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Sommaire:

1) Généralités sur les harmoniques;


2) Grandeur harmonique;
3) Rang de l’harmonique;
4) Composition d'un signal électrique;
5) Pollution des réseaux ou pollution harmonique;
5.1) Définition;
5.2) Origine des harmoniques;
5.3) Indicateurs et détection des harmoniques;
5.4) Nécessité de détection des harmoniques;
5.5) Identification harmonique de rang pair et impair;
6) Appareils de mesure d’harmoniques;
6.1) Appareils de mesure;
6.2) Appareils de mesure moderne;
6.3) Lecture directe;
6.4) Surveillance et mesure des harmoniques;
7) Conséquences importantes des harmoniques;
8) Forme d’onde et perturbations électriques;
9) Principaux Générateurs d‘Harmoniques (HGP);
9.1) Charges non linéaires;
10) Effets des principaux générateurs d‘harmoniques.
10.1) Effets instantanés;
10.2) Effets à moyen terme;
10.3) Effets de la pollution harmonique de certains équipements électriques;
10.4) Perturbations induites sur les alimentations à courant faible;
11) Echauffement des équipements et des alimentations;
11.1) Echauffement dû aux pertes supplémentaires des transformateurs;
11.2) Vibrations et bruits;
11.3) Echauffement des câbles;
11.4) Pertes des câbles électriques par effets Joules;
11.5) Rappel de calcul des Résistances de câbles électriques;
11.6) Perturbations induites par les charges non-linéaires;
11.7) Pertes dans les conducteurs;
11.8) Intensités des câbles de section en cuivre et en aluminium;
11.9) Détermination des section des conducteurs cuivres (câbles multipolaires);
11.10) Détermination de la section du câble en aluminium (câbles multipolaires);
11.11) Détermination des intensités du neutre;
11.12) Intensités en présence d’harmonique;
11.13) Détermination de la section du câble;
12) Le théorème de Fourier;
12.1) Equation générale;
12.2) Valeur efficace d’une grandeur déformée;
12.3) Distorsion harmonique;
12.4) Taux de distorsion harmonique (Le THD);
12.5) Composante harmonique de rang h;
12.6) Equation générale du THD;
12.7) Rappel des formules relatives aux harmoniques;
a) THD en courant;
b) Exemple de calcul du courant efficace;
c) Analyse et valeurs des THD-i;
d) THD en tension;
e) Analyse et valeurs des THD-u;
12.8) Facteur de crête;
a) Courant;
b) Tension;
12.9) Représentation graphique d’un courant contenant des harmoniques (rang 9);
12.10) Applications;
13) Harmoniques dans le réseau triphasé BTA;
13.1) Courant harmonique de rang 3;
14) Spectre des harmoniques;
14.1) Analyse spectrale harmonique.
15) Filtres harmonique;
15.1) Filtre antirésonance:
15.2) Filtres passifs;
a) Schéma simplifié;
b) Schéma unifilaire avec emplacement du filtre;
15.3) Principe d’un filtre actif;
15.4) Courbes d’ondes et spectres ;
15.5) Filtres actifs/compensateurs actifs d'harmoniques;
a) Spectre sans Filtres actifs;
b) Spectre avec Filtres actifs;
c) Surcharge des filtres d'harmoniques:
16) Condensateurs et les harmoniques;
16.1) Echauffement des condensateurs du aux harmoniques;
16.2) Amélioration du facteur de puissance par filtre d'harmonique;
16.3) Triangle des puissances p, q, s d'un condensateur;
16.4) Puissance active en présence des harmoniques;
16.5) Puissance réactive;
16.6) Puissance apparente non validée en présence d’harmoniques;
16.7) Puissance déformante D.
16.8) Facteur de puissance en présence des harmoniques;
a) Facteur de puissance dans un milieu non harmonique;
b) Facteur de puissance dans un milieu harmonique;
c) Schéma simplifié d’un générateur d’harmonique et d’une batterie de condensateurs;
17) Compensation d’énergie réactive en présence d’harmoniques;
a) Relations fondamentales monophasées;
b) Transformation de puissance Sn < 2MVA;
18) Régime transitoire d’enclenchement;
18.1) Batterie fixe;
a) Exemple;
b) Synthèse;
18.2) Batterie en gradins;
a) Exemple;
18.3) Résistances de pré-insertion;
a) Synthèse;
18.4) Protection des condensateurs de compensation;
a) Phénomène de résonance;
b) Courbe de l’impédance en fonction de la fréquence;
c) Interprétation physique.
18.5) Circulation des courants harmoniques;
18.6) Courant condensateurs sans injection d’harmoniques;
18.7) Compensation avec injection d'harmoniques;
19) Surcharge harmonique;
a) Cas général;
b) Exemple;
19) Surcharge des filtres d'harmoniques;
a) Cas général;
b) Exemple;
20) Dimensionnement thermique des matériels (appareils de coupure et câbles);
20.1) Choix et calibrage des protections pour batterie de condensateurs;
a) Type de déclencheur;
b) Utilisation de dispositifs différentiels résiduels (DDR):
c) Cas d’une batterie fixe;
d) Cas d’une batterie en gradins;
e) Cas des condensateurs avec selfs anti-harmoniques et filtres;
20.2) Compensation de moteurs asynchrones;
a) Détermination par simple lecture de la compensation de moteurs asynchrones.
b) Contraintes de la compensation de moteurs asynchrones;
c) Cas du montage des condensateurs aux bornes du moteur;
d) Cas du montage des condensateurs en parallèle avec commande séparée;
e) Exemple ;
20.3) Compensation individuelle propre au transformateur;
20.4) Variations admissibles et tolérances;
20.5) Section des câbles de raccordement des batteries de condensateurs ;
21) Conclusion.
1) Généralités sur les harmoniques:

L’énergie électrique est généralement distribuée sous la forme de trois tensions constituant
un système sinusoïdal triphasé.

Un des paramètres de ce système est la forme d’onde qui doit être la plus proche possible
d’une fonction sinusoïdale.

La correction de la forme d'onde est rendue nécessaire si la déformation dépasse certaines


limites prévue par la réglementation et les normes.

Les variations en fonction du temps, des grandeurs électriques courants et tensions des
réseaux industriels alternatifs, s’éloignent de la fonction sinusoïdale pure.

Les variations sont composées d’un certain nombre de fonctions sinusoïdales de fréquences
différentes, comprenant une fonction sinusoïdale à fréquence industrielle dite sinusoïde
fondamentale.

2) Grandeur harmonique:
La grandeur harmonique est une des composantes sinusoïdales de la variation de grandeurs
physiques possédant une fréquence multiple de celle de la composante fondamentale.

La variation est composée d’un certain nombre de sinusoïdes de fréquences différentes.

L’amplitude de l’harmonique est généralement de quelques pour cent de celle du


fondamental.

3) Rang de l’harmonique:
C’est le rapport entre la fréquence fn et la fréquence du fondamental f1 généralement la
fréquence industrielle peut être 50 Hz (ou 60 Hz pour certains pays).

n = fn /f1

Par principe, le fondamental f1 a le rang 1.

La valeur de la fréquence de la tension ou du courant de rang 1 (h=1) est appelée aussi


terme fondamental.
4) Composition d'un signal électrique:

5) Pollution des réseaux des réseaux ou pollution harmonique:

5.1) Définition:

On appelle pollution harmonique la déformation du signal sinusoïdal électrique (tension ou


courant).

5.2) Origine des harmoniques:

La présence des harmoniques dans les réseaux électriques signifie que le courant et la
tension sont déformés.
Les courants harmoniques sont causés par des charges non linéaires connectées au réseau.

Une charge est dite non linéaire lorsque le courant qu’elle absorbe n’a pas la même forme
d’onde que sa tension d’alimentation.

La circulation des courants harmoniques, dans les récepteurs et les impédances du réseau,
crée à leur tour des harmoniques de tensions qui déforment la tension d’alimentation.

5.3) Indicateurs et détection des harmoniques:

Quelques indicateurs des harmoniques:

Les symptômes typiques d'une présence harmonique sont:

 La surchauffe des transformateurs (lorsqu’ils sont bien étudiés et pas


d’anomalies);

 La surchauffe des conducteurs de neutre (lorsqu’ils sont bien équilibrés et


bien dimensionnés) ;

 Le fonctionnement intempestif des dispositifs de protections (en principe bien


calibrés).

