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Université Sultan Moulay Slimane

Faculté polydisciplinaire

Béni-Mellal

Département de Sciences Economiques et Gestion

Rapport pour l’obtention de la Licence en Sciences


Economiques et Gestion

Rapport de Projet de Fin d’Etudes sous le thème :

« COMMENT LE MAROC SE PREPARE POUR


ACCUEILLIR ET INTEGRE LES
TECHNOLOGIES VERTE ?»

Préparé par : Encadré par :


Mohamed Mansouri Pr. Hicham El yousfi
Gulistane al Abdullah
Chaimaâ Outaleb

Membres de jury :
Pr. Hicham El yousfi
Pr. Mohcine Bakhat

Soutenu le : 14/7/2018

ANNÉE UNIVERSITAIRE: 2017/2018


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

REMERCIEMENT

Au terme de rédaction de ce mémoire, c’est un devoir agréable

d’exprimer en quelques lignes la reconnaissance que nous devons à

tous ceux qui ont contribué de loin ou de prêt à l’élaboration de ce

travail, qu’ils trouvent ici nos vifs respects et nos profondes

gratitudes.

Nous souhaitons tout d’abord remercier les respectables

membres de jury, spécialement notre encadrent le professeur Mr.

Hicham EL YOUSFI qu’il nous encadrait avec patience durant la

réalisation de ce travail. Leur conseils nous nous ont été bien utiles,

notamment pour la rédaction de ce projet.

On s’adresse nos vifs et affectueux remerciements aussi à nos

parents et à toutes nos familles pour leurs patiences et leurs

encouragements.

Enfin, nous tenant à remercier l’ensemble de corps enseignant

de la Filière de Sciences Economie et de Gestion, ainsi que l’ensemble

du corps professoral et administratif de la faculté poly disciplinaire

de Béni Mellal.

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

LISTE D'ABREVIATIONS
 CDE : Le Common Desktop Environment (CDE) est un environnement de bureau pour UNIX
initialement annoncé en juin 1993 par SunSoft, HP, IBM, et Unix System Laboratories basé
sur X Windows System et la bibliothèque Motif.
 CMED : La commission mondiale sur l’environnement et le développement est créée en 1983
dans le but de former un processus ayant de l’autorité pour intégrer l’interdépendance de
l’environnement et du développement dans un processus crédible tant au Nord qu’au Sud, tant
auprès des gouvernements que de la population.
 FNE : Fonds National de l’Environnement
 OCDE : l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques une organisation
internationale d'études économiques, dont les pays membres — des pays développés pour la
plupart — ont en commun un système de gouvernement démocratique et une économie de
marché. Elle joue essentiellement un rôle d'assemblée consultative
 OEI : L'Organisation des États Ibéro-américains pour l'Éducation, la Science et la Culture
(OEI), créée en 1949, est un organisme international à caractère intergouvernemental qui vise
à favoriser la coopération entre les pays de la péninsule Ibérique et d'Amérique latine,
hispanophones et lusophones, dans les domaines de l'éducation, de la science, de la culture et
de la technologie.
 OIT : L’Organisation internationale du travail ou OIT est depuis 1946 une agence spécialisée
de l'ONU ; sa mission est de rassembler gouvernements, employeurs et travailleurs de ses
États-membres dans le cadre d'une institution tripartite, en vue d'une action commune pour
promouvoir les droits au travail, encourager la création d'emplois décents, développer la
protection sociale et renforcer le dialogue social dans le domaine du travail.
 ONU : L’Organisation des Nations unies est une organisation internationale regroupant 193
États. En remplacement de la Société des Nations, la Charte des Nations unies est adoptée le
26 juin 1945 par 51 États.
 PNUE : Le Programme des Nations unies pour l'environnement est une organisation
dépendante de l'Organisation des Nations unies, créée en 1972, et ayant pour but de :
coordonner les activités des Nations unies dans le domaine de l'environnement
 SNEE : Le syndicat national de l'environnement, en abrégé SNE, est un syndicat français
membre de la FSU syndiquant les personnels du ministère de la Transition écologique et
solidaire

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

SOMMAIRE
INTRODUCTION GENERALE ............................................................................. 4

Chapitre 1 : L’émergence de l’économie verte. Error! Bookmark not defined.

Section 1 : D’une économie classique à une économie verte. ........................................... 6

Section 2 : La transition vers l’économie verte ............................................................... 12

Chapitre 2 : l’annexion des technologies vertes pour le soutien de la

croissance soutenable. ......................................................................................... 18

Section 1 : La relation entre la croissance soutenable et l’environnement. ..................... 19

Section 2 : La technologie verte : Quel impact sur la croissance soutenable au

Maroc ? ..................................................................................................................................... 29

Chapitre 3 : la mise en place des technologies vertes au Maroc. .................... 35

Section 1 :L’investissement dans les technologies vertes au Maroc : projets

phares et objectifs : ................................................................................................................... 39

Section 2 : Le financement des investissements dans les technologies vertes

au Maroc ................................................................................................................................... 44

CONCLUSION GENERALE ............................................................................ 51

REFERENCES BIBLIOGRAPHIES ................................................................ 52

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

INTRODUCTION GENERALE

La technologie est une des trucs qui distinguent les êtres humains des animaux, et elle
constitue notre monde. Depuis l’aube de l’humanité, les populations utilisent leurs connaissances
pour fabriquer les outils et machines qui leur sont utiles.

Certains pensent aujourd’hui que la technologie est à la base de toute prospérité et qu’il faut
très peu de restrictions à son développement. D’autres, considérant qu’elle cause de terribles
problèmes environnementaux, la condamnent et demandent qu’elle soit strictement contrôlée.

La technologie a apporté la richesse à une bonne partie du monde mais elle est également
responsable de bien des nuisances pour la planète et ses habitants. En elle-même, elle est pourtant
neutre : qu’ils soient positifs ou négatifs, ses impacts sont liés à l’utilisation que nous en faisons.

La technologie devrait servir au développement et non à la destruction ; elle devrait


être utile à l’ensemble de l’humanité et non enrichir uniquement ceux qui sont déjà riches ; et au lieu
de favoriser à tout prix la croissance économique, elle devrait veiller à ce que celle-ci continue à être
soutenue par les services vitaux fournis par une planète en bonne santé.

En premier lieu, il faut vérifier que la technologie est appropriée, qu’elle autonomise ceux qui
l’utilisent, qu’elle est adaptée aux endroits où elle est appliquée, et surtout, qu’elle est conçue pour
favoriser un développement durable qui élimine la pauvreté tout en préservant la Terre et ses
systèmes naturels. Ensuite, il faut s’assurer qu’elle est largement partagée de façon à profiter à un
maximum de gens. Il existe de nombreux exemples de technologies remplissant ces objectifs, mais le
plus souvent, ces derniers ne sont pas pris en compte au départ. Il faut que notre génération redresse
l’équilibre et qu’elle concentre ressources et efforts sur le développement de technologies adaptées à
notre époque et à notre monde fragile et interdépendant.

Notre projet vise à répondre à la problématique suivante Comment les technologies vertes
contribuent au développement durable au Maroc ?

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

CHAPITRE 1 : L’EMERGENCE DE L’ECONOMIE VERTE.

Introduction

La base de la civilisation humaine est passée de la chasse à l'agriculture et


puis à l'industrie moderne, maintenant une nouvelle civilisation écologique, ou
une économie verte est nécessaire, la prise en compte de la dimension
environnementale dans le modèle économique a poussé les économistes à
repenser aux systèmes économique classique qui a été basé sur l’optimisation de
la production et la consommation sans prendre en considération
l’environnement, permettant d’orienter les politiques publiques et économiques
et les décisions de la société civile vers le modèle de l’économie verte, notre
projet vise à répondre aux questions suivantes : comment les économistes se sont
intéresses a l’écologie ? Et qu’ils sont les fondements de cette transition de
l’économie brune à une économie verte en tenant compte de ses dimensions :
économique, écologique et sociale ?

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Section 1 : D’une économie classique à une économie


verte.

Les débuts de 19éme siècle

La question environnementale traverse de nombreux champs des sciences


économiques, des courants les plus classiques à ceux, récents, qui prônent une
approche plus interdisciplinaire.

Figure 1 : Malthus's theory of population

Source : https://www.slideshare.net/Kay963/theories-on-population-5509224

Les études sur la relation entre l’environnement et la croissance


économique remontent à la fin du 19ème siècle avec le travail de Malthus 1
(1798) qui a constaté un écart grandissant entre le rythme de la population et
celui de la production agricole dans un monde où les ressources naturelles sont
limitées. L’économiste britannique considère une dimension essentielle du
problème : la rareté des ressources naturelles qui conduisent le revenu par tête à
décroître avec la taille de la population. Par ailleurs, en supposant que le
dynamisme démographique augmente quand le revenu s’accroît, l’équation
découlant de ce modèle prédit un revenu par tête constant et une population
stable2

1
Thomas Robert Malthus, né près de Guildford le 13 février 1766 et mort à Bath le 29 décembre 1834, est un économiste
britannique de l'École classique, et également un prêtre anglican.
2 Malthus, « An Essay on the Principle of Population », et Journal de la société française de statistique, Tome 42 (1901),
p. 51-68.

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Du 19éme à début de 20éme siècles, les années de l’industrialisation :

Cependant, la très forte croissance économique des 19éme et 20éme


siècles, a conduit à remettre en cause cette représentation et à s’intéresser plutôt
aux rôles du travail, de l’accumulation du capital matériel et du progrès
technique ; la question des ressources naturelles étant considérée comme
secondaire, du moins dans les économies développées où la part du secteur
agricole était devenue très faible.

Du 1920 à 1960 ; l’externalité, le bien public, le droits à polluer

Il faut attendre le 20e siècle pour que la science économique moderne


commence à intégrer les enjeux liés à l’environnement dans ses modèles : Pigou
(1920)3, Samuelson (1954) et Coase (1960) à travers la définition des concepts
d’externalité, de bien public, de droits à polluer, ont notamment proposé
différents instruments pour pallier les défaillances des marchés. L’ensemble de
ces concepts sont au cœur de «l’économie de l’environnement», devenue depuis
quelques décennies une discipline à part entière de l’économie.

Les économistes néo-classiques quant à eux, en critiquant le caractère


abondant des ressources naturelles, ont tenté d’intégrer l’environnement dans le
modèle d’équilibre général (Hotelling (1931), Hartwich (1977))4.

3
Arthur Victoria Cecil Pigou (né le 18 novembre 1877 à Ryde – mort le 7 mars 1959 à Cambridge) est un économiste
britannique. Il a particulièrement travaillé sur l'économie du bien-être (« Welfare Economics »), et a introduit la notion
d'externalité
4 The Hartwick rule and the characterization of constant consumption paths in the presence of an exhaustible ressource,
page 2 ART 1 et 2

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DU 1960 à 1972 : les externalités5

Par ailleurs, l’initiation du mouvement écologique a été déclenché par le


livre de Carson 6 (1962) « The silent spring » dans lequel elle a critiqué
l’industrie chimique.

Les préoccupations sur les ressources naturelles vont réapparaître dans les
années 1970, à l’occasion des chocs pétroliers qui font prendre conscience du
caractère épuisable d’une ressource jusque-là bon marché, du risque de pénurie
énergétique, mais aussi de la rente que peuvent en retirer les pays qui détiennent
cette ressource. C’est d’abord en considérant la question de l’épuisement des
ressources naturelles que les liens entre environnement et croissance sont donc
envisagés.

