oeciput vers les oreilles :
- Nao-rou (16 T. M.).
Oann-kou (17 V.B.).
remontant vers la tête :
- Ia-menn (14 T. M.).
r50
LE TNAITEMENT DDS ALGIES PAN L'ACUPANCTUNE

en collier :
- Chang-iang (1 G. I.).
en bretelles :
- fang-fou (s8 V. B.).

c) Selon les moilali,tés :


avec spasmes (en dehors du torticolis) :
- Sing-tsienn (2 F.).
avec enflure :
- Tienn-jong (17 I. G.).
Li-toe (45 E.).
aYec sensation d'étranglement :
- Tsri-tchrong (80 E.).

151
LE "TNAITDMENT DES ALGINS PAN DACAPUNCTAND

SrcrroN II
LES ALGIES CENTRÉNS SUN C T
10 lYferveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

2o Point spéciÊque.
Choe-keou (25 T.M.).
80 Points de brindilles.
Les mêrres que pour les algies hautes, en particulier :
Tienn-tehou (10 V.).
Fong-tchre (2o Y. B.).
Fong-fou (15 T. M.).

152
LD TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTANE

Secrrox IIf
LD TONTICOLIS
1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

2o Points spécifiques.
Reou-tsri (A I. G.).
Tienn-tchroang (16 I. G.).
Tche-tcheng (7 I. G. gtande piqûre).
3o Points de brinililles.
Tienn-tsing (10 T. R.).
Tchreng-tsiang (24 J. M.).
Choe-keou (25 T.M.).
Fou-fenn (SO V.).
Fou-trou (18 G. I.).
Chou-kou (65 V.).
Tsienn-tsiao (14 T. R.) si extension à l'épaule.

153
LE TNAITDMDNT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTANE

avec striction thoracique :


- siégeant plus de deux travers de doigt au-dessus du mamelon :
Ko-iu (17 V.).
siégeant au dessus de deux travers de doigt au dessous du mamelon :
Kann-iu (1S V.).
avec dyspnée et oppression :
- Ta-pao (21 R.P.).
provoquée par la toux :
- Fei-iu (Is V.).
I-si (a0 V.).
avec ballonnement du ventre :
- Jenn-kou (2 R.).
sensation de masse au cæur :
- Chenn-tsrang (25 R.).
avec tremblement des mains :
- Chao-rae (3 C).
Inn-che (ss E).
avec vomissements :
- Lao-kong (8 M. du C.).

---

167
SUBDIVISION V

LES ALGIES DU DOS (I)

Paragraphe I
LES ALGIES DU RÀCHIS, SUR LA LIGNE MEDIANE (2)

1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

20 Point spécifique.
Choe-keou (25 T.M.).
Tche-iang (s T. M.). (s)

Paragraphe II
LES ALGIES DU GRIL COSTAL POSTERIEUR ET OMOPLATE

1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

(f) Vérifier lacolonne vertébrale et ne pas omettre les procédés généraux.


(2) Ces algies se traitent plus particulièrement par les massages et la règle Leou-
tcheou sur Tou-mo (voir p. 80).
(3) Ce point est également indiqué dans la P. C. E.
154
LE TNA|TEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTURE

2o Points spécifiques.
Choe-keou (25 T.M.).
Kao-roang (38 V.).
Ta-tchrou (1r V.). T.

3o Points de brindilles.

a) Selon la Localisation :
côtes proprement dites :
- Ko-koann (4r V.).
Chenn-tchou (1r T. 1I{.).
omoplate :
- Chenn-mo (62 Y.).
Tienn-tsing (21 Y.B.).
bord interne de l'omoplate :
- Chenn-tsrang (39 V.).
sarrs endroits fixes :
- fang-fou (38 V. B.).
Sie-tsri (48 Y. B.).
Tche-inn (67 V.).
Tchong-tchou (s T. R.).
à la hauteur de la 5h" côte :
- Tchong-tchou (3 T. R.).
b) Selon les imailiations :
l'épaule :

Fei-iu (Is V.).


Sann-tsienn (3 G. I.).
hameçon vers le thorax antérieur :
Tsiou-tchre (11 G. I.).
c) Selon les modalités :
en se penchant :
- Li-keou (5 F.).
Tsing-kou (64 Y.).
L55
LE TRAITEMENT DES ALGIDS PAN L'ACUPUNCTANE

en se toutnant :
- Siong-siuann (t9 R. P.).
sPasmes :

Kao-toang (SB F.).


IÏae-po (8 R. P.).
Tsiou-tchre (11 G. I.).
Tchre-tsre (5 P.).
Kroun-loun (60 V.).

156
SI]BDIVISION VI

LES ALGIES LOMBO-SACRÉES


ET COCCYGIENNES

On envisagera successivement :
Section I. Les algies lombaires.
Section II.
- Les algies sacrées.
Section III.
- Les , algies coccygiennes.
-

--

r57
LD TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTANE

SrctroN f
LES ALGIES LOMBAIRES

1o Merveilleux Vaisseau.
fang-tsiao-mo, Tchrong-mo, ou Tae-mo.

20 Points spécifiques.
Ming-menn (4 T.M.).
Oe-tchong (5a V.)

8o Points de brindilles.

a) Selon la localisation :
bilatérales de chaque côté du rachis :
- Chenn-iu (2s V.).
Oe-iu (21 V.).
Chang-tsiao (sI V.).
Iehe-che (47 V.).
en barre ttansversale :
- che-pienn (49 V.).
cheng-fou (50 V.).
localisées au voisinage des points : Tsri-rae-iu ou Koann-iuann-iu.
- On pique d'abord ces deux points en dispersion, puis on pique en
dispersion trois fois de suite à" 25 respirations d'intervalle le point
Tsri-rae (6 J. M.) ou le point Koann-iuann (4 J. M.),
b) Selon les irradi,ations :
vers la fesse :
- Pae-roang-iu (S0 V.).
plus bas que la fesse :
- Roann-tiao (30 V. B.).
vers la fesse et la face interne de la cuisse :
- a-tchong (4 R.).
158
LE TRAITDMENT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTARE

la hanche :

Sann-li (36 E.).


Tsiou-siu (40 V. B.).
en ceinture :
- Tche-inn (67 V.).

c) Selon les modalités :


améliorées en se penchant en avant :
- Tienn-tsing (10 T. R.).
agg71avées en se penchant en avant :
- Trae-po (s R. P.).
ne peut faire aucun mouvement sans douleur :
- Iang-ling-tsiuann (34 V. B.).
aggravées en se penchant en arrière :
- fnn-menn (51 V.).
aggravées en se penchant en avant et en anière :
- Feou-tsri (52 V.).
Ta-tou (2 R. P.).
aggravées en se tournant i
- Tchreng-chann (57 V.).
avec contracture des rnuscles de la gouttière vertébrale :
- Ta-ling (? M. du C.).
Iu-tsi (10 P.).
avec spasmes des muscles iléo-lombaires :
- Fou-leou (7 R.)-

--

159
LD TRAITEIUIENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTUND

LES J)r*n^
^:;';*
La douleur est, en général, diffuse. Si elle atteint d'autres régions,
par exemple les lombes, on utilise les points indiqués pour celles-ci.
Dans le cas d'algies strictement sacrées il faut d'abord faire préeiser
la douleur (1). Poul cela, on fait étendre le malade sur le ventre. Le
médecin place ses deux mains sur les fesses du sujet et sur les parties
postérieures des crêtes iliaques, et appuie légèrement de bas en haùt.
Cette manceuvre permet en général au malade de préciser et de localiser
plus exactement l'algie. Le plus souvent iI apparaît d,eux points plus
nettement douloureux, I'un centré sur un trou sacré, I'autre sur [e
bord. du sacrum. On disperse alors ces deux points.

--

. . (l) Après avoir bien entendu contrôlé l'articulation sacro-iliaque et I'avoir rectiû.ée
sr necessalre.

160
LD TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTAN,E

SncuoN flf
LES ALGIES COCCYGT.ENTNE^S

1o Merveilleux Vaisseau.
Non d.éterminé.

2o Point spéoifique.
Tchrang-tsiang (1 T. M.).
Les aiguilles ne donnent çlue peu d'effets dans les cas fréquents
où I'algie est accompagnée de subluxation ou même de luxation
saerq-coccygienne.

16r
ST]BDIVISION VII

LES ATGIES THORACIQUES AI\TERIEURES

Il s'agit ici des algies de la paroi thoracique antérieure et non d,es


douleurs symptomatiques d'une affection viscérale sous-jacente.
Section I. Les algies du gril costal.
Section II.
- Les algies du sternum.
Seetion III.
- Les algies du sein.
Section IV.
- Les algies précordiales.
-

162
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACT]PUNCTANE

Sncrroi.t I
LES ALGIES SUPENFICIELLES DU GNIL COSTAL
ANTÉNIEUN

1o Merveilleux Vaisseau,
Non déterminé.

2o Point spécifique.
Trae-iuann (9 P).

3o Points de brindilles.

a) Selon la localisation :
sur le trajet d'un ou deux espaces intercostaux, peu étendue :
- Trae-iuann (9 P.).
hamegon d'arrière en avant :
Tsiou-tchre (II G. L).
tout le gril costal :
- Tchong-ting (16 J.M.).
Ta-pao (21 R. P.).
Chao-rae (S C.).
Ta-ling (z M. du C.).
Sing-tsienn (2 F.).
b) Selon les irrad,iations :
lrers I'aisselle :
- I-si (a0 V.).
remonta.nt sur le sternum :
- Ta-tchrou (11 Y.).

--
163
LN TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTUNE

SnctroN fI
LES ALGIES DA STERNUM

1o Merveilleux Vaisseau.
Non-déterminé.

2o Point spécifique.
Iu-trang (lS J. IU.).

3o Points de brindilles.

a) Selon la localisation :
seulement sur le stetnum :
- Siuann-tsi (2r J. M-).
Ou-i (15 E.).
débordant sur les côtes :
- Ta-tchrou (If V.).
b) Selom les modalités :
avee enflure :
- Trae-iuann (9 P.).
Iang-fou (38 V. B.).
c) Selon les irradiations :
remontant vers le haut du thorax :
- Iu-tsi (10 P.).

164[
LE TRAITDMDNT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTARD

III
Sp,crrox
LES ALGIES DU SEIN
1o Merveilleux Vaisseau.
Jenn-mo.

2o Points spécifiques.
Tchao-rae (6 R.) (sufrt le plus souvent).
Ou-i (r5 E.).
Tchong-tsi (B J.M.).

8o Points de brindilles.
à l'ovulation :
- Chang-tsiao (3r V.).
Iu-tsi (I0P.).
avec enflure :
- Chao-tsre (f I. G.).
abcès :

Chenn-mo (62 V,).


pendant les règles : (1)
-

--

(r) Voir règles p. 218.

!.65
LD TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

SncrroN IV
LES ALGIES PRÉ-CORDIALES
Ces algies siègent dans la paroi thoracique, très souvent du côté
gauche, et le malade leur attribue souvent une origine cardiaque.
Elles doivent être distinguées des algies pré-cordiales de I'angine de
poitrine et le diagnostic occidental doit être fait avec précision.

1o lYlerveilleux Vaisseau.
Tchrong-mo (1).

20 Points spécifiques.
Roun-menn (42 V.).
Roang-iu (16 R.).
fang-fou (s8 V. B.). (2)

3o Points d.e brindilles.


à forme de picotements :
Sie-tsri (43 V. B.).
à forrne d'élancement :
Sinn-iu (15 V.).
gênant la respiration :
Tsiou-oe (I5 J. M.).
avec palpitations :

Iu-tsi (10 P.).


avec tachycardie :

Tienn-tchou (10 V.).


Fong-tchre (20 V.B.).

(2) Sauf, bien entendu, si le méridien de vésicule biliaire est insuffisant.

166
STIBDIVISION VIII

tES ALGIES DE LA PAROI ABDOMII\ALE(1)


L) Les algies médianes (21.

1o Merveilleux Vaisseau.
Tebrong-mo.

2o Point sp6cifrquo.
Trae-po (s R. P.).
30 Points de brindilles.
sus ombilicale :
- Tsiou-oe (15 J. M.).
sous ombilieale :
- au-dessus d.e Che-menn (5 J. M.) :

Tsri-rae-iu (2a V.).


au-dessous de Che-menn :
I{oann-iuann-iu (26 V.).
tout autoul de I'ombilic :
- Iong-tsiuann (1 R.).
Inn-ling-tsiuann (9 R. P.).
Koann-iuann (4 J. M.).

.(1) Algies superficielles et non les douleurs symptomatiques d'rure affection viscérale
sous-Jacente.
(2) Principalement les algies de la ligne blanche.

168
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

B) Les algies ile part et d,'autre ile la ligne méd,iane.

1o Merveilleux vaisseau.
Tchrong-mo.

2o Point spécifique.
Trae-po (3 R. P.).

3o Points de brindilles.
contracture du grand droit :
Ta-tou (2 R. P.).
contractures superficielles (trouvées par le palper chinois) (I) :
sus ombilicale :
Tsiou-tchre (11 G. I.) en tonification du côté
opposé.
sous ombilicale :
I(ong-soun (4 R.P.) en dispersion du côté
contracté.
avec conttactutes profondes mises en évidence par Ie palper
- habituel :
Trae-po (3 R. P.).
Sing-tsienn (2 F.).
avec spasmes de la paroi :
- Tienn-tsing (f0 T. R.) D à gauche.

--

(1) Voir page 28.

169
TNOISIÈME PANTIE

LTS ALGIES VISCÉRALES

Les algies viscérales sont, pour les Chinois, caractérisées par leur
siège principal dans ce que l'on désigne sous le terme générique de
< viscères r. Elles se distinguent ainsi des algies non viseérales qui sont
toujours plus superficielles. Comme pour les précédentes, peut-être
plus impérativement encore, il est indispensable d'effectuer un diagnostic
clinique classique. fl serait absr:rde et inutile de vouloir traiter par la
seule acupuncture une algie provoquée par une affection qui serait
hors du domaine de I'action d.es aiguilles.
La cond.uite d.u traitement est similaire mais il n'existe pas pour
les algies viscérales de procédés généraux de traitement analogues à
cetr-y que nous avorls décrits pour les algies non viscérales. Ici, les
procédés généraux se confondent avec le rétablissement de l'équilibre
de l'énergie en général et dans les méridiens. Ce rétablissement doit
toujours être le premier temps du traitement et s'il est soigneusement
réalisé, il permet souvent à lui seul la sédation de I'algie. Pour effectuer
ce rétablissement, I'expérience montte gtrê, lorsque les conditions
d'efficacité sont téunies, il est préférable d'utiliser les Merveilleux
Vaisseaux ou le procédé par les points Maîtres.
Si le rétablissement de l'équilibre de l'énergie en général et dans les
méridiens est parfois suffi.sant, iI n'en teste pas moins qu'il est fort
utile d'y ajouter certains points qu'enseigne la tradition chinoise,
choisis en dehors de la seule palpation d.es pouls, à condition qu'ils
L7r
LD TNAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURD

ne constituent pas à eux seuls tout le traitement et qu'ils ne soient


employés qu'après le rétablissement cortect de l'équilibre de l'énergie.
Comme dans le cas des algies non viscérales, ces points peuvent
être des points de commande de l'énergie ou seulement des points
spécifiques ou des points de brindilles (1).
Les points de commande doivent être intégrés dans le premier
temps du rétablissement de l'équilibre de I'énergie, lorsque la palpation
des pouls ne donne pas cL'indications contraires. Cette cLelnière eondition
est capitale : ainsi Iang-fou (3S V.B.), point de dispersion du méridien
de la Vésicule Biliaire, est indiclué pour les céphalées. Cela Parce que
I'expérience montre que de nombreuses céphalées sont accompagnées
d'un excès du méridien de la Vésieule Biliaire. On aura donc toujours
intérêt à le disperser dans le premier temps du traitement. Mais on
ne d.evra pas le faire si le pouls conespondant au mérid.ien de la Vésicule
Biliaire montre au contraire que ce méridien est insuffisant. L'indication
donnée par la palpation des pouls prime en effet dans tous les cas les
indications symptomatiques.
'Les points spécifiques et les points de brindilles ont une action
plus symptomatique, mais permettent, en attendant que le traitement
général ait fait son effet, trne rémission parfois instantanée de I'algie.
Cette suppression des phénomènes douloureux rompt souvent un
celcle vicieux et permet à l'organisme d'élaborer des processus de
réparation impossibles autrement.
Les points que nous indiquons sont surtout des points destinés
à lutter contre l'éIément douleur, bien que parfois ils puissent rentrer
dans le traitement étiologique.
Dans l'exposé d.e tous ces points, nous suivlons le même plan"que
dans la deuxième partie.
10 En rappel, le nom du Merveilleux Vaisseau à utiliser pour le
rétablissement de l'équitibre lorsque les conditions d'application sont
réunies.
2o Les points spécifiques à faire presque systématiquement quels
que soient les caractères d.e l'algie.

(1) Voir page 34.

t72
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTURE

3o Les points de brindilles en fonction des localisations, des irra-


diations, ou plus largement des caractères de l'algie.
Du fait de l'absence de procédés généraux, Ie nombre des points
à puncturer est toujours plus réduit dans Ie traitement des algies
viscérales que dans celui des algies non viscérales.
Il est toujours bon, bien que cela soit moins impératif que pour
Ies algies non viscérales, de vérifier l'intégrité des articulations verté-
brales, et en cas de blocages, d'y remédier par des massages et des
manceuvres.
Il est difficile de donner un classernent logique et raisonné des
algies viscérales. Nous resterons srù un plan pratique en adoptant un
classement topographique, et en étudiant les caractères des algies tels
que le malade les exprime.
Nous envisagerons successivement :
Subdivision f. Les algies, dites viscérales, de la tête et du cou.
Subdivision II.
- Les algies, dites viscérales, du thorax.
Subdivision fII.
- Les algies, dites viscérales, de I'abdomen.
-

--

173
SUBDIVISION I

LES ATGIES VISCERATES


DE LA rÊrp ET DU cou
Dans le chapitre des algies non viscérales, nous avons étudié les
otalgies, les odontalgies et les algies de la face.
Ici même, nous envisagerons en d.eux sections :
Section I. Les eéphalées.
Section II.
- Les algies de la gorge et du carrefout pharingé.
Section III.
- Les algies dans les parotidites.
-

--

174
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTUNE

LESH;:|"N"
Les Chinois entendent par céphalées toutes les algies que I'on
appelle vulgairement maux de tête, sans aucune distinction clinique ou
nosologique. Dans ce travail, nous ne pourrons entrer dans le détail
du traitement des affections diverses dont la céphalée est une mani-
festation, et nous envisagerons uniquement Ie traitement de la douleur.

10 Merveilleux Vaisseau.
Excès de Iang : Iang-oe ou Iang-tsiao-mo.
Excès de Inn : Jenn-mo.

20 Points spécifiques (1).


Lie-tsiue (7 P.).
Tienn-tchou (10 V.).
Kann-iu (18 V.).
3o Points de brindilles (2).
a) Selon les localisations et irradiations :
vsllsx .
- Chenn-mo (62 V.) (surtout avec impression de
congestion).
Tchrang-tsiang (l T. M.).
Fong-fou (15 T. IVI.).
Jenn-kou (2 R.).
occiput :
- Lie-tsiue (7 P.).
Tienn-tchou (r0 V.).
(l) Dans les céphalées, la palpation des pouls montre souvent un excès du méridien
de Ia Vésicule Biliaiie et une insu{fisance du-méridien du Foie. Aussi dans la majorité
des cas, et même si le e ,
faut-il le disperser pa s ,
et toniûer le méridien p
(2) La rale ou non viscérale
^ -
crânienne ou resterons iei sur un p
pratique, en que le malade la re

L75
LE TNAITDMENT DES ALGIES PAR, L'ACUPUNCTURE

de I'occiput à la nuque et au cou :


- Oae-koann (5 T. R.).
cercle sur Ie front :
-
Tchong-tehou (15 R.).
fang-pae (10 V. B.).
Point en dehors du méridien sur le milieu du
front sur le trajet de Tou-mo.
fu-tchenn (9 V.).
tempes :
- Fou-iang (59 V.).
Choe-keou (8 V.B.).
Tsio-soun (20 T. R.).
Reou-ting (18 T. Nt.).
fang-fou (s8 V. B.).
racine du nez :
- Inn:tsiao (ZZ T. M.).
Rann-ia (4 Y. B.).
région orbitaire :
- avec yeux douloureux (voil algies non viscérales,
p. 140).
avec yeux rouges : Sie-tsri (4S V. B.).
avec yeux enflés : Trong-li (5 C.).
avec éblouissement : Sie-tsri (48 V. B )
Fong-long (ao E.).
avec yeux exorbités : Jenn-ing (g E.).
Fei-iang (5s V.).
devant l'oreille :
- Chao-chang (I1 P.).
Ro-tsiao (22 T. R.).
Tsiou-tchre (1I G. I.).
denière l'oreille :
- Tienn-tsing (10 T. R.).
dans l'oreille :

Oann-kou (17 V.B.).


176
LE TNAITDMENT DES ALGIES PAN L'ACUPUNCTARE

allant vers la face :


- Fong-long (40 E.) en tonifieationdu côté opposé
à la douleur.
rur seul côté de la tête :
- région frontale et temporale :
- Treou-oe (1 E.) en tonification du côté non
douloureux.
sans localisation nette :
- lbae-iuann (9 P.).
aux sowcils :
- Tsie-tsri (41 E.).
Chenn-mo (62 V.).
en casque :
- Tchong-tchou (15 R.).

b) Selon les modalités :


douleur sourde sans localisation :
- Chang-sing (22 T.M.).
Chao-rae (S C.).
Siao-kou-krong (H.M. 4 main)
Chenn-mo (62 V.).
avec difficulté pour respirer :
- Jenn-ing (e E.).
aYec tête lourde :
- Trae-po (3 R. P.).
Chenn-mo (62 V.).
avee sensation de tête qui se brise :
- Tchong-tchrong (9 M. du C.).
avec battement en coups de marteau :
- Kroun-loun (60 V.).
avec douleur insupportable (obligeant à se coucher) :
- fong-tsiuann (1 R.).
Tsri-rae (6 J. M.).
177
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTANE

avec mal à la gorge ou sensation concomitante de gorge serrée :


- eou-ting (Is T. M.).
ae-roe (19 T. M.).
avec trismus :
- ae-roe (19 T. lI.)-
avec nez enchiffrené :
- Chang-sing (22 T.M.).
coulme une névralgie faciale :
Sann-li (10 G. I.).
avec nausée ou vomissement :
- Chenn-tchou (11 T. M.).
Chang-koann (ls J. M.).
vertiges :
Sann-li (so E.),
sri-tae (6 J. M.).
Koann-iuann (4 J.M.).
avec corps chaud :
- Koann-iuann (4 J.M.).
avec constipation concomitante :
- Trae-po (s R. P.).
hypertension intracranienne (lorsque le tartrate d'ergotamine
soulage) :
Lie-tsiue (7 P.).
Nei-koann (6 M. du C.).
chez un hypertendu :
- a-ling (7 M. du C.).
d'origine ovarienne (en dehors des troubles des règles) :
- a-ro (12 R.).
Chang-tsiao (sr V.).
ae-po (s R. P.).
d'origine allergique : .
- ann-iu (Is V.).
so-pinn (9 R.).
178
LD TNAITEMENT DDS ALGIDS PAN L'ACAPUNCTANE

avec visage écarlate :


- Tche-inn (67 V.).
Tchong-tchou (S T. R.).
Tsie-tsri (4r E.).
avee ehaleur à la tête :
- C ang-sing (22 T. M.).
anDK changements d.e temps :
- Oae-koann (5 T. R.).
avec photophobie :
- Kroun-loun (60 V.).

--

179
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAB L'ACUPUNCTANE

Spctron II
LES ALGIES VISCÉBALES DE LA GONGE
ET DU CARNEFOAR PHARYNGÉ
Sous-Section I. Les algies d.e la gorge.
Sous-Section If.- - Les algies de I'æsophage.

