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Droit Fiscal Général – Séance 1

• Document 1 : Conseil Constitutionnel, 28 décembre 1990, décision n°89-285 DC, Loi


de finances pour 1991.

1. Définitions :
Article 34 Constitution : « La loi fixe les règles concernant : […] - l'assiette, le taux et les
modalités de recouvrement des impositions de toutes natures ; le régime d'émission de la
monnaie. […] ».
→ Cet article pose le principe de légalité de l'impôt signifiant que seul le législateur est
compétent pour créer, modifier ou supprimer un impôt.

Contribution sociale généralisée : La contribution sociale généralisée est un impôt destiné à


participer au redressement de la dette de la sécurité sociale. C'est un impôt assis sur l'ensemble
des revenus des personnes habitants en France. La CSG concerne :
⁃ les revenus de remplacement (pensions de retraite, allocations chômage...)
⁃ les revenus du patrimoine (revenus fonciers, rentes viagères...)
⁃ les revenus de placement (revenus mobiliers, plus values immobilières...)
⁃ les sommes engagées ou redistribuées par les jeux.

2. Problématique :
Dans cette décision le CC cherchait à déterminer la nature juridique de la CSG afin de savoir si
elle pouvait, ou non, figurer au sein d'un texte de loi de finance.

3. Apport de la décision au droit positif :


Selon le Conseil Constitutionnel la CSG, instituée par la loi de finance du 29 décembre 1990,
entre en effet dans la catégorie des impositions de toute nature visée à l'article 34 de la
Constitution :
⁃ « La loi fixe les règles concernant : […] - l'assiette, le taux et les modalités de
recouvrement des impositions de toutes natures ; le régime d'émission de la
monnaie. […] ».
Cet article pose le principe de légalité de l'impôt signifiant que seul le législateur est compétent
pour créer, modifier ou supprimer un impôt.

Il convient donc de confronter la CSG à la définition de la notion d'impôt afin de vérifier sa


nature juridique. En l'espèce, selon George Vedel : « L'impôt est une prestation pécuniaire
requise des particuliers par voie d'autorité, à titre définitif et sans contrepartie en vue de la
couverture des charges publiques ».
⁃ Prestation pécuniaire = La CSG est une cotisation sociale d'ordre pécuniaire.
⁃ Par voie d'autorité = La CSG est un impôt assis sur l'ensemble des revenus des personnes
habitants en France, elle a donc un caractère obligatoire pour le contribuable.
⁃ A titre définitif = pas de remboursement (sauf erreur)
⁃ Sans contrepartie directe = Le contribuable ne reçoit pas un service proportionnel en
échange du paiement de l'impôt.
⁃ En vue de la couverture des charges publiques : la CSG est un impôt destiné à participer
au redressement de la dette de la sécurité sociale. Elle sert donc à financer les
dépenses de l'État.

4. Conclusion :
À travers cette décision le CC a donc reconnu que la CSG est un impôt au regard de l'article 34
de la Constitution. C'est donc le législateur qui est seul compétent pour en fixer l'assiette, le taux
et les modalités de recouvrement, et ce, à travers un texte ayant le caractère de loi de finance.
• Document 2 : CE Ass.Plen., 16 juillet 2007, Syndicat national de défense de
l'exercice libéral de la médecine, n°2932229

1. Problématique
Une redevance pour service rendu peut-elle être instaurée à la charge du praticien qui exerce une
activité libérale dans les locaux d'un établissement public ?

2. Apports de la décision au droit positif


D'abord, cet arrêt met en exergue la différence entre la notion d'impôt et la notion de redevance.
En effet, au regard de l'article 34 de la Constitution, les impositions de toutes natures
appartiennent au domaine législatif. À l'inverse, la redevance appartient au domaine
réglementaire, elle peut donc être établie par un décret.

De plus, la redevance n'est pas obligatoire car elle intervient en contrepartie d'un service rendu. Il
faut une équivalence financière entre le service rendu et la redevance.
Cependant, dans l'arrêt du 16 juillet 2007 le juge administratif fait une analyse extensive
de la notion d'équivalence financière. En effet, le taux de la redevance n'est pas limité au seul
coût de la prestation fournie mais peut s'apprécier « au regard des avantages de toute nature qu'en
retirent les praticiens hospitaliers ».

3. Conclusion
En définitif, la redevance prévue à l'article L6154-3 du code de la santé publique n'est pas une
simple redevance pour occupation du domaine public (« domaniale ») mais une redevance pour
service rendu qui s'apprécie au regard des avantages de toute nature qu'en retire le praticien.

• Document 3 : Conseil Constitutionnel, 8 août 2012, décision n°2012-654 DC, Loi de


finances rectificative pour 2012 (II)

•  Document 4   : Conseil Constitutionnel, 23 février 1970, n°70­61 L

1. Problématique
Une taxe perçue au profit d'un établissement public de caractère administrative peut elle être
établie par voie réglementaire ? 