Par la suite, à partir des années 70, les travaux sur l’économie et
l’environnement se sont multipliés pour donner naissance à des courants de
recherches en économie de l’environnement et en économie écologique. En
effet, le rapport du club de Rome « The limits to Growth » (1972).

La même année la conférence de Stockholm sur l’environnement,


organisée par les Nations Unies, s’interroge sur les interactions entre écologie et
économie et sur les conditions d’un modèle de développement compatible avec
la protection de l’environnement et l’équité sociale.7

D’un point de vue économique, ce n’est donc pas simplement la rareté des
ressources qui est en cause, ce sont aussi les effets externes de l’activité humaine
(les « externalités ») sur la qualité de l’environnement et donc sur le bien-être
des personnes. L’étude économique met, à cette époque, davantage l’accent sur
les dégradations environnementales dues aux modes de production et de

5
Intégrer les ressources naturelles et la pollution comme facteurs de production
6
Rachel Louise Carson, née à Pittsburgh le 27 mai 1907 et morte le 14 avril 1964 à Silver Spring, est une biologiste
marine et écologiste américaine. Carson commença sa carrière comme biologiste à l’U.S
7
Il s’agit du premier Sommet de la Terre, où apparaît le terme d’écodéveloppement qui préfigure celui
de développement durable. Cette nouvelle préoccupation est renforcée au cours des années qui suivent,
du fait des atteintes portées à l’environnement (trou de la couche d’ozone, pluies acides, réduction de la
biodiversité, réchauffement climatique), de diverses pollutions industrielles (marées noires suite au
naufrage de l’Amoco Cadiz et de l’Exxon Valdez, catastrophe de Seveso suite à l’explosion d’un
réacteur chimique, catastrophe de Bhopal suite à l’explosion d’une usine de pesticides, accidents
nucléaires à Three Mile Island et Tchernobyl) et du doublement des émissions mondiales de CO2 entre
1960 et 1980.

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

consommation ; elle s’interroge sur la façon de rendre compatibles croissance et


environnement. Et celui de la Commission Mondiale sur l’Environnement et le
Développement 8 ont mis en cause les objectifs d’une croissance continue et
illimitée en raison de leurs impacts à la fois sur l’environnement et la société.

Par conséquent, la relation entre le développement et l’environnement est


désormais étudiée en introduisant le concept du développement durable.

8
CMED(1987)

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

1972 jusqu’à maintenant notion de l’économie verte

De la conférence de Stockholm (1972) à celle de Conférence de


Marrakech (2016) sur les changements climatiques organisés par l’Organisation
des Nations Unies, le débat international sur les questions de l’environnement et
du développement durable a pris une grande ampleur. Le développement durable
de toute la planète devient un but fondamental, et pour l’atteindre il faut verdir
l’économie.9

Il semble que l’expression « économie verte » est apparue pour la première


fois dans le rapport « Blueprint for a Green Economy », 10 dans lequel les auteurs
ont étudié le concept du développement durable et ont préconisé une économie
au service de l’environnement sans toutefois, développer d’avantage le concept
de l’économie verte.

Par ailleurs, l’une des premières explications est celle présentée par
l'Organisation de Coopération et de Développement Economiques(OCDE) qui a
avancé que l’économie verte est composée « des activités qui produisent des
biens et des services pour mesurer, prévenir, limiter, réduire au minimum ou
corriger les dommages environnementaux liés à l’eau, l’air et le sol, ainsi que les
problèmes liés aux déchets, aux bruits et les écosystèmes. Cette industrie
comprend les technologies, produits et services qui réduisent les risques
environnementaux et minimisent la pollution et l’utilisation des ressources ».11
En outre, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement 12 définit
l’économie verte comme « une économie qui entraîne une amélioration du bien-
être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les
risques environnementaux et la pénurie de ressources».13

D’autres définitions ont se sont élancés pour éclairer l’économie verte sans
toutefois arriver à un consentement universel du concept. Cependant, il y a un
large consensus que l’économie verte est une économie faible en carbone,
économe en ressources et socialement inclusive et qui constitue un instrument

9
, Pierre Greffet, Amélie Mauroux, Pierre Ralle, Céline Randriambololona, définir et quantifier l’économie verte pages
89.
10
Pearce et al (1989)
11
OCDE (1999)
12
PNUE(2011)
13
OCDE (1999)

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

nécessaire pour atteindre les objectifs du développement durable à travers la


conciliation entre ses trois piliers : économique, social et écologique.

L’économie verte est spécifiée par les secteurs qui renforcent le capital
naturel et réduisent les risques environnementaux, se tient ensemble
essentiellement ; les énergies renouvelables, les bâtiments écologiques, les
transports propres, la gestion de l’eau, la gestion des déchets et la gestion des
terres.14

Les objectifs majeurs de l’économie verte consistent à améliorer


l’efficacité énergétique à travers la diminution de la consommation des énergies,
à développer les ressources renouvelables qui sont intenses en capital humain et
à gérer les externalités négatives. A ces objectifs, on ajoute la cohésion sociale
qui consiste à réduire les inégalités sociales grâce à une redistribution de la
richesse, à créer de nouveaux emplois et à garantir un bien être à tous les
membres de la société. Ces objectifs ne peuvent pas être atteints sans l’adoption
d’une vision à long terme qui ne menace pas le bien-être des générations
présentes et futures. Cela suppose un changement structurel des comportements
des producteurs et des consommateurs qui doivent être moins « égoïstes » et
penser aux générations futures.15

14
Albino, V (2013), «Green Economy». In Corporate Sustainability (pp. 1-25).
15
Pearce, D. (1992). Green economics. Environmental Values, Spring 1(1), 3-13

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Section 2 : La transition vers l’économie verte.

Le passage vers une économie verte passe nécessairement par le respect


d’un certain nombre de maximes :

A. Le parrainage et la protection de l'environnement:

« Avec le temps, certaines certitudes peuvent être profondément


remises en cause : "Les richesses naturelles sont inépuisables, car sans
cela, nous ne les obtiendrons pas gratuitement. Ne pouvant être ni
multipliées, ni épuisées, elles ne sont pas l'objet des sciences
économiques ». Jean-Baptiste SAY

Il y a un agrément mondial que les biens naturels, longtemps considérées


comme abondantes, se raréfient. En Réalité, le bien naturel évadé au système
économique à cause de l’insuffisance du marché puisque son libre
fonctionnement n’engendre pas une situation optimale. Autrement dit, le
caractère de public du capital naturel rend son exploitation mal gérée du fait que
le prix sur le marché ne reflète pas sa rareté et que les dommages
environnementaux causés par les activités économiques sont qualifiés comme
des externalités négatives. Dans ce cadre, la distinction entre les biens
économiques rares et les biens libres abondants est remise en question. La réalité
stipule que les biens naturels deviennent rares et limités mais, malgré cela, ils
sont exploités d’une façon intense provoquant des problèmes environnementaux
irréversibles.16

Le coût de la dégradation environnementale pour la société marocaine a


été évalué, pour l’année 2014, à près de 32,5 milliards de dirhams, ou 3,52 % du
PIB. Par ailleurs, les dégâts causés par les émissions de gaz à effet de serre
(GES) à l’environnement global sont estimés, pour l’année 2014, à 1,62% du
PIB. Les incidences de la dégradation environnementale à l’échelle nationale

16
Beat Bürgenmeier, Politiques économiques du développement durable - Page 108.

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

(coûts nationaux) seraient deux fois plus importantes que celles à l’échelle
mondiale (coûts globaux).17

Tableau 1 : Les coûts nationaux la dégradation environnementale

Borne Borne Valeur Moyenne Valeur Moyenne (%


inferieure supérieure du PIB)
(Milliards de DH)
Eau 11,1 12,2 11,7 1,26%
Air 6,3 13,1 9,7 1,05%
Sols 4,6 5,3 5,0 0,54%
Déchets 3,7 3,7 3,7 0,40%
Littoral 2,5 2,5 2,5 0,27%
forets 0,0 0,0 0,0 0,0%
Coût pour la société marocaine 28,3 36,8 32,5 3,52%
Emissions carbone 4,6 25,4 15,0 1,62%
Coût pour l’environnement global 4,6 25,4 15,0 1,62%
Source : CDE au Maroc (2014)

B. Les firmes vertes :

The green economy est combiné, forcément, des entreprises et des


industries vertes qui seront talentueux de produire des biens et services plus
durables, en utilisant les ressources naturelles de manière optimale.

De nos jours, la responsabilité des dirigeants d’entreprise n’est plus limitée


à la recherche du profit. L’attitude vis à vis de l’environnement naturel, humain,
et social est à prendre en compte, par conséquence, Les activités industrielles et
agricoles transforment l’environnement et leurs conséquences écologiques sont
majeures (production de gaz à effet de serre, production de déchets
radioactifs…). Les activités tertiaires ont aussi des conséquences sur le cadre de
vie : développement des antennes pour le téléphone mobile, des antennes
paraboliques…. Néanmoins, les entreprises sont de plus en plus conscientes de
l’importance du respect de l’environnement et font de réels efforts pour
préserver le cadre de vie.

17
Le Coût de la Dégradation de l’Environnement au Maroc, Lelia Croitoru and Maria Sarraf, Page 17

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Les réflexions sur les conséquences économiques des actions


environnementales des entreprises s’articulent la plupart du temps autour de
deux attitudes apparemment inconciliables. La première, la plus traditionnelle,
considère que les avantages des actions environnementales ne compensent pas
les coûts souvent importants qu’elles impliquent pour l’entreprise. Les questions
écologiques apparaissent donc ici comme des contraintes auxquelles les
entreprises doivent répondre par des investissements dont la rentabilité est
souvent faible ou encore par une réduction de la production. La seconde attitude,
qui domine depuis le début des années 1990 la majorité des publications sur ce
thème, repose au contraire sur l’affirmation que les actions pour réduire les
impacts sur le milieu naturel sont profitables pour l’entreprise, qu’elles
constituent des opportunités pour améliorer le positionnement concurrentiel,
pour moderniser les procédés, améliorer l’image, exploiter de nouveaux
marchés, réduire le gaspillage, etc.18

La voie des entreprises à la technologie verte sera soutenue par les


politiques publiques, essentiellement via des incitations fiscales et des mesures
réglementaires environnementales.

C. Le rajeunissement technologique

L’innovation dans les procédés de production et les technologies


environnementales pour la fabrication et la commercialisation des biens et
services, est inévitablement essentiel pour rationalisé l’utilisation des ressources
naturelles et De cette façon, assurer la réduction de l’impact de la croissance sur
l’environnement. A cet effet par la mise en place de pratiques productives
efficientes et le développement de produits et services qui contribuent à atténuer
leurs répercussions négatives sur l’environnement, les industries manufacturières
sont susceptibles d’œuvrer puissamment en faveur de l’avènement d’une société
durable. Il leur faudra pour cela adopter une démarche économique plus globale
plaçant les aspects environnementaux et sociaux sur le même pied que les
préoccupations économiques.19

18
Olivier Boiral, « Concilier environnement et compétitivité, ou la quête de l'éco efficience », Revue française de gestion
2005/5 (no 158), p. 163-186. DOI 10.3166/rfg.158.163-18.
19
https://www.oecd.org/fr/sti/ind/46007440.pdf

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Il s’agit principalement de l’éco-innovation qui assure l’«introduction de


tout produit (bien ou service), processus, solution marketing ou changement
organisationnel, nouveau ou fortement amélioré, qui réduit l’utilisation des
ressources naturelles (y compris les matériaux, l’énergie, l’eau et la terre) et
diminue l’émission de substances nocives pendant l’ensemble du cycle de vie»
(OEI, 2010). Autrement dit, l’éco-innovation permet d’assister les entreprises à
utiliser les ressources naturelles de manière efficace et fournir des produits
durables.

