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Micro-finance et pauvreté au Maroc : Outils d’évaluation et Impact

M. Omar Zahraoui
l’université sidi Mohamed ben Abdellah Fès
Faculté polydisciplinaire –Taza- Maroc
Résumé :
Ces dernières années les agences de développement commencent à
repenser sérieusement certains aspects de leur politique d’aide au
développement. Le manque d’emploi, la pauvreté grandissante dans la
plupart des pays en développement, l’absence apparente d’efficacité des
pratiques traditionnelles d’aide au développement, imposent une
réallocation des budgets disponibles et un changement important de
stratégie et d’attitude des intervenants.
Le secteur de la micro-entreprise n’est pas un phénomène nouveau. Il
reflète en quelque sorte la réaction des populations pauvres face à la
situation d’endettement et de crise économique que connaissent la plupart
des pays en développement. Toutefois, parmi les contraintes auxquelles
doivent faire face ces micro-entrepreneurs, le manque d’accès aux moyens
financiers est le plus important.
Face à cette situation, la micro-finance parait comme une condition
nécessaire mais pas suffisante pour luter contre la pauvreté dans les pays en
voie de développement. La micro-finance ne peut résoudre tous les
problèmes du développement. Au-delà de l’accès au financement, il y a les
problèmes d’urgence auxquels il faut prêter attention par des moyens et des
mécanismes adaptés.
Pour juger l’impact de la micro-finance, il faut l’évaluer avec des outils
scientifiques. En 1995 le projet AIMS (Assessing the Impact of
Microenterprise Services) de l’USAID vit le jour. Celui-ci a été développé
en collaboration avec le réseau SEEP (Small Entreprise Education and
Promotion) ; son objectif consiste à trouver des outils scientifiques pour
évaluer l’impact des programmes des institutions de micro-finance sur leurs
clientèles (la stabilité et à la croissance des micro-entreprises, à
l’accroissement de la sécurité des familles/des ménages, au bien-être des
individus et au développement économique des communautés).
Ces outils ont été testés au Honduras, au Mali, en Bolivie, au Pérou, aux
Philippines et en Europe de l’Est, pour juger leur efficacité. Ces
expérimentations ont permis au groupe de travail dans le projet AIMS
d’apporter des améliorations et des perfectionnements des outils en
question. Au Maroc, certaines institutions de micro-finance, ont testé ces
outils pour connaître mieux les tendances de leurs programmes sur de leur
clientèle.
L’application de ces outils au cas du Maroc montre la limite de
l’impact de la micro-finance pour lutter contre la pauvreté.
‫القروض الصغرى والفقر بالمغرب‪ :‬أدوات التقييم والثآار‬
‫ملخص ‪:‬‬
‫تارييخييا ارتبطييت القققروض الصققغرى بالفقرالناتييج عيين البطاليية بالدرجيية الوألي ي الييت‬
‫مييافتئت تتفشييى ف ي أكييثر الييدوأل الناميخيية نتيخجيية الغيخيياب الواضييح لفاعليخيية السيخاسييات التقليخدييية‬
‫التبعة ف مال التنميخة‪.‬‬
‫ه يذه الظيياهرة دفعييت وأكييالت التنميخيية إل ي إعييادة التفكي ي بشييكل جييدي ف ي بعييض‬
‫سيخاساتا الراميخيية إلي التنميخية كإعيادة توزييع اليخزانيخية التييوفرة وأتغيخيي في اسيتاتيخجيخات التيدخلت‬
‫لساعدة القاوألت الصغرى‪.‬‬
‫وأقطيياع القيياوألت الصييغرى ل يعتييب حاليية جديييدة‪ ،‬وأهييو يعكييس تصيرفات السيياكنة‬
‫الفقية لكل البلدان الناميخة ف وأجيه حالية الديونيخية وأالركييود القتصيادي‪ .‬وأمين بيي العوائييق اليت‬
‫يبج على هذه القاوألت الصغية مواجهتها‪ ،‬هناك النقص فى وألوج وأسييائل التمويييل التاحيية‬
‫فقط للمقاوألت الكبى كالقروأض البنكيخة‪.‬‬
‫في ي خض ييم ه ييذه الش يياكل ب ييرزت عل ييى الس يياحة ع ييدة تطبيخق ييات عمليخ يية جرب ييت في ي‬
‫العدي ييد م يين ال ييدوأل ت ييدف إلي ي التخفيخ ييف م يين ح ييدة الفق يير وأم يين بيي ي أش ييهر ه ييذه التج ييارب‬
‫القروأض الصغرى الت أعتيبت إبيداعا مين طيرف الستاذ مميد ييونس بيالبنغلديش‪ ،‬وأجياءت‬
‫كييرد فعييل عيين سيخاسييات البنييوك التقليخدييية ف ي تويييل الشيياريع الصييغرى الاصيية بييالفقراء حييت‬
‫سيخت مؤسسة ممد يونس "ببنك الفقراء"‪.‬‬
‫تطييورت القيروأض الصييغرى وأاسييتعملت في كيثي ميين البلييدان بقييارات أفريقيخييا وأأمريكييا‬
‫وأأروأبييا وأآسييخا‪ .‬وأنظيرا للييدوأر الييام اليذي تلعبييه القيروأض الصييغري في التخفيخييف ميين حييدة الفقيير‬
‫حسييبج المييم التحييدة فإنييا إعتييبت سيينة ‪ 2005‬سيينة القييرض الصييغر‪ ،‬إل أن هييذه التجربيية‬
‫الت طورتا مموعة غرامي بنك )الت حازت على جائزة نوبييل للسييلم لعييام ‪- (2006‬تييت‬
‫عبئا إل أعبائه‪.‬‬
‫إشراف البوأفيخسور ممد يونس‪ -‬تممل الفقي أسعار فائدة تزيده ا‬
‫أمام العدد الائل من الفقراء بالغرب )‪ 4.2‬مليخون( يبدوأا أن القروأض الصغرى هي‬
‫وأسيخلة ضروأرية وألكن ليخست كافيخة من أجل الد من الفقر‪ .‬كمييا أنييه ل يكيين ليذه القيروأض‬
‫أن تييل كييل الشيياكل التعلقيية بالتنميخيية‪ ،‬لنييه علوأة علييى مشييكل التمويييل هنيياك مشيياكل آنيخيية‬
‫يبج النتباه إليخها وأماوألة حلها عن طريق وأسائل وأميخكانيخزمات ملئمة‪.‬‬
‫تعت ييب القي يروأض الص ييغري ب ييالغرب حديث يية العه ييد‪ .‬فف ييي س يينة ‪1993‬م ب ييدأت أوأل‬
‫برامج القروأض الصغرى الوجهة لتمويل مشاريع اقتصادية لشييخاص ذوأي دخييل بسييخط‪ .‬غيي‬
‫أن القروأض الصيغرى عليى شاكلة التجيارب العاليخة لي تبدأ بيالغرب إل خلل سينة ‪1996‬م‬
‫‪.‬‬
‫وأفي ي م ييارس ‪1997‬م كل ييف بع ييض الستش ييارين م يين القيخ ييام بهم يية تدي ييد "ن ييوذج‬
‫مشيروأع" لصييال برنامييج ‪ Microstart‬الغرب‪ .‬وأف هيذا الطييار قييررت الكوميية الغربيخيية وأ‬
‫‪ PNUD‬البي ييدأ بش ي يروأع ‪ Microstart‬الغ رب ف ي ي في يباير ‪1998‬م وأال ي يذي إنتهي ييى ف ي ي‬
‫ديسمب ‪2001‬م‪ ،‬هذا الشروأع الذي إستطاع أن يضع السس الاليخة وأالتقنيخة لستة جعيخيات‬
‫مغربيخة متخصصة ف القروأض الصغرى‪.‬‬
‫ميين أجييل الكييم علييى الثآييار القتصييادية وأالجتماعيخيية الناتيية عيين سيخاسيية القيروأض‬
‫الصي ييغرى يي ييبج تقيخيخمهي ييا بطي ييرق علميخي يية مثي ييل مشي يروأع ‪ AIMS-SEEP‬ال دف مي يين هي ييذا‬
‫الش ي يروأع هي ييو إيي يياد أدوأات علميخي يية لتقيخيخي ييم آثآي ييار برامي ييج مؤسسي ييات الق ي يروأض الصي ييغرى علي ييى‬
‫"زبنائها"‪.‬‬
‫هيذه الدوأات جربييت في كييل ميين النييدوأراس‪ ،‬مييال‪ ،‬بوليخفيخييا‪ ،‬الييبيوأ‪ ،‬الفلييبي‪ ،‬وأف ي‬
‫بعييض دوأل أوأروأبييا الشييرقيخة ميين أجييل الكييم علييى ناعتهييا‪ .‬وأهيذه التجييارب سيينحت لموعيية‬
‫العمل ف مشروأع ‪ AIMS-SEEP‬بإدخال تعديلت على مموع الدوأات الستعملة‪.‬‬
‫بيالغرب جربيت بعيض مؤسسيات القيروأض الصيغرى هيذه الدوأات مين أجيل معرفية‬
‫آثآييار برامه ييا عل ييى "زبنائهييا"‪ .‬وأبالفع ييل أتبتييت دراسيية تقيخيخ ييم آثآييار القي يروأض الص ييغرى بييالغرب‬
‫مدوأدية نتائجها ف الد من ظاهرة الفقر‪ ،‬لذا وأجيبج عليى هتيه الؤسسيات مراجعية سيخاسياتا‬
‫وأخاصة ف ما يص أسعار الفائدة‪.‬‬
Contexte, problématique et méthodologie
Historiquement, la micro-finance est intimement liée à la pauvreté. La
naissance de la micro-finance au Bengladesh représentait une alternative
aux formes de financement informel et une réponse à la réticence des
institutions de financement classique à desservir les pauvres.