Les harmoniques de courant et de tension sont présents dans presque toutes les
installations électriques à cause des charges dites non linéaires.

5.4) Nécessité de détection des harmoniques:


Selon la concentration de ces charges, la pollution harmonique
 Peut passer inaperçue;
 Peut être acceptable ;
 Peut être dangereuse.
Dans tous les cas, il est difficile de détecter la présence des harmoniques par des outils et
des méthodes de dépannage traditionnels.

Savoir détecter la présence d’harmoniques dans les réseaux électriques et au niveau des
équipements, la détection des harmoniques est donc nécessaire pour pouvoir améliorer la
qualité de l’onde et éviter leurs effets néfastes.

5.5) Identification harmonique de rang pair et impair:


Les harmoniques de rang impair (3, 5, 7, 9 .. .) sont fréquemment rencontrés sur le réseau
électrique.

Les harmoniques de rang pair (2, 4, 6, 8 ...), n'existent qu'en présence d'une composante
continue. Ils sont souvent négligeables en milieu industriel.

Les harmoniques supérieurs au rang 25 sont dans une majorité des cas négligeables.
6) Appareils de mesure d’harmoniques:

Plusieurs appareils de mesure des harmoniques sont disponibles sur le marché.

Selon le but des interventions, il est possible d’utiliser soit:

Des pinces de courant qui donnent la valeur efficace;

Le relevé des taux de courants ou de tensions harmoniques, se fait avec un analyseur de


spectre qui donne l’amplitude de chaque composante.

Il est important de choisir des capteurs (de courant ou de tension) ayant une bande passante
suffisante pour la bande de fréquences mesurée.

La valeur efficace du courant déformé (ou de la tension déformée) peut:

Etre mesurée avec un appareil de valeur efficace,

Etre réalisée à partir du spectre issu d’un analyseur,

Etre estimée à partir d’un relevé oscilloscopique.

Les analyseurs modernes de la qualité de l'onde qui offrent l'affichage de la tension, du


courant et de la puissance sous ses trois formes différentes:
 Graphique,
 Numérique,
 Diagramme à barres.
6.1) Appareils de mesure:
La pince de courant est généralement utilisée pour effectuer un diagnostic rapide.

Par exemple, on peut détecter la présence d'un courant harmonique du rang multiple de 3
sur le neutre d'un système triphasé équilibré.

Pour une analyse plus poussée, les analyseurs portables sont très utilisés.

Ils sont capables de fournir plusieurs informations allant d'une simple lecture:
 Du courant;
 De la tension efficaces jusqu‘à la valeur limite des
harmoniques;
 De puissances actives;
 De puissances réactives;
 De puissances apparentes;
 Du facteur de la distorsion harmonique totale (TDH);
 Des facteurs de crête courant et tension;
 Des facteurs de puissance.
6.2) Appareils de mesure moderne:
Actuellement les analyseurs harmoniques sont équipés:
 D'un écran graphique multi-couleurs;
 D'une mémoire importante pour le stockage des données pouvant couvrir des
périodes de mesurage très longues;
 De ports de communication série pour dialoguer avec des ordinateurs PC.
Ces derniers (PC) sont généralement équipés d'un logiciel d'analyse harmonique permettant
le traitement des données récoltées sur les sites.

6.3) Lecture directe:


o Sur l‘écran de l'analyseur ;
o Sur le PC d’exploitation.
Il est possible de visualiser les différentes formes d’ondes des tensions et des courants, ainsi
que les diagrammes vectoriels et les spectres harmoniques.

Les fonctionnalités offertes par ces analyseurs et les logiciels associés sont très pratiques.

6.4) Surveillance et mesure des harmoniques :


Quels harmoniques peuvent on mesurer et combattre ?
Les harmoniques les plus fréquemment rencontrés dans le cas des réseaux triphasés sont les
harmoniques de rangs impairs.

Au-delà du rang 25, les courants harmoniques sont négligeables et leurs mesures sont
pratiquement négligeables.

Une bonne précision de mesure est obtenue en considérant les harmoniques jusqu’au rang
25.

Les distributeurs d’énergie des pays développés surveillent les harmoniques de rang 3
jusqu’à 15.

La compensation des harmoniques jusqu’au rang 15 est impérative.

Une bonne compensation prendra également en compte des harmoniques jusqu’au rang
25.

7) Conséquences importantes des harmoniques :


Le phénomène des harmoniques était peu considéré par l’industrie car les effets sur les
réseaux étaient généralement peu importants.
Mais l’arrivée en force de l’électronique de puissance dans les récepteurs a amplifié
fortement le phénomène dans tous les secteurs d’activité.
Les harmoniques sont d’autant plus difficiles à combattre que les équipements vitaux pour
l’entreprise.
Ils sont souvent les causes essentielles des perturbations.
8) Forme d’onde et perturbations électriques:

Le système sinusoïdal (tension, courant) permet de fournir la puissance électrique nécessaire


aux équipements et matériels électriques sans trop de pertes.

L'aspect sinusoïdal de la tension d'origine est nécessaire de la conserver, afin de préserver


les qualités essentielles de la tension (et courant) pour la transmission de la puissance utile
aux équipements.

Lorsque la forme de l'onde de tension n'est plus sinusoïdale, on rencontre forcément des
perturbations qui génèrent:

 Des dysfonctionnements,

 Des échauffements des alimentations,

 Des échauffements des récepteurs et appareillages raccordés


sur un même réseau d'alimentation électrique.

9) Principaux Générateurs d‘Harmoniques :

L'utilisation croissante des équipements informatiques, l’électronique de puissance et autres


sur les réseaux électriques contribue à la dégradation de la tension d'alimentation.

Ceux sont les démarreurs électroniques (on peut les appeler les Principaux Générateurs
d’Harmoniques « HGP ») tels que :

Les équipements industriels:


Les machines à souder, Les fours à arc,
Les fours à induction, Les redresseurs,
Les variateurs de vitesse Convertisseurs de fréquence;
Dégradateurs; Les onduleurs;
Convertisseurs; Lampes à décharge;
Les moteurs à courant continu, Les ordinateurs,
Les photocopieurs, fax, Les Téléviseurs,
Les fours micro-onde, L’éclairage néon etc.…
Ces équipements modifient l’allure de la tension qui est initialement sinusoïdale.

9.1) Charges non linéaires:


Les charges déformantes ou charges non linéaires ou encore appelées récepteurs non
linéaires appellent, sur le réseau électrique, des courants déformés qui, lorsqu'ils sont
importants en amplitude, vont modifier l'allure de la tension sinusoïdale.
Cette tension électrique irrégulière a une influence directe sur les performances et le
fonctionnement des équipements électriques.
10) Effets des principaux générateurs d‘harmoniques :
10.1) Effets instantanés:
Ils créent des perturbations dans le fonctionnement des appareils de protection et de
commutation.
Sur les systèmes d’instrumentation, les tensions harmoniques peuvent perturber les
dispositifs de régulation.
Les récepteurs à télécommande, à surveillance et à commande à distance peuvent être
perturbés par des tensions harmoniques.

10.2) Effets à moyen terme:


Les générateurs d’harmoniques engendrent l'échauffement, et causent un vieillissement
prématuré des équipements électriques.

10.3) Effets de la pollution harmonique de certains équipements électriques:

Matériel électrique Effets de la pollution harmonique

Machines tournantes Echauffements supplémentaires.


(moteurs triphasés, alternateurs Couples oscillatoires provoquant des vibrations et
etc.) du bruit.
Transformateurs Echauffements supplémentaires.
Pertes dans le fer.
Risque de saturation.
Câbles Augmentation des pertes surtout dans le
conducteur neutre ou s’ajoutent les harmoniques
de rang 3.
Electronique de puissance Troubles de fonctionnement.
Condensateur Vieillissement prématuré.
Dispositifs de protection Déclenchements intempestifs.
(disjoncteurs, fusibles)
Compteurs d’énergie Erreurs de mesure.
Téléviseurs Déformations de l’image et du son.

Lampes à décharge Risques de vieillissement prématuré.

