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Institut Supérieur de Commerce et 4ème année du cycle normal

d’Administration des Entreprises

Thème de l’exposé :

Préparé par : Encadré par :


Melle BENZEKRI Nasma Mr
Melle N’MILA Ghizlane

Unité d’enseignement :
L’AUDIT

Année universitaire : 2004 - 2005

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L’audit est bien une approche des risques et des éléments
permettant leur maîtrise (dispositif de contrôle interne) qui se conclut par
un avis sur la probabilité de défaillance d’une organisation et de son
fonctionnement.

Les travaux d’audit doivent obligatoirement se focaliser sur les


aspects les plus sensibles de l’entreprise : les zones de risque.

Il ne s’agit pas ici uniquement d’un souci d’efficacité mais plutôt


d’une condition d’applicabilité de l’acte d’audit.

Il existe ainsi une relation inéluctable entre les risques de


l’entreprise, les travaux d’audit et le risque d’audit c’est à dire le risque
de non détection des défaillances par l’auditeur.

Cependant, s’il est demandé à l’auditeur de bien définir la nature


et l’étendue des travaux qui lui permettent de détecter les défaillances de
l’entreprise, on reconnaît que le risque d’audit ne peut être
définitivement écarté et qu’on ne peut au mieux que détecter les
défaillances significatives et exiger de l’auditeur d’avoir une assurance
raisonnable qu’il n’existe pas d’anomalies significatives.

Ce caractère significatif va être inversement proportionnel au


risque d'audit, en effet, plus le seuil de signification est élevé, plus le
risque d'audit est faible et inversement.

C’est pourquoi, lors de la conduite d’une mission d’audit,


l’auditeur doit tenir compte du caractère significatif d’une information et
de son lien avec le risque d’audit.

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I. Les différents niveaux de risques :
S'il existe de très nombreux risques d'erreurs, ils n'ont pas tous la
même probabilité de se réaliser. On distingue généralement:

Les risques potentiels:


Ce sont les risques qui sont théoriquement susceptibles de se
produire si aucun contrôle n'est exercé pour les empêcher ou détecter et
corriger les erreurs qui pourraient en résulter; ces risques sont commun à
toute l'entreprise

Les risques possibles:


Ce sont les risques potentiels contre lesquels une entreprise
donnée ne s'est pas dotée de moyens pour les limiter.

Lorsque de tels moyens ne sont pas mis en place, il existe une


forte probabilité que des erreurs se produisent et ne soient ni détectées, ni
corrigées par l'entreprise.

La documentation professionnelle et l'expérience permettent de


connaître les premiers. Le commissaire aux comptes, tout au long de sa
mission, cherche à identifier les seconds afin d'adapter en conséquence
ses contrôles pour évaluer l'incidence des erreurs pouvant affecter les
comptes de l'organisation auditée.

Lorsqu'il analyse une entreprise, le commissaire aux comptes est


confronté à différentes natures de risques. On distingue généralement les
risques suivants:

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A. Risques généraux propres à l'entreprise et à son
environnement:
Il s'agit de risques qui sont de nature à influencer l'ensemble des
opérations de l'entreprise. Chaque entreprise, selon le secteur d'activité
dans lequel elle opère, sa structure et son organisation, possède des
caractéristiques qui lui sont propres et qui rendent plus ou moins
probable la concrétisation de ses risques potentiels.

Pour contrôler une entreprise, le commissaire aux comptes doit


donc identifier les caractéristiques qui la distinguent des autres. Les
informations recherchées concernent à ce stade:

L'activité de l'entreprise et le secteur dans lequel elle opère


(entreprise de production, de services, secteur en déclins…)

Son organisation et sa structure (une filiale à 100% d'un groupe ne


pose pas les mêmes problèmes de contrôle que dans une entreprise à
l'actionnariat réparti, entrepris décentralisé plus difficile à contrôler…)

Ses politiques générales (financières, commerciales, sociales…)

Ses perspectives de développement (croissance rapide et


problèmes de trésorerie, déclin et continuité d'exploitation…)

Son organisation administrative et comptable (recours à une SSII,


service d'un expert-comptable, présence d'un service d’audit interne…)

Ses politiques comptables (principes comptables, options retenues


en consolidation…)

B. Risques liés à la nature des opérations traitées :


Les comptes sont le reflet des opérations traitées par l'entreprise.
Les données saisies par la comptabilité peuvent être distinguées en trois
catégories dont chacune est porteuse de risques particuliers:

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Les données répétitives:
Ce sont les données habituelles d'une entreprise: achats, ventes,
salaires… Elles sont traitées de façon uniforme en fonction des systèmes
mis en place. Les risques sont donc liés à la fiabilité de ces systèmes.

