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MEMOIRE D’OBTENTION DU DIPLÔME DE MASTER D’INGENIERIE EN EAU

ET ASSAINISSEMENT
Présenté et soutenu publiquement par :
MIEN Hodou

THEME : ETUDE DE POTENTIALITE BIOGAZ DES


DECHETS SOLIDES URBAINS DANS UN CENTRE
D’ENFOUISSEMENT TECHNIQUE (CET) SITUE
EN ZONE SAHELIENNE : CAS DU CET DE LA
VILLE DE OUAGADOUGOU

Encadreur : UTER GVEA


Dr Joseph WETHE
Nathalie WEISMAN
Mahamadou Sidi CISSE

Président du jury :

Membre du jury :

Juin 2009
Etude de potentialité biogaz des déchets solides urbains dans un centre d’enfouissement
[2009]
Technique (CET) situé en zone sahélienne : cas du CET de la ville de Ouagadougou

DEDICACE

A ma tendre mère pour les sacrifices, les encouragements


et l’éducation qu’elle m’a donnée, et pour avoir mis tout en
œuvre pour ma réussite dans les études.
A mon père pour son soutien et ses prières.
A ma bien aimée Halidiatou OUEDRAOGO qui a toujours
cru en moi et soutenu avec fougue ;
A mes frères et sœurs qui m’ont toujours soutenu.
A ma famille et ma belle famille.
A mes amis et à tous ceux qui, de prés ou de loin m’ont
soutenu dans mes études ;
A la 38iéme promotion de la fondation 2iE

Je dédie ce mémoire

II

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Mémoire de Master d’ingénierie/ 2iE MIEN Hodou/ 38 promotion 2009
Etude de potentialité biogaz des déchets solides urbains dans un centre d’enfouissement
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REMERCIEMENT

A la fin de cette œuvre, nous tenons à signifier toute notre gratitude à toutes

les personnes qui ont contribué de près ou de loin à notre formation. Nous tenons

à remercier particulièrement :

• Dr. Joseph WETHE, enseignant d’Assainissement à 2iE, qui par ses

efforts de formateur, son soutien permanent, nous a encadré tout au long

de cette étude sans ménager aucun effort. Merci pour votre présence

continue, votre encadrement, votre spontanéité appréciée par tous et

votre gentillesse.

• Madame Nathalie WEISMAN, enseignant-chercheur par son soutien

permanent. Merci pour votre disponibilité, votre encadrement.

• Monsieur le directeur de la direction de la propreté de la commune de

Ouagadougou Monsieur Mahamadou Sidi Cissé, et à son personnel pour

avoir mis en notre disposition des informations et matériel nécessaire à

notre stages.

• Le corps enseignant pour la qualité de la formation reçue.

• Les femmes de l’unité de compostage pour m’avoir aidé à mener les

opérations de tri.

• Je tiens à dire un grand merci à la 38ième promotion de la FONDATION

2iE.

Que Dieu soit honoré à tous égards

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SOMMAIRE

DEDICACE ______________________________________________________________ II

Remerciement __________________________________________________________ III

LISTE DES SIGLES ET ABBREVIATIONS _____________________________ VIII

listes des tableaux ______________________________________________________ IX

listes des figures ________________________________________________________ IX

Listes des annexes ______________________________________________________ X

listes des photos ________________________________________________________ X

RESUME : _____________________________________________________________ - 1 -

INTRODUCTION GENERALE ______________________________________________ 1

CHAPITRE I : GENERALITE SUR LA ZONE D’ETUDE _______________________ 3

1.1. Présentation du milieu d’étude : la commune de Ouagadougou ________________ 3

1.1.1. Cadre physique ____________________________________________________ 3

1.1.2. Contexte administratif et socio-économique______________________________ 4

1.2. Description du mode de gestion des déchets solides dans la ville de Ouagadougou et
des ouvrages du CET_______________________________________________________ 7

1.2.1. Historique de la gestion des déchets solides ______________________________ 7

1.2.2. Présentation de la zone d’étude : CET de la ville de Ouagadougou ____________ 8

CHAPITRE II : NOTIONS ESSENTIELLES SUR LES GAZ DE DECHARGES ET


SUR LE POTENTIEL DE PRODUCTION DE BIOGAZ DES DECHETS __________ 10

2.1. Gaz de décharge : trois gaz de proportion variable _________________________ 10

2.1.1. Le biogaz ________________________________________________________ 10

2.1.2. L’air____________________________________________________________ 10

2.1.3. Les composés volatils ______________________________________________ 10

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2.2. Composition du biogaz _______________________________________________ 11

2.2.1. Le méthane CH4 : _________________________________________________ 12

2.2.2. Le gaz carbonique CO2 : ____________________________________________ 12

2.2.3. L'hydrogène sulfure H2S et mercaptans : _______________________________ 12

2.2.4. La décharge, un bioréacteur à gérer ___________________________________ 13

CHAPITRE III : PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE D’APPROCHE _____ 15

3.1. Contexte et justification de l’étude ______________________________________ 15

3.2. Aspects environnementaux et économiques liés à la mise en décharge des déchets 16

3.2.1. Incidences environnementales _______________________________________ 16

3.2.2. Incidences économiques ____________________________________________ 17

3.3. Objectif de l’étude __________________________________________________ 17

3.3.1. Objectif général de l’étude __________________________________________ 17

3.3.2. Objectifs spécifiques _______________________________________________ 17

3.3.3. Résultats attendus _________________________________________________ 18

3.4. Approche méthodologique de l’étude____________________________________ 18

3.4.1. La phase préliminaire ______________________________________________ 18

3.4.2. La phase de terrain ________________________________________________ 19

3.4.3. La caractérisation des déchets solides __________________________________ 20

CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION ______________________________ 25

4.1. Etat des lieux sur la gestion des déchets __________________________________ 25

4.1.1. Gestion des déchets dans la commune de Ouagadougou ___________________ 25

4.1.2. Gestion des déchets au niveau du CTVD _______________________________ 27

4.2. Résultats et discussion _______________________________________________ 30

4.2.1. Rotation des camions ______________________________________________ 30

4.2.2. Nombre d’enlèvement des bacs par jour ________________________________ 31

4.2.3. Quantification des différentes fractions de déchets entrants sur le site ________ 32
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4.2.4. Quantités des fractions valorisables ___________________________________ 32

4.2.5. Quantités de la fraction enfouies ______________________________________ 34

4.2.6. Flux et origine des déchets __________________________________________ 35

4.2.7. Caractérisation des déchets arrivant dans le CET _________________________ 35

4.2.8. Potentiel de production de biogaz des différentes catégories des déchets ______ 37

4.2.9. D’autres paramètres influençant la production de biogaz ___________________ 43

CHAPITRE V : ESTIMATION DE LA QUANTITE DE BIOGAZ DES DECHETS ET


ANALYSE CRITIQUE DES PROBLEMES ET ATOUTS RELATIVE A UNE
PRODUCTION OPTIMALE DE BIOGAZ ____________________________________ 46

5.1. Modèles de prédiction de production de biogaz ____________________________ 46

5.1.1. First Order Decay Model (FODM) (EPA, 1993) _________________________ 46

5.1.2. Autre modèle cinétiques d’ordre 1 ____________________________________ 48

5.2. Diagnostic des problèmes et les atouts relatifs à une production optimum de biogaz
49

5.2.1. Les problèmes relatif à une production optimum de biogaz _________________ 49

CHAPITRE VI : PROPOSITION DE SOLUTION DE MAXIMISATION DE LA


PRODUCTION DE BIOGAZ _______________________________________________ 55

6.1. Amélioration du transport des déchets vers le CET _________________________ 55

6.2. Ouvrir d’autres centres de collecte ______________________________________ 55

6.3. Réglementation de la collecte des déchets ________________________________ 56

6.3.1. Réglementation au niveau des déchets collecté aux CC ____________________ 56

6.3.2. Amélioration du compactage ________________________________________ 57

6.3.3. Vers un tri à la source ______________________________________________ 57

6.1. Cartographie des zones dont les déchets ont un potentiel de production de biogaz _ 58

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONs __________________________________ 60

REFERENCE CITEES ET BIBLIOGRAPHIE ________________________________ 62

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ANNEXES _______________________________________________________________ 63

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LISTE DES SIGLES ET ABBREVIATIONS

PED : Pays En Développement


CTVD : Centre de Traitement et de Valorisation des déchets
OM : Ordures Ménagères
RGPH : Recensement Général de la Population et de l’Habitat
SDGD : Schéma Directeur de Gestion des Déchets
DINASENE : Direction Nationale de Service de Nettoyage
ONASENE : Office National de Service de Nettoyage
PDU : Projet de Développement Urbain
PME : Petite et Moyenne Entreprise
PACVU : Projet d’Amélioration des Conditions de Vie Urbaine
GIE : Groupements d’Intérêt Economique
CET : Centre d’Enfouissement Technique
DIS: Déchets Industriels Spéciaux
LVIA: Association Internationale des Volontaires Laïcs
AFVDP: Association des femmes pour la Valorisation des Déchets Plastiques
CREPA: Centre Régional pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût
ADEME: Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie
COV: Composés Organiques Volatils
EBTE : Entreprise Burkinabè de Travaux d'Equipement
MODECOM : Modèle de Caractérisation des Ordures Ménagers
CC : Centre de Collecte
UVDP : Unité de Valorisation des déchets plastiques
LPCE : Laboratoire de Physique Chimie et de l’Environnement
US EPA: US Environmental Protection Agency
DP : Direction de la propreté
OWS : Organic Waste Systems

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LISTES DES TABLEAUX

Tableau 1: Rotation de camions ______________________________________________ 30


Tableau 2: Distances entre CC et CET _________________________________________ 31
Tableau 3 : Rotation des bacs par centre de collecte _______________________________ 31
Tableau 4: Humidité des différents composants des déchets _________________________ 40
Tableau 5: Récapitulatif des résultats de la caractérisation __________________________ 42
Tableau 6 : Potentiel de biogaz des déchets ______________________________________ 43
Tableau 7: potentiel méthanogène par catégories de déchets ________________________ 43
Tableau 8 : Valeurs moyennes des différentes variables du modèle FODM _____________ 47
Tableau 9: Caractéristiques climatiques et de gestion des quatre décharges étudiées et
résultats de l’activité biologique _______________________________________________ 53
Tableau 10: Zone climatique et type de décharge en Afrique ________________________ 54
LISTES DES FIGURES

Figure 1 : Localisation géographique de la commune de Ouagadougou-------------------------- 4


Figure 2 : Subdivision administrative de la ville de Ouagadougou -------------------------------- 5
Figure 3: Subdivision de la commune de Ouagadougou selon le standing ----------------------- 6
Figure 4 : Evolution de la population de Ouagadougou de 1975 à 2006 (source: Adama
Konaté 2008) ----------------------------------------------------------------------------------------------- 6
Figure 5 : zone de collecte des déchets ---------------------------------------------------------------- 8
Figure 6: processus physique, chimique et biologique se développant dans les décharges --- 13
Figure 7 : Protocole de tri d’un échantillon de déchets entrants au CTVD ---------------------- 22
Figure 8 : Répartition des centres de collecte (source : direction de la propreté) --------------- 26
Figure 9 : les lots du transport des déchets dans la ville de Ouagadougou (source Direction de
la propreté)------------------------------------------------------------------------------------------------- 26
Figure 10 : Quantité de déchets compostés de 2005 à 2008 --------------------------------------- 33
Figure 11 : Quantité de déchets enfouis dans la décharge ----------------------------------------- 34
Figure 12 : composition des déchets urbains acheminés au CTVD (source : caractérisation
des déchets réalisé au CTVD) -------------------------------------------------------------------------- 36
Figure 13 : Composition des ordures ménagères de la commune de Ouagadougou (source :
[TEZANOU et al., 2003 cité par Simon mas et Christian Vogler] ----------------------------- 37

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Figure 14 : Effet de la teneur en eau sur la productivité de biogaz (Thonart et al., 2001)----- 41
Figure 15 : Estimation de la quantité de biogaz et de méthane sur le site du CTVD (FODM)
--------------------------------------------------------------------------------------------------------------- 47
Figure 16 : Quantité de biogaz et de méthane (autre modèle cinétique) ------------------------- 48
Figure 17 : cartographie des zones selon les caractéristiques de déchets collectés ------------- 59

LISTES DES ANNEXES

Annexe 1: Guide d’entretien adressé aux personnes impliquées dans la gestion des déchets
dans la ville de Ouagadougou ..................................................................................................... I
Annexe 2: fiche de suivi des tournées des camions bennes à remplir tous les jours à la fin de
la journée .................................................................................................................................. III
Annexe 3 : Fiche de suivi de tournée des camions à remplir durant chaque voyage ............. IV
Annexe 4 : Feuille de tri d’un échantillon à remplir pendant la caractérisation ....................... V
Annexe 5: Paramètres d'évaluation du potentiel biogaz .........................................................VII
Annexe 6 : protocole de caractérisation des déchets ............................................................ VIII
Annexe 7 : CET de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso) ................................................. IX

LISTES DES PHOTOS

Photo 1: Centre de collecte du secteur 3 (cité an III) Photo 2: Centre de collecte du secteur
18 _____________________________ 25
Photo 3: matières plastiques triés ______________________________________________ 32
Photo 4: dépôt de bac pour prélèvement Photo 5: Tri de déchets ___________________ 35
Photo 6: Tri des déchets _____________________________________________________ 36
Photo 9: Textiles triés _______________________________________________________ 39

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AUTEUR : Hodou MIEN


Professeurs responsables et encadreur : Dr Joseph WETHE Encadreur : Nathalie
Weismann
THEME
Etude de potentialité biogaz des déchets urbains dans un Centre d’Enfouissement Techniques
(CET) situé en zone sahélienne : Cas du CET de la ville de Ouagadougou

RESUME :

Le présent travail de mémoire de fin d’année vient combler une lacune en établissant un lien
entre les composantes en présence dans les Ordures ménagères produits dans la capitale
Burkinabè, leurs caractéristiques et le taux de production de biogaz. Depuis la mise en service
du centre d’enfouissement technique (CET) de la ville de Ouagadougou très peu d’études
sérieuses se sont penchées sur l’évaluation du potentiel de production de biogaz des déchets
produits. L’objectif visé par notre étude est d’évaluer le potentiel de production de biogaz
générés par les déchets Solides mis en décharge dans le CET de la ville de Ouagadougou.
La méthode consiste à une caractérisation des déchets acheminés dans le CET provenant des
cinq arrondissements de la ville de Ouagadougou et selon le standing des quartiers. Ainsi
l’approche méthodologique s’appui sur l’estimation des quantités, la détermination des flux
des composantes susceptibles de produire du biogaz et sur des mesures de paramètres
pertinents à savoir la teneur en eau, la biodégradabilité et le taux de compactage, des capables
de renseigner sur les caractéristiques des déchets et l’évolution de la décharge.
Plus de 30% des déchets enfouis dans les casiers sont des putrescibles. La teneur en
substances organique est d’environ 60% avec un taux d’humidité avoisinant les 50%. La
pluviométrie et l’évapotranspiration ne constitue pas une entrave pour la production de
biogaz. D’autres facteurs comme le mode de compactage, l’exposition à l’air des déchets, la
température au sein du massif pourrait inhiber la méthanogénèse. Les modèles prédisent la
production de plus de 200 millions de m3 de méthane d’ici la fin du projet.

