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Et Si Dieu Était Le Fils D’un Humain ?

Révision de la religion
par un esprit libre

17 juillet 2008

Résumé

Et si l’homme créa les dieux ? cette hypothèse, qui est défendue par l’élite des scientifiques
aujourd’hui, surtout les biologistes et les physiciens, nous conduit à la question la plus évi-
dente : pourquoi alors avaient-ils inventé Dieu ? et, surtout, comment nous débarrasser de
cette créature fantômatique que nos théoriciens ont créé pour des raisons absurdes ? Une
bonne révision de notre histoire, avec l’intuition analytique, et un bonne connaissance de
ce que la religion offre et ce qu’elle emporte avec elle, doivent suffire pour trouver des
bonnes conclusions. Il s’agit, comme dans un film de science-fiction, de créer, et puis tuer,
un fiction sur laquelle tourne le film. Ce qui diffère de ça, est que le film doit continuer à
se passer !

 Religious believers and sceptics generally agree that religion is a dra-


matic phenomenon that requires a dramatic explanation, either as a
spectacular revelation of truth or as a fundamental error of reasoning.
Cognitive science and neuroscience suggests a less dramatic but perhaps
more empirically grounded picture of religion as a probable, although by
no means inevitable by-product of the normal operation of human
cognition. 1

Introduction
Ce texte est dédié à toute personne, victime de la guerre sainte, atteinte par des divinités qui
n’existent pas.
Le blasphème était toujours une accusation très dangereuse, et dans certains pays, il est encore
un crime sensible (En Iran par exemple, on pratique encore la peine de mort comme le sort ordi-
naire des gens accusés d’apostasie, c’est-à-dire de quitter l’Islam) et des propos scientifiques très
objectifs étaient mortels pour G. Bruno, et bien d’autres personnes. L’histoire du moyen-âge en
Europe nous transmet des multitudes d’exemples qui nous rend compte sur la guerre impi-
toyable entre l’église et les intellects.
Toujours le même cas : des intellects extraordinaires contre une institution religieuse rigide et
sévère, et l’enjeu était la liberté de l’homme. Il est certain qu’une personne, en annonçant son
athéisme, en défiant une institution de la force de l’église de moyen-âge, ne peut pas avoir des
causes moins nobles que la vérité. Que peut l’athéisme donner à une personne ? si on ne regarde
pas l’athéisme comme la vérité logique du monde, il ne nous apporte rien.
Pourquoi défier des institutions religieuses ? de point de vue simple, la religion a beaucoup
d’avantages2 : elle donne un certain bonheur psychologique, une sensation d’immortalité (le
souci immortel de l’homme) et une cause collective pour un groupe de gens, ce qui les réunit et
leur donne la sécurité. La religion peut servir d’outil de manipulation pour les guerres, pour le
terrorisme, pour la politique, pour le commerce et même pour les manifestations culturelles. La
propagande politique était en origine, religieuse.
1. Pascal Boyer : Religious thought and behaviour as by-products of brain function, TRENDS in Cognitive
Sciences Vol.7 No.3 March 2003
2. Personne ne peut nier les avantages de la religion : Placebo excellent, outil de propagande, outil de stabilité
sociale et psychique... La question qui me préoccupe toujours est : est-ce que l’utilité d’une chose peut être la
preuve de sa consistance (ou validité) ? manifestement, la religion du point de vue moral est inacceptable.

1
Ce qui m’a donné la motivation pour écrire cet article, est le caractère très nerveux de la reli-
gion aujourd’hui. La religion n’est pas acceptable, comme 5000 ans en arrière, comme outil de
propagande politique ou militaire. Cette manipulation n’est pas acceptable, ni négociable : on
doit arrêter de parler de la vérité divine, car rien aujourd’hui n’est divin que la relativité d’Ein-
stein ou la théorie du Quantum de Planck. Cette année, 2008, on assistera peut-être à l’effon-
drement de notre perception de l’univers3 , on pourra peut-être conclure que la relativité géné-
rale, malgré son élégance et sa précision, était incomplète : comment alors le peuple, si ignorant,
puisse toujours être sûr de ses propos religieux, de son Bien absolu ?
Une hypothèse très logique : le dieu du peuple est un humain à leur image !

Comment « Dieu » peut-il être un humain ?

Que veut-on dire par : Dieu humain ?


