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Géographie Mondialisation et dynamiques géographiques des territoires

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LIVRE DU PROFESSEUR
Sous la direction de Rémy Knafou
Coordinateurs pédagogiques
Serge Bourgeat
Catherine Bras

Serge Bourgeat
Agrégé de géographie, lycée Édouard Herriot, Voiron

Catherine Bras
Agrégé de géographie, lycée Édouard Herriot, Voiron

Éric Breton
Agrégé d’histoire-géographie, lycée Masséna, Nice

Thomas Goussu
Agrégé de géographie, lycée François-Couperin, Fontainebleau

Myriam Houssay-Holzschuch
Agrégée de géographie, université Joseph-Fourier, Grenoble

Rémy Knafou
Agrégé de géographie, université Paris I – Panthéon-Sorbonne

Frédéric Landy
Agrégé de géographie, université de Paris X – Nanterre-La Défense

Grégory Léonard
Certiié d’histoire-géographie, lycée Rocroy Saint-Vincent de Paul, Paris
collection Rémy Knafou

Philippe Pelletier
Professeur de géographie, université Lyon II
programme 2014
© Éditions Belin 2014
Sommaire
1 Des cartes pour comprendre le Monde 3

2 La mondialisation, fonctionnement et territoires 11

3 L’Amérique : puissance du Nord, afirmation du Sud 21

4 L’Afrique : les déis du développement 29

5 L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance 36

Fonds de carte 43
pour les cinq croquis exigibles au baccalauréat

Édition : Belin
Mise en Pages : Ariane Aubert
Cartographie : Édigraphie, Rouen
Infographie : Coredoc

Couverture : gauche : Port de Seattle (État de Washington, États-Unis)


Don Mason/Corbis
droite : Centre historique de Shanghai : rue de Nankin (Chine)
Zhou Junxiang/Imagine China/Photononstop

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© Éditions Belin, 2014 Code G0001094


chapitre
1 Des cartes pour comprendre le Monde

Programme oficiel
Thème 1 introductif – Clés de lecture d’un Monde complexe (4-5 heures)
Question Mise en œuvre
Des cartes pour comprendre le Monde – L’étude consiste à approcher la complexité du Monde par
l’interrogation et la confrontation de grilles de lectures géopo-
litiques, géoéconomiques, géoculturelles et géoenvironnemen-
tales.
– Cette étude, menée principalement à partir de cartes, est l’occa-
sion d’une rélexion critique sur les modes de représentations car-
tographiques.

Du programme au manuel
Le commentaire du programme Les choix du manuel
5 à 6 heures (évaluation comprise)
• Cette question introductive du programme poursuit
un triple objectif :
– permettre aux élèves de prendre conscience de la – Une lecture par approches croisées des (p. 12-13) montre la
complexité du Monde actuel et [la rendre intelligible à complexité des migrations humaines en introduisant les quatre
leurs yeux par l’utilisation de plusieurs grilles de lecture grilles de lecture qui seront développées dans le chapitre.
spatiale]. […]
– développer une approche critique des représentations – Quatre dossiers deux doubles pages sont consacrés à cette
cartographiques. […] approche critique des cartes : p. 16-19 (géopolitique), p. 20-23
– réléchir aux notions opérantes pour décrire le Monde (géoéconomie), p. 24-27 (géoculture), p. 28-31 (géoenvironne-
actuel, en critiquant si nécessaire certaines d’entre elles ment).
qui peuvent sembler aujourd’hui inadaptées ou trop
schématiques (exemples : Triade ; modèle centre-péri- – Les grandes notions sont présentées dès l’en-tête de chaque
phérie…). […] clé de lecture (p. 16, 20, 24, 28).

• Mobiliser plusieurs grilles de lecture pour rendre


compte de la complexité du Monde
Pour décrire et expliquer le Monde actuel, il est néces- Chaque grille de lecture bénéicie de deux doubles pages. La dé-
saire de faire appel à des approches relevant de divers marche est similaire d’une grille de lecture à l’autre.
champs géographiques. Quatre grandes grilles de lec-
tures du Monde doivent ainsi être manipulées avec les – Une double page problématisant la clé de lecture étudiée (géo-
élèves lors de l’étude de cette question. […] Ces ana- politique, géoéconomie, géoculture, géoenvironnement) :
lyses permettent de remobiliser un vocabulaire géogra- • une carte de grand format est étudiée en détail (« Une carte
phique connu des élèves : développement, développe- pour comprendre ») ;
ment durable, puissance, réseaux, mondialisation, Nord/ • une mise en relation avec d’autres documents, cartogra-
Sud, aires de civilisation… phiques ou non (« Éléments de comparaison et d’analyse ») ;
Mais elles sont aussi l’occasion de discuter certains de • un questionnement qui amène à procéder à une « Analyse cri-
ces termes à la lumière d’évolutions récentes. Par tique » ;
exemple, l’opposition Nord/Sud […] De même, le terme • un renvoi vers une synthèse de la clé de lecture sous forme de
« Triade », largement utilisé pour caractériser le Monde croquis (en in de chapitre).
des années 1990, est aujourd’hui critiquable. […]
– Un dossier portant un « regard critique » sur un aspect de l’ana-
lyse cartographique ou de la clé de lecture développée :
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• sur les conditions de création des cartes (« au service des


États » p. 18-19),
• sur leur pertinence vue leur échelle (« la carte des religions :
regard critique » p. 26-27) ou le choix de leurs igurés (« la carte
des ressources en eau : regard critique » p. 30-31),
• sur une notion que le programme demande de déconstruire
(« regard critique sur la limite Nord-Sud » p. 22-23).

Chapitre 1 : Des cartes pour comprendre le Monde 3


• Orientations pour le baccalauréat
L’analyse d’un ou deux documents (cartes, textes, images…) – Quatre analyses de documents sont proposées, per-
peut être demandée à l’examen. mettant de confronter des cartes entre elles (p. 36-37,
p. 40 et p. 41) ou à un texte (p. 38-39).

OUVERTURE DE CHAPITRE [p. 10-11] du Sud et les pays frontaliers. Le montrer aux élèves peut
servir d’introduction au programme.
Conformément au programme, l’entrée de chapitre pré-
sente deux cartes dont le but est d’interpeller l’élève. La 3. Le doc. 1 montre des migrations forcées du fait d’un
carte  1 attire l’attention moins par son centrage sur la conlit, le Darfour. Cette question nous rappelle que le
Chine que par sa typologie. Mais, logiquement, c’est sur- pays d’accueil des migrants internationaux n’est pas for-
tout la carte 2 qui risque de déstabiliser nombre d’élèves, cément un pays riche : c’est ici simplement le pays le plus
d’où le questionnement : après leur avoir fait pointer les proche de la zone de conlit.
diférences entre les deux documents, la première ques- 4. Les autres motivations sont avant tout économiques
tion porte sur la question de la « justesse » des cartes. (doc. 2), mais la dimension culturelle joue aussi un rôle :
le pays d’accueil est souvent un pays dans lequel est déjà
Réponses aux questions installée une communauté émigrée (doc. 4). La motiva-
tion environnementale est pour l’instant secondaire et
1. Les deux cartes sont deux planisphères. Ils sont cen-
son existence reste contestée (les déplacements liés sont
trés sur des espaces proches puisque tous deux mettent
avant tout à l’échelle nationale ou régionale). Certains
le Paciique au milieu de la carte. En revanche, si le Nord
estiment cependant que cette motivation va s’accroître,
est en haut du doc. 1, il est en bas sur le doc. 2. Une autre
y compris à l’échelle internationale.
diférence tient à la toponymie, mais aussi à la calligraphie
du doc. 1 : noms de mers et d’îles portant des noms difé- 5. Ces motivations peuvent se combiner, ce qui explique
rents de ceux donnés par la communauté internationale. par exemple l’attraction des États-Unis : une attraction
Aucune de ces deux cartes n’est « plus juste » que l’autre : liée à des aspects économiques, mais aussi culturels et
si le fait de mettre le Nord en haut est habituel, c’est néan- parfois politiques (réfugiés politiques).
moins une simple convention.
2. Ce planisphère dit « South up » a été créé en 1979 dans
un but symbolique par l’Australien Stuart McArthur, lassé
de toujours retrouver son pays dans un coin en bas du COURS 1 [p. 14-15]
Monde ; son succès est aussi lié à son aspect inhabituel,
qui en a fait un objet touristique. Réponses aux questions
1. La notion de développement durable recoupe toutes
les clés de lecture du programme : ce qui l’investit d’une
APPROCHES CROISÉES [p. 12-13] forte ambition et d’une aussi forte contradiction. Autre-
ment dit, comme cela aura été montré en classe de 2de,
Cette double page a pour but de montrer qu’aborder le développement durable ne peut se réduire à la seule
un phénomène géographique (ici les migrations), c’est prise en compte de l’environnement.
souvent combiner les quatre clés de lecture qui feront
2. Exemples de mondialisation dans l’ordre du poli-
l’objet du chapitre et de tout le programme. Par ailleurs,
tique : les interventions des forces onusiennes, le tribu-
le questionnement amène les élèves à réaliser une étude
nal pénal international de La Haye, les balbutiements
critique de la carte. C’est donc l’occasion pour l’ensei-
du « droit d’ingérence », etc. Pour la clé économique :
gnant de sensibiliser les élèves au travail qui sera mené
les grands marchés planétaires, avec des stratégies
par la suite.
mondiales (exemple : le marché de la banane, premier
fruit produit et commercialisé dans le monde, avec en
Réponses aux questions mars 2014, la fusion entre le groupe américain Chiquita
1. Les motivations des migrants ne sont pas mention- Brands International et son concurrent irlandais Fyfes,
nées. donnant naissance au n° 1 mondial de la banane avec
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un chifre d’afaires cumulé de 4,6 milliards de dollars).


2. C’est un système migratoire car la plupart des émigrés
Clé culturelle : la poupée Barbie, créée aux États-Unis
indiens vont vers le Golfe tandis que la plupart des immi-
en 1959 par le groupe Mattel, se vend au rythme de
grés du Golfe sont partis du sous-continent indien. Les
2,5 par seconde, soit 80 millions par an. Le cap du mil-
relations sont donc nombreuses entre ces deux régions.
liard de poupées vendues a été franchi en 1997, pour
D’autres systèmes migratoires sont par exemple visibles
une poupée qui n’a cessé de diversiier ses apparences
entre les États-Unis et l’Amérique latine, ou entre l’Afrique
ethniques.

4
Clé environnementale : le WWF (Fonds mondial pour la 5. Cette position ne semble pas tenir compte de l’im-
nature), ONG créée en 1961 en Suisse et qui compte plus mensité de ses réserves pétrolières (10 % des réserves
de 5 millions de volontaires. mondiales de pétrole prouvées et 15 % des réserves de
3. Ces deux modes de projection ofrent des visions très gaz), qui lui assurent une autonomie énergétique et des
diférentes. L’Amérique du Nord semble plus petite avec revenus liés pour plusieurs siècles. Mais il est vrai que
la projection de Mollweide car d’une façon générale la cela ne l’empêche pas de s’intéresser aux énergies alter-
natives (centrale géothermique, centrale solaire, parc
projection de Mercator, qui ne respecte pas les surfaces,
éolien, etc.).
agrandit les zones polaires.
4. L’IDH à l’échelle du Brésil montre les contrastes les plus 6. Le doc. 1 ne présente toutefois qu’une vision très par-
tielle des éléments d’instabilité du Monde, en particulier
forts, entre les régions les plus pauvres du Nordeste et
les conlits régionaux, les zones grises et les réseaux trans-
du bassin amazonien (État d’Amazonas, en particulier) et
nationaux.
certains districts urbains du Sudeste (São Paulo, Rio de
Janeiro) et, pour le plus étendu, de Brasilia. À l’échelle de
la plus grande ville du pays (11 millions d’habitants dans
la municipalité centrale, représentée ici), les contrastes
s’organisent selon un modèle centre-périphérie. DOSSIER [p. 18-19]

➜ Choix de la problématique
Par ce dossier, il s’agit de privilégier une approche cri-
CLÉ DE LECTURE GÉOPOLITIQUE [p. 16-17] tique des cartes – à diférentes échelles –, en montrant
Cette double page doit permettre de construire une grille comment elles sont des instruments au service des États,
de lecture géopolitique du Monde. L’angle retenu est ce- en particulier de leurs intérêts stratégiques ou de leurs
lui des États et de leur rôle dans les équilibres mondiaux. revendications territoriales ; elles sont porteuses d’une
On aborde ainsi les États dans l’expression de leur puis- vision du Monde.
sance, dans leurs alliances et leurs rapports d’inluence.
La question de leur rôle est posée par le dossier avec Réponses aux questions
l’identiication d’autres formes d’organisations politiques 1. Pour les États, la question de la propriété du Mont
internationales qui peuvent les concurrencer, mais qui Blanc est purement symbolique (le prestige du « sommet
comptent elles-mêmes des limites (doc.  4, sur les inter- de l’Europe »), au moins occidentale. Pour les communes,
ventions des Casques bleus de l’ONU). La grille de lecture l’enjeu est à la fois symbolique (entre des communes
géopolitique pourra utilement être mise en relation avec voisines qui ont entretenu une compétition depuis plu-
la grille géoéconomique pour mettre en valeur un Monde sieurs siècles) et, de plus en plus, économique, le Mont
polycentrique, en soulignant la montée en puissance des Blanc étant un marqueur touristique de première impor-
émergents (revendications d’un siège de membre perma- tance. Une recherche sur Internet permet d’apprendre
nent au Conseil de sécurité des Nations unies…). que, depuis 1924, Chamonix a obtenu du Conseil d’État
le droit de s’appeler « Chamonix-Mont Blanc », alors que
Réponses aux questions Saint-Gervais, copropriétaire du Mont Blanc et sur le ter-
ritoire de laquelle passe l’itinéraire le plus utilisé pour ac-
1 et 2. Le planisphère est emblématique de la clé de lec-
céder au sommet se nomme « Saint-Gervais-les-Bains ».
ture géopolitique. On distingue les grandes puissances
militaires nucléaires, mais on souligne également l’aug- 2. L’Amazonie bleue, concept inventé par les militaires
mentation du nombre d’États nucléaires (comme Israël, brésiliens à la in des années 2000, couvre 4,5 millions
l’Inde…) qu’ils soient signataires ou non du traité de non- de km2 et englobe les eaux territoriales, la zone écono-
prolifération, et illustration de « la dérive » du nucléaire mique exclusive et le plateau continental revendiqué
militaire et de la diiculté pour les grandes puissances par le Brésil. Ce concept est lié à la découverte d’im-
de contrôler à l’échelle mondiale, malgré la mise en place menses gisements d’hydrocarbures à très grande pro-
d’instances internationales et les traités (TNP). Mise en fondeur au large de Rio. D’importants moyens ont été
relation avec le doc. 2, la carte montre la force des États, dédiés à ce concept par le Brésil (constructions navales,
et la hiérarchie des puissances : puissances établies et porte-avions et sous-marins) qui traduisent bien l’ambi-
reconnues, importance des États-Unis, grands États de tion du Brésil de s’airmer comme puissance dans un
l’UE mais également émergents revendiquant un rôle Monde polycentrique.
politique mondial à travers leur souhait de plus en plus 3. Les cartes sont mises au service des revendications des
airmé d’une place de membre permanent au sein du États en ce qu’elles contribuent, par les images qu’elles
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Conseil de sécurité des Nations unies. véhiculent, à fabriquer des représentations ; ainsi de l’ap-
3 et 4. Le doc. 1 peut être utilement confronté aux docu- propriation d’un territoire maritime par le Brésil, de l’ex-Sa-
hara espagnol par le Maroc au nom de droits historiques
ments de la double page, notamment complété avec la
(cet exemple constitue une passerelle intéressante pour
carte des alliances militaires. On peut ainsi poser la ques-
l’étude de cas consacrée au Sahara dans le chapitre 4).
tion des moyens de la sécurité internationale, à travers
les alliances et le rôle de l’ONU qui peine à organiser une 4. Selon les échelles et le contexte, les enjeux territoriaux
gouvernance mondiale. sont très diférents :

Chapitre 1 : Des cartes pour comprendre le Monde 5


– à l’échelle locale, comme à Abidjan, toutes les villes ont est sa validité alors que l’émergence de certains pays est
désormais besoin d’une cartographie précise permettant patente et que la Chine est devenue la deuxième puis-
à la fois de gérer leur développement, gérer l’entretien sance mondiale ? Ce dossier part de deux cartes tirées de
des réseaux et établir juridiquement la propriété du sol ; manuels scolaires qui montrent que la notion de limite
– l’échelle du Mont Blanc est à la fois locale et interna- Nord-Sud est évolutive et relative.
tionale, essentiellement d’ordre symbolique (cf. supra,
question 1) ; Réponses aux questions
– Le Brésil, qui n’a qu’une seule façade maritime (cf. cha-
pitre  3) et souhaite s’airmer comme une puissance à
1. L’idée de cartographier la limite Nord-Sud date des
années 1980. Ce n’est en rien contradictoire avec le
l’échelle du continent et à l’échelle mondiale, étend ses am-
doc. 1a qui date de 1989 mais qui donne une vision a
bitions en mer, principalement en raison de la présence de
posteriori de ce qu’était la diférence entre le Nord et le
gisements d’hydrocarbures ; la carte et le concept d’Amazo-
Sud au début des années 1950.
nie bleue sont au service ce projet national ;
– sur la carte oicielle du Maroc, la question du Sahara 2. La confusion – à ne pas faire – est de confondre Nord et
occidental n’est pas décelable, alors que sur le terrain, Sud du point de vue économique avec hémisphère nord
l’État marocain fait de très gros eforts pour intégrer ce et hémisphère sud (L’Australie est un pays du « Nord »
territoire au reste du pays (cf. chapitre 4, doc. 10 p. 125). situé dans l’hémisphère sud).
3. La limite de l’IDH ne recoupe pas totalement la limite
Nord-Sud. Certains pays du Sud ont un IDH aussi élevé
CLÉ DE LECTURE GÉOÉCONOMIE [p. 20-21] que les pays du Nord (par exemple l’essentiel de l’Amé-
rique latine ou l’Arabie saoudite en comparaison avec la
Cette double page est à la fois un moyen de mener Russie).
une étude critique d’une carte « classique », celle des
échanges de marchandises dans le Monde, mais aussi 4. Certaines régions de Chine ont un IDH très élevé (com-
une introduction au programme sur la mondialisation parable à celui de l’Europe) alors que d’autres ont un IDH
(un monde en réseau étudié au travers de la clé de lec- très faible. La notion de limite Nord-Sud doit donc être
ture géoéconomique). Ce dossier est enin l’occasion de nuancée : découpage du Monde à l’échelle des États, il ne
réléchir à certaines notions, dont celle de Triade (une montre pas les diférences régionales.
notion que le programme demande de déconstruire…).

Réponses aux questions CLÉ DE LECTURE GÉOCULTURE [p. 24-25]


1. L’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie-Paciique. Cette double page sur la clé de lecture géoculturelle du
2. Toutes les parties du Monde sont reliées entre elles : Monde s’organise autour de la problématique mondiali-
c’est donc un Monde en réseau. Il existe encore toute- sation/diversité culturelle. L’approche par la géographie
fois trois centres (une Triade élargie) et des périphéries : des langues dans le Monde a été privilégiée. La langue
Afrique, Amérique du Sud… est à la fois une composante de l’identité et de la nation,
un facteur de résistance aux volontés hégémoniques,
3. Les pays ayant les plus forts PIB sont au cœur des ainsi qu’un élément d’inluence extérieure. L’extension
échanges mondiaux. Ceux ayant les plus faibles PIB cor- d’une langue au plan mondial illustre le rayonnement du
respondent aux périphéries évoquées plus haut. Quand pays d’origine.
on regarde le PIB/habitant, des nuances apparaissent : par
exemple, l’Inde et la Chine ont de faibles PIB/habitant mais
Réponses aux questions
un fort PIB global et sont très ancrés dans la mondialisation.
1 et 2. Les langues utilisées hors de leur pays d’origine
4. La notion de Triade est une notion datée, conçue avant
sont peu nombreuses et ce fait doit être relié aux héri-
la croissance de la Chine, mais aussi d’autres pays (pays
tages historiques, notamment celui des empires colo-
émergents).
niaux. Les cinq langues les plus répandues (sur les 6 000
5. Le doc.  1 donne une idée incomplète de la mise en que l’Unesco dénombre) sont parlées par la moitié de
réseau du Monde pour deux raisons. Le découpage en l’humanité.
grandes régions (Asie-Paciique) ne permet pas d’arriver
3. Le cinéma et l’Internet sont des vecteurs puissants de
à une analyse assez ine. Par ailleurs, il ne concerne que
l’expansion des langues. On soulignera l’importance de
les échanges et n’intègre ni le poids de chaque pays (PIB),
l’Asie comme gros producteur de ilms.
ni son inluence : membres du G20 (doc. 4) non igurés,
attractivité pour les IDE non mentionnée… 4. La photographie doit amener à nuancer sérieusement
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le thème rebattu de l’homogénéisation et/ou l’occidenta-


lisation des cultures. Les identités culturelles, maintenues,
réairmées ou retrouvées, la promotion des patrimoines
DOSSIER [p. 22-23]
locaux, régionaux ou nationaux participent de cette dyna-
➜ Choix de la problématique mique souvent négligée.
La traditionnelle limite Nord-Sud est une des notions 5. On peut s’interroger sur le caractère partiel de la
que le programme demande de déconstruire. Quelle carte, qui n’est pas fondée sur le nombre de locuteurs

6
mais représente l’usage oiciel de la langue. La carte ne des éléments quantitatifs, tels que le nombre d’adeptes
montre pas le phénomène de globalisation qui accen- ou à des indicateurs démographiques.
tue l’avantage comparatif de l’anglo-américain (dans sa L’animisme apparaît ainsi avec une immense empreinte
forme simpliiée) devenue la langue de la globalisation, spatiale qui peut laisser supposer que ces croyances se-
des médias, des afaires et de la culture mondialisée, raient les plus répandues sur la planète, alors qu’elles ne
expression de la culture dominante et vecteur de son correspondent quantitativement qu’à une très faible part
inluence. Elle ne montre pas non plus que d’autres lan- de l’humanité.
gues sont langues de communication internationale La carte de l’islam identiie une aire islamique sous l’uni-
(ainsi le français malgré sa perte de statut de langue formité d’une couleur unique (le vert) dans une simplii-
dominante, qui demeure avec cinq autres langues, dont cation qui pose problème. On mettra cette question en
l’arabe et le chinois, pourvue d’un grand nombre de relation avec le deuxième paragraphe du doc. 2.
locuteurs, l’une des langues oicielles de l’ONU). Enin 4. Le doc.  4 qui relève de choix cartographiques difé-
le planisphère ne rend pas compte de l’existence de lan- rents, est partiellement produite par un institut améri-
gues non oicielles, aux échelles régionales. cain de sondage d’opinions (Gallup Poll, pour le premier
critère : le sentiment religieux). Elle complète le doc. 1 en
le nuançant par la prise en compte de l’intensité du sen-
DOSSIER [p. 26-27] timent religieux des populations d’une part, l’identiica-
tion du lien entre politique et religion (religions d’État).
➜ Choix de la problématique
Elle distingue au croisement de ces deux critères l’islam,
Le dossier consacré à la carte des religions vise princi- dont la dynamique est importante.
palement à répondre à l’un des objectifs ixé par le pro-
gramme, celui de porter un regard critique sur la repré-
sentation cartographique des phénomènes. Les cartes
des religions constituent un excellent exemple des CLÉ DE LECTURE GÉOENVIRONNEMENT [p. 28-29]
limites des représentations cartographiques et de la pru- Cette double page est à la fois conçue comme un moyen
dence avec laquelle il convient de les aborder. de mener une étude critique d’une carte connue (celle
des émissions de CO2 dans le Monde), mais aussi comme
Réponses aux questions une introduction au programme. La notion de dévelop-
1. Le titre de la carte appelle à prendre l’article « une » en pement durable prend de plus en plus en compte les
considération. En efet, cette carte des religions dans le données environnementales ; la question du réchaufe-
Monde est une parmi d’autres possibles et existantes, à ment climatique, lié aux émissions de gaz à efet de serre,
l’image de la sélection de planisphères dans le dossier. est au cœur des préoccupations. Pourtant cette question
pose aussi celle de la gouvernance mondiale et du rôle
2. Le texte rappelle les diicultés à cartographier les d’États qui freinent parfois cette gouvernance.
religions, « On ne peut les cartographier que par l’inter-
médiaire de leurs adeptes ou par celui des pays dont ils
Réponses aux questions
sont ressortissants » ce qui conduit à représenter les re-
ligions par de grandes plages de couleurs. Cette carto- 1. Les données sont cartographiées à la fois en valeur
graphie qui englobe toute la population d’un État dans absolue par des cercles de taille proportionnelle et en va-
une religion (ou deux) ne permet pas de distinguer la leur relative par des aplats de couleur. Par ailleurs, la carte
réalité de la pratique religieuse de la population, en montre aussi les États signataires des accords de Kyoto.
particulier l’athéisme d’une partie de cette population, 2. Ces émissions ne sont pas proportionnelles à la popu-
a fortiori dans le cas des sociétés fortement sécularisées lation : les États-Unis sont un des plus gros producteurs
du Monde occidental, ou la prise en compte de spiri- de CO2 alors que leur population est presque trois fois
tualités nouvelles. Par ailleurs, les cartes des religions moindre que celle de l’Inde qui n’est que le 4e ou 5e pro-
ne tiennent pas compte des diférences de peuplement ducteur mondial.
et déforment les empreintes religieuses. Il conviendrait
de raisonner à l’échelle des régions habitées et non à 3. Transport, industrie, agriculture et services sont res-
celle des États pour la cartographie des religions. Enin ponsables de 85 % environ de la production de gaz à
cette cartographie masque les dynamiques religieuses. efet de serre en France. Il aurait été possible de les car-
À cet égard, l’islam se superpose aux autres grandes tographier sur le doc. 1 en remplissant chaque cercle de
aires religieuses (chrétienne, hindoue, bouddhiste et pays de la même façon que le pour le doc. 2.
confucéenne) et la carte n’en fait pas mention. 4. Les modiications climatiques liées aux émissions de
3. Ces cartes tirées de l’émission et de l’atlas du « Dessous gaz à efet de serre seraient accentuées par une augmen-
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des cartes » présentent des igurés par plages colorées (on tation de la population : celle-ci se traduira par exemple
notera le choix peu conventionnel de la couleur marron par une plus forte consommation en énergie.
pour les océans) ; la carte du judaïsme privilégie des igurés 5. La prise en compte des déis environnementaux liés
ponctuels, qui correspondent aux grandes villes-Monde et à l’énergie se traduit à la fois pour certains par une aug-
à l’État d’Israël. mentation de la production d’énergie nucléaire et parfois
La cartographie proposée par le doc. 3 présente de nom- par un refus d’accords contraignants (refus par les États-
breuses limites, en particulier celle de ne pas être reliés à Unis et la Chine de rénover le protocole de Kyoto).

