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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le C...

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬


Biographie musulmane officielle (Sirat)
condensée
Source : http://www.risala.net/
Avant la prophétie
Evenement de l'éléphant

Sa généalogie

Sa naissance

Sa tutelle

Son mariage avec Khadîja

Qâsim

Sa participation à la reconstruction de la Ka'ba

Rumeurs sur l'arrivée d'un Prophète

Avénement de la prophétie

Période mécquoise
Début de la révélation

Début de sa prêche en publique

Rejet

Boycott

Scission de la lune

Deuxième émigration en Abyssinie

Mort de son oncle Abou Tâlib

Voyage à Tâif

Voyage nocturne et ascension

Son hégire

Période médinoise

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le C... Page 2 of 88

Arrivèe à Médine

Bataille de Badr

Mort de Rouqayya

Bataille des Bani Qaynouqa'

Bataille d'Ouhoud

Bataille de Dhât Ar-Riqâ'

Bataille des coalisés

Mariage avec Zaynab

Trêve de Houdaybiya

Lettres

Bataille de Khaybar

'Omra de compensation

Expedition de Mouta

Conquète de la Mecque

Bataille de Hounayn

Bataille de Taboûk

Délégation de Thaqîf

Envoi d'emissaires

Pèlerinage d'adieu

Sa mort
Sa maladie de mort

Son dernier sermon

Les derniers instants de sa vie

Jour dernier
Son intercession

Ses qualités
Introduction

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le C... Page 3 of 88

Son savoir vivre

Sa noblesse de caractère

Sa générosité

Sa magnanimité

Sa clémence

Son courage

Sa patience

Sa justice

Son ascetisme

Sa pudeur

Sa sociabilité

Sa dévotion

Son humilité

Sa plaisanterie juste

Sa miséricorde

Sa fidelité

Description physique
Par Abou Jouhayfa

Par Abou Yazîd

Par 'Ali

Par Anas

Par Al-Bara

Par Jâbir Ibn 'Abdillâh

Par Jâbir Ibn Samrata

Avant la prophétie
L'événement de l'Eléphant

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Parmi les événements les plus significatifs dans la vie de `Abd Al-Muttalib, futur
grand-père du Prophète (saws), et pour les Mecquois, on recense l'événement dit de
l'Eléphant (‫)الفيل‬.`Abd Al-Muttalib , était chargé du service de la Ka`bah et de son
entretien. Pendant la période du pélerinage, il se chargeait entre autres de transporter
l'eau nécessaire pour étancher la soif des pélerins. Il était officiellement le chargé de
service de la Maison Sacrée.

Abrahah tente de détourner les arabes de la Ka'ba vers son sanctuaire

Un chef chrétien d'Ethiopie du nom d'Abrahah décida de s'installer en Arabie et d'y


ériger un sanctuaire destiné à attirer les pélerins arabes. En ces temps, la période du
pélerinage chez les Arabes s'accompagnait en effet de nombreux échanges
commerciaux et de nombreuses manifestations culturelles. La mainmise sur cette
rencontre annuelle représentait une alléchante perspective d'enrichissement. Les
plans d'Abrahah, à sa grande surprise, ne réussirent pas à détourner les Arabes de la
Ka`bah, dont le caractère divin est bien plus vieux que la mémoire des Arabes. La
Ka`bah a toujours été considérée, à travers les âges, comme un sanctuaire sacré. Sa
rénovation est attribuée à Abraham (‫ )عليه السلم‬et son fils Ismaël (‫ )عليه السلم‬et son histoire
s'enracine, bien avant Abraham (‫)عليه السلم‬, dans l'histoire de la foi. On comprend alors
que le temple flambant neuf proposé par Abrahah ne fasse pas le poids devant la
Ka`bah.

Abrahah à la Mecque

Afin de réaliser ses desseins, Abrahah décida d'employer la force pour obliger les
Arabes à abandonner la Mecque et faire leur pélerinage dans le nouveau sanctuaire
(au sud de l'Arabie, du côté du Yemen). Il rassembla ses innombrables troupes (qui
lui avaient soumis le Yemen), ses cornacs et ses éléphants d'Ethiopie et se dirigea
vers la Mecque pour détruire la Maison Sacrée. Les protestations des tribus arabes
n'avaient aucun poids contre la volonté et la puissance d'Abrahah. Rendu aux portes
de la Mecque, la taille des armées d'Abrahah jeta une terreur froide dans le coeur des
Mecquois. Leur propre impuissance les désespérait...

Un seul homme resta impassible : `Abd Al-Muttalib Ibn Hâshim. Il demanda à


rencontrer Abrahah en personne, dans son camp et au milieu de sa cour et de ses
gardes. Au premier abord, le charisme de `Abd Al-Muttalib força le respect d'Abrahah.
Il l'interrogea sur l'objet de cet entretien, et, `Abd Al-Muttalib de lui demander de lui
restituer son troupeau de chameaux ravis par l'armée d'Abrahah ! ! Abrahah lui dit
alors :

"- Je croyais que tu étais venu discuter d'une affaire plus importante que ça, quelque
chose en rapport avec votre sanctuaire qui vous est si cher et que j'ai l'intention de
raser."

`Abd Al-Muttalib lui dit : "-Je t'ai parlé de mes chameaux car j'en suis le seigneur.
Quant au Sanctuaire, sache qu'il a un Seigneur et que ce Seigneur le protégera..."

Le despote lui rétorqua : "-Il ne le protégera pas de moi !"

Châtiment contre les gens de l'éléphant

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L'ordre fut donné et les assaillants se dirigèrent vers la Mecque précédés par les
phalanges éléphantines. Tout à coup, le grand éléphant qui sert de meneur à tout le
troupeau s'arrêta. On avait beau le forcer à marcher vers la Ka`bah, il ne bougeait
plus. Dès qu'on le détournait du Sanctuaire, il se relevait. Aussitôt qu'on l'orientait
vers la Ka`bah, il refusait de marcher... Face à ce contretemps, Abrahah ordonna
d'attaquer sans les éléphants. C'est alors que le temps se gâta, le ciel se chargea de
nuages et une nuée d'oiseaux apparut dans le ciel. Ces oiseaux lapidèrent les
agresseurs avec des milliers de petites pierres et eurent raison des troupes
d'Abraha ! ! Abrahah, quant à lui, fut victime d'une maladie douloureuse qui rongea
son corps jusqu'à l'os...

L'évenement de l'éléphant dans le Coran

Cet énenement est narré dans la sourate dite de l'Elephant (sourate 105) :

N'as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l'Eléphant.

N'a-t-Il pas rendu leur ruse complètement vaine ?

et envoyé sur eux des oiseaux par volées

qui leur lançaient des pierres d'argile ?

Et Il les a réduit à un mâchis semblable à de la paille.

Il convient à ce stade de noter que l'incident de l'Elephant eut lieu pendant l'année de
naissance du Prophète. Les traditions les plus sûres à ce sujet précise même que cet
incident eut lieu le jour de la naissance du Prophète Mohammad - que les salutations
de Dieu et Ses bénédictions soient sur lui. Cet incident ne fut que la première percée
de lumière dans ce monde d'obscurantisme et de paganisme.

La généalogie du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Généalogie du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

La lignée remontant du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬à 'Adnan est connue des
biographes et des généalogistes. Cependant, la généalogie du Prophète (‫ عليه و‬W ‫صلى‬
‫ )سلم‬remontant de 'Adnân à Ibrahim (‫ )عليه ال سلم‬fait l'objet de divergences ; elle est vague
et incertaine. Notre noble Envoyé (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬nous a lui-même mis en garde en
disant : « Ne faites pas remonter ma lignée au-delà de 'Adnân » (Rapporté par El
Souyouti).

Nous ne citerons donc seulement que la lignée du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
remontant jusqu'à 'Adnân. Elle est la suivante :
Mouhammad Ibn 'Abdallâh Ibn Abd Al-Mottalib Ibn Hâchem Ibn 'Abd Manaf Qocey Ibn
Kilâb Ibn Morra Ibn Ka'b Ibn Louëy Ibn Ghâleb Ibn Fihr (surnommé Qouraych, et
ancêtre de la tribu du même nom) Ibn Mâlik Ibn Nadr, surnommé Abou Qays, Ibn
Kinâna Ibn Kouzeyma Ibn Moudrika Ibn Ilyês, Ibn Modar Ibn Nizâr Ibn Ma'add Ibn
'Adnân.

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'Abd Al-Mottalib, grand-père du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, a engendré 10 fils :


'Abbâs, Hamza, 'Abdallâh, qui est le père du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, Abou Tâlib (
‫ عنه‬W ‫)رضي‬, Al Zoubayr (‫ عنه‬W ‫)رضي‬, Hârith, Hajla, Mouqqawim, Dirâr et Abou Lahab.

Ses filles, au nombres de 6, sont : Oum Al-Hakîm, aussi appelée Al Baydâ ; Barrah,
'Atikah, Safiya, Arwa et Oumaima.

D'autre part vivait à la Mecque une femme nommée Âmina Bent Wahb Ibn 'Abd
Manaf Ibn Zahra Ibn Kilab, une femme Qoureychite. Elle était considérée comme la
meilleure des femmes Qoureychites de part sa généalogie et de son rang social.

Mariage des parents du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬et naissance du Prophète (‫صلى‬
‫ عليه و سلم‬6)

C'est à cette femme que 'Abd Al-Mottalib, le grand-père du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
choisit de marier son fils 'Abdallâh. Contrairement à la majorité des Qouraychs, leur
union fut légitime, car celle-ci se fit sous la présence de témoins et tuteurs.

On a conservé plusieurs poèmes d'Âmina (Ibn Sa'd, I/I, p.62 ; Balâdhuri, I, § 159 ;
Ibn-Habîb, Munammaq p 422, etc.), et aussi d'autres parentes (Ibn Hicham, p 108-
111.) de la famille de 'Abd Al-Mottalib, ce qui montre que le niveau intellectuel dans
cette famille était assez élevé, même parmi les femmes.

La naissance du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)

Sa date de naissance

Ibn Ishâq privilégie l'opinion selon laquelle, la naissance du prophète (Õáì Çááå Úáíå
æ Óáã) eut lieu après douze nuits écoulées du mois de Rabî' Al-Awwal de l'An de
l'Eléphant. Ibn Abî Shayba relate cette opinion selon Jâbir et Ibn 'Abbâs et d'autres.

L'origine de son prénom

Un jour, 'Abd Al-Mottalib était en voyage au Shêm, accompagné de 3 hommes. C'est


alors qu'ils rencontrèrent en chemin un Rabbin qui leur demanda de quelle ville ils
venaient. Quand il su que ces hommes venaient de la Mecque, il leur répondit que de
leur ville sortira un prophète, et qui s'appellera Mouhammad.

Espérant qu'il s'agisse du leur, ces hommes ont tous décidé de donner ce nom à leur
prochain fils qui naîtra, ce que fit 'Abd Al-Mottalib pour son petit-fils, le Prophète (Õáì
Çááå Úáíå æ Óáã).

Quelques signes relatifs à sa naissance et annonçant sa mission future

A la Mecque

Quand Âmina engendra le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, un Ange vint lui dire : Tu
viens d'engendrer le meilleur de cette communauté. Quand tu le mettras au
monde, tu diras : "Je prie Dieu l'Unique de le protéger contre tout envieux. Le
signe qui confirme ce que je dis est que sa naissance sera accompagnée d'une

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lumière qui éclairera les palais de Bosra au Shêm. Appelle-le alors


Mouhammad, le loué, car dans la Thora il est appelé Ahmed. Il sera loué par
ceux qui se trouvent aux cieux et sur la terre".

Interrogé sur sa personne, le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬dira plus tard : "Je suis
l'accomplissement du vœu formulé par mon père Ibrahim et l'heureuse annonce
faite par 'Issa. Et ma mère a vu, quand elle me porta, jaillir d'elle une lumière par
laquelle lui étaient illuminés les palais de Shêm."

Contrairement aux autres femmes, Âmina ne sentait rien des douleurs qui
accompagnent les femmes au cours de leurs grossesses. C'est ainsi qu'elle
n'était nullement affaiblie. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬naquit en s'appuyant sur
ses mains et en levant la tête au ciel. Aussi, il (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬était circoncis et
son cordon ombilical était déjà coupé.

Notons qu'à sa naissance, l'Envoyé était orphelin de père car celui-ci tomba
malade lors d'un voyage au Shêm, suite à quoi il décéda à Médine chez ses
oncles. Cet événement se passa quelques semaines avant que le Prophète
(saws) ne naisse.

En dehors de la Mecque

En Perse, le feu sacré qu'adoraient les Rois Mages s'éteignit et cela ne s'était
pas produit depuis 1000 ans. Des églises s'écroulèrent autour du lac Sawa où
elles plongèrent. Le rapporte de ces signes est d' At Tabari, d'Al Bayhaki et
d'autres. La chaîne de transmission n'est cependant pas fixe et nette.

A Médine, Hassan Ibn Tâbit, qui sera plus tard le poète du Prophète (‫ عليه‬W ‫صلى‬
‫)و سلم‬, raconte, dans son témoignage : "J'étais dans la région où se trouvaient
les juifs (à Médine), et 1 des Rabbins est monté sur un mur et s'est écrié : " Ô
communauté de juifs ! Aujourd'hui est apparue l'étoile de Ahmed !"

Les juifs avaient en effet l'habitude de scruter le ciel, car ils étaient très biens
informés par les livres saints de la naissance prochaine d'un prophète, et
savaient qu'à sa venue, il y aurait sur le ciel, une étoile qui n'apparaît qu'à sa
naissance (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.

La tutelle du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)

'Abdallâh, le père du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬est mort quelques semaines avant
que son fils ne naisse. C'est son grand-père 'Abd Al-Mottalib qui s'occupa de l'enfant
et de sa mère.

Son allaitement

La 1ère femme à allaiter le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬fut sa mère, Âmina Bent Wahb.

La 1ère femme à allaiter Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬après sa mère fut Thuwaibah,
la captive affranchie de son oncle Abou Lahab. Ceci eut lieu pendant la période où
elle allaita son propre fils, Masrouh.

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Avant d'allaiter Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, elle avait allaité Hamzah Ibn 'Abd Al-
Mottalib, qui est donc son frère de lait, et ensuite Abou Salamah Ibn 'Abd Al-Asad Al-
Makhzûmi.

Chez les Béni Sa'd

Les arabes sédentaires avaient pour coutume de confier leurs enfants à des nourrices
qui vivaient à l'extérieur de la Mecque dans le désert. Celles-ci les emmenaient chez
elles jusqu'à un certain âge et les allaitaient.

Plusieurs raisons expliquent cette pratique

- Lors des pèlerinages, les gens affluaient de différentes régions, d'où le


mélange de différentes langues, ce qui pouvait ainsi entacher la langue arabe
de leurs enfants. Mais les arabes attachaient beaucoup d'importance à la
richesse et la pureté de leur langue qu'est la langue arabe, et voulaient donc
que cette éloquence soit préservée. D'ailleurs, le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
exprima un jour sa fierté du fait de la noblesse de sa souche, en disant :"je suis
le plus éloquent en arabe entre vous : je suis Qouraychite et fut mis en nourrice
chez les Béni Sa'd".

- D'autre part, les Qouraychs, attendaient de ces pratiques l'acquisition d'un


courage intrépide par leurs enfants, du fait de la difficulté de vie en dehors de la
Mecque.

- Aussi, de nombreuses maladies étaient présentes dans les métropoles et il


était plus prudent de les en écarter durant les premiers moments de leur vie.

Un contingent de la tribu de Sa'd Ibn Bakr, branche des Hawâzinites, se rendit alors à
la Mecque. Parmi cette tribu se trouvait Halîma, future nourrice de Mouhammad, qui
était très pauvre. A cause de sa monture maigre et fatiguée, elle arriva à la Mecque
assez en retard sur les autres, et ne put trouver un enfant de riche. Personne n'avait
voulu prendre

Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬car celui-ci était orphelin. Les nourrices cherchaient
évidemment les enfants dont les parents étaient riches. Ne voulant pas rentrer les
mains vides, elle le prit alors, et ne le regrettera jamais...

Bénédictions chez les Béni Sa'd

La vie chez une nourrice nomade ne pouvait être que très simple : la tribu passait les
différentes saisons en divers endroits; les enfants surveillaient toute la journée les
troupeaux dans les pâturages, et jouaient ensemble ; les femmes ramassaient le bois
pour la cuisine, entretenaient leurs foyers, et s'occupaient à filer. On se contentait
quelquefois de dattes et de lait; parfois on mangeait des légumes, de la viande par
exemple, et, lors des foires ou des visites aux " grandes villes " comme la Mecque,
quelques friandises. Il pouvait y avoir des razzias et des guerres entre les tribus, mais
nos sources n'en mentionnent aucune concernant la tribu de la nourrice Halîma.

Le jeune Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬se comportait comme tous les autres enfants.

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On rapporte qu'un jour, pour une raison que les narrateurs ne mentionnent pas, il
mordit l'épaule de sa sœur de lait avec une telle vigueur que la trace lui resta toute sa
vie, mais elle n'eut pas à regretter ! Plus tard en effet, dans une expédition, l'armée du
Prophète fit un certain nombre de prisonniers, parmi lesquels se trouva Chaimâ',
cette sœur de lait. Lorsqu'elle rappela à Mouhammad (saws) l'incident et lui montra
l'incision sur son épaule, il la reconnut aussitôt, et elle fut traitée avec tous les égards
dus à une sœur bien aimée (Ibn Hichâm.p. 856-857 ; Balâdhuri, § 161.).

La grande foire annuelle de 'Ukâz avait lieu dans la région. On y rencontrait


quelquefois Halîma et son nourrisson, et l'on rapporte que Halîma demanda à un
astrologue-devin de la tribu de Hudhail, qui exerçait son métier à la foire, de prédire le
destin de l'enfant (Ibn Sa'd, I/I, p 98.)

La " fente de poitrine "

Alors que le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬avait 4 ou 5 ans, il se passa un évènement


que raconte Halîma elle-même dans son récit: [...] Quelques mois après notre retour,
alors qu'il gardait les moutons avec son frère de lait, derrière les tentes, celui-ci vint
en courant nous dire :
Mon frère le Qouraychite vient d'être saisi par 2 inconnus habillés en blanc, qui l'ont
mis à terre et lui ont ouvert le ventre ! Nous accourûmes vers lui. Il était debout et
pâle.Je le serrai dans mes bras, ainsi que mon mari.
-Qu'as-tu mon enfant, lui dis-je ?
-Deux hommes habillés en blanc, dit-il, m'ont couché par terre et m'ont ouvert le
ventre pour y chercher je ne sais quoi [...]

Le Prophète (saws) montrera plus tard la trace de sa cousure aux Compagnons (,), et
Anas Ibn Mâlik (ra) témoignera en disant : J'ai vu la trace de la poitrine du Prophète.

Retour de Mouhammad chez sa mère

Après cet évènement, Al-Harith dit à sa femme qu'il vaudrait peut-être mieux rendre
Mouhammad (saws) à sa mère, car celui-ci pensait qu'un mal l'avait atteint :
-Halîma, me dit mon mari, je crains que l'enfant ne soit atteint de quelque mal.
Ramenons-le chez sa mère avant que sa situation ne s'aggrave. Ce que nous fîmes.
-Qu'est-ce qui t'amène, aimable nourrice? me dit sa mère. N'as-tu pas tenu à le
garder ?
-Notre enfant, lui dis-je a atteint l'âge voulu et mon devoir est rempli. Je crains pour lui
des imprévus. Je te le ramène dans les meilleures conditions désirées.
-Qu'a-tu donc ? me dit-elle. Dis-moi sans feinte ce qu'il en est.
Elle ne me laissa pas de faux fuyants pour cacher ce qui arrive, et je finis par lui dire
la vérité.
-Crains-tu les mauvais esprits pour notre enfant ?
-Oui ! lui répondis-je. Par Allâh, me dit-elle, ils n'ont nulle prise sur lui. Mon fils a un
grand destin. Veux-tu que je t'en parle ? Je vis, lorsque je le portais, sortir de moi une
lumière qui me fit voir éclairer les palais de Bosra au Chêm. Ma grossesse fut la plus
aisée. Quand il vint au monde, sa tête était vers le ciel et ses mains étaient posées
sur le sol. Tu peux le laisser et repartir sans souci !

C'est ainsi que s'accomplit l'allaitement du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬chez les Béni

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Sa'd, Celui-ci dura 2 ans. Cette durée sera ensuite confirmée par l'islam (Coran,
s2v233).

Mort d'Âmina

Âmina partit un jour avec son noble enfant pour Yathrib (Médine), afin de visiter ses
oncles maternels, les Béni Najâr.C'est sur le chemin du retour qu'Âmina trépassa
soudainement à Abwâ'; le Prophète (saws) n'avait alors que 6 ans. Plus tard, toutes
les fois qu'il (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬passait par Abwâ', au cours de ses expéditions, le
Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬s'arrêtait pour visiter le tombeau de sa mère, et versait
d'abondantes larmes (Ibn Hichâm, p 107 ; Suhailî, I, 113.)

Chez son grand-père

Oum Ayman, l'affranchie de son père se chargea alors du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.
Elle parvint à rentrer à la Mecque avec l'enfant, après avoir assisté à l'enterrement
d'Amina. Elle le remit à son grand-père, 'Abd Al-Mottalib, âgé alors de 108 ans, prit
son petit-fils chez lui. Il fit donc son 2ème tuteur. Comme l'enfant avait perdu son père
aussi bien que sa mère, l'affection du grand-père envers lui était naturellement très
grande.

On rapporte que toutes les fois que 'Abd Al-Mottalib s'asseyait sur un tapis dans un
conseil municipal pour discuter avec les autres conseillers des questions sérieuses,
l'enfant Mouhammad aimait à laisser ses jouets et à venir assister au conseil; il voulait
s'asseoir à la première place, à côté de son grand-père. Ses oncles le lui défendaient,
mais le grand-père disait toujours: "Laissez-le ; il se croit un grand homme, et j'espère
bien qu'il va l'être ; il est si sage". (Ibn Hichâm p.108 ; Balâdhurî, I, § 143- Ibn al-
Jauzî, Wafâ, p. 102, 120,130.)

Il était en effet bien sage, jamais l'assemblée n'eut à se plaindre qu'il les dérangeât.
Le grand-père l'aimait tant qu'aux dires des chroniqueurs (Suhailî.1, 179 ; Balldhuri, I,
§146.), un jour, lors d'une disette, il pria Dieu pour la pluie en Le suppliant au nom de
son petit-fils, et il ne fut point déçu.

A l'âge de 7 ans, Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬eut mal aux yeux, et les "médecins"
de la Mecque ne purent le guérir. On rapporte que 'Abd Al-Mottalib se rendit alors au
couvent d'un religieux chrétien, près de 'Ukâz, où on lui donna une prescription qui
réussit très bien. (Halabî, Insân, I, 149.)

C'est apparemment d'une époque postérieure que nous parle Al-Qifti (Akhbâr al
Hukamâ p 110; ibn Hajar, Isâbah, No 1471, § Haritch Ibn Kaladah.) lorsqu'il raconte
qu'étant tombé malade, Mouhammad avait demandé à son ami Sa'd Ibn Abi-Waqqas
de faire venir le médecin mecquois Al-Hârith Ibn Kaladah.

Mort de 'Abd Al-Mottalib (8 ans)

Mouhammad était âgé de 8 ans, lorsque son grand-père mourut, après l'avoir confié à
son fils Abû Tâlib, oncle germain de Mouhammad, en lui recommandant d'en avoir le
plus grand soin (Ibn Sa'd l/l, p 75; Tabari. I, 1123.).

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Abû-Tâlib fut ainsi son 3ème tuteur. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬restera sous sa
garde jusqu'à l'âge de raison.

Garde par Abou Tâlib

Le choix d'Abou Tâlib comme tuteur de Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, de préférence
aux autres oncles, a été particulièrement heureux. Né de la même mère et du même
père que le père de Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, Abou Tâlib possédait des qualités
de cœur très rares.

De sa tante, épouse de son tuteur, Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬nous dit lui-même :
"Lorsqu'elle mourut, quelqu'un me fit la remarque: "Ô Envoyé de Dieu, pourquoi
ressens-tu si douloureusement la mort d'une vieille femme ?"
Et je répondis: "Pourquoi pas ? Lorsque j'étais un enfant orphelin chez elle, elle
laissait ses enfants avoir faim, mais elle me nourrissait; elle délaissait ses enfants
pour me peigner; et elle était comme ma mère"". (Ya'qûbî, II, 14 ; Suhailî, I, 112)

Lorsque le petit déjeuner venait d'être servi, chez Abou Tâlib, tous les matins, la
troupe de ses nombreux enfants le pillait avant que Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬y
ait touché ; quand Abou Tâlib s'aperçut que son jeune neveu ne prenait pas part à ce
pillage il le lui fit servir à part.(Ibn Sa'd, I/I,p 46 ; Maqrîzî, Imtâ', I, 7)

A cette époque, il n'y avait pas d'école à la Mecque ; c'est pourquoi il n'apprit ni à lire
ni à écrire. Bientôt le jeune garçon commença à travailler comme berger pour les
Mecquois, gagnant ainsi quelques sous pour ajouter aux maigres recettes de son
oncle (Ibn Hichâm, p 106 ; Suhailî, I, 112 d'après Bukhârî, etc. ; Ibn Sa'd, I/i, p 80).

Son voyage en Syrie (9 ans)

Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬avait neuf ans, lorsqu'Abou Tâlib se vit obligé à l'idée
d'être séparé, même pour peu de temps, de son oncle; il lui demanda de
l'accompagner ; Abou Tâlib céda, et c'est ainsi que Mouhammad fit son premier
voyage hors de l'Arabie. On peut bien penser que le jeune voyageur n'était pas du
tout un fardeau inutile pour son oncle : de mille façons il pouvait lui rendre de petits
services, et lui épargner maints inconvénients.

A Busrà, au-delà de la Mer Morte, entre Jérusalem et Damas, la caravane s'arrêta


pour faire les échanges usuels et les transactions nécessaires. Comme d'habitude, ils
durent camper dans la banlieue de la ville. C'était un territoire byzantin. Ne nous
étonnons donc pas s'il y avait un couvent, près des champs où la caravane établit ses
tentes. Un certain moine, Bahîrâ, regarda de son couvent la colonie temporaire, et
s'étonna du sage comportement de ses voisins, ce qui était rare chez de tels visiteurs.

Il les invita à un repas (Ibn Hichâm. p ll5-117.), probablement dans un but pieux de
prosélytisme.

Le mariage du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) avec Khadîja (ÑÖí


Çááå ÚäåÇ)

Son travail pour le compte de Khadîja (‫ عنھا‬6 ‫)رضي‬

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 12 of 88

Un jour, Abou Tâlib dit à son neveu : "Je suis un homme sans fortune, les temps sont
devenus durs pour nous, nous avons été tourmentés par ces années de misère, et
nous n'avons ni possessions matérielles ni marchandises. Cette femme, Khadîja,
envoie des hommes de ton peuple pour faire des affaires avec sa fortune et ils en
gagnent un bénéfice. Alors si elle vient vers toi, montre-lui ton honnêteté".

Lorsqu'elle entendit parler du Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬notamment de sa


véridicité, de sa grande honnêteté et de la noblesse de son caractère, elle le fit venir
et lui proposa de prendre la responsabilité de sa caravane de commerce en partance
pour le Shâm (dans la grande Syrie, qui engobe la Palestine, la Jordanie, le Liban et
la Syrie actuelle) avec son serviteur Maysara, contre la meilleure rémunération qu'elle
accordait jusqu'alors aux autres commerçants. Il accepta cette offre et partit avec
Maysara pour le Shâm. (Ibn Ishâq)

L'entretien de Maysara avec le moine

Une fois arrivé, le Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬se reposa à l'ombre d'un arbre
près de la hutte d'un moine. Le moine alla voir Maysara et lui demanda :
- Qui est cet homme à l'ombre de l'arbre ?
- C'est un homme de Qouraysh, des environs du Sanctuaire lui répondit l'esclave.
- Seul un prophète se reposerait à l'ombre de cet arbre !

On rapporte que ce moine s'appelait Nestor, à ne pas confondre avec Bahîrâ qui est
le moine que le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬avait rencontré lorsqu'il (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
était plus jeune lors de son voyage avec son oncle Abou Tâlib.

Puis le Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬vendit sa marchandise et acheta les


articles qui l'intéressaient avant d'emprunter la route du retour avec Maysara.

