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Brexit

Pour faire suite au référendum britannique du 23 juin 2016, le Royaume-Uni


quittera l'Union européenne le 30 mars 2019 et deviendra un pays tiers. Le Brexit
aura notamment des répercussions sur l'activité des entreprises. Les services du
ministère de l'Économie et des Finances - dont la direction générale des
Entreprises, la Douane, la direction générale du Trésor - accompagnent les
entreprises dans les changements qui seront engendrés par le Brexit, afin qu'elles
soient prêtes.

 un terrible impact sur l'économie britannique


Quel que soit le scénario de sortie de l'Union européenne (UE), le Brexit va faire
entrer l'économie britannique dans une zone de fortes turbulences. C'est
l'avertissement lancé mercredi 28 novembre par le gouvernement anglais dans un
rapport qui souligne que l'accord négocié par Theresa May limitera, lui, les dégâts.
La Banque d’Angleterre ajoute que dans le cas de ce scénario le plus noir, le
produit intérieur brut (PIB) britannique serait amputé de 7,8 % à 10,5 % d’ici à
2024, par rapport à ce qu’il aurait été sans le Brexit. Autres indicateurs : le taux de
chômage monterait en flèche à 7,5 %, tout comme l’inflation à 6,5 %, tandis que
les prix de l’immobilier plongeraient de 30 %.
Loin de s’être effondrée subitement, l’économie britannique semble donc
davantage glisser lentement vers le déclin. Les signaux sont passés peu à peu du
vert à l’orange, voire au rouge. À commencer par le niveau de la livre sterling qui a
chuté, pénalisé ces deux dernières années par les tensions politiques autour du
Brexit. Résultat, l’immigration est en baisse (la valeur de la rémunération des
immigrés ayant diminué) et le pays fait face à une pénurie de main d’œuvre qui
impacte notamment les secteurs de la restauration, de l’agriculture et les hôpitaux.
En outre, la forte dépréciation de la livre a renchéri les importations et
mécaniquement dopé l’inflation. Laquelle a atteint des sommets fin 2017 avec des
prix à la consommation qui ont grimpé de 3% sur un an en septembre. Une
première depuis 2012. Effet collatéral: le pouvoir d’achat des ménages
britanniques s’est effrité en 2017, les salaires ayant augmenté moins vite.
En cas de « no deal », les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE
seraient en effet régies à partir du 29 mars 2019 par les seules règles de
l’Organisation mondiale du commerce (barèmes tarifaires, contingents, contrôles
douaniers). Exit la libre circulation. « Ce serait catastrophique, l’incertitude
frapperait toute notre économie », alerte Brian Hilliard, chef économiste de la
-Société générale au Royaume-Uni.

L’incertitude dans les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni,


notamment en ce qui concerne la négociation d’un futur accord commercial,
pourrait engendrer des réticences au sein du bloc européen.
Selon l’ANALYSE de POLITIQUE de to CEP, deux scénarios possibles sont
envisageables. Dans le scénario optimiste, le Royaume Uni s’arrange pour rester
membre de l’Espace Économique Européen à l’instar de la Norvège et de la Suisse,
ce qui lui permettra de conserver son accès au marché intérieur européen.
Certains analystes doutent toutefois de la capacité de cet ancien poids lourd de
l’Union à obtenir une concession aussi favorable. Le revers de la médaille serait
alors une augmentation des coûts liés au commerce pour le Royaume-Uni.
Il y a de bonnes raisons de croire à la hausse des coûts liés au commerce dans le
cadre du Brexit. On assisterait alors à une hausse des barrières tarifaires entre
l’Union Européenne et le Royaume-Uni. S’ensuivrait une augmentation des
obstacles non-tarifaires découlant des réglementations, des contrôles douaniers aux
frontières etc.

 sociale
1)Libre circulation et coordination des régimes de protection sociale : des sujets
complexes mais qui seront probablement anticipés en amontComme déjà souligné
en introduction, la première conséquence qui vient à l’esprit de la plupart des
commentateurs concerne la liberté de circulation des travailleurs et la coordination
des régimes de sécurité sociale. Quel sera le sort des millions d’expatriés exerçant
là-bas? Réciproquement, des millions de britanniques résidant sur le territoire de
l’UE ?

Trois possibilités sont à envisager :

- une réaction « douce », avec application, au Royaume-Uni, d’un régime


applicable aujourd’hui aux pays de l’Espace économique européen (EEE) qui ne
sont pas membres de l’UE (Norvège, Islande, Lichtenstein) – Ces pays bénéficient
de règlements communautaires tels que, à titre d’exemple, les règlements CE
883/2004 et CE 987/2009 qui permettent de coordonner les affiliations de sécurité
sociale et d’éviter les doubles affiliations et/ou privations de droit sociaux en cas
de détachement ou d’expatriation au sein de l’EEE ;

-une réaction « forte », avec disparition de l’ensemble des dispositifs de libre


circulation des travailleurs et de coordination des régimes de sécurité sociale – en
poussant cette logique jusqu’au bout :

- les ressortissants des États membres de l’Union européenne et du Royaume-Uni


relèveraient du droit commun de l’immigration : ils ne pourraient théoriquement
plus librement résider ni circuler d’une entité à l’autre. Des visas pourraient de
nouveau être nécessaires (quoique cela nous semble improbable), ainsi que des
permis de séjour et de travail, selon les législations de chacun des États concernés;

- il n’y aurait plus aucune coordination des régimes de sécurité sociale : les
cotisants français résidant au Royaume-Uni pourraient avoir à cotiser à la fois à la
sécurité sociale anglaise et française, et réciproquement.

-une réaction intermédiaire, plaçant le Royaume-Uni dans une situation


comparable à celle de la Suisse : participation à l’espace Schengen ou à un autre
dispositif de libre circulation négocié avec certains partenaires européens, et
négociations bilatérales sur l’ensemble des autres sujets.

 L’ACCORD DU VENDREDI SAINT


Le projet d'accord sur le Brexit et l'Accord de paix de Belfast sont menacés par les
divergences profondes affichées entre Londres et Bruxelles au sujet de la frontière
irlandaise. Le Royaume-Uni comme l'Union européenne affirment vouloir éviter le
rétablissement d'une frontière « dure » entre la province britannique d'Irlande du
Nord et la République d'Irlande voisine, membre de l'UE, après la sortie
britannique du giron européen fin mars 2019. Mais la convergence de points de
vue s'arrête là sur ce qui constituera à l'avenir la seule frontière terrestre entre le
Royaume-Uni et l'UE. Il s'agit de préserver, après le Brexit, l'accord du Vendredi
saint de 1998 ayant mis fin il y a vingt ans à trois décennies d'affrontements
sanglants entre nationalistes et unionistes nord-irlandais en renforçant les liens
entre les deux territoires.