Les données ponctuelles:


Elles sont complémentaires des précédentes mais saisies à des
intervalles de temps plus ou moins réguliers: inventaires physiques,
évaluation en fin d'exercice… Elles sont porteuses de risques
significatifs lorsque leur saisie n'est pas organisée de façon fiable et il est
donc important de les connaître à l'avance pour décider des contrôles qui
devront être effectués.

Les données exceptionnelles:


Elles résultent d'opérations ou de décisions qui sortent du domaine
de l'activité courante: réévaluation, fusion, restructuration… L'entreprise
ne disposant pas de critères préalables, d'éléments comparatifs, de
personnel expérimenté, pour ce type d'opérations, les risques que des
erreurs se produisent et ne soient pas détectées sont plus important.

Observation :

Les données ponctuelles et exceptionnelles sont également plus


sensibles aux jugements de la direction de l'entreprise que les données
répétitives. En outre plus la valeur (individuelle ou cumulée) d'une
catégorie d'opérations est importante et plus les erreurs sont
susceptibles d'avoir une incidence sur les comptes de l'entreprise.

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C. Risques liés à la conception et au fonctionnement
des systèmes:
La conception des systèmes de saisie et de traitement des
opérations doit permettre de prévenir les erreurs ou détecter celles qui se
produisent pour les corriger.

Les risques peuvent donc être limités, notamment pour le


traitement des données répétitives, lorsque la conception des systèmes
est fiable. Par exemple, la probabilité qu'une saisie de stocks ne soit pas
facturée est faible si le système mis en place prévoit que toute sortie de
stocks doit faire l'objet d'un document et que tous ces documents doivent
faire l'objet d'une facturation.

Mais même si le système est fiable dans sa conception, il peut être


défaillant dans son fonctionnement car des contrôles prévus peuvent ne
pas être effectués.

D. Risque de non détection lié à l'audit:


Le choix par le commissaire aux comptes des procédures mises en
œuvre, de leur étendue et de la date liée à ses interventions entraîne
obligatoirement un certain niveau de risque que le commissaire aux
comptes doit s'efforcer de minimiser.

Il n'est en effet pas possible, notamment pour des raisons de coût


et d'efficacité, d'obtenir une assurance absolue que les comptes ne
contiennent pas d'erreurs, quels que soient les systèmes mis en place par
l'entreprise ou les contrôles de détection mise en œuvre par le
commissaire aux comptes.

Le risque d’audit est le risque que des erreurs significatives


subsiste dans les comptes annuels et que le commissaire aux comptes, ne

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les ayant pas détectées, formule une opinion erronée. Il doit cependant
concevoir son programme de travail pour obtenir une assurance
raisonnable qu'il n'existe pas d’erreurs significatives dans les comptes et
limiter ainsi le risque d’audit à un niveau minimum acceptable.

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II.
II. Le seuil de signification :
Lors de la conduite d'un audit, l'auditeur doit tenir compte du
caractère significatif d'une information et de son lien avec le risque
d'audit. C'est ce qui va lui permettre de formuler son opinion.

On considère que des informations sont significatives si leur


omission ou leur inexactitude sont susceptibles d'influencer les décisions
économiques prises par les utilisateurs se fondant sur les états financiers.

L'auditeur définit alors un seuil de signification qui va lui


permettre de détecter les anomalies significatives.

Toutefois, il convient de tenir compte à la fois du montant


(quantité) et de la nature (qualité) des anomalies.

A. Le seuil de signification : définition :


Le seuil de signification (ou de matérialité ou encore l’importance
relative) est la mesure que peut faire l’auditeur du montant à partir
duquel une ou plusieurs erreurs, inexactitudes ou omissions cumulées,
peuvent affecter la régularité et la sincérité des comptes annuels ainsi
que l'image fidèle du résultat des opérations, de la situation financière et
du patrimoine de l'entreprise. C'est donc l'appréciation que peut faire
l’auditeur des besoins des utilisateurs des comptes.

B. Relation entre le seuil de signification et la notion


du risque :
Seuil de signification et risque sont deux concepts qui ne peuvent
être dissociés l’un de l’autre car toute étude du risque aboutit à une
notion d’erreur qui peut se quantifier dans les états financiers.