I
Sous-Sncrrox
LES ALGIES DE LA GORGE
Nous distinguerons les douleurs des angines des autres douleurs
de la gorge en deux paragraphes :
Paragraphe f. Les d.ouleurs des angines.
Paragraphe II.
- Les autres algies de la gorge.
-
Paragraphe I
LES DOULEURS DES ANGTNES (1)

10 lVlerveilleux Vaisseau.
a) Angines-rouges : Tou-mo,
b) Angines blanches : Iang-tsiao-mo.
2o Points spécifiques.
Chao-ehang (11 P.).
Chang-iang (I G. I.).
Ro-kou (4 G. I.) (surtout angines rouges).

30 Points do brindillos.
aYec fièrrre :
- Chenn-mo (62 V.).

(1) Rappetons encore que nous n'ind.iquons ici que les points susceptibles d'apporter
une séàâtioriâe b douleur et non I'ensembiê du traifement'de I'anginel (Voir < Eiiâi sur
I'Acupuncture Chinoise Pratique )), p. 137, note 1.)
180
LE TNAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTANE

aYee abcès :
- Chenn-mo (62 V.).
El-tsienn (2 G. I.).
Choe-tsiuann (5 R.).
avee gorge sèche :

Tchre-tsre (5 P.).
Sing-tsienn (2 F.).
Tsienn-kou (2 I. G.).
avec sensâtion de gorge enflée :
- Tsiou-tchre (11 G. I.).
Jenn-kou (2 R.).
Reou-ting (18 T.M.).
Lienn-tsiuann (23 J. M.).
aYec impossibilité d'avaler :
les solides :
- Sann-tsienn (3 G. I.).
Ro-kou (4 G. I.).
Siuann-tsi (21 J. M.).
les liquides :
- Tienn-jong (17 I. G.).
Roa-kae (20 J. M.).
Jenn-kou (2 R.).
Tchong-fong (4 F.).

Paragraphe II
LES AUTRES ALGIES DE LA GORGE
n s'agit ici d'algies sans substratum anatomique et que I'on
qualifie de nerveuses en I'absence d'étiologie évidente. En réalité, il
y a toujours un dérèglement de l'énergie.
sensation d'épine dans la gorge :
- Koann-tchrong (1 T. R.).
Ie-menn (2 T. R.).
Sann-tsienn (3 G. I.).
181
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTANE

sensation d'cedème de la gorge ou de la luette :


- Lienn-tsiuann (23 J. M.).
Reou-ting (18 T. l[.).
sensation de boule douloureuse qui remonte depuis le bas du cou :
- Siuann-tsi (21 J. M.).
Trann-tchong (17 J. M.).
douleur empêclr.ant de parler fort mais sâns aphonie :
- Tienn-trou (22 J.M.).
Jenn-ing (9 E.).

Sous-Sncrrou II
LES ALGIES DE L'CESOPHAGE

1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

20 Points spécifiques.
Inn-ling-tsiuann (9 R. P.).
Tou-iu (10 V.).

3o Points de brindilles.
douleur permanente :
- Tienn-tchou (ro V.).
Fong-tchre (20 V. B.).
€rr avalant :
- Siuann-tsi (21 J. M.).
Lienn-tsiuann (23 J. M.).
avec spasmes :
- Ko-iu (17 V.).
Ta-tehong (4 R.).
Sing-tsienn (2 F.).
182
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

avec stase et vomissement ou régurgitation :


- Ta-tchong (4 R.).
avec sensation de striction :
- Sing-tsienn (2 F.).
Reou-ting (18 T. M.).
aYec sensation de brûlures :
- Lie-tsiue (7 P.).
Chao-chang (l1 P.).

--

183
LE TRAITEMENT DES ALGIDS PAR L'ACUPANCTANE

Spctrou III
LES ALGIES DANS LES PAROTIDITES
1o Merveilleux Vaisseau.
Tou-mo.

2o Points spécifiques.
Oae-koann (5 T. R.).
Ro-kou (4 G. I.).
3o Points de brindilles.
a) Selon la loealisation :
Prédominance du côté gauche : Tcheou-tsienn (H. M. 1 bras).
Préd.ominance du côté droit : I-fong (17 T. R.).
b) Selon les modalités :
diminution d.e la salivation :
Li-toe (45 E).
enflure atteignant le sous-maxillaire :

Tsia-tehre (3 E.).

184
SIIBDIVISION II

LES ALGIES DITES VISCÉRALES


DU THORAX

Nous verrons en deux sections :


Section I. Les douleurs d.ans I'angine de poitrine.
Seetion If.
- Les algies d'origine pleuro-pulmonaire et bron-
chique. -

185
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTUNE

Spcrrorv I
LES DOULEUNS DANS L'ANGINE DE POITNINE
L'angine de poitrine est à la limite de notre sujet. Les résultats
du traitement par I'aeupuncture sont essentiellement fonction de l'état
de la circulation coronarienne. Souvent cependant, les aiguilles per-
mettent d'espacer les crises et d'en atténuer la violence. Elles
permettent même parfois de faire céder une crise.
Dans la cond.uite d.u traitement, et plus encore que dans tout
autre cas, un bon rétablissement de l'équilibre de l'énergie en général
et dans chaque méridien est indispensable. Les points symptomatiques
n'ont qu'une utilité relative.
Il est important de bien apprécier les pouls correspondant aux
méridiens du cæur et du Maître du Cæur afin d'éviter de piquer des
points qui, comme Chenn-menn (7 C.), risquent d.'entraîner des compli-
cations lorsqu'ils sont contre-indiqués.

1o Merveilleux Vaisseau (1).


Excès de Inn (cas habituel) : Tchrong-mo.
Excès de fang : Tae-mo.

2o Points spécifiques.
Nei-koann (6 M. du C.).
Ko-iu (17 V.) (2).
3o Points de brindilles.
douleur en griffe localisée uniquement à la poitrine :
- Chenn-tsrang (25 R.).
Trae-tsri (3 R.).
Tchrong-mo.
On par disperser
I(o la dispersion
du ar il est aussi
un
(2) Ne pas ornettre Sinn-iu (15 V.), si le pouls correspondant au méridien du cæur
est en excès.

186
LE TNAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTANE

douleur deseendant le long du bras jusqu'à I'aurieulaite :


- Trong-li (5 C.) en tonification à droite.
Koann-tchrong (1 T. R.).
douleur irradiant au dos :
- Kroun-loun (60 V.).
Sinn-iu (15 V.).
douleur irradiant dans une grande partie de la partie droite de la
- poitrine :
Chenn-tsrang (25 R.).
douleur non pas en barre mais perçante :
- Fong-long (40 E.).
avee palpitation (et pouls du cæur en insuffisanee) :
- Chao-tchrong (9 C.).
chez les hypertendus :
- Sann-li (so E.).
aYee bras et mains glacés :
- Jenn-kou (2 R.).
Trae-tsri (8 R.).

--

187
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

Snctrox II
LES ALGIES PLEURO.PULMON AIRES
ET BRONCHTQU.E'^9 (1)

1o Merveilleux Vaisseau.
Jenn-mo.

20 Points spécifiques.
Fei-iu (13 V.).
Lie-tsiue (7 P.).

3o Points de brindilles.

A) Douleurs perrnanentes et non prouoguées par Ia touæ :


a) Selon la localisation :
aYec point de côté localisé :
- Jenn-kou (2 R.).
Oann-kou (4 I. G.).
dans toute la poitrine et s'étendant aux flancs :
- Tienn-tsing (10 T. R.).
Tchre-tsre (5 P.).
s'irradiant dans le dos :
- Iu-tsi (10 P.).
Fong-menn (12 V.).
b) Selon les modalités :
avee respiration diffieile :
- Trann-tchong (17 J. M.).
Ro-kou (4 G. I.).
Tsiou-tchre (il G. I.).

t88
. LE TRAITEMENT DES ALGIES PAB L'ACUPUNCTURE

avec glaires (et pouls du poumon petit) :


- Tchong-fou (1 P.).
avec fréwe élevée :
- Chenn-mo (62 V.).
c) Selon la cause :
pleurésie :
- I-che (44 V.).
Oe-tsrang (45 Y.).
Tsri-menn (14 F.).
bronchite :
- Tsing-tsiu (a P.).

B) Douleurs seulement en toussant :


en général :
- Tienn-trou (22 J. M.).
Chenn-tehou (11 T. M.).
dans la poitrine et dans les flancs :
- Kann-iu (18 Y.).
allant jusque dans le dos :
- Iu-tqi (r0 P.).
siégeant principalement dans la trachée :
- Ro-kou (4 G. I.).
Trae-iuann (9 P.).
avec quintes douloureuses :
- Sing-tsienn (2 F.).
Kroun-loun (60 V.).
a17ec toux sèehe :
- Tchong-koann (12 J. M.).
Chenn-tao (10 T.M.).

--
189
SI]BDTVISION III

LES ATGIES DITES VISCÉRAI,ES


DE L'ABDOMEN

n est d.ifficile d'établir une classification précise des algies de


I'abdomen tout en restant pratique. L'abdomen présente, en effet,
un certain nombre de régions au niveau desquelles plusieurs organes
se superposent, de sorte qu'il est souvent diffÊcile d'attribuer une algie
à I'un d.'entre eux. D'autre part, certains points d'acupunctute ont
une aetion régionale et peuvent soulager des algies d'origines diverses
lorsqu'elles présentent des caractères semblables. Aussi adopterons-
nous, cornme les Chinois, une classification régionale et par appareil,
en rattachant la douleur à ce qui ( parait être > sa localisation principale.
Nous envisagerons en cinq sections :
Section I. Les algies de l'estomac.
-
Section If. Les algies hépato-vésiculaires.
-
Section III. Les algies de l'intestin.
-
Section IV. Les algies ténales et vésicales.
-
Section V. Les algies du petit bassin et des organes génitaux.
-

--
190
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTANE

SncrroN I
LES ALGIES DE L'ESTOMAC
1o Merveilleux Vaisseau.
Tchrong-mo.

2o Points spéoifiques.
Oe-iu (21 V.).
Siuann-tsi (21 J.M.).
Li-toe (45 E.).
3o Points de brindilles.
a) Selon la localisation :
douleur sourde à l'épigastre :
- Ilae-iuann (9 P.).
Tsiou-oe (15 J. M.).
en barre au niveau du plexus solaire :
- Tchong-koann (I2 J. M.).
Tsiou-oe (15 J; M.).
b) Selon les ircad'i,ations :
vers le dos :
- Tsiou-oe (15 J. M.).
vers les flancs :
- Pi-koann (31 E.).
e) Selon les modalités :
augmentant à la pression :
- Sann-li (s6 E.).
fnn-I<ou (10 R.).
d.iminuant à la pression :
- Chang,koann (13 J. M.).
avee vomissement :
- Tehong-koann (rZ J. ilI.).
Tehong-ting (16 J.M.).
191
LE TNAITDMENT DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTUNE

avec vomissement immédiatement après le repas :


- Fei-iu (13 V.).
avec oppression :
- Ou-i (15 E.).
Ro-kou (4 G. I.).
avec spasmes :
- Tsiou-tchre (11 G. I.).
Choe-trou (10 E.).
Chang-koann (13 J. M.).
avec spasmes surtout du pylore i
- Iou-menn (21 R.).
avec dilatation d'estomac :
- Kann-iu (Is V.).
Trong-kou (20 R.).
avec sensations de crampes :
- Ta-tou (2 R. P.).
Trae-po (3 R.P.).
aYec brûlures :
- Kann-iu (18 V:).
Tann-iu (le V.).
a.rrec ptose (radio) :
- Trae-i (23 E.).
Chenn-koaru:r (S J. M.).
arrec insomnie concomitante (por la douleur qui proyoque I'in-
- somnie) :
Inn-po (1 R. P.).
avec vomissement et en plus migraine :
- Lie-tsiue (7 P.).
Trae-iuann (9 P.).
aYec gêne et ballonnements :
jTrae-tchong (S F.)
Sia-koann (10 J. IU.).
avec mauvaise digestion habituelle :
- Sann-tsiao-iu (22 V.).
fnn-ling-tsiuann (9 R. P.).
192
LE TRAITEMENT' DES ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

avec aérophagie :
- Sann-li (36 E.).
Tsri-rae (6 J. M.).
Tchong-koann (12 J. M.).
Trae-tchrong (8 F.).
impression que les aliments < ne veulent pas passer D:
Iu-tsi (lo P.).
Inn-Iing-tsiuann (9 R. P.).
Leang-menn (21 E.).
douleur provoquée par une indigestion :
- fu-tsi (10 P.).
Sann-li (10 G. I.).
Tchong-koann (12 J. M.).
avec sensation de froid au creux épigastrique :
- fnn-ling-tsiuann (9 R. P.).
avec digestion du vin difficile :
- Nei-koann (6 M. du C.).

198
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTURE

Sp,crroN fI
LES ALGIES HÉPATO-VÉSICULAIRES
Nous étud.ierons ell trois paragraphes :

Paragraphe I. Les algies des cholécystites ou d'angiocholites.


-
Paragraphe II. La crise de colique hépatique.
-
Paragraphe III. Les algies essentielles.
-
Paragraphe I

LES ALGIES DES CHOLECYSTITES


OU D'ANGIOCHOLITES

1o lYlerveilleux Vaisseau.
Tchrong-mo.

2o Points spécifiques.
Iang-fou (SS V. B.).
Sing-tsienn (2 F.).
Li-keou (5 F.).

3o Foints de brindilles.

a) Selon les inad,iations :


vers le cteux épigastrique :
- Tchong-koann (12 J. M.).
vers tout l'abdomen :
- Tienn-tchrou (25 E.).
b) Selon les modalités :
avee vomissement :
- Ta-tchong (4 R.).
Tsri-menn (14 F.).
194
L TNAITDMENT DDS ALGIES PAR L'ACAPUNCTURE

avec vomissement et bouche amère :


- Sann-li (36 E.).
Je-iue (24 V. B.).
Tann-iu (19 V.).
constipation et selles décolorées :
Tsiou-tchre (11 G. I.).
fang-fou (38 V. B. ).
a\rec ventre ballonné :
- Trae-tchong (3 F.).
Ta-tchrang-iu (25 V.).
avec spasmes :
- Li-keou (5 F.).
Ta-tchong (4 R.).
provoquée surtout par les écarts de régime :
- Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
ictère :

Sann-li (s6 E.).


Lao-kong (8 M. du C.).
Tchong-koann (12 J. M.).
Ta-ling (7 M. du C.).
Oann-kou (4 I. G.).

Paragraphe II
LA CRISE DE COLIQUE HEPATIQUE
10 Merveilleux Vaisseau.
Tchrong-mo.

20 Foints spécifiques.
Il n'existe pas de point à proprement parler spécifique, c'est-à-dire qui
donne des résultats constants. On peut, selon la méthod.e japonaise,
faire un Kuat-su sur D. I et essayer le point : Tsinn-chou (7 T. II.).
195
LE TNAITENIENI' DES ALGIES PAR L'ACUPANCTURE

3P Foints d,e brindilles.


Nei-koann (6 M. du C.).
Tann-iu (19 V.).
Kann-iu (18 V.).
Sing-tsienn (2 F.).
Ta-tchong (4 R.).

Paragraphe III
LES ALGIES ESSENTIELLES

1o Merveilleux Vaisseau
Tchrong-mo.

20 Points spécifiques.
Sing-tsienn (2 F.).
Iang-fou (38 V. B.).

3o Points de brindilles.

a) Selon Ia localisation :
-- seulement à l'épigastre :
Trae-po (3 R. P.).
douleur s'étendant à tout le ventre :
- Sias-tchrang-iu (27 Y.).
s'{lsndant au petit bassin :
- Li-keou (5 F.).
b) Selon les imadiation
remontant vers Ia poitrine :
- fnn-ling-tsiuann (9 R. P.).
qui irradie vets le ventre :
- Chenn-iu (2s V.).
196
LD TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPANCTURE

c) Selon les modalites :


avec constipation :
- Sann-tsienn (3 G. I.).
El-tsienn (2 G. I.).
Tsiou-tchre (I1 G. I.).
avec vomissement :
- Sann-tsiao-iu (22 V.).
Tchang-menn (14 F.).
avec ballonnement :
- Trae-tchrong (3 F.).
Ta-tchrang-iu (25 V.).
âvec spasmes :
- Tchong-koann (12 J. M.).
Ta-tchong (4 R.).
avec sang dans les selles :
- Tchreng-chann (57 V').

-"-

197
LE TRAITEMENî D.ES ALGIES PAR L'ACUPUNCTARE

SncrroN III
LES ALGIES DE L'INTESTIN
Nous traiterons séparément en trois paragraphes les algies de
I'intestin proprement dites, les algies hémonoïdaires et les algies
anales.

Paragraphe I
LES ALGIES DE L'INTESTIN PROPREMENT DITES
1o Nlerveilloux Vaisseaux,
Inn-oe.
Tehrong-mo (si dianhée surajoutée).

20 Points spécifiques.
Ti-tsi (8 R.P.).
Li-keou (5 F.).

30 Points de brindilles.
a) Selon Ia localisation.
dans la région ombilicale (au-dessus, au-dessous, autour) :
- Tienn-tchrou (25 E.).
Inn-kou (10 R.).
Tsri-rae (6 J- M.).
Iong-tsiuann (1 R.).
fnn-ling-tsiuann, (9 R. P.).
siège principal dans l'ombilic lui-mêrne :
- Se-mann (14 R.).
hypogastre :
- Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
Siao-rae (S I. G.).
s'étendant aux flancs :
- Tsri-menn (14 F.).
198
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTAND

le long du cadre colique :


- Sann-tsierrn (3 G. I.).

b) Selon les modalités :


ballonnement :
Trae-tehrong (3 F.).
avec borborygmes :
- Tsri-ra (6 J. M.).
aYec diarrhée brutale :
- fnnJing-tsiuann (9 R. P.).
aYec diarrhée habituelle :
- Chenn-iu (2s V.).
Oae-Iing (26 E.).
Ta-tsiu (27 E.).
fièvre :
Cherur-mo (62 V.).
-_ aYec sang dans les selles :

Tchreng-chann (57 V.).


avec sPasmes :
- Siao-rae (8 I. G.).
Koann-iuann (+ J. M.).
Chang-koann (13 J. M.).
ventte dur et vomissement :
Ti-tsi (s R. P.).
Tsri-rae (6 J. M.).
en coup de couteau, aYec ventre dur :
- Sing-tsienn (z F.).
I(o-iu (I7 V.).
Chenn-iu (23 V.).
intermittente avec impression de déchirement :
- Fong-long (40 E.).
Roang-iu (16 R.).
a.rrec (ou provoquée par) indigestion :
- Iu-tsi (10 P.).
199
LA TRAITEMDNT DES ALGIES PAR L'ACT]PUNCTURE

ParagraTthe II
LES DOULEURS IIÉMONNOÏONTRES

10 Nlerveilleux Vaisseau.
fnn-oe.

20 Points spécifiques.
Oe-tehong (5* V.).
Tchrang-tsiang (I T. M.).
fnn-po (I R.P.).

3o Points de brindilles.
douleur lancinante et continuelle :
-
Chenn-iu (29 V.).
Ta-tchrang-iu (2a V.).
Sie-tsri (44 Y. B.).
avec constipation :
- Tsiou-tchre (rr G. I.).
slùvenant après un accouchement :
- Tsiou-tchre (tt G. I.).
douleur intermittente avec yeux cernés :
- fang-fou (s8 V. B.).
avec saignement :
- Kann-iu (18 V.). ,
Fou-leou (7 R.).
Chang-tsiou (5 R.P.).
Tchreng-chann (52 V.).
douleur ayant résisté aux points habituels et massages :
- El-oae (H.M. 2 bras).

200
LD TNAITEMNNT DDS ALGIDS PAR L'ACUPUNCTUNE

Paragraphe III
LES ALGIES DE L'ANUS

1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-oe.

2o Points spécifiques.
Pae-roang-iu (S0 V.).
Pi-koann (3r E.).
Sinn-iu (15 V.).

30 Points de brindilles.
sensation de pesanteur :

fu-tsi (10 P.).


Tchrang-tsiang (1 T. II.).
Ta-tchrang-iu (25 V.).
sensation de constriction ou cLe brûlures :
- Lie=tsiue (7 P,).
Sing-tsienn (2 F.).
fissure anale (l) t
-
Pae-roang-iu (30 V.).
avec prurit anal :
-
Fou-leou (7 R.).
Sing-tsienn (2 F.).
Chao-tchrong (9 C.).
Roe-inn (1 J. M.).
Tsiou-tsiuann (8 F.).

(r) Pour les ûssures anales, il faut d'abord. piquer : Pae-roang-iu (30 Y.), puis ajouter
des aiguilles loeales aux extrémités des fissures un peu en dehors d'elles.

201
LD TRAITEMENI' DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTUNE

SpctroN IV
LES ALGIES RÉNALES ET VÉSICELES
Nous envisagerons successivement les douleurs chroniques d'origine
lithiasique et la crise de coliques néphrétiques. Puis les cystalgies sans
douleur à la miction, les mictions douloureuses et les douleurs de
I'urètre.

Paragraphe I
LES AIGIES CHRONIQUES D'ORIGINE LITHIASIQUE
1o Merveilleux Vaisseaux.
Inn-tsiao-mo (en cas habituel d'excès de Inn).
fang-tsiao-mo (excès de fang).

2o Points spécifiques.
Ta-tchong (4 R.) toujours en dispersion.
Chenn-iu (23 V.).

3o Points do brindilles.
avec baue sur les teins :
- Ming-menn (r[ T.M.).
s'ff,sndant au ventre :
- Jenn-kou (2 R.).
Sing-tsienn (2 F.).
remontant jusqu'au-dessus de D LZ :
- Sann-tsiao-iu (22 R.).
s'{f,sndant aux jambes :
- Tche-tche (az V.).
avee les quatre membres glacés :
- Trae-tsri (3 R.).
aYec hématurie :
- fong-tsiuann (1 R.).
Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
202
LE TRAITEMDN? D]9^S ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

Paragraphe II
LES DOULEURS DE LA CRISE DE COLIQUE NÉPHRÉTIQUE

On ne pique que deux points spécifiques dont le premier est


souvent suffi.sant, et I'on reprend le traitement après la fin de la crise
en utilisant alors les points du parâgraphe précédent.

Points spécifiques.
Ta-tchong (4 R.).
Kroun-loun (60 V.).

Paragraphe III
CYSTALGIE SANS DOULEUR A LA MICTION

1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

2o Points spécifiques.
Prang-koann-iu (28 V.).
Sing-tsienn (2 F.).
Ta-tehong (4 R.).

3o Points de brindilles.
a) Selon les irradiations :
vers le bas-ventre :
- Li-keou (5 F.).
vers l'ombilic :
- Ta-ro (12 R.).
Koann-iuann (4 J. M.).
Yers le rectum :
- Chang-tsiao (31 V.)
Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
209
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPANCTUNE

b) Selon les moil,ali,tés :


avee sensation d.e pesanteur :
- Tchong-tsi (3 J. M.).
Koann-iuann (4 J. M.).
avec élaneement :
- Tso-pinn (9 R.).
miction difficile mais non doulou;euse :

Koann-iuann (.! J. h[.).


Tsri-rae-iu (2a Y.).
Tsiou-kou (2 J. VI.).
Chang-tsiao (31 V.).
avec hématurie :
- Koann-iuann (4 J. M.).
Tsri-rae-iu (24 Y.).
arrec fièvre :
- Chenn-mo (62 V.).

Paragraphe IV
MICTIONS DOULOUREUSES

1o Merveilleux Vaisseau.
fnn-tsiao-mo.

