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Lecture de la loi 47.

06
relative à la fiscalité des
collectivités locales

Master Gestion Financière et Fiscale

Présenté par : Encadré par :

JALTI Yassin Mr. SABER Hicham

RATBI Asmaa

Année universitaire 2018-2019


Table des matières
Introduction ........................................................................................................................................... 2
I-Aperçue historique sur le système fiscale Marocain ....................................................................... 3
1) Avant le protectorat ..................................................................................................................... 3
2) Pendant le protectorat...................................................................................................................... 3
3) Après l’indépendance .................................................................................................................. 4
4) Le système fiscal moderne : ........................................................................................................ 5
II- Structure de la Loi n° 47-06 : .......................................................................................................... 6
1) Plan de la loi n° 47-06 : .................................................................................................................. 6
2) Etude de plan :............................................................................................................................. 7
Sous-Section 1 : Règle d’assiette, de Recouvrement et de Sanctions ............................................ 7
Sous-section 2 : Procédure de contrôle et de contentieux ............................................................. 8
Sous section 3 : Disposition diverses ............................................................................................ 10
III-Les apports de la loi 47-06 ............................................................................................................ 10
IV-Critique de la fiscalité locale ......................................................................................................... 15
1. Une multiplicité de taxes et de redevances à faible rendement gérées par les communes ........ 15
Tableau 1. Produits des taxes et redevances revenant aux communes 2012-2014......................... 16
2. Un cadre juridique nécessitant plus de simplification, de cohérence et de consolidation........... 16
3. Une multiplicité d’acteurs intervenant dans la gestion de la fiscalité locale ............................... 16
4. Un potentiel fiscal non évalué ....................................................................................................... 16
5. Les défaillances d’assiette ............................................................................................................. 16
6. Un processus contrarié par des restes à recouvrer non maîtrisés ................................................ 16
7. Un contentieux démesuré et souvent mal administré .................................................................. 16
8. Une organisation de l’administration fiscale locale empreinte de déficiences ............................ 17
V- Recommandations et pistes de réforme ........................................................................................ 17
1) Simplifier et rendre cohérent la fiscalité locale selon une approche globale et intégrée ........ 17
2) Améliorer la visibilité du système fiscal local pour une meilleure acceptabilité ...................... 17
3) Renforcer l’efficience et l’efficacité pour une meilleure exploitation du potentiel fiscal local 17
4) Moderniser la gouvernance et les systèmes d’information ...................................................... 17
Conclusion ............................................................................................................................................ 19
Bibliographie........................................................................................................................................ 20

1
Introduction
La fiscalité locale est une composante importante du système fiscal marocain, constitue un
instrument de politique économique et sociale qui permet aux décideurs publics de disposer
de ressources financières nécessaires au financement des services publics de proximité et au
développement local. Dans cette perspective le Royaume du Maroc a engagé, depuis plusieurs
années déjà, un vaste processus de mise à niveau des structures organisationnelles des
collectivités territoriales pour asseoir durablement le processus de décentralisation, le
processus de la régionalisation avancée et mettre les collectivités locales à la hauteur de leurs
responsabilités, afin qu’elles puissent relayer, efficacement, l’action de l’Etat au plan local.
C’est ainsi que des réformes importantes, portant sur des textes fondateurs, ont été entreprises
et ont abouti, en particulier à : L’élargissement des prérogatives des conseils communaux, La
révision de l’exercice de la tutelle, La modernisation de l’institution de l’état civil, … Cette
réforme a fait l’objet de la loi n°47-06, publiée au journal officiel n° 5583, du 03 décembre
2007, complétée par la loi 39-07, publiée au journal officiel n° 5591, du 31 décembre 2007.

Les collectivités territoriales sont appelées donc à assumer de grandes responsabilités en


matière de développement local et de satisfaction des besoins des citoyens et des entreprises.
La réalisation de cet objectif passe par la mobilisation de ressources financières pérennes.
Dans cette logique une question pertinente s’impose :

Est-ce-que la récente réforme et les dispositions actuelles répondent-elles aux exigences


et aux attentes économiques et sociales des différents acteurs au sein du pays ?

Pour arriver à répondre à cette question notre travail sera axé sur les points suivants :

-Dans un premier temps nous allons présenter le contexte historique de la fiscalité marocaine.

-Le deuxième chapitre sera consacré à une étude de la structure de la loi 47-06.

-Dans le troisième chapitres sera dédié à présenter les apports de la dite loi.

-Le quatrième chapitre fera l’objet d’une critique de la loi 47-06.

-Et finalement nous allons boucler ce travaille par un ensemble de Recommandations et pistes
de réforme.

2
I-Aperçue historique sur le système fiscale Marocain
1) Avant le protectorat
Avant le protectorat le système fiscal en vigueur était constitué par les principaux ci-après1 :

 La Zakat
 L’Achour
 La Jezya
 Le Kharaj
 La Hédya
 La Harka, la Mouna, la Sokhra, Ghorama et la Touiza
 Le Meks
 Tertib

2) Pendant le protectorat
Cette période s’était caractérisée par la réforme du système fiscal suite à la détérioration
progressive des finances du Maroc et à l’aggravation de son endettement. Ainsi, le Protectorat
fera de l'impôt le principal instrument d'intervention économique qui s’est traduite par la mise
en place d’un système fiscal inspiré du système français.

