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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.

ne/rense, Mai 2003

International Program Development Evaluation Training

Module 6 : Méthodes de collecte de données

Vue d’ensemble

Il y a plusieurs façons de collecter les données mais il n’y a pas une seule
meilleure technique. La décision sur quelle approche utiliser dépende de :

• Ce dont vous avez besoin de savoir


• Là où les données se trouvent
• Les ressources et le temps disponibles
• La complexité des données à collecter
• La fréquence de la collecte des données

Si on à besoin de savoir si les villageois qui ont participé à un programme


d’alphabétisation d’adultes savent lire et écrire mieux que ceux qui n’ont pas
participé, il faudra trouver une façon de collecter les données sur leurs
compétences en lecture et en écriture. Peut-être on pourra obtenir quelques
exemples de leur travail écrit avant et après le déroulement du programme
ou peut-être on pourra leur faire passer un test et comparer les résultats.

Si on a besoin de savoir si les participants à l’alphabétisation sont plus actifs


dans la formation scolaire de leurs enfants, il faut songer à observer les
interactions entre les parents et leurs enfants ou il faut demander aux
enfants, aux parents et aux professeurs si les parents alphabétisés sont plus
actifs.

Si on a besoin de savoir si les participants au programme d’alphabétisation


sont satisfaits de la qualité des ateliers d’alphabétisation et du suivi, il faut
collecter l’avis de tous les participants. Un entretien structuré avec les
participants est également une option (ou des questionnaires, si le niveau
d’alphabétisation le permet).

Comme mentionné brièvement en Module 5, le choix de méthodes dépend en


partie de la question d’évaluation posée, en partie sur le niveau de
compréhension de l’action et en partie sur le temps et les ressources
disponibles. Il y a des échanges à faire par troc entre la compréhension
approfondie d’un côté et la collecte systématique et précise des données de
l’autre, pour permettre des comparaisons valables.

Options :

1. Faut-il obtenir des chiffres ou faut-il chercher une


compréhension en profondeur ?

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Il est utile de savoir les préférences des parties prenantes. Parfois elles
préfèrent des chiffres précis. Parfois elles préfèrent un sens plus
approfondi de la situation. Parfois les deux sont importants.

2. Quel niveau de structuration faut-il ?

Il y a un peu de liberté dans le niveau de structuration de la collecte


des données. Si on veut beaucoup de précision, une structuration
serrée est préférable. Si on veut la profondeur et les nuances, ou si on
n’est pas très certain de ce qu’il faut mesurer spécifiquement, une
approche semi structurée ou même informelle est préférable.

Approche structurée

Les approches structurées à la collecte de données demandent de


l’uniformité dans la façon dont les données sont collectées. Ceci est
particulièrement important pour les évaluations multi sites et groupées, où il
faut pouvoir comparer les différentes réussites sur des sites différents afin de
tirer des conclusions sur les meilleures pratiques. Il est également important
lorsque des comparaisons ont été demandé entre des alternatives pour
déterminer si son évaluation est réellement la façon la plus efficace
d’adresser les besoins exprimés.

Si on décide de mesurer le niveau du contenu hydrique du sol pour évaluer


l’efficacité de l’action du drainage des terres, il faut donc collecter des
mesures du niveau hydrique du sol sur la même période de temps (et dans
les mêmes conditions climatiques) à partir des sites de la région ayant
bénéficié de l’action. Si on décide de demander l’avis des cultivateurs, il faut
leur poser les mêmes questions. Les questions doivent être ciblées de façon
très précise et exprimées de façon très claire et accompagnée d’un choix de
réponses fixées d’avance afin que chaque question soit posée à tout le
monde de la même façon et qu’ils soient obligés de choisir parmi les mêmes
réponses.

Des approches structurées à la collecte des données sont utilisées pour la


collecte des données quantitatives lorsque :

• La précision est souhaitable


• L’échantillon ou la population cible est très importante
• Il n’y a aucune ambiguïté sur ce qu’il faut mesurer
• Les résultats seront présentés de façon analytique
• Il faut faire des comparaisons entre plusieurs actions ou sites
différents

Approche semi structurée

Des approches semi structurées de collecte de données sont systématiques


et suivent des procédures générales mais les données ne sont pas toujours

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collectées de la même façon. Ces approches sont plus ouvertes et fluides. Les
participants ont la liberté de s’exprimer et l’évaluateur est libre de modifier
ses questions ou de demander plus de détails puisqu’il n’y a pas de scénario
fixe.

Les approches semi structurées de collecte de données sont souvent


qualitatives et sont utilisées lorsque :

• Le travail suppose l’exploration d’un nouveau domaine du


développement, comme par exemple, des actions de renforcement de
capacités économiques ou des actions qui visent les femmes
• Les objectifs recherchés sont la compréhension, les thèmes et les
débats
• Les renseignements recherchés sont les anecdotes, les contes ou les
renseignements approfondis
• Ce qu’il faut mesurer n’est pas très clair
• La quantification n’est pas nécessaire

Approches connues à la collecte de données : la boîte à outils

• Données disponibles
• Observations
• Questionnaires auto administrés
• Entretiens personnels
• Groupes ciblés
• Agendas, listes de contrôle
• Jugement des experts

Le choix d’approche dépend de la situation. Chaque approche est adaptée


plus à certaines situations qu’à d’autres. Cependant, même si le niveau de
structuration d’approche peut varier, chaque approche peut être
systématique.

Attention : Lors des enquêtes auprès des participants

Quelle que soit la méthode choisie pour collecter des données auprès des
participants, elles sont toutes potentiellement subjectives. Lorsqu’on pose
des questions aux gens pour tirer des renseignements sur eux -mêmes, il se
peut qu’ils ne disent pas toute la vérité. Peut-être ils ne se rappellent pas
exactement, peut-être ils craignent des conséquences, ou peut-être ils ne
veulent pas avouer certaines choses qui ne sont pas admissibles socialement
ou culturellement. Il y a également la question des caractéristiques
particulières des gens qui optent pour participer aux enquêtes – ils sont
peut-être différents de ceux qui ne participent pas. Ce sont des questions
importantes pour toute enquête, entretien ou groupe ciblé, quelque soit
l’approche utilisée.

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Méthodes Conjuguées

Normalement, une variété d’approches à la collecte de données est utilisée


en conjugaison. Par exemple, on peut collecter des données déjà disponibles
dans la documentation sur la production agricole, ou à partir des entretiens
avec des acheteurs de la production agricole et des enquêtes auprès des
cultivateurs eux-mêmes. Parfois les chercheurs organisent des groupes ciblés
afin d’aider dans l’élaboration des questionnaires ou dans l’interprétation et
la compréhension des résultats des enquêtes. La collecte des mêmes
renseignements à l’aide d’approches différentes afin de produire des
renseignements très exacts est une procédure appelée la triangulation.

Des questions clés sur les données

o Les résultats sont-ils valables ?

Les résultats reflètent-ils l’objectif de l’enquête ? Si les questions


concernent le comportement des participants, est-ce que le
comportement a été mesuré ? Si les questions concernent les perceptions
des participants, est-ce que les perceptions ont été mesurées ?

o Ce qui est important a-t-il été mesuré ?

« Il faut mesurer ce qui est important. » A-t-on mesuré ce qui est le plus
important par rapport à ce qui est le plus facile à mesurer?

o Les résultats sont-ils fiables ?

Les données sont-elles concrètes et ont-elles été collectées de la même


façon à l’aide des mêmes règles de décision chaque fois pour assurer la
cohérence des mesures ?

o Les mesures sont-elles précises ?