20 Points spécifiques.
Tsri-rae (6 J.,M.).
Tchong-tsi (s J. M.).
Nei-koann (6 M. ctu C.).

30 Points de brindilles.
avec difficulté (en dehors de la douleur) pour uriner
- Chang-tsiao (31 V.).
Koann-iuann-iu (26 V.).
204
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPUNCTURE

avec urine trouble :


- Koann-iuann (4 J. M.).
Tchang-menn (13 F.).
Tsri-menn (14 F.).
aYec élancement :
- Tsiao-sinn (8 R.).
Fou-leou (7 R.).
Sing-tsienn (2 F.).
hématurie :

Chenn-iu (2s V.).


Fou-leou (7 R.).

Chenn-mo (62 V.).

Paragraphe V

LES ALGIES DE L'UNÈINN


1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

2o Points spécifiques.
Tsiou-kou (2 J. M.).
Tchre-tsre (5 P.).
Trae-tehrong (S F.).

3o Points de brindilles.
aYec sPasmes :

Jenn-kou (2 R.).
Sing-tsienn (2 F.).
Ta-tchong (4 R.).
aYec urines très foncées :
Che-l<oann (1S R.).
Koann-iuann (4 J. M.).
205
/'
/
I

LD TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTURE

légère anurie :

Inn-ling-tsiuann (9 R. P.).
Koann-iuann-iu (26 V.).
avec émission involontaire d'urine :
-
Sing-tsienn (2 F.).
Tsing-kou (6a V.) en tonification.

--

206
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTARE

SecrroN V
LES ALGIES DU PETIT BASSIN
ET DES ONGANDS GÉNITAUX
Ces algies ont des étiologies et des manifestations fort diverses.
Leurs symptômes s'intriquent souvent et les points d.e modalités en
fonction des manifestations doivent être recherchés parfois sous plu-
sieurs rubriques.
On envisagera successivement :

Sous-section I. Les algies pelviennes.


-
Sous-Section If. Les algies des organes génitaux.
-
Sous-Section III. Les algies en rapport avec les règles.
-
Sous-Snc'rroN I
LES ALGIES PELVIENNES
Les algies pelviennes présentent pour les Chinois un ensemble
d'algies d'origine et de caractères extrêmement divers. C'est pour cela
que les points de brindilles {ui leur sont propres doivent être recherchés
dans les autres rubriques.

1o Merveilleux Vaisseau.
fnn-tsiao-mo.

2o Points spécifiques.
a) Générauæ :
Li-keou (5 F.).
Ti-tsi (s R. P.).
Tsiou-tsiuann (S F.).
b) Selon le sene :
I(oann-iuann (4 J.i\{.) (pour les femmes).
Tsri-rae (6 J. I\[.) et Tsri-tchrong (30 E.) (pour les hommes).
207
LE TRAITEMEN'I DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTUNE

Sous-SnctroN II
LES ALGIES DES ORGANES GENITAUX $)
Nous verrons en six paragraphes, à l'exclusion des algies des
règles :
Paragraphe f. Les algies ovariennes.
Paragraphe ff. - Les algies utérines.
Paragraphe III. - Les algies vaginales.
Paragraphe IV.
- Les algies prostatiques.
- Les algies testiculaires.
Paragraphe V.
Paragraphe VI.
- Les algies de la verge.
-
Paragraphe I
LES ALGIES OVARIENNES
10 Merveilleux Vaisseau.
fnn-tsiao-mo.

2o Points spécifiques.
Ta-ro (12 R.).
Li-keou (5 f.).

30 Points de brinililles.
permanentes non influencées par la position (debout ou couché) :
- Tsri-tchrong (s0 E.).
Prang-koann-iu (28 V.).
seulement debout (cède à la position couchée) :
- Sann-inn-tsiao (6 R, P.).
fnn-ling-tsiuann (9 R. P.).
Ta-toun (l F.).
Trae-tchrong (S F.).

(t) T-outes les algies concernant le sexe féminin envisagées dans cette sous-section II
sont considérées indépendamment des algies des règles.

208
LE TEAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACAPANCTUNE

pertes rouges entre les règles :


Tsri-tchrong (so E.).

Paragraphe II
LES ALGIES UTERINES (1)

1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

20 Points spécifiques.
Li-keou (5 F.).
Sann-inn-tsiao (6 R. P.).

30 Points de brindilles.
inflammation (surtout métrite du col) :

Koann-iuann (4 J. M.).
Chenn-menn (7 C.).
Jenn-kou (2 R.).
avee hémorragies :
- lienn-tchrou (25 E.).
Koe-lao (29 E.).
spasmes :
Ta-tchong (4 R.).
Trae-tsri (8 R.).
Chenn-mo (62 V.).
Tsri-rae (6 J. M.).
brutale et intermittente :
- Se-mann (14 R.).
brutale et insupportable :
- fnn-tou (19 R.).

(f) Salpingites et annexites : il est souvent bon d'utiliser : Tsri-tsiue ( l3 R.),


Tchong-tchou (15 R.).

209
LE TRAITEMDNT DES ALGIES PAR L"A.CUPANCTARE

Paragraphe III
LES ALGIES VAGINALES
Il faut distinguer les algies sans prurit d'une part et les algies
aceompagnées de prurit d'autre part.

a) Les algies aaginales sa,ns prurit :

1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

20 Points spécifiques.
Roe-inn (l J. M.).
Tehrang-tsiang (1 T. NI.).
Lie-tsiue (7 P.).

80 Points de brindilles.
irrad.iation dans le bas-ventre :
Koann-iuann (4 J.M.).
Che-menn (5 J. M.).
Roang-iu (16 R.).
avec inflammation :
- Inn-ling-tsiuann (9 R. P.).
âvec sensation de pesanteur :
- Chang-tsiao (31 V.).
Tsiou-tsiuann (S F.).
avec enff.ure :
- Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
avec enflure et trouble des règles :
- Kroun-loun (60 V.).
avec sensation de striction :
- Inn-tsiao (7 J. M.).
Siuann-tchong (89 V. B.).
210
LE TNAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACT]PANCîAND

b) Les algôes oaginales avec prurit :

10 Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

2o Point spécifique.
Sing-tsienn (2 F.).
Chao-tchrong (9 C.) en tonification.

3o Points d,e brindilles.


avec picotement :
- Tsre-tsiao (82 V.).
pertes blanches :
Koann-iuann (4 J. M.).
Prang-koann-iu (28 V.).
Li-keou (5 F.).
pertes rouges entre les règles :
Tsri-tchrong (30 E.).
surtout vulvaire
-- :

Chao-fou (8 C.).
a.11ec transpira ion anormale :
- Inn-tsiao (7 J. M.).

Paragraphe IV
LES ALGIES PROSTATIQUES

1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

2oPoint spécifique.
Tchong-tsi (3 J. IU.).
2tl
LE TRAITEMENT DES ALGIPS PAR L'ACUPUNCTURE

3o Points de brinùilles.
irradiation dans tout le ventre :
Che-koann (rS R.).
avec pesanteur :
- Chang-tsiao (sl V.).
aYec difficulté pour uriner :
- Siue-rae (10 R. P.).
autle point quand les autres ne donnent pas de résultat :
- Koann-iuann (4 J. M.).

Paragraplt'e V

LES ALGIES TESTICULAIRES

1o Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsiao-mo.

2o Points spécifiques.
Li-keou (5 F.).
Chenn-iu (23 V.).

3o Points de brindilles.
avec infl.amrnation :
- Tchrong-menn (12 R.P.).
intermittente :
- Fou-leou (7 R.).
à Ia suite d'un traumatisme :
- Kong-soun (a R.P.).

Paragraphe VI
LES ALGIES DE LA VERGE
10 Merveilleux Vaisseau.
Inn-tsieo-mo.
2t2
LE TNAITDMENT DES ALGIES PAN L'ACUPANCTURE

20 Points spécifiques.
un point au voisinage du gland (H. M.).
- rur point à la naissânce de la verge au-dessus des bourses (H. M.).
- Sann-inn-tsiao (6 R.P.).
-
3o Points de brintlilles.
douleur unilatérale :
- Ta-toun (1 F.).
profonde :
- Sing-tsienn (2 F.).
sans localisation précise :
- Tchong-tsi (3 J. IW.).
Chenn-iu (2s V.).

Sous-Soc'rroN III
LES ALGIES EN NAPPONT AVEC LES RÈGLES
Ces algies peuvent survenir avant, pendant ou après l'écoulement
sanguin. Elles sont de types fort divers par leurs caractères et leur
localisation qui peut être abdominale, lombaire ou manunaire.
fl est capital de ne jamais pratiquer d'acupuncture pendant les
règles elles-mêmes, c'est-à-dire pendant toute la durée de l'écoulement
sanguin, même si celui-ci est minime. La seule exception eoncerne le
Kroun-loun génital (I) que l'on peut piquer pendant la durée de
I'écoulement en dispersion à l'argent, pour soulager des règles trop
d.ouloureuses.

10 Merveilleux Vaisseaux.
nullipares :
- Inn-tsiao-mo.
femme ayant elr une grossesse :
- Tae-mo.

(1) Le Ilroun-loun e véritable l(roun-


loun qui serait déplacé fl est situé juste
derrière Ia malléole exter même horizontale.
Il es'L toujours douloureux dans le cas env
213
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAR L'ACUPTJNCTTJRE

2o Points spécifiques.
Kroun-loun génital.
IGoun-loun (60 Y.).
Tchao-rae (0 R.).

30 Points de brindilles.
a) Selon la localisation
a) abdominales :
basses :
- Siue-rae (I0 R. P.).
hautes :
- Ta-ro (12 R.).
Tsiou-tchre (11 G. I.).
b) lombaires :
barre transversale au-d.essus des crêtes iliaques :
- Chenn-iu (23 V.).
Jenn-kou (z R.).
barre transversale au-dessous des crêtes iliaques :
- Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
baue verticale des lombes :
- Trae-po (s R. P.).
Chang-tsiao (31 V.).
c) des seins :
améliorée en pressant les seins :
- Trae-i (23 E.).
améliorée en pressant les seins :
Ou-i (15 E.).
b) Selon les modalités :
douleurs av&nt l'écoulement :
- Tchao-rae (6 R.).
après la fin de l'écoulement :
- Kao-toang (38 V.).
2L4
LE TRAITEMENT DES ALGIES PAN L'ACAPUNCTUNE

surtout le premier jour :


- Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
avec règles de dates irrégulières :
- Tienn-tchrou (25 E.).
aYec règles en aYance :
- Sann-inn-tsiao (6 R.P.) en tonification.
avec règles en retard :
- Siue-rae (10 R. P.).
Linn-tsri (41 V.B.).
aYec règles insuffrsantes :
- Sann-inn-tsiao (6 R. P.).
Siue-rae (10 R. P.).
Chenn-mo (62 V.).
Ro-kou (4 G.f.) en dispersion.
aYec règles trop abondantes :
- Sann-inn-tsiao (6 R. P.) en tonification.
Ro-kou (4 G. I.). en tonifi.cation.
avec règles aYec caillots :
- Ta-rong (15 R. P.).
avec règles trop prolongées :
- Inn-po (1 R. P.).
Sann-inn-tsiao (6 R. P.) en tonification.
âIrec spasmes :
- Sing-tsienn (2 F.).
aYec fatigue générale :
- Li-keou (5 F.).
avec troubles du caractère :
- Choe-tsiuann (5 R.).
aYec vertiges :
- Tchao-rae (6 R.).
fang-tsiao (35 Y. B.).
2t5
QUATRIÈME PARTIE

LES IWASSAGES CHII\IOIS


CONSTITT]AI{T UN ADJTIVAI\T
AT] TRAITEI\{E1\[T DES ALGIES
PAR L'ACUPT]NCTTJRE
Les nrassages occupent une place relativement importante dans
la médecine chinoise et semblent, corrrme l'acupunctute elle-même,
avoir été utilisés dès la plus haute antiquité (1).
Le massage peut être utilisé à la place d.es aiguilles pour exciter
les points chinois. Cette pratique n'est pas aussi efficace que l'acupunc-
tute classique avec aiguilles et doit être déconseillée dans les cas
habituels. Cependant on peut utiliser le massage des points à la place
des aiguilles lorsque celles-ci risqueraient d'avoir une action trop

2L7
CENTAINS IUTASSAGES CHINOIS

brutale. De plus, le massage préalable du point avant la piqûre semble


très nettement renforcer l'action de I'aiguille.
Cette conception du massage, partie intégrante de l'acupuncture,
n'est cependant pas l'objet de cette quatrième partie. Nous envisa-
gerons ici des massages, qui sont le plus souvent employés comme
complément de I'acupuncture, mais q.ui peuvent être considérés
séparément. En Chine, les massages ne sont pas considérés comme de
simples manæuvres physiques, surtout lorsqu'ils sont employés d'une
manière indépendante et loin des articulations. La Chine utilise dans
les massages les propriétés physiologiques qui sont à la base de I'aeu-
puncture. Bien que constituant eu principe une méthode d'appoint,
les massages sont exceptionnellement employés seuls en thérapeutique.
Nous n'étudierons ici que certains massages susceptibles d'être
indiqués dans le traitement des algies.
Ces massages peuvent alors être pratiqués :
A) ou bien loin des articulations. Leur action complexe, et parfois
difficile à expliquer, consiste alors le plus souvent à lutter contre une
stase ou un ralentissement de la cilculation de l'énergie dans un de
ses vecteurs (méridien ou Merveilleux Vaisseau).
B) ou bien au voisinage ou au niveau d'une ou plusieurs articu-
lations. fls ont alors pour but principal (f ) de réajuster d'une manière
indirecte des déplacements articulaires que l'on décrit en Europe sous
le terme de < blocage ). C'est pourquoi, à côté des massages proprement
dits, nous aurons à décrire de véritables manæuvres ostéothérapiques.
Leur action est facile à comprendre. Dans I'Introductionnous indiquions
parmi les obstacles à l'efficacité de l'acupuncture, la présence de
déplacements articulaires relativement minimes siégeant au niveau de
la colonne vertébrale ou des alticulations sacro-iliaques, troubles qui
peuvent être à I'origine, au moirrs indirecte, de nombreuses algies
viscérales et non viscérales proprement cl.ites. Souvent les aiguilles
suffisent (par la décontraction musculaire qu'elles amènent et par les
mouvements spontanés du malade) à les réduire; parfois, les aiguilles

(1) Effectués le long de la colonne vertébrale, ces massages pourraient avoir une
action excitatrice sur la chaîne cles ganglions sympathiques.
218
CDRTAINS MASSAGES CHINOIS

seules ne suffisent pas et il faut alors utiliser soit les massages, soit les
manceuvres ostéothérapiques qui les complètent. Contrairement à ce
que I'on pourrait croire, bien qu'il faille aussi lutter contre les blocages
importants, il semble que ce soit souvent les plus légers qui produisent
ou entretiennent les phénomènes douloureux.
Pour la facilité de I'exposé, rrous adopterons une classifrcation
en deux grandes catégories : les massages qui eoncernent plus parti-
culièrement les algies d'origine directement traumatique et ceux qui
concernent les algies dont l'origine n'est pas directement traumatique.
Chapitre I. Les massages et manæuvres dans les algies d'ori-
-
gine non directement traumatique.
Chapitre If. Les massages et manæuvres dans les algies
- traumatique.
d'origine directement

2t9
CHAPITRE PREMIER

LES MASSACES ET MAN(EUVRBS


DAI\S LES ALGIES D'ORICINE
NOi\ DIRECTEMEI\T TRAUMATIQUE

En pratique journalière, lorsque les algies ne sont pas Ia consé-


quence d'un traumatisme direct, c'est toujours un dérèglement de
l'équilibre de l'énergie en général ou dans un de ces vecteurs qui en
est I'origine. Cependant, pour certaines algies, plus souvent périphé-
riques que viscérales, ce déséquilibre de l'énergie peut avoir été provo-
qué ou être entretenu par un déplacement articulaire, en général
vertébral. fl ne s'agit pas exactement d'algies traumatiques car le
déplacement a été provoqué Ie plus souvent par un faux mouvement
ou un spasme d'un muscle paravertébral.
Les massages que nous allons décrire contribuent d'une part,
lorsqu'ils sont effectués loin d'une articulation, à corriger un trouble
de la circulation de l'énergie dans un de ses vecteurs, méridien ou
Merveilleux Vaisseau ou branches aberrantes, et d'autre part, lorsqu'on
les pratique au voisinage ou au niveau d'une articulation, ils permettent
la réduction des blocages; en cas de besoin on peut y adjoindre des
manæuvres ostéothérapiques particulières.
Pour pratiquer ces massages, que ce soit loin d'une alticulation.
ou à proximité, la technique est Ia même, et consiste à masser un point
chinois isolé ou une partie du trajet d'un vecteur de l'énergie péri-
220
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

phérique. Nous indiquerons ici la technique générale valable seulement


dans le traitement des algies, car dans des cas autres que celui du
traitement des algies la technique peut être différente.
Lorsqu'il s'agit d'un massage anti-algique, celui-ci demande :
10 Un repérage exact du point ou du trajet sur lequel il doit
porter.
20 L'application d'une technique particulière.

Lo Repérage du point ou du traiet su' lequel doit porter le massage.


Le massage doit être effectué exactement sur le trajet du vecteur
de l'énergie (méridien; lVlerveilleux Vaisseau; branehes aberrantes)
intéressé; si le massage est pratiqué à côté du trajet lui-même, on
n'obtient qu'un résultat atténué ou nul. La majorité des échecs provient
d'une erreur de localisation du trajet lui-même. Il est toujours utile,
si I'on n'est pas familiarisé avec les trajets de l'énergie périphérique,
de consulter ou d'avoir sous les yeux les planches qui en indiquent
le tracé, puis on applique le protocole suivant :
A) On délimite la région du trajet intéressé qui est souvent mais
pas toujours la zone douloureuse elle-même.
B) Sur cette partie d.u corps, on repère les points chinois situés
sur la partie du vecteur en cause. On localise chacun de ces points
(par la recherche manuelle, ou mieux avee un détecteur électrique) et
on les marque avec un crayon à mine friable : le tracé véritable du
trajet que l'on doit masser passe obligatoirement par ces points.
C) Dans les intervalles entre les points, le plus souvent (les excep-
tions sont rares) le trajet du vecteur intéressé épouse ce que l?on appelle
une ( vallée musculaire >. Pour aller d'un point chinois au suivant,
situé sur le même vecteur, Ie doigt emprunte naturellement des dépres-
sions superficielles situées entre les masses musculaires; ces dépressions
sont les < vallées musculaires ,.

2o TechniEue des m,assccges.

Le massage dans le traitement des algies ne s'effectue pas arrec


la main elle-même dans son ensemble. En général, c'est le bord externe
de la phalange distale du pouce qui doit venir en contact avec la partie

22l:
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

du corps à masser et qui doit suivre le trajet intéressé en repoussant


devant lui la peau et url peu du tissu cellulaire sous-cutané.
Lorsqu'on masse, non pas un point chinois seul, mais une partie
du trajet d'un vecteuT, le massage s'effectue généralement du bas du
colps vers le haut du corps. Il existe cepend.ant quelques exceptions.
Parfois il faut masser en suivant le sens du eourant de l'énergie, d'autres
fois il faut masser en sens inverse.
Lorsqu'il s'agit de masser un point chinois isolément, c'est I'extré-
mité seule du pouce qui effectue le massage.
La technique du massage par le pouce varie s'il s'agit du massage
d'un point chinois isolé ou du massage le long du trajet d.'un vecteur.

A) Massage d'un point chino'i,s cons'id,éré isolément :


Le point doit tout d'abord être localisé exactement et non approxi-
mativement malgré Ie fait que la largeur du pouce très supérieure à
la surface de l'aiguille devrait permettre de ne pas le manquer. Il faut
donc localiser le point chinois aussi exactement que si on devait le
piquer avec une aiguille par la recherche manuelle soigneuse et de
préférence avec un détecteur électrique.
La seule extrémité externe du pouce appuie directement et forte-
ment dès le premier contact sur le point. La peau qui recouvre le point
chinois doit devenir solidaire du pouce, car ce n'est pas sur la peau
elle-même mais au eontraire sut le tissu sous-jacent que doit s'effectuer
le massage.
Le pouce, solidaire de la peau qui recouwe le poir:,t, peut effectuer
plusieurs mouvements que I'on conjugue la plupart du temps :
a) soit cles mouvements en forme de croix, autant que possible
sans relâcher la peau;
b) soit surtout et plus généralement d.es rnouvements de circum-
duction sur place. D'après la tradition chinoise (qu'il n'est pas toujours
aisé de confirmer dans ce cas) on obtiendrait un effet < tonifiant > en
toutnant selon Ie sens des aiguilles d'une montre et un effet < dispersant l
en tournant en sens inverse des aiguilles d'une rnontre.
Rappelons que le rnassage d'un point préalablement à la piqûre
semble augmenter d'une manière appréciable I'effet de I'aiguille. Une
222
CDRTAINS MASSAGES CHINOIS

école chinoise conseillait même toujours de masser un point avant d.e


le piquer.

B) Massage d,'u,ne partie ùe traiet d'un tsecteur de l'énergie.


C'est un massage linéaire que I'on effectue sur utl trajet défini et
repéré comme on vient de le voir. Il consiste à faire aller le pouee,
bien au contact de la peau, d'une extrémité du trajet à une autre et ceci
toujours dans le même sens, sans tetour en arrière; arrivé à l'extrémité
distale on retire Ie pouce et on l'applique de nouveau à l'extrémité
dont on était parti. r1 n'y a donc que cles r aller > et pas ci.e < tetour ).
Clr.aque manæuvre exécutée toujours dans le même sens s'appelle
( passage )).
La pression efÏectuée par le pouce doit successivement s'affirmer.
Le premier passage est toujours un simple effleurage. La pression se
renforce à chaque passage et devient profonde et très appuyée pour les
d.erniers. fl farit respectet ce protocole car sans cela on peut provoquer
des ecchymoses ou n'obtenil aucun résultat ou même un effet contraire.
En pratique, chaque massage demande environ dix à quinze
( passages )), ce nombte peut cependant toujouls être dépassé.
Lors des passages, la technique de massage peut varier selon les
cas :
a) Le passage sur le trajet du vecteur intéressé se fait d.'une manière
uniforme sans tenir compte des points chinois rencontrés ni cLes modi-
fi.cations tissulaires que le massage plovoq.ue.
b) On ne tient pas compte des points chinois que l'on ren"contre,
rnais uniquement des modifications provoquées par le rnassage. Ainsi
le massage de l'obésité fait souvent apparaître la sensation de < boules n
dans Ie tissu cellulaire sous-cutané, < bouies ) sur lesquelles iI faut
insister et accornplii des mânæLrytes particulières.
c) Enfin, lors du massage et au fut et à mesure qu'on les rencontre,
il faut s'atrêter sur les points chinois situés sur le vecteur consicLéré
et les masser eux-mêmes spécialement au passage.

*+:

.)ç)a
AlJe)
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

Ces massages peuvent être effectués loin de toute artieulation,


ou tout au moins sans avoir pour but principal de réduire d'une
manière plus ou moins déguisée un bloeage, ou bien être exécutés au
voisinage ou au niveau d.'une articulation avec ou sans manæuvre de
réduction.
Nous envisagerons donc en d.eux subdivisions :

f.
Subd.ivision Les massages sans action articulaire.
-
Subdivision If. Les massages et manæuvres à aetion princi-
palement alticulaire. -

224
SUBDIVISION I

LES MASSAGES
SANS ACTIOi\ ARTICULAIRE

Ces massages agissent directement par eux-mêmes, sans doute en


favorisant la circulation de l'énergie dans la région intéressée, sans
constituer une manæuvre déguisée de réduction de blocage. IIs sont
assez nombreux mais nous ne décrirons que ceux d.ont I'efficacité est
relativement constante et qui comespondent à des algies assez fréquem-
ment rencontrées en pratique. Ces massages peuvent être actifs seuls
mais il ne faut pas oublier que les Chinois les considèrent surtout eomme
eomplément au traitement par les aiguilles. En pratique, on ne les
utilise guère que lorsque une algie résiste à une ou deux séances
d'acupuncture. Le massage indiqué doit alors être pratiqué après la
prise des pouls et avant I'application des aiguilles.
Parmi tous les massages, nous étudierons seulement en trois
sections : (1)
Section I. Les massages dans les algies du bras et bras épaule.
Section If.- Les massages dans les jambes douloureuses et
Iourdes.
-
Section III. Les massages dans les jambes ulcéreuses et
douloureuses.
-

(l) n existe encore bien d'autres rnassages eflicaces, que l'on ne peut tous citer car
trop nombreux, concernant presque tous les types d'algies : ainsi pour les algies vésiculaires,
rénales, hémorroidaires, précor<iiales, etc.