C’est une définition très utile : qu’est-ce qu’un dieu humain ? un dieu humain est un dieu créé
par les humain, sous la forme d’un homme, avec des attributs et des caractères humains, avec
une flexibilité humaine. Pour nous faciliter la tâche, nous allons voir de près avant tout, pour-
quoi les dieux à l’origines étaient humains, et puis nous allons regarder les dieux évoluer.
Personne n’est sûr de la date précise depuis laquelle, l’homme, intelligent et conscient a com-
mencé à vénérer un ou plusieurs dieux. Ici, en Tunisie, on disait que nous avons le plus ancien
site religieux du monde, qui date de 40000 ans avant la naissance de Jésus. J’ai beaucoup à dire
à ce propos : pourquoi on qualifie cette quantité insignifiante de pierres de site religieux ? certes,
les anthropologues ont déjà une bonne réponse, mais cet exemple ne dévoile rien sur l’attitude
envers les dieux : on ne connais même si c’était un dieu ce qu’on vénéré au site du G’tar, au
sud-ouest du pays. De plus, il est incontestablement vrai que l’homme de Néanderthal est
l’auteur de ce site, et non un Homo-Sapiens comme nous le sommes. Il faut différencier les
hommes des humanoïdes.
Nous savons aussi que ce monument était proche d’une source d’eau naturelle, ce qui explique
aussi que l’homme tunisien de néanderthal a peut-être vénéré l’eau, ou tout simplement, avait
aimé vivre près de l’eau. En tout cas, il ne s’agit pas de la religion, il s’agit d’une admiration
primitive de l’eau, source de la vie, à qui dépend tout le règne animal et végétal sur notre globe.
Le début des divinités est marqué par cette dépendance à certaines choses, plus naturelles que
jamais.
On ne sait même pas si c’était un groupe d’homme qui a pratiqué ce rituel possible envers l’eau.
Ce qui est sûr, c’est que la religion ne peut exister en dehors d’une conscience collective, ce qui
n’est pas encore démontré dans le cas du G’tar.
Il est aussi possible que mes informations sont floues concernant ce sujet. En effet, Daniel C.
Dennet, dans son bestseller « Breaking The Spell : Religion as a Natural Phenomenon » indique
un autre site Cro Magnon, en Tchèque, comme étant le site le plus ancien (qui date de 25000
ans) qui révèle un rituel religieux, à travers des enfouissements réguliers des morts. Les deux
exemples datent d’avant l’agriculture, l’écriture ou l’organisation sociale avancée (cité, état,
empire, territoire...) et date d’avant la naissance de l’homme civilisé.
Durant l’aube de l’histoire, d’autres objets ont été vénérés : le soleil, la lune, le feu, les ani-
maux... l’intérêt de la religion était de créer une sorte de pacte, de contrat avec des forces natu-
relles qui dominent la vie de l’homme, et qui influent sur sa conscience. La religion restera tou-
jours marquée par ce besoin de force envers la vie, envers la nature, envers les défis de l’huma-
nité. La religion est née pratiquement de la faiblesse et l’ignorance de l’homme.

3. Deux évènements ma jeurs dans le monde de la physique : la fondation du plus grand accélérateur de particules
au CERN, et la vérification de la « Exceptionally Simple Theory Of Everything », la théorie de tout de Garrett
E. LISI. Le premier évènement va nou fournir des informations complètes et inexploitées sur le monde des parti-
cules.

2
Il est clair que les deux exemples précédents sont déjà oubliés par l’humanité. je crois profondé-
ment que la pression de l’environnement sur l’homme, avant la naissance de la technologie
(armes, moyens de culture, domestication des animaux...) était si ardente que toute discussion
métaphysique sur les rituels religieux était impossible (en admettant l’existence d’un langage
quelconque, parlé ou signé) ce qui est équivalent à ma certitude que les religions étaient nées
avec le choc violent entre l’homme et la nature, dominées par la peur, et en premier ordre, la
peur de la mort. toutes les religions promettent une seconde vie, sans atrocités, une vie parfaite-
ment loyale. Il n’est pas insignifiant de croire à une seconde chance plus belle et plus loyale.
Mais jusqu’à l’invention de l’écriture, les ressources sur les religions ne peuvent jamais démon-
trer l’existence d’un idéal humain vénéré par les hommes, ou ce « Dieu humain » dont on parle.
Les dieux de l’homme primitif étaient si primitifs que lui. En effet, le dieu de la préhistoire était
la peur, un sentiment très simple, et très convaincant.

