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Courte introduction à la physique théorique

Rédigée par Fuzhi Xie


Table des matières

Partie 1 – La relativité restreinte .................................................................................... 2


1.1 – Le référentiel ....................................................................................................................... 3
1.2 – La vitesse relative ................................................................................................................ 3
1.3 – Le cas de la lumière ............................................................................................................. 4
1.4 – La dilatation du temps ........................................................................................................ 5
1.5 – L’espace-temps ................................................................................................................... 7

Partie 2 – La relativité générale ...................................................................................... 9


2.1 – La gravitation .................................................................................................................... 10
2.2 – Les trous noirs ................................................................................................................... 11

Partie 3 – La physique des particules...........................................................................12


3.1 – Le modèle standard .......................................................................................................... 13
3.2 – La théorie quantique des champs ..................................................................................... 14
3.3 – L’antimatière...................................................................................................................... 15
3.4 – Le principe d’incertitude ................................................................................................... 15
3.5 – Le rayonnement Hawking ................................................................................................. 16
3.6 – La conservation de l’information quantique .................................................................... 17
3.7 – Le paradoxe de l’information ............................................................................................ 19

Mot de la fin ...........................................................................................................................21


Bibliographie ..........................................................................................................................22

1
Partie I – La relativité restreinte

2
1.1 – Le référentiel
En physique, un référentiel désigne le point de vue depuis lequel un observateur mesure un
évènement (par exemple, un mouvement) ou une coordonnée (par exemple, une position
ou un temps).
Un « observateur » est un concept abstrait. Le terme « observateur » en physique signifie
un personnage hypothétique qui observe des évènements selon son référentiel. Par exemple,
un rocher pourrait être un observateur, et nous imaginerons que ce rocher possède tous les
instruments de mesure nécessaires à l’observation d’un évènement spécifique, si nous
voulions observer un certain évènement depuis le référentiel de ce rocher.
En physique, tout évènement doit être observé depuis un référentiel précis. Par exemple,
nous devons préciser si nous observons le déplacement d’un cycliste par rapport au sol, à
l’arbre à côté de la route, ou à lui-même. Bien sûr, chaque observateur a son propre
référentiel.
Le cycliste serait en mouvement par rapport au sol et à l’arbre, mais pas par rapport à lui-
même. C’est le concept de la vitesse relative.

1.2 – La vitesse relative


La vitesse est relative à l’observateur du sujet dont la vitesse est étudiée. Prenons l’exemple
suivant : trois voitures circulent dans la même direction sur une route et un piéton est sur
le trottoir.
Voici leur vitesse par rapport au sol :

Voiture A
40km/h

Voiture B
20km/h

Voiture C
20km/h

Piéton
0km/h

3
Lorsque nous sommes dans une voiture en mouvement, nous ne voyons pas cette voiture
« avancer ». Ce sont les choses à l’extérieur de la voiture qui sont en mouvement (le
paysage qui défile, les autres voitures qui nous dépassent, les piétons que nous dépassons,
etc.). En effet, nous ne voyons pas la voiture « se déplacer » par rapport à nous-même,
puisque nous sommes dans la voiture.

Retournons à l’exemple. Si l’observateur se trouve dans la voiture B, la vitesse relative de


la voiture B serait de 0 km/h et la vitesse relative du piéton serait de 20 km/h.

Imaginez-vous dans la voiture B. Vous regardez le piéton statique. Vous le verriez


«s’approcher» de la voiture à 20 km/h et «s’éloigner» à la même vitesse à mesure que votre
véhicule dépasse le piéton. Même si le piéton de se déplace pas, de votre point de vue, ce
serait lui qui est en mouvement et non vous. Du point de vue de l’observateur, celui-ci est
toujours statique et ce sont les sujets autour de l’observateur qui sont en mouvement.

De la même manière, imaginez vous dans la voiture B, et imaginez que vous observez la
voiture C, qui circule à 20 km/h comme vous. Vous verriez que la vitesse relative de la
voiture C est de 0 km/h, car cette voiture ne serait pas en «mouvement» par rapport à vous.