Si la question concerne la production agricole, on doit normalement


prendre des mesures sur la qualité et la quantité de production. Par
exemple, on pourra comparer :

v L’appréciation des acheteurs de la qualité de la production sur


les terres récemment drainées par rapport à la qualité de la
production agricole avant le projet de drainage ;
v Le prix par kilo au marché avant et après le projet de drainage,
accompagné d’une comparaison de ces prix aux prix par kilo de
la production sur la même période provenant des terres n’ayant
pas bénéficié du projet ;
v La production totale (en kilos par hectare) avant et après le
projet.

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Si la question concerne la performance financière des exploitations


agricoles, les questions doivent mesurer le revenu de ces exploitations.
On pourra comparer les revenus suivants:

v Revenus des exploitations agricoles avant et après le drainage


des terres agricoles ;
v Revenus des exploitations agricoles des terres drainées et des
terres non drainées dans des régions similaires ;

Considérations à tenir compte sur les mesures

Il y a plusieurs sortes de mesures à utiliser. Une façon de réfléchir aux


mesures est en termes d’intrusion. Si les participants savent qu’on est en
train de les étudier, il se peut qu’ils agissent de manière différente ; l’action
de collecter des données peut donc introduire des erreurs dans les résultats.
Par exemple, les femmes enquêtées peuvent répondre différemment à un
enquêteur qu’à une enquêteuse.

Dans le cas des opportunités économiques pour les femmes, par exemple, il
faudra définir une gamme d’opportunités possibles dont elles peuvent
profiter : une nouvelle entreprise, un nouvel emploi mieux payé ou l’achat en
gros en collaboration avec d’autres femmes des produits ou des matières
premières. On peut également chercher à savoir quel est le pourcentage de
femmes qui a réussi dans des nouvelles entreprises ou qui ont crée de
l’emploi en faveur d’autres femmes ou en faveur des membres de la famille.
Est-ce qu’on veut savoir combien de femmes transmettent leurs nouvelles
compétences et confiance à leurs filles ? Si on précise ce qu’on veut compter,
ce qui est important dans les réponses aux questions va devenir plus
évident.

La boîte à outils : les données disponibles

Parfois les données qui peuvent aider à répondre à nos questions ont déjà
été collectées. Lorsqu’on utilise les données collectées par les autres, il est
essentiel de découvrir les méthodes qui ont été employées pour les collecter,
la façon dont chaque variable a été mesurée, le système d’encodage des
réponses et les techniques de vérification de la saisie des données.

Sources typiques des données disponibles :

• Archives/documentation
• Bases de données informatisées
• Des rapports
• Données du recensement
• D’autres documents (des budgets, des communiqués de politiques, les
manuels de politiques et procédures, des organigrammes, des cartes,
etc.)

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Questions clés :

• Les données disponibles sont-elles valables ?


• Les données disponibles sont-elles fiables ?
• Les données disponibles sont-elles justes ?

La collecte des données à partir des rapports, des documents ou des


archives écrites

Parfois les données sont disponibles mais elles ne sont pas dans une forme
qui facilite l’analyse. Par exemple, il se peut que les données nécessaires se
trouvent dans des documents ou des archives. Dans cette situation, il faut
élaborer un outil de collecte de données qui précise exactement les données
qu’il faudra collecter et comment les encoder. L’outil doit être facile à utiliser,
simple et claire. Ensuite il faudra élaborer les procédures de collecte et
former ceux qui seront chargés de collecter les données. Il faudra s’assurer
que tout le monde utilise le même système d’encodage et de la même façon.
Lorsqu’on travaille avec des documents officiels qui décrivent des activités ou
des pratiques courantes, il faudra vérifier l’exactitude du contenu de ces
documents. Des observations et des entretiens peuvent aider à vérifier des
activités réelles. Par exemple, lorsqu’on observe un programme de
formation : les classes sont-elles réellement tenues chaque semaine et les
participants sont-ils vraiment divers ?

Si l’évaluation concerne l’efficacité des infirmières spécialisées dans les soins


aux patients atteints du SIDA qui ont reçu leur formation d’un programme
financé par la Banque Mondiale par rapport aux autres infirmières, un outil
de collecte de données est nécessaire afin de collecter systématiquement
toutes les données qui se trouvent dans la documentation de la clinique. Les
évaluateurs pourront sélectionner quelques cliniques pour les patients
atteints du SIDA et étudier la documentation sur toutes les infirmières. Cette
documentation comprendra les renseignements tels que leur formation
scolaire, le nombre d’années d’expérience et le niveau de performance.

Un outil de collecte de données pourra ressembler à ce qui suit :

ID No.

1. Niveau scolaire :

2. Infirmière de l’Etat ? Oui Non

3. Participante à la formation de la Banque Mondiale ? Oui Non

4. Si oui, année du diplôme ?

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5. Combien d’années d’expérience à cette clinique ?

6. Combien d’années d’expérience dans d’autres cliniques ?

7. Niveau de performance pendant les 5 dernières années :


Année Niveau
Année Niveau
Année Niveau
Année Niveau
Année Niveau

8. Prix de performance reçu pendant les 5 dernières années? Oui Non


Si oui, nombre de prix reçu pendant les 5 dernières années?

9. Genre : Homme Femme

10. Observations :
_____________________________________________________________
_____________________________________________________________
_____________________________________________________________
_____________________________________________________________
_____________________________________________________________
_______________________________

Parfois il est nécessaire de lire des documents officiels afin de pouvoir décrire
des activités et des procédures courantes. Par exemple, si on a demandé de
déterminer les facteurs qui contribuent à une meilleure livraison d’un service
public, sera-t-il utile d’étudier la documentation ? Quand le programme a-t-il
démarré ? Quels sont les finalités et les objectifs visés par des décrets et des
actes de parlement ou les documents autorisant l’action ? Combien de
personnes ont été impliquées ? Quels sont les ministères impliqués ?
Comment ont-ils fait pour mettre le programme en œuvre ? Quelles sont les
mesures utilisées pour suivre la performance ? Il est essentiel d’essayer de
vérifier l’exactitude des documents en ce qui concerne les activités réelles. La
vérification peut prendre la forme des documents qui contiennent des
renseignements similaires ou des récits des entretiens avec des personnes
qui connaissent le programme, son historique et sa mise en œuvre. Il est
utile de chercher des gens qui jouent des rôles différents, y compris des
personnes externes tels que le personnel du département de budget ainsi
que des clients. Leurs opinions peuvent aider à comprendre les
renseignements obtenus dans des documents et ils peuvent également aider
a constituer l’historique officieuse du programme.

Comment collecter des données informatisées

• Obtenir la structure de la base de données, le dictionnaire des


données et les schémas de codes

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• Découvrir ce qu’il faut faire pour transférer les données


électroniquement
• Vérifier l’exactitude des données déjà saisies

Avantages et désavantages des données déjà disponibles

Avantages : Souvent moins coûteux et plus vite que de collecter


les données originales

Désavantages : Des données déjà collectées ne peuvent pas aider à


expliquer pourquoi quelque chose se passe
actuellement. Aussi, ces données ont peut-être des
erreurs d’encodage ou d’autres problèmes. Peut-
être ces données ne sont pas exactement ce qu’il
faut. Peut-être elles sont difficiles à accéder.

La boîte à outils : l’observation

L’observation permet de voir ce qui se passe. Il est possible de comprendre


beaucoup en faisant un simple tour. On peut observer : les tendances dans la
circulation, les tendances dans l’exploitation foncière, le plan global de
l’environnement urbain et rural, la qualité des logements ou la condition des
routes.