Ce système consacrait les dispositions de l’Acte d’Algésiras2, celles du traité du protectorat et


l’expérience des pratiques antérieures :

 La taxe urbaine assise sur la valeur locative des propriétés bâties situées dans le
périmètre urbain tel qu’instituée par l'Acte d'Algésiras sera révisée en 1918.
 Instauration d’un impôt, dit impôt des patentes, sur les activités à but lucratif.
 Introduction de la taxe d’habitation qui était établie au nom de toute personne
disposant d’une habitation dans les villes et les centres urbains.
 Le prélèvement sur les traitements et salaires a vu le jour à partir de 1939. Cet impôt
s’inspirait largement de l’impôt sur les salaires français avec un barème progressif et
un abattement à la base, assorti le cas échéant de déductions pour enfants à charge.
 L’impôt sur les bénéfices des activités patentables fut également instauré sans pour
autant supprimer la patente. À côté de ces impôts directs, on recense les droits de
douane, les taxes intérieures sur les biens de consommation, la taxe sur les transactions
avec exonération du commerce de détail.
 Les droits d'enregistrement et de timbre, quant à eux, furent créés par le Dahir du 15
juillet 1914.
 La fiscalité indirecte comprenait également d’autres taxes dont les droits de marchés
ruraux, les droits de régie, les droits des pauvres, les vérifications des poids et
mesures.

1
Conseil Economique et Social Auto-Saisine n°9/2012 Dépôt légal : 2013 MO 04 59 ISBN : 978-9954-9161-5-5
ISSN : 2335-9234 Conseil Economique et Social Imprimerie Cana Print
2
Acte algésiras 1906 article numéro 61

3
3) Après l’indépendance
L'indépendance du Maroc est un évènement majeur qui va changer le cours des événements.
L'instauration d'un régime de monarchie constitutionnelle s'est accompagnée d'un changement
de philosophie de l'impôt, dorénavant fondée sur le consentement, la solidarité et l'incitation
économique3.

L'avènement de l'indépendance, qui s'est traduit par un accroissement des besoins a incité les
responsables à doter les budgets des collectivités locales de nouvelles ressources.

Le Dahir du 23 mars 1962 a fixé une liste de prélèvements fiscaux au profit des collectivités
locales, en distinguant ceux qui ont un caractère obligatoire et ceux qui restent facultatifs.
Avant d’aborder la nouvelle réforme, dans le paragraphe qui suit, il s’avère nécessaire de
présenter en bref les précédentes réformes qui ont touché la fiscalité locale marocaine.

En 1978 une réforme de la fiscalité immobilière, (la taxe urbaine, la taxe sur les profits
immobiliers et l'impôt sur les terrains non battis), s'est répercuté favorablement sur les recettes
fiscales des collectivités locales, puisqu'une part de ces recettes a bénéficie à ces dernières.

Toujours dans ce cadre, l'administration fiscale a opté, depuis quelques années, pour une
modernisation, une simplification et une harmonisation des dispositions fiscales. Cette
réforme, dont les principes ont été énoncés par la loi-cadre4n° 3-83 relative à la réforme
fiscale adoptée par la chambre des représentants le 20 décembre 1982 et promulguée par le
dahir n° 1-83-38 du 23 Avril 1984, s’est fixée pour principaux objectifs :

 La mise en place d’un système qui assure d’une part une meilleure répartition de la
charge fiscale et un élargissement de l’assiette et la réduction des taxes, et d’autre part
un renforcement des garanties que la loi accorde aux contribuables ;
 Le remplacement de la taxe sur les produits et les services par la Taxe sur la Valeur
Ajoutée (TVA) en 1986;
 La suppression des impôts catégoriels appliqués par nature de revenu5 et leur
remplacement par l’impôt sur les sociétés (IS) en 1988 et de l’Impôt Général sur le
Revenu (IGR) en 1990.

La fiscalité locale au Maroc était régie par le dahir du 21 novembre 1989, portant
promulgation de la loi 30-89 relative à la fiscalité des collectivités locales et de leurs
groupements. Cette loi comporte : 41 impôts, taxes, droits et redevances locaux ainsi que les
conditions de recensement, liquidation, recouvrement et contentieux qui les concernent. La
liste des impôts locaux est partagée entre les Communes urbaine et rurale, La Province et la
Préfecture, la Communauté urbaine et la région. A travers le système de péréquation

3
Analyse de la décision fiscale au Maroc, Noureddine Bensouda, 2009, éditions la croisée des chemins, p.127
4
Cette loi cadre formée de 28 articles a marqué un tournant historique dans l’évolution du système fiscal
marocain.
5
A titre d’exemple, les personnes physiques, selon leurs revenus, étaient soumises à une multitude d’impôts et
taxes: Impôt agricole, Impôt sur les Bénéfices Professionnels (I.B.P.), Prélèvement sur les Traitements et
Salaires (P.T.S.), Taxe Urbaine (T.U.), Contribution Complémentaire (C.C.), Taxe sur les Profits Immobiliers
(T.P.I.), Participation à la Solidarité Nationale (P.S.N)…

4
financière mis en place par l'Etat, en accordant des parts bien déterminées en patente, taxe
urbaine ou TVA, les collectivités locales bénéficient d'une source fiscale transférée
directement par l'Etat sans assurer aucune gestion directe.

4) Le système fiscal moderne :


De nombreuses réformes ont été introduites par les lois de finances successives de 2000 à
2011 qui se sont traduites par la mise en place d’un ensemble de mesures de
simplification, de rationalisation et d’harmonisation du système fiscal et dont le résultat a
été :

 Réforme des droits d’enregistrement en 2004.