Toujours selon ce principe, imaginez-vous en train d’observer la voiture A depuis la voiture


B. Vous ne verriez pas la voiture A circuler à 40 km/h; elle vous paraîtra plus lente puisque
vous êtes vous-même en mouvement. La vitesse relative de la voiture A serait de 20 km/h.

Chaque point de vue différent est ce qu’on appelle un «référentiel» en physique. Chaque
observateur différent a son propre référentiel. Ainsi, nous avons le référentiel des voitures
A, B, C et celui du piéton.

1.3 – Le cas de la lumière


Nous savons maintenant que la vitesse d’un corps est relative à la vitesse de l’observateur.
La vitesse relative varie selon l’observateur.
Toutefois, la lumière se comporte différemment. Elle ne subit pas l’effet de la relativité de
la vitesse. Peu importe la vitesse de l’observateur, la vitesse relative de la lumière est
d’environ 299 792 458 m/s; cette constante est représentée par le symbole c.
Que l’observateur ait une vitesse de 50 km/h ou de 100 km/h, la vitesse relative de la
lumière sera toujours de 299 792 458 m/s.
La vitesse de la lumière est une constante qui ne varie pas peu importe l’observateur.
La constante c est aussi la vitesse maximale à laquelle toute forme d’information peut
voyager dans l’univers connu. C’est aussi la vitesse à laquelle toute particule à masse nulle
voyage.

4
1.4 – La dilatation du temps
Maintenant que nous savons que la vitesse de la lumière est une constante qui ne varie pas
peu importe le référentiel, nous pouvons faire la démonstration d’un autre phénomène : la
dilatation du temps, que nous connaissons souvent sous la phrase : le temps est relatif.
Voici la démonstration : deux miroirs sont placés face à face et un rayon lumineux voyage
entre ces deux miroirs dans un trajet rectiligne, rebondissant constamment sur la surface
d’un des deux miroirs. Ajoutons que ces deux miroirs sont en mouvement vers la droite, à
une vitesse v.
Deux observateurs observent le trajet et le temps que prend le rayon lumineux pour faire
un aller-retour entre les deux miroirs.
Un des observateurs, Max, se déplace à la même vitesse et dans la même direction que les
miroirs, c’est-à-dire à la vitesse v. Il mesure le temps sous le symbole t.
L’autre observateur, John, est statique et mesure le temps sous le symbole t’

Image tirée de Wikipédia1


Le panneau à gauche est le point de vue de Max. Pour lui, le rayon lumineux accomplit un
trajet rectiligne, car il se déplace à la même vitesse et dans la même direction que les miroirs.
Il voit que la distance que parcourt le rayon lumineux pour se rendre du miroir A au miroir
B est de ct, c étant la vitesse de la lumière et t étant le temps observé par Max. (distance =
vitesse • temps)
Le panneau à droite est le point de vue de John. Pour lui, le rayon lumineux accomplit un
trajet en diagonale, puisque John reste statique alors que les miroirs sont en mouvement. Il
voit que la distance que parcourt le rayon lumineux pour se rendre du miroir A au miroir
B est de ct’. Il voit aussi que la distance parcourue par les miroirs est de vt’, v étant la
vitesse à laquelle se déplace les miroirs.