Options :

L’observateur discret : Personne sait qu’il est en train


d’observer. Par exemple, on peut
visiter un marché local qui a bénéficié
des ressources pour le développer et
on peut observer l’activité à l’intérieur
des boutiques, la circulation dans la
zone du marché et on peut même
converser avec des clients. Bien sûr,
l’observateur doit ressembler aux
autres clients au marché.

L’observateur participant : Il participe réellement à l’activité,


normalement sans que les participants
sachent qu’il les observe en même
temps. Par exemple, on pourra faire
quelques achats au marché local
comme si on est un vrai client mais en
réalité on est en train d’évaluer les
interactions entre les commerçants et
leurs clients.

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L’observateur intrusif : Ceux qu’on est en train d’observer le


savent. Par exemple, si on arrive au
marché avec une écritoire à pince et
une caméra vidéo et on est présenté
comme observateur, tout le monde
sait qu’on les observe.

Si les gens observés le savent, il se peut que leur comportement soit


influencé. Par exemple, si on observe les transactions au marché, il se peut
que les commerçants fassent un effort particulier pour marchander et
promouvoir leurs meilleurs produits. Cependant, sur la base d’une simple
observation, on ne peut pas savoir si cela est dû à la présence de
l’observateur ou si ces échanges énergiques sont normaux.
Pour minimiser cette influence on pourra observer discrètement. Mais
l’observation à un point donné ne donne pas toujours une image exacte. Il se
peut que les activités du marché soient au ralenti à cause de l’insécurité et
l’observateur peut donc conclure erronément que le marché est peu
fréquenté. Un suivi ou une autre stratégie pour mesurer les activités sur une
période de temps peut aider à créer une impression plus juste du
comportement des participants.

Quelque soit la technique d’observation, on peut faire des observations de


façon structurée ou non structurée. Une observation structurée demandera
une liste de contrôle spécifique afin de compter de façon précise selon un
calendrier spécifique ou un minuteur afin de noter le temps qu’il faut pour
réaliser des activités. Une observation semi structurée demandera de
prendre des notes sur tout ce qui est intéressant, typique, exceptionnel et/ou
important. Ou bien on pourra faire des notes de façon continue sur des
transactions au moment où elles se passent. On pourra également décider de
se focaliser sur les activités des clients ou des commerçants particuliers.

Avantages et désavantages de la collecte des données d’observation

Avantages : Permet de collecter des données sur le


comportement réel au lieu de compter sur les
perceptions du comportement ou des rapports. Elle
est virtuelle au lieu d’être rétrospective.

Désavantages : Risque de subjectivité de la part de l’observateur.


Potentiellement pas fiable (2 observateurs peuvent
avoir des perceptions très différentes si la collecte
des données n’est pas fortement structurée) ; il y a
également des défis à confronter dans
l’interprétation et l’encodage ; l’échantillonnage
peut être problématique ; risque d’être coûteux et
demander beaucoup de travail.

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La boîte à outils : les enquêtes

Des enquêtes sont très bien adaptées à la collecte des perceptions, des
opinions et des idées. Elles sont moins exactes pour la mesure du
comportement parce que ce que les gens font réellement n’est pas toujours
reflété exactement dans ce qu’ils disent. Une composante clé de l’enquête est
l’échantillon : idéalement l’échantillon doit être représentatif de la population
globale (voir Module 7 sur l’échantillonnage).

Méthodes :

Ø Des entretiens personnels : en groupe ou individuellement


Ø Des questionnaires auto administrés

Des entretiens en personne sont utiles lorsqu’on cherche une compréhension


en profondeur des expériences, des opinions ou des descriptions d’un
processus. Ils sont également utiles lorsque les autres approches ne sont pas
adaptées ; par exemple, des questionnaires auto administrés ne sont
adaptées qu’avec une population qui est capable de lire la langue du
questionnaire et est suffisamment motivée pour les remplir. Des entretiens
en personne peuvent être effectués individuellement ou en groupe. En
groupe, on pose moins de questions qu’aux individus parce que tout le
monde doit répondre et il y a des limites à leur patience : ils ne vont pas
s’asseoir tranquillement pendant très longtemps. Des entretiens en personne
peuvent être plus longs et plus approfondis que des questionnaires. Des
questionnaires auto administrés doivent être brefs et ne doivent pas prendre
plus de 30 minutes pour être rempli (le plus bref, le mieux). Il est plus
probable d’obtenir des réponses honnêtes aux questions sensibles à l’aide
des questionnaires auto administrés.

Des entretiens et des questionnaires peuvent être structurés ou semi


structurés. Des enquêtes structurées sont élaborées de façon précise avec
des réponses pré déterminées au choix. On pose la même question à tout le
monde de la même façon et on leur donne exactement les mêmes choix de
réponses. En général des enquêtes semi structurées posent les mêmes
questions aussi, mais les réponses sont ouvertes.

Quelque soit le type d’enquête ou d’entretien, il est essentiel de « piloter »


l’outil dés le début. Cela veut dire qu’il faut demander à un petit échantillon
assez représentatif de la population de participer à l’enquête et de surligner
les parties du questionnaire où les participants ont besoin de clarification.
Une des stratégies les plus utiles est de s’asseoir avec quelqu’un lorsqu’il
complète le questionnaire et de lui demander de répondre oralement en
même temps. Ceci permet de gagner une excellente compréhension de la
façon dont les questions sont interprétées. Le plus souvent, les choses qui
semblaient les plus claires sont interprétées de façon confuse ou ambiguë,
contrairement aux attentes.

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Des enquêtes structurées sont :

• Plus difficiles à élaborer : il faut vérifier avec une certitude absolue que
tous les renseignements nécessaires sont inclus, puisqu’il n’y a pas de
questions ouvertes de façon « sac à tout » qui peuvent combler les
lacunes.

• Plus faciles à remplir : cocher une réponse prend moins de temps que
d’écrire une réponse narrative

• Plus faciles à analyser

• Plus efficaces lorsqu’on travaille avec beaucoup de monde

Des enquêtes semi structurées :

• Sont un peu plus faciles à élaborer : on pourra inclure des questions


ouvertes et assez larges qui captent tout ce qui a été raté lors des
sections structurées, il y a donc moins de risque d’oublis.

• Demandent beaucoup de travail pour les organiser et remplir

• Plus difficiles à analyser mais constituent une source très riche de


données

• Les réponses ouvertes risque d’être interprétées de façon subjective

• Sont onéreuses à compléter si elles sont auto administrées

Quelques principes directeurs pour les enquêtes :

• Trouver d’autres évaluateurs qui ont déjà effectué ce genre


d’évaluation et obtenir des exemplaires des enquêtes similaires à ce
qu’on compte faire.

• Vérifier qu’ils comprennent pourquoi on demande leur participation,


puisqu’il n’est pas possible d’obliger les participants de répondre
honnêtement aux questions, ni même de participer,

• Poser des questions qui sont faciles à répondre et il ne faut pas


frustrer leurs efforts de répondre

• Eviter de demander des renseignements qui nécessitent la consultation


des archives ou des rapports

• Respecter leur droit de préserver la vie privée : traiter les réponses


aux questionnaires avec la confidentialité et mettre en place des

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procédures pour assurer cette confidentialité ; s’assurer que les


participants sachent que leurs réponses sont confidentielles.

Entretiens

On peut apprendre beaucoup en écoutant les autres. Des entretiens peuvent


varier des conversations informelles aux entretiens très structurés. Les
participants doivent être à l’aise ; il est utile de leur faire savoir pourquoi on
cherche leurs points de vue et à qui ces renseignements sont destinés.
Normalement ils sont plus à l’aise si l’entretien est confidentiel.

