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Prof. ADANE Abd El Hamid, Travaux pratiques, U.S.T.H.B., F.E.I.

, Département
d'antennes pour Ingénieurs et Masters Télécommunications

I: Identification des antennes et caractérisation: Le fil rayonnant

1. Rôle d'une antenne


Une antenne est un transformateur réciproque d'énergie électromagnétique. A l'émission,
elle transforme un signal électrique ou électromagnétique en ondes électromagnétiques. A la
réception, elle restitue ce signal à partir des ondes électromagnétiques qu'elle reçoit.

2. Constitution d'une antenne


Pour réaliser ce rôle, une antenne se présente sous la forme d'un dispositif électronique
plus ou moins simple, formé de matériaux conducteurs, magnétiques ou diélectriques. Selon
le degré de complexité de leur structure, les antennes peuvent être classées en quatre
catégories:
 Les fils rayonnants
 Les ouvertures rayonnantes
 Les antennes imprimées
 Les réseaux d’antennes
Les fils rayonnants sont constitués de conducteurs métalliques. Ils regroupent les antennes
rectilignes alimentées à la base ou au centre, les antennes rectilignes chargées au sommet ou
à la base par une réactance, les cadres circulaires, les cadres en losange, les antennes
hélicoïdales et les cadres solénoïdaux sur support magnétique.
Une ouverture rayonnante est une surface du milieu de propagation, délimitée par un
contour conducteur et caractérisant le champ transmis. Les ouvertures rayonnantes sont, pour
la plupart, soit rectangulaires, soit circulaires, selon qu’elles soient excitées par un guide
d’ondes rectangulaire ou circulaire. Ainsi, le cornet rayonnant de forme pyramidale est
caractérisé par une ouverture rectangulaire tandis qu'une antenne paraboloïde comporte une
antenne au foyer d'un réflecteur paraboloïde s'appuyant sur une ouverture circulaire.
Les antennes imprimées sont des antennes gravées généralement sur une plaque imprimée
double face dont le substrat est un diélectrique de caractéristiques appropriées à la
transmission THF. Ce sont, par exemple, les antennes patch et les antennes à empreinte
hélicoïdale. Cependant, il existe aussi des antennes imprimées formées de structures multi-
couches.
Les réseaux d’antennes sont des associations de plusieurs antennes de caractéristiques
similaires et de configuration géométrique assez régulière. Parmi les réseaux d'antennes les
plus communément utilisés, citons l’antenne Yagi ou le réseau d’antennes patch.
En résumé, les fils rayonnants, les ouvertures rayonnantes et les réseaux d’antennes sont,
pour la plupart, des structures métalliques, parfois associées à des matériaux diélectriques ou
magnétiques.

3. Caractéristiques d'une antenne


Les principales caractéristiques d'une antenne sont son aptitude à produire ou à collecter
un rayonnement électromagnétique et sa capacité d'adaptation au système électronique avec
lequel elle est connectée. Ainsi, pour réaliser l'adaptation d'une antenne à un émetteur ou à un
récepteur, il est nécessaire de déterminer l'impédance de cette antenne à la fréquence de
travail de ces appareils. Les caractéristiques de rayonnement peuvent être diversement
appréciées en considérant des grandeurs essentielles telles que la longueur d'onde d'accord, la
fonction caractéristique de rayonnement, la hauteur effective, le gain et la surface effective.

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Toutes ces grandeurs sont définies en résolvant les équations de Maxwell et l'équation
d'onde dans le cas des antennes en espace libre. Les calculs qui en résultent sont
essentiellement basés sur l'analyse vectorielle, la variable complexe et la géométrie
analytique.
Pour montrer l'importance de ces grandeurs caractéristiques, ces dernières sont définies ci-
après et appliquées à certaines antennes couramment utilisées en télécommunications

Approximation dipolaire électrique


Une antenne est assimilée à un dipôle électrique si ses dimensions sont petites devant la
longueur d'onde de transmission .
Dans le cas d'un fil rayonnant de longueur L, cette condition est réalisée lorsque: L << 

Zones de rayonnement
En comparant la longueur d'onde  à la distance r séparant l'antenne d'un point
d'observation, on distingue trois régions de fonctionnement de cette antenne:
 La zone de champ proche ou zone d'induction électromagnétique lorsque: r << .
 La zone intermédiaire où r  .
 La zone de champ lointain ou zone de rayonnement à grande distance quand: r >> .