Mots-clés : biogaz, paramètres, CET, Ordures Ménagères, caractérisation


Ouagadougou, déchets solides, flux.

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Abstract:
This memory work of the end of year comes to fill a gap by establishing a bond between the
components in the household refuse produced in the Burkinabe’s capital, their characteristics
and the rate production of biogas. Since the commissioning of the Ouagadougou’s technical
Hiding center do not many serious studies are leaning over the evaluation of the potential of
production of biogas from waste produced. The aim of this study is to evaluate the potential of
production of biogas generated by solid waste put in dump of Ouagadougou’s technical
Hiding centre.
The method consists with a characterization of waste conveyed in the CET coming from five
districts of the town of Ouagadougou and depends on the standing cities.
Thus methodological approach rely on estimation of the quantities, the determination of flows
of the components likely to produce biogas and the measurements of relevant parameters
namely water content, organic substances content and the rate of compaction, parameters
capable to inform about characteristics of waste and the development of dump.
More than 30% of wastes buried in the cells are putrescible ones. The organics substances
content around 60% and the water content of the verge on 50%. Rainfall measurement and
ETP do not be a hindrance to the production of biogas. Others factors like the mode of
composition, exposition in the air, temperature within the solid mass could inhibit the
methanogenese.
Models predict a production of more than 200 million cubic meters of methane between now
and the end of the project.

Key words: biogas, parameters, CET, Ouagadougou, household garbage, solids waste, flow,
characterization

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INTRODUCTION GENERALE

De nos jours la mise en décharge présente l’avantage d’éliminer d’importants volumes à des
coûts raisonnables. Mais malheureusement, elle se limite souvent dans les PED à un simple
trou et le tour est joué.

La technique de décharge, anarchique à ses début, est devenue contrôlée, et est aujourd’hui
constitutive de ce que l’on appelle les centres d’enfouissement technique (CET). Parmi les
procédés de contrôle, il y a la méthanisation, qui est d’autant plus intéressante quelle est
spontanée. Les CET considérés comme des réacteurs ouverts sont des sortes d’immenses
digesteurs où l’on peut favoriser le dégagement gazeux en installant un système de
récupération de BIOGAZ. Pendant longtemps considéré comme une simple nuisance, des
efforts ont été fait pour valoriser le BIOGAZ de décharge.

La commune de Ouagadougou par le biais du Projet de Développement Urbain s’est


construite une décharge contrôlée recevant les ordures ménagers et les déchets industriels
spéciaux qui fait sa fierté. Dans les casiers du Centre de Traitement et de Valorisation de
Déchets (CTVD) sont enfouis les OM provenant des 30 secteurs de la capitale du Burkina
Faso.

Les caractéristiques des déchets produits par la ville sont connus et ce grâce aux efforts
sectoriels de caractérisation des déchets effectués. Aucune étude ne fait un lien entre les
qualités de déchets enfouis et le taux de production de biogaz.
C’est dans ce cadre que s’inscrit ce mémoire de fin d’étude qui se veut une contribution à
l‘aide de décision en évaluant le potentiel de production de biogaz générés par les déchets
enfouis dans le Centre de Traitement et de Valorisation de Déchets de Ouagadougou.
Aussi depuis plusieurs années, le biogaz présente une alternative économiquement viable aux
sources d’énergie traditionnelles et est une des énergies renouvelables les moins coûteuses.

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Le présent rapport se compose des chapitres suivants :

 Le chapitre 1 donne le contexte dans lequel se situe la ville de Ouagadougou


correspondant à une brève présentation de la ville.
 Le chapitre 2 donne les différents types de gaz produit par les déchets enfouis. Et nous
donnons les types de déchets et leur potentialité de biogaz.
 La troisième chapitre présente l’approche méthodologique dans laquelle nous
présentons les étapes des activités pour mener à bien ce travail On y trouvera la
description des méthodes, approches définies pour l’atteinte des objectifs.
 Le chapitre 4 fournit les résultats des activités et investigations ainsi que les
commentaires y afférents.
 Le chapitre 5 se penche quant à lui sur l’estimation du taux de biogaz susceptible
d’être produit. Il examine les problèmes pouvant entraver une production optimale.
 Le dernier chapitre, le chapitre 6 est une proposition de solution en vue d’une
maximisation de la production de biogaz.

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CHAPITRE I : GENERALITE SUR LA ZONE D’ETUDE

Ce chapitre fait une succincte présentation de la commune de Ouagadougou.

1.1. Présentation du milieu d’étude : la commune de Ouagadougou

1.1.1. Cadre physique

• Ouagadougou est le chef lieu de la région du centre et de la province du Kadiogo situé


au centre du Burkina Faso. Le site de la ville correspond au point de coordonnées
géographique 12°17,5' N de latitude et 1°7' Ouest de longitude. Le climat, de type
(soudano-sahélienne ; est caractérisé par deux saisons principales : (i) une courte
saison de pluie, de juillet à septembre (août est le mois le plus pluvieux), avec une
pluviométrie 750 mm d’eau recueillie par an (Ouagadougou se situe entre les isohyètes
700 et 800 mm); (ii) une longue saison sèche, allant de novembre à mai, comportant
une période sèche et froide (novembre et janvier) et une période sèche et chaude de
février à mai. La pluviométrie est faible et irrégulière ; La température moyenne
annuelle est de 30°C ; le mois d’avril est le plus chaud (moyenne de 42.8°C) et janvier
est le mois le plus froid (moyenne de 25.7°C) l’évapotranspiration moyenne
journalière des eaux dans la zone est estimée à 5.5 mm. Le climat de la ville de
Ouagadougou reste principalement caractérisé par deux régimes.
Un régime de vent appelé harmattan, vent sec venant du nord / nord- Est qui souffle de
novembre à février. La mousson, un vent provenant de l’océan (sud / sud- ouest) est la
source de manifestation pluvieux- orageuse de mai à septembre.
• Du point de vue hydrogéologique, Ouagadougou se trouve dans le bassin versant du
Massili sous bassin versant du Nakambé un quatre bassins hydrographique du Burkina
Faso. Dans la région existent de nombreuses retenues artificielles d’eau de pluie.
D’une manière générale la nappe aquifère de la commune se trouve à une profondeur
moyenne de 30 m exceptée celle du centre administratif (centre-ville) atteignant à
peine 1 m lors de l’hivernage et ce, grâce à son emplacement sur des alluvions d’une
ancienne rivière. La capacité d’infiltration à long terme comprise entre 10 et 40 l/j/m3
(modérée) est favorable à la réduction des eaux stagnantes.

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Figure 1 : Localisation géographique de la commune de Ouagadougou

1.1.2. Contexte administratif et socio-économique

• La commune de Ouagadougou capitale du Burkina Faso est actuellement la plus


importante agglomération urbaine du pays. La ville de Ouagadougou a connu une
première subdivision administrative en 5 communes et 30 secteurs géographiques en
décembre 1983. A partir de 1993, et suite à a décentralisation et à la mise en
application de la Loi n°005/93/ADP du 12 mai 1993 portant statut particulier de la
province du kadiogo et de la commune de Ouagadougou modifiée par la Loi
n°031/95/ADP du 4 juillet 1995, Ouagadougou a été réorganisé en 5 arrondissement
communaux et 30 secteurs géographiques. Il faut rappeler que 17 villages sont
administrativement restés rattachés à ces arrondissements, ce sont en l’occurrence :
- Baskuy (secteurs 1 à 12) 3 300 ha
- Bogodogo (secteurs 14, 15, 28 à 30 et 2 villages) 4 850 ha
- Boulmiougou (secteurs 16 à 19 et 4 villages) 4 780 ha
- Nongr-Masson (secteurs 13 et 23 à 27 et 5 villages) 6 250 ha
- Sig-Noghin (secteurs 20, 21 et 22 ainsi que 6 villages) 2 570 ha

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Figure 2 : Subdivision administrative de la ville de Ouagadougou

• La ville de Ouagadougou a connu une urbanisation galopante occasionnant


l’absorption progressive des petits villages rattachés à ses arrondissements. Le mode
d’extension urbaine le plus classique étant le lotissement, la ville de Ouagadougou en
a beaucoup usé et actuellement sa superficie dépasse 200 km2 (SDGD, Ouagadougou,
Burkina Faso). Comparativement aux autres communes elle a un fort taux
d’urbanisation. A cet effet ce taux a atteint 85% en 2006 tandis que celui de Bobo-
Dioulasso (la deuxième agglomération urbaine du pays en terme d’importance) n’était
qu’à 37,6% (source ; BARO 2008). Le graphique ci-dessous montre l’évolution de la
population de Ouagadougou de 1975 à 2006. En prenant en compte la qualité et les
dimensions des constructions, les services d’utilité publique auxquelles elles sont
rattachées, les habitations ont été classées en trois (3) catégories en 2000 (DESSAU-
SOPRIN, 2000) (figure 3).

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Figure 3: Subdivision de la commune de Ouagadougou selon le standing


• Comme de nombreuses grandes villes africaines, Ouagadougou a connu une
croissance démographique explosive. De 51 500 en 1959, sa population est évaluée à
plus de 800 000 habitants (Tini, 2003). la population actuelle est estimée à environ
1 475 223 habitants (RGPH 2006). Le territoire urbanisé couvre une superficie
d’environ 21 930 ha. La densité de population est faible à Ouagadougou, avec une
moyenne de 40 personnes à l’hectare (SDGD, Ouagadougou, Burkina Faso).
Evidemment l’arrondissement de Baskuy, qui est central, présente une forte densité de
124 à l’hectare, tandis qu’elle varie de 20 à 43 pour les autres arrondissements de la
ville (BAYILI, 1996a).

Figure 4 : Evolution de la population de Ouagadougou de 1975 à 2006 (source: Adama Konaté 2008)

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• La capitale Burkinabè a une structure commerciale diversifiée. La principale zone


d’activités commerciales située au centre-ville comprend le marché central (Rood
Woko), les commerces de gros et de détail, les hôtels, et les restaurants. Quant aux
bureaux d’affaires et les institutions financières la majeure partie est en voie de
transfert vers Ouaga 2000. Ouagadougou comptait en 2002, 383 unités dont 63
industries extractives et 320 industries manufacturières (Adama konaté 2008)). Deux
zones Kossodo et Gounghin abritent présentement l’essentiel des industries de la ville.
• L’activité agricole, en particulier la culture maraîchère est pratiquée dans les bas-
fonds. Cette activité occupe 33% de la superficie de la région du centre.

1.2. Description du mode de gestion des déchets solides dans la ville de Ouagadougou
et des ouvrages du CET

1.2.1. Historique de la gestion des déchets solides

La commune de Ouagadougou, influencée par des facteurs tels que l’urbanisation croissante,
renforcée par une forte démographie et une industrialisation de plus en plus importante, est
dans l’obligation de mettre en place des systèmes de gestions convenables. A ce titre elle a
donc connu plusieurs modes de gestion :
- 1958-1968 : régie municipale ;
- 1968-1979 : concession opérateurs prives (société Nakoulma) ;;
- 1979-1986 : régie municipale ;
- 1986-1991 : gestion centralisée par la création de structures étatiques (Direction
Nationale de Service de Nettoyage (DINASENE) et l’Office National de Service de
Nettoyage (ONASENE) ;
- 1991-2001 : gestion partagée entre la municipalité et les opérateurs privés ;

A partir de 2000, la municipalité a bénéficié du soutien de la Banque Mondiale à travers le


2ème et le 3ème Projet de Développement Urbain (PDU). Ce projet a eu pour objet d’asseoir
les bases du principe du «pollueur payeur» par la récupération partielle des coûts de
fonctionnement. La privatisation de la précollecte aux Groupements d’Intérêt Economique
(GIE) et aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) entre dans cette logique. De concert avec
le Projet d’Amélioration des Conditions de Vie Urbaine (PACVU), le 3ème PDU a favorisé la
création des structures privées de gestion des déchets et a amélioré les possibilités locales de
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valorisation. Aussi, a-t-il soutenu la construction de trente cinq (35) centres de collecte, dont
seulement 30 sont fonctionnels, et la réalisation du Centre d’Enfouissement Technique (CET)
en 2001 devenu de nos jours (courant 2007) le Centre de Traitement et de Valorisation des
Déchets (CTVD).
Les trente secteurs (30) de la ville de Ouagadougou ont été répartis en douze (12) zones de
collecte des déchets. Les PME sont attributaires de trois (03) zones tandis que les GIE pré
collectent les déchets des neufs (09) autres zones.

Figure 5 : zone de collecte des déchets

1.2.2. Présentation de la zone d’étude : CET de la ville de Ouagadougou

Le CET de polesgo est situé au nord de la capitale Ouagadougou à 50 km du centre ville. Il


été construit et mis en service le 15 Avril 2005, et devenu depuis l’année 2007 le Centre de
Traitement et de Valorisation des déchets (CTVD). Il recevra 5 700 000 m3 d’ordures
ménagers, 278 000 m3 de déchets industriels spéciaux (DIS) provenant de la ville de
Ouagadougou et 163 000m3 de DIS de Bobo Dioulasso (aina., 2006).

L’enfouissement des déchets est réalisé par épandage de déchets par couches successives
d’épaisseur de 3m et de sol de recouvrement de 0,15m d’épaisseur. Les déchets sont
recouverts d’une couche de matériaux avant la fin de la journée de travail en saison de pluies
et une fois par semaine en saison sèche. Six cellules d’environ 100 ha de superficie chacune
est prévue pour le stockage des OM.