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Le seuil de signification renvoie à l’ampleur d’une erreur donnée,
alors que le risque renvoie à la possibilité qu’une erreur de cette ampleur
se soit glissée dans les états financiers.

L’auditeur sait donc par intuition que le niveau de risque et le seuil


de signification influencent l’étendue de son travail.

Toute décision d’abaisser le seuil de signification ou le niveau de


risque se traduit en effet par une augmentation de l’effort de révision.

Dès lors, il est facile de concevoir la relation qui existe entre ces
deux notions, car pour un effort d’audit donné, le seuil de signification et
le risque varient en sens inverse.

En effet, Le seuil de signification est inversement proportionnel au


niveau du risque d’audit. Plus le seuil de signification est élevé, plus le
risque d’audit est faible et inversement.

Ainsi, lorsque le risque d’audit est estimé à un niveau élevé,


l’auditeur fixera un seuil de signification faible qui lui servira pour
étendre ses travaux d’audit. Inversement, lorsque le risque d’audit est
estimé à un niveau faible, l’auditeur fixera le montant du seuil de
signification à un niveau élevé afin de réduire les travaux d’audit.

Il s’agit donc de notions qui permettent d’augmenter l’efficacité


du travail de révision en centrant les contrôles sur les « zones à risque »
tout en respectant les contraintes de la mission (coût, temps).

C. L’importance du seuil de signification :


L’auditeur conduit sa mission dans un souci d'efficacité et met en
œuvre des diligences qui sont proportionnées aux risques possibles.

Dans ce but, il oriente ses travaux vers les domaines et systèmes


significatifs qui sont les plus porteurs de risques.

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Il apprécie l'importance relative de chaque élément contribuant à
la présentation de l'information financière faisant l'objet de ses
contrôles.

En début de mission, la fixation d'un seuil global de signification


est utile pour déterminer les domaines et systèmes significatifs.

En cours de mission, des seuils de signification déterminés pour le


contrôle de chaque rubrique des comptes permet d'adapter les
programmes de travail aux risques et de mieux définir les échantillons à
contrôler.

Cela évite de s'engager dans des travaux qui ne serviraient pas à


fonder l'opinion suer les comptes de l'entreprise auditée.

Ces seuils sont généralement inférieurs au seuil global pour tenir


compte des effets de cumul possibles des erreurs constatées.

En fin de mission, le seuil global permet d'apprécier si les erreurs


constatées doivent être corrigées ou faire l'objet d'une mention dans le
rapport lorsque l'entreprise refuse de les corriger.

La fixation de seuils de signification permet donc de mieux


orienter et planifier la mission, d'éviter des travaux inutiles lors de la
recherche d’éléments probants et enfin de justifier les décisions
concernant l'opinion émise.

En résumé, on peut dire que le seuil de signification permet à


l’auditeur d’apprécier si les erreurs et inexactitudes détectées sont de
nature à remettre en cause sa certification (audit externe) et si il convient
de demander à la Société de corriger ses états financiers.

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D. Les éléments de mesure du seuil de signification :
Après avoir déterminé les risques potentiels, l’auditeur cherchera à
déceler les éléments significatifs devant faire l’objet de contrôles
approfondis.

Ces éléments sont fonction du montant du seuil de signification.


Ce montant est la résultante d’une base de référence et d’un taux.

Afin de déterminer la base de référence du seuil de signification,


deux types de critères sont à prendre en considération, à savoir les
critères qualitatifs et les critères quantitatifs.

L’élément quantitatif:
Les critères quantitatifs consistent à mesurer l’importance d’un
élément par rapport à une base de référence.

Les bases de référence les plus fréquemment utilisées sont les


suivantes :

Un résultat final ou intermédiaire; par exemple, le


bénéfice net, le bénéfice brut, le total de l’actif;

Un résultat retraité; par exemple, le bénéfice courant;

Un résultat moyen ou un résultat normal; par exemple,


bénéfice net moyen des cinq dernières années;

Un poste d’un état financier auquel l’élément est associé;


par exemple, le chiffre d’affaires;

L’effet de l’élément sur certains coefficients financiers;


par exemple, le coefficient du fonds de roulement, le montant
du bénéfice net par action.

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Les taux les plus couramment appliqués sont les suivants:

5% à 10% du résultat courant avant impôt;

0,5% à 1% de l’actif;

1% à 2% des capitaux propres;

0,5% à 1% du chiffre d’affaires.

Le choix de la base de référence et du taux relève du jugement


professionnel de l’auditeur.

