Vous êtes sur la page 1sur 5

Dossier 1: Géologie

Chapitre 1: Les caractéristiques de la C.C.

Introduction et RAPPELS

L’étude de la vitesse des ondes sismiques permet d’établir la structure interne de la terre.
Celle-ci est constituée de plusieurs couches :

En périphérie la croûte terrestre :


Croûte océanique composée de basaltes, gabbros et sédiments
Croûte continentale composée de granites, gneiss et sédiments
En dessous se trouve le manteau lithosphérique composé de péridotites

L’ensemble croûte + manteau forme la lithosphère solide, divisée en plaques lithosphériques


ou tectoniques.
La limite chimique entre croûte et manteau s’appelle le MOHO.

L’isotherme 1300°C sépare le manteau lithosphérique du manteau asthénosphérique


composé de péridotite partiellement fondue (ductile)
En dessous du manteau inférieur se trouve le noyau externe constitué de Fer et
Nickel liquide, autour de la graine (noyau interne) de même composition, mais solide.

La lithosphère océanique se forme au niveau des dorsales par accrétion. Les basaltes et
gabbros sont issus de la cristallisation fractionnée du magma, celui-ci provient de la fusion
partielle des péridotites par décompression adiabatique (= diminution de pression à
température constante).

Voir schémas: les acquis de géologie de 1°S (schéma étape de l’ouverture d’un océan)

Problème : Quelles sont les caractéristiques de la croûte continentale, qui la distinguent de


la croûte océanique, et comment évolue-t-elle ?

I. Les caractéristiques pétrochimiques de la CC

Voir TP1

La croûte continentale est constituée de granite (roche magmatique plutonique) et de gneiss


(roche métamorphique), les principaux minéraux que l’on retrouve dans ces roches sont :
Feldspath, quartz et mica.

Cette composition lui confère une densité de 2,7, inférieure à celle de la croûte océanique
(2,9).
Son épaisseur moyenne est de 30 km, mais cela varie énormément (de 0 à 80 km). Enfin,
son altitude moyenne est de +500 m, avec des variations.
La densité, l’épaisseur et l’altitude des croutes sont reliées. En effet, il existe un principe
d’équilibre des lithosphères sur l’asthénosphère : c’est l’isostasie.

Voir p 144-145 + logiciel simulairy


L’isostasie consiste à un équilibre des masses au-dessus d’une surface de compensation
(située dans l’asthénosphère). Toutes les colonnes de roches au-dessus de cette surface
doivent avoir la même masse. En cas de déséquilibre, il s’effectue des mouvements
verticaux qui vont rétablir l’équilibre : on parle de réajustement isostatique :

Si l’altitude augmente : l’excès de masse en surface est compensé par une racine de
matière moins dense : racine crustale ⇒ le moho descend,
Si l’altitude diminue (fonte glaciaire, érosion, amincissement crustal) : la perte de
masse est compensée par la remontée de matériaux plus denses ⇒ le moho
remonte.

Ex : la Scandinavie est en plein rebond isostatique suite à la fonte des glaciers, le


réajustement isostatique est très lent.

L’isostasie consiste également à trouver les matériaux les moins denses en périphérie et les
plus denses en profondeur (équilibre lithosphère sur l'asthénosphère).

La croûte continentale est plus âgée que la croûte océanique. Quel est son âge ?

II. La datation de la croûte continentale

Voir TP2 + p 152-153

Les roches, de par leur formation, sont riches en éléments radioactifs. Ces éléments vont se
désintégrer au cours du temps et redonner des isotopes stables selon une loi exponentielle :

𝑁𝑡
= 𝑒 −𝜆𝑡
𝑁0
Nt : nb d’éléments radioactifs au temps t
N0 : nb d’éléments radioactifs initialement au temps 0
λ : constante de radioactivité

Pour les roches calcaires et les fossiles, on utilise le couple radioactif 14C/12C, pour les
roches volcaniques K/Ar et pour les roches magmatiques plutoniques, le couple Rubidium
(Rb)/Strontium (Sr).

Dans ce dernier cas, on utilise une droite isochrone en partant du principe que tous les
minéraux d’une roche se forment en même temps (système fermé). Le coefficient directeur
de cette droite est alors proportionnel au temps passé depuis la formation :

𝑙𝑛(1 + 𝑎)
𝑡=
𝜆
a : coefficient directeur de la droite isochrone

Cette méthode de datation absolue est précise, mais pas infaillible, il y a des incertitudes,
car les mesures de radioactivité ne sont pas précises, car les minéraux peuvent être
contaminés, car il peut y avoir des recristallisations…
Sur Terre, les granites ont entre 4,4 Ga (milliards d’années) et 0 année, ceci montre que du
granite se forme en ce moment, mais également que certains massifs existent depuis la
formation de la Terre, sans avoir disparu. Le recyclage de la croûte continentale est donc
très lent.

Comment la croûte continentale disparaît-elle ?

