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La barrière épidermique
V. Sibaud, D. Redoules

La connaissance des fonctions du stratum corneum ou couche cornée a connu un essor considérable au
cours de la dernière décennie. Le stratum corneum, longtemps considéré comme une simple couche de
cellules mortes, met en jeu toute une variété de mécanismes régulateurs pour maintenir une interface
harmonieuse entre l’organisme et l’environnement, lequel est sujet à de nombreuses variations par
exemple saisonnières ou microbiennes. La présente revue résume les acquisitions récentes relatives aux
éléments moléculaires responsables des propriétés du stratum corneum, ainsi qu’aux aspects dynamiques
permettant de maintenir l’homéostasie épidermique. Enfin sont abordés les mécanismes
physiopathologiques à l’origine de dysfonctionnements de la barrière qui président à l’apparition des
lésions dermatologiques (génodermatoses, maladies inflammatoires).
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Mots clés : Stratum corneum ; Couche cornée ; Fonction barrière ; Homéostasie épidermique ;
Dermatite atopique ; Ichtyose

Plan briques, ne rend pas compte de la complexité et de la dynami-


que du stratum corneum, puisque celui-ci renseigne en perma-
¶ Introduction 1 nence la machinerie épidermique sur ses besoins propres pour
la rendre apte à répondre aux perturbations externes telles que
¶ Formation du stratum corneum 1
les changements d’humidité ambiante, les altérations de sa
¶ Fonctions défensives du stratum corneum 2 structure physique, les agressions solaires ou bactériennes, etc.
Propriétés mécaniques 2 Cette réponse, dite homéostasique, contrecarre les stress
Perméabilité 3 environnementaux, éventuellement les dommages subis par la
Défense antibactérienne 3 couche cornée et restaure ses fonctions.
Défense antioxydante 3 Nous présentons ici l’état des connaissances actuelles sur les
¶ Dynamique adaptative de la barrière 3 processus moléculaires qui confèrent au stratum corneum ses
¶ Pathologies liées à un dysfonctionnement de la barrière 4 propriétés fonctionnelles et qui lui permettent d’assurer effica-
Maladie de Gaucher de type II 4 cement l’interface entre l’environnement et le milieu interne de
Ichtyose liée à l’X 4 l’organisme (Fig. 1).
Syndrome de Netherton 5
Ichtyose vulgaire et dermatite atopique 5
Psoriasis 5
■ Formation du stratum corneum
La couche cornée ou stratum corneum (SC) est le résultat
d’une maturation progressive des kératinocytes comportant une
■ Introduction série de modifications biochimiques et morphologiques, depuis
la prolifération kératinocytaire de la couche basale jusqu’à la
La fonction majeure de l’épiderme est de constituer une couche granuleuse où ils vont se différencier en cornéocytes.
barrière qui protège le corps humain vis-à-vis d’agents extérieurs Cette dernière étape, correspondant à un processus proche de
agressifs (agents chimiques ou microbiens, rayonnements...), l’apoptose (mort cellulaire programmée), comprend principale-
tout en permettant des échanges, en particulier d’eau. ment la perte du noyau et d’autres organites vitaux, le rempla-
De plus, en limitant les déperditions hydriques grâce à une cement de la membrane plasmique par une coque protéique
relative hydrophobicité, cette barrière assure le maintien du dense et insoluble, l’enveloppe cornée et, au sein du cornéocyte,
milieu physiologique nécessaire à la dynamique cellulaire de la matrice fibreuse à partir de l’association des filaments
épidermique. intermédiaires de kératine par la filaggrine [1]. Cette dernière
Cette fonction de barrière est principalement assurée par la protéine synthétisée dans les kératinocytes de la couche
partie superficielle de l’épiderme, le stratum corneum, constitué granuleuse sous forme de profilaggine correspond à une répéti-
de cellules aplaties kératinisées, les cornéocytes, empilés dans tion de 10 à 12 unités de filaggrine, et est stockée dans des
une matrice lipidique de faible perméabilité. Le modèle de cette organites appelés grains de kératohyaline avant d’être clivée en
barrière, généralement schématisé par un simple mur de sous-unités [2].

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4 5

6
1 2 3 7

10 0,1 µm

Figure 3. Structures lipidiques en multifeuillets séparant deux cornéo-


cytes (d’après [6]).

