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L’INVESTISSEMENT, ÉLÉMENT INDISPENSABLE AU REBOND DES OPÉRATEURS TÉLÉCOMS EUROPÉENS

Étude Télécoms 2015

L’INVESTISSEMENT, ÉLÉMENT INDISPENSABLE AU REBOND DES OPÉRATEURS TÉLÉCOMS EUROPÉENS Étude Télécoms 2015

« AVEC LA 5G, L’EUROPE A UNE BELLE OPPORTUNITÉ DE RÉINVENTER SON PAYSAGE INDUSTRIEL DES TÉLÉCOMS »

Günther Oettinger Commissaire européen à l’Economie et à la Société numériques Le 3 mars 2015 au Mobile World Congress de Barcelone

MAZARS EST UNE ORGANISATION INTERNATIONALE, INTÉGRÉE ET INDÉPENDANTE, SPÉCIALISÉE DANS L’AUDIT, LE CONSEIL ET LES SERVICES COMPTABLES, FISCAUX ET JURIDIQUES. AU 1 ER JANVIER 2015, MAZARS ET SES CORRESPONDANTS FÉDÈRENT LES EXPERTISES DE PLUS DE 14 000 PROFESSIONNELS ET SERVENT LEURS CLIENTS – GRANDS GROUPES INTERNATIONAUX, PME, INVESTISSEURS PRIVÉS ET ORGANISMES PUBLICS - DANS 92 PAYS DONT 73 VIA DES BUREAUX INTÉGRÉS À SON PARTNERSHIP ET 19 CORRESPONDANTS.

ÉDITO

ACHOUR MESSAS Associé Mazars JULIEN HUVÉ Senior Manager Mazars
ACHOUR MESSAS
Associé Mazars
JULIEN HUVÉ
Senior Manager Mazars

Nous assistons depuis plusieurs années à une perte du leadership européen dans l’écosystème digital. Comme nous le soulignions dans notre baromètre médias 2014, l’Europe n’a vu émerger que très peu de sociétés leaders dans le monde des services digitaux. À quelques exceptions près, la plupart des nouveaux leaders mondiaux sont américains ou asiatiques.

Dans ce contexte général, le secteur des télécoms en Europe ne fait pas exception. Les

opérateurs télécoms européens font face à une intense guerre des prix qui se traduit par une adaptation de leur structure de coûts et par un développement d’offres « low-cost ».

À la baisse de la marge brute des offres s’ajoute la fuite de la valeur ajoutée au profit

des OTT (« Over-The-Top ») dans le cadre d’une transformation vers le tout IP (« Internet Protocol »). À titre d’illustration, la capitalisation boursière du Top 7 * des opérateurs télécoms européens a reculé de 4% depuis la crise économique de 2008 lorsque celle du Top 4 * des opérateurs mobiles américains a progressé de 56 %.

Cette différence de dynamique est également visible sur un plan macro-économique à travers l’évolution du chiffre d’affaires des opérateurs par zone géographique. Ainsi le chiffre d’affaires des principaux opérateurs de télécommunication (Top 16 * mondial) réalisé en Europe est en décroissance de -18% sur la période 2006-2013 quand ces mêmes opérateurs connaissent une croissance de leurs revenus de +159% en Asie et +56% en Amérique du Nord.

Très impliqués auprès d’acteurs du secteur des médias et des télécommunications, nous avons décidé de nous interroger sur les mécanismes à l’origine de cette situation et sur les perspectives de développement pour les opérateurs européens.

La comparaison des situations européennes et américaines, qui jalonne l’ensemble des pages à suivre, nous a permis d’identifier un facteur clé de différenciation entre les deux zones : l’investissement.

À travers cette étude, nous espérons vous apporter des éléments de compréhension

quant à la situation actuelle et à venir du secteur des télécoms et identifier quelques facteurs de reprise pour les acteurs européens du secteur.

* Sur la base du nombre d’abonnés à fin 2013 sans distinction par type d'offres ou segment

MÉTHODOLOGIE

Cette étude est basée sur les informations présentes dans les documents de référence et présentations publiés par les 4 principaux opérateurs de téléphonie mobile nord-américains et les 7 principaux opérateurs de téléphonie mobile européens. Certaines données ont été ponctuellement retraitées à des fins d’harmonisation ou de lisibilité. Lorsque les informations concernant un opérateur du panel n’étaient pas disponibles, cet

opérateur a été exclu de l’analyse concernée et l’information mentionnée.

PÉRIMÈTRE DE L’ÉTUDE

Les opérateurs européens retenus correspondent aux 7 opérateurs d’origine européenne cumulant chacun plus de 100 millions d’abonnés mobile au 31 décembre 2013. Le classement de ces opérateurs est réalisé pour les besoins de l’étude suivant le nombre d’abonnés mobile déclarés au 31 décembre 2013 1 .