10.4) Perturbations induites sur les alimentations à courant faible:


Téléphone, contrôle-commande:

Les perturbations surviennent lorsqu’une alimentation à courant faible chemine le long


d’une canalisation de distribution électrique avec courants et tensions déformés.
Les paramètres qui influent :
 La longueur du cheminement parallèle,
 La distance entre les circuits voisins,
 Les fréquences des harmoniques.
11) Echauffement des équipements et des alimentations:
Echauffement dû aux pertes supplémentaires des machines:
Pertes supplémentaires dans les machines tournantes:
 Dans le stator (cuivre et fer),
 Dans le circuit rotorique (cage et circuit magnétique).
La différence importante de vitesse entre le champ tournant inducteur harmonique et le
rotor.
Les mesures rotoriques (température, courants induits) sont influencées.

11.1) Echauffement dû aux pertes supplémentaires des transformateurs:


Pertes supplémentaires des transformateurs sont dues:
 A l’effet de peau (augmentation de la résistance du cuivre avec la
fréquence);
 A l’hystérésis;
 Aux courants de Foucault (dans le circuit magnétique).
11.2) Vibrations et bruits:
En présence des efforts électrodynamiques qui sont proportionnels aux courants
instantanés, les courants harmoniques causeront:
 Des vibrations sur les machines tournantes;
 La fatigue mécanique des matériaux due aux vibrations ;
 Des bruits acoustiques sur les transformateurs et les
inductances.

11.3) Echauffement des câbles :


Les pertes des câbles traversés par des courants harmoniques sont majorées, d’où une
élévation de température.
Parmi les causes des pertes supplémentaires on peut citer :
 Une augmentation de la valeur efficace du courant pour une même puissance
active consommée ;
 L’élévation de la résistance apparente de l’âme avec la fréquence, phénomène
dû à l’effet de peau;
 L’élévation des pertes diélectriques dans l’isolant avec la fréquence, si le câble
est soumis à une distorsion de tension non négligeable;

11.4) Pertes des câbles électriques par effets Joules:


Pertes par effet Joule:
W = RI² = 10 ρ I² / S
NB: Les pertes dans les câbles traversés par des courants harmoniques sont majorées, d’où
une élévation de température.

11.5) Rappel de calcul des Résistances de câbles électriques :


Résistance linéique: En courant continu : Rc = 10 ρ l / s.
En alternatif : Ra = Rc (1 + k (f² * S²))/ 10ⁿ Avec n=10
Légende :
Ra : résistance linéique en Ω/km;
Rc: résistance linéique en Ω/km;
ρcu : résistivité du cuivre à 20° C = 18,51 mΩ. mm² / m (selon la norme c15-100)
ρal : résistivité de l’ aluminium à 20° C = 29,41 mΩ. mm² / m (selon la norme).
S : section du conducteur en mm²
f : fréquence en hertz
K = 1,85 pour un conducteur
K = 4,30 pour deux, trois …conducteurs
Ra : est liée aux phénomènes électromagnétiques, effets pelliculaire et de proximité etc.

Remarque:
D’une façon générale tous les équipements et alimentation en câble (ou en ligne) soumis à
des tensions harmoniques ou traversés par des courants harmoniques, ont des pertes
importantes.

11.6) Perturbations induites par les charges non-linéaires :


Courant et tension harmoniques:
Les courants harmoniques sont générés par les charges non linéaires connectées au réseau.

Impédance d’alimentation Zh : vue par l’harmonique de rang h

A chaque courant harmonique de rang h correspond une impédance de circuit


d’alimentation Zh.
Le courant harmonique de rang h va créer à travers l’impédance Zh une tension harmonique
uh, avec uh = Zh x ih (par simple application de la loi d’Ohm).
La tension en B est donc déformée.
Remarque :
Tout appareil alimenté à partir du point B recevra alors une tension perturbée.

11.7) Pertes dans les conducteurs:


Installation simple:
 Un départ direct
 Un organe de coupure ou de protection
 Une charge.

Données :
R c1= 6 mΩ Xc1= 5 mΩ
L =50 m P = 137.2 KW
cosϕ = 0.88 puissance monophasée des auxiliaires: 1000W
11.8) Intensités des câbles de section en cuivre et en aluminium:
Câble type AFUMEX 1000 (RZ1-R):

11.9) Détermination des sections des conducteurs cuivre (câbles multipolaires):


Pertes de courant dans les conducteurs:
Détermination des intensités de phase :
Courant de phase de la charge triphasée:
Ip = P / (UV3cosФ)
Ip = 137,2*10³ /1,732*400*0,88 = 225,04 A
Soit 225 A courant de phase.
Détermination de la section du câble:
Soit (4 Cp) ou Soit (3 Cp+1CN)
La section des trois conducteurs de phase et du neutre (câbles multipolaires).
D’après le tableau précédent: La détermination de la section en cuivre pour un courant de
phase de 225A est:
S = 4* C = 4*95mm² Cu.
Si S = 3 Cp+1CN = 3 Cp+1/2Cp = (3*95mm²cu + 1*50mm² Cu)
On prendra les valeurs normalisées.
Les pertes joules dans le câble:
Pj1 = I².R c1 Pj1 = 225². 0,006 = 304 J
Pj2 = I².Xc1 Pj2 = 225². 0,005 = 253 J.

11.10) Détermination de la section du câble en aluminium (câbles multipolaires):


Choix de la section du câble en aluminium (câbles multipolaires):
Soit (4 Cp)
La section des trois conducteurs de phase et du neutre.
D’après le tableau précédent:
La détermination de la section en aluminium pour un courant de phase de 225A est:
S = 4* C = 4*120 mm² Al.
On prendra les valeurs normalisées.

11.11) Détermination des intensités du neutre:


Courant des auxiliaires monophasés:
Courant de la charge dans le neutre:
IN = P/U
IN = 1000/230 = 4.34A
La consommation des auxiliaires monophasés est négligeable devant le choix de la section
(rappel: on prendra toujours la valeur normalisée).

11.12) Intensités en présence d’harmonique:


On suppose que les mesures effectuées sur l’installation ont donné le résultat suivant :

Intensités en présence d’harmonique Taux de distorsion

Intensité du fondamental 225 A


Intensité du rang 3 183 A 81.3%

Intensité du rang 5 152 A 67.6%


Intensité du rang 7 118 A 52.4%

11.13) Détermination de la section du câble:


Détermination du courant des conducteurs de phase et du neutre.
Iph = √Σ(Ih²) = √(225²+183²+152²+118²) = 348 A
In = √Σ(I3²) = √(4.34²+3*183²) = 317A
D’après le tableau:
Suite à la pollution harmonique, la nouvelle section du câble en cuivre devient:
La section minimale : Sph(cu) = 150mm².

Les pertes joules dans le câble:


PJ 1 = I².R c1 Pj1 = 348². 0,006 = 527 J.
PJ 2 = I².X c1 PJ 2 = 348².0,005 = 606 J.

12) Le théorème de Fourier:


Le théorème de Fourier indique que toutes les fonctions périodiques non sinusoïdales
peuvent être représentées comme la somme des thermes (u ou i) d’une série constituée
de:
 Un terme sinusoïdal à la fréquence fondamental;
 Des termes sinusoïdaux (harmoniques) dont les fréquences
sont des multiples entiers de la fréquence fondamentale;
 Une composante continue si elle existe
L’harmonique de rang h d’un signal est la composante sinusoïdale dont la fréquence est h
fois la fréquence fondamentale.
L’équation de la décomposition harmonique d’une fonction périodique y(t) est:

12.1) Equation générale:

Légende :
Y0: valeur de la composante continue généralement nulle;
Yh : valeur efficace de l’harmonique de rang h
ω : vitesse angulaire de la fréquence fondamentale;
Фh: déphasage de la composante harmonique à t=0.

Remarque :
Le physicien Joseph Fourier, a démontré qu'un signal non sinusoïdal peut être représenté
sous la forme d'une somme de signaux de fréquences différentes.
Connue sous le nom série de Fourier.

