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Problèmes de Mathématiques

Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives


Énoncé

Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives


Partie I : Polynômes trigonométriques.
On dit qu’une application f définie sur R et à valeurs dans C est un polynôme trigonométrique
s’il existe une famille (ck )k∈Z de nombres complexes, les ck étant tous nuls sauf peut-être un
ck eikx .
P
nombre fini d’entre eux, telle que pour tout x de R : f (x) =
k∈Z
ikx
P
Dans cette partie, on suppose que f : x 7→ ck e un polynôme trigonométrique.
Z 2π k∈Z
1. Pour tout p de Z, calculer Ip = eipx dx. [ S ]
0 Z 2π
1
2. En déduire que pour tout entier relatif m, on a l’égalité : cm = 2π f (x) e−imx dx. [ S ]
0
dk eikx un polynôme trigonométrique.
P
3. Soit g : x 7→
k∈Z
Montrer qu’on a l’égalité g = f si et seulement si, pour tout k de Z, on a dk = ck . [ S ]
4. On suppose que f n’est pas l’application nulle. Prouver le résultat suivant :
∀x ∈ R, f (x) = e−ipx A(eix )

Il existe un unique couple (p, A) de Z × C[X] tel que [S]
A(0) 6= 0
5. Vérifier que les applications x 7→ cos5 x et x 7→ sin5 x sont des polynômes trigonométriques.
Écrire ces applications sous la forme indiquée dans la question précédente. [ S ]

Partie II : Polynômes trigonométriques à valeurs réelles.


ck eikx est un polynôme trigonométrique à valeurs réelles.
P
Dans cette partie, f : x 7→
k∈Z
On suppose f 6= 0, et on désigne toujours par (p, A) le couple défini dans la question I-4.
1. Montrer que pour tout entier relatif k, on a l’égalité : c−k = ck . [ S ]
p
ck eikx . Prouver que A est de degré 2p.
P
2. En déduire p ≥ 0, et : ∀x ∈ R, f (x) =
2p k=−p
αn X n , montrer que ∀n ∈ {0, . . . , 2p}, α2p−n = αn . [ S ]
P
Si on pose A =
n=0

3. Montrer qu’il existe une famille unique (a0 , a1 , . . . , ap , b1 , . . . , bp ) de 2p + 1 réels telle que :
p
P
∀x ∈ R, f (x) = a0 + (ak cos kx + bk sin kx).
k=1
On vérifiera que a0 = c0 et ∀k ∈ {1, . . . , p}, ak = 2 Re ck et bk = −2 Im ck . [ S ]
4. En utilisant la question II-2, Montrer que pour tout z de C∗ , on a A(z) = z 2p A(1/z). [ S ]
5. Soit u = eiθ une racine de module 1 de A, de multiplicité m.
 x − θ m
Montrer qu’on peut écrire : ∀x ∈ R, f (x) = sin g(x), avec g(θ) 6= 0.
2
Montrer que si f est à valeurs dans R+ , alors l’entier m est pair. [ S ]

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Problèmes de Mathématiques
Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Énoncé

6. Soit v une racine de A, avec la multiplicité m ≥ 1, et telle que |v| =


6 1.
Montrer que v 6= 0 et que v 0 = 1/v est racine de A avec la même multiplicité.
2p−m
Indication : écrire A = (X − v)m dk X k et utiliser la question II-4 [ S ]
P
k=0

Partie III : Polynômes trigonométriques à valeurs dans R+ .


