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Domínikos Theotokópoulosa, dit Le Grecob, est un peintre, sculpteur et architecte, né

en 1541 à Candie (aujourd'hui Héraklion), en Crète, alors une possession de la république de


Venise, et mort le 7 avril 1614, à Tolède.
Il est considéré comme le peintre fondateur de l’École espagnole du XVIe siècle. Son œuvre picturale,
synthèse du maniérisme renaissant et de l'art byzantin, est caractérisée par des formes allongées et
des couleurs vives. S'il fut célébré de son vivant, il a été oublié pendant plus d'un siècle.
Redécouvert au milieu du XIXe siècle par les romantiques français en particulier, sa peinture
extravagante a suscité des commentaires innombrables, souvent en contradiction avec les faits
historiques avérés. Sa singularité a influencé de nombreux artistes au XXe siècle, entre
autres Picasso et Jackson Pollockc.

Sommaire

 1Biographie
o 1.1Début en Crète
o 1.2Séjour en Italie
o 1.3Installation en Espagne
o 1.4Succès à Tolède
o 1.5Une fin de vie ruiné et malade
o 1.6Cercle social à Tolède
 1.6.1Un membre de la communauté grecque de Tolède
o 1.7Lacunes et légendes biographiques
 2Œuvres
o 2.1L’Œuvre de jeunesse
o 2.2La Période italienne
o 2.3La Période tolédane
o 2.4Le Greco sculpteur
 3Reconnaissance critique de son œuvre
o 3.1Les voyageurs romantiques
o 3.2Début du XXe siècle
o 3.3Après les premiers documents autographes découverts
o 3.4Après la découverte des archives grecques et des livres annotés
 4Dans la culture
o 4.1Musée
o 4.2Expositions
o 4.3Film
o 4.4Pièces de théâtre
 5Notes et références
o 5.1Notes
o 5.2Références
 6Annexes
o 6.1Bibliographie
o 6.2Liens externes

Biographie[modifier | modifier le code]


Début en Crète[modifier | modifier le code]
Il semble qu'El Greco ait été formé dans sa ville natale puisqu'il y est reçu maître-peintre en 1566. Il
porte alors le nom grec de Menegos, dont la traduction latine est Dominico1. Il est alors peintre
d'icônes dans la tradition byzantine orthodoxe, aidé par son frère Manuso, de dix ans son aîné. On
possède de lui différentes icônes.
Séjour en Italie[modifier | modifier le code]
El Greco séjourne de 1568 à 1570 à Venise, où il est identifié comme « disciple » du Titien, bien
qu'El Greco n'utilise pas la même technique. Il y est aussi influencé par le Tintoret et Bassano2. Il vit
à la marge de la communauté grecque de Venise et il collabora alors avec le géographe crétois
Georgios Suderos Kalopados à qui il envoya en 1568, des dessins cartographiques de Crète1.
Après un voyage à Parme, il voit l'œuvre du Corrège et du Parmesan3,2, il arrive à Rome où il se met
au service du cardinal Alexandre Farnèse en 1570. C'est ainsi qu'il se lia à Fulvio Orsini,
bibliothécaire du cardinal, qui devint son protecteur et qui acquit plusieurs de ses œuvres pour ses
collections, dont une Vue du mont Sinaï et le Portrait de Giulio Clovio. Ce dernier, miniaturiste
d'origine croate, auteur du livre d'heure du cardinal, devint son ami4. De cette époque date le portrait
de Charles de Guise qui organisa la protection des grecs orthodoxes après la Bataille de Lépante.
Ce tableau, conservé à Zurich, fut longtemps attribué au Tintoret et a été attribué au Greco en 1978.
Le Greco quitta le palais Farnèse en 1572, sans que l'on en connaisse le motif concret. Selon Giulio
Mancini dans ses Considérations sur la peinture, c'est la proposition d'El Greco de détruire et de
repeindre les fresques de la Sixtine qui provoqua le courroux du cardinal et de sa cour5. Selon
certains, il aurait voulu en éliminer les nus "indécents2. Si ce n'est pour cette raison, son opposition
avec Michel-Ange est assez bien documentée et remonte à sa période romaine. On peut par
exemple lire dans ses notes que Michel-Ange, n'a jamais su peindre ni les cheveux, ni imiter les
carnations, par manque de coloris6,3. On conserve cependant la lettre de demande d'explication du
Greco au Cardinal Farnèse, lettre restée sans réponse.
Le 18 septembre 1572, il est inscrit à l'Académie Saint Luc de Rome comme peintre de miniatures,
ce qui laisse perplexes les historiens de l'art. Il semble qu'il reste en Italie jusqu'en 1576 avec ses
deux assistants, Lattanzio Bonastri da Lucignano et Francesco Preboste. Ce dernier l'accompagnera
en Espagne.
La Sainte Alliance, ou le rêve de Philippe II, vers 1580
Proposition rejetée
pour la décoration de l'Escurial
Le Martyre de saint Maurice
2e toile rejetée pour l’Escurial
Installation en Espagne[modifier | modifier le code]
Il arrive en Espagne, sous Philippe II, à la période considérée comme le Siècle d'Or, où affluent les
richesses et se développent les arts, malgré la censure de l'Inquisition.
Il semble qu'El Greco vive à Madrid auprès de la Cour d'Espagne, quand il reçoit la commande
de L'Expolio pour la cathédrale de Tolède. Le doyen de la cathédrale, Diego de Castilla est le père
de Luis de Castilla avec lequel El Greco s'était lié d'amitié à Rome. La composition du retable de la
Trinité commandée en 1577 pour Santo Domingo el Antiguo à Tolède, semble avoir été également
approuvée par ce même Diego de Castilla.
En 1578, son fils Jorge Manuel naît à Tolède. On ne sait rien de la mère de l'enfant, Jeronima de las
Cuevas, qu'El Greco n'a pas épousée. L'enfant est élevé par la famille Cuevas et Le Greco ne
s'installera lui-même à Tolède qu'en 1585.
En 1579, Philippe II d'Espagne lui commande Le Martyre de Saint Maurice, destiné au palais de
l'Escurial, mais le tableau, pas plus que la Sainte-Alliance, ne plaît ni au roi, ni à la Cour, ni à
l'Inquisition, qui ne le trouvait pas assez fidèle à l'esprit du Concile de Trente7. Lors de ce concile,
point de départ de la Contre-Réforme dans les pays catholiques, il fut décidé de mettre désormais au
premier plan de l'art, les aspects mystiques et surnaturels de l'expérience religieuse8 : le martyre du
saint dans le tableau du Greco est au second plan, peu lisible. C’est au peintre italien Rómulo
Cincinato que revint la commande. Le Greco retiendra la leçon dans ses œuvres ultérieures, mais
son succès à Tolède le tint ensuite éloigné de la cour d'Espagne.
La même année, le théoricien italien du maniérisme, Federigo Zuccaro, lui rend visite et lui offre La
Vie des peintres de Giorgio Vasari, livre que l'on a conservé, annoté de la main d'El Greco9