12.2) Valeur efficace d’une grandeur déformée:


La valeur efficace de la grandeur déformée provoque les échauffements, donc
habituellement les grandeurs harmoniques sont exprimées en pourcent (%).
Pour une grandeur sinusoïdale, la valeur efficace est la valeur maximale divisée par racine de
deux.
Ief = Imax /√2
Pour une grandeur déformée, en régime permanent, l’énergie dissipée par effet Joule est la
somme des énergies dissipées par chacune des composantes harmoniques, soit :
RI² = RI1²+ RI2²+ RI3²+….. + RIh²
Dans la mesure où la résistance est considérée comme une constante.
D’où I²= I²1+ I²2+ ….. +I²h.
La mesure de la valeur efficace de la grandeur déformée s’effectue directement par des
appareils tels que l’analyseur de spectre.
Valeur efficace du courant :
La valeur efficace d'un courant déformé est donnée par :

Légende :
I : valeur efficace du courant déformé;
If = I1 : valeur efficace du fondamental;
Ih : valeur efficace des harmoniques ;
I2, I3,...Ih : valeurs efficaces respectives de la 2ième, 3ième………hième harmoniques.

12.3) Distorsion harmonique :


La distorsion d’harmonique peut entraîner :
 Des problèmes de facteur de puissance;
 Des problèmes d’échauffements des équipements;
 Des alimentations (câbles ou lignes) qui surchauffent;
 Echauffement des transformateurs et les circuits magnétiques;
 Des déclenchements de disjoncteurs aléatoires;
 Des défaillances d'équipements sensibles.
Les harmoniques affectent aux utilisateurs énergétiques de lourdes pertes.

12.4) Taux de distorsion harmonique (Le THD):

L'une des solutions destinées à déceler la présence d'harmoniques est le calcul du THD.
Il en existe 2 sortes :
 En tension (apparaît à la source)
 En courant (dû aux charges).
Lorsque le THD est égal à zéro, on peut conclure qu'il n'y a pas d'harmoniques sur le réseau.

Ce taux de distorsion harmonique correspond au rapport entre la valeur réelle efficace de


l'harmonique d'un signal (U ou I) et sa valeur efficace à la fréquence du fondamental.

12.5) Composante harmonique de rang h:


La composante harmonique individuelle est définie comme étant le pourcentage
d’harmonique de rang h par rapport à la composante fondamentale:
 Pour les harmoniques de tension : uh%= 100*Uh/U1
 Pour les harmoniques de courant : ih% = 100* Ih/I1

12.6) Equation générale du THD:


La distorsion harmonique totale ou taux harmonique de distorsion (THD) est un indicateur
de la distorsion d’un signal :
Pour un signal Y le THD est:

Le THD est le rapport entre la valeur efficace de toutes les composantes harmoniques du
signal Y ramenée à la composante fondamentale.
h est limité à environ 25.
Le THD peut dépasser la valeur 1 et généralement exprimé en %.
Remarque importante :
Dans certains pays et certaines zones, le fournisseur d'énergie électrique peut imposer des
niveaux maximaux de courants harmoniques générés par ses clients.
 Les taux de tension harmonique THD-V < 5%
 Les taux de courants harmoniques THD-I < 10%
 Formule générale :

12.7) Rappel des formules relatives aux harmoniques:

a) THD en courant :

Pour les harmoniques de courants l’équation est:

En introduisant la valeur du courant efficace:

Nous obtenons la relation suivante:

Équivalent à :

THD : Taux de Distorsion Harmonique:


Le Taux de Distorsion Harmonique (TDH) est le rapport entre les valeurs harmoniques et la
valeur de la fondamentale exprime en pourcentage.
Le THD donne une mesure de la déformation du signal.
Le taux de distorsion harmonique pour le courant est donné par :

b) Exemple de calcul du courant efficace:

Pour THD-i = 40%, nous obtenons :


I eff = 1,08.I1.
Exemple:
Un courant dont la valeur efficace est 80 A à la fondamentale (50 Hz) et de 60 A à la 3 ième
harmonique (150 Hz).
Calculer la valeur efficace du courant déformé et le taux de distorsion harmonique.
Le courant efficace est donné par la formule suivante :

Le taux de distorsion harmonique de ce courant se calcule comme suit :

Soit : THD-i = 60/100 = 0,60 Soit le THD –i est de 60%

c) Analyse et valeurs des THD-i:


Le THD en courant caractérise la déformation de l’onde de courant.
Une valeur de THD-i inférieure à 10 % est considérée comme normale.
Aucun dysfonctionnement n’est à craindre.
Une valeur de THD-i comprise entre 10 et 50 % révèle une pollution harmonique
significative.
Il y a risque d’échauffements, ce qui implique le surdimensionnement des câbles et des
sources.
Une valeur de THD-i supérieure à 50 % révèle une pollution harmonique importante.
Des dysfonctionnements sont probables.
Une analyse approfondie et la mise en place de dispositifs d’atténuation sont nécessaires.

d) THD en tension:
Rappel des formules relatives aux harmoniques:
Pour les harmoniques de tension THD-v:

En introduisant la valeur de la tension efficace:

Nous obtenons la relation suivante:

Équivalent à:

e) Analyse et valeurs des THD-u:


Le THD en tension caractérise la déformation de l’onde de tension.
Une valeur de THD-u inférieure à 5 % est considérée comme normale.
Aucun dysfonctionnement n’est à craindre.
Une valeur de THD-u comprise entre 5 et 8 % révèle une pollution harmonique significative.
Quelques dysfonctionnements sont possibles.

Une valeur de THD-u supérieure à 8 % révèle une pollution harmonique importante.


Des dysfonctionnements sont probables.
Une analyse approfondie et la mise en place de dispositifs d’atténuation sont nécessaires.

12.8) Facteur de crête:


a) Courant:
C’est le rapport entre la valeur de crête du courant (Im) et la valeur efficace Ieff du courant.
Ki = Im / Ieff Facteur de crête courant Ki= Icrete /Ieff

Ce facteur est utilisé pour caractériser la forme du signal déformé.

b) Tension :
C’est le rapport entre la valeur de crête de la tension (Um) et la valeur efficace Ueff de la
tension.
Ku = Um/ Ueff Facteur de crête tension Ku = Ucrete /Ueff
Ce facteur est utilisé pour caractériser la forme du signal déformée.

Légende :
Ki: facteur de crête courant
Ku : facteur de crête tension
Um : tension maximale
Im : courant maximum
Ieff : courant efficace
Ueff : tension efficace.

Remarque importante:
Pour un signal sinusoïdal, ce facteur est donc égal à √2. (k = √2)
Pour un signal non sinusoïdal, le facteur (k) peut être :
Soit inférieur à √2,
Soit supérieur à √2.
Ce facteur est plus particulièrement utile pour attirer l’attention sur la présence des
harmoniques.
Un facteur de crête très élevé signifie des surintensités importantes.
Ces surintensités, détectées par les dispositifs de protections, peuvent être à l’origine de
déclenchements intempestifs.
12.9) Représentation graphique d’un courant contenant des harmoniques (rang 9):
Intensité I crête:

12.10) Applications:
A chaque fois qu'un signal de courant ou une tension n'a pas la forme d'onde sinusoïdale, il
faut s'attendre a une présence harmonique.
Cette présence, dite pollution harmonique est très importante lorsque la forme du signal
s‘éloigne de la forme d'onde sinusoïdale.

Signal déformé - décomposition


12.10) Applications :

13) Harmoniques dans le réseau triphasé BTA:

Lorsque les 3 phases sont équilibrées et pas de courants harmoniques la somme des
courants de phases est nulle (somme vectorielle :I1+I2+I3 = 0 et I1 = I2 = I3 en valeur
absolue).
C’est-à-dire le courant dans le neutre est égal à zéro.
I neutre = 0 lorsque ∑Iph = 0

∑I3 = Ih3(1) + Ih3(2) + Ih3(3).


Légende:
I1: fondamental
I3 : harmonique de rang 3

13.1) Courant harmonique de rang 3:


C’est l’appareil de mesure qui donne l’allure de l’harmonique.
Un réseau triphasé à 50 Hz généralement déphasé de 120° entre phases.
L’existence de l’harmonique entraine qu’il y a un courant dans le neutre s’il dépasse les
normes, il devient dangereux pour les équipements et les alimentations électriques.
Remarque:
Les courants harmoniques circulant à travers les impédances du système électrique
provoquent des tensions harmoniques, observées sous forme de distorsion harmonique en
tension.

