Vous êtes sur la page 1sur 54

« …..

Aujourd’hui, nous avons d’ores et déjà franchi ensemble


des étapes avancées dans les domaines les plus divers ; et
aujourd’hui, nous voilà en train de marcher avec assurance
et détermination, en quête d’autres acquis et de nouvelles
prouesses…. »

Extrait du discours de sa Majesté le Roi Mohammed VI que dieu le l’assiste,


à l’occasion du 18ème anniversaire de l’accession du souverain au Trône de
ses glorieux ancêtres.
Et de trois pour la Conférence Annuelle du
Guichet Unique PortNet
Après deux éditions réussies, celles de 2014 à Casablanca et de 2016
à Marrakech, la troisième édition de la Conférence Annuelle Du Guichet
Unique PortNet a été tenue le 12 décembre 2017 à Rabat à l’initiative
conjointe de l’Agence Nationale des Ports (ANP) et de PortNet S.A, sous
l’égide du Ministère de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et
de l’Eau.
Une panoplie d’éminents experts, décideurs étatiques et économiques
de premier plan aussi bien nationaux qu’internationaux et représentants
de différentes administrations, institutions publiques et privées et
instances internationales, a pris part à cette édition placée sous le thème
: ‘‘Guichet Unique virtuel, défis et opportunités pour la compétitivité des
opérateurs économiques’’.

6 Livre Blanc
Véritable carrefour d’idées et d’échanges d’expériences autour de
l’écosystème du Guichet Unique, cette édition, comme d’ailleurs les
précédentes, a offert un espace privilégié de réflexion et de contributions
d’experts de renom. Au total, une plénière et quatre ateliers ont
caractérisé cette édition marquée par des débats, des présentations et
interventions aussi riches que variées. Environ 30 panélistes ont débattu
des perspectives de développement du Guichet Unique, les obstacles à
surmonter, les erreurs à éviter, les défis à relever et les solutions en vue
pour un Guichet Unique à jour de toutes les exigences d’une économie de
plus en plus à la merci de la transformation digitale.
Les débats et les travaux de cette édition ont été à l’origine de
onze recommandations. Par la même occasion, trois conventions
de partenariat ont été signées pour une meilleure optimisation de
l’écosystème du commerce extérieur et amélioration de la compétitivité
de l’économie et des entreprises et une adhésion massive de l’ensemble
la communauté portuaire.

Livre Blanc 7
Remerciements
Suite au succès de cette troisième édition, les organisateurs tiennent
à remercier chaleureusement tous les partenaires qui, par leur fidèle
soutien et précieuse collaboration, rendent possible la tenue de la
Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet, et surtout, maintenir
l’allure qualitative de cet important événement sur le process du
commerce international.
Nous remercions ainsi le Ministère de l’Equipement, du Transport, de
la Logistique et de l’Eau, l’Agence Nationale des Ports, l’Administration
des Douanes et des Impôts Indirects, l’AACE, l’ASMEX, l’AMDL, l’ONSSA,
l’ANRT, l’AFFM, la CGEM, le Secrétariat Permanent du Comité National
de l’Environnement des Affaires, l’ONU/CEFACT, CNUCED, la Banque
Mondiale, l’Alliance Globale pour la Facilitation des Echanges, IPCSA, GIZ,
KenTrade, IATA, l’Observatoire Marocain de la Compétitivité Logistique,
la Direction Cargo de la Royal Air Maroc, le Centre Islamique pour le
Développement du Commerce.
Nous avons la chance de travailler avec des partenaires engagés, qui
partagent les mêmes valeurs et la même vision que nous. D’année en

8 Livre Blanc
année, ils ne cessent de démontrer leur engagement manifeste en faveur
du développement des échanges commerciaux sur des bases solides et
durables. C’est pourquoi nous tenons à leur adresser nos remerciements
les plus sincères. Nos objectifs communs restent le partage, l’échange et
la mobilisation en faveur du commerce extérieur.
Nos remerciements s’adressent également à tous les partenaires
institutionnels, les médias et les sponsors.
Un remerciement spécial va également à l’adresse de tous les
intervenants, animateurs, panélistes, experts et autres professionnels
venus du monde entier prendre part à cette troisième édition et enrichir
les débats, et qui ont contribué comme il se doit à son succès.
Et last, but not least, nos vifs remerciements vont aussi au staff de
l’Agence Nationale des Ports et à toute l’équipe de PORTNET S.A. qui
ont travaillé avec rigueur et abnégation pour que la troisième édition de
la Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet se tienne dans des
meilleures conditions.

Livre Blanc 9
10 Livre Blanc
Le Livre Blanc
Ce document publié suite aux travaux de la troisième édition de la
Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet passe au crible les
moments phares, les principales conclusions et l’essentiel des analyses
et réflexions partagées à cette occasion. Dans le droit fil de cette édition,
il s’agit de repenser les enjeux de la dématérialisation et la digitalisation
pour le développement du commerce international, via des Guichets
Uniques performants, sophistiquées et hautement sécurisés, en faisant
porter les points de vue d’intervenants de différents horizons.
A juste titre, le Livre Blanc de la troisième édition ambitionne d’appuyer
et prolonger les réflexions formulées lors des travaux de cette journée.
En cinq chapitres, il décline les questions suivantes : Le ‘‘Guichet Unique
virtuel, défis et opportunités pour la compétitivité des opérateurs
économiques’’; La digitalisation au service de l’amélioration de la
compétitivité; PortNet et le défi de la performance; Guichet Unique virtuel,
un outil innovent pour l’amélioration de l’environnement des affaires,
Les paradigmes du changement; La transformation numérique et les
Guichets Uniques virtuels, La résilience et la sécurité des plateformes
informatiques des Guichets Uniques. Ce Livre Blanc est mis à la
disposition de tous les concernés par le commerce extérieur, notamment
les responsables gouvernementaux, les instances internationales,
les administrations publiques, les acteurs télécoms et des systèmes
informatiques, le corps portuaire dans son ensemble, ainsi qu’à tous les
opérateurs économiques et les entreprises marocaines importatrices et
exportatrices.

Livre Blanc 11
Sommaire
6 Et de trois pour la Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet
8 Remerciements
11 Le Livre Blanc
14 Guichet Unique virtuel, défis et opportunités pour la compétitivité des opérateurs économiques
18 PortNet : Après la maturité, Cap sur la performance
25 Guichet Unique virtuel, un outil innovant pour l’amélioration de l’environnement des affaires
26 Du document à la donnée informatisée : l’essence du changement du paradigme
27 A l’ère des ordinateurs qui communiquent entre eux, la nécessité d’un langage commun
29 Transformation digitale : Les pré-requis de la conduite du changement
30 La technologie : plus une problématique de maîtrise que du coût
30 Le Cloud Computing : La compétitivité à la merci de la mobilité
32 PortNet : un projet au cœur d’une stratégie résolument orientée opérateur
32 Une dynamique d’adhésion, garant de succès et de durabilité
33 TRADE PORTAL : un outil intelligent de prise de décision
34 La PCM : une plateforme de Paiement Communautaire Multicanal
35 Des opérateurs satisfaits et impliqués : autant d’atouts pour aller de l´avant

12 Livre Blanc
36 Un enjeu majeur : Gérer l´interdépendance et la continuité de l´activité
37 Intégrer l´aérien : le nouveau challenge de PortNet
38 La transformation numérique et les Guichets Uniques virtuels,
la grande promesse des ports du futur
40 La stratégie numérique de l’ANP, une vision pour accompagner le boom digital
43 Vers une terminologie commune du Guichet Unique pour
davantage de traçabilité des pistes du commerce extérieur
45 Les 11 Recommandations pour la compétitivité des entreprises intervenant
dans le commerce extérieur
46 Les trois conventions de la troisième édition de la Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet

46 L’ADII, l’ONSSA et PORTNET S.A. S’allient pour la simplification


du contrôle des produits à l’importation
47 L’ADII, l’ANRT et PorNet S.A. s’allient pour une gestion dématérialisée
des agréments des matériels de télécommunication
47 L’AFFM et PORTNET S.A. s’engagent pour une meilleure compétitivité logistique
50 La 3ème édition de la conférence annuelle du guichet unique PortNet en photos.

Livre Blanc 13
Guichet Unique virtuel,
défis et opportunités pour la compétitivité
des opérateurs économiques
Aborder sans complexe les défis présents, dessiner d’autres perspectives
et surtout, se donner les moyens de surmonter les obstacles et d’agir
efficacement...Telles sont, entre autres, les objectifs escomptés par
l’organisation de la Conférence Annuelle du Guichet Unique PortNet.
Chaque année, à pareille période, chaque édition s’offre une thématique
spéciale, précise et loin d’être un exercice hagiographique. Une occasion
de se pencher sur tout ce qui concerne de près ou de loin l’écosystème
du Guichet Unique, soient-elles techniques, procédurales, juridiques,
économiques, etc.
Pour la troisième édition tenue le 12 décembre 2017 à Rabat, la
thématique au menu est aussi sans équivoque que fondamentale :
‘‘Guichet unique virtuel, défis et opportunités pour la compétitivité des
opérateurs économiques’’.
En effet, lorsque l’on cherche à comprendre et expliquer un certain
nombre de situations en la matière, l’on s’aperçoit que toutes les
démarches mises en place jusqu’à présent, ne peuvent s’appréhender
sans leur corollaire : la compétitivité de l’entreprise marocaine.
Pour tous, à l’évidence, le Guichet Unique, en tant que modèle et outil
de facilitation des échanges commerciaux, devient davantage un
levier incontournable dans le processus d’intégration de la chaîne du
commerce extérieur à même d’assurer à l’économie du Royaume dans
son ensemble la compétitivité souhaitée. Et à terme, assurer au Maroc
son décollage économique réel et durable.
Justement, cette édition s’inscrit parfaitement dans la continuité des
actions de proximité menées par PORTNET S.A. particulièrement la
promotion et la vulgarisation du concept de Guichet Unique auprès des
opérateurs économiques nationaux. Elle rejoint ainsi la vision et les
orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, appelant à mettre les
citoyens et les opérateurs économiques au cœur des préoccupations des
administrations et des fournisseurs de services publics.

