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Le transport du biogaz par canalisation Pratiques et réglementations en France et en Europe Dedicated
Le transport du biogaz par canalisation Pratiques et réglementations en France et en Europe Dedicated

Le transport du biogaz par canalisation Pratiques et réglementations en France et en Europe

Dedicated biogas transport State-of-the art and reglementary framework in France and in Europe

State-of-the art and reglementary framework in France and in Europe • Juillet 2003 • contrat ADEME

• Juillet 2003 •

contrat ADEME n° 0275052

Le transport du biogaz par canalisation Pratiques et réglementations en France et en Europe Rapport

Dedicated biogas transport State-of-the art and reglementary framework in France and in Europe Report

Commanditaire

ADEME, Département DAGAL

 

Responsable

M. Olivier THÉOBALD

 

Réalisation de l’étude

SOLAGRO

 

Responsable

Christian COUTURIER

 

Adresse

75, voie du TOEC

 

31076 TOULOUSE Cedex 3

 

Téléphone

05

67 69 69 69

 

Télécopie

05

67 69 69 00

 

Convention

Contrat n° 0275052

 

Date du contrat

9

décembre 2002

 

Durée du contrat

mois de réalisation + 3 mois pour la réalisation de la version finale

6

Rédaction

Claire

RUSCASSIE,

Christian

COUTURIER,

Sylvaine BERGER

 

Confidentialité

non

RÉSUMÉ

Mots Clés : canalisations, biogaz, transport

La présente étude vise à explorer les retours d’expériences au niveau européen sur les réalisations et les réglementations en termes de transport de biogaz brut par canalisation dédiée. Ce travail est préalable au projet de publication d’un guide méthodologique de recommandations techniques sur le transport spécifique de biogaz.

En Europe, 29 sites ont été répertoriés dans le cadre de ce travail. Les canalisations recensées sont le plus souvent en PEHD, leur longueur va de 500 m à 10 km (distance moyenne de 3,5 km). La pression de transport est inférieure à 1 bar (en moyenne 500 mbar). Avant son transport, le biogaz est généralement déshumidifié, dans la plupart des cas par refroidissement et récupération des condensats.

Au niveau réglementaire, l’Allemagne et la Suisse disposent d’une réglementation spécifique au biogaz. Ces deux pays proposent des recommandations techniques et de sécurité spécifiques au transport de biogaz. En Suède, la réglementation de transport des gaz combustibles est valable pour le biogaz, le gaz naturel et le GPL. Dans les autres pays européens, le transport de biogaz àbasse pression se fait selon la réglementation et les préconisations techniques valables pour le gaz naturel. Les organismes de références sont effectivement ceux impliqués dans la réglementation des gaz combustibles.

En France, il n’existe pas de réglementation particulière pour le transport du biogaz. Selon le secrétariat d’Etat à l’industrie, il peut être considéré soit comme un gaz combustible (s’il est épuré) soit comme un produit chimique dans les autres cas. Les règles à suivre sont donc, soient celles du transport de gaz combustible soient celles de transport de produits chimiques selon le cas. Dans deux projets français répertoriés, les règles techniques de pose, d’exploitation et de surveillance de la canalisation ont été celles couramment suivies par Gaz de France (GDF).

ABSTRACT SUMMARY

Key notes: pipeline, biogas, transport

This study aims to present on the European scale a return of experiences of installations and legislation concerning biogas pipeline. This work prepares to the publication of a methodological and technical guideline about dedicated biogas transport.

In Europe, 29 sites have been inventoried in this study. The pipeline are mostly made of PEHD, their length is between 500 m and 10 km (the average length is 3,5 km). The average pressure is 500 mbar. Before the transport, the biogas is generally dehydrated through a cooling treatment.

Germany and Switzerland have a specific legislation for the transport of biogas. These two countries propose technical and safe requirements for the transport of biogas. In Sweden, the regulation concerning the transport of fuel gas includes biogas, natural gas and LPG. In the others countries, the low pressure biogas transport is based on the natural gas pipeline regulation. The references organisation for the biogas are the same that for the natural gas.

In France, there is no specific regulation for biogas pipelines. Biogas can be considered as a fuel gas or as a chemical product. After the registration of a file for consultation, the DRIRE (which represents the Department of Industry in a district) classifies the biogas as fuel gas or chemical product and the concerned regulation is also applied for the project (transport of chemical product or transport of fuel gas). For two french projects, the technical, safe and running rules of pipework were the rules of Gaz de France.

SYNTHESE

Ce rapport présente les résultats d’une étude exploratoire sur le transport du biogaz par canalisations dédiées en Europe : c’est-à-dire le transport par canalisation propre depuis un site de production de biogaz, vers un site d’utilisation situé à une distance inférieure à une dizaine de kilomètres. Il ne concerne pas les canalisations internes, ni l’injection de biogaz épuré sur les réseaux publics de gaz naturel.

Il a été réalisé pour l’ADEME, suite àune demande du Bureau du Club Biogaz de l’ATEE :

Le transport du biogaz permet en effet, éventuellement, de trouver des débouchés thermiques à une production de biogaz dans un périmètre plus large que la proximité immédiate du lieu de production, et d’optimiser ainsi le taux de valorisation énergétique.

« La pose et l’utilisation de telles canalisations soulèvent des problèmes juridiques. Leur résolution au cas par cas est imparfaite, coûteuse et n’est possible qu’au prix de décisions politiques locales difficiles à obtenir. Le coût de l’étude et des procédures grève lourdement l’équilibre financier de l’opération…

Il apparaissait souhaitable de faciliter la tâche des concepteurs en faisant éditer des guides de référence pour la pose, l’exploitation et l’intervention en cas de sinistres. »

ß Typologie des réalisations equêtées

L’étude a recensé 29 réalisations (5 en France – dont 2 arrêtées - et 24 dans divers pays européens), ce qui permet d’offrir une vision panoramique de la façon dont ces questions ont été abordées.

La longueur moyenne des canalisations est de 3,5 km, avec un maximum de 10 km. Le débit de biogaz moyen est de 650 m 3 /h. Le diamètre des canalisations varie entre 110 et 300 mm, pour une pression dépassant très rarement 600 mbar.

La plupart des canalisations sont aujourd’hui réalisées en PEHD, qui a supplanté les autres matériaux (acier, PVC). Le gaz ne subit généralement pas d’autre traitement qu’une déshumidification par refroidissement, et de façon exceptionnelle une filtration et/ou une désulfurisation.

Le gaz est en majorité valorisé en cogénération, mais les usages thermiques seuls (chaudières, fours) sont nombreux. On recense également quelques unités mixtes (moteur en cogénération + chaudière).

Tous les types de production sont représentés : la moitié sont des centres de stockage des déchets, et l’autre moitié des digesteurs de boues, déjections d’élevage ou déchets municipaux, ce qui reflète bien la répartition actuelle des sources de production de biogaz en Europe.

Il n’existe aucune corrélation apparente entre le type de source, le type d’usage et le type de traitement du gaz.

ß Une réglementation spécifique en Allemagne et en Suisse

La réglementation applicable a été étudiée pour différents pays, notamment l’Allemagne, le Danemark, la Suisse, la Suède, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, les Etats-Unis, où existent des réalisations de ce type.

Il apparaît que seules l’Allemagne et la Suisse ont mis en place une réglementation spécifique au transport de biogaz par canalisations dédiées.

Ces textes sont édités :

par la profession : DVGW (union allemande des techniques de l’eau, des eaux usées et des déchets) en Allemagne, SSIGE (Société Suisse de l’Industrie du Gaz et des Eaux) en Suisse ;

par les caisses d’assurance : GUV en Allemagne et SUVA en Suisse.

Ces documents décrivent les solutions techniques àmettre en œuvre, telles que :

le choix des matériaux (PEHD, ou inox), les éléments de marquage de la canalisation ;

les équipements de contrôle et de sécurité : anti-retour de flamme, vannes d’isolement, alarme et détection seuil d’explosivité, analyse oxygène pour les canalisations de gaz de décharge… ;

le gaz de décharge fait l’objet de prescriptions complémentaires (DVGW, Allemagne) : un contrôle en continu de la teneur en oxygène est spécifié, du fait de la présence d’air, alors que le gaz de digesteur peut s’en passer.

ß Ailleurs : application des réglementations sur les gaz combustibles

Dans les autres pays, il n’existe pas de réglementation spécifique au biogaz.

Celui-ci est considéré implicitement comme relevant des législations sur les gaz combustibles. Sa mention explicite est exceptionnelle, comme en Suède.

Les enquêtes auprès des sites ont montré que les questions réglementaires ne posaient pas de difficultés particulières pour les concepteurs. Les autorisations préalables relèvent de démarches de type « déclaration de voirie ».

Eventuellement, les autorités peuvent imposer des prescriptions particulières, comme une étude d’impact (cas en Italie).

ß En France : un traitement au cas par cas selon les DRIRE

En France, la situation est similaire àcelle qui prévaut dans la plupart des pays.

Le secrétariat d’Etat à l’industrie considère que les canalisations dédiées au biogaz non épuré relèvent de la réglementation sur les produits chimiques.

Une étude de sécurité notamment est demandée, élaborée selon le guide du GESIP, mentionnant des renseignements tels que l’implantation, le type de canalisation, un descriptif, les moyens de sécurité mis en plan, les scenarios d’accidents. La canalisation peut éventuellement être classée d’intérêt général si le transporteur en fait la demande

ß Les incidents

Nous n’avons pas eu connaissance d’incidents concernant le transport de biogaz par canalisations dédiées. L’installation la plus ancienne (Stuttgart, Allemagne) fonctionne depuis 43 ans (la canalisation enterrée en acier amienté sera remplacée par une canalisation en surface en inox en 2003), sans incident connu. Celle de Viborg (Danemark) date de 1985.

Le plus grave incident mettant en jeu du biogaz et qui ait été porté à notre connaissance est celui survenu en 1985 à la STEP de Carrières Sous Poissy (78) : il s’agit d’un décès par intoxication àl’H 2 S suite àune rupture de canalisation entre un gazomètre et un digesteur, sur le site même de la station.

Un autre incident important est survenu dans la papeterie de La Rochette le 7 Janvier 1999 : il s’agit d’une explosion (équivalent à 5 kg de TNT) d’une baudruche contenant 10 m 3 de gaz et qui a provoqué une onde de choc sur au moins 130 mètres, avec des dégâts matériels mais aucun dommage humain.

Les causes incriminées, dans les deux cas, relèvent du non respect des règles de l’art.

Si autrefois le PVC était fréquemment utilisé comme matériau de canalisation, celui-ci est désormais proscrit du fait de sa fragilité et de sa sensibilité aux rayons UV. L’intoxication par H 2 S, qui se forme spontanément en milieu confiné (réseaux d’assainissement notamment) provoque régulièrement des accidents mortels.

Dans le cas de La Rochette, l’explosion a eu lieu suite àune entrée d’air formant mélange explosif avec le biogaz, et à une ignition par retour de flamme depuis la torchère. Cet incident aurait normalement dû être prévenu par l’installation d’un anti-retour de flamme, équipement standard de toutes les torchères installées sur les CSD par exemple.

Les incidents les plus fréquents concernant les digesteurs, sont dus à des phénomènes de montée en pression ou de chute brutale de pression, qui provoquent des fissurations ou l’éclatement (sans onde de choc) des digesteurs. Les dégâts occasionnés sont purement matériels et économiques.

Ces incidents peuvent être prévenus en applicant les régles de l’art usuelles : choix de matériaux adaptés et équipements de sécurités, tels que préconisés dans les réglementations allemandes ou suisses et dans tous les ouvrages techniques fixant les règles de l’art.

SOMMAIRE

1. Contexte de l’étude

10

2. Réalisations et contexte réglementaire français

12

2.1. Cadres réglementaires, législatifs et normatifs français

12

2.1.1. Textes legislatifs et réglementaires

12

2.1.2. Résultat de la consultation de la DRIRE Rhône-Alpes et du secrétariat d’Etat à l’industrie

15

2.1.3. Les normes et documents techniques de références

16

2.2. Les réalisations

17

2.2.1. Vienne

17

2.2.2. Rillieux-la-Pape

19

2.2.3. Bayeux

20

2.2.4. Crézin

21

2.2.5. Blaringhem

22

2.3. Bibliographie

3. Réglementation et réalisations dans différents pays

3.1. Allemagne

22

23

23

3.1.1. La réglementation

23

3.1.2. Les réalisations

26

3.2.

Italie

30

3.2.1. La réglementation

30

3.2.2. Les réalisations

30

3.3. Danemark

32

3.3.1. La réglementation

32

3.3.2. Les réalisations

32

3.4.