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L’exploitation se fera par phase. La durée de la première était prévu pour 3 ans et prend fin
bientôt.
La capacité des cellules est déterminée à partir de la quantité cumulative des déchets à enfouir
dans le temps (20 ans) et la durée de la première phase. La capacité à enfouir pendant la
première phase serait de 402 660 tonnes. Cette quantité de déchets comprendra les OM, les
déchets banals des industries et commerces en soustrayant la quantité des déchets dirigée vers
l’aire de compostage et celle des déchets récupérés à partir des matières recyclables sont aussi
soustraits. Cependant on y ajoute les résidus des activités de compostage qui sont retournés à
la cellule d’enfouissement.
Outre les ordures ménagères le CTVD reçoit sur le même site mais dans d’autres cellules, des
déchets industriels spéciaux (DIS) et biomédicaux de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso.
On y trouve en son sein deux unités de valorisation, une unité de valorisation des déchets
plastiques et une unité de compostage. La première a vu le jour en avril 2005 dans le cadre
d’un projet mis en place par l’Association Internationale des Volontaires Laïcs (LVIA), la
commune de Ouagadougou et la Banque Mondiale. Sa construction a nécessité un
financement de 131 500 000 francs CFA dont 60% par la Banque Mondiale, 35% par la LVIA
et 5% par la Commune de Ouagadougou.
L’Association des Femmes pour la Valorisation des Déchets Plastiques (AFVDP) assure
l’exploitation de l’unité. Elle s’autofinance depuis 2005.
S’agissant de l’unité de compostage, elle a vu le jour en juillet 2005. Son exploitation est
assurée par l’association WENDBENEDO qui bénéficie actuellement d’une prise en charge
totale de la part de la Commune de Ouagadougou. Aussi faut-il noter que le Centre Régional
pour l'Eau Potable et l'Assainissement à faible coût (CREPA) a assuré le renforcement de la
capacité de l’Association WENDBENEDO sur les techniques de production du compost.

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CHAPITRE II : NOTIONS ESSENTIELLES SUR LES GAZ DE DECHARGES ET


SUR LE POTENTIEL DE PRODUCTION DE BIOGAZ DES DECHETS

Ce chapitre fait un rappel sur la composition du gaz de décharge, les proportions de ces gaz, la
composition du biogaz et leur toxicité. En effet outre le biogaz, les décharges produisent
d’autres types de gaz qui sont dangereux pour l’environnement.

2.1. Gaz de décharge : trois gaz de proportion variable

Le gaz de décharge est composé de biogaz, d'air et de composés organiques volatils. La


proportion entre ces gaz est étroitement liée à la nature des déchets stockés, à leur vitesse de
dégradation, aux modes d'exploitation du site. Le gaz de décharge contient de 60 à 95 % de
biogaz, 5 à 40 % d'air, et 0,05 à 0,5 % de composés organiques volatils (ADEME, gérer le gaz
de décharge, 2001).

2.1.1. Le biogaz

II provient de la fermentation anaérobie de la matière organique. II est composé


principalement de méthane et de gaz carbonique, généralement saturé en vapeur d'eau. II
contient également, à de faibles concentrations d'autres gaz issus de la fermentation, tels que
de l’hydrogène sulfuré [H2S], de l'ammoniaque [NH4], de l'hydrogène [H2], des mercaptans
[composés organiques soufrés...], etc.

2.1.2. L’air

Les systèmes de dégazage n'étant généralement pas totalement étanches, de l'air est introduit
dans le gaz. L'air est aspiré via les parois des casiers (couverture perméable, parois, par les
têtes de puits, ainsi qu'au niveau des défauts d'étanchéité des canalisations). Lorsque l'air
passe par les parois, il traverse les déchets en fermentation et l'oxygène est consommé par les
bactéries aérobies (ADEME, gérer le gaz de décharge, 2001).

2.1.3. Les composés volatils

Les déchets contiennent à l'état natif des composés volatils qui sont aspirés avec le biogaz de
fermentation. En effet le gaz de décharge contient des hydrocarbures, des composés halogénés
[chlore, fluor]. On trouve également des produits à base de silicium, formant la famille des
siloxanes [formule SixHy]. Ces produits proviennent d'origines les plus diverses : bouteilles de
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gaz, peintures, solvants, fréons de réfrigérateurs, lessives, des matériaux constitutifs des
canalisations de gaz, etc. La plupart de ces produits sont des composés organiques volatils
(COV) (ADEME, gérer le gaz de décharge, Christian couturier et al.).

2.2. Composition du biogaz

Le phénomène de digestion anaérobie s’installe dans les installations de stockage après une
première phase de dégradation aérobie. Celui-ci aboutit à la production de biogaz,
essentiellement constitué de méthane et dioxyde de carbone. Suivant les sites, la nature et la
quantité de biogaz seront variables. Son captage est rendu nécessaire par la nuisance qu’il
présente pour les riverains.
La composition du biogaz dépend de nombreux paramètres parmi lesquels on peut citer la
nature et la qualité des déchets stockés, le mode d’exploitation du site, l’âge des déchets etc.
Dans les premiers mois qui suivent le dépôt, la dégradation de la matière organique conduit à
la formation d’hydrogène, d’acides gras volatils et de dioxyde de carbone, tout en
consommant de l’oxygène et de l’azote. Lorsque le processus anaérobie s’installe
durablement, les teneurs en méthane et en dioxyde de carbone se stabilisent respectivement
autour de 60 % et 40 % (phase méthanogènèse). A ces deux composés principaux s’ajoutent
d’autres familles de composants en particuliers les composés soufrés, des composés chlorés et
des hydrocarbures.

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Le tableau ci-dessous indique la composition moyenne du biogaz issu de la fermentation


spontanée au sein d'une décharge.
Composition Biogaz
CH4 45%
CO2 32%
N2 17%
O2 2%
H2O 4%
H2S5 20mg/m3

Le biogaz est loin d’être du méthane pur. Mais après tout, le gaz naturel qui sort de la terre ne
l’est pas plus et doit être avant utilisation.

2.2.1. Le méthane CH4 :

Le méthane est l’un des principaux constituants du biogaz, c’est un gaz inodore et incolore
donc non détectable par l’odorat. Il est inflammable : entre 5% et 15% de concentration dans
l'air environ le mélange gazeux est explosif. (ADEME, gérer le gaz de décharge, Christian
couturier et al.)

2.2.2. Le gaz carbonique CO2 :

Inodore et incolore, il est plus lourd que l'air et il s'accumule en partie basse des locaux]. II
n'est ni toxique par lui-même, ni inflammable. Par contre, une concentration élevée en CO2 se
traduit par une faible concentration en oxygène, d'où un risque d'asphyxie : pour les humains,
ainsi que pour les racines des végétaux en cas de migration de gaz dans les sols.

2.2.3. L'hydrogène sulfure H2S et mercaptans :

L'hydrogène sulfuré [H2S] est un gaz plus lourd que l’air. II tend donc à s'accumuler en partie
basse de locaux peu ventilés. Hautement toxique, il est reconnaissable à son odeur
caractéristique dite (d’œuf pourri).
Les mercaptans sont des composés organiques soufrés qui sont également très malodorants et
souvent toxiques.
La concentration en H2S dans le gaz de décharge varie fortement entre les sites. Elle diminue
également dans le temps. A une certaine concentration l’H2S est dangereux pour l’homme, il
provoque des nausées, des céphalées, vomissements, etc. outre ces malaises il affecte le
système nerveux central et peut provoquer la mort (ademe, 2001).
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2.2.4. La décharge, un bioréacteur à gérer

La décharge met en présence des déchets de nature diverse (matières faiblement ou


rapidement biodégradables, matières plastiques, métaux, verres et céramiques) et des
populations mixtes de microorganismes endogènes (qui proviennent des déchets, de
l’atmosphère environnante ou du sous-sol de la décharge). L’hétérogénéité, la présence de
matières biodégradables et l’influence des paramètres externes, tels que la pluviométrie et la
température, sont à l’origine de processus chimiques, physiques et biologiques s’influençant
réciproquement et engendrant des flux de gaz (le biogaz) et de liquides (le lixiviat) (guide de
déchets).

Déchets enfouis

Processus physique Processus chimique


- Transport - Hydrolyse
- Ecoulement Processus biologique
- Dissolution
- diffusion - Aérobie
- Précipitation
- anaérobie
- Sorption-désorption
- Echange d’ions

Lixiviat + gaz inerte Lixiviat + gaz inerte


CH4+CO2
Figure 6: processus physique, chimique et biologique se développant dans les décharges

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Les flux entrant dans la décharge correspondent à l’entrée d’eau ainsi qu’à l’apport de déchets
durant le remplissage. L’eau, élément ayant la plus grande influence sur l’évolution des
déchets, est issue de trois sources principales :
• le ruissellement arrivant à la décharge (paramètre dépendant de la conception et de la
gestion du site),
• Des précipitations (paramètre dépendant de la climatologique et de la gestion du site)
• L’eau constitutive des déchets (paramètre dépendant des habitudes et du niveau de vie
de la population).
Le flux sortant correspond au biogaz et aux lixiviats.

EAU BIOGAZ (CO2, CH4…)


MICROORGANISMES
DECHETS LIXIVIATS

Le bioréacteur « décharge »

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CHAPITRE III : PROBLEMATIQUE ET METHODOLOGIE D’APPROCHE

Les précédents chapitres nous ont édifiés sur les types de gaz produits dans les décharges
considéré comme des bioréacteurs. Ce chapitre tente de décrypter le contexte général de notre
étude, nous présenterons les objectifs poursuivis dans le cadre de ce travail ainsi que la
méthodologie d’approche que nous avons bâtie pour atteindre nos résultats.

3.1. Contexte et justification de l’étude

Le biogaz, mélange de gaz carbonique et de méthane est un gaz combustible qui provient de
la dégradation de matières organiques mortes, végétales ou animales dans un milieu en
raréfaction d’air dit fermentation anaérobique. Cette fermentation est le résultat de l’activité
microbienne naturelle ou contrôlée. C’est également un gaz riche en méthane, mais aussi en
produits halogénés (chlore, fluor) difficile à traiter provenant de la décomposition des
plastiques et de la présence de déchets toxiques (bidons de lessive, piles...), ceci est d’autant
plus vrai lorsque le tri des déchets a été mal exécuté. De plus le méthane est gaz à effet de
serre 21 fois que le CO21.
Les décharges produisent spontanément du biogaz car les déchets fermentescibles y sont
régulièrement déposés. La période d’émission peut s’évaluer sur plusieurs dizaines d'années,
d'abord à un rythme croissant, puis décroissant. Le processus peut être accéléré en humidifiant
la matière, auquel cas le potentiel de production peut être récupéré entre 5 ou 10 ans. Sans
installation particulière autre que le captage des gaz dans les alvéoles, on peut ainsi récupérer
60 m3 de méthane par tonne enfouie (aina, 2006).
La ville de Ouagadougou comme par ailleurs l’ensemble des agglomérations d’Afrique
subsaharienne, connaît un accroissement exponentiel de sa population ainsi qu’un
développement des activités socioéconomiques. Le corollaire qui en découle est
l’augmentation de la production des déchets solides et la complexification des types de
déchets solides, plus difficiles à traiter.
Ainsi la municipalité doit faire face à des quantités importantes des déchets solides à enfouir
dans la décharge contrôlée qu’elle dispose au Nord de la ville. La forte teneur en composant
organique dans ces déchets, génèrent des biogaz dans les casiers exploités à cet effet.
Depuis la mise en service de cette décharge en 2005, et l’un des casiers est presque plein, très
peu d’étude sérieuse se sont intéressé à l’évaluation du potentiel de biogaz qui se dégage de
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ces casiers. Des efforts sectoriels sont faits dans le sens de la caractérisation des déchets
produits sans toutefois mettre en lien les composantes en présence avec le taux de production
de biogaz. Les catégories de déchets enfouis et le type de climat sahélien et sec dont est
tributaire le Burkina Faso ne serait-ce pas un frein à une production optimale de biogaz ?
Le biogaz, produits des réactions d’un mécanisme réactionnel dans les casiers des CET se
veut une attention tant du point de vue de la quantité que de la qualité. La valorisation multi-
usages du biogaz d’un centre d’enfouissement technique combine des avantages à la fois sur
le plan économique et environnemental :
• le prix du combustible biogaz étant deux fois moins cher que le gaz naturel, il offre
aux industriels, qui utilisent encore ce dernier dans leur processus de fabrication, la
possibilité de réaliser de grandes économies sur leur facture énergétique,
• en évitant la libération de méthane dans l’atmosphère, la récupération ou valorisation
du biogaz a une action favorable sur l’effet de serre et permet des économies d’énergie
fossile.

3.2. Aspects environnementaux et économiques liés à la mise en décharge des déchets

3.2.1. Incidences environnementales

Lorsque les déchets sont mis en décharge, les fractions biodégradables s’y décomposent dans
les décharges et produisent des gaz et lixiviats de décharge. S’il n’est pas capté, le gaz
participe considérablement à l’effet de serre étant donné qu’il se compose principalement de
méthane, gaz dont l’effet de sur le changement climatique vaut 21 fois celui du dioxyde de
carbone (GIEC)2. Ainsi la connaissance du potentiel de production de biogaz des déchets
permettra de protéger l’environnement par la mise en place d’un réseau de collecte, qui d’une
part contribuera à la réduction des émissions de substances olfactives et/ou toxiques et la
limitation de l’effet de serre lié à la présence du méthane et du dioxyde de carbone et d’autre
part assurer la sécurité du site car le méthane, moins dense que l’air, circule sous terre en
suivant les fissures et remonte à la surface ou bien s’accumule dans des cavités et sa présence
crée alors des risques d’incendie et d’explosions.

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3.2.2. Incidences économiques

La digestion anaérobie de chaque tonne de biodéchets se déroulant dans les réacteurs fermés
peut produire entre 100 et 200 m3 de biogaz. Compte tenue du fait que le biogaz peut faire
l’objet d’une valorisation énergétique. Toute cette production pourrait être faire l’objet d’une
valorisation énergétique.

De ce fait la méthanisation spontanée qui a lieu au sein des décharges est donc avant tout un
processus de dégradation des déchets organiques et participe de ce fait à la dépollution et à la
protection de l'environnement. Exprimé en "demande chimique en oxygène" (DCO), le taux
dégradation de la matière sèche volatile se situe entre 6 et 85% pour les ordures ménagères
urbaines de 70%.

3.3. Objectif de l’étude

3.3.1. Objectif général de l’étude

Il sera question de mener une étude d’évaluation du potentiel de production de biogaz générés
par les déchets solides mis en décharge dans le CET de la ville de Ouagadougou.