225
CENTAINS MASSAGES CHINOIS

SscuoN I
LUIASSAGE DES ALGIES DU BRAS E?' D8 L'EPAULE

Le traitement comporte deux temps :

Prerrvf,er tem,ps .' Ce n'est pas à ploprernent parler un temps de


massage cer on effectue uniquement une pression très forte et très
appuyée sans bouger le pouce, sur le point Tchre-tsre (5 P.). Cette
pression se fait simultanément su-r les deux bras et ies deux pouces
doivent être franchement < enfoncés ) sur ce point. Une pression
insuffisante ne donne alrcun résultat. Cette pression, fort désagréable
d'ailleurs pour le malade, doit apporter une sédation de l'a1gie si elle
est maintenue suffisamment longtemps, soit au moins deux minutes.
Elle rend effieace le rnassage qui constitue le deuxième temps.
Deuæièm,e temps .' Ce deuxième temps comporte Le massage âvec
le pouce, selon Ia technique habitueile, cl'une portion du trajet de
plusieurs méridiens : ceux de Poumons, Gros fntestin, F{aître du Cæur,
Trois Réchauffeurs et Intestin GrêIe. Dans Ie cas d'aigie uirilatérale le
mâssage cLu côté douloureux suffit généralement.
10 On commence par le méridien des Poumons. On part de Lie-
tsiue (7 F.) et on remonte jusqu'au rnilieu du bras. Or y quitte le
méridien des Poumons pour passer, d'u:t seul rnouvement, sul le méri-
dien du Gros Intestin que I'on mâsse jusqu'au point Pi-nao (14 G. I.).
2o On reprend ensuite près du poignet sur le méridien du l\Iaître
du Coeur. On commence à Nei-l<oann (6 1\{. du C.) et le pouce suit le
trajet de ce méridien jusqu'à la ligne axillaire; on s'atrête au-dessus
du point Tienn-tsiuann (2 M. du C.).
3o On passe ensuite au point Tienn-tsiao (15 T.R.) et l'on suit
une partie du trajet du rnéridien des Trois Réchauffeurs jusqu'au
niveau du cou. On quitte alors 1e trajet du mér'idien pour masser eD.
ligne droite en direction de l'occiput.
40 En dernier lieu, on repart du point Tsiou-iuann (13 I. G.) et
I'on masse une partie d.u trajet de l'Intestin Grêle jusqu'au cou oùr
on l'abandonne pour rejoindre I'occiput.
226
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

MASSAGE DES JAMBEîî;H UR,EASES ET LOUNDES


Ce massage est très effficace dans les jambes simplement d.oulou-
reuses, sans localisation précise et avec sensation de lourdeur. Il
s'effectue sur les deux jambes, et comporte deux temps dont le premier
est le plus important.
Prem,ier terryts .' i\fassage d'une poltion du méridien des Reins.
Le pouce est appliqué selon Ia technique habituelle sur'le prernier
point du méridien des Reins long-tsiuann (i R.) et se dirige vers
Tchao-rae (6 R.) ci'une seule traite en effectuant deux ou trois passages
légèrement appu5zés. Puis le pouce repart de Ta-tchong (4 R.); il doit
être mis bien à plat can c'est toute la face palmaire de la phalangette
du premier métacarpien qui effectue la partie active du massage. Le
pouce au lieu de suivre le trajet d'un seul vecteur cle l'énergie aussi
exactement que possible, doit ici s'efforcet de recouvrir à Ia fois le
méridien des Reins et cle la ltate-Pancr'éas; en platique il va passel
entre les deux mais en exeitant à Ia fois l'un et l'autre, suitout si le
pouce est suffisamment large et mis bien à plat.
Le pouce ainsi posé sur la face in'terne de la jarnbe remonte en
passant ie long de la face intelne de la jambe, près du tibia jtisqut'au
dessus cLu point Ti-tsi (8 R.P.). On doit effectuer au moins une quin-
zaine de passages, les derniers très appuyés.
Pour eflèctuer ce ternps, le médecin s'assied en face du malade
assis devant lui, prend successivernent la jambe droite puis ia jarnbe
gauche sur ses genoux et maintient le talon de la jambe qu'il masse
avec sa main gauche pendant que la main droite effectue le massage.
IJne école conseiilait d'efTectuer le massage sur les cLeux jambes en
môme temps, mais ceci est d.if'ficile à exécuter en pratique.
Deuæiènte tem'ps .' Le pouce est appliqué sur le point l(roun-loun
(60 V.) et masse la portion du rnér'idien cle la Vessie cornpris entre ce
poi:rt et le point Oe-tchong (54 V.), d'une seule traite selon la technique
habituelle. Le premier passage est un simple effleurement que l'on
renforce à chaque passage jusqu'à ce qu'il devienne très appuyé. Il
faut effectuer entre dix et quinze passages
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

S'il est fait conectement ce massage aPporte toujours un soula-


gement imméd,iat et surtout une diminution importante d9 I'impression
âe lourdeur. on peut Ie répéter deux fois par semaine et il est
rare que
plus d.e cinq séarices soienfnécessaires pour obtenir résultat durable'
'n

--

228
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

Sncrrow III
MASSAGE DES JAMBES ULCÉREUSES
ET DOULOUREUSES
C'est une variante du massage précédent qui s'effectue sur les
deux jambes et dans la même position. Il comprend trois temps.
Premier temps.' Le pouce appliqué sur le point long-tsiuann (I R.)
se dirige vers les orteils jusqu'à l'extrémité du deuxième orteil (du côté
du premier) près de l'angle unguéal, c'est-à-dire au point symétrique
de Li-toe (a5 E.). Mais alors que dans tous les massages on effectue
des passages dans un seul sens sans jamais revenir en arrière en massant,
ici au contraire il faut masser dans les deux sens en avant et en arrière,
le pouce doit faire un mouvement de va et vient entre ces deux points,
c'est-à-dire entre fong-tsiuann et I'extrémité du deuxième orteil.
Puis le pouce repart de Iong-tsiuann et masse le méridien des Reins
jusqu'à Tchao-rae (6 R.). fl effectue ainsi deux ou trois passages assez
appuyés selon la technique habituelle.
Ensuite le pouce part du point Inn-po (1 R. P.) et masse le méridien
de la Rate-Pancréas jusqu'à Chang-tsiou (5 R. P.). On effectue plusieurs
passages et on masse ensuite le point Chang-tsiou (5 R.P.) isolément.

Deuæième et Troisièrne temps.' Ce sont les deux temps du massage


précédent des jambes douloureuses et lourd.es.
L'efficacité de ce massage est assez constante sur l'élément
dou-leur. Son action n'est cependant pas toujours très durable. Ce
massage s'effectue une fois par semaine pendant une dizaine de séances.
Il ne faut jamais appuyer fortement mais pratiquer un simple effleurage
et s'abstenir dans le cas de gros paquets variqueux.

--

229
SUBDIVISION II

LES MASSAGES ET iVIANGUVRES


A ACTIOI\ ARTICT]LATRE
Certains de ces massages et manæuvres ont essentiellement pour
but de réduire des blocages et doivent être pratiqués au cours du trai-
tement d'algies viscérales ou r'r.on, quelqzce soit le type et la loca,l'i,sation
de I'algie, chaque fois qu'un examen préalable a permis de reconnaître
la présence d'un déplacement articulaire. D'autres massages et manæu-
rnes dont l'action articulaire est plus ou moins déguisée sont spéci-
fiques et ne s'appliquent qu'à certains types d'algies et à cettaines
localisations des phénomènes cLouloureux. ITous étudierons en deux
seetions :
Section f. Les rnassages et manæuvres d.e réduction des
blocages. -
Section II. Les ma,ssages et manceuvres d.ans des algies
déterminées. -

--D

280
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

SnctroN I
LES XTASSAGES ET MANCEUVRES
DE NÉDACTION DES BLOCAGES
Beaucoup d'algies, viscérales ou r1or1, sont causées à I'origine par
un blocage alticulaire le plus souvertt vertébral ou sacro-iliaque. Celui-
ci peut être lui-même à l'origine d'un déséquilibre de l'énergie et dans
ce cas récluit foltement et parfois même annule les effets de I'acupunc-
ture. fl est donc indispensabie pour. obtenil un soulagement durable,
quelque soit le siège d.e I'algie considérée de lever cet obstacle possible.
Nous avons insisté dès f introd.uction snr la nécessité c1.e proeéder avant
tout traitement à un examen soigneux de la colonne vertébrale et
des articulations sacro-iliaques, et en cas d-e déplacement, Ce Ie réduire
avant d.e passel' alr traitement proprernent dit par les aiguilles. On lève
ainsi un barrage et les aiguilles ont alors leui'plein effet.
Pour effectuel ce star,cLe pr'éliminaire, les Chinois ont mis au poin'b
des procédés de dizr,gnostic et cles manceuvles de réduction. Celies-ci
sont en génér'al tout-à-fait distinctes des méthodes chiropractiques ou
ostéopathiques corlnues et pratiquées de nos jouls aussi bien en
Europe qu'en Amérique (1).
Les rnanceu\/l'es et les rnilssages chinois, clu moins tels que nous les
connaissons, ne s'appiiquent cepend.ant pas aux blocages étagés d.e
l'occiput à la quatrième vertèbre cervicale et sont peut-être moins
efficaces que les occidentanx dans le cas des blocages serr'és. Potrr les
Asiatiques ce ne sont du reste pas les blocages les plus marqués qui
entraînent Ie plus de troubles mais au contraire les plus légers en appa-
rerlce. D'autre part, leru technique cle réduction est r:elativement
beaucoup plus douce que les techniques occictentales et possède, à
ce titre, I'intérêt de ne jamais provoquer d'accidents. C'est du reste
probablement la crainte cle ces accidents qui a retenu les Chinois
d'intervenir directement sur les premières cervicales. Leurs manæuvres

(I) Voir : a L'Ostéopathie ehinoise ), uâr' le Dr A. lIé'-y (Acte <ies IVe Journées
Internationales d'Acupuncture).

23L
CENTAINS MASSAGES CHI}'TOrc

doivent en général être toujouls précédées d'un examen radiologique


au même titre et pour les mêmes taisons que les manoeuvres occid.entales.
La pratique de ces massages et malloeuvres chinois comprend
deux temps çlue nous exposerons en deux sous-sections :
Sous-Section f. Diagnostic.
-
Sous.Seetion II. Traitement.
-
Sous-Sncrrow I
DIAGNOSTIC

Quel que soit le siège de la douleur il ne faut pas se borner à


examiner Ie segment du rachis qui semble devoir en être responsable,
mais au contraire la totalité du rachis. Car il est en effet inutile de réduire
un blocage si celui-ci est la conséquence (ou la compensation) d'un
autre susceptible de le reproduire en peu de temps. Le diagnostic doit
s'effectuer successivement tout le long du rachis et au niveau des arti-
culations saero-iliaques.
Paragraphe f. Examen de la colonne vertébrale.
-
Paragraphe II. Examen des articulations sacro-iliaques.
-
Paragraphe I
EXAMEN DE LA COLONNE VERTÉBRALE

On doit rechercher les déplacements latéraux, vetticaux et antéro-


postérieurs d.es apophyses épineuses. Mais il est un point capital :
c'est aussi la recherehe des contractures musculaires superficielles qui
sont toujours ia signature d'un déplacement ou d'un blocage minime
inapparent. Dans Ie eas de contractures, iI est souvent utile d'examiner
la peau environnante à jour frisant car on peut distinguer alors une
différence de coloration avee Ia peau à leur niveau.
Envisageons maintenant les différents types possibles de dépla-
cements, tout en remarquant que ces types peuvent coexister.
282
CERTAINS MASSAGDS CHINOIS

a) Recherclze des déplacements latéraun des apophyses éTttneuses.


On pose la main à plat sur le rachis, les doigts dirigés vers I'occiput.
L'index et le médius sont mis cle chaque côté de la ligne des apophyses
épineuses, le plus haut possible. On fait alors descendre la main,
I'extrémité des doigts exerçant un palper très appuyé au niveau des
apophyses épineuses, Ie long du rachis jusqu'au promontoire. Chaque
fois qu'une apophyse est déplacée, du côté déplacé le doigt se trouve
rejeté vers l'extérieur. On a de plus une sensation tactile qui confirme
ou indique un déplacement Jatéral non évident à I'inspection. C'est
ainsi que I'on met en évidence les déplacements latéraux à droite ou
à gauche. Il faut aussi noter si ce déplacement concerne une seule
apophyse épineuse ou plusieurs vertèbres soit dans le même sens soit
en sens inverse.
Cet examen doit être confirmé par la palpation des apophyses
transverses. On palpe de chaque côté de Ia gouttière vertébrale en
inclinant Ie buste du sujet et en le plaçant en rotation droite ou gauche.
On sent ainsi les apophyses ttansverses gauches puis les droites, et on
doit ressen-tir l'impression d'une succession régulière de creux et de
bosses. En cas d.'un déplacement on trouve entre deux vertèbres un
manque d'un côté et le plus souvent une bosse de I'autre, ce qui est la
signature du déplacement latéral.

b) Recherche des déplacements aet't'icauæ.


On palpe chaque apophyse épineuse et surtout l'intervalle qui les
sépare. En cas de déplacement vertical d'une vertèbre son apophyse
épineuse au lieu d'être à sa place normale se trouve plus rapprochée
de I'apophyse suivante et en général plus éloignée de la précédente
ou inversement. S'il s'agit d'une vertèbre dotsale, on trouve toujours
l'un ou les espaces intercostaux correspondants plus grancl.s que la
normale ou plus petits.

e) Recherche des enfoncements ou de la proé'm'inence anormale des


apophyses épineu,ses.
La simple inspection sufût en général pour discerner si une ou
plusieurs apophyses épineuses sont trop proéminentes par rapport
233
CERTAINS ÙIASSAGES CHINOIS

aux autres ou au contraire semblent avoir subi un enfoncement.


L'examen r.isuel doit toujours être complété par la palpation. Il faut
tenir compte bien entendu des proéminences normales qui sont physio-
logiques, comrne fréquemment celle de ia septième cervicale.

Parctgraph.e II
EXA]VIEN DES ARTICULATIONS SACIIO-ILIAQUES
L'examen chinois est moins précis que l'examen ostéopathique
occidental correspondant; il donne cependant dans la grande majorité
des cas suffisamment de renseignements poul perrnettre d'effectuer
ensuite un traitement corTect. Cet examen ne doit jarnais être omis
dans Ie cas des algies sciatiques et d,es algies cle Ia hanche cal la r'éduction
d'un blocage possible peut seule perrnettre alrx aiguiiles de donner ur]
résultat positif immédiat. Cet examerr se fait en deux temps.
Prem,'ier temps .' On fait asseoir le sujet sur un tabouret et on
r'ér'ifie si les deux crêtes iliaques sont à Ia même hauteur. On procèd.e
ensuite d.e même sur le sujet debout poul mettre en évidence des
anomalies éventuelles.
Deu,æ'i,èm,e tem,ps.' Ce temps typiquement chinois consiste à exarniner
I'angle d'oul'ertute des pieds à la marche, Ies autres causes possibies
d'anomalies ci.e 1'angle d'ouverture étant éliminées. Plusieurs cas
peuvent se présenter.
I'angle d'ouvertr-rre d.es d.eur pieds à la marche est normal,
-
ni augmenté, ni diminué.
l'angle d'ouverture à la marche d'un pied est dilïérent de
- : il est plus ouvert ou moins ouvert cpre la notmale, l'autre
I'autre
angle de l'autre pied étant norrnal.
l'angle d'ouverture des cLeux pieds est soit trop onvert, soit
trop -fermé.
En pratique c'est lolsqu'iI s'agit de l'angle d'ouverture cL'un seul
pied que le diagnostic est Ie plus facile et le trai'bement le plus effcace.
fl existe pour cb.aque cas urle marlcelrvre cLe réduction qui est non
seulement très simple mais aussi très efficace et s'avère souvent indis-
pensable.

234
CEN'TAINS MASSAGES CHINOIS

Sous-Snc'rroN II
1'RAITEÙIENT
Il comporte soit url massage seul, soit un massage avec ipplantation
d'aiguilles et manæuvres de réduction. Rappelons Ia nécessité cle faire
pratiquer un examer] radiographique chaque fois qu'il est possible.
Paragraphe I. Blocage vertébral.
-
Paragraphe II. Blocage sacro-iliaque.
-
PcragrctTthe I
TRAITEi\,IENT EN CAS DE BLOCAGE VERTEBRAL

Le tlaitement diffèr'e suivant le type et le siège du blocage. Nous


envisagerons en quatre sous-paragraphes ce que doit être le traitement
d.ans les cas suivants :
Sous-paragraphe I. Déplacement latéral (droit ou gauche)
d'une apophyse épineuse.-
Sous-paiagraphe II. Dépiacement vertical (r'ers Ie haut ou
-
le bas) d.'une apoph;rse épineuse.
Sous-parag'raphe III. Apcpiryse épineuse proéminente par
rapport aux autres. -
Sous-paragraphe IV. Apophyse épineuse semblant trop en-
-
foncée par rapport aux autles.

Sou,s-paragraplze I
DÉPLAC]II{ENT LATÉRAL D'UNtr] APoPHYSE ÉPTXBUSB
La r'éduction peut se faire par le n'r.assage seul s'il est Iéger ou,
s'il est plus impoitant, par l'adjonction des aiguilles ou cle manceuvres.
Lorsqu'un cléplacement ou une série de déplacements particulièrement
importants rend.ent ces moyens inefEcaces, les Chinois considèrent
toute manceuvre inutile. Ils ont constaté que les déplacements impor-
tants produisent moin.s cl'algies que les subluxations minimes et
235
CERTAINS MASSACES CTIINOIS

remarqué que les fortes scolioses ou cyphoses peuvent être tolérées


souvent sans douleurs car ce sont d,e simples compensations (1).

Alinéa I. Réduction par le rnassage seul.


-
Lemassage s'effectue après avoir bien localisé la vertèbre erl
cause. Le malade est assis ou debout, les deux bras pendant le long
du corps; le médecin se place derrière. Du côté où se trouve déplacée
l'apophyse épineuse, ce peut être à dloite ou à gauche, on palpe très
légèrement pour tlouver Ia contracture légère qui siège en général à
un et demi ou d,eux travets d.e doigt du milieu du raehis. Cette contrac-
ture appelée d'une manière imagée par les Chinois, la < ficelle >, n'est
jamais verticale ou tout-à-fait horizontale mais oblique. Ces contrac-
tures peuvent être la cause indirecte d'algies importantes. Le massage
sufÊt souvent à les faire disparaître.
Le massage s'effectue avec le pouce. Le flanc du pouce est posé
sur le dos du malade du côté du déplacement, à un niveau franchement
supérieur. Le pouce descend vers le bas du d.os en effectuant un massage
décrivant une légère courbe convexe vers le rachis et ne s'arrête qu'à
un niveau franchement inférieur à celui de la vertèbre en cause. On
recommence alors jusqu'à exécuter une quinzaine de passages. Les
premiers passages doivent être légets et devenir ensuite de plus en plus
appuyés. On doit sentir progressivement la contracture céder. Si elle
ne cède pas il faut utiliser les aiguilles ou même une manæuvre d.e
réduction. On opère ensuite de Ia même manière de l'autre côté de
la colonne vertébrale, c'est-à-dire du côté opposé au déplacement.
Mais le massage âu lieu de se faire de haut en bas se fait en sens inverse
de bas en haut. Si ces deux massages ne suffisent pas à réduire et à
temettre la vertèbre à sa place normale, avant d'utiliser les aiguilles
on peut essayer une manæuvre très simple qui consiste, le malade
étant debout et le médeein debout du côté du maiade cotrespondant à
l'a.pophyse épineuse dép1acée, à mettre le flanc du pouce bien contre
l'apophyse et à pousser sur l'apophyse en demandant au sujet d'effec-
tuer un molrvement brusque de tout Ie corps en sens contraire.

(f) On peut néanmoins dans les cas avant résisté aux méthodes chinoises utiliser
alors ieô maniæuvres classiques de I'ostéopathie moderne pour procéder au traitement
étioiogique convenable

236
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

Alinéa II. Réduction avec emploi d'aiguilles.


-
Si le massage précédent n'a pas fait céder la contlaeture et ramené
Ia vertèbre à sa position normale, il faut employer Ies aiguilles. On
recherche avec le doigt la contracture et on plante une aiguille d'argent
en plein milieu, en l'enfonçant suffi.samment. Une fois en place on
tourne l'aiguille entre les doigts, dans le sens le plus favorable. Si la
contractule est longue (ce qui correspond au déplacement de plusieurs
vertèbres) on plante d'autres aiguilles d'argent, à des niveaux légère-
ment supérieurs à ceux d.es vertèbres auxquelles elles correspond-ent.
Il faut ensuite planter d.e I'autre côté du rachis une ou, s'il y a lieu,
plusieurs aiguilles d'or de façon symétlique. Les aiguilles doivent être
laissées en place au moins un quart d'heure, Après cet intervalle de
temps, la vertèbre doit reprendre sa place normale spontanément.
Si ce n'est pas le cas, ou si le blocage est important, il faut exécuter
nne manceuvre d'appoint semblable à celle décrite à l'alinéa précédent.
Lorsqu'il existe plusieurs vertèbres déplacées, il faut d'abord faire
céder toutes les contractures avant de repousset l'une d'entre elles
avec le pouce. S'il )r a un grand nombre de déplacements, la piqûre,
avant tout massage, piqûre ou mânæuvre, du point Ta-ling (7 IVI. du C.)
et de lu-tsi (10 P.) permet de diminuer de façon importante une
contlacture globale.

.Sous-paragraphe II
DEPLACEMENT VBRTICAL D'UNE APOPHYSE ÉPTNNUSN

Il s'agit, rappelons-le, d'une apophyse épineuse trop rapproehée


de la précédente et trop éloignée de la suivante, ou vice-versa. La
réduction n'est possible par le massage qu'au niveau des vertèbres
dorsales. A l'étage lombaire une manæuvre de pulsion sru les apophyses
transverses est nécessaire. Ce massage, lorsque ses indications sont bien
posées et lorsqu'il est correctement exécuté, est d'une remarquable
efficacité. Il s'effectue sans implantation d'aiguilles avee les deux
pouces des deux côtés du rachis à la fois. Le sens de la manæuv-re est
différent suivant que l'apophyse épineuse de la vertèbre intéressée est
déplacée vers le haut ou vers Ie bas.
237
CERTAINS MASSAGES CITINOIS

Alinéa I. Déplacement vers Ie haut.