L’émergence des dieux humains


L’invention de l’écriture à la Mésopotamie et en Égypte, était le tournant de l’histoire. nous
avons alors pu décrypté, à travers des écritures anciennes, les idéologies des premières forces his-
toriques connues suffisamment pour déduire quelque chose. La mythologie des Pharaons et des
Mésopotamiens étaient entièrement religieuses (ce qui n’est pas le cas général aujourd’hui) et
ceci nous apporte les premières bonnes réponses.
Les premiers dieux humains ont été révélés par l’écriture et l’art graphique des deux civilisa-
tions : En Mésopotamie, le cas était polythéïque, avec des dieux bien liés avec la nature, la mer,
le ciel... En fait, cette mythologie était en métamorphose constante, et l’effet mutuel de influence
entre les peuples du moyen-orient était très apparent.
Le même cas était celui de l’égypte : une multitude de dieux qui se lient avec les forces natu-
relles les plus importantes comme le Nile, le soleil, la mort, etc. Les dieux invisibles étaient une
première forme des dieux humains sur terre, mais les religions polythéistes, étaient si ridicules
pour déduire directement qu’elles s’inspirent de la vie quotidienne de ses fidèles.
Pour le reste des civilisations atteintes par des religions polythéistes, c’était le même cas (ou
presque) : la religion polythéiste accepte aimablement différentes théories, différentes possibilités.
L’essor des religions était relié fortement avec l’unification des peuples, et les religions poly-
théistes le font avec une marge de liberté importante : en effet, les religions polythéistes
s’influent mutuellement, et ceci est explicable à travers les travaux sérieux des théologues.

Le monothéisme et l’intolérance
Le problème de la xénophobie et l’intolérance inter-religieux était au début créé par le mono-
théisme (généralement) : très rares sont les cas où l’histoire cite des guerres religieuses avant le
christianisme et l’islam4 . Même si les grecs ont considéré les autres comme « Berbères », leur
jugement des autres n’était pas basé sur la religions, mais sur le niveau culturel exceptionnel des
grecs (démocratie, philosophie, système politique, art de la guerre...) : une vision diversifiée des
forces de la nature (source des religions polythéistes) implique une certaine marge de tolérance.
Ceci a cessé lorsque le christianisme commençait à devenir fort au Moyen-orient : et, comme
l’histoire nous le révèle, lorsque le christianisme est devenu une religion, disons un siècle après la
naissance du Christ. La naissance du christianisme était politique, et comme un bon interpré-
teur peut remarquer, la naissance des grandes religions l’était toujours : le judaïsme était apparu
simultanément avec l’existence de la menace assyrienne sur Israël, le christianisme est fondé
simultanément avec la prise du contrôle du Moyen-orient par les romains, et l’islam pendant le
temps où les guerres entre les tribus faisait rage. Bilan : les trois religions monothéistes, les plus
puissantes aujourd’hui, sont les enfants des troubles politiques.

4. En effet, la première guerre à être qualifiée de religieuse était, selon mes connaissances, l’invasion d’Israël par
les assyriens. En effet, les assyriens n’avaient aucun problème religieux avec les israëliens, mais le roi de l’époque
a utilisé la persistance du danger assyriens pour créer une religion qui va unifier son peuple : pour les juifs, cétait
une guerre religieuse.

3
Il est important de remarquer autre chose : parmi les deux religions universelles (christianisme
et islam), une idée très importante se manifeste : le déni du caractère racial. C’est bien un
camouflage : le christianisme a créé un racisme religieux, et les évangiles étaient bien sélec-
tionnés pour jouer le rôle de « force de traction » des conquêtes chrétiennes (avec les Byzantins,
puis les croisades). Cet esprit de suprématie religieuse n’est pas absent de l’islam, qui donna une
saveur plus sacrée et plus encourageante à la guerre, ce qu’est le Djihad. Mourir en martyr est le
point suprème d’honneur pour un musulman.

Il est encore inutile de prétendre que ces religions ont perdu leur force aujourd’hui parmi le
peuple, parce que le peuple n’est en fait qu’un troupeau imbécile 5 mais il est aussi indispensable
d’expliquer ce que regarde le peuple à travers la religion. Pour le moment, il est évident qu’un
minimum de xénophobie, d’intolérance et de racisme est nécessaire pour mener une vie normale
dans un peuple, et la religion offre ce minimum, sans être critiquée, et le cache derrière des prin-
cipes religieux qui, à la surface, sont divins.

Ce que offrent les dieux humains

Cette question doit être traitée avec prudence. D’abord, les dieux humains, ne sont pas vraiment
des dieux, mais un humanoïde virtuel qui a reçu l’accès au pouvoir universel par la manipulation
de la conscience publique. En Islam, par exemple, on cite 99 noms de Dieu, qui sont en effet des
descriptions, ou plus précisément des concepts et/ou des adjectifs. En les examinant tous, ces
noms sont une personnification de l’homme, mâle, généreux, fort et statique, comme tous les rois
romains par exemple. Dieu est alors une stars à qui les croyants s’identifient (parfois secrète-
ment) et qui relie un ensemble de gens par des valeurs populaires. (générosité, courage, intelli-
gence, puissance...)