11
lipophiles et hydrophiles, parallèles aux surfaces cellulaires
comme cela a pu être objectivé en microscopie électronique [6]
(Fig. 3).
Figure 1. Fonction barrière (schéma adapté d’après AIM®). 1. Barrière
Enfin, les cornéocytes sont reliés entre eux par des structures
mécanique ; 2. barrière UV ; 3. barrière hydrique ; 4. barrière antioxy-
desmosomiales, les cornéodesmosomes, structures protéiques
dante ; 5. barrière antimicrobienne ; 6. cornéocytes ; 7. lipides intercor-
résistantes, qui leur procurent l’essentiel de leur cohésion [8]. Le
néocytaires ; 8. stratum corneum ; 9. stratum granulosum ; 10. stratum
stratum corneum est régi selon un équilibre entre formation de
spinosum ; 11. couche basale.
nouveaux cornéocytes et détachement de cellules mortes depuis
la surface, après coupure enzymatique des cornéodesmosomes
par des protéases au cours de la desquamation. Ce processus
permet ainsi le maintien de l’intégrité de cette barrière et son
SC renouvellement continu [9].

■ Fonctions défensives du stratum


D
D
corneum
Propriétés mécaniques
0,1 µm
Le stratum corneum, dont l’épaisseur varie en fonction du
Figure 2. Élaboration des espaces libres lipidiques intercornéocytaires site anatomique – de huit assises cellulaires en moyenne au
(flèches noires) à l’interface stratum granulosum-stratum corneum (SG- niveau des paupières à plusieurs centaines au niveau de la
SC) (d’après [6]). plante des pieds – assure une fonction de protection de l’orga-
nisme contre les agressions mécaniques par une grande résis-
tance et par une certaine souplesse.
D’un point de vue structural, il est intéressant de constater la
Les cornéocytes sont assemblés dans un milieu lipidique très grande différence de composition du stratum corneum
intercornéocytaire composé essentiellement d’un mélange de comparé aux autres tissus, avec une faible quantité d’eau (15 %)
céramides, d’acides gras libres et de cholestérol. Ces lipides et une forte teneur en protéines (70 %), le reste étant constitué
résultent eux-mêmes de l’hydrolyse de leurs précurseurs (sphin- de lipides. De plus, l’enveloppe cornée, enserrant la matrice
gomyélines, glucosylcéramides, phospholipides et, pour partie, fibreuse, est à la fois reliée sur sa face interne à la matrice
cholestérol sulfate) libérés à l’interface stratum granulosum- fibreuse, et sur sa face externe aux cornéodesmosomes par des
stratum corneum en même temps que les hydrolases correspon- liaisons covalentes [10]. Ainsi, la grande résistance mécanique et
dantes (sphingomyélinases, b-glucocérébrosidase, phospho- chimique du stratum corneum est largement déterminée, d’une
lipases et cholestérol sulfatases). Cette libération dans le milieu part, par la continuité de ces trois unités matrice fibreuse,
extracellulaire se fait par exocytose de petites granules appelés, enveloppe cornée et cornéodesmosomes, et, d’autre part, par la
suivant les auteurs, corps d’Odland ou corps lamellaires ou densité des attaches qui recouvrent les cornéocytes [11].
kératinosomes [3, 4]. En parallèle, une monocouche d’x- Néanmoins, cette couche cornée conserve une certaine
hydroxycéramides et d’x-hydroxy-acides gras, libérés au cours souplesse, notamment grâce à un taux adéquat d’hydratation.
du processus de fusion entre les corps d’Odland et la membrane Cela lui permet ainsi de contrôler le processus de desquamation
plasmique, vont recouvrir les cornéocytes et servir dans un avec un détachement régulier des cornéocytes, assurant un
second temps de sites d’ancrage aux lipides intercornéocytai- renouvellement et un lissage harmonieux de sa surface et
res [5] (Fig. 2). Ces céramides x-hydroxylés sont liés de manière permettant d’éviter son craquellement.
covalente, sous l’action des transglutaminases, aux motifs Le taux d’hydratation du stratum corneum dépend lui-même
glutamine de certaines protéines de l’enveloppe cornée comme de deux facteurs : l’un statique, appelé natural moisturazing
l’involucrine [7]. Les longues chaînes céramidiques et celles des facteur ou NMF et l’autre dynamique, lié à l’effet de barrière
acides gras libres forment avec le cholestérol des structures en diffusionnelle des espaces lipidiques intercornéocytaires.
bicouches stabilisées dans un environnement aqueux par des Le NMF est principalement constitué d’un ensemble de
interactions Van Der Waals et des liaisons hydrogène. Ces dérivés hygroscopiques comme des acides aminés (40 %), l’acide
structures lipidiques, localisées entre les cornéocytes, s’organi- pyrrolidone carboxylique (12 %), les sels de l’acide lactique
sent en édifices multifeuillets, formés d’une alternance de plans (12 %), l’urée (8 %) et des sels minéraux. L’essentiel du NMF