Des entretiens semi structurés ou non structurés en personne sont utiles


lorsque l’évaluateur cherche à comprendre en détail les réactions à une
variété d’expériences ou la justification de certaines attitudes. Il est souvent
plus facile de faire des entretiens sur les étapes d’un processus, sur les rôles
et les responsabilités des différents membres de la communauté ou de
l’équipe, ou sur une description de la façon dont un programme marche que
d’élaborer une enquête écrite pour capter toutes les nuances. Avec un bon
rapport et des questions intéressantes, les participants acceptent souvent de
participer aux entretiens d’une durée d’une heure ou plus tandis qu’il est peu
probable qu’ils acceptent de passer une heure pour compléter un
questionnaire.

Des entretiens semi structurés doivent avoir un but ; il faut savoir quelles
sont les questions à poser et quels sont les renseignements qu’on cherche à
obtenir. Il est essentiel de prendre de bonnes notes. Il est difficile d’écrire
aussi vite que les gens parlent et il est donc important d’essayer de capter
les points et les mots clés à retenir. Il faudra réserver du temps après
l’entretien pour étudier les notes, d’ajouter des notes additionnelles et
d’écrire des notes après l’entretien. Lorsqu’on voyage dans d’autres pays ou
régions lointaines on pense souvent que la meilleure façon de passer le
temps est de mener autant d’entretiens que possible. Cependant, il très
important de laisser suffisamment de temps entre les entretiens pour
prendre au moins des notes préliminaires. Il est surprenant comment il est
difficile de comprendre les notes prises lors d’un entretien même si le délai
est juste quelques jours après.

Lors des entretiens avec des agents du gouvernement, ceux-ci supposent


automatiquement que leurs réponses sont publiques et même s’ils veulent
s’exprimer, ils se méfient. Retenons donc que lorsqu’on assure la
confidentialité il s’agit d’une obligation morale de protéger les sources.

Les entretiens en personne peuvent s’effectuer individuellement ou en


groupe. En groupe, on pose moins de questions que lors d’un entretien
individuel. Puisque les gens conversent, quelques questions peuvent générer
beaucoup de discussion, ce qui prend beaucoup de temps. Les gens n’ont pas
la patience qu’il faut pour s’asseoir pendant longtemps, donc il faut poser
quelques questions bien réfléchies.

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Dans certaines situations, on pourra communiquer les questions bien en


avance, afin que les gens se sentent à l’aise avec les questions qu’on leur
posera.

Des entretiens structurés en personne peuvent être utiles lorsque les


participants éprouvent quelques difficultés avec une enquête écrite ou
lorsque l’entretien doit comporter des questions de clarification ou
d’approfondissement (des questions qualitatives) ainsi que des questions
structurées.

Comment persuader les participants pour des entretiens en personne

• L’évaluateur doit se présenter et doit expliquer les raisons de


l’enquête, comment il a sélectionné les participants et comment les
renseignements seront utilisés.

• Lorsque l’entretien est avec des agents du gouvernement, il sera utile


d’envoyer une lettre d’explication en avance avant de téléphoner pour
fixer un rendez-vous ; joindre une copie du guide de l’entretien
également.

• Garder la simplicité et respecter leur disponibilité et leur capacité de


prêter attention. Il faut informer les participants en avance de la durée
de l’entretien et il faut respecter cette durée.
o Des entretiens en personne peuvent durer une heure ou plus si
le sujet de l’entretien les intéresse réellement.

Questionnaires

Des questionnaires auto administrés peuvent être structurés, semi structurés


ou une conjugaison des deux. Il s’agit des enquêtes écrites que les
participants doivent compléter. Puisqu’il est plus facile de cocher une réponse
que d’écrire des réponses (et il y a moins de chance de perdre des données à
cause des problèmes pour lire l’écriture ou l’orthographe des participants),
des questions fermées sont préférables. Normalement, une enquête
comprend une ou deux questions ouvertes. Ces questions ouvertes donnent
l’impression aux participants qu’ils sont libres de s’exprimer. Une ou deux
questions ouvertes sont suffisantes ; s’il y a plus, ce sera un travail onéreux
pour eux et ils risquent de l’abandonner. L’analyse de ces réponses ouvertes
peut demander beaucoup de travail mais elle peut contribuer beaucoup à la
compréhension et peut même fournir des citations uniques pour illustrer des
thèmes principaux du rapport. Des questionnaires auto administrés doivent
être brefs et ne doivent pas durer plus de 30 minutes (le plus bref, le mieux).
Parmi toutes les approches, les questionnaires auto administrés sont les plus
aptes à faire rssortir des réponses honnêtes aux questions sensibles.

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L’élaboration des questions à poser lors des enquêtes est difficile à faire
parce que ces questions doivent être compréhensibles pour tout le monde.
Les mots peuvent avoir de multiples significations et des connotations. Si on
pose une question d’une manière que les participants ne comprennent pas ou
qui peut être interprétée de plusieurs façons différentes, les participants
auront des compréhensions différentes et ils vont répondre selon leur
compréhension. Il y a toujours le risque de données inutiles lorsque les
questions sont mal élaborées. Par exemple, le directeur d’une agence
cherche à savoir quel est le niveau de formation en informatique de son
propre personnel. On pourra poser la série de questions suivantes :

A. Avez-vous suivi une formation pendant ces trois derniers mois ?


B. Avez-vous suivi une formation pendant de ces six derniers mois ?
C. Avez-vous suivi une formation pendant cette année passée ?

Le problème avec ces questions c’est qu’elles sont ambiguës : toute


personne qui a suivi une formation quelconque pendant les derniers trois
mois répondra « oui » à toutes les trois questions. Lorsqu’ils cochent « oui »
aux questions A, B et C, les données sont essentiellement inutiles. Lorsqu’on
élabore une enquête, il est important de s’assurer que « les portes soient
fermées », afin d’empêcher les participants de glisser les mêmes réponses à
plusieurs questions. Comment récupérer ces questions ? Une possibilité est
de poser la question de cette façon : combien de cours de formation avez-
vous suivis pendant chacune de ces périodes de temps :

a. Il y a 1-3 mois________________________________________
b. Il y a 4-6 mois________________________________________
c. Il y a 6-9 mois________________________________________
d. Il y a 10-12 mois______________________________________
e. Il y a 12-24 mois______________________________________

Des questions mal élaborées peuvent frustrer les participants, et les


entraîner à deviner ou même de jeter le questionnaire. N’importe comment,
les résultats seront compromis. Puisque des questions mal élaborées ne
peuvent pas être récupérées lors de l’analyse, la meilleure stratégie est la
prévention. Il faut laisser beaucoup de temps aux participants pour étudier le
questionnaire et il ne faut pas négliger de le tester. Quelques astuces et
ruses pour l’élaboration des questions efficaces se trouvent en Table 6-1.
L’intention est de fournir quelques consignes et non une liste exhaustive de
procédures.