D'après ce qu'on raconte, chaque fois que la chaleur s'accentuait, Maysara voyait
deux anges faire de l'ombre au Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬alors qu'il était sur sa
monture. Lorsqu'il (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬rentra à la Mecque et restitua à Khadîja (W ‫رضي‬
‫ )عنھا‬ses biens, elle réalisa un profit double ou presque.

Khadîja souhaite épouser le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Après avoir hésité pendant quelque temps, elle décida un jour de confier son secret à
une amie, Noufaysa, et de lui demander de faire le nécessaire convenablement et
discrètement.

Les chroniqueurs disent que Noufaysa était une maulât (métèque) et une muwalladah
(née d'un parent non-arabe). Suhaili nous assure qu'elle était kâhinah. Elle est
généralement citée comme fille d'une certaine Munyah, sa mère ou sa grand mère.

Noufaysa trouva un jour l'occasion de parler à Muhammad. Elle lui dit : "Tu es
maintenant assez âgé ; tu es de bonne famille, et tu es réputé pour ton bon caractère,
pourquoi donc ne te maries-tu pas ? Tu dois facilement trouver une fille convenable.
Muhammad s'excusa en disant qu'il n'avait pas les moyens d'entretenir un foyer
séparé.
Et elle de dire: Mais si tu en trouves une qui soit riche en même temps que belle et de

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bonne famille ?
Tout étonné, il lui demanda: Qui peut-elle être ?
Noufaysa répondit: Khadîja !
Muhammad reprit : Impossible qu'elle m'accepte : tous les riches de la ville l'ont
recherchée et elle n'a fait que refuser.
Noufaysa l'assura : Si la proposition te plaît, confie-moi cette affaire, et je parlerai à
notre amie commune.
Muhammad comprit probablement qu'une telle confiance pouvait bien comporter une
mission.

Elle fit venir le Messager de Dieu (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) et, d'après ce qu'on
raconte, lui dit : "Cousin, je suis bien disposée à ton égard étant donné nos liens de
parenté, la place d'honneur que tu occupes parmi les tiens, ton honnêteté, la
noblesse de ton caractère et la véridicité de ta parole".
Puis, elle lui proposa de l'épouser.

Le prophète épouse Khadîja après avoir consulté ses oncles

Le Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬demanda conseil à ses oncles. Ensuite, son
oncle Hamza Ibn 'Abd Al-Muttalib (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬l'accompagna chez Khuwaylid Ibn Asad
(le père de Khadîja) et demanda la main de Khadîja pour son neveu.

On dit également que c'est son oncle Abû Tâlib qui accompagna le Messager de Dieu
(‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬et que c'est lui qui a fait le discours du mariage. Il y dit entre autres :
"Mohammad n'a pas d'égal parmi la jeunesse de Qouraysh tant sur le plan de la
noblesse que du mérite et de la sagesse. Si du point de vue de la fortune il est
modestement doté, la fortune telle l'ombre ne perdure jamais. Il désire épouser
Khadîja et elle lui échange ce sentiment".

D'après Ibn 'Abbâs (‫ عنھما‬W ‫ )رضي‬et 'Aicha (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬c'est 'Amr Ibn Asad (l'oncle de
Khadîja) qui accorda la main de Khadîja au Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬car
Khuwaylid avait péri dans la guerre des Fujjâr.

L'âge du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) lors de ce mariage

Ibn Hishâm dit : D'après nombre de savants, selon Abû 'Amr Al-Madanî, lorsque
le Messager de Dieu (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) eut 25 ans (21 ans ou encore 30
ans dans certaines variantes), il épousa Khadîja.

La dot de Khadîja

Ibn Hishâm dit : Le Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬lui offrit une dot de vingt
jeunes chamelles. Khadîja fut ainsi la première épouse du Messager de Dieu (W ‫صلى‬
‫)عليه و سلم‬.

D'après Ibn Habib, ce fut 12 onces d'argent (soit 480 dirhams), et d'après un autre
récit du même auteur, 500 dirhams.

Qâsim

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Le premier enfant du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) fut un fils, Qâsim, mais il
mourut en nourrice, alors qu'il commençait à peine à marcher.

Qâsim naquit probablement en 27 avant l'Hégire. D'après Ibn Hazin (p. 38), Khadîja
appela son aîné du nom d'un de ses ancêtres 'Abd al-'Uzzà (qui signifie : adorateur
de la déesse al-`Uzzà) ; mais comme Muhammad n'aimait pas de tels noms, il le fit
changer en Qâsim (ce qui veut dire: Celui qui distribue, surtout la charité).

La participation du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) à la reconstruction


de la Ka'ba

Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬avait 35 ans, lorsqu'un événement suscita à la Mecque


un réveil de la vie spirituelle: un jour où l'on parfumait avec de l'encens la Ka'bah, une
étincelle fut jetée par le vent sur les rideaux de toile autour du sanctuaire, et le
bâtiment fut incendié. Bientôt après, les pluies causèrent une inondation, et la
construction affaiblie par le feu ne put y résister.

Le conseil municipal se réunit bientôt pour préparer la reconstruction. Tout le monde


fut d'accord pour demander aux habitants une contribution spéciale; on décida
également de n'accepter aucun don provenant de gains immoraux, comme usure,
prostitution...

A la saison de pluies, il y eut une tempête sur la mer, et un navire byzantin, portant
des matériaux de construction de l'Egypte au Yémen, afin d'y bâtir une église, échoua
en naufrage sur la côté du Chou'ayba, port de la Mecque. En apprenant la nouvelle,
les Mecquois coururent au port, donnèrent l'hospitalité aux naufragés et renoncèrent
aux douanes habituelles si les victimes consentaient à vendre ce qu'ils pourraient
sauver des épaves, y compris les planches du bateau. Ils achetèrent ainsi une
certaine quantité de marbre, de fer et de bois. Parmi les naufragés, Bâqoûm, un
charpentier copte, décida de s'installer à la Mecque et d'y pratiquer son métier.

La reconstruction

Pour reconstruire, il fallait démolir les ruines ; on hésita longtemps par superstition.
Enfin un des vénérables de la ville s'avança, et, prononçant des formules pieuses,
donna le premier coup. Les autres attendirent quelque peu, puis ne voyant aucun mal
tomber sur le "destructeur" de la maison de Dieu, ils se mirent eux aussi au travail de
déblaiement.

On arrêta la démolition aux bases qu'Abraham avait posées lors de la construction


originelle, bases faites de pierres vertes, et que l'on décida de rebâtir le sanctuaire sur
l'ancien emplacement.

la Ka'bah était un cube, une chambre à quatre murs. Les matériaux rassemblés étant
insuffisants pour ériger un bâtiment semblable à celui qui datait dAbraham, on décida
d'en couvrir une certaine partie et d'en laiser une autre sans toit. On décida
d'augmenter la hauteur par rapport au bâtiment détruit, et de placer la porte d'entrée
de telle façon que l'accès exigeât une " passerelle ", ce qui devait rapporter de
l'argent au fonctionnaire détenant la clé de la porte. Dans la partie sans toit, l'accès
était libre, et on l'employait pour prêter des serments et autres actes solennels.

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Honneur de replacer la Pierre Noire

Lorsque les murs commencèrent à s'élever et que vint l'heure de mettre la sainte
Pierre Noire à sa place, s'ouvrit une grave querelle : Chacun des clans en voulait
avoir l'honneur. D'aucuns allèrent jusqu'à apporter un récipient plein de sang, et en
jurant de ne jamais céder, ils léchèrent ce sang. Le travail s'arrêta, jusqu'à ce qu'un
vieux notable suggéra de soumettre le différend au sort et dit : "Laissons-le à Dieu, et
acceptons comme arbitre la première personne qui va venir maintenant ici". Allah (
‫ )تع~~الى‬voulut que ce fût Muhammad. On avait confiance en son honnêteté. Il fit
apporter une étoffe, l'étendit sur la terre, plaça la pierre sur l'étoffe, et appela les
représentants de toutes les tribus pour soulever l'étoffe ; puis il mit la pierre lui-même
à l'endroit voulu. Tout le monde en fut contents.

Remarques générales

D'après Jâbir ibn 'Abd-Allah (qu'Allah soit satisfait des deux), alors que l'Envoyé
d'Allah transportait avec Al-'Abbâs des pierres pour la reconstruction de la Ka'ba, Al-
'Abbâs lui dit: "Pourquoi ne pas enlever ton izâr (pagne) et le mettre sur tes épaules
au-dessous des pierres?". Le Prophète ôta son vêtement; le plaça sur ses épaules,
mais il tomba bientôt évanoui; fixa ses yeux sur le ciel; puis se leva en s'écriant: "Mon
izâr! Mon izâr". Il le remit ensuite autour de ses reines. (mouslim n°514)

La construction terminée, on la décora de statues et de fresques à l'intérieur comme à


l'extérieur. On mentionne à l'intérieur les figures de la Madonne et de l'Enfant Jésus,
ainsi que celles d'Abraham et d'Ismaël. On nous parle également de 360 idoles
autour de la Maison d'Allah, la Ka'bah. L'édifice, construit pour le Dieu unique, devint
ainsi un panthéon. Cela dut donner beaucoup à réfléchir à ceux des habitants qui
avaient une notion plus élevée de la religion, et qui virent les pratiques religieuses
dégénérer en culte d'idolâtrie pure et simple.

On avait appris à la Mecque comment les Banû Hanîfah, de l'Arabie orientale, avaient
élevé une idole géante composée de farine et de dattes, et comment lors d'une
famine ils étaient allés jusqu'à la couper en morceaux et la mangers. Dans le désert,
s'il n'y avait pas de pierres, les Bédouins trayaient leurs chamelles même sur un
amas de sable, puis y pratiquaient les actes d'adoration. Quelquefois, ils offraient aux
idoles leurs produits laitiers (beurre, etc.. Les hommes, dans leur superstition, ne
touchaient point à ces offrandes, mais il n'en pouvait être ainsi avec les chiens de la
tribu, qui les léchaient et ensuite urinaient même sur les pauvres idoles.

Les rumeurs sur la venue d'un Prophète

La succession des Prophètes antèrieurs à l'Islam

Il y avait des gens qui réprouvaient cette ignorance généralisée convoitant cette noble
fonction et souhaitant être choisis pour elle. Parmi eux figurait Oumayya Ibn Abî As-
Salt dont la poésie parlait abondamment de Dieu et des qualités qui lui sont dues au
point que le Messager (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬dit : "Oumayya faillit embrasser l'islam".

`Amr Ibn Ar-Rashîd rapporte de la part de son père : "Un jour, j'allai voir le Messager
de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.

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Il me dit : "Connais-tu quelque chose de la poésie d'Oumayya Ibn Abî As-Salt ?"
- Oui, répondis-je.
- Vas-y (récite), dit-il. Alors, je récitai un vers. Puis, il me demanda de poursuivre si
bien que je lui récitai cent vers."

Les juifs étaient dans l'attente du nouveau Prophète

Allâh a dit: {Et quant leur vint d'Allah un Livre confirmant celui qu'ils avaient
déjà, - alors qu'auparavant ils cherchaient la suprématie sur les mécréants, -
quand donc leur vint cela même qu'ils reconnaissaient, ils refusèrent d'y
croire.} (2/89)

Safiya (ÑÖí Çááå ÚäåÇ) a dit: "J'étais la favorite de mon père et de mon oncle Yâsir.
Chaque dois que j'étais en compagnie de l'un de leurs enfants, ils me portaient dans
leurs bras. Quand le Messager d'Allah (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬arriva à Médine, mon père et
mon oncle allèrent le voir. C'était très tôt le matin, entre l'aube et le lever du soleil. Ils
revinrent bien plus tard. Ils étaient complètement usés et déprimés, et rentraient d'un
pas lourd et lent. Je leur souris comme toujours, mais ni l'un ni l'autre ne fit attention à
moi parce qu'ils étaient si misérables. J'ai entendu Abû Yâsir demander à mon père :
- Est-ce lui ?
- Oui c'est bien lui.
- L'as-tu reconnu ? En es-tu sûr ?
- Oh oui ! Je ne l'ai que trop bien reconnu.
- Qu'éprouves-tu à son égard ?
- De l'hostilité ! De l'hostilité à jamais".

Allâh (‫ )تعالى‬choisit Mouhammed (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬comme Prophète de l'islam

La Volontée Suprême ignora tous ces aspirants parmi les poètes et autres orateurs et
confia le grand dépôt à un homme qui n'y aspirait pas et n'y pensait même pas: {Tu
n'espérais nullement que le Livre te soit révélé. Ceci n'a été que par une
miséricorde de ton Seigneur. Ne sois donc jamais un soutien pour les infidèles}
(28/86)

L'avènement de la Prophétie

Avant que la Révélation n'ait lieu, des signes annonciateurs étaient montrés au futur
Prophète de l'islam (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬quand il avait quarante ans environ.

Les arbres et les pierres saluent le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Parmi les témoignages les plus impressionnants qui ont annoncé la future mission
prophétique, on note le suivant :

D'après At-Tirmidhî et Ad-dârimî et Al-Hâkim, `Ali Ibn Abî Tâlib - que Dieu l'agrée -
dit : "J'avais l'habitude d'accompagner le Prophète - que la paix et les bénédictions de
Dieu soient sur lui - partout où il allait à la Mecque. Un jour, nous partîmes dans l'une
des régions de la Mecque et chaque fois que nous passions près d'un arbre ou d'un
rocher, ils saluaient le Prophète disant : "Que le salut soit sur toi, Prophète de Dieu".

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Les théologiens affirment que ces évènements avaient lieu au début de la mission du
Prophète en guise d'appui et pour lui prouver que la création lui obéira et que son
appel sera écouté.

Les songes pieux du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Tout songe que faisait le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, de jour ou de nuit, se réalisait
comme il (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬l'avait rêvé comme le témoigne le récit suivant : D'après El
Zouhry, 'Orwra le neveu de 'Âïcha (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬rapporte qu'elle dit : "Le Message de
l'Envoyé d'Allâh, quand Dieu voulut l'en honorer er accorder Sa Grâce à l'humanité,
débuta par des songes véridiques. Jamais il ne faisait un songe qui ne se révélât
aussi clair que le jour [...]"

On rapporte d'autre part que le songe pieux est une des 36 parties de la prophétie.

Les retraites spirituelles du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬à la grotte de Hirâ

Le Prophète (saws) prit l'habitude de se retirer et prit goût à la solitude. Rien ne lui
plaisait plus que d'être seul. Il (saws) choisit pour ses retraites une grotte de la
montagne de Hirâ, qui surplombe la Mecque. Son but par là était de de se purifier de
l'idôlatrie et de vaines pratiques qui se faisaient autour de lui (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.

Cette grotte se trouve sur le haut de Hirâ, qui se trouve au sommet du Mont Nûr
(littéralement : Lumière). Situé à un kilomètre à peine de l'emplacement de la maison
de Mouhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, le Mont Nûr présente un aspect très singulier ; on
l'aperçoit d'ailleurs de très loin parmi les nombreuses montagnes qui l'entourent. La
caverne de Hirâ' est construite avec des rochers éboulés et entassés, qui en forment
trois côtés ainsi que la voûte.

Elle est assez haute pour permettre à un homme de rester debout, sans que sa tête
touche la voûte ; et elle est assez allongée pour qu'il puisse s'y coucher.L'allongement
de cette cavité se dirige vers la Ka'bah. Au sol, le roc est assez plat, et on peut y
étendre des draps pour y faire une couchette.

L'entrée est constituée par une petite ouverture placée assez haut, ce qui oblige à
monter plusieurs marches, faites de rochers, avant d'y pénétrer.

Chaque année, il passait tout le mois de Ramadân dans cette même grotte, en
méditation et en vie ascétique. De temps en temps, sa femme lui envoyait des
provisions ; parfois il rentrait lui-même chercher ce qui lui manquait. Il y eut voyageurs
égarés, avec lesquels Muhammad partagea ses maigres provisions. Quand il rentrait
de cette retraite, il se rendait d'abord à la Ka'bah, pour y faire les 7 tours rituels, avant
de revenir chez lui.

Le début de la révélation

Ce fut là, pendant une nuit du mois de Ramadan, à l'âge de 40 ans, que le Très-Haut
appela Muhammad à son service. Cette nuit-là, connue sous le nom de Laylat al-
Qadr, « La nuit du Décret », l'esprit de Vérité descendit avec le décret de Dieu et une
lumière pour l'humanité : le Coran. Un chapitre nouveau pour le monde allait

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commencer.

La Grotte

La lune blanche décroissante brillait dans le ciel quand, soudainement, Muhammad


perçut une présence. Dans le silence de la nuit une voix se fit entendre: « Lis! »
Muhammad était bouleversé. « Je ne sais pas lire », répondit-il. Lorsque la voix
répéta l'ordre, c'était comme si la terre s'était mise à trembler : « Lis ! » - « Je ne sais
pas lire » Il se sentit paralysé de peur, incapable de bouger. « Lis ! », répéta
l'impressionnante voix. « Que dois-je lire ? » Puis, soudainement, il se sentit libéré ; le
temps et l'espace étaient comme suspendus, les cieux et la terre réunis. Paix - à
l'instant où l'humanité se trouvait au seuil d'une aube nouvelle.!

Lis, au nom de ton Seigneur qui a créé,

qui a créé l'homme d'une adhérence.

Lis ! Ton Seigneur est le Très Noble,

qui a enseigné par la plume [le calame],

a enseigné à l'homme ce qu'il ne savait pas.

Ce furent les cinq premiers merveilleux versets du glorieux Coran. La voix était celle
de l'Ange Gabriel, l'esprit de Foi et de Vérité, qui fut envoyé au dernier des prophètes
de Dieu . La mission de Muhammad venait de commencer, le Messager de Dieu, une
bénédiction pour les Mondes.

Retour chez lui

Le Prophète Muhammad venait de recevoir les premiers mots de son Seigneur sur le
mont Hira. Il dévala la montagne, le visage luisant de sueur, le coeur battant à tout
rompre. Les versets du Coran faisaient encore écho en son âme. Quel avait été ce
type de vision, quels mots avaient donc été prononcés ? Il courut vers Khadija cri
s'exclamant : « Couvre-moi ! Couvre-moi ! » Elle le reconforta tendrement tandis qu'il
racontait ce qui venait de lui arriver. « je crains qu'un mal ne m'atteigne ! » dit-il. «
jamais, par Dieu >, lui répondit sa femme avec foi, « Dieu ne te voudra jamais de mal.
Tu as de bonnes relations avec ta famille, tu aides le pauvre et le nécessiteux, tu
accueilles tes invités (généreusement et tu assistes les malheureux qui le méritent "

Demande d'explication à Waraqa, savant des gens du Livre

Khadîja emmena Muhammad chez Waraqa ibn Nawfal ibn 'Asad ibn 'Abd Al-'Uzzâ
Cet homme, qui était le cousin paternel de Khadîja, avait embrassé le christianisme
aux temps antéislamiques. Il savait l'arabe par écrit, et avait traduit vers l'arabe des
passages de l'Evangile autant qu'Allah avait voulu. A cette époque, il était âgé et était
devenu aveugle: "O mon cousin, lui dit Khadîja, écoute ce que va te dire le fils de ton
frère". - "O fils de mon frère!, répondit Waraqa ibn Nawfal, de quoi s'agit-il?". Le
Prophète (pbAsl) lui raconta alors ce qu'il avait vu. "C'est l'archange, dit Waraqa ibn
Nawfal, qu'Allah a envoyé autrefois à Moïse (Mûsa) (pbAsl). Plût à Allah que je fusse

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jeune en ce moment! Ah! Comme je voudrais être encore vivant à l'époque où tes
concitoyens te banniront!". - "Ils m'exileront donc?", s'écria le Prophète (pbAsl). - "Oui,
reprit Waraqa Jamais un homme n'a apporté ce que tu apportes sans être persécuté!
Si je vis encore en ce jour-là, je t'aiderai de toutes mes forces". (Mouslim n°231)

Le début de sa prêche en publique

D'après Ibn 'Abbâs (‫ عنھما‬W ‫)رضي‬: Lorsque fut révélé ce verset: {Et avertis les gens
qui te sont les plus proches} le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬se dirigea vers le mont
As-Safâ et l'escalade, puis poussa un cri d'avertissement. Les gens se demandèrent
alors qui appelait ainsi. Connaissant que c'était Muhammad, ils allèrent le retrouver.
- Hé! les Banû untel! Hé! les Banû untel! Hé! les Banû untel! Hé les Banû 'Abd Manâf!
Hé! les Banû 'Abd Al-Muttalib. Quand ils s'étaient tous assemblés, le Prophète leur
dit: "Eh bien! Figurez-vous que je vous annonce qu'il y a au pied de cette
montagne des cavaliers qui veulent vous attaquer, me croiriez-vous?".
- "Certes oui, répondirent-ils, car, tu n'as jamais menti".
- "Eh bien! reprit-il, je vous avertis que vous êtes menacés d'un châtiment
terrible".
- "Que tu périsses!, s'écria Abou Lahab, est-ce pour cela que tu nous as
rassemblés?".
C'est alors que fut révélé ce verset: {Que périssent les deux mains de Abou
Lahab}, et en fait, il périt. (Mouslim n°307)

D'après Abou Hourayra (‫ عنه‬W ‫)رضي‬, lorsque fut révélé ce verset: {Et avertis les gens
qui te sont les plus proches}. l'Envoyé d'Allah (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬appela les
Qoraychites à se réunir. Allant du général au particulier, il s'adressa à eux en ces
termes: "O Banû Ka'b ibn Lu'ay, sauvez-vous du Feu; O Banû Murra ibn Ka'b,
sauvez-vous du Feu; O Banû 'Abd Chams, sauvez-vous du Feu; O Banû 'Abd
Manâf, sauvez-vous du Feu; O Banû Hâchim, sauvez-vous du Feu; O Banû 'Abd
Al-Muttalib, sauvez-vous du Feu; O Fâtima, sauve-toi du Feu. Car je ne puis rien
pour vous tous auprès d'Allah sinon que le maintien de nos liens de parenté
que je maintiendrai". (Mouslim n°303)

Le rejet

Les gens de la Mecque entendirent ces paroles nouvelles les appelant à se soumettre
à Dieu , à entrer dans l'islam. Mais les divisions apparurent bientôt. Beaucoup
rejetèrent l'aveuglante vérité. Après de nombreuses années de reconnaissance de sa
gentillesse et de sa piété, ils commencèrent à l'insulter, à le ridiculiser, et même à le
traiter de fou. Malgré cela, jamais Muhammad ne répondit à l'insulte par l'insulte. Il
avait l'habitude de dire :

« Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier doit être bon avec ses invités.
Celui qui croit en Dieu et au jour du jugement dernier doit honorer son voisin. Celui
qui croit en Dieu et au jour du Jugement Dernier doit dire le bien ou se taire. »

Rien ne l'arrêtait. Il continuait patiemment à inviter ses concitoyens au premier pilier


de l'islam : qu'il n'y a de dieu que Dieu et qu'il en était le Messager.

Plus il appelait son peuple à se soumettre au Dieu unique, plus les chefs des

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différentes tribus enrageaient : « Quoi, dirent-ils, il a fait de tous nos dieux un Dieu
unique ? C'est une chose bien étrange. » Ce qui les surprenait le plus était que ces
nouveaux mots miraculeux - les versets du Coran - provenaient d'un homme qu'ils
savaient être illettré. Jamais Muhammad n'avait appris à lire ni à écrire, peu d'Arabes
en étaient capables à l'époque. Alors comment ces mots, à nul autre pareils quant â
leur beauté et à leur agencement, pouvaient-ils sortir de sa bouche ?

Les chefs de Quraïsh, la tribu la plus influente de la Mecque, devinrent de plus en


plus excédés. Lors de l'une de leur réunion, ils décidèrent de demander à Abû Talib,
l'oncle et le protecteur du Prophète, d'essayer de stopper Muhammad dans sa
mission consistant à appeler les gens à se départir des coutumes et de la religion de
leurs pères.

Lorsque Muhammad entendit cela, il fut très ému car il éprouvait beaucoup d'amour et
d'affection pour son oncle, mais sa réponse fut sereine et calme : « Par Dieu ! S'ils
plaçaient le soleil dans ma main droite et la lune dans ma main gauche, je
n'abandonnerais jamais ma mission jusqu'à ce que Dieu me donne la victoire ou
jusqu'à ma mort. »

Lentement, un par un, le nombre des musulmans augmentait, guidés par le Prophète
bien-aimé. Le premier groupe de croyants suivit le chemin de la vérité et de la
soumission. Leur amour de la Vérité resplendissait, illuminant la pâle société païenne
de cette époque. La recherche des biens matériels - principal objectif et objet de
toutes les ambitions ici-bas - avait été substituée par la recherche de la lumière et de
la sagesse éternelles. « Quiconque recherche le chemin de la connaissance, Dieu lui
facilitera le chemin du Paradis" », dit le Prophète.

Les musulmans furent l'objet de persécutions dès les premiers temps de l'Islam. Ceux
qui étaient pauvres, ceux qui avaient peu de moyens et pas de statut social souffrirent
le plus cruellement. On riait et on se moquait d'eux, et quand cela ne suffisait pas, les
non croyants avaient même recours à des attaques et à des tortures physiques. On
leur jetait des pierres ou des ordures. Quelques centaines de musulmans réussirent à
quitter la Mecque, abandonnant leur maison, cherchant refuge en Abyssinie voisine,
terre chrétienne.

Ceux qui restèrent, subirent des persécutions de plus en plus violentes. Bilal , un
esclave noir d'Abyssinie qui s'était converti à l'islam, fut ligoté sur le sable brûlant sur
l'ordre de son maître, tandis qu'on plaçait d'énormes pierres sur sa poitrine. « Où est
ton Dieu, maintenant ? » lui demandèrent-ils, en se moquant de lui. Mais aucune
torture ne pouvait ébranler sa foi. Jamais les croyants ne renonceraient à l'islam.

Le boycott

Une nouvelle tactique fut mise en place par les chefs de la Mecque. Le Prophète et
ses Compagnons furent chassés et contraints de vivre dans un endroit isolé de la
ville. Aucune provision ne leur parvenait et ils eurent à souffrir de la faim et de la soif
durant de longues périodes, ne mangeant presque rien pendant plusieurs jours, voire
plusieurs semaines.

Cet embargo commença pendant la septième année de la Révélation et il dura trois

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ans. Néanmoins, grâce à Dieu , quelques personnes de bonne volonté parmi les
persécuteurs ne purent supporter davantage cette pratique inhumaine. La situation se
modifia quelque peu et le ban fut finalement levé.

La scission de la lune

Allâh a dit: {L'Heure approche et la lune s'est fendue. Et s'ils voient un prodige,
ils s'en détournent et disent : "Une magie persistante".} (54/1-2)

Parmi les compagnons du Prophète qui ont narré le récit de ce miracle, on trouve `Ali
ainsi qu'Ibn Mas`ûd, Ibn `Omar, Jubayr Ibn Mot`am, Anas Ibn Mâlik, `Abdullâh Ibn
`Abbâs, Hudhayfah Ibn Al-Yamân et bien d'autres.

Un jour, les Mecquois demandèrent au Prophète de leur prouver qu'il était bien un
prophète. Ceci eut lieu cinq ans avant l'Hégire en présence de Al-Walîd Ibn Al-
Mughîrah, Abû Jahl, Al-`Âs Ibn Wâël, Al-Aswad Ibn Al-Muttaleb, An-Nadr Ibn Al-Hârith
et d'autres païens de la Mecque. Ils dirent au Prophète : "Si ce que tu dis est vrai (i.e.
que tu es un Prophète de Dieu), alors scinde la lune en deux moitiés !" Alors le
Prophète s'est adressé à Dieu afin qu'il lui octroie ce qu'ils avaient demandé. Et la
lune se coupa en deux moitiés, l'une en amont de la montagne et l'autre en aval ! Et
le Prophète d'appeler des témoins pour attester de ce miracle. Ce phénomène se
produisit le 14ème jour du mois lunaire, jour de la pleine lune, et dura autant de temps
qu'il y a entre l'après-midi et la nuit". Quand la lune se fendit, les païens dirent : "
Mohammad nous a ensorcelés." Alors, l'un d'entre eux, qui n'était autre que Abû Jahl,
dit : "S'il nous a ensorcelés, il ne peut pas ensorceler le monde entier. Interrogez donc
les voyageurs qui viennent d'autres contrées : s'ils ont vu ce que vous avez vu, alors
Mohammad aura fait ses preuves et sinon, ce que vous avez vu n'est autre que de la
magie." Les Mecquois suivirent ce conseil avisé et mais tous les voyageurs en
provenance à la Mecque ne firent que corroborer le récit de ce miracle. Les Mecquois
dirent alors : "Ceci est une magie persistante !".