L'Enterrement du comte d'Orgaz


1586-1588
Église Santo Tomé, Tolède
Succès à Tolède[modifier | modifier le code]
Tolède était depuis fort longtemps le centre de la vie artistique, intellectuelle et religieuse de
l'Espagne, quand le 18 mars 1586, Le Greco reçoit la commande de son fameux chef-
d'œuvre l'Enterrement du comte d'Orgaz pour l'église Santo Tomé de Tolède. Il y représente le
mythe fondateur de Tolède et les portraits des nobles et autorités de la ville qui assistent au miracle
de l'enterrement. En haut l'âme du défunt est accueillie au ciel.
En 1587, il participe à la décoration monumentale de la ville de Tolède pour la venue de Philippe II et
de la cour.
Vers 1592-1593 , il annote le traité d'architecture de Vitruve, où il exprime ses idées esthétiques en
particulier sur les déformations1.
Il vit, alors, à Tolède dans une maison louée au Marquis de Villema où il dispose, selon le
témoignage de Jusepe Martínez « d'un appartement royal avec une cuisine principale, un salon de
réception et un sous-sol donnant sur un premier patio avec un puits (…) Il gagnait beaucoup d'argent
mais le gaspillait dans le train somptueux de sa maison, allant jusqu'à engager des musiciens, qu'il
payait pour accompagner ses repas »10. En 1604, El Greco et sa famille occupent vingt-quatre pièces
de la maison.
Cardinal Fernando Niño de Guevara, 1600-1601
Metropolitan museum of art, New York
Les commandes religieuses et privées affluent, en particulier de nombreux portraits. En 1596, il
reçoit la commande du retable majeur du Collegio de la Encarnación à Madrid, puis en 1603 de celui
du Collegio de San Bernardino de Tolède et celui de l'hôpital de la Caridad de Illescas, enfin celui
de Tavera, pour lesquels il réalise peinture, sculpture et architecture1.
En 1603, son fils Jorge Manuel se marie, il apparaît comme assistant de son père ou comme peintre
indépendant dans le style inventé par son père. Le peintre est également assisté de Luis Tristán. En
1604, le frère d'El Greco, Manuso, meurt à Tolède où il est enterré.
Entre 1605 et 1608, le graveur Diego de Astor reproduit une série de ses tableaux.
Une fin de vie ruiné et malade[modifier | modifier le code]
1606, marque le début des procès des commanditaires des retables contre le Greco et son fils. Ils
sont souvent le résultat des procédés commerciaux d'El Greco qui, par exemple, demandait à son
assistant Francisco Prebloste de passer un accord avec un génois de Séville pour que ses tableaux
soient reproduits en broderie. Son atelier reproduit trois, quatre fois chacune de ses toiles en
différents formats, en particulier les tableaux de dévotion comme la série consacrée à saint François
d'Assise. De plus, à partir de 1608, son état de santé se dégrade, et son fils Jorge Manuel falsifie sa
signature sur des contrats1.
En 1611, Francisco Pacheco, peintre, théoricien de l'art et théologien, lui rend visite à Tolède. Il
décrit sa rencontre avec El Greco qui lui montre ses modèles, maquettes et sculptures en cire faits
de sa main, servant à la composition des toiles, puis les originaux peints à l'huile de petites
dimensions de toutes ses compositions. À la question : qu'est-ce qui est le plus difficile, peindre ou
dessiner ?, Greco aurait répondu « utiliser la couleur ». À cette occasion, il confirme son opinion sur
Michel-Ange et ajoute : « certes c'était un homme bon mais qui ne savait pas peindre »11. Pacheco
qualifie le Greco de « peintre-philosophe »12.
En 1612, son fils lui achète une sépulture. El Greco meurt ruiné le 7 avril 1614 à Tolède en ne
laissant pas de testament. Il y est inhumé religieusement dans l'église de Santo Domingo el Antiguo.
Son fils fait l'inventaire des biens de son père en tentant d'échapper aux saisies de l'Hôpital Tavera
avec lequel il est en procès pour le retable toujours inachevé.
En 1619 les restes du Greco sont transférés en l'église de San Torcuato de Tolède. L'église est
détruite en 1868, les tombes dispersées. Il ne reste de son tombeau que la description du poète
espagnol Luis de Góngora, contemporain d'El Greco, Tombeau de Domenico Greco, excellent
peintre :
« De forme élégante, ô Passant, Cette lumineuse pierre de porphyre dur Prive le monde du pinceau
le plus doux, Qui ait donné l’esprit au bois et vie au tableau. Son nom est digne d’un souffle plus
puissant Que celui des trompettes de la Renommée Ce champ de marbre l’amplifie. Vénère-le et
passe ton chemin. Ci-gît le Grec. Il hérita de la Nature L'Art. Il étudia L’Art. D'Iris les couleurs. De
Phoebus les lumières et de Morphée les ombres. Que cette urne, malgré sa dureté, Boive les
larmes, et en exsude les parfums. Funèbre Écorce de l’arbre de Saba. »
Cercle social à Tolède[modifier | modifier le code]

Vue de Tolède sous l'orage


(1596-1600)
Metropolitan Museum of Art, New York
Portrait de Jeronimo Cevallos
maire de Tolède, 1613
Musée du Prado

Frère Hortensio Felix de Paravicino


v.1609, Boston
Au cercle de la famille d'El Greco à Tolède, telle que nous la connaissons actuellement, c’est-à-dire
avec Manuso, le frère aîné marchand, Jorge Manuel, le fils, Jeronima de las Cuevas, la mère de
l’enfant, ainsi que les différents assistants de l’atelier, s’adjoint un groupe restreint d’amis et d’érudits
tolédans dont on connaît les noms et dont le Greco a peint les portraits.
El Greco fréquente Luis de Castilla, doyen de la Cathédrale de Tolède et fils naturel de Diego de
Castilla, qui possède quelques-unes de ses toiles. Andrez Nunez de Madrid, curé de l’église de
Santo Tomé, et apparenté à la famille De La Fuente, possédait également des toiles du Greco, et a
aidé le peintre à obtenir des commandes de clients, parmi lesquels un médecin, Martin Ramirez de
Zayas, professeur de théologie à l’Université de Tolède. Alonso de la Fuente Montalban est le
trésorier de La Ceca de Tolède. Au conseil du gouvernement de la ville, l’orthodoxie doctrinale des
peintures est la charge du docteur Pedro Salazar de Mendoza qui, semble-t-il, possédait la Vue de
Tolède. Ce conseil compte également parmi ses membres Jeronimo Oraa de Chiroboga, Rodriguez
Vazquez de Arce, dont le portrait est actuellement au Prado, Francisco Pantoja de Ayala, Domingo
Perez Ribedaneira, Juan Bravo de Acuna.
Un des meilleurs amis du Greco est le tailleur Diego de Avila. Dans son cercle d'amis se trouvent
des érudits et des humanistes, comme Alvarez Gomez de Castro, Antonio de Covarrubias y Leiva,
hellénistes et professeurs à l’université de Tolède, le théologien Francisco de Pisa, le docteur
Jeronimo de Cevallos, maire de la ville ; l’avocat Alonso de Narbona, dont le frère Eugenio le mis en
contact avec le poète Luis de Góngora et le prédicateur de la cour, Hortensio Félix Paravicino dont il
fit le portrait, était confesseur du Roi et poète, il lui dédiera un poème apologique au « Divin
Greco »13.
ll connaît aussi des collectionneurs comme Salazar de Mendoza qui possédait soixante-cinq
tableaux de lui, Dona Luisa de Centeno, qui possédait trois tableaux, Doctor Cristobal del Toro, un
curé, qui possédait son portrait, et enfin le grand Inquisiteur Pedro Giron du Tribunal tolédan du Saint
Office qui possédait, outre un Greco, les premières natures mortes de Vélasquez. On trouve peu de
nobles parmi ses amis, si ce n'est Pedro Lasso de la Vega, frère du poète Garcilaso de la Vega qui
possédait sept toiles. Le docteur Gregorio de Angulo, poète et ami fidèle, est l’ange gardien du
peintre, lui prêtant de l’argent en diverses occasions ; il est le parrain d’un des fils de Jorge Manuel.
Un membre de la communauté grecque de Tolède[modifier | modifier le code]
El Greco fut également un membre influent et très impliqué de la communauté grecque de Tolède
qui vint vivre en Espagne après la victoire de la Sainte-Ligue à Lépante. Il participe et organise des
collectes de fonds pour le rachat d'otages grecs aux mains des Turcs ; et bien que parlant
difficilement le castillan, il servit d'interprète dans un procès14 d'Inquisition.
Lacunes et légendes biographiques[modifier | modifier le code]
Le Gentilhomme à la main sur la poitrine
(À la redécouverte du Greco au début du XXe siècle, ce portrait a « déchaîné un torrent littéraire en Espagne ».)
De nombreuses informations douteuses, légendaires ou erronées circulent sur El Greco.
Il n’y a aucun document certain concernant sa naissance, en dehors des actes et documents de
Tolède, qui le donnent comme né à Candie en Crète en 1541.
Le 6 juin 1566, il est fait état d'un certain maître-peintre Menegos (forme dialectale vénitienne de
Dominique) en Crète. S'agit-il toujours de la même personne ? Les avis des historiens divergent. En
tout cas en 1576, un certain Domeniko Theotocopoulos obtient l'autorisation du gouvernement
vénitien de l'île de Crète de vendre aux enchères un tableau représentant la Passion du Christ pour
70/80 ducats. Par contre la référence à la ville de Fódele est due à un faux document, écrit
au XVIIe siècle et publié en 1932 par le journaliste grec Achilleus Kyrous15.
Il est possible que le peintre se soit marié, ou ait reçu les ordres comme le veut la tradition orthodoxe
grecque dans le cas des peintres d’icônes qui prennent les ordres et peuvent être mariés, mais il n’y
a aucun document de baptême, ni de conversion, découvert à ce jour. Les hypothèses d'historiens
sont controversées, les historiens grecs proposent l’orthodoxie, les Anglais et les Espagnols
proposent le catholicisme romain… Le mysticisme du Greco, thème apparu chez Cossio, est sans
fondement.
Les causes du départ vers Venise sont inconnues à ce jour. Un certain nombre de documents
vénitiens font état de la présence de Manussos et d'un certain Menegin Theotocopoulo à Venise en
1567.
On ne connait pas non plus les raisons de son départ de Rome vers Madrid, et celles de son
installation à Tolède. On dit qu'il plaida avec acharnement pour obtenir un prix plus élevé de ses
toiles, et une légende veut qu'il ait été un mauvais débiteur qui pourtant menait une vie frugale.
Hugo Kehrer en 1921 publie un faux littéraire, une lettre apocryphe au Cardinal Farnèse attribué à
Guilio Clovio. André Malraux le cite dans son écrit Les Voix du Silence : « L’éclat du jour nuirait à ma
lumière intérieure » aurait répondu Le Greco à son ami Giulio Clovio surpris de le trouver dans
l'obscurité de son atelier.
Entre 1920 et 1950, les études se portent sur la période vénitienne du Greco, jusqu'à augmenter le
nombre d'œuvres attribués à plus de 800.
Dans ces années, l'œuvre du Greco atteint une forme d'apogée littéraire, Níkos Kazantzákis écrit en
1956 sa Lettre au Greco, confession littéraire de l'écrivain grec, ou pour Ernest Hemingway.
Jeronima de las Cuevas, la compagne du Greco, est mentionnée dans différents documents,
notamment dans le dernier pouvoir du peintre à son fils. On ne sait rien d'elle, de son origine
sociale ; le fait qu’elle soit mentionnée dans ce pouvoir n'indique pas qu’elle ait été morte ou vivante
au moment de sa rédaction. Son nom a été attaché au XIXe siècle en Angleterre, à la Femme à la
fourrure de la Burrell Collection à Glasgow. Ce tableau est aujourd'hui attribué à Sofonisba
Anguissola16. L'existence d'une fille du Greco est sans fondement historique, pure invention
de Théophile Gautier et cité par Maurice Barrès.
Certains historiens de l'art et médecins positivistes, tels que Maurice Barrès au début du XXe siècle,
suggèrent qu'El Greco souffrait d'un problème oculaire, peut-être une malformation de la rétine qui
aurait influé sur sa peinture : « Un oculiste espagnol, le docteur German Béritens, a soutenu (…) que
c'était astimagtisme (…) la preuve : prenez chez un opticien les verres de lunettes que prescrivent
les oculistes (…), la toile de El Greco vous apparaîtra immédiatement normale, naturelle, totalement
dépourvue de ces fautes de proportions déformantes »17. Il faut pourtant remarquer que
l'allongement des formes est déjà présent et caractéristique de peintres espagnols du XVIe siècle
antérieurs au Greco, en particulier Luis de Morales.