Suède

40

3.4.1. La réglementation

40

3.4.2. Les réalisations

40

3.5. Suisse

3.5.1. La réglementation

3.6. Royaume-Uni

43

43

44

3.6.1. La réglementation

44

3.6.2. Les réalisations

45

3.7.

Pays-bas

49

3.7.1. La réglementation

49

3.7.2. Les réalisations

49

3.8. Etats-Unis

50

3.8.1. La réglementation

50

3.8.2. Projet en Caroline du sud pour alimenter une entreprise BMW

51

4. Incidents survenus sur des installations de méthanisation

52

4.1. Les incidents répertoriés

52

4.2. Résultats exhaustifs de recherche sur BARPI

53

4.3.

Les causes

55

4.4. Les conséquences

55

4.5. Les moyens

55

4.6. Conclusion sur les incidents et les règles de sécurité

56

5. Liste des personnes et organismes contactés

57

5.1. En France

57

5.2. En Europe

58

5.2.1. Allemagne

58

5.2.2. Danemark

59

5.2.3. Suède

59

5.2.4. Royaume-Uni

60

5.2.5. Suisse

60

6.

Synthèse

6.1. Synthèse sur les sites répertoriés

61

61

6.1.1. Sites français

61

6.1.2. Sites européens

62

6.1.3. Commentaires

66

6.2. Synthèse des législations et pratiques

68

6.2.1. Comparaisons des pratiques dans chaque pays

68

6.2.2. Fiches signalétiques des documents faisant référence au biogaz

75

6.2.3. Commentaires et conclusion

83

7. Conclusions

84

8. GLOSSAIRE

85

1.1.

ContContexteexte dede l’étudel’étude

L’étude suivante est une commande de l’ADEME suite à une proposition du bureau du Club biogaz de l’ATEE.

Ce travail exploratoire est destiné àpréparer une étude dont l’objectif serait de produire un guide méthodologique et technique sur le transport du biogaz par canalisations dédiées 1 :

« Plusieurs dizaines de décharges, de stations d’épuration urbaine, soixantaine de sites industriels ne valorisent pas ou valorisent mal le biogaz qu’ils produisent.

L'évolution de la réglementation sur le traitement des déchets et des rejets industriels, la volonté des pouvoirs publics de développer la production d'énergies renouvelables devrait favoriser à court et moyen terme la valorisation du biogaz…

dans la plupart des cas la valorisation sur place, hors production électrogène pure, n’est pas possible. Néanmoins, souvent des besoins thermiques existent à proximité du lieu de production mais nécessitent la pose de canalisations spécifiques passant sur des terrains de tiers ou sur la voie publique.

A ce jour, une demi-douzaine de canalisations, dédiées au biogaz, externes au site de production sont en exploitation en France. La plus ancienne daterait de 1987. A notre connaissance, aucun accident grave ne s'est produit.

Cependant, la pose et l’utilisation de telles canalisations soulèvent des problèmes juridiques importants. Leur résolution au cas par cas est imparfaite, coûteuse et n’est possible qu’au prix de décisions politiques locales difficiles à obtenir. Le coût de l’étude et des procédures grève lourdement l’équilibre financier de l’opération.

Compte tenu que les nouvelles opérations seront probablement de petites tailles, celles dépassant 6 MWth étant exceptionnelles, il apparaît souhaitable de faciliter la tâche des concepteurs en faisant connaître les réglementations applicables pour la pose, l’exploitation et l’intervention en cas de sinistres.

Domaine d’application

Pour des questions de clarté, de coût et de simplification, il est souhaitable de restreindre le champ d’application des documents aux installations qui seront les plus couramment rencontrées.

1 « Transport du gaz par canalisations dédiées… », Club Biogaz, 21 Octobre 2002 - Le transport du biogaz par canalisation - Pratiques et réglementations en France et en Europe –

- Rapport -

- SOLAGRO - Juillet 2003 - p. 10/90

Dans un premier temps, il est proposé de limiter l’étude aux installations dédiées au transport du biogaz respectant simultanément les conditions suivantes :

ÿ Le biogaz n’est pas suffisamment épuré pour se voir appliquer les règles du transport de gaz combustible 2 . Il peut éventuellement être déshydraté ou condensé.

ÿ Le débit nominal est inférieur à3000 Nm 3 /heure.

ÿ La pression est inférieure à 10 bars.

ÿ Le diamètre de la canalisation est inférieur à 400 mm.

ÿ La distance développée du réseau depuis l’organe de coupure en sortie de site est inférieure à 10 km.

… Le contenu démarrage de la torchère au niveau de la production, et s’arrête à l’entrée de la chaufferie et du local moteur. Les stockages éventuels sont inclus dans le document ».

ß Contenu du présent rapport

Le présent rapport fait état du retour d’expériences des réalisations de canalisations de biogaz dédiées en France et en Europe.

Il aborde également le contexte réglementaire de différents pays européens.

De plus, une analyse des incidents survenus sur les installations de méthanisation est présentée afin d’alimenter les réflexions, en matière de sécurité et de recommandations techniques spécifiques, sur les installations biogaz et notamment les conduites de gaz ».

ß Pourquoi transporter le biogaz par canalisations dédiées ?

Les sites de production de biogaz sont parfois éloignés des consommateurs potentiels d’énergie. L’exportation de l’énergie via les réseaux électriques, en l’absence de débouchés thermiques, n’offre qu’un rendement global de l’ordre de 35 % (compte non tenu du taux de disponibilité).

Pour amener le biogaz auprès d’un consommateur situé à une distance de l’ordre de plusieurs kilomètres, il est possible de transporter l’énergie sous forme de chaleur (vapeur ou eau chaude), mais à un coût généralement élevé ; ou de transporter le biogaz par canalisations dédiées, option généralement moins onéreuse et aussi efficace en terme de taux de valorisation de l’énergie.

ß Quelques définitions

Réseau dédié : canalisation destinée à transporter du biogaz depuis un site de production vers des sites consommateurs identifiés, et séparée du réseau public de gaz naturel.

Le réseau dédié est donc distinct du réseau de gaz de ville.

2 On donnera une définition d’un biogaz correctement épuré le faisant rentrant dans la catégorie des gaz combustibles et de la réglementation correspondante.

- Le transport du biogaz par canalisation - Pratiques et réglementations en France et en Europe –

- Rapport -

- SOLAGRO - Juillet 2003 - p. 11/90

La présente étude ne concerne pas les canalisations d’usines, internes aux établissements producteurs de biogaz, et qui alimentent par exemple une unité de valorisation, stockage ou élimination àl’intérieur du périmètre de l’établissement.

2.2. RéalisationsRéalisations etet contextecontexte réglementaireréglementaire françaisfrançais

On compte au moins 5 sites en France où le biogaz est transporté par canalisation depuis le site de production vers l’utilisateur final. Nous avons enquêté ces différents sites : Crézin, Vienne, Rilleux-la-Pape, Blaringhem, Bayeux. Pour deux d’entre eux (Crézin et Bayeux), nous avons obtenu des informations succinctes dans la mesure où les projets datent de 1985-1986 et n’utilisent plus aujourd’hui la canalisation qui avait été mise en place à l’origine. Pour les projets de Rillieux-la-Pape et Vienne, l’entreprise intervenant sur des opérations de maintenance des canalisations est GDF, qui a été aussi, lors du projet, largement consultée pour avis et recommandations techniques.

2.1. Cadres réglementaires, législatifs et normatifs français

Il n’existe pas de texte spécifique au transport de biogaz par canalisation dédiée ou spécifique à l’injection de biogaz. Selon la classification du biogaz en tant que produit chimique (biogaz non épuré) ou en tant que gaz combustible (biogaz épuré), les textes réglementaires pouvant être pris comme référence sont ceux encadrant le transport de gaz combustible ou le transport de produits chimiques.

2.1.1. Textes legislatifs et réglementaires

Loi n° 2003-8 du 3 janvier 2003 relative aux marchés du gaz et de l’électricité et au service public de l’énergie.

Les dispositions de cette loi s’appliquent à « tous les types de gaz qui peuvent être injectés et transportés de manière sûre dans les réseaux de gaz naturel. » Le transport dédié de biogaz ou l’injection de gaz de biomasse épuré n’est donc pas explicitement abordé.

2.1.1.1. Transport de gaz combustible par canalisation

Arrêté ministériel du 11 mai 1970 relatif au règlement de sécurité des ouvrages de transport de gaz combustibles par canalisation (voir texte en annexe).

Cet arrêté s’applique aux canalisations en acier pour lesquelles la pression effective du gaz combustible susceptible d’être atteinte en cours d’exploitation est au moins égale à 4 bars. Le gaz transporté doit aussi être non corrosif àl’égard du matériau utilisé pour la canalisation.

Circulaire Ministérielle DM-T/P N° 28516 du 12 juin 1996 relative àla composition des dossiers àremettre àla DRIRE en application des dispositions de l’arrêté du 11 mai 1970 relatif au transport de gaz combustible par canalisations (voir texte en annexe).

Arrêté du 17/08/84 :

Cet arrêté fixe les conditions d’emploi du PE5, matière employée pour le transport d’eau ou de gaz par canalisation enterrée.

Décret du 15 octobre 1985 relatif au régime des transports de gaz combustibles par canalisations (voir texte en annexe).

Ce décret indique que le projet est soumis à une déclaration (Titre I, article 2c) dans le cas de transport de gaz reliant directement des installations de production àl’utilisateur. Ce décret régit aussi les conditions d’attribution de concession de transport (constitution d’un dossier àadresser au ministre chargé du gaz). Il encadre également la notion de plan de surveillance.

Décret 91-11-47 du 14/10/91 relatif à l’exécution de travaux à proximité de certains ouvrages souterrains, aériens ou subaquatiques de transport ou distribution (voir texte en annexe).

Ce décret indique les mesures à prendre lors de l’élaboration de projets de travaux ou lors de l’exécution préalable des travaux. Une Demande de Renseignements (DR) et ensuite une Déclaration d’Intention de Commencement de Travaux (DICT) doivent être adressées àla mairie qui indique ensuite les exploitants à consulter pour les travaux. Selon l’article 10, les exploitants doivent communiquer sous la forme d’un récépissé « avec le maximum de précisions possible tous les renseignements en leur possession sur l’emplacement de leurs ouvrages existant dans la zone où se situent les travaux projetés et y joignent les recommandations techniques écrites applicables à l'exécution des travaux à proximité des dits ouvrages».

Arrêté ministériel du 13 juillet 2000 portant règlement de sécurité de la distribution de gaz combustible (voir texte en annexe).

Cet arrêté fixe les exigences essentielles de sécurité qui doivent être respectées lors de la conception, la construction, la mise en service et la maintenance d’un réseau de distribution de gaz combustible par canalisations. Cet arrêté indique que « les gaz de biomasse convenablement épurés selon la norme NF EN 437 3 peuvent être assimilés aux gaz combustibles considérés dans l’arrêté ». Il n’est pas applicable au biogaz directement mais peut servir de référence dans l’élaboration des dossiers. Cet arrêté a été rédigé selon « le guide technique de distribution de GDF » qui servait de document de référence jusque-là.

3 Norme élaborée sous mandat donné au CEN (Comité européen de normalisation) par la commission dans le cadre d’une directive Européenne : DI 90-396 01/06/1990 Directive relative au rapprochement des législations des états

membres concernant les appareils à gaz.

2.1.1.2. Transport de produits chimiques par canalisation

Loi du 29 juin 1965 relative au transport des produits chimiques par canalisations (voir texte en annexe).

Décret du 18 octobre 1965 portant application de la loi du 29 juin 1965 relative au transport des produits chimiques par canalisations (voir texte en annexe).

Art. 43 : « Les conditions de sécurité auxquelles devront satisfaire, quel que soit leur statut juridique, les canalisations de transport de produits chimiques pourront être fixées par arrêté du ministre chargé des industries chimiques et s’ajoutent aux réglementations générales éventuellement applicables aux ouvrages. »

Cet article peut être appliqué à un projet de canalisation biogaz par les DRIRE (Cf. 2.1.2. Résultat de la consultation de la DRIRE Rhône-Alpes).

Arrêté du 6 décembre 1982 portant réglementation technique des canalisations de transport de fluides sous pression autres que les hydrocarbures et le gaz combustible (voir texte en annexe).

Arrêté du 21 décembre 1983 (modifiant l’arrêté du 6 décembre 1982).

Arrêté du 20 février 1985 (modifiant l’arrêté du 6 décembre 1982).