ck eikx un polynôme trigonométrique non nul, à valeurs dans R+ .
P
Soit f : x 7→
k∈Z
On pourra utiliser les résultats des parties I et II.
En particulier il existe p dans N, et A dans C[X] (avec deg A = 2p) tels que :
p
ck eikx = e−ipx A( eix ).
P
– Pour tout réel x, f (x) =
k=−p
– Le coefficient cp est non nul et pour tout k de {−p, . . . , p}, c−k = ck
1. En utilisant II-5 et II-6, montrer que A peut s’écrire A = λBC où :
– Le facteur λ est une constante complexe non nulle.
r
(X − eiθk )2mk , où :
Q
– Le polynôme B s’écrit sous la forme B =
k=1
 Les réels θk sont distincts deux à deux modulo 2π.
 Les mk sont des entiers supérieurs ou égaux à 1.
 L’entier r est positif ou nul. Si r = 0, on convient que B = 1.
s
((X − vk )(X − 1/vk ))nk , où :
Q
– Le polynôme C s’écrit sous la forme C =
k=1
 Les vk sont des complexes de module < 1, distincts deux à deux.
 Les nk sont des entiers supérieurs ou égaux à 1.
 L’entier s est positif ou nul. Si s = 0, on convient que C = 1.
r
P Ps
On vérifiera que mk + nk = p. [ S ]
k=1 k=1
2. Soit x un réel, et soit z un nombre complexe non nul.
2
Établir l’égalité |( eix − z)( eix − 1/ z)| = | eix − z| / |z|. [ S ]
2
3. En déduire l’existence d’un polynôme Q de degré p tel que ∀x ∈ R, f (x) = |Q( eix )| .
On pourra noter que pour tout x de R, on a f (x) = |f (x)|. [ S ]
4. On suppose que f est non constante. Cela implique donc p ≥ 1.
L’application f étant continue, elle est bornée sur tout segment (admis ici.)
On note M = sup{f (x), x ∈ [0, 2π]} (f étant 2π-périodique, on a M = sup f sur R.)
p
βk X k le polynôme défini à la question précédente.
P
On note Q =
k=0 p
|βk |2 et cp = 2 β0 βp . En déduire c0 ≥ 2 |cp |. [ S ]
P
(a) En identifiant, prouver c0 =
k=0
(b) En considérant l’application g : x 7→ M − f (x), prouver M ≥ 4 |cp |. [ S ]
(c) Montrer que M = 4 |cp | ⇔ |β0 | = |βp | et ∀k ∈ {1, . . . , p − 1}, βk = 0 [ S ]

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Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Énoncé

Partie IV : Une propriété de minimum.


Pour tout polynôme P de C[X], on pose M (P ) = sup |P (x)|.
[−1,1]

Pour tout n ≥ 1, on note Un l’ensemble des polynômes de C[X] qui sont unitaires de degré n.
1
L’objectif de cette partie est de montrer que pour tout P de Un on a M (P ) ≥ 2n−1 et de
déterminer l’unique polynôme de Un pour lequel on a l’égalité.
Q0 = 2, Q1 = X

On définit une suite (Qn ) de polynômes par
∀n ≥ 1, Qn+1 = XQn − 14 Qn−1

1. (a) Montrer que pour tout n ≥ 1, Qn est un élément de Un , à coefficients réels. [ S ]


(b) Prouver que pour tout réel t, et tout n ≥ 1, on a : cos nt = 2n−1 Qn (cos t). [ S ]
1
(c) Pour tout n de N∗ , vérifier que M (Qn ) = 2n−1 . [S]

2. Dans la suite de cette partie, on fixe n ≥ 1. Pour tout k de {0, . . . , n}, on note xk = cos kπ
n.
On a bien entendu les inégalités x0 = 1 > x1 > · · · > xk > · · · > xn−1 > xn = −1.
(a) Calculer la valeur de Qn en chacun des points xk . [ S ]
1
(b) On se donne un polynôme P de Un , à coefficients réels. Montrer que M (P ) ≥ 2n−1 .
Indication : raisonner par l’absurde et considérer le polynôme R = Qn − P .
On montrera que R(xk ) a le signe de (−1)k . [ S ]
(c) On se donne un polynôme P de Un , à coefficients réels ou complexes.
1
Montrer que M (P ) ≥ 2n−1 . Indication : considérer le polynôme R dont les coefficients
sont les parties réelles des coefficients de P . [ S ]
1
3. On se donne un polynôme A de Un tel que M (A) = 2n−1 .
L’objectif de cette question est de montrer que A = Qn .
 