Gentilhomme de la maison de Leiva


1580, Montréal, musée des Beaux-Arts
La folie du Greco, thème apparu avec le romantisme, en particulier chez Théophile Gautier, est sans
fondement historique. L’historien allemand Carl Justi, en 1888, dans Diego Vélasquez et son siècle,
affirme que la peinture du Greco représente
« le miroir et le résumé des dégénérescences picturales. Prisonnier de ses rêves fous, son pinceau
semble vouloir nous livrer le secret des extravagants incubes qu’engendrait son cerveau surchauffé.
De ses doigts fébriles il a modelé des personnages qui semblent en caoutchouc, de douze têtes de
haut, et après les avoir badigeonnées n’importe comment, sans modelé ni contours, ni perspectives,
il les peignait en d’étranges rangées symétriques ; le bleu et le soufre étaient ses couleurs favorites,
la toile ayant été préalablement enduite de blanc et d’un violet noirâtre. Cela s’explique très
vraisemblablement par une perturbation de l’organe de la vue ; les causes psychologiques sont le
désir de paraître original, la mégalomanie, la bravade, des misères passagères et des offenses
inévitables pour un étranger. De telles situations ne sont pas rares dans la vie des artistes, mais
elles trouvèrent un terrain favorable dans sa nature névropathe. »
En 1955, un médecin de Tolède, Gregorio Marañón, prétendit expliquer la spiritualité des
personnages du Greco par la folie des modèles employés, qui selon lui « avaient la même
morphologie et la même exaltation expressive » ; pour ce faire il habilla de robes les « déments » de
l'asile de Tolède et les photographia dans des poses inspirées des tableaux ; son livre El Greco y
Toledo eut un grand retentissement en son temps.
Ces citations marquent l'incompréhension de certains historiens de l'art moderne face à un système
esthétique, théologique et poétique particulier qui ne fonctionne pas paradoxalement sur l'identité de
l'artiste (sa signature), mais sur une image singulière et recherchée qui peut être répétée par
d'autres (l'atelier, copistes, etc.) tout en conservant sa force iconique18.
Le musée La maison de El Greco à Tolède a été inventé de toutes pièces au début du XXe siècle, par
le marchand de tableaux espagnols Vega-Inclan, qui vendait les Greco mais aussi des Sorolla,
des Velazquez, ou des Goya aux grandes collections et musées américains, et par l'historien de l'art
espagnol Manuel Bartiolomé Cossio pour satisfaire les touristes. Elle fut construite en 1905 par
l'architecte espagnol Eludio Laredo qui fit un pastiche de palais du XVIe siècle à partir des murs en
ruines du palais du Marquis de Villena, de 2 000 m2 environ, que Vega-Inclan avait racheté à cet
effet. Pour ce faire, l'architecte fit venir des pierres du Palais Marchena de Séville, ou des colonnes
de Burgos. Le musée fut achevé en 1925 par la construction d'une chapelle en style mudéjar. Vega-
Inclan fut également ministre du Tourisme d'Espagne (commissario de Regio) de 1911 à 1928.
Entièrement décoré d'objets d'époque, le musée reconstitue un intérieur probable, cuisine, atelier,
chambres, etc. dans lequel El Greco aurait pu vivre, mais où il n'a jamais vécu. En 1909,
1 000 touristes visitèrent la maison, en 1911 4 000, en 1912 40 000, 80 000 en 1924, 100 000
en 1925. Cette maison devint alors le premier établissement privé touristico-culturel de la ville.

Œuvres[modifier | modifier le code]


Après sa mort, ses œuvres tombent dans un oubli relatif. El Greco n'est plus connu au XIXe siècle que
par certains de ses élèves ou suiveurs. Ce n'est qu'à la toute fin de ce siècle que des artistes et des
critiques s'intéressent à son expression très personnelle. La libération des formes, la lumière et les
couleurs du Greco inspirèrent Pablo Picasso et Jackson Pollock dans leurs efforts pour révolutionner
la peinture.
La plupart des tableaux du Greco se trouvent aujourd'hui en Espagne, en particulier au musée du
Prado à Madrid, qui possède trente-quatre de ses œuvres, dont de nombreuses copies dues à son
atelier, qui fonctionna avec son fils (puis jusqu'au milieu du XVIIe siècle). On en trouve également aux
États-Unis, et au musée du Louvre qui possède trois œuvres dont deux acquises au début
du XXe siècle et la dernière en 1941.
Saint Luc peignant la Vierge
détail d'une icône de jeunesse
L’Œuvre de jeunesse[modifier | modifier le code]
Domenico Theotocopoulos est reçu Maître-Peintre en 1563 à Candie. En 1566, Il obtient le droit de
vendre aux enchères une icône. Les trois icônes que l'on possède de lui suivent les principes de l'art
byzantin, à travers la réalisation d'icônes en à-plat et au dessin cerné et dans le style grec, épuré et
conforme à cet art mesuré où prime la recherche de la « Vraie Image » sur fond or de la
théologie orthodoxe, (Saint Luc peignant la Vierge, musée Benaki, Athènes). On remarquera
cependant l'évolution vers des icônes de style renaissant (Adoration des Mages, musée Benaki) qui
annonce le triptyque de Modène (Galerie Estense Modène Italie)d. Les œuvres de jeunesse du
Greco furent identifiées dans la seconde moitié du XXe siècle.
Le cardinal de Guise,
1570-1572, Kunsthaus de Zurich.
La Période italienne[modifier | modifier le code]
La période italienne, la moins documentée d'un point de vue historiographique, montre un Greco qui
se met à la peinture de chevalet sur toile en clair-obscur (technique vénitienne) en y transposant les
techniques de l'icône, manière qu'il conservera par la suite. À Rome, il est proche des
théoriciens maniéristes, Federigo Zuccaro (théoricien du dessin intérieur, de l'idée que l'on a à
l'intérieur de soi, de la lumière intérieure) et Lomazzo qui recommandait pour le corps humain
« l'allongement des formes », la « forme serpentine » et « la flamme bondissante ».
Avec les tableaux religieux, le Greco peint des portraits, comme celui de Giulio Clovio (Naples), mais
qui se situent alors dans la distinction maniériste entre l'acte de « portraiturer », qui reproduit la
réalité telle qu'on la voit, et l'acte « d'imiter », qui la reproduit telle qu'on devrait la voir comme
dans Jeune garçon soufflant sur un tison (Naples), qui est du ressort du peintre.