Le fait de considérer la micro-finance comme un moyen de lutte
contre la pauvreté ne vient pas du néon. En effet, les expériences de micro-
finance partout au monde ont fait leur preuve : en Afrique, en Amérique
latine, en Asie, même en Europe beaucoup de ONG ont vue le jour soit pour
soutenir financièrement ou techniquement les institutions de micro-finance,
soit pour servir eux même les pauvres en leur donnant l’accès au
financement.
Pour juger l’impact de la micro-finance, il faut l’évaluer avec des
méthodes et outils scientifiques, tel que le AIMS-SEEP. Ces outils ont été
testés au Honduras, au Mali, en Bolivie, au Pérou, aux Philippines et en
Europe de l’Est, pour juger leur efficacité. L’application de ces outils au cas
du Maroc montre la limite de l’impact de la micro-finance pour lutter contre
la pauvreté.
I- Réalité de la micro-finance au Maroc
1-La pauvreté au Maroc
Dans notre pays et notre ville réside le fameux phénomène de la
pauvreté qui n’a pas cessé de torturer les gens, cultiver la haine et la
vengeance entre eux et créer un déséquilibre qui émane d’un écart humain
devenu aujourd’hui un obstacle pour le développement économique et
social.
Le nombre des pauvres au Maroc est de 4,2 millions aujourd’hui, soit
un taux de 14,2%. Le milieu rural est plus affecté que le milieu urbain : 22
% à la campagne contre 7,9 % dans les villes. En considérant le seuil de
pauvreté, le nombre des ménages vivant avec moins de 1745 DH par mois
est de 667 000. Plus de 232 000 ménages en milieu urbain vivent avec un
revenu maximal de 1687 DH par mois pour un ménage moyen (5,6
membres) et 435 000 ménages en milieu rural vivent avec 1 745 DH par
mois ou moins pour un ménage moyen (6,4 membres).1
Toutefois, même si le taux de pauvreté a diminué en valeur absolue
entre le recensement de 1994 et celui de septembre 2004, l’effectif des
pauvres est resté quasiment inchangé, il a même légèrement augmenté par
rapport à l’enquête sur la consommation de 2001.
Face à cette situation, on se pose les questions suivantes : Comment
peut-on lutter contre la pauvreté? Quels sont les moyens possibles
permettant d'améliorer la situation sociale et économique des pauvres?
Le Maroc dispose désormais d’outils précieux et détaillés qui rendent
possible un ciblage géographique des programmes de lutte contre la
pauvreté, que ce soit sous forme de filets sociaux ou d’investissements
générateurs de croissance, qui pourront s’atteler de l’INDH au micro crédit.
Dans cet article on s’interroge sur l’innovation et la particularité que
rapporte la micro-finance en tant que outil et moyen de lutte contre la
pauvreté.
2- Définition de la micro-finance
On entend par micro-finance l'offre de services financiers (micro-crédit)
aux populations pauvres, exclues du système bancaire, sans ressource ni
droit de propriété.
La micro-finance permet aux femmes et hommes démunis de démarrer
une petite activité génératrice de revenus : une micro-entreprise. Le prêt est
ensuite remboursé grâce aux revenus de cette entreprise, qui leur permet
aussi parfois d'en épargner une partie, et de financer l'éducation de leurs
enfants.
La micro-finance s’inscrit dans le cadre du projet global de l’économie
solidaire. La micro-finance, appelée aussi finance solidaire, est "un
système de finance qui augmente la capacité d’un groupe particulier de
personnes à coopérer et à agir ensemble pour venir à bout du problème
d’exclusion du système financier existant (traditionnel) et parvenir à un
développement durable et équitable."2
La micro-finance concernent le financement d’activités économique
qualifiées de "solidaires", c'est-à-dire le plus souvent d’entreprises dites
"solidaires, qui en même temps que leur activité économique produisent de
« l’intérêt général » (par exemple de la réinsertion de personnes en
difficulté, de territoires marginalisés….)"3
La micro-finance se définit à un certain nombre de niveaux comme la
mission, la vision, l’identité, les compétences, le comportement et
l’environnement.
 La micro-finance a pour mission d’utiliser l’outil financier pour un
développement équitable et durable.
 Elle a pour vision à long terme d’augmenter le capital social.
 Ses acteurs sont multiples, ayant chacun des techniques et des
comportements différents, agissent selon des modes différents, mais
ensemble font émerger une identité spécifique de la finance solidaire.
 Ses compétences consistent à penser globalement, à pouvoir fédérer
des individus et des acteurs autour de l’activité financière, à connaître les
besoins des entrepreneurs individuels et des communautés quelques soient
leurs conditions économiques et sociales.
 Le métier du micro-financier consiste à financer des activités et des
personnes, dans un cadre d’intérêt général, en veillant au respect du capital
social.
 La micro-finance œuvre dans un environnement de pauvreté,
d’exclusion ou de difficulté d’accès aux services financiers.
La micro-finance cherche à apporter une réponse aux trois crises
majeures de la société: la crise de l’homme avec lui même, celle des
hommes entre eux et celle de l’homme avec son environnement. Face à ces
crises, la micro-finance, en renforçant le capital social, c’est-à-dire en
rapprochant l’homme et la société de leurs valeurs, contribue à créer les
conditions d’un développement durable.
3- Micro-finance et pauvreté
La micro-finance (financement des pauvres) tient certainement son
efficacité de sa philosophie qui stipule à aider le pauvre à être autonome et
lui permettre de créer son propre emploi. En effet, le pauvre malgré son
statut social modeste, il a besoin d’être financé pour prospérer et sortir du
cycle vicieux de la pauvreté. Delà, et depuis quelques années les agences de
développement commencent à repenser sérieusement certains aspects de
leur politique d’aide au développement pour lutter contre la pauvreté.
3-1 Notion de pauvreté
Le terme « pauvre » vient du latin pauper et du grec pénes (pauvre) et
penia (pauvreté), vocables apparentés à peina (faim) et d’une façon
lointaine à ponos (douleur) et poiné (châtiment, peine). Le mot «pauvreté »
se traduit en grec par aporia (absence de chemin, difficulté dans laquelle se
trouve le pauvre)4.
Dans son sens absolue, la pauvreté représente une situation de
privation des moyens de couverture des besoins primaires des membres des
ménages. Elle est mesurable par un niveau de revenu ou de dépense
individuelle, elle désigne l’incapacité d’acquérir une ration alimentaire
équilibrée apportant une énergie quotidienne supérieure à 2400 calories par
équivalent adulte, assortie d’une incapacité à couvrir correctement les autres
besoins non alimentaires. Du point de vue quantitatif, on parle de la notion
du seuil de la pauvreté5 nécessaire à la survie.
Dans son sens relatif, la pauvreté est la situation des ménages faisant
partie des 20 % de la population mondiale effectuant les dépenses les moins
élevées.
Souvent, la pauvreté est liée à la notion d’exclusion. En effet, Les
individus appartenant aux ménages les plus pauvres sont les plus menacés
par l’exclusion dans la mesure où ils ne bénéficient pas des services de base
comme l’éducation, la santé, le logement…. Pauvreté et exclusion forment
un cercle vicieux
Le manque d’emploi, la pauvreté grandissante dans la plupart des pays
en développement, l’absence apparente d’efficacité des pratiques
traditionnelles d’aide au développement, imposent une réallocation des
budgets disponibles et un changement important de stratégie et d’attitude
des intervenants.
A cet égard, le secteur de la micro et petite entreprise, en tant qu’outil
d’émancipation économique et sociale, représente un champ d’intervention
intéressant. Ceci, en vertu de ses capacités de création d’emplois et de
revenus, de l’ampleur qu’il prend dans la plupart des pays en
développement, ainsi que par la nouvelle dimension plus équitable qu’il
apporte en matière d’aide au développement.
Par la démarche initiale de s’engager dans les activités rentables
d’auto emploi, les micro-entrepreneurs ne sont pas des bénéficiaires passifs
d’une aide sociale sous forme de dons. Il ne s’agit plus ici d’une relation de
donateur/bénéficiaire dominée par le Nord. Par contre le micro-entrepreneur
se présente comme un client actif, un demandeur de services financiers
contre remboursement dont il a besoin pour le développement de ses
activités et dont il prend la responsabilité.
Toutefois, ces micro-entrepreneurs, gestionnaires de micro-entreprises
se trouvent devant un certain nombre de contraintes, dont les plus
importantes et auxquelles doivent faire face les micro-entrepreneurs, le
manque d’accès aux moyens financiers.
Comme toute activité économique, la micro-entreprise a besoin de
ressources financières pour garantir son fonctionnement et son
développement. Le problème est que les micro-entrepreneurs, pauvres, n’ont
pas de garantie à offrir et les montants dont ils ont besoin pour financer leurs
activités sont généralement trop petits et donc n’intéressent pas les
banquiers. Devant cette situation il s’avère intéressant de penser à d’autres
sources de financement tel que la micro-finance.
3-2 Micro-finance et lutte contre la pauvreté.
Avant d’aborder l’importance de la micro-finance en tant qu’outil de
lutte contre la pauvreté, il est opportun de connaître sa conception de la
pauvreté et les méthodes de son évaluation. Ensuite, on s’interroge sur
l’innovation et la particularité que rapporte la micro-finance en tant que
outil et moyen de lutte contre la pauvreté qui constitue le noyau dur et le
centre de son intérêt, mais aussi sur les méthodes de l’évaluation de son
impact.
3-2-1 Critères et méthodologies d’identification de la population
cible par la micro-finance
Plus de quatre-vingt pays ont un seuil de pauvreté basé sur une
estimation du revenu et de la consommation. Mais l'estimation en quantité
de la pauvreté, basée sur le revenu et la consommation de la nourriture n'est
pas suffisante pour déterminer la réalité fondamentale de la pauvreté.6
Plusieurs institutions de micro-finance se concentrent sur les biens du
ménage comme un facteur principal pour indiquer le niveau de pauvreté.
Les biens sont très importants pour un ménage vulnérable parce qu'ils
peuvent être utilisés comme une source d'argent ou comme un nantissement
pour les prêts pour subvenir aux besoins imprévus.