14 Livre Blanc
Organisée sous l’égide du ministère de l’Equipement, du Transport, de
la Logistique et de l’Eau et à l’initiative de l’Agence Nationale des Ports
(ANP), l’édition 2017, multiforme et multi-sectorielle, a bien voulu fournir
des éléments de réponses à la thématique en question, d’une part. Et
d’une autre part, elle a permis d’identifier les difficultés, mais surtout de
comprendre que d’importantes et réelles avancées ont été enregistrées.
Toutefois, des efforts restent certainement à faire, à l’heure notamment
de la mondialisation, la transformation numérique de l’économie, mais
aussi à un moment où l’internationalisation à laquelle se livrent les
grandes entités économiques marocaines vers le monde, surtout vers
l’Afrique subsaharienne, se déploie à un rythme soutenu.
Ce grand tournant de l’économie marocaine s’inscrit parfaitement dans
la vision royale pour l’Afrique. Ainsi et en une décennie, près de 5 000
accords et conventions bilatérales ont été signés et sont entrés en
vigueur. Une quarantaine de commissions mixtes ont été mises en place.
De ce cadre de coopération privilégiée Sud-Sud, de nombreuses
entreprises marocaines font depuis plus de cinq ans le pari de l’Afrique.
Très vite, le continent africain leur a permis de diversifier les partenaires
et de développer leurs activités à l’international, au lieu de se cantonner
uniquement au marché national.
Aujourd’hui, plusieurs PME marocaines de différents secteurs et
services (télécoms, bancaire, mines, construction, eau et électricité,
gestion des ports, etc.) sont présentes dans plus d’une vingtaine de pays
subsahariens.
Dans ce contexte bien particulier, la coopération Sud-Sud en matière
de Guichet Unique est appelée à se développer vers une plus grande
cohérence et harmonisation des procédures. Tous les intervenants
africains dans le domaine du commerce extérieur aussi bien privés que
publics sont invités, aujourd’hui plus que jamais, à travailler de concert
pour la mise en place de bases communes d’échanges de données
informatisées et renforcer la facilitation mutuelle des procédures.
Basé à Casablanca, le Centre Islamique pour le Développement du
Commerce est un organe subsidiaire de l’Organisation de la Coopération
Islamique qui est la deuxième importante organisation après celle des
Nations Unies qui s’intéresse à ce qui a trait à la facilitation du commerce.
Cette instance internationale est une fédération de 57 Etats membres

Livre Blanc 15
dont l’objectif consiste à faciliter les échanges entre eux. Pour le Centre,
PortNet est une référence en Afrique. Il est appelé à aider et accompagner
les Etats membres qui n’ont pas encore de Guichets Uniques à s’y mettre.
Déjà un guide opérationnel de bout en bout qui comprend un système
facile d’utilisation, robuste et sécurisé a été préparé par les services de
PortNet et a été présenté en mois d’avril 2017 à Dubaï.
A noter que la valeur du commerce intracommunautaire est de l’ordre de
20%. L’ambition est de la porter à 25% à l’horizon 2025. Pour ce faire, la
communauté des affaires de cette fédération est invitée à s’adjuger de
Guichet Unique. Ledit Centre compte sur l’expérience de PortNet et son
savoir-faire, ainsi que tous les projets qu’il est en train d’entreprendre
pour les faire partager avec les Etats membres du Centre Islamique pour
le Développement du Commerce.
Etant un modèle réussi et précurseur, PortNet met à la disposition des
communautés portuaires africaines tout l’étendue de son expertise en
la matière.
A Rabat, et dans le cadre de la troisième édition de la Conférence Annuelle
Du Guichet Unique PortNet, les participants aussi bien marocains
qu’internationaux n’ont pas cessé d’exprimer leur volonté manifeste
d’aller de l’avant, d’accélérer la généralisation de la dématérialisation et
de saisir les opportunités multiples offertes par le Guichet Unique pour
s’assurer une meilleure compétitivité.
Experts au cursus bien fourni, décideurs expérimentés et acteurs
économiques de premier plan ont également essayé de démontrer qu’un
avenir meilleur des transactions commerciales à l’international dépend
avant tout de procédures et formalités fluides accomplies en quelques
clics.
Néanmoins, ce challenge nécessite d’importants investissements en
ressources humaines et matérielles. Car aujourd’hui, la transformation
digitale impose non seulement une simple adaptation purement
technique, mais plutôt une refonte profonde des procédures, des
pratiques et des habitudes. Il s’agit en fait de mieux comprendre les
réticences pour mieux les gérer au point les dépasser. Et de loin, les
mutations escomptées à ce niveau passent surtout par la créativité,
l’innovation et le benchmarking et le fait de s’inspirer de ce qui se fait de
mieux ailleurs.

16 Livre Blanc
La troisième édition de la Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet
a consacré d’ailleurs tout un panel à cette problématique, qui n’est pas
passée inaperçue, sous le thème : ‘‘La transformation numérique et les
guichets uniques virtuels, la grande promesse des ports du futur’’.
Les trois autres sessions thématiques de cette édition 2017, assurés par
une panoplie de plus de 28 intervenants de différents horizons, se sont
axées sur ‘‘ le Guichet Unique virtuel, un outil innovent pour l’amélioration
de l’environnement des affaires’’, ‘‘ Guichet Unique virtuel, quel rôle pour
accompagner le développement du fret aérien’’, ‘‘Résilience, robustesse
et sécurité, retour d’expérience sur les défis et les bonnes pratiques des
communautés des Guichets Uniques’’.
Par la même occasion, trois conventions de partenariat ont été signées.
La première convention a été signée entre l’Office Nationale de la Sécurité
Sanitaire des Produits Alimentaires, l’Administration des Douanes et des
Impôts Indirects et PORTNET S.A.. Elle porte sur la simplification des
procédures du commerce transfrontalier à travers l’échange informatisé
des données, via le guichet unique PortNet et l’amélioration des
conditions de passage en douane des produits soumis au contrôle de
l’ONSSA et au renforcement de la protection du consommateur.
La deuxième convention a été signée entre l’Agence Nationale de
Réglementation des Télécommunications, l’Administration des Douanes
et des Impôts Indirects et PORTNET S.A. avec comme principal objectif
l’assouplissement des formalités d’agréments des matériels de
télécommunication par la dématérialisation du processus de demande
d’agrément, de dispense et d’autorisation d’importation des produits
soumis à agrément de l’Agence Nationale de Réglementation des
Télécommunications.
La troisième convention de partenariat a été signée entre l’Association
des Freight Forwaders du Maroc « AFFM » et PORTNET S.A. portant
sur l’accompagnement et la mise à niveau des Freight Forwarders,
l’amélioration du cadre d’exercice de leur activité sur le plan réglementaire,
technique et financier, le soutien des actions de fédération des acteurs de
la chaîne logistique import/export et la promotion des bonnes pratiques
de la logistique durable.
Les travaux de cette édition ont été sanctionnés par l’adoption de onze
recommandations aussi variées que riches pour l’amélioration du climat
des affaires et la compétitivité de l’entreprise marocaine.

Livre Blanc 17
En somme, les plus de 400 participants à cette 3ème édition de la
Conférence Annuelle Du Guichet Unique PortNet ont réussi à désenclaver
le débat sur les véritables enjeux de la dématérialisation et du ‘‘0Papier’’
dans le domaine des échanges commerciaux à l’international. Question
d’aller davantage de l’avant. Animés par cette conviction selon laquelle
rien ne résiste à un raisonnement logique, réaliste et réalisable, ils ont
souligné, entre les lignes, que les acquis sont à capitaliser, à améliorer
davantage et à pérenniser. Le tout pour une économie compétitive
créatrice de richesse et de valeur ajoutée.
Dans tous les cas, et lors des travaux de cette troisième édition, tous les
intervenants ont voulu bien y croire...fortement.

PortNet: Après la maturité, Cap sur la


performance
La notion de compétitivité s’entend dans sa définition la plus courante
comme étant la capacité nécessaire de faire face à la concurrence et
occuper un positionnement honorable dans un marché domestique ou
extérieur soit-il.
La compétitivité concerne l’entreprise, un secteur d’activité et une
économie nationale. Et dans le cadre d’une économie globalisée et
mondialisée, la compétitivité s’avère un facteur-clé du développement
économique.
Face donc à un monde économique qui mue en permanence et où la
concurrence est de plus en plus rude, les opérateurs économiques n’ont
plus d’autre moyen que d’essayer de s’adapter en tentant de conserver
leur positionnement dans ce contexte mouvant.
La maîtrise des coûts et des processus logistiques contribuent à la fois à la
création de la valeur ajoutée et à ouvrir les perspectives de diversification
et de développement économique pour peser sur l’échiquier économique
régional.
Concrètement, la compétitivité se voulant multidimensionnelle,
englobe des aspects allant de la performance humaine à la créativité
et l’innovation, ainsi que la dématérialisation, à travers les Guichets
Uniques.

18 Livre Blanc
Assurément, le Guichet Unique, en tant qu’instrument efficace de
dématérialisation intégrale des procédures du commerce extérieur, n’est
plus aujourd’hui une option ou un choix. Il se veut de plus en plus une
nécessité. Sa mise en place facilite les procédures, fluidifie les flux, baisse
les coûts et les délais de séjour des marchandises au port, développe
les bonnes pratiques, assure la traçabilité, anticipe les besoins, installe
la transparence. Incontestablement, ces conditions aussi cruciales
qu’indispensables contribuent à l’amélioration de la compétitivité de
l’économie et permettent aux entreprises d’être à jour des mutations
opérées dans le commerce mondial.
Les instances internationales sont d’ailleurs unanimes de souligner
l’importance de la mise en place du Guichet Unique. Dans son article
10.4 sur les accords de facilitation du commerce, l’OMC, par exemple,
incite les Etats membres à instaurer les Guichets Uniques. Ce n’est pas
une obligation, mais l’OMC invite les Etats membres à le mettre en place
et dans le cas contraire, ils sont obligés de fournir des explications. Ceci
dit, tous les Etats, conformément à la législation internationale, ont
l’obligation d’essayer l’instauration du Guichet Unique.
La Douane marocaine, une institution impliquée de plein fouet dans
toutes les opérations commerciales à l’international, l’affirme sans
ambiguïté : ‘‘Pour la dématérialisation, le Guichet Unique n’est pas
uniquement un moyen d’y arriver, mais il est bel et bien le seul ’’.
Au Maroc, la mise en place du Guichet Unique PortNet se veut toutefois
une réponse de la part du gouvernement à cette nécessité d’améliorer
le climat des affaires, de garantir la compétitivité de l’économie du
Royaume et d’être en permanence à l’écoute des opérateurs marocains.
Elle s’inscrit clairement dans les politiques publiques qui font de la
compétitivité de l’économie marocaine une priorité.
Le Royaume a dans ce contexte pu mettre en place son propre modèle
de Guichet Unique, né d’un partenariat public-privé et qui a démontré
sa pertinence et sa valeur ajoutée en tant qu’interface entre toutes
les parties prenantes du commerce extérieur, mais aussi et en tant
que catalyseur de tous les projets. Ceci dit et depuis quelques années
déjà, l’écosystème portuaire marocain s’est engagé dans un processus
de modernisation des outils du commerce extérieur en entreprenant
différents chantiers qui diverse tous dans le sens de la compétitivité
des entreprises. Dans cette dynamique, le projet du Guichet Unique,