Alinéa II.- Déplacement vers le bas.
-
Alinéa f. Déplacement vers le haut.
-
Ce massage comporte deux temps cLont ie second surtout est
primordial.
Prert'ier tenqts .' Le médecin se place derrière Ie malade clui est
assis sur un tabouret ou de préférence debout. Les d.eux bras du malade
sont éIevés de côté un peu plus haut qu'à I'horizontale passant par les
épaules. On repère l'apophyse épineuse déplacée vers le haut. Son
espace intelcostal supérieut est à la fois plus étroit que la normale et
plus étroit que l'espace inférieur. C'est sur cei espace intercostal
supérieur que porte le premier temps. Le rnédecin place dans cet
espace rétréci ses cl.eux pouces l'un contre l'autre. fl masse alors d'un
seul mouvement, en appuyant fortement et en écartant ses pollces du
centre du rachis jusqu'à l'omoplate ou jusqu'aux fi.ancs lorsqu'on est
plus bas que celle-ci. Ou effectue ainsi plusieurs massages elr faisant
porter la pression essentiellement srlr' l'espace intercostal sans se
soucier des côtes ni de la vertèbre elle-même.
Le médecin et Ie maiade ont ia même position.
Deu,æi,ème tentTts .'
Les deux pouces sont placés contre la ligne des épineuses cl.ans l'espace
intercostal supérieur rétréci. Ilfais au lieu de masser l'espace intercostal,
les deux pouces passent sur le desstr,s cle la côte inf.érieure et en
appuyant fortement .rers le bas. Les deux poLrces ctoivent aller le plus
loin possil:Ie jusqu'anx omoplates ou jusqu'aux flancs. Fendant cette
mârræuvre il est souvent bon de demandel au malade de faire de petits
rnorrvements cle circumduction des br.as ler'és de côté.

Alinéa II. Déplacernent vers le bas.


-
Le massage manceuvre est absolument identique à celui cLe l'alinéa
précédent, rnais il se fait en sens inverse. Le premier temps est
iclentique. Dans le deuxième temps les pouces appuyent fortement
en massant sui' Ie d,essotts de Ia côte supérieute et en poussa rt vers le
haut.
238
CERTAINS T,TASSAGES CHINOIS

Sous-Paragraplte III
APOPHYSE ÉPTNNUSE PROÉNrrNNr.itP

IJne ou plusieurs apophyses épineuses sont plus proéminentes


qu'elles ne devraieni I'être.
Prernier tem,ps .' Le malad,e est allongé sur le ventre, sur un plan
dur résistant. On rnasse sur les côtés de l'apophyse épineuse proémi-
nente comme si elle était déplacée latéralement (1) puis erlsuite les
deux espaces intercostaux supérierus et inférieurs à la vertèbre in-
téressée.
Deuæ,ième teinps I Ou appuye franchement avec le talon de la
main sur I'apophyse épineuse anormalement saillante en donnant une
poussée assez sèehe. IJne école chinoise ancienne effeetuait cette réduc-
tion avec la plante du pied au lieu du talon de la main.

Sou,s-Paragraphe IV
APOPHYSE EPINEUSE ENFONCEB

C'est le
cas contraire cLu précédent. Pour rétablir l'intégrité
anatomique on n'utilise pas de massage mais la manæul-re partieulière
suivante. Le malade est étendu sur le ventre, les bras le long du corps.
On repère soigneusement l'apophyse enfoncée et on la recouvre avec
une feuille de papier de soie (ou de préférence avec un fi.n linon). Le
médecin se place derrière le malade et au dessus. Avec Ie pouce et
I'index de chaque main, iI prend entre les doigts, à travers Ie papier
de soie, la peau cLu rnalade et un peu du tissu cellulaire sous-cutané
de telle sorte que l'apophyse épineuse soit serrée comme dans une pince.
L'opérateur tire la peau en avant d'abord (dans la direction de la tête
du malacle) après l'avoir soulevée paI rapport aux plans sous-jacents.
Puis du mêrne mouvement il la soulève et la ramène en sens inverse (en
d.irection d.es pied.s d.u uralade). Le sujet ressent penclant cette manæuvre
lorsqu'elle est bien exécutée, une sensation de corde de violon qui se

(1) Yoir page 235.

239
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

d.éplace. Cette ma.næuvre ne donne cependant pas toujours un résultat


immédiat comme les préeédentes et doit parfois être répétée plusieurs
jours de suite.
Cette manceuvre peut même être pratiquée dans certains cas d.e
lumbagos traumatiques lorsque l'enfoncement vertébral est inapparent.

Pa;ragraphe II
tsLOCAcES SACRO-TLTAQUES

Ces déplacements peuvent être de divers types et se manifestent


aussi par des symptômes très divers. Leur réd.uction s'effectue non par
des massages mais par de véritables manæuvres qu'il est toujours
utile de faire précéder par la piqfrre du point Tchong-liu-iu (29 V.).
Cette piqfrre se fait à l'argent, en dispersion des deux côtés.
La piqûre de Tchong-liu-iu, si toutefois il est très exactement
localisé (à un millimètre près le résultat est presque r.tl), provoque un
relâchement des ligaments et une décontraction presque totale des
muscles du bassin.
fl faut distinguer les manceuvres de réduction des déplacements
qui se traduisent par une différence d.e hauteur des crêtes iliaques, des
manæu\tes de réduction qui s'appliquent aux cas où il y a une modi-
fieation de I'angle d'ouverture cles pieds à la marche.

Sou,s-Paragra.phe I
CRETES ILIAQUES DE I{AUTEUR DIFFÉRENTE
BALANCE DU SACRUM

Le malade assis sur un tabouret, les jambes pendantes, une crête


iliaque est trouvée plus haute que l'autre. On allonge le nnalade sur le
ventre, les deux bras le long du corps et l'on pique à l'argent en disper-
sion les deux Tchong-liu-iu (29 V.) assez profondément. On vérifie la
décontraction musculaire qui témoigne de l'exacte localisation du point.
S'il n'y a pas une décontraction suffi.sante, le point n'a pas été bien
240
CERTAINS IUIASSAGES CHINOIS

localisé et il faut le rechercher et le piquer à nouveau. fI est inutile


de vouloir effectuer la manæuvre sans avoir obtenu cette décontraction.
L'opérateur place alors ses deux mains sur les fosses ilio-lombaires,
l'extrémité des doigts dépasse la crête iliaque et le talon de la main
est bien appuyé en d.essous. Les deux mains du médecin doivent être
bien solidaires du bassin du malad.e. Par une secousse brusque, les
mains de l'opérateur exécutent un mouvement de balance. La main
placée du côté d.e la erête iliaque la plus haute tire vers le bas (en direc-
tion des pieds) en prenant appui sur la crête iliaque, et le talon de
l'autre main (du côté de la crête iliaque la plus basse) pousse vers le
haut. Ce mouvement doit être fait à plusieurs reprises en donnant de
petits coups assez secs jusqu'à l'obtention du résultat désiré, c'est-à-dire
l'égalité de hauteur des deux crêtes iliaques. La difficulté n'est pas de
réd.uire le déplacement, mais plutôt de ne pas aller trop loin, au point
d'en causer un autre en sens inverse. Il est toujours utile de faire
contrôler le résultat par un cliché radiographique.
n ne faut jamais laisser subsister un déplacement des pièces
osseuses de la ceinture pelvienne même en eas de douleur non viscérale.
C'est cependant en cas de sciatique que cette manæuvre est le plus
souvent utilisée.

Sous-Paragraphe II
N,IANGUVRES DANS LES CAS DE i\IODIFICATION
DE L'ANGLE D'OUVERTURE DES PIEDS A LA MARCHE
un angle d'ouvelture anormal est, pour les chinois, le signe d'un
blocage sacro-iliaque. Cet angle peut être augmenté ou diminué d'un
côté ou de I'autre ou plus rarement des deux côtés à la fois.
Premier ca,s : L'angle d'ouverture du pied droit est augmenté et
le gauche normal.
Le malade est couché sur le ventre, les bras le long du corps. Le
médecin se piace derrière lui, met le talon de la main sur la crête
iliaque droite et appuie progressivement jusqu'à une position de
blocage. Il donne alors avec la main une pression brusque et doit
pereevoir un cLéplacement qui indique la réduction. La manceuvre est

241
CENTAINS MASSAGES CHINOIS

facilitée si on fait < bailler D &u préalable I'articulation en mettant la


jambe correspondante en porte à faux. Ensuite, on fait marcher le
malade pour contrôler I'angle d'ouverture du pied.
Deu,æième c&s .' L'angle d'ouverture du pied gauche est augmenté
et le droit normal.
I\fanæuvre exactement identique pratiquée sul la crête iliaque
gauche.
Troisième co,s.' L'angle d'ouverture des deux pied.s est augmenté.
Même manæuvre effectuée simultanément sur les deux ailes
iliaques. En Chine, Ies empiriques effectuent systématiquement cette
manceuyre dans tous les cas de sciatiques. Ce procédé donne souvent
d'heureux résultats.
Quatrième css .' L'angle d'ouvetture du pied. droit est diminué
et le gauche est normal.
Même position du malade et du médecin que dans les cas précé-
dents. La main est placée comme dans Ia < balance du sacrum r mais
un peu plus en dehors de manière à bien prendre appui sur Ia crête
iliaque droite avec l'extrémité des doigts. La manceuvre consiste à
tirer l'aile iliaque en arrière.
C'inquième cq,s .' L'angle d'ouverture du pied gauche est diminué
et le droit nol'mal. Manoeuvre identique sur la crête iliaque gauche.
Siæième cos : L'angle d.'ouverture des deux pieds est d.iminué.
Manæuvre identique sur les deux crêtes iliaques.

ff*t

242
CERTAINS LIIASSAGES CTIINOIS

Sr,crrox II
LES MASSAGES ET LES MAN@UVNES
DANS DES ALGIES DÉTERMINÉES
Nous étudierons en trois paragraphes :
Paragraphe f. Les massages dans les algies du cou et de la
nuque.
-
Paragraphe II. Les massages dans les algies thoraciques, des
épaules et dorsalgies.
-
Paragraphe III. Les massages dans les lombalgies.
-
Pa,ragraphe I
LE I\{ASSAGE DANS LES ALGIES DU COU
ET DE LA NUQUE
Ce rnassage s'effectue en trois temps.
Prem,'ier temps .' Le malad.e est assis sur un tabouret, torse nu, le
médecin se place derrière lui et met ses deux pouces des d.eux côtés
du tachis, leurs extrémités se rejoignant presque sur la ligne des
épineuses. C'est l'articulation phalange-phalangette du pouce qui
appuie le long de la gouttière vertébrale et effectue la plus grande
part du massage. Les pouces partent de D 4 environ et remontent
jusqu'à la nuque aux environs de Tienn-tchou (10 V.). On effectue une
dizaine de passages, les derniers assez appuyés.
Deuæième temps .' Ce deuxième temps comporte le massage du
< triangle de la septième cervicale> et celui < du losange du cou r.
a) Mctssage du triangle de la septième ceroicale.
A la frn de la manæuvre précédente les deux pouces redescendent
de Tienn-tchou (10 V.) jusqu'au dessus de Ia septième vertèbre cervi-
cale. Ils se séparent alors selon une Iigne presque horizontale, parallèle
aux épaules jusqu'à cinq à six centimètres de la ligne médiane puis
redescendent en oblique vers le rachis pour se réunir à la hauteul de
la quatrième dorsale. On doit effectuer ainsi trois ou quatre passages.
243
CENTAINS MASSAGDS CHINOIS

b) Massage Czt losange dnt cou.


Les deux pouces reprerur.ent le massage du premier temps, arrivés
à Tienn-tchou ils redescendent jusqu'à la hauteur de C S et se séparent
obliquement avant de se réunii au dessous de C 7 après avoir décrit
une figure sensiblemeut losangique. On effectue trois ou quatre passages.
Les pouces doivent rester fermement au contact de la peau jusqu'à la
fin du passage.

Troi,sièmn tem,ps .' Ce troisième temps s'effectue non pas avec les
pouces mais avec ie bord cubital de Ia rnain. Le sujet et le médecin
sont dans la même position. Le méd.ecin pose le bord de la main sur
les épaules au voisinage d.u point Tienn-tsiao (r5 T. R.), et, en appuyant
fortement la fait glisser jusqu'à la naissance du cou de chaque côté,
puis remonte le long du cou en passant derrière l'oreille pour atteindre
le point Oann-kou (17 V.B.). On effectue ainsi une dizaine de passages.
Pour que le massage soit efficace, I'opérateur doit donner I'élévation
des mains en se levant sur Ia pointe des pieds-

Paragraphe II
LES MASSAGES DES ALGIES DU TIIORAX
DES ÉPEUT,ES ET DU DOS

Ce massage utilise le prernier temps du massage précédent à ceci


près que l'on doit partir de L 1 au lieu de D 4, et qu'il s'effectue au
niveau des branches aberrantes de Tou-mo.
Le malade est assis sur un tabouret, le médecin se place derrière lui
et effectue le prem'ier temps du massage précédent.
Deuæième temps.' Massage des branches aberrantes du Merveilleux
Vaisseau Tou-mo.
On aecomplit un mouvement id entique à celui du massage du
triangle de la septième cervicale. Mais après avoir fait Ie trajet hori-
zontal, chaque pouce masse, en descendant, la première branche
aberrante de Tou-mo jusqu'au niveau D L2. On elfectue plusieurs
passages. Puis on recommence le mouvernent pour masser la deuxième
branche aberrante de Tou-mo sur laquelle on effectue plusieurs passages.
244
CERTAINS ]UIASSAGES CHTNOIS

On termine par le massage, dans les mêmes conditions, de la troisième


btanche de Tou-mo (1).
Ce deu-xième temps est aussi utilisé dans ies aigies sternales.

Paragraphe III
LES },IASSAGES DANS LES LO1VIBALGIES
Ce massage allie massage pur et manceuvres; son efficacité est
r'emarquable et presque constante. Les deux premiers temps sont moins
importants que les deux derniers qui sont eux tout-à-fait prirnordiaux.
Ils ont du reste une action particulière en dehors du cas des algies.
Prem'ier temps.' Recherche des contractures à la partie supérieure
de la face intetne des cuisses derrière les adducteurs.
Le malade est couché sur le ventre, Ies cuisses écaltées de 30o.
Les mains de l'opérateur sont placées sur le haut des cuisses, les deux
pouces sont insérés le long de leur face interne. On recherche la corde
des adducteurs et à leur voisinage on peut sentir des contractures
longitudinales, étroites le plus souvent, qlre les Chinois appellent
< fi.ce1les r. Ces contractures sorlt parfois très fines et alors difficiles à
déceier pour un praticien non entraîné, elles atteignent cependant
parfois ia largeur d'un crayon et peuvent alors êtle confondues avec
la corde des adducterus. Le premier temps consiste à supprimet ces
contractures quand elles existent. On appuye les pouces en leur milieu
et on masse alors fortement comme si on voulait faire pénétrer le pouce
dans la cuisse. Si elles ne cèdent pas il faut les masser un moment avant
d'effectuer la poussée.
Dezcæième tetnps .' Dans la même position, le rnédecin applique la
paume des mains à plat sur les muscles fessiers, les deur pouces vers
le quart interne du pli qui sépale les cuisses des fesses, les d.oigts
dirigés vers Ia tête du malade. Les pouces exercent une pression en
ce point et décrivent un atc d.e cercle sur les fesses vets I'extérieur,
puis se réunissent au niveau du. promontoire.

(1) Voir appenclice page 261, le trajet des branches aberrantes de Tou-rno.

245
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

Troisième temps.' Massage d.es deux côtés de la colonne vertébrale.


C'est le temps de beaueoup le plus important. Malade et opérateur
dans la même position, le médecin applique ses deux pouees de chaque
côté du rachis à la hauteur du promontoire de telle sorte que leurs
extrémités se rejoignent presque sur la ligne médiane. Les deux
pouces partent du promontoire et d'une seule traite remontent jusqu'au
dessus de D 12. Il faut effectuer une quinzaine d-e passages, les derniers
assez appuyés.

Qu,atrième tenups .' n'Iassage des branches de Tae-rno. En arrivant


sous les côtes à lafin du temps précédent les deux pouces se séparent
horizontalement et passent au dessous de la douzième côte jusqu'au
prolongement de Ia ligne axillaile postérieure. Le pouce effectue une
rotation sur place et, la pointe dirigée vers le bas, descend le long du
flanc jusqu'à I'extrémité des fausses côtes. C'est approximativement
une partie du trajet cle la branche horizontale supérieure de Tae-mo.
Très souvent en atrivant à l'extrémité des fausses côtes on a I'impression
de rencontrer une grosseur, une sorte de boule de la taiile d'une bitle
qui apparaît au massage, de consistance assez ferme. Il faut s'efforcer
de réduire cette boule en massant avec le pouce sur son milieu. On
effectue ainsi des deux côtés en même temps cinq ou six passages.
Ensuite Ia même mancelrvre est eff'ectuée sur la branche moyenne
puis sur la branche inférieure de Tae-mo (1).
Au cours du massage de l'une d.es branches de Tae-mo, Ie plus
souvent Ia branche moyenne, lorsque les pouces atteignent les flancs,
le patient peut ressentir comme une déeharge électriclue. Ceci indique
la nécessité particulière du massage de la branche qui donne eette
sensation, et on effectue sur celle-ci quelques passages de pius.

fl-

(1) Pour Ia d.escription dir trrrjet des brar:cires d.e lae-nro, voir appeiidice page 267.
246
CHAPITRE II

LES MASSAGES ET MAI\{EUVRES


DAI\S LES ALGIES D'ÛRIGIi\E
DTRECTEI\{ENT TRAU1VIATIQUE

Les lésions traumatiques qui sont du domaine de i'acuputrcture


sont essentiellement les lésions des parties molles et celles des arbicu-
lations, foulures, ou entorses.
La règle de la Grande Piqûre est particulièrement indiquée pour
soulager les algies causées par un traumatisme direct. Mais en cas de
traumatisme articulaire important, il est toujours utile, avant d'em-
ployer les aiguilles, d'effectuer certaines manæuvres et certains massages
d'origine chinoise mais que les Japonais, fervents adeptes du judo,
ont particulièrement étudiés (1).
Nous envisaget'ons en trois sections :
Section I. Les affections traumatiques du pied.
-
Section II. Les affections traumaticlues du genou.
-
Section III. Les autres affections traumatiques des articula-
tions. -

(i) l{ous avons ciernrrndé à nL PaTJZAT, ceintu.re noile cluatrième dalr (1921), élève
du Irosnr i\ltrpanzoulr, sixième da4, de compièter et de-précisel' nos connaissances
ii'Ie'
nurernent chinoises. Nous tenorrs à lui' exi:rimer ici tous nos remercietrtents l:oul le
ôotrcot is qu'il nous a aimirJ:letnent appcrté.
o
a4t
^r.l
CENTAINS MASSAGES CHINOIS

SpcrroN I
LES AFFECTIONS TRAUXTA'TIQUES DU PIED
Dans les affections traumatiques du pied, si l'on excepte la
fracture qui relève de la chirurgie, trois cas principaux peuvent se
présenter : la foulure, l'entorse (avee élongation des ligaments), Ia
luxation (avee déplacernent articulaire permanent).
Nous envisagerons ces trois lr.ypothèses en trois sous-sections :
Sous-Section f. Foulure.
Sous-Seetion II. - Entorse.
Sous-Section IIf. - Luxation.
-
Sous-Sncrron I
FOALARE
En dehors des phénomènes douloureux, on constate toujours la
présence d'un ædème important. Cet ædème ou enflure peut flnir
par se généraliset mais présente cependant, au moins au début, une
nette prédorninance :
soit à la face externe du pied sous et en avant de la malléole
-
externe;
soit à la face externe du pied juste sous la malléole externe;
- soit à Ia face interne du pied sous la malléole interne;
- soit à Ia partie médio-tarsienne.
-Le traitement est fonction de Ia localisation principale de l'enflure.
Dans le cas assez tare où il y aruait une enflure en différents endloits
à la fois, on devrait faire tous les massages coTrespondants.
Pour tous ces massages, la technique à employer est légèrement
différente de la technique habituelle. On doit masser Ia portion de
méridien intélessée avec le pouce, selon la technique habituelle, sur le
pied foulé : c'est-à-dire que I'on lnasse toujours dans le même sens,
de bas en haut, sans jamais revenir en arlière, er1 effectuant un certain
nombte de passages. l\{ais ces massages doivent être effectués alterna-
248
CERTzTINS NIASSAGES CHINOIS

tivement avec Ie pouce droit et avec le pouce gauche. Arrivé à Ia fin


du premier passage, avant de soulever le pouce, on doit poser le pouce
de l'autre main à I'extrémité inférieure du trajet à masser, de telle
sorte que penclant la clurée du traitement, une partie du trajet soit
toujours soumise à une pression.

Parag'aphe I
EN}-LURE DE LA FACE EXTERNE DU PIED
SOUS LA IIIALT-,ÉOT,N EXTtrRIIE ET EN AVANT D'ELLE
Le traitement comporte deux temps de massage sur des portions
du méridien de la Vésicule Biliaire.
Prem'ier temps .' On commence au point Ti-ou-roe (42 V. B.) et
on masse d'un seul mouvement la portion du méridien compris entre
ce point et le point Siuarur-tchong (39 V. B.). On effectue plusieurs
passages. Puis sur le derrrier point, Siuann-tchong, on effectue une forte
pression soutenue pendant quelques instants. Ensuite le malade rnet
le pied par tetre.
a) si le malad.e ressent encore une douleur aiguë, c'est qu'il ne
s'agit pas d'une simple foulure rnais d'une lésion plus importante.
b) si le malade ressent non pas une douleur mais une gêne, on
continue la pressiol] sul le point Siuann-tchong et Ie sujet doit bouger
son pied dans tous les sens, jusqu'à clisparition de eette gêne.
Deuæième temps .' On part ensuite du point Tsiou-siu (,10 V. B.) et
l'on masse le trajet du méridien de la \résicule Biliaire jusqu'au clessus
du point lang-fou (S8 V. B.), en pratique jusqu'à rni-jambe et l'on
effectue une dizaine de passages continus.

Paragraphe II
ENFLURE DE LA FACE EXTERNE DU PIED JUSTE SOUS
LA I\,IALLEOLE BXTNRNE
Le traitement comporte encore deux temps.
249
CERT'AINS MASSAGES CIIINOIS

Premier tem,ps,' Il consiste d.ans le massage de la portionduméridien


de la Vessie compris entre le point Chenn-mo (62 V.) et le point Fei-
iang (58 Y.), selon la même technique. il faut effectuer une dizaine de
passages.
Deuæième temps .' Identique au deuxième temps du cas précédent,
mais il peut débuter au point Siuann-tchong.

Paragraphe III
ENFLURE DE LA FACE INTERNE DU PIED
SOUS LA J\[ALT,ÉOT,N INTERNE

Ce massage ne comporte qu'un seul temps, le massage d'une portion


du méridien de Rate Pancréas, du point Chang-tsiou (5 R.P.) au point
Leou-l<ou (7 R. P.). On effectue une dizaine de passages ininterrompus.

Paragraphe IV
ENFLURE DE LA PARTIE MÉDIO.TARSIENNE
Le traitement consiste en deux massages simultanés, effectués
chacun avec le pouce d'une main. Pendant Ie traitement, Ie sujet doit
tenir son pied le plus en extension possible.
Un pouee est placé sur le pli de flexion du cou de pied à I'exté-
rieur- et presque contre le tenclon de l'extertseur commun.
L'autre pouee est placé également sur le pli de flexion du eou
- mais en dedans du tendon de I'extenseur cLu pouee.
de pied
Le massage s'e{Tectue en remontant simultanément les deux pouces
en ligne presque droite sur une hauteur de 10 cm environ.

Sous-SncrroN II
ENl'ORS E
Dans I'entorse, la lésion est toujours plus importante que dans la
foulure. Il y a généralement un arrachement ligamentaire perceptible
par Ie massage des méridiens correspondant aux tendons lésés. L'aua-
chement se traduit par une sohrtion d.e continnité, un a trou > clisent
les Japonais, sur le trajet du méridien en question.
250
CERTAINÊI MASSAGES CTI/NOT^9

Le traitement est le même que celui de la foulure et comporte les


mêmes massages. Mais le résultat thérapeutique n'est jamais aussi
favorable.