La deuxième émigration en Abyssinie

Les Qouraychites s'acharnèrent sur les émigrants et les autres musulmans que leurs
propres clans tribaux attaquaient aussi. Il leur était difficile d'admettre la nouvelle
selon laquelle de Négus avait bien reçu et traité les émigrants. Face à cette situation,
le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) ne put s'empêcher de
demander à ses compagnons de retourner en Abyssinie. Cette deuxième émigration
était plus dure que la première car les Qouraychites s'y attendaient et tenaient à la
faire échouer. Cependant les musulmans étaient plus rapides. Allah leur ayant facilité
le voyage, ils parvinrent en Abyssinie avant de se faire rattraper. Cette fois la
délégation comportait 83 hommes si l'on compte 'Ammâr (dont on doute de
l'émigration) et 18 ou 19 femmes.

Le complot des Qouraychites contre les musulmans émigrés en Abyssinie

Les associateurs tenaient coûte que coûte à empêcher les émigrés de trouver un
refuge pour eux-mêmes et pour leur religion. Aussi, choisirent-ils deux hommes
robustes et intelligents à savoir 'Amr ibn al'As et 'Abdoullah ibn abi Rabî'a avant leur
conversion à l'Islam qu'ils envoyèrent, chargés des cadeaux les plus précieux, auprès

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du Négus et de ses patriarches. Les deux hommes, munis des cadeaux, arrivèrent
chez les patriarches auxquels ils fournirent des arguments en faveur de l'expulsion
des musulmans et, après que ceux-ci furent d'accord de proposer au Négus de les
expulser, ils rencontrèrent le Négus même à qui ils offrirent les cadeaux et parlèrent
en ces termes:

«Ô Roi! Il se réfugie dans votre pays de jeunes stupides qui, ayant quitté la religion de
leur peuple, n'ont pas pour autant embrassé la vôtre. Ils ont apporté une religion qu'ils
ont créée de toutes pièces et que personne ne connaît, ni nous, ni vous-mêmes.
Aussi, avons-nous été dépêchés auprès de vous par les nobles de leur peuple, par
leurs pères, leurs oncles et leurs clans qui vous demandent de les leur rendre, car ils
veillent sur eux mieux que quiconque et savent mieux que quiconque ce qu'ils ont eu
à leur reprocher».

Les patriarches dirent: «Effectivement! Sire! Rends-les leur! Qu'ils retournent avec
dans leur pays et auprès de leur peuple!».

Le Négus, malgré tout tenait à examiner la question et à écouter toutes les parties. Il
envoya donc chercher les musulmans qui, ensuite, se présentèrent, prêts à dire la
vérité sous toutes ses formes. Le Négus leur dit:

«Quelle est donc cette religion pour laquelle vous vous séparez de votre peuple, sans
embrasser la mienne, ni aucune des autres religions?».

Ja'far ibn abi Tâlib, le porte-parole des musulmans dit: «Sire! Nous faisions partie des
gens de l'ignorance et comme eux, adorions les idoles, mangions de la charogne
pratiquions la fornication, rompions les liens de parenté et maltraitions nos voisins.
Les plus forts parmi nous se nourrissaient des plus faibles. Nous ne cessions de vivre
de la sorte jusqu'au jour où Allah nous envoya un Messager qu'il choisit parmi nous,
un Messager dont nous connaissons la généalogie, la franchise, l'honnêteté et la
chasteté, qui nous appela à Allah que nous devons adorer et considérer comme Dieu
unique, nous départissant de tout ce que nous adorions d'autre que Lui, nous et nos
ancêtres, comme pierres et idoles. Il nous ordonna le franc parler, la restitution des
choses confiées, le culte de la parenté, le bon voisinage, l'abstention des choses
interdites et de l'effusion du sang. Il nous interdit la fornication, le mensonge, l'abus
des biens des orphelins, l'accusation des femmes chastes et vertueuses, nous
ordonnant d'adorer Allah, Lui Seul, sans L'associer à rien ni à personne, de prier, de
s'acquitter de la Zakât (purification des biens) et d'observer le jeûne. Sur ces bases,
nous avons cru en lui et en sa mission, nous l'avons suivi dans la pratique de la
religion qu'il nous a apportée.

Aussi, avons-nous adoré Allah Lui Seul, sans l'associer à rien d'autre, avons
considéré comme illicite ce qu'on nous a interdit et comme licite ce qu'on nous a
ordonné. Alors notre peuple nous a indexés, torturés, tourmentés à cause de notre
religion, cherchant à nous ramener à l'adoration des idoles au lieu d'Allah le Très
Haut, aux perversités que, jadis, nous considérions comme licites. Lorsqu'ils nous
eurent contraints maltraités et traqués, ne nous laissant aucune chance de pratiquer
notre religion, nous fuyâmes vers votre pays car, nous vous avons choisi à l'exclusion
des autres, pour être sous votre protection et nous espérons, Sire, qu'auprès de vous,
nous ne subirons aucune forme d'injustice».

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Le Négus dit alors: «Peux-tu me dire tant soit peu de ce qu'Allah a révélé?»
«Oui» répondit Ja'far.
Le Négus lui dit: «Alors, récite le moi».
Ja'far commença par «Kâf Ha, Ya, 'Aïn Sâd»; le début de la sourate Mariam (Marie).
Ma foi, le Négus pleura alors, à se mouiller la barbe. Ses évêques pleurèrent aussi à
mouiller leurs livres lorsqu'ils eurent entendu la sourate.
Le Négus dit ensuite aux évêques: «Il ne fait pas de doute que ceci et ce que Mousâ
avait apporté sortent de la même niche».
Se retournant vers les deux émissaires il dit: «Allez vous-en! je ne vous les livrerai
pas. Ils sont sous ma protection».
'Amr ibn al 'As et son compagnon sortirent, mais le premier dit au second: «Je jure
sur Allah que demain je reviendrai avec de quoi les faire expulser».
'Abdoullah ibn Rabîa s'adressa à lui en ces termes: «Ne le fais pas. Ce sont des
parents, même s'ils nous ont contrariés ».
Cependant 'Amr ibn al 'As persista dans sa démarche et, le lendemain dit au Négus:
«Ils disent des choses étranges de ‘Isâ le fils de Marie».
Celui-ci envoya chez les musulmans leur demander ce qu'ils pouvaient bien dire au
sujet du Messie. Les musulmans paniquèrent mais s'entendirent entre eux pour ne
dire que la vérité. Dès leur arrivée, à la cour, le Négus les interrogea et, alors, Ja'far
répondit: «Nous disons de lui ce que nous a apporté notre Prophète (Prière et
bénédiction d'Allah sur lui) à savoir qu'il est le serviteur, le messager, l'esprit et la
parole d'Allah insufflé à la vierge Marie».
Le Négus ramassa un bâton à terre et dit: «Ce que tu viens de dire ne dépasse la
vérité sur 'Isâ ibn Mariam que de la longueur de ce bâton».
«Si!» ajouta-t-il, voyant que ses patriarches faisaient la moue. il dit aux musulmans:
«Allez! vous êtes en sécurité sur ma terre, quiconque vous insulte paiera une
amende, quiconque vous insulte paiera une amende, quiconque vous insulte paiera
une amende. Je n'aimerais pas avoir une montagne d'or si je devais l'obtenir en
portant préjudice à l'un d'entre vous».
Il dit ensuite à son entourage: «Rendez-leur leurs cadeaux. Je n'en ai pas besoin. Je
jure qu'Allah n'avait pas reçu de moi des pots de vin en me rendant mon royaume.
Pourquoi donc y prendrais-je des pots de vin? J'obéirai à la volonté des gens aussi
longtemps que ceux-ci obéiront à ma volonté».
Oumm Salamah qui racontait cette histoire dit: «Les deux émissaires sortirent
renfrognés avec tout ce qu'ils avaient apporté. Nous, nous fûmes bien logés et
traités». (ibn Ishâq)

Certains mentionnèrent que l'envoi de 'Amr ibn al 'As chez le Négus eut bien lieu
après la bataille de Badr. D'autres soutiennent que l'envoi auprès de ce Négus eut
lieu deux fois mais que les questions et les réponses rapportées entre lui et Ja'far lors
de la première émigration étaient presque les mêmes que les questions et réponses
mentionnées par ibn Ishâq. Après tout le contenu des questions formulées montre
bien qu'il s'agissait là de la première plainte adressée au Négus.

La mort de son oncle Abou Tâlib

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬continu de le prêcher à l'Islam jusqu'aux derniers


instants de sa vie

Al-Musayyab ibn Hazn (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬a dit: "Au moment où Abou Tâlib était à l'article de

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la mort, l'Envoyé d'Allah (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬vint le voir et trouva chez lui Abou Jahl et
'Abd-Allah ibn 'Abî 'Umayya ibn Al-Mughîra. L'Envoyé d'Allah s'adressa à Abou Tâlib
en disant: "O mon oncle, Atteste qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah. C'est là un
mot dont je serai témoin en ta faveur auprès d'Allah". Aussitôt Abou Jahl et 'Abd-
Allah ibn 'Abî 'Umayya s'écrièrent: "O Abou Tâlib Vas-tu renier la foi de 'Abd Al-
Muttalib?"
L'Envoyé d'Allah ne cessa de lui proposer de prononcer la profession de foi en
répétant les mêmes mots, (tandis que les deux autres lui répétaient les mêmes
propos). Mais, les dernières paroles de Abou Tâlib furent qu'il persistait dans la foi de
'Abd Al-Muttalib en refusant d'attester qu'il n'y a d'autre divinité qu'Allah.
- "Par Dieu!, s'écria l'Envoyé d'Allah (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, je demanderai à Allah de te
pardonner, tant que cela ne me soit pas défendu". Ce fut à cette occasion qu'Allah, le
Très-Haut, révéla ce verset: {Il n'appartient pas au Prophète et aux Croyants
d'implorer le pardon en faveur des polythéistes, fussent-ils des parents alors
qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer}. Ensuite, Allah, le
Très-Haut, révéla au sujet de Abou Tâlib, en s'adressant à l'Envoyé d'Allah ce verset:
{Tu (Muhammad) ne diriges pas celui que tu aimes: mais c'est Allah qui guide
qui Il veut. Il connaît mieux cependant les bien-guidés}. (Mouslim n°35)

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬demande à 'Ali (‫ عنه‬6 ‫ )رضي‬de l'enterrer

'Alî ibn Tâlib (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬a dit : « J'ai dit au Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬: "ton vieil
oncle égaré (c'est-à-dire son propre père, Abû Tâlib) vient de mourir. Qui va
l'enterrer ?"
- "va enterrer ton père".
- "Je ne l'enterrerai pas puisqu'il est mort idolâtre".
- "Va l'enterrer. Et puis ne fais rien d'autre avant de retourner auprès de moi".
- "Je suis allé l'enterrer. Ensuite je suis retourné auprès de lui avec des traces
de sable sur moi. Il me dit d'aller me laver et a fait pour moi des prières qui me
sont plus précieuses que tout ce qu'il y a sur la terre". (Silsila as-Sahîha de Al-
Albâni, n°161)

Le voyage du Prophète (saws) à Tâif

Au mois de Chawwâl de l'an 10 de la prophétie (fin mai ou début juin 619 G), le
prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui), en compagnie de son esclave
affranchi Zayd ibn Hârithah et marchant à pieds aller et retour, se rendit à Tâif, localité
située à environ 111 km de la Mecque. Il appelait à l'Islam les tribus qu'il croisait sur
son chemin mais aucune ne lui répondit. Arrivé à Tâif, il choisit trois frères parmi les
chefs de la tribu des Tâifiens à savoir Abd Yâlil, Masaoud et Habib les trois enfants de
Amr ibn Omair Ath-Thakafi. il s'installa parmi eux, les appela à Allah et à assister
l'Islam. Le premier dit qu'il allait déchirer le voile de la Kaaba si Allah l'avait envoyé.
Le deuxième dit: «Allah n'a-t-il pas trouvé un autre messager que toi?». Le troisième
dit: «Par Allah, je ne te parlerai jamais. Si tu étais un Messager tu n'aurais pas besoin
que je te réponde par la parole. Si tu mentais contre Allah, il ne conviendrait pas que
je te parle». Sur ces mots, le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui)
se leva et leur dit: «Puisque vous refusez, taisez-vous à mon sujet».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) séjourna pendant dix jours parmi les
gens de Tâif. Au cours d'une telle période, son appel n'épargna aucun des notables

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de la localité.

Ceux-ci lui répondirent: «Sors de notre pays!». Ils incitèrent contre lui les sots et les
stupides. Au moment où le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) allait sortir,
les sots et les esclaves le suivirent, l'injuriant et lui criant dessus au point d'ameuter
les gens autour de lui. Organisés en deux rangs, ils se mirent tous à lui jeter des
pierres et à lui adresser des grossièretés. Ils lui jetèrent des pierres aux tendons au
point que ses chaussures fussent teintées de sang. Zayd ibn Hârithha s'offrait en
bouclier pour le protéger mais fut blessé à la tête. Les sots et les stupides ne
cessèrent de le suivre et de l'acculer au point de le contraindre à aller vers un jardin
appartenant à Otba et à Chayba les deux enfants de Rabîa à 5,5 km de Tâif. Après
que le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) se fût réfugié dans ce
jardin, les gens s'en retournèrent. Alors, il alla jusqu'à un cep de vigne et s'asseya à
son ombre, adossé à un mur.

C'est là qu'il fit, après avoir retrouvé son calme, sa célèbre invocation qui dénotait que
son coeur était rempli de tristesse pour la violence déjà subie et aussi de regret que
personne ne crût au message. Il dit:

«Seigneur! Je me plains auprès de toi de ma faiblesse, de mon impuissance et du


mépris que j'inspire aux gens.

O Toi, le plus Clément des Cléments! Tu es le Seigneur des affaiblis. Tu es mon


Seigneur.

A qui me confies-tu?

Est-ce à ceux qui me détestent?

Ou bien me laisses-Tu avec mes ennemis?

Tout cela importe peu, si je ne m'attire pas Ta colère car, pour moi, Ton salut est plus
vaste que tout.

Je cherche refuge auprès de la lumière de Ton visage par laquelle Tu dissipes les
ténèbres et redresse qualitativement les affaires de ce monde et celles de l'au-delà,
contre toute décharge de Ta colère sur moi.

Je ne cherche qu'à te satisfaire et il n'y a ni force ni puissance si ce n'est en Toi».

Lorsque les deux enfants de Rabîa le virent, ils le prirent en pitié. Aussi appelèrent-ils
un garçon à eux, un chrétien nommé Addâs et lui dirent: «Prends de ce cep une
grappe de raisins que tu porteras à cet homme»

Addâs s'exécuta. Il posa la grappe. Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah


sur lui), qui, tendant alors la main dit: « au nom d'Allah» avant de manger.

Le garçon dit: «Les gens de ce pays ne prononcent pas une telle parole».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) dit: «Et toi, de quel pays viens tu?».

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Addâs : «Je suis chrétien, originaire de «Ninawâ» ».

Le Messager Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) reprit: «Tu es originaire du
village d'un homme vertueux, Younous ibn Mattâ».

Le garçon dit: «Comment as tu connu Younous ibn Mattâ ».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) répondit: «Celui-là est mon frère.
C'était un prophète et moi aussi je suis prophète». Cela dit Addâs se pencha, baisa
les mains et les pieds du prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui).

Les deux enfants de Rabîa se dirent alors l'un à l'autre: «Voilà, il a corrompu ton
gosse».

Au retour de Addâs ils lui dirent: «Malheur à toi! qu'est ce que c'est, ce que tu viens
de faire? ».

Le garçon répondit: «Maître! il n'existe pas sur terre meilleur que cet homme. Il m'a
informé d'une chose que seul un prophète peut savoir».

Ils lui dirent: «Malheur à toi! qu'il ne te détourne pas de ta religion car ta religion est
meilleure que la sienne».

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) prit la route du retour à la
Mecque après avoir quitté le jardin, triste et le cœur brisé. A l'entrée de la ville, Allah
lui envoya l'ange Jibril, accompagné de l'ange des montagnes. Celui-ci lui proposa de
renverser les deux montagnes sur les Mecquois.

Selon 'Âicha, elle a dit une fois au Prophète : «As-tu connu un jour plus pénible que le
jour de Ouhoud?» Il dit: «Oui, j'ai supporté de ton peuple des choses plus pénibles
encore et la plus pénible d'entr'elles fut ce que j'ai éprouvé de leur part le jour de la
'Aqaba. J'avais alors demandé la protection d'Ibn 'Abd Yàlil qui me la refusa. Je partis
abattu par la déception et je me suis trouvé sans le savoir sur le mont «Qam
Aththa'àlib» (sur la route de Nejd). En levant la tête je vis un nuage qui me couvrit de
son ombre. Je regardai dans le nuage et y vis l'Ange Gabriel (salut de Dieu sur lui) qui
m'appela en disant: «Dieu exalté a entendu ce que vient de te dire ton peuple et le
refus qu'ils t'ont opposé. Il t'a envoyé l'Ange des montagnes pour que tu lui ordonnes
de leur faire ce que tu veux». Juste à ce moment l'Ange des montagnes m'appela. Il
me salua et me dit: «O Mohammad! Dieu a bien entendu ce que t'a dit ton peuple et
je suis l'Ange des montagnes. Or mon Seigneur m'a envoyé à toi pour que tu
m'ordonnes de faire ce que tu veux. Si tu veux que je les écrase entre les deux
montagnes qui entourent la Mecque, je le ferai». Le Prophète lui dit: «Je souhaite
plutôt que Dieu sorte de leurs reins une progéniture adorant Dieu seul sans rien Lui
associer». (al-Boukhâri, Mouslim n°643)

Ensuite, il avança en direction de la Mecque et atteignit la vallée Nakhla où il séjourna


pendant des jours. Il existait dans cette vallée deux endroits où l'on pouvait séjourner;
As-Sayl AIKabir et Az-Zayma, dans la mesure où il y avait de l'eau et de la fertilité.
Toutefois, à notre connaissance, aucune source ne précise l'endroit exact de son
séjour dans la vallée.

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Au cours de son séjour en ce lieu, Allah lui envoya un groupe de djinns. Ceux-ci, le
Très Haut en a fait mention dans deux endroits du Coran:

1. La sourate Ahkâf:

(traduction relative et approchée) :«Rappelle-toi lorsque nous dirigeâmes vers toi une
troupe de djinns pour qu'ils écoutent le Coran. Quand ils assistèrent à sa récitation, ils
dirent: «Écoutez attentivement...» Puis, quand ce fut terminé, ils retournèrent à leur
peuple, en avertisseurs. Ils dirent: «Ô notre peuple! Nous venons d'entendre un livre
qui a été descendu après Moïse, confirmant ce qui l'a précédé. Il guide vers la vérité
et vers un chemin droit. O notre peuple! Répondez au prédicateur d'Allah et croyez en
lui. Allah vous pardonnera une partie de vos péchés et vous protègera contre un
châtiment douloureux» (46:29-31)

2. La sourate de Djinns:

(traduction relative et approchée) :«Dis: il m'a été révélé qu'un groupe de djinns
prêtèrent l'oreille puis dirent: nous avons certes entendu une lecture merveilleuse qui
guide vers la droiture. Nous y avons cru et nous n'associerons jamais personne à
notre Seigneur» (72:1,2)

Il ressort du contenu de ces versets et de celui des rapports faits au sujet du


commentaire de cet événement que le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah
sur lui) ne savait pas que ce groupe de djinns était venu l'écouter. Cela, il ne le sut
que lorsqu'Allah le lui fit savoir en lui révélant de tels versets. On en déduit également
que c'était 1a première fois que les djinns assistaient à la récitation. le contenu des
rapports implique que les djinns sont, à plusieurs reprises, revenus écouter.

Assurément, cet événement était aussi un secours par lequel Allah lui fournit, à partir
de ses mystères insondables, ses soldats que personne d'autre que lui ne connaît.

De surcroît, les versets descendus en rapport avec l'événement renfermaient des


annonces de la réussite de l'appel du prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui),
précisant qu'aucune des forces de l'univers ne pouvait s'opposer à une telle réussite:

(traduction relative et approchée) :«Et quiconque ne répond pas au prédicateur


d'Allah ne saura échapper au pouvoir d'Allah sur terre. Et, il n'aura pas de protecteur
en dehors de Lui. Ceux-là sont dans un égarement évident» (46:32)

(traduction relative et approchée) :«Nous pensions bien que nous ne saurions jamais
réduire Allah à l'impuissance sur la terre et que nous ne saurions jamais Le réduire à
l'impuissance en nous enfuyant ». (72:12).

Ce secours et ces annonces dissipèrent les nuages de tristesse, d'affliction et de


désespoir qui suivaient le Messager d'Allah depuis qu'il avait quitté Tâif, chassé et
stupéfait. En conséquence de cela, celui-ci était résolu à rentrer à la Mecque, à
reprendre son premier plan d'exposition de l'Islam, de communication du message
éternel d'Allah, avec un zèle tout nouveau.

Alors, Zayd ibn Hâritha lui dit: «Comment les réintégrer (les kouraichites) alors qu'ils

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t'ont fait sortir?».

Le prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) dit: « Zayd! Allah va décanter la
situation que tu vois et lui apportera une solution. Il secourra Sa religion et fera
triompher son prophète».

À l'approche de la Mecque, le Prophète (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) resta à


Hirâ et envoya quelqu'un des Khouzâaa auprès d'Al-Akhnas ibn Shouraik demandant
à ce dernier de le protéger. Celui-ci dit:

"Je suis un allié et l'allié ne protège pas".

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) envoya alors auprès de
Souhayl ibn Amr qui répondit: «Banou Amir ne protègent pas Banî Kaab».

Il envoya auprès d' Al-Moutaim ibn Adi qui dit: «Oui», s'arma puis appela ses fils et
son peuple et leur parla en ces termes: «Prenez vos armes et postez-vous aux coins
de la maison car j'ai accepté de protéger Mouhammad». Ensuite il envoya auprès du
Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) pour lui dire de venir. A son
arrivée, il lui dit «Entre!». En compagnie de Zayd ibn Haritha le prophète (Prière et
bénédiction d'Allah sur lui) entra à la Mecque et alla jusqu'à la sainte mosquée.

Debout sur sa monture, Al-Moutaim ibn Adi appela: «Ô Kouraich! j'accorde ma


protection à Mouhammad. Alors, que personne ne le touche! ».

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) alla jusqu'à l'encoignure, fit
le tour du temple accomplit deux prosternations et, escorté par Moutaim et ses fils
armés, rentra chez lui.

On raconte que ce jour-là, Abou Jahl! interrogea Moutaim en ces termes: «Mais, toi,
es-tu protecteur ou un adepte : un musulman?».

Celui-ci répondait: «Plutôt protecteur!» Abou Jahl reprit: «Ton protège est le nôtre».

Le Messager d'Allah (Prière et bénédiction d'Allah sur lui) avait gardé en mémoire cet
acte de Moutaim.

Aussi, dit-il au sujet des prisonniers de Badr : «si Al-Moutaim » était encore vivant et
me demandait la libération de ceux-là, je lui accorderais cette faveur».

Le voyage nocturne et l'ascension (-1 H. ; 53 ans)

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬voyage une nuit de la Mecque à Jérusalem, puis


monte jusqu'au Jujubier célèste

Allâh (‫ )تعالى‬a dit: {Gloire et Pureté à Celui qui de nuit, fit voyager Son serviteur
[Mouhammad], de la mosquée Al-Haram à la mosquée Al-Aqsa dont Nous avons
béni l'alentours, afin de lui faire voir certaines de Nos merveilles.} (17/1)

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 29 of 88

Selon Anas ibn Mâlik (‫ عنه‬W ‫)رضي‬, le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬a dit: "Al-Burâq" -une
monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'une mule, qui se trouvait
d'un bond où son regard s'arrêtait- me fut amenée. Je la montai et fus transporté à
Jérusalem. Là-bas, je l'attachai à l'anneau destiné à l'usage des prophètes. Je
pénétrai dans la mosquée où je pria deux rak'a. A ma sortie, Gabriel (‫ )عليه السالم‬m'offrit
deux récipients: l'un contenant du vin, l'autre du lait. Je choisis le lait; et Gabriel me
déclara alors que j'avais élu la voie primordiale. Porté par lui, je m'élevai jusqu'aux
régions célestes. Gabriel demanda la permission d'y accéder.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je vis aussitôt Adam qui me souhaita la bienvenue et invoqua
(Allah) en ma faveur. Puis, je fus porté au second ciel, Gabriel (‫ )عليه السالم‬demanda
qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je vis aussitôt les deux cousins maternels: Jésus ('Isa), le fils de
Marie et Jean Baptiste, fils de Zacharie (qu'Allah leur accorde Ses bénédictions) qui
me souhaitèrent la bienvenue et le bien. Puis, je fus porté au troisième ciel, et Gabriel
demanda aussi la permission d'y pénétrer.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je trouvai aussitôt Joseph (Yûsuf) (‫ )عليه السالم‬à qui a été assignée la
moitié de la beauté humaine. Celui-ci me souhaita la bienvenue et le bien. Je fus
ensuite porté au quatrième ciel et Gabriel (‫ )عليه السالم‬demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui".
On nous ouvrit et je trouvai Anoch ('Idris) qui me souhaita la bienvenue et le bien.
Allah - à Lui la puissance et la gloire - dit à ce sujet: {Et Nous l'élevâmes à un haut
rang}. Je fus alors porté au cinquième ciel et Gabriel demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Aaron (Hârûn) (saws) qui me souhaita la

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bienvenue et le bien. Je fus ensuite porté au sixième ciel et Gabriel (que la paix soit
sur lui) demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Moïse (Mûsa) (saws) qui me souhaita la
bienvenue et le bien. Je fus porté enfin au septième ciel et Gabriel (que la paix soit
sur lui) demanda qu'on nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit et je trouvai Abraham ('Ibrâhim) (saws), le dos appuyé contre
la Maison Peuplée dans laquelle pénètrent journellement un nouveau groupe de
soixante-dix mille Anges. Puis, il m'emmena vers "Sidrat al-Muntaha" (le Lotus de la
limite extrême) dont les feuilles ressemblaient aux oreilles d'éléphants et les fruits
étaient (grands) comme les cruches. Au moment où -par l'ordre d'Allah- le lotus fut
couvert de ce qui le couvrit, il se transforma et aucun des créatures d'Allah ne pourrait
décrire sa splendeur. Allah me révéla, alors, ce qu'Il voulut, et prescrivit
l'accomplissement de cinquante prières par jour. Je retournai voir Moïse (Mûsa) qui
me demanda: "Qu'est-ce qu'a prescrit le Seigneur à ta Communauté?".
- "Une cinquantaine de prières", lui dis-je.
- "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui la réduction de ce nombre, car ta
Communauté ne supportera point cette prescription. Je connais bien les israélites; je
les avais mis à l'épreuve et je m'étais employé à les ramener sur la bonne voie".
Le Prophète poursuivit: Je retournai à mon Seigneur et je Lui demandai de réduire le
nombre des prières pour la faveur de ma Communauté. Il m'exauça en les
amoindrissant de cinq prières. J'allai ensuite trouver Moïse (Mûsa) pour l'informer de
la réduction des cinq prières. Toutefois, il me répéta: "Retourne à ton Seigneur et
demande-Lui la réduction de ce nombre, car ta Communauté ne le supportera point".
Je ne cessai alors de faire la navette entre mon Seigneur (à Lui la puissance et la
gloire) et Moïse (Mûsa) (que la paix soit sur lui) pour demander plus de réduction
encore jusqu'à ce qu'Allah me décréta: "O Muhammad! Je prescris irrévocablement
cinq prières jour et nuit, dont chacune équivaut à dix, cela fait alors cinquante.
Quiconque a dessein de faire une bonne action et ne la faite pas, on lui inscrira une
récompense à son actif; s'il l'exécute, une récompense équivalente à dix bonnes
actions lui sera inscrite. Tandis que quiconque a l'intention de perpétrer une mauvaise
action et qu'il ne l'accomplit pas, rien ne sera inscrit à son passif; si au contraire il
l'accomplit, on lui inscrira la punition d'une seule mauvaise action". Je redescendai et
arrivai auprès de Moïse (que la paix soit sur lui) pour l'informer de la chose, mais il me
dit: "Retourne à ton Seigneur et demande-Lui une nouvelle réduction".
"Je suis déjà retourné plusieurs fois à mon Seigneur, jusqu'à ce que j'aie trouvé
inconvenant de Lui adresser encore une fois cette demande." répondis-je à Mûsa.
(Mouslim n°234)

