Vous êtes sur la page 1sur 2

Plus d'un Français sur quatre n'a pas

assez d'argent pour manger des fruits


et légumes frais
Par Etienne Jacob Mis à jour le 11/09/2018 à 17:41 Publié le 11/09/2018 à 06:00

INFOGRAPHIE - La majorité des Français considère qu'avoir des difficultés régulières à se procurer
une alimentation saine est un signe de pauvreté, révèle le baromètre Ipsos-Secours populaire
diffusé ce mardi.

Alors que le gouvernement doit annoncer jeudi son plan pauvreté mis au point par la ministre des
Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, le Secours populaire publie mardi les derniers chiffres de
son baromètre sur la précarité, réalisé pour la onzième année consécutive. Cette année, le
sondage se penche particulièrement sur l'alimentation. Ainsi, 86% des personnes interrogées
estiment qu'éprouver d'importantes difficultés pour manger sain et équilibré représente un signe
de pauvreté, révèle cette enquête de l'institut Ipsos.

La plupart des sondés estiment que l'alimentation est une poste de dépense problématique dans
leur budget. Dans le détail, 27% d'entre eux disent rencontrer «un peu» ou «beaucoup» de
difficultés pour manger des fruits et légumes frais tous les jours, 22% pour consommer du poisson
au moins une fois par semaine. Pire, plus d'une personne sur cinq (21%) admet avoir du mal à se
procurer une alimentation saine lui permettant de faire trois repas par jour. Payer la cantine des
enfants représente également un obstacle financier pour 19% des personnes. La viande, dont la
consommation a reculé de 12% en dix ans dans l'Hexagone, ne représente un problème financier
que pour 17% des Français.

Ces chiffres sont à chaque fois plus importants pour les femmes, comme le montre l'infographie ci-
dessous.
Préserver le financement de l'aide alimentaire

Ainsi, près de deux tiers des Français interrogés (65%) jugent qu'il est impératif de préserver le
financement de l'aide alimentaire aux plus démunis. Cette dernière permet de recréer du lien
social avec des personnes souvent isolées (échanges lors de la distribution, ateliers cuisine,
jardinage), pensent 55% d'entre eux. Enfin, 47% des sondés considèrent que la distribution de
l'aide alimentaire aux personnes en situation de précarité permet de repérer d'autres problèmes
(santé, logement, décrochage scolaire des enfants).

» LIRE AUSSI - Il faut au minimum 1424 euros par mois pour vivre décemment

Plus largement, ce sondage révèle que plus d'un tiers des Français dit avoir déjà connu une
situation de pauvreté (39%), une donnée en hausse de deux points par rapport à l'an passé. Si de
plus en plus de personnes arrivent à mettre un peu d'argent de côté (+8% par rapport à 2017), un
tiers d'entre elles (32%) parviennent tout juste réussir à boucler leur budget et 14% disent vivre à
découvert. Enfin, l'immense majorité des Français (81%) reste convaincue que leurs enfants seront
plus vulnérables qu'eux face à la pauvreté.