1
Wikipédia. 2018. Time dilation. En ligne. ˂https ://en.wikipedia.org/wiki/Time_dilation˃. Consulté le 9
juillet 2018

5
Nous pouvons maintenant voir un triangle rectangle dans le panneau à droite. Nous pouvons alors
observer que :
ct’ ˃ ct
parce que la mesure de l’hypoténuse est supérieure à la mesure de n’importe quel des deux cathètes.
En tenant compte du fait que la vitesse de la lumière c ne varie pas selon le référentiel (c est la
même pour John et Max, même si Max est en mouvement), nous pouvons alors déduire que
ct’ ˃ ct ⇒
t’ ˃ t
Temps mesuré par John, l’observateur statique ˃ Temps mesuré par Max, l’observateur en
mouvement
Pour l’observation d’un même phénomène, Max et John n’ont pas observé le même intervalle de
temps, car l’un était en mouvement et l’autre non. Le temps se dilate à cause de la propriété de la
constance de c.
Le temps est « plus lent » pour un observateur en mouvement. Autrement dit, une personne en
mouvement vieillit moins vite qu’une personne statique.
Quel impact la dilatation du temps a sur la vie courante? Pourquoi n’en ressent-on pas les effets?
Nous allons observer l’effet de la dilatation du temps avec la démonstration suivante, qui applique
le théorème de Pythagore sur le triangle rectangle du panneau de droite sur le schéma :

(ct’)2 = (vt’)2 + (ct)2


c2(t’)2 = v2(t’) 2 + c2t2
v2
(t’)2 = c2 (t’)2 + t2

v2
-t2 = -(t’)2 + c2 (t’)2

v2
t2 = (t’)2 - c2 (t’)2

v2
t2 = (t’)2 (1- c2 )

𝑣2
t = t’√1 − 𝑐 2

𝑡
t’ = 2
où v : vitesse de l’observateur en mouvement
√1−𝑣2
𝑐

6
Dans la vie courante, v est une vitesse vraiment petite, voire excessivement minuscule,
comparée à c, la vitesse de la lumière. Ce que cela veut dire, c’est que la valeur numérique
𝑣2
de dans la vie courante est pratiquement de 0; donc,
𝑐2

𝑣2
√1 − ≈ √1 − 0 = √1 = 1 ⇒
𝑐2

𝑡 𝑡
2
≈ = 𝑡⇒
1
√1−𝑣2
𝑐

𝑡’ ≈ 𝑡
Nous ne ressentons pas l’effet de la dilatation du temps parce que cet effet est minuscule
dans la vie de tous les jours, où les vitesses sont ridiculement petites comparées à c.
Pour ressentir l’effet de la dilatation du temps, il faut que v soit vraiment grand et ait une
valeur proche de c.

1.5 – L’espace-temps
Nous savons maintenant que le temps est relatif et se dilate selon la vitesse de l’observateur.
Voyons maintenant une autre manière de comprendre la phrase « Le temps est relatif. »
Nous avons mentionné plus tôt que la constante c est la vitesse maximale à laquelle une
information peut voyager dans l’univers connu.
Par exemple, si le Soleil disparaissait d’un coup, la Terre restera quand même en orbite
pour les 8 minutes et 20 secondes qui suivent la disparition du Soleil (temps que prend la
lumière pour se rendre du Soleil jusqu’à la Terre).
En effet, « l’information » de la disparition du Soleil prendra 8 minutes et 20 secondes pour
se rendre jusqu’à la Terre, ce qui veut dire que celle-ci ressentira les effets de l’attraction
gravitationnelle du Soleil pendant 8 minutes et 20 secondes.
Ce phénomène est un exemple de ce que nous allons appeler des « bulles de temps2 »
Toujours avec l’exemple de la disparition du Soleil, voici un schéma de la « bulle de
temps » créée par la disparition du Soleil :