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D'après Mâlik ibn Sa'sa'a (ra), le Prophète (saws) a dit: Pendant que je me trouvais
auprès de la Maison sacrée (la Ka'ba) dans un état intermédiaire entre le réveil et le
sommeil, j'entendis quelqu'un appeler: "L'homme se trouvant entre les deux autres!".
(il y avait, selon les commentateurs, deux hommes à côté du Prophète). J'y répondis.
On m'emmena et m'offrit ensuite un bassin d'or rempli de l'eau de Zamzam. On me
fendit la poitrine d'ici jusque là. Un autre transmetteur, Qatâda, s'enquérit: "Et qu'a-t-il
entendu par (d'ici jusque là)?". -"Jusqu'au bas-ventre", répliqua Anas. - On m'extraira
le cœur, dit le Prophète, et après l'avoir lavé avec l'eau de Zamzam, on me le remit à
sa place en le bourrant de la foi et de la sagesse. Puis, me fut amenée "Al-Burâq" -
une monture blanche, plus grande qu'un âne et plus petite qu'une mule, qui se
trouvait d'un bond où son regard s'arrêtait-; sur laquelle on me fit monter. Puis, je
m'en allai avec Gabriel, jusqu'à atteindre le ciel le plus proche où il demanda qu'on
nous ouvrît.
- "Qui est-ce?", demanda-t-on.
- "C'est Gabriel ", répondit-il.
- "Et qui t'accompagne?".
- "C'est Muhammad ".
- "A-t-il donc reçu la Mission?".
- "Oui". On nous ouvrit donc en disant: "Qu'il soit donc le bienvenu! Quelle heureuse
arrivée que la sienne!". J'y trouvai alors Adam (que la paix soit sur lui)". Et le Prophète
se mit à relater la suite des événements (déjà mentionnés dans le hadith précédent)
en disant qu'il avait rencontré au second ciel, Jésus ('Isa) et Jean-Baptiste (Yahiya)
(que la paix soit sur les deux); au troisième, Joseph (Yûsuf); au quatrième, Anoch
('Idris); et au cinquième, Aaron (Hârûn) (que la bénédiction d'Allah soit sur eux tous). -
Nous parvînmes enfin au sixième ciel, continua le Prophète, là je vis Moïse (Mûsa)
(que la paix soit sur lui) que je saluai. Et lui de me répondre: "Que tu sois le bienvenu,
frère vertueux et prophète vertueux!". A peine l'avais-je dépassé, qu'il se mit à
pleurer. "Pourquoi tu pleures?", lui demanda-t-on.
- "O Seigneur, répondit-il, ce jeune homme, vous l'avez envoyé après moi; et pourtant
une multitude de sa Communauté iront au Paradis, tandis que ceux qui y accéderont
parmi ma Communauté seront moins nombreux". Puis, nous montâmes au septième
ciel où je vis Abraham ('Ibrâhim). Or, le Prophète (saws) raconta qu'il avait vu quatre
fleuves: deux apparents et deux autres sous terre. "O Gabriel! Quels sont donc ces
fleuves?", demanda-t-il.
L'Archange répondit: "Les deux fleuves souterrains sont du Paradis; quant aux deux
autres, ils sont le Nil et l'Euphrate". Le Prophète poursuivit son récit: Puis, on me
montra la Maison Peuplée à son endroit sur laquelle j'interrogeai Gabriel qui me dit:
"C'est la Maison Peuplée où chaque jour, soixante-dix mille Anges font la prière pour
une seule fois dans leur vie". Ensuite, on m'apporta deux récipients: l'un contenant du
vin et l'autre de lait. Je choisis celui-ci. "Vous y êtes! Qu'Allah te bénis pour la faveur
de ta Communauté! Tu as opté pour la voie primordiale", constata Gabriel. Aussi, il
me fut prescrit d'accomplir cinquante prières par jour..." Et le Prophète relata ce qui
s'était passé à ce sujet. (Mouslim n°238)

A son retour, le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬raconte cela à Qouraych et les


preuves qu'Il leur apporte

Oum Hâni' (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬dit : "Le Prophète - que la paix et les bénédictions de Dieu
soient sur lui - dormait chez nous la nuit où le miracle d'al-Isrâ' eut lieu. Je constatai
son absence cette nuit là et je ne pus fermer l'œil de peur qu'un malheur ne lui soit

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arrivé. [A son retour], le Prophète m'expliqua : "Gabriel - que la paix soit sur lui - vint
me voir, il me prit par la main et nous sortîmes de la maison. Devant la porte, je
trouvai une monture entre la mule et l'âne. Il me fit monter dessus et nous partîmes.
Arrivés au Temple de Jérusalem, il me montra Abraham qui était de la même
constitution que moi. Il me montra Moïse : il était basané et grand de taille avec des
cheveux blancs, il ressemblait aux gens de Azd Shanu'ah (une tribu arabe). Il me
montra Jésus, fils de Marie, il était blanc de teint avec un peu de rougeur. Il
ressemblait à 'Urwah Ibn Mas'ûd Ath-Thaqafî. Il me montra aussi l'Imposteur
[l'Antéchrist]. Borgne de l'œil droit, il ressemblait à Qotn Ibn 'Abd Al-'Ozzâ." Puis il me
dit : "Je veux sortir raconter tout ce que j'ai vu à Qoraïsh." Je le retins par ses
vêtements et lui dit : "Je t'en conjure, tu sais bien que ses gens te démentissent et je
crains qu'il ne te fassent du mal !" Il libéra ses vêtements de ma main et sortit.
Il alla les voir dans leur lieu de rencontres et leur raconta son récit. Mut'am Ibn 'Udayy
se leva et lui dit : "Ô Muhammad, si tu étais aussi jeune que tu l'étais dans le temps,
tu n'aurais pas dit une telle chose et resté impuni !"
Un autre homme lui dit : "As-tu vu sur ton chemin des chameaux qui nous
appartiennent à tel endroit ?"
Le Prophète répondit : "Oui, ils ont égaré un chameau et sont actuellement à sa
recherche."
L'homme lui demanda : "As-tu vu le troupeau de mon cousin un tel ?"
Le Prophète dit : "Oui, je l'ai croisé à tel endroit. Une chamelle rouge s'est cassé [un
membre]. Ils avait un récipient d'eau que j'ai bu."
Ils lui demandèrent de donner le nombre de bêtes dans le troupeau et le nom des
bergers. Il répondit qu'il n'y avait pas fait attention puis il tomba subitement en
sommeil. Il vit le troupeau devant lui et compta les bêtes et prit connaissance des
bergers qui étaient avec le troupeau. Quand il se réveilla, il leur donna le nombre de
bêtes dans le troupeau et leur dit que les bergers était Ibn Abî Quhâfah et un tel et un
tel. Il leur dit aussi que le troupeau allait rentrer à la Mecque le lendemain de telle
direction.
Le lendemain, ils attendirent à l'endroit indiqué et virent les chameaux arriver. Ils les
interrogèrent et purent vérifier qu'un chameau s'était bien égaré. Ils interrogèrent le
deuxième troupeau et vérifièrent qu'une chamelle rouge s'était cassé un membre. Ils
les interrogèrent à propos du récipient d'eau. Abû Bakr Ibn Abî Qohâfah qui
accompagnait le troupeau répondit qu'ils avaient bien un récipient et qu'il l'avait
remplit lui même et qu'il ne savait pas qui avait bien pu la boire. Quand Abû Bakr prit
connaissance de toute l'histoire il fit foi au Prophète et cru ce que le Prophète avait
relaté. C'est depuis ce moment là qu'il fut qualifié d'As-Siddîq (i.e. celui qui croit).

Selon Abou Hurayra (ra), l'Envoyé d'Allah (saws) a dit: Je me vis (en songe) dans
l'enceinte de la Ka'ba (le Hijr), pendant que les Qoraychites me questionnaient sur
mon Voyage Nocturne. Ceux-ci m'interrogèrent alors sur des détails concernant le
Temple de Jérusalem que je n'avais pas retenus; ce qui me causa une affliction qui
me fut inconnue jusqu'alors. Le Prophète ajouta: "Allah fit alors apparaître le
monument à ma vue, et ainsi je pus répondre à toutes leurs questions". (Mouslim n°
251)

L'hégire du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

L'ordre divin d'immigrer vers Médine

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D'après Abou Moussa le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) a dit : " J'ai vu
en rêve que j'ai quitté la Mecque définitivement pour m'installer sur une terre qui
abrite une palmeraie et j'ai cru qu'il s'agissait soit de Yamama, soit de Hadjar A ma
grande surprise, j'ai su par la suite qu'il s'agissait de Médine-Yattrib" (al-Boukhari n°
3352) et Mouslim n°4217)

Al-Boukhari (3906) rapporte d'après Aïcha que le Prophète (bénédiction et salut


soient sur lui) a dit aux musulmans : « votre destination m'a été montrée dans un
rêve. C'est une palmeraie situé entre deux zones couvertes de pierres noires ». Dès
lors, certains allèrent s'installer à Médine et ceux qui s'étaient rendu en Abyssinie
partirent pour Médine.

Al-Hafizh a dit : « Al Harra est une terre recouverte de pierres noires.. Ce rêve est
différent du précédent cité dans le hadith d'Abou Moussa qui rapporte l'hésitation du
Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) [entre deux destinations] Ibn Tine a dit :
« Il semble qu'on ait montré au Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) un lieu
d'immigration qui ressemblait à Médine et à d'autres (endroits). Et puis on lui en
donna une description qui ne s'appliquait qu'à Médine. Ce qui désigna celle-ci.

Le Prophète va être accompagné d'Abou Bakr

Aïcah dit : « Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) dit aux musulmans : «
votre destination m'a été montrée dans un rêve. C'est une palmeraie situé entre deux
zones couvertes de pierres noires » Abou Bakr se prépara pour se rendre à Médine
et le Messager (bénédiction et salut soient sur lui) lui dit : attends. J'espère qu'on va
m'y autoriser.

Abou Bakr lui dit : « tu espères vraiment obtenir une autorisation, puissent mes père
et mère être sacrifiés pour te sauver ! ? ». – « Oui ». Abu Bakr décida dès lors de
l'attendre pour l'accompagner.

Abou Bakr lui dit : « tu espères vraiment obtenir une autorisation, puissent mes père
et mère être sacrifiés pour te sauver ! ? ». – « Oui ». Abu Bakr décida dès lors de
l'attendre pour l'accompagner. Pour ce faire, il mobilisa deux montures et les nourrit
avec des aliments de bétail composés de feuilles de samoura (spina oegyptiaca)
pendant 4 mois Aïcha pousuivit : un jour nous étions assis chez Abou Bakr au
milieu de la journée quand quelqu'un vint lui dire : voici le Messager d'Allah
(bénédiction et salut soient sur lui) qui arrive voilé à une heure à laquelle il n'a pas
l'habitude de nous rendre visite Abou Bakr dit : puissent mes père et mère être
sacrifiés pour le sauver ! Il ne vient que pour une affaire grave Elle poursuit : A son
arrivée, le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui) demanda et obtint
l'autorisation d'entrer. puis il dit à Abou Bakr : « Fais sortir ceux qui sont avec toi ». –
Abou Bakr lui dit : « ils ne sont que ta famille, puissent mes père et mè

re être sacrifiés pour te sauver ! » - Puis le Messager (bénédiction et salut soient sur
lui) reprit : « je suis autorisé à sortir ». Abou Bakr lui dit : « l'accompagnement ! »
c'est-à-dire : je veux t'accompagner, puissent mes père et mère être sacrifiés pour te
sauver ! » . Le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dit : « oui » - Abou
Bakr dit : prends– puissent mes père et mère être sacrifiés pour te sauver ! – l'une de
mes montures que voici - Le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui)

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dit : « Je la prends contre son prix » - Aïcha poursuit : « J'ai bien préparé les
montures et les ai munies de provisions conservés dans un sac Asma fille d'Abou
Bakr découpa une partie de se ceinture pour attacher la bouche du sac. Depuis lors,
elle reçut le sobriquet de Dhat an-nitaqayn

...

Les têtes pensantes de la Mecque se réunirent et décidèrent d'assassiner le Prophète


(‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬pour se débarrasser de lui et du message qui attentait à leurs
commerces et au système social dont ils profitaient. Pour éviter les représailles des
Hashémites, ils décidèrent d'élire vingt jeunes chevaliers parmi les différentes tribus
de Qoraïsh qui exécuteraient cette mission de nuit. De cette façon, le crime serait
partagé par toutes les tribus et les Hashémites ne pourraient pas se battre seuls
contre tous, ni identifier précisément l'assassin de Muhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.
Quand ladite nuit tomba, les chevaliers armés d'épées et de lances encerclèrent la
maison du Prophète et attendirent qu'il sorte de chez lui pour la prière de l'aube
comme il faisait d'habitude. A l'heure de la prière, le Prophète sortit mais les
redoutables chevaliers n'y virent que du feu ! Le Prophète sortit de chez lui la tête
haute, sans armes. Les chevaliers qui le guettaient impatiemment ne le virent même
pas. Les vingt chevaliers étaient dans un profond sommeil ou, en tout cas, leurs
facultés de perception furent suspendues par Dieu, le seul compagnon et protecteur
de Son Prophète ! Et, pour bien marquer son passage, le Prophète fit le tour des
chevaliers et lança une poignée de sable à la face de chacun d'eux. Quand les
premières lueurs du matin poignirent, les chevaliers reprirent conscience. Ils virent
dans quel état ils étaient et se rendirent compte de l'absence définitive de leur proie...

Dès que le départ du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬fut signalé, les Qoraïshites se
lancèrent sur ses traces et aboutirent à l'entrée d'une grotte où le Prophète et son
compagnon Abou Bakr s'étaient réfugiés... Dieu troubla les Qoraïshites: les traces de
pas menaient bien à cette grotte mais visiblement, elle n'était pas fréquentée. Plus
bas, dans la grotte, Abou Bakr dit à son ami Muhammad (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬: "Si l'un
d'eux regarde sous ses pieds, il nous verra..."
Et le Prophète de répondre : "Que penses-tu de deux [personnes] dont Dieu est le
troisième ?"

Allâh (‫ )تعالى‬a dit: {Si vous ne lui portez pas secours... Allah l'a déjà secouru,
lorsque les mécréants l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient
dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, car Dieu est
avec nous." Dieu fit alors descendresur lui Sa sérénité et le soutint de soldats
que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que
la parole d'Allah eut le dessus. Et Allah est Puissant et Sage.} (9/40)

Quand ils furent débarrassés de leur poursuivants, le Prophète et Abou Bakr


retrouvèrent leur guide Abdullâh Ibn Uraïqit et le berger d'Abou Bakr, 'Âmir Ibn
Fuhaïrah, et continuèrent leur route. Ils passèrent à proximité de la tente d'une femme
qu'on appelait Oum Ma'bad Al-Khozâ'iyyah. Les voyageurs étaient alors à bout de
vivres. Ils demandèrent à Oum Ma'bad de leur vendre de quoi tenir le reste du trajet.
Mais la femme, gênée, leur dit : "Par Dieu, si j'avais de quoi vous donner, je vous
l'aurais donner gratuitement".
Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬vit dans un coin une chèvre frêle. "Et cette chèvre ?",

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demanda le Prophète.
"Elle est frêle comme tu le vois", répondit la femme.
Le Prophète lui demanda d'approcher la chèvre. Alors, le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
posa sa main sur la chèvre qui subitement prit des forces. Puis, il toucha son pis qui
se remplit de lait. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬prit du lait de la chèvre et commença
par donner à ses compagnons. Ensuite, il en donna à Oum Ma'bad, il remplit un bol
destiné à Abou Ma'bad et il finit par en boire à son tour. Les voyageurs suivirent leur
chemin. Quand Abou Ma'bad fut de retour, il s'étonna à la vue du bol de lait car il
savait que leur chèvre ne donnait pas de lait. Alors, Oum Ma'bad lui décrivit le
Prophète et lui raconta ce qu'il fit. Il lui dit : "C'est l'homme que Qoraïsh poursuit pour
l'assassiner". Oum Ma'bad et Abou Ma'bad embrassèrent l'Islam.

Aïcha poursuit : le Messager d'Allah et Abou Bqkr se rendirent à Thawr et s'y


cachèrent pendant trois nuits  Abdoullah ibn Abou Bakr, un jeune homme intelligent
et habile passait la nuit avec eux et les quittait à l'aube pour se retrouver au matin à la
Mecque avec les Quraych comme s'il avait passé la nuit avec eux. Il écoutait bien tout
ce qu'ils mijotaient et profitait ensuite de l'obscurité de la nuit pour rejoindre le
Prophète et son compagnon afin de les en informer – Amir ibn Fouhayra, un affranchi
d'Abou Bakr, conduisait son troupeau de moutons vers les lieux et les mettait à leur
disposition à une heure avancée de la nuit et ils en trayaient du lait puis Amir revenait
au cours de la nuit pour les reconduire et il répétait ce geste chaque soir durant trois
nuits

Le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui) et Abou Bakr louèrent les
services d'un homme issu des Bani ad-Dil, eux-mêmes, issus des Bani Abd Ady.
L'homme était un bon guide. Il partageait encore les croyances des Quraychites, mais
il lui firent confiance et lui remirent leurs montures et lui donnèrent rendez-vous après
quatre nuits. Il se rendit auprès d'eux au matin [du jour fixé] et partit avec eux en
compagnie d'Amir ibn Fouhayra puis il les engagea dans une route côtière

Ibn Shihab dit :Abd Rahman ibn Malick al-Moudladji, neveu de Souraqa ibn Malick ibn
Djou'choum, m'a informé que son père lui avait dit qu'il avait entendit Suoaqa ibn
Djochom dire : « des émissaires des Qurayches virent nous proposer un prix pour la
capture du Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui) et d'Abou Bakr. Le
prix devait revenir à celui qui les tuerait ou les capturerait . Je me trouvais dans une
assemblée de ma tribu Bani Moudladj quand un homme arriva auprès de nous et dit :
« Je viens d'apercevoir des silhouettes sur la côte et je pense que, c'est Mouhammad
et ses compagnons  Souraqat dit : j'ai tout de suite compris que c'était bien eux,
mais j'ai dit à l'homme : non, ce ne sont pas eux, tu as dû voir Un tel et Un tel partis
pour nous renseigner  Je suis resté un peu de temps dans l'assemblée puis je me
suis levé et rentré [chez moi] et j'ai donné à mon esclave femelle l'ordre de sortir mon
cheval et de le conduire vers des arbres [environnants] pour le cache

r en attendant mon arrivée. Et puis j'ai pris ma lance et quitté la maison à partir de son
côté arrière et traîné la lance tout en maintenant sa pointe très bas. Et puis je suis
monté sur mon cheval et l'ai éperonné. Quand je me suis trouvé à proximité d'eux

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(Abou Bakr et le Prophète) le cheval a fait un faux pas et je suis tombé. Et puis je me
suis relevé et pris une flèche de mon carquois et en ai sorti des flèches de divination
histoire de savoir si j'allais les rattraper ou pas. La flèche qui est sortie indiquait le
contraire de ce que je voulais. Je me remis à cheval et n'ai pas tenu compte de
l'indication donnée par les flèches. Le cheval m'a rapproché du Prophète de sorte que
j'entendais sa récitation du Coran. Le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) ne
regardait pas derrière lui contrairement à Abou Bakr qui, lui, le faisait souvent. Les
pieds avant de mon cheval se sont enfoncés dans la terre jusqu'aux genoux et je suis
tombé. Et puis j'ai crié dans les oreilles du chev

al et, à peine a –t-il tiré ses pieds de la terre qu'une poussière s'en est dégagé pour
montrer vers le ciel comme de la fumée J'ai encore consulté mes flèches et ai
découvert le résultat que je n'aimais pas. C'est alors que je leur ai annoncé qu'ils
étaient en sécurité. Quand je me suis rendu auprès d'eux après avoir été confronté à
des entraves, j'ai eu le pressentiment que le message du Prophète (bénédiction et
salut soient sur lui) triompherait Je leur ai dit que sa tribu avait mis sa tête à prix et
leur ai raconté ce que les gens voulaient faire d'eux et leur ai proposé des provisions,
mais ils n'ont rien voulu prendre de moi et ne m'ont rien demandé mais il (le
Prophète) a dit : observe la discrétion à notre égard Je lui ai demandé d'écrire son
engagement à garantir ma sécurité et il a donné à Amir ibn Fouhayra l'ordre de
l'écrire sur un bout de peau. Et puis le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) partit

Ibn Shihab a dit : « d'après Urwa le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur
lui) rencontra Zoubayr au sein d'une caravane constituée par des commerçants
musulmans revenant de la Syrie. Zpubayr offrit au Messager d'Allah (bénédiction et
salut soient sur lui) et à Abou Bakr des tissus blancs.

Période médinoise
L'arrivée du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) à Médine

La joie des médinois

D'après al-Bara (P.A.a) : "Puis le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) arriva.
Je n'avais jamais vu les habitants de Médine aussi contents. Même les enfants
n'avaient plus qu'un seul mot à la bouche : voici venir le Messager d'Allah
(bénédiction et salut soient sur lui)" (al-Boukhari, 4560).

...

Tout Ansâr espérait recevoir le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) chez lui. Ils
interrompirent à plusieurs reprises le cours de sa monture. Et le Prophète leur
répondit par ces termes: "laissez-la, elle est ordonnée". La chamelle poursuivit son
cours jusqu'à s'arrêter dans une cours devant la maison de Abou Ayyoûb.

Abou Ayyoûb s'en réjouit à l'extrême. Il ses précipita à accueillir le Prophète (Õáì

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Çááå Úáíå æ Óáã); emporta ses effets personnels comme s'il portait les trésors de la
terre et il se lança vers sa maison.

Celle si se composait de deux étages, le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) en choisit
le plus bas pour être accessible à ses Compagnons. Mais Abou Ayyoûb ne put
supporter d'être au-dessus du Prophète et lui fit part de son souci. Après plusieurs
épisodes qui montrant à quel point celui-ci respectait le Prophète et l'aimait, il parvint
à le convaincre de monter au premier étage.

Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) resta chez Abou Ayyoûb pour quelque mois
jusqu'à ce furent bâties sa mosquée et les chambres d'alentours.

...

Quand les musulmans de Médine apprirent que le Messager d'Allah (bénédiction et


salut soient sur lui) avait quitté la Mecque, ils se rendirent chaque matin à la Harra et
l'attendaient jusqu'au moment de l'intensité de la chaleur de la journée puis ils
rentraient chez eux. Un jour ils rentraient après une longue attente quand, arrivés
chez eux, ils furent alertés par un juif qui était monté sur une forteresse pour chercher
une affaire. Car il aperçut le Prophète (bénédiction et salut soient sur lui) et ses
compagnons tout de blanc vêtus et il ne put s'empêcher de crier à tue-tête : « ô
peuple arabe ! Voici votre chance que vous attendiez ». Les musulmans se saisirent
de leurs armes et allèrent accueillir le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient
sur lui) à l'entrée de la Harra Il s'orienta avec eux vers la droite et s'installa dans le
campement des Bani Amr ibn Awf au cours d'un lundi du mois de Rabï al- awwal .. ;
Abou Bakr se mit debout devant les gens tandis que le Messager d'Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) restait assis .. Quand les rayons du soleil atteignirent le
Messager (bénédiction et salut soient sur lui) Abou Bakr étendit son pagne pour l'en
protéger et s'est alors que les gens reconnurent le Messager d'Allah (bénédiction et
salut soient sur lui). Celui-ci resta au sein des Bani Amr ibn Awf un peu plus de dix
nuits et fonda la première mosquée bâtie sur une base de piété et y effectua une
prière. Et puis, il se réinstalla sur sa monture et les gens marchèrent à ses côtés
jusqu'à ce que sa chamelle se couchât à l'emplacement de son (actuelle) mosquée à
Médine. Des musulmans l'utilisaient comme lieu de prière, mais, auparavant, le
terrain avait appartenu à Sahl et Souhayl qui y exposaient des dattes à sécher. Ces
deux garçons étaient des orphelins pris en charge par As'ad Ibn Zouara Quand la
chamelle se coucha, le Messager d'Allah (bénédiction et salut soient sur lui) dit : «
C'est ici le campement, s'il plaît à Allah ». Et puis il fit convoquer les garçons et leur
demanda de lui vendre le terrain. Et ils lui dirent : « non. Nous vous l'offrons, ô
messager d'Allah ! » Celui-ci refusa de l'accepter comme un cadeau ; il l'acheta et se
mit à y construire sa mosquée. Il portait des briques comme les autres et disait :

Cette charge n'est pas comme celle de Khaybar

C'est bien meilleur et plus pur, ô notre Maître !

Il disait aussi :

Mon Seigneur ! La vraie récompense est celle de l'Au-delà

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Accorde Ta miséricorde aux Ansar et aux immigré.

Il paraphrasait un poète musulman dont l'identité ne m'a pas été révélée Ibn Shihab
poursuit : aucun autre hadith ne nous apprend que le Messager d'Allah (bénédiction
et salut soient sur lui) ait cité un vers autre que celui-là » (rapporté par al-Boukhari,
3906).

La bataille de Badr (2 H ; 55 ans)

La date de cette bataille

La grande conquête de Badr a eu lieu le vendredi 17 Ramadan de l'an deux de


l'Hégire.

Les causes de cette bataille

Comme les mecquois représentaient un danger permanent, à cause de leur


puissance militaire, il était indispensable pour les musulmans de trouver des moyens
préventifs afin d'essayer de les affaiblir. C'est dans cette optique que le Prophète
(saws) décida de mener une petite expédition militaire contre une caravane
commerciale dirigée par Abou Soufiane, et ce justement, afin de porter un coup à la
puissance économique (et donc, à la puissance militaire) des infidèles mecquois. Il
est important de noter que, lorsque les musulmans quittèrent Madinah, ils ne
s'imaginaient pas du tout qu'ils allaient être entraînés dans une véritable guerre et ne
s'étaient donc pas préparés à cette éventualité.

L'armée musulmane

Le Prophète (saws) était à ce moment accompagné de trois cent treize Compagnons


(‫ عنھم‬W ‫)رضي‬: soixante dix-sept émigrés de Makkah et deux cent trente six habitants
de Médine.

L'armée musulmane avait en tout et pour tout six cottes de mailles, huit épées, deux
chevaux et quelques soixante dix chameaux, que les soldats devaient se relayer
pour monter.

De la caravane à l'armée

Alors que les Compagnons (‫ عنھم‬W ‫ )رضي‬se dirigeaient vers la caravane, Abou
Soufiane fut informé de leur expédition. Il dépêcha un homme à Makkah afin qu'il aille
alerter les Qouraïchites du danger qui guettait leur caravane et leurs biens. En
apprenant cette nouvelle, ces derniers s'empressèrent de former une solide armée,
dans le but d'en finir une bonne fois pour toute avec les musulmans. Le groupe des
infidèles, avec à sa tête Outba Ibn Abi Djahal, comptait pas moins de neuf cent
cinquante soldats parfaitement armés, cent chevaux et sept cent chameaux. Ils
s'étaient préparés pour une bataille de grande envergure.

En prenant connaissance de cela, le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) consulta ses
Compagnons (‫ عنھم‬W ‫ )رضي‬afin de décider de la conduite à suivre. Ceux-ci décidèrent
à l'unanimité de faire face à cette armée, pourtant supérieure à la leur, et ce, à tous

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les niveaux: en nombre, en équipement, en expérience et même en préparation.

Entre temps, la caravane de Abou Soufiane réussit à s'échapper et à se mettre à


l'abri.