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résulte de l’hydrolyse dans le SC de la filaggrine en dérivés des membranes kératinocytaires et du pool d’acides aminés
fortement hygroscopiques et donc attirant l’eau, qui permettent du NMF généré par l’hydrolyse de la filaggrine) [20, 21]. Cette
aux cornéocytes de fixer une quantité d’eau quatre fois supé- acidification est probablement accentuée dans la partie
rieure à leur poids sec [12]. supérieure de la couche cornée par la formation d’acides
pyrrolidone carboxylique et urocanique, respectivement à
partir des résidus glutamine et histidine de la filaggrine.
Perméabilité La seconde contribution serait due à la sécrétion exocrine
d’acides, tels que les acides aminés et surtout de l’acide lactique,
Une des fonctions principales de la peau est de constituer une
provenant notamment de la sueur, ou de certains acides gras
barrière physique qui, en plus de son rôle protecteur vis-à-vis de
libérés au cours de la sécrétion sébacée.
l’environnement en empêchant la pénétration d’éléments
En outre, des recherches antérieures ont mis en lumière le
chimiques ou microbiens agressifs, doit assurer le maintien du
rôle d’échangeurs Na+/H+ dans le processus d’acidification de
milieu physiologique de l’organisme en limitant les déperditions
microdomaines dans les couches inférieures du stratum
hydriques, grâce à une relative hydrophobicité. Bien qu’il existe
corneum [22].
encore des controverses sur les différentes voies de passage
Mais l’essentiel du système de défense que fournit la couche
transcutané, il est admis pour l’essentiel que la pénétration via
cornée contre les infections s’appuie sur la présence de molécu-
les espaces lipidiques intercornéocytaires régule la perméabilité
les constitutives spécifiques à propriétés antimicrobiennes ou
de la peau [13]. La diffraction des rayons X révèle la présence de
antifongiques. Parmi elles, on trouve les peptides antimicro-
deux phases lamellaires avec des distances de répétitions de 6 et
biens, notamment les b-défensines qui sont des peptides de 3 à
13 nm lesquelles se trouvent majoritairement dans des phases
4,5 kDa dont l’action bactéricide repose sur leur capacité à
latérales cristallines (arrangement latéral orthorhombique) [14,
15]. En effet, à température physiologique, les longues chaînes former des pores dans les membranes des micro-organismes [23],
et les cathélicidines. D’autres protéines antimicrobiennes
aliphatiques des céramides et des acides gras forment, avec le
comme les antileucoprotéases, le lysozyme et la RNase 7 ont été
cholestérol et ses esters, des états gélifiés très imperméables au
identifiées dans la couche cornée [24]. La RNase 7 possède une
flux d’eau transépidermique. De plus, on note l’existence de
haute activité antibactérienne envers les bactéries à Gram
zones fluides (arrangement latéral hexagonal) plus perméables,
positif et à Gram négatif, mais aussi une nette activité antifon-
dues à la présence de lipides aux chaînes alkyle plus courtes.
gique. Enfin, il est important de souligner que les peptides
En outre, il est intéressant de constater qu’une élévation de
antimicrobiens peuvent avoir d’autres activités biologiques dans
la température provoque une fluidification des espaces lipidi-
la lutte contre les micro-organismes. Il a en effet été montré que
ques, lesquels évoluent vers un état de type cristal liquide
les b-défensines ont des propriétés chimioattractives et qu’elles
donnant lieu à une augmentation importante de la perméabilité
sont capables d’attirer les macrophages et des lymphocytes sur
cutanée [16].
le site de l’infection [25].
Ainsi, le passage de toute molécule au travers de la barrière
dépend d’un certain nombre de facteurs : en premier lieu, la
nature de cette molécule (taille, coefficient de partage entre Défense antioxydante
phase aqueuse/phase grasse), deuxièmement tout ce qui modifie