14) Spectre des harmoniques:


Dans la pratique, on représente les harmoniques sous forme de "raies" appelés spectre, dont
les dimensions sont proportionnelles aux amplitudes des harmoniques.

Spectre des harmoniques


C’est l’histogramme donnant l’amplitude de chaque harmonique en fonction du rang.
L'amplitude du signal 50 Hz.

X % : Amplitude de l'harmonique de rang 3.


Par exemple, le signal déformé contient des harmoniques des rangs 3, 7 et 11 ;

14.1) Analyse spectrale harmonique:


L’analyse harmonique d'un signal périodique quelconque, plusieurs outils d'analyse sont
disponibles.
Parmi ces outils, l'analyse spectrale s‘avère un outil très intéressant et très pratique.
L'analyse spectrale dans le domaine fréquentiel d'un signal déformé consiste à déterminer
les éléments suivants :
 L'amplitude du fondamental (signal à 50 Hz ou 60 Hz);
 Le rang des harmoniques présents dans le signal déformé.
 Par exemple, le signal déformé contient des
harmoniques des rangs 3, 7 et 11 ;
 L'importance relative de chaque rang par rapport au fondamental.
 L'amplitude de chaque harmonique en valeur relative par
rapport à l'amplitude de la composante fondamentale.
 L'amplitude du signal 50 Hz ou 60 Hz permet de comparer
l'importance relative de chacune d'entre elles.
 Par exemple, l'amplitude de l'harmonique de rang 3 représente
environ 40 % de l'amplitude du fondamental et l'amplitude de
l'harmonique de rang 7 représente environ 20 % de l'amplitude
du fondamental.

15) Filtres harmoniques:


Les harmoniques de courant ne peuvent pas être supprimés sans rien ajouter.
Car c'est la charge qui les crée.
Il va falloir solutionner les charges polluantes pour éviter les harmoniques sur la totalité du
réseau.
Les principales méthodes utilisées correspondent à la mise en place de système de filtrage
ou d'isolement (transformateurs).
Cette méthode limitera la dégradation de l'énergie (tensions harmoniques négligeables à la
source) ainsi que leurs autres effets nocifs.
Lorsque les harmoniques deviennent négligeables, les pertes de puissance associées
disparaissent automatiquement.
La tension et le courant deviennent normaux et n’entrainent pas de pertes.
Compte tenu des risques que fait encourir la pollution harmonique aux installations
électriques, on place des filtres pour éliminer les harmoniques.

15.1) Filtre antirésonance:


L'inductance L doit être calculée de façon à ce que la fréquence de résonance ne
corresponde à aucun des harmoniques présents dans l'installation.
Cette règle permet de supprimer les risques de forts courants harmoniques dans les
condensateurs.
Une résonance parallèle appelée antirésonance pour la fréquence Far:

Xa = La

Une résonance série dans la branche L C, pour la fréquence Fr:


15.2) Filtres passifs :
Les filtres passifs sont accordés sur la fréquence à éliminer ou peuvent atténuer une plage
de fréquences.

a) Schéma simplifié:

b) Schéma unifilaire avec emplacement du filtre

Filtre harmonique
passifs
(Type Schneider)
15.3) Principe d’un filtre actif:
Filtre actif : convertisseur statique
Les systèmes précédents (filtres passifs) ne font que modifier des impédances.
Aujourd'hui la dépollution harmonique peut être traitée par l'utilisation de convertisseurs
statiques appelé filtre actif.
Un filtre actif est un convertisseur statique qui permet d'injecter dans le réseau des
harmoniques en opposition de phase et d'amplitude, telle que l'onde résultante soit
sinusoïdale.
Pour cela, il génère un courant qui est composé des seuls harmoniques (même amplitude et
en opposition de phase) du courant dans la charge.
15.4) Courbes d’ondes et spectres :
Une charge non linéaire (présence de courants harmoniques), on place un filtre actif qui
injecte négativement les courants harmoniques en temps réels.

15.5) Filtres actifs/compensateurs actifs d'harmoniques :


Les filtres actifs, ou compensateurs actifs d'harmoniques, annulent les harmoniques en
injectant des courants harmoniques exactement égaux là où ils surviennent.
Ce type de filtre réagit en temps réel aux harmoniques existantes pour les éliminer.
Ils sont plus souples et efficaces que les filtres passifs.

a) Spectre sans Filtres actifs:


b) Spectre avec Filtres actifs:

c) Surcharge des filtres d'harmoniques:


L’objectif d’un filtre d'harmoniques est de dériver les courants harmoniques dans un circuit
de faible impédance, afin qu’ils ne circulent pas dans le réseau d’alimentation.

Comme le montre la figure suivante :

Schéma simplifié d'une installation avec filtre d'harmoniques

Dans le cas où le réseau d’alimentation présente une distorsion préexistante (due à des
charges génératrices d’harmoniques raccordées en amont de l’installation), il existe un
risque de surcharge du filtre, comme le montre la figure suivante :

Risque de surcharge d'un filtre d'harmoniques.


La distorsion de tension préexistante doit être prise en compte pour le dimensionnement
des filtres d'harmoniques.
Les équipements de filtrage d'harmoniques sont systématiquement équipés d’une
protection en surcharge.
16) Condensateurs et les harmoniques:

16.1) Echauffement des condensateurs du aux harmoniques:


Les pertes dues aux phénomènes harmoniques donnent de l’échauffement.
Elles sont en première approximation proportionnelles au carré du courant efficace.
Les condensateurs sont donc sensibles aux surcharges:
 Soient par une tension fondamentale trop élevée (mauvais
dimensionnement);
 Soient la présence de tensions harmoniques.
Ces pertes sont définies par l’angle de perte δ du condensateur, angle dont la tangente est le
rapport entre les pertes et l’énergie réactive.

16.2) Amélioration du facteur de puissance par filtre d'harmonique:


La puissance apparente est une combinaison géométrique de puissance active (partie réelle)
et de puissance réactive (partie imaginaire).
Puissance "réelle " est utilisée pour effectuer un travail réel.
La puissance réactive n'accomplit pas de travail. Elle sert pour la création du champ.
Quelque soit la charge nécessite une puissance active et réactive.
Tant que les équipements possèdent des composantes magnétiques, inductives ou
capacitives entrainent l’existence d’une puissance réactive.
La puissance réactive, combinée à des courants harmoniques, contribue au faible facteur de
puissance dans les systèmes électriques.
La réduction des courants d’harmoniques améliore en outre le rapport entre la puissance
active et la puissance apparente.
D’où l’amélioration du facteur de puissance.

16.3) Triangle des puissances p, q, s d'un condensateur:

Par exemple les valeurs des tgδ sont très petites devant la valeur du fondamental.
Les échauffements dus aux phénomènes harmoniques peuvent conduire au claquage des
condensateurs.

Légende:
p: puissance active du condensateur (phénomène harmonique)
q: puissance réactive du condensateur (phénomène harmonique)
s: puissance apparente du condensateur (phénomène harmonique).
16.4) Puissance active en présence des harmoniques:
La puissance active P d’un signal comportant des harmoniques est la somme des puissances
actives dues aux tensions et courants de même rang.
La décomposition de la tension et du courant en fonction des composantes harmoniques est
déterminée par:

Légende :
ϕh : étant le déphasage entre la tension et le courant de l’harmonique de rang h.
Uh : tensions de l’harmonique de rang h.
Ih: courants instantanés de l’harmonique de rang h.

N.B:
On suppose que le signal ne comporte pas de composante continue :
U0= 0 et I0 = 0.
En l’absence d’harmoniques, on retrouve bien l’expression P = √3.U1 .I1 cos ϕ1
Le cosϕ1est égal au cos ϕ.

16.5) Puissance réactive:

La puissance réactive n’est définie que pour le fondamental, soit :


Q = √3.U1.I1.sinϕ1

16.6) Puissance apparente non validée en présence d’harmoniques:


Considérons la puissance apparente S :
S = √3.Ueff . Ieff
En présence d’harmoniques, on peut écrire :

Par conséquent, en présence d’harmoniques, la relation suivante n’est pas validée:


S²=P²+Q² S n’est pas validée.

