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0.

Introduction

0.1 Définitions

Électrotechnique : science qui traite de la production, du transport, de la


conversion et de l’utilisation de l’énergie électrique.

Regardons ce qu’implique cette définition.

0.2 PRODUCTION de l’énergie électrique

Machines électriques tournantes

entraînée par turbine hydraulique;


entraînée par turbine éolienne;
entraînée par turbine thermique ou par moteur à combustion;
0.3 TRANSPORT de l’énergie électrique

Courants alternatifs sur câbles conducteurs


Courants continus sur câbles conducteurs
0.4 CONVERSION de l’énergie électrique

Conversion d’un voltage c.a. en un autre voltage c.a. de même


fréquence (transformateurs)
Conversion d’un voltage c.a. en un voltage c.c. (redresseurs)

c.a.
c.a. c.c.

c.c.
Conversion d’un voltage c.c. en un voltage c.a. (onduleur)

c.c.
c.c. c.a.

c.a.
0.5 UTILISATION de l’énergie électrique

Chauffage
Alimentation de moteurs asynchrones à vitesse fixe
Alimentation de moteurs électriques à vitesse variable
Éclairage
Alimentation de systèmes électroniques

Ligne 120 V c.a.

Ordinateur (3.3 V c.c.)


Procédés électrochimiques
Par l’étude de la production, la conversion, le transport et l’utilisation de
l’énergie électrique, l’électrotechnique mène à l’utilisation de connaissances de
multiples domaines de la science.

Électrotechnique et domaines connexes


0.6 Rappel sur la perméabilité magnétique des matériaux

On sait que si on place une inductance aux bornes d’une source alternative de
fréquence f et de voltage sinusoïdal de valeur efficace V,

et que cette inductance est constituée par une bobine de n spires enroulées autour
d’un noyau de fer, on obtiendra un courant efficace I tel que :

V 2 fLI

et on observera que ce courant I est déphasé de 90 degrés par rapport au voltage.

On observera que la constante L, qu’on a appelé ‘’inductance’’ varie en fonction


du nombre de tours n, de la section A et de la longueur l du circuit magnétique.
Mais on observera également que la valeur de L dépend aussi du matériau utilisé
pour le circuit magnétique, tel que :

A
L n2
l
où n = nombre de spires enroulées autour du circuit magnétique
l = longueur du circuit magnétique (m)
A = section du circuit magnétique (m2)
= perméabilité du matériau magnétique ( m)

Par exemple, si on a un circuit magnétique fait de matériau Fe où

n = 100 tours
l=1m
A = 10 cm2

Et qu’à la température de la pièce, soit T = 20 deg C, on applique un voltage


efficace V = 120 V à une fréquence f = 60 Hz et qu’on obtient un courant
efficace I = 5 A.
On pourra en déduire une inductance de

V
L
2 fI

(120V )
L
2 (60 Hz )(5 A)
L 64mH
Si on augmente la section du circuit magnétique, L augmentera et si on
augmente la longueur du circuit magnétique, L diminuera.

De cette expérience, on déduira une perméabilité magnétique de

Ll
n2 A

(64mH )(1m)
Fe , 20C
(100tours ) 2 (10cm 2 )

Fe , 20C 6,4 10 3 H / m

Et si on sait que, par des expériences antérieures, on a établit que dans le vide,
on a une perméabilité magnétique égale à
0 4 10 7 H / m

On dira que le fer utilisé dans notre circuit magnétique avait une perméabilité
magnétique relative de

Fe , 20C
rFe , 20C
0

rFe , 20C 5000

I. Transformateurs

I.1 Rappel sur les lois de base du magnétisme

Les lois de Faraday et d’Ampère admettent comme hypothèse de base que les
courants de déplacement causés par la variation du champ d'induction électrique
D sont nuls dans l'environnement immédiat du dispositif. Mathématiquement, on
décrit cette hypothèse par:

D
0
t
On appelle cette hypothèse ''l'hypothèse quasi-magnétostatique''.

Loi de Faraday

La loi de Faraday stipule que la variation de l'induction magnétique B traversant


un enroulement de conducteurs engendrera un voltage aux bornes de cet
enroulement, lequel sera égal au produit du nombre de tours de l'enroulement
par la variation du flux d'induction magnétique traversant le même enroulement.
Mathématiquement,

d B ds
S _ enroulement
e n (1)
dt
où e est la force électromotrice aux bornes de l'enroulement (en volt);
B est le champ d'induction magnétique (en tesla);
ds est un vecteur perpendiculaire à l'élément de surface ds de
l'enroulement (en m2);
S_enroulement est la surface délimitée par le bobinage;
n est le nombre de tours de l'enroulement.

Dans l'éq. (1), on appelle l'expression entre crochets ''flux d'induction


magnétique''.

Loi d'Ampère

La loi d'Ampère stipule que tout courant I circulant dans un conducteur


engendrera un champ magnétique H autour de ce conducteur, dont l'intégrale de
ligne sera égal à I, pourvu que le parcours d'intégration englobe le conducteur et
que celui-ci soit fermé. Mathématiquement,

ni H dl (2)
où n est le nombre de tours de l'enroulement;
H est le champ magnétique (en A/m);
dl est un vecteur de longueur infinitésimale tangent au parcours choisi
pour l’intégration de ligne (en m);

Dans l'éq. (2), on appelle ''force magnétomotrice'' le produit ni.