Table 6-1
Astuces et ruses pour l’élaboration des questionnaires

A. Si possible, obtenir un questionnaire existant pour servir de guide.


Modifier le questionnaire au besoin afin de le faire correspondre à la
situation. Il est beaucoup plus facile de modifier un questionnaire déjà
élaboré que de créer un nouveau.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

B. Consignes de base sur l’élaboration des questions :

• Employer un langage simple et clair qui est adapté au niveau des


participants
• Poser une seule question à la fois ; par exemple, dans cette
question, « Dans quelle mesure le matériel est-il clair et utile ? », il
y a deux questions ; si le matériel est clair mais il n’est pas utile, le
participant aura des difficultés pour donner une réponse exacte à
cette question. Il vaut mieux poser la question de cette manière :
« Dans quelle mesure le matériel est-il clair ? »
• Elaborer les questions de manière à ce que les participants soient à
l’aise et assurés de l’acceptabilité de leurs réponses. Amener les
participants à la question en leur donnant le choix de réponse :
« Dans quelle mesure… » ou « Quelle est l’importance de… »
• Fournir des catégories de réponses qui ne se chevauchent pas. Par
exemple, dans le cas des groupes d’âge, créer les catégories
suivantes : 20-30, 31-40, 41-50, au lieu de 20-30, 30-40, 40-50.
• Dans la mesure du possible, élaborer les questions afin que la
gamme varie du négatif au positif : « Totalement inutile » à
« Essentiel ».
• Eviter d’élaborer des questions qui demandent une réponse de
« oui » ou « non ». Essayer plutôt de capter une gamme de points
de vue par la fourniture d’une échelle de réponses, comme, par
exemple, une échelle de 5 niveaux entre « peu ou pas du tout »
jusqu’à « énormément ».
• Eviter de mettre des absolus à chaque bout de l’échelle (très peu
de monde ressent des sentiments absolus). Par exemple, on peut
adoucir les absolus par les expressions telles que, « Toujours ou
presque toujours » à un bout de l’échelle et « Jamais ou presque
jamais » à l’autre bout.
• Poser des questions sur la situation actuelle. Les souvenirs se
dégradent avec le temps.
• Fournir des moyens de sortir (mettre des catégories « aucune base
pour tirer une conclusion » et « aucun avis ». Si ces catégories
manquent, les participants vont cocher des réponses qui n’ont
aucune signification et cela va fausser les résultats sans que
l’évaluateur le sache.

C. Rendre le questionnaire facile à compléter. Fournir des cases à cocher.


Fournir suffisamment d’instructions pour permettre aux participants de
comprendre facilement ce qu’il faut faire. Par exemple, « cocher une
seule case » ou « cocher toutes les cases qui s’appliquent ».

D. Poser des questions d’ordre général en premier, suivi par des


questions plus détaillées, des questions démographiques par la suite et
terminer avec une question ouverte : « Y a-t-il d’autres commentaires
ou des observations que vous voulez porter à notre attention ? »

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

E. Concernant les questions démographiques : demander seulement les


renseignements qui sont absolument nécessaires. Certains participants
se méfieront de donner trop de détails par crainte d’être identifiés par
leurs réponses.

F. Soumettre un brouillon du questionnaire aux experts pour étude et


révision.

G. Pré-tester, pré-tester, pré tester ! Pré-tester autant qu’il faut pour


s’assurer que le questionnaire ne contienne plus d’erreurs. Demander
aux participants pilotes de répondre au questionnaire et ensuite les
interroger :

• Chaque question est-elle claire ?


• Avez-vous compris ce qu’on cherche à savoir ?
• Y a-t-il des mots inconnus ou des phrases incompréhensibles ?
• Y a-t-il une meilleure façon d’exprimer les questions ?

Poser aussi peu de questions que possible et garder la simplicité. Il est


parfois utile de réviser le questionnaire et décider quelles sont les questions
essentielles, quelles sont les questions intéressantes à savoir et quelles sont
les questions inutiles. Il faut également concevoir un plan pour l’utilisation
des données. Cela évite des questions inutiles et sert de contrôle du
questionnaire, qu’il contienne toutes les questions essentielles.

Taux de réponse

Une des questions principales dans la recherche par le moyen des enquêtes
focalise sur la collecte de données. Cela veut dire que le pourcentage de
ceux qui ont réellement participé sur un nombre total de personnes dont la
participation a été demandée. Un chercheur compétent présente toujours le
nombre total de personnes (ou d’unités, comme les organisations ou
sociétés) enquêtées, le nombre de personnes ayant répondu et finalement le
taux de réponse. Le taux de réponse souhaité peut varier selon les
circonstances et selon l’utilisation finale des données de l’enquête. Le
problème qui se pose dans le cas d’un faible taux de réponse est que
l’échantillon devient donc un échantillon volontaire ou un échantillon
auto sélectionné. Ce genre d’échantillon pose un autre problème : peut-
être ceux qui ont décidé de participer sont différents de ceux qui ont décidé
de ne pas participer. Peut-être seulement ceux qui sont en colère avec la
gestion du projet ont décidé de répondre aux questions de l’enquête et le
résultat sera donc une appréciation beaucoup plus négative que si tout le
monde, ou au moins un échantillon représentatif, avait répondu. Par
exemple, dans le cas d’une enquête menée par une organisation sur les
attitudes de tous les employés, on trouve que seulement 30% des employés
ont participé (un taux de réponse de 30%). Si les employés les plus
mécontents ont tendance à participer tandis que les employés satisfaits n’ont

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

pas participé, il sera difficile de tirer des conclusions sur les attitudes réelles
des employés à partir de ces résultats. Il est possible que ceux qui ont
participé soient les seuls mécontents. Il sera donc une erreur de faire des
décisions sur la base de ces résultats sans les vérifier par d’autres moyens.

Une des méthodes de collecte de données utilisée pour évaluer l’impact des
programmes de main d’œuvre actif a été par enquête. Dans un des pays
participants, des questionnaires ont été envoyés à tous ceux qui se sont
inscrits au bureau de la main d’œuvre, mais le taux de réponse a été moins
de 20%.

Un faible taux de réponse donne lieu au souci que ceux qui ont répondu ne
sont pas représentatifs. Parfois il est possible de contrôler les caractéristiques
démographiques pour déterminer s’ils sont similaires à la population
générale. Par exemple, un chercheur peut étudier les caractéristiques
démographiques de ceux qui ont répondu aux questionnaires afin de voir si
ces caractéristiques, comme l’âge et le genre, correspondent à celles de la
population en générale. S’il est possible d’établir une correspondance, le
chercheur peut continuer, mais avec prudence. Si par la suite les
caractéristiques démographiques révélées sur les questionnaires ne
correspondent pas du tout, les résultats de l’enquête doivent être interprétés
avec des réserves.

Les résultats des enquêtes ayant un faible taux de réponse doivent toujours
être présentés en termes des participants, avec la réserve que ces résultats
peuvent refléter ou ne pas refléter les attitudes des employés en général.
Cela veut dire que les données doivent être exprimées comme suit : « sur la
totalité de participants… » ou « 75% de ceux qui ont participé ont le point de
vue que… ».

La participation dans les enquêtes est presque toujours volontaire, et la


stratégie employée doit encourager les participants. Quelque soit la méthode
d’enquête, il est essentiel de faire savoir aux participants qui est en train de
faire cette recherche, le but de la recherche, les critères de sélection des
participants et comment les résultats seront utilisés. Il faut également
présenter une estimation exacte de la durée de l’enquête, accompagné du
nom d’une personne contacte et un numéro de téléphone pour permettre aux
participants de vérifier la légitimité de l’enquête. Quelques astuces sont
présentées en Table 6-2 ci-dessous.

Table 6-2 : Comment obtenir un taux important de réponse aux


enquêtes par la poste

• Donner une allure professionnelle aux questionnaires : des imprimés,


peut-être en forme de livret, et sans erreur.
• S’assurer qu’une personne contact soit à l’appel pour répondre aux
questions et pour assurer la légitimité de l’enquête.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

• Encourager les participants à donner leurs opinions. Envoyer une lettre


d’explication qui identifie les enquêteurs, le but de l’enquête et les
raisons de l’importance de leur participation.
• Personnaliser l’enquête. Mettre le nom et l’adresse sur la lettre et
l’enveloppe.
• Assurer la confidentialité. Il ne faut jamais demander aux participants
de s’identifier lors d’une enquête. Cela veut dire de ne jamais
demander des noms ou des numéros de carte d’identité.
• Fournir une enveloppe avec timbre et adresse.
• Etre prêt à faire une ou deux visites de suivi

Avantages et désavantages des enquêtes

Avantages : Préférables lorsqu’on cherche à savoir ce que les


participants pensent, croient ou perçoivent : ils
sont les seuls qui le savent et qui peuvent le dire.