2
Terme non-scientifique utilisé pour faciliter l’explication

7
B

Bulle qui prend de l’expansion


A
Soleil qui disparait

Chaque évènement dans l’univers a sa propre « bulle de temps » qui prend de l’expansion
à la vitesse de la lumière, en ayant comme origine l’emplacement où l’évènement s’est
déroulé.
Pour tout observateur se situant dans la bulle, l’évènement s’est déjà déroulé et
l’observateur en ressent les effets. L’information de l’évènement s’est rendu jusqu’à cet
observateur. Dans l’exemple, l’observateur A se situe dans la bulle. Pour lui, le Soleil a
déjà disparu et il en ressent les effets.
Quant à un observateur se situant hors de la bulle, l’évènement à l’origine de la bulle ne
s’est pas encore déroulé pour cet observateur et il n’en ressent pas les effets. L’information
de l’évènement ne s’est pas rendu jusqu’à cet observateur. Dans l’exemple, l’observateur
A se situe hors la bulle. Pour lui, le Soleil n’a pas encore disparu.
Imaginons maintenant que l’observateur A se téléporte jusqu’à l’emplacement de
l’observateur B. L’observateur A se téléporte hors de la bulle sans intervalle de temps.
D’un coup, il ne ressent plus les effets de la disparition du Soleil. Il est « retourné » dans
le passé.
En changeant de position dans l’espace, il a changé sa position dans le temps.
L’espace est relié au temps; c’est pourquoi Einstein a défini la notion d’espace-temps, qui
comporte 4 dimensions : trois dimensions pour l’espace et une dimension pour le temps.
Il n’existe pas d’« horloge universel » qui indique un temps unifié pour tout l’univers.
Chaque observateur a sa propre horloge, selon sa position dans l’espace. Autrement dit,
chaque observateur a une ligne du temps différente des autres observateurs.
Dans l’exemple de la disparition du Soleil, les observateurs A et B ont leur propre ligne du
temps. Pour l’observateur A, la disparition du Soleil se situe dans le passé. Quant à
l’observateur B, la disparition du Soleil se situe dans le futur.
Le temps est donc relatif à l’espace et à la vitesse de l’observateur.

8
Partie 2 – La relativité générale

9
2.1 – La gravitation
La conception de la gravité émise par Einstein est celle acceptée par la communauté
scientifique aujourd’hui. Selon lui, la gravité n’est pas une force, mais une manifestation
de la déformation de l’espace-temps par le corps qui est à la source du champ gravitationnel.
Ainsi, la gravitation n’est pas une force qui se propage à vitesse infinie et se manifeste de
façon instantanée, mais une déformation qui se propage à la vitesse de la lumière.
Selon Einstein, un objet en chute libre est en mouvement en suivant une trajectoire
localement droite dans un espace-temps courbé. Ces trajectoires localement droites sont
appelées géodésiques.

Ce que cela implique, c’est que même les particules à masse nulle, telles que le photon,
sont affectées par la gravité.
Cette courbure de l’espace-temps est à la source d’une dilatation du temps. Comme
l’indique le nom du phénomène, le temps est « courbé ». Ainsi, deux facteurs peuvent être
la cause de la dilatation du temps : la gravité et la vitesse.
Pour un observateur situé dans le champ gravitationnel d’un corps, le temps est plus lent
que pour un observateur hors d’un champ gravitationnel.
Dans un champ gravitationnel relativement faible, comme celui de la Terre, cette dilatation
n’est pas perceptible par l’humain. Or, dans un champ gravitationnel extrêmement fort,
comme celui d’un trou noir, la dilatation du temps est accentuée. Aussi, plus l’observateur
est près du corps à la source du champ gravitationnel, plus cet observateur ressent les effets
de la dilatation du temps.

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2.2 – Les trous noirs
Un trou noir est un corps extrêmement compact issu de l’effondrement d’une étoile. Un
trou noir est tellement compact, c’est-à-dire qu’il a une très grande masse tout en occupant
un très petit volume, que l’intensité de son champ gravitationnel atteint une puissance telle
que rien ne peut s’échapper de celui-ci.
La courbure de l’espace-temps causée par un trou noir est si grande que même la lumière
ne peut s’en échapper. Un trou noir « absorbe » littéralement tout ce qui franchit l’horizon
des évènements. Cet horizon est une ligne de non-retour absolu qui délimite la région autour
d’un trou noir où aucune échappatoire n’est possible. Tout ce qui franchit cette ligne sera
happé par l’attraction gravitationnelle du trou noir et ne pourra jamais en sortir.
Le nom de l’horizon des évènements vient du fait que si un évènement se déroule derrière
l’horizon des évènements, il est impossible pour un observateur extérieur de déterminer si
l’évènement a eu lieu ou non, puisque l’information de cet évènement ne pourra jamais se
libérer de l’attraction gravitationnelle du trou noir.
Selon la théorie de la relativité générale, aucune information ne peut s’échapper d’un trou
noir une fois qu’elle franchit l’horizon des évènements. Pour cette raison, il est difficile
d’observer les trous noirs, puisqu’ils sont « invisibles ». Aucune information ne nous
parvient directement d’un trou noir, puisque son champ gravitationnel ne laisse rien s’en
échapper. Nous pouvons, par contre, faire une observation indirecte d’un trou noir par le
biais de son influence sur son environnement.
Par exemple, il est possible de déterminer la masse et l’emplacement d’un trou noir en
observant la trajectoire des étoiles qui orbitent le trou noir.
Selon la relativité générale, au centre d’un trou noir, il y a ce que nous appelons une
singularité gravitationnelle, une région qui contiendrait toute la masse du trou noir, mais
ayant un volume nul. La singularité aurait alors une densité infinie et, donc, cette région
aurait théoriquement une courbure infinie de l’espace-temps.
La singularité reste un mystère pour les scientifiques d’aujourd’hui : comment une région
peut avoir une densité infinie? Comment est-ce possible d’avoir une courbure infinie de
l’espace-temps? Est-ce vraiment ce qui se passe au centre d’un trou noir?