la fluidité des couches lipophiles et enfin d’autres facteurs La peau est particulièrement exposée à l’environnement et
comme le taux d’hydratation, l’épaisseur du stratum corneum par conséquent à ses propriétés pro-oxydantes dues aux pol-
ou encore sa vitesse de renouvellement [17]. À titre d’exemple, luants atmosphériques et au rayonnement. Pour faire face à
des études ont montré que certains lipides comme l’acide cette interaction permanente avec l’environnement, la partie
oléique agissaient comme facilitateurs de pénétration en superficielle de la peau est dotée d’un arsenal de mécanismes
fluidifiant les espaces lipidiques intercornéocytaires [18]. indirectement ou directement antioxydants. En premier lieu, le
De même, la diffusion passive d’eau au travers de l’épiderme stratum corneum protège les tissus sous-jacents des radiations
est liée à l’intégrité de la barrière, ainsi qu’à des paramètres ultraviolettes en absorbant 70 % du rayonnement UVB, lequel
environnementaux comme la température et l’hygrométrie. À représente la partie la plus délétère vis-à-vis des cellules
cet égard, il a été montré qu’une augmentation de la tempéra- vivantes. Associés à ses capacités filtrantes, le SC possède
ture et, inversement, une diminution de l’hygrométrie ambiante différents systèmes d’élimination des radicaux libres qui visent
conduisaient à une élévation de la perte insensible en eau (PIE). à limiter la production des espèces réactives de l’oxygène (ROS).
Chez le sujet dont la barrière cutanée est intacte, le flux d’eau Le stratum corneum est en effet équipé d’un système de défense
transépidermique, la PIE, est d’environ 5 mg/cm2 par heure [19], antioxydante, surtout non enzymatique, composé de vitamines
mais il peut atteindre des valeurs très élevées en situation E et C, d’acide urique et d’autres constituants soufrés comme le
d’agression ou dans certaines dermatoses. Ce mouvement d’eau glutathion [26]. Ces dérivés sont interdépendants et participent
contribue aussi au bon fonctionnement du SC en lui procurant à un équilibre général de détoxification des ROS : ainsi la
une source d’hydratation permanente. vitamine E, transformée en radical tocophéryl sous l’action des
radicaux peroxyles et alkoxyles (qu’elle contribue donc à
éliminer), doit être réduite par la vitamine C, elle-même
Défense antibactérienne régénérée par le glutathion. S’agissant des défenses antioxydan-
tes enzymatiques, il a seulement été mis en évidence dans la
La peau possède, outre la barrière physique qui prévient couche cornée une activité catalase et superoxyde dismutase [27].
l’internalisation bactérienne, tout un système de défense L’exposition excessive aux radiations ultraviolettes (UV) peut,
antibactérien, qui lui permet de combattre efficacement la selon les doses, produire une large gamme d’effets réversibles ou
colonisation par une flore pathogène. Ce système de défense irréversibles, à échéance immédiate comme à très long terme.
fait intervenir plusieurs types de mécanisme : Tous ces phénomènes sont la conséquence des lésions d’acide
• la légère acidité du stratum corneum à pH proche de 5, qui désoxyribonucléique (ADN) formées sous l’action d’irradiations
s’oppose à la colonisation de certaines souches pathogènes et pouvant conduire au vieillissement accéléré de la peau ou à
comme le staphylocoque doré ; la formation de carcinomes ou de mélanomes.
• la libération de dérivés peptidiques ou lipidiques bactéricides,
qui empêche la croissance microbienne.
Les mécanismes d’acidification du stratum corneum ne sont
pas entièrement élucidés. Plusieurs déterminants ont été
■ Dynamique adaptative
proposés : de la barrière
• la libération de dérivés acides au cours de la différenciation
terminale au premier rang desquels se trouvent les acides gras La notion de barrière cutanée, décrite comme étant un
libres (issus principalement de l’hydrolyse des phospholipides système statique d’exclusion des micro-organismes ou des