Désavantages : Il se peut que les participants ne se rappellent pas


exactement de leur comportement ou qu’ils
hésitent à révéler leur comportement s’il est
illégale ou inadmissible socialement. Ce que les
gens pensent qu’ils font ou ce qu’ils disent qu’ils
font ne sont pas toujours la même chose que ce
qu’ils font réellement.

Les trois méthodes comparées : La poste, le téléphone et l’entretien

Lorsqu’on décide s’il faut collecter les données par la poste, par téléphone ou
par entretien en personne, il est important de retenir que les échanges par
troc seront nécessaires. En Table 6-3 sont présentés quelques consignes sur
les « pour » et les « contre » de chaque méthode et les situations dans
lesquelles une méthode donnée est indiquée.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

Table 6-3 : Comparaison des options de collecte de données : par la


poste, par le téléphone ou par entretien

Option Situation Caractéristiques Forces Faiblesses

Enquête par Grande Structurés Peu coûteux Elaboration et


la poste population ou Facile à compléter Facile à exécution prennent
population Moins de 30 analyser du temps
dispersée minutes de durée Grands Essentiel d’avoir des
Questions un échantillons objectifs
peu Données Des erreurs ont des
compliquées comparables conséquences
Questions Cohérence importantes
sensibles Plus grand Difficile de gagner un
anonymat taux de réponse
important
Limitée aux
alphabétisés
Impersonnelle
Entretiens Questions Structurés Permet de Exécution prend du
structurés compliquées Tous les clarifier les temps
enquêteurs posent questions Chers
les mêmes Risque de
questions subjectivité de la
part des enquêteurs

Entretiens Questions Quelques questions Convenable aux Exécution prend du


non compliquées générales sondages et temps
structurés Procédures aux Risque de
compliquées explorations subjectivité
Situations Aucun filtre, Nécessite des
exploratoires exclusion ou enquêteurs
limitation sur compétents
les réponses Nécessite une
Des erreurs ont machine à
moins de enregistrer
conséquences préférable
Données ne sont pas
comparables
L’analyse demande
beaucoup de travail.

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La boîte à outils : les groupes ciblés

Un groupe ciblé est une sorte de recherche qualitative qui rassemblent des
groupes restreints de participants afin de discuter de sujets spécifiques sous
la direction d’un modérateur. Il y a un scénario, un ensemble de questions
ouvertes qui sont préparées en avance. Le modérateur peut improviser,
cependant, avec des sondages et des questions supplémentaires selon la
situation. Le processus du groupe a tendance à donner plus de
renseignements que les entretiens individuels parce que les participants
expriment des points de vue différents et ils dialoguent entre eux. Le
modérateur est libre de faciliter le dialogue ainsi que d’explorer les raisons et
les sentiments derrière leurs différences. La conversation n’est souvent pas
linéaire ; les participants peuvent soulever des points ou des perspectives au
hasard. Parfois les participants répondent à une question sur le scénario
avant qu’elle soit posée. Les modérateurs doivent reconnaître que les
participants ont déjà répondu à cette question et ils doivent décider s’il faut
la poser encore une fois, s’il faut poser une question connexe ou s’il faut la
sauter complètement.

Des participants aux groupes ciblés sont invités à participer et sont informés,
au moins en termes généraux, du sponsor de cette recherche, du but et de la
nature des questions. Tandis que les chercheurs de marketing invitent les
participants à se rassembler dans une salle équipée d’un miroir sans tain afin
de pouvoir observer les participants, cette option n’est pas normalement
disponible à la plupart d’évaluateurs à cause des budgets limités. Des
groupes ciblés sont tenus normalement dans un lieu neutre, si possible ;
cependant, parfois il est préférable de choisir un lieu facilement accessible.
Normalement, les participants s’assoient autour d’une table ou sur des
chaises disposées en forme de cercle. L’idée est de mettre la scène afin de
faciliter la conversation entre les participants. Il est possible de permettre à
quelques observateurs de rester dans la salle lorsque le groupe ciblé est en
cours. Ces observateurs doivent être présentés au début de la séance.

Il est essentiel de ne pas se presser lors de l’introduction. Le modérateur doit


accueillir tous les participants, présenter les membres de l’équipe
d’évaluation présents dans la salle, discuter du but de tenir un groupe ciblé
et fournir une vue d’ensemble du processus. Toutes les règles du jeu doivent
être présentées et il faut donner l’opportunité aux participants de poser des
questions. L’intention est de mettre les participants à l’aise.

Des éléments typiques des groupes ciblés :

• Les groupes sont restreints (entre 6 à 12 personnes)


• La composition des groupes peut être diverse, sauf qu’il ne faut pas
mettre ensemble des participants de niveaux hiérarchiques différents.
Des étudiants et leurs professeurs, des employés et leurs patrons ne
doivent pas participer ensemble au même groupe ciblé. Le choix de

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

personnes à participer dans le même groupe ciblé est souvent


déterminé par des critères culturels ou par des situations.
• L’environnement doit être confortable et sécuritaire
• Rafraîchissements sont une partie essentielle
• Primes monétaires
• Transport des participants aller et retour et/ou entretien des enfants
• Modérateur (ou facilitateur) compétent
• Secrétaire/rapporteur (pour prendre des notes, organiser
l’enregistrement et s’occuper de tout)
• Enregistrement des séances et idéalement, une transcription verbale
préparée après la tenue de chaque groupe
• Commencent avec des explications très claires sur le but, sur pourquoi
leurs points de vue sont importants, comment ils ont été sélectionnés,
une description des groupes ciblés et les règles du processus
• Règle clé : « ce qu’on dira dans cette salle ne doit jamais sortir de
cette salle ».
• Le modérateur sert de guide du processus, aidant le groupe à se
focaliser sur les sujets et s’assurant que tout le monde a l’opportunité
de s’exprimer.
• Le nombre de questions est limité. Toutes les questions sont ouvertes,
des questions faciles de causerie aux questions plus sérieuses et
terminant avec une question de résumé. Parfois le scénario des
questions est appelé le protocole et est la même chose qu’un guide
d’entretien.

Les données qualitatives collectées lors d’une séance de groupe ciblé


demandent une analyse méticuleuse. Idéalement, les séances sont
enregistrées et transcrites. Parfois une transcription n’est pas faisable. S’il
n’y a pas de transcriptions, les évaluateurs doivent écouter la cassette
plusieurs fois en même temps qu’ils écrivent leurs notes. S’il n’est pas
possible d’enregistrer, il faut songer à recruter un deuxième rapporteur pour
pouvoir prendre toutes les notes. Le modérateur et le rapporteur doivent
étudier les notes ensemble. Il est essentiel pour les évaluateurs de prendre
les notes immédiatement après la séance ; il est facile à oublier les
renseignements pendant les séances suivantes. En termes pratiques, cela
veut dire qu’il faut réserver une pause entre les séances pour prendre des
notes. Les évaluateurs doivent également garder séparément des notes sur
leurs propres impressions et réactions.

Combien de groupes ciblés ?