Livre Blanc 19
a permis la convergence des visions et des stratégies, assurant de la
sorte l’intégration de la chaine du commerce extérieur, et a eu, dès les
premières années de son lancement, des retombées positives sur le
processus des échanges extérieurs du Maroc. La pertinence des choix
opérés et des apports de cette démarche inclusive a permis de franchir
des étapes importantes dans le processus de la simplification et la
dématérialisation des supports du commerce extérieur.
Dans son allocution d’ouverture de la troisième édition de la Conférence
Annuelle Du Guichet Unique PortNet, M. Abdelkader Amara, ministre
marocain de l’Equipement, du Transport, de la Logistique et de l’Eau, a
tenu à préciser que le Maroc a entrepris depuis plusieurs années des
chantiers pour accompagner le développement économique, assurer la
convergence de différentes stratégies sectorielles et s’inscrire dans le
cadre des tendances observées à l’échelle des économies mondiales.
Et de poursuivre qu’à côté des grands chantiers d’infrastructure, de
modernisation du dispositif législatif et réglementaire et des réformes
sectorielles, le Gouvernement a mis en œuvre PortNet : ‘‘un projet au
cœur de la stratégie sectorielle du Maroc’’, a dit M. Amara qui s’est montré
à cette occasion satisfait des réalisations, voire fier de mettre en avant
le modèle PortNet devant un parterre de professionnels et d’éminents
experts nationaux et internationaux : ‘‘Le Guichet Unique PortNet est
véritablement un projet porteur en matière d’efficacité et d’efficience et
illustre aussi une véritable rupture avec les pratiques en vigueur dans les
différents maillons de la chaîne du commerce extérieur’’, a-t-il conclu.
Aujourd’hui, le bilan est probant. En effet, depuis sa création en 2008 et
sa mise en service au port mythique de Casablanca en 2011, PortNet
n’a pas déçu. Loin de là. Cet instrument a parvenu en quelques années à
traiter des milliers d’opérations en ligne chaque jour au service de plus
de 29 159 entreprises marocaines clientes actives dans le commerce
international, et offrir ses services à une communauté de plus de 33
632 usagers sur l’ensemble du territoire marocain. En novembre 2017,
PortNet a lancé de nouveaux services dématérialisés. Après les ports de
Casablanca et d’Agadir, c’était au tour du port de Nador d’accueillir ces
nouveaux services, en l’occurrence le Préavis d’arrivée des conteneurs à
l’export et l’Avis d’arrivée des marchandises à l’import, ainsi que l’entrée
en vigueur du paiement multicanal via une solution communautaire
première de son genre au Maroc. Ces deux mesures s’inscrivent dans le
cadre de la stratégie de numérisation des enceintes portuaires, impulsée
par l’ANP. Elles s’ajoutent aux autres services déjà opérationnels via la

20 Livre Blanc
plateforme PortNet (gestion des escales navires, contrôle et enlèvement
des marchandises, etc).
Et on ne s’arrête pas en si bon chemin ! 2018, elle, sera l’année de la
généralisation de la dématérialisation des procédures du commerce
à l’international au Maroc. Aussi, un grand intérêt est accordé à la la
nouvelle génération de PortNet pour laquelle des efforts sont déployés
dans l’espoir de parvenir à un système d’aide à la prise de décision,
automatique et intelligent. Il s’agit d’une piste d’amélioration du système
PortNet qui sera conçue pour exploiter le potentiel de la donnée obtenue
grâce à l’écosystème PortNet qui peut créer, de manière dynamique et
réactive, de la valeur ajoutée pour enrichir l’expérience et la compétitivité
de ses clients.
Sur le plan régional, l’Alliance Africaine pour le Commerce Electronique
(AACE) qui est une organisation panafricaine regroupant principalement
les opérateurs du Guichet Unique et autres acteurs intéressés par la
facilitation du commerce à la frontière, ne cache sa volonté de nouer un
partenariat win-win avec PortNet pour promouvoir le Guichet Unique
auprès des opérateurs africains. La transformation numérique leur
impose de s’y adapter, voire de s’y mettre.
Pour l’Afrique, un continent à fort potentiel économique, le Guichet
Unique devient ainsi incontournable pour la compétitivité, mais surtout
pour l’intégration économique régionale, un enjeu de taille pour le
développement économique de tout le continent.
Sur le plan international, l’approche marocaine de mise en œuvre du
Guichet Unique de facilitation du commerce extérieur, de promotion
de la compétitivité de l’opérateur national et d’amélioration de
l’environnement des affaires, a permis au Maroc de gagner 39 places au
niveau du classement Doing Business 2017, notant que cette approche
est devenue une pratique, cas d’école, citée par plusieurs organisations
internationales de renom telles que la Banque Mondiale et l’Organisation
Mondiale du Commerce.
Toutefois, le potentiel de développement de PortNet est aussi
considérable, en raison du modèle de gouvernance original et robuste mis
en place par le Maroc, et en raison aussi des capacités technologiques de
la plateforme de service. Ce potentiel peut répondre aux fortes attentes
de la communauté portuaire et du commerce extérieur, confrontée au
défi de la transformation numérique de l’économie. Le constat auprès
des décideurs politiques et économiques marocains est unanime. A cet

Livre Blanc 21
effet, des efforts se poursuivent pour améliorer davantage l’efficacité
et la performance du Guichet Unique. Motivés par l’importance des
résultats obtenus, deux leviers majeurs sont actionnés conformément
à la démarche poursuivie jusqu’à présent : Le premier à trait à la
consolidation des outils de PortNet et le second concerne l’ouverture
sur l’expériences réussie au niveau régional et international pour pouvoir
capitaliser et consolider davantage les retombées positives du Guichet
Unique sur les opérateurs.
Dans cette perspective de développement du Guichet Unique, la sécurité
du système constitue une préoccupation de premier ordre. A ce titre
PORTNET S.A. s’est doté d’une nouvelle infrastructure de systèmes
réseaux et télécoms sécurisés déployés sur deux sites distants de plus
de 100 km permettant de répondre aux exigences de continuité du
service, de sécurité et de performance de la plateforme qui s’appuie sur
les dernières technologies disponibles sur le marché tout en respectant
les normes internationales.
Le Datacenter, qui héberge la plateforme principale, a reçu dernièrement
la toute première certification ‘‘Tiers 3 Design Up Time Institut du
Maroc’’. Cette nouvelle infrastructure permet à PortNet de supporter
les extensions et les évolutions futures, d’assurer des communications
fiables et sécurisées en interne et en externe et d’avoir un réseau
évolutif, facilement adaptable à l’arrivée de nouvelles applications. Ceci
est d’importance fondamentale dans la mesure où PortNet, en tant que
plateforme communautaire, fournit à la fois un cadre de coopération
inclusive et une plateforme de service numérique sécurisée et résiliante
qui met en réseau les entreprises et les prestataires de services public
et privé pour traiter dans la continuité (24h/24 et 7j/7) les opérations
de commerce en ligne. Dans cet engrenage, les échanges entre
professionnels et experts permettent à chaque système, en fonction de
sa position et son niveau de maturité, de parfaire ses inputs et outputs
pour l’amélioration du climat des affaires et la compétitivité économique.
Toutefois, pour pouvoir surmonter les défis affrontés à plusieurs niveaux
de la chaîne, il faut avoir le courage de les nommer, de les identifier,
de définir les meilleurs modes d’action et puis d’avoir la volonté de les
mettre en œuvre.
Il est important à ce titre de continuer les actions et la sensibilisation à
même de convaincre les quelques réticences qui ne croient toujours pas

22 Livre Blanc
à ce modèle et dont les retombées se sont avérées positives puisque la
dématérialisation, à travers le Guichet Unique, a permis, entre autres, de
faciliter la démarche administrative, réduire les séjours des conteneurs
au port et baisser les coûts et les délais.
Au Kenya par exemple, les réalisations sur les trois dernières années
grâce à la mise en place du Guichet Uniques sont nombreuses dont,
entre autres, la réduction de manière significative de plusieurs
processus, ainsi que du nombre des documents nécessaires pour les
opérations d’échange commercial. Mais le Kenya n’a pas encore atteint
le ‘‘Paperless’’, mais les voix réclamant le zéro papier augmentent, ce qui
démontre l’engouement pour la digitalisation-dématérialisation.
‘‘Au niveau du Guichet Unique, tous les défis sont pareils. Les agences
gouvernementales ne comprennent pas vraiment ce qu’est son apport,
ni son rôle et les entreprises privées, pour différentes raisons, ne
veulent pas prendre part au Guichet Unique’’, explique le représentant de
KenTrade à l’occasion de la troisième édition de la Conférence Annuelle
du Guichet Unique PortNet de Rabat.
Pour faire face à cette situation, le Kenya a conçu le ‘‘change
management’‘ qui est une stratégie de communication sur le Guichet
Unique qui a nécessité 5 millions de dollar US. Le pays a jusqu’à présent
des réseaux qui gèrent la ‘‘gestion du changement’’ dans les principales
villes kenyanes. Il organise des rencontres une fois par mois autour du
Guichet Unique. Au début, les clients ne sont pas arrivés à s’y habituer,
mais deux ans après, il a fallu refaire l’intégration, de nouveau, de ce
système, sinon les habitudes et les mentalités ne changeront pas. Dans
cette vision, un nouveau projet au nom de ‘‘Information For Trade Kenya’’
a vu le jour : ‘‘ Il faut encourager l’échange et le partage des expériences
entre les pays africains. Nous devons adopter le Guichet Unique au
système technologique de la Douane qui évolue de manière continue.
Nous avons cinq millions d’utilisateurs. Nous traitons 30 000 documents
’’, dit-on auprès de KenTrade Kenya.
En 2006 au Maroc, sous la présidence effective de Sa Majesté le Roi,
un contrat programme logistique a été signé entre la Confédération
Générale des Entreprises du Maroc (CGEM) et le Gouvernement et qui
comprenait plusieurs contrats à l’application dont une partie concernait la
dématérialisation et la digitalisation pour toute la chaîne logistique. Mais
en parallèle, il faut une réelle volonté des industriels et des opérateurs