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molécules dépassant une certaine taille (mur de briques), a, type inhibitor], le cholestérol sulfate, SKALP [skin-derived anti-
depuis une vingtaine d’années, été remplacée par l’image d’un leukoproteinases], etc.) sans parler d’autres paramètres régulateurs
biocapteur capable de générer des réponses adaptatives pour comme le pH ou la teneur en eau dans la couche cornée
faire face à toutes sortes de contraintes et permettre, comme on comme on vient de le voir. Ces éléments moléculaires agissent
vient de le voir, une protection plus générale de l’organisme [28, en réseau.
29]. Par exemple, l’altération de cette barrière par l’utilisation de
L’ensemble de ces différents niveaux de régulation permet au
détergents ou de solvants organiques éliminant une large part stratum corneum de préserver son équilibre tout en s’adaptant
des lipides de surface ou encore l’altération mécanique par aux variations environnementales telles que les changements
strippings de la couche cornée a pour effet d’induire une climatiques, les altérations de sa structure physique, les agres-
accélération du renouvellement épidermique visant à compenser sions bactériennes, etc. Il est important de noter que le passage
la destruction de la fonction barrière. De même, plusieurs d’une simple lésion réversible à un stade pathologique corres-
études chez la souris ont montré que l’accroissement de la pond à une rupture de manière durable de cet équilibre.
perspiration est le signal initiateur qui déclenche conjointement
dans l’épiderme une recrudescence de la synthèse des lipides
constitutifs des espaces intercornéocytaires, démontrant le
caractère homéostasique de la réponse épidermique [30, 31]. ■ Pathologies liées à un
D’autres études plus récentes suggèrent que des ions spécifi- dysfonctionnement de la barrière
ques, en particulier le calcium, jouent un rôle essentiel dans
l’orchestration des mécanismes qui contribuent à cette réponse L’apport de la biologie moléculaire a permis des progrès
homéostasique. L’altération de la barrière provoque en effet une significatifs dans la description de nombreux récepteurs, ligands,
infiltration calcique dans le stratum corneum et, par voie de enzymes ou médiateurs qui jouent un rôle prépondérant dans
conséquence, une diminution de sa concentration dans le la régulation, positive ou négative, des événements contrôlant
stratum granulosum. Celle-ci, à son tour, pourrait être respon- le fonctionnement de la barrière cutanée. De plus, la caractéri-
sable de l’activation kératinocytaire [32] avec production de sation récente de certaines génodermatoses offre des éclairages
cytokines agissant soit directement, soit par production en nouveaux dans la compréhension de la physiologie de la
cascade d’autres médiateurs essentiels pour les mécanismes de barrière cutanée, lorsqu’elles s’accompagnent clairement d’un
réparation [33]. déficit grave dans la fonction protectrice du stratum corneum.
Il en est de même par exemple des systèmes de défense Cela permet de mettre en évidence le caractère nécessaire du
contre les micro-organismes pathogènes. En effet, à côté du produit du gène muté. Dans le Tableau 1 sont représentés des
potentiel de défense instantanément disponible dans le SC, il exemples de mutations caractérisant certaines génodermatoses
existe un ensemble de peptides antimicrobiens inductibles, et leurs conséquences physiopathologiques.
notamment par les cellules dendritiques et les kératinocytes
vivant au contact des microbes ou de leurs toxines. Ainsi, la
reconnaissance par ces cellules des motifs moléculaires appelés Maladie de Gaucher de type II
PAMP (pathogen associated molecular patterns) – vraisemblable-
