Vous êtes sur la page 1sur 9

Yassine FNITIZ

Exchange Traded
Funds
( ETF )

Année Universitaire : 2017-2018


Plan :

I. Principe, définition et caractéristiques des ETF :


1. Principe
2. Définition
3. Caractéristiques
II. Typologie et fonctionnement des ETF
1. Réplication physique
2. Réplication synthétique
III. La mesure de la performance des ETF
IV. Les risques associés à la détention des ETF :
1. Risque de change
2. Risque de liquidité
3. Risque de marché
4. Risque de capital
5. Risque de volatilité du cours
6. Risque de rendement
7. Risque de contrepartie
I. Principe, définition et caractéristiques des ETF :
1. Principe :

Le principe sous-jacent à l'existence des ETF est celui de la gestion indicielle, qui postule que
toute l'information disponible sur le marché est déjà incorporée dans les prix. De ce fait il est
impossible à un investisseur, aussi avisé soit-il, de battre sur le long terme l'indice par des choix
d'investissement (quoique cela reste possible à court ou moyen terme). La gestion indicielle
consiste dès lors à répliquer, de manière aussi fidèle que possible, un indice boursier. On
l'appelle aussi gestion « passive », par opposition à la gestion active où le gérant de portefeuille
va s'efforcer de battre l'indice par des choix judicieux de valeurs (« stock-picking »)

Les ETF sont ainsi nés du besoin de permettre aux investisseurs un accès simple, direct et bon
marché à l'investissement sur la totalité d'un indice boursier. On les appelle aussi « trackers »
puisqu'ils ont pour fonction de suivre fidèlement leur indice de référence.

2. Définition :

Comme définition un ETF (Exchange Traded Fund) est un instrument financier hybride qui
regroupe les caractéristiques de deux instruments :

• Un fonds : comme une SICAV ou un FCP, un ETF collecte l'épargne des investisseurs et émet
des parts. A la différence des OPCVM toutefois (SICAV ou FCP), où chaque souscription
(rachat) donne lieu à l'émission (destruction) d'une ou plusieurs parts, les parts d'un ETF sont
créées avant tout achat par les investisseurs finaux.

• Une action : comme une action, un ETF est un titre négociable en bourse, dont le prix de
négociation dépend de l'offre et de la demande. Pour acheter ou vendre un ETF il suffit de placer
un ordre de bourse. L'investissement dans un fonds constitue une souscription et implique des
frais plus importants car l'opération est plus lourde sur le plan administratif.

La valorisation d'un ETF est un peu particulière, en effet :

• Comme l'ETF a pour fonction de répliquer un indice de référence du marché, son actif est
constitué des valeurs qui composent l'indice, dans les mêmes proportions (du moins s'il s'agit
d'une réplication physique, cf. plus bas). L'ETF a donc une valeur liquidative (NAV, Net Asset
Value), égale à la valorisation pondérée des valeurs qui composent son actif, divisée par le
nombre de parts, comme n'importe quel fonds.
• Cependant, comme l'ETF est également un actif coté sur le marché, il a aussi un prix qui varie
en fonction de l'offre et de la demande sur le marché.

3. Caractéristiques :

• Un ETF n’a pas de durée fixe.

• Un ETF combine les avantages des actions et des fonds de placement. Un ETF offre tant la
simplicité d’une action (achat et vente en bourse) que la diversification d’un fonds de
placement.

• Par rapport aux fonds communs, les ETF possèdent l’avantage de permettre des transactions
en temps réel. Les sicav et fonds communs ne sont négociables qu’une fois par jour, et le cours
de transaction sera (en général) celui de la clôture des marchés où investit le fonds.

• Un ETF ne peut pas choisir les actifs dans lesquels il investit, car il doit reproduire l’indice
sous-jacent. Par contre, le gestionnaire actif d’un fonds de placement peut par exemple décider
d’investir davantage dans des valeurs plus défensives si le marché est orienté à la baisse.

• Les ETF peuvent distribuer un dividende. Vous le découvrirez dans le prospectus de l’ETF.

II. Typologie et fonctionnement des ETF :


Les sociétés de gestion d’ETF peuvent recourir à deux modes de réplications :

1. Réplication physique

A. Création :

Pour créer un ETF, l'émetteur va commencer par rassembler, en les achetant ou en les
empruntant, les actions qui vont constituer l'actif du fonds, dans les quantités correspondant aux
proportions voulues pour répliquer l'indice de référence. On notera que l'émetteur procède ainsi
de façon totalement inverse à celle d'un gérant de fonds classique, qui constitue d'abord son
passif (via les souscriptions des investisseurs) avant d'investir celui-ci dans des actifs.