 Amorce de la réforme de la TVA en 2005.
 Élaboration du livre des procédures fiscales en 2005.
 Élaboration du livre d’assiette et de recouvrement en 2006.
 Regroupement des textes fiscaux dans un même volume : le Code Général des
Impôts édité en 2007.
 Intégration de la taxe sur les actes et conventions dans les droits d’enregistrement
en 2008.
 Élaboration de la note circulaire globale publiée en 2011.
 Élaboration de la loi 111-146 relative aux régions ; La loi 112-14 relative aux
préfectures et provinces ; La loi 113-147 relative aux communes publiées en 2015.

Actuellement les principaux impôts et taxes sont régis par deux textes :

(i) Le Code Général des Impôts qui régit l’IS, la TVA, l’IR, les droits
d’enregistrement, les droits de timbre et la taxe spéciale annuelle sur les véhicules
automobiles ;
(ii) La loi n° 47-068 relative à la fiscalité des collectivités locales, qui s'articule autour
de deux axes :
• Le premier concerne les taxes gérées par les collectivités locales elles- mêmes,
• Le second concerne les taxes locales gérées par la Direction Générale des Impôts
(DGI) au profit des collectivités locales. Ces taxes locales concernent deux
catégories de redevables
- la taxe professionnelle et la taxe de services communaux dues par les entreprises.
- la taxe d'habitation et la taxe de services communaux, dues par les particuliers.

6
Bulletin officielle n° 6440 du 18/02/2016
7
Bulletin officielle n° 6440 du 18/02/2016
8
Bulletin officielle n° 5584 du 06/12/2007

5
II- Structure de la Loi n° 47-06 :

1) Plan de la loi n° 47-069 :


 Première partie : Règle d’assiette, de Recouvrement et de Sanctions

 Titre I : Règles d’assiette (Art 1-125)


 Titre II : Règle de Recouvrement
o Ch1 : Procédure de Recouvrement (Art 126-131)
o Ch2 : Exigibilité (Art 132)
o Ch3 : Recouvrement Force (Art133)
 Titre III : Sanctions
o Ch1 : Sanction en matière d’assiette (Art134-146)

Section 1 : Sanctions communes

Section 2 : Sanction en matière de recouvrement

o Ch2 : Sanction en matière de recouvrement (Art147-148)

 Deuxième partie : Procédure de contrôle et de contentieux

 Titre I : Droit de contrôle et de communication


o Ch1 : Disposition générale (Art149-151)
o Ch2 : Procédure et dispositions particulières (Art152-157)
o Ch3 : Procédure et taxation d’office (Art158-159)
o Ch4 : Prescription (Art160)
 Titre II : Contentieux
o Ch1 : Procédure administrative (Art161-163)
o Ch2 : Procédure judiciaire (Art164-166)

 Troisième Partie : Disposition diverses

o Ch1 : Définition (Art167)


o Ch2 : Procédure de fixation des taux (Art168)
o Ch3 : Répartition du produit fiscal entre deux ou plusieurs communes (Art169)
o Ch4 : Solidarité (Art170-173)
o Ch5 : Computation des délais (Art174)
o Ch6 : Secret Professionnel (Art175)
o Ch7 : Abrogation, Date d’effet et Disposition Transitoires (Art176-178)

9
Bulletin officielle n° 5584 du 06/12/2007

6
2) Etude de plan :
Sous-Section 1 : Règle d’assiette, de Recouvrement et de Sanctions
 Règles d’assiette

Article 2 : Taxes au profit des communes urbaines et rurales

- taxe professionnelle ;
- taxe d'habitation ;
- taxe de services communaux ;
- taxe sur les terrains urbains non bâtis ;
- taxe sur les opérations de construction ;
- taxe sur les opérations de lotissement ;
- taxe sur les débits de boissons ;
- taxe de séjour ;
- taxe sur les eaux minérales et de table ;
- taxe sur le transport public de voyageurs ;
- taxe sur l'extraction des produits de carrières.
Toutefois, en ce qui concerne les communes rurales et par dérogation aux dispositions de
l'alinéa précédent :
- la taxe d'habitation, la taxe de services communaux et la taxe sur les opérations de
lotissement ne sont dues que dans les centres délimités, les zones périphériques des
communes urbaines ainsi que dans les stations estivales, hivernales et thermales dont le
périmètre de taxation est délimité par voie réglementaire.
- la taxe sur les terrains urbains non bâtis n'est due que dans les centres délimités disposant
d'un document d'urbanisme.
Article 3 : Taxes au profit des préfectures et provinces

- taxe sur les permis de conduire :


- taxe sur les véhicules automobiles soumis à la visite technique ;
- taxe sur la vente des produits forestiers.
Article 4 : Taxes au profit des régions

- taxe sur les permis de chasse ;


- taxe sur les exploitations minières ;
- taxe sur les services portuaires.

Toute fois La loi organique n°47-06 prévoie pour chaque taxe :

 -Champ d’application
 -Base d’imposition
 -Liquidation de la taxe
 -Les Obligations
 -Les recensements
 Règles de recouvrement

Ch1 : Procédure de Recouvrement (Art 126-131)

7
 Article 126 : Modes de recouvrement
 Article 127 : Taxes recouvrées par le régisseur
 Article 128 : Emission des ordres de recettes
 Article 129 : Recouvrement des ordres de recettes
 Article 130 : Avis d'imposition
 Article 131 : Moyens d'information de la date de mise en recouvrement.