D. Les emplois verts

Les «emplois verts» recouvrent toute activité professionnelle qui contribue


à protéger l’environnement et à lutter contre le changement climatique parce
qu’elle économise de l’énergie et des matières premières, encourage les énergies
renouvelables, réduit les déchets et la pollution ou protège la biodiversité et les
écosystèmes. Le développement de nouveaux modes de consommation et de
production durables génère un potentiel de création de nouveaux emplois, et de
transformation des emplois existants en emplois verts de haute qualité. Cela vaut
dans presque tous les secteurs à travers l’ensemble de la chaîne de valeur, de la
recherche aux services en passant par la production et la distribution: dans les
nouveaux secteurs de haute technologie comme les énergies renouvelables; dans
les industries traditionnelles comme la fabrication et la construction; dans
l’agriculture et la pêche; et dans les secteurs orientés vers les services comme la
restauration, le tourisme, les transports et l’éducation. Les emplois verts
fournissent du travail décent qui garantit à son tour une protection sociale
adéquate, des revenus suffisants, des conditions de travail saines, le respect des
droits des travailleurs et la participation des personnes aux décisions qui
affectent leur vie.20

« À conversion à une économie plus respectueuse de l’environnement


pourrait générer jusqu'à 60 millions d’emplois supplémentaires ».OIT (2012).

Au Maroc L’ambition de promouvoir l’économie verte et dispenser une


formation dans le domaine va de pair avec la volonté d’accroître les métiers

20 https://www.greens-efa.eu/legacy/fileadmin/dam/Documents/Publications/GND/WF_GREENS_GreenJobs_FR.pdf

FP Béni Mellal Page 15


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verts. A cet effet, l’Etat marocain veut faire des métiers verts un véritable
gisement d’emplois. D’après une étude réalisée par le ministère de l’Énergie des
Mines et du Développement Durable, l’économie verte, à travers la seule filière
des ressources renouvelables, devrait permettre la création de plus de 23.000
postes d’ici 2025. Par ailleurs, les experts tablent sur une réelle bouffée
d’oxygène dans les domaines respectifs de l’économie verte et notamment celui
des énergies renouvelables qui devrait générer 13.000 postes en six ans,
l’efficacité énergétique, 36.800, la protection des forêts, 50.000, et les politiques
d’assainissement de l’eau et la gestion des déchets, 10.000. En outre, la Stratégie
Nationale de Développement Durable (SNDD) 2015-2020 apporte des
propositions pratiques à travers notamment son rapport qui stipule que «la
concrétisation de ses mesures recommandées favorisera la création de près de
250.000 emplois, à horizon 2020, soit un gain de 2% du PIB. Le gain escompté
correspond à la création de valeur ajoutée par les nouveaux emplois créés».21

21
http://energienvironnement.com/EE15/EE15.pdf

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

CONCLUSION DU CHAPITRE 1

En matière la croissance verte, il y a certaines choses qui font de moins en


moins débat. Tout le monde ou presque s’accorde aujourd’hui à dire que la
biodiversité est menacée, que le changement climatique influence l’écosystème
global, que la pollution de l’air est un problème de plus en plus pressant. Les
préoccupations écologiques et environnementales sont de plus en plus fortes et il
fait aujourd’hui consensus que notre modèle actuel de développement durable
doit être respectueux des biens naturels et public si l’on souhaite échapper la
multiplication des problèmes environnementaux.

S’il y a accord sur le problème écologique. La question de la technologie


verte et du progrès technique est un point d’obstacle particulièrement sensible
dans ce débat. La question qui se pose dans notre deuxième chapitre est la
suivante : la technologie verte et le progrès peuvent-ils réellement parvenir à
résoudre les problèmes environnementaux ? Ou faut-il au contraire renoncer à
nos technologies modernes (l’énergie, le pétrole par exemple) si l’on souhaite
une croissance verte ?

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

CHAPITRE 2 : L’ANNEXION DES TECHNOLOGIES VERTES


POUR LE SOUTIEN DE LA CROISSANCE SOUTENABLE.

Introduction

La croissance économique est un processus économique qui se traduit par


une augmentation sur une longue période de la production d’un pays. Mesurée
par une augmentation du PIB, donc phénomène quantitatif, la notion de la
croissance se distinguée généralement de la notion du développement qui est un
processus d’amélioration qualitative de la situation économique et sociale d’un
pays, qui se traduit par une meilleure qualité de vie pour tous les habitants.
Augmentation du pouvoir d’achat mais aussi transformations structurelles de
l’économie, comme industrialisation ou tertiairisation. Meilleure répartition des
richesses, une certaine forme de protection sociale, un niveau minimum
d’éducation et un grand respect des droits de l’individu. Notions de croissance
économique et de développement liées, car la croissance favorise le
développement, et le développement va permettre à son tour d’augmenter la
croissance économique. Mais la croissance n’entraîne pas nécessairement le
développement. Dans ce chapitre nous avons mette l’accent sur la relation entre
la croissance et l’environnement, et aussi sur la contribution de la technologie
verte pour avoir une croissance soutenable.

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Section 1 : La relation entre la croissance durable et


l’environnement.

La croissance correspond à un accroissement durable de la production


globale d’une économie. Le développement désigne l’ensemble des
transformations économiques, démographiques et sociales qui généralement
accompagnent la croissance.

A. Les indicateurs alternatifs de la croissance durable.

En ce moment, la croissance est appréciée sur la base des agrégats de


production, notamment ; produit intérieur brut, comme mesure d’estimation de
notre bien-être connaît plusieurs jugements. En effet le travail domestique ainsi
que les activités bénévoles « sans tirer un profit », parce qu’ils ne font pas l’objet
de transactions monétaires ou parce que ces transactions ne sont pas
enregistrées, ne sont pas prises en compte dans le PIB. Le temps d’un parent qui
reste à la maison pour élever ses enfants n’est pas comptabilisé dans le PIB, à
l’inverse de celui d’une garde à domicile, qu’elle, est rémunérée et déclarée. En
outre, le PIB s’intéresse uniquement à la production de richesse économique
totale sans se préoccuper de sa répartition qu’il faut le reconnaître, est assez
inégalitaire.

« Notre PIB prend en compte(…) la publicité pour le tabac et les courses des
ambulances qui ramassent les blessés sur nos routes. Il comptabilise les systèmes de
sécurité que nous installons pour protéger nos habitations et le coût des prisons où
nous enfermons ceux qui réussissent à les forcer. Il intègre la destruction de nos forêts
de séquoias ainsi que le remplacement par un urbanisme tentaculaire et chaotique. Il
comprend la production de napalm, des armes nucléaires (…). Il comptabilise la
fabrication du fusil Whitman et du couteau Speck, ainsi que les programmes de
télévision qui glorifient la violence dans le but de vendre les jouets correspondants à
nos enfants (…) En revanche, le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de
la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. (…) Il ne mesure pas la
solidité de nos mariages. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse,
notre culture. Il ne dit rien de notre sens de la compassion ou du dévouement envers

FP Béni Mellal Page 19


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

notre pays. En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être
vécue ». Sénateur Robert Kennedy (1968)22

Une autre critique qui est adressée au PIB, c’est qu’il ne mesure pas les
pertes réelles de patrimoine engendrées par la production des richesses, ni leur
coût de remplacement. Plus grave, la destruction et les dégâts environnementaux
peuvent contribuer au PIB, quand ils sont réparés (activités de dépollution) ou
quand ils conduisent à donner une valeur à ce qui était gratuit comme l’eau en
bouteille. En revanche, l’air sain, l’eau pure, la pollinisation n’accroissent en
rien le PIB.

La conséquence est que l’économie peut croître alors qu’en réalité, nous
nous appauvrissons en détruisant des ressources qui n’ont pas de valeur
marchande mais dont notre bien-être tout comme celui des générations futures
dépendent. 23

Un débat sur « un indicateur alternatif » a petit à petit vu le jour, On parle


notamment de PIB verts ou d’indicateurs de bien-être durable, en bref, des
indicateurs qui ajoutent ou retranchent au PIB des valeurs monétaires en
fonction de la dégradation ou de l’amélioration de l’état de l’environnement,
mais aussi de l’état de la société. Il en existe plusieurs :

1. L’indicateur du progrès véritable (IPV) : Prend pour base la


mesure de consommation des ménages à laquelle il ajoute une
estimation monétaire d’autres richesses (le bénévolat, le travail
domestique) et en soustrait la destruction d’autres à caractère
environnemental (le coût de la dégradation de l’environnement, de la
biodiversité) ou social (accidents de la route, taux de criminalité) ;
2. L’indice de richesse globale (IWI) : Qui est sensé intégrer à la
richesse d’un pays, en plus du PIB classique, son « capital naturel », en
l’occurrence son patrimoine écologique, afin de mesurer la durabilité de
sa croissance 24;

22
Sénateur américain et frère du président assassiné John Fitzgerald Kennedy, eut lieu peu après minuit, le 5 juin 1968 à
Los Angeles, en Californie.
23
Zakia Khattabi ; commission coopération et développement ; l’économie verte ; projet de rapport Présenté; page 4.
24
Proposition des Nations unies à Rio+20

FP Béni Mellal Page 20


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

3. L’épargne nette ajustée :

Qui mesure la durabilité de développement d’un pays en ajoutant à son


épargne nette les dépenses d’éducation et en lui retranchant la dégradation des
ressources environnementales (épuisement des ressources énergiques, des
ressources minérales et des forêts, des dommages liés aux émissions de CO2…)

4. L’empreinte écologique :

L’empreinte écologique est un indicateur environnemental qui traduit la


dépendance d’une population à un espace vital ramenée à son mode de vie,
c’est-à-dire la quantité des ressources naturelles qu’elle doit utiliser pour le
maintenir. Il calcule la surface nécessaire pour produire les ressources
25
consommées et pour neutraliser les déchets produits» .c'est l'impact
environnemental de chaque individu ou collectivité humaine. L'unité de calcul
est l'hectare (ou dix mille mètres carrés), mesurant la surface de planète «
utilisée » pour produire les biens que nous consommons et absorber nos déchets.

5. Les comptabilités carbones :

Qui évaluent l’impact en émissions de gaz à effet de serre de l’activité


d’un individu ou d’une entreprise sur l’ensemble de son cycle de vie.

La Fondation Mohamed 6 pour la protection de l’environnement dresse


son bilan Carbone La Fondation a naturellement été la première à soumettre son
activité au crible de cet outil. Un bilan carbone a été réalisé en 2011 avec le
nouvel outil. Il a permis d’estimer les émissions de gaz à effet de serre de la
Fondation à 827 tonnes équivalent CO2 (teqco2), avec deux principaux postes
d’émissions : l’achat de prestations et de services (44 %) et les déplacements des
salariés (28 %). Sur la base de ce bilan, des actions permettant de réduire ses
émissions de CO2 ont été proposées et validées par la Fondation. Elles ont
permis de réduire de 10 % les émissions annuelles de la Fondation et de
compenser les émissions liées aux déplacements professionnels.26

6. Le taux de retour énergétique :

25
http://www.ires.ma/wp-content/uploads/2016/05/Gressot.pdf
26
https://www.fm6e.org/images/Brochures/qualitair2016-fr.pdf

FP Béni Mellal Page 21


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Qui consisterait à mesurer l’énergie nécessaire à la production d’énergie.