2.1.2. Résultat de la consultation de la DRIRE Rhône-Alpes et du secrétariat d’Etat à l’industrie

Concrètement, pour une canalisation de biogaz non épuré, qui fait l’objet d’une demande d'intérêt général, les démarches àfaire sont les suivantes,.

Il convient de faire un dossier de présentation du projet à la DRIRE avec les dispositions techniques qui seront retenues pour la construction, plan d'implantation de la canalisation à l'échelle 1/5.000 ème ou 1/2.500 ème avec représentation des bâtiments et installations avoisinants, à moins de 200 mètres, un profil en long, une description de l'environnement où est implantée cette canalisation, comprenant notamment :

le nom des communes et la nature des terrains traversés, leur usage ;

la profondeur de la canalisation, le matériau utilisé pour le recouvrement du tube, la présence éventuelle d'un grillage avertisseur ;

les voies publiques et éventuels cours d'eau traversés, modes de traversée et protection de la canalisation àces endroits-là;

l'environnement économique et humain (zones d'activités industrielle, commerciale, habitat, ERP) à proximité de la canalisation (à une distance de 200 mètres de part et d'autre de la canalisation) ;

les caractéristiques de l'ouvrage : longueur, volume, diamètre, épaisseur, température maximale, pression nominale, pression maximale en service, matériaux, revêtement, durée de vie prévisionnelle des matériaux, installations annexes et accessoires (vannes, robinet), modalités d'assemblage des tubes en polyéthylène (soudage ou électrosoudage, assemblage mécanique) ;

les dispositifs de sécurité éventuels permettant de limiter la pression, de détecter les fuites et/ou de couper l'alimentation de la canalisation.

Il convient de joindre à ce dossier une étude de sécurité réalisée conformément au guide méthodologique pour la réalisation d'une étude de sécurité concernant une canalisation de transport, guide réalisé par le GESIP et reconnu par l'administration (Cf. bibliographie 2.3). Cette étude devra être proportionnée aux risques pour une canalisation de biogaz à faible pression.

Le tout est remis àla DRIRE, qui prescrit, en application de l'article 43 du décret du 18/10/65 par arrêté préfectoral les conditions jointes que devra respecter l’ouvrage. Les dispositions de l’arrêté du 6 décembre 1982 sont applicables. Des dispositions supplémentaires peuvent être imposées. Le transporteur doit établir avant la mis en service un plan de surveillance et d’inervention.

Lorsque la canalisation est posée, les dispositions du décret n°91-1147 du 14/10/91 relatif à l'exécution de travaux à proximité de certains ouvrages souterrains aériens ou subaquatiques, de transport ou de distribution s'appliquent. Le contrôle de l’ouvrage est réalisé par les corganismes de contrôle certifiés. De plus, il convient que l'exploitant de la canalisation dépose

en Mairie un plan dit de zonage de la canalisation, délimitant une bande de 100 mètres axée sur la canalisation à l'intérieur de laquelle toute personne qui souhaite faire des travaux de terrassement doit envoyer au transporteur une demande de renseignement, puis une déclaration d'intention de commencement de travaux, afin de permettre l'exécution de travaux souterrains sans risque d'agression de l'ouvrage souterrain.

2.1.3. Les normes et documents techniques de références

L’organisme certificateur est l’AFNOR.

L’organisme mandaté est l’AFG (Association Française du Gaz).

Les normes de références pour le transport du gaz sont les suivantes :

NF136 : Caractéristiques de construction, matériaux, marquage, conditionnement.

La norme NF T54-065 définit les propriétés physiques requises des tubes en polyéthylène (PE) de diamètre extérieur nominal (DN) 20 à 225, destinés à être utilisés pour la distribution de combustibles gazeux.

Pour cet usage, les tubes sont noirs et comportent des filets de repérage longitudinaux jaunes.

Cette norme précise quelques-unes des propriétés générales du matériau servant à la fabrication de ces tubes.

Elle rappelle le domaine d'application des tubes et fixe :

leurs caractéristiques géométriques, physiques et mécaniques,

leur désignation,

le marquage servant àleur identification,

leur conditionnement.

L'emploi des tubes en polyéthylène décrits dans la présente norme concerne les ouvrages enterrés, sauf cas particuliers définis par l'utilisateur.

Les contrôles de qualité font référence aux normes NF X 50-131, NF X 50-132 et NF X 50-133.

DTU 61.1 Installation de gaz : ce document définit les conditions techniques auxquelles doivent satisfaire les travaux d'installation de gaz. Une petite partie concerne les installations de distribution du gaz par conduite ou canalisation.

2.2. Les réalisations

2.2.1. Vienne

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

2001

 

Topologie du terrain

 

Légère pente sur 800 m

 

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

3 800 m

 

Matériaux utilisés pour la canalisation

PEHD + signalisation de la canalisation en noir avec bande marron et inscription biogaz

 

Diamètre des canalisations biogaz

 

160 mm

 

Débit de biogaz

 

300 m 3 /h

 

Quantité de biogaz livré

Durée de fonctionnemment : 4 à5 mois par an durée (de fonctionnement de la production électrique) environ 1 000 000 m 3 /an

 

Dispositifs de sécurité mis en place

Présence de 5 points bas pour les condensats

 

Pression

Départ 600 mbar arrivée 500 mbar

 

Caractéristiques du gaz transporté 4

42 %CH 4

% CO 2

800

ppm

2

à 2,5

%

H

2 S

O

2

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

 

Abaissement de la température par un groupe froid T départ = 4-5 °C

 

Cadre juridique et réglementaire pour la mise en place des canalisations biogaz

 

Démarches effectuées au moment du projet (dossier déclaration, autorisation…)

Demande de permissions de voirie classique traversée Chemin Départemental, Départementale, Nationale + chemin de fer

 

Délai

1 mois pour la permission de voirie classique

 

2 mois pour la permission de la traversée de chemin de fer

Organismes consultés

Construction sur prescription technique GDF

 

4 D’autres gaz sont généralement présents en plus de ceux indiqués dans les tableaux, dont l’azote, notamment pour le gaz de décharge.

- Le transport du biogaz par canalisation - Pratiques et réglementations en France et en Europe –

- Rapport -

- SOLAGRO - Juillet 2003 - p. 18/90

La canalisation étudiée alimente une station d’épuration à partir du CET de Saint-Alban-les- Vignes.

La particularité de cette canalisation est de traverser le domaine public, elle rencontre entre autres une voie de chemin de fer, une Départementale et une Nationale. Elle a donc fait l’objet de demandes de voirie.

La DRIRE a été consultée pour le classement de l’ouvrage. Le projet a été classé d’intérêt général.

GDF a été associé au projet dès le début. Son rôle a été de fournir des prescriptions techniques de mise en œuvre. La pose de vannes d’isolement a été préconisée en limite de domaine privé et public afin de faciliter l’intervention en cas de fuite ou d’incident.

L’opérateur 5 de la canalisation est le SYVROM (propriètaire de l’ouvrage) qui a désigné GDF comme chef d’exploitation. Un règlement intérieur de sécurité et d’intervention a alors été défini. Il indique les différentes procédures d’intervention et les directives àrespecter.

Aujourd’hui GDF assure la première intervention en cas d’urgence, la surveillance une fois par an de la canalisation par un Véhicule Surveillance Réseau. Ce VSR est équipé d’un analyseur à ioniseur de flamme. Les analyses sont ensuite communiquées àl’exploitant.

La canalisation étant en partie sur le domaine public, GDF assure une surveillance continue, comme pour toutes les conduites de distribution de GAZ, par l’intermédiaire de son Bureau de conduite centralisé qui recueille les appels d’urgence de particulier ayant détecté une odeur suspecte de gaz. Ainsi en cas d’information d’une fuite au niveau du passage de la canalisation biogaz, GDF est amené à intervenir avec le concours des pompiers habilités pour ce type de mission-gaz.

L’exploitant, ici le SYVROM, doit aussi délivrer des recommandations techniques pour les travaux à proximité des ouvrages de distribution de gaz en cas de réception d’un Dossier d’Intention de Commencement de Travaux (DICT). Ces recommandations sont publiées par l’AFG qui regroupe les professionnels du gaz. Elles indiquent par exemple les techniques d’approches selon le type de canalisation concernée (PE, acier, pression), c’est-à-dire les préconisations techniques et de sécurité pour une intervention à proximité d’un type de canalisation donnée.

5 Les notions d’exploitant, de chef d’exploitation et d’opérateurs sont définies en partie par l’arrêté du 13 juilet 2000 portant règlement de sécurité de la distribution de gaz combustible par canalisations.

2.2.2. Rillieux-la-Pape

La canalisation de biogaz relie le CET de Rillieux-la-Pape à une chaufferie HLM située à 750 m. La canalisation biogaz longe en partie le réseau gaz 4 bars (voir schéma du réseau en annexe).

Comme pour Vienne, la construction a été réalisée selon les prescriptions techniques de GDF.

Afin de vérifier la pression d’arrivée et de détecter d’éventuelles fuites sur la canalisation, un manomètre est placé en chaufferie. Cette chaufferie est exploitée par la société DALKIA. La livraison de biogaz est contractualisée.

En début d’année 2003, le déshumidificateur a subi une panne qui a été détectée par une chute de pression à 170 mbar, environ 10 litres de condensats ont été récupérés lors de la remise en service.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1999

 

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

750 m

 

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

 

Diamètre des canalisations biogaz

 

125 mm

 

Pression

Départ 320 mbar arrivée 290 mbar

Débit de biogaz

 

200 m 3 /h

 

Quantité de biogaz livré

190 000 m 3 /an en 2000-2001

 

Caractéristiques du gaz transporté

30 %CH 4

20 % CO 2

<0,5 % H 2 S

3,5 % O 2

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

 

Cadre juridique et réglementaire pour la mise en place des canalisations biogaz

Démarches effectuées au moment du projet (dossier déclaration, autorisation…)

 

DRIRE

 

Traversée d’une voie ferrée avec vannes d’isolement avant et après

Organismes consultés

Construction sur prescription technique GDF

ADEME

DRIRE

2.2.3. Bayeux

La canalisation étudiée reliait la station d’épuration de Bayeux équipée alors d’un digesteur à la piscine de la ville qui utilisait le gaz en chaudière pour le chauffage du bâtiment et du bassin. Les caractéristiques de la canalisation recueillies auprès de l’intercommunalité sont les suivantes :

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

1985-1986

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

800 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

125 mm

Débit de biogaz

100 m 3 /h

Quantité de biogaz livré

130 000 m 3 /an

Caractéristiques du gaz transporté

75 %CH 4

15 % CO 2

1 000 à

2 000 ppm H 2 S

10 % H 2 0

Pré-traitement du biogaz avant transport

Aucun

Cette canalisation n’est aujourd’hui plus utilisée dans la mesure où la station d’épuration est en cours de modification. Il n’est pas certain que le traitement anaérobie des boues soit reconduit, la production et la valorisation du biogaz sont alors en suspens.

2.2.4. Crézin

Le centre de stockage des déchets de Crézin, aujourd’hui exploité par SVE/Onyx, est en phase de post-exploitation depuis 1989. En 1986, le projet d’alimenter en biogaz une industrie agroalimentaire de la zone a vu le jour. Une canalisation dédiée au gaz de la décharge a alors été mise en place afin de desservir la cogénération de l’entreprise Madrange. Depuis environ 4- 5 ans, cette canalisation n’est plus en service, le biogaz est envoyé en torchère. Cette décision relève en partie de la baisse de production du site en biogaz et de la modification de l’unité de cogénération de l’entreprise. Les caractéristiques de l’ancienne canalisation sont données ci- dessous.

Description technique du transport de biogaz

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

Matériaux utilisés pour la canalisation

Débit de biogaz

Quantité de biogaz livré

Caractéristiques du gaz transporté

Pré-traitement du biogaz avant transport

1986

860 m

PEHD

400 m 3 /h

2 000 000 m 3 /an en 1989

38 % CH 4

Aucun

Cadres juridique et réglementaire pour la mise en place des canalisations biogaz

Cadres juridique et réglementaire pour la mise en place des canalisations biogaz

Démarches effectuées au moment du projet (dossier déclaration, autorisation…)

Autorisation de voirie pour traversée d’un terrain privé

2.2.5. Blaringhem

La société Baudelet, exploitant du centre de stockage des déchets de Blaringhem, a installé un four pour fondre en lingots l'aluminium récupéré sur le site. Ce four est alimenté par le biogaz qui est au préalable analysé et linéarisé avec de l'air propane afin de stabiliser le PCI. Il produit en moyenne 300 tonnes de lingots d'aluminium chaque mois. Ce sont environ 1 200 m 3 /h de biogaz à43 % de méthane qui sont valorisés par ce procédé, soit environ 360.000 m 3 /an.

