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Dilatation et retrait

DILATATION ET RETRAIT
La dilatation et le retrait sont deux phénomènes toujours présents lors du soudage des métaux,
quels que soient les procédés utilisés et les métaux en cause. La dilatation est la propriété
qu'ont les métaux d'augmenter de volume lorsque la température augmente. Le retrait est le
phénomène inverse, c'est-à-dire la propriété qu'ont les métaux de se contracter et de diminuer
de volume lors du refroidissement.

Dilatation et contraction libres

Ductilité

Lors du chauffage, le métal se dilate dans tous les sens et continue de se dilater à mesure que
la température s'élève jusqu'à ce que le métal soit liquide (point de fusion). Lorsque le métal
devient chaud, sa résistance physique diminue au fur et à mesure que la température
augmente. À une certaine température, le métal devient malléable et peut être refoulé ou
gauchi par l'application d'une force.

Coefficient de dilatation Coefficient de dilatation des


Métal
en microns (µ) métaux
Acier 12
23 Les taux de dilatation et de contraction de
Aluminium
chaque métal, ainsi que leur ductilité
Argent 19 permettent de prévoir comment le métal
Bronze 18 réagira au moment du soudage. Le
Cuivre 17 coefficient de dilatation représente la
Étain 23 valeur de l' augmentation de volume d'un
Fer 12 métal. Plus précisément, il représente la
Fonte 11 valeur de la déformation linéaire du
19 métal. En somme, le coefficient de
Laiton
dilatation donne une indication juste de la
Magnésium 23 déformation que subira un métal au cours
Or 15 du soudage. Le tableau donne la valeur
Plomb 29 des coefficients de dilatation des métaux
Tungstène 4 usuels par °C.

D'après les données du tableau,


l'aluminium possède un coefficient de
dilatation élevé; pour la même variation
de température, l'aluminium (23) subit
une dilatation presque deux fois
supérieure à celle de l'acier (12).

Le micron (µ) est égal à un millionième


Zinc 30 de mètre. Pour obtenir la valeur de la
dilatation, en mm par mètre, il suffit de
multiplier les valeurs du tableau par 10-3.

Par exemple, le coefficient de dilatation


du fer est égal à:

12 µ x 10 -3 = 0,012 mm/m.

À partir de cette valeur, il est possible d'obtenir rapideme nt un ordre de grandeur de la


dilatation en fonction de l'élévation de la température. Par exemple, à une température initiale
de 20 °C, une barre de fer mesure 1 m. De combien se sera-t-elle dilatée lorsque sa
température atteindra 400°C? Nous avons déjà déterminé que pour chaque degré, le fer se
dilate de 0,012 mm/m:

• température initiale: 20 °C
• longueur: 1 m
• température finale: 400 °C

Dilatation pour chaque degré par mètre de longueur: 0,012 mm

• Variation de température: 380 °C (400 °C - 20 °C)

La barre de fer à la température de 400 °C se sera donc dilatée de 4,5G mm.

Effets du chauffage
Théoriquement, tout métal chauffé se dilate pour ensuite se contracter lors du refroidissement
et reprendre ses dimensions initiales. Toutefois, une condition est essentielle pour obtenir la
réversibilité des phénomènes:

• les pièces doivent être libres de se déplacer dans l'espace.

En soudage, les phénomènes de dilatation et de contraction doivent être constamment pris en


considération.

Comme il est rarement possible que les pièces de métal soient entièrement libres de se dilater
et de se contracter lors du soudage, il en résulte des conséquences plus ou moins importantes.
Pour comprendre ce phénomène, étudiez les exemples qui suivent.

Exemple n° 1

Si l'on chauffe une pièce de métal retenue entre les mâchoires d'une serre, la dilatation sera
restreinte dans un sens et plus importante dans les deux autres sens

Dilatation: une dimension bloquée

Après la contraction, on observe que:

• la dimension qui n'a pu se dilater s'est quand même contractée et est donc devenue
plus petite qu'au départ;
• les deux dimensions qui ont pu se dilater sont devenues plus grandes qu'au départ.

La pièce de métal n'étant pas libre de se déplacer, il ne peut y avoir réversibilité des
phénomènes. Elle ne peut donc reprendre sa forme initiale.

Exemple n° 2
On peut également empêchet ou bloquer la dilatation dans deux sens.