1. Apport de la décision au droit positif
Dans une première instance cet arrêt permet de rappeler que tout comme l'impôt la taxe est un
prélèvement obligatoire, mais elle intervient en compensation de la prestation d'un service public
ou de l'utilisation d'un ouvrage public. On peut également noter que le montant de la taxe n'est
pas proportionnel au service rendu, ainsi même si un contribuable ne bénéficie pas du service, il
devra s'acquitter de cette taxe fiscale. 

Dans   la   décision   du   23   février   1970,   il   s'agissait   d'une   taxe   établie   au   profit   de   l'Institut
Scientifique  et technique  des pêches  maritimes, qui est un  établissement  public de caractère
administratif. En vertu de l'ordonnance du 2 janvier 1959, le Conseil constitutionnel décide que
si les taxes parafiscales peuvent être établies par voie réglementaire, il ne saurait en être ainsi des
taxes instituées au profit d'un établissement public administratif. Au regard de l'article 34 de la
Constitution, c'est donc le législateur qui est seul compétent pour en fixer l'assiette, le taux et les
modalités de recouvrement. Seuls les détails peuvent être traités par le pouvoir réglementaire. 

•  Document   5   :   CE.,   20   décembre   1985,   Syndicat   national   des   industriels   de


l'alimentation

Une taxe perçue au profit d'un établissement public de caractère administratif, exerçant certaines
activités   revêtant   un   caractère   industriel   et   commercial,   peut   elle   être   établie   par   voie
réglementaire ?

Les taxes parafiscales sont définies par l'ordonnance du 2 janvier 1959 comme des prélèvements
obligatoires perçus dans un intérêt économique ou social au profit d'une personne morale de droit
public  ou privée  autre que l'Etat,  les  collectivités  territoriales  et leurs  établissements  publics
administratifs. 
Dans l'arrêt du 20 décembre 1985, il s'agissait d'une taxe établie par décret au profit de
l'office national interprofessionnel des céréales, établissement public de caractère administratif.
Cet établissement exerçait certaines activités revêtant un caractère industriel et commercial afin
d’exécuter sa mission. Cependant, le CE a mis en exergue que ces activités à caractère industriel
et   commercial   n'ont   pas   pour   conséquence   de   modifier   la   nature   administrative   de   cet
établissement. 

Ainsi, si les taxes parafiscales peuvent être établies par voie réglementaire, il ne saurait en être
ainsi des taxes instituées au profit d'un établissement public administratif dépendant de l'État ou
d'une collectivité territoriale. La taxe susvisée appartient donc à la catégorie des impositions de
toute nature visées à l'article 34 de la Constitution de 1958. Une telle taxe, instituée par décret,
méconnait donc les dispositions de l'article 34 de la Constitution et se verra justement annulée. 
Correction – Séance 1

Mail : antoine.franchini@outlook.com
Examen : Interrogation écrite de 10 – 15 minutes. Questions sur ce que l'on a vu en TD + Semi­
partiel 1h30 + Bonus de participation orale
Francis Lefèbre 

•  Rappels méthodologiques   : 

→ Le cas pratique : 
⁃ Faits : pertinents, isoler les éléments importants.
⁃ Qualification juridique des faits : qualification des parties, du lien contractuel.
⁃ Identification du problème juridique : Problème de droit et/ou problème de fait 
⁃ Résolution du cas pratique : Syllogisme juridique par règle applicable = Majeur – Mineur
– Conclusion 

→ Le commentaire d'arrêt : 
⁃ Introduction   (phrase   d'accroche)   +   Fiche   d'arrêt   (faits   avec   qualification   des   parties,
procédure, prétention des parties, problème de droit, solution et motifs de la Cass)
+ Annonce du plan 
⁃ Deux parties, deux sous­parties + Chapeaux et transitions

→ Dans chaque partie il faut discuter de : 
⁃ Contenu
⁃ Cause 
⁃ Conséquence 
⁃ Contexte
⁃ Critique 
→ Dans un titre pas de verbes conjugués, pas de phrase interrogative, essayer de ne pas dépasser
7 mots. 

Définition   de   la   notion   d'impôt,   Beltrame   &   Mehl :   « L'impôt   est   une   prestation   pécuniaire
requise des personnes physiques ou des personnes morales de droit privé, voir de droit public
d'après   leurs   facultés   contributives,   par   voie   d'autorité,   à   titre   définitif   et   sans   contrepartie
déterminée en vue de la couverture des charges publiques  ou  à des fins d'intervention de la
puissance publique. ». 

• Document 1 : 
La CSG = pas de contrepartie directe = c'est un véritable impôt. 

• Document 2 : 
La redevance = prix d'un service rendu. 

Y'a t'il une stricte équivalence entre service rendu et la contrepartie financière ? Le CE a décidé
de mettre de côté la stricte équivalence financière. 

• Document 3 : 
Obligatoire sans contrepartie particulière. Imposition de toutenature donc elle a sa place dans une
oi de finance rectificative. 

• Document 4 : 
Le CC distingue les taxes parafiscales (voie réglementaire) et les taxes (compétence législative). 

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