Il peut même utiliser une méthode qui combine une partie ou la


totalité des bases ci-dessus mentionnées de telle sorte que la base du
seuil de signification ainsi obtenue devienne moins variable tout en étant
représentative de l’activité et des opérations réalisées par les entreprises.

Les bases de référence ainsi que les taux du seuil de signification


servent à déterminer le seuil de signification au niveau général des états
financiers.

Ce seuil doit être ventilé par compte ce qui fait référence à la


notion d’erreur tolérable.

L’erreur tolérable est définie comme étant le montant maximum


d’erreurs dans un compte, qui, additionnée avec les erreurs des autres
comptes, ne remet pas en cause la fiabilité des états financiers.

La détermination des erreurs tolérables est faite en fonction de la


facilité de contrôle de certains postes, en liaison avec l’étude des risques,
et selon la probabilité que le client corrige ou non les erreurs.

L’erreur tolérable est fixée afin d’identifier les comptes et groupes


de comptes significatifs.

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L’élément qualitatif:
Certains critères qualitatifs ont été définis en matière de seuil de
signification. Parmi ces critères, on peut citer:

Les caractéristiques de l’environnement, par exemple, le


contexte politique, le contexte économique, les attentes des
utilisateurs des états financiers, etc.;

Les caractéristiques de l’entreprise, telles que la nature


des opérations, l’analyse coûts/avantages relative à la saisie
et à la présentation d’informations financières, la tendance
des résultats (résultats stables, constamment proches de
zéro, secteur d’activité à faible marge), etc.;

Les caractéristiques du système de comptabilité et des


méthodes comptables de l’entreprise telles que le choix des
méthodes comptables, libérales ou prudentes, l’étendue de
la divulgation des méthodes adoptées, etc.

Toutefois, l’importance relative est déterminée par l’auditeur en


fonction des états financiers pris dans leur ensemble.

Enfin, Une information est significative si son omission ou son


inexactitude est susceptible d'influencer les décisions économiques
prises par les utilisateurs sur la base des états financiers.

Le caractère significatif dépend de la taille de l'élément ou de


l'erreur évaluée dans les circonstances spécifiques de son omission ou de
son inexactitude. Le caractère significatif constitue donc un seuil ou une
borne plutôt qu'un critère qualitatif que cette information doit posséder
pour être utile.

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L'auditeur doit considérer l'éventualité que des anomalies sur des
montants relativement faibles puissent avoir, globalement, un impact
significatif sur les états financiers.

Par exemple, une erreur au niveau d'une procédure de fin de mois


peut indiquer une anomalie significative potentielle, si cette erreur est
reproduite chaque mois.

Le seuil de signification dépend des facteurs déterminants


identifiés pendant la planification de la mission. Un facteur déterminant
des états financiers est un facteur sur lequel les utilisateurs des états sont
le plus susceptibles de porter leur attention, compte tenu de la nature de
l'institution. L'identification des facteurs déterminants est affaire de
jugement professionnel.

Les facteurs déterminants, qui peuvent être utilisés pour


déterminer le seuil de signification, sont par exemple le résultat net, le
total des actifs, les produits, et les fonds propres. Les seuils de
signification peuvent varier entre 2 et 10 % d'un facteur déterminant.

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La définition des seuils de signification est cruciale pour
déterminer la nature, l'étendue, et le calendrier des procédures d'audit.

Un seuil de signification est une limite au-delà de laquelle les


erreurs potentielles sont considérées comme problématiques.

Si la somme des anomalies non corrigées identifiées durant l'audit


dépasse le seuil de signification, l'auditeur peut être dans l'impossibilité
d'émettre une opinion sans réserve.

En définitive, on peut dire qu’il existe une relation directe entre le


niveau du risque d’audit, le niveau du seuil de signification, et la quantité
d’éléments probant à réunir pour avoir l’assurance que les comptes sont
fidèles.

En effet, à niveau de risque d’audit constant, si l’on diminue le


seuil de signification, il faudra obtenir plus d’éléments probants.

De la même façon si l’on considère un seuil de signification donné


et constant, une diminution de la quantité d’éléments probants obtenus
entraîne une augmentation de risque d’audit.

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L’assemblée générale ordinaire de la société à responsabilité limitée
CHIMIE, en date du 20 février n+1, a nommé le cabinet XYZ en tant que
commissaire aux comptes pour les exercices n, n+1 et n+2.