Mais due à la différence au niveau géographique, social, culturel et
climatique qui fausse les comparaisons, une évaluation pertinente de la
pauvreté basée sur les biens serait localement déterminée jusqu'à un certain
point.
Le besoin de créer un lien entre les indicateurs choisis pour évaluer la
pauvreté et une base du revenu est nécessaire parce que le revenu en lui-
même n'est pas suffisant pour définir la pauvreté pour les clients de la
micro-finance. La seule façon est de combiner les mesures d'un revenu avec
des facteurs qui reflètent la vulnérabilité de la clientèle. Un alternatif est de
mettre à l'épreuve la corrélation entre les facteurs préférés des IMF et la
base du revenu qui relève des traits de la pauvreté pour qu'il y aurait un lien
entre les indicateurs.
Concernant, les méthodes d’évaluation de la pauvreté, on en distingue
quatre :
1. Des méthodes non mesurés pour identifier ou attirer des clients
pauvres;
2. Des méthodes rapides d’évaluation qui classifient les ménages en
utilisant une procuration simple ou des techniques basées sur la
communauté;
3. Des études nécessitant des visites et des questionnaires détaillés du
ménage se concentrant surtout sur des indicateurs économiques;
4. Des éléments “intégratifs” qui englobent un champ plus large des
indicateurs en utilisant des techniques simples et des interviews très courts.
Chaque méthode est estimée selon six critères: (1) la simplicité; (2) la
praticabilité; (3) le coût; (4) la possibilité d’introduire une discrimination en
faveur des différents niveaux de pauvreté; (5) la qualité de la base des
données; et (6) la fiabilité des données.
Les techniques non mesurées comprennent trois catégories générales:
(1) l’utilisation des critères de viser la cible d’après la géographie, le sexe
ou ceux qui participent dans d’autres programmes; (2) l’utilisation du
volume du prêt comme un outil de détermination des cibles; et (3) la
sélection par un groupe de pair. Les deux premiers critères font partie des
procédures des IMF, alors que le troisième comprend les propres décisions
des clients dans le choix des nouveaux clients. Ces méthodes ne sont pas
coûteuses et peuvent faire partie des activités opérationnelles régulières des
IMF. Pourtant, ces méthodes ne procurent pas les informations sur le niveau
de pauvreté de ceux qui font partie du programme ou de ceux qui ont choisi
de ne pas y participer, ainsi qu’elles ne fournissent pas des informations sur
des services financiers convenables ou pour une éventuelle évaluation
d’impact.
Des méthodes d’évaluation rapides comprennent des indicateurs
concrets d’évaluation, par exemple la qualité du logement, ainsi que les
méthodes par lesquelles les membres de la communauté déterminent les
ménages en fonction du niveau de pauvreté. Dans les deux cas, les méthodes
peuvent s’appliquer à chacun des ménages selon les régions ciblées, sans
interviewer les ménages. Dans l’ensemble, les méthodes d’évaluation
rapides procurent des études efficaces et non coûteuses de la classification
des ménages selon le niveau de pauvreté. L’utilisation des indicateurs
concrets, qui sont sujet à des erreurs devrait être combinée avec les
interviews des ménages afin de vérifier les résultats au cas où les MFI
décideraient de les utiliser pour déterminer une cible. La classification de la
richesse de la communauté peut fournir des informations de haute qualité si
elles sont étudiées par un personnel compétent et s’il y a un contrôle
intérieur de leur fiabilité.
Les méthodes de variables économiques sont désignées à mesurer
précisément le degré de pauvreté du ménage, en fonction du revenu, des
biens, ou des capitaux propres. Ces méthodes sont les plus coûteuses et les
plus rigoureuses dans ce document, et impliquent de longues interviews des
clients potentiels. Les institutions qui utilisent telles méthodes afin de cibler
des pauvres correspondent les mesures de variables économiques avec des
indicateurs concrets de pauvreté, pour que les mesures de variables
économiques confirment, ou rejettent les résultats de la méthode
d’évaluation rapide. Les mesures de variables économiques sont
probablement plus efficaces quant aux programmes les plus larges ou les
plus avancés avec un budget de recherche considérable.
La dernière catégorie des méthodes – les mesures de variables
“intégratifs” – comprend un champ très large des différentes catégories de
pauvreté en visant une simplicité totale ainsi que des interviews très courtes
avec des clients potentiels. Ces méthodes fournissent une approche minime
et des petits et nouveaux programmes ainsi qu’elles nécessitent un contrôle
ultérieur afin de déterminer leur fiabilité.
En fin de compte, les méthodes d’évaluation rapides et les mesures de
variables économiques ont reçu des résultats plus satisfaisants dans leur
utilisation par les IMF ainsi que la fiabilité des informations qu’elles
procurent. Les mesures de variables “intégratifs” ne sont pas moins
importantes et peuvent fournir des résultats aussi considérables si elles sont
bien étudiées afin qu’elles soient rigoureuses. Des techniques non mesurées,
qui ont été performées d’une manière médiocre en étant des outils
indépendants, peuvent correspondre avec succès aux méthodes d’évaluation
rapides ou aux mesures de variables économiques. Toutes les méthodes
examinées dans cette étude ont une valeur très importante d’émulation et
elles ont toutes des faiblesses qui peuvent bénéficier de plusieurs échanges
internes d’expérience et d’expertise. La plupart des institutions de micro-
finance ne lient pas leurs indicateurs locaux de pauvreté à la pauvreté
nationale de leur pays correspondants. Quelques IMF, avec une habilité
d’évaluation de pauvreté établis, n’ont pas soumis leurs indicateurs de
pauvreté, leurs critères de mesure, et leurs systèmes de poids à une
inspection rigoureuse et certifiée par des professionnels de l’extérieur.
Pour ces raisons, le but de plusieurs IMF au niveau de la pauvreté peut
bénéficier d’une assistance technique au niveau de l’évaluation de la
pauvreté.7
Aussi, les bailleurs de fonds peuvent faire une contribution importante
afin d’améliorer les éléments de l’évaluation de la pauvreté existante par:
1. Une coordination de la création des outils de l’évaluation de la
pauvreté;
2. Une sponsorisation du développement des bilans et des outils afin de
vérifier l’habilité de l’évaluation de la pauvreté des IMF;
3. Rendre disponible aux IMF, au niveau de la base des partages des
coûts, les services des consultants d’évaluation pour mettre en valeur
l’habilité inadéquate de l’évaluation de la pauvreté ;
4. Fournir des fonds pour assister les IMF débutantes de fonder
l’habilité des recherches dont elles ont besoin.
3-2-2 La micro-finance en tant qu’outil de lutte contre la
pauvreté.
La population ciblée des institutions de micro-finance est une
population financièrement et socialement déshérités ; en particulier la
femme parce cette dernière est la plus touchée par le phénomène de la
pauvreté et souffre d’une exploitation inhumaine surtout en milieu rural. La
plupart des IMF au Maroc travaillent avec un pourcentage de 95% des
femmes, voire 100% le cas de certaines Institutions.
L’intérêt qu’occupe la femme dans les stratégies d’intégration des IMF
ne vient pas au hasard, il ressort d’un constat effectivement fondé. En effet,
d’une part la pauvreté féminine est plus importante que chez les hommes.
D’autre part, la femme pauvre, plus que l’homme, épuise tous ses revenus
dans l’amélioration de la situation de son ménage.
La micro-finance apparaît de plus en plus comme un outil de promotion
de la condition des pauvres. Les objectifs visés sont multiples :
1 Augmenter leurs revenus et faciliter leur indépendance financière.
2 Stabiliser et professionnaliser leur activité entrepreneuriale, mais
aussi, et peut-être surtout, améliorer le statut de la femme au sein de la
famille, renforcer l’estime qu’elles ont d’elles mêmes, ou encore favoriser
leurs capacités d’auto-organisation et donc d’expression et de revendication.
La micro-finance apparaît en quelque sorte comme un moyen d’augmenter
l’autonomie et la liberté réelle des femmes.
Partant du constat que la pauvreté est un phénomène multidimensionnel
dont l’aspect monétaire n’est qu’une facette parmi tant d’autres 8, le besoin
financier des pauvres est une réalité incontestable. A ce niveau la micro-
finance constitue une satisfaction d’un besoin tant refusé au pauvre par les
systèmes classiques de financement.
Dans ce sens, si la micro-finance, parvient à concilier les objectifs
sociaux (lutte contre la pauvreté) et économiques (taux d’intérêt) et à
bénéficier d'un cadre législatif approprié (loi du micro-crédit), peut
constituer un moyen efficace de réduction de la pauvreté. En effet, elle
fournit :
- des opportunités nouvelles pour les micro-entrepreneurs désireux de
développer leurs activités et aux porteurs de projets,
- un accès facilité au crédit en rapport avec l'objectif économique
recherché, à un coût relativement réduit et selon des modalités de
remboursement adaptées au type d'activité,
- un accès régulier au crédit et pour une somme plus importante en cas
de non défaillance,
- un accès au crédit dans un cadre plus formel auquel peut être associé
une formation professionnelle ou un conseil aux micro-entrepreneurs.
Toutefois, pour être un instrument efficace de lutte contre la pauvreté, la
micro-finance doit savoir s'adapter aux conditions économiques et sociales
spécifiques rencontrées dans le monde rural, dans les zones urbaines et par
les femmes pauvres.
Ainsi, quand il s'adresse à une frange spécifique de pauvres, par
exemple les femmes, le micro-crédit peut contribuer à renforcer leur
position sociale et économique au sein de la société mais pour ce faire, il
doit prendre en compte les obstacles spécifiques auxquelles elles sont
confrontées, à savoir les barrières culturelles, leur responsabilités cumulées
de mère et d'entrepreneur et les opportunités économiques réduites qui leurs
sont ouvertes. Ceci doit donc conduire à adapter les modalités de crédit. Les
microentreprises de femmes sont en général de taille plus modeste que
celles des hommes; elles concernent essentiellement des activités
commerciales, de services ou de manufacture légère; elles peuvent être
basées à domicile et ont plus souvent recours à la main d'oeuvre familiale.