ment par des récepteurs membranaires dits toll-like receptors – La maladie de Gaucher est une maladie métabolique généti-
déclenche un signal danger entraînant une synthèse immédiate que liée à un déficit de l’enzyme lysosomale b-glucocéré-
de cytokines inflammatoires, lesquels induisent la synthèse de brosidase. Le type II est la forme la plus rare, mais la plus grave,
peptides antimicrobiens comme les b-défensines (HBD-2, HBD- notamment par l’atteinte neurologique sévère associée. L’excès
3), la Rnase 7 ou la cathélicidine LL-37. Des concentrations de glucosylcéramide dans les espaces lipidiques intercornéocy-
élevées d’HBD-2 sont par exemple retrouvées dans les squames taires entraîne également des anomalies fonctionnelles de la
des lésions inflammatoires psoriasiques alors que ce peptide perméabilité de la peau, avec symptomatologie ichtyosique [40].
n’est pas isolé chez des sujets sains [34, 35].
D’autres systèmes de contrôle ont été mis en évidence dans
la couche cornée, notamment celui qui confère aux cornéocytes Ichtyose liée à l’X
leur capacité hygroscopique. Par exemple, l’exposition répétée à
une atmosphère sèche et froide, comme c’est le cas en hiver, Il en est de même pour l’ichtyose liée au chromosome X,
déclenche une augmentation de la synthèse épidermique des forme très rare d’ichtyose de transmission récessive atteignant
composants du NMF dont la fonction, comme on l’a déjà les garçons, avec une desquamation importante, souvent dès les
indiqué, est de fixer l’eau au sein des cornéocytes [36]. Il est premiers jours de vie et prenant parfois un aspect « noir »
montré au contraire que lorsque la peau est traitée par un (Fig. 4). Elle se caractérise par une mutation au niveau du gène
complexe hydratant, la teneur en acide pyrrolidone carboxyli- codant pour la stéroïde sulfatase, responsable d’un excès de
que (PCA) diminue dans la couche cornée [37]. Tous ces méca- cholestérol sulfate et inversement d’une diminution de la teneur
nismes adaptatifs ont pour but de préserver les propriétés en cholestérol dans les feuillets lamellaires. En outre, l’augmen-
fonctionnelles et la dynamique réactionnelle de la couche tation de l’activité inhibitrice des protéases à sérine induite par
cornée. Par exemple, le maintien d’une certaine teneur en eau l’accumulation de cholestérol sulfate pourrait être à l’origine
dans la couche cornée, quelles que soient les variations envi- d’une dérégulation de la balance protéase-antiprotéase. Ces
ronnementales, permet le contrôle du processus de desquama-
tion. Plusieurs équipes ont montré, en effet, que l’augmentation
de l’hydratation du stratum corneum provoque un accroisse-
Tableau 1.
ment des plans hydrophiles des structures lamellaires, condui-
Exemples d’interférences de mutations caractéristiques de
sant à une lyse accrue des cornéodesmosomes [38]. À l’inverse, il
génodermatoses avec la fonction barrière cutanée.
a été démontré que le manque d’eau dans la couche cornée
était responsable d’une rétention des cornéodesmosomes et, par Dermatose Mutation
voie de conséquence, d’un épaississement du stratum Gaucher (II) Gène codant pour la b-glucocérébrosidase
corneum [39]. Ichtyose liée à l’X Gène codant pour la stéroïde sulfatase
Sur ce dernier point, le système protéolytique des cornéodes- Syndrome de Netherton SPINK5
mosomes est l’exemple type d’une machinerie finement régulée Dermatite atopique Gène codant pour la filaggrine, KLK7
faisant intervenir plusieurs types de protéases (protéases à
Psoriasis Non déterminée
sérine, cystéines protéase et aspartate protéase) et de nombreux
Ichtyose vulgaire Gène codant pour la filaggrine
inhibiteurs de type antiprotéase (LEKTI [lympho-epithelial kazal