3.3.2. Objectifs spécifiques

De façon plus spécifiques il sera question de :


- Caractériser (composition, densité, etc.) et évaluer les quantités de Déchets Solides
acheminés dans le CET ;
- Quantifier les fractions valorisables ;
- Etablir le schéma du flux de matières ou le cheminement des Déchets Solides par
l’établissement du bilan des composantes recyclées/récupérées dans la décharge de
celle qui sont effectivement enfouis dans les alvéoles/casiers ;
- Effectuer une analyse critiques objectives de la situation actuelle pour en déceler les
Forces/Faiblesses/Atouts et les contraintes relatives à la production optimale de biogaz
à partir des déchets solides enfouis dans le CET de la ville de Ouagadougou ;
- Proposer des solutions d’amélioration de la production de biogaz,

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3.3.3. Résultats attendus

- Les déchets acheminés dans le CET sont quantifiés et caractérisés ;


- Le flux de matières ou le cheminement des Déchets Solides par l’établissement du
bilan des composantes recyclées/récupérées dans la décharge de celle qui sont
effectivement enfouis dans les alvéoles/casiers est établi ;
- Le taux de production de biogaz dans les casiers du CET et les aires de recyclages des
composantes est estimé ;
- Les forces/faiblesses et les aouts/ contraintes relatives à la production optimale de
biogaz à partir des déchets solides enfouis dans le CET de la ville de Ouagadougou
sont décelés ;
- Des stratégies de maximisation de la production de biogaz sont proposées

3.4. Approche méthodologique de l’étude

3.4.1. La phase préliminaire

3.4.1.1. La recherche documentaire

Cette phase a porté essentiellement sur la recherche bibliographique et la collecte de données


documentaires sur le sujet du travail qui nous ait demandé. Chaque mot du thème a fait l’objet
d’une recherche.
Les principales sources de collecte d’informations sont la bibliothèque de 2iE, la direction de
la propreté, et les données que nous avons pu recueillir sur internet.

3.4.1.2. Elaboration des outils d’entretiens et fiches de suivi des tournées


des camions

Cette partie a consisté en l’élaboration des guides d’entretiens selon la thématique et les
différents acteurs impliqués dans la gestion des ouvrages du CET. Ces acteurs vont de la
direction de la propreté aux agents de contrôle en passant par le poste de contrôle du CTVD.
Ainsi, auprès de la Direction de la propreté, il était question de connaître le nombre de
camions assurant le transport des déchets, leurs circuits de collecte, le nombre de centre de
collecte en mettant l’action sur leurs rayons d’action. L’entretien avec le directeur de la
propreté a consisté aussi à la mise à notre disposition de moyens humains et matériels pour le
bon déroulement de nos activités.
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L’entretien avec les agents de contrôle nous a facilité l’acquisition de certaines données
notamment les quantités de déchets déjà enfouis, le mode d’exploitation du CTVD
(compaction, recouvrement des déchets, etc.). Un agent de contrôle nous a servi de guide pour
la visite de reconnaissance du site.
Les fiches de suivi des tournées établies fournis en annexe 2 ont permis de déterminer le
temps moyens de rotation des camions du garage au CTVD en passant par les centres de
collecte.

3.4.2. La phase de terrain

3.4.2.1. Reconnaissance de terrain

Elle nous a permis de nous familiariser avec le site, d’avoir une idée des problèmes à résoudre
par notre étude, de prendre contact avec les personnes ressources afin de mieux organiser les
travaux de terrain.
Nous avons avec le guide sillonné le CTVD et par la même occasion nous nous sommes fait
une idée du mode de gestion des ouvrages constituant le site.

3.4.2.2. Entretiens

Les informations recueillies sur le terrain auprès des différents acteurs impliqués dans la
gestion du CTVD sont relatives au fonctionnement, au mode de gestion des ouvrages du
CTVD et du système de gestion des déchets solides.

3.4.2.3. Collecte des données techniques

Afin de faire un diagnostic de la situation actuelle, nous avons participé à la collecte de


déchets avec les chauffeurs des camions, ceci nous a permis de :
- Identifier le circuit des différents camions ;
- Déterminer le temps de rotation ;
- Déterminer le nombre d’enlèvement des bacs par jour.

3.4.2.4. L’observation de terrain

Durant la phase terrain, nous avons procédé aux visites d’observations pendant
lesquelles il a été fait des prises de vue. De cette visite nous nous sommes renseignés sur
l’utilisation et la gestion des équipements.
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3.4.3. La caractérisation des déchets solides

Elle a été une étape très importante de notre étude. Pour réaliser une telle tâche, nous avons
opté pour 5 centres de collecte d’autant plus qu’il n’existe pas de cloisonnements entre les
secteurs. Autrement dit s’il s’avère que les bacs d’un centre de collecte d’un secteur sont
pleins, les entreprises de précollecte de OM dudit secteur vont automatique vers un autre CC
(le plus proche).
Par exemple le CC du secteur 3 peut éventuellement recevoir les déchets des secteurs 1, à 12
lorsque les bacs disposés qui y sont disposés sont pleins (source agents pointeurs).
Vu la répartition des centres de collecte, ils ont été regroupés selon leurs situations
géographiques et le niveau de standing, comme suit :

Localisation Haut Moyen Zone Zone de


Bas standing
des CC standing standing industrielle marché
CC15 CC3 CC19 CC9 CC12
CC
... ... ... ... ...
Après avoir attribué aléatoirement à chaque centre de collecte des numéros allant de 0 à 1, un
échantillonnage aléatoire, par tirage au sort, à l’aide de la fonction ALEA du tableur Excel est
alors opéré pour choisir les centres de collecte par standing et par zone d’activité où l’étude
sera conduite. Ainsi les numéros attribuée aux centres de collecte vont de 0 ; 0,01 ; 0,02 et
consécutivement jusqu’à 0,6 et cela pour les 26.
Les 5 centres de collecte tirée au sort sont :
- Secteur 9 (Baskuy)
- Secteur 3 (Baskuy)
- Secteur 15 (Bogodogo)
- Secteur 28 (Bogodogo)
- Secteur 19 (Boulmiougou)

3.4.3.1. Echantillonnage

L’objectif de l’étude de caractérisation des OM à Ouagadougou, comme dans d’autres pays


(ADEME, 2005-a), est de fournir le maximum d’informations et de données de référence
pouvant aider les pouvoirs locaux dans la prise de décision relativement aux types de déchets

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enfouis, à la gestion et au traitement des déchets et permettre éventuellement une récupération


du biogaz.
La méthode MODECOM recommande une prise d’échantillon de 500Kg afin de limiter les
erreurs de mesure (Ademe, 1993 ; Tezanou et al., 2001). Nous avons prélevé ainsi des
échantillons ça et là dans le bac en différents endroits.
L’analyse a consisté à faire un tri des différents éléments contenus dans les déchets solides, à
les regrouper par catégorie en tout 6 catégories ont été retenues ce sont les putrescibles, les
papiers-cartons et bois, les textiles, les plastiques, les verres, les métaux, et les fines.
Nous avons, pour mener à bien cette caractérisation, bénéficiée de l’aide des éboueurs et des
femmes de l’unité de compostage travaillant sur le site du CTVD. Au total sept personnes ont
participé au tri, Deux facteurs ont joués sur le déroulement de cette activité de
caractérisation :
- Le temps : puisque dans le plan de travail les échantillons doivent être collectés
dans les bacs à l’arrivée des bennes à la décharge, ceci selon l’origine des déchets. Il est prévu
que les déchets soient prélevés sur les bennes et soient triés le même jour à la décharge. Vu
cette contrainte, il était donc indispensable que les quantités d’OM soient triées pendant une
journée de travail. La première fois le travail a été interrompu après 5 heures de tri. 250 kg
avaient été triés durant ce temps. La 2ème journée, grâce à l’expérience déjà acquise, le tri a
été beaucoup plus rapide. Il a pris 8 heures de travail environ pour trier les 500 kg d’OM.
- Les moyen financiers : la limite des moyens financiers représentait une
contrainte majeure et ne permettait pas d’avoir plus d’équipements (table de tri).

3.4.3.2. Détermination de la composition des déchets

La répartition granulométrique est un indicateur de l’état de dégradation des déchets et rend


compte de l’évolution des déchets dans le massif. Dans le cadre de cette étude, le manque de
matériel notamment de table de tri n’a pas permis de faire une classification des déchets
suivant une granulométrie adéquate. Les éléments grossiers et moyens ont fait l’objet d’une
séparation visuelle, ensuite les parties fines ont été obtenues par tamisage sur un tamis
emprunté à l’unité de compostage dont le diamètre avoisine les 10 mm. Le tri a été effectué
comme l’indique le protocole ci-dessous :

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Figure 7 : Protocole de tri d’un échantillon de déchets entrants au CTVD

Echantillonnage (prélèvement
dans la benne)

Hétéroclites enlevés

Echantillon (500 Kg)

Tri granulométrique

Gros Moyens + fines

Tri granulométrique

Tri par catégorie Tri par catégorie


cailloux,
putrescible

sables et autres
plastiques
papiers

textiles

métaux
verres

Fines,

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3.4.3.3. Prélèvement et analyse en laboratoire des échantillons

La détermination des paramètres physiques et chimiques a été effectuée sur les putrescibles et
les fines. La densité a été déterminée sur place, par contre pour les autres paramètres à savoir
la teneur en eau, la biodégradabilité (teneur en matière organique), ont été déterminés en
laboratoires. Les protocoles suivis sont consignés en annexe 6.

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Schéma de l’étape méthodologique

DEBUT

PHASE 1 : - Préparation : élaboration de la méthodologie et des


outils de collecte des données selon les
Acquisition des outils thématiques
et de la démarche - Validation des outils et de la démarche

Consultation des acteurs (responsables et acteurs CTVD, directeur de la


DP, Mairies, etc.)
- Entretien et collecte de données
PHASE 2 : - Information sur le mode de gestion du CTVD et des déchets solides
de la ville
Consultation des acteurs - Quantification et caractérisation des déchets
et collecte des données - Détermination du flux et origine des déchets

de terrain

- Analyse des résultats


- Diagnostiquer les forces/faiblesses les atouts/contrainte relatives à la
PHASE 3 : production optimum de biogaz
Traitement des données - Analyse critique
et analyse des résultats - Perspectives de récupération éventuelle du biogaz
- Proposition de solution pour la maximisation

PAHSE 4 : - Synthèse finale


- Transmission des rapports
Rédaction du rapport - Soutenance du mémoire
et soutenance

FIN

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CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION

Ce chapitre ressort l’état des lieux sur la gestion des déchets à Ouagadougou et les résultats
des activités de terrains en faisant un lien avec la production de biogaz.

4.1. Etat des lieux sur la gestion des déchets

4.1.1. Gestion des déchets dans la commune de Ouagadougou

4.1.1.1. La collecte des déchets

La collecte est sous la charge des Groupements d’Intérêts Economiques (GIE) et des PME.
Ces derniers se déplacent de porte en porte pour enlever les ordures à l’aide des charrettes et
des tracteurs. Ces groupements acheminent les déchets vers les centres de collecte construits
dans les secteurs.

4.1.1.2. Répartition des centres de collecte dans la ville de Ouagadougou

Les centres de collecte sont bien localisé mais malheureusement ils ne sont pas tous
fonctionnels, ce qui rend faible le taux d’évacuation des déchets En effet sur les 35 centres
construits seulement 26 sont en activités. Le nombre et la capacité des bacs sont fonctions des
quantités de déchets produits par la population, mais ceci n’est pas le cas pour certains centre
de collecte. En effet le centre de collecte du secteur 18 construit pour recevoir 3 bacs ne
dispose qu’un seul (photo).

Photo 1: Centre de collecte du secteur 3 (cité an III) Photo 2: Centre de collecte du secteur 18

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Figure 8 : Répartition des centres de collecte (source : direction de la propreté)

4.1.1.3. Le transport des déchets

En ce qui concerne le transport des déchets, la commune de Ouagadougou a également fait


l’objet d’une subdivision en trois lots. Le transport se fait à partir des centres de collecte au
CTVD. Les transports des déchets des lots 1 et 2 sont assurés par la commune de
Ouagadougou par le biais de la direction de la propreté, tandis que le lot 3 avec quinze centres
de collecte est assuré par l’entreprise privée EBTE.

Figure 9 : les lots du transport des déchets dans la ville de Ouagadougou (source Direction de la propreté)

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4.1.1.4. Tri et récupération des déchets

Le tri et la récupération de certains matériaux sont importants pour une éventuelle valorisation
des déchets. En effet des matériaux de type (bidons, boites de peinture, pneu, plastiques, piles
etc.) enfouis dans la décharge produiront des composés halogénés difficile à traiter donc
dangereux pour l’environnement.
L'essentiel de la valorisation des déchets de la ville de Ouagadougou est effectué par les
récupérateurs du secteur informel. Les déchets qui peuvent avoir une valeur sur le marché
sont récupérés et parfois transformés avant d'être vendus pour un nouveau cycle d'utilisation.
Pendant nos observations nous avons constaté la récupération des matériaux suivants :
- Métaux : ferraille, aluminium, cuivre, zinc
- Plastiques durs (PP, PE)
- Bois
- Boîtes
- Bouteilles (plastique, verre)
- Piles
- Eléments métalliques présent à l'intérieur des batteries
- Réfrigérateurs
- Pneus
- Sachets plastiques
- Récipients plastiques
- Bouteilles (verre et plastique) de médicaments et parfums
- Chaussures, pièces électroniques, etc.

4.1.2. Gestion des déchets au niveau du CTVD

4.1.2.1. Enfouissement des déchets

À l’entrée du site, un gardien assure la sécurité du site à cela s’ajoute la sécurité passive
assurée par la clôture. En dehors des heures d’exploitation, seules les personnes et véhicules
autorisés sont susceptibles d’entrer sur le site. Durant les heures d’exploitation, le poste de
contrôle enregistre les véhicules entrant et sortant du site et assure la pesée et le contrôle de la
qualité des déchets introduits. Il enregistre les coordonnées du transporteur, origine et types de
déchets, et éventuellement l’endroit approximatif où ils ont été enfouis (surtout s’il s’agit de
déchets particuliers et en grande quantité). Le remplissage se fait cellule par cellule. Dans les

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cellules les déchets sont déversés, épandus, compactés et recouverts de matériaux (terres de
recouvrement, gravats, etc.).
L’entreprise ECHA assure le compactage des déchets à l’aide d’un compacteur pied de
mouton jusqu’à obtenir une hauteur moindre de déchets. Nous n’avons aucune idée du taux de
compactage a signifié l’entreprise.

4.1.2.2. Gestion du lixiviat et du biogaz

Au CTVD de Ouagadougou, les casiers sont équipés d’un système de collecte de lixiviats
assurant le transport de liquide provenant des déchets en dehors de la décharge le plus
rapidement possible afin d’éviter le colmatage des systèmes drainant et la mise en charge des
systèmes d’étanchéité. Les lixiviats collectés sont acheminés gravitairement, vers deux
bassins de traitement de lixiviat.