Ce qui est important ici, est de voir en quoi les qualifications de Dieu peuvent nous renseigner
sur la source de la religion. Beaucoup d’exemples, parmi les 99 le font : « le Fort », un principe
fondamental pour être un dieu, alors que « le Vengeur » n’est pas assez fondamental : car pour
venger, il faut subir. Comme un dieu peut subir une offense, alors qu’il est unique, tout en
remarquant que la religion islamique interdit la vengeance et préfère la justice, ceci paraît
absurde. La seule cause pour l’existence de ces personnifications est l’instauration d’une peur
maladive du châtiment divin, ce qui est la source de la croyance islamique. Ce concept est en
effet une des causes de la pensée terroriste parmi les fondamentalistes musulmans, basé sur une
analogie implicite, que même certains ne s’y rendent compte : « Si je crois par peur, les autres
doivent croire aussi par peur » et c’est là que la peur devient sacrée.

Je sais que la plupart des musulmans n’y croient pas, et cette théorie d’analogie inconsciente
leur paraîtra improbable, mais je crois personnellement que c’est bien le cas.

Ceci n’est pas suffisant pour motiver le peuple. Il lui faut un autre moteur pour qu’il accpte une
religion. N’est-ce pas pourquoi les religions parlent d’une seconde vie, et d’un paradis ? Ceci
s ’accomode avec la peur de la mort, et la cupidité individuelle humaine, qui est un caractère
animal en général. Il est plus adéquat de dire que le peuple a besoin de croire en ça, car sinon,
la vie n’aura aucun sens, et l’existence deviendra une prison à vie (comme si ça n’est pas la
vérité) et tout ça fait peur aux gens.

Le mensonge de l’immortalité

C’est ici que la plus grande partie de la force religieuse réside, et ceci sera un départ pour établir
les sources naturelles des religions.

5. Guy de Maupassant : Le Horla.

4
Certes, la vie est quelque chose de précieux pour l’homme. De plus, les douleurs sont quelque
chose de méprisable. il est évident que la mort alors soit douloureuse dans l’imaginaire collectif
(alors que personne ne peut le savoir qu’en l’essayant) et, à partir de ce raisonnement simple, la
mort était l’ennemi commun invincible pour tout le monde.

Il est évident que la mort arrive un jour ou l’autre. Pour pouvoir exister, l’homme a dû inventer
un espoir, quelque chose qui le dispense de sa psychopathie, et qui satisfait sa paranoïa (nous
sommes tous paranoïaques, même si on ne l’assume pas) et de plus, l’acceptance collective de ce
substitut était indispensable, pour un support mutuel (en cas de doute). L’esprit malade de
l’homme était la source des religions ainsi que d’autres chimères (la sorcellerie, l’alchimie, les
êtres invisibles...) qui affectent toujours la conscience sociale. L’immortalité était un début pour
tout autre forme de mensonge, et comme, au sein des familles, on a commencé à éduquer les
enfants avec ces chimères, l’effet positif (qu’on ne peut pas ignorer) de la religion a fondé une
certaine confiance en elle, comme si tout est évalué selon son coté positif, ce qui est faux tout
simplement. Dans chaque esprit religieux, cette certitude du bon chemin, de la connaissance de
la vérité, est cancérogène : elle augmente toujours. Exemple : si on propose une théorie qui
exclut la religion, ce sera une conspiration satanique par des gens diaboliques (on sait qu’Ein-
stein, Stendhal, Oscar Wilde, Sigmund Freud et Carl sagan ne le sont pas, mais les croyants
acceptent, entre autre, une forme d’aveuglement volontaire). Sinon, n’importe quel évènement
inexplicable alimente encore cette foi (demander aux physiciens, mathématiciens et philosophes
si on peut expliquer tout par notre logique, vous serez peut-être surpris !) et ainsi, tout évène-
ment est une affirmation. Pire : les religions encore existantes renvoient sur un dieu fantôma-
tique qui peut être tout, un concept qu’on a cru qu’il sera loin des critiques et absurdités, alors
qu’il incarne en lui toute absurdité possible.

C’est ainsi que les religions parlent de la vérité divine : une vérité floue, et sauf notre peur et
notre projet d’immortalité, rien ne nous pousse à y croire. (il faut aussi souligner les grands
efforts du concordisme moderne, une sorte de « scientification » de la religion, et beaucoup
d’idiots y croient malheureusement)

Je ne vais pas proposer toutes mes critiques sur l’authenticité des religions, mais une simple
remarque sera bonne : si les religions sont des projets divins, pourquoi avions-nous besoin de la
démocratie, des constitutions, de libéralisme et de système judiciaire indépendant ? je crois pro-
fondément que les religions sont en quelque sorte l’opium qu’on a inventé pour le peuple, et que
le peuple a utilisé jusqu’à la dépendance et la toxicomanie.