Longueur d'onde d'accord


Comme dans le cas de l'oscillateur harmonique, l'accord d'une antenne est obtenu lorsque
l'une de ses dimensions est en relation simple avec la longueur d'onde. Ainsi, le fil rayonnant
est accordé quand sa longueur est égale à la longueur d'onde, à l'un de ses sous-multiples ou à
l'un de ses multiples et que les expressions du champ électromagnétique deviennent simples.
En pratique, dans le cas d'un fil rayonnant de longueur L, isolé dans l'espace, les longueurs
d'onde d'accord sont données par: L = n  / 2 avec n = 1 , 2 , 3 , 5 , …. Si cette antenne est en
présence d'un plan conducteur, comme à proximité de la Terre, les conditions d'accord sont: L
= n  / 4 avec n = 1 , 2 , 3 , 5 , …. En particulier, on a une antenne quart - d'onde pour
L =  / 4 et demi-onde si l'accord est réalisé avec L =  / 2.

Distribution du courant sur l'antenne


Trois sortes de fils rayonnants sont couramment employées comme antenne:
a. L'antenne rectiligne, de longueur L, excitée à l'une de ses extrémités par un signal
sinusoïdal et ouverte à son autre extrémité.
b.L'antenne rectiligne, de longueur L, excitée au centre par un signal sinusoïdal et ouverte à
ses deux extrémités.
c. L'antenne rectiligne, de longueur L, excitée à l'une de ses extrémités par un signal
sinusoïdal et fermée à l'autre extrémité sur son impédance caractéristique.
Soit i(x,t) = I(x) ejt, le courant circulant dans une antenne et x, l'abscisse mesurée le long
de cette antenne. D'après la théorie des lignes de transmission, l'amplitude du courant dans
chacune de ces trois antennes est:
2
a. I( x )  I M sin[ (L - x)] avec 0x+L

2 L
b. I( x )  I M sin[ ( - x )] avec - L/2  x  + L/2
 2
c. I(x) = Io = Cte avec 0x+L

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Les figures suivantes donnent respectivement la distribution de l'amplitude du courant


dans les cas d'une antenne quart - d'onde et d'une antenne demi-onde.
I(x) I(x)

IM IM

x x
0 L = /4 0 /4 L = /2

Hauteur effective d'une antenne


Par définition, la hauteur effective heff d'une antenne rectiligne, de longueur L,
parcourue par un courant i(x,t) = I(x) ejt, est la longueur d’un dipôle électrique équivalent
qui serait parcouru par un courant sinusoïdal d’amplitude constante IM et qui produirait le
même champ que cette antenne dans le plan perpendiculaire à celle-ci. Elle s'écrit:
1
h eff   I(x) dx
I M L
Soit, pour les trois sortes d'antenne:
L
1
a. h eff 
IM  I(z) dz
0

L

1 2
b. h eff   I(z) dz
IM L
-
2

c. h eff  L

Fonction caractéristique de rayonnement


De façon générale, le système de coordonnées considéré étant celui des coordonnées
sphériques (r,,), une antenne est caractérisée par sa fonction caractéristique de rayonnement
F(,) qui est, par définition, le rapport de l’amplitude du champ électrique mesurée dans la
direction (,) au maximum de cette amplitude. Donc: F(,) = E(,) / Emax
En pratique, lorsque ce maximum ne peut pas être déterminé directement, on se
contente de définir F(,) comme étant la partie angulaire de l’amplitude du champ
électrique. Puis, cette fonction est étudiée dans deux plans perpendiculaires l’un à l’autre:
 Le plan E (zO) contenant le champ électrique. z 
i 
 Le plan H (xOy) où se trouve le champ magnétique. ir
Cette étude comporte les étapes suivantes : P

 Définition de la fonction caractéristique r i
de rayonnement, 
 périodicité, recherche de symétries,
 calcul des zéros et des maxima, O y
 tableau de valeurs
 tracé du diagramme de rayonnement.