Ch2 : Exigibilité (Art 132)

 Article 132 : Délai d'exigibilité


o Ch3 : Recouvrement Force (Art133)
 Article 133 : Procédure de recouvrement forcé
 -Les sanctions
Les sanctions applicables au Maroc se présentent principalement comme suit :

• Une majoration de 15 % est applicable en matière de déclaration du résultat fiscal, des


plus-values, du revenu global, des profits immobiliers, du chiffre d’affaires et des actes et
conventions dans les cas d’ imposition établie d’office pour défaut de dépôt de déclaration,
déclaration incomplète ou insuffisante, de dépôt de déclaration hors délai et du défaut de
dépôt ou dépôt hors délai des actes et conventions.
• Une majoration de 25% est appliquée lorsque le contribuable ne produit pas la déclaration
des rémunérations allouées à des tiers ou lorsque la déclaration est produite hors délai. Cette
majoration est également appliquée sur le montant des rémunérations allouées ou versées à
des tiers lorsque le contribuable produit une déclaration dans le délai mais comportant des
renseignements incomplets ou lorsque les montants déclarés ou versés sont insuffisants. Dans
ce cas, cette majoration est calculée sur les montants correspondant aux renseignements
incomplets ou aux montants insuffisants.
• Toute déclaration des traitements et salaires incomplète ou comportant des éléments
discordants est assortie d’une majoration de 15 % du montant de l’impôt retenu ou qui aurait
dû être retenu et correspondant aux omissions et inexactitudes relevées dans cette déclaration.
• Lorsque la déclaration de TVA est déposée en dehors du délai légal, mais comporte un
crédit de taxe, ledit crédit est réduit de 15%.
• En matière de recouvrement de l’impôt une pénalité de 10% et une majoration de 5 % pour
le premier mois de retard et de 0,50% par mois ou fraction de mois supplémentaire.

Sous-section 2 : Procédure de contrôle et de contentieux


La loi fiscale reconnaît à l’administration fiscale certains droits dont la nature et l’étendue ont
pour objet de faciliter à celle-ci le contrôle fiscal :
• Droit de contrôle ;
• Droit de constatation ;
• Droit de communication ;
• Droit de préemption ;
En parallèle, l’administration fiscale dispose également :
• D’un pouvoir d’appréciation ;
• D’un droit de contrôle des prix et déclarations estimatives.

8
Le Contrôle fiscal peut consister en une vérification de comptabilité couvrant la totalité des
opérations effectuées et tous les impôts auxquels est soumis le contribuable (contrôle dit
global) ou couvrant uniquement une opération, un impôt ou une période donnée (contrôle dit
ponctuel10)

Enfin, il convient de noter que l’administration peut procéder à l’examen de l’ensemble de la


situation fiscale des contribuables ayant leur domicile fiscal au Maroc, compte tenu de
l’ensemble de leurs revenus déclarés, taxés d’office ou bénéficiant d’une dispense de
déclaration et entrant dans le champ d’application de l’impôt sur le revenu (procédure de
vérification de l’ensemble de la situation d’un contribuable personne physique).

Procédure de contrôle fiscal au Maroc :

Voie de recours
Accord Amiable

Procédure Procédure Procédure


Contradictoire Administrative Judiciaire

• Première notification • Commission locale de taxation • Tribunaux administratifs


• Deuxième notification • Commission nationale de recours • Cours de cassation
fiscal

La procédure de vérification de la comptabilité se présente comme suit :


 Avis de vérification :
 Délai de vérification :
 Clôture de la vérification :
 1ère notification :
 Réponse à la première notification :
 2ème notification :
 Réponse à la 2ème notification : Recours devant la Commission Locale de Taxation
(CLT) :
 Recours devant la Commission Nationale du Recours Fiscal (CNRF) : (Les rôles
afférents aux droits supplémentaires sont émis après la notification de la décision de la
CNRF).
 Recours devant le Tribunal Administratif contre la décision de la CNRF :

10
Le contrôle ponctuel est instauré par la loi de finances 2011. Il serait prématuré d’en faire une évaluation. Au
plan de la procédure et des voies de recours, il est soumis aux mêmes règles que le contrôle global.

9
Sous section 3 : Disposition diverses
Les diapositives divers font l’objet de sept articles on va prendre l’exemple de l’article 168 :
Fixation des taux par arrêté

Lorsque la présente loi ne détermine pas de taux ou de tarifs d’imposition fixes pour les taxes,
qui y sont visées, ces tarifs et taux sont fixés par arrêté pris par l’ordonnateur de la collectivité
locale concernée après approbation du conseil de la dite collectivité. D.G.I. 26-12-2007 65
Toutefois, lorsque l’ordonnateur refuse ou s’abstient de prendre l’arrêté fixant les taux et
tarifs des taxes et que ce refus ou cette abstention a pour effet de se soustraire aux dispositions
de la présente loi ou de nuire à l’intérêt général de la collectivité, le ministre de l’Intérieur ou
la personne déléguée par lui à cet effet, pour les régions, préfectures, provinces et communes
urbaines et le gouverneur ou la personne déléguée par lui à cet effet, pour les communes
rurales, peut après l’avoir requis fixer d’office les taux et tarifs de ces taxes.