La guerre politico-religieuse

Un substitut nécessaire

Il est évident aujourd’hui, que la politique a détourné son regard de l’effet religieux, par l’impact
des lois et constitutions laïques, plus nombreuses que jamais. Sauf quelques pays encore dans les
ténèbres du fondamentalisme, chaque système politique conscient prévoit un idéal laïque, et un
substitut pour la réunification de l’opinion publique : le patriotisme.

L’exemple le plus évident est les États-Unis. Ce pays qui domine le monde, est en effet un cas
particulier : des états conservateurs au milieu, des rives libérales à l’est et l’ouest. Le pourcen-
tage des athées aux USA est inférieur à l’Union Européenne par exemple, et les mesures de
législations anti-sexisme et anti-racismes étaient un peu en retard par rapport à d’autres pays.
(Citons par exemple le vote des femmes : 1893 à la Nouvelle-Zélande, 1902 en Australie, 1906 en
Finlande, 1913 au Norvège, et 1920 aux États-Unis 6 )

6. Richard dawkins : The God Delusion.

5
Le patriotisme est devenu alors le moteur du développement américain, à travers « The Ame-
rican Dream » et les guerres périodiques (un système pour maintenir la conscience patriotique)
et ceci fait, malgré tout, un succès. Mais encore, l’impact de la religion est grand, même si la
tolérance a connu un bon essor : 49 % seulement des américains ont affirmé qu’ils peuvent voter
pour un président athée, contre des pourcentages au-delà de 90 % pour les noirs, les juifs, les
mormons et les femmes, et même 79 % pour les homosexuels !7
Par contre, les athées ont leur mot à dire. Une étude de Nature a montré, en 1998, que 93 % des
membres de la National Academy of Sciences sont des athées8 . Ceci est le parfait inverse de la
vérité de la population américaine, dans laquelle 90 % sont des croyants (avec 75 % de chré-
tiens)9 . Pourquoi l’élite est si différente ?

Politiques
« Whether Jefferson and his colleagues were theists, deists, agnostics or atheists,
they were also passionate secularists who believed that the religious opinions of a
President, or lack of them, were entirely his own business. All the Founding
Fathers, whatever their private religious beliefs, would have been aghast to read
the journalist Robert Sherman’s report of George Bush Senior’s answer when
Sherman asked him whether he recognized the equal citizenship and patriotism of
Americans who are atheists: ’No, I don’t know that atheists should be considered
as citizens, nor should they be considered patriots. This is one nation under God.’
» 10

Il est très courant de dire une locution comme « sans commentaire » dans les cas où on raconte
des histoires semblables, mais je crois que la passivité ne nous donne rien. Richard Dawkins par-
lait avant ce paragraphe de la constitution des États-Unis, et souligne le fait que la religion était
le grand absent de cette constitution. Si on change « atheists » par « jews », « muslims » ou
même « christians » la citation devient pour les croyants ce qu’elle est pour les athées. Qui est
cet idiot pour qualifier 93 % des membres de la National Academy of Sciences de non-patriotes ?
Qui est cet idiot pour affirmer que les meilleurs neurologues, biologistes, physiciens et mathéma-
ticiens du monde, des gens qui établissent la puissance des USA, sont des citoyens de second-
degré, alors qu’un chômeur chrétien, qui ne donne aucune valeur ajoutée à son pays, jouit de
toute liberté possible ?
Oui, cet idiot est un politicien, un président des USA !
En regardant les statistiques, être aimé par 75 % du peuple, est plus important que de donner
une valeur à 10 % de gens intelligents. George Bush Senior est un conservateur, un républicain,
et ceci n’est pas étrange : tous les républicains sont par définition des croyants, et la majorité
écrasante des croyants ont ce même sentiment à l’égard des athées. La politique est le jeu des
statistiques, et de la manipulation.
Je crois que Bush n’est pas à le même hauteur que Stephen Hawking ou Albert Einstein. Ce
dernier a reçu des milliers de lettres, critiquant son athéisme, et parfois avec des tons xéno-
phobes du type : « rentre chez toi, sale Nazi ! » alors qu’un athée ne peut jamais, et ne veut
jamais être condamné par ses convictions, mais par ses compétences.
L’esprit religieux en politiques domine les USA. Par exemple, des millions d’américains ont iden-
tifié Saddam Hussein comme étant l’Antichrist de Babylone durant la « mère de toutes les
batailles » en 1990-9111 . Les athées savent tous que Hussein ne l’était pas, et que la guerre du
Golfe était une guerre pour les intérêts stratégiques des États-Unis dans cette zone pétrolifère.
Misérables chrétiens !