(a) Montrer qu’il existe un polynôme Q tel que ∀z ∈ C∗ , Q(z) = 2n z n A 21 (z + z1 ) .
Préciser le degré de Q, son coefficient dominant et son coefficient constant. [ S ]
(b) Montrer que : ∀x ∈ R, Q( eix ) = 2n einx A(cos x), puis sup |Q( eix )| = 2. [ S ]
[0,2π]
(c) En utilisant III-4, prouver que Q = X 2n + 1. [ S ]
(d) Montrer alors que A = Qn . Conclusion ? [ S ]

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Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Corrigé

Corrigé du problème
Partie I : Polynômes trigonométriques
Z 2π Z 2π
1  ipx 2π 1 2ipπ
1. On a I0 = ∗
dx = 2π. Si p ∈ Z , Ip = eipx dx = ip e 0 = ip (e − 1) = 0. [ Q ]
0 0
2. Pour tout m de Z, et en utilisant le résultat précédent, on a successivement :
Z 2π Z 2π Z 2π
1 −imx 1 −imx ikx 1
ck ei(k−m)x dx
P P
2π f (x) e dx = 2π e c k e dx = 2π
0 0 k∈Z 0 k∈Z
Z 2π
[Q]
1 P i(k−m)x 1 P 1
= 2π ck e dx = 2π ck Ik−m = 2π cm I0 = cm
k∈Z 0 k∈Z
Z 2π Z 2π
1 1
3. Si f = g, alors : ∀k ∈ Z, ck = 2π f (x) e−ikx dx = 2π g(x) e−ikx dx = dk .
0 0
La réciproque est évidente. [ Q ]

αn X n . La condition A(0) 6= 0 s’écrit α0 6= 0.


P
4. On cherche A sous la forme A =
n≥0
Pour tout entier relatif p, considérons l’application g : x 7→ e−ipx A( eix ).
Pour tout x de R, on a g(x) = e−ipx αn einx = αn ei(n−p)x = αp+k eikx .
P P P
n≥0 n≥0 k≥−p

Ainsi g est un polynôme trigonométrique.


L’égalité f = g équivaut alors à l’égalité des coefficients. Plus précisément :
ck = 0 si k < −p

ikx ikx
P P
f (x) ≡ g(x) ⇔ ck e ≡ αp+k e ⇔
k∈Z k≥−p ck = αp+k si k ≥ −p
ck = 0 si k < −p

Ce système équivaut à , qui contient l’égalité c−p = α0 6= 0.
αn = cn−p si n ≥ 0
Ainsi −p est nécessairement l’entier relatif k minimum tel que ck 6= 0.
p étant ainsi fixé, les égalités αn = cn−p (∀n ∈ N) déterminent A de façon unique. [ Q ]
 e−ix + eix 5 e−5ix 2ix
5. Avec la formule d’Euler : cos5 x = = ( e + 1)5 .
2 32
1
Ainsi cos5 x ≡ e−5ix A( eix ), avec A = (X 2 + 1)5 .
32
 eix − e−ix 5 e −5ix
De même sin5 x = = ( e2ix − 1)5 .
2i 32i
1 i
Ainsi sin5 x ≡ e−5ix A( eix ), avec A = (X 2 − 1)5 = (1 − X 2 )5 . [ Q ]
32i 32
Partie II : Polynômes trigonométriques à valeurs réelles.

