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Manifestations de la toxicité liées aux

biotransformations :
Phase toxicodynamique
Le xénobiotiques et/ou ses métabolites peuvent :

- entrer en liaison réversible sur les biomolécules


(notamment les enzymes)
- entrer en liaison irréversibles sur les biomolécules
(adduits sur Protéines –immunogéniques, adduits sur
ADN)
-provoquer un stress oxydatif (via les espèces réactives
de l’oxygène ROS) dont la principale conséquence est la
peroxydation des lipides, altération de l’ADN et des
protéines cellulaires.
-Transfert d’électron : oxydation
détoxification bioactivation Toxicité directe

détoxification
Action basée sur une liaison réversible

• Liaison reversible non covalente (association


moléculaire temporaire) : liaison hydrogène, liaison
ionique, interaction hydrophobe/hydrophobe
• Les inhibitions enzymatiques procèdent souvent de ce
type de liaison (Cd sur l’ADN polymérase)
• L’action toxique dépend de :
 La concentration dans l’organisme
 La vitesse d’élimination
 La capacité de rétention par des sites appropriés (cas
des métaux, cas des lipophiles)
Action basée sur une liaison irréversible

• Liaison irreversible covalente

• Les effets sont variables : de la réaction immunogène à


l’altération de l’ADN
• Procède par la production d’agents d’alkylation,
électrophiles en majorité
• Ex 1: les époxydes produits par la métabolisation des
Hydrocarbures aromatiques
The metabolic activation of benzo[a]pyrene by cytochrome P-450 1A1 to a diol epoxide metabolite, a
mutagen. This is believed to be the ultimate carcinogenic metabolite. Other routes of metabolism also
catalyzed by cytochrome P-450 give rise to the 9,10, and 4,5 oxides and subsequent metabolites namely
phenols, diols, and glutathione conjugates. The reactive site (carbon atom) on the metabolite is indicated.
The interaction (arylation) of guanine on the N2 position with the reactive metabolite of benzo[a]pyrene,
leading to an adduct believed to be responsible for mutation and cancer.
Ex 2 : bioactivation de l’aflatoxine B1

• Des études épidémiologiques tendent à montrer qu’il existe une


corrélation entre une exposition chronique à l’aflatoxine via le
régime alimentaire et une prévalence du cancer primitif du foie.
• Néanmoins, cette relation est modulée par d’autres facteurs qui
influencent ce risque de cancer comme l’infection virale à
l’hépatite B (HBV).
• Les études de toxicité aiguë montrent une grande variabilité d’une
espèce animale à une autre : ainsi
• la DL50 varie de 0,3 mg/kg p.c. pour le caneton à 9 mg/kg p.c. pour
la souris.
• En toxicité chronique, l’organe cible principal est le foie. De
nombreuses études menées pendant les années 70 et 80 ont
montré le caractère hautement cancérogène de l’AFB1 pour le foie.
Bioactivation du chlorure de vinyle
matière première de la fabrication du PVC (polymérisation)
peut entrer en contact avec les aliment en tant que traces dans des contenants
mutagène et cancérigène

Cancer (hemangiosarcome)
Types de manifestation de la toxicité des
xénobiotiques

• 1. Action toxique directe : lésions tissulaires


• 2. Effets pharmacologiques, physiologiques et biochimiques
• 3. Tératogenèse
• 4. Immunotoxicité
• 5. Mutagenèse
• 6. Cancérogenèse
Types de manifestation de la toxicité des
xénobiotiques

• 1. Action toxique directe : lésions tissulaires


• Peuvent provoquer la mort de cellules d’un organe
• Les organes les plus exposés à cette toxicité sont ceux
qui sont bien irrigués par le sang (ex: reins), ont la
capacité la plus élevée de métabolisation (ex: foie), ont
un contact élevé avec le xénobiotique à son absorption
(intestin) et/ou ont une grande spécialisation et donc peu
de mécanismes de réparation (ex: SNC)
Types de manifestation de la toxicité des
xénobiotiques