11
Partie 3 – La physique des particules

12
3.1 – Le modèle standard
Le modèle standard de la physique des particules est le modèle théorique de l’interaction
entre les particules élémentaires. On trouve aussi dans le modèle standard la classification
des particules élémentaires.
Les particules élémentaires sont les plus petites particules actuellement connues. Cela veut
dire qu’il se peut que ces particules élémentaires soient composées d’autres particules
encore plus petites, mais que nous ne connaissons pas encore.
Le modèle est présentement le suivant :

La mécanique quantique décrit la matière et l’énergie présentes dans l’univers comme des
interactions entre les différentes particules élémentaires. Aussi, chaque particule
élémentaire est associée à un champ propre à cette particule. Par exemple, le boson Higgs
est associé au champ Higgs, l’électron au champ quantique électromagnétique, etc.
Dans le cadre de ce livre, nous ne nous intéresserons pas à la nature et aux propriétés de
chacune des particules élémentaires dans le tableau du modèle standard de la physique
des particules. L’étude de ces particules requiert une compréhension plus profonde dans
le domaine que moi-même ne détiens pas.

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3.2 – La théorie quantique des champs
La théorie quantique des champs est un cadre théorique qui réunit les champs classiques
(champs électriques, champs électromagnétiques, etc.), la relativité d’Einstein et les
mécaniques quantiques.
Les champs classiques sont composés de coordonnées numériques d’espace et de temps.
Chaque point d’espace et de temps peut avoir une valeur numérique quelconque. Les
champs classiques ont donc un degré infini de liberté.
Des exemples de champs classiques incluent le champ gravitationnel de Newton, le champ
électrique et le champ électromagnétique classique.3
Les champs classiques ne suffisent pas pour expliquer plusieurs phénomènes ayant des
propriétés quantiques. Arrive alors la théorie quantique des champs, qui combine les
champs classiques aux mécaniques quantiques par le biais de manipulations
mathématiques.
Pour mettre en des termes plus accessibles les postulats complexes de la théorie quantique
des champs, voici une description simplifiée des observations et des hypothèses posées
dans le cadre de la théorie :
Dans la mécanique quantique, les particules élémentaires sont décrites comme des «
excitations », des « oscillations », ou plutôt des « fluctuations d’énergie » dans le champ
qui leur est associé.
Par exemple, voici le champ Higgs en l’absence de boson Higgs (particule associée au
champ Higgs)

Image tirée de PBS Space Time4

3
Il existe un champ électromagnétique quantique, qui inclut les postulats de l’électrodynamique
quantique
4
O’DOWD, Matthew. 2017. The Nature of Nothing. Balado vidéo. 16:06 min.
˂https://www.youtube.com/watch?v=X5rAGfjPSWE˃. Consulté le 9 juillet 2018.