Une canalisation achemine le biogaz capté sur le centre de stockage des déchets vers le four. Dans le cadre de cette étude, nous n’avons pas réussi à obtenir des informations plus précises sur cette canalisation.

2.3. Bibliographie

+ « Mise en œuvre et utilisations du biogaz », JP PERRET, GCER.82.001, novembre 1982.

+ « Le transfert du biogaz », ATG, avril 1985.

+ « Manuel pour le transport et la distribution du gaz », ATG, 1985.

+ « Guide méthodologique pour la réalisation d’une étude d’impact pour canalisation de transport (hydrocarbures / gaz / produits chimiques) » GESIP, août 1998.

+ « Le biogaz et sa valorisation guide méthodologique », ADEME-GDF, 1999.

+ « Gérer le gaz de Décharge : techniques et recommandations », ADEME, Collection connaître pour agir, 2001.

3.3. RéglementationRéglementation etet réalisationsréalisations dansdans différentsdifférents payspays

3.1. Allemagne

3.1.1.

La réglementation

3.1.1.1.

Loi fédérale

La Loi fédérale sur l’Energie du 28 mai 1998 (Energiewirtschaftsrechtgesetz, EnWG) définit les règles du marché du gaz et de l’électricité. Le transport du biogaz n’est pas mentionné. La production d’électricité àpartir de biogaz et de gaz de décharge est quant àelle définie.

Une nouvelle loi sur l’injection du gaz dans le réseau (Gaseinspeisungsgesetz, GEG) est en projet et concerne principalement les conditions de l’injection du biogaz dans le réseau de gaz naturel.

3.1.1.2.

Réglementation spécifique au biogaz

3.1.1.2.1

DVGW et GÜV

La mise en œuvre de canalisations de transport de biogaz doit être réalisée suivant des règles techniques reconnues par les organismes DVGW (Deutsche Vereinigung des Gas-und Wasserfaches e.V., Union allemande des techniques de l’eau et du gaz) et ATV-DVWK (Deutsche Vereinigung für Wasserwirtschaft, Abwasser und Abfall, Union technique allemande pour le traitement de l’eau, des eaux usées et des déchets). Ces organismes fixent les règles techniques à suivre (Merkblatt, Arbeitsblatt) ainsi que les prescriptions pour la prévention des accidents de la Caisse de prévoyance des accidents (Gesetzlichen Unfallversicherung, GUV). La GUV n’édicte pas des lois proprement dites, mais formule des règles de sécurité qu’il est nécessaire de suivre pour le bon fonctionnement des installations. La majorité des exploitants d’installations de production de biogaz respecte ces prescriptions, qui sont issues du retour d’expérience.

Concernant la réalisation de canalisations de transport de biogaz, plusieurs documents existent auxquels un projet de canalisations de transport de biogaz doit faire référence :

ß DVGW G262 Juin 1991 : Utilisation des gaz provenant des centres d’enfouissement, des stations d’épuration et de la méthanisation (voir en annexe).

Cette fiche technique, réalisée par le DVGW en collaboration avec la SVGW (Union technique suisse pour le traitement de l’eau, des eaux usées et des déchets) et l’ATV (Union technique pour le traitement des eaux usées) fait état des règles de sécurité et les prescriptions techniques pour l’utilisation énergétique du gaz de décharge et des biogaz. Une nouvelle version va être bientôt réalisée du fait de la nouvelle loi, en projet, sur l’injection du biogaz sur le réseau (Gaseinspeisungsgesetz, GEG).

La DVGW G262 aborde le transport du biogaz par canalisation au paragraphe 5.5 Canalisations et robinetteries et au paragraphe 5.7 Equipements de sécurité pour les parties d’installation servant au transport du biogaz.

Les matériaux à utiliser sont des aciers non alliés pour des pressions inférieures à 6 bars, sans traitement particulier et faiblement alliés, protégés avec des revêtements en polyester, vinylester ou résine époxy.

Les équipements de sécurité sont :

les contrôleurs d’oxygène avec déclenchement d’une pré-alarme, uniquement pour les décharges ;

les soupapes de sécurité ;

les dispositifs de surveillance de la pression : manostat relié aux appareils de valorisation empêchant la chute de pression dans la tuyauterie ;

les dispositifs de sécurité anti-flamme sur les appareils de consommation et compression.

ß ATV/DVWK Merkblatt M 363 : Origine, traitement et valorisation du biogaz (projet). (« Herkunft, Aubereitung und Verwertung von Biogas (Entwurf)») :

Ce document précise les matériaux utilisés pour le transport du biogaz : aciers non alliés et faiblement alliés, inox et PE 80, 100, PVC pour des utilisations à l’air libre. Dans le cadre de la nouvelle loi sur l’énergie (GEG), et comme la G 262, cette fiche technique va être retravailler.

ß GUV 7.4 Installations de traitement des eaux usées et 17.4 Sécurité sur les Centres d’enfouissement :

Ces documents apportent les précisions sur les canalisations de transport de biogaz, en particulier :

sur le matériau d’une canalisation de transport de biogaz. Du fait de plusieurs accidents survenus à la suite de la rupture de canalisations PVC, il est préconisé d’utiliser des canalisations, ainsi que la robinetterie en PEHD ou en inox, particulièrement dans des endroits clos, pour prévenir la rupture en cas d’incendie.

sur les dispositifs de protection primaire contre les explosions. Les entrées d’air dans les canalisations doivent être limitées par le maintien d’une surpression et de l’étanchéité.

3.1.1.2.2 Guide technique pour la méthanisaiton àla ferme, Syndicat fédéral des

agriculteurs

ß Règles de sécurité pour les installations de méthanisation à la ferme (« Sicherheitsregeln für landwirtschaftliche Biogasanlagen » ) :

Ce document, commandé par le Syndicat fédéral des Agriculteurs et réalisé par l’association allemande du biogaz (Fachverband Biogas e.V.) et les organisations de certification (TÜV) et de prévention des risques et explosion (Fachausschuss Chemie), est destiné aux personnes travaillant sur des installations de méthanisation à la ferme et donne les principales règles de

conduite, de contrôle et de sécurité àrespecter. Ce document a été réactualisé en 2002 pour la version allemande. La version antérieure est disponible en anglais auprès du Fachverband.

3.1.1.3. Réglementation spécifique au biogaz

3.1.1.4. Réglementation non spécifique au biogaz

Les documents spécifiques au biogaz se rapportent à la réglementation générale du transport du gaz et notamment aux documents suivants :

ß DVGW G 462 Partie 1 : Réalisation de canalisation acier pour le transport du gaz à une pression inférieure à 4 bar (Teil 1 : «Errichtung von Gasleitungen bis 4 bar Betriebsüberdruck aus Stahlrohren »)

ß DVGW G 472 : Canalisation jusqu’à 10 bar – Pression de service pour les canalisations polyéthylène (« Gasleitungen bis 10 bar – Betriebsdruck aus Polyethylen (RE 80, PE 100 und PE-Xa) - Errichtung ») :

Ce document indique les règles techniques pour les canalisations enterrées de gaz en PEHD.

ß DIN 2403 : Norme sur le marquage des canalisations (« Kennzeichnung von Rohrleitungen ») :

La canalisation, marquée en jaune, doit comporter le nom du produit transporté et le sens d’écoulement.

En résumé, pour la réalisation d’une canalisation de transport de biogaz, il est nécessaire de respecter les règles techniques de la DVGW et les règles de sécurité de la GUV 7.4 et 17.4, c’est-à-dire mettre en place une canalisation en PEHD ou inox avec des équipements de sécurité y afférents.

3.1.2.

Les réalisations

3.1.2.1. Station d’épuration de Stuttgart

ß Description

La station d’épuration de Stuttgart (1,2 million d’équivalent-habitant) est équipée depuis près de 40 ans d’une intallation de méthanisation des boues. Le biogaz est utilisé pour le chauffage des digesteurs et pour l’alimentation de l’incinérateur de boues situé à500 m des gazomètres. Cette canalisation enterrée, encore en état, est depuis 40 ans en ciment amianté. Une nouvelle canalisation en inox, non enterrée, va remplacer la précédente dans le cadre de la rénovation de la station. La mise en place d’une installation de cogénération est aussi en prévision.

Au début des années 80, une installation pilote de traitement du biogaz de la station avait été réalisée en vue de l’injection du biogaz dans le réseau. Cette installation a été stoppée.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

Années 1960

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

500 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

Acier amianté, àpartir 2003 : inox

Diamètre des canalisations biogaz

 

300 mm

Pression

 

120 mbar

Caractéristiques du gaz transporté 6

65 % CH 4

34 % CO 2

125 ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Aucun

ß Source

Upgrading of biogas to raise its calorific value up to hydrogen gas quality standard in the central sewage plant at Stuttgart-Mülhhausen, European Community Demonstration projects for energy saving and alternative energy sources, Fiche n°55.

ß Contact

M. Pfeiffer, responsable de la station d’épuration de Stuttgart-Mühlhausen, Mairie de Stuttgart

Tel. : + 49 711 216 0

Fax : + 49 711 216 7228

6 D’autres gaz sont généralement présents en plus de ceux indiqués dans les tableaux, dont l’azote, notamment pour le gaz de décharge.

- Le transport du biogaz par canalisation - Pratiques et réglementations en France et en Europe –

- Rapport -

- SOLAGRO - Juillet 2003 - p. 27/90

rolf.pfeiffer@sttugart.de

3.1.2.2. Centre de stockage des déchets ménagers de Freiburg

ß Description

Le centre de stockage de déchets ménagers de Eichelbuck près de Freiburg s’étend sur 22 ha et produit du biogaz qui alimente une installation de cogénération de 2 MWe. Les 4 millions de m 3 de biogaz permettent de produire de l’électricité, vendue sur le réseau, et de la chaleur (3,5 MWth) destinée au réseau de chaleur urbain.

Une canalisation enterrée, en acier sur les 250 premiers puis en PEHD, traverse une forêt sur 4 km pour rejoindre l’installation de co-génération. Le biogaz n’est pas traité en amont de la canalisation, la partie en acier permetttant d’abaisser la température du biogaz à celle du sol et de pouvoir récupérer les condensats formés, àraison d’une fois par semaine.

Un système de mesures d’O 2 sur les canalisations de transport du biogaz relié àdes alarmes est mis en place sur le site afin d’éviter toute posibilité de création d’atmosphère explosive.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1991

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

4 000 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

Acier + PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

 

200 mm

Débit de biogaz

 

700-1 000 m 3 /h

Pression

 

300 mbar

Caractéristiques du gaz transporté

35-50 % CH 4

40 % CO 2

400 ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Aucun

ß Source

Merkblatt : zur Errichtung und zum Betrieb von Biogasanlagen im landwirtschaftlichen Bereich

09/2002

Deponiegasnutzung am Beispiel Freiburg, FEW für Energie und Umwelt, Richard Funk, 1992

ß Contact

Badenova AG & Co. KG

Stefan Gerbig et Hendrik Bartels

Tullastrasse 61

79108 Freiburg

Tel. : 01 80 2/339 339

Fax : 07 61/2 79-26 30

3.1.2.3. Centre de stockage des déchets ménagers de Neunkirchen am Sand (Landkreis Nürnberg)

ß Description

Depuis 1987, le centre de stockage de déchets ménagers de Neunkirchen am Sand près de Nuremberg produit et valorise 440 m 3 /h de biogaz. Une canalisation de 1 425 m toujours en service transporte le biogaz de la décharge jusqu’au site de valorisation, la chaudière d’une usine de fabrication de tuiles.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1987

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

1 425 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

 

200 mm

Débit de biogaz

 

400-500 m 3 /h

Pression

 

300 - 500 mbar

Caractéristiques du gaz transporté

32-55 % CH 4

30 % CO 2

n.c. H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

Filtration et déshumidification par refroidissement

ß Source

Plaquette Entreprise HILPERT GmbH.

ß Contact

Landratsamt Nürnberger Land

Abt. Abfallwirtschaft

Werner Rapp

91205 Lauf a. d. Pegnitz

Tel.: + 49 (0) 9123 - 950 - 152

Fax : + 49 (0) 9123 - 950 - 160

3.1.2.4. Centre de stockage des déchets ménagers de Lampertheim (Hesse)

ß Description

Le centre de stockage de déchets ménagers de Lampertheim près d’Heidelberg était équipé, de 1985 à2002, d’une canalisation de 1 000 m reliant la décharge aux moteurs thermiques utilisés en co-génération pour l’alimentation de 2 500 foyers en électricité et chaleur.