I.2 Transformateur : principe de fonctionnement

Le transformateur est un composant de base de l’électrotechnique. Il a deux


fonctions principales :

- transformer à puissance égale les voltages/courants d’un


primaire à un secondaire possédant des voltages/courants
différents;
- isoler galvaniquement un circuit primaire d’un circuit
secondaire;

Le principe de fonctionnement d'un transformateur est le suivant:

- la source de voltage alternatif connectée au primaire


génère un flux magnétique alternatif dans l'enroulement
primaire, selon la loi de Faraday (équation (1)):
1
1 e dt (3)
n1 1

où est le flux magnétique généré par l'enroulement primaire,


n1 est le nombre de tours de l'enroulement primaire,
e1 est la source de voltage connectée à l'enroulement primaire.

- une fraction M du flux magnétique est recueillie par


l'enroulement secondaire, qui le transforme selon la loi de
Faraday, donnant un voltage e2 aux bornes de
l'enroulement secondaire:

d ( M 1)
e2 n2 (4)
dt
et en insérant (3) dans (4), on obtient:
n2
e2 M e (5)
n1 1

M détermine le couplage entre l'enroulement primaire et l'enroulement


secondaire. Plus M sera près de 1, plus le couplage du transformateur sera bon.
La valeur de M dépend de deux facteurs:

- la géométrie des enroulements;


- la perméabilité du matériau magnétique utilisé.

Considérons le cas où le flux magnétique ne circule que dans l'air et où les deux
enroulements sont séparés, tel que l'illustre la figure suivante:
Air = 0

AC

Primaire Secondaire

Les lignes illustrées à la figure précédente sont des équiflux et représentent des
''tubes'' à l'intérieur desquels cicule un flux magnétique de même valeur pour
chacun des ''tubes''. Le nombre de lignes d'équiflux est entièrement déterminé
par la loi de Faraday (éq. (3)), indépendamment de la disposition des
enroulements et du type de matériau magnétique utilisé.
La densité de lignes d'équiflux est le nombre de lignes que l'on retrouve dans un
m2 d'une surface placée dans un plan perpendiculaire aux lignes d'équiflux.
Mathématiquement, la densité de lignes d'équiflux est définie par l'induction
magnétique B, ou encore:

B
S
Sur la figure précédente, on constate que le nombre de lignes d'équiflux qui
coupent l'enroulement du secondaire est faible par rapport au nombre total de
lignes. Par conséquent, il en résultera un faible couplage magnétique entre les
deux enroulements du transformateur et donc une faible valeur de M.

Bien que le nombre de lignes d'équiflux générées ne dépend pas de la


disposition des enroulements ni du type de matériau utilisé, la disposition des
lignes d'équiflux dans l'espace dépend de ces deux éléments. Par exemple, la
figure suivante illustre les deux mêmes enroulements, lesquels sont liés par un
noyaux magnétique de fer.
Air = 0

AC

Primaire Secondaire

Fer > 0

Si le nombre de lignes d'équiflux dépend de la loi de Faraday, leur disposition


dans l'espace dépend aussi de la loi d'Ampère (éq. (2)). En supposant l'intégrale
de ligne effectuée sur une ligne d'équiflux, le champ H sera colinéaire à la
trajectoire complète d'une ligne d'équiflux donnée. L'équation (2) devient:
Hdl ni (6)
l _ équiflux

où l_équiflux est la longueur de la ligne d'équiflux considérée.

On considère tout matériau comme étant défini par une perméabilité magnétique
, liant l'intensité du champ magnétique H et l'induction magnétique B par la
relation suivante:

B H (7)

On insère (7) dans (6):

Bdl ni
l _ équiflux

Si on prend comme hypothèse que le flux magnétique est concentré sur un


parcours moyen donné, tel qu’illustré à la figure précédente, on obtient la
relation (8) :
ni
B (8)
lmoyen

où lmoyen est la longueur moyenne des lignes d'équiflux.

Il découle de l'équation (8) que les lignes d'équiflux seront plus densément
concentrées aux endroits où la perméabilité magnétique est plus élevée. Par
conséquent, la très grande majorité du flux magnétique créé par l'enroulement
primaire sera capté par l'enroulement secondaire si un noyau de fer lie les deux
enroulements. Il en résultera un excellent couplage magnétique et une valeur de
M près de 1.

Courant magnétisant d'un transformateur

Un autre avantage important de l'utilisation d'un noyau magnétique dans un


transformateur concerne son courant magnétisant.

Courant magnétisant d'un transformateur: courant permettant de conserver un


flux magnétique dans le noyau d'un transformateur. C'est aussi le courant à vide
du transformateur.
Lorsque le secondaire du transformateur est à vide, le primaire de celui-ci agit
comme une inductance pure. La valeur d'une inductance est plus élevée
lorsqu'un noyau ferromagnétique est utilisé. L'impédance en c.a. vue par le
primaire du transformateur est donc beaucoup plus grande et le courant plus
faible. Un courant magnétisant plus faible permet de beaucoup moins charger les
lignes de transport et distribution du réseau électrique.
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