Le début de la bataille par des combats singuliers

D'après Abou Dhar (qu'Allah soit satisfait de lui), Qays ibn 'Ubâd a dit: J'ai entendu
Abou Dhar jurer que ce verset: {Voici deux clans adverses qui disputaient au
sujet de leur Seigneur} fut révélé au sujet de ceux qui, le jour de Badr, sortirent des
rangs pour combattre en combat singulier, à savoir: Hamza, 'Alî, 'Ubayda ibn Al-
Hârith, 'Utba, et Chayba tous deux fils de Rabî'a et Al-Walîd ibn 'Utba. (Mouslim n°
5362)

Pendant la bataille

{Lorsque vous imploriez le secours de votre Seigneur et qu'Il vous a exaucés : Je


vous aide d'un millier d'anges déferlants par vagues successives. Allah a fait que cela
soit pour vous une bonne nouvelle et pour qu'avec cela vos cœurs se tranquillisent. Il
n'y a de victoire que de la part de Allah, Allah est puissant et sage.} (9/9-10)

D'après Ibn Djourayh, Ibn Abbas (‫ عنھما‬W ‫ )رضي‬a dit : "Au cours de la bataille de Badr,
Iblis se présenta à la tête de ses soldats, drapeau à la main, pour apporter son
soutien aux polythéistes. Il fit croire à ces derniers que personne ne pouvait les
vaincre et leur fit savoir qu'il était leur protecteur. Quand les belligérants se
rencontrèrent et que Satan se rendit compte que les anges étaient venus en renfort, il
prit la fuite en disant : "je vois ce que vous ne voyez pas ..."". (tafsir d'Ibn Kathir,
2/318).

{Et aussi, au moment de la rencontre, Il vous les montrait peu nombreux à Vos yeux,
de même qu'Il vous faisait paraître à leurs yeux peu nombreux afin qu'Allah
parachève un ordre qui devait être exécuté. C'est a Allah que sont ramenées les
choses.} (8/44)

Resultat de la bataille

Soixante dix infidèles furent ainsi tués, soixante dix autres furent fait prisonniers. Au
sein de l'armée musulmane, seules quatorze personnes furent martyrisées (W ‫رضي‬
‫)عنھم‬.

La mort de Rouqayya (‫ عنھا‬6 ‫)رضي‬

Au milieu de la seconde année suivant l'émigration, sa fille Rouqayya (‫ عنھا‬W ‫)رضي‬


tomba malade: Elle fut prise par la fièvre et la rougeole. Ce fut peu de temps avant la
bataille de Badr. 'Othman (‫ عنه‬W ‫)رضي‬, son mari, resta à ses côtés et manqua la
bataille. Rouqayya mourut juste avant le retour de son père. De retour à Mèdine, un
des premières choses qu'il fit fut de se rendre sur sa tombe.

Fâtima (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬y alla avec lui. C'était la première perte qu'ils subirent au sein de
leur proche famille depuis la mort de Khadîja (‫ عنھا‬W ‫)رضي‬. Fâtima (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬fut

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énormément touchée par la mort de sa sœur. Les larmes coulèrent de ses yeux dès
qu'elle s'assit à côté de son père sur le bord de la tombe, et il la consola et chercha à
sécher ses larmes avec le coin de son manteau.

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬avait auparavant parlé des lamentations de la mort,


mais cela avait amené un malentendu et quand il revinrent du cimetière, la voix de
'Omar (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬en colère fut entendue, contre les femmes qui pleuraient pour les
martyrs de Badr et pour Rouqayya. 'Umar laisse-les pleurer' dit le Prophète (W ‫صلى‬
‫ )علي~ه و س~لم‬et il ajouta: "Ce qui vient du cœur et des yeux, cela vient d'Allah et de sa
miséricorde, mais ce qui vient des mains et de la langue, cela vient de Satan".

La bataille des Bani Qaynouqa' (2 H ; 55 ans)

Les juifs de Bani Qaynouqa' déshabillèrent une musulmane.

Le samedi 15 du mois de Chawwal de l'an 2 de l'Hégire, le Prophète (saws) vint à la


tête de ses soldats assiéger les fortins des Juifs (...) Le siège dura 15 jours. Dieu
sema la terreur dans les coeurs des Juifs et ils furent contraints d'accepter le
jugement du Messager (saws) quant à leurs vies, leurs biens, leurs femmes et leurs
enfants; et ils furent ligotés.

C'est à ce moment que Abdullah fils d'Ubayy fils de Salul s'acquitta de son rôle
d'hypocrite, intercédant en faveur des Juifs en prétextant de l'ancienne alliance qui les
liait à sa tribu les Khazraj.
Il dit à L'Envoyé de Dieu (saws) "Ô Muhammad ! Traite bien mes confédérés".
Voyant que le Prophète (saws) ne lui répondait pas, il réitéra sa requête, le Prophète
(saws) se détourna de lui; Abdullah fils d'Ubayy le saisit alors par sa cotte de mailles,
le Prophète saws, dont le visage devint pourpre de colère, lui ordonna de le relâcher,
mais il refusa, en disant : "Par Dieu ! Je ne le ferai que lorsque tu me promettras de
bien traiter mes confédérés ; quatre cents hommes sans arumure et trois cents
pourvus d'armure qui m'ont protégé contre tout le monde. Tu veux les tuer en une
seule matinée ? Par Dieu ! Je suis un homme qui craint les revers de la fortune!"

L'Envoyé de Dieu (saws) traita avec égard Abdullah fils d'Ubayy qui n'avait fait
semblant d'être musulman que depuis un mois. Il lui accorda sa requête, mais exigea
que le départ des Beni Qaynuqa loin de Médine ; ces derniers allèrent s'établir en
Syrie, mais la plupart d'entre eux périrent.

L'Envoyé de Dieu (saws) saisit tous leurs biens qu'il distribua entre les combattants
musulmans après en avoir mis de côté un cinquième.

La bataille d'Ouhoud (3 H ; 56 ans)

Les causes de cette bataille

Les Mecquois étaient déterminés à se venger de leur défaite à Badr. Leurs femmes
ne pouvaient pas accepter que leurs braves champions aient été si facilement
vaincus par les Musulmans, et elles se moquaient de la faiblesse de leurs hommes.
Abou Soufiyane voulait garder la colère des gens vive et il interdit tout deuil tant qu'ils
n'auraient pas entièrement vengé leurs camarades tués. Les sentiments des gens

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étaient nourris encore plus par certains Juifs qui composaient des poèmes les incitant
à la guerre.

Lorsque le Saint Prophète (saws) bloqua les routes aux caravanes Koraïchites vers
l'Irak, ce fut la goutte de trop! Les chefs Mecquois décidèrent qu'ils avaient à présent
assez de raisons pour s'attaquer aux Musulmans. Les commerçants Koraïchites
auraient à nouveau accès aux routes si les Musulmans étaient vaincus ; ils
acceptèrent donc de payer toutes les dépenses pour la guerre.

La préparation des ennemis

Abou Soufyân parvînt ainsi à préparer une importante armée de 700 hommes en
armures, 3 000 soldats sur chameaux, une cavalerie de 200 hommes et un groupe
de fantassins. Cette armée se mit en marche vers Médine et campa au pied des
collines d'Ouhoud, le 5 Chawwal 3 H

Le voyage à la rencontre de l'ennemi

Le Saint Prophète (saws) était mis au courant des intentions des Koraïchites par son
oncle Abbass qui résidait à la Mecque. Après consultation des Musulmans, il décida
de faire face à l'ennemi en dehors des limites de la ville de Médine.

Le Saint Prophète (saws) accompagné de 1 000 hommes se mit donc en route vers
Ouhoud à 5 Km de Médine.

L'armure du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)

L'armée du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬forte de son millier de musulmans,


s'arrêta à Shaykhan, à mi-chemin entre Médine et Ouhoud. Le soleil avait
entamé sa descente vers l'horizon. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬descendit de
son coursier Sakb. Il était habillé pour la bataille. Un turban entourait son
casque. Il portait un pectoral sous lequel se trouvait une cotte de maille attachée
par la sangle de cuir d'un glaive. Un bouclier protégeait son dos et à son flanc
pendait son épée.

Les hypocrites rebroussement chemin

Abdoullah Oubay, qui prétendait vouloir se battre à Médine, déserta l'armée


Musulmane avec 300 de ses hommes.

Il prétexta que le Saint Prophète (saws) avait écouté les plus jeunes plutôt que de
l'écouter, lui. Il ne restait au Saint Prophète que 700 hommes. Seuls 100 d'entre eux
portaient une armure et ils n'avaient que 2 chevaux en tout.

La découverte avant le combat de huits enfants dans les rangs des musulmans

Lorsque le soleil fut couché, Bilâl (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬appela à la prière et ils prièrent. Le
Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬passa une dernière fois ses troupes en revue. C'est alors
qu'il remarqua la présence au milieu de ses hommes de huit garçons qui malgré leur
jeune âge aspirait à prendre part au combat. Parmi eux Ousama ibn Zayd et Abdullah

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ibn 'Omar (‫ عنھم‬W ‫)رضي‬, tous deux âgés de treize ans. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
leur ordonna de retourner immédiatement chez eux. Toutefois deux des garçons
montrèrent qu'ils étaient des combattants accomplis et furent autorisés à
accompagner l'armée à la bataille de Ouhoud alors que les autres étaient renvoyés
dans leurs foyers.

La préparation mentale

Le Saint Prophète (saws) avait conscience que les Musulmans seraient inquiets d'être
surpassés en nombre par le camp ennemi; c'est pourquoi il renforçait leur moral en
leur disant: "C'est une tâche difficile que de combattre l'ennemi, et seuls ceux qui
seront guidés et soutenus par Allah resteront inébranlable. Souvenez-vous qu'Allah
est avec ceux qui L'obéissent, tandis que Satan est le compagnon de ceux qui Le
désobéissent. Restez fermes au Djihad et profitez-en pour bénéficier des
bénédictions promises par Allah. Nul ne mourra dans ce monde tant qu'Allah ne l'aura
pas décidé". Il leur dit ensuite de ne pas commencer la bataille tant qu'ils n'auront pas
reçu l'ordre de se battre.

La disposition des troupes

Le Saint Prophète (saws) se mit à préparer son armée à l'attaque. 50 archers étaient
flanqués entre deux collines d'Ouhoud afin de veiller à l'armée contre toute attaque
par l'arrière. Ils avaient reçu l'ordre strict de ne quitter leurs postes sous aucun
prétexte, quel que fût le dénouement de la bataille.

Le martyr de ce compagnon

Jâbir (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬rapporte: "Quelqu'un a demandé au Prophète le jour de la bataille


de Ouhoud: où serais-je? si je suis tué au service de Dieu.
- "au Paradis", lui répondit le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.
Il jeta aussitôt les quelques dattes qu'il avait à la main, et se lança dans la mêlée
jusqu'à ce qu'il fût tué". (al-Boukhâri, Mouslim)

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬propose son sabre

Selon Anas (‫ عنه‬W ‫)رضي‬, le Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬prit un sabre le jour de
la bataille de Ouhoud et dit: "Qui prend ce sabre de ma main?" Ils tendirent leurs
mains, chacun d'eux disant: "Moi, moi!"
Il dit: "Qui veut le prendre en en payant les prix?"
Les gens s'abstinrent alors et seul Abou Doujâna dit: "Moi je le prends en en payant
le prix". Il le saisit donc et brisa avec lui les crânes des idolâtres. (Mouslim)

La fuite des Mecquois

Les Musulmans continuèrent à attaquer l'ennemi avec succès et les Mecquois


commencèrent à perdre confiance. Après avoir perdu beaucoup d'hommes, ils
décidèrent de se retirer et se prirent la fuite.

Le revers de situation après la désobéissance au Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ


Óáã)

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Les Musulmans continuèrent à attaquer l'ennemi avec succès et les Mecquois


commencèrent à perdre confiance. Après avoir perdu beaucoup d'hommes, ils
décidèrent de se retirer et se prirent la fuite.

Ce fut à ce moment-là que les Musulmans commirent une grossière erreur qui leur
coûta beaucoup: au lieu d'obéir au Saint Prophète (saws) et de poursuivre l'ennemi
en dehors du champ de bataille, ils déposèrent les armes et se mirent à ramasser le
butin.

Pensant que la bataille était finie, la majorité des archers bloquant le passage vers les
collines quittèrent leurs postes pour ramasser le butin, malgré les ordres de leur chef.

Un des commandants Mecquois, Khalid bin Walid, fuyait lorsqu'il saisit l'opportunité
d'attaquer les Musulmans par l'arrière. Il rassembla ses hommes et lança une
furieuse attaque par l'arrière.

Les Musulmans furent tellement surpris qu'ils ne savaient plus que faire. Dans la
confusion, leurs rangs furent désordonnés. Les Mecquois qui s'étaient retirés se
rassemblèrent à nouveau pour une attaque frontale.

La fausse rumeur de la mort du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)

Cela continua ainsi jusqu'à ce qu'un Musulman voie le Saint Prophète (saws) et se
mit à hurler le plus fort possible que le Prophète était encore en vie.

La fuite des musulmans et le courage de Aicha (‫ عنھا‬6 ‫ )رضي‬et Oum Soulaym (


‫ عنھا‬6 ‫)رضي‬

Anas (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬rapporte : "Le Jour de Ouhoud, les Musulmans prirent la fuite,
abandonnant le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬J'ai vu 'Aicha Bint Abî Bakr et Oumm
Soulaym : elles avaient retroussé leurs jupes, et je voyais les bracelets de leurs
chevilles. Elles sautaient, portant des outres, qu'elles vidaient dans les bouches des
Musulmans ; puis elles retournaient les remplir, et revenaient les vider encore dans
les bouches des Musulmans". (al-Boukhâri, Mouslim)

Les attrocités des mécréants

Les forces Mecquoises avaient retourné la situation mais ils étaient trop épuisés pour
pouvoir profiter de leur avantage en attaquant Médine ou en faisant descendre les
Musulmans des hauteurs des collines d'Ouhoud. Ils satisfirent leur désir de
vengeance en commettant des atrocités à l'égard des blessés, leur coupant les
oreilles, le nez et mutilant ainsi leurs corps. Le brave Hamza faisait partie de ces
martyrs. Hind, la femme d'Abou Soufyân lui arracha le foie qu'elle mâcha.

Le bilan de la bataille

Dans cette bataille, 70 Musulmans furent martyrisés et 70, blessés. Les Mecquois
perdirent 22 guerriers.

La bataille de Dhât Ar-Riqa' (4 H ; 57 ans)

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En l'an 4 de l'hégire, les signes précurseurs de trahir l'Etat musulman apparaissent de


la part des tribus de la région Najd. Dès l'abord, l'armée musulmane, dirigée par le
Prophète (pbAsl), sortit vers le but de combattre les tribus de Muhârib et de Banû
Tha`laba. Allah, l'Exalté, jeta la peur dans les cœurs des incroyants qui s'enfuirent
devant les musulmans.

La bataille des Coalisés (5 H ; 58 ans)

Causes de cette bataille

Après l'Hégire, les juifs eurent de la rancune contre le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬et
tentèrent les Quraychites et leurs alliées de déclarer la guerre contre les musulmans
en leur disant qu'ils se mirent d'accord avec les juifs des Banû Qurayzha (qui
s'installèrent encore à Médine) de leur rallier dans cet attaque.

24.000 guerriers guidés par Abou Soufian et Ouyayna bin Hisn s'approchent de
Médine pour encercler Mohammad et ses compagnons et s'en débarrasser.

Le creusement du fossé

Averti de ces plans, l'Envoyé d'Allah (saws) rassembla ses compagnons en priant
leurs avis. Ils lui conseilla de se fortifier à Médine en se préparant de supporter un
long blocage.

D'après un stratagème jusqu'alors totalement inconnu des Arabes, Salmân Al-Fârisî


avait donné une idée de creuser un fossé défensif au nord-ouest de Médine parce
que les autres directions furent fortifiées par les palmiers qui empêchent les chevaux
des ennemis d'y pénétrer.

Le fossé fut creusé dans une semaine et le Prophète (saws) participa avec les fidèles
à le creuser

L'annonce de la belle nouvelle de conquérir Ach-Châm, l'Irak et le Yémen

Al-Barâ Ibn 'Âzib (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬narre : "Pendant que nous creusions le Fossé, un
rocher nous donna beaucoup de mal : aucune pioche ni massue ne l'entamait.
Nous nous en sommes plaints au Prophète qui prit la pioche de Salmân Al-
Fârissi et dit : "Au nom de Dieu".
Il frappa un premier coup qui arracha le tiers du rocher et une vive lumière en
sortit.
Le Prophète s'exclama : "Allâhou Akbar [Dieu est Grand], j'ai reçu les clés
de la Mésopotamie ! Par Dieu, je viens de voir ses palais rouges à l'instant
et de cet endroit !"
Puis, il frappa un deuxième coup qui en arracha un autre tiers et une vive
lumière apparut dans la direction de la Perse.
Le Prophète dit : "Dieu est Grand, j'ai reçu les clés de la Perse ! Par Dieu, je
vois le palais blanc d'Al-Madâ'in [le nom donnée par les Arabes à la
capitale de la Perse] de cet endroit même ! Gabriel m'a dit que ma nation
en sera victorieuse alors soyez heureux de cette bonne nouvelle !"
Puis, le Prophète frappa un troisième coup et dit : "Au nom de Dieu", le reste

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du rocher se brisa et une lumière vive jaillit du côté du Yemen comme une
torche au cœur de la nuit noire.
Le Prophète s'exclama : "Allâhou Akbar, j'ai reçu les clés du Yemen. Par
Dieu, je vois d'ici les portes de Sanca."
C'est alors que les Hypocrites se dirent entre eux comme nous le révèle Coran:
{Dieu et son Prophète ne nous font que de fausses promesses}. Par la
suite, après la mort du Prophète (saws), le compagnon Aboû Horayra, voyant
les armées musulmanes aller de victoire en victoire et de conquête en conquête
disait : "Conquérez toutes les villes que vous voulez, il n'y en a pas une dont on
n'a pas donné les clés au Prophète".

La multiplication de la nourriture

Jàber (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬rapporte: «Cependant que nous creusions la tranchée, le jour


de la bataille de ce nom, voilà que nous fûmes arrêtés par une pierre très dure.
Nous allâmes dire au Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬: «Voilà une pierre qui
arrête nos travaux de creusement de la tranchée».
Il dit: «Je vais descendre dans la tranchée».
Il se leva donc portant une pierre attachée sur son ventre (pour lui calmer les
douleurs de la faim). Nous étions en effet restés trois journées entières sans
goûter à rien. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬saisit alors la pioche et en frappa la
pierre qui ne fut plus qu'un tas de sable coulant.
Je dis: «O Messager de Dieu! Donne-moi l'autorisation d'aller chez moi».
Je dis à ma femme: «J'ai vu le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬souffrir d'un mal (la
faim) vraiment insupportable. As-tu quelque chose à manger?»
Elle dit: «Seulement un peu d'orge et une chèvre».
J'égorgeai la chèvre et moulus l'orge. Nous plaçâmes la viande dans la
marmite, puis j'allai trouver le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬cependant que la pâte
de l'orge avait bien levé. La marmite posée sur des pierres était presque à point.
Je lui dis: «J'ai un modeste repas à vous offrir. Lève-toi, ô Messager de Dieu!,
avec un ou deux hommes».
Il dit: «Quelle est la quantité de ce repas?»
Je le lui décrivis.
Il dit: «C'est une bonne abondance. Dis à ta femme de ne pas retirer la marmite
du feu ni le pain du four jusqu'à ce que j'arrive».
Il dit alors aux hommes: «Levez-vous!»
Les Mouhàjirùn (les exilés de la Mecque) et les Ansàrs (habitants de Médine) se
levèrent alors. J'entrai chez ma femme et lui dis: «Malheur à toi! Voilà le
Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬et avec lui les Mouhàjirùn et les Ansàrs ainsi que
leurs suites».
Elle dit: «Est-ce qu'il t'a interrogé (sur la quantité du manger)?»
Je dis: «Oui».
Il dit alors aux hommes: «Entrez sans vous bousculer».
Il se mit à couper le pain en morceaux et à le couvrir de viande, tout en voilant
la marmite avec une toile. Il voilait de même le four quand il en retirait le pain. Il
le présentait à ses Compagnons et recommençait la même opération. Il ne
cessa de couper le pain et de le couvrir de viande jusqu'à ce qu'ils eussent
mangé à leur faim. Il en resta tout de même quelque chose. Il dit à ma femme:
«Mange et offre-s'en car les gens souffrent d'une grande famine». (al-Boukhâri,
Mouslim)

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L'arrivée de mécréants devant le fossé

Plein de sûreté de vaincre les musulmans et d'envahir Médine, les Quraychites furent
surpris et stoppés par le fossé. Ils restaient incapables de le traverser au point qu'un
parmi eux tenta de le traverser mais tomba dans le fossé et fut tué à son tour.

Malgré que ce fossé ait protégé les musulmans de l'attaque des infidèles, ceux-là
subirent le siège frappé autour de Médine.

Le siège

D'après 'Aïcha (qu'Allah soit satisfait d'elle), "Ces mots du Coran: {Quand ils vous
vinrent d'en haut et d'en bas (de toutes parts) et que les regards étaient
troublés et les cœurs remontaient aux gorges...} (33/10) firent allusion au jour du
Fossé". (Mouslim n°5341)

L'aide de Nou'aym Ibn Mas'oud

Une énorme occasion apparut quand Nu'aym ibn Mas'ûd, qui embrassa l'islam en
cachette et participa avec les Coalisés fut ordonné par le Prophète (saws) de semer
le désordre et l'inquiétude entre les rangs des Coalisés en soulevant les juifs des
Banû Qurayzha qui avaient rompu leur pacte avec le Prophète (saws) et conspiraient
pour aider les Coalisés.

La ruse de Nu'aym réussit. Les dissensions entre les Coalisés s'exacerbèrent,


ajoutées aux épreuves infligées par un vent violent renvoyé par Allah. Grâce à Dieu,
la situation fut bouleversée et Abû Sufyân ibn Harb, chef des Coalisés, ordonna de
retirer précipitamment. L'Envoyé d'Allah, lors de ce scène, a dit : "Dès ce jour, nous
allons les envahir, non eux".

La contre-attaque

Après la guerre des coalisés, le Prophète avait déclaré : "Que personne


n'accomplisse la prière de l'après-midi si ce n'est chez les Banoû Qourayza".

Les Compagnons s'étaient donc mis en route vers le lieu indiqué. L'heure de la prière
de la fin de l'après-midi (al-'asr) survint cependant tandis qu'un certain nombre de ces
Compagnons était encore en chemin. Un groupe parmi eux déclara alors qu'il
n'accomplirait la prière qu'une fois arrivé chez les Banoû Qourayza, l'heure légale dût-
elle se terminer (le Prophète n'avait-il pas dit "Que personne n'accomplisse la prière
de la fin de l'après-midi si ce n'est chez les Banoû Qourayza" ?). D'autres
Compagnons firent valoir que là n'était pas ce que le Prophète avait voulu dire, le
sens de sa parole étant plutôt "Que chacun s'efforce d'arriver chez les Banoû
Qourayza avant la fin de l'heure de la prière d'al-'asr". Lorsque ces Compagnons
rejoignirent le Prophète, ils lui firent part des interprétations différentes qu'ils avaient
eu de sa parole. Le Prophète ne blâma alors aucun des deux groupes. (al-Boukhâri)

Le mariage du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) avec Zaynab bint


Jahch (5 H ; 58 ans)

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Ibn Al-Qayyim (W ‫ )رحمه‬a dit: "Le Messager d'Allâh (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬regarda Zaynab
Bint Djahch (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬et dit : "Louange à Celui qui détourne les Cœurs". Elle
était l'épouse de Zayd Ibn Hâritha (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬son esclave affranchit, qui voulait
divorcer d'elle. Le Messager d'Allâh (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬lui dit : "Crains Allâh ! Et garde
pour toi ton épouse". (al-Boukhâri, Mouslim)
Et quand Zayd (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬a divorcé d'elle, Allâh (‫ )تعالى‬a fait, du haut des sept cieux
[sab'a samawât], qu'elle épouse le Messager d'Allâh (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬. Allâh est Le
Proche [Waliy] qui l'a fait [Zaynab] épouser au Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.
Il lui conclut l'acte de mariage du haut de Son Trône ['arch], et Il révéla à son
Prophète : {Quand tu disais à celui qu'Allâh avait comblé de bienfait, tout
comme toi-même l'avais comblé : "Garde pour toi ton épouse et crains Allâh",
et tu cachais en ton âme ce qu'Allâh allait rendre public. Tu craignais les gens,
et c'est Allâh qui est plus digne de ta crainte. Puis quand Zayd eut cessé toute
relation avec elle, Nous te la fîmes épouser, afin qu'il n'y ait aucun
empêchement pour les croyants d'épouser les femmes de leurs fils adoptifs,
quand ceux-ci cessent toute relation avec elles. Le commandement d'Allâh doit
être exécuté. } (33/37)". (Kitâb al-Dâ'a wal-Dawâ' p.378)

Ce mariage eut le au mois de Dhou l-Qi'da de l'an 5 H.

La trêve de Houdaybiya (6 H ; 59 ans)

Le départ pour l'accomplissement de la 'Omra

Al-miswar Ibn Makhrama et Marwane racontent: le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå
æ Óáã) partit à la Mecque en l'an six pour accomplir la 'Omra. Boudèyl Ibn Warqa
Alkhouzèîi le rencontra avec des gens de sa tribu Khouza'a; ils étaient les hommes de
confiance du Messager d'Allah parmi les habitants de Tihèma.
Boudèyl dit: "Je viens de laisser Kaâb Ibn Louay et 'Amir Ibn Louay, ils se sont
installés aux points d'eau de Houdèybiya et ont ramené toutes leurs forces".
Le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) déclara: "Nous ne sommes venus
pour combattre personne, mais nous sommes venus pour accomplir la 'Omra.
Les qouraychites sont épuisés et endommagés par la guerre. S'ils veulent, je
conclurai avec eux un traité de paix pour une certaine durée et qu'ils me
laissent avec les gens. Si je suis victorieux, alors ils pourront accepter ce que
les gens ont accepté, sinon ils seront débarrassés de moi. Et s'ils refusent (la
paix), par celui qui détient mon âme dans sa main! Je les combattrai pour mon
affaire jusqu'à ce que ma tête soit coupée, et l'ordre d'Allah sera assurément
accompli".

Dans une autre version: "Malheur aux qouraychites! La guerre les a rognés.
Qu'est ce qui les dérange s'ils me laissent avec les arabes? S'ils me battent, ce
sera ce qu'ils voulaient. Si Allah me donne la victoire sur eux, les qouraychites
pourront soit embrasser l'Islam en prospérité, soit combattre avec leurs forces
s'ils n'acceptent pas l'Islam. Que s'imaginent-ils donc? Par Allah! Je ne
cesserai de les combattre pour ce qu'Allah m'a envoyé jusqu'à ce qu'Allah me
donne la victoire ou que ce cou soit détaché".

Durant le voyage, le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) multipli l'eau par miracle

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Jâbir (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬rapporte que les musulmans eurent soif le jour d'Al-Hudaïbiya. Alors
que le Prophète avait devant lui un récipient avec un peu d'eau dont il se servait pour
faire ses ablutions, les gens se précipitèrent autour de lui. Alors, il leur demanda :
"Qu'y a-t-il ?"
Ils dirent : "Ô Prophète de Dieu, nous n'avons plus d'eau pour faire nos purifications ni
même pour boire sauf le peu que tu as là."
Alors le Prophète mit sa main dans le récipient et l'eau se mit à jaillir d'entre ses
doigts comme des sources. Alors nous bûmes et accomplîmes nos purifications.
Sâlim celui qui rapporte ce témoignage de Jâbir, s'enquit : "Combien étiez-vous ?"
Jâbir répondit : "Si nous étions cent mille, l'eau nous aurait suffit. Mais, nous n'étions
que mille cinq cents". (al-Boukhâri, Mouslim)

L'accord de paix

Ibn 'Abbas (‫ عنھما‬W ‫ )رضي‬a dit: "Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) lui-même, au
cours de la ratification du pacte de Houdaybiya, exigea que l'on y écrive : " Ceci a été
admis par le Messager de Dieu. ".
Mais Suhayl porte-parole des polythéistes, dit alors : "Si nous avions été convaincus
que tu étais un Messager de Dieu, nous ne t'aurions pas bloqué l'accès à la Ka'ba, ni
ne t'aurions combattu ! Ecris plutôt : "Mouhammad Ibn Abdoullâh".
Et le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) accepta en disant : "Par Allah, je suis le
Messager d'Allâh même s'ils le nient !".