14
Le champ, lorsqu’il contient un boson Higgs, serait représenté comme-ci (schéma très
simplifié; ne correspond pas à la représentation réelle de la particule) :

Image tirée de PBS Space Time5

3.3 – L’antimatière
Chaque particule élémentaire a une particule d’antimatière qui lui est associée. En gros,
une particule d’antimatière a une charge opposée à celle de sa particule élémentaire.
L’antimatière est représentée par le même type de vibration (ou oscillation) dans le même
champ quantique que sa particule élémentaire correspondante.
Un exemple de pair de particules de matière et d’antimatière serait l’électron et le positron.
Ils ont la même masse, mais une charge opposée. Ils sont tous deux représentés comme une
fluctuation d’énergie (ou oscillation) du même type dans le champ électromagnétique
quantique.
Comme l’explique le physicien théoricien Matthew O’Dowd, une particule élémentaire ne
peut exister sans la particule d’antimatière qui lui correspond. Elles sont les deux faces
d’une même pièce de monnaie, les solutions énergétiques positive et négative d’un même
type d’oscillation dans le champ quantique qui leur est associé.
Lorsque deux particules, une de matière, une d’antimatière correspondante, se rencontre,
elles s’annulent, se détruisent, s’éliminent et libèrent une énorme quantité d’énergie. C’est
la seule situation connue où la masse des réactifs est intégralement convertie en énergie.
Il est d’ailleurs possible de créer des couples de matière/antimatière en transformant de
l’énergie en matière. Toutefois, cette réaction requiert une quantité phénoménale d’énergie.

5
O’DOWD, Matthew. 2017. The Nature of Nothing. Balado vidéo. 16:06 min.
˂https://www.youtube.com/watch?v=X5rAGfjPSWE˃. Consulté le 9 juillet 2018.

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3.4 – Le principe d’incertitude
Le principe d’incertitude d’Heisenberg stipule qu’un champ quantique est constamment en
vibration et en fluctuation et que le champ fluctue en énergie même en l’absence de
particule réelle. C’est ce que nous voyons sur cette représentation d’un champ quantique
où il n’y a pas de particule réelle.

Image tirée de PBS Space Time6


Ce champ quantique est alors décrit comme « en état de vide ». Les faibles courbures sur
les lignes du champ représentent les faibles fluctuations d’énergie au sein du champ, même
en l’absence de particule réelle.
Ces faibles oscillations ne sont pas assez puissantes pour être perçues comme des particules
élémentaires. Elles sont appelées des modes de fréquences.
Dans un champ quantique, il y a deux sortes de modes de fréquences : positif et négatif.
On peut interpréter un mode négatif comme une analogie à l’antimatière, alors qu’un mode
positif peut être interprété comme une analogie à la matière.
Quand un champ quantique est en état de vide (absence de particule réelle), les modes
positif et négatif sont en équilibre. Les deux modes s’annulent virtuellement, de sorte
qu’aucune particule réelle n’existe.
Ce qui se passe, c’est que, dans le vide, de la matière et de l’antimatière apparaissent
spontanément et s’annihilent, empruntant brièvement de l’énergie au vide lui-même et le
retournant lorsque la matière et l’antimatière se détruisent en s’unissant.
L’apparition de ces particules, que nous appelons des particules virtuelles puisqu’elles ne
sont que de faibles oscillations dans un champ quantique (mode de fréquence; voir plus
haut), est due au principe d’incertitude d’Heisenberg.

6
O’DOWD, Matthew. 2017. The Nature of Nothing. Balado vidéo. 16:06 min.
˂https://www.youtube.com/watch?v=X5rAGfjPSWE˃. Consulté le 9 juillet 2018.