Sous-SncrroN III
LUXATION
Dans ce cas, la lésion est plus importante encote car il existe une
déformation permanente de l'articulation et une non-coaptation des
surfaces artieulaires.
Le diagnostic se fa.it par la palpation. On sent une saillie osseuse
anormale :
soit sur la face iri.terne du pied au niveau approximatif du
point- Tchao-rae (0 R.).
soit sur la face extelne du pied au niveau aPproximatif du
point- Tsiou-siu (40 V. B.).
soit sur Ia partie supérieute et antérieure méd.io-tarsienne.
-
Lo Lunation rnétlio-tarsie'nne.
On applique fetmernent un pouce au dessous de la saillie osseLlse
anormale c'est-à-dire sur le dessus d.u pied. Les autres doigts prennent
appui sous la malléole. On repousse cette saillie vers le haut en la
maintenant avec un pouce pendant que I'autle main saisit le pied au
niveau cle I'articulation métatarso-phalangienne. Le pouce placé sur
Ia saillie osseuse anotmale effectue sur elle une pression importante
et en même temps I'autre main met Ie piecl en extension et en adduction
par un môuvement sec et net.
20 Lu,æation eæterne.
On effectue la rnême manceuvle avec les deux mains. I\'Iais on
opère sur Ie pied fléchi et on pratique un molrvement en ad.duction
sans extension.
30 Luæat'ion interne.
Même manæuvle, mais on porte le pied en abduction (1).

(1) Après réd.uc*'ion d'une luxation, il ne faub pas ornettre les nrêmes mâssages
que pour I'entorse, immédiatement après la marloeuvTe.

25L
CERTAINS MASSAGES CHINOIS

SpcrroN II
AFFECTIONS TRAUMATIQUES DU GENOU

Qu'il s'agisse de foulure ou d'entorse, on effectue les massages qui


constituent le deuxième temps du traitement des luxations après
réduction.

Lo Manætr,ore de réduction dans le cas ile luæation.


Nous nous bornerons ici à la variété la plus fréquente, la luxation
interne.
Dans la luxation interne, ol1 note à I'examen du genou, une saillie
du condyle interne du fémur, en dedans. La jambe est en biais, du
dedans en dehors et du haut en bas.
Pour opérer la réduction, le malade est eouché sur l'abdomen.
L'opérateur place la plante de son piecl sur le creux poplité, ses orteils
du côté interne. Il prend la jambe avec les deux mains, la soulève en
la fléchissant et en effectuant un mouvement de rotation interne. La
réduction s'effectue avec un craquement.
2o Les massages (l).
Les massages lorsqu'il y a luxation s'effectuent immédiatement
après la réduction. Ils constituent à eux seuls Ie traitement de l'entorse
et de la foulure du genou avant l'emploi des aiguilles. Le traitement
compTend deux temps.
Premier temps.' Sur la jambe étendue, on applique les deux pouces
de chaque côté de la rotule et l'on masse selon Ia technique habituelle,
en remontant le long des bord.s du quadriceps sur une distance d'environ
dix centirnètres. rl faut effectuer une dizaine de passages simultanément
de chaque côté.
.' On applique le pouce sur le point Lann-menn
I)eu,æiènte temps
(H. lW. jambe) supérieur et on masse en remontant sur une fraction
de la face externe de la cuisse.

(1) Ils doivent s'effectuer selon la même teeirnique que celle indiquée pour le pied.
252
CENTAINS MASSAGES CIIINOIS

SnctroN III
LES AUTNES AFFECTIONS TRAUMATIQUES
DES ARTICULATION,S
Il existe des manæuvres semblables pour la luxation des articu-
lations d.e la hanche, du coude, de l'épaule, etc. Mais comme elles ne
semblent pas supérieures dans ces cas aux manceuwes classiques
occidentales, nous ne ferons que les citer.

258
CONCLUSIONS

L'acupuncture, la plus ancienne médecine conrlue et la seule à


avoir sutvécu à cinq mille ans d'application thérapeutique ininter-
rompue, n'est cepencLant pas une panacée. C'est une erreur de vouloir
I'appliquer'à tous les troribles que peut présenter l'organisme humain.
Pour en obtenir des r'ésultats favorables et réguliers, iI faut savoir se
limiter à son domaine plopre.
Ce dornaine, toutefois, se présente comme très large. Il comprend,
en effet, essentiellement Ie traitement des troubles fonctionnels devant
lescluels la mécl.ecine classique actuelle est souvent désarmée. I\,Iais,
pour un médecin occid-ental, c'est peut-être dans le traitement d.es
algies que la médecine chinoise trouve sa plus belle inclication, du fait
de son inocuité, de sa fidélité et de son efficacité.
II est peu d'aigies qui r':.e soient pas soulagées, en général immédia-
tement, et au rnoins momentanément, par les aig'uilles. L'acupuncture
se révèle généralement comlLe ayant une action supérieule à celle de
tous les calmants et séd.atifs classiçlues, sans présenter ni danger, ni
contre-indications. De plus, contrairenr.ent aux nrédicaments dont
I'action peut être passagère, elle pelmet le plus souvent une séd.ation
définitive après un traitement de quelques séances.
Toutefois, pour obtenir, non pas un soulagement momentané, mais
une sédation définitive, pJ.usieurs conclitions sont nécessaires.
D'abord, l'absence de lésions ciites ilréversibles. {Jne lésion
réversibie et récente n'est pas urt. obstacle, mais tetarde seulement le
résuitat définitif. Dans le cas où la lésion est une luxation, ou plus
souvent un Céplacement ou blocage alticulaile, Ies massages et les
manæuvles spécifiquement chinois permettent de lever cet obstacle
et conservent à I'acupuncture son efûcacité habitueile.
254
CONCLaSIOTV,S

Ensuite, iI
est essentiel d'appliquer correcternent Ja méthode.
Les procédés généraux, les points spécifi,ques et les points de brindilles
appoltent pTesque toujouls une amélioration et url soulagement
immédiat. lIais, poul obtenir une sédation déflnitive et pour éviter,
dans la mesute du possible, Ies récidives, il est inclispensable d'effectuer
un traitement étiologique qui seul peut supprimei Ia cause.
L'origine, plus ou moins directe, de toute algie, réside dans un
trouble de I'équilibre de l'énergie. Le traitement étiologique d'une algie
consiste donc, avant d'utilisel des procédés symptomatiques, à rétablir
cet équilibre pertrubé. Nous n'iirsisterons jamais assez sur f importance
qu'il y a de toujours faire précéder Ie traitement symptomatique par Ie
rétablissernent de l'équilibre de I'énergie. Nos précédents ouvr.ages
donneront toutes précisions utiles à cet égard.
Enfin, pour obtenir de l'acupuncture le bénéfice que l'on doit
en attendre, il est encore une condition absolue : c'est de localiser
exacternent les points au millimètre près. Une errellr de quelques
millirnètres suffit, en effet, à rendre l'acupuncture inopérante.
Fuisse ce travail, limité dans son objet à une partie réduite des
indications de I'acupunctute, mais consacré au d.omaine où elle pernret
sans doute les résultats les plurs brillants, les plus réguliers et les plus
pelrnanents, donnel'alr praticien de nouvelles armes dans la lutte contre
la douieur et amener de nombleux méd.ecins à i'étude et à l'utilisation
pratique de cette thérapeutique rnillénaire mais toujours perrnanente,
effective et actuelle.

Æ-æe
tJ \.)

255
APPENDICE

LES MERVETTLEUX VAISSEAUX

Selon les hypothèses et les théories chinoises, iI existerait dans le


corps un fluide immatériel circulant sans arrêt, comrne le sang lui-
même, tant que la vie subsiste. Ce fluide, appelé par Soulié de Nlorant
< énergie r, circulerait à la fois dans Ia profondeul de l'organisme et
au niveau de son tevêtement cutané. L'expérimentation des Chinois
s'est consacrée au problème de la circulation périphérique de l'énergie
qui seule a donné lieu à des recherches suivies. Celles-ci ont permis de
déterminer avec une précision certaine les chemins, les circuits que
parcourt cette a énergie >, à la périphérie du corps humain.
Pour les Chinois, en effet, I'énergie ne circule pas au hasard, mais
suit dans ou sous le tégument cutané des chemins aussi étroitement
déterminés que ceux des artères et des veines. Cependant ces vecteurs,
bien qu'étroitement délimités, rê sont pas des orgarles ou des tissus
matériels assimilables, par exemple, aux vaisseaux sanguins ou même
aux nerfs; car ils seraient alors décrits avec minutie dans nos traités
d'anatomie. Ils constituent un ensemble au niveau duquel aucune
structure matérielle particulière n'a pu être mise enco e en évid.ence,
et que seule caractérise, dans certaines circonstances, du point de vue
électrique, une diminution de l'impédance du territoire cutané qui les
recouwe, phénomène analogue, mais moindre, à celui des points chinois.
Les Chinois distingrrent les vecteuts d.e l'énergie dans sa circu-
lation périphérique en trois types prineipaux :
256
LES MERVEILLEAX VAISSEAUX

1o Les circuits or\ l'énergie circule en permanence tant que la


vie subsiste, c'est-à-dire qui sont toujours remplis par de l'énergie,
et où cette énergie circule sans cesse : ce sont les méridiens.
20 Les circuits qui contiennent toujours de l'énergie, mais où
celle-ci ne circule pas en permanenee; le plus souvent même elle y
teste au repos sans circuler : ce sont les vaisseaux secondaires.
30 Les cireuits dans lesquels l'énergie ne circule que dans des
conditious exceptionnelles et non physiologiques, et qui restent vides
à l'état notmal : ce sont les l\ferveilleux Yaisseaux proprement dits.
Cet appendice est consacré à I'étude des l{erveilleux Vaisseaux
et ceci en raison de leur' importance fondamentale d.'une part, €t,
d'autre part, en raison de la relative ignoranee du public occidental
à l'égard de leurs propriétés et de leur trajet.
Nous étudierons en deux chapitres :
Chapitre I. -- Le trajet des Merveilleux Vaisseaux.
Chapitre II. Théorie et propriétés des Merveilleux Vaisseaux.
-

257
CHAPITRE PRE1VIIER

LE TRATET' DES MERVETLLEUX


VAISSEAUX

Le trajet des Merveilleux Vaisseaux, lotsqu'ils prennent naissance,


est fixe et déterminé comme celui des mérid.iens. Comme ces d.erniets,
ies Merveilleux Yaisseaux présentent des connexions ou des rameaux
que l'on appelle branches abelrantes. Dans le traitement des algies,
on utilise à la fois le trajet proprement dit des Merveilleux Vaisseaux
et leurs branches aberrantes, en particulier celles de Tou-mo et de
Tae-mo, auxquels nous botnerons, pour rester dans le cadle de notre
sujet, nos descriptions.
II existe classiquement huit Merveilleux Vaisseaux. Deux d'entle
eux cepend.ant, Tou-mo et Jenn-mo, ont un rôle incomparablement
supérieur, étant à mi-chemin entre les méridiens habituels ou ordinaires
et les Merveilleux Vaisseaux. De ce fait on distingue six lVlerveilleux
Vaisseaux proprement dits ou véritables (e'est-à-dire non permanents)
et deux 1\'Ierveilleux Vaisseaux appelés Nlerveilleux Vaisseaux Maîtres
ou encore permanents. Nous dirons plus loin les raisons de la mise
à part des I\ferveilleux Yaisseaux permanents. Remarquons seu]ement
ici que ces detniers possèdent des points qui leur sont propres et qu'ils
sont toujours parcourus par un courant d'énergie, comme les véritables
méridiens. Alors que les Merveilleux Vaisseaux proprement dits ne
possèdent pas de points personnels et les empruntent à différents
méridiens avec qui ils les ont en commun. Notons encore pat contre,
258
LES MERVEIT.LEUX VAISSEAAX

que les lVlerveilleux Vaisseâux véritables ou proprement dits comme


les lVlerveilleux Vaisseaux I'Iaîtres ont un trajet indépendant de celui
d.e tous les autres vecteurs que peut emprunter l'énergie périphérique.
Autrement dit, le trajet d'un ilIerveilleux Vaisseau peui longer, ctoiset,
couper un méridien ou un autre circuit de l'énergie mais jamais il ne
coïncide avec lui.
Parmi les Merveilleux Vaisseaux, quatre sont de nature fang et
quatre de nature fnn. Dans une première subdivision, nous étudierons
le trajet des l\{erveilleux Vaisseaux lang et dans une deuxième celui
d.es Merveilleux Vaisseaux fnn.
Subdivision I. Le trajet des }lerveilleux Vaisseaux lang.
Subdivision If.
- Le trajet des l\{erveilleux Vaisseaux Inn.
-

--

259
SUBDIVISION I

LE TRAJET DBS 1}fERVEtrLLEUX


VAISSEAT]X IANG

Il existe quatre Merveilleux Vaisseamx Iang dont l'un, Tou-mo,


possède à la fois des propriétés des Méridiens et des Merveilleux
Vaisseaux.
Nous décrirons elr quatre sections :
Section I. Le trajet de Tou-mo.
-
Section II. Le trajet de lang-tsiao-mo.
-
Section III. Le trajet de Iang-oe.
-
Section IV. Le trajet de Tae-mo.
-

--

260
LES MERVEILLEUX T/AISSEAAX

Spcuox I
LE TRAJET DE TOU-MO OU K VAISSEAU GOUVERNEUR ),

Le trajet de Tou-mo est en principe très simple. Il occupe la ligne


médiane et dorsale du corps sur le rachis. Dans le traitement des algies,
on utilise parfois ses branches aberrantes. C'est pourquoinous étud.ierons
en deux paragraphes :
Paragraphe f. Le trajet proprement dit de Tou-mo.
-
Paragraphe II. Les branches aberrantes de Tou-mo.
-
Paragraphe I
LE TRAJET PROPREMENT DIT DE TOU.MO

Son trajet propre, qui est classique, n'a pas à nous retenir ici, car
1I a étédécrit dans notre < Essai sut l'acupuncture chinoise pratique r (1)
et dans tous les ouvrages européens spécialisés. Il est unique et ne
possèd.e pas deux branches comme les méridiens; il occupe la ligne
médiane dorsale sagittale du corps
Notons que pour certains, et en particulier pour Soulié de Morant,
Tou-mo posséderait comrne les autres vecteurs de l'énergie deux
branches situées côte à côte le long d.e la ligne médiane du rachis;
ce qui expliquerait que parfois avec un détecteur éIectrique sensible
on localise le point légèrement déporté à droite ou à gauche de la ligne
médiane. Cependant, même si cette théorie est exaete, les deux branches
sont très près l'une d.e l'autre et l'on admet en pratique qu'elles coïn-
cident.
Pa:ragraphe II
LES BRANCHES ABERRANTES DE TOU-MO
Les branches aberrantes de Tou-mo se détachent du trajet classique
et finissent par rejoindre le l\[erveilleux Vaisseau lui-même en un point

(I) Voir < Essai sur I'Acupuncture Chinoise Pratique D, pàge 98 et suivantes.

261
LES MERVEIT'LEUX VAISSETLUX

différent ou se perdent totalement d.ans le revêtement cutané comme


I'oued se perd dans les sables du déseri. Ces branches aberrantes se
divisent en trois groupes :
a) Un growpe su,pér,ieu,r.
Deux branches, urle à droite et une à gauehe, se détacirent du
trajet normal de Torr-mo au point Tsiang-tsienn (17 T. M.) et se dirigent
de chaque côté r'ets le front eir s'écartairt de Ia ligne médiane et sem-
blent se perdre dans la peau du crâne.
b) Un g'oupe ?noyen.
Au dessus de C,7, sur Ie trajet de Tou-mo, se détachent deux
branches latérales qui dessinent une espèce de boucle sur le cou, à ce
niveau, et qui rejoignent ensuite le Merveilleux Yaisseau un peu au-
cLessous de leur point de départ. Donc, ici, les branches ne se perdent
pas, mais font retour au vecteur originaire. Elles dessinent une figr:re
que l'on peut comparer à un losange ou à un papillon les ailes déployées.

c) Un grouTte inférieu,r.
C'est le groupe le plus important, qui comporte à la fois le triangle
du cou et les btanches aberrantes proplement dites inférieures.
Du point Pae-lao (13 T. M-) se détachent deux branches latérales
horizontales, Iégèrement descencLantes, se cLirigeant en direction des
épaules et sut une distance d.e cinq à six centimètres. Elles se recourbent
à angle aigu pour rejoindre le trajet de Tou-mo aux environs de la
quatrième vertèbre dorsa.le, dessinant une figure grossièrement trian-
gulaire à base supérieule. Dans ce dernier trajet, c'est-à-dire des deux
eôtés du triangle, prennent à ler:r tour naissanee trois branches qui
descendent directement en lignes droites par'allèles alr rachis. La plus
interne est comprise entre le rachis et la ligne des assentiments du
méridien de la Vessie; la moyenne est comprise entre les deux trajets
dorsaux du méridien de la Vessie; Ia plus externe est située au delà
de la dernière branche du méridien de la Vessie. Ces six branches
n'aboutissent pas à un autle vecteur de l'énergie mais se perdent sous
le tégument.

262
--
LES MERT/EILLEUX VAISSEAUX

Srcrrox II

oa (( vAr s !i^i,.É!,fi :;rtrio#'î,i#,i""" r aN G,


Ce I'Ierveilleux Yaisseau comprend onze points biiatéraux em-
pruntés à cinq méridiens différents : ceux de \ressie, Vésicule Biliaire,
Gros Intestin, fntestin Grêle et Estomac. Il débute au point Cheun-mo
(62 V.) (1), sous la malléole externe et gagne son deuxième point Prou-
chenn (61 V.) en passant en avant du trajet du méridien de la Vessie.
Il contourne la malléole externe par derrière (alors que fang-oe la
contourne par devant). Il se rapproche du trajet du méridien de Ia
Vésicule Biliaire tout en restant cependant un peu en anière. Il anive
alors au point lang-fou (38 V. B.) et, de là, saute au point suivant
qui est relativement éIoigné puisqu'il s'agit de Tsiu-tsiao (29 V.B.),
situé au-cLessus du grand trochanter. Il chemine des extrémités infé-
tieures vers le sommet entre le trajet des méridiens de la Vessie et de la
Vésicule Biliaire qu'il longe en permanence. De ce point Tsiu-tsiao,
le 1\ferr-eilleux Vaisseau fang-tsiao-mo gagne d'un seul jet, sans passer
par aucun autre point, l'épaule où il aboutit au point Tsienn-iu (15 G. I.).
Pour certains, en particulier les Japonais, une celtaine partie de ce
parcours entre Tsiu-tsiao et Tsienn-iu serait commun, ou presque
commun, à Iang-tsiao-mo et fang-oe. En réalité il n'en est rien et
Iang-tsiao-mo passe en arrière du trajet de fang-oe. Autrement dit,
Iang-tsiao-mo, dans son trajet dorsal, est situé plus près du rachis que
Iang-oe.
Partant alors du point Tsienn-iu, le iVlerveilleux Vaisseau gagne
ensuite, en faisant un crocb.et sur I'épaule, le point Tsiu-kou (16 G. I.),
et de là, atteint le point Nao-iu (1o I. G.). Ce dernier point se ttouve
appartenir en commurl, non seulement au rnéridien de I'Intestin Grêle
et à lang-tsiao-mo, mais aussi à Iang-oe : c'est ce qui explique son
importance.
Quittant le point Nao-iu, Iang-tsiao-mo gagne alors la face au
voisinage de la bouche, au point Ti-tsrang (7 E.). Il remonte le long

(1) Chen-n-n'lo est à la fois son point nraître et son point d.'entrée.

263
LES MERYEILLEUX VAISSEAUX

du méridien d.e l'Estomac, sans jamais cependant se confondre avec


lui, en lui empruntant les points Tsiu-tsiao (O E.) et Tchreng-tsri (a E.).
Il se termine à l'angle interne de l'æil, au premier point du méridien
de la Vessie, Tsing-ming (1 V.). Ce point est le dernier de Iang-tsiao-mo,
et d.onc le point de sortie de I'énergie. Il faut noter que ee point est
également dernier point et point de sortie du Merveilleux Vaisseau
Inn-tsiao-mo.

--

264
LES MENYEILLEAX VAISSEAUX

SncrroN III
LE TRAJET DE IANG-OE OA K CHAINE DES IANG ù

Le ilIerveilleux Vaisseau lang-oe comprend L7 points, dont


15 points bilatéraux et deux uniques centraux, eu'il emprunte à six
méridiens : ceux de Vessie, Vésicule Biliaire, Intestin Grêle, Gros
Intestin, Trois Réchauffeurs et Tou-mo. Il débute srù le pied au
point Tsinn-menn (63 V.) qui est son premier point, donc son point
d'entrée. Il s'agit du point qui suit immédiatement Chenn-mo (62 V.),
le point d'entrée de fang-tsiao-mo. Pour les anciens Chinois, et pour
certains Japonais, il passerait alors en arrière de la malléole externe,
mais en avant cependant du trajet de fang-tsiao-mo. Pour nous, au
contraire, fang-oe passe en ava.nt de la malléole externe, car c'est le
trajet que l'on met en évidence en appliquant la règle Léou-tchéou des
1\{erveilleux-Vaisseaux. C'est aussi la leçon des Chinois de l'époque
classique de l'acupunctute.
Passant donc au-dessus de Ia malléole externe, fang-oe rejoint la
face antéro-externe de la jambe, passe en avant du trajet du méridien
de la Vésicule Biliaire et le rejoint au point fang-tsiao (S5 Y. B.).
Il longe la jambe en avant du trajet de Iang-tsiao-mo et va d'une traite
jusqu'au point Je-iue (24 Y. B.). De là, il se dirige vets Ia face dorsale
cle I'épaule. Il contoutne l'épaule et aboutit au point Nao-iu (10 I. G.)
qu'il a en commun ayec le méridien de I'fntestin Grêle et lang-tsiao-mo
qu'il croise à cet endroit. Il atteint ensuite le point Pi-nao (14 G. I.).
Puis il retrouve le méridien de la Vésicule Biliaire au point Tienn-
tsing (21 V. B.). n fait un crochet par le point Tienn-Tsiao (15 T. R.)
et de nouveau rejoint le méridien de la Yésicule Biliaire au point
Fong-tchre (20 V. B.). En longeant la face extelne de ce méridien,
mais sans se conforrdre avec lui, il emprunte successivement les points
Nao-I(rong (19 Y. B.), TchrengJing (14 V. B.), Tcheng-ing (13 V. B.),
Mou-tchroang (12 V. B.), Linn-tsri (11 V.B.), Iang-pae (10 V. B.),
Penn-ehenn (9 V. B.). Il faut noter que dans cette fraction de son
trajet il a une direction en sens inverse de celui du méridien de la Vési-
cule Biliaire, ce qui met encore I'accent sul le fait que le trajet des
Merveilleux Vaisseaux est toujours difÏérent de celui des autres chemins
LES MERVEILLEAX VAISSEAAX

de I'énergie périphérique. Le Merveilleux Vaisseau Iang-oe abandonne


alors son trajet bilatéral pour devenir sagittal. En effet, comme les
méridiens ordinaires, les ÛIerveilleux Vaisseaux proprement dits ont
deux branches : une droite et une gauche. Or les deux branehes droite et
gauche se rejoignent au point Fong-fou (15 T. I'I.). Pour certains, les
deux branches se fondent alors en une seu1e, et même se confond.ent
avec une partie du trajet de Tou-mo. Mais classiquement, et c'est
aussi notre opinion, après avoir pris relais à Fong-fou, la branche
droite de lang-oe fait une courbe vers la droite, c'est-à-dire sur le côté
droit d.e Tou-mo, et la branche gauche une eourbe sur le côté gauche,
et arrivent toutes les d.eux séparément au même point eentral la-menn
(14 T. IvI.) qui est le dernier point et le point de sortie de Iang-oe.

