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Les écoles de solfège et musique de la Province de Québec Martin Gladu
Les écoles de solfège et musique de la Province de Québec
Martin Gladu

L e Secrétariat de la Province de Québec pris linitiative dune action directe en

éducation des adultes en 1888.

Cest dans cet élan que lancien Conseil des arts et manufactures inaugura onze ans plus tard à Montréal des cours gratuits de solfège. Lannée suivante, ces mêmes cours étaient offerts à Québec. Puis, en 1929, le programme fût étendu à lensemble de la province. Laissons au

Dictionnaire biographique du Canada le soin de révéler cette initiative :

En octobre 1899, le Conseil des arts et manufactures de la province de Québec charge Jean-Baptiste Dubois des classes publiques de solfège, au Monument-National. Il quitte cependant ce poste, dont il a été le premier titulaire, pour remplir un engagement dun an comme violoncelle solo au Cincinnati Symphony Orchestra pour la saison de 19031904. En octobre 1929, le secrétaire de la province, Louis-Athanase David, le nommera directeur de lenseignement du solfège au Québec, emploi que Dubois occupera jusqu’à la fin de sa vie. Linitiative du Conseil des arts et manufactures, du gouvernement et de Dubois a le mérite de retirer lexclusivité de lenseignement du solfège aux établissements denseignement et aux studios des professeurs de musique pour en faire profiter toute la population de la province. Dune durée de trois ans, ces cours permettent à un public élargi dacquérir des notions élémentaires de musique. La première classe, en 1899, na diplômé que 69 élèves, exclusivement à Montréal. Quatre ans avant la mort du fondateur (en juillet 1938), les cours gratuits de solfège se donnent dans 18 villes et 26 écoles, et 900 personnes sinscrivent à lexamen. Il est alors premier violoncelliste de lOrchestre symphonique de Montréal, dirigé par Guillaume Couture.

L’ancien maître de chapelle à l’église Notre-Dame de Montréal Guillaume Dupuis a, lui aussi, été directeur des écoles de solfège. D’ailleurs, Edmond Archambault publia son Solfège pratique (avec Claude Champagne), un ouvrage qui semble avoir été conçu exprès pour ces cours. En 1937, Dupuis fût nommé au comité chargé d’étudier lenseignement de la musique au Québec quavait formé Albiny Paquette, secrétaire de la province. C’est sous sa gouverne que le programme des écoles de solfège et de musique prit réellement son envol.

Le violoncelliste Jules Dubois, qui était le fils de Jean-Baptiste, a poursuivi son œuvre.

Un cours gratuit dharmonie, sous la direction de George-Émile Tanguay, fût institué en 1941, puis en 1942, un cours de dictée, celui-là donné par l’organiste Omer Létourneau.

En 1942, plus de 2 000 élèves étaient inscrits à l’une de ces écoles.

Le Conseil des arts et manufactures

Le Conseil des arts et manufactures est créé en 1872 par une loi du gouvernement du Québec afin de répondre à la forte demande en formation spécialisée des années 1870 et d'assurer une meilleure uniformité et coordination dans l'enseignement. Il prendra ainsi la relève du Bureau des arts et manufactures créé en 1857 dont la mission était de promouvoir la formation spécialisée et de veiller à son développement. Le Conseil des arts et manufactures aura alors le mandat de créer des écoles, d'en surveiller la gestion, de procéder à l'embauche de professeurs et de déterminer les matières devant être enseignées. L'objectif visé est la formation d'une main d'oeuvre d'élite, à l'aide de cours directement liés aux métiers pratiqués par les travailleurs fréquentant ces écoles. De 1877 à 1928, entre huit et dix-sept écoles offriront de la formation spécialisée. En 1887, il passe sous la responsabilité du département dAgriculture et de la Colonisation. En 1926, une loi vient réorganiser complètement l'enseignement professionnel et spécialisé favorisant ainsi l'abolition du Conseil des arts et manufactures en 1928.

Ses dix-sept premiers membres étaient : John Leclaire, Jean-Baptiste Rolland, Adolphe Lévêque, Guillaume Boivin, Arthur Dansereau, Henry Lyman, Henry Bulmer, Alexander A. Stevenson, David McFarlane, Thomas White, tous de la Cité de Montréal, Eugène Chinic, Révérend Octave Audet, prêtre, Joseph Woodley, de la cité de Québec. Léonard Irenée Boivin, de New Liverpool, Richard Smith, de la ville de Sherbrooke, Robert McDougall, des Forges de Saint-Maurice, et Yacinthe Beauchemin de Sorel.

Forges de Saint-Maurice, et Yacinthe Beauchemin de Sorel. J. J. Goulet, directeur des cours de solfège

J. J. Goulet, directeur des cours de solfège du Monument-National

Photo-Journal , 13 octobre 1956

Photo-Journal, 13 octobre 1956