x 

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Ainsi, un dipôle électrique de longueur dl << , parcouru par un courant sinusoïdal i(t),
produit un champ :
60
E  j i o dl sin e j( t - kr)
r
Sa fonction caractéristique est alors : F(,) = sin. Soit :
 F() = sin dans le plan E avec 0 ≤  ≤ 360° et  = o = Cte.
 F() = 1 dans le plan H avec 0 ≤  ≤ 360° et  = 90°
En effet, le champ est rayonné dans tout l'espace décrit par 0°    360° et 0°    180°.
Par conséquent, on doit faire 0°    360° dans le plan E pour tracer le diagramme de F() et
0°    360° pour obtenir le diagramme de F().
Dans le cas d'une antenne rectiligne, de longueur L = n  / 2 , alimentée à sa base par un
signal sinusoïdal, ouverte à l'autre extrémité et isolée dans l’espace, la fonction caractéristique
de rayonnement s’écrit dans le plan E:


cos(n cos )
F()  2 si n est impair
sin 


sin( n cos )
F()  2 si n est pair
sin 

Dans le plan H, le rayonnement est omnidirectionnel car la fonction caractéristique de


rayonnement ne dépend pas de .
Dans le cas où l’antenne est alimentée par le centre, les conditions d’accord restent
inchangées, mais la fonction caractéristique devient :

L L
cos( cos ) - cos( )
F()   
sin 

Lorsque l'antenne de longueur rectiligne, de longueur L, alimentée à sa base par un


signal sinusoïdal et ouverte à l'autre extrémité, est en présence du sol ou d'un conducteur
parfait formé d'un plan indéfini , l'amplitude du champ électrique est:
2L 2L
cos( cos ) - cos( )
60I M  
E(, ) 
r sin 

Ce champ est rayonné dans le demi - espace supérieur décrit par 0°    360° et
- 90°    + 90°. Par conséquent, on doit faire - 90°    + 90° dans le plan E pour tracer le
diagramme de la fonction F() et 0°    360° pour obtenir le diagramme de F().
L'antenne étant accordée à L = n  / 4, on a:

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cos(n cos )
60 I M 2
E( , )  si n = 1 , 3 , 5 , …., (2m + 1)
r sin 


cos 2 (n cos )
120 I M 2
E( , )  si n = 2 , 6 , 10 ,….., 2 (2 p + 1)
r sin 


sin 2 (n cos )
120 I M 2
E(, )  si n = 4 , 8 ,…., 4 p
r sin 

Exemple d'étude du diagramme de rayonnement


Dans le plan H, F() = Cte    [0 , 360°], le diagramme de rayonnement se réduit à

un cercle centré sur l'axe Oz et le champ émis par le fil rayonnant est omnidirectionnel dans le
plan xOy.
Pour une antenne accordée à la demi-longueur d'onde (L = /2), la fonction
caractéristique s'écrit dans le plan E:

cos( cos )
F()  2 (6-8)
sin 

Son étude comporte les étapes suivantes:


 Définition: F() est définie dans l'ensemble des réels,    ]- , + [ , sauf pour toutes
les valeurs p = p (avec p = 0 , 1, 2 , …) pour lesquelles F(p) = 0/0. Pour lever cette
indétermination, posons  = p +  avec   0. Dans ce cas, on aura:
sin  = sin(p + )  = sin    et cos  = cos(p + )  = cos  1 - 2/2  

  2     2    2   2
cos( cos)  cos  (1 - )  cos  - )  sin  )  .
2  2 2   2 4   4  4

 
D'où: F()  et lim p F()  lim 0 0.
4 4
 Périodicité: Comme F() est composée de fonctions trigonométriques telles que cos et
sin, qui sont périodiques de période 2, cette fonction est aussi périodique de période 2.
Par conséquent, son domaine d'études est fixé de 0 à 2.

 Symétries: Il est facile de vérifier que: F(- ) = F() (symétrie par rapport à Oz ) et que:

F( - ) = F() (symétrie par rapport à O ). Ces symétries réduisent successivement
l'étude détaillée de F() aux intervalles 0     et 0    /2.

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 Recherche des zéros: Ce sont les valeurs de  obtenues lorsque F() = 0, c'est-à-dire pour
  
cos( cos )  0  cos  p  (2p  1) ou 0  cosp = 2p +1  1. La solution de cette
2 2 2
équation est p = 0  cos0 = 1 et 0 = 0 (cet angle est bien celui d'un zéro puisque la levée
de l'indétermination avait donné F(0) = 0).
 Recherche des maximums: Le seul maximum est obtenu par raison de symétrie car il se
trouve à  = /2 , pour lequel F() = 1.
 Tableau de valeurs: En incluant les valeurs remarquables, celui-ci est:

 0 60° 90°

F() 0 0,83 1

 Diagramme de rayonnement: Ce dernier est obtenu en traçant point par point la courbe
du premier quadrant dans le système de coordonnées polaires, puis le reste du diagramme
 
grâce aux symétries par rapport aux axes O et Oz . La courbe qui en résulte est un

diagramme composé de deux lobes symétriques, axés sur O

Exemple de calcul de la hauteur effective de l'antenne en présence du sol


D'après le principe des images électriques, une antenne rectiligne, de longueur L,
verticale, excitée à sa base par un générateur sinusoïdal, ouverte à son extrémité supérieure et
se trouvant près du sol, équivaut à une antenne rectiligne, de longueur 2L, verticale,
alimentée au centre par un signal sinusoïdal, mais ne rayonnant que dans le demi-espace se
trouvant au dessus du sol.
En effet, ce principe stipule qu'une charge électrique + q placée à une distance d d'un
plan indéfini (P) portant un conducteur parfait, mis à un potentiel de référence V = 0,
développe sur celui-ci des charges de signe opposé et produit les mêmes effets que ceux du
couple formé de la charge réelle + q et de sa charge image – q, lorsqu'elles sont
équidistantes de la longueur d vis à vis du plan (P).

conducteur d charge réelle charge image d d charge réelle


parfait à +q  -q +q
V=0
(P) (P)

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L'application du principe des images électriques à l'antenne verticale implique que le


sol soit assimilé à un conducteur parfait et se comporte comme un miroir vis-à-vis de cette
antenne. Comme lorsqu'elle était isolé dans l'espace, il suffit de représenter l'antenne en
présence du sol dans le plan zO car le rayonnement émis est indépendant de l'angle .

z
z
rM
+L
+L rM
M   M  

I(z) (M) + I(z) (M)


r
r
 
 
(O)  
 (O)
rM'
M'  

- I(z) (M')

-L

Quand l'antenne verticale se trouve juste au dessus du sol, la hauteur effective est :
L
1
h eff 
IM  I(z) dz
-L
L 0
 h eff   sin[k(L - z )] dz   sin[k(L - z )] dz
0 -L
Sachant que OM = OM' = Z, Faisons z = Z dans la première intégrale et z = Z = - z
dans la seconde. Il vient:
L
h eff  2  sin[k(L - Z)] dZ
0
 2L 
D'où: h eff  1 - cos (6-21)
   
La hauteur effective de l'antenne en présence du sol est le double de celle observée
pour cette antenne quand elle est isolée dans l'espace. Soit: heff(sol) = 2 heff(isolée). Dans ce cas,
sa résistance de rayonnement serait quadruplée. Mais, comme cette antenne ne rayonne que
dans le demi - espace supérieur, la résistance de rayonnement et, par suite, la puissance émise
doivent être divisées par 2.

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II : Etude d’une liaison radioélectrique

1. Principe d'une liaison RF


Comme l'indique la fig. 1, une liaison radioélectrique comporte un émetteur HF, deux
antennes rectilignes et un récepteur HF.

E
G S

PT W p

H Récepteur
Emetteur
r

Fig. 1 Schéma bloc d’une liaison radioélectrique.


 
Les champs E et H caractérisant les ondes émises sont perpendiculaires entre eux et à la

direction de propagation définie par le vecteur de Pointying W .
L’émetteur fournit une puissance totale (PT) à l’antenne d’émission. Cette antenne
rayonne des ondes électromagnétiques d’intensité (W) à la distance (r). L’antenne de
réception en captant ces ondes, convertit le flux de puissance électromagnétique (W) en une
f.e.m. (e) puis, en une puissance reçue (p). La conception de cette liaison nécessite que les
antennes aient la même polarisation pour que la puissance reçue soit maximum et que le
rapport (p/PT) caractérisant l’affaiblissement de la liaison, soit le meilleur possible. Un tel
problème est résolu grâce à l’équation des télécommunications.