III-Les apports de la loi 47-06


La loi 47-06 constitue l’aboutissement des travaux conjoints de la Direction Générale des
Collectivités Locales du Ministère de l’Intérieur, d’une part, de la Direction Générale des
Impôts et de la Trésorerie Générale du Royaume, relevant du Ministère des Finances, d’autre
part11.

La loi 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales a été complétée par la loi 39-07 qui
reconduit l’application de la loi 30-89 en ce qui concerne les droits et redevances. Ces deux
textes constituent désormais les deux composantes essentielles du nouveau système de la
fiscalité locale, conçu avec le souci de satisfaire les trois objectifs principaux ci-après, à
savoir :

 La simplification et l’amélioration du rendement de la fiscalité locales.


 L’adaptation de la fiscalité locale au contexte de la décentralisation.
 L’harmonisation entre la fiscalité de l’Etat et la fiscalité des collectivités locales.

La satisfaction de ces objectifs est réalisée moyennant un arsenal de mesures portant


notamment sur :

A. La restructuration et la simplification de la fiscalité locale : La nouvelle loi a réduit


considérablement le nombre des impôts, taxes et redevances institués par la loi 30-89
sur la fiscalité locale. Le nombre des impôts, taxes et redevances est passé de 42 à 17.
De même, cette réforme a adopté un ensemble de mesures importantes visant la
clarification des dispositions régissant les champs d’application des taxes, leurs bases
d’imposition et leurs liquidations.
B. Le renforcement du pouvoir des collectivités locales en matière fiscale : la
nouvelle loi confère désormais aux collectivités locales des prérogatives en matière de
contrôle, de vérification et de fixation des taux et tarifs, à l’instar de l’Etat (la

11
La direction générale des collectivités locales « guide de la fiscalité locale la loi 47-06 et la loi 39-07 »
décembre 2008, p7.

10
Direction Générale des Impôts), ce qui est d’ailleurs en partie déjà prévu par la charte
communale pour ce qui concerne le pouvoir de fixation des taux et tarifs.
C. L’harmonisation d’ensemble des systèmes fiscaux de l’Etat et des collectivités
locales : i. Adapter le système fiscal local à celui de l’Etat, notamment en matière de
pénalités et sanctions, et prévoir des canaux de communication entre les deux
systèmes ; ii. Assurer l’ensemble des mesures et documents d’accompagnement de
cette réforme, notamment, en matière de documents modèles, registres, guides
d’informations… ; Cette harmonisation concerne aussi les procédures relatives au
recouvrement, consacrées par le code de recouvrement et dont les dispositions ont été
adoptées par la réforme de la fiscalité locale.
D. La réforme des impôts locaux gérés par la Direction Générale des Impôts :
 La taxe professionnelle remplace désormais l’impôt de la patente et intègre également
l’ancienne taxe urbaine professionnelle.
 La taxe d’habitation remplace la taxe urbaine, avec une simplification quant à ses
règles d’assiette, de liquidation et de recouvrement.
 La taxe de Services Communaux, remplace l’ex-taxe d’édilité et la taxe additionnelle
et concerne aussi bien les ménages que les entreprises.

La loi 47-06 introduit également plusieurs nouveautés, il s’agit en particulier :

 D’une distinction nette établie entre les taxes et les redevances. Les taxes sont
déterminées par la loi qui confère le caractère fiscal à 17 impositions sur les 40
instituées par la loi 30-89.
 L’assimilation à des droits et redevances de 13 des 40 impositions de la loi 30-89 et
dont les modalités d’application sont régies par la loi 39-0712.
 De la suppression pure et simple de 8 des 40 impositions instituées par la loi 30-89,
alors que les 2 restantes ont été déversées et fondues dans deux taxes régies par la loi
47-06.

Par ailleurs, lorsque la loi ne détermine pas de taux ou de tarifs d’imposition fixes pour les
taxes, ces taux sont fixés par arrêté fiscal pris par l’ordonnateur de la collectivité locale
concernée, après délibération de son conseil.

Ainsi, dans son ensemble, l’architecture du nouveau système se présente comme suit :

• 17 taxes instituées par la loi 47-06.

• 13 droits et redevances, survivance de l’ancienne loi 30-89 et régies par la loi 39-07.

• Des arrêtés fiscaux pris par les ordonnateurs.

Les autres changements introduits et qui caractérisent le nouveau système se résument


comme suit :

12
Bulletin officielle n° 5591 du 03/12/2007

11
 i. Intégration de la taxe d’habitation (ex-taxe urbaine) et de la taxe professionnelle
(ex-patente) dans la loi 47-06 relative à la fiscalité locale tout en habilitant la Direction
Générale des Impôts à les gérer ainsi que la taxe de services communaux (ex-taxe
d’édilité) ;
 ii. Suppression de la composante professionnelle de l’ex-taxe urbaine qui faisait
double emploi avec l’impôt des patentes ;
 iii. Etablissement des barèmes et des grilles et liquidation sur des bases simples : 10%
et un multiple de 10%, soit 20% et 30% ;
 iv. Introduction d’une fourchette dans la fixation des taux et tarifs avec institution d’un
plancher ou d’un plafond, lorsqu’il n’existait pas ;
 v. Suppression des taxes additionnelles au profit des Régions et institution d’un
nouveau partage du produit fiscal ;
 vi. Exclusion des établissements et des entreprises n’ayant pas leurs sièges au Maroc,
attributaires de marchés de travaux, de fournitures ou de services, des établissements
de crédit et organismes assimilés, de Bank Al Maghrib, de la CDG, des entreprises
d’assurances et de réassurances autres que les intermédiaires d’assurances, et les
agences immobilières du champ d’exonération de la taxe professionnelle ;
 vii. Application des dispositions relatives au recouvrement des créances publiques
pour le recouvrement de la fiscalité locale ;
 viii. Pour ce qui concerne le défaut de déclaration, la déclaration tardive, l’insuffisance
de déclaration, le défaut de paiement ou l’insuffisance de paiement, les sanctions sont
ramenées à 15% du principal de la taxe concernée par ces infractions, contre une
fourchette qui allait de 25% à 100% du principal de la taxe en question. La sanction
n’est portée à 100% que lorsque la mauvaise foi du contribuable