 Jeune garçon soufflant sur un tison, 1570-1575, huile sur toile,


77 × 68 cm, musée Capodimonte, Naples
 Portrait de Giulio Clovio, 1570-1575, huile sur toile, 62 × 86 cm,
musée Capodimonte, Naples
 Portrait d'un jeune homme, Collection Bentinck-Thyssen, musée
national d'Histoire et d'Art (MNHA), Luxembourg 20
 Cardinal de Guise, 1570-1572, Kunsthaus de Zurich. Longtemps
attribué au Tintoret, attribué au Greco depuis 1978
 Vincenzo Anastagi, 1571-1576, huile sur toile, 188 × 127 cm, Frick
Collection, New York21
 Annonciation, 1575, huile sur toile, 108 × 79 cm, Collection
Oohara, Kurashiki22
 La Guérison de l'aveugle, huile sur toile, 50 × 61 cm, Galerie
nationale de Parme23

 Versions de la Purification du temple


Jésus chassant les marchands du temple


manière italienne

 Christ chassant les Marchands du Temple


2e version
En bas à droite le Titien et Giulio Clovio


3e version, v. 1600
tolédane, concentrée sur le Christ, 106 × 130 cm
National Gallery, Londres

Le Christ chassant les marchands du Temple


version ultime, 106 × 104 cm
Église San Ginés de Madrid.
Autre version :

 La Purification du temple, v. 1600, huile sur toile, 42 × 52 cm, Frick


Collection, New York, est probablement une des dernières versions
de ce thème de la purification, symbole de la purification de l'église
par l'Inquisition21.
Selon l'historien de l'art espagnol Fernando Marias1, l'échec du Greco en Italie est dû à la polémique
déclenchée par Pietro Ligorio, dans son pamphlet, Trattado di alcune Cose, publié à Rome en 1572,
contre les « corrupteurs de l'art » qu'auraient été Guilio Clovio et El Greco. Ils apparaissent dans ce
livre sous les traits d'un « étranger maladroit qui n'a jamais su dessiner, ni tracer une seule ligne, ni
enseigner » pour l'un, et pour l'autre « son compagnon venu à Rome d'outremer, genre de grand
seigneur, ambitieux, capable de soutenir les artisans les plus mécaniques et les plus idiots que l'on
puisse rencontrer. »
La Période tolédane[modifier | modifier le code]
Le Partage de la tunique du Christ(El Espolio)
(1577–1579), sacristie
Cathédrale Sainte-Marie de Tolède)
El Greco cherche à communiquer l'essentiel ou la signification essentielle du sujet à travers un
processus de caractérisation et de simplification. À Tolède, il s'accomplit en abandonnant la
solennité de la Renaissance et l'observation de la nature. Au contraire, il se conforme
au maniérisme du XVIe siècle et au style byzantin dans lesquels les images sont conçues dans
l'esprit. L'espace est perçu dans l'imagination, la lumière est incandescente, rétive et irréelle, les
couleurs sont pures, lumineuses et surnaturelles, les figures sont allongées, énergiques et
dématérialisées. Toutes paraissent illuminées et dynamisées par l'intervention spirituelle de la grâce
divine pour suggérer la puissance de l'âme.
Par ailleurs, la popularité de la découverte du Greco au début du XXe siècle fit que de nombreuses
œuvres lui furent attribuées par les marchands, aujourd'hui la paternité de certaine est largement
discutée.
La toute première commande espagnole, est L'Expolio, en juillet 1577 pour le maître-autel de la
sacristie de la cathédrale Sainte-Marie de Tolède. C'est l'une des plus célèbres toiles du Greco dont
les pièces d'autel sont alors prisées pour leur composition dynamique et leurs innovations picturales.
Il existe une version de 1606 signée par Jorge Manuel Theotocopouli au musée du Prado et
plusieurs autres copies, autographes et d'atelier.
La Trinité

La Trinité
les tableaux sont des copies modernes
par contre les sculptures et l'architecture du maître-autel de Santo Domingo sont originales,
El Greco reçoit le 11 septembre 1577, la commande de l'ensemble iconographique (peinture,
sculpture et architecture) du retable du grand autel de Santo Domingo el Antiguo
à Tolède. La Trinité, représentation d’un dogme central du christianisme, est destinée à être la partie
haute de ce retable, qui comporte sept toiles et cinq sculptures enchâssées dans une structure
architectonique ornée de colonnes et frontons. L’architecture du retable n’est pas sans rappeler
les iconostases des églises orthodoxes grecques.
La Trinité (El Greco) (1577, musée du Prado, Madrid)
Les peintures du retable sont aujourd'hui dispersées dans différents musées, les peintures actuelles
sont des copies modernes. La composition du tableau de La Trinité conservée au Prado, est reprise
d'une gravure d'Albrecht Dürer, la pose du Christ est reprise d'après Michel-Ange. Dieu est peint
comme un vénérable vieillard avec les cheveux longs et une barbe vénérable et tient devant lui dans
ses mains le Christ mort. Il est vêtu de blanc comme le pape, porte un manteau bleu et or et
une tiare. Le Christ est peint dans la position de la descente de croix avec les stigmates de
son calvaire. Une colombe, placée sur un fond or comme dans la tradition des icônes, représente le
Saint-Esprit et vole au-dessus. Les anges et séraphins font cercle autour de la scène. La lumière
semble venir du corps du Christ, de Dieu et de la colombe.
Quand Francisco Pacheco lui rend visite au Greco dans son atelier tolédan en 1611, dans son
traité L'Art de la peinture publié en 1649, il commente la Trinité reproduisant la gravure de Dürer12.
Autres œuvres
Voir articles détaillés : L'Enterrement du comte d'Orgaz et L'Adoration des bergers (El Greco)

 L'Assomption de la Vierge, 1577 , 401 × 229 cm, musée Santa Cruz


de Tolède, Hôpital de Tavera24
 Portrait d'un gentilhomme de la maison de Leiva, 1580, huile sur
toile, musée des Beaux-Arts, Montréal)
 Antonio de Covarrubias y Leiva, musée du Louvre25
 Le Christ en croix adoré par deux donateurs, acheté en 1908 à la
ville de Prades) 26, v. 1580, toile, 248 × 180 cm, peint pour l'église
des religieuses hiéronymites de la reine à Tolède27
 Les Larmes de saint Pierre, v. 1580, huile sur toile,
108 × 90 cm, Bowes Museum, Barnard Castle28
Les Apôtres Pierre et Paul, 1587-1592
Ermitage

 La Sainte Famille, v. 1580, huile sur toile, 106 × 87 cm, Hispanic


Society of America, New York29
 La Résurrection du Christ30, 1584-1594, huile sur toile,
275 × 127 cm, musée du Prado, Madrid8
 Saint Louis, roi de France, et un page, 1585-1590, toile,
330 × 211 cm, acheté par le Louvre en 190331
 Portrait d'un gentilhomme âgé, v. 1590, huile sur toile,
108 × 90 cm, musée du Prado, Madrid29
 Saint Jérôme, 1590-1600, huile sur toile, 188 × 127 cm, Frick
Collection, New York. Il en existe quatre versions21.