2. Polarisation
La polarisation d’une onde électromagnétique est la direction prise par le champ
électrique qui la caractérise. La polarisation d’une antenne est également la direction du
champ électrique émis ou reçu par l’antenne dans des conditions de rayonnement maximum.
Les différents types de polarisation sont :
 La polarisation rectiligne dans le sens vertical ou polarisation verticale
 La polarisation rectiligne dans le sens horizontal ou polarisation horizontale
 La polarisation circulaire ou elliptique à gauche si le champ électrique tourne de droite
à gauche, c'est-à-dire dans le sens trigonométrique.
 La polarisation circulaire ou elliptique à droite si le champ électrique tourne de la
gauche vers la droite, c'est-à-dire dans le sens des aiguilles d’une montre.
Dans le cas d’une antenne rectiligne, verticale, de longueur dl, de type ‘dipolaire
électrique’, le champ émis est maximum dans un plan perpendiculaire à l’antenne. Dans ce
cas, le champ électrique est parallèle à cette antenne. En général, lorsqu’elle travaille à la
réception, une telle antenne capte une f.e.m. qui s’écrit (voir fig. 2):
  
e  ds
E E 
(dl)
dl
 e = E dl cos

Fig. 2. Champ E capté par une antenne rectiligne, verticale, de longueur dl.

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Pour  = 0° , le champ électrique est parallèle à l’antenne et la f.e.m. reçue est maximum.
Par conséquent, la polarisation est verticale et la puissance reçue est maximum.
Pour  = 90°, Le champ électrique est perpendiculaire à l’antenne, aucune puissance
n’est captée par celle-ci. Donc, les antennes de réception et d’émission sont découplées car
ces deux antennes sont perpendiculaires l’une à l’autre.

2. Estimation des puissances à l'émission et à la réception


Dans la liaison décrite par la fig. 1, l'antenne d'émission est une antenne rectiligne,
verticale, de longueur L, isolée dans l’espace, ouverte à son extrémité supérieure et excitée à
sa base par un courant sinusoïdal d’amplitude :
2
I(z)  I M sin (L - z) avec 0  z  L.

Cette antenne rayonne le maximum de champ dans le plan xOy et sa hauteur effective est :
L
1   2L 
h eff 
IM  I(z) dz . Dans ce cas, l'intégration donne: h eff  2 1 - cos  
0
heff est, donc, la longueur d’un dipôle électrique parcouru par un courant sinusoïdal
d’amplitude IM produisant le même champ que l’antenne rectiligne de longueur L dans le plan
60
perpendiculaire à celle-ci. Dans ce cas, l’amplitude du champ vaut : E  IM
r
Compte tenu de l’approximation dipolaire électrique, la puissance totale émise est estimée
1
en faisant: PT  R I 2M
2
Dans cette expression, R est la résistance de rayonnement de l'antenne d'émission. Elle est
2
2 h eff
pratiquement égale à: R  80
2
A la réception, la f.e.m. collectée par l'antenne de réception est: e = heff E
Si l'impédance d'entrée du récepteur est adaptée à celle de son antenne, la puissance reçue
1 e2
est maximum et elle vaut : p  .
2 4R
En dBm, on a : p(dBm) = 10 log [p(mW)/1 mW].

3. Gain et surface effective


Par définition, le gain d’une antenne dans la direction ( , ) est le rapport du flux de
puissance électromagnétique W( , ) émis par cette antenne dans cette direction à celui Wisot.
rayonné par une antenne isotrope alimentée par la même puissance d’émission PT. Soit :

W( , ) W( , ) P 1 1   
G ( , )  ou G ( , )  avec Wisot.  T 2   (E  H * ) ir d
Wisot. PT 4r  () 2
2
4r
W( , ) 1 1   
La directivité D( , ) est: D( , )  avec  W    (E  H * ) ir d
W  () 2
Dans cette expression, <W> est le flux moyen de puissance électromagnétique rayonnée
 
dans tout l'espace, H * est le complexe conjugué du champ magnétique H et la surface () est

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représentative de l’onde émise par l’antenne. Celle-ci est une surface sphérique  = 4r2 de
centre (O), de rayon r et de normale i r orientée vers l’extérieur.
Si l'antenne est sans pertes, son rendement vaut  = 1 et G( , ) = D( , ).
Mais, si  < 1, on aura: G( , ) =  D( , ).
La surface effective S( , ) d’une antenne de réception est le rapport de la puissance
reçue p au flux de puissance électromagnétique W( , ) capté par cette antenne, à savoir :
p
S( , ) 
W( , )

Le flux de puissance électromagnétique produit par l'antenne d'émission dans le plan xOy,
E2 15
est: W   2 2 I 2M h eff
2

240  r
2
h eff PT 10
La puissance totale émise est: PT  40 2 I 2M   2 2 I 2M h eff
2