Dilatation: deux dimensions bloquées

Après la contraction, on observe que:

• les deux dimensions qui n'ont pu se dilater sont plus petites qu'au départ;
• la dimension qui a pu se dilater est plus grande qu'au départ.

Comme dans l'exemple précédent, il n'y a pas eu de réversibilité des phénomènes à cause des
contraintes exercées sur le métal. La pièce a donc changé de forme.

Exemple n° 3

Supposez que l'on chauffe le rebord d'une plaque d'acier jusqu'à ce qu'elle devienne rouge vif
(partie ombrée sur la figure et qu'on laisse ensuite la plaque refroidir. La partie froide de la
plaque (partie non ombrée) restreint la dilatation, comme l'a fait la serre pour la barre de métal
dans l'exemple no 1. La dilatation fait onduler le rebord de la plaque chauffée. En se
refroidissant, à cause de la contraction, le rebord devient légèrement moins long
qu'auparavant.

Refoulement
Exemple n° 4

Cet exemple démontre l'effet de charnière. Sur la figure, vous voyez trois étapes:

• en A, les zones ombrées près de la coupure sont portées au rouge;


• en B. au moment de la dilatation, le métal prend de l'expansion dans la direction où il
n'y a pas de contraintes, c'est -à-dire vers la coupure. Les bords de la plaque se
chevauchent;
• en C, après le refroidissement, l'effet de la dilatation est plus grand que celui de la
contraction. Les bords de la plaque demeurent superposés.

Effet de charnière

Tout comme dans l'exemple précédent, la partie froide de la plaque (partie non ombrée) a
restreint la dilatation du métal chauffé.

Facteurs influençant la dilatation et le retrait


D'après les exemples précédents, vous pouvez constater que la dilatation et la contraction
varient dans chaque cas. Voici les facteurs qui déterminent leur ampleur et les effets qu'elles
ont sur le métal.

Température: Plus le métal est chauffé, plus le risque de déformation est grand.

Étendue de la zone chauffée: Plus grande est la zone de métal chauffée, plus grande est la
déformation.

Dilatation et contraction inégales: Lors du soudage, la chaleur ne se diffuse pas également


sur toute la surface des plaques minces, ce qui tend à les faire onduler.

Contractions qui s'additionnent: ce phénomène se produit lors du soudage. Le métal


d'apport vient s'ajouter au métal de base en fusion. Le refroidissement provoque un retrait
latéral du métal d'apport. En conséquence, la contraction devient supérieure à la dilatation. Il
est à noter que lorsqu'on empêche le retrait, cela peut engendrer des tensions suffisantes à
l'intérieur du métal pour causer des fissures si celui-ci n'est pas assez ductile.

Propriétés du métal de base: Plus le coefficient de dilatation du métal est élevé, plus il est
susceptible de subir de fortes déformations.

Forme des pièces: Une plaque ayant une forme galbée a moins tendance à se déformer sous
l'action de la chaleur qu'une plaque plane.

Lors du soudage, ces facteurs peuvent intervenir conjointement. De même, l'énergie linéaire
et la vitesse de soudage modifient les effets de la dilatation et de la contraction sur les métaux.
Lors du soudage, l'énergie est transmise aux surfaces adjacentes des pièces. Plus la quantité
d'énergie est grande, plus la variation de température touche une grande surface. Après le
soudage, le refroidissement provoque une contraction du métal d'apport. La déformation est
moins prononcée lorsque la vitesse de soudage est rapide, car la zone thermiquement atteinte
est moins grande.

Variation de la température selon la vitesse de sondage (Bureau canadien de


sondage)
Résumé

- Théoriquement, tout métal chauffé se dilate pour ensuite se contracter lors du


refroidissement et reprendre ses dimensions initiales.

- Les contraintes empêchant la dilatation et la contraction causent des déformations du métal.

- Chaque métal possède un coefficient de dilatation linéaire qui lui est propre et qui détermine
son élongation sous l'effet de la chaleur.

- La dilatation et la contraction peuvent variez. Plusieurs facteurs déterminent leur ampleur et


les effets qu'elles ont sur le métal.

- Les déformations dues à la dilatation et au retrait sont proportionnelles aux dimensions de la


zone chauffée.

- Plus le procédé de soudage transmet d'énergie au joint, plus le métal est chauffé et plus les
risques de déformations sont élevés.

- La répartition de la chaleur au moment du soudage doit être aussi uniforme que possible.

- Une vitesse de soudage rapide contribue à réduire les déformations causées par le retrait du
métal d'apport.