Livre Blanc 23
pour l’amélioration de toute la chaîne logistique, car le Guichet Unique ne
peut à lui seul tout assurer. Telle est la conviction implacable de la CGEM.
Au sein de la douane marocaine, à titre d’exemple, la quasi-totalité du
circuit du dédouanement est informatisée : (l’implémentation d’un
mécanisme de signature électronique conforme avec les dispositions de
la loi 53-05. Avec les banques, la dématérialisation du cautionnement en
matière de régime économique en Douane est à jour. La Douane s’apprête
à dématérialiser les déclarations et les documents accompagnant
les régimes de scission. L’interconnexion avec PortNet est effective
pour nombre de procédures...). Malgré tout, le processus papier existe
en parallèle, ce qui limite la portée de ce qui a été fait jusqu’à présent
à ce stade. En effet et au niveau de la Douane, beaucoup de chemin
reste à parcourir puisque le zéro papier n’est pas toujours atteint, le
paiement électronique et le commerce électronique ne sont pas non
plus pris en charge de façon optimale et les échanges avec la Poste
sont également à dématérialiser. Et sur le plan juridique, d’importantes
réformes sont absolument à prévoir pour accompagner le process de la
dématérialisation.
De ce point de vue, la dématérialisation, à travers la mise en place du
Guichet Unique, répond à quatre paramètres stratégiques pour la
compétitivité économique à savoir les délais, les coûts, la facilitation
des procédures et la transparence des formalités : ‘‘C’est pourquoi il faut
donc y aller très vite», indique-t-on auprès du management de la douane
pour qui les défis à ce niveau sont au nombre de quatre. Le premier est
d’abord de nature technologique d’où l’importance d’être accompagné.
Il est question aussi de la conduite du changement, la dépendance et
la gouvernance. Sur le terrain, le Guichet Unique se veut de plus en plus
indispensable. La communauté portuaire est convaincue du fait que la
procédure ‘‘informatisée’’ est aujourd’hui plus sûre que la procédure
‘‘documentée’’.
Néanmoins et du côté des importateurs-exportateurs, la logique est
autre. S’ils s’accordent à dire que le Guichet Unique est un instrument
qui leur a permis de (perfectionner le processus des échanges, faciliter
le circuit du commerce extérieur, améliorer la qualité des services et
optimiser le temps d’attente et les délais de manutention et de stockage
des marchandises au port tant au niveau de l’import que l’export), ils
restent quand même sur leur faim. Le privé comme le public doivent

24 Livre Blanc
s’impliquer davantage dans les chantiers entrepris pour la perfection du
climat des affaires. Les opérateurs privés doivent également faire preuve
de responsabilité et adhérer à ce projet de façon à contribuer au succès
du modèle Guichet Unique propre au Maroc.
Bien évidemment, la plateforme PortNet ne peut, à elle seule, garantir
la fluidité des échanges. Car celle-ci dépend notamment d’un certain
nombre d’organismes chargés du contrôle physique lors des passages
des frontières. Ces organismes sont aussi appelés à s’impliquer
davantage dans le processus de dématérialisation pour atteindre
l’objectif ‘‘zéro papier’’ et de s’équiper en moyens humains et matériels
pour accomplir leur mission dans des délais très courts. De même, les
ports sont à équiper de scanners suffisants, particulièrement ceux
destinés à contrôler les produits périssables. A ce niveau, il y a urgence
pour davantage de performance et de flexibilité de la chaîne logistique.

Guichet Unique virtuel, un outil innovant


pour l’amélioration de l’environnement
des affaires
L’attractivité d’un pays pour les investisseurs est une variable dépendante
de la qualité de l’environnement des affaires, et partant de la facilité des
échanges. Or le but ultime d’un Guichet Unique, c’est précisément de
rendre les échanges commerciaux plus faciles, plus rapides, moins chers
et plus efficaces.
Traditionnellement, un Guichet Unique vise la simplification des
procédures administratives en regroupant dans un seul lieu physique
toutes les procédures et les services relatifs à un domaine particulier :
création d’entreprise, formalités douanières, etc. Mais à l’ère de la grande
digitalisation, le ¨Guichet Unique¨ devient ¨Virtuel¨.
Fruit justement de la transformation digitale qui agite le monde
économique, le ¨Guichet Unique Virtuel¨ dépasse de loin la simple
conception traditionnelle de ‘‘facilitateur’’ ou simplificateur des
procédures administratives.
Et en plus de son statut de ¨One Stop Shop¨, tout est en effet
dématérialisé et virtuel. L’opérateur n’est plus obligé de se déplacer avec
des tas de documents papiers pour se rendre au siège social du ¨Guichet
Unique¨, mais il y accède par un simple clic via le clavier de son ordinateur.

Livre Blanc 25
Désormais, toutes les démarches et procédures sont effectuées à partir
de son bureau, à travers une plateforme électronique qui lui permet de
partager en temps réel l’information avec tous les partenaires et autres
intervenants concernés par son business.
Dans la conception classique du Guichet Unique, basée sur les documents
papiers, la performance se mesure en nombre de jours. Avec l’événement
de l’informatique et la numérisation, on est passé à une performance
en nombre d’heures. Avec la transformation digitale, c’est désormais en
temps réel que les choses s’opèrent.
Le nouveau leitmotiv de la facilitation des affaires a pour nom la
digitalisation. Il suppose une grande dynamique d’adhésion de tous
les acteurs, publiques et privés, impliquant un changement profond de
leur façon de faire et de leurs habitudes de travail. il implique aussi le
développement de l’utilisation de technologies avancées basées sur
des systèmes d’informations intelligents, mutualistes, intégrés, et
hautement et parfaitement sécurisés.

Du document à la donnée informatisée :


l’essence du changement du paradigme
Depuis 1990, la révolution informatique ne cesse d’impacter la pratique
du commerce extérieure. Ce grand tournant de l’économie mondiale a
ouvert la voie à l’informatisation des procédures administratives. Au-
devant de la scène de cette mutation de grandeur : la Douane. Cependant,
l’informatisation ne consistait auparavant qu’en une importation pure et
simple de la documentation existante sous la forme papier au format
électronique. Par exemple, les formulaires administratifs étaient
simplement numérisés et posés online, l’opérateur du commerce
extérieur devait imprimer la version numérique du formulaire, la remplir
avant de la numériser. En effet, l’on informatisait les procédures tout en
gardant le processus papier à coté, et l’on se retrouvait en fin de compte
avec une double procédure qui compliquait le process, aussi bien pour
les entreprises que pour les administrations, car ces dernières devaient
gérer les deux processus, numérique et papier, en parallèle.
Mais depuis, particulièrement avec à l’avènement du digitale, les choses
sont en train de prendre une autre tournure, et une logique de rupture
est en train de s’installer.

26 Livre Blanc
Aujourd’hui, le processus de digitalisation, tel qu’il s’impose par le
développement technologique, tend à réduire de manière substantiel
l’intervention humain, se basant de plus en plus sur des systèmes
d’informations intelligents, connectés et communicants.
On est donc en présence d’ordinateurs qui disposent de l’information,
la traitent et l’échangent entre eux. La nature même des flux liés aux
procédures et aux formalités s’en trouve affectée. L’on n’échange plus de
documents, mais de l’information. Contrairement à l’informatisation des
années 90, il ne s’agit plus de numériser les documents, mais d’oublier
carrément le document et de ne fournir au système que l’information
pertinente et standardisée.

A l’ère des ordinateurs qui communiquent


entre eux, la nécessité d’un langage
commun
Réussir cette transformation digitale implique au préalable une
standardisation des informations échangées, se mettre d’accord
sur sa codification, c’est à dire faire en sorte que les ordinateurs qui
communiquent parlent le même langage. C’est à ce niveau que l’on se
heurte à la problématique de la multiplicité des codifications. On a une
codification spécifique à l’administration des douanes, celle du fisc, celle
du département du commerce et de l’industrie et celle des banques, car
elles aussi ont besoin d’identifier le client, les multitudes codifications
des autres administrations et entités. Un vrai cercle vicieux.
Au Maroc, un pas a été franchi dans ce sens à travers la mise en place
de l’ICE (Identifiant Commun de l’Entreprise). Il s’agit d’un numéro qui
identifie l’entreprise et ses succursales de façon unique et uniforme
par toutes les administrations. l’ICE permet aujourd’hui d’affirmer que
lorsqu’on parle d’une entreprise, on parle de la même chose. Sa mise
en place représente, de facto, une grande évolution parce que, il y a
quelques années, l’entreprise est identifiée de façon différente par
les administrations publiques et privées, et donc les ordinateurs ne
pouvaient pas communiquer parce qu’ils ne savent pas de quoi on parle.
Mais par contre toutes les autres codifications n’ont pas évolué dans le
même sens. Parfois parce que chaque partie tente de s’accrocher à sa
propre codification cherchant à l’imposer aux autres. Il y a donc un effort
à faire dans ce sens pour dépasser ce blocage.