Saint Jérôme en cardinal, vers 1610, MET.

Saint Jérôme en cardinal, huile sur toile, 108 × 87 cm, Metropolitan


Museum de New York32

 Portrait de Jorge Manuel Theotocopoulos, musée des beaux-arts de


Séville33
Les Apostolados sont des séries de douze toiles représentant les douze apôtres. Greco a réalisé
quatre versions de la même série, de tailles différentes avec la même iconographie. Deux séries sont
à Tolède, une à la cathédrale, l'autre dans la maison du Greco, une troisième version est au musée
d'Oviedo , une désapareillée est entre autres aux États-Unis à Minneapolis. L'attribution de ces
séries au Greco, à son fils ou même au suiveur Blas Munoz (v.1650-1708) est discutée34.

 Le Sauveur (1595-1600, taille 72 × 57 cm) de la Galerie nationale


d'Écosse à Édimbourg est considérée comme de la main du Greco
et ferait partie d'une Apostolado aujourd'hui perdue. La
ressemblance de cette figure du Christ avec l'îcone byzantine
du Christ pantocrator est troublante : même geste, même attitude,
même expression.
 Les Apôtres Pierre et Paul, 1592, huile sur toile,
121 × 105 cm, musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg font partie
d'une des Apostolados de Tolède 35.

 Les Apôtres 1610-1614 au musée Greco de Tolède


Saint Jacques le mineur


Saint André

Saint Barthélemy

Saint Jacques le majeur

Saint Matthieu

Saint Philippe

Simon

Saint Jude dit Thaddée

Saint Thomas

Saint Jean

 La Vue de Tolède sous l'orage de 1597-1599, huile sur toile de


121 × 109 cm, du Metropolitan, est généralement considérée
comme l’un des premiers paysages en tant que sujet unique de
peinture et non décor. Le Greco réalisa plusieurs vues de Tolède,
dont seulement deux sont aujourd'hui conservées. Sur la seconde
vue de Tolède, il précise même sur un billet manuscrit dans le
tableau qu'il a été obligé de déplacer un bâtiment pour donner plus
de visibilité à la vue1. Selon les mots d'Ernest Hemingway, « le
meilleur tableau du musée [le Metropolitan Museum of Art, New
York] et Dieu sait s'il y en a des bons ! »
 Saint Jean l'Évangéliste et saint François, huile sur toile,
109 × 86 cm, musée des Offices, Florence36.
 Un cardinal, 1600-1601, huile sur toile, 171 × 108 cm, Metropolitan
museum of art. On a longtemps vu dans ce cardinal Don Fernando
Nino de Guevara qui vécut à Tolède. Mais on pense depuis peu qu'il
s'agirait soit de Don Gaspar de Quiroga, soit de Don Bernardo de
Sandoval y Rojas, tous deux cardinaux évêques de la ville32.
 Saint François d'Assise, musée des Beaux-Arts de San Franciscoo.
Une des innombrables versions de ce saint très populaire en
Espagne au XVIe siècle.
Saint François d'Assise
une des versions
San Francisco

La Mort de Laocoon, v. 1610


Washington

 Le Baptême du Christ (1608-1614) huile sur toile,


330 × 211 cm, musée Santa Cruz de Tolède, Hôpital de Tavera37
 L'Ouverture du cinquième sceau (La Vision de saint Jean), 1608-
1614, huile sur toile, 222 × 193 cm, Metropolitan museum of art,
New York29
 Le Concert des anges, 1608-1614, huile sur toile,
115 × 217 cm, Pinacothèque nationale d'Athènes38
 Frère Hortensio Felix de Paravicino, v.1609, huile sur toile,
112 × 86 cm, musée des Beaux-Arts de Boston, Boston
 La Mort de Laocoon, 1610, National Gallery of Art, Washington. Une
des œuvres ultimes du Greco en référence aux sculptures antiques
romaines et à Michel-Ange.
Les compositions, mêlant iconographies byzantine et maniériste, sont des citations plus ou moins
directes de sculptures antiques (par exemple le Laocoon), de dessins de Michel-Ange ou de
gravures d'Albrecht Dürer et d'autres. Les toiles sont peintes sur un fond de terre sombre selon la
technique du bolus byzantin et peintes d'une touche fine et régulière, les visages sont estompés
avec une brosse sèche, les parties dans l'ombre ne sont pas peintes, les parties de décor sont
ébauchées avec un simple badigeon. Sur le pourtour caché par le cadre, on trouve la palette,
esquissée, essayée. Le Greco réalisait sans doute un carton préparatoire qui permettait à l'atelier la
répétition à différentes échelles d'un même sujet. Les portraits suivent les règles du portrait « en
gloire » de l'esthétique maniériste. Son art a été rapproché39 des philosophies espagnoles
du conceptisme, théologique et mystique de saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d'Avila et des
poésies de Luis de Góngora40

 Influence byzantine
 Le Sauveur, période espagnole
Musée d’Édimbourg

Le Christ pantocratorbyzantin
mosaïque de la déisis, Sainte-Sophie, Istanbul
Le Greco sculpteur[modifier | modifier le code]
La Sainte-Face (1577)
Élément du retable de la Trinité
entablement intermédiaire
avec deux sculptures du Greco
El Greco possédait une ample bibliothèque d'une centaine de livres (traités d'architecture et de
textes philosophiques et esthétiques classiques) en italien, en grec et en espagnol. Il ne lisait pas le
latin et parlait difficilement le castillan. Ses notes et pensées sont écrites dans les marges des Vies
d'artistes de Vasari et du Traité d'architecture de Vitruve dans un mélange d'italo-vénitien et de mots
castillans insérés, montre qu'il était parfaitement au courant des débats esthétiques post-renaissants.
Avant de mourir, il écrivit un Traité de Perspective en cinq parties, manuscrit aujourd'hui perdu41. Sa
bibliothèque comportait également plusieurs centaines de gravures qui lui servaient de modèles.
El Greco est l'auteur des peintures mais également de sculptures et du dessin de l'architecture de
l'ensemble des retables et encadrements de ses tableaux avec colonnes, chapiteaux, rinceaux,
frontons, etc. suivant les préceptes de l'architecture classique
de Vitruve, Serlio, Alberti, Labacco, Vignola, ou Palladio41,42. dont il possédait les livres. Il est l'auteur
de l'architecture du retable de Santo Domingo el Antiguo tel l'on peut le voir encore aujourd'hui. El
Greco est l'auteur d'un Christ ressuscité en bois polychrome conservé à l'hôpital Tavera et
d'une Épiméthée et Pandore (1600-1610) en bois polychrome conservée au Prado29.

Reconnaissance critique de son œuvre[modifier | modifier le code]