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3.5 – Le rayonnement Hawking
L’équilibre dans un champ quantique en état de vide peut être perturbé par une courbure
de l’espace et du temps, comme la courbure créée par un trou noir. La proximité d’un trou
noir perturbe les modes de fréquences qui définissent les fluctuations d’un champ
quantique en état de vide.
En effet, l’horizon ou la limite d’un espace-temps courbé peut couper l’accès à un des
modes (positif ou négatif), ce qui rompt l’équilibre qui définit l’état de vide du champ
quantique. Les modes positif et négatif ne peuvent plus s’annuler parce que l’accès à l’un
des modes a été coupé. Des particules réelles apparaissent alors, puisque l’un des
composants de l’équilibre entre particules virtuelles et particules d’antimatière n’est plus
présent.
En d’autres mots, lorsqu’une paire de matière/antimatière apparaît assez près de l’horizon
des évènements d’un trou noir, une particule de la paire de matière/antimatière se fait
« absorber » par le trou noir et l’autre particule s’échappe et est libérée dans l’univers.
Or, la loi de la conservation d’énergie stipule qu’il est impossible de créer de l’énergie;
comment se peut-il qu’une particule puisse apparaître à proximité d’un trou noir et devenir
une particule réelle?
L’explication est la suivante : la particule ainsi « créée » n’est pas apparue de nulle part, à
proprement parler. C’est le trou noir qui paye la « dette énergétique » générée par la
création de la particule avec sa propre masse.
La particule qui résulte de la « vaporisation » du trou noir est ce qu’on appelle le Hawking
radiation, nommé ainsi en l’honneur de Stephen Hawking, l’astrophysicien qui a prouvé
l’existence du phénomène.
Pour résumer, le Hawking radiation est un rayonnement émis par un trou noir, qui perd sa
masse lentement par le biais de ce rayonnement jusqu’à ce que le corps noir se soit
« évaporé » complètement.

17
3.6 – La conservation de l’information quantique
Les lois de la physique déterministes. Cela veut dire que la connaissance parfaite d’un
système dans le présent permet de déterminer et de prédire l’évolution de ce système dans
le prochain instant.
L’inverse du déterminisme est la symétrie par inversion du temps. Un système est
symétrique par inversion du temps si par la connaissance parfaite de son état à un temps
quelconque nous permet, par des équations, de connaître l’état de départ dudit système.
Selon la mécanique quantique, l’état quantique d’un système donné est toujours symétrique
par inversion du temps. Si l’on connaît parfaitement l’état quantique d’un système, on peut,
par des manipulations mathématiques, connaître l’état quantique de ce système dans un
temps antérieur. Autrement dit, l’information quantique (données d’un système présentant
des propriétés quantiques) est toujours conservée, puisque l’on peut toujours retracer les
états passés d’un système, à condition de connaître parfaitement l’état quantique présent
du système.
La conservation de l’information quantique est basée sur le principe d’unitarité, qui est une
restriction sur l’évolution d’un système quantique qui stipule que la somme des probabilités
de toutes les évolutions possibles du système est toujours égale à 1.
Or, pour que l’unitarité et les lois de la probabilité soient respectées, il doit avoir
conservation des états quantiques; c’est-à-dire que le nombre d’états quantiques possibles
d’un système doit rester le même avant et après l’évolution de celui-ci.
Pour chaque état quantique de départ possible, il y a un seul état quantique résultant
possible.
Pour faciliter la compréhension, voici un schéma pour illustrer l’évolution possible d’un
système quantique :


A Évolution du système quantique

États quantiques de départ États quantiques résultants

A 1
B 2
C 3
D 4

18
Chaque état quantique résultant est associé à un seul état quantique de départ. L’unitarité
et les lois de la probabilité sont respectées. En connaissant parfaitement un état quantique
résultant, on peut retrouver son état quantique de départ. Le système quantique est
symétrique par inversion du temps.
Un exemple où l’unitarité n’est pas respectée est le suivant :