• La toxicité hépatique:
 Stéatose : caractérisée par la présence de graisse
(triglycérides) dans les hépatocytes (causée notamment
par l’abus d’alcool)
 Cytotoxicité
 Cirrhose
 Lésions vasculaires
 tumeurs hépatiques
 Prolifération des peroxysomes
Bioactivaton et toxicité du tétrachlorure de
carbone (solvant)

activation métabolique du
tétrachlorure de carbone par les
enzymes microsomales pour donner
le radical trichloromethyl. Ce radical
peut réagir avec l’oxygène ou enlever
un atome d’hydrogène à un donneur
d’é(R) et fournir un radical
secondaire, ou réagir de manière
covalente avec un lipide ou une
protéine. si R est un lipide
polyunsaturé, un radical lipide (R) est
formé, et peut initier une
peroxydation.
Accumulation de Ca Inhibition et destruction du CYP

Diminution de la
synthèse protéique

Altérations des membranes


Du RE
Accumulation
Peroxydation de triglycérides
des lipides

Altération de la Necrose cellulaire


Membrane plasmique
Modification de perméabilité fibrose
Types de manifestation de la toxicité des
xénobiotiques
• 2. effets biochimiques :
• Exemple ; peroxydation des lipides par production de radicaux libres
Les radicaux libres

Définition
•Un radical libre est une espèce chimique (atome ou molécule) neutre ou chargée,
contenant au moins un électron non apparié. Cet électron libre est dit célibataire.

Formation de radicaux libres


•Scission homolytique d’une liaison covalente
A..B A
. + B
. Radicaux neutres
•Réduction monoélectronique
A.. + e
- .
A - Radical négatif
•Oxydation monoélectronique
B
.. .
B + + e
- Radical positif
Les principaux dérivés réactifs de l’oxygène

•Anion superoxyde : O2 – .

Faible pouvoir oxydant en solution aqueuse, strictement contrôlé in vivo

Forme protonée de O2 - . = radical hydroperoxyle HO2


.
O -. + H + HO
.
2 2

Oxydant plus puissant que O2-.


.
•Radical hydroxyle : OH

le plus puissant Oxydant connu en biologie : attaque les molécules


biologiques (ADN, protéines, lipides), la cellule ne possède pas de moyen pour le
neutraliser, mais il a une durée de vie très très brève
•Peroxyde d’hydrogène : H2O2
Relativement peu réactif en l’absence de métaux de transition.
Diffuse rapidement à travers les membranes cellulaires.
Réduction monovalente de l’oxygène

e- 2H++e- -H2O+2H++e- H++e-


-. .
O2 O2 H2O2 OH H2O

Dioxygène

Anion superoxyde

Peroxyde d’hydrogène

Radical hydroxyle
Les sources physiologiques de radicaux libres
1) La chaîne respiratoire mitochondriale
La mitochondrie est une source continuelle de radicaux libres.
.- .
Elle permet la formation de trois espèces radicalaires : O2 , OH , H2O2

O2 O
-. SOD H2O2
Fe2+/Fe3+ .
2 OH
Les sources physiologiques de radicaux libres

2) Les oxydases :

Les NADPH oxydases : membrane plasmique, membrane de vésicule de


phagocytose
•Au cours de la phagocytose, la NADPH oxydase est capable de réduire
O2 en O2 -
.

Réaction globale
NADPH + O2 NADP+ + H+ + O2
.-
Les sources physiologiques de radicaux libres

3) La NADPH cytochrome P450 réductase : Réticulum Endoplasmique

Le transfert d’électrons fait intervenir la NADPH cytochrome P450 réductase capable

de réduire O2 en O2-
.