Le réseau d’évacuation de biogaz est réalisé à l’aide de buses perforées de 60 cm de diamètre


et 50 cm de hauteur emboîtés les unes dans les autres. Ces puits sont espacés de 35 à 40 m
pour permettre un dégazage relativement homogène de tout le CET. L’on a en tout 3 puits par
alvéoles.
Le schéma ci-après récapitule le mode d’exploitation du CET

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Schéma d’exploitation du CTVD

Contrôle des déchets

Poste de contrôle

Pesage des déchets : estimation (Nombre de


camion*tonnage)

Déchargement au niveau du casier

Casier

Etalement/Compactage
(Compacteur pied de moutons/
niveleuses/retro chargeur)

Couverture de terre

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4.2. Résultats et discussion

4.2.1. Rotation des camions

Pour les quelques centres de collecte ayant fait l’objet de suivi, les transports des déchets vers
le CET ont générés 100,5 kilomètres, représentant 4110,45 tonnes.km3
Le kilométrage parcouru par une tonne de déchets d’un CC à un autre et oscille entre 1,3 et 2
km, voir tableau ci-dessous :
Tableau 1: Rotation de camions

Centre de collecte kilométrage poids collecté(t) km/tonne

CC9 7,5 4,7 1,6


CC11 12 4,1 1,8
CC28 12 5,2 1,4
Zabbr Dagga 10 3,7 2,0
Cité An II 12,5 4,6 1,6
CC16 13 3,7 2,0
Théâtre populaire 13,5 5,2 1,4
CC15 13 4,1 1,8
CC3 7 5,6 1,3
(Source : enquêtes)
Les camions mettent moins de temps pour parcourir les distances entre les centres de collecte
et le CET puisque ces derniers sont payé en fonction du nombre de voyage effectués, les
chauffeurs empruntent des raccourcis pour non seulement éviter les embouteillages mais
également les feux tricolores.

3
Unité internationale de mesure de l’activité de transport des marchandises
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Nous remarquons que les distances obtenues lors des suivis des tournées avoisinent celles
données par le SDGD :
Tableau 2: Distances entre CC et CET

Arrondissement Distance (km) entre CC et Distance (km) entre CC et


CET CET (valeur donnée par le
SDGD)
Baskuy 9 8,5
Boulmiougou 12 12,7
Bogodogo 12,5 12,5
(Source : enquêtes et SDGD)

4.2.2. Nombre d’enlèvement des bacs par jour

Les différents centres de collecte ayant été visités sont ceux sous la responsabilité de la
direction de la propreté, excepté celui du secteur 8 qui est sous la responsabilité aussi bien de
la Direction de la propreté que de l’entreprise EBTE.
Le tableau ci-dessous donne le nombre d’enlèvement par jour des bacs disposés dans 12
secteurs :
Arrondissement Secteur Nombre de bacs Rotations/jour
3 4 3
8 5 5-6
Baskuy
9 2 2
12 2 2
16 2 2
Boulmiougou 17 3 1
17 1 0,25-0,5
14 1 0,25-0,5
15/Ouaga2000 2 2
Bogodogo 28 1 1
29 3 1
30 1 1
Tableau 3 : Rotation des bacs par centre de collecte
Les quantités les plus importantes proviennent effectivement de l’arrondissement de Baskuy.
Mais ceci reste insuffisant car il arrive que les agents de pré-collecte fassent une file en
attendant qu’un des quatre bacs du secteur 3 soient vidés (source agent pointeurs) pour
pouvoir déverser les ordures. Il y a donc insuffisance de bacs et de centre de collecte.

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4.2.3. Quantification des différentes fractions de déchets entrants sur le site

Les déchets, autrefois considérés comme des éléments quasiment néfastes, sont en voie de
devenir une ressource dont l’exploitation intéresse aujourd’hui plus d’un. Vue des initiatives
de traitement, de valorisation, de recyclage et de réutilisation des déchets en cours dans la
capitale Burkinabè, les déchets peuvent effectivement prendre l’appellation « gisement ». Au
regard des rapports d’activités de la Direction de la Propreté, il en résulte que la quantité de la
« matière (gisement) » est actuellement en hausse.

4.2.4. Quantités des fractions valorisables

4.2.4.1. Les plastiques

L’Unité de Valorisation des Déchets Plastiques (UVDP) assure le traitement de quatre sortes
de plastiques ce sont entre autre :
- PE : polyéthylène ;
- PP : polypropylène ;
- PVC : polychlorure de vinyle ;
- Sachets plastiques (blancs : sachets d’eau minérale,…).
Les matières plastiques proviennent de plusieurs horizons. En effet l’approvisionnement est
assuré d’une part par des agents pointeurs dans les centres de collecte, et d’autre part par la
direction de la propreté. A cela s’ajoute les rebuts des sociétés de transformation de matières
plastiques. Les plus grandes quantités de plastiques proviennent des 30 centres de collectes,
du secteur 3 et dans les périphéries du CTVD (secteur 25).

Photo 3: matières plastiques triés

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4.2.4.2. La partie organique

La production de composts permet de réduire non seulement la quantité de déchets enfouis


mais également la portion de matière organique dans les casiers.
La proportion des OM qui est dirigée vers l'aire de compostage a été fixée à 3.8%.(DESSAU-
SOPRIN, 2000, p.137-157).
Il a été proposé d'augmenter la production au même rythme de la production des déchets et
d'arriver à un traitement de 10000 t en 2010 (DESSAU-SOPRIN, 2000, p.137-157). Pour l'an
2006, il était prévu de traiter 8890 t d'OM, qui donne environ 4500 t de compost4.
En appliquant ce taux de 3,8% on obtient les valeurs ci-dessous relatives aux OM dirigés vers
l’aire de compostage.
9000

8000

7000
Quantité de déchets en tonne

6000

5000

4000
compost
3000

2000

1000

0
2005 2006 2007 2008
Année

Figure 10 : Quantité de déchets compostés de 2005 à 2008


L’approvisionnement en OM de l’unité de compostage est en hausse pendant l’hivernage avec
une fréquence estimée à quarante (40) camions en moyenne par mois (Adama Konaté, 2008).
Il affirme aussi que la plus grande quantité des déchets verts, restes de cuisine provient de
l’arrondissement de Baskuy. La majeure partie de ces OM provient des marchés, des espaces
verts et arbres situés en bordure des rues de la capitale.

4
DESSAU-SOPRIN [2000, p.52 et p.137-157 pour les détails techniques]
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4.2.5. Quantités de la fraction enfouies

Le début de l'enfouissement au CTVD date du 15 avril 2005. Les quantités enfouies en 2005
sont assez faibles et varient énormément suivant les mois en raison d'opérations d'enlèvement
des tas sauvages de la ville et de la réorganisation des attributaires.
En 2006, les quantités augmentent de manière assez régulière jusqu'à la période actuelle, ce
qui témoigne de la consolidation progressive de la filière. Cette consolidation donne à penser
que l'augmentation va se poursuivre d’année en année, sous réserve d'investissement continu
dans la filière.
Pour l'année 2006, l'enfouissement varie d'environ 3300 à 8000 tonnes par mois avec une
moyenne avoisinant les 6 000 tonnes, soit 243 tonnes par jour. Comme l’indique le graphique
ci-dessous la quantité de déchets enfouis augmentent au cours des années bien que nous
soyons loin des valeurs données par le Schéma Directeur de la Gestion des Déchets.

quantité de déchets enfouis de 2005-2008


250000

200000
Quantité en tonne

150000

100000

50000

0
2005 2006 2007 2008
quantité(t) 141000 165000 201000 213000
pourcentage 47% 55% 67% 71%

Figure 11 : Quantité de déchets enfouis dans la décharge

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4.2.6. Flux et origine des déchets

La quantité de déchets enfouis sur le site du CTVD est en pleine croissance. Le nombre de
communes desservies augmente chaque année. La quantité de déchets enfouis est passée de
141 000, soit environ 513 T/j, en 2005 à 213 000 T, soit une moyenne de 584 T/j, en 2008.
On remarque une nette augmentation de la quantité des déchets enfouis pour les raisons
suivantes :
- Augmentation de la population ;
- Augmentation des volumes de déchets d’emballage (cartons, plastiques etc.) ;
- Opérations d’assainissement initiées par la commune ;
- Réfection et Construction de nouveaux centres de collecte
Toutes les communes sont pratiquement desservies même si cela reste insuffisant car certains
centres de collecte sont encore non fonctionnels ou pas encore construits.
Le CTVD reçoit actuellement des déchets en provenance de 30 secteurs de la commune. Le
nombre de voyage de camions transportant les déchets sur le site est d’environ 2000 par mois.
Le tableau ci-dessous présente l’évolution de la quantité de déchets enfouis depuis le 15 avril
2005.

4.2.7. Caractérisation des déchets arrivant dans le CET

La caractérisation des déchets provenant des 5 centres de collecte tirés au sort a été effectuée
sur une masse de 500 kg prélevés dans les bacs disposés dans ces centres de transfert.

Photo 4: dépôt de bac pour prélèvement Photo 5: Tri de déchets

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Photo 6: Tri des déchets sur tamis

4.2.7.1. Composition des déchets par catégories

La connaissance des déchets en termes de quantité et surtout de composition est un élément


essentiel à tout programme de gestion future, notamment pour estimer les productions de
biogaz et une récupération future.
Les déchets ménagers enfouis sur le site du CTVD
CTVD sont constitués principalement de déchets
putrescibles et de déchets d’emballages (papiers cartons, textiles, plastiques). Ces derniers
constituent environ 52% de la masse de déchets avec une proportion de putrescibles sur
l’ensemble pouvant atteindre 31%. A noter que les fines constituent pratiquement 37 % de
l’ensemble et sont composées essentiellement de putrescibles, de sable et de cendre,
cendre de
cailloux (figure ci-dessous).

COMPOSITION DES DECHETS ACHEMINES AU CTVD


Verres
textiles Métaux
2% 2%
6%
fines, cailloux,aut
Plastiques
res
11%
37%

Putrescibles
31%
papiers-cartons
11%

Figure 12 : composition des déchets urbains acheminés au CTVD (source : caractérisation des déchets
réalisé au CTVD)

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Ces résultats avoisinent ceux obtenus par l’étude de caractérisation menée sur les deux saisons
par le Laboratoire de Physiques de Chimie et d’Environnement de l’université de
Ouagadougou (LPCE).
Métaux verres Spéciaux
textiles plastiques 4% 3% 2%
sanitaires 10% CNC
2% 5% INC
textiles 17%
Composites
5% 4%

fermentescibles
39%

papiers-cartons
9%

(source : [TEZANOU et
Figure 13 : Composition des ordures ménagères de la commune de Ouagadougou (source
al., 2003 cité par Simon mas et Christian Vogler]

4.2.7.2. Potentiel de production de biogaz des différentes catégories des


déchets

On définit généralement trois catégories de matières organiques selon le temps de demi-vie


demi
(temps nécessaire pour dégrader la moitié de la quantité de matière considérée) ou la vitesse
de biodégradation.
• Biodégradation rapide (temps de demi-vie
demi moyen
en de quelques mois à une
année) : restes de cuisine, matières végétales non cellulosiques, matières
d’origine animale, etc. ;
• Biodégradation moyennement lente (temps de demi-vie
demi vie moyen de cinq
années): matières cellulosiques transformées telles que papiers et cartons;
• Biodégradation lente (temps de demi-vie
demi vie moyen de quinze années) : matières
cellulosiques naturelles (bois et pièces manufacturées en bois).
En fonction de la nature ou vitesse de biodégradabilité des déchets, le biogaz et les lixiviats
ont des compositions et des concentrations différentes en fonction du temps.

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a. Le papier-cartons et le bois

Le papier et le carton étant une


matière organique, il se décompose
lentement à pas de tortue si nous le
comparons à des déchets de cuisine.
A noter que 11% des déchets urbains
produits sont des papiers et cartons,
dont la plus grande quantité provient
des marché et des zones industrielles
(imprimerie). La biodégradabilité
d’une feuille de papier ou d’un carton
est dictée par les conditions du milieu : chaleur, humidité et acidité en tête de liste.
Lorsqu’elles sont enfouies, les fibres cellulosiques ont donc leur part de responsabilité dans la
production de biogaz explosifs et nauséabonds et sont également susceptibles de contaminer
le lixiviat qui s’écoule des lieux d’enfouissement sanitaire.
Notons que 90 % de la production de méthane d’une décharge est due à la cellulose contenue
dans les papiers, cartons, etc. (Thonart et al., 2002). En effet La cellulose, en majorité
présente dans les papiers-cartons, le bois est l’un des principaux producteurs de biogaz au
cours des dernières phases de dégradation. Le potentiel méthanogène et la teneur en cellulose
sont fortement corrélés, la cellulose et l’hémicellulose représentent 91 % du potentiel
méthanogène (Barlaz et al., 1990).

b. Les putrescibles

Les déchets de cuisine et déchets verts


s’estime à 31% des déchets acheminés au
CET, ils ont une biodégradabilité plus
rapide. Ces détritus se dégradent
facilement grâce à leur teneur en eau. On
estime la productivité en méthane de
l’ordre de 75m3 de méthane par tonne de

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déchets fermentescibles soit 132 m3 de biogaz/t5. Le potentiel méthanogène varie ainsi de 50 à


85 m3 de CH4/tonne de bio-déchet, selon la teneur en matière putrescible (déchets de cuisine)
et la présence de déchets verts (tonte de pelouse) ou de papier-carton.

c. Les textiles

Le textile, vient après le papier et le


fermentescible avec une dégradation
plus lente. Les textiles évoluent peu,
leur dégradation totale est supposée
atteinte selon la littérature au bout de
60 ans (Wackerman et al., 1992).
D’après certains auteur la teneur en
matière organique du textile est de
90% (aina., 2006).
Photo 7: Textiles triés

4.2.7.3. Paramètres physiques et chimiques

a. Densité

Plusieurs mesures ont été réalisées pour la détermination de la densité des déchets acheminés
et enfouis. Pour les déchets entrants, la mesure est réalisée directement sur les camions et
bennes entrants sur le site. Les bennes sont pesées à l’entrée et à la sortie sur le pont bascule,
le volume étant connu nous faisons un rapport de la masse et du volume pour tous les
camions. Ainsi la densité obtenue est la moyenne des différentes mesures. L’on a obtenue une
densité de 0,28, proche de celle donnée dans la littérature6.
La connaissance de la densité est déterminante pour optimiser le mode d’exploitation d’une
décharge permet par conséquent de déterminer le choix des engins d’exploitation et leur
utilisation (nombre de passes de compactage, pression exercée au sol etc.). La densité est
utilisée dans les modèles de prédiction de la quantité de biogaz dans les décharges (aina
2006). Mais un tassement élevé (densité > 0,8 T/m3) n’est pas recommandé pour la