Il n’y a pas de règle sur combien de séances de groupes ciblés faut -il tenir.
La règle générale est de continuer de les tenir jusqu’à ce que les mêmes
thèmes commencent à émerger ou qu’aucun nouveau renseignement
n’émerge - normalement entre 3 et 6 séances ; cependant, il est parfois
déterminé par d’autres critères, tels que le nombre de groupes
communautaires ou de quartiers. S’il faut mener un grand nombre de
séances, les protocoles peuvent être ajustés. Il pourra être utile de poser un

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

ensemble de questions essentielles à tous les groupes ciblés et ensuite


ajouter quelques questions différentes ou des sondages exploratoires une
fois les thèmes devienne cohérents. Un compte rendu oral après chaque
séance est utile également, afin de pouvoir décider sur les ajustements à
porter aux protocoles lors des séances suivantes. Cette approche à la collecte
de données est fluide et adaptable.

Scénario de collecte de données

La directrice d’un programme de formation professionnelle dans la


communauté locale cherche un évaluateur pour explorer les perceptions des
clients sur les services et pour comprendre les expériences des clients. Elle
veut comprendre les différentes expériences et explorer les raisons possibles
de ces différences d’après les points de vue des clients. L’évaluateur pourra
suggérer de tenir des séances de groupes ciblés pour l’aider. Le dialogue en
groupe entre les participants peut générer plus de discussions sur les
expériences différentes. Le facilitateur peut explorer pourquoi les clients ont
eu des expériences différentes avec le même service. Les groupes ciblés
pourront faire partie d’un processus de planification comprenant
l’identification des questions qui serviront dans l’élaboration d’un guide
d’entretien structuré.

L’évaluateur doit sélectionner un nombre restreint de clients (actuels ou


récents) et doit les inviter au groupe ciblé. La fourniture de transport, de
l’entretien des enfants et d’une petite prime monétaire pourrait encourager la
participation. Bien que l’agence se trouve dans un lieu facile à accéder, il faut
peser cette facilité d’accès contre la tranquillité des participants : sera-t-il
probable qu’ils expriment des opinions négatives ? Il faut songer à trouver un
lieu neutre où ils seront totalement à l’aise afin qu’ils s’expriment sans
crainte.

L’évaluateur doit élaborer l’ensemble de questions (accompagnées de


sondages) qui seront utilisées lors de chaque séance de groupe ciblé. Voici
un scénario possible :

• Accueil et introduction : Merci d’être venus à cette séance de groupe


ciblé. Je m’appelle Obo et je suis le facilitateur de notre discussion
aujourd’hui. Lui prendra des notes.
• La directrice du centre de formation professionnelle cherche à
comprendre les points de vue des clients sur les services du centre.
Elle veut savoir quel est votre avis sur les services, qu’est-ce qui
marche et qu’est-ce qu’il faut améliorer. Vos opinions sont très
importantes et tout ce que vous direz ici restera confidentiel. Seules
les opinions globales seront retenues pour le rapport ; personne ne
sera identifié à travers des commentaires.
• Avez-vous jamais participé à une séance de groupe ciblé ? Un groupe
ciblé est un moyen pour un groupe restreint de personnes de partager
leurs points de vue, d’exposer des perspectives différentes et

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

d’explorer les raisons pour ces différences. Il n’y a pas de mauvaises


réponses. Nous anticipons l’expression des expériences et des opinions
différentes et nous voulons voir tout le monde s’exprimer. Je vais
poser une série de questions et je vais encourager chacun de vous à
parler. Tout le monde n’est pas obligé de répondre à chaque question,
mais tout le monde doit contribuer à la discussion avant de terminer.
(S’il y a un magnétophone : Nous allons enregistrer cette séance
puisque votre point de vue est valable et personne ne peut prendre de
notes suffisamment vite pour pouvoir capter tout ce que vous allez
dire.) le groupe ciblé durera une heure et demie. Il y a des
rafraîchissements - veuillez vous en servir.
• Les règles de base :
o Ce qu’on dit dans cette salle doit rester dans cette salle. Aucun
commentaire ni renseignement doit être communiqué hors de
cette salle. Tout le monde doit pouvoir s’exprimer en sécurité
totale.
o Seulement une personne doit parler à la fois. Tout le monde
aura l’opportunité de parler mais le magnétophone ne peut pas
enregistrer tout le monde à la fois (s’il y a un magnétophone)
• Y a-t-il des questions avant de commencer ?
• D’abord tout le monde doit se présenter. Veuillez nous dire votre
prénom et ensuite expliquer comment vous avez entendu parlé du
centre de formation.
• Quelles étaient vos expériences les plus positives au centre ?
o Sondage : expériences positives avec les formateurs ?
• Qu’est-ce qui a fait que ces expériences ont été tellement positives ?
• Comment ces expériences vous ont bénéficié ?
• Peut-être certains ont subi des expériences pas tellement positives.
Quelles ont été ces expériences pas tellement positives ?
o Sondage : expériences négatives avec les formateurs ?
• Qu’est-ce qui a fait que ces expériences ont été tellement négatives ?
• Comment ces expériences négatives vous ont touché ?
• Il semble qu’il y ait des différences entre les expériences des uns et
des autres. Selon vous, pourquoi les différents clients ont eu des
expériences différentes ?
• Si vous pouviez donner un message à la directrice sur les services du
centre :
o Qu’est-ce qu’elle doit modifier ?
o Qu’est-ce qu’elle doit préserver?
• Résumé : De tout ce que vous avez entendu aujourd’hui, selon vous,
qu’est-ce qui est le plus important ?
• D’autres commentaires ?
• Merci beaucoup d’être venus pour nous faire part de vos opinions. Ces
opinions vont aider la directrice à rendre les services du centre plus
utiles et efficaces.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

Avantages et désavantages des groupes ciblés

Avantages : Ils sont relativement rapides et faciles – prennent


moins de temps que des entretiens approfondis en
personne ; leur flexibilité permet de modifier le
processus et les questions ; permet l’opportunité
d’explorer des perspectives différentes.

Désavantages : L’analyse prend du temps ; les participants peuvent


être différents du reste de la population ; il y a le
risque de subjectivité dans l’interprétation des
données ; il y a le risque de l’influence du
modérateur ou des participants dominateurs.

La boîte à outils : les agendas et les listes de contrôle

Des agendas peuvent être employés dans des situations où on doit capter
des renseignements détaillés sur des événements de la vie quotidienne des
participants. Par exemple, on peut chercher à savoir comment les gens
passent la journée ou bien comment les membres d’une communauté
donnée passent une journée typique. On pourra demander aux participants
de tenir un agenda sur les exercices physiques ou leurs régimes quotidiens.
Idéalement, les agendas sont tenus sur une base quotidienne afin de
permettre aux participants de se rappeler de façon exacte. Ils servent
également d’outils utiles pour supplémenter la collecte des autres données.
Cependant, cela nécessite que les participants soient alphabétisés et qu’ils
soient d’accord pour consacrer le temps qu’il faut pour tenir un agenda.

Normalement, on donne aux participants un livret d’instructions ainsi qu’un


exemple d’agenda complété. Tous les termes exceptionnels sont expliqués.
La dernière page doit demander si la période a été typique ou si quelque
chose d’exceptionnel s’est passé pendant la période couverte par l’agenda. La
dernière page doit fournir aux participants l’opportunité de faire part de leurs
observations.

Un agenda pourra servir d’outil pour comparer les expériences et réactions


des étudiants des cours classiques avec ceux des étudiants des cours non
traditionnelles (l’apprentissage actif et sur le tas). En tenant un agenda
quotidien ils pourront capter leurs expériences quotidiennes en temps réel,
au lieu de participer à une enquête à la fin de l’année scolaire. Ces agendas
pourront compléter d’autres méthodes de collecte de données.