 2
4r 2
 r
15 2 2
I h eff
W 2 2 M
r 3
D'où, le gain maximum: G   
PT 10 2 2 2
I h eff
2 2 M
4r 2
 r

Comme e = E dl, la puissance reçue s’écrit : p = E2 dl2 / 8 R


E 2 dl 2

La surface effective de cette antenne est : S  8 R2
 30 dl 2
E R
240 
2 2 2
30  dl 3 3
 S  
dl 2 8  2 4
80  2 2

On en déduit alors une relation entre le gain maximum G et la surface effective S, qui
s’écrit :
4S
G 2

4. Equation des télécommunications


Cette équation qui permet de dimensionner une liaison radioélectrique, se déduit du
schéma de la fig. 1 et des définitions du gain est de la surface effective. En effet, on a :
W= G PT / 4r2 = p / S et S = 2 G / 4
D’où, l’équation des télécommunications pour deux antennes identiques:
p / PT = S G / 4r2 = ( G / 4r)2
Pour deux antennes différentes de gain G1 et G2, on trouve que :
p / PT = G1 G2 ( / 4r)2

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III : Les surfaces rayonnantes dans les liaisons RF et microondes


Une surface rayonnante peut être définie comme étant la surface qui sépare un milieu de
transmission où les ondes électromagnétiques sont guidées de l'espace libre où ces ondes sont
rayonnées. Cette surface s'appuie donc sur le contour de l'ouverture du milieu de transmission
guidé. Parmi les antennes à surfaces rayonnantes utilisées dans les liaisos RF et microondes,
citons les fentes rayonnantes, l'antenne paraboloïde et les cornets.
Dans le cas d’un cornet, l’ouverture rayonnante de forme pyramidale, est une surface
rectangulaire de longueur A et de largeur B, sur laquelle le champ électromagnétique est à
phase constante.
x

B 
z

A y

Pour un éclairement uniforme sur l’ouverture rectangulaire, la fonction caractéristique du


cornet dans le plan E, s’écrit:

 B 
sin  sin 
FE ()    
B
sin

Dans le plan H, elle est donnée par:

 A 
cos sin  
FH (  )    
2
 2  A 
 sin  
4   

Si l’amplitude du champ à l’ouverture n’est plus constante, ces fonctions deviennent


évidemment beaucoup complexes à calculer et à écrire.

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IV : Etude des réseaux d'antennes

1. Les réseaux linéaires


De façon générale, un réseau d'antennes est une association adéquate d'antennes de même
type travaillant dans la même gamme de fréquence.
Un réseau linéaire est formé de plusieurs antennes identiques espacées l'une de l'autre de
la même distance d et alimentées par un courant sinusoïdal de même amplitude Io.
Selon la disposition des antennes l'une par rapport à l'autre et le déphasage entre les
courants circulant dans les antennes, on distingue:
 Le réseau linéaire à rayonnement transversal
 Le réseau linéaire à rayonnement longitudinal
 Le réseau Franklin
Un réseau très employé en transmission hertzienne et en télévision, est l'antenne conçue
par Dr Yagi et Uda en 1930. Cette antenne initialement utilisée en téléphonie dans la gamme
VHF, est un réseau non linéaire composé d'une antenne principale et d'éléments parasites.

La fig suivante donne un exemple de réseau linéaire réparti le long de Ox .


(n – 1) d d  r

Io
I1 y
O 
n 

In rn

IN-1 
n

x n

2. Réseau à rayonnement transversal



Ce réseau se compose de N antennes identiques disposées le long de l'axe Ox ,

parallèlement à l'axe Oz , espacées l'une de l'autre d'une distance d et parcourues par des
courants de même amplitude Io et de même phase. Chacune de ces antennes est assimilée à
un dipôle électrique de longueur dl On déduit de la fig. 1 que le champ émis par le nième
dipôle est:
60
En  j I n dl sin n e j(t - k rn ) avec n = 0 , 1,…., n , …., N – 1.
 rn
Les courants étant en phase et d'amplitude identique, on a: In = Io  n  [0 ,…., N – 1].
 
A grande distance, les vecteurs rn et r sont quasiment parallèles. Par conséquent, on peut
écrire que: n   et n  .  
  
De plus, on a: rn  r - (n - 1) d ix , où ix est le vecteur unitaire de l'axe Ox .