NADPH + H+ cyt.P450-Fe 3+ O2
-.

e- e-

NADP + cyt.P450-Fe 2+ O2

4) Autres sources :
-Monoamines oxydases (H2O2) ;
-5-lipooxygénases et cyclooxygénases (O2 -.)
-Auto-oxydation des catéchols et des cathécholamines (O2 -. + OH.)
Les sources exogènes de radicaux libres

1) Le paraquat, herbicide organonitré, attracteur d’é


Formation d’anion superoxyde. L’oxygène peut être dévié de la chaîne respiratoire

NADPH + H+ ++
e-
Paraquat

e-
O2 -.
P450
réductase

O2

NADP+
.
Paraquat + .
Les sources exogènes de radicaux libres
2) Métabolites électrophiles
Electrophiles non ioniques
-Epoxides : Aflatoxine B1 Aflatoxine B1 8,9 époxide
Bromobenzene 3.4 époxide bromobenzene

Cyt P450 O
Br Br

-Quinones : Paracétamol N-acétyl-p-benzoquinoneimine

Cyt P450
OH HNCOCH3 O NCOCH3

Electrophiles cationiques

-Ions nitréniums :
2-acethylaminofluorène (AAF) Ion nitrénium
SO4-
O P450 PAPS
O O O

N
C CH3 C CH3 C CH3 + C CH3
N N N
H OH OSO3-
Espèces réactives de l’oxygène

Protéines Lipides ADN

Oxydation... Péroxydation Bases modifiées : bases hydroxylées


lipidique... (8-OH guanine...),
Simples et doubles cassures de l’ADN,
Modification des sucres et des protéines
de l’ADN.

Altérations des Altération Altération de l’expression des


transports ioniques Membranaire... gènes ...
Systèmes enzymatiques...

ATTEINTE CELLULAIRE
Espèces réactives de l’oxygène

Réponse cellulaire

Activation de facteurs de transcription

Induction de gènes de réponse au stress oxydant


Anti-oxydants
Enzymes de Réparation de l’ADN
Enzymes de Réparation des lipides
Protéases, cytokines, protéines de choc thermique...

Prolifération Apoptose
cellulaire Nécrose
abérrante
Adaptation
au Stress oxydant
Les systèmes anti-oxydants

Inhibiteurs des sources de ROS

Inhibiteurs des oxydases

xanthine oxydase
A.I.N.S. (cyclooxygénase, lipooxygénase, métabolisme de l’acide
arachidonique)
Flavonoïdes (NADPH oxydase)

Piégeurs des sources de ROS

Superoxyde dismutase (SOD)


Catalase

Glutathion peroxydase, glutathion réduit (GSH)/glutathion oxydé (GSSG),


glutathion S-transférase, N-acétylcystéine , -glutamyl-cystéine synthétase,

Acide ascorbique (vitC), - et -tocophérol (vitE)


Les systèmes anti-oxydants

Systèmes enzymatiques
•Gluthathion ROOH + 2GSH PHGPx ROH + GSSG + H2O
peroxydase
des phospholipides Gluthation réductase
hydroperoxydés (PHGPx)

-glutamyl
cystéine synthétase
N-acétylcystéine

•Gluthation H2O2 + 2GSH GSSG +2H2O


peroxydase
(GPx)

•Gluthation (GSH) GSH + R


. GS
.+ RH

(cytosolique) 2GS
. Polymérisation
GSSG
Les systèmes anti-oxydants

Systèmes enzymatiques

•SOD O2 -
.+ O2 -
. +2H+ H2O2 + O2

•Catalase 2H2O2 2 H2O + O2

Systèmes non enzymatiques

Electrophiles qui vont piéger l’électron libre du radical pour former un radical plus stable

Membranaire= vitamine E ou -tocophérol


Arrête la propagation de lipopéroxydation

TH + ROO
. .T-O + ROH

Cytosolique = vitamine C ou acide ascorbique


Réagit avec le radical -tocophéryl à la surface de la membrane
LA PEROXYDATION DES LIPIDES

•Exemple d’initiateur: P450-Fe 3+ CCL4


Le métabolisme du CCl4

. P450-Fe 3+-CCL4
CCL 3 e-

P450-Fe 3+-CCL 3
.
Cl-
•Initiation : LH =Acide gras insaturé (phospholipides)