Après l'acccord passé avec les polythéistes, Allâh annonce que cela est une
victoire éclatante

D'après 'Anas ibn Mâlik (qu'Allah soit satisfait de lui), comme les Compagnons du
Prophète étaient extrêmement chagrinés du retour d'Al-Hudaybiya et alors que le
Prophète y avait fait immoler les bêtes du sacrifice, ces versets furent révélés: {En
vérité Nous t'avons accordé une victoire éclatante [...] un énorme succès}. Le
Prophète dit alors à ses Compagnons: "Il m'a été révélé un verset qui m'est plus
cher que ce monde et tout ce qu'il comporte". (Mouslim n°3341)

Les lettres du Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) aux rois (7 H ; 60 ans)

Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) envoya au cours de la 7ème année de l'Hégire,
des Emissaires chargés d'apporter des missives, frappées de son Sceau, aux
dirigeants des empires afin de les convier à l'Islam et à rejetter les fausses religions.
Au mois de Muharram de l'an 7, six hommes quittèrent la ville, chacun d'eux parlait
couramment le dialecte de la tribu à laquelle il était envoyé.

Lettre à Héraclius

Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Mouhammad,


l'Envoyé d'Allah à Héraclius le chef des Romains. Salut à quiconque suit la bonne
voie. Ensuite, je t'appelle à l'islam. Convertis-toi à l'islam, tu trouveras le salut et Allah
te donnera une double récompense, mais si tu te détournes (de l'islam), tu seras
chargé des péchés de ceux qui, de ton peuple, te suivront : {O gens du Livre, venez
à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah, sans
rien Lui associer et que nous ne prenions point les uns les autres pour

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 49 of 88

seigneurs en dehors d'Allah. Puis s'ils détournent le dos, dites : 'Soyez témoins
que nous, nous sommes soumis}.

Héraclius lit la lettre et déclara "O Byzantins, si vous suivez le conseil de Jésus fils de
Marie, vous n'en serez que mieux éclairés et plus forts".
Quel est ce conseil ? dirent les Byzantins
"Suivre ce Prophète arabe !" conclut Héraclius.
Les Byzantins rugirent de colère et brandirent la croix. En voyant leur réaction,
Héraclius savait qu'il ne pouvait les convertir et ayant peur pour sa vie et son trône, il
s'empressa de les calmer en leur disant "Par ces paroles, je voulais seulement
m'assurer que vous teniez vraiment à votre religion, votre réaction me rassure !".

Lettre au Négus [An Najachi]

se convertit à l'Islam. Lorsqu'il reçut la lettre, il descendit de son trône, s'assis à


même la terre en signe d'humilité et prononça la chahada en ajoutant "Si je pouvais
me rendre chez le Prophète (saws), je n'aurais pas hésité à le faire".

Lettre à Chosroès [Kisra]

Un autre missionnaire se présenta chez Kisra (Chosroès) empereur de Perse qui


déchira la lettre. A l'annonce de cette nouvelle, le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)
déclara "Puisse Dieu déchirer son royaume".

Kisra demanda à l'un de ses gouverneurs au Yémen d'envoyer deux hommes à


Médine pour lui amener le Prophète de force. Les deux hommes se rendirent à
Médine où ils remirent au Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) une lettre de leur
gouverneur. Le Messager (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) prit la lettre et demanda aux
émissaires de se représenter le lendemain. Le lendemain, le Messager d'Allah (Õáì
Çááå Úáíå æ Óáã) annonça aux deux hommes de retourner chez leur Gouverneur en
leur disant: "Dites à votre gouverneur que mon Maître a tué le sien [Kisra] cette nuit, il
y a de cela sept heures". En effet, Kisra fut assassiné par son propre fils.

Lettre au Préfet byzantin de Basra

Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) envoya Al harith Ben Omayr au Préfet byzantin
de Basra. Ce dernier fit ligoter l'émissaire et le tua.

Mariage avec Maria (ÑÖí Çááå ÚäåÇ)

Un souverain chrétien, ou le Muqawqis d'Egypte lui envoya deux femmes esclaves


qui étaient sœurs en guise de cadeau (en réponse à une lettre du Prophète les
invitant à embrasser l'Islam), accompagnées d'un beau vêtement et de quelques
médicaments, le Prophète accepta une des deux filles, Maria, dans son foyer: il
donna sa sœur Serene à un homme qu'il souhaitait honorer, à savoir Hassân Ibn
Thâbit.

Il accepta le vêtement, et renvoya les médicaments avec le message : "Ma sounna


est mon médicament".

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La bataille de Khaybar (7 H ; 60 ans)

Les Banû Nadîr, installés à Khyibar, ne restèrent pas tranquilles. Ce sont eux qui
organisèrent la guerre dite du Fossé. Après la trêve de Houdaybiya avec les
Mecquois ils furent isolés et, quelques semaines après, leurs 20.000 combattants
livrèrent bataille e aux 1500 musulmans dirigés par le Prophète en personne.

L'arrivée aux portes de la ville

Arrivés aux portes de la ville, le Messager d'Allah (saw) implora Dieu en ces termes
"O Dieu, Seigneur des Cieux et de tout ce qu'ils couvrent, Seigneur de la terre et tout
ce qu'elle porte, Seigneur des démons et de tous ceux qu'ils égarent, Seigneur du
vent et de tout ce qu'il emporte, nous te demandons de nous livrer le meilleur de ce
que contient ce village, l'élite de ses habitants et de nous préserver du mal qu'ils
pourraient nous faire".

L'étandard des musulmans chez Abou Bakr puis 'Omar (‫ عنھما‬6 ‫)رضي‬

Le jour de la bataille de Khaybar, Abou Bakr (ra) porta l'étendard, mais comme il
revint du combat sans avoir conquis la ville, Omar (ra) le lui prit le lendemain sans
toutefois avoir plus de succès qu'Abou Bakr.

Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) choisi 'Ali (ÑÖí Çááå Úäå) pour porter
l'etandard des musulmans

Selon Abou hourayra (‫ عنه‬W ‫)رضي‬, le Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬a dit le jour
de la bataille de Khaydar: "Je donnerai certainement la bannière à un homme qui
aime Dieu et Son Messager. Dieu donnera par lui Sa victoire".
'Omar (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬dit: "Je n'ai jamais aimé le commandement sauf ce jour-là".
Je me suis donc précipité à l'avant dans l'espoir d'être appelé à porter l'étendard.
Mais le Messager de Dieu appela 'Ali Ibn Abi Tâlib et lui donna la bannière en lui
disant: "Marche sans te retourner jusqu'à ce que Dieu te donne la victoire"
'Ali se mit en marche puis s'arrêta un moment sans se retourner et cria: "O Messager
de Dieu! A propos de quoi dois-je combattre ces gens?"
Il dit: "Combats-les jusqu'à ce qu'ils attestent qu'il n'y a de dieu q ue Dieu et que
Mohammad est le Messager de Dieu. Dès qu'ils font cela, ils ont mis à l'abri (de
toi) leur sang et leurs biens sauf pour ce qui est de leurs redevances légales et
c'est uniquement à Dieu de leur demander des comptes"". (Mouslim)

La victoire

Ali (ÑÖí Çááå Úäå) partit au combat et conquit Khaybar exceptés deux forts de la ville
qui furent assiégés pendant plusieurs jours. Les habitants de ces deux forts
supplièrent le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) de les laisser partir indemnes
en contrepartie de leurs biens et ils lui demandèrent également la possibilité de
continuer à cultiver leur terre parce qu'ils la connaissaient bien. Le Messager accepta
mais il précisa "Si nous voulons vous chasser de vos terres, nous le ferons".

A la reddition, on les désarma, puis on leur pardonna, leur imposant seulement un


impôt foncier égal à l'impôt pratiqué à Médine.

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Le mariage avec Safiya (ÑÖí Çááå ÚäåÇ)

Safiya fut capturée et son lot échut à Dihya al-Kalbi. On fit savoir au Prophète (Õáì
Çááå Úáíå æ Óáã) que telle femme noble et de sang Prophétique ne devait revenir
qu'à lui. Il la prit et donna à Dihya sept captifs en échange y compris les deux
cousines paternelles de Safiya.

Bilâl faisait partie de cette expédition. A la fin du combat, il présenta deux femmes au
Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬. Sur leur chemin, lui et ses deux prisonnières avaient dû
traverser le champ de bataille et passer près des guerriers tués pendant le combat.
L'une des femmes hurlait et se couvrait le visage de poussière alors que l'autre était
muette d'effroi.

La deuxième femme n'était autre que Safiya, la fille de Houyayy Ibn Akhtab, le chef
des Banû An-Nadîr qui avaient été expulsés de Médine en l'an 4 de l'Hégire pour
avoir comploté contre le Prophète. La femme bruyante qui l'accompagnait était sa
cousine.

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬demanda à ce que l'on s'occupe de la cousine et plaça


la cape qu'il portait sur les épaules de Safiya dont l'époux venait d'être tué pendant la
bataille.

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬se tourna ensuite vers Bilâl et lui dit : "Bilâl, est-ce
qu'Allah a enlevé toute pitié de ton cœur pour que tu fasses passer ces femmes
à l'endroit même où leurs hommes ont été tués ?"

Safiya accepta immédiatement l'invitation à l'Islam du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬.

Après la période de veuvage le Saint Prophète l'émancipa et l'épousa. Les gens


surent qu'il l'avait épousée quand elle prit le voile. Les noces durèrent trois jours et
trois nuits entre Khaybar et Médine.

L'empoisonnement

Après la bataille, Zaynab Bent Al Hareth présenta de la viande de mouton


empoisonnée au Messager (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã). Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ
Óáã) commença a en manger mais la recracha . Cependant un compagnon Bichr
Ben Al Bara en mangea et mourut peu de temps après.

La femme avoua son méfait. Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) lui demanda les
raisons de son gestes.
Elle répondit "Ma tribu m'a raconté à ton sujet des histoires qui ne te sont plus
cachées. Je me suis dit que si tu étais un roi, nous serions débarrassés de toi et que
si tu étais un Prophète, tu en serais averti !".

Quant au sort qui fut réservé à l'empoisonneuse, les avis divergent, certains disent
que le Prophète (saw) l'auraient grâcié et d'autres disent qu'elle aurait été livré à la
famille de Bichr.

Le retour de Ja'far (ÑÖí Çááå Úäå)

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Tandis que le Messager d'Allah (saw) était encore à Khaybar, Jafar Ben Abi Taleb
vint le trouver avec seize hommes et femmes du Yémen. Il revenait d'Ethiopie. Le
Prophète (saw) l'étreignit et lui donna un baiser entre les deux yeux. Il lui versa une
partie du butin après avoir eu l'autorisation des Musulmans.

La 'Omra de compensation (7 H ; 60 ans)

Le Prophète (saws) se prépara à faire la visite pieuse interrompue par les polythéistes
l'année précédente à la même période.

A son entrée dans la mosquée, le Prophète (saws) s'enveloppa de son vêtement et


mit sa main droite à découvert en déclarant "Puisse Dieu faire miséricorde à celui qui
montre aujourd'hui le degré de sa force."

Puis, il prit la Pierre Noire comme un point de repère fit ses trois premières tournées
d'un pas rapide et quatre autres à un rythme ordinaire. Le Prophète (saws) agit ainsi
pour désavouer les dires des Qoreich selon lesquels une rumeur circulait sur la
fatigue des Musulmans et qu'ils étaient atteints d'une fièvre.

Après trois jours de présence à la Mecque, les Qoreich demandèrent à ce que les
Musulmans quittent la ville comme cela était convenu lors du traité de Houdaybia.

Mariage avec Maymoûna (ÑÖí Çááå ÚäåÇ)

Maymoûna, était désireuse d'épouser le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã). Elle alla
trouver sa sœur Oum Al-Fadl pour lui en parler et celle-ci, à son tour, en parla à son
mari, Al-'Abbâs.

Al-'Abbas alla directement trouver le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) avec l'offre de
mariage de Maymoûna et sa proposition fut acceptée. Quand la bonne nouvelle lui
parvint, elle était sur un chameau. Elle descendit immédiatement et dit : "Le chameau
et ce qu'il porte sont pour le Messager d'Allah".

Ils se marièrent durant le mois de Shawwâl de l'an 7 après l'Hégire, juste après que
les musulmans de Médine aient obtenu la permission de visiter la Mecque sous les
conditions du traité d'Al-Houdaybiya, afin d'effectuer le petit pélerinage. A ce propos,
Allah fit descendre ce verset : {{Ainsi que toute femme croyante qui se serait
donnée au Prophète pourvu que le Prophète ait voulu l'épouser. Ceci est un
privilège qui t'es accordé, à l'exclusion des autres croyants}. (33/50)

L'Imâm Ibn Al-Athîr penche pour l'opinion selon laquelle Al-'Abbâs Ibn 'Abd Al-Muttalib
proposa au Prophète d'épouser Maymoûna suite à son veuvage contrairement à ceux
qui soutiennent que c'est elle qui lui avait proposé sa main.

L'expedition de Mouta (8 H ; 61 ans)

La cause de cette expedition

L'un des Emissaires du Messager d'Allah (saws) fut ligoté et assassiné par le

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Gouverneur byzantin de Basra en l'an 7 H.

Effectifs musulmans

Trois mille Musulmans étaient prêts à se rendre à Mouta.

Le choix des chefs

Avant le départ, le Messager d'Allah (saws) déclara aux Musulmans: "Zayd Ibn
Haritha vous commandera, s'il meurt, il sera remplacé par Jafar Ibn Abi Taleb, qui à
son tour sera remplacé par Abdallah Ibn Rouaha s'il venait à mourir. Si ce dernier
meurt également, les Musulmans choisiront eux-mêmes leur commandant".

Par ailleurs, le Prophète (saws) recommanda aux Musulmans d'appeler les habitants
de Mouta à l'Islam.

Les effectifs ennemis

De leur côté, les Byzantins réunirent 200 000 combattants.

Le récit de la bataille à Médine

Lors de la bataille, les trois chefs désignés par le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)
tombèrent martyr. Les Musulmans choisirent Khalid Ibn Al Walid (ÑÖí Çááå Úäå)
pour commandant.

Pendant ce temps à Médine, les Compagnons étaient avec le Prophète (Õáì Çááå
Úáíå æ Óáã) qui leur racontait le cours de la bataille et leur annonça le martyr des
trois chefs et leur dit: "Ils sont morts tous les trois, l'un après l'autre. L'étendard est
passé aux mains d'une épée de Dieu qui a mené les Musulmans à la victoire avec
l'aide de Dieu".

Durant la nuit de son élection, Khalid Ibn Al Walid (ra) inversa les positions de l'avant
garde et de l'arrière garde, du flanc gauche et du flanc droit de l'armée pour faire
croire à l'ennemi que des renforts s'étaient joints aux Musulmans. Khaled lança
l'attaque et l'ennemi battit en retraite. Après cela, Khaled ordonna aux Musulmans de
ne point poursuivre l'ennemi et de rentrer à Médine.

La conquète de la Mecque (8 H ; 61 ans)

Cause de cette conquète

Les Musulmans avaient conclu avec les Polythéistes une trêve à Houdaybiya qui
devait durer 10 ans. Cependant, une coalition polythéistes attaquèrent de nuit les
Banous Khouza'a, endormis, qui étaient sous la protection des Musulmans et tuèrent
vingt hommes.

la tentative de médiation

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 54 of 88

Les Qoraïchites regrettèrent leur trahison et envoyèrent Abou Soufyân en médiateur,


mais ce dernier ne put obtenir gain de cause et s'en retourna à la Mecque.

Le départ vers la Mecque

Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) se prépara secrètement pour une expédition et
pria Dieu en ces termes: "Mon Dieu, ferme les yeux aux Qoraichites, afin qu'ils ne
nous voient que trop tard".

La tentative d'information des Mecquois

Hateb Ibn Abi Baltaâ voyant tout ce qui se passait, écrivit une missive pour les Chefs
Qoraichites afin de les prévenir de l'attaque des Musulmans.

Ali (ÑÖí Çááå Úäå) raconte : "Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) nous convoqua Al
Miqdad, Az Zoubayr et moi et nous dit: "Allez à Radwat Khakh où vous rencontrerez
une femme portant une lettre, prenez lui cette lettre !".
Nous partimes au galop et à l'endroit désigné, nous rencontrâmes une femme et nous
lui demandâmes de nous remettre la lettre qu'elle portait. Elle nous répliqua qu'elle ne
portait point de lettre. Nous la menaçames de la fouiller si elle ne nous montrait pas la
lettre. Elle la sortit de ses cheveux, où elle la tenait cachée. Nous retournâmes à
Médine et nous remîmes la lettre au Messager d'Allah (saws). Le prophète (saws) lut
la lettre qui contenait des informations sur les plans de l'expédition. Le Prophète
(saws) fit venir Hateb et lui dit "Qu'as tu fait ?".
Hateb répondit: "Je n'ai fait cela non dans le but de te trahir ou de renier l'Islam mais
uniquement pour que ma famille restée à la Mecque obtiennent une protection de la
part des Qoraïchites".

A ce propos Dieu révéla: {O vous les Croyants, ne prenez pas pour patrons mes
ennemis et les vôtres en leur manifestant de l'amitié alors qu'ils ne croient pas
à la Vérité qui vous est parvenue... Quiconque, parmi vous, agit ainsi, s'égare
hors du chemin droit} (60/1)

Omar intervint et dit: "Laisse moi nous débarrasser de cet hypocrite!".


Le Prophète (saws) dit: "Cet homme est sincère, et il s'est battu à Badr. Qui sait,
Dieu a peut être pardonné leurs erreurs à tous ceux qui se sont battus à Badr".

Le rejoignement des tribus

Les Musulmans se rendirent à la Mecque et au fur et à mesure qu'ils en approchaient


des tribus venaient se joindre à eux, leur nombre atteignaient désormais 10 000
combattants.

La capture des espions et la prêche

Les Qouraychites s'atttendant à une attaque envoyèrent en observation Abou


Soufyân, Hakim Ibn hizam et Boudayl Ibn Warq. Ils furent capturés par les
Musulmans alors qu'ils approchaient de Marr Al Dhahran.

Le Messager d'Allah (saws) demanda à les voir et s'entretint avec Abou Soufyân. Il lui

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 55 of 88

dit :"N'est il pas temps que tu admettes qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et que je
suis son Messager ?"
Abou Soufyân répondit : "j'en doute encore !".
Al Abbas (ra) qui était présent lui dit :"Convertis toi et prononce les deux attestations
avant que je ne te tranches la tête".
Abou Soufyân s'exécuta et se convertit aussitôt.
Le prophète (saws) déclara: "La protection est assurée à celui qui entre dans la
maison d'Abou Soufyân, ferme sa porte derrière lui ou entre dans la mosquée".

Il dit à Abbas (ÑÖí Çááå Úäå): "Garde Abou Soufyân dans le défilé où il pourra
contempler l'armée de Dieu en marche!".

L'entrée dans la Mecque

Le Prophète (saws) ordonna aux armées de ne combattre que ceux qui se


montreraient hostiles, il dit: "Voici venu le jour de la clémence en non le jour de deuil
et de carnage, aujourd'hui Dieu honorera la Ka'ba". Cependant, il ajouta dix
personnes dont 4 femmes dont il cita les noms, entre autres Ikrima Ibn Abi Jahl, Hind
Ibnt Otba, Meqias Ibn Sababa Al Laïthi... devront être tués.

Le Prophète (saws) ordonna aux armées d'entrer par différentes portes de la Mecque.

A l'entrée de la Mecque, Khalid Ibn Al Walid rencontra une résistance et dut se


défendre contre un groupe de polythéistes. La conquête de la Mecque fit au total 28
morts.

La visite de la Ka'ba

Le Messager de Dieu (saws) se dirigea droit au temple, psalmodiant sans cesse et la


tête baissée en signe d'humilité la sourate "du secours".

Jâbir Ibn 'Abdillâh et 'Abdullâh Ibn Mas'ûd - que Dieu les agrée dirent : "Il y avait 360
idoles autour de la Ka'ba fixées dans les rochers avec du plomb. Le jour où le
Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) conquit la Mecque, il alla à la Ka'ba. Sans toucher
les idoles, il pointa chacune d'entre elles et dit : {La Vérité (l'Islam) est venue et la
vanité a disparu. Car la vanité est destinée à disparaître.} (17/81). Chaque fois
que le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) pointa une idole avec son barreau, elle
s'écroulait". (Al-Boukhârî, Mouslim, Al-Bazzâr, At-Tabarânî et Abû Ya'lâ)

Le temple de la Ka'ba renfermait également des idoles ainsi que des peintures
représentant Ibrahim et Ismaïl (as) tenant en main les flèches du sort. Le Prophète
(Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) déclara : "Malheur aux idolâtres, qu'ont de commun avec
Ibrahim et Ismail, les flèches du sort dont ils ne se sont jamais servis !".

Ayant fait sortir les idoles, le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) entra dans le temple,
prononça la formule "Allahou Akbar" et quitta la Ka'ba sans avoir prié.

A sa sortie, il remit les clé de la Ka'ba à Othman Ibn Talha (ÑÖí Çááå Úäå) en
ajoutant "Ce n'est pas moi qui vous confie ces clés mais Dieu. Seul, un homme
injuste vous la reprendrait".

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Le discours

Le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) ordonna à Bilal de monter sur le toit de
la Ka'ba et de lancer l'appel à la prière. Les hommes vinrent en grand nombre pour
embrasser la religion de Dieu.

Le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) fit un discours et dit : "Dieu a fait de la
Mecque une ville sainte mais les gens ne l'ont pas considérée comme telle. Il
n'est pas permis à un Croyant qui croit en Dieu et au jour dernier d'y verser le
sang ou de tailler les branches de ses arbres, si quelqu'un vous permet de
déroger à cette loi, sous prétexte que l'Envoyé de Dieu (saws) y a combattu,
dites lui que Dieu a permis à son Envoyé de combattre dans ce territoire mais
non pas à vous; et Dieu ne m'a donné cette autorisation que pendant une partie
de la journée; aujourd'hui la Mecque a recouvert son caractère sacré d'hier. Que
celui qui est présent transmette ceci à l'absent".

Le serment d'allégeance

Après cela, hommes et femmes vinrent faire serment d'allégeance auprès du


Messager d'Allah (saws), parmi les femmes se trouvaient Hind Ibnt Otba. Arrivée
devant le Messager (saws) elle demanda son pardon pour ce qu'elle avait fait par
ignorance. Certains de ceux dont le Prophète (saws) avait autorisé le meurtre furent
tués, d'autres se convertirent.

La tentative de meurtre

Foudala Ibn Omaïr al Laithi tenta de tuer le Messager d'Allah (saws) alors qu'il faisait
les circuits sacrés autour de la Ka'ba.
Quand il s'approcha du Prophète (saws), celui ci lui demanda s'il s'appelait Foudala, il
lui répondit par l'affirmative. Le Prophète (saws) lui dit "A quoi pensais tu ?"
"je pensais à Dieu" répondit Foudala.
Le Messager d'Allah (saws) sourit et lui dit: "Implore le pardon du Seigneur" puis il
posa sa main contre la poitrine de Foudala pour l'apaiser.
Ce dernier raconte: "Quand il retira sa main, je l'aimais plus que tout autre créature de
Dieu". (Ibn Hicham)

Le temps passé à la Mecque

Ibn Abbas (‫ عنھما‬W ‫ )رضي‬rapporte que le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) passa dix
neuf jours à la Mecque pendant lesquels il raccourcit la prière, en se contentant de
deux rak'âtes pour les prières en comportant quatre. (al-Boukhâri)

La bataille de Hounayn (8 H ; 61 ans)

Date

Cette expédition eût lieu au mois de Chawal en l'an 8 de l'hégire.

Cause de la bataille

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Les tribus de Houazen de Thaqif, irritées par la victoire du Prophète (saws) et des
Croyants se rassemblèrent sous la direction de Malek Ibn Aouf, munis de leurs biens
et accompagnés de leurs familles.

Le départ vers l'ennemi

Avisé de l'attaque, le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) se dirigea le 6 de


Chawal vers ses ennemis à la tête de 10.000 Médinois et de 2.000 Mecquois. Il
envoya Abdallah Ibn abi Hadrad al Aslami en mission d'espionnage chez l'ennemi qui
revint faire son rapport au Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã).

Le Messager d'Allah (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) apprit qu'un polythéiste du nom de
Safwan Ibn Omaya possédait une quantité d'armes et de boucliers. Après que le
Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) eût insisté, Safwan, malgré quelques réticences se
désista de 100 boucliers et ce qu'il fallait comme armement.

Lorsque Malik Ibn Aouf eût vent de la venue de l'armée musulmane, il ordonna à ses
hommes de camper dans la vallée de Hounayn et d'opérer contre les Musulmans et
ses partisans une seule attaque.

La rencontre des deux groupes

Al Abbas (ÑÖí Çááå Úäå) a dit: "Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) montait une
jument blanche. Quand notre armée et celle de l'ennemi se trouva face à face, les
Musulmans s'enfuirent sans demander leur reste. le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ
Óáã) quant à lui, mena sa monture au devant des incrédules, tandis que je
m'efforçais de la retenir par la bride, et qu'Abou Soufyân s'accrochait aux jambes du
Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã). Celui ci m'ordonna d'appeler au combat ceux qui
lui avaient prêté le serment d'allégeance à Houdaybia. Je les appelai du plus haut que
je pus, ils accoururent aussitôt vers le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) et
l'entourèrent comme une vache qui entoure ses petits en criant : "A tes ordres, à tes
ordres...". Ils se ruèrent sur les incrédules. Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) prit
une poignée de poussière et la jetant vers les idolâtres dit: "Par le Dieu de
Mouhammad, vous serez vaincus !".
Dieu remplit de terreur le coeur des polythéistes, ils ne tardèrent pas de battre en
retraite ; les Musulmans les poursuivirent en continuant le massacre et en faisant des
prisonniers. Ils retournèrent auprès du Messager d'Allah (saws) en ramenant une
longue ligne de prisonniers. Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) déclara: "Celui
qui a tué un ennemi et en fournit une preuve aura droit à ses dépouilles"".
(Mouslim)

La vue d'une femme parmi les cadavres ennemis

Le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) passa près d'un corps de femme inerte, il
s'enquerra de son identité, on lui dit "Il s'agit d'une femme idolâtre que Khâlid Ibn Al
Walid a tué. Le Messager d'Allah (saws) dit à l'un de ses Compagnons: "Va trouver
Khâlid et dis lui qu'il est interdit de tuer les femmes, les enfants et les
esclave !".

La poursuite jusqu'à Taïf

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Pendant ce temps là, l'armée idolâtre conduite par Malik Ibn Aouf retourna à Taif où
ils se barricadèrent derrière leurs fortifications après avoir abandonné leurs biens aux
Musulmans. Le Messager d'Allah zzz(Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) déposa le butin à
Jourana où il le fit garder par Massoud Ibn Amr Al Ghifari puis il se dirigea avec son
armée pour assiéger la ville de Taif.

Les Musulmans décidèrent de passer à l'attaque. Ils subirent des pertes ce qui
poussa le Messager d'Allah (saws) à déclarer: "Nous rentrons demain".
Les Musulmans en furent soulagés, le Prophète (saws) sourit de leur soulagement
apparent.

Le retour

Sur le chemin du retour, le Messager d'Allah (saws) ordonna à ses partisans de dire:
"Nous revenons, repentant, adorant Dieu et le louant".

L'un des Compagnons demanda au Messager: "Ô Prophète ! prie afin que Dieu se
venge des Thaqifites".
Le Messager répondit en disant: "Mon Dieu, mets les sur la voie juste et mène les
vers nous !".
Dieu ne tarda guère à convertir les Thaqifites qui devaient bientôt envoyer une
délégation au Prophète (saws) ayant pour mission de proclamer leur conversion.

Le partage du butin à Jourana

De retour, le Messager d'Allah (saws) s'arrêta à Jourana pour le partage du butin. Il


reçut une délégation de Houazenites qui voulant se convertir lui demandèrent la
restitution de leurs biens et de leurs familles en captivité. Le Messager (saws) leur
demanda de choisir entre leurs biens et leurs familles. Les Houazenites demandèrent
à ce que leurs familles soient délivrés. Le Messager (saws) convia les Musulmans
s'ils le désiraient à restituer également les biens des nouveaux Musulmans et il leur
demanda de réfléchir à cette proposition. Après consultation, les combattants
décidèrent à l'unanimité de rendre les biens aux Houazenites.