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Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Corrigé

ck e−ikx , conjuguée de f .
P
1. Considérons l’application f : x 7→
k∈Z
dk eikx , avec dk = c−k .
P
C’est un polynôme trigonométrique car pour tout x de R, f (x) =
k∈Z
L’application f étant à valeurs réelles, on a l’égalité f = f .
D’après I-3), cela implique : ∀k ∈ Z, dk = ck c’est-à-dire : ∀k ∈ Z, c−k = ck . [ Q ]

2. Le résultat précédent montre que {k ∈ Z, ck 6= 0} est symétrique par rapport à 0.


Ainsi −p (l’entier minimum tel que ck 6= 0) est négatif ou nul. Donc p ≥ 0.
p p 2p
ck eikx = e−ipx ck ei(k+p)x = e−ipx cn−p einx
P P P
On a alors : ∀x ∈ R, f (x) =
k=−p k=−p n=0
2p
n
P
Finalement A(x) = αn X avec αn = cn−p pour n dans {0, . . . , 2p}.
n=0
La polynôme A est bien de degré 2p car α2p = cp 6= 0.
Enfin, pour tout n de {0, . . . , 2p}, on a α2p−n = cp−n = cn−p = αn . [ Q ]

3. On se donne des réels (a0 , a1 , . . . , ap , b1 , . . . , bp ).


p
P
On définit l’application g : R → R par : ∀x ∈ R, g(x) = a0 + (ak cos kx + bk sin kx).
k=1
Pour tout x de R, on a alors :
p
g(x) = a0 + 21 (ak ( eikx + e−ikx ) − ibk ( eikx − e−ikx ))
P
k=1
p p p p
= 12 (ak + ibk ) e−ikx + a0 + 12 (ak − ibk ) eikx = dk e−ikx + a0 + dk eikx
P P P P
k=1 k=1 k=1 k=1

Dans cette écriture, on a posé dk = 12 (ak − ibk ) pour tout k de {1, . . . , p}.
Pour tout x de R, on peut écrire f (x) sous la forme :
p p p p p
ck eikx = c−k e−ikx + c0 + ck eikx = ck e−ikx + c0 + ck eikx
P P P P P
f (x) =
k=−p k=1 k=1 k=1 k=1

Les applications f et g sont deux polynômes trigonométriques.


D’après I-3, l’égalité f = g équivaut à l’égalité de leurs coefficients respectifs.
Ici ces égalités se réduisent à a0 = c0 et ∀k ∈ {1, . . . , p}, dk = ck .
Cela équivaut à a0 = c0 et ∀k ∈ {1, . . . , p}, ak = 2 Re ck et bk = −2 Im ck .
On a ainsi prouvé l’existence et l’unicité des réels (a0 , a1 , . . . , ap , b1 , . . . , bp ) tels que :
Pp
∀x ∈ R, f (x) = a0 + (ak cos kx + bk sin kx). [ Q ]
k=1

4. On trouve successivement, compte tenu des égalités αn = α2p−n :


2p 2p 2p 2p
z 2p A(1/z) = z 2p αn (1/z)n = z 2p αn z −n = α2p−n z 2p−n = αn z n = A(z). [ Q ]
P P P P
n=0 n=0 n=0 n=0

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Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Corrigé

5. Par hypothèse, il existe un polynôme B tel que A = (X − eiθ )m B, avec B( eiθ ) 6= 0.


On a alors successivement, pour tout x de R :
 m
−ipx ix −ipx ix iθ m ix −ipx im x+θ i x−θ i θ−x
f (x) = e A(e ) = e (e − e ) B(e ) = e e e −e 2 B(eix ) 2 2

 m  
Ainsi : ∀x ∈ R, f (x) = sin x−θ
2 g(x), avec g(x) = (2i) m
exp im x+θ
2 − ipx B( eix ).