7. Ibid.
8. Ibid.
9. Ibid.
10. Ibid. from Robert I. Sherman, in Free Inquiry 8: 4, Fall 1988, 16.
11. Massimo Introvigne : Les Veilleurs de l’Apocalypse.

6
La colle sociale et l’alibi parfait
Comme dans le cas de George Bush Senior, la religion est un principe fondamental pour unifier
le peuple. Il est important que dans le cas des USA, ce n’est pas vrai en toute évidence. Le dis-
cours d’indépendance des États-Unis et la constitution américaine étaient vraiment avant-gar-
distes à ce sujet. Il est important alors de souligner que ces deux textes, qui illustrent la fierté
américaine, ne font aucune référence au christianisme, ou à n’importe quelle religion. Certains
l’expliquent par la valeur des ingénieurs de l’indépendance américaine, comme hommes libres et
intellects incontournables (Thomas Jefferson, Benjamin Franklin, George Washington...) alors
que d’autres y voient l’hypocrisie politique moderne, à travers une propagande à la mode des
lumières françaises. Mais quelque soit notre point de vue, il est aussi important de souligner le
fait que les États-Unis ont toujours respecté ce code, à travers la politique. Par exemple, cette
convention avec Tripoli (eh oui !) signée en 1797 par John Adams :

...As the Government of the United States of America is not, in any sense,
founded on the Christian religion; as it has in itself no character of enmity against
the laws, religion, or tranquillity, of Musselmen; and as the said States never have
entered into any war or act of hostility against any Mehomitan nation, it is
declared by the parties that no pretext arising from religious opinions shall ever
produce an interruption of the harmony existing between the two countries.12

C’est ainsi que les États-Unis devenaient le symbole de la liberté et de la laïcité, avec 90 % de
croyants. C’est plus difficile que de l’être en France, Scandinavie ou au Royaume-Uni, où les
croyants sont littéralement des minorités13 .
Dans le cas général, la religion est la colle sociale. Elle rassemble les gens même si leur pays est
laïc. La question qui se pose ici est la même posée à G. Bush senior, mais avec plus de préci-
sion : « est-ce que dans un pays civilisé, on peut juger quelqu’un par ses convictions ? », la
réponse est non. Il est indiscutablement injuste de qualifier un individu d’inférieur, par l’effet de
ses croyances. Alors, je ne vais plus qualifier les croyants d’inférieurs, alors que je le veux bien.
Personne ne sait pourquoi, dans notre profonde conscience, on a besoin d’un ami virtuel, mais
personne ne peut nier que c’est un besoin irrationnel, et peut-être érotique. (dans un sens artis-
tique, et non psychologique)
Mais on sait au moins pourquoi les propagandes religieuses connaissent toujours un succès plus
grand que n’importe quelle autre propagande. Il est évident que la religion est le phénomène
social le plus manipulé de notre ère. Objections ? vous êtes sûrement croyants, mais vos objec-
tions sont émotionnelles. Par exemple, des milliers de questions doivent être traîtées : comment
se fait-il que trois, parmi les les quatres Califes Rachidites (les favoris du prophète à qui il a
garantit l’accès au paradis) sont massacrés par des musulmans ? comment expliquons-nous la
motivation des catholiques allemands au sein du régime Nazi ?14 Comment alors, peuvent les
chrétiens avoir confiance ne leur religion tout en connaissant la manipulation des évangiles ini-
tiée par Constantin, pour rétablir l’ordre au sein du peuple romain divisé en païens et en chré-
tiens ? ou est le charme, le caractère divin des religions monothéistes, celles qui ont été la
grande contamination du monde, en fournissant gratuitement l’idéal pour les extrêmistes de tout
type ? si les religions sont un projet intact, il sera impossible de voir tout ce désordre, ces tue-
ries entre catholiques et protestants, entre chiites et sunnites, et la commercialisation de l’islam
talibanisé pour le recrutement terroriste, et l’idéologisation des conflits politico-militaires en
s’articulant sur des thèses religieuses. Désolé, mais la religion a toujours été la main droite de
Hadès, et si nous la contrôlerons pas, elle sera une deuxième cause d’inquiètude sur l’auto-des-
truction, et accélérera l’intersection des courbes de Richardson15 .

12. Richard Dawkins : The God Delusion


13. www.wikipedia.org depuis www.secularism.co.uk, Eurobaromètre n ° 225, juin 2005, et encore d’autres son-
dages et études. Par exemple, on estime en Angleterre que seuls 38 % des Anglais croient en un dieu.
14. « [...]We believe that there is a Lord God in heaven, who created us, who leads us, who directs us and who
blesses us visibly. And we believe that this Lord God sent Adolf Hitler to us, so that Germany might become a
foundation for all eternity. » From http://www.contra-mundum.org/schirrmacher/NS_Religion.pdf, quoted by
Richard Dawkins : The God Delusion.