𝐸𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑛𝑒𝑡𝑡𝑒−é𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑢𝑡𝑖𝑙𝑖𝑠é𝑒
𝑇𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑟𝑒𝑡𝑜𝑢𝑟 é𝑛𝑒𝑟𝑔 =
𝐸𝑛𝑒𝑟𝑔𝑖𝑒 𝑢𝑡𝑖𝑙𝑖𝑠é𝑒

Il existe donc un grand nombre d’indicateurs alternatifs capables d’aider à


mesurer l’évolution des conséquences de l’activité économique sur le bien-être
et l’état des ressources. Au-delà du débat opposant croissance et décroissance, il
s’agit de rendre socialement acceptable le fait que la transition écologique va
modifier le panier de biens et de services que nous consommons. Ainsi, par
exemple, des hausses de prix de l’énergie non compensées monétairement
doivent l’être autrement : par des progrès quantifiables en qualité de vie comme
les soins, l’éducation, l’accompagnement des tout petits et des âgés, la qualité de
l’air, l’accès aux transports en commun, la qualité de l’alimentation …

« Un clin d’œil pour clore titre. Au Bhoutan, un petit pays de l’Himalaya


qui compte plus ou moins 700.000 habitants, il existe un indice économique
alternatif. Il s’agit du bonheur national brut, le BNB, un modèle défendu par
Jigmi Thinley qui fut le premier chef de gouvernement démocratiquement élu,
ancien premier ministre, formé à l’université de Pennsylvanie, président d’un
comité d’experts à l’onu sur le sujet. Que dit-il ?

L’enjeu est la construction d’un nouveau paradigme de développement. Il


est basé sur l’idée que le développement, aujourd’hui, ne repose que sur la
croissance économique et financière alors que chaque catastrophe naturelle ou
non résulte de ce mauvais développement qui nous pousse à détruire la Terre.
L’idée du bonheur national brut, ce n’est pas celle de votre sentiment égoïste du
jour, c’est un état d’esprit global et durable reposant où l’économie est
contrebalancée spirituellement, psychologiquement, dans nos relations aux
autres. On a été au bout de la logique matérialiste. Chacun doit se poser la
question : est-ce que je vais vraiment là où je veux aller et est-ce que j’ai ce que
je veux vraiment ? Tout le monde arrivera à la même conclusion ! »27

En effet, la croissance verte est un défi qui se déclin à plusieurs niveaux,


globale, régional, et en fin local. La diminution Émission de gaz à effet de serre,

27
Jigmi Thinley qui fut le premier chef de gouvernement démocratiquement élu, ancien premier ministre, formé à
l’université de Pennsylvanie, président d’un comité d’experts à l’ONU

FP Béni Mellal Page 22


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

la limitation Pollution et l’utilisation intensive des sols, la reconsidération des


modes de production et de consommation vont progressivement s’imposent
comme des nécessités pour maintenir la planète dans un état acceptable et aussi
augmenté le bien être de la population. Cela entrain l’émergence de nouvelles
formes de croissance, plus vertes, plus responsables. Cette transition sera longue
et difficile, mais ceux qui seront apporté des éléments, des solutions seront les
grands gagnants de la langue terme.

B. Emissions de dioxyde de carbone (CO2) au Maroc par secteur


et par type de carburant.

L’analyse historique des émissions de CO2 du Maroc permet de dégager


les observations suivantes : Les émissions de CO2 ont suivi une tendance
croissante durant la période 1971-2014. Elles ont totalisé 6,6 millions de tonnes
de CO2 (mtco2) en 1971 et ont grimpé sans interruption pour atteindre 53,1
mtco2 en 2014. Cependant, une comparaison des émissions de CO2 par habitant
montre que le Maroc est un pays faiblement émetteur de CO2. En effet, les
émissions émanant du Maroc sont nettement inférieures à celles des pays de la
région Méditerranée à l’instar de la Tunisie, l’Espagne et la France, ainsi que des
pays comme la Chine. Néanmoins, certains pays développés ont réussi à réduire
leurs émissions de CO2 par habitant au cours des dernières années, alors que
celles du Maroc, bien que faibles en comparaison, augmentent de manière assez
modérée.28

La consommation de pétrole demeure la première source d’émission de


CO2. Elle représente effectivement 65,1 % des émissions totales en 2014, suivie
par le charbon (30,4 %) et le gaz naturel (4,5 %). Néanmoins, les émissions à
partir du pétrole ont amorcé une légère baisse à partir de 2012, et ont enregistré
des taux de croissance de -2,9 % et -4,4 % en 2013 et 2014 respectivement.29

Les secteurs de génération électrique et de transport sont les plus polluants.


En 2014, ces derniers ont constitué près de 67,2 % des émissions totales de CO2

28
IAI, (2016). “CO2 emissions from fuel combustion”. Statistics
29
IAI, (2016). “CO2 emissions from fuel combustion”. Statistics

FP Béni Mellal Page 23


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

par habitant, suivi des secteurs d’industries manufacturières et bâtiments et


travaux publics.30

Bien que la production d’électricité soit désormais le premier secteur le


plus émetteur de CO2, le Royaume a entrepris de nombreuses actions relatives
au développement des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’éolien,
et à l’utilisation de combustibles plus propres dans les centrales thermiques, dans
le but de réduire le taux d’émission par unité de production électrique. Le
secteur de génération électrique a ainsi enregistré une baisse sensible à partir de
2002, où les émissions sont passées de 901,1 gc02/kWh à 707,8 gc02 en 2014,
exception faite des années 2011 et 2014 qui ont enregistré un léger pic (Figure
8). Ceci étant dit, le Maroc continue d’afficher des taux d’émissions unitaires de
CO2 relativement élevés par rapport aux autres pays de la région Afrique du
Nord – Méditerranée. En effet, son niveau d’émission unitaire par production
électrique en 2014 est similaire à celui de la Chine, estimé à 653,5 gc02/kWh en
comparaison avec la Tunisie ou l’Espagne qui affichent des valeurs de 458,0 et
48,8 gc02/kWh respectivement.31

30
IAI, (2016). “CO2 emissions from fuel combustion”. Statistics
31
IAI, (2016). “CO2 emissions from fuel combustion”. Statistics.

FP Béni Mellal Page 24


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

C. Hypothèse de la courbe environnementale de kuznet.

« Il y a une évidence claire que, bien que la croissance économique


provoque normalement des dégradations environnementales aux premiers stades
[de développement], à la fin le meilleur – et probablement le seul - sentier pour
retrouver un environnement décent dans la plupart des pays est de devenir riche
» (Beckerman [1992]).

1. Constriction théorique

En 1955, Simon Kuznets décèle une relation en cloche entre le niveau de


revenu par tête et les inégalités sociales 32 . A la suite de plusieurs travaux
empiriques, il apparaît possible que les évolutions de certains polluants
comparées au niveau de richesses d’un pays suivent un sentier similaire d’où le
nom de « courbe environnementale de Kuznets » (EKC en anglais)33

Courbe environnementale de Kuznets

Source : http://controverses.minesparistech.fr/prive/promo09/C09B19/Courbe_de_Kuznets_environnementale.html

A des niveaux de revenus très faibles, la quantité et l’intensité des


dégradations environnementales d’origine humaine se limitent à l’impact des
activités économiques. A mesure que l’agriculture s’intensifie, que la population
s’urbanise et que les industries entament leur décollage, l’extraction accélérée
des ressources naturelles et les rejets massifs de polluants accentuent la pression
sur les écosystèmes naturels. Cependant, à mesure que s’améliorent les

32
La validité de cette assertion est encore débattue. Voir Damian et al. [2001], p.43.
33
André Meunié Doctorant – IFReDE-GRES / CED – Université Montesquieu Bordeaux, Controverses autour de la courbe
environnementale de Kuznets IV. Pages 2 et 3

FP Béni Mellal Page 25


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

conditions de vie matérielles, les individus sont en mesure de sacrifier une partie
de leurs revenus monétaires en faveur de l’environnement. La société a
suffisamment de capital pour orienter une partie de ses investissements vers la
diminution de l’empreinte écologique des processus productifs.

En fait, cette forme en U inversé est la conséquence indirecte de


l’augmentation des revenus individuels. Ceux-ci agissent par le biais de
plusieurs canaux.34

2. L’impact des conditions de production

Il faut distinguer trois effets structurels :

a) L’effet d’échelle : Un accroissement de l’activité économique


conduit, en lui-même, à une pression plus forte sur
l’environnement. Plus de production nécessite plus d’inputs et crée
plus de déchets et d’émissions polluantes car ce sont là des produits
joints.

b) L’effet de composition : à mesure que les richesses s’accumulent,


la structure du système productif évolue. Les parts des secteurs
dans le PIB ont une influence déterminante sur l’intensité des
dégradations que la croissance économique fait subir au milieu
naturel. L’hypothèse est qu’au-delà d’un seuil de développement,
la société tend à augmenter la part des activités plus « propres ».
Dans un premier temps, le passage d’une économie rurale à une
société urbaine et industrielle aggrave les rejets polluants. Mais le
déclin de la part des industries lourdes intensives en énergie et
l’émergence des secteurs des services intensifs en technologie et en
capital humain desserrent la contrainte écologique en exerçant une
action baissière sur l’intensité en émissions du PIB35. Il me semble
cependant que ce raisonnement ne tient qu’en termes relatifs. La
production agrégée de biens intermédiaires et de biens de
consommation continue de croître. Ces industries ne disparaissent

Controverses autour de la courbe environnementale de Kuznets par André Meunié Doctorant – IFReDE-
34

GRES / CED – Université Montesquieu Bordeaux IV. Pages 2 et 3


35
C’est-à-dire (Emissions / PIB)

FP Béni Mellal Page 26


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

pas, au contraire. Et, toutes choses égales par ailleurs, les émissions
totales continuent donc d’augmenter.

c) L’effet technologique : à partir d’un certain niveau de richesses,


une nation peut consacrer une partie de son capital aux activités de
R&D et en particulier vers une meilleure efficacité écologique des
procédés de fabrication. Les innovations consécutives permettent
de substituer des machines toujours plus performantes à des
équipements obsolètes et « sales ». Cet effet a beaucoup été étudié
par les théories de la croissance endogène où il est d’ailleurs à la
fois cause et effet de la croissance économique.

On comprend donc que l’existence d’une EKC suppose, qu’au-delà d’un


seuil de revenu par tête, l’effet d’échelle est plus que compensé par les deux
autres (surtout, le troisième).

3. L’évolution de la demande

Aux premiers stades de développement, les individus doivent s’assurer


l’accès aux biens de première nécessité. Ils se focalisent sur l’amélioration de
leur bien-être matériel en ne prêtant (prétend-on) que peu d’attention aux
conséquences environnementales.

Avec le progrès des conditions de vie, l’argument écologique fait son


entrée dans la fonction d’utilité. Autrement dit, les aménités environnementales
doivent être assimilables à un « bien normal », c’est-à-dire que l’élasticité-
revenu de la demande de qualité environnementale doit être supérieure à zéro
[εR(Env) > 0]. Si cette dernière est un « bien de luxe » [εR(Env) > 1], la
tendance est accentuée. Leurs préférences poussent les individus à acheter des
biens plus « verts » (Rothman, [1998]36).

A travers leur pouvoir de marché, ces consommateurs influencent de façon


décisive l’évolution des structures économiques. Les industries sont incitées à
améliorer leur procédé de fabrication, un marché pour l’agriculture biologique
(ou raisonnée) émerge.