De son époque a aujourd'hui, l'œuvre du Greco a été très diversement appréciée et commentée,
qualifiée de mystique, de maniériste, de pré-expressionniste, de pré-moderne, de folie,
d'astigmatisme, ou de quintessence de l'esprit espagnol, enfin de peintre grec.
Les contemporains du Greco comme le peintre et théoricien de l'art Francisco Pacheco,
reconnaissent son talent mais aussi son isolement. Le peintre et théoricien Jusepe
Martinez au XVIIe siècle qualifie son style de capricieux et d'extravagant. Au XVIIIe siècle Antonio
Palomino apprécie la peinture du Greco dans le style vénitien de sa période italienne et de son début
en Espagne, mais pas l'œuvre ultime, dans un aphorisme resté célèbre : "Ce qu'il a fait bien,
personne n'a fait mieux; ce qu'il a fait mal, personne n'a fait pire"43. « Greco était un grand peintre,
disciple de Titien qu’il a imité si bien que ses peintures étaient confondues avec celles de son maître
(…) aussi constatant cette confusion entre sa peintures et celles du Titien, il chercha à changer sa
manière, avec une telle extravagance qu’il rendit sa peinture dépréciée et ridicule par un dessin
disloqué et le désuni de sa couleur44. »
Les voyageurs romantiques[modifier | modifier le code]
Au XIXe siècle, Les écrivains romantiques français, en particulier Théophile Gautier dans son Voyage
en Espagne publié en 1843, voit dans El Greco un peintre halluciné d'une force rare d'expression,
que l'écrivain associe à sa vision d'une Espagne pittoresque45. Le peintre est alors redécouvert en
particulier à travers les toiles que possède le Louvre à Paris dans la Galerie Espagnole sous Louis-
Philippe46. Eugène Delacroix, Jean-François Millet ou Édouard Manet puis Cézanne s'intéressent à
lui, le collectionnent ou copient ses toiles. Ainsi Manet et le critique d'art Zacharie Astruc échangent
par lettres « Deux hommes seulement, après le Maître (Velazquez), m'ont séduit là-bas : Greco dont
l’œuvre est bizarre, des portraits fort beaux cependant (je n'ai pas été content du tout de son Christ
de Burgos) et Goya47 » écrit Manet, « Combien de fois ne vous ai-je parlé de ce pauvre Greco. N'est-
il pas vrai que son œuvre semble empreinte de quelque horrible tristesse. Avez-vous remarqué
l'étrangeté de ses portraits ? Rien de plus funèbre. Il les ordonne avec deux gammes : le noir, le
blanc. Le caractère en est frappant. Tolède possède deux toiles que je vous avais signalées : La
mort d'un chevalier -Jésus au milieu des soldats. Mais pourrez-vous croire, maintenant, à cette
absurdité propagée, encore par Gautier, - Greco devint fou, désespéré de sa ressemblance avec
Titien. Voilà bien, toujours la critique française - l'historiette. Est-il un artiste plus personnel que celui-
là -personnel de ton, de forme, de conception48?. »répond Astruc.
Début du XXe siècle[modifier | modifier le code]
La première grande étude espagnole consacrée au Greco est celle de Manuel Bartolomé Cossio,
en 1908 qui publie le premier catalogues de El Greco avec 383 œuvres.
Le premier livre important à son propos en français est celui de Maurice Barrès, en 1910, Le Greco
ou le Secret de Tolède, dans lequel il associe le peintre visionnaire, fou et astigmate à une vision
mythique de la ville espagnole, sans tenir compte des découvertes de San Roman.
Après les premiers documents autographes découverts[modifier | modifier le
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En 1910, l'historien de l'art espagnol San Roman publie El Greco en Toledo, où il donne à lire les 88
documents d'archives (contrats, actes notariés...) qu'il a découvert à Tolède et qui établissent la base
de la documentation factuelle de la période espagnole du Greco. En Espagne, la même année,
s'ouvre le musée du Greco, une maison-musée édifiée sous l'impulsion du marquis Don Benigno de
la Vega-Inclán, qui fait par ailleurs beaucoup pour réhabiliter l’œuvre du peintre en Espagne.
En 1912, le critique allemand Meier-Grafe publie Spanishe Reise dans lequel il affirme l'idée qu'El
Greco est le précurseur de l'art moderne et de l'expressionnisme. Picasso, Robert Delaunay, puis
plus tard Jackson Pollock s'inspirent de lui et revendiquent ses déformations. Guillaume
Apollinaire le voit comme une figure tutélaire : « l'inspiration qui animait le candiote dont les œuvres
si dépouillées unissent aux beautés de l'hellénisme toutes les splendeurs de la foi chrétienne49. »
Dans les années 1920, les théories « scientistes » se multiplient pour tenter de comprendre soit la
folie, soit la paranoïa, ou l'astigmatisme du Greco50.
Entre 1920 et 1950, les études se portent sur la période vénitienne du Greco, jusqu'à augmenter le
nombre d'œuvres attribués à plus de 800. Dans ces années, l'œuvre du Greco atteint une forme
d'apogée littéraire, Níkos Kazantzákis, Ernest Hemingway et André Malraux (dans Les Voix du
Silence) écrivent sur le peintre.
Elie Faure écrit dans son Histoire de l'Art : « Le Crétois qui voyait encore luire au fond de sa
mémoire la lueur étroite et rouge dont s'éclairent les icônes dans les chapelles orthodoxes, et que
Titien et Tintoret avaient initié à la peinture dans leur Venise où le lit de pourpre et de fleurs des
agonies royales était déjà disposé, porta dans ce monde tragique la ferveur des natures ardentes où
toutes les formes nouvelles de sensualité et de violence entrent en lame de feu. Au fond, ce jeune
homme de 25 ans était un vieux civilisé plein de névroses séculaires, que les aspects sauvages du
pays où il arrivait et le caractère accentué du peuple au milieu duquel il allait vivre subjuguèrent au
premier choc. Tolède est faite de granit. Le paysage autour d'elle est terrible, d'une aridité mortelle,
des mamelons pelés pleins d'ombre dans les creux, un torrent encaissé qui gronde, de grands
nuages traînants. Par les jours de soleil, elle ruisselle de flamme, elle est livide comme un cadavre
en hiver. À peine çà et là, l'unité verdâtre de la pierre est-elle effleurée du pâle argent des oliviers, de
la légère tache rose ou bleue d'un mur peint. Mais aucune terre grasse, aucun feuillage bruissant,
c'est un squelette décharné où rien de vivant ne bouge, un absolu sinistre où l'âme n'a d'autre refuge
que la solitude éperdue ou la cruauté et la misère dans l'attente de la mort. Avec ce granit pilé, cette
horreur, cette flamme sombre, le Greco peignit ses tableaux. C'est une peinture effrayante et
splendide, grise et noire, éclairée de reflets verts. Dans les vêtements noirs il n'y a que deux taches
grises, les fraises, les manchettes d'où sortent des têtes osseuses et des mains pâles. Soldats ou
prêtres, c'est le dernier effort de la tragédie catholique. Ils portent déjà le deuil. Ils enterrent un
guerrier dans le fer et ne regardent plus qu'au ciel. Leurs faces grises ont l'aridité de la pierre. Les os
qui percent, la peau séchée, les globes oculaires enfoncés sous l'orbite cave semblent saisis et
contournés par une pince de métal. Tout ce qui définit le crâne et le visage est poursuivi sur les
surfaces dures, comme si le sang ne gonflait plus la chair déjà flétrie. On dirait que du centre de
l'être partent des attaches nerveuses qui tirent à lui la peau. Il n'y a que l'œil qui brûle fixé dans la
volonté de rejoindre l'ardente mort à force de stériliser la vie. L'esprit veut s'arracher, c'est inutile. Ce
qui est beau dans les formes divines est emprunté toujours à la science qu'il possédait des formes
terrestres et y retourne toujours. À la fin de sa vie il peignait comme un halluciné, dans une sorte de
cauchemar extatique où le souci de l'expression spirituelle le poursuivait seul. Il déformait de plus en
plus, allongeait les corps, effilait les mains, creusait les masques. Ses bleus, ses rouges vineux, ses
verts paraissaient éclairés de quelque reflet blafard que la tombe prochaine et l'enfer entrevu des
félicités éternelles lui envoyaient. Il est mort avant d'avoir réalisé la forme du rêve qui le hantait, peut-
être par ce que lui-même était trop vieux et ne retrouvait plus dans ses os durcis, ses nerfs irrités et
débiles la puissance qu'il avait eu à chercher dans l'amour des aspects du monde, le contrôle et
l'appui de ses visions51. »
Eugenio d'Ors écrit encore: « Mais dans le Baptême du Christ, la Mise en croix, la Résurrection et
la Pentecôte, quatre vastes tableaux peuplés apocalyptiquement de grandes figures, El Greco est
déjà par excellence le peintre maudit qu'a adoré la même heure de culture qui chercha, découvrit et
exalta les poètes maudits. C'est le fou qui découvre ce qu'ignorent les êtres sensés, le possédé qui a
brisé définitivement avec le rythme et la raison, le musicien chez qui d'une manière tourmentée,
l'inconscient s'exalte et se traduit dans des attitudes torturées, dans les membres tordus, dans les
mystérieuses franges des nuages lumineux, dans la couleur splendidement corrompue, enfin dans
les langues de feu elles-mêmes de la Pentecôte (œuvre de la dernière époque) dont tous les corps
d'hommes, de femme et d'anges jusqu'ici n'étaient que la préfiguration52. » « Le temps a passé. La
réflexion a fait son œuvre. Et maintenant, El Greco et Cézanne nous semblent tout simplement de
grands peintres, des peintres qui savaient beaucoup, qui ne savaient pas tout. Le premier, génial,
mais pas de bon conseil ; le second, moins génial, peut-être mais de doctrine plus saine, les deux,
dans des régions si lointaines esthétiquement, bons disciples de Venise, c'est-à-dire de parfaits
sensuels. (sensuales de cuerpo entero)52. »
Marie-Madeleine pénitente (1576-1577), musée des Beaux-Arts de Budapest.
Après la découverte des archives grecques et des livres
annotés[modifier | modifier le code]
En 1962, l'historien de l'art américain Harold Wethey (en) publie un nouveau catalogue des
œuvres du Greco qui fixe le nombre de ses œuvres autour de 265.
À partir des années 1960, les historiens grecs découvrent des documents d'archives en Crète et à
Venise et établissent de manière factuelle les premiers éléments de vie grecque du Greco. Ils
confirment les découvertes des icônes faites à partir des années 1940.
À la fin du XXe et au début du XXIe siècle, un certain nombre d'archives — en particulier des contrats
en Espagne, acte de naissance en Grèce — furent dépouillées et analysées, faisant apparaître un
nouveau visage plus précis du Greco, qui modifia sans doute la lecture des peintures.
À partir des années 1980 le musée du Prado de Madrid et le musée de Toledo aux États-Unis, ont
entrepris une étude systématique de l'œuvre du Greco, entraînant publications et colloques. C'est au
cours de ces différentes études que seront découverts et analysés de nombreux documents inédits,
notes manuscrites, contrats… En 1982, les historiens espagnols Fernando Marias et Agustin
Bustamente, puis Xavier de Salas53 donnent à connaître les pensées théoriques du Greco en
publiant les notes dans les marges du traité d'architecture de Vitruve dans la traduction du vénitien
Barbieri, et des Vies de Vasari, démontrant que Greco était un peintre parfaitement au courant des
débats esthétiques théoriques et pratiques vénitiens, romains et florentins du XVIe siècle et du
maniérisme italien.
Il faut donc attendre les années 1990, pour que les conditions esthétiques et les particularismes de
Tolède soient découverts et analysés, en particulier grâce ces découvertes. Et ce n'est qu'en 2000
que sera publiée la lettre d'excuse datée de 1572 du Greco au cardinal Alessandro Farnèse. En
2014, l'Espagne à l'occasion du 400e anniversaire de la mort du peintre, lui rend hommage avec une
série d'expositions tout au long de l'année à Tolède et à Madrid.
Dans la culture[modifier | modifier le code]
Musée[modifier | modifier le code]