Chapitre 1 : Des cartes pour comprendre le Monde 7


6. Le doc. 1 ne donne qu’une vision très incomplète de la CARTES [p. 32-33]
question des gaz à efets de serre : il ne permet pas de voir
les causes d’émission (doc. 2), ni la volonté des États de lut- Les quatre croquis proposés dans cette double page
ter ou non, contre le phénomène. Par ailleurs, il ne permet reprennent les quatre clés de lecture du chapitre. Ils ont
pas de voir l’évolution de ce phénomène du fait de l’aug- été construits à partir des études de cartes des p. 16, 20,
mentation prévisible de la population mondiale (doc. 5). 24 et 28 dont ils constituent la synthèse cartographique.
L’enseignant peut se baser sur ces représentations car-
tographiques pour montrer aux élèves les étapes de la
construction du croquis de synthèse du chapitre (« La
DOSSIER [p. 30-31] complexité de l’organisation de l’espace mondial actuel »,
p. 35), non exigible au baccalauréat.
➜ Choix de la problématique
Outre le fait d’étudier la répartition de la disponibilité Réponses aux questions
en eau dans le Monde, le but du dossier est surtout de
réaliser une étude critique de sa représentation carto- 1. L’Asie occidentale (du Moyen-Orient à l’Afghanistan et
graphique : étude de deux documents comparables mais au Nord du Pakistan) concentre les principaux foyers de
diférents (doc. 1 et 3), lacunes dans la carte de base… tensions, suivie par les zones grises africaines de l’inté-
rieur du continent africain et de la Somalie. En dehors
de ces espaces, deux frontières cristallisent une tension
Réponses aux questions diférente : une tension armée entre les deux Corées, de-
1. La disponibilité en eau douce est très inégale : dans puis la guerre qui les afecta (1950-1953), et une tension
certains pays, cette ressource est jusqu’à 40  fois plus autour de l’immigration illégale entre les États-Unis et le
abondante (Canada, Brésil…) que dans d’autres, où elle Mexique.
est rare : Moyen-Orient, Afrique noire, mais aussi Chine.
2. C’est principalement en Asie que cette vieille limite est
Les données climatiques ne sont pas les seules respon-
remise en cause, dans la Chine littorale comme en Malai-
sables puisque la carte montre une disponibilité par
sie, dans les États du Golfe, etc.
habitant. Une forte population entraîne donc une plus
faible disponibilité par habitant (ce qui explique les cas 3. À côté de nombreuses spéciicités qui demeurent ou
de l’Inde ou de la Chine sur la carte). se renforcent, des signes d’une progressive uniformisa-
tion culturelle du Monde sont liés à la difusion d’Internet
2. Le doc. 3 part des mêmes sources et de la même année,
comme au fonctionnement des métropoles mondiales,
mais propose des seuils diférents pour les fortes disponi-
lieux de métissage.
bilités en eau. Par ailleurs, le choix des couleurs est difé-
rent (majorité de bleus en doc. 3) et les termes utilisés ne 4. Une partie des préoccupations environnementales se
sont pas tout à fait les mêmes (par exemple « pénurie » au place à l’échelle planétaire (les émissions de CO2, la défo-
lieu de « pénurie chronique »). La conséquence est que restation partiellement liée aux besoins d’un marché du
si les deux cartes sont « justes », la seconde donne une bois international, l’exploitation des énergies fossiles, etc.).
impression plus alarmiste de la situation.
3. L’accès à l’eau potable est sensiblement diférent. Par
exemple en Afrique noire, cet accès est moindre par rap- BAC MÉTHODE [p. 36-39]
port aux disponibilités potentielles. Une telle diférence
est à relier au problème de la pauvreté : l’accès à des sys- Pages 36-37 : Analyse de documents
tèmes d’adduction d’eau potable est en efet impossible Sujet – Des cartes pour discuter la notion de Triade
pour les populations les plus pauvres. Le but de l’exercice est de comparer deux cartes du
4. La question de l’eau pose donc le problème de sa qua- même phénomène à des dates diférentes. Il est aussi de
lité : eau prise à la rivière (doc. 2), eau du réseau (doc. 4 et remettre en cause le concept daté de Triade : parler de
5). Au Burkina Faso, malgré des progrès dans la construc- nos jours de Triade suppose en efet de ne pas prendre
tion des réseaux d’eau potable, les problèmes de gestion en compte l’émergence de la Chine. C’est pour cette rai-
de ce réseau sont nombreux et, de toute façon, l’eau est son que le manuel préfère parler de « Nouvelle Triade »
inaccessible aux populations les plus pauvres. (p. 21 par exemple) ou, plus tard dans l’année, d’« aires de
la puissance » (p. 72 par exemple).
5. La question de l’eau est centrale dans la probléma-
tique du développement durable car elle pose à la fois 1. La notion de Triade (une aire de puissance qui com-
la question environnementale et celle du coût du traite- prendrait les États-Unis, l’Europe de l’Ouest – ou l’Union
ment et de la distribution de l’eau, et donc la question européenne selon les versions – et le Japon et la Corée
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sociale (pauvreté). du Sud).


6. Le doc. 1 est insuisant pour dégager les déis à rele- 2. Le phénomène cartographié est la répartition des ser-
ver car il ne mentionne ni les questions de la disponibi- veurs-hôtes, c’est-à-dire des ordinateurs qui hébergent
lité en eau potable ni ceux liés de la pauvreté. Il ne traite des données et des ichiers, et qui gèrent les requêtes
pas non plus de l’augmentation de la population : adduc- provenant des navigateurs des internautes. Indirec-
tions supplémentaires à créer, risque de conlits pour tement, ces cartes montrent donc l’importance de la
l’accès à la ressource. connexion à Internet par pays.

8
3. 2001 et 2010, ce qui nous permet de voir une évolu- (PED). Les pays acheteurs sont plus diversiiés : grandes
tion. puissances du Nord comme les États-Unis, puissances
émergentes comme la Chine. Ce dernier pays est dans
4. Les igurés sont de même nature (cercles proportion-
une situation particulière car elle est à fois le premier
nels). Toutefois, les seuils sont diférents : dans le doc. 1,
acheteur de terres et un pays qui en vend.
les pays n’en ayant qu’une dizaine de milliers sont carto-
graphiés. L’Afrique a donc globalement progressé entre 5. Le rythme s’intensiie depuis 2007-2008. Les causes
2001 et 2010 même si cela n’apparaît pas évident dans en sont la lambée des prix de l’alimentaire, elle-même
le doc. 2. liée au manque de terres, et du faible coût de la main-
d’œuvre dans certains pays. Les conséquences sont un
5. Ce qui est cartographié est utile pour comprendre la
accroissement de la mondialisation, des transferts de
notion de Triade car le nombre de serveurs Internet est
technologie, la création d’infrastructures, mais aussi
révélateur d’une certaine puissance économique mais
une sécurité alimentaire moindre pour les pays ven-
aussi culturelle.
deurs, des conséquences sociales nombreuses… Les
6. Entre 2001 et 2010, le nombre de serveurs a considé- aspects environnementaux de la mondialisation fon-
rablement augmenté : il y en a souvent de 3 à 4 fois plus cière apparaissent indirectement, en tant que déis (à
en fonction des pays… et ce, même dans les pays très la in du texte).
connectés dès 2001.
6. Les régions fertiles des pays en développement, no-
7. Le poids des États de la Triade reste stable durant ces tamment en Afrique subsaharienne… ce qui est conir-
dix ans (70 % des connexions mondiales). mé par le doc. 1.
8. Le nombre de serveurs a augmenté dans de nombreux 7. Du fait des choix cartographique opérés par le doc. 1
pays, et notamment dans les pays émergents comme et la sélection d’informations du doc. 2, les aspects géo-
l’Afrique du Sud ou l’Argentine. Dans ce dernier pays, il a politiques apparaissent très peu.
été multiplié par 100.
9. Le classement des idées dans le plan suggéré :
I. Intérêt et limites des documents pour le sujet BAC SUJETS [p. 40-41]
– des précautions à prendre dans la lecture des planis-
Les deux exercices d’analyse de documents amènent à
phères
une confrontation de deux cartes, soit en termes de com-
– des documents qui permettent de voir une évolution
plémentarité (p.  40), soit en termes de représentation
– Internet, un révélateur de l’intégration des États à la
sémiologique diférente (p.  41). Ces études permettent
mondialisation économique, culturelle et politique
de mobiliser les méthodes travaillées dans ce chapitre
II. Un poids encore important des États de la Triade… (p. 36 à 39), principalement lors de l’analyse de cartes sur
– la domination des États-Unis la notion de Triade (p. 36).
– les deux autres pôles de la Triade
III. … mais un Monde devenu multipolaire Page 40 : Composition
– une augmentation généralisée des serveurs Internet, y
compris dans les États les moins développés
Sujet – Des cartes pour comprendre la mondialisa-
tion du sport
– l’émergence de nouvelles puissances
Pourquoi ce sujet ? Car le football, activité mondialisée
par excellence, croise les clés de lecture géoculturelle et
Pages 38-39 : Analyse de documents géoéconomique, voire géopolitique. Le sujet permet de
Sujet – Un aspect de la mondialisation : les achats de réactiver les grilles de lecture centre-périphérie et Nord-
terres à l’étranger Sud, mais aussi la notion de réseau. De plus, le sujet com-
Le but de cette double page est d’étudier un aspect de plète et aine la carte des migrations de la p. 12-13.
la mondialisation économique : celui des achats de terre Pourquoi ces documents ? Car les deux documents se
(« land grabbing »). Il est aussi de porter un regard critique complètent tout en s’opposant graphiquement. Le pre-
sur une carte complexe. mier est très riche et concerne les footballeurs de cinq
1. Le sujet porte sur le problème des achats ou des loca- pays, le second assez pauvre est centré sur la France. On
tions de terres à l’étranger. pourra actualiser ce document d’année en année, l’Obser-
vatoire des footballeurs professionnels actualisant cette
2. Il est ici question des grilles de lecture géoécono-
carte régulièrement (www.football-observatory.com/).
mique, mais aussi géopolitique et géoenvironnementale.
Ce sujet est aussi un moment utile pour la révision du
3. Ce sont des documents relativement récents : le chapitre, car il permet de demander aux élèves de regar-
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premier est une carte issue d’un article du Monde der d’autres cartes du manuel (cf. point 3 de l’aide).
d’avril  2012, le second est un article de presse publié Quels pré-requis ? Il s’agit notamment de pré-requis
dans La Croix en mars 2010. en histoire (les joueurs français viennent en partie de
4. Les pays concernés par les ventes sont avant tout l’ancien empire colonial, et l’Afrique de l’Ouest est par
situés en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud-Est. exemple surreprésentée par rapport à l’Afrique de l’Est)
Mais on recense aussi le Brésil, l’Argentine et l’Ukraine. Ce et, plus précisément, en histoire du sport (rôle historique
sont donc pour la plupart des pays en développement de certains pays comme le Brésil par rapport à l’histoire

Chapitre 1 : Des cartes pour comprendre le Monde 9


du football et du rôle de l’Europe de l’Ouest dans la mon- de dollars pour la première carte). Par quel système de
dialisation du football…). igurés ? Cette étape franchie, on posera la question de la
lecture (l’impression donnée par chaque carte) puis celle
de l’idéologie sous-jacente  (cf. point  4 de l’aide) : dans
Page 41 : Analyse d’un document
quel but a été construite cette carte ?
Sujet – Une clé de lecture géoéconomique : le PIB
Pourquoi ce sujet et ces documents ? Car le sujet propose
deux représentations du même phénomène et donc per-
met une rélexion méthodologique sur les types de igu- Bibliographie
rés : qu’est-ce qu’une « bonne » carte ? Pourquoi choisir P. BAUD, S. BOURGEAT, C. BRAS, Dictionnaire de géographie
des igurés ponctuels ou des igurés de surface ? (articles « carte », « géopolitique »…), Hatier, 2008.
Quels pré-requis ? Sur le fond, les analyses faites sur la P. BONIFACE, H. VÉDRINE, Atlas du monde global, Armand Co-
grille de lecture géoéconomique (p.  26-27) et surtout lin-Fayard, 2010.
les quatre dossiers consacrés à l’analyse critique de M. FOUCHER, Les nouveaux (dés)équilibres mondiaux, La Do-
cartes (p. 22-23, mais aussi p. 18-19, 26-27, 30-31). L’élève cumentation photographique, n° 8072, 2009.
devra aussi se reporter au tableau des igurés cartogra- M. FOUCHER, La bataille des cartes. Analyse critique des vi-
phiques, situé sur le rabat arrière de la couverture du sions du monde, F. Bourin Éditeur, 2011.
manuel. C. GRATALOUP, Représenter le monde, La Documentation
Quelle analyse ? Pour l’élève, l’analyse peut être dans un photographique, n° 8084, 2011.
premier temps purement méthodologique : quels seuils J. LÉVY, P. PONCET, E. TRICOIRE, La carte, enjeu contemporain, La
sont représentés ? (une limite maximale à 1 000 milliards Documentation photographique, n° 8036, 2003.
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10
chapitre
2 La mondialisation,
fonctionnement et territoires
Programme oficiel
Thème 2– Les dynamiques de la mondialisation (8-9 heures)
Question Mise en œuvre
La mondialisation, fonctionnement – Un produit mondialisé (étude de cas)
et territoires – Acteurs, lux et débats
– Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
– Les espaces maritimes : approche géostratégique

Du programme au manuel
Le commentaire du programme Les choix du manuel
8-9 heures (évaluation comprise)
• Le thème ne comprend qu’une seule question « La mondiali-
sation, fonctionnement et territoires », déclinée en quatre
items qui doivent être mis en relation pour décrire et expliquer
les dynamiques de la mondialisation.
Il est à noter que l’approche, plus synthétique qu’en Terminales Comme étude de cas d’un produit mondialisé, l’iPhone a
L, ES, a pour efet positif de relier plus directement ces dyna- été retenu (p. 50-51) : à la fois parce qu’il constitue un ob-
miques aux territoires : on y gagnera à la fois du temps et de la jet que tous les élèves connaissent et que sa production
cohérence. illustre on ne peut mieux les processus de la mondialisa-
Le « produit mondialisé » (étude de cas) est une entrée perti- tion.
nente pour aborder à la fois le fonctionnement et les territoires – Les deux pages de cartes (p. 50-51) présentent des lux
de la mondialisation, à partir de laquelle peuvent se développer fondamentaux, de diférente nature.
les principales problématiques retenues dans le manuel : – Les grandes notions sont examinées dans les quatre
– en quoi le processus de mondialisation se renforce-t-il ? cours.
– quels sont les acteurs impliqués dans le processus de mon- – Trois dossiers permettent d’approfondir certaines ap-
dialisation ? proches : Shanghai en tant que ville mondiale ; les Anda-
– quels sont les efets de la mondialisation sur les diférents man comme exemple désormais rarissime de territoire
types d’espaces ? réellement en marge de la mondialisation, et les détroits
– En quoi la mondialisation a-t-elle accru l’importance géostra- de Malacca et de Singapour comme enjeux géostraté-
tégique des espaces maritimes ? giques de première importance.
– Quelles sont les remises en cause de la mondialisation ?

• Orientations pour le baccalauréat


Sujets de composition envisageables : – Deux des compositions sont proposées (p. 78 et p. 79).
– La mondialisation : acteurs, lux et débats La rélexion porte notamment sur l’organisation des idées.
– En vous appuyant sur le cas du produit mondialisé étudié en Pour la première, l’élève peut s’appuyer sur la synthèse de
classe, présentez les acteurs et les lux de la mondialisation l’étude du cas de l’iPhone (p. 48-49).
– Des territoires inégalement intégrés dans la mondialisation
(espaces maritimes compris)

Deux croquis peuvent être demandés : – Les croquis sont réalisés p. 74-75 et p. 76-77. Le travail
– Pôles et lux de la mondialisation proposé à l’élève porte sur le choix des igurés et la dé-
– Une inégale intégration des territoires dans la mondialisation marche d’ensemble pour la réalisation d’un croquis.
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L’analyse d’un ou deux documents (cartes, textes, images, – Cinq analyses d’un ou de deux documents amènent à tra-
etc.) peut être demandée à l’examen. vailler sur des documents de nature variée (carte, gra-
phique, texte et aiche), p. 80-81, p. 82, p. 83, p. 84 et p. 85.

NB. Huit schémas, pouvant être intégrés aux compositions


ou aider à la réalisation des croquis, sont réalisés (p. 48 et
p. 73).

Chapitre 2 : La mondialisation, fonctionnement et territoires 11


Two International Finance Center
Hong Kong (Chine)

Tours Petronas
Chrystler Building Kuala Lumpur (Malaisie) Taipei 101
New York (États-Unis) Taipei (Taïwan)

Perle de l’Orient Tour Jinmao


Shanghai (Chine)
Shanghai (Chine)

Yokohama Landmark Tower


Yokohama (Japon)
One Worldwide Plaza
New York (États-Unis)

Arche de La Défense Transamerica Pyramid


Paris (France) San Francisco (États-Unis)
New York Stock Exchange
Bourse de Wall Street, 30. St Mary Axe
New York (États-Unis) Londres (Royaume-Uni)

OUVERTURE DE CHAPITRE [p. 42-43] ÉTUDE DE CAS [p. 44-47]


Les deux documents présentent un type majeur de lux Le programme prévoit une étude de cas consacrée à un
et une représentation la plus symbolique de la mondia- « produit mondialisé » ; la iche ressources (en Terminales
lisation : l’un des principaux ports mondiaux de conte- L-ES), qui parle de « produit mondialisé » le déinit ainsi :
neurs, Singapour, et une image composée constituée « … un produit mondialisé est un produit élaboré dont les
des gratte-ciel les plus célèbres de la planète. Le navire étapes de fabrication, d’assemblage, d’acheminement, de
photographié est lui-même très représentatif du fonc- distribution et de consommation relètent l’intégration des
tionnement de la mondialisation : propriété d’un arma- acteurs économiques mondiaux et révèlent la complexité
teur de Hong Kong, il assure la liaison entre la Chine et des liens économiques qui unissent diférentes parties du
l’Europe (via la Méditerranée), avant de poursuivre son Monde. C’est un produit qui fait l’objet d’une distribution
tour du Monde vers les États-Unis. massive sur les marchés du Monde. Il convient de retenir un
produit qui permette l’analyse d’un système spatialisable,
Réponses aux questions intégrant des territoires et des acteurs très diversiiés à
l’échelle de la planète, cette analyse pouvant déboucher
1. Outil de transport normalisé permettant de passer sur la réalisation d’un schéma. L’enjeu est d’identiier des
d’un mode à un autre, le conteneur est à la fois le sym-
territoires distincts (des métropoles comme siège de grande
bole et un facteur décisif de la mondialisation, à travers
entreprise et lieux de décision, des centres de production,
principalement l’essor des transports maritimes. Dans
des circuits et lieux de difusion…), et des types d’acteurs
ces conditions, il n’est pas étonnant de savoir que la
(privés et publics, étatiques ou locaux) qui déploient des
Chine détient à elle seule le quart du traic des ports à
stratégies à l’égard du produit. »
conteneurs. La conteneurisation du transport maritime,
commencée dans les années 1970, se poursuit : la part La iche ressources de la série S précise que l’étude de cas,
de la lotte des porte-conteneurs dans la lotte mondiale qui peut être traitée en 2  heures comme en séries ES-L,
est passée de 1,6 % en 1980 à plus de 13 % en 2011. En « obéit aux mêmes critères de choix. Il convient donc de
2010, la capacité des ports mondiaux a atteint 530 mil- retenir un produit qui permet l’analyse d’un système spa-
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lions d’équivalents 20 pieds (EVP). tialisable, intégrant des territoires et des acteurs très diver-
siiés à l’échelle de la planète. »
2. Cette publicité compose une sorte de super CBD mon-
dial, en rassemblant quelques-uns des édiices phares Avec les problématiques suivantes :
des métropoles en général, et du Monde de la inance – Par quels processus un produit est-il introduit dans les
en particulier (ces tours abritent principalement des courants d’échanges mondialisés ?
sièges sociaux de grandes entreprises, des banques, des – Par quels types d’acteurs ? Selon quelles formes de
bureaux de la inance). lux ?