Enfin, le développement croissant du secteur, l’importance de la
demande du micro-crédit, le taux de remboursement enregistré auprès des
IMF qui atteint 97% voire 100% et un taux de rétention de 90 à 95%
représentent des indicateurs de base pour croire à un impact positif sur le
niveau de vie des populations ciblées.
4- La situation de la micro-finance au Maroc
Depuis environ une vingtaine d’années, la lutte contre la pauvreté et
l’exclusion au Maroc, sont un défi qui s’impose à tous les acteurs, qu’ils
soient citoyens, décideurs, dans la mouvance associative, chefs d’entreprises
ou responsables de l’Etat. La réalisation de cet objectif requiert la
mobilisation de la société dans son ensemble, dans le cadre d’une stratégie
basée sur le partenariat avec les collectivités locales et la société civile9
La mise en place de nouveaux dispositifs tels que l'Agence de
développement social, la contribution de l’Etat à l’assistance aux personnes
en difficulté et les micro-finances10, en plus de l’Initiative Nationale de
Développement Humains, vont sûrement contribuer à la réalisation de cet
objectif.
Nous retiendrons, dans ce contexte, l’intérêt que l’Etat a réservé à la
promotion de la micro-finance en tant qu’élément de lutte contre l’exclusion
sociale, ou encore selon l’expression du plan quinquennal (2000-2004) en
tant qu’élément "d’intégration des couches défavorisées".
4-1- Apparition de la micro-finance au Maroc
La micro-finance existe maintenant à peu près dans tous les pays en
voie de développement ou de transition des cinq continents. Il existe même
dans les pays dits développés.
Au Maroc, le secteur de la micro-finance est relativement jeune. Les
premiers programmes de petits prêts destinés à financer les activités
économiques des personnes à bas revenus ont démarré dans les années
1993-1994. Ce n’était qu’en 1996, cependant, que l’expérience
internationale en matière de micro-finance a commencé à être connue dans
le pays.
En mars 1997, quand des consultants ont mené la mission
d’identification du projet pilote pour le programme Microstart au Maroc, il
y avait toujours très peu de partenaires potentiels identifiés.
Donc, les programmes de micro-finance ont été opérés pour la plupart
par les associations. Il n’y avait qu’une seule association vraiment
spécialisée dans la micro-finance. Il s’agit d’Al Amana, qui a été constituée
en février 1997. Parmi les autres associations qui octroyaient des petits
prêts, seules Zakoura et AMSED avaient bénéficié des contacts directs avec
la communauté internationale de micro-finance et donc suivaient certaines
normes y relatives. Les autres associations avaient des programmes à très
petite échelle et opéraient avec une certaine confusion entre les rôles «
social » et « économique » qu’elles devraient jouer dans le domaine de
micro-finance.11
Ainsi, c’est dans ce contexte que le gouvernement marocain et le PNUD
ont décidé de mettre en place le programme Microstart qui a débuté en
février 1998 et qui a pris fin en décembre 2001 (après une extension d’une
année), a fourni une assistance financière et technique à six associations
marocaines.
Le succès du ce projet a mené à la création de plusieurs associations qui
ont contribué au développement de la micro-finance. Aujourd’hui, le
nombre d’associations opérant dans la micro-finance est de treize.
Ainsi, face à cette ampleur qui prend de plus en plus d’élans, les
autorités ont été amenées à créer un cadre juridique spécifique pour
l’organisation de "l’industrie" de la micro-finance au Maroc.
L’évolution du secteur de micro-finance au Maroc prend des ampleurs
de plus en plus spectaculaires. En effet, on assiste, à des créations
d’institution de micro-finance, à l’application de nouveaux programmes, à
l’innovation en matière de produits et services, à l’application de nouvelles
méthodes… bref, on assiste à des réflexions remarquables de théoriciens et
praticiens professionnels qu’ils soient ou amateurs en matière de micro-
finance.
4-2 Fonctionnement de la micro-finance
Si le problème de la détermination du sujet de la micro-finance est
résolu, il reste celui de la définition de la population pauvre qui n’est pas
forcement celui reconnu par les standards internationaux qui déterminent le
seuil de la pauvreté comme référence.
Dans ce cadre, Les praticiens de la micro-finance utilisent plusieurs
méthodes pour identifier les individus les plus pauvres de la communauté.12
L’analyse de la richesse et les indices de logement sont deux méthodes
couramment utilisées pour l’identification des clients. L’analyse de la
richesse comporte un travail avec la communauté pour en classer les
membres du plus aisé au plus pauvre et les indices de logement utilisent des
indicateurs pour jauger le niveau de pauvreté des individus sur la base des
matériaux de construction utilisés dans la partie externe de leur demeure.13
Par ailleurs, s’il reste que la priorité générale de la micro-finance est le
client pauvre, l’accent est fortement mis sur le client pauvre de sexe
féminin, car ce dernier représente une large masse marginalisée dans les
pays en voie de développement et qui ont de très grandes difficultés à
l’accès aux ressources. Ce regain d’intérêt pour la femme vient aussi du fait
que les femmes affectent plus que les hommes leurs revenus au bien-être
familial.
Cette tendance pour la micro-finance à desservir les clients pauvres
trouve sa concrétisation sur le plan de la réalité. Le sommet de la micro-
finance de 2002 a mis l’accent sur une évolution grandissante à desservir les
plus pauvres. Ainsi selon les termes du rapport du sommet "Le passage de
26,8 millions de clients les plus pauvres à la fin de 2001 à 41,6 millions de
clients les plus pauvres à la fin de 2002 représente un taux de croissance de
55 pour cent au cours de l’année. Le passage de 7,6 millions de clients les
plus pauvres à la fin de 1997 à 41,6 millions de clients les plus pauvres à la
fin de 2002 représente un taux de croissance de 447 pour cent au cours des
cinq dernières années. Afin de desservir 100 millions de familles parmi les
plus pauvres d’ici 2005, la Campagne a besoin de maintenir un taux de
croissance de 38 pour cent par an. Aujourd’hui, nous sommes en moyenne à
un peu plus de 40 pour cent par an."14
Selon le sommet mondial de la micro-finance du 31 Décembre 2006,
en date du 31 décembre 2005, 3 1333 institutions de microcrédit ont affirmé
desservir 113 261 390 clients ayant un prêt en cours, dont 81 949 036 étaient
considérés comme faisant partie des plus pauvres lorsqu’ils ont contracté
leur premier emprunt. Parmi ces clients les plus pauvres, 84,2 %, soit 68 993
027, sont des femmes. Le sommet estime à 81,9 millions les clients les plus
pauvres ayant bénéficiés à la fin de 2005 du crédit, et à leur tour ils ont
bénéficié à environ 410 millions de membres de leurs familles.
Même si plus que 100 millions de clients ont reçu un prêt sous forme
de micro-crédit en 2005, l’objectif de desservir 100 millions de personnes
parmi les plus pauvres n’a pas été atteint. Cependant, la Campagne devrait
pouvoir atteindre cet objectif d’ici un an ou deux, ce qui serait déjà en soi
une réalisation incroyable. En effet, cette année, la Campagne a été en
mesure de vérifier les données de 420 institutions, ce qui représente 64 062
221 familles les plus pauvres, soit 78 % de l’ensemble des personnes les
plus pauvres recensées par la Campagne.

II- Impact socio-économique de la micro-finance au Maroc


1- Objectifs et méthodes
L’étude de l’impact d’une action ou d’une activité consiste à
comprendre, à mesurer et à évaluer ses effets. Pour les institutions de micro-
finance (IMF), l’analyse d’impact est l’étude des interactions (relations de
cause à effet) entre l’institution et son milieu environnant.15
Par ailleurs, l’évaluation d’impact vise deux grands objectifs:
- Pilotage de l'IMF (Evaluation et mesure d'indicateurs de changements
dans un objectif d’adapter l'offre à la demande, prévenir ou comprendre les
crises, ajuster les besoins d'accompagnement des IMF…) ;
- Production d'informations sur les interactions entre IMF et son
milieu, pour mieux comprendre, informer et innover.
On distingue plusieurs méthodes d’évaluation :
- Méthodes "classiques" qui datent du milieu des années 90 et qui
consiste à prouver l’impact économique du micro-crédit à différents niveaux
(micro, méso et macro) et de montrer notamment aux bailleurs de fonds
combien 1 DH investi peut "rapporter". Cette méthode permet d’identifier
les perturbations ou changements liés au crédit (différences entre situations
avec et sans crédit) et de les apprécier sous l’angle de l’accroissement de la
valeur ajoutée et de sa répartition entre les différents agents économiques.
- Méthodes orientées vers l’institution : Par opposition aux méthodes
"classiques", ces méthodes mettent l’accent non plus sur le ménage mais sur
l’institution qui propose les services. L’idée dominante est que la
standardisation des produits financiers permet aux IMF de passer à une
échelle large, d’atteindre l’équilibre financier, et de se pérenniser. Il semble
implicitement évident que le client est satisfait de tels services.
- Méthodes orientées vers le client qui ont des visées opérationnelles
clairement affichées (aider au pilotage de l’IMF) et se veulent plus simples
et moins coûteuses que des analyses d’impact classiques. Le terme même
d’"analyse d’impact" est de ce fait progressivement remplacé par des
appellations qui rendent compte de cette orientation (étude clientèle par
exemple). C’est cette méthode qu’on va adopter pour évaluer l’impact de la
micro-finance.