Ceci fait, l'émetteur va constituer des parts ou « creation units », qui représentent chacune une
quantité fixe, relativement importante, des ETF qui vont être vendus en bourse, et vendre celles-
ci à des market makers. Ceux-ci vont ensuite distribuer les ETF sur le marché primaire.
Après cela, le rôle de l'émetteur se limite à des ajustements ponctuels sur la composition du
portefeuille, la gestion administrative du stock de titres et la gestion des émissions et des rachats
des parts.

b. Rôle de l'arbitrage et des market makers :

Il est possible pour un investisseur professionnel autorisé d'interagir avec le fonds de deux
manières (source : Investopedia) :

• Soit en achetant sur le marché les valeurs (actions) constituant le panier de l'indice répliqué
pour un montant équivalent à celui d'une part ou « creation unit ». Le fonds crée alors une
nouvelle part et distribue à l'investisseur la quantité d'ETF équivalente. Celui-ci peut alors les
vendre sur le marché. L'investisseur va recourir à cette méthode s'il détecte que les ETF sont
surévalués par rapport à l'indice sous-jacent.

• Soit en achetant sur le marché suffisamment d'ETF pour reconstituer une part ou creation unit
et apporter celle-ci au fonds. Celui-ci va alors l'échanger contre un montant équivalent d'actions
de l'indice que l'investisseur peut vendre sur le marché. Il va recourir à cette méthode s'il détecte
que l'ETF est sous-évalué par rapport à l'indice sous-jacent.

Le montant d'une part est suffisamment élevé pour que ce type d'opérations soit réservé aux
professionnels. Comme on le voit, leur intervention permet de maintenir le cours de l'ETF à un
niveau proche de sa valeur liquidative théorique. Les investisseurs individuels quant à eux vont
acheter et vendre des ETF sur le marché réglementé puisqu'ils sont cotés et négociables comme
des actions.
c. Marché secondaire :

Pour les investisseurs finaux, les ETF combinent les avantages des instruments auxquels ils
sont apparentés :

▪ Des coûts de transaction réduits, une grande flexibilité et une meilleure liquidité grâce à la
négociation sur le marché organisé

▪ Une fiscalité réduite : du fait que le portefeuille n'est pas activement géré, l'ETF génère peu de
plus-values ; par contre les dividendes perçus sur les actions sous-jacentes sont reversés aux
porteurs de parts.

▪ La possibilité de diversifier son portefeuille en investissant sur l'ensemble d'un indice sectoriel,
géographique etc. Il existe des ETF pour à peu près tous les indices boursiers.

▪ Les titres qui constituent le portefeuille de l'ETF peuvent être empruntés par l'émetteur comme
on l'a vu plus haut, mais aussi prêtés, ce qui génère des revenus supplémentaires pour les
porteurs.

Sur le marché des ETF comme sur tous les autres marchés d'instruments négociables la plus
grande partie des négociations sont le fait de professionnels. De plus les possibilités offertes
par l'arbitrage génèrent un fort volume de trading électronique. Les ETF peuvent également être
vendus à découvert et servir de sous-jacent à des opérations de prêt-emprunt de titres.

La plupart des ETF sont cotés sur les marchés US et européens, mais répliquent des indices du
monde entier, Asie, pays émergents, etc. L'investisseur individuel a accès à la cotation de l'ETF
sur le marché secondaire et aussi à la valeur liquidative du portefeuille sous-jacent, les deux
valeurs devant rester très proches. Une partie de la différence (le « tracking error ») se justifie
par des décalages entre le cours des actifs sous-jacents et le cours de l'ETF et doit en principe
être rapidement comblée par l'action des arbitragistes. Une autre source de décalage est
imputable aux frais de gestion du fonds qui sont faibles mais non nuls.

De plus des teneurs de marché (market makers) sont chargés de maintenir en permanence des
prix à l'achat et à la vente de façon à assurer la liquidité du marché.
2. Réplication synthétique :

Le mécanisme décrit précédemment correspond à une réplication dite « physique » de l'indice :


l'émetteur de l'ETF se procure les actifs constitutifs de l'indice, dans les poids relatifs prévus
par celui-ci, pour constituer l'actif de son portefeuille. Ce sont des ETF « vanille », les premiers
à être apparus sur le marché. Il s'agit de la forme dominante aux Etats-Unis, où ils sont gérés
principalement par de grands asset managers indépendants (par exemple BlackRock). C'est le
mode de réplication le plus transparent qui nécessite toutefois pour le gérant de répliquer
exactement la composition de l'indice et donc d'ajuster en permanence la composition du
portefeuille. Elle génère donc des « coûts de frottement » et une tracking error (décalage entre
la NAV de l'ETF et l'indice de référence) inévitable.

