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Encore une fois gâteau Leo Spitzer Romania Citer ce document / Cite this document :

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Spitzer Leo. Encore une fois gâteau. In: Romania, tome 65 n°259, 1939. pp. 374-375;

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MÉLANGES

ENCORE UNE

FOIS GÂTEAU

le gâteau était à le mot venait de

gâter (pâtisserie faite de pâte « gâtée »). Voici qui me semble corroborer mon hypothèse : dans le Perceval de Chrétien de Troyesnous lisons(v. 300-305: du morceau publié dans Bartsch-Wiese)

J'avais suggéré ( Romania , LXIV, 395) que

« gratin » et que

l'origine une « tarte » ou un

dedevantla hancheaus unsdevaslezcerf trancha.au et les morsiaus lor met devant sor un pastel qui fut antiers

(ce dernier vers est le v. 3255 de l'édition

sa petite édition de 1935 de la Sammlung romanischer JJbungs- texte ; le ms. Ca platel}. Le glossaire de Bartsch-Wiese traduit « assiette (de pain) », le dictionnaire de Breuer-Foerster « Kuchenscheibe ». Cet usage doit être ancien, vu la séman¬ tique du lat. mênsa « table » que nous explique le diction¬ naire étymologique d'Ernout-Meillet : « Le sens premier semble être celui de « gâteau » sacré, rond et partagé en quartiers par

deux diamètres perpendiculaires l'un à l'autre, sur lequel on disposait à l'origine les offrandes et les victuailles offertes aux

dieux

de M. Hilka dans

En

passant dans la

1. commune,

mensa a pris

le

sens

ralement,

pour

v. Wartburg, FEW, semble indiquer que

compartiments (comme la torte allemande). Si l'on songe à

pouvait aussi être coupé en

et, plus géné¬

Pour l'histoire des mots

lumineux article de

antiers

de

«

« support sur lequel on place les

de

table

« table

à

»,

en roman,

voir

s.v. discus.

le gâteau

».

le

mets »

Un gaúel

qui

fu

A. FR. ESC AILLON

la ressemblance de ce gâteau-support-assiette aux sandwichs américains où l'on sert un mets sur un croûton (toast, etc.), on n'aura pas de difficulté à admettre que ce gastel n'était pas fait d'une-pâte de premier ordre : le croûton pouvait être

aisément de la pâte de rebut .

375

Leo Spitzer.

A.

FR. ESCAILLON

Dans la Romania,

LXIV (1938), p.

488, M. J. Morawski

a considéré escaillon dans le Miracle du Paigneur, au vers 116,

comme désignant une « coquille de noix » et étant employé pour renforcer la négation. Dans le numéro suivant de la

Romania , LXV

par « échelon » en renvoyant à des formes wallonnes.

a raison d'y reconnaître un élément d'une locution composée avec mesconter au sens de « compter mal les échelons » (en dégringolant). En me rangeant à son avis, je me permets d'at¬ tirer l'attention des lecteurs sur une note parue dans Neo- philologus, XXII (1937), pp. 268-9, sous le titre « L'idiotisme mesconter les degrés en vieux français » . Parmi les dix passages qui s'y trouvent enregistrés, soit au sens propre soit au sens figuré, il est à propos d'en mentionner deux qui donnent une variante fort semblable à la leçon du Miracle du Paigneur. Dans le Jeu de Saint Nicolas de» Jean Bodel on lit au vers 15 32 :

(1939), P- 105, M. A. Henry traduit ce mot

M. Henry

Ces escaillons me mescontés ! Or jus ! Mal soiés vous montés ! Ne vous prisons une vessie.

De même on trouve dans une Paraphrase de VExode déjà citée par Godefroy au vol. IX, p. 513b:

KiLesvelteskaillonspar altrevoitsensmesconter.monter

Raphael Levy.