2- Les outils d’évaluation d’impact de la micro-finance et
leur application au Maroc
2-1 La méthodologie de l’étude d’impact AIMS SEEP
Pour juger l’impact de la micro-finance, il faut l’évaluer avec des outils
scientifiques. En 1995 le projet AIMS (Assessing the Impact of
Microenterprise Services) de l’USAID vit le jour. Celui-ci a été développé
en collaboration avec le réseau SEEP (Small Entreprise Education and
Promotion) ; son objectif consiste à trouver des outils scientifiques pour
évaluer l’impact des programmes des institutions de micro-finance sur leurs
clientèles (la stabilité et à la croissance des microentreprises, à
l’accroissement de la sécurité des familles/des ménages, au bien-être des
individus et au développement économique des communautés).
Ces outils ont été testés au Honduras, au Mali, en Bolivie, au Pérou, aux
Philippines et en Europe de l’Est, pour juger leur efficacité. Ces
expérimentations ont permis au groupe de travail dans le projet AIMS
d’apporter des améliorations et des perfectionnements des outils en
question. Au Maroc, certaines institutions de micro-finance, ont testé ces
outils pour connaître mieux les tendances de leurs programmes sur de leur
clientèle.
Par ailleurs, comme toute conception suppose des hypothèses de base, le
groupe de travail SEEP a débattu, défini et sélectionné un ensemble
d’hypothèses considéré comme pertinent pour le plus grand nombre
d’opérateurs.
2-1-1 Cadre conceptuel d’évaluation d’impact.
Ce cadre, basé sur un modèle de portefeuille économique du foyer,
suggère que les impacts peuvent se trouver au niveau de l’entreprise,
l’individu, le foyer et la communauté. Le centre d’analyse est la
famille/ménage, dans la mesure ou ce couple est une entité quasi-
indissociable de la microentreprise.
La mesure de l’impact requiert l’exploration d’une vaste gamme
d’activités économiques des familles/ménages. La façon dont la
microentreprise s’intègre dans les stratégies économiques globales du
ménage est déterminée par les facteurs ci-dessous :
• La composition des familles/ménages, qui varie selon le lieu et la
culture. Cette composition et les relations familiales influent sur la gestion
des microentreprises, ainsi que sur l’affectation des bénéfices.
• La prise de décision au sein des familles/ménages, pour ce qui est des
investissements et du choix des activités productives. Certaines décisions
sont prises individuellement ou conjointement par les deux époux ou par
d’autres adultes. Ces situations peuvent être sources de collaborations ou de
conflits, et ont des implications sur les résultats et les bénéfices retirés.
• Lien de la famille/du ménage avec des réseaux sociaux externes plus
vastes, par l’intermédiaire desquels ils utilisent et perçoivent des ressources.
Les microentreprises étant étroitement liées à la famille/au ménage, elles ne
peuvent être évaluées séparément comme des entités distinctes.
• Au niveau de la famille/du ménage, les microentreprises contribuent à
une augmentation nette des revenus, de l’accumulation des actifs et de la
productivité du travail. Les revenus investis dans des actifs, tels que
l’épargne et l’éducation des enfants augmentent la sécurité économique des
familles/ménages.
• Au niveau de l’entreprise, l’impact se manifeste par l’évolution des
revenus, de l’emploi, des actifs et du volume de production.
• Au niveau individuel, les changements sont mesurés par la capacité
des clients à prendre des décisions et à réaliser des investissements qui
augmentent les performances de l’entreprise et les revenus de l’individu.
• Au niveau communautaire, les microentreprises peuvent créer des
emplois, favoriser des liens en amont et en aval avec d’autres entreprises de
la communauté et attirer des capitaux extérieurs.
Pour évaluer les changements en fonction de ces relations, le cadre
conceptuel (Figure 1) définit des "domaines d’impact" pour chaque niveau,
décrits dans la figure ci-dessous. Pour chaque domaine, des indicateurs de
changement doivent être identifiés pour mesurer l’impact. Ces indicateurs
de changement peuvent fonctionner individuellement ou combinés en vue
de déterminer (1) l’évolution positive ou négative de la sécurité économique
des familles/ménages, (2) la progression des entreprises à différents stades
de développement, (3) l’évolution du bien-être des individus et (4)
l’évolution du développement de la communauté.16
Figure 1 : Cadre conceptuel AIMS

Source : AIMS P24

2-1-2 Hypothèses d’impact proposées


Le groupe de travail SEEP a défini et sélectionné un ensemble
d’hypothèses comme base de travail pour l’étude d’impact. Cet ensemble
d’hypothèses est présenté dans le tableau n° 1.
Tableau n°1 : Hypothèses d’impact SEEP (Source : AIMS p26.)
Au niveau de l’entreprise
La participation au programme :
Hypothèse E1 augmente les revenus de l’entreprise.
Hypothèse E2 entraîne un changement des pratiques commerciales, associé à
une meilleure rentabilité.
Hypothèse E3 aide les clients à survivre à des difficultés de trésorerie.
Hypothèse E4 augmente les actifs de l’entreprise dans le temps.
Hypothèse E5 encourage les clients à diversifier leur activité économique.
Au niveau de la famille/du ménage
La participation au programme :
Hypothèse M6 conduit à une augmentation du revenu des ménages.
Hypothèse M7 conduit à une augmentation des actifs des ménages dans le
temps.
Hypothèse M8 conduit à une amélioration du bien-être des ménages
(notamment dans les domaines de l’éducation, de l’habitat et de la sécurité
alimentaire).
Hypothèse M9 améliore la capacité des ménages à faire face aux situations
d’urgence.
Au niveau individuel
La participation au programme :
Hypothèse I10 améliore la capacité de l’entrepreneur à négocier avec autrui
(fournisseurs, clients, propriétaires, membres de la famille).
Hypothèse I11 permet au client de participer plus activement à la prise de
décision.
Hypothèse I12 permet au client de mieux contrôler les ressources
économiques.
Hypothèse I13 conduit à une augmentation de l’épargne personnelle.
Hypothèse I14 améliore la confiance en soi et l’assurance.
Au niveau communautaire
La participation au programme :
Hypothèse C15 limite le travail des enfants des enfants dans les entreprises
des clients.
Hypothèse C16 entraîne une plus grande participation aux activités de la
communauté.
Hypothèse C17 améliore la situation de l’emploi salarié et non salarié au sein
de la communauté des clients.
2-2 Les objectifs d’une évaluation d’impact
L’étude d’impact peut aider à répondre à plusieurs interrogations, en
l’occurrence :
 Une meilleure compréhension des conditions de vie des clients et des
processus de changement qui prennent place
 Quelles sont les principales orientations de ces changements ?
 Une information quantitative relative à l’ampleur de ces
changements
 Une meilleure compréhension des causes de changement et de la
relation entre les changements et les interventions
 Les changements sont-ils différents au sein des IMF comparés à une
communauté plus élargie ?
 Quels sont les impacts ou les transformations au sein des relations
entre les clients, les membres d’un ménage, les autres clients des IMF ou les
autres membres de la communauté ?
 Une meilleure compréhension par les IMF des besoins des
différentes sections de la communauté (ex : les pauvres)
Par ailleurs, d’une manière générale, l’étude d’impact suppose une
meilleure définition des objectifs visant entre autres
 Le renforcement de la faculté de compréhension et d’analyse des
clients de leur propre situation
 L’amélioration de l’aptitude de réaction des IMF aux besoins
exprimés et tacites des clients.
 L’intégration des informations relatives aux clients au sein des
services des IMF afin de mieux cerner leurs besoins.
 La constitution d’une base d’informations aidant les managers à
appréhender les services dont les clients visés ont besoin.
 L’évaluation des performances du personnel.
Enfin, pour arriver à répondre aux différentes interrogations qu’exige
une évaluation d’impact, il est nécessaire d’adopter certains outils
spécifiques en fonction de l’objectif à atteindre.
2-3 Les outils de l’évaluation
Les outils AIMS-SEEP (tableau n°2) peuvent, au choix, être utilisés
ensemble, individuellement ou combinés à loisir. De nombreux facteurs
influencent le choix des outils adaptés et le moment de leur mise en oeuvre.
La sélection des outils se fonde sur les réponses aux questions
suivantes :
• Quelles sont les parties prenantes clés du programme et quel type
d’informations recherchent-elles ?
• Quelles sont les hypothèses que nous voulons tester ?
• Quels sont les outils permettant de tester ces hypothèses ?
• Quel est le budget disponible pour cette analyse d’impact ?
• Quelle est le temps disponible pour la collecte et l’analyse des données
?
Tout opérateur souhaitant procéder à une évaluation doit identifier les
domaines d’impact et les hypothèses qui correspondent le mieux à son
programme. Les hypothèses présentées ici reflètent un consensus entre
divers opérateurs, mais doivent être adaptées (affinées, réduites ou
développées) à l’objet du programme, à la clientèle et aux services
concernés. Plus le nombre d’hypothèses retenu est important, plus l’analyse
requiert d’efforts. Le tableau ci-dessous associe chacun des cinq outils
AIMS-SEEP aux hypothèses correspondantes.
Tableau n°2 : les outils d’évaluation AIMS-SEEP (Source : AIMS p28.)
OUTIL HYPOTHESES
E1: Augmentation des revenus de l’entreprise
E2 : Changement des pratiques commerciales, associée à une meilleure rentabilité
E3 : Amélioration de la capacité à survivre à des difficultés de trésorerie
E4 : Augmentation des actifs de l’entreprise
M6 : Augmentation des revenus
M7 : Augmentation des actifs
Etude d’impact
M8 : Amélioration du bien-être
M9 : Plus grande capacité à faire face aux situations d’urgence
I13 : Augmentation de l’épargne personnelle
C15 : Diminution du travail des enfants dans les entreprises des clients
C17 : Amélioration de la situation de l’emploi salarié et non salarié au sein de la
communauté du client
Etude des Ne teste AUCUNE hypothèse d’impact; L’objectif est de déterminer à quel
pertes de clients moment et pourquoi le client a cessé de participer au programme, ainsi que
l’impact éventuel de la participation.