Livre Blanc 27
La digitalisation est aujourd’hui une tendance lourde à l’échelle planétaire.
De ce fait, rester à la traîne, signifie l’auto-marginalisation et l’auto-
isolation dans un monde de plus en plus interconnecté et globalisé. La
digitalisation s’impose aujourd’hui comme une nécessité, et non comme
un choix délibéré. Dans ce contexte le Maroc est appelé à prendre le
bon vent, à commencer par ouvrir le chantier de la digitalisation et de
sa réglementation. Ce chantier devra consister à identifier et définir
l’information, de façon à ce qu’elle puisse être reconnue et échangée de
manière souple entre différents systèmes d’information, adoptée par
différents départements et administrations, sans rupture aucune de
chaîne.
En effet, c’est important de signaler à cet égard qu’il ne s’agit
aucunement de reprendre une information existante pour la réintroduire
dans le système. Car ce comportement est une source d’anomalie
puisqu’il comporte une obligation de pointage, et en plus, il implique une
intervention humaine avec tous les risques d’erreurs et d’oublis liés à la
nature humaines.
La communication entre différentes unités de calcul interconnectées
doit donc être fluidifiée. Cette communication doit se faire aussi sur
des bases uniques, en assurant le passage de la notion de document
à la notion d’information. Un consensus de tous les concernés sur la
même nature de l’information est à gérer. Mais c’est précisément à ce
niveau que l’on se heurte, malheureusement, à des problèmes qui sont
particulièrement de nature humaine, et qu’il faut absolument dépasser.
C’est que chacun veut s’approprier la codification pour qu’elle devienne
par la suite la règle.
Dans le cas de l’ICE, le problème a été surmonter on se mettant d’accord
sur le fait que chacun garde sa propre identité pour l’entreprise, et de
s’accorder sur un identifiant commun. C’est ce type d’approche qui
permet de dépasser les barrières de mésententes qu’il faut adopter
dans ce genre de situation. Et à partir du moment où l’on adopte une
codification commune pour que les ordinateurs puissent communiquer
et se comprendre, le processus de digitalisation devient beaucoup plus
fluide et plus facile.

28 Livre Blanc
Transformation digitale : Les pré-requis de
la conduite du changement
L’objectif du processus de la digitalisation, ou la transformation digitale,
étant clair, la difficulté est de savoir comment l’atteindre. Or comme le
souligne bien l’adage : ¨ ‘‘le chemin est droit, mais la ponte est rude’’. Cela
demande donc effort et volonté déterminée. Toute la difficulté réside
alors dans la gestion du changement.
Or pour gérer le changement, cela nécessite que tous les acteurs
y adhèrent. De prime abord, ils doivent réaliser qu’il ne s’agit pas
simplement de mettre sur ordinateur ce qu’ils ont l’habitude de faire,
mais ils doivent concevoir qu’ils sont vraiment face à un changement de
paradigme, et qu’il faut désormais se préparer à travailler autrement.
Il faut préparer les acteurs et intervenants au changement au risque de se
heurter aux habitudes et aux anciens réflexes ancrés dans les mentalités
et dans les comportements. Car certains, voire beaucoup, y voient une
atteinte à leurs intérêts, habitudes, pouvoirs et attributions. Cela veut
dire que le changement escompté doit s’opérer à travers des projets
structurants au lieu de se contenter de la partie uniquement technique.
La gestion du changement doit aussi être prise en compte en terme
budgétaire. Car en fait, les actions d’information, de communication,
d’accompagnement et de coaching qu’elle sous-tende ont un coût.
Et sans allocation budgétaire convenable, ces actions ne peuvent être
accomplies.
Les experts estiment à ce sujet qu’il ne suffit pas de faire passer une
circulaire pour que les partenaires et les collaborateurs suivent, ou
apporter quelques changements à une application auxquels ils vont
rapidement s’habituer et adapter leur comportement. En fait le
conservatisme humain et la résistance au changement sont tels que
la transformation digitale risque d’échouer. Une véritable stratégie de
conduite du changement devait sérieusement prise en compte.
La réussite de la transformation digitale dans une institution nécessite
qu’une masse critique d’agents concernés y trouvent leur compte, c’est
à dire que le grand nombre y trouve de la connectivité. Pour ce faire, il
est nécessaire de créer une dynamique d’adhésion au tour du projet de
la transformation digitale, si non la résistance au changement devient un
sérieux facteur de blocage.

Livre Blanc 29
La technologie : plus une problématique
de maîtrise que du coût
Du coté équipement, la digitalisation c’est d’abord disposer d’une énorme
capacité de gestion de données. Ce qui n’était pas acquit auparavant,
mais qui devient de plus en plus accessible avec la tendance à la baisse
des coûts. Depuis 2000, avec le développement de la technologie, la
réduction des coûts se fait de manière substantielle, grâce aux capacités
de calcul, de stockage de données et des services de télécommunication
nécessaires au transfert de l’information.
Cette tendance lourde de réduction des coûts rend la technologie à la
portée de tous, pourvu de disposer des compétences nécessaires à sa
mise en œuvre. La problématique n’est donc plus une question du coût
de la technologie, mais plutôt de la maîtrise de cette technologie.
Pour un pays comme le Maroc, la digitalisation est un facteur de
développement non négligeable. Et franchir des Caps importants très
vite est possible en assimilant et intégrants les nouvelles technologies,
surtout dans le domaine du commerce extérieur, en s’inspirant aussi de
ce qui se fait ailleurs, dans les grands ports internationaux, auprès des
grands opérateurs maritimes, routiers et aériens.
La technologie étant identifiée, disponible et à la portée, il reste
seulement la grande tâche de fédérer tous les acteurs et intervenants
autour des objectifs et des moyens, pour pouvoir faire de la digitalisation
un véritable levier de développement et de compétitivité.

Le Cloud Computing : La compétitivité à


la merci de la mobilité
La compétitivité économique déchaînée par la globalisation des
échanges incite les entreprises à tirer profit des multiples possibilités
offertes par la digitalisation. Le ‘‘Cloud Computing’’ se caractérise par
la mise à disposition des entreprises et des particuliers en libre-service
à l’échelle mondiale, des moyens et ressources pour satisfaire les
besoins d’organisation, de fonctionnement et de stockage. L’intérêt du
Cloud Computing réside dans la mise à disposition d’équipements, la
fourniture de fonctionnalités ou de ressources informatiques à distance,
via l’internet ou les réseaux privés.

30 Livre Blanc
Le système d’information du futur que ce soit le Guichet Unique, les
‘‘Smartcities’’ ou les ‘‘Collectivités économies’’ ont besoin d’unités
robustes, résiliantes et sécurisées pour pouvoir communiquer. Et toutes
ces unités ont besoin d’un ensemble ‘‘d’applicatifs’’ qui sont hébergés
dans les ‘‘Datacenters’’, fournisseurs de serveurs.
Aujourd’hui, la tendance est pour le Cloud qui se veut l’outil du futur par
excellence. Les experts s’accordent à dire qu’à un moment où un autre,
le Cloud finira par prendre de l’ampleur. Ce système, qui est un ensemble
de matériels et de logiciels hébergés dans un Datacenter et qui fournit
des services que les collectivités ou les personnes physiques peuvent
exploiter partout dans le monde, permet la disponibilité mondiale en
libre-service. Il est en quelque sorte l’évolution des services d’outsourcing
informatique, que nombre d’entreprises utilisent sous forme de ‘‘facility
management’’ ou depuis peu, comme fournisseur d’applications en ligne
‘‘Application Service Provider’’ (ASP). L’entreprise-cliente dispose ainsi
d’un accès à distance à des applications sur un serveur extérieur, ce qui la
dispense d’acquérir elle-même l’infrastructure informatique nécessaire
ou des licences d’utilisation de progiciels etc.
Le Cloud Computing présente ainsi de multiples avantages : La souplesse
et l’adaptabilité des services, leur rapidité de mise en œuvre et la
réduction de coût qu’ils permettent par rapport à l’informatique interne.
Le Cloud Computing peut permettre également à son gérant de réaliser
des économies, grâce à la mutualisation des services, se basant sur un
grand nombre de clients, et partant d’effectuer des prix adaptés.
Les participants à la troisième édition de la Conférence Annuelle Du
Guichet Unique PortNet, ont développé dans ce cadre l’idée du ‘‘Cloud
National’’. D’après eux, c’est quelque chose de naissant, mais aujourd’hui
c’est un besoin nécessitant la structuration et de façon à ce qu’il puisse
avoir une vraie offre. Et de préciser que le Cloud Computing se veut
aussi une réponse à une vraie demande et c’est le véritable pari de
demain. L’écosystème de PortNet ne cesse toutefois de se consolider, de
s’améliorer et de se structurer avec des partenaires qui se positionnent
dans ces sujets du Cloud.

Livre Blanc 31
PortNet : un projet au cœur d’une stratégie
résolument orientée opérateur
Au Maroc, un long chemin a été parcouru sur la voie de la digitalisation
complète des procédures du commerce extérieur, et de nouveaux
sentiers sont d’ores et déjà en phase de mise en œuvre ou d’exploration.
Le Guichet Unique National des Procédures du Commerce Extérieur,
PortNet, constitue aujourd’hui une véritable plateforme communautaire
d’échange de données informatisées. Placé au centre d’une stratégie de
développement national résolument orientée opérateur économique,
ses retombées positives pour la communauté du commerce extérieur
sont indéniables et n’ont cessé de s’accroître depuis son lancement en
2008.
Situé à l’intersection des stratégies de plusieurs entités
gouvernementales, PortNet constitue un modèle éloquent de partenariat
public et privé et de synergie interactive autour de la simplification,
l’optimisation, la transparence et l’amélioration du climat des affaires.
Ayant réussi le pari de la dématérialisation de l’ensemble des formalités
du commerce extérieur, il constitue un modèle précurseur d’intégration
complète de la supply chain en Afrique.
En tant que Guichet Unique digitalisé, PortNet permet aussi la gestion des
formalités du commerce extérieur dans toutes ses facettes maritimes,
portuaires, terrestre, aérien, logistiques et commerciales.

Une dynamique d’adhésion, garant de


succès et de durabilité
Actuellement PortNet sert une communauté de 28000 clients, composée
essentiellement des importateurs et exportateurs, qui mettent leurs
données, en commun, à la disposition de toutes les administrations
et des autres parties prenantes au service du commerce extérieur. Il
englobe 11 ports, plus de 7 administrations, toutes les banques, et
autres acteurs du commerce extérieur et prestataires de services, ce qui
en fait un modèle inédit d’intégration complète de la supply chain.
La plateforme web PortNet est aujourd’hui un véritable système
d’information communautaire. Annuellement, plus de 16 millions de

32 Livre Blanc
massages EDI sont échangés via cette plateforme, mise à part tous les
accès qui s’y font en client logé. Le nombre de pages visitées dépassent
les 349 millions par an, soit quasiment 1 million de pages consultées par
jour.
Les externalités positives du Guichet Unique National des Procédures
du Commerce Extérieur ne se limitent pas à la sphère économique
proprement dite et à ses acteurs. Une étude réalisée à l’occasion
de la tenue de la COP22 à Marrakech a révélé que le processus de
dématérialisation mis en œuvre par PortNet a permis, jusqu’à la
fin de l’année 2016, de préserver l’équivalent d’une forêt de 800
Milles arbres, grâce aux économies générées par la réduction de la
consommation du papier et de la circulation physique, du fait justement
de la dématérialisation des procédures. En effet, aujourd’hui, plus de 30
procédures sont dématérialisées, chacune d’elle se compose de plusieurs
process...Et ça continue.