7
Vous devez vous rendre compte que le succès des religions est dû à deux causes fondamentales :
être le meilleur outil politique (alibi, colle de société, placebo pour les opprimés...) et les psycho-
pathies de l’homme.

Psychopathie/Psychothérapie

ALL religions of a spiritual nature are inventions of man. He has created an entire
system of gods with nothing more than his carnal brain. Just because he has an ego, and
cannot accept it, he has to externalize it into some great spiritual device which he calls
"God".16

Le religion n’est pas une simple thérapie enfin. C’est un système de placebo, qui fait un très bon
succès, mais qui crée une dépendance. Imaginons une personne, qui attrape une maladie dont le
seul médicament efficace est la cocaïne. C’est très logique de préférer la cocaïne au HIV ou à un
cancer, mais pas, par exemple, pour le traitement d’un parasite inoffensif au niveau des ongles
de son pied gauche. Car la toxicomanie de la cocaïne peut s’avérer alors un souci plus grand que
de perdre les doigts de son pied gauche.
En effet, les deux cas cités dessus ne sont pas très importants dans la critique des religions. Mais
le cas dont je parle est le suivant : et si un jour, les psychothérapeutes utilisent les drogues pour
maintenir en vie les gens maladivement suicidaires ? n’est-ce pas le cas de la religion ?
Je m’explique : est-ce que notre vie est à nous ? probablement, tout le monde l’affirme. Ce que
fait la religion, est de nous donner une cause pour vivre, pour nous transformer en ouvriers pour
un projet insignifiant, basé sur le mensonge disant : « Il y a un Paradis, il y a un Enfer », le
même type de contrôle que les mauvais parents exercent sur leurs enfants pour les contrôler. Le
genre humain est encore en enfance/adolescence.
Je ne suis pas un nihiliste. Un nihiliste ignore l’intérêt de la vie, alors que je l’affirme et je le
souligne. Je trouve l’homme plus fort, plus audacieux et plus respectueux lorsqu’il fait un face-à-
face avec l’univers et se débarrasse de ses problèmes psychologique et de :

• Sa mentalité économique limitée projetée sur tout le monde.

• Sa peur primitive de sa mort.

• Ne pas pouvoir comprendre que la vie n’a pas de but, que le but est à créer.

• ne pas pouvoir dépasser son adolescence.

À travers les religions, il y aura toujours un cercle vicieux : des psychothérapies, qui sont elles-
mêmes des psychopathies. Il est peut-être temps de faire autre chose.

Conclusion : La mission des esprits


RELIGION, n. A daughter of Hope and Fear, explaining to Ignorance the nature of the
Unknowable. « What is your religion my son? » inquired the Archbishop of Rheims. «
Pardon, monseigneur, » replied Rochebriant; « I am ashamed of it. » « Then why do you
not become an atheist? » « Impossible! I should be ashamed of atheism. » « In that case,
monsieur, you should join the Protestants. »17

15. La première cause possible de l’auto-destruction étant la technologie de destruction massive. Pour une bonne
mise en évidence du problème, et surtout pour s’informer sur les courbes de Richardson, se référer à Carl Sagan :
Cosmos, Ch. 13 - Who Speaks For Earth
16. Anton Svandor lavey : The Satanic Bible, T H E G O D Y O U S AV E M AY B E Y O U R S E L F
17. Ambrose Bierce : The Devil’s Dictionary.

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"I cannot imagine a God who rewards and punishes the objects of his creation, whose pur-
poses are modeled after our own? a God, in short, who is but a reflection of human frailty.
Neither can I believe that the individual survives the death of his body, although feeble
souls harbor such thoughts through fear or ridiculous egotisms."1 8

Il est clair que le ton ironique ne suffit pas. Certes, une guerre (même intellectuelle) n’est pas la
solution pour résoudre ce problème, le problème des dieux humains, ce problème qui engendre
tout type de xénophobie et de meurtres (sacrés) et donne aux politiciens un bon outil de propa-
gande et de manipulation. Le problème est dans la perception avec laquelle on regarde la reli-
gion. Il est indispensable de reconnaître l’importance d’une chose qu’on va prendre au sérieux,
sans démonstration. Il est important d’accorder beaucoup de temps pour réviser ce que nous
allons admettre après comme vérité divine, alors que le cas réel est vraiment décevant.
Il est évident que l’esprit critique des religions n’est pas une nouvelle tendance. Ce que notre
génération a besoin de faire, est de remettre en cause tout le discours religieux, toutes les
croyances religieuses, toutes les règles religieuses. Il est important de se poser la question : « est-
ce que la morale est définie vraiment par les religions ? » ou en d’autres termes : « est-ce que la
religion est vraiment la loi universelle du Bien ? »
Non, évidemment. Le christianisme a amené tant d’horreurs (« Le Marteau des Sorcières »19 par
exemple) et l’instabilité du système islamique est évidente20 . Seule le laïcité a apporté le renou-
veau, les lumières et l’évolution au genre humain. Ce que les gens doivent comprendre, est qu’on
peut être laïque tout en restant parfaitement croyant, et tout simplement, que le monde
d’aujourd’hui a ses nouvelles règles. Il est encore très tôt pour mettre le genre humain à
l’épreuve psychologique pour valider sa conscience, car il est encore en pleine adolescence.
FIN