Architecture du Système Fiscal Marocain :

Textes de base Référence Nombre Nature


• IS : Impôt sur les Sociétés
• TVA : Taxe sur la Valeur Ajoutée
Code Général des • IR : Impôt sur le Revenu
Impôts
6 • DE : Droits d’enregistrement
• DT : Droits de Timbre
• TSAVA : Taxe Spéciale Annuelle sur les
Véhicules Automobiles
Taxes au profit des communes urbaines et
rurales
• taxe professionnelle ;
• taxe d’habitation ;
• taxe de services communaux ;
• taxe sur les terrains urbains non bâtis ;
• taxe sur les opérations de construction ;
• taxe sur les opérations de lotissement ;
• taxe sur les débits de boissons ;
• taxe de séjour ;
• taxe sur les eaux minérales et de table ;
Fiscalité des Loi n° 17 • taxe sur le transport public de voyageurs ;
Collectivités Locales 47-06 • taxe sur l’extraction des produits de carrières.

12
Taxes au profit des préfectures et provinces
• taxe sur les permis de conduire ;
• taxe sur les véhicules automobiles soumis à la
visite technique;
• taxe sur la vente des produits forestiers.
Taxes au profit des régions
• taxe sur les permis de chasse ;
• taxe sur les exploitations minières ;
• taxe sur les services portuaires
Chapitres maintenus de la loi n°30-89 abrogée
par la loi n°47-06 relative à la fiscalité des
collectivités locales par la loi 39-07 :
• Taxe sur la Dégradation des Chaussées
• Taxe de Légalisation des Signatures et de
Certification Conforme de Copies
• Droits d'Abattage
• Surtaxe d'Abattage au Profit de la Bienfaisance
• Droits Perçus sur les Marchés et Lieux de Vente
Publics
Fiscalité des Loi 30- 13 • Droit de Fourrière
Collectivités Locales 8913 / loi • Droit de Stationnement sur les Véhicules
39-07 Affectés à un Transport Public de Voyageurs
• Droits d'Etat Civil
• Contribution des Riverains aux Dépenses
d’Equipement et d'Aménagement
• Redevance sur les Ventes dans les Marches de
Gros et Halles aux Poissons
• Redevance d'Occupation Temporaire du
Domaine Public Communal pour Usage Lié à la
Construction
• Redevance d'Occupation Temporaire du
Domaine Public Communal pour Usage
Commercial, Industriel ou Professionnel
• Redevance d'Occupation Temporaire du
Domaine Public Communal par des Biens
Meubles et Immeubles Liés à l'Exercice d'un
Commerce, d'une Industrie ou d'une Profession
Principalement les Droits d’Importation et la TIC
Législation douanière 2 (taxe intérieur de consommation)…

13
Bulletin officielle n° 5591 du 03/12/2007

13
Taxe sur les Assurances
• Taxe de licence à percevoir sur les
établissements de consommation de boissons
alcooliques ou alcoolisées
• Taxe annuelle sur la publicité par affiches aux
bords des voies de communication routières de
l'Etat
• Taxe pour la promotion du paysage audiovisuel
national
• Taxe sur la publicité radiodiffusée
• Taxe d'affrètement pour la pêche des espèces
pélagiques
Autres Taxes 31 (à • Taxe sur la viande cacher au profit des comités
Parafiscales titre des communautés israëlites marocaines
indicatif) • Taxes au profit du Comité national de prévention
des accidents de la circulation
• Taxe parafiscale au profit de l'association dite le
Croissant-Rouge
• Taxe de recherche halieutique au profit de
l'Institut national de recherche halieutique
• Taxe d'équipement aéroportuaire
• Taxe de commercialisation des céréales et des
légumineuses
• Taxe spéciale sur le ciment
• Taxe parafiscale à l'importation pour le
financement de la promotion économique et de
l'inspection des exportations
• Taxe pour la promotion des apprentis dans le
secteur du tapis
• Taxe parafiscale sur les tapis estampillés
• Taxe parafiscale au profit du CDVM
• Taxe de développement coopératif
• Taxe de promotion touristique
• Taxe sur le poisson pélagique
• Taxe sur les prix de cession des produits des
forêts
• Taxe de commercialisation de la pulpe sèche de
betterave
• Taxe sur les bois importés
Taxe pour la conservation et le développement des
ressources cynégétiques
• Taxes perçues par les agents diplomatiques et
consulaires au titre des actes relatifs à la
navigation, au commerce et aux divers certificats
• Droits de Chancellerie
• Taxes sur les transports privés
• Taxe d'inspection sanitaire des plantes et des
produits végétaux
• Taxe d'inspection sanitaire d'animaux et de
produits animaux
• Taxe sur les permis de recherches minières,
permis d'exploitation, taxe de mutation
• Taxe de vérification des poids et mesures