Les 4 opérateurs américains retenus correspondent quant à eux aux principaux opérateurs nord-américains au regard du nombre d’abonnés mobiles au 31 décembre 2013 et représentent plus de 95% 2 du marché mobile aux États-Unis.

Enfin, le Top 16 mondial désigne les opérateurs mobiles qui comptent le plus grand nombre d’abonnés mobile dans le monde au 31 décembre 2013.

PANEL DES GROUPES ÉTUDIÉS

Les éléments présentés dans l’étude correspondent aux données Groupe consolidées pour chacun de ces opérateurs. Rappelons que les grands opérateurs européens disposent de nombreuses filiales dans le monde.

Dans le cas du Groupe Deutsche Telekom, la filiale américaine du Groupe T-Mobile US est analysée comme un opérateur indépendant positionné en 3 ème position dans le Top 4 américain. Par cohérence, les données concernant Deutsche Telekom sont présentées hors T-Mobile US (sauf mention contraire).

Top 4
Top 4
hors T-Mobile US (sauf mention contraire). Top 4 Top 7 1 Sans distinction par type d’offres
hors T-Mobile US (sauf mention contraire). Top 4 Top 7 1 Sans distinction par type d’offres
hors T-Mobile US (sauf mention contraire). Top 4 Top 7 1 Sans distinction par type d’offres
hors T-Mobile US (sauf mention contraire). Top 4 Top 7 1 Sans distinction par type d’offres
Top 7
Top 7

1 Sans distinction par type d’offres ou de segment

2 FCC 17 th Annual Report and Analysis of Competitive Market Condition with respect to Mobile Wireless, including commercial Mobile Services

SOMMAIRE

ÉDITO

P3

MÉTHODOLOGIE

P4

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

P6

LES ÉTATS-UNIS ET L’EUROPE, DES MARCHÉS MATURES AUX DISPARITÉS IMPORTANTES

P7

L’INVESTISSEMENT RALENTIT EN EUROPE

P13

QUELLES CONSÉQUENCES SUR L’ÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ?

P18

QUELLES PERSPECTIVES POUR LES OPÉRATEURS MOBILES EUROPÉENS ?

P21

L’EUROPE DES TÉLÉCOMS EN TOILE DE FOND

P24

LES PRINCIPAUX ENSEIGNEMENTS

SITUATION CONCURRENTIELLE ET ÉVOLUTION DU REVENU MOYEN PAR UTILISATEUR (ARPU * ) DE 2006 À 2013

370
370

millions d’abonnés

640
640

millions d’abonnés *Average Revenue Per User

-3,5% 5 opérateurs ARPU*
-3,5%
5
opérateurs
ARPU*
*Average Revenue Per User -3,5% 5 opérateurs ARPU* +100 opérateurs -34,8 % ARPU* VARIATION DU MONTANT

+100

opérateurs

-34,8% %

ARPU*

VARIATION DU MONTANT DES INVESTISSEMENTS ENTRE 2006 ET 2013

VARIATION DU MONTANT DES INVESTISSEMENTS ENTRE 2006 ET 2013 Top 7 - 5 % Top 4

Top 7VARIATION DU MONTANT DES INVESTISSEMENTS ENTRE 2006 ET 2013 - 5 % Top 4 + 39

- 5 %

Top 4
Top 4

+ 39 %

dont +118% sur les investissements mobiles

États-Unis Europe
États-Unis
Europe

TAUX DE COUVERTURE 4G

(31 DÉCEMBRE 2013)

Europe TAUX DE COUVERTURE 4G (31 DÉCEMBRE 2013) 97 89 74 44 % % % %
Europe TAUX DE COUVERTURE 4G (31 DÉCEMBRE 2013) 97 89 74 44 % % % %
Europe TAUX DE COUVERTURE 4G (31 DÉCEMBRE 2013) 97 89 74 44 % % % %
Europe TAUX DE COUVERTURE 4G (31 DÉCEMBRE 2013) 97 89 74 44 % % % %

97 Europe TAUX DE COUVERTURE 4G (31 DÉCEMBRE 2013) 89 74 44 % % % % CONNECTIONS

89

74

44Europe TAUX DE COUVERTURE 4G (31 DÉCEMBRE 2013) 97 89 74 % % % % CONNECTIONS

%

%

%

%

CONNECTIONS 4G

(4 ÈME TRIMESTRE 2013)

18,9%

1,7%

1

LES ÉTATS-UNIS ET L’EUROPE, DES MARCHÉS MATURES AUX DISPARITÉS IMPORTANTES

1. DES MARCHÉS MATURES TOUJOURS EN CROISSANCE

Le marché de la téléphonie mobile en Europe représente plus de 500 millions d’abonnés uniques potentiels contre un peu plus de 310 millions aux États-Unis avec une densité moyenne de population plus importante en Europe.