16.7) Puissance déformante D:


On définit la puissance déformante D par la relation suivante:
S²=P²+Q²+D²
Soit: D²= S²- P²- Q²
D= (S²- P²- Q²)½

16.8) Facteur de puissance en présence des harmoniques:


a) Facteur de puissance dans un milieu non harmonique:
Le facteur de puissance sans harmonique est égal au rapport entre la puissance active P1 et
la puissance apparente S1.
cos ϕ1 = P1/S1
P1 = Puissance active du fondamental.
S1 = Puissance apparente du fondamental.
Définition:
Le cosinus phi (cos ϕ) réel il faut en tenir compte des harmoniques de quelques rangs:
cos ϕ = P/S
P = Puissance active avec harmoniques.
S = Puissance apparente avec harmoniques.
Le cos ϕ, en présence d’harmoniques, est donc différent du facteur de puissance (cos ϕ1)
sans harmoniques.

b) Facteur de puissance dans un milieu harmonique:


Dans un milieu où il n'y a que des charges linéaires, le Facteur de Puissance est tout
simplement le Cosinus de l'angle entre la tension et le courant à la fréquence 50HZ soit le
Cos φ.
En présence de charges non linéaires (harmoniques), le cos φ n'est plus applicable.
Le facteur de puissance devient:
Dans un milieu non harmonique : le facteur de puissance est Cos φ [(= Cos φ)].
Dans un milieu harmonique : le facteur de puissance est inférieur à Cos φ [(< Cos φ)].
Remarque:
Pour améliorer le Cos φ, il faut injecter du courant réactif à partir des batteries de
condensateurs.
Pour améliorer le facteur de puissance, il faut réduire le taux de distorsion harmonique.

c) Schéma simplifié d’un générateur d’harmonique et d’une batterie de condensateurs:


Le montage en série avec la batterie de condensateurs d’une self Anti Harmonique (SAH) ou
inductance Anti Harmonique (LAH) pour supprimer les courants harmoniques dangereux
dans les condensateurs et le réseau global.

Schéma simplifié
Remarque: La self fait l’objet d’un dimensionnement.

17) Compensation d’énergie réactive en présence d’harmoniques:


Les équipements faisant appel à l’électronique de puissance telle que les variateurs de
vitesse, redresseurs, onduleurs, de plus en plus utilisés, sont les causes de la circulation de
courants harmoniques dans les réseaux.
Les harmoniques perturbent le fonctionnement de nombreux dispositifs.
En particulier, les condensateurs y sont extrêmement sensibles du fait que leur impédance
décroît proportionnellement au rang des harmoniques présents.
Qc = C.U2.ω. C.U2.ω = 3. L.ω.I2
Dans certaines circonstances, des phénomènes de résonance peuvent se produire entraînant
une forte distorsion de tension et la surcharge des condensateurs.
Selon la puissance des générateurs d’harmoniques présents, différents types de
condensateurs doivent être choisis, associés éventuellement à des inductances.

a) Relations fondamentales monophasées :


Pa = V.I. Cos φ = (Z.I ).I. Cos φ= Z.I2.(R/Z) = R.I2 ;
2
Pa = R.I (en joules) est dissipée en travail;
Q= V.I. Sin φ = (Z.I ).I. Sin φ = Z.I2.(Lw/Z) = Lw.I2;
Q= Lw.I2 correspond Cos φ = P/S; à une accumulation d’énergie électromagnétique dans le
circuit inductif;
Q = V.I.Sinφ = [(Z.I).I.(-1/CW)]/Z = (-1/CW).I2 = -I2/CW;
Cela veut dire que (- I2/CW) est une puissance réactive qui est fournie au circuit.

b) Transformation de puissance Sn < 2MVA:


Gh < 0,15.Sn 0,15.Sn ≤ Gh < 0,25.Sn 0,25.Sn ≤ Gh < 0,6.Sn Gh ≥ 0,6.Sn

Equipements de Equipements de Equipements de Filtre


compensation standards compensation Type H compensation Type d'harmoniques
SAH

Légende:
Gh : puissance des générateurs d’harmoniques;
Sn : puissance nominale du transformation;
Type H : condensateurs surdimensionnés;
Type SAH : condensateurs surdimensionnés, associés à des inductances de protection.

Remarque importante:
Pour les valeurs élevées de puissance des générateurs d’harmoniques, le traitement des
harmoniques est en général nécessaire.
Le dispositif approprié (filtre d'harmonique) remplit à la fois les fonctions
De compensation d’énergie réactive,
De filtrage des harmoniques.

18) Régime transitoire d’enclenchement:


L’enclenchement d’une batterie de condensateurs est accompagné d’un régime transitoire
en courant et en tension.
Une surintensité et une surtension apparaissent, dont l’amplitude et la fréquence dépendent
des caractéristiques du réseau amont et du nombre de batteries de condensateurs.
Le réseau amont est considéré comme une inductance pure La telle que :
Laω = Un² / Scc = Un /√3.Icc avec Scc =√3.Un.Icc
Légende:
Un : tension composée nominale,
Icc : courant de court-circuit triphasé symétrique au point de raccordement du
condensateur,
Scc : puissance de court-circuit au point de raccordement du condensateur.

Remarque :
La liaison reliant l’appareil de coupure (contacteur, disjoncteur ou interrupteur) à la batterie
de condensateurs est considérée également comme une inductance pure.

18.1) Batterie fixe:


Le schéma monophasé équivalent :

Schéma simplifié d'une batterie fixe


Légende:
La : inductance du réseau amont,
L : inductance de la liaison reliant l’appareil de coupure à la batterie de condensateurs.

L’expression du courant de crête d’enclenchement est :

Remarque :
L’inductance L est négligeable devant l’inductance amont La:

La fréquence propre de ce courant est :

La durée est équivalente à la durée de la période transitoire d’un court-circuit, soit quelques
dizaines de ms.
Le courant nominal de la capacité est: Incapa = Cω.Un/√3
Le rapport des courants est:

La réactance est : La.ω = U²n /Scc

La puissance réactive est : Q = CωU²n


On obtient:

Remarque:
La surintensité s’accompagne d’une surtension dont la valeur maximale peut être proche de
2 fois la tension crête réseau.
a) Exemple: Supposons une batterie fixe de 250 KVAR de tension composée Un = 400 V
alimentée par un réseau de puissance de court-circuit maximal Scc = 20MVA, on a :

b) Synthèse:
Le courant de crête d’enclenchement maximal vaut dans cet exemple 12,6 fois le courant
nominal de la batterie, sa fréquence propre est 447Hz.
Les figures suivantes représentent le courant d’enclenchement et la tension réseau, lorsque
l’enclenchement a lieu au maximum de la tension.

18.2) Batterie en gradins:


Le schéma monophasé équivalent pour plusieurs gradins de condensateurs:

Schéma simplifié d'une batterie en gradins.


Légende:
La : inductance du réseau amont
L : inductance de la liaison reliant l’appareil de coupure (disjoncteur) à la batterie de
condensateurs (0,5 µH/m).
C : capacité du gradin
Un : tension du réseau.

Le courant de crête d’enclenchement Îe est maximal lorsque n gradins sont en service et que
l’on y imagine l’enclenchement du (n+ 1)ième gradin (dernier gradin).
Les inductances L étant très faibles, ce courant d’enclenchement est très important (il est
indépendant de l’inductance du réseau La).
L’expression du courant de crête d’enclenchement est :

On peut comparer ce courant au courant nominal d’un gradin Incapa :


Incapa = C.ω. Un / √3
On peut comparer ce courant au courant nominal d’un gradin Incapa :
Incapa = C.ω. Un / √3
On obtient:

Avec Q puissance réactive d’un gradin:

a) Exemple:
Supposons une batterie de 6 gradins, chacun gradin possède 50 KVAR, de tension composée
400 V. La distance entre chaque gradin et son appareil de coupure associé est de 1 mètre.
On a :

Remarque:
Le courant de crête d’enclenchement maximal vaut dans cet exemple 97 fois le courant
nominal d’un gradin de condensateurs.
Ce courant très élevé ne peut pas être supporté par les condensateurs et les appareils de
coupure, il faudra donc utiliser un dispositif limitant le courant d’enclenchement.