Le Messager d'Allah (saws) s'enquerra de Malik Ibn Aoûf et il dit: "Si Malik vient
embrasser l'Islam, je lui rendrai sa famille, ses richesses et je lui ferais cadeau de
cent chameaux". Attiré par ces promesses, Malik quitta Taïf et trouva le Messager
(saws) entre Jourana et la Mecque et il se convertit.

Ibn Mas'ud a dit: "Quand ce fut le fameux jour de Hounayn le Messager de Dieu fit
des préférences à certains dans le passage du butin. Ainsi donna-t-il à Al Aqra Ibn
Habis cent chameaux. Il donna la même chose à 'Ouyayna Ibn Hisn. Il donna aussi à
des gens parmi la noblesse arabe en les favorisant dans le partage. Quelqu'un dit
alors: "Par Dieu, voila bien une répartition qui manque de justice et ou l'on a pas
rechercher la satisfaction de Dieu".
Je ne rendis effectivement auprès de lui et lui contai la chose. Son visage devint
rouge intense et il dit: "Qui donc est juste si Dieu et Son Messager ne le sont
pas?". Puis il ajouta: "Que Dieu ait Moïse dans Sa miséricorde! On lui a fait en
effet des torts bien plus grands et il endura pourtant avec patience".
Je dis: "Je ne lui adresserai certainement plus jamais la parole après ce qu'il a dit"".

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(al-Boukhâri, Mouslim)

Le dicours du Prophète zzz(Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) aux Ansars

Le Prophète (saws) donna une grande part du butin aux Mecquois parmi ceux
dont leur coeur étaient à rallier. Quelques Ansariens (Médinois) s'en
plaignirent :"Que Dieu pardonne à notre Prophète ! Il donne notre part du butin
aux Qoraichites et nous oublie alors que nos épées sont encore tachées de
sang !".

Ayant appris cela, le Messager d'Allah (saws) les réunit à part, commença par
louer Dieu et leur dit: "Ô Ansariens ! Qu'est ce que j'apprends ? vous étiez
égarés et Dieu m'a permis de vous remettre dans le droit chemin, vous étiez
séparés et Dieu vous a réuni par mon intermédiaire, vous étiez pauvres et Dieu
vous a enrichis. Ne me répondez vous donc pas ?"
"Que pourrions nous te dire Ô Prophète (saws) ! nous vous devons tout à Dieu
et à toi !".
Le Prophète (saws) reprit: "Vous pourriez bien me dire que je suis venu à vous
alors qu'on me traitait de menteur et pourtant vous m'avez cru, j'étais vaincu,
vous m'avez aidé à vaincre, j'étais pourchassé vous m'avez donné refuge,
j'étais sans ressource vous m'avez secouru ! Vous vous croyez lésés, Ô
Ansariens à cause d'un bien éphémère relevant de ce bas monde que j'ai donné
à des hommes pour qu'ils se convertissent et je vous ai confiés à votre Islam.
Les Qoraichites auront leurs moutons et leurs chameaux, mais vous, vous
retournerez dans vos maisons en ma compagnie, votre butin n'est-il pas
préférable au leur ? J'en jure par Celui qui tient mon âme dans Ses Mains, si je
n'avais émigré, j'aurais aimé être l'un des vôtres. Si les hommes empruntaient
un chemin et les Ansariens un autre, je suivrais volontiers celui des Ansariens.
Certes après mon départ, vous subirez des épreuves, endurez les jusqu'à ce
que vous me rencontriez auprès du bassin (au Paradis). Ô Dieu, fais
miséricorde aux Ansariens et aux enfants des Ansariens".

Tous pleurèrent d'émotion et déclarèrent qu'ils étaient contents d'avoir pour


seule richesse Dieu et Son Prophète.

Des nomades s'accrochèrent au Prophète (saws) lui demandant une plus grande part
du butin. Ils l'acculèrent à un arbre épineux qui accrocha son habit.
Il leur dit :"Ô hommes, rendez moi mon manteau. Si vous aviez droits à autant de
biens que les arbres de Touhama, je les aurais répartis entre vous, pour que vous ne
me traitiez pas d'avare, ni de menteur, ni de poltron. Ô hommes ! je n'aurai de ce
butin que le cinquième et même ce cinquième vous reviendra de droit".
L'un des Bédouins prit le Prophète (saws) violemment par le pan de son manteau,
son cou en fut marqué et lui dit: "Donne moi une partie des biens de Dieu que tu
possèdes". Le Prophète (saws) sourit et lui donna sa part.

Le retour vers Médine

Le Prophète (saws) quitta Jourana pour une visite pieuse puis regagna Médine, après
avoir confié la Mecque à Itab Ibn Oussaid.

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La bataille de Taboûk (9 H ; 62 ans)

Date

Cela se passait au mois de Rajab de la 9ème année après l'Hégire, en plein été.

Causes de cette bataille

Lorsque le Prophète (saws) apprit que les Chrétiens de la Syrie venaient de prendre
la ferme résolution d'attaquer Médine avec une armée forte de quarante mille
hommes envoyés par le Roi de Rome (Hercule), il décida de prévenir cette attaque
en marchant à la tête d'une force armée musulmane de trente à quarante mille
hommes, sur la Syrie.

En même temps, il nomma 'Ali Gouvernant adjoint de Médine. Une fois son armée
levée, il quitta Médine pour la Syrie.

Les préparations

Othman céda trois cent chameaux scellés et 1000 dinars qu'il mit à la disposition du
Prophète (saws). Celui ci déclara "les erreurs que Othman pourra faire à l'avenir lui
seront toutes pardonnées".
Abou Bakr se désista de tout son argent.
'Omar sacrifia la moitié de ses richesses.

Quelques Musulmans vinrent trouver le Prophète (saws) et lui demander des


montures pour prendre au Jihad. Par manque de moyens, ils partirent en pleurant de
ne pouvoir participer au Jihad.

L'armée des Musulmans comptait 30 000 combattants.

La demande de prier dans la mosquée nuisible avant le départ

Abou Amer écrivit à ses partisans hypocrites restés à Médine et leur ordonna de
construire une fortification qui leur servirait de poste d'observation. Ils commencèrent
par construire une mosquée près de celle de Qouba qu'ils achevèrent avant que le
Messager d'Allah (saws) ne menât l'expédition de Tabouk. Ils demandèrent au
Prophète (saws) de venir prier dans leur mosquée, espérant ainsi obtenir son
approbation. Ils lui dirent qu'ils l'avaient construite à l'intention des faibles et des
malades pour y faire la prière durant l'hiver.

Mais Dieu ne permit pas à Son Prophète (saws) d'y prier. Le Messager d'Allah (saws)
leur dit: "Je dois entreprendre un voyage. Je visiterai votre mosquée à mon retour, si
telle est la volonté de Dieu".

Le départ

Selon Ka'b Ibn Màlik , le Prophète sortit un jeudi pour la campagne militaire de
Taboûk et il aimait en effet sortir le jeudi. (al-Boukhâri, Mouslim)

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Ka'b Ibn Malik raconte :"Quand il partait en expédition, le Prophète (saws) ne


manifestait jamais sa véritable intention. L'expédition de Tabouk faisait exception. Le
Prophète (saws) la mena par une chaleur extrême en affrontant un long voyage à
travers le désert pour rencontrer des ennemis très nombreux. Afin que les Musulmans
fassent des efforts proportionnés, il leur dévoila les fatigues et les obstacles qu'ils
auraient à surmonter au cours du voyage et l'effectif considérable de l'ennemi".

En chemin 'Ali (ÑÖí Çááå Úäå) qui devait s'occuper de la garde de Médine le
rattrappe

Après le départ du Prophète (saws), les Hypocrites, s'évertuèrent à se moquer de 'Ali


en lui disant que le messager d'Allah l'avait laissé derrière lui pour porter son fardeau.
Voulant se démontrer que les Hypocrites disaient là des mensonges, 'Ali décida
d'aller voir le Prophète. Lorsqu'il rejoignit ce dernier à Jaraf, il lui expliqua la raison de
sa venue et la moquerie des Hypocrites.
Le Prophète (saws) lui dit: «Les Hypocrites sont des menteurs. Je suis venu ici après
t'avoir désigné comme mon député. O 'Ali! N'es-tu pas content que ton grade soit
monté! Tu es à moi ce que Hârûn fut à Mûsâ, à cette différence près qu'il n'y aura pas
de prophète après moi».

Après cette explication, 'Ali retourna à Médine et le Prophète se dirigea vers Taboûk
qui se trouvait à une distance de dix étapes de Damas et de Médine à la fois, et sur la
frontière de l'Empire romain de l'époque.

Abou Dhar (ÑÖí Çááå Úäå) ne peut suivre l'allure de la troupe et reste tout seul

Lorsque Abou Dhar fut resté derrière la caravane, quelqu'un attira l'intention du
Prophète sur la difficulté qu'il avait rejoindre les troupes. Le Saint Prophète répondit:
«Laisse-le se débrouiller tout seul. Il réussira si Allah le veut».

Le trajet difficile

Au cours de ce voyage, les Musulmans vécurent de dures épreuves. Ils se relayaient


à tour de rôle pour monter les montures, ils tuèrent des chameaux pour pouvoir boire
l'eau emmagasinnée dans leurs bosses, ils étaient prêts à égorger leurs montures
pour pouvoir se nourrir avec l'accord du Messager mais 'Omar intervint et dit :"s'ils
égorgent les bêtes, nous n'aurons plus assez de montures. Tu devrais leur demander
ce qu'il leur reste de provisions en invoquant Dieu de le multiplier".
Le Prophète (saws) fit étendre une nappe et invita les Musulmans à apporter ce qui
restait de leurs provisions. Après avoir invoqué Dieu, la nourriture se multiplia et les
Musulmans purent se servir, ils remplirent tous les récipients du camp et mangèrent à
satiété. Le Prophète (saws) déclara: "Je certifie qu'il n'y a qu'un Dieu et que je
suis Son Prophète. Dieu met le paradis à portée de ceux parmi Ses serviteurs
qui ne connaissent pas le doute et qui prononcent cette double profession de
foi".

L'attente de la troupe ennemi

Lorsque le messager d'Allah atteignit Taboûk, il y resta une vingtaine de jours.

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Youhanna, le gouverneur d'Aïla demanda la protection du Messager d'Allah (saws)


qui l'accepta contre un tribut. Les habitants de Jarba et d'Adzrah en firent de même.
Le Prophète (saws) leur communiqua ses conditions par écrit.

Pendant son séjour dans cette localité, il s'appliqua à envoyer tout autour des
brigades qui avaient pour mission principale l'appel à l'Islam. Mais aucune armée
romaine ne vint à leur rencontre. Le Prophète (saws) rebroussa donc chemin.

L'etanchement de la soif

Parmi les miracles qui eurent lieu pendant la bataille de Taboûk, on relate que
les combattants furent sujets à une soif très forte. Alors Abû Bakr (r) lui dit: " Ô
Prophète de Dieu, Dieu ne t'a jamais refusé une prière. Si tu priais pour qu'Il
nous donne à boire."
Le Prophète demanda : "Est-ce votre souhait ?"
Abû Bakr répondit par l'affirmative.
Alors le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) leva ses mains vers le ciel et ne les
baissa pas avant que les nuages apparurent dans le ciel et la pluie tomba. Les
troupes remplirent les récipients dont ils disposaient et levèrent les yeux vers le
ciel pour s'apercevoir qu'en fait les nuages ne dépassaient pas leur camp !

Le chemin du retour

L'attentat contre sa vie (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã)

Pendant son retour, alors qu'il traversait la vallée de 'Aqaba Thî Fatq, les
Hypocrites projetèrent d'attenter à sa vie en effrayant son chameau pour qu'il le
jette par terre. Mais l'attentat fut un échec et le Prophète fut sauvé par 'Ammâr
Ibn Yâsir et Hudhayfa Ibn Yaman. Après que le Prophète eut traversé la vallée,
il divulgua à Hudhayfa les noms des Hypocrites qui avaient attenté à sa vie à la
faveur de la nuit, et lui intima l'ordre de garder cela pour lui.

Le passage devant les ruines de Thamoud

En passant vers les ruines du peuple ancien de Thamoud, le Prophète (saws)


convia ses Compagnons en ces termes: "N'entrez pas dans les maisons de
ceux qui se sont fait tort à eux mêmes, qu'en pleurant de peur que vous ne
subissiez le même sort". Il se couvrit la tête et pressa le pas jusqu'à ce qu'il eut
traversée la vallée.

La rencontre avec Abou Dhar (ÑÖí Çááå Úäå)

Lorsqu'il arriva à la frontière de Taboûk les Musulmans l'aperçurent et informèrent le


Prophète de l'arrivée d'un voyageur sinistré. Le Prophète dit sur-le-champ: «C'est
mon Compagnon Abû Dhar. Allez vite me l'amener». Entendant cet ordre du
Prophète, les Compagnons s'exécutèrent et emmenèrent Abou Dhar auprès du
Messager d'Allah.

Après s'être enquis de sa santé, le Prophète lui demanda: «O Abou Dhar! Tu as de


l'eau sur toi. Pourquoi donc, tu as l'air tellement assoiffé?».

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 63 of 88

- Abou Dhar: Certes, Maître, l'eau est là, mais je ne peux pas en boire.
- Le Prophète: Et pourquoi cela?
- Abou Dhar: O Seigneur! Sur mon chemin, j'ai trouvé de l'eau fraîche au pied d'une
colline, mais ma conscience ne m'a pas permis d'en boire avant toi. C'est pourquoi je
l'ai apportée pour toi. J'en boirai une goutte après que tu en auras bu.
Le Saint Prophète lui fit alors cette prédiction: «O Abou Dhar! Allah te couvrira de Sa
Miséricorde. Tu vivras et tu quitteras ce monde seul. Tu seras ressuscité seul le Jour
du Jugement. Tu entreras dans les cieux seul. Un groupe d'Irakiens seront bénis
grâce à toi, car, après, ta mort, ils te laveront, t'envelopperont dans un linceul, et
prieront sur toi».

La destruction de la mosquée nuisible

En revenant de Tabouk, alors qu'il n'était plus qu'à une journée ou deux de Médine, le
Messager d'Allah (saws) apprit par l'Archange Jibril (as) la mauvaise intention des
constructeurs de la mosquée nuisible, qui s'étaient jurés de semer la division parmi
les Croyants.

Avant d'arriver à Médine, il envoya des troupes qui détruisirent la mosquée nuisible.

A ce propos Dieu révéla: {Ceux qui ont construit une mosquée par esprit de
méchanceté et de concurrence et par pure mécréance, dans l'intention de
diviser les Croyant en attendant le retour de celui qui a déjà combattu
auparavant Dieu et Son Messager, ils jureront de toute leur force que: "nous
n'avons visé qu'une oeuvre de bienfaisance". Et Dieu atteste qu'ils sont
vraiment menteurs. N'y prie jamais ! une mosquée qui a été fondée sur la piété
dès le premier jour mérite bien plus que tu y pries. Là sont des hommes qui
aiment se purifier et Dieu aime ceux qui se purifient.} (9/107-108)

Le retour à Médine

Arrivés à Médine, le Prophète (saws) dit à ses Compagnons "Ici se trouvent des
hommes qui vous ont accompagnés tout long de votre voyage".
"Ils nous ont accompagnés tout en étant restés à Médine ?" s'exclamèrent les
Compagnons
"Oui, ils ont été retenus à Médine malgré eux" répondit le Messager d'Allah (saws).

Le Prophète (saws) rentra à Médine le mois de Ramadan de la même année. Il s'était


absenté pendant deux mois.

A son retour à Médine, le Prophète (saws) entra dans la mosquée où il fit deux
rak'âtes; les Musulmans qui n'avaient point participer à Tabouk sans raison valable
vinrent s'excuser auprès du Prophète (saws). Ils étaient plus de 80. Il accepta leurs
excuses à l'exception de Ka'b Ibn Malik, Mourara Ibn Ar Rabî et Hilal Ibn Omaya. Il ne
les pardonna qu'après la révélation de quelques versets en ce sens. Cela fut
également relaté dans un long hadith rapporté par l'Imam Al Bokhari.

La délégation de Thaqîf (9 H ; 62 ans)

Le Prophète (saws) revint de Tabouk au mois de Ramadan et qu'au cours du même

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 64 of 88

mois, il reçut la délégation de Thaqif. (Ibn Ishaq)

Les Thaqifites s'étaient rendu compte qu'ils ne pouvaient se mesurer aux Arabes qui
les entouraient et s'étaient tous convertis à l'Islam et avaient prêté allégeance au
Prophète (saws). Aussi, il envoyèrent une délégation à la tête de laquelle se trouvait
Kinana Ibn Abd Yalil.

Le Prophète (saws) installa la délégation dans la mosquée où il leur fit dresser des
tentes d'où ils pouvaient entendre la récitation des versets coraniques et observer les
Musulmans en prière. Tous les jours, ils rencontraient le Prophète (saws) qui ne
manquait jamais de les appeler à se convertir, le Messager d'Allah (saws) leur parlait
tous les soirs jusqu'à ne plus pouvoir se tenir sur ses jambes.

Othman Ibn Ali Al As, le plus jeune membre de la délégation, gardait les montures
des Thaqifites lorsque ces derniers étaient avec le Prophète (saws). A leur retour,
Othman allait le trouver à son tour pour s'informer de l'Islam et se faire lire des
versets du Coran jusqu'à ce qu'il fut instruit dans la religion. S'il trouvait le Messager
(saws) endormi, il se rendait chez Abou Bakr (ra). Il n'en disait rien à ses
compagnons, forçant ainsi l'admiration du Prophète (saws).

L'Islam finit par s'introduire au coeur des Thaqifites. Toutefois, Kinana déclara au
Prophète (saws) :
- "Nous autres, nous sommes loin de chez nous, l'adultère nous est indispensable !"
- "Il vous est pourtant interdit, lui répliqua le Prophète (saws), Dieu dit: {Evitez la
fornication, c'est une abomination ! quel détestable chemin !} (17/32)
Les Thaqifites lui dirent :
- "L'usure est à la base de notre fortune !"
- "Contentez vous de votre capital !" leur répliqua le Prophète (saws). Dieu dit: {Ô
vous qui croyez ! Craignez Dieu ! Renoncez si vous êtes Croyants, à ce qui vous
reste des profits de l'usure} (2/278)
- "Le vin , lui dirent-ils est le produit essentiel de notre terre. Il nous est
indispensable !"
-"Pourtant, Dieu vous en interdit la consommation" et il leur récita le verset interdisant
la consommation de vin.

D'après Ibn Ishaq, ils lui demandèrent aussi de les dispenser de la prière, mais il leur
répondit qu'il n'existait point de religion sans prière. Après avoir accepté tous ces
préceptes, ils demandèrent une dernière faveur au Messager d'Allah (saws) à savoir
de garder encore leur idole "Al Lat" durant trois ans. Le Messager (saws) refusa de
leur accorder ce souhait. Alors ils lui demandèrent la permission de la garder pendant
deux ans, puis un an, puis un mois, mais il demeura inflexible.

Ils dirent au Prophète: "Détruis là toi même, nous ne pouvons pas nous en charger !".
Le Messager d'Allah (saws) leur répondit :"Je vous enverrai des hommes qui s'en
chargeront".

Les Musulmans désignés par le Messager d'Allah (saws) détruisirent l'idole.

D'après Al Moughira (ra), les Thaqifites se convertirent tous et qu'il était difficile de
trouver parmi les Arabes des Musulmans aussi fidèles à leur foi, à Dieu et à Son

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Livre. (Ibn Sa'd)

Ibn Ishaq raconte :"Après la prise de la Mecque, l'expédition de Tabouk, la conversion


de l'allégeance de Thaqif, les délégations se succédèrent chez le Prophète (saws).
Les Arabes avaient attendu que le sort de Qoreich fût décidé avant de prendre leur
parti, les Qouraychites étant les maîtres du temple et de l'enceinte sacrée, les
descendants directs d'Ismail (as) et les chefs des Arabes".

L'envoi d'émissaires (10 H ; 63 ans)

Tandis que le Prophète (saws) recevait les délégations proclamant leur conversion, il
envoyait ses émissaires dans toutes les directions et surtout au sud de la péninsule,
pour répandre les principes de l'Islam, qui fut bientôt pratiqué dans toute la Péninsule
Arabique. Il fallut recourir à des guides spirituels pour expliquer les préceptes de la
religion, et l'introduire au coeur des hommes.

Le Prophète (saws) envoya Khalid Ibn Al Walid à Najran et Ali au Yémen.

De même il envoya Abou Moussa Al Achari et Mou'âdh Ibn Jabal au Yémen leur
recommandant: "Rendez la voie facile et ne créez pas de difficultés. Annoncez des
choses agréables et ne laissez pas les gens fuir. Entraidez vous mutuellement".

Il dit à Mou'âdh (ra): "Tu auras à faire aux Gens du Livre. Incite les à certifier qu'il n'y
a qu'un seul Dieu et que Mohamed est Son Prophète. S'ils t'obéissent, dis leur que
Dieu leur impose cinq prières chaque jour, s'ils consentent, dis leur que Dieu leur
impose une aumône légale qui sera prélevée sur les biens des riches et donnée aux
pauvres d'entre eux; s'ils t'obéissent, ne touche pas à leurs objets précieux et crains
les imprécations des opprimés, car aucun voile ne s'interpose entre elles et Dieu".

L'Imam Ahmed a rapporté que le Prophète (saws) qui avait suivi Mou'âdh (ra) à
l'extérieur de Médine, lui à pieds et Mou'âdh sur une monture en lui répétant ses
recommandations lui dit: "Nous ne nous retrouverons peut être plus après cette
année, il serait souhaitable que tu passes par cette mosquée et par mon tombeau".

Le pèlerinage d'adieu (10 H ; 63 ans)

L'imam Moslim a rapporté d'après Jabir (ra): "Le Prophète (saws) passa neuf ans à
Médine sans entreprendre de pélerinage, au cours de la dixième année, son
pélerinage était proclamé, un concours prodigieux de peuples se rendit à Médine pour
y participer et imiter le Prophète (saws)."

Le Prophète (saws) fit son entrée à la Mecque par la partie haute et s'arrêta devant la
porte des Banous Chaïba, il dit: "O mon Dieu accrois l'honneur et la puissance de
cette Maison (Ka'ba) ainsi que de tous ceux qui y sont en pélerinage ou en visite
pieuse et augmente leur piété".

Puis, il continua son chemin en enseignant aux Musulmans les principes du


pélerinage.

Le Jour où il arriva au Mont Arafat, il prononça un discours dont voici le texte:

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"Ô Musulmans, écoutez moi, j'ignore si l'année prochaine, nous pourrons nous
rencontrer en ce même endroit. Votre sang et vos biens sont sacrés, comme le sont
ce jour, ce mois et cette ville. Je proscris tout ce qui se rapporte à l'ère pré-islamique,
la vengeance propre à cette période est désormais interdite, à commencer par celle
d'Ibn Rabiâ Ibn Al Hareth, l'usure propre à la Jahiliya (ère de l'ignorance) est
également interdite, à commencer par celle d'Al Abbas Ibn Abdelmottaleb.

"Ô Musulmans, le démon n'espère plus être adoré sur votre terre. Mais s'il est écouté,
il se satisfera de celles de vos actions que vous méprisez. Craignez le pour votre
religion."

"Ô Musulmans, le mois intercalaire n'est qu'un surcroît d'infidélité ; les incrédules
s'égarent ainsi ; une année, ils le déclarent non sacré, afin de se mettre en accord sur
le nombre de mois que Dieu a déclarés sacrés. Ils déclarent ainsi non sacré ce que
Dieu a déclaré sacré."

"Le temps a accompli un cycle complet comme au jour où Dieu a crée les Cieux et la
Terre. L'année est de douze mois. Quatre de ces mois sont sacrés, dont trois
successifs: Dhoul Qida, Dhoul Hijja et Al Muharram, et le mois situé entre Joumada et
Chaaban."

"Craignez Dieu en vos femmes, car vous les avez prises selon un pacte que vous
avez conclu avec Dieu, et ce n'est qu'avec la permission de Dieu que vous cohabitez
avec elles. Elles ont des droits sur vous, et vous avez des droits sur elles. Elles ne
doivent accueillir personne chez vous sans votre accord. Si elles s'avisent de le faire,
frappez les modérément. En revanche, elles sont en droit d'exiger de vous que vous
les entreteniez".

"Réfléchissez bien à ce message que je vous ai communiqué, Ô Musulmans. Je vous


laisse deux guides qui ne vous permettront pas de vous égarer, si vous vous y
conformez: le Livre de Dieu et la Tradition de Son Prophète."

"Ô Musulmans, écoutez et obéissez, même si vous êtes gouvernés par un esclave
éthiopien au nez coupé, tant qu'il vous gouverne en se conformant au Livre de Dieu le
Très Haut. Quant à vos gens de maisons (domestiques), nourrissez les de vos plats
et habillez les de vos vêtements. S'ils commettent une faute que vous ne leur
pardonnez pas, vendez les, Ô Serviteurs de Dieu, mais ne les faites pas souffrir."

"Ô Musulmans, écoutez moi et soyez raisonnables. Vous savez que les Musulmans
sont frères. Un Musulman n'a droit qu'à la part des biens de son frère qu'il lui cède de
plein gré. Ne soyez pas injustes envers vous mêmes. Ai-je bien transmis le
message ? Vous comparaîtrez un jour devant Dieu, c'est pourquoi vous devrez éviter
de vous égarer et de vous entretuer après ma mort. Que ceux qui sont ici présents
transmettent ce message aux absents, ils le comprendront peut être mieux que ceux
qui l'auront écouté. Vous serez interrogés à mon sujet, que direz vous alors ?

Et la foule de répondre: "Nous certifions que tu nous a communiqué ton message,


que tu as accompli ta mission et que tu nous as prodigué tes conseils".

Le Prophète (saws) leva l'index vers le ciel puis le pointa dans la direction de la foule

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en déclarant à trois reprises: "Ô Mon Dieu, sois en témoin".

Dieu révéla à Son Messager (saws) le verset suivant: "Aujourd'hui, j'ai rendu votre
religion parfaite ; j'ai parachevé ma grâce sur vous et j'agrée l'Islam comme étant
votre religion" (s5/v3)

Le Messager de Dieu (saws) ne quitta le Mont Arafa qu'au coucher du soleil. Il se


rendit ensuite à Mozdalifa et dit en faisant un geste de la main droite: "La sérénité, la
sérénité, ô Musulmans".

A Mozdalifa, il fit la prière du coucher du soleil et celle de la nuit ensemble, retardant


la première.

Il coucha à Mozdalifa et descendit avant le lever du soleil dans la vallée de Mina où il


prit sept cailloux et les jetta contre la Jamarate de l'Aqaba en déclarant: "Dieu est
Grand" à chaque fois qu'il lançait un caillou.

De là, il se rendit au lieu de l'immolation des victimes où il égorgea 63 chameaux de


sa propre main et chargea Ali (ra) d'immolerle reste jusqu'à cent. Puis le Prophète
(saws) se dirigea vers la Maison (Ka'ba) où il fit la prière de midi. Les fils de
Abdelmottaleb vinrent lui offrir de l'eau de Zem Zem. Il dit "Tirez l'eau, ô Banous
Abdelmottaleb, tant que les hommes ne vous disputent pas cette tâche ; s'ils avaient
ce droit, je vous aurais moi même aidés à tirer". Ils lui passèrent le seau dont il but
aussitôt. Puis, il s'en retourna à Médine.

Sa mort
La maladie de mort du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Le récit de 'Aicha (raa): 'Ubayd-Allah ibn 'Utba a dit: J'entrai chez 'Aicha et lui dis: "Ne
voudrais-tu pas me parler de la maladie de l'Envoyé d'Allah (saws)?"
- "Si!", répondit-elle. Elle commença alors en ces termes: "L'état du Prophète (saws)
s'était aggravé sous l'effet de la maladie. Or, il demanda si les fidèles avaient fait la
prière.
- "Non, lui répondîmes-nous, ils t'attendent, ô Envoyé d'Allah".
- "Qu'on mette de l'eau dans le bassin", dit-il. Nous en mîmes; il se lava et voulut
ensuite se lever, mais il tomba évanoui. Revenu à lui, il demanda de nouveau si les
fidèles avaient fait la prière.
- "Non, lui répondîmes-nous, ils t'attendent ô Envoyé d'Allah". Il nous ordonna de lui
mettre de l'eau dans le bassin; se lava, essaya de se lever; mais retomba évanoui.
Ayant ensuite repris ses sens, il demanda encore: "Les fidèles ont-ils fait la prière?".
- "Non, répliquâmes-nous, pas encore, ils sont toujours dans ton attente". Il ordonna
de mettre de l'eau dans le bassin; se lava, essaya de se lever et encore une fois
tomba en syncope. Une fois revenu à lui, il dit: "Les fidèles ont-ils fait la prière?".
- "Non, répondîmes-nous, ils t'attendent, ô Envoyé d'Allah!". Réunis dans la mosquée,
les fidèles attendaient l'Envoyé d'Allah (saws) pour faire la prière de 'ichâ' (du soir)".
Alors, le Prophète (saws) envoya chercher Abou Bakr pour présider la prière. Le
messager alla trouver celui-ci et lui dit: "L'Envoyé d'Allah (saws) t'enjoint de présider
la prière des fidèles". Abou Bakr, qui était tendre du cœur, s'adressa alors à 'Umar en

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lui disant: "Préside toi-même la prière".