Ces marchés, en dépit d’un taux de pénétration important de la téléphonie mobile qui s’établissait à 122,8% en Europe et à 95,5% aux États-Unis en 2013, continuent à connaître une croissance importante avec par exemple une augmentation de +2,7% du taux de pénétration en Europe en 2013.

25% 75%
25%
75%
298 95%
298
95%
24% 6 11 76% 116% ND 121% 84 43% 57% 134% 43% 91 57% 110%
24%
6
11
76%
116%
ND
121%
84
43%
57%
134%
43%
91
57%
110%
22%
60
78%
94%
20%
96
80%
158%
53
31%
69%
113%
Nombre d'abonnements
Postpaid
mobile 2013
Taux de pénétration* 2013
Prepaid
(millions d'abonnements)

* Nombre d'abonnements mobile pour 100 habitants

Les États-Unis et l’Europe, des marchés matures aux disparités importantes

2. DES REVENUS AUX TRAJECTOIRES OPPOSÉES

En dépit de marchés qui présentent des similarités en termes de maturité et de niveaux de croissance, la situation des opérateurs de téléphonie mobile est très différente. Ainsi, les revenus cumulés des opérateurs américains du panel ont connu une croissance globale de 51% entre 2006 et 2013 quand ceux des opérateurs européens sélectionnés sont en baisse sur la même période (-7,2%). Ces tendances sur les revenus globaux du panel, incluant notamment le chiffre d’affaires issu de la téléphonie fixe, sont confirmées sur la partie mobile en particulier pour le premier opérateur de chacune des zones considérées, AT&T et Vodafone.

Evolution des revenus globaux (base 100)

151

Top 4 93 Top 7
Top 4
93
Top 7

100

des revenus globaux (base 100) 151 Top 4 93 Top 7 100 2006 2013 CA Mobile

2006

2013

CA Mobile

52,6 Md€

39,9 Md€ 37,8 Md€ +5%
39,9 Md€
37,8 Md€
+5%
2013 29,9 Md€ 2006 +76%
2013
29,9 Md€
2006
+76%

La tendance haussière du chiffre d’affaires mobile constatée sur le marché américain n’est pas uniquement liée à un effet volume même si ce marché bénéficie encore d’une croissance relativement importante de la base d’abonnés mobile (+ 2,8% 3 entre 2011 et 2013) et que les entreprises du panel ont réalisé des opérations de croissance externe significatives. Cette tendance traduit également leur capacité à préserver le revenu moyen par utilisateur (ARPU). Ainsi l’ARPU 4 mobile d’AT&T affiche un léger retrait de -2,8% sur la période 2006 à 2013 quand la somme des ARPU du Top 7 européen 5 sur leur marché domestique a reculé de -34,8% et celui du Top 4 américain de -3,5%.

a reculé de -34,8% et celui du Top 4 américain de -3,5%. Evolution du revenu moyen

Evolution du revenu moyen par utilisateur (ARPU) (base 100)

100 97 Top 4 97 Top 7 65
100
97
Top 4
97
Top 7
65
utilisateur (ARPU) (base 100) 100 97 Top 4 97 Top 7 65 2006 2013 Le cas

2006

2013

Le cas d’AT&T dans notre panel est révélateur de la stratégie des opérateurs américains qui ont favorisé le développement de l’usage de la data en lançant très tôt le déploiement de leur réseau LTE 6 (ou 4G) accompagnant ainsi la croissance de l’offre de services et de contenus utilisant la data à travers la multiplication des smartphones et autres objets connectés. Cette stratégie affichée des opérateurs américains a incité les constructeurs de terminaux à développer des produits spécifiquement compatibles avec les réseaux 4G américains, retardant encore le développement de ces usages en Europe.

3 International Telecommunication Union, Mobile Cellular 2000-2013

4 Lorsque l’ARPU mobile ne fait pas l’objet d’une communication spécifique, il est calculé comme suit : CA mobile / Nombre d’abonnés mobile

5 Hors Vodafone (données non disponibles)

6 Dans le cas d’AT&T, le déploiement LTE a été lancé en septembre 2011 avec une couverture de 53% de la population américaine à fin 2012 et de 89% à fin 2013.

Les États-Unis et l’Europe, des marchés matures aux disparités importantes

L’exemple de l’iPhone 5 d’Apple est à ce titre assez emblématique. Ce smartphone, lancé en septembre 2012, n’est pas compatible avec les réseaux 4G européens utilisant les bandes de fréquence 800 MHz et 2,6 GHz (cas de l’Espagne, de l’Italie et de la France notamment, hormis pour Bouygues Telecom qui a obtenu l’autorisation de l’ARCEP d’utiliser les fréquences 1 800 MHz pour déployer son réseau 4G) alors que les smartphones de la firme de Cupertino représentaient une part de marché de 20% sur le parc de smartphones en Europe Occidentale 7 au premier trimestre 2013.