E1 : Augmentation des revenus de l’entreprise
E2 : Changements des pratiques commerciales, associée à une meilleure
rentabilité
E3 : Amélioration de la capacité à survivre à des difficultés de trésorerie
E4 : Augmentation des actifs de l’entreprise dans le temps
Utilisation du E5 : Plus grande diversification des activités de l’entreprise
crédit, des M6 : Augmentation des revenus
bénéfices et de
M7 : Augmentation des actifs
l’épargne dans
le temps M8 : Amélioration du bien-être
I10 : Amélioration de la capacité de négociation de l’entrepreneur (fournisseurs,
clients, propriétaires, membres de la famille)
I11 : Participation plus active à la prise de décision
I12 : Meilleur contrôle des ressources économiques
I13 : Augmentation de l’épargne personnelle
Discussions Ne teste AUCUNE hypothèse d’impact ; L’objectif est de déterminer la
thématiques de satisfaction de la clientèle vis-à-vis des produits et services offerts dans le cadre
groupe sur la du programme, ainsi que d’obtenir des suggestions d’amélioration du programme.
Satisfaction de
la clientèle
I10 : Amélioration de la capacité de négociation de l’entrepreneur
(fournisseurs, clients, propriétaires, membres de la famille)
Emancipation I11 : Participation plus active à la prise de décision
des femmes I12 : Meilleur contrôle des ressources économiques
I14 : Amélioration de la confiance en soi et de l’assurance
C16 : Plus grande participation aux activités de la communauté
Cette approche AIMS-SEEP se présente comme une analyse d’impact
des méthodes quantitatives et qualitatives. Les méthodes quantitatives sont
standards et visent à obtenir systématiquement des réponses succinctes du
plus grand nombre de clients possible ; l’approche qualitative permet de
recueillir des informations plus riches et plus détaillées sur un plus petit
nombre de personnes. Le choix de l’approche la mieux adaptée pour une
analyse donnée dépend des objectifs spécifiques de cette analyse.
L’approche quantitative est fondée sur deux outils d’évaluation ; étude
d’impact (outil 1) et perte de clients (outil 2):
L’outil 1 concerne trois groupes de travail : un groupe de clients
récents adhérant au programme depuis environ un an, un groupe de clients
membres depuis plus longtemps participant au programme depuis deux ans
ou plus et un groupe de nouveaux clients qui ont adhéré au programme mais
n’ont pas encore bénéficié de services. Le questionnaire est identique pour
tous les enquêtés ; leurs réponses seront exprimées sous forme de chiffres,
en fonction de réponses pré codées.
L’outil 1 permet de tester des hypnoses à différents niveaux ; au niveau
du ménage, au niveau de l’entreprise, au niveau de l’individu et au niveau
de la communauté
L’outil 2 consiste en la préoccupation des IMF par leur "taux
d’abandon". Ce choix terminologique implique un jugement négatif à
l’égard des anciens clients et ne tient pas compte de la quantité de facteurs
qui peuvent pousser une personne à se retirer d’un programme de crédit. Cet
outil vise à connaître dans quelle mesure les bénéficiaires d’un programmes
sont-t-ils satisfaits ?
A l’opposé des enquêtes classiques qui utilisent deux échantillons 17, cet
outil ajoute un troisième groupe : les anciens clients du programme. Il est
utile à la fois pour l’analyse d’impact et le suivi régulier du programme et
constitue un moyen pour les dirigeants d’obtenir une rétroaction objective
sur les points forts et faibles du programme.
L’approche qualitative est fondée sur trois outils d’évaluation ;
utilisation du crédit des bénéfices et de l’épargne dans le temps (outil 3),
satisfaction de la clientèle (outil 4) et émancipation des femmes (outil 5).
L’outil 3 permet de tester des hypnoses au niveau du ménage et au
niveau au niveau de l’individu. Son objectif est de :
• Documenter l’utilisation du crédit dans le temps ;
• Comprendre l’évolution de l’entreprise ;
• Analyser le rôle décisionnel joué par les clients en matière
d’utilisation du crédit, des bénéfices et de l’épargne ainsi que son évolution
dans le temps ;
• Identifier les effets tangibles de ces décisions en matière d’affectation
des ressources ;
• Explorer les liens entre le ménage du client et son entreprise.
Les facteurs suivants peuvent influencer l’utilisation du crédit : 18
• Le statut socio-économique du client ;
• Le fait que d’autres personnes disposant d’un revenu contribuent ou
non à la subsistance du ménage ;
• Le nombre de membres du ménage et leur âge ;
• La santé des membres du ménage ;
• Le type et la saisonnalité de l’entreprise ;
• Le lieu de la prise de décision concernant l’utilisation du crédit ;
• Le montant du prêt ;
• La durée effective du prêt.
L’outil 4 est centré sur une discussion thématique de groupe. Celle-ci
doit aider les utilisateurs à déterminer dans quelle mesure la clientèle est
satisfaite du programme, et quelles modifications spécifiques permettraient
de mieux répondre à ses besoins. Son objectif vise à :
• Déterminer si les produits et services du programme satisfont la
clientèle ;
• Recueillir des suggestions auprès de la clientèle afin d’améliorer le
programme.
L’outil 5 est un entretien individuel approfondi conçu pour les
femmes qui participent au programme depuis plus de deux ans. Pendant
l’entretien, il est demandé à la cliente d’identifier les différences entre son
comportement passé et présent.
L’outil 5 permet de tester des hypnoses au niveau individuel. Son
objectif est de :
• Déterminer si les clientes ont une meilleure estime d’elles-mêmes et
une meilleure confiance en elles depuis qu’elles participent au programme ;
• Identifier comment ces qualités se sont traduites par des modifications
spécifiques du comportement, révélatrices de l’émancipation.
3- L’évaluation d’impact des programmes de la micro-
finance au Maroc
Cet étude d’impact au Maroc s’est faite à travers deux organismes de
micro-finance : Fondation Zakoura et Association Al AMANA
3-1 Fondation Zakoura
L’étude d’impact de la fondation Zakoura a été réalisée dans le cadre du
programme microstart du Programme des Nations Unies pour le
Développement. Elle a été achevée en Décembre 2000.
3-1-1 Les objectifs de l’étude.
La Fondation Zakoura vise à aider les femmes pauvres mais ne
s’adresse pas aux plus pauvres parmi les personnes défavorisées. Le revenu
maximum de la population ciblée est fixé à 1.500 dirhams par mois et par
ménage composé de 5 personnes. Ce montant est inférieur au seuil de
pauvreté.19
A l’issue de l’atelier de formation organisé à Nairobi 20, se sont posées
des questions auxquelles ZMC (Zakoura Micro-crédit) semblait avoir des
préoccupations et souhaitait en trouver des réponses. Questions comme :
Pourquoi les clientes quittent le programme ? Les clientes utilisent-elles les
prêts de manière efficiente ? Les clientes ont-elles atteints ou sont-elles en
cours d’atteindre une certaine autonomie ? Les clientes sont-elles satisfaites
du programme de micro crédit ? Le programme aide-t-il les clientes à
développer leurs activités ?
Il semble que les objectifs définis avec les responsables de ZMC
rejoignent en grande partie, ceux dans l’esprit desquels, les instruments
AIMS ont été conçus : il s’agit de "prouver et d’améliorer" (Prove and
Improve), par une judicieuse écoute des clientes du programme.21
Dans le cadre de ses préoccupations, l’étude d’évaluation vise à tester
quelques hypothèses qui vont constituer une base théorique de l’étude en
question. Il s’agit de s’avoir si le programme de Zakoura a produit des effets
comme :
Au niveau du ménage :
- Une augmentation du revenu ;
- Une augmentation des avoirs ;
- Une amélioration du bien être des clients et des membres de leur
ménage (logements et santé notamment).
Au niveau de l’entreprise :
- Un accroissement de la valeur nette ;
- Un accroissement de la trésorerie nette ;
- Des progrès dans la distinction entre le budget de la micro
entreprise et celui du ménage.
Au niveau individuel :
- Une augmentation des capacités de contrôle des ressources par
les clientes ;
- Un accroissement de l’épanouissement des clientes.22
3-1-2 Choix des zones d’intervention:
Le choix des zones pour l’étude d’évaluation, n’est pas fait au hasard.
En effet, il a été dicté par deux critères majeurs, à savoir : la représentativité
et la faisabilité :
Le tableau n°3 présente la taille de l’échantillon visé par chaque outil.
Les deux premiers outils, ont été utilisé par enquête auprès d’échantillon
exhaustifs (caractère quantitatif); les trois suivants, par interview
individuelle, et par des groupes de discussion (focus groupe) étant donné
leur caractère qualitatif.
Le premier outil "Etude d’impact", est administré à la fois à des
clientes et à des "non clientes".
Les clientes sont des personnes « confirmées » c’est à dire que le
programme a eu suffisamment de temps pour avoir un impact.
Les objectifs et hypothèses de l'étude consistent à savoir si les clientes
s'épanouissent à différents niveaux, plus que les non clientes.
L’épanouissement considéré se situe:
* Au niveau de la famille / ménage :
-croissance du revenu,
-croissance du bien être (sécurité alimentaire, habitat, santé…)...
* Au niveau individuel
- amélioration du contrôle des ressources par les clientes,
- amélioration de l'estime personnelle...
* Au niveau de l'entreprise :
- accroissement de la valeur nette de la ME,
- accroissement du fond de roulement,
- différenciation entre la ME et la famille/ménage,
- augmentation plus significative du chiffre d'affaires etc...
Les non clientes constitueront une population "témoin" de micro-
entrepreneuses non adhérentes au programme de ZAKOURA. Ils ont pour
objet de donner "l’image" des clientes de Zakoura, telle qu’elle était avant
leur adhésion au programme.
Les non clientes sont des femmes ayant un potentiel de dynamisme
aussi important que celui qu’avaient les clientes au moment de leur adhésion
au programme. L’avantage de cette démarche est d’éviter des biais
d’approche, avec des conclusions hâtives.