TRAD PORTAL : un outil intelligent de prise


de décision
Les coûts et la complexité auxquels se heurte le commerce extérieur ne
dépendent pas uniquement du domaine des procédures régaliennes et
des administrations publiques. Les échanges d’informations entre les
différentes parties prenantes des opérations du commerce extérieur,
chargeurs, transitaires, agents maritimes et autres prestataires de
service, ont aussi un coût en temps et en valeur pécuniaire. Ce coût varie
aujourd’hui entre 2 % et 15 % de la valeur totale de la marchandise objet
de la transaction commerciale.
Dans la ligne droite de son objectif fondateur, à savoir rendre la pratique
du commerce extérieur plus facile, plus fluide et à moindre coût pour
les opérateurs, PortNet a entrepris, avec l’aide de la Banque Mondiale,
l’élargissement de la palette de ses services au-delà des process
régaliens, en complétant son système par la mise en place d’une
plateforme complémentaire spécialisée, qui sera à terme intégrée à
son Guichet Unique. Ce nouvel outil, intitulée ¨Trade Portal¨, consiste en
une plateforme web ayant pour objectif de mettre à la disposition des
opérateurs nationaux et internationaux, non seulement les informations
nécessaires pour effectuer les opérations d’import/export, mais aussi et

Livre Blanc 33
surtout un centre intelligent de ressources d’affaire; qui, en se basant sur
toute les données qui sont sur la plateforme, permettra d’optimiser les
choix et les décisions des utilisateurs.
En effet, le Trade Portal devrait permettre à chaque membre de la
communauté de bénéficier des expériences des autres utilisateurs du
Guichet Unique, sans pour autant porter atteinte au caractère discret et
confidentiel des données personnelles.
Le Trade Portal permettra notamment aux entreprises exportatrices et
importatrices, d’exécuter des simulateurs de coût, par destination et
par produit, en se basant sur les déductions statistiques découlant du
traitement des expériences des autres utilisateurs et des données qu’ils
ont fournis au système.
Il peut par exemple renseigner sur le prix de revient d’un bien à
l’importation, ou sur la compétitivité d’un produit à l’exportation, et
partant contribuer intelligemment à la prise de décision relative au choix
d’un marché ou d’un fournisseur.

La PCM : une plateforme de Paiement


Communautaire Multicanal
Toute opération de commerce extérieur génère trois types de flux : Un
flux physique et de marchandises qui est expédié à travers les frontières,
un flux de données et de documents qui accompagnent la marchandise
et conditionne son mouvement, et un flux financier se rapportant aux
paiements occasionnés par les règlements des différentes prestations
accompagnant l´opération d´exportation ou d´importation, honoraires
des transitaires, frais portuaires, dédouanement, magasinage,
acheminement, etc.
Faciliter l´opération du commerce extérieure revient donc à agir sur ses
trois flux pour les rendre plus fluide en évitant les lourdeurs procédurales
et anticiper les goulots d´étranglement.
Si la fonction primaire d’un Guichet Unique traditionnel est précisément
de faciliter les flux physiques et documentaires, les flux de paiements
quant à eux peuvent constituer des éléments de blocage étant laissés
pour compte. C’est justement pour prévenir ce genre de blocage que
PortNet a introduit, pour la première fois au Maroc, un système de

34 Livre Blanc
paiement communautaire multicanal.
L’idée étant de permettre le dénouement des transactions financières
liées aux opérations de commerce extérieur, soit au niveau de la
plateforme propre de PortNet, ou bien par l’intermédiaire de toute autre
plateforme de paiement disponible sur le territoire national, d’une façon
interopérable et transparente.
À PortNet, le flux documentaire n´est pas en reste. Le service d’annonce
obligatoire via PortNet du ¨Préavis d’arrivée des conteneurs destinés à
l’export¨ est à juste titre un service innovant qui va simplifier plusieurs
démarches. Depuis l´introduction de ce nouveau service en août dernier,
les opérateurs du commerce extérieur, et surtout les exportateurs, ont
pu mesurer les nombreux avantages qui découlent de son exploitation.
En effet, le préavis d’arrivée des conteneurs pleins devra se traduire par
une optimisation des plans de chargement des navires et une meilleure
traçabilité lors de la prise en charge des conteneurs destinés à l’export.
Seul, ce process va permettre de dématérialiser plusieurs démarches,
dont la déclaration de la Masse Brute Vérifiée (MBV), le bulletin de
réception par le terminale, la séquence opérée par les agents maritimes
et tous les rendez-vous de l’inspection physique à l’export.

Des opérateurs satisfaits et impliqués :


autant d’atouts pour aller de l´avant
Pour évaluer l´impact de PortNet et mesurer la satisfaction de ses clients,
une enquête a été menée par le Guichet Unique National des Procédures
du Commerce Extérieur, dans le cadre de la stratégie de proximité. Plus
de 600 réponses ont été reçues à ce jour dénotant une appréciation
largement favorable de la part des clients de PortNet.
Au fait, 86 % des clients se disent satisfaits des services du Guichet
Unique PortNet, contre 14% d’avis défavorables. L´enquête a aussi mis
en évidence le capital confiance dont bénéficie PortNet auprès de ses
clients. Pas moins de 90% des répondants se disent confiants dans les
projets annoncés pour l’avenir. Ces projets sont en effet élaborés dans
la cadre d´une approche communautaire collaborative avec la mise à
contribution de l’ensemble des parties prenantes.
La dernière révélation importante de cette enquête, c´est que 91% des

Livre Blanc 35
clients de PortNet pensent que le Guichet Unique a eu un impact positif
sur leur business en termes de coût, de délai et de compétitivité.
Les résultats de cette enquête constituée d’une batterie de 15
questions seront bientôt publiés. Cette marque de confiance, ainsi que
les gains substantiels attestés par les 39 points gagnés sur l’échelle
de la compétitivité au niveau du commerce transfrontalier, démontrent
que PortNet est sur la bonne voie. Aujourd’hui plusieurs chantiers
ambitieux sont en vue. d´ici 2020 Le Guichet Unique PortNet projette
d’achever la dématérialisation du bon à délivrer, de la demande de
franchise douanière, la gestion des agréments de l’Agence Nationale
de Réglementation des Télécommunications (ANRT), l’automatisation
de sortie des conteneurs du port et les rendez-vous de contrôle... , et
d´autres projets visant l’intégration complète de toute la chaîne du
commerce extérieur. Et au centre de tout cela, une mobilisation nationale
à entretenir et à développer autour du projet PortNet, et ce à travers une
dynamique d’accompagnement multidimensionnelle.

Un enjeu majeur : Gérer l´interdépendance


et la continuité de l´activité
Le Guichet Unique est une véritable aubaine, mais s’il est mal géré, il
risque de devenir une bombe à retardement. En effet, les problématiques
de gestion des risques et de la ¨continuité d’activité ¨ constituent des
enjeux majeurs sur lequel il importe de se concentrer et de se concerter
constamment pour assurer la pérennité et le développement du système.
La gestion des risques dans un système digitalisé et mutualisé nécessite
l´implication et la collaboration de toutes les parties prenantes, qui
doivent travailler ensemble au sein de la communauté.
Aussi, dans un système communautaire digitalisé, tel que PortNet, le
droit à l’erreur n’est pas toléré. Toute défaillance ou perturbation majeure
risque de se traduire par l’incapacité des autres parties prenantes à
s’acquitter de leurs obligations et assurer la continuité de leurs services.
Ce qui pourrait induire une atteinte à la stabilité de l’économie nationale
si elle n’est pas maîtrisée. Dès lors la sécurisation de tout le système et
des échanges acquière une importance primordiale.
L’interconnexion des systèmes d’informations de plusieurs acteurs,

36 Livre Blanc
les échanges informatisés des données, l´ouverture sur internet, qui
représentent les points de forces du système, sont en fait autant de
sources de vulnérabilités.
Face aux risques systémiques, PortNet a adopté une stratégie
multidimensionnelle de gestion de la sécurité, aussi bien au niveau
du process qu’à celui des personnes et de la technologie. Elles visent
notamment d´assurer la sécurité des systèmes d´information en
profondeur, l’élaboration et la mise en place d´un plan de continuité de
l’activité qui permet de faire face à toute indisponibilité. Elle vise aussi de
mettre en place un travail permanent de surveillance et d’évaluation du
système, de veiller à la conformité aux lois et réglementations en vigueurs
et les bonnes pratiques, d’assurer la disponibilité de l´information et des
actifs informationnels, l´intégrité et la confidentialité et la traçabilité des
données et d´informations produites, collectées et échangées avec les
partenaires et les clients à travers la plateforme.
Aussi, dans le cadre de sa stratégie en la matière, PortNet a mis en place
une infrastructure technique de dernière génération, dont la sécurité a
été renforcée à travers un hébergement sur deux sites distants de plus
de 100 Km.