5
www.methanisation.info
6
la densité dans les bennes basculantes et tracteurs agricoles oscille entre 0,30 et 0,40 (WETHE)
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production de biogaz parce qu’il réduit la teneur en eau en détruisant l’espace poreux du
stockage (Rosa-Lama et al., 2003).

b. Teneur en matière organique

La teneur en matière organique a été réalisée sur les fines et sur les putrescibles pour
déterminer la biodégradabilité des déchets.
Les putrescibles et les fines, les fractions les plus importantes en termes de quantités enfouis
(68%) présentent une forte teneur en matière organique,respectivement 65 et 43,2% de
matière organique Cette teneur en matière organique montre l’importance de la charge
organique enfouie.
Le potentiel méthanogène des déchets est lié à la teneur en carbone biodégradable et varie
donc en fonction du type des déchets stockés.
Une tonne de carbone dégradé en biogaz génère 1870 m3 de biogaz dont 1120 m3 de
méthane. En fonction de la teneur en carbone organique biodégradable, le potentiel
méthanogène des déchets varie entre 40 à 120 m3 de méthane par tonne de déchets stockés
(ADEME 2001).

c. Humidité

La teneur en humidité des déchets acheminés au CTVD est de 59% pour les putrescibles. Les
fines constituées en majeure partie par du sable, des pierres et une faible proportion de
putrescibles ont une teneur de l’ordre de 16%.
Il n’a pas été procédé à la détermination de l’humidité des autres composantes. Cependant
selon certains auteurs l’humidité
Tableau 4: Humidité des différents composants des déchets

Catégories %Humidité
Putrescibles 59,1
Fines 16,5
Cette situation n’est pas isolée, la majorité des déchets des PED ont une teneur en
humidité plus ou moins forte Elle provient de la nature des déchets, constitués en forte
proportion de matières putrescibles.
Le déficit en eau est l’un des principaux facteurs limitant de l’activité méthanogène en centre
de stockage. L’eau étant non seulement indispensable aux réactions biochimiques mais elle

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permet aussi l’échange de nutriments et de microorganismes au moyen de pontages


capillaires. L’humidité est donc nécessaire pour la dégradation.(aina et al, 2006).
Pour fonctionner, les bioréacteurs ont besoin d’un apport constant d’humidité. Shearer (2001)
considère que la teneur en humidité maximale pour optimiser la dégradation est au dessus de
45%. Ce qui est le cas pour les déchets enfouis dans le CTVD.
L’humidité est un paramètre dépendant beaucoup de la composition des déchets. Aussi la
production de lixiviat et de biogaz est-elle fonction de l’humidité dans le massif de déchets.
Certains auteurs indiquent que la production du biogaz est ralentie très fortement et tend à
s’annuler pour une humidité inférieure à 20 % (Lee et Jones-Lee, 2004). La mesure de la
teneur moyenne en eau permet d'évaluer, entre des valeurs d’humidité des déchets compris
entre20 et 70%, la productivité en biogaz (Figure 3).

Figure 14 : Effet de la teneur en eau sur la productivité de biogaz (Thonart et al., 2001)
Le tableau ci-dessous est un récapitulatif de la campagne de caractérisation :

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Tableau 5: Récapitulatif des résultats de la caractérisation

Questions Réponse
aux
rubriques Bas standing haut standing moyen standing zone industrielle zone de marché Total Ouagadougou

Centres de
CC19 CC15 CC3 CC9 CC28
collecte

secteurs de
19 15/ Ouaga 2000 Secteur 3 9 28
localisation

Commune Sigh-Nonghin Bogodogo Baskuy Baskuy Bogodogo

Putrescibles 132 26,4 Putrescibles 175 35 Putrescibles 223 44,6 Putrescibles 119 23,8 Putrescibles 132 26,4 Putrescibles 781 31,3
papiers- papiers- papiers- papiers- papiers- papiers-
20 4 43 8,6 49 9,8 74 14,8 87 17,4 273 10,9
cartons cartons cartons cartons cartons cartons
Plastiques 24 4,8 Plastiques 56 11,2 Plastiques 53 10,6 Plastiques 68 13,6 Plastiques 71 14,2 Plastiques 272 10,9

textiles 36 7,2 textiles 26 5,2 textiles 24 4,8 textiles 28 5,6 textiles 24 4,8 textiles 138 5,52
Fractions
triés Métaux 16 3,2 Métaux 8 1,6 Métaux 10 2 Métaux 6 1,2 Métaux 11 2,2 Métaux 51 2,04

Verres 20 4 Verres 11 2,2 Verres 10 2 Verres 5 1 Verres 8 1,6 Verres 54 2,16


fines,
cailloux, 930 37,2
fines, cailloux, fines, cailloux, fines, cailloux, fines, cailloux,
fines, 252 50,4 180 36 131 26,2 200 40 167 33,4 autres
autres autres autres autres
0 100

Catégorie %H %MO Catégorie %H %MO Catégorie %H %MO Catégorie %H %MO Catégorie %H %MO Catégorie %H %MO
paramètres
physiques et Putresc 50,2 51,9 Putresc 49,8 28,9 Putresc 31,1 47,5 Putresc 22,2 54,2 Pututresc 35,2 27,0 Putresc 59,1 65,0
chimiques
Fines 12,6 13,4 Fines 1,5 11,6 Fines 9,7 17,9 Fines 16,4 2,6 Fines 1,5 79,4 Fines 16,5 43,2

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En somme la productivité en biogaz dépend beaucoup plus étroitement de la proportion entre


déchets de cuisine, papiers-cartons et déchets de jardin. Les autres éléments tels que le bois et
le textile mettant plus de temps pour se dégrader.
Tableau 6 : Potentiel de biogaz des déchets
TYPE de DECHETS Potentiel méthanogène indicatif
Biodéchets contenant peu de papiers-cartons 65 à 75 m3 de méthane /tonne

Mélange biodéchets avec déchets verts 50 à 60 m3 de méthane / tonne

Biodéchets avec papiers-cartons 75 à 85 m3 de méthane / tonne

Biodéchets avec papiers –cartons et déchets verts 65 à 75 m3 de méthane /tonne

(Source : www.méthanisation.info)
Le potentiel méthanogène des différents types de déchets classés en trois fractions sont fournit
dans le tableau 7.
Tableau 7: potentiel méthanogène par catégories de déchets

fractions types de déchets PM (m3 CH4/tonne de déchet brut)


rapidement dégradable déchets de cuisine 80-130
papiers cartons 170-250
moyennement dégradable
feuilles végétaux 50-70
lentement dégradable textiles 100-150
PM : potentiel méthanogène (source ademe 2001)

4.2.8. D’autres paramètres influençant la production de biogaz

Certains paramètres autres que ceux dépendant des déchets favorisent la production de
biogaz. Ce sont entre autre :
4.2.8.1. La température

Faute de moyens matériels, la détermination de la température au sien des déchets stockés n’a
pas été possible. Ce paramètre dont la détermination est plus qu’important pour apprécier
l’évolution du massif. En ce sens que la production de biogaz dépend aussi de la température
des déchets pendant l’exploitation. La décharge est un milieu réactif dans lequel se déroulent
différents processus physico-chimique et biologique. La variation de la température est une
des conséquences des processus.

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Les réactions aérobies qui s’effectuent dans la couche supérieure du casier provoquent une
augmentation rapide de la température dans les déchets enfouis (aina, 2006). Ces réactions
dues à la présence d’oxygène dure deux à trois semaines (Lama et al., 1999). Cependant une
superposition rapide d’autres couches de déchets ou de matière inerte serait la cause de la
chute de température au sein du massif.
Manne et al. (1999) ont montré qu’il existe une relation entre le carbone organique
biodégradable, le carbone total et la température :
  0,014
273,15  0,28 
Avec Wi : carbone organique biodégradable, Wit : carbone organique total et Tw :
Température.

4.2.8.2. Le climat

La ville de Ouagadougou a un climat de type soudano-sahélien. Avec une pluviométrie


moyenne de 750mm par an est favorable pour les activités des microorganismes. De plus le
taux d’humidité dans la décharge est un paramètre très important qui va conditionner le type
d’évolution de la décharge. Outre l’humidité dans la décharge, la pluviométrie et
l’évapotranspiration sont des paramètres permettant aussi de classer une décharge comme un
bioréacteur ou un lieu de fossilisation.

4.2.8.3. Le mode d’exploitation d’un casier

C’est un facteur capital dans la


mesure où il conditionne l’importance
Buse
de la phase aérobie et donc :
- Les niveaux de température
atteints au moment de la fermeture du
casier ;
- La quantité de carbone
dégradée au cours de cette phase, et
Compacteur pied
donc le potentiel résiduel disponible
de mouton
pour la fermentation méthanique.
L’activité aérobie est liée directement à la diffusion de l’oxygène atmosphérique dans la
couche de déchets exposée à l’air.
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Facteurs favorables à l’activité aérobie Conséquences


Faible vitesse de remplissage en hauteur Augmente la durée d’exposition à l’air
Faible compactage Augmente la perméabilité à l’air
Broyage Augmente la perméabilité à l’air

Le taux de compactage au CTVD n’est pas défini et est exécuter jusqu’à avoir une hauteur
moindre des déchets. Ce mode de compactage n’est pas fait pour favoriser la production de
biogaz.

Conclusion

De ce chapitre nous pouvons retenir que si toutes les conditions sont réunies. Le fait d’être
implanté, pour une décharge, dans une zone à faible pluviométrie (ou caractérisée par des
pluies brèves mais intenses et une forte évapotranspiration) ne constitue pas une entrave au
développement d’une activité biologique pour le massif de déchets.
Par ailleurs de ces résultats nous remarquons une nette capacité des déchets enfouis à produire
du biogaz. En ce sens que les proportions en matière fermentescibles et de papier et cartons,
les catégories ayant les forts potentiels méthanogènes, excèdent les 50% des déchets enfouis.
Tous les paramètres physiques (humidité, teneur en matière organique) et chimiques
concourent à favoriser la production de biogaz. Cependant nous ne devons pas omettre que le
mode d’exploitation et le climat sont des paramètres qui conditionnent aussi l’activité
biologique d’une décharge.

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CHAPITRE V : ESTIMATION DE LA QUANTITE DE BIOGAZ DES DECHETS ET


ANALYSE CRITIQUE DES PROBLEMES ET ATOUTS RELATIVE A UNE
PRODUCTION OPTIMALE DE BIOGAZ

Les précédents chapitres nous ont permis de quantifier, qualifier et de classifier les déchets de
la ville de Ouagadougou. On adoptera une approche théorique de la production de biogaz, qui
consiste à calculer la production de biogaz année par année à partir des informations reçues
sur les quantités et les natures des déchets stockés.

5.1. Modèles de prédiction de production de biogaz

Plusieurs méthodes ont été élaborées pour l’estimation du taux de biogaz produit par un
massif de déchets. Cependant l’application de ces méthodes demande la détermination de
certains paramètres que nous n’avons pu avoir faute de moyens matériels.
Le modèle aujourd’hui le plus courant est un modèle de cinétique d’ordre 1 multi phase : ils
supposent que l'activité microbiologique est proportionnelle à la quantité de matière
organique présente à un instant t donné. La production de biogaz diminue donc avec le temps.
Les modèles choisis pour simuler la production de gaz sont généralement constitués de deux
parties : dans un premier temps, la production de gaz augmente linéairement puis décline
lentement suivant une loi exponentielle.

5.1.1. First Order Decay Model (FODM) (EPA, 1993)

La quantité de gaz produite par la décharge est estimée par le modèle de décroissance du 1er
ordre de l’US EPA:
  2   exp
! " exp
! 

Qgaz : production de biogaz (m3/an) ;


Lo : potentiel spécifique (m3/kg) ;
M: masse mensuelle moyenne (kg) ;
K: décadence : (1/an) ;
t: durée d’exploitation de la décharge;
c: temps passé après fermeture de la décharge

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Tableau 8 : Valeurs moyennes des différentes variables du modèle FODM

Précipitation (mm/an) k Lo (m3/ tonne)

Climat humide 0,1-0,35 0,14-0,18


Climat semi-aride 0,05-0,15 0,14-0,1880
Climat sec 0,02-0,1 0,14-0,1884
(Source: aina, 2006)

Calcul des émissions de biogaz

Depuis l’ouverture de la décharge (Avril 2005) le tonnage annuel est passé de 141 000 à 213
000 tonne en 2008, soit un cumul de 720 000 tonnes
Le taux d’accroissement annuel actuel estimé à 14%.
A la fermeture de la décharge, fin 2025, le cumul des déchets est estimé à 5,77 millions de
tonnes
La courbe ci-dessous traduit l’évolution théorique de la production de gaz sur le site du
CTVD. Si l’on considère que le biogaz est constitué essentiellement de CH4 et de CO2 avec
une composition de 55% pour le méthane.
La production de biogaz et de méthane serait de :

méthane
2,00E+08
m3 de méthane

1,50E+08

1,00E+08

5,00E+07 méthane

0,00E+00
2005
2010
2015
2020
2025
2030
2035

Titre de l'axe

Figure 15 : Estimation de la quantité de biogaz et de méthane sur le site du CTVD (FODM)


Cette production varie au cours de la dégradation du déchet. Elle se stabilise à son maximum
durant la phase méthanogène, puis devient minimale au cours de la maturation des déchets,
caractérisant la fin du mécanisme de dégradation.
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5.1.2. Autre modèle cinétiques d’ordre 1

Pour un mélange de déchets municipaux constitué d'ordures ménagères, de déchets verts, de


papiers et cartons et d'un peu de déchets inertes, le potentiel méthanogène tel qu'il peut être
estimé au départ doit être pondéré pour tenir compte de la phase aérobie, qui déqrade en
priorité les matériaux humides et très fermentescible. De même certains produits mélangés
aux déchets peuvent se révéler inhibiteur de la fermentation, alors que d’autres au contraire
sont susceptibles de fournir des nutriments.
La production annuelle de gaz, en moyenne au cours de l'année t, se calcule de la façon
suivante :

#é%&'  (   exp
! " exp
! )

M : masse de déchets en tonne/an


ka : paramètre empirique de production de méthane (an-1)
c : le temps écoulé depuis la fermeture de la décharge ;
b : le temps qui s’est écoulé depuis la mise en place des déchets.
Li : potentiel spécifique (m3 / tonne)
L’aptitude à la dégradation des déchets est :
Fractions exemple Li(m3/tonne) Ki(an-1)
rapidement dégradable déchets de cuisine, déchets verts 105 0,3
moyennement dégradable papiers cartons 45 0,535
lentement dégradable Textiles 125 0,035
La figure ci-dessus donne la production de méthane qui se dégage des casiers :

prédiction de la production de biogaz


3,50E+08
3,00E+08
volume de gaz en m3

rapidement
2,50E+08 biodégradable
2,00E+08 moyennement
1,50E+08 biodégradable
lentement biodégradable
1,00E+08
5,00E+07
methane
0,00E+00
2005
2011
2017
2023
2029
2035

Figure 16 : Quantité de biogaz et de méthane (autre modèle cinétique)


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Les deux modèles de prédiction prennent en compte le climat (donc la pluviométrie) pour
l’un, et l’autre l’aptitude à la dégradation des catégories de déchets. Le maximum de
production de biogaz estimé à environ 200 millions de m3 est obtenu vers la fin du projet en
2025. Cette estimation permet d’anticiper les effets néfastes sur l’environnement ou de
prévoir un captage du biogaz

5.2. Diagnostic des problèmes et les atouts relatifs à une production optimum de
biogaz

Ces paragraphes sont le résultat des visites de terrain et des entretiens avec les principaux
acteurs impliqués dans la gestion du CTVD. De façon ascendante, les agents pointeurs des
centres de collecte, les contrôleurs du CTVD, le service de transport des déchets, le directeur
de la propreté. L’état des lieux, les observations et les résultats de terrain nous ont permis de
déceler les problèmes qui pourraient être un frein à une production de biogaz et sa valorisation
future.