Enfin g est continue (“cocktail” de fonctions continues) et |g(θ)| = 2m B( eiθ ) 6= 0.
 m
Puisque f : x 7→ sin x−θ
2 g(x) est à valeurs réelles, il en est de même de g.
Puisque g(θ) 6= 0, l’application g garde un signe constant au voisinage de θ.
 m
Si m est impair, on en déduit que f (x) = sin x−θ
2 g(x) change de signe en θ.
Il en découle que si f est à valeurs dans R+ , alors l’entier m est pair. [ Q ]

6. On sait que A(0) 6= 0. Il s’ensuit que la racine v de A est non nulle.


Par hypothèse, il existe un polynôme B tel que A = (X − v)m B, avec B(v) 6= 0.
2p−m
dk X k (il est clair en effet que B est de degré 2p − m.)
P
Posons B =
k=0
2p−m
Pour tout z de C, on a donc l’égalité A(z) = (z − v)m dk z k .
P
k=0
En utilisant la question II-4, on en déduit, pour tout z de C∗ :
2p−m 2p−m
A(z) = z 2p A(1/z) = z 2p (1/z − v)m dk (1/z)k = z 2p (1/z − v)m dk z −k
P P
k=0 k=0
2p−m 2p−m
= (1 − zv)m dk z 2p−m−k = (−v)m (z − 1/v)m d2p−m−k z k
P P
k=0 k=0

2p−m
Si on pose C = (−v)m d2p−m−k X k on voit que : ∀z ∈ C∗ , A(z) = (z − 1/v)m C(z).
P
k=0

Les polynômes A et (X − 1/v)m C sont donc égaux (car égaux en une infinité de points.)
L’égalité A = (X − 1/v)m C montre que v 0 = 1/v est racine de A, de multiplicité m0 ≥ m.
La même démonstration conduit de v 0 à v = 1/v 0 , et donne m ≥ m0 .
Finalement, v 0 = 1/v est racine de A, avec la même multiplicité m que v. [ Q ]
Partie III : Polynômes trigonométriques à valeurs dans R+ .

1. Par identification, λ est nécessairement le coefficient dominant de A.


Les racines ω de A sont de deux sortes :
– Les racines de module 1 : on sait qu’elles sont de multiplicité paire.
Notons-les uk = eiθk , avec 1 ≤ k ≤ r, les θk étant distincts deux à deux modulo 2π.
r
(X − eiθk )2mk .
Q
Si on note 2mk la multiplicité de uk , on trouve le facteur B =
k=1

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Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Corrigé

– Les racines de module différent de 1.


Si v est l’une d’elle, alors 1/v en est une autre, avec la même multiplicité n.
L’une parmi les racines v et 1/v (par exemple v) est de module < 1.
Le regroupement de v et de 1/v fournit alors le facteur ((X − v)(X − 1/v))n .
Notons v1 , . . . , vs les différentes racines de A telles que |vk | < 1.
s
((X − vk )(X − 1/vk ))nk .
Q
Si nk ≥ 1 est la multiplicité de vk , on trouve le facteur C =
k=1
On obtient finalement A = λBC car toutes les racines de A ont été comptabilisées.
P r Ps 
On a alors 2p = deg A = deg B + deg C = 2 mk + nk .
k=1 k=1
r
P s
P
On obtient donc : mk + nk = p. [ Q ]
k=1 k=1

2. On a ( eix − z)( eix − 1/ z) = ( eix − z)(z − e−ix ) eix / z = −( eix − z)( eix − z) eix / z.
2
Ainsi ( eix − z)( eix − 1/ z) = − | eix − z| eix / z.
2
On en déduit effectivement |( eix − z)( eix − 1/ z)| = | eix − z| / |z|. [ Q ]
3. f étant à valeurs dans R+ , on a : ∀x ∈ R, f (x) = |f (x)| = | e−ipx A( eix )| = |A( eix )|.
On utilise alors la factorisation du polynôme A obtenue dans la question (1).
r s
∀x ∈ R, A( eix ) = λB( eix )C( eix ) = λ ( eix − eiθk )2mk (( eix − vk )( eix − 1/vk ))nk .
Q Q
k=1 k=1
Compte tenu du résultat de la question précédente, on en déduit :
r s  nk
eix − eiθk 2mk Q | eix − vk |2 / |vk | .