Afin de déterminer les comptes et les sources d’informations


significatifs et l’étendue des tests substantifs, l’associé responsable doit
déterminer le seuil de signification. La démarche à suivre pour la
détermination du seuil de signification comporte les étapes suivantes :

La description du problème posé ;

La collecte de la documentation ;

L’identification des choix possibles ;

L’évaluation des choix ; et,

La formulation des conclusions.

1. La description du problème posé :


La problématique consiste à dégager un seuil de signification afin
d’élaborer le plan de mission et de déterminer par conséquent les comptes
significatifs et l’étendue des tests substantifs.

Quelle base de référence et quel taux doit-on choisir afin de


déterminer le seuil de signification?

a. Obtention des données

A travers l’analyse du dossier permanent et les divers entretiens


effectués avec les responsables de la société, les informations suivantes
peuvent donner une présentation générale de la société.

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Présentation générale de la société :

Dénomination sociale CHIMIE


Société à responsabilité
Forme juridique
limitée
Capital 13.300 KDT
Nombre d’associés 20
Date de création 1973
Siège social Sfax
Succursales 2
Secteur d’activité Industrie chimique
Effectif 420
- CHIMIE père 8%
- CHIMIE fils 40%
Détenteurs du capital
- CHIMIE fils 40%
- Autres 12%
Dirigeants CHIMIE fils
CHIMIE fils : Gérant
Contacts de la société
CHIMIE fils : comptable
Expert-comptable : EC
Conseils extérieurs
Conseil juridique : CJ
Commissaire aux comptes Cabinet XYZ

Historique de l’entreprise :

La société CHIMIE est une société de famille, créée en 1973 sous la


forme SARL. Depuis 2 ans, c’est le fils qui a pris la direction mais l’influence
du père reste très forte.

Activités :

Les produits fabriqués par la société CHIMIE sont regroupés sous trois
familles à savoir A,B et C. Ces familles représentent respectivement 10%,
10% et 80% de la production totale de la société.

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Place sur le marché :

La société était leader sur le marché, avec une part de marché de 70%.
Le secteur des industries chimiques est un secteur très concurrentiel. Au cours
de ces dernières années, des concurrents étrangers ont intégré le marché et ont
arraché des parts de marché significatives.

Principaux clients :

Les principaux clients sont des clients locaux. Ils représentent 70% des
clients de la société. Les clients à l’exportation représentent 30%. En n-2 et n,
les ventes à l’exportation représentent respectivement à 71% et 74%.

Principaux fournisseurs :

Les fournisseurs de la société sont essentiellement des fournisseurs


étrangers (matières premières, matériels, etc.).

Caractéristiques :

Les caractéristiques de la société concernent essentiellement ses modes


de financement, la nature de ses stocks et le caractère familial de sa direction.
La société CHIMIE fait recours aux emprunts bancaires pour financer ses
investissements. Les stocks sont constitués essentiellement de produits
inflammables.

Politiques de l’entreprise :

En matière de production, la société fonctionne à 100% de sa capacité


de production. Ses produits sont fortement influencés par l’innovation
technologique. Ses achats sont gérés en recourant à des consultations
restreintes. En matière commerciale, pour les ventes locales, la société accorde
à ses clients 15% de remise sur les ventes payées au comptant et 10% pour les
autres ventes.

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Etats financiers :

BILAN
(Exprimé en Milliers de Dinars)
Exercice clos le 31 Décembre
ACTIFS
n n-1 n-2 n-3

ACTIFS NON COURANTS


ACTIFS IMMOBILISES
Immobilisations corporelles 40 370 40 370 27 977 20 767
Amortissements 25 695 22 989 19 870 17 469
Immobilisations corporelles 14 675 17 381 8 107 3 298
nettes
Immobilisations financières 19 19 19 19
Immobilisations financières 19 19 19 19
nettes
TOTAL DES ACTIFS 14 694 17 400 8 126 3 317
IMMOBILISES
TOTAL DES ACTIFS NON 14 694 17 400 8 126 3 317
COURANTS

ACTIFS COURANTS
Stocks 18 096 22 574 17 342 12 653
Valeur nette des stocks 18 096 22 574 17 342 12 653
Clients et comptes rattachés 31 556 19 970 19 336 15 059
Provisions 400 397 915 0
Valeur nette des créances 31 156 19 573 18 421 15 059
Autres actifs courants 3 665 3 269 4 302 3 234
Valeur nette des autres actifs 3 665 3 269 4 302 3 234
courants
Liquidités et équivalents de 49 51 34 149
liquidités
TOTAL DES ACTIFS 52 966 45 467 40 099 31 095
COURANTS