Depuis 2002, cette installation a été remplacée par des moteurs thermiques disposés directement sur la décharge et valorisant uniquement l’électricité. Un projet de valorisation de la chaleur est àl’étude.

ß Source

Plaquette Entreprise Energie Consulting Heidelberg GmbH.

ß Contact

Deponie Lampertheim-Hüttenfeld

Kreis Bergstraße

Abfallwirtschaft Kreis Bergstraße

Ausserhalb 22

68623 Lampertheim-Hüttenfeld

Tel.: + 49 (0) 6256 851-0

3.2. Italie

3.2.1. La réglementation

L’Italie n’a pas fait l’objet, dans le cadre de ce travail, d’une recherche précise sur la réglementation s’appliquant au transport du biogaz par canalisation ; nous avons pris contact avec l’exploitant de la réalisation de l’installation PRAD dans le Sud-Tyrol.

3.2.2. Les réalisations

3.2.2.1. Usine de méthanisation collective de Prad (Sud-Tyrol)

ß Description

L’installation collective de méthanisation agricole, exploitée par Elektrizitätswerk GmbH, équipée de deux digesteurs de 700 m 3 , possède une canalisation de transport du biogaz de 2,6 km acheminant le gaz vers une unité de cogénération. Près de 2,6 GWh sont valorisés chaque année àpartir du biogaz.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

2001

 

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

2 600 m

 

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

 

Diamètre des canalisations biogaz

 

110 mm PN4

 

Débit de biogaz

 

300

m 3 /h

Pression

 

500

mbar

Caractéristiques du gaz transporté

50-60 % CH 4

39 % CO 2

500 ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

 

Cadres juridique et réglementaire pour la mise en place des canalisations biogaz

Démarches effectuées au moment du projet :

Etude environnementale demandée par la Province du Bozen (Sud Tyrol)

(dossier déclaration, autorisation…)

Aux dires du porteur du projet et de l’exploitant, une « légère » étude d’impacts environnementaux a été demandée par l’administration régionale.

ß Contacts Bureau d’études allemand, concepteur de l’installation de méthanisation Krieg&Fischer M. Miertzsche Tel. : +49 551 3057434 Miertzschke@KriegFischer.de www.kriegfischer.de

Exploitant de l’installation Georg Wunderer Elektrizitätswerk Prad am Stilfserjoch Gen. m.b.H. Hauptstraße 29A I - 39026 Prad am Stilfserjoch Südtirol / Italien Tel. : 0039 (0)473 616202 Fax. : 0039 (0)473618514 E-Mail : elektrizaetswerk.prad@rolmail.net

3.3. Danemark

3.3.1. La réglementation

La réglementation standard du transport de gaz à basse pression (200 mbar et 4 bars), The Natural Gas Supply Act, Mai 2000, fait office de référence dans le transport du biogaz. Les principales recommandations sont données sur la prise en compte de l’humidité et des condensats à récupérer (Sources : Agence danoise de l’Energie, Energistyrelsen, www.ens.dk ; Thomas Bogner, Bioscan).

3.3.2. Les réalisations

La grande majorité des installations de co-digestion danoises valorisent l’énergie produite par la vente directe de biogaz ou de la chaleur aux entreprises de gestion des réseaux de chaleur urbains situés généralement à quelques kilomètres (< 10 km). Sur la vingtaine d’installations de production biogaz àpartir d’effluents agricoles que compte le Danemark, 7 sites sont concernés par le transport du biogaz vers une unité de valorisation. De même 12 centres de stockage sont équipés de canalisation PEHD de longueur variant de 2 à10 km.

Généralement, le biogaz est refroidi et transporté à basse pression dans des canalisations PEHD. Des pots de récupération des condensats sont prévus au niveau des points bas, principalement des installations de cogénération.

3.3.2.1. Usine de méthanisation collective de Hashøj

ß Description

Année de mise en service : 1994

Déjections animales : 100 tonnes/jour

Autres déchets organiques 38 tonnes /jour

Production de Biogaz : 3 millions Nm 3 /an

Volume des digesteurs : 3 000 m 3

Le biogaz produit est transporté à 1,8 km de l’usine de méthanisation. Il est valorisé sur le site de Dalmose qui accueille une unité de cogénération alimenté également en gaz naturel. Le biogaz représente 38 % de la consommation en combustible de l’installation.

ß Source

Danish Centralised Biogas Plants, Plants Description, Bioenergy department, University of Southern Denmark, 2000.

Sites internet :

www.ecd.dk/baltic/biogas/hahoj.htm

www.saos.co.uk/worldwide/Hashoj%20Biogas/hashojbiogasmain.html

3.3.2.2. Usine de méthanisation collective de Lemvig

ß Description

Année de mise en service : 1992

Déjections animales : 362 tonnes/jour

Autres déchets organiques 75 tonnes/jour

Production de biogaz : 5,4 millions de m 3 /an

Capacité des digesteurs (3 x 2 533 m 3 ) 7 600 m 3

Le biogaz produit est transporté sur 4,3 km jusqu’àl’unité de cogénération.

ß Source

Danish Centralised Biogas Plants, Plants Description, Bioenergy department, University of Southern Denmark, 2000.

3.3.2.3. Usine de méthanisation collective de Lintrup

ß Description

Année de mise en service : 1990

Quantité traitée par l’unité de méthanisation :

Déjections animales : 410 tonnes/jour

Autres déchets organiques : 137 tonnes/jour

Production de biogaz : 5,7 millions de m 3 /an

Le biogaz produit sur le site est transporté par une canalisation basse pression vers l’unité de cogénération de Rodding qui est composée de 2 moteurs. La puissance électrique installée est de 2 037 kW, la puissance thermique de 2 600 kW. La chaleur est valorisée sur le réseau de chaleur de la ville.

ß Source

Danish Centralised Biogas Plants, Plants Description, Bioenergy department, University of Southern Denmark, 2000.

3.3.2.4. Usine de méthanisation collective de Ribe

ß Description

Année de mise en service : 1990

Déjections animales : 352 tonnes/jour

Autres déchets organiques : 68 tonnes/jour

Production de biogaz : 4,8 millions de Nm 3 /an

Capacité des digesteurs (3 x 1 745 m 3 ) : 5 235 m 3

Le biogaz est transporté vers l’unité de valorisation équipée de moteur dual fuel bi-combustible, avec une priorité donnée àl’utilisation du biogaz.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1990

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

2 000 m

Débit de biogaz

550

m 3 /h

Pression

300

mbar

Pré-traitement du biogaz avant transport

Déshumidification par refroidissement

ß Source

Danish Centralised Biogas Plants, Plants Description, Bioenergy department, University of Southern Denmark, 2000.

3.3.2.5. Usine de méthanisation collective de Thorsø

ß Description

Année de mise en service : 1993

Déjections animales : 230 tonnes/jour

Autres déchets organiques : 31 tonnes/jour

Production de biogaz : 2,9 millions de m 3 /an

Capacité des digesteurs (3 x 2 325 m 3 ) : 4 650 m 3

Capacité du gazomètre : 2 790 m 3

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1993

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

3 800 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

 

150 mm

Débit de biogaz

 

600 m 3 /h

Quantité annuelle de biogaz transporté

 

2,5 millions m 3

Pression

 

580 mbar/15 mbar

Caractéristiques du gaz transporté

65 % CH 4

35 % CO 2

ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

Désulfurisation

ß Source

Danish Centralised Biogas Plants, Plants Description, Bioenergy department, University of Southern Denmark, 2000.

ß Contact

THORSO MILJO&Biogas

M. ERNST Klausen

Kongenbrovej 10

8881 Thorso

Tel : + 45 86 96 6400

Fax : + 45 86 96 64 88

3.3.2.6. Usine de méthanisation collective de Vaarst Fjellerad/Aalborg

ß Description

Année de mise en service : 1997

Déjections animales : 40 000 tonnes/an

Autres déchets organiques : 9 360 tonnes/an

Production de biogaz : 3,6 millions de Nm 3 /an

Le biogaz est valorisé sur une petite unité de cogénération sur le site et sur une unité plus importante (2 MWe) située àproximité des résidences, à2 km du site de production. Un appoint de gaz naturel est aussi disponible.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1997

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

2 000 m

Débit de biogaz

 

400 m 3 /h

Pression

 

4 bars

Pré-traitement du biogaz avant transport

Déshumidification par refroidissement

ß Source

Danish Centralised Biogas Plants, Plants Description, Bioenergy department, University of Southern Denmark, 2000.

Biogas CHP Aalborg Denmark, Fiche Energie-Cités, 1999.

3.3.2.7.

Usine de méthanisation de Linco Gas

ß Description

Cette usine de co-digestion traite près de 500 t/j (300 t/j de 1991 à1998) de lisiers (75 %) et de déchets organiques d’industries agroalimentaires (25 %). Depuis 1998, elle valorise le biogaz produit en alimentant l’installation de cogénération du réseau de chaleur urbain via une canalisation PEHD de 7,1 km. Avant d’être refoulé dans la canalisation, le biogaz est déshumidifié par refroidissement et les goutelettes sont récupérées dans les pots de purge.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1998

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

7 100 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

 

250 mm

Débit de biogaz

 

700 – 1 000 m 3 /h

Pression

 

400/500 mbar

Pré-traitement du biogaz avant transport

Déshumidification par refroidissement

ß Contact

Thomas Bogner

BIOSCAN A/S

Tagtaekkervej 5

5320 Odense M

Tel. : + 45 66157071

Fax : + 45 66157771

Email : thb@bioscan.dk

3.3.2.8. Centre de stockage des déchets ménagers de Stige (Odense Fjord)

ß Description

Avec une capacité de stockage de 6 milllions de tonnes de déchets ménagers (depuis 1997, les déchets organiques ne doivent plus être enfouis), le centre de Stige O est le plus important du Danemark. Depuis 1997, le biogaz est capté à hauteur de 720 m 3 /h. Le biogaz est ensuite comprimé à 1 bar et refoulé sur 4 km à travers une canalisation PEHD. Le biogaz est valorisé dans 4 moteurs àgaz (736 kWel chacun). L’électricité est injectée sur le réseau et l’eau chaude produite alimente le réseau de chaleur urbain.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

1997

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

4 000 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

150 mm

Débit de biogaz

720 m 3 /h

Pression

1 bar

ß Source

Electricity and Heat Production from the largest Landfill Gas Plant in Denmark, Technical Brochure n°99, CADDET renewable energy, 1999.

ß Contact

M. Hans C Willumsen

LFG Consult

Houlkjarshojen 9

8800 Viborg

Tél. : + 45 86 67 32 10

Fax : + 45 86 67 32 09

Email : hcw@lfgconsult.com

3.3.2.9. Centre de stockage des déchets ménagers de Aunsogard (Svebolle-Viskinge)

ß Description

Le centre de stockage de déchets a reçu plus de 800.000 tonnes de déchets ménagers sur 8 ha. Depuis 1996, le biogaz capté est valorisé dans la production d’électricité et de chaleur pour les villes de Svebolle et Viskinge.

Equipé du module de régulation MPR (Measuring Pump Regulation), le centre de stockage livre à l’installation de cogénération de 550 kWe, via une canalisation PE, 300 m 3 /h de biogaz à 1,5 bar de pression.

ß Source

International Perspective on Energy - Recovery from Landfill Gas- February 2000 the IEA Bioenergy Programme and the IEA CADDET Renewable Energy Technologies Programme.

3.3.2.10. Centre de stockage des déchets ménagers de Viborg

ß Description

Depuis 1985, le centre de stockage des déchets ménagers de Viborg produit et valorise 120 m 3 /h de biogaz qui est transporté sur 2,5 km de la décharge à l’installation de production d’énergie composée d’une chaudière de 2,6 GJ/h, de deux unités de cogénération de 32 kW au total, dont un moteur Stirling de 6 kW en démonstration.

Avant d’être refoulé dans la canalisation, le biogaz est déshumidifié par refroidissement.

ß Source

Recovery and use of landfill gas, European Community Demonstration projects for energy saving and alternative energy sources, Fiche n°58.

ß Contact

Viborgegnens Energi- og Miljøkontor

Bent Sørensen

Preislers Plads 1

8800 Viborg

Tel. :+ 45 87252170

Fax : + 45 87252165

E-mail : viborg@sek.dk

3.4. Suède

3.4.1. La réglementation

La Loi Gaz du 1 er août 2000 (Natural Gas Ordinance 2000 : 673) définit les règles du marché du gaz naturel uniquement.