∀x ∈ R, f (x) = |A( eix )| = |λ|
Q
k=1 k=1
r ix s
s −nk
Q 2 Q
iθk mk ix nk
Q
Mais cela s’écrit : ∀x ∈ R, f (x) = µ ( e − e ) ( e −vk ) , où µ = λ vk .
k=1 k=1 k=1
√ r s
2
Ainsi : ∀x ∈ R, f (x) = |Q( eix )| , avec Q = (X − eiθk )mk (X − vk )nk .
Q Q
µ
k=1 k=1
r
P s
P
On observe que le polynôme Q est de degré mk + nk = p. [ Q ]
k=1 k=1
p p
2
4. (a) Pour tout x de R : f (x) = |Q( eix )| = Q( eix )Q( eix ) = βk eikx βm e−imx .
P P
p k=0 m=0
ck eikx .
P
On développe et on identifie avec f (x) =
k=−p
ipx
L’identification du terme en e donne cp = βp β0 .
p p
|βk |2 .
P P
L’identification des termes constants donne c0 = βk βk =
k=0 k=0
p
P 2 2 2
L’égalité c0 = |βk | donne c0 ≥ |β0 | + |βp | . Or |cp | = |β0 | |βp |.
k=0
On en déduit c0 − 2 |cp | ≥ (|β0 | − |βp |)2 , donc c0 ≥ 2 |cp |. [ Q ]

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Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Corrigé

d0 = M − c0
k=p

ikx
P
(b) Pour tout x de R, on a : g(x) = M − f (x) = dk e , avec
k=−p dk = −ck si k 6= 0
g est un polynôme trigonométrique non constant à valeur dans R+ (déf de M .)
La question (4a) donne alors l’inégalité d0 ≥ 2 |dp | c’est-à-dire M − c0 ≥ 2 |cp |.
Il en résulte M ≥ c0 + 2 |cp | donc M ≥ 4 |cp |. [ Q ]
(c) D’après la démonstration précédente, on a M = 4 |cp | ⇔ c0 = 2 |cp |.
p p−1
|βk |2 = 2 |β0 | |βp | c’est-à-dire à |βk |2 + (|β0 | − |βp |)2 = 0.
P P
Cela équivaut à
k=0 k=1
Cela équivaut effectivement à |β0 | = |βp | et ∀k ∈ {1, . . . , p − 1}, βk = 0. [ Q ]

Partie IV : Une propriété de minimum.

1. (a) La propriété est vraie si n = 1, et si n = 2 car Q2 = X 2 − 12 .


Soit n ≥ 2. On suppose Qn−1 , Qn unitaires de degrés n − 1, n, à coefficients réels.
Il est clair que Qn+1 = XQn − 41 Qn−1 est unitaire de degré n + 1, à coefficients réels.
Ainsi chaque polynôme Qn , avec n ≥ 1, est dans Un , et à coefficients réels. [ Q ]
(b) On fixe le réel t, et on prouve cos nt = 2n−1 Qn (cos t) par récurrence sur n ≥ 1.
La propriété est vraie de façon évidente si n = 1.
Si n = 2, on a bien cos 2t = 2(cos2 t − 12 ) = 2Q2 (cos t).
Soit n ≥ 2. On suppose que la propriété est vraie aux rangs n et n − 1. Alors :
 
n n 1
2 Qn+1 (cos t) = 2 cos t Qn (cos t) − 4 Qn−1 (cos t)
= 2 cos t(2n−1 Qn (cos t)) − 2n−2 Qn−1 (cos t)
= 2 cos t cos nt − cos(n − 1)t = cos(n + 1)t
La propriété est donc vraie au rang n + 1, ce qui achève la récurrence. [ Q ]
(c) Soit n dans N∗ . Soit x dans [−1, 1]. Il existe t dans [0, π] tel que x = cos t.
1 1
On a alors |Qn (x)| = |Qn (cos t)| = 2n−1 |cos nt| ≤ 2n−1 .
1 1 1
Donc M (Qn ) ≤ 2n−1 . Mais Qn (1) = Qn (cos 0) = 2n−1 cos(n0) = 2n−1 .
1
On a donc obtenu l’égalité M (Qn ) = 2n−1 . [Q]
(−1)k
2. (a) Pour tout k de {0, . . . , n}, Qn (xk ) = Qn (cos kπ 1
n ) = 2n−1 cos kπ = 2n−1 . [ Q ]
1
(b) Soit P dans Un , à coefficients réels. Par l’absurde, supposons M (Pn ) < 2n−1 .
On définit le polynôme R = Qn − P .
On a deg R < n car P et Qn sont de degré n et unitaires tous les deux.
(−1)k
Pour tout k de {0, . . . , n}, on a R(xk ) = 2n−1 − P (xk ).