La croissance de l’ARPU mobile depuis 2008 aux États-Unis doit donc beaucoup à la hausse des revenus de la data sous l’effet combiné de la croissance du taux de pénétration des smartphones et autres objets connectés, du développement rapide de la couverture 4G et donc de l’intensification des usages de la data. La différence entre les deux marchés est aujourd’hui très importante. En 2013, un utilisateur américain utilisait deux fois plus de data par connexion qu’un utilisateur européen 8 .

Évolution des usages de la data

415 mb 2013 273 mb 2012 188 mb
415 mb
2013
273 mb
2012
188 mb
des usages de la data 415 mb 2013 273 mb 2012 188 mb 2011 810 mb

2011

usages de la data 415 mb 2013 273 mb 2012 188 mb 2011 810 mb 2013
810 mb 2013 480 mb 2012 307 mb
810 mb
2013
480 mb
2012
307 mb
273 mb 2012 188 mb 2011 810 mb 2013 480 mb 2012 307 mb 2011 7

2011

2012 188 mb 2011 810 mb 2013 480 mb 2012 307 mb 2011 7 IDC, The

7 IDC, The Western European Mobile Phone Market Declines in 1Q13, Press Release, juin 2013

8 GSMA, Mobile Wireless Performance in the EU & the US, mai 2013

3. UN ENVIRONNEMENT CONCURRENTIEL DIFFÉRENT

Le marché européen (Europe des 27) compte aujourd’hui plus de 100 opérateurs hors MVNO 9 (40 groupes différents), soit entre 3 et 4 par pays pour plus de 640 millions d’abonnés.

A l’inverse, les États-Unis comptent seulement 5 opérateurs comptant plus de 1 million

d’abonnés chacun pour un total de 370 millions d’abonnés. Le contraste est encore plus saisissant avec la Chine qui compte 3 principaux opérateurs représentant 1 234 millions d’abonnés.

Ce constat doit être nuancé puisque tous les opérateurs européens ne sont pas en concurrence localement (l’ensemble des acteurs ne couvrent pas le même territoire). Il leur est néanmoins beaucoup plus diffi- cile d’atteindre une taille critique (nombre d’abonnés) leur permettant de réaliser des économies d’échelle significatives contrairement à leurs homologues nord-américains et chinois.

La multiplication des acteurs sur le marché européen, encouragée par les régulateurs européens ainsi que la commission européenne, a donc été un facteur déterminant dans la destruction de valeur pour les opérateurs de téléphonie mobile. Ainsi, les consom-

mateurs européens payaient en moyenne en 2012 30€ 10 par souscription mobile quand le consomma- teur américain payait 54€ 10 , soit un prix inférieur de 45% 11 . Néanmoins, si le prix moyen de l’abonnement mobile mensuel est très inférieur en Europe du fait d’une politique de régulation favorisant une concurrence accrue, le prix par unité d’usage est très inférieur aux États-Unis, à près du tiers de la moyenne constatée en Europe 12 .

La stratégie visant à favoriser l’usage par la qualité des infrastructures combinée à un environnement concurrentiel moins intense sont des éléments fondamentaux expliquant

la capacité des opérateurs américains à maintenir un ARPU plus important.

Pour rappel, les États-Unis ont connu une situation de quasi-monopole jusqu’au 8 janvier 1982, date à laquelle un accord a été conclu entre AT&T et le United States Department of Justice pour le démantèlement du « Bell System » (création de 8 opérateurs). Néanmoins, le « Telecommunication Act » de 1996 a favorisé une nouvelle concentration du secteur pour aboutir à la naissance de deux nouveaux géants AT&T Inc. et Verizon.

naissance de deux nouveaux géants AT&T Inc. et Verizon. 9 Mobile Virtual Network Operator 10 Taux

9 Mobile Virtual Network Operator

10 Taux de change EUR/USD moyen 2012 de 1,2847886

11 GSMA, Mobile Wireless Performance, Mai 2013

12 GSMA, Mobile Wireless Performance, Mai 2013

2

L’INVESTISSEMENT RALENTIT EN EUROPE

1. LES LEADERS EUROPÉENS MAINTIENNENT LE CAP DANS UN CONTEXTE DIFFICILE

Le niveau d’investissement global en Europe dans le secteur des télécommunications a été de 53 milliards d’euros en 2012 soit seulement 22,3% des 237 milliards d’euros dépensés dans le monde 13 . L’analyse de l’évolution du montant global des investissements dans le secteur des télécommunications en Europe met en évidence une décroissance du niveau d’investissement de 5,5 milliards d’euros entre 2006 et 2011 14 .

