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assegas amegaz

La fête du Nouvel An Berbère est, avant tout, une valeur-symbole profondément ancrée dans
la mémoire collective algérienne bonifiée par un écheveau de mythes, légendes et histoires
qui s’entremêlent et que sociologues et historiens n’ont pas fini de démêler. En Algérie des
légendes se sont tissées autour de Yennayer et des contes sont nés d’histoires aussi vieilles
que le calendrier grégorien.
Depuis les temps immémoriaux, le peuple d’Afrique de Nord célèbre, chaque année et chacun
à sa manière et ses possibilités, cet évènement ancestral.

La célébration de ce rite ne se limite pas aux régions berbérophones, comme la Kabylie, les
Aurès, le Chenoua, le M'zab, le Tassili ou le Hoggar...,etc l’événement est marqué à travers
tout le territoire national, notamment dans les grandes villes telles que Oran, Constantine,
Annaba, Alger, Tlemcen, Blida, et bien d’autres encore moins importantes, cette date donne
lieu, dans différentes régions du pays, à des festivités folkloriques...

En Algérie, une décision présidentielle annoncée le 27 décembre 2017 fait de Yennayer un


jour chômé et payé, fêté pour la première fois officiellement le 12 janvier 2018
Qu'est-ce que Yennayer ?

Etymologiquement le mot Yennayer est formé de Yen qui veut dire premier et de Ayer qui
veut dire mois. Yennayer est donc le premier mois de l’année dans le calendrier amazigh.

Le nouvel an 2969 du calendrier amazigh. Ce jour, Yennayer, est fêté dans toutes les régions
de l’Afrique du Nord. On célèbre le passage au nouvel an, pour les Imazighen. Ce jour
correspond au 12 janvier du calendrier universel.

Pourquoi le 12 au lieu du 1er janvier ?


La réforme de ce calendrier dite « Julienne » est l’instauration de l’année bissextile en 46
après JC. A cette époque après avoir constaté que le tour complet soleil se faisait en 365 jours
et 6 heures au lieu de 5 heures 48 minutes et 47.5 secondes et ce petit surplus rajouté tous les
quatre ans s’est accumulé pendant des siècles jusqu’en 1582.
C’est alors que le pape Grégoire XIII imposa le calendrier «grégorien» en supprimant
comme années bissextiles celles qui se terminent par 00 et les journées du 6 au 14 octobre en
décrétant le passage du 5 au 15 octobre 1582.

Pourquoi 2969 ?
Le calendrier universel (Chrétien) fait référence à la naissance du Christ,
Celui des musulmans au prophète Mohammed le jour de la Hidjra.
Les Imazighen, quant à eux, se réfère à l’intronisation du Roi Sheshnoq en tant que Pharaon
d’Egypte. Le Pharaon numidien Sheshnoq 1er s’imposa et fonda la XXII° dynastie en 950 av
JC.

Un moment de convivialité familiale


Le repas, préparé pour la circonstance, est assez copieux et différent du quotidien. Les rites
sont effectuées d’une façon symbolique. Ils sont destinés à écarter la famine, augurer l’avenir,
consacrer le changement et accueillir chaleureusement les forces invisibles auxquelles croyait
le Berbère.
Le jour qui précède Yennayer reste le plus important. La veille donc de cette fête, le repas est
frugal. Le plus souvent on prépare des berkukes (boulettes de farine cuites dans un bouillon
léger) ou encore des icacmen (blé en grain préparé au lait ou en sauce). Ailleurs, on ne
consomme que du lait ou des légumes secs cuits à l’eau. Le lendemain en revanche, on
partage un repas copieux en signe de prospérité, composé des éléments suivants :

 gâteaux/galettes : lesfenj (des beignets), tiγrifin (crêpes) ;


 plat des « sept légumes » fait uniquement de plantes vertes ;
 viande (volaille, chevreaux ou moutons) ;
 friandises (fruits secs comme des figues sèches, des amandes, des noisettes, des dattes).

Une occasion de se souhaiter des vœux de prospérité


Yennayer symbolise la longévité, et c’est souvent l’occasion d’y associer des événements
familiaux :
 première coupe de cheveux aux petits garçons. Dans certaines régions berbérophones, on
dit que l'enfant est comme un arbre, une fois débarrassé des mauvaises influences, il
poussera plus fort et plus énergiquement (c’est d’ailleurs à cette période qu’on opère la
taille de certains arbres fruitiers) ;
 le mariage sous le bon présage de Yennayer. Les petites filles s'amusent à marier leurs
poupées (pratique qui rappelle tislit n wenZar) ;
 rites d’initiation agricoles : on envoie les enfants aux champs afin de cueillir eux-mêmes
fruits et légume

Les jeux

Les masques symbolisent le retour des invisibles sur Terre. En période du mois de yennayer,
les enfants en Kabylie et dans l'Oranie se déguisaient (chacun confectionne son propre
masque) et parcouraient les ruelles du village. Passant de maison en maison, ils quémandaient
des beignets sfendj ou des feuilletés de semoule cuits lemsemmen pour qui les gens s’obligent
de donner.

Ce rite, comme celui de la première coupe de cheveux du nouveau-né, est transposé à


l’Achoura et repris lors de la période des labours. Le paysan distribuait d’humbles offrandes
aux passants croisés sur son chemin et déposa de petites quantités de nourritures dans des
lieux saints, en se rendant dans ses champs.

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