- "Non, reprit 'Umar, toi tu en as plus de droit". Abou Bakr présida donc la prière
durant ces jours. Puis, l'Envoyé d'Allah (saws), sentant un jour une légère
amélioration, sortit de chez lui, appuyé sur deux personnes dont Al-'Abbâs et se rendit
à la prière de zhuhr (de midi) que Abou Bakr présidait. A la vue du Prophète, Abou
Bakr voulut reculer, mais, d'un geste, le Prophète (saws) l'enjoignit de ne pas bouger
et, s'adressant aux deux personnes qui le soutenaient, il dit: "Faites-moi asseoir à
côté de Abou Bakr". On déféra à cet ordre: Abou Bakr, étant debout, suivit la prière du
Prophète et les fidèles suivirent celle de Abou Bakr. Durant ce temps, le Prophète
(saws) demeura assis. (Mouslim n°629)

D'après 'Anas ibn Mâlik (ra), Abou Bakr dirigeait la prière des fidèles durant la
maladie qui avait emporté l'Envoyé d'Allah (saws). Un lundi, pendant qu'ils étaient
rangés pour la prière, l'Envoyé d'Allah (saws) souleva le rideau de la chambre et se
mit à les regarder. Il se tenait debout, son visage ressemblait à un papier de
parchemin et il souriait. Nous fûmes si émus de la joie de le revoir. Quant à Abou
Bakr, il se mit à reculer pour gagner sa place parmi la rangée des fidèles, pensant
que le Prophète (saws) allait venir diriger lui-même la prière. Mais, d'un geste, le
Prophète (saws) nous fit signe d'achever la prière et laissa ensuite retomber le rideau.
Le même jour l'Envoyé d'Allah (saws) rendit le dernier soupir. (Mouslim n°636)

D'après Abou Mûsa (ra), Le Prophète (saws) tomba gravement malade. Il dit alors:
"Donnez l'ordre à Abou Bakr de diriger les fidèles dans la prière".
- "Abou Bakr, fit observer 'A'icha, est un homme au cœur tendre; quand il se tiendra à
ta place il sera incapable de diriger les fidèles dans la prière".
- "Donne l'ordre à Abou Bakr de diriger les fidèles dans la prière, reprit-il. Vraiment
vous êtes telles les dames de Joseph (vous discutez trop et vous insistez trop)!".
Abou Bakr dirigea ainsi les fidèles dans la prière du vivant de l'Envoyé d'Allah (saws).
(Mouslim n°638)

D'après Sahl ibn Sa'd As-Sâ'idî (ra), l'Envoyé d'Allah (saws) était allé chez les Banû
'Amr ibn 'Awf pour rétablir la paix parmi eux. Comme l'heure de la prière était arrivée,
le muezzin vint trouver Abou Bakr et lui dit: "Veux-tu présider la prière pour que je
fasse le second appel?".
- "Oui", répondit-il. Abou Bakr présida la prière, mais au cours de laquelle, l'Envoyé
d'Allah (saws) arriva à la mosquée. Il se fraya un passage à travers les fidèles et se
mit au premier rang. Les fidèles battirent des mains (pour attirer l'attention de l'imam),
mais Abou Bakr ne se retourna pas et continua sa prière. Puis, comme les fidèles
faisaient plus de bruit, il se retourna et aperçut l'Envoyé d'Allah (saws). Celui-ci lui fit
signe de demeurer en sa place. Abou Bakr éleva les mains et loua Allah, à Lui la
puissance et la gloire, pour l'ordre que venait de lui donner l'Envoyé d'Allah (saws).
Ensuite, il recula et alla prendre place au premier rang parmi les fidèles. Alors
l'Envoyé d'Allah (saws) s'avança, fit la prière et quand elle fut achevée il dit: "O Abou
Bakr, qu'est-ce donc qui t'a empêché de rester à ta place puisque je t'en avais donné
l'ordre?".
- "C'est, répondit Abou Bakr, qu'il n'appartenait pas au fils de Abou Quhâfa (surnom
de Abou Bakr) de diriger la prière en présence de l'Envoyé d'Allah (saws)". Puis,
s'adressant aux fidèles, l'Envoyé d'Allah (saws) dit: "Pourquoi donc avez-vous tapé
des mains si bruyamment? Celui d'entre vous qui, étant en prière, voulut exprimer
quelque chose, qu'il glorifie Allah car cette glorification attire l'attention de l'imam.

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 69 of 88

Seules les femmes sont autorisées à claquer des mains pour cette fin". (Mouslim n°
639)

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬reçoit la révélation jusqu'aux derniers instants de


sa vie

Anas (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬a dit: «Dieu honoré et glorifié n'a cessé de faire des révélations au
Messager de Dieu (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬jusqu'à sa mort; si bien, qu'au moment de sa mort,
il avait reçu le plus de révélations». (al-Boukhâri, Mouslim)

Le dernier sermon du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Ce sermon fut fait le neuvième jour de Zil Hadj 10 A.H. dans la Vallée Uranah du
Mont Arafat

"Ô Peuple, écoutez-moi attentivement, car je ne sais pas si, après cette année-ci, je
serais encore parmi vous. Donc écoutez ce que je vous dis avec beaucoup d'attention
et APPORTEZ CE MESSAGE A CEUX QUI NE PEUVENT ETRE PRESENTS ICI
AUJOURD'HUI.

Ô Peuple, tout comme vous considérez ce Mois, ce Jour, cette Cité comme Sacrés,
considérez aussi la vie et les biens de chaque Musulman comme Sacrés. Retournez
à leurs légitimes propriétaires les biens qui vous ont été confiés. Ne blessez personne
afin que personne ne puisse vous blesser. Souvenez-vous qu'en vérité vous
rencontrerez votre SEIGNEUR et qu'effectivement il vous demandera compte de vos
actes. ALLAH vous a défendu de pratiquer l'usure (de prendre de l'intérêt), donc toute
obligation d'intérêt sera dorénavant abolie.

Méfiez-vous de Satan, pour le salut de votre religion. Il a perdu tout espoir de ne


pouvoir jamais vous induire à commettre les grands pêchés, méfiez-vous donc à ne
pas le suivre en ce qui concerne les petits pêchés.

Ô Peuple, il est vrai que vous ayez certains droits à l'égard de vos femmes, mais elles
aussi ont des droits sur vous, mais si elles vous obéissent, alors à elles appartient le
droit d'être nourries et habillées convenablement. Traitez donc bien vos femmes et
soyez gentils envers elles car elles sont vos partenaires. Et il est de votre droit de
vous assurer qu'elles choississent leurs amies avec votre approbation, aussi bien que
de ne jamais commettre l'adultère.

Ô Peuple, écoutez-moi bien. Adorez ALLAH, faites vos cinq prières (Salah)
quotidiennes, jeûnez pendant le mois de Ramadan, et donnez votre richesse en
Zakat. Accomplissez le Hajj si vous en avez les moyens. Vous savez que chaque
musulman est le frère d'un autre musulman. Vous êtes tous égaux. Aucune personne
n'est supérieur à une autre excepté en piété et en bonne action.

Souvenez-vous, un jour vous vous présenterez devant ALLAH et vous répondrez de


vos actes. Donc, prenez garde, ne vous écartez pas du droit chemin après ma mort.

Ô Peuple, AUCUN PROPHETE OU APOTRE NE VIENDRA APRES MOI ET


AUCUNE NOUVELLE FOI NAITRA. Raisonnez bien, donc, O Peuple, et comprenez

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Mouhammad (‫)صلى اللھعليه و سلم‬, Biographie musulmane officielle (Sirat) condensée - le ... Page 70 of 88

bien les mots que je vous transmets. Je laisse derrière moi deux choses, le Coran et
mon exemple La SUNNAH, et si vous les suivez vous de vous égarerez jamais.

Que tous ceux qui m'écoutent transmettent ce message à d'autres et ceux-là à


d'autres encore ; et que les derniers puissent le comprendre mieux que ceux qui
m'écoutent directement.

Sois témoin Ô ALLAH, que j'ai transmis ton message à ton Peuple".

------

Abou Oumama Al Bâhilî a dit: «J'ai entendu le Messager de Dieu dire dans son
sermon du pèlerinage d'adieu: «Craignez pieusement Dieu, faites vos cinq prières
quotidiennes, observez le jeûne de votre mois (Ramadhân), acquittez l'aumône légale
de vos biens et obéissez à vos chefs et vous serez alors dans le Paradis de votre
Seigneur». (Tirmidhi)

Les derniers instants de la vie du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

D'après 'Âicha (ÑÖí Çááå ÚäåÇ): "L'Envoyé d'Allâh (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) avait
près de lui une outre contenant de l'eau. Il se mit à introduire sa main dans l'eau et à
essuyer son visage en disant : "Il n'y de Dieu qu'Allâh. La mort a ses affres". (Al-
Boukhâri)

Anas a dit: "Au momment de son agonie, le Prophète (Õáì Çááå Úáíå æ Óáã) fut très
éprouvé. Sa fille Fâtima se mit à dire: "Quel malheur, O père" !
Il lui dit : "Plus d'épreuve pour ton père après ce jour" ". (Al-Boukhâri)

Il (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬disait dans ses derniers instants de vie, juste avant de quitter sa
communauté: "La prière, la prière, et (le bon comportement envers) vos
esclave". (Ahmad 3/117, Ibn Maja n°2697, Ibn Hibban n°1220, déclaré authentique
par al-Albani dans Al-Irwa n° 2178)

Ibn Mas'oud (ra) rapporte le récit suivant : « Nous nous sommes retrouvés dans la
pièce de notre mère 'Âicha. L'Envoyé d'Allâh (saws) regarda et les larmes tombèrent
de ses yeux. Il nous annonça sa mort puis il nous dit : soyez les bienvenus. Qu'Allâh
vous salue avec la paix, qu'Allâh vous garde, qu'Allâh vous protège, qu'Allâh vous
unisse, qu'Allâh vous assiste, qu'Allâh vous accorde la réussite, qu'Allâh vous apporte
profit, qu'Allâh vous élève, qu'Allâh vous préserve ! Je vous recommande la crainte
révérencielle d'Allâh et je vous recommande à Allâh, c'est Lui qui se charge de vous !
Nous lui avons demandé : O Envoyé d'Allâh ! A quand la fin de votre vie ? Il nous dit :
la fin est proche. Le retour est vers Allâh, vers le Lotus de la limite, le paradis final et
le haut Firdaws. Nous dîmes : O Envoyé d'Allâh ! Dans quel linceul devons-nous vous
ensevelir ? Il dit : dans mes présents vêtements si vous voulez ou dans un tissu
yéménite ou un tissu blanc. Nous dîmes : O Envoyé d'Allâh ! Qui doit prier sur toi ? Et
nous pleurâmes. Il dit : attendez, qu'Allâh vous prenne en Miséricorde ! Et qu'Allâh
vous récompense par le bien pour votre Prophète ! Après m'avoir lavé et enseveli
dans mon linceul, mettez-moi sur mon présent lit sur le bord de ma tombe, puis sortez
et laissez-moi pendant une heure, car le premier qui doit prier sur moi c'est mon ami
et bien aimé Djibrîl ('ailayhi sallam), puis c'est Mikaîl, puis Israfaîl puis l'ange de la

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mort, puis une multitude d'anges. Ensuite entrez chez moi par groupes successifs.
Priez sur moi et saluez-moi, mais ne me gênez par aucun éloge déplacé, par aucun
bruit ou cri. Que les hommes de ma famille commencent par prier sur moi, ensuite
leurs femmes, ensuite vous-même. Saluez ceux parmi mes compagnons qui sont
absents ainsi que ceux qui me suivront dans ma religion jusqu'au Jour de la
Résurrection. Et je vous prends à témoin que je salue tous ceux qui embrassent
l'Islâm. » (Tabarânî - hadîth très faible)

L'Archange Djibrîl (‫ )عليه السلم‬vint le voir trois jours avant sa mort, et lui dit : "O
Muhammad ! Allâh m'envoie vers toi et te demande ce qu'Il sait mieux que toi et Il dit :
comment te trouves-tu ? Il répondit : je me trouve affligé et je me trouve éprouvé.
Djibrîl (As) revint le deuxième jour, lui posa la même question et il reçut la même
réponse. A ces instants l'ange de la mort [Malak al-mawt] se présenta et demanda
l'autorisation. Djibrîl (As) dit alors : O Muhammad ! voici l'ange de la mort qui te
demande l'autorisation. Il ne l'a jamais demandée à un humain avant toi et il ne la
demandera jamais à un humain après toi. Il lui dit : Donne-lui l'autorisation d'entrer et
il entra. Il se mit devant lui, et dit : Allâh m'a envoyé vers toi et m'a ordonné de t'obéir.
Si tu m'ordonnes de ravir ton âme je le ferai et si tu m'ordonnes de la laisser, je la
laisserai. L'Envoyé d'Allâh (saws) lui dit : tu ferais ça, O ange de la mort ? Il dit : c'est
qu'on m'a ordonné d'obéir. Puis Djibrîl (As) ajouta : O Ahmad ! Allâh aspire
ardemment à toi. Il dit alors : Fais ce qu'on t'ordonne O ange de la mort ! A ces mots
Djibrîl (As) dit : Paix sur toi O Envoyé d'Allâh ! [as-Salâmou 'aileyka Yâ
RassoulouLLâh] C'est mon dernier passage sur la terre. C'est toi qui était le but de
mes venus dans ce bas-monde. » (Al-Boukhâri)

L'Envoyé d'Allâh (saws) mourrut en étant adossé à la poitrine de son épouse 'Âicha
(radhiallâhu 'anha) en portant n vêtement feutré et un manteau ample et épais. Sa fille
Fâtima, se leva pour se lamenter en disant : O père ! Tu as répondu à l'appel de ton
Seigneur ! O père, le paradis du haut Firdaws est le lieu de ton séjour ! O père ! à
Djibrîl nous anonçons ta mort ! O père ! Combien tu es proche de ton Seigneur ! Puis,
lorsqu'on l'a mis dans sa tombe elle dit : O Anas ! Comment vos âmes ont-elles pu
accepter que vous versiez la terre sur l'Envoyé d'Allâh (saws) ?" (Al-Boukhâri)

C'était le 13 Rabî` Al-Awwal, de l'an 11 après l'Hégire, soit le 8 juillet 633. Il avait alors
63 ans.

Jour dernier
L'intercession du Prophète (saws)

Dieu - Exalté Soit-Il - dit en s'adressant à Son Messager - paix et bénédictions de


Dieu sur lui : {Afin que ton Seigneur te ressuscite en une position de gloire}. La
plupart des exégètes affirment que la position de gloire (al-maqâm al-mahmûd) c'est
l'intercession. En effet, Abû Hurayrah, que Dieu l'agrée, demanda au Messager de
Dieu - paix et bénédictions de Dieu sur lui : "Ô Messager de Dieu, qu'est-ce que la
position de gloire ?". Il répondit en disant : "J'espère que c'est la position où
j'intercède pour ma communauté".

Selon un hadîth authentique, le Jour du Jugement, les gens demanderont aux

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Prophètes et aux Messagers d'intercéder en leur faveur. Mais chaque Prophète et


Messager déclinera et les gens arriveront au Messager de Dieu - paix et bénédiction
de Dieu sur lui - qui dira alors : "Je suis l'homme de cette station". Puis il se prosterne
et Dieu lui inspire des louanges qu'il Lui adressera. Puis on lui dira : "Relève ta tête.
Demande, ta demande sera exaucée. Intercède, ton intercession sera acceptée".

Le Prophète - paix et bénédictions de Dieu sur lui - dira alors : "Ma communauté ! Ma
communauté !". Par cette intercession, sortiront de l'Enfer ceux qui n'ont rien associé
à Dieu.

Certains savants ont dit que cette intercession est réservée à ceux qui méritent la
rétribution ou l'élévation de leurs rangs et non pas aux gens qui ont commis les
péchés capitaux. D'autres savants ont dit que cette intercession touche toute la
communauté, conformément à la parole du Prophète - paix et bénédictions de Dieu
sur lui : "J'ai épargné mon invocation, je l'ai gardée pour ma communauté le Jour du
Jugement Dernier". Ces savants affirment donc que cette intercession sera en faveur
de ceux qui ont commis des péchés mineurs et ceux qui ont commis des péchés
capitaux. Ils s'appuient sur le hadîth rapporté par At-Tirmidhî et Abû Dâwûd, avec une
bonne chaîne narration : "Mon intercession est en faveur de ceux, parmi ma
communauté, qui ont commis des péchés capitaux". La Bonté de Dieu est immense
et Il a grandement honoré Son Prophète.

Certains savants considérés affirment que l'intercession ne multiplie pas le nombre


des oeuvres - chacun sera jugé selon ses oeuvres - mais Dieu augmente, par cette
intercession, la rétribution des oeuvres. Il s'agit d'une augmentation de la rétribution et
non pas des oeuvres elles-mêmes.

D'après Abu Sa'îd al-Khudrî , d'après le Prophète a dit: "Au jour de la résurrection, je
serai le maître des descendants d'Adam et je ne m'en vante point. Je tiendrai dans
ma main l'étendard de la louange et je ne m'en vante point. Tous les prophètes y
compris Adam et tous les autres seront sous mon étendard. Je serai le premier pour
qui la terre se fendra pour me laisser sortir (lors de la résurrection) et je n'en suis
point vaniteux". (At-Tirmidhi)

Ses qualités
Introduction aux qualités du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Le Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫ )صلى‬a le plus parfait et et le plus noble caractère parmi
ses créatures

Il (‫ )تعالى‬a dit: {Et certes tu es marqué d'une noblesse de caractère immense.} (


68/4)

De même, le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬a dit : "Mon Seigneur m'a éduqué et l'a
(donc) fait de bonne manière".

Il (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬a dit aussi : "J'ai été envoyé pour parfaire les nobles
caractères".

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Il doit donc être pris comme exemple dans Ses qualités

Il a dit aussi {Il y a pour vous en l'Envoyé d'Allah un exemple excellent {} (33/21)

Témoignages de non-musulmans à son sujet

George Bernard Shaw a dit : "Je le crois que si un homme comme lui devait assumer
la dictature du monde moderne, il réussirait à trouver des solutions aux problèmes
tout en apportant la paix et le bien-être tant désirés. L'Europe commence à être
séduite par les principes de Muhammad. Dans le siècle à venir, elle pourrait aller
jusqu'à la reconnaissance de l'utilité de ces principes pour régler ses problèmes."

Lamartine, dans son long tribut au Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬a écrit : "Si la noblesse
des intentions, la petitesse des moyens et la grandeur des résultats sont les trois
critères du génie humain, qui oserait comparer n'importe quel grand homme de
l'histoire moderne à Muhammad".

Gandhi écrivit ceci à propos du Prophète de l'Islam : "Je deviens plus convaincu que
jamais que ce n'était pas par l'épée que l'Islam s'est fait sa place à l'époque. C'était la
profonde simplicité, l'auto-effacement prononcé du Prophète, la scrupuleuse
application des engagements, son intense dévotion envers ses amis et fidèles, ainsi
que son intrépidité, son courage et sa confiance absolue en Dieu et en sa mission.
C'est grâce à tout cela, et non à cause de l'épée, que tous les obstacles ont pu être
surmontés".

Le savoir-vivre du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Il ne suivait, ni ne fixait les choses du regard pesant. Le coup d'œil rapide était chez
lui le plus courant et son regard vers le sol était plus long que celui vers le ciel.

Quand il marchait avec ses compagnons, il ne les devançait pas et saluait le premier,
celui qu'il rencontrait.

Il parlait avec le "summum du langage" (*). Sa parole était distincte, sans verbiage ni
brièveté, selon le besoin. Car cela fait partie de la sagesse. (Et car) il disait : "Parmi
la bonne façon qu'a la personne de pratiquer l'islam, il est pour elle de laisser
ce qu'il ne la regarde pas". Il disait aussi : "Celui qui croit en Allah et au Jour
Dernier, qu'il dise du bien ou qu'il se taise".

Il articulait bien ses mots pour se faire entendre et comprendre. Il ne parlait pas
inutilement et avait de longs silences.

Il était souvent sujet à la tristesse et constamment dans la réflexion. Facilement


abordable, ni hautain ni banal. Il exaltait le bienfait, si minime soit-il, sans critique ni
flatterie.

Le manque d'un avantage matériel ne le met pas en colère. Par contre, lorsqu'il s'agit
de la vérité et du droit, sa colère est indomptable et il devient intransigeant jusqu'à la
victoire. Mais, pour sa propre personne, il ne s'emportait, ni ne se vengeait.

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S'il se fâchait, il se détournait, et s'il se réjouissait, il abaissait le regard. Le plus


souvent son rire était un sourire, laissant voir des dents blanches comme neige.

Quand il parlait ou saluait ou demandait la permission d'entrer, il le répétait trois fois,


pour être mieux entendu et compris. Le devoir qu'il avait de transmettre la religion,
l'incitait à le faire.

Il s'associait à la discussion courante avec ses compagnons. S'ils discutaient des


choses de la vie, de la vie dernière, de nourriture ou de boisson, il le faisait avec eux.

En s'asseyant, il dressait les genoux et les entourait des mains. Et s'il s'asseyait pour
manger, il dressait la jambe droite et s'asseyait sur la gauche.

Il ne critiquait jamais une nourriture qu'on lui présentait. Si elle lui plaisait, il en
mangeait, autrement il la laissait.

(*) "summum du langage" : [jawâmi' al-kalim] : donner en peu de mots la plus grande
utilité par la richesse des significations, la facilité à être compris, la maîtrise de la
langue

La noblesse de caractère du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Dans le hadith authentique, on cite : "Les plus nobles en caractère parmi les
croyants sont les plus accomplis dans la foi".

"Parmi ceux que j'aime le plus parmi vous et qui seront les plus rapprochés de
moi le jour de la résurrection, sont ceux qui ont les nobles caractères".

"Qu'est-ce que la piété", lui demanda-t-on ? "C'est le bon caractère", répondit-il.

On l'interrogea aussi sur les actions les plus méritoires. Il dit : "La noblesse de
caractère".

De ce fait, avoir un bon caractère vaut mieux que posséder or et argent. La voie pour
cela est de prendre exemple de l'Apôtre, grâce et salut sur Lui.

La générosité du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Sa générosité était proverbiale. Jamais il ne refusait de donner ce qu'on lui


demandait, s'il le possédait.

Un homme le voyant porter un habit, le lui demanda. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
rentra chez lui, l'ôta et le lui remit.

D'après Jaber ben 'AbdAllah (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬: "L'Envoyé d'Allah n'a jamais répondu
par non à une demande". (al-Boukhâri, Mouslim)

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Anas Ben Malik dit quant à lui : "Jamais l'Envoyé d'Allah n'a été sollicité de
donner une chose dans (l'intérêt) de l'islam qu'il ne l'ait octroyée".

Un homme lui demanda (quelque chose). Il lui donna alors un troupeau de moutons
entre deux montagnes. L'homme revint auprès des siens et leur dit : "O gens !
Entrez dans l'islam, car Mohamed fait des dons de celui qui ne craint pas le
besoin".

Ainsi, il arrivait qu'un homme vint au Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬ne recherchant qu'un
bien terrestre, mais le soir venu, sa religion lui était plus chère que toute la terre et ce
qu'elle contient.

Interrogé sur la libéralité du Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬, Ibn 'Abbâs (‫ عنھما‬W ‫)رضي‬
répondit : "Le Prophète d'Allah était le plus généreux des hommes,
particulièrement au mois de Ramadân, lorsque le rencontrait l'Ange Gabriel
avec la révélation et lui enseignait le Coran. Sa générosité était ininterrompue
comme le souffle continu du vent bénéfique". (al-Boukhâri et Mouslim)

On lui apporta une somme de quatre vingt dix mille dirhams qu'on versa sur une
natte. Il se mit à la partager et aucun solliciteur ne fut exclu jusqu'à qu'il en eût fini.

Il donna à al-'Abbâs (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬en or ce qu'il ne puit porter.

A Mou'awwad ben 'Afrâ, qui lui dit don de dattes et de courges, il remplit la main en
bijoux et en or.

Un homme vint lui demander l'aumône.


- "Je n'ai rien avec moi, lui répondit-il, mais va acheter à crédit à mon nom et s'il nous
vient quelque chose, nous le rembourserons".

La magnanimité du Prophète (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬

Il s'agit de la maîtrise de soi au point de ne rien montrer en paroles ou en actes, de


désagréable, au moment de la colère.

Lorsque le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬fut blessé à la bataille d'Ouhoud et que la maille
de son casque s'enfonçait dans sa chair, il dit : "Seigneur, pardonne à mon peuple,
car ils ne savent pas". C'est là le haut degré de magnanimité et de patience.

Quand Dhou elKhoweyçira lui dit : "Sois équitable, car ce partage n'est pas fait en vu
d'Allah! "
Il fit alors preuve de patience à son égard et lui dit : "Qui donc sera équitable si je
ne le suis pas ? ". Il ne le punit pas, ni permit à ses compagnons de le faire.

Un bédouin le tira brutalement par son habit, en lui laissant des traces au cou et lui
dit : "Charge mes deux chameaux que voici, du bien d'Allah que tu as. Tu n'auras pas
chargé alors de ton bien ou du bien de ton père !"
Il fut magnanime à son égard et lui répondit uniquement : "Le bien est le bien
d'Allah et je suis son adorateur. Et il peut être demandé réparation, ô bédouin,

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de ce que tu m'as fait".


"Non, (il n'en sera rien)" dit l'homme".
"Pourquoi", reprit le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫)صلى‬
"Parce que tu ne rends pas le mal par le mal" répondit-il !
Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬rit et ordonna de lui charger un chameau d'orge et
l'autre de dattes.

On n'a jamais rapporté que le Prophète (saw) s'est vengé pour un outrage personnel,
ou battu un domestique ou une femme. A ce sujet, 'Aicha (‫ عنھا‬W ‫ )رضي‬dit : "Je n'ai
jamais vu l'Envoyé d'Allah (saw) faire front pour réparer une injustice contre lui-
même, sauf pour une transgression envers Allah. Et jamais, il ne leva la main
sur quelqu'un, sauf au combat dans la voie d'Allah. Il n'a jamais frappé de
domestique ni de femme".

Zeyd ben Sa'na, un savant juif de Médine vint au Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬exiger sa
créance. Il lui tira l'habit de son épaule, le prit au col brutalement et lui dit avec
dureté :
"Vous, les Beni 'AbdelMottalib, vous atermoyez vos dettes !" 'Omar (‫ عنه‬W ‫ )رضي‬alors,
le réprimanda et durcit le ton. Le Prophète (‫ عليه و سلم‬W ‫ )صلى‬sourit et lui dit : "Moi et
lui, nous avions plus besoin d'autre chose de ta part, ô 'Omar : que tu me
recommandes de bien régler ma dette, et que tu lui recommandes de réclamer
son dû de bonne façon". Puis il ajouta : "Il reste (en fait) au terme (de la dette)
trois (jours)". Et il ordonna à 'Omar de le payer et de lui donner en plus vingt
mesures " çâ ", pour l'avoir effrayé.
Ce fut la cause de l'entrée à l'islam de cet homme qui disait : "Il ne manquait aucun
signe parmi les signes de la prophétie de Mohamed (‫ عليه و سلم‬6 ‫)صلى‬, que je ne
reconnus, sauf deux : sa magnanimité prime sa colère et le surplus
d'emportement aveugle ne fait qu'ajouter à sa magnanimité. Ainsi, je l'éprouvai
avec