Evolution du montant global des investissements dans le secteur des télécommunications

37,5M€ 31,9M€
37,5M€
31,9M€
dans le secteur des télécommunications 37,5M€ 31,9M€ 2006 2011 Dans ce contexte pourtant globalement baissier,

2006

2011

Dans ce contexte pourtant globalement baissier, les grands opérateurs européens maintiennent des niveaux d’investissement importants (mobile, fixe et licences). Ainsi le ratio CAPEX/CA des opérateurs européens en 2013 reste comparable à celui constaté chez les opérateurs américains.

Ratio CAPEX / CA des opérateurs du panel

CA 2013 (en M€)

CA 2013 (en M€)
CA 2013 (en M€)
 
CAPEX 2013 (en M€)
CAPEX
2013
(en M€)
 

100 000

90

80

000

000

 
12 502 15 983
12 502
12 502
15 983
15 983

70

000

 

60

50

40

30

20

000

000

000

000

000

5 631 9 395 7 378 8 037 4 400 5 261 3 031 1
5 631
5 631
5 631 9 395 7 378 8 037 4 400 5 261 3 031 1 986
9 395
9 395
5 631 9 395 7 378 8 037 4 400 5 261 3 031 1 986
7 378
7 378
8 037
8 037
4 400
4 400
5 631 9 395 7 378 8 037 4 400 5 261 3 031 1 986
5 261
5 261
5 631 9 395 7 378 8 037 4 400 5 261 3 031 1 986
3 031
3 031
1 986
1 986
5 631 9 395 7 378 8 037 4 400 5 261 3 031 1 986
2 184
2 184
 

10

000

       
 
 

12%

13 Xerfi Global with IDATE

14 OECD Telecommunications and Internet Statistics

14%

16%

18%

20%

22%

24%

RATIO CAPEX/CA

L’investissement ralentit en Europe

Parallèlement, les opérateurs européens du panel voient une hausse sensible de leur ratio d’endettement net / EBITDA de +12% entre 2008 et 2013, contre une baisse de -13% sur la même période aux États-Unis 15 .

Evolution du ratio endettement net / EBITDA

2,37

1 5 . Evolution du ratio endettement net / EBITDA 2,37 2,12 + 12 % Top

2,12

+ 12%

Top 7 -13% 2,04 Top 4
Top 7
-13%
2,04
Top 4

1,78

net / EBITDA 2,37 2,12 + 12 % Top 7 -13% 2,04 Top 4 1,78 2008

2008

2013

Si les opérateurs européens maintiennent leurs ratios d’investissement en limitant les impacts de la baisse de l’EBITDA par une hausse maîtrisée du niveau d’endettement, l’évolution du montant global de leurs investissements suit la même tendance que leurs revenus. Ainsi, quand le montant global des investissements pour les opérateurs américains du panel est en progression de +39% sur la période 2006 à 2013, celui des opérateurs européens du panel est en retrait de -5%.

Evolution du montant global des investissements (base 100)

Top 4 95 Top 7
Top 4
95
Top 7

100

139

des investissements (base 100) Top 4 95 Top 7 100 139 2006 2013 15 Panel US

2006

2013

15 Panel US hors Sprint qui ne communique que depuis 2012 sur son EBITDA et dont le ratio endettement net/EBITDA s’élève à 6,16 soit +61% en 2013 (investissements importants suite au rachat de 78% de son capital par Softbank en juillet 2013)

En s’intéressant plus particulièrement aux investissements dans les activités mobiles, la tendance identifiée chez les opérateurs américains est encore plus marquée. Depuis 2009 (début des investissements dans le réseau 4G aux États-Unis), le montant des investissements pour les opérateurs du panel dans le réseau mobile aux États-Unis a connu une croissance de +118% avec notamment une multiplication par 4 des investissements mobiles réalisés par Sprint et T-Mobile US (liée en grande partie au déploiement du réseau 4G).

Investissements dans les activités mobile

+482%

4 800 M€ 825 M€
4 800 M€
825 M€

2013

2009

+408%

3 031 M€ 597 M€
3 031 M€
597 M€
+102% 8200 M€ 4050 M€
+102%
8200
M€
4050
M€

2013

2009

2013

2009

+ 38% 7 096 M€ 5 133 M€
+ 38%
7
096 M€
5
133 M€

2013

2009

L’investissement ralentit en Europe

2. UN CYCLE D’INVESTISSEMENT TROP LONG

Les efforts importants réalisés par les opérateurs de téléphonie mobile européens pour maintenir le niveau d’investissement sur les 8 dernières années ne semblent pas suffisants pour permettre à l’Europe des télécoms de déployer les nouvelles technologies aussi rapidement que souhaité (exemple LTE, cf. p.18 : Quelles conséquences sur l’évolution technologique ?).

