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Exercices de Mathématiques

Polynômes : dérivation et coefficients


Énoncés

Énoncés des exercices

Exercice 1 [ Indication ] [ Correction ]


1
Soient a, b deux entiers relatifs (b 6= 0) et n un entier naturel. Montrer que P = X n (a − bX)n
n!
a
et toutes ses dérivées prennent des valeurs entières en x = 0 et en x = .
b

Exercice 2 [ Indication ] [ Correction ]


Trouver un polynôme P tel que P (1) = 3, P 0 (1) = 4, P 00 (1) = 5 et ∀ n ≥ 3, P (n) (1) = 0.

Exercice 3 [ Indication ] [ Correction ]


Pour tous polynômes P et Q de C[X],
l on pose [P, Q] = P Q − P Q.
1. Discuter le degré de [P, Q] si deg P = p et deg Q = q.
2. Montrer que pour tous polynômes P, Q, R : [[P, Q], R] + [[Q, R], P ] + [[R, P ], Q] = 0.

Exercice 4 [ Indication ] [ Correction ]


Un polynôme unitaire P de degré n vérifie : nP = (X − a)P 0 + 2bP 00 .
Déterminer les coefficients de P ordonnés suivant les puissances de X − a.

Exercice 5 [ Indication ] [ Correction ]


Soient A et B deux polynômes à coefficients entiers.
On suppose que les coefficients de A sont premiers entre eux dans leur ensemble, et qu’il en est
de même pour B. Montrer qu’il en est de même pour AB.

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Polynômes : dérivation et coefficients
Indications, résultats

Indications ou résultats

Indication pour l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


Utiliser la formule de Taylor à l’origine.
Montrer que P (k) (0) = 0 si k < n ou si k > 2n.
k!
Si k ∈ {n, . . . , 2n}, vérifier que P (k) (0) = n! C k−n
n (−b)k−n a2n−k .
   
Remarquer enfin que P (X) = P ab − X pour évaluer les P (k) ab .

Indication pour l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


C’est évident avec la formule de Taylor au point 1.

Indication pour l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]

1. Si P = 0 ou Q = 0 alors [P, Q] = 0.
Sinon, soient ap le coefficient dominant de P et bq celui de Q.
Si arg(ap ) 6= arg(bq ) (π) alors deg[P, Q] = deg P +deg Q. Sinon deg[P, Q] < deg P +deg Q.
2. Vérifier que [[P, Q], R] = P QR − P QR − P QR + P Q R.
Procéder ensuite par permutation circulaire, avant d’ajouter.

Indication pour l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


Dériver k fois nP = (X − a)P 0 + 2bP 00 en utilisant la formule de Leibniz.
En déduire une relation entre les dk = P (k) (a), puis leurs valeurs.
n/2
br n!
(X − a)n−2r .
P
On obtient P =
r=0 r!(n − 2r)!

Indication pour l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


m n m+n
aj X j , B = bk X k , et AB = cr X r .
P P P
Posers A =
j=0 k=0 r=0
Supposer par l’absurde que les cr ne sont pas premiers entre eux dans leur ensemble.
Si d est un diviseur premier commun à tous les cr , nommer l’entier j0 minimum tel que d ne
divise pas aj0 , et l’entier k0 minimum tel que d ne divise pas bk0 .
Considérer alors le corfficient cj0 +k0 .

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Polynômes : dérivation et coefficients
Corrigés

Corrigés des exercices

Corrigé de l’exercice 1 [ Retour à l’énoncé ]


P (k) (0) k +∞
P
On connait la formule de Taylor à l’origine : P = X .
k=0 k!
1 n 1 nP n 1 P 2n
Ici P = X (a − bX)n = X C jn (−b)j an−j X j = C k−n
n (−b)k−n a2n−k X k .
n! n! j=0 n! k=n

On en déduit P (k) (0) = 0 si k < n (normal car 0 est racine de multiplicité n.)
De même P (k) = 0 si k > 2n (c’est normal car deg P = 2n.)
k! k−n
Enfin, pour tout k de {n, . . . , 2n}, P (k) (0) = C n (−b)k−n a2n−k ∈ ZZ.
n!
bn n  a n a 
Enfin, on remarque que P (X) = X −X =P −X .
n!  b b 
a  a
Ainsi : ∀ k ∈ IN, P (k) (X) = (−1)k P (k) − X donc P (k) = (−1)k P (k) (0) ∈ ZZ.
b b

Corrigé de l’exercice 2 [ Retour à l’énoncé ]