B Évolution du système quantique

États quantiques de départ États quantiques résultants

A 1
B 2
C 3
D 4

Ici, le nombre d’états quantiques de départ n’est pas égal au nombre d’états quantiques
résultants. L’unitarité et les lois de la probabilité ne sont pas respectées.
Il serait impossible de connaître l’état quantique de départ de l’état final 1, parce que même
en connaissant parfaitement l’état final 1, il y a deux états de départ qui peuvent mener à
cet état final 1.
Le système n’est donc pas symétrique par inversion du temps. Cette évolution est donc
impossible selon la mécanique quantique, car elle impliquerait la destruction de
l’information quantique de l’état quantique résultant 1. (L’impossibilité de connaître avec
certitude son état de départ, même avec la connaissance parfaite de l’état final, signifierait
que l’informatique quantique de ce système a été perdue, détruite au cours de son évolution.)
Si plusieurs états d’un même système peuvent tous évoluer dans un même état futur, la
connaissance parfaite de l’état futur ne suffirait pas pour déterminer quel état de départ a
conduit à cet état futur. L’information sur les états de départ serait alors perdue, détruite.
Les mécaniques quantiques empêchent une telle destruction de l’information. Les états
quantiques d’un système doivent rester indépendants l’un de l’autre pour préserver
l’unitarité. Il est alors démontré que plusieurs états d’un même système ne peuvent évoluer
dans un même état futur identique.

19
3.7 – Le paradoxe de l’information
Nous savons que les trous noirs absorbent tout ce qui franchit l’horizon des évènements et
que la masse de ce qui est absorbé s’ajoute à la masse du trou noir
Nous savons aussi que les trous noirs s’évaporent petit à petit sous forme de rayonnement
de Hawking, perdant un peu de masse à chaque fois.
Toutefois, la configuration de l’état quantique des rayonnements de Hawking est tel que
l’on ne peut, par quelque moyen que ce soit, connaître le contenu du trou noir et de ce qui
a été absorbé par celui-ci. En fait, les rayonnements de Hawking sont constitués
majoritairement de photons, qui ne contiennent aucune information; les rayonnements de
Hawking ne dépendent nullement de ce dont le trou noir est constitué.
Si les rayonnements de Hawking ne contiennent aucune information quantique de ce qui a
été absorbé par le trou noir, et que la masse de celui-ci s’évapore complètement par le biais
des rayonnements de Hawking, il est alors impossible de retracer ce qui a été absorbé par
le trou noir. Autrement dit, l’information quantique des particules ou des rayonnements
absorbés par le trou noir a été détruite.
Or, selon les théories actuelles de la mécanique quantique, l’information quantique ne peut
être détruite. Que se passe-t-il réellement avec tout ce qui est absorbé par un trou noir? Où
va l’information quantique de ces corps ou rayonnements?
Les réponses à ces questions demeurent inconnues, et ce problème demeure un paradoxe
jusqu’à présent. C’est ce que nous appelons le fameux paradoxe de l’information et c’est
un des plus grands mystères dans le domaine de la physique théorique présentement.

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Mot de la fin
La physique théorique est un domaine fascinant où il reste énormément de découvertes à
faire. Bien que l’on ait des connaissances très poussées dans la compréhension du
fonctionnement de l’univers, il y a toujours tellement de mystères; et c’est ce nombre
virtuellement infini de découvertes à venir qui me séduit dans la physique.
Ce livre n’a touché qu’à une infime partie de la physique théorique. Cette brève
introduction n’a que servi à expliquer certaines notions de base de façon très générale,
allant des théories de la relativité jusqu’au paradoxe de l’information.
Bien sûr, l’ouvrage n’a pas couvert en détail les concepts abordés par celui-ci, et c’était
voulu; je vous invite alors à vous documenter à votre tour et à lire des articles par vous-
même si vous sentez le besoin d’éclairer certaines notions incomprises ou tout simplement
pour en apprendre plus de votre côté.
Comme le dit Stephen Hawking, la science n’est pas seulement une discipline de la raison,
mais aussi une discipline d’amour et de passion.

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Bibliographie
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Relativity. Angleterre : Pearson Education Limited.
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▪ O’DOWD, Matthew. 2018. Quantum Invariance & The Origin of The Standard
Model. Balado vidéo. 13:03 min.
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▪ O’DOWD, Matthew. 2017. How Time Becomes Space Inside a Black Hole. Balado
vidéo. 15:28 min. ˂https://www.youtube.com/watch?v=KePNhUJ2reI˃. Consulté
le 9 juillet 2018.
▪ O’DOWD, Matthew. 2016. What Happens at the Event Horizon?. Balado vidéo.
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