18. ALB ERT EINST EIN (1879-1955), in the New York Tim es (April 19, 1955), From « Atheist Universe » by David
M ills, U lysses Press, 2006.
19. « Malleus Maleficarum » : C’était un livre très connu en Europe durant le moyen-âge, son but est d’illustrer
aux chrétiens les techniques de torture des « Sorciers » et « Sorcières ». On estime que chaque années, les vic-
times du Malleus Maleficarum sont de l’ordre de milliers, y inclus des bébés, des femmes, des hommes et tout
genre possible de personne qui s’oppose à l’église. La terreur du Malleus Maleficarum a duré pratiquement 15 siè-
cles. Par exemple, sous le règne d’Ivan Le Terrible en Russie, les opérations du Malleus Maleficarum ont engendré
l’extermination de villages entiers. Enfin, le Malleus maleficarum était le livre chrétien le plus puissant après la
Bible.
20. Voir par exemple « La Vérité Absente » (Al Hakeeka Al-Gha-iba) par Dr Faraj Foudah (ebook from
www.daralnadwa.com) : La thèse du livre est que l’application de la Chariaa, dans un peuple musulman par des
gens religieusement stricts ne fournit pas le résultat politique désiré, comme la stabilité sociale, économique et
l’essor de la société.

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Bibliographie, Ressources et Lectures Recommandées
1. Richard Dawkins :

− The God Delusion (New York Times Bestseller)

− The Blind Watchmaker,

− Unweaving the Rainbow

− The Selfish Gene

Les deux oeuvres « The Blind Watchmaker » et « The Selfish Gene » proposent l’évolu-
tion comme une explication cohérente, élégante et convaincante de la genèse de la vie sur
terre. « Unweaving The Rainbow » est l’oeuvre qui montre la fascination et la beauté et
l’importance de la vie du point de vue scientifique, en substitut à l’explication mytho-reli-
gieuse. « The God Delusion » est écrit par Dawkins pour que chaque croyant qui le lit,
redevient athée, et j’insiste sur le verbe « redevenir », puisque nous sommes athées par
nature !

2. David Mills : Atheist Universe, The Thinking Person’s Answer to Christian Fundamenta-
lism.

3. Victor J. Stenger : God, The Failed Hypothesis : How Science Shows That god Does Not
Exist.

4. Wikipedia, The Free Encyclopedia : de bons articles sur l’athéisme dans la section de
langue française.

5. Charles Darwin : On The Origin Of Species (existe en version libre au projet Gutenberg)

6. arXiv pour l’article de Garrett E. LISI : An Exceptionally Simple Theory Of Everything,


la théorie qui modélise tout dans l’univers, et en cours de vérification. Un grand pas pour
comprendre le monde, puisque la vérité est selon LISI « géométrique ».

7. Pascal Boyer : Et l’Homme Créa Les Dieux (étude neuro-cognitive du phénomène reli-
gieux)

8. Pascal Boyer : Religious thought and behaviour as by-products of brain function,


TRENDS in Cognitive Sciences Vol.7 No.3 March 2003

9. LE DE TRIBUS IMPOSTORIBUS ET LES ORIGINES ARABES DE L’ATHEISME


PHILOSOPHIQUE EUROPEEN par Patrick Marcolini, Texte écrit pour l’association
"Falsafa Arabiya" : http://perso.club-internet.fr/alemore/FalsafaArabiya.html

10. Le Blog de Dark Whisperer : http://nogodshere.blogspot.com

11. Massismo Introvigne : Les Veilleurs de l’Apocalypse. Un texte qui illustre la genèse des
nouveaux sectes et religions par l’effet de la « psychopathie apocalyptique ».

12. Anton Svandor Lavey : The Satanic Bible, le texte majeur des satanistes (qui sont néces-
sairement athées, par contradiction à ce que les gens croient d’eux !)

D’autres ressources sont plus faciles à trouver grâce aux moteurs de recherche et surtout à la
bibliographie de Wikipedia.

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