TOTAL DES ACTIFS 67 660 62 867 48 225 34 412

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BILAN
( Exprimé en Milliers de Dinars )
CAPITAUX PROPRES ET Exercice clos le 31 Décembre
PASSIFS n n-1 n-2 n-3

CAPITAUX PROPRES
Capital social 13 300 13 300 12 500 12 500
Réserves 3 052 4 852 2 424 6 804
TOTAL DES CAPITAUX PROPRES
AVANT RESULTAT DE 16 352 18 152 14 924 19 304
L'EXERCICE

RESULTAT DE L'EXERCICE 1 354 -814 2 428 -2 094


TOTAL DES CAPITAUX PROPRES
17 706 17 338 17 352 17 210
AVANT AFFECTATION

PASSIFS
PASSIFS NON COURANTS
Emprunts bancaires 15 378 17 878 6 433 0
TOTAL DES PASSIFS NON 15 378 17 878 6 433 0
COURANTS
PASSIFS COURANTS
Fournisseurs et comptes rattachés 24 577 22 840 18 411 13 248
Autres passifs courants 4 259 3 208 2 685 2 305
Concours bancaires et autres 5 740 1 603 3 344 1 649
passifs financiers
TOTAL DES PASSIFS COURANTS 34 576 27 651 24 440 17 202

TOTAL DES PASSIFS 49 954 45 529 30 873 17 202

TOTAL DES CAPITAUX PROPRES


67 660 62 867 48 225 34 412
ET DES PASSIFS

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ETAT DE RESULTAT
( Exprimé en Milliers de Dinars )
Exercice clos le 31 Décembre
n n-1 n-2 n-3

Revenus 63 652 72 875 86 144 60 595


Coût des ventes 38 691 44 125 51 696 36 956
Marge brute 24 961 28 750 34 448 23 639
Frais de distribution 7 029 9 593 11 871 8 490
Frais d'administration 2 705 3 120 2 400 1 969
Autres charges d'exploitation 10 246 12 311 16 164 14 541

RESULTAT
4 981 3 726 4 013 -1 361
D'EXPLOITATION
Charges financières nettes 3 478 4 410 1 455 697
Autres gains ordinaires 127 667 300 89
Autres pertes ordinaires 125 795 134 123

RESULTAT DES ACTIVITES


1 505 -812 2 724 -2 092
ORDINAIRES AVANT IMPOT

IMPOT SUR LES BENEFICES 151 2 296 2

RESULTAT DES ACTIVITES


1 354 -814 2 428 -2 094
ORDINAIRES APRES IMPOT

RESULTAT NET DE L'EXERCICE 1 354 -814 2 428 -2 094

b. Investigations complémentaires :

Les investigations complémentaires effectuées ont débouché sur les


résultats suivants :

Trois incendies sont survenus durant les 2 dernières années


dans 3 sociétés du même secteur. Les incendies survenus sont dus au
caractère inflammable des produits de la société;

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L’analyse de la section juridique du dossier permanent a
permis de constater que le gérant, CHIMIE fils, perçoit une
gratification annuelle de 2% nette d’impôt calculée sur la base du
bénéfice net. Cette gratification est indiquée dans le procès-verbal de
l’assemblée générale ordinaire du 14 avril n-7 ;

La direction est en principe intéressée par les résultats.


Toutefois, puisque les résultats dégagés au titre des 3 dernières années
sont fluctuants et oscillent entre pertes et profits, le souci de la
direction est de préserver l’image de marque et le patrimoine de la
société constitué auparavant par CHIMIE père.

c. L’œil critique :

Pour s’informer sur la position de la société sur le marché, un entretien


a été effectué avec la direction. Cette dernière a affirmé que la société n’est
pas affectée par l’introduction des concurrents locaux et étrangers et qu’elle a
lancé sur le marché, début de l’année n, de nouveaux produits avec des
qualités et des marges différentes.

Une étude récente effectuée par un institut d’études économiques sur le


secteur des industries chimiques fait apparaître que la part de marché de la
société a été réduite de 15%.

2. La collecte de la documentation :
La détermination du seuil de signification est une étape importante dans
la mission d’audit. En effet, son niveau conditionne la nature, le calendrier et
l’étendue des tests substantifs qui seront mis en œuvre par l’auditeur. Elle doit
être faite dans le cadre des normes internationales d’audit de l’IFAC et plus
particulièrement la norme d’audit ISA 320, relative au caractère significatif en
matière d’audit.