18.3) Résistances de pré-insertion:


Dans certains cas des batteries de compensation, la limitation des courants
d’enclenchement est obtenue par des résistances de pré-insertion comme l’indique le
schéma suivant.

Schéma de principe des résistances de pré-insertion


a) Synthèse:
Chaque gradin de condensateurs est commandé par un contacteur équipé de contacts
auxiliaires.
Des résistances sont connectées en série avec les contacts auxiliaires.
Dès l’alimentation du contacteur principal temporisé, les contacts auxiliaires de ce dernier se
ferment instantanément, ce qui autorise l’alimentation des résistances. Après 3 ou 4ms
environ, le contacteur principal se ferme, ce qui entraine le court-circuit de la résistance en
série avec le condensateur.
Illustration : sur les données de l’exemple précédent, avec résistance de pré- insertion égale
à 3,2W :
 courant dans le condensateur enclenché,
 tension aux bornes du condensateur enclenché et tension
réseau.
Pointe de courant à l’enclenchement du 6ème gradin : Îcapa =700 A, soit environ 10 fois le
courant nominal d’un gradin.

18.4) Protection des condensateurs de compensation:


a) Phénomène de résonance:
Le phénomène de résonance est à l’origine des plus importantes distorsions harmoniques
dans les réseaux électriques.
Il est la cause majeure de surcharges des condensateurs de compensation.
Considérons le schéma simplifié d’une installation comprenant :
 un transformateur d’alimentation,
 des charges linéaires,
 des charges non linéaires génératrices de courants harmoniques,
 des condensateurs de compensation.

L’association sur les réseaux d’éléments capacitifs et inductifs entraîne l’apparition de


phénomènes de résonance.
Ces variations d’impédance vont modifier les courants et tensions présents sur le réseau.
Considérons le schéma simplifié suivant:

b) Courbe de l’impédance en fonction de la fréquence:


Pour une analyse harmonique
Schéma équivalent

Module de l'impédance Z en fonction de la fréquence


Module de l'impédance Z en fonction de la fréquence
Légende :
Fh: fréquence harmonique
C: capacité de la compensation
R : résistances des charges linéaires
Zt : impédance totale;
Ls : inductance de l’alimentation (réseau amont + transfo + réseau aval (câble ou ligne)).
Ih : courant harmonique de rang h.

c) Interprétation physique :
La fréquence far est la fréquence d’accord du circuit (ls + C).
À la fréquence far, le module de l’impédance du réseau vu par les harmoniques est maximal.
Il y a donc apparition de tensions harmoniques importantes, et donc une forte distorsion de
tension.
Dans la zone d’amplification des harmoniques il y a dans le circuit (ls + C) circulation de
courants harmoniques supérieurs aux courants harmoniques injectés.

18.5) Circulation des courants harmoniques:


Le schéma suivant montre les éléments du circuit affectés par les courants harmoniques :

Circulation des courants harmoniques

Le réseau d’alimentation ainsi que les condensateurs de compensation sont soumis à des
courants harmoniques importants et donc à des risques de surcharges.
18.6) Courant condensateurs sans injection d’harmoniques:

Compensation sans injection d'harmoniques

18.7) Compensation avec injection d'harmoniques:

Circulation des courants harmoniques


19) Surcharge harmonique:
a) Cas général:
Les tensions harmoniques appliquées aux condensateurs provoquent la circulation de
courants proportionnels à la fréquence des harmoniques.
Ces courants sont responsables de pertes supplémentaires.
Les tensions harmoniques augmentent aussi la valeur crête de la tension, ce qui entraîne un
vieillissement accéléré des condensateurs.

b) Exemple:
Tension fondamentale : U1
Tensions harmoniques :
 u5 = 8 %,
 u7 = 5 %,
 u11 = 3 %,
 u13 = 1 %,
 (THD-u = 10 %).
Solution:
I1= U1.C.ω
I5 =U5. C.5 .ω =u5.5.I1
I 7=U7. C.7 .ω = u7.7. I1
I11 =U11. C.11 .ω =u11.11. I1
I13 =U13. C.13 .ω =u13.13. I1
Valeur de courant déformé Ief :
Ief = (∑I²h)½
Ief / I 1= (1+ (u5.5)² + (u7.7)² + (u11.11)² + (u13.13)²)½
Ief / I 1= 1,19.
Il en résulte donc une surcharge de 19 % par rapport à un fonctionnement sous tension
parfaitement sinusoïdale.
Les condensateurs de type standard peuvent supporter une surcharge en courant de 30 %
(pour supporter l’effet cumulé des harmoniques et des fluctuations de tension).
En cas de forte distorsion harmonique, on doit utiliser des condensateurs puissants, pouvant
supporter 1,43 In ( 43% de surcharge).

20) Dimensionnement thermique appareils de protection et câbles:


Les variations admissibles de la valeur de la tension fondamentale et des composantes
harmoniques peuvent conduire à une majoration du courant dans les condensateurs de 30 à
45 %.
Les variations dues aux tolérances sur la capacité des condensateurs peuvent conduire à une
majoration supplémentaire de 15 % (suivant norme NFC 15-104).
L’effet cumulé des deux phénomènes fait que les matériels doivent être dimensionnés pour
un courant de :
 1,3 x 1,15 = 1,5 fois le courant nominal des batteries de condensateurs en
général,
 1,3 x 1,05 = 1,36 fois le courant nominal dans le cas de batteries de
condensateurs de type standard ou protégées par inductances (type SAH).
 1,45 x 1,05 = 1,5 fois le courant nominal dans le cas de batteries de
condensateurs renforcées (type H).
20.1) Choix et calibrage des protections pour batterie de condensateurs:
La protection des condensateurs basse tension peut être réalisée par fusible ou disjoncteur.
Protection par disjoncteur :
Le seuil thermique peut être réglé à 1,36x Incapa.
La protection doit être sensible à la valeur efficace du courant (incluant les harmoniques).
Le seuil de déclenchement instantané doit être réglé à 10x Incapa.

a) Type de déclencheur:
Les déclencheurs de type magnétothermique conviennent.
Dans le cas d’utilisation de déclencheurs électroniques, le seuil de déclenchement "court
retard" doit être fixé à 10 fois le courant de réglage Ir, afin d’autoriser le passage de la pointe
de courant d’enclenchement.
b) Utilisation de dispositifs différentiels résiduels (DDR):
A l’enclenchement d’une batterie de condensateurs, les 3 courants de phases ne sont pas
équilibrés, même si la somme de ces 3 courants est nulle.
Ces courants sont de valeurs élevées.
Il faut donc veiller à centrer géométriquement le tore de mesure sur les 3 conducteurs, afin
d’éviter qu’une dissymétrie ne provoque une détection de courant parasite et un
déclenchement intempestif.

Protection par fusible : il faut bien dimensionner er régler les fusibles afin d’éviter les
dysfonctionnements.

c) Cas d’une batterie fixe :


Pour ne pas avoir de risque de fusion des fusibles après un grand nombre d’enclenchements,
le calibre doit être supérieur à 1,6x Incapa.

d) Cas d’une batterie en gradins :

Protection par fusibles d'une batterie en gradins


Légende:
Fg :Fusible du gradin
Fb : fusible de la batterie
C: capacité du gradin.
Le calibre du fusible de chaque gradin doit être supérieur à 1,6x Incapa (Incapa : courant
nominal d’un gradin).
Le calibre du fusible de la batterie doit être supérieur à 1,4x Inbat (Inbat : courant
nominal de la batterie).
Remarque 1:
Les batteries de compensation automatique peuvent être équipées d’un disjoncteur général
( à la place du fusible général Fb).

Remarque 2:
On peut remarquer que le coefficient de majoration du calibre du fusible de la batterie est
1,4 au lieu de 1,6 car les gradins ne sont pas enclenchés simultanément.
Les fusibles doivent être du type gL.
Compte tenu du sur calibrage, ceux-ci ne peuvent pas assurer la protection contre les
surcharges.
Bien que les éléments de condensateurs soient équipés de dispositifs de protection contre
les défauts internes, les platines équipées Rectiphase sont par précaution généralement
équipées de fusibles et occasionnellement de disjoncteurs.

e) Cas des condensateurs avec selfs anti-harmoniques et filtres:


Le calibre des fusibles est choisi en fonction du courant efficace nominal (tenant compte des
harmoniques).