La Swedish Rescue Services Agency (SRV), Département Feu et explosifs (Flammables and Explosives Department) est l’autorité responsable de la réalisation de canalisations de transport du biogaz. La législation concernant le transport du biogaz est la suivante (voir texte en annexe, en version suédoise) :

Réglementation du transport des gaz combustibles : SÄIFS 2000 : 4 (disponible en suédois uniquement).

Norme se rapportant à cette réglementation : Swedish Energy Gas Code EGN 01 (anciennement EGN 94) : « Canalisation en dessous de 4 bars pour le gaz naturel, GPL et biogaz ».

Le biogaz est soumis àla même réglementation et aux mêmes ouvrages techniques que le GPL et le gaz naturel.

3.4.2. Les réalisations

De nombreuses installations sont équipées de canalisations dédiées de biogaz. Les canalisations sont majoritairement des tubes PE 80 ou PE 100. La pression n’excède jamais 4 bars et est généralement de l’ordre de 100 mbar pour des valorisations vers les industries locales ou pour l’alimentation des chaudières ou des installations de cogénération des réseaux de chaleur urbains. Le gaz n’est généralement pas traité, toutefois les canalisations possèdent des points bas pour la récupération des condensats et nécessite une maintenance régulière.

En Suède, la valorisation du biogaz comme carburant GNV est largement développée (Cf. Stations d’épuration de la ville de Stockholm, usine de méthanisation de déchets ménagers de Linköping). De ce fait, le biogaz est épuré sur le site puis transporté en tant que gaz naturel vers les bornes de distribution, plus de 10 aujourd’hui.

De même l’injection du biogaz sur le réseau concerne également quelques sites avec ou sans épuration du biogaz :

Epuration du biogaz de l’installaiton de co-digestion de Laholm et injection dans le réseau de gaz naturel.

Epuration du biogaz de la station d’épuration de Stocholm et injection dans le réseau pour la desserte de 1.000 foyers.

Déshumidification et mélange avec de l’air du biogaz de l’installation de méthanisation de Ryaverk (Göteborg) avant injection dans le réseau de « gaz de ville ».

3.4.2.1. Centre de stockage des déchets de Hôgbytorp

ß Description

Depuis 1964, le centre d’enfouissement de Högbytorp à 40 km au nord-ouest de Stockholm, reçoit près de 600.000 tonnes de déchets ménagers par an. Le site est aussi équipé d’une installation de méthanisation traitant 5.000 tonnes de déchets organiques par an (déchets d’abattoirs, de restauration, de cantines). Le gaz de décharge composé de 40 à 55 % de méthane est déshumidifié puis envoyé à travers une canalisation à 4 km où il est brûlé en chaudière pour l’alimentation du réseau de chaleur de la ville de Bro.

ß Source

Site internet : www.rss-funkia.org/english/hbytorp/gas.htm

3.4.2.2. Usine de méthanisation collective de Laholm

ß Description

L’installation de Laholm, mise en service en 1993, est une unité de co-digestion de 30.000 t/an de lisier et de 5 000 t/an de déchets d’abattoir et d’industries agroalimentaires. De 1993 à2003, le biogaz produit (3 000 à4 000 m 3 /j) à60-75 % de méthane est désulfuré et déshumidifié avant d’être comprimé à 1 bar puis envoyé dans une canalisation de 2 km pour alimenter le moteur thermique de 450 kWe du réseau de chaleur urbain de « Trädgardsstaden » (300 logements).

Un appoint au gaz naturel est nécessaire au biogaz en période hivernale et 40 % du biogaz est torché en période estivale.

En 2000, il a donc été décidé d’épurer le biogaz afin de l’injecter dans le réseau local. 250 m 3 /h de biogaz sont actuellement traité pour atteindre la qualité du gaz naturel ; 5 à10 % de propane est ajouté pour atteindre l’indice de Wobbe du gaz naturel. Le gaz est injecté dans la même conduite que celle utilisé antérieurement pour le biogaz brut, elle-même reliée au réseau local de gaz basse pression. Cette conduite était et est soumis aux exigences nationales pour le transport de gaz combustibles en-dessous de 4 bar (EGN 01). Aujourd’hui, 30 % (90 GWh) des besoins de la ville de Laholm sont couverts par le biogaz.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1993-2000

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

2 000 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

Pression

 

1 bar

Débit de biogaz

 

150 m 3 /h

Caractéristiques du gaz transporté

60-75 % CH 4

% CO 2

ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

Déshumidification

Désulfurisation

ß Source

Biogas Combined Heat and Power in Sweden, Technical Brochure n°112, CADDET renewable energy, 2000.

Biogas feeding to the natural gas grid and digestate use in the swedish biogas plant of Laholm, O. Jönsson (Swedish Gas Center), A. Hammar (Laholm Biogas AB), S. Ivarsson (Sydgas AB).

ß Contact

Svenska Gas Föreningen (Swedish Gas Association).

Annika Koningen

Box 49134

100 29 Stockholm

Tel. : + 45 (0)8-692 18 40

Fax : + 45 (0)8-654 46 15

3.4.2.3. Usine de méthanisation collective de Kristianstad

ß Description

Cette unité de co-digestion traite depuis 1996 près de 70.000 t de déchets organiques par an. Si la majorité des déchets sont des effluents d’élevage (porcins et ovins), l’usine traite les biodéchets de la ville de Kristianstad et les déchets organiques de deux abattoirs, d’une distillerie et d’une usine agroalimentaire. 90 % du biogaz produit, environ 8.000 m 3 /j, est transporté par canalisation PEHD sur 4 km pour alimenter le réseau de chaleur de Allöverket et une installation d’épuration du biogaz en carburant GNV.

ß Source

Co-digestion of Manure with Industrial and Household Waste, Technical Brochure n°118, CADDET renewable energy, 2000.

3.5. Suisse

3.5.1.

La réglementation

3.5.1.1.

Ordonnance et Loi fédérale

Trois ordonnances concernent les conduites de transport de gaz combustibles :

Loi fédérale sur les installations de transport par conduites de combustibles ou carburants liquides ou gazeux (LITC), 4 octobre 1963.

Ordonnance concernant les prescriptions de sécurité pour les installations de transport par conduites, 20 avril 1983.

Ordonnance sur les installations de transport par conduites (OITC), 2 février 2000.

3.5.1.2. Directives SSIGE, Société Suisse de l'Industrie du Gaz et des Eaux

Si le biogaz n’est pas mentionné nommément dans les Ordonnances et Loi Fédérale, il l’est dans les Directives de la SSIGE, Société Suisse de l'Industrie du Gaz et des Eaux, organisme de contrôle et surveillance des installations de production et valorisation des gaz combustibles et de l’eau 7 . La SSIGE est mandatée par la SUVA, Caisse d’Assurance Accidents ou par les exploitants eux-mêmes pour le contrôle des installations biogaz, dont les conduites biogaz.

Les Directives SSIGE rassemblent les règles techniques de pose, d’exploitation et de sécurité des conduites gaz avec des spécifications pour le biogaz. Il s’agit des documents suivants :

G1f et G1/01f 1996 : Directive Gaz et Notice technique pour des installations de gaz et montage d’appareils àgaz soumises àune pression de service jusqu’à5 bar.

G2f 1986 : Directive pour la construction, l’entretien et l’exploitation des conduites de gaz soumises àune pression de service jusqu’à5 bar.

La SSIGE est aussi chargée de la certification des appareils de combustion et des conduites gaz. Le biogaz est spécifié et caractérisé par la lettre A.

3.5.1.3. Feuille Technique SUVA/CNA, Caisse nationale suisse d’assurance en cas d’accidents

La SUVA/CNA a édité une feuille technique en 1993 sur la sécurité des installations biogaz sur laquelle se base la SSIGE lors des contrôles. Il s’agit du document suivant (voir document complet annexe) :

La sécurité des installations de biogaz, SUVA/CNA/INSAI, 1993.

7 Etant donné les avantages fiscaux sur les combustibles « verts », l’injection du biogaz dans le réseau de gaz naturel tend à se développer en Suisse. Si la Directive SSIGE est en projet, une feuille technique, la ITISG 013/d 2000, inspirée d’une Circulaire SSIGE (novembre 1991) adressée aux distributeurs de gaz, donne les règles principales de l’injection du biogaz de station d’épuration dans le réseau de gaz naturel. Celle-ci précise que du gaz brut, avec moins de 0,5 % d’O 2 , de5 mg/Nm 3 de H 2 S et de 60 % d’humidité, peut être injecté dans le réseau de gaz naturel à hauteur de maximum 5 % du débit volumique de gaz naturel. Pour un mélange plus important lebiogaz doit être épuré et atteindre les spécificité du gaz naturel. Le gaz injecté dans le réseau doit être odorisé (Directive SSIGE

G11).

- Le transport du biogaz par canalisation - Pratiques et réglementations en France et en Europe –

- Rapport -

- SOLAGRO - Juillet 2003 - p. 47/90

Ce document fixe plusieurs règles à suivre pour la réalisation de conduites de biogaz. Les canalisations seront :

conçues

dans

des

matériaux

résistant

aux

sollicitations

chimiques,

thermiques

ou

mécaniques ;

 

sans raccord démontable (conduites soudées) ;

 

de préférence non enterrées ;

 

posées en pente suffisante en direction des séparateurs d’eau àfermeture hydraulique ou équivalente permettant la séparation des produits de condensation sans échappement du biogaz ;

équipées de vannes de sécurité, de dispositif de sécurité contre le retour de flamme (exemple filtre àgravier) ;

marquées selon les normes applicables (par exemple la norme VSM 18275, marquage des canalisations et produits dangereux) : fond jaune, sens de l’écoulement.

3.5.1.4. Règles de sécurité pour les installations de biogaz agricoles, Rapport FAT n°530, Station fédérale de recherches en économies et technologies agricoles

Un ouvrage spécifiquement destiné aux exploitants agricoles a été réalisé en 1998 pour la définition des règles de sécurité sur une installation de méthanisation à la ferme. Il s’agit du document suivant (voir sommaire du document en annexe) :

Règles de sécurité pour les installations de biogaz agricoles Rapport FAT n°530

1998.

Ce document reprend les principaux points abordés dans la feuille technique SUVA en l’adaptant spécifiquement àla méthanisation en milieu agricole.

3.6. Royaume-Uni

3.6.1. La réglementation

D’après David Wilson (Institution of Gas Engineers, GISG), les recommandations techniques pour le biogaz sont les mêmes que pour le gaz naturel. La réglementation appliquée au gaz naturel est la Réglementation Gaz, réalisée en 2000 et qui amende les Lois gaz de 1986 et 1995 ainsi que la Loi canalisation de 1962 et le Loi Pétrole de 1998. Aucun de ces textes ne fait état du biogaz.

De même au niveau des guides techniques, aucune spécification n’est faite pour le transport du biogaz. L’Institution of Gas Engineers (www.igaseng.com) a publié différentes brochures techniques concernant le transport du gaz dont :

IGE/TD/5 Transport, handling and storage of polyethylene pipe and fittings IGE Communication number 1513, published 1992. ISBN 0-7177-0110-7.

GE/SR/18 Safe working practices to ensure the integrity of gas pipelines, associated installations Edition 2 Communication 1678. ISBN 0-7177-0099-2. Published 2002.

3.6.2. Les réalisations

3.6.2.1. Centre de stockage de déchets de Appley Bridge (Nord Angleterre)

ß Description

Ce centre d’enfouissement a été ouvert en 1981 pour une capacité de 1,75 million de tonnes de déchets ménagers. Dès 1985, 2 000 m 3 /h de biogaz est collecté. Il est valorisé en vente directe pour l’alimentation des chaudières de l’usine voisine de fabrication de bitume (21 TJ/an en 1985 et 38 TJ/an en 1995) et dans des moteurs thermiques sur le site (première tranche de 2 MW en 1990 et deuxième tranche de 3MW en 1992 sous le contrat NFFO). La chaleur cogénérée était utilisée pour le chauffage des bassins piscicoles voisins.

Aujourd’hui, la quantité de biogaz ayant fortement diminué, le biogaz est valorisé uniquement en 1 MW électrique. La vente directe de biogaz à l’usine voisine a été abandonnée il y a quelques années. Le transport du biogaz se faisait par une canalisation de 100 mètres àtravers un champ privé.

ß Source

Landfill in Disued Quarries Produces Gas for Heat and Electricity, Technical Brochure n°44, CADDET renewable energy, 1995.