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       
Soit u n  rn / rn , le vecteur unitaire de rn et u  r / r , celui de r . Comme u n  u , la
 
projection de rn sur r est:
      
rn u  rn  r - (n - 1) d u ix , avec u  sincos ix  sinsin iy  cos iz .
D'où: rn = r – (n – 1) d sin cos.
Dans ces conditions, les approximations suivantes peuvent être faites dans l'expression du
champ: rn  r pour l'amplitude et rn  r – (n – 1) d sin cos pour la phase.
60
Le champ dû au nième dipôle devient alors: E n  j I o dl sin e j[t - k r  (n - 1) k d sin cos]
r
Le champ total émis par les N antennes du réseau, est obtenu en calculant la somme:

N -1 N -1
60
ET   En  j I o dl sin e j( t - k r)  e j (n - 1) k d sin cos
n 0 r n 0
N -1
60
E T  E o  e j (n - 1) k d sin cos I o dl sin e j(t - k r)
avec Eo  j
n 0 r
Cette somme est une série géométrique de premier terme égal à 1 et de raison égale à
exp[j k d sin cos] dont la somme est égale à:
S = 1 + exp[j k d sin cos] + ….. + exp[j n k d sin cos] + …+ exp[j (N – 1) k d sin cos]
En calculant S - S exp[j k d sin cos], on obtient:

N -1
1 - e j N k d sin cos
S e j (n - 1) k d sin cos

1 - e j k d sin cos
n 0

En mettant en facteur, exp[(j Nkd sin cos)/2] au numérateur et exp[(j kd sin cos)/2]
au dénominateur, puis en multipliant et en divisant l'expression ainsi obtenue par – 2j , on
trouve que:
N d 
sin  sin cos (N - 1) kd
60    j[ t - kr  sin cos]
ET  j I o dl sin e 2
r  d 
sin  sin cos
  
La fonction caractéristique de rayonnement de ce réseau est:
N d 
sin  sin cos
F( , )  sin   
 d 
sin  sin cos
  
L'étude cette fonction et le tracé des diagrammes de rayonnement F() et F() montrent
que le rayonnement est maximum dans une direction perpendiculaire au plan du réseau.
Ce type de réseau est donc un réseau à rayonnement transversal.

3. Réseau à rayonnement longitudinal


Ce réseau est structuré comme le réseau à rayonnement transversal, sauf que la phase du
courant varie linéairement avec la distance quand on passe d'une antenne à l'autre. Le courant
qui circule dans la nième antenne, est alors caractérisé par In = Io exp[- j (n – 1) k d].
Le calcul du champ est identique au précédent. Il revient à remplacer partout le terme de
phase (n – 1) kd sin cos par [(n – 1) kd (sin cos - 1)].

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Après sommation, on obtient le champ total qui vaut:

N d 
sin  (sin cos - 1) j[ t - kr  (N - 1) kd (sin cos - 1)]
60   e
ET  j Io dl sin 2
r   d 
sin  (sin cos - 1)
  
On en déduit la fonction caractéristique de rayonnement de ce réseau qui s'écrit:

N d 
sin  (1 - sin cos)
F( , )  sin   
 d 
sin  (1 - sin cos)
  

Ce réseau est à rayonnement longitudinal car d'après les diagrammes de rayonnement F()
et F(), le rayonnement est maximum le long de l'axe horizontal du réseau.

4. Réseau Franklin
La structure de ce réseau est décrite par la figure ci-après. Il se compose de N antennes

alignées le long de Oz et parcourues par des courants d'amplitude In. Chacune des antennes
est espacée l'une de l'autre d'une distance. Le principe de calcul du champ rayonné est le
même que précédemment sauf que les différences de phase sont évaluées en fonction de la

position des antennes sur Oz .
z

IN-1

In

(n – 1) d

I1  r

Io d
O
y



x 

On a alors: rn  r pour l'amplitude et rn  r – (n – 1) d cos pour la phase.