Le deuxième outil, "enquête de sortie", est un questionnaire
administré aux clientes qui ont abandonné le programme de ZAKOURA.
Son objectif est de relever les raisons de leur abandon, leur degré de
satisfaction par rapport aux services dont elles ont bénéficié, l’impact des
prêts auxquels elles ont eu accès…
Le troisième outil, "utilisation des prêts", est un questionnaire
réalisée dans le cadre d’observer comment les clientes de ZAKOURA ont
utilisé leurs prêts, en distinguant les différents cycles de prêts. Les analyses
des résultats de cet outil permettent de compléter et nuancer les résultats des
outils quantitatifs.
Le quatrième outil, "degré de satisfaction des clientes", a pour
objectif de comprendre et d’analyser les raisons et degrés de satisfaction ou
non des clientes par rapport aux procédures du programme de ZAKOURA.
Cet outil répond autant à la question de "prouver" l’intérêt du programme
qu’à la question de "comment" l’améliorer.
Le cinquième outil, "l’épanouissement des clientes ", a pour
objectif de comprendre d’observer comment les clientes ont pu réaliser une
« ascension » dans leur statut et vécu quotidien. Les clientes ont-elles
davantage i) d’estime d’elles même, ii) de « pouvoir » dans la prise de
décision dans leur ménage, iii) de satisfaction dans leur activité et leur vécu
au sein de leur milieu social.
Pour chacun de ces outils, Zakoura a procédé à un échantillonnage
rigoureux, pour disposer d’une correcte représentativité de la population
de ZAKOURA.
3-1-3 Résultat de l’étude
L’objectif de l’enquête menée par Zakoura est d’analyser les effets qu’a
la participation au programme, sur les clientes, leur ménage et leur
entreprise.
Les questions posées sont : Le programme aide-t-il les clientes à
développer leurs activités? Des effets sur le bien être de leur ménage sont-ils
perceptibles ? Les clientes utilisent-elles les prêts de manière efficiente ?
Les clientes ont-elles atteints ou sont-elles en cours d’atteindre une certaine
autonomie ? Les clientes sont-elles satisfaites du programme de micro crédit
? Pourquoi les clientes quittent le programme ?
Ainsi, il ressort du rapport23 que 62,7 % des clientes ont enregistré une
augmentation de revenu durant les douze derniers mois ; elles sont 5,3 % à
considérer cette augmentation comme forte alors que pour les mêmes
questions les proportions relatives aux non clientes sont de 38,9 et 0%. Les
clientes du programme semblent s’impliquer plus significativement dans la
gestion du budget familial en raison de leur apport financier croissant et plus
significatif.
Les clientes du programme de Zakoura apparaissent mieux protégées
contre la pénurie de matières premières, comparées aux non clientes. Il en
est de même par rapport à des "évènements extérieurs à leur activité
d’entreprise". Ce programme semble stimuler l’esprit d’entreprise de ses
clients et leur facilite la possibilité de bénéficier d'opportunité d'affaires.
Les ventes des clientes des deux premières activités de leurs entreprises
sont en moyenne supérieures de 14 % à celles des non clientes. L'écart entre
les profits calculés est quand à lui plus restreint puisqu'il se monte à 8,9 %.
Cette atténuation de la différence peut s'expliquer par le fait que les clientes
ont une meilleure estimation de leur profit, que les non clientes.
Concernant le fonctionnement de l’entreprise, le rapport a conclu que le
programme a permis à ses clientes de se diversifier davantage avec un
accroissant des charges pesant sur leur entreprise. Ce surplus de coût n'est
cependant pas trop élevé, pour faire passer le profit des clientes en dessous
de celui des non clientes. Ce programme permet à ses clientes d'accroître
leurs ventes plus que proportionnellement aux coûts nécessaires à cette
augmentation.
Tableau n°3 :

Source : Etudes de l’impact du programme de Zakoura Micro-Crédit


P29
L’accès à une source de financement a permis des économies d’échelles.
Il a permis aux clientes d’entreprendre les investissements nécessaires à une
intensification de leur activité, allongeant ainsi leurs périodes de rotation de
production.
Le programme a offert aux clientes davantage de changements dans
leur entreprise dans les 12 mois précédant l’enquête. Par exemple, 63,30 %
des clientes ont, pendant cette période, augmenté la taille de leur entreprise
contre 39,3 % des non clientes. De même, 54,8 % des femmes ayant un
passé au sein du programme ont étendu la gamme de leur produit contre
seulement 35,5 % des clientes entrantes.
Concernant le professionnalisme dans la gestion de l'activité
d'entreprise, il n’y a pas de différence apparente entre les clientes et les non
clientes ; la majorité chez les unes comme les autres conserve l'argent
obtenu séparé de celui dédié aux dépenses familiales et personnelles. Le
programme a encouragé ses clientes à calculer leur bénéfice en fonction de
leur registre de coûts et de revenus (71.6% parmi les 46,6% dans ce cas,
affirment qu’elles n'ont entamé cette pratique que suite à leur adhésion au
programme de) ce qui renforce l'idée que le programme a contribué
significativement à l'assainissement et à la professionnalisation des
pratiques de gestion de ses clientes. De plus, 56.6% des clientes avouent
n'avoir pris conscience des produits qui apportaient le plus de bénéfice que
suite à leur participation au programme. Mais face aux aléas de la
conjoncture, les clientes semblent moins démunies que les non clientes.
Concernant l’impact sur le ménage, la proportion des clientes ayant
accru leurs dépenses d’éducation demeure supérieure de 10 points en
moyenne à celle des non clientes. Tous les enfants en âge scolaire vont à
l’école dans 83,9 % des ménages des clientes (73 % chez les non clientes).
Aussi, 37.8% des clientes déclarent que l'achat de nourriture constitue leur
premier choix en matière d'allocation de leur bénéfice contre seul 26.50%
des non clientes. Pour les clientes, plus de un tiers a noté une amélioration
de son régime alimentaire contre 18 % des non clientes. Par contre, une plus
grande part des non clientes estime avoir subit une dégradation dans ce
domaine.
Concernant l’émancipation, les clientes du programme ZAKOURA sont
plus nombreuses à prendre seules davantage de décisions.
Pour le fonctionnement du programme on constate que, quand le groupe
fonctionne correctement, les clientes considèrent qu’il est utile car il
constitue la base d’une aide mutuelle en cas de besoin. Au niveau des
groupes de discussion, l’enquête a montré la satisfaction des clientes qui
était accrue par le fait qu’elles peuvent rembourser par petites tranches.
Pour les clients, il y a un avantage qui tient au fait que les taux d’intérêts
proposés demeurent plus faibles que ceux attachés aux autres sources de
crédit non officielle. En revanche, peu de femmes évoquent la présence
d’une formation et d’une assistance technique alors que les résultats traduit
le besoin.
Du point de vue des clientes sortantes, le programme est globalement
jugé positif, y compris par les clientes qui ont abandonné le programme. On
notera que parmi celles-ci, 32.8% ont jugé que ce prêt était facile à
rembourser mais d’un montant trop faible pour satisfaire les besoins de leur
entreprise.
3-2 ASSOCIATION AL AMANA
L’étude d’impact réalisée l’Association Al Amana porte sur quatre
enquêtes :
• Enquête d’impact et d’utilisation des prêts et profits des
microentrepreneurs ;
• Enquête sur les clients sortants ;
• Enquête sur l’autonomie de la femme ;
• Enquête sur la satisfaction des clients.
3-2-1 Les objectifs de l’étude.
Cette étude vise :
- la mesurer d'impact du programme au niveau de la microentreprise, du
microentrepreneur, de son ménage et de sa communauté ;
- la mesurer da satisfaction et l’étude des raisons de sortie des clients ;
- de fournir des critères d’évaluation des agents de crédit, portant
essentiellement sur la satisfaction des clients, et ainsi de contribuer à la
qualité des prestations.
- à comprendre l’impact du programme sur l’émancipation de la
femme.24
3-2-2 Outils et méthodologie adoptés.
Al Amana a utilisée les mêmes outils que Zakoura. Le sondage a été
réalisé auprès d’un échantillon global de 1.604 individus dont 290 pour les
trois études Impact et Utilisation, Sortants, et Autonomie de la femme, et la
méthode utilisée est celle d’échantillonnage aléatoire stratifié selon les
critères de sexe, de secteur d’activité et de participation/ancienneté dans le
programme.
L’étude vise plusieurs cibles à travers les différentes enquêtes :
• Clients actifs (anciens : au moins 2 ans et demi d’ancienneté dans le
programme) ;
• Clients actifs (nouveaux : 1 an et +/- 3 mois d’ancienneté dans le
programme) ;
• Clients entrants (non clients pris sur la liste d’attente des nouveaux
adhérents);
• Sortants (ex-clients : tout client ayant soldé son dernier prêt depuis au
moins 3 mois et au plus un an sans être inscrit pour son renouvellement) ;
• Non Clientes actives.
3-2-3 Choix des zones d’intervention:
La couverture géographique concerne tout le réseau du programme de
micro crédit d’Al Amana au moment de l’enquête. Elle est nationale.
3-2-4 Résultats de l’étude
3-2-4-1 Utilisation des prêts et profits
Les hypothèses examinées à travers l’outil Impact et Utilisation
concernent quatre niveaux : l’entreprise, l’individu, son ménage et sa
communauté :
Au niveau de l’entreprise :
- Augmentation du cash-flow net ;
- Développement et amélioration des processus de production et de la
qualité des biens et services produits (changements positifs d’ordre
qualitatif) ;
- Distinction accrue entre les comptes de la microentreprise et ceux du
ménage ;
Au niveau individuel :
- Augmentation du revenu personnel ;
- Augmentation de l’épargne personnelle ;
- Contrôle accru des clients sur leurs ressources (autonomie
décisionnelle) ;
Au niveau du ménage/famille :
- Augmentation du revenu global du ménage ;
- Amélioration du bien-être des clients et des membres de leur ménage
(aspects tels que la sécurité alimentaire, les conditions de logement, la
scolarisation des enfants).