Intégrer l´aérien : le nouveau challenge de


PortNet
Après la chaine logistique maritime, c´est le tour de la communauté du
fret aérien de bénéficier des services du Guichet Unique National des
Procédures du Commerce Extérieur.
D’abord, il est à noter que le processus du logistique aérien est similaire
au processus du logistique maritime. Les différentes phases de la
chaîne sont presque identiques : préparation des opérations export ou
import, réception de la marchandise, embarquement ou déchargement,
contrôles, dédouanement, etc.
Mais de plus près, l´aérien est un métier complètement différent
du maritime. En plus du fait que c’est un métier B to B, la principale
caractéristique de l’aérien est sa vélocité. En effet, lorsqu’un opérateur
du commerce extérieur s’adresse à l’aérien c’est qu’il y a urgence pour le
transport d´une marchandise. D’où justement le challenge pour PortNet,

Livre Blanc 37
aussi bien en termes de fluidité de la circulation des informations que sur
le plan de l´assurance et la confiance du client.
Le trafic du fret aérien au Maroc est estimé à plus de 50 000 tonnes par
an. 70 % de ce trafic se fait à travers les soutes des avions passagers, le
reste est assuré par un avion-cargo de la compagnie nationale (RAM). En
février 2018 la RAM devra recevoir un second avion-cargo porteur.
Dans sa feuille de route pour l´intégration de l´aérien PortNet s´est déjà
attelé sur la dématérialisation de la Lettre de Transport Aérien. Ce projet
lancé par la RAM, et englobant les freights forwarders, les transitaires
et toutes les parties prenantes du transport aérien, est actuellement
en phase teste. Il devra aboutir courant 2018, pour se conformer avec
une directive de l’Association du Transport Aérien International (IATA) qui
oblige les compagnies aériennes à passer, avant la fin de l´année 2018,
à l’utilisation de la eAirwaybill, qui signifie: Lettre de Transport Aérien
Électronique.
Tout un système est désormais en train de se mettre en place : de la
réservation électronique, au tracking de la marchandise, en passant
par un système d´alerte par messagerie téléphonique ou électronique
informant l´opérateur de la situation de la marchandise à tout moment,
sans oublier le fameux avis d´arrivée.
L´intégration de l´aérien par le Guichet Unique National des Procédures
du Commerce Extérieur, constituera sans aucun doute un pas de géant
de PortNet vers le multimodale, étape ultime de l’intégration de la chaîne
logistique. Plus ambitieux encore est le projet de l´autoroute de l´export,
sorte de chaîne logistique intégrée concernant un axe et un produit
donné.

La transformation numérique et les


Guichets Uniques virtuels, la grande
promesse des ports du futur
Une chance, une opportunité, un risque ou une menace ! De la
transformation numérique de l’économie, l’on peut penser une chose et
son exact contraire. C’est que les arguments ne manquent pas dans les
deux sens. Néanmoins, une chose est sûre : La transformation numérique
est bel et bien en marche. C’est un constat d’actualité qui ne cesse de

38 Livre Blanc
bouleverser le quotidien de la grande communauté économique. Chaque
jour, de nouvelles innovations, applications et solutions apparaissent
dans tous les secteurs d’activité économique. Elle fait désormais partie
intégrante du quotidien des entreprises. Et de l’avis de beaucoup, la
transformation numérique est amenée à se développer et à s’intensifier
dans les prochaines années.
Développement du Cloud, de l’internet des objets, du smart data, de la
connectivité, de l’impression 3D, de la réalité virtuelle ou bien encore
de la robotique collaborative, autant de concepts technologiques qui
dessinent la vie des entreprises appelées de plus en plus à s’adapter à
ces nouvelles technologies pour réussir le pari de la transition digitale.
Mais pour l’Association Internationale des Systèmes Communautaires
Portuaires (IPCSA), chargée de gérer la facilitation et la connectivité entre
les opérateurs et la sécurité du système, il est fondamental qu’à l’heure
de la grande transformation numérique de l’économie, l’exactitude
des données informatisées s’avères de plus en plus capitale, et c’est
extrêmement important pour la crédibilité des Guichets Uniques et la
confiance des opérateurs économiques en ces instruments.
Depuis sa mise en place il y’a six ans, l’IPCSA s’est développée pour
devenir une organisation mondiale, avec 31 membres du monde entier,
trois membres associés et statut consultatif auprès de l’Organisation
Maritime Internationale et statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC
des Nations Unies.
Sa Conférence Annuelle tenue le 23 novembre 2017 à Bruxelles, en
Belgique, a consacré une partie importante de ses débats et panels
à la transformation numérique et la facilitation du commerce. Elle
s’est penchée également sur l’échange électronique d’informations,
les Données pour une gestion efficace des frontières, l’Information,
l’innovation et la technologie et la logistique connectée à l’échelle
mondiale.
La communauté portuaire est dans ce contexte invitée à se fixer un
Cap cohérent avec sa vision de l’avenir. Ledit Cap doit s’ancrer dans de
nouveaux business-modèles et des réformes structurelles. D’importants
efforts sont à déployer pour que la transformation numérique soit
davantage porteuse d’opportunités que de risques pour l’économie.

Livre Blanc 39
La stratégie numérique de l’ANP, une vision
pour accompagner le boom digital
Concernant les échanges commerciaux, la transformation digitale se
veut surtout un important gisement de simplification et d’optimisation
des processus, en atteste d’ailleurs le développement accéléré de
plateformes numériques dédiées aussi bien sur le plan régional
qu’international.
Parfaitement inscrite dans cette lignée, la stratégie portuaire nationale
ambitionne de mettre à la disposition de la l’économie marocaine des
ports performants, sécurisés et répondant aux standards internationaux,
de façon à ce que ces ports soient au service du développement
économique du Maroc. Dans ce cadre bien précis, la stratégie numérique
de l’ANP repose sur six principaux axes :
Le premier volet centre ladite stratégie autour du client-opérateur. Un
point central considéré comme étant le pilier de toute cette stratégie
numérique focalisée sur la satisfaction de l’entreprise actuellement
au nombre de 28000 PME qui sont connectées à PortNet. 100% des
opérations d’importation sont traitées en ligne depuis 2015. Les 12 000
escales/an des navires sont traitées sans papier dans les 10 principaux
ports commerciaux du pays. Par la même occasion, il a été procédé en
2017 au lancement du «préavis d’arrivée» où les importateurs sont
notifiés de l’arrivée des marchandises...Tous ces nouveaux services
démontrent l’entrée, à travers le Guichet Unique PortNet, dans une
ère de dématérialisation accélérée pour une meilleure satisfaction des
entreprises marocaines.
Le deuxième axe consiste à fédérer l’écosystème portuaire. Car la
performance d’un seul maillon de la chaîne ne permet pas d’atteindre les
objectifs escomptés en matière de satisfaction du client. Il faut que toute
la chaîne soit partie prenante. Justement PortNet permet de mettre en
réseau tous les intervenants, notamment l’autorité portuaire, la Douane,
l’Office de Change, les opérateurs privés, les forwarders, les transitaires,
les banques, les agents maritimes, etc.
Le troisième axe ambitionne de promouvoir le circuit électronique à
la place du circuit documentaire. Un défi qui représente un véritable
handicape à la compétitivité des entreprises. Et pour pouvoir le dépasser,
il faut de l’adaptation et de la pédagogie dans le grand espoir de changer

40 Livre Blanc
les habitudes et les mentalités. Les professionnels du secteur ne cessent
d’ailleurs de souligner avec force que la communauté portuaire est avant
tout une affaire des mentalités qui doivent changer.
Le quatrième axe se rapporte à la simplification et à la dématérialisation
des procédures dont le but principal est de généraliser à 100% la
dématérialisation des procédures qui est aujourd’hui à environ 60%.
La prochaine étape prévue en 2018 consiste à démarrer l’intégration
régionale avec les partenaires européens et africains et bien d’autres de
façons à s’assurer la reconnaissance mutuelle des formalités entre les
autorités de contrôle. Car la simplification des procédures relatives au
commerce extérieur ne s’arrête pas uniquement à la porte des frontières.
Le cinquième axe traite de l’intégration de la chaîne logistique de bout
en bout. C’est ce qui se fait et assuré actuellement par le Guichet Unique
PortNet.
Le sixième volet et non des moindres consiste à améliorer la qualité
des données informatisées et que chacun des intervenants puisse avoir
un indicateur de performance à partager avec les autres avec comme
finalité le fait de s’inscrire dans une nouvelle dynamique d’innovation,
d’optimisation des processus et de pilotage de la performance des
indicateurs.
Cette maturité numérique nécessite au préalable des efforts importants
en investissement, formation et en compétence. Elle permet également
d’améliorer les performances, la sécurité des transactions et éviter les
congestions dans les ports puisque grâce à la digitalisation, les réponses
se font en temps réel et les informations sont précises au point de
garantir la décongestion, la fluidité des process, la compétitivité et
l’attractivité pour les investisseurs.
Sue le plan national, une nouvelle vision pour la transformation digitale, à
l’horizon 2020, a été adoptée. Ainsi, la stratégie nationale ‘‘Maroc Digital
2020’’ vise à :
- Accélérer la transformation numérique du Maroc
- Renforcer la place du Maroc comme hub numérique régional
- Relever les freins éco systémiques, en s’attaquant en particulier à la
problématique de la gouvernance et des compétences numériques.
- 50% de la fracture numérique réduite
- 50% minimum des démarches administratives Digitalisée

Livre Blanc 41
- 20% des PME équipées et connectées
- Un taux de croissance de l’offshoring de 5 à 10 % par an
- Place acquise de premier hub numérique d’Afrique francophone et
deuxième hub numérique d’Afrique, après l’Afrique du Sud
- Repositionnement stratégique vers le Business Process Outsourcing
d’Europe réalisé
- Essor favorisé de cinq à dix « locomotives » sous-sectorielles,
suffisamment grandes pour figurer dans le top 30 des entreprises
africaines de technologie Eclosion et croissance de 500 start-ups d’ici
2020
- Loi-cadre numérique élaborée autour des droits numériques du citoyen,
opposables aux administrations, l’intégration et l’interopérabilité des
plateformes de l’Etat, l’Open Plateform…
- Positionnement assuré parmi les trois pays les plus performants de
la zone Moyen-Orient/Afrique en matière d’infrastructures datacom et
d’environnement d’affaires IT
- Nombre doublé, 30.000 par an à l’horizon 2020, de professionnels du
numérique formés chaque année au Maroc.
Mais pour les experts, le pari de la transformation numérique n’est pas
chose ardue. Les entreprises intervenant dans ce domaine sont dans le
cadre de ce tournant en face de contraintes et d’incertitudes pesantes.
Le premier défi se rapporte au délai et au coût de passage. Un point-clé à
maîtriser absolument pour la compétitivité des entreprises.
Comme pour la logistique, la réglementation est aussi un autre chapitre
à revoir dans le sens de l’adaptation et l’accompagnement. Pareil pour
les exigences du client qui nécessitent un traitement dans des meilleurs
conditions. Une équation, certes loin d’être facile de résoudre, mais du
côté des experts en la matière, la compétitivité de l’économie à l’heure de
la transformation digitale doit faire face à ces quatre incertitudes pour se
prémunir contre les aléas de la transformation numérique.
Le Guichet Unique PortNet qui développe une plateforme qui, au fil des
grandes mutations digitales, joue désormais un rôle déterminant pour la
performance de l’économie et la compétitivité des entreprises.