--

266
LES MERT/EILLEAX VAISSEAUX

Secrron IV
LE TRAJET DE TAE.MO OU ( VAISSEAU CEINTUNE ))

Ce Merveilleux Vaisseau comprend des branches aberrantes qui


sont utilisées dans le traitement des algies, et qu'il est indispensable
de bien connaître. Nous décrirons donc en deux paragraphes :
Paragraphe f. Le trajet proprement d.it de Tae-mo.
Paragraphe II.
- Les branches abetrantes cle Tae-mo.
-
Paragraplte I
LE TRAJET PROPREJVIBNT DIT DE TAE-MO
Ce metveilleux Vaisseau ne comprend que trois points bilatéraux
qui se srrivent sur le méridien de la Vésicule Biliaire. Il débute au point
Tae-mo (26 V. B.), passe à Ou-tchrou (27 V.B.) et, de là, à Oe-tao
(28 V. B.), dernier point et point de sortie. De même que pour les
auttes l\{erveilleux Vaisseaux, le trajet lui-même est distinct de celui
du méridien auquel iI emprunte ses points. -t\otons que poul certains
auteuts asiatiques, Tae-mo débuterait au contraire à Oe-tao (28 V. B.)
et finirait au point Tae-mo (26 V. B.), ayant cl.one un courant ascendant
comme les autres lVlerveilleux Vaisseaux.
La caractéristique principale de Tae-mo réside dans le fait que
son trajet ne semble être ni vertical ni longitudinal corrme celui des
autres ilferveilleux Vaisseaux, mais au contraire horizontal et trans-
versal. En effet, dans tous les autres Merveilleux Vaisseaux, Iorsqu'i1s
sont devenus réels, l'énergie temonte chaque branche droite et gauehe,
et ces deux btanches communiquent comme celles d'un méridien
ordinaire. Il n'en est pas de même pour Tae-mo. De chaeun des trois
points de ce Merveilleux Vaisseau se détache une branehe qui Ie relie
au point symétrique colrespond.ant, de sorte que se trouve dessinée
à chaque étage une ceinture complète. A l'expérimentation, et en parti-
culier lors cl.e I'utilisation de la règle Léou-tchéou, il semble bien que
cette représentation soit l'expression même, ou tout au moins la plus
approchée, de la réalité.
267
LES MERVEILLEUX VAISSDAAX

En lésumé, pour ce Merveilleux Vaisseau, tout se passe comme si


les vaisseaux de communication habituels entre ]es branches étaient
beaucoup plus importants que les branehes elles-mêmes.

Paragraphe II
LES BRANCHES ABERRANTES DE TAE-MO

Il existe deux groupes de branches aberrantes, l'un supérieur et


l'autte inférieur.
a)
Groupe supérieur.
Des branches aber'rantes partent de Tae-mo au niveau du point
Chenn-iu (2S V.) de chaque côté du corps. Elles se dirigent vets l'épaule
et se perdent ensuite dans le tégument.
b) Grou'pe inférieu,r.
De même, de chaque côté du rachis, partent à droite et à gauche
des branches aberrantes inférieures qui se dirigent vers le bas du corps
et atteignent les pieds. Le trajet des branches aberrantes inférieures
est mal connu. Elles partent de chaque côté vers les genoux et les
pieds; Ier:r seule particularité est de présenter un point chinois cornmun
avec le méridien de la Vessie, Oe-tchong (5a V.).

--

268
SUBDIVISION II

LE TRAJET DES 1\{ERVEILLE{JX


VAISSEAUX INN

n existe quatre ilIerveiller.rx Yaisseaux fnn, dont l'un (comme


pour Tou-mo, lorsqu'il s'agissait des Merveilleux Yaisseaux Iang)
Jenn-mo, possède à la fois des propriétés de ll[erveilleux Yaisseau et
des propriétés de méridien.
Nous envisagerons en quatre sections :

Section I.
*II.- Le trajet d.e Jenn-mo.
Section Le trajet d.e fnn-tsiao-mo.
Section III.
- Le trajet de Inn-oe.
Section IV.
- Le trajet de Tchrong-mo.
-

269
LES MENVEILLEAX T/AISSEAUX

SucrroN I
LE TRAJET DE JENN.MO
OU K VAISSEAa DE CONCEPTION ù

Le trajet de Jemr-mo est très simple : iI occupe la ligne médiane


antérieure sagittale du corps. Il débute âu point Roe-inn au périnée
et se sépare au dessous du pubis qu'il enseTre pour se réunir au dessus.
Il suit la ligne blanche pour aboutir au rnenton. Il ne nous retiendra
pas ici car nous l'avons décrit dans notre < Essai sur l'acupuncture
chinoise pratique , (1). Comme Tou-mo; il serait peut-être aussi
double (2).

(l) Voir < Essai sur I'Acupuncture Chinoise Pratique D, pages 93 et suivantes.
(2) Voir page 261.

270
LDS MERVEILLEUX VAISSEAUX

SocrroN II
LE TRAJET DE /NN.TSIAO.MO
OU K VAISSEAU DU CREUX DE CHEVILLE /NN )

Ce ilIerveilleux Yaisseau ne comporte que trois points bilatéraux,


dont deux sont empruntés au méridien des Reins et un au méridien
de la Vessie.
Il débute au point Tchao-rae (6 R.), qui est son point d'entrée.
De là, fnn-tsiao-mo gagne son deuxième point qui est Tsiao-sinn (8 R.),
en passant en arrière de la malléole interne. D'après Ie dessin reproduit
par Soulié de i\{orant dans Ie deuxième tome de son ( Acupuncture
Chinoise >, il passerait au conttaire en avant de la malléole interne,
mais il y a tout lieu de croire qu'il s'agit là d'une erreur de plume du
Dr Fang, auteur de ce schéma. Partant de ce point Tsiao-sinn, d'un
seul jet, le Merveilleux Vaisseau Inn-tsiao-mo aboutit directement,
sans relais à aueun point intermédiaire, à I'angle interne de I'orbite,
au premier point du méridien de la Vessie qui est son dernier point
et son point de sortie.
Pour pouvoir utiliser fnn-tsiao-mo, il faut maintenant préciser
son trajet, bien qu'il ne soit pas jalonné de points. Arrivé donc au
point Tsiao-sinn, ce Metveilleux Yaisseau se dirige vers la face interne
du genou et passe nettement en arrière du point Inn-ling-tsiuann
(9 R. P.). De là, il va en ligne droite jusqu'à la pointe du pubis. Il monte
ensuite sur l'abd.omen et Ie thotax, entre le méridien cLes Reins, du
côté interne, et le méridien de l'Estomac, du côté externe, jusqu'au
visage où il fait un crochet au voisinage du point Ta-ing (8 E.), avant
de se terminer au point Tsing-ming (1 V.) qui est son point de sortie.
Rappelons que ce point est également point de sortie de fang-tsiao-mo.

--

27L
LES MERVEILLEUX YAISSEAAX

Sn,crrow ffl
LE T&AJET DE II{N-OE OU K CHAINE DES,TNN )

Le Merveilleux Yaisseau Inn-oe comprend cinq points bilatéraux


et deux points uniques, empruntés à quatre méricliens, ceux de Reins,
Foie, Rate-pancréas et Jenn-mo.
Son premier point, son point d'entrée, se trouve à la face interne
de la jambe, au point du méridien des Reins qui suit immédiatement
le deuxième point de fnn-tsiao-mo : Tso-pinn (9 R.). De ce point,
fnn-oe gagne directement le pli de I'aine au point Fou-ehe (13 R. P.)
en passant en avant du trajet de fnn-tsiao-mo. Il longe la face interne
du méridien de la Rate-Pancréas, dont il emprunte les points Ta-rong
(15 R. P.) et Fou-ngae (16 R. P.). Puis il se rapproche très légèrement
de Ia ligne méd.iane du corps pour gagner Ie point Tsri-menn (Ia F.).
De ce point, les d.eux branches droite et gauche décrivent une courbe
en passant par la face interne du sein et aboutissent à Tienn-trou
(22 J. M.). Pour certains auteurs, les deux branches se confondent
alors. Cependant en réalité chaque branche oblique, I'une vers la gauche,
I'autre vers Ia droite, Ie long du trajet de Jenn-mor pour aboutir au
point de sortie de Inn-oe qui est Lienn-tsiuann (2S J.M.).

--

272
LES MDNVEILLDAX VAISSEAAX

Sncrror.r IV
LE TR,AJET DE TCHNONG-MO
OU K VAISSEAU DES ATTAQU.E,S I

Le Merveilleux Vaisseau Tchrong-mo comprend ottze points bila-


téraux, tous empruntés au méridien des Reins et situés les uns à la
suite des autres. Il part du onzième point du méridien des Reins,
Rong-kou (11 R.), au dessus du pubis, et temonte en direction de la
poitrine en empruntant tous les points de ce méridien qui se trouvent
au-dessus de lui jusqu'à lou-menn (21 R.) qui est son dernier point
et point de sortie. Il passe donc successivement par : Rong-kou (11 R.),
Ta-ro (f 2 R.), Tsri-tsiue (13 R.), Se-mann (14 R.), Tchong-tchou (15 R.),
Roang-iu (16 R.), Chang-tsiou (17 R.), Che-koann (fS R.), Inn-tou
(19 R.), Trong-kou (20 R.) et se termine au point fou-menn (21 R.).
Il faut noter que ce lVlerveilleux Vaisseau, bien qu'il emprunte
ses onze points à la suite au méridien des Reins, a un trajet qui lui est
propre et qui ne se confond pas avec celui du méridien des Reins.
fl longe ce méridien par I'extérieur et se tlouve donc plus externe de
Jenn-mo que le méridien des Reins.

--

273
CHAPITRE II

TTIEORIE ET PROPRIÉTÉS
DES MERVEII,LEUX VAISSEAUX

Alors qu'il est parfois possible de mettre en évidence le trajet des


Merveilleux Vaisseaux par une diminution d'impédance de la peau
à leur niveau, leur théorie ne repose encore sur âucune base strictement
objective. Pour un esprit cartésien, une longue tradition n'est pas une
preuve suffisante. Il est cependant impossible de balayer cette théorie
comme d'un revers de main. Car il faut bien reconnaître que I'on utilise
souvent en médecine des phénomènes que I'on n'explique qu'en partie
d'une part et que d'autre part I'utilisation de cette théorie permet
des résultats thérapeutiques impossibles à obtenir par celui qui I'ignore
ou qui n'en tient pas compte. Il est donc logique de la considérer
comme une sérieuse hypothèse d'étude et de travail, en attendant
une confi.rmation que seuls des travaux et des recherches plus poussés
permettront de lui apporter.
La théorie complète des Merveilleux Vaisseaux demanderait de
longs développements. Nous rlous bornerons ici à I'essentiel et aux
seuls détails nécessaires au traitement des algies. Nous envisagerons
en quatre subdivisions ;
Subdivision f. Définition et classification des Merveilleux
Vaisseaux. -
Subdivision II. Les points de commande des Merveilleux
Yaisseaux. -
274
LES MENVEILLEAX VAISSEAAX

Subdivision III. Les branches aberrantes des Menreilleux


Vaisseaux.
-
Subdivision IV. L'utilisation des Merveilleux Vaisseaux.
-

275
SIIBDIVISIONT I

DEFTI\ITTOI\ ET CLASSIFTCATTON
DES MERVETT_,LEUX VATSSEAUX

Les Merveilleux Vaisseaux sont des circuits qu'emprunte l'énergie


périphérique. Ils diffèrent des méridiens par des propriétés et des
conditions d'utilisation qui leur sont proples. Parmi eux on distingue
les Merveilleux Vaisseaux Véritables et les Merveilleux \raisseaux
l\{aîtres ou permanents qui sont Tou-nr.o et Jenn-mo.
Nous verrons en trois sections :
Séction I. Différences entre les I'Ierveilleux Vaisseaux propre-
ment dits et les- méridiens.
Section II. Théorie de Jenn-mo et de Tou-mo.
Section III.
- Théorie des Merveilleux Vaisseaux proprement
dits. -

--

276
LES MENT.EILLEUX TlAISSEAUX

Sncrrox I
DIIFNRENCES ENTRE MERVEILLET]X VAISSEAUX
PROPRELUIENT DITS EI' MÉRIDIENS

La clifférence essentielle réside en deux caractères principaux :

a) Dans les méridiens ordinaires, l'énergie circule sans cesse tant


que la vie persiste et quel que soit le déséquilibre qu'elle peut présentet.
Autrement dit, à tout moment, les méridiens qui constituent ce que
l'on appelle la a grande circulation )), sont parcourus par un flux
d'énergie. Au contraile les Elerveilleux Vaisseaux véritables, c'est-à-dire
à l'exception de Jenn-mo et Tou-mo, ne sont pas païcour'us paT un
courant d'énergie à l'état normal, et sont même complètement vides
d'énergie, o11 dit quelquefois virtuels, dans les conditions physiolo-
giques. Les i\'ierveilleux Vaisseaux ne deviennent réels, c'est-à-dire
qu'ils ne sont paicourus par l'énergie, eue lorsqu'il existe un excès
au moins local d'énergie. Ils semblent jouer alors un rôle de surverse
et drainent l'énergie en excès que les méridiens ordinaires sont inca-
pables de véhiculer du fait de son abondance ou de sa qualité.
ô) Les l\'Ierveilleux Vaisseanx véritables se distinguent encore
cles méricLiens en cê qu'ils ne possèdent pas de points qui leur soient
propres. Ils empruntent en effet tous les points qui les jalonnent à
des méridiens ordinaires, bien que leur trajet soit tout-à-fait indépen-
dant de celui de ces méridiens.
c) Il faut noter aussi que si les méridiens sont centripètes ou
centrifuges, les ÙIerveilleux Vaisseaux sont toujours le siège d.'un
courant d'énergie ascend.ant du bas du corp,s vers Ia partie haute.

--

277
LES MDRVEILLEUX VAISSEAUX

SpcrroN II
THÉONIE DE JENN.MO ET DE TOU-]UIO

Jenn-mo et Tou-mo que l'on appelle Merveilleux Vaisseaux


( permanents n par opposition aux Merveilleux Vaisseaux véritables,
constituent à eux deux un ensemble nommé < petite circulation ).
Ils oecupent en effet une place spéciaIe dans le circuit de I'énergie,
et ils sont d'une importance considérable par l'efficacité de leurs points
et par Ieur rôle de régulateurs de toute la cireulation de l'énergie.
On les appelle aussi << Maîtres des l\{erveilleux Vaisseaux )). Car les
Merveilleux Vaisseaux fang drainent toujours l'énergie vers Jenn-mo
et de même les Merveilleux Vaisseaux Inn vers Tou-mo (1). C'est de
Jenn-mo et de Tou-mo que l'énergie est ensuite répartie dans I'ensemble
des méridiens.
Aussi Jenn-mo et Tou-mo occupent-ils une place particulièrement
importante distincte à Ia fois de celle des méridiens et de celle des
lVlerveilleux Vaisseaux.
Notons leurs principales différences :
a) Jenn-mo et Tou-mo, comme les méridiens véritables, sont
continuellement parcourus par un coutant d'énergie. alors que les
l\{erveilleux Vaisseaux proprement dits n'en possèdent qu'en cas
d'excès d.'énergie.
Comme les méridiens ils ont des points qui leur sont propres,
-
alors que les Merveilleux Vaisseaux proprement dits empruntent leurs
points aux méridiens ordinaires avec lesquels ils les partagent.
b) Jenn-mo et Tou-mo, comme les Merveilleux Vaisseaux véritables
sont le siège d'un courant d'énergie toujours aseendant, alots que les
méridiens sont centripètes ou centrifuges.
Comme les Merveilleux Vaisseaux véritables, ils possèdent un
point- maître alors que les méridiens en sont dépoulvus.

(r) Les Merveilleux Vaisseaux fang dlainent l'énergie vers Jenn-lno par I'inter-
médiaire de Tou-mo et les l\{erveilleux Vaisseaux Inn vers Tou-mo par l'inteunédiaire
de Jenn-mo.
278
LES MERVEILLEUX VAISSEAAX

Et comrne les Merveilleux Vaisseaux véritables, leur point


-
d'entrée possède aussi les propriétés de point < lo >.
De plus, le diagnostic de leur état ne se révèle pas non plus,
selon- la tradition, par la palpation d'un pouls particulier
alors que les
méridiens ont chacun un pouls qui leur correspond.
c) Jenn-mo et Tou-mo se distinguent, de plus, des Merveilleux
Vaisseaux proprement dits et des méridiens en ce qu'au lieu d'avoir
deux branches symétriques sur les parties droite et gauche du corps,
ils n'ont qu'une branche médiane et sagittale, dorsale pour Tou-mo
et ventrale pour Jenn-mo.
Pour certains, cependant, Jenn-mo et Tou-mo, seraient eux aussi
constitués par deux branches distinctes mais proches l'une de I'autre
au point que l'on peut admettre leur coïncidence.

6--î)

279
LES MERVDILLEUX VAISSEAAX

SpcuoN III
THÉORIE DES il{ERVEILLET]X VAISSEAUX
PROPRETIENT DITS OU VENITABLES

La caractéristique principale des 1\Ierveilleux Vaisseaux véritables,


au contraire de Jenn-mo, Tou-mo et des méridiens, est donc de n'être
parcourus pal de l'énergie qu'en cas de déséquilibre. IIs sont virtuels
normalement et ne deviennent réels que dans le cas de perturbation
de l'équilibre de l'énergie. C'est ce qui leur a fait donner par les Japonais
rnocl.ernes le nom de < méridiens irrégr-rliers ). Pour mieux faire com-
preridre leur fonctionnement, il est classique de le compa er à celui
d'un circuit d.'irrigation. En temps notmal, I'eau parcolrrt les canaux
habituels d'irrigation. Mais lorsque surviennent d.es pluies extrêmement
abondantes, ou un afflux d'eau exagéré, Ies canaux sont insuffisants,
et pour éviter tout risque d'inondation, iI est logique et habituel de
construire en plus des canaux d.e sur\rerse. En temps normal, ils restent
à secl ce n'est que d.ans le cas d'afflux excessif de liquid.e qu'iIs se
remplissent pour éviter I'inondation et sont alors parcourus par de
I'eau comme les canaux ordinaires. Il en est grossièrement de même
pouT les I'Ierveilleux Vaisseaux véritables qui jouent dans une certaine
mesure Ie r'ôle de surverse en prenant naissance dans le cas de déséqui-
Iibre de l'énergie et plus particulièrement dans les cas d'excès de cette
dernière.
En trois paragraphes nous envisagerons leur fonctionnement,
puis Ia détermination d.e celui ou de ceux qui sont en eause, et enfin
leurs couplages.

Paragraphe I
FONCTIONNEI\IENT

Lorsqu'un malade présente un excès de Inn, général et uniforme,


avec en corollaire une insuffisance de lang, seuls un ou plusieurs
Merveilleux Vaisseaux Inn, suivant l'importance de I'excès, peuvent
prendre naissance. C'est-à-dire que Inn-tsiao-mo, Inn-oe, Tchrong-mo
280
LES MERVEILLEUX VAISSEAUX

peuvent prendre naissance et devenir réels. Vides d'énergie à I'état


de santé, c'est-à-dire d'équilibre physiologique, ils se rernplissent de
l'énergie Inn en excès qu'ils conduisent dans le I'Ierveilleux Vaisseau
u ilIaître > de signe conttaire, qui est Tou-mo. fh contribuent ainsi à
diminuer, ou même à faire disparaître I'excès de fnn.
Dans le cas d.'excès de fang, avec insuffisance de Inn, seuls les
I\{erveilleux Vaisseaux fang, c'est-à-dire lang-tsiao-mo, fang-oe,
Tae-nr.o, peuvent prendre naissance et conduire l'énergie en excès dans
Jenn-mo, tendant ainsi à rétablir l'équilible de I'énergie. en augmentant
le fnn et en diminuant Ie Iang.
C'est ce fait qui a permis de classer les }lerveilleux Vaisseaux
proprement dits en fnn ei en fang, On dit que Inn-tsiao-mo, Inn-oe
et Tchlong-mo sont de nature Inn, car ce sont les seuls qui prennent
naissance dans le cas d'excès de fnn: de même, on dit que fang-tsiao-mo,
Iang-oe et Tae-mo sont de nature lang, car ce sont les seuls qui peuvent
prendre naissance dans le cas d'excès de Iang. Tous ces Nlerveilleux
Yaisseaux véhiculent cependant une énergie soumise à I'oscillation
fnn-fang, bien qu'eile présente rrne nette tend,ance vers le Inn ou vers
le fang. Ce fonctionnement ne s'applique évidemment ni aux cas de
carence, ni au cas de pléthore.
Dans les cas de carence, les Merveilieux Vaisseaux sont dans l'im-
possibilité de prendre naissance. Dans les cas de pléthore, et surtout
de pléthore totale, avec à la fois excès de fnn et excès de fang, le système
des Merveilleux \raisseaux ne peut êtrg qu'un palliatif, car alors tous,
aussi bien fang que fnn, deviennent réels.

Parag'aphe II
DÉTERMINATION

Suivant l'importance du déséquilibre, c'est-à-dire suivant I'impor-


tance de l'excès de fnn ou de Iang, un ou plusieurs Vaisseaux de même
nature prennent naissance. Comment déterminer celui ou ceux d'entre
eux qui ont pris naissance?
a) Dans le cas d'excès local d'énergie, il n'y a en fait pas de pro-
blème, surtout lorsqu'il y a une algie coneomitante : c'est le Merveilleux
281
LES ]UIERVDILLEUX'"ÀLSSEAUX

Yaisseau, sur lequel siège la douleur, ou l'onde qui est à la base de la


règle Leou-tcheou (1) qui est en cause.
b) Par contre, dans le cas d'excès général de fnn ou de fang,
on ne peut pas détetminer, ou tout au moins on ne sait pas déterminer,
par la palpation des pouls radiaux, le ou les Merveilleux Vaisseaux
qu'emprunte l'énergie en excès. Les pouls ind.iquent seulement si ce
sont les Merveilleux Vaisseaux Inn qui ont pu prendre naissance et
non pas les fang, dans le cas d,'excès de Inn aux pouls, et inversement.
Mais ils ne permettent pas de déterminer lequel parmi ceux de même
nature a pris naissance.
Il n'y a pas non plus de moyen clinique de détermination. C'est
uniquement l'expérience aecumulée au cours des siècles qui a permis
d'établir que dans la majorité des cas (car là aussi il y a des exceptions)
à un type de déséquilibre déterminé et à une affection, une maladie
ou une algie particulière, ayant des symptômes propres, c'est tel
Merveilleux Vaisseau et non pas tel autre qui prend naissance. Cette
expérimentation millénaire a permis aux Chinois d'établir des tables,
élaborées au cours des âges, eui donnent pour des symptômes, pour
des algies, on pour des maladies plus ou moins définis, le Merveilleux
Vaisseau qui, habituellement, prend naissance en premier lieu. Dans
notre < Essai sur l'acupuncture chinoise pratique ))r puis dans nos
< Compléments d'acupuncture )), nous avons cité une liste qui donne
pour un grand nombre d-e troubles et de symptômes le l'Ierveilleux
Vaisseau qui leur correspond (2). Dans le traitement des algies selon
la localisation, en tête de chaque rubrique, nons donnons également
le Merveilleux Vaisseau correspondant.

ParagraTthe III
COUPLAGE DES MERVEILLEUX VAISSEAUX

Grâce à la tradition, on peut donc savoit le plus souvent quel est


Il peut être seul et demeurer
le Merveilleux Vaisseau qui a pris naissance.

(1) Voir page 80.