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N d 
sin  cos (N - 1) kd
60    j[ t - kr  cos]
Pour In = Io , on a: E T  j I o dl sin e 2
r  d 
sin  cos
  
- j (n – 1) kd
Pour In = Io e , le champ rayonné s'écrit:

N d 
sin  (cos - 1) (N - 1) kd
60    j[ t - kr  (cos - 1)]
ET  j I o dl sin e 2
r  d 
sin  (cos - 1)
  

5. Antenne Yagi
Une antenne Yagi est un réseau formé d'un élément central et d'éléments parasites.
La figure suivante illustre le cas d'une antenne Yagi à quatre éléments. L'élément central
de cette antenne est une antenne demi-onde alimentée au centre par câble coaxial, l'élément
parasite à l'arrière de l'antenne est le réflecteur et les deux éléments parasites se trouvant à
l'avant de l'antenne forment les directeurs. Tous ces éléments sont accordés à /2 et jouent
donc le rôle de résonateurs. De plus, la distance entre deux éléments successifs est de /4 de
façon que ces derniers soient en couplage mutuel.
Brièvement, les ondes arrivant suivant l'axe de l'antenne, sur l'élément central et par
l'intermédiaire des deux directeurs, parcourent un chemin égal à /2 tandis que celles qui
transitent par le réflecteur, suivent un trajet de  avant d'être captées par l'élément central. Par
conséquent, les ondes issues du réflecteur sont en opposition de phase avec celles réémises
par les directeurs et captées par le dipôle central. Par conséquent, le rayonnement est
maximum du côté des éléments directeurs et très atténué du côté du réflecteur.

Elément
Réflecteur central Directeurs

Feeder

Le calcul du champ rayonné par une antenne Yagi est assez complexe à effectuer et fait
appel à des méthodes d'analyse numérique. Comme ce champ résulte du couplage mutuel
entre les éléments parasites et l'élément central, il nécessaire d'ajuster la longueur de ces
éléments et la distance inter-éléments pour optimiser les caractéristiques de rayonnement de
l'antenne Yagi.

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V : Adaptation des antennes et mesure d’impédances

1. Adaptation d'une antenne à son feeder


En prenant le récepteur pour origine des abscisses, les équations d'une ligne sans pertes
sont: V(x) = VR cos x + j RC IR sin  et I(x) = IR cos x + j (VR / RC) sin x
Le coefficient de réflexion est le rapport de l'onde réfléchie à l'onde incidente. En un
point x, il vaut: (x) = (ZR – RC) / (ZR + RC)
Le taux d’ondes stationnaires est le rapport de la valeur maximum de l’amplitude du
signal transmis par la ligne à sa valeur minimum. Soit: T.O.S. = VM / Vm  1
On en déduit que: T.O.S. = (1 +  )/(1 -  )
Pour ZR = R (résistance pure), les cas possibles sont alors:
 R > RC  T.O.S. = = R/RC
 R < RC  T.O.S. = = RC/R
 R = RC  T.O.S. = = 1

2. Mesure d'impédance
Soit un générateur HF de f.e.m. e et de résistance interne ro, débitant sur une résistance de
charge ro. La tension aux bornes de cette résistance vaut: vo = ro e / (ro + ro) = e / 2.
Dans le cas où la résistance de charge est R  ro, la tension de sortie est: v = R e / (ro + R).
ro ro

e ro vo e R v

(a) charge adaptée (b) Charge quelconque

On en déduit que: ro v = R (e – v)  R = ro v / (e – v) ou R = ro v / (2 vo – v).


La résistance interne ro du générateur étant connue, la méthode de mesure consiste donc à
mesurer, d'abord, la tension vo aux bornes de la résistance de charge lorsque cette dernière est
adaptée à la sortie du générateur, et ensuite, la tension v aux bornes de la résistance de charge
R qu'on veut déterminer.
Dans le cas d'un générateur de résistance interne ro = 50 , on a: R = 50 v / (e – v).

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VI : Les antennes imprimées

1. Antenne patch
L'antenne patch est un cas particulier de la famille des surfaces rayonnantes. C'est une
structure planaire obtenue en gravant une forme métallique sur un substrat diélectrique sous
lequel se trouve un plan de masse métallique. Les antennes patch dont la conception est basée
sur la technologie des lignes microrubans, sont généralement de forme rectangulaire. Ils font
actuellement l'objet de beaucoup de travaux de recherche en vue d'applications dans la gamme
des microondes. Cependant, leur calcul est complexe à mener et fait intervenir une constante
diélectrique effective qui caractérise le milieu formé du substrat sur lequel est implanté le
patch et l'air qui l'entoure. La figure suivante montre une antenne patch et son feeder.

Antenne patch

L’impédance de cette antenne dont le feeder est une ligne microruban d’impédance
caractéristique égale à 50 , est une fonction de la longueur L du patch tandis que sa
fréquence de résonance fr varie selon la largeur W.

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