42 Livre Blanc
Vers une terminologie commune du
Guichet Unique pour davantage de
traçabilité des pistes du commerce
extérieur
Auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce, le concept du Guichet
Unique figure dans plusieurs des propositions formulées par les pays
membres. Or, il semble que ce principe ne soit pas compris de la même
façon par toutes les parties. Même constat, ou presque chez les membres
de l’Organisation Mondiale de la Douane, les milieux du commerce
extérieur et divers organismes gouvernementaux et internationaux qui
ont consacré beaucoup de temps et d’énergie à la conception du principe
du Guichet Unique dont la définition la plus couramment appliquée
est la suivante : Un Guichet Unique est défini comme étant une facilité
permettant aux parties impliquées dans le commerce et le transport de
déposer des informations et des documents normalisés auprès d’un
point d’entrée unique afin de remplir toutes les formalités officielles liées
à l’importation, à l’exportation et au transit.
A Rabat, à l’occasion de la troisième édition de la Conférence Annuelle Du
Guichet Unique PortNet, l’IPCSA a saisi l’occasion pour rappeler la mission
de cette organisation qui consiste à faciliter la tâche aux opérateurs, mais
pour cela il incombe à la communauté portuaire mondiale de s’identifier
dans une seule définition du Guiche Unique, car il y en a pas une seule.
Pour cette organisation, et de toute les définitions du Guichet Unique,
c’est la procédure opérationnelle qui manque le plus souvent. Ceci dit,
une définition commune est importante pour la traçabilité des pistes
commerciales.
Ainsi, pour une définition sans ambiguïté du Guichet Unique, l’IPCSA a
opté pour les cinq principaux éléments suivants:
1- Le Guichet Unique est destiné aux opérateurs économiques engagés
dans des opérations commerciales à l’international. Il est dans ce cadre
un outil de facilitation des procédures.
2- Le Guichet Unique est de nature aussi à standardiser les délais et les
documents. Il faut utiliser les standards internationaux que ce soit ceux
de CEFACT/ONU, l’OMC ou encore l’Alliance Africaine. L’IPCSA travaille de
concert avec ces instances internationales pour faire en sorte que les

Livre Blanc 43
standards internationaux en la matière soient interopérables.
3- Le Guichet Unique n’est pas censé être un outil B to B. Mais le vrai sens
du Guichet Unique reste dans sa capacité de satisfaire les prescriptions
réglementaires. Donc, il est censé être B to G, G to G ou G to B.
4- Le Guichet Unique devrait au préalable être un instrument de l’Etat qui
doit avoir l’exclusivité de la gestion de cette mission de facilitation des
échanges commerciaux à l’international.
5- Le Guichet Unique n’est pas un simple outil technologique, mais le
but principal de sa mise en place reste la facilitation du commerce et la
simplification des procédures.
Pour sa part, l’UN/CEFACT définit le Guichet Unique comme étant un
instrument de facilitation des échanges commerciaux. Mais, cette
définition est souvent interprétée de manière très large. Une conférence
a été organisée par la CEFACT/ONU sur le Guichet Unique où il a été
question de savoir si la recommandation 33 serait toujours d’actualité ou
devrait être modifiée et révisée. L’unanimité était pour la révision. Lors
de cette conférence, les participants ont recommandé l’adoption d’un
référentiel pour le Guichet Unique.
Parmi les recommandations aussi, la mise en place d’un Guichet Unique
Régional couvrant l’Europe et les pays de l’ex-URSS pour le commerce
électronique. Récemment, un accord pareil couvrant la région Asiatique-
Pacifique pour le commerce électronique a été conclu. En la matière,
l’Asie donne le bon exemple en matière de Guichet Unique Régional.
Mais, différents autres milieux continuent de recommander une
définition précise du Guichet Unique, et développer les indicateurs-clés
de performance et les intégrer comme une composante essentielle du
Guichet Unique (pour une évaluation en permanence de cet instrument),
En avril 2018, cette question sera tranchée. Une série de conférences est
prévue cette année à Genève autour de la terminologie du Guichet Unique,
la standardisation, l’interopérabilité dans le grand espoir d’élaborer une
définition commune du Guichet Unique standardisant les données.

44 Livre Blanc
Les 11 Recommandations pour la
compétitivité des entreprises intervenant
dans le commerce extérieur
1) L’accélération de la simplification et la généralisation de la
dématérialisation des procédures du commerce extérieur, nécessitent
l’implication, la collaboration et l’harmonisation des efforts de tous les
acteurs publics et privés de la communauté du commerce extérieur,
toute en osant la créativité et l’innovation.
2) La dématérialisation des procédures du commerce extérieur repose
sur la maîtrise de quatre (4) composantes :
a. L’aspect technologique
b. La conduite du changement
c. La dépendance et la continuité d’activité
d. La bonne gouvernance
3) Pour une meilleure maîtrise de la technologie, il faut s’enquérir des
expériences et du savoir-faire nécessaires via les benchmarks.
4) L’adaptation des réglementations et des textes juridiques, est
devenue une priorité pour la simplification et la dématérialisation des
procédures du commerce extérieur. En effet, il faut passer de l’échange
des documents à l’échange d’information.
5) Standardiser et mettre en place une base commune pour les échanges
informatisés, en se basant sur les standards internationaux.
6) La généralisation du paiement électronique multicanal aux prestations
de service à l’international, ainsi que la prise en charge optimale
du commerce électronique, sont des facteurs de simplification des
procédures du commerce extérieur.
7) Les organismes de contrôle doivent être dotés des moyens humains
et techniques, permettant de faciliter les procédures, pour une meilleure
fluidité.
8) Il faut une reconnaissance mutuelle des documents électroniques du
commerce au-delà des frontières. Idem pour les accords commerciaux.
9) Il faut s’assurer de la qualité des données dans la suply chain car cela

Livre Blanc 45
est très important pour la crédibilité des systèmes de facilitation, tels
que les Guichets Uniques.
10) Encourager davantage d’échange et le partage de bonnes pratiques
entre tous les pays notamment les pays africains.
11) Les différentes parties prenantes interagissant avec le Guichet
Unique devraient contribuer d’une manière cohérente au développement
et au maintien d’un système de gestion des risques opérationnels, pour
assurer la résilience et la sécurité du Guichet Unique.

Les trois conventions de la troisième


édition de la Conférence Annuelle Du
Guichet Unique PortNet
L’ADII, l’ONSSA et PORTNET S.A. s’allient pour la simplification du
contrôle des produits à l’importation
Cette convention de partenariat signée entre l’Office Nationale de la
Sécurité Sanitaire des Produits Alimentaires (ONSSA), l’Administration
des Douanes et des Impôts Indirects (ADII) et PORTNET S.A., a pour objet
d’unir les efforts des parties en créant un cadre général de partenariat et
de coopération notamment en matière d’échange électronique entre les
systèmes BADR et SIPS, à travers le Guichet Unique PortNet, de données
relatives au contrôle à l’importation.
Le partenariat à travers cet accord rentre dans le cadre des efforts unis
de coopération inclusive menés par les signataires, visant à contribuer à
la simplification des procédures du commerce transfrontalier à travers
l’échange informatisé des données, via le Guichet Unique PortNet,
l’amélioration des conditions de passage en douane des produits
soumis au contrôle de l’ONSSA, au renforcement de la protection du
consommateur, par l’instauration d’un contrôle coordonné et efficace
à l’importation et à la lutte contre la concurrence déloyale. Il contribue
également à l’amélioration de la qualité du service public, du climat
des affaires, de la compétitivité des opérateurs économiques et de
l’attractivité du Maroc pour les investisseurs étrangers.
En vertu de cet accord, les parties capitalisent sur le rôle de PortNet en
tant que plateforme centrale d’échange des données dématérialisée
relatives au contrôle à l’importation notamment pour la coordination
électronique des opérations d’inspection et de prélèvement des
échantillons au niveau des ports, des aéroports et des MEADs, ainsi

46 Livre Blanc
que pour la dématérialisation des échanges documentaires entre les
importateurs et l’ONSSA et des résultats de contrôle des produits qui lui
sont soumis.
L’ADII, l’ANRT et PorNet S.A. s’allient pour une gestion dématérialisée
des agréments des matériels de télécommunication
Cette deuxième convention de partenariat signée entre l’Agence
Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT),
l’Administration des Douanes et des Impôts Indirects (ADII) et PORTNET
S.A. a pour objectif la création d’un cadre général de partenariat à travers
le Guichet Unique PortNet.
Le partenariat, à travers cet accord, rentre dans le cadre des efforts
visant l’assouplissement et l’instauration de l’anticipation des
formalités d’agréments des matériels de télécommunication par la
dématérialisation du processus de demande d’agrément, de dispense
d’autorisation d’importation des produits soumis à agrément de l’ANRT.
Il vise à fluidifier, améliorer les formalités d’enlèvement et de lutter
contre les formes de concurrence déloyale.
Les trois parties signataires comptent contribuer à l’amélioration du
climat des affaires, de l’attractivité du Maroc pour les investisseurs
étrangers et de son classement dans les rapports des organisations
internationales spécialisées en la matière tout en capitalisant sur le
rôle de PortNet en tant que plateforme centrale d’échange des données
dématérialisée relatives au contrôle réglementaire à l’importation.
AFFM et PORTNET S.A. s’engagent pour une meilleure compétitivité
logistique
Cette troisième convention de partenariat signée entre l’Association des
Freight Forwaders du Maroc « AFFM » et PORTNET S.A. « Guichet Unique
National du Commerce Extérieur » porte sur l’accompagnement et la
mise à niveau des Freight Forwarders, l’amélioration du cadre d’exercice
de leur activité sur le plan réglementaire, technique et financier, le soutien
des actions de fédération des acteurs de la chaîne logistique import/
export et la promotion des bonnes pratiques de la logistique durable.
La signature de ces conventions s’inscrit dans la stratégie nationale de
développement de la compétitivité logistique au profit des acteurs de
la chaine logistique du commerce extérieur ainsi que l’amélioration de
la qualité du service public, du climat des affaires, de la compétitivité
des opérateurs économiques et de l’attractivité du Maroc pour les
investisseurs étrangers.

Livre Blanc 47
48 Livre Blanc
Livre Blanc 49
50 Livre Blanc
Livre Blanc 51
52 Livre Blanc
Livre Blanc 53