12
La iche ressources des S précise que « la démarche doit Réponses aux questions
permettre encore plus étroitement qu’en séries ES-L l’ar-
ticulation avec les trois centrées générales du thème qui 1. D’emblée, le nouvel iPhone 5 a été difusé à une échelle
suivront. » mondiale, en deux temps brièvement séparés : lance-
L’enjeu est d’identiier des types d’acteurs (privés, pu- ment d’abord en Amérique du Nord, Europe occidentale,
blics, étatiques, locaux…) qui déploient des stratégies, Japon et Australie, rapidement rejoints par tous les autres
des territoires distincts (des métropoles comme siège de grands marchés (reste de l’Amérique latine, Chine, Inde,
grandes entreprises et lieux de décision…) et des lux liés Russie, etc.).
aux circuits de production et de distribution du produit. 2. Un iPhone n’est pas un iPod : s’il est à peine plus en-
L’étude souligne le rôle joué par les transports maritimes. combrant, il coûte cinq à dix fois plus cher, si bien que le
Elle peut permettre d’introduire quelques éléments de coût global d’une cargaison induit des frais inanciers qui
débats liés à la mondialisation. contribuent à rendre compétitif le transport aérien – par
ailleurs plus performant : les Boeing 777F ont des autono-
Pages 44-45 mies de vol permettant de relier directement la Chine aux
Dans ce manuel, c’est l’iPhone qui a été retenu : à la fois États-Unis. Comme, de plus, il s’agit de produits à cycle de
parce qu’il répond à tous les critères énumérés par la vie court avec des commercialisations à grand spectacle,
iche ressources et qu’il s’agit d’un produit que les élèves Apple tend de plus en plus à privilégier le recours à l’avi-
connaissent. Conformément aux instructions, l’étude on-cargo.
de cas a été conçue de façon à pouvoir être menée en 3. Deux faits l’expliquent : d’une part, l’élévation rapide
2 heures. du niveau de vie des urbains ; d’autre part, l’importance
Rappelons que l’iPhone est une ligne de smartphones (un de l’efet de démonstration dans la société chinoise : le
téléphone mobile doté des fonctions d’un assistant nu- souci de téléphoner au-dessus de ses moyens explique
mérique personnel ; grâce à une saisie par clavier ou écran qu’en Chine, l’iPhone 5S doré ait été plébiscité.
tactile, cet outil permet aussi de naviguer sur le web, 4. L’iPhone fait partie de ces produits qui peuvent faci-
d’accéder au courrier électronique, ainsi qu’à un nombre lement se difuser dans des pays très diférents, à la fois
croissant de services, via d’innombrables applications) parce que d’utilisation intuitive et ne rencontrant que peu
commercialisée par Apple depuis 2007. Apple est une des problèmes de traduction. Il s’agit bien là d’un exemple
multinationale américaine qui produit des produits élec- de pratique de difusion de plus en plus universelle.
troniques grand public (ordinateurs personnels, lecteurs
multimedia, smartphones, etc.). En 2011, la irme emploie Pages 46-47
60 000 personnes dans le Monde, dégage un chifre d’af-
faires de 108 milliards de dollars ; elle est devenue aussi la B Conception et production : Made in USA ? Made in
première capitalisation boursière de la planète. China ? Made in Monde ?
Le titre de ce deuxième volet met l’accent sur une dii-
Pour étudier l’iPhone en tant que produit mondialisé, culté bien réelle : l’identiication de la nationalité de ce
deux temps sont proposés : produit conçu aux États-Unis, mais assemblé en Chine (il
est à noter que l’expression « made in Monde » fait réfé-
A Difusion et ventes : un succès mondial
rence au titre français du livre de Suzanne Berger).
Un produit mondialisé est par déinition destiné à être
très largement difusé dans le Monde, selon des straté-
gies soigneusement déinies. De ce point de vue, le cas Réponses aux questions
des produits d’Apple (iPad et iPhone, en particulier) fait 1. Si la marque est américaine, comme la conception du
l’objet de mises en scène très particulières : le secret en- produit, la fabrication résulte d’une division du travail à
toure jusqu’au dernier moment le dévoilement spectacu- l’échelle planétaire, puisque trois continents et 7 à 8 pays
lairement orchestré du produit, par son PDG, Steve Jobs, sont impliqués. Les États-Unis, la Chine, la Corée du Sud
jusqu’à sa mort en 2011. La répercussion médiatique est et le Japon sont les plus impliqués. Il est à noter que qua-
alors massive et quasi mondiale. Pour les nouvelles com- siment les ¾ des proits réalisés vont aux États-Unis.
mercialisations, le réseau des 415  applestores (2013) est 2. Si le « Nord » (États-Unis) en retire l’essentiel des proits, le
approvisionné de manière à faire face à une aluence « Sud », notamment la Chine, est directement intéressé au
attisée par le suspens médiatique : partout dans le Monde, succès de l’entreprise, via en particulier les emplois géné-
lors des grands lancements, se forment des iles d’attente rés, ainsi que l’élévation liée du niveau de vie, au point que
de consommateurs désireux d’acheter sans délai le pro- ce pays devient l’un des marchés importants du produit.
duit rendu désirable par les campagnes médiatiques. L’at-
teste la massive difusion des produits dans les premières 3. Apple, bureau conception du produit, recherche
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semaines de commercialisation : en septembre  2012, d’étude (États-Unis) des fournisseurs de composants


→ distribution du travail dans diférents
2 millions d’iPhones 5 ont été vendus le jour de son lance- pays → convergence des composants
ment et 3 millions le week-end suivant (soit 5 millions en vers la Chine (Shenzhen) : assemblage
trois jours). Le week-end suivant la sortie des iPhones 5S → expédition dans le Monde
et 5C, il s’en est écoulé 9 millions d’exemplaires, ce qui en Apple (États-Unis), – organisation du lancement
fait le meilleur lancement de l’histoire de la marque : nous communication du produit à l’échelle mondiale
sommes bien là en face d’un produit mondialisé. – promotion sur les diférents marchés

Chapitre 2 : La mondialisation, fonctionnement et territoires 13


4. Au moins trois procès sont généralement faits à ce rope occidentale, l’intégration économique du Benelux
type de production : étant même antérieure à la construction européenne ;
– l’emploi de composants rares et non recyclables ; il s’agit là d’économies à la fois riches, très ouvertes, de
– l’exploitation d’une main-d’œuvre mal payée, surtout petite taille et très intégrées. Au-delà, on retrouve dans
dans les tâches d’assemblage, comme les usines géantes la catégorie la plus mondialisée l’Amérique du Nord et
de Chine ; l’Australie / Nouvelle-Zélande, rejoints par le Chili. Il est
– le recul du travail industriel dans les pays riches. à noter que les pays émergents sont encore inégale-
L’étude débouche sur la réalisation d’un schéma, à ment mondialisés, à l’instar du Brésil. Les pays les moins
l’échelle planétaire, des espaces impliqués dans cette mondialisés se situent d’abord en Afrique, même si leur
production. nombre est minoré par l’insuisance des statistiques ou
l’absence de données.
NB. L’indice de mondialisation du KOF de l’École polytech-
CARTES [p. 50-55] nique fédérale de Zurich est le plus fréquemment utilisé
dans la recherche. Il mesure la mondialisation sur une
Pages 50-51 échelle de 1 à 100 ; il a été publié pour la première fois en
2002 et est actualisé tous les ans depuis 2005.
Réponses aux questions 3. En fait, la très grande majorité des pays sont désormais
1. Les échanges de pétrole montrent une organisation insérés dans la mondialisation, mais à des degrés divers
réellement mondialisée, avec des lux en tous sens mar- et avec des places diférentes. Il y a ceux qui pilotent le
qués par une multiplication des zones importatrices système ou en proitent plus qu’ils n’en pâtissent (l’Amé-
comme des zones exportatrices. Deux moteurs princi- rique du Nord, le Japon, l’Allemagne, la Chine et les BRICS
paux demeurent : l’Europe comme espace d’importation en général), ceux qui s’y insèrent sous la contrainte, mais
et le Moyen-Orient comme zone majeure d’exportations. progressent ; ceux qui voient leur position s’efriter, etc.
Les autres pôles évoluent assez rapidement : les res-
sources nationales du gaz de schiste font des États-Unis Pages 54-55
un importateur moins actif ; de nouveaux pays exporta-
teurs apparaissent, en Afrique en particulier. Réponses aux questions
2. Les IDE révèlent l’organisation des aires de puissance 1. Les espaces les plus exploités pour la pêche cor-
des années 2000 : une Europe occidentale dominante respondent pour une grande majorité aux courants
et démultipliée entre de nombreux États ; une Amé- maritimes froids, très riches en phytoplancton : Dérive
rique du Nord dominée par les États-Unis et une Asie- Nord-Atlantique, courants des Canaries, de Benguela, de
Paciique polycentrique. Selon les statistiques de 2012, l’Alaska, de Humboldt, du Labrador, Oya-Shivo.
l’Afrique apparaît comme le continent le plus délaissé, 2. Dans le cadre de la mondialisation, la zone Arctique
mais il s’agit d’un domaine où les évolutions sont ra- devient un enjeu majeur pour les pays riverains car le
pides, comme en témoigne l’intérêt brutalement mani- recul de la Banquise permanente va ouvrir deux nou-
festé par le Japon qui, en 2013-2014, a décidé d’y orien- velles voies maritimes qui réduiront très nettement les
ter plus de la moitié de ses investissements à l’étranger, distances entre les façades de l’Asie orientale, d’une part,
ain principalement de s’assurer la disponibilité de et celles de l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord,
grands gisements de matières premières (Voir en com- d’autre part.
plément la carte 4 p. 153).
3. Depuis la in du la théorie du Sea power
XIXe  siècle,
3. Les lux majeurs unissent les principaux pôles de puis- considère la puissance maritime comme un pilier fonda-
sance dans une circulation dominante circum-terrestre ; mental de la pensée stratégique. Au XXIe  siècle, la puis-
des lux secondaires s’organisent selon les continents sance de projection des forces navales (bâtiments de
(liens entre Amérique du Nord et Amérique du Sud). surface et sous-marins) et aéronavales est fondamentale
dans la diplomatie des États. Les États-Unis sont la seule
Pages 52-53 « hyperpuissance maritime » capable d’intervenir sur
n’importe quel théâtre d’opérations. Les espaces mari-
Réponses aux questions times les plus convoités dans le Monde correspondent
aux gisements miniers ou halieutiques les plus riches,
1. L’expression d’archipel mégalopolitain mondial
qui se trouvent sur le plateau continental. Les principales
est due à Olivier Dollfus (1996) ; elle illustre à la fois le
zones de piraterie sont les golfes d’Aden et de Guinée, et
caractère insulaire de ces très grandes villes (dans leur
le détroit de Malacca.
région) et les liens préférentiels qu’elles nouent entre
© Éditions Belin 2014

elles.
2. L’indice de mondialisation mesure ce qui est plus ou COURS 1 [p. 56-57]
moins facilement mesurable : de l’économie, des migra-
tions, des nombres d’ambassades, etc. Au total, il propose
une vision très plausible d’un Monde inégalement mon- Réponses aux questions
dialisé : les pays les plus mondialisés, comme dans tous 1. Le voyage de Christophe Colomb a été la mise en
les classements de ce type du reste, se trouvent en Eu- contact de deux continents qui s’ignoraient mutuelle-

14
ment et n’avaient pas auparavant de relations signiica- DOSSIER [p. 60-61]
tives. Il a initié des échanges importants entre Ancien
Monde et Nouveau Monde, qui ont eu rapidement des ➜ Choix de la problématique
efets importants sur les sociétés concernées, en Europe Shanghai rivalise désormais avec les villes mondiales occi-
comme en Amérique. Il est donc légitime d’en faire une dentales qui ont dominé le Monde depuis le XVIIIe siècle.
phase première de la mondialisation. Ses atouts sont nombreux : une Skyline en tout point
2. Les Amérindiens Surui participent à une mondialisa- semblable à Manhattan, un dynamisme économique et
tion qui s’impose à eux de longue date (l’arrivée d’étran- inancier exceptionnel adossé au premier port de mar-
gers sur leur territoire et les empiétements et dépos- chandises et de conteneurs du Monde, le deuxième
sessions liés) mais qui savent aussi en tirer parti via la complexe aéroportuaire de Chine, une forte croissance
maîtrise des outils dont ils disposent. Il s’agit donc bien démographique, des quartiers entiers rénovés et la
de la défense d’une identité et d’un territoire relevant du volonté d’imprimer un softpower à l’instar de l’exposition
local avec les moyens désormais mis à disposition par le universelle que la mégapole a accueillie en 2010 avec
monde global. pour slogan : « better city, better life… »
3. Pendant longtemps, les jouets n’ont pas voyagé et,
du reste, la très grande majorité d’entre eux n’étaient Réponses aux questions
pas manufacturés. Les jouets produits par une industrie 1. La renaissance économique et inancière de Shanghai,
spéciique ont été fabriqués jusqu’au milieu du XXe siècle incarnée par les « nouveaux riches » aux comportements
dans les pays industriels (Europe occidentale, États-Unis). ostentatoires, remonte à la création de la zone écono-
Aujourd’hui, l’industrie mondiale du jouet, qui atteint mique spéciale (ZES) de Pudong au début des années
un chifre d’afaires d’environ 70 milliards de dollars, est 1990. Au total, plus de 4 000 tours et 2 500 km de routes
monopolisée par la Chine dont les progrès ont été fulgu- ont été construits.
rants, dans les jouets traditionnels comme les jeux vidéos La Skyline du centre d’afaires de Pudong qui se relète
(la France importe désormais de Chine près des ¾ de ses dans le Huangpu témoigne, par une architecture ambi-
besoins, alors que cette part n’était encore que de 30 % tieuse (la perle de l’Orient par exemple), de cette puissance
en 1994). Les principaux marchés restent ceux des pays mondiale, en attendant l’achèvement de la Tour Shanghai
industriels dont l’outil de production a beaucoup reculé, de 632 mètres.
États-Unis très largement en tête. Il est à noter que le
2. Le port est à l’échelle des besoins de la région de Shan-
recul de la production dans les pays riches a connu des
ghai : gigantesque. La carte montre ce qu’il a été néces-
exceptions, la principale étant l’Allemagne qui se main-
saire de réaliser pour permettre au port de Shanghai de
tient bien et est devenue le deuxième fournisseur de la
devenir le premier au Monde. Depuis 2005, c’est le pre-
France, après la Chine.
mier port mondial en tonnage ; pour les conteneurs, c’est
en 2010 qu’il a dépassé Singapour grâce aux aménage-
ments du port en eau profonde de Yangshan.
COURS 2 [p. 58-59]
3. Le gigantisme de l’urbanisation est net. En 1975, la
ville s’étendait sur une douzaine de kilomètres du Nord
Réponses aux questions au Sud, en 2008 sur une soixantaine ! Tandis que la po-
1. À proprement parler, les États sont davantage impuis- pulation passait de 7,3 à 20 millions d’habitants. De tels
sants que victimes face à certaines dimensions de la signes de croissance ont été et sont encore un véritable
mondialisation : les États vivent largement du contrôle déi en matière d’aménagement urbain respectueux du
des personnes, des capitaux et des biens ; mais une part développement durable.
croissante de ce qui circule leur échappe, avec les res- 4. Le facteur humain est la variable d’ajustement du dé-
sources (droits de douane en particulier) qui vont avec. veloppement, en particulier les millions de migrants (mi-
2. Les irmes dites transnationales ont toutes une natio- gongs) qui ont un « statut de citoyen de seconde zone ».
nalité d’origine, qui correspond généralement au pays Leur passeport intérieur, le hukou, les place en situation
dans lequel elles paient des impôts. illégale à Shanghai. En conséquence, ils sont exploités
3. Les pays riches, comme les autres du reste, sont dans avec des salaires de misère, réduits au silence au risque
une contradiction fréquente : d’une part, ils apportent de perdre leur emploi et d’être renvoyés dans leur cam-
une aide à un grand nombre de pays, pour des rai- pagne d’origine.
sons variées (intéressées et désintéressées) ; d’autre 5. Shanghai détient de nombreux attributs des villes
part, leurs entreprises participent à l’exploitation des mondiales : gigantisme de l’urbanisation de cette méga-
pays d’économie plus faible. En 2009, l’aide publique pole qui compte une vingtaine de millions d’habitants,
© Éditions Belin 2014

au développement des pays de l’OCDE s’est élevée à une croissance économique et inancière exceptionnelle
120 milliards de dollars. S’y ajoutent les aides privées, incarnée par les tours du CBD de Pudong qui rivalisent de
celles des fondations en particulier, très puissantes aux hauteur et d’architecture inédite ; des classes moyennes
États-Unis. et aisées qui se développent. Mais en voulant reconqué-
rir sa grandeur passée, la ville laisse sur le chemin des
millions de Chinois qui vivent dans des conditions misé-
rables. De nombreuses poches de pauvreté subsistent

Chapitre 2 : La mondialisation, fonctionnement et territoires 15


dans les vieux îlots à proximité du Bund historique et des COURS 4 [p. 66-67]
quartiers modernes qui ont accueilli l’exposition univer-
selle de 2010.
Réponses aux questions
1. La convention de Montego Bay signée en 1982 a per-
COURS 3 [p. 62-63] mis de reconnaître la valeur juridique des ZEE, s’étendant
à 200 milles marins au maximum, comme espace passant
Réponses aux questions sous la souveraineté des États côtiers, soit un tiers de la
surface maritime mondiale. Mais les États-Unis et les États
1. La domination des pays de la Triade s’afaiblit si on en enclavés qui réclament le partage des richesses de la mer
garde une déinition héritée de la déinition qu’en don- n’ont pas signé cette convention, ce qui rend diicile sa
nait Kenichi Ohmae en 1985 (Triade Power : The Coming stricte application.
Shape of Global Competition), en raison de la montée de
pays émergents. Mais, même dans sa version de base, 2. L’Arctique est représentatif des enjeux de puissance
les pays de la Triade continuent de concentrer les 2/3 car les espaces maritimes ne concernent pas seulement
des échanges mondiaux, 70 % des budgets militaires le contrôle de la navigation de surface mais également
et 100 % des premières universités mondiales dans le l’exploitation minière des richesses potentielles du pla-
classement de Shanghai. La Nouvelle Triade des années teau continental océanique.
2010, déjà multipolaire au départ, renforce ce caractère 3. Les ZEE peuvent être contestées si l’exploitation de
en Asie, si l’on y inclut la Chine. richesses minières est en jeu. Ainsi, la Chine revendique
2. Les pays en question n’ont que deux points communs : la presque totalité de la mer de Chine méridionale. Mais
leur caractère émergent (ou réémergent pour la Russie) les cinq autres pays riverains veulent aussi proiter des
et leur désir de contester les positions acquises des pays ressources ofshore de pétrole et de gaz. La superposition
dominants. Au-delà, leurs intérêts divergent profondé- des tracés de revendications l’atteste et laisse augurer de
ment, car ils sont directement concurrents les uns des fortes tensions internationales.
autres, voire en opposition politique (la Chine et l’Inde, 4. Les frontières de l’espace maritime mondial sont
en particulier) ; leur rapprochement est donc circonstan- complexes à déinir car les limites du plateau continen-
ciel et devait s’afaiblir au fur et à mesure que leur puis- tal le sont également, elles peuvent être contestées
sance croîtra, et celle de la Chine en particulier. par plusieurs États qui revendiquent la même zone. Par
exemple, entre la Russie, le Canada et le Danemark dans
l’océan Glacial Arctique. Autre diiculté : lorsqu’un État
DOSSIER [p. 64-65] est défaillant à sécuriser sa ZEE, comme la Somalie rava-
gée par la guerre civile.
➜ Choix de la problématique
Ce dossier présente un cas limite de société encore véri-
tablement en marge de la mondialisation. DOSSIER [p. 68-69]

Réponses aux questions ➜ Choix de la problématique


1. Cet archipel montre une variété de situations : la plus Les détroits de Malacca et de Singapour ofrent le plus
extrême est le cas de l’île Sentinelle, du fait d’un refus court passage entre l’Europe et l’Asie. C’est l’artère mari-
délibéré de contacts avec le monde extérieur ; les Jarawa, time la plus fréquentée du Monde après le Pas-de-Calais.
sur une île accessible à d’autres populations, y compris Ils sont empruntés par les porte-conteneurs géants
de touristes, sont dans une situation ambiguë, à la fois (jusqu’à 12 000  EVP), vraquiers, minéraliers, pétroliers à
de protection, d’assistance et de velléités de ménager un l’exception des supertankers supérieurs à 220 000 tpl qui
isolement qui, de facto, n’existe plus. utilisent le détroit de Lombok, plus profond. Les richesses
transportées ont fait de cette région la zone de piraterie
2. Les autorités tentent de limiter les contacts des Jarawa la plus importante avant que les gouvernements n’inter-
avec le monde extérieur, ain de limiter le risque d’accul- viennent au début des années 2000 et réduisent les actes
turation, mais d’autres expériences montrent qu’une fois de piraterie.
des contacts établis avec le monde extérieur, ces précau-
tions s’avèrent généralement vaines. Il est à noter qu’on
Réponses aux questions
tente de protéger ces populations avec les mêmes argu-
ments que ceux utilisés à propos des animaux sauvages 1. La faible largeur des deux détroits (8 km au plus étroit)
dans les réserves naturelles. et les îles nombreuses rendent l’application de la régle-
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mentation internationale complexe. Des conventions


3. La diiculté de protéger d’interventions extérieures
de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont été
ces sociétés à très faible développement technique est
signées, dont celles signées de 1972 (COLREG) et celle de
extrême, à la fois parce que les populations elles-mêmes
Montego Bay de 1982. Les trois États riverains se sont ac-
aspirent souvent à une autre vie dès lors qu’elles sont
cordés sur le traic et l’aide à la navigation en 1977 et 1998.
informées de leur existence et parce que les intérêts
extérieurs voient souvent en ces populations des proies 2. Ces détroits sont vitaux dans la mondialisation car
faciles pour s’approprier leurs terres. 100 000  navires y transitent par an pour acheminer les

16
marchandises (minerais, hydrocarbures, céréales, conte- du chapitre  2 : le second est situé immédiatement der-
neurs) dans les grandes façades maritimes mondiales  : rière (p. 76-77) et concerne « Des territoires inégalement
Asie orientale qui totalise 16 des 20  premiers ports, fa- intégrés à la mondialisation ». Les deux croquis sont donc
çades américaines et européenne, Golfe arabo-persique. complémentaires.
3. Les enjeux géostratégiques entre les États bordiers Celui-ci insiste sur les réseaux, les lux, mais traite égale-
sont de tirer des revenus importants de ce lieu de pas- ment des pôles de la mondialisation : une « Triade élar-
sage incontournable, le port de Singapour tient son gie », mais aussi d’autres lieux privilégiés, et à une autre
3e rang mondial de cette situation. échelle les métropoles. Le plan de la légende est logique-
Toutes les grandes puissances mondiales ont également ment organisé autour de ces deux aspects.
un intérêt économique commun à garantir la sécurité Le travail de l’élève sera double : après une découverte
des détroits. Ce qui n’empêche pas les tensions géopoli- du sujet (questions 1 à 4), il s’agira de compléter la lé-
tiques. Ainsi, l’Inde et les États-Unis sont désormais alliés gende (question  6). Mais l’enseignant pourra s’appro-
face à la Chine qui ne cesse d’être menaçante ain de prier le croquis en le modiiant : certains espaces de la
garantir son approvisionnement énergétique en mer de mondialisation ont été volontairement omis, dans le
Chine méridionale et son « collier de perles » vers les pays double but d’amener les élèves à réléchir sur la perti-
du Golfe (Voir en complément la carte 2 p. 152). nence ou non de les intégrer (question 5) mais aussi de
façon à ce que l’élève parte du croquis du manuel pour
4. L’étroitesse des détroits et les nombreux archipels faci- construire un travail plus individualisé.
litent une piraterie diicile à combattre, à tel point que
les armateurs inancent des marines privées « contre- 1. Des igurés linéaires, car il s’agit de montrer « un
pirates ». Monde en réseau » et des lux.
2. Car ce sont les lux majeurs de l’espace mondialisé : ils
sont de toutes natures (marchandises, produits agricoles,
COURS 5 [p. 70-71] capitaux).
3. Les lux migratoires ne sont pas tous représentés :
Réponses aux questions d’abord parce le but du croquis est plus général, ensuite
1. Les principales organisations qui jouent un rôle essen- car cela rendrait ce croquis « trop riche » et donc illisible.
tiel dans l’organisation du Monde actuel ont des missions 4. C’est tout à fait conforme au sujet car celui-ci n’étudie
diférentes. À l’échelle régionale, on distingue l’Union eu- que les pôles de la mondialisation. Les zones en marge
ropéenne qui est l’organisation économique, politique de cette mondialisation (comme l’Afrique) sont donc
et sociale la plus intégrée de toutes les organisations ; logiquement laissées en blanc.
d’autres sont des zones de libre-échange (ALENA, MER-
COSUR, etc.) ou de simples accords de coopération éco- 5 et 6. Ce croquis pourrait néanmoins être complété :
nomique (ASEAN, APEC, CEI, etc.). les BRICS ou les pays pétroliers sont efectivement inté-
grables dans le croquis. Il faudrait dans ce cas utiliser des
2. Avec le développement de la « Toile », les États ont dû igurés de surface. La réponse à la question  6 dépend
s’adapter à une nouvelle forme de violation de leur terri- donc du choix de l’enseignant : représenter ces items
toire ; ils ont notamment dû apprendre à travailler en com- amènerait à les placer en 1.2. de la légende (« Des lieux
mun pour se protéger de la cybercriminalité. Mais dans le privilégiés»).
cas des régimes dictatoriaux, l’immatérialité des lux de
l’Internet a généré des dispositifs de censure numérique.
Figurés de la légende :
3. Grâce à un système bancaire local, loin des grandes 1. Les pôles et les espaces majeurs
institutions inancières internationales, le microcrédit, à
1.1. Des centres d’impulsion
des taux d’intérêts bas, inance des petits projets et évite
Aplat rose : Les grandes puissances économiques
aux emprunteurs de tomber entre les grifes d’usuriers et
Rond noir : Des métropoles (sièges sociaux de FTN,
le surendettement très rapidement.
bourses, aéroports, etc.)
Selon ATTAC, les domaines qui ne doivent pas obéir à la
Contour gris : Les grandes organisations régionales
logique des marchés concernent l’eau, l’énergie, la santé,
l’éducation et la recherche pharmaceutique. C’est la posi- 1.2. Des lieux privilégiés
tion de cette association qui milite depuis 14 ans contre Barbule bleue : Interfaces maritimes et continentales
une mondialisation néolibérale génératrice de fortes Double trait violet : Détroits
inégalités. 2. Les principaux lux
2.1. Les lux majeurs
Flèche orange : Des lux de toute nature (personnes, capi-
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BAC CROQUIS [p. 74-77] taux, marchandises, informations, etc.)