Au niveau de la communauté :
- Création d’emplois rémunérés ;
- Aucun impact négatif sur le travail des enfants;
- Attraction de nouveaux revenus provenant de l’extérieur de la
communauté.
Une grande partie des clients déclare des utilisations conformes25 aux
critères actuels du programme et une rentabilisation satisfaisante de leurs
prêts. Mais l’analyse des utilisations des premier et dernier prêts montre que
leur qualité d'utilisation se déprécie avec leur renouvellement. Cette
dépréciation relative de la qualité d’utilisation du prêt peut donc expliquer le
fait que les anciens clients ne soient pas plus satisfaits de l’utilisation et du
rendement de leur prêt que les nouveaux. Par contre, la
participation/ancienneté au programme a une influence sur le comportement
d’affectation des profits, même si elle est statistiquement faible ; les anciens
clients orientent davantage leurs profits vers l’autofinancement de la
microentreprise (65% des clientes anciennes et 73% des clients anciens), au
détriment des dépenses ménagères et de l’épargne.26
Concernant le paiement des échéances, seuls 11.5% des clients enquêtés
connaissent des difficultés de remboursement. Ces difficultés ne se
traduisent pas systématiquement par des retards de remboursement. Mais
reste à savoir par quel moyens ces clients remboursent ils ?
3-2-4-2 Impact au niveau de la microentreprise
La faible manifestation de l'impact à ce niveau appelle à davantage
d'efforts d'enrichissement et d'affinement des indicateurs retenus, 15,6 % des
clients enquêtés déclarent avoir eu un autre prêt simultanément aux prêts
d’Al Amana, 1,6% seulement disent l'avoir eu d'une autre IMF.
Au niveau des profits, les clients gagnent vraisemblablement plus que
les non clients. Néanmoins, cette différence n’est pas significative d’un
point de vue statistique, si l’on exige une marge d’erreur maximale de 5%.
Toujours, dans le cadre des bonnes pratiques de gestion, 58% des clients
enquêtés déclarent faire la séparation entre leur budget familial et le budget
d’entreprise. 24% affirment avoir adopté cette pratique après leur
participation au programme. La différence n’est néanmoins pas
statistiquement assez importante entre les clients et les non clients pour être
significative.
En terme de savoir-faire managérial, un impact positif et statistiquement
vérifié porte sur l'amélioration de la capacité d'évaluation des profits de
l'activité. Il en est de même de la capacité d'appréciation de la rentabilité de
chaque produit mais, curieusement, chez les hommes uniquement !
Concernant les changements opérés au niveau de la microentreprise, on
peut dire qu’au cours des 12 mois qui précèdent cette enquête, le
programme a pu aider les clients à développer la taille de leur entreprise
(36% clients anciens 18% non clients) et à mieux gérer leurs
approvisionnements en matières premières et fournitures (51% clients
anciens 23% non clients). Cet impact est statistiquement vérifié, mais de
faible ampleur.
3-2-4-3 Impact au niveau individuel
Au niveau individuel plus de 70% des clients déclarent une
augmentation de leur revenu individuel contre seulement 50% des non
clients. Mais la relation avec la participation au programme est faible pour
dire que 'impact du programme à ce niveau est significatif. 82% des clients
nouveaux ayant bien utilisé leurs premier et dernier prêts ont vu leur revenu
individuel augmenter voire même remarquablement augmenter, et ce contre
65% des clients anciens. Ceci rejoint le constat fait plus haut sur la
dépréciation de la qualité d’utilisation des prêts avec le temps.
Quant à l’épargne personnelle, aussi bien les clients que les non clients
détiennent une épargne liquide (plus de 80% des répondants). La relation
entre la participation au programme et l’évolution de l’épargne n’est
cependant pas statistiquement significative. Toutefois, la baisse de l’épargne
au fur et à mesure de l’ancienneté (chez les hommes) s’accompagne d’une
augmentation de l’investissement dans la microentreprise.
Pour l’utilisation des profits les anciens clients sont moins nombreux à
épargner l’essentiel des profits tirés du crédit, mais sont plus nombreux à les
réinvestir dans la microentreprise.
Par ailleurs, les clients sont apparemment un peu plus fréquemment le
décideur principal de la microentreprise, soit 92% contre 80% des non
clients. Là aussi, la relation avec la participation au programme n’est pas
suffisamment significative.
3-2-4-4 Impact au niveau du ménage/famille
Les ménages des clients sont relativement plus nombreux à connaître
une augmentation modérée ou remarquable du revenu global (69% vs.
55%). Là aussi, la relation avec la participation au programme n’est pas
suffisamment significative. De même, il n’y a pas de relation significative
entre l’action du programme et l’amélioration de la qualité du régime
alimentaire des clients. L’impact du programme au niveau des conditions de
logement est à peine perceptible et est vraisemblablement plus apparent
chez les hommes que chez les femmes. La différence entre clients et non
clients par rapport à la scolarisation des enfants est faible.
3-2-4-5 Impact au niveau de la communauté
La création d’emploi rémunéré est l’indicateur privilégié à ce niveau,
18% des clients ont créé au moins un emploi additionnel au cours des 12
derniers mois contre 20,5% des non clients. La différence n’est pourtant pas
statistiquement significative et pourrait donc être due à des fluctuations
d’échantillonnage.
Aucun impact négatif n’a été relevé sur le travail et la scolarisation des
enfants de 10 ans et moins. Par contre, l’impact sur le travail des enfants de
11 à 18 ans est négatif. Presque 15% des clients ont employé des jeunes
entre 11 et 18 ans au détriment de leur scolarisation contre 4% des entrants.
En outre, 28% des micro-entrepreneurs clients ont vendu dans de nouveaux
marchés/emplacements contre 23% des non clients. Ils attirent par là des
revenus externes à leur communauté et à leur quartier. La relation avec la
participation au programme est significative mais de très faible portée.
En conclusion, nous pouvons dire que peu d’impact a été constaté sur
les clients par rapport aux non clients. En outre, les outils utilisés se sont
relevés insensibles aux impacts sur le bien-être des clients et de leur famille,
notamment en terme de logement et de dépenses alimentaires.27
3-2-4-6 Les clients sortants
Les clients sortants sont de 24% de l’ensemble de la clientèle d’Al
Amana.
3-2-4-7 La satisfaction des clients.
La quasi-totalité des clients, soit 98,5% se disent satisfaits voire très
satisfaits du programme dans son ensemble, 96% des clients sont satisfaits
de la qualité des agents, 88% de l’accompagnement que ces derniers leurs
fournissent. Quant au prêt solidaire lui-même, 65% des clients jugent ses
modalités satisfaisantes.
3-2-4-8 L’autonomie de la femme.
Avant d’accéder au programme, beaucoup de femmes se sentaient
dépendantes tant au niveau décisionnel que financier. En s’impliquant dans
le programme, elles agissent d’une façon plus déterminée pour réaliser leurs
rêves. Aussi, grâce à une plus grande confiance en elles, les clientes
semblent être plus à l’affût des opportunités et d’une rentabilité meilleure de
leur activité.
Toutefois, on peut dire que cette étude ne permet pas d’identifier des
axes d’amélioration du programme quant à l’impact sur l’autonomie de la
femme, il paraît nécessaire d’envisager d’autres types de démarches.
Conclusion
Avec plus de 4,2 millions de pauvre, la mise en œuvre de programme
de lutte contra la pauvreté est devenue une priorité au Maroc. La micro-
finance reste un moyen de lutter contre ce phénomène.
La micro-finance dans sa globalité (programmes financiers et
techniques) a prouvé à travers les études d’impact (AIMS) qui ont été
entreprises par tout dans le monde, un effet globalement positif sur le
contexte économique et social des personnes pauvres. Toutefois, on
comparant les résultats d’impacte des clients et des non clients, on constate
une légère différence. Ce qui mais la micro-fianace, avec ces techniques de
financement et sa stratégie actuelles en doute.
L’expérience du Maroc en matière de micro-finance et en particulier en
matière d’étude d’impact est très récente ; elle date de 2000. Toutefois, il
reste primordiale que ces études soit généralisées et adoptées par toutes les
associations marocaines de micro-finance afin de donner des évaluations
globales des différentes programmes de micro-finance qui ne sont pas
forcement les mêmes pour toutes les associations.
Il faut aussi relever que la micro-finance a été globalement critiquée
avec ses programmes qui ne font que concrétiser la pauvreté et la maintenir,
puisqu’il a été constaté que des clients ne sont jamais cesser d’être
demandeur de micro-finance malgré les années (le cas de Grameen Bank
des clients ont 18 ans d’ancienneté). Ce qui va à l’encontre des missions
présumées pour faire sortir les pauvres du cycle vicieux de la pauvreté.
Pour que la micro-finance soit un moyen de lutte contre la pauvreté, il
faut revoir ces techniques et même les taux d’intérêts trop lourds pour les
bénéficiaires.
Référence
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(RGP) de septembre 2004
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PNUD (Programme des Nations unies pour le Développement) en
1999, nous évoluons dans un monde où près d’un milliard 300
millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté de 1
dollar par jour, 850 millions de personnes sont analphabètes, 260
millions d’enfants souffrent de malnutrition, et 880 millions
d’individus n’ont pas accès aux services médicaux.
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Communauté Internationale (FINCA) Août 1998, p4
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24- Association Al Amana Direction Etudes & Développement:
Evaluation de la contribution d’Al Amana au développement de ses
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25- Une utilisation est conforme lorsque 90% du montant du prêt est
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26- Association Al Amana Direction Etudes & Développement Etude
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27- Evaluation de la contribution d’Al Amana au développement de ses
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Bibliographie
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23. Atelier de formation sur les outils AIMS a été organisé par SEEP Network
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AIMS, 05.02.04, Résumé
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Articles
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Documents officiels
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38. Plan quinquennal 2000-2004)
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MOR/97/002/B/01/99
40. Ministère de finance