CCL 3.+ LH CHCL 3+ L. Radical lipidique


•Propagation

L.+ O2 LOO . Radical peroxyle


LOO. + LH LOOH + L. Peroxyde
•Terminaison
L.+ L’. L-L’ Produits
LOO . + L’OO . LOOL’ + O2 non réactifs
LOO . + L’. LOOL’
Cascades d’évènements induisant
la nécrose du foie par le CCl4

CHCl3
LH
P450
CCl4 L
.
CCl3.
O2
Formation des hydropéroxydes d’acide gras (LOOH)
dans la membrane du Réticulum Endoplasmique

Oxydation et déstabilisation
de la bicouche lipidique

Libération de produits solubles

NECROSE Atteinte de la membrane cellulaire


Types de manifestation de la toxicité des
xénobiotiques
• 2. effets biochimiques :
• exemple: effets du fluoroacétate: produit naturel de certaines plantes d’afrique
du sud, utilisé comme rodenticide, subit la transformation pour donner le
fluoroacétyl CoA puis devient un pseudosubstrat de l’aconitase

Inhibition enzymatique
Blocage du cycle
de Crebs
L’induction enzymatique par les xénobiotiques

L'induction enzymatique est une augmentation de la synthèse et de


l'activité des enzymes de l'hépatocyte (en particulier les
cytochromes P450) sous l'effet d'une influence extérieure comme
l'exposition à des substances chimiques nombreuses,
médicamenteuses ou alimentaires. L'alcool, les barbituriques, en
particulier le phénobarbital, et la rifampicine sont des inducteurs
enzymatiques.

Le phénomène d’induction est un processus transcriptionnel et


l’augmentation de l’expression d’enzymes du métabolisme prend
quelques jours pour arriver à l’effet maximum

C’est un phénomène réversible (disparaît avec le temps en


l'absence de prise de l’inducteur).
Conséquences de l’induction enzymatique

Par le fait de l'activation des enzymes du foie, Un


inducteur enzymatique peut diminuer la toxicité d'un
xénobiotique auquel l’animal est exposé en même
temps que lui et ceci à cause de l'accélération de
son métabolisme et donc son excrétion.

Un inducteur enzymatique peut également accentuer


l'effet toxique en accélérant et en augmentant la
constitution de métabolites plus réactifs que le
xénobiotique lui-même
Exemple : les dioxines

Les dioxines sont des inducteurs enzymatiques


puissants (PCDD : 75 congénères)
Contaminants alimentaires : notamment du lait
et dérivés
2,3,7,8-tétrachlorodibenzodioxine (TCDD): Le
plus étudié

- TCDD est peu metabolisée,


- demi-vie : plus de 8 ans chez l’homme adulte
- possède une forte capacité d’induction de
l’activité CYP1A1 au niveau du foie (~36,000
fois la capacité du BaP, A. Poland, 1972)
- Perturbateur endocrinien
- cancérigène
TCDD Prostaglandin G2 Tryptamine
Cl

Cl Cl

Cl
Cl Indirubin
Coplanar PCBs

Bilirubin

Benzo[a]pyrene Omeprazole

NH2
7-Ketocholesterol

ligands Naturels NH2


3-Methylcholanthrene 1,5-Diaminonaphthalene

ligands Classiques de AHR ligands Non-classiques


Receptor
in cytosol Inducer-receptor
TCDD, BaP comp lex in cytosol
a nd other
Inducer-receptor
environmenta l com plex in nucleus
polluta nts Incorporation of
CYP1A1/1A2/1B1
into membra nes Transcription of Messa ge
induction-specific rece ived
mRNAs
Ba P

Tra nslation of induction-


specific proteins Unknown Toxicity
c ritic al target
and/or
ca ncer
Rea ctive
Formation intermediate
of excreted
innocuous Binding
products of reactive
intermediate
to critical
Conjugate target Critica l
target in
other cells

Detoxification activation Metabolique