2.2. D’autres lux
Pages 74-75 Flèche bleu foncé : Principales migrations internationales
Sujet – Un Monde en réseau : pôles et lux de la mon- Flèche rose : Flux de matières premières et énergétiques
dialisation Flèche verte : Flux de produits manufacturés et de pro-
Ce croquis est l’un des cinq croquis exigés par les iches duits agricoles
ressources du programme. Parmi eux, deux font partie Flèche bleu clair : Flux inanciers

Chapitre 2 : La mondialisation, fonctionnement et territoires 17


Pages 76-77 sente aucun vrai problème car elle reprend les grands
Sujet – Des territoires inégalement intégrés à la mon- thèmes du chapitre et du cours (p. 56, 58, 70). La seule
dialisation diiculté réside dans l’intégration des données issues de
l’étude d’un produit mondialisé. Il ne s’agit ni de réaliser
Ce croquis, est, comme le précédent, un des cinq croquis
une composition théorique sur la mondialisation ni une
exigibles au baccalauréat. Le but de l’exercice est de dé-
composition sur ce seul produit mondialisé. Le plan est
cortiquer toutes les étapes de la réalisation du croquis, de
donc essentiel, et le produit mondialisé est à intégrer à
l’analyse du sujet à l’établissement de la nomenclature.
tous les niveaux de celui-ci (cf.  question  2). C’est pour
L’enseignant pourra relier la séquence à l’analyse des mé-
cette même raison que l’on demandera à l’élève de rédi-
thodes du croquis (p. 9 du manuel) qui analyse la p. 77.
ger une partie au choix (cf. question 5).
1. Le sujet porte sur le Monde. 1. La déinition de mondialisation est donnée p.  56
2. Les notions appelées par le sujet : l’intégration à la (on insistera avec les élèves sur l’idée de processus et
mondialisation, mais aussi l’inégal développement ; la d’interdépendances). La notion d’acteur correspond à
notion de puissance ; la notion de centre-périphérie. l’ensemble de ceux qui interviennent sur un territoire, et
3. Le but de la question est de faire comprendre à l’élève dans ce cas précis, qui contribuent à la mondialisation.
que le croquis est une simpliication des cartes du chapitre. 2. Non. Il s’agit d’intégrer les données de cette étude de
Il aura donc le choix entre de nombreuses cartes : les lux cas dans les diférentes parties du devoir.
de pétrole, les IDE, les territoires de la mondialisation, les
3. La proposition 2.
villes mondiales, mais aussi les îles Andaman (dossier p. 64-
65) pour les espaces peu intégrés dans la mondialisation… 6. En première partie, on peut intégrer le schéma 2 sur
les FTN. En deuxième partie, le schéma 3 sur les grands
4. Il est inutile de représenter tous les lux, la carte trai-
lux commerciaux et inanciers, ou le schéma  4 sur les
tant principalement de territoires.
lux migratoires.
5. S’il est évidemment impossible de faire apparaître les
inégalités à l’intérieur des métropoles, on pourrait le faire Page 79 : Composition
pour certains États-continents : tout est donc question
de choix cartographique.
Sujet – Des territoires inégalement intégrés dans la
mondialisation
6. Les deux cartes présentent des similitudes du point de
Cette composition, exigible au baccalauréat, amène
vue de leur thématique, mais le croquis est évidemment
à une typologie d’espaces en fonction de leur plus ou
plus simple et moins pointilliste que la carte. L’enseignant
moins grande intégration à la mondialisation. Elle néces-
en proitera pour rappeler que c’est d’ailleurs le sens même
site donc de réléchir au plan qui permettra d’éviter la
d’un croquis que d’arriver à cette simpliication.
simple énumération. L’enseignant prendra soin de mon-
7. Le plan de la légende adopte une logique graduelle, trer aux élèves que cette composition a le même libellé
proche de celle de la carte 2 de la p. 52 : territoires très que le croquis de la p.  77 et qu’il peut donc y jeter un
intégrés / territoires moins intégrés. œil de manière à retrouver les principales idées à intégrer
8. Les métropoles ne sont pas toutes représentées par dans sa composition.
un même iguré car il y en a de deux types diférents : des 1. Le sujet est à toutes les échelles, de l’échelle mondiale
métropoles mondiales (plus ou moins puissantes) et des à l’échelle locale (comme les villes). Le terme d’intégra-
métropoles de rang inférieur, dont le rôle et la place dans tion pose ici la question de la plus ou moins grande
la mondialisation sont moindres. mondialisation et donc de l’indice de mondialisation (cf.
9. Le choix du dégradé de couleur permet de montrer carte 2 p. 52) des diférents territoires.
l’inégale intégration des territoires à cette mondialisation. 2. La problématique la plus pertinente : Quels types de
10. On aurait pu opter pour des hachures ou des pointil- territoires peut-on distinguer en fonction de leur intégra-
lés (igurés de surface). tion dans la mondialisation ?
11. Les noms sélectionnés sont les noms des territoires 3. Ce sujet correspond à une typologie, mais aussi éven-
les plus intégrés dans la mondialisation. Les noms de tuellement à un bilan. Les plans conseillés sont donc le
pays sont en majuscules, ceux des villes en minuscules. plan thématique ou le plan par échelle.
12. Avec cette légende, le titre peut reprendre l’intitulé 4. À un plan thématique.
du sujet : Des territoires inégalement intégrés à la mon-
6. Le schéma 5 (métropoles, littoraux et interfaces) et le
dialisation.
schéma 6 (les espaces maritimes, espaces stratégiques)
peuvent être intégrés en première partie.
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BAC MÉTHODE [p. 78-81]


Pages 80-81 : Analyse de documents
Page 78 : Composition Sujet – Des territoires inégalement intégrés au com-
Sujet – Acteurs, lux et débats de la mondialisation merce mondial
Cette composition est exigible au baccalauréat. Mon- Le but de cette analyse de documents est à la fois de
trant la mondialisation en fonctionnement, elle ne pré- comprendre le rôle des espaces littoraux dans la mon-

18
dialisation et de réaliser une étude critique de ces BAC SUJETS
documents : ceux-ci sont très parlants (on voit la Triade [p. 82-85]
élargie, les évolutions…) mais incomplets car ne trai- Page 82 : Composition
tant qu’une partie d’un sujet très large. La rélexion sur
Sujet – Mondialisation et enjeux géostratégiques des
le sujet et l’adéquation ou non de ces documents sont
espaces maritimes
donc pour l’élève le moment clé de ce travail (ques-
tions 5 à 10). Il s’agit d’une composition exigible au baccalauréat, car
le professeur y aura consacré au moins deux heures de
1. On entend par commerce mondial le commerce inter- cours. L’enseignant aura pris soin de rappeler la notion de
national, entre pays. C’est donc un excellent indicateur « géostratégie » étudiée en début d’année.
de la mondialisation.
Les diicultés du sujet. La première diiculté sera pour
2. La consigne demande de se concentrer sur les espaces l’élève de comprendre le terme « enjeu » (littérale-
très intégrés à la mondialisation. ment « ce qui est en jeu »). Ces enjeux géostratégiques
3. Le doc.  1 donne des valeurs absolues, des volumes, peuvent se diviser en enjeux purement géopolitiques
mais aucune évolution. Le doc. 2 donne des valeurs rela- mais aussi géoéconomiques (le contrôle économique
tives, des volumes et une évolution. de telle ou telle zone) et environnementaux : les risques
de pollution par exemple dans le Northern Range et
4. le but de la question est de remobiliser les acquis du leurs conséquences politiques et économiques pour les
chapitre et de sensibiliser les élèves au fait que les lux de États riverains.
pétrole ne sont pas concernés.
Sa réalisation par les élèves. Le but est évidemment de
5. Les documents renseignent sur les transports mari- relier les deux termes du sujet. C’est pour cette raison
times et donc les espaces liés (détroits, ports, façades qu’un plan thématique est proposé en aide n° 4. Le cours
littorales). du manuel p.  66 fournit les grandes lignes du devoir,
tandis que la p. 7 donne quelques pistes plus concrètes
6. Les États présentés dans le doc. 2 sont tous des États
de réalisation : une introduction possible, l’intégration
très intégrés à la mondialisation. Le document fait appa-
de schémas dans le corps de la composition… L’élève
raître un Monde multipolaire : certains pays émergents
pourra s’inspirer du schéma 6 p. 73, mais aussi des cartes
connaissent une nette augmentation de leurs exporta-
p. 54 et 55.
tions (Chine, Brésil) alors que certaines puissances de la
Triade connaissent un recul (États-Unis, France, Japon).
Page 82 : Analyse d’un document
7. La Chine et toute l’Asie du Sud-Est sont le pôle le plus
visible sur le doc. 1. Néanmoins, on peut aussi distinguer Sujet – Les lux maritimes de pétrole : approche géos-
les autres pôles de la Triade élargie : Europe de l’Ouest, tratégique
États-Unis. Il s’agit d’une analyse de documents qui repose sur un
des documents clés du chapitre, les routes du pétrole
8. Directement, non. étant un des grands enjeux géostratégiques des espaces
9. Non, car de nombreux lux ne sont pas pris en compte : maritimes.
lux agricoles, lux de matières premières ou énergé- Les diicultés du sujet. Comme pour la composition pré-
tiques, lux immatériels (capitaux, Internet)… cédente, la première diiculté sera pour l’élève de com-
10. Les documents oublient un certain nombre de prendre le terme « enjeu » (littéralement « ce qui est en
« pôles et espaces majeurs de la mondialisation » : tous jeu »). Ces enjeux géostratégiques peuvent se diviser en
les espaces non littoraux sont ainsi écartés, comme par enjeux purement géopolitiques mais aussi géoécono-
exemple les villes mondiales. miques (aide n° 2) : le contrôle économique des détroits et
canaux est un des éléments clés de cette carte. On pourra
11. Le classement des idées dans le plan suggéré : aussi évoquer, même s’ils n’apparaissent pas sur la carte,
I. Les territoires très intégrés dans la mondialisation les enjeux environnementaux : les risques de pollution par
I.1. Les pôles majeurs de la mondialisation économique exemple dans le Northern Range et leurs conséquences
I.2. Les ports et les façades littorales politiques et économiques pour les États riverains.
II. Une géographie en évolution La rédaction du devoir. Elle s’appuiera à la fois sur une
II.1. Une évolution très récente description d’ensemble de cette carte, mais aussi sur des
II.2. La montée des pays émergents exemples plus précis : l’aide n° 3 se réfère au détroit de
III. De nombreux territoires non pris en compte par les Malacca. Mais de nombreux autres exemples sont repé-
documents rables dans le document : par exemple doc. 4 p. 19, en-
semble des doc. p. 67, doc. 2 p. 152…
© Éditions Belin 2014

III.1. Des territoires moteurs de la mondialisation politique


III.2. D’autres territoires de la mondialisation économique
et inancière Page 83 : Analyse d’un document
12. Triade (I.1.) ; métropoles (I.1.) ; délocalisations (II.1.) ; Sujet – Acteurs et lux de la mondialisation : une irme
ports à conteneurs (I.2.) ; produits manufacturés (I.2.) ; transnationale
hydrocarbures (I.2.) ; pays émergent (II.2.) ; littoraux (I.2.) ; Cette analyse de document a pour but essentiel de com-
multipolarité (II.1.) prendre les stratégies territoriales d’une FTN. Mais la

Chapitre 2 : La mondialisation, fonctionnement et territoires 19


consigne demande dans un second temps d’élargir le Pourquoi ce document ? Car les élèves ont rarement l’ha-
sujet en montrant en quoi il s’agit d’un document révé- bitude de décrypter de tels montages photographiques.
lateur de la mondialisation économique. Il faudra donc Si le texte nous renvoie à l’image paradisiaque de l’île tro-
procéder à une mise en perspective à l’aide des connais- picale, en revanche le texte en bas à gauche de l’aiche
sances du chapitre. Pour cette raison l’aide n° 1 rappelle à airme un discours politique fort. L’analyse du document
l’élève l’étude de cas réalisée en cours (ici p. 44-49). arrivera donc à l’idée que les paradis iscaux ne sont pas
Pourquoi ce document ? L’intérêt de ce document est de tous situés dans de telles îles : ce que conirme la carte 3
couvrir diférents aspects de la mondialisation puisque p. 53 (cf. également cours p. 62).
l’on voit à la fois la production et la commercialisation, Quelle analyse ? Les questions situées autour du docu-
mais aussi car la division internationale du travail (DIT) ment ne fournissent pas le plan (c’est à l’élève de le trou-
est repérable : les sites de production sont soit dans les ver) mais sont là pour que celui-ci prenne conscience
pays où le coût de la main-d’œuvre est faible, soit dans du travail à faire : analyse des acteurs (ici une ONG), du
des pays riches (UE, États-Unis) de manière à pénétrer message (économique, mais surtout social), nature du
les marchés. Il y a donc une spécialisation des territoires document…
dans le cadre de la mondialisation. L’évolution visible
(plutôt une augmentation) montre la mondialisation
croissante de l’économie, mais aussi l’apparition de mar- Bibliographie
chés émergents et le déclin d’autres (Japon). L’Atlas des mondialisations, hors-série n° 4, La Vie/Le
Monde, 2013.
Page 84 : Analyse de documents L’Atlas du monde de demain, hors-série, La Vie/Le Monde,
2013.
Sujet – Les acteurs de la mondialisation : les FTN
Mers et océans, Questions internationales, n° 14, juillet-
Cette analyse de documents a pour but essentiel de août 2005.
comprendre les stratégies territoriales d’une FTN. Elle S. BERGER, Made in Monde : les nouvelles frontières de l’éco-
complète le sujet de la p. 83 : alors qu’il s’agissait d’exa- nomie mondiale, Le Seuil, 2006.
miner les stratégies d’une multinationale en particulier F. BOST (dir.), Atlas mondial des zones franches, La Docu-
(Toyota), ici les documents ont une portée plus générale mentation française, 2010.
et c’est la confrontation de ces deux documents qui est
A. BRETAGNOLLE, R. LE GOIX, C. VACCHIANI-MARCUZZO, Métropoles
au cœur de l’analyse.
et mondialisation, La Documentation photographique
Pourquoi ces documents ? Ces deux documents sont de n° 8082.
nature diverse (aide n° 1) : le premier, qui se veut neutre, É. CANNOBIO, Mondes arctiques, miroirs de la mondialisation,
est un listing des performances des principales FTN. Il La Documentation photographique n° 8080, mars-avril
mobilise la seule grille de lecture géoéconomique. En re- 2011.
vanche, le second se veut plus analytique : extrait d’une L. CARROUÉ, D. COLLET, C. RUIZ, La mondialisation. Genèse,
revue de géographie, il concentre ses analyses sur les acteurs et enjeux, Bréal, 2007.
conséquences économiques, culturelles et spatiales du L. CARROUÉ, Les basculements du monde, Historiens & Géo-
rôle des FTN. Il mobilise donc aussi les clés géopolitique graphes n° 416, octobre-novembre 2011, p. 141-160.
et géoculturelle (aide n° 2). O. DOLLFUS, La mondialisation, Presses de Sciences-Po,
Alors que le doc. 1 sera résumé par l’élève (par exemple, 2007.
combien de FTN américaines dans les 25  premières ?), M.-F. DURAND, Atlas de la mondialisation. Comprendre l’es-
l’analyse du doc.  2 peut permettre à l’élève d’avoir une pace mondial contemporain, Presses de Sciences-Po, 2010.
vision critique des conséquences de la domination éco- D. VIDAL, B. BADIE (dir.), La in du Monde unique. 50 idées-
nomique de ces FTN : rôle dans l’emploi, conséquences forces pour comprendre l’état du Monde 2011, La Décou-
culturelles… L’élève comparera les données extraites verte, 2010.
du doc. 2 à d’autres exemples, qui peuvent être tirés de N. FAU, Le détroit de Malacca : porte océane, axe maritime,
l’étude de cas vue en cours. enjeux stratégiques, Géoconluences, 2004, geocon-
luences.ens-lyon.fr/doc/transv/Mobil/MobilScient4.htm
Page 85 : Analyse d’un document
J.-L. MATHIEU, Les frontières à l’heure de la mondialisation,
Sujet – Les débats de la mondialisation : Cahiers français n° 360, mars 2011, p. 18-25.
les paradis iscaux J.-P. PIRAT, D. ORTOLLAN, Atlas géopolitique des espaces mari-
Cette analyse de document est consacrée au thème des times, Technic, 2008.
paradis iscaux, mais aussi des contestations d’une cer- J. SAPIR, La démondialisation, Le Seuil, 2011.
taine mondialisation, ici par une ONG. Le sujet porte aus- P. DE SENARCLENS, La mondialisation : théorie, enjeux et
si sur la manière dont cette mondialisation est contestée. débats, Dalloz Sirey, 2005.
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20
chapitre
3 L’Amérique : puissance du Nord,
affirmation du Sud

Programme oficiel
Thème 3 – Dynamiques géographiques des grandes aires continentales (17-18 heures)
Question Mise en œuvre
L’Amérique : puissance du Nord, airma- – Le continent américain : entre tensions et intégrations régio-
tion du Sud nales
– États-Unis-Brésil : rôle mondial, dynamiques territoriales

Du programme au manuel

Le commentaire du programme Les choix du manuel


7-8 heures (évaluation comprise)
• L’étude du continent américain est centrée sur la notion de puis-
sance et de concurrence entre puissances, aux échelles continen-
tale et mondiale.
L’étude porte sur les deux mêmes entrées que pour les classes des sé- – Les choix du manuel sont étroitement calés sur
ries ES-L : « Le continent américain entre tensions et intégrations régio- les éléments du programme, de façon à respecter
nales », « États-Unis, Brésil : rôle mondial, dynamiques territoriales ». le mieux possible un horaire plus que mesuré eu
Mais, en ilière scientiique, le professeur dispose de moins de temps égard à l’étendue de la question (il est à noter que
pour les traiter : 7-8 heures, l’approche devra donc être plus synthé- l’enseignant dispose de plus de temps en 4e pour
tique. Les attendus au baccalauréat seront de ce fait plus limités. traiter des États-Unis dans la mondialisation !).
On peut consacrer environ 2 heures aux dynamiques d’intégration et – L’ouverture illustre la problématique à l’échelle
aux tensions à l’échelle continentale, 3 heures au rôle mondial et aux continentale.
dynamiques territoriales des États-Unis, 2 heures à l’étude de ces
mêmes thématiques pour le Brésil.

La iche ressource précise : Quatre cours développent ces aspects :


« dans le cadre horaire de la série S, on centrera le propos sur les élé- – ces deux premiers points sont l’objet du
ments suivants : cours 1 (p. 94-95), les contrastes de richesses
– l’inégal développement et la diversité du continent américain ; et les logiques d’intégrations régionales oppo-
– les tentatives d’intégration du continent américain par les États- sées sont présentés en cartes, p. 88-89 ;
Unis, les tensions et les résistances qu’elles engendrent, le rôle de – Les bases de la puissance des deux États étu-
l’ALENA, la volonté des pays latino-américains de s’associer autre- diés font l’objet du deuxième cours, car il est né-
ment, en particulier au sein du MERCOSUR ; cessaire de fournir aux élèves des données fon-
– la comparaison du rôle mondial des États-Unis, superpuissance pla- damentales sans lesquelles ce qui suit n’est
nétaire, et du Brésil, puissance émergente ; guère compréhensible (p. 98-99) ;
– l’organisation territoriale de chacun de ces deux États immenses, – un troisième cours considère le rôle mondial très
les principaux ensembles régionaux les constituant et les dyna- inégal des États-Unis et du Brésil (p. 100-101) ;
miques qui les afectent en lien avec la mondialisation qui hiérarchise – enin, le quatrième cours analyse, toujours de
les territoires. manière comparative, les dynamiques territo-
riales des deux pays (p. 102-103).
L’étude des dynamiques territoriales des États-Unis et du Brésil
donne lieu à la réalisation de deux croquis. Ceux-ci ne doivent pas être Trois dossiers complètent et diverisient l’ap-
envisagés comme une illustration graphique venant dans un deu- proche du programme :
xième temps après le cours. En efet, ain de gagner du temps et de – Un dossier consacré aux hydrocarbures (p. 96-
favoriser la production de traces écrites plus géographiques, il est 97) permet de croiser intégrations et tensions
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possible de construire progressivement ces croquis dans le déroule- au sein du continent.


ment du cours. Le professeur peut, par exemple, proposer aux élèves – Un dossier sur l’Amazonie et le rôle intégrateur
des schémas élémentaires au il de sa démonstration ; leur combinai- (p. 104-105) qu’y joue le Brésil.
son conduit alors à la réalisation du croquis. » – Un dossier sur l’Arizona, « une dynamique entre
Nord et Sud » (p. 106-107) présente le double inté-
rêt d’illustrer la dynamique de la Sun Belt ainsi que
la relation entre cet État américain et le Mexique.

Chapitre 3 : L’Amérique, puissance du Nord, affirmation du Sud 21


• Orientations pour le baccalauréat
Les sujets de composition suivants sont envisageables : – La composition sur « Les dynamiques territoriales au Brésil
– Le continent américain : entre tensions et intégrations ré- et aux États-Unis » (p. 116-117) amène à réléchir à une ap-
gionales proche comparative et invite l’élève à insérer des productions
– États-Unis, Brésil : rôle mondial graphiques dans le développement. Pour la composition sur
– États-Unis, Brésil : les dynamiques territoriales « Le continent américain : entre tensions et intégrations ré-
gionales » (proposée en sujet p. 118), l’élève s’appuiera sur
le cours.
Deux croquis peuvent être demandés : – Les deux croquis sont réalisés p. 110-111 et p. 112-113. Ils
– Les dynamiques territoriales des États-Unis sont construits de manière à ce que l’élève puisse établir
– Les dynamiques territoriales du Brésil une comparaison. Le travail proposé porte essentiellement
sur l’organisation de la légende, le choix des igurés et mise
en place de la nomenclature.
L’analyse d’un ou deux documents (cartes, textes, – Parmi les trois analyses de documents proposées, deux
images…) peut être demandée à l’examen. portent sur une carte à l’échelle du continent (p. 118 et
p. 119), et une amène à confronter un texte à une image sa-
tellite de la frontière entre les États-Unis et le Mexique
(p. 114-115).
NB. Des schémas de travail peuvent être réalisés en cours NB. Douze schémas, pouvant être intégrés aux composi-
d’étude de la question ain de préparer les croquis de syn- tions ou aider à la réalisation des croquis, sont réalisés à
thèse et d’être intégrés par les élèves dans une composition diférentes échelles (p. 109 et p. 117).
lors du Baccalauréat.