 Le musée du Greco à Tolède est entièrement consacré à la vie et à


l'œuvre du peintre.
Expositions[modifier | modifier le code]

 El Greco, The Metropolitan Museum of Art, New York, NY (2003),


puis National Gallery, Londres (février–mai 2004
 Pollock Draws El Greco, The Metropolitan Museum of Art, New
York, NY (30 septembre 2003 – 11 janvier 2004)
 Spanish Painting from El Greco to Picasso: Time, Truth, and
History, The Solomon R. Guggenheim Museum, New York, NY (17
novembre 2006–28 mars 2007)
 El Greco 2014, série d'expositions commémoratives pour les 400
ans de la mort de l'artiste :
 El Greco : Arte y Officio, Museo de Santa Cruz, Tolède, (9
septembre - 9 décembre 2014)
 El Greco : Portrait d'Homme focus, musée de
Picardie, Amiens (10 janvier - 27 avril 2014)
 El Griego de Toledo, Museo de Santa Cruz, Tolède, (14 mars-
14 juin 2014)
 El Greco y la pintera Moderna, musée du Prado, Madrid, (24
juin - 5 octobre 2014)
 La Biblioteca del Greco, Museo du Prado, Madrid, (31 mars-29
juin 2014)
Film[modifier | modifier le code]

 El Greco, les ténèbres contre la lumière de Yannis Smaragdis sorti


en Grèce 2007 et en France en 2010. Le rôle principal est endossé
par Nick Ashdon.
Pièces de théâtre[modifier | modifier le code]

 1965 : El Greco de Luc Vilsen, mise en scène par Georges


Vitaly, Théâtre du Vieux-Colombier

Notes et références[modifier | modifier le code]


Notes[modifier | modifier le code]

a. ↑ En grec moderne Δομή νικος Θεοτοκό πουλος . Il signe toute sa vie ses
œuvres de son nom complet en caractères grecs. Ses œuvres byzantines
sont signées Cheir Domenico (de la main de Domeniko) et plus tard de la
formule grecque Domeniko Theotocopoulos epoiei (a peint), à laquelle il
ajoute en Italie Kres (« le Crétois »).
b. ↑ Son surnom vient de l'italien "greco", auquel on adjoint l'article défini
espagnol el (le), et non de l'espagnol "griego". C'est pourquoi dans la
tradition française, on le nomme Le Greco
c. ↑ Jackson Pollock a fait de nombreux dessins et études d'après El Greco ;
Picasso s'est directement inspiré de certaines compositions qui se sont
directement inspirés de lui
d. ↑ L'attribution du triptyque de Modène au Greco est discutée par les
historiens de l'art, mais les procédés pratiques et commerciaux du Greco
rendent cette controverse difficile à clore. En effet l'historien de
l'art Rodolfo Pallucchini a attribué ce travail au Greco sur la base d'une
signature sur la peinture figurant sur le dos du panneau central : « Χείρ Δο
μή νικου », (créé par la main de Doménicos)19 alors que le Greco a toujours
signé de son nom ses œuvres : Δομή νικος Θεοτοκό πουλος ἐποίει pour Δ
ομή νικος Θεοτοκό πουλος (Doménikos Theotokópoulos) auquel est
adjoint ἐποίει (de sa main).

Références[modifier | modifier le code]

1. ↑ a b c d e f et g Fernando Marias, El Griego de Toledo, Fundacion El Greco


2014, p. 217 ; 283-299 ; 302-303 ; 392.
2. ↑ a b et c Erika Langmuir, National Gallery : Le Guide, Flammarion, 1997,
335 p.(ISBN 2-08-012451-X), p. 119
3. ↑ a et b X. de Salas et F. Marias, El Greco y el Arte de du tiempo, las notas
de Greco a Vasri, Madrid 1992
4. ↑ (en) Nicola Spinosa, The National Museum of Capodimonte, Electa
Napoli, 1996, 303 p.(ISBN 88-435-5600-2), p.86-87
5. ↑ Considérations sur la peinture (1617-1621) par Giulio Mancini rééditées
en 1956 par A. Marruchi
6. ↑ On trouve la même remarque lors de la visite de Pacheco, in l'Arte de la
Pintura
7. ↑ Fray José de Sigüenza, description de la construction du Monastère de
l'Escurial, in Historia de la Orden de San Jerónimo (1595-1605)
8. ↑ a et b Histoire de la Peinture : De la Renaissance à nos jours à nos jours,
Gründ, 1995(ISBN 2-7000-2151-7), p. 25
9. ↑ Fernando Marias en 1981, les Marginalia du Greco
10. ↑ Jusepe Martinez, Discursos practicables del nobilisimo arte de la pintura
11. ↑ Point de vue sur Michel-Ange [archive]
12. ↑ a et b (es) Francisco Pacheco, El arte de la pintura, Madrid, Cátedra,
1990(ISBN 84-376-0871-6)
13. ↑ Expression de Frère Hortensio Felix de Paravicino dans son éloge à El
Greco.
14. ↑ Annie Cloulas, Greco, Fayard, 1993 p. 63 et p. 128 à 130.
15. ↑ (es) Fernando Marias, De veras y falsas : las reconstructiones de el
griego de Toledo, cat. El Greco, Toledo, 1900, Miniserio de Cultura, 2009,
Espagne. p. 100.
16. ↑ Cat El Greco y la pintura Moderna, Museo Nacional del Prado, Madrid,
2014, p. 313.
17. ↑ Maurice Barrès, Le secret de Toléde
18. ↑ Voir Richard L. Kagan, El Greco de Tolede, Madrid, 1982, dont l'étude de
Jonathan Brown sur le Greco, peintre de la contreréforme, et Francisco
Pacheco, qui conte son incompréhension vis-à-vis du Greco quand celui-ci
lui explique que la peinture n'est pas un art.
19. ↑ Mauricia Tazartes, El Greco (traduit en grec par Sofia Giannetsou)
Explorer, 2005,(ISBN 960-7945-83-2), p. 25.
20. ↑ François Daulte, La Collection Bentinck-Thyssen aux musées de l’État du
grand-duché de Luxembourg, Bibliothèque des Arts,
Lausanne, 1987, p. 16
21. ↑ a b et c (en) Bernice Davidson, Paintings from the Frick Collection, Harry N.
Abrams, Incorporated, New York, 1990 (ISBN 0-8109-3710-7), p. 45-47
22. ↑ Véronique Prat, Chefs d'œuvre secrets des grandes collections privées,
Albin Michel, 1988(ISBN 2-226-03427-7), p. 179
23. ↑ Expositions, « Deux siècles et demi d’échanges internationaux », Dossier
de l’art, vol. Hors série Trésors des Princes d’Anjou, no 184, octobre 1995,
p.77
24. ↑ Nancy Grubb, Figures d’anges : Messagers célestes à travers les arts,
Editions Abbeville, 1996, 320 p. (ISBN 2-87946-082-4), p. 214
25. ↑ Nicolas d’Archimbaud, Louvre, Editions du Club France Loisirs, 1998,
335 p.(ISBN 2-7441-1984-9), p.158
26. ↑ Fabricio Cárdenas, 66 petites histoires du Pays Catalan,
Perpignan, Ultima Necat, coll. « Les vieux papiers », 2014,
141 p. (ISBN 978-2-36771-006-8, notice BnF n FRBNF43886275)
o