Ainsi, la durée théorique du cycle d’investissement 16 des opérateurs en Europe qui, dans un contexte de contraction des marges sur un marché à forte concurrence tarifaire, est supérieure à 20 ans, se heurte à une durée des cycles technologiques d’environ 10 ans et à des évolutions réglementaires majeures tous les 5 ans 17 depuis 2002 :

Les cycles réglementaires et technologiques en décalage avec les cycles d'investissement CYCLES > 20 ans
Les cycles réglementaires et technologiques en décalage avec les cycles d'investissement
CYCLES
> 20 ans
D’INVESTISSEMENT
1991
: 2G
CYCLES
~ 10 ans
2001
: 3G
TECHNOLOGIQUES
2013
: 4G
CYCLES
2002
RÉGLEMENTAIRES
~ 5 ans
: 1 er package réglementaire des
télécoms
EUROPÉENS
2007
: Roaming I, modifié en 2009
2007
: 2 ème package réglementaire
2012
: Roaming II

2013 : Projet réglementaire de la Communauté Européenne

2014 : 3 ème package réglementaire

Source : Etude «Economics of telecoms» Fédération française des télécoms; Arthur D. Little

À ces cycles réglementaires européens, définissant notamment les pratiques tarifaires en termes de roaming, il convient d’ajouter les obligations imposées par chacun des régulateurs nationaux. Ce contexte réglementaire européen conduit aujourd’hui certains opérateurs à demander la construction d’une Europe des télécoms jouissant de conditions réglementaires unifiées à l’instar du marché américain qui ne connait qu’une autorité de régulation, la FCC (Federal Communications Commission).

16 Durée du retour sur investissement estimée = 1 / ROCE (Capitaux employés / (EBIT x (1-Taux d’imposition))

17 Étude « Economics of Telecoms » Report 2013 Edition, Fédération Française des Télécoms, Arthur D.Little

3

QUELLES CONSÉQUENCES SUR L’ÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE ?

1. L’EXEMPLE DU DÉPLOIEMENT LTE

LE DÉPLOIEMENT LTE, UN ENJEU MAJEUR POUR LES OPÉRATEURS MOBILES

Derrière le déploiement de la technologie LTE se cache avant tout la question de l’accès de masse à l’internet mobile et les implications importantes que cela aura sur l’ensemble des acteurs de l’écosystème digital, que ce soit les géants de l’internet (OTT, e-commerce), les fournisseurs de contenus (éditeurs de jeux, détenteurs de droits TV/Cinéma), les fournisseurs de smartphones et plus globalement tous les fournisseurs de services présents sur internet dont notamment les banques, assurances

Dans ce contexte, les opérateurs mobiles, détenteurs du réseau et fournisseurs d’accès, ont la possibilité de redéfinir leurs business models. Sur un marché européen où le nombre important d’acteurs a entrainé une intense concurrence faisant du prix le principal élément de différenciation, les opérateurs mobiles ont l’occasion de changer la donne. La monétisation des services devient un enjeu crucial, il s’agira pour leur client d’avoir accès à un service d’internet mobile « premium » et pour les différents intervenants de l’écosystème digital de proposer des services spécifiques (connected objects, cloud computing…).

Selon toute vraisemblance, cette évolution technologique, et plus encore avec le LTE Advanced, devrait également faire évoluer le monde du « fixe ». Dans les pays ou les régions dans lesquels le déploiement d’une infrastructure FTTH (Fiber To The Home) serait trop coûteux, l’existence d’un réseau LTE ou LTE advanced pourrait être un moyen de proposer l’internet très haut débit à un nombre croissant d’utilisateurs et ainsi permettre à tous les acteurs de l’écosystème digital d’accéder à un marché aujourd’hui inaccessible.

Ces éléments sont quelques exemples qui montrent en quoi l’évolution technologique, et dans ce cas le déploiement du LTE, peut être un élément déterminant pour l’évolution du business model des opérateurs. Mais quelle est aujourd’hui la situation des intervenants du panel et quelle est l’impact des dynamiques d’investissement mises en exergue précédemment ?

L’EUROPE PREND DU RETARD

Alors que le déploiement du LTE constitue un enjeu important pour l’avenir des opérateurs de téléphonie mobile, nous constatons que les leaders européens de notre panel accusaient globalement, fin 2013, un retard significatif sur les opérateurs américains. Ainsi, lorsque Verizon atteignait un taux de couverture de 97% de la population américaine, Orange couvrait 60% de la population française et Deutsche Telekom 74% de la population allemande.

Taux de couverture LTE au 31/12/2013

97% États-Unis Europe 89% 74% 64% 64% 64% 60% 52% 50% 44%
97%
États-Unis
Europe
89%
74%
64%
64%
64%
60%
52%
50%
44%

Ce déploiement plus lent et ce taux de couverture en retrait chez les opérateurs européens n’est évidemment pas sans impact sur la qualité du réseau et donc l’usage des consommateurs. Ainsi, il existe aujourd’hui un écart important en termes de vitesse de connexions entre les États-Unis et l’Europe, écart qui devrait croître considérablement sur les années à venir selon les projections présentées par le GSMA 18 .