36
Tony Rothman (né en 1953) est un physicien, universitaire et écrivain de science-fiction américain

FP Béni Mellal Page 27


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

L’accès à l’information et la capacité de la traiter correctement jouent un


rôle décisif. Or il est admis que, sauf exception, les sociétés riches sont plus
démocratiques (ici, plus transparentes) et les agents qui la composent ont un
niveau moyen élevé d’éducation.37

4. L’influence des revendications politiques

Les citoyens agissent sur les gouvernements pour qu’ils intègrent la


dimension environnementale dans leur politique. Les Etats créent des institutions
pour mieux combattre les « faillites » environnementales de marché, érigent des
taxes de type pollueur-payeur, distribuent les subventions pour encourager des
modes de production soutenables, orientent les innovations par des normes
réglementaires etc.

Pour satisfaire la volonté de ses électeurs, le gouvernement doit déjà avoir


les moyens monétaires de ses réformes. Plus un pays est riche plus il lui est aisé
de dégager une telle capacité de financement. Soit une réorganisation des
dépenses budgétaires suffit, soit de nouveaux impôts sont levés.

Les exemples récents d’attitude de dirigeants et d’institutions


internationales nous montrent la distance qui nous sépare de ces Etats
bienveillants (la PAC38 est un exemple des stratégies actives de maintien d’un
statu quo malgré le large consensus autour de la nécessité d’une réforme) ! Cela
démontre la nécessité du renforcement des organisations collectives (ONG,
Réseaux d’action etc.) Pour exercer plus de pression que le simple argument du
bulletin de vote. Par ailleurs, certains mouvements populaires de défense de
l’environnement dans les pays du Sud ont connu des victoires qui démontrent,
s’il le fallait, que les pauvres sont aussi des défenseurs de l’environnement (J.
Martineez-Allier, [2002]). Ne serait-ce parce qu’ils sont les premières victimes
des pollutions. 39

37
ANDRE Meunié Doctorant controverses autour de la courbe environnementale de Kuznets IFReDE-GRES /
CED – Université Montesquieu Bordeaux IV. Pages 2 et 3
38
La politique agricole commune (PAC) est une politique mise en place à l'échelle de l'Union européenne.
39
Controverses autour de la courbe environnementale de Kuznets par André Meunié Doctorant – IFReDE-GRES / CED –
Université Montesquieu Bordeaux IV. Pages 2 et 3

FP Béni Mellal Page 28


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Section 2 : La technologie verte : Quel impact sur la


croissance durable au Maroc ?

La mondialisation et la fragmentation de la production au niveau


international ont facilité la diffusion de nouvelles technologies avec
l’intensification du commerce de produits manufacturés sophistiqués. Toutefois,
le manque de capacités technologiques et d’aptitude des pays à promouvoir des
systèmes innovants a souvent empêché cette diffusion de se traduire en
opportunités concrètes de croissance. Selon les auteurs du rapport, l’innovation
doit être soutenue par des interventions appropriées, renforçant ainsi le processus
allant de l’invention des technologies jusqu’à leur adoption par les entreprises,
comme cela a été le cas dans plusieurs pays de référence (Chine et République
de Corée).

A. Concepts générales de la croissance et la technologie

La technologie Vient des mots en grec ancien « teknos » (technique) et


« logos » (étude, ensemble des savoirs). Ce mot créé à la fin du Seizième siècle
signifie donc littéralement « l’étude des techniques ». Il est employé pour
désigner les connaissances permettant de fabriquer des objets et de modifier
l’environnement, dans le but de satisfaire les besoins humains40, l’enjeu consiste
à exploiter la technologie de façon à préserver une croissance durable et verte
tout en limitant notre impact sur l’environnement, Cela impliquera sans doute
d’accélérer l’innovation en investissant beaucoup plus dans la recherche et le
développement dans les technologies écologiquement durables, en effet les
technologies vertes sont des biens et des services qui améliorent les conditions
environnementales de l’air, de l’eau, des sols, des déchets et des problèmes liés
au bruit. Elles regroupent des technologies avancées très complexes et coûteuses
(high-tech), nanotechnologie et des technologies simples.

Depuis Adam Smith et sa richesse des nations, la croissance occupe


l’esprit de nombreux économistes. La croissance est ainsi associée à plusieurs
facteurs qualificatifs : illimitée, limitée, instable… La conception de la

40
Lire tout: Définition de technologie - Concept et Sens http://lesdefinitions.fr/technologie#ixzz5E3a8etnI

FP Béni Mellal Page 29


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

croissance soutenable s’intéresse à son caractère durable : l’augmentation de


la production doit permettre de répondre aux besoins futurs.

Une approche patrimoniale de la croissance est nécessaire pour en mesurer


la soutenabilité. Pour satisfaire les besoins, il faut combiner du capital physique,
du capital humain, qui est le stock de connaissances et de savoir-faire, du capital
institutionnel inhérent à l’organisation des relations sociales et enfin du capital
naturel, stock de ressources naturelles. Selon les tenants de la soutenabilité
faible, la croissance est soutenable quand le stock de capital total est au
moins constant dans le temps. Quand le capital naturel diminue, la hausse du
prix incite les agents économiques à lui substituer d’autres formes de capital.
Le progrès technique, stimulé par des investissements en recherche-
développement et en capital humain, est alors déterminant. Les partisans de
la soutenabilité forte donnent au contraire un statut particulier au capital naturel,
dont le stock doit être constant, infirmant ainsi la possibilité de substituer un
capital à un autre. Les atteintes à l’environnement compromettraient la
possibilité d’une croissance soutenable, à moins de mettre en œuvre
des politiques environnementales contraignantes comme la technologie verte.41

Pour rendre compte du changement de dimension d’une économie, on a


très souvent recours à des agrégats permettant de mesurer l’évolution de
l’ensemble des productions tels que le PIB (Produit Intérieur Brut) ou le PNB
(Produit National Brut). Le PIB en valeur, résultat d’un effet quantitatif (PIB en
volume) et d’un effet prix (accroissement du niveau général des prix) pouvant
aussi bien masquer une stagnation qu’un recul de la production en période
d’inflation, les économistes préfèrent utiliser le terme de PIB en volume comme
indicateur de la croissance. Le taux de croissance se définit alors comme la
variation relative du PIB en volume d’une année sur l’autre :

𝑃𝐼𝐵𝑡 − 𝑃𝐼𝐵𝑡 − 1
𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑑𝑒 𝑐𝑟𝑜𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑐𝑒 = ∗ 100%
𝑃𝐼𝐵𝑡 − 1

Fonction production : Y = f (K, L, A)

41
http://www.oeconomia.net/private/cours/economiegenerale/CAPET/04.croissance.pdf

FP Béni Mellal Page 30


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

La production nationale mesurée en termes de PIB (croissance


économique) est fonction du stock de capital(K), du facteur travail(L) et du
résidu (part inexplicable de la croissance). Les auteurs sont essayés de voir de
quoi est composé ce résidu.

Croissance intensive :

La croissance économique peut s'expliquer par une augmentation des


facteurs de production, on parle alors de croissance extensive, mais aussi par une
amélioration de la productivité. Il s'agit alors de croissance intensive. Ainsi, sur
une chaîne de production, une nouvelle méthode pour placer un emballage peut
faire gagner de précieuses minutes, et ainsi augmenter la productivité de l'usine,
et le tout, sans avoir recours à de nouveaux moyens de production.

En effet pour améliorer la productivité en fait appel au Rôle de la


recherche et développement (Romer ; Aghion – Howitt ; Grossman –
Helpman) ; l’innovation est à la base du processus de croissance. Le progrès
technique ne tombe du ciel, mais vient de l’effort de R&D mené par l’entreprise.
La rentabilité de la R&D est le principal déterminant du taux de croissance.

Alors pour avoir une croissance verte il faut utiliser des technologies
vertes qui vont permettre :

- Réduire l’intensité de matières des produits;


- Réduire l’intensité énergétique des produits;
- Réduire la dispersion de produits toxiques;
- Améliorer la recyclabilité des matériaux;
- Maximiser l’utilisation durable des ressources renouvelables;
- Etendre la durabilité des produits;
- Accroître l’intensité de service des produits.42

B. L’influence de la technologie verte sur la croissance.

La réduction des atteintes portées à l’environnement passe par une


réduction des émissions polluantes et plus largement par un changement dans le
comportement tant des producteurs que des consommateurs. Le simple moindre

42
Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (CMEDD)

FP Béni Mellal Page 31


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

usage des ressources naturelles va d’une part participer à cette réduction des
émissions polluantes et d’autre part contribuer à maintenir le stock de ressources
naturelles. La réduction de la consommation de combustibles fossiles réduit par
exemple les émissions de gaz à effet de serre et contribue à garder un maximum
de ressources fossiles à la disposition des générations futures. Les efforts
déployés pour soutenir la croissance économique n’entrent pas forcément en
contradiction avec la préservation de l’environnement. De même, si celle-ci
contraint effectivement à court terme l’activité économique en allouant des
ressources financières, humaines et physiques hors des activités productives
proprement dites, elle n'est pas sans générer des gains à un plus lointain horizon
temporel. Préserver des ressources naturelles est en outre essentiel au maintien
de la croissance à plus long terme. La croissance verte définit en l’occurrence un
modèle de développement visant à encourager la croissance économique à long
terme tout en assurant la préservation de la nature.43

L’innovation technologique a une place essentielle au cœur du modèle de


croissance verte par le biais de différents canaux 44:

a. Productivité : Incitations à une plus grande efficience dans


l’utilisation des ressources et actifs naturels, notamment en
améliorant la productivité, en réduisant la production de déchets et
la consommation d’énergie, et en affectant les ressources aux
usages présentant la plus forte valeur.
b. Innovation : Opportunités d’innovation, favorisées par des
politiques et des conditions cadre qui permettent de trouver de
nouveaux moyens de créer de la valeur et de s’attaquer aux
problèmes d’environnement. La réduction de la pollution à la
source (approche préventive) débouche généralement sur des
économies de matières et d’énergies qui améliorent l’efficience des
activités de production (Klassen et Whybark, 1999; King et Lenox,
2002).

43
http://www.blog-illusio.com/article-progres-technique-et-croissance-verte-112485855.html
44
https://www.oecd.org/fr/croissanceverte/48537006.pdf

FP Béni Mellal Page 32


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

c. Nouveaux marchés : Création de nouveaux marchés par la


stimulation de la demande de technologies vertes et de biens et
services verts ; création de nouvelles opportunités d’emploi.
d. Confiance : Renforcement de la confiance des investisseurs par
l’amélioration de la prévisibilité et de la stabilité de l’action des
pouvoirs publics face aux grands problèmes d’environnement.
e. Stabilité : Meilleur équilibre macro-économique, atténuation de
l’instabilité des prix des ressources et action en faveur de
l’assainissement des finances publiques, par exemple au travers du
réexamen de la composition et de l’efficience des dépenses
publiques, et d’une augmentation des recettes par le biais de la
tarification de la pollution.

Alors la technologie verte permette réduira en outre les risques pour la


croissance découlant des facteurs suivants :

a. Les goulets d’étranglement qui se produisent lorsque la rareté


des ressources ou la baisse de leur qualité impose des
investissements plus coûteux, rendant par exemple nécessaires,
dans le cas de l’eau, des infrastructures à forte intensité de capital.
À cet égard, la perte de capital naturel peut être plus importante
que le gain procuré par l’activité économique, compromettant les
fondements d’une croissance durable dans l’avenir.
b. Les déséquilibres des systèmes naturels entraînent un risque
d’effets soudains, très néfastes et potentiellement irréversibles. Des
initiatives lancées pour déterminer les seuils potentiels laissent à
penser que certains d’entre eux ont déjà été franchis - changement
climatique, cycles mondiaux de l’azote et érosion de la
biodiversité.

