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Motion de l’Opposition officielle 65.

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Séance du conseil municipal du 28 janvier 2019

Motion pour une liste grise plus stricte et transparente

Attendu que la Ville de Montréal dépense environ 1,5 milliard de dollars par année pour des contrats
visant l’acquisition de biens, la réalisation de services professionnels et l’exécution de travaux par des
fournisseurs externes;

Attendu que la confiance du public envers le système d’octroi de contrat de la Ville de Montréal ainsi
qu’envers la qualité des travaux réalisés par ses fournisseurs a été minée par de nombreux scandales
au cours des années précédentes;

Attendu que l’amélioration continue de la qualité des biens, services et travaux payés par la Ville de
Montréal ainsi que la lutte à la collusion et à la corruption continuent d’être des préoccupations des
contribuables montréalais;

Attendu que depuis 2015, la Ville a mis en place un programme d’évaluation du rendement de ses
fournisseurs en biens et services, pour tout contrat d’une valeur de 100 000$ et plus ayant fait l’objet
d’un processus d’appel d’offres public;

Attendu qu’en vertu de ce programme, la Ville de Montréal a la possibilité de refuser toute


soumission d’un entrepreneur ou d’un fournisseur qui, au cours des deux années précédant l’appel
d’offres, a fait l’objet d’une évaluation de rendement insatisfaisant;

Attendu que ce programme d’évaluation de rendement insatisfaisant a pour objectif de mettre de


l’avant la qualité des services plutôt que les faibles coûts des travaux et ainsi tempérer la règle du plus
bas soumissionnaire;

Attendu qu’en 2018, plus d’une dizaine de contrats ont pourtant été octroyés à des entreprises
inscrites sur la liste des firmes à rendement insatisfaisant (ci-après la « liste grise »), de sorte que 6
des 9 entreprises inscrites sur cette liste grise ont décroché au moins un contrat à Montréal;

Attendu que, contrairement à l’encadrement administratif sur l’évaluation du rendement des


fournisseurs, plusieurs de ces contrats ont été octroyés sans que les unités d’affaires aient justifié leur
recommandation aux instances décisionnelles selon les critères établis;

Attendu que le programme d’évaluation du rendement ne comporte aucune autre sanction effective
et systématique pour les entreprises autre que celle d’être inscrites sur la liste grise pour une période
de deux ans;
Attendu qu’en septembre 2018, le Bureau de l’Inspecteur général dévoilait dans un rapport de mi-
année que les services externes de surveillance des chantiers effectués pour le compte de la Ville de
Montréal comportaient de nombreuses irrégularités;

Attendu que Madame Brigitte Bishop, nouvellement nommée Inspectrice générale, a exprimé
publiquement le désir d’avoir un plus grand pouvoir de sanction envers les entreprises à rendement
insatisfaisant, pouvant être appliqué de manière graduelle;

Il est proposé par Lionel Perez, chef de l’Opposition officielle et conseiller de la Ville pour le
district de Darlington;

et appuyé par Patricia Lattanzio, conseillère de la Ville pour le district de Saint-Léonard Est;

Que la Ville de Montréal exige désormais aux firmes ayant fait l’objet d’une évaluation de rendement
insatisfaisant dans les deux dernières années et qui souhaitent obtenir un contrat, d’embaucher un
surveillant de chantier indépendant et à temps plein à leurs propres frais et la réduction automatique
de 5% du prix des soumissions acceptées;

Que la Ville de Montréal publie toutes les évaluations de rendement sur le portail de données
ouvertes;

Que la Ville de Montréal dépose au conseil municipal un bilan annuel de l’application du programme
d’évaluation du rendement.