27. ↑ Vincent Pomarède, 1001 peintures au Louvre : De l’Antiquité


au XIXe siècle, Musée du Louvre éditions, 2005, 576 p. (ISBN 2-35031-032-
9), p. 379
28. ↑ James Stourton, Petits musées, grandes collections : Promenade à
travers l’Europe, Scala, 2003, p. 247
29. ↑ a b c et d Valérie Bertrand, « Le Greco ou la libre ferveur », Connaissance
des Arts, no no 611, décembre 2003, p. 75-79
30. ↑ Résurrection, Prado [archive]
31. ↑ Notice du Louvre [archive]
32. ↑ a et b Matthew Armstrong, L’Europe de 1600 à 1750 : par les
conservateurs du Metropolitan Museum of Art, Gründ, 1989, 159 p. (ISBN 2-
7000-2058-8), p. 57
33. ↑ Me del Valme Munoz Rubio, Musée des Beaux-Arts de Séville,
Aldeasa, 2002, 30 p.(ISBN 84-8003-264-2), p. 8.
34. ↑ Carmen Garrido, Algunas pinceladas técnicas sobre los cuadros de
Domenico theotokopoulos del Museo del Greco, cat El Greco Toledo 1900,
Museo de Santa Cruz, Tolède, 2009 in p263
35. ↑ Mikhaïl Piotrovski, Ermitage, P-2 ART PUBLISHERS, v.2001, p. 141
36. ↑ Mina Gregori, Le Musée des Offices et le Palais Pitti : la Peinture à
Florence, éditions Place des Victoires, 2000 (ISBN 2-84459-006-3), p. 317.
37. ↑ Baptême du Christ, Tolède
38. ↑ Sylvie Blin, « Actualités Suisse, Athènes après l’Antique », Connaissance
des Arts, no no 613, février 2004, p. 34
39. ↑ Daniel Ternois, Le Greco et la France dans les années trente.
L'exposition de 1937 in De la métaphysique au physique pour une histoire
contemporaine de l'art, Publications de la Sorbonne, Paris, 1995, p. 127.
40. ↑ Voir la poésie de Góngora et la Dédicace du poème de Fray Hortensio
Felix de Paravicino au Greco. On se reportera à l'étude, collective, de
Francisco Calvo Serraller, Barcelone 2003.
41. ↑ a et b Javier Docampo, José Riello, La Biblioteca del Greco, Cat. Museo
del Prado, Madrid, 2014.
42. ↑ Joachin Berchez, El Greco y sus enigmes arquitectonicos p. 67 à 87, in
Fernando Marias, El Griego de Toledo, Toledo, 2014.
43. ↑ p. 15-33 Brown Jonathan (1982). «El Greco, el hombre y los mitos». El
Greco de Toledo. Alianza Editorial. (ISBN 84-206-9015-5)
44. ↑ in Acislo Antonio Palomino de Castro y Velasco, El Museo pictórico y
escala óptica, Tome 3 El Parnaso español pintoresco laureado (1715-
1724) Madrid
45. ↑ http://data.bnf.fr/12222413/theophile_gautier_voyage_en_espagne/ [archiv
e]
46. ↑ Collectif, Manet - Velasquez : la Manière espagnole au XIXe siècle,
Réunion des musées nationaux, 2002 (ISBN 2711844900)
47. ↑ in lettre de Manet à Zacharie Astruc le 17 septembre 1865.
48. ↑ in: Lettre de Zacharie Astruc à Manet le 20 septembre 1865.
49. ↑ in Guillaume Apollinaire, Chroniques d'art du 16 avril 1912
50. ↑ Álvarez Lopera, El Greco. Estudio y Catálogo, p. 34.
51. ↑ Élie Faure, l'Espagne, in: Histoire de l'art - l'art moderne)
52. ↑ a et b in Eugenio d'Ors in Trois Heures au musée du Prado en 1928.
53. ↑ Salas de Xavier (1992). «la Idea, Realidad Suprema». El Greco y el arte
de su tiempo. Las notas de El Greco a Vasari. Madrid: Real Fundación de
Toledo. (ISBN 84-604-2605-X) et Salas de Xavier (1992). «Miguel Ángel y El
Greco». El Greco y el arte de su tiempo. Las notas de El Greco a Vasari.
Madrid: Real Fundación de Toledo. (ISBN 84-604-2605-X).

Annexes[modifier | modifier le code]


Bibliographie[modifier | modifier le code]

Signature du Greco. On lit en alphabet grec « Domenico Theotocopoulos epoiei », c'est-à-dire « de la main de
Domenico Theotocopoulos », voir note 13.

 (es) El Greco, Les idées artistiques du Greco ont été publiées en


1980 à Madrid,
 (es) Fernando Marias et Augustin Bustamante, Las Ideas artisticas
del Greco. Commentarios a un texto inédito. Catedra, Madrid,
1980, (ISBN 9788437602639)
 Jose Manuel Pita Andrade, El Greco, Mondadori Editore, 1981.
 Maurice Barrès, Le Greco ou le Secret de Tolède, 1910.
 Fernando Marias, Greco, biographie d’un peintre extravagant, 1997.
 Claude Esteban, La Dormition du comte d'Orgaz, Farrago, 2002.
 (es) Collectif El Greco "', musée du Prado, 2003.
 (es) Letitia Ruiz Gomez, El Greco, catalogue raisonné, musée du
Prado, 2007.
 Paella (?) Chimicos, Autopsie du Greco [archive], 2008.
 (es) Coll, El Greco, Toledo 1900, Ministerio de Cultura, Espana,
2009.
 Dictionnaire Bénézit, Dictionnaire critique et documentaire des
peintres,sculpteurs, dessinateurs et graveurs de tous les temps et
de tous les pays, vol. 6, éditions Gründ, janvier 1999,
13440 p. (ISBN 2700030168), p. 402-404.
 D. Lecler, « Gréco : une grammaire picturale novatrice ? », in Revue
des Langues Néo-latines, no 316 (2001), 61-68.
 Annie Cloulas, Greco, Fayard, 1993, (ISBN 2-213-03067-7)
 (es) Fernando Marias, El Griego de Toledo, Fundacion El Greco,
Tolède, 2014
 (es) Fernando Marias (et Coll), El Greco y la Pintura Moderna,
Fundacion El Greco, Museo del Prado, Madrid, 2014
 (es) Coll sous la dir. de Javier Docampo et José Riello, La
Bibliotheca del Greco, Museo del Prado, Madrid, 2014
 (es) Francisco Pacheco, El arte de la pintura, Madrid, Cátedra,
1990 (ISBN 84-376-0871-6)
 Richard Aboaf, El Greco, le Crétois de Tolède, Éditions du Signe,
2015 (ISBN 978-2-7468-3129-2)
Liens externes[modifier | modifier le code]
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