FP Béni Mellal Page 33


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Conclusion du chapitre 2

Tant quel est encore temps pour éviter des risques environnementaux
majeurs, la transition vers une économie verte est devenue une préoccupation
mondiale. Cependant, ce passage écologique est conditionné par l’existence
d’une bonne foi de préserver l’environnement, et d’une volonté partagée par
toutes les parties prenantes. Cette implication doit être concrétisée par l’adoption
des stratégies environnementales tout en procédant à la réalisation des
investissements verts.

Les investissements verts au Maroc, durant la dernière décennie, ont eu


une place importante parmi les investissements publics et les stratégies
nationales. En effet, plusieurs projets ont été mis en œuvre sur différents secteurs
(Eau, énergie,..), dont l’objectif est de soutenir la durabilité environnementale, et
de préserver la biodiversité. Toutefois, le maintien et la durabilité de ces
investissements exige la mobilisation d’importantes ressources financières, ainsi
que la création des fonds dédiés aux investissements verts.

FP Béni Mellal Page 34


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

CHAPITRE 3 : LA MISE EN PLACE DES TECHNOLOGIES


VERTES AU MAROC.

Introduction

Le Maroc a adopté dans sa stratégie de développement le concept de


développement durable qui favorise l'équilibre entre les dimensions
environnementales, économiques et sociales, avec pour objectifs l'amélioration
du cadre de vie des citoyens, le renforcement de la gestion durable des
ressources naturelles.

Le contexte national peut être considéré favorable à la mise en place d’une


économie verte au regard de l’importance des initiatives lancées à ce jour dans
les différents secteurs et en particulier dans la stratégie de mobilisation des
ressources hydriques, la préservation de l’environnement et des forêts, le
développement des Energies renouvelables et de l’efficacité énergétique, le
renforcement de l’assainissement et l’épuration des rejets liquides,
l’amélioration de la gestion des déchets solides et le tourisme durable. Le
passage vers l’économie verte passe aussi par l’intégration de la dimension
environnementale dans l’ensemble des secteurs économiques existants et par la
création d’une industrie nouvelle qui couvre les filières industrielles vertes. Le
développement des financements verts dédiés à l’économie verte, l’anticipation
et le suivi des compétences et la création de centres nationaux d’expertise, de
recherche et d’innovation dans les nouveaux métiers verts constitue la principale
clé de succès de la transition verte et passe nécessairement par un engagement
fort de l’état et du privé dans l’optique d’une vision de développement.

FP Béni Mellal Page 35


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Contexte général

Dans un contexte international marqué par de nombreuses crises, le Maroc


est conscient de la nécessité de commencer la transition vers un nouveau modèle
de développement plus respectueux de ses ressources à la fois humaines et
naturelles. L’enjeu est de maintenir son rythme de développement, tout en
augmentant la compétitivité des secteurs clés, et ce malgré des contraintes.

Sur le plan climatique, la progression des zones arides et semi-arides a


entraîné l’aggravation de la désertification– accélérée par l’artificialisation des
sols– ainsi que la baisse des ressources hydriques et la nécessité de travailler sur
des stratégies d’adaptation dans des régions particulièrement vulnérables comme
les oasis ou dans des secteurs clés comme l’agriculture. Avec une agriculture
encore largement dominée par les cultures en Bour (81 % de la surface agricole
utile) et donc tributaire de la pluviométrie, la vulnérabilité aux impacts des
changements climatiques est encore réelle.45

Le pays importe aussi environ 94 % de ses besoins énergétiques46, ce qui


influe considérablement sur la balance des paiements et la compétitivité
nationale. La facture énergétique, quant à elle, s’est renchérie de 3,1% du PIB
durant la période 1995- 1999 à 6,3% durant la période 2000-2007 et à 10,5%
durant la période 2008-2014. Cette hausse est attribuable à l’accroissement du
prix à l’importation du pétrole qui est passé de 28 dollars le baril en 2000 à 109
en 2013 et à 73.33 dollars le baril en 201847, occasionnant ainsi, une évolution
de la part des importations en énergie et lubrifiants dans les importations totales
de 17,7% en 2000 à 23,9% en 2014.48 Par ailleurs, les prévisions des besoins
tablent sur une croissance de 9 % par an d’ici à 2030, ce qui devrait aggraver la
situation. Cela pose deux problèmes: l’équilibre et la prévision budgétaire d’une
part, et la compétitivité du coût du kWh d’origine renouvelable versus
l’électricité d’origine fossile, d’autre part.

45
BOUHOUCH, S., 1996. Résultat de l’enquête nationale sur les terres agricoles soumises à l’érosion. AGR/ DAF.
Journées d’information sur la gestion conservatoire des terres agricoles. Mahdia, les 11-12 et 17-18 juin 1996
46
https://www.energies-renouvelables-afrique.com/maroc-importe-94-besoins-energetiques/
47
https://prixdubaril.com/petrole-index/petrole-maroc.html
48
https://www.finances.gov.ma/depf/SitePages/publications/en_chiffres/bord_annuel/tableau_annuel.pdf

FP Béni Mellal Page 36


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

En matière démographique, l’espérance de vie a progressé de 25 ans en


l’espace de 50 ans, avec pour conséquence une restructuration de la société et
l’émergence de nouveaux enjeux liés à la transition démographique. Il s’agit
notamment de l’augmentation relative du nombre des adultes au profit des
dépendants, ce qui constitue une opportunité. Cependant, la pression du marché
de l’emploi, notamment sur les plus jeunes, ne permet pas encore d’en tirer le
meilleur profit. La demande additionnelle sur le marché du travail est estimée à
400 000 emplois par an en moyenne, niveau nettement plus important que les
217 000 emplois créés annuellement, en moyenne.

Le deuxième enjeu concerne l’augmentation de la consommation des


ménages, ayant pour effet une plus forte pression sur les ressources (énergie,
eau, sols, etc.).Par ailleurs, le taux de fécondité est passé de 7 enfants par femme
dans les années 1960 à 2,2 en 2010, taux comparable à la moyenne de certains
pays développés, entraînant ainsi un repositionnement parfois compliqué du rôle
de la femme au sein de la société. La population marocaine atteindrait environ
38 millions de personnes en 2025, dont environ 68 %d’urbains. Cela créera de
nouveaux besoins en infrastructures et en services sociaux et économiques.

Une étude menée par le Ministère de l’agriculture a évalué la perte de


surface agricole irriguée liée à l’urbanisation à 40 000 hectares.

Le respect des équilibres macroéconomiques (dette, solde budgétaire),


conjugué aux exigences des différentes stratégies sectorielles, du développement
des infrastructures, des initiatives en faveur du désenclavement du monde rural
et de la généralisation de l’accès à l’éducation et à la santé, demeure un exercice
compliqué. L’équilibre budgétaire ainsi que les besoins d’investissements sont
aujourd’hui menacés par la caisse de compensation qui subventionne les
produits de base (sucre, huile, blé, gaz, etc.) et doit aujourd’hui composer avec le
dynamisme de la consommation interne et les aléas des cours internationaux des
matières premières. Les déséquilibres de la caisse de compensation qui peuvent
atteindre, selon les années, entre 75 % et 98 % (2011) du budget
d’investissement, ne sont plus applicables.

De plus, sur le plan du territoire, la diversité géographique, écologique,


climatique a créé d’importants déséquilibres socioéconomiques qui se sont

FP Béni Mellal Page 37


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

aggravés avec le temps: forte concentration de la richesse dans seulement


quelques régions, enclavement des régions du Sud et des zones de montagne,
urbanisation et étalement urbain. La mise en œuvre effective de la
régionalisation avancée, en particulier des processus de décentralisation et de
déconcentration devraient permettre de corriger certains déséquilibres.
Toutefois, ce processus doit être accompagné de renforcement des capacités et
d’un fort encadrement car les risques liés à ces transferts de pouvoirs et de
compétences sont importants.

Enfin, on note une faible mobilisation du savoir et de l’innovation. Pour


assurer une meilleure intégration de la recherche marocaine dans le contexte de
la recherche et développement mondial, il faudrait attirer les compétences
internationales, revoir la stratégie de coopération, etc. En ce qui concerne le fi-
nancement de la recherche, alors que la stratégie de recherche prévoit un
accroissement de la part du PIB consacrée à la recherche à 3 %, ce budget n’a
pas dépassé le niveau de 0,73 %. La recherche et développement et les brevets
n’ont disposé que d’une faible part du plan d’urgence, alors que le premier poste
de financement est allé aux étudiants-chercheurs.

Devant ces enjeux, le pays mène des politiques volontaristes et poursuit les
réformes nécessaires dans les domaines socioéconomiques, tout en améliorant
progressivement l’arsenal institutionnel et réglementaire environnemental, bien
que son application reste un défi.49

49
https://www.finances.gov.ma/depf/SitePages/publications/en_chiffres/bord_annuel/tableau_annuel.pdf

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Section 1 :L’investissement dans les technologies


vertes au Maroc : projets phares et objectifs.

A. Le Plan Maroc Vert

Lancé en Avril 2008, le Plan Maroc vert a pour objectif d’apporter un


nouveau souffle : restructuration et modernisation du secteur agricole. Il est
basé sur deux leviers :

« Levier I » à une double visée, le développement d'une agriculture


moderne à haute productivité et à forte valeur ajoutée ;

« Levier II» qui vise le développement des projets agricoles


économiquement viables reposant essentiellement sur une intervention directe de
l'Etat au niveau de certaines zones marginales (zones Bour défavorable, de
montagne ou oasienne), prenant en considération la sauvegarde des ressources
naturelles.

Permettant de développer une agriculture équitable et respectueuse de


l'environnement, grâce à de nombreuses initiatives (bonnes pratiques agricoles,
reconversion des cultures, économie de l'eau, gestion écosystémique, lutte contre
la désertification...), ce plan nécessite l’injection d'importants moyens financiers
surtout du budget de l’Etat (66 milliards de DH pour la période 2009-2015).

B. Les énergies renouvelables

La facture énergétique au Maroc représente environ 8,3% du PIB


national 50 (65,5 milliards de dirhams), ce chiffre pèse lourd sur la balance
commerciale du pays. Cette situation a poussé les autorités publiques à élaborer
une stratégie énergétique et à hausser en priorité le développement des énergies
renouvelables sur l’ensemble du territoire national.

Dans le cadre de la loi 47-09 du 29 septembre 2011 sur l’efficacité


énergétique, l’Agence Nationale pour le Développement des Energie
Renouvelables et de l’Efficacité Energétique (ANDEREE) a mis en place la

50
Note de conjoncture, Direction des Etudes et des Prévisions Financières, Ministère de l’économie et des finances, N°
214, Décembre 2014

FP Béni Mellal Page 39


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Stratégie Nationale d'Efficacité Energétique (SNEE), qui vise à alléger la


pression de l’énergie sur l’économie nationale et à contribuer au développement
durable, dont les objectifs sont présentés comme suit :

Tableau 2 : Les objectifs de l’ANDEREE dans la stratégie SNEE

Objectif national Objectifs sectoriels


Bâtiment Réduire la consommation de 20% à horizon
2030
Réduire la consommation Transport Réduire la consommation énergétique de
énergétique nationale de 25% 35% à horizon 2030
à horizon 2030 Industrie Réduire l'intensité énergétique du secteur de
2,5% par an à horizon 2030
Agriculture Réduire l'intensité énergétique du secteur de
et Pêche 0,2% par an à horizon 2030
Constituant une composante majeure de la nouvelle stratégie énergétique
du royaume, les énergies renouvelables permet d’assurer l’approvisionnement en
énergie tout en réduisant la dépendance énergétique de l’extérieur.