III. Le vieillissement des chaines de montagnes

TP 3 : le cycle des roches de la croûte continentale

1) comparer une chaîne de montagnes récentes (Alpes) et une chaîne ancienne


(Massif central)

p 210-216-217 :

Critères \ Chaîne de Alpes Massif Central


montagne

Âge Environ 35 Ma Environ 300 Ma

Relief Escarpé Vallonné, arrondi

Végétation + faune Très peu Beaucoup

Altitude Très élevée (3000m, max Peu élevée (1600m, max


4810m) 1885m)

Densité 2,7 à 2,9 voir + 2,7

Profondeur du MOHO max 46 voir 48 km entre 29 et 30 km

Type de roche Peu de granite, ophiolites + Granite, gneiss et roches


sédiments marins volcaniques
Les différences s’expliquent par l’érosion des chaînes de montagnes

Tableau comparatif de 2 chaînes de montagnes d’âge différent

2) les caractéristiques de Pyrénées

Voir étape 4 de l’ECE 21

3) Les traces d’érosion p.211

Documents Connaissances

I. Altération
du granite

II. Formation
de la goétite
Voir TP3

Lors de l'orogenèse : la formation d’une chaîne de montagnes par épaississement et


raccourcissement, les roches vont se superposer et former de hauts reliefs. Cependant,
avec le temps, l’érosion va transformer ces chaînes de montagnes :

- les reliefs s'arrondissent,


- l’altitude diminue,
- le MOHO remonte,
- des roches de profondeurs remontent en surface : gneiss…

Voir p 212 à 213

Le principal agent d'érosion est l’eau sous toutes ses formes, elle est responsable :

- d’une altération physique : rabotage par les glaciers, gel/dégel faisant éclater les
fissures…
- d’une altération chimique : elle transforme les minéraux des roches à l’état solide :
métamorphisme hydrique(ex : biotite + eau à chlorite + Fe + K), et ces minéraux plus
fragiles peuvent être hydrolysés.
Les produits de cette érosion sont des blocs, galets, sable, limon, ions en fonction de leur
taille.

Voir p 214 à 215

L’eau est également un agent de transport des sédiments. Elle transporte des sédiments de
taille différente en fonction de sa turbidité (débit, mouvements de l’eau), les éléments les
plus fins sont ceux qui sont transportés le plus loin, jusqu’aux mers et océans.

Au fur et à mesure de leur dépôt, les sédiments peuvent se compacter (diagénèse) et former
des roches sédimentaires.

Voir schéma de la formation des roches sédimentaires le long d’un cours d’eau

Remarque : plus une chaîne de montagnes est récente et élevée et plus les cours d’eau, qui
en sont issus, transportent de sédiments, car l’érosion est plus forte.

Voir p 216 à 219

La disparition des reliefs due à l’érosion s’accompagne d’une remontée du MOHO, due au
réajustement isostatique(la perte de masse en surface est compensée par la remontée de
matériau plus dense en profondeur).

De plus lorsque les forces de compression ne sont plus suffisantes, la montagne s’écroule
sous son propre poids: c’est l’effondrement gravitaire, apparaissent alors des failles
normales, responsables d’un étalement/étirement de la chaîne de montagne.

On trouve dans les chaînes anciennes des marqueurs de l'épaississement crustal en


surface, comment se forme ces minéraux et ces roches ?
IV. La transformation des roches de la CC

Voir TP4

Au niveau de la croûte continentale, on trouve tous les types de roches :

● magmatiques (issues d’un magma) : granite (refroidissement lent en profondeur,


grenue, plutonique), rhyolite (refroidissement rapide en surface, microlitique = avec
verre volcanique, volcanique)
● métamorphiques (transformation à l’état solide à cause de la T°C, la P° ou
l’hydratation) : gneiss, micaschistes
● sédimentaires (issues de la compaction des sédiments) : détritiques (grès),
biochimiques ou ioniques (calcaire)

Au niveau d’une chaîne de montagnes, la convergence entraîne un raccourcissement de la


surface et un épaississement des terrains, cela se manifeste par :

● des déformations souples : plis


● des déformations cassantes : failles inverses, chevauchements en présence d’une
couche « savonnette »

Voir p 148-149

Cet épaississement des terrains aboutit à l’enfouissement des roches dans la racine
crustale. Ces roches, changeant de conditions de température et de pression, vont subir des
transformations :

● un métamorphisme moyenne pression donnant du gneiss ou des micaschistes,


caractérisés par une schistosité (feuilletage)
● une fusion partielle, donnant des migmatites,
● une anatexie (fusion plus poussée) donnant du granite d'anatexie

Toutes ces roches peuvent se retrouver en surface du fait de l’isostasie, des


chevauchements et de l’érosion.

CONCLUSION:

La croûte continentale se distingue de la croûte océanique par :

la nature de ses roches, ce qui entraîne une densité différente et donc une épaisseur
et une altitude différentes, du fait de l’isostasie,
son lent recyclage, qui explique son âge variable (datation) et la transformation de
ses roches par l’érosion ou l’enfouissement,
ses mouvements verticaux, du fait de la divergence ou la convergence et de
l’isostasie.

Exercices d’application : 8 p 161, 12 p 163, 8 p 226