OUVERTURE DE CHAPITRE [p. 86-87] s’appelait à l’origine du projet la tour de la Liberté. Au


premier plan, la fameuse statue de la Liberté éclairant le
L’ouverture reprend la problématique de la question, monde du Français Bartholdi, élevée en 1886.
en ouvrant sur Manhattan comme lieu symbole de la • Le slogan aiché en cette occasion renverse la devise
puissance des États-Unis mais aussi sur la volonté d’af- classique de l’opposition Nord/Sud selon un double sens
irmation du Sud, à travers les acteurs de l’Amérique du géographique et économique.
Sud réunis à un sommet du MERCOSUR à Caracas. Aux
découpages classiques en Amérique du Nord / Amérique
centrale et Caraïbe / Amérique du Sud se superpose une
CARTES [p. 88-93]
grille de lecture géoéconomique classique opposant un
Nord riche et développé à un Sud plus pauvre, émergent
Pages 88-89
ou à la traîne. Le continent est marqué par les contrastes
Nord-Sud, sociaux, économiques et culturels entre l’Amé- Réponses aux questions
rique du Nord anglo-saxonne qui représente 36,5 % de la
population, 48,5  % de la supericie mais 84  % du PNB, 1. Il existe bien un « Nord » (États-Unis et Canada) et un
par rapport à une Amérique centrale et méridionale mar- « Sud » (le reste du continent), si l’on prend en compte
quée par le mal développement. Cependant, l’Amérique le PIB par habitant, même en parité de pouvoir d’achat
du Sud se constitue en tant qu’acteur en opposition à la (non représenté sur cette carte) : la diférence entre les
domination du Nord, en particulier à travers ses organisa- États-Unis et le Mexique varie dans un rapport de 1 à 5 et
tions régionales dont la plus puissante est le MERCOSUR. justiie que la frontière entre les deux pays soit commu-
nément présentée comme le plus fort gradient dans ce
NB. Les dirigeants igurant sur cette photographie ont
domaine. Les données de l’IDH atténuent les contrastes,
depuis cédé leur place à d’autres (Lula n’est plus pré-
mais la diférence entre le Nord et le Sud apparaît tout
sident du Brésil depuis l’élection de Dilma Roussef en
de même nettement. En chifres absolus, les diférences
2010) ou sont morts (H. Chavez, N. Kirchner), à l’exception
sont encore bien plus fortes, le PIB des États-Unis étant
d’Evo Morales, réélu en 2009. Ce cliché bien que datant
14 fois plus élevé que celui du Mexique, alors que l’écart
de 2006 a été cependant retenu, en raison de l’intérêt de
de population est de 1 à 2,6. Le Brésil apparaît bien
la devise du MERCOSUR (dans les deux langues). En re-
comme la deuxième puissance des Amériques.
vanche, la photographie de Manhattan est très récente,
comme l’atteste la présence du One World Trade Center, 2. Le manuel a choisi de mettre l’accent sur les deux
gratte-ciel de 541 m de haut (la plus haute tour des États- grandes intégrations régionales du continent, en souli-
Unis, et la troisième plus haute dans le Monde), achevée gnant les deux logiques d’intégrations opposées qu’elles
© Éditions Belin 2014

en 2013 sur l’emplacement des tours jumelles détruites incarnent à l’échelle du continent : l’ALENA et le MERCO-
par l’attentat du 11 septembre 2001. SUR/SUL.
On identiiera sur la carte  les principales intégrations
Réponses aux questions régionales. L’ALENA, ou Accord de Libre-échange Nord
• La pointe Sud de Manhattan est le lieu symbole de la Américain, intégrant le Mexique qui est le premier État
puissance des États-Unis avec les sièges des plus grandes du Sud à avoir conclu un traité de ce type avec les États-
sociétés et la Bourse. La tour du One World Trade Center Unis. L’ALENA est la plus grande zone de libre-échange au

22
Monde, au sein de laquelle les échanges internes s’accé- 4. Le Brésil est d’abord relié aux États-Unis, ensuite à
lèrent, de marchandises et de capitaux. Mexique et Cana- l’Europe occidentale, via principalement l’ancienne puis-
da sont les deuxièmes fournisseurs des États-Unis après sance coloniale, le Portugal devenu un pays secondaire,
l’Asie, et les premiers clients. Entré en vigueur en 1994, d’une taille incomparable à celle du Brésil.
l’accord porte sur la suppression des barrières douanières
entre les trois États membres, en attendant l’ouverture
avec d’autres partenaires. L’essentiel des échanges est Pages 92-93
libre de droit, les investissements des irmes transnatio-
Réponses aux questions
nales états-uniennes y sont encouragés, visant à contenir
des courants migratoires de moins en moins contrôlés. 1. La population américaine a davantage investi le ter-
Le MERCOSUR apparaît au Sud comme une alternative ritoire, mais les concentrations principales demeurent
économique et politique aux processus d’intégration littorales, principalement sur la façade atlantique, secon-
encadrés et dirigés par les États-Unis. Le MERCOSUR est dairement sur celle du Paciique.
créé en 1991 par le traité d’Asuncion qui crée un mar- 2. La population brésilienne demeure massivement lit-
ché commun entre l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et torale (São Paulo, Rio de Janeiro) et péri-littorale (Belo
l’Uruguay. Le processus d’intégration s’approfondit au Horizonte par exemple).
cône Sud avec le Chili, la Bolivie, le Pérou (devenus États
associés, comme l’Équateur et la Colombie), et plus ré- 3. Si le train a permis de relier les deux grandes façades
cemment s’étend au Venezuela et forme désormais un maritimes, Atlantique et Paciique (la première limite
vaste ensemble économique de dimension continentale. transcontinentale entre le Nebraska et la Californie a été
Le Brésil, longtemps vu comme un continent dans le achevée en 1869), c’est l’avion qui assure désormais la
continent coupé de ses voisins par sa langue et sa forêt, desserte de cet immense territoire (près de 15 000  aé-
mais aussi par les contraintes de sa géopolitique interne, roports), le train étant principalement dédié au fret (le
forme avec l’Argentine le noyau dur d’un ensemble géo- plus long réseau du Monde : 220 000 km). La voie d’eau
(42 000 km de voies navigables) joue également un rôle
politique qui s’impose progressivement comme une
important (Mississippi et Grands Lacs).
puissance régionale. Le MERCOSUR dont le potentiel de
croissance est encore très important n’est pas exempt de 4. Au Brésil, l’Amazonie occupe 5 millions de km2 (pour
fragilités. L’intégration régionale s’approfondit depuis 17  millions d’habitants), soit 59  % de la surface totale
peu avec la création de l’UNASUR dont l’ambition est du pays. Encore majoritairement couverte de forêt, elle
politique. constitue un espace naturel unique au Monde, un es-
D’autres logiques apparaissent en résistance à la volonté pace de réserve, mais aussi de plus en plus un espace
hégémonique d’intégration Nord-américaine mais de productif (agriculture, élevage), un espace vers lequel
moindre poids et de consistance qui demeurent au ni- les gouvernements successifs ont orienté le trop-plein
veau de déclarations de principes. C’est le cas de l’Alter- de population, ainsi qu’un espace qui entrave les rela-
native bolivarienne pour les Amériques (ALBA) fondée tions avec les pays andins. De ce fait, c’est actuellement
par Hugo Chavez et Fidel Castro en 2004, qui revendique un cul-de-sac pour le pays, un arrière-pays.
une autre forme de coopération économique et sociale
au sein des nations latines, en suivant la formule alter-
mondialiste « un autre monde est possible ». Elle réunit [p. 94-95]
COURS 1
des peuples formant le front du refus face à l’impéria-
lisme des États-Unis.
Réponses aux questions
1. L’Amérique latine détient des records en matière d’iné-
Pages 90-91 galités socio-économiques. Sur cette photographie de
São Paulo, le contraste est d’une violence particulière ; en
Réponses aux questions revanche, il est fréquent que des quartiers riches soient
1. Le basculement des échanges a bien eu lieu : l’Europe ceinturés de murs et que des gardes privés en contrôlent
n’est plus le premier partenaire, la place ayant été prise l’accès (les gated communities). (Voir en complément le
par l’Asie orientale. Ce basculement vers l’Asie a coïncidé doc. 3 p. 103)
avec les mandats présidentiels d’Obama. Si les centres
2. Actuellement la cordillère des Andes constitue un
décisionnels des États-Unis demeurent dans le Nord-Est
obstacle très diicile à franchir, qui entrave les relations
tourné vers l’Europe, les enjeux se situent sur tous les entre les pays. L’aménagement du corridor passant
plans côté Paciique. sous l’Aconcagua (plus haut sommet de la cordillère
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2. Les États-Unis sont la seule puissance présente militai- des Andes, 6962 m) porte sur 204  km dont 52  km de
rement avec des forces permanentes (navales, principa- tunnel de basse altitude ; il est prévu qu’il se réalise en
lement) dans toutes les parties du Monde. 10-12 ans.
3. Le Brésil échange avec tous les continents, que ce soit 3. Les États-Unis exercent une attraction commerciale
pour exporter ses produits et productions (vers la Chine déterminante sur les deux voisins immédiats ; le reste du
en particulier, en matières premières) ou pour importer continent est moins dépendant. Les États-Unis monopo-
des biens industriels (des États-Unis en premier lieu). lisent l’accueil des IDE du continent.

Chapitre 3 : L’Amérique, puissance du Nord, affirmation du Sud 23


DOSSIER [p. 96-97] bel dans les grandes universitaires montre l’excellence de
cette recherche au niveau mondial.
➜ Choix de la problématique 2. Le Brésil a encore une économie en partie fondée sur
Le dossier a été conçu de manière à ce que les élèves l’exportation de matières premières peu transformées
matérialisent concrètement à l’aide de l’exemple des hy- (fer, sucre, café, et bientôt pétrole), mais la situation évo-
drocarbures ce qu’est en Amérique la fracture Nord-Sud, lue vite.
mais aussi qu’ils perçoivent les logiques d’intégration
3. D’ores et déjà, le pétrole n’est plus un point de faiblesse
régionale en œuvre sur ce continent. Se plaçant après
de l’économie brésilienne (cf. les gisements de Tupi et de
le cours  1, il illustre l’idée d’inégalités et d’interdépen-
Libra ; ce dernier est désormais le plus grand du Brésil ;
dances ; il permet aux élèves de réinvestir les clés de lec-
son exploitation a été coniée, en octobre 2013, à un
ture du chapitre  1 : géopolitique et géoéconomie, mais
consortium formé par le brésilien Petrobras, 40 % ; Shell
aussi géoenvironnement voire géoculture (doc. 5). Pour
et Total, 20 % chacun ; et les chinois CNPC et CNOOC,
ce faire, le doc. 1 est essentiel car il oppose les États-Unis,
10 % chacun. Pour des réserves estimées à un minimum
premier consommateur mondial, au reste du continent.
de 8 à 12 milliards de barils de brut, l’investissement est
En ce sens, il témoigne de la « puissance du Nord », mais
de 280 milliards de dollars, ce qui peut expliquer l’ouver-
aussi de la nécessité pour ce pays de renforcer son inté-
ture du capital à des groupes non brésiliens).
gration régionale dans le cadre de l’ALENA. Un autre pays
est tout aussi essentiel pour appréhender la question des
hydrocarbures en Amérique : le Venezuela, troisième pro-
ducteur continental (doc. 4), et qui joue un rôle politique COURS 3 [p. 100-101]
majeur. Idéologiquement opposé aux États-Unis, il se
sert des hydrocarbures comme d’une arme géopolitique
Réponses aux questions
majeure et cherche à renforcer les logiques d’intégration
régionale en Amérique du Sud auprès des autres pays du 1. L’attractivité migratoire des États-Unis s’exerce sur
MERCOSUR mais aussi de l’ALBA (Cuba). Les doc.  3 et 5 toute la planète, y compris en provenance de pays où les
permettent d’évoquer la dimension environnementale États-Unis sont présentés par le pouvoir en place comme
de l’exploitation pétrolière, dans deux sites sensibles la source de tous les maux. Trois foyers principaux s’indi-
pour des raisons très diférentes : la baie de Guanabara, vidualisent : le Mexique et les Caraïbes, l’Europe occiden-
en plein cœur de l’agglomération géante de Rio de Ja- tale, l’Asie (Sud, Sud-Est et Est).
neiro, et l’exploitation de Prudhoe Bay, en milieu arctique. 2. Rééchelonnement de la dette publique, politique
iscale plus stricte, maîtrise de l’inlation, début de ré-
Réponses aux questions duction des inégalités sociales sous le mandat de Lula,
1. Les principaux pays exportateurs du continent sont les découverte de gisements géants d’hydrocarbures,
États-Unis, le Canada, le Mexique et le Venezuela. dynamisme démographique, le Brésil a enregistré de
forts taux de croissance à la in des années 2000 (7,5 %
2. Les États-Unis recherchent la garantie de leurs appro- en 2010 ; d’où la couverture de The Economist). Depuis,
visionnements chez leurs partenaires de l’ALENA – Grand le Brésil est entré dans une phase de croissance molle,
Nord canadien, Alaska –, mais également dans le golfe du dépassant à peine 2,5 %.
Mexique et au Venezuela. Des tensions environnemen-
tales et géopolitiques en résultent. 3. Les États-Unis sont à la fois le premier pôle com-
mercial (si on raisonne à l’échelle des pays, et donc en
3. Le Venezuela cherche à soutenir les besoins en hydro- excluant l’UE) et, plus encore, la première puissance
carbures des États d’Amérique latine, Cuba ou ses parte- militaire mondiale. La domination américaine dans le
naires du MERCOSUR par la mise en place de tubes d’une domaine de la recherche, des idées, de la culture de
longueur immense à travers le continent sud-américain. masse, notamment dans le domaine de l’image et de
4. L’Amérique est dans une situation paradoxale. Riche- la musique, témoignent d’une inluence dans le Monde
ment doté, le continent n’est pas à l’abri de tensions en sans égale. La puissance brésilienne n’est pas à la même
raison des appétits des États-Unis mais aussi de la crois- échelle, quel que soit le domaine considéré. Les dé-
sance économique des pays émergents, qui dope la penses militaires du Brésil sont 25  fois moins élevées
consommation d’hydrocarbures. que celles des États-Unis.

COURS 2 [p. 98-99] COURS 4 [p. 102-103]


© Éditions Belin 2014

Réponses aux questions Réponses aux questions


1. La maîtrise des hautes technologies (de manière gé- 1. Les méga-régions sont des mégalopoles en formation,
nérale, la recherche et développement) fonde une large identiiées par des chercheurs universitaires travaillant
part de la puissance des États-Unis, via les laboratoires pour « America 2050 » (une association sponsorisée par
de recherches, publics ou privés, universitaires en tête les Fondations Rockefeller et Ford). Ces territoires, qui
(notamment le MIT de Boston). Le nombre des prix No- concentrent 70 % des habitants et des emplois, sont

24
distribués sur tout le territoire peuplé des États-Unis et grammes d’investissement y sont actuellement menés
témoignent de la diversité de ses réponses aux réajuste- par les États, en particulier par le Brésil. Elle est donc tra-
ments consécutifs à la crise et à une plus grande inser- versée de tensions entre ceux qui y voient un des lieux
tion dans la mondialisation : si huit des méga-régions clés du changement global et ceux qui y voient une des
se trouvent tout ou partie dans la Sun Belt, les deux plus dernières frontières d’expansion territoriale et écono-
peuplées et plus puissantes sont au Nord-Est : les Grands mique du continent. La carte des assassinats au Brésil
Lacs rassemblent 54  millions d’habitants et le Nord-Est montre bien que l’Amazonie est le dernier « Far West »
50 millions ; à elles seules, ces deux dernières concentrent du continent, avec de nombreux espaces de non droit,
la moitié du PIB des onze méga-régions. où le droit du plus fort règne encore.
2. Si tout l’espace américain n’est pas aménagé (loin s’en 4. Le Sud et l’Ouest correspondent à l’avancée du front
faut), il est maîtrisé du fait à la fois d’une desserte par pionnier, largement stabilisé. Des tensions pour la terre
diférents moyens de transport (principalement route ou environnementales s’y manifestent.
et avion) et du souci délibéré de conserver des espaces 5. le Brésil joue un rôle majeur dans l’intégration de
de réserve. Le Brésil est encore en phase de conquête l’Amazonie, et cherche à airmer sa souveraineté sur l’in-
d’une grande partie d’un territoire encore sauvage et, tégralité de son territoire. Le Brésil a également tenté de
il est vrai, plus diicilement pénétrable que l’Ouest jouer un rôle fédérateur en Amazonie, en réunissant les
aride américain où il est plus facile de circuler. De plus, huit pays de la région dans une organisation régionale,
le territoire brésilien est pénalisé par l’existence d’une l’Organisation du traité de coopération amazonienne
seule façade littorale à partir de laquelle s’organisent (OTCA), siégeant à Brasilia.
les axes de transport vers l’intérieur. La façade Paciique
présente le double handicap de relever d’un autre État
et d’être coupée du territoire brésilien par la cordillère
des Andes. DOSSIER [p. 108-109]

➜ Choix de la problématique
DOSSIER [p. 104-105] Le dynamisme démographique de l’Arizona est repré-
sentatif de l’attractivité de la Sun Belt. Dans ce contexte,
➜ Choix de la problématique la spéciicité de l’Arizona est que son dynamisme démo-
Le rôle de l’Amazonie dans l’intégration du Brésil est cen- graphique est supérieur à son dynamisme économique,
tral, à la mesure de la place de l’Amazonie dans la dyna- en raison de l’arrivée récente de nombreux retraités ainsi
mique du territoire brésilien. Il s’agit d’un enjeu à la fois que de Mexicains en quête d’emploi.
national, plurinational et mondial.
Réponses aux questions
Réponses aux questions 1. C’est évidemment le western (genre cinématogra-
1. L’Amazonie est l’un des plus vastes ensembles natu- phique dont l’action se déroule en Amérique du Nord,
rels du Monde ; le bassin hydrographique amazonien lors de la conquête de l’Ouest au cours du XIXe  siècle)
occupe les 4/10e de l’Amérique du Sud. Si l’on prend qui a popularisé ces paysages dans le Monde entier. À la
comme limites l’écosystème de la forêt tropicale hu- frontière de l’Arizona et de l’Utah, Monument Valley est
mide et chaude, on exclut les hautes Andes et on inclut probablement le site le plus célèbre, lieu de tournage de
les Guyanes, c’est-à-dire 7 186 750  km2. L’espace géo- nombreux ilms, parmi lesquels La Chevauchée fantas-
graphique reconnu par le Traité de coopération amazo- tique de John Ford, avec John Wayne (1939).
nienne est plus limité ; c’est l’ensemble des portions de 2. L’accélération décisive remonte au dernier demi-siècle,
l’Amazonie légalement établies pour chacun des huit plus particulièrement à partir des années 1970, avec une
pays qui la composent : Brésil, Bolivie, Pérou, Équateur, nouvelle accélération au cours des années 1990.
Colombie, Venezuela, Guyana et Surinam. Pour chacun,
3. Comme dans les autres villes américaines, Phoenix est
l’Amazonie représente entre 40 et 60 % de la supericie
une ville étendue, au bâti bas pour l’essentiel, avec une
du pays. Au Brésil, la partie amazonienne est de 5 mil-
majorité de maisons individuelles.
lions de km2 et correspond à environ 60 % de la super-
icie du pays. 4. L’attraction de l’Arizona résulte d’une convergence
de facteurs dès lors que les moyens de transport ont
2 et 3. Les acteurs sont nombreux, publics et privés : État
été mis en place, permettant de valoriser les éléments
fédéral, États du Brésil, habitants, acteurs économiques
positifs d’un climat sec et d’hivers doux : généralisation
privés, nationaux ou transnationaux (Cargill, migrants,
de la climatisation permettant d’afronter un climat très
ONG multiples). Ils portent des regards diférents sur la
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chaud en été, développement d’un marché régional de


région, selon qu’ils cherchent à maintenir une souverai-
l’emploi, saturation d’espaces voisins (Californie) ou loin-
neté sur cette partie du territoire national, à en exploi-
tains permettant à cet État de faire valoir ses atouts, aussi
ter les ressources, ou à la protéger en la mettant « sous
bien auprès des actifs que des retraités.
cloche ». L’Amazonie est soumise à de multiples pres-
sions, parce qu’elle est devenue depuis le sommet de 5. En Arizona, comme dans les États voisins, la main-
Rio de 1992 l’un des principaux terrains d’expériences d’œuvre mexicaine est utile sinon appréciée ; la récente
du développement durable et parce que les grands pro- crise économique a durci la situation et accru les tensions

Chapitre 3 : L’Amérique, puissance du Nord, affirmation du Sud 25


avec le Nord du Mexique, par ailleurs l’une des régions namique territoriale à celui d’intégration régionale ou
les plus violentes au Monde. mondiale.
1. Car le cœur du sujet est « les dynamiques » et non une
analyse statique.
BAC CROQUIS [p. 110-113]
2 et 4. Le classement des informations dans la légende :
Pages 110-111 1. Des régions inégalement intégrées à l’espace natio-
Sujet – Les dynamiques territoriales des États-Unis nal
Aplat rouge : Le Sudeste, cœur économique
Il s’agit d’un des cinq croquis exigibles au baccalauréat.
Aplat orange : Le Sud, une périphérie dynamique
L’exercice est conçu de manière complémentaire avec
celui sur le Brésil (p.  112-113) : le travail sur le premier Aplat violet : Le Nordeste, ancien centre marginalisé
croquis est simple et a pour but de faire travailler l’orga- Aplat jaune : La périphérie agricole, région exportatrice
nisation de la légende et de rappeler aux élèves les règles Aplat vert : L’Amazonie, encore en marge
de nomenclature. Le second exercice sur le Brésil repo- 2. Des dynamiques territoriales visant à la maîtrise du
sera sur le même principe et se basera sur les acquis du territoire et à l’insertion du Brésil dans l’espace régio-
premier. nal et mondial
Ce croquis a la volonté de relier le concept de dynamique 2.1. Une métropolisation
territoriale à celui d’intégration régionale ou mondiale. Triangle de points rouges : Le triangle métropolitain
1. Car le cœur du sujet est « les dynamiques » et non une Carré rouge : La capitale excentrée
analyse statique. Rond rouge : D’autres villes
2. Dans le croquis, les zones ont été extrêmement sim- 2.2. Une maîtrise accrue du territoire
plifiées par rapport à la carte des densités, et même Trait noir : Principaux axes de communication
par rapport à la seconde carte. De même, le croquis Flèche vert clair : Front pionnier agricole (soja, élevage)
comporte beaucoup moins de flèches que cette pre- Flèche vert foncé : Front pionnier de déforestation
mière carte. 2.3. Une insertion régionale et mondiale croissante
Cartouche vert : Partenaires du MERCOSUL
3. Le classement des informations dans la légende :
Cercle violet : Des régions transfrontalières en formation
1. Des régions, bases de la puissance des États-Unis Barbule bleue : Des interfaces maritimes
1.1. Le Centre
– Une région toujours dominante 3. Les igurés de surface suivent un dégradé de couleurs
– La Mégalopolis pour montrer un plus ou moins grand dynamisme (le
Sudeste par exemple est plus foncé que le Centre-Ouest).
1.2. La périphérie dynamique
Les igurés linéaires sont réservés aux lux et aux axes de
– « Sun belt »
communication.
– Régions motrices
Les lèches vertes sont de deux couleurs diférentes car
– Région revitalisée
si elles montrent toutes un front pionnier, celui-ci est de
1.3. Des périphéries nature diférente : front de déforestation d’un côté, front
– Des espaces riches en ressources agricoles, énergé- agricole de l’autre.
tiques et touristiques Les villes sont représentées de trois manières diférentes :
2. Des dynamiques territoriales témoignant du rôle la capitale est d’un iguré particulier (carré). Les deux
mondial des États-Unis autres igurés dépendent de la taille des villes.
2.1. La métropolisation
– Des métropoles mondiales
– D’autres métropoles majeures BAC MÉTHODE [p. 114-117]
2.2. L’airmation des interfaces littorales et continentales
– Les interfaces maritimes Pages 114-115 : Analyse de documents
– Des régions transfrontalières Sujet – La frontière entre États-Unis et Mexique, entre
– Des lux migratoires internes et externes renforçant la tensions et intégration régionale
littoralisation
Cette analyse de documents se concentre sur un des
2.3. Une intégration régionale et mondiale
lieux essentiels du chapitre. En efet, la frontière entre
– Partenaires de l’ALENA
États-Unis et Mexique, une des interfaces terrestres mon-
– Un axe navigable majeur
diales majeures, est un lieu qui pose les principales pro-
– Des hubs aéroportuaires
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blématiques du chapitre : zone d’intégration régionale,


économique mais aussi culturelle (doc. 2), zone de rup-
Pages 112-113 tures (doc. 1) et de tensions (doc. 2).
Sujet – Les dynamiques territoriales du Brésil 1. La notion d’interface est le il directeur de cette ana-
Ce croquis sur le Brésil repose sur les mêmes logiques lyse de documents. Le but de la question est donc d’ame-
sémiologiques que celui sur les États-Unis. Comme ce ner l’élève à se référer au cours du chapitre  2 (p.  62) et
dernier, il a aussi la volonté de relier le concept de dy- – éventuellement – à faire le point sur la notion.