Le manuel d’audit du cabinet XYZ, prévoit les règles suivantes en


matière de détermination du seuil de signification :

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« Le résultat courant avant impôts constitue généralement le critère le
plus important pour la prise de décision des utilisateurs externes des états
financiers. Lorsque le résultat courant avant impôts constitue un critère
approprié de mesure du seuil de signification, nous prenons 5% à 10% du
résultat courant avant impôt, avec comme principe que les ajustements
inférieurs à 5% sont le plus souvent non significatif, etc.

Si la société réalise un résultat proche de zéro ou qui oscille entre


bénéfice et perte d’une année à l’autre, le bénéfice avant impôts peut ne pas
être le meilleur critère de détermination du seuil de signification. 0,5% à 1%
des ventes peut être une meilleure méthode de détermination du seuil de
signification dans de telles situations.

Si le résultat courant avant impôts n’est pas un critère pertinent pour


déterminer le seuil de signification, par exemple, parce que les résultats
d’exploitation ont été si mauvais que la liquidité et la solvabilité sont devenues
un problème majeur, il peut être alors plus judicieux de calculer le seuil de
signification en fonction de la situation financière. 1% des capitaux propres
peut être un point de départ approprié.

Lorsque les capitaux propres diminuent et tendent vers zéro, leur utilité
en tant que critère de détermination du seuil de signification diminue
également, au même titre que celle du résultat net en situation proche de
l’équilibre.

Dans de telles circonstances, nous pouvons envisager l’utilisation d’un


faible pourcentage du total de l’actif, si cela nous semble approprié ».

3. L’identification des choix possibles :


Les informations recueillies sur la société et son secteur d’activité
permettent d’estimer le risque d’audit à un niveau élevé.

En effet, le secteur d’activité est fortement concurrentiel et influencé


par l’innovation technologique.

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Par ailleurs, l’organisation interne de la société n’est pas formalisée et
ne comporte pas de service d’audit interne. Enfin, l’audit des états financiers
de l’exercice n constitue la première intervention du cabinet XYZ.

Le seuil de signification est inversement proportionnel au risque


d’audit. Puisque le risque d’audit est estimé à un niveau élevé, le taux de
référence sera la borne inférieure des fourchettes généralement admises.

Le tableau synoptique des différentes solutions possibles se présente


comme suit :

Exercice
Base Taux
n n-1 n-2 n-3
Résultat courant
(entre 5% et 10%) 5% 75 -34 128 -103
Chiffre d'affaires
(entre 0,5% et 1%) 0,50% 318 364 431 303
Capitaux propres
(entre 1% et 2%) 1% 177 173 174 172
Actif total
(entre 0,5% et 1%) 0,50% 338 314 241 172

Le bénéfice constitue en principe la préoccupation principale des


associés.

Toutefois, dans le cas de la société CHIMIE, la base de référence


correspondant au résultat courant n’est pas une base appropriée.

En effet, les résultats oscillent entre bénéfice et perte et varient de façon


significative d’une année à l’autre.

Les variations des seuils, calculés sur la base du résultat courant, se


détaillent comme suit :

n n-1 n-2 n-3 Moyenne


Résultat courant 75 -34 128 -103 17

23
(entre 5% et
10%)
Variation 341,18% -300,00% 652,94% -705,88%

La base de référence correspondant au chiffre d’affaires fournit un seuil


de signification moyen de 354 kilos dinars.

Les variations des seuils correspondants à la base du chiffre d’affaires


se présentent comme suit :

n n-1 n-2 n-3 Moyenne


Chiffre d'affaires
(entre 0,5% et 318 364 431 303 354
1%)
Variation -10,17% 2,82% 21,75% -14,41%

La variation des seuils basés sur le critère du chiffre d’affaires paraît


assez élevée. Elle varie de –10,17% à 21,75%.

Les montants de ces seuils sont élevés puisque le risque d’audit est
estimé à un niveau élevé.

La base de référence correspondant aux capitaux propres fournit un


seuil de signification moyen de 174 kilos dinars.

Les variations des seuils correspondants à la base des capitaux propres


varient comme suit :

n n-1 n-2 n-3 Moyenne


Capitaux
propres
177 173 174 172 174
( entre 1% et
2% )
Variation 1,72% -0,57% 0,00% -1,15%

La variation des seuils basés sur le critère des capitaux propres n’est pas
significative.