Il est possible de procéder autrement, via la réplication « synthétique ». Dans ce cas, l'actif du
fonds peut contenir n'importe quel type d'instruments, et la performance cible est obtenue par
un asset swap (total return swap) négocié avec une contrepartie, généralement une banque
d'investissement. Ce type de réplication atteint jusqu'à pratiquement la moitié du marché des
ETF européens, où ils sont plutôt le fait de sociétés de gestion filiales de groupes bancaires, la
banque se portant justement contrepartie de l'asset swap. Ceci est rendu possible par le fait que
la législation européenne est plus souple qu'aux Etats-Unis en ce qui concerne l'utilisation de
produits dérivés par les fonds de la gestion collective. (Source : FSB, cf. références
bibliographiques plus bas).

Dans le cas d'ETF synthétiques, le portefeuille (ou collatéral) peut contenir n'importe quel type
d'actifs, y compris des actifs qui n'ont aucune corrélation avec l'indice répliqué. La réplication
de l'indice est assurée par le biais de l'asset swap et se passe donc de l'activité des arbitragistes.
A noter que dans ce cas l'ETF est exposé au risque de contrepartie face à la contrepartie du
swap.

La réplication synthétique va permettre de créer des ETF qui suivent des indices qui sont plus
difficiles à répliquer que les indices actions classiques, tels que les indices sur les matières
premières ou des indices regroupant un très grand nombre de valeurs. Elle permet de aussi de
suivre plus fidèlement les évolutions de l'indice. En effet, la contrepartie du swap s'engage à
verser à l'ETF exactement la performance de l'indice chaque jour.

Cependant, la structure de l'instrument est beaucoup moins transparente pour l'investisseur. De


plus, l'ETF devient exposé au risque de contrepartie vis-à-vis de la contrepartie du swap.
III. La mesure de la performance des ETF :
La performance d’un ETF ne se mesure pas en termes de rendement absolu31 mais par rapport
à son benchmark. Deux indicateurs principaux sont couramment utilisés :

• La tracking difference, qui mesure pour une période donnée la différence de rendement net
entre l’ETF et son indice de référence ;

• La tracking error, qui mesure la volatilité de la différence quotidienne de rendement net entre
l’ETF et son indice de référence.

Les indicateurs sont calculés en total return (tenant compte des distributions éventuelles) et, en
ce qui concerne les ETF, sur la base de leur valeur liquidative journalière (VL ou NAV).

Le gérant cherche à maximiser la tracking difference tout en minimisant la tracking error, qui
sont principalement touchées par les facteurs suivants :

• Les frais de gestion, proportionnels aux encours, facturés par la société de gestion au fonds ;

• Les coûts de transactions (liés notamment aux rebalancements de portefeuilles) ;

• Une réplication de l’indice de référence généralement imparfaite ;

• La possibilité pour le gérant d’ETF de décaler ou de lisser dans le temps les rebalancements
d’indice afin de limiter leur impact ;

• Le fait que les détachements de coupon des ETF ne sont pas synchronisés avec les détachements
réels de coupon des composantes de l’indice ;

• Les possibilités de prêt de titres, qui peuvent améliorer la performance du fonds.

IV. Les risques associés à la détention des ETF :


1. Risque de change :

Si vous investissez dans un ETF libellé en devise étrangère, vous courez un risque de change
par rapport à l’euro. Le montant en euros que vous percevez en cas de vente ou à la date
d’échéance peut, en raison du cours du change, être supérieur ou inférieur au montant
initialement investi.

2. Risque de liquidité :

Le mot « liquidité » exprime la facilité d’achat ou de vente d’un produit de placement. Le risque
de liquidité est minime dans le cas des ETF.
3. Risque de marché :

Le rendement d’un ETF dépend de l’actif sous-jacent. Si vous investissez par exemple dans un
ETF qui suit un indice d’actions européen, le rendement sera déterminé par l’évolution de cet
indice d’actions.

4. Risque de capital :

Dans beaucoup d’indices, un nombre limité d’actions importantes représente une forte
pondération. Une baisse du cours de ces actions peut donc avoir de lourdes conséquences sur
l’ETF. En effet, contrairement à un fonds géré activement, un ETF ne peut pas modifier sa
composition.

5. Risque de volatilité du cours :

On parle de volatilité du cours lorsque ce dernier connaît d’importantes fluctuations. La


volatilité du cours dépend essentiellement des produits dans lesquels investit l’ETF. Les
mouvements haussiers et baissiers du cours des produits de placement sous-jacents peuvent
avoir diverses causes : le cours du change des devises étrangères, une hausse ou baisse des taux
d’intérêt, et bien entendu l’évolution des cours boursiers.

6. Risque de rendement :

Vous ne courez ce risque que si vous investissez dans un ETF versant des dividendes. Il se peut
qu’un ETF ne verse aucun dividende, réduisant les revenus escomptés. Vous devez en outre
également tenir compte du fait que les dividendes sont parfois également imposés par des
pouvoirs publics étrangers.

7. Risque de contrepartie :

Si la contrepartie du swap, dans le cas d’un ETF avec réplication synthétique n’est pas en
mesure de respecter ses obligations, l’investisseur peut perdre une partie de sa mise.

Vous aimerez peut-être aussi