ß Contact

Derek Scott, Mainsprint Ltd (Exploitant du CET d’Appley Bridge)

Quarry Offices, Appley Bridge Wigan, WN69AE

Tel. : + 44 (0)1257 252 864

3.6.2.2. Centre de stockage de déchets de Middleton Broom (Nord Angleterre)

ß Description

Depuis 1993, ce centre d’enfouissement est équipé de moteurs thermiques et valorise 1,2 MW en électricité vendue sur le réseau. Étant donné la proximité des habitations, l’installation de production d’énergie est implantée à 1.500 m de la décharge. Le gaz collecté sur la décharge, 650 à 1 000 m /h, est déshumidifié par refroidissement et filtré avant d’être refoulé dans une canalisation PEHD de 250 mm de diamètre.

3

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1993

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

1500 m

Matériau utilisé pour la canalisation dédiée

 

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

 

250 mm

Débit

 

650-1000 m 3 /h

Caractéristiques du gaz transporté

60 % CH 4

% CO 2

ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

Filtration

ß Source

Power Generation from Landfill Gas, Middleton Broom, UK, Technical Brochure n°5, CADDET renewable energy, 1994.

3.6.2.3. Centre de stockage de déchets de Moreton (Wirral)

ß Description

De 1988 à 2001, le gaz de la décharge de Moreton, Wirral, alimentait deux chaudières bi- combustibles de l’usine de fabrication de chocolat (Premier Brands Ltd) voisine, remplaçant 60 % de la consommation de gaz naturel. Une canalisation enterrée de 2,75 km reliait le centre stockage à l’usine. Elle traversait une voie de chemin de fer, deux rivières. Avant d’être comprimé pour être refoulé vers l’usine, le gaz était déshumidifié par un pré-traitement par refroidissement jusqu’à 4°C. De nombreux points-bas permettaient de récupérer les gouttelettes. Sur le site de l’usine, le biogaz était filtré àtravers deux filtres à30 microns.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1988, arrêt en 2001

 

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

2

750 m

 

Débit

 

1

000 m 3 /h

 

Pression

 

80

mbar

 

Diamètre des canalisations biogaz

 

180

mm

Caractéristiques du gaz transporté

39-45 % CH 4

25-27 % CO 2

ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

 
 

Filtration

ß Source

Landfill Gas Fuels Boilers in a Food Factory, Projet 504 CADDET renewable energy, 1997.

3.6.2.4. Centre de stockage de déchets de Pontyclun (Mid Glamorgan)

ß Description

Situé près du centre de stockage qui a accueilli près de 850.000 tonnes de déchets ménagers en 11 ans, l’usine de fabrication de chaux (Cambrian stone) utilise depuis 1997 le gaz de décharge pour alimenter l’équipement de calcination à lit fluidisé. Déshumidifié, filtré, le gaz de décharge, àun débit de 1 000 m 3 /h, est comprimé et transporté à80 mbar dans une canalisation de 180 mm sur de 1,8 km.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1997

 

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

1

800 m

 

Débit

 

1

000 m 3 /h

 

Pression

 

80

mbar

 

Diamètre des canalisations biogaz

 

180

mm

Caractéristiques du gaz transporté

45 % CH 4

 

% CO 2

ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

 

Déshumidification

 
 

Filtration

ß Source

Landfill Gas Fuels a fluidised Bed Limestone Calciner, Projet 515 CADDET renewable energy,

1997.

3.6.2.5. Centre de stockage de déchets Stone Pit 1 (Stone, Dartford, Kent)

ß Description

Depuis 1989, ce centre de stockage de déchets ménagers de 40 ha, fournit le biogaz produit à3 industriels voisins : une cimenterie, une fabrique de plomb, une usine chimique. Le biogaz est acheminé vers les 3 sites par un système de canalisations PEHD de 7 km au total. Le biogaz est contrôlé et envoyé àla torchère en cas de non-conformité avec les spécifications en quantité de méthane, CO 2 et O 2 . Un traitement par refroidissement permet la condensation des goutelettes qui sont récupérés dans des pots-de-purge aux points bas des canalisations.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1989

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

7 000 m

 

Matériau utilisé pour la canalisation dédiée

 

PEHD et acier doux

 

Débit

 

1 000-3 500 m 3 /h

 

Pression

 

375

- 500 mbar

Diamètre des canalisations biogaz

 

180

et 315 mm

Caractéristiques du gaz transporté

45 % CH 4

30 % CO 2

ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

Déshumidification par refroidissement

ß Source

Landfill gas : Its use as a fuel for process firing and power generation, M.G. Robinson, Blue circle Industries PLC, 1990.

3.7. Pays-bas

3.7.1. La réglementation

La réglementation appliquée au transport du biogaz est la même que celle appliquée au gaz naturel, Dutch Gas Act de 2000 (Source : Ton Schoemaker, COGAS Holland). Le biogaz n’est pas mentionné.

3.7.2. Les réalisations

3.7.2.1. Centre de stockage de Het Rikkerink àAmbt Delden

ß Description

Ce centre d’enfouissement de 25 ha et d’une capacité de stockage de 2,5 millions de tonnes de déchets ménagers a été fermé en 1984. Depuis, le biogaz est collecté et valorisé. Jusqu’en 2000, le biogaz était transporté sur 2 km pour alimenter l’usine chimique Servo àDelden. Depuis 2000, le biogaz est déshumidifié et transporté sur 10 km jusqu’àWindmolenbroek où il est brûlé dans un moteur thermique. La chaleur cogénérée est utilisée pour l’alimentation du réseau de chaleur desservant 850 habitants.

Description technique du transport de biogaz

Année de mise en service du transport de biogaz

 

1997

Longueur de canalisation dédiée au biogaz

 

10 000 m

Matériaux utilisés pour la canalisation

 

PEHD

Diamètre des canalisations biogaz

 

160 mm

Débit de biogaz

 

250 m 3 /h

Quantité annuelle de biogaz transporté

 

1,6 million m 3

Pression

 

600 mbar / 250 mbar

Caractéristiques du gaz transporté

57 % CH 4

38 % CO 2

100 ppm H 2 S

Pré-traitement du biogaz avant transport

Déshumidification par refroidissement à8°C

ß Source

Sites internet :

www.geocities.com

www.energieprojecten.nl

ß Contact

M. Ton Schoemaker (Chief engineer Technical Department)

Cogas Almelo

Rohohstraat 83

7600 Almelo

Tel. : + 31 546 83 6666

Fax : + 31 546 811 567

3.8. Etats-Unis

3.8.1.

La réglementation

3.8.1.1.

Réglementation non spécifique au biogaz

La réglementation américaine ne fait pas mention du biogaz dans la règlementation Gaz Naturel, The Natural Gas Act 2000.

The American National Standards Institute ANSI est en charge de la publication de différentes normes concernant le transport du gaz :

ANSI B-31 « Piping Codes » ASTI D-3350 « Polyethylene plastics Pipe and Fitting Materials
ANSI B-31 « Piping Codes »
ASTI D-3350 « Polyethylene plastics Pipe and Fitting Materials »
ASTI D-2774 «Underground Installation of thermoplastic pressure piping »
ASTI D-232 « Underground Installation of flexible thermoplastics sewer piping »
ASTI D-2513 « Thermoplastic Gas pressure pipe, tubing and fittings »

3.8.1.2. Règles techniques spécifiques au biogaz

Par ailleurs, deux ouvrages de références donnent les informations techniques sur la production et l’utilisation du biogaz ainsi que les règles de construction, d’exploitation et de sécurité sur des installations de production de biogaz :

ß « Handbook of Biogas Utilization » Second Edition July 1996 published for US Department of Energy

Ce document regroupe les données essentielles sur la production et la valorisation du biogaz. Au chapitre 5, les recommandations techniques suivantes sont données pour les canalisations :

Support : la conduite doit être maintenue sur toute sa longueur, notamment le poids de la quantité d’eau contenue dans le biogaz doit être prise en compte.

Canalisation enterrée : la réglementation locale, et les distributeurs de gaz naturel doivent être consultés pour la pose de canalisations enterrées. Une marque du tracé en surface est nécessaire.

Rupture accidentelle : il est recommandé de protéger les conduite en PVC par des canalisations en acier pour éviter toute rupture due au personnel, animaux ou véhicules.

Expansion : des joints d’expansion sont nécessaires pour prévenir de la rupture des canalisations.

Marquage : les canalisations biogaz doivent être peintes en orange et marquées de l’inscription « gaz combustible », la réglementation locale doit être consultée pour des recommandations spéciales.

ß Landfill Gas Operation & Maintenance : Manual of Practice Mars 1997 SWANA (Solid Waste Association of Norh America)

3.8.2. Projet en Caroline du sud pour alimenter une entreprise BMW

Le projet est porté par la Waste Management Inc. Il consiste à acheminer le biogaz de la décharge de Palmetto en Caroline du Sud sur le site de production de l’entreprise BMW situé à environ 15 km. Le biogaz sera ensuite valorisé à travers quatre turbines à gaz qui produiront de l’électricité et de l’eau chaude pour le site. Cette production énergétique couvrira 20 % des besoins de l’usine. Il est prévu que la canalisation soit posée par l’entreprise Ameresco qui prend charge l’ensemble du projet.

4.4. IncidentsIncidents susurvenusrvenus sursur desdes installationsinstallations dede méthanisationméthanisation

4.1. Les incidents répertoriés

Recherches menées par SOLAGRO : enquêtes auprès des exploitants de stations d’épuration urbaines et auprès de constructeurs, questions posées sur le forum Internet « DIG-L » 8 , consultation de la base de données BARPI :

Fissuration et éclatement 9 de digesteurs suite à une erreur de manipulation et de conception (vidange rapide sans soupapes de dépressurisation, moussage) (exemple :

STEP d’Albi, 1990 : soulèvement et fissuration du dôme du digesteur suite à un moussage ; Usine de biodéchets de La Corogne, Espagne, 2002 : éclatement suite à une erreur de conduite).

Feux dans des stockages semi-confinés de boues dus àdes erreurs humaines (exemple :

STEP d’Evry, 1995 : non respect des consignes d’interdiction de fumer).

Foudroiement d’un digesteur consécutif à un orage (exemple : STEP de SIAPP Seine Aval àAchères).

Destruction d’un digesteur (exemple : usine de co-digestion de Ribbe (Danemark), 1998), probablement consécutif àune tempête.

Décès par intoxication à l’H 2 S (exemple : STEP de Carrières Sous Poissy (78), 1985 :

décès dû àH2S suite àune rupture de canalisation entre le digesteur et le gazomètre).

Une seule explosion 10 répertoriée sur digesteur ou stockage de gaz (La Rochette, 1999, code BARPI 9065 : explosion avec onde de choc sensible àplus de 130 m suite àla formation d’un mélange explosif dans un stockage souple et à une ignition par retour de flamme de la torchère).

Aucune déflagration 11 répertoriée.

8

nord-américaine REPP, accessible depuis

http://www.crest.org/discussiongroups/index.html. Ce forum est issu de CREST, organisation absorbée par REPP en

forum

de

discussion

de

l’organisation

1999.

9 Eclatement : compris ici dans le sens de « bris, rupture soudaine sous l’effet d’une pression ». 10 Explosion : augmentation brutale de pression qui provoque un effet de souffle et une onde de choc, éclatement violent. 11 Déflagration : combustion vive acompagnée d’explosion et de projections de matières enflammées.

- Le transport du biogaz par canalisation - Pratiques et réglementations en France et en Europe –

- Rapport -

- SOLAGRO - Juillet 2003 - p. 57/90

4.2. Résultats exhaustifs de recherche sur BARPI

Consultation de la base de données du site du MEDD / SEI :

et

industriels ». Recherche par mots clés France et autres pays.

Compléments d’information demandés à: D.P.P.R / S.E.I. Bureau d'Analyse des Risques et des Pollutions Industrielles (BARPI), 2, rue Antoine Charial, 69426 LYON Cedex 03 - Tél : 33 (0)4 37 91 44 89, Fax : 33 (0)4 37 91 28 06, sei.barpi@industrie.gouv.fr.

http://aria.environnement.gouv.fr/index2.html,

« Inventaire

des

accidents

technologiques

Mot clé

Date

Lieux

Code

«

hydrogène

N° 10911

10/4/1997

FRANCE

-

48

-

90.0

- Assainissement, voirie

sulfuré »

MENDE

et gestion des déchets

Un enfant récupérant des métaux dans une station de traitement des ordures ménagères tombe dans une buse de dégazage de 1 m de diamètre et de 10 m de profondeur. L'enfant est asphyxié par une forte concentration en hydrogène sulfuré. En tentant de secourir la victime, un adulte victime d'un malaise décèdera peu après avoir été hospitalisé. Un procureur et la gendarmerie effectuent une enquête pour déterminer les responsabilités.