Dans ce sens, une loi relative aux énergies renouvelables51 est adoptée, les
autorités publiques marocaines concrétisent leur volonté d’intégration du
développement durable et de la protection de l’environnement dans la vision
énergétique du Maroc.

51
Loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables, promulguée par Dahir n° 1-10-16 du 26 Safar 1431 (11 février 2010)
publiée au Bulletin officiel n° 5822 du 1er rabii II 1431 (18 mars 2010).

FP Béni Mellal Page 40


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

C. Programme National des Déchets Ménagers


(PNDVM) :

Deux grands programmes illustrent le recours aux énergies renouvelables


au Maroc, à savoir :

1. Le programme intégré d’énergie solaire

Est un programme instauré par l’Agence Marocaine de l’Energie Solaire


(MASEN) 52 , une société à capitaux publics créée en mars 2010, vise
l’installation des centrales solaires d’une capacité totale de 2000 MW.

La mise en place de ces centrales permettra d’éviter l’émission de plus de


3,5 millions de tonnes de dioxyde de carbone et d’économiser un million de
tonnes équivalent pétrole par an.

2. Le programme éolien

En construisant divers parcs éoliens sur différents villes (tel que Midelt,
Tarfaya, Tanger, Essaouira, Boujdour, etc.), l’Office National de l’Electricité et
l’Eau Potable (ONEE) prévoit à travers ce programme, d’atteindre une capacité
de 2000 MW à l’horizon 2020, tout en contribuant à la protection de
l’environnement.

D. Programme National d’Assainissement liquide et


d’épuration des eaux usées

Il s’agit d’un programme lancé en 2005 par le département de


l’environnement et le ministère de l’intérieur, dont les objectifs qui ont été fixé
lors de sa mise en route, sont les suivants :

1. Hisser l’assainissement liquide au rang de priorité


gouvernementale ;
2. Rattraper le retard dans le domaine de l’assainissement et de
l’épuration des eaux usées ;

52
Et ce en vertu de la loi marocaine n°57-09 créant l’Agence Marocaine de l’Energie Solaire (MASEN) et régissant le
développement des projets solaires.

FP Béni Mellal Page 41


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

3. Atteindre un taux de raccordement global au réseau


d’assainissement de 80% en milieu urbain ;
4. Réduire la pollution engendrée par les eaux usées d’au moins 60%.

Dernièrement, ces objectifs ont été modifiés pour les adapter au


développement social, économique et environnemental que le Maroc connait. Ils
sont fixés pour l’horizon 2020, comme suit :

1. Atteindre un taux de raccordement global au réseau


d’assainissement en milieu urbain de 75% en 2016, de 80% en
2020 et de 100% en 2030 ;
2. Atteindre un volume des eaux usées traitées de 40% en 2016, de
80% en 2020 et de 100% en 2030 ;
3. Traiter jusqu’au niveau tertiaire les eaux usées et les réutiliser à
50% en 2020.

Pour réussir à récolter les répercussions de ce programme, il faut mobiliser


les fonds nécessaires à la réalisation des investissements prévus dont le coût
global est de l’ordre de 50 Milliards dh jusqu’en 2020.

La figure suivante illustre le montant des investissements financiers de ce


projet :

Le budget prévu par le Secrétariat d’Etat chargé du Développement


durable aux actions inscrites au calendrier de 2018

Source : https://www.leconomiste.com/article/1019631-developpement-durable-les-fonds-arrivent-pour-2018

FP Béni Mellal Page 42


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

E. Programme National de Prévention de la Pollution


Industrielle (PNPPI)

C’est un programme qui ne vise pas seulement la réduction et la maîtrise


des rejets de substances polluantes des différents secteurs d’activité, mais aussi
d’apporter l’accompagnement aux industriels dans la lutte contre les diverses
formes de pollution.

Cet accompagnement est assuré à travers le ministère de l’environnement, le


Fonds de Dépollution Industrielle (FODEP), le Mécanisme Volontaire de Dépollution
Industrielle Hydrique (MVDIH), et le Fonds National de l’Environnement (FNE).

Répartition financière du Programme National de Prévention de


la Pollution Industriel

Source : Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement,


Département de l’Environnement

FP Béni Mellal Page 43


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Section 2 : Le financement des investissements dans


les technologies vertes au Maroc.

La réussite de l’ensemble des projets, menés pour encourager


l’investissement vert au Maroc, dépend des ressources financières déployées. En
effet, divers moyens financiers ont été mobilisés pour achever la réalisation des
divers programmes et plans verts cités ci-dessus.

En plus des subventions accordées par l’Etat, la mobilisation de plusieurs


fonds publics et l’implication du secteur bancaire constituent les principales
sources de financement des investissements verts au Maroc.

A. Les fonds publics

1. Fonds de développement énergétique (FDE)

Crée en 200953, le FDE est réserver à l’accompagnement de la stratégie


énergétique nationale basée sur le développement des énergies renouvelables. Le
fonds est doté d’un milliards de dollars apporté par les actionnaires suivants :

L’Arabie Saoudite 500 millions de dollars


Les Emirats Arabes Unis 300 millions de dollars
Le Fonds Hassan II 200 millions de dollars

2. Fonds de Dépollution Industrielle (FODEP)

Le FODEP54 a été créé en 2003 dans le cadre d’une coopération entre le


Maroc et l’Allemagne. Il a pour objectif d’apporter de l’appui financier aux
entreprises, industrielles ou artisanales, désirantes d’investir dans les
équipements de dépollution et dans les technologies propres, à travers un projet
d’investissement s’inscrivant dans les deux catégories suivantes :

Projets en aval du processus de production visant la dépollution


industrielle à travers la mise en place d’installations de traitement ou
d’élimination des déchets liquides, solides ou des émissions gazeuses ;

53
En vertu de la loi de finances de l’année 2009 (Loi de Finances 2009, Bulletin Officiel N°5695 Bis)
54
La gestion technique de ce fonds est assurée par le département de l’environnement alors que la gestion technique est
assurée par la caisse centrale de garantie (CCG).

FP Béni Mellal Page 44


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Projets intégrés permettant, en plus de la dépollution industrielle, des


économies de ressources (eau, énergie, etc.) et l’utilisation des technologies
propres ;

Dans ce sens, ces entreprises bénéficieront du financement du fonds selon


les modalités ci-dessous :

Ressources Projets en aval Projets intégrés


Don du FODEP 40% 20%
du coût de du coût de
Crédits bancaires 20% à 40% 20% à 60%
projet projet
Autofinancement 20% au minimum 20% au minimum
Le plafond du coût d’investissement est de :
- 15 millions DH pour projet individuel par entreprise ;
- 30 millions DH pour projet commun par plusieurs entreprises.

3. Fonds National de l’Environnement (FNE)

C’est un fonds qui a été créé en 2004 sous forme d’un compte
d’affectation spéciale (CAS), en vertu de la loi n° 1103 relative à la protection et
à la mise en valeur de l'environnement. Il a pour objectif de financer:

 les programmes de dépollution des eaux domestiques (plan national


d’assainissement) et industrielles.
 les programmes de gestion des déchets solides.
 les compagnes de la prévention et la lutte contre la pollution
atmosphérique.
 les projets pilotes d’environnement et d’expérimentation.

Toutes les entreprises industrielles ou artisanales, qui génèrent des


pollutions et dont le chiffre d’affaire ne dépasse pas les 400 millions Dh,
peuvent bénéficier des aides et du financement de ce fonds.

FP Béni Mellal Page 45


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

4. Fonds Capital Carbone Maroc (FCCM)

Crée en 2008, le FCCM a pour objectif d’accompagner les investisseurs


marocains à réaliser leurs projets entrants dans le cadre du Mécanisme pour un
développement propre (MDP) 55 , par l’acquisition de crédits carbone sur la
période 2008-2017.

Ce fonds, qui a le statut d’une société anonyme (SA) de droit marocain et


géré par la société Accès Capital Atlantique S.A56, intervient dans les secteurs
d’activité suivants :

 Les énergies renouvelables


 L’efficacité énergétique
 La gestion des déchets.

Le FCCM est doté de 300 millions de dirhams. Il est détenu par :

Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) 50%


CDC Climat (filiale de la Caisse des Dépôts française) 25%
Banque Européenne d’Investissement (BEI) 25%

B. Les fonds privés « L’implication du secteur


bancaire » :

Outre leur rôle dans le financement de l’économie, les banques ont


exprimés clairement leur volonté de participer activement au financement des
investissements verts au Maroc et la réussite ce grand chantier national. En effet,
les banques marocaines, individuellement ou au niveau du Groupement
Professionnelle des Banques du Maroc (GPBM), ont apporté un soutien
financier aux divers projets privés ou publics respectant l’environnement, et ce à
travers :

 Des solutions de financements des investissements verts adaptées ;


 Cofinancement des projets avec l’Etat ;
 Des fonds d’investissements dédiés ;

55
Le MDP est un instrument financier permettant aux projets générant des crédits carbone de valoriser ces crédits sur le
marché international du carbone, et par conséquent de disposer d’une ressource financière supplémentaire.
56
Une société de gestion marocaine, filiale à 100% du Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG).

FP Béni Mellal Page 46


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

 Capacité d’intervention, en termes de capitaux drainés, très


importante ;
 Capacité d’octroi de maturités longues (jusqu’aux 20 ans)
 Capacité de propositions de formules de taux d’intérêts fixes,
variables ou hybrides.

Néanmoins, ces outils bancaires restent très limités, exigeants et ne


représentent pas un poids important égale au moins au minimum de celui des
outils bancaires classiques (en termes d’offre, publicité, clarification des
démarches, etc.).

C. Vers des nouvelles alternatives de financement de


l’investissement vert.

La plupart des mécanismes de financement de ce type d’investissement


sont concentrés autour du budget de l’Etat à travers les fonds dédiés aux projets
verts, avec quelques initiatives bancaires en la matière. En effet, divers moyens
financiers ont été créés pour encourager le marché de l’environnement en attirant
la visibilité des bailleurs de fonds.

1. Les obligations vertes

Comme n’importe quelle obligation ordinaire, l’obligation verte est un titre


financier qui matérialise l’engagement d'un emprunteur envers un prêteur qui, en
contrepartie, met des fonds à sa disposition. Toutefois, ces fonds sont affectés
exclusivement à des investissements verts (énergies renouvelables, efficacité
énergétique, dépollution, gestion des déchets, bio-agriculture, etc.).

Depuis les premières émissions de ces obligations en 2008 par la banque


mondiale, la demande de ces titres financiers par les investisseurs augmente et
les émetteurs se multiplient et se diversifient.

Caractérisées par une demande forte, les obligations vertes sont facilement
cessibles sur le marché international. De même, elles sont devenues accessibles
aux entreprises et aux collectivités locales autant qu’émetteurs.

Pour que ces obligations soient fiables aux yeux des bailleurs des fonds, et
que leur argent finance réellement des projets en faveur de l’environnement, les

FP Béni Mellal Page 47


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

obligations vertes sont certifiées par des cabinets externes qui mettent en place
des critères et des reportings pour donner le label environnemental aux dites
obligations.

2. Les sukuk verts

Contrairement aux obligations, qui sont des opérations de la dette pure, les
sukuk sont caractérisé par l’existence des actifs sous-jacents comme base de ces
instruments financiers islamiques. En effet, les sukuk sont des obligations
adossées à un actif, structurées en respectant la charia et pouvant être échangées
sur le marché (BID57, 2004).