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caractérise par une mutation de SPINK5 induisant vraisembla-


blement une perte de fonction de LEKTI (antiprotéases à sérine).
L’absence de contrôle des protéases à sérine, outre une lyse
prématurée des cornéodesmosomes, provoque une perte de
fonctionnalité de la barrière qui conduit à un état hyperplasique
avec érythrodermie. Dans tous ces exemples, la fonction mutée
maintient l’épiderme dans l’incapacité de répondre aux exigen-
ces de la fonction barrière, laquelle évolue alors de manière
chronique dans une phase hyperplasique et inflammatoire.

Ichtyose vulgaire et dermatite atopique


D’autres mutations responsables d’un dysfonctionnement
moins grave de la barrière cutanée mais plus commun ont pu
être établies ces dernières années. C’est le cas des mutations du
gène FLG codant pour la profilaggrine donnant des allèles nuls
qui conduisent au phénotype ichtyose vulgaire lequel se
caractérise par une peau squameuse, une kératose pilaire et une
hyperlinéarité palmaire. L’étude du gène FLG dans cette géno-
dermatose a permis l’identification notamment de deux muta-
tions nulles (sujets hétérozygotes et homozygotes), R501X et
2282del4, avec un risque de sévérité qui augmente à l’état
homozygote [42]. En outre, ces allèles non fonctionnels ont été
identifiés comme facteur de risque de la dermatite atopique
(DA) et de son association avec l’asthme [43, 44]. En outre, des
données récentes confirment que si les deux allèles du gène FLG
sont mutés (sujets homozygotes), le risque de développer une
forme sévère de DA et persistante à l’âge adulte augmente [45].
Toutes ces mutations agissent par perte de production de la
filaggrine et les pathologies qui en découlent se transmettent
selon le mode semi-dominant.
Figure 4. Ichtyose liée à l’X (collection du professeur A. Taieb).
Le déficit en filaggrine lié à ces mutations pourrait favoriser
A. Vue des cuisses.
par divers mécanismes (altération structurelle du stratum
B. Vue des mollets.
corneum ou mécanique par grattage) la pénétration de micro-
organismes en particulier du Staplylococcus aureus (SA), ainsi que
de leurs produits et, par cette voie, amplifier la réaction
inflammatoire locale. En effet, nous avons vu précédemment
que la filaggrine était directement impliquée dans la formation
de la matrice fibreuse qui joue un rôle de premier plan dans
toute la structure du stratum corneum. En outre, en générant le
NMF, elle est responsable en grande partie de la fixation de l’eau
dans la couche cornée et, par conséquent, empêche son dessè-
chement. Enfin, par la fonction d’acidification qu’exercerait le
NMF, cette même filaggrine pourrait avoir une fonction protec-
trice contre la flore pathogène, mais aussi un rôle régulateur vis-
à-vis d’enzymes clés comme la b-glucocérébrosidase, impliquées
dans l’élaboration du versant lipidique de la barrière cuta-
née [46]. En outre, des études de prévalence familiale ou portant
sur des populations de DA ont amené la découverte d’autres
polymorphismes, moins fréquents, mais néanmoins impliqués
dans la prédisposition à la DA [47, 48]. Citons, par exemple, la
Figure 5. Érythrodermie avec desquamation en rapport avec un syn- mise en évidence d’une mutation dans la partie 3’ non traduite
drome de Netherton (collection du professeur A. Taieb). du gène codant pour la KLK7 qui conduit à une augmentation
de son expression [49]. Cette augmentation d’activité se traduit
morphologiquement par une rupture prématurée des cornéo-
desmosomes et par un affinement de la couche cornée, ce qui
modifications se traduiraient par un double effet : une perte de favoriserait la pénétration des allergènes responsables de la
fonctionnalité des feuillets lamellaires, due à leur différence de cascade inflammatoire [50].
composition, et une rétention des cornéocytes à la surface
Il est clair cependant que les polymorphismes génétiques
cutanée [41].
trouvés dans la DA (et leurs conséquences) sont associés à une
composante immunologique [51].
Syndrome de Netherton
À l’inverse, la baisse de l’activité antiprotéase peut être la Psoriasis
cause d’un dysfonctionnement aigu de la barrière cutanée,
comme dans le syndrome de Netherton, génodermatose de De même, le psoriasis est un exemple de rupture de l’équili-
transmission autosomique récessive associant, entre autres, bre homéostasique de l’épiderme faisant intervenir des facteurs
érythrodermie desquamative (Fig. 5) et dysplasie pilaire. Il se génétiques, immunologiques et environnementaux. En effet,

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plusieurs loci de prédisposition, notamment celui situé au [21] Fluhr JW, Behne MJ, Brown BE, Moskowitz DG, Selden C, Mao-
niveau du chromosome 6 (PSORS1) affectant directement le Qiang M, et al. Stratum corneum acidification in neonatal skin:
système HLA (human leucocyte antigen), ont été associés à cette secretory phospholipase A2 and the sodium/hydrogen antiporter-1
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La barrière épidermique ¶ 50-020-B-10

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V. Sibaud, Dermatologue (vincent.sibaud@pierre-fabre.com).


D. Redoules, Responsable département biochimie cutanée (daniel.redoules@pierre-fabre.com).
Institut de recherche Pierre Fabre, Hôtel Dieu, 2 rue Viguerie, 31000 Toulouse cedex.

Toute référence à cet article doit porter la mention : Sibaud V., Redoules D. La barrière épidermique. EMC (Elsevier Masson SAS, Paris), Cosmétologie et
Dermatologie esthétique, 50-020-B-10, 2008.

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