24
Les seuils calculés sur la base de l’actif total se détaillent comme suit :

n n-1 n-2 n-3 Moyenne


Actif total
(entre 0,5% et 338 314 241 172 266
1%)
Variation 27,07% 18,05% -9,40% -35,34%

Les seuils calculés sur la base de l’actif total varient de façon


significative et fournissent une moyenne de 266 kilos dinars.

4. L’évaluation des choix :


La détermination du seuil de signification affecte l’audit puisqu’elle
détermine l’étendue des tests substantifs.

Cependant, il faut tenir compte des attentes des utilisateurs des états
financiers.

Les associés, sont en principe, intéressés par le résultat. Leur


préoccupation concerne alors les capitaux propres puisque les résultats sont
instables et oscillent entre bénéfice et perte.

Par ailleurs, les seuils de signification calculés sur la base des critères,
autres que celui des capitaux propres, varient de façon significative.

Les variations des seuils de signification calculés se résument dans le


tableau suivant :

n n-1 n-2 n-3


Actif total
Variation 27,07% 18,05% -9,40% -35,34%
Capitaux
propres
Variation 1,72% -0,57% 0,00% -1,15%
Chiffre

25
d'affaires
Variation -10,17% 2,82% 21,75% -14,41%
Résultat
courant
Variation 341,18% -300,00% 652,94% -705,88%

Le seuil de signification calculé sur la base des capitaux propres ne


varie pas de façon significative.

5. La formulation des conclusions :


a. Revue des données et hypothèses prises
en compte :

Les données utilisées pour déterminer le seuil de signification sont les


états financiers de la société CHIMIE des trois dernières années, tels qu’ils ont
été certifiés par le précédent commissaire aux comptes.

b. Résoudre effectivement le problème :

Conformément à la politique du cabinet, l’équipe d’audit s’est réunie


afin de discuter des points évoqués dans le plan de mission.

Le seuil de signification retenu, qui servira pour la détermination des


comptes significatifs et l’étendue des tests substantifs, s’élève à 174 kilos
dinars.

Il correspond au seuil le plus bas et qui ne varie pas de façon


significative d’une année à l’autre.

La détermination du seuil de signification permet de déterminer l’erreur


tolérable. Selon le manuel d’audit du cabinet, l’erreur tolérable est comprise
entre 50% et 75% du seuil de signification.

Puisque le risque d’audit est élevé, l’erreur tolérable sera calculée sur la
base du taux le plus bas, soit 50% du seuil de signification.

26
Le montant de l’erreur tolérable s’élève donc à 87 kilos dinars. Ainsi,
les comptes qui présentent un solde supérieur à 87 kilos dinars sont considérés
comme significatifs.

Par contre, ceux qui présentent un solde inférieur au montant de l’erreur


tolérable ne feront pas l’objet d’un examen détaillé.

c. Faire valoir son point de vue :

Au cours de la réunion de l’équipe d’audit, le choix de la base de


référence et du taux du seuil de signification a été évoqué.

Ce choix est expliqué par les faits suivants :

Le secteur d’activité de la société CHIMIE est fortement


concurrentiel et influencé par l’innovation technologique. Elle
présente un risque d’audit élevé;

Le niveau du seuil de signification est inversement


proportionnel au risque d’audit. Ainsi, le taux de référence du seuil de
signification choisi sera la limite inférieure de la fourchette
généralement utilisée;

La base de référence du seuil de signification est


généralement le résultat de l’exercice. Toutefois, le choix de la base
est fonction de la préoccupation des utilisateurs des états financiers.
Puisque les résultats des trois dernières années sont instables et
oscillent entre perte et profit, ils ne constituent pas une base
raisonnable du seuil de signification. Par ailleurs, le seuil basé sur le
critère du chiffre d’affaires est assez élevé et varie de façon
significative d’une année à l’autre. Il en est de même pour celui
calculé sur la base de l’actif total. Par contre, le seuil de signification
basé sur le critère des capitaux propres ne varie pas de manière
significative d’une année à l’autre, n’est pas assez élevé par rapport à
l’estimation du risque d’audit, et correspond aux attentes des
utilisateurs des états financiers.

27
d. Obtenir un consensus :

L’équipe d’audit, chargée du dossier, après analyse de la démarche


suivie, des choix effectués, a été convaincue de retenir :

Un niveau élevé du risque d’audit;

Les capitaux propres comme base du seuil de signification;

Le taux le plus bas de la fourchette généralement utilisée, soit


1%;

et le montant du seuil de signification, qui servira pour la


détermination de l’étendue des tests substantifs, de 174 kilos
dinars.

28