Évolution de la vitesse de connection (2012 / Projection 2013 - 2017)

14 399 kbps États-Unis Europe 7013kbps 2622kbps 1492kbps
14 399 kbps
États-Unis
Europe
7013kbps
2622kbps
1492kbps
399 kbps États-Unis Europe 7013kbps 2622kbps 1492kbps 2012 Source : Cisco VNI Mobile Forecast (2013) 2017

2012

Source : Cisco VNI Mobile Forecast (2013)

2017

En ce qui concerne l’usage de la 4G, l’Europe accusait courant 2013 un retard important qui se matérialise par un taux de connections en LTE très faible 19 .

Évolution du taux de connections en LTE

18,9% États-Unis Europe 12,7% 1,8% 1,7% 0,5%
18,9%
États-Unis
Europe
12,7%
1,8%
1,7%
0,5%

2011

Source : GSMA, Wireless intelligence

2013

La baisse du niveau global d’investissement dans le secteur des télécommunications en Europe se traduit donc par un ralentissement du déploiement du LTE, un usage moins intense et donc un potentiel de croissance des revenus moins important.

18, 19

GSMA, Mobile Wireless Performance, Mai 2013

4

QUELLES PERSPECTIVES POUR LES OPÉRATEURS MOBILES EUROPÉENS ?

1. DES OPÉRATIONS DE CONCENTRATION INÉVITABLES

La dégradation des marges pour les acteurs européens combinée à la nécessité d’investir pour fournir aux clients un accès à un service de qualité sont des éléments qui plaident en faveur d’une concentration du marché. Cette concentration est également encouragée par la convergence entre les services fixe et mobile, rendue possible par ces évolutions technologiques.

Plusieurs opérations majeures de rapprochement entre opérateurs de téléphonie mobile ou de rachat de droit d’utilisation de fréquences ont déjà eu lieu aux États-Unis entre 2003 et 2012 pour un montant approchant les 288 milliards de dollars 20 . Dans un contexte de fortes tensions sur les prix, comme nous le connaissons aujourd’hui en Europe, les fusions entre opérateurs d’un même segment et intervenant sur une même zone géographique permettent en effet de trouver des synergies significatives en ce qui concerne les coûts du réseau, d’améliorer de façon importante la rentabilité des investissements consentis pour le déploiement d’une nouvelle technologie et ainsi de retrouver des niveaux de marge permettant de répondre aux besoins d’investissement du secteur. Ces opérations restent néanmoins soumises à l’approbation des autorités de régulation qui peuvent constituer un frein important à la concentration du marché.

Opérations majeures de rapprochement entre opérateurs de téléphonie mobile (Mds$)

86 70 41 28 2,25
86
70
41
28
2,25
de téléphonie mobile (Mds$) 86 70 41 28 2,25 2004 Source : GSMA Mobile Wireless Performance

2004

Source : GSMA Mobile Wireless Performance May 2013

2013

20 GSMA, Mobile Wireless Performance, Mai 2013

Quelles conséquences sur l’évolution technologique ?

2. LA MUTUALISATION DES RÉSEAUX, UNE ALTERNATIVE À LA CONCENTRATION

Devant la difficulté des opérateurs européens à atteindre une taille critique leur permettant de rentabiliser les investissements nécessaires au déploiement des nouvelles technologies et en réponse aux réticences des autorités européennes et nationales à réduire le nombre d’acteurs, la mutualisation des infrastructures (notamment passives) est une option qui a déjà été adoptée par certains opérateurs. Cette option permet de profiter d’une partie des synergies de coûts que permettrait une fusion dans le monde du mobile. Ce type d’opération est généralement combiné à une stratégie d’adaptation des coûts de structure, faiblement diminués par ces accords de « net sharing » (relations clients, marketing, fonctions supports…)

3. VERS UNE ÉVOLUTION DE LA RÉGLEMENTATION AUTOUR DE LA NEUTRALITÉ DU NET ?

En réponse au déséquilibre économique existant entre d’une part, des acteurs « over-the-top » qui captent une grande partie de la valeur à travers des services générant un trafic sans cesse croissant, et d’autre part les opérateurs mobile qui voient leurs marges se réduire tout en fournissant des réseaux toujours plus performants, certains s’interrogent sur le bienfondé du principe de neutralité du net.

Le débat, entre les opérateurs qui aimeraient faire contribuer les fournisseurs de prestations « over-the-top » au nécessaire besoin d’investissement et les régulateurs soucieux de préserver un internet ouvert, semble aujourd’hui pencher en faveur de ces derniers. Aux États-Unis, la Federal Communications Commission (FCC) vient en février 2015 de décider que le web américain devait être considéré comme un « bien public ». La portée de cette décision pourrait être considérable puisqu’elle donne à la Commission le pouvoir de faire appliquer le principe de neutralité du net sur le territoire américain. Rappelons néanmoins qu’en janvier 2014, la Cour d’appel du district de Columbia ouvrait la possibilité pour les fournisseurs d’accès internet américains de monétiser un service premium très haut débit auprès des fournisseurs de contenu et que cette décision de la FCC pourrait être attaquée en justice par les opérateurs américains.