_ (2) Voir < Essai sur I'Acupuncture Chinoise Pratique
,, Conipiéments d'Acupuncl,ure ,^, page 167'et suivantes.
D, pages 198 et suivantesl

282
LES MENVDILLPUX VAISSEAUX

seul, si l'excès est relativement léger. Si le déséquilibre est important,


un autre Merveilleux Vaisseau peut alors devenir réel. Il est toujours
d.emême nature que Ie premier, et parmi les trois qui restent (puisqu'il
existe quatre Merveilleux Vaisseaux fnn et quatre fang), c'est toujours
celui qui est en rapport avec le premier. On dit que ces deux l\ferveil]eux
Vaisseaux, qui prennent toujours naissance suceessivement, sont
< couplés >. Si, dans'un trouble donné, fang-oe a pris naissance, mais
que l'excès soit important et Iang-oe insuffisant pour le drainer, ce
n'est pas n'importe quel autre tr{erveilleux Yaisseau Iang qui prend
naissance en second lieu, mais au contraire c'est toujours Tae-mo.
Et, inversement, pour une autre maladie dont le Merveilleux Vaisseau
correspondant serait Tae-mo, c'est toujours lang-oe qui deviendra
réel à son tour en second lieu, si Tae-mo est insuffisant. Si ce deuxième
Merveilleux Vaisseau est encore insuffisant pour véhiculer un excès
très inportant, un ou deux autres lVlerveilleux Vaisseaux de même
nature peuvent encore être utilisés. Les deux iVlerveilleux Vaisseâux
qui constituent ce deuxième groupe sont eux awsi couplés, comme
ceux du premier. Pour les fnn et pour les fang il existe donc des
couplages que I'on peut résunrer dans Ie tableau suivant :

IANG INN
Tou-mo Jenn-mo
Iang-tsiao-mo Inn-tsiao-mo
Iang-oe fnn-oe
Tae-rno Tchrong-mo
Ce tableau montte comment sont couplés les I\ferveilleux Yaisseaux
de rnême nature. Ainsi lang-oe est couplé avec Tae-mo comme Tchr'ong-
mo est couplé avec Inn-oe et ainsi cle suite.
Mais il monire enco e le couplage de d.eux Merveilleux Vaissealrx,
de nature conttaire cette fois, que l'on appelle a symétriques r. A un
lVlerveilleux Yaisseau fnn correspond un i\ferveilleux Vaisseau fang
déterminé, toujours le même, et inversement. Ainsi, Iang-oe est le
symétrique de Inn-oe, de même que Tchrong-mo est le symétrique de
Tae-mo. Pourquoi ces I'Ierveilleux Vaisseaux sont-ils dénommés
symétriques? C'est que, souvent, le ÙIerveilleux Vaisseau symétrique
288
LES MERVDILLEUX VAISSEAUX

prend naissance à la place du Merveilleux Vaisseau qui d.evrait devenir


réel selon la tradition, lorsque I'excès révélé par la palpation des pouls
radiaux du malade est de nature contlaire à celui du ùferveilleux
Yaisseau indiqué. Autrement dit, lorsque dans les tables est indiqué
un l\(erveilleux Vaisseau de signe contraire à I'excès, il est certainement
virtuel et done inutilisable, mais or] peut employer avec succès son
Merveilleux Vaisseau symétrique. Prenons un exemple. Dans l'arthrite
des doigts, le Merveiileux Vaisseau qui devient réel est classiquement
Iang-oe et c'est lui que l'on trouve indiqué à la rubrique correspond.ante.
Mais cela n'est vrai que si le malad.e présente un excès d.e Iang. Si on
constate à la palpation d.es pouls un excès de fnn, seul un Merveilleux
Yaisseau Inn a pu devenir réel. L'expérience prouve que très souvent
c'est le Nlerveilleux Vaisseau symétrique qui prend naissance. Dans
l'exemple envisagé, c'est donc Inn-oe, symétrique de Iang-oe. Le tableau
ci-dessus donne en face de chaque \ferveilleux Vaisseau Iang le
Illerveilleux Vaisseau Inn symétrique-

--

284
SUBDIVISION II

LES POINTS DE COMMANDE


DES I\{ERVEILLEUX VAISSEAUX

Pour agir sur l'équilibre d'un méridien déterminé, on emploie les


points de commande de ce méridien, c'est-à-dire le point de tonification,
le point de d.ispersion, le point source, ete. Les Merveilleux Vaisseaux
proprement dits n'ont pas de points qui leur soient propres puisqu'ils
les empruntent et les ont en commun avec certains méridiens. Ils
possèdent néanmoins des points que I'on peut considérer cornme des
points de command.e, mais dont la nature et I'action diffèrent de celle
des points de corumande des méridiens. Nous verrons en deux sections:
Section I. Les points de commande principaux des Merveilleux
Vaisseaux.
-
Section ff. Les points de commande secondaires des Merveil-
leux Vaisseaux. -

--

285
LES MERVEILLEUX YAISSEAAX

Sncrrox I
LES POINTS DE COLITMANDE PRINCIPAUX
DES MENVEILLEUX VAISSEAUX
Les I'Ierveilleux Vaisseaux, aussi bien Jenn-mo et Tou-mo que
les lVlerveilleux Vaisseaux véritables, possèdent trois points de
commande principaux. Ce sont leur point < i\'Iaître r, leur point d' < en-
trée > qui possède aussi les propriétés de point < lo r, et leur point de
a sortie r.
Nous étudierons ici les deux premiers seulemeut, car le point de
sortie n'est poû ainsi dire jamais utilisé dans le traitement des algies.
Paragraphe I. Le poirrt n lVlaître >.
Faragraphe II.
- Le point d' < entrée r et a lo >.
-
Paragraphe I
LE POINT MAITRE
Le point qui dirige et conditionne le fonctionnement des iVlerveil-
leux Vaisseaux, et dont on ne tetrouve pas l'analogue pour les méridiens,
est le point Maître (1). n s'agit toujours d.e deux points symétriques
situés, I'un sut la branche droite du méridien qui le porte, et l'autre
sur la branche gauche. Voici la liste des points Maîtres d.es différents
Hlerveilleux Vaisseaux :
Pour les Iang :
Reou-tsri (S I. G.), est le point i\{aître de Tou-mo.
Chenn-mo (62 V.), est le point iVlaître de lang-tsiao-mo.
Oae-koann (5 T. R.), est le point Maître de fang-oe.
Linn-tsri (41 V.B.), est le point Maître de Tae-rno.
Pour les Inn :
Lie-tsiue (7 P.) ,est Ie point }[aître de Jenn-mo.
Tchao-rae (6 R.), est le point II'Iaître de Inn-tsiao-mo.

(1) Les poinis ùIaîtles sont encore appelés < Points Clés ,.
286
LES MERYDILLNAX VAISSEAUX

Nei-koann (6 M. du C.), est le point Maître de fnn-oe.


Kong-soun (* R. P.), est le point l\{aître d.e Tchrong-mo.
Les points ilIaîtres des l\{erveilleux Yaisseaux sont situés à distance
du Merveilleux Vaisseau, sauf pour lang-tsiao mo et Inn-tsiao-mo dont
les points iïIaîtres sont placés sur le l\[erveilleux Vaisseau lui-même, et
sont en même temps points d'entrée.
Ces points Maîtres ne sont pas comparables aux points de toni-
fication ou de dispersion des méridiens. Les Chinois les appellent des
< points clés :r. Leur excitation, c'est-à-dire leur piqûre a ouwe > le
lVlerveilleux Vaisseau dans le cas où, pour une raisou quelconque, il
ne fonctionrr,e pas, et d.e ce fait ne peut pas jouer son rôle régulateur
de lutte contre un déséquilibre. Cette excitation augmente aussi le
débit du Merveilleux Vaisseau lorsque celui-ci est insuffisant. Les points
Maîtres augmentent Ia puissance des poirrts qui appartierurent au
Merveilleux Vaisseau en rendant active l'énergie du iVlerveilleux
Vaisseau eu plus de l'énergie du méridien lui-même.
L'action sur le point Maître peut se faire en dispersion avec une
aiguille d'argent, ou en tonifreation avec une aiguille d'or. Il semble
très souvent que le résultat soit identique quel que soit le sens de l'exci-
tation. L'action. en dispersion paraît cependant nettement plus favo-
rable lorsque Ie Merveilleux Vaisseau utilisé est de même nature que
I'excès d'énergie.
Lorsque ees huit points i\{aîtres sont utilisés sans tenir cornpte
des Merveilleux Vaisseaux, ils agissent alors d'une manière tout-à-fait
différente, et d.ans ce cas c'est en tonification qu'on les excite le plus
souvent (1).

Paragraphe II
LE POINT D, a ENTREE , NT ( LO D

Les points d'entrée des iVlerveilleux Vaisseaux sont toujours leur


premier point. Voici leur liste :

(f) Yoir < Complénrents d'Acupuncture r, page 160.


28i
LES MERVEILLDUX VAISSDAUX

Pour les Inn :


Le point d.'entrée de Jenn-mo est Roe-inn (I J. I[.).
Le point d'errtrée d.e fnn-tsiao-mo est Tchao-rae (6 R.).
Le point d'entrée de fnn-oe est Tso-pinn (9 R.).
Le point d'entrée de Tchrong-mo est Rong-kou (11 R.).
Pour les Iang :
Le point d.'entrée de Tou-mo est Tchrang-tsiang (1 T. i\t.).
Le point d'entrée de Iang-tsiao-mo est Chenn-mo (62 V.).
Le point d'entrée de Iang-oe est Tsinn-menn (63 V.).
Le point d'entrée de Tae-mo est Tae-mo (26 V. B.).
Les points d'entrée des Merveilleux Vaisseaux possèdent une
double qualité : ils jouent à la fois le rôle de point d'entrée et celui
de point < lo >. Nous étudierons successivement leur action de point
d'entrée, puis de point < lo >.
a) Rôle de point d,'enh'ée.
C'est par ce point que I'énergie en excès pénètre dans Ie Merveilleux
Vaisseau. Mais alors que le point d'entrée des méridiens laisse toujours
passer' I'énergie (en quantité plus ou moins grande du reste surtout
en eas de dysfonctionnement), quelle qu'en soit la quantité ou la qualité,
le point d'entrée des Merveilleux Vaisseaux semble présenter un ( seuil >
à la fois quantitatif et qualitatif au-dessous duguel il ne laisse pas
passer d'énergie. Ilne s'ouvre que lorsqu'il existe un excès de Iang
pour les Merveilleux Vaisseaux lang, et reste fermé si I'excès est de
nature contraire, c'est-à-dire Inn. Il en est de même mais inversement
pour les Merveilleux Yaisseaux Inn. C'est pourquoi les Merveilleux
Vaisseaux qu'ils command.ent ne peuvent se remplir d'énergie et devenir
réels que dans le cas d'excès de Iang pour les lVlerveilleux Vaisseaux
Iang, et dans le cas d'excès de Inn pour les Merveilleux Vaisseaux Inn.
Ce point d'entrée des l\{erveilleux Vaisseaux est toujours situé
sur le Merveilleux Vaisseau lui-même dont c'est toujours le plemier
point. Il n'y a pas d'exception comme pour les méridiens oir le point
d'entrée n'est pas néeessairement le premier dans I'ordre.
D'après la tradition chinoise, pour augmenter le débit d'un
Merveilleux Vaisseau devenu réel à la suite d'un excès, il est toujours
utile de disperser son point d'entrée. Cette opinion se confirme dans le
288
LES MERVEILLEUX VAISSEAUX

cas des algies dont l'origine réside dans un trouble des Merveilleux
Vaisseaux. On pourrait eroire à priori que c'est plutôt une propriété
du point de sortie (et celui-ci en pratique la possède), mais I'expérience
prouve que le point d'entrée a, dans ce domaine, I'action la plus
efficace. Par contre, lorsqu'un }ferveilleux Vaisseau de même nature
que l'excès n'a pas pris naissance spontanément malgré le bon fonction-
nement de son point Maître, autrement dit si son seuil de perméabilité
est pathologiquement augmenté, le point d'entrée doit être piqué
en tonification avec une aiguille d'or. Cette excitation semble abaisser
le seuil et permettre au Merveilleux Vaisseau de jouer son rôIe en contri-
buant au rétablissement de l'équilibre de l'é:rergie.
L'expérience montre que ce procédé est particulièrement efficace
lolsque une seule des branches d'un lVlerveilleux Vaisseau a pris
naissance et que l'autre branche est restée virtuelle. Cette observation
fait pressentir le rôle très large de ce point d'entrée, c'est-à-dire son
rôle de point < lo >.
b) R6Ie de point < lo >t.
Le point d'entrée d'un Merveilleux Vaisseau joue, en effet, égale-
ment le rôle de point tt Io > (1).
Il assure la communication :
Entre les deux branches d'un même ÈIerveilleux Vaisseau.
- action semble être alors la même que celle des points < lo >
Son
ordinaires, et permet I'application de la règle de la tt Grande Piqûre r
aux Merveilleux Vaisseaux lorsqu'une branche a un potentiel énergé-
tique supérieur à I'autre. Les résultats cliniques sont cependant rare-
ment aussi bons que ceux de la < Grande Piqûre )) sur les méridiens.
D'"près la tradition chinoise, le point d'entrée assure aussi la
-
conrmunication entre deux Merveilleux Vaisseaux; mais, contrairement
à ce que l'on pourrait supposer, non pas entre deux Merveilleux
Vaisseaux couplés, donc de même nature, mais au contraire entre deux
Merveilleux Vaisseaux symétriques, e'est-à-dire de nature différente,
fnn et Iang. Cela se vérifie aisément pour Tou-mo et Jenn-mo, mais
moins nettement, malgré la tradition, pour les Merveilleux Vaisseaux
proprement dits.
(1) Voir les propriétés des points a lo > en général dans < Compléments d'Acu-
puncture r, page 104.

289
LDS MENVDILLEUX YAISSEAUX

Spctror.r If
LES POINTS DE COMMANDE SECONDAINES
DES MENVEILLEAX VAISSEAUX
Points Maîtres, points d'entrée, points de sortie, sont les points
de commande classiques des Merveilleux Vaisseaux, tous les atrteurs
sont d'accord à leur sujet. Il existerait cependant d'autres points de
comma,nde sur lesquels l'unanimité n'est pas faite.
a) Potu certains auteurs ehinois, les points qui sont communs
à deux Merveilleux Yaisseaux à la fois, assurent d'une manière acces-
soire une communication entre les deux. Ils joueraient en somme un
rôle de point < lo secondaire >. Ainsi Nao-iu (10 I. G.), commun à fang-
tsiao-mo et à lang-oe, permettrait, dans certaines circonstances, le
passage de l'énergie entre ces deux Merveilleux Vaisseaux. En pratique
les points cornmuns à plusieurs Merveilleux Vaisseaux sont le plus
souvent des points < centre réunion >, et nous avons montré (1) qu'ils
ont une action différente de celle des points < 1o r. Existe-t-il une excep-
tion lorsqu'il s'agit des Merveilleux Vaisseaux ? C'est une question qui
demande encore à être vérifiée.
à) Pour certains auteurs japonais (en particulier Ma ruyama)
Tou-mo et Jenn-mo, à I'exclusion des Merveilleux Vaisseaux propre-
ment dits, posséderaient comme les méridiens ordinaires un point
souree. Ces points seraient :
Tsi-tchong (6 T. M.) poul Tou-mo, et
Sia-koann (10 J. M.) pour Jenn-mo.
Il est difficile de confirmer ou d'infirmer cette opinion cer la preuve
expérimentale est particulièrement délicate à obtenir.

--
(f) Voir a Essai sur I'Acupuneture Chinoise Pratique > et a Compléments d'Acu-
pturcture >.

290
SIIBDIVISION III

tES BRANCHES
ABERRAI\TES
DES MERVEILLEUX VAISSEAUX

Les méridiens possèdent des branehes aberrantes dont le rôle


vis-à-vis de l'énergie serait grossièrement analogue à celui des capil-
laires pour le sang. Il existerait des branches aberrantes permanentes
ou non permanentes, les unes fixes, les autres irrégulières (1). Dans
certaines algies, une btanche aberrante non régulièr'e et non perma-
nente donne parfois naissance à un point rr ceirtre-douleur r qu'un détec-
teur peut mettre en évidence. Dans certaines circonstances, on peut
mettre aussi en évidence la branche aberrante non permanente, irré-
gulière, qui ie porte.
Les Merveilleux Vaisseaux possèdent de même des branches aber-
rantes et nous avons déjà étudié le trajet de certaines d'entre elles.
Leur massage est en particulier utile dans le traiternent de certaines
algies. Il est difficile d'attribuer à ces branches un rôle analogue à
celui des capillaires sanguins, car elles n'existent pas erl permanence,
mais uniquement lorsque le llerveilleux Vaisseau est parcouru pa
l'énergie, et même d.ans ce cas, d'après la théorie chinoise, pour qu'une
branche aberrante devienne réelle, il faut certaines conditions parti-
culièr'es qui dépendent plus du cléséquilibre qualitatif que du déséqui-
libre quantitatif de l'énergie.

(1) Voir page 65, note 2.

29L
SUBDIVISION IV

UTTLTSATION DES i\,TERVEILLETJX


VAISSBAUX

A part I'application de la règle Leou-tcheou des algies, déjà


étud.iée (I),
les Merveilleux Vaisseaux sont utilisés aussi bien dans le
traitement des maladies en général que dans le traitement des algies,
pour rétablir l'équilibre de l'énergie, et ceci dans deux cas princi-
paux (2) :
A) Pour lutter contre un déséquilibre uniforme de l'énergie en
général.
B) Pour lutter contre un déséquilibre général polymorphe.
A) Pou,r lutter contre un déséqzcilibre u,niforme de l'énergie en
généraI.
On utilise soit les points lVlaîtres, soit les points d'entrée.
Io Utili,sation des points Maî,tres.
L'utilisation des points Ùfaîhes des llerveilleux Yaisseaux est
un proeédé direct de rétablissement de l'équilibre de l'énergie en
général. C'est celui qui donne, lorsque les conditions cl'efficacité sont

(r) Voir page 80.


Vaisseaux doit souvent,
par celle de leurs points
ces derniers surtout dans
our rester dans le cadre

292
LES IUIERVEILLELIX VAISSEAUX

réunies, Ies meilleurs résultats, et en particulier dans le traitement


des algies. Lorsqu'un déséquilibre se traduit par un excès net de Inn
ou de fang, et lorsque les tables ont permis de déterminel un l\[erveil-
leux Vaisseau de même nature que I'excès, la piqûre en dispersion du
point i\{aître, bien loealisé, de ce l\{erveilleux Vaisseau, amène une
diminution du terme en excès et urre augmentation dtr terme en
insuffi,sanee, et entraîne une modifrcation générale de l'ensemble des
pouls radiaux. Ce qui nécessite un nouvel examen des pouls pour
déterminer la suite des points à exciter au cours du traitement. Si,
après la piqûre du point ÙIaître du 1\'Ierveilleux Vaisseau intéressé,
le rétablissement demeure insuffi.sant, e'est que I'excès est important
et qu'un deuxième Merveilleux Vaisseau est devenu réel, ou aurait
dû le devenir. Dans ce cas, on excite encore en dispersion Ie point
Maître du Merveilleux Vaisseau couplé. Bt cela, selon la méthode
japonaise, c'est-à-dire imrnédiatement après Ia piqûre du premier
point l'faître, ou selon la méthod.e chinoise, en fin de séance de trai-
tement.
Si la piqtrre de ces deux points iWaîtres se montre cependant
encore insuffisante, on peut alors tonifier (et non plus disperser) le
point Maître de Tou-mo en cas d'excès de Inn, ou le point iVlaître d.e
Jenn-rno err cas d'excès de fang.
20 Ut'ilis(Ltion des points d,'enh'ée.
Les points d'entrée sont utilisés comme tels ou en tant que point
< lo r. Ils peuvent être employés pour rétablir au moins en partie l'équi-
libre de l'énergie; ce sont toutefois ceux de Jenn-mo et de Tou-mo que
I'on utilise le plus couramment en cas cle déséquilibre uniforme, malgré
leur emplacernent anatomique cléfavorable. Car ils peuvent être em-
ployés dans presque tous les cas cliniques, Jenn-mo et Tou-mo étant
toujours par'eourus par un courant d'énergie, et donc toujours utilisa-
bles, et ils ont cLe plus une action de points < lo généraux n.
En cas d'excès de Inn, on tonifie le point d'entrée de Tou-mo,
Tchrang-tsiang (1 T. M.), et I'on disperse accessoirement ie point
d'entrée de Jenn-Ro, c'est-à-dire Roe-inn (1 J. iT{.). En cas d'excès
de Iang, on opère en sens inverse, on tonifie Roe-inn et on disperse
Tchrang-tsiang.
293
LES MDNVEILLEAX VAISSEAUX

B) Pour lutter un déséqu,ilibre général polymorphe.


contre
Dans ce cas, les points d'entrée sont utilisés à la fois et surtout
en tant que point a lo ), pour agir sur les deux branches du Merveilleux
Vaisseau considéré et aussi en tant que point d'entrée.
1oEn tant que po,int < Io >>.

Par lui, on rétablit l'équilibre entre les deux branches d'un Mer-
veilleux Vaisseau. Cet emploi est semblable dans cette hypothèse à
celui des points < 1o > des méridiens. En pratique, or applique donc
aux l\ferveilleux Vaisseaux la règle de la < Grande piqûre ).
2o En tant gue poitzt d'entrée.
On les utilise dans le déséquilibre polymorphe entre la droite et
la gauche. On pique en dispersion ie point d'entrée du Merveilleux
Vaisseau intéressé uniquement du côté en excès, puis on pique ensuite,
toujours uniquement du même côté,le point d,'entrée du Merveilleux
Vaisseau suivant, en suivant le sens du courant d.e l'énergie.

-"-

294
II\DEX

Abcès dentaire : I48. Alcalose : 40.


Abd.ominales, douleurs : 35, 168, 198. Alcooi et acupuncture : 48, 49,
Abréviations des mérid.iens : 106. Algies abdominales : 35, 168, 190.
Accalmie z 21, 27. Algies, aggravation horaire des : 22.
Acupuncture, dangers de l' : 51. Algies anciennes : 13, 20, 21r 22,26.
Acupuncture, définition : 1. Algies d.ans I'angine de poitrine : 186.
Acupunciure, durée séance d' : 17. Algies, anneau blanc d' : 95.
Actrpur:.cture, échecs : 45. Algies, anneaux, en : 25, 95.
Acupuncture, fautes d.ans l' : 53. Algies de I'anus : 201.
Acuprrncture, historique : l, 2. Algies, apparition des, date d' : 20.
Acupuncture, limites de l' : 2,6,7,8. Algies articulaires : 46, 95.
Acupuncture locale interd.ite : J42. Algies, avant-bras, de l' : 116.
Acupuncture, origine de I' : 1. Algies banales: 14.
Acupuncturo-résistance : I0, 11, 48, 49, Algies, bandes, en : 25, 54,72, 78, 85, 91,
50. 108, 121.
Acupuncturo-résistance d'ernblée : 49. Algies bilatérales : 23, 60, 97, L04,),22.
Acrtpuncttrro-résistanee secondaire : 50. Algics, bracelet, en : 73, 94.
Aérophagie et gastralgie : 192, 103. Algies, bras, du : 68, 90, 92,773,226.
Aggravation : 51, 52, 59, 54,65. Algies, bras, du, mâssage : 226.
Aggravation, causes : 53. Algies, brassard, en z 25,95, 96.
Aggravation, durée : 52. AJgies bronehiques : I88.
Aggravation, fréquence : 53. Algies, caractère des : 22, 23,24,31, 32, 33.
Aggravation horoire : 22, 27. Algies, causes d.es : 6, 15, 40, 47,65.
Aggravation précoce : 54. Algies cervico-brachiales z 77O, JlZ.
Aggravation tardive : 59. Algies, cheville, de la : 96, 133.
Aiguille, retrait de l' : 43, M,84, Algies circulaires : 25, 78, 93, 94, 95, 104.
Aiguilles, algent, d' '.237,2&O. Algies, classification des : 10, 18, 23.
Aiguilles chauffées : 43. Algies cocclgiennes : 161.
Aiguilles, d.iamètre : 42. Algies continues ; 21, 22,27,
Aiguilles, grosseur des : .12. Algies, contractures, et: I07.
Aiguilles tournées : 42,72,83, 90, 237. Algies, cou : I50, l5I, 152, 158.
Akabané, test d' : 29. Algies du cou de pied : 133.

295