20.2) Compensation de moteurs asynchrones:


Le cosФ des moteurs est en général très mauvais à vide ainsi qu’à faible charge et faible en
marche normale.
Il est donc utile d’installer des condensateurs pour ce type de récepteurs.
A titre indicatif, le tableau ci-dessous donne, les valeurs de la puissance des batteries de
condensateurs en KVAR à installer en fonction de la puissance des moteurs.

20.2) Compensation de moteurs asynchrones:

Puissance des Puissance en KVAR à installer


moteurs asynchrones Nombre de paire de pôles
En KW En CV 1 2 3 4
22 30 5 8 9 10
30 40 7,5 10 11 12,5
37 50 9 11 12,5 16
45 60 11 13 14 17
55 75 13 17 18 21
75 100 17 22 25 28
90 125 20 25 27 30
110 150 24 29 33 37
132 180 31 36 38 43
160 218 35 41 44 52
200 274 43 47 53 61
250 340 52 57 63 71
280 380 57 63 70 79
355 482 67 76 86 98
400 544 78 82 97 106
450 610 87 93 107 117
a) Détermination par simple lecture de la compensation de moteurs asynchrones :
Exemple :
On veut installer une batterie de compensation fixe pour un moteur asynchrone de 110 KW
à 3 paires de pôles.
Quelle est la valeur de cette batterie?
Solution :
Lire sur la colonne ‘’moteur asynchrone’’ la puissance : soit 110 KW Lire sur la colonne
Puissance en KVAR à installer nombre de paire de pôles : soit 3 paires de pôles.
Le point de rencontre de la ligne 110 KW et la colonne 3 paires de pôles.
soit 33 KVAR par lecture directe.

b) Contraintes de la compensation de moteurs asynchrones:


Lorsqu’un moteur entraîne une charge de grande inertie il peut, après coupure de la tension
d’alimentation, continuer à tourner en utilisant son énergie cinétique et être auto-excité par
une batterie de condensateurs montée à ses bornes.
Les condensateurs fournissent, au moteur, l’énergie réactive nécessaire à son
fonctionnement en génératrice asynchrone. Cette auto excitation provoque un maintien de
la tension et parfois des surtensions élevées.

Montage des condensateurs aux bornes du moteur.

c) Cas du montage des condensateurs aux bornes du moteur:


Pour éviter des surtensions dangereuses dues au phénomène d’auto-excitation, il faut
s’assurer que la puissance de la batterie vérifie la relation suivante :
Qc ≤ 0,9. √3. Un .
Légende:
Io : courant à vide du moteur
In : valeur du courant nominal du moteur.
cosФn : cosФn du moteur à la puissance nominale.
Un : tension composée nominale.
d) Cas du montage des condensateurs en parallèle avec commande séparée:
Pour éviter les surtensions dangereuses par auto-excitation ou bien dans le cas où le moteur
démarre à l’aide d’un appareillage spécial (résistances, inductances, autotransformateurs),
les condensateurs ne seront enclenchés qu’après le démarrage.
De même, les condensateurs doivent être déconnectés avant la mise hors tension du
moteur.
On peut dans ce cas compenser totalement la puissance réactive du moteur à pleine charge.
Attention, dans le cas où l’on aurait plusieurs batteries de ce type dans le même réseau, il
convient de prévoir des inductances de chocs, une limitation des courants d’enclenchement
par insertion de résistance.

e) Exemple :
Un transformateur consomme une puissance réactive qui peut être déterminée
approximativement en ajoutant :
 Une partie fixe qui dépend du courant magnétisant à vide Io :
Qo = 3Un Io
 Une partie approximativement proportionnelle au carré de la puissance apparente qu’il
transite : Q = Ucc .S²/Sn
Légende:
Ucc : tension de court-circuit du transformateur en %;
S : puissance apparente transitée par le transformateur;
Sn : puissance apparente nominale du transformateur;
Un : tension composée nominale;
I0 : courant magnétisant à vide;
Qo : puissance réactive à vide.

20.3) Compensation individuelle propre au transformateur:


La puissance réactive totale consommée par le transformateur est :
Qt = Qo + Q
Si cette compensation est individuelle, elle peut se réaliser aux bornes mêmes du
transformateur. Si cette compensation est effectuée avec celle des récepteurs d’une
manière globale sur le jeu de barres du tableau principal, elle peut être de type fixe à
condition que la puissance totale ne dépasse pas 15 % de la puissance nominale du
transformateur (sinon utiliser des batteries à régulation automatiques).
Puissance puissance réactive à compenser
en KVA (400V) en KVAR
à vide en charge
100 2,5 6,1
160 3,7 9,6
250 5,3 14,7
315 6,3 18,4
400 7,6 22,9
500 * 9,5 28,7
630 11,3 35,7
800* 20 54,5
1000 23,9 72,4
1250 27,4 94,5
1600 31,9 126,2
2000 37,8 176
Les valeurs de la compensation individuelle propre au transformateur, fonction de la
puissance nominale du transformateur, sont indiquées dans le tableau ci - dessus.

20.4) Variations admissibles et tolérances:


Le dimensionnement des câbles doit prendre en compte :
Les variations admissibles de la valeur de la tension fondamentale et des composantes
harmoniques peuvent conduire à une majoration du courant de +30 %.
Les variations dues aux tolérances sur les condensateurs peuvent conduire à une majoration
du courant de + 15 %.
En conséquence, les câbles d’alimentation ainsi que les dispositifs de commande et
protection de ces batteries doivent également être surdimensionnés pour une valeur de 1,3
x 1,15 = 1,5 In

20.5) Section des câbles de raccordement des batteries de condensateurs de moyennes et


grandes puissances (1) (câbles U 1000 RO2V)
Puissance de la batterie (KVAR) sections
230 V 400 V En Cu (mm²) En Al (mm²)
5 10 2,5 16
10 20 4 16
15 30 6 16
20 40 10 16
25 50 16 25
30 60 25 35
40 80 35 50
50 100 50 70
60 120 70 95
70 140 95 120
90-100 180 120 185
200 150 240

Remarque :
(1) Section minimale ne tenant pas compte des facteurs de correction éventuels (mode de
pose, température...).
Les calculs ont été effectués pour des câbles unipolaires posés à l’air libre à 30 °C.
20.5) Section des câbles de raccordement des batteries de condensateurs de moyennes et
grandes puissances (1) (câbles U 1000 RO2V) :

Puissance de la batterie (KVAR) sections


230 V 400 V En Cu (mm²) En Al (mm²)
120 240 185 2 x 95
150 250 240 2 x 120
300 2 x 95 2 x 150
180-210 360 2 x 120 2 x 185
245 420 2 x 150 2 x 240
280 480 2 x 185 2 x 185
315 540 2 x 240 3 x 185
350 600 2 x 300 3 x 240
385 660 3 x 150 3 x 240
420 720 3 x 185 3 x 300

Remarque :
(1) Section minimale ne tenant pas compte des facteurs de correction éventuels (mode de
pose, température...).
Les calculs ont été effectués pour des câbles unipolaires posés à l’air libre à 30 °C.

21) Conclusion:
Les harmoniques sont des courants et des tensions sinusoïdaux dont la fréquence est un
multiple de la fréquence fondamentale du réseau électrique considéré.
Généralement ils proviennent des charges dites non linéaires.
Ils peuvent avoir des conséquences néfastes pour les réseaux et les équipements
électriques.
Il existe plusieurs moyens pour se prémunir contre les effets harmoniques, mais il faut tout
d'abord bien identifier le problème et déterminer la source des harmoniques.
La détection de la présence des harmoniques dans une installation électrique nécessite
l'utilisation d'appareils de mesure spécifiques (analyseurs de réseaux).
L'analyse des mesures obtenues nécessite la maitrise des normes relatives aux harmoniques.
Les mesures doivent être effectuées par un spécialiste , tout en respectant les normes
appropriées. Ces mesures font l’objet d’un bon diagnostic pour choisir et mettre en œuvre
des solutions appropriées.

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