Le Parlement européen a quant à lui adopté, en première lecture en avril 2014, des dispositions limitant la possibilité pour les opérateurs de promouvoir certains services aux dépens d’autres. Cette décision a pour effet collatéral d’empêcher aujourd’hui les opérateurs européens de mettre en place ce type de services premium.

La réglementation relative à la neutralité du net est un enjeu crucial dans l’évolution du business model des opérateurs. La monétisation de leurs infrastructures très haut débit est au cœur du débat.

5

L’EUROPE DES TÉLÉCOMS EN TOILE DE FOND

L’Europe des télécoms en toile de fond

Le marché des télécoms en Europe est aujourd’hui très fragmenté, conséquence notamment de la volonté des régulateurs et de la Commission européenne de préserver un niveau de concurrence accru. Néanmoins dans un contexte de crise économique réduisant la concurrence au seul prix, cette situation constitue un frein à la poursuite de l’investissement nécessaire au déploiement de nouvelles infrastructures. Alors que les objectifs de l’Agenda numérique européen semblent difficilement atteignables dans ces conditions, l’Europe semble vouloir infléchir ses positions concernant une possible concentration du marché. À ce jour, les opérations de fusion, de mutualisation ou d’outsourcing apparaissent comme des voies à explorer pour réduire significativement les upfronts investments et plus généralement le coût du réseau.

Si la Commission européenne semble privilégier des opérations de concentration transfrontalières, les leaders européens paraissent plus enclins à envisager à court terme des rapprochements au sein des marchés domestiques afin de réduire la concurrence nationale et de trouver des effets de synergies immédiats. Nous devrions connaître dans les prochains mois une accélération de ce mouvement de concentration du marché, concentration déjà initiée avec le rachat d’E-plus par O2 en Allemagne et celui de Telefonica Ireland par Hutchinson en Irlande.

Il paraît également nécessaire de développer une vision « long terme » de l’investissement dans le secteur des télécommunications au niveau européen permettant de renforcer la position des opérateurs mobile. Le développement des technologies LTE et, demain, LTE Advanced constitueront des relais de croissance pour les opérateurs mobiles en devenant des alternatives crédibles sur le marché du très haut débit. Néanmoins cette croissance ne semble possible que si l’Europe des communications électroniques devient une réalité économique et réglementaire.

ANNEXE

Panel dans le classement mondial des opérateurs mobile

       

Nbre d’abonnés mobile

 

Rang

Pays d’origine

Groupe

CA 2013

(Mds d’€)

au 31 décembre 2013 (millions d’abonnés)

au 31 décembre 2013 (millions d’abonnés)

Capitalisation boursière au 31 décembre 2013 (Mds d’€)

Capitalisation boursière au 31 décembre 2013 (Mds d’€)

1

Chine

China Mobile

77,2

767,2

151,1

2

UK

Vodafone

52,3

403,9

108,1

3

Chine

China Unicom

36,1

280,9

25,8

4

Inde

Airtel

10,3

275,2

73,5

5

Mexique

America Movil

46,3

265,0

38,1

6

Espagne

Telefonica

57,1

254,7

53,9

7

Malaisie

Axiata

4,4

243,8

13,0

8

Russie

VimpelCom Ltd

17,0

220,0

16,1

9

Afrique du Sud

MTN Group

10,6

207,8

27,1

10

Chine

China Telecom

39,4

185,6

29,7

11

France

Orange

41,0

178,5

23,8

12

Norvège

Telenor

13,3

166,0

28,1

13

Emirats Arabes Unis

Etisalat

8,0

148,0

18,3

14

Allemagne

Deutsche Telekom*

60,1

142,5

54,8

15

USA

AT&T

96,9

135,0

138,3

16

USA

Verizon

90,8

132,9

106,0

 

Italie

Telecom Italia

23,4

104,6

14,0

 

Suède

TeliaSonera

11,4

64,7

25,9

 

USA

Sprint

26,7

55,4

31,8

 

USA

T-Mobile US

18,6

46,7

20,3

* CA et Nombre d’abonnés (y compris T-Mobile US)

11 opérateurs mobiles inclus dans notre échantillons :

US) 11 opérateurs mobiles inclus dans notre échantillons : USA EUROPE 26 L’INVESTISSEMENT, ÉLÉMENT INDISPENSABLE

USA

11 opérateurs mobiles inclus dans notre échantillons : USA EUROPE 26 L’INVESTISSEMENT, ÉLÉMENT INDISPENSABLE AU

EUROPE

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