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Problèmes de Mathématiques
Polynômes trigonométriques à valeurs réelles positives
Corrigé

1
Une conséquence de l’hypothèse sur P est que |P (xk )| < 2n−1 pour tout k.
On en déduit que R(xk ) est non nul et a le signe de (−1)k pour tout k de {0, . . . , n}.
En particulier R change de signe sur chacun des intervalles [xk+1 , xk ].
Il s’ensuit que R a une racine sur chacun des n intervalles ouverts ]xk+1 , xk [.
Mais deg R < n. Il s’ensuit que R est le polynôme nul, donc P = Qn .
Mais ce dernier résultat est absurde car par hypothèse M (P ) < M (Qn ). [ Q ]
n−1
(c) Soit P = X n + ak X k un élément de Un .
P
k=1 n−1
On définit le polynôme R = X n + (Re ak )X k , élément de Un et à coefficients réels.
P
k=1

On observe que tout x de l’intervalle [−1, 1], on a Re P (x) = R(x).


On sait que pour tout nombre complexe z, on a l’inégalité |z| ≥ |Re z|.
On en déduit : ∀x ∈ [−1, 1], |P (x)| ≥ |R(x)|. Il en découle M (P ) ≥ M (R).
1 1
La question précédente donne M (R) ≥ 2n−1 . On obtient donc M (P ) ≥ 2n−1 . [Q]
n−1
3. (a) Posons A = X n + X . Pour tout z de C∗ , on trouve :
P k
k=0
n n−1 n−1
1 k
 P 1 
Q(z) = 2n z n 12 (z + z1 ) + 2n z n 2 n
P n−k 2
2 (z + z ) = (z + 1) + 2 (z + 1)k z n−k
k=0 k=0
n−1
Q = (X 2 + 1)n + 2n−k (X 2 + 1)k X n−k est bien un polynôme de degré 2n.
P
k=0

Les coefficients constant et dominant sont égaux à 1. [ Q ]


 
(b) Pour tout x de R, et si on pose z = eix alors 21 z + z1 = cos x.
On en déduit : ∀x ∈ R, Q( eix ) = 2n einx A(cos x) donc |Q( eix )| = 2n |A(cos x)|.
Il en découle sup |Q( eix )| = 2n M (A) = 2. [ Q ]
[0,2π]

2
(c) Pour tout x de R, considérons l’égalité f (x) = |Q( eix )| .
f est alors un polynôme trigonométrique non constant, à valeurs dans R+ .
2n
On a sup f (x) = M (Q)2 = 4. Mais Q = βk X k , avec β0 = β2n = 1.
P
[0,2π] k=0
Ainsi sup f (x) = 4 |β0 | |β2n | : c’est l’égalité évoquée en III-4-c.
[0,2π]
Il en résulte β1 = · · · = β2n−1 = 0. Autrement dit Q = β0 + β2n X 2n = 1 + X 2n . [ Q ]
−inx −inx
(d) Pour tout x de R : A(cos x) = e 2n Q( eix ) = e 2n ( e2inx + 1) = cos nx
2n−1 = Qn (cos x).
Les polynômes A et Qn sont donc égaux sur [−1, 1]. Il en résulte l’égalité A = Qn .
1
Ainsi Qn est l’unique polynôme de Un tel que M (Qn ) = 2n−1 . [Q]

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