5 5 3
Le polynôme P = 3 + 4(X − 1) + (X − 1)2 = X 2 − X + convient.
2! 2 2

Corrigé de l’exercice 3 [ Retour à l’énoncé ]


1. Si P = 0 ou Q = 0 alors [P, Q] = 0. Supposons donc deg P = p ≥ 0 et deg Q = q ≥ 0.
Alors deg P Q = deg P Q = p + q. Il en résulte deg[P, Q] ≤ p + q.
Soient ap 6= 0 le coefficient dominant de P et bq 6= 0 celui de Q.
Le coefficient dominant de P Q est ap bq et celui de P Q est ap bq .
Le coefficient de degré p + q dans [P, Q] est donc ap bq − ap bq = 2i Im (ap bq ).
Donc si ap bq ∈
/ IR, c’est-à-dire arg(ap ) 6= arg(bq ) (π) alors deg[P, Q] = deg P + deg Q.
Dans le cas contraire, on a deg[P, Q] < deg P + deg Q.
2. Soient P, Q, R trois éléments de C[X].
l On constate que :

[[P, Q], R] = [P, Q]R − [P, Q]R = (P Q − P Q)R − (P Q − P Q)R


= P QR − P QR − P QR + P Q R
Par permutation circulaire, on en déduit :

 [[P, Q], R] = P QR − P QR − P QR + P Q R


[[Q, R], P ] = QRP − QRP − QRP + QR P = P QR − P QR − P QR + P QR


[[R, P ], Q] = RP Q − RP Q − RP Q + RP Q = P QR − P QR − P Q R + P QR
En sommant, on trouve [[P, Q], R] + [[Q, R], P ] + [[R, P ], Q] = 0.

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Polynômes : dérivation et coefficients
Corrigés

Corrigé de l’exercice 4 [ Retour à l’énoncé ]


n P (k) (a)
ak (X − a)k avec ak = . P est unitaire donc P (n) (a) = n!.
P
On a P =
k=0 k!
Pour déterminer P , il faut donc connaı̂tre les dk = P (k) (a), pour 0 ≤ k ≤ n.
On dérive k fois nP = (X − a)P 0 + 2bP 00 en utilisant la formule de Leibniz.
On trouve, pour tout entier k, nP (k) = (X − a)P (k+1) + kP (k) + 2bP (k+2) .
Si on se place en a, on en déduit : (n − k)P (k) (a) = 2bP (k+2) (a), donc (n − k)dk = 2bdk+2 .
deg P = n ⇒ dk = 0 si k > n. On en déduit (avec k = n − 1) dn−1 = bdn+1 donc dn−1 = 0.
2b
Pour k < n, l’égalité dk = n−k dk+2 montre alors que dn−3 = dn−5 = dn−7 = . . . = 0.
n n/2
P dn−2r n−2r
P dk k
Le polynôme P = k! X s’écrit donc P = (n−2r)! X .
k=0 r=0
r r
2b
Avec k = n − 2r, dk = n−k dk+2 donne dn−2r = rb dn−2(r−1) puis dn−2r = br! dn = b r!n! .
n/2
P br n! n−2r
On a ainsi obtenu P = r!(n−2r)! (X − a) .
r=0

Corrigé de l’exercice 5 [ Retour à l’énoncé ]


m n m+n
aj X j et B = bk X k . Ainsi AB = cr X r avec cr =
P P P P
Posons A = aj b k .
j=0 k=0 r=0 j+k=r
Supposons par l’absurde que les cr ne soient pas premiers entre eux dans leur ensemble.
Soit d un diviseur premier commun de tous les cr .
Par hypothèse les aj sont premiers entre eux dans leur ensemble, de même que les bk .
Il existe donc un plus petit entier j0 dans {0, . . . , m} tel que d ne divise pas aj0 .
De même, il existe un plus petit entier k0 dans {0, . . . , n} tel que d ne divise pas bk0 .
(j,k)6=
P (j0 ,k0 )
Dans ces conditions cj0 +k0 = aj0 bk0 + S avec S = aj b k .
j+k=j0 +k0

Tous les aj bk de S sont divisibles par d (car j < j0 ou k < k0 ).


Or cj0 +k0 est divisible lui aussi par d (comme tous les dr .)
On en déduit que d divise S − cj0 +k0 = aj0 bk0 .
Le théorème de Gauss donne alors d | aj0 ou d | bk0 ce qui est absurde.
Conclusion : les coefficients du polynôme C = AB sont premiers entre eux dans leur ensemble.

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