5.2.1. Les problèmes relatif à une production optimum de biogaz

L’analyse permettra d’évoquer les forces, faiblesse et les contraintes et atouts relatifs à une
production optimale de biogaz. Les facteurs influençant la production de biogaz sont visibles
à plusieurs niveaux, ce sont notamment des facteurs internes et externes :

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5.2.1.1. Facteurs internes

Ils sont liés plus à la gestion des déchets et des ouvrages sur le site du CTVD.
Forces Faiblesses
- Le réseau d’évacuation de biogaz assuré - Le compactage ne tient pas compte d’une
par des buses perforées de 60 cm et séparé éventuelle valorisation de biogaz ;
par une distance de 40 cm ;
- Les OM ayant une forte quantité de
- Le transport et l’enfouissement d’une déchet vert sont dirigés vers l’unité de
quantité importante de déchets composés compostage ;
essentiellement de putrescibles ;
- Panne à répétition des camions lève
- La construction des centres de collecte conteneurs, plusieurs CC sont non
pour assuré le transport d’une quantité fonctionnels ou non mis en service d’où
importante des déchets vers le CTVD ; un faible taux d’évacuation des déchets ;

- Les agents pointeurs et des manœuvres - Déficit de moyens de transports des


dans les casiers assurent le tri de déchets déchets ;
respectivement au niveau des centres de
- Nombre insuffisant de personnels pour
collecte et dans les alvéoles au CTVD,
assurer un tri optimal des déchets ;
réduisant de ce fait les fractions nocives ;

- Les tris sont effectués suivant le coût des


- Les casiers étanchés par membranes
matériaux sur le marché ou pour une
synthétique sur les parois ;
réutilisation future et non pour sa
- La durée d’exposition des déchets à l’air nuisance ;
avant recouvrement est favorable aux
- Insuffisance des Bacs à ordures ce qui
micro-organismes (une semaine voir plus
réduit les taux de collecte des déchets ;
en saison sèche et 1 à 2 jour en saison
pluvieuse) ;

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5.2.1.2. Facteurs externes

Atouts Contraintes
- Les déchets acheminés au CTVD sont - Le climat de type sahélien sec faisant
essentiellement composés de des caprices d’une année à une autre
putrescibles, papiers cartons, et de est un frein à une bonne activité
textiles représentant plus de 50% des microbiologique ;
Déchets urbains ;
- Forte proportion en fines dans les
- Les déchets bénéficient d’une forte déchets avec une quantité importante
humidité7, cela est dû à leurs en matière inerte (sable, cailloux,
compositions. Les fermentescibles, les etc.) ;
papiers-cartons et les textiles ont
- La proportion de plastiques et surtout
respectivement des teneurs en eau
de sachets plastiques dans les déchets
variant de 30 à 40%8 ;
enfouis est très élevés ;
- Les déchets ont une teneur en matière
organique de plus de 60% permettant
une biodégradabilité moyennement
facile ;

5.2.1.3. Analyse des résultats

La présence de lixiviat dans les bassins


de collecte pendant la saison sèche
dénote de la forte teneur en eau des
déchets. L’estimation de la quantité de
biogaz porte à croire qu’une éventuelle
récupération est possible. Cependant il

Lixiviats n’a pas été réalisé de mesure pour


confirmer cette valeur qui pourrait être
Bassin 1

7
La production de lixiviat dénote une forte teneur en eau des déchets
8
Voir figure donnant la production de biogaz en fonction de la teneur en eau
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surestimée et aucune analyse de la qualité du gaz n’a été opérée pour déterminer sa
composition.
Le climat dont est tributaire la ville de
Ouagadougou n’est pas forcement un
frein à une production de biogaz.
Lorsque les déchets, arrivent sur la
décharge, avec une proportion de
fermentescible (31%) élevée et une

Lixiviats humidité bien déterminée, le gradient


d’activité de l’eau est relativement
important et permet une activité des
Bassin 2
microorganismes. En illustration, les
études (tableau 7) menées sur quatre décharges de Tunisie et Haïti montrent que, malgré la
sécheresse du sol et un bilan hydrique négatif (pluviométrie faible ou mal répartie et
inférieure d’un facteur deux à cinq aux données d’évapotranspiration potentielle), l’intérieur
de la décharge reste suffisamment humide pour produire, même durant la saison sèche, du
biogaz en faible quantité et peu de lixiviats. Les données de pluviométrie et
d’évapotranspiration potentielle ne suffisent donc pas à classer une décharge.

L’eau tombant sur les déchets n’est alors que lentement évapotranspirée. Du fait de la
structure des déchets, un certain temps est nécessaire pour que l’évapotranspiration soit
complète. Pendant ce temps, des migrations d’eau alimentent les couches inférieures de
déchets pour activer la biodégradation.
De même, l’eau constitutive des déchets peut jouer ce rôle. Par conséquent, seuls les déchets
en surface et en contact avec le sol se dessèchent. Ainsi, l’humidité des déchets est maintenue
au sein de la masse et permet une certaine méthanogénèse accompagnée d’une production
lente mais continue de biogaz

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Tableau 9: Caractéristiques climatiques et de gestion des quatre décharges étudiées et


résultats de l’activité biologique

Tunis Haïti

Tunis (N) Tunis (S) Kairouan (K) Port-au-Prince (P)

Déchets-enfouis (tonnes) 3 millions 3 millions 300000 500000

Profondeur (m) 5-20 7-10 4-5 2-4,5


Type d’implantation Sur un lac salé Sur un lac salé Dans l’ancien lit d’une A environ 2 km de la
rivière déviée côte

Début-fin de remplissage 1984-1999 1960-1998 1993-1995 1980-2000

Pluviométrie (mm) 445 445 290 1000-1140


ETP (mm) 1160 1160 1560 1670
Biogaz (%CH4) 1-65 6-65 0,5-40 Jusqu’à 60% dans deux
puits
Débit (L/min) < 0 ;05 Jusqu’à 8 < 0,05 Jusqu’à 0,12

(Source : FAO Climwat: stations de Tunis Carthage, Kairouan, Port-au-Prince-Damien cité dans le guide déchets)
En résumé, la diversité des conditions climatiques nous fait envisager trois types de décharges
en fonction du taux d’humidité en présence : la décharge sèche-fossilisée, la décharge humide,
et la décharge intermédiaire. Le tableau 7 spécifie, pour l’Afrique, et plus particulièrement
pour le Burkina Faso, le type de décharge que l’on devrait observer en fonction des zones
climatiques.

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Tableau 10: Zone climatique et type de décharge en Afrique


Zones climatiques Pluviométrie9 Type de décharge

I MEDITERRANEENNE 50-200/0/200/800 INTERMEDIAIRE


Tunisie Evolution très lente
II DESERTIQUE 0/0/50-100 SECHE FOSILISEE
Sénégal, Egypte Fossilisation des déchets organiques
III SAHELIENNE 0/0/50-400 SECHE FOSILISEE
Sénégal, Burkina Faso (Averse plus fréquentes) Fossilisation des déchets organiques
IV TROPICALE A LONGUE SAISON 0/50-300/400-1400 Généralement SECHE parfois
SECHE INTERMEDIAIRE
Mali, Sénégal, Burkina Faso
V TROPICALE HUMIDE 0/100-300/1400-2000 HUMIDE
Congo Une biométhanisation devrait être
observée
Lixiviats présents
VI EQUATORIALE 10-400/10-400/1800-3200 HUMIDE
RD Congo

(source : guide pratique de la gestion des ordures ménagers et des sites d’enfouissement)

9
Moyenne du mois de janvier (mm)/du mois de juillet/de l’année
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CHAPITRE VI : PROPOSITION DE SOLUTION DE MAXIMISATION DE LA


PRODUCTION DE BIOGAZ

Il s’agira pour nous d’évacuer le maximum de déchets avec un fort potentiel de production de
biogaz vers le CTVD. Il sera question dans ce chapitre de proposer des solutions de
maximisation de la production de biogaz. Une cartographie des zones selon les compositions
des déchets, et cela en fonction de la typologie de l’habitat est élaborée.

6.1. Amélioration du transport des déchets vers le CET

Le parc automobile assurant le transport des déchets doit faire l’objet d’une augmentation
comme le stipule le SDGD. Nous notons que la mairie possède des camions en fin de vie pour
certains et en nombre insuffisant. La DP rencontre des difficultés pour assurer un service
régulier car son matériel roulant est fréquemment hors d'usage et le nombre de bacs
disponibles trop faible. Sur les six lève-conteneurs, seulement trois arrivent à faire tout un
mois de transport de déchets.
Il faut assurer de nouveaux investissements pour financer l'achat du matériel roulant
nécessaire au transport.
Les heures de travail des transporteurs de la DP peuvent être allongées pour une meilleure
utilisation du matériel. Cela implique que le CTVD reste ouvert plus longtemps.

6.2. Ouvrir d’autres centres de collecte

Nous remarquons que le nombre de centre de collecte fonctionnels et leurs équipements ne


correspondent pas aux besoins actuels. Les centres de collecte sont un point nodal de la filière
de gestion des déchets et ils ont une importance cruciale pour l'évacuation et la valorisation
des déchets ainsi que pour l’atteinte des quantités de 300 000 déchets enfouis par an c’est-à-
dire une moyenne d’environ 822 T/j estimées par le SDGD qui
Nous remarquons que :
Il est indispensable que l'accès aux centres de collecte continue d'être donné à tous, au moins
pendant une phase transitoire. L'autorisation d'accès donnée aux informels et même aux
ménages, bien qu'elle contredise le schéma directeur, permet de réduire les tas sauvages et
contribue pour l'instant à la consolidation de la filière ;

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• Il serait bénéfique de prévoir la construction de nouveaux centres de collecte dans


l'arrondissement de Baskuy qui n'en compte que quatre.
• Il faut ouvrir les centres de collecte des secteurs 19, 17, 30 et 29 et construire ceux des
secteurs 15 et 18 ;

6.3. Réglementation de la collecte des déchets

6.3.1. Réglementation au niveau des déchets collecté aux CC

Il faut remarquer que les déchets acheminés au CTVD présente beaucoup de sachets
plastiques qui sont notamment des sachets d’eau minérale. La mise en place d’une
réglementation et l’application de celle déjà en vigueur amélioreraient un temps soit peu la
composition et la quantité des OM enfouis.
Les agents pointeurs dans les centres de collecte doivent respecter et faire respecter les
consignes par les entreprises privées de précollecte et les populations. Ces consignes se
résument en trois points :
• Les misions des agents pointeurs :
- Contrôler les déchets entrant au CC ;
- Réceptionner et faire procéder au vidage des déchets ;
- Enregistrer la quantité d'ordures transitant par les CC ;
- Remplir les registres ;
- Nettoyer autour des CC ;
- Récupérer les objets en verre (bouteille, bocaux, ..)
- Récupérer les métaux ;
- Récupérer les objets et/ou les morceaux de plastique durs et les sachets plastiques
(sachets d’eaux minérale, etc) ;
- Toutes autres tâches connexes.
• Les déchets autorisés au CC :
- Ordures ménagères ;
- Déchets ménagers encombrants ;
- Déchets commerciaux, artisanaux ;
- Déchets verts.
• Les déchets interdits :

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- Déchets hospitalier ;
- Déchets radioactifs ;
- Déchets inflammables ;
- Déchets explosifs.
Les agents pointeurs devront s’assurer que les bacs disposés dans les marchés ne reçoivent
que les déchets qui y sont produits. Ainsi le rayon d’action de ces bacs se limitera qu’aux
marchés.

6.3.2. Amélioration du compactage

En ce qui concerne le biogaz, comme nous l’avons vu précédemment, sa composition en


molécules majeures (méthane, gaz carbonique, oxygène et azote) est très variable et dépend
notamment de l’âge de la décharge, et aussi des conditions de mise en décharge par exemple
le compactage.
Les déchets sont très fortement compactés afin d’avoir une hauteur moindre et ceci n’est pas
favorable à une production de biogaz de qualité. En ce sens que les déchets fortement
compacté disposés en couche épaisses et recouverts rapidement pour une nouvelle couche de
déchets seront moins compostés.
Ce problème peut être écarté, en général, 4 à 6 passages de l’engin lourd (15 à 30 tonnes)
donneront un haut degré de compactage d’une couche de déchets d’un mètre. Notons qu’une
densité supérieure à 0,7 permet de réduire de 40 à 75% les productions de lixiviats par rapport
à une densité plus faible (ADEME 2001).
L’adoption d’un autre de compactage au niveau du CET est quasi impossible car l’objectif
poursuivi par la mairie est l’élimination d’une très quantité de déchets d’où un compactage
très prononcé.