Ces titres financiers islamiques ne sont pas encore très connus au niveau
du marché financier international, malgré qu’ils aient été introduits pour la
première fois en France en 2012

3. Fiscalité environnementale

La taxe environnementale est toute taxe dont l’assiette est une unité
physique (ou une approximation d’unité physique) de tout élément, produit, ou
matière qui a un impact négatif spécifique et avéré sur l’environnement
(électricité, eau, carburants, etc.), la mise en vigueur des taxes
environnementales constitue une solution adéquate pour favoriser la protection
de l’environnement. En effet, le produit de ces taxes vertes peut être affecté aux
fonds nationaux dédiés à la réalisation des investissements verts.

En général, les catégories de la taxe environnementale58 sont les suivantes


: Taxe sur les énergies : comprend les taxes sur les hydrocarbures, le gaz, le
charbon, l’électricité.

 Taxe sur les transports : est constitué par les taxes sur les véhicules (achat
ou détention), les péages, droits de stationnement, toutes celles qui s’y
rapportent, à l’exclusion des taxes sur les carburants, classées dans la
catégorie Énergie.

57
Banque Islamique de Développement
58
Les grandes catégories de ladite taxe qui sont adoptées dans divers pays en l’occurrence ceux de l’Union Européen à
savoir la France, la Belgique, etc.

FP Béni Mellal Page 48


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

 Taxe sur la pollution : ce sont les taxes sur les émissions de polluants dans
l’air, l’eau, le sol.
 Taxe sur les ressources naturelles : elle vise l’eau, les ressources forestières
et minières, exception faite des taxes sur l’extraction du gaz et du pétrole.

Au Maroc, une taxe écologique, sur les matières et produits entrant dans la
fabrication des plastiques destinés aux emballages, a été instituée en vertu de la
loi de finances pour l’année 2013.

Le taux de la taxe est fixée à 1,5% ad valorem sur la vente, sortie usine et à
l’importation, des matières plastiques et des produits fabriqués à partir de cette matière.
Le produit de cette taxe est destiné à alimenter le Fonds National pour la protection et la
mise en valeur de l’environnement.

De même, la loi portant charte nationale de l’environnement et du


développement durable 59 a institué un système de fiscalité environnementale
composé de la taxe écologique et des redevances imposées aux activités
caractérisées par un niveau élevé de consommation des ressources naturelles et
de pollution. Les recettes de ce système fiscal permettront de financer des projets
et programmes en faveur de l’environnement.

59
Loi n° 99-12 portant charte nationale de l’environnement et du développement durable (Bulletin
Officiel du 20 mars 2014).

FP Béni Mellal Page 49


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

CONCLUSION DU CHAPITRE 3

Ce chapitre présente les divers investissements verts réalisés en cours ou


prévus au Maroc, pour les accomplir des moyens financiers sont affectés. Après
avoir cité les différents projets phares en matière de l’investissement vert et leurs
concrets objectifs. La question a été autour d’annonce des sources de
financement, et de suggérer des alternatives pour financer ces investissements.

Basant sur le partenariat public-privé (PPP), plusieurs projets


environnementaux ont été lancés au Maroc. En effet, il s’agit entre autre
d’adopter une stratégie énergétique nationale fondée sur les énergies
renouvelables (solaire, éolienne), de développer une agriculture équitable et
respectueuse de l’environnement à travers le Plan Maroc Vert, ou encore de faire
promouvoir la dépollution industrielle, et valorisation des déchets.

Etant donné que tout projet d’investissement exige des moyens financiers
permettant sa réalisation. Constituent les principales sources de financement des
investissements verts au Maroc, la mobilisation de plusieurs fonds publics (FDE,
FODEP, FNE, FCCM) et l’implication du secteur bancaire, en plus des
subventions accordées par l’Etat.

Toutefois, ces fonds sont supportés en général de budget de l’Etat, d’où la


nécessité de recourir à d’autres alternatives de financement permettant de de
séduire les bailleurs de fonds. Dans ce sens, ce papier propose le recours aux
obligations vertes et les SUKUS verts. L’adoption des taxes environnementales
permettra aussi d’enrichir les fonds nationaux dédiés et la réalisation des
investissements verts.

FP Béni Mellal Page 50


Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

CONCLUSION GENERAL
L’économie s’intéresse à l’allocation optimale des ressources rares.
Jusqu’à récemment, nous ne considérions pas que l’air que nous respirons, l’eau
que nous buvons ou les combustibles que nous utilisons pour produire notre
énergie entrent dans cette catégorie. Mais aujourd’hui, on connaît et on quantifie
de mieux en mieux les risques que font former nos activités sur l’environnement
: concentration de gaz à effet de serre, perte de biodiversité, consommation
d’eau et de sols, cycle de l’azote et du phosphore, pollution chimique,
amincissement de la couche d’ozone. Chacun de ces enjeux peut conduire à
définir des limites environnementales qu’il ne faudrait pas dépasser sous peine
de menacer la viabilité des espèces naturelles et de l’homme.

Quand nous serons prêts à accepter la vision que nous ouvrent ces
différentes pistes de réflexion, nous pourrons seulement aborder réellement
l’économie verte, réconcilier l’écologie et l’économie car une économie verte a
besoin de nouvelles régulations et de nombreuses innovations techniques et
sociales, mais elle a d’abord besoin d’une majorité de citoyens actifs et de
pouvoirs publics impliqués dans la transition.

Dans ce mémoire nous avons soutenu que dans le Maroc de nouvelles


tentatives de lutte contre les crises multiples des économies, des sociétés et de
l’environnement, se fondant sur une vision différente, ont déjà fait leurs preuves.
Cette vision différente met l’accent sur l’amélioration de la productivité dans
l’utilisation des ressources naturelles ainsi que du capital, plutôt que
d’augmenter la productivité de la main-d’œuvre comme le voulait la stratégie
principalement poursuivi au cours des dernières décennies.

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
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 ANDRE MEUNIE controverses autour de la courbe environnementale de Kuznets Doctorant –
IFReDE-GRES / CED – Université Montesquieu Bordeaux IV. Pages 2 et 3.
 BEAT BÜRGENMEIER Politiques économiques du développement durable - Page 108
 BERNARD DUTERME économie verte : marchandiser la planète pour la sauver ? 1
 Commission Economique des Nations Unies pour l’Europe, Commission Economique des Nations
Unies pour l’Afrique, « Examen des performances environnementales du Maroc », 2014
 Conseil économique et Social, « Economie verte, opportunités de création de richesses et d’emplois »,
mai 2012.
 ENVIRONNEMENT ET ÉCONOMIE : UNE RELATION ÉQUIVOQUE
 ESTHER FINIDORI économie verte : de la théorie économique aux conclusions politiques ; experte
énergie et climat 2013.
 Http://energienvironnement.com/EE15/EE15.pdf
 Http://www.cese.ma
 Http://www.ilo.org/global/topics/green-jobs/lang--Fr/index.htm
 Http://www.levert.ma/
 L’ÉCO-INNOVATION DANS L’INDUSTRIE : FAVORISER LA CROISSANCE VERTE – ©
OCDE 2010.
 La COP22, La COP de l’Action Dossier de presse COP22, Marrakech 2016
 les emplois verts une voie d’avenir pour l’Europe, produite par le groupe de travail Green New Deal
des Verts/ALE au Parlement européen.
 Loi n° 99-12 portant charte nationale de l’environnement et du développement durable (Bulletin
Officiel du 20 mars 2014).
 MALTHUS, « An Essay on the Principle of Population », et Journal de la société française de
statistique, Tome 42 (1901), p. 51-68.
 Olivier Boiral, Professeur agrégé, Faculté des sciences de l'administration, Université Laval, Québec,
 OLIVIER GODARD la pensée économique face à la question de l'environnement, septembre 2004,
cahier n° 2004-025.
 Pearce, D. (1992). Green economics. Environmental Values, Spring 1(1), 3-13
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 PIERRE GREFFET, Amélie Mauroux, Pierre Ralle, Céline Randriambololona, définir et quantifier
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pauvreté - Synthèse à l’attention des décideurs. http://unep.org/greeneconomy/
 The Hartwick rule and the characterization of constant consumption paths in the presence of an
exhaustible resource, page 2 ART 1 et 2
 THOMAS Robert Malthus Essai sur le principe de population
 TUNZA le Magazine du PNUE pour les Jeunes. www.unep.org

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

TABLE DES MATIERES


« Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les

technologies verte ?» ............................................................................................. 0

INTRODUCTION GENERALE.......................................................................... 4

Chapitre 1 : L’émergence de l’économie verte. .................................................. 5

Introduction .............................................................................................................................. 5

Section 1 : D’une économie classique à une économie verte. .................................................. 6

Les débuts de 19éme siècle .......................................................................................................................... 6


Du 19éme à début de 20éme siècles, les années de l’industrialisation :....................................................... 7
Du 1920 à 1960 ; l’externalité, le bien public, le droits à polluer ................................................................ 7
DU 1960 à 1972 : les externalités ................................................................................................................ 8
1972 jusqu’à maintenant notion de l’économie verte ................................................................................. 10
Section 2 : La transition vers l’économie verte. ..................................................................... 12

A. Le parrainage et la protection de l'environnement: ................................................................... 12


B. Les firmes vertes : ..................................................................................................................... 13
C. Le rajeunissement technologique .............................................................................................. 14
D. Les emplois verts ...................................................................................................................... 15
Conclusion du chapitre 1 .................................................................................... 17

Chapitre 2 : l’annexion des technologies vertes pour le soutien de la

croissance soutenable. ......................................................................................... 18

Introduction ............................................................................................................................ 18

Section 1 : La relation entre la croissance durable et l’environnement. ................................. 19

A. Les indicateurs alternatifs de la croissance durable. ................................................................ 19


B. Emissions de dioxyde de carbone (CO2) au Maroc par secteur et par type de carburant. ........ 23
C. Hypothèse de la courbe environnementale de kuznet. .............................................................. 25
Section 2 : La technologie verte : Quel impact sur la croissance durable au
Maroc ? ............................................................................................................................................ 29

A. Concepts générales de la croissance et la technologie ............................................................. 29


B. L’influence de la technologie verte sur la croissance. .............................................................. 31

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Comment le Maroc se prépare pour accueillir et intègre les technologies verte ?

Conclusion du chapitre 2 ........................................................................................................ 34

Chapitre 3 : la mise en place des technologies vertes au Maroc. .................... 35

Introduction ............................................................................................................................ 35

Section 1 :L’investissement dans les technologies vertes au Maroc : projets


phares et objectifs............................................................................................................................. 39

A. Le Plan Maroc Vert................................................................................................................... 39


B. Les énergies renouvelables ....................................................................................................... 39
C. Programme National des Déchets Ménagers (PNDVM) : ........................................................ 41
D. Programme National d’Assainissement liquide et d’épuration des eaux usées ........................ 41
E. Programme National de Prévention de la Pollution Industrielle (PNPPI) ................................ 43
Section 2 : Le financement des investissements dans les technologies vertes
au Maroc. ......................................................................................................................................... 44

A. Les fonds publics ...................................................................................................................... 44


B. Les fonds privés « L’implication du secteur bancaire » : ......................................................... 46
C. Vers des nouvelles alternatives de financement de l’investissement vert ................................ 47
CONCLUSION DU CHAPITRE 3 ........................................................................................ 50

CONCLUSION GENERAL ............................................................................... 51

REFERENCES BIBLIOGRAPHIques ............................................................. 52

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