14
IV-Critique de la fiscalité locale
1. Une multiplicité de taxes et de redevances à faible rendement gérées par
les communes
Désignation 2012 2013 2014
Fiscalité locale (1) = (2)+(3) 8.487 10.188 8.638
Taxes gérées par l'Etat (2) 4.597 5.815 4.689
Taxe de services communaux 2.556 3.213 2.484
Taxe professionnelle 1.787 2.227 1.973
Taxe d’habitation 254 375 232
Taxes et redevances gérées par les communes (3) 3.890 4.373 3.949
=(4) + (5)
Taxes gérées par les communes (4) 2.375 2.733 2.300
Taxe sur les terrains urbains non bâtis 831 1.121 795
Taxe sur les opérations de construction 722 720 705
Taxe sur les opérations de lotissement 249 260 199
Taxe sur les débits de boissons 138 161 155
Taxe de séjour 149 178 197
Taxe sur l'extraction des produits de carrières 174 175 139
Taxe sur les eaux minérales et de table 90 85 87
Taxe sur le transport public de voyageurs 21 32 22
Redevances gérées par les communes (5) 1.515 1.641 1.649
Taxe sur la dégradation des chaussées 22 29 27
Taxe de légalisation des signatures et de certification 69 77 67
des documents
Droits d’abattage 130 130 153
Droits perçus sur les marchés et lieux de vente 191 191 180
publics
Droit de fourrière 21 27 28
Droit de stationnement sur les véhicules affectés à un 17 26 100
transport public de voyageur
Droits d’état civil 81 85 72
Redevance sur les ventes dans les marchés de gros et 470 488 439
halles aux poissons
Redevance d’occupation temporaire du domaine 375 421 424
public communal
Redevance d’occupation temporaire du domaine 139 168 161
public communal par des Biens meubles et
immeubles liés à l’exercice d’un commerce, d’une
industrie ou d’une profession
Contribution des riverains aux dépenses 0 1 1
d'équipement et d'aménagement
Part dans le produit de la TVA (6) 10.852 11.772 11.594
Dotations spéciales d'investissement (TVA) 1.529 1.216 1.373
Dotations globales TVA 9.323 10.556 10.222
Total des ressources d’origine fiscale (7) = (1) + (6) 19.339 21.970 20.232

15
Tableau 1. Produits des taxes et redevances revenant aux communes 2012-201414

2. Un cadre juridique nécessitant plus de simplification, de cohérence et de


consolidation
Le système fiscal des CT est intimement lié au système politique des Etats et à l’organisation
territoriale des pays. Il s’adapte, en conséquence, à leur niveau de décentralisation.
L’absence de note circulaire de la fiscalité locale représente un handicap sérieux pour une
bonne application de l’impôt. Les anciennes notes circulaires d’application15.

3. Une multiplicité d’acteurs intervenant dans la gestion de la fiscalité


locale
La gouvernance interpelle trois organismes : les communes, la DGI et la TGR en tant
qu’acteurs principaux dans le processus fiscal local. S’y ajoute le ministère de l’intérieur en
tant que tutelle.

4. Un potentiel fiscal non évalué


A défaut d’évaluation appropriée du potentiel fiscal, les approches menées pour orienter
l’effort fiscal ne permettent pas la conception et la mise en œuvre de plan opérationnel et
cohérent de mobilisation efficace des ressources fiscales locales.
L’absence d’études scientifiques et techniques à caractère national et local traitant la
problématique du potentiel de la fiscalité locale dans ses aspects multidimensionnels constitue
un handicap majeur pour l’élaboration de toute politique publique dans le domaine.

5. Les défaillances d’assiette


Le processus fiscal d’identification des contribuables, notamment par les procédés de
recensement, opération laborieuse et à résultats limités, est en partie à l’origine de ce déficit.
Le régime déclaratif, nouvellement introduit, s’est révélé inefficient eu égard à la nature
d’impôts de constatation qui caractérise cette catégorie de taxes.

6. Un processus contrarié par des restes à recouvrer non maîtrisés


Les difficultés soulignées plus haut au niveau de l’assiette affectent, dans une certaine mesure,
le processus de recouvrement. Mais, les insuffisances constatées en la matière dépassent cette
problématique. Elles ne sont pas souvent liées à la complexité de certaines taxes. Elles sont la
conséquence d’un déficit important sur le plan de l’organisation, du suivi et, plus
généralement, des ressources en termes de moyens humains et de systèmes d’information.

7. Un contentieux démesuré et souvent mal administré


Le contentieux peut être considéré comme un baromètre de l’activité de l’assiette, cet
indicateur peut également refléter des dysfonctionnements liés à l’instabilité des dispositions
fiscales, l’inadaptation des régimes d’imposition, l’exagération des bases imposables ou tout
simplement des erreurs d’assiette ou de liquidation récurrentes. Les normes de gestion
admissibles dans le domaine varient selon les compétences managériales des administrations,
le niveau de complexité des impôts et taxes concernés, l’acceptabilité de l’impôt, la capacité
contributive et le degré de civisme des contribuables.

14
Données du ministère de l’économie et des finances retraitées par la Cour des comptes.
15
Rapport de la fiscalité locale, cour des comptes, 2015.