6.3.3. Vers un tri à la source

Il faudrait mettre en place une réglementation obligeant les consommateurs et les industriels à
effectuer le tri des déchets qu’ils produisent : le tri à la source. En effet La valorisation de la
fraction organique matière, putrescible et de papier-carton, par méthanisation suppose un tri
préalable des ordures. D’autant plus que les déchets comporte une très proportion en matières
plastiques en l’occurrence les sachets plastique. Nous proposons un tri et une valorisation de
sachets plastique tant au niveau des ménages que dans centres de collecte.
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Valorisation des sachets plastiques


Le matériau le plus utilisé pour la fabrication des sacs et sachets plastique est principalement
le polyéthylène (PE) basse densité, qui est un matériau recyclable et donc réutilisable, si l’on
respecte la chaîne de transformation. Sa combustion ne dégage que de l'eau et du gaz
carbonique.
Il est par conséquent possible :
• De les transformer, par fusion, avec adjonction de sable ou non, en divers produits
d’excellente qualité, comme des panneaux de signalisation, des pavés de sol, des dalles de
caniveaux et de latrines.
• De les incinérer et utiliser l’énergie calorifique qui en résulte pour faire tourner des
moteurs, produire de l’électricité,
• Et de les utiliser pour la fabrication de cordes, de tapis, de produits obtenus par tressage,
jouets.
Par ailleurs avant de s’engager dans telles ou telles stratégies de transformations et/ou
fabrications, il est bon de s’assurer qu’il y aura un marché rémunérateur et que les
consommateurs potentiels s’approprieront le produit.

6.1. Cartographie des zones dont les déchets ont un potentiel de production de biogaz

Les investigations et observations sur le terrain nous ont permis d’élaborer une cartographie
des zones selon le type de déchets et la typologie de l’habitat.
Les déchets provenant de certains secteurs non seulement sont en grande quantité mais aussi
présente un fort potentiel en biogaz. En effet les quantités de fermentescibles, des déchets
verts et le niveau de vie de ces populations confirment nos campagnes de caractérisation.
Ainsi une cartographie de la ville a été élaborée pour permettre aux décideurs de mettre en
place une technique de traitement efficace de la fraction organique : la biométhanisation.

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La maximisation du potentiel de biogaz des déchets enfouis passe par le renforcement de la


collecte et de l’augmentation du nombre de bacs dans les secteurs de niveau des hauts
standings et des CC situés dans les marchés. La filière des déchets ménagers représente un
potentiel non négligeable, mais les substrats ne sont pas facilement mobilisables. Il faudrait en
effet effectuer un tri systématique sur la fraction fermentescible des ordures ménagères, et
détourner une partie des déchets verts provenant de certains centre de collecte de l’unité de
compostage.
A cet effet un zonage considérant les CC existants est proposé.

Figure 17 : cartographie des zones selon les caractéristiques de déchets collectés

La carte ci-dessus permet de visualiser la situation géographique des zones ayant les quantités
les plus élevés en fermentescibles. Il ressort qu’il faut assurer l’évacuation des déchets
provenant des haut standings vers le CET. En effet selon les données fournit par Dessau
Soprin, les déchets solides générés par les hauts standings ont un contenu en matière
organique compostables représentant environ 51% de l’ensemble des résidus.

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CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La question de l’évaluation des potentialités de production de biogaz des déchets urbains


enfouis dans le CET de la ville de Ouagadougou doit être situé dans un cadre général des
économies des pays du Sahel qui sont à la recherche d’une alternative écologique à
l’utilisation abusive du bois de chauffe.

La composition des déchets et la teneur en substance organique concourent à dire que les
déchets enfouis dans les casiers du CTVD produisent une quantité suffisante de biogaz bien
que soumis aux variations climatiques. En ce sens que les ordures ménagères acheminées au
CTVD ont un taux d’humidité de 59% et une teneur en substances organique de 65% pour les
fermentescibles permettra d’assurer la méthanogénèse, donc une production de biogaz. La
prédiction faite à partir des modèles cinétique d’ordre 1 démontre qu’à l’horizon du projet
nous avons une prédiction de l’ordre de millions de m3 de méthane pour environ 5 millions de
déchets enfouis. Par ailleurs des études plus poussées doivent être menées pour confirmer ou
infirmer ces résultats,

Cependant il est à noter que certains facteurs notamment le mode d’exploitation des casiers en
particulier le compactage doit faire l’objet d’une révision. Cependant il est à noter que
certains facteurs notamment le mode d’exploitation des casiers en particulier le compactage
doit être amélioré.

Les ordures ménagères constituent une source importante de substrats de fermentation


anaérobie : une personne produit en moyenne 0,5410 kg d’ordure/ jour, soit 197 kg/an, dont
plus de 60% correspondent à une fraction biodégradable, constituée de matière putrescible et
de papier-carton. Aussi faut-il dire que le captage futur du biogaz en quantité et en qualité
suppose d’une part une évacuation des déchets provenant des moyens et hauts standings et un
tri effectué à la source et dans les centres de transferts d’autre part.

10
Production spécifique donné par le SDGD
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L’étude a cependant eu des insuffisances liées particulièrement à l’absence de moyens


matériels pour la détermination d’autres paramètres plus qu’un important. Ainsi à l’issue des
investigations menées tout au long de notre travail, les résultats obtenus, analysés et
commentés dans les chapitres précédents, nous conduisent aux recommandations ci-dessous
exposées.
• La caractérisation des déchets déjà stockés : cette activité permettrait de suivre l’évolution
de la décharge. En effet avec ces investigations nous saurons si la décharge évolue très
peu ou pas du tout en raison des conditions climatiques (faible précipitation, forte
évapotranspiration, teneur en humidité). Ceci renseignera sur le type de décharge à
laquelle nous devrions nous attendre et de tirer une conclusion quant à la quantité de
biogaz produit et sa durée de production. Aussi l’objectif poursuivi ici est de suivre par
stratification l’état de dégradation des déchets.
• Il serait plus intéressant d’effectuer un tri selon MODECOM11 sur tous les camions
arrivant au CET, ceci suivant les deux saisons.
• La prédiction de la production de biogaz suivant plusieurs modèles.
• L’installation d’une station météorologique sur le site serait capitale pour l’élaboration du
bilan hydrique.
Ces lacunes pourront être comblés par la détermination des paramètres consignés dans le
tableau (voir annexe 6), qui pourra apporter des informations complémentaires à cette étude.

11
La quantité minimale d’échantillon représentatif est de 500 kg de déchets par camion
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REFERENCE CITEES ET BIBLIOGRAPHIE

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urbains dans les Pays En Développement (PED) : contribution à l’élaboration d’un guide
méthodologique et à sa validation expérimentale sur sites. Thèse de doctorat, université de
Limoges 236 p

Appolinaire Tini, La gestion de déchets solides ménagers à Niamey au Niger : essai pour une
stratégie de gestion durable. Thèse de doctorat, Institut National des sciences appliquées de
Lyon. 302 p

Sidi Ould ALOUEIMINE, méthodologie de caractérisation des déchets ménagers à


Nouakchott (Mauritanie) : contribution à la gestion des déchets et outils d’aide à la décision,
thèse de doctorat, l’université de Limoges. 195 p

Philippe Thonart, Sory Ibrahim Diabaté, Serge Hiligsmann, Mathias Lardinois (2001)
Guide pratique de gestion des déchets et des sites d’enfouissement, collection points de
repère.146 p

Joseph Wéthé, Denis Zoungrana, Halidou Kouanda 2006, plan stratégique de gestion des
ordures ménagères dans la ville de Koudougou. 132 p

Florence CHARNAY (2005), Compostage des déchets urbains dans les Pays en
Développement : élaboration d’une démarche méthodologique pour une production pérenne
de compost. Thèse de doctorat, université de limoges. 277 p

Diarra Joseph Marie (1999), Gestion de déchets solides,45 p

Ousseynou Eddje Diop (1999), Gestion de déchets solides ménagers. 94 p

Joseph Wéthé (2001). Gestion des déchets solides municipaux. 86 p

Simon Mas & Christian Vogler (2006). La gestion des déchets solides à Ouagadougou, 119
p

Dessau Soprin (novembre 2000) Schéma directeur de la gestion des déchets de la ville de
Ouagadougou. N°/réf : 15572 (E.01, ROO)

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ANNEXES

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Annexe 1: Guide d’entretien adressé aux personnes impliquées dans la gestion des déchets
dans la ville de Ouagadougou
Guide d’entretien
Entretien avec les responsables du CET et les acteurs impliqués dans la gestion du CET
Thème : Etude de potentialité biogaz des déchets solides urbains dans un Centre
d’Enfouissement Techniques (CET) situé en zone sahélienne. Cas du CET de la ville de
Ouagadougou
But : Ce guide nous permettra d’avoir les points de vue des acteurs sur la question du biogaz
des décharges, la qualité, le flux des déchets et le système de gestion des ouvrages du CET
afin de pouvoir disposer d’outils d’analyse ?
Quels service dirigé vous ?
Quels est son rôle au sein du CTVD ?
Quels sont les moyens humains, matériels et financiers affectés dans la gestion du site ?
Combien de camions assurent la collecte et le transport des déchets à la décharge ?
 Origine
 Flux (quantité d’ordures par jour)
Quelle est la nature des équipements sur le site ?
 Compaction
 Collecte lixiviat
 Traitement biogaz
Comment s’effectue le compactage ?
Comment s’effectue le recouvrement des déchets ?
Quelle est la nature (ou caractéristiques) des déchets acheminés sur le site ?
Quelles était la quantité prédite pour la première phase ?
Quelles est la quantité de déchets enfouis à ce jour ?
 Tonnage
 Volume stocké
Nous sommes loin du compte, selon vous quelles pourrait être les causes de cette différence ?
Quels est le flux des déchets en tonnes/jour ?
 Déchets entrants :……………………………T/j
 Fractions valorisables :………………………T/J
 Déchets stockés :……………………………..T/J
I
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Existe-t-il des centres de recyclage/récupération des déchets ?


 Combien
 Localisation
Quels sont les catégories de déchets recyclés/récupérés ?
Les tris sont-ils bien effectués ?
Existe-t-il des puits de captage du biogaz ?
 Réseau de collecte
 Diamètre
 Distances entre les puits
Des études ont-elles été menées pour évaluer le potentiel de production de biogaz qui se
dégage dans les casiers ?
 Quand ?
 Débit ?
Comment sont réalisées les mesures sur le biogaz produit ?
Existence d’une politique d’exploitation du biogaz ?
Quelles sont vos perspectives quant à une éventuelle valorisation du biogaz ?

II
ième
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Annexe 2: fiche de suivi des tournées des camions bennes à remplir tous les jours à la fin de
la journée

volume
temps de poids
Jour N° secteur N° camion kilométrage collecté
travail collecté(t)
(m3)

III
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Annexe 3 : Fiche de suivi de tournée des camions à remplir durant chaque voyage

arrondissement de : noms des quartiers:

Jour :

N° secteur :

Type de véhicule N° :

Capacité :

niveau
heure durée kilométrages poids
carburant

départ garage

début collecte

arrivée CET
poste de pesée

arrivée casier

départ CET

taux de remplissage (%)=

volume (m3)=

incident ou accident (décrire)

observations

IV
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Annexe 4 : Feuille de tri d’un échantillon à remplir pendant la caractérisation


Feuille de tri d'un échantillon
1. Identification de l'échantillon réceptionné CC

Date de réception : Pesée benne pleine :


Heure de réception : Pesée benne vide :
Volume collecté à vide
(m3) :
taux de Volume (m3)
remplissage(%)
Origine (secteur,
société, type de
standing)
1. Identification de la prise triée

Date de Tri : Nb de trieurs :


Heure de début du tri : Heure de fin du tri :
Masse triée (kg) :

Eléments hétéroclytes

volume (nombre de Description des


Catégories Poids (kg) seaux de …. L) déchets présents
Putrescibles

papiers-cartons

Plastiques

CNC

Métaux

Verres

INC

Déchets spéciaux

fines

observation

V
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VI
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Annexe 5: Paramètres d'évaluation du potentiel biogaz

paramètres

Déchets entrants
Nature
1 Caractéristiques physiques

2 caractérisation chimique

3 teneur en eau

4 Densité

5 Origine et flux des déchets entrants


Flux et Origine

Déchets stockés
6 Tassement des déchets
Comportement mécanique
Comportement hydraulique
7 Comportement des déchets à l'eau

8 perméabilité

9 Bilan hydrique et production de lixiviat

10 composition de lixiviat

11 Mesure de production de biogaz: flux surfacique


comportement biologique
12 calcul de production de biogaz

13 composition de biogaz

14 potentiel méthanogène
conditions extérieures
15 Température

16 Milieu souterrain

17 Milieu naturel et hydrographie


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Annexe 6 : protocole de caractérisation des déchets

Densité
Déchets entrants

Dans le cas des déchets entrants la densité est estimée par à partir des bennes entrant sur le
site. Les bennes pleins et vide sont pesé sur un pont bascule. Connaissant le volume du bac,
on fait le rapport de la masse et du volume
M
d=
la densité s’exprime par : V
M : Masse de l’échantillon en Kg ou T et V : Volume de l’échantillon en L ou m3.

Humidité

L’humidité est déterminée sur les putrescibles, et les fines à 105°C jusqu’à poids constant.
Humidité par catégorie : Des sacs en plastique nécessaires au conditionnement sont préparés
pour le transport vers le lieu d’étuvage en les identifiant selon les références de l’échantillon.
Mc − Mcs
H= × 100
Mc

Avec Hc : humidité de la catégorie c dans les gros, Mc : Masse humide de la catégorie C dans
et Mcs : Masse de la catégorie c après passage à l’étuve à 105°.

Mesure de la teneur en matière organique ou solide volatil

La méthode la plus répandue pour la détermination de la teneur en matière organique est la


perte au feu, la calcination de la matière à 550°C (Kelly et al., 2002 ; François, 2004 ;
Charnay, 2005 ; Alouémine, 2006). Les temps de chauffage et les masses prélevées varient
selon les auteurs.
Dans le cadre de cette étude, la mesure de la teneur en matière organique est effectuée sur les
déchets fermentescibles et les fines. Une masse voisine de 25g est calcinée à 550°C pendant 2
heures au four. La teneur en matière organique ou en solide volatil est obtenue par différence
de pesée entre la masse du déchet sec (105°C) et la masse du déchet calciné.
Ms − Mc
% MO = × 100 Avec :
Ms
- %MO : pourcentage de matière organique dans l’échantillon sec,
- Ms : Masse de l’échantillon après passage à l’étuve à 105°C
- Mc : Masse de l’échantillon après calcination.
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Annexe 7 : CET de la ville de Ouagadougou (Burkina Faso)

Poste de
Garage
6 Casiers OM contrôle

Unité de valorisation
de plastiques

Les 2 bassins de collecte


de lixiviats

3 Casiers DIS
Bassin lixiviat DIS

Unité de compostage

Source : googleearth

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