26
2. Schéma complété : 3. Le classement des idées dans le plan retenu :
I. Les dynamiques territoriales liées à la mise en valeur
d’États-continents
I.1. Des déis similaires : maîtriser l’immensité et mettre
Désert de Sonora en valeur le territoire
San-Luis
I.2. Une maîtrise du territoire inégalement aboutie
ÉTATS-UNIS Zones II. Les dynamiques territoriales liées à l’intégration ré-
irriguées gionale et mondiale
II.1. Des États intégrés dans des processus régionaux et
San-Luis Río Colorado mondiaux
MEXIQUE II.2. Aux États-Unis, des dynamiques anciennes renfor-
cées par la mondialisation
Zone urbanisée
II.3. Au Brésil, la recomposition du territoire liée à l’ouver-
ture
3. La frontière est très visible dans le paysage. Les
4. Rôle des transports (I.2.) ; ALENA et MERCOSUL (II.1.) ;
contrastes sont principalement le niveau d’urbanisation,
métropolisation (II.1.) ; migrations internes (I.2.) ; littorali-
très supérieur au Mexique, et la présence d’agriculture
sation (II.2. et II.3.) ; front pionnier, Far West (I.2. et II.3.) ;
côté américain.
immensité et dispersion des ressources (I.1.) ; interfaces
4. Les inégalités sont visibles par les diférences de ni- terrestres et régions transfrontalières (II.1., II.2. et II.3.) ;
veaux de vie, de coût salarial et par leurs conséquences mondialisation (II.1.)
(les migrations de chicanos). Les tensions sont surtout
5. Les plus théoriques : schémas 3 et 4
repérables dans le premier paragraphe (« frontière de
Des espaces localisés : schémas 1, 2, 5 et 6
sécurité », « blindés »…) mais aussi plus loin, par le traic
de cocaïne… 6. Le schéma 3 ne concerne pas directement le sujet car il
ne montre pas de dynamique territoriale. Tous les autres
5. Ce qui témoigne d’une intégration régionale est visible
sont potentiellement insérables dans cette composition.
sur le doc. 1 : villes jumelles, axes de communication. Le
doc. 2 nous informe qu’il s’agit de « la frontière la plus tra- 7. Schéma 1 en II.2. ; schéma 2 en I.2. ; schéma 4 en I.2. ;
versée du Monde », que « 80 % des échanges du Mexique schéma 5 en II.2. ; schéma 6 en II.3.
se font avec son voisin du Nord » que « les infrastructures 8. La sous-partie à rédiger : « Aux États-Unis, des dyna-
sont saturées ». miques anciennes renforcées par la mondialisation »
6. Il s’agit par exemple des maquiladoras repérables en
bas à gauche de la photographie.

BAC SUJETS [p. 118-119]


Pages 116-117 : Composition
Sujet – Les dynamiques territoriales au Brésil et aux Page 118 : Composition
États-Unis Sujet – Le continent américain : entre tensions et inté-
Le but de cette composition exigible au baccalauréat grations régionales
est, conformément au programme, de comparer les Cette composition, exigible au baccalauréat, reprend le
dynamiques territoriales des deux pays. L’exercice a libellé du programme et la première partie du chapitre
deux buts méthodologiques. Le premier est d’arriver (cours p. 94). L’élève pourra se servir aussi (aide n° 1) de la
à la construction d’un plan détaillé. Outre le choix du carte 2 p. 89 qui permet de visualiser les grands enjeux du
« bon » plan (question  2), il s’agira de réléchir à l’en- sujet. Un plan possible est fourni par l’aide n° 2 (acteurs,
semble des sous-parties et des notions à insérer dans processus, bilan). Les connaissances à intégrer dans la
celles-ci (questions 3 et 4). Le second but est de réléchir copie doivent être à plusieurs échelles : de l’échelle conti-
à l’intégration dans la copie de divers schémas : les six nentale à l’exemple local. Il faudra donc utiliser le cours
schémas proposés en p. 117 sont de nature diverse : cer- et les doc. p. 94-95, mais aussi le dossier sur les hydrocar-
tains sont théoriques (schémas  3 et 4), d’autres claire- bures (p. 96-97).
ment localisés (schémas 1 et 5), certains sont à la limite
du hors sujet (schéma 3)… L’élève devra donc réléchir à Page 118 : Analyse d’un document
ce qu’il doit intégrer dans le devoir et à la manière dont
Sujet – Le continent américain : migrations et intégra-
il l’intègre…
tion régionale
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1. Une dynamique territoriale est la manière dont un Pourquoi ce sujet ? Le sujet développe un thème clas-
territoire évolue en fonction d’un certain nombre de
sique : celui des migrations en Amérique. Une analyse
facteurs (donnés ici, de manière à ce que l’élève puisse
traditionnelle et désormais en partie datée est de consi-
les utiliser dans le devoir). Quant aux États-Unis et au
dérer que le diférentiel de richesse entre États-Unis et
Mexique, il faudra évidemment les confronter et non les
Amérique latine est à la base des migrations vers le Nord.
étudier séparément.
La carte est là pour montrer que si, globalement, cette
2. La proposition 2. analyse est correcte, il faut cependant considérablement

Chapitre 3 : L’Amérique, puissance du Nord, affirmation du Sud 27


la nuancer du fait d’une diversité de situations, mais aussi En revanche, la lecture de la carte nécessite la maîtrise
d’une intégration régionale de plus en plus importante d’un vocabulaire précis, d’où les aides n° 3 et surtout n° 1,
en Amérique du Sud. qui rappelle le sens du coeicient de Gini. Néanmoins,
Quelle analyse ? Si l’aide n° 1 demande d’analyser les malgré sa richesse, la carte ne permet de répondre que
échelles, c’est pour faire apparaître la complexité de partiellement au sujet : les élèves devront penser que la
ces migrations. Les États-Unis accueillent certes plus de carte ne dit pas tout (aide n° 4) étant donné qu’elle privi-
11 millions de Mexicains, mais aussi près de 3 millions de légie les aspects économiques au détriment d’autres as-
Guatémaltèques… En revanche, les lux en provenance pects : aspects géopolitiques et géoculturels de la « puis-
d’Amérique du Sud sont plus faibles. sance du Nord » (la domination états-unienne), aspects
Les lux internes à l‘Amérique latine sont en efet impor- économiques liés aux intégrations régionales qui contri-
tants (rôle du MERCOSUR, rôle du dynamisme écono- buent pour partie à « l’intégration du Sud ».
mique du Chili…), tandis que l’Europe continue d’attirer
de nombreux Latino-Américains. Bibliographie
L’élève aura enrichi cette description à l’aide des connais- L. CARROUÉ, D. COLLET, Canada, États-Unis, Mexique. Un an-
sances du manuel (aide n° 3) : analyse des migrations à cien Nouveau Monde, Bréal, 2012.
l’échelle mondiale (p. 12-13), intégrations régionales qui G. COUFFIGNAL, Amérique latine 2012, La Documentation
modiient la donne (p. 89). Mais il pourra également pro- française, 2012.
céder à un « coup de zoom » en examinant de manière M. FOUCHER, Les nouveaux (dés)équilibres mondiaux, La
plus détaillée les documents concernant la frontière Documentation photographique, n° 8072, novembre-
mexicano-américaine (p. 114). décembre 2009.
NB. Dans le but de développer une analyse critique, on aura Y. GERVAISE, Géopolitique du Brésil. Les chemins de la puis-
enin pris soin de montrer à l’élève que les lèches des deux sance, PUF, 2012.
couleurs, pourtant de même taille, ne correspondent pas à C. GIRAULT, Intégrations en Amérique du Sud, Presse Sor-
des ordres de grandeur équivalents. bonne nouvelle, 2009.
M. GOUSSOT, Les États-Unis : société contrastée, puissance
Page 119 : Analyse d’un document contestée, La Documentation photographique, n° 8056,
mars-avril 2007.
Sujet – L’Amérique : puissance du Nord, airmation du M.-F. PRÉVOT-SCHAPIRA, S. VELUT, L’Amérique latine, les déis
Sud de l’émergence, La Documentation photographique,
Pourquoi ce sujet ? Le but de ce sujet est de reprendre n° 8089, 2012.
les grandes données de la première partie du chapitre H. THÉRY, Le Brésil : changement de cap ?, La Documenta-
au travers d’une carte riche, et donc complexe à lire. tion photographique, n° 8042, 2004.
Le sujet en tant que tel n’appelle pas de commentaire H. THÉRY, Brésil dans la mondialisation : commerce extérieur,
puisqu’il reprend en partie la problématique du pro- lux aériens et exportations de joueurs de football, 2011,
gramme. www.diploweb.com/Bresil-dans-la-mondialisation.html
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28
chapitre
4 L’Afrique : les défis du développement

Programme oficiel
Thème 3 – Dynamiques géographiques des grandes aires continentales (17-18 heures)
Question Mise en œuvre
L’Afrique : les déis du développement – Le Sahara : ressources, conlits (étude de cas)
– Le continent africain face au développement et
à la mondialisation

Du programme au manuel

Le commentaire du programme Les choix du manuel


5 heures (évaluation comprise)
La iche ressource précise : Ce programme ne difère de celui de ES-L que par la réduction
« Comme en séries ES-L, la question s’organise autour d’une horaire. Il conserve la même entrée problématique à la rélexion
étude de cas “Le Sahara : ressources, conlits” et d’une en- sur l’Afrique via le Sahara. En efet, cette étude de cas, intéres-
trée générale “Le continent africain face au développement sante en soi, n’est pas la plus adaptée pour introduire à l’étude
et à la mondialisation”. d’un continent en proie à une explosion démographique. De plus,
Compte tenu du volume horaire de la série scientiique, la présenter le continent le plus confronté aux diicultés du déve-
question doit être traitée en 5 heures environ. Les exigences loppement en 3 heures maximum relève largement de la ga-
au Baccalauréat seront adaptées au temps alloué à l’étude geure et ne peut malheureusement être résolu qu’au prix de très
de la question et à celui dont disposeront les élèves pour fortes simpliications. Cela implique en particulier de lier
composer. constamment développement et mondialisation.
On peut consacrer environ 2 heures à l’étude de cas sur le – Le lien développement/mondialisation sert de il directeur au
Sahara et 2-3 heures à l’entrée générale consacrée au déve- chapitre, la notion de développement étant comprise de ma-
loppement et à la mondialisation en Afrique. » nière large et non étroitement économique.
– Parce que la vision de l’Afrique est trop souvent constituée de
clichés, ce chapitre en prend le contre-pied, évite le misérabi-
lisme qui est souvent de règle, pour montrer la diversité et la
complexité des situations africaines et le retournement de ten-
dance actuel : après la décennie du chaos des années 1990-
2000, le continent vient de connaître une décennie de crois-
sance économique et d’intérêt géostratégique. Et il intéresse
de plus en plus les puissances des autres continents.

• Orientation pour le baccalauréat


Les sujets de composition suivants sont envisageables : – Un travail méthodologique est proposé p. 142-143 sur la com-
– Le Sahara : ressources, conlits position « Le Sahara : ressources, conlits », portant notam-
– Le continent africain face au développement et à la ment sur l’organisation des idées et sur l’insertion de produc-
mondialisation tions graphiques. Ce travail peut également s’appuyer sur la
synthèse de l’étude de cas (p. 126-127). La composition sur
« Le continent africain face au développement et à la mondiali-
sation » est proposée en sujet (p. 146).

Un croquis peut être demandé : – Le croquis, réalisé p. 140-141, amène l’élève à réléchir à la
– Le continent africain : contrastes de développement et sélection des informations à cartographier.
inégale intégration dans la mondialisation.
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L’analyse d’un ou deux documents (cartes, textes, – Trois analyses de documents (p. 144-145, p. 146 et p. 147)
images…) peut être demandée. permettent de travailler diférents types de documents (carte,
texte, dessins de presse, couverture de magazine) et d’amener
à un regard critique.
NB. Quatorze schémas, pouvant être intégrés aux composi-
tions ou aider à la réalisation du croquis, sont réalisés à l’échelle
du Sahara et du continent (p. 126, p. 139 et p. 143).

Chapitre 4 : L’Afrique : les défis du développement 29


OUVERTURE DE CHAPITRE [p. 120-121] Réponses aux questions
L’ouverture du chapitre insiste d’emblée sur des choix de 1. Le Sahara, peu peuplé hormis le couloir du Nil, dispose
développement mondialisés qui ont été faits, dans des de ressources, principalement souterraines : fer, uranium,
parties très diférentes du continent : une ville d’Afrique phosphates, hydrocarbures, nappes aquatiques fossiles.
du Nord (Rabat, au Maroc), une campagne d’Afrique L’exploitation de ces ressources pose la question de la
orientale (au Kenya). Les deux lieux apparaissent face à durabilité : épuisement des nappes et énergies fossiles,
des enjeux de développement – celui du transport public pollutions… Cet espace est aussi propice à un tourisme
dans des villes en forte croissance, ou celui du dévelop- d’aventure s’adressant à des populations à fort pouvoir
pement rural. Dans les deux cas, l’insertion dans la mon- d’achat et à la recherche « d’espaces de sérénité », décrits
dialisation est claire : c’est Veolia qui exploite le tramway brillamment par Théodore Monod, et considérés comme
de Rabat ; les leurs coupées kenyanes sont exportées vierges compte tenu de la grande discontinuité du peu-
par l’avion tout proche vers les marchés occidentaux. plement.
2. Le nom même, al-sahrà (« désert »), de cet immense
Réponse à la question espace (8,5 millions de km²) dont les limites peuvent va-
• La question des transports publics dans les villes du rier selon les critères retenus, suggère la contrainte radi-
Monde en développement est cruciale : en efet, si les cale de l’aridité à laquelle s’ajoutent de forts contrastes
catégories aisées et, de plus en plus moyennes, uti- thermiques. L’exploitation des richesses énergétiques va
lisent leur voiture, les pauvres vont à pied, souvent sur alors de pair avec la maîtrise de faibles ressources en eau
de très longues distances : soit parce que les transports sur les lieux de l’extraction. La localisation de gisements
publics sont très insuisants, soit parce qu’ils sont déjà loin des foyers de peuplement et de consommation
trop coûteux. À Rabat, vitrine du Maroc, dans une agglo- impose la gestion d’une dissymétrie spatiale ampliiant
mération très étendue sur les deux rives de l’oued Bou les contraintes de la distance, de l’immensité, de la conti-
Regreg, le choix du tramway a été retenu, complété par nentalité.
un réseau de bus. La technologie est française, comme 3. Pour les États du Maghreb ou du Machrek tournés vers
l’entreprise qui exploite une grande partie du réseau de la Méditerranée, les territoires sahariens constituent des
transports publics. arrières pays en voie d’intégration. Les infrastructures de
• En peu d’années, le Kenya a réussi à trouver sa place sur transports, malgré des réseaux assez médiocres, mais au
le marché européen, évinçant les producteurs de leurs prix d’investissements colossaux, connectent les espaces
colombiens, grâce à des tarifs plus compétitifs. intérieurs aux « autoroutes » de la mondialisation. Les
Si la vente des leurs coupées a engendré une réelle crois- États saharo-sahéliens dépourvus de façade maritime
sance économique et permet, grâce aux emplois générés, (Mali, Niger, Tchad) sont davantage marqués par l’encla-
de vrais progrès sociaux, sa durabilité reste faible : d’un vement. L’activité touristique constitue un autre facteur
point de vue économique, le secteur reste vulnérable aux d’intégration mais elle est contrariée par une insécurité
luctuations du marché et donc dépendant de l’extérieur ; endémique et demeure marginale, à tous les sens du
d’un point de vue environnemental, le transport aérien terme.
(moins coûteux cependant en CO2 que les serres néerlan- 4. Les espaces sahariens suscitent de nombreuses
daises) et la consommation d’eau nécessaires à cette acti- convoitises entre de multiples acteurs internes à l’Afrique
vité posent problème. Le bilan est donc mitigé. ou extérieures. Ces convoitises se manifestent dans les
investissements en provenance, le plus souvent, d’autres
parties du Monde. Les revenus de l’extraction échappent
ÉTUDE DE CAS alors le plus souvent aux populations locales qui ne bé-
[p. 122-125]
néicient pas assez d’infrastructures de transport pen-
sées dans le cadre d’une économie de prédation. Le
Pages 122-123 tourisme induit des revenus plus difus, impliquant des
L’étude de cas, qui constitue l’entrée dans la question acteurs locaux, mais l’essentiel du secteur est contrôlé
consacrée à l’Afrique, doit interroger la notion globale de par les grandes irmes du Nord.
développement – intégrant la dimension environnemen-
tale – et la place du continent face à la mondialisation,
en dépassant l’afro-pessimisme ambiant et en ne rédui-
Pages 124-125
sant pas les diicultés à des handicaps naturels. L’étude B Un espace de conlits, entre mal développement
s’appuie sur une problématique spéciique, que précise et mondialisation
l’intitulé « le Sahara : ressources et conlits », à propos des La seconde partie de l’étude insiste sur le fractionne-
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enjeux économiques et géopolitiques de l’ensemble sa- ment politique, l’insécurité endémique et les diicultés
harien au regard des ressources qu’il recèle, en insistant d’un développement.
sur les multiples convoitises qui s’y manifestent.
A Un espace contraignant mais bien pourvu en Réponses aux questions
ressources 1. Le Nil est la colonne vertébrale du pays et à l’origine
La première partie de l’étude présente un espace de fortes même de la civilisation égyptienne. Les eaux du leuve
contraintes physiques, mais disposant de ressources. et le climat local qui les accompagne ont rendu une terre

30
stérile très productive. Aujourd’hui, il abreuve et nourrit CARTES [p. 128-131]
près de 85 millions d’Égyptiens.
2. La légitimité de la présence marocaine dans l’ex-Saha- Pages 128-129
ra espagnol n’est toujours pas reconnue internationale-
ment, même si les choses progressent. Dans ce contexte, Réponses aux questions
l’État marocain a consenti d’importants investissements 1. La diversité des situations africaines doit être mise
destinés à arrimer ce territoire au reste du royaume en valeur : diversité des densités, importance des villes,
(routes, aéroports, ports) mais aussi à gagner l’adhésion pôles de fortes densités rurales à lier aux structures d’en-
des populations. cadrement.
La structure du peuplement sur le continent africain fait
3. Les deux-tiers du Mali sont sahariens mais comptent
apparaître de très importants contrastes, entre des dé-
moins de 10  % des 7  millions d’habitants du pays. La
serts (Sahara, Kalahari) et des zones très peuplées (litto-
capitale, Bamako, est loin du Nord, dans la zone souda-
raux, vallée du Nil, hautes terres d’Afrique orientale et de
nienne (climat à deux saisons, avec une saison des pluies
Madagascar, pôle nigérian). Armature et réseau urbain y
bien marquée ; près de 900  mm sur l’année). La partie
sont également variés.
« utile » du pays se trouve dans le Sud du pays, au Sud du
delta intérieur du Niger (Mopti). 2. Si les conlits des vingt dernières années se répar-
tissent sur la quasi-totalité du continent, les plus rava-
4. La question touareg est un problème récurrent pour
geurs se situent clairement dans la partie la plus pauvre
le Mali. Ces populations, nomades ou anciennement
(Congo, Soudan, Rwanda, Somalie, etc.). Il en est de
nomades, parlant le berbère, ont toujours été en dissi-
même pour les zones de famine. Si les conlits les plus
dence vis-à-vis du Sud du pays, où se situent le pouvoir
violents sont en partie une conséquence de l’absence
et la plus grande partie de la population et des forces
de développement, leurs conséquences ont entretenu
productives. Le statut du nord-mali touareg, l’Azawad,
ou accru l’extrême pauvreté  : la fréquence des conlits
est toujours en discussion.
dans les dernières décennies et en particulier dans la
5. L’absence d’autorité efective des États au Sahara est la « décennie du chaos » des années 1990 a très largement
généralité ; elle favorise les situations de non droit, mais aggravé les diicultés de développement du continent,
ces espaces ne sont pas pour autant sans lien avec le transformant des zones de malnutrition chronique en
reste du Monde, au contraire, puisqu’on y a même enre- zones de famines, la faim étant utilisée comme arme
gistré des atterrissages d’avions gros porteurs transpor- dans les conlits. Si des conlits persistent aujourd’hui
tant de la drogue dont l’économie irrigue de nombreux (RDC par exemple), on peut néanmoins observer que de
secteurs du Sahara. nombreuses régions soit ont réglé leurs diférents prin-
L’ouverture sur le Monde ne s’exprime pas uniquement cipalement internes (Afrique du Sud, Namibie, Algérie,
au travers de traics illégaux, de l’extraction, puis de la Mozambique, Angola, Congo, etc.) ou externes, soit sont
projection des ressources du sous-sol sur le marché engagées dans des processus de paix (Sud-Soudan).
mondial, ou par le développement de l’activité touris- Les ressources africaines attirent souvent des conlits
tique. L’intégration des territoires sahariens passe aussi géopolitiques (au sens de conlits de pouvoir sur des ter-
par la multiplication des mobilités et des lux humains ritoires), pour savoir qui aura accès auxdites ressources :
largement tournés vers la Méditerranée, y compris des par exemple les guerres de la Mano River (Liberia et Sier-
migrations clandestines en direction de pôles récepteurs ra Leone) autour des diamants. Une fois le pouvoir pris,
comme l’UE. il est verrouillé pour que les richesses générées par les
ressources ne proitent qu’à un petit nombre (Égypte).
6. Le Sahara a toujours été un espace d’insécurité, sou-
mis aux raids et razzias des nomades (la razzia étant
expliquée par certains en raison de la nécessité de redis-
tribuer des ressources rares). Aujourd’hui, l’immensité du Pages 130-131
territoire et la peu nombreuse population se prêtent à Réponses aux questions
la création de bastions terroristes, tandis que les fron-
tières héritées de la conquête coloniale sont sources 1. Des grandes régions très riches en ressources se
de contestations par les populations locales (fédération dessinent : un arc minier en Afrique australe allant de
touareg), de revendications territoriales (Sahara occi- l’Afrique du Sud au Nord de la RDC, disposant de miné-
dental), de conlits et de mouvements de populations raux ferreux et non ferreux, de métaux rares et précieux
réfugiées. Si le Printemps arabe a engagé des proces- et de charbon ; deux bandes de réserves d’hydrocarbures
sus démocratiques au Nord du Sahara, il a également importantes – le Golfe de Guinée, du Nigeria à l’Angola
déstabilisé – outre la Libye – les territoires plus au Sud, et l’Afrique du Nord, auquel il faut ajouter le Sud-Soudan.
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déjà marqués par l’inluence grandissante d’al-Qaïda La richesse des ressources africaines en énergie et en
au Maghreb islamique (Aqmi). Le Sahel est l’objet d’une minéraux ne fait pas de doute et attire les investisseurs
compétition entre des groupes armés et des États déjà et les FTN. Cependant, ces richesses deviennent des en-
fragiles, souvent dénoncés pour la mal gouvernance et jeux géostratégiques et ne proitent pas forcément aux
la corruption. L’autorité des États est remise en cause  ; populations ou au développement du pays.
l’instabilité politique perturbe la marche vers un déve- 2. Les matières premières issues du sous-sol, hydrocar-
loppement raisonné. bures en tête, constituent la manière principale dont