16
8. Une organisation de l’administration fiscale locale empreinte de
déficiences
L’absence d’un système de gouvernance capable de prendre en charge la gestion fiscale locale
dans ses diverses dimensions.
L’absence de politique fiscale au sens propre du terme, de l’organisation de l’ensemble du
processus d’imposition et des structures appropriées pour une application efficace des taxes
locales sont les principaux raisons de cette carence.

La coordination et, plus généralement l’organisation des relations avec les autres intervenants
dans le champ fiscal, ne sont pas formalisées, accusant les faiblesses qui caractérisent
l’administration fiscale locale.

V- Recommandations et pistes de réforme

1) Simplifier et rendre cohérent la fiscalité locale selon une approche


globale et intégrée
Engager une démarche de codification de la législation fiscale avec l’objectif d’aboutir à un
code général intégrant à la fois celle de l’Etat et celle des CT. Les pays ayant fait ce choix ont
enregistré une grande avancée en matière de simplification, d’harmonisation, de lisibilité, de
convergence et de cohérence de leur système fiscal.
Pour pallier la superposition des impositions, il est recommandé d’éviter de recourir à des
taxes dont l’assiette est déjà soumise à la fiscalité d’Etat.

2) Améliorer la visibilité du système fiscal local pour une meilleure


acceptabilité
L’établissement d’un rapport annuel sur la fiscalité locale présentant, notamment, les réformes
en cours ou celles projetées, ainsi que les réalisations de l’exercice en ce qui concerne les
taxes gérées par l’Etat, les taxes gérées par les CT et les ressources transférées.
Une meilleure acceptabilité du système fiscal local, il est recommandé que l’emploi des
ressources collectées par les CT obéisse à des critères d’efficacité et d’efficience et que les
contribuables puissent en prendre conscience au vu des réalisations effectives sur le terrain et
en percevoir les retombées positives dans leur vie quotidienne.

3) Renforcer l’efficience et l’efficacité pour une meilleure exploitation


du potentiel fiscal local
En vue d’une plus grande efficience du système, il est recommandé de mener une réflexion
approfondie sur l’opportunité du remplacement de certaines taxes à faible rendement et dont
le coût d’administration est élevé, par des prélèvements fiscaux simples et à large assiette, par
des dotations budgétaires ou par des rémunérations pour services rendus.
Le renforcement de l’efficience par une meilleure mobilisation du potentiel fiscal, notamment
en visant les assiettes fiscales significatives et en évitant la déperdition due à l’émiettement de
la matière imposable

4) Moderniser la gouvernance et les systèmes d’information


L’un des handicaps majeurs qui hypothèque la gouvernance en matière de fiscalité locale
réside dans la multiplicité et la diversité des intervenants et dans l’absence d’une autorité
centrale d’orientation et d’aide au pilotage.

17
Il est recommandé la création d’un comité des finances des CT à vocation transversale ayant
pour mission, entre autres en ce qui concerne la fiscalité locale, d’impulser, de coordonner et
d’arbitrer l’action fiscale locale, avec l’objectif d’instaurer plus d’efficacité dans le
fonctionnement des services locaux et d’assurer l’efficience dans la mobilisation du potentiel
fiscal.
Les acteurs locaux doivent s’impliquer dans le processus fiscal et assurent le pilotage et le
suivi nécessaires des opérations d’assiette, développent le contrôle et se préoccupent
davantage du contentieux, notamment dans le sens de la préservation de l’équité fiscale.
La mise en place d’un système d’information dédié à la gestion fiscale couvrant les fichiers
d’identification et les prises en charge, permettant de constituer des bases de données
nécessaires aux opérations d’assiette et de contrôle.

18
Conclusion
La fiscalité des CT se présente non seulement comme une ressource financière destinée à
couvrir les charges des services publics locaux, mais également comme un instrument de
politique économique qui participe à la consolidation du processus de décentralisation, pierre
angulaire dans l’édification d’un Etat démocratique et moderne.
L’amélioration du rendement du système fiscal local par une exploitation significative du
potentiel est intimement liée à la cohérence de l’architecture de ce système, composé d’une
fiscalité propre et de ressources fiscales transférées, pouvant être complétées par une fiscalité
partagée. Dans le but d’aboutir cet objective il est nécessaire d’entamer des reformes telle la
simplifier la fiscalité locale on codifiant la législation fiscale pour aboutir à un code général
intégrant à la fois celle de l’Etat et celle des CT, L’amélioration de la visibilité du système
fiscal local on emploient les ressources collectées par les CT vers une réalisations effectives
sur le terrain, Le renforcement de l’efficience et l’efficacité on remplaçant certaines taxes à
faible rendement et dont le coût d’administration est élevé, par des prélèvements fiscaux
simples et à large assiette ainsi de moderniser la gouvernance et les systèmes d’information
par la mise en place d’un système d’information dédié à la gestion

19
Bibliographie
Rapport :

Rapport de la fiscalité locale, cour des comptes, 2015.

Fichier :

La direction générale des collectivités locales « guide de la fiscalité locale la loi 47-06 et la loi
39-07 » décembre 2008.

Bulletin officielle :

Bulletin officielle n°373902 mai 1984

Bulletin officielle n° 5584 du 06/12/2007

Bulletin officielle n° 5591 du 03/12/2007

Bulletin officielle n° 6440 du 18/02/2016

Bulletin officielle n° 6380 du 23/07/2015

Dahir n° 1.83.38

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