=> accident dû à l’absence de mesures de sécurité (périmètre non signalisé et non protégé). H2S est responsable d’accidents parfois mortels dans différents types d’installations (voir BARPI, mot clé « hydrogène sulfuré »)

«

digesteur»

N° 15359

15/03/1999

FRANCE

-

91

-

90.0

- Assainissement, voirie

 

EVRY

et gestion des déchets

Une canalisation de trop plein située àl'extérieur du digesteur d'une station d'épuration se rompt ; 50 m 3 de boues se déversent en SEINE (débit d'étiage 56 m 3 /s), 50 autres m 3 sont déviés et retournés en tête de station et 110 m 3 sont pompés et stockés. La faune aquatique ne semble pas atteinte.

=> pas de lien avec le biogaz

 

«méthanisation»

N° 21128

27/08/2001

FRANCE

-

51

-

15.3

- Industrie des fruits et

MATOUGUES

légumes

Des fuites sont détectées sur un bassin de lagunage anaérobie (méthanisation) d'une station d'épuration traitant les effluents d'une usine agro-alimentaire de frites. Ces fuites sont localisées en 2 endroits, dans un regard de contrôle de l'étanchéité entre les 2 membranes constituant le fond et les parois du bassin, ainsi que dans une chambre de vannes de canalisations de recyclage des boues, par percolation au travers des parois. L'inspection des installations classées constate les faits. Un arrêté préfectoral de mesures d'urgence impose à l'exploitant l'arrêt du remplissage du bassin et demande de proposer sous 3 jours à l'inspection des IC et aux services chargés de la police des eaux les mesures nécessaires pour vider le bassin en respectant les contraintes de rejet dans la MARNE. Un diagnostic de la pollution et la définition des solutions àemployer pour y remédier ont été également demandés.

=> pas de lien avec le biogaz (il s’agit de fuites d’effluent liquide et non de fuites de biogaz).

«

biogaz»

N° 9065

07/01/1999

FRANCE

-

73

-

La

21.1

- Fabrication de pâte à

 

ROCHETTE

 

papier, de papier et de carton

Dans une unité de recyclage de biogaz issu de la station d'épuration anaérobie d'une papeterie, une explosion (5 kg de TNT) détruit une baudruche tampon en matériau souple de 10 m 3 et les tuyauteries associées alimentant une chaudière de production de vapeur ou une torchère de sécurité. La baudruche est pulvérisée, des rambardes sont tordues dans un rayon de 3 m, des tuiles sont détruites dans un rayon de 20 m, des bardages sur l'unité et vitres jusqu'à 130 m de distance volent en éclat. Il n'y a pas de victime. La baudruche se serait bloquée en descente et mise en dépression. De l'air serait alors entré par les joints en téflon frottant sur l'axe central. Le biogaz arrivant à nouveau forme le mélange explosif qui est allumé par la flamme de la veilleuse de la torchère. Une production accidentelle d'hydrogène dans le méthaniseur et un acte de malveillance sont également évoqués. L'usine porte plainte. Des expertises sont réalisées. Des sécurités sont installées (analyseurs, clapets, etc…).

=> seul incident de ce type répertorié. La liste des mesures de sécurité à apporter laisse supposer que l’installation ne disposait pas des équipements minimum de sécurité.

«

biogaz»

N° 18378

01/07/1999

FRANCE

-

77

-

90.0

- Assainissement, voirie

 

CREGY-LES-MEAUX

et gestion des déchets

Du biogaz gagne les canalisations, les caves et les vides sanitaires d'un lotissement construit récemment à 10 m d'une ancienne décharge de déchets ménagers. Des odeurs alertent la municipalité et les habitants du lotissement qui sont relogés dans un hôtel durant 10 jours, temps nécessaire aux pompiers et aux experts pour identifier l'origine de l'incident et déterminer les suites à donner. Des piézomètres sont posés pour effectuer des mesures, puis une ceinture de puits de ventilation mécanisée permet d'assainir le terrain et les habitations. Les travaux d'urgence sont évalués à 6 MF. La décharge en fin d'exploitation avait été réaménagée en coulée verte durant l'été 1999 ; une couverture de 5 m de terre a entraîné la mise en pression des déchets et la migration du biogaz insuffisamment drainé par les failles truffant le terrain (anciennes carrières de gypse). Des travaux sont envisagés (8 à10 MF) : captage/traitement du biogaz àaméliorer, lixiviats et eaux pluviales àcollecter, etc

=> indicent dû à un défaut de captage du gaz. Nombreux cas similaires dans le monde.

Autres mots clés sans résultats en lien avec l’objet de la recherche : « gaz de décharge », « fermentation ».

4.3. Les causes

Les incidents surviennent plutôt sur des installations anciennes, voire vétustes.

La plupart sont dus au manque d’équipements de sécurité de base, à des procédures inappropriées, àdes conceptions anciennes, au manque d’information des personnels :

Ignition (cigarettes, décharge électrostatique sur stockages non reliés à la terre), fuites de gaz en absence de détection.

Systèmes de vidange inappropriés (absence de soupape de dépression- surpression ou de disque de rupture) provoquant la fissuration du digesteur, voire l’implosion.

Dommages mécaniques dus àde mauvaises conditions météorologiques.

L’incident le plus fréquent et qui peut survenir sur des installations neuves est la fissuration des digesteurs consécutive àune mauvaise maîtrise du moussage.

Rupture de canalisation PVC transportant du biogaz

L’explosion est exceptionnelle. Un seul cas a été répertorié, avec quelques dégats. Il est manifestement dû au non-respect de certaines sécurités élémentaires : en particulier l’absence d’anti-retour de flamme (équipement installé en base sur toutes les torchères de décharges par exemple).

4.4. Les conséquences

Dommages humains extrêmement rares.

Dommages matériels : nécessité de travaux sur les digesteurs, perte d’exploitation.

4.5. Les moyens

Propriétés intrinsèques du méthane :

 

diffusion rapide (gaz plus léger que l’air),

température d’ignition élevée (550°C),

zone d’explosivité étroite (5 à15 % dans l’air).

Faibles quantités d’énergie stockées comparativement à d’autres installations (stations essence…).

Stockage sous pression :

absence de stockage mélange combustible + comburant ;

en cas de fuite, l’atmosphère explosive ne peut se former qu’au point de fuite. S’il y a ignition, le gaz brûle jusqu’à l’extinction sans explosion (tests menés par l’Université de Cornell, UK).

Feu, incendie : éviter le « triangle du feu » combustible + comburant + chaleur => règles usuelles de sécurité pour atmosphères à risques d’explosion :

 

détection de fuite, détection présence de gaz ;

 

mesure d’O 2 dans les canalisations de tranport de biogaz ;

 

règles de non confinement : la première règle de sécurité consiste à stocker le gaz à l’extérieur des bâtiments pour permettre l’évacuation et la dilution rapide dans l’atmosphère ;

matériels électriques pour zones àrisque d’explosion, consignes de sécurité ;

 

protection des travailleurs.

 

Intoxication :

risque

H 2 S

=>

règles

usuelles

de

sécurité

du

secteur

de

l’assainissement.

 

Protection des ouvrages : soupapes de dépression-surpression, anti-propagateur de flamme, disque de rupture, matériaux adaptés (PEHD, acier pour conduite biogaz).

Conception et exploitation ; étude des risques, notice de sécurité.

 

4.6. Conclusion sur les incidents et les règles de sécurité

La majorité des incidents recensés sont de type fissuration ou éclatement de digesteurs. Ils sont liés à des phénomènes de dépression ou surpression à l’intérieur des digesteurs, pour des causes diverses. Les sécurités sont habituellement prévues par les constructeurs (soupapes, disques de rupture…), et les incidents de ce type deviennent très rares.

Les incidents mettant en jeu le biogaz, de type incendie / explosion ou de type intoxication H 2 S, sont rares. L’application des règles de sécurité élémentaires, appliquées normalement par toute la profession et qui sont communes aux secteurs du gaz (risque incendie explosion) ou de l’assainissement (risque H 2 S), doit suffire àprévenir les risques de manière satisfaisante.

5.5. ListeListe desdes pepersonnesrsonnes etet organismesorganismes contactéscontactés

5.1. En France

Vienne

M. PRZYBYLOWSKY Ingénieur en chef àla communauté d’Agglomération du Pays Viennois.

Crézin

Mme DEBAYLE Délégation régionale ADEME Limousin

M. EYNARD (responsable énergie) SVE ONYX

Bayeux

Mme PIEN (Directrice des services techniques) et Mme DELOZIER (Ingénieur assainissement) àla Communauté de communes Bayeux Intercom.

Rhône-Alpes énergie environnement

M. Jean-Paul GOY

Entreprise BAUDELET SA (BLARINGHEM 59)

M. DEBERT Jean-Marie

GDF

M.

Jean-Marc CHERAT Agence d’exploitation Gaz (VIENNE)

M.

RAYNAUD Christian Agence d’exploitation Gaz (Rilleux-la-Pape)

DRIRE Rhône-Alpes

Mme MALLET et Mme VIENOT

5.2. En Europe

5.2.1. Allemagne GF Eco Naturgas Handels GmbH Sprecher AK Gaseinspeisung Wolfgang TENTSCHER Tel. : +49-30-79780447 Fax : +49-30-79780448 WTentscher@aol.com

www.biogas4all.de

www.biogas.org

DVGW Deutsche Vereinigung des Gas-und Wasserfaches e.V. Technisch-wissenschaftlicher Verein M. Uwe Klaas Josef-Wirmer-Straße 1-3 D-53123 Bonn Tel.: (0228) 9188-5 Fax : (0228) 9188-990 E-Mail : info@dvgw.de

Krieg & Fischer GmbH M.Miertzsche Tel. : +49 551 3057434 Miertzschke@KriegFischer.de www.kriegfischer.de

5.2.2.

Danemark

Økonomi-OG ERHVERVSMINISTERIET ENERGISTYRELSEN (Danish Energy Authority)

M.Søren TAFDRUP

Amaliegade 44

1256

København K

Tel. :

+ 45 33 92 67 00

Fax : + 45 33 11 47 43 St@ens.dk

www.ens.dk

BIOSCAN A/S Thomas Bogner

Tagtaekkervej 5

5320 Odense M

Tel. : + 45 66157071 Fax : +45 66157771 Email : thb@bioscan.dk

5.2.3. Suède

SBGA, Swedish Biogas Association

M. Christian Keiller von Götz,

Christian.keiller@sbgf.org

SRV Swedish Rescue Services Agency

Flammables and Explosives Department

M. Ben Bock

Tel. : +46 8 59008352 Email : ben.bock@srv.se

Svenska Gas Föreningen (Swedish Gas Association) Annika Koningen Box 49134 100 29 Stockholm Tel. : +45 (0)8-692 18 40 Fax : + 45 (0)8-654 46 15 annika.koningen@gasforeningen.se

5.2.4. Royaume-Uni

British Biogen Michael Chesshire

Greenfinch Ltd, Burford House, Tenbury Wells, WR15 8HQ, Tel. : + 44 (0)1584 810777 Fax : + 44 (0)1584 810673 Email : greenfinch@burford.co.uk

5.2.5. Suisse

SSIGE Société Suisse de l'Industrie du Gaz et des Eaux Cécile Maire Tél. : + 41 (0)21 310 48 60 Fax : +41 (0)21 310 48 61 E-Mail : c.maire@ssige.ch

6.6.

SynthèseSynthèse

6.1. Synthèse sur les sites répertoriés

6.1.1. Sites français

En France l’expérience de transport de biogaz se résume aujourd’hui à5 expériences, dont 2 ne sont plus en service.

Sites français équipés d’une canalisation dédiée au biogaz

 

Vienne

Rilleux

Crézin

Bayeux

Blaringhem

Origine

CSD

CSD

CSD

Station

CSD

Biogaz

d’épuration

MES - Arrêt

2001

1999

1986-#1998

#1985-#1997

n.c.

Longueur

3 500 m

750 m

860 m

800 m

n.c

Matériau

PEHD, marqué

PEHD

PEHD

PEHD

n.c

biogaz

Diamètre

160 mm

125 mm

n.c

125 mm

n.c

Pression

500 mbar

300 mbar

n.c

n.c

n.c

Débit moyen

300 m 3 /h

200 m 3 /h

400 m 3 /h

100 m 3 /h

1 200

Euro/m

83

95