Chapitre 4 : L’Afrique : les défis du développement 31


l’Afrique s’intègre à la mondialisation ; elles mobilisent 2. Les pays émergents ont besoin de matières pre-
les plus forts investissements, en large partie venus de mières et d’énergies pour leur développement rapide,
l’extérieur. Le tourisme est dans l’ensemble très peu déve- et le continent africain en regorge. Inversement, ils sont
loppé, les principales exceptions étant l’Égypte, le Maroc, souvent prêts en échange à investir inancièrement
la Tunisie et l’Afrique du Sud et, sur un mode plus mineur, dans le développement des pays africains. De plus, ces
le Kenya. Les obstacles à l’insertion dans la mondialisation échanges Sud-Sud ofrent une alternative à la dépen-
sont nombreux, le manque d’infrastructures et l’insécu- dance néocoloniale vis-à-vis du Nord. Enin, la Chine
rité géopolitique étant les plus sérieux. À l’exception de notamment est bien moins stricte que l’Occident, et
l’Afrique du Sud dont l’inluence est avant tout régionale pour cause, sur les conditions politiques (démocratie…)
(Sud du continent), l’Afrique manque de pays dont le dé- des pays dans lesquels elle investit.
veloppement aurait un efet d’entraînement sur les autres.
3. Les matières premières, la croissance économique du
continent et l’émergence de l’Afrique comme marché de
consommation (par l’importance nouvelle des classes
COURS 1 [p. 132-133] moyennes en particulier) attirent les investisseurs d’au-
tant que d’autres marchés sont relativement saturés ou
Réponses aux questions moins ouverts.
1. La place des matières premières dans les économies 4. Le secteur informel ofre aux vendeurs un moyen
du continent rend ce dernier vulnérable aux cours bour- de survie économique, par la « débrouille » : on peut se
siers parfois très luctuants. De plus, la simple exporta- lancer avec un faible capital de départ et pas forcément
tion de produits souvent non ou peu transformés ne de qualiication. Cependant, les proits sont le plus sou-
permet pas de diversiier les économies pour les rendre vent faibles et le statut des vendeurs est peu sûr (dé-
moins fragiles. Enin, il s’agit souvent de l’exploitation guerpissements par les pouvoirs publics, absence de
de ressources non renouvelables, donc d’un mode de couverture sociale…). Le secteur répond par ailleurs de
développement non durable mais aux conséquences manière très lexible aux besoins des clients (produits
environnementales importantes (pollutions des sols, de proposés, prix, localisation des ventes…) mais sans for-
l’eau, de l’air, déforestation, atteintes aux populations ; cément de garantie de qualité.
cf. mines d’amiante).
2. Lié à une aide extérieure et à ses contraintes (question
de la durabilité, du choix des lieux, de la dépendance), ce
DOSSIER [p. 136-137]
type d’initiative améliore très nettement les conditions
de vie locales. Cependant, le coût inancier et environ- ➜ Choix de la problématique
nemental de ces initiatives très ponctuelles (14 villages
En posant la question de l’émergence de l’économie sud-
dans 10 pays) est souvent élevé, et leur extension à une
africaine, ce dossier s’inscrit précisément dans la problé-
échelle régionale ou nationale diicile.
matique générale du chapitre, à savoir les modalités spé-
3. La situation sanitaire africaine est diverse mais glo- ciiques du lien entre développement et mondialisation :
balement inquiétante pour des raisons multifacto- quelle insertion, pour quel développement ? C’est dans
rielles. Elle combine la tropicalité et donc l’exposition cet esprit que les documents ont été choisis.
aux maladies « tropicales » (paludisme…) ; la vulnéra-
bilité aux maladies du sous-développement (diarrhées
Réponses aux questions
par manque d’accès à l’eau potable, maladies infec-
tieuses par manque d’accès aux soins) ; ces dernières 1. Comme du reste pour la plupart des autres pays afri-
s’ajoutent aux pathologies de la modernité, ce qui est cains, l’insertion de l’Afrique du Sud dans la mondialisa-
typique de la transition épidémiologique ; des maladies tion s’est fondée sur l’exploitation des ressources d’un
émergentes (sida, Ebola) et les conlits qui accentuent sous-sol très bien pourvu (rappelons qu’il s’agit du plus
les diicultés (maladies de la promiscuité, destruction grand producteur et exportateur mondial d’or, de platine
des infrastructures sanitaires, limitation de la liberté de et de chrome, et le 4e plus grand producteur de diamants.
circuler et donc de l’accès aux soins…). Le pays détient 80 % des réserves mondiales de platine et
possède aussi 60 % des réserves globales de charbon).
2. La Chine, grande consommatrice de matières pre-
COURS 2 [p. 134-135] mières, s’intéresse beaucoup à l’Afrique en général
(organisation d’un premier sommet Chine-Afrique en
Réponses aux questions 2006) et à l’Afrique du Sud en particulier (elle est le pre-
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mier importateur de produits sud-africains). Mais si la


1. Orascom est un groupe égyptien qui fonctionne
Chine a aidé l’Afrique du Sud à faire partie des BRICS,
comme les autres FTN, de par la structure de ses activités
le poids de son action pèse aussi sur ses relations exté-
(il opère dans de nombreux pays : Canada, Algérie, Pakis-
rieures (refus de visa pour le Dalaï-lama).
tan, République centrafricaine…), la variété des secteurs
qu’il couvre (téléphonie mais aussi télévision, construc- 3. L’Afrique du Sud s’est insérée dans la mondialisation
tion, hôtellerie), jusqu’au choix architectural pour son via l’exportation de ses matières premières, avec l’aide
siège social. d’investisseurs étrangers d’abord occidentaux, puis de la

32
Chine, devenue son premier client. Au service de cette tropoles, en le subdivisant en deux catégories reprenant
politique, ses infrastructures se sont modernisées, à l’ins- le libellé du sujet :
tar du port de Durban. De même, le tourisme a connu Cercle rouge clair : « Des métropoles, portes d’entrée de la
une montée en lèche avec la in du boycott lié à la poli- mondialisation, mais relet des contrastes de développe-
tique d’apartheid. ment : moins de 50 % de la population vit dans des quar-
Les limites de son développement sont celles de l’insuf- tiers insalubres »
isance de la difusion des progrès économiques à l’en- Cercle rouge foncé : « Des métropoles, portes d’entrée de
semble de la population : le chômage touche près du la mondialisation, mais relet des contrastes de dévelop-
tiers de la population active dont un jeune sur deux ; un pement : plus de 50 % de la population vit dans des quar-
tiers de la population vit en dessous du seuil de pauvreté tiers insalubres »
et le pays est désormais classé comme le plus inégalitaire
au Monde, la population noire étant la plus laissée pour
compte. L’éradication de la pauvreté reste un objectif BAC MÉTHODE [p. 142-145]
central du pays.
Pages 142-143 : Composition
Sujet – Le Sahara : ressources et conlits
BAC CROQUIS [p. 140-141] L’étude de cas sur le Sahara peut faire l’objet d’une com-
Sujet – L’Afrique : contrastes de développement et position au baccalauréat. Le sujet proposé ici reprend
inégale intégration dans la mondialisation l’intitulé du programme. Le questionnement fait travail-
L’exercice fait réléchir à un croquis qui reprend le ler les étapes de la démarche à mettre en œuvre pour
libellé exact du programme. C’est un des cinq croquis une composition, y compris l’intégration de schémas.
exigibles au baccalauréat. La démarche préconisée Les schémas de la p. 143 peuvent servir à des composi-
est de partir d’un croquis déjà réalisé (p.  141) sur un tions portant sur l’ensemble de l’Afrique et être utilisés
sujet très proche mais de formulation légèrement dif- comme schémas de travail dans l’étude de cas.
férente. L’élève devra aussi réléchir à la façon dont a 1. La déinition des limites du Sahara est bioclimatique
été construit ce schéma en le reliant à plusieurs cartes (aridité), mais le sujet doit aussi tenir compte des États
générales d’Afrique. nord-africains et sahéliens qui se partagent cet espace.
1. Les deux parties de la légende correspondent aux 2. Le terme « ressources » renvoie ici aux ressources na-
deux thématiques du sujet. Le choix des informations turelles : richesses potentielles du milieu et exploitables
montre que le développement du continent n’est pas par l’homme (ressources énergétiques et minières,
uniforme (partie 1) et que son insertion dans la mondia- nappes aquifères fossiles…, potentialités du milieu pour
lisation est encore faible (sous-partie 2.2.) tout en don- le tourisme).
nant des éléments d’explication (sous-partie  2.1.) et en
montrant des perspectives d’insertion (sous-partie 2.3.). 3. Une problématique possible : « Dans quelle mesure
les ressources du Sahara en font un espace convoité et
2. La première carte met l’accent sur la question de l’ali- conlictuel ? ». Cette problématique permet de nuancer
mentation, centrale pour évaluer le développement. La la réponse (les tensions et conlits ne sont pas liés qu’aux
seconde carte insiste sur la transition urbaine et la taille ressources mais aussi à d’autres facteurs).
des quartiers insalubres dans les villes.
4 et 5. Plan possible (et doc. où trouver des exemples,
3. Les deux cartes sont à relier avec la première partie de p. 122 à 125) :
la légende.
I. Un espace contraignant mais aux multiples res-
4. Les informations des deux cartes n’ont pas été rete- sources
nues sur le croquis : elles auraient été diicilement repré-
sentables pour les villes (problème de taille des phéno- I.1. De fortes contraintes bioclimatiques : aridité et
mènes). L’on aurait pu en revanche mettre les zones de contrastes thermiques (doc. 1)
famine, mais un tel choix n’a pas été efectué pour éviter I.2. Un espace peu peuplé hormis la vallée du Nil (doc. 1)
la surcharge de la carte (problème de lisibilité). I.3. Des ressources multiples (matières premières énergé-
tiques et minières ; tourisme) (doc. 1, 3, 4 et 5)
5. On aurait cependant pu les intégrer graphiquement
en créant une nouvelle subdivision du dernier item de la II. Un ensemble politiquement fractionné
première partie de la légende (Les zones les moins déve- II.1. Un découpage frontalier en partie contesté (doc. 6, 8)
loppées, connaissant des famines récurrentes).
II.2. Pour les États d’Afrique du Nord, des territoires qui
6. Le seuil de 50 % est symbolique et permet de diviser sont des arrière-pays en voie d’intégration (doc. 10)
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les données de cette seconde carte en deux catégories II.3. L’enclavement de plusieurs des États saharo-sahé-
équilibrées. Étant donné que les informations de cette liens (doc. 1, 9)
carte sont à l’échelle nationale et ne concernent pas que
III. Un espace convoité et conlictuel
les grandes métropoles igurées dans le croquis, on ne
peut pas répondre pleinement à la question sans rajou- III.1. Des enjeux géopolitiques et économiques (doc. 7, 8)
ter un item qui couvre l’ensemble des pays. Une solution III.2. Des acteurs mondialisés (doc. 7, 11)
acceptable est donc de modiier la légende et l’item mé- III.3. Des conlits à diférentes échelles (doc. 6, 7, 8, 11)

Chapitre 4 : L’Afrique : les défis du développement 33


6. Le schéma 5 ne convient pas à ce sujet. Schéma 1 (I.1.) ; quée par la pauvreté et par des écarts sociaux entre villes
schéma  2 (I.3.) ; schéma  3 (I.2.) ; schéma  4 (II.2. ou II.3.) ; et campagnes, entre sexes, etc.
schéma 6 (III.1.) 8. Non, les documents ne permettent pas d’étudier les
7. La sous-partie à rédiger, en plus de l’introduction et diférentiels de développement à l’échelle des pays.
de la conclusion : « L’enclavement de plusieurs des États
saharo-sahéliens » (les élèves peuvent s’aider de la p. 7 de
présentation d’une composition). BAC SUJETS [p. 146-147]

Pages 144-145 : Analyse de documents Page 146 : Composition


Sujet – Le continent africain face au développement Sujet – Le continent africain face au développement
et à la mondialisation
Le sujet est une analyse de deux documents : une carte de
prospective, issue de données 2012 de l’OCDE (Organisa- Il s’agit d’une des compositions exigibles au bacca-
tion de coopération et de développement économiques), lauréat. Elle peut reprendre les grandes lignes du cha-
et un texte de journaliste accompagné d’une caricature. pitre 4 (aide n° 1), mais l’élève devra intégrer à son tra-
Le but est de réléchir à la notion de développement et de vail des données issues de l’étude de cas sur le Sahara.
relativiser celui de l’Afrique : la croissance exceptionnelle Il pourra enrichir son devoir avec d’autres données
du continent est-elle signe de développement ? issues du dossier sur l’Afrique du Sud (dossier p.  136-
137) car ce pays, très mondialisé et en développement,
1. Conformément à la déinition oicielle de l’IDH, la
est une bonne illustration des problématiques liées au
notion de développement prend certes en compte des
sujet.
données économiques, mais aussi sociales et démogra-
Le plan le plus simple est suggéré par l’aide n° 2, mais
phiques (cf. cartographie de l’IDH : carte 2 p. 129 pour
d’autres plans sont possibles et peuvent privilégier des
l’échelle continentale et carte  4 p.  23 pour l’échelle
typologies plus ines. À ce titre, le croquis de la p. 141 et
mondiale).
les schémas p. 143 fourniront un certain nombre d’indi-
2. La deuxième question : « La forte croissance écono- cations aux élèves.
mique en Afrique correspond-elle à un véritable déve-
loppement ? »
3. Le doc. 1 ne donne pas d’indications sur le développe- Page 146 : Analyse d’un document
ment de l’Afrique mais sur un aspect particulier : la crois- Sujet – Le continent africain face à la mondialisation
sance prévue de l’économie pour une seule année (2013).
Le sujet amène à analyser une caricature, donc à être cri-
4. La croissance de l’Afrique serait très forte en 2013 : tique (quelles sont les intentions de l’auteur ? Quelle est
plus de la moitié des pays auraient une croissance éco- la véracité de ce qu’il dénonce ?…). L’élève devra montrer
nomique supérieure à 5 % alors que, cette même année, que ce document véhicule un certain nombre de repré-
la moyenne mondiale a été de 2,3 % et que la France a sentations standardisées sur le continent (le continent
eu une croissance nulle. L’élève pourra aussi comparer de la faim) mais le fait qu’il s’agit d’une caricature afri-
cette croissance avec celle de la Chine, du Japon ou des caine complexiie le discours (aide n° 1). Le vrai sujet du
États-Unis : celles-ci sont visibles pour une plus longue document est donc la vision qu’a, d’après les Africains, le
période dans le doc. 4 p. 155. Seule la Chine fait mieux reste du Monde sur l’Afrique.
que l’Afrique. Le devoir peut être conçu sur un plan binaire (représen-
5. Les pays qui ont la plus forte croissance sont sou- tations/réalités), le document ne montrant évidemment
vent les pays les moins développés d’Afrique subsaha- qu’un aspect de chaque notion.
rienne (République démocratique du Congo, Érythrée,
Tchad…). La raison en est simple : il est plus facile d’avoir
un taux de croissance fort lorsque son PIB est au départ Page 147 : Analyse d’un document
très faible. En revanche, les puissances émergentes Sujet – Le continent africain face au développement
du continent (Afrique du Sud, cf. dossier p.  136-137, ou et à la mondialisation
à degré moindre Tunisie) ont des taux de croissance
Pourquoi ce document ? Le message de cette couverture
plus faibles car leur PIB était au départ plus élevé. Mais
de magazine (l’Afrique se développe) est tenu par un ma-
d’autres éléments d’explication rentrent aussi en jeu :
gazine « grand public », présent dans la plupart des CDI,
forte croissance de la Libye ou la Côte d’Ivoire après des
et que l’élève aura probablement déjà feuilleté. Ce dis-
crises politiques (et donc économiques) majeures ; crois-
cours est donc un discours désormais largement média-
sance liée au pétrole en Angola (carte  1 p.  130) ; émer-
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tisé : même dans le grand public, l’Afrique n’évoque plus


gence du Ghana (schéma 4 p. 139), etc.
seulement la faim, le sous-développement, mais aussi la
6. La caricature montre efectivement qu’il ne faut pas croissance, voire le « nouvel Eldorado » ! (titre du dossier
confondre richesse et croissance : 5 % d’un faible PIB re- sur l’Angola).
présente peu de chose.
Quelle analyse ? Il conviendra d’abord de décrypter le
7. Le texte conirme que la croissance économique n’est message dans son ensemble (aide n° 1) : un message
pas le développement, et que l’Afrique est toujours mar- très positif, puisque même les conlits des Grands Lacs

34
se passent dans une « poudrière magniique » ! Les repré- (représentations/réalités), le document ne montrant évi-
sentations de l’Afrique sont donc pour certaines d’entre demment qu’un aspect des choses.
elles traditionnelles – des conlits, la nature et la « faune
sauvage » (titre du dossier sur la Namibie) –, mais magni-
iées. Mais l’Afrique est aussi le continent qui s’éveille, Bibliographie
marqué par la jeunesse (l’image centrale), les « grands G. COURADE (dir.), L’Afrique des idées reçues, Belin, 2006.
projets » (titre du poster) et le « high-tech » (titre du dos- A. DUBRESSON, S. MOREAU, J.-P. RAISON, J.-F. STECK, L’Afrique sub-
sier sur le Kenya)… saharienne, une géographie du changement, Colin, 2011.
Il conviendra ensuite de déconstruire ce discours : l’aide P. GERVAIS-LAMBONY, Afrique du Sud. Entre héritages et émer-
n° 2 renvoie aux doc. p. 144 : le réveil du continent est une gence, La Documentation photographique n° 8088, juil-
vérité qu’il convient de nuancer, car il ne s’est pas encore let-août 2012.
traduit par un développement. Comme pour la carica- Slate Afrique, www.slateafrique.com, actualité du
ture p. 146, le devoir peut être conçu sur un plan binaire continent.
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Chapitre 4 : L’Afrique : les défis du développement 35


chapitre
5 L’Asie du Sud et de l’Est :
les enjeux de la croissance

Programme oficiel
Thème 3 – Dynamiques géographiques des grandes aires continentales (17-18 heures)
Question Mise en œuvre
L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de – L’Asie du Sud et de l’Est : les déis de la population et de la
la croissance croissance
– Japon, Chine : concurrences régionales, ambitions mondiales

Du programme au manuel

Le commentaire du programme Les choix du manuel


5 heures (évaluation comprise)

Le libellé est restreint par rapport au programme des NB. Derrière l’appellation « Asie du Sud et de l’Est », le pro-
séries ES-L : la question ne comprend pas d’étude de cas. gramme inclut les trois régions suivantes : Asie du Sud, Asie de
l’Est et Asie du Sud-Est.

Seules deux entrées doivent être traitées : « L’Asie du Formellement, le programme parle de deux entrées (cf. mise
Sud et de l’Est : les déis de la population et de la crois- en œuvre), mais la iche ressource expose trois probléma-
sance », « Japon-Chine : concurrences régionales, ambi- tiques, ce qui est évidemment bancal, le tout en 5 heures.
tions mondiales ». Sur la première entrée, l’objectif du programme est clair : il
s’agit de conduire, à la faveur de l’étude de l’Asie, une rélexion
Dans le cadre du volume horaire de la série scientiique, sur les liens entre population et croissance économique. C’est
on centrera l’étude sur les éléments suivants : un angle d’approche qui aurait pu aussi convenir à d’autres
– le poids démographique exceptionnel de l’Asie du Sud continents mais les programmes scolaires ont l’habitude de
et de l’Est en l’envisageant à la fois comme une potentia- lier la question démographique à l’Asie, non sans raison du
lité et un frein pour le développement ; reste. Le lien entre la croissance de la population et la crois-
– les efets de la croissance économique sur les terri- sance (économique) est plus délicat, même s’il l’est moins
toires et le développement ; que dans les années 1970, lorsque s’afrontaient des thèses
– la concurrence et les tensions entre Japon et Chine en opposées, entre ceux qui pensaient que la croissance démo-
Asie mais aussi leur interdépendance économique ; graphique hypothéquait la croissance économique et ceux qui,
– la volonté d’airmation des deux États à l’échelle au contraire, pensaient qu’elle pouvait être une condition de
mondiale. celle-ci. L’adoption de politiques restrictives des naissances
dans une grande partie de l’Asie, Chine en tête, a changé la
donne, si bien qu’aujourd’hui la question est celle du lien entre
les masses de population les plus nombreuses de la planète et
le développement économique. Et, de ce point de vue, l’Asie
nous ofre un éventail assez large de situations.
En raison du faible horaire à consacrer à cette question, le
manuel va à l’essentiel, avec une double page de cours consa-
crée à chaque problématique (ainsi qu’une double page de
cartes), deux étant complétées par un dossier : le premier sur
la Révolution verte venant en appui au lien croissance de la
population/croissance économique.
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Les liens économiques entre le Japon et la Chine permettent


de donner une idée de la complexité de la relation entre ces
deux puissances. La dimension géopolitique nourrit une bonne
partie de l’approche des ambitions mondiales de la Chine et du
Japon.

36
• Orientation pour le baccalauréat
Les sujets de composition suivants sont envisageables : – Le travail sur la composition « Japon-Chine : concurrences
– L’Asie du Sud et de l’Est : les déis de la population et de la régionales, ambitions mondiales » (p. 168-169) amène
croissance l’élève à réléchir à plusieurs échelles et selon une approche
– Japon-Chine : concurrences régionales, ambitions mon- comparative. Pour la composition « L’Asie du Sud et de l’Est :
diales les déis de la population et de la croissance », donnée en
sujet (p. 170), un plan est suggéré.
Il ne sera pas demandé de croquis sur cette question à
l’examen.
L’analyse d’un ou deux documents (cartes, textes, images, – Une analyse d’un document textuel (p. 169) appelle à tra-
etc.) peut être demandée à l’examen. vailler sur la spatialisation d’un phénomène en s’appuyant
sur les notions travaillant dans les chapitres 1 (diférentes
grilles de lecture), 2 (géostratégie des espaces maritimes)
et 5 (concurrence entre les deux États asiatiques). Trois
autres analyses de documents amènent à confronter un
texte à un document d’une autre nature (photographie, af-
iche, carte). Elles couvrent les problématiques principales
du programme et conduisent à une rélexion à diférentes
échelles (nationale p. 166-167 et p. 171, régionale p. 170 et
mondiale p. 171).
NB. Six schémas, pouvant être intégrés aux compositions,
sont proposés (p. 165).

OUVERTURE DE CHAPITRE [p. 148-149] CARTES [p. 150-153]


Deux photographies introduisent à l’étude de la relation
Pages 150-151
population/croissance  en Asie : la première permet de
faire référence aux très fortes densités rurales, les plus
fortes du Monde, dans le sous-continent indien ou en In- Réponses aux questions
donésie ; la deuxième à la puissance industrielle chinoise, 1. Les plus fortes densités s’observent entre la plaine
source de sa croissance. indo-gangétique à l’Ouest et la Chine orientale à l’Est,
en particulier sur les littoraux (deltas à fortes densités,
Réponses aux questions liées à l’irrigation). Entre ces deux foyers majeurs, entre
Himalaya et désert de Gobi, dominent les faibles et très
• La croissance démographique est le trait commun aux
faibles densités.
deux images, des deux lieux. La croissance de la popu-
lation des campagnes du Bangladesh a été impression- 2. Même si le lien entre le taux de population rurale et
nante, en dépit de l’importance de l’exode rural qui n’a le niveau de développement n’est pas systématique, on
pas sui à les décongestionner ; cela pose de nombreux observe une corrélation au moins pour les situations les
problèmes : main-d’œuvre trop nombreuse sous-em- plus extrêmes (Japon d’un côté, Afghanistan ou Laos de
ployée, villages trop réduits, car l’espace est avant tout l’autre).
consacré à la production rizicole. À une autre échelle, 3. La relation entre nombre d’habitants et accroissement
la croissance de Shenzhen n’est pas moins impres- naturel est complexe. En efet, les pays les plus peuplés
sionnante : 30 000  habitants en 1970 ; 300 000 en 1975 ; ont souhaité depuis longtemps réduire le nombre des
10,5 millions d’habitants en 2011 ! naissances, ain d’alléger les coûts publics liés, mais, leur
• Située à l’extrémité Sud du delta de la Rivière des Perles, régime politique étant diférent, ils ont mis en œuvre
à moins de 100 km de Guangzhou, Shenzhen a été l’une des politiques démographiques inégalement contrai-
des quatre premières zones économiques spéciales gnantes : la Chine communiste a appliqué avec une
créées par Deng Xiaoping, en 1980. Elle a bénéicié de grande rigueur la politique de l’enfant unique, tandis
délocalisations et d’importants investissements étran- que l’Inde démocratique faisait le choix de politiques
gers, en particulier depuis Hong Kong, sa voisine immé- antinatalistes généralement moins contraignantes (sauf
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diate (20 km à vol d’oiseau). Sa croissance économique certaines campagnes de stérilisation des hommes pen-
s’explique principalement par son importante main- dant une période).
d’œuvre peu payée (salaire minimum de 1 100 yuans
en 2011). Le géant taïwanais de l’électronique Foxconn 4. On trouve efectivement en Asie du Sud et de l’Est
emploie ainsi 500 000 employés à Shenzhen. L’ouverture toute la gamme des situations relatives au développe-
d’une bourse, en 1989, et la réintégration de Hong Kong ment, depuis des PMA (l’Afghanistan) jusqu’à la catégorie
à la Chine en 1997 renforcent encore le processus de mé- des pays anciennement développés (Japon), en passant
galopolisation des centres urbains de la région. par tous les cas intermédiaires.