Une stratégie connexe est une liste de contrôle auto rapportée. Il s’agit d’une
conjugaison de la technique du questionnaire avec la technique de l’agenda.
Les participants suivent un ensemble d’activités ou d’événements
spécifiques. Ils sont présentés sous forme de liste afin de faciliter le
reportage pour les participants : il suffit de cocher les cases. Cela peut se
faire chaque jour ou chaque semaine ou chaque fois qu’un événement se

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

passe. Par exemple, on pourra donner une liste de contrôle à quelqu’un pour
noter si le facilitateur avait fixé un programme, s’il avait suivi un programme,
s’il avait été organisé lors d’une réunion, etc…Une liste est plus facile à
compléter et à analyser qu’un agenda, mais pour élaborer la liste,
l’évaluateur devra comprendre la situation très bien.

Avantages : Fournit des donnés très riches ; peut capter les


détails qui risquent d’être oubliés avec le temps ;
approfondi ; viable.

Désavantages : Peut apporter des modifications au comportement,


parce que les participants savent que leur
comportement est sous observation ; demande de
l’engagement et de la discipline ; exactitude et
honnêteté dans la documentation ; la lecture des
rapports manuscrits peut être difficile mais
l’évaluateur pourra s’en sortir.

La boîte à outils : le jugement des experts

Parfois il est plus logique de recruter des experts comme sources de


renseignements. On pourra faire des entretiens avec chaque expert
séparément, on pourra les rassembler en groupe, ou on pourra les engager
dans un processus de dialogue écrit qui s’appelle la technique de Delphi. Les
entretiens peuvent être structurés ou non structurés. Un processus en
groupe a tous les avantages d’un dialogue et d’une discussion qui permettent
à l’évaluateur d’explorer des perspectives différentes. Le processus en
groupe pourra prendre la forme d’un entretien en groupe où tout le monde
répond à un ensemble de questions spécifiques. Le processus pourra être
fluide, en forme de groupe ciblé. Il pourra également prendre la forme d’un
groupe restreint où les experts font des présentations formelles sur des
questions spécifiques et ensuite ils discutent de ces questions entre eux. La
technique de Delphi permet aux experts qui habitent des régions très
différentes de dialoguer. On pose des questions spécifiques aux experts ;
leurs réponses sont retournées à une source centrale afin de permettre à
l’évaluateur d’en faire un résumé ; ensuite ce résumé est ramené aux
experts. Personne ne sait qui a dit quoi, ainsi évitant des conflits. Les experts
pourront faire des observations sur le résumé et sont libres de confronter
certains points de vue ou d’ajouter de nouveaux renseignements afin de
générer des nouvelles perspectives.

La sélection des experts se fait à l’aide du critère de la personne


raisonnable : une personne raisonnable aurait-elle vu ce groupe d’experts
comme crédible ? Le groupe d’experts doit refléter une diversité de points de
vue, d’expériences et de rôles. Les experts sélectionnés pourront inclure des
donateurs, des évaluateurs des domaines spécifiques, des gestionnaires, du
personnel en contact avec les participants et les clients.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

Bien qu’un groupe restreint d’experts ne soit pas considéré comme une
approche très valable à l’évaluation, il peut servir dans les cas de budgets et
ressources limités. Cette approche est mieux indiquée pour la planification
lors des étapes précoces et mi-parcours que pour les évaluations d’impact.
Elle pourra être utile dans un processus de sélection des études pour une
synthèse des évaluations. Elle est spécialement utile pour des appréciations
rapides.

Avantages : Rapide, relativement peu coûteux.

Désavantages : Faible pour l’impact. Principalement sur la base des


perceptions. Aussi valable que la crédibilité des
experts.

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Exercice d’application 6-1


La collecte de données à partir de la documentation

On veut étudier les qualifications et l’expérience de ceux qui ont été admis à
un atelier de formation sur les conseils aux maraîchers. Les données se
trouvent dans la documentation d’admission à l’atelier.

Elaborer ci-dessous un bref questionnaire de 5 questions qui pourront être


utilisées par une équipe de trois assistants de recherche pour collecter des
données à partir de la documentation d’admission.

1.

2.

3.

4.

5.

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Exercice d’application 6-2


La Collecte de données : l’entretien

Instructions :

On vous a demandé d’élaborer un bref entretien pour évaluer les réactions


des participants sur la qualité d’un atelier mené sur la base de ce module ou
d’un atelier de formation ou d’une conférence à laquelle vous avez
récemment participé.

Elaborer 5 questions ouvertes concernant le contenu, le niveau et


l’organisation de l’atelier. Si possible, trouver un partenaire qui a participé au
même atelier ou à la même conférence pour permettre à chacun de faire un
entretien avec l’autre.

Ensuite, élaborer un résumé lisible et approfondi de l’entretien et demander


au partenaire de l’étudier et de déterminer son niveau d’exactitude, de
lisibilité et d’envergure. Cet exercice est confidentiel : il ne faut pas dévoiler
les noms des participants ou d’autres renseignements qui permettent
d’identifier un participant.

1.

2.

3.

4.

5.

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Exercice d’application 6-3


La collecte de données : groupes ciblés

On vous a demandé de planifier une séance de groupe ciblé afin d’évaluer


l’impact d’une série d’ateliers et d’un paquet d’assistance financière pour
aider les femmes à démarrer et à gérer leurs propres petites entreprises. Il
faut choisir une localité géographique que vous connaissez. Elaborer un
ensemble de 5 questions adaptées aux femmes qui ont complété le
programme il y a 6 mois. Le point d’intérêt n’est pas seulement les effets
intentionnels, mais également l’impact de cette assistance sur la vie des
participants, sur leurs amis et sur leurs familles.

1.

2.

3.

4.

5.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

Exercice d’application 6-4


La collecte de données : options et procédures

On vous a demandé d’élaborer une approche à la collecte de données comme


partie de ce programme d’IPDET.

1. Faire une liste des données/renseignements qu’il faut pour une telle
évaluation.

2. Quelles sont les approches alternatives à la collecte des données qui


seront faisables pour cette évaluation ? Choisir l’une d’entre elles, indiquant
les critères utilisés pour faire la sélection.

3. Supposons que la seule approche faisable soit l’administration d’un


questionnaire. Supposons également que le questionnaire ne comporte que
10 questions. Quelles sont les questions qu’il faut poser ? Elaborer ces
questions aussi soigneusement que possible et hiérarchiser les questions
selon leur importance.

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Traduit par le Réseau nigérien de Suivi Evaluation (ReNSE), http://www.pnud.ne/rense, Mai 2003

Lectures et ressources supplémentaires

Billson. J. (2002). The Power of Focus Groups for Social and Policy Research.
Skywoord Press.

Krueger, R.A. and Casey, M.A. (2000). Focus groups (3 rd Ed.). Thousand
Oaks, CA: Sage.

Sanders, J.R. (2000). Evaluating school programs (2 nd Ed.). Thousand Oaks,


CA: Sage.

Wadsworth, Y. (1997). Do it yourself social research (2 nd Ed). St. Leonards,


NSW, Australia: Allen and Unwin.

Wadsworth, Y. (1997). Everyday evaluation on the run. St. Leonards, NSW,


Australia: Allen and Unwin.

Sites web

Evaluators’ Instruments Exchange. Online:


http://141.218.173.232:120/xchange/default.htf

Harrell, A. Evaluation Strategies for Human Services Programs: A Guide for


Policymakers and Providers. Online:
http://www.bja.evaluationwebsite.org/html/documents/evaluation_strategies
.html

Nielsen, J. (1997). The use and misuse of focus groups. Online:


http://www.useit.com/papers/focusgroups.html

The Measurement Group: Evaluation/Research Tools. Online:


http://www.themeasurementgroup.com/evalbttn.htm

W.K. Kellogg Evaluation handbook. Online:


http://www.WKKF.org/pubs/pub770.pdf

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