Chapitre 5 : L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance 37


Pages 152-153 Japon), tandis que d’autres sont encore en phase d’accrois-
sement relativement rapide (type Laos). L’avancée dans la
Réponses aux questions transition démographique est corrélée avec le niveau de
1. Les points communs entre la Chine et le Japon sont développement sans qu’il soit facile d’établir un lien simple
d’une part la littoralisation de la population et des acti- de causalité, car il y a interaction. L’abaissement des taux
vités, facteur et conséquence du développement indus- de natalité est en lien avec l’urbanisation et l’élévation des
triel, et d’autre part la bipolarisation des territoires fon- niveaux de vie.
dée sur le contraste de base entre la « Mégalopole du 2. Ces taux de croissance économique résultent de
Paciique » et le reste du territoire. plusieurs facteurs : rôle de locomotive du Japon, favo-
(Rappelons au passage que les expressions de « Japon risé par les investissements américains, main-d’œuvre
de l’Endroit » et « Japon de l’Envers », dues, au début du abondante et bon marché, stratégies d’industrialisation
XXe siècle, à un géographe japonais climatologue et dé- adaptées à la fois aux marchés nationaux et au marché
terministe, sont fausses et péjoratives ; les Japonais ne mondial.
les emploient plus : un arrêté du gouvernement interdit
3. Cette usine est l’illustration de la remontée des ilières,
à la télévision publique de les utiliser car elles sont dis-
le cap des écrans plats, avec de grands moyens techno-
criminatoires).
logiques et de considérables investissements, ayant per-
2. L’importance des enjeux maritimes est à la fois mis à la Corée du Sud de conquérir le premier rang mon-
économique (le contrôle des détroits, d’une part, les dial. Samsung, numéro 1 mondial de téléviseurs depuis
zones économiques exclusives d’autre part, en raison 2009, a commercialisé 50 millions de téléviseurs en 2012.
des ressources sous-marines : hydrocarbures), et géo- LG, qui produit 6 % des téléviseurs dans le Monde, est le
politiques, la compétition se situant entre un Japon deuxième constructeur coréen.
secondé par les États-Unis et la Chine. Cette dernière,
4. Là encore, le lien entre croissance et développement
puissance continentale, cherche aussi de plus en plus
est complexe. L’observation de l’histoire économique de-
à s’imposer comme une puissance maritime, à la fois
puis le XIXe siècle montre que, dans l’ensemble, ce sont des
pour protéger son territoire, ménager ses approvision-
pays aux inégalités contenues, combattues et régressives,
nements stratégiques et s’airmer comme une puis-
qui ont su se développer le plus et le mieux. Mais force est
sance de premier plan à l’échelle mondiale.
de constater que les très fortes inégalités qui s’observent
3. La Chine, comme le Japon du reste, a des échanges aussi bien en Inde qu’en Chine ne semblent pas être des
commerciaux denses avec ses voisins ; ils résultent de obstacles à la croissance, voire au développement. L’enjeu
l’imbrication des économies, de la Chine, du Japon et de étant de savoir comment évolueront ces sociétés avec
la Corée du Sud en premier lieu. En dehors de la région la montée en forces des classes moyennes et le recul
Asie-Paciique, sans surprise, les relations se font avec les – encore à venir pour l’essentiel – de la paysannerie.
deux autres pôles de l’économie mondiale (UE et États-
Unis). La stratégie d’investissement révèle l’importance
des liens avec les États-Unis et l’Asie.
DOSSIER [p. 156-157]
4. Le Japon a une structure d’échanges de pays industriel
engagé dans des relations industrielles avec des puis- ➜ Choix de la problématique
sances régionales et commerçant avec les pôles majeurs C’est en Asie que la Révolution verte a eu les efets les plus
du Monde. La place de l’Australie et de l’Arabie saoudite décisifs. Après un demi-siècle de mise en œuvre, il est
s’explique par l’importance des fournitures de charbon et important d’en faire un bilan et d’en montrer les limites :
d’hydrocarbures. Dans le lux des IDE, la place dominante – économiques : l’heure est plus au libéralisme qu’au
de l’Afrique est récente ; cet intérêt nouveau et spectacu- protectionnisme. Ces politiques coûtent relativement
laire s’explique par au moins trois raisons diférentes : le cher à l’État ;
souci d’être présent sur un continent dont le développe- – sociales : pour irriguer il faut pouvoir acheter un fo-
ment est attendu dans les prochaines décennies ; le souci rage… Et il faut de la terre… ;
de s’assurer des approvisionnements en sources d’énergie, – écologiques : artiicialisation excessives des milieux
à la suite de découvertes récentes (gaz au Mozambique, en (défrichement, épuisement des nappes souterraines).
particulier) ; enin, le souci de diminuer la dépendance vis- Apparaît désormais une certaine tendance à un mouve-
à-vis de la Chine, avec le contrôle de sources de métaux dits ment inverse d’extensiication : des rizières sont mises en
de « terres rares », matières premières utilisées dans l’élec- friche ou, du moins, on abandonne la deuxième culture
tronique et les téléphones portables qu’il importe actuelle- annuelle, ce qui crée du chômage rural.
ment principalement de la Chine.
© Éditions Belin 2014

Réponses aux questions


COURS 1 [p. 154-155] 1. Davantage de travail (notamment via la mécanisation),
l’adoption de variétés à meilleur rendement, l’utilisation
d’engrais permettant au sol de se régénérer plus rapi-
Réponses aux questions dement déinissent l’intensivité agricole avec, comme
1. Pour l’essentiel, l’Asie se trouve en in de transition démo- conséquence, davantage de récoltes dans l’année et une
graphique : la Chine est l’exemple le plus avancé (après le production en augmentation.

38
2. Des politiques protectionnistes ont été mises en 4. En septembre  2010, la collision entre un chalutier
place, ain de réguler les cours du riz sur le marché chinois et des patrouilleurs japonais près des îles Sen-
intérieur. A contrario, les rendements des protéagineux kaku (Diaoyu en chinois) a ravivé la tension entre les
ont largement stagné, avant tout parce que l’État n’en deux pays. Pékin a alors relancé sa revendication sur
achète pas et ne garantit pas leurs prix. Du coup, il y ces îlots japonais, sur un ton inhabituellement agressif :
a eu moins d’incitations à intensiier leur culture que « Si le Japon continue dans cette attitude imprudente,
pour le riz ou le blé. il goûtera à son propre fruit amer »… Des manifesta-
3. La carte permet de distinguer l’Asie du Sud-Est, où les tions anti-japonaises ont eu lieu en Chine populaire et
assez faibles densités de population ont permis la crois- à Taïwan. En réaction, des manifestations anti-chinoises
sance des surfaces cultivées autant que celle des rende- se sont déroulées à Tokyo. Si les relations économiques
ments, de l’Asie du Sud, « espace plein » où les gains de entre les deux pays sont intenses, le contentieux histo-
production ont été dus avant tout à la hausse de la pro- rique demeure lourd, en raison des nombreux crimes de
ductivité de la terre. On constate que pour le blé, il y a guerre commis par les Japonais en Chine pendant le pre-
bien eu « Révolution verte » à partir de 1965 (création de mier XXe siècle, notamment lors du sac de Nankin en 1937,
la FCI et formalisation déinitive des achats publics alors et dans le cadre de l’« unité 731 ».
que jusqu’ici la politique était beaucoup plus incertaine
et qu’on laissait entrer beaucoup de blé états-unien).
Pour le riz, en revanche, il y a eu plutôt « Évolution verte », DOSSIER [p. 160-161]
notamment parce que cette céréale n’était pas concur-
rencée dans les années 1950 par les importations. Il faut ➜ Choix de la problématique
néanmoins noter le relatif plafonnement depuis la in Il s’agit d’amener les élèves à réléchir à la nature des rela-
des années 1990. tions économiques entre les deux puissances. Souvent
4. Les avancées de la Révolution verte sont considé- présentées sous l’angle de la rivalité et de la compétition,
rables en ayant permis à des populations en très fort elles peuvent aussi être lues à travers les notions de com-
accroissement de mieux se nourrir, aux économies natio- plémentarité et de coopération.
nales d’être moins dépendantes des importations et un
freinage de l’exode rural. Les limites sont socio-écono- Réponses aux questions
miques (diicultés croissantes des pays pauvres à y parti-
1. Les doc. 1, 2, 5 et 6 mettent en évidence l’interdépen-
ciper) et environnementales (les efets d’une intensiica-
dance des deux économies. Ils permettent d’observer la
tion mal maîtrisée).
dissymétrie des lux, aussi bien par la nature des produits
5. Le passage à une « Révolution doublement verte » échangés, que par les liens de sous-traitance et la délo-
suppose un inléchissement sérieux des pratiques, ce qui calisation d’une partie de la production japonaise vers
implique à la fois une révolution culturelle et un afran- la Chine.
chissement vis-à-vis de grands acteurs économiques (en
2. On peut considérer que le Japon est en position
particulier, les fournisseurs d’engrais).
dominante, du fait de sa supériorité technologique, et
du niveau de vie et de consommation de sa popula-
tion. Mais l’économie japonaise repose de plus en plus
COURS 2 [p. 158-159] sur la délocalisation de sa production vers la Chine, qui
absorbe une grande partie de ses produits industriels
intermédiaires. Chacun des deux pays a donc besoin de
Réponses aux questions
l’autre pour maintenir sa prospérité ou poursuivre son
1. Situé sur la « ceinture de feu », le Japon est exposé au développement.
volcanisme, aux séismes ainsi qu’aux tsunamis qui en ré-
3. Les relations entre la Chine et le Japon ont souvent
sultent. L’ensemble de l’archipel est afecté. Ces risques
été conlictuelles ; deux conlits armés dans la période
naturels peuvent à leur tour engendrer des risques in-
contemporaine (1894-1895 et 1937-1945), avec occupa-
dustriels et aboutir à des catastrophes comme l’accident
tion et massacres. La remise récente en actualité des îles
de la centrale nucléaire de Fukushima en 2011.
Senkaku (Diaoyu en chinois), prise à la Chine par le Japon
2. Le niveau de recherche et développement de la Chine à la suite de la guerre de 1894-1895 a ravivé le conten-
est en progression sensible : 0,6 % du PIB en 1997 et 1,8 % tieux, l’opinion publique chinoise ayant été stimulée par
en 2011. Il est désormais au niveau de celui du Royaume- la propagande oicielle. Mais, au-delà de ces relations
Uni ; en revanche, le nombre des chercheurs n’est pas au politiques et militaires diiciles, les deux pays savent col-
niveau des autres pays industriels. laborer économiquement et industriellement.
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3. La Chine possède tous les atouts pour obtenir des trans- 4. Le paragraphe pourra être organisé autour des trois
ferts de technologie : son niveau technologique, désor- thèmes suivants :
mais proche de celui des pays industriels (cf. doc. 2) et, plus – la Chine bénéicie des délocalisations du Japon, et de
encore, la taille de son marché qui contraint les entreprises son savoir-faire industriel.
désireuses de s’y implanter de céder une partie de leur sa- – le Japon proite des avantages procurés par le faible
voir et de leur savoir-faire, puisque le transfert de technolo- coût de la main-d’œuvre chinoise et des produits inis bon
gie est une condition d’accès à ce marché incontournable. marché.

Chapitre 5 : L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance 39


– les deux pays sont en position d’interdépendance, et 3. Les deux documents mettent l’accent sur les liens
les aléas qui frappent l’un des deux ont des répercus- entre croissance économique, développement, trans-
sions sur l’autre. port et pollution.
4. Le schéma léché montre les liens entre démographie
et économie. Schéma complété :
COURS 3 [p. 162-163] Essor démographique
Dégradation environne-
mentale (saturation de
Forte croissance l’espace, pollution…) Risques sanitaires
économique
de Hô-Chi-Minh-Ville
d’Hô-Chi-Minh-
accrus (maladies,
Réponses aux questions
Augmentation
Ville Hausse du pouvoir du nombre de véhicules, accidents…)
d’achat en particulier
des motocycles
1. L’armée chinoise, avec ses 2,3 millions de soldats ac-
tifs, est la première au Monde par ses efectifs. Elle pos-
sède l’arme atomique depuis 1964, et ses équipements 5. La photographie met l’accent sur la forte densité de
se sont considérablement modernisés depuis les années population, comme le montre la carte  1 p.  150, et une
1990. On peut identiier deux objectifs dans la politique certaine croissance économique (achat de motocycles,
militaire chinoise : garantir la sécurité des intérêts chinois plus cher qu’un vélo mais moins qu’une voiture).
dans le Monde, et notamment celle des routes commer- 6. Le Vietnam a achevé sa transition démographique.
ciales maritimes, et assurer le prestige du pays en posi-
7. Le doc. 2 conforte ce qui apparaît sur la photographie
tionnant la Chine parmi les grandes puissances militaires
mais apporte davantage de précisions sur la croissance
mondiales, ce qui apparaît aussi dans d’autres domaines,
économique et sur la pollution.
en particulier la conquête spatiale.
8. Non, certaines régions (rurales en particulier) sont
2. La promotion internationale de la culture japonaise
beaucoup moins développées.
a des dimensions politiques et économiques : il s’agit
de développer le secteur de l’entertainment, en parti- 9. Parmi les multiples déis, on peut citer la question ali-
culier avec l’aide à la difusion des mangas et des ilms mentaire et la persistance d’une certaine pauvreté.
d’animation, dans lesquels les studios japonais concur- 10. Le schéma léché peut être utilisé en partie 1 ou en
rencent de plus en plus les productions américaines partie 2.
(voir en particulier le succès mondial des ilms de Hayao
Miyazaki). Il s’agit aussi de favoriser l’exportation des
produits japonais en les rendant populaires, et de main- Page 168 : Composition
tenir les grandes villes de l’archipel dans le réseau des Sujet – Japon-Chine : concurrences régionales, ambi-
villes mondiales par l’organisation d’événements à por- tions mondiales
tée internationale. Cette composition, exigible au baccalauréat, reprend
3. Compte tenu de la persistance de plusieurs conten- l’intitulé du chapitre et des croquis p. 165. Il s’agit à la fois
tieux, la Chine peut apparaître comme une menace. de comparer les deux pays (c’est la raison pour laquelle
Les Japonais bénéicient de la protection nucléaire des le plan  1 de la question  4 est inopérant) mais aussi de
États-Unis, en échange d’une présence militaire améri- pratiquer un changement d’échelle : si la concurrence ré-
caine dans de nombreuses bases sur l’archipel (traité de gionale est ancienne, la concurrence mondiale des deux
San Francisco en 1951). pays est une réalité nouvelle, du fait de l’émergence de la
Chine et d’une certaine stagnation de l’économie japo-
naise. C’est donc bien en termes d’ambitions mondiales
que se pose le problème.
BAC MÉTHODE [p. 166-169] 1. Japon et Chine. Échelle régionale et échelle mondiale.
Pages 166-167 : Analyse de documents 2. Il faut ici entendre leur concurrence en Asie de l’Est
uniquement.
Sujet – Au Vietnam, les déis de la population et de la
croissance 3. Il faut confronter les deux pays.
Cette analyse de documents centrée sur le Vietnam per- 4. Le plan 2 est celui qui convient le mieux à ce sujet.
met d’attirer l’attention sur les déis géoenvironnemen- 5. Le classement des idées dans le plan retenu :
taux de la croissance démographique et surtout écono-
I. Japon et Chine : deux puissances concurrentes en
mique. Cet exercice est aussi l’occasion de faire travailler
Asie
un schéma sagittal, qui dégage les mécanismes évoqués
I.1. La domination économique et inancière du Japon en
par le texte 2 et qui pourra, le cas échéant, être intégré
Asie concurrencée par la Chine
dans une composition traitant des déis liés à la popula-
© Éditions Belin 2014

I.2. La puissance de la Chine en Asie, une puissance mul-


tion et à la croissance en Asie du Sud et de l’Est.
tiforme
1. Il faut traiter les interactions entre déis économiques II. Deux puissances aux ambitions mondiales : vers une
et déis démographiques. nouvelle concurrence ?
2. Il s’agit d’un pays intermédiaire, en développement et II.1. Le Japon, un État qui cherche à diversiier sa puis-
connaissant une croissance économique certaine, mais sance au niveau mondial
moins forte que celle de la Chine. II.2. La Chine, une puissance globale émergente

40
6. L’émigration chinoise (I.2. et II.2.) ; des ports mondiaux 6. Toute la diiculté de la rédaction sera d’articuler les
(II.1. et II.2.) ; un État-continent aux multiples ressources informations apportées par le texte aux notions vues
(I.2.) ; la Chine, une puissance économique mondiale en cours dans ce chapitre, mais aussi dans le chapitre 2
(II.2.) ; un petit pays aux ressources limitées (I.1.) ; volon- (les enjeux géostratégiques des espaces maritimes).
té du Japon de peser politiquement et diplomatique-
ment (II.1.) ; le Japon, principal investisseur en Asie (I.1.) ;
la Chine, puissance nucléaire et membre permanent
du Conseil de sécurité de l’ONU (II.2.) ; stagnation de BAC SUJETS [p. 170-171]
l’économie japonaise (I.1. et II.1.) ; ancienneté des inves-
tissements japonais en Chine (I.1.) ; suprématie démo- Page 170 : Composition
graphique de la Chine en Asie (I.2.) ; tensions politiques Sujet – L’Asie du Sud et de l’Est : les déis de la popula-
entre les deux États (I.1. et I.2.). tion et de la croissance économique
7. On peut intégrer le schéma 4 en I.1. et en I.2., le sché- Cette composition est exigible au baccalauréat. Un plan
ma 5 en II.2. et le schéma 6 en II.1. possible est donc fourni dans l’aide n° 1. Mais l’élève de-
8. Lors de cette rédaction, l’enseignant veillera à ce que vra penser à illustrer sa copie d’exemples généraux et
l’élève maîtrise les techniques de base, et qu’il sache locaux qui peuvent être pris dans les divers documents
comment intégrer des schémas dans une composition. du manuel. Le sujet 2, proposé sous cette composition,
traite du même thème et pourra également être utilisé :
portant sur un espace plus réduit (l’Asie du Sud), il per-
Page 169 : Analyse de documents mettra d’apporter quelques éléments ponctuels précis
dans l’analyse.
Sujet – Japon-Chine : concurrences régionales La notion de développement durable constituera le
Les îles Senkaku sont un sujet de discorde assez ancien cœur de la dernière partie et pourra sans doute être un
entre le Japon et la Chine, ce que souligne le document élément essentiel de la conclusion.
à étudier. Néanmoins, la réactivation récente du conlit
est un excellent révélateur de la concurrence régionale
entre les deux pays, dans un contexte de montée de la Page 170 : Analyse de documents
puissance chinoise et de crise japonaise.
Sujet – L’Asie du Sud : les déis de la population et de
1. La lecture du sujet, commentée par le manuel, a pour la croissance
but d’amener l’élève à déjà réléchir au plan du devoir. Pourquoi ce sujet ? Car il oriente la problématique non
2. On demandera aux élèves de bien lire la légende de la seulement sur la croissance mais surtout sur le concept
carte : les îles Senkaku sont situées en mer de Chine, mais de développement (pauvreté/éducation).
dans une zone disputée entre les deux pays. À titre de Pourquoi ces documents ? Car ils sont complémentaires,
complément on pourra également renvoyer les élèves ce qui est souligné par la seconde partie de la consigne :
à la carte 1 p. 67, le débat sur les îles Senkaku pouvant le doc.  1 est à portée générale alors que le doc.  2 est
également être étudié dans le cadre du chapitre 2 sur les ponctuel.
enjeux géostratégiques des espaces maritimes.
Quelles diicultés ? L’aide insiste sur la notion de déi,
3. Les éléments qui montrent l’importance de la crise : mais aussi sur le plan (aide n° 2) : celui-ci devra à la fois
une violente tension entre les deux pays alors même classer ces déis en fonction des clés de lecture du cha-
que l’enjeu peut sembler dérisoire («  quelques rochers pitre 1, mais aussi procéder par changement d’échelle.
inhabités »). La cause la plus perceptible est la présence
d’hydrocarbures, essentiels pour le Japon, puissance dé-
pendante de ses importations énergétiques (cf. carte 4 Page 171 : Analyse de documents
p. 153).
Sujet – Le Japon et la Chine : ambitions mondiales
4. Les sentiments nationalistes et la réactivation d’oppo-
Pourquoi ce sujet ? Car cette analyse de documents fait
sitions historiques entre les deux pays jouent également
le pendant de celle proposée p. 169 : alors que cette der-
un rôle. D’autant plus que la Chine ambitionne de deve-
nière se penchait sur la concurrence régionale entre le
nir une puissance maritime et se heurte donc au Japon,
Japon et la Chine, celle-ci se place à l’échelle mondiale.
mais également à l’Inde (cf. doc. 4 p. 163).
Les schémas 5 et 6 p. 165 pourront être mobilisés durant
5. L’évolution récente des deux pays renforce cette le travail préparatoire.
crise. La catastrophe de Fukushima au Japon a été un Pourquoi ces documents ? La carte des Instituts Confu-
traumatisme national et a renforcé l’idée de vulnérabi- cius a été choisie de préférence à celle de la diaspora
© Éditions Belin 2014

lité du pays ; la crispation nationaliste peut donc appa- chinoise (un document plus classique) car elle présente
raître comme un exutoire. La Chine utilise de son côté un aspect récent et relativement méconnu de la puis-
le conlit pour montrer qu’elle joue désormais un rôle sance chinoise. De même, le texte sur le softpower ja-
important sur la scène internationale, non seulement ponais (cf. la notion de Cool Japan dans le cours p. 162)
comme grande puissance économique, mais aussi insiste sur un aspect récent de cette puissance : les deux
comme une grande puissance politique et militaire (cf. documents posent donc la question d’une concurrence
doc. 3 p. 163). active entre les deux pays.

Chapitre 5 : L’Asie du Sud et de l’Est : les enjeux de la croissance 41


Quelle analyse ? Les aides amènent l’élève à faire une F. LANDY, « L’Inde ou le grand écart », La Documentation
confrontation des deux rayonnements culturels, mais photographique n° 8060, 2007.
aussi à recherches les acteurs : le rôle de l’État est évi- P. CADÈNE, Atlas de l’Inde, Autrement, 2008.
demment à souligner (aide n° 3). L’analyse ine des do-
A. BERQUE, Vivre l’espace au Japon, PUF, 1982.
cuments (aide n° 4) pourra être complétée par des élé-
ments issus de la culture générale des élèves (du sumo R. SCOCCIMARRO, « Le Japon », La Documentation photogra-
au kung-fu, des mangas au rock japonais…). phique, n° 8076, 2010.
P. PELLETIER, Atlas du Japon, Autrement, 2012.
P. PELLETIER, La fascination du Japon. Idées reçues sur l’archi-
pel japonais, Le cavalier bleu, 2012.
Bibliographie T. SANJUAN (dir.), Atlas de la Chine, Autrement, 2007.
R. DE KONINCK, L’Asie du Sud-Est, Colin, 2009. T. SANJUAN, « Le déi chinois », La Documentation photogra-
S. DELANNOY, Géopolitique des pays émergents. Ils changent phique, n° 8064, 2008.
le monde, PUF, 2012. Les ouvrages de la collection « Asie plurielle », Belin.
© Éditions Belin 2014

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© Éditions Belin 2014

Planisphère (projection Bertin 1950) pour les croquis :


– Un Monde en réseau : pôles et lux de la mondialisation
– Des territoires inégalement intégrés à la mondialisation
Fonds de carte pour les cinq croquis exigibles au baccalauréat

Fonds de cartes
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© Éditions Belin 2014

44
Fond de carte des États-Unis pour le croquis
Les dynamiques territoriales des États-Unis

50°N

30°N
70
°N

Cancer
Tropique du

20°N
© Éditions Belin 2014

Fond de carte du Brésil pour le croquis


Les dynamiques territoriales du Brésil

Équateur

Tropique du Capricorne

Fonds de cartes
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Fond de carte de l’Afrique pour le croquis
L’Afrique : contrastes de développement
et inégale